Japon (65) Armée de Terre (5)

Armes collectives de l’infanterie (1) : fusils-mitrailleurs

Avant-Propos

Quand on interroge des gens sur la première guerre mondiale, les premières images qui surgissent sont les tranchées, les barbelés, le no-man’s land balayé par le feu des mitrailleuses, les soldats tués pour des avancées de quelques mètres.

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Japon (63) Armée de Terre (3)

Organisations des grandes unités

Divisions d’infanterie

Comme toutes les armées du second conflit mondial, l’infanterie domine au sein de l’armée impériale japonaise. C’est encore plus vrai ici car les unités des autres armes sont rares puisqu’il existe seulement trois divisions de chars là où la France en possède seize en septembre 1948 (deux DLC _Tunisie et Indochine_ , six DC _Divisions Cuirassées_ et huit DLM _Divisions Légères Mécaniques_).

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Japon (57) Bases et Arsenaux

BASES ET ARSENAUX

Avant-Propos

Alfred T. Mahan

le théoricien américain Alfred T. Mahan

Comme l’à si bien dit Alfred Mahan, une marine sans ailes c’est à dire sans bases appartient au passé. Si les marines antiques ont pu se passer de bases solidement outillées, les marines à voile et plus encore les marines de l’acier et de la vapeur ne peuvent se passer de bases parfaitement outillées.

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Japon (18) Cuirassés et Croiseurs de bataille (2)

Croiseurs de bataille classe Kongo

Kongo (1913) 2

En guise d’avant-propos

En 1904, l’amiral Fisher devient premier lord de l’amirauté. Arrivé à la tête d’une belle endormie, d’une marine consciente de sa puissance mondiale (britannia rules the waves), le bouillant lord Fisher ru dans les brancards, mettant de nombreux navires à la retraite et surtout innovant dans de nombreux domaines, imposant par exemple la turbine.

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Grande Bretagne (88) Armée de terre (13)

Chenillettes

Avant-propos

La guerre des tranchées posa le problème du ravitaillement de l’infanterie en munitions au milieu d’un terrain bouleversé.

L’utilisation d’animaux de bat comme en montagne se révélant très difficile pour ne pas dire impossible on chercha un moyen mécanique d’amener aux premières lignes les munitions nécessaires, la première véritable guerre industrielle se révélant être un véritable gouffre à munitions.

Le conflit se termina sans qu’une solution satisfaisante ne soit trouvée. Ce n’est qu’au cours des années vingt-trente qu’un moyen mécanique performant fût trouvé sous la forme d’une chenillette capable de transporter des munitions et du ravitaillement voir de transporter et/ou de remorquer les pièces lourdes.

Inspirés des chenillettes Carden-Loyd, les Universal et Loyd Carrier vont faire école en France, la Renault UE étant directement inspirée de la chenillette Carden-Loyd.

Universal Carrier

Universal Carrier Mk II

Universal Carrier Mk II

A l’origine du “transporteur universel” figure les chenillettes Carden-Lloyd qui elles même venaient de la création du colonel Martel, un officier britannique qui avait créé des chars monoplaces alors que le tank connaissait au sein de l’armée britannique une véritable traversée du désert qui explique en partie l’état calamiteux du RTC en septembre 1939 avec des chars globalement inférieurs à leurs homologues continentaux.

En 1934 Vickers produit un véhicule chenillé léger, le Vickers-Armstrong D50 qui disposait d’un moteur à l’avant, d’un emplacement blindé pour un conducteur et un mitrailleur et d’un espace arrière non protégé pour le chargement.

Un petit nombre de ces véhicules furent acquis (soixante-neuf) pour être expérimentés avant de trouver un remplaçant aux tracteurs d’artillerie Dragon. Les véhicules sont livrés en 1936.

A l’origine il existait des modèles différentes adaptés à leur mission spécifique comme le Medium Machine Gun Carrier pour le transport d’une mitrailleuse Vickers et de leurs servants, le Bren Gun Carrier pour le transport d’un trio servant un fusil-mitrailleur Bren,

le Scout Carrier pour le transport d’éclaireurs d’infanterie et enfin le Cavalry Carrier mais dès l’automne 1940 dans le but de rationnaliser production et utilisation un modèle unique est adopté baptisé Universal Carrier.

Le modèle définitif était organisé avec deux membres d’équipage à l’avant, le moteur au centre et l’espace de chargement à l’arrière, un espace peu protégé ce qui rendait inconfortable son utilisation comme un véritable transport de troupes.

Les premiers véhicules sont livrés en 1937 et la production continue jusqu’en 1948 en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et au Canada pour équiper les unités d’infanterie, de char, du génie, de la logistique.

En septembre 1945, Ford Motors acquis la licence du Universal Carrier pour produire un véhicule de transport à destination de l’US Army ainsi qu’un char ultra-léger. Si le second projet ne dépassa pas le stade du prototype (blindage et armement trop faible _deux mitrailleuses calibre .50_), le premier remporta un franc succès auprès des G.I qui l’utilisèrent pour le transport des armes lourdes et le remorquage des canons antichars.

Si l’infanterie l’utilisait pour le transport de ses armes d’appui (mitrailleuses Vickers, fusil-mitrailleur Bren, mortiers), le remorquage des canons antichars de 2 et 6 livres, le transport de troupes (en dépit d’une protection faible de l’espace arrière), la cavalerie et les chars l’utilisait pour le transport de Scouts d’éclaireurs chargés de répérer les guets, les ponts, les éclaireurs étant intégrés aux unités de reconnaissance, utilisant parfois des motos side-car à la place des chenilettes.

Le génie va l’utiliser pour le transport des sapeurs, le transport du matériel de destruction, de franchissement, de minage et de déminage. L’artillerie va l’utiliser comme véhicule d’observation avancé. L’arme savante par excellence va également mettre en oeuvre une version lance-flamme baptisé Wasp.

A la différence des chenillettes Renault UE, les Universal Carriersont toutes armées en l’occurence un fusil mitrailleur Bren.

Un temps un véhicule par section du Carrier Platoon disposait d’un fusil antichar Boys mais à partir de 1943 cette particularité va disparaitre et le véhicule en question embarquait une Vickers ou un Bren.

Les Universal Carrier produites au Canada et en Australie notamment étaient identiques aux modèles britanniques. Ottawa à cependant produit une version baptisée Windsor plus longue de 76cm et qui allait servir de base au premier véritable APC du Commonwealth, le Kangaroo.

Outre les pays producteurs, la chenillette Universal Carrier à été exportée en Grèce, en Chine, en Argentine, au Brésil, aux Pays-Bas et en Suisse.

Caracteristiques Techniques du Universal Carrier Mk I

Poids : à vide 3.19 tonnes en charge 3.75 tonnes

Dimensions : longueur 3.65m largeur 2.06m hauteur 1.57m

Motorisation : un moteur Ford 8 cylindres essence dévellopant 85ch

Performances : vitesse maximale 48 km/h distance franchissable 250km

Blindage : 7 à 10mm

Armement : un fusil-mitrailleur Bren le plus souvent mais parfois un fusil antichar Boys est embarqué à cela s’ajoute les armes transportées (mitrailleuses, mortiers) ou remorquées (canons antichars).

Loyd Carrier

loyd-carrier

Le Loyd Carrier est un autre transporteur chenillé conçu à partir des principaux éléments du camion routier (4×2) Fordson 7V, le moteur étant installé à l’arrière du véhicule. Il utilisait également des composants du Universal Carrier.

Ce véhicule à été conçu à une époque où les commandes se multipliaient tous azimut pour faire face à une augmentation rapide des besoins.

Une première commande de 200 exemplaires est passée en 1939 et livrée courant 1940, le Loyd Carrier étant considéré comme un véritable transport de personnel à la différence de l’Universal Carrier.

