Dominions (76) Australie (20)

Armes et Véhicules de l’armée australienne

Armes de l’infanterie

Armes individuelles (1) : pistolets et revolvers

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Enfield n°2 Mk I

La principale arme de poing du soldat australien est le revolver Enfield n°2 Mk I. C’est un revolver de conception classique issu du Mk I qui tirait une lourde cartouche de 11.6mm (.476 Enfield), arme en service de 1880 à 1911 avant d’être remplacée par le n°2 Mk I qui tirait une cartouche plus légère en calibre .38. L’arme mesurait 292mm de long dont 146 pour le canon, pouvait tirer à 22m dix-huit coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par un barillet de 6 coups.

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Dominions (25) Canada (25)

Armes et Véhicules de l’Armée Canadienne

Armes de l’infanterie

Les armes de l’infanterie canadienne sont quasi-exclusivement britanniques mais quelques armes américains ont parfois joué les intruses. Il y à des pistolets automatiques et des revolvers, quelques pistolets mitrailleurs, des fusils à répétition, des fusils-mitrailleurs, des mitrailleuses et des mortiers. On trouve également des grenades et des lanceurs antichars PIAT.

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URSS (69) Armée de Terre (17)

Les armes de l’Armée Rouge (2) : armes collectives de l’infanterie

Fusils mitrailleurs

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Le fusil automatique Fedorov est un peu l’équivalent russe du Browning Automatic Rifle (BAR) américain à savoir une arme hybride entre le fusil d’infanterie et le fusil mitrailleur.

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Allemagne (48) Armée de terre (5)

Mitrailleuses et fusils mitrailleurs

Mitrailleuse Maxim SMG 08

mitrailleuse MG-08

mitrailleuse SMG-08

-C’est le britannique Hiram Maxim qui invente la mitrailleuse moderne, un modèle exporté dans le monde entier, les licences de production permettant la production dans de nombreux pays européens.

-L’efficacité des mitrailleuses allemandes contre les soldats français en pantalon garance et capote bleue aurait pu faire croire que cette nouvelle arme à été accueillie avec enthousiasme par les cadres de l’armée allemande. Ce ne fût pas le cas et les premières armes acquises par l’Allemagne furent payées par l’empereur Guillaume II en personne.

-Ce n’est qu’au début du vingtième siècle que l’Allemagne et la firme Maxim signèrent un accord pour la fabrication de la mitrailleuse Maxim sous licence par l’entreprise Deutsche Waffen und Munitionsfabriken installée à Spandau près de Berlin d’où le nom générique de «Spandau» données aux mitrailleuses allemandes.

-Après plusieurs modèles, le premier modèle standard fût la Schwere Maschinegewehr 08 ou SMG 08. Cette arme solidement construite montée sur trepied fût un véritable cauchemar pour les alliés, stoppant les offensives.

Cette arme dont fût extrapolée un fusil-mitrailleur (voir ci-après) resta en service après guerre, l’Allemagne comme on l’à vu ne pouvant développer officiellement de nouvelles armes.

-La mise au point de la MG-15 et surtout de la MG-34 provoqua le retrait du service actif des sMG 08 qui étaient encore disponibles dans les dépôts en septembre 1939 et en septembre 1948 en compagnie d’armes polonaises, tchèques et autrichiennes, certaines mitrailleuses ressortant des stocks pour armer les unités de mobilisation faute de MG-34/42 et 45 en nombre suffisant.

Caractéristiques Techniques de la sMG 08

Calibre : 7.92mm Longueur de l’arme 1.17m longueur du canon 0.71m Poids de l’arme avec pièces de rechange 62kg poids de l’affût-traineau 37.650kg Vitesse initiale 900 m/s Cadence de tir 300 à 450 coups/minute Alimentation : bande-chargeur de 250 cartouches.

Fusil-mitrailleur/mitrailleuse légère sMG 08/15 et 08/18

fusil-mitrailleur MG 08/15

fusil-mitrailleur MG 08/15

-La Spandau était une excellente mitrailleuse mais comme beaucoup de ses consœurs était extrêmement lourde ce qui rendait son déplacement problématique. Certes dans la guerre de position cela ne posait pas de problèmes mais pour accompagner les soldats lors de l’assaut des tranchées ennemies….. .

-Les différents pays cherchèrent une arme ayant la puissance de feu de la mitrailleuse mais avec un poids permettant son utilisation par un seul homme.

L’Allemagne n’échappa pas à la règle et développa elle aussi une mitrailleuse légère ou fusil mitrailleur, la sMG 08/15.

-Il s’agit d’une adaptation de la sMG08 avec une crosse en bois et un bipied mais sa conception n’en fait pas une arme très réussie. Elle est encombrante et son système d’alimentation peu pratique_bandes de toile dans un chargeur circulaire_ en font une arme bien inférieure aux fusils mitrailleurs de conception étrangère qui eux disposaient de chargeurs.

-Une version améliorée est apparue ultérieurement, la sMG 08/18 qui ne fût que peu utilisée durant le premier conflit mondial. Elle se différenciait de la précédente par la présence d’un tube percé pour permettre son refroidissement par air.

Il existait également une version destinée à l’aviation baptisée LMG 08/15 qui équipa les chasseurs et les bombardiers allemands en remplacement d’une version air (Luft) de la sMG 08 baptisée LMG   08.

Après guerre ces armes restent en service. Elles sont peu à peu remplacées par la MG-15 puis par la MG-34 et les suivantes.

Caractéristiques Techniques de la MG 08/15

Calibre : 7.92mm Longueur totale 1.39m longueur du canon 0.71m Poids complet 18kg Cadence de tir : 450 coups/minute Approvisionnement : chargeurs à bandes de 50, 100 ou 250 cartouches

Mitrailleuse légère MG-15

MG-15

MG-15

-Le traité de Versailles interdit à l’Allemagne de développer de nouvelles armes notamment des armes automatiques (pistolet-mitrailleurs, mitrailleuses et fusil-mitrailleurs).

-Pour contourner cette interdiction, les firmes allemandes installent des bureaux d’études à l’étranger ou rachètent des entreprises étrangères comme Rheinmetall qui rachète la firme suisse Solothurn.

-Solothurn met au point la mitrailleuse S2-200 qui est adoptée par l’Autriche (mitrailleuse modèle 1930) et par la Hongrie (mitrailleuse légère modèle 1931). C’est cette arme qui sert de base à la MG-15.

-Cette nouvelle MG-15 ne doit pas être confondue avec une précédente MG-15 mise au point durant le premier conflit mondial.

