Mitteleuropa Balkans (52) Bulgarie (16)

L’armée bulgare dans l’entre-deux-guerre

Le traité de Neuilly-sur-Seine signé le 27 novembre 1919 comprend de sérieuses clauses militaires qui vont limiter la puissance de l’armée bulgare dont les effectifs sont limités à 20000 hommes en incluant les forces intérieures et les gardes frontières.

Les unités plus grande que la division sont interdites mais les trois inspectorats qui doivent mettre en place en temps de guerre autant d’état-major d’armées sont maintenus sous la désignation passe-partout de «Garnison de 1ère classe», garnisons installées à Sofia, Varna et Plovdiv. Naturellement l’armée de terre du tsar Boris III ne peut posséder ni chars ni artillerie lourde.

En 1928 la commission de contrôle alliée quitte le pays ce qui permet à la Bulgarie de prendre de plus en plus de libertés avec ces limitations. C’est ainsi qu’une quatrième garnison de 1ère classe voit le jour en 1928 à Pleven. De nouveaux plans de mobilisation sont mis au point, plans qui selon les époques prévoyaient la mise sur pied de quatre à cinq armées avec jusqu’à 30 divisions.

Après 1934 l’armée bulgare à pu déjà augmenter ses effectifs avec quatre armées (en réalité des corps d’armée) et huit divisions d’infanterie ce qui représente une force de combat de 40 régiments d’infanterie, de 19 régiments d’artillerie et de 10 régiments de cavalerie. Les effectifs atteignent déjà 103000 hommes.

Comme tous les vaincus elle va tenter de contourner ces interdictions mais il faudra attendre la signature de l’accord de Salonique le 31 juillet 1938 avec ses voisins pour que les limitations militaires du traité de paix soient définitivement abandonnées et que le réarmement déjà entame de facto le soit de jure.

En ce qui concerne l’équipement il est modernisé même si les moyens manqueront pour renouveler totalement l’équipement de l’armée bulgare.

Chenillette L-3

Cette dernière va s’équiper de chars et de véhicules blindés d’abord italiens (CV-33) et britanniques (Vickers type E) puis essentiellement tchèques et allemands.

Vickers type E

Ces moyens vont former deux brigades blindées mais le projet de les transformer en véritables divisions blindées ne verra jamais le jour faute de moyens (la Bulgarie ne possède qu’une faible industrie et dépend de manufacturiers étrangers pour s’équiper).

A partir de 1945 la Bulgarie investit massivement dans son outil militaire. Enfin tout est relatif et si une petite industrie militaire voit le jour elle ne peut couvrir tous les besoins de l’armée de Boris III qui dépend encore des importations notamment allemandes.

Ces derniers sont réticents à livrer le matériel demandé non seulement parce qu’ils doivent privilégier l’équipement de leur armée mais aussi et peut être surtout parce qu’on se méfie des bulgares.

Panzer IV Ausf G

Les demandes en matériel ne seront jamais satisfaites mais certaines étaient tellement extravagantes (500 Panzer IV et 300 Stug III par exemple) qu’on est en droit de se demander si il ne s’agissait pas de demander plus pour obtenir ce qu’on voulait vraiment. Le débat reste ouvert…… .

L’infanterie renouvèle son armement qui est dans l’ensemble assez moderne même si il reste ici ou là quelques armes utilisées par leurs ainés durant le premier conflit mondial.

Si on compare aux pays voisins la Bulgarska Armiya n’à pas à rougir de son équipement et les manœuvres estivales exécutées en 1946, 1947 et 1948 ont révélé certes des lacunes mais également un niveau acceptable voir bon dans certains domaines, une armée de format réduite ayant permis de créer de bons officiers et d’excellents sous-officiers. Certes en cas de guerre de masse cela peut aboutir à une armée à deux vitesses…… .

A l’été 1948 alors que les tensions ne cessent de croitrent en Europe, le gouvernement bulgare décide en toute discretion de rappeler des réservistes et de préparer les centres de mobilisation et ainsi gagner quelques jours.

Signe qui ne trompent pas les troupes reçoivent l’ordre dès le mois d’août de gagner les blockhaus et autres abris de Ligne Kubrat et de tenir fermement leurs positions pour protéger la mobilisation générale, mobilisation qui va tarder à venir comme nous allons voir dans la partie suivante.

L’armée de terre bulgare dans le second conflit mondial

Mobilisation et montée en puissance

Le 5 septembre 1948 l’Allemagne par son invasion du Danemark et de la Norvège propulse le monde dans une nouvelle guerre mondiale. La Bulgarie liée au pacte tripartite se déclare prête à toute évantualité.

La mobilisation générale n’est pas pour autant décidée mais on décide de maintenir sous les drapeaux les conscrits qui devaient être libérés d’ici fin 1948 et de rappeler de nouveaux réservistes sans compter que des volontaires se présentent spontanément et sont souvent incorporés aux unités notamment celles qui sont en déficit de personnel.

Ce n’est qu’en janvier 1949 que la mobilisation générale est ordonnée par un décret royal du 14 janvier 1949. Des dizaines de milliers de réservistes, les conscrits du contingent annuel affluent vers les casernes et les centres de mobilisation mis en place à l’automne 1948.

En janvier 1948 soit encore en temps de paix, l’armée bulgare possédait huit divisions d’infanterie, deux brigades blindées, une brigade de cavalerie, une brigade de gardes-frontières, un service aéronautique et différentes unités d’appui (artillerie, génie) et de soutien.

La mobilisation générale permet d’augmenter les effectifs des unités existantes et surtout d’en créer des nouvelles. Résultat quand la mobilisation est terminée le 2 février 1949, l’armée bulgare affiche le visage suivant :

Soldats bulgares au repos. Date et lieu inconnus

-Douze divisions d’infanterie

-Une division de cavalerie

-Deux brigades blindées

-Une brigade du génie

-Une brigade d’artillerie

-Les troupes aériennes royales

Les douze divisions d’infanterie vont être déployées au sein de quatre armées, la 1ère armée défend la Bulgarie contre une potentielle action roumaine en Dobroudja du Sud, les 2ème et 3ème armées font face à la Yougoslavie et la 4ème Armée fait face à la Grèce.

L’unique division de cavalerie (une deuxième doit être mis sur pied ultérieurement) est maintenue en réserve stratégique en compagnie des deux brigades blindées, de la brigade du génie et de la brigade d’artillerie.

C’est avec ces capacités que la Bulgarie va entrer en guerre même si Sofia ne participera pas directement à l’opération MARITSA.

D’autres divisions vont être créées et c’est ainsi qu’au moment du déclenchement de l’opération BARBAROSSA, l’armée bulgare aligne seize divisions d’infanterie, deux divisions de cavalerie partiellement motorisées («pétrole-picotin»), deux brigades blindées, une brigade du génie, une brigade de gardes-frontières et trois brigades d’artillerie.

De nouvelles unités seront ultérieurement créées et à son apogée la Bulgarska Armiya atteindra le chiffre respectable de vingt deux divisions d’infanterie, deux brigades de chasseurs, deux divisions de cavalerie, deux brigades blindées, une brigade du génie, deux brigades de gardes-frontières et trois brigades d’artillerie.

Au combat !

L’armée bulgare est sur le pied de guerre au printemps 1949. Elle pourrait participer à l’opération MARITSA (l’invasion de la Yougoslavie et de la Grèce) mais s’abstient se contentant d’ouvrir son territoire aux allemands.

Selon certains historiens et amateurs de wargames si la Bulgarie était intervenue même avec des moyens limités, la Yougoslavie se serait effondrée en quelques jours et les alliés décidés à tenir en Grèce auraient vite été culbutés par les troupes germano-bulgaro-italiennes.

Une fois la Yougoslavie vaincue, la Bulgarie entre en Macédoine et en Thrace occidentale, des zones considérées comme bulgares et peuplées essentiellement d’ailleurs de bulgarophones. Cela n’empêchera pas la population d’être victimes d’exactions de la part de la soldatesque ce qui entrainera des révoltes vite écrasées.

Pour occuper cette région, la Bulgarie y déploie la 4ème Armée composée de trois divisions d’infanterie (5ème, 6ème et 11ème DI), la 1ère division de cavalerie, la 11ème brigade blindée et une brigade d’artillerie.

Dans un premier temps cette armée doit surtout lutter contre des unités de guerilla, plus ou moins bien entrainées, plus ou moins bien disciplinées. Des campagnes de «pacification» sont régulièrement menées avec son lot d’exactions et de massacres qui alimentent les guerillas rapidement encadrées par les services de renseignement alliés.

Après le retrait des troupes bulgares du dispositif BARBAROSSA suite à l’opération URANUS (contre-offensive de l’été 1951 pour repousser les allemands du Caucase), la 4ème Armée reçoit des renforts, une façon pour les bulgares de se faire pardonner par les allemands.

Le dispositif est réorganisé avec la création d’une 5ème Armée. Si la 4ème Armée reste déployée essentiellement en Macédoine, la 5ème Armée est surtout destinée à défendre la Grèce continentale aux côtés d’unités italiennes et allemandes.

La 4ème Armée dispose désormais de quatre divisions d’infanterie (2ème DI, 4ème DI, 6ème et 11ème DI), la 1ère division de cavalerie et la 1ère brigade de chasseurs plus destinée aux opérations anti-guerilla.

La 5ème Armée dispose de quatre divisions d’infanterie (1ère, 3ème, 5ème et 8ème DI), la 2ème division de cavalerie, la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs.

Ces huit divisions d’infanterie vont affronter les alliés à partir de l’automne 1952. C’est à cette époque les alliés décident d’avancer dans les Balkans pour déstabiliser le dispositif global de l’Axe.

Informés de mouvements importants côté allié ce qui laisse présager une opération d’ampleur (sans que l’on sache si il s’agit d’une offensive ou d’une simple diversion) les bulgares demandent des renforts en hommes et en matériel de la part des allemands mais ces derniers ne sont pas pressés d’aider un allié en qui ils n’ont plus du tout confiance. Les renforcements seront minimaux et ne permettront probablement pas de repousser l’attaque alliée.

L’opération ANVIL est déclenchée le 21 septembre 1952. A partir du 14 septembre, l’aviation et l’artillerie alliées entament une intense préparation, frappant des cibles stratégiques et les positions ennemies pour faciliter des troupes engagées.

Les marines alliées effectuent également des bombardements sur la côte ouest de la Grèce et en Albanie pour attirer des forces dans ces régions et faciliter l’avancée depuis le Péloponnèse. Même situation en mer Egée avec des raids commandos dans le nord de la Grèce (attaque du port de Thessalonique le 15 septembre 1952) mais leur impact à été assez limité.

