Mitteleuropa Balkans (146) Yougoslavie (34)

Autos blindées

Autos blindées Peugeot

Les premières autos blindées apparaissent au début du vingtième siècle. C’est dans les colonies où la mobilité est essentielle que des véhicules automobiles armées de mitrailleuses voit le jour. Les premières sont de simples véhicules de tourisme disposant d’une mitrailleuse mais le blindage ne tarde pas à faire son apparition.

Durant le premier conflit mondial l’utilisation sera limitée sur le front de l’ouest guerre de tranchées oblige mais plus important sur le front de l’est où le terrain s’y prêtait nettement mieux.

La France se dota d’autos blindées mais aussi d’autocanons surnommés «torpilleurs à roulette» car armées d’un canon de 37 ou de 47mm de marine.

Parmi ces véhicules figure des véhicules de la firme Peugeot. Elles combinaient un châssis de camion et une caisse blindée.

La Yougoslavie récupère quatre de ces autos blindées à la fin du conflit. Déjà déclassées à l’époque, elles sont pourtant encore en service en 1949 !

Engagées au combat elles sont toutes détruites. La première saute sur une mine antichar allemande, la seconde est détruite par un canon antichar italien de 47mm, la troisième est victime d’un accident, tombant dans un ravin en Bosnie-Herzegovine et la dernière lors de la destruction d’une caserne de Sarajevo par l’artillerie allemande.

L’Auto blindée Peugeot était une auto blindée de conception et de fabrication française pesant 5 tonnes, mesurant 4.8m de long pour 1.8m de large et une hauteur de 2.8m. Motorisée par un moteur essence de 40ch elle pouvait atteindre la vitesse 40km/h sur route et franchir 140km. Elle était armée d’une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8mm puis ultérieurement par une mitrailleuse de 7.92mm alimentée à 2000 coups.

Panhard AMD-178

Affectueusement surnommée «Pan Pan» en raison du bruit de son moteur deux temps, l’automitrailleuse de découverte modèle 1935 était une auto blindée 4×4 de conception et de fabrication française, une voiture véloce et maniable armée d’un canon de 25mm puis d’un canon de 47mm.

Au final ce sont donc 1237 AMD modèle 1935 produits. Ils se répartissent entre 32 exemplaires coloniaux pour l’Indochine (trois hommes, tourelle monoplace), 174 véhicules PC, 320 AMD 35 AFN (identiques au type métropole mise à part un refroidissement du moteur plus important pour pouvoir opérer par temps chaud) soit un total de 526 laissant un total de 711 AMD type métropolitain.

Sur les 1031 véhicules métropolitains et AFN, 320 furent équipés d’une nouvelle tourelle biplace armée d’un canon de 47mm pour améliorer leur potentiel antichar, ces véhicules servant au sein des GRDI des Division d’Infanterie Alpine (DIAlp) et au sein du régiment de découverte de la 1ère DLC, le 4ème Régiment de Spahis Tunisiens.

Cette automitrailleuse de découverte _dernière exemplaire de ce type avec la Gendron-Somua AM 39_ va équiper les régiments de découverte des Divisions Légères Mécaniques, des régiments d’automitrailleuses des Divisions de Cavalerie (futurs régiments de découverte de non moins futures DLM) ainsi que des GRDI motorisés.

Suite à la décision du général Gamelin de ne pas poursuivre dans la voie des véhicules trop faiblement blindés (27 février 1940), «Pan Pan» va peu à peu céder la place à sa grande soeur, l’AutoMitrailleuse Puissante (AMP) AM modèle 1940 P ou AM 40 P.

Sa carrière n’est pas pour autant terminée puisqu’elle va servir à la motorisation des GRDI montés en Afrique du Nord, au Levant ainsi qu’en métropole au profit des trois groupe de reconnaissance rattachés aux DIAlp. Il va aussi servir au Groupement Motorisé de Corse (GMC) avec huit exemplaires.

Elle va continuer à servir également en Indochine au sein du Groupement Mécanisé Colonial (future 2ème DLC) ainsi qu’au sein de deux escadrons indépendants.

Les autres véhicules vont être stockés précieusement et vont équiper des GRCA et des GRDI de mobilisation en attendant que suffisamment d’AM 40 P ne sortent des chaines de Panhard pour les équiper.

Durant la Pax Armada la Yougoslavie cherche à renforcer ses moyens militaires et notamment dans les domaines de la mécanisation et de la motorisation. Elle souhaite notamment acquérir des autos blindées modernes et se tourne vers la France.

Elle évalue l’AM modèle 1940 et l’AMD modèle 1935 marquant sa préférence pour la seconde mais se montre désappointée quand la France annonce que la production à cessé. Comme les demandes sont modestes, le gouvernement français autorise la cession de «Pan Pan» stockés ainsi que des soixante-six Gendron-Somua AM.39.

Ces autos blindées vont équiper les seize divisions d’infanterie et la brigade mécanisée.

Les premières disposaient d’un bataillon de cavalerie organisé en deux escadrons montés, un escadron cycliste et un peloton d’autos blindées qui aurait du devenir escadron mais le temps comme les moyens de ne le permis pas, chaque peloton disposant de cinq véhicules (quatre du rang et un pour le chef de peloton).

La brigade mécanisée elle disposait d’une compagnie de reconnaissance motorisée organisée en un peloton de commandement et de soutien et trois pelotons de cinq véhicules plus un véhicule pour le commandant de compagnie et son adjoint.

Cela nous donne un besoin de 97 véhicules. Outre trente-sept Gendron-Somua AM.39 on trouve soixante Panhard AMD modèle 1935, des véhicules sortis des stocks et entièrement remis en état.

Associés ultérieurement à d’autres véhicules livrés comme volant de fonctionnement ce soint quatre-vingt quatre Panhard AMD 178 qui ont été livrées à la Yougoslavie.

Ces véhicules vont naturellement participer à la Campagne de Yougoslavie en assurant moins de pures missions de reconnaissance que des missions d’écrans et de couverture. Parfois ces autos blindées assuraient l’appui de l’infanterie, mission pour laquelle elles n’étaient absolument pas conçus mais comme on dit à la guerre comme à la guerre.

Les pertes ont été lourdes et sur soixante-douze véhicules en ligne après mobilisation, quarante ont été détruits, vingt-deux capturées par les italiens et les allemands, les premiers les réutilisant après les avoir réarmés avec un canon de 20mm Breda pour des missions d’escorte de convois et de patrouille alors que les seconds les ont envoyés en Allemagne pour l’entrainement.

Comme d’autres «Pan Pan» ont été capturées durant la Campagne de France, des unités d’éclairage ont été mises ou remises sur pied avec ces véhicules en attendant la disponibilité d’auto blindées made in germany.

Les dix derniers véhicules sont parvenus jusqu’en Grèce puis ont été transférées en Palestine puis en Egypte, six véhicules encore en état servant d’élément blindé de protection pour le roi et la famille royale. Deux de ces véhicules ont été préservés jusqu’à nos jours. En revanche les véhicules utilisés par les allemands et les italiens ont tous été détruits.

L’Automitrailleuse de Découverte modèle 1935 était une auto blindée de conception et de fabrication française pesant 8200kg en ordre de combat, mesurant 4.79m de long pour 2.01m de large et 2.31m de haut. Motorisée par un moteur Panhard de 105ch, elle pouvait atteindre la vitesse maximale de 72km/h sur route et de 47km/h en tout terrain sachant que l’autonomie sur route était de 300km.

Le blindage maximal était de 20mm et l’armement était composé d’un canon de 25mm semi-automatique modèle 1935 alimenté par 150 obus associé à une mitrailleuse de 7.5mm MAC-31 avec 3750 cartouches. Une mitrailleuse de rechange est embarquée, mitrailleuse qui est souvent utilisée comme arme antiaérienne.

L’équipage se compose d’un chef de voiture et d’un tireur en tourelle, d’un onducteur et d’un inverseur en caisse

AM Gendron-Somua modèle 1939

Cette automitrailleuse est la dernière AutoMitrailleuse de Découverte (AMD) avant que le général Gamelin décide d’abandonner ce concept en raison d’un blindage trop faible.

Cette automitrailleuse à une longue histoire, étant à l’origine une AutoMitrailleuse de Reconnaissance (AMR) à trois roues. Le premier prototype à une stabilité insuffisante mais le second est meilleur.

Son inventeur, M. Gendron n’ayant pas les moyens d’assurer l’industrialisation, Somua reprend les bases du projet mais avec quatre roues, le prototype étant présenté en décembre 1937 et testé jusqu’en août 1938.

Il est adopté en septembre 1939 sous le nom d’AM Gendron-Somua modèle 1939. Elle va être produite à seulement 150 exemplaires livrées entre août 1940 et juin 1941. Elles vont être utilisées dans l’Empire et pour la sécurité intérieure en métropole au profit de la gendarmerie mais pas comme AMD au sein des GRDI.

Un peloton de douze est envoyée en Martinique alors secouée par des mouvements autonomistes/indépendandistes, deux pelotons de douze voitures étant envoyé au Levant, un au Liban et un en Syrie, ces trois pelotons soit 36 véhicules étant mis en œuvre par la gendarmerie.

La compagnie montée saharienne devient une unité motorisée avec deux pelotons de douze voitures soit 24 AM 39 Gendron Somua.

Le groupe spécial blindé de Satory dispose de vingt-quatre véhicules

Au total 84 véhicules sont en ligne, les autres véhicules étant stockés. Vingt d’entre-eux sont livrés à la Yougoslavie pour équiper quatre pelotons de cavalerie et ainsi offrir une capacité de reconnaissance et d’éclairage.

Ces véhicules vont participer à la Campagne de Yougoslavie au cours de laquelle ils sont tous détruits, leur faible blindage ne leur laissant aucune chance contre un ennemi bien équipé en armement antichar.

L’AM Gendron-Somua modèle 1939 était une automitrailleuse de découverte de conception et de fabrication française pesant 6300kg en ordre de combat, mesurant 3.74m de long 2.05m de large et 2m de haut.

Propulsée par un moteur Somua de 75ch, elle pouvait atteindre la vitesse maximale de 69km/h sur route et franchir toujours sur route 340km. Elle était «protégée» par un blindage de 15mm d’épaisseur maximum.

L’armement était identique à celle des Panhard mais la tourelle armée d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse MAC de 7.5mm était monoplace puisque l’équipage se composait de seulement deux hommes.

M-8 Greyhound

A l’automne 1940, l’US Army s’interrogea sur les conflits futurs et notamment l’emploi des chars de combat. Elle identifia le besoin d’un véhicule de reconnaissance rapide et bien armé pour éclairer les unités de char. Après avoir hésité entre un châssis chenillé, un châssis mixte et un châssis à roues, l’US Army sélectionna en septembre 1943 le projet de Ford.

Baptisé à l’origine T22, il fût officiellement adopté en mars 1944 sous le nom de M8 Light Armored Car, son surnom «Greyhound» ayant été attribuée officiellement en mai 1950 sans que l’origine du nom (lévrier) ne soit connu avec exactitude.

Il s’agissait d’un véhicule 6×6, rapide (90 km/h sur route), bien protégé et armé d’un canon de 37mm qui constituait un bon compromis pour un véhicule de reconnaissance, permettant de détruire quasiment tous ses homologues adverses mais qui n’était pas trop puissant pour ne pas pousser les équipages à engager inconsidérément le combat.

Les premiers véhicules de série sont mis en service à l’été 1944. Toujours en service en septembre 1948 et a fortiori en avril 1950, le M-8 Greyhound est l’automitrailleuse standard des forces armées américaines, étant utilisée par l’US Army mais également par les Marines.

La production cesse en janvier 1953, lui succédant une automitrailleuse 8×8, la M-17. La M-8 reste en service jusqu’à la fin du conflit, étant définitivement remplacée par la M-17 en 1957 dans les unités d’active, la réserve la conservant jusqu’au milieu des années soixante.

La seule variante de la M-8 fût un véhicule de transport blindé, la M-20 Armored Utility Car utilisé le transport logistique et le transport de troupes.

La M-20 disposait d’une caisse plus haute, sans tourelle avec pour tout armement une mitrailleuse de 12.7mm sous bouclier.

Le véhicule à été utilisé pendant et après la guerre par l’Arabie Saoudite, l’Autriche, la Belgique, le Brésil, Chypre, Colombie, Corée, Ethiopie, Grèce, Guatemala, Haïti, Iran, Italie, Jamaïque, Madagascar, Mexique, Niger, Norvège, Paraguay, Pérou, Portugal, Royaume-Uni, Salvador, Chine, Thaïlande, Turquie, Venezuela, Vietnam et Yougoslavie.

La Yougoslavie va recevoir des M-8 Greyhound dans le cadre de la reconstitution de ses forces armées.

La division d’infanterie type 1950 tout comme la 1ère division blindée disposent d’un bataillon de reconnaissance organisé en une compagnie de commandement et de soutien, une compagnie de chars légers M-24 Chaffee et deux compagnies de M-8 Greyhound.

Ces compagnies sont organisées en un peloton de commandement et de soutien, un peloton de transmission et trois pelotons de cinq Greyhound soit un total de quinze véhicules de rang plus deux véhicules hors rang (celui du commandant de compagnie et de son adjoint) soit un total de 17 véhicules par compagnie. Ces cinq bataillons de reconnaissance regroupe ainsi un total 170 véhicules.

A cela s’ajoute au sein des deux régiments de chars de la 1ère division blindée un escadron d’éclairage et d’appui qui dispose de deux pelotons de cinq Greyhound, un peloton de chasseurs de chars M-10 et un peloton de commandement et de soutien. Enfin pour termine on trouve au sein de chaque escadron de chars un peloton d’éclairage de huit M-8 Greyhound. Cela nous donne respective 20 et 48 véhicules.

L’armée yougoslave va donc recevoir 238 Greyhound pour équiper ses unités de combat plus quelques exemplaires pour l’entrainement à l’arrière.

Ces véhicules vont se comportement honorablement mais sans briller. Dès le printemps 1955, les premières M-17 arrivent pour remplacer leurs ainées, remplacement achevé au début des années soixante, Washington ayant honoré son contrat en dépit du renversement de la monarchie peut être dans l’espoir de circonvenir les nouveaux maitres de Belgrade qui pour des raisons de propagande relégueront rapidement les M-17 à la réserve pour des véhicules idéologiquement plus présentables.

La M-8 Greyhound était une auto blindée de conception et de fabrication américaine pesant 7.940 tonnes en ordre de combat, mesurant 5m de long pour 2.54m de large et 2.248m de haut. Motorisée par un moteur essence Hercules IXD de 110ch, elle pouvait atteindre une vitesse maximale de 90km/h sur route mais de seulement 48km/h en tout terrain, l’autonomie étant de 640km.

Protégée par un blindage de 3 à 19mm, elle était armée d’un canon de 37mm M6 avec 80 obus, d’une mitrailleuse coaxiale de 7.62mm Browning M1919A4 avec 1500 cartouches et d’une mitrailleuse antiaérienne de 12.7mm avec 400 cartouches

En ce qui concerne l’équipage il était composé de quatre hommes avec un chef de char, un canonnier/chargeur, un pilote et copilote/radio.

AM modèle 1940P

Automitrailleuse Puissante modèle 1940

Le 3 mai 1938, l’armée de terre lance un programme d’AutoMitrailleuse Puissante (AMP) pour aboutir à un véhicule de reconnaissance rapide, bien protégé et bien armé.

La rapidité est une caractéristique commune avec les AMD mais leur blindage est nettement plus important avec 40mm (identique aux chars légers de l’époque) tout comme l’armement avec un canon de 37mm semi-automatique modèle 1938, le nouveau canon standard des chars légers.

L’AMP va remplacer à la fois l’AMR et l’AMD suite à la décision prise le 27 février 1940 par le général Gamelin de cesser la production des véhicules de combat peu blindés, signant l’arrêt de mort de la Gendron-Somua et de la voiture spéciale modèle 178.

Le programme demande une voiture de 7 tonnes en ordre de marche, blindée à 40mm, armée d’un canon de 37mm et d’une mitrailleuse, pouvant circuler en tout-terrain (25 à 40 km/h) et sur route de 80 à 100 km/h.

Bucciali et Laffly sont consultés mais ne dépassent pas le stade de l’avant projet, laissant Gendron et Panhard continuer même si la première firme n’ayant pas les reins solides, elle laissa Panhard poursuivre seul le dévellopement d’une AMP qui devait désormais avoir un blindage de 60mm et un canon de 47mm comme les chars légers appelés à remplacer les AMR à mitrailleuses.

Le prototype de la Panhard 201 est présenté au printemps 1940, une première commande de 600 exemplaires étant passée le 1er mai 1940 mais la production ne commence qu’en septembre, la Panhard AM 40 P remplaçant alors son ainée «Pan Pan» sur les chaines de montage.

Une première commande de 600 exemplaires est honorée en septembre 1942 suivit d’une deuxième passée en septembre 1941 et qui est honorée en avril 1944. Ces véhicules vont armer les GRDI et les régiments de découverte des DLM.

A l’issue des 1200 AMP standard la production passe aux versions spécialisées, la version poste de commandement, la version dépannage et la version appui-rapproché avec un obusier court de 75mm inspiré de l’obusier de montagne modèle 1942.

328 AMP-Support, 43 AMP-PC et 82 AMP-D (Dépannage) sont ainsi commandées, véhicules livrés entre septembre 1944 et novembre 1945. A noter qu’une version antiaérienne avec un bitube de 25mm et une version porte-mortier de 120mm n’ont pas été produites en série.

Après ces 1643 véhicules produits, la production va continuer à rythme réduit (quinze par mois de décembre 1945 à juillet 1948) soit un total de 480 véhicules produits, les 2/3 soit 320 véhicules étant en version AMP, 100 en version AMP-S, 30 en version PC et 30 en version dépannage.

La production va dès août 1948 reprendre à plus grande échelle, 30 et parfois même 40 véhicules par mois, montée en puissance facilitée par l’ouverture d’une deuxième chaine de montage chez Delaunay-Belville et par la commande massive d’acier à blindage en Grande Bretagne et aux Etats-Unis.

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, on trouve un total de 1356 véhicules en ligne plus 671 véhicules de réserve donc beaucoup vont rejoindre les unités de mobilisation.

Comme nous l’avons vu plus haut à propos de l’AMD modèle 1935, la Yougoslavie à évalué l’AM modèle 1940P pour équiper ses unités de reconnaissance avant de préférer probablement pour des raisons de coût la célèbre «Pan Pan».

Ce n’était que pour mieux y revenir à la fin du conflit quand pour équiper ses deux Divisions Légères d’Infanterie (DLI) la France va céder de quoi créer deux compagnies d’autos blindées soit un total de vingt-huit véhicules en AM modèle 1940P plus six AMP-SUPPORT (trois par compagnie), deux AMP-PC (une compagnie) et quatre AMP-D (deux compagnies) soit un total de 40 véhicules.

Ces blindés arrivent trop tard pour réellement combattre. Elles sont maintenues en service après guerre mais en 1957 les deux DLI sont dissoutes. Est-ce la fin de leur carrière yougoslave non car les véhicules vont former un régiment de cavalerie indépendants qui vont utiliser ces véhicules jusqu’en 1966 quand l’usure et le manque de pièces à entrainer leur retrait du service actif.

L’AM modèle 1940P était une automitrailleuse biplace de conception et de fabrication française pesant 9750kgg en ordre de bataille, mesurant 4.45m de long pour 2m de large et une hauteur de 1.80m.

Motorisé par un moteur Panhard de 92ch, elle pouvait atteindre la vitesse maximale de 80 à 100km/h sur route et de 25 à 40km/h en tout terrain avec une autonomie de 400km sur route.

Protégée par un blindage maximum de 60mm, cette auto blindée disposait d’une tourelle monoplace où le chef de char/tireur disposait d’un canon de 47mm semi-automatique modèle 1935 avec 90 obus associé à une mitrailleuse de 7.5mm MAC 31 avec 3500 cartouches.

Autres véhicules

M-3 Scout Car

Le véhicule blindé léger M-3 connu par son constructeur comme la White Scout Car était le véhicule léger à tout faire de l’US Army avant l’apparition de la jeep. Conçu comme un petit véhicule de reconnaissance destiné à la cavalerie, il allait être utilisé également pour des missions de patrouille, de commandement, d’ambulance et de traction d’armes lourdes.