-La S2-200 est adaptée pour l’Allemagne sous la forme d’une MG-30 non adoptée par la Reichswehr  mais adoptée par l’Autriche et la Suisse sous la désignation de S2-100.

Cette arme à d’abord été conçue pour l’aviation où elle continuera à être utilisée alors qu’au sein de l’infanterie elle sera rapidement remplacée par la MG 34. Néanmoins à partir du printemps 1941, de nouvelles mitrailleuses vont commencer à remplacer la MG-15 notamment la MG-81.

Par rapport à sa cousine aéronautique, la MG-15 destinée à l’usage terrestre reçoit un cache-flamme, un bipied repliable et une crosse métallique.

Ces armes ont été stockées après leur retrait du service et vont reprendre du service au sein des unités de mobilisation aux côtés d’armes récupérées auprès de pays occupés ou annexés.

Caractéristiques Techniques de la mitrailleuse MG-15

Calibre : 7.92x51mm Longueur (hors tout) : 1078mm (canon) 600mm Poids (arme seule) : 8.1kg (avec munitions) 12.4kg (boite-chargeur de 75 cartouches) 4.24kg  Cadence de tir : 1000 coups par minute  

Mitrailleuse polyvalente MG-34

mitrailleuse polyvalente MG-34

mitrailleuse polyvalente MG-34

-MG-15 bonne mitrailleuse mais pas la mitrailleuse parfaite. D’où le développement d’une nouvelle arme.

-Jusqu’ici il existait la mitrailleuse, une arme assez lourde mise en œuvre par plusieurs hommes et le fusil-mitrailleur ou mitrailleuse légère, une arme mise en œuvre par une ou deux personnes, très efficace pour accompagner l’assaut.

-En partant encore de la MG-30, les armuriers allemands inventent une arme polyvalente, utilisable sur bipied (configuration FM) et sur trépied (configuration mitrailleuse).

-La nouvelle arme appelée Maschinegewehr modell 34 et plus connue sous le nom de MG-34 pouvait donc servir sur bipied ou sur tripied avec même une double système d’alimentation, un chargeur tambour double de 75 cartouches _déjà utilisé par la MG-15_ ou un système de bandes de 50 coups.

-Là encore les allemands innovèrent avec la possibilité de lier rapidement plusieurs bandes pour augmenter l’alimentation en munitions.

-Cette nouvelle mitrailleuse rencontra un succès immédiat même si sa fabrication prenait du temps et était très couteuse. Le coût était aggravé par un trépied complexe et par une multitude d’accessoires certes conçus dans une bonne intention mais qui étaient semble-t-il  superflus.

Cette arme adoptée comme son nom l’indique en 1934 fût un succès immédiat et s’illustra dans la guerre d’Espagne où elle fût utilisée par les troupes allemandes appuyant les nationalistes du général Franco.

Des variantes furent rapidement développées avec la MG-34m (appelée également MG-34 Panzerlauf) destinée à servir d’arme coaxiale sur les chars et les véhicules blindés, les MG-34s à canon plus court et uniquement pour le tir automatique avec une cadence de tir moins élevée pour réduire la dispersion.

Si la première arme fût produite en grande quantité (d’autant que la MG-42 n’était pas adaptée au montage coaxial), la seconde fût produite dans une quantité limitée, la MG-39/41 et prototype de la MG-42 se révélant nettement plus prometteuse.

La MG-34 servit également de base au dévellopement d’une nouvelle mitrailleuse destinée à l’aviation, la MG-81 (ainsi que sa variante double la MG-81Z), mitrailleuse destinée à remplacer la MG-15.

Caractéristiques Techniques de la Maschinegewehr Modell 34 (MG-34)

Calibre : 7.92mm Longueur totale : 1.219m longueur du canon : 0.627m Poids :11.5kg Cadence de tir 800-900 coups/minute Alimentation : bandes de 50 cartouches ou double chargeur-tambour de 75 cartouches

Mitrailleuses polyvalentes MG-42 et MG-45

mitrailleuse polyvalente MG-42

mitrailleuse polyvalente MG-42

-La MG-34 est une excellente arme mais cette excellence se paye au prix d’un sophistication et d’un coût trop important pour être produite en très grande quantité, une obligation pour le temps de guerre aux contraintes bien différentes du temps de paix.

-D’où le lancement d’une étude pour une mitrailleuse tout aussi efficace mais moins couteuse à produire. On s’inspira des méthodes de fabrication du MP-40 (estampage) et on bonifia le mode de fonctionnement de la MG-34 en exploitant les modes de fonctionnement de mitrailleuses tchèques et de projets polonais.

-Tout cela aboutit à la MG-39/41, version de pré-série de la Maschinegewehr modell 42.  Cette arme à servit essentiellement dans l’infanterie mais à également servir sur les positions fortifiées en affût double et pour la défense antiaérienne avec deux ou quatre mitrailleuses pour la défense antiaérienne à basse altitude pour protéger les terrains d’aviation.

Cette arme très efficace donna ultérieurement naissance à la MG-45, un modèle amélioré à la cadence de tir plus élevée. Extérieurement, elle était identique à la MG-42.

Caractéristiques Techniques de la Maschinegewehr modell 42

Calibre : 7.92mm Longueur : 1.22m Longueur du canon : 0.53m Poids : 11.5kg Cadence de tir maximale 1500 coups/minute Alimentation : 50 coups

Les mitrailleuses et fusil-mitrailleurs étrangers récupérés

-En dépit d’une production importante, les besoins en armes automatiques étaient tels que l’armée allemande dispose en septembre 1939 de mitrailleuses autrichiennes et polonaises ainsi que de fusils-mitrailleurs tchèques. Ces armes sont utilisées aussi bien par les unités de sécurité que par les unités de première ligne.

fusil mitrailleur Vz30 mis en œuvre par des soldats roumains

fusil mitrailleur Vz30 mis en œuvre par des soldats roumains

-Les fusil-mitrailleurs Lehky Zulomet ZB vz26  et vz30 furent réutilisés par les allemands sous les noms de MG 26(t) et MG 30 (t). Ces fusil-mitrailleurs ont été exporté en Chine, en Yougoslavie et en Espagne (vz26), en Iran et en Roumanie pour le vz30, cette arme servant de base pour le célébrissime Bren britannique. Ces armes étaient toujours en service en septembre 1948.

mitrailleuse ZB modèle 1937

mitrailleuse ZB modèle 1937

-La mitrailleuse ZB modèle 1937 en calibre 7.92mm est elle aussi acquise par les allemands. Sa production continue mais le nombre d’exemplaires produit est loin d’égaler celui de la MG-34 et de la MG-42.

