Etats-Unis (15) Cuirassés et croiseurs de bataille (1)

CUIRASSES ET CROISEURS DE BATAILLE

Avant-propos

Sans la fougue de l’amiral Fisher, le cuirassé à artillerie monocalibre, le all big gun battleship aurait hérité du nom de Michigan, le Michigan (BB-27) et le South Carolina (BB-26) étant mis sur cale avant le HMS Dreadnought mais mis en service ultérieurement.

USS Michigan 4

Le USS Michigan (BB-27)

Lire la suite

Etats-Unis (13) US Navy (9)

ARTILLERIE ET SYSTEMES D’ARMES

Artillerie lourde (203 à 406mm)

16 Inch (406mm) Mark 1 5 et 8

Canons de 406mm Mark 2 & 3 3

Canon  de 406mm Mark 2 

Ce canon de 406mm est la pièce la plus lourde et la plus ancienne de l’arsenal américain. Mis au point pour les Colorado, il équipe donc trois cuirassés, les Colorado Maryland et West Virginia à raison de huit canons en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières). Ce canon est toujours en service en septembre 1948. Des évolutions ont fait évoluer ce canon en Mark 5 puis en Mark 8.

Lire la suite

Grande Bretagne (101) Armée de l’Air (12)

Les avions de la RAF (7) : entrainement

Avant-Propos

Former un aviateur est long, complexe et couteux. Impossible de confier des avions de guerre à des pilotes novices, ignorant tout du vol. Il fallait donc des avions adaptés, généralement des biplaces à double commande, permettant à l’instructeur de palier la déficience d’un élève.

A l’entrainement initial sur le vol à vue et le vol aux instruments succédant la spécialisation, l’entrainement au tir _commun à tous les pilotes_ l’entrainement au bombardement, l’entrainement à la chasse qui voyait l’utilisation soit d’appareils d’entrainement plus spécialisés (par exemple une version armée du biplace d’entrainement de base) soit l’utilisation d’appareils de combats déclassés, obsolètes sur le front mais largement capables pour entrainer les futurs pilotes.

La Royal Air Force (RAF) ne va pas échapper à la règle, utilisant des avions d’entrainement mono et bi-moteurs pour former pilotes de chasse, de bombardement et de coopération au sein des Operationnal Task Unit (OTU).

Ces avions sont tous britanniques mais face aux besoins, des appareils d’entrainement américains seront acquis dès le debut de la guerre dans le cadre d’un grand plan de formation avec les autres aviation du Commonwealth.

De gigantesques centres d’entrainement seront mis en place au Canada (pour l’Europe) en Afrique du Sud et au Maroc (dans le cadre d’une coopération avec la France) pour la Méditerranée, en Egypte, en Inde et en Australie pour le reste des théâtre d’opérations.

Ils formeront plusieurs milliers de pilotes et de navigants, les instructeurs étant des aviateurs détachés entre deux tours opérationnels pour transmettre leur expérience et leur savoir faire. Il s’agissait aussi de faire souffler les pilotes en leur épargnant pendant quelques semaines le stress et le risque du combat.

A noter que chaque squadron de bombardement disposait de quelques Avro Anson d’entrainement et d’expérimentations.

Au cours du conflit, pour réduire le fardeau logistique, les pilotes de la FAA et de la RAF suivront leur formation initiale dans les mêmes camps d’entrainement ce qui limitait les doublons permettait d’affecter du personnel dans d’autres services.

Airspeed Oxford

Airspeed AS.10 Oxford

Airspeed AS.10 Oxford

Tous les pilotes commencent leur formation sur des avions légers monomoteurs mais ceux destinés ou se destinant aux unités de reconnaissance, de transport et de bombardement doivent passer par un entrainement sur multimoteur pour se familiariser avec des caractéristiques de vol différentes.

Si parfois des avions bimoteurs déclassés sont utilisés, on use également d’avions spécifiquement conçu pour ce rôle et la RAF n’échappe pas à cette règle, mettant en service pour cette mission l’Airspeed AS.10 Oxford.

Pour répondre l’exigence opérationnelle n°42 (Operational Requirement 42), l’Air Ministry lança un appel d’offres (Specification T.23/36) le 10 juillet 1936.

La firme proposa une version militarisée de son Airspeed AS.6 Envoy, le prototype de ce monoplan à aile basse ayant lieu le 19 juin 1937.

L’urgence du besoin explique une commande précoce de 136 appareils, les commandes finales portant le nombre total d’Oxford avant guerre à 3500 appareils, 1500 Mk I avec une tourelle, 800 Mk II sans tourelle mais avec double commande, 600 Mk III (un Mk I amélioré) et 600 Mk IV (des Mk II améliorés), la production se poursuivant à bonne cadence durant les premières années du second conflit mondial.

Les appareils furent utilisés en Grande-Bretagne mais également dans les centres d’entrainement au Canada, en Afrique du Sud, en Inde et en Australie.

Outre l’entrainement l’appareil fût utilisé pour le remorquage de cibles, la liaison, les évacuations sanitaires et le transport léger.

Outre la RAF, l’appareil à été vendu à l’Australie, au Canada, à la Nouvelle-Zélande, à l’Afrique du Sud _tous dans le cadre du programme d’entrainement et de formation du Commonwealth_la Belgique, la Grèce, l’Iran, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, l’Espagne, la Yougoslavie et la Turquie.

Caractéristiques Techniques de l’Airspeed AS.10 Oxford

Type : bimoteur d’entrainement

Masse : à vide 2419kg en charge 3409kg

Dimensions : longueur 10.52m envergure 16.26m hauteur 3.38m

Motorisation : deux moteurs radiaux Armstong Siddeley Cheetah X de 350ch chacun

Performances : vitesse maximale 309 km/h à 2440m Endurance 5h30 Plafond opérationnel 7180m

Armement : mitrailleuses Vickers K en tourelle dorsale, 16 bombes d’entrainement de 5kg peuvent être emportées à l’extérieur

Equipage : trois hommes

Avro 626

Avro 626 en vol

Avro 626 en vol

L’Avro 626 est une version que l’on peut qualifier de “low-cost” de l’Avro 621 Tudor. Ayant effectué son premier vol en 1930, il est essentiellement vendu à l’exportation mais deux des 198 exemplaires sont livrés pour évaluation à la RAF.

Ces appareils sont retirés du service en septembre 1943. L’un des deux est détruit par un bombardement allemand en septembre 1949 et le second oublié dans un hangar est retrouvé en 1964, remis en état de vol et fait aujourd’hui les délices des amateurs de démonstration d’avions anciens.

L’appareil à connu un grand succès à l’exportation puisqu’il à été vendu en Argentine, au Chili, en Grèce, au Portugal, en Autriche, en Belgique, au Brésil, au Canada, en Chine, en Tchécoslovaquie (un appareil reçu, la crise de Munich à l’automne 1938 empêchant la construction sous licence), l’Egypte, l’Estonie, l’Irlande, la Lituanie, la Nouvelle-Zélande, l’Espagne républicaine.

Caractéristiques Techniques de l’Avro 626

Type : biplace d’entrainement

Masse : à vide 801kg en charge 1247kg

Dimensions : longueur 8.08m envergure 10.36m hauteur 2.92m

Motorisation : un moteur radial Armstrong Siddeley Lynx de 210ch

Performances : vitesse maximale 180 km/h vitesse de croisière 153 km/h distance franchissable 386km plafond opérationnel 4511m.

De Havilland DH.82 Tiger Moth

De Havilland DH.82 Tiger Moth

De Havilland DH.82 Tiger Moth

Dérivé du De Havilland DH.60 Gispy Moth, le DH.82 est conçu en réponse à l’Air Ministry Specification 13/31 demandant un avion d’entrainement initial. Le prototype ce de biplan d’entrainement effectue son premier vol le 26 octobre 1931.

Après avoir commandé 35 appareils type Tiger Moth Mk I (DH-82 pour son constructeur), la RAF poursuit ses acquisitions par la commande de 50 Tiger Moth Mk II (DH-82A), les premiers appareils entrant en service en février 1932.

Le Tiger Moth va devenir le principal avion d’entrainement initial de la RAF et des forces aériennes du Commonwealth. Produit jusqu’en septembre 1946, le Tiger Moth (DH-82, DH-82A, DH-82B ou Tiger Moth Mk III, DH-82C ou Tiger Moth Mk IV) était toujours en service en septembre 1948 avec pas moins de 2700 appareils produits (1800 pour la RAF, 300 pour la RCAF et la RCN, 300 pour la RAAF et RAN, 150 pour la RNZAF et 150 pour la RSAF)

A ces 2700 appareils produits s’ajoutent ceux exportés hors Commonwealth comme la Belgique,le (48 appareils), le Brésil (20 appareils), le Danemark (16 appareils), l’Egypte (12 appareils), la Finlande (16 appareils), la Grèce (12 appareils), l’Inde britannique (48 appareils), l’Iran (120 appareils), les Pays-Bas (64 appareils), la Norvège (8 appareils), la Pologne libre (16 appareils), le Portugal (12 appareils), la Rhodésie (8 appareils), l’Espagne (24 appareils), la Rhodésie du Sud (8 appareils), la Suède (24 appareils), la Thaïlande (8 appareils), l’Uruguay (8 appareils) et la Yougoslavie (16 appareils) soit un total de 488 appareils.

Caractéristiques Techniques du De Havilland DH-82A Tiger Moth II

Type : avion d’entrainement initial

Masse : à vide 506kg en charge 828kg

Dimensions : longueur 7.34m envergure 8.94m hauteur 2.68m

Motorisation : un moteur De Havilland Gipsy Major de 130ch

Performances : vitesse maximale 175 km/h à 300m distance franchissable 486km plafond opérationnel 4145m

Armement : jusqu’à huit bombes de 20 livres (environ 9kg)

General Aircraft Cygnet

General Aircraft Cygnet

General Aircraft Cygnet

Le General Aircraft GAL.42 Cygnet est un petit biplace d’entrainement et de sport, ayant effectué son premier vol en mai 1937. Dix appareils seulement ont été produits et mis en oeuvre par le squadron 510 jusqu’en septembre 1947 quand ils sont retirés du service et feraillés.

Caractéristiques Techniques du General Aircraft Cygnet

Type : biplace d’entrainement et de sport

Masse : à vide 669kg en charge 1000kg

Dimensions : longueur 7.09m envergure 10.52m hauteur 2.13m

Motorisation : un moteur Blackburn Cirrus Major II de 150ch

Performances : vitesse maximale 217 km/h distance franchissable 716km plafond opérationnel 4265m

Armement : aucun

Equipage : un pilote et un passager.

Miles M.9 & M.19 Master

Miles Master

Miles Master

Le Miles M.9 Master est issu du M.9 Kestrel présenté au meeting aérien d’Hendon en juillet 1937 mais qui n’entra jamais en production, le ministère de l’Air lui ayant préféré le De Havilland Don.

Cet appareil s’étant révélé une erreur, l’Air Ministry passa commande d’une version modifié du Kestrel baptisé M.9A Master. Le premier appareil de série effectua son premier vol le 31 mars 1939 et les premiers appareils entrèrent en service juste avant le début de la guerre de Pologne.

L’appareil va servir d’appareil d’entrainement initial ainsi que d’appareil d’entrainement à la chasse puisqu’à la différence du Tiger Moth il est armé dans sa version M.19 (quatre mitrailleuses de 7.7mm).

