Mitteleuropa Balkans (79) Roumanie (9)

La Roumanie dans le second conflit mondial

Carte de la Roumanie entre 1949 et 1953

Le 5 septembre 1948 l’Allemagne déclenche l’opération WESERÜBUNG en envahissant le Danemark et la Norvège. La Roumanie comprend qu’elle ne pourra rester neutre contrairement à septembre 1939.

Elle propose à l’Allemagne une attaque concertée contre la Yougoslavie et la Grèce mais Berlin refuse estimant cette attaque malvenue et hors de propos.

Cette proposition semble être venue du Conducator, le maréchal Antonescu alors que le roi nominalement chef de l’état roumain était nettement plus réservé.

Sur le plan militaire l’armée roumaine est mieux équipée et mieux entrainée qu’en septembre 1939 mais peut-elle être efficace dans un conflit moderne ? Seule la guerre peut le dire.

A l’été 1948 des tensions émergent à la frontière hungaro-roumaine. Un conflit semble imminent ce qui explique que dès le 30 août 1948 la Roumanie rappelle des réservistes et commencent à préparer la mobilisation générale sans pour autant l’ordonner visiblement pour ne pas jetter de l’huile sur le feu.

Sage précaution car le 10 septembre 1948 à lieu un incident de frontière hungaro-roumaine dans la région de Kolozsvar (aujourd’hui Cluj-Napoca).

Des patrouilles roumaines sont à la recherche de déserteurs. Des garde-frontières hongrois surprennent une patrouille en territoire magyar (ce que nieront toujours les roumains) et un échange de coup de feu oppose les deux camps, un soldat roumain et deux garde-frontières hongrois sont tués.

Il y à des combats mais on sent que Budapest comme Bucarest n’ont pas vraiment envie d’entrer en guerre.

On assiste pourtant à des échanges d’artillerie de part et d’autre de la frontière. Cette situation ubuesque s’arrête suite à l’intervention allemande qui n’à pas vraiment envie d’une guerre entre deux de ses alliés.

Les deux pays se promettent une coopération militaire totale (sic) mais les relations roumano-hongroises resteront toujours mauvaises.

Pour éviter de nouveaux incidents une bande de démilitarisée de 500m de chaque côté est interdite à tout autre formation que les douaniers qui doivent empêcher la contrebande.

Cela atteindra un tel point que les armées des deux pays seront toujours maintenues à distance pour éviter des affrontements fratricides. Il y eu des affrontements entre permissionnaires sur l’arrière du front quand par mégarde un train magyar croisait un train roumain.

Si l’armée de terre roumaine va rester l’arme au pied jusqu’à l’opération BARBAROSSA en revanche la marine et l’armée de l’air vont être engagées pour contrer des incursions soviétiques qu’elles soient aériennes ou navales.

En effet la frontière roumano-soviétique à été le théâtre durant toute la Pax Armada d’incidents de frontière, certaines zones étant (volontairement ?) mal délimitées ou sujettes à interprétation.

Quand éclate le second conflit mondial, les soviétiques montrent les dents en multipliant les patrouilles à pied, les patrouilles motorisées et même les patrouilles fluviales, les deux flottilles du Danube s’affrontant à plusieurs reprises. Si cela ne dégénère pas en conflit majeur c’est qu’aucun n’y à vraiment intérêt du moins pour le moment.

Dans les airs la VVS effectue plusieurs missions de reconnaissance au dessus de la Roumanie entrainant des interceptions de la chasse roumaine. Plusieurs avions soviétiques sont abattus.

La Roumanie bien que partageant une frontière commune avec la Yougoslavie ne participe pas à l’opération MARITSA probablement parce qu’elle n’y avait aucun intérêt. Elle propose à l’Allemagne son territoire pour le soutien logistique mais l’utilisation semble avoir été limité à quelques livraisons de munitions et des évacuations sanitaires de blessés.