-La conquête de la Pologne outre le fait qu’il permis à l’Allemagne de mettre la main sur des prototypes de mitrailleuses qui permirent la naissance de la MG-42, offrit à la Deutsche Heer des stocks non négligeables d’armes automatiques.

C’est le cas du fusil-mitrailleur modèle 1928 qui n’était qu’une version chambrée en 7.92mm du BAR (Browning Automatic Rifle) modèle 1918. Ces armes en compagnie des fusil mitrailleurs tchèques étaient encore largement utilisé en septembre 1948 aussi bien dans les unités de première ligne que celles de l’arrière.

-L’armée allemande récupère également des mitrailleuses calibre 7.92mm modèle 1930. Il s’agit là encore d’une arme de la firme Browning achetée par la Pologne puis copiée par la manufacture d’Etat de Varsovie.

Cette arme véritable copie pirate de la M1917A1 à refroidissement par eau (différente de la M1919A4 à refroidissement par air) est produite pour la Pologne, la Roumanie et l’Espagne. Les armes saisies par les allemands ne semblent pas êtres sortis des stocks avant le conflit.

-L’Anschluss permit de faire main basse sur des mitrailleuses modèle 1930 et de vieilles mitrailleuses Schwarzlose modèle 1907 et ultérieurs. Si les premières furent utilisées, les secondes (saisies également en Tchécoslovaquie) ne furent pas utilisées en raison d’un calibre peu courant (8mm).

24-Armée de l’air (35)

O-Forces combattantes : l’infanterie de l’air les fusiliers de l’air et le génie de l’air

Préambule

Outre les avions, l’armée de l’air dispose de troupes combattant au sol dans des phases offensives et défensives.

Fantassins de l'air sur les Champs Elysées pour le défié du 14 juillet 1937

Fantassins de l’air sur les Champs Elysées pour le défié du 14 juillet 1937

Les deux Groupes d’Infanterie de l’Air sont les premiers parachutistes français et sont chargés de raids, de descentes comme on disait du temps de la marine à voile. Des plans sont dressés pour saisir des objectifs stratégiques en soutien des forces cuirassées et mécaniques.

Les fusiliers de l’air créé en mars 1944 sont intégrés aux groupes de chasse, de bombardement, de reconnaissance, d’observation et de transport à raison d’une section. Montés sur des véhicules légers tout-terrains, ils sont armés de fusils, de pistolets mitrailleurs, de fusils-mitrailleurs et de mortiers pour assurer la défense des terrains contre un raid ennemi mené aussi bien par des parachutistes que par des unités motorisées.

Quand au génie de l’air, une section est intégrée dans chaque groupe de chasse, de bombardement, de reconnaissance, d’observation et de transport pour assurer l’aménagement des terrains et surtout les réparations après un raid pour permettre à la plate-forme de redevenir opérationnelle le plus vite possible.

L’Infanterie de l’Air

Le 602ème GIA à Montelimar en 1939

Le 602ème GIA à Montelimar en 1939

En 1931, les soviétiques sont les pionniers de l’utilisation militaire des parachutistes et quatre ans plus tard, le 12 septembre 1935, la France créé le Centre d’Instruction Parachutiste implanté sur la base aérienne d’Avignon-Pujaut placé sous le commandement du capitaine Greille qui revenait d’un stage parachutiste et moniteur en URSS.

Il faut cependant attendre le 1er avril 1937 pour que soient créés officiellement les Troupes Aéroportées ou TAP et six mois plus tard, le 1er octobre 1937, deux groupes d’infanterie de l’air, le 601ème et le 602ème GIA, le premier étant stationné à Reims et le second à Baraki à 15km d’Alger.

Chaque G.I.A comprend un état-major, une escadrille de transport de troupes avec des avions destinés à la mise en oeuvre des fantassins de l’air et une compagnie d’infanterie de l’air (207 hommes) organisée en un groupe de commandement, une section d’engins (un groupe de mitrailleuses et un groupe de canons de 37mm) et trois sections de voltigeurs.

En février 1939, le 601ème GIA fait mouvement sur Baraki pour retrouver son homologue et former un Groupement d’Infanterie de l’Air, le CIP de Pujaut était dissous en mai 1939.

Quand la guerre de Pologne éclate, le GIA n°601 rallie Avignon-Pujaut et le GIA n°602 Montelimar et se tiennent prêt à sauter sur un objectif comme Walcheren aux Pays Bas dans le cadre de la manoeuvre Dyle-Breda mais cette manoeuvre n’ayant pas été exécuté, les fantassins de l’air sont restés l’arme au pied.

Suite à la démobilisation de l’été 1940, les deux Groupes d’Infanterie de l’Air retrouvent leurs bases d’origine et sont réorganisés au printemps 1942.

Tout en conservant leurs avions de transport, ils reçoivent une deuxième compagnie d’infanterie de l’air, les deux compagnies étant réorganisées avec un groupe de commandement, une section d’engins avec mitrailleuses et mortiers et trois sections de voltigeurs qui reçoivent des fusils antichars MAS modèle 1940AC (des Mauser T-Gewehr transformés) puis des Boys britanniques.

Mauser T-Gewehr ultérieurement remis en service sous le nom de MAS 1940AC (AntiChar)

Mauser T-Gewehr ultérieurement remis en service sous le nom de MAS 1940AC (AntiChar)

Jusqu’au déclenchement du second conflit mondial, les deux G.I.A participent à toutes les manoeuvres de l’armée pour peaufiner leur modus operandi tactique à savoir le parachutage non pas de tout le GIA sur un objectif mais de petits groupes de combat derrière les lignes ennemies pour mener des raids sur des objectifs stratégiques et mener des actions de sabotage.

A la mobilisation d’août 1948, le G.I.A n°601 rallie la base aéronavale de Calais-Marck soutenus par des Douglas Transporteur de la 1ère ETM pour un saut éventuel sur les bouches de l’Escaut ou l’embouchure du Rhin dans le cadre de la manoeuvre Dyle-Breda.

Quand au G.I.A n°602, il rallie la base aérienne de Tunis pour mener une opération aéroportée contre la Libye italienne à moins que l’île de Lampedusa puisse être l’occasion d’un raid de ce qu’on appelle par encore les commandos.

