Japon (63) Armée de Terre (3)

Organisations des grandes unités

Divisions d’infanterie

Comme toutes les armées du second conflit mondial, l’infanterie domine au sein de l’armée impériale japonaise. C’est encore plus vrai ici car les unités des autres armes sont rares puisqu’il existe seulement trois divisions de chars là où la France en possède seize en septembre 1948 (deux DLC _Tunisie et Indochine_ , six DC _Divisions Cuirassées_ et huit DLM _Divisions Légères Mécaniques_).

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Japon (62) Armée de Terre (2)

La marche à la guerre

Au début des années quarante, la Dai-Nippon Teikoku Rikugun aligne 376000 hommes avec 31 divisions. Si deux divisions sont déployées au Japon (dont la division de la garde impériale) et deux autres en Corée, les vingt-sept autres sont engagées en Chine.

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Etats Unis (111) Armée de Terre (1)

ARMEE DE TERRE

Une histoire de l’armée de terre américaine

L’Armée Continentale (The Continental Army)

La guerre de Sept Ans (1756-1763) avait en apparence renforcé le lien entre les treize colonies et la mère-patrie britannique. En réalité, les tensions ne cessèrent de croître, la faute à deux forces antagonistes : la prise de conscience par les américains de leur spécificité et l’intransigeance de Londres qui ne voyaient dans les colonies qu’une source de revenus pour la Couronne.

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24-Armée de l’air (16)

E-Les avions de l’armée de l’air (3) : avions d’assaut et avions d’appui rapproché

Préambule

La première mission de l’aéronautique militaire avait été l’observation et le réglage de tir de l’artillerie mais rapidement on y avait ajouté la chasse d’abord à la carabine puis à la mitrailleuse pour nettoyer le ciel des avions d’observation ennemis puis le bombardement à l’aide d’obus modifiés puis de véritables bombes.

Si durant le premier conflit mondial il n’y eut pas de différences entre bombardiers (la plupart étaient des bombardiers moyens), l’entre-deux-guerre voit l’emergence de différents concepts entre les bombardiers légers _les plus communs car présents dans un grand nombre d’armées de l’air même modestes_, les bombardiers moyens _parfois difficiles à distinguer des précédents, une question de normes dirions nous_, les bombardiers lourds, les bombardiers en piqué et les avions d’assaut.

La France n’échappe pas à cette florescence, se dotant de tout le spectre de bombardiers du bombardier en piqué au bombardier lourd en passant par le bombardier léger _utile dans l’Empire_, le bombardier moyen rapide sans oublier les avions d’assaut et les avions d’appui rapproché qui doivent opérer ensemble.

Les avions d’assaut sont de plusieurs modèles, tous issus du Bréguet Br690 que nous connaissons déjà. Si le modèle 691 est limité à l’instruction, des versions modifiées vont équiper les groupes de bombardement d’assaut en l’occurence le Bréguet Br693, le Bréguet Br695 et le Bréguet Br696.

On trouve également un concept inédit, l’avion d’appui rapproché représenté par le Potez 640, un bimoteur blindé pouvant résister aux coups de la Flak et frapper blockaus et blindés ennemis.

Sur le plan de l’organisation, le bombardement d’assaut et l’appui-rapproché défend du Commandement des Forces Aériennes Tactiques (CFAT) avec cinq escadres de bombardement d’assaut regroupant quinze groupes et quarante-cinq escadrilles soit un total de 405 appareils type Bréguet 693/695/696 et quatre groupes indépendants d’appui rapproché soit un total de 108 bimoteurs Potez 640, tous étant stationnés en Métropole.

Bréguet Br693

Avion d'assaut Bréguet Br693

Avion d’assaut Bréguet Br693

Comme nous l’avons vu à propos du projet de multiplace de défense, à l’origine du «Lion de l’aviation d’assaut» se trouve un chasseur triplace baptisé Br690.

Cet avion moderne et élégant pouvait outre sa mission de triplace de chasse (commandement de la chasse et escorte des bombardiers amis) servir de biplace de bombardement léger, de biplace d’attaque au sol et de triplace d’observation et de reconnaissance.

Le premier vol est réalisé le 23 mars 1938 et l’armée très intéressée par l’appareil prévoit de le commander en série pour équiper six groupes d’avions AB2 (biplace d’attaque au sol et de bombardement léger avec huit bombes de cinquante kilos).

Le Bréguet Br690 en lui même n’est pas produit mais le 14 juin 1938, une commande de cent Bréguet Br691 en version AB2 est passée par l’Etat. Cette commande est portée à 204 exemplaires mais au début de 1940

Le premier appareil de série vole le 15 mai 1939, à peine deux mois après le vol du prototype survenu le 22 mars 1939 ce qui constitue une performance alors que l’industrie aéronautique française est loin d’avoir atteint l’efficacité qui sera la sienne à partir de 1941/42 quand les nationalisations pleinement digerées et la planification permettront à l’industrie aéronautique nationale de produite vite et bien les nombreux appareils rendus nécessaires par le réarmement.

Les premiers Bréguet Br691 sont livrés au mois d’octobre 1939 mais en raison de moteurs au comportement décevant, la production du Br691 est arrêté après 78 exemplaires, le Br691 n°79 devenant le Bréguet Br693 n°1 qui effectua son premier vol le 2 mars 1940.

En mai 1940, cinq groupes de bombardement d’assaut sont équipés de Bréguet Br691 et 693, trois ayant un équipement mixte 691/693 alors que deux autres étaient équipés uniquement de Br693.

Un sixième groupe équipé de Bloch MB-210 reçoit ses Br693 à l’été 1940 alors que les 691 sont remplacés par les derniers 693 produits, portant le nombre de Br693 en ligne à 162 appareils sur 245 produits, le reliquat de 83 appareils servant donc de volant de fonctionnement.

