Scandinavie (87) Finlande (25)

Véhicules

Chars de combat

Avant-propos

Quand l’URSS envahit la Finlande, cette dernière n’aligne que fort peu de chars et qui plus est des chars totalement obsolètes ou a minima déclassé que ce soit des Renault FT acquis juste après la fin de la guerre ou deux modèles de chars anglais, les Vickers Carden-Lloyd Mk VI ou encore les Vickers 6-Ton Tank Mark E.

La guerre d’Hiver permet à Helsinki de récupérer un grand nombre de chars qui sont pour beaucoup remis en état et retournés contre leurs anciens propriétaires.

Durant la Pax Armada et durant le second conflit mondial, les allemands fourniront canons d’assaut et chars de combat. Ironie de l’histoire nombre de ces véhicules tardivement livrés seront davantage utilisés contre les allemands que contre les soviétiques.

Le second conflit mondial terminé les finlandais s’équiperont de véhicules occidentaux, soviétiques mais aussi de conception et de fabrication nationale.

Renault FT

Renault FT mitrailleur 10

Le «char de la victoire» souvent improprement désigné FT-17 est un petit char destiné à l’accompagnement de l’infanterie.

Biplace il fixe pour ainsi dire l’architecture du char moderne avec le moteur à l’arrière (les chars à moteur avant sont minoritaires), le pilote à l’avant et le compartiment de combat au centre, compartiment surmonté d’une tourelle armée soit d’une mitrailleuse ou d’un canon de 37mm ce qui explique les désignations de char-mitrailleur et de char-canon. Ultérieurement apparaîtra une variante d’appui-rapproché avec un canon de 75mm et une version de transmissions.

Produit à plus de 4500 exemplaires en France sans compter ceux produits sous licence aux Etats-Unis ainsi que des chars qui en sont étroitement dérivés, il va permettre à de nombreux pays de s’initier au combat blindé en recevant des chars de la part de la meilleure armée du monde en 1919 et qui est pas loin de l’être à nouveau en 1948.

Ce char rapidement déclassé sera encore en service en septembre 1939 même si il était à l’époque totalement déclassé voir obsolète. Il disparaît peu à peu durant la Pax Armada et joue un rôle très secondaire à partir de septembre 1948.

La Finlande reçoit dans un premier temps trente-deux chars qui sont encore en service en novembre 1939 quand éclate la guerre d’Hiver.

Quatorze d’entre-eux sont des chars-canons armés d’un canon de 37mm Puteaux SA-18 de 21 calibres et dix-huit chars-mitrailleurs armés d’une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8mm. Certains avaient la tourelle rivetée d’origine mais la majorité possédaient la nouvelle tourelle Berliet. Ces premiers chars livrés en 1919 furent complétés en 1920 par un char-canon et un char-mitrailleur.

Les chars-canons étaient baptisés Koiras (mâle) et chars-mitrailleurs Naaras (femelle) un peu comme les chars Mark britanniques. Ils équipent le Hyökkäysvaunurykmentti (régiment de chars) stationné sur la base militaire de Santahamina à Helsinki puis à Hameenlinna à 100km au nord de la capitale.

Si les chars-canons conservèrent jusqu’à la fin leur canon de 37mm Puteaux, les chars-mitrailleurs remplacèrent leur Hotchkiss par une mitrailleuse à refroidissement par air Maxim M/09-31.

Deux de ces chars furent loués par la France pour équiper l’armée du général blanc Yudenich après de nombreuses pressions de la part de la France. Ils furent rendus à leur propriétaire le 9 avril 1920. Pour compenser deux chars supplémentaires furent cédés par la France.

Pour former les finlandais à l’utilisation de cette nouvelle arme, neuf instructeurs dirigés par le capitaine Pivetau arrivent à Helsinki en 1919 pour entraîner le personnel nécessaire. Sept des douze premiers officiers étaient issus de la cavalerie et les recrues étaient sélectionnés en privilégiant tout soldat ayant une compétence mécanique.

Le régiment de chars était organisé en deux bataillons de trois batteries de cinq chars Renault FT soit un total de trente véhicules en service.

Ce char était obsolète quand éclate la guerre d’Hiver. Il était surtout d’une conception dépassée, l’accompagnement d’infanterie dans lequel il excellait en 1918 ne constituait qu’une facette de la guerre blindée en 1939 avec qui plus est la présence de chars nettement plus modernes côté soviétique (T-26, T-28, BT-5 et BT-7).