Contrairement à 1939, le Centre d’Instruction Parachutiste (C.I.P) d’Avignon-Pujaut reste ouvert pour former de nouveaux parachutistes, l’armée de l’air ayant obtenu de pouvoir former deux nouveaux G.I.A d’un nouveau type.

Le 603ème G.I.A dont la base définitive doit être Reims (pour pouvoir opérer en Rhénanie) est organisé en une section de commandement, une compagnie d’engins (section de mitrailleuses de 7.5mm, section de mortiers de 81mm et section antichar équipée de canons de 25mm) et deux compagnies de combat.

Le 604ème GIA dont la base définitive doit être Calvi en Corse pour pouvoir opérer contre des objectifs italiens est organisé comme le 603ème G.I.A.

Ces deux Groupes d’Infanterie de l’Air ne seront néanmoins pas opérationnels avant la fin de l’année 1948.

Les fusiliers de l’air

Pour assurer la protection terrestres des échelons roulants et plus généralement des aérodromes, décision est prise en juin 1944 de créer au nouveau du groupe, une section de protection de fusiliers de l’air (SPFA) simplifiée en section de fusiliers de l’air (SFA).

Cette section de 24 hommes transportée dans trois véhicules légers tout terrain Laffly disposent de fusils MAS 36, de pistolets mitrailleurs MAT-42, de deux fusils mitrailleurs MAC modèle 1924-29 ou SE MA 38 et de deux mortiers de 60mm.

Pistolet mitrailleur MAT 42

Pistolet mitrailleur MAT modèle 1942 dit MAT-42

Cette section assure la protection du périmètre ou des gardes fixes en liaison avec des unités de l’armée de terre et la gendarmerie.

Le génie de l’air

Pour faciliter les travaux d’infrastructure et réparer facilement et rapidement les dégâts des bombardements ennemis, chaque groupe de chasse, de bombardement et de reconnaissance dispose d’une section de génie de l’air d’une trentaine d’hommes équipés de véhicules légers et d’outils mécaniques pour remettre sommairement en état une piste et permettre aux opérations aériens de se poursuivre le plus normalement possible.

23-Armée de terre ligne Maginot (37)

Secteur Fortifié du Dauphiné

D’abord appelé Secteur fortifié des Hautes-Alpes de 1924 à 1933, le SF Dauphiné s’étend du camp des Rochilles à Bayasse au camp des Fourches/Le Pra, englobant ainsi les vallées de la Haute-Durance, du Guil et de l’Ubaye.

On trouve deux grandes routes d’invasion, la première est la route Turin-Briançon-Grenoble via le col du Mont-Genèvre et la seconde est la route Coni-Barcelonnette-Gap via le col de Larche, routes qu’il faut barrer tout en se préoccupant des voies d’invasion secondaires entre ces deux axes.

La défense du Dauphiné repose donc essentiellement sur le barrage des débouchés des deux principaux cols ce qui est tout sauf novateur, Serré de Rivières et avant lui Vauban avaint compris l’importance capitale de Briançon pour défendre cette région.

Il était ainsi prévu pas moins de huit ouvrages pour protéger le Briançonnais mais dès mars 1930, les restrictions budgétaires et les choix politiques font que ce projet est remplacé par la modernisation du Janus et la construction par la MOM de petits ouvrages d’infanterie sur les cols secondaires.

De nombreuses «pilules» sont ainsi construites ainsi que des points d’appui fermés sur la ligne de résistance pour couvrir les ouvrages CORF d’un débordement par les hauts.

Etant davantage un souci pour l’état-major, le programme de fortification de l’Ubaye est réalisé en grande partie avec la construction de nouveaux ouvrages et la modernisation d’ouvrages anciens qui peuvent être toujours efficaces.

Pour ce qui est des travaux neufs, le CORF va réaliser de part et d’autre de la vallée deux ouvrages mixtes se flanquant réciproquement, un petit ouvrage d’interdiction de la vallée, trois abris et un observatoire. A cela s’ajoute un avant-poste à Larche couvert par le vieux fort de Viraysse alors que celui de Tournoux assure le rôle de verrou arrière.

Le col de la Bonnette bien que difficillement accessible n’est pas négligé avec jusqu’en 1930, deux casernements d’altitude et des redoutes en pierres sèches puis quelques avant-postes, un ouvrage mixte et trois petits ouvrages sur les cols annexes.

Au niveau organisationnel, le SFD est divisé en cinq sous-secteur, le sous-secteur Haute Clarée-Guisane défendu par le 82ème BAF, le sous-secteur Haute Durance-Cerveyrette défendu par le 72ème BAF, le sous-secteur du Gul défendu par le 107ème BCA, le 87ème BCA et le 92ème BAF, le sous-secteur Ubaye-Ubayette dispose du 299ème RIA et du 83ème BAF et le sous-secteur Jausiers défendu par 73ème BAF et une compagnie du 299ème RIA.

Durant la guerre de Pologne, le Secteur Fortifié du Dauphiné dispose de deux DBAF, la 75ème DBAF qui dispose de quatre bataillons alpins de forteresse, les 72ème 82ème 92ème et 102ème alors que la 157ème DBAF ne dispose que de deux bataillons, les 73ème et 83ème BAF. A cela s’ajoute les 4ème et 5ème compagnie du 440ème régiment de pionniers.

Après la démobilisation, on ne maintient en ligne que le 157ème DBAF _la demi-brigade d’active_ avec les deux bataillons alpins de forteresse d’active, les 72ème et 73ème BAF plus le 83ème BAF qui devient un bataillon d’active.

Le dispositif est réorganisé, le sous-secteur Haute Clarée-Guisane est défendu par le 83ème BAF, le sous-secteur Haute Durance-Cerveyrette défendu par le 72ème BAF, le sous-secteur du Gul défendu et le sous-secteur Ubaye-Ubayette par le 83ème BAF et le sous-secteur Jausiers défendu par une compagnie renforcée du 73ème BAF.

 Sous-secteur Haute Clarée-Guisane

Quartier du Chardonnet : pas d’ouvrages spécifiques

Quartier Bufere-Granon

ouvrage de Col-de-Buffere

ouvrage de Col-de-Buffere

-L’ouvrage de Col-de-Buffere est un ouvrage d’infanterie à trois blocs et une cheminée disposant d’un bloc 1 qui sert d’entrée armé d’un créneau FM en caponnière et d’une cloche GFM, d’un casemate d’infanterie (vers les Sagnes) ou bloc 2 disposant d’un créneau JM et en remplacement d’un bloc 3 identique au bloc 2, un blockhaus MOM muni d’une trémie FM. Le bloc 4 est la cheminée de l’ouvrage qui dispose également d’une sortie de secours et d’un bloc observatoire muni d’une cloche GFM.

