Pologne et Pays Neutres (69) Suède (4)

Les grands de Suède

Ansgar

Ansgar appelé aussi Oscar ou Anschaire de Brême est né le 8 septembre 801 à Fouilloy dans la Somme et mort à Brême le 3 février 865. C’est un homme d’Eglise du Haut Moyen-Age qui est le saint patron du Danemark et qui à été archevêque de Hambourg et évêque de Brême. C’est celui qui initié l’évangélisation de la Scandinavie.

Moine à l’abbaye de Corbie près d’Amiens, il forme et organise d’autres communautés monastiques dans la région.

Il arrive au Danemark en 826 pour profiter de la conversion du roi danois Harald Klak mais ce dernier est vite chassé du pays ce qui interrompt très vite l’action du moine picard. En 829 il arrive en Suède pour reprendre son action, une première communauté chrétienne de Suède voit le jour à Birka en 831.

Il est nommé archevêque de Hambourg en 831 mais manque de moyens pour sa mission d’évangélisation. En 845 il négocie la paix avec les vikings suite à un raid qui à dévasté Hambourg.

En 845 l’évêché de Brême est rattaché à l’archevêché d’Hambourg ce qui augmente les ressouces pour permettre à Anschaire d’évangéliser le Danemark. Il faudra cependant attendre deux siècles pour que la Scandinavie bascule définitivement au christianisme.

Gustav 1er Vasa

Gustave Vasa (12 mai 1496-29 septembre 1560) est roi de Suède (6 juin 1523 au 29 septembre 1560) après qu’il eut prit la tête de la révolte suédoise contre le tyran Christian II qui s’illustra tristement dans le Bain de Sang de Stockholm au cours duquel il perdit son père et son beau-frère.

Il est élu régent du royaume (Riksföreståndare) le 23 août 1521 par les révoltés et grâce au soutien de la Hanse les danois sont chassés de Suède en 1523. Le 6 juin 1523 il est élu roi de Suède brisant ainsi l’Union de Kalmar.

Il impose le luthéranisme, développe l’économie du pays et réforme les structures du royaume, augmentant le pouvoir du roi au détriment des nobles. Il réorganisé aussi l’Eglise. Si la Suède devient officiellement luthérienne dès 1536 en pratique il faudra attendre 1571 pour que la transformation soit réellement achevée.

On assiste par exemple en 1532 à la Révolte des Cloches quand les paysans se révoltent suite à la décision du roi de Suède de vendre les cloches pour rembourser la dette qu’il avait auprès des marchands de Lübeck.

En 1544 il impose la succession héréditaire dans la maison de Vasa, successeur ouverte aux femmes à partir de 1604.

Il met sur pied une armée permanente composée essentiellement de mercenaires, une armée dont l’entretien absorbe 70% du budget national.

Pour résoudre les problèmes financiers, il remplace les pièces rondes par des pièces carrées, il fait exploiter les mines d’argent et de cuivre et lance un plan de colonisation des terres en Suède.

Cette politique est un succès et quand il meurt en 1560 le premier roi de la dynastie Vasa laisse à son fils et successeur Eric XIV un royaume bien gouverné, bien géré et aux finances florissantes.

Côté vie privée il épouse en 1531 Catherine de Saxe-Lauenbourg qui lui donne un fils, le futur Eric XIV.

Il se remarie dès 1536 avec Marguerite Lejonhufvud qui lui donne plusieurs enfants dont Jean III futur roi de Suède, Catherine, Cécile, Magnus, Anne-Marie, Sophie Elisabeth et Charles IX.

Le troisième mariage avec Catherine Stenbock en 1552 est sans descendance.

Axel Oxenstierna

Axel Gustafsson Oxenstierna af Södermöre ( Fånö Uppland 16 juin 1583 Stockholm 28 août 1654) est un homme d’Etat suédois du 17ème siècle qui voit un rôle clé auprès de Gustave II Adolphe et de sa fille Christine.

Il devient membre du conseil privé suédois en 1609 et devient lord haut-chancelier en 1612 et ce jusqu’à sa mort. Il est considéré comme l’égal d’un Richelieu ou d’un Mazarin à savoir un homme d’Etat de premier plan.

Le 5 juin 1608 il se marie à Anna Akesdotter qui va lui donner treize enfants mais seulement ont atteint l’âge adulte dont l’ainé Johan qui suivit les traces paternelles.

En 1603 il devient valet de chambre (Kammarjunkare) de Charles IX. Pour l’anecdote il maitrise la langue écossaise car fréquentant l’importante communauté écossaise présente en Suède.

En 1606 il réalise sa première mission diplomatique en Allemagne tout en intégrant le conseil privé (Riksrådet), devenant un conseiller écouté du roi. En 1610 il échoue à convaincre le roi de Danemark de ne pas entrer en guerre. Les danois envahissent en 1611 la Suède (guerre de Kalmar).

Toujours en 1611 le roi Charles IX remplacé par son fils le célèbre Gustave II Adolphe alias le Lion du Nord. Connaissant parfaitement Axel Oxenstierna, il le nomme lord haut-chancelier de Suède le 6 janvier 1612.

Il impose très vite sa marque en réformant l’administration et en cherchant à mettre fin aux guerres dans lesquelles était engagée la Suède. Gustave II Adolphe étant régulièrement absent, Oxenstierna est un véritable vice-roi. En octobre 1617, le roi est couronné et Oxenstierna est fait chevalier.

Le 6 novembre 1632 le Lion du Nord est tué à la bataille de Lützen. Oxenstierna devvient le commandant en chef des troupes suédoises déployées en Allemagne même si en pratique ce sont ses généraux qui assuraient le commandement au quotidien.

Le nouveau roi de Suède est une reine à savoir la célèbre Christine de Suède alors âgée de six ans ce qui impose une longue régence, une période toujours sensible («malheur au royaume dont le prince est un enfant») pour une monarchie. Sans surprise c’est Oxenstierna qui devient régent à la tête d’un conseil de régence. En 1636 il quitte l’Allemagne pour retrouver Stockholm.

Quand Christine devint en âge de régner elle tenta de pousser son mentor sur les côtés mais sans succès. A la différence de son père, Christine de Suède ne fût jamais proche d’Oxenstierna. Et pourtant il tenta de s’opposer à l’abdication de la fantasque reine de Suède, un personnage fascinant qui fascine encore.

Axel Oxenstierna est mort quelques mois après l’avénement du nouveau roi le 28 août 1654. Il est enterré à Stockholm le 18 mars 1655.

Gustave II Adolphe

Gustave II Adolphe (Château Tre Kronor 19 décembre 1594 Lützen 6 novembre 1632) est avec Charles XII probablement le plus célèbre des rois de Suède notamment par son surnom (le Lion du Nord) et par sa mort à la bataille de Lützen.

Fils de Charles IX et de Christina de Holstein-Gottorp il règne du 30 octobre 1611 au 6 novembre 1632. De son mariage avec Maria-Eleonora de Brandenburg sont nés plusieurs enfants mais seule la flamboyante Christine de Suède à atteint l’âge adulte.

Il fait de la Suède une grande puissance par une série de réformes militaires qui fait du roi de Suède l’un des grands stratèges du 17ème siècle aux côtés d’un Maurice de Nassau. Disposant d’une armée réduite, il combine habilement infanterie, cavalerie et artillerie. Supportée par une excellente administration, l’armée suédoise fait l’admiration de toute l’Europe. Il bénéficie comme nous l’avons vu du soutien d’Axel Oxenstierna.

Il pilote les réformes administratives comme un rencesement très fin de la population ce qui permettait une taxtation et une conscription plus facile. Cela favorisa la modernisation des structures économiques de la Suède.

Christine de Suède

Christine de Suède en Minerve

Kristina Alexandra Vasa (Stockholm 18 décembre 1626 Rome 19 avril 1689) est la fille de Gustave II Adolphe et de Maria-Eleonora de Brandebourg, roi de Suède (et non reine) du 6 décembre 1632 à 6 juin 1654. Elle est également duchesse de Brême-et-Verden de 1648 à 1654.

Roi de Suède à six ans, elle est sous la régence d’Axel Oxenstierna, le conseiller de son père, un homme de la trempe et de l’envergure d’un Richelieu. Elle reçoit une éducation soignée qui explique probablement son insatiable curiosité intellectuelle pendant et surtout après son règne.

Oxenstierna éloigne sa mère de Christine, Maria-Eleonora ne parvenant pas à faire le deuil de son mari et donc le caractère névrosé était considéré comme une menace sur la jeune fille.

Majeure en 1644, elle s’oppose rapidement au chancelier Oxenstierna et l’écarte après le traité de Westphalie. Elle est favorable à la paix alors que le vieux chancelier est davantage belliciste.

Couronnée en 1650, son entourage la pousse à se marier mais comme Elisabeth 1ère d’Angleterre elle à le mariage en horreur. Elle s’illustre par un mécénat actif attirant les grands esprits du temps comme Descartes qui y meurt en février 1650.

Très vite impopulaire vis à vis de l’opinion, elle envisage dès 1651 l’abdication, obtenant de la diète la désignation de son cousin Charles-Gustave comme successeur puis comme prince héritier. Elle annonce son abdication le 11 février 1654, abdication effective le 6 juin 1654.

Les raisons en sont certainement complexes : lassitude et dégoût du pouvoir, difficultés financières proches de la banqueroute ou cheminement spirituel qui conduira cette fille d’un des champions protestants de la guerre de Trente Ans à se convertir au catholicisme.

Elle obtient des donations et une pension pour ne pas finir dans la misère. Elle quitte très vite la Suède faisant étape à Hambourg, Anvers et Bruxelles où elle se convertit secrètement au catholicisme. Après une abjuration publique, elle est accueillie à Rome par Alexandre VII le 20 décembre 1655.

Logée au palais Farnèse, elle entretien une relation avec le cardinal Decio Azzolino. Son comportement très libéré lui aliène bien des sympathie et le pape qui voulait l’utiliser politiquement prend très vite ses distances.

Présente en France pour renégocier ses revenus suédois, elle fait assassiner son écuyer Giovanni Monaldeschi persuadé de son double-jeu avec les espagnols (10 novembre 1657). Cette affaire embarasse Louis XIV et Mazarin mais la France ménage l’ancienne reine de Suède. Elle est de retour à Rome le 15 mai 1658.

Le 13 février 1660 son cousin Charles X Gustave meurt laissant la couronne à son fils de cinq ans Charles XI. Elle rentre en Suède en octobre 1660 et demande le rétablissement de ses droits héréditaires en cas de disparition du jeune roi. Une opposition unanime la pousse à reprendre le chemin de Rome en 1662. Elle fait une nouvelle tentative en 1666 mais c’est un nouvel échec.

En 1668 suite à l’abdication de Jean II Casimir, roi de Pologne, elle pose sa candidature à cette monarchie élective mais c’est un nouvel échec.

Christine de Suède s’installe définitivement à Rome en octobre 1668. Elle fait preuve d’une intense activité de mécène, accumulant les tableaux, les sculptures, les dessins, les objets et les ouvrages avec une bibliothèque de 5000 volumes. Plus généralement elle fait preuve d’une intense curiosité intellectuelle, une soif d’apprendre jamais rassasiée.

Sa conversion la rend très tolérante ce qui ne passe pas toujours dans des temps où les passions religieuses sont encore vives. A la fin de sa vie elle critique vigoureusement la France et sa politique de conversion forcée des protestants. A sa mort en 1689 elle est enterrée dans la crypte de la basilique Saint-Pierre.

Charles XII

Charles XII de Suède Karl von Pfaz-Zweibrücken-Kleeburg (Stockholm 17 juin 1682 Halden 11 décembre 1718) est roi de Suède et duc de Brême-et-Verden du 5 avril 1697 au 30 novembre 1718.

Dernier monarque absolu ayant régné en Suède, il est aussi le dernier qui anime une politique impérialiste, ses successeurs malgré quelques tentatives devront enteriner le fait que la Suède comme grande puissance avait clairement vécue.

Appelé également Karl XII mais aussi Carolus Rex (NdA je vous recommande la chanson du groupe suédois Sabaton) ou Demirbas Sarl (Charles tête de fer) par les ottomans, son règne est marqué par la Grande Guerre du Nord.

A la mort de son père il n’à que 15 ans. Il doit faire face à l’alliance entre la Russie, la Saxe (dont l’électeur est aussi roi de Pologne) et le Danemark qui veulent s’emparer des possessions de l’empire suédois.

Charles XII prend l’ascendant sur le Danemark en 1700, la Pologne en 1704 et la Saxe en 1706. Il échoue face à la Russie à la bataille de Poltava (1709) ce qui lui impose un exil dans l’empire ottoman jusqu’en octobre 1714 quand il est autorisé à quitté le territoire de la Sublime Porte. Il est parvenu à provoquer l’entrée en guerre des ottomans contre les russes mais la Suède n’en tire aucun avantage.

Rentré en Suède, il se lance dans une nouvelle guerre contre le Danemark, étant tué au siège de Fredriksten. Officiellement il à été tué par un tireur isolé mais selon une autre théorie il aurait été tué volontairement par un tir d’artillerie puis son corps trainé dans une tranchée où il à été déclaré abattu. Ce complot ayant été piloté par le prince allemand Frederic de Hesse, époux de Ulrique-Éléonore, sœur de Charles XII qui lui succède sur le trône de Suède avant d’abdiquer en faveur de son mari.

Charles XII se révéla un chef militaire talentueux, un excellence tacticien et un bon politique. Il n’était pas belliciste mais déclara dans une phrase citée par Voltaire dans son Histoire de Charles XII «J’ai résolu de ne jamais faire une guerre injuste, mais de n’en finir une légitime que par la perte de mes ennemis».

Anders Celsius

Anders Celsius (Uppsala 27 novembre 1701-25 avril 1744) est un savant suédois, professeur d’astronomie à l’université d’Uppsala.

Il est surtout connu pour avoir donné son nom à une échelle des températures majoritairement utilisé dans le monde, le degré celsius. A noter que contrairement à ce que l’on fait de nos jours le degré d’ébullition était de 100 et le degré de solidification était de 0 et ce n’est qu’après sa mort qu’on à inversé l’échelle des températures.

Issu d’une famille de savants (ses deux grands-pères étaient professeurs d’astronomie à l’université d’Uppsala, son père lui aussi professeur d’astronomie), il est réputé pour sa basse des mathématiques. En 1730 à l’âge de 29 ans il devient professeur d’astronomie.

En 1732 il effectue un long voyage d’études à travers l’Europe (Allemagne, Italie, France, Angleterre). Devenu célèbre il parvient à convaincre les autorités suédoises à financer un observatoire astronomique qui est achevé en 1741 à Uppsala. C’est grâce à lui que la Suède adopte le calendrier grégorien même si il faudra attendre 1753 pour ce que cela devienne effectif.

Pologne et Pays Neutres (2) Espagne (2)

HISTOIRE DE L’ESPAGNE

Cronologia (Chronologie)

Les grandes dates qui ont fait l’histoire de l’Espagne

Dans cette partie j’ai décidé de choisir les grandes dates qui à mon sens à fait l’histoire de l’Espagne. Ce choix est totalement arbitraire mais je l’espère cohérent. Bien entendu chers amis lecteurs, chers amis uchronautes si jamais vous avez une date qui vous semble important n’hésitez pas à faire péter les commentaires.

Buste de l’empereur Auguste

-29 à 19 avant notre ère : l’empereur Auguste achève la conquête de la péninsule ibérique

-74 : les hispaniques sont faits citoyens romains par l’empereur Vespasien

-98 : Trajan issue d’une famille romaine installée en Espagne devient empereur

-409 des peuplages germaniques arrivent dans la péninsule ibérique

-416 les Wisigoths tentent de reconquérir la péninsule ibérique au nom de Rome

-429 les Vandales quittent la Péninsule Ibérique pour l’Afrique du Nord

-475 Euric rompt le foedus avec l’empire romain d’Occident. Début de l’occupation wisigothique de la Péninsule

-476 fin de l’Empire Romain d’Occident

-554 à 664 : tentative de reconquête de la part de l’empire byzantin

-585 : le royaume wisigothique absorbe le royaume suève (créé vers 411)

-589 le troisième concile de Tolède fait du catholicisme la religion officielle du royaume wisigothique au détriment de l’arianisme

-711 : trente-deux ans après une première tentative, les musulmans berbères dirigés par Tarik franchissent le détroit qui ne va pas tarder à porter son nom (Djebel-Al-Tarik «le détroit de Tarik» le détroit de Gibraltar).

-718 Pelage bat les troupes musulmanes à Covadanga. Cette victoire est considérée comme le début de la Reconquista

-745 Suite la révolte des Berbères de la Péninsule ibérique, les chrétiens parviennent à reconquérir la Galice.

-754 le roi des Asturies Alphonse 1er reconquiert le Leon

-778 bataille du col de Roncevaux

-1031 le califat de Cordoue se morcelle en de multiples petits royaumes appelés taïfas. Cela facilite la Reconquista

-1037 première union des royaumes de Galice, de Leon et de Castille sous l’autorité de Ferdinand 1er le Grand

-1072 : deuxième union des royaumes de Galice, de Leon et de Castille sous l’autorité d’Alphonse VI le Vaillant

-1085 : Alphonse VI de Castille reprend Tolède qui va être la capitale de la Castille jusqu’au 16ème siècle

-1086 à 1147 domination des Almoravides

statue du Cid à Burgos

-1096 : Rodrigo Diaz de Bivar plus connu sous le nom du Cid reprend Valence

-1137 : union de l’Aragon et de la Catalogne

-1147 à 1212 domination des Almohades

-16 juillet 1212 : les armées chrétiennes coalisées défont les troupes musulmanes à Las Navas de Tolosa

-1213 : Pierre II d’Aragon meurt à la bataille de Muret contre les troupes de Simon de Monfort venus réprimer l’hérésie cathare. L’Aragon renonce à toutes ses prétentions au nord des Pyrenées

-1230 : Union de la Castille et du Leon

-1236 : Cordoue est reprise

-1238 : conquête de Valence et création du royaume du même nom par les aragonais

-1248 : Après dix-huit mois de siège, Ferdinand III de Castille reprend la ville de Seville musulmane depuis 711

-1261 : Reprise de Cadix par les chrétiens

-1352-1361 : première guerre civile de Castille entre Pierre 1er dit le Cruel et son demi-frère Henri de Trastamare. Ce dernier l’emporte.

Isabelle et Ferdinand les rois catholiques

-1469 : mariage d’Isabelle de Castille et de Ferdinand d’Aragon

-1474 : Isabelle devient reine de Castille, défaisant en 1476 les partisans de sa nièce Jeanne («la Beltraneja»). Cette deuxième guerre civile de Castille ou guerre de Succession de Castille ne se termine qu’en 1479.

-1478 à 1480 : mise en place de l’Inquisition Espagnole

-2 janvier 1492 : prise de Grenade. Fin de la Reconquista après sept siècles d’efforts des différents royaumes chrétiens

-31 mars 1492 : Décret expulsant les juifs de la Péninsule Ibérique

Christophe Colomb

-1492 : Christophe Colomb découvre le continent américain ce qui traditionnellement marque la fin du Moyen-Age et le début de la Renaissance

-7 juillet 1494 : Traité de Tordesillas «partage du monde» entre l’Espagne et le Portugal

-1499 Révolte des habitants musulmans de l’Albacine de Grenade. Fin du régime de tolérance

-Février 1502 : les rois catholiques décident l’expulsion des musulmans du Royaume de Castille. De nombreux musulmans se convertissent. Appelés morisques ils seront toujours considérés avec beaucoup de suspicion ce qui explique leur expulsion entre 1609 et 1614 par Philippe III.

-1515 : la Navarre intègre les possessions de la Couronne

-1516 : mort de Ferdinand d’Aragon son petit fils Charles devient le premier vrai roi d’Espagne

-1520/21 Révoltes des Comuneros

-1521 Conquête de l’empire aztèque par Hernan Cortès

-1555 Charles Quint abdique au profit de son fils Philippe II

-1559 : traité du Cateau-Cambrésis fin des guerres d’Italie, la domination espagnole dans la péninsule italique est consacrée

-1560 : Madrid devient la capitale de l’Espagne

-1571 : victoire de Lepante, coup d’arrêt à l’expansion ottomane en Méditerranée

-1581 : le Portugal et ses possessions coloniales sont intégrées à l’Empire espagnol

-1588 : désastre de l’Invincible Armada

-1601 : Valladolid redevient capitale de l’Espagne et ce jusqu’en 1606 (elle l’avait déjà été de 1517 à 1561)

-1618 à 1648 guerre de Trente Ans

-1635 : la France rentre officiellement en guerre pour contrer la puissance espagnole au grand dam du parti dévot. La guerre franco-espagnole ne s’achèvera qu’en 1659 avec le Traité des Pyrenées.

-1640 : soulèvement de la Catalogne et du Portugal, ce dernier retrouvant son indépendance

-1643 : bataille de Rocroi, le duc d’Enghien futur Grand Condé met fin au mythe de l’invincibilité du Tercio. La France récupère le Roussillon et l’Artois

-1700 : mort de Charles II, dernier des habsbourgs d’Espagne. Sa mort déclenche la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714)

-1704 : l’Angleterre occupe Gibraltar

-1714 : traité d’Utrecht l’Espagne perd des territoires en Italie et aux Pays-Bas. Elle perd également Gibraltar et Minorque. Le petit-fils de Louis XIV, Philippe duc d’Anjou devient roi d’Espagne sous le nom de Philippe V mais en renonçant à ses droits à la couronne de France.

Versailles : les ambassadeurs espagnols reconnaissent Philippe duc d’Anjou comme leur roi.

-178-1720 guerre de la Quadruple Alliance. L’Espagne de Philippe V échoue à reconquérir une partie de l’Italie. L’Espagne s’enfonce dans le declin. Tentatives de réformes, les rois espagnols tentent de gouverner en despotes éclairés

-1734 : premier pacte de famille

-1763 : deuxième pacte de famille

-1783 L’Espagne récupère Minorque et la Floride (perdues suite à la guerre de Sept Ans)

-1790 rupture du pacte de famille

-1793 : après l’exécution de Louis XVI l’Espagne entre en guerre contre la République française. Le conflit tourne très vite à l’avantage de la France. Par le traité de Bâle de 1795 l’Espagne perd la partie orientale de l’île de Saint Domingue

-1796 : traité franco-espagnol de San Ildefonso

-1800 : deuxième traité de San Ildefonso la Louisiane espagnole depuis 1763 (pour compenser la perte de la Floride) redevient française

-21 octobre 1805 : défaite de la flotte franco-espagnole de l’amiral Villeneuve contre la flotte anglaise de l’amiral Nelson à Trafalgar.

