Grande Bretagne (84) Armée de terre (8)

Matériel de l’Armée Britannique (5) Artillerie antiaérienne

Avant-Propos

L’évolution du matériel militaire répond à la loi classique action/réaction. Dès que des moyens, des vecteurs de reconnaissance ont pris l’air, l’ennemi à cherché à les abattre.

Dès Fleurus (1794), l’ennemi à essayé de crever cet oeil indiscret mais sans réel succès jusqu’à l’arrivée des plus lourds que l’air, des avions qui renvoyèrent au rang d’antiquités militaires les ballons et autres dirigeables d’observation.

Vecteur de reconnaissance dans un premier temps, l’avion ne tarda pas à être utilisé pour le combat bombardant les positions ennemies et attaquant ses homologues adverses d’abord à la carabine puis à la mitrailleuse.

Face à cette menace venue du ciel, la parade fût toute trouvée : pointer une mitrailleuse ou un canon à tir rapide vers le ciel.

Le premier conflit mondial s’achève sans qu’une arme spécialisée soit mise au point pour contrer l’aviation, les mitrailleuses légères utilisées ayant été mises au point pour le combat terrestre et les canons sont des adaptations de canons terrestres comme le “75” français véritable couteau suisse de l’artillerie française.

Avec l’augmentation des performances des avions ces expédients ne suffisent plus, des armes spécialisées doivent être mises au point. Si les mitrailleuses lourdes (calibre de 10 à 15mm) sont encore efficaces, les mitrailleuses légères d’un calibre de 7 à 9mm sont inefficaces au delà de la psychologie.

L’armement antiaérien en raison de l’échec des roquettes sol-air se compose exclusivement de canons, des canons antiaériens légers de 20 à 45mm, des canons médians d’un calibre compris entre 50 et 80mm et enfin des canons lourds d’un calibre allant globalement de 90 à 128mm.

Sans qu’il y ait de cloison étanche, on remarque que les unités de mélée disposent des pièces légères pour se protéger des bombardiers attaquant à basse et moyenne altitude alors que les canons médians et lourds sont davantage tournés vers la protection de l’arrière.

Ce choix s’explique à la fois par les besoins de ces unités de combat les menaces auxquelles elles font face (plus des bombardiers en piqué et des bombardiers légers que des bombardiers lourds lachant à haute altitude des tapis de bombes) mais également par de basses raisons pratiques, un canon lourd nécessite beaucoup de personnel, est lourd, encombrant et peu mobile.

L’armée britannique ne fait pas exception, utilisant essentiellement des Oerlikon et des Polsten de 20mm, des Bofors de 40mm pour la protection de ces unités de mêlée alors que l’arrière est protégée essentiellement par des pièces de 3 pouces (76.2mm), des pièces de 3.7 pouces (94mm), des canons de 4.5 pouces (114mm) et enfin des canons de 5.25 pouces (133mm).

Si les deux premiers des canons lourds sont utilisés sur des affûts mobiles permettant en théorie de suivre les troupes de première ligne, les deux derniers issus de l’artillerie navale sont utilisées davantage sur des emplacements fixes pour protéger des cibles à très haute valeur, cibles politiques, militaires et industrielles.

Sur le plan des structures, les divisions disposent d’un régiment antiaérien équipé de pièces de 20 et de 40mm (après avoir été un temps équipé uniquement de canons de 40mm), les brigades d’un bataillon antiaérien.

Pour la défense de l’arrière, on trouve douze divisions antiaériennes équipées de pièces médianes et lourdes (quelques pièces légères assurent la protection rapprochée des pièces lourdes), de projecteurs et de ballons de barrage.

Dépendant d’un Un Anti-Aircraft Command elles sont donc à but territorial, peu mobiles et peu souples d’utilisation. Elles sont donc réorganisées au printemps 1945, chaque division disposant de trois brigades totalement autonomes capables de protéger seules un secteur.

Si huit divisions sont déployées sur le territoire britannique (quatre en Angleterre, une en Irlande du Nord, une au Pays de Galles et deux en Ecosse), une est déployée en Egypte, une en Palestine mandataire et deux en Malaisie.

Pour couvrir le BEF, quatre brigades sont déployées sur le continent, renforçant par la même occasion l’action de la DAT française.

Canon de 20mm Oerlikon

Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

Si le canon de 20mm Oerlikon est une arme suisse tellement exportée qu’elle allait être utilisée par les deux camps durant le second conflit mondial, il à pour origine un canon allemand, le Becker utilisé à la fin du conflit par des avions allemands et comme arme antiaérienne.

Le traité de Versailles interdisant toute recherche en matière militaire, les ingénieurs allemands s’installent en Suisse, en Suède, aux Pays-Bas et dans d’autres pays pour continuer leurs travaux.

Les plans du canon Becker furent transférées à la firme SEMAG mais cette dernière fit faillite en 1924 et la firme Oerlikon récupéra les plans, les machines et les employés de la SEMAG pour continuer à produire un canon de 20mm qui n’était plus identique au Becker, utilisant par exemple une cartouche différente du Becker et du SEMAG L.

Des nouveaux modèles apparaissaient régulièrement, l’année 1935 voyant la mise en service d’un canon destiné aux avions de combat, différentes variantes s’adaptant aux désidératas des clients.

La firme Oerlikon ne tarda pas à vendre des licences de fabrication comme à la firme française Hispano-Suiza, à l’allemande Ikaria, au Japon mais également à la Grande-Bretagne d’abord au sein de la Royal Navy (après une longue résistance) puis au sein de la Royal Air Force et de la Royal Army. Les premiers canons sont produits directement en Suisse avant qu’une chaine de montage ne prenne le relais au printemps 1941, les premiers Oerlikon made in Great Britain sortant des chaines de montage à l’été.

Si à bord des navires il était utilisé en affûts simples, doubles et quadruples, à terre, il était utilisé depuis un affût léger équipé de deux roues qui se relevaient au moment du tir pour permettre à l’affût de reposer au sol et d’être plus mobile. Quelques canons étaient montés sur des camions mais leur utilisation était plus anecdotique qu’autre chose.

Ce n’est qu’au cours du conflit que se généralisa les SPAAG (Self Propelled Anti-Aircraft Gun), le canon antiaérien automoteur, le plus courant étant un châssis de Cruiser avec un affût quadruple de 20mm redoutable en antiaérien comme contre des cibles terrestres peu protégées.

Caractéristiques Techniques du canon de 20mm Oerlikon

Poids (sans munitions) 480kg Longueur du canon : 1.40m Cadence de tir théorique : 450 coups/minute (120 en pratique) Portée maximum pratique : 3000m Alimentation : chargeurs de soixante coups

Canon de 20mm Polsten

Affût quadruple de 20mm Polsten

Affût quadruple de 20mm Polsten

Affût quadruple de 20mm Polsten

Es-ce une déformation liée à la tradition horlogère ? Je ne le sais mais ce qui est certain c’est que le Oerlikon était une arme complexe à fabriquer avec pas moins de 250 pièces ce qui la rendait onéreuse.

En temps de paix c’est déjà un problème mais en temps de guerre c’est un problème qui devient aigu.

Avec la chute de la Pologne en octobre 1939, de nombreux ingénieurs polonais avaient fuit leur pays pour la France et la Grande-Bretagne, mettant leurs compétences au service des firmes britanniques, retrouvant d’autres exilés, les tchèques.

Certains se retrouvèrent à travailler chez John Inglis sur un canon de 20mm moins onéreux que le Oerlikon ce qui explique une grande résistance à la mise en fabrication en très grande série.

Alors que les premiers prototypes de ce canon qu’on appelerait aujourd’hui low cost apparaissent dès le printemps 1942, la fabrication n’est lancée qu’en 1945, les premiers exemplaires de série ralliant les unités à la fin de l’année.

Les deux modèles de canons continuèrent à être produits durant le conflit avec l’Oerlikon réservé à la marine britannique alors que les Polsten équipait l’armée de terre et la Royal Air Force.

Caractéristiques Techniques du canon de 20mm Polsten

Poids à vide : 57kg Longueur totale : 2.1m Longueur du tube : 1.45m Portée maximale : 1000 à 2000m Cadence de tir : 450 coups/minute Alimentation : chargeurs de trente ou de soixante coups.

Canon de 40mm Bofors

Canon de 40mm Bofors

Canon de 40mm Bofors

A l’origine de ce canon mythique encore en service en 2015 figure une demande de la marine suédoise. Cette dernière avait acquis un certain nombre de 2 Pounder (les fameux Pom-Pom) en 1922 et cherchait à les remplacer par une arme plus efficace. Pour cela un contrat de développement est signé avec la firme Bofors fin 1928.

A l’époque des essais menés par Bofors pour mettre au point un nouveau canon antiaérien, la firme allemande Krupp prit un tiers du capital de la firme suédoise, apportant savoir-faire et ingénieurs mais le projet de canon de 40mm resta caché aux techniciens allemands.

Un prototype sort des usines en novembre 1931 après trois ans de dévellopement mais les essais vont se poursuivre jusqu’en octobre 1933 bien que l’acceptation officielle du modèle remonte à 1932 ce qui explique le nom du canon à savoir 40mm akan M/32 plus connu sous le nom de Bofors 40mm L/60,le chiffre 60 correspondant à longueur du tube en calibre soit une longueur de 2.4m.

Ironie de l’histoire, la marine suédoise préféra se concentrer sur une artillerie antiaérienne de plus petit calibre dans la tranche 13/25mm, Bofors plaça un canon de 25mm en 1932. Elle n’acquis qu’ultérieurement ce canon de 40mm d’abord dans une version réservée aux sous-marins avec un canon de 42 calibres (longueur du tube : 1.680m). Le premier client du Bofors L/60 fût la marine néerlandaise qui passa commande de cinq affûts en août 1934.

En avril 1935, Bofors présenta en Belgique une version terrestre de son canon avec un affût muni de quatre roues, le tir pouvant se faire depuis cet affût ou depuis une plate-forme qui s’abaisse au sol pour améliorer la stabilité. Les commandes ne tardèrent pas affluer, commandes venues de Belgique, de Pologne, de Norvège, de Finlande et de Suède en attendant la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

La Grande-Bretagne étudia le Bofors en acquérant quelques exemplaires produits sous licence en Pologne, les tests s’avéreront concluants puisqu’une licence de fabrication fût acquise. Le Canada et l’Australie ne tardèrent pas à suivre pour équiper leurs armées nationales puis participer au réarmement de la Métropole.

Le Bofors équipa la Royal Navy en complément puis en remplacement des Pom-Pom (encore qu’en septembre 1948 le Pom-Pom étant encore plus que présent), la Royal Air Force pour la défense de ses terrains d’aviation et l’Army pour la défense de ses unités de mêlée mais également pour la défense du territoire.

Les régiments antiaériens des divisions disposaient de deux batteries de dix-huit pièces soit un total de trente-six canons, le nombre ayant été à l’origine de cinquante-quatre, la troisième batterie disposant désormais de canons de 20mm Oerlikon puis Polsten.

Les canons de 40mm “retirés” des régiments et des bataillons (qui disposaient d’une batterie de 40mm et d’une batterie de 20mm) furent confiés au Anti-Aircraft Command pour assurer la défense rapprochée terrestre et antiaérienne des canons médians et lourds.

Si la Royal Air Force disposait de Bofors de 40mm montés sur camion, l’armée de terre ne disposait pas encore de canons antiaériens automoteurs. Comme pour le 20mm, Il faudra attendre les premières leçons du conflit pour montrer l’intérêt du SPAAG (Self-Propelled Anti-Aircraft Gun), les britanniques réutilisant des chassis de chars déclassés comme le Crusader qui reçurent en remplacement de la tourelle une plate-forme avec deux canons de 40mm protégés par un bouclier.

Outre les pays déjà cités ce canon à été utilisé par l’Allemagne (exemplaires capturés en Pologne en 1939, des exemplaires commandés directement à la Suède), la Chine (ce qui permis au Japon de le fabriquer sous licence), le Brésil, le Paraguay, l’Argentine, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, l’Afrique du Sud.

Caracteristiques Techniques du canon de 40mm Bofors

Calibre : 40mm

Poids total : 1981kg Poids de l’affût : 522kg

Longueur du tube : 2.4m Longueur du projectile : 21.9cm

Elevation en site : -5° à +90° (55° par seconde) En azimut : 360° (50° par seconde)

Cadence de tir : 120 coups/minute Portée maximale : 7160m

Ordnance QF 3 Inch 20 cwt

QF 3 inch 20 cwt 11

Les premiers canons antiaériens sont une adaptation à minima de canons existants. Généralement on se contente de pointer vers le ciel un canon à tir rapide à l’aide d’un affût particulier. Des problèmes d’approvisionnement à site élevé se pose rapidement nécessitant des modifications.

Quand éclate le premier conflit mondial, l’armée britannique dispose d’un canon de 3 pouces produit par Vickers adapté rapidement au tir antiaérien mais avec les problèmes soulevés plus haut.

Après une série de modification, le canon de 3 pouces se révéla efficace pour protéger aussi bien l’Angleterre que le front occidental les cibles de valeur.

Ce canon était toujours en service en septembre 1939 mais neuf ans plus tard il avait cédé la place au canon de 3.7 pouces plus efficace. Une partie resta cependant stockée pour faire face à un besoin imprevu. Quelques canons furent cédés à la Finlande mais arrivèrent trop tard pour participer à la guerre d’Hiver.