-Un blockhaus d’avant 1914 rénové et armé de deux créneaux JM

-Un avant poste composé d’une galérie avec un créneau JM

Sous-secteur Haute Durance-Cerveyrette

Quartier Vachette-Janus

-L’ouvrage de La Vachette est un ouvrage d’infanterie à deux blocs disposant d’un Bloc 1 (entrée + casemate) armé d’un créneau JM/AC 47, un créneau JM, deux mortiers de 81mm, une cloche AM et une cloche GFM et d’un bloc 2 équipé d’une cloche AM et d’une cloche GFM.

-Un barrage antichar léger sur la route de Montgenèvre défendu par un ouvrage CORF armé d’un créneau JM/AC 47, un créneau JM (qui lui aussi peut s’effacer pour laisser la place au canon de 47mm), deux FM et une goulotte à grenades.

-Un observatoire de campagne

-Emplacement pour quatre canons de 75mm modèle 1897 pour couvrir Montgenèvre

-L’ouvrage CORF du Janus implanté sous l’ancien fort du même nom et dispose de sept blocs, une entrée et deux cheminées.

-Le Bloc 1 est une entrée de plain pied défendu par un créneau JM/AC 25 installé seulement en 1942 remplaçant un créneau JM.

-Le Bloc 2 est une casemate mixte flanquant vers le nord (agissant qsur la route de Montgenèvre avec deux créneaux JM et deux mortiers de 81mm

-Le Bloc 3 est une casemate d’artillerie flanquant vers le nord (action vers la vallée de Clarée) disposant de deux mortiers de 75mm modèle 1931

-Les blocs 4 et 5 sont des observatoires

-Le Bloc 6 est une casemate d’infanterie disposant d’un créneau JM et d’une chambre observatoire orientée vers le sud.

-Le Bloc 7 est une casemate d’infanterie flanquant vers le nord (Montgenèvre) avec pour équipement un créneau JM.
-Le Bloc 8 est l’ancienne batterie de 95mm du Janus intégré à l’ouvrage CORF ce qui est une chose unique en son genre.

-Les Blocs 9 et 10 servent à la ventilation de l’ouvrage

-L’ouvrage MOM du Chenaillet à une histoire compliquée puisqu’il à été commencé en 1931, abandonné entre 1932 et 1940 avant d’être finalement achevé avec deux entrées parallèles desservant des galeries se croisant et menant à deux casemates de mitrailleuses (un JM chacun) se couvrant mutuellement.

Quartier Gondran-Aittes

-L’ouvrage Gondran E est un ouvrage d’infanterie à cinq blocs qui dispose donc d’une entrée ou bloc 1 avec un créneau JM et une cloche GFM, d’une casemate d’infanterie ou bloc 2 dont le créneau JM croise avec le Janus, d’un observatoire ou bloc 3 munie d’une cloche Digoin puis d’une cloche GFM, d’un bloc cheminée ou bloc 4, une sortie de secours appelé bloc 5 et d’un bloc indépendant avec une cloche AM pour l’action frontale.

-L’ouvrage des Aittes est un ouvrage d’infanterie à trois blocs et une entrée avec une entrée ou bloc 1 défendue par un créneau FM, d’un bloc 2 couvrant le col du Chabaud équipé d’un créneau JM, d’un bloc 3 couvrant le col de Gimont avec un créneau JM et enfin un bloc 4 couvrant le col de Bousson avec un créneau JM puis un créneau JM/AC 25, ce bloc servant aussi d’issue de secours.

-Durant la guerre de Pologne, on à réalisé 149 emplacements pour armes automatiques avec FM ou mitrailleuses qu’ils s’agisse de Briançon, de tourelles démontables (2) ou de huit abris.

Sous-secteur du Guil

-Les quartiers du Péas, du Queyras du Sommet-Bucher et du Ceillac n’ont pas d’ouvrages spécifiques type CORF mais une série d’organisations MOM ont été construites avec des blocs pour mitrailleuses, pour fusils-mitrailleurs ainsi que des tourelles démontables.

Un point fort est réalisé à Abriès, point fort tenu jusqu’à la démobilisation par deux sections du 87ème BCA, ce point fort étant composé de six pilules armés chacun d’un fusil-mitrailleur.

Sous-secteur Ubaye-Ubayette

Quartier Saint Paul

-L’ouvrage de Plate-Lombarde est un ouvrage d’infanterie à quatre blocs, une entrée et une sortie de secours. Le Bloc 1 est l’entrée défendue par un créneau FM, les blocs 2 et 3 sont munis de cloches Pamart modifiées FM alors que le bloc 4 est l’observatoire de l’ouvrage avec une cloche obs/VDP alors que le bloc 6 est une sortie de secours.

 Quartier Meyronnes

-Le Barrage du cimetière de Larche est un barrage antichar léger défendu par un blockhaus

-L’ouvrage de Larche est un avant poste à quatre blocs, une cheminée et une entrée disposant d’une entrée ou bloc 1, d’un bloc 2 armé d’une mitrailleuse et d’un fusil-mitrailleur, d’un bloc 3 disposant de deux mitrailleuses, d’un bloc 4 ou casemate arrière disposanrt de trois FM et d’une sortie de secours, d’un bloc 5 qui est l’observatoire de l’ouvrage mais qui sert aussi d’issue de secours et d’un bloc 6 qui est la cheminée de l’ouvrage.

-L’ouvrage de Saint Ours-Haut est un ouvrage mixte à quatre blocs et une entrée disposant donc d’une entrée ou bloc 1 avec un créneau JM, une cloche GFM et une cloche LG, une casemate d’artillerie ou bloc 2 muni d’un mortier de 75mm modèle 1931, de deux mortiers de 81mm, d’un créneau JM et d’un créneau mortier de 50mm, d’un bloc 3 servant d’observatoire avec une cloche GFM, d’un bloc 4 équipé d’une cloche GFM et d’un bloc 5 muni de deux créneaux de 81mm, de trois créneaux JM, d’un créneau de mortier de 50 et d’une cloche GFM.

-On trouve également à proximité de ce puissant ouvrage, deux abris passifs défendus par une cloche GFM.

-L’ouvrage de Saint Ours-Bas est un ouvrage d’infanterie monobloc disposant de six créneaux FM, un créneau mortier de 50mm, deux cloches M, une cloche AM et deux cloches GFM, le tout pour barrer la RN 100.