896 Miles M.9 et 472 Miles M.19 sont commandés par la RAF et mis en service entre août 1939 et septembre 1943.

La production se poursuit pour compenser l’attrition inévitable pour tout appareil et a fortiori pour un appareil d’entrainement. 128 appareils (104 Miles M.9 et 24 Miles M.19) sont ainsi livrés entre mai 1944 et septembre 1947 quand la production de l’appareil est stoppée au profit d’un nouvel appareil, le Miles M.27 un biplace armé utilisable aussi bien pour l’entrainement initial que pour l’entrainement à la chasse et au tir. Les premiers M.27 sont livrés en janvier 1948.

Le Miles Master à été exporté en Belgique, en Egypte, en Irlande, au Portugal, en Afrique du Sud et en Turquie.

Caractéristiques Techniques du Miles M.19

Type : avion d’entrainement avancé

Masse : à vide 1947kg maximale au décollage 2528kg

Dimensions : longueur 8.99m envergure 11.89m hauteur 2.82m

Motorisation : un moteur radial Bristol Mercury XX dévellopant 870ch

Performances : vitesse maximale 389 km/h à 1830m distance franchissable 632km plafond opérationnel 7650m

Armement : quatre mitrailleuses de 7.7mm dans les ailes avec 250 coups et quatre bombes de 15kg pour l’entrainement

Les avions d’entrainement disponibles en petite série

Outre les Tiger Moth, Magister et Master produits en très grand nombre, la RAF dispose d’avions d’entrainement en petits nombres acquis à une époque où elle faisait feu de tout bois dans un contexte d’expansion alors que la guerre menaçait.

Suite à la guerre de Pologne, la RAF choisit de privilégier le Tiger Moth, le Magister et le Master pour rationnaliser sa flotte d’entrainement et réduire son fardeau logistique.

miles-hawk-2

-Le Miles M.2 Hawk Trainer est un biplace de tourisme et de course dévellopé à partir du Miles Hawk Major et ayant donné naissance au Miles Magister. Il à été produit à 27 exemplaires utilisés par la RAF mais également par la Roumanie. Ces appareils ne sont cependant plus en service en septembre 1948 au moins de la RAF.

miles-m-7-nighthawk

-Le Miles M.7A Nighthawk qui effectue son premier vol le 18 décembre 1935 est un avion d’entrainement quadriplace dévellopé à partir du Miles Falcon Six. Il n’est produit qu’à quatre exemplaires pour la RAF utilisés au final pour les liaisons et le transport de VIP auxquels il faut ajouter deux appareils vendus à la Roumanie.

Caractéristiques Techniques du Miles M.7 Nighthawk

Type : monomoteur quadriplace d’entrainement et de liaison

Masse : à vide 750kg en charge 1090kg

Dimensions : longueur 7.62m envergure 10.67m hauteur : nc

Motorisation : un moteur De Havilland Gispy Six de 200ch

Performances : vitesse maximale 282 km/h vitesse de croisière 250 km/h plafond opérationnel 7010m

Miles Hawk Major

Miles Hawk Major

-Le Miles Hawk Major est un biplace d’entrainement conçu à l’origine comme un avion biplace de tourisme et de course, un aviol léger dirions nous aujourd’hui. Il à été produits à 64 exemplaires pour la RAF après un premier vol en 1934.

Caractéristiques Techniques du Miles Hawk Major

Type : biplace de tourisme, de course et d’entrainement

Poids : à vide 522kg en charge 840kg

Dimensions : longueur 7.32m envergure 10.06m hauteur 2.03m

Motorisation : un De Havilland Gispy Major de 200ch

Performances : vitesse maximale 241 km/h distance franchissable 901km plafond opérationnel 6100m

Miles M.14 Magister

Miles M.14 Magister

Miles M.14 Magister

Ce biplace monoplan qui effectue son premier vol le 20 mars 1937 est issu du Miles Hawk Trainer et la production qui commence en octobre 1937 voit la fabrication de 700 appareils quand éclate la guerre de Pologne.

La production se poursuit pour la suite mais à une cadence moindre que le Master. Résultat quand la production est stoppée en mars 1946, “seulement” 1100 Magister sont produits contre 1496 Master pour la RAF.

L’appareil est exporté en Australie, au Canada, en Egypte, en Belgique, en Estonie, en Irlande, en Lettonie, en Malaisie, en Nouvelle-Zélande au Portugal, en Afrique du Sud, en Turquie et en Thaïlande mais chaque fois en petit nombre.

Caractéristiques Techniques du Miles M.14A

Type : biplace d’entrainement monomoteur

Masse : à vide 570kg en charge 839kg

Dimensions : longueur 7.51m envergure 10.31m hauteur 2.03m

Motorisation : un moteur De Havilland Gispy Major de 130ch

Performances : vitesse maximale 229 km/h à 305m vitesse de croisière 200 km/h distance franchissable 612 km/h plafond opérationnel 5490m

Armement : aucun

Grande Bretagne (99) Armée de l’Air (10)

Les avions de la RAF (5) : les hydravions

Avant-propos

Les différentes armées de terre des principales puissances du début du vingtième siècle ne furent pas les seules à expérimenter le “plus lourd que l’air”. Les marines furent également intéressée pour voir ce qui se passait au delà de l’horizon, au delà des vigies et de leurs longues vues.

Le problème c’est que les premiers avions étaient de fragiles constructions de bois et de toile et que les éléments de l’océan étaient bien plus rudes que les éléments au dessus des terres.

D’où la concurrence d’un drôle d’engin, l’ornythorinque du monde aéronautique, l’hydravion, un avion pouvant décoller et aterrir sur l’eau ce qui permettait aux différentes marines d’avoir des yeux loin au delà de l’horizon.

Néanmoins l’utilisation de l’hydravion depuis des navires se heurta à un certain nombre de problèmes. Si le décollage fût résolu par la catapulte à poudre puis hydraulique, la récupération resta un problème insoluble, la récupération à la grue rendant le navire vulnérable aux sous-marins et le tapis séduisant sur le papier se révéla calamiteux sur le terrain.

L’utilisation d’hydravions depuis la terre posait nettement moins de problèmes. Mis à part la vulnérabilité au mouillage et la dangerosité de l’amerissage, l’utilisation d’hydravions à terre était assez facile surtout quand ils étaient amphibies et pouvant si besoin est se poser sur une piste d’avion.

Si en France et en Allemagne, les hydravions appartiennent tous à la marine, en Grande-Bretagne ce n’est pas le cas. Si les hydravions embarqués sur les cuirassés et les croiseurs dépendaient de la Fleet Air Arm, les hydravions basés à terre appartenaient au Coastal Command de la RAF.

En septembre 1939, le Coastal Command dispose d’un squadron de Supermarine Stranaer, deux équipés de Short Singapore et quatre équipés de Short Sunderland. Sur ces sept unités, quatre sont déployées hors de Grande-Bretagne.

Le nombre d’unités d’hydravion augmente ainsi que la qualité du matériel. Les Short Singapore et les Supermarine Stranaer sont remplacés par des Consolidated Catalina et des Supermarine Walrus, les Short Sunderland restant en service.

En septembre 1948, le Coastal Command dispose de huit squadrons d’hydravions en Métropole (quatre équipés de Sunderland, deux de Catalina et deux de Walrus), trois étant déployé en Méditerranée (un de Catalina à Gibraltar, un de Walrus à Malte et un de Sunderland en Egypte), deux au Moyen-Orient (un en Palestine et un à Aden, tous équipés de Catalina), deux en Inde (Bombay et Calcutta, le premier équipé de Sunderland, le second de Walrus), quatre en Extrême-Orient (deux à Singapour, un à Kuching et un à Alor Setar respectivement équipés de Catalina et de Sunderland, de Catalina et de Walrus), un à Hong-Kong équipé de Walrus et un aux Bermudes équipé de Catalina soit un total de vingt et un squadrons d’hydravions.

NdA : Pour le Supermarine Stranaer, voir la partie consacrée à la Fleet Air Arm (FAA) tout comme le Supermarine Walrus, le Saro London et le Saro Lerwick

Short Singapore

Short Singapore

Short Singapore

Effectuant son premier vol le 15 juin 1934, ce hydravion à coque biplan propulsé par quatre moteurs (deux tractifs deux propulsifs) était en réalité le Singapore III, le Singapore I apparut en 1926 n’ayant pas été produit au delà d’un exemplaire alors que Singapore II n’à servit qu’à l’évaluation dans le cadre de l’Air Ministry Specification R.3/33 avant que le Singapore III ne soit produit dans le cadre de la Specification R.14/34.

Déjà obsolète, l’appareil ne fût produit qu’à 37 exemplaires, la production cessant dès juin 1937 deux ans et demi après la mise en service survenue en janvier 1935.

En septembre 1939, deux squadrons sont équipés de cet appareil. Ces hydravions sont remplacés par des Supermarine Walrus et des Consolidated Catalina. Douze hydravions furent utilisés pour l’entrainement jusqu’en juin 1947 quand leur usure provoqua leur interdiction de vol.

Caractéristiques du Short Singapore III

Type : hydravion quadrimoteur de patrouille maritime

Masse : à vide 9237kg en charge 12773kg maximale au décollage 14692kg

Dimensions : longueur 19.56m envergure 27.43m hauteur 7.19m

Motorisation : quatre moteurs Rolls-Royce Kestrel VIII/IX de 675ch dans deux nacelles entrainant à chaque fois une hélice tractive et une hélice propulsive.

Performances : vitesse maximale 219 km/h à 5000 pieds vitesse de croisière 198 km/h distance franchissable 1610km Endurance 6h15 Plafond opérationnel 4570m

Armement : plus de trois mitrailleuses Lewis de 7.7mm plus de 500kg de bombes sous les ailes.

Equipage : six hommes

Short S.25 Sunderland

Short Sunderland

Short Sunderland

Short Sunderland survolant un convoi

Short Sunderland survolant un convoi

Surnommé le “porc-épic volant” (Fliegendes Stachelschwein) par les allemands, le Short S.25 Sunderland est l’un des plus célèbres hydravions du second conflit mondial. Il était issu du Short S.23 Empire, un hydravion commercial mais il serait réducteur de considérer le S.25 comme une version militarisée du S-23.

Outre la traque des submersibles allemands, italiens et japonais, l’hydravion géant mouilla des mines, ravitailla des mouvements irréguliers et servir d’appareil de transport qu’il s’agisse de personnel ou de fret.

C’est l’Air Ministry Specification R.2/33 qui encadra le dévellopement du S.25 Sunderland. Publiée en 1933, elle déboucha en 1934 sur la présentation de projets par les firmes Saunders-Roe, Supermarine, Blackburn et Shorts mais seuls Short et Saunders-Roe (Saro) furent sélectionnés pour produire respectivement le Sunderland et le Lerwick. Le prototype du S.25 effectue son premier vol le 16 octobre 1937.

En septembre 1939, quatre squadrons sont équipés de Sunderland, deux déployés en Grande-Bretagne, un en Egypte et le quatrième à Singapour.

La flotte de Short Sunderland connu ensuite une expansion importante puisqu’en septembre 1948 un total de sept squadron vont être équipés de ce formidable hydravion, nombre qui allait augmenter avec la mobilisation puisqu’il était prévu pas moins de douze squadron équipés de Sunderland.