Après la production de 64 M-3, l’US Army décide de commander une version améliorée baptisée M3A1. Celle ci disposait d’une coque plus longue et plus large lui permettant d’embarquer jusqu’à sept fantassins.

Après la production de 8500 M-3A1 de septembre 1940 à octobre 1948, une version M-3A2 lui succède sur les chaines de montage.

Le moteur est plus puissant, le blindage renforcé et le véhicule peut recevoir une véritable tourelle armée de deux mitrailleuses de 12.7mm, faisant d’elle une véritable auto-blindée. Au final ce sont 20000 véhicules qui sont produits jusqu’en décembre 1953 quand la production s’arrête.

Ce véhicule va être utilisé sur tous les théâtre d’opérations du Pacifique à la Norvège en passant par l’Europe du Nord-Ouest et la Méditerranée. Outre l’US Army, le véhicule à été livré à la Chine, à l’URSS, à la Grande-Bretagne, à la Belgique, la République Dominicaine, l’Australie, le Brésil, le Cambodge, le Canada, le Chili, la Colombie, la Grèce, le Liban, le Laos, le Mexique, la Norvège, les Philippines, le Portugal, le Vietnam et la Yougoslavie.

La Yougoslavie à acquis ce véhicule pour la liaison générale, l’évacuation sanitaire, le remorquage de remorques ou de canons légers et surtout pour la reconnaissance et la conduite de tir au sein de l’artillerie.

C’est ainsi que chaque régiment d’artillerie yougoslave possédait une batterie de reconnaissance et de conduite de tir avec un peloton de huit M-3 Scout Car pour abriter des observateurs d’artillerie.

Véhicule fiable et robuste, il fût très apprécié de ses équipages. Il à combattu dans les Balkans principalement donc au profit de l’artillerie mais quelques «voitures d’éclairage» ont été également utilisées pour la sécurisation des arrières et l’escorte de convois dans des zones où pouvaient se trouver des éléments ennemis isolés, éléments qui militairement ne posaient pas de problèmes mais qui générait une vraie insécurité.

Ces véhicules sont restés en service dans l’armée de terre yougoslave jusqu’à la fin des années soixante. Le nombre livré est incertain variant selon les sources de 98 à 124 sans que l’on sache l’origine de cette différence.

La M-3 Scout Car était un véhicule blindé leger de conception et de fabrication américaine pesant 4 tonnes, mesurant 5.6m de long pour 2m de large et une hauteur de 2m. Motorisée par un moteur diesel Hercules IXD de 110ch, elle pouvait atteindre une vitesse maximale sur route de 89km/h et parcourir toujours sur route 403km.

Son blindage variait selon les endroits de 6 à 13mm, son armement pouvant comporter une une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2 et deux mitrailleuses Browning M1919A4 de 7.62mm. Son équipage était composé d’un conducteur et de sept hommes qu’il s’agisse de fantassins, d’observateurs d’artillerie ou de servants d’armes lourdes.

M-3 Half-Track

A la fin du premier conflit mondial les différentes armées se heurtent à un problème. Les véhicules à roues sont rapides sur route mais lents et patauds en terrain bouleversé alors que les véhicules chenillés qui se déplacent avec aisance en terrain difficile tout est relatif sont à la peine sur les routes.

Une solution idéale semble être de combiner roues et chenilles. C’est l’acte de naissance des semi-chenillés ou half-track dans la langue de Shakespeare. Toutes les armées ou presque vont s’équiper de ses véhicules pour le transport de troupes, le transport logistique, le soutien et parfois pour le combat.

A l’usage on découvrira qu’il s’agit d’une fausse bonne idée et l’après seconde guerre mondiale vera la disparition des semi-chenillés au profit de véhicules chenillés et de véhicules à roues, les deux catégories ayant connu de spectaculaires progrès.

L’un si ce n’est le plus célèbre des semi-chenillés est le M-3 Halftrack, un semi-chenillé de conception et de fabrication américaine. Ce n’était pas le premier à équiper l’US Army puisque le M-2 conçu initialement comme tracteur d’artillerie et comme véhicule de reconnaissance de cavalerie l’avait précédé. Le M-3 à été conçu dès l’origine comme transport de troupes.

Il disposait d’une seule porte d’accès et des sièges pour douze hommes. Cinq sont installés dans le compartiment arrière sur les parois et trois dans la cabine. Généralement, les fantassins sont à l’arrière, la cabine accueillant le conducteur, un mitrailleur et le chef de groupe.

Standardisé début 1942 après la résolution de nombreuses maladies de jeunesse, le M-3 est produit pour équiper les divisions blindées et les divisions d’infanterie mais aussi les Marines.

Toujours en production en septembre 1948, le M-3 est remplacé sur les chaines de montage par le M-3A1 en mars 1949 puis par le M-3A2 en juin 1952 et enfin le M-3A3 en septembre 1953.

Les différences entre les variantes concernant le moteur (plus puissant), un blindage renforcé et une maintenance rendue plus aisée, le RETEX permettant au fabriquant d’améliorer quasiment en continu le véhicule.

La production cesse en mars 1955, le véhicule restant en service jusqu’en mars 1962 quand il est définitivement remplacé par un nouveau battlefield taxi, un taxi du champ de bataille, le M-113. Au total 44000 véhicules ont été produits.

Outre la variante de base utilisée pour le transport de troupes et le soutien logistique, le M3 à été décliné en de nombreuses variantes spécialisées comme commandement et contrôle, porte-mortier, antichar, antiaérien, génie, dépannage, évacuation sanitaire….. .

Outre les forces armées américaines, le M-3 à été utilisé par la Belgique, le Brésil, le Canada, le Chili, la Chine, la Tchécoslovaquie, le Danemark, la République Dominicaine, la France, l’Allemagne (après guerre), la Grèce, l’Italie (après guerre mais également avec l’armée co-belligérante), l’Inde, le Japon (après guerre), le Liban, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Pakistan, les Phillipines, le Portugal, la Pologne, l’URSS, la Turquie, la Grande-Bretagne et la Yougoslavie.

La Yougoslavie s’intéresse au M-3 avant le second conflit mondial mais probablement échaudée par les problèmes mécaniques elle préfère commander en masse des camions pour l’infanterie portée de la brigade mécanisée.

Quand il s’agit de reconstituer ses forces, le gouvernement yougoslave choisit ce semi-chenillé plutôt que des chenillés intégraux comme l’ont fait les français et les britanniques dans leurs unités motomécaniques.

Ces véhicules vont équiper l’infanterie portée de la 1ère division blindée mais aussi les divisions d’infanterie. L’artillerie va utiliser certains de ses véhicules pour le remorquage de pièces d’artillerie aux côtés de camions, le génie pour différents travaux de force. Le nombre exact de véhicules livré est incertain mais il est probablement supérieur à 500 exemplaires.

Ces véhicules sont restés en service dans l’armée yougoslave jusqu’au début des années soixante-dix date à laquelle ils sont remplacés par des véhicules chenillés. Pas impossible cependant que certains véhicules soient restés dans les dépôts au cas où.

Le M-3 Half-track était un semi-chenillé de conception et de fabrication américaine pesant 9.047 tonnes, mesurant 6.17m de long pour 1.95m de large et 2.26m de haut. Motorisé par un moteur White 160Ax de 147ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 72km/h sur route et franchir 320km. Il était généralement armé d’une mitrailleuse Browning M2 de 12.7mm et une mitrailleuse de 7.62mm Browning M1919A4 et son équipage se composait d’un conducteur et de douze passagers (généralement un mitrailleur et onze fantassins dont le chef de groupe)

Miscellanées

-Avant le second conflit mondial, l’armée royale yougoslave était partiellement motorisée, motorisation qui reposait sur des camions acquis aux Etats-Unis auprès des firmes GMC, Dodge et Chevrolet.

-Après sa reconstitution en Afrique du Nord, la nouvelle armée yougoslave à reçu de nombreux camions, des camionnettes et bien entendu l’immortelle, la célébrissime Jeep utilisée aussi bien pour des missions logistique que de combat.

Mitteleuropa Balkans (145) Yougoslavie (33)

Canons d’assaut, canons automoteurs et chasseurs de chars

Tanketa T-32

La Tanketa T-32 était un chasseur de char léger conçu et construit en Tchécoslovaquie chez la désormais très connue firme Skoda.

C’était un véhicule léger biplace armé d’un canon de 37mm et d’une mitrailleuse de 7.92mm en superstructure ce qui lui permettait d’être particulièrement discret.

Seulement huit véhicules ont été acquis par l’armée royale yougoslave, formant un escadron rapide de véhicules blindés ou Eskadron brzih bornih kola. Cette unité dépendait de l’Ecole de Cavalerie de Zemun et devait expérimenter l’utilisation des blindés à plus grande échelle.

Cette unité existait toujours en septembre 1948 mais la mécanisation des forces armées yougoslaves n’avait pas énormément progressée.

Ces huit tankettes furent engagées au combat durant l’opération MARITSA où six d’entre-elles après quelques coups d’éclats furent détruites, laissant deux véhicules qui furent capturés par les allemands avant que ces derniers les envoient à la casse car n’ayant pas l’utilité de tels véhicules.

La Tanketa T-32 était un véhicule blindé biplace pesant 5.8 tonnes mesurant 3.58m de long sur 1.76m de large pour une hauteur de 1.95m. Motorisé par un moteur diesel Skoda, elle pouvait atteindre la vitesse maximale de 41km/h sur route et de 15km/h en tout-terrain avec une distance franchissable sur route de 260km.

Ce véhicule était protégé par un épaisseur de blindage allant de 5 à 22mm. Si le plancher n’était protégé que par 5mm de blindage, le toit de la caisse et le toit du compartiment de combat était protégé par 8mm, les côtés et l’arrière de la caisse par 12mm tout comme les côtés et l’arrière du compartiment de combat. Si l’avant de la caisse était protégé par 15mm d’acier à blindage, le mantelet du canon et l’avant du compartiment de combat bénéficiait de 22mm de blindage.

L’armement se composait d’un canon de 37mm Skoda A3J alimenté à 42 obus et d’une mitrailleuse de 7.92mm Vz.26 disposant de 1000 cartouches, les armes solidaires pouvant pointer en site de -10° à +25° et en azimut sur 15° de chaque côté de l’axe.

Somua Sau-40

Somua Sau 40

A la base le char avait été conçu comme véhicule d’appui pour l’infanterie mais avec le temps il devint évident que le principal adversaire du char allait être son compère du camp d’en face. Les différentes infanteries du monde entier résistèrent, firent des pieds et des mains mais cela semblait être dans le cour des choses.

L’appui-feu de l’infanterie restait cependant une question majeure et cela aboutit dans plusieurs pays sur la mise au point de canons d’assaut. La France allait ainsi mettre au point deux modèles, le Somua Sau-40 et l’ARL V-39. Si le premier était destiné aux DLM le second était destiné aux Divisions Cuirassées.

Dans un premier temps, il est prévu un groupe de deux batteries à quatre pièces soit un total de huit canons par DLM, un chiffre rapidement jugé insuffisant et un deuxième groupe est rapidement adjoint portant le total à seize canons d’assaut par DLM. En septembre 1942, chaque groupe passe à douze canons d’assaut, une troisième batterie étant créée dans chaque groupe.

D’abord placés sous le commandement direct du commandant de division, les groupes de canons d’assaut vont ensuite être placés sous le commandement des Brigades Légères Mécaniques (BLM) suite à la création en mars 1943 de la 6ème DLM et de la réorganisation des cinq premières sur ce modèle qui servit aussi pour les 7ème et 8ème DLM.

Quand éclate le second conflit mondial, un total de 208 Somua Sau40 sont en service au sein des DLM plus précisément 192 canons automoteurs et 16 véhicules de commandement, laissant 59 véhicules en réserve.

Dès avant septembre 1948, la France décide d’arrêter la fabrication pour se concentrer sur un canon automoteur à canon de 105mm sur châssis Renault R-40 (Somua S-45 pour les unités de l’ancienne cavalerie) en attendant d’utiliser celui du Renault G-1R.

De plus des projets de réutilisation des châssis disponibles ont été étudiés par l’Entrepôt de Réserve Générale du Matériel (ERGM) implanté à Gien dans le Loiret. Ces projets sont baptisés GPM (Gien Projet Militaire) et combinent un canon puissant sur un châssis de char déclassé par l’arrivée de blindés modernes.

Peu à peu un certain nombre de Somua Sau-40 sont disponibles et c’est ainsi que la nouvelle armée yougoslave à pu récupérer des véhicules entièrement remis en état par la France.

La nouvelle armée yougoslave va équiper chaque régiment d’infanterie portée d’un bataillon de canons d’assaut, chaque bataillon disposant de trois compagnies de quinze véhicules soit un total de 90 canons d’assaut pour l’ensemble de la division blindée.

Ces canons d’assaut vont montrer leur efficacité en collant à l’infanterie portée désormais montée sur half-track. A la fin du conflit ces véhicules usés vont être retirés du service et le bataillon dissous laissant l’infanterie portée sans moyen d’appui-feu direct.

Le Somua Sau40 était un canon d’assaut de conception et de fabrication française pesant 21.6 tonnes en ordre de combat, mesurant 5.90m de long pour 2.51m de large et une hauteur de 2.60m.

Motorisé par un moteur Somua de 190ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 35km/h sur route et franchit toujours sur le bitume 280km.

Protégé par un blindage maximal de 40mm, il était armé d’un canon de 75mm APX de 30 calibres (longueur du tube : 2.25m) en casemate approvisionné à 100 obus et une mitrailleuse de 7.5mm MAC-31 installée en tourelle pour l’autodéfense. L’équipage était de 5 hommes.

M-10 Tank Destroyer

C’est au printemps 1942 que l’US Army lance un appel à projet pour un tank destroyer (chasseur de chars) équipé d’une tourelle armé d’un canon antichar et non un canon installé en superstructure comme on l’avait envisagé pour les premiers projets de «destructeur de chars».

Le développement est rapide puisque s’appuyant sur des armes existantes : un canon de 3 pouces et un chassis très voisin de celui du M4 Sherman. Résultat, le M-10 est mis en service dès le mois de juin 1944 après deux ans de développement.

Surnommé «Wolverine», ce véhicule disposait d’une tourelle ouverte ce qui le rendait vulnérable aux éclats d’obus mais cette vulnérabilité était considérée comme acceptable. Son puissant canon de 76.2mm lui aurait permis de détruire la quasi-totalité des chars allemands rencontrés.

Hélas pour lui, au printemps 1948, son remplacement par le M-18 Hellcat commence, un véhicule plus rapide et muni d’un canon de 76mm à haute vitesse initiale plus efficace. Néanmoins quand le second conflit mondial se termine en septembre 1954, quatre Tank Destroyer Batallion sont encore équipés de Wolverine.

Engagé en Europe, il se montra efficace contre les Panzer III et IV. Il rencontrait plus de difficultés face au Panzer V Panther. Face au Panzer VI Tigre, il était largement surclassé par le blindage et l’allonge du char lourd allemand.

Avec la fin du conflit, le nombre de TDB décroit de manière importante et logiquement, les quatre bataillons équipés de M10 sont les premiers à être dissous.

Outre les Etats-Unis, le M10 à été utilisé par la Grande-Bretagne et la France en petit nombre (essentiellement à des fins d’évaluation opérationnelle), le Canada, l’Egypte, l’Italie (après guerre), la Pologne, la Chine, l’URSS et la Yougoslavie.

La Yougoslavie reçoit des véhicules de seconde main puisqu’en 1949/50 la production du Wolverine à cessé. Comme pour le Sherman, la Yougoslavie aurait préféré un autre véhicule en l’occurence le M-18 Hellcat mais ce véloce chasseur de char ne servira sous les couleurs yougoslaves qu’une fois le second conflit mondial terminé.

En ce qui concerne le M-10, il va équiper un bataillon de 45 véhicules de la division blindée et l’escadron d’éclairage et d’appui de chaque régiment de char soit cinq véhicules. Cela fait un total de 55 véhicules en ligne auxquels il faut ajouter quelques véhicules pour l’entrainement.

Au combat ce véhicule ne fût ni décevant ni exceptionnel, honnête dirions nous. Comme nous l’avons vu plus haut le Wolverine à été remplacé par le Hellcat une fois le second conflit mondial terminé plus précisément en 1957.

Le 3 Inch Gun Motor Carriage M10 (M10 Tank Destroyer) était un chasseur de chars de conception et de fabrication américiane pesant 29 tonnes en ordre de combat, mesurant 5.97m de long pour une largeur de 3.05m et une hauteur de 2.89m.

Motorisé par un moteur diesel de 450ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 51km/h sur route et parcourir toujours sur route 260 à 300km.

Protégé par 9.5 à 57.2mm de blindage, il était armé d’un canon de 3 pouces (76.2mm) M7 sur affût M5 avec 54 coups et d’une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2HB avec 300 coups L’equipage se composait de cinq hommes à savoir le chef de char, le tireur, le chargeur, le conducteur et l’assistant-conducteur)

M-7 Priest

Connu officiellement sous le nom de 105mm Howitzer Motor Carriage M-7 Priest, c’est le canon automoteur standard de l’armée américaine. Il combine un châssis de char moyen M-3 avec une superstructure abritant un obusier de 105mm. La présence d’un tourelleau avec une mitrailleuse de 12.7mm lui donna son surnom puisque cela ressemblait à une chaire d’Eglise d’où le surnom de Priest (prêtre).

Six prototypes sont commandés en mars 1945, prototypes intensivement testés avant qu’il ne soit officiellement adopté en janvier 1946. Au sein de l’US Army il va être utilisé par l’artillerie des Armoured Division (Divisions Blindées) et au sein de groupes de réserve. Si l’artillerie des AD assure l’appui direct des chars par des tirs de barrage, de contrebatterie ou par une préparation préliminaire, les Priest de l’artillerie de réserve ont un rôle plus stratégique.

Les trois divisions de cavalerie et les seize divisions blindées regroupent au total soixante-seize groupes équipés de M7 Priest soit un total de 912 pièces auxquelles il faut ajouter 432 M7 de la «Réserve Générale» soit un total de 1344 automoteurs.

Prévoyant des pertes élevées, les américains vont commander pas moins de 5700 M7 Priest produits en trois variantes, la M7A1 produite à 2100 exemplaires, la M7A2 produite à 1800 exemplaires et la M7A3 produite à 1800 exemplaires également.

Outre les Etats-Unis, cet automoteur à été utilisé par la Grande-Bretagne (qui allait le remplacer rapidement par le Sexton), la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne et la Tchécoslovaquie, la Norvège et le Danemark _ces quatre pays occupés par les allemands disposaient néanmoins d’unités en exil combattant sous commandement français pour les deux premiers, sous commandement britanniques pour les deux suivants_, la Yougoslavie, le Brésil, l’Argentine, le Mexique, la Chine, l’Inde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Une fois le conflit terminé, le M7 Priest à été rapidement remplacé par de nouvelles pièces automotrices de 105 et de 155mm. Les unités de Réserve et de la Garde Nationale l’ont utilisé jusqu’au milieu des années soixante.

Comme dans beaucoup d’autres moments, des pays ont profité des surplus américains pour s’équiper en canons automoteurs à un prix défiant toute concurrence soit pour renouveler leur parc ou pour reconstituer leurs forces.

C’est ainsi que des M7 Priest ont été cédés au Portugal, à l’Espagne, à l’Italie, aux armées des Nouveaux Pays Allemands, à la Grèce, à la Turquie, à l’Iran, à la Thaïlande, à la Birmanie et au Japon.

Il n’y à pas eu de variantes dédiées du M7. Certains Priest ont perdu leur canon pour servir de ravitailleur d’artillerie, de dépanneur, de véhicule de dépannage ou de transport de troupes mais il s’agissait d’improvisations sur le terrain et non de variantes mises au point à l’arrière et bénéficiant donc d’une appelation officielle.

Théoriquement c’est la Grande-Bretagne qui devait fournir l’artillerie de la nouvelle armée yougoslave. Seulement voilà à l’époque le Sexton n’est pas encore disponible pour les alliés et le gouvernement yougoslave en exil va choisir le Priest. Nul doute que si le conflit avait duré, les M-7 auraient été remplacés par des Sexton pour une question de communauté logistique puisque l’artillerie yougoslave utilisait comme pièce d’artillerie tractée le canon-obusier de 25 calibres.