Caractéristiques Techniques du Ordnance QF 3 Inch 20 cwt

Calibre : 76.2mm Poids total : 1057kg Poids du projectile : 5.2 ou 7.3kg Longueur du tube : 3.420m ou 4( calibres Longueur totale 3.56m Elevation : 10 à 90° Champ de tir horizontal : 360° Cadence de tir : 16 à 18 coups/minute Portée maximale : 4900 ou 6200m en fonction de l’obus utilisé

Ordnance QF 3.7 Inch Gun

QF 3.7 inch AA gun 8

En 1914, l’avion est un appareil chétif fait de bois et de toile aux performances incertaines. Quatre ans plus tard, l’avion est toujours en bois et en toile mais l’enfant chétif à laissé la place à un vigoureux adolescent avec lequel il faut compter.

Si tous les pays n’ont pas créé une armée de l’air indépendante comme la Grande-Bretagne, le facteur aérien doit être pris en compte par les troupes au sol qui doivent se protéger.

Quand le premier conflit mondial se termine, le principal canon antiaérien britannique est le 3 Inch 20 cwt, un bon canon mais qui aurait du être remplacé par un canon de 3.6 pouces. Bien qu’officiellement accepté, ce canon n’entra jamais en production et à fortiori en service.

Seuls les canons de 3 pouces restèrent en service mais les unités de défense antiaériennes furent démantelées, la DCA étant absente de l’armée britannique jusqu’en 1922 quand elles renait, l’augmentation de la performance des avions rendant impensable l’absence d’unités de DCA dédiées.

Outre la recherche sur les canons, cette période voit la multiplication des projets, des démonstrateurs technologiques pour trouver les moyens d’employer au mieux les futurs canons antiaériens lourds.

En 1928, le portrait robot du futur canon antiaérien lourd est définit : 3.7 pouces pour le calibre (94mm), un obus de 25kg pouvant atteindre l’attitude de 8500m mais faute de financements, rien ne change jusqu’à la décennie suivante où les spécifications évoluent avec un obus de 13kg, une vitesse initiale de 910 m/s, un plafond de 11000m, la capacité d’être remorquée à la vitesse de 40 km/h avec un poids maximal de 8 tonnes et un délai de mise en oeuvre maximal de 15 minutes.

En 1934, Vickers-Armstrong se lança dans la réalisation de prototypes qui passèrent leurs tests d’acceptation en 1936 qui révèlèrent un poids plus important que demandé et une vélocité qui n’atteignait pas le chiffre demandé. En dépit de ces problèmes, la production fût lancé en 1937, le contexte international y étant certainement pour beaucoup.

La production commença doucement mais pris peu à peu sa vitesse de croisière, permettant d’équiper les douze divisions antiaériennes entre 1938 et 1945, les derniers 3 pouces quittant le service cette année là.

Le canon de 3.7 pouces installé sur un affût à quatre roues fût aussi employé sur des camions et sur des emplacements fixes. Comme ses homologues américains (M-1 de 90mm) français (canon de 90mm modèle 1939) et allemands (canon de 88mm), ce canon fût aussi employé comme pièce antichar.

Outre l’armée de terre, il fût utilisé par la Royal Navy pour la protection de ses bases navales. Il fût également exporté en Australie (produit sous licence), au Canada (produit sous licence), en Belgique, en Inde, en Irlande, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, en Yougoslavie et en Grèce.

Caracteristiques Techniques du Ordnance QF 3.7 Inch Gun

Calibre : 94mm

Longueur (hors tout) 8.687m (canon) 4.70m (tube) 3.987m Largeur 2.438m Hauteur 2.502m

Poids (total) 9317kg (obus) 12.96 kg

Pointage en site : -5° à +80° Pointage en azimut : 360° Plafond pratique : 9754m Vitesse initiale : 792 m/s

Ordnance QF 4.5 Inch Gun

4.5 Inch QF Mark II à bord du HMS Renown

4.5 Inch QF Mark II à bord du HMS Renown

Depuis le début du vingtième siècle, le canon médian standard de la Royal Navy avait un calibre de 120mm. Ce canon était efficace mais il n’était pas conçu pour lutter contre la nouvelle menace aérienne.

Après une tentative de dévelloper un canon de 130mm, les britanniques se rabattirent sur un canon de 114mm qui semblait la limite acceptable pour avoir une cadence de tir soutenue et surtout pour les manipulations des projectiles par les servants.

Après avoir équipé le HMS Ark Royal, ce canon va armer tous les porte-avions sauf les Colossus ainsi que les cuirassés refondus, d’autres navires recevant ce canon en affûts simples.

Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 5.538m) tire des obus de 38kg (projectile de 26kg plus douze kilos pour la charge propulsive à une distance maximale de 18970m en tir antisurface et de 12500m en tir antiaérien à raison de douze coups à la minute (quatorze coups pour les affûts simples des destroyers du programme de guerre).

L’emport de munitions varie naturellement en fonction des navires. Les porte-avions embarquent 400 projectiles par canon tous comme les cuirassés alors que les destroyers en embarqueront 250 par affût double soit 750 obus de 114mm.

L’affût double RP Mark II _seul en service en septembre 1948_ pesait 46 tonnes, permettant aux canons depointer en site de -5° à +80° à raison de 20° par seconde et en azimut sur 150° de part et d’autre de l’axe à raison de 15° par seconde.

Au cours du conflit, un canon Mark V fût mis au point. Spécifiquement conçu pour la lutte antiaérienne, il tirait des obus munis de fusées de proximité. L’affût simple et double (RP Mark 10 pour le premier, RP Mark 50 pour le second) étaient capables de pointer en site jusqu’à +85°.

En septembre 1950, la Royal Navy prit la décision de faire du 114mm le calibre standard de ses destroyers, abandonnant le 102 et le 120mm.

Ce canon de 114mm va aussi être utilisé par l’armée de terre pour la défense antiaérienne territoriale.

A l’origine de ce choix c’est l’augmentation de la puissance de la Luftwafe qui disposait enfin de bombardiers lourds capable de frapper Londres sans autre problèmes que l’interception.

Pour soulager et appuyer la chasse, décision est prise de protéger Londres avec une ligne fixe de batteries antiaériennes lourdes pour disloquer les formations de bombardiers lourds avant l’intervention de la chasse.

Cette ligne orientée sud-sud est est composée de douze batteries de quatre affûts doubles de 114mm soit un total de quarante-huit pièces qui dépendent d’une brigade antiaérienne qui à la différence des autres brigades équipées de canons de 3.7 pouces ne doit pas être amenée à se déployer sur le continent.

Des projets de batteries supplémentaires n’ont pas le temps de voir le jour avant le déclenchement du second conflit mondial en raison de la priorité donnée à la Royal Navy.

Chaque affût double repose sur un socle en béton avec à proximité un abri pour les servants et une soute à munitions. Un poste central de contrôle de tir existe pour chaque batterie sans compter deux postes d’observation.

En septembre 1947, des pièces légères de 40mm s’ajoutent pour assurer la protection rapprochée des canons lourds.

Ces batteries ne sont naturellement pas armées en permanence. Des exercices d’alerte sont régulièrement menés pour diminuer le temps de réaction.

Caractèristiques du Ordnance QF 4.5 Inch Mk VI

Calibre : 114mm (4.5 Inch) Longueur du tube : 5.538m (45 calibres)

Poids de l’affût double : 46 tonnes Poids du projectile : 38kg (obus 26kg et 12kg pour la charge propulsive)

Elevation : -5° à +80° à raison de 20° par seconde

Champ de tir horizontal : 360° à raison de 15° par seconde

Cadence de tir : douze coups/minute

Portée maximale : 12500m

Approvisionnement en munitions : 300 projectiles immédiatements prêts au tir.

Ordnance QF 5.25 Inch Gun

Tourelle double équipée de canons de 5.25 pouces (133mm) à Gibraltar

Tourelle double équipée de canons de 5.25 pouces (133mm) à Gibraltar

Ce canon à double usage est mis au point à la fin des années trente pour équiper les croiseurs légers de classe Dido (appelés à devenir des croiseurs légers antiaériens) comme armement principal, les cuirassés King George V, Lion et Vanguard pour un armement secondaire polyvalent.

Ce canon se révéla médiocre. Il était trop peu puissant pour le combat antisurface et trop lourd pour le tir antiaérien, les obus encartouchés étant délicats à manipuler, les tourelles étant lentes à manoeuvrer.

Ce canon de 50 calibres (longueur du tube : 6.67m) tire des obus de 36.3kg (semi-perforant et explosifs) à une distance maximale de 21397m (+45°) en tir antisurface et de 14170m en tir antiaérien (+70°) à raison de huit coups par minute.

La tourelle double Mark I utilisée par les cuirassés pèse 78 tonnes, la tourelle double Mark II des croiseurs légers pèse 98 tonnes mais leurs performances sont identiques avec un pointage de -5° à +70° à raison de 10° par seconde en site et en azimut sur 80° de part et d’autre de l’axe pour les cuirassés, 150° de part et d’autre de l’axe pour les croiseurs, à chaque fois à raison de 10° par seconde.

La dotation en munitions est de 400 coups par canon pour les cuirassés et de 340 par canon pour les croiseurs légers.

Ces canons ont également été utilisés par l’armée de terre pour la défense antiaérienne territoriale ainsi que pour la défense côtière notamment à Gibraltar.

Pour la défense antiaérienne, deux batteries équipées de quatre affûts doubles de 5.25 Inch sont déployées à Belfast, deux batteries à Edimbourg, deux batteries à Glasgow, deux à Alexandrie, deux au Caire et deux à Alor Setar soit un total de douze batteries et de quatre-vingt seize canons utilisable également pour le tir contre terre.

Les installations sont identiques à celles des batteries de 114mm.

Caractèristiques du Ordnance QF 5.25 Inch Mk VI

Calibre : 133mm (5.25 Inch) Longueur du tube : 6.67m (45 calibres)

Poids de l’affût double : 78 tonnes Poids du projectile : 36.3kg

Elevation : -5° à +70° à raison de 10° par seconde

Champ de tir horizontal : 360° à raison de 10° par seconde

Cadence de tir : huit coups/minute

Portée maximale : 14710m

Approvisionnement en munitions : 300 projectiles immédiatement prêts au tir.

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Grande Bretagne (81) Armée de terre (6)

Armement de l’armée britannique (2) Artillerie de campagne

Avant-Propos

Si les premiers canons anglais apparaissent à la bataille de Crécy (1346), il faut attendre le 26 mai 1716 pour que le roi George 1er établisse les premières compagnies régulières d’artillerie.

Auparavant les unités d’artillerie duraient le temps d’une campagne avant d’être dispersées une fois celle-ci terminée. Quatre ans plus tard en 1720, le terme Royal Artillery est utilisé pour la première fois.

Les institutions se mettent progressivement en place, l’Académie Royale Militaire (Royal Military Academy) est créée en 1741 pour former les officiers des unités d’artillerie et du génie.

Les unités augmentent régulièrement, unités formées en Angleterre mais également aux Indes et en Irlande, les unités stationnées en Irlande formant jusqu’en 1801 un corps autonome la Royal Irish Artillery.

A l’époque un unique Royal Artillery Regiment regroupe toutes les unités d’artillerie en une multitude de compagnies. Sous le commandement du Board of Ordnance jusqu’en 1855, le régiment d’artillerie passe ensuite sous le contrôle du War Office comme le reste de l’armée.

En 1859, la School of Gunnery est créée à Shoeburyness (Essex) avant qu’en 1862 le régiment n’absorbe l’artillerie de la British East India Company (21 batteries à cheval et 48 batteries à pied) portant la puissance de l’artillerie britannique à 29 batteries à cheval, 73 batteries à pied et 88 batteries lourdes soit un total de 190 batteries.

Le 1er juillet 1899, la Royal Artillery est divisée en trois groupes, la Royal Horse Artillery (artillerie royale à cheval) avec 21 batteries et la Royal Field Artillery (artillerie royale à pied) avec 95 batteries formant un premier groupe, le deuxième groupe dénomé Royal Garrison Artillery composé de 91 compagnies regroupe l’artillerie côtière, l’artillerie de montagne, l’artillerie de siège et l’artillerie lourde alors que le troisième groupe simplement dénommé Royal Artillery s’assure du ravitaillement des deux groupes pré-cités. Cette division perdurera jusqu’en 1924.

Un temps dénommés Royal Artillery Brigade, les grandes unités d’artillerie sont rebaptisées Royal Artillery Regiment en 1938.

En septembre 1939, l’artillerie de campagne britannique est intégrée aux divisions d’infanterie et aux divisions blindées avec pour les DI trois régiments à trois batteries de huit pièces soit un total de soixante-douze pièces par Infantry Division. Les Armoured Division et les Independent Armoured Brigade disposent elles d’un régiment d’artillerie.

Des régiments d’artillerie de campagne sont également intégrés au sein de l’équivalent britannique de la Réserve Générale.

Sur le plan de l’équipement, on trouve en septembre 1939 des pièces de 18 livres héritées du premier conflit mondial, canons progressivement remplacées par des obusiers de 25 livres qui équipe tous les régiments d’artillerie endivisionnés.

Au sein de la Réserve Générale, des canons plus lourds sont utilisés pour permettre de frapper des cibles ennemies à longue distance.

Ordnance QF 18 Pounder

QF 18 Pounder Mk IV

QF 18 Pounder Mk IV

Quand éclate la guerre de Pologne, le Ordnance QF 18 Pounder est le canon standard de l’artillerie de campagne britannique, le QF 25 Pounder étant au stade des premières livraisons.

A l’origine de ce canon de 84mm figure une leçon de la guerre des Boers montrant la vétusté de l’artillerie britannique et la nécessité de s’équiper d’un canon plus moderne.