C’est donc durant l’opération BARBAROSSA que l’armée de terre roumaine va connaître son baptême du feu fournissant plusieurs armées au sein du Heeresgruppe Süd. Signe de confiance, des troupes allemandes sont placées sous commandement roumain, une chose unique dans l’histoire du second conflit mondial.

Les objectifs militaires de la Roumanie dans cette opération portant le nom d’un grand empereur allemand du Moyen-Age sont multiples. Ils sont politiques (apparaître comme le plus fidèle allié de l’Allemagne), diplomatiques (récupération des territoires perdus), idéologiques (extirper le «cancer communiste») et militaires (conquête de nouveaux territoires).

Soldats roumains sur le front de l’est

Bucarest se donne les moyens de ses ambitions en engageant près de 700000 homme (686 258 hommes pour être précis) répartis en quatorze divisions d’infanterie, une division blindée, trois brigades d’infanterie de montagne (seules unités que les allemands considèrent comme valables), quatre brigades de cavalerie, deux brigades de forteresse. On compte également 250 véhicules de combat et 2300 pièces d’artillerie.

C’est donc un effort considérable qui aurait du tempérer la peur hongroise de voir les roumains récupérer de force la Transylvanie du Nord.

La Roumanie reprend la Bessarabie et la Bucovine et impose une rude occupation au point que certains roumanophones auraient parait-il regretté la période soviétique pourtant pas adepte de «câlinothérapie» surtout vis à vis des non-russes.

Les troupes roumaines aidées par les allemands (qui servent de tampon avec les hongrois pour des raisons qu’on à évoqué plus haut) pénètrent en Ukraine, occupant Odessa et aidant les allemands à s’emparer de la Crimée en jouant un rôle crucial dans le siège de Sébastopol.

Les roumains vont également s’emparer de territoires n’ayant jamais fait partie de la Roumanie à savoir les territoires compris entre le Dniestr et le Bug méridional. Ce territoire va être administré par la Roumanie sous la forme d’un Directorat de Transnistrie du 19 août 1950 au 18 septembre 1953.

C’est une compensation à la perte de la Transylvanie du Nord même si le maréchal Antonescu estimait qu’après la victoire de l’Axe sur l’URSS, une nouvelle guerre roumano-hongroise était inévitable. Sur le plan de la propagande on prétendait qu’il s’agit du berceau du peuple dace, peuple considéré comme l’ancètre du peuple roumain.

Bien installés dans les plaines d’Ukraine et sur les bords de la mer noire, les troupes roumaines encaissent comme leurs alliés la contre-offensive soviétique au début du mois de décembre. Il y à un début de panique mais très vite la discipline revient et le front va finir par se stabiliser. Il faut dire que les soviétiques ont attaqué sur tout le front sans véritable plan de bataille.

Le côté brut de décoffrage du russe ressort ici, trait de caractère aggravé par le régime stalinien qui joue sur le concept de l’incantation et de la pensée magique.

Tout comme jadis les armées vont hiverner, le front restant calme jusqu’à la fin de l’hiver quand le dégel peut permettre la reprise des opérations.

Le 9 mars 1951 les allemands attaquent à nouveau. C’est l’opération FRIEDRICH. N’ayant plus les moyens d’une stratégie globale Berlin choisit d’axer son schwerpunkt dans le sud avec pour objectif les pétroles du Caucase (objectif principal), la Volga, Stalingrad et Astrakhan (objectifs secondaires).

L’axe de progression est composée de troupes allemandes exclusivement (c’est dire la confiance de Berlin vis à vis de ses alliés) avec les flancs gardés au nord par les italiens et les hongrois, au sud par les roumains.

Les combats sont violents d’autant que les roumains progressant à proximité des rives de la mer Noire sont soumis aux bombardements aériens des VVS et au bombardement naval de la RKKF.

