URSS (14) Histoire et Géopolitique (13)

GEOPOLITIQUE ET RELATIONS INTERNATIONALES

Avant-propos

Bien entendu dans la partie consacrée à l’histoire j’ai déjà abordé la question des relations extérieures mais il me semble intéressant d’en reparler ici en essayant d’être plus détaillé, plus précis. Je m’excuse pas avance si il y à des doublons……… .

Dès la naissance du régime soviétique, le contexte est particulièrement hostile avec de multiples révoltes internes et le soutien de pays étrangers pour des motifs tout à la fois politiques ou idéologiques.

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Japon (66) Armée de Terre (6)

Armes collectives de l’infanterie (3) : mortiers

Avant-Propos

Après trois mois de combats en terrain ouvert (août-novembre 1914), la première guerre mondiale renoua avec une forme de combat longtemps privilégiée par rapport aux batailles rangées à savoir la guerre de siège.

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Allemagne (52) Armée de terre (9)

 Armement (2) : l’Artillerie de campagne

Canons de 77mm

7.7cm Feldkanone 96 (canon de campagne de 77mm)

7.7cm Feldkanone 96 (canon de campagne de 77mm)

-Quand l’Allemagne prépare le futur conflit contre les puissances occidentales, elle choisit un calibre inhabituel pour son artillerie de campagne, le 77mm. Ce choix est tout sauf innocent. Il s’agit de pouvoir réutiliser les “75” français et les 76.2 russes en réalésant les tubes pour accéder les  obus allemands ce qui est impossible dans l’autre sens.

-Largement employé pendant le premier conflit mondial, Ce canon baptisé Feldkanone 96 n/A(Neue Art nouveau modèle) se révèle inférieur au 75mm sans pour autant démérité. Au cours du conflit, une version améliorée baptisée Feldkanone 16 commença à le remplacer.
-Ce canon est maintenu en service après guerre dans la Reicswehr et remplacé à partir de 1934 par un canon de 75mm, le Feldkanone 16 n/A qui combinait l’ancien affût avec un tube de 75mm.

-Expédient provisoire, ce canon n’effectue pas une grande carrière et est remplacé par des canons de 105mm.

-Les pièces sont cependant stockées et il est probable que des canons de 75 et de 77mm n’aient été utilisés pour l’instruction voir l’équipement d’unités de mobilisation en attendant la production de pièces modernes.

Caractéristiques Techniques du Feldkanone 16

Calibre : 77mm Longueur du tube : 2.70m (35 calibres) Poids en batterie 1422kg en ordre de route 2286kg Poids de l’obus : 5.900kg Champ de tir vertical : -9.5° à +38° Champ de tir horizontal : 8° Portée maximale 10300m

7.5cm Gebirgskanone 15

7.5cm Gebirgskanone 15 utilisé ici en octobre 1918 pour l'appui de l'infanterie

7.5cm Gebirgskanone 15 utilisé ici en octobre 1918 pour l’appui de l’infanterie

Ce canon de montagne est une pièce de conception et de fabrication tchèque acquise par la Reichswehr naissante. C’est le principal canon des régiments d’artillerie de montagne des trois divisions de ce type au sein de la Heer.

Il est peu à peu remplacé par le 7.5cm Gebirgskanone 36 qui est la pièce de montagne standard de l’armée allemande quand le second conflit mondial éclate.

Caractéristiques Techniques du 7.5cm Gebirgskanone 15

Calibre : 75mm Longueur du tube : nc Poids en batterie : 630kg Portée comprise entre 3900 et 6600m Champ de tir vertical -9° à +50° Champ de tir horizontal 7°  

7.5cm Gebirgsgeschütz 36

7.5cm Gebirgsgeschütz 36

7.5cm Gebirgsgeschütz 36

Le 7.5cm Gebirgskanone 15 n’était autre qu’une pièce austro-hongroise produite par la firme Skoda, utilisée en petit nombre par l’armée allemande durant le premier conflit mondial et dont des exemplaires supplémentaires ont été commandés par la Reichswehr pour servir de canon de montagne (alors que les pièces commandées avaient été davantage utilisées pour le soutien rapproché de l’infanterie).

Ce canon déjà ancien devait être remplacé par une pièce plus moderne. Après avoir évalué des canons Bofors de 75mm (pièces exportées en Belgique et aux Pays-Bas) sous le nom de Gebirgseschütz 34, les allemands mirent au point leur propre canon, le 7.5cm Gebirgseschütz 36.

Mis au point par Rheinmettall, ce canon entra en service à partir de 1938 mais la production fût assez lente ce qui explique qu’il fallut attendre 1943 pour que les derniers Gebirgskanone 15 soient remplacés et relégués à l’instruction.

Ce canon était naturellement toujours en service en septembre 1948 et n’allait pas tardé à faire parler la poudre en Norvège en appui des troupes de montagne allemandes.

Caractéristiques Techniques du Gebirgseschütz 36

Calibre : 75mm Poids :750kg Poids de l’obus 5.75kg Longueur 1.45m Champ de tir horizontal 40° Champ de tir vertical -2° à +70° Cadence de tir : six à huit coups par minute Portée maximale 9250m Equipe de pièce : 5 hommes

10.5cm Gebirghaubitze 40

10.5cm Gebirghaubitze 40

10.5cm Gebirghaubitze 40

Le combat en montagne impose de sérieuses contraintes en terme de poids. Voilà pourquoi l’artillerie doit s’adapter en déployant dans les massifs montagneux des pièces légères, compactes et généralement démontables en plusieurs fardeaux pour permettre le transport par des animaux de bat comme les mulets.

Néanmoins, l’appui-feu à aussi ses contraintes, nécessitant des pièces d’un certain calibre. A côté des canons d’un calibre voisin de 75mm, on trouve également des pièces plus lourdes de 100 ou 105mm, des pièces néanmoins plus légères que leurs homologues appelés à combattre en plaine.

L’Allemagne n’échappe pas à la règle avec son 10.5cm Gebirghaubitze 40 en français, obusier de montagne modèle 1940.

Deux constructeurs proposèrent des projets, Rheinmetall et Böhler. C’est la firme anciennement autrichienne et connue pour son canon antichar de 47mm qui remporta le marché.

Le projet bien que datant de 1940 connait une production délicate, perturbée par différents problèmes de fabrication avant que la guerre civile n’y ajoute son grain de sel.

Ce n’est donc qu’en 1945 que les obusiers de montagne de 105mm sont mis en service au sein des régiments d’artillerie de montagne. En compagnie des Gebirgseschütz 36, ils vont tirer les premiers obus de la guerre en Norvège.

Caractéristiques Techniques du 10.5cm Gebirghaubitze 40
Calibre : 105mm Poids total 1660kg Poids de l’obus 14.52kg Longueur du canon 2.87m (27 calibres) Champ de tir vertical :-4°30′ à +71° Champ de tir horizontal 51° Cadence de tir : 4.6 coups/minute Portée maximale 12625m

Obusier léger de 105mm modèle 16 (10.5cm Leichte Feldhaubitze 16)

10.5cm Leichte Feldhaubitze 16

10.5cm Leichte Feldhaubitze 16

Cet obusier léger (qui mérite vraiment son nom avec seulement 1450kg en batterie) et de conception  plus ancienne que le LeFH 18 est destiné aux unités hippomobiles essentiellement en raison de son poids inférieur qui rend son remorquage par les chevaux moins éprouvant.

Un temps il équipe également les groupes automobiles mais quand la guerre éclate en septembre 1948, les versions à train rouleur pour permettre le remorquage par camion, tracteur d’artillerie ou semi-chenillé ne sont plus en service, remplacés par des LeFH18.

Cet obusier est toujours en service en septembre 1948, les différentes tentatives pour le remplaer n’ayant pas aboutit.