Pour remplacer le Ordnance BL (Breach Loader) 15 Pounder (76.2mm), les britanniques achètent des canons allemands d’un calibre approchant, officiellement adoptés sous le de QF 15 Pounder (1901).

Après un appel à projets auprès de différents manufacturiers, les autorités britanniques poussèrent les candidats retenus à s’unir pour créer un canon à partir des meilleurs éléments en l’occurence le canon d’Armstrong Whitworth, le mécanisme de recul de Vickers, le système de visée, de hausse d’approvisionnement de la Royal Ordnance Factory.

Les premiers canons rentrent en service en 1904 avec un canon Mk I sur affût Mk I, un canon Mk II succédant au premier modèle deux ans plus tard.

Pièce majeure de l’arsenal britannique durant le premier conflit mondial, le canon de 18 livres va être ainsi utilisé comme canon antiaérien, cette utilisation ne dépassant pas le conflit, les canons convertis redevenant en 1919 des canons de campagne.

Après les affûts Mk I* et Mk II, un affût Mark III apparait en 1916 avec le canon Mk IV, cet affût permettant de pointer le canon jusqu’à +30° avec une portée qui passe de 5966 à 8500m.

Le premier conflit mondial se termine avec la production de 9908 canons et de 6926 affûts; les principaux canons de 18 livres étant des Mk IV sur affût Mk IV, des modèles plus anciens étant encore en service.

Avec la réduction des budgets dans l’immédiat après guerre et la faible probabilité d’un conflit majeur avant les dix prochaines années, investir dans le matériel militaire était de l’ordre du superflus.

Les canons de 18 livres restent en service mais évoluent pour rester au niveau. Un affût Mk V permettant de pointer le canon à +37.5° apparait en 1925. Un modèle de canon automoteur (le Birsch Gun) est expérimenté mais sans suite immédiate.

Quand éclate la guerre de Pologne, le canon de 18 livres est en voie de retrait, les unités d’active disposant largement de canons de 25 livres, seules les unités de la Territorial Army étant encore équipées de ces canons.

Les derniers canons de 18 livres sont retirés du service courant 1942, certains canons étant stockés. En septembre 1948, des canons sont ressortis des stocks pour l’instruction et l’équipement préliminaire des unités de mobilisation.

Ce canon qui à servit de base au 75mm M.1917 américain (un 18 livres rechambré au 75mm français) à été exporté en Finlande au moment de la guerre d’Hiver (les pièces sont arrivées après la paix de mars 1940 mais l’artillerie finlandaise dispose toujours de ces canons en septembre 1948), en Irlande et au Canada.

Caracteristiques Techniques du QF 18 Pounder

Calibre : 84mm Poids de l’affût : 1218kg (affût MkV 1327kg) Poids du canon 457kg Poids du caisson 711kg Poids du projectile : 10kg Longueur : 2.90m Largeur : 1.91m

Hausse : -5° à +16° (Mk I et II) +30° (Mk III) +37° (Mk IV et V) Pointage latéral : 4.5° à droite et à gauche (Mk I à IV) 25° de chaque côté (Mk V)

Cadence de tir : 20 coups/minute en théorie, 4 coups/minute en tir soutenu Portée maximale : 5966m (Mk I et II) 7100m, 8500m (Mk IV et V) 10100m avec des obus explosifs spéciaux

Equipe de pièce : 6 à 10 hommes

Ordnance QF 25 Pounder

QF 25 Pounder en action

QF 25 Pounder en action

La période séparant le premier conflit mondial et la guerre de Pologne est marqué par un sous-investisment dans le domaine militaire en raison de problèmes économiques, de choix budgétaires, le pacifisme et les surplus militaires.

L’artillerie britannique n’échappa pas à cette situation et du faire durer ses Ordnance QF 18 Pounder au maximum.

Néanmoins le remplacement du QF 18 Pounder ainsi que de l’obusier de 4.5 pouces devenait nécessaire et des projets sont lancés.

Là encore le manque de fonds ralentit considérablement les travaux et pour gagner du temps on abandonne l’idée de créer une pièce en partant de zéro au profit d’une pièce nouvelle dans son essence mais s’appuyant sur le QF 18 Pounder notamment l’affût Mk IV qui va équiper les premières pièces du type Ordnance QF 25 Pounder.

Cet affût reçoit néanmoins une plate-forme permettant au canon-obusier britannique de pouvoir pivoter sur 360° ce qui être utile quand il s’agit de passer rapidement d’une cible à l’autre.

Quand éclate la guerre de Pologne, les canons de 25 livres commencent à être livrés mais la majorité des Field Artillery Regiment sont encore équipés de canons de 18 livres.

Peu à peu le canon remplace son prédecesseur au sein des régiments organisés d’abord en deux batteries de douze pièces puis en trois batteries de huit pièces soit vingt-quatre canons par régiment et soixante-douze pour la Division d’infanterie, la Division Blindée ne disposant que d’un régiment d’artillerie de campagne.

Après un Mk I qui reprennait en grande partie l’affût du 18 Pounder, un Mk II entre en production au printemps 1942 au moment où le Ordnance QF 18 Pounder tire sa révérence. Ce dernier modèle combine le canon-obusier de 25 livres et un nouvel affût qui ne doit au canon de 18 livres.

Le MkII reste en production jusqu’en 1945 quand une version MkIII entre en production, cette version se différençiant du MkII par la présence d’un frein de bouche.

Quand au Mk IV (appelé également Mk I Short), c’est une version allégée et démontable en plusieurs fardeaux produite uniquement en Australie pour permettre son emploi en terrain difficile comme la jungle.

Outre l’Australie (qui disposait également de Mk I et II), le canon-obusier à été exporté au Canada (qui à ensuite décidé de le produire sous licence), en Afrique du Sud, en Irlande et au Portugal.

Caracteristiques Techniques du Ordnance QF 25 Pounder

Calibre : 25 livres (environ 88mm, 87.6mm pour être précis) Longueur totale : 5.53m Longueur du tube : 31 calibres (2.715m) Poids total : 1800kg Poids du projectile 11.340kg (obus explosifs, fumigènes, éclairants, chimiques) Pointage en site : -5° à +40° Pointage en azimut : 8° de part et de l’autre de l’axe sur affût, 360° avec la plate-forme rotative Portée maximale 12253m Cadence de tir : 6 à 8 coups/minute Equipe de pièce : 6 hommes en temps normal 4 en cas d’urgence.

Ordnance QF 4.5-inch howitzer

QF 4.5 Inch Howitzer avec un train pneumatique pour faciliter sa traction automobile

QF 4.5 Inch Howitzer avec un train pneumatique pour faciliter sa traction automobile

La guerre des Boers (1899-1902) fût une révélation pour les britanniques : leur artillerie était en voie de déclassement. Les afrikaners équipés d’une artillerie sortie des forges Krupp avait à plusieurs reprises donné une leçon de chose à l’artillerie de Sa Majesté.

Avec pragmatisme, les britanniques prirent le problème à bras le corps. Un comité sous les ordres du général George Marshall (qui avait commandé l’artillerie britannique en Afrique du Sud) étudia différentes propositions après avoir évolué des canons et des obusiers Krupp capturés ou achetés en toute discretion.

Le comité recommanda l’acquisition à la fois d’un canon et d’un obusier. Le premier besoin fût comblé par le QF 18 Pounder et le second par le Ordnance QF 4.5-Inch Howitzer en français obusier de 114mm.

Trois candidats proposèrent leurs produits, la Coventry Ordnance Works _un consortium de différents fabricants_ , Armstrong et Vickers. C’est le premier candidat qui l’emporta et les premiers obusiers furent mis en service en 1908.

Naturellement le canon fût engagé dans le premier conflit mondial avec un rapport moyen d’une batterie pour trois batteries équipées de canons de 18 livres. Durant ce conflit qui aurait du être la Der des Ders, le corps expéditionnaire portugais et la Russie utilisèrent également cet obusier.

Exporté également en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande,en Afrique du Sud, en Irlande et en Finlande, cet obusier évolua assez peu durant la période 1919-1939, les seuls modifications importantes concernant l’adaptation au remorquage automobile (affût, pneumatiques…..).

Cet obusier est retiré du service en 1944 après que les stocks de munitions se soient retrouvés sous le seuil d’alerte. A cela s’ajoute l’usure des tubes et des affûts. Comme le 18 Pounder, il est remplacé par des canon-obusiers Ordnance QF 25 Pounder.

Caracteristiques Techniques du Ordnance QF 4.5 Inch Howitzer

Calibre : 4.5 Inch (114mm)

Poids : (canon) 441kg (total) 1370kg (projectile) 16kg

Dimensions : longueur totale 2.7m longueur du canon 1.78m longueur du tube 1.5m (13 calibres) largeur 2.03m

Elevation : -5° à +45° en site et sur 3° de part et d’autre de l’axe en azimut

Cadence de tir : 4 coups/minute

Portée maximale : 6700m

Equipe de pièce : six hommes

Ordnance BL 60 Pounder

Canon de 60 livres en action au Proche-Orient durant le premier conflit mondial

Canon de 60 livres en action au Proche-Orient durant le premier conflit mondial

Comme nous l’avons déjà vu à plusieurs reprises, la guerre des Boers fût très riche d’enseignement pour l’armée britannique et notamment pour son artillerie.

Après avoir révélé les lacunes de l’artillerie de campagne, ce conflit “colonial” montra également l’intérêt de disposer de canons lourds mais mobiles permettant de lancer à la plus grande distance possible un obus suffisamment puissant pour permettre de détruire des abris renforcés.

En 1900, le commandant de l’artillerie en Afrique du Sud demanda un canon d’un poids raisonnable (4 tonnes) pouvant lancer à 10000 yards (9126m) l’obus le plus lourd possible.

Les tests commencèrent rapidement mais suite à des hésitations sur le calibre, ce n’est qu’en 1908 que l’Ordnance BL (Breech Loading _chargement par la bouche puis obus séparé en deux éléments_) 60 Pounder fût mis en service ce qui explique en partie pourquoi seulement 41 canons étaient disponibles en août 1914 dont 28 en Europe.

Quand le premier conflit mondial se termine, 1773 canons et 1397 affûts ont été produits. Ce puissant canon équipant 74 batteries sur le front occidental, trois en Italie, onze dans les Balkans, sept en Palestine et quatre en Mésopotamie, deux batteries canadiennes étant également actives sur le front occidental.

Naturellement plusieurs modèles de ce canon de 127mm vont être produits, les évolutions initiales répondant au besoin de produire plus vite en simplifiant certains composants ce qui paradoxalement augmenta le poids de la pièce. Il fallut attendre plusieurs mois pour que le BL 60 Pounder soit à la fois “léger” et facile à produire par une industrie qui ne manquait pas de travail.

Utilisé également par l’Afrique du Sud, l’Australie et les Etats-Unis (uniquement pour évaluation), ce canon conçu dès l’origine pour être soit tracté par des chevaux ou par des véhicules motorisés était toujours en service en septembre 1939.

Il est peu à peu remplacé le BL 4.5 Inch Medium Gun et le BL 5.5 Inch Medium Gun à partir de 1943, les dernières pièces sont retirées du service actif en juin 1944, certaines étant encore utilisées pour l’entrainement quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 60 Pounder

Calibre : 127mm

Longueur du tube : 4.04 ou 4.67m selon les versions

Poids total : 4470kg Poids du projectile : 27 puis 25kg

Elevation en site : -5° à +21.5° puis -4° à +35°

Champ de tir azimutal : 4° de chaque côté de l’axe

Portée maximale : 9400 puis 11200 et enfin 14200m

Cadence de tir : deux coups/minute

Equipe de pièce : dix hommes

Ordnance BL 4.5 Inch Medium Gun

BL 4.5 Inch Medium Field Gun

BL 4.5 Inch Medium Field Gun

Si le 25 Pounder faisait parfaitement l’affaire pour appuyer les divisions de manœuvre (infanterie et chars), il fallait un canon plus puissant pour équiper les régiments de l’équivalent britannique de la Reserve Générale, un canon destiné traditionnellement à contre-battre l’artillerie ennemie.

En septembre 1939 c’est le BL 60 Pounder qui assurait cette mission mais ce canon était en voie d’obsolescence avec des stocks d’obus de plus en plus faibles. Un nouveau canon medium était nécessaire.

Pour le remplacer, les britanniques travaillèrent sur un nouveau canon d’un calibre de 4.5 Inch soit 114mm. Pour gagner du temps, le Mk I apparu en 1938 combinait un nouveau canon avec l’affût du 60 Pounder avant que le Mk II n’entraine l’introduction d’un nouvel affût, les seuls Mk I encore utilisés en septembre 1948 l’étant pour l’instruction.

Ce canon équipait des unités de la Réserve Générale qui voit officiellement le jour en septembre 1946 avec les quatre Royal Artillery Support Group (RASG) tous stationnés en Grande-Bretagne avec des régiments d’artillerie medium, lourde et super-lourde (sur voie ferrée).

Chaque RASG dispose de six régiments médians soit vingt-quatre régiments. Sur ces vingt-quatre régiments, douze sont équipés de canons de 4.5 Inch soit un total de 288 canons en ligne,128 pièces étant stockées comme volant de fonctionnement.

Hors d’Europe, ce canon est aussi utilisé avec trois régiments au Moyen-Orient, un régiment au Proche-Orient et deux régiments en Malaisie soit un total de six régiments et de 144 pièces, portant le nombre de pièces en ligne à 432 canons.

Des projets de pièce automotrice sont étudiés mais n’ont pas encore débouchés en septembre 1948.

Comme pour les projets concernant le 25 Pounder il faudra attendre le succès des automoteurs allemands et français pour que les artilleurs britanniques se rallient (enfin) au concept de Self-Propelled Gun (SPG).