Ferdinand VII

-19 mars 1808 : Charles IV est renversé par son fils Ferdinand VII. Intervention de Napoléon 1er

-2 mai 1808 : soulèvement de Madrid (Dos de Mayo) répression française brutale

-12 mai 1808 : A Bayonne Charles IV et Ferdinand VII sont forcés à abdiquer. Joseph Bonaparte roi de Naples devient roi d’Espagne le 7 juillet suivant. Les libéraux qui soutiennent le nouveau roi sont appelés afrancesados

-Du 5 février 1810 au 24 août 1812 : siège de Cadiz par les français

-19 mars 1812 promulgation de la Constitution Libérale par les Cortès de Cadix

-1813 : José 1er d’Espagne (Joseph Bonaparte) est chassé, Napoléon renonce à se maintenir en Espagne

-1814 : retour des Bourbons en Espagne

-24 mars 1814 : six semaines après son retour en Espagne, Ferdinand VII abolit la constitution de 1812

-1815 : envoi de troupes aux Amériques pour réprimer les soulèvements indépendantistes

-1815/1816 : reconquête de la Nouvelle-Grenade par l’armée espagnole

-1818 : indépendance du Chili garantie

Simon Bolivar

-1819 : Libération de la Nouvelle-Grenade par Simon Bolivar. Création de la Grande Colombie dont Bolivar devient le premier président

-1820 : Soulèvement libéral contre le très absolutiste Ferdinand VII qui doit accepter la Constitution de 1812. C’est le début du Trienno Liberal qui s’achève le 28 septembre 1823 quand les «100000 fils de Saint Louis» s’emparent de Cadix. Fin de la période constitutionnelle de F.VII.

-1822 : les Etats-Unis reconnaissent l’indépendance des anciennes colonies espagnoles

-1824 : défaite des troupes espagnoles à la bataille d’Ayacucho les espagnols sont chassés du Pérou

-1829 : Dernière tentative de Ferdinand VII de reconquérir les colonies espagnoles. Il espère s’appuyer sur la France mais la Révolution de Juillet de 1830 fait capoter le projet.

Isabelle II.

-1833 : mort de Ferdinand VII, sa fille Isabelle devient reine ce que ne peuvent accepter les partisans de son oncle, Don Carlos qui selon la loi salique doit devenir roi. C’est la première guerre carliste (1833-1840).

-1837 : nouvelle constitution

-1845 : nouvelle constitution

-1846-1849 Deuxième guerre carliste

-1868 (19 au 27 septembre) Une révolution (Glorieuse Révolution) expulse Isabelle II d’Espagne

-30/09/1868 au 29/12/1874 : Sexenio Democratico période agitée de l’histoire espagnole avec un gouvernement provisoire jusqu’en janvier 1871, le règle d’Amédée 1er de janvier 1871 à février 1873 et la Première République de février 1873 à décembre 1874

-1872-1876 : Troisième guerre carliste

Alphonse XII

-29 décembre 1874 : Coup d’Etat (Pronunciamento) du général Martinez Campos. Restauration des Bourbons avec Alphonse XII, fils d’Isabelle II.

-30 juin 1876 : nouvelle constitution qui entérine la Restauration des Bourbons

Alphonse XIII

-1885 : mort d’Alphonse XII. Son épouse Marie-Christine enceinte donne naissance le 17 mai 1886 à Alphonse XIII qui est donc roi avant même sa naissance sous la régence de sa mère Marie-Christine.

-21 avril au 13 août 1898 : guerre hispano-américaine. L’Espagne perd ses principales colonies comme Guam, les Philippines et Cuba.

-26 juillet au 2 août 1909 : Semaine Tragique à Barcelone, des manifestations protestant contre l’envoi de réservistes au Maroc provoque une semaine d’émeutes et de violents combats provoquant la mort de 112 personnes.

-22 juillet au 9 août 1921 : désastre d’Annual. Le rifains d’Abd-El-Krim mettent en déroute les troupes espagnoles du général Silvestre.

Alphonse XIII et le général Primo de Rivera. Au lieu de sauver la monarchie, la dictature militaire accéléra probablement sa chute

-13 septembre 1923 : coup d’état du général Miguel Primo de Rivera avec l’accord du roi. Il démissione en janvier 1930

-12 avril 1931 : élections municipales remportées par les républicains

-14 avril 1931 : proclamation de la Deuxième République Alphonse XIII part en exil

-Juin 1931 : Elections des Cortes constituantes

-Décembre 1931 : approbation de la nouvelle constitution

-10/12 août 1932 : échec du coup d’Etat du général Sanjurjo (Sanjurjada)

-6 octobre 1934 : suite à l’entrée au gouvernement de trois ministres de droite, Lluis Companys proclame un «Etat catalan au sein de la République fédérale espagnole» L’armée espagnole intervient dès le lendemain et met fin à cet éphémère expérience

-4 au 19 octobre 1934 : révolte des mineurs asturiens. Intervient de l’Armée et notamment des unités de l’armée d’Afrique commandées par le général Franco. Féroce répression.

-16 février 1936 : Elections générales victoire du Frente Popular dans un contexte tendu avec de nombreuses fraudes

-17 juillet 1936 : Coup d’Etat militaire. Son échec marque le début de la Guerre d’Espagne

-21 juillet au 27 septembre 1936 : siège de l’Alcazar de Tolède

-24 juillet 1936 : Création de la Junte de Défense Nationale

-13 septembre 1936 : San Sebastian tombe aux mains des nationalistes

-27 septembre 1936 : Tolède tombe aux mains des nationalistes

-29 septembre 1936 : Franco proclamé Generalisimo, approbation de la création des Brigades Internationales

-10 octobre 1936 : Le généralissime Franco est proclamé à Burgos chef du gouvernement de l’Espagne soulevée

-1er au 23 novembre 1936 : échec des nationalistes devant Madrid. Le gouvernement républicain s’est replié sur Valence dès le 6 novembre.

-8 février 1937 : prise de Malaga par les nationalistes

-26 avril 1937 : Bombardement de Guernica

-19 juin 1937 : prise de Bilbao par les nationalistes

-6 au 26 juillet 1937 : offensive républicaine à Brunete

-21 octobre 1937 : chute de Gijon

-30 octobre 1937 : le gouvernement républicain abandonne Valence pour Barcelone

-15 avril 1938 : les nationalistes atteignent la Méditerranée à Vinaros coupant la zone républicaine en deux

-24 juillet au 16 novembre 1938 : Bataille de l’Ebre, dernière offensive majeure du camp républicain

-23 décembre 1938 : début de la Bataille de Barcelone. Le gouvernement se replie à Girone

-26 janvier 1939 : Chute de Barcelone

-27 février 1939 : la France et la Grande-Bretagne reconnaissent le gouvernement nationaliste comme le gouvernement espagnol légitime

-5 mars 1939 : dans l’espoir de sauver ce qui peut l’être, le colonel Casado prend le pouvoir à Madrid

-6 mars 1939 : le gouvernement républicain s’exile en France

-7 au 11 mars 1939 : combats fratricides à Madrid entre factions républicaines

-12 au 25 mars 1939 : le colonel Casado échoue dans ces tentatives de négociation avec Franco

-28 mars 1939 : Madrid tombe sans combats

-30 mars 1939 : chute de Valence et d’Alicante

-31 mars 1939 : Almeria, Murcie et Carthagène sont occupés

-1er avril 1939 : Franco annonce la fin de la guerre. Les Etats-Unis reconnaissent son gouvernement.

Mitteleuropa Balkans (171) Grèce (15)

MARINE ROYALE GRECQUE

Histoire de la marine royale grecque (Βασιλικόν Ναυτικόν Vasilikón Naftikón)

Pavillon royal grec au moment de la restauration monarchique en 1935

Les origines

La marine royale grecque est naturellement née avec le royaume de Grèce d’Othon 1er encore comme nous l’avons vu à propos de l’Italie il arrive parfois qu’une marine précède de quelques mois la naissance de l’état qu’elle est censée servir. C’est néanmoins plus l’exception que la règle.

Les marins grecs peuvent s’appuyer sur une histoire maritime très ancienne qu’il s’agisse des légendaires navires grecs qui allèrent assiéger Troie pour récupérer Hélène, l’épouse d’Agamennon enlevée par Paris, du navire transportant Jason et ses Argonautes à la recherche de la Toison d’Or où encore d’Ulysse errant dès années avant de retrouver sa chère Ithaque et son épouse Pénélope.

Plus historique nous pouvons parler de la bataille de Salamine entre les trières grecques et les galères perses, des affrontements navals entre Athènes et Sparte, du feu grégeois de la marine byzantine qui sauva pendant dès années la capitale Constantinople de l’infamie d’une capture ou encore de l’escadre anglo-franco-russe qui joua un rôle capital dans l’indépendance grecque en défaisant une escadre turco-ottomane à Navarin.

Quand éclate la guerre d’indépendance, les insurgés grecs ne sont pas dépourvus de marine. Ils s’appuient sur les flottes marchandes d’Hydra, de Spetsai, de Poros, de Psara et de Samos.

Ces navires marchands sont armés moins pour faire la guerre que pour se défendre contre une piraterie encore présente dans la Mare Nostrum (Elle ne disparaitra qu’avec la conquête française de l’Algérie).

Leur première mission n’est pas d’écraser la marine ottomane _ils ne sont pas assez puissants pour cela_ mais d’empêcher le ravitaillement et le renforcement des garnisons ottomanes présentes en Grèce continentale et ainsi préserver la révolte.

C’est un succès et pour lutter contre la marine ottomane les grecs utilisent une stratégie du faible au fort en ressuscitant le brulot qui permet la destruction de plusieurs navires de ligne ottomans notamment le navire-amiral de la flotte ottomane à Chios par Kanaris en 1822.

En 1825 les grecs tentèrent même une attaque d’une rare audace contre le port d’Alexandrie où se trouvait la flotte egyptienne de Mehmet Ali mais ce fût un échec, un brusque changement de vent empêchant la réalisation du projet.

Tout en combattant les ottomans et tout en se combattant entre-eux, les grecs essayèrent de mettre sur pied une flotte de guerre digne de ce nom pour protéger leur indépendance toute neuve.

Une frégate moderne baptisée Hellas est construite aux Etats-Unis en 1825 mais elle sera incendiée en 1831 quand l’amiral Miaoulis décide de la saborder plutôt que de la livrer aux russes comme lui avait demandé le gouvernement.

Des navires modernes sont construits en Grèce une fois l’indépendance acquise permettant le remplacement progressif des navires survivants de la guerre d’indépendance.

On se préoccupe également d’obtenir le personnel compétent nécessaire mais il n’y à pas d’académie navale à l’époque, les officiers étant formés à la Scholi Evelpidon, le «St Cyr grec» avant d’être transférés à la marine où ils complètent leur formation sur le tas comme c’était souvent le cas à l’époque.

En 1832 le roi Othon 1er arrive en Grèce à bord de la frégate britannique Madagascar. A l’époque la marine grecque se compose d’une corvette, de trois bricks, de six goelettes, de deux canonnières, deux bateaux à vapeur et de quelques petits navires pour des missions de servitude.

En 1846 une ecole Navale est créée à bord de la corvette Loudovikos. Es-ce le début d’une croissance saine et vertueuse ? Hélas non car la marine grecque est traversée par des querelles entre les tenants de la modernité et les tenants de la tradition.

En gros ceux qui veulent rester au bois et à la voile et ceux qui veulent explorer les bénéfices de la coque en fer et de la vapeur. Cela affecte beaucoup les capacités de la marine grecque tout juste bonne à effectuer de la police des mers et à poursuivre les pirates.

Dans les années 1850 les modernes l’emporte sur les anciens. Le nombre de navires augmentent et en 1855 sont mis en service les premiers navires à coque en fer et à hélice, des navires baptisés Panopi Pliksavra Afroessa et Sfendoni de conception et de construction britannique.

En dépit de ces progrès, la marine grecque est incapable d’assister les insurgés crétois lors de leur révolte contre les ottomans en 1866. De nouveaux navires plus gros et plus modernes sont construits, des bases aménagées. En 1884 une mission navale française dirigée par l’amiral Lejeune introduit un certain nombre d’innovations et participe à la réorganisation de la marine royale grecque.

En 1897 la marine grecque qui s’est équipée de cuirassés modernes venus de France, les Hydra Spetsai et Para parvient à contrôler la mer Egée mais hélas le sort de la guerre se joue sur terre où la marine héllène n’est d’aucun secours.

En 1907 un état-major général est mis sur pied tandis que de nouveaux navires sont acquis pour faire face à la réorganisation et à l’expansion de la marine ottomane.

En 1910 une mission navale britannique dirigée par l’amiral Tuffnel introduit le modèle anglais dans la marine grecque que ce soit pour la gestion des hommes, l’organisation, l’entrainement et la stratégie navale.

La marine royale grecque va jouer un rôle capital dans les deux guerres balkaniques enfin surtout dans la première au cours de laquelle elle va empêcher l’empire ottoman de transférer des troupes entre la partie asiatique et la partie européenne du pays.

La marine grecque s’illustre tout d’abord lors de la Bataille d’Eli le 16 décembre 1912 (NdA calendrier grégorien), un bataille qui à lieu à l’entrée du détroit des Dardanelles. Elle oppose une flotte grecque commandée par contre-amiral Pavlos Kountouriotis et une flotte turque dirigée par le capitaine Ramiz Bey.

Le croiseur cuirassé Georgios Averoff durant le second conflit mondial avec un élégant camouflage

Du côté héllène on trouve le croiseur cuirassé Georgios Averoff, les cuirassés garde-côtes Hydra Spetsai et Psara et quatre destroyers, les Aetos Ierax Panthir et Leon.

Côté ottoman on trouve deux cuirassés, les Barbaros Hayreddin et Turgut Reis, les vieux cuirassés Mesudiye et Âsâr-i-Tevfik, le croiseur protégé Mecidiye et quatre destroyers ( Muavenet-i Milliye, Yadigâr-i Millet, Taşoz et Basra).

Depuis le début de la première guerre balkanique la marine grecque avait adopté une posture agressive alors que la marine ottomane s’était résolue à une stratégie attentiste.

L’amiral Kountouriotis débarque des troupes à Lemnos et conquiert d’autres petites îles. Le 5 novembre 1912 (N.S), l’amiral grec n’hésite pas à envoyer un télégramme à l’amiral turc pour le pousser au combat ! Le 15 décembre 1912, la flotte ottomane quitte les Dardanelles. La bataille à lieu le lendemain et se termine par une victoire grecque décisive. En effet les grecs ont pu capturer les îles de Imbros, Tenedos, Lemnos, Samos, Chios, Lesbos, Thasos, Samothrace et le mont Athos.

La deuxième bataille majeure du conflit à lieu à peine un mois plus tard le 18 janvier 1913 (N.S), la Bataille de Lemnos avec toujours les mêmes protagonistes, les grecs alignant trois cuirassés, un croiseur cuirassé, sept destroyers contre trois cuirassés, un croiseur et cinq destroyers.

Cette bataille à été provoquée par la marine ottomane qui cherchait à reprendre le contrôle de la mer Egée perdu un mois plus tôt à la bataille d’Elli.

Elle tente d’attirer le Georgios Averoff loin du reste de la flotte en coulant un navire et en bombardant Syros mais Kountouriotis ne tombe pas dans le piège.

La flotte ottomane est repérée par les grecs au matin du 18 janvier sur les coups de 08.20 et à 09.45 la flotte grecque appareille de la baie de Moudros, les deux flottes se retrouvant à 12 miles au sud-est de Lemnos, en colonnes convergentes au sud-est. Les échanges de tir commencent à 11.34 à une distance de 8400m.

Aussitôt la colonne grecque tourne à gauche pour réduire à la distance. Peu après le Mecidiye et des destroyers mettent cap au nord-est direction les Dardanelles suivi peu après par le Mesûdiye après que ce dernier eut été sévèrement endommagé par l’Hydra et le Psara.

A 11.54 le Barbaros Hayreddin est touché par une salve de l’Averoff, les dégâts lui impose une prompte retraite. Il est bientôt suivit (12.00) par le Turgut Reis. L’Elli et le Georgia Averoff utilisant leur vitesse supérieure se lancent à la poursuite des navires ottomans pour achever le travail mais à 14.30 la flotte ottomane entre à l’abri des Dardanelles.

Les ottomans ont tiré plus de 800 coups mais leur précision à été calamiteuse avec seulement deux coups au but ! De leur côté les grecs ont été nettement plus adroits, matraquant durement la flotte ottomane.

Ce sera le dernier affrontement naval de la première guerre balkanique, la marine ottomane renonçant à affronter la marine grecque. Le 24 janvier l’aéronavale grecque réalise sa première mission de guerre quand un hydravion Maurice Farman piloté par le lieutenant Michael Moutoussis et par l’enseigne Aristeidis Moraitinis confirme le repli de la flotte ottomane, flotte qu’ils vont attaquer avec quatre bombes. Le vol avait durer 2h20 et avait permis à l’hydravion de franchir 180km, une performance remarquée dans la presse qu’elle soit grecque ou étrangère.

La marine royale grecque dans le premier conflit mondial

Suite aux guerres balkaniques, la rivalité navale entre l’empire ottoman et le royaume de Grèce continue. La marine royale grecque est conçue pour être une force offensive pour capturer les îles ottomanes de la mer Egée.

Les grecs et les ottomans se livrent à une course aux armements à échelle réduite en commandant des cuirassés neufs.

Le Vasilefs Konstantinos, un des deux cuirassés commandés par la Grèce

En raison du déclenchement de la première guerre mondiale, ni l’empire ottoman ni le royaume de Constantin 1er ne recevra de cuirassé, Athènes ayant commandé un cuirassé type Bretagne à la France (navire baptisé Vasilef Konstantinos «Roi Constantin») et un cuirassé à l’Allemagne baptisé Salamis.

Le Salamis lui aussi ne fût jamais mis en service

Les seuls cuirassés grecs disponibles en 1914 étaient les derniers prédreadnought américains, les Mississippi et Idaho rebaptisés Kilkis et Lemnos. Du côté ottoman, l’arrivée du Goeben allemand fût une bénédiction pour la Sublime Porte.

Aux côtés des cuirassés on trouve quelques croiseurs et surtout des destroyers dont certains atteignent déjà les 1000 tonnes, un tonnage impensable quelques années plus tôt et qui à du faire sursauter d’effroi les tenants de la Jeune Ecole pour qui small is beautiful. On trouve même deux sous-marins.

Dans un premier temps la Grèce veut conserver sa neutralité mais très vite les dissensions apparaissent entre le roi Constantin 1er et son premier ministre Eleftherios Venizelos, le premier par culture et par liens familiaux (il est le beau-frère de Guillaume II) se sentant plus proche des Empires Centraux alors que le second est nettement plus favorable à l’Entente.

C’est le début du processus qui allait conduire au Schisme National entre un gouvernement légal à Athènes aux mains du roi et un gouvernement «rebelle» à Thessalonique. Pour faire pression sur le gouvernement grec, la France saisit la flotte grecque au moment de ce qu’on à appelé la Noemvriana («Vêpres Grecques»).

Ces navires vont être utilisés pour des patrouilles et des escortes en mer Egée et ce jusqu’en juillet 1917 quand suite à l’entrée de guerre de la Grèce aux côtés des alliés les navires sont rendus au gouvernement Venizelos. En 1917, la marine royale grecque affiche le visage suivant :

-Cuirassés Kilkis et Lemnos

-Cuirassés garde-côtes Hydra Psara Spetsai

-Croiseur cuirassé Georgios Averoff

-Croiseur protégé Elli

-Croiseur protégé Navarchos Miaoulis

Sous-marins Delfin et Xifias

-Destroyers Aspis Doxa Niki Velos Lonchi Nafkratousa Sfendoni Thyella Aetos Ierax Leon Panthir Keravnos et Nea Genea.

La marine grecque pro-alliée va participer aux opérations en mer Egée puis dans l’immédiat après guerre soutien l’amiral Denikine dans la guerre civile russe notamment en Crimée puis participe à la guerre greco-turque entre 1919/1922.

Mitteleuropa Balkans (168) Grèce (12)

Grande idée et Grande catastrophe

Megali Idea

En jaune les territoires revendiqués par la Grèce et notamment Eleftherios Venizelos

La Grande Idée est une théorie politique du 19ème siècle qui visait à regrouper dans un même état ayant pour capitale Constantinople tous les grecs dispersés dans tout le bassin oriental de la Méditerranée et jusqu’aux rives de la mer Noire. Le terme à été pour la première fois utilisé par Ioannis Koléttris, premier ministre du très impopulaire Othon 1er en 1844.

Cette idée à irrigué à infusé la politique intérieure et extérieure grecque jusqu’aux années soixante-dix. De temps à autre on assiste à quelques résurgences de cette idée mais elle est désormais ultra-minoritaire et n’est défendue que par quelques partis extrémistes.

Très vite cette idée se heurte à un certain nombre d’écueils. En effet si toutes les populations de culture grecque sont de confession orthodoxe, elles ne parlent pas tous le grec. Cela est une faiblesse majeure de la théorie de la Grande Idée car si on s’appuie sur l’orthodoxie, cela torpille l’argument principal de regrouper tous les grecs dans un état. De plus comme on l’à vu plus haut l’intégration des habitants des territoires acquis après les guerres balkaniques s’est fait de manière houleuse.

Cette idée à aussi des implications culturelles. On assiste à une volonté de purifier, de moderniser la langue grecque. Cela est vu comme un moyen de renforcer, de consolider un Etat qui reste encore très fragile car très récent.

Pour Athènes puissance secondaire le meilleur moyen de réaliser la grande idée est de profiter de la moindre occasion. Comme la région est empoisonnée par la Question d’Orient, le gouvernement grec va tenter de pousser ses pions dès que la région s’embrase.

La Guerre de Crimée constitue la première occasion pour s’emparer de nouveaux territoires mais c’est un échec cuisant puisque les français et les britanniques occupent le port du Pirée de mars 1854 à février 1857.

A noter qu’une légion grecque combat aux côtés des russes à Sébastopol ce qui explique peut être l’occupation du port d’Athènes par les franco-britanniques.

En mai 1864 la Grèce intègre les îles ioniennes quand les britanniques renoncent à leur protectorat sur la République des Sept Iles. C’est un cadeau fait à Georges 1er, le nouveau roi des héllènes.