Caractéristiques Techniques du 10.5cm Leichte Feldhaubitze 16

Calibre : 105mm Poids en batterie : 1450kg Poids en ordre de route : 3300kg Portée : 3400 à 9200m champ de tir vertical : -4° à +40° Champ de tir horizontal : 4°

Obusier léger de 105mm modèle 18 (10.5cm Leichte FeldHaubitze 18)

10.5cm Leiche FeldHaubitze 18

10.5cm Leiche FeldHaubitze 18

-En 1914, le canon de base de l’artillerie de campagne allemande est le 77mm, ce calibre ayant été choisit pour éventuellement réutiliser les canons français de 75mm et russes de 76.2mm en les réalésant.

-Aux côtés du 77mm se trouvait des obusiers de 105mm qui complétaient l’action des canons de campagne.

-La première guerre mondiale terminée, l’Allemagne décide “d’abandonner” le 77mm et de faire du 105mm le canon de base de leur artillerie de campagne notamment au sein des divisions.  Il faut néanmoins rappeler que le 77mm était encore en service en septembre 1939. Neuf ans plus tard, rares sont les canons de 77mm à être encore en service.

-L’étude démarra chez Rheinmetall en 1928-29 et les travaux des ingénieurs allemands aboutirent en 1935 à un obusier qui allait progressivement remplacé le LeFH 16 plus ancien au sein des unités d’artillerie à traction automobile. Bon obusier mais sans traits remarquables, son poids était cependant assez élevé ce qui posait des problèmes pour la traction hippomobile.

-Ce canon connu un certain nombre d’améliorations. Les artilleurs réclamant une augmentation de la portée, il fallut augmenter la puissance de la charge ce qui imposa un frein de bouche pour limiter les efforts imposés au tube.

-Les obusiers ainsi modifiés furent désignés LeFH 18 (M), le M signifiant Mundungbremse ou frein de bouche, frein de bouche qui fût modifié pour permettre le tir d’un projectile à sabot sous calibré.
-Le poids de cet obusier resta un problème insoluble car aucune solution viable ne fût trouvée.

Résultat quand le conflit éclate en septembre 1948, cet obusier est toujours en service au sein des unités régimentaires de l’artillerie allemande.

Caractéristiques Techniques du 10.5cm Leichte Feldhaubitze 18

Calibre : 105mm Longueur de la pièce : 3.310cm Poids en ordre de route et en batterie : 1955kg Poids de l’obus : 14.810kg Pointage en hauteur : -5° à +42° Pointage en direction : 60° Portée : 12325m

10cm Leiche Feldhaubitze 14/19 (t) (10cm Skoda Houfnice vz 14/19)

10cm Skoda Houfnice vz 14/19 utilisé après le premier conflit mondial par la Grèce

10cm Skoda Houfnice vz 14/19 utilisé après le premier conflit mondial par la Grèce

Skoda était le grand manufacturier d’armement de l’empire austro-hongrois. Ses usines installées à Pilsen produisaient pour l’armée de la Double-Monarchie mais également pour l’export, ses productions étaient aussi réputées que celles de Krupp ou de Schneider.

Quand Vienne entre en guerre en 1914, son artillerie est équipée d’obusiers de 100mm dont le caractère compact s’explique par son utilisation en milieu montagneux. Il pouvait se démonter en plusieurs fardeaux pour favoriser son transport par animaux de bat.

Le conflit terminé, les 10cm Skoda Houfnice vz14 furent partagés entre les nouveaux pays issus de la Double-Monarchie (Yougoslavie, Hongrie, Autriche, Tchécoslovaquie) mais également en Italie et en Grèce.

Quand la Tchécoslovaquie devint indépendante, les usines Skoda reprirent la production au profit du jeune état. Le vz14 était un bon canon mais il commençait à vieillir. Aussi un modèle modernisé avec un tube plus long (24 calibres au lieu de 19 calibres) baptisé vz14/19 fût produit.

Il connu un succès immédiat à l’exportation, étant commandé par la Grèce, la Hongrie, la Pologne, la Yougoslavie et l’Italie se procura des pièces détachées pour moderniser ses vz14 devenues dans la langue de Goethe Obice da 100/17 modello 14.

Ce canon toujours en service à la fin des années trente fût récupéré par l’Allemagne lors de l’annexion des Sudètes et du détricotement de la Tchécoslovaquie mais également lors de l’invasion de la Pologne, les pièces récupérées après la défaite de Varsovie étant désignées 10cm Leiche Feldhaubitze 14/19 (p).

Ces obusiers équipèrent quelques unités de mobilisation mais furent ensuite stockées et reléguées à l’instruction. Les pièces exportées étaient toujours en service dans les autres pays en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques du 10cm Leiche Feldhaubitze 14/19 (t)

Calibre : 100mm Longueur de la pièce : 2.400m Poids en ordre de route : 2025kg Poids en batterie 1505kg Poids de l’obus 14kg Champ de tir horizontal : 5.5° Champ de tir vertical : -7.5° à +48° Cadence de tir : nc Portée maximale 9970m

10cm Leiche Feldhaubtize 30 (t) (100mm Houfnice vz30)

100mm Houfnice vz30

100mm Houfnice vz30

Dans l’immédiat d’après guerre, les surplus du premier conflit mondial ne laissèrent guère l’opportunité aux manufacturiers de vendre leurs nouveaux modèles. Skoda n’échappait pas à la règle mais eut l’idée de proposer un modèle original pour se démarquer de la concurrence.

Elle produisit un canon de 76.5mm et un obusier de 100mm capable de pointer à +80° ce qui en faisait une arme polyvalente pouvant servir de canon de campagne mais également de pièce antiaérienne voir de canon de montagne.

Cet obusier fût utilisé par l’armée tchécoslovaque puis par l’Allemagne, la Roumanie et la Slovaquie indépendante, véritable protectorat allemand.

La production continua pour l’Allemagne et les obusiers Skoda équipèrent essentiellement les unités de la Waffen S.S qui utilisèrent également le 8cm kanone vz30.

Caractéristiques Techniques du 10cm Leiche Feldhaubitze 30(t)

Calibre : 100mm Poids en ordre de route 3077 en batterie 1766kg Poids de l’obus 16kg Longueur du tube : 2.5m Champ de tir horizontal 8° Champ de tir vertical : -8° à +80° Cadence de tir : 6 à 8 coups/minute Portée maximale 10600m

10cm Kanone 17

10cm Kanone 17

10cm Kanone 17

Ce canon de 10cm (calibre réel : 105mm) est un héritage du premier conflit mondial. La Reichswehr ayant été autorisée à en conserver quelques exemplaires (sans parler de quelques pièces dissimulées aux contrôleurs alliés), ce canon est toujours en service dans l’artillerie de campagne allemande. Avec sa portée de 14000m, c’est une arme capable de mener des tirs de contre-batterie.

Il est peu à peu remplacé par le Schwere 10cm Kanone 18 mais il n’est pas impossible que des pièces aient été conservées stockées et ressorties pour équiper les unités de réserve et ou de mobilisation.

Caractéristiques Techniques du 10cm Kanone 7

Calibre : 10cm (105mm) Poids en batterie : 3300kg (en configuration route, un tracteur d’artillerie peut le faire d’un seul tenant mais pour la traction hippomobile, il faut séparer le canon de l’affût) Champ de tir vertical : 6cm Champ de tir horizontal : 45° Portée maximale : 14000m

Schwere 10cm Kanone 18

Schwere 10cm Kanone 18

Schwere 10cm Kanone 18

Ce canon de 105mm ou de 10cm si l’ont suit son appellation officielle est le successeur du précédent. Il est développé à parti du milieu des années vingt pour remplacer le 10cm Kanone 17.

Mis en service au milieu des années trente, il est toujours en service en septembre 1948, étant le principal canon lourd de 105mm des divisions. Il équipait également des unités non-endivisionnés.

Sur le plan pratique pour ne pas mécontenter Rheinmetall ou Krupp, l’armée opta pour un compromis, le canon Rheinmetall étant installé sur l’affût Krupp.