Les soviétiques réagissent pied à pied mais à la mi-juin les forces de l’Axe ont atteint les prémonts du Caucase et menacent de franchir la Volga (même si les unités qui ont pu approcher la Volga sont plus des unités de reconnaissance que de combat, ne pouvant pas tenir contre une attaque soviétique décidée).

Le 18 juin 1951 les alliés déclenchent l’opération AVALANCHE, le franchissement de La Seine. Cette opération était attendue par les allemands qui espéraient la réussite de FRIEDRICH avant que les alliés ne relancent les opérations majeures sur un front quasiment gêlé depuis l’automne 1949.

En dépit des protestations du Heeresgruppe Süd, deux corps d’armée (un Panzerkorps et un Panzerkorps S.S) sont retirés du front de l’est pour rallier l’ouest. Cette décision fait encore polémique aujourd’hui.

Non seulement ces deux corps n’arriveront en France qu’au moment où le front s’est stabilisé (alors que l’envoi avait été présenté comme une urgence vitale) mais en plus pour certains historiens cela à empêché l’Axe de l’emporter en atteignant la Volga, Stalingrad, Astrakhan et même Bakou ce qui est semble-t-il un poil exagéré tant on fait peu de cas de la résistance soviétique acharnée, des réserves opérationnelles de l’armée rouge que l’on sait très importantes (et encore sous-estimées par les services de renseignement allemands) et des problèmes logistiques de l’Axe.

Les roumains s’installent sur la défensive et comme le fait souvent le soldat quand il ne combat ou ne s’entraine pas, il creuse, aménageant des positions.

On espère du côté des soldats roumains qu’Ivan attendra sagement le printemps suivant pour attaquer ce qui permettrait d’aménager de solides fortifications de campagne et surtout des abris pour le terrible hiver russe que les vétérans de l’Armata Regala Romana (Armée Royale Roumaine) ne connaissent que trop bien désormais.

Hélas trois fois hélas pour eux la RKKA contre-attaque dès le 4 juillet 1951. On sait aujourd’hui grâce à des documents déclassifiés que lors du lancement de l’opération FRIEDRICH, les soviétiques ont résisté pied à pied mais étaient parvenus à conserver une masse de manœuvre stratégique pour contre-attaquer au moment venu quand par exemple l’Axe serait incapable de progresser.

L’attaque alliée sur La Seine est un premier signal mais Moscou préfère attendre un peu. Bien lui en prend car quand l’opération URANUS est lancée le 4 juillet 1951 (en même temps que d’autres opérations sur l’ensemble du front ce qui était hors de portée d’une RKKA encore convalescente) ses effets se font immédiatement ressentir.

Comme nous l’avons vu l’Axe de progression est assuré par les allemands mais les flancs sont gardés par leurs alliés italiens et hongrois au nord, roumains au sud. Les soviétiques parfaitement renseignés (capture de prisonniers, reconnaissances aériennes, renseignement électronique……) attaquent aux jointures.

Cette zone est déjà sensible au sein d’une même armée alors entre deux armées alliées qui ont une confiance limitée l’une envers l’autre vous pensez…… .

Les soldats roumains redécouvrent les bombardements d’artillerie massifs, les tirs de Katiouchas, les ourah de l’infanterie soviétique qui subit des pertes abominables mais qui ne semble jamais pouvoir être stoppée.

Il y à ainsi des mouvements de panique que les officiers doivent stopper revolver au poing, des mouvements de sidération et de catatonie mais aussi des combats acharnés où munitions épuisées, Ivan et Dracul se battent au couteau et à la pelle de tranchée.

En dépit de prodiges tactiques que les allemands sont bien forcés d’admettre, les soldats roumains doivent battre en retraite pour éviter d’être encerclés. L’Axe recul pendant deux mois, le front se stabilisant à la mi-septembre suite à l’arrivée de renforts et à l’épuisement de la RKKA qui à encore beaucoup à apprendre.