Seulement vingt chars de ce type étaient opérationnels, onze chars-canons et neuf chars-mitrailleurs. Ces chars ne vont être utilisés que pour entraîner l’infanterie à la lutte antichar, leur engagement au combat aurait été suicidaire même face à une Armée Rouge perclus de problèmes et d’incertitudes.

Ils furent également utilisés pour remorquer les chars soviétiques capturés et permettre leur remise en état et leur remise en service contre leurs anciens propriétaires. A la fin du conflit ordre est donné de les enterrer pour servir de blockhaus de fortune mais il ne semble pas avoir été engagés par les soviétiques. Des Renault FT auraient été capturés par les soviétiques mais visiblement ils étaient hors service.

La poignée de Renault FT encore disponible à la fin de la guerre d’Hiver fût désormais utiliser pour l’entrainement au profit des équipages des chars soviétiques capturés qui allaient former le cœur de la force blindée finnoise.

Renault FT mitrailleuse

Ecorché d’un Renault FT armé d’une mitrailleuse de 8mm Hotchkiss modèle 1914

Caractéristiques Techniques du Renault FT

Poids total : (char-mitrailleur) 6.5 tonnes (char-canon de 37mm) 6.7 tonnes

Dimensions : longueur 4m (5.10m avec la queue passe tranchée) largeur 1.74m hauteur 2.14m

Motorisation : un moteur Renault 4 cylindres développant 35 ch à 1300 tours minutes. Boite à quatre vitesse + une marche arrière. Réservoir de 96 litres d’essence

Vitesse maximale 7.8 km/h, environ 2 km/h en terrain varié Pente 45° Autonomie : 8 heures

Blindage : tourelle blindée à 22 et 16mm, parois verticales 16mm parois obliques 8mm plancher 6mm

Armement : (char-mitrailleur) une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8mm avec 4800 coups en 50 bandes articulées de 96 cartouches ou un canon de 37mm semi-automatique avec 237 obus. Certains Renault FT mitrailleurs ont été réarmés avec une mitrailleuse Darne de 7.5mm.

Equipage : 2 hommes (mécanicien pilote et chef de char tireur).

Vickers-Carden-Lloyd Mk VI*

Light Tank Mk VI 24

Light Tank Mk VI

A la fin du premier conflit mondial la Grande-Bretagne cesse la fabrication de chars lourds, tournant le dos à sa création. Les manufacturiers privés préservent la flemme en continuant à travailler sur des chars légers, les seuls exportables.

Parmi ces manufacturiers figure la firme Carden-Loyd qui avait suivit l’idée d’un ingénieur militaire britannique, le major Martel qui avait proposé un char monoplace, concept qui se révéla trop limité. Carden-Lloyd produisit également des petits chars biplaces appelés Carden-Loyd Tractor ou en français tankettes.

Ce petit modèle de char utile notamment pour l’outre-mer allait être largement utilisé par l’armée britannique mais également à l’étranger en Pologne, en Tchécoslovaquie, en URSS, en Bolivie, au Japon, au Canada, en France, en Italie, en Inde, aux Pays-Bas, en Chine, en Finlande, au Portugal, au Chili, en Belgique et en Thaïlande, la plupart des pays commandant des quantités réduites pour une production sous licence qui révéla rapidement la limite des tankettes dans la guerre moderne.

La production s’acheva en 1935, les deux dernières la production étant assurée non pas par la division de Vickers mais par la Royal Ordnance Factories.

En 1928, la firme Carden-Loyd fût rachetée par la firme Vickers. Les travaux sur les tankettes furent réutilisés par la firme Vickers-Armstrong pour dévelloper de nouveaux chars légers.

Différents modèles de chars légers ont été produits allant du Mk I au Mk VI. Certaines versions sont utilisées par l’armée britannique mais d’autres sont quasi-exclusivement réservées pour l’export comme le Light Tank Mk III exportée aux Pays-Bas. Le Light Tank Mk IV fût destiné à la suspension Hortsmann.

Ce char léger à été retiré du service actif en Grande-Bretagne en 1942, quelques blindés étaient utilisés pour l’entrainement ou pour des missions de police coloniale.