En 1878 le Traité de San Stefano créé une Grande Bulgarie sous influence russe. La Grèce n’est pas conviée aux discussions contrairement à celles aboutissant à un traité de Berlin nettement moins favorable à Sofia. Trois ans plus tard le Traité de Constantinople permet à Athènes d’intégrer la Thessalie et l’Epire.

Il faudra ensuite attendre les deux guerres balkaniques pour que la Grèce connaisse un nouvel agrandissement territorial. C’est notamment le cas en Macédoine où dès les années 1890 la Grèce avait tenté d’agiter la région pour provoquer son détachement de l’empire ottoman et son intégration au royaume.

C’est une politique risquée non seulement parce que cela risquait de provoquer une guerre avec l’empire ottoman mais en plus parce que cela pouvait mécontenter la Serbie et la Bulgarie qui regardaient avec gourmandise la région en question.

Une révolte pilotée par la Bulgarie échoue en 1903 tout comme les révoltes pilotées par les grecs en 1904 et 1907 avec à chaque fois une crise diplomatique avec la Sublime Porte.

En juillet 1908 à lieu la Révolution Jeune-Turque par de jeunes officiers voulant mettre fin au déclin de l’empire ottoman.

La Crète en profite pour proclamer son enosis avec le Royaume de Grèce mais Athènes est trop faible pour obtenir la reconnaissance internationale de cet état de fait. Voilà pourquoi l’annexion de la Crète par la Grèce ne sera reconnue par Constantinople qu’à l’issue des deux guerres balkaniques.

En 1910 Eleftherios Venizelos arrive au pouvoir. Crétois il avait participé à la révolte de Therissos en 1905 qui avait aboutit au départ du Prince Georges, haut-commissaire en Crète.

Partisan convaincu de la Grande Idée, il arrive au pouvoir suite à des élections mais dans le contexte troublé par le coup de Goudi. Pour réaliser la Megali Idea il se lança dans une politique volontariste de modernisation et dans une politique étrangère centrée sur une alliance avec les autres états de la région.

Suite à la première guerre balkanique, la Grèce s’empare de Chios, de Lesbos, de Samos, de l’Epire avec sa capitale Ioannina. Ces annexions sont reconnues par le traité de Londres de mai 1913.

Comme nous le savons le partage des dépouilles ottomanes va générer un deuxième conflit entre la Bulgarie, ses anciens alliés et l’empire ottoman bien décidé à prendre sa revanche.

Parmi les sources de discorde figurent encore et toujours la question de la Macédoine que revendiquent la Serbie, la Macédoine et la Bulgarie. Cette dernière va ainsi lancer une attaque préventive pour s’emparer de cette région en partie peuplée de bulgarophones mais isolée, elle sera écrasée.

Le traité de Bucarest signé en août donne à la Grèce Thessalonique et la Macédoine du Sud mais Athènes n’à pu empêcher ni la Bulgarie d’obtenir une fenêtre sur la mer Egée ni la création de l’Albanie ce qui la prive de l’Epire du Nord.

Tous ces territoires conquis ne sont pas exclusivement peuplés de grecs. De plus la Grande Idée à fracturé la société et la classe politique grecque, cette théorie étant utilisé par la classe politique grecque comme un dérivatif pour faire oublier les problèmes économiques et sociaux.

La défaite de l’empire ottoman dans le premier conflit mondial semblait être l’occasion rêvée, imanquable pour réaliser la Grande Idée mais cela va au contraire conduire à l’une des pires catastrophes de l’histoire grecque.

Le traité de Sèvres

Le Traité de Sèvres signé le 10 août 1920 est la conséquence directe de l’Armistice de Moudros signé le 30 octobre 1918.

Cet armistice est négocié uniquement par les britanniques qui refuse la présence des français craignant soit des conditions trop durs ou pour priver Paris de toute zone d’influence dans la région.

C’est à bord du HMS Agamennon que l’armistice de Moudros à été négocié

Les négociations sont menées à bord du cuirassé HMS Agamennon à partir du 27 octobre et aboutissent trois jours plus tard. Il est signé à Moudros sur l’île grecque de Lemnos.

Les hostilités sont naturellement suspendues, l’empire ottoman renonce à toute présence militaire au Héjaz, au Yémen, en Syrie, en Mésopotamie, en Tripolitaine et en Cyrenaïque. Les alliés peuvent occuper les détroits des Dardanelles et du Bosphore, Batoumi et les tunnels des Monts Taurus.

Les vainqueurs peuvent occuper à titre de gage et pour prévenir tout désordre six provinces arméniennes dans le nord-est de l’Anatolie. L’armée ottomane est démobilisée après avoir évacué Batoumi, Kars, Ardahan et l’Azerbaïdjan.

Le traité de Sévres à été signé mais non ratifié. Il prévoyait que l’empire ottoman renonce à ses provinces arabes et africaines. Les pertes territoriales sont très lourdes. Par exemple en Europe le territoire de ce nouvel empire ottoman se limite à Constantinople et son voisinage immédiat.

Une Grande Arménie voit le jour tout comme une province kurde autonome, les détroits turcs sont démilitarisés.

Les villayets de Van, Bitlis et Trebizonde intègrent la république indépendante d’Arménie, la France occupe la Syrie avec une frontière bien plus au nord que l’actuelle et obtient une zone d’influence comprenant la Cilicie avec Adana, zone s’étendant jusqu’au nord de Sivas.

L’Italie occupe Antalya et sa région plus une zone d’influence allant de Bursa à Kayserie en passant par Afyankarahisar. La Grèce obtient Smyrne et sa région (un plébiscite est prévu en 1925), la Thrace orientale avec Andrinople et Gallipoli plus les îles d’Imbros et de Tenedos.

Les provinces arabes sont transformées en mandat de la SDN. La nouvelle Turquie peut être considéré comme un état croupion puisque elle passe de 1.78M de km² à 490000 km². De plus les territoires laissés sont pauvres et de sérieuses contraintes financières limitent toute possibilité de développement.

De plus le nouvel état ne peut posséder d’armée même réduite mais une gendarmerie. La police, le système fiscal, les douanes, les eaux et les forêts, les écoles sont sous contrôle allié !

Dès mai 1919 débute la guerre d’indépendance turque avec Mustapha Kemal qui se termine par une victoire en octobre 1922. Cela permet à la Turquie de signé le Traité de Lausanne le 24 juillet 1923 et deux ans plutôt le Traité de Kars en octobre 1921 avec l’URSS.

La guerre greco-ottomane et la grande catastrophe

Avant même la signature du traité de Sèvres une partie des turcs refuse un tel dépeçage de l’empire ottoman.

De mai 1919 à octobre 1922 les grecs vont affronter les révolutionnaires turcs dirigés par Mustafa Kemal le futur Atatürk.

Le Traité de Lausanne va faire perdre à la Grèce tous ses gains du traité de Sèvres sauf les îles de la mer Egée. Un dramatique échange de population à lieu avec 1.3 millions de grecs de Turquie partent vers l’ouest et 385000 turcs prennent le chemin inverse.

Au cours de la Conférence de Paris l’Italie outrée que ses intérêts au Proche-Orient ne soient pas respectés quitte la conférence. Cela fait les affaires de la Grèce qui peut débarquer des troupes à Smyrne le 15 mai 1919. Ce débarquement discrédite définitivement le sultan ottoman et renforce le mouvement révolutionnaire turc.

Ce débarquement grec est la réponse selon Athènes aux massacres des grecs du Pont et de l’Anatolie. Cet argument est contesté par les alliés et contesté par les turcs.

De mai 1919 à octobre 1920 les grecs se contentent de consolider leur emprise sur leur zone d’influence en Anatolie et sur la côte ionienne.

D’octobre 1920 à août 1921 les grecs attaquent les turcs de Mustafa Kemal, ces derniers résistent, bénéficient du soutien de la France, de l’Italie et de l’URSS et peuvent contre-attaquer. Cela aboutit à une défaire grecque en octobre 1922, prélude à la Grande Catastrophe.

Le 15 mai 1919, 20000 soldats héllènes de la 1ère division débarquent à Smyrne. Ils sont débarqués et soutenus par des navires grecs, français et britanniques. Pour Athènes Smyrne et sa régions sont des terres grecques qui doivent intégrer le royaume mais cet état de fait est contesté par les turcs et même par les alliés. Il semble en réalité que seule la ville soit grecque (et encore) et que son hinterland soit surtout peuplé de turcs.

Dès le premier jour des combats sporadiques ont lieu provoquant 300 à 400 morts côté turc et une centaine chez les grecs.

Si certains à Athènes ont pu pensé à une promenade militaire ils ont du être vite dégrisés. Comme souvent dans ce genre de conflit un terrible cycle d’attentats, de répresailles et de nouveaux attentats qui se met en place.

A J+7 (22 mai), les grecs commencent à occuper l’hinterland de la ville de Smyrne et se heurtent à des soldats turcs qui ne savent plus sur quel pied danser. Si le gouvernement ottoman _le seul reconnu par la communauté internationale_ leur à ordonné de ne pas résister, nul doute que leur patriotisme et leur éthique professionnelle leur dicte de combattre des troupes qui ne peuvent être considérées que comme des envahisseurs sans compter leur passif entre grecs et ottomans.

Au printemps et à l’été 1920, les grecs lancent de vigoureuses offensives. A l’époque l’armée héllène est encore soutenue par les alliés et surtout le personnel notamment de commandement est expérimenté. En face l’armée ottomane est en pleine déliquescence et le mouvement révolutionnaire turc est motivé mais peu entrainé et peu armé.

Les grecs occupent l’ouest et le nord-ouest de l’Asie Mineure. Parallèlement des combats ont lieu en Thrace. Peu à peu les grecs relèvent des unités françaises, Paris estimant avoir autre chose à faire que d’occuper cette région à moins que le gouvernement français ne pressent le traquenard qui monte peu à peu.

Le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 est une amère déception pour la Grèce qui voit la région de Smyrne placée simplement sous son administration avec l’organisation en 1925 d’un plébiscite pour connaître le choix final des habitants. Détail intéressant ni les grecs ni les ottomans veulent ratifier ce traité qui ne satisfait personne.

En octobre 1920 les grecs s’avancent en Anatolie avec le soutien britannique. Lloyd George n’est pas un partisan de la Grande Idée mais veut surtout faire pression sur les ottomans pour que ces derniers ratifient le traité de Sèvres.

C’est alors que la machine militaire grecque se grippe. Suite à sa défaite électorale Venizélos doit quitter le pouvoir. De plus la mort prématurée du pauvre roi Alexandre 1er laisse augurer d’une possible, que dis-je d’une probable restauration de Constantin 1er dont on connait clairement le passif l’opposant à l’homme politique crétois.

Avant même le retour du beau-frère de Guillaume II sur le trone des hellènes, le personnel militaire vénizéliste est remplacé par un personnel monarchiste moins expérimenté et/ou moins compétent.

Les turcs se sachant militairement inférieurs refusent d’abord le combat, échangeant de l’espace contre du temps. Leur retraite ordonnée aurait du mettre la puce à l’oreille des grecs mais ces derniers ivres de leurs succès continuent de s’enfoncer sur les plateaux anatoliens prolongeant une guerre qu’ils avaient pourtant promis de terminer.

Les signaux d’alarme se multiplient notamment le plus inquiétant à savoir le fait que les alliés promettent de retirer leur soutien politique et militaire si Constantin 1er était restauré. En dépit de cette menace, les grecs plébiscitent le retour au pouvoir du troisième roi de Grèce (après Othon 1er et George 1er). Conséquence logique, les vénizélistes ou ceux ayant à craindre du nouveau régime préfèrent prendre le chemin de l’exil.

A cette époque l’armée grecque avait atteint la ville d’Eskisehir à environ 200km à l’ouest d’Ankara, la nouvelle capitale turque. Une résistance ferme et décidée de la nouvelle armée turque oblige les grecs à se replier.

Une nouvelle campagne est lancée au début de l’année 1921. Si la première bataille d’Inonü est une victoire grecque (9 au au 11 janvier), la seconde du 26 au 31 mars est une victoire turque non sans lourdes pertes des deux côtés.

Dès la première bataille d’Inonü, les alliés sentent que le vent tourne et propose une révision du traité de Sèvres.

Une conférence réunie à Londres en février et mars 1921 est un échec mais détail qui n’en est pas un, le gouvernement ottoman et les révolutionnaires turcs de Mustafa Kemal sont représentés.

L’échec de la conférence de Londres s’explique en grande partie par le fait que les grecs sont encore persuadés de pouvoir l’emporter avec le soutien de la Grande-Bretagne même si se soutien est plus tacite qu’autre chose.

En mars 1921 nouveau signal d’alerte pour Athènes, les français et les italiens signent un traité de paix avec les turcs et vont même jusqu’à fournir armes et renseignement au futur Atatürk. Il s’agit de contrer une Grèce qui est désormais vue comme un client de la Grande-Bretagne.

En juillet 1921 un accord franco-turc voit la France évacuer la Cilicie et autorise des livraisons substansielles d’armes.

Du 10 au 24 juillet à lieu la bataille d’Afyonkarahisar. C’est une victoire grecque mais une victoire à la pyrrhus avec des turcs se repliant en bon ordre. Lors de la bataille de Sakarya du 14 août au 13 septembre, les grec attaquent mais les turcs leur opposent une résistance farouche.

Les deux adversaires sont clairement épuisés. Les grecs sont certes parvenus à moins de 50km d’Ankara mais ils sont épuisés et affamés. De plus leurs longues lignes de communication les rendent très vulnérables au point qu’ils préfèrent se replier. Athènes demande l’aide de Paris et de Rome mais sans surprise les deux sœurs latines refusent.

Les turcs ont clairement pris l’ascendant alors que les grecs sont épuisés et démoralisés. La logique, le bon sens militaire auraient du conduire les grecs à se replier autour de Smyrne mais au lieu de cela les militaires grecs sombrent dans le plus complet irréalisme en planifiant une offensive sur Constantinople !

Le 26 août 1922 les turcs lancent leur grande offensive. Ils remportent une bataille décisive à Dumlipinar quatre jours plus tard, bataille qui fait suite à celle de Sokaya (début le 14 août fin des derniers combats le 13 septembre).

La moitié de l’armée grecque est capturée ou tuée, l’équipement entièrement perdu. Deux généraux grecs sont mêmes capturés. L’avancée turque est ensuite rapide et Smyrne tombe le 9 septembre 1922.

Les britanniques veulent résister aux côtés des grecs mais les français et les italiens refusent et évacuant la région de Constantinople et des détroits turcs.

Le 13 septembre 1922 la ville de Smyrne/Izmir est ravagée par un incendie dont les causes sont aujourd’hui encore disputées. Des arméniens et des grecs sont massacrés tandis que d’autre tentent de fuir en prennant d’assaut les navires étrangers présents dans le port.

Le 11 octobre 1922 l’Armistice de Moudanya est signé. Les franco-britannico-italiens gardent le contôle de la Thrace orientale et du Bosphore, les grecs évacuent ces régions. L’accord est appliqué à partir du 15 soit au lendemain de l’accord grec.

De cet armistice va découler le Traité de paix de Lausanne signé le 24 juillet 1923 et entré en vigueur le 6 août 1924.

Les alliés reconnaissent le régime d’Ankara comme le régime turc légitime. Mustafa Kémal et son gouvernement reconnaissent la perte de Chypre, du Dodécanèse, de la Syrie, de la Palestine, de la Jordanie, de l’Irak et de l’Arabie. Les alliés abandonnent les projets de Grande Arménie et d’autonomie d’un état kurde. La Turquie du traité de Lausanne est la Turquie actuelle moins le sandjak d’Alexandrette qui sera rétrocédé par la France en 1939 pour éviter une entrée en guerre turque aux côtés des allemands au moment de la guerre de Pologne.

Le traité prévoit également des échanges de population et tous les mécanismes de contrôle de la souveraineté turque sont abolis moins le contrôle des détroits qui sont internationalisés. Le régime des Capitulations est également abolit. Des échanges de population vont avoir lieu (ils ont en réalité déjà commencé dans des circonstances dramatiques).

Entre-temps le 11 novembre 1922 la péninsule de Gallipoli à été évacuée par les grecs. La Grande Catastrophe provoque une terrible secousse en Grèce et notamment en ce qui concerne la vie politique déjà agitée du pays. Huit responsables politiques et militaires sont traduits devant la justice et six d’entre-eux (d’où le nom de Procès des Six) sont condamnés à mort et exécutés (27 novembre 1922).

Deux mois plus tôt le 27 septembre 1922 Constantin 1er avait définitivement abdiqué en faveur de son fils ainé Georges II mais comme nous le verrons dans la partie suivante pour peu de temps.

Mitteleuropa Balkans (166) Grèce (10)

La Grèce dans les guerres balkaniques

En bref….

Au début du 20ème siècle la poudrière des Balkans n’à jamais aussi bien porté son nom avec de nombreuses tensions entre états chrétiens et l’empire ottoman mais aussi entre états chrétiens qui se querellent entre eux.

Avant le conflit on assiste à une préparation diplomatico-militaire entre les nations européennes mais cette alliance est biaisée par des intérêts clairement divergents entre les participants de la Ligue Balkanique.

C’est ainsi que si les bulgares, les serbes et les monténégrins mettent en place en commun leurs plans de guerre, ils n’invitent pas les grecs. Normalement les serbes et les monténégrins doivent attaquer dans le Sandjak, les bulgares et les serbes en Macédoine et en Thrace.

Face à ce déploiement de force important l’empire ottoman sera handicapé par l’incapacité de sa marine à couvrir le passage en Europe de troupes stationnées en Asie Mineure et dans la partie arabe de l’empire.

Trois états-majors sont ainsi mis sur pied pour gérer les fronts multiples à venir : le QG de Thrace installé à Constantinople pour faire face aux bulgares, le QG de l’Ouest à Salonique pour faire face aux grecs et enfin celui du Vardar à Skopje pour faire face à l’armée serbe.

La première guerre balkanique à lieu du 8 octobre 1912 au 30 mai 1913. Elle oppose les signataires de la Ligue Balkanique (Bulgarie, Serbie, Grèce et Monténégro) à l’Empire ottoman et se termine par une victoire éclatante des pays européens contre une Sublime Porte qui mérite plus que jamais son statut d’homme malade de l’Europe. Il faut dire que 350000 ottomans affrontent 600000 bulgares, 220000 serbes, 115000 grecs et 35000 monténégrins.

La deuxième guerre balkanique qui à lieu du 29 juin au 10 août 1913 oppose la Bulgarie à ses anciens alliés (mais aussi à l’empire ottoman) suite à des désaccords sur le partage des dépouilles ottomanes. Environ 500000 bulgares affrontent 348000 serbes, 330000 roumains, 255000 turcs, 148000 grecs et 12800 monténégrins.

Les bulgares prennent l’initiative des opérations mais les serbes et les grecs repoussent cette attaque.

Les serbes et les grecs attaquent à l’ouest et au sud, la Roumanie attaque au nord et l’empire ottoman en Thrace pour reconquérir Andrinople. Ce conflit allait se terminer par un armistice suivit du traité de Bucarest qui allait voir la Bulgarie s’en sortir à très bon compte.

La Grèce et les guerres balkaniques

Dans cette partie je ne vais pas détailler le recit de ces deux conflits qui annoncent le premier conflit mondial mais je vais essayer de me focaliser sur les événements qui concernent la Grèce et pas les autres pays.

Durant le premier conflit, la Grèce combat essentiellement sur deux fronts : le front de Thessalie et de Macédoine à l’est, le front de l’Epire à l’ouest. Si les troupes terrestres grecques font mieux que se défendre c’est surtout la marine héllène qui va jouer un rôle capital en prenant et en conservant le contrôle de la mer Egée empêchant les ottomans de se transférer entre l’Asie mineure et l’Europe des troupes.

Qui dit conflit dit armée. Les armées des Etats balkaniques sont équipées et organisées à l’européenne, à l’occidentale avec des armes fournies essentiellement par la firme allemande Krupp et par la firme française Schneider. L’artillerie des différentes armées est plutôt moderne mais l’infanterie puisée essentiellement dans la paysannerie en dehors de sa solidité et sa rusticité semble inférieure à des infanteries de pays plus développés.

De son côté l’armée ottomane avait été reformée et réentrainée fin 19ème par les allemands ce qui porta ses fruits durant la guerre greco-ottomane de 1897. Elle connait alors une période de déclin et les réformes menées par les «Jeunes Turcs» à partir de 1908 n’ont pas encore porté leurs fruits.

De plus l’armée régulière ou nizam est certes bien équipée bien entrainée mais hélas peu nombreuse à la différence de la réserve ou redif mal équipée mal entrainée et même peu sure car recrutée dans des ethnies et des nationalités qui n’ont rien à gagner à mourir pour la Sublime Porte.

L’armée grecque aligne 25000 hommes en temps de paix et peut compter sur 110000 hommes après mobilisation.

Elle comprend initialement quatre divisions d’infanterie (avec un régiment d’artillerie à trois groupes de trois batteries de quatre canons soit 36 canons de 75mm Schneider-Danglis modèle 1906/09), six bataillons d’infanterie légère les fameux evzones, trois régiments de cavalerie, deux régiments d’artillerie de montagne et un bataillon d’artillerie lourde.

L’Armée de Thessalie sous le commandement du diadoque (prince héritier) Constantin concentrée autour de Larissa comprend les 1ère, 2ème, 3ème 4ème division, 5ème, 6ème et 7ème divisions, une brigade de cavalerie, quatre bataillons d’evzones, deux compagnies du génie, deux compagnies télégraphiques, un bataillon d’artillerie de garnison, trois compagnies de brancardiers, huit hôpitaux de campagne, deux bataillons de la garde nationale et les services de QG.

Cela représente 100000 hommes, 23000 chevaux et animaux de bât, 3500 véhicules et 70 mitrailleuses.

L’Armée d’Epire placée sous le commandement du général Konstaninos Sapountzakis déployée à l’est d’Arta est nettement plus faible avec quatre bataillons d’evzones, un régiment d’infanterie à trois bataillons, un bataillon de garde nationale, une compagnie de cavalerie, un bataillon d’artillerie de campagne, un bataillon d’artillerie de bât et les services de QG soit 10500 hommes, 4200 chevaux et animaux de bat et 400 véhicules.

On note également la présence d’une Armée de l’intérieur avec 17000 hommes, 2900 chevaux et animaux de bat et 1800 véhicules qui sert de réserve.