Comme le dira plus tard un officier allemand «C’était trop brouillon, trop étiré pour être vraiment crédible. Avec moins d’opérations on aurait pu y croire mais là le scepticisme était général même si dans les hautes sphères certains croyaient dur comme fer à un débarquement dans la région de Thessalonique en liaison avec les turcs»

Les alliés vont engager dix-sept divisions dans cette offensive avec la 8th Army (UK) (8ème Armée britannique) composée d’un corps armée britannique (deux DI et une DB) et un corps d’armée sud-africain (deux DI), la 10th Army (UK) composée d’un corps d’armée sud-africain (une DI et une DB) et deux corps d’armées britanniques (deux DI chacun) et l’Armée Grecque de Libération (trois corps d’armée à deux divisions, deux corps à deux DI et un corps d’armée à une DB et une DI).

Il était prévu l’engagement de divisions yougoslaves mais leur montée en puissance est plus longue que prévue en raison de problèmes d’équipements et d’encadrement entre des officiers majoritairement serbes et un corps de troupes composé essentiellement de monténégrins, de bosniens et de croates, ces derniers étant vus comme des traîtres en puissance et sont donc tenus en piètre estime.

En face le dispositif germano-italo-bulgare est moins puissant, leurs troupes sont moins entraînées mais l’équipement est assez bon et surtout le terrain habilement utilisé est un atout précieux dans leurs mains.

Les consignes du Heeresgruppe E (Groupe d’Armées E) qui chapeaute toutes les troupes de l’Axe dans les Balkans : user au maximum les troupes alliées, les faire douter, les allemands sachant que les moyens engagés si ils sont impressionnant sur le papier sont finalement limités en raison des besoins et des priorités sur les autres fronts.

Les combats sont durs et impitoyables. Les germano-italiens sont en première ligne pour empêcher la sortie des alliés du Péloponnèse. Les bulgares sont d’abord tenus en réserve officiellement parce qu’on craint un débarquement allié dans la région de Thessalonique mais il n’est pas impossible que Berlin ait pu craindre un manque de mordant des troupes de Sofia.

Ce n’est qu’alors qu’Athènes est menacé et que l’hypothèse d’un débarquement allié dans le nord de la Grèce soit devenu une chimère (aucune force navale présente en mer Egée, activité aérienne importante mais pas gigantesque non plus) que les troupes bulgares sont engagées.

Elles montrent un mordant et une vigueur qui surprend leurs alliés comme leurs ennemis. Les britanniques qui sont les premiers à entrer en contact doivent engager toute leur puissance de feu pour repousser de vigoureuses et tenaces attaques bulgares.

Es-ce à dire que les bulgares peuvent renverser la situation stratégique dans la région ? Hélas pour eux non. C’est ainsi qu’après de violents combats, Athènes détruit à 80% est libérée le 17 décembre 1952.

Symboliquement c’est le bataillon sacré, un bataillon para-commando grec qui entre le premier dans la ville, hissant sur l’Acropole le drapeau grec récupéré in extremis lors de la chute de la ville en 1950.

La quasi-totalité du territoire grec est libérée en février 1953 après de violents combats. Le territoire hellène est ravagé, une famine biblique frappe les habitants. L’impact est d’autant plus violent que les corps ont été affaiblis par les privations. A la famine s’ajoute différentes épidémies.

Les alliés vont procéder à des distributions de nourriture mais cela ne fera que compenser les privations. Il faudra attendre 1956/57 pour que la situation s’améliore durablement.

Les troupes bulgares ont subit de lourdes pertes. C’est ainsi que sur les quatre divisions d’infanterie de la 5ème Armée, deux ont été détruites et deux très affaiblies.

La 1ère et la 5ème DI sont ainsi retirées du front et remplacées par les 16ème et 22ème DI mais ces unités sont de création récente et manque non seulement d’expérience mais aussi de cohésion puisque leur recrutement mélange «bulgares de souche» et «bulgares de branche» issus de Macédoine et tous ne sont pas des adeptes passionnés de la Grande Bulgarie. Les 3ème et 8ème DI ont subi des pertes mais au final elles sont encore capables de tenir le front.

La 2ème division de cavalerie, une unité «pétrole-picotin» à été saignée à blanc en menant des raids sur les arrières de l’ennemi et en se sacrifiant pour permettre le repli des unités d’infanterie moins mobile. Résultat elle est retirée du front et en dépit de plusieurs projets ne sera jamais reconstruite et peut être considérée comme dissoute de facto et non de jure.

En revanche la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs ont fait plus que tenir le coup. Combattant souvent ensemble ils ont pu associer habilement le choc et la manœuvre, posant des problèmes tactiques aux alliés.

Le manque de moyens empêche de profiter pleinement du basculement italien dans le camp allié en avril 1953.

Le 19 mai 1953 est déclenchée l’opération SLEDGEHAMMER avec les 8ème et 10ème armées britanniques, la 1ère Armée Grecque (ex-Armée Grecque de Libération) et la 1ère Armée Yougoslave qui comprend deux corps d’armée à deux DI plus une division blindée sous commandement direct de l’armée.

Face à cette nouvelle offensive d’ampleur, les bulgares déploient toujours les 4ème et 5ème Armées.

La 5ème Armée aligne donc quatre divisions d’infanterie (3ème DI, 8ème DI, 16ème et 22ème DI), la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs.

La 4ème Armée aligne quatre divisions d’infanterie (2ème, 4ème, 6ème et 14ème DI), la 1ère division de cavalerie et la 1ère brigade de chasseurs.

Les bulgares alignent huit divisions d’infanterie, une division de cavalerie, une brigade blindée et deux brigades de chasseurs.

Si l’Albanie est occupée quasiment sans combats suite à la défection italienne (une partie se rend sans combattre, d’autres restent aux côtés des allemands) et parce que les allemands retraitent en bon ordre en pratiquant la politique de la terre brûlée, le reste du front est le théâtre de combats impitoyables où on ne se fait aucun cadeau.

A l’été 1953 le front suit grosso modo une ligne partant du nord de Durres (le port reste sous le feu de l’artillerie allemande qui pratique des tirs de harcèlement contre les navires venant y faire relâche), traverse le centre de la Macédoine avant de suivre à peu près la frontière bulgaro-grecque.

Les bulgares combattent avec énergie probablement parce qu’ils savent que leur pays est proche et qu’ils vont devoir défendre leur pays, leur patrie, leur terre. Cela motive n’importe quel corps de troupe comme les alliés s’en sont rendu compte quand sur le front occidental ils s’approchaient de la frontière allemande, du Vaterland.

Selon certains historiens l’engagement de moyens supplémentaires aurait permis de faciliter la progression vers le nord mais à cette époque les alliés vont donner la priorité au front occidental, au front scandinavie et même au front italien.

C’est ainsi qu’on laisse en ligne que la 8ème Armée Britannique avec deux corps sud-africains et un corps britannique, la 1ère Armée Grecque et la 1ère Armée Yougoslave, la 10ème Armée britannique (deux corps britanniques) ralliant le front italien en relève d’autres troupes qui vont être mises en repos en Afrique du Nord.

Cela nous laisse un total de quatre divisions sud-africaines, deux divisions britanniques, six divisions grecques et six divisions yougoslaves soit un total de dix-huit divisions même si toutes ne sont pas en ligne en raison d’un terrain défavorable et une logisitique qui connait parfois des ratés.

En face le Heeresgruppe E aligne six divisions allemandes réparties entre une 11ème et une 15ème Armée et deux armées bulgares, les 4ème et 5ème armées

Leur composition évolue avec une 4ème Armée composée des 2ème, 4ème et 14ème DI, de la 1ère division de cavalerie alors que la 5ème Armée est composée de la 8ème DI, de la 16ème et de la 22ème DI et de la 11ème brigade blindée soit six divisions d’infanterie, une division de cavalerie et d’une brigade de cavalerie.

Les deux brigades de chasseurs, des unités d’infanterie légère sont redéployées sur l’arrière du front pour des opérations anti-guerilla, la 1ère brigade de chasseurs opérant aux côtés des troupes de l’Etat croate indépendant alors que la 2ème brigade de chasseurs opère en Macédoine.

Les alliés repassent à l’offensive en novembre 1953 (opération SWORD) pour fixer le plus de troupes et éviter l’envoi de troupes sur un autre front alors qu’ils ont notamment pris pied en Scandinavie (opération BOREALIS).

L’avancée alliée est davantage ralentie par le mauvais temps et les contraintes logistiques que la résistance ennemie même si les bulgares se défendent avec acharnement pour empêcher leur invasion de leur pays notamment par les grecs.

Les alliés parviendront à prendre pied sur le territoire bulgare mais devant la poussée soviétique ils préféreront sanctuariser leur domination sur une Yougoslavie appelée à rester pro-occidentale et royaliste même si cela n’allait pas durer.

La situation militaire devient clairement critique début 1954. les troupes soviétiques envahissent le territoire bulgare le 9 janvier et huit jours plus tard le 17 janvier, un coup d’état crypto-communiste chasse Simeon II et son gouvernement au profit d’un gouvernement républicain qui déclare la guerre à l’Allemagne le 21 janvier 1954.

Les troupes bulgares se retournent contre leurs anciens alliés allemands ce qui provoque parfois des drames quand des soldats bulgares sont désarmés et froidement abattus par les allemands rapidement mis au courant de ce qu’on peut clairement qualifier de trahison.

Le nouveau gouvernement bulgare reprend la main sur son armée, l’épurant d’éléments jugés peu fiables. La nouvelle armée maintient la pression sur les allemands mais ses attaques manquent de mordant sans que l’on sache si cela est volontaire ou non.

Es-ce pour cela que les soviétiques refusent la proposition bulgare d’attaquer la Yougoslavie et de couper l’herbe sous le pied des alliés ? Cela est clairement un motif d’explication sans compter que ce grand paranoïaque de Josef Staline se méfiait de cet alliés de la dernière heure.

Parachutiste canadien détaché auprès de ses homologues britanniques en tenue standard

Les alliés peuvent lancer l’opération WELCOME en larguant la brigade parachutiste canadienne sur Belgrade pour favoriser l’action des maquisards royalistes qui reprennent la capitale et permettre le rétablissement du royaume de Yougoslavie même si à l’époque personne ne peut savoir ce que cela n’est que temporaire.

Les troupes bulgares se replient sur le pays et vont être désarmées sans ménagement par les troupes soviétiques qui occupent le pays et vont y rester jusqu’au début des années soixante le temps qu’une nouvelle armée bulgare ne soit mise en place, une armée sure politiquement, la Bulgarie devenant le plus fidèle allié de Moscou au sein du bloc des «Démocraties Populaires».