Des commandes supplémentaires sont passées pour équiper les unités d’infanterie des divisions et des brigades blindées, l’infanterie des Infantry Division étant motorisée en étant transportée par camions qui la rend mobile mais pas aussi manoeuvrante que l’infanterie portée des Armoured Division et des Independent Armoured Brigade.

Après le Carrier, Tracked, Personnel Carrying Mk I, une version Mk II améliorée fût conçu peu avant le début de la guerre, la production de cette version avait commencée quelques semaines avant le déclenchement du second conflit mondial.

Par rapport au Mark I, le Mark II avait installé le moteur à l’avant droit avec le conducteur à gauche, le tireur s’installant derrière pour mettre en oeuvre une mitrailleuse Besa de 7.92mm sous bouclier, l’idée d’une tourelle un temps envisagée comme sur le véhicule français Renault DAJ-1 n’ayant pas été menée à son terme. Les soldats sont toujours embarqués à l’arrière.

Outre la version transport de personnel, des variantes spécialisées ont été prévues : commandement, dépannage, transmissions, tracteur d’artillerie, lance-flammes.

Si avant la guerre le véhicule n’à pas été exporté, le début du conflit voit le Canada produire une version spécifique la Mark III qui se distingue par un moteur Ford plus puissant et un armement différent avec une Vickers 7.7mm en place de la Besa.

Le retour d’expérience de la campagne de Norvège accélère le passage vers un véritable Armoured Personnal Carrier (APC) avec un compartiment de troupes couvert et une véritable tourelle armée d’une mitrailleuse Besa de 7.92mm, c’est le Carrier Tracked Personnal Carrying Mk IV.

Caracteristiques Techniques du Loyd Carrier Mark II

Poids : 4.50 tonnes

Dimensions : longueur 4.24m largeur 2.06m hauteur 1.42m

Motorisation : un moteur essence Ford V8 de 85ch

Performances : vitesse maximale 48 km/h sur route distance franchissable 220km

Blindage : 7mm

Armement : une mitrailleuse Besa de 7.92mm sous bouclier avec 2500 cartouches

Equipage : 2 hommes plus un groupe de combat à l’arrière

Camions

Tout comme les autres armées, l’armée de terre britannique utilise de nombreux camions plus ou moins spécialisés pour assurer le transport des divisions d’infanterie (entièrement motorisées) et des taches de soutien logistique.

CMP Field Artillery Tractor

CMP Field Artillery Tractor

-Le CMP Field Artillery Tracktor est un tracteur d’artillerie d’origine canadienne 4×4, le Chevrolet 8440/CGT Tractor 4×4 Field Artillery utilisé par l’armée canadienne, l’armée britannique et les autres armées des Dominions (Australie, Nouvelle-Zélande).

Il est utilisé pour tracter les obusiers de 25 livres et les canons antichars de 17 livres. Les premiers véhicules sont mis en service dans l’armée canadienne en 1940 avant d’être exportés dans les autres pays du Commonwealth (Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud) mais également en Irlande.

La production de ce véhicule est toujours en cours en septembre 1948 sans grandes modifications mis à part des points de détail.

AEC Matador

AEC Matador

-L’autre tracteur d’artillerie de l’armée britannique est l’Associated Equipment Company (AEC) Matador, un tracteur d’artillerie 4×4 avec un autre véhicule en version routière 4×2 appelée également Matador. Un véhicule 6×6 appelé Marshall est également dévellopé pour les pièces les plus lourdes.

Certains Matador ont été livrés à la Royal Air Force (RAF) pour le remorquage des pièces d’artillerie antiaériennes lourdes mais également pour le dépannage et le ravitaillement en carburant.

Il y eut également des tests de pièces d’artillerie autoportées, l’Afrique du Sud installant un canon de 6 livres tirant vers l’arrière.

Cette configuration ne dépassa pas le stade du prototype mais au cours de la campagne de Norvège, des unités antichars lassées d’être tournées par les unités allemandes démontèrent les affûts de leurs canons antichars de 6 livres et les installèrent sur des Matador pour obtenir une pièce puissante et mobile.

Comme pour le CMP FAT, le Matador à servit dans les différentes armées du Commonwealth à savoir le Canada, l’Afrique du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Morris CDSW

Morris CDSW

-Le Morris CDSW est un tracteur d’artillerie 6×4 mis en service au milieu des années trente pour permettre de remorquer les pièces d’artillerie de campagne (canon de 18 livres, obusier de 4.5 pouces, obusier de 25 livres) mais également les canons antiaériens de 40mm Bofors.

Ce véhicule était toujours en service en septembre 1939 mais neuf ans plus tard, il à été largement remplacé par le Morris C8 “Quad” et l’AEC Marshall.

Une partie des véhicules est stockée et ressortie des dépôts au moment de la mobilisation, le temps que des véhicules modernes sortent des chaines de montage.

Morris C-8

Morris C-8

-Le Morris C8 “Quad” est utilisé principalement pour tracter les canons de 25 livres, la principale pièce d’artillerie de campagne britannique (pour ne pas dire la seule). Il était également utilisé pour tracter le canon antichar de 17 livres.

Chaque régiment d’artillerie disposait de 36 Morris C8 Quad, vingt-quatre tractant un canon et un caisson à munitions, douze tractant deux caissons.

La mise au point du véhicule commence en 1937, les premiers véhicules étant livrés fin 1939 quand s’achève la guerre de Pologne. Une poignée de véhicule aurait réussit à passer en France mais ce n’est pas confirmé.

Outre le tracteur d’artillerie, des variantes ambulance, dépannage et transport de charges ont été mises au point.

Caracteristiques Techniques du Morris C8 “Quad”

Poids : 3.4 tonnes

Dimensions : longueur 4.489m largeur 2.21m hauteur 2.26m

Motorisation : un moteur essence Morris EH 4 cylindres de 70ch

Performances : vitesse maximale : 80km/h autonomie : 257km

Blindage : aucun

Equipage : un conducteur plus six passagers

Scammel Pioneer

Scammel Pioneer

-Le Scammell Pioneer est un tracteur lourd routier 6×4 issu paradoxalement d’un véhicule tout-terrain destiné aux colonies britanniques pour un usage civil. Sorti en 1927, un exemplaire est acquis en 1932 pour servir de porte-char avec une remorque dédiée mais cet achat est sans lendemain.

Il faut attendre 1935 pour attendre que ce modèle soit commandé en série mais avec un moteur diesel en remplacement d’un moteur à essence.

Ce véhicule va servir principalement de tracteur d’artillerie lourde et de porte-char avec une remorque dédiée mais également de véhicule de d”pannage lourd.

Des commandes régulières sont passées suivant l’augmentation des grandes unités blindées-mécanisées de la British Army. Ainsi en septembre 1948, 840 Scammell Pioneer sont en service dans les trois variantes sus-nommées et la production continue alors que le second conflit mondial à éclaté.

Caracteristiques Techniques du Scammell Pioneer

Poids : 8.4 tonnes

Dimensions : longueur du tracteur 6.70m (totale avec remorque 10.97m) largeur 2.87m hauteur 2.74m

Blindage : aucun

Motorisation : un moteur Gardner diesel de 102ch

Performances : vitesse maximale 35 km/h distance franchissable 850km

Bedford OY

Bedford OY

-Le Bedford QL était un camion cargo utilisé par l’armée britannique dès la guerre de Pologne mais également durant le second conflit mondial.

Véritable bête de somme de l’armée britannique et de celles du Commonwealth, il fût décliné en version cargo, citerne à carburant, citerne à eau, dépannage, poste de commandement, hôpital de campagne. La production était toujours en cours dans des versions améliorées en septembre 1948.