Quand le second conflit mondial éclate, deux squadrons sont encore équipés de Mk I, deux disposent de Mk II et trois de Mk III.

Les Mk I doivent être remplacés par des Mk IV disposant de moteurs plus puissant et d’un armement renforcé, les mitrailleuses de 7.7mm devant être remplacé par des mitrailleuses de 12.7mm plus puissantes et à la portée accrue.

Voyant loin, la firme Short avait pensé au successeur du Sunderland. Baptisé initialement Sunderland Mk V, le Short Seaford ne devait entrer en production qu’en 1951.

A noter qu’une version hexamoteur du Sunderland, baptisée Sunderland Mk VI fût étudiée mais le projet ne fût pas mené à son terme.

Quand à la désignation Short Sunderland Mk VII, elle désignait les Sunderland de la Royal Australian Air Force (RAAF), des appareils adaptés pour opérer sous les tropiques tout comme les Sunderland de la RAF déployés à Singapour sans que ces derniers ne disposent d’une désignation particulière.

Les appareils de transport adoptés durant le conflit ne reçurent d’abord qu’une astérisque derrière leur numéro (par exemple Mk I*) avant de devenir des Mk VIII suivit d’une * pour le Mk I, deux ** pour les Mk II, trois *** pour le Mk III et enfin quatre **** pout le Mk IV. Ces appareils étaient dépourvus d’armement mais la soute n’était pas scellée pour parachuter conteneurs et sacs de courrier.

En ce qui concerne les utilisateurs étrangers, on trouve la RAAF avec trois squadrons, le Canada avec deux, la Nouvelle-Zélande avec trois, la Norvège (après la reconstitution d’une aviation libre après l’invasion du pays par l’Allemagne, un squadron) et l’Afrique du Sud avec un squadron.

Caractéristiques Techniques du Short Sunderland Mk III

Type : hydravion de patrouille maritime quadrimoteur multiplace

Masse : à vide 15663kg en charge 26332kg

Dimensions : longueur 26m envergure 34.39m hauteur 10m

Motorisation : quatre moteurs radiaux Bristol Pegasus XVIII de 1065ch chacun

Performances : vitesse maximale 336 km/h à 2000m vitesse de croisière 285 km/h à 1500m distance franchissable 2848km plafond opérationnel 4880m

Armement : seize mitrailleuses de 7.7mm en tourelles avant (quadruple) dorsale (quadruple) et arrière (quatre), quatre mitrailleuses sont installés dans des postes latéraux arrières en affût doubles plus une grande variante de charges offensives (bombes, mines, torpilles, charges de profondeur) en soute et sous les ailes.

Equipage : onze hommes (deux pilotes, opérateur radio, navigateur,ingénieur de vol, opérateur armement cinq mitrailleurs)

Consolidated PBY Catalina

Consolidated Catalina britannique approchant de l'île de Malte

Consolidated Catalina britannique approchant de l’île de Malte

Après avoir forcé le Japon à s’ouvrir au monde (1853), les Etats-Unis commencèrent peu à peu à voir dans l’Empire du Soleil Levant une menace pour le contrôle du Pacifique. En jouant les modérateurs lors des négociations suivant la guerre russo-japonaise de 1904/05, ils privèrent selon Tokyo des fruits politiques d’une victoire militairement incontestable notamment sur mer.

Néanmoins à l’époque, l’alliance anglo-japonaise de 1902 interdisait toute aventure militaire américaine. Le traité de Washington de 1922 vit l’abandon par Londres de cette alliance au nom d’une certaine solidarité anglo-saxonne.

La question était de savoir désormais non pas si il y aurait un conflit entre Washington et Tokyo mais quand.

Ce conflit devait avoir pour théâtre le Pacifique, une zone immense où les contraintes logistiques pésaient presque plus que les forces militaires. Le contrôle des bases et des voies de communication étaient donc des facteurs cruciaux tout comme l’attaque de lignes de communication de l’ennemi.

C’est dans ce contexte que les américains rédigèrent une série de plan Orange préparant la bataille décisive entre les deux marines. Ces plans qui situaient la bataille entre Okinawa et les Phillipines auraient été précédée de frappes aériennes contre la “queue”, la logistique adverse.

D’où le dévellopement du concept du “Patrol Bomber”, du patrouilleur-bombardier, un aéronef à très long rayon d’action capable de détecter l’ennemi et de l’attaquer à la bombe ou à la torpille.

Comme à l’époque l’hydravion semblait mieux adapté à la guerre aéronavale que l’avion, nombre de PB étaient des hydravions comme le Consolidated PBY Catalina, le Y désignant la firme constructrice.

A l’origine directe du Catalina figure une demande d’octobre 1933 pour des prototypes de patrouilleur-bombardiers,demande transmise à Consolidated, Martin et Douglas. Le ou les appareils dévellopés dans le cadre de cette demande devaient remplacés les imparfaits Consolidated P2Y et Martin P3M mis en service seulement en 1931.

La compétition finale opposa Consolidated et son XP3Y-1 à Douglas et son XP3D-1. Bien que l’appareil Douglas soit meilleur, le projet de Consolidated moins cher lui fût préféré.

Le vol inaugural du Consolidated XP3Y-1 eut lieu le 28 mars 1935. Bien que prometteur l’appareil fût renvoyé chez Consolidated pour quelques modifications (moteurs plus puissants notamment).

Rebaptisé XPBY-1, l’appareil effectua un nouveau vol inaugural le 19 mai 1936 avant que les premiers appareils de série ne soit livrés en octobre 1936. Jusqu’en 1939, le Catalina évolua avec des modifications successives.

Bien que possédant de très bons constructeurs d’hydravions, la Grande-Bretagne et plus précisément le Coastal Command de la RAF s’enticha du Catalina pour renouveler et acroitre sa puissance.

En juillet 1939, un exemplaire est acquis par le ministère de l’Air pour expérimentations et essais, une campagne abrégée par le déclenchement de la guerre de Pologne. Cet appareil est la version amphibie (capable de se poser sur l’eau ou sur une piste) du Catalina soit le PBY-5, la seule différence se situant au niveau de l’armement.

L’expérimentation reprend dès janvier 1940 et confirme tout le bien que les équipages du Marine Aircraft Experimental Establishment de Felixstowe pensent de l’appareil qui ne tarde pas à être commandé en série sous le nom de Catalina Mk I (PBY-5).

Trois squadrons (deux en métropole et un à Gibraltar) sont équipés de cet appareil utilisé pour la patrouille maritime, la lutte anti-sous-marine, le mouillage de mines et le sauvetage en mer.

Suite à l’apparition du PBY-6, la RAF décide d’abandonner la commande de nouveaux PBY-5 au profit de cette nouvelle version qui va équiper deux squadrons déployés au Moyen-Orient, un en Palestine et le second à Aden sous le nom de Catalina Mk II.

Les deux derniers squadrons déployés en Extrême-Orient (un à Singapour et à Kuching) sont équipés de Catalina Mk III, la version la plus moderne du Catalina, cette version disposant de la capacité de lancer deux torpilles aéroportées.

Outre leur pays d’origine et la Grande-Bretagne, le Catalina à été exporté en Argentine, en Australie, en France, au Brésil, au Canada, au Chili, en Chine nationaliste, aux Pays-Bas, en Nouvelle-Zélande, en Suède et en Afrique du Sud.

Caractéristiques Techniques du Consolidated Catalina Mk I

Type : hydravion de patrouille maritime à long rayon d’action

Masse : à vide 9485kg maximale au décollage 16066kg

Dimensions : longueur 19.46m envergure 31.70m hauteur 6.15m

Motorisation : deux moteurs radiaux Pratt & Whitney R-1830-92 Twin Wasp de 1200ch chacun

Performances : vitesse maximale 314 km/h vitesse de croisire 201 km/h distance franchissable 4030km plafond opérationnel 4000m

Armement : cinq mitrailleuses Browning ou Vickers de 7.7mm (deux en tourelle de nez, une ventrale à l’arrière et deux dans chaque postes arrières) 1814kg de charge militaire (bombes, charges de profondeurs voir torpilles)

Equipage : dix hommes (pilote, copilote, mitrailleur tourelle avant, ingénieur de vol, opérateur radio, navigateur, opérateur radar, trois mitrailleurs _deux latéraux et un ventral_)

Grande Bretagne (97) Armée de l’Air (8)

Les avions de la RAF (4) : avions-torpilleurs et avions du Coastal Command

Avant-Propos

L’apparition de l’avion donna une allonge considérable au combat sur mer. Le porte-avions permettait de combattre au delà de l’horizon et le second conflit mondial verra l’impensable : une bataille entre ennemis ne se voyant pas directement.

Certes avec la portée accrue des canons des cuirassés, il était de plus en plus difficile d’apercevoir nettement l’ennemi mais là la distance se mesurait en centaines de miles notamment dans le Pacifique entre les alliés et les japonais.

Outre l’aviation embarquée, on trouvait l’aviation navale basée à terre, la PatMar (Patrouille Maritime) en jargon français qui pouvait jouer un rôle capital notamment dans les mers fermées.

Pour prendre le seul exemple de la mer du Nord, les trois belligérants majeurs (France, Grande-Bretagne et Allemagne) dévellopèrent une puissante aviation à terre pour éclairer leurs forces, attaquer le trafic maritime, mouiller des mines, détruire les sous-marins….. .

Si la France dès le début et l’Allemagne “en cours de route” regroupèrent aviation embarquée et basée à terre sous le contrôle de la marine, la Grande-Bretagne sépara ses forces en deux entités.

En effet si l’aviation embarquée dépendait de la Fleet Air Arm (FAA) sous commandement direct de la Royal Navy, l’aviation basée à terre dépendait du Coastal Command, une entitée de la RAF.

Une chose est cependant commune aux trois pays c’est l’évolution quantitative et surtout qualitative des moyens mis en oeuvres, les avions et les hydravions présents en septembre 1948 ont des capacités bien supérieures à celles des avions en service en septembre 1939 qu’il s’agisse de nouveaux modèles ou de versions améliorées de modèles présents lors du déclenchement de la guerre de Pologne.

Pour mener à bien ses missions, le Coastal Command dispose d’avions de patrouille maritime, d’avions de lutte anti-sous-marine, de bombardier-torpilleurs, de chasseur-bombardiers et d’hydravions de surveillance, la RAF n’ayant pas dévellopé d’hydravions torpilleurs à la différence de la France et de l’Allemagne.

Avro Anson

Des Avro Anson sont encore en état de vol de nos jours

Des Avro Anson sont encore en état de vol de nos jours

La mise au point de l’Avro Anson est lié à la fois à un appareil civil, l’Avro 652 mais également une demande des services officiels britanniques à savoir l’Air Ministry Specification 18/35 demandant un appareil de reconnaissance maritime. L’appareil effectue son premier vol le 24 mars 1935 et le Coastal Command reçoit ses premiers appareils un an plus tard en mars 1936.

En septembre 1939, neuf squadrons du Coastal Command sont équipés d’Avro Anson dont quatre Auxiliary c’est à dire composés non d’engagés mais de réservistes mobilisés. Outre cette utilisation pour la patrouille maritime, ce petit bimoteur rapidement dépassé va servir pour l’entrainement qu’il s’agisse de l’entrainement au pilotage sur multimoteur (chaque squadron du Bomber Command dispose de quelques Anson) ainsi que l’entrainement au bombardement au sein d’Operational Training Unit (OTU).