Quelques chars légers de ce type furent transférés à la RAF pour assurer la protection des terrains d’aviation contre un raid aéroporté allemand, une menace crédible, l’opération Weserübung ayant vu l’engagement massif des Fallschirmjäger qui s’emparèrent de plusieurs aérodromes norvégiens, permettant à la Luftwafe de conquérir rapidement la maîtrise du ciel en dépit de la présence des porte-avions français et anglais.

La Finlande à acquis un certain nombre de chars de ce type mais il ne semble pas avoir été engagés au combat que ce soit durant la guerre d’Hiver ou durant la guerre de Continuation.

Caractéristiques Techniques du Vickers Light Tank Mk V

Poids : 4.877 tonnes

Dimensions : longueur 3.97m largeur 2.08m hauteur 2.23m

Motorisation : un moteur Meadows ESTL essence 6 cylindres de 88ch

Performances : vitesse maximale 51.5 km/h autonomie 201km

Blindage : 6 à 9mm

Armement : une mitrailleuse Vickers .50 (12.7mm) associé à une Vickers.303 (7.7mm)

Equipage : trois hommes

Vickers 6-Ton Tank Mark E

Vickers 6-Ton

Après le succès des chenillettes Carden-Lloyd, Vickers-Armstrong décida de produire un char plus gros, un char d’un design neuf et non dérivé de véhicules existants. Le raisonnement était le suivant : après avoir acquis des chars légers très légers nul doute que les pays voudraient des chars plus lourd. Ce char appelé Vickers 6-Ton Tank Mark E allait être ainsi à l’origine du T-26 soviétique.

Conçu pour l’export il devait donc être simple, fiable et capable de s’adapter aux besoins de clients pas toujours riches. Après un type A avec deux tourelles armées d’une mitrailleuse, le type B disposait d’une tourelle avec un canon et une mitrailleuse dans une tourelle biplace.

Le premier client fût l’URSS qui acheta 15 type A et acheta la licence du type B pour développer le T-26. La Pologne à acheté 38 exemplaires (16 type A et 22 type B) en 1932, le Siam trente, la Chine vingt, le Portugal deux exemplaires, la Grèce, quatre, la Bulgarie huit, la Bolivie trois. Ces chars étant utilisés dans la guerre du Chaco alors que les chars chinois et siamois sont engagés respectivement contre et avec les japonais.

Après des essais menés à partir du 6 juin 1933, la Finlande passe commande le 20 juillet 1936 de trente-deux Vickers-Armstrong 6-Ton Tank Alternative B pour former un bataillon à deux compagnies de quinze chars avec un élément de QG avec deux chars.

Après négociations, les livraisons furent réparties en trois lots : onze chars le 20 juillet 1937, dix chars le 1er avril 1938 et onze chars le 1er janvier 1939. Pour économiser de l’argent ces chars furent commandés sans optiques, sans radios et sans armement !

En raison de retards industriels chez Vickers-Armstrong, le premier lot ne fût livré qu’en juillet 1938 et quand éclate la guerre d’Hiver (30 novembre 1939) seulement vingt-six chars ont été livrés mais seulement dix chars sont armés et opérationnels.

Ces véhicules furent tous livrés fin 1940 et considérés comme pleinement opérationnel en 1941 du moins pour ceux qui ont survécu aux opérations de la guerre d’Hiver où on ne peut pas dire qu’ils aient brillé. Ironie de l’histoire le char finlandais majeur en 1950 était le T-26.

Ils sont retirés des unités de première ligne en 1946 et utilisés pour l’entrainement ou le remorquage de pièces d’artillerie. Il restait douze véhicules disponibles à l’automne 1953, véhicules utilisés pour l’entrainement jusqu’en 1959.

Caractéristiques Techniques

Poids : 7.3 tonnes

Dimensions : longueur 4.55m largeur 2.32m hauteur 2.21m

Propulsion : un moteur à essence Armstrong-Siddeley Puma de 90ch

Performances : vitesse maximale 31km/h sur route 16km/h en tout terrain distance franchissable 240km sur route et 140km en tout terrain

Protection : 6 à 15mm
Armement : un canon de 37mm Puteaux ou Bofors et une mitrailleuse Suomi de 7.62mm

Equipage : trois hommes

T-26

T-26 18

Comme nous l’avons plus haut, le T-26 est un descendant du Vickers 6-Ton, une parenté qu’il partage avec le char polonais 7TP. Plus de 11000 exemplaires ont été produits en de nombreuses variantes (33 sur les 53 étudiées !) notamment un char lance-flammes, un véhicule de combat du génie, un canon automoteur, un tracteur d’artillerie, un transport blindé et même un char radiocommandé.