Caracteristiques Techniques du Bedford QLG

Poids à vide 3.277 tonnes en charge 6.985kg charge utile 3 tonnes

Dimensions : longueur 5.99m largeur 2.26m hauteur 2.54m

Motorisation : un moteur Bedford 6 cylindres essence dévellopant 72ch

Performances : vitesse maximale : nc Autonomie 250km

Equipage : un conducteur et jusqu’à onze passagers

Blindage : aucun

Austin K5

Austin K5

-Le Austin K5 était un autre camion utilisé par l’armée britannique, sa capacité de chargement étant identique à celle du Bedford QLG. Tout comme le Bedford il fût décliné en de nombreuses versions spécialisées, adaptées aux besoins d’une armée moderne.

Caractéristiques Techniques du Austin K5

Poids : 6.7 tonnes charge utile 3 tonnes

Dimensions : longueur 5.99m largeur 2.21m hauteur 3.02m

Motorisation : un moteur essence Austin 6 cylindres de 85ch

Blindage : aucun

Bedford OY

Bedford OY

-Le Bedford OY est un autre camion utilisé pour le soutien logistique, la guerre blindée-mécanisée nécessitant des quantités phénoménales de carburant, de munitions, de pièces détachées sans oublier les vivres.

Comme l’Austin K5 et le Bedford OLG, le Bedford OY à été décliné en différentes versions : cargo, dépannage, tracteur d’artillerie, camion citerne à eau, camion citerne à essence, camion-benne…. .

Mis en service en septembre 1939, il est toujours en service en septembre 1948 et toujours en production pour augmenter les stocks de véhicules mais également remplacer les premières pertes du conflit qui s’annonce nettement plus long et coûteux que la guerre de Pologne.

Le Bedford OYD était la version cargo alors que le OYC était la version citerne de ce véhicule qui existait également en version à empattement raccourci, le Bedford OX. Le OXD était la version d’usage général (en clair un camion cargo) alors que le OXC était destiné au remorquage de remorques porte-char, le Bedford OXA étant une version à cabine blindée.

Caracteristiques Techniques du Bedford OY

Poids : 6.5 tonnes

Dimensions : longueur 6.22m largeur 2.18m hauteur 3.09m

Motorisation : un moteur essence de 72ch

Performances : vitesse maximale 65 km/h distance franchissable 450km

-D’autres camions ont été produits en petite quantité durant la guerre de Pologne comme le Leyland Retriever un véhicule 6×4 mais également le Diamond T-980 acquis en 1941 pour servir de remorqueur de remorques porte-chars pour les véhicules les plus lourds, cet achat aux Etats-Unis s’expliquant par la surcharge de l’industrie britannique.

Véhicules légers

Austin K2

Austin K2

-L’Austin K2/Y est une ambulance lourde utilisée par la British Army mais également par les différentes armées du Commonwealth. Elle était basée sur le chassis du camion léger Austin K30 avec une demi-cabine, le haut de la cabine solide étant remplacé par une bache protégeant contre les intempéries mais pas vraiment contre la feraille du champ de bataille.

L’espace pour les blessés à été conçu par le Royal Army Medical Corps et mesure environ 2.6m de long 2m de large et 1.7m de haut.

Caracteristiques Techniques de l’Austin K2/Y

Poids : 3124kg (à vide)

Dimensions : longueur 5.49m largeur 2.26m hauteur 2.79m

Motorisation : un moteur essence Austin dévellopant 60ch à 3000 tours par minute

Performances : vitesse maximale 80 km/h

Blindage : aucun

Equipage : 2 ou 3 hommes 4 blessés allongés ou 10 assis

-Outre cette ambulance lourde que nous venons de voir, l’armée de terre britannique disposait d’autres véhicules légers qui étaient principalement utilisés au début de la guerre pour trois missions :

-service général : transport et liaison

-véhicule d’état-major

-véhicule radio

Humber Heavy Utility Car

Humber Heavy Utility Car

-Le véhicule de base est la Humber Heavy Utility Car, un véhicule 4×4 produit à partir de 1940 et entrant en service courant 1941. D’abord utilisé comme véhicule d’état-major, la Humber Heavy Utility Car fût décliné ensuite en version GS (General Service/Service Général) avec une cabine à deux places à l’avant et un plateau arrière pouvant recevoir 500kg de charge ou six hommes.

Ce véhicule était toujours en production en septembre 1948 même si la nécessité de produire plus rapidement un véhicule moins coûteux rendait son avenir fort incertain.

-L’autre véhicule est le camion de 8-cwt Humber, un camion de 400kg de charge utile avec un habitacle avant recouvert d’une capote et soit d’un plateau arrière ou d’un habitacle fermé, le premier utilisé pour la version GS et le second pour la version transmission (FFW Fitted for Wireless, radio).

-La firme Bedford proposa également un véhicule de 15 cwt (charge utile : 750kg), un camion de 2 tonnes au total choisit par le War Office à partir de 1935 pour une série de tests qui débouche sur la commande en août 1938 de 2000 exemplaires d’un véhicule adapté aux besoins militaires, le Bedford MWD.

Les commandes se succèdent pour équiper la British Army mais également la Royal Air Force et la Royal Navy pour des missions de transport d’hommes et de matériel, la RAF utilisant ces véhicules pour transporter les équipages et les bombes destinés aux bombardiers.

La version de base disposait d’une cabine munie d’une capote et d’un plateau arrière bâché, les versions ultérieures disposaient eux d’une cabine entièrement fermée, la partie haute étant cependant démontable en cas de besoin.

Grande Bretagne (84) Armée de terre (9)

Matériel de l’Armée britannique (6) : chars de combat

Avant-Propos

Après l’échec de la guerre de mouvement et de la course à la mer à l’automne 1914, le front se fige dans un double réseau de tranchées allant de la mer du Nord à la frontière suisse, un réseau de tranchées séparé par un espace dont le nom est évocateur : no man’s land (l’espace où l’homme est absent), un espace de boue, de trous d’obus _parfois rempli de gaz de combat_ de barbelés battu par les feux croisés de mitrailleuses solidement retranchées.

Dans un premier temps, on lance de couteuses offensives frontales précédées de préparations d’artillerie censées tout écraser et ouvrir une voie royale à l’infanterie.

Au lieu de cela, l’artillerie aura bien du mal à détruire les réseaux de barbelés et les lignes allemandes solidement construites et aménagées feront mieux qu’encaisser les coups.

Et même quand la première ligne voir la seconde sont emportées, les difficultés à amener des renforts ou à exploiter la percée (la cavalerie à cheval montra là qu’elle était une arme du passé) permettait aux allemands de reconstituer une ligne cohérente.

Résultat, les pertes de l’infanterie sont absolument colossales. Le mécontentement grandit et une solution doit être trouvée pour obtenir la percée si ardement recherchée.

Comme vaincre la terrifiante trilogie Mitrailleuse/Barbelés/Tranchées ? La mobilité dans un terrain bouleversé est la clé pour obtenir cette percée recherchée, désirée, attendue.

La roue est exclue d’emblée, elle ne peut aller que sur route. Reste la chenille qui à fait ses preuves pour tracter de lourdes pièces d’artillerie.

Pourquoi ne pas monter une caisse blindée avec des mitrailleuses et/ou des canons pour franchir le no man’s land et ouvrir le chemin à l’infanterie puis à la cavalerie à cheval qui doit exploiter la percée et semer le chaos et le désordre sur les arrières de l’ennemi ?

C’est l’acte de naissance du char de combat connu à l’origine comme un cuirassé terrestre ou tank (réservoir), cette dernière appelation étant un subterfuge destiné à cacher aux espions allemands leur véritable rôle.

Char Mark I

Char Mark I

Le 15 septembre 1916, 49 Mark I sont engagés dans la Somme à Flers-Courcellette à la grande fureur des français qui auraient voulu attendre que le système soit au point et surtout disponible en grande quantité.