Au sein de la nouvelle armée yougoslave il équipe le régiment d’artillerie de la 1ère Division Blindée yougoslave. Ce régiment est organisé sur le même modèle que les régiments d’artillerie tractée à savoir un état-major, une batterie de commandement et de soutien, deux groupes à trois batteries de quatre pièces soit vingt-quatre bouches à feu et une batterie de reconnaissance et de conduite de tir.

La Yougoslavie va recevoir un total de 40 Priest, vingt-quatre en ligne et seize comme volant de fonctionnement et pour l’entrainement. Comme nous l’avons vu plus haut si la guerre s’était prolongée, les Priest auraient été remplacés par des Sexton ce qui ne sera pas le cas. Les Priest sont restés en service dans l’armée yougoslave jusqu’en 1962 quand ils sont remplacés par des canons automoteurs de conception et de fabrication soviétique.

Le M-7 Priest était un canon automoteur de conception et de fabrication américaine pesant 21.1 tonnes en ordre de combat, mesurant 5.7m de long sur 2.7m de large pour une hauteur sans mitrailleuse de 2.5m.

Motorisé par un moteur en étoile Wright R975C1 de 400ch, il pouvait atteindre une vitesse maximale de 40km/h avec un rayon d’action de 230km.

Protégé par un blindage d’une épaisseur maximale de 51mm à l’avant, il était armé d’un obusier de 105mm approvisionné à 57 coups (42 coups supplémentaires dans une remorque M-8) et d’une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2HB avec 300 coups assure la défense rapprochée.

L’équipage se compose de sept hommes.

Mitteleuropa Balkans (140) Yougoslavie (28)

Artillerie

Artillerie de campagne

7.5cm M.1912

Le 7.5cm M.1912 était le canon de 75mm Schneider modèle 1912, un canon léger destiné à la cavalerie, une pièce livrée à la Serbie avant le premier conflit mondial, pièce également utilisée par la France et la Pologne.

La Yougoslavie à reçu au total 100 exemplaires de cette pièce pour équiper l’artillerie de sa puis de ses divisions de cavalerie. Une partie du parc fût modernisée ce qui explique que des canons de ce type ont fait le coup de feu contre les allemands et les italiens lors de l’opération MARITSA.

Aucun canon de ce type n’à été évacué vers la Grèce ou l’Egypte. Les allemands ont capturé douze pièces qu’ils ont rétrocédé à l’Etat indépendant de Croatie, les hongrois six et les italiens vingt, Budapest ne les réutilisant visiblement pas faute de munitions alors que les italliens les ont utilisé depuis des positions fixes. Aucun canon de ce type n’à survécu au second conflit mondial.

Le 7.5cm M.1912 était un canon de conception et de fabrication française pesant 960kg en batterie et 1550kg en configuration transportant, disposant d’un tube de 1.905m soit 25.4 calibres tirant un projectile explosif de 5.5kg (75x350R) à une distance maximale de 7500m à raison de 15 coups par minute. Protégé par un bouclier de 3.5mm d’épaisseur, l’équipe de pièce de sept hommes peut pointer le canon en site de -8° à +17° et en azimut sur 9°.

7.5cm Gebirgskanone M.15

Connu en version originale sous le nom de Skoda 7.5cm Gebirgskanone M.15, le canon de 75mm Skoda modèle 1915 est comme son nom l’indique un canon de montagne dont le caractère démontable entraina un fragilité préjudiciable lors des remorquages en terrain difficile.

Utilisé durant le premier conflit mondial par les austro-hongrois et par les allemands (ces derniers comme canon d’infanterie), il à été utilisé une fois le conflit terminé par l’Italie qui à reçu ces canons au titre des dommages de guerre.

Il à été naturellement utilisé par les pays ayant succédé à la Double-Monarchie à savoir l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne et la Yougoslavie mais aussi la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie.

La mise au point de ce ce canon à été longue en raison des incertitudes des services techniques qui hésitaient entre un canon démontable en multiples fardeaux ou un canon démontable en ensembles plus gros.

Voilà pourquoi ce canon dont l’étude à été lancé en 1911 n’à été mis en service qu’en avril 1915 soit un an de retard sur le planning initial. Après guerre une version améliorée baptisée modèle 1928 à été mise au point.

Ce canon était toujours en service dans l’armée yougoslave en juillet 1949, étant utilisé principalement par l’artillerie de montagne mais aussi par certaines unités de campagne. Ces canons furent appréciés pour leur discrétion et leur maniabilité ce qui à permis également leur évacuation vers l’Egypte où leur utilisation ne dépassa pas le stade de l’entrainement. Certaines pièces furent réutilisés par les croates ou par les résistants yougoslaves.

Le 7.5cm Gebirgskanone M.15 était un canon de conception et de fabrication austro-hongroise (tchèque) pesant 614kg en position de tir et tirant avec son tube de 15.4 calibres (longueur du tube 1.15m) un projectile de 6.35kg (75x129R) à une distance maximale de 8250m à raison 6 à 8 coups par minute. L’équipe de pièce de six hommes peut pointer le canon en site de -10° à +50° et en azimut sur 7°.

Canon de 75mm Skoda modèle 1928

Le canon de 75mm Skoda modèle 1928 est comme son nom l’indique un canon de conception et de fabrication tchécoslovaque. C’est un canon principalement destiné aux troupes de montagne mais également utilisable comme pièce d’artillerie de campagne légère.

Cette pièce à été utilisée par la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, l’Allemagne, l’Etat indépendant de Croatie, la Roumanie et la Colombie.

La Yougoslavie à reçut 250 pièces suite à une première commande suivit de 450 autres au milieu des années trente soit un total de 700 canons.

Ces pièces furent utilisées par l’artillerie de montagne et par l’artillerie de campagne. Occasionellement durant l’opération MARITSA certains canons furent utilisés pour la lutte antichar.

Quelques canons furent évacués vers la Crète puis vers l’Egypte, canons utilisés pour l’entrainement pour former de nouveaux artilleurs en attendant la livraison de nouveaux canons par les britanniques chargés du rééquipement des yougoslaves dans le domaine de l’artillerie et du génie.

Quelques pièces ont été récupérées par les italiens, les allemands et les croates, pièces souvent utilisées depuis des positions fixes au sein de bases d’appui-feu. Les maquisards et les partisans même si ils préféraient être légers et furtifs ont parfois utilisé ce canon. Quelques pièces ont été préservées après guerre comme canon de salut.

Le Canon de 75mm Skoda modèle 1928 était un canon de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 1816kg en batterie (2977kg en transport en configuration hippomobile, 2086kg en configuration automobile), disposant d’un tube de 40 calibres (3.060m) lui permettant de tirer un obus explosif de 8kg (75x174R) à une distance maximale de 13500m à raison de douze coups par minute. L’équipe de pièce de six hommes protégée par un bouclier de 4.2mm peut pointer en site de -8° à +80° et en azimut sur 8°.

8cm M.05/08

Le 8cm Feldkanone M.5 est un canon de campagne (Feldkanone) mis en service en 1907/08 au sein de l’armée austro-hongroise. Si son aspect extérieur est conventionnel, le tube n’est pas en acier mais en bronze.

Ce choix anachronique s’explique par le fait que l’Autriche-Hongrie peinait à fournir suffisamment d’acier de bonne qualité. La mise au point à été longue ce qui explique que bien que le canon soit de modèle 1905 il à en fait été mis en service en 1907/08. Peu après un modèle amélioré baptisé M.05/08 à été mis en service avec un tube en acier.

Outre l’Autriche-Hongrie, ce canon à été utilisé par l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, l’Italie et la Yougoslavie. Outre le premier et le second conflit mondial, le canon de 76.5mm à été utilisé par les italiens lors de la guerre italo-abyssinienne (1935/36).

Outre les rôles d’artillerie de campagne et d’artillerie de montagne ce canon à été utilisé pour la défense antiaérienne, le canon étant installé sur une plate-forme permettant au canon de pointer sur 360°. Les canons ainsi modifiés étaient baptisés 8 cm Luftfahrzeugabwehr-Kanone M 5/8 MP dans l’armée austro-hongroise et Cannone da 77/28 CA (contraereo) dans l’armée italienne.

L’armée royale yougoslave à reçu 270 exemplaires de cette arme, un canon déjà déclassé dans les années vingt.

Ce canon était encore en service en septembre 1948 à une époque où il était totalement obsolète et le canon ne fût pas d’une grande utilité face à l’offensive germano-italo-hongroise.

Le 8cm Feldkanone M.5 est un canon pesant 1816kg (2977kg en configuration transport) disposant d’un tube de 2.285m (30 calibres) permettant le tir d’un obus encartouché QF 76.5x283mm pesant 8.31kg à une distance maximale de 13500m à raison de 12 coups par minute. L’équipe de pièce qui sert ce canon se compose de sept hommes protégés par un bouclier de 3.5mm et peut pointer en site de -5° à +23° et en azimut sur 8°.

QF-25 Pounder (canon-obusier de 25 livres)

Dès la fin de la Campagne de Yougoslavie, le gouvernement yougoslave en exil s’empressa de soliciter les alliés pour permettre la remise sur pied d’une armée digne de ce nom. Plus facile à dire qu’à faire.

Non seulement les troupes yougoslaves étaient dispersées en Grèce mais en plus les alliés étaient divisés sur la question. Il fallut un peu de temps pour que tout le monde accorde ses violons.

Finalement la remise sur pied de quatre divisions d’infanterie et d’une division blindée est décidée, l’équipement devant être assurée par la France (infanterie), la Grande-Bretagne (artillerie et génie) et les Etats-Unis (blindés).

Chaque division d’infanterie yougoslave devant disposer d’un régiment d’artillerie à vingt-quatre pièces Londres accepta de fournir l’équipement nécessaire sous la forme du canon-obusier de 25 livres ou en version originale, le QF 25 Pounder.

Cette arme remarquable qui n’à rien à envier avec le canon de 75mm TAZ modèle 1939 est un canon-obusier puisque si il à été conçu comme obusier (canon court, angle d’élévation important) il fût davantage utilisé comme canon voir même comme canon antichar en attendant l’arrivée massive d’un canon de 17 livres spécifiquement dédié à la destruction des blindés ennemis (encore que ce canon pouvait également être utilisé en artillerie sol-sol).

Les premiers canons-obusiers de 25 livres mis en service en 1940 reprennaient l’affût du QF 18 Pounder Mk IV avec tout de même une différence majeure à savoir une plate-forme permettant de pivoter sur 360° ce qui facilitait le passage d’une cible à l’autre.

Au printemps 1942 le Mk II entre en production avec un nouvel affût qui ne devait rien au canon de 18 livres. En 1945 le Mk III remplace le Mk II sur les chaines de montage alors qu’en Australie le Mk IV ou Mk I Short était une version allégée et démontable en plusieurs fardeaux produite uniquement en Australie pour permettre son emploi en terrain difficile comme la jungle.

Outre l’Australie (qui disposait également de Mk I et II), le canon-obusier à été exporté au Canada (qui à ensuite décidé de le produire sous licence), en Afrique du Sud, en Irlande, au Portugal, en Norvège au Danemark et en Yougoslavie.

96 QF 25 Pounder Mk III sont livrés pour équiper les régiments d’artillerie plus 16 QF 25 Pounder Mk II de seconde main pour permettre l’entrainement des artilleurs yougoslaves.

Ces canons vont accompagner les troupes yougoslaves dans la reconquête des Balkans et la libération du royaume de Yougoslavie. Ils vont rester en service jusqu’au milieu des années soixante, étant remplacé par des obusiers D-30 de 122mm.

Le Ordnance QF 25 pounder était un canon de 25 livres (87.6mm) tirant via un tube de 31 calibres (2.715m) un obus de 11.340kg (qu’il soit explosif, fumigène, éclairant ou chimique) à une distance maximale de 12253m à raison de six à huit coups par minute. L’équipe de pièce se compose de six hommes (même si en cas d’urgence quatre personnes peuvent le mettre en œuvre) et peut grâce à l’affût pointer en azimut sur 360° (8° en n’utilisant que l’affût) et en site de -5° à +40°.

10cm Leichte Feldhaubitze M.14

L’obusier léger de 100mm modèle 1914 est une arme conçue par la firme Skoda pour l’armée austro-hongroise.

Outre l’Autriche-Hongrie, cet obusier va être utilisé par l’Autriche, l’Albanie, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne (après l’Anschluss et le démembrement de la Tchécoslovaquie), la Grèce, la Hongrie, la Pologne, la Yougoslavie et donc l’Italie au titre notamment des dommages de guerre.

Cet obusier à été d’abord conçu avec un tube en bronze mais les derniers exemplaires produits disposaient d’un tube en acier.

Initialement cette pièce était hippomobile, six chevaux étant nécessaires pour remorquer l’obusier jusqu’à sa position de tir. Si nécessaire, cet obusier pouvait être divisé en trois fardeaux pour le transport en terrain difficile.

Après le premier conflit mondial certains obusiers furent munis de pneumatiques pour être remorqués par des camions, les sièges montés sur l’affût qui avaient leur raison d’être lors du remorquage hippomobile mais qui étaient inutiles pour le remorquage automobile.

A noter que la Tchécoslovaquie à mis au point une version très améliorée, le modèle 1914/19 (10cm houfnice vz. 14/19) qui va être exportée en Pologne, en Grèce et en Yougoslavie.

L’armée royale yougoslave à utilisé cet obusier principalement au sein de son artillerie divisionnaire mais aussi au sein de son artillerie d’armée. Cet obusier bien qu’ancien était toujours bon pied bon œil et joua son rôle pour appuyer les fantassins yougoslaves ou repousser les troupes ennemies.

Aucun obusier n’à été évacué en direction de la Grèce ou de l’Egypte mais les allemands, les italiens et les croates ont récupéré des obusiers de ce type pour être réutilisés notamment au combat contre les partisans, les maquisards mais aussi contre les troupes régulières alliées.

Le 10cm Leichte Feldhaubitze était un obusier de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 1350kg en position de tir, disposant d’un tube de 1.93m (19 calibres) lui permettant de tirer un obus de type séparé (100x183mm) pesant 14kg à une distance maximale de 8400m à raison de six à huit coups par minute. L’équipe de pièce composée de six hommes pouvait pointer l’obusier en site de -8° à +50° et en azimut sur 6°.

Obusier de montagne de 100mm Skoda modèle 1916

L’obusier de montagne de 100mm Skoda modèle 1916 est une pièce d’artillerie mise au point pour l’armée austro-hongroise mais qui va connaître une très longue carrière dans de nombreux pays.

Outre son pays d’origine il à été utilisé par l’Autriche, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Pologne, la Roumanie, la Yougoslavie et la Turquie, cette dernière dans une variante en calibre 105mm.

Cet obusier fût utilisé par l’artillerie de campagne mais aussi par l’artillerie de montagne. Quelques pièces ont été évacuées vers la Grèce mais n’ont pas été réutilisées par l’armée yougoslave reconstituée faute de munitions adaptées. Les pièces stockées dans le Péloponnèse ont été ferraillées après guerre.

L’obusier de montagne de 100mm Skoda modèle 1916 était une pièce de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 1235kg en position de tir disposant d’un tube de 1.9m (19 calibres) permettant le tir d’un obus explosif de 14kg (100x132R) à une distance maximale de 8490m à raison de cinq coups par minute. L’équipe de pièce composée de 11 hommes était protégée par un bouclier de 4.2mm et pouvait pointer en site de -8° à +70° et en azimut sur 5°.

10cm M.1928

L’obusier de 100mm modèle 1928 était une arme de conception et de fabrication tchécoslovaque, une autre réalisation de la célèbre firme Skoda. Vingt exemplaires ont été commandés et livrés à la Yougoslavie.

L’objectif était de créer une arme combinant les qualités d’un obusier et d’un canon de montagne sur une seule arme. Au premier il empruntait une grande élévation en site et au second la légèreté et une capacité à être démontée en trois fardeaux. Si l’armée tchécoslovaque ne le commanda pas, elle prit livraison d’un grand nombre de son successeur, le modèle 1930.

Cet obusier va participer à l’opération MARITSA appuyant l’infanterie yougoslave en phase offensive comme en phase défensive. Quelques pièces se retrouvèrent en Grèce, étant mises en œuvre par leurs servants en soutien des troupes grecques. Malheureusement quand il fallu évacuer la Grèce continentale en direction du Péloponnèse on décida de saboter les pièces.

Quelques pièces (bis) ont été capturées par les allemands qui les ont remis en état avant de les céder à leurs alliés croates qui bénéficièrent de pièces neuves issus des stocks de l’armée tchécoslovaque et un temps utilisé par les allemands.

Le 10cm M.1928 était un obusier de campagne léger de conception et de fabrication tchécoslovaque de 100m pesant 1798kg en position de tir (3077kg en configuration transport) et disposant d’un tube de 25 calibres (longueur 2.5m) ce qui lui permet de tirer un projectile de type séparé de 16kg (100x132R) à une distance maximale de 10600m à raison de huit coups par minute. L’équipe de pièce de dix hommes protégée par un bouclier de 4.2mm peut pointer l’obusier en site de -8° à +80° et en azimut sur 8°.

10.5cm M.1913

Canon de 105mm modèle 1913S dans un musée finlandais

Le 10.5cm M.1913 est tout simplement le canon de 105L modèle 1913S, un produit de la maison Schneider qui devait beaucoup à un canon de 107mm de la firme Putilov où la maison Schneider avait beaucoup investit avant guerre.

Ce canon fût utilisé par la France mais aussi par ses alliés comme la Belgique et l’Italie. Après guerre la Pologne et la Yougoslavie ont récupéré des canons pour équiper leur armée.

C’est ainsi que l’armée royale yougoslave va récupérer 60 canons de ce type, des canons d’abord à traction hippomobile puis utilisés via une traction automobile. Ces canons étaient utilisés au niveau de l’armée, l’équivalent yougoslave de notre ALCA (Artillerie Lourde de Corps d’Armée).

Aucune pièce n’à pu être évacuée vers la Grèce mais les italiens ont récupéré douze pièces qu’ils vont réutiliser au profit de leurs troupes déployées dans les Balkans. Aucune des soixante pièces n’à survécu au second conflit mondial.

Le 10.5cm M.1913 était un canon lourd de conception et de fabrication française pesant 2350kg en position de tir mais 2750kg en configuration de tir. Avec son tube de 28.5 calibres (soit 2.987m) il pouvait tirer un obus explosif de 15.74kg à une distance maximale de 12000m à raison de 6 coups par minute. L’équipe de pièce composée de huit hommes pouvait derrière son bouclier de 4.5mm d’épaisseur pointer le canon en site de -5° à +37° et en azimut sur 6°.

10.5cm M.1936

Le 10.5cm M.1936 est la désignation yougoslave d’un autre canon tchèque, le 10.5cm hruby kanon vz.35 (canon de 105mm lourd modèle 1935). Sa carrière dans l’armée tchécoslovaque est courte mais elle va continuer au sein des armées allemandes, slovaques et yougoslaves.

Bien que désigné modèle 1936 il à été en réalité mis en service en 1937 dans l’armée royale yougoslave qui après avoir acquis 120 canons directement auprès de Prague se lança dans une production sans licence, la production chaotique et difficile s’achevant en septembre 1946 après la sortie de 160 pièces supplémentaires pour équiper essentiellement l’artillerie d’armée (équivalent en Yougoslavie de notre Artillerie Lourde de Corps d’Armée).

Ces canons furent surtout utilisés pour des missions de contrebatterie et pour gêner les derniers préparatifs des attaques et des offensives alliées.

En raison d’un poids important, son évacuation et sa sortie de batterie fût délicate pour ne pas dire impossible ce qui explique le grand nombre de pièces sabotées par leurs servants quand il fallait échapper à l’ennemi. Certains de ces canons furent volontairement (?) mal sabotés et réutilisés ultérieurement par les allemands essentiellement pour la défense côtière.

Une poignée de canons à pu être évacué par les yougoslaves en direction de la Crète où ils furent utilisés pour défendre le port de La Sude contre un éventuel débarquement amphibie ennemi. Son utilisation à cessé au printemps 1953 en raison de l’épuisement des stocks de munitions.

Le 10.5cm M.1936 était un canon lourd de campagne de 105mm de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 4200kg en batterie (mais 4600kg en configuration transport) disposant d’un tube de 42 calibres (longueur 4.4m) lui permettant de tirer un obus de 18kg à une distance maximale de 18100m à raison de 8 coups par minute. L’équipe de pièce composée de huit hommes protégé par un bouclier de 4.7mm peut pointer le canon en site de -6° à +42° et en azimut sur 50° de part et d’autre de l’axe.