A l’export ce canon va équiper l’artillerie des Dominions et assimilés comme l’Inde, l’Australie, le Canada et l’Afrique du Sud.

Caracteristiques Techniques du Ordnance QF 4.5 Inch Medium Gun

Calibre : 114mm

Poids total : 5842kg Poids du projectile : 25kg

Longueur du tube : 4.69m (41 calibres)

Elevation : de 0° à +42° pour le Mk I, de -5° à +45° pour le Mk II

Portée maximale : 18000m

Cadence de tir : nc

Equipe de pièce : 10 hommes

Ordnance B.L 5.5 Inch Medium Gun

BL 5.5 Inch Medium Gun

BL 5.5 Inch Medium Gun

En janvier 1939 est lancé un appel d’offres pour remplacer les obusiers de 152mm, les 6 Inch 26 cwt Howitzer. C’est l’acte de naissance du Ordnance B.L 5.5 Inch Medium Gun, un canon de 140mm.

Les premières pièces prototypes apparaissent au printemps 1941. Les essais sont menés sans précipitation, le canon connaissant quelques problèmes de mise au point notamment de surchauffe et de problèmes d’étanchéité de la culasse. Les problèmes ne sont résolus qu’au début de 1942.

La production est lancée dans le courant de l’année, les premières unités étant équipées alors que 1942 touche à sa fin.

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, huit régiments medium des RASG sont équipés de canons de 5.5 Inch soit un total de 192 pièces auxquelles s’ajoutent quatre régiments déployés au Moyen-Orient (un) au Proche-Orient(un) et en Malaisie (deux) soit 96 canons.

Le parc en ligne est donc de 288 pièces plus 144 en stock, la production continuant à cadence réduite pour maintenir le stock à un niveau décent. Naturellement, la production va s’accélérer dès septembre 1948. Ce canon à été exporté en Australie, au Canada, en Inde, Portugal, Afrique du Sud et Nouvelle-Zélande.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 5.5 Inch

Calibre : 5.5 Inch (140mm)

Poids total : 6190kg Poids du projectile : un obus explosif de 37kg et un obus explosif de 45.5kg

Longueur du tube : 4.19m (30 calibres) Largeur 2.54m

Elevation : -5° à +45°

Champ de tir azimutal : 30° de part et d’autre de l’axe

Cadence de tir : deux coups/minute

Portée maximale : 14813 à 16550m selon les projectiles

Equipe de pièce : 10 hommes

Ordnance 6 Inch 26cwT Howitzer

BL 6 Inch 26 cwt Howitzer

BL 6 Inch 26 cwt Howitzer

Cet obusier de 152mm à été conçu durant le premier conflit mondial pour remplacer des armes plus anciennes surclassées par des canons allemands.

Comme souvent en temps de guerre, le dévellopement est très rapide, les premières études étant lancées en janvier 1915, les premiers tirs d’essais sont menés en juillet 1915 et les premiers canons arrivent sur le front occidental à la fin de l’année.

Ce canon est d’abord tracté par des chevaux puis par des camions de 3 tons et va servir durant le premier conflit mondial,la période 1919-1939,la guerre de Pologne et les premières années de la Pax Armada jusqu’à son remplacement en 1942/43 par le Ordnance BL 5.5 Inch Medium Gun.

Quelques canons restent en service pour l’instruction jusqu’en juin 1945 quand il est déclaré obsolète, les derniers canons pardon les derniers obusiers étant feraillés moins cinq exemplaires conservés pour la mémoire.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 152mm

Poids total : 3693kg Poids du tube 1295kg Poids de l’obus explosif : 45kg pour le premier conflit mondial 39kg pour les versions ultérieures

Longueur totale : 6.58m Longueur du canon 2.21m largeur : 2.08m

Elevation : 0° à +45° Champ de tir axial : 4° à gauche et à droite

Cadence de tir : 2 coups/minute Portée maximale : 8700 puis 11400m

Equipe de pièce : dix hommes

Ordnance BL 6 Inch Gun Mk XIX & Mk XX

BL 6 Inch Mk XIX

BL 6 Inch Mk XIX

Ce canon de six pouces (152.6mm souvent réduit en 152mm) apparaît en 1916. Depuis le début du conflit, l’artillerie britannique utilisait d’anciennes pièces navales plus ou moins adaptées au rôle de pièce terrestre.

Face à des problèmes de poids et de mobilité, l’artillerie britannique demande un nouveau canon de même calibre plus léger et plus mobile. C’est l’acte de naissance du Ordnance BL 6 Inch Gun Mk XIX qui utilise l’affût et le mécanisme de freinage de l’obusier Ordnance BL 8 Inch Howitzer Mk 6.

310 exemplaires sont construits dont 108 sont encore présents à la fin du premier conflit mondial sur le front occidental, le Mk VII qu’il était censé remplacé étant encore présent en novembre 1918.

Toujours en service en septembre 1939, ce canon va être peu à peu remplacé par le Ordnance BL 6 Inch Gun Mk XX, une version actualisée du précédent, quatre régiments déployés en Métropole disposant de pièces de ce modèles, trois de Mk XX et une de Mk XIX même si le rééquipement de cette dernière ne devrait pas tarder.

Pour la suite, l’artillerie britannique envisage l’acquisition de canons de 155mm qu’ils soient américains (Long Tom) ou français (Grande Puissance Filloux).

Ce canon à été exporté en petit nombre au Brésil,en Afrique du Sud _pour un rôle voisin la défense côtière_ et aux Etats-Unis pour évaluation.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 6 Inch Mk XIX

Calibre : 6 Inch (152.6mm)

Poids : (canon) 4684kg (total) 10340kg (projectile) 45kg

Longueur du canon : 35 calibres soit 5.341m

Elevation : 0° à +38°

Champ de tir azimutal : 4° de part et d’autre de l’axe

Portée maximale : 15100, 16300 ou 17140m en fonction des charges utilisées

Cadence de tir : nc

Equipe de pièce : nc

Allemagne (62) Armée de terre (19)

Panzerkampfwagen V (Panzer V) Panther

Panzer V Panther dans un camouflage tardif

Panzer V Panther dans un camouflage tardif, les premiers Panther étaient généralement peint en vert olive foncé

Une règle tacite, non écrite, existe dans le domaine militaire : tout armement doit être adopté pourvu qu’il soit d’usage courant dans une seule armée. Le domaine des chars de combat ne fait pas exception à la règle.

La France et l’Allemagne vont ainsi se stimuler, se copier mutuellement dans ce domaine sur le plan tactique comme sur le plan technique, les forces blindées-mécanisées françaises n’ayant rien à envier à celles de la Panzerwafe.

Sur le plan de l’équipement, les chars français sont dans l’ensemble mieux protégés et mieux armés mais pas forcément rapides. Les chars allemands sont souvent rapides, plus rapides que leurs congénères français mais pas forcément les mieux armés et les mieux protégés.

En septembre 1939, les chars allemands peuvent être considérés comme inférieurs aux chars français et ce en raison de la présence importante de Panzer I et II dépassés ou en passe de l’être.

Le canon de 37mm du Panzer III atteint ses limites et le 75mm court du Panzer IV se révèle adapté à l’appui de l’infanterie mais peu à la destruction des chars de combats adverses.

Cet état de fait s’explique par des problèmes industriels, l’industrie allemande ayant été incapable de fournir rapidement des blindés modernes en grand nombre ce qui n’a rien d’infamant, l’industrie anglaise et l’industrie française ayant connu des difficultés à produire rapidement des chars modernes comme le B1bis un monstre au combat mais d’un entretien délicat et d’une fabrication fort longue.

La période de la Pax Armada voit la France prendre une longueur d’avance dans le domaine des chars de combat.

Sous l’impulsion du général Villeneuve, de jeunes officiers et des techniciens talentueux, l’arme blindée-cavalerie put recevoir des chars en avance sur leur temps comme le Renault G1 à canon de 75mm en tourelle (connu officiellement sous le nom de char modèle 1943R) et l’ARL-44 à canon de 90mm en tourelle.

L’apparition en 1943/44 de ces deux blindés obligèrent les allemands à des mesures d’urgence concernant leurs blindés existants et surtout à développer un nouveau char moyen et un char lourd.

En réalité le développement du futur Panther avait commencé bien avant mais la montée en puissance des forces de la Panzerwafe était prioritaire et les services officiels tentaient non sans mal de freiner la mise en chantier de nouveaux blindés pour privilégier la construction des blindés existants.

Le lancement officiel du programme du Panzerkampfwagen V à lieu au printemps 1943 quand les informations les plus complètes parviennent de France sur la nature exacte du Renault G1.

Dans un contexte compliqué (guerre civile), les travaux avancèrent relativement rapidement, les grandes lignes du projet ayant été rapidement arrêtées :

-Un moteur essence le plus puissant possible pour anticiper une prise de poids

-Un canon de 75 ou de 88mm en tourelle

-Une nouvelle suspension pour améliorer les performances en tout-terrain

-Un blindage épais

Les travaux aboutirent à la présentation de deux prototypes en septembre 1944 dans un contexte toujours tendu. Le char obtenu pesant 35 tonnes est jugé réussi  même si les services officiels perfectionnistes vont réclamer un grand nombre de modifications qui vont retarder la mise en service d’un char baptisé Panther.

C’est le premier char allemand à recevoir un surnom. Ce choix est avant tout un choix de propagande pour muscler la puissance des Panzerdivisionen.

Les premiers exemplaires entrent en service en septembre 1946 au sein de la 4. Panzerdivision en remplacement de chars tchèques totalement dépassés.

Les 6. 7 et 8. Panzerdivisionen suivent ensuite soit quatre divisions équipées, totalisant un total d’environ 720 chars en service répartis en trois sous version Ausf A B et C qui ne se différencient que par des détails. .

Une seule version dérivée du Panther est mise au point en l’occurrence le Bergepanther, un char de dépannage.

Des projets de canons automoteurs de 150mm, de chars lance-flammes, de canons automoteurs antiaériens et de poseurs de pont sont étudiés mais ne dépassent le stade de la planche à dessin.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen V Panther

Poids  : 35 tonnes théoriques mais plus proche des 40 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 6.10m largeur hors tout : 2.65m hauteur avec tourelle 2.70m

Motorisation : moteur essence Maybach 8 cylindres dévellopant 700ch avec 600l de carburant

Performances : vitesse maximale sur route 60 km/h réservoir de 530 litres donnant une autonomie sur route de 190km

Blindage : 40mm maximum pour la caisse 60mm pour la tourelle

Armement : canon de 75mm kwK42 de 50 calibres dans une tourelle triplace avec 79 obus associé à une mitrailleuse de 7.92mm MG-34 avec 2500 cartouches. Une mitrailleuse de caisse de même modèle dispose de 2000 cartouches.

Equipage : un mécanicien pilote et un opérateur radio/mitrailleur en caisse, un chef de char, un pourvoyeur  et un tireur en tourelle

Panzerkampfwagen VI Tiger

Panzer VI Tiger

Panzer VI Tiger

Les premiers chars mis au point étaient de véritables monstres, de véritables mastodontes qu’il s’agisse des Mark britanniques, des Schneider et des Saint-Chamond français ou encore du confidentiel A7V allemand.

De la percée, la mission du char évolua dans la plupart des pays vers le soutien d’infanterie, mission où des chars plus légers pouvaient faire l’affaire. De plus ces derniers étaient moins chers et plus faciles à produire.

Quand l’Allemagne choisit de se réarmer, elle privilégia des chars légers faciles à produire en grand nombre pour former les pilotes, tireurs et chefs de chars de la Panzerwafe. Il y eut bien des projets de chars lourds (Grosstraktor Neubaufahrzeuge) mais cela ne déboucha pas sur la production en série.

Si les Panzer I et II sont suffisants pour défaire l’armée polonaise, ils sont bien insuffisants pour affronter les chars des autres pays ennemis du Reich. Même les Panzer III et IV pourraient être limités contre des chars aussi puissants que les KV russes ou les B1bis français.

Dès 1937, la firme Henschel reçoit une demande officielle pour développer un nouveau char, un char destiné à remplacer le Panzer IV mais plus lourd pour pouvoir être un “char de percée”.

L’industrie allemande étant déjà incapable de fournir suffisamment de chars de bataille comme le Panzer III et IV, la construction d’un char plus lourd vous pensez….. .

Le projet vivote mais n’est pas abandonné, le besoin d’affronter les chars français B1bis rendant obligatoire de disposer d’un char lourd capable au moins d’égaler en puissance les redoutables B1bis et ter.

Dans un premier temps, les ingénieurs allemands envisagèrent de copier ou de s’inspirer du char lourd français mais la conception dual de l’armement semblait une voie sans issue.

L’obusier de 75mm en casemate pouvait appuyer l’infanterie mais était incapable de détruire les chars ennemis alors que le canon de 47mm était à terme condamné par l’augmentation de l’épaisseur des blindages.

Quand à utiliser des tourelles multiples, cela compliquait l’utilisation du véhicule au combat et ce n’est pas la prestation pitoyable des chars soviétiques dans la guerre d’Hiver qui allaient rendre ses lettres de noblesse aux tourelles multiples.

La seule solution était de monter un puissant canon antichar dans une tourelle. Le canon de 75mm étant déjà en service, les allemands hésitèrent entre le 88, le 105 et le 128mm. Les deux derniers étant beaucoup trop lourds pour obtenir un véhicule d’un poids décent, le 88mm connu pour ses performances antichars fût choisit.

Les travaux menés sans empressement furent brutalement accélérés quand lors du défilé du 14 juillet 1945, les premiers ARL-44 apparurent aux actualités.