Sur ces 49 chars, 32 furent engagés, les autres étant paralysés par les pannes et la boue. Ils ne répondirent pas à toutes les attentes mais provoquèrent la panique dans les rangs allemands qui n’avaient aucune arme à s’opposer à de tels mastodontes.

Les allemands finirent par se resaisir (élargissement des tranchées, artillerie à proximité des premières lignes, fusils antichars) mais la présence du char allait donner aux alliés un avantage décisif.

Le 11 novembre 1918 survint l’Armistice qui stoppa les projets d’offensive qu’il s’agisse d’une offensive franco-américaine en Lorraine en novembre et surtout de la grande offensive alliée au printemps 1919, offensive qui devait permettre de porter la guerre sur le territoire allemand.

Cet armistice si dans un premier temps fût célébré par toute l’Europe comme la fin d’un cauchemar allait se révéler désastreux pour des raisons politiques et militaires.

Politiques car en l’absence de combats sur le sol allemand, les militaires allemands pouvaient se considérer comme une armée invaincue et faire courir la “légende du coup de poignard dans le dos” (Dolchlosslegend) où l’arrière avait trahit l’avant.

Militaires car l’offensive du printemps 1919 aurait du voir l’emploi massif de chars et d’avions, annonçant avec vingt ans d’avance la tactique allemande contre la Pologne et les grandes offensives du second conflit mondial.

Sur le plan technico-tactique, l’absence du concept de RETEX empêche d’exploiter pleinement les leçons du conflit qui s’achève. La présence du char est jugé nécessaire mais il n’est pas vu comme l’élément structurant des forces, une stratégie militaire ne peut s’organiser autour de lui.

L’apparition d’un nouveau vecteur militaire ne remet pas en cause la division classique du combat : à l’infanterie la conquête et l’occupation, à la cavalerie la poursuite et l’exploitation.

On imagine alors deux types de chars : un char rapide, véloce, peu protégé pour l’exploitation, un char de cavalerie et de l’autre un char lent, bien protégé destiné à appuyer l’infanterie.

Il est à noter que l’affrontement contre d’autres chars est peu ou pas considéré ce qui parait étonnant avec nos yeux de contemporains connaissant la suite des événements.

A ces problèmes conceptuels s’ajoute les problèmes industriels. L’arrêt de la production des chars, la faiblesse des budgets entraine une perte de compétences industrielles rendant illusoire la production rapide de blindés lourds et/ou puissants ce qui explique la prédilection pour les chars légers plus faciles et plus rapides à produire.

Résultat en septembre 1939, les chars britanniques sont globalement très inférieurs à leurs homologues français. Le Matilda II était ainsi très bien protégé mais lent et son canon de 40mm (2 pouces) était orienté uniquement vers l’antichar sans obus explosifs pour assurer l’appui de l’infanterie.

Les chars Cruiser étaient rapides, bien armés pour l’époque mais peu ou pas protégés ce qui réduisait leur durabilité. Ne parlons pas des Light Tanks issus des chenillettes Carden-Lloyd qui étaient de véritables cercueils roulants tout juste bons pour la reconnaissance et encore….. .

Les tankistes britanniques durent pousser un ouf de soulagement en apprenant la fin du conflit le 15 décembre 1939.

La Pax Armada permis au Royal Tank Corps britannique de rattraper son retard grâce à l’aide de la France, les années 1940/48 étant marquées par une intense coopération technique qui fonctionne dans les deux sens, le RTC recevant des chars français comme le Hotchkiss H-39, l’AMX-42 ou le B1bis qui furent parfois mis en service mais furent surtout utilisés pour améliorer les chars britanniques. Les britanniques transmirent eux leurs connaissances en matière d’ergonomie et de suspension.

Résultat en septembre 1948, le RTC dispose de chars nettement plus performants et modernes avec des chars lourds Churchill à armement dual (obusier de 3 pouces en caisse, canon de 6 livres en tourelle), des chars moyens Cromwell à canon de 75mm en tourelle et des chars légers de reconnaissance, un bon compromis entre mobilité, protection et armement avec un canon de 6 livres.

Chars légers Vickers

Avant-Propos

La fin du premier conflit mondial marqua la fin à la fois de la production mais également de la recherche sur de nouveaux blindés. Seuls les manufacturiers privés continuèrent de travailler sur des tank dans le but de les exporter, le marché n’était pas gigantesque mais suffisant pour justifier l’investissement dans des chars légers.

Parmi ces manufacturiers figure la firme Carden-Loyd qui avait suivit l’idée d’un ingénieur militaire britannique, le major Martel qui avait proposé un char monoplace, concept qui se révéla trop limité. Carden-Lloyd produisit également des petits chars biplaces appelés Carden-Loyd Tractor ou en français tankettes.

Ce petit modèle de char utile notamment pour l’outre-mer allait être largement utilisé par l’armée britannique mais également à l’étranger en Pologne, en Tchécoslovaquie, en URSS, en Bolivie, au Japon, au Canada, en France, en Italie, en Inde, aux Pays-Bas, en Chine, en Finlande, au Portugal, au Chili, en Belgique et en Thaïlande, la plupart des pays commandant des quantités réduites pour une production sous licence qui révéla rapidement la limite des tankettes dans la guerre moderne.

La production s’achèva en 1935, les deux dernières la production étant assurée non pas par la division de Vickers mais par la Royal Ordnance Factories.

En 1928, la firme Carden-Loyd fût rachetée par la firme Vickers. Les travaux sur les tankettes furent réutilisés par la firme Vickers-Armstrong pour dévelloper de nouveaux chars légers.

Les différents modèles : du Mk I au Mk VI

Light Tank Mk II

Light Tank Mk II

Le premier Light Tank (Light Tank Mk I) apparait en 1929. Il est quasi-identique au Carden-Loyd Mk VIII. Son blindage était symbolique et son armement était composé d’une mitrailleuse Vickers de 7.7mm dans une tourelle monoplace. Cinq exemplaires seulement furent produits et utilisés à des fins d’expérimentation.

Après un Mk IA de transition, apparaît en 1930 le Mk II, le premier véritable char léger Vickers qui était semblable au Mk I avec néanmoins une tourelle légèrement agrandie et un blindage plus épais, ce Mk II étant suivit des Mk IIA et Ml IIB qui n’introduisaient que des changements mineurs.

Light Tank Mk III

Light Tank Mk III

Le Light Tank Mk III produite à seulement 36 exemplaires est essentiellement destinée à l’export notamment aux Pays-Bas alors que le Mk IV lui aussi de production limitée servit surtout aux essais de la suspension Hortsmann.

Light Tank Mk V

Light Tank Mk V

Le Light Tank Mk V marquait de notables différences avec une tourelle biplace (l’équipage passant à trois hommes) et un armement renforcé avec une mitrailleuse .50 (12.7mm) et une mitrailleuse .303, le gain de poids améliorant la mobilité en plaquant davantage le véhicule au sol.

Light Tank Mk VI

Light Tank Mk VI

Le Mk VI apparait en 1936 et va être produit largement jusqu’en 1940 quand la production de ces chars légers trop légers cesse. Il est fort proche du Mk V mais la tourelle est encore agrandie pour accueillir un équipement radio, la coupelle de commandement apparue sur le Mk II destiné à l’Armée des Indes disparaît sur le Mk VIC. Cette dernière version est la mieux armée avec une mitrailleuse de 15mm et une mitrailleuse de 7.92mm de type Besa.

Des variantes spécialisées sont conçues notamment une version antiaérienne et une version tropicalisée pour les Indes mais elles sont peu utilisées.

Quand la guerre de Pologne éclate, le Mk VI constitue l’essentiel de la flotte de chars britanniques avec 1002 exemplaires, les Cruiser et Infantry Tank étant très peu nombreux avec respectivement 79 et 67 exemplaires. Sur ce total seulement 196 chars légers et 50 chars d’infanterie étaient opérationnels.