Mitteleuropa Balkans (136) Yougoslavie (24)

Fusils

Mannlicher modèle 1895

Ce fusil austro-hongrois à été mis en service à la fin du XIXème siècle. Exporté dans les Balkans, il va être également utilisé par l’Italie soit via des armes capturées sur le terrible front de l’Isonzo ou cédées au titre des réparations de guerre.

Après le premier conflit mondial il à été utilisé par les pays ayant succédé à la Double-Monarchie mais également la Bulgarie voir des pays extra-européens. La production totale est estimée à 3.7 millions d’exemplaires, un chiffre plus que respectable.

Outre la version standard, une version courte à été mise sur pied pour les chasseurs et autres unités d’élite ayant besoin d’une arme moins encombrante. On trouve également un fusil destiné aux tireurs de précision.

Après guerre, certains fusils furent transformés pour tirer une cartouche plus puissante en l’occurence le 8x56mm. Les armes transformées ont été essentiellement utilisées par l’Autriche et la Bulgarie

Pour résumer ce fusil à été utilisé par l’Autriche-Hongrie, l’Italie, l’Albanie, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, la Finlande, l’Ethiopie (ex-armes italiennes), l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, la Turquie, la Pologne, le Portugal, la Chine, l’Espagne (républicains durant la guerre d’Espagne),la Roumanie, la Russie, la Yougoslavie, la Somalie (ex-fusils italiens).

La Yougoslavie à donc récupéré des Mannlicher modèle 1895 pour armer ses unités d’infanterie à la création de son armée. Ils ont d’abord tiré la cartouche d’origine avant d’être modifié pour tirer la nouvelle cartouche standard de l’armée royale yougoslave à savoir le 7.92x57mm Mauser. Certains de ces fusils furent exportés en Grèce, capturés en 1949 par les allemands qui les rétrocédèrent à leurs unités supplétives. Une façon de boucler la boucle en quelque sorte.

Avec la mise en service des fusils ZB modèle 1924, les Mannlicher modèle 1895 même rechambrés quittèrent peu à peu le devant de la scène mais pas complètement le service, les fusils disposant encore d’un bon potentiel étant soigneusement stockés. Ils sont ressortis lors des manœuvres et surtout lors de la mobilisation générale de 1948.

En théorie ces fusils devaient être une situation transitoire en attendant la livraison de fusils plus modernes mais les retards ont fait que certaines unités de l’armée royale yougoslave ont combattu les italiens, les allemands ou les hongrois avec des fusils vieux de plus de cinquante ans.

Quelques fusils sont parvenus jusqu’en Egypte mais bien entendus ils ont été retirés du service et remplacés par des fusils plus modernes en l’occurence des MAS-36.

Le Mannlicher modèle 1895 était un fusil de conception et de fabrication austro-hongroise pesant 3.78kg mesurant 1272mm de long dont 765mm pour le canon et tirant initialement la cartouche 8x50mmR Mannlicher. A l’aide de clips de cinq cartouches insérés à l’intérieur du corps de l’armé, ce fusil pouvait toucher une cible à 2000m (800m en pratique) avec une cadence de tir de 20 à 25 coups par minute.

Mannlicher-Carcano modèle 1891

Le Mannlicher-Carcano modèle 1891 est une création du lieutenant-colonel Carcano de l’Arsenal de Turin qui s’inspira du système Mauser et pour être plus précis du Mauser modèle 1889 utilisé par l’armée belge.

C’était une arme fiable, son seul point faible étant sa cartouche de 6.5mm qui bien que stable et précise manquait de puissance d’arrêt. Les italiens en étaient conscients mais il faudra du temps pour commencer le passage à la cartouche de 7.35mm, une cartouche à l’utilisation très limitée.

C’est avec ce fusil que la jeune armée italienne va participer à différentes interventions coloniales mais aussi au premier conflit mondial, à la guerre italo-abyssinienne, à la guerre d’Espagne, à l’expédition d’Albanie et bien entendu au second conflit mondial.

Au modèle standard se sont ajoutés une version carabine (Moschetto Mannlicher-Carcano modelo 1938), version plus courte avec un levier d’armement coudé, une petite hausse et une baïonnette repliable sous le canon.

Comme toutes les carabines, le recul est plus violent car l’arme est plus courte. La deuxième version est une version courte à crosse repliable mise au point pour les parachutistes mais sa production à été très limitée.

Ce fusil était toujours en service en septembre 1948 bien que depuis 1943 la décision avait été prise de remplacer le 6.5 par le 7.35mm plus puissant.

Ce fusil va donc participer à son second conflit mondial, étant toujours en service en avril 1954 moins dans l’armée co-belligérante (rééquipée par les anglo-saxons) que dans l’armée du régime pro-allemand largement rééquipée avec des armes saisies lors de l’opération Asche, les armes italiennes les plus modernes étant utilisées par les allemands qui n’avaient qu’une confiance limitée dans les troupes italiennes.

Cette arme à été utilisée également par l’Albanie, la Yougoslavie, la Libye, l’Ethiopie, la Grèce, généralement des armes capturées sur le champ de bataille ou dans l’immédiat après guerre notamment lors de la liquidation dans des circonstances douteuses des surplus militaires.

La Yougoslavie à récupéré des armes de ce type dans le chaos de l’immédiat après guerre en prennant sous son autorité les stocks laissés par l’armée austro-hongroise qui avait capturé des fusils de ce type notamment lors de la déroute de Caporetto.

A la différence du Mannlicher modèle 1895, ce fusil n’à pas été utilisé durablement dans l’armée yougoslave notamment en raison d’une cartouche peu courante et surtout de l’impossibilité de les transformer en 7.92mm. Ces fusils furent soit mis en réserve ou utilisés pour la parade. Son utilisation durant le second conflit mondial par les yougoslaves à été anecdotique.

Le Mannlicher-Carcano modèle 1891 était un fusil de conception et de fabrication italienne pesant 3.9kg à vide mesurant 1290mm de long (780mm pour le canon). Tirant la cartouche 6.5x52mm, il pouvait toucher une cible à 800m avec une cadence de tir de quinze coups par minute sachant que l’alimentation se fait par des magasins de six cartouches.

Mosin-Nagant modèle 1891-30

Le Mosin-Nagant modèle 1891 (et son évolution le modèle 1891-30) était le fusil standard de l’armée russe en 1914 mais aussi de la RKKA en septembre 1939. En juin 1950 lors du déclenchement de l’opération BARBAROSSA il était loin d’avoir dit adieu aux armes.

Tirant les leçons de la guerre russo-ottomane de 1877/1878 la Russie lance en 1882 un programme de mise au point d’un nouveau fusil. Après un processus d’évaluation délicat, le gouvernement russe décide de combiner les éléments du projet du colonel Mosin et ceux du célèbre Léon Nagant donnant naissance au Mosin-Nagant.

La production est assurée par quatre sites, trois en Russie (Tula, Izhevsk,Sestrovyetsk) et le quatrième en France, la Manufacture d’Armes de Chatelleraut (500000 exemplaires).

Cette arme participe à la guerre russo-japonaise puis à la première guerre mondiale, des armes étant même produites aux Etats-Unis. Des armes ayant été capturées par les ennemis de la Russie, certains Mosin-Nagant vont être rechambrés pour tirer des munitions plus famillières à leurs nouveaux propriétaires.

Le fusil participe naturellement à la guerre civile russe et ce dans les deux camps. Il participe ensuite à la guerre de Pologne et enfin à la deuxième guerre mondiale, les nouveaux fusils étant en nombre trop faible pour permettre aux Mosin-Nagant de prendre leur retraite.

La production continuait toujours à cadence réduite quand le second conflit mondial éclate et augmente après juin 1950 pour fournir la quantité colossale d’armes nécessaires à la guerre moderne. On estime à 48 millions le nombre de fusil produits de 1891 à 1956.

Durant le second conflit mondial, le Mosin-Nagant dans ses différentes versions fût utilisé pour les unités régulières, par les partisans mais aussi par les tireurs d’élite. Les allemands ont capturé des armes de ce modèle mais les ont surtout cédés à leurs alliés ou à des unités de recrutement local.

Le second conflit mondial terminé, le Mosin-Nagant dans ses différents versions à été rapidement remplacé par des fusils plus modernes. Ce n’était pas pour autant la fin de sa carrière, le vénérable fusil étant utilisé dans de nombreux conflits en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie.

D’autres pays ont mis au point des variantes locales plus ou moins modifiées comme l’Estonie, la Finlande, la Tchécoslovaquie, la Chine, la Hongrie, la Roumanie et la Pologne.

Les autres utilisateurs sont l’Afghanistan, l’Angola (irréguliers), le Bangladesh (irréguliers), la Bulgarie, le Camdodge, Cuba, Egypte, Indonésie (irréguliers), Irak, Laos, Lettonie,Lituanie, Mongolie,Népal,Phillipines (armes américaines), Vénézuela, Albanie, Autriche-Hongrie, Autriche, Ethiopie, Italie (armes austro-hongroises reçues en dommages de guerre), Japon (armes russes capturées), Yougoslavie, l’Espagne (république) et la Turquie sans compter les différents groupes irréguliers alimentés par différents trafiquants.

La Yougoslavie à récupéré des Mosin-Nagant modèle 1891 via les stocks de l’armée austro-hongroise (armes capturées) ou dans l’immédiat après guerre quand des intermédiaires peu scrupuleux vendaient des armes au plus offrant. En ce qui concerne les Mosin-Nagant modèle 1891-30 on ignore comment ils sont arrivés dans les mains yougoslaves.

Rechambrée au calibre 7.92x57mm, cette arme cohabite un temps avec le Mannlicher modèle 1895 et avec le Puska M.1924. Tout comme le modèle 1895, le Mosin-Nagant à été ensuite stocké en réserve pour ressortir en cas de besoin. Néanmoins si la réutilisation de Mannlicher modèle 1895 durant l’opération MARITSA est attestée et documentée, celle des Mosin-Nagant est incertaine et sujette à caution.

Le Mosin-Nagant modèle 1891 était un fusil à répétition belgo-russe pesant 4.06kg mesurant 1302mm de long (dont 800mm pour le canon) tirant la cartouche 7.92x57mm à une distance maximale théorique de 1200m (900m en pratique) à raison de cinq à dix coups par minute sachant que l’alimentation en munitions se faisait soit par des magasins internes de cinq cartouches ou des lame-chargeurs de même capacité.

PUŠKA M.1924

Sous sa désignation yougoslave se cache le fusil FN (Fabrique Nationale d’Armes) modèle 1924, une évolution belge du Mauser Gewehr 98. Sembable au fusil tchèque vz.24, il fût décliné en plusieurs calibres, donnant naissance à une famille de fusils adaptés aux besoins de ses différents clients.

Exporté dans le monde entier il participa à la guerre du Chaco entre la Bolivie et le Paraguay (1932-1935), la deuxième guerre italo-abyssinienne, la guerre civile chinoise, la deuxième guerre sino-japonaise, la guerre de Pologne, la guerre entre l’Equateur et le Pérou et bien entendu le second conflit mondial.

L’armée royale yougoslave fût un utilisateur majeur de ce fusil puisqu’elle l’acheta directement à la Belgique avant de le produire sous licence à l’Arsenal de Kragujevac. Si les fusils achetés en Belgique étaient désignés modèle 1924 ceux produits en Yougoslavie étaient des M.24.

La production se poursuivit en Yougoslavie jusqu’en 1945 et bien que la Yougoslavie n’acheta aucun modèle 1930 un certain nombre d’améliorations ont été intégrées aux M.24 produits en très grand nombre pour équiper les unités d’active et préparer les stocks destinés aux soldats mobilisés en cas de combat.

Le chiffre total de la production est incertain mais il tourne autour de 210000 exemplaires. Le fusil standard de l’armée yougoslave va cohabité avec un fusil étroitement dérivé le Puskha M.1948.

Après la fin de la Campagne de Yougoslavie, ce fusil à accompagné les soldats yougoslaves évacués en Egypte pour permettre la reconstitution de l’armée royale. Ce fusil fût remplacé par le MAS-36 français (en attendant d(hypothétiques MAS-40 qui n’arrivèrent jamais).

Cependant certains tireurs de précision conservèrent leurs M.24. Sur le territoire yougoslave ce fusil fût utilisé aussi bien par les unités appuyant les allemands, les italiens et les hongrois que les maquisards et les partisans. Le second conflit mondial terminé, quelques fusils furent conservés pour la parade et la garde des monuments.

Le PUŠKA M.1924 était un fusil à répétition belgo-yougoslave pesant 4.2kg chargé, mesurant 1100mm de long (dont 590mm pour le canon), tirant la cartouche 7.92x57mm à une distance maximale de 2000m (500m en pratique) à raison de 15 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des clips de 5 cartouches.

PUŠKA M.1948

Le PUŠKA M.1948 est une évolution du précédent. Contrairement au M.1924 ce projet est 100% yougoslave. Il est lancé en 1941 et à pour objectif d’améliorer la précision et la cadence de tir du modèle 1924. La question de la production et de l’entretien sont également abordées.

Le nouveau fusil est prêt en septembre 1944 après un long processus. Les tests sont menés par la troupe jusqu’au printemps 1945 et se révèlent dans l’ensemble satisfaisants. La production est lancée fin 1945 et va se poursuivre jusqu’en 1949 s’achevant après la sortie de 49000 exemplaires.

Ces fusils vont participer à la campagne de Yougoslavie entre les mains des unités de l’armée royale yougoslave puis dans la guerre entre partisans et forces de répression des M.1948 servant au sein des unités de l’Etat indépendant de Croatie tout comme au sein des unités de maquisards et de partisans.

La carrière du fusil s’est poursuivie après guerre, la production reprennant même à l’Arsenal de Kragujevac, une mesure transitoire le temps qu’un fusil moderne marquant une nette rupture ne prenne le relais.

Ce sera chose faite en 1962 quand la Yougoslavie communiste obtient l’autorisation de produire sous licence l’AK-57. Au totla on estime le nombre de PUŠKA M.1948 produits à 78000 exemplaires.

Des fusils sont encore utilisés pour la parade et la garde symbolique de bâitiments officiels, d’autres ont rejoint les musées tandis que certains ont été transformés en arme de tir sportif.

Le PUŠKA M.1948 était un fusil à répétition de conception et de fabrication yougoslave pesant 4kg chargé, mesurant 1050mm de long (dont 570mm pour le canon), tirant la cartouche 7.92x57mm à une distance maximale de 2000m (6800m en pratique) à raison de 15 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des clips de 5 cartouches.

MAS-36

MAS 36

La France sort victorieuse du premier conflit mondial avec un gigantesque stock d’armes en calibre 8mm. En ces temps de paix, de pacifisme et de crise économique, rien ne presse pour changer d’arme et de calibre en dépit des défauts de la munition Lebel.

Outre sa surpuissance, la forme de sa cartouche la rend inadaptée à son utilisation par des armes automatiques comme l’avait démontré le calamiteux Chauchat.

L’étude d’une nouvelle cartouche est lancée, la cartouche 7.5×58 avec comme première arme utilisatrice, le fusil-mitrailleur modèle 1924. Suite à plusieurs incidents de tir, la cartouche est modifiée et raccourcie devenant le 7.5×54 modèle 1929C, le fusil-mitrailleur devenant le modèle 1924 modifié 1929.

Après un long processus de mise au point le 17 mars 1936 le fusil de la Manufacture d’Armes de Saint Etienne soit adopté sous le nom de fusil de 7.5mm modèle 1936 plus connu sous le nom de MAS 36.

Les débuts de la fabrication sont très lents et en septembre 1939, seulement 63000 exemplaires ont été livrés aux unités de combat, chiffre qui passe à 430000 à la fin du mois de juin 1940. La production se poursuit pour rééquiper la majeure partie des unités de combat avec son lot de variantes.

On trouve ainsi le MAS 36/39, une version courte, l’équivalent d’un mousqueton destiné à équiper la cavalerie et l’artillerie ou encore le MAS 36 CR à crosse repliable destiné à l’infanterie de l’air.

La production du MAS 36 continua jusqu’en juin 1948 et atteignant le chiffre plus que respectable de 4.5 millions de fusils produits dont une grande partie est stockée pour la mobilisation des unités de réserve.

Quand éclate le second conflit mondial, le MAS-36 est encore en service, le MAS-40 et le MAS-44 étant réservés en priorité aux chasseurs et aux dragons portés des DC et des DLM même si certaines des meilleurs divisions d’infanterie l’ont également reçu notamment la 1ère DIM et la 1ère DINA.

Quand la Yougoslavie remet sur pied son armée la question du fusil se pose. Comme la France s’est chargée de rééquiper l’infanterie yougoslave, Belgrade espère recevoir le MAS-40 mais c’est finalement le MAS-36 qui va rééquiper les fusiliers yougoslaves.

Espérant qu’il s’agit d’une première étape, le gouvernement yougoslave accepte mais jamais les MAS-40 n’équiperont l’infanterie yougoslave. Le MAS-36 va rester en service en Yougoslavie jusqu’à la fin des années cinquante et rapidement mis en réserve pour une potentielle réutilisation ultérieure.

Le MAS-36était un fusil de conception et de fabrication française pesant 3.720kg à vide et 3.850kg chargé, mesurant 1020mm (1290mm avec baïonnette), disposant d’un canon de 575mm. D’un calibre de 7.5mm, il pouvait atteindre une cible à un portée pratique utile de 400m à raison de 10 à 15 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des magasins internes de cinq cartouches.

Mitteleuropa Balkans (132) Yougoslavie (20)

L’armée de terre yougoslave durant le second conflit mondial

Anticipation, préparation et mobilisation

La guerre de Pologne terminée, l’armée yougoslave à pu évaluer dans un contexte réel, dans un contexte de «stress opérationnel» ses atouts et ses manques. Inutile de préciser que les seconds l’emporte sur les premiers.

Un effort important doit être mené pour améliorer les capacités de l’armée yougoslave. Il ne s’agit pas uniquement d’acheter de nouvelles armes mais d’améliorer les capacités tactiques et stratégiques. Il s’agit également d’améliorer la représentativité des autres nationales dans les hautes sphères de l’armée.

Ce dernier effort mal considéré par les serbes donnera quelques résultats et c’est ainsi qu’en juillet 1949 au moment du déclenchement de l’opération MARITSA, sur les 175 généraux on comptera 124 serbes, 32 croates et 19 slovènes.

Cette modernisation ne peut se faire sans aide extérieure. Vu le contexte la logique aurait voulu que l’Allemagne soit la puissance tutélaire pour améliorer l’entrainement et l’équipement de la Jugoslovenska Vosjka.

Seulement voilà Berlin doit ménager son allié italien (que Berlin méprise pourtant et en qui il n’à guère confiance) et surtout la guerre civile allemande rend délicat tout investissement majeur.

Le Hotchkiss H-39

La France va en profiter et le 14 septembre 1945 un accord de coopération et d’assistance militaire est signé entre la République Française et le Royaume de Yougoslavie. Outre la fourniture d’armes modernes (fournitures symbolisées par les Hotchkiss H-39 et les Lioré et Olivier Léo 451) la France dépêche en Yougoslavie la MMFY (Mission Militaire Française en Yougoslavie) dirigée par le général Gamelin.

Ce dernier va transmettre les dernières conceptions tactiques d’une armée française en plein renouveau ce qui est ironique car en poste comme chef d’état-major des armées, il n’à pas fait preuve du même zèle moderniste que son successeur, le général Villeneuve.

Cette mission militaire va former et informer, va également servir d’officine de renseignement. Son travail ne sera pas toujours apprécié, plusieurs attentats étant déjoués par la police yougoslave.

Elle quitte le pays à l’été 1948 alors que les tensions deviennent telles en Europe que le conflit n’est qu’une question de semaine. Il y à aussi la réaffectation d’officiers à des postes plus opérationnels.

Pierre II, le général Mongomery et Winston Churchill

Le 30 août 1948 le roi de Yougoslavie Pierre II ordonne la mobilisation générale. Il s’agit d’éviter une attaque surprise alors que des mouvements de troupes italiens laissent craindre une attaque du Regio Esercito.