-La 35ème Escadre de Bombardement d’Assaut est équipée au printemps 1940 de deux groupes équipés de trois escadrilles de neuf appareils, deux équipés de Bréguet Br691 et une de Bréguet Br693 soit un total de cinquante-quatre appareils en ligne (trente-six Br691 et dix-huit Br693).
-La 51ème Escadre de Bombardement d’Assaut est équipée au printemps 1940 de deux groupes équipés de trois escadrilles de neuf appareils, un groupe (le GBA I/51) équipé de deux escadrilles de Br691 et une escadrille de Br693 et un groupe (GBA II/51) équipé de trois escadrilles de Br693.

-La 54ème Escadre de Bombardement d’Assaut dispose au printemps d’un groupe équipé de trois escadrilles de neuf appareils, un groupe (GBA I/54) équipé de vingt-sept Bréguet Br693.

Au 1er juin 1940, on trouve un total de cinq groupes et quinze escadrilles, six escadrilles équipées de Bréguet 691 soit cinquante-quatre appareils et neuf escadrilles équipées de Bréguet 693 soit un total de quatre-vingt un appareils soit un total de 135 appareils en ligne.

A l’été 1940, un sixième groupe équipé jadis de Bloch MB-210 est transformé sur Bréguet Br693 portant le total d’appareils en ligne à 162 appareils (108 Br693 et 54 Br691) sur un total de 245 appareils produits, laissant un reliquat de 83 appareils (24 Br691 et 59 Br693).

Tous ces appareils sont encore en service en septembre 1948 bien que son remplacement par des Bréguet Br696 ait été planifié. Quand au stock, il n’est plus que de 235 avions, dix appareils ayant été perdus par accident, laissant un volant de réserve limité de 72 appareils.

Caractéristiques Techniques du Bréguet Br691

Type : bimoteur biplace d’assaut et de bombardement léger

Poids à vide 2950kg maximal 4815kg

Dimensions : Envergure 15.36m Longueur 9.48m Hauteur 3.20m

Motorisation : deux moteurs radiaux Hispano-Suiza A4 Ab 10/11 14 cylindres refroidis par air et dévellopant 670ch au décollage

Performances : vitesse maimale 480 km/h à 4000m vitesse de croisière 407 km/h à 4000m Autonomie maximale 1350km Plafond maximal 8500m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS-404 de 20mm fixe tirant vers l’avant avec soixante coups et quatre mitrailleuses MAC 34 de 7.5mm (deux tirant vers l »avant _500 cartouches_, une de défense arrière sur affût _quatre chargeurs tambours de 100 cartouches_ et une mitrailleuse défendant le secteur inférieur arrière avec 500 cartouches) Huit bombes de 50kg et des fusées éclairantes.

Caractéristiques Techniques du Bréguet Br693

Type : bimoteur biplace d’assaut et de bombardement léger

Poids à vide 3150kg maximal 4850kg

Dimensions : Envergure 15.36m Longueur 9.41m Hauteur 3.20m

Motorisation : deux moteurs radiaux Gnôme-Rhône 14 M-6/7 14 cylindres refroidis par air et dévellopant 700ch au décollage

Performances : vitesse maimale 475 km/h à 4000m vitesse de croisière 400 km/h à 4000m Autonomie maximale 1350km Plafond maximal 8500m
Armement : un canon Hispano-Suiza HS-404 de 20mm fixe tirant vers l’avant avec soixante coups et quatre mitrailleuses MAC 34 de 7.5mm (deux tirant vers l »avant _500 cartouches_, une de défense arrière sur affût _quatre chargeurs tambours de 100 cartouches_ et une mitrailleuse défendant le secteur inférieur arrière avec 500 cartouches) Huit bombes de 50kg et des fusées éclairantes.

Bréguet Br695

Devant le risque de pénurie de moteurs français, Bréguet travailla sur une version propulsée par des moteurs américains, version baptisée Bréguet Br695. Quinze appareils de pré-série de cette version sont commandés le 27 juillet 1939.

Les performances sont un peu plus faibles qu’avec des moteurs français ce qui n’empêche pas le lancement de la production en série en janvier 1940, l’armée de l’air décidant d’équiper six nouveaux groupes de bombardement d’assaut avec cette nouvelle version soit un total de 162 appareils en ligne et de 81 en réserve.

Le prototype effectua son premier le 3 mars 1940 et les quinze appareils de pré-série sont livrés en mai et juin 1940. Les cent-soixante deux appareils de série son livrés entre septembre 1940 et mars 1942.

Le GBA III/35 reçoit ses appareils entre septembre et décembre 1940, le GBA III/51 reçoit ses appareils entre janvier et mars 1941 et le GBA III/54 est équipé entre avril et juin 1941.

Trois nouveaux groupes sont créés au sein de la 44ème Escadre de Bombardement d’Assaut avec le GBA I/44 équipé entre juillet et septembre 1941, le GBA II/44 équipé entre octobre et décembre 1941 et enfin le GBA III/44 entre janvier et mars 1942.

Sur les 243 appareils commandés et fabriqués en série (plus quinze appareils de préserie et un prototype) soit un total de 259 avions, on en trouve 248 disponibles, onze ayant été perdus.

Caractéristiques Techniques du Bréguet Br695

Type : bimoteur monoplan d’assaut et de bombardement léger

Poids : à vide 3150kg maximal 4850kg

Dimensions : envergure 15.36m longueur 10.30m hauteur 3.19m

Motorisation : deux moteurs radiaux Pratt & Whitney SB4G ”Wasp Junior” de 835ch

Performances : vitesse maximale 425 km/h à 3250m Autonomie 1450km Plafond 9500m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS-404 de 20mm fixe tirant vers l’avant avec soixante coups et quatre mitrailleuses MAC 34 de 7.5mm (deux tirant vers l »avant _500 cartouches_, une de défense arrière sur affût _quatre chargeurs tambours de 100 cartouches_ et une mitrailleuse défendant le secteur inférieur arrière avec 500 cartouches) Huit bombes de 50kg et des fusées éclairantes.