Ce n’est pas un hasard si nombre d’historiens comparent l’évolution de la Bulgarie et de la Thaïlande. Autre pays vaincu du second conflit mondial, la Thaïlande allait devenir le plus fidèle allié des occidentaux dans la région au point qu’on à pu parler un temps de quasi-servitude.

La Bulgarie va également participer à l’opération BARBAROSSA. Enfin participer c’est vite dit car le tsar Boris III est très réticent à engager des troupes sur le front russe.

Certes une partie de son armée veut en découdre avec les bolchéviques mais pour beaucoup de bulgares l’URSS communiste reste la Russie éternelle, la «Troisième Rome», protectrice des slaves et des orthodoxes.

L’armée bulgare va engager des moyens assez limités qui ne vont pas faire preuve d’un zèle extraordinaire au point qu’un colonel allemand dira désabusé «On aurait du laisser les bulgares combattre aux côtés des russes cela aurait été moins hypocrite» Sans commentaire…… .

C’est effectivement exagéré car quand les bulgares attaquaient ou étaient attaqués ils n’étaient pas moins bons que les hongrois, les roumains ou les italiens.

Les deux divisions (13ème et 15ème DI) bulgares vont combattre dans le sud de l’URSS, opérant sous commandement allemand en Crimée puis sur les côtes de la mer Noire, participant de manière secondaire à l’opération FRIEDRICH, en fixant des troupes soviétiques pour empêcher ces dernières de renforcer le front visé par l’offensive stratégique de l’Axe du printemps 1951.

Ces deux divisions vont combattre dans les premiers contreforts du Caucase avec certes un certain professionnalisme et une certaine discipline mais sans enthousiasme, nombre d’entre-eux se demandant ce qu’ils faisaient si loin de chez eux.

Soldat de la Waffen S.S. Certains soldats bulgares préféreront déserter plutôt que de rentrer en Bulgarie en dépit de l’ordre personnel de Boris III. Après un temps de méfiance, les allemands accepteront l’intégration de ces hommes qui n’avaient plus rien à perdre au sein de la S.S de combat. Ils feront preuve d’une telle férocité que dans certaines régions d’Ukraine, le mot bulgare va devenir synonyme de Diable. Sans commentaires.

Ces troupes doivent brutalement battre en retraite en direction de la Crimée au moment d’URANUS sur ordre personnel de Boris III avant d’être évacués par voie maritime en direction de la Bulgarie suscitant le courroux des allemands mais aussi de certains soldats qui plutôt que de rentrer en Bulgarie vont préférer déserter pour rejoindre la Waffen S.S voir des maquis anti-communistes souvent composés de nationalistes ukrainiens.

Comme nous l’avons vu pour se faire pardonner les bulgares décideront d’engager davantage de forces en Macédoine et sur le front grec ce qui permet aux allemands de transférer plusieurs divisions sur le front russe ce qui fait qu’au final les allemands vont être plutôt gagnants.

Mitteleuropa Balkans (45) Bulgarie (9)

La Bulgarie dans le second conflit mondial

Le 5 septembre 1948 éclate le second conflit mondial quand l’Allemagne déclenche l’opération WESERÜBUNG, l’invasion du Danemark et de la Norvège officiellement pour protéger Copenhague et Oslo d’une attaque franco-britannique (sic).

La Bulgarie liée à l’Allemagne par le pacte tripartite se contente de prendre note du conflit tout en informant Berlin qu’elle se tient prêt à toute éventualité. Berlin se contente de prendre bonne note de la décision bulgare.

Boris III, tsar de Bulgarie de 1918 à 1951

Si Boris III avait pu conserver la Bulgarie neutre durant la guerre de Pologne, le tsar au pouvoir depuis près de 30 ans maintenant est conscient que ce sera plus difficile pour ce conflit qui allait durer.

Pour l’opération MARITSA (invasion de la Yougoslavie), la Bulgarie n’intervient pas directement mais son territoire est ouvert aux troupes allemandes ce qui favorise l’avancée de la Wehrmacht même si selon certains historiens cette décision de non-intervention prise par Sofia à été une bénédiction pour Belgrade puisque cela à permis aux troupes yougoslaves de se replier sans panique direction la Macédoine et éviter une déroute militaire qui aurait également mis en danger la Grèce.

Les troupes bulgares vont entrer en Yougoslavie uniquement pour occuper la Macédoine puis le nord de la Grèce. Il y à quelques combats avec les alliés mais on ne peut pas dire que les troupes bulgares fassent des merveilles.

La Macédoine est occupée par les armées bulgares qui très vite font face à des mouvements de résistance qui avant d’être structurés étaient un mélange détonant de bandits de grand chemin, de soldats egarés et de jeunes garçons trop jeunes pour s’engager ou êtres appelés.

Surpris les bulgares réagissent avec férocité. Les crimes de guerre sont nombreux, les civils payant un lourd tribu à la soldatesque bulgare. Cela va permettre à Sofia de maintenir un certain ordre dans cette région qui doit être clairement annexée à la Bulgarie une fois le conflit terminé.

Ce projet ne verra jamais le jour car comme durant le premier conflit mondial la Bulgarie va se retrouver en avril 1954 dans le camp des vaincus.

Le 17 juin 1950 la campagne de Grèce s’achève après la bataille navale du Golfe de Zanthe. Si l’Axe occupe le nord de la Grèce, le Péloponnèse, la Crète et de nombreuses îles restent aux mains des alliés.

Les allemands auraient voulu achever cette campagne mais il n’y eut jamais assez de troupes pour réaliser une offensive décisive. La presqu’ile péloponnésienne va rester une épine dans le pied de l’Axe, servant de base de départ à des opérations navales et aériennes gênant considérablement l’Axe et favorisant l’action des maquisards royalistes et des partisans communistes.

Faute de troupes suffisantes les alliés mènent une guerre d’usure. Les bulgares déploient des troupes nombreuses en Macédoine et dans le nord de la Grèce pour tenir le front en liaison avec quelques troupes allemandes.

Des fortifications sont dressées pour user l’ennemi en cas d’offensive, des blockhaus sont construits par des prisonniers de guerre et des travailleurs forcés. Nul doute que les plus lucides des officiers bulgares savaient que cela ne saurait que ralentir les alliés en cas d’offensive majeure.

La situation se dégrade à partir de 1952. Les services secrets alliés parviennent enfin à coordonner leurs actions et leurs efforts pour encadrer et soutenir les maquisards et les partisans qui mènent des opérations de renseignement, d’exfiltration des pilotes abattus et d’attaque des lignes de communication ennemies.

Il s’agit de préparer les futures offensives «majeures» lancées dans les Balkans pour donner notamment des gages aux soviétiques et sans le dire éviter que Moscou ne prennent ses aises dans cette région.

Carte de la Grèce automne 1952. En rouge les territoires dominés par l’Axe et en bleu ceux dominés par les alliés. Les Cyclades seront rapidement évacuées par les allemands peu après le début de l’opération ANVIL alors que l’île de Céphalonie sera conservée le plus longtemps possible pour rester une menace constante sur le flanc des alliés qui ne la neutraliseront qu’au printemps 1953.

A l’automne 1952 les alliés lancent l’opération ANVIL (enclume) qui bousculent les troupes de l’Axe en Grèce, libérant Athènes en décembre 1952 et l’ensemble de la Grèce ou peu s’en faut en février 1953, laissant un pays dévasté où va régner une quasi-famine en partie compensée par le largage de vivres par les alliés.

Le 19 mai 1953 les alliés lancent l’opération SLEDGEHAMMER. Les bulgares encaissent le choc de deux armées britanniques, une armée grecque et une armée yougoslave.

Siméon II en 2017

Les soldats de Simeon II se montrent à la hauteur, réhabilitant la réputation martiale des troupes bulgares. Les alliés ne s’y trompent pas et engagent davantage de moyens qu’initialement prévu ce qui montre que les bulgares ont combattu bravement et n’ont cédé qu’une fois le point de rupture atteint.

A l’été 1953 le front suit le tracé d’une ligne reliant Durres, centre de la Macédoine et frontière bulgaro-grecque.

En novembre 1953 les alliés repassent à l’attaque (opération SWORD). Le front germano-bulgare est enfoncé et doivent reculer pour ne pas être débordés.

Les hongrois doivent même être engagés dans une zone considérée comme bulgare ce qui irrite profondément Sofia qui ne fait rien pour aider les troupes hongroises en dépit d’une situation militaire très difficile pour l’Axe qui recule sur tous les fronts.

La situation militaire devient clairement critique début 1954. les troupes soviétiques envahissent le territoire bulgare le 9 janvier et huit jours plus tard le 17 janvier, un coup d’état crypto-communiste chasse Simeon II et son gouvernement au profit d’un gouvernement républicain qui déclare la guerre à l’Allemagne le 21 janvier 1954.

Les troupes bulgares se retournent contre leurs anciens alliés allemands ce qui provoque parfois des drames quand des soldats bulgares sont désarmés et froidement abattus par les allemands rapidement mis au courant de ce qu’on peut clairement qualifier de trahison.

Le nouveau gouvernement bulgare reprend la main sur son armée, l’épurant d’éléments jugés peu fiables. La nouvelle armée maintient la pression sur les allemands mais ses attaques manquent de mordant.

Es-ce pour cela que les soviétiques refusent la proposition bulgare d’attaquer la Yougoslavie et de couper l’herbe sous le pied des alliés ? Cela est clairement un motif d’explication sans compter que ce grand paranoïaque de Josef Staline se méfiait de cet alliés de la dernière heure.

Parachutiste canadien lors d’un entrainement en Grande-Bretagne. Il porte pour cela la même tenue que les troupes aéroportées britanniques alors que la tenue des paras Canucks est plus proche de celle des Etats-Unis.

Les alliés peuvent lancer l’opération WELCOME en larguant la brigade parachutiste canadienne sur Belgrade pour favoriser l’action des maquisards royalistes qui reprennent la capitale et permettre le rétablissement du royaume de Yougoslavie même si à l’époque personne ne peut savoir ce que cela n’est que temporaire.

Les troupes bulgares se replient sur le pays et vont être désarmées sans ménagement par les troupes soviétiques qui occupent le pays et vont y rester jusqu’au début des années soixante le temps qu’une nouvelle armée bulgare ne soit mise en place, une armée sure politiquement, la Bulgarie devenant le plus fidèle allié de Moscou au sein du bloc des «Démocraties Populaires».

La Bulgarie va également participer à l’opération BARBAROSSA. Enfin participer c’est vite dit car le tsar Boris III est très réticent à engager des troupes sur le front russe. Certes une partie de son armée veut en découdre avec les bolchéviques mais pour beaucoup de bulgares l’URSS communiste reste la Russie éternelle, la «Troisième Rome», protectrice des slaves et des orthodoxes.