Elle se passe bien. Le plan de mobilisation de 1930 révisé à plusieurs reprises (la dernière fois en 1947 sous l’impulsion de la MMFY) se déroule avec fort peu d’incidents y compris dans des zones jugées problématiques comme la Slovénie et surtout la Croatie. Les déserteurs et les insoumis sont peu nombreux. Clairement la politique libérale de Pierre II a porté ses fruits en donnant envie aux croates et aux slovènes d’eux-aussi mourir pour Belgrade ce qui n’était bien entendu pas si évident auparavant.

Pierre II est officiellement commandant en chef de l’Armée yougoslave. Son oncle Paul l’ancien régent est inspecteur général, commandant en chef officieux de l’armée ce qui va poser problème avec le titulaire du poste, le général Dusan Simovic car les deux ne sont pas d’accord sur la stratégie à suivre.

A l’issue de la mobilisation (considérée comme achevée le 5 octobre 1948) l’armée de terre yougoslave aligne vingt-huit divisions d’infanterie, deux divisions d’infanterie de montagne, trois divisions de cavalerie, une brigade mécanisée ainsi que des unités de forteresse, de garde-frontières, d’artillerie (lourde et antiaérienne) et du génie.

Les frontières yougoslaves sont couvertes par des positions fortifiées. Loin d’être une Ligne Maginot Slave, ces positions sont des fortifications de campagne comparables sans la standardisation à celles aménagées par le CEZF en France durant la Pax Armada.

On trouve des blockhaus armés de canons et de mitrailleuses, des blockhaus permettant d’abriter des pièces d’artillerie, des abris pour l’infanterie, des tranchées, des champs de mines et des barbelés.

Il s’agit de freiner l’ennemi et d’éviter les percées ennemies. Des officiers yougoslaves seront informés sur les premières leçons de la Campagne de France sur l’importance de la profondeur, sur le concept du hérisson mais ces leçons ne seront que très partiellement appliquées en raison du manque de temps et surtout du manque d’unités motomécaniques pour éviter que les troupes yougoslaves ne s’enferrent dans une défensive stérile.

Sur le plan stratégique la Yougoslavie tente de convaincre Athènes, Paris et Londres de déployer des troupes mais c’est un échec.

Les grecs ne veulent pas sacrifier la défense du territoire national contre une aventure militaire dans le Vardar, les français et les britanniques sans le dire ouvertement doute de la capacité des troupes yougoslaves à tenir suffisamment longtemps pour permettre l’envoi d’un corps expéditionnaire.

Ordre de Bataille de l’armée yougoslave (juillet 1949)

1er Groupe d’Armées : couverture de la frontière italo-yougoslave et la frontière yougoslavo-allemande (ex-autrichienne)

Il comprend une 1ère Armée avec trois divisions d’infanterie (1ère, 7ème et 10ème DI), des unités d’artillerie lourde, une unité de reconnaissance aérienne détachée par l’armée de l’air, des unités de soutien.

La 2ème Armée dispose de trois divisions d’infanterie (17ème, 24ème et 30ème DI), de l’artillerie lourde, une unité de reconnaissance aérienne et des unités de soutien.

Deux Grandes Unités dépendent de l’état-major du groupe d’armées à savoir la 1ère division de cavalerie et la 1ère division d’infanterie de montagne.

2ème Groupe d’Armées : Il couvre la frontière avec la Hongrie ainsi que les accès à la capitale Belgrade.

Il comprend la 4ème Armée (27ème, 40ème et 42ème DI, de l’artillerie lourde, une unité de reconnaissance aérienne et des unités de soutien) ainsi que la 7ème Armée (32ème, 36ème et 38ème DI, de l’artillerie lourde, une unité de reconnaissance aérienne et des unités de soutien) mais aussi des unités de réserve générale à savoir la 3ème division de cavalerie et la 2ème division d’infanterie de montagne.

3ème Groupe d’Armées : Il couvre l’Albanie en cas d’attaque venue du petit royaume annexé par l’Italie en 1939.

Ce groupe d’armées comprend la 3ème Armée (13ème, 15ème et 25ème DI, unités d’artillerie lourde, de reconnaissance aérienne et de soutien) et la 8ème Armée (ex-3ème Armée territoriale) avec trois divisions d’infanterie (5ème, 20ème et 46ème DI) et les unités d’appui et de soutien habituelles.

La Réserve Générale comprend des unités d’appui, de soutien ainsi que la 22ème DI.

La 5ème Armée indépendante couvre les frontières avec la Roumanie et la Bulgarie. Elle comprend quatre divisions d’infanterie (8ème, 9ème, 34ème et 50ème) ainsi que la 2ème division de cavalerie.

La 6ème Armée indépendante déployée à cheval sur la Serbie et la Bosnie-Herzegovine est une réserve opérationnelle immédiate pour soutenir principalement les 1er et 2ème GA. Elle comprend trois divisions d’infanterie (3ème, 14ème et 49ème DI) ainsi que trois régiments de cavalerie indépendants (49ème, 75ème et 94ème).

La Réserve Stratégique comprend les 4ème et 6ème DI mais aussi la 1ère brigade mécanisée.

Ordre de bataille des armées ennemies

Le Panzer IV à été engagé en Yougoslavie

L’Allemagne déploie trois divisions blindées (1.PzD, 5.PzD et 12. PzD), la 1ère division de montagne (1. Gerbirgsjager Division), la 3ème division de chasseurs parachutistes (3. Fallschirmjäger Division) et sept divisions d’infanterie (3ème, 9ème, 14ème,25ème, 31ème,35ème DI, 5. Leichte Division).

Soldats italiens en Yougoslavie

L’Italie déploie la 2ème Armée avec le 5ème Corps d’Armée (3ème division alpine «Iulia» et 5ème DI «Cosseria»), le 7ème Corps d’Armée (14ème DI «Isonzo» et 17ème DI «Pavia») plus des unités de réserve générale avec la 47ème DI «Bari» et la 48ème DI «Taro».

La Hongrie engage sa 3ème Armée avec le 1er Corps d’Armée (16ème DI, 21ème DI, 25ème DI), le 2ème Corps d’Armée (17ème, 22ème et 26ème DI) et le 3ème Corps d’Armée (18ème, 24ème et 27ème DI).

L’armée yougoslave au combat

Dès le début de la campagne de Yougoslavie le haut-commandement choisit une défense élastique en s’appuyant sur les fortifications de campagne, les coupures humides et différents points hauts. Cette défense élastique aurait mérité de s’appuyer sur de puissantes unités motomécaniques pour contre-attaquer, pour user les pointes ennemies mais la Yougoslavie n’avait pas les moyens de ses ambitions.

Pour compenser le manque d’unités motomécaniques, le haut-commandement yougoslave mobilise ses unités de tcheniks, des unités de guérilla censées en cas d’occupation étrangère de provoquer le désordre et la discorde chez l’ennemi. Durant l’opération MARITSA, ils vont se laisser dépasser par l’ennemi pour attaquer la logistique et les militaires isolés. Ces attaques à l’impact militaire limité vont provoquer le retour de la peur du franc-tireur chez les soldats allemands pour le plus grand malheur des populations civiles, victimes collatérales du conflit.

L’Opération Maritsa est déclenchée le 7 juillet 1949 quand les allemands déclenchent le feu de Wotan avec des frappes aériennes et des tirs massifs de l’artillerie. Des parachutistes sont largués sur l’arrière du front mais leur impact est limité en raison de mauvaises conditions météo et d’un comité d’accueil parfois musclé. Cela fait regretter à certains officiers que le projet de larguer la division sur Zagreb ait été abandonné.

A la grande satisfaction du haut-commandement yougoslave (à majorité serbe rappelons-le) les troupes croates et slovènes ne se débandent pas toutes au premier choc. Il y à bien entendu des mouvements de panique, quelques mutineries et quelques cas de fraternisation mais ils sont limités.

Les italiens attaquent quelques heures plus tard. Pas (encore) de grandes manœuvres mais des bombardements aériens, des frappes d’artillerie et des reconnaissances armées que les yougoslaves contrent avec férocité et brutalité.

Les hongrois attaquent sans ardeur le lendemain 8 juillet 1949. Ils s’attendent à être accueillis en libérateurs par la minorité hongroise de Voïvodine mais ce n’est pas le cas. Après trois jours de flottement les hongrois se ressaisissent.

Très vite les troupes yougoslaves doivent se replier sur la Bosnie, ses montagnes, ses fleuves et ses forêts.

Les grandes villes tombent les unes après les autres. Lubjana est prise par les allemands dès le 10, les yougoslaves après avoir disputé les accès immédiats à la ville mais avoir renoncé à un combat urbain très aléatoire et surtout dévoreur d’hommes et de munitions ce que l’armée yougoslave possède en quantité limité.

Zagreb est prise le 14 juillet 1949. Dès le lendemain les oustachis d’Ante Pavelic proclame l’indépendance du pays. La majorité des unités croates mettent bas les armes, d’autres sont désarmées mais d’autres cachent leur origine pour continuer le combat.

La capitale yougoslave Belgrade tombe le 17 juillet. Les hongrois qui rentrent les premiers constatent un spectacle désolation en raison des violents bombardements aériens allemands, bombardements de terreur et non à vocation militaire.

Les troupes yougoslaves continuent de se battre avec férocité et acharnement mais elles sont au bord de l’épuisement et de la rupture.

Marchant la nuit et combattant le jour, elles ne peuvent imposer leur rythme à des troupes allemands plus fringantes encore que la très, la trop légère logistique allemande associée aux destructions va provoquer un ralentissement du tempo opérationnel évitant aux yougoslaves un effondrement plus rapide.

Le 9 août 1949 les hongrois et les bulgares font leur jonction. Les troupes de Sofia n’ont pas participé aux opérations de combat mais vont rapidement occuper les terres bulgarophones, une occupation très dure que fera regretter parait-il aux habitants le joug serbe voir pour les plus anciens le joug ottoman.

De leur côté les allemands se sont arrêtés dans le sud de la Serbie laissant aux italiens le Monténégro que Rome considère comme faisant partie de sa chasse gardée.

A l’automne 1949 les dernières troupes yougoslaves encore en état de se battre se replient sur la Grèce.

Si certaines encore disciplinées vont combattre, nombre d’entre-elles n’ont plus d’unité militaire que le nom et vont rapidement être évacués vers la Crète puis vers l’Egypte pour entamer le long et lent processus de reconstruction d’une armée yougoslave digne de ce nom.

Renaissance et libération

Le gouvernement yougoslave réfugié à Jerusalem puis au Caire se préoccupe très vite à la fois de reconstituer une armée crédible et de convaincre les alliés de reprendre la lutte dans les Balkans d’en faire sinon le front principal du moins un front important dans la stratégie générale des alliés.

Ils vont échouer sur les deux plans. Non seulement les alliés n’ont pas l’intention de déployer des forces importantes mais juste les forces nécessaires à tenir le front mais la reconstitution de l’armée va se heurter à un manque de moyens, des querelles de personnes, des querelles politiques et idéologiques.

Certains officiers yougoslaves écœurés vont préférer démissionner pour intégrer la Légion Etrangère ou opérer au profit des SR alliés au soutien des maquisards royalistes et des partisans communistes.

Le front grec avant le déclenchement de l’opération ANVIL. En voyant la carte on se dit qu’Athènes va être vite reprise. En réalité il faudra près de deux mois de violents combats pour y parvenir avec des dégâts considérables pour ce phare de la civilisation occidentale.

La Campagne de Grèce qui fait suite à la Campagne de Yougoslavie. Elle s’achève à l’orée du printemps 1950, les historiens fixant traditionnellement sa date au 17 mars et la bataille du golfe de Zanthe où cuirassés et porte-avions des deux camps s’étripent joyeusement.

Les Balkans avant le début de la contre-offensive alliée

Si les alliés contrôlent le Dodécanèse (capturé lors de l’opération CATAPULT), la Crète et la Péloponnèse, l’Axe domine la Grèce continentale, la Céphalonie et les Cyclades. Le front se fige, les deux belligérants épuisés sont incapables de prendre le dessus. Des attaques locales sont menées tout comme des raids commandos pour maintenir la pression mais pas d’offensive avec un grand O.

Il faudra attendre l’automne 1952 pour que les alliés se décident à repasser à l’offensive. C’est l’opération Anvil déclenchée le 21 septembre 1952 mais les yougoslaves ne sont pas encore engagés faute d’unités suffisamment équipées et suffisamment entrainées.

On trouve la 8th Army (UK) avec deux corps d’armées, un corps d’armée britannique (deux DI et unr DB) et un corps d’armée sud-africain (deux DI), la 10th Army (UK) avec un corps d’armée sud-africain (une DI et une DB) et deux corps d’armée britanniques (deux DI chacun) et l’Armée Grecque de Liberation (AGL) qui dispose de trois corps d’armée à deux divisions (deux CA à deux DI et un CA avec une DB et une DI).

Après de violents combats, la capitale Athènes est reprise le 17 décembre 1952. La ville est dévastée y compris l’Acropole. Symboliquement c’est le bataillon sacré _une unité para-commando_ qui hisse sur l’Acropole le drapeau grec qu’un evzone avait retiré au nez et à la barbe des allemands.

Le territoire grec est entièrement libéré ou presque en février 1953. Des unités alliées effectuent des incursions en Albanie et en Macédoine mais elles sont trop faibles pour se maintenir.

Le basculement italien du printemps 1953 favorise l’avancée alliée, l’Albanie étant occupée quasiment sans combats.

Le 19 mai 1953, les alliés lancent l’opération Sledgehammer avec enfin l’engagement de troupes yougoslaves. La 1ère Armée Yougoslave dispose de deux corps d’armées à deux DI, le 1er CA avec les 8ème et les 13ème DI ainsi que le 2ème CA avec les 5ème et 27ème DI + la 1ère division blindée yougoslave rééquipée par les américains avec Greyhound, Chaffee et Sherman. Les numéros des divisions ont été choisis pour célébrer la mémoire des divisions qui s’étaient illustrées durant l’opération MARITSA.

Les débuts sont médiocres non par manque de volonté mais par une volonté de trop bien faire, l’agressivité des troupes yougoslaves générant des pertes assez lourdes. Il faudra un peu de temps pour corriger le tir.

Outre la 1ère Armée Yougoslave, d’autres unités vont participer à cette Campagne des Balkans. On trouve notamment une compagnie commando, la 7ème compagnie du 10ème commando interallié qui intègre également des commandos britanniques, français, polonais, grecs et même sud-africains.

Cette compagnie va opérer dans des raids contre l’arrière du front, vont mener des opérations homo contre certains chefs collabos ou d’anciens résistants retournés par les allemands et les italiens.

Ils vont être les premiers soldats yougoslaves à reprendre officiellement la lutte et pénétrer sur le territoire yougoslave.

Un bataillon parachutiste est formé en juin 1953 mais il n’est engagé que comme infanterie traditionnelle et non comme unité aéroportée.

A l’été 1953 le front suit une ligne qui passe au nord de Durres (le port reste sous le feu de l’artillerie allemande), traverse le centre de la Macédoine et longe la frontière bulgaro-grecque.

Le 9 novembre 1953 alors que l’automne est exceptionnellement clément les alliés relancent les opérations avec l’opération Sword.

Les yougoslaves sont en pointe de l’offensive aux côtés des grecs, les britanniques et les sud-africains étant en retrait pour éviter de s’aliéner les populations locales pas vraiment enclines à échanger une domination étrangère contre une autre.

Cette opération voit la libération de la totalité du territoire albanais, du Monténégro et du sud de la Serbie.

Sarajevo tombe le 23 novembre, Split le 25, Nis le 7 décembre 1953. En revanche un coup de main mal planifié et mal exécuté en direction de Belgrade échoue le 17 décembre 1953.

A l’orée de 1954, le front passe au sud de Belgrade (50 à 75km selon les endroits), traverse le nord de la Bosnie et atteint le sud de Zadar. Cette dernière ville est prise dès le 5 janvier 1954, le port saisi quasiment intact permet un ravitaillement plus rapide des troupes alliées.

Le 17 janvier 1954 les alliés lancent une audacieuse opération, l’opération Welcome/Bienvenue qui voit la brigade parachutiste canadienne être larguée près de Belgrade pour favoriser l’action des maquisards royalistes qui dominent dans cette région alors qu’en Bosnie et dans le sud de la Serbie les communistes sont davantage maitres du jeu.

Parachutiste canadien

Les paras canucks s’emparent des cibles stratégiques en liaison avec les combattants de l’ombre et d’autres unités commandos alliées (bataillon sacré, 10ème commando interallié, corps franc des Balkans).

Les allemands qui savent leur position intenable se content de mener des combats retardateurs pour replier le maximum d’hommes et de matériel en vue d’une contre-offensive qui n’aura jamais lieu. La capitale de la Yougoslavie tombe le 20 janvier 1954.

Tout le territoire yougoslave est libéré à la fin du mois de février et le 4 mars 1954 les dernières troupes ennemies capitulent. Si les allemands sont bien traités, leurs supplétifs qu’ils soient monténégrins, slovènes, croates ou serbes sont souvent massacrés dans des conditions atroces.

L’armée yougoslave va passer l’été à tenter de ramener l’ordre et la sécurité sur le territoire national non sans mal en raison de problèmes avec certains irréguliers qui avaient clairement pris goût à la clandestinité et à l’illégalité. De véritables opérations militaires doivent être menées non sans regrettables dérapages.

Quand le second conflit mondial se termine l’armée royale yougoslave qui a intégré de nouvelles recrues au fur et à mesure de son avancée sur le territoire du royaume de Pierre II aligne six divisions d’infanterie (quatre divisions d’infanterie vue plus haut et deux divisions d’infanterie légère, les 4ème et 7ème DLI), une division blindée, des unités commandos, de l’artillerie et du génie.

C’est une armée expérimentée, habile mais déjà travaillé par les dissensions entre royalistes et communistes, divisions qui remplacent souvent les divisions nationales de l’avant-guerre mais ceci est une autre histoire.

Mitteleuropa Balkans (131) Yougoslavie (19)

Création et évolution de la Jugoslovenska vojska

La future Jugoslovenska vojska voit le jour le 1er novembre 1918 quand le Conseil National des Croates, Slovènes et Serbes met sur pied un Département de la Défense Nationale pour pouvoir chapeauter les unités austro-hongroises présentes sur son territoire.

Un mois plus tard l’Etat des Slovènes, Croates et Serbes s’unit avec le Royaume de Serbie ce qui donne naissance au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes.

Quatre jours plus tard, le 5 décembre 1918, le 25ème régiment d’infanterie de la Garde Nationale Croate ainsi que des éléments de la 53ème DI opposés à l’unification des Slaves du Sud dans un même état manifestent dans les rues de Zagreb.

La police charge et règle le problème de façon musclée puisqu’on compte 15 morts et 17 blessés. Les unités concernées sont aussitôt démobilisées puis dissoutes.

A la fin de l’année 1918, une mission militaire serbe dirigée par Milan Pribicevic, Dusan Simovic et Milisav Antonijevic arrive à Zagreb pour former l’armée du nouveau royaume.

Le 1er janvier 1919 134 officiers supérieurs de l’armée austro-hongroise sont mis à la retraite ou relevés de leurs postes. En 1919/20 des combats opposent l’armée yougoslave et des corps françs autrichiens à propos de la Carinthie, region disputée entre la future Yougoslavie et la république d’Autriche.

En 1921 l’armée yougoslave comprend une division de cavalerie à quatre régiments montés et seize divisions d’infanterie à trois régiments d’infanterie et un régiment d’artillerie plus des unités d’appui et de soutien.

Les seize divisions d’infanterie sont regroupées en quatre zones militaires qui en temps de guerre doivent former autant d’armées : Novi Sad (1ère Armée), Sarajevo (2ème Armée), Skopje (3ème Armée) et Zagreb (4ème Armée). Fin 1921 une 2ème division de cavalerie est créée avec les quatre régiments montés qui dépendaient de chaque armée.

En ce qui concerne l’artillerie outre les régiments divisionnaires on trouve un régiment de canons et un régiment d’obusiers pour chaque armée.

Comme l’immense majorité des pays, c’est une armée de conscription, le service militaire étant nécessaire pour non seulement maintenir les effectifs du temps de paix (140000 hommes) et pour aboutir aux effectifs du temps de guerre (qui vont varier durant la période qui nous intéresse).