L’existence de ce char était connue des allemands mais son apparition massive (pas moins de 48 exemplaires) provoqua un véritable électrochoc sur le programme du Panzerkampfwagen VI qui reçut quelques mois plus tard, le nom de Tiger (Tigre).

Le châssis était inspiré de celui du Panther mais adapté à un poids bien plus important. La caisse est de forme carrée, donnant de loin l’impression d’un Panzer IV sous stéroïdes. La tourelle est elle aussi carrée, accueillant un canon de 88mm de 56 calibres associé à une mitrailleuse de 7.92mm.

Une deuxième mitrailleuse est installée à droite du chauffeur, arme mise en œuvre par l’opérateur radio. La tourelle au centre abrite le tireur, le pourvoyeur et le chef de char, le moteur essence se trouvant à l’arrière.

Deux prototypes apparaissent à l’automne 1945. Ils sont bons mais perfectibles ce qui retarde la mise en fabrication alors que les ARL-44 Estienne équipent largement les Divisions Cuirassées françaises.

Au grand dam des opérationnels, les services officiels de la Panzer Commission se montrent extrêmement perfectionnistes et certains d’y voir une vengeance mesquine de Ferdinand Porsche qui avait vu son projet de char lourd retoqué au profit du projet Henschel nettement plus prometteur.

Finalement, les premiers véhicules de série sont livrés au printemps 1947. Ils vont équiper non pas les Panzerdivisionen mais des bataillons lourds indépendants affectés au gré des besoins aux divisions.

Cette situation contraste avec celle des Divisions Cuirassées qui bénéficient à temps plein de chars lourds avec deux bataillons de trente-quatre ARL-44. La souplesse recherchée avec ces bataillons indépendants se paye au prix de problèmes de coopération avec les autres unités de chars de la division.

Ce n’est qu’au cours du conflit que certaines divisions dont les Panzerdivision S.S (deux en formation en septembre 1948, huit divisions et quatre brigades à leur apogée) recevront des bataillons divisionnaires de chars Tigre.

Quand éclate le second conflit mondial, huit bataillons de trois compagnies de dix-sept chars soit un total de 458 chars sont équipés de Tigre accompagnés par des véhicules de dépannage, en l’occurrence deux par compagnie soit un total de 48 véhicules où la tourelle est remplacée par une superstructure et de puissants moyens de levage.

Des projets de canons automoteurs de 170 et de 240mm, des poseurs de pont, des véhicules de commandement et des véhicules du génie sont étudiés mais ne sont pas menés à bien.

En septembre 1948 apparait un prototype d’une version améliorée du Tigre, le futur Tigre Royal ou Königstiger. En conséquence, l’habitude est prise de baptiser les Sonderkraftahtzeug 181 Tigre I pour les différencier de successeurs qui n’apparaitront que deux ans de plus tard sur les champs de bataille.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen VI Tiger (Sonderkraftahtzeug 181)

Type : char lourd ou char de percée

Poids : 55 tonnes théorique dont 11 tonnes pour la tourelle triplace

Dimensions : longueur 6.20m (8.24m avec le tube à 12h) largeur de combat : 3.73m (3.15m avec les chenilles de transport) hauteur : 2.86m

Blindage maximal : 110mm

Motorisation : un moteur essence Maybach HL210 de 650ch puis à partir du 158ème exemplaire de série, un Maybach HL230 de 700ch

Performances : vitesse maximale sur route 38 km/h vitesse maximale en tout-terrain 20 km/h Autonomie sur route 100km en tout-terrain 60km

Armement : un canon de 88mm de 56 calibres Kw.K36 dans une tourelle triplace qui lui permet de pointer en azimut sur 360° (hydraulique et manuel) et en site de -6.5° à +17° avec une réserve de 92 obus associé à une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm MG-34 et une de caisse qui se partagent les 4800 cartouches.

Le Tigre dispose également de cinq lance-pots fumigènes (trois à droite et deux  à gauche de la tourelle)

Equipage : pilote et opérateur radio-mitrailleur à l’avant, tireur, pourvoyeur et chef de char dans la tourelle.

Prototypes et véhicules d’essais

Entre 1920 et 1933, les allemands qui ne peuvent guère s’appuyer sur un retour d’expérience du premier conflit mondial cherchent et tâtonnent dans des bureaux d’études clandestins installés notamment en Suède tout en profitant des installations soviétiques pour tester leurs créations en vrai grandeur.

-En mars 1927, trois compagnies Daimler-Benz (Berlin-Marienfelde), Rheinmetall (Berlin-Tegel) et Krupp (Essen)reçoivent commande de deux chars expérimentaux qui pour des raisons évidentes sont connus dans les textes comme des Grosstraktor.

Ces “tracteurs lourds” (Grosstraktor I pour Daimler-Benz Grosstraktor II pour Rheinmetall-Borsig et Grosstraktor III pour Krupp) sont des véhicules de vingt tonnes (19.32 tonnes exactement), mesurant 6.60m de long sur 2.81m de large et une hauteur de 2.30m.

Leur blindage en acier doux est de 13mm et leur armement se compose d’un canon court de 7.5cm (24 calibres) avec trois mitrailleuses (une coaxiale, une de caisse et une troisième dans une tourelle arrière). Six hommes d’équipage sont nécessaires pour manœuvrer ces blindés.

Grâce à un moteur d’environ 250ch, ces véhicules peuvent aller à 40 km/h sur route, leur autonomie étant de 150km.
Leur construction terminée, ils sont envoyés à Kazan et intensivement testés au polygone de Kama ou allemands et soviétiques, unis à l’époque par un isolement diplomatique vis à vis des vainqueurs du premier conflit mondial testent leurs blindés.

Ils ne seront pas produits en série tout comme les Leichttraktor,des chars légers de six tonnes armés d’un canon de 37mm dont quatre exemplaires sont construits par Rheinmetall. Ils permettront néanmoins la mise au point du Kleinetraktor, ancètre direct du Panzer I.

-Au Grosstraktor succède le Panzer Neubaufahrzeuge VI (Nbfz VI), un modèle produit à cinq exemplaires par Rheinmetall et Krupp. C’est un véhicule de vingt tonnes qui apparait en 1934 avec un armement en deux tourelles, la première juxtaposant un canon de 75mm et un canon de 37mm alors qu’une tourelle inférieure abrite une mitrailleuse. Ces cinq véhicules sont intensivement testés puis relégués à l’écolage.

-Les prototypes VK 3001 et VK 3601 sont dérivés du Panzer IV et sont un maillon dans la chaine qui allait aboutir au Tigre I.

-Soucieux d’obtenir un char le mieux protégé possible, les allemands lancent en janvier 1947 l’étude d’une version plus lourde du Tigre I. Il s’agit d’anticiper sur les futurs chars lourds français et le développement des armements antichars.

Le châssis du Tigre I est repris mais le blindage est renforcé passant à certains endroits à 150mm ce qui impose un moteur plus puissant. L’armement est un canon de 88mm de 71 calibres en tourelle bien qu’on ait envisage un canon de 128mm en casemate, solution rejetée car peu apte au combat offensif.

Deux prototypes sont disponibles en septembre 1948 mais la priorité donnée à la production des chars existants (Panther, Panzer IV, Tiger) fait que les premiers Tiger II ou Königstiger ne sortent des chaines de production qu’au début de 1950 mais ceci est une autre histoire.

Allemagne (60) Armée de terre (17)

Panzerkampfwagen III (Pz III)

Panzer III Ausf A Berlin 1938

Panzer III Ausf A Berlin 1938

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, les Panzer I et II n’étaient destinés qu’à former un vivier de conducteurs, de tireurs et de chefs de chars pour permettre à la Panzerwafe de former un outil crédible.

L’outil industriel peu adapté à une production de masse (en dépit de la puissance de l’industrie allemande) obligèrent l’ABC allemande à former ses premiers Panzerdivisionen avec des chars légers, inaptes au combat contre les chars adverses.

Dès 1935, les allemands arrêtent la composition de leurs unités de chars. Ils prévoient deux chars moyens, un char armé d’un canon de 50mm et un char armé d’un canon court de 75mm, le premier (futur Panzer III) devant détruire les chars adversaires alors que le second (futur Panzer IV) avec des obus explosifs doit assurer leur appui.

Pour des raisons de complémentarité avec l’infanterie, décision est prise de remplacer le canon de 50mm prévu par un canon de 37mm aux performances antichars nettement moindres.

Après un appel d’offres, c’est Daimler-Benz qui est choisit. Les premières versions (Ausf A à E) sont produites en petite quantité et ne donnant pas satisfaction, les Panzer III Ausf A à D sont retirés du service dès 1940.

La version Ausf F est la première version du Panzerkampfwagen III à être produite en grande série avec 560 unités produites jusqu’en mai 1941 quand une version Ausf G la remplace sur les scènes de montage.

Cette version est construite en petite quantité (220 à 250 exemplaires selon les sources) avant de céder la place à la version Ausf H, la première version à être équipée d’un canon de 5cm, d’abord en version courte (42 calibres soit un tube de 2.10m) puis en version long (60 calibres soit un tube de 3m).

560 Ausf F sont construits suivis de 250 Ausf G et de 950 Ausf H soit un total de 1760 Panzer III produits jusqu’en septembre 1947 quand la production est interrompue au profit de véhicules plus performants notamment le Panther appelé à remplacer à la fois le Panzer III mais également le Panzer IV.

Sur le plan de l’équipement des Panzerdivisionen, le Panzer III équipe encore totalement deux divisions blindées et partiellement deux autres en compagnie du Panzer IV (les quatre restantes étant entièrement équipées de Panzer IV à canon de 75mm long sans oublier quatre équipées de Panzer V Panther).

Au total ce sont près de 950 Panzer III Ausf G et H à être encore en service quand éclate le second conflit mondial. Son poids limité et son canon de 50mm jugé suffisant vont permettre son déploiement en Norvège pour l’opération Weserübung.

Comme pour les autres blindés allemands, le châssis du Panzer III s’est prêté à un certain nombre de conversions sans parler de la reconversion de chars retirés du service actif.

Citons pêle-mêle une version de dépannage, de commandement, d’observation d’artillerie, char lance-flamme, poseur de travées, déminage. Ce châssis à aussi servit au développement ud Sturmgeschütz III à canon de 75mm. En mélangeant des éléments du châssis du Panzer III et du IV, on obtint le châssis du canon automoteur Hummel.

Panzer III Ausf J

Panzer III Ausf J

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen III

Poids : 22.3 tonnes Longueur total : 6.41m longueur de la coque : 5.41m largeur : 2.95m hauteur : 2.50m

Moteur : Maybach HL 120 TRM 12 cylindres 300ch

Blindage : maximal 50mm

Performances : vitesse maximale sur route 40 km/h (19 km/h en tout-terrain) Autonomie 175km sur route 97km en tout-terrain

Armement : un canon de 50mm en tourelle triplace avec 99 projectiles pouvant pointer de -10° à +20° et sur 360° en azimut, canon associé à une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm (2250 cartouches) et une mitrailleuse de caisse (1250 cartouches)

Equipage : cinq hommes (Pilote, radio-mitrailleur, chef de char, chargeur et tireur)

Panzerkampfwagen IV (Panzer IV)

Panzer IV à canon de 75mm long

Panzer IV à canon de 75mm long

Quand le char de combat est inventé, sa mission unique est de percer le front et de déblayer le terrain au profit de l’infanterie qui ne pouvait seule vaincre la triade “mitrailleuse + barbelés + tranchées”.

L’appui de l’infanterie semblait être la seule mission du char de combat, un affrontement entre chars si il était du domaine du possible, paraissait peu probable.

Aussi quand l’Allemagne planifia la montée en puissance de sa Panzerwafe, elle identifia deux types de chars : un char armé d’un canon capable de combattre les autres chars et un char destiné à les appuyer à l’aide d’un canon plus puissant tirant des obus explosifs, canon qui pouvait aussi mener une mission d’appui de l’infanterie.

Le développement du futur Panzerkampfwagen IV (Sonderkraftahtzeug 161) commence avant même l’arrivée des nazis au pouvoir ce qui implique des appellations de camouflage comme Mittleren Traktor puis Bataillonführerswagen avant de devenir de véritables chars de combat.

Le prototype apparait en 1935. MAN et Krupp s’affrontent et c’est finalement le fabricant d’Essen qui l’emporte et qui reçoit commande en 1936 des premiers exemplaires de série.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Panzerwafe dispose de 437 Panzer IV (35 Ausf A 42 Ausf B 140 Ausf C et 220 Ausf D) qui sont mêlés aux Panzer III pour assurer leur appui.

Durant la période de Pax Armada (1939-1948), cette période qui sépare la guerre de Pologne du second conflit mondial, le rôle et la place du Panzer IV évolue.
Le Panzer III ne pouvant recevoir plus qu’un canon de 50mm, il sera à terme déclassé par l’augmentation des blindages ce qui n’est pas le cas des Panzer IV dont les dimensions généreuses du châssis permettent d’envisager l’installation d’un armement sous tourelle plus puissant.

L’apparition en France du Renault G-1 à canon de 75mm sous tourelle pousse l’Allemagne à lancer l’étude d’un nouveau char moyen à canon de 75mm long sous tourelle. Le développement prenant du temps, il faut parer au plus pressé.

Outre le réarmement des Panzer III avec un canon de 50mm lui rendant un vrai pouvoir antichar, la direction des troupes blindées décide de produire une version du Panzerkampfwagen IV à canon de 75mm long soit un canon de 48 calibres au lieu des 24 pour les précédents.