L’armée bulgare va engager des moyens très limités qui ne vont pas faire preuve d’un zèle extraordinaire au point qu’un colonel allemand dira désabusé «On aurait du laisser les bulgares combattre aux côtés des russes cela aurait été moins hypocrite» Sans commentaire…… .

Les bulgares vont combattre sur les rives de la mer Noire, opérant sous commandement allemand en Crimée puis sur les côtes de la mer Noire, participant de manière secondaire à l’opération FRIEDRICH, en fixant des troupes soviétiques pour empêcher ces dernières de renforcer le front visé par l’offensive stratégique de l’Axe du printemps 1951.

Ces troupes doivent brutalement battre en retraite en direction de la Crimée avant d’être évacués par voie maritime en direction de la Bulgarie suscitant le courroux des allemands.

Pour se faire pardonner les bulgares décident d’engager davantage de forces en Macédoine et sur le front grec ce qui permet aux allemands de transférer plusieurs divisions sur le front russe ce qui fait qu’au final les allemands vont être plutôt gagnants.

En ce qui concerne la question juive, la Bulgarie à des lois discriminatoires vis à vis de la communauté juive et va organiser l’envoi de certains d’entre-eux en Palestine mandataire.

Durant le second conflit mondial, la volonté allemande de déporter les juifs bulgares dans le Gouvernement Général se heurte à une fin de non recevoir de la part de Boris III.

Pour certains c’est ce refus qui à poussé le duo Himmler/Heydrich à éliminer le tsar bulgare dans un accident d’avion encore nimbé de mystère soixante-neuf ans plus tard.

La seconde guerre mondiale pour la Bulgarie c’est également une guerre navale et une guerre aérienne.

La petite marine bulgare qui à bénéficié de quelques modestes renforcement durant la Pax Armada n’à pas les moyens de contrer la flotte soviétique de la mer Noire.

Elle va donc choisir la stratégie du faible au fort en harcelant l’ennemi par des unités légères et en escortant des convois en tentant d’échapper aux mines, aux sous-marins et aux unités de surface soviétique mais si la RKKF fût bien en peine de maintenir une pression constante sur les ports bulgares et roumaines d’où partaient des convois ravitaillant notamment la Crimée.

A la fin du conflit nombre de navires ont été coulés et les unités restantes vont se saborder pour ne pas tomber aux mains des soviétiques.

L’armée de l’air bulgare va elle appuyer les troupes au sol et devoir défendre l’espace aérien du pays contre les bombardements alliés, les franco-britanniques visant notamment la gare de triage de Sofia, des ponts sur le Danube et différentes industries stratégiques. Manquant d’appareils modernes, les pilotes bulgares vont tenter de faire le maximum avec ce qu’ils avaient.

En septembre 1955 la monarchie est officiellement abolie et la république proclamée. Les communistes sont encore dans l’ombre mais vont peu à peu prendre le pouvoir éliminant peu à peu leurs alliés selon une tactique baptisée «tactique du salami».

Un traité de paix est signé en mai 1956. Il est plutôt modéré pour Sofia qui peut conserver la Dobroudja du Sud mais doit renoncer à ses réclamations sur la Grèce et la Yougoslavie.

Des indemnités doivent également être payés ce qui va permettre à la Grèce et à la Yougoslavie de se reconstruire même si Athènes comme Belgrade ont jugé le prix payé par Sofia très insuffisant par rapport aux dégâts. Ils ne parviendront pas non plus à obtenir l’extradiction d’officiers clairement impliqués dans des crimes de guerre.

Pour éviter de nouveaux problèmes, des échanges de population plus ou moins forcés sont organisés. C’est ainsi que 150000 bulgares de Thrace sont expulsés en direction de la Bulgarie.

Mitteleuropa Balkans (35) Hongrie (35)

Reconnaissance et Coopération

Fieseler Fi-156 Storch

Fieseler Fi-156 13

Pour faciliter la progression des Panzerdivision, mieux vaut savoir où se trouve l’ennemi, où se trouvent les ponts, les noeuds de communication voir les points forts de l’ennemi pour si nécessaire les éviter.

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Mitteleuropa Balkans (33) Hongrie (33)

Bombardement

Junkers Ju-87A/B

Junkers Ju-87B 8

Junkers Ju-87B

Si le bombardement horizontal est adapté au traitement des cibles larges et étendues, il l’est beaucoup moins pour des cibles de taille réduite comme les batteries d’artillerie ou les navires de guerre.

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Mitteleuropa Balkans (32) Hongrie (32)

Messerschmitt Me-109

Messerschmitt Me109E-4 2

Messerschmitt Me-109E-4

Avant de présenter ce remarquable chasseur nous devons impérativement résoudre une question d’ordre sémantique. Faut-il dire Messerschmitt Bf109 ou Me-109. Pour une fois moi qui suis moitié breton je vais faire une réponse de normand : les deux mon général !

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Mitteleuropa Balkans (30) Hongrie (30)

Organisation

Organisation après mobilisation

-Un état-major

-Commandement de la chasse

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Focke-Wulf Fw-190D-9

-1er régiment de chasse : un squadron de Messerschmitt Me-109F, un squadron de Messerschmitt Me-109G, un squadron de Messerschmitt Me-110 et un squadron de Focke-Wulf Fw-190D

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Mitteleuropa Balkans (14) Hongrie (14)

L’armée de terre hongroise dans le second conflit mondial

Organisation générale et préparation

Quand l’Allemagne déclenche l’opération WESERUBUNG, les hongrois se tiennent prêt à toute éventualité mais Berlin ne sollicitent pas leur aide.

Dès le 1er septembre 1948 l’armée magyare avait commencé à mobiliser ses forces notamment en raison de mouvements de troupes côté roumain qui faisaient craindre une offensive pour récupérer la Transylvanie du Nord.

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Mitteleuropa Balkans (10) Hongrie (10)

La Hongrie dans le second conflit mondial

N’importe quel pays européen est conscient qu’en cette année 1948 la guerre n’est qu’une question de temps tant les tensions sont de plus en plus fortes en Europe. Certains comparent la situation à 1914 plus qu’à 1939.

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Benelux (58) Belgique (19)

Artillerie de Campagne
En septembre 1948, le parc d’artillerie belge est composé d’un mélange de pièces modernes et de pièces anciennes, des canons belges et surtout des canons étrangers. Durant la Pax Armada un effort important est mené pour moderniser et rationnaliser le parc mais c’est loin d’être suffisant.

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Dominions (58) Australie (2)

Le Commonwealth of Australia dans le second conflit mondial

carte de l'Australie

Généralités

Le 5 septembre 1948 après des semaines de tension, le monde bascule à nouveau dans la guerre, quasiment neuf ans après la fin de la guerre de Pologne. L’Allemagne pour soi-disant protéger le Danemark et la Norvège d’une prochaine agression alliée envahit ces deux pays, c’est l’opération WESERÜBUNG (exercice Weser).

 

Paris et Londres déclarent immédiatement la guerre à l’Allemagne à la différence de septembre 1939 où ils avaient attendu deux jours pour le faire.

 

Que diable vient donc faire l’Australie dans ce conflit européen ? Tout simplement, elle applique des accords politico-militaire avec l’ancienne puissance coloniale sans compter que mine de rien, George VI est toujours le chef d’état australien.

 

Cependant Canberra est dans une situation délicate. A la différence du Canada et de l’Afrique du Sud, l’Australie est clairement menacée par le Japon qui ne fait plus mystère depuis des années de sa volonté de conquérir les colonies européennes d’Asie officiellement pour créer une sphère de coprospérité mais en réalité pour pouvoir s’emparer de ressources et alimenter une industrie qui ne peut vivre que sur ses stocks.

 

La Grande-Bretagne est parfaitement consciente de cet état de fait mais rappelle qu’elle à investit de manière importante pour renforcer les défenses de la Malaisie et de Singapour, que la British Eastern Fleet dispose de trois cuirassés et de deux porte-avions sans compter des croiseurs et des destroyers modernes, répondant au principal grief de Canberra : une défense insuffisante des dominions des antipodes contre l’impérialisme japonais.

L’Australie décide de faire «sa part du boulot» en envoyant des troupes au Moyen-Orient, en mettant une partie de sa flotte sous contrôle britannique, en envoyant des avions en Méditerranée et en participant à la formation des pilotes du Commonwealth dans le sud de l’Australie c’est-à-dire hors de portée des menaces allemandes, japonaises et italiennes.

Entre septembre 1948 et mars 1950 soit pendant dix-huit mois l’Australie est donc en guerre au Moyen-Orient et dans les Balkans mais en paix dans la zone Asie-Pacifique, une paix armée cela va s’en dire.

Durant cette étrange période l’Australie accélère clairement son réarmement en s’appuyant sur une industrie bien plus développée qu’en Afrique du Sud ou en Nouvelle-Zélande, en passant des commandes aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, en améliorant ses infrastructures de transport…. .

Le 21 mars 1950 quand les premières bombes japonaises tombent sur Pearl Harbor l’Australie est prête à faire face au Japon même si le conflit ne pas vraiment se passer comme prévu, les certitudes de l’avant guerre volant en éclats sous les coups de la formidable et en apparence invincible machine de guerre japonaise. Il faudra plus de quatre ans de lutte pour défaire l’impérialisme japonais.

Les Aussies au combat (1) : L’Afrique du Nord pour commencer

En septembre 1948 l’Allemagne et le Japon sont alliés mais Berlin ne prend pas la peine de prévenir son allié asiatique du déclenchement de l’opération WESERÜBUNG pour par exemple déclencher une opération parallèle pour attirer des réserves ennemies dans la zone «Asie/Pacifique».

Tokyo le prend très mal et cela explique en partie pourquoi le Pacifique reste en paix à l’automne 1948 au grand soulagement des alliés qui peuvent rapatrier une partie de leurs moyens en Europe.

L’Australie déclare la guerre à l’Allemagne en même temps que la Grande-Bretagne, solidarité Commonwealth oblige. Les ressortissants allemands sont internés et deux navires allemands immobilisés pour avarie à Sydney sont saisis, réparés et réutilisés pour l’effort de guerre allié.

Les volontaires arrivent en masse dans des camps d’entrainement, les réservistes rallient avec calme et détermination leurs unités qu’elles soient terrestres, navales ou aériennes. Un entrainement intensif plus tard et les unités se dispersent.

Certaines restent en Australie pour défendre le pays, d’autres rallient la Nouvelle-Guinée voir la Malaisie sous autorité britannique. D’autres vont rallier l’Afrique du Nord.

En septembre 1939, deux divisions d’infanterie avaient rallié l’Egypte mais étaient restées l’arme au pied faute de combat, l’envoi d’une troisième division étant d’ailleurs rapidement annulé.