Avec les chars rapides de la famille BT, le T-26 est le principal char de l’armée rouge durant la période 1919/39. Obsolète au début des années quarante, il va être peu à peu retiré du service, les derniers T-26 quittant le service actif au printemps 1943.

En juin 1950 les T-26 sont utilisés pour l’entrainement et les essais. En théorie donc loin du front mais des véhicules ont été capturés par les allemands, les hongrois, les roumains et les finlandais ce qui signifie soit que ces véhicules ont été capturés sur des bases où ils étaient stockés ou alors que certains ont été engagés pour freiner la progression allemande. Les finlandais eux ont pu compléter leur flotte existante.

Le char léger T-26 est utilisé par la RKKA contre les japonais lors des incidents en Mandchourie et en Mongolie ainsi qu’en Finlande lors de la guerre d’Hiver. Des chars de ce modèle sont exportés en Chine (82) et en Espagne (281), participant à la deuxième guerre sino-japonaise mais aussi à la guerre d’Espagne. La Turquie à aussi acquis soixante de ces véhicules mais mis à part pour des opérations de maintien de l’ordre ils ne combattent pas.

L’URSS met le T-26 en service en 1931 d’où la désignation de T-26 mod.1931 pour le premier véhicule de série qui dispose de tourelles jumelées de 7.62mm. Le T-26 mod.1933 remplace les mitrailleuses de 7.62mm en tourelles jumelées par une tourelle armée d’un canon de 45mm et d’une mitrailleuse de 7.62mm. Deux autres mitrailleuses sont embarquées avec une mitrailleuse arrière et une mitrailleuse en position antiaérienne.

Une version baptisée T-26 mod.1934 est ensuite produite avec une tourelle de forme différente ce qui permet d’augmenter le stockage d’obus de 45mm qui passe de 122 à 147.

Elle même est remplacée par une nouvelle version baptisée T-26 mod.1938 qui sera suivie par la dernière version de série baptisée selon les sources T-26-1 ou T-26 mod.1939. Les différentes versions voient l’épaisseur du blindage augmenter pour améliorer leur protection. La production s’achève en 1941 après la sortie de 10300 chars et de 1701 dérivés.

La Finlande en 1941 disposait de dix T-26 modèle 1931, de vingt T-26 modèle 1933, quatre T-26 mod.1938 et deux OT-26, la variante lance-flammes du T-26 soit un total de trente-six véhicules.

Plus de véhicules avaient été capturés mais ces trente-six chars sont ceux conservés en service après cannibalisation des véhicules les plus endommagés mais qui pouvaient encore fournir des pièces.

Au printemps 1951 un inventaire des chars de l’armée finlandaise est effectué. Elle aligne un total de vingt-deux T-26 modèle 1931 (utilisé essentiellement pour l’entrainement et pour des tâches de sécurité à l’arrière), quarante-quatre T-26 modèle 1933, seize T-26 modèle 1938 et six OT-26 soit un total de quatre-vingt huit chars de ce type, des chars obsolète à l’époque mais les finlandais les maintiennent en service jusqu’à la fin.

Quand la Finlande signe un armistice en octobre 1953 et met fin à la guerre de Continuation elle dispose encore de dix T-26 modèle 1931, vingt T-26 modèle 1933, quatre T-26 modèle 1938 et un unique OT-26 soit un total de trente-cinq véhicules. Ces véhicules sont envoyés à la ferraille à la fin des années cinquante car non seulement déclassés mais surtout usés par un usage intensif.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger d’infanterie

Poids : 9.6 tonnes

Dimensions : longueur 4.65m largeur 2.44m hauteur 2.24m

Motorisation : un moteur essence 4 cylindres à refroidissement par air (type Armstrong Siddeley) de 90ch 290l de carburant

Performances :vitesse maximale 16 km/h en tout terrain, 31 km/h sur route distance franchissable 220-240km sur route 130-140km en tout chemin

Protection : plancher 6mm toit 6-10mm caisse et tourelle 15mm

Armement : un canon de 45mm 20K mod.1932-34 (122 coups) en tourelle associé avec une mitrailleuse de 7.62mm DT (2961 coups)

Equipage : trois hommes (chef de char, tireur et conducteur)

T-37A

T-37A 2

Le T-37A est un char léger amphibie soviétique également connu sous le nom de T-37. Comme le T-27, c’est une évolution de la chenillette Vickers acquise à la fin des années vingt pour permettre à l’URSS de se munir de la base industrielle nécessaire pour la production de chars de combat.