La Grèce possède une poignée d’avions utilisée pour la reconnaissance et l’observation et surtout d’une puissante marine avec un cuirassé (Averoff), seize destroyers et 19 torpilleurs qui va couper en deux le dispositif ottoman et empêcher Constantinople de faire passer des troupes d’Asie en Europe.

Le 29 septembre 1912 Athènes décrète la mobilisation générale. Les classes 1910 et 1911 récemment libérées sont rappelées, les réservistes des classes 1893 à 1909 sont mobilisées. La Crète qui n’appartient pas officiellement à la Grèce mobilise des troupes tout comme des volontaires étrangers notamment une brigade commandée par Riccioti Garibaldi le fils de. On trouve également 77 unités crétoises, 44 unités épirotes et 9 unités macédoniennes.

La Grèce rentre en guerre le 17 octobre 1912. L’Armée de Thessalie à pour objectif la conquête de Thessalonique ville également visée par les bulgares et dans une moindre mesure les serbes. Les militaires préféraient s’emparer de Bitola pour s’emparer de toute la Macédoine. De son côté l’Armée d’Epire à pour objectif majeure la ville d’Ioannina.

L’Armée de Thessalie pénètre dans la région éponyme divisée en deux colonnes. Des irréguliers débarquent en Chalcidique dans le Golfe de Ierissos.

Le 18 octobre, la colonne ouest franchit le col de Meluna, s’emparant des villes d’Elassona et de Deskati. La colonne est marche elle sur Petra. Les ottomans qui s’attendaient à une attaque sur Elassona ont laissé les cols sans défense.

La première véritable bataille à lieu les 21 et 22 octobre. C’est la Bataille du col de Sarantaporo, cinq divisions grecque affrontant deux divisions ottomanes. Les grecs semblent mettre en place un siège le 21 mais en réalité attaquent le lendemain, attaque victorieuse avec 187 morts et 1027 blessés côté grec, 700 tués et 700 prisonniers côté ottoman.

Cela ouvre aux grecs la route de la Macédoine. Les ottomans battent en retraite mais les grecs épuisés ne peuvent se lancer à leur poursuite et ainsi transformer la retraite en déroute. De plus le manque d’éclaireurs rendait les grecs plus prudents, l’armée héllène manquant de renseignements sur l’état réel des forces ottomanes.

L’effort de guerre grec est alors parasité par les querelles entre les militaires et les politiques. Le diadoque Constantin voulu marcher sur Bitola mais son père le roi Georges 1er lui fait comprendre que le plus important c’était de s’emparer de Thessalonique. Constantin s’incline et transfera sa rancoeur sur Venizelos selon le cliché classique du «bon roi entouré de mauvais conseillers».

La ville de Servia tombe le 22 octobre, celle de Kozani le 23 et le 26 l’armée grecque force les cols du Vernion sur la route entre Kozani et Béroia. Le 28 c’est la ville de Katerini qui tombe, deux divisions atteignant la ville de Béroia, une autre le village de Perdikas.

Le 29 octobre 1912 la ville de Naoussa est prise sans combat, la population s’étant révoltée et avait chassé la garnison ottomane.

Le 30 octobre 1912 les villes d’Edessa et de Gidas (aujourd’hui Alexandreia) sont prises. Après les combats autour de Servia, la 5ème division est envoyée vers le nord et la ville de Florina pour préparer une éventuelle avancée vers Bitola.

Le 27 octobre, la ville de Ptolemaida est prise suivit trois jours plus tard de la ville d’Amyntaio. Suite à une contre-attaque ottomane, la division doit se replier en désordre vers le sud-est.

Les 1er et 2 novembre 1912 à lieu la Bataille de Grannitsa. Les grecs mobilisent 80000 hommes face aux 25000 soldats ottomans. Les grecs ont 1200 tués contre 1960 pour les ottomans. Cette sanglante bataille permet aux grecs d’avancer vers l’est direction Thessalonique. Les ottomans avaient détruit le pont routier sur le Vardar mais étonnamment pas le pont ferroviaire.

Le 4 novembre la ville de Nigrita est prise. Le 6 novembre 1912 la ville de Siatista est prise sans combats par le 4ème bataillon d’evzones. Une contre-attaque ottomane est repoussée.

Le 8 novembre 1912 les grecs rentrent à Thessalonique après la rédition négociée de la garnison ottomane. Après de laborieuses négociations, les grecs acceptent que des troupes bulgares s’installent à Thessalonique pour se reposer. Cette course greco-bulgare pour Thessalonique à permis aux ottomans de se replier en bon ordre et préserver l’avenir.

Constantin décide de s’emparer de Bitola. Le 12 novembre, la 6ème division s’empare d’Edessa, la ville de Kelle est prise par le 1er régiment de cavalerie et un bataillon d’evzone le 20 novembre. Le 23 novembre c’est la ville de Kastoria qui tombe alors que le 20 décembre 1912 c’est la ville de Korista qui est prise.

Sur le front d’Epire il est initialement question de rester sur la défensif mais dès le 18 octobre on décide de passer à l’attaque. La ville de Filippiada est prise le 24. Les (maigres) moyens sont divisés en deux colonnes, une avançant vers le nord et Ioannina l’autre devant longer le Golfe Ambracique et descendre vers le sud-ouest et Preveza. Cette dernière colonne connait une forte résistance.

Le 2 novembre 1912 la ville et le fort de Nicopolis sont prises par la 2ème colonne (une compagnie d’infanterie et un peloton de cavalerie). Preveza est prise le lendemain mais la capture de Ioaninna fût plus longue.

Il faut dire que la noix est très dure à casser avec deux divisions d’infanterie et 90 canons de gros calibre. Le 5 novembre le port de Chemarra situé au nord-ouest de Ioaninna est prise pour tenter de perturber le ravitaillement de la garnison ottomane. Le 13 novembre c’est la ville de Metsovo qui est prise suivie le 7 décembre par les villes d’Aghioi et de Saranta mais cette dernière doit être évacuée dès le 10 décembre.

Les grecs assiègent Ioannina mais sont bloqués tout comme les bulgares à Andrinople et les monténégrins à Scutari.

La Grèce ne signe pas l’armistice de Chataldzha et les combats se poursuivent durant tout l’hiver 1912/13. Le siège est compliquée car le blocus n’est pas totalement étanche, les soldats ottomans étant toujours ravitaillés.

En janvier 1913 trois divisions d’infanterie supplémentaires arrivent portant les effectifs à 28000 hommes avec 80 canons et 6 avions. La situation logistique grecque est précaire (mauvais temps, ravitaillement difficile). Les ottomans sont dans une situation délicate avec des habitants hostiles. Le siège est marqué par des duels d’artillerie et par la prise et la perte de fortins.

Le 23 janvier 1913 le diadoque Constantin remplace le général Sapountzakis. Le futur roi concentre ses moyens, ménage ses forces et peut lancer une offensive le 5 mars, offensive décisive car la ville se rend le lendemain.

Leskavik est prise le 7 mars (elle sera rétrocédée à l’Albanie) et Klisoura dès le 3 mars. Konitsa est prise le 5 mars, Neochori et Philiates le 9 mars, Argyrokastro et Delvino le 15 mars, Tepelen le 17 mars. L’avancée est stoppée le 2 avril, l’Italie et l’Autriche-Hongrie refusant que la Grèce ne contrôle l’accès à l’Adriatique.

La marine grecque appuie les attaques terrestres grecques, serbes et bulgares. Le 16 novembre 1912 l’île d’Ikaria est conquise. L’île de Tenedos est prise le 20 octobre 1912 et Lemnos avec son précieux port de Moudros le 28 octobre. Le 31, les grecs débarquent à Thasos, Agios Efostratios et Imbros et le 1er novembre c’est l’île de Samothrace qui est prise. Le port de Smyrne est bloqué. Le 22 c’est Psara qui est prise.

Le 14 novembre 1912 le mont Athos est conquis par les grecs. Le 21 décembre 1912 c’est l’île de Lesbos qui est prise. Le 3 janvier 1913 l’île de Chios est occupée. Le 14 mars 1913 l’île de Samos est prise et annexée à la Grèce.

Il y à deux batailles navales majeures, la Bataille d’Eli le 16 décembre 1912 et la Bataille de Lemnos le 18 janvier 1913.

A cette époque commencent les négociations entre alliés pour se partager les territoires européens de l’empire ottoman. Les premières tensions apparaissent. Les négociations ont lieu également avec l’empire ottoman et les Grandes Puissances.

En avril et mai 1913, la Grèce et la Serbie négocient un traité d’alliance. La Serbie obtenait Monastir, la Bulgarie Andrinople et la Grèce Thessalonique.

Le 18 mars 1913 Georges 1er est assassiné par un anarchiste à Thessalonique. Son fils Constantin immensément populaire devient Constantin 1er et non Constantin XII comme l’aurait souhaité certains grecs pour faire le lien avec Constantin XI Paléologue, le dernier empereur byzantin.

A l’époque on craint une guerre entre la Grèce et l’Italie car le Dodécanèse récemment conquis par les italiens réclamait son incorporation à la Grèce (ce qui sera chose faite en 1950 après l’opération CATAPULT).

La France soutient la Grèce car l’Italie est membre de la Triplice. La Russie refuse de voir la Bulgarie s’approcher trop de Constantinople.

Le Traité de Londres est signé le 30 mai 1913. Tous les territoires ottomans à l’est de la ligne Aimos/Medée passent aux vainqueurs qui doivent se partager les dépouilles.

L’empire ottoman renonçait également à la Crète et aux îles de la Mer Egée. La création de l’Albanie frustrait les objectifs serbes (fénètre sur l’Adriatique) et grecs (conquête de l’Epire du Nord, région à peuplement héllenophone).

La Deuxième guerre balkanique ne va pas tarder à éclater. La pomme de discorde majeure est la ville de Thessalonique. La Serbie et la Grèce ont signé un accord militaire le 12 mai 1913 prévoyant pour la partage des territoires une attitude commune face à la Bulgarie. On note des incidents militaires dès l’hiver 1912/1913.

Très vite des troupes serbes et grecques sont redéployées. Les grecs et les serbes ont moins souffert que les bulgares et doivent surtout défendre des territoires conquis à la différence des bulgares.

121000 soldats grecs sous le commandement direct de Constantin 1er doivent affronter les 36000 hommes de la 2ème Armée bulgare.

Les bulgares attaquent dans la nuit du 29 au 30 juin 1913. Le 30, les grecs chassent les troupes bulgares encore présentes à Thessalonique, des unités pauvrement équipées qui n’avaient aucune chance de tenir face à une attaque grecque décidée.

Du 30 juin au 4 juillet à lieu la Bataille de Kilkis-Lachanas. C’est une victoire grecque décisive avec de lourdes pertes côté bulgare. Le moral est très atteint du côté des troupes de Ferdinand 1er. Les bulgares abandonnent Serves et Drama. La victoire est célébrée par une médaille représentant d’un côté Constantin 1er et de l’autre l’empereur byzantin Basile II dit le Bulgaroctone (le «tueur de bulgares» NdA mon empereur byzantin préféré).

Le 6 juillet 1913 à lieu la Bataille de Dojran, une nouvelle victoire grecque qui entraine une retraite générale des forces bulgares le lendemain. Le 10 juillet la ville de Stromnitsa est prise et le même jour le fleuve Strymon est franchit, la ville de Sidivokastro est prise. Serves est prise le 11 juillet 1913.

La ville de Kato Neurokopi est prise le 19 juillet suivie de Xanthi le 25 juillet. Entre-temps le 23 juillet les grecs pénètrent en territoire bulgare par les gorges de Kresna. Épuisées les troupes grecques s’arrêterent le lendemain. Komotoene est prise le 27 juillet 1913.

Le 29 juillet 1913 les grecs attaquent dans les gorges de Kresna mais cela manque de tourner à la catastrophe. Ce qui sauve les grecs (qui manquent de subir le même sort que les romains à Cannes face à Hannibal) c’est l’attaque roumaine qui menaçait Sofia.

Les Balkans après le traité de Bucarest (1913)

Le Traité de Bucarest signé le 10 août 1913 voit la Bulgarie conserver une fenêtre sur la mer Egée avec le petit port de Dedeagac, le port majeur de Kavala allant à la grèce. La souveraineté grecque sur la Crète est enfin reconnue. Un traité greco-ottoman est signé à Athènes le 14 novembre 1913.

Durant ces conflits la Grèce à perdu 5169 morts (première guerre balkanique) et 2563 morts (deuxième guerre balkanique), 23502 et 19307 blessés.

La superficie augmente de 70% (64786 à 108606km²) et la population passe de 2.6 à 4.3 millions d’habitants.

La Grèce récupère la Macédoine avec les villes de Thessalonique, Beroia, Edessa et Kavala mais ne peut récupérer l’Epire du Nord confiée au nouvel état albanais. Des échanges de population ont lieu.

Des problèmes politiques ne tardent pas à éclater, les «Vieux grecs» ne considérant pas les nouveaux grecs comme des frères véritables ce qui limite la portée de la Grande Idée. Pas étonnant que Thessalonique ait servit de base de reconquête à Elefthérios Venizelos après qu’il eut été chassé du pouvoir en 1915.

Mitteleuropa Balkans (165) Grèce (9)

La naissance d’une nation

Les constitutions grecques

Constitution du 30 mars 1844

Othon 1er

Durant la guerre d’indépendance grecque plusieurs textes constitutionnels sont publiés mais quand il arrive au pouvoir en 1832 Othon 1er de culture absolutiste refuse le texte de 1832 et va gouverner pendant plus de dix ans sans constitution. Le 15 septembre 1843 la garnison d’Athènes se soulève pour réclamer une constitution ce qu’elle obtient l’année suivante avec l’assemblée dite du 3 septembre qui va rédiger la Constitution du 30 mars 1844 (18 mars dans le calendrier julien).

Cette constitution va être organisée en douze chapitres, le chapitre premier consacré à la religion, le chapitre II consacré au droit public des grecs, le chapitre III consacré à la forme du gouvernement, le chapitre IV consacré au roi, le chapitre V consacré au mécanisme de succession et de la régence, le chapitre VI consacré à la Chambre des Députés et du Sénat, le chapitre VII consacré à la Chambre des députés, le chapitre VIII consacré au Sénat, le chapitre IX consacré aux ministres, le chapitre X consacré au pouvoir judiciaire, le chapitre XI consacré aux dispositions générales et le chapitre XII destiné aux dispositions particulières.

Le chapitre premier concerne les deux premiers articles, le chapitre concerne les articles 3 à 14 avec l’égalité devant la loi, le respect des droits individuels et collectifs, l’interdiction du servage et de l’esclavage, la liberté de la presse, le droit à l’éducation, le droit de propriété ou encore le secret de la correspondance.

Le chapitre III concerne les articles 15 à 21 et impose la séparation des pouvoirs avec la répartition entre pouvoir exécutif, pouvoir législatif et pouvoir judiciaire.

Le chapitre IV couvre les articles 22 à 36 et concerne les pouvoirs du roi qui sont importants mais qui sont limités. Il sanctionne et promulgue les lois, convoque l’assemblée et le sénat en séances ordinaires et extraordinaires. Il possède le droit de grâce (à l’exception de ses ministres), peut proposer l’amnistie (après accord du ministre de la Justice), il peut battre monnaie, bénéficie d’une liste civile.

Le chapitre V couvre les articles 37 à 35 et concerne la succession au trône et la régence. La couronne hellène est héréditaire et transmissible aux descendants légitimes d’Othon 1er par ordre de primogéniture (article 37) puis de ceux de ses frères toujours par ordre de primogéniture (article 38).

En l’absence de tout héritier du trône le roi en fonction nomme son successeur du consentement de la Chambre des députés et du Sénat convoqués à cet effet avec 2/3 de chaque chambre et une majorité des 2/3 des membres présents.

Le roi doit être de religion orthodoxe (article 40), les couronnes de Bavière et de Grèce ne peuvent être réunies sur la même tête (article 41), la majorité du roi est fixée à 18 ans accomplis (article 42) et prête serment dans un délai de deux mois devant les deux assemblées réunies (article 43). En cas d’absence de successeur ou si le nouveau roi est mineur ou absent, une régence est mise en place (article 44). En cas de vacance du trône, régent grec et de religion orthodoxe est élu par les deux assemblées réunies par un seul corps.

Le chapitre VI qui va des articles 46 à 58 concerne la Chambre des Députés et du Sénat, répartissant les pouvoirs entre les deux assemblées. Les élus bénéficient d’une immunité parlementaire notamment durant les sessions. Les deux assemblées votent le budget chaque année.

Le chapitre VII (articles 59 à 68) concerne la Chambre des Députés qui sont élus dans chaque province proportionnellement à sa population avec un nombre minimal de 80. Ils sont élus au suffrage censitaire pour trois ans (article 62).

Pour être éligible il faut être citoyen grec établi en Grèce et jouir des droits civils et politiques, être âgé de trente ans accomplis et posséder les autres conditions requises par la loi électorale (article 63). Un député ne peut être ministre en même temps ce qui impose une nouvelle élection (article 64), chaque député recevant une indemnité mensuelle de 250 drachmes pendant la durée des travaux législatifs (article 67)

Le chapitre VIII (articles 69 à 79) concerne le Sénat qui sont nommés à vie par le roi. Le nombre minimal est fixé à vingt-sept avec un âge minimal de 40 ans, être de citoyen grec et avoir été nommé à une fonction politique ou militaire. Les princes du sang et l’héritier du trône sont membres à l’âge de 18 ans mais avec voix délibérative à partir de 25 ans. Le Sénat ne peut se réunir hors de la session de la Chambre des Députés. L’indemnité est fixée à 500 drachmes par mois.

Le chapitre IX (articles 80 à 85) concerne les ministres. L’article 80 prévoit qu’aucun membre de la famille royale ne puisse être nommé ministre. Les ministres peuvent être mis en accusation devant la chambre des Députés et jugés par le Sénat. Seul le Sénat peut autoriser le roi à gracier

Le chapitre X (article 86 à 96) concerne le pouvoir judiciaire rendu au nom du roi. Les juges sont nommés à vie, les procureurs du roi, les substituts ainsi que les juges de paix ne jouiront pas de l’inamovibilité. Les audiences sont publiques et le jury maintenu.

Seul autre emploi public que les juges peuvent accepter est celui de professeur à l’université. Des lois spéciales seront votées pour mettre en place la justice militaire et réglé les conditions d’admissibilité dans l’ordre judiciaire.

Le chapitre XI couvre les articles 97 à 103 et concerne les dispositions générales alors que le chapitre XII couvrant les articles 104 à 106 concerne des dispositions particulières.

Constitution du 28 novembre 1864

Georges 1er

La Constitution du 28 novembre 1864 (calendrier grégorien 16 novembre selon le calendrier julien) est mise en place après le renversement d’Othon 1er le 22 octobre 1862 et l’élection du prince Guillaume de Danemark qui devient Georges 1er de Grèce. Cette constitution intègre les îles ioniennes jusqu’ici protectorat britannique et impose le suffrage universel masculin. Cette constitution sera profondément révisée en 1911.

Elle est divisée en onze chapitres, le chapitre I concernant la religion, le chapitre II concernant le droit public des hellènes, le chapitre III concernant les pouvoirs, le chapitre IV concerne le Roi, le Chapitre V concerne la succession au trône et de la régence, le chapitre VI concerne la chambre des députés, le chapitre VII concerne les ministres, le chapitre VIII concerne le Conseil d’Etat, le chapitre IX concerne le pouvoir judiciaire, le chapitre X concerne les dispositions générales et le chapitre XI concerne les dispositions particulières.

Le chapitre I couvre les deux premiers articles alors que le chapitre II va des articles 3 à 20 et concerne les différents droits et devoirs des citoyens. Les citoyens grecs ont la liberté d’expression, la liberté de réunion, la liberté de la presse, l’esclavage et le servage étant clairement interdits, au serment peut être imposé et l’Etat à un devoir d’éducation auprès des citoyens. La peine de mort en matière de délits politiques est abolie tout comme la torture. Les citoyens grecs bénéficient du secret de la correspondance.

Le chapitre III concerne les pouvoirs et couvre les articles 21 à 28, ces articles définissant les champs de compétence entre pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires.

Le chapitre IV couvre les articles 29 à 45 et concerne le roi qui est une personne irresponsable et inviolable, ses actes doivent être contresignés par un ministre (qui est nommé et révoqué par le roi),

le roi est le chef de l’état et le chef des armées, nomme aux emplois publics, promulgue les ordonnances nécessaires pour l’exécution des lois, sanctionne et promulgue les lois, convoque la chambre des Députés, peut ajourner ou proroger la session, possède le droit de grâce, peut battre monnaie conformément à la loi, possède une liste civile et doit préter serment à la constitution.

Le chapitre V (articles 45 à 53) concerne les régles de succession et de la régence. Ces règles sont similaires à celle de la constitution précédente.

Le chapitre VI (articles 54 à 76) concerne la chambre des Députés qui est élue au suffrage universel direct pour 4 ans au scrutin secret avec des boules pour désigner leurs préférences. Les députés représentent la nation et non la province dont ils viennent. Le nombre est fixé proportionnellement à sa population, le nombre ne pouvant excéder 150. Il faut être citoyen héllène au moins deux ans avant son élection et être âgé de 30 ans. Les députés ne peuvent cumuler un mandat et un emploi public.

Les députés reçoivent une indemnité de 2000 drachmes pour chaque session ordinaire (simple défraiment en cas de prolongation).

Le chapitre VII (articles 77 à 82) concerne les ministres selon les règles de la constitution précédente.

Le chapitre VIII (article 83 à 86) concerne le Conseil d’Etat qui est un conseil consultatif siégeant à Athènes pour préparer et examiner les projets de loi. Aucun projet ne peut présenté devant la Chambre des Députés sans avoir été examiné par le Conseil d’Etat. Ils sont au minimum quinze et au maximum vingt. Chaque conseiller touche sept milles drachmes par an. Ils sont nommés par le roi (ces articles ont été abolis par la loi du 7 décembre 1865).

Le chapitre IX (articles 87 à 97) concerne le pouvoir judiciaire, le chapitre X (articles 98 à 103) concerne les dispositions générales alors que le chapitre XI concerne les dispositions particulières (articles 104 à 110).

Constitution du 1er juin 1911

Eleftherios Venizelos

En 1911 sous l’impulsion du premier ministre Elefthérios Venizelos, la constitution de 1864 est profondément réformée. C’est la Constitution du 28 novembre 1864 modifié 1911.