Retiré de la majorité des unités de combat courant 1942, le Mk VI était encore présent dans l’Empire pour des taches de police coloniale. En Métropole, les Mk VI étaient présents en petit nombre dans les unités de reconnaissance mais étaient surtout utilisés pour l’instruction.

Quelques chars légers de ce type furent transférés à la RAF pour assurer la protection des terrains d’aviation contre un raid aéroporté allemand, une menace crédible, l’opération Weserübung ayant vu l’engagement massif des Fallschirmjäger qui s’emparèrent de plusieurs aérodromes norvégiens, permettant à la Luftwafe de conquérir rapidement la maitrise du ciel en dépit de la présence des porte-avions français et anglais.

Caracteristiques Techniques du Vickers Light Tank Mk V

Poids : 4.877 tonnes

Dimensions : longueur 3.97m largeur 2.08m hauteur 2.23m

Motorisation : un moteur Meadows ESTL essence 6 cylindres de 88ch

Performances : vitesse maximale 51.5 km/h autonomie 201km

Armement : une mitrailleuse Vickers .50 (12.7mm) associé à une Vickers.303 (7.7mm)

Equipage : trois hommes

Vickers Light Tank Mk VII Tetrach I et Mk VIII Tetrach II

Light Tank Mk VII

Light Tank Mk VII

A l’origine du Tetrach figure une initiative de la firme Vickers pour un char léger plus performant que la série des chars issus des tankettes Carden-Loyd. Lancé en 1937, le projet fût baptisé Purdah et avait pour objectif d’offrir à l’armée britannique et à d’éventuels clients étrangers un char léger mieux protégé et mieux armé que les Light Tank existants.

Le char était plus lourd (7.6 tonnes), était armé d’un canon de 2 livres (40mm) et d’une mitrailleuse de 7.92mm Besa dans une tourelle biplace avec un blindage de 14mm et un moteur de 165ch permettant au véhicule de filer à 65 km/h.

Le prototype est testé par le War Office en mai et juin 1938. Il est considéré comme un char léger potentiel mais pas comme une hypothèse d’équipement pour la catégorie cruiser. Une production limitée est autorisée en novembre 1938.

Le nombre fluctua en fonction des hésitations du Département de la Guerre, le nombre passant de 70 à 120 puis réduit à 70 avant de passer à 100 puis enfin à 220, la production n’est lancée qu’en septembre 1940, les premiers chars officiellement baptisés Light Tank Mk VII Tetrach sont livrés au printemps 1941, les derniers chars sortant des chaines de production en avril 1942.

Ces chars vont être utilisés pour la reconnaissance au sein des divisions blindées mais à l’usage ces blindés sont jugés trop vulnérables aux nouvelles armes antichars allemandes. Ces chars vont être ultérieurement transférés aux Royal Marines pour être les premiers chars amphibies britanniques.

Du Mk VII naquit le Mk VIII Tetrach +, une version alourdie et améliorée du Mk VII. Ce véhicule est clairement issu de l’intense coopération entre la France et la Grande-Bretagne, la firme AMX effectuant un voyage chez Vickers pour partager leurs propres recherches pour participer au dévellopement d’un nouveau char léger.

Deux prototypes sont commandés en septembre 1942 et présentés aux essais du War Office en mars 1943. Les essais se passent bien, les quelques problèmes (surchauffe anormale du moteur, problèmes d’embrayage) sont vites résolus.

Par rapport au Tetrach I, le Tetrach II ex-Tetrach + est plus gros (8.5 tonnes), plus rapide et surtout mieux armé avec un canon de 6 livres dérivé du canon antichar associé dans une tourelle biplace à une mitrailleuse Besa de 7.92mm.

Le choix de l’armement à été source d’hésitation. Si le 2 livres semblait écarté d’office en raison de performances déclinantes, d’autres canons ont été étudiés qu’il s’agisse de l’obusier de 3 pouces (utilisé notamment sur le char Churchill), du canon de 25mm français ou du 47mm lui aussi français mais il semble que ces deux dernières possibilités n’aient été que des hypothèses de travail.

Le choix du 6 livres tirant des obus explosifs (HE) et perforants s’explique par la volonté de choisir une arme capable de contrer les véhicules de reconnaissance ennemi mais une arme pas trop puissant pour ne pas laisser l’équipage engager le combat à tous les coups.

La production en série est lancée en janvier 1944, les premiers véhicules étant livrés en octobre de la même année, les derniers exemplaires de série sortant des chaines de montage en mars 1946.

Aux Tetrach II standard à canon de 6 livres figure également des versions dérivées : dépannage, appui-rapproché avec un obusier de 3 pouces (76.2mm) et une version antiaérienne avec un affût quadruple de mitrailleuses de 15mm Besa.

Chaque régiment de reconnaissance des quatre divisions blindées dispose d’un escadron de chars légers composé d’un état-major avec deux blindés (celui du commandant de l’escadron et de son adjoint), trois pelotons de sept blindés (quatre chars de reconnaissance, deux chars d’appui, un char de dépannage) disposant chacun de neuf motocyclistes et un peloton de soutien avec trois Tetrach antiaériens, un Tetrach de dépannage, des éléments de soutien logistique et de transmission.

Chaque escadron dispose donc de vingt-sept Tetrach soit un total de cent huit blindés en service au sein des Armoured Division, d’autres véhicules étant stationnés en outre-mer.

Ce petit blindé fût également exporté au Canada, en Afrique du Sud _où il constituait le seul char en service dans la Royal South African Army en septembre 1948_ , en Inde, en Australie, en Nouvelle-Zélande mais également en Colombie, en Argentine et au Chili. A noter que la commande thaïlandaise à été annulée officiellement suite à un non-paiement mais officieusement suite à l’intervention de la France.

Quand le conflit éclate, les parachutistes allemands montrent leur valeur et l’armée britannique réticente jusque là décide de mettre sur pied une brigade (plus tard division) aéroportée.

Pour la doter d’une composante char, le Tetrach I est d’abord choisit pour équiper un bataillon blindé léger, les véhicules étant puisés dans les stocks en attendant qu’une version adaptée du Tetrach II soit mise au point.

Caracteristiques Techniques du Tetrach I

Poids : 7.62 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 4.30m longueur de la caisse 4.12m largeur 2.31m hauteur 2.12m

Motorisation : un moteur essence Meadows 12 cylindres 165ch

Performances : vitesse maximale sur route 64 km/h vitesse maximale en tout terrain 45 km/h

autonomie 220km

Blindage maximal : 10 à 15mm

Armement : un canon de 2 livres (40mm) associé à une mitrailleuse de 7.92mm Besa

Equipage : trois hommes

Caracteristiques Techniques du Tetrach II

Poids : 8.5 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 4.45m longueur de la caisse 4.30m largeur 2.50m hauteur 2.20m

Motorisation : un moteur essence Meadows 12 cylindres 180ch

Performances : vitesse maximale sur route 67 km/h vitesse maximale en tout terrain 48 km/h

autonomie 220km

Blindage maximal : 15mm

Armement : tourelle biplace avec un canon de 6 livres (57mm) et une mitrailleuse Besa de 7.92mm

Equipage : trois hommes

Grande Bretagne (84) Armée de terre (8)

Matériel de l’Armée Britannique (5) Artillerie antiaérienne

Avant-Propos

L’évolution du matériel militaire répond à la loi classique action/réaction. Dès que des moyens, des vecteurs de reconnaissance ont pris l’air, l’ennemi à cherché à les abattre.

Dès Fleurus (1794), l’ennemi à essayé de crever cet oeil indiscret mais sans réel succès jusqu’à l’arrivée des plus lourds que l’air, des avions qui renvoyèrent au rang d’antiquités militaires les ballons et autres dirigeables d’observation.