Les deux belligérants sont clairement épuisés ce qui explique que durant l’hiver 1951/52 plus clément que le précédent il n’y à aucune opération majeure, tout juste quelques attaques locales pour rectifier le front, éliminer un saillant gênant par exemple. On évacuait parfois une position plus gênante qu’avantageuse après avoir pris soin de rien laisser d’exploitable à l’ennemi.

A l’époque le front russe concentre des moyens absolument considérables bien supérieurs à ce qu’on trouve sur le front occidental.

Le 12 mai 1952 les allemands lancent l’opération CITADELLE/ZITADEL, la dernière offensive stratégique allemande de la guerre. Il s’agit de dégager deux saillants menaçant la ville de Smolensk, une ville stratégique pour les allemands où on trouvait de nombreux dépôts et des infrastructures de transport.

Il est donc capital pour eux d’éliminer ses saillants pour rendre une future offensive russe pas forcément impossible mais du moins plus difficile. Informés du projet dans les grandes lignes, les roumains qui tenaient la partie ukrainienne du front proposent une offensive de diversion mais Berlin ne donne pas suite. Cela est très mal accepté par Bucarest qui ne cesse désormais de se poser des questions sur son alliance avec l’Allemagne (tout comme les hongrois, les bulgares et les finlandais).

Comme nous le savons l’opération CITADELLE est une réussite partielle puisque si le balcon nord est éliminé, le balcon sud à été renforcé, les soviétiques ayant si on peut dire sacrifié le balcon nord pour conserver le balcon sud qui allait être utilisé par l’opération ROUMANTSIEV lancée le 1er juillet 1952.

Cette offensive surprend les allemands qui ne pensaient pas les soviétiques capables d’attaquer si vite. Cette offensive oblige les roumains à reculer en pratiquant la politique de la terre brûlée pour ne rien laisser d’exploitable aux troupes soviétiques.

Cette retraite est marquée par des exactions épouvantables, les partisans soviétiques particulièrement actifs sur l’arrière du front étant le prétexte tout trouvé par les troupes roumaines pour massacrer toute personne suspectée d’être un partisan en puissance.

Fin 1952 quand l’hiver gèle les opérations, les troupes soviétiques ont conquis trois quarts de l’Estonie, des arpents de Lettonie et de Lituanie ainsi que l’ouest de l’Ukraine même si les mines et les complexes de l’industrie lourde ont été méthodiquement sabotés ce qui fait que la production ne pourra reprendre vraiment qu’après guerre.

En ce début 1953 l’Allemagne est sur la défensive sur tous les fronts, elle n’à plus les moyens de mener une offensive stratégique. Certains commencent même à murmurer que l’Allemagne pourrait perdre la guerre ce que dément la propagande du régime qui prétend que de futures «armes miracles» vont terroriser les ennemis de l’Allemagne et les pousser à demander la paix.

Le 21 mai 1953 les soviétiques attaquent à nouveau en Biélorussie (opération BAGRATION), une offensive d’une puissance terrifiante qui repousse les forces du Heeresgruppe Mitte (Groupe d’Armées Centre) sur la Ligne Curzon soit la frontière polono-soviétique de 1939. Seul l’épuisement de la RKKA et l’allongement exagéré de ses lignes de communication l’empêche d’aller plus loin avec efficacité et efficience.

Les allemands étaient encore groggy quand les soviétiques lancent successivement deux nouvelles offensives, l’opération KOUTOZOV le 12 juillet 1953 dans les pays baltes et l’opération POTEMKIME le 8 août 1953 en Ukraine. Ces opérations font dire à certains Landser, certains Ostkampfer que «Ce diable de Staline pond des avions et des chars par son cul».

Les roumains sont surtout concernés par l’opération POTEMKINE et sérieusement bousculés, Kiev étant libérée par les soviétiques. Les troupes de l’armée royale roumaine sont passablement démoralisés et seule la peur d’Ivan et la solidarité du groupe de combat explique probablement pourquoi l’Armata Regale Romana ne s’est pas effondrée dès le printemps 1953.