Elle comprend dix chapitres, le premier concerne la religion, le deuxième concerne le droit public des hellènes, le chapitre III les pouvoirs publics, le chapitre IV le roi, le chapitre V sur la succession au trône et la Régence, le chapitre VI la Chambre des Députés, le chapitre VII les ministres, le chapitre VIII le pouvoir judiciaire, le chapitre IX la cour des comptes et le chapitre X les dispositions générales.

Ce texte est la conséquence du Coup de Goudi, un nouveau coup d’état militaire mené dans la nuit du 15 août 1909. Cinquante amendements modifient profondément la constitution qui est promulguée le 1er juin 1911.

Le chapitre I concernant la religion couvre les deux premiers articles du texte, le chapitre II concernant le droit public des héllènes couvre les articles 3 à 20 avec les droits et devoirs des citoyens héllènes (les modifications sont assez mineures mais limitent les potentiels abus signe que le texte d’origine ou du moins sa pratique n’était pas parfait ).

Le chapitre III concernant les pouvoirs publics couvre les articles 21 à 28 et répartis les différents pouvoirs. La seule modification concerne l’interdiction d’une nouvelle présentation d’un texte rejeté par un des acteurs du pouvoir législatif.

Le chapitre IV qui couvre les articles 29 à 44 concerne le roi sa personne, ses pouvoirs, les limites de ses responsabilités.

Le texte de 1911 par rapport à celui de 1864 limite les nominations potentielles pour le roi, il ne peut le faire que dans le cadre de la loi. La dissolution est également encadrée notamment le delai pour la convocation de nouvelles élections. Même jour pour l’ajournement de la session de la chambre.

Le chapitre V qui couvre les articles 45 à 53 et concerne les règles de succession et une potentielle régence. La seule modification concerne la mise en place de la régence en cas de voyage du roi en dehors du royaume.

Le chapitre VI (articles 54 à 76) concerne la chambre des députés . Les modifications concerne une durée minimale pour la session (trois mois minimum), l’égalité de vote (égalité = le texte est repoussé), une loi abrogée ne peut être rétablie, le Chambre des Députés vérifie que le budget à bien été exécuté. Elle est toujours élue au suffrage universel direct et secret, l’âge d’éligibilité est abaissé à 25 ans révolus et un député ne peut être également fonctionnaire.

Le chapitre VII (articles 77 à 86) concerne les ministres et les modifications sont du niveau cosmétique sans modifications majeures. A noter que la constitution de 1911 rétablit les articles 83 à 86 de la constitution de 1864 concernant le Conseil d’Etat, articles qui avaient été supprimés par la loi du 7 décembre 1865.

Le chapitre VIII (articles 87 à 97) concernent le pouvoir judiciaire. Comme pour le titre précédent les modifications sont assez limitées. Ce chapitre ne permet pas la constitution de tribunaux extraordinaires hors vote d’une loi spécifique.

Le chapitre IX (articles 98) concerne la cour des comptes alors que le chapitre X concerne des dispositions générales (articles 99 à 111) qui couvre aussi bien les questions militaires que la question des élections locales ou la langue officielle. L’article 108 interdit toute révision intégrale de la Constitution mais il est prévu une révision des dispositions fondamentales d’ici dix ans.

Constitution républicaine du 3 juin 1927

Le 25 mars 1924 la république héllénique est proclamée. Il faudra attendre le 3 juin 1927 pour qu’une nouvelle constitution soit officiellement adoptée alors qu’entre-temps le général Pangalos avait commis un coup d’état en mars 1926 avant d’être renversé dès le mois d’août.

Ce texte comprend pas moins de quatorze chapitres. Le chapitre 1 concerne la religion et l’Eglise, la chapitre 2 la forme et les bases du régime, le chapitre 3 le droit public des héllènes, le chapitre 4 le pouvoir législatif, le chapitre 5 le président de la République, le chapitre 6 concerne le gouvernement et les ministres, le chapitre 7 le pouvoir judiciaire, le chapitre 8 la justice administrative, le chapitre 9 la cour des Comptes, le chapitre 10 l’autonomie administrative et la décentralisation, le chapitre 11 l’administration du mont Athos, le chapitre 12 les dispositions générales, le chapitre 13 les dispositions transitoires alors que le chapitre 14 concerne «la vigueur et la modification de la Charte».

Ce texte s’inspire des lois constitutionnelles françaises de 1875 soit un régime parlementaire avec un pouvoir exécutif très faible. Une vie politique troublée ne permet pas vraiment à ce texte de s’appliquer.

Ioannis Metaxas

Le 10 octobre 1935 un coup d’état monarchiste permet la restauration de Georges II et le rétablissement de la constitution de 1911 mais pour peu de temps avec la dictature du général Metaxas (Régime du 4 août 1936).

A sa mort en 1941 une période de flou constitutionnel apparaît, flou qui va durer jusqu’en 1943, Georges II semblant hésiter entre un retour à une vraie démocratie et le maintien d’un régime autoritaire.

En mars 1944 il nomme le général Vastotris comme premier ministre et protecteur du royaume. Ce dernier obtient du roi la nomination d’une chambre consultative qui avalise une série de Décrets Constitutionnels qui va être la «Constitution» de la Grèce jusqu’à l’invasion italo-allemande.

Ces décrets puisent dans les constitutions de 1864, de 1911 et de 1927 maintenant un régime autoritaire mais ouvrant une certaine libéralisation ce qui laisse augurer à certains grecs qu’un retour de la démocratie est possible, retour qui ne se fera qu’après la libération du pays (Constitution de 1956).

Revenons à cette constitution de 1927 après cette parenthèse. Le chapitre premier comprend un article unique qui reconnaît la place première de l’Eglise orthodoxe tout en imposant une liberté de conscience inviolable.

Le chapitre II concerne la forme et les bases du régime (articles 2 à 5) avec l’identification de la Grèce comme une république parlementaire avec un parlement bicaméral, un président et des ministres. Le pouvoir judiciaire est indépendant.

Le chapitre III (articles 6 à 27) concerne les droits et les devoirs des citoyens grecs, le chapitre IV (articles 28 à 66) concerne le pouvoir législatif qui est partagé entre le gouvernement, la Chambre et le Sénat.

La Chambre des députés se compose de députés élus au suffrage universel direct et secret, les élections ayant lieu simultanément sur tout le territoire. Le nombre de députés ne peut être inférieur à 250 et les sièges vacants sont pourvus par des élections complémentaires

Les députés sont élus pour quatre ans, les élections devant avoir lieu dans les 45 jours uivent l’expiration de la précédente mandature. L’assemblée nouvellement élue doit être convoquée dans un délai d’un mois après l’élection.

Les députés doivent être âgé de 25 ans. Les députés ne peuvent également posséder un emploi politique. La session ordinaire se réunit tous les 15 octobre sauf en cas de convocation antérieure. La session ne peut être inférieure à trois mois ni supérieure à six mois.

Le parlement comprend également un Sénat de 120 membres. 9/12 sont élus par le peuple et un douzième au plus peut être désigné par la Chambre et le Séance en séance commune au début de chaque législature de la Chambre.

Les sénateurs sont élus pour neuf ans renouvelés par tiers tous les trois ans. Les sénateurs désignés par la Chambre et le Sénat conservent leur mandat seulement pendant la durée de la législature de la Chambre. Pour être élu sénateur il faut être citoyen hellène et être âgé de 40 ans révolu. Le Sénat peut être convoqué en Cour de Justice pour juger les cas de haute-trahison.

Le chapitre V (articles 67 à 86) concerne le président de la République qui est élu pour cinq ans par la Chambre et le Sénat réunis en séance commune en présence des 3/5 et à la majorité absolue du nombre de leurs membres. Il nomme le président du conseil et les ministres. Tous les actes du président doivent être contresignés par le président de la République. Il bénéficie de l’immunité. Il sanctionne les lois et permet leur mise en application, peut gouverner par décrets-lois. Il peut convoquer et dissoudre la Chambre. Il possède également le droit de grâce.

Le Chapitre VI qui concerne le gouvernement et les ministres regroupe les articles 87 à 93. Le gouvernement doit jouir de la confiance de la Chambre, une motion de défiance est validée uniquement si elle réunit les 2/5 des députés. Les ministres qui sont députés peuvent participer au vote de défiance et peuvent assister librement aux séances. Une loi spécial peut autoriser la mise sur pied de sous-secrétaires d’Etat.

Le Chapitre VII est consacré au pouvoir judiciaire et regroupe les articles 94 à 101 à l’exception de la justice administrative qui regroupe les articles 102 à 105. le chapitre IX regroupe les articles 106 à 108 qui concernent la Cour des comptes. Le chapitre XI qui regroupe les articles 109 à 112 concerne l’Administration du Mont-Athos qui bénéficie d’une juridiction particulière.

Le Chapitre XII (articles 113 à 118) concerne les dispositions générales sur notamment la cession ou l’acquisition de territoire (uniquement via la loi), sur la fonction publique et d’autres sujets divers.

Le Chapitre XIII comprend les articles 119 à 124 et concerne les dispositions transitoires alors que le Chapitre XIV (articles 125 à 127) concerne la vigueur et la modification de la Charte.

Politique intérieure : miscellanées

La vie politique grecque est particulièrement agitée avec de violentes querelles politiques, des assassinats de responsables politiques et plusieurs coups d’état, l’armée grecque n’hésitant pas à intervenir dans la vie politique grecque.

Le pays reste pauvre et sous tutelle des puissances protectrices vis à vis desquelles la Grèce à contracté des dettes importantes. Elle ne peut donc développer une industrie qui aurait nécessité de solides barrières douanières.

Vu que la Grande-Bretagne n’à pas hésité à imposer le blocus des ports grecs pour des motifs bien moins importants, il n’était pas difficile d’imaginer qu’une politique protectioniste grecque aurait entrainé comme réaction britannique.

Même chose pour l’agriculture qui reste archaïque et improductive. Seule la marine marchande et les finances parviennent à tirer leur épingle du jeu mais cela ne touche pas grand monde. Quant à l’Etat c’est déjà corruption, incompétence et clientélisme. A la fin du XIXème siècle on trouve 370000 fonctionnaires pour 2.5 millions d’actif soit 14.8 %.

En 1832 Othon 1er devient le premier roi des héllènes. Issu de la dynastie des Wittelsbach, il ne fait rien pour s’intégrer à son nouveau royaume. Autoritaire et absolutiste, il s’entoure de bavarois que ce soit un conseil de régence, des architectes et une garde royale composée de 4000 bavarois. Si je devais prendre une métaphore biologique je dirai qu’il se comporte comme un corps étranger.

Pas étonnant que les grecs se soient sentis offensés surtout après une longue et sanglante guerre d’indépendance.

Certes Othon 1er organisait le pays et bénéficiait de prêts de la Grande-Bretagne, de la France et de la Russie mais ses prêts rendaient la Grèce dépendante des politiques extérieures de Londres, Paris et Saint-Pétersbourg (surtout que le remboursement des prêts était particulièrement dur et que les créanciers se montraient absolument intraitables).

C’était surtout la rivalité anglo-russe qui handicapait la politique athénienne, la Russie voulant faire de la Grèce un bélier pour démanteler l’empire ottoman alors que la Grande-Bretagne voulait conserver l’équilibre dans la région et empêcher les russes d’accéder aux mers chaudes en faisant sauter le verrou représenté par les détroits turcs.

Surtout l’organisation de partis français, anglais et russes pouvaient donner l’impression aux patriotes héllènes que leur pays était gouverné par des étrangers depuis l’étranger.

Suite à la défaite dans la guerre egypto-ottomane (la Grèce avait prit le parti de Mehmet Ali, pacha d’Egypte qui avait cherché à se débarrasser définitivement de la tutelle ottomane) à lieu le premier d’une longue série de coups d’état militaires, le coup d’état du 3 septembre 1843.

Pour être pleinement rigoureux, c’est en réalité le troisième coup d’état de l’histoire grecque moderne mais les deux premiers ont eu lieu avant l’avènement d’Othon 1er.

Ioánnis Kapodístrias

Je vais donc les citer ici juste pour mentionner leur existence avec tout d’abord un coup d’état en 1831, la mutinerie de la marine organisée par Andreas Miaoulis contre le gouvernement de Ioannis Kapodístrias conduit à l’incendie de la flotte le 13 août 1831 dans le port de Poros. Toujours en 1831 après l’assassinat de Kapodístrias, une révolte contre son frère Augustinos oblige le Sénat à se réfugier à Astros.

Comme nous l’avons vu le roi Othon 1er avait refusé d’accorder la constitution promise ce qui ulcérait les grecs qui parlaient de xénocratie («pouvoir des étrangers»).

Beaucoup de patriotes grecs étaient amers. A quoi bon s’être battu pendant des années contre les ottomans pour remplacer le joug de la Sublime Porte par celui des bavarois ? En revanche il ne remettait en cause ni la monarchie ni le roi mettant la situation sur le compte des «mauvais conseillers».

Comme le roi Othon 1er faisait la sourde oreille, les partisans de la constitution se firent de plus en plus radicaux. Très vite il devint évident que seul un coup de force pourrait aboutir.

Les premiers conspirateurs furent des civils, des politiques mais ils sont parvenus à obtenir le soutien des chefs de la garnison d’Athènes. Le coup de force était prévu initialement pour le 25 mars 1844 mais de multiples indiscrétions obligèrent les conspirateurs à précipiter leur coup de force.

Dans la nuit du 2 au 3 septembre alors que les noms des conspirateurs étaient connus de la police et que les arrestations étaient sur le point d’être menées, le colonel Démétrios Kallergis, commandant la cavalerie de la garnison d’Athènes précipita les choses en faisant sortir ses hommes de leur caserne direction le palais royale.

Il fit ouvrir les portes de la prison de Medrese pendant que le capitaine Schinas qui commandait l’artillerie et qui avait reçu l’ordre de réprimer l’insurrection se rallia aux insurgés.

Les soldats encerclèrent le palais royal en criant «Vive la Constitution». Othon 1er contraint et forcé s’inclinant nommant premier ministre l’un des conjurés Andréas Metaxas. Le projet de constitution était en réalité déjà prêt ce qui explique qu’il à été rapidement adopté par une nouvelle assemblée.

De leur côté les grandes puissances se contentèrent de prendre acte, le coup d’état n’ayant pas dégénéré en bain de sang voir pire en nouvelle guerre civile. En mémoire de cet événement, la place du palais royal fût rebaptisée Place de la Constitution (Syntagma, Πλατεία Συντάγματος en grec moderne).

Est-ce à dire que tout était rentré dans l’ordre ? Hélas non car si Othon 1er avait accordé une constitution il n’était pas pour autant décidé à l’appliquer. Ignorant les usages du parlementarisme qui commençaient à s’imposer peu à peu en Europe, le roi des hellènes gouvernait selon son bon plaisir et plus souvent contre la volonté de la Chambre.

Les années 1850 furent marquées par plusieurs crises internationales avec le blocus des ports grecs et même l’occupation du port du Pirée par les français et les britanniques durant la guerre de Crimée (1853-1856), occupation qui se prolongea jusqu’en 1859.

En février 1861 Aristidis Dosios tenta d’assassiner la reine Amalia. Condamné à mort il vit sa peine commuée en détention perpétuelle. Si pour certains il devint un héros, il est incontestable de noter que la famille royale connu un regain de popularité qui allait s’avérer insuffisant.

En effet l’année suivante éclata la Révolution grecque de 1862 qui allait aboutir au renversement du roi bavarois et de son épouse.

Tout commence le 1er février 1862 quand une première insurrection éclate à Nauplie. Cette insurrection fait tache d’huile mais le pouvoir royal parvient à reprendre la main et le 20 mars tout est terminé.

Le roi Othon 1er et son épouse décident de réaliser un voyage dans le royaume pour raffermir les liens entre les grecs et la couronne. Ils quittent Athènes le 16 octobre mais une nouvelle insurrection éclate deux jours plus tard à Vonitsa, s’étendn très vite à Missolonghi, à Patras et même à Athènes le 22 octobre.

Un gouvernement provisoire est mis en place et le lendemain 23 octobre les révolutionnaires proclament la destitution du couple royal et la convocation d’une nouvelle assemblée destinée à élire un nouveau souverain.

Le couple royal est placé sous la protection d’un navire de guerre britannique le HMS Scylla. Sur les conseils des ambassadeurs des grandes puissances, le roi et la reine des héllènes prennent le chemin de l’exil même si Othon 1er à refusé d’abdiquer.

Une consultation populaire organisée en décembre 1862 offre au prince Alfred de Grande-Bretagne, deuxième fils de la reine Victoria la couronne de Grèce. C’est un véritable plébiscite puisqu’il reçoit 230016 voix sur 244202. Un autre candidat, le prince Guillaume de Danemark _retenez bien ce nom_ reçoit six votes.

Cette élection jette l’embarras sur la Grande-Bretagne. Le gouvernement de Londres est réticent à envoyer un prince britannique à Athènes et de toute façon le Protocole de Londres du 22 mars 1829 interdit qu’un membre d’une famille régnant sur un état protecteur de la Grèce ne règne sur la Grèce.

Et même si Londres avait décidé de passer outre ce texte nul doute que la France, la Russie voir même l’Autriche aurait accepté que la Grèce devienne un simple protectorat britannique, position stratégique oblige.

D’autres candidats sont avancés comme le duc Nicolas de Leuchhtenberg, l’ex-roi du Portugal Ferdinand II, le duc Ernest II de Saxe-Cobourg-Gotha et le prince Guillaume de Bade.

Le 2 février 1863 le gouvernement provisoire grec émet une série de décrets qui réaffirment la déposition d’Othon 1er, d’Amélie et de toute la maison Wittelsbach. Un autre décret reconnaît l’élection d’Alfred lors du référendum de décembre et le proclame roi mais le gouvernement britannique reste sur sa position. D’autres candidats sont proposés mais aucun ne parvient à convaincre les grecs au point qu’on parle un retour des Wittelsbach !

A la fin du mois de mars 1863 le Royaume-Uni propose la candidature de……Guillaume de Danemark, fils du futur Christian IX de Danemark et dont les sœurs ont épousé le prince de Galles (futur Edouard VII) et le tsaveritch Nicolas (fils d’Alexandre II qui ne régnera pas).

L’assemblée l’élit le 30 mars 1863 mais les danois trainent les pieds et le gouvernement n’accepte que le 1er juin. Le 6 juin au château de Christianborg Guillaume est proclamé roi des héllènes sous le nom de Georges 1er.

Une nouvelle constitution est mise sur pied en 1864. Elle étend les libertés de la constitution précédente mais reste vague sur les pouvoirs du roi qui ne sont guère différents de ceux de Othon 1er ce qui montre que l’usage et la coutume sont aussi importants que le texte.

Ce qui ne change pas en revanche c’est l’instabilité de la vie politique grecque. Entre 1870 et 1875 il y à pas moins de quatre élections législatives et neuf gouvernements.

En 1893, le pays fait faillite et passe sous le contrôle de ses créations qui parviendront à récupérer 40% des fonds avancés via une procédure rigoureuse de contrôle.

Dans la nuit du 28 août 1909 eut lieu en Grèce un nouveau coup d’Etat militaire, le Coup de Goudi du nom des casernes de la banlieue est d’Athènes d’où est partit le mouvement. C’est une conséquence du discrédit de la classe politique grecque depuis la défaire dans la guerre greco-ottomane (1897).

A la suite de l’échec de l’énosis avec la Crète, une société secrète la Ligue Militaire est créée pour faire office de groupe de pression et plus si affinités.

A cela s’ajoute une crise économique et financière qui n’améliorait pas le mécontement général. D’autant que ceux qui s’en sortaient voyaient tout de mêle le pays s’enrichir et se demandaient pourquoi l’état était si mal géré et si mal organisé.

Dans la nuit du 28 août les unités se réclamant de la Ligue Militaire se réunissent dans les casernes du Goudi, se proclament en état d’insurrection et envoie un mémorandum au gouvernement réclamant le redressement du pays et de ses forces armées. Le roi Georges 1er accepta et changea de premier ministre mais cela ne suffisait pas et la LM s’appuya sur une manifestation populaire en septembre pour obtenir plus.

Suite à un processus électoral, Elefthérios Venizelos devint premier ministre et entama la politique réformatrice réclamée par les instigateurs du coup d’Etat. Il n’était cependant pas leur créature et n’hésita pas à faire preuve d’autonomie.

Les réformes concernèrent tous les secteurs de la société que ce soit le social, l’enseignement, l’agriculture, l’industrie et bien entendu l’armée. Le clientélisme fût jugulé car un recrutement sur concours, l’évasion fiscale baissa drastiquement.

En ce qui concerne l’armée et la marine elles furent réorganisées avec l’aide d’une mission militaire française dirigée par le général Eydoux pour l’armée et d’une mission militaire britannique menée par l’amiral Tufnell pour la marine grecque.

Les militaires furent exclus de la politique mais Constantin et ses frères retrouvèrent leurs postes ce qui suscita le mécontement des anciens membres de la Ligue Militaire qui songèrent à la réformer et à organiser un autre coup d’état.

Politique extérieure : miscellanées

Dans le domaine de la politique extérieure on trouve la trace de plusieurs conflits mais aussi de plusieurs extensions territoriales. En 1864 la République des Sept Iles protectorat britannique est rattaché à la Grèce, un cadeau de Londres pour le nouveau roi Georges 1er.

L’île de Samos principauté autonome depuis 1829 choisit en 1913 sont rattachement à la Grèce. La Crète suivra un chemin nettement plus complexe avec plusieurs révoltes, un conflit greco-ottoman en 1897, un statut d’autonomie jusqu’en 1909 quand elle est rattachée de facto à la Grèce (de jure en 1913).

Entre temps la Grèce récupéra la Thessalie et une partie de l’Epire mais allait échouer à récupérer la Macédoine et la Crète.

En 1897 à lieu une nouvelle guerre gréco-ottomane entre la Grèce de Georges 1er et l’empire ottoman du sultan Abdülhamid II. Appelée également «Guerre de Trente Jours» elle à pour origine les revendications de la Grèce dans le cadre de la Grande Idée (NdA j’en parlerai davantage dans la partie «Grande idée et Grande catastrophe»). L’élément déclencheur est la révolte des crétois qui souhaitent l’énosis, l’union avec la Grèce.

Le 21 janvier 1897 la Grèce débarque en Crète mais elle doit se replier le 5 avril sous la pression de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne, laissant les insurgés crétois à la merci de la répression ottomane.