Arme de qualité, elle ne subit que peut d’améliorations jusqu’en septembre 1948 et ne tarda pas à faire parler la poudre.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 105mm Poids total 5.642kg Poids de l’obus 16kg Longueur du tube : 52 calibres (5.46m) Pointage en site 0° à +48° Pointage en azimut sur 64° Cadence de tir : 6 coups/minute Portée maximale effective 19075m

Allemagne (48) Armée de terre (5)

Mitrailleuses et fusils mitrailleurs

Mitrailleuse Maxim SMG 08

mitrailleuse MG-08

mitrailleuse SMG-08

-C’est le britannique Hiram Maxim qui invente la mitrailleuse moderne, un modèle exporté dans le monde entier, les licences de production permettant la production dans de nombreux pays européens.

-L’efficacité des mitrailleuses allemandes contre les soldats français en pantalon garance et capote bleue aurait pu faire croire que cette nouvelle arme à été accueillie avec enthousiasme par les cadres de l’armée allemande. Ce ne fût pas le cas et les premières armes acquises par l’Allemagne furent payées par l’empereur Guillaume II en personne.

-Ce n’est qu’au début du vingtième siècle que l’Allemagne et la firme Maxim signèrent un accord pour la fabrication de la mitrailleuse Maxim sous licence par l’entreprise Deutsche Waffen und Munitionsfabriken installée à Spandau près de Berlin d’où le nom générique de «Spandau» données aux mitrailleuses allemandes.

-Après plusieurs modèles, le premier modèle standard fût la Schwere Maschinegewehr 08 ou SMG 08. Cette arme solidement construite montée sur trepied fût un véritable cauchemar pour les alliés, stoppant les offensives.

Cette arme dont fût extrapolée un fusil-mitrailleur (voir ci-après) resta en service après guerre, l’Allemagne comme on l’à vu ne pouvant développer officiellement de nouvelles armes.

-La mise au point de la MG-15 et surtout de la MG-34 provoqua le retrait du service actif des sMG 08 qui étaient encore disponibles dans les dépôts en septembre 1939 et en septembre 1948 en compagnie d’armes polonaises, tchèques et autrichiennes, certaines mitrailleuses ressortant des stocks pour armer les unités de mobilisation faute de MG-34/42 et 45 en nombre suffisant.

Caractéristiques Techniques de la sMG 08

Calibre : 7.92mm Longueur de l’arme 1.17m longueur du canon 0.71m Poids de l’arme avec pièces de rechange 62kg poids de l’affût-traineau 37.650kg Vitesse initiale 900 m/s Cadence de tir 300 à 450 coups/minute Alimentation : bande-chargeur de 250 cartouches.

Fusil-mitrailleur/mitrailleuse légère sMG 08/15 et 08/18

fusil-mitrailleur MG 08/15

fusil-mitrailleur MG 08/15

-La Spandau était une excellente mitrailleuse mais comme beaucoup de ses consœurs était extrêmement lourde ce qui rendait son déplacement problématique. Certes dans la guerre de position cela ne posait pas de problèmes mais pour accompagner les soldats lors de l’assaut des tranchées ennemies….. .

-Les différents pays cherchèrent une arme ayant la puissance de feu de la mitrailleuse mais avec un poids permettant son utilisation par un seul homme.

L’Allemagne n’échappa pas à la règle et développa elle aussi une mitrailleuse légère ou fusil mitrailleur, la sMG 08/15.

-Il s’agit d’une adaptation de la sMG08 avec une crosse en bois et un bipied mais sa conception n’en fait pas une arme très réussie. Elle est encombrante et son système d’alimentation peu pratique_bandes de toile dans un chargeur circulaire_ en font une arme bien inférieure aux fusils mitrailleurs de conception étrangère qui eux disposaient de chargeurs.

-Une version améliorée est apparue ultérieurement, la sMG 08/18 qui ne fût que peu utilisée durant le premier conflit mondial. Elle se différenciait de la précédente par la présence d’un tube percé pour permettre son refroidissement par air.

Il existait également une version destinée à l’aviation baptisée LMG 08/15 qui équipa les chasseurs et les bombardiers allemands en remplacement d’une version air (Luft) de la sMG 08 baptisée LMG   08.

Après guerre ces armes restent en service. Elles sont peu à peu remplacées par la MG-15 puis par la MG-34 et les suivantes.

Caractéristiques Techniques de la MG 08/15

Calibre : 7.92mm Longueur totale 1.39m longueur du canon 0.71m Poids complet 18kg Cadence de tir : 450 coups/minute Approvisionnement : chargeurs à bandes de 50, 100 ou 250 cartouches

Mitrailleuse légère MG-15

MG-15

MG-15

-Le traité de Versailles interdit à l’Allemagne de développer de nouvelles armes notamment des armes automatiques (pistolet-mitrailleurs, mitrailleuses et fusil-mitrailleurs).

-Pour contourner cette interdiction, les firmes allemandes installent des bureaux d’études à l’étranger ou rachètent des entreprises étrangères comme Rheinmetall qui rachète la firme suisse Solothurn.

-Solothurn met au point la mitrailleuse S2-200 qui est adoptée par l’Autriche (mitrailleuse modèle 1930) et par la Hongrie (mitrailleuse légère modèle 1931). C’est cette arme qui sert de base à la MG-15.

-Cette nouvelle MG-15 ne doit pas être confondue avec une précédente MG-15 mise au point durant le premier conflit mondial.

-La S2-200 est adaptée pour l’Allemagne sous la forme d’une MG-30 non adoptée par la Reichswehr  mais adoptée par l’Autriche et la Suisse sous la désignation de S2-100.

Cette arme à d’abord été conçue pour l’aviation où elle continuera à être utilisée alors qu’au sein de l’infanterie elle sera rapidement remplacée par la MG 34. Néanmoins à partir du printemps 1941, de nouvelles mitrailleuses vont commencer à remplacer la MG-15 notamment la MG-81.

Par rapport à sa cousine aéronautique, la MG-15 destinée à l’usage terrestre reçoit un cache-flamme, un bipied repliable et une crosse métallique.

Ces armes ont été stockées après leur retrait du service et vont reprendre du service au sein des unités de mobilisation aux côtés d’armes récupérées auprès de pays occupés ou annexés.

Caractéristiques Techniques de la mitrailleuse MG-15

Calibre : 7.92x51mm Longueur (hors tout) : 1078mm (canon) 600mm Poids (arme seule) : 8.1kg (avec munitions) 12.4kg (boite-chargeur de 75 cartouches) 4.24kg  Cadence de tir : 1000 coups par minute  

Mitrailleuse polyvalente MG-34

mitrailleuse polyvalente MG-34

mitrailleuse polyvalente MG-34

-MG-15 bonne mitrailleuse mais pas la mitrailleuse parfaite. D’où le développement d’une nouvelle arme.

-Jusqu’ici il existait la mitrailleuse, une arme assez lourde mise en œuvre par plusieurs hommes et le fusil-mitrailleur ou mitrailleuse légère, une arme mise en œuvre par une ou deux personnes, très efficace pour accompagner l’assaut.

-En partant encore de la MG-30, les armuriers allemands inventent une arme polyvalente, utilisable sur bipied (configuration FM) et sur trépied (configuration mitrailleuse).

-La nouvelle arme appelée Maschinegewehr modell 34 et plus connue sous le nom de MG-34 pouvait donc servir sur bipied ou sur tripied avec même une double système d’alimentation, un chargeur tambour double de 75 cartouches _déjà utilisé par la MG-15_ ou un système de bandes de 50 coups.

-Là encore les allemands innovèrent avec la possibilité de lier rapidement plusieurs bandes pour augmenter l’alimentation en munitions.

-Cette nouvelle mitrailleuse rencontra un succès immédiat même si sa fabrication prenait du temps et était très couteuse. Le coût était aggravé par un trépied complexe et par une multitude d’accessoires certes conçus dans une bonne intention mais qui étaient semble-t-il  superflus.

Cette arme adoptée comme son nom l’indique en 1934 fût un succès immédiat et s’illustra dans la guerre d’Espagne où elle fût utilisée par les troupes allemandes appuyant les nationalistes du général Franco.

Des variantes furent rapidement développées avec la MG-34m (appelée également MG-34 Panzerlauf) destinée à servir d’arme coaxiale sur les chars et les véhicules blindés, les MG-34s à canon plus court et uniquement pour le tir automatique avec une cadence de tir moins élevée pour réduire la dispersion.