Vecteur de reconnaissance dans un premier temps, l’avion ne tarda pas à être utilisé pour le combat bombardant les positions ennemies et attaquant ses homologues adverses d’abord à la carabine puis à la mitrailleuse.

Face à cette menace venue du ciel, la parade fût toute trouvée : pointer une mitrailleuse ou un canon à tir rapide vers le ciel.

Le premier conflit mondial s’achève sans qu’une arme spécialisée soit mise au point pour contrer l’aviation, les mitrailleuses légères utilisées ayant été mises au point pour le combat terrestre et les canons sont des adaptations de canons terrestres comme le “75” français véritable couteau suisse de l’artillerie française.

Avec l’augmentation des performances des avions ces expédients ne suffisent plus, des armes spécialisées doivent être mises au point. Si les mitrailleuses lourdes (calibre de 10 à 15mm) sont encore efficaces, les mitrailleuses légères d’un calibre de 7 à 9mm sont inefficaces au delà de la psychologie.

L’armement antiaérien en raison de l’échec des roquettes sol-air se compose exclusivement de canons, des canons antiaériens légers de 20 à 45mm, des canons médians d’un calibre compris entre 50 et 80mm et enfin des canons lourds d’un calibre allant globalement de 90 à 128mm.

Sans qu’il y ait de cloison étanche, on remarque que les unités de mélée disposent des pièces légères pour se protéger des bombardiers attaquant à basse et moyenne altitude alors que les canons médians et lourds sont davantage tournés vers la protection de l’arrière.

Ce choix s’explique à la fois par les besoins de ces unités de combat les menaces auxquelles elles font face (plus des bombardiers en piqué et des bombardiers légers que des bombardiers lourds lachant à haute altitude des tapis de bombes) mais également par de basses raisons pratiques, un canon lourd nécessite beaucoup de personnel, est lourd, encombrant et peu mobile.

L’armée britannique ne fait pas exception, utilisant essentiellement des Oerlikon et des Polsten de 20mm, des Bofors de 40mm pour la protection de ces unités de mêlée alors que l’arrière est protégée essentiellement par des pièces de 3 pouces (76.2mm), des pièces de 3.7 pouces (94mm), des canons de 4.5 pouces (114mm) et enfin des canons de 5.25 pouces (133mm).

Si les deux premiers des canons lourds sont utilisés sur des affûts mobiles permettant en théorie de suivre les troupes de première ligne, les deux derniers issus de l’artillerie navale sont utilisées davantage sur des emplacements fixes pour protéger des cibles à très haute valeur, cibles politiques, militaires et industrielles.

Sur le plan des structures, les divisions disposent d’un régiment antiaérien équipé de pièces de 20 et de 40mm (après avoir été un temps équipé uniquement de canons de 40mm), les brigades d’un bataillon antiaérien.

Pour la défense de l’arrière, on trouve douze divisions antiaériennes équipées de pièces médianes et lourdes (quelques pièces légères assurent la protection rapprochée des pièces lourdes), de projecteurs et de ballons de barrage.

Dépendant d’un Un Anti-Aircraft Command elles sont donc à but territorial, peu mobiles et peu souples d’utilisation. Elles sont donc réorganisées au printemps 1945, chaque division disposant de trois brigades totalement autonomes capables de protéger seules un secteur.

Si huit divisions sont déployées sur le territoire britannique (quatre en Angleterre, une en Irlande du Nord, une au Pays de Galles et deux en Ecosse), une est déployée en Egypte, une en Palestine mandataire et deux en Malaisie.

Pour couvrir le BEF, quatre brigades sont déployées sur le continent, renforçant par la même occasion l’action de la DAT française.

Canon de 20mm Oerlikon

Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

Si le canon de 20mm Oerlikon est une arme suisse tellement exportée qu’elle allait être utilisée par les deux camps durant le second conflit mondial, il à pour origine un canon allemand, le Becker utilisé à la fin du conflit par des avions allemands et comme arme antiaérienne.

Le traité de Versailles interdisant toute recherche en matière militaire, les ingénieurs allemands s’installent en Suisse, en Suède, aux Pays-Bas et dans d’autres pays pour continuer leurs travaux.

Les plans du canon Becker furent transférées à la firme SEMAG mais cette dernière fit faillite en 1924 et la firme Oerlikon récupéra les plans, les machines et les employés de la SEMAG pour continuer à produire un canon de 20mm qui n’était plus identique au Becker, utilisant par exemple une cartouche différente du Becker et du SEMAG L.

Des nouveaux modèles apparaissaient régulièrement, l’année 1935 voyant la mise en service d’un canon destiné aux avions de combat, différentes variantes s’adaptant aux désidératas des clients.

La firme Oerlikon ne tarda pas à vendre des licences de fabrication comme à la firme française Hispano-Suiza, à l’allemande Ikaria, au Japon mais également à la Grande-Bretagne d’abord au sein de la Royal Navy (après une longue résistance) puis au sein de la Royal Air Force et de la Royal Army. Les premiers canons sont produits directement en Suisse avant qu’une chaine de montage ne prenne le relais au printemps 1941, les premiers Oerlikon made in Great Britain sortant des chaines de montage à l’été.

Si à bord des navires il était utilisé en affûts simples, doubles et quadruples, à terre, il était utilisé depuis un affût léger équipé de deux roues qui se relevaient au moment du tir pour permettre à l’affût de reposer au sol et d’être plus mobile. Quelques canons étaient montés sur des camions mais leur utilisation était plus anecdotique qu’autre chose.

Ce n’est qu’au cours du conflit que se généralisa les SPAAG (Self Propelled Anti-Aircraft Gun), le canon antiaérien automoteur, le plus courant étant un châssis de Cruiser avec un affût quadruple de 20mm redoutable en antiaérien comme contre des cibles terrestres peu protégées.

Caractéristiques Techniques du canon de 20mm Oerlikon

Poids (sans munitions) 480kg Longueur du canon : 1.40m Cadence de tir théorique : 450 coups/minute (120 en pratique) Portée maximum pratique : 3000m Alimentation : chargeurs de soixante coups

Canon de 20mm Polsten

Affût quadruple de 20mm Polsten

Affût quadruple de 20mm Polsten

Affût quadruple de 20mm Polsten

Es-ce une déformation liée à la tradition horlogère ? Je ne le sais mais ce qui est certain c’est que le Oerlikon était une arme complexe à fabriquer avec pas moins de 250 pièces ce qui la rendait onéreuse.

En temps de paix c’est déjà un problème mais en temps de guerre c’est un problème qui devient aigu.

Avec la chute de la Pologne en octobre 1939, de nombreux ingénieurs polonais avaient fuit leur pays pour la France et la Grande-Bretagne, mettant leurs compétences au service des firmes britanniques, retrouvant d’autres exilés, les tchèques.

Certains se retrouvèrent à travailler chez John Inglis sur un canon de 20mm moins onéreux que le Oerlikon ce qui explique une grande résistance à la mise en fabrication en très grande série.

Alors que les premiers prototypes de ce canon qu’on appelerait aujourd’hui low cost apparaissent dès le printemps 1942, la fabrication n’est lancée qu’en 1945, les premiers exemplaires de série ralliant les unités à la fin de l’année.

Les deux modèles de canons continuèrent à être produits durant le conflit avec l’Oerlikon réservé à la marine britannique alors que les Polsten équipait l’armée de terre et la Royal Air Force.

Caractéristiques Techniques du canon de 20mm Polsten

Poids à vide : 57kg Longueur totale : 2.1m Longueur du tube : 1.45m Portée maximale : 1000 à 2000m Cadence de tir : 450 coups/minute Alimentation : chargeurs de trente ou de soixante coups.