Athènes choisit alors d’attaquer l’empire ottoman en Epire et en Macédoine. Face aux 60000 hommes ottomans d’Edhem Pacha, les grecs alignaient seulement 46000 hommes sous le commandement du diadoque Constantin.

Le conflit ayant exclusivement terrestre, la supériorité maritime ne fût d’aucune utilité. Battus à Matti les grecs se replièrent au delà de Larissa, choisissant de résister près de Pharsale. Ils contre-attaquent le 17 mai mais l’armée grecque connait une deuxième défaite à Domokos, les ottomans occupant la majeure partie de la Thessalie grecque. En Epire les deux ennemis se neutralisèrent.

Sous la pression des grandes puissances, le sultan ottoman proposa un cessez-le-feu aux grecs ce qui sauva le pays. Le traité de paix fût signé le 20 septembre et se révéla favorable aux turcs qui prirent le contrôle de cols stratégiques et une forte somme d’argent (94.3 millions de francs-or) que la Grèce ne put payer qu’avec l’aide des puissances occidentales qui allaient resserrer leur emprise sur les finances grecques.

Mitteleuropa Balkans (164) Grèce (8)

D’une dynastie à l’autre : les rois grecs

Quel roi pour la Grèce ?

L’époque ne peut admettre autre chose qu’une monarchie, une république est impensable. Les patriotes grecs en sont rapidement conscients et cherchent un prince pouvant devenir roi de Grèce.

Plus facile à dire qu’à faire. Au début les grecs sont circonspects à l’idée d’élire un prince étranger comme roi mais au final avec la division entre factions, un roi étranger placé au dessus des partis ressemble à la solution la plus saine.

De nombreux candidats sont approchés ou sollicitent les grecs pour devenir roi. Le choix est délicat car il faut tenir compte des intérêts français, britanniques, autrichiens et russes.

Parmi les candidats on trouve Jérome Bonaparte, Eugène de Beauharnais ou encore le Duc de Nemours, fils du Duc d’Orléans. Le futur Pierre 1er du Brésil est bien approché mais par un envoyé grec qui est rapidement désavoué par les indépendantistes héllènes.

Les grecs proposent à la Grande-Bretagne d’établir un protectorat mais les autorités britanniques refusent car ils ont trop d’intérêts économiques dans l’empire ottoman.

D’autres candidats sont envisagés que ce soir Charles de Bavière frère cadet du roi Louis 1er ou encore Jean de Saxe (candidat de la France) ou encore Frédéric des Pays-Bas (candidat de la Grande-Bretagne).

Il s’en fallut de peu pour que Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha ne s’installe sur le trône des héllènes plutôt que celui des belges

Leopold de Saxe-Cobourg-Gotha, gendre de Guillaume IV de Grande-Bretagne accepte la couronne grecque le 28 février 1830. Il s’inquiète des tergiversations du leader grec Kapodistrias qu’il connait pourtant depuis les guerres napoléoniennes. De plus le Sénat grec lui impose un certain nombre de conditions sans compter que la question des frontières empoisonne les négociations entre les leaders grecs et le futur Léopold 1er de Belgique. Il finit par renoncer le 21 janvier 1830.

Débute alors une longue période de flottement entre rivalités entre grecs et désintérêt des grandes puissances.

Les grecs se prennent à rêver de retrouver un descendant des Paléologues, la dynastie au pouvoir en 1453 au moment de la chute de Constantinople mais cette recherche va rester infructueuse si tant est qu’elle était vraiment sérieuse.

Le Duc de Nemours est à nouveau approché mais le jeune duc de 25 ans ne peut accepter l’offre car le protocole de Londres du 22 mars 1829 interdit qu’un membre d’une famille régnant sur un état protecteur de la Grèce n’y règne.

Après l’étude des candidatures de Paul de Wurtemberg et de Frédéric des Pays-Bas c’est finalement Othon de Bavière, fils cadet de Louis 1er qui allait être choisit par les grecs.

Le 9 octobre 1831 Ioannis Kapodistrias est assassiné. Le gouvernement se divise entrainant une nouvelle période de troubles et d’incertitudes.

La cinquième assemblée nationale grecque réunie à Nauplie en mars 1832 met en place une nouvelle constitution.

L’assemblée confirme le comte Augustinos Kapodistrias comme chef du gouvernement grec jusqu’à l’arrivée du roi. Cette dernière décision provoque une nouvelle guerre civile et pour éviter de subir le même sort que son frère il préfère s’exiler le 7 avril 1832. Il est remplacé par Kolettis à la tête d’un gouvernement mixte.

En janvier 1832 les grandes puissances avaient donné leur accord pour confier la couronne de Grèce à Othon de Wittelsbach. Le protocole du 26 avril 1832 et le traité de Londres du 7 mai 1832 fait de la Grèce devient un Royaume avec Othon de Bavière avec sa descendance ou celle de ses frères Luitpold et Adalbert. Les deux couronnes de Bavière et de Grèce ne seront jamais réunies sur la même tête. Une régence doit être mise en place et perdurer jusqu’au 1er juin 1835.

Les frontières sont corrigées par le traité de Constantinople le 21 juillet 1832. Elle est portée sur la ligne Arda-Volos en passant par la chaine des monts Othrys jusqu’au mont Velouchi et en coupant en deux la vallée de l’Aspropolano. L’empire ottoman qui réclamait l’Eubée en guise de compensation vont seulement recevoir 40 millions de piastres de la part du gouvernement grec.

La Grèce n’obtient pas des îles de la mer Egée mais Samos reçoit une large autonomie. La Crète reste dans le giron de l’Egypte de Mehmet Ali désormais en guerre contre l’empire ottoman.

Othon de Wittelsbach arrive à Nauplie le 30 janvier 1833. Il débarque le 6 février 1833, l’accueil de la population grecque est très chaleureux. Une fois la régence est installée et la constitution abandonnée. Le 28 août 1834 Athènes devient la capitale du royaume de Grèce.

Othon 1er

Othon 1er

Othon de Wittelsbach (Salzbourg 1er juin 1816 Bamberg 26 juillet 1867) est le premier roi de Grèce. Il est le fils de Louis 1er et se marie en 1836 avec Amélie d’Oldenbourg mais ce mariage va rester sterile ce qui causera sa perte.

Autoritaire et absolutiste il semble animé des meilleures intentions du monde mais le contexte est compliqué entre les problèmes financiers (endettement auprès des grandes puissances) et difficultés à s’imposer dans une région marquée par la Question d’Orient ce qui génère un certain nombre de crises diplomatiques, la marine britannique faisant même en 1850 le blocus des ports grecs !

Obligé d’accorder une constitution en 1843 il continue à mener une politique très autoritaire. Ne pouvant avoir un héritier orthodoxe, refusant de se convertir tout comme son frère et héritier Luitpold, Othon 1er est condamné. Suite à un soulèvement militaire, il doit s’exiler le 23 octobre 1862 en Bavière où il meurt moins de cinq ans plus tard.

Georges 1er

Guillaume de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg le 24 décembre 1845 à Copenhague et mort à Thessalonique le 18 mars 1913 assassiné par l’anarchiste Alexandros Schinas, Georges 1er est donc le deuxième roi de Grèce.

C’est le fils de Christian IX de Danemark et de Louise de Hesse-Cassel. Marié à Olga Constantinovna de Russie. De cette union sont nés cinq fils (Constantin, Georges, Nicolas, André et Christophe) et trois filles (Alexandra, Marie et Olga).

Le prince Guillaume de Danemark est élu roi des Héllènes le 30 mars 1863. Averti de l’expérience malheureuse de son prédécesseur il veille à ne pas commettre les mêmes erreurs. Il cherche à devenir plus grec que les grecs.

La situation est particulièrement complexe avec la division de la scène politique grecque, des problèmes financiers importants et une agitation nationaliste avec la «Grande Idée» qui veut ramener dans un même état tous les grecs dispersés entre différents états.

Sous son règne les îles ioniennes (1864), la Thessalie (1880), la Macédoine, l’Epire et la Crète (1913) intègrent le royaume de Grèce.

Le règne de Georges 1er n’est pas qu’un long fleuve tranquille puisqu’en 1885 le pays subit un nouveau blocus britannique et en 1897 la guerre contre l’empire ottoman tourne à la déroute pour les grecs.

Constantin 1er

Né à Athènes le 2 août 1868 et mort à Palerme le 11 janvier 1923 il est le deuxième roi de la maison d’Oldenbourg, succédant à son père Georges 1er après son assassinat. Il est le premier à porter le titre de Diadoque de Grèce, titre équivalent à celui du Dauphin en France ou de Prince de Galles en Grande-Bretagne.

Après une formation militaire en Grèce et en Allemagne, il est placé à la tête des armées grecques et sert donc de bouc émissaire pour l’opinion grecque qui lui reproche la défaite grecque durant la guerre greco-ottomane de 1897. Il devient si impopulaire qu’il doit démissioner de ses fonctions après le Coup de Goudi (1909). Il quitte la Grèce et ne rentre qu’en 1911 grâce au premier ministre Elefthérios Venizelos.

Sa réputation militaire est restaurée durant les deux guerres balkaniques. Il devient tellement populaire que son père songe à abdiquer mais il est assassiné avant d’avoir rendu cette décision publique.

Durant la première guerre mondiale, le désaccord avec son premier ministre Venizelos provoque le Schisme National (Ethnikos Dikhasmos). Le roi pousse son premier ministre à la démission en 1915 mais deux ans plus tard il abdique après que les alliés eurent menacés de bombarder Athènes laissant sa place à son deuxième fils Alexandre qui devient Alexandre 1er de Grèce.

Constantin 1er s’exil en Suisse et semble devoir y rester. La mort accidentelle d’Alexandre 1er, la défaite de Venizelos et un plebiscite contesté permet son retour au pouvoir.

Un nouveau désastre militaire lors de la guerre greco-turque (1919-1922) provoque la Grande Catastrophe et une nouvelle abdication. Son fils ainé Georges II lui succède mais comme nous le verrons pour peu de temps.

Marié à Sophie de Prusse, il à eut trois fils tous devenus rois (Alexandre Georges et Paul) et trois filles (Hélène, Irène et Catherine).

Alexandre 1er

Né au Palais de Tatoï près d’Athènes le 1er août 1893 et décédé au même endroit le 25 octobre 1920, il est roi des hellènes du 10 juin 1917 au 25 octobre 1920. Il succède à son père suite à son abdication et à la renonciation de son frère ainé Georges.

Roi sans pouvoir, les venizélistes contrôlant tous les leviers, bien soutenus par les alliés qui comme nous le savons avaient voulu bombarder Athènes pour imposer l’entrée en guerre de la Grèce aux côtés de l’Entente.

Il réalise un mariage d’amour avec Aspasia Marios, une fille de famille phanariote certes riche et respectée mais jugée inférieure pour un roi de Grèce. De cette union inégale est née une fille Alexandra qui après reconnaissance du mariage de ses parents allait devenir reine de Yougoslavie en épousant Pierre II.

Mordu par un singe domestique à la jambe et au ventre, il succombe des suites d’une scepticémie à l’âge de vingt-sept ans.

Georges II

Roi des Héllènes et Prince de Danemark il est né au palais de Tatoï le 19 juillet 1890 et mort au palais royal d’Athènes le 1er avril 1947. Il est roi des Héllènes de 1922 à 1924 et de 1935 à 1947. Il est diadoque de Grèce du 19 décembre 1920 au 27 septembre 1922.

Fils de Constantin 1er et de Sophie de Prusse, il épouse Elisabeth de Roumanie (fille de Ferdinand 1er et de Marie de Saxe-Cobourg-Gotha) le 27 février 1921 mais ce mariage est sans descendance, le roi et la reine se séparant le 6 juillet 1935. C’est son frère Paul qui lui succède.

En décembre 1923 les républicains remportent une victoire électorale éclatante dans la foulée de la déroute militaire contre les troupes de Mustapha Kemal. Il abdique et part en exil. Le 3 novembre 1935 suite à un référendum au minimum controversé il revient au pouvoir. Il soutien le coup d’état qui porte Metaxas au pouvoir (régime du 4 août 1936).

Après la mort de Metaxas, Georges II reprend la main, continuant de faire confiance à des généraux pour diriger le pays même si le héraut du metaxisme n’était plus militaire à l’époque de son coup d’état. C’est un clair désaveux pour la classe politique grecque unanimement discréditée qu’elle soit royaliste ou républicaine.

Après avoir maintenu la Grèce neutre durant la guerre de Pologne, Georges II se rapproche à pas comptés des alliés cherchant à obtenir le maximum en veillant à ne pas aggraver des relations tendues avec l’Italie.

Paul 1er

Roi des Héllènes et prince de Danemark, il est né au palais de Tatoï le 14 décembre 1901 et mort des suites d’un cancer à Athènes le 6 mars 1964. Troisième et dernier fils de Constantin 1er et de Sophie de Prusse (qui telle Marie-Joséphe de Saxe donna trois rois à son pays d’adoption), il règne de 1947 à 1964.

Il connait un premier exil entre 1909 et 1911 et de 1917 à 1920. Il s’exile à nouveau en 1923 quand la République est proclamée. Il vit en Roumanie, en Grande-Bretagne et en Italie.

Georges II est restauré en 1935. Comme il n’à pas d’enfant, son frère Paul est diadoque de Grèce.

Fiancé à Frederica de Hanovre en 1935, il se marie l’année suivante. De cette union sont nées deux filles (Sophie et Irène) et un fils le futur Constantin II qui allait devenir le dernier roi de Grèce en 1964.

De 1935 à 1947 en position de diadoque il veille à ne pas critiquer ouvertement la politique de son frère mais joue de son influence avec des gestes plus éloquents qu’un simple discours.

Il tente ainsi de rapprocher la Grèce de l’Italie et de l’Allemagne, faisant craindre aux alliés occidentaux que le futur roi des hellènes ne fasse basculer Athènes dans le camp de l’Axe. Cette crainte était née dès son mariage avec Frederika de Hanovre.

C’est mal connaître Paul 1er qui après un énergique rappel de son frère devient un loyal sujet du roi des héllènes.

Les alliés sont cependant méfiants mais sont vite rassurés par les positions du nouveau roi qui tente un retour à la démocratie parlementaire, un retour timide, la classe politique grecque incorrigible montrant tout autant son incompétence (sauf rares exceptions) que son arrogance et sa corruption.

Durant le second conflit mondial, à l’instar d’un Pierre II de Yougoslavie, il symbolise la résistance grecque à l’Allemagne et à l’Italie. Il s’installe en Crète à Heraklion avec le gouvernement grec en exil, refusant la proposition alliée d’un gouvernement implanté en Palestine, en Egypte ou en Tunisie.

Dès que les combats le permettront il se rendra en Grèce pour soutenir le moral des troupes, visitant les premières lignes, remontant le moral, s’inquiétant sincèrement du sort des soldats. Il n’hésite pas à tancer un général qui selon lui méprisait ses soldats.

Tout cela lui valu le surnom de «Roi-Soldat» (βασιλιάς στρατιώτης vasiliás stratiótis). Blessé lors d’un bombardement aérien allemand sa popularité est à son comble ce qui semble augurer d’un avenir radieux pour la monarchie grecque. C’est bien simple les soldats en première ligne le considérait comme leur «frère de sang».

Comme le dira un soldat anonyme «Si mon roi est capable de verser son sang pour libérer notre patrie, qui suis-je moi simple paysan pour refuser de faire mon devoir ?».

Se réinstallant à Athènes dès le printemps 1953 (en dépit des craintes du gouvernement) il règne dans un contexte que certains n’hésitent pas à considérer comme apocalyptique avec une famine biblique doublée d’une guerre civile entre royalistes et communistes, guerre civile débutée en 1955 et qui se termine en 1958 par la victoire des royalistes à la différence de la Yougoslavie.

Quand il meurt en 1964 il à permis la reconstitution du pays mais les incertitudes politiques rendent l’avenir du pays pas aussi serein qu’espéré. En 1973 un coup d’état militaire renversera la monarchie et établira définitivement la république même si à l’époque on ne le sait pas encore.

Mitteleuropa Balkans (163) Grèce (7)

La guerre d’indépendance

Declin ottoman et réveil culturel grec

En 1683 les turcs échouent à s’emparer de Vienne. Cela marque non seulement l’apogée de la progression ottomane mais aussi le début du déclin de celui qui va devenir «l’homme malade de l’Europe».

Néanmoins en 1715 le Péloponnèse est conquis par les turcs qui ironiquement réalise l’unité politique de la Grèce.

Une paix relative favorise l’activité économique et la renaissance culturelle grecque soit en version originale Diafotsimos («lumières néohelleniques»), la vision héllène des Lumières.

Cela concerne la Grèce stricto sensu mais aussi les régions hellénisées ou peuplées de populations grécophones.

A la fin 18ème siècle le projet grec de Catherine II de Russie favorise cette renaissance. Si ce projet avait aboutit, la Grèce aurait intégré un nouvel empire byzantin dirigé par Constantin, petit-fils de la Grande Catherine exception faite de la Morée et de la Crète qui auraient été rendues à Venise.

A l’origine de cette renaissance la puissance économique des élites grecques. Ces derniers ont pu revivifier leur culture et envoyer leurs enfants dans des écoles prestigieuses. Pas étonnant que les écoles et les universités les plus prestigieuses se trouvaient à Ioannina, Chios, Smyrne et Kyrtonies se trouvaient dans des centres commerciaux grecs prépondérant.

Parmi ces élites grecques on trouve les Phanariotes , des familles aristocratiques de confession chrétienne orthodoxe pour la plupart d’origine grecque, familles initialement installées dans le quartier du Phanar à Constantinople.

La transmission des idées des Lumières en langue grecque influença aussi le développement d’une conscience nationale grecque. Les sciences ne sont pas oubliées.

Une longue guerre d’indépendance

Montage de tableaux représentant différents événements de la Guerre d’Indépendance Grecque

Le réveil culturel et linguistique des grecs va favoriser la course vers l’indépendance. Celle-ci va se faire au prix d’un long et terrible conflit qui verra les leaders de la cause indépendantiste se déchirer avant même l’indépendance acquise (NdA normalement ça se passe après non ?), des troupes égyptiennes intervenir au nord du sultan ottoman, des grandes puissances hostiles et embarrassées qui non sans contradiction finiront par intervenir sur mer et sur terre.

Officiellement la révolte à commencé le 25 mars 1821 mais il semble que cette date soit plus symbolique qu’autre chose, les historiens s’accordant sur le fait que les combats ont en réalité commencé un peu plus tard entre le 27 mars et le 2 avril 1821.

Dans un premier temps les grecs l’emporte dominant rapidement la Morée (Péloponnèse) alors que dans des régions moins favorables à la cause indépendantiste (faible population, peu d’infrastructure, présence ottomane militairement plus importante) les combats sont moins favorables aux grecs.

A cela s’ajoute l’indiscipline des unités qui ne sont que des bandes qui obéissent à leur chef et qui font preuve d’une grande indiscipline ainsi que d’une prompention au pillage et au massacre.

Pour ne rien arranger comme je l’ai dit un peu plus haut les chefs indépendantistes se divisent alors que la cause est loin d’être entendue, division entre politiques et militaires, division qui se double de divisions sociales et géographiques.

A partir de 1824 les troupes egyptiennes de Mehmet Ali dirigées par Salim Pacha,équipées et entrainées à l’européenne interviennent d’abord en Crète puis au Péloponnèse remportant une série de victoires.

La répression est terrible provoquant l’indignation des opinions éclairés occidentales notamment le mouvement philhellène qui conjure les grandes puissances d’intervenir mais tant la France que l’Autriche, la Russie ou la Grande-Bretagne jugent urgent d’attendre et ce comme nous le verrons pour des motifs différents.

En octobre 1827 une escadre franco-anglo-russe écrase une flotte turco-égyptienne en rade de Navarin ce qui marque le début d’une intervention réelle des grandes puissances dans le conflit. En 1828 un corps expéditionnaire débarque en Morée et va jouer un rôle clé dans la libération du territoire même si les combats seront limités.

Tout s’accélère alors avec une nouvelle guerre russo-ottomane en 1829 qui pousse la Sublime Porte à accepter des choses qu’elle jugeait encore il y à peu inacceptables.

La conférence de Londres de 1830 reconnaît l’indépendance de la Grèce mais comme il avait été dit à propos de l’Italie «L’Italie à été faite il reste à faire des italiens». Cette phrase de Massimo d’Azzeglio résume bien la problématique d’Othon 1er qui devient le premier roi de Grèce après le refus du futur Léopold 1er de Belgique.

***

Dès le début deux régions sont motrices dans la lutte indépendantiste, deux régions du Péloponnèse à savoir l’Achaïe et la Magne.

Theodoros Kolokotronis réorganise les troupes grecques en appliquant l’expérience qu’il avait acquise dans l’armée britannique où il avait atteint le grade de major. Il impose un commandement centralisé, une certaine discipline, une certaine coordination. Cela n’empêche ni les massacres ni les pillages mais nul doute que cela va rendre les insurgés grecs plus efficaces contre les troupes ottomanes.

Parallèlement les flottes marchandes des îles de l’Egée (Hydra, Spetsas et Psara) sont transformées en flottes de guerre. Les travaux sont minimaux puisque ces navires étaient déjà armés, la Méditerranée n’étant pas encore débarrassée de la piraterie. Ces navires ravitaillent les insurgés, bloquent le ravitaillement des garnisons ottomanes isolées. Des brûlots sont également utilisés pour détruire les navires ottomans.

Les autres régions sont en retrait faute de population, faute d’infrastructures ou parce que les troupes ottomanes sont bien trop puissantes pour être chassées. Des succès sont certes remportés mais comme souvent quand une guerilla affronte des unités régulières il s’agit de coups d’épingle, de succès éphémères.

A la fin du mois de juin la Crète entre en rebellion ce qui poussera la Turquie à demander l’aide de l’Egypte, royaume en théorie vassal de la Sublime Porte mais dont les liens de subordination étaient plutôt lâches.

Le 12 janvier 1822 à l’Assemblée Nationale d’Epidaure, l’indépendance est officiellement proclamée même si personne de la reconnaît au niveau international.

Cette assemblée regroupée vingt représentants issus de la Morée, vingt-six venant de la Grèce du Levant, huit ou neuf représentants de la Grèce de l’occident et des îles d’armateurs (Hydra, Psara et Spetsas). En revanche on ne trouve aucun représentant des îles de l’Egée mais quelques phanariotes étaient présents tout comme des délégues de l’Aéropage (une assemblée représentant la Grèce continentale de l’est).