Les premiers T-37A sont livrés en 1932, la production de masse commençant en 1933 avant de s’achever en 1936, le T-38 le remplaçant sur les chaines de montage après la sortie de 2552 exemplaires (prototype inclus).

Ce petit véhicule était destiné à la reconnaissance, aux liaisons et à des missions de flanc-garde pour par exemple protéger des colonnes en mouvement. Il devait aussi pouvoir assurer l’appui-feu de l’infanterie sur le champ de bataille.

Toujours en service à la fin des années trente, le T-37A connait son baptême du feu lors de la guerre de Pologne (1939) et dans la guerre d’Hiver (1939-1940). Quelques véhicules ont été engagés dans des missions de maintien de l’ordre et de pacification.

Largement remplacé avant 1948, le T-37 était encore en service en (très) petit nombre en juin 1950 ce qui explique la capture de quelques exemplaires par les finlandais, les allemands, les hongrois, les italiens et les roumains.

Leur utilisation à été variable. Les allemands les ont réutilisés pour des missions de protection à l’arrière du front (ainsi que de lutte anti-partisans), les finlandais les ont réutilisés comme véhicules de reconnaissance.

Les hongrois l’ont recyclé comme canon antichar automoteur avec généralement un canon de 47mm Bohler ou un canon de 50mm allemand, les italiens les ont visiblement réutilisés comme tracteurs d’artillerie alors que pour les roumains cela reste encore un grand mystère. A ces pays s’ajoute la Suède (un exemplaire) et la Turquie (un exemplaire) à l’utilisation forcément anecdotique.

La Finlande à capturé des blindés de ce type durant la guerre d’Hiver puisque selon un inventaire de mai 1941 vingt-neuf T-37A étaient en service dans son armée. Un nombre incertain de chars légers de ce type à été capturé durant les premières semaines de l’opération BARBAROSSA.

Ce qui est certain c’est qu’au printemps 1951 le même inventaire que celui cité plus haut indiquait la présence de trente-cinq T-37A dont certains avaient perdus leur mitrailleuse d’origine contre un canon de 20mm pour renforcer leur puissance de feu.

Totalement obsolète à l’époque, les T-37A sont peu à peu relégués à l’instruction, la sûreté des arrières mais aussi le remorquage des pièces d’artillerie. Certains véhicules ont été capturés par les soviétiques qui ne les ont pas utilisés car ils n’en avaient pas l’utilité.

Huit T-37A dont deux à canon de 20mm étaient encore en service dans l’armée finlandaise en octobre 1953. Ces véhicules ont été stockés puis envoyés à la casse en 1960.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger biplace

Poids : 3.2 tonnes

Dimensions : longueur 3.75m largeur 2.10m hauteur 1.82m

Motorisation : moteur GAZ-AA de 40ch

Performances : vitesse maximale 35 km/h distance franchissable 185km

Blindage : 3 à 9mm

Armement : une mitrailleuse de 7.62mm DT approvisionnée à 585 coups

T-38

T-38 16

Le char léger soviétique T-38 est une évolution du précédent. Cette évolution se révéla in fine décevante et très rapidement, la RKKA passa au T-40.

Les essais préliminaires révélèrent de nombreux problèmes avec une autonomie insuffisante, des problèmes pour le franchissement des cours d’eau et une tendance à perdre ses chenilles en tout terrain.

Les travaux commencent en T-38 et le prototype prêt en juin 1935. Extérieurement le T-38 est très semblable au T-37 mais la position du conducteur et du commandant sont inversées. Le véhicule est également moins large et moins haut.

Si le prototype disposait d’une mitrailleuse de 7.62mm en tourelle et d’un canon de 20mm ShVAK sur la position du conducteur, ce dernier à été abandonné car il rendait la manœuvre du véhicule difficile.

Comme les autres véhicules de sa catégorie et de sa génération, le T-38 était destiné à la reconnaissance, à l’observation et à l’appui de l’infanterie. Si chaque bataillon d’infanterie devait disposer de trente-huit véhicules, les bataillons aéroportés devaient en disposer de cinquante.