 Bréguet Br696

Le Bréguet Br696 est une version améliorée du Bréguet Br695 avec des moteurs américains P&W plus puissants. La protection est renforcée, la soute à bombes réaménagée mais l’armement reste identique.

Le prototype effectue son premier vol le 7 janvier 1943 et cent vingt appareils sont aussitôt commandés pour pouvoir équiper trois groupes de bombardement d’assaut, le GBA I/41 qui reçoit ses appareils entre avril et juillet 1943, le GBA II/41 qui reçoit ses appareils entre août et décembre 1943 et enfin le GBA III/41 qui reçoit ses appareils entre janvier et juin 1944.

81 appareils sont en ligne et 39 appareils sont en volant de fonctionnement. En juin 1948, 250 Bréguet Br696 sont commandés pour à terme remplacer les Br691 et Br693 et en septembre 1948, 44 appareils ont été livrés.

Caractéristiques Techniques du Bréguet Br696

Type : bimoteur monoplan d’assaut et de bombardement léger

Poids : à vide 3300kg maximal 5120kg

Dimensions : envergure 15.44m longueur 10.52m hauteur 3.19m

Motorisation : deux moteurs radiaux Pratt & Whitney R-1830-17 de 1200ch

Performances : vitesse maximale 495 km/h à 3250m Autonomie 1500km Plafond 10500m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS-404 de 20mm fixe tirant vers l’avant avec soixante coups et six mitrailleuses MAC 34 de 7.5mm (quatretirant vers l »avant _1000 cartouches_, une de défense arrière sur affût _quatre chargeurs tambours de 100 cartouches_ et une mitrailleuse défendant le secteur inférieur arrière avec 500 cartouches) Douze bombes de 50kg et des fusées éclairantes.

Potez 640

A l'origine du Potez 640, le Henschel Hs-129B

A l’origine du Potez 640, le Henschel Hs-129B

Le 9 novembre 1942 lors d’un défilé militaire à Berlin apparu un bimoteur lourdement armé dont l’identité ne fût connue qu’ultérieurement : le Henschel Hs129. Cet appareil était spécialement conçu pour l’appui rapproché avec un fort blindage pour encaisser les coups.

Germa rapidement l’idée d’un appareil semblable pour appuyer les DLM et les DC(R). Cela n’alla pas sans mal car les plus sceptiques l’estimait superflu puisque l’armée de l’air disposait d’avions de coopération et d’avions d’assaut.

Néanmoins un programme est lancé en septembre 1943. Ce programme demandait un bimoteur, robuste et fiable avec une bonne protection du pilote. Il devait opérer de terrains frustres et pouvoir être facilement entretenu, notamment le changement des moteurs devait être le plus rapide possible.

Trois constructeurs remettent leurs projets : la SNCAN avec le Potez 640, la SNCAC avec le Hanriot NC-625 et la SNCASO avec le Bloch MB-179, chaque constructeur devant construire un prototype.

Le Potez 640 effectue son premier vol le 4 mars 1944, le Hanriot NC-625 effectue son premier vol le 17 mars et le Bloch MB-179 le 7 avril 1944. Ces trois appareils évalués par l’armée de l’air au cours des six premiers mois jusqu’au 12 octobre 1944 quand l’armée de l’air sélectionne le Potez 640.

Ce bimoteur racé est issu du projet Potez 221 qui avait été proposé par la firme de Meaulte dans le cadre du projet qui avait donné naissance au Bloch MB-174 et ses dérivés.

Lourdement blindé, capable d’encaisser du plomb et des coups, il pouvait rendre des coups avec un armement imposant composé de huit mitrailleuses de 7.5mm (quatre dans le nez et quatre dans les ailes avec 6000 cartouches), un canon de 25mm en nacelle ventrale devant la soute à bombe qui peut emporter 400kg de bombes.

Ce dernier, l’arme secrète du Potez 640 était un dérivé du canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939/40 utilisé notamment par l’armée de l’air pour la protection de ses terrains et la marine pour la protection de ces navires. Canon à très haute vitesse initiale, il compensait ainsi la modestie de son calibre.

Essayé à terre, il se montra prometteur mais une fois embarqué, il montra d’importantes défectuosités comme une propention aux incidents de tir ce qui poussa l’armée de l’air à le débarquer pour le remplacer par un canon de 20mm Hispano Suiza aux performances bien moindres jusqu’à ce que les maladies de jeunesse de ce canon soit réglées soit seulement début 1947.

L’armée de l’air planifiant la mise sur pied de quatre groupes indépendants d’appui rapprochés subdivisés en trois escadrilles de neuf appareils soit un total de 108 appareils en ligne, chaque groupe devant théoriquement appuyé un CAC ou un Corps de Cavalerie.

Les premiers appareils sortent en mars 1945. Lent à produire, la commande n’est honorée qu’en juin 1947 soit quatre appareils par mois. Une deuxième commande est passée pour un volant de réserve, 54 appareils sont commandés en octobre 1947 et livrés entre janvier et septembre 1948.

Le 1er Groupe Indépendant d’Appui Rapproché reçoit ses appareils entre avril et septembre 1945, le 2ème Groupe Indépendant d’Appui Rapproché est équipé entre octobre 1945 et mars 1946, le 3ème Groupe Indépendant d’Appui Rapproché est équipé entre avril et septembre 1946 et le 4ème Groupe Indépendant d’Appui Rapproché est équipé entre octobre 1946 et mars 1947.