Après l’Ausf E encore équipé d’un canon court et fabriqué à 240 exemplaires, la production passe au Ausf F, la première des quatre versions armés du canon de 75mm de 43 calibres.

La version F est produite à 250 exemplaires est suivit par 300 Ausf G dotés d’un moteur plus puissant, d’une suspension améliorée et de jupes blindées (Schürzen) pour protéger le train d roulement des coups de l’ennemi. Les Ausf H et J ne se différencient que par des détails infimes, difficilement décelables à l’oeil nu.

Le Panzer IV va devenir en attendant l’arrivée du Panther le char majeur des Panzerdivisionen, remplaçant peu à peu les Panzer III. Résultat quand le second conflit mondial éclate, le Panzer IV équipe quatre divisions blindées au complet et deux divisions partiellement avec le Panzer III soit six divisions et plus un millier de chars en service.

Théoriquement la production du Panzer IV devait cesser pour laisser la place au Panther plus moderne mais des problèmes industriels et un grand nombre de maladies de jeunesse vont pousser les autorités allemandes à maintenir ouverte les chaines de production du Panzerkampfwagen IV.

Cette décision répond aussi au besoin de satisfaire les besoins de la S.S qui prend la décision de mettre sur pied deux divisions blindées en septembre 1947 (elles sont donc loin d’être opérationnelles un an plus tard) ainsi que de l’export au profit des alliés de l’Allemagne.

C’est ainsi que la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie, la Finlande et l’Italie reçoivent des Panzer IV à canon court et long. Des pays neutres comme l’Espagne et la Turquie reçoivent également des Panzer IV mais en plus faible nombre que les alliés de Berlin.

Comme le Panzer III, des variantes ont été mises au point à partir du châssis du Sonderkraftahtzeug 161. On trouve un véhicule de dépannage, une version de commandement du char standard, des chars lance-flamme, des poseurs de traverse, un char du génie et plus original, un char porte-grue destiné à embarquer et à élever les munitions destinées aux obusiers automoteurs Karl de 600mm.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen IV Ausf H

Poids en ordre de combat : 24 tonnes Longueur hors tout : 7.02m Longueur de la caisse : 5.89m Largeur : 2.88m (3.13m avec les jupes) Hauteur : 2.68m

Motorisation : un moteur essence Maybach HL120TRM 12 cylindres dévellopant 300ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h sur route 16 km/h en tout terrain autonomie 210km sur route 130km en tout-terrain

Blindage maximale : 80mm

Armement : un canon de 75mm long (48 calibres) en tourelle triplace (-8° à +20° 360°) alimenté à 87 obus. La tourelle dispose d’une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm qui partage avec la mitrailleuse de caisse, le stock de 3150 cartouches.

Equipage : cinq hommes

Allemagne (59) Armée de terre (16)

Armement (8) : chars de combat

AVANT-PROPOS

Pour vaincre la triade “tranchées + mitrailleuses + barbelés”, les alliés comprennent que la seule solution c’est un véhicule de combat blindé, armé de mitrailleuses et/ou de canons capable de franchir le no-man’s land et obtenir la percée tant recherchée depuis 1914.

C’est l’acte de naissance du char de combat dont l’apparition sur la Somme en 1916 à défaut de bouleverser la guerre provoque la panique des soldats allemands qui fort heureusement réagisse vite non pas en construisant des chars mais en prenant des contre-mesures comme l’élargissement des tranchées ou le rapprochement de l’artillerie pour tirer à vue sur les chars.

Ces mesures de bon sens ne résolvent pas la question de la lutte contre les chars. L’Allemagne se doit de posséder des chars de combat pour affronter les tanks britanniques et les chars français qui ne connaissent pas tout un succès fulgurant.

A7V capturé par les alliés

A7V capturé par les alliés

Ils mettent d’abord au point l’A7V, un mastodonte de 30 tonnes ainsi que deux modèles plus légers, le Leichte Kampfwagen I armé de mitrailleuses et le Leichte Kampfwagen II armé d’un canon de 57mm.

Le Leichte Kampfwagen I

Le Leichte Kampfwagen I

 

Leichte Kampfwagen II

Leichte Kampfwagen II

Le traité de Versailles interdisant le développement et la fabrication de chars de combat, les allemands tournent cette interdiction en installant des bureaux d’études dans des pays voisins comme la Suède ou profitent de l’accueil d’un autre “pestiféré” à savoir l’URSS, les deux pays coopérant dans la conception des chars de combat ainsi que sur la mise au point d’un corpus tactique.

Grosstraktor

Grosstraktor

Ces tests aboutissent à la construction de plusieurs prototypes comme les Grosstraktor de 20 tonnes armés d’un canon de 75mm court ainsi que la construction de chars d’entrainement appelés Kleinetraktor dont la version armé est baptisée Panzerkampfwagen I plus connu sous le nom de Panzer I un petit char de combat armé de deux mitrailleuses de 7.92mm.

Panzer I conservé dans un musée américain

Panzer I conservé dans un musée américain

Avec le Panzer II armé d’un canon de 20mm et d’une mitrailleuse de 7.92mm, ils n’auraient du être que des chars de transition chargés de former les équipages de la Panzerwafe qui devaient mettre en oeuvre un char de combat, le Panzer III armé d’un canon de 37mm et un char d’appui, le Panzer IV armé d’un canon de 75mm court.

Panzer II conservé dans un musée militaire canadien

Panzer II conservé dans un musée militaire canadien

L’entrée en guerre précipitée en septembre 1939 (alors que les plans de réarmement prévoyaient un conflit en 1943) impose le maintien des Panzer I et II dans les divisions blindées, les Panzerdivisionen ainsi que l’utilisation de chars tchèques, devenus les Pz 35 (t) et Pz 38 (t) en attendant que suffisamment de Panzer III et IV soient disponibles.

Skoda LT vz.35 connu par les allemands sous le nom de PZ 35 (t)

Skoda LT vz.35 connu par les allemands sous le nom de PZ 35 (t)

Fort heureusement pour la Panzerwafe, la résistance limitée de la Pologne et l’absence d’offensive à l’ouest ne permet pas de mettre en valeur les limites des chars allemands.

Les huit années de Pax Armada vont permettre à la force blindée allemande de créer deux nouvelles divisions blindées mais également de renouveler son parc.

Les Panzer I et II sont retirés du service, utilisés comme chars d’entrainement ou transformés en véhicules d’appui. Les chars tchèques Pz 35(t) et 38 (t) sont également retirés du service actif, certains étant cédés à des pays alliés ou amicalement neutres.

Panzer III

Panzer III

Les Panzer III et Panzer IV devaient devenir les seuls chars des Panzerdivisionen mais ce ne fût pas le cas en raison de la mise au point en France d’un char moyen révolutionnaire, le Renault G-1 et d’un nouveau char lourd ARL-44.

Les allemands avaient bien envisagé un nouveau char moyen pour remplacer le Panzer III et un char de percée mais y avaient renoncé pour ne pas perturber la montée en puissance du réarmement, montée en puissance perturbée par la guerre civile.

Panzer IV Ausf C à canon de 75mm court

Panzer IV Ausf C à canon de 75mm court

L’apparition de ces chars français bouleversent leurs plans. Dans un premier temps, on prend des mesures d’urgence. Les Panzer III reçoivent un canon de 50mm (une mesure demandée par Guderian dès 1937 !) et les Panzer IV reçoivent un canon long de 75mm efficace pour la lutte antichar.

Après des mesures d’urgence, il faut penser à l’avenir et le remplacement des Panzer III et IV par de nouveaux blindés, le Panzer III ne pouvant recevoir un canon de 75mm en tourelle alors que le Panzer IV allait être limité par ses organes mécaniques.

C’est l’acte de naissance du Panzerkampfwagen V baptisé Panther avec un canon de 75mm en tourelle et du Panzerkampfwagen VI baptisé Tigre armé du redoutable canon de 88mm en tourelle.

Néanmoins, en septembre  1948, seules quatre divisions sont entièrement rééquipées de Panther, les huit autres disposant de Panzer III et de Panzer IV, les Tigre équipant des bataillons indépendants qui doivent en temps de guerre renforcer les divisions.

Panzerkampfwagen I (Panzer I)

Panzer I en action durant la guerre de Pologne

Panzer I en action durant la guerre de Pologne

Dire que l’Allemagne part de zéro pour constituer sa Panzerwafe est un poil exagéré. Il y à eu des projets lancés à la fin du premier conflit mondial, projets qui furent améliorés en Suède et en URSS pour contourner les interdictions du traité de Versailles.

Plusieurs projets sont lancés et testés (Grosstraktor Leichttraktor) armés de canons de 75 et de 37mm mais cela n’aboutit pas à la production en série même après l’arrivée des nazis au pouvoir probablement pour des raisons techniques et industrielles.

En juillet 1933, la Heer passe commande de 150 Kleintraktor (petit tracteur), un véhicule chenillé réservé à l’entrainement car non armé.

En dépit de sa puissance industrielle, l’Allemagne ne pouvait produire rapidement un grand nombre de chars moyens ou lourds.

Il fallait donc limiter ses ambitions à des chars légers pour permettre une montée en puissance rapide des forces blindées allemandes.

L’appel d’offre demande un blindé de 4 à 7 tonnes et c’est Krupp qui l’emporte avec un dérivé direct du Kleintraktor avec pour armement deux mitrailleuses de 7.92mm MG-13 dans une tourelle installée à droite.

Ce char n’est pas une réussite avec une sous-motorisation, un blindage trop faible (13mm), trop fragile. Bref, un véhicule qui n’aurait jamais du combattre mais faute de mieux, les Panzerdivision durent s’en contenter.

Surclassé dans la guerre d’Espagne par le T-26 armés d’un canon de 45mm, les Panzer I participent à la guerre de Pologne, n’étant pas tous anéantis par la rapide désorganisation de l’armée polonaise.

La guerre de Pologne terminée, son sort est scellé, il doit être rapidement retiré du service mais entre la décision prise en décembre 1939 et la sortie des Panzer III et IV d’usine, il y à un délai incompressible.

1445 Panzer I sont en service en septembre 1939. 72 sont perdus durant la guerre de Pologne certains sous les coups de l’ennemi mais beaucoup par attrition mécanique. 1200 sont en service au printemps 1940 avant que la déflation de la flotte ne s’accélère avec 800 chars encore en service en janvier 1941, les derniers Panzer I sont retirés du service en mars 1942 !

Si il est déclassé comme char de combat _ce qu’il n’aurait jamais du être à l’origine_ , le Panzer I peut rendre des services pour des missions secondaires comme des essais d’armement (comme véhicule porteur ou comme cible), l’instruction mais également la sécurité intérieure, 250 Panzer I étant cédés à la police pour le maintien de l’ordre.

Son châssis va également servir de base à des véhicules de soutien et ce en dépit de ses imperfections.

Si le poseur de pont, le véhicule de DCA et le véhicule du génie ne dépassèrent pas le stade du prototype, les versions ravitailleurs de munitions dépannage et lance-flammes furent construits en assez grand nombre avec quelques constructions neuves et une reconversion des chars les moins usés.

Si le chasseur de chars à canon de 47mm et un canon automoteur de 150mmne ne furent que des véhicules d’études, la version de commandement fût produite en grand nombre. La tourelle fût remplacée par une superstructure avec une mitrailleuse de 7.92mm pour la défense rapprochée.

A l’export, il fût vendu en petit nombre à la Chine nationaliste, à l’Espagne et pour un nombre réduit à la Hongrie et à la Bulgarie.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen I Ausf B (Sonderkraftahtzeug 101)

Poids : 5.80 tonnes Longueur  : 4.42m Largeur : 2.06m Hauteur : 1.72m

Blindage maximal : 13mm

Moteur : moteur essence Maybach NL 38TR 6 cylindres refroidi par eau dévellopant 100ch

Performances : vitesse maximale sur route 40 km/h Autonomie de 180km sur route et de 130km en tout-terrain

Armement : deux mitrailleuses de 7.92mm MG-13 en tourelle (2250 cartouches), la tourelle permettant aux mitrailleuses de pointer de -12° à +18° en site et sur 360° en azimut

Equipage : deux hommes

Caractéristiques Techniques du Panzer Befehlwagen I (Sonderkraftahtzeug 265)

Version de commandement du Panzer I

Poids : 5.90 tonnes Longueur  : 4.42m Largeur : 2.06m Hauteur : 1.99m

Blindage maximal : 13mm

Moteur : moteur essence Maybach NL 38TR 6 cylindres refroidi par eau dévellopant 100ch

Performances : vitesse maximale sur route 40 km/h Autonomie de 180km sur route et de 130km en tout-terrain

Armement : une mitrailleuse MG-13 ou MG-34 de 7.92mm avec 900 cartouches

Equipage : trois hommes (pilote, chef de char/servant de mitrailleuse opérateur radio)

Panzerkampfwagen II (Panzer II)

Panzer II et Panzer I dans des manœuvres en Forêt Noire (?) en 1941

Panzer II et Panzer I dans des manœuvres en Forêt Noire (?) en 1941

Les insuffisances du Panzer I s’étant vites révélées, les autorités militaires allemandes décidèrent de mettre au point dès 1934 un nouveau char de combat. Le futur Panzer II était de toute façon un autre char de transition, les “vrais” chars des Panzerdivisionen devant être les Panzer III et IV.

L’appel d’offres réclamait un char d’une dizaine de tonnes, pouvant filer à 40 km/h et capable de combattre des chars ennemis ce que ne pouvait faire le Pz I.

C’est la société MAN qui est choisit mais la production est lente pour des raisons industrielles comme pour des raisons techniques, le retour d’expérience de la guerre d’Espagne imposant un renforcement du blindage. Résultat le poids passe à 8.90 tonnes ce qui impose un changement du moteur déjà limité pour la première version (Ausf A).