En août 1948, une mission militaire australienne se rend en Egypte pour repérer les lieux et faciliter l’arrivée des troupes australiennes.

Dès le 10 septembre, Canberra confirme à Londres l’envoi en Egypte de deux divisions d’infanterie chapeautées par un corps d’armée, le 1st Australian Army Corps (1st AAC) qui disposait de régiments d’artillerie lourde, d’unités du génie, de transmissions, de soutien mais aussi trois bataillons de chars indépendants (un équipé de Matilda II et deux équipés de Valentine II).

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Matilda II

Le premier convoi transportant la 1st Australian Infantry Divsion quitte Sydney le 25 septembre 1948, escorté par des navires australiens (croiseur léger HMAS Hobart, deux destroyers type N et deux corvettes type Flower), arrivant à Port Said début octobre.

Cinq autres convois enverront les moyens du 1st AAC en Afrique du Nord, convois qui devront se défendre contre les tentatives d’interférence italiennes vite matées par les moyens navals alliés présents dans la région.

Le corps d’armée australien est présent au complet début novembre 1948. Les deux divisions sont cependant loin d’être opérationnelles, elles manquent d’entrainement et surtout d’expérience tout comme d’ailleurs les unités britanniques présentes en Egypte.
En première ligne dans le désert égyptien, elles mettent des coups de sonde contre les italiens, menant des raids dans la profondeur pour générer de l’insécurité sur les arrières ce qui rend les italiens particulièrement prudents et nerveux.

Il faut cependant attendre l’été 1949 pour que les australiens connaissent leur baptême du feu, participant à l’opération BAYARD, les français tirant les premiers contrairement à Fontenoy et sont suivis quelques jours plus tard par les britanniques.

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Porte-avions de classe Colossus

Les australiens opèrent le long de la côte, soutenus essentiellement par la Mediterranean Fleet qui intègre quelques navires australiens en l’occurrence le porte-avions léger HMAS Gallipoli croiseur léger HMAS Perth mais aussi les destroyers type N HMAS Napier et Nestor ainsi que deux destroyers type Hunt.

La Royal Australian Air Force (RAAF) déploie quelques squadrons pour appuyer les troupes australiennes en l’occurrence trois squadrons de chasse (un de Hurricane et deux de P-40), deux squadrons de bombardement (un de DB-7 et un de Halifax), un squadron de reconnaissance (De Havilland Mosquito) et un squadron de transport (Douglas C-47 Dakota), le tout formant la 3rd Australian Tactical Wing.

L’opération BAYARD débute côté français le 7 juillet 1949. Une opération de diversion (FORNOUE) fixe les troupes italiennes le long de la côte, fixation facilitée par d’intenses bombardements aériens et navals. L’axe majeur fonce par le sud, dans le désert pour tourner le dispositif italien (GARIGLIANO).

Les britanniques qui avaient fixé les italiens par des mouvements et des attaques simulées passe à l’assaut direct à partir du 17 juillet 1949 (opération MARLBOROUGH), condamnant l’Africa Septentrionnale Italiana (ASI) à une totale anhilation.

La campagne de Libye s’achève le 1er septembre 1949 même si jusqu’à la fin du conflit il y aura des zones insécures, les autorités militaires interdisant aux militaires de circuler seuls dans de nombreuses zones de la future Libye.

Les australiens s’illustrent au combat, jouant un rôle clé dans la prise de Tobrouk. Ils font leur jonction avec les français à l’est de Tripoli.

Si la Tripolitaine est placée sous l’autorité française, la Cyrénaïque est placée sous l’autorité britannique. Il s’agit uniquement de la gestion administrative du territoire, les affaires militaires étant du ressort d’un Allied Command Libya (AC-Libya) avec à sa tête un général français et un adjoint britannique.

Les deux divisions australiennes se séparent alors. La 1st Australian Infantry Division rallie la Grèce pour combattre les allemands et les italiens dans le cadre de l’opération MARITSA alors que la 2nd Australian Infantry Division rallie la Palestine mandataire pour des opérations de police coloniale avant de rallier en janvier 1950 le Péloponnèse.

Les unités navales et aériennes vont elles se déployer en Crète puis pour certaines en Grèce continentale. Contrairement aux unités terrestres elles vont rester toute la guerre en Europe, une façon comme une autre de compenser le retrait de deux divisions d’infanterie.

Les Aussies au combat (2) : Grèce

En décembre 1949 les troupes de la 1ère division d’infanterie australienne débarquent en Grèce pour renforcer le dispositif allié. L’arrivée de ces troupes rustiques et aguerries sauve le front grec de l’effondrement, les allemands manquant de punch et de mordant.

Ils combattent durement mais ils ne peuvent empêcher la chute d’Athènes. Ils résistent pied à pied, forçant les germano-italiens à de coûteux combats d’usure, des combats frontaux, le terrain rendant quasiment impossible le contournement des «points durs» de l’ennemi.

En janvier 1950, la 2ème division d’infanterie australienne arrive dans le Péloponnèse. Elle peut ainsi couvrir le retrait en bon ordre de la 1st Australian Infantry Division, contrant un raid des brandebourgeois (les commandos spéciaux allemands) contre le pont franchissant le canal de Corinthe.

Les deux divisions australiennes vont combattent jusqu’à la fin de la campagne (fin mars 1950) avant d’être retirés du front progressivement, la 1ère division en juin et la 2ème en août pour être rapatriées en Australie et combattre les japonais dans le Pacifique.

Il y eut visiblement le projet de renvoyer des troupes australiennes en Europe mais cela ne se fit pas soit pour des raisons militaires soit pour des raisons politico-diplomatiques.

Les Aussies au combat (3) : Asie-Pacifique

Le théâtre d’opérations principal est naturellement le théâtre «Asie-Pacifique». Outre la défense du territoire national, l’Australie va servir de base arrière aux alliés, l’île-continent devenant une caserne à ciel ouvert.

On ne compte plus les casernes, les camps d’entrainement, les bases aériennes, les «bases navales» qui abritent des troupes essentiellement australiennes et américaines mais aussi britanniques, néerlandaises voir françaises, essentiellement des troupes venues des colonies occupées mais avec aussi des recrues venues d’Europe ou de colonies africaines pour remplumer des divisions anémiques.

La géographie rend quasi-impossible l’invasion de l’île-continent mais la Nouvelle-Guinée, territoire placé sous mandat australien par la SDN est clairement menacé par les japonais. Le territoire bénéficie d’ailleurs d’investissements «importants» pour renforcer notamment les défenses de Port Moresby avec des lignes de fortification légères.

Canberra souhaite aussi participer à la défense d’une partie des colonies alliées. Officiellement il s’agit de participer à «l’effort de guerre allié» mais officieusement il s’agit de combattre les «Jaunes» le plus loin possible de l’île-continent.

Voilà pourquoi en février 1949 la 3rd Australian Infantry Division rallie Hong-Kong pour soutenir la China Division et le Hong-Kong Volunteer Corps.

La 4th Australian Infantry Division va elle rejoindre la Malaisie pour renforcer les troupes britanniques et indiennes présentes sur place.

Les 5th et 6th Australian Infantry Division vont être envoyées en Nouvelle-Guinée en compagnie de la 1st Australian Armoured Division, ces trois divisions formant le 2nd Australian Army Corps.

Les autres divisions qui sont encore largement des division de papier vont rester en Australie pour être entraînées et équipées par l’industrie nationale mais aussi par les britanniques et les américains qui avant même leur entrée en guerre en mars 1950 sont déjà de grands pourvoyeurs d’armes et d’équipements divers.

La marine australienne rassemble la plus grosse partie de ses moyens dans la zone Asie-Pacifique avec notamment un porte-avions léger type Colossus, le HMAS Gallipoli mis en service en juin 1949 qui participe à l’opération BAYARD ce qui permet d’entrainer son groupe aérien. Il arrive en Australie avec un groupe aérien entrainé en novembre 1949.

HMAS Australia sous pont de Sydney

Le HMAS Australia à Sydney

On trouve également deux croiseurs lourds type County, les HMAS Australia et Canberra mis en service respectivement en avril et juillet 1928. Ils ont été modernisés mais ne sont plus de première jeunesse. Il à été question un temps de commander un croiseur lourd type Baltimore aux américains mais le budget nécessaire n’à jamais été débloqué.

Ils sont accompagnés par deux croiseurs légers type Leander, les HMAS Sydney et Hobart, le Perth restant détaché en Méditerranée (et l’étant toujours en mars 1950).

Côté navires médians de combat on trouve huit destroyers type Tribal, quatre destroyers type N (loués à la Royal Navy), six destroyers légers type Hunt, huit corvettes classe Flower, huit frégates type River et quatre sloops classe Grimsby.

C’est donc mine de rien une puissante marine, sure de ses qualités et confiance dans sa capacité non pas à défaire seule la marine impériale japonaise mais à assurer sa part du boulot dans l’action interalliée.

La Royal Australian Air Force (RAAF) déploie elle aussi des forces en Malaisie et en Nouvelle-Guinée, des unités de chasse, de bombardement et de reconnaissance pour couvrir, appuyer et éclairer les troupes au sol.

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Hawker Hurricane

Plus précisément, elle déploie en Malaisie dans la région de Bornéo le 1st Australian Tactical Wing composé de deux squadrons de chasse (un de Hurricane et un de P-40), un squadron de bombardement (Douglas DB-7 _appelés également A-20 Havoc_), un squadron de reconnaissance (Lockheed F-7 _version adaptée du P-38 de chasse_) et un squadron de patrouille maritime disposant de Consolidated Catalina.

Il assure donc l’appui direct de la 4ème division d’infanterie déployée dans la partie britannique de l’île de Borneo.

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Vickers Wellington B. Mk II

Le 2nd Australian Tactical Wing est lui déployé en Nouvelle-Guinée. Il comprend trois squadrons de chasse (un équipé de P-51 Mustang, un équipé de P-40 Warhawk et un troisième équipé de Bristol Beaufighter) mais aussi deux squadrons de bombardement (deux de Vickers Wellington), un squadron de reconnaissance (Lockheed F-7) et un squadron de patrouille maritime équipé de Vickers Wellington.

Quand la guerre éclatera avec le Japon, un 4th Australian Tactical Wing sera envoyé aux Indes Néerlandaises pour renforcer l’aviation de la principale colonie néerlandaise.

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Bristol Blenheim

Il se composera de deux squadrons de Hawker Hurricane, un squadron de Bristol Blenheim, un squadron de De Havilland Mosquito et un squadron de Consolidated Catalina.