Si la première arme fût produite en grande quantité (d’autant que la MG-42 n’était pas adaptée au montage coaxial), la seconde fût produite dans une quantité limitée, la MG-39/41 et prototype de la MG-42 se révélant nettement plus prometteuse.

La MG-34 servit également de base au dévellopement d’une nouvelle mitrailleuse destinée à l’aviation, la MG-81 (ainsi que sa variante double la MG-81Z), mitrailleuse destinée à remplacer la MG-15.

Caractéristiques Techniques de la Maschinegewehr Modell 34 (MG-34)

Calibre : 7.92mm Longueur totale : 1.219m longueur du canon : 0.627m Poids :11.5kg Cadence de tir 800-900 coups/minute Alimentation : bandes de 50 cartouches ou double chargeur-tambour de 75 cartouches

Mitrailleuses polyvalentes MG-42 et MG-45

mitrailleuse polyvalente MG-42

mitrailleuse polyvalente MG-42

-La MG-34 est une excellente arme mais cette excellence se paye au prix d’un sophistication et d’un coût trop important pour être produite en très grande quantité, une obligation pour le temps de guerre aux contraintes bien différentes du temps de paix.

-D’où le lancement d’une étude pour une mitrailleuse tout aussi efficace mais moins couteuse à produire. On s’inspira des méthodes de fabrication du MP-40 (estampage) et on bonifia le mode de fonctionnement de la MG-34 en exploitant les modes de fonctionnement de mitrailleuses tchèques et de projets polonais.

-Tout cela aboutit à la MG-39/41, version de pré-série de la Maschinegewehr modell 42.  Cette arme à servit essentiellement dans l’infanterie mais à également servir sur les positions fortifiées en affût double et pour la défense antiaérienne avec deux ou quatre mitrailleuses pour la défense antiaérienne à basse altitude pour protéger les terrains d’aviation.

Cette arme très efficace donna ultérieurement naissance à la MG-45, un modèle amélioré à la cadence de tir plus élevée. Extérieurement, elle était identique à la MG-42.

Caractéristiques Techniques de la Maschinegewehr modell 42

Calibre : 7.92mm Longueur : 1.22m Longueur du canon : 0.53m Poids : 11.5kg Cadence de tir maximale 1500 coups/minute Alimentation : 50 coups

Les mitrailleuses et fusil-mitrailleurs étrangers récupérés

-En dépit d’une production importante, les besoins en armes automatiques étaient tels que l’armée allemande dispose en septembre 1939 de mitrailleuses autrichiennes et polonaises ainsi que de fusils-mitrailleurs tchèques. Ces armes sont utilisées aussi bien par les unités de sécurité que par les unités de première ligne.

fusil mitrailleur Vz30 mis en œuvre par des soldats roumains

fusil mitrailleur Vz30 mis en œuvre par des soldats roumains

-Les fusil-mitrailleurs Lehky Zulomet ZB vz26  et vz30 furent réutilisés par les allemands sous les noms de MG 26(t) et MG 30 (t). Ces fusil-mitrailleurs ont été exporté en Chine, en Yougoslavie et en Espagne (vz26), en Iran et en Roumanie pour le vz30, cette arme servant de base pour le célébrissime Bren britannique. Ces armes étaient toujours en service en septembre 1948.

mitrailleuse ZB modèle 1937

mitrailleuse ZB modèle 1937

-La mitrailleuse ZB modèle 1937 en calibre 7.92mm est elle aussi acquise par les allemands. Sa production continue mais le nombre d’exemplaires produit est loin d’égaler celui de la MG-34 et de la MG-42.

-La conquête de la Pologne outre le fait qu’il permis à l’Allemagne de mettre la main sur des prototypes de mitrailleuses qui permirent la naissance de la MG-42, offrit à la Deutsche Heer des stocks non négligeables d’armes automatiques.

C’est le cas du fusil-mitrailleur modèle 1928 qui n’était qu’une version chambrée en 7.92mm du BAR (Browning Automatic Rifle) modèle 1918. Ces armes en compagnie des fusil mitrailleurs tchèques étaient encore largement utilisé en septembre 1948 aussi bien dans les unités de première ligne que celles de l’arrière.

-L’armée allemande récupère également des mitrailleuses calibre 7.92mm modèle 1930. Il s’agit là encore d’une arme de la firme Browning achetée par la Pologne puis copiée par la manufacture d’Etat de Varsovie.

Cette arme véritable copie pirate de la M1917A1 à refroidissement par eau (différente de la M1919A4 à refroidissement par air) est produite pour la Pologne, la Roumanie et l’Espagne. Les armes saisies par les allemands ne semblent pas êtres sortis des stocks avant le conflit.

-L’Anschluss permit de faire main basse sur des mitrailleuses modèle 1930 et de vieilles mitrailleuses Schwarzlose modèle 1907 et ultérieurs. Si les premières furent utilisées, les secondes (saisies également en Tchécoslovaquie) ne furent pas utilisées en raison d’un calibre peu courant (8mm).

Allemagne (47) Armée de terre (4)

Pistolets automatiques

Luger P08

Luger P08

Luger P08

-Ce pistolet à la forme reconnaissable entre toutes à été conçu en 1893 par Hugo Borchardt puis perfectionné en 1898 par Georg Luger. Sa production à ensuite été assurée par la Deutsche Waffen-und Munitionsfabriken (DWM) à partir de 1900. Produit d’abord dans une version 7.65x22mm, le pistolet fût ensuite rechambré avec une cartouche plus puissante, la 9x19mm Parabellum.

-Le premier client est l’armée suisse qui l’adopta dès 1900, quatre ans avant la Kaiserliche Marine et huit ans avant l’armée de terre. C’est cette dernière qui imposa le changement de calibre du 7.65 au 9mm.

Outre le pistolet automatique, on trouve un «pistolet d’artillerie», le Lange Pistole 08 qui peut être considéré comme l’ancêtre des Personal Defense Weapon (PDW) avec un canon long, une mire permettant de cibler à 800m, une crosse courte et un chargeur tambour de 32 cartouches qui sera également utilisé par le MP-18.

Cette arme est restée en service au sein de la nouvelle Reichswehr et à été exportée en Bulgarie, en Finlande ainsi qu’aux Etats-Unis pour des tests au début du siècle.
Elle équipe encore les rangs de la Deutsche Heer en septembre 1939 mais peu à peu, cette arme est remplacée par le P38. Non qu’elle est démérité mais que sa fabrication était couteuse et nécessitait trop de matières premières. La production cesse courant 1943 et en septembre 1948, seuls des officiers nostalgiques ont préféré cette arme au Walter P38.

Caractéristiques Techniques du Luger P08

Calibre : 7.65x22mm ou 9x19mm Parabellum Poids : (vide) 871g Longueur 222mm Longueur du canon 103mm Portée effective 50m Capacité du chargeur : 8 coups pour le chargeur droit, 32 pour le chargeur tambour.

Walter P.38

Walter P38

Walter P38

-La firme Walter Waffenfabrick était réputée pour ses armes légères avec notamment ses pistolets PP (Polizei Pistole) et PPK (Polizei Pistole Kurz). Elle est sélectionné en 1938 pour produire un nouveau PA destiné à remplacer le Luger P08.

-Le premier projet baptisé Armee-Pistole (AP) donne naissance au Heeres-Pistole (HP) qui lui même  fût à l’origine du P-38. La version HP fût réservée au marché civil mais la demande ayant été faible, la production l’à été tout autant, les pistolets produits rejoignant les stocks de l’armée.

Cette arme de poing était utilisé par les officiers et principalement par les équipages de véhicules blindés (même si ces derniers disposaient également de pistolets mitrailleurs).

Cette arme était le pistolet standard de l’armée allemande en septembre 1948 et sa production continue durant tout le conflit.

Caractéristiques Techniques du Walter P.38

Calibre : 9x19mm Longueur totale 219mm Longueur du canon 124mm Poids : 0.960kg Capacité du chargeur 8 coups

Walter PP et PPK

Walter PP

Walter PP

Le Walter PP (Police Polizei) apparaît en 1929. C’est une arme compacte car son usage policier en impose. Cette arme est diffusée auprès de nombreuses forces de police en Europe et dans le Monde.