-Un observatoire implanté à Serre-La-Plate avec un bloc 1 qui est l’entrée de l’ouvrage et le bloc 2 qui dispose d’une cloche obs/VDP.

-L’ouvrage de la Roche-la-Croix est un ouvrage mixte à cinq blocs et une entrée avec comme bloc 1 une entrée de type réduite défendue par deux créneaux FM,d’un coffre de flanquement des fossés ou bloc 2 disposant d’un créneau mortier de 50mm et de trois créneaux FM, d’un bloc 3 jouant un rôle similaire au bloc 2 avec un créneau pour mortier de 50 et deux créneaux FM, d’un bloc 4 qui sert d’observatoire avec une cloche obs/VDP et une cloche GFM, d’une casemate d’infanterie flanquant vers le nord ou un bloc 5 avec deux mortiers de 75mm modèle 1931, deux mortiers de 81mm en sous-sol, une tourelle de 75mm modèle 1933 et un créneau FM/observatoire.

Le bloc 6 est un observatoire auxiliaire qui n’avait été prévu dans les plans initiaux. On trouve à l’étage inférieur un créneau projecteur et un créneau FM pour mortier de 50mm et à l’étage supérieur quatre FM servant pour l’observation et d’une cloche GFM.

-Un abri passif

-A Roche Croix, une ancienne batterie (1884-89) reconstruite avec deux mitrailleuses et un mortier de 81mm

-Des observatoires à La Duyère et aux Challanches construits avant 1914.

-Le Fort de Tournoux est un ensemble de forts construits avant 1914 avec au niveau de la vallée, la batterie XII construite entre 1846 et 1862 disposant de 4 mortiers de 81mm et deux pièces de 95mm modèle 1888, à mi-hauteur le fort Grouchy (1846-62) disposant de deux mortiers de 150T, en haut le fort supérieur avec une section antiaérienne, la batterie Claus des Caures (1879-83) avec deux canons de 75mm modèle 1897 sous casemates, deux mortiers 150T et 4 pièces 155L modèle 1877.

La batterie du Vallon Claous (1880-85) dispose de deux canons de 75mm modèle 1897, au sommet de la crète, le fortin de Serre de Laut (1890-93) équipé d’un batterie antiaérienne et au village de Tournoux quatre canons de 155C modèle 1917.

A noter que le fort Grouchy aurait du recevoir trois canons de 145mm longue portée et que la batterie XII aurait du recevoir quatre canons de 155C mais ces deux projets ont été abandonnés.

Sous-secteur Jausiers

Quartier des Sagnes

-Aux Sagnes devait être implanté un ouvrage mixte pour assurer la liaison entre les ouvrages de la Trouée de Larche et ceux de Restefond armé de deux mortiers de 75mm et de deux mortiers de 81mm. Après l’échec d’un autre projet (ouvrage d’infanterie, une entrée et une casemate active), ce point haut est finalement occupé par des ouvrages MOM (six blocs, deux tourelles démontables et deux abris alpins).

Quartier de Restefond

-L’ouvrage Col-de-Restefond est un abri actif à deux entrées, un bloc actif et une cheminée avec un bloc 1 qui sert d’entrée avec pour armement un créneau JM et une cloche GFM (flanquement de l’ouvrage de Restefond), un bloc 2 qui est aussi une entrée mais qui n’est armée que d’un créneau FM, un bloc 3 qui est une casemate d’infanterie avec pour armement un créneau JM et une cloche GFM (flanquement de l’ouvrage de Granges-Communes) alors que le bloc 4 est la cheminée de l’ouvage.

Cloche GFM en position

Cloche GFM en position

-L’ouvrage du Restefond est un ouvrage mixte à cinq blocs et une entrée avec un bloc 1 ou entrée défendue par un créneau FM, une cloche GFM et une cloche LG, une casemate d’artillerie flanquant vers le nord ou bloc 2 avec deux mortiers de 81mm et une cloche GFM (réalisé seulement en 1943), une casemate d’infanterie ou bloc 3 avec pour armement une cloche M pour couvrir le col de Pourriac et une cloche GFM, une casemate d’infanterie ou bloc 4 disposant d’une cloche M dirigée vers Saint-Etienne, une cloche GFM et une cloche obs/VDP, une casemate d’artillerie d’action frontale ou bloc 5 réalisée seulement en 1942 avec pour armement deux mortiers de 75mm modèle 1932 et un mortier de 75mm modèle 1931.

Le bloc 6 est une casemate d’artillerie d’action frontale équipée de deux obusiers de 75mm modèle 1932 (couverture des cols de Pourriac et du mont Vallonet) et un mortier de 75mm modèle 1931 (couverture du col de Pourriac). Enfin le bloc 7 est muni d’une tourelle de 75mm modèle 1905 et d’une cloche GFM type C, bloc construit tardivement en 1943.

-L’ouvrage de Granges-Communes est un ouvrage d’infanterie à deux blocs, le premier bloc à été paradoxalement réalisé après le bloc 2 avec une entrée, deux mortiers de 81mm pour flanquer le Restefond, un créneau JM/AC 25, une cloche GFM et une cloche LG alors que le bloc 2 est armé de deux cloches M puis d’une cloche M et d’une cloche AM, de deux cloches GFM et d’un créneau FM.

-L’ouvrage des Fourches est un avant-poste à cinq blocs et une entrée avec un bloc 1 armé d’un fusil-mitrailleur (c’est l’entrée), un bloc 2 équipé d’une mitrailleuse et d’un fusil-mitrailleur, un bloc 3 armé d’une mitrailleuse, le bloc 4 qui est une issue de secours avec trois fusils mitrailleurs, un bloc 5 qui sert d’observatoire avec pour armement quatre fusils-mitrailleurs et enfin un bloc 6 disposant de deux FM et d’un observatoire destiné à l’artillerie de position.

Quartier Rougna

-L’ouvrage de la Moutère est un ouvrage d’infanterie à deux blocs, une entrée et une cheminée destiné à barrer le col du même nom avec pour armement, un bloc 1 muni de deux créneaux FM qui défendent ainsi l’entrée, une casemate d’infanterie ou bloc 2 armée d’un créneau JM, un bloc 3 muni d’une cloche GFM et un bloc 5 qui est la cheminée de l’ouvrage.