Canon de 40mm Bofors

Canon de 40mm Bofors

Canon de 40mm Bofors

A l’origine de ce canon mythique encore en service en 2015 figure une demande de la marine suédoise. Cette dernière avait acquis un certain nombre de 2 Pounder (les fameux Pom-Pom) en 1922 et cherchait à les remplacer par une arme plus efficace. Pour cela un contrat de développement est signé avec la firme Bofors fin 1928.

A l’époque des essais menés par Bofors pour mettre au point un nouveau canon antiaérien, la firme allemande Krupp prit un tiers du capital de la firme suédoise, apportant savoir-faire et ingénieurs mais le projet de canon de 40mm resta caché aux techniciens allemands.

Un prototype sort des usines en novembre 1931 après trois ans de dévellopement mais les essais vont se poursuivre jusqu’en octobre 1933 bien que l’acceptation officielle du modèle remonte à 1932 ce qui explique le nom du canon à savoir 40mm akan M/32 plus connu sous le nom de Bofors 40mm L/60,le chiffre 60 correspondant à longueur du tube en calibre soit une longueur de 2.4m.

Ironie de l’histoire, la marine suédoise préféra se concentrer sur une artillerie antiaérienne de plus petit calibre dans la tranche 13/25mm, Bofors plaça un canon de 25mm en 1932. Elle n’acquis qu’ultérieurement ce canon de 40mm d’abord dans une version réservée aux sous-marins avec un canon de 42 calibres (longueur du tube : 1.680m). Le premier client du Bofors L/60 fût la marine néerlandaise qui passa commande de cinq affûts en août 1934.

En avril 1935, Bofors présenta en Belgique une version terrestre de son canon avec un affût muni de quatre roues, le tir pouvant se faire depuis cet affût ou depuis une plate-forme qui s’abaisse au sol pour améliorer la stabilité. Les commandes ne tardèrent pas affluer, commandes venues de Belgique, de Pologne, de Norvège, de Finlande et de Suède en attendant la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

La Grande-Bretagne étudia le Bofors en acquérant quelques exemplaires produits sous licence en Pologne, les tests s’avéreront concluants puisqu’une licence de fabrication fût acquise. Le Canada et l’Australie ne tardèrent pas à suivre pour équiper leurs armées nationales puis participer au réarmement de la Métropole.

Le Bofors équipa la Royal Navy en complément puis en remplacement des Pom-Pom (encore qu’en septembre 1948 le Pom-Pom étant encore plus que présent), la Royal Air Force pour la défense de ses terrains d’aviation et l’Army pour la défense de ses unités de mêlée mais également pour la défense du territoire.

Les régiments antiaériens des divisions disposaient de deux batteries de dix-huit pièces soit un total de trente-six canons, le nombre ayant été à l’origine de cinquante-quatre, la troisième batterie disposant désormais de canons de 20mm Oerlikon puis Polsten.

Les canons de 40mm “retirés” des régiments et des bataillons (qui disposaient d’une batterie de 40mm et d’une batterie de 20mm) furent confiés au Anti-Aircraft Command pour assurer la défense rapprochée terrestre et antiaérienne des canons médians et lourds.

Si la Royal Air Force disposait de Bofors de 40mm montés sur camion, l’armée de terre ne disposait pas encore de canons antiaériens automoteurs. Comme pour le 20mm, Il faudra attendre les premières leçons du conflit pour montrer l’intérêt du SPAAG (Self-Propelled Anti-Aircraft Gun), les britanniques réutilisant des chassis de chars déclassés comme le Crusader qui reçurent en remplacement de la tourelle une plate-forme avec deux canons de 40mm protégés par un bouclier.

Outre les pays déjà cités ce canon à été utilisé par l’Allemagne (exemplaires capturés en Pologne en 1939, des exemplaires commandés directement à la Suède), la Chine (ce qui permis au Japon de le fabriquer sous licence), le Brésil, le Paraguay, l’Argentine, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, l’Afrique du Sud.

Caracteristiques Techniques du canon de 40mm Bofors

Calibre : 40mm

Poids total : 1981kg Poids de l’affût : 522kg

Longueur du tube : 2.4m Longueur du projectile : 21.9cm

Elevation en site : -5° à +90° (55° par seconde) En azimut : 360° (50° par seconde)

Cadence de tir : 120 coups/minute Portée maximale : 7160m

Ordnance QF 3 Inch 20 cwt

QF 3 inch 20 cwt 11

Les premiers canons antiaériens sont une adaptation à minima de canons existants. Généralement on se contente de pointer vers le ciel un canon à tir rapide à l’aide d’un affût particulier. Des problèmes d’approvisionnement à site élevé se pose rapidement nécessitant des modifications.

Quand éclate le premier conflit mondial, l’armée britannique dispose d’un canon de 3 pouces produit par Vickers adapté rapidement au tir antiaérien mais avec les problèmes soulevés plus haut.

Après une série de modification, le canon de 3 pouces se révéla efficace pour protéger aussi bien l’Angleterre que le front occidental les cibles de valeur.

Ce canon était toujours en service en septembre 1939 mais neuf ans plus tard il avait cédé la place au canon de 3.7 pouces plus efficace. Une partie resta cependant stockée pour faire face à un besoin imprevu. Quelques canons furent cédés à la Finlande mais arrivèrent trop tard pour participer à la guerre d’Hiver.

Caractéristiques Techniques du Ordnance QF 3 Inch 20 cwt

Calibre : 76.2mm Poids total : 1057kg Poids du projectile : 5.2 ou 7.3kg Longueur du tube : 3.420m ou 4( calibres Longueur totale 3.56m Elevation : 10 à 90° Champ de tir horizontal : 360° Cadence de tir : 16 à 18 coups/minute Portée maximale : 4900 ou 6200m en fonction de l’obus utilisé

Ordnance QF 3.7 Inch Gun

QF 3.7 inch AA gun 8

En 1914, l’avion est un appareil chétif fait de bois et de toile aux performances incertaines. Quatre ans plus tard, l’avion est toujours en bois et en toile mais l’enfant chétif à laissé la place à un vigoureux adolescent avec lequel il faut compter.

Si tous les pays n’ont pas créé une armée de l’air indépendante comme la Grande-Bretagne, le facteur aérien doit être pris en compte par les troupes au sol qui doivent se protéger.

Quand le premier conflit mondial se termine, le principal canon antiaérien britannique est le 3 Inch 20 cwt, un bon canon mais qui aurait du être remplacé par un canon de 3.6 pouces. Bien qu’officiellement accepté, ce canon n’entra jamais en production et à fortiori en service.

Seuls les canons de 3 pouces restèrent en service mais les unités de défense antiaériennes furent démantelées, la DCA étant absente de l’armée britannique jusqu’en 1922 quand elles renait, l’augmentation de la performance des avions rendant impensable l’absence d’unités de DCA dédiées.

Outre la recherche sur les canons, cette période voit la multiplication des projets, des démonstrateurs technologiques pour trouver les moyens d’employer au mieux les futurs canons antiaériens lourds.

En 1928, le portrait robot du futur canon antiaérien lourd est définit : 3.7 pouces pour le calibre (94mm), un obus de 25kg pouvant atteindre l’attitude de 8500m mais faute de financements, rien ne change jusqu’à la décennie suivante où les spécifications évoluent avec un obus de 13kg, une vitesse initiale de 910 m/s, un plafond de 11000m, la capacité d’être remorquée à la vitesse de 40 km/h avec un poids maximal de 8 tonnes et un délai de mise en oeuvre maximal de 15 minutes.

En 1934, Vickers-Armstrong se lança dans la réalisation de prototypes qui passèrent leurs tests d’acceptation en 1936 qui révèlèrent un poids plus important que demandé et une vélocité qui n’atteignait pas le chiffre demandé. En dépit de ces problèmes, la production fût lancé en 1937, le contexte international y étant certainement pour beaucoup.