En ce qui concerne l’équipement il est naturellement disparate avec deux arméees disposant d’uniformes austro-hongrois et deux armées habillées à la française. L’armement est lui aussi varié avec des armes héritées de l’ancienne armée serbe et des armes venues de feu la Double-Monarchie.

Dans les années vingt l’armée yougoslave est impliquée dans plusieurs opérations comme les tentatives de retour de Charles IV de Hongrie ou encore des querelles de frontière avec l’Albanie et la Bulgarie.

Les premières années sont difficiles. La discipline est très stricte mais si une armée ne peut se passer de discipline cela ne fait pas tout. Les manques sont nombreux : budgets insuffisants, infrastructures défaillantes, manque de personnel compétent, manque de fournitures et d’armes…. .

En 1922 l’artillerie est réorganisée. Les obusiers présents au niveau des différentes armées vont rallier le niveau divisionnaire, huit des seize divisions d’infanterie disposant d’une brigade d’artillerie avec le régiment d’artillerie divisionnaire présent depuis 1921 et un régiment d’obusiers.

Les effectifs du temps de paix sont réduits passant de 140 à 10000 hommes avec le transfert des Gardes Frontières sous l’autorité du ministère des Finances alors que la Gendarmerie passe sous l’autorité du ministère de l’Intérieur.

Une partie de l’armée yougoslave est très engagée politiquement notamment des officiers serbes qui forment la Main Blanche, un groupe occulte qui va notamment tout faire pour bloquer la «yougoslavisation de l’armée». Cela explique que jusqu’à une date récente les hautes-sphères de l’armée royale yougoslave étaient quasi-exclusivement serbes.

En 1923 le service militaire universel est mis en place. Les hommes yougoslaves sont soumis à des obligations militaires de 21 à 50 ans étant affectés après leur service dans l’armée d’active lors de rappels réguliers de 21 à 40 ans puis de 40 à 50 ans dans la Réserve.

Des compagnies frontalières sont mises sur pied pour éviter les attaques surprises, compagnies qui couvrent la frontière albanaise, la frontière grecque et la frontière bulgare.

Toujours en 1923 le dernier général non serbe se retire. Le nombre de généraux passe de 26 à plus de 100.

En 1924 les seize divisions d’infanterie disposent désormais d’une brigade d’artillerie avec les deux régiments selon le modèle décrit plus haut.

En 1925 une Division de la Garde est mis sur pied avec deux régiments de cavalerie, un régiment d’infanterie et un régiment d’artillerie.

En 1926 une 5ème Armée est mise sur pied. Cette création se fait à effectifs constants avec deux divisions de la 1ère Armée (Novi Sad) et de la 4ème Armée (Zagreb).

Treize compagnies frontalières supplémentaires sont mises sur pied pour couvrir les frontières italiennes et hongroises.

Du 29 septembre au 2 octobre 1926 les premières grandes manœuvres sont organisées mais signe important on doit mobiliser des réservistes pour atteindre le chiffre de 10000 hommes.

En revanche on peut douter de la pertinence du scenario choisit à savoir des exercices s’inspirant des tactiques et des règlements de l’armée britannique avant la deuxième guerre des Boers, un conflit ayant eu lieu de 1899 à 1902.

Des militaires yougoslaves et différentes armes automatiques

En 1928 l’armée yougoslave met sur pied quatre régiments d’infanterie supplémentaires pour faire face à la montée en puissance de l’armée italienne. Ils doivent servir de noyau à quatre nouvelles divisions d’infanterie.

En 1929 Alexandre 1er met en place une dictature royale qui entraine une purge dans l’armée avec 32 généraux démis de leurs fonctions.

De nombreuses armes (fusils, mitrailleuses et canons notamment) sont livrés et la même année trois exercices inter-divisionnaires sont organisés avec des résultats mitigés.

En 1930 l’immense majorité des généraux de l’armée yougoslave sont serbes. Les généraux croates et slovènes occupent des postes secondaires. Cette politique ne va changer que dans les années quarante au moment de la Pax Armada. Cela explique les réticences des jeunes croates et des jeunes slovènes à s’engager dans l’armée puisque les perspectives de postes prestigieux sont limitées pour ne pas dire inexistantes.

En dépit d’achats réguliers d’armes les manques sont nombreux (mitrailleuses légères et lourdes, transport motorisé, transmissions, ponts mobiles, chars) et les manœuvres sont organisées comme si le premier conflit mondial n’avait pas eu lieu puisque la cavalerie charge toujours comme du temps de Napoléon ou encore l’infanterie attaque en masse à la façon de l’infanterie française à l’été 1914.

Les attachés militaires britanniques en poste à Belgrade ne sont pas tendre avec les officiers yougoslaves vus comme ultra-conservateurs, d’un esprit étroit, borné, refusant tout changement.

La crise de 1929 gêle l’entrainement des unités et quand il y à entrainement il se limite à des parades, à une formation de tir peu adaptée au combat et à quelques manœuvres en terrain libre.

En 1931 chaque bataillon d’infanterie reçoit une compagnie de mitrailleuses. Les divisions Svaska (Zagreb) et Dravska (Lubjana) convertissent un de leurs trois régiments d’infanterie en régiment d’infanterie de montagne. C’était une première étape vers la création de véritables unités de ce type.

C’est l’année suivante en 1933 que deux brigades de montagne indépendantes sont mises sur pied avec deux batteries de 75mm.

Dès cette époque on envisage une guerilla en cas d’invasion du territoire national et pour cela on prépare des unités Chetnik. Toujours en 1932, trois régiments d’artillerie antiaérienne sont mis sur pied.

Au début de 1933 Belgrade craint un conflit avec l’Italie et la Hongrie, deux pays avec lesquels la Yougoslavie partage de solides contentieux frontaliers.

L’état-major se montre cependant confiant dans les capacités d’une infanterie robuste et d’une artillerie bine équipée. Il manque cependant de nombreuses armes pour faire la différence dans un conflit moderne.

C’est aussi à cette époque que commence la période des «classes creuses», les appelés pour le service militaire sont moins nombreux qu’auparavant car nombre de jeunes hommes sont morts durant les guerres balkaniques et le début du premier conflit mondial avant d’avoir pu avoir des enfants.

Des choix sont donc faits avec des dissolutions d’unités ou la réaffectation d’effectifs dans d’autres armes. Si on dissous des unités d’infanterie on créé néanmoins trois régiments antiaériens indépendants. Il faut noter néanmoins que l’armée yougoslave connait un déficit en terme d’officiers (3500 postes vacants) et de sous-officiers (7500 postes vacants).

En 1934 on note une volonté de réduire la taille des DI pour créer un échelon intermédiaire entre la division et l’armée à savoir l’échelon du corps d’armée mais cette réforme est ralentie puis quasiment bloquée par les plus conservateurs. A noter également la création d’un bataillon de guerre chimique avec pour objectif que chaque armée dispose d’une compagnie.

Des manœuvres militaires au niveau de l’armée sont prévues pour 1935 et on commence à étudié la possibilité de développer au sein de l’armée yougoslave des unités motomécaniques. Le rapport demande cependant d’y aller avec prudence en raison d’une géographie contrainte et d’infrastructures pas toujours adaptées.

Toujours en 1935 on estime qu’il faudrait un mois à l’armée yougoslave pour mobiliser 800 à 900000 hommes. Le processus de mobilisation prévoit le dédoublement de huit des seize divisions d’infanterie du temps de paix mais aussi le dédoublement de l’unique division alpine.

On prévoit également la formation d’une troisième division de cavalerie qui représenterait vingt-quatre divisions d’environ 25000 hommes, une Division de la Garde, deux Divisions Alpines et trois Divisions de Cavalerie. La même année six régiments d’infanterie sont dissous mais les moyens sont répartis pour permettre le renforcement des régiments existants.

Des armes modernes continuent d’arriver notamment de Tchécoslovaquie mais les lacunes restent nombreuses notamment en ce qui concerne les radios et quand ces derniers sont présentes il y à impossibilité de communiquer par exemple entre l’artillerie et l’aviation ou entre l’infanterie et l’artillerie !

Les fameuses manœuvres de 1935 sont davantage des démonstrations que l’on ferait pour des autorités que de véritables exercices militaires. De plus les généraux ont peu de liberté de manœuvre ce qui nuit au but recherché à savoir amélioré les compétences des officiers d’état-major.

Renault FT en version canon avec un canon de 37mm SA modèle 1916

En 1936 un premier bataillon de chars est créé, un bataillon à trois compagnies de trois pelotons de cinq chars équipé de vénérables Renault FT.

En septembre 1937 des manœuvres sont organisées en Slovenie avec l’équivalent de quatre divisions.

Les attachés militaires invités en observateurs peuvent observer les nombreuses lacunes de l’armée yougoslave : incompétence de nombreux officiers, formation et entrainement insuffisant à tous les échelons, manque d’armes modernes….. . Le seul point positif est que les réservistes croates et slovènes ont répondu présents.

Toujours en 1937 des fortifications sont construites à la frontière italienne pour contrer une attaque surprise de l’armée italienne. Point de Ligne Maginot mais plutôt comme souvent en Europe des blockhaus et autres bunkers tactiques destinés à empêcher que l’on franchisse trop facilement la frontière. Clairement il s’agit de gagner du temps et non de stopper l’ennemi.

En 1938 la situation géopolitique de la Yougoslavie se dégrade avec l’union ou plutôt l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, l’affaiblissement de la Tchécoslovaquie avec les Accords de Munich. Il y à désormais une frontière commune avec l’Allemagne ce qui change bien des choses sur le plan militaire.

Toujours en 1938 un Commandement de la Défense Côtière est créé mais c’est une simple réorganisation administrative puisque cela se fait à effectifs et moyens constants. La même année les livraisons de fusils et de mitrailleuses de la part de la dynamique industrie militaire tchécoslovaque permet de combler les dernières lacunes et les premiers ouvrages fortifiés sont érigés à la frontière avec l’Allemagne.

Une chose ne change pas cependant : la surreprésentation des serbes parmi les hauts-gradés de l’armée. Sur 165 généraux on trouve seulement deux croates et deux slovènes ce qui laisse 161 postes aux serbes.

Un effort significatif sera mené durant la Pax Armada et sans totalement rééquilibrer les choses il corrigera nombre de situations abérrantes comme l’absence totale de généraux croates ou slovènes à la tête d’unité composées de soldats venus de ces régions.

A l’orée de la guerre de Pologne la Yougoslavie doit normalement pouvoir mobiliser 1 457 760 soldats répartis en trente divisions d’infanterie, une division de la Garde et trois Divisions de Cavalerie.

Quand le conflit éclate la Yougoslavie déclare sa neutralité et mobilise une partie de ses troupes pour pouvoir faire face à un débordement du conflit voir une attaque surprise de l’Italie que Belgrade fixe plutôt depuis l’Albanie en direction du Monténégro plutôt que sur la frontière nord-ouest.

La fin du conflit permet à l’armée de terre yougoslave de revenir à son format du temps de paix. Il faut cependant tenir compte des leçons du conflit et essayer si possible de corriger les problèmes d’équipement.

Sur ce plan la situation est contrastée. Si l’armée yougoslave possède 4000 pièces d’artillerie seules 1700 peuvent être considérées comme modernes et nombre d’entre-elles (812) sont des canons antichars ce qui signifie que le parc de l’artillerie de campagne est sinon obsolète du moins en voie de déclassement.

On compte également 2300 mortiers de différents calibres (mortiers d’infanterie et d’artillerie _220 et 305mm par exemple_) et 940 canons antiaériens légers et médians.

En ce qui concerne les chars et les unités motomécaniques on trouve six bataillons d’infanterie cycliste au sein des divisions de cavalerie (trois par division en temps de paix, deux en temps de guerre), six régiments d’artillerie motorisés et des unités de chars, des Renault FT et des Renault R-35. On trouve également des chenillettes à la valeur militaire douteuse et des camions importés des EUA.

Renault R-35

Le plan de mobilisation actualisé en 1941 prévoit la mise sur pied de vingt-huit divisions d’infanterie, de trois divisions de cavalerie et de trente-cinq unités indépendantes qui doivent former le cœur de groupements occasionnels pour combattre sur la frontière. A la même époque sur les 167 généraux on compte 150 serbes, 8 croates et 9 slovènes. Un progrès mais la route est encore très longue.

Les divisions doivent être regroupées en armées puis en groupes d’armées. Toujours selon le plan de mobilisation de 1941 cela doit aboutir à la situation suivante :

-2ème Groupe d’Armées (Entre les Portes de Fer sur le Danube et la Drava) : 1ère et 2ème Armée

-1er Groupe d’Armées (Italie, Allemagne et Hongrie) : 4ème et 7ème Armées

-3ème Groupe d’Armées (Roumanie, Bulgarie, Albanie) : 3ème Armée, 3ème Armée territoriale, 5ème et 6ème Armée

On peut voir que les moyens sont concentrés dans le sud du pays et non au nord. Là aussi durant la Pax Armada la répartition va être mieux équilibrée.

Mitteleuropa Balkans (130) Yougoslavie (18)

Une histoire des forces armées en Serbie (2) : guerres balkaniques et première guerre mondiale.

Généralités

Le Royaume de Serbie va participer aux deux guerres balkaniques. Ces deux conflits véritables répétition de la première guerre mondiale sont les deux faces d’une même pièce avec d’abord des nations balkaniques unies pour chasser l’empire ottoman d’Europe puis des alliés d’hier devenus des ennemis d’aujourd’hui.

Un traité d’alliance serbo-bulgare est signé en mars 1912, Belgrade et Sofia voulant se partager le Vardar macédonien. En mai la Serbie signe un traité similaire avec la Grèce et en octobre c’est autour du Monténégro de signer un traité d’alliance militaire avec la Serbie.

Durant ces deux guerres la Serbie va conquérir le Kosovo _considéré comme le berceau de la nation serbe_, la Macédoine, le Sandjak de Novi Pazar. Le traité de Londres signé après la première guerre permet à la Serbie de s’emparer du Kosovo et du nord-ouest de la Macédoine.

Après la deuxième guerre qui voit la Bulgarie attaquer ses anciens alliés serbes et grecs, le traité de Bucarest permet à la Serbie de récupérer tout le Vardar macédonien. Elle aurait souhaité pouvoir disposer d’une fenêtre maritime sur l’Adriatique mais les grandes puissances préfèrent créer un royaume d’Albanie. La Serbie gagne 81% de superficie et 1.6 millions d’habitants (passant de 2.9 à 4.5 millions).

Comme nous l’avons à propos de la Bulgarie, la Serbie est aux premières loges durant le premier conflit mondial. Attaquée par les Empires Centraux, elle fait mieux que se défendre mais finit par craquer.

Commence alors une terrible Anabase en plein hiver dans les montagnes albanaises.. 400000 militaires et civils entament un véritable périple direction les ports albanais où des navires italiens parviennent à les évacuer en direction de Corfou. Seuls 120000 soldats (sur 135000) et 60000 civils (sur 280000) parviennent sur l’île grecque. Cela n’est pas finit car 11000 soldats et civils finiront par succomber des conséquences de cette odyssée.

Ordre de bataille de l’armée royale serbe au moment de la 1ère guerre Balkanique.

1ère Armée

Le prince Alexandre de Serbie futur Alexandre 1er de Yougoslavie en tenue militaire serbe

Sous le commandement du prince héritier Alexandre (futur Alexandre 1er de Yougoslave), elle comprend les unités suivantes :

-Artillerie d’Armée : 1ère batterie d’obusiers, 6ème batterie de mortiers, 1ère, 2ème et 3ème batteries lourdes de 120mm

-Division de Cavalerie : 1er,2ème, 3ème et 4ème régiments de cavalerie + artillerie divisionnaire

-Division de 1ère ligne «Morava» : 1ère, 2ème, 3ème et 16ème RI, un régiment d’artillerie, une batterie d’artillerie de montagne et un régiment de cavalerie.

-Division de 1ère ligne «Drina» : 4ème, 5ème, 6ème, 17ème RI, un régiment d’artillerie et un régiment de cavalerie

-Division de 1ère ligne «Danube» : 7ème, 8ème, 9ème et 18ème RI, un régiment d’artillerie et un régiment de cavalerie

-Division de 2ème ligne «Danube» : 7ème RI (2ème ligne), 8ème RI (2ème ligne), 9ème RI (2ème ligne), 4ème régiment d’infanterie surnuméraire, trois batteries d’artillerie, cavalerie divisionnaire

-Division de 2ème ligne «Timok» : 13ème RI, 14ème RI, 15ème RI (tous régiments de 2ème ligne), trois batteries d’artillerie, cavalerie divisionnaire

2ème Armée

-Artillerie d’Armée : 1er régiment d’artillerie de montagne (moins une batterie détachée auprès de la division «Morava») et 2ème batterie d’obusiers

-Division de 1ère ligne «Timok» : 13ème, 14ème, 15ème et 20ème RI, un régiment d’artillerie et un régiment de cavalerie

-7ème DI «Rila» (Bulgarie) : 3 brigades

3ème Armée

Canon de 120mm Schneider-Canet modèle 1897 préservé en Serbie

-Artillerie d’Armée : 2ème bataillon d’artillerie de montagne, 3ème bataillon d’artillerie de montagne, 3ème batterie d’obusiers, 4ème batterie d’artillerie, 4ème batterie lourde (120mm)

-Cavalerie d’armée : deux escadrons d’armée

-Division de 1ère ligne «Sumadija» : 10ème, 11ème, 12ème et 19ème RI, un régiment d’artillerie, cavalerie divisionnaire

-Division de 2ème ligne «Morava» : 1er RI (2ème classe), 2ème RI (2ème classe), 3ème RI (2ème classe), trois batteries d’artillerie, cavalerie divisionnaire

-Brigade 1ère ligne «Morava» 1er et 2ème régiments surnuméraires 9ème batterie d’artillerie détachée du régiment d’artillerie de la division «Morava», Cavalerie divisionnaire

-Détachements de Chetnik : Medveda, Kursumlija, Lukovo et Kolasin

Armée d’Ibar

-Division de 2ème ligne «Sumadija» : 10ème, 11ème, 12ème RI (2ème classe), artillerie divisionnaire, cavalerie divisionnaire

-5ème régiment d’infanterie surnuméraire

-1er bataillon d’artillerie de montagne (2ème ligne)

-5ème batterie d’obusiers

-5ème batterie lourde

Brigade Javor

-3ème régiment d’infanterie surnuméraire, 4ème régiment d’infanterie (2ème classe), 3ème batterie (détaché de l’artillerie divisionnaire de la Division «Drina»), 4ème batterie d’artillerie de montagne (2ème classe), 1ère batterie d’artillerie de position Uzujcse, 6ème batterie lourde (120mm) et un escadron de cavalerie

Les batailles de l’armée serbe

Pour ce conflit les serbes ont mobilisé 230000 hommes. 5000 soldats serbes sont morts, 18000 sont blessés tandis que 6698 sont morts de maladie.

Du 3 au 5 novembre 1912 à lieu entre serbes et ottomans la bataille de Prilep. Les troupes serbes submergent les troupes ottomanes qui n’ont d’autre choix que de se replier. Les pertes serbes sont cependant très lourdes avec 2000 morts et blessés contre 1200 morts et blessés de l’autre côté.

Du 16 au 19 novembre 1912 à lieu la bataille de Monastir. Environ 100000 serbes affrontent 40000 ottomans. Après sa défaite à Kumanovo, les ottomans se replient et se regroupent autour de Bitola, objectif de la 1ère Armée serbe.

Cette dernière est durement accrochée par l’armée ottomane qui dispose d’une nette supériorité en artillerie ce qui compose son infériorité numérique.

Les serbes doivent attendre l’arrivée de leur propre artillerie pour contrebattre l’artillerie ottomane qui est neutralisée le 18. Bitola tombe le lendemain. Les serbes contrôlent alors tout le sud-ouest de la Macédoine dont la ville d’Ohrid.

Certains serbes auraient voulu poursuivre vers le sud et Thessalonique mais le commandant serbe, le général Pvanik refuse car il craint de provoquer l’Autriche-Hongrie qui n’avait pas vraiment envie d’une Serbie surpuissante ayant une fénètre sur la mer Egée et sur la mer Adriatique.

De toute façon les grecs et les bulgares étaient déjà là et nul doute qu’Athènes comme Sofia n’auraient pas vraiment voulu d’un troisième crocodile dans le marigot.