C’est ainsi qu’aux manœuvres menées en 1936 dans la région de Kiev, des T-38 furent aérotransportés par des bombardiers Tupolev TB-3 spécialement modifiés pour ce rôle.

Faiblement protégé et faiblement armé, le T-38 à été vite déclassé par les progrès dans le domaine des véhicules de reconnaissance qui alignaient pour la plupart à la fin des années trente un canon à tir automatique et une mitrailleuse.

Même si un armement trop fort pouvait pousser l’équipage au combat plutôt qu’au renseignement, il fallait un minimum en cas de mauvaise rencontre pour gagner les quelques secondes nécessaires à un repli en bonne et due forme.

Au final ce sont 1350 véhicules qui ont été produits, 1228 en 1936/37 et 112 en 1939. Il à été engagé dans la guerre d’Hiver contre les finlandais où les faiblesses déjà détectées en temps de paix furent confirmés par le retour d’expérience du combat.

Remplacé peu à peu par le T-40, le T-38 quitte le service au milieu des années quarante. Des véhicules encore en état sont utilisés pour l’instruction et le maintien de l’ordre.

Quand les allemands déclenchent l’opération BARBAROSSA en juin 1950, le T-38 n’est plus un char léger. Les véhicules encore en service sont utilisées pour le dépannage ou le remorquage de pièces d’artillerie.

Ce sont dans cette configuration que des véhicules ont été capturés mais selon des sources concordantes ni les allemands ni les roumains ne les ont réutilisés signe que les faiblesses techniques n’étaient pas une vue de l’esprit.

Le T-38 aurait pu donner naissance à différentes variantes mais aucune n’à été produite en série qu’il s’agisse du T-38RT qui disposait d’une radio et d’un canon de 20mm en tourelle (à ne pas confondre avec le prototype décrit plus haut), l’OT-38 (lance-flammes), les T-38M1 et M2 (versions modifiées de la variante de base, production abandonnée car trop complexe), le T-38TU de commandement et de contrôle, le SU-45 un canon automoteur (antichar ?) de 45mm et enfin le T-38TT, un char commandé et contrôlé à distance.

Les finlandais ont capturé des T-38 durant la guerre d’Hiver disposant au printemps 1941 de treize véhicules de ce type. Ces véhicules vont être utilisés pour l’entrainement et la formation mais conservés loin du front. En octobre 1953 il ne restait plus que quatre T-38 en service enfin en service c’est vide dit puisqu’ils n’étaient plus guère utilisés. Ils ont été envoyés à la casse à l’automne 1954.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger biplace

Poids : 3.3 tonnes

Dimensions : longueur 3.78m largeur 3.33m hauteur 1.63m

Motorisation : un moteur à essence GAZ-AA de 40ch

Performances : vitesse maximale 40 km/h distance opérationnelle franchissable 170km

Blindage : 3 à 9mm

Armement : une mitrailleuse de 7.62mm DT en tourelle monoplace

T-40

T-40

Comme nous venons de le voir, le T-38 à été un échec et une déception pour la RKKA qui ne tarda pas à développer un nouveau char léger de reconnaissance. Détail important, il disposait de solides capacités amphibies pour franchit les nombreuses rivières d’un pays aux dimensions gigantesques et sous équipé en matière d’infrastructures de franchissement.

Ce T-40 donna naissance à une version «terrestre» baptisée T-40S qui finit non seulement par devenir le T-60 et à supplanter le T-40. Produit de 1940 à 1943, le T-40 n’à été construit qu’à 412 exemplaires.

Seulement 150 étaient encore en service en juin 1950 quand les allemands envahissent l’URSS ce qui explique la capture de quelques T-40 par les allemands et les finlandais dans la région de Leningrad.

Les premiers les ont réutilisés essentiellement pour des missions de sécurité à l’arrière du front (après réarmement avec des mitrailleuses allemandes) alors que les seconds l’ont utilisé sur le front sans modifications.

Au printemps 1951 le nombre de T-40 est assez faible probablement moins de 100 en service. Une douzaine à été modifiée pour servir de lance-roquettes multiples en recevant un lanceur pour vingt-quatre roquettes de 82mm. Ces véhicules ont été utilisés jusqu’à la fin du conflit.

A la fin du conflit les T-40 encore en service sont utilisés uniquement pour l’instruction. Ils servent dans ce rôle jusqu’à la fin des années cinquante.