Caractéristiques Techniques du Potez 640

Type : bimoteur monoplace d’appui rapproché

Poids : à vide 4100kg en charge 5250kg

Dimensions : Envergure 14.40m Longueur : 10.02m Hauteur : 3.25m

Motorisation : deux moteurs radiaux Gnôme et Rhône 14N de 1200ch entrainant deux hélices tripales

Performances : vitesse maximale 475 km/h Autonomie 1700km Plafond opérationnel : 12000m

Armement : un canon de 25mm à haute vitesse initiale sous le fuselage avec 54 obus, huit mitrailleuses de 7.5mm MAC 34 alimentées chacune à 750 coups (quatre dans le nez et quatre dans les ailes) et 400kg de bombes

22-Armée de terre : armement et matériel (67) Ordre de bataille (1)

Q-Ordre de bataille de l’armée de terre après la mobilisation générale de septembre 1948.

Préambule

L’armée de terre mobilisée en septembre 1939 aligne 2.7 millions d’hommes, un chiffre considérable qui aspire une bonne partie des forces vives de la nation.

Bien que la guerre de Pologne se soit officiellement terminée le 15 décembre 1939, l’armée reste sur le pied de guerre pendant trois longs mois.

On craint en effet un «coup de Jarnac» des allemands, une attaque surprise et brusque en passant par les plaines belges.

Cette menace s’estompant et les fortifications frontalières jugées suffisament solides pour se protéger d’une attaque surprise, la décision est prise en mars 1940 de commencer à démobiliser notamment les réservistes les plus anciens.

Général Aimé Doumenc

Général Aimé Doumenc

Un comité de la démobilisation est mis en place sous la direction du général Doumenc le 21 mars 1940 pour planifier la libération des hommes, le stockage ou la destruction du matériel, la remise en état des bâtiments réquisitionnés, des champs, la dé-réquisition du matériel etc…….. .

La démobilisation entre officiellement en action le 1er juin et va s’entendre jusqu’au 1er octobre 1940 date où un décret cosigné par le général Villeneuve _chef d’état-major général_ et par le ministre de la Guerre, Paul Perret.

Ce n’est cependant pas un retour stricto sensu à la situation antérieure en septembre 1939 car l’armée à connu un début de modernisation qui va être accentuée durant les huit années de paix armée sous l’impulsion du général Villeneuve.

Les unités de cavalerie voit leur nombre s’accroitre, passant de trois à huit DLM et de trois à six DC, réduisant le nombre d’unités montés à la portion congrue.

Il ne faut pas oublier la création d’unités  motomécaniques en Tunisie (1ère Division Légère de Cavalerie) et en Indochine avec le Groupement Mécanisé Colonial (GMC) devenu en septembre 1948 la 2ème Division Légère de Cavalerie et éviter ainsi une confusion avec le Groupement Motorisé de Corse.

L’infanterie modernise ses moyens, les huit DIM disponibles en septembre 1948 sont des divisions totalement motorisées, totalement autonomes pour leurs déplacements stratégiques.
Ces divisions doivent en offensive accompagner la percée obtenue par les DC et les DLM. Si on ne parle pas encore de vastes et foudroyantes opérations dans la profondeur (l’art opératif soviétique nous est encore inconnu), on envisage de confier à ces divisions automobiles la tache de réduire les poches de résistances délaissées par les DLM/DC avec le soutien des BCC.

L’artillerie à connu une nette modernisation de ses moyens même si des canons anciens sont encore en service (notamment au sein des Régiments d’Artillerie Mobile de Forteresse et des Régiments d’Artillerie de Position).

Outre de nouvelles pièces tractées, elle met désormais en œuvre des canons d’assaut, des pièces automotrices et multiplie les projets pour augmenter sa puissance de feu et sa mobilité. La lutte antichar et la lutte antiaérienne voit leurs moyens nettement accrus tant en qualité qu’en quantité.

Dès le mois de juillet, le comité de démobilisation est réactivé sous la direction du général Doumenc, devenant le comité de préparation de la mobilisation (CPM).

Ce comité est secret et tous les documents le mentionne sous le nom de comité X. Le général Doumenc lui même est connu sous le nom de code d’Oscar. Tous les documents concernant le CPM n’ont ainsi été déclassifiés qu’en 2005.

Installé au château de Vincennes, il va faire passer ses consignes auprès des gouverneurs militaires des dix-sept régions militaires qui correspondent au tracé des provinces françaises.

Des réservistes sont discrètement rappelés dès le 15 juillet notamment des spécialistes de la logistique, des transmissions et du train pour mettre sur pied l’infrastructure de la mobilisation.

On fait également le point sur les parcs des véhicules, en préparant la réquisition du matériel de la SNCF.

Dans les usines, la production des véhicules militaires et de soutien qui continuaient à cadence réduite pour constituer des stocks (l’équipement des unités ayant été privilégié) s’accélère pour réduire au maximum le nombre d’unités mobilisées équipées de matériel ancien ou ayant un déficit de matériel moderne.

La mobilisation entre dans sa phase active le 23 août quand les réservistes des classes 1940 à 1944 (conscrits ayant réalisé leur service militaire entre 1940 et 1942 pour la classe 1940, 1941 à 1943 pour la classe 1941, 1942 à 1944 pour la classe 1942, 1943 à 1945 pour la classe 1943 et 1944 à 1946 pour la classe 1944) sont rappelés.

Le 5 septembre 1948 suite à l’attaque allemande contre la Norvège et le Danemark, les réservistes de la classe 1945 sont rappelés (service militaire effectué de 1945 à 1947) tandis que les conscrits de la classe 1946 qui devaient être libérés sont maintenus sous les drapeaux tout comme la classe 1947 qui libérable durant  l’année 1949 voit son service prolongé jusqu’à la fin de la guerre sauf exemptions strictement limités.

« Sus aux planqués ! » aurait ainsi dit le général Villeneuve au cours d’une de ses colères légendaires.

Cela n’empêche de nombreux volontaires de 18 et 19 ans appelables seulement en 1950 et 1951 de devancer l’appel et de s’engager.