Des renforts sont bien envoyés de Roumanie mais que peuvent faire de jeunes soldats mal entrainés qui plus est parfaitement informés de la situation car malgré la censure et la propagande les informations parviennent à arriver jusqu’en Roumanie.

Le 11 septembre 1953 les soviétiques lancent l’opération PIOTR VELIKYI (Pierre le Grand, premier tsar de Russie de 1682 à 1725 [empereur à partir de 1721]), une opération à tiroir particulièrement complexe puisque cela combine trois opérations distinctes.

Le premier volet est baptisé POLTAVA et concerne une offensive blindée-mécanisée dans les plaines d’Ukraine, véritable billard à char.

Le deuxième volet est une opération baptisée GANGUT, une opération amphibie destinée à s’emparer de la Crimée. Ce débarquement amphibie se heurte essentiellement à des troupes allemandes mais on note la présence de la brigade d’infanterie de marine roumaine dont les capacités sont bien connues des soviétiques qui la considère comme la meilleure unité de l’armée roumaine.

Lors de GANGUT elle va mener des combats retardateurs pour gagner le maximum de temps et ainsi évacuer le plus possible d’hommes de la presqu’île et permettre à la Roumanie de continuer la guerre en conservant des soldats bien entrainés. On verra que des facteurs politiques rendront ce projet caduque mais ça les Dragons Noirs (Dracul Negru) ne pouvaient pas le savoir.

La brigade subit de lourdes pertes mais elle parvient à évacuer en raison de l’incapacité des soviétiques à atteindre rapidement Sébastopol. Ils évacuent en direction de Constansa puis sont envoyés dans le nord du pays pour reconstitution ce qui explique qu’ils rallieront les allemands et non les nouvelles autorités communistes.

Le troisième volet est une opération baptisée PETERHOF, une opération aéroportée, la plus audacieuse avant l’opération PHENIX. La cible c’est Odessa.

L’armée rouge engage deux divisions aéroportées de la garde, la 1ère Division Aéroportée de la Garde (1ère DAG) issue de la 1ère Armée Aéroportée de la Garde accompagnée de la 5ème Division Aéroportée de la Garde (5ème DAG) issue de la 2ème Armée Aéroportée de la Garde ainsi qu’une brigade indépendante, la 51ème brigade aéroportée qui manquant d’expérience sera finalement aérotransportée sur l’aéroport d’Odessa.

Face à ces moyens aéroportés importants (35000 hommes des VDV), la garnison d’Odessa comprend 27000 hommes mais tous sont loin d’être des combattants d’élite puisqu’Odessa est assez loin du front.

Les combats sont violents. Bien soutenus par la marine soviétique et sa flotte de la Mer Noire, les paras soviétiques prennent le contrôle de la ville, de l’aéroport, des sites stratégique et surtout du port ce qui permet le débarquement de chars, de chasseurs de chars et de canons d’assaut pour rendre inexpugnable la présence soviétique dans la grande ville du sud de l’Ukraine.

Très vite les troupes roumaines prennent la décision de se replier au nord de la ville pour rassembler leurs troupes mais les contre-attaques successives lancées sont immédiatement brisées par la puissance de feu soviétique qu’elle soit navale, aérienne ou terrestre (artillerie lourde, lance-roquettes multiples).

Les allemands vont violement reprocher aux roumains de ne pas avoir su tenir la grande ville du sud de l’Ukraine ce à quoi le maréchal Antonescu répondra qu’avec les moyens demandés par l’Armée Royale Roumaine la ville n’aurait pu être prise par une infanterie légère certes bien entrainée mais une infanterie légère.

Cette nouvelle défaite militaire entraine l’implosion de l’armée roumaine qui cesse d’être une entité constituée. Certaines unités se rendent aux soviétiques d’autres résistent. Les ordres sont interprétés ou ignorés selon les intérêts et l’orientation politique du commandant. On assiste même à des affrontements fratricides au sein d’une même unité.