Le reste des moyens aériens seront conservés sur l’île-continent pour défendre les ports et les principales villes du pays. On trouve en l’occurrence quatre squadrons de chasse (deux équipés de Hawker Hurricane et deux équipés de P-40), deux squadrons de bombardement (deux équipés de Halifax), un squadron de reconnaissance équipé de Mosquito et un squadron de Catalina soit huit squadrons de réserve.

Si on fait le bilan, l’Australie déploie hors de son territoire national six divisions d’infanterie et une division blindée (sans compter les unités indépendantes d’artillerie, du génie, des transmissions, du soutien), une partie importante de sa flotte placée sous le commandement de la British Eastern Fleet et sur le plan aérien, vingt-quatre squadrons (sept en Méditerranée et dix-sept en zone Asie-Pacifique), un effort conséquent pour un pays jeune et relativement peu peuplé.

La première unité australienne à connaître le feu en Asie-Pacifique est la 3rd Australian Infantry Division en garnison à Hong-Kong. L’arrivée de cette division avait suscité la protestation de Tokyo qui avait réclamé son départ mais Londres avait demandé en échange qu’aucune troupe japonaise ne stationne à moins de 50km de la colonie britannique. Une fin de non-recevoir polie en quelque-sorte.

Quand les jeunes soldats australiens arrivent à Hong-Kong on leur fait clairement comprendre que leur mission est quasiment une mission de sacrifice à savoir de tenir la colonie le plus longtemps possible, d’user les troupes nippones et surtout de les retenir loin du champ de bataille principal.

Elle va opérer en compagnie de la China Division, une division composite organisée en un état-major et une compagnie d’état-major, une compagnie logistique, une compagnie sanitaire, une compagnie du génie, deux bataillons d’infanterie indiens, deux bataillons d’infanterie canadiens, une compagnie de mitrailleuses moyennes et de mortiers, un bataillon de vingt-quatre canon-obusier de 25 livres et une compagnie d’autos blindées Humber AEC.

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Humber Armoured Car

Cette division d’infanterie allégée va donc bénéficier du soutien d’une division d’infanterie australienne novice mais aussi d’une sorte de Légion Étrangère, le Hong-Kong Volunteer Corps (HVC) qui comprend deux compagnies chinoises, une compagnie anglo-irlandaise, une compagnie franco-belge et une compagnie scandinave soit une force globale de 800 hommes utilisée essentiellement pour des taches de fortification, de logistique et de sécurité.

Néanmoins au moment de l’invasion japonaise au printemps 1950, la HVC va combattre, faisant taire les ultimes sceptiques sur la valeur combative de cette «Légion Etrangère». Cette unité à été créée suite à la proposition d’un militaire britannique en poste qui cherchait à augmenter les effectifs tout en sachant que l’envoi de renforts serait difficile voir impossible.

La présence de nombreux étrangers dans la colonie donna l’idée de créer une légion étrangère locale. Cela favorisait les gouvernements concernés qui pouvaient ainsi proposer à leurs ressortissants d’effectuer leur part du boulot sans avoir rallier leur pays, pays qui était parfois neutre et parfois occupé.

Entre mars 1949 et mars 1950, les trois unités présentées vont apprendre à travailler ensemble non sans frictions et incompréhensions.

Il faudra parfois de sévères remontrances pour éviter des conflits ouverts entre unités. Outre l’entrainement, les travaux de fortification sont relancés pour améliorer les défenses côté terre mais aussi côté mer.

Ces forces terrestres vont être soutenues par des moyens aériens limités (le front hong-kongais n’est pas prioritaire) avec le squadron 268 équipé de Hawker Hurricane Mk II, le squadron 144 équipé de bombardiers bimoteurs Martin 187 Baltimore, le squadron 239 équipé de Supermarine Walrus mais aussi le squadron de 267 équipé d’avions de transport Vickers Valetta.

Sur le plan les moyens sont importants sur le papier mais leur mission n’est pas d’assurer un appui prolongé à la garnison mais de faire ce qu’elle peut sachant que si l’attaque de la Malaisie et des autres colonies d’Asie du Sud-Est à lieu avant ces moyens seront engagés bien loin de la colonie britannique de Hong-Kong.

On trouve ainsi deux divisions de croiseurs (6th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Neptune Ajax et Orion et 15th Cruiser Ssquadron avec les croiseurs légers Mauritius et Ceylon), les destroyers classe Tribal HMS Cossack Maori Nubian Zulu détachés de la 4th Destroyer Flottilla de Singapour mais aussi le sloop classe Grimsby HMS Lowestoft.

On trouve également la 6th Motor TorpedoBoat Flottilla (6th MTB) avec les vedettes lance-torpilles MTB 34 36 3840 42 44 46 et 48, deux canonnières, la 8th Submarine Flottilla avec les sous-marins type U HMS Unruly Unseen Ultor Unshaken Unsparing Usurper Universal et Untaned ainsi que les pétroliers RFA Serbol et RFA Orange Ranger ainsi que le ravitailleur de sous-marins HMS Pactolus.

Dès le 20 mars 1950 les japonais attaquent la colonie. Cela aurait du alerter les américains et les alliés en général mais cela est vue à l’époque comme un coup de force destiné à faire plier les britanniques et à laisser la Chine aux japonais.

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Le HMS Neptune ouvre le feu sur les colonnes d’assaut japonaises

Sauf que les britanniques et leurs alliés ne plient pas. L’artillerie de la garnison riposte et tient tête à l’artillerie japonaise, le Neptune pilonne les colonnes d’assaut pendant que l’aviation tente de bombarder les divisions japonaises. Non seulement le bombardement est globalement inefficace mais les pertes sont lourdes notamment en terme de chasseurs.

Dès la première semaine l’aviation japonaise va prendre le contrôle de l’espace aérien au dessus de la colonie qui réclamera l’envoi de renforts aériens mais que pesait la demande d’un territoire sacrifié par rapport aux besoins malais et singapouriens.

Les moyens navals vont être comme prévus rapidement réduits, Hong Kong conservant uniquement les destroyers de classe Tribal, le sloop HMS Lowestoft, les vedettes lance-torpilles et quelques embarcations improvisées.

Les combats sont essentiellement terrestres. Ils sont violents et impitoyables. Le massacre de 72 prisonniers indiens pendus et éventrés à la baïonnette fait le tour du monde et dissuade les soldats alliés de se rendre. C’est clairement une lutte à mort qui s’engage.

Cette lutte va s’achever par la prise de la colonie le 6 juin 1950 après une splendide résistance de plus de deux mois bien plus que les trois à six semaines initialement envisagées.

2500 soldats alliés dont 700 australiens sont faits prisonniers mais seulement 1500 dont 500 australiens arrivent dans leur camp de prisonniers de l’île de Hainan après une marche de la mort qui prélève sa part.

5600 soldats alliés (3500 canadiens, 1700 australiens, 300 indiens sans compter une poignée de survivants de la HVF) parviennent à s’échapper grâce à la marine britannique qui envoie les croiseurs Neptune et Ceylan évacuer tout soldat apte à combattre. Ces hommes seront ensuite renvoyés en Australie, intégrés à de nouvelles unités mais trop tard pour participer à la phase initiale de l’invasion japonaise mais ne manqueront pas d’occasions pour se venger.

La 4th Australian (Infantry) Division est elle chargée de défendre la partie britannique de l’île de Borneo. Cette défense doit en théorie se faire avec les néerlandais mais cette coordination sera très imparfaite malgré la bonne volonté des deux côtés.

HMS Indefatigable (R-10) La Vallette Malte

Le HMS Indefatigable _ici à Malte_ à succombé durant la bataille du Golfe de Thaïlande

Les combats sont tout aussi âpres et violents qu’à Hong-Kong. Ils le sont d’autant plus que quand les japonais débarquent, ils ont été débarrassés de la menace navale alliée suite à leur victoire lors de la bataille du Golfe de Thaïlande (30 mars 1950), les alliés ayant perdu trois cuirassés (deux britanniques et un néerlandais), un porte-avions et trois croiseurs dont l’Australia sans compter des unités plus petites comme des destroyers (six dont le Anzac de la RAN) et des sous-marins.

Ils peuvent donc débarquer des troupes en masse avec un faible écran de couverture navale et aérienne. Les jeunes soldats australiens vont cependant faire preuve d’une résistance farouche probablement avertis qu’en face les soldats du Mikado ne leur laisseront aucune chance.

Néanmoins le poids du nombre rend la victoire japonaise inéluctable d’autant que les moyens navals et aériens font défauts, les alliés ayant replié le gros de leurs forces à proximité de l’Australie pour protéger l’île-continent des attaques japonaises, persuadés que la logistique nippone ne permettra pas à l’armée impériale d’effectuer un nouveau bon pour s’emparer de tout ou partie de l’Australie.

Utilisant habilement le terrain, les hommes de la 4th Australian (Infantry) Division vont user les troupes japonaises. Tantôt ils les fixent tantôt ils mènent de courtes mais brutales contre-attaques.

Contrairement à la 3ème division, la 4ème division parvient à conserver sa cohésion jusqu’à la fin de la campagne en février 1951.

Si le matériel encore disponible est perdu (capturé ou saboté), tous les hommes qui le peuvent sont évacués par les marines alliés voir par des hydravions. Les autres reçoivent l’ordre de mener des actions de guérilla, bientôt soutenus par des commandos britanniques, australiens et américains pour maintenir l’insécurité sur les arrières japonais.

Les rescapés surnommés «les invaincus» sont rapatriés en Australie. La division est reconstituée, les effectifs complétés avec de jeunes recrues mais aussi deux bataillons néo-zélandais ce qui explique la double appellation de cette division 4th Australian (Infantry) Division/1st ANZAC Division (qui entraîne parfois erreurs et confusions chez les historiens).

Cette division à nouveau opérationnelle fin 1951 sera engagée dans la campagne de Nouvelle-Guinée pour reconquérir ce territoire avant de connaître de violents combats aux Philippines et de terminer la guerre à Formose.

Le gros des forces australiennes engagées à l’étranger l’est en Nouvelle-Guinée, un territoire jadis partagé entre l’Australie (qui à récupéré un territoire jadis britannique) et l’Allemagne. Suite à la défaite allemande de 1918, l’Australie à récupéré le nord du territoire.

Comme nous l’avons vu plus haut si l’île-continent est quasiment à l’abri d’une offensive japonaise (encore que la tentative japonaise contre la Nouvelle-Calédonie provoquera un vent de panique sur la côte orientale où on verra des sous-marins et des navires japonais partout), la Nouvelle Guinée elle est clairement menacée.

L’armée de terre australienne va ainsi déployer trois divisions, deux d’infanterie (5th et 6th Australian Division) et une division blindée (1st Australian Armoured Division). Ces trois divisions forment le 2nd Australian Army Corps.