Il faut rappeler qu’à cette époque, la France est baignée _au grand dam des pacifistes et des internationalistes_ dans une ambiance de patriotisme échevelé rappelant 1914 et le départ pour une guerre qu’on imagine fraiche et joyeuse.

Néanmoins, les jeunes soldats partant au front sont conscients des risques. Comme l’écrit un jeune soldat du 65ème RI de Nantes «Père, Mère, ne vous en faites pas de soucis pour moi. Je connais les risques que nous allons courir, je sais que comme l’oncle Fernand et l’oncle Achille tombés à Verdun et dans les Dardanelles je risque d’y rester mais cela me stimule plus qu’autre chose. Cette fois pas question de s’arrêter sur le Rhin comme en 1918 c’est Berlin ou rien……..».

Alors que depuis le 1er septembre, les Divisions Cuirassées et les Divisions Légères Mécaniques ont rejoint leurs zones de rassemblement pour faire face à une attaque brusquée de l’Allemagne, les divisions d’infanterie d’active rejoignent la frontière pendant qu’à l’arrière les Centres Mobilisateurs mettent sur pied des unités de réserve de type A (réservistes de 35 à 42 ans) puis des unités de réserve de type B (42 à 48 ans).

Les réservistes âgés de plus de 48 ans servent au sein des régiments territoriaux pour garder les points sensibles, les installations stratégiques en compagnie de jeunes recrues à l’instruction, le début de la guerre ayant entrainé l’appel anticipé de la classe 1949 (conscrits nés en 1929).

L’expérience acquise de 1939, l’ambiance de patriotisme échevelé et un trio Villeneuve-Doumenc-Ganelon huilé fait qu’en à peine plus de quinze jours, on peut considérer que l’armée de terre à été mise sur le pied de guerre et capable de contrer une offensive allemande et surtout de pouvoir si nécessaire passer à l’offensive bien plus rapidement que neuf ans plus tôt.

La mobilisation : les structures

Le général Villeneuve en tant que chef d’état-major général de l’armée et généralissime des forces alliées (prenant sous son commandement les forces britanniques déployées en France et en cas d’invasion allemande, les forces belges et néerlandaises) est le principal responsable de la mobilisation.

Le cœur de cette gigantesque entreprise c’est donc le CPM dirigé par le général Doumenc, un spécialiste des problèmes logistiques qui entre 1940 à 1948 à pu planifier la future mobilisation tout en conseillant le général Villeneuve pour moderniser les structures de l’armée pour faciliter cette montée en puissance.

Le CPM s’appuie sur les régions militaires. Au nombre de vingt en 1929, elles sont réduites à dix sept suite à la loi du 15 novembre 1940 qui regroupe les départements métropolitains en dix-sept provinces.

Ce choix du général Villeneuve de calquer les régions militaires sur les provinces est destiné à faciliter une guerre longue en réduisant les échelons et en facilitant la coordination entre le pouvoir militaire et le pouvoir politique.

départements et provinces de France

départements et provinces de France

Un décret du 8 janvier 1941 nous donne la situation suivante :

-La 1ère région militaire correspond à la Province d’Ile de France (Paris)

-La 2ème région militaire correspond à la Province de Flandre-Picardie (Lille)

-La 3ème région militaire correspond à la Province de Normandie (Rouen)
-La 4ème région militaire correspond à la Province de Bretagne (Nantes)

-La 5ème région militaire correspond à la Province du Poitou (Poitiers)

-La 6ème région militaire correspond à la Province d’Aquitaine (Bordeaux)

-La 7ème région militaire correspond à la Province d’Occitanie (Toulouse)

-La 8ème région militaire correspond à la Province du Languedoc (Montpelier)

-La 9ème région militaire correspond à la Province de Provence (Marseille)

-La 10ème région militaire correspond à la Province Alpine (Grenoble)

-La 11ème région militaire correspond à la Province du Val de Rhône (Lyon) : Loire, Rhône, Ardèche et Drôme

-La 12ème région militaire correspond à la  Province de Bourgogne (Dijon)

-La 13ème région militaire correspond à la Province d’Auvergne (Clermont-Ferrand)

-La 14ème région militaire correspond à la Province du Val de Loire (Tours)

-La 15ème région militaire correspond à la Province de Champagne (Chalons en Champagne)

-La 16ème région militaire correspond à la Province d’Alsace

-La 17ème région militaire correspond à la Province de Lorraine (Metz)

A la mobilisation générale de septembre 1948, chaque région militaire met sur pied deux état-major de corps d’armée, le premier portant le numéro de la Région Militaire et le second étant compris entre les numéros 18 et 34 :

-La 1ère région militaire met sur pied le 1er et le 18ème Corps d’Armée affectés à la 7ème armée

-La 2ème région militaire met sur pied les 2ème et 19ème Corps d’Armée affectés à la 1ère armée

-La 3ème région militaire met sur pied les 3ème et 20ème Corps d’Armée affectés respectivement à la 9ème armée (3ème CA) et à la 1ère armée (20ème CA).

-La 4ème région militaire met sur pied les 4ème et 21ème Corps d’Armée affecté à la 9ème armée en compagnie du 3ème Corps d’Armée.

-La 5ème région militaire met sur pied les 5ème et 22ème Corps d’Armée affectés à la 2ème armée en compagnie du 6ème CA.

-La 6ème région militaire met sur pied les 6ème et 23ème Corps d’Armée, le premier étant affecté à la 2ème armée et le second à la 3ème armée.

-La 7ème région militaire met sur pied les 7ème et 24ème Corps d’Armée affectés à la 3ème armée au sein du groupe d’armées n°2

-La 8ème région militaire met sur pied les 8ème et 25ème Corps d’Armée affectés à la 4ème armée au sein du groupe d’armées n°2 en compagnie du 26ème CA.