La guerre de Pologne terminée, l’Anson va peu à peu être remplacé par des appareils plus modernes, les derniers Anson quittant le Coastal Command courant 1945 pour se concentrer sur l’entrainement, les liaisons, le remorquage de cibles et les expérimentations techniques et tactiques.

Les unités concernées reçoivent des Blackburn Buccaneer Mk II _version de surveillance côtière du Mk I embarquée sur les porte-avions de la RN_ pour quatre d’entre-eux, deux recevant des Vickers Wellington GR. Mk VIII, les trois derniers étant équipés de Lockheed Hudson.

L’appareil à été également utilisé par l’Australie (essentiellement pour l’entrainement, le transport léger et les liaisons), le Canada (Armée de l’Air et Marine), l’Inde britannique, la Nouvelle-Zélande, la Belgique, l’Argentine, la Finlande, la Grèce, l’Irlande, la Norvège, le Portugal, la Rhodésie, l’Afrique du Sud et la Turquie.

avro-anson-7

Caractéristiques Techniques de l’Avro Anson Mk I

Type : bimoteur de surveillance maritime et d’entrainement

Masse : à vide 2500kg en charge 3608kg maximale au décollage 3900kg

Dimensions : longueur 12.88m envergure 17.22m hauteur 3.99m

Motorisation : deux moteurs radiaux Armstrong-Siddeley Cheetah IX de 350ch chacun

Performances : vitesse maximale 302 km/h à 2100m distance franchissable 1271km plafond opérationnel 5791m

Armement : une mitrailleuse de 7.7mm tirant vers l’avant une mitrailleuse Vickers K en tourelle dorsale 163kg de bombes

Lockheed Hudson

Lockheed Hudson de la Royal Canadian Air Force (RCAF)

Lockheed Hudson de la Royal Canadian Air Force (RCAF)

Bien que possédant une industrie aéronautique puissante, la RAF n’hésita pas à se tourner vers l’étranger et notamment les Etats-Unis pour compléter une force aérienne qui connaissait une expansion si rapide que les constructeurs aéronautiques britanniques avaient du mal à suivre.

Parmi les avions étrangers choisis figure le Lockheed Hudson, un petit bimoteur issu du Lockheed Model 14 Super Electra. Baptisé Hudson, il est sélectionné par la commission des achats britanniques en 1938 pour soutenir au sein des unités du Coastal Command l’Avro Anson.

Les premiers Hudson sont livrés en février 1939 et quand la guerre de Pologne éclate, deux squadrons du Coastal Command sont équipés de Lockheed Hudson Mk I. Ces unités sont ultérieurement transformés sur bombardiers-torpilleurs Bristol Beaufort. Les appareils vont être utilisés pour l’entrainement et les essais.

Trois squadrons équipés d’Avro Anson sont rééquipés avec des Lockheed Hudson Mk II, deux nouvelles unités recevant en 1944/45, des Lockheed Hudson Mk III.

Si deux unités sont déployées en Grande-Bretagne, un squadron est déployé en Méditerranée (Malte) et deux en Extrême-Orient (un à Calcutta et un à Kuching).

Suite aux premières leçons du conflit, une nouvelle version du Lockheed Hudson va être commandée par la RAF pour équiper l’Army Cooperation Command (ACC). Ce Mk IV mène des missions de reconnaissance tactique, de bombardement léger voir de transport léger et d’EVASAN suivant un rôle semblable au Dewoitine D-720.

Le Hudson à aussi été exporté en Australie, au Brésil, au Canada, en Chine nationaliste, en Irlande, aux Pays-Bas, en Nouvelle-Zélande, au Portugal, en Afrique du Sud sans oublier que l’USAAC et l’US Navy ont acquis cet appareil.

Caractéristiques Techniques du Lockheed Hudson Mk I

Type : bimoteur de reconnaissance et de bombardement léger

Masse : à vide 5400kg en charge 7930kg maximale au décollage 8390kg

Dimensions : longueur 13.51m envergure 19.96m hauteur 3.62m

Motorisation : deux moteurs radiaux Wright Cyclone 9 cylindres de 1100ch chacun

Performances : vitesse maximale 397 km/h distance franchissable 3150km plafond opérationnel 7470m

Armement : deux mitrailleuses Browning de 7.7mm en tourelle dorsale, deux mitrailleuses identiques dans le nez, 340kg de bombes ou de grenades ASM

Equipage : six hommes

NdA Pour le Blackburn Buccaneer cf la partie consacrée à la Fleet Air Arm

Bristol Beaufort

torpille de 18 pouces Mark XII et un Bristol Beaufort

torpille de 18 pouces Mark XII et un Bristol Beaufort

Arme fragile par excellence, la torpille devait être lancée à basse vitesse. Comme le biplan possédait une vitesse de décrochage inférieure au monoplan, il avait été longtemps privilégié dans ce domaine très particulier de la guerre navale.

Néanmoins l’augmentation des performances des chasseurs rendaient les bombardiers-torpilleurs biplans vulnérables ce qui imposa un passage au monoplan en dépit des réticences de certains opérationnels britanniques.

A l’origine du Beaufort figure l’Air Ministry Specification M.15/35 & G.24/35 qui demandaient respectivement un bombardier-torpilleur bimoteur basé à terre et un appareil de reconnaissance générale.

Deux candidats se présentèrent, le Bristol type 152 (futur Beaufort) et le Blackburn B.26 futur Botha mais ce second sous-motorisé et connaissant une instabilité génératrice de crash ne connut qu’une carrière éphèmère, la production cessant rapidement et l’appareil rélégué aux missions secondaires.

L’appareil ressemblait au Blenheim mais il était plus large, une envergure plus importante, un fuselage allongé pour intégrer un quatrième membre d’équipage. Plus lourd, le Beaufort du abandonner les Mercury pour des moteurs plus puissants (Bristol Perseus) ce qui ne l’empéchait pas d’être plus lent que le Blenheim. Ces moteurs furent d’ailleurs remplacés sur les avions de série par des Bristol Taurus.

Le premier vol eut lieu le 15 octobre 1938 mais en raison de problèmes de surchauffe de moteurs, la production n’est lancée qu’en novembre 1939 et la mise en service n’est prononcé qu’en janvier 1940.

Le nouveau bombardier-torpilleur va équiper deux squadrons précédement dôtés de Lockheed Hudson ainsi que trois squadrons précédement équipés de biplans Vickers Vildebest. Si les deux premiers sont stationnés en Grande-Bretagne, les trois autres sont déployés outre-mer. L’un des squadrons équipés de Beaufort à été ultérieurement rééquipé de Beaumont, une version très améliorée du Beaufort.

En septembre 1948 ce sont donc quatre squadrons qui sont encore équipés de Bristol Beaufort mais cet appareil est en voie de déclassement puisque sa production à été stoppée en mai 1946 au profit exclusif du Beaumont.

L’appareil à également été produit sous licence par l’Australie, devenant le principal bombardier de la RAAF même si ses performances en matière de bombardement horizontal n’étaient pas fameuses. Il était également utilisé pour le mouillage de mines.

Le Beaufort à été également utilisé en petit nombre par le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et la Turquie.

Caractéristiques Techniques du Bristol Beaufort Mk I

Type : bombardier-torpilleur bimoteur quadriplace

Masse : à vide 5945kg en charge 9629kg

Dimensions : longueur 13.46m envergure 17.63m hauteur 4.34m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bristol Taurus 14 cylindres de 1130ch chacun

Performances : vitesse maximale 420 km/h à 1981m vitesse de croisière 410 km/h à 1981m distance franchissable 2600km plafond opérationnel 5030m

Armement : trois mitrailleuses de 7.7mm (deux en tourelle dorsale et une dans l’aile droite) puis six mitrailleuses de même calibre (deux dans le nez, deux en tourelle dorsale, une dans l’aile droite et une latérale) une torpille de 18 pouces (457mm) ou 907kg de bombes

Vickers Vildebest

Vickers Vildebeest

Vickers Vildebeest

A l’origine de ce bombardier-torpilleur biplan figure l’Air Ministry Specification 24/25 qui demandait un bombardier-torpilleur basé à terre pour remplacer le Hawker Horsley. Vickers proposa son type 132 qui décolla pour la première fois en avril 1928.

Opposé au Blackburn Beagle et au Handley-Page Hare, le Vickers type 132 connu des problèmes avec son Bristol Jupiter de moteur et Vickers proposa un second prototype, le Vickers type 204 propulsé par un Armstrong Siddeley Panther qui remporta le concours. Au final le futur Vildebest allait recevoir une nouvelle version du Jupiter qui devint plus tard le Pegasus.

L’appareil produit en relativement grand nombre donna naissance à un avion de coopération, d’usage général, le Vickers Vincent dont nous reparlerons ultérieurement.

Cinq squadron vont être équipés de Vildebest, appareils toujours en service en septembre 1939, presque sept ans après sa mise en service.

Les deux unités déployées en Métropole vont être transformées très (trop ?) tardivement sur chasseurs bombardiers De Havilland Mosquito alors que les trois unités déployées outre-mer vont recevoir des Bristol Beaufort, l’un d’entre-eux recevant des Bristol Beaumont.

Les Vildebest n’ont pas été conservés pour l’entrainement et les expérimentations en raison de leur obsoclescence. Les appareils ont été vite feraillés.

L’appareil à été également utilisé par l’Espagne (vingt-cinq exemplaires pour la marine) et la Nouvelle-Zélande qui acquis douze exemplaires en 1935 pour la défense côtière.

Caractéristiques Techniques du Vickers Vildebest Mk III

Type : bombardier-torpilleur monomoteur triplace

Masse : à vide 2170kg en charge 3864kg

Dimensions : longueur 11.18m envergure 14.94m hauteur 4.47m

Motorisation : un moteur Bristol Pegasus II-M3 radial de 635ch

Performances : vitesse maximale 230 km/h distance franchissable 2010km plafond opérationnel 5800m

Armement : une mitrailleuse fixe tirant vers l’avant de 7.7mm Vickers et une mitrailleuse Lewis de 7.7mm tirant vers l’arrière une torpille de 18 pouces ou 500kg de bombes

Bristol Beaumont

Le Bristol Beaufort était un bon appareil, sans défauts importants mais sans qualités qui en faisait un appareil extraordinaire. L’appareil étant amené à être rapidement déclassé, la firme Bristol travailla rapidement sur un nouvel avion.

A l’époque du dévellopement du Beaufort, Bristol travaillait déjà sur le Beaufigther dont une version torpilleur. Rien n’aurait pu empêcher la firme de remplacer les Beaufort par des Beaufigther mais au final la RAF préféra demander un bombardier-torpilleur bimoteur plus rapide et plus puissant.

L’appel d’offres est lancé en septembre 1944. Bristol, Fairey et Armstrong-Whitworth proposèrent des projets mais seul Bristol proposa deux prototypes.

Le fuselage du Beaufort était repris dans sa forme générale mais l’avant était affiné et la dérive simple était devenue double. Les ailes furent allongées et des moteurs Bristol Hercules XIX installés donnant à l’appareil un punch redoutable.