-A proximité de l’ouvrage, on trouve un abri alpin à quatre entrées construit entre 1932 et 1934

-L’ouvrage du Le Pra est un avant-poste à quatre blocs et une entrée composé d’un abri en tôle métro prolongé par une galerie coudée à chaque extrémité. Le bloc 1 qui est l’entrée de l’ouvrage dispose de deux FM et de quatre autres dans la galérie coudée, les blocs 2 et 3 sont des casemates pour deux mitrailleuses, le bloc 4 est la sortie de secours alors que le bloc 5 regroupe un observatoire et une galérie coudée, le tout armé de trois FM.

Au cours de la guerre de Pologne, la MOM réalise de Maurin au col de la Braisse trente-six blocs et 17 abris répartis entre le point d’appui de Maurin (cinq blocs et un abri alpin n°1), le point d’appui du châtelet (deux emplacements pour tourelles démontables, trois Briançon pour FM et deux abris alpins), à Fouillouze haut sont implantés un bloc FM, deux blocs mitrailleuses et deux abris alpins et à Trois-Mélèzes deux blocs et un abri sans oublier le point d’appui des Sagnes décrit plus haut.

23-Armée de terre Ligne Maginot (11)

Les ouvrages (1) : généralités et avant-propos

Si les casemates CORF sont impressionants que dire des ouvrages, un ensemble de plusieurs blocs de combat reliés entre eux par des galeries souterraines et disposant d’oeuvres vives communes. Ces ouvrages sont classés officiellement en cinq catégories :

Plan du Hackenberg l'un des plus gros ouvrages de la ligne Maginot

Plan du Hackenberg l’un des plus gros ouvrages de la ligne Maginot

-1ère classe : gros ouvrages comportant un armement mixte et un équipage moyen dépassant les 600 hommes (cas du Hackenberg).

-2ème classe : ouvrages moyens, armement mixte et un équipage compris entre 450 et 600 hommes (cas du Michelsberg)

-3ème classe : petits ouvrages comprenant un armement mixte ou ouvrages moyens d’infanterie avec en moyenne 150 hommes (cas de l’ouvrage de Ferme-Immerhof)

-4ème classe : petits ouvrages d’infanterie avec un équipage moyen de 80 hommes (cas de l’ouvrage de Teting)

-5ème classe : ouvrages d’infanterie monoblocs ou très petits (cas de l’ouvrage de La Ferté)

Dans la pratique, la distinction sera plus simple entre les ouvrages d’infanterie (petits ouvrages ou PO) et les ouvrages d’artillerie (gros ouvrages)

Chaque ouvrage est étudié en détail par le CORF. Après des levers topographiques et des sondages du sol, on réalise des plans de masse et des plans d’implantation, les premiers devant être approuvés par l’état-major de l’armée et les seconds par la direction du génie. Ce n’est qu’à ce moment que les travaux deviennent exécutoires et peuvent donc officiellement commencer.

Dans la mise au point des ouvrages, le CORF va adopter trois types, trois concepts d’ouvrages, les ensembles, les petits ouvrages d’artillerie et les petits ouvrages d’infanterie.

Canon-obusier de 75mm modèle 1929

Canon-obusier de 75mm modèle 1929

Les ensembles sont les héritiers directs des ouvrages puissants du général Fillonneau avec trois canons-obusiers par casemate de flanquement et des tourelles d’action frontale équipées de canons-obusiers de 75mm, de mortiers de 81mm ou encore de lance-bombes de 135mm. Ils devaient être équipés de fossés diamants mais mis à part pour certains ouvrages, ces travaux restent lettre morte.

Les petits ouvrages d’artillerie selon la note du 3 avril 1929 doivent occuper les intervalles entre les ensembles. Ils sont d’abord armés de mortiers de 75mm avant que l’on décide le 8 juin 1931 de les remplacer par des canons de 75R (R = Raccourci).

Les petits ouvrages d’infanterie n’ont comme armement que des jumelages de mitrailleuses, des canons antichars et des fusils-mitrailleurs. Des tourelles pour mortiers de 81mm étaient prévus mais elles furent systématiquement ajournées à l’exception du PO de l’Immerhof alors que celui du Bois-de-Bousse reçoit son puit et les locaux souterrains correspondants sans que la tourelle soit installée.

 Les ouvrages (2) : la physionomie des ouvrages d’artillerie

Comme pour les casemates CORF, on peut distinguer deux générations dans la catégorie des ouvrages d’artillerie.

-Les ouvrages de première génération sont peu nombreux avec seulement trois ouvrages construits selon un schéma en Y avec une galerie principale qui se scinde en deux branches pour accéder à deux demi-forts appelés aile. Sont concernés le Hochwald, le Hackenberg et le Simserhof, ce dernier étant la réalisation la plus aboutie du modèle théorique.

-Les ouvrages de seconde génération sont simplifiés car les budgets se réduisent et les projets initiaux du CORF s’étaient révélés tout aussi brillants que trop coûteux pour le budget de l’armée.

Ces ouvrages se composent donc d’une galerie principale sur laquelle se greffent les différents organes. Dans cette catégorie, nous pouvons distinguer les ouvrages à galerie longue (Fermont, Rochonvilliers……….) équipés d’une voie étroite de 60 à traction électrique (sauf au Chesnois) et les ouvrages à galerie courte (Galgenberg, Four-à-Chaux) qui creusés dans les collines ne purent recevoir de train souterrain.

Les ouvrages (3) : la physionomie des ouvrages d’infanterie

Théoriquement, ils se présentent sous trois formes mais comme souvent pour la Ligne Maginot, sur le terrain les différences n’apparaissent par toujours clairement.

-La première forme sont les petits ouvrages (PO) conçus dès l’origine comme tels. Ces ouvrages comme celui de Téting ont été réalisés tout ou en partie et auraient du comporter si les plans d’origine avaient été respectés deux casemates d’infanterie flanquant à droite et à gauche, une tourelle de mitrailleuses et pour un certain nombre, une tourelle de 81mm en retrait et une entrée arrière avec une usine et une casernement. Pour les ouvrages prévus sans tourelle de 81mm, l’entrée est d’un type plus réduit.

-La seconde forme sont les PO appartenant à des ouvrages d’artillerie non réalisés où l’entrée se fait par une casemate active, une sortie de secours étant aménagée dans l’autre casemate.

-La troisième forme sont des ouvrages monoblocs qui en raison du terrain cumulent deux chambres de tir et une tourelle mitrailleuse dans un seul bloc. Ils ressemblent à une casemate CORF en plus gros.

Les blocs de combat

C’est le coeur des ouvrages de la ligne Maginot c’est pour eux que fonctionnent toutes les installations souterrains que nous venons de voir. Ces blocs de combat se divisent en trois catégories à savoir les blocs casemates, les blocs tourelles et les blocs mixtes (casemates + tourelles).