Très vite les «politiques» et les «militaires» se divisent sur la conduite à tenir et bien entendu sur les postes de pouvoir.

Le 25 janvier 1822 une constitution provisoire est promulguée. Cette assemblée vote l’abolition de l’esclavage et de la torture, ordonne la rédaction d’un code civil, vote l’indemnisation des veuves, orphelins et blessés de la guerre d’indépendance et plus symbolique abandonne le drapeau de l’Hetairie (une sorte franco-maçonnerie philhéllène) au profit des couleurs blanc et bleu (le dessin du drapeau est cependant différent avec une croix blanche sur fond bleu).

La constitution rédigée par un italien V. Gallina s’inspire de la constitution américaine (souvent citée en exemple par tous les libéraux de l’époque) et plus surprennant par celle du Directoire français de 1795 !

Le texte est divisé en six titres avec les deux premiers titres consacrés aux grandes valeurs et à la définition de la citoyenneté. Le christianisme orthodoxe est religion officielle de l’Etat mais les autres religions bénéficient de la liberté de culte. Les citoyens sont égaux devant la loi et l’impôt.

Les chapitres III à VI concernent les institutions de l’Etat avec un chapitre III, un chapitre IV concernant le pouvoir législatif, un chapitre V concernant le pouvoir exécutif et un chapitre VI concernant le pouvoir judiciaire. L’initiative des lois est divisée entre le législatif et l’exécutif.

Le pouvoir législatif est assuré par un sénat législatif appelé Bouleutiko élu chaque année par les grecs de plus de 30 ans. Il votait avec droit d’amendement les lois proposées par le Conseil Executif composé de cinq hommes choisis hors du Bouleutiko.

Le conseil nommait huit ministres : relations extérieures, relations intérieures, finances, justice, guerre, marine, culte et police (NdA au sens ancien de la polis de la cité ce qui est plus un département économique). Il nommait également à tous les autres postes gouvernementaux nécessaires.

L’Assemblée se sépare après l’entrée en fonction des nouvelles institutions qui gagnent rapidement Corinthe.

C’est un texte de compromis pour ne pas désespérer les libéraux et surtout pour ne pas effrayer les grandes puissances de la Saint Alliance.

La division entre «politiques» et «militaires» tourne à la guerre civile dans la guerre d’indépendance ce qui va faciliter la contre-attaque et la répression ottomane.

C’est ainsi que la Chalcidique est soumise fin 1821 tandis qu’une troupe grecque descendue d’Olympie échoue à s’emparer de Thessalonique et est écrasée en avril 1822. La Thessalie est reconquise en août 1822, l’Epire pacifiée à l’automne. La majorité des combats vont alors se concentrer sur le Péloponnèse.

Dès l’annonce du soulèvement, des grecs sont massacrés à Constantinople, à Salonique, à Andrinople, à Smyrne ou Kydonies. Le patriarche de Constantinople Grégoire V est condamné et pendu dès le 18 avril 1821. Son corps est exposé trois jours puis livré à la foule qui le jette dans le Bosphore.

En mars 1822 une troupe grecque avait tenté de rallier l’île de Chios à la cause indépendaniste. Les marchands qui avaient beaucoup à perdre avaient refusé sans compter qu’une forte garnison ottomane tenait l’île.

La contre-attaque ottomane pousse la troupe grecque à évacuer, laissant les habitants à la merci de la fureur ottomane. La répression est terrible avec plusieurs milliers de morts, des habitants réduits en esclavage tandis que 10 à 20000 personnes ont fuit.

Ce massacre indigne l’opinion publique européenne et notamment le mouvement philhéllène. Pour les libéraux de l’époque c’est un peu lors guerre d’Espagne, la cause à aller défendre les armes à la main. Le plus célèbre d’entre-eux est le poète britannique lord Byron qui meurt en avril 1824.

Comme nous l’avons vu plus haut les grandes puissances sont bien embarassées. L’opinion éclairée est favorables aux grecs mais les gouvernements ne veulent pas mettre un terme à l’ordre du Congrès de Vienne.

N’oublions pas que nous sommes à peine cinq ans après la fin des guerres napoléoniennes et plus généralement d’une période quasi-ininterrompue de guerre qui à duré vingt-trois ans (1792-1815).

Qui nous dit qu’une intervention dans les affaires intérieures d’un empire ottoman très affaiblit n’allait pas déclencher une nouvelle guerre européenne ? Le souvenir d’un Vieux Continent ravagé par les combats est dans toutes les têtes.

La Russie par sympathie culturelle et religieuse est plus inccline à intervenir que les autres puissances. A cela s’ajoute la possibilité pour Saint-Pétersbourg de se rapprocher des mers chaudes, obssession des Romanov depuis Pierre le Grand.

La France de Louis XVIII puis de Charles X fait profil bas voulant faire oublier son statut de trublion et de perturbateur de l’ordre monarchique. Si elle est intervenue en Espagne c’est pour restaurer un roi légitime avec les «100000 fils de Saint Louis» (NdA ce qui à bien du faire rigoler certains vétérans de la Grande Armée encore présents dans l’armée de la Restauration) contre les libéraux et en accord avec la Saint-Alliance qui ont donné leur blanc-seing.

La Grande-Bretagne elle est obsédée par l’équilibre des puissances sur le continent mais s’inquiète tout de même de la poussée russe dans les Balkans. L’Autriche du chancelier Metternich est la plus hostile à toute intervention dans le conflit grec.

Naturellement la division des insurgés qui se déchirent entre politiques et militaires ne fait rien pour pousser une ou toutes les grandes puissances à intervenir que ce soit diplomatiquement ou militairement. Deux guerres civiles vont ainsi avoir lieu, une première opposant politiques et militaires et la seconde le continent aux îles.

Entre 1824 et 1827 les insurgés grecs connaissent une accumulation de défaites. Des prisonniers grecs sont déportés en Egypte ce qui lui alliène le soutien français.

En février 1825 Ibrahim Pacha, commandant des troupes egyptiennes débarque dans le Péloponnèse avec une armée entrainée et équipée à l’européenne bien plus efficace que les troupes ottomanes.

Avec son corps expéditionnaire de 20000 hommes il défait les grecs à Sphacterie le 8 mai 1825, Navarin est reprise tout comme une bonne partie de la Morée. Ils échouent devant la capitale grecque Nauplie en juin. Le 25 avril 1826 Missolonghi est reprise par les turcs suivie de l’Acropole d’Athènes le 5 juin 1827.

Les grandes puissances sont bien décidées à intervenir. Nicolas 1er, moins timoré que son frère Alexandre 1er fait pression sur l’Empire ottoman. Il obtient des avancées qui inquiètent les britanniques qui propose à la France et à la Russie une médiation entre insurgés grecs et les autorités ottomanes.

Les grecs aux abois acceptent mais le Sultan refuse. Une escadre franco-anglo-russe présente en Méditerranée intervient alors et remporte une brillante victoire le 20 octobre 1827 à Navarin contre une flotte turco-egyptienne.

Un corps expéditionnaire français va être engagé en Morée. Comme en Egypte cette expédition militaire se double d’une expédition scientifique, de nombreuses recherches et fouilles archéologiques sont menées, apportant de nouvelles connaissances sur l’histoire de la Grèce antique.

Le corps expéditionnaire français dirigé par le général Nicolas-Joseph Maison devait obtenir l’évacuation des troupes egyptiennes d’Ibrahim Pacha suite à la signature d’une convention à Alexandrie le 6 août 1828.

A noter que si la Grande-Bretagne digne oui à cette expédition c’est parce qu’elle s’inquiète de la poussée russe dans les Balkans et non suite à une brusque poussée de francophilie.

Ce corps expéditionnaire comprend trois brigades, la 1ère disposant des 8ème, 27ème et 35ème régiment d’infanterie de ligne, la 2ème des 16ème, 46ème et 58ème alors que la 3ème regroupe les 29ème, 42ème et 54ème de ligne. Le tout est accompagné du 3ème régiment de chasseurs à cheval, de quatre compagnies d’artillerie fournies par les 3ème et 8ème régiments ainsi que deux compagnies du génie. Le tout est transporté et protégé par soixante navires de la Royale.

Les troupes françaises débarquent à partir du 28 août non pas à Navarin où se trouve l’escadre franco-anglo-russe mais plus au sud dans le golfe de Messenie.

Le débarquement s’effectue sans opposition et l’accueil des populations locales est bon. Les différents convois arrivent en Grèce jusqu’à la fin du mois de septembre.

Les egyptiens acceptent d’évacuer à partir du 9 septembre 1828 et l’évacuation se termine le 5 octobre suivant. Des 40000 hommes venus avec lui en 1825 Ibrahim Pacha n’en rembarque que 21000 hommes. 2500 ottomans restent pour tenir les forteresses qui doivent à terme revenir à la Grèce indépendante.

Le 6 octobre 1828 la forteresse de Navarin est occupée suivit de celle de Modon le lendemain. A chaque fois les français doivent s’employer car les turcs refusent de rendre les forteresses mais la résistance est du domaine du symbolique. Il suffit que les sapeurs français percent une brèche dans les murs pour que la place se rende. Faut-il probablement y voir de la part des ottomans une forme d’honneur à ne pas rendre une place forte sans combats fussent-ils symboliques.

La forteresse de Coron tombe le 8 octobre après des combats plus importants qu’ailleurs et contrairement aux deux premières la forteresse est remise immédiatement aux grecs.

Patras est prise sans résistance trois jours plus tôt le 5 octobre 1828. Cela se passe plus difficilement pour la château de Morée car les troupes turques se rebelles contre leur chef vu comme un lâche et un couard. La place est bombardée le 30 octobre et se rend rapidement.

Les dernières troupes turco-egyptiennes quittent la Morée le 5 novembre 1828, des vaisseaux français se chargeant de les convoyer à Smyrne.

Pour l’ensemble de son œuvre, le général Maison est fait Maréchal de France le 22 février 1829.

La plus grande partie du corps expéditionnaire rentre alors en France ne laissant sur place qu’une Brigade d’occupation d’environ 5000 hommes (27ème, 42ème, 54ème et 58ème de ligne) sous le commandement du général Schneider.

Faute de combats le soldat français comme plus tard le Légionnaire pose le fusil pour la pelle et la pioche, construisant des casernes et des forteresses, des routes et des ponts, des écoles, des hôpitaux, bref toutes les infrastructures dont à besoin le jeune état grec.

Parallèlement des conseillers militaires français se chargent de mettre sur pied l’armée du nouvel état. Les derniers soldats français quittent la Grèce en août 1833 et la coopération militaire franco-grecque est mise sous l’éteignoir, le nouveau roi de Grèce Othon 1er préférant faire appel à des spécialistes venus de sa région natale à savoir la Bavière.

Le Sultan préoccupé par l’avancée russe vers Constantinople cède avec le Traité d’Andrinople (14 septembre 1829). Ce traité signé avec la Russie sera complété par la Convention de Londres (février 1830) qui reconnaît l’indépendance grecque, indépendance garantie par les grandes puissances.

Le nouvel état comprend le Péloponnèse, le sud de la Roumélie (la frontière allait d’Arta à Volos) et des îles. Cet accord est rattifié par l’empire ottoman avec le Traité de Constantinople (février 1832).

Entre-temps en mai 1827 l’Assemblée Nationale avait rédigé une troisième constitution ! Kapodistrias est élu président, gouvernant de janvier 1828 jusqu’à son assassinat à Nauplie le 9 octobre 1831.

Comme de coutume à l’époque le nouvel état ne peut être qu’une monarchie et faute de famille royale grecque, on se tourne vers les maisons royales d’Europe. Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha futur Léopold 1er de Belgique est approché mais il finit par renoncer. Ce sera finalement Othon de Wittelsbach, deuxième fils du roi de Bavière Louis 1er qui allait devenir le premier roi de Grèce.

Mitteleuropa Balkans (162) Grèce (6)

Gloire et misère d’un empire : La Grèce aux temps de l’empire byzantin

Les grandes lignes

L’Europe en 888

De 476 à 1453 l’est de la Méditerranée est dominé par un rejeton du glorieux empire romain. Cet Empire Romain d’Orient va peu à peu s’helléniser, Justinien qui règne de 527 à 565 étant considéré comme le dernier empereur romain au sens ancien du terme, le dernier à parler mieux le latin que le grec, le dernier qui rêvait de reconstituer l’empire d’Auguste à son profit.

Plusieurs dynasties se succèdent, on ne compte plus les coups d’état, les assassinats de couloir, les conflits internes. Ces événements ont troublé et scandalisé les historiens classiques mais allez savoir pourquoi les lecteurs contemporains sont passionnés par ces anecdotes.

A plusieurs reprises Byzance connait des périodes brillantes notamment aux 9ème et 10ème avec la dynastie macédonienne et mon empereur byzantin préféré, Basile II Bulgaroctone («Le tueur de bulgares»).

Il y eut hélas de nombreuses périodes noires comme en 1071 avec la défaite de Mantzikert qui provoque la perte de l’Asie mineure au profit des turcs seljoukides.

L’Empire Byzantin en 1263

Après une période de redressement sous les Comnènes, la quatrième croisade de 1204 met l’empire byzantin par terre qui disparaît pendant plus de cinquante ans. Même après sa restauration en 1261, l’empire est considérablement affaiblit. Sans parler de deux cents ans d’agonie il est difficile de considérer la période 1261-1453 comme une période dorée. Le 30 mai 1453 les troupes ottomanes de Mehmet II rentrent à Constantinople marquant la fin de l’empire byzantin et pour certains la fin du Moyen-Age.

Difficile de résumer rapidement dix siècles d’histoire mais on peut essayer de diviser l’histoire byzantine en plusieurs grandes périodes :

Justinien

-De 527 à 711 : Justinien et ses successeurs tentent avec plus ou moins de succès de reconstituer l’empire romain tel qu’il existait à l’époque classique. C’est un échec, les temps ont changé et les moyens ont manqué même si Justinien pouvait s’appuyer sur des généraux brillants comme Narsès et Bellisaire

De 711 à 1204 l’empire romain d’orient devient l’empire byzantin, cessant d’être romain pour devenir entièrement grec. De 867 à 1057 la dynastie macédonienne porte la puissance byzantine au pinacle notamment en mettant par terre l’empire bulgare à l’issue d’une longue série de conflits.

Basile II Bulgaroctone

Après plusieurs années de lutte les Comnènes s’emparent du pouvoir et tentent de redresser l’empire byzantin mais la quatrième croisade porte un coup à l’empire, coup dont il ne se rélevera même après sa pleine et entière renaissance en 1261.

Représentation moderne de Constantin XI Paléologue, dernier empereur byzantin. Tombé lors du Siège de Constantinople, son corps n’à jamais été retrouvé.

De 1261 à 1453 ce sont les Paléologues qui sont au pouvoir. Byzance est devenue une puissance de seconde ordre. Elle devient même vassale de l’empire ottoman.

La Grèce sous l’empire byzantin

Je vais maintenant parler de la Grèce dans l’Empire Byzantin c’est-à-dire grosso modo le territoire actuel de la Grèce.

Le Despotat d’Epire est l’un des états ayant succédé à l’empire byzantin en 1204. Fondé par Michel Comnènes Doukas, il se revendiquait comme le successeur de l’empire byzantin, titre que lui disputait l’empire de Nicée présent en Asie mineure et l’empire de Trebizonde qui se trouvait au bord de la mer Noire, deux territoires que je n’aborderai pas là car n’appartenant pas à la Grèce.

Il ne va réintégrer l’empire restaurré qu’en 1323, la région tombant aux mains des ottomans en 1479.

Centré sur la Province d’Epire et l’Acarmanie, au nord-ouest de la Grèce et sur la partie occidentale de la Macédoine grecque. Il s’étendait également en une mince bande sur la Thessalie et de la Grèce continentale jusqu’à Naupacte (Lepante) au sud.

Sous Théodore Comnène Doukas et l’éphémère empire de Thessalonique, le despotat s’étendit pour incorporer brièvement la partie centale de la Macédoine ainsi que la Thrace jusqu’à Uidynotique et Andrinople (aujourd’hui Edirne).

Ce despotat est progressivement créé entre 1205 et 1216. Les années suivantes voit cet état s’affronter avec ses voisins.

Le Duché d’Athènes est un des états mis en place par les croisés de la 4ème croisade au détriment de l’Empire byzantin. Il s’étendait sur l’Attique et la Boétie avec des frontières aussi floues qu’incertaines. La capitale était Thèbes même si l’Acropole d’Athènes était mise en avant.

Reconstitution d’un mercenaire catalan (Almogavre)

En 1311 les redoutables mercenaires catalans les Almogavres s’emparent du duché et vont le contrôler jusqu’en 1379 quand ils sont supplantés par d’autres mercenaires venus de Navarre. De 1388 à 1456 (sauf 1395 à 1402 avec les vénitiens) le duché est contrôlé par les florentins.

Athènes et sa région tombent aux mains des ottomans en 1456.

Le Duché de Naxos apparaît en 1205 et disparaît en 1579. C’est un état fondé à l’issue de la 4ème croisade. Il s’étend sur une partie des Cyclades et des îles de la mer Egée. Il est centré sur Naxos.

Ce duché fondé par des vénitiens se place rapidement sous la suzeraineté de l’empereur latin de Constantinople. Le système féodal et le système byzantin cohabitent tout comme le catholicisme et l’orthodoxie. Deux dynasties se succèdent, la dynastie des Sanudi (13ème et 14ème siècles) et celle des Crispi (15ème et 16ème siècle).

En 1537 le duché est attaqué par le pirate barbaresque Barberousse qui le soumet à la suzeraineté ottomane, le duché est dissous en 1617.

L’Empire Latin de Constantinople couvre un quart es terres et s’étend à Constantinople, la Thrace et le nord-ouest de l’Asie mineure.

Le Royaume de Thessalonique à une existence brève (1204-1224). C’est un vassal de l’empire latin de Constantinople. Son existence est éphémère, il se termine par la prise de la ville par le despote d’Epire, Théodore 1er Ange et la création d’un empire de Thessalonique encore plus éphémère (1227-1230) après avoir été vaincu par les bulgares.

La Principauté d’Achaïe appelée également principauté d’Achaye ou Principauté de Morée. Vassale du royaume de Thessalonique jusqu’à sa disparition, la principauté née en 1205 va disparaître en 1432.

La capitale est d’abord Andravida jusqu’en 1249 et Mistra qui n’est autre que l’ancienne Sparte. L’Achaïe est investit par les byzantins en 1417, les latins ne conservant que quelques places fortes, les territoires sont intégrés au despotat de Morée.

En 1460 le Péloponnèse est conquise par Mehmed II. A partir de 1307 le royaume de Naples devient la puissance suzeraine de l’Achaie avec des prétendants de Savoie et d’Aragon.

Le Comté de Céphalonie et de Zanthe est une principauté fondée en 1185 dans les îles ioniennes, comté faisant partie du royaume de Sicile jusqu’en 1479 quand les vénitiens prennent le contrôle de Zanthe alors que les ottomans vont occuper Céphalonie jusqu’en 1500 quand les vénitiens récupèrent ce territoire.

Ce comté est issu de la province d’Achaïe. Ces îles sont assiégées par les normands en 1085, pillées par les vénitiens en 1126 avant d’être conquises par les normands, ce comté étant composé d’îles de Céphalonie, de Zanthe, de Leucade et d’Ithaque.

En 1564 ce comté passe sous l’autorité directe de la République de Venise. En 1797 suite au traité de Campo Formio ce comté passe sous l’autorité de la République française qui organise le territoire en trois départements : Corcyre (chef lieu Corfou; Corofu Paxos Bouthrode et Parga), Ithaque (chef lieu Argostoli; Céphalonie, Leucade, Ithaque, Preveza et Vanitsa) et Mer Egée (chef lieu Zanthe; Zanthe, Cythère et Strophades).

En 1799 les russo-ottomans occupent ce territoire qui devient la République des Sept-Iles sous protectorat russe puis à nouveau sous protectorat français. En 1802 les départements sont supprimés, les îles sont réoccupéées de 1807 à 1814 avant de devenir un protectorat britannique jusqu’en 1864.

La République des Sept-Iles devient République des Iles Ioniennes, un protectorat britannique reconnu par les ottomans en l’échange de la restitution de Parga en 1819. Très rapidement les britanniques souhaitent abandonner ce protectorat ce qui est chose faite en 1864. Le 21 mai les îles ioniennes sont officiellement rattachées au royaume de Grèce.

La Grèce sous le joug ottoman

C’est donc à partir du 15ème siècle que la Grèce va basculer sous l’autorité ottomane. Thessalonique et Ioannina tombent en 1430, Athènes en 1456, le Péloponnèse et la Béotie en 1460, Lesbos en 1462, Samsos en 1475, Rhodes en 1522, Cyclades et Chios entre 1537 et 1566, la Crète en 1669. D’autres territoires comme les Cyclades et la Crète vont mettre nettement plus de temps à basculer.

Si le Péloponnèse est réoccupé par les vénitiens de 1685 à 1715, certaines régions n’ont jamais été occupées par les ottomans (Corfou, Ithaque et l’archipel ionien par exemple).

La Grèce est gérée par le système du millet, les populations étant gouvernées selon leurs religions, le Patriarche de Constantinople devint le responsable aux yeux du sultan. Les chrétiens travaillent dans les timars (domaines agricoles) qui prélevaient l’impôt (kharaddj) et un garçon par famille pour le corps des janissaires (devchirmé).

L’Eglise et le clergé orthodoxe assurent l’édducation, l’entraide et la cohésion des populations ce qui maintien le sentiment national grec et la volonté de se libérer du joug ottoman.

La Crète va ainsi basculer seulement au 17ème siècle, les ottomans s’emparant de l’île alors aux mains des vénitiens au cours de la Guerre de Candie (1645-1665). Les forteresses de Souda, Gramvoussa et Spinalonga sont sous contrôle vénétien en 1715.

Cette conquête se double d’une politique de colonisation avec des colons anatoliens, des autochtones se convertissant à l’islam pour échapper à l’impôt au devchirmé. Néanmoins de nombreux chrétiens hellénophones sont toujours là et vont se révolter à plusieurs reprises.

La Crète ottomane forme un eyalet avec Hanya (La Canée) pour capitale, le territoire étant divisé en trois sandjaks.