Sur le plan de l’armement, celui était sacrément renforcé avec une tourelle dorsale double, deux mitrailleuses dans le nez, une mitrailleuse automatique couvrant le secteur inférieur et quatre mitrailleuses dans les ailes soit un total de neuf mitrailleuses de 7.7mm, total qui pouvait passer à quinze avec le remplacement du nez vitré par un nez plein à l’instar du B-25 Mitchell.

Bien que conçu comme bombardier-torpilleur, le Bristol Beaumont allait être également acquis comme bombardier médian après le début du second conflit mondial.

Le premier prototype effectue son premier vol le 18 août 1946. Sa mise au point est rapide puisque les premiers appareils de série sont livrés à l’automne 1947.

Le Beaumont Mk I désigne les avions-torpilleurs du Coastal Command, le Mk II les futurs bombardiers médians que pourrait commander le Bomber Command. Quand au Mk III cette désignation va être réservée aux appareils exportés.

En septembre 1948, le Coastal Command dispose de seulement deux squadrons équipés de Beaumont même si le remplacement des Beaufort était planifié, le déclenchement du second conflit mondial à reporté ce remplacement sine die.

Caractéristiques Techniques du Bristol Beaumont Mk I

Type : bombardier-torpilleur bimoteur quadriplace

Masse : à vide 6350kg en charge 9890kg

Dimensions : longueur 14.76m envergure 18.23m hauteur 4.45m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bristol Hercules XIX de 1750ch chacun entrainant des hélices quadripales

Performances : vitesse maximale 490 km/h à 1981m vitesse de croisière 450 km/h à 1981m distance franchissable 2900km plafond opérationnel 7150m

Armement : neuf mitrailleuses de 7.7mm Browning avec quatre dans les ailes, deux dans la tourelle dorsale, deux dans le nez et une mitrailleuse pour la défense du secteur inférieur.

Le nombre peut passer à treize en configuration “nez plein” avec huit mitrailleuses dans le nez, deux en tourelle dorsale, quatre dans les ailes et une mitrailleuse pour la défense du secteur inférieur soit un total de quinze armes. Une torpille de 900kg ou 1500kg de bombes.

Equipage : Quatre hommes

Consolidated Privateer

consolidated-pb4y-2-privateer-9

Si la mer du Nord et la Méditerranée étaient de mers refermées que l’on pouvait surveiller avec des avions à court ou moyen rayon d’action, ce n’était pas le cas de l’Atlantique bien plus vaste où les sous-marins se trouvaient à l’aise.

Il fallait donc trouver un avion lourd et puissant, disposant d’un très grand rayon d’action pour pouvoir surveiller les mouvements navals ennemis et lutter contre les sous-marins.

Problème qui dit avion lourd et puissant dit aussi avion coûteux. A l’époque de la Pax Armada, des bombardiers quadrimoteurs sont en dévellopement et même en production pour le Bomber Command et ce dernier prioritaire n’entend pas détourner un appareil si précieux au profit du Coastal Command.

Après avoir envisagé d’obtenir des bombardiers déclassés puis avoir échoué dans l’acquisition d’Avro Lancaster, le Coastal Command décida de se tourner vers les Etats-Unis.

Après avoir étudié l’acquisition de Boeing B-17 puis de Consolidated B-24 Giant, la RAF sélectionna le Privateer, un appareil spécialement conçu pour la patrouille maritime issu du B-24 plus connu en France sous le nom de Consolidated model 32F Géant.

A l’origine de ce dernier figure une demande des autorités américaines à la firme Consolidated de produire sous licence le B-17.

Après avoir visité les usines Boeing de Seattle, le président de la firme de San Diego Reuben Fleet décida de dévelloper son propre bombardier lourd et en janvier 1939, l’USAAC officialisa la proposition de Consolidated (proposition C-212). En mars, un contrat est signé pour un prototype à livrer avant la fin de l’année. Le prototype décolle pour la première fois le 9 décembre 1939.

Le Privateer se distingue du Géant par un fuselage plus long (pour pouvoir accueillir un ingénieur de vol), une dérive unique et un armement défensif accru avec six mitrailleuses de 12.7mm Browning M-2 en six tourelles doubles.

L’appareil conçu à la demande de l’US Navy entre en service en 1944 au sein de l’US Navy et ne tarde pas à rejoindre les rangs du Coastal Command.

Quatre squadrons de patrouille maritime à long rayon d’action sont mis sur pied entre 1944 et 1946, un stationné en Ecosse, un aux Bermudes, un autre à Gibraltar et un quatrième dans les îles Andaman dans l’Océan Indien.

En septembre 1948, cet appareil était toujours en service et une nouvelle version était en passe d’entrer en production, permettant d’envisager l’avenir de la flotte des Privateer avec sérénité.

Caractéristiques Techniques du Consolidated PB4Y-2 Privateer

Type : avion de patrouille maritime

Masse : à vide 12467kg maximale au décollage 29500kg

Dimensions : longueur 22.73m envergure 33.53m hauteur 9.17m

Motorisation : quatre Pratt & Whitney R-1830 radiaux de 1350ch chacun

Performances : vitesse maximale 482 km/h vitesse de croisire 224 km/h distance franchissable 4540km plafond opérationnel 6400m

Armement : douze mitrailleuses de 12.7mm Browning M-2 en six tourelles doubles (deux dorsales, une avant une arrière et deux latérales) plus de 5800kg de bombes, mines ou de torpilles.

Equipage : onze hommes (deux pilotes, un navigateur, un bombardier, cinq mitrailleurs et deux radio-opérateurs)

Grande Bretagne (88) Armée de terre (13)

Chenillettes

Avant-propos

La guerre des tranchées posa le problème du ravitaillement de l’infanterie en munitions au milieu d’un terrain bouleversé.

L’utilisation d’animaux de bat comme en montagne se révélant très difficile pour ne pas dire impossible on chercha un moyen mécanique d’amener aux premières lignes les munitions nécessaires, la première véritable guerre industrielle se révélant être un véritable gouffre à munitions.

Le conflit se termina sans qu’une solution satisfaisante ne soit trouvée. Ce n’est qu’au cours des années vingt-trente qu’un moyen mécanique performant fût trouvé sous la forme d’une chenillette capable de transporter des munitions et du ravitaillement voir de transporter et/ou de remorquer les pièces lourdes.

Inspirés des chenillettes Carden-Loyd, les Universal et Loyd Carrier vont faire école en France, la Renault UE étant directement inspirée de la chenillette Carden-Loyd.

Universal Carrier

Universal Carrier Mk II

Universal Carrier Mk II

A l’origine du “transporteur universel” figure les chenillettes Carden-Lloyd qui elles même venaient de la création du colonel Martel, un officier britannique qui avait créé des chars monoplaces alors que le tank connaissait au sein de l’armée britannique une véritable traversée du désert qui explique en partie l’état calamiteux du RTC en septembre 1939 avec des chars globalement inférieurs à leurs homologues continentaux.

En 1934 Vickers produit un véhicule chenillé léger, le Vickers-Armstrong D50 qui disposait d’un moteur à l’avant, d’un emplacement blindé pour un conducteur et un mitrailleur et d’un espace arrière non protégé pour le chargement.

Un petit nombre de ces véhicules furent acquis (soixante-neuf) pour être expérimentés avant de trouver un remplaçant aux tracteurs d’artillerie Dragon. Les véhicules sont livrés en 1936.

A l’origine il existait des modèles différentes adaptés à leur mission spécifique comme le Medium Machine Gun Carrier pour le transport d’une mitrailleuse Vickers et de leurs servants, le Bren Gun Carrier pour le transport d’un trio servant un fusil-mitrailleur Bren,

le Scout Carrier pour le transport d’éclaireurs d’infanterie et enfin le Cavalry Carrier mais dès l’automne 1940 dans le but de rationnaliser production et utilisation un modèle unique est adopté baptisé Universal Carrier.

Le modèle définitif était organisé avec deux membres d’équipage à l’avant, le moteur au centre et l’espace de chargement à l’arrière, un espace peu protégé ce qui rendait inconfortable son utilisation comme un véritable transport de troupes.

Les premiers véhicules sont livrés en 1937 et la production continue jusqu’en 1948 en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et au Canada pour équiper les unités d’infanterie, de char, du génie, de la logistique.

En septembre 1945, Ford Motors acquis la licence du Universal Carrier pour produire un véhicule de transport à destination de l’US Army ainsi qu’un char ultra-léger. Si le second projet ne dépassa pas le stade du prototype (blindage et armement trop faible _deux mitrailleuses calibre .50_), le premier remporta un franc succès auprès des G.I qui l’utilisèrent pour le transport des armes lourdes et le remorquage des canons antichars.

Si l’infanterie l’utilisait pour le transport de ses armes d’appui (mitrailleuses Vickers, fusil-mitrailleur Bren, mortiers), le remorquage des canons antichars de 2 et 6 livres, le transport de troupes (en dépit d’une protection faible de l’espace arrière), la cavalerie et les chars l’utilisait pour le transport de Scouts d’éclaireurs chargés de répérer les guets, les ponts, les éclaireurs étant intégrés aux unités de reconnaissance, utilisant parfois des motos side-car à la place des chenilettes.

Le génie va l’utiliser pour le transport des sapeurs, le transport du matériel de destruction, de franchissement, de minage et de déminage. L’artillerie va l’utiliser comme véhicule d’observation avancé. L’arme savante par excellence va également mettre en oeuvre une version lance-flamme baptisé Wasp.

A la différence des chenillettes Renault UE, les Universal Carriersont toutes armées en l’occurence un fusil mitrailleur Bren.

Un temps un véhicule par section du Carrier Platoon disposait d’un fusil antichar Boys mais à partir de 1943 cette particularité va disparaitre et le véhicule en question embarquait une Vickers ou un Bren.

Les Universal Carrier produites au Canada et en Australie notamment étaient identiques aux modèles britanniques. Ottawa à cependant produit une version baptisée Windsor plus longue de 76cm et qui allait servir de base au premier véritable APC du Commonwealth, le Kangaroo.

Outre les pays producteurs, la chenillette Universal Carrier à été exportée en Grèce, en Chine, en Argentine, au Brésil, aux Pays-Bas et en Suisse.

Caracteristiques Techniques du Universal Carrier Mk I

Poids : à vide 3.19 tonnes en charge 3.75 tonnes

Dimensions : longueur 3.65m largeur 2.06m hauteur 1.57m

Motorisation : un moteur Ford 8 cylindres essence dévellopant 85ch

Performances : vitesse maximale 48 km/h distance franchissable 250km

Blindage : 7 à 10mm

Armement : un fusil-mitrailleur Bren le plus souvent mais parfois un fusil antichar Boys est embarqué à cela s’ajoute les armes transportées (mitrailleuses, mortiers) ou remorquées (canons antichars).

Loyd Carrier

loyd-carrier

Le Loyd Carrier est un autre transporteur chenillé conçu à partir des principaux éléments du camion routier (4×2) Fordson 7V, le moteur étant installé à l’arrière du véhicule. Il utilisait également des composants du Universal Carrier.

Ce véhicule à été conçu à une époque où les commandes se multipliaient tous azimut pour faire face à une augmentation rapide des besoins.

Une première commande de 200 exemplaires est passée en 1939 et livrée courant 1940, le Loyd Carrier étant considéré comme un véritable transport de personnel à la différence de l’Universal Carrier.