Après 1939, les différentes forces de police liées à l’armée ont adopté le Walter PP et sa variante courte (Walter PPK), pistolet également utilisé par les pilotes de la Luftwaffe en remplacement du Luger P.08 de préférence au Walter P.38 jugé trop  encombrant dans un cockpit.

Si la majorité des modèles tiraient la cartouche 9x19mm Parabellum, d’autres utilisaient le 7.65mm, le 22.LR (5.56mm) ou le 6.35mm.

Cette arme était toujours produite en septembre 1948 pour équiper les forces de police, les forces paramilitaires et des unités militaires, les besoins en pistolet nécessitant de produire toujours plus de pistolets automatiques.

Caractéristiques Techniques du Walter PP

Calibre : 9x19mm principalement Longueur totale 173mm Longueur du canon 99mm Poids : 0.682kg Chargeur de 8 coups

Caractéristiques Techniques du Walter PPK

Calibre : 9x19mm principalement Longueur totale 155mm Longueur du canon 86mm Poids : 0.568kg Chargeur de 7 coups

Les autres modèles de pistolets et de revolvers

-En dépit de la production importante de Walter P.38, PP et PPK, les stocks des forces armées allemandes disposaient de modèles de pistolets plus anciens ou récupérés dans les pays annexés avant guerre (Autriche, Tchécoslovaquie) ou conquis comme la Pologne.

-Ces pistolets servaient essentiellement pour les troupes de l’arrière ou pour l’instruction des recrues mais étaient peu utilisées en première ligne.

-On retrouve dans les stocks en septembre 1948 quelques antiquités comme des révolvers modèle 1878-93 (calibre 10.55mm, longueur 259mm, poids 870g 6 cartouches dans le barillet) mais ces armes ne sont pas réutilisés.

-Le Mauser modèle 1896/12 (calibre 7.63mm longueur 295mm poids 1140g chargeur de 10 cartouches) est produite à 270000 exemplaires. Ce pistolet à aussi été utilisé par la marine italienne et en Asie. Une version raccourcie est produite après guerre sous le nom de Bolo Mauser.

Cette arme est peu à peu supplantée par le Luger P.08 puis par les différentes armes Walter P.38, PP et PPK. Il en reste suffisamment en réserve pour pouvoir armer les unités de réserve et de mobilisation en attendant la disponibilité de pistolets automatiques plus modernes.

-Le pistolet automatique Mauser modèle 1932 (calibre 7.63mm longueur 298mm poids 1225g chargeurs de dix ou vingt cartouches) connu sous le nom de Schnellfeuerpistole (Pistolet à tir rapide) est produit jusqu’en 1938 à 95000 exemplaires avec 70000 exportés en Chine, le reliquat étant utilisé par les forces de sécurité. Il à été peu utilisé par de véritables unités militaires.

-Le pistolet automatique Sauer & Sohn modèle 1938 (calibre 7.65mm longueur 160mm poids 725g Chargeur de 8 cartouches) est produit à 250000 exemplaires au profit de l’armée de terre, de la Luftwafe et de la police.

Une production importante mais bien faible par rapport aux différents pistolets automatiques de la firme Walter dont la production se compte en millions avec 2.5 millions d’exemplaires pour les différents modèles.

-Les pistolets austro-hongrois Mannlicher modèle 1905 (calibre 7.63mm longueur 240mm poids 1000 grammes chargeur de dix cartouches)  et Roth Steyr modèle 1907 (calibre 9mm longueur 215mm poids 945g chargeur de 12 cartouches) sont conservés après guerre par les pays héritiers de la Double Monarchie.

Après l’Anschluss, l’armée autrichienne est «digérée» et ses équipements rejoignent les stocks de la Deutsche Heer et ces pistolets vont équiper certaines unités de seconde ligne.

Steyr modèle 1912

Steyr modèle 1912

-Le pistolet automatique Steyr modèle 1912 (calibre 9mm longueur 215mm poids 945g Chargeur de douze cartouches) utilisé par les armées austro-hongroises (puis autrichiennes et hongroises) sans compter sa vente à la Roumanie est également utilisé en petit nombre par l’armée allemande, certains exemplaires de ce pistolet étant rechambrés pour tirer au 9mm Parabellum en remplacement du 9mm Steyr.

-Le pistolet automatique Dreyse modèle 1907 (calibre 7.65mm longueur 160mm poids 650g chargeur de sept cartouches) est un pistolet de poche utilisé comme arme personnelle par les officiers allemands et après le premier conflit mondial par l’armée tchécoslovaque.

Les «vieux» officiers allemands ont conservé leur arme et des armes anciennement tchèques ont été saisies en 1938 et 1939 et réutilisées lors de la mobilisation.

-Le pistolet autrichien Steyr modèle 1934 (calibre 7.65mm longueur 162mm poids 605g chargeur 7 cartouches) conçu par une firme belge et fabriqué sous licence par Steyr sous le nom de Steyr modèle 1909.

Le modèle 1934 en est une version améliorée utilisée d’abord par l’armée autrichienne puis après l’Anschluss par l’armée et la police allemande.

-Le pistolet polonais VIS modèle 1935 (calibre 9mm longueur 205mm poids 1010g chargeur 8 cartouches) inspiré du Browning modèle 1911 est produit à 35000 exemplaires pour l’armée polonaise, la production se poursuit au profit de l’armée allemande en Pologne mais également chez Steyr en Autriche.

Pistolet automatique tchèque CZ vz 27

Pistolet automatique tchèque CZ vz 27

-Les pistolets tchécoslovaques CZ modèle 1927 (calibre 9mm longueur 190mm _362mm avec silencieux_ poids 728g _1038g avec le silencieux_ Chargeur de 8 cartouches) et modèle 1938 _deux armes différentes_ (calibre 9mm court longueur 195mm poids 900g Chargeur de 9 cartouches) sont récupérés par l’armée allemande après les annexions de 1938 et de 1939.

Allemagne (46) Armée de Terre (3)

Armement (1) : les armes individuelles et collectives de l’infanterie

Avant-propos

Fusil Mauser modèle 1898K

Fusil Mauser modèle 1898K

-Quand la guerre de Pologne éclate le 1er septembre 1939, l’armement de l’infanterie allemande est un mélange d’armes anciennes et d’armes développées durant les années trente. Le fusil (Mauser 98K) appartient à cette première catégorie alors que les pistolets mitrailleurs notamment les MP-38 et MP-40 appartenaient à la seconde catégorie.

-On trouvait également des pistolets automatiques comme le Luger P08, le pistolet automatique standard de l’armée de terre qui utilise également des modèles plus anciens mais également des armes de prises qu’elles soient autrichiennes, tchécoslovaques ou polonaises.

Luger P08

Luger P08

En ce qui concerne les mitrailleuses, en septembre 1939, la vénérable Mauser MG-08 est encore présente en compagnie de modèles plus modernes comme la MG08/15, la MG-15 et la MG-34, la première mitrailleuse polyvalente car capable d’être utilisée comme fusil mitrailleur avec son bipied et comme mitrailleuse avec un trépied.

mitrailleuse MG-08

mitrailleuse MG-08

L’infanterie allemande utilise également des fusils antichars mais ces armes atteignent très rapidement leurs limites ce qui réduit leur utilisation à des cibles peu ou pas blindées ce qui est assez paradoxal.

Un domaine où l’armée allemande n’à pas à rougir de la concurrence c’est le domaine des mortiers. Si le mortier de 5cm se caractérise par une complexité qui n’à guère de sens sur le champ de bataille, le mortier de 8cm est une arme de valeur dont l’efficacité n’à rien à envier au mortier Brandt de 81mm équipant la France.

Domaine où l’infanterie allemande se différencie de la France et de la Grande-Bretagne c’est la présence au sein même des régiments d’infanterie de canons d’infanterie, un canon de 75mm et un obusier de 150mm ce qui permettait à un régiment d’infanterie d’être totalement autonome.