En raison d’une production limitée il n’y eut pas de variantes. Deux prototypes armés d’un canon de 20mm et baptisés T-30A et T-30B n’ont pas dépassé le stade des essais.

La Finlande à récupéré seize T-40 mais n’en à réutilisé que dix, les six autres étant cannibalisés pour fournir des pièces détachées. Seulement trois ont survécu à la guerre de Continuation et ont été envoyés à la ferraille peu après la fin du second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger amphibie biplace

Poids : 5.9 tonnes

Dimensions : longueur 4.10m largeur 2.33m hauteur 1.90m

Motorisation : un moteur GAZ-202 de 85ch

Performances : vitesse maximale 45 km/h distance opérationnelle franchissable 450km

Blindage : 4-13mm

Armement : une mitrailleuse de 12.7mm DshK et une mitrailleuse de 7.62mm DT

T-50

T-50 3

Le T-50 n’est pas un char léger amphibie ni même un char léger de reconnaissance mais un char léger d’infanterie à une époque où se concept était encore en vogue.

Initialement destiné à remplacer le T-26, le T-50 naît des leçons de la guerre d’Espagne. Si les plans d’origine avaient été respectés, le T-50 aurait du être le principal char soviétique aux côtés de la prolifique famille des BT avant de progressivement le remplacer.

Comme nous le verrons ce ne sera pas le cas. Non seulement la famille BT donna naissance à un ultime rejeton (le BT-9) mais en plus un nouveau char moyen allait être produit, le très efficace et très célèbres T-34.

Le développement à commencé en 1939 mais fût perturbé par la fin des grandes purges. Deux prototypes sont testés en mai 1940, acceptés en janvier 1941.

La production aurait du être lancée au printemps suivant mais suite à des problèmes techniques il fallut attendre près d’un an pour que la production soit lancée mais cette production s’arrêta en juin 1945 après la sortie du 380ème et dernier exemplaire.

Outre des difficultés à le produire, l’arrêt de la production s’explique aussi par un changement de philosophie, la RKKA préférant équiper ses divisions de fusiliers de canons d’assaut. Ces derniers étaient plus simples à produire et apparaissent comme suffisants pour le soutien rapproché de l’infanterie.

Le T-50 disposait d’une suspension à barres de torsion, d’un diesel, d’un blindage laminé-soudé, de vrais innovations qui furent partagées avec de nouveaux chars. Le T-50 disposait également d’une coupole de commandement, un élément dont furent privés les nouveaux chars.

Ce char se distinguait également par un équipage de quatre hommes dont trois en tourelle et surtout la présence d’une radio. Il était cependant handicapé par un moteur spécifique à la différence de tous les autres chars qui possédaient des moteurs de camions ou dérivés de.

Sur les 380 véhicules produits, 250 sont encore en service en juin 1950. Une douzaine d’exemplaires est capturée par les finlandais, quarante-quatre par les allemands et huit par les roumains. Les soviétiques eux ont peu à peu remplacé leurs T-50 au cours du conflit. Au printemps 1954 quand la guerre s’arrête aucun T-50 n’est encore en service, les véhicules encore opérationnels étant utilisés pour l’entrainement et l’information.

Les finlandais ont capturé selon les sources entre dix et vingt T-50 même si la majorité des sources s’accordent sur le chiffre de douze. Ils ont été utilisés sur le front de Leningrad, quatre étant détruits par les soviétiques. Les huit derniers ont été utilisés en première ligne jusqu’à l’automne 1952 quand l’usure et le manque de pièces détachées entraîne leur retrait du service.

Ils sont stockés et pour ainsi dire oubliés jusqu’en 1960 quand ils sont fortuitement redécouverts dans une caserne près de Turku. Si la majorité ne sont plus que rouille et poussière, certains sont encore en état. Deux sont ainsi restaurés pour être exposés, un à Helsinki et le second à Moscou.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger d’infanterie

Poids : 14 tonnes

Dimensions : longueur 5.20m largeur 2.47m hauteur 2.16m

Motorisation : un moteur diesel V-4 de 300ch

Performances : vitesse maximale 60 km/h distance franchissable opérationnelle 220km

Blindage : 12 à 37mm

Armement : un canon de 45mm modèle 1932/38 (20-K) alimenté à 150 coups associé à une mitrailleuse de 7.62mm DT

Equipage : 4 hommes

T-70

T-70

Le T-70 est le dernier char léger développé pour la RKKA avant le second conflit mondial. Il était destiné à remplacer à la fois le char de reconnaissance T-60 et le char léger d’infanterie T-50. De ce char devait sortir le T-80 et le canon automoteur antiaérien T-90 mais le premier fût produit en très petit nombre alors que le dernier est resté au stade du prototype.