Du 3 novembre 1912 au 26 mars 1913 la forteresse d’Andrinople à été assiégée par les bulgares rejoint ensuite par les serbes. Sa chute va pousser l’Empire ottoman à demander la paix car incapable de poursuivre la lutte. 106425 bulgares et 47275 serbes vont affronter entre 50 et 70000 ottomans.

C’était donc la fin d’un siège de cinq mois marqué par deux attaques nocturnes infructueuses. La prise de cette forteresse fait sensation car elle avait été fortfiée par les allemands et était jugée imprenable.

Du côté des serbo-monténégrins, les monténégrins assiègent puis capturent la firme de Skohdra (auj. Skhoder sur le lac du même nom).

Comme nous le savons le partage des dépouilles ottomanes à dégénéré entrainant un nouveau conflit entre la Bulgarie et ses anciens alliés rejoints par des ottomans revanchards.

Le 1er juin 1913 est signé un traité entre la Grèce et la Serbie. Les deux pays disposent d’une frontière commune et signent un pacte d’assistance militaire mutuelle.

La Bulgarie attaque le 29 juin 1913 la Serbie et la Grèce. Le Monténégro, l’Empire ottoman mais aussi la Roumanie vont intervenir ultérieurement.

Sur le plan militaire, les troupes serbes et grecques sont encore fraiches. En effet elles n’ont pas eu à s’employer alors que les troupes bulgares ont combattu durement ce qui provoque de nombreuses pertes.

Belgrade mobilise 348000 hommes, perdant au fnal 9000 tués au combat, 5000 des suites de maladie et 36000 blessés.

Dans la nuit du 29 au 30 juin 1930, les bulgares attaquent l’armée serbe sur la rivière Bregalnica, un affluent majeur du Vardar mais aussi l’armée grecque à Nigrita. Les serbes tiennent bon et sont bientôt rejoints par les monténégrins. L’armée grecque l’emporte également dans ses propres affrontements contre les bulgares.

La bataille de Bregalnica est la première du conflit. Deux armées bulgares affrontent deux armées serbes (renforcées par quelques éléments monténégrins).

Sur le plan numérique cela nous donne 184000 bulgares (116000 pour la 4ème armée 68000 pour la 5ème armée) répartis entre 100 bataillons d’infanterie, 6 régiments de cavalerie et 63 batteries d’artillerie qui affrontent 191000 serbo-monténégrins répartis entre 104 bataillons d’infanterie, 24 escadrons de cavalerie et 62 batteries d’artillerie.

C’est la plus grande bataille de la guerre qui se termine par une défaite bulgare et de sérieuses pertes avec plus de 20000 morts et blessés côté bulgare et 16620 pertes dont 3000 tués côté serbo-monténégrin.

Du 4 au 7 juillet à lieu la bataille de Knjazevac entre environ 50000 bulgares appuyés par 108 canons et 40000 serbes appuyés par 68 «bouches à feu». C’est une victoire bulgare, les troupes de Sofia s’emparant de cette ville située à 250km au sud-est de Belgrade et 55km au nord-est de Nis.

Du 6 au 8 juillet la 3ème armée bulgare affronte la 2ème armée serbe dans la bataille de Pirot. Les bulgares qui avaient lancé l’offensive doivent se replier pour aider leur 1ère armée sérieusement accrochée par les roumains.

Avec cette défaite qui s’ajoute à celle survenue lors de la bataille de Bregalnica, les bulgares peuvent dire adieu à la conquête du sud-ouest de la Serbie.

Le 8 juillet 1913 à lieu la bataille de Bedogradchik entre les bulgares et les serbes qui se termine par une victoire serbe.

Du 12 au 18 juillet la ville de Vidin défendue par 4200 bulgares est assiégée 8500 serbes. Une première attaque serbe échoue mais la paix est signée avant que d’autres attaques d’où qu’elles viennent soient menées à bien.

Les 18 et 19 juillet 1913 à lieu la bataille de Kalimanci. Deux armées bulgares affrontent une armée serbo-monténégrine. Les bulgares repoussent les serbes qui cherchaient à les expulser de Macédoine et retrouver les grecs plus en aval sur la rivière Struma. C’est une importante victoire défensive pour les bulgares qui empêchent toute invasion de la Bulgarie par la Serbie.

Du 22 au 31 juillet à lieu la Bataille de Kresna qui est la dernière bataille majeure du conflit. Les bulgares avaient contre-attaqué les serbo-monténégrins le 19 juillet et tentent de faire pareil contre des grecs épuisés dont les lignes de communication sont sur le point de rompre. Pour ne rien arranger on se chamaille au sommet de l’état entre le premier ministre Venizelos partisan d’un armistice et le roi Constantin 1er qui voulait obtenir une grande victoire militaire.

Cette bataille manque de tourner à la catastrophe pour les grecs, les bulgares appuyant sur les flancs pour tenter de réitérer la célèbre bataille de Cannes (-216).

Les grecs demandent aux serbes de relancer l’attaque mais Belgrade refuse. A la même époque les roumains avancent vers Sofia. C’est ce qui va sauver les grecs d’un anhilation quasi-totale et aboutiront in fine au retour de la paix.

Ordre de bataille de l’armée royale serbe en 1914

Quand éclate le premier conflit mondial, la Serbie mobilise plusieurs armées pour faire face aux futures attaques des Empires Centraux et notamment de l’Autriche-Hongrie.

NdA dans cet ordre de bataille je n’ai que les régiments d’infanterie au sein des divisions. J’ignore si les divisions comprennent également des unités de cavalerie et d’artillerie mais cela semble probable.

1ère Armée

-Artillerie d’Armée

-Division de Cavalerie : 1er,2ème, 3ème et 4ème régiments de cavalerie

-Division de 1ère ligne «Timok» : 13ème, 14ème, 15ème et 20ème RI (1ère classe)

-Division de 2ème ligne «Timok» : 13ème, 14ème, 15ème RI (2ème classe)

-Division de 2ème ligne «Morava» : 1er, 2ème et 3ème RI (2ème classe)

-Détachement Branicevo (issu de la division de 2ème ligne «Dunav») avec des éléments des 7ème, 8ème, et 9ème RI (2ème classe) ainsi que du 9ème RI (1ère classe) sans oublier les 8ème et 9ème RI (3ème classe).

2ème Armée

-Artillerie d’Armée

-Division de 1er rang «Morava» : 1ère, 2ème, 3ème et 18ème RI (1er rang)

-Division Combinée de 1er rang : 1er, 2ème, 5ème et 6ème RI surnuméraires

-Division de 1er rang «Sumadija» : 10ème, 11ème, 12ème et 19ème RI

-Division de 1er rang «Dunav» : 7ème, 8ème et 18ème RI + 4ème RI surnuméraire

3ème Armée

-Artillerie d’Armée

-Division de 1er rang «Drina» 5ème, 6ème et 17ème RI (1er rang) 3ème RI surnuméraire (1)

-Division de 2ème ligne «Drim» 5ème et 6ème RI (2ème classe), 6ème RI (3ème classe), 1er bataillon du 5ème RI (3ème rang)

-Détachement Obrenovac : 7ème RI (3ème rang), deux bataillons du 5ème RI (3ème rang)

Détachement de Tchetnik Jadar

Groupe d’Armée Uzice

-Artillerie d’Armée

-Division de 2ème rang «Sumadija» 10ème, 11ème et 12ème RI (2ème rang), 4ème RI (1er rang)

-Brigade Uzice : 4ème RI (2ème rang), 4ème RI (3ème rang)

-Différents détachements : Détachement Lim, Détachement Chetnik Zlatigor, Détachement Tchetnik Gornjak

Les batailles de l’armée serbe durant le premier conflit mondial

La terrible anabase de l’armée serbe dans les montagnes albanaises

Epique tel pourrait être le mot pour définir les combats de l’armée serbe durant le premier conflit mondial. Après une brillante résistance l’épuisement provoque un effondrement du dispositif militaire serbe.

L’armée accompagné de la cour et des civils entame une véritable anabase à travers les montagnes albanaises, une retraite épique en plein hiver qui provoqua des dizaines de milliers de morts civils et militaires. Même après l’évacuation depuis les ports albanais en direction de Corfou entraina des morts supplémentaires, certains soldats et certains civils ne supportant pas les conséquences du froid, du manque de nourriture, du stress….. .

Du 28 juillet 1914 au 15 décembre 1915 à lieu la Campagne de Serbie. L’armée serbe mobilise 420597 hommes auxquels vont s’ajouter 50000 monténégrins. Ces effectifs vont tomber à 250/270000 et 48300 respectivement.

L’armée serbe n’est pas en très grande forme. Elle ne s’est pas encore remise des pertes durant les deux guerres balkaniques et manque d’armes modernes.

Le 29 juillet au lendemain de la déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie, Belgrade est bombardée par l’artillerie austro-hongroises. Il faudra attendre le 12 août pour que la rivière Drina soit franchie par les soldats de la Double-Monarchie.

L’Autriche-Hongrie avait prévu le déploiement de trois armées contre la Serbie (2ème, 5ème et 6ème) pour des effectifs globaux dépassant plus de 500000 hommes mais l’entrée en guerre plus rapide de la Russie avait contraint Vienne à redéployé à l’est la 2ème Armée, faisant retomber les effectifs à 285000 hommes. Comme ce redéploiement prenait des temps des éléments de la 2ème Armée on pu être engagés sur le front serbe.

La 5ème Armée austro-hongroise attaque la Serbie depuis la Bosnie avec le soutien d’éléments de la 2ème Armée venue de Syrmia. La 6ème Armée était déployée dans le sud de la Bosnie mais ne pouvait pas attaquer immédiatement.

Le commandant des troupes austro-hongroises, le général Potiorek veut aller vite mais commet deux erreurs principales : ne pas engager tous ces moyens et attaquer non pas par les plaines du Nord mais à l’ouest dans une région montagneuse nettement plus difficile.

Cela aurait pu néanmoins marcher puisque d’abord les serbes pensent à une attaque de diversion mais quand le maréchal Putnik comprend qu’il s’agissait de l’attaque avec un grand D il engage les 2ème et 3ème Armée qui après quatre jours de violents combats oblige les troupes austro-hongroises à se battre en retraite. Ces premiers combats ont valu à l’Autriche-Hongrie 23000 pertes (tués, blessés et prisonniers) et à la Serbie 16500 pertes.

Sous la pression des alliés, l’armée serbe va engager sa première armée dans une offensive limitée au delà de la Sava c’est à dire dans la région austro-hongroise de Syrmie. Il s’agit surtout de ralentir l’envoi sur le front russe de la 2ème armée.

Ce fût un échec avec 6000 pertes côtés serbes contre des pertes ennemies estimées à seulement 2000 hommes.

Le 7 septembre 1914 les austro-hongrois repassent à l’attaque depuis l’ouest en franchissant la Drina avec les 5ème et 6ème armées. C’est la 5ème attaque qui lança une première offensive mais elle est repoussée par la 2ème armée serbe provoquant 4000 pertes. En revanche cela se passa mieux pour la 6ème armée plus puissante qui parvint à prendre par surprise la 3ème armée serbe.

Des unités de la 2ème armée serbe ayant renforcé la 3ème, la 5ème armée austro-hongroise repassa à l’offensive dans l’espoir d’obtenir une tête de pont. Cette attaque obligea la 1ère Armée à stopper son offensive en Autriche-Hongrie pour engager une féroce contre-attaque contre la 6ème armée avec là encore des résultats mitigés des deux côtés. On enregistre de lourdes pertes des deux côtés.

Le front se stabilise mais les serbes manquent de tout et surtout d’artillerie lourde. Une offensive serbo-monténégrine est lancée en Bosnie pour soulager la pression sur le front principal mais cela est un échec.

Face à une armée serbe affaiblie, les austro-hongrois repassent à l’attaque le 5 novembre 1914, l’armée serbe se repliant en bon ordre, offrant une solide résistance sur les rives de la rivière Kolubara mais le manque de munitions d’artillerie poussa à une retraite qui obligea les serbes à abandonner la capitale Belgrade où les troupes de la Double-Monarchie entrent le 2 décembre 1914.

Les austro-hongrois sentant les serbes sur le point de craquer décident de déplacer la 5ème armée dans la région de Belgrade pour frapper le flanc droit serbe mais ce choix avait l’inconvénient de laisser la 6ème armée seule pendant quelques jours.

Les serbes ne laissent pas passer leur chance et lancent toutes leurs forces le 3 décembre contre la 6ème Armée. La 5ème armée austro-hongroise arrive trop, les 2ème et 3ème armées serbes submergeant la 6ème armée. Les austro-hongrois n’ont d’autre choix que se replier au delà des rivières. Belgrade est reprises le 15 décembre 1914 ce qui marque la fin de la première phase de la campagne de Serbie.

Cette première phase se termine par un retour à la situation d’avant conflit mais les pertes sont énormes, bien plus importantes que dans les conflits précédents avec près de 170000 pertes côté serbe alors que les austro-hongrois ont perdu environ 215000 hommes.

Il va falloir attendre près d’un an pour que l’offensive reprenne. Cette fois ce sont les austro-hongrois, les allemands et les bulgares qui passent à l’offensive. C’est le 7 octobre 1915 que les troupes germano-austro-hongroises franchissent les rivières Drina et Sava. Deux jours plus tard après d’intenses combats de rue la capitale serbe est prise.

Le 14 octobre 1915 les bulgares attaquent à leur tour, la 1ère Armée bulgare bat la 2ème armée serbe à la Bataille de Morava tandis que la 2ème armée bulgare l’emporte sur les serbes à la Bataille d’Ovche Pole.

Si les serbes n’avaient eu qu’à affronter les germano-austro-hongrois ils auraient pu s’en sortir mais avec les bulgares cela devenait impossible. Les troupes serbes tentèrent d’abord de rejoindre les troupes alliées présentes en Grèce mais cela ne pu se faire et les serbes n’eurent d’autre chois que d’entamer une terrible retraite, une terrible anabase en direction de l’Albanie.

Cette retraite se fit dans des conditions dantesques avec de nombreux civils, un temps épouvantable et l’attaque de bandes armées albanaises qui se vengeaient de massacrés menés durant les guerres Balkaniques.

Seuls 155000 serbes (beaucoup de militaires mais aussi des civils) ont réussi à atteindre les ports albanais. Avec l’aide des navires alliés ils ont pu être évacués vers Corfou et d’autres îles grecques où ils purent reprendre des forces avant d’être réengagés sur le front macédonien. Certains rescapés décédèrent des mois après la fin de l’évacuation le 10 février 1916, le maréchal Putnik succombant à l’épuisement 15 mois plus tard en France.

Cette campagne de Serbie se termine par de lourdes pertes avec 67000 pertes du côté des Empires Centraux contre 94000 tués et blessés côté serbe auxquels il faut ajouter 174000 prisonniers (dont 70000 blessés).

Une fois évacués les soldats serbes vont être réentrainés et rééquipés pour occuper le front de Macédoine.

Après l’offensive bulgare de l’été 1916, les alliés lancent une contre-attaque le 12 septembre 1916. C’est la Bataille de Kaymakchalan (12 au 30 septembre 1916) menée essentiellement par les serbes.

Cela se termine par une victoire tactique des serbes mais les pertes sont lourdes des deux côtés. Les bulgares et les allemands qui ont perdu 60000 hommes évacuent Bitola. Le front à clairement reculé de 40km.

Après un hiver 1916/17 calme, les opérations vont reprendre au printemps 1917. l’Armée alliée d’Orient voit ses effectifs portés à 24 divisions avec six divisions françaises, six divisions serbes, sept divisions britanniques, une division italienne, trois divisions grecques et deux brigades russes.

Tout comme sur le Chemin des Dames, l’offensive alliée lancée au printemps est un échec et après de lourdes pertes pour des gains minimes, le haut-commandement allié décide d’arrêter les frais le 21 mai 1917.

A l’automne 1918, les alliés alignent une Armée d’Orient composée de cinq divisions d’infanterie françaises, une division d’infanterie italienne et deux divisions grecques, deux Corps d’Armée serbes regroupant huit divisions d’infanterie dont deux françaises plus une division de cavalerie, Un groupe de divisions avec une division coloniale (française), une division grecque et une division britannique, une Armée britannique de Salonique avec deux corps d’armées regroupant trois divisions britanniques et deux divisions grecques et enfin l’Armée Grecque composée de deux corps d’armée soit un total de six divisions d’infanterie dont une à l’entrainement.

De leur côté les Empires Centraux alignent sur le front de Salonique la 11ème armée allemande (deux corps d’armées, sept divisions majoritairement bulgares), la 1ère armée bulgare (trois divisions d’infanterie et une brigade d’infanterie), la 2ème armée bulgare (trois divisions d’infanterie) et la 4ème armée bulgare qui dispose d’une division d’infanterie et d’une division de cavalerie.

La France veut lancer une offensive majeure mais il faut un accord politique avant de passer à l’action. Cela prend du temps et ce n’est qu’à l’automne 1918 que tout va se débloquer.

A cette époque les effectifs sont équilibrés (291 bataillons côté alliés contre 310 de l’autre côté) mais le conflit à clairement choisit le camp de l’Entente surtout depuis l’échec des offensives allemandes du printemps.

Du 15 au 18 septembre 1918 à lieu la bataille de Dobro Pole. Elle oppose deux divisions bulgares à trois divisions françaises, deux corps d’armées serbes et trois divisions grecques. C’est le début de l’offensive du Vardar qui allait aboutir à la rupture du front. La Bulgarie va capituler le 29 septembre 1918.

Disposant de 420000 hommes au début de la guerre, la Serbie tombe à tout juste 100000 hommes à la fin du premier conflit mondial. Selon des chiffres publiés en 1924 la Serbie à perdu au total 365164 soldats soit 26% du personnel mobilisé, plus du double des autres belligérants. On trouvait également 114000 gueules cassées et 500000 orphelins.

Mitteleuropa Balkans (128) Yougoslavie (17)

Une histoire des forces armées en Serbie (1) Des origines aux guerres balkaniques

La Serbie ayant été le moteur de l’unification des yougo-slaves il était logique que les forces armées serbes beneficient d’une partie particulière.

De plus en dépit d’efforts sincères menés par Pierre II le haut commandement de la Jugoslovensko Vojska était encore à la veille de l’opération MARITSA majoritairement serbe, les croates et les slovènes étant assez peu présent dans les hautes-sphères militaires alors que leur région d’origine était clairement en première ligne en cas d’invasion qu’elle soit italienne ou allemande.

Les unités militaires serbes ou serbophones ne datent pas de la création de la principauté de Serbie en 1830. Sans remonter jusqu’aux temps glorieux où l’empire serbe pouvait s’étendre sur une grande partie des Balkans, on trouvait dès le 18ème siècle des unités militaires serbes qu’elles soient irrégulières (hadjuks) ou militairement encadrées comme les unités serbes déployés dans la Frontière Militaire.

Cette milice va être utilisée par les autrichiens dans deux assauts infructueux contre Belgrade en 1787 et 1788. Elle est dissoute suite au traité de Sistova.

Mise sur pied dans la Frontière Militaire et plus précisément la région du Bannat. L’objectif de cette nouvelle force armée serbe est de libérer la Serbie du joug ottoman et de placer la Serbie sous la protection des Habsbourg.

Selon un document du 6 novembre 1789 cette unité comprenait un squadron de hussards, dix-huit compagnies de fusiliers et quatre compagnies de mousquetaires soit 5049 soldats. Ils portaient des uniformes semblables à ceux des autres unités de la Frontière Militaire.

A noter qu’en 1793 un nouveau corps franc composé de serbes et de bosniens à été levé dans la Frontière Militaire et que durant le premier soulèvement serbe (14 février 1804 au 7 octobre 1813) des détachements de sabotage appelés frajkori ont été mis en place.

Ce soulèvement fait suite au comportement de janissaires rénégats qui avait pris le pouvoir en 1801 et avait remplacé un régiment d’une relative autonomie, d’une relative quiétude en une tyrannie sanglante qui poussa les serbes à la revolte.

Faute d’armée digne de ce nom les serbes se livrèrent à des actions de guerilla ainsi que des représailles contre ce qu’on pourrait appeler des collaborateurs. Ils bénéficiaient de l’aide du Sultan avec l’appui d’un corps de cavalerie, le corps de sipahi.