-Dans le domaine crucial de la lutte antichar, l’infanterie allemande dispose d’un canon de 37mm vite surclassé et remplacé peu à peu par un canon de 50mm.

-Durant l’entre-deux-guerre, durant la Pax Armada (décembre 1939-septembre 1948), l’armement de l’infanterie allemande évolue peu.

En dépit de plusieurs tentatives, le Mauser modèle 1898 est toujours en service. Il faudra l’apparition sur le champ de bataille des MAS 40 et 44 pour qu’un fusil automatique moderne soit mis en service au sein de l’infanterie allemande.

Les pistolets mitrailleurs sont toujours là, les MP-18 et MP-28 ont quasiment tous disparus, laissant la place aux MP-38 et MP-40.

-En ce qui concerne les pistolets automatiques, là aussi, on à tenté sans réellement parvenir au bout de rationnaliser le parc en éliminant les armes les plus anciennes au profit de pistolets plus modernes, les P08 et P38 étant dominants.

Mortier de 80mm

Mortier de 80mm

Pour les mortiers, le 5cm est en voie de retrait du service, le 8cm étant privilégié, les canons d’infanterie étant toujours en service même si on commence à s’interroger sur l’utilité de canons intégrés aux IR, les contempteurs de ces armes estimant que cela immobilise des effectifs qui seraient utiles dans les unités de combat.

Pour la lutte antichar, le canon de 50mm à remplacé le canon de 37mm qui est incapable de percer le blindage de la majorité des chars ennemis.

Enfin pour les mitrailleuses, la MG-34 est devenue la mitrailleuse d’infanterie standard, mitrailleuse bientôt rejointe par la MG-42. La Maschinegewehr modèle 1942 est une mitrailleuse plus simple à produire et d’un fonctionnement également simplifié par rapport à la Maschinegewehr modèle 1934.

Fusil Mauser modèle 1898

-C’est un fusil à répétition, largement utilisé durant le premier conflit mondial. Il reste en service au sein de la Reichswehr.

-En 1935, sonne crois-t-on l’heure de la retraite avec la mise en service d’une version raccourcie la Karabiner 98K  mais en réalité le Gewehr 1898 va reprendre du service pour équiper les unités de mobilisation, la production d’armes neuves ne parvenant pas à satisfaire la demande.

-Des variantes apparaissent dès le premier conflit mondial notamment une variante pour le tir de précision. A la différence des fusils standards, la variante de précision était toujours en service en septembre 1948.

-Toujours durant le premier conflit mondial, apparaît la variante carabine du Gewehr 1898, la Karabiner 98a, variante qui peut être considérée comme l’équivalent de nos mousquetons. Cette variante est encore en service mais en petit nombre en septembre1948.

-La Karabiner 98b est en réalité un fusil, une version améliorée du Gewehr 1898, une version stockée en septembre 1948.

-La Karabiner 98k est donc l’ultime version de ce fusil et l’arme longue standard de l’infanterie allemande durant la guerre de Pologne mais également durant le second conflit mondial, les essais pour un nouveau fusil n’ayant pas débouchés. Il faudra attendre le douloureux affrontement avec des soldats français armés de MAS-40 et de MAS-44 pour qu’un nouveau fusil équipe enfin l’infanterie allemande.

-Le Mauser Gewehr 1898 à aussi été exporté dans différents pays avec un calibre adapté aux désideratas des clients qu’il s’agisse de la Turquie, de la Chine, de la Belgique, de la Tchécoslovaquie, Espagne,Suède, Serbie,Chili ou du Mexique.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 8x57mm puis 7.92mm Poids : 4.09kg à vide pour le Gewehr 98, 3.50kg pour la Karabiner 98a Longueur : 1250mm pour le Gewehr 98, 1090mm pour la Karabiner 98a Longueur du canon : 740mm (590mm pour la Karabiner 98a) Portée maximale efficace : 500m (800m avec une optique de précision Alimentation : chargeur interne de cinq coups

Pistolets Mitrailleurs

-La guerre fraiche et joyeuse d’août 1914 s’enlise à l’automne avec l’enterrement des belligérants dans un réseau de tranchées courant de la mer du Nord à la frontière suisse sur 700km. Le fusil long conçu pour tirer loin avec précision devient mal-aise quand il s’agit de combattre dans les tranchées.

-Au fusil à répétition on préfère la grenade, le pistolet et l’arme blanche  même si cette dernière est psychologiquement difficile à utiliser.

-Emerge l’idée d’une arme compacte avec un chargement en munitions important pour provoquer une “boule de feu” et faire baisser la tête à l’ennemi. C’est l’acte de naissance du Maschenpistole, le pistolet-mitrailleur appelé également mitraillette, le premier du genre étant le MP-18.

Bergman MP18.1

Bergman MP18.1

-Ce MP-18 pose les canons des premiers pistolets mitrailleurs avec une crosse en bois, un canon recouvert d’un manchon perforé, un chargeur escargot ou tambour de 32 cartouches.

-Cette arme est utilisée en petit nombre à la fin du premier conflit mondial. Elle théoriquement interdite par le traité de Versailles mais dans la pratique cette interdiction est rapidement contournée par différents subterfuges.

-Remplacé dans la Heer par le MP-28 et le MP-38, le MP-18 n’est plus en service en septembre 1939 mais il n’est pas impossible que des exemplaires soit encore stockés neuf ans plus tard, prêts à resservir si besoin est.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur Bergman MP 18

Calibre : 9mm Parabellum  Longueur : 820mm longueur du canon 196mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids :  5.9kg (chargé)  Portée pratique : 100m (maximale 200m) Cadence de tir  : 500 coups/minute  

Pistolet-Mitrailleur Bergman MP-28

MP-28

MP-28

-Le MP-18 est une bonne arme mais largement perfectible. Aussi la firme Bergman travaille sur un modèle amélioré baptisé MP-28. Le chargeur droit replace le chargeur escargot, le système de visé est perfectionné, reçoit un système de fixation pour une baïonnette et un sélecteur de tir pour tirer par rafales ou au coup par coup.

-Cette arme équipa d’abord la police puis la Wehrmacht qui l’utilisa en compagnie d’autres armes de ce type. Si les MP-34 et MP-35 équiperont quasi-exclusivement la S.S, les MP-38 et MP-40 complèteront le MP-28 avant de peu à peu le remplacer.

Au sein de la Kriegsmarine, le MP-28 fit de la résistance, équipant encore en septembre 1948 les compagnies de débarquement et les unités chargées de la défense côtière.

Cette arme à également été exportée en Belgique, en Espagne, en Chine, en Bolivie, au Portugal (en 7.65mm) et au Japon, les armes exportées étant principalement fabriquées sous licence en Suisse par la firme SIG de Neuhausen.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur Bergman MP 28

Calibre : 9mm Parabellum  Longueur : 812mm longueur du canon 196mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids :  5.9kg (chargé) 4.01kg (vide)  Portée pratique : 100m (maximale 200m) Cadence de tir  : 500 coups/minute  

Pistolet-Mitrailleur Bergman MP-34 et MP-35

MP-34

MP-34

-Les MP-34 et MP-35 sont assez proches du MP-28 et descendent donc du MP-18. La différence majeure c’est la présence du chargeur à droite au lieu de la gauche, une poignée d’armement fixe pendant le tir et la détente comporte un sélecteur de tir (rafales ou coup par coup).

-Le MP-34 n’est produit qu’à 2000 exemplaires pour équiper les forces de police mais le MP-35 est produit à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires qui vont équiper principalement la S.S mais est également exporté en Bolivie, en Espagne, en Ethiopie, en Suède (où il est produit sous licence sous le nom de M-39) et au Danemark, Copenhague recevant des armes produites en Suède.

-La production du MP-35 se poursuit à bonne cadence jusqu’en 1944 avant de peu à peu décliner, la production étant stoppée en 1949 pour tenter de rationaliser la production d’armement alors qu’une guerre longue se profile.