Des commandes supplémentaires sont passées pour équiper les unités d’infanterie des divisions et des brigades blindées, l’infanterie des Infantry Division étant motorisée en étant transportée par camions qui la rend mobile mais pas aussi manoeuvrante que l’infanterie portée des Armoured Division et des Independent Armoured Brigade.

Après le Carrier, Tracked, Personnel Carrying Mk I, une version Mk II améliorée fût conçu peu avant le début de la guerre, la production de cette version avait commencée quelques semaines avant le déclenchement du second conflit mondial.

Par rapport au Mark I, le Mark II avait installé le moteur à l’avant droit avec le conducteur à gauche, le tireur s’installant derrière pour mettre en oeuvre une mitrailleuse Besa de 7.92mm sous bouclier, l’idée d’une tourelle un temps envisagée comme sur le véhicule français Renault DAJ-1 n’ayant pas été menée à son terme. Les soldats sont toujours embarqués à l’arrière.

Outre la version transport de personnel, des variantes spécialisées ont été prévues : commandement, dépannage, transmissions, tracteur d’artillerie, lance-flammes.

Si avant la guerre le véhicule n’à pas été exporté, le début du conflit voit le Canada produire une version spécifique la Mark III qui se distingue par un moteur Ford plus puissant et un armement différent avec une Vickers 7.7mm en place de la Besa.

Le retour d’expérience de la campagne de Norvège accélère le passage vers un véritable Armoured Personnal Carrier (APC) avec un compartiment de troupes couvert et une véritable tourelle armée d’une mitrailleuse Besa de 7.92mm, c’est le Carrier Tracked Personnal Carrying Mk IV.

Caracteristiques Techniques du Loyd Carrier Mark II

Poids : 4.50 tonnes

Dimensions : longueur 4.24m largeur 2.06m hauteur 1.42m

Motorisation : un moteur essence Ford V8 de 85ch

Performances : vitesse maximale 48 km/h sur route distance franchissable 220km

Blindage : 7mm

Armement : une mitrailleuse Besa de 7.92mm sous bouclier avec 2500 cartouches

Equipage : 2 hommes plus un groupe de combat à l’arrière

Camions

Tout comme les autres armées, l’armée de terre britannique utilise de nombreux camions plus ou moins spécialisés pour assurer le transport des divisions d’infanterie (entièrement motorisées) et des taches de soutien logistique.

CMP Field Artillery Tractor

CMP Field Artillery Tractor

-Le CMP Field Artillery Tracktor est un tracteur d’artillerie d’origine canadienne 4×4, le Chevrolet 8440/CGT Tractor 4×4 Field Artillery utilisé par l’armée canadienne, l’armée britannique et les autres armées des Dominions (Australie, Nouvelle-Zélande).

Il est utilisé pour tracter les obusiers de 25 livres et les canons antichars de 17 livres. Les premiers véhicules sont mis en service dans l’armée canadienne en 1940 avant d’être exportés dans les autres pays du Commonwealth (Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud) mais également en Irlande.

La production de ce véhicule est toujours en cours en septembre 1948 sans grandes modifications mis à part des points de détail.

AEC Matador

AEC Matador

-L’autre tracteur d’artillerie de l’armée britannique est l’Associated Equipment Company (AEC) Matador, un tracteur d’artillerie 4×4 avec un autre véhicule en version routière 4×2 appelée également Matador. Un véhicule 6×6 appelé Marshall est également dévellopé pour les pièces les plus lourdes.

Certains Matador ont été livrés à la Royal Air Force (RAF) pour le remorquage des pièces d’artillerie antiaériennes lourdes mais également pour le dépannage et le ravitaillement en carburant.

Il y eut également des tests de pièces d’artillerie autoportées, l’Afrique du Sud installant un canon de 6 livres tirant vers l’arrière.

Cette configuration ne dépassa pas le stade du prototype mais au cours de la campagne de Norvège, des unités antichars lassées d’être tournées par les unités allemandes démontèrent les affûts de leurs canons antichars de 6 livres et les installèrent sur des Matador pour obtenir une pièce puissante et mobile.

Comme pour le CMP FAT, le Matador à servit dans les différentes armées du Commonwealth à savoir le Canada, l’Afrique du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Morris CDSW

Morris CDSW

-Le Morris CDSW est un tracteur d’artillerie 6×4 mis en service au milieu des années trente pour permettre de remorquer les pièces d’artillerie de campagne (canon de 18 livres, obusier de 4.5 pouces, obusier de 25 livres) mais également les canons antiaériens de 40mm Bofors.

Ce véhicule était toujours en service en septembre 1939 mais neuf ans plus tard, il à été largement remplacé par le Morris C8 “Quad” et l’AEC Marshall.

Une partie des véhicules est stockée et ressortie des dépôts au moment de la mobilisation, le temps que des véhicules modernes sortent des chaines de montage.

Morris C-8

Morris C-8

-Le Morris C8 “Quad” est utilisé principalement pour tracter les canons de 25 livres, la principale pièce d’artillerie de campagne britannique (pour ne pas dire la seule). Il était également utilisé pour tracter le canon antichar de 17 livres.

Chaque régiment d’artillerie disposait de 36 Morris C8 Quad, vingt-quatre tractant un canon et un caisson à munitions, douze tractant deux caissons.

La mise au point du véhicule commence en 1937, les premiers véhicules étant livrés fin 1939 quand s’achève la guerre de Pologne. Une poignée de véhicule aurait réussit à passer en France mais ce n’est pas confirmé.

Outre le tracteur d’artillerie, des variantes ambulance, dépannage et transport de charges ont été mises au point.

Caracteristiques Techniques du Morris C8 “Quad”

Poids : 3.4 tonnes

Dimensions : longueur 4.489m largeur 2.21m hauteur 2.26m

Motorisation : un moteur essence Morris EH 4 cylindres de 70ch

Performances : vitesse maximale : 80km/h autonomie : 257km

Blindage : aucun

Equipage : un conducteur plus six passagers

Scammel Pioneer

Scammel Pioneer

-Le Scammell Pioneer est un tracteur lourd routier 6×4 issu paradoxalement d’un véhicule tout-terrain destiné aux colonies britanniques pour un usage civil. Sorti en 1927, un exemplaire est acquis en 1932 pour servir de porte-char avec une remorque dédiée mais cet achat est sans lendemain.

Il faut attendre 1935 pour attendre que ce modèle soit commandé en série mais avec un moteur diesel en remplacement d’un moteur à essence.

Ce véhicule va servir principalement de tracteur d’artillerie lourde et de porte-char avec une remorque dédiée mais également de véhicule de d”pannage lourd.

Des commandes régulières sont passées suivant l’augmentation des grandes unités blindées-mécanisées de la British Army. Ainsi en septembre 1948, 840 Scammell Pioneer sont en service dans les trois variantes sus-nommées et la production continue alors que le second conflit mondial à éclaté.

Caracteristiques Techniques du Scammell Pioneer

Poids : 8.4 tonnes

Dimensions : longueur du tracteur 6.70m (totale avec remorque 10.97m) largeur 2.87m hauteur 2.74m

Blindage : aucun

Motorisation : un moteur Gardner diesel de 102ch

Performances : vitesse maximale 35 km/h distance franchissable 850km

Bedford OY

Bedford OY

-Le Bedford QL était un camion cargo utilisé par l’armée britannique dès la guerre de Pologne mais également durant le second conflit mondial.

Véritable bête de somme de l’armée britannique et de celles du Commonwealth, il fût décliné en version cargo, citerne à carburant, citerne à eau, dépannage, poste de commandement, hôpital de campagne. La production était toujours en cours dans des versions améliorées en septembre 1948.

Caracteristiques Techniques du Bedford QLG

Poids à vide 3.277 tonnes en charge 6.985kg charge utile 3 tonnes

Dimensions : longueur 5.99m largeur 2.26m hauteur 2.54m

Motorisation : un moteur Bedford 6 cylindres essence dévellopant 72ch

Performances : vitesse maximale : nc Autonomie 250km

Equipage : un conducteur et jusqu’à onze passagers

Blindage : aucun

Austin K5

Austin K5

-Le Austin K5 était un autre camion utilisé par l’armée britannique, sa capacité de chargement étant identique à celle du Bedford QLG. Tout comme le Bedford il fût décliné en de nombreuses versions spécialisées, adaptées aux besoins d’une armée moderne.

Caractéristiques Techniques du Austin K5

Poids : 6.7 tonnes charge utile 3 tonnes

Dimensions : longueur 5.99m largeur 2.21m hauteur 3.02m

Motorisation : un moteur essence Austin 6 cylindres de 85ch

Blindage : aucun

Bedford OY

Bedford OY

-Le Bedford OY est un autre camion utilisé pour le soutien logistique, la guerre blindée-mécanisée nécessitant des quantités phénoménales de carburant, de munitions, de pièces détachées sans oublier les vivres.

Comme l’Austin K5 et le Bedford OLG, le Bedford OY à été décliné en différentes versions : cargo, dépannage, tracteur d’artillerie, camion citerne à eau, camion citerne à essence, camion-benne…. .

Mis en service en septembre 1939, il est toujours en service en septembre 1948 et toujours en production pour augmenter les stocks de véhicules mais également remplacer les premières pertes du conflit qui s’annonce nettement plus long et coûteux que la guerre de Pologne.

Le Bedford OYD était la version cargo alors que le OYC était la version citerne de ce véhicule qui existait également en version à empattement raccourci, le Bedford OX. Le OXD était la version d’usage général (en clair un camion cargo) alors que le OXC était destiné au remorquage de remorques porte-char, le Bedford OXA étant une version à cabine blindée.

Caracteristiques Techniques du Bedford OY

Poids : 6.5 tonnes

Dimensions : longueur 6.22m largeur 2.18m hauteur 3.09m

Motorisation : un moteur essence de 72ch

Performances : vitesse maximale 65 km/h distance franchissable 450km

-D’autres camions ont été produits en petite quantité durant la guerre de Pologne comme le Leyland Retriever un véhicule 6×4 mais également le Diamond T-980 acquis en 1941 pour servir de remorqueur de remorques porte-chars pour les véhicules les plus lourds, cet achat aux Etats-Unis s’expliquant par la surcharge de l’industrie britannique.

Véhicules légers

Austin K2

Austin K2

-L’Austin K2/Y est une ambulance lourde utilisée par la British Army mais également par les différentes armées du Commonwealth. Elle était basée sur le chassis du camion léger Austin K30 avec une demi-cabine, le haut de la cabine solide étant remplacé par une bache protégeant contre les intempéries mais pas vraiment contre la feraille du champ de bataille.

L’espace pour les blessés à été conçu par le Royal Army Medical Corps et mesure environ 2.6m de long 2m de large et 1.7m de haut.