En 1941 l’URSS récupéra des informations sur des projets de chars légers allemands armés de canons de 50mm. Pour y faire face, la RKKA étudia le renforcement de l’armement des T-60 mais les idées envisagées (canon de 37mm, canon de 45mm) ne débouchèrent pas sur la production en série, les soviétiques préférant travailler sur un nouveau char léger.

Deux prototypes sont commandés au printemps 1943 et livrés pour évaluation à la fin de l’année, évaluation positive moins quelques modifications qui permirent le lancement de la production à l’automne 1944 parallèlement aux T-60.

En septembre 1948, 990 véhicules ont déjà été produits. En juin 1950, le nombre est passé à 1850 exemplaires à une époque où la production du T-60 avait cessée. La production ne cesse d’augmenter avec 3300 exemplaires produits fin 1951, 4950 en décembre 1952, 6500 en novembre 1953 et enfin 7450 quand le second conflit mondial se termine en septembre 1954.

Tout en produisant le T-70, l’URSS étudia le T-80, une version mieux armée et mieux protégée mais après la sortie de seulement 120 exemplaires, la production cessa. Le canon automoteur antiaérien T-90 armé de deux mitrailleuses de 12.7mm ne dépassa pas le stade du projet, la RKKA préférant développer un canon automoteur de 37mm qui combinait deux canons de 37mm sur le chassis du SU-76.

A la fin du conflit un nouveau char léger armé d’un canon de 76mm était en développement. Mis en service en 1959, le PT-76 va remplacer définitivement le T-70 au début des années soixante.

Au cours du conflit le T-70 fût utilisé pour la reconnaissance, l’observation, l’appui de l’infanterie. Il à été utilisé également par l’ennemi, l’Allemagne, la Finlande, la Hongrie et la Roumanie capturant des exemplaires qui vont être retournés contre leurs anciens protecteurs pour des missions similaires voir pour des missions de sécurisation à l’arrière du front.

Entre 1954 et 1961, les armées du Pacte du Varsovie ont reçu des T-70 pour former ou reformer leurs unités de char en attendant la livraison de chars plus lourd et/ou plus modernes.

La Finlande à capturé une centaine de T-70 mais beaucoup n’étaient que de vulgaires épaves tout juste bonnes à fournir des pièces détachées. Il resta finalement cinquante-quatre T-70 en service dans l’armée finlandaise.

Ces chars furent utilisés pour la reconnaissance et le combat. Si la Finlande refusa d’avancer plus loin que les territoires perdus en 1940 la partie finlandaise du front ne fût pas pour autant geler, les ennemis mettant des coups de sonde pour empêcher l’ennemi de trop renforcer ses forces.

Cette situation dura jusqu’à l’opération SOVOUROV qui est lancée le 15 août 1952 dégage Leningrad et rend sa conquête improbable. Les T-70 vont être employés pour freiner l’avancée soviétique voir pour couvrir le repli de l’infanterie et éviter une panique.

Le 13 octobre 1953 quand Helsinki signe un armistice avec Moscou et sort du conflit il restait vingt-quatre T-70 en service. Ces chars légers sont remis en état par les soviétiques et vont combattre les allemands lors des combats entre alliés. En avril 1954 il restait douze chars en service. Le T-70 est retiré du service en 1957 et tous les véhicules ferraillés sauf un préservé à titre mémorial.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger biplace

Poids : 9.2 tonnes

Dimensions : longueur 4.29m largeur 2.32m hauteur 2.04m

Motorisation : deux moteurs diesels GAZ-202 de 70ch chacun

Performances : vitesse maximale 45 km/h distance franchissable opérationnelle 360km

Blindage : 10-60mm (tourelle 60mm pour la face avant 35mm pour les côtés et l’arrière, caisse 45mm plancher et toit 10mm)

Armement : un canon de 45mm modèle 1932/38 (20-K) avec 45 coups associé à une mitrailleuse de 7.62mm DT

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