Une première révolte majeure à lieu en 1770/1771, sorte de répétition avant la participation crétoise à la Guerre d’indépendance grecque qui éclate en juin 1821. Une armée egyptienne envoyée par Mehmet Ali débarque en mai 1822 mais après une accalmie, une nouvelle révolte éclate en 1823/24.

Après la défaite ottomane à Navarin en 1827 la Crète reste sous administration egyptienne et en 1828 les navires franco-britanniques détruisent une flottille corsaire grecque.

En 1867 la Crète devient un vilayet divisée en six sandjaks. Des révoltes ont lieu à nouveau entre 1866 et 1869 et en 1897/1898.

Le Traité de Constantinople (1897) fait de la Crète un état autonome sous souveraineté ottomane et si la Crète provoque son rattachement à la Crète dès 1908 (enosis), ce n’est qu’en 1913 qu’à l’issue des guerres balkaniques que ce rattachement allait être reconnu par l’empire ottoman.

Sur le continent les ottomans vont commencer la conquête au 14ème siècle. Manuel fils de Jean V Paléologue tente de résister autour du Thessalonique mais c’est très éphémère (1389-1391).

Bayezid 1er pousse vers la Thessalie et le Péloponnèse. L’invasion mongole de l’Anatolie par Tamerlan soulage la Grèce et les grecs, les ottomans devant se retourner contre les cavaliers issus des steppes.

Ce n’est que partie remise. En 1430 les villes de Ioannina et Thessalonique qui sont conquises, Athènes en 1456, le Péloponnèse en 1460 et vers 1500 la majorité de la Grèce est sous domination ottomane.

Le territoire grec se vide de sa population, les élites s’enfuient à l’étranger alors que les plus pauvres abandonnent les plaines pour les zones montagneuses et être ainsi à l’abri de potentielles exactions ottomanes.

Dès le début la résistance s’organise. C’est ainsi que 5000 grecs participent à la bataille de Lepante en 1571.

La Grèce est intégrée avec le reste des Balkans à l’Eyalet de Roumélie dont la capitale est Sofia. La Grèce proprement dite est divisée en six sandjaks.

Mitteleuropa Balkans (138) Yougoslavie (26)

Mitrailleuses

TEŠKI MITRALJEZ M12/26

Mitrailleuse Schwartzlose

La TEŠKI MITRALJEZ M12/26 est la désignation yougoslave d’une version modernisée rechambrée de la célèbre mitrailleuse austro-hongroise Schwartzlose, célèbre moins pour ses performances que pour son allure inimitable. Elle à été mise en service comme sa désignation l’indique en 1912 en calibre 8mm, le calibre austro-hongrois standard.

Outre l’Autriche-Hongrie et les Pays-Bas, cette mitrailleuse à été utilisée par les états ayant succédé à la Double-Monarchie, l’Albanie, la Bulgarie, la Chine, la Colombie, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, l’Empire Ottoman, la Pologne, la Roumanie, la Russie, la Suède et l’Espagne.

La Yougoslavie à récupéré un nombre inconnu d’exemplaires. Ce qui est certain en revanche c’est que 1000 exemplaires ont été modifiés dans le calibre yougoslave standard, le 7.92x57mm Mauser.

Arme obsolète en 1949 elle était néanmoins encore en service en raison du manque de mitrailleuses modernes pour la remplacer. Si quelques exemplaires ont accompagné les soldats yougoslaves dans leur exil en revanche aucune n’à été conservée une fois les unités reconstituées et réarmées par la France.

La TEŠKI MITRALJEZ M12/26 était une mitrailleuse moyenne pesant 42.7kg en ordre de combat (19.9kg pour l’arme, 19.8kg pour l’affût et 3kg pour l’eau de refroidissement) mesurant 1066mm avec un canon de 526mm qui permettait le tir de la cartouche Mauser à une distance maximale de 3500m (2000m en pratique) avec une cadence de tir de 520 coups par minute (200 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par des bandes de 250 cartouches.

Lewis Automatic Machine Gun

Des Marines américains utilisant la mitrailleuse Lewis, une arme reconnaissable entre toutes

A l’origine de cette mitrailleuse au look inimitable figure le colonel Isaac Newton Lewis de l’US Army qui échouant à faire adopter son arme dans son pays d’origine quitta les Etats-Unis en 1913 et s’installa en Belgique pour commercialiser une arme de son invention, une mitrailleuse à refroidissement par air fonctionnant par emprunt de gaz.

L’armée belge commanda un petit nombre de ces armes et la firme Birmingham Smalls Arms Company (BSA) finit par acquérir la licence en 1914, la production massive de l’arme mettant le colonel Lewis à l’abri du besoin (par le versement de généreuses royalties).

Le déclenchement du premier conflit mondial entraina une production importante notamment pour les forces armées britanniques qui adoptèrent la BSA Model 1914 sous le nom de Gun Lewis .303-cal. Outre la firme de Birmingham, l’entreprise Savage Arms la produisit aux Etats-Unis pour l’armée américaine.

D’abord utilisée comme mitrailleuse d’infanterie en remplacement de l’efficace mais lourde Vickers, elle fût ensuite utilisée comme mitrailleuse d’aviation.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Lewis à largement été remplacé par le Bren dans l’infanterie britannique et par la Vickers K pour l’aviation. Quelques mitrailleuses furent ressorties des stocks à la mobilisation liée à la guerre de Pologne mais retournèrent vite dans les magasins.

La Royal Air Force (RAF) l’utilisa comme arme de défense antiaérienne rapprochée pour protéger ses terrains des mitraillages à très basse altitude, un rôle semblable fût attribué aux Lewis utilisés par la Royal Navy.

En septembre 1948, la Lewis n’est plus en service au sein des forces armées britanniques mais elle l’est encore dans les forces armées des Dominions et dans d’autres pays qui l’ont acquis.

En effet l’arme à été utilisée par l’Australie, la Belgique, le Canada, le Chili, la République de Chine, la Colombie, la Tchécoslovaquie, l’Estonie, la Finlande, la Géorgie, l’Allemagne (quelques exemplaires capturés durant le premier conflit mondial), le Honduras, l’Irlande, l’Italie, le Japon (qui la copia sous le nom de Type 92), le Mexique, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve (qui fût un dominion jusqu’en 1937), les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Russie Imperial, la Yougoslavie et la Lettonie.

La Yougoslavie à visiblement acquis cette arme dans l’immédiat après guerre sans que l’on sache si il s’agit d’une acquisition officielle ou d’achats auprès d’entreprises chargés de liquider les immenses surplus du premier conflit mondial.

Sa carrière à été courte puisqu’aucun projet de transformation en calibre 7.92mm n’à été étudié et encore moins mené à bien.

Pas impossible que quelques armes de ce type n’aient été réutilisés par la résistance yougoslave qu’elle soit royaliste ou communiste.

La Mitrailleuse légère Lewis pesait 13kg en ordre de combat, mesurant 1280mm de long (670mm pour le canon). D’un calibre de 7.7mm (.303) elle pouvait atteindre des cibles à une portée maximale de 3200m (800m en pratique) à raison de 500 à 600 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait soit par des chargeurs tambours de 47 ou 97 cartouches ou encore des chargeurs type Bren de 30 cartouches

Ckm wz. 30

Parmi les mitrailleuses utilisées par les forces armées yougoslaves figure la Ckm wz.30 (ciężki karabin maszynowy wz. 30 en français mitrailleuse lourde modèle 1930), une copie «pirate» de la mitrailleuse américaine Browning M1917A1.

Par rapport à la version américaine sa copie polonaise disposait d’un calibre plus important, d’un tube plus long et de différents équipements de visée. A partir de 1931 elle devient la mitrailleuse standard de l’armée polonaise.

Cette mitrailleuse est issue d’un long processus pour permettre à l’armée polonaise de disposer d’une mitrailleuse standard et mettre fin au cauchemar logistique provoqué par la présence de nombreux modèles de mitrailleuses venant de France, de Russie, d’Autriche-Hongrie et même d’Allemagne.

Dans un premier temps on décida d’adapter la mitrailleuse française Hotchkiss modèle 1914 qui avait donné toute satisfaction dans la guerre polono-russe dans un calibre polonais en l’occurence le 7.92mm qui remplaçait la cartouche de 8mm à bourrelet. Elle devient la mitrailleuse Ckm wz.25 Hotchkiss. 1250 exemplaires sont commandées en France en 1924 et 1925 mais le projet de la produire sous licence est abandonné suite à des performances décevantes.

Un nouveau concours est lancé en 1927. Quatre compagnies proposent leurs modèles : Colt avec son modèle 1928 (version export de la Browning M1917A1), la Schwarzlose-Janeček wz.25 (version produite en Tchécoslovaquie de la Schwarzlose M.7/12), une version calibre 7.92mm de la Vickers modèle 1912 et enfin une version améliorée de la Hotchkiss modèle 1925.

Tous les tests initiaux sont remportés par Browning et même chose en 1928. Le gouvernement polonais choisit d’acquérir la licence de production mais le prix demandé est très élevé (450000 $ soit l’équivalent aujourd’hui de 45 millions de dollars) et de plus Colt réclame une commande initiale dans ses usines de 3000 pièces qui ajoute un coût supplémentaire.

Il était clair que jamais Colt ou son représentant européen Vickers-Armstrong n’avait l’intention de laisser les polonais produire leur mitrailleuse dans leurs usines.

Pour ne rien arranger les documents destinés à la production sous licence du fusil mitrailleur BAR avaient été tronqués et incorrects ce qui avait entrainé de sérieux retards. Réponse du berger à la bergère, le gouvernement polonaise décida de réaliser une copie pirate de la mitrailleuse Browning.

En mars 1931 les 200 premiers modèles sont envoyés dans les unités pour différents tests opérationnels. Ces tests sont positifs et la production peut être lancée à la fin de l’année.

Par rapport à la mitrailleuse d’origine la mitrailleuse polonaise disposait d’un calibre différent, d’équipements de visée différents, des poignées de transport agrandies, un canon plus long, un système de changement du canon plus simple, l’affût était différent et pouvait être adapté au tir antiaérien, un suppresseur de flamme avait également été installé.

Les polonais mirent au point trois types d’affûts, le premier le wz.30 d’un poids de 29.3kg était destiné à l’infanterie et qui allait donner naissance au wz.34 amélioré, le troisième étant le wz.36, un modèle allégé (17kg) et destiné à la cavalerie.

Différentes modifications furent réalisées suite aux leçons tirées par les premières utilisateurs. Il s’agissait le plus souvent de modifications pratiques destinées à faciliter l’usage de la mitrailleuse.

La version améliorée baptisée ckm wz.30a servit également de base à la ckm wz.30/39T, un modèle export destiné à la Turquie et d’un calibre différent (7.65x53mm).

Entre 1931 et 1939 la Fabrique de Fusils (Fabryka Karabinow) de Varsovie produisit 8401 mitrailleuses pour l’armée polonaise et prêt de 1700 pour l’export en Roumanie, en Bulgarie, en Estonie, en Yougoslavie et Argentine mais le plus souvent en petit nombre uniquement pour des tests qui ne débouchèrent que rarement sur des commandes fermes.

Au final cette arme à été utilisée par l’Allemagne, la Roumanie, l’Espagne (républicains et nationalistes), la Turquie et la Yougoslavie.

Cette dernière va commander quelques pièces pour des tests mais ne passera pas la commande de masse espérée par les polonais. Le nombre est incertain mais les chiffres semble tourner autour de 200 pièces.

Les tests terminés, ces armes sont stockées et vont être ressorties en 1949 au moment de la mobilisation pour équiper les unités nouvellement créées. Elles vont donc participer à l’opération MARITSA où fort peu d’armes vont échapper à la destruction. A notre connaissance aucun exemplaire de cette arme à été réutilisé par les allemands ou par les italiens.

La ckm wz.30a était une mitrailleuse de conception et de fabrication polonaise pesant 65kg en ordre de combat (la mitrailleuse seule pèse 13kg), mesurant 1200mm de long dont 720mm pour le canon, tirant la cartouche yougoslave standard (7.92x57mm) à une distance maximale de 2000m (900m en pratique) à raison de 600 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des bandes de 330 cartouches.

TEŠKI MITRALJEZ M.1940

mitrailleuse ZB modèle 1937

Sous cette désignation proprement yougoslave se trouve la Zvrojovka Brno ZB-53, une mitrailleuse de conception et de fabrication tchécoslovaque.

Elle à été mise au point à la fin des années trente et mise en service en 1937 sous la désignation de TK vz.37 avant de connaître le succès à l’export puis d’être produite sous licence en Grande-Bretagne par la firme BESA.

Après le démantèlement de la Tchécoslovaquie, l’Allemagne en manque d’armes automatiques récupéra ces mitrailleuses devenues des MG 37(t) avant de poursuivre la production moins pour elle que pour ses alliés.

Cette arme à été mise au point pour remplacer les Schwarzlose héritées de l’empire austro-hongroise et se basa sur un modèle précédent, la vz.35. Fonctionnant par emprunt de gaz, alimentée par bandes et refroidie par air la ZB-53 va être utilisée par l’infanterie comme arme d’appui, par les unités de char comme arme coaxiale et sur les fortifications.

Comme toutes les armes tchécoslovaques, la ZB-53 à connu un succès à l’export en état exportée en Roumanie, en Yougoslavie, en Argentine, en Afghanistan, en Iran et en Chine. Après guerre d’autres pays comme Cuba, le Chili et le Venezuela ont récupéré des armes de ce type.

La Yougoslavie à reçu 1000 exemplaires avant le démantèlement de la Tchécoslovaquie puis 2500 exemplaires supplémentaires après l’occupation allemande non sans délais anormaux et multiples vexations.

Sur les 3500 mitrailleuses livrées, il en restait 3100 en service en juillet 1949 aussi bien au sein de l’infanterie que dans les différents blockhaus qui assuraient la protection des frontières du royaume de Pierre II.

Ces armes ont été employées par les yougoslaves durant la Campagne de Yougoslavie mais aussi par les allemands et les italiens soit directement sur le champ de bataille ou après. Cette arme à aussi équipé les différentes unités militaires croates. Bien entendu cette arme à également été utilisée par les partisans communistes et les maquisards royalistes.

La nouvelle armée yougoslave à conservé un temps cette mitrailleuse avant que des mitrailleuses françaises ne les remplace. A notre connaissance cette arme n’à pas poursuivit sa carrière une fois la guerre terminée.

La TEŠKI MITRALJEZ M.1940 était une mitrailleuse moyenne de conception et de fabrication yougoslave pesant 21kg à vide et 37kg en ordre de combat, mesurant 1096mm de long avec un canon de 733mm tirant la cartouche 7.92x57mm à une distance maximale de 4000m (2500m effectif) à raison de 700 à 800 coups par minute (500 à 600 coups en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par bandes de 100 à 200 coups.

Mitrailleuse MAC (Manufacture d’Armes de Chatelleraut) modèle 1936

La MAC-36

La mitrailleuse MAC modèle 1936 symbolise les travers dans la politique d’armement de la France jusqu’aux débuts de la Pax Armada. Les besoins étaient correctement identifiés mais une volonté de perfectionisme tatillone, une bureaucratie envahissante provoquait des retards.

C’est ainsi que cette mitrailleuse adoptée en 1936 n’à été mise en service qu’en septembre 1941 avec des livraisons qui commencèrent réellement début 1942, les premiers exemplaires étant surtout destinés à former les formateurs qui allaient aider les mitrailleurs à se former au sein même des unités.

Le processus à été très lent, beaucoup trop lent avec de nombreux candidats que ce soit des dérivés du fusil mitrailleur modèle 1924/29 ou encore la mitrailleuse Darne, une arme innovante mais qui avait un défaut majeur : elle était issue du privé.

Finalement donc, le choix des services officiels se porta sur la MAC modèle 1936, une arme extrêmement sophistiqué avec notamment de deux cadences de tir différentes, l’une pour le tir terrestre et une autre pour le tir antiaérien.

La mise au point d’un système d’alimentation fiable et performant retarde la mise en service de l’arme qui n’est officiellement prononcée qu’en septembre 1941, les premières armes étant livrées peu après pour permettre la relève de la Hotchkiss modèle 1914 dont la production avait même été relancée en 1938 !

Cette arme va équiper tous les régiments d’infanterie à raison d’une compagnie de quatre sections de quatre mitrailleuses par bataillon soit seize armes par bataillon et quarante-huit pour l’ensemble du régiment.

Une version simplifiée, la MAC modèle 1936 modifiée 1944 voit le jour en 1944 selon le principe qui à vu en Allemagne la MG-42 succéder à la MG-34, très efficace mais chère et compliquée à construire. Elle se distingue par l’absence du système à double cadence, un bipied renforcé, un trépied simplifié et différentes modifications de détail pour accélérer la production.

La Yougoslavie reçoit ses premiers modèles 1936 lors de la reconstitution des forces armées yougoslaves mais les livraisons seront très lentes au point que le gouvernement en exil au Caire étudiera la possibilité de commander des mitrailleuses Browning. Finalement la situation va rentrer dans l’ordre et évitera à l’infanterie yougoslave de se trouver avec deux calibres différents entre le fusil et la mitrailleuse.

Arme appréciée par les mitrailleurs yougoslaves, elle resta en service dans l’immédiat après guerre, quelques exemplaires étant rechambrés en calibre 7.92mm. Cette arme à été remplacée au début des années soixante par des armes soviétiques plus conformes à la nouvelle orientation idéologique du pouvoir yougoslave.

La MAC modèle 1936 était une mitrailleuse de conception et de fabrication française pesant 14.6kg et pouvant être installée sur un affût de 12km. Mesurant 1160mm de long, elle disposait d’un canon de 700mm lui permettant de tirer la cartouche 7.5x54mm à une distance maximale théorique de 2500m à raison de 550 ou 950 coups par minute (700 pour le modèle 1936/44) sachant que l’alimentation se faisait par des bandes à maillon détachable de 250 cartouches.

Hotchkiss modèle 1929

mitrailleuse de 13.2mm Hotchkiss en affût double

Cette mitrailleuse lourde à été mise au point dans les années vingt comme arme antiaérienne et antichar en s’inspirant des fusils antichars allemands Mauser, la Browning M2 américaine ayant la même filiation.

L’armée de terre française refusa cette arme pour l’infanterie en raison d’une cartouche trop lourde qui risquait de blesser les troupes en retombant au sol. Elle l’adopta néanmoins comme arme antichar sur la ligne Maginot notamment dans les casemates du Rhin mais également sur certains véhicules blindés légers notamment l’automitrailleuse AMR-35.

Cette arme va aussi être utilisée par la marine française comme mitrailleuse antiaérienne même si très vite elle à été remplacée par des canons de 25 et de 37mm.

En juin 1940, deux-cent mitrailleuses furent commandées par l’armée de terre pour servir d’armes antiaériennes de l’arrière pour permettre aux états-majors et aux «plots» logistiques de se protéger des avions ennemis qui pourraient être tentés de frapper dans la profondeur.

Ces armes livrées entre février et décembre 1941 furent suivies de trois centre-autres commandées en septembre 1944 et livrés entre juin 1945 et juillet 1946, toujours pour la même mission.

Cette arme va connaître également le succès à l’export. La société italienne Societa Italiana Ernesto Breda achète la licence pour la fabriquer au délà des Alpes sous la désignation de Breda Mod.31.

Elle fût utilisée essentiellement comme mitrailleuse antiaérienne à bord des navires de la Regia Marina mais aussi à bord des trains blindés. Des armes de ce type ont parfois armé des autos blindées et des véhicules légers.

En décembre 1935 la marine espagnole achète cette mitrailleuse et va l’utiliser depuis ses destroyers et ses croiseurs durant la guerre d’Espagne.

Ces armes ont été réutilisés par les nationalistes espagnols puis une fois le pouvoir de Franco affermit des armes supplémentaires et des munitions ont été fournies au régime franquiste pour acheter sa complicité et éviter qu’il ne rentre en guerre aux côtés des allemands.

Cette arme va également être utilisée par la Belgique, le Brésil, l’Allemagne (mitrailleuses capturées en 1949), la Grèce, le Japon, la Pologne, la Chine nationaliste, la Roumanie et donc la Yougoslavie même si le nombre exact d’armes livrées à Belgrade est incertain, les chiffres tournant entre 500 et 800 exemplaires. .

Ces armes furent essentiellement utilisées comme mitrailleuses antiaériennes mais aussi comme arme antichar contre les blindés légers. Quelques armes furent également installées dans des blockhaus aux frontières.

Peu de mitrailleuses ont survécu à la campagne de Yougoslave. Si les allemands ne se sont pas intéressés à cette arme en revanche les italiens pour des raisons évidentes ont récupéré des mitrailleuses de ce type pour leurs troupes occupant la Yougoslavie.

La Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1929 était une mitrailleuse lourde de conception et de fabrication française pensant 37.5kg à vide, disposant d’un canon de 1670mm lui permettant de tirer une cartouche de 13.2mm à une distance maximale de 2500m en tir horizontal et de 1600m en tir vertical à raison de 450 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs de 30 coups ou par des bandes de 150 cartouches.

TEŠKI MITRALJEZ M.1938

Sous cette désignation figure la mitrailleuse tchécoslovaque ZB-60, une évolution de la ZB-53 en calibre 15mm.

C’est donc clairement une mitrailleuse lourde plus qu’une mitrailleuse moyenne destinée à l’infanterie. A noter que la ZB-60 à été produite sous licence en Grande-Bretagne par la firme BESA, cette arme équipant surtout des véhicules blindés.

L’armée yougoslave à reçu 368 exemplaires avant le démantèlement de la Tchécoslovaquie. Elle echoua à acquérir d’autres armes auprès des allemands ou à la produire sous licence de manière pirate.

Ces armes ont été surtout installées dans des blockhaus ou sur des véhicules légers. Des armes de ce type ont accompagné les soldats yougoslaves dans leur exil, armes conservées car les britanniques produisaient les munitions nécessaires (15x104mm).

Ces armes furent surtout utilisées pour protéger les états-majors et les plots logistiques contre les attaques aériennes et terrestres. L’usure des armes à entrainé leur remplacement peu après la fin de la guerre par la Browning M-2 de 12.7mm, l’immortelle «Ma Deuce».

La TEŠKI MITRALJEZ M.1938 était une mitrailleuse lourde de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 258kg en ordre de combat (203 pour l’affût et 55kg pour l’arme), mesurant 2500mm de long avec un canon de 1400mm. Il tirait une cartouche de 15mm (15x104mm) à une distance maximale de 2500m (1000m en pratique) à raison de 430 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des bandes de 40 cartouches.