Caracteristiques Techniques de l’Austin K2/Y

Poids : 3124kg (à vide)

Dimensions : longueur 5.49m largeur 2.26m hauteur 2.79m

Motorisation : un moteur essence Austin dévellopant 60ch à 3000 tours par minute

Performances : vitesse maximale 80 km/h

Blindage : aucun

Equipage : 2 ou 3 hommes 4 blessés allongés ou 10 assis

-Outre cette ambulance lourde que nous venons de voir, l’armée de terre britannique disposait d’autres véhicules légers qui étaient principalement utilisés au début de la guerre pour trois missions :

-service général : transport et liaison

-véhicule d’état-major

-véhicule radio

Humber Heavy Utility Car

Humber Heavy Utility Car

-Le véhicule de base est la Humber Heavy Utility Car, un véhicule 4×4 produit à partir de 1940 et entrant en service courant 1941. D’abord utilisé comme véhicule d’état-major, la Humber Heavy Utility Car fût décliné ensuite en version GS (General Service/Service Général) avec une cabine à deux places à l’avant et un plateau arrière pouvant recevoir 500kg de charge ou six hommes.

Ce véhicule était toujours en production en septembre 1948 même si la nécessité de produire plus rapidement un véhicule moins coûteux rendait son avenir fort incertain.

-L’autre véhicule est le camion de 8-cwt Humber, un camion de 400kg de charge utile avec un habitacle avant recouvert d’une capote et soit d’un plateau arrière ou d’un habitacle fermé, le premier utilisé pour la version GS et le second pour la version transmission (FFW Fitted for Wireless, radio).

-La firme Bedford proposa également un véhicule de 15 cwt (charge utile : 750kg), un camion de 2 tonnes au total choisit par le War Office à partir de 1935 pour une série de tests qui débouche sur la commande en août 1938 de 2000 exemplaires d’un véhicule adapté aux besoins militaires, le Bedford MWD.

Les commandes se succèdent pour équiper la British Army mais également la Royal Air Force et la Royal Navy pour des missions de transport d’hommes et de matériel, la RAF utilisant ces véhicules pour transporter les équipages et les bombes destinés aux bombardiers.

La version de base disposait d’une cabine munie d’une capote et d’un plateau arrière bâché, les versions ultérieures disposaient eux d’une cabine entièrement fermée, la partie haute étant cependant démontable en cas de besoin.

Grande Bretagne (86) Armée de terre (11)

Tank Cruiser Mk I

cruiser-tank-mk-i-6

Quand le premier conflit mondial éclate, les unités de cavalerie sont présentes en grand nombre dans les différentes armées. N’imaginant pas le conflit qui va suivre, les différents belligérants conservent des régiments, des divisions de cavalerie pour des missions de reconnaissance, de flanquement et de poursuite.

Quand le conflit se fige dans un atroce et immonde réseau de tranchées, la cavalerie se retrouve bien en peine pour opérer dans un monde de boue.

De nombreuses unités sont dissoutes, des hommes du rang et des officiers sont transférés dans l’infanterie. On conserve cependant quelques unités dans l’espoir d’exploiter la percée tant attendue et tant recherchée.

Cette percée n’aura jamais lieu mais la cavalerie est conservée sous la forme d’unités montées mais également d’unités motorisées avec des autos blindées mais également des chars légers.

Dès la mise en service des chars Mark lourds et pesants, on eut l’idée d’un char plus léger et plus véloce destiné à exploiter la percée obtenue par les chars Male et Female.

Le Whippet

Le Whippet

C’est l’acte de naissance du Whippet, un char léger pouvant filer à 13.4 km/h (le double des Mark) armé de mitrailleuses. Ce char ne fût pas une franche réussite, l’absence de canon pouvait le rendre vulnérable et des problèmes de transmissions et d’embrayage le rendait sensible aux pannes.

Néanmoins ce concept allait être conservé d’abord avec des chars expérimentaux (Medium B Medium C) puis avec le concept du char-croiseur ou Tank Cruiser dans le langue de Shakespeare, un véhicule véloce mais mal armé et mal protégé ce qui le rendait vulnérable à un affrontement contre des chars ennemis.

Comme tous les autres chars britanniques de “nouvelle génération”, le char-croiseur n°1 (Tank Cruiser Mk I) est issu du rapport de 1934 qui recommandait deux types de char, un char rapide pour la poursuite, le raid et un char lent pour l’appui-rapproché de l’infanterie.

A l’origine du Tank Cruiser Mk I figure une initiative privée de Vickers-Armstrong et de son ingénieur en chef John Carden qui décida de mettre au point un char peu coûteux pour remplacer les chars medium en service à l’époque.

Cette décision donne naissance au A9E-1 qui dispose d’un blindage de 14mm, pouvant filer à 50 km/h avec un armement principal composé d’un canon de 2 livres, l’armement standard pour les chars britanniques de l’époque.

Après une batterie de tests officiels et en dépit de certaines faiblesses, le char est accepté en 1937 comme une solution d’attente, le temps que soit mis au point un char-croiseur utilisant la remarquable suspension Christie. 125 exemplaires sont commandés et livrés entre janvier 1939 et septembre 1940 avec incluse une version Close Support où un obusier de 94mm (3.7 pouces) remplaçait le canon de 2 pouces.

La carrière de ce char est courte puisqu’il est retiré du service courant 1942, remplacé par le Tank Cruiser Mark III à suspension Christie qui remplaça également le Tank Cruiser Mark II.

Caracteristiques Techniques du Tank Cruiser Mark I

Poids : 12 tonnes

Dimensions : longueur 5.8m largeur 2.5m hauteur 2.65m

Motorisation : moteur essence AEC de 150ch

Performances : vitesse maximale 40 km/h autonomie 241 km

Blindage : 14mm

Armement : un canon de 2 livres et trois mitrailleuses Vickers .303

Equipage : 6 hommes (chef de char, tireur, pourvoyeur, conducteur, deux mitrailleurs)

Tank Cruiser Mark II

cruiser-tank-mk-ii-2

A l’origine du char-croiseur n°2 figure le Vickers A-9E1 qui devait être développé en deux versions, une version Infantry Tank (A-10) et une version Cruiser baptisée Tank Cruiser Mark I. Si le second fût accepté par le Royal Tank Corps, le premier perdit son duel face au Matilda II et fût donc reclassé comme char-croiseur devenant le Cruiser Mark II.

Vickers mit au point l’A-9E1 qui allait déboucher le Cruiser Mk I ainsi que l’A-10 qui devait répondre à la catégorie char d’appui d’infanterie mais le Matilda II lui fût préféré et il fût reclassé comme char-croiseur devenant le Cruiser Mark II.

Par rapport au A-9E1, le A-10 dispose d’un blindage plus épais (25mm au lieu de 14mm), une seule tourelle au lieu des trois (les deux tourelles auxiliaires sont débarquées), son poids est supérieur de deux tonnes au A-9 ce qui entraine une réduction de sa vitesse de 40 à 26 km/h.

Le prototype baptisé Tank Experimental A-10E1 est prêt en 1936 mais suite à la mort de John Carden dans un accident d’avion, le dévellopement est plus lent qu’espéré.

En 1937, l’A-10 perd son duel face au Matilda II mais dès 1938 il est choisit pour être un char-croiseur lourd. Une fois adopté officiellement, il est connu sous le nom de Tank Cruiser Heavy Mk I puis Tank Cruiser A10 Mk I et enfin Tank Cruiser Mk II.

La production commence en juillet 1938 avec 175 véhicules (dont 30 en version d’appui-rapproché) suivit d’une deuxième commande de 75 véhicules passée en décembre 1939 peu avant la fin de la guerre de Pologne soit une production globale de 250 véhicules.

La carrière du Tank Cruiser Mark II est assez courte puisque comme son prédecesseur le Mk I, il est retiré du service fin 1942-début 1943 remplacé notamment par le Tank Cruiser Mark VI Crusader, le troisième char-croiseur à suspension Christie qui annonce le futur Cromwell, premier char britannique à combiner efficacement la vitesse, l’armement et la protection. Une fois retirés du service, ils ont été essentiellement utilisés pour l’instruction.

Caracteristiques Techniques du Tank Cruiser Mark II

Poids : 14.3 tonnes

Dimensions : longueur 5.59m largeur : 2.54m hauteur : 2.64m

Motorisation : un moteur essence AEC type A179 de 150ch

Performances : vitesse maximale 26 km/h sur route 13 km/h en tout terrain autonomie 160km

Blindage : 6 à 30mm

Armement : un canon de 2 pouces avec 100 coups et deux mitrailleuses une Vickers coaxiale calibre .303 et une BESA de 7.92mm de caisse avec 4050 coups

Equipage : 5 hommes (chef de char, tireur, pourvoyeur, chauffeur, mitrailleur de caisse)

Tank Cruiser Mark III

cruiser-tank-mk-iii-2

Les Tank Cruiser Mark I et II n’étaient que des chars intérimaires, des chars destinés à exprimer rapidement et à peu de frais le concept du char-croiseur en attendant un char plus performant, plus rapide et mieux protégé.

Pour gagner en rapidité, on peut jouer sur le blindage, sur un moteur plus puissant ou sur la suspension. Les premiers char-croiseurs britanniques utilisaient une suspension avec des bougies triples, un système largement perfectible.

Le système inventé par J. Walter Christie était nettement plus perfectionné permettant de gagner en vitesse sur route et en tout terrain, le système permettant théoriquement de rouler sur roues et sur chenilles même si en pratique, on restait sur les chenilles.

En 1936, le général Martel qui avait dessiné des “tankettes” monoplaces qui annoncèrent les chenillettes assista à une démonstration de chars soviétiques BT qui utilisaient le système Christie, demandant depuis son poste de directeur adjoint à la mécanisation au War Office (Assistant Director of Mechanization-War Office) l’adoption de ce système pour les futurs chars de combat avec un moteur d’avion plus léger pour gagner en poids et donc en vitesse.

Il obtint gain de cause et l’acquisition de cette technologie fût à l’origine du A-13 connu également sous le nom de Tank Cruiser Mark III.

Pour dévelloper son nouveau char-croiseur, le General Staff demandait un char protégé par 30 mm de blindage, un canon de 2 pouces et une vitesse maximale de 48 km/h.

Le premier prototype (baptisé A13E-1) est livré en 1937 suivit peu après d’un deuxième prototypes. Les tests effectués, le projet est adopté et la production en série est ordonnée.

La production va rester cependant limitée avec 150 exemplaires produits, l’armée britannique préférant passer au Mark IV qui se révéla décevant comme nous allons le voir.

Le Tank Cruiser Mark III va rester en service dans l’armée britannique jusqu’en 1946 quand les derniers exemplaires sont retirés du service. Les plus usés sont feraillés, certains sont transformés en tracteurs d’artillerie, d’autres utilisés pour l’instruction.

Aucun pays ne s’est porté acquéreur du Tank Cruiser Mark III.

Caracteristiques Techniques du Tank Cruiser Mk III

Poids : 14.2 tonnes

Dimensions : longueur 6m largeur 2.54m hauteur 2.59m

Motorisation : un moteur Nuffield Liberty essence de 340ch

Performances : vitesse maximale 48 km/h distance franchissable 140km

Blindage : 8-14mm

Armement : tourelle biplace avec un canon de 2 livres (87 coups) associé à une mitrailleuse Vickers .303 disposant de 3750 coups

Equipage : 4 hommes (pilote, chef de char, tireur et pourvoyeur)

Tank Cruiser Mk IV

cruiser-tank-mk-iv-8

En 1934, le rapport maintes fois cités dans cet écrit avait décidé que le Royal Tank Corps devait disposer de deux types de chars, l’Infantry Tank _lent et bien protégé_ et le Tank Cruiser _rapide et à la protection plus faible_.