Leur mission est de défendre la Nouvelle-Guinée contre un débarquement japonais ou une offensive terrestre venue de la partie de l’île contrôlée par les néerlandais. Comme à Borneo, Canberra et Batavia (auj. Djakarta) sont censés coopérer mais cette coopération sera imparfaite.

Pour simplifier si aux plus bas échelons les deux armées vont clairement coopérer, aux plus hauts échelons on se querellaient pour savoir quel était la meilleure stratégie à adopter.

En dépit de ces problèmes, les australiens et les néerlandais attaqués au mois de janvier 1951 (opération MO) vont faire mieux que résister.

Il faut dire qu’à l’époque on se bat encore en Malaisie, à Singapour et aux Indes Néerlandaises (même si les combats touchent à leur fin et que la victoire japonaise ne fût plus aucun doute) sans compter que la logistique nippone peine à fournir armes, munitions, vivres et autres produits nécessaires à la guerre moderne.

Du côté allié si tout n’est pas parfait _loin de là_ la puissance industrielle américaine commence à faire sentir ses effets en fournissant des quantités absolument démentielles d’armes, de véhicules, de munitions, de vivres et autres pièces détachées. Elle est bien secondée par l’industrie australienne qui fait sa part du boulot.

En Nouvelle-Guinée les combats reposent terrain difficile oblige sur l’infanterie. Elle est appuyée par une excellente artillerie précise, puissante et efficace mais aussi par des chars qui tout en affrontant les rares blindés nippons assurent essentiellement l’appui rapproché de l’infanterie.

C’est tout le paradoxe des combats blindés dans la zone Asie-Pacifique : les chars censés être les rois des combats se retrouvent à soutenir l’infanterie, à neutraliser les blockhaus, à tenter de briser les charges suicides de l’infanterie japonaise (ce qui conduira à la mise en place locale d’obus de type canister).

La 1st Australian Armoured Division créé ainsi au coup par coup des groupements mobiles composés généralement d’un peloton de chars, d’une section ou d’une compagnie d’infanterie, d’une batterie d’artillerie et de moyens du génie pour user les pointes adverses ou permettre le repli en bon ordre de l’infanterie. Ces groupements participeront également à des opérations de désencerclement pour permettre à des soldats d’échapper à la captivité.

Cette première campagne de Nouvelle-Guinée s’achève en avril 1951. Port Moresby reste hors de portée des japonais tout comme une partie du territoire de la future Papouasie Nouvelle-Guinée.

Les divisions australiennes ont souffert des combats mais aussi du climat. Voilà pourquoi la 5th Australian (Infantry) Division est relevée en juin 1951 par le 2nd Australian Infantry Division.

La 6th Australian (Infantry) Division reste déployée dans la région tout comme la 1st Armoured Division (Australian).

L’armée de terre australienne n’est pas la seule à combattre et à s’illustrer. Le 2nd Australian Tactical Wing fait ce qu’il peut pour repousser l’aviation japonaise et appuyer les troupes au sol, bien aidée par des moyens britanniques et néerlandais rescapés des combats en Malaisie et aux Indes Néerlandaises sans oublier l’aide de l’USAAF et de l’US Navy.

La Royal Australian Navy (RAN) avec ses croiseurs, ses destroyers mais aussi son unique porte-avions d’interdire le ravitaillement des troupes japonaises et de favoriser le ravitaillement des troupes alliées.

Sans atteindre le niveau de violence des combats des Salomons, les combats navals autour de la Nouvelle-Guinée sont très intenses avec des pertes importantes des deux côtés. La RAN va ainsi perdre le Sydney sans compter deux destroyers (Norman et Nizam) et deux corvettes.

La 1st Australian (Infantry) Division rentrée en Australie en compagnie de la 2ème à la fin de l’été 1950 reste d’abord déployée dans la région de Darwin pour protéger le pays d’un possible débarquement japonais.

Il participe également à l’entrainement de nouvelles divisions d’infanterie en l’occurence les 7th Australian (Infantry) Division et 8th Australian (Infantry) Division (la 2ème division se chargeant de l’entrainement des 9th et 10th Australian [Infantry] Division).

Une fois la menace d’un débarquement japonais clairement écartée par la «défaite» nippone en Nouvelle-Guinée, la 1ère division repart au combat en avril 1951 dans les Salomons. Les combats vont être d’une violence inouïe, un sommet de cruauté et de barbarie.

La 1ère division va subir de lourdes pertes et devra être relevée au mois de juillet par la 7th Australian (Infantry) Division après avoir perdu 40% de ses effectifs au combat mais aussi suite aux maladies et à des accidents.

Recomplétée avec des réservistes mais aussi des néo-zélandais, elle repart au combat sous le nom de 2nd ANZAC Division non sans que ce changement de nom heurte les survivants des terribles combats du Pacifique. Ce changement sera d’ailleurs temporaire puisqu’il ne sera effectif que de septembre 1951 à mai 1952 et de janvier à décembre 1954.

Fin 1951 le théâtre Asie-Pacifique est comme qui dirait sur pause. Les terribles combats depuis mars 1950 ont été dévoreurs d’hommes, de munitions, de véhicules, d’illusions aussi. Les alliés comme les japonais doivent se réorganiser et reprendre des forces même si clairement le temps joue pour les alliés et contre leurs adversaires. Cela nous permet de faire le point sur le déploiement des troupes et des moyens australiens.

En ce qui concerne l’armée de terre, la 1ère division est en phase de remontée en puissance dans le nord de l’Australie. La 2ème division restée déployée en Nouvelle-Guinée, jouant un rôle clé dans la défense de Port Moresby.

La 3ème division à été virtuellement éliminée à Hong-Kong. Se pose même la question de sa remise sur pied. Finalement en janvier 1951 elle est recrée à Sydney. On utilise les survivants pour encadrer de jeunes recrues encore mal dégrossies. Elle s’entraîne durement jusqu’à l’automne 1951 avant d’être déployée dans les Salomons pour nettoyer les différentes îles des restes de la présence nippone.

La 4ème division auréolée de sa magnifique défense de Borneo est remise sur pied dans le Queensland dès l’automne 1950. Considérée comme à nouveau opérationnelle en septembre 1951, la 4th Australian (Infantry) Division/1st ANZAC Division est considérée comme unité de réserve stratégique tout comme les 7ème, 8ème, 9ème et 10ème divisions.

La 5ème division à éte relevée en juin 1951 par la deuxième. Elle est chargée de défendre Darwin puis à partir de mars 1952 commence à se préparer à de futures opérations amphibies. La 6ème division elle reste déployée en Nouvelle-Guinée aux côtés de la 2ème et de la 1ère division blindée.

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Le Sentinel seul et unique char de conception australienne

En mars 1952, après visiblement de nombreuses hésitations, le gouvernement australien donne son autorisation pour lever une 2nd Australian Armoured Division. Cette division organisée sur le modèle américain reçoit les premiers chars Sentinel qui est grosso modo la combinaison d’un châssis modifié de char Valentine avec une nouvelle tourelle intégrant un canon de 17 livres. Elle sera opérationnelle à temps pour être engagée aux Philippines.

En ce qui concerne l’armée de l’air, on trouve toujours le 3rd ATW en Méditerranée, le 1st ATW virtuellement éliminé à Borneo à été reconstitué pour défendre le nord-est du pays en attendant de combattre aux Salomons et en Nouvelle-Guinée, le 2nd ATW reste déployé en Nouvelle-Guinée avec naturellement de nouveaux pilotes et de nouveaux avions.

Le 4th ATW virtuellement éliminé aux Indes Néerlandaises est reconstitué en Australie aux côtés du 1st ATW. La priorité étant donnée à la 1ère Escadre Tactique Australienne, sa consoeur n’est de nouveau opérationnelle qu’à l’été 1952, étant à nouveau engagée au printemps 1953 dans le cadre de l’opération OVERLORD (Thaïlande et Cochinchine). Elle termine la guerre en Chine.

Courant 1951 la RAAF avait réorganisé et rééquipé ses forces. Les squadrons conservés en Australie forment un 5th Australian Tactical Wing (5th ATW) mais restent déployés sur l’île-continent comme une véritable «assurance vie» contre un possible retour de flamme nippon. A l’usage ils seront à la fois des unités opérationnelles et des unités d’instruction.

Trois autres wings vont être levés en mobilisant au maximum la jeunesse australienne mais aussi des étrangers rapidement naturalisés. Ces trois wings sont numérotés 6,7 et 8 et créés respectivement en septembre 1951, mars 1952 et décembre 1952.

Ce sont comme les autres des wings multirôles avec des squadrons de chasse, de bombardement, de reconnaissance et de transport, capables en théorie de mener seul tout type de mission.

North American B-25 Mitchell WWII 5

Le 6th Australian Tactical Wing (6th ATW) aligne deux squadrons de P-51 Mustang, un squadron de Bristol Beaufighter, deux squadrons de B-25, un squadron de De Havilland Mosquito et un squadron de C-47.

Il est opérationnel en mars 1952, étant engagé en Nouvelle-Guinée puis aux Philippines, terminant en Chine et même en Corée, les C-47 participant notamment à l’opération PHENIX.

Supermarine Spitfire Mk V 9

Supermarine Spitfire en vol

Le 7th Australian Tactical Wing (7th ATW) créé en mars 1952 et opérationnel à l’été comprend deux squadrons de Supermarine Spitfire, deux squadrons équipés de Typhoon et de Tempest (flotte mixte), deux squadrons de North American B-25 Mitchell, un squadron de B-24 Giant, un squadron de De Havilland Mosquito et un squadron de Douglas C-47.

La 7ème Escadre effectue des frappes tactiques en Insulinde pour empêcher les japonais d’envoyer des renforts en Nouvelle-Guinée. Elle participe aux opérations aux Philippines puis termine à Formose et en Corée, ses avions participant à l’opération PHENIX.

Le 8th Australian Tactical Wing (8th ATW) créé en décembre 1952 et opérationnel au printemps 1953 comprend deux squadrons de Supermarine Spitfire, un squadron de Bell P-39 Airacobra, un squadron de Hawker Typhoon, deux squadrons de North American B-25 Mitchell, un squadron de De Havilland Mosquito et un squadron de Douglas C-47.

La 8ème Escadre va opérer en soutien de l’opération OVERLORD où l’Australie est engagée aux côtés des alliés. Elle participe ensuite à l’opération ZIPPER, la reconquête des colonies alliées d’Asie du Sud-Est (Indes Néerlandaises, Malaisie, Singapour).

La marine australienne à perdu un certain nombre de navires dans les rudes combats de ce début de conflit comme le croiseur lourd Australia, le croiseur léger Sydney ou encore les destroyers Norman et Nizam. Ces pertes vont être progressivement compensées par de nouvelles constructions.