Le Panzer II se révèle être un bon char léger, bien supérieur au Panzer I mais son canon de 20mm le rend impropre à la lutte antichar. De nouvelles versions sont mises au point (Ausf B à G) suivie d’une version nettement alourdie pesant 18 tonnes mais le Ausf J n’entre pas en service à la différence du Ausf L.

Version de reconnaissance du Panzer II et baptisée officieusement Luchs (Lynx), elle pèse 13 tonnes, dispose d’un équipage de 4 hommes et peut se déplacer à 60 km/h. Les premiers exemplaires sont armés d’un canon de 20mm mais les derniers reçoivent un canon de 50mm ce qui en fait un bon engin de reconnaissance mais aucunement un char de combat.

1223 Panzer II sont en service en septembre 1939, la production se poursuivant jusqu’en septembre 1940, portant la flotte à 1650 chars.

En défalquant les chars détruits ou trop endommagés pour être réparés, la flotte retombe à 1300 exemplaires, peu à peu remplacés par des Panzer III et des Panzer IV.

Les Panzer II Ausf A, B et C sont les premiers à être remplacés, servant de chars d’entrainement, certains étant cédés à des pays alliés ou neutres.

Les Panzer II Ausf D et suivants sont reconvertis en véhicule de soutien (dépannage, véhicule du génie, poseur de ponts, ravitailleur, chars lance-flamme, ravitailleur d’artillerie pour les Wespe) ou en automoteurs Wespe même si rapidement, les Wespe sont construits à partir de châssis neufs.

Les douze Panzerdivisionen disposant d’une compagnie lourde équipée de chars légers, seuls 216 Panzer II sont encore en service, des chars tous équipés d’un canon de 50mm. Leur remplacement par un nouveau char léger était cependant à l’étude.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen II Ausf C (Sonderkraftfahrzeug 121)

Poids : 8.90 tonnes Longueur de la caisse : 4.81m Largeur 2.28m Hauteur : 2.02m

Motorisation : un moteur Maybach 6 cylindres essence refroidi par eau dévellopant 140ch

Performances : vitesse maximale sur route 40 km/h Autonomie 150km sur route et 100km en tout-terrain

Blindage maximal : 14.5mm

Armement : un canon de 20mm Kwk 30 L/55 en tourelle biplace alimenté à 180 coups (10 chargeurs de 18 coups) associé à une mitrailleuse MG-34 de 7.92mm disposant de 1425 cartouches

Equipage : trois hommes (Conducteur, chef de char/tireur et radio/chargeur)

Allemagne (58) Armée de terre (15)

Armement (7) : artillerie antiaérienne

Avant-Propos

L’apparition de l’avion eut naturellement pour conséquence l’apparition de moyens de protection, des moyens rudimentaires à la hauteur des performances des « plus lourds que l’air » à savoir des mitrailleuses et des canons de campagne simplement pointés vers le ciel avec un viseur rudimentaire.

Dans la période séparant le premier conflit mondial de la guerre de Pologne, la DCA évolua avec des canons spécifiquement conçus pour ce rôle qu’il s’agisse de pièces légères pour la basse altitude ou de pièces lourdes ayant un rôle plus stratégique, chargé de couvrir les sites stratégiques contre les bombardiers lourds ennemis.

Faisant des Panzerdivisionen la pointe de diamant de leur armée (au détriment parfois du reste de l’armée), les allemands veillèrent à équiper leurs unités d’une puissante DCA pour protéger les chars de l’aviation ennemie même si les divisions blindées devaient opérer avec un soutien constant de la chasse et des bombardiers en piqué de la Luftwafe.

Elle développa également des canons antiaériens lourds de 88mm, de 105mm et de 128mm. Si le premier était déployé sur le front et à l’arrière, les deux derniers modèles étaient destinés à défendre les villes et les industries.

2cm Flak 30/38

2cm Flak 38 en position terrestre

2cm Flak 38 en position terrestre

Pour les pièces de DCA légère, les allemands sélectionnèrent non pas un ni deux mais trois calibres à savoir 20,37 et 50mm même si dernier connu un développement limité.

A l’origine de ces deux canons de 20mm _le second étant une version améliorée du premier_ figure le Flak 28, un canon mis au point à la fin du premier conflit mondial. Mises hors la loi par le traité de Versailles, ces armes furent vendues à la Suisse.

Le Flak 30 à pour origine le Solothurn ST-5, un canon conçu pour la Kriegsmarine qui l’adopta sous le nom de 20mm C/30 avant que Rheinmetall ne produise une version adaptée pour l’armée de terre qui l’adopta sous le nom de 2cm Flak 30.

L’affût était composé de deux roues mais pour le tir, il reposait sur le sol sur une plate-forme qui permettait un tir plus précis car le tir était plus stable.

Seul problème, la cadence de tir _120 coups/minute_ était faible pour une arme de ce calibre. D’où le lancement du modèle Flak 38 qui affichait une cadence quasiment doublée avec 220 coups/minute avec un poids légèrement plus faible (420 au lieu de 450kg). Le Flak 38 est mis en service en 1939 et la Kriegsmarine l’adopte également sous le nom du C/38.

2cm Gebirgsflak, version allégée du 2cm Flak 38

2cm Gebirgsflak, version allégée du 2cm Flak 38

Une version allégée destinée aux troupes de montagne et aux parachutistes baptisée Gebirgsflak 38 (2cm GebFlak 38) est également mise au point par Mauser, les performances étant identiques mais le poids nettement plus faible avec seulement 276kg. Les premières pièces sont produites en 1942.

Ces canons de 20mm sont utilisés en affûts simples, en affûts doubles et en affûts quadruples pour améliorer les performances en concentrant davantage de munitions dans un plus petit périmètre.

Ces affûts étaient montés sur des camions et des semi-chenillés, des prototypes de canons antiaériens chenillés étant mis au point en installant un affût quadruple sur un chassis de Panzer III. Les trains blindés étaient également équipés de ces canons.

Outre l’Allemagne, la Finlande et la Lituanie ont reçu ces canons.

Caractéristiques Techniques du 2cm Flak 30

Poids : 450kg Longueur : 4.08m Longueur du tube : 1.3m (65 calibres) Largeur : 1.81m Hauteur : 1.6m Champ de tir vertical : -12° à +90° Champ de tir horizontal : 360° Cadence de tir maximale : 120 coups/minute en pratique (280 coups théorique) Portée effective : 2200m Alimentation : chargeurs de vingt-coups.

3.7cm Flak 18/36/37/43

3.7cm Flak 43 en version quadruple

3.7cm Flak 43 en version quadruple

Les premières pièces d’artillerie antiaériennes légères allemandes étaient des canons de 20mm, un calibre modeste mais utilisé par d’autres pays. Néanmoins, les allemands estimèrent ce calibre trop faible pour être efficace, imposant un calibre léger plus important.

Comme la France, les allemands sélectionnèrent le calibre 37mm et développèrent plusieurs modèles.

Le premier est le 3.7cm Flak 18, un canon de 57 calibres qui lui offre une portée maximale de 4800m. Ce modèle est produit en faible quantité, la production étant stoppée dès 1936.

Au Flak 18 succède le 3.7cm Flak 36, un canon semblable au précédent mais la cadence de tir augmentée. Dès 1937, un modèle amélioré baptisé Flak 37 lui succède, ces deux variantes étant les canons de 37mm les plus produits.

Le 3.7cm Flak 43 est le dernier modèle de canon de ce calibre, un canon à la cadence de tir améliorée.

Quelque soit le modèle, ces canons étaient utilisés en affûts simples, affûts doubles et en affûts quadruples, certains étant montés sur des semi-chenillés ou des camions.

Caractéristiques Techniques du 3.7cm Flak 43

Calibre : 37mm Poids : 2000kg en configuration transport Poids du projectile 623 à 659 grammes Longueur du tube : 2.109m (57 calibres) Champ de tir vertical : -7°30 à +90° Champ de tir horizontal 360° Cadence de tir : 150 coups en pratique (250 théorique) Portée maximale 6500m mais 4800m en pratique Alimentation : chargeurs de huit coups.

5cm Flak 41

5cm Flak 41

5cm Flak 41

Les canons antiaériens de 20 et de 37mm étaient parfaitement adaptés à la défense antiaérienne à basse altitude notamment pour protéger les Panzer des avions d’assaut. Les canons antiaériens lourds (88mm, 105mm, 128mm) étaient adaptés à la défense de sites fixes.

Il manquait néanmoins un calibre intermédiaire pour combler le fossé entre canons légers et canons lourds.

D’où le lancement d’une étude dès 1936 pour un canon antiaérien médian, le futur Flugabwehrkanone 41 ou Flak 41. Ce projet pas vraiment prioritaire ne débouche qu’en 1940 quand un contrat est signé pour le développement de l’arme, développement confié à la firme Rheinmettall-Borsig.

Cette arme ne se révéla pas une franche réussite et seulement 250 exemplaires furent produits et utilisés jusqu’au début du conflit quand un modèle amélioré, le 5cm Flak 48 entra en service, une arme nettement plus efficace. Les Flak 41 furent ensuite stockés et réemployés au profit des alliés de l’Axe.

Preuve de l’échec de cette arme, aucun affût multiple ou aucun projet d’automoteur antiaérien ne  vit le jour.

Caractéristiques Techniques du 5cm Flak 41

Calibre : 50mm Longueur de la pièce : 4.68m Poids en batterie 3100kg Poids du projectile 2.200kg Champ de tir vertical : -10° à +90° Pointage en direction : 360° Cadence de tir : 180 coups/minute Portée maximale 3050m Alimentation bande-chargeurs de cinq coups

8.8cm Flak 18

8.8cm Flak 18 sur affût Flak 36

8.8cm Flak 18 sur affût Flak 36

Le traité de Versailles imposait de sévères limitations militaires à l’Allemagne reconnue comme la seule coupable de la guerre qui fit près de 10 millions de morts.

Elle ne pouvait ainsi développer de nouvelles armes lourdes notamment en matière d’artillerie, contrainte que la République de Weimar contourna très rapidement en installant des bureaux d’études à l’étranger.

Des ingénieurs de chez Krupp s’installèrent en Suède où ils bénéficièrent de l’aide de la célèbre firme Bofors. Ils travaillèrent d’abord sur un canon antiaérien de 75mm mais la Reichswher ne fût guère satisfaite du résultat.

Le projet repris et devint un canon de 88mm, le futur 8.8cm Flugabwehrkanone 18.

Ce canon fût une vraie réussite et commença à entrer en service en 1933 au moment où les nazis arrivaient au pouvoir.

Toujours en service en septembre 1939, ce canon fût peu à peu remplacé par des modèles plus modernes, les Flak 36 et 37 qui se distinguaient par leur tube démontable en trois éléments pour faciliter la maintenance et la présence sur le second nommé d’un calculateur.
Les Flak 18, 36 et 37 furent utilisés en campagne par la Heer et la S.S, en emplacements statiques par la Luftwafe et la Kriegsmarine.

Outre la guerre de Pologne, il participa à la guerre d’Espagne où on découvrit à cette occasion son efficacité dans la lutte antichar.

Caractéristiques Techniques du 8.8cm Flak 18

Calibre : 8.8cm Poids en ordre de route 6861kg en batterie 5150kg projectile 9.24kg Longueur hors tout 7.62m longueur du tube : 4.93m largeur 2.305m hauteur 2.418m Champ de tir vertical -3° à +85° Champ de tir horizontal : 360° Portée : 8000m

8.8cm Flak 45

Comme nous l’avons vu à propos de la lutte antichar, l’utilisation du 88mm pour détruire des blindés ennemis est issue d’un événement de la guerre d’Espagne, une batterie antiaérienne de la Légion Condor surprise par des T-26 républicains mis ses tubes à la hausse 0° avec le résultat qu’on imagine.

Les obus à haute vitesse initiale d’une force de pénétration unique au monde ou peu s’en faut rendit ce rôle antichar aussi important que le rôle initial.

Dans leur volonté de perfection, les ingénieurs allemands tentèrent de créer l’arme parfaite, l’arme polyvalente, capable de mener aussi bien de la défense contre avions que de la lutte antichar.

Cette volonté se heurta aux limites techniques de l’époque. Le 8.8cm Panzerabwehrkanone théoriquement polyvalent mais d’une telle complexité que son utilisation réclamait des servants parfaitement entrainés.

A rebours des traditions militaires et industrielles allemandes, les ingénieurs de Krupp décidèrent de faire simple, une arme performante mais simple à utiliser, ne nécessitant pas des semaines d’entrainement pour l’utiliser correctement.

Plutôt que de dévelloper une arme polyvalente, ils mirent au point deux modèles, un modèle antichar (Panzerabwehrkanone 45) et un modèle antiaérien (Fliegerabwehrkanone 45) qui partageaient néanmoins un grand nombre de pièces.

Le 8.8cm Flak 45 fût produit en grand série à partir du printemps 1946, la priorité allant à la Flakartillerie de la Luftwafe, l’équivalent de notre DAT.

La Heer fût servie après ce qui généra rancœurs et jalousies au point qu’il y eut des détournements de matériel, des canons destinés à la Luftwafe se retrouvant dans la Heer ou la S.S.