-La 9ème région militaire met sur pied les 9ème et 26ème Corps d’Armée, le premier étant affecté à la 6ème armée et le second à la 4ème armée en compagnie des 8ème et 26ème CA.

-La 10ème région militaire met sur pied les 10ème et 27ème Corps d’Armée affectés ensemble à la 8ème armée.

-La 11ème région militaire met sur pied les 11ème et 28ème Corps d’Armée, le premier étant affecté à la 8ème armée et le second à la 6ème armée.

-La 12ème région militaire met sur pied les 12ème et 29ème Corps d’Armée, le premier étant affecté à la 6ème armée et le second à la 5ème armée appelée également Armée des Alpes.

-La 13ème région militaire met sur pied les 13ème et 30ème Corps d’Armée affectés ensemble à la 5ème armée appelée également Armée des Alpes.

-La 14ème région militaire met sur pied les 14ème et 31ème Corps d’Armée entrant au sein de la Réserve Stratégique.

-La 15ème région militaire met sur pied les 15ème et 32ème Corps d’Armée qui engerbent des divisions de la Réserve Stratégique

-La 16ème région militaire met sur pied les 16ème et 33ème Corps d’Armée qui engerbent des divisions de la Réserve Stratégique

-La 17ème région militaire  met sur pied les 17ème et 34ème Corps d’Armée qui engerbent des divisions de la Réserve Stratégique.

Il est prévu que chaque corps d’armée dispose de deux à quatre divisions d’infanterie sans oublier des unités de support et de soutien (artillerie de la réserve générale et du corps d’armée, génie, train, transmissions……..) et qu’un CA s’étant illustré voit son numéro «retiré» pour préserver sa mémoire comme jadis les légions romaines.
Ces Corps d’Armée vont ensuite rejoindre les armées aux frontières, armées réparties en trois groupes d’armées :

-Le Groupe d’Armées n°1 dont la zone de responsabilité s’étend de la mer du Nord aux Ardennes incluses aura sous sa responsabilité la 1ère, la 7ème, la 2ème et la 9ème armée ainsi qu’un corps expéditionnaire britannique et deux corps de cavalerie.

En cas d’entrée en Belgique, il pourrait prendre sous son aile une partie de l’armée belge (6 à 10 divisions répartis en deux ou trois corps d’armée) voir quelques unités néerlandaises au cas où la manoeuvre Dyle-Breda imaginée par le général Gamelin serait exécutée.

-Le Groupe d’Armées n°2 dont la zone de responsabilité s’étend des Ardennes au lac Léman aura sous sa responsabilité les 3ème, 4ème, 6ème et 8ème armées auxquelles s’ajoute le 3ème Corps de Cavalerie disposant des 2ème, 4ème et 8ème DLM. Il bénéficie également de l’apport considérable de la «Muraille de France», la ligne Maginot.

-Le Groupe d’Armées n°3 couvre les Alpes avec l’unique 5ème Armée ou Armée des Alpes. Cette armée bénéficie du soutien de la 6ème DLM et pourrait avoir à conduire une offensive contre l’Italie avec le renfort d’une ou de deux armées du GA n°2 voir la création d’une 10ème Armée par exemple avec des unités stationnées en Afrique du Nord.

En effet la mobilisation concerne aussi l’Empire et l’Afrique du Nord va voir la réactivation de deux divisions d’infanterie, l’une d’elle renforçant la défense de la Corse et la deuxième devant renforcer le dispositif en Tunisie.

22-Armée de terre : armement et matériel (55)

Particularités propres à chaque arme (2) : cavalerie

Les cavaliers des régiments et escadrons de la cavalerie métropolitaine demeurés à cheval (cuirassiers, dragons, chasseurs, hussards,GRCA et GRDI) sont habillés en hommes montés.

Ils portent en campagne le casque standard et au cantonnement le bonnet de police. Suite à la motorisation des unités de cavalerie métropolitaines et la fusion «chars de l’infanterie» et «cavalerie» au sein de l’arme blindée-cavalerie, tous les cavaliers reçoivent le béret noir.

Ils combattent en manteau ou en vareuse, portant la culotte d’un homme monté, des jambières d’homme monté et d’éperons.

Les spahis ont des équipements particuliers propres à leur arme avec une chechia cramoisie pour les européens et une coiffure arabe avec chèche kaki clair pour les indigènes; une gandoura souvent portée par dessus le manteau, un burnous de drap garance (spahis algériens) ou bleu foncé (spahis marocains) et un équipement particulier de type saharien.

Les dragons portés (puis également les chasseurs portés) portent le casque du modèle général puis le casque modèle 1935/40 des troupes motorisées, des lunettes pour troupes motorisées, un chèche, un manteau en capuchon et un tour de cou.

Le reste de la tenue est semblable à ceux des cavaliers avec la vareuse, le pantalon droit, les jambières et les chaussures montantes.

Les dragons et les chasseurs portés sont les premiers à recevoir la tenue modèle 1943 décrite plus haut.

Particularités propres à chaque arme (3) : artillerie

Les artilleurs sont habillés en hommes montés ou en hommes non montés, la première catégorie correspondant à l’artillerie motorisée, à l’artillerie antichar et antiaérienne, la seconde catégorie correspondant à l’artillerie hippomobile.

En ce qui concerne le couvre-chef, dans le cantonnement, ils portent le bonnet de police, la chechia pour l’artillerie d’Afrique ou encore le béret pour l’artillerie de forteresse. Ultérieurement, le béret va peu à peu remplacer le bonnet de police et la chéchia de l’artillerie d’Afrique.

En ce qui concerne le casque, les artilleurs portent le casque standard sauf les artilleurs antichars qui portent le casque des troupes motorisées (modèle 1935) et les artilleurs antiaériens qui portent un casque spécifique, le modèle 1936.