Le 25 septembre 1953 un coup d’état communiste à lieu à Bucarest. Le maréchal Antonescu et son gouvernement sont arrêtés et emprisonnés (ils seront jugés et exécutés après guerre en 1956), le roi Michel 1er assigné à résidence. L’ironie de l’histoire c’est que le lendemain un coup d’état royaliste devait être déclenché par le général Ion Andreanu avec la bénédiction du dernier roi de Roumanie.

L’armée roumaine ou du moins ce qu’il en reste rallie la RKKA pour combattre les allemands qui doivent se replier sur la Hongrie en compagnie d’unités roumaines qui restent fidèle à l’alliance germano-roumaine.

Quand l’Armistice est signé le 4 octobre 1953 les trois quarts de la Roumanie dont les précieux puits de pétrole de Ploesti sont occupés par les soviétiques et leurs alliés roumains.

L’armée roumaine purgée de ses éléments fascistes et royalistes va continuer à combattre jusqu’en avril 1954, terminant la guerre en Tchécoslovaquie aux côtés d’unités de l’Armée Rouge.

La seconde guerre mondiale de la Roumanie c’est aussi une guerre aérienne et une guerre navale.

Sur le plan aérien l’aviation roumaine assure l’appui-feu des troupes au sol mais doit aussi défendre l’espace aérien national contre les bombardements alliés notamment ceux visant les raffineries de Ploesti.

C’est à partir du printemps 1952 que les alliés ont enfin les moyens de leurs ambitions avec des appareils, des infrastructures et une stratégie concertée de bombardement sur les cibles stratégiques roumaines.

Consolidated B-24 Giant en vol. Cet appareil fût utilisé au dessus de la Roumanie par les Etats-Unis et la France

Ces missions voient des bombardiers lourds décoller de Crète ou du Dodécanèse, des bombardiers médians décollant du Péloponnèse, bombardiers escortés par des chasseurs (les américains mettront du temps à s’y résoudre ce qui fait dire aux historiens que nombre de pertes auraient pu être évitées).

Si les français et les américains attaquent de jour, les britanniques préfèrent attaquer de nuit en espérant diminuer le risque d’interception ce qui sera un temps le cas même si la mise en place d’unités de chasse de nuit par la Luftwaffe rendit les opérations périlleuses encore que les équipages du Bomber Command ayant connu les opérations au dessus de l’Allemagne trouvaient «distrayantes» les missions au dessus des Balkans (NdA nul doute qu’il faut y voir l’humour so british et le flegme typiquement britannique et non une description de la réalité des missions).

Ces missions visaient dans le cadre de l’opération Tidal Wave les raffineries de Ploesti tandis que dans le cadre de l’opération Stocker (de Bram Stocker) s’attachaient à paralyser l’économie et les mouvements de troupe en visant gares, ponts et routes.

Ces opérations ne rencontrèrent qu’un succès partiel, démentant les théories d’un Douhet ou d’un Mitchell qui prétendaient que l’aviation pourrait mettre fin à une guerre en raison des dommages causés. La réalité montrera que les économies de guerre sont bien plus résilients que ne l’imaginait l’italien et l’américain.

Longtemps les villes ne sont pas expressément visées contrairement à l’Allemagne où le Bomber Command et dans une moindre mesure le Commandement des Forces de Bombardement (CFB) (NdA grand commandement précurseur des Forces Aériennes Stratégiques (FAS) créé en avril 1950 par la fusion du Commandement des Forces Aériennes Tactiques et du Commandement du Bombardement Lourd) mènent clairement une stratégie anti-cités, une stratégie de terreur qui se révèlera globalement improductive.

Bucarest commence à être bombardée le 25 mars 1953. Jusqu’au basculement roumain, la capitale roumaine va être bombarder à trente reprises, provoquant de nombreux dégâts notamment sur le patrimoine historique de la ville. D’autres villes de Roumanie sont bombardées mais moins fréquement.