Outre la version tractée, le 8.8cm Flak 45 fût monté sur des semi-chenillés, des camions,  installé sur des positions fixes mais également sur des wagons plats pour assurer la défense du Reich.
Caractéristiques Techniques du 8.8cm Flak 45

Calibre : 88mm Poids en ordre de route : 8790kg en batterie 7500kg Poids du projectile : 9.4kg Longueur hors tout : 8.50m longueur du canon 6.10m largeur 2.40m hauteur 2.30m Champ de tir horizontal : 360° Champ de tir vertical : -3° à +90° Portée maximale : 14700m

10.5cm Flak 38 et 39

Une fois la Norvège conquise, des canons antiaériens de 105mm furent déployés pour la défense côtière

Une fois la Norvège conquise, des canons antiaériens de 105mm furent déployés pour la défense côtière

En 1933 alors que le développement du canon de 88mm était encore en cours, les services officiels allemands demandèrent à Rheinmettal et Krupp de proposer un canon antiaérien plus lourd. Il s’agissait d’anticiper sur l’augmentation des performances des bombardiers ennemis qui nécessitait des canons tirant toujours plus loin, toujours plus haut et toujours plus rapidement.

C’est le projet Gerät 38 de Rheinmettal qui est choisit et adopté sous le nom de 10.5cm Flak 38 mais assez rapidement, un modèle amélioré, le Flak 39 le remplaça.

Ce canon se révéla décevant. Il était complexe à fabriquer et ses performances n’étaient guère meilleures que le 88mm.

Sa production fût donc assez limitée, se poursuivant à un train de sénateur pour équiper uniquement des emplacements fixes ou sur des wagons plats, son poids le rendant peu voir pas du tout utilisable sur le champ de bataille.

Caractéristiques Techniques du 10.5cm Flak 39

Calibre : 105mm Poids en ordre de route : 14600kg en batterie 10240kg Poids du projectile : 15.1kg Longueur hors tout : 10.31m longueur du canon 6.648m (5.531m pour le tube) largeur 2.45m hauteur 2.90m Champ de tir horizontal : 360° Champ de tir vertical : -3° à +85° Portée maximale : 12800m

12.8cm Flak 40

12.8cm Flak 40

12.8cm Flak 40

C’est en 1936 que l’idée d’un canon antiaérien de 128mm émerge. C’est encore la firme Rheinmettal qui est sélectionné pour développer ce canon connu à l’origine sous le nom de Gerät 40 qui une fois adopté deviens le 12.8cm Flak 40.

Ce canon performant était si lourd que l’idée d’une version mobile pour protéger l’armée en campagne fût abandonné après la production de six exemplaires. Tous les autres produits le furent uniquement pour une installation sur une plate-forme bétonnée ou sur un wagon plat de chemin de fer.

Un projet de version double baptisé Flakzwilling ne dépassa pas le stade du prototype tout comme des canons de 150 et de 210mm.

Caractéristiques Techniques du 12.8cm Flak 40

Calibre : 128mm Poids en ordre de route : 27000kg en batterie 17000kg (13000kg pour la version statique) Poids du projectile : 26kg Longueur hors tout : 15m longueur du canon 7.835m (6.478m pour le tube)  hauteur 3,965m Champ de tir horizontal : 360° Champ de tir vertical : -3° à +87° Portée maximale : 14800m

Allemagne (55) Armée de terre (12)

Armement (4) : artillerie lourde sur voie ferrée

15cm et 17cm K (E) (Eisenbahn)

15cm Kanone (Eisenbahn)

15cm Kanone (Eisenbahn)

Ces pièces sur voie ferrées sont issues du Sofort-Programm lancé en 1936 et destiné à fournir à la Deutsche Heer une artillerie sur voie ferrée le plus rapidement possible.

Pour se faire, la firme Krupp installa sur de nouveaux affûts d’anciennes pièces de marine récupérées dans les stocks constitués après la démolition des cuirassés et des croiseurs de bataille.

Quatre 15cm K (E) et six 17cm K (E) vont être construits et mis en oeuvre par deux régiments d’artillerie sur voie ferrée. Ce faible nombre s’explique par un prix trop élevé au regard des services attendus et rendus.
Ils furent retirés du service en juin 1944 à une époque où des modèles plus lourds les ont remplacés.

Les pièces usées sont feraillées mais les affûts-trucks sont réutilisés pour former des trains de DCA équipés de canons de 88 et de 128mm chargés de protéger les grandes villes allemandes.

Caractéristiques Techniques du 15cm K (E)

Calibre : 150mm Longueur du tube : 5.571m Poids total : 74000kg Poids des obus : 43 ou 52kg Portée maximale : 22500m

17cm Kanone (E)

17cm Kanone (E)

Caractéristiques Techniques du 17cm K (E)

Calibre : 170mm Longueur du tube : 6.90m Poids total : 80000kg Poids de l’obus : 62.800kg Portée maximale 26100m

21cm Kanone 21 (E)

21cm Kanone (E)

21cm Kanone (E)

Durant le premier conflit mondial, l’artillerie lourde allemande s’illustra avec le Paris Kanone , un super canon qui frappa la capitale française, provoquant la psychose de la population en dépit de pertes faibles.

Ce canon improprement appelé “Gross Bertha” laissa une trace mythique chez les artilleurs allemands qui considéraient comme utile d’avoir une pièce d’artillerie à très longue portée.

Longtemps les études furent théoriques et il fallut attendre plusieurs années avant que le “super-canon” ne voit le jour, un canon de 210mm, un calibre standard pour l’artillerie allemande mais la comparaison avec les Mörser 16 et 18 s’arrêtait là.

Un affût-spécial recevait un canon long de 33m (158 calibres), si long qu’il fallait un système de tendeurs et d’entretoises pour éviter qu’il ne s’effondre sous son propre poids.

Véritable arme d’ingénieur, ce canon produit à deux exemplaires eut un rapport coût/efficacité très faible. Les artilleurs allemands ne sachant qu’en faire, ces canons sont mis en réserve, planqués durant la guerre civile dans les Alpes Bavaroises.

Ressorties régulièrement pour la propagande, les deux pièces furent remises réellement en service en septembre 1948 pour tirer à longue portée en direction de l’ouest.

Caractéristiques Techniques du 21cm Kanone 12 (E)

Calibre : 211mm Longueur du tube : 33.34m Poids total : 309 tonnes Poids de l’obus : 107.500kg Portée maximale estimée : 115km

28cm Kanone 5 (E)

28cm Kanone 5 (E) en action

28cm Kanone 5 (E) en action

Comme nous l’avons vu, les premiers canons sur voie ferrée allemands sont des canons “d’occasion” avec des affûts neufs sur lesquels étaient installés des canons de marine récupérés dans les stocks.
Cette mesure d’urgence qui se révéla décevante (coût trop élevé pour le résultat) devait céder la place à la production de canons sur voie ferrée neufs.

Si le 305mm était le calibre standard pour les cuirassés type prédreadnought, les allemands préféraient le 280mm. Comme souvent les pièces d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée étaient d’anciens pièces de marine, il était logique de retrouver ce calibre dans l’ALVF allemande.

Le projet qui allait aboutir aux 28cm Kanone 5 (E) est lancé en 1934 par la firme Krupp, les premières pièces entrant en service en 1936.

Ce fût une vrai réussite. Le tube à été soigneusement conçu et l’affût à été dessiné pour supporter le canon, encaisser le recul et éviter de perdre les réglages.

Un régiment regroupe vingt-quatre canons de 280mm K5 bien que dans la pratique, seulement seize canons soient opérationnels, les autres étant utilisés pour l’instruction, les essais ou en entretien après une campagne de tir en Baltique.

La production se poursuivit jusqu’en septembre 1948 à cadence réduite même si la production d’une telle pièce n’était pas aussi facile et rapide qu’un obusier de campagne.

Quand le conflit éclate, des canons de 280mm retrouvent des pièces lourdes sur le front occidental et sur le front oriental, se préparant à appuyer une offensive ou à attaquer les arrières d’un ennemi mordant.

Caractéristiques Techniques du 28cm Kanone 5 (E)

Calibre : 280mm Longueur du tube : 21.538m Poids total : 21800kg Poids de l’obus : 255kg Portée maximale : 62400m

28cm Kurze et Lange Bruno

28cm Kurze Bruno

28cm Kurze Bruno

Ces canons étaient issus du Sofort-Programm destiné à fournir une artillerie lourde sur voie ferrée le plus rapidement possible. Comme pour les canons de 150 et de 170mm, ils combinaient un ancien canon de marine modifié avec un nouvel affût.

Au total ce sont huit kurze Bruno et trois lange bruno qui furent produits en 1937/38, une étape avant la mise au point des 28cm Kanone 5 (E) avec lesquels ils cohabitèrent un temps avant d’être relégués à l’instruction ou à l’expérimentation.

En septembre 1948, il ne restait plus que quatre kurze bruno et deux lange bruno en service, ces canons ralliant les côtes allemandes pour renforcer la défense côtière et repousser une potentielle tentative de blocus d’une escadre franco-britannique.

Caractéristiques Techniques du 28 cm Kurze Bruno K (E)

Calibre : 280mm Longueur du fût : 11.20m Poids total : 130000kg Poids de l’obus 240kg Portée maximale : 29500m

Caractéristiques Techniques du 28cm Lange Bruno K (E)

Calibre : 280mm Longueur du fût : 12.735m Poids total : 123000kg Poids de l’obus : 302kg Portée maximale 28500m

40cm Kanone 6 (E)

Le calibre dominant de l’artillerie sur voie ferrée allemande était le 280mm. Des calibres plus importants étant mis en œuvre par les pays ennemis _France et Grande-Bretagne_ , l’Allemagne voulut suivre.

Après avoir étudié des canons de 380mm, de 520mm et même de 800mm (!), l’artillerie sur voie ferrée allemande décida d’adapter à un usage terrestre, le canon de 406mm qui armait les cuirassés type H.

La priorité donné à la marine et la guerre civile provoqua un important retard et sur les seize pièces initialement prévues, seulement huit étaient opérationnelles en septembre 1948 et quatre en construction chez Hanomag à Hanovre, pièces dont l’achèvement est d’ailleurs suspendu, les canons prévus pour les affûts étant remis à la marine pour permettre le remplacement éventuel de canons usés.

Les pièces opérationnelles vont comme leurs homologues de 280mm vont se déployer le long de la frontière occidentale de l’Allemagne.

Caractéristiques Techniques du 40cm Kanone 6 (E)

Calibre : 406mm Longueur du tube : 21.5m Poids total : 145 000kg Poids de l’obus : 255kg Portée maximale : 44550m  

Obusiers automoteurs Karl

Mörser Gerät 040

Mörser Gerät 040

Pour protéger la frontière nord-est d’une invasion allemande, la France avait construit l’une des plus formidables ligne fortifiée de l’histoire, la Ligne Maginot, un ensemble homogène de casemates, d’ouvrages et de blockhaus, formant une barrière quasi-impénétrable jusqu’aux Ardennes même si ça et là, les dépassements de budget obligèrent les français à sacrifier certains ouvrages.

Bien que les premiers plans d’attaque à l’ouest prévoyaient un passage par la Belgique, il fallait envisager le pire des scénarios à savoir une attaque frontale contre la Ligne Maginot ce qui nécessitait le développement d’une « super-artillerie » pour neutraliser les ouvrages dessinés par la CORF.

D’où la mise au point d’obusiers automoteurs, les Mörser Gerät 040  plus connus sous le nom de Karl. Ces obusiers automoteurs de 600mm étaient en réalité peu mobiles, les manœuvres étaient strictement locales, le transport sur de longues distances se faisant par train ou en démontant l’obusier en deux pour les transporter sur des remorques spéciales.

Sept obusiers furent construits mais en septembre 1948, il n’en restait plus que cinq, deux avant été réformés suite à une usure prononcée rendant dangereux le tir .
Caractéristiques Techniques

Calibre : 600mm Poids : 137 tonnes Poids de l’obus : 2170kg Longueur : 11.15m Longueur du tube 4.2m Largeur 3.16m Hauteur : 4.38m Champ de tir horizontal : 8° Champ de vertical : 55° à 70° Cadence de tir : un coup toutes les dix minutes Moteur diesel de 580h Vitesse : 6 à 10 km/h Distance franchissable : 42 à 60km

Trains blindés

Déplacer rapidement des troupes sur de longues distances paru longtemps une gageure. En l’absence de moyens de transports performants, le seul moyen de transport s’était les jambes des soldats ce qui impose de sévères limites en terme de distances parcourues.

L’apparition du chemin de fer permis d’envisager de transporter vite et loin des troupes qui arrivaient sur le champ de bataille fraiches et dispos. Ce moyen de communication reposait sur des infrastructures imposantes et vulnérables qui fallait protéger.

D’où l’apparition rapide de trains blindés pour protéger les voies de communication des coups de l’ennemi.

L’Allemagne n’échappe pas à la règle et dispose de quarante-huit trains blindés en septembre 1939, des trains composés d’une locomotive _souvent précédée d’un tender pour faire exploser les obstacles ou les mines_, de wagons blindés armés de canons et de mitrailleuses, de wagons de marchandise pour le transport de troupes…… . On trouve également des wagons plats pouvant porter un char qui pouvait descendre du train pour opérer à proximité.

On trouve également des trains de commandement à destination des grands chefs de l’armée, leur permettant de commander au plus près du front. Ils sont protégés comme les trains blindés mais les locaux-vie et les locaux de travail sont nettement plus luxueux.

Enfin ajoutons les Panzerdraisine, de petits véhicules ferroviaires chargées de patrouiller sur les voies pour les protéger des sabotages et des coups de main.

Différents modèles existent, certains armés d’une simple mitrailleuse (notamment pour ces véhicules récupérés en Pologne et en Tchécoslovaquie) mais d’autres plus lourdement armées, les plus puissantes disposant d’une tourelle de Panzer IV avec un canon de 75mm long et une mitrailleuse de 7.92mm.