En ce qui concerne l’équipement, les artilleurs ont longtemps utilisé des équipements anciens qu’il s’agisse d’un ceinturon modèle 1903/14 ou du bidon à deux litres modèle 1877, l’élément le plus moderne étant le masque à gaz ANP 31. Ils portent le havresac modèle 1893 ou portent le sac à paquetage modèle 1935.

Comme toutes les armes, les artilleurs vont moderniser très progressivement leur équipement. Les artilleurs des Divisions Cuirassés et des Divisions Légères Mécaniques (groupes de canons d’assaut, régiment d’artillerie tractée tout terrain et régiments d’artillerie autoportée, unités antichars et antiaériennes) recevant une tenue modèle 1943 adaptée, les autres régiments d’artillerie conservant la tenue dont ils disposaient en 1939-40 avec des améliorations progressives et a minima.

Particularités propres à chaque arme (4) : sapeur

Comme les artilleurs, ils sont montés en hommes montés ou en hommes non-montés. Ils ne disposent pas de particularités particulières au niveau de l’habillement.

En ce qui concerne le couvre-chef, ils portent le bonnet de police dans toutes les unités sauf dans les unités du génie de forteresse qui portent le béret, une généralisation d’une pratique non officielle mais tolérée jusque là.

En ce qui concerne l’équipement, il est semblable à celui des artilleurs. Les sapeurs des DC et des DLM vont recevoir une tenue modèle 1943 adaptée à leurs besoins particuliers.

Particularités propres à chaque arme (5) : le train

Les tringlots (appelés officiellement conducteurs et ce quelque soit leur fonction au sein de cette arme de l’ombre) sont habillés en hommes non montés dans les unités motorisées et en hommes montés dans les unités hippomobiles.

Ils portent une salopette modèle 1935 en toile kaki, une chemise kaki, une vareuse, un manteau, une chèche, un casque modèle 1926 et des lunettes.

Son équipement est des plus réduits avec un ceinturon, une ou deux cartouchières (chargeurs de PA et de PM), deux étuis musette, un masque à gaz, un bidon de deux litres et un sac en toile.

Particularités propres à chaque arme (6) : troupes motorisées

Les personnels des chars de combat (qui en 1939, appartiennent à l’infanterie) ainsi que les personnels des automitrailleuses portent la salopette de toilette modèle 1935, un veston en cuir modèle 1935, un petit béret noir _ultérieurement généralisé à toute l’Arme Blindée Cavalerie_, un casque modèle 1935, des gants, un tour de cou, une chèche.

Au cantonnement, ils portent le pantalon-culotte modèle 1922 ou le pantalon toutes armes modèle 1918 avec des molletières puis des jambières, la vareuse. Ils disposent également de deux bleus de travail.

Au niveau de l’équipement, on trouve un ceinturon avec une ou deux cartouchières pour PA et PM, ils portent également un poignard, un masque à gaz. Le havresac modèle 1893 ou le sac à paquetage modèle 1935, les étuis-musette modèle 1861 et le bidon de deux litres modèle 1877 ne sont pas embarqués dans le char ou le véhicule blindé.

Les motocyclistes et équipages de side-cars portent une chemise kaki, une salopette imperméabilisée modèle 1938, un paletot imperméabilisé modèle 1938 ou un veston de cuir modèle 1938 (motocyclistes des unités de chars), un manteau à capuchon (passager du side-car), des jambières de cuir pour les motocyclistes des unités de cavalerie.

Ils portent également le casque des troupes motorisées modèle 1935 et les effets correspondant à leur corps : manteau ou capote, béret, chéchia ou bonnet de police. N’oublions pas également le tour de cou, la chèche et le bleu de travail.

Devant la masse de motocyclistes à équiper à la mobilisation, beaucoup de motocyclistes mobilisés recevront la collection modèle 1935 voir même pour certains des vestons de cuir noir modèle 1920.

En ce qui concerne l’équipement des motocyclistes, on trouve un ceinturon, une ou deux cartouchières, un sac à paquetage modèle 1935, deux étuis-musette, un bidon de deux litres et un masque à gaz ANP 31. Cet équipement évolue assez peu jusqu’en 1948.

Les tenues des sous-officiers

Les adjudants-chefs et les adjudants portent le même équipement que les officiers sauf la culotte qui est kaki avec un passepoil kaki foncé.

Les sergents-chefs et les sergents portent la même tenue de campagne que la troupe ainsi que les mêmes effets.

22-Armée de terre : armement et matériel (49)

Les véhicules d’usage déterminé

Préambule

Non destinés à quitter la route, ces véhicules combinent un chassis de type commercial mais avec une carosserie adaptée aux besoins des militaires. Voilà pourquoi à l’exception des camions citernes, ces véhicules sont commandés dès le temps de paix, stockés et ressortis au grand jour au moment de la mobilisation de septembre 1939.

Les véhicules appartenant à cette catégorie sont de plusieurs types regroupés selon le vocable de «véhicules dérivés de chassis commerciaux courants».

A la différence des véhicules que nous venons de voir, ils sont adaptés à une mission bien particulière. On trouve donc les types suivants :

-Voitures sanitaires

-Camionnettes télégraphiques

-Breaks de reconnaissance (ultérieurement reclassés comme véhicules d’usage général et cités ici pour mémoire)

-Camions aménagés (atelier, magasin, porte-chars, porte-canons………..)

-Véhicules sahariens (ultérieurement reclassés comme véhicules d’usage général et cités ici pour mémoire)

-Tracteurs ordinaires routiers

-Avant-trains tracteurs

-Voitures usines d’équipages photo-électriques

-Locomotives pétroléo-éléctriques et locotracteurs

Les camions citernes

Laffly S20TL en version citerne

Laffly S20TL en version citerne

Quand éclate la guerre de Pologne,l’armée de terre dispose de seulement soixante-sept camions citernes sur les 110 commandés. Sur ce total, on doit compter les Latil M2B1 destinés au Sahara et des Laffly S20 TL réservés aux dragons portés.