Pour gagner en vitesse, on pouvait jouer sur l’armement, sur la protection, sur la puissance du moteur ou en cherchant une nouvelle suspension pour aller plus vite en terrain bouleversé.

Après avoir observé les manoeuvres de l’Armée Rouge en 1936, l’armée britannique s’intéressa aux chars rapides symbolisés par les BT qui utilisaient une suspension révolutionnaire inventée par l’américain Christie.

Une mission technique de la forme Morris Motors pu acquérir un char Christie aux Etats-Unis et la possibilité de produire d’autres A-13E1, la désignation officielle de ce char mais le modèle se révélant décévant, un deuxième prototype allait être produit.

Le A-13E2 fût produit en série sous le nom deTank Cruiser Mk II alors que le A-13E3 allait donner naissance au Tank Cruiser Mk III qui allait être produit à 150 exemplaires seulement, le RTC préférant passer au Mk IV étroitement dérivé du Mk III.

Par rapport au Mk III, le Mk IV disposant d’un blindage plus épais et d’un moteur plus puissant censé lui donner plus de vitesse et plus de punch mais au final le Tank Cruiser Mk IV allait se révéler un échec en raison de problèmes chroniques de moteurs qui expliquèrent une production faible _250 exemplaires sur les 900 envisagés_ et une carrière très courte puisque le char ne fût en service que de mars 1940 à septembre 1941.

Quelques véhicules vont être utilisés pour des tests et l’instruction jusqu’au début du second conflit mondial en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques du Tank Cruiser Mk IV

Poids : 14.75 tonnes

Dimensions : longueur 6.02m largeur 2.54m hauteur 2.59m

Motorisation : un moteur 12 cylindres essence Nuffield Liberty de 340ch

Performances : vitesse maximale 48 km/h sur route 23 km/h en tout terrain Autonomie 140km

Blindage : 6 à 30mm

Armement : tourelle triplace avec un canon de 2 livres (40mm) approvisionné à 87 coups associé à une mitrailleuse Vickers .303 puis à une Besa de 7.92mm, les deux armes disposant de 3750 coups.

Equipage : 4 hommes (chef de char, canonnier, chargeur, conducteur)

Tank Cruiser Mk V Covenanter

covenanter-tank-2

Suite aux déboires du Mk IV, le RTC confiante dans ce modèle de char-croiseur demanda à London Midland & Scotish Railway de dévelloper un nouveau modèle de char-croiseur à suspension Christie.

La société repris la suspension Christie, agrandie la caisse, remplaça le moteur Nuffield Liberty par un moteur diesel AEC, augmenta le blindage et remplaça le canon de 2 pouces par un canon de 6 pouces. Tous ces éléments annoncèrent le futur Crusader.

La firme LMS qui avait répondu à une demande de 1938 pour un char-croiseur plus blindé (mais le projet n’avait pas été mené au bout) produisit 580 exemplaires de ce char qui se révéla plus réussit que le Mk IV mais aux performances inférieures au Tank Cruiser Mk VI Crusader.

Les premiers chars sont livrés en septembre 1941, les derniers véhicules arrivent dans les unités en mars 1943 à une époque où le char était en voie de déclassement.

Les derniers véhicules sont retirés du service en 1947. Beaucoup sont stockés et réutilisés dans les mois à venir pour l’instruction

Outre la version à canon de 6 livres, on trouvait une version Close-Support armée d’un obusier de 3 pouces, une version d’observation d’artillerie, une version poseur de ponts, une version dépannage et une version déminage à rouleaux.

Caractéristiques Techniques du Tank Cruiser Mk V Covenanter

Poids : 18 tonnes

Dimensions : longueur 5.79m largeur 2.62m hauteur 2.24m

Motorisation : un moteur diesel AEC de 350ch

Performances : vitesse maximale 49 km/h autonomie 160km

Blindage : 7 à 40mm

Armement : tourelle triplace avec un canon de 6 livres (57mm) disposant de 72 coups associé à une mitrailleuse Besa de 7.92mm disposant de 3200 coups

Equipage : 4 hommes (commandant, tireur, pourvoyeur, conducteur)

Tank Cruiser Mk VI Crusader

crusader-tank-66

Après cinq modèles largement perfectibles, le Royal Tank Corps (RTC) à réussit à disposer d’un bon char-croiseur qui ne fût déclassé que par l’apparition dans le camp d’en face par des chars mieux blindés, mieux armés et plus rapide.

En 1938, la firme Nuffield Mechanizations & Aero Ltd proposa un concept de char-croiseur lourd baptisé A-16. A la recherche d’un modèle moins cher à produire, le General Staff demanda des modèles alternatifs au projet A-16.

En 1939, la firme productrice du A-16 fût invitée à produire le Covenanter mais Nuffield préféra travailler sur son propre modèle de char-croiseur à canon de 6 pouces. C’est l’acte de naissance du Crusader. Paradoxalement, bien que son dévellopement eut été lancé après, le prototype fût prêt avant celui du Covenanter.

Les deux premiers prototypes reçurent des canons de 2 pouces mais très rapidement, le canon de 6 pouces fût privilégié, le déclassement du canon de 2 livres étant acté. Deux nouveaux prototypes sont produits et prêts à l’automne 1940.

En dehors des inévitables défauts de jeunesse, les deux prototypes du A-16 étaient sans défauts majeurs ce qui accéléra son dévellopement pour équiper les quatre divisions blindées et les six brigades blindées indépendantes.

Avant l’arrivée du Cromwell, les vingt-huit régiments de chars moyens étaient équipés pour un tiers de Covenanter et pour les deux tiers restants de Crusader.

Pas moins de 1500 Crusader ont été produits entre mars 1941 et septembre 1945, les 1000 chars de combat étant accomagnés de variantes spécialisés certaines n’ayant pas dépassé le statut prototype ou de petite série (canon antiaérien automoteur, poseur de ponts, char lance-flamme) ou produit en plus grand nombre comme la version appui-rapproché avec un obusier de 3 pouces, une variante “Command & Control” avec des radios supplémentaires au détriment de la capacité en munitions, observation d’artillerie, tracteur d’artillerie et dépannage.

A l’export, le véhicule fût utilisé par l’Argentine, le Brésil, le Canada et l’Afrique du Sud.

Quand le second conflit mondial éclate, le Crusader équipe encore la 7th Armoured Division stationnée en Egypte (son rééquipement avec le Cromwell avait commencé mais avait été suspendu avant de reprendre en octobre) et deux brigades blindées indépendantes, la 6th stationnée en Malaisie et la 9th stationnée en Inde, ces deux dernières unités disposant encore de ce char lors de l’attaque japonaise.

Caractéristiques Techniques du Tank Cruiser Mk VI Crusader

Poids : 20 tonnes

Dimensions : longueur 5.97m largeur 2.77m hauteur 2.24m

Motorisation : un moteur Nuffield Liberty 12 cylindres essence dévellopant 350ch

Performances : vitesse maximale 42 km/h sur route 24 km/h en tout terrain Distance franchissable 322km sur route 235km en tout terrain

Blindage : 45mm

Armement : tourelle triplace avec un canon de 6 pouces (57mm) alimenté à 70 coups associé à une mitrailleuse Besa de 7.92mm. Avec la mitrailleuse de caisse, elle se partage 4950 coups

Equipage : 5 hommes (conducteur, chef de char, tireur, pourvoyeur, mitrailleur de caisse)

Tank Cruiser Mk VII Cromwell

Char médian A-27M Cromwell

Char médian A-27M Cromwell

Après les six premiers char-croiseurs, les britanniques firent leur révolution technique en abandonnant au milieu des années quarante les concepts d’Infantry Tank et de Tank Cruiser au profit d’un char officiellement désigné Tank Cruiser (Heavy) mais qui était un véritable char moyen qui annonçait lointainement le char de combat principal (Main Battle Tank MBT).

Les premières ébauches furent lancées dès la fin de 1940 mais le lancement officiel du programme qui allait aboutir au Cromwell n’intervint qu’en juillet 1941 lors d’un appel à projet.

Aucune limite technique n’était vraiment fixée pour ne se fermer aucune porte. L’appel à projets (Request for Proposal) demandait simplement un char rapide en tout-terrain, bien protégé, un canon antichar à tir rapide pouvant faire face aux chars que l’Allemagne pourrait dévelloper dans les années à venir, une maintenance facile…… .

Vauxhall proposa une version réduite de son Churchill alors en dévellopement alors que Nuffield proposa une version plus puissante du Crusader. Les propositions de Leyland et de la Birmingham Railway Carriage & Vagon étaient similaires à celle de Nuffield.

Pas emballé par les différents projets, le RTC demanda aux différents constructeurs de revoir leur copie pendant qu’il dévellopait avec ses dépôts un démonstrateur de technologie. Baptisé officieusement Cavalier, il est présenté aux constructeurs du premier appel d’offres en juin 1942, inspirant le futur vainqueur de l’appel d’offres Nuffield qui avait installé un canon de 75mm à tir rapide dans une tourelle carée.

Les deux prototypes Nuffield (ainsi que ceux de leurs concurrents) sont livrés en janvier 1943, testés intensivement jusqu’en septembre 1943 quand la décision est prise de produire le projet Nuffield sous le nom de Tank Cruiser Mk VII.

Après avoir envisagé de le baptiser Centaur, le Royal Tank Corps décida de le baptisé Cromwell du nom du leader parlementaire de la guerre civile anglaise.

Les premiers chars sont sortis des chaines de montage en janvier 1944, les premiers squadrons étant équipés en avril de la même année.

En dépit d’une volonté d’équiper toutes les unités de chars, en septembre 1948, trois divisions et quatre brigades blindées indépendantes disposait du Cromwell soit vingt-régiments et 1020 chars de combat en service sans oublier les variantes de commandement et de dépannage.

En septembre 1948 des prototypes de canons antiaériens automoteurs (canon de 20 et de 40mm), d’appui-rapproché à obusier de 3.7 pouces (95mm), lance-flammes, automoteur d’artillerie (avec canon de 25 livres) n’attendent que le feu vert pour la mise en production.

Utilisant un canon au calibre étonnant pour l’armée britannique (le 75mm), le Cromwell faisait un peu bande à part.

D’où le lancement en mars 1948 d’une version armée d’un canon de 17 livres provisoirement baptisée Challenger.

Devant les déficiences du projet, un nouveau char utilisant un canon de 77mm à tir rapide et baptisé Tank Cruiser (Heavy) Mk VIII Comet est mise à l’étude, sa production devant être lancée au printemps 1949 quand les derniers Cromwell seront sortis des chaines mais ceci est une autre histoire.

Caractéristiques du Tank Cruiser (Heavy) Mk VII Cromwell

Poids : 28 tonnes

Dimensions : longueur 6.35m largeur 2.908m hauteur 2.49m

Motorisation : un moteur essence Rolls-Royce Meteor dévellopsant 600ch

Performances : vitesse maximale 64 km/h sur route distance franchissable 270km sur route 160km en tout-terrain

Blindage : 76mm

Armement : un canon Ordnance QF 75mm approvisionné à 64 coups associé à une mitrailleuse Besa de 7.92mm, une deuxième mitrailleuse de caisse identique partageant avec elle 4950 coups

Equipage : 5 hommes (chef de char, tireur, pourvoyeur/opérateur radio, conducteur, mitrailleur de caisse)