Les combats reprennent vraiment en février 1952. Les alliés décident de passer à la contre-attaque en nettoyant la mer de Corail de toute présence japonaise. Cette volonté débouche sur la bataille de la mer de Corail les 4 et 5 février 1952, bataille marquée notamment par la destruction du cuirassé Missouri et du porte-avions Enterprise.

 

La marine australienne ne participe pas directement à cet affrontement, assurant la protection des pétroliers et le soutien rapproché aux unités terrestres déployées dans les Salomons. Le lendemain néanmoins les avions du HMAS Galipolli acheveront plusieurs unités japonaises qui tentaient de se replier vers le nord.

Cette bataille rend illusoire toute future offensive japonaise. Clairement le Japon se met sur la défensive (même si cela n’est jamais reconnu officiellement), se contentant de faire payer le plus cher possible la reconquête des territoires.

La première zone concernée c’est la Nouvelle-Guinée. Les américains débarquent le 7 juillet 1952 pour libérer la Nouvelle-Guinée mais aussi la partie hollandaise de l’île.

Les troupes du 2nd Australian Army Corps (2ème et 6ème division d’infanterie, 1ère division blindée) fixent les troupes japonaises par des attaques simulées pour faciliter les débarquements alliés. L’essentiel des troupes mis à terre sont américaines mais l’Australie engage sa 1st Australian (Infantry) Division et sa 8th Australian (Infantry) Division.

La campagne de Nouvelle-Guinée s’achève en janvier 1953 pour le gros des combats. Il y à bien quelques garnisons isolées, des éléments incontrôlés mais leur menace est limitée et résiduelle.

La marine australienne perd durant cette campagne le croiseur lourd Canberra. Il sera remplacé par un croiseur lourd britannique, le HMS Drake qui devient le HMAS Australia. Deux Tribal (Arunta et Adelaïde) sont également perdus tout comme deux Flower.

En février 1953, le dispositif australien est clarifié et réorganisé. Une First Australian Army est ainsi créée avec le 2nd Australian Army Corps (2nd AAC) composé des 2ème et 6ème division d’infanterie ainsi que de la 1ère division blindée mais aussi avec le 1st Australian-New Zealand Army Corps (1st ANZAC) composé de trois divisions d’infanterie, deux australiennes (1ère et 8ème) et une néo-zélandaise (2ème division).

Cette première armée australienne est un groupement essentiellement administratif puisque dès le mois de mars 1953 les australiens engagent leur 2ème Corps d’Armée aux Philippines sous commandement américain avec donc deux divisions d’infanterie et une division blindée.

Les combats sont durs, les japonais ne voulant pas laisser facilement aux américains leur ancienne colonie. En septembre 1953, la 7ème division relève la 6ème division, la 2ème division blindée est enfin engagée en remplacement de la 1ère. La 2ème division reste déployée aux Philippines jusqu’à la fin de la guerre.

Le 1st ANZAC (Australian-New Zealand Army Corps) reste déployé en Nouvelle-Guinée jusqu’en juillet 1953 quand il rallie les Philippines pour combattre jusqu’en janvier 1954. Il va ensuite être engagé à Formose (1ère puis 4ème division) et en Chine continentale (2ème division néo-zélandaise, la 8ème combattant dans l’opération ZIPPER), terminant la guerre sur ces territoires.

Le 9 novembre 1953, les britanniques, les français et les néerlandais lancent l’opération ZIPPER, la reconquête de la Malaisie, de Singapour et des Indes Néerlandaises. Ils engagent respectivement trois divisions d’infanterie et une division blindée, deux divisions d’infanterie et une division mixte mais sollicitent l’aide des Dominions. Les australiens acceptent d’envoyer le 3rd Australian Army Corps composé des 3ème et 8ème divisions d’infanterie.

Le dispositif allié est donc conséquent avec un corps d’armée australien à deux divisions, un corps d’armée mixte britannico-néerlandais (une division d’infanterie britannique et la division mixte néerlandaise), un corps d’armée britannique (deux divisions d’infanterie et une division blindée) et un corps d’armée français à deux divisions soit un total de neuf divisions.

Ultérieurement, la 11ème DP et la 1st Airborne (UK) rallieront ce théâtre d’opérations pour former le 10th Allied Airborne Corps (10th AAC).

Cette opération ZIPPER va se diviser en huit phases (ZIPPER I à ZIPPER VIII) avec débarquements amphibies, raids dans la profondeur et opérations aéroportées. Les australiens participent notamment à ZIPPER IV contre Singapour (février 1954) et ZIPPER VI (débarquement à Borneo) en juin 1954.

La marine australienne joue un rôle important dans le transport et l’appui des troupes alliées notamment via le porte-avions léger Gallipoli qui échappe à la destruction à de nombreuses reprises, une véritable baraka.

Pour certains cela s’explique par la présence à bord de quelques aborigènes qui bien que élevés par des missions catholiques continuaient à croire à leurs dieux, dieux qui protégeaient le navire.

Durant l’opération ZIPPER, un quatrième Tribal sera perdu (Stuart) tout comme deux Grimsby et une River.

Quand la guerre dans le Pacifique se termine en août/septembre 1954, les troupes australiennes sont dispersées sur l’ensemble du théâtre Pacifique :

-En Insulinde, le 3rd Australian Army Corps assure le nettoyage des ultimes poches de résistance nippones démantibulées par l’opération ZIPPER. La 8ème division rentre en Australie en décembre 1954 où elle est dissoute, la 3ème division faisant des heures supplémentaires, rentrant au pays en mars 1955, elle aussi pour être dissoute.

-Aux Philippines on trouve le 2nd Australian Army Corps (2ème et 7ème divisions d’infanterie plus la 2ème division blindée).

-A Formose on trouve la 4ème division qui à relevé la 1ère division/2nd ANZAC Division partie en Corée pour remplacer les unités parachutistes de l’opération PHENIX.

-En Chine on trouve la 5ème division venue d’Indochine termine la guerre en Chine du Sud en compagnie d’unités françaises.

-Les autres divisions sont aux Salomons, en Nouvelle Guinée et en Australie comme les 9ème et 10ème divisions d’infanterie qui ne seront jamais engagées. Il était prévu qu’elles participent aux débarquements au Japon mais comme les bombes atomiques sont passées par là, les deux divisions n’ont jamais connu le combat et ont été dissoutes dès octobre 1954.

Le format de l’armée australienne va être sacrément réduit avec le retour au temps de paix. Ce n’est cependant pas non plus un retour à la situation d’avant septembre 1948.

La démobilisation est entamée dès octobre 1954 pour libérer les hommes sous les drapeaux depuis le début du conflit. Comme dans les autres armées, les derniers incorporés sont les derniers démobilisés.

L’Australie participe à l’occupation du Japon jusqu’en septembre 1960 quand la ANZAC Force in Japan est dissoute. Elle se composait de septembre 1954 à juin 1958 de la 4th Australian (Infantry) Division, de la 2nd Mobile Division (ex-2nd Armoured Division) et de la New Zealand Brigade in Japan.

En juin 1958, la division mobile est dissoute, la brigade néo-zélandaise réduite à un bataillon intégré à la 4ème division australienne qui devient la Australian-New Zealand Division in Japon. Cette division est dissoute en septembre 1960.

En ce qui concerne la Corée, la 2nd ANZAC Division redevient la 1st Australian (Infantry) Division en juin 1955 quand les néo-zélandais rentrent au pays. La division australienne va elle rester jusqu’en septembre 1959 quand elle rentre au pays.

Les autres unités australiennes déployées à l’étranger sont progressivement rapatriées entre l’automne 1954 et septembre 1955.

L’après guerre en quelques lignes

Les forces terrestres australiennes sont totalement réorganisées en 1957 avec deux divisions d’infanterie (1st Australian [Infantry] Division et 4th Australian [Infantry] Division), une division blindée (1st Armoured Division [Australian]), une brigade parachutiste (1st Australian Airborne Brigade) et différentes unités d’appui et de soutien.

L’armée de l’air australienne qui avait disposé à son apogée de huit wings réduit sérieusement la voilure avec trois wings en Australie et un wing déployé en Malaisie britannique puis en Malaisie indépendante. On trouve également un squadron indépendant en Nouvelle-Guinée.

La marine royale australienne réduit également son format. Elle envoie ses navires les plus anciens à la ferraille, ne conservant que les plus puissants et les plus récents. Elle dispose d’un porte-avions (le Galipolli qui sera ultérieurement remplacé), de deux croiseurs légers (Le Hobart et le Perth), de quatre destroyers type Tribal et de trois destroyers type N (deux ont été perdus en Asie-Pacifique et un en Méditerranée) pour ne parler que des unités majeures.

Sur le plan politique, l’Australie sort politiquement renforcée de la guerre. Le sentiment national à été renforcé par les pertes en Afrique du Nord, dans les Balkans et dans la zone Asie-Pacifique.

Les relations avec les grandes puissances sont plus équilibrées, Canberra jouant habilement de la bascule entre Londres et Washington. Peu à peu on verra la Grande-Bretagne se retirer à l’ouest d’Aden, laissant le champ libre aux américains.

Un traité de coopération et de sécurité (traité de Brisbane) est signé en octobre 1957 entre l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, les Philippines et la Thaïlande.

Les pays de la région (Inde, Pakistan, Laos, Cambodge, Vietnam, Malaisie, Singapour,Indonésie) vont rejoindre ce traité qui va donner naissance à L’Organisation de Sécurité et de Coopération de l’Asie-Pacifique (OSCAP) censée permettre aux différents pays de coopérer et de se défendre en cas de menace intérieure et extérieure.

La même année, les libéraux perdent les élections, les travaillistes revenant au pouvoir pour un long bail de douze ans jusqu’en 1969 quand les libéraux les remplacent.

Sur le plan politique, l’Australie s’interroge sur les liens avec la Grande-Bretagne. En juillet 1952, George VI était mort de maladie remplacée sur le trône par sa fille devenue Elisabeth II.

La nouvelle reine d’Angleterre et son mari le prince Philip se rendent dans les dominions du Pacifique en octobre 1958 peu avant un référendum pour ou contre la république. Le non l’emporte de peu (52.7%), l’Australie restant un dominion avec un gouverneur général pour représenter la reine d’Angleterre. Deux nouveaux référendums seront organisés en 1979 (gouvernement conservateur) et en 1994 (gouvernement travailliste) mais à chaque fois le non l’à emporté.

Sur le plan diplomatique, l’Australie intègre l’ONU à sa création. Le pays participe aux deux guerres du Vietnam en soutien de la France et des Etats-Unis, des conflits qui vont générer de sérieux débats et de sérieux remous notamment sur l’utilité de ce genre de conflit mais ceci est une autre histoire.