Le Sultan s’en inquiéta et décida de surveiller de près ce mouvement tout en faisant mine de le soutenir. Après une série de victoires militaires en 1805/1806 les divisions entre leaders, la fin du soutien russe en raison du retour de la paix avec les ottomans entrainant une victoire ottomane et une sévère répression.

Une nouvelle révolte à lieu du 23 avril 1815 au 26 juillet 1817. Contrairement à la première où un temps les serbes furent alliés aux ottomans (encore qu’il s’agissait d’une alliance ambigüe et pleine de sous-entendus) cette fois les ennemis étaient clairement identifiés. Là encore il s’agissait d’une guerre du faible au fort aboutissant à la naissance de la Principauté de Serbie.

Qui dit principauté dit armée et Belgrade va très vite s’attacher à marquer symboliquement son autonomie en mettant sur pied une véritable armée.

Plus facile à dire qu’à faire car ce développement est clairement contraint par ses voisins autrichiens et ottomans.

Vienne et Constantinople ne sont pas dupes : si Belgrade parvient à obtenir une armée puissante la tentation se grande de vouloir obtenir par les armes une indépendance en bonne et due forme.

La principauté de Serbie doit donc limiter ses ambitions militaires. Sans surprise c’est la Russie qui sert de modèle militaire.

Entre 1830 et 1835, un bataillon d’infanterie, un escadron de cavalerie et une batterie d’artillerie sont mis sur pied. Des officiers russes d’active arrivent en Serbie y introduisent lois, règlements et exercices venus de la Troisième Rome. Douze jeunes serbes sont envoyés en Russie pour être formés au métier d’officier.

Une loi de 1838 permet la mise en place d’une Armée de Garnison. A noter que l’armée serbe dépend du ministère de l’Intérieur et non du ministère de la Guerre comme on pourrait s’y attendre (NdA Je n’ai pas la réponse à ce mystère mais probablement que le caractère autonome de l’Etat serbe exclu la présence d’un ministère de la Guerre). Les effectifs sont très limités avec 2438 hommes. Autant dire que pour venger le roi Lazare tombé à Kosovo Polje en 1389 on repassera….. .

A noter qu’à cette époque un deuxième bataillon d’infanterie à quatre compagnies à été mis sur pied.

En 1860 de jeunes officiers serbes de l’Armée autrichienne rejoignent l’Armée de la Principauté de Serbie. Des Slovènes sont également recrutés essentiellement dans le domaine sanitaire et logistique. En 1867 une loi autorise des officiers étrangers à servir dans les rangs de l’armée serbe.

Après la guerre de Crimée l’influence russe sur la chose militaire russe décline au profit de l’influence militaire française qui ne perdra pas trop d’éclat même après la défaite de 1870. Certes l’Allemagne devient un modèle séduisant pour tous les pays avides de modernité militaire mais la France reste pour beaucoup une valeur sure.

A la même époque l’assemblée serbe vote une loi sur l’armée nationale qui prévoit des effectifs importants à savoir 100 à 150000 hommes (NdA j’ignore si il s’agit du temps de paix ou du temps de guerre).

Si dans les premiers temps toutes les demandes de l’Armée sont acceptées par la classe politique, avec le temps les politiques à tort ou à raison sont plus réticents à consentir aux dites demandes.

Cette armée de la Principauté participe à une nouvelle révolte serbe en 1848/49 mais aussi à la révolte en Herzegovine (1875-1877). Elle participe également à l’expulsion de 30 à 70000 musulmans essentiellement albanais du Sandjak de Nis direction le Kosovo. Elle est aussi engagée dans une guerre contre son suzerain ottoman de 1876 et 1878.

A l’issue de cette guerre la principauté de Serbie devient indépendant et étend son territoire pour aboutir quasiment à son territoire actuel. Quatre ans plus tard en 1882 la principauté devient royaume.

En 1901 est votée la Loi sur l’organisation militaire (Zakono ustrojstvu vojske) qui réorganise le dispositif militaire serbe. Comme tous les pays de l’époque ou peu s’en faut, le Royaume de Serbie dispose d’une armée de conscription.

Tous les hommes de 17 à 50 ans sont soumis à des obligations militaires. L’armée est divisée entre une Armée Nationale composée d’hommes entre 20 et 45 ans et une Force de Défense composée des plus jeunes (17 à 20 ans) et des plus anciens (45 à 50 ans).

L’Armée Nationale est divisée en trois classes d’âge ou poziv (appel), les troupes du premier appel étant composée d’hommes entre 20 et 31 ans, celles du second appel d’hommes entre 31 et 37 ans et celles du troisième appel d’hommes entre 37 et 45 ans.

Le territoire serbe est divisée en cinq zones divisionnaires (Morava, Drina, Dunav, Sumadija et Timok) qui donnent leur nom aux divisions.

Chaque zone divisionnaire est divisée en trois districts qui correspondent au niveau du régiment, districts eux mêmes divisé en districts bataillonnaire.

Chaque zone divisionnaire fournit une division d’infanterie de 1ère classe à quatre régiments, une division d’infanterie de 2ème classe à trois régiments d’infanterie et trois régiments d’infanterie de troisième classe.

L’armée mobilisée doit ainsi disposer de cinq divisions de 1ère classe soit vingt régiments d’infanterie, cinq divisions de 2ème classe soit quinze régiments et quinze régiments d’infanterie de troisième classe soit un total de cinquante régiments d’infanterie.

L’unique division de cavalerie était recrutée sur l’ensemble du territoire serbe. Même chose pour l’artillerie, le génie et les unités logistiques.

Le service militaire durait 14 à 18 mois pour l’infanterie, 16 à 24 mois pour la cavalerie.

Au final comme il y avait cinq régiments d’infanterie en surnombre, ils furent intégrés aux divisions d’infanterie de 2ème classe qui passèrent donc à quatre régiments d’infanterie.

En temps de paix aussi étrange que cela puisse paraître il n’existe pas d’armée sur le pied guerre, la seule force militairement organisée étant composée de 3000 officiers et sous-officiers chargés au travers de vingt régiments-cadres de former et d’entrainer les conscrits (environ 40000 appelés chaque année).

La Division d’Infanterie de 1ère classe comprend quatre régiments d’infanterie à quatre bataillons à quatre compagnies, le régiment disposait également d’une escouade de quatre mitrailleuses et d’un ou deux bataillons de remplacement.

A cela s’ajoute un régiment de cavalerie disposant de deux ou trois escadrons avec pour chaque escadron des unités montées et une escouade de mitrailleuse. On trouve également un escadron de remplacement (NdA Remonte ?).

Le régiment d’artillerie comprend trois bataillons d’artillerie appelés Divizio chacun disposant de trois batteries de quatre canons et une batterie de remplacement.

On trouve également un demi-bataillon de pionniers, une escouade de télégraphistes, des unités de ravitaillement, du train et des unités médicales.

Au final une Division de 1ère classe comprend normalement 25513 hommes, 20 mitrailleuses, 36 canons, 5110 chevaux, 1538 mules et 1645 chariots. Dans certaines conditions les effectifs peuvent passer à 28000 hommes.

Les Divisions d’Infanterie de 2ème classe sont organisées initialement de façon semblable mais on ne trouve qu’un bataillon d’artillerie soit douze pièces et un unique escadron de cavalerie au lieu d’un régiment soit seulement 15 à 17000 hommes.

Quand la première guerre balkanique éclate en 1912 les serbes utilisent principalement des armes françaises et allemandes.

Si les allemands dominent dans le domaine de l’armement de l’infanterie, les français sont plus que présents dans le domaine de l’artillerie, le dernier argument des rois comme disait l’un de nos plus grands souverains.

Mauser M1891 argentin. Le M1889 est semblable

Jugez plutôt ! Le fusil standard de l’infanterie serbe était le Mauser M1889 (7x57mm) complétés par quelques vieux fusils Berdan II russes alors que la principale mitrailleuse était la Maxim M1908.

L’artillerie serbe pouvait compter sur des canons de campagne et de montagne Schneider M1907 de 75mm, quelques vieilles pièces De Bange M85 de 80mm ainsi que des pèces lourdes que ce soit des obusiers de 120mm Schneider M1897, des canons de 120mm Schneider modèle M1897, six mortiers de 150mm Schneider-Canet.

Des pièces lourdes modernes sont acquises entre 1912 et 1914 que ce soit des canons de 120mm Schneider-Canet M1910 ou des canons de 150mm Schneider-Canet M1910.

Mitteleuropa Balkans (90) Roumanie (20)

Organisation

Division d’infanterie

-Un état-major

-Une compagnie antiaérienne

-Une compagnie antichar

-Une compagnie d’autos blindées

canon d’assaut Stug III Ausf E à canon long de 75mm

-(certaines) une compagnie de canons d’assaut

-Une brigade d’infanterie à trois régiments d’infanterie

-Une brigade d’artillerie à deux régiments d’artillerie

-Un bataillon de soutien logistique

-Un bataillon du génie

-Une compagnie de transmissions

-Un détachement sanitaire

Division légère d’infanterie

Ces divisions légères d’infanterie ont été créées après les lourdes pertes consécutives à l’opération URANUS. Il s’agit de recréer des unités plus rapidement en allégeant les structures mais en évitant si possible de perdre trop de capacités de combat soit une véritable gageure.

-Un état-major

-Une compagnie antiaérienne et antichar

-Une compagnie d’autos blindées et de canons d’assaut

-Deux régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

-Une compagnie du génie

-Une compagnie de transmissions

-Un détachement sanitaire

Division de Montagne

-Un état-major

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

-Deux brigades à trois bataillons de montagne

-Un groupe d’artillerie de montagne

-Deux bataillons d’obusiers de montagne

-Une compagnie du génie

-Un détachement sanitaire

-Une section de transmissions

Division de cavalerie

-Un état-major

-Une compagnie de chars légers

-Une compagnie d’autos blindées

-Trois régiments montés

-Un régiment d’artillerie

-Un bataillon du génie

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie logistique

-Un détachement sanitaire

Division blindée

-Un état-major

-Un groupement logistique

-Une compagnie d’autos blindées

-Un régiment de chars moyens

-Un régiment de chars légers

-Deux régiments d’infanterie portée

-Un régiment d’artillerie motorisée

-Un bataillon du génie

-Une compagnie de transmissions

-Un détachement sanitaire

Brigade de montagne

Lors des premières opérations de la campagne de Russie, les roumains engagent les 1ère, 2ème et 3ème brigade de montagne, des brigades issues respectivement de la 1ère, de la 2ème et de la 4ème division de montagne. Cela s’explique par la volonté de conserver des troupes de montagne en cas d’attaque hongroise.

Régiments

Régiment d’infanterie

-Un état-major

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Trois bataillons avec un état-major, trois compagnies d’infanterie et une compagnie de mitrailleuses lourdes

Mortier de 81mm modèle 1927/31 Brandt, le mortier médian standard de l’armée roumaine (ici avec des servants français)

-Un bataillon d’appui avec un état-major, une compagnie de mortiers, une compagnie de canons antichars légers, une compagnie de mitrailleuses et une compagnie d’éclaireurs.

Régiment de chars/Régiment monté

-Un état-major

-Un escadron de commandement et de soutien

-Trois escadrons de chars ou trois escadrons montés organisés en un peloton de commandement et de soutien et trois pelotons de combat

-Un escadron d’appui avec un peloton de mortiers lourds, un peloton de canons antichars et un peloton de mitrailleuses.

Régiment d’artillerie

-Un état-major

-Une batterie de commandement et de soutien

-Une batterie de conduite de tir

-Trois groupes de trois batteries de quatre pièces pour les régiments divisionnnaires soit trente-six pièces (Deux groupes de deux batteries à quatre pièces pour les régiments lourds soit seize pièces)

Bataillons

Bataillon d’infanterie

-Un état-major

-Trois compagnies d’infanterie

-Une compagnie de mitrailleuses lourdes

Bataillon d’appui (régiment d’infanterie)

-Un état-major

-Une compagnie de mortiers

Canon de 37mm Bofors modèle 1934.

-Une compagnie de canons antichars légers

-Une compagnie de mitrailleuses

-Une compagnie d’éclaireurs

Bataillon de montagne

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Trois compagnies de montagne

-Une compagnie d’appui avec un peloton d’éclaireurs-skieurs (NdA inspiré des Sections d’Eclaireurs Skieurs [SES] françaises), un peloton de mortiers de 81mm et un peloton de mitrailleuses

Bataillon d’obusiers de montagne

-Un état-major

-Une batterie de commandement et de soutien

-Une batterie de conduite de tir

-Trois batteries de six obusiers de montagne soit dix-huit pièces

Bataillon du génie

-Un état-major

-Une compagnie de pionniers

-Une compagnie de sapeurs

-Une compagnie de déminage

Bataillon de soutien logistique

-Un état-major

-Une compagnie de maintenance

-Une compagnie de ravitaillement

-Une compagnie de transport

Compagnies

Compagnie d’infanterie

-Un état-major de compagnie avec le capitaine commandant de la compagnie, un sergent major comme adjoint et soldat qui sert d’ordonnance.

Cet état-major se compose également d’une équipe de transmissions de quatre hommes disposant d’un téléphone de campagne, d’une équipe d’éclaireurs-observateurs de quatre hommes, d’une équipe chimique avec trois hommes et d’une équipe médicale avec cinq hommes.

-Trois pelotons de fusiliers disposant chacun d’un état-major (lieutenant commandant le peloton, un sergent comme adjoint et un sniper), une équipe antichar de deux hommes avec des grenades antichars, une équipe mortier de six hommes avec un mortier de 60mm M.36 et quatre sections (groupes) de fusiliers.

ZB vz.30

Chaque groupe de fusiliers dispose d’une équipe disposant d’un fusil mitrailleur ZB.30 (cinq hommes) et d’une équipe de fusiliers de cinq hommes tous armés de fusils comme leur nom l’indique.

Escadrons de cavalerie

-Un peloton de commandement et de soutien

-Trois pelotons de combat

Compagnie antiaérienne et antichar

-Un peloton de commandement et de ravitaillement

-Trois pelotons de quatre ou six pièces selon les modèles

Compagnie d’autos blindées

-Un peloton de commandement et de soutien

-Trois pelotons de quatre voitures

Compagnie de canons d’assaut

-Un peloton de commandement et de soutien

-Trois pelotons de six canons d’assaut

-Un peloton d’autos blindées

Compagnie mixte d’autos blindées et de canons d’assaut

-Un peloton de commandement et de soutien

-Deux pelotons de six canons d’assaut

-Un peloton de six autos blindées

-Un peloton d’infanterie portée (éclairage et protection)

Compagnie du génie

-Un état-major

-Un peloton de pionniers

-Deux pelotons de sapeurs

-Un peloton de déminage

Compagnie de transmissions

-Un état-major

-Une section télégraphiste

-Une section de téléphoniste

-Une section de cryptage/decryptage

Détachement sanitaire

-Un groupe d’ambulance

-Une antenne sanitaire avancée

-Un groupe de guerre chimique

Mitteleuropa Balkans (53) Bulgarie (17)

Organisation

Avant-propos

L’armée bugare du second conflit mondial va aligner un grand nombre de divisions jusqu’à seize divisions d’infanterie sans compter les unités motomécaniques et autres unités particulières comme les brigades de chasseurs tristement célèbres pour leur férocité au combat notamment contre les partisans et les maquisards.

Ces divisions ne sont pas regroupées en corps d’armée comme dans la plupart des armées mais directement sous l’autorité d’une armée.

C’était la même situation durant le premier conflit mondial mais à l’époque les effectifs d’une divsion bulgare étaient proches de celles d’un corps d’armée.

Ce n’est plus le cas en 1948. La raison pour laquelle les bulgares n’ont pas mis sur pied de corps d’armée est incertaine mais il semble que le manque d’officiers d’état-major soit la raison principal et entre une armée et un corps d’armée, politiquement et sur le plan de la propagande c’est nettement plus gratifiant d’avoir cinq armée qu’un certain nombre de corps d’armée.

Sur le plan de l’organisation les divisions d’infanterie bulgares comme nous le verrons ont adopté la structure triennale avec trois régiments d’infanterie et un régiment d’artillerie pour ne parler que des principaux éléments. Les autres unités sont organisées de manière différentes mais il n’y à pas vraiment d’énormes différences avec les pays voisins.

Division d’infanterie

-Un état-major

-Trois régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

-Un escadron monté de cavalerie ou un escadron mixte d’autos blindées et de motocyclistes

-Un bataillon antiaérien et antichar ou une compagnie renforcée antiaérienne et antichar

-Une compagnie du génie

-Une compagnie de transmissions

-Un régiment de service

Division de cavalerie

-Un état-major

-Deux régiments montés

Auto blindée Sdkfz-2222

-Un régiment motorisé (blindés légers et autos blindées)

-Un régiment d’artillerie hippomobile

-Une compagnie antiaérienne

-Une compagnie antichar

-Une compagnie du génie

-Une compagnie de transmissions

-Un régiment de service

Sturmgeschütz IV

A noter qu’à partir de septembre 1953 la 1ère division de cavalerie à reçu deux compagnie de seize Sturmgeschütz IV.

Brigade blindée

-Un état-major

-Un bataillon d’autos blindées

Sturmgeschütz III

-Un bataillon de canons d’assaut Sturmgeschütz III

-Une compagnie antiaérienne

-Un régiment de chars moyens

-Un régiment de chars légers

-Un régiment d’infanterie portée

-Un régiment d’artillerie motorisée

-Un régiment du génie

-Une compagnie de transmissions

-Un régiment de soutien logistique

Brigade de chasseurs

-Un état-major

-Deux régiments d’infanterie légère

-Un régiment d’artillerie légère

-Une compagnie d’autos blindées

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

-Une compagnie du génie

-Une compagnie de transmissions

-Un bataillon de soutien logistique

Unités élémentaires

Régiment d’infanterie

-Un état-major

-Une compagnie de commandement et de soutien

5cm Granatwerfer M.36

-Trois compagnies de combat organisées en un état-major de compagnie (un capitaine commandant de l’unité, son adjoint ayant le grade de lieutenant, un sergent major et deux ordonnances), trois pelotons avec un état-major (un lieutenant commandant le peloton, un sergent comme adjoint au commandant, un soldat comme ordonnance et une équipe de trois hommes servant un mortier de 50mm M.36) et trois sections d’infanterie comprenant chacune un caporal chef de section, un mitrailleur, un Lance Corporal et sept soldats.

Panzerfaust

-Une compagnie d’appui disposant d’un peloton de mortiers de 81mm, un peloton de mitrailleuses et un peloton antichar avec fusils antichars puis pour certains des Panzerschreck ou des Panzerfaust.

Régiment de cavalerie

-Un état-major

-Un escadron de commandement et de soutien

-Trois escadrons montés composés chacun d’un état-major d’escadron, de trois pelotons (un état-major et trois sections montées) et un peloton de mitrailleuses

Mortier de 81mm modèle 1927/31 mis en oeuvre par des soldats français

-Un escadron d’appui avec mortiers de 81mm, mitrailleuses et canons antichars légers

Régiment de chars

-Un état-major

-Un escadron de commandement et de soutien

Panzer IV Ausf G

-Trois escadrons de chars composés d’un état-major, de trois pelotons de chars (un état-major et trois sections de chars) et un peloton d’autos blindées

-Un escadron de reconnaissance et d’appui disposant d’un état-major, un peloton d’autos blindées et deux pelotons de canons d’assaut

Régiment d’artillerie

-Un état-major

-Une batterie de commandement et de soutien

Canon de 120mm Schneider-Canet

-Deux bataillons d’artillerie comprenant chacun trois batteries de quatre pièces soit un total de vingt-quatre pièces par régiment. Certains régiments possédait un troisième bataillon portant le nombre de pièces à 36 et sans que ce soit une règle établie on trouvait généralement 24 canons de 75mm et 12 pièces de 105 ou de 120mm.

-Une batterie d’appui-protection (infanterie et quelques autos blindées)

-Outre les RAD (Régiments d’Artillerie Divisonnaire), l’armée bulgare possédait des régiments d’artillerie lourde d’abord indépendants puis regroupés au sein de trois brigades.

Chaque brigade disposait de trois régiments à trois bataillons de douze pièces (trois batteries de quatre) soit un total de 81 batteries lourdes équipées de canons ou d’obusiers de 105mm, de 120mm et de 150mm.

Régiment du génie

-Un état-major

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Une compagnie de déminage

-Une compagnie de pionniers

-Une compagnie de pontonniers