Cette division théorique permet ensuite toutes les combinaisons : blocs d’infanterie sous tourelle ou casemate, blocs d’artillerie sous tourelle ou casemate, blocs mixtes d’infanterie ou d’artillerie, blocs d’artillerie sous casemate et d’infanterie sous tourelle ou d’infanterie sous casemate et d’artillerie sous tourelle. En revanche, on ne trouve nulle part trace de blocs ayant deux tourelles.

Ayant décidé de réserver le détail des ouvrages pour l’ordre de bataille de septembre 1948, je vais me contenter de quelques lignes directrices.

-Généralement les blocs d’artillerie peuvent comporter sous tourelle des canons de 75mm, des mortiers de 81mm et des lance-bombes de 135mm en jumelage. Sous casemate, on peut trouver un, deux ou trois canons de 75mm, la casemate type du Nord-Est disposant de trois canons de 75mm modèle 1929 ou modèle 1932.

En ce qui concerne les matériels de 135mm, on trouve généralement une pièce par casemate, la pièce étant généralement couplée avec d’autres matériels sous casemate ou sous tourelle.

En ce qui concerne les mortiers de 81mm, on les trouve généralement en sous-sol, soit en casemates spécifiques soit en casemates d’infanterie ou encore en casemates d’artillerie. Ces casemates agissent le plus souvent en flanquement, quelquefois en action frontale voir pour le bloc de Métrich en couverture des entrées.

-Le plus souvent les blocs d’infanterie comportent généralement sous tourelle des jumelages de mitrailleuses ou des armes mixtes (jumelage mitrailleuse + antichar à canon de 25mm), sous casemate, des jumelages mitrailleuses, des canons antichars et des fusils mitrailleurs et enfin sous cloche des jumelages de mitrailleuses ou d’armes mixtes.

Les tourelles de mitrailleuses sont destinées à généralement à effectuer le tir frontal mais elles effectuent parfois des tirs de flanquement. Dans quelques ouvrages, l’action flanquante de la tourelle est même renforcée par une cloche de mitrailleuses incrustée dans la dalle du bloc-tourelle.

L’organisation de chacun des blocs comportement généralement au niveau des galeries, divers locaux de service (magasin à munitions, local machinerie des monte-charge, PC, local de récupération des douilles).

Entre les galeries et la surface, un escalier et un ou deux monte-charges mais tous les blocs n’en disposent pas.

Au niveau du bloc, deux étages, l’étage inférieur qui comprend les locaux de repos et les filtres plus dans le cas des blocs-tourelles, le balancier et le contrepoids de la tourelle alors que l’étage supérieur est l’étage de combat.

Une organisation en profondeur

Indépendament, les différents ouvrages, blocs et autres casemates sont puissants mais pour tirer la quintescence de leur efficacité, il faut une véritable organisation en profondeur, encore un héritage du premier conflit mondial, la défense en profondeur des lignes allemandes expliquant en partie pourquoi la percée décisive espérée par les alliés n’eut jamais lieu.

La Ligne Maginot va donc s’organiser en profondeur, organisation en profondeur destinée à la fois à rendre efficace la défense mais aussi assurer le soutien nécessaire aux unités de combat.

Théoriquement, un secteur fortifié s’organise de la façon suivante :

-Une Ligne des Avant-postes

-Une Ligne Principale de Résistance (LPR)

-La Ligne des Abris

-Une 2ème Ligne ou Ligne CEZF (Commission d’Etudes de Zones Fortifiées)
-Les arrières consacrées notamment à la logistique mais également à l’Artillerie Lourde sur
Voie Ferrée (ALVF).

La LPR (Ligne Principale de Résistance) ne se situe pas immédiatement au contact de la frontière mais généralement à une dizaine de kilomètres de la frontières pour éviter que l’ennemi soit trop rapidement au contact mais aussi pour profiter de meilleurs observatoires et d’un meilleur glacis.

En dépit de remarques dans ce sens ce n’est que durant la guerre de Pologne qu’une ligne d’avant postes composées notamment de maisons fortes sera construite pour éviter les attaques surprises, faire jouer les destructions et jalonner l’avance ennemie. Ces positions n’ont naturellement pas vocation à résister plus de quelques heures ou de quelques jours.

*La Ligne Principale de Résistance (LPR) constitue le coeur de la Ligne Maginot et se compose de deux éléments : la ligne des organisations fortifiées et la ligne des obstacles composés de réseaux de barbelés, de rails, des inondations défensives, des piquets Ollivier (des piquets munis de charges explosives plus ou moins improvisées) sans oublier les différents obstacles de route.

*Les arrières de la position doivent répondre à une double fonction : donner de la profondeur à l’ensemble et desservir les organisations défensives. C’est donc un rôle à la fois de soutien et d’appui à la LPR.

L’organisation de l’arrière fût longtemps négligée, la CORF ayant déjà pas mal de travail avec la LPR. L’initiative à été donc laissée aux autorités locales ce qui explique un manque d’homogénéité de l’ensemble même si la CEZF limitera les dégâts.

Chaque secteur fortifié dispose en théorie de casernements de sûreté, de postes de transformation électrique, de dépôts de munitions, de parc mobiles, d’un réseau routier spécifique et d’un réseau ferré auxquels s’ajoute dans le Sud-Est un téléphérique.

-Les casernements de sûreté sont destinés à abriter les troupes en temps de paix

-Les postes de transformation électriques implantées tardivement (1937) pour relier les ouvrages au réseau civil

-Les dépôts de munitions sont établis à l’air libre, en arrière de la position fortifiée, à proximité d’une voie ferrée. Les dépôts arrières sont situés à environ 40km de la LPR, les dépôts secondaires situés à environ 15km et les poudrières situées à proximité des casernements légers et plutôt réservés aux explosifs de dispositifs de mines.

-Les parcs mobiles sont destinés au stockage du matériel du génie pour établir des positions de circonstance. On trouve donc des piquets, des barbelés, du matériel de terrassement et de construction……. .

-Le réseau routier spécifique ou routes stratégiques est composé de tronçons de routes reliant les ouvrages au réseau civil. Ce sont des tronçons sinueux où on circule en sens unique.

-Le réseau ferré sert lui aussi au ravitaillement. Le réseau national dessert un certain nombre de dépôts situés très en arrière de la ligne de front. A partir de ces dépôts, un réseau extérieur sur voie de 60 dessert les ouvrages d’artillerie équipés d’une entrée type A