Les besoins de la mobilisation sont estimés à 9000 citernes dont 3000 pour l’armée de l’air. Cela entraine le quasi épuisement du parc civil. Cela laisse néanmoins un déficit initial de 150 véhicules, 152 exemplaires étant laissés à la disposition de la Société Industrielle des pétroles et dérivés pour les besoins du marché civil.

Si certains de ces véhicules sont affectés isolément à des unités mécaniques (bataillon de chars de combat, divisions légères mécaniques), la majorité sont intégrés à des unités du train.

On trouve ainsi des compagnies de camions réservoirs dépendant des parcs d’essence d’armée ou de la Réserve Générale et des compagnies de transport de carburant qui sont des unités autonomes de la réserve générale.

Chaque compagnie dispose de 89 camions réservoirs ou plateaux (ces derniers transportant des citernes amovibles de 1 à 1.25 mètres cubes) plus 20 camions de 5 tonnes et 15 camions de 3.5 tonnes qui servaient au transport de bidons de cinquante litres.

Il faut attendre le 18 septembre 1939 pour que les premières commandes soient passées, 500 camions de 5000l plus soixante d’entretien mensuel. Cela permet de résorber le déficit et de remplacer les véhicules de réquisition qui sont peu à peu rendus à leurs propriétaires.

L’armée de terre met en œuvre des Berliet GDR 7 de 5000 litres qui peut être considéré comme le camion citerne standard de campagne.

D’autres modèles de camions citernes sont mis en œuvre au sein de l’armée de terre, des camions citernes de grande capacité en l’occurence le Willeme DG 18 de 18000 litres, dérivés des DG 12 de 12000 litres, ces derniers étant issus de la réquisition et sont rendus à leur légitime propriétaire au fur et à mesure de la livraison des DG 18.

On trouve également des Renault AIB 1 de 9500 litres ainsi que des White 920 et Mack EXBX de 18000 litres.

Camions-ateliers

A la différence des véhicules que nous venons de voir, les camions ateliers sont des véhicules typiquement militaires. Voilà pourquoi, les véhicules nécessaires sont commandés avant le déclenchement de la guerre de Pologne.

Cependant quand cette dernière éclate, toutes les commandes ne sont pas honorées ce qui impose faute de mieux de réquisitionner dans le civil des véhicules forcément moins adaptés que les véhicules conçus comme camions-ateliers.

En effet sur les 661 véhicules commandés (404 ateliers, 195 porteurs de machines-outils et 62 magasins), il reste à livrer 192 camions-ateliers, 158 porteurs de machines outils et 45 camions magasins.

Depuis 1938, l’armée à soigneusement définit les spécifications de ses camions ateliers qui existent en deux types : le type artillerie et le type char qui se différencie essentiellement par leur aménagement intérieur.

Outre les camions ateliers proprement dits, nous trouvons également des camions ateliers métalliques du génie et des camions de parc automobile d’armée.

D’autres véhicules vont naturellement être commandés une fois la guerre déclarée, des commandes importantes qui ne seront pas toutes honorées puisque la guerre s’acheva au bout de trois mois.

Les principaux modèles de véhicules ateliers sont les suivants :

-Camion atelier métallique Renault AGK

-Camion atelier type chars Rochet-Schneider 420 VLES

-Camion atelier Panhard K 125

-Camion pour parc d’armées FAR

-Camion atelier Latil FSPB 4

Camions porte-char

Quand éclate la guerre de Pologne, la quasi-totalité des porte-chars en service sont destinés au transport à longue distance sur route des Renault FT de 7.5 tonnes, des chars dépassés en 1939 mais toujours en service en attendant leur remplacement par des chars plus modernes.
Le poids des chars ne cessant d’augmenter, la philosophie du portage de chars évolue d’un transport sur route au dépannage des chars endommagés. Sachant qu’un char léger pèse en 1939 12 tonnes, le transport sur plateau devient pour ainsi dire impossible.

C’est le concept du «leveur-porteur», des véhicules spécialement conçus pour récupérer un char endommagé ou enlisé pour l’installer sur plateau et l’envoyer en réparations. Des véhicules répondant à ses caractéristiques sont fournis par Willème (DW-12A) et Berliet en petit nombre (24 commandés dont 17 encore à livrés en septembre 1939) en raison de leur coût.

La guerre imposant des solutions moins coûteuses, on préfère au leveur-porteur, le concept d’un 15 tonnes classique équipé de treuils et de rampes arrières, capable de porter tous les chars légers de l’époque. La société Bernard reçoit une commande de 280 exemplaires et Berliet une commande de 70 GPE-4.

Laffly S45T

Laffly S45T

Pour les chars dépassant 15 tonnes, on décide d’utiliser des remorques de dépannage tractées par des  dépanneurs de chars tout-terrain Somua MCL, Laffly S45 T et Latil M4TX.

Sur le plan de l’organisation, chaque BCC léger (BCC type 45) dispose d’un leveur-porteur et de deux porte-chars avec treuil alors que pour les BCC moyens et lourds ainsi que les escadrons de Somua S-35, on trouve une remorque par compagnie ou deux par escadrons, des remorques de 20 tonnes (modèle Titan et L&G) et de 30 tonnes (modèle Titan et Coder).

Devant les besoins, on fait appel aux Etats-Unis, commandant des camions porte-chars de 18 à 20 tonnes White-Ruxtall 922. Ces véhicules vont équiper à partir de l’automne 1940 cinq compagnies de soixante-trois tracteurs porte-chars, pouvant transporter des véhicules sur plateau ou tracter une des remorques citées plus haut. Ces cinq compagnies deviendront dix à la mobilisation de septembre 1948 puis quinze au printemps 1949 avec des véhicules américains et français.