MP-35

MP-35

Caractéristiques Techniques du pistolet-mitrailleur MP-35

Calibre : 9mm Longueur : 840mm longueur du canon 200mm Poids de l’arme chargée 4.730kg Capacité du chargeur : 24 ou 32 cartouches Cadence de tir : 650 coups/minute

Pistolet-Mitrailleur Erma MP-38 et MP-40

MP-38

MP-38

-Les premiers pistolets mitrailleurs étaient conçus selon les mêmes règles que les armes d’avant à savoir l’utilisation de matières nobles et une finition impeccable.

-La guerre industrielle ne peut se permettre un tel luxe. Les besoins quantitatifs l’emporte sur les besoins qualitatifs ce qui implique de produire vite à bon coût. On remplace donc le bois par le métal et le plastique ce qui n’interdit pas une finition de qualité avec des pièces soigneusement usinées.

-Bien que mis au point en 1936, ce n’est que deux ans plus tard qu’il fût adopté par la Deutsche Heer pour remplacer progressivement les MP-18 et MP-28.

-Lors de la guerre de Pologne, les combats révélèrent un grave défaut de fonctionnement. Le MP-38 fonctionnait avec la culasse ouverte. Si un chargeur était engagé, le seul fait que le pistolet-mitrailleur heurte le sol ou un obstacle et le chargeur pouvait être vidé ce qui provoqua plusieurs accidents.

-Pour résoudre ce problème, le MP-38 fût modifié avec l’installation d’une sécurité qui bloquait la culasse tant que la gâchette n’était pas actionnée. Cette modification donna naissance au MP-38/40.

-La nécessité de simplifier la production entraina le remplacement de l’usinage des pièces par l’estampage et le MP-38 donna naissance au MP-40 qui devint rapidement le pistolet-mitrailleur standard de l’armée allemande, une arme utilisée aussi bien pour le combat rapproché par les Panzergrenadier que par les servants d’armes lourdes ou les services de l’arrière qu’ils soient chargés de la logistique ou de la sécurité.

MP-40

MP-40

Caractéristiques Techniques du Erma MP-40

Calibre : 9mm Longueur avec crosse 833mm sans crosse 630mm Longueur du canon 251mm Poids de l’arme (chargée) 4.7kg Capacité du chargeur 32 cartouches Cadence de tir : 500 coups/minute

Les pistolet-mitrailleurs de prise

Outre les pistolet-mitrailleurs conçus pour elle, l’armée de terre allemande (et plus généralement l’ensemble des unités de la Wehrmacht et de la Waffen S.S) récupéra des armes étrangères, parfois de conception allemande suite aux annexions des années trente.

Ces armes étaient disponibles en petite quantité ce qui pouvait parfois poser des problèmes d’approvisionnement moins en cartouches qu’en chargeurs adaptés. Elles étaient donc le plus souvent utilisés pour l’instruction, l’entrainement ou pour des troupes de réserve en attendant que la production de modèles standards soit suffisamment importante pour les équiper.

Parmi les modèles les plus utilisés citons, le Steyr-Solothurn S-1-100 et le pistolet-mitrailleur tchèque muni d’un bipied (sic), le ZK-383.

23-Armée de terre : Ligne Maginot (1)

23°) La Ligne Maginot

Carte de la défense des frontières françaises en 1939-40

Carte de la défense des frontières françaises en 1939-40

Protéger la frontière du nord-est où la genèse de la Ligne Maginot

En 1919, la France sort victorieuse mais épuisée du premier conflit mondial. Un profond pacifisme se dévellope et même si on crit «L’Allemagne paiera», on craint une attaque brusquée de la Reichwehr qui bien que ne disposant que de 100000 hommes pourraient menacer la frontière du nord-est surtout une fois la Rhénanie démilitarisée évacuée par la France ce qui était à l’époque prévu pour 1934.

A l’époque, la meilleure façon de protéger une frontière c’est de la fortifier mais comment ? Une fortfication permanente et théoriquement infrachissable ou des fortifications de campagne ?

Il existe bien le système Serré de Rivière mais ce système qui comprend des forts principaux à Verdun, Toul, Epinal, Belfort et Langres est non seulement vétuste et protège la frontière de 1871.

Quand aux fortifications allemandes de Thionville, de Metz et de Strasbourg, elles pourraient servir même si cela n’est pas évident de prime abord;

Imaginer un nouveau système fortifié n’est guère aisé dans cette période d’après guerre en raison non seulement des difficultés économiques mais également du scepticisme de glorieux généraux du premier conflit mondial comme le général Guillaumat ou le maréchal Foch, généralissime des armées alliées.

Le 5 mars 1920, une première instruction (instruction Lefèvre du nom du ministre de la Guerre) est publiée pour envisager les futurs champs de bataille de l’armée française et d’éventuelles fortifications.

Le 17 mai 1920, le Conseil Supérieur de la Guerre (CSG) demande à certains généraux de mener des études concrètes sur la défense des frontières, études qui aboutirent deux ans plus tard, le CSG commençant à étudier ces propositions à partir du 22 mai 1922.

Se sentant incompétent, le CSG décide de créer au mois de juin 1922 la Commission chargée des études d’organisation de la défense du territoire placée sous l’autorité du maréchal Joffre. Cette commission se dissout cependant quinze jours après sa création.

Le 3 août 1922, la Commission de défense du territoire (CDT) est créée sous la présidence du général Guillaumat. Après seulement deux séances, elle rend son rapport le 27 mars 1923. Pendant deux ans rien ne se passe.

Le 31 décembre 1925, le ministre de la Guerre, Paul Painlevé créé la Commission de Défense des Frontières (CDF) avec à nouveau le général Guillaumat. Cette commission comme son nom l’indique doit réaliser et non réfléchir, décide de choisir un système de fortification permanent neuf tout en intégrant certaines fortifications plus anciennes comme Metz et Belfort.

Cette commission définit un certain nombre de Régions Fortifiés : RF de Haute-Alsace ou Belfort, RF de Lauter-Basse Vosges, RF de Metz,Thionville et Longwy, des intervalles n’étant pas strictement défendus mais seront couverts (Le Rhin et l’intervalle entre la RF-Lauter et la RF Metz,Thionville et Longwy).

Cependant en 1927, tout est encore loin d’être arrêté. Le maréchal Petain est sceptique sur la possibilité que le Parlement accorde les importants crédits nécessaires. Il réclame un projet plus simple et moins coûteux, plus proche des fortifications de campagne que des forts du 19ème siècle.

Cependant en 1927, Paul Painlevé presse le pas, créant l’Inspection Technique des Travaux de Fortifications (ITTF) et la direction et chefferies de travaux, deux organes dont la création est suivie par celle le 30 septembre 1927 de la Commission d’Organisation des Régions Fortifiées (CORF) qui dépend du ministre de la Guerre et de lui seulement.

La réalisation entre dans sa phase active en 1929, une loi programme est votée le 28 décembre 1929 sous l’impulsion du ministre de la guerre André Maginot. Décédé en 1932, il donnera son nom à cette ligne fortifiée, éclipsant le rôle de son prédécesseur Paul Painlevé.

André Maginot

André Maginot

Les travaux vont être menés avec régularité durant les années trente, des travaux complémentaires seront menés également durant la guerre de Pologne, des ouvrages tactiques destinés à améliorer la défense des approches sur le front Nord-Est mais également de la défense de la frontière belge.

A-Chronologie étoffée de la construction de la ligne Maginot et de ses extensions (1929-40)

Le Nord-Est

Le programme de construction décidé en 1927 et approuvé par le CSG prévoit l’étalement des travaux sur cinq ans (1929-1934) pour un budget initial de 3760 millions réduit à 2900 millions, montant définitivement enteriné le 14 janvier 1930.

Cependant les travaux ont commencé dès le 4 septembre 1928 (ouvrage de Rimplas dans les Alpes Maritimes) alors que les plans définitifs ne sont pas arrêtés mais à l’époque, les discours irrédentistes de Mussolini réclamant Nice et la Savoie inquiètent.

Le Front Nord-Est est privilégié, en 1930 sont lancés des travaux concernant le tronçon central de la RF de Metz, les tronçons initiaux de la RF Lauter ainsi que les ouvrages de «campagne» défendant le Rhin.