La production commença doucement mais pris peu à peu sa vitesse de croisière, permettant d’équiper les douze divisions antiaériennes entre 1938 et 1945, les derniers 3 pouces quittant le service cette année là.

Le canon de 3.7 pouces installé sur un affût à quatre roues fût aussi employé sur des camions et sur des emplacements fixes. Comme ses homologues américains (M-1 de 90mm) français (canon de 90mm modèle 1939) et allemands (canon de 88mm), ce canon fût aussi employé comme pièce antichar.

Outre l’armée de terre, il fût utilisé par la Royal Navy pour la protection de ses bases navales. Il fût également exporté en Australie (produit sous licence), au Canada (produit sous licence), en Belgique, en Inde, en Irlande, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, en Yougoslavie et en Grèce.

Caracteristiques Techniques du Ordnance QF 3.7 Inch Gun

Calibre : 94mm

Longueur (hors tout) 8.687m (canon) 4.70m (tube) 3.987m Largeur 2.438m Hauteur 2.502m

Poids (total) 9317kg (obus) 12.96 kg

Pointage en site : -5° à +80° Pointage en azimut : 360° Plafond pratique : 9754m Vitesse initiale : 792 m/s

Ordnance QF 4.5 Inch Gun

4.5 Inch QF Mark II à bord du HMS Renown

4.5 Inch QF Mark II à bord du HMS Renown

Depuis le début du vingtième siècle, le canon médian standard de la Royal Navy avait un calibre de 120mm. Ce canon était efficace mais il n’était pas conçu pour lutter contre la nouvelle menace aérienne.

Après une tentative de dévelloper un canon de 130mm, les britanniques se rabattirent sur un canon de 114mm qui semblait la limite acceptable pour avoir une cadence de tir soutenue et surtout pour les manipulations des projectiles par les servants.

Après avoir équipé le HMS Ark Royal, ce canon va armer tous les porte-avions sauf les Colossus ainsi que les cuirassés refondus, d’autres navires recevant ce canon en affûts simples.

Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 5.538m) tire des obus de 38kg (projectile de 26kg plus douze kilos pour la charge propulsive à une distance maximale de 18970m en tir antisurface et de 12500m en tir antiaérien à raison de douze coups à la minute (quatorze coups pour les affûts simples des destroyers du programme de guerre).

L’emport de munitions varie naturellement en fonction des navires. Les porte-avions embarquent 400 projectiles par canon tous comme les cuirassés alors que les destroyers en embarqueront 250 par affût double soit 750 obus de 114mm.

L’affût double RP Mark II _seul en service en septembre 1948_ pesait 46 tonnes, permettant aux canons depointer en site de -5° à +80° à raison de 20° par seconde et en azimut sur 150° de part et d’autre de l’axe à raison de 15° par seconde.

Au cours du conflit, un canon Mark V fût mis au point. Spécifiquement conçu pour la lutte antiaérienne, il tirait des obus munis de fusées de proximité. L’affût simple et double (RP Mark 10 pour le premier, RP Mark 50 pour le second) étaient capables de pointer en site jusqu’à +85°.

En septembre 1950, la Royal Navy prit la décision de faire du 114mm le calibre standard de ses destroyers, abandonnant le 102 et le 120mm.

Ce canon de 114mm va aussi être utilisé par l’armée de terre pour la défense antiaérienne territoriale.

A l’origine de ce choix c’est l’augmentation de la puissance de la Luftwafe qui disposait enfin de bombardiers lourds capable de frapper Londres sans autre problèmes que l’interception.

Pour soulager et appuyer la chasse, décision est prise de protéger Londres avec une ligne fixe de batteries antiaériennes lourdes pour disloquer les formations de bombardiers lourds avant l’intervention de la chasse.

Cette ligne orientée sud-sud est est composée de douze batteries de quatre affûts doubles de 114mm soit un total de quarante-huit pièces qui dépendent d’une brigade antiaérienne qui à la différence des autres brigades équipées de canons de 3.7 pouces ne doit pas être amenée à se déployer sur le continent.

Des projets de batteries supplémentaires n’ont pas le temps de voir le jour avant le déclenchement du second conflit mondial en raison de la priorité donnée à la Royal Navy.

Chaque affût double repose sur un socle en béton avec à proximité un abri pour les servants et une soute à munitions. Un poste central de contrôle de tir existe pour chaque batterie sans compter deux postes d’observation.

En septembre 1947, des pièces légères de 40mm s’ajoutent pour assurer la protection rapprochée des canons lourds.

Ces batteries ne sont naturellement pas armées en permanence. Des exercices d’alerte sont régulièrement menés pour diminuer le temps de réaction.

Caractèristiques du Ordnance QF 4.5 Inch Mk VI

Calibre : 114mm (4.5 Inch) Longueur du tube : 5.538m (45 calibres)

Poids de l’affût double : 46 tonnes Poids du projectile : 38kg (obus 26kg et 12kg pour la charge propulsive)

Elevation : -5° à +80° à raison de 20° par seconde

Champ de tir horizontal : 360° à raison de 15° par seconde

Cadence de tir : douze coups/minute

Portée maximale : 12500m

Approvisionnement en munitions : 300 projectiles immédiatements prêts au tir.

Ordnance QF 5.25 Inch Gun

Tourelle double équipée de canons de 5.25 pouces (133mm) à Gibraltar

Tourelle double équipée de canons de 5.25 pouces (133mm) à Gibraltar

Ce canon à double usage est mis au point à la fin des années trente pour équiper les croiseurs légers de classe Dido (appelés à devenir des croiseurs légers antiaériens) comme armement principal, les cuirassés King George V, Lion et Vanguard pour un armement secondaire polyvalent.

Ce canon se révéla médiocre. Il était trop peu puissant pour le combat antisurface et trop lourd pour le tir antiaérien, les obus encartouchés étant délicats à manipuler, les tourelles étant lentes à manoeuvrer.

Ce canon de 50 calibres (longueur du tube : 6.67m) tire des obus de 36.3kg (semi-perforant et explosifs) à une distance maximale de 21397m (+45°) en tir antisurface et de 14170m en tir antiaérien (+70°) à raison de huit coups par minute.

La tourelle double Mark I utilisée par les cuirassés pèse 78 tonnes, la tourelle double Mark II des croiseurs légers pèse 98 tonnes mais leurs performances sont identiques avec un pointage de -5° à +70° à raison de 10° par seconde en site et en azimut sur 80° de part et d’autre de l’axe pour les cuirassés, 150° de part et d’autre de l’axe pour les croiseurs, à chaque fois à raison de 10° par seconde.

La dotation en munitions est de 400 coups par canon pour les cuirassés et de 340 par canon pour les croiseurs légers.

Ces canons ont également été utilisés par l’armée de terre pour la défense antiaérienne territoriale ainsi que pour la défense côtière notamment à Gibraltar.

Pour la défense antiaérienne, deux batteries équipées de quatre affûts doubles de 5.25 Inch sont déployées à Belfast, deux batteries à Edimbourg, deux batteries à Glasgow, deux à Alexandrie, deux au Caire et deux à Alor Setar soit un total de douze batteries et de quatre-vingt seize canons utilisable également pour le tir contre terre.

Les installations sont identiques à celles des batteries de 114mm.

Caractèristiques du Ordnance QF 5.25 Inch Mk VI

Calibre : 133mm (5.25 Inch) Longueur du tube : 6.67m (45 calibres)

Poids de l’affût double : 78 tonnes Poids du projectile : 36.3kg

Elevation : -5° à +70° à raison de 10° par seconde

Champ de tir horizontal : 360° à raison de 10° par seconde

Cadence de tir : huit coups/minute

Portée maximale : 14710m

Approvisionnement en munitions : 300 projectiles immédiatement prêts au tir.