Dès le début des travaux, on assiste à des dérapages financiers ce qui entraîne notamment l’abandon d’ouvrages à tourelles d’artillerie qui auraient donné un punch impressionnant à la Ligne Maginot qui aurait pu recevoir des canons de 145mm (autres calibres étudiés : 138mm, 155mm et 240mm). Cette carence sera compensée par le déploiement de l’ALVF.

Les dérapages financiers vont handicaper la deuxième tranche des travaux lancé à partir de 1931 qui bénéficie néanmoins de l’expérience acquise ce qui accélère certains travaux mais en reporte certains……. .

Durant cette deuxième phase on étend la RF de Metz, la RF de Lauter sans oublier la construction d’une troisième ligne de défense sur le Rhin. A noter que si les deux premières lignes avaient été construite sous la direction des autorités locales, la troisième est construite sous l’autorité du CORF.

C’est également à cette époque que l’on se pose les questions de la protection de la frontière Nord qui jusque-là devait se faire dans les plaines belges ce qui rend en théorie inutile des ouvrages fortifiés.

Cependant les élus locaux s’inquiètent et leur influence relayée par le président du Sénat Albert Lebrun est payante, douze casemates doivent être construits dans la forêt de Raismes (au nord ouest de Valenciennes) et dans la forêt de Mormal (au sud-ouest de Maubeuge) mais ces travaux prévus en 1931 sont reportés en deuxième urgence.

La première loi-programme s’achève donc en 1934. Aux 2900 millions initialement approvisionnés se sont ajoutés d’autres crédits portant le budget total et final à 3442 millions mais le programme initial est loin d’avoir été terminé, des ouvrages supprimés et le tronçon Rorbach-Sarre reporté en dépit de son caractère sensible et stratégique.

Une deuxième loi-programme est votée le 6 juillet 1934 qui prévoit 1275 millions de francs pour de nouveaux travaux mais également des travaux reportés de la première phase. Hélas pour la solidité de la Ligne, seule l’extension de la RF Lauter est financée et réalisée mais sous une forme réduite.

A cette même époque, le CORF commence l’amorce d’une extension de la ligne fortifiée vers le Nord plus par la pression politique locale que sous une réelle nécessité car à l’époque (1934), la Belgique est notre allié (ce n’est qu’en 1936 qu’elle rétablira sa neutralité).

Ce deuxième cycle appelé également «Nouveaux fronts» (par opposition aux «Anciens fronts» de 1929-34) va être gêné par des restrictions budgétaires liées notamment à la crise économique. Il faut faire mieux avec moins ce qui ressemble à une vraie quadrature du cercle.

Un projet ambitieux de défense de la frontière Nord est proposé en septembre 1932, un projet prévoyant de protéger les môles de Maubeuge, Baval et l’Escaut à l’aide de cinq ouvrages d’artillerie, quelques petits ouvrages et une ligne d’une trentaine de casemates.

Ce projet est repris en 1934 sans le môle de Baval mais cet ambitieux projet se fracasse sur la réalité et sont simplement réalisés de petits ouvrages. Pour ne rien arranger, les ouvrages de la forêt de Mormal et de Raismes sont hors de la ligne de défense. Le budget de 150 millions est légèrement dépassé (162 millions).

Entre les Anciens Fronts et cet embryon de fortification, le CORF réalise un secteur fortifié à Montmédy qui sera d’une efficacité douteuse car la trouée de Marville située à l’est n’est pas couverte.

En 1935, Jean Fabry chaud partisan de la fortification devient ministre de la Guerre et le CORF espère de nouveaux crédits pour améliorer les Nouveaux Fronts mais au lieu de nouveaux crédits, la CORF est dissoute le 31 décembre 1935, des délégations locales continuant le suivit des travaux à terminer.

Cela ouvre une troisième phase de travaux mais ces travaux seront uniquement des travaux complémentaires qui vont se poursuivre sans centralisation jusqu’au printemps 1940 après donc la fin de la Guerre de Pologne (1er septembre-15 décembre 1939).

Le 18 janvier 1935, un premier coup de semonce avait été donné au CORF. Le nouveau chef d’état-major général de l’armée, le général Gamelin refuse toute nouvelle construction fortifiée majeure, estimant qu’il est temps de passer aux fortifications de campagne, fortifications prévues par le CORF en complément des gros ouvrages et non comme éléments principaux.

La dégradation du contexte international entraîne donc une reprise des travaux avec des petits ouvrages qui ont la préférence aussi bien du Front Populaire que d’Edouard Daladier. Pour la gestion des travaux, il est prévu de la confier aux commandants des régions militaires qui vont bénéficier pour la réalisation de la MOM (Main d’Oeuvre Militaire).

On cherche à obtenir un front continu, un front continu et profond pour empêcher l’ennemi de percer et d’exploiter sa percée.

A priori, cela n’est pas négatif mais dans la réalisation, cela va se révéler assez préjudiciable avec une absence de coordination entre régions militaires et des fortifications de campagne parfois seules dans certains secteurs notamment le long de la frontière belge.

Fort heureusement, la guerre de Pologne ne voit aucune attaque majeure à l’ouest, les escarmouches n’opposant que les corps francs et les unités avancées de l’armée allemande au delà des ouvrages fortifiés.

En mars 1938, le général Griveaux, chef de l’Inspection générale du génie et des fortifications établit un état des organisations défensives construites sous l’autorité des régions militaires. Cet état montre l’hétérogénéité des constructions qui si pour certaines sont très intéressantes, d’autres ont une valeur militaire très faible.

La crise des Sudètes réglée par les accords de Munich provoque un électrochoc en France, la Tchécoslovaquie ne pouvant plus jouer un rôle de menace pour l’Allemagne.

Les programmes de fortifications sont accélérés et au front continu «bête et méchant», on préfère un système de môles capable de se replier sur lui même et de permettre une reconstitution ultérieure d’un front défensif.

En octobre 1938, on dessine cinq môles de résistance. La 1ère armée doit s’appuyer sur celui de Maubeuge, l’armée des Ardennes sur les môles de Revin et de Mezière, la 2ème armée le môle de Sedan-La Mazée et celui de Mouzon, la 4ème armée le môle du seuil de Cappel et la 8ème armée ceux de Sungdau, Lormont, Saint-Hippolyte, Morteau et Pontarlier).

Pour la constitution de ces môles, on renonce aux ouvrages CORF (temps, nécessite de former de nouvelles unités de forteresse) au profit d’ouvrages STG (Service Technique du Génie) qui doivent être occupés par des bataillons de mitrailleurs ou par des grandes unités formées à la mobilisation.

Hélas, ce beau projet est mal appliqué par le général Prételat qui va préférer homogénéiser les fortifications de campagne plutôt que ce concevoir des môles aptes à la défense en profondeur.

La guerre de Pologne surprend la ligne Maginot en plein travaux. En réalité, les travaux ne vont jamais vraiment cesser jusqu’en septembre 1948…….. .

La mobilisation de septembre 1939 impacte l’aménagement des lignes fortifiées. Les unités en ligne consacrent une bonne part de leur temps aux travaux d’aménagement complémentaires. Ces travaux peuvent être résumés de la façon suivante :

-Sur la frontière Nord, une série de casemates STG de différents types sur les positions de Trélon, d’Hirson et de Rocroi, la tête de pont de Charleville et le secteur de Sedan

-Sur la position avancée de Longwy, amorce d’une ligne de bloc contournant la localité.

-Dans la Sarre, la réalisation de différents blockaus STG

-Le clou de ce programme est cependant une seconde ligne de défense destiné à offrir de la profondeur aux fronts allégés du Nord et de la Sarre. Cette ligne est baptisée Ligne CEZF (Commission d’Etudes de Zones Fortifiées), cette dernière étant considérée comme un chaînon manquant entre les fortifications de campagne et les ouvrages du CORF.

Les travaux du CEZF qui inspireront d’autres travaux à la frontière nord ne seront cependant pas achevés avant 1945. A noter que certains ouvrages reportés par le CORF dans le cadre de choix budgétaires seront réalisés mais souvent sous une forme simplifiée.