Le 8 et 18 octobre ainsi que les 4 et 12 novembre novembre 1953 dans le cadre de l’opération Rache (vengeance), la Luftwaffe bombarde la capitale roumaine mais il s’agit de piqures d’épingle et non de coups de massue.

La marine roumaine participe également au second conflit mondial en assurant des patrouilles anti-sous-marines, des escortes de convois mais aussi des missions d’appui-feu. Elle est plus puissante que son homologue bulgare mais ne peut se mesurer sérieusement à la flotte de la mer Noire qui dispose de croiseurs et de cuirassés.

Pavillon de la marine royale roumaine

La Marina Regala Romana (Marine Royale Roumaine) va mener une stratégie de guérilla navale, du faible au fort, harcelant les convois soviétiques, menant des missions derrière les lignes ennemies.

Son aéronavale mène des missions de surveillance, de lutte anti-sous-marine et d’assaut aéromaritime pendant que sa brigade d’infanterie de marine s’attire le respect de ses alliés allemands comme de ses ennemis soviétiques par son élitisme et sa hargne au combat.
Elle va subir de lourdes pertes et fort peu de navires sont encore en service au moment du basculement roumain dans le camp communiste. Le nouveau gouvernement communiste espère la cession de navires par la RKKF pour continuer la lutte mais Moscou refuse, estimant que la fin de la guerre est proche.

La marine roumaine va être au chômage technique, une partie des équipages formant des unités de fusiliers marins pour combattre en Hongrie où cette brigade de fusiliers marins qui n’à de commun avec la brigade d’avant guerre que le nom et non les capacités (Brigada Marinarilor) inexpérimentée dans le combat d’infanterie subit de lourdes pertes comme c’est généralement le cas quand on fait faire le boulot de fantassin à ceux pour lesquels le combat à pied est une langue étrangère.

Certains officiers roumains n’hésiteront pas à parler d’acte criminel par ce gaspillage de talent dans des combats inutiles ce qui leur vaudra généralement destitution et arrestation de la part de la police secrète du régime communiste dont le nom n’allait pas tarder à faire frémir toute la Roumanie, la Securitate.

Des vedettes rapides roumaines vont opérer sur le Danube pour appuyer les troupes au sol roumaines et soviétiques. Certaines étant coulées par des mines larguées par des avions hongrois et allemands.

Elle sera reconstituée à partir de 1957 sous la forme d’une marine littorale (Green Water Navy) avec frégates, sous-marins, vedettes lance-torpilles ainsi que quelques navires amphibies et de soutien, des navires d’abord soviétiques avant que les roumains ne prennent le relais en construisant leurs propres navires.

Sur le plan intérieur, la Roumanie prête son concours à l’extermination des juifs. 280 à 380000 juifs ont été tués en Roumanie, en Bessarabie, en Bucovine et en Transnistrie. 25000 Roms sont déportés en Transnistrie, 11000 succombent aux travaux forcés et aux mauvais traitements.

Cette participation est particulièrement barbare avec de nombreux pogroms comme celui de Iasi exécuté le 27 juin 1950 ou encore le massacre de milliers de juifs d’Odessa après l’explosion le 27 octobre 1951 du quartier général des forces armées roumaines du directorat de Transnistrie qui avait provoqué la mort de 108 militaires roumains et de 22 militaires allemands.

Sur le plan des pertes militaires les chiffres sont incertaines. Les évaluations les plus fines donnent 238000 soldats tués, blessés et disparus. Pas moins de 457000 civils roumains ont été tués suite aux privations, aux exactions de la soldatesque et aux bombardements aériens.

Dès la fin de l’année 1954 les troupes roumaines présentes en Hongrie et en Tchécoslovaquie sont rapatriées dans le pays où elles doivent s’employer contre une résistance naissante contre l’ordre communiste qui tel un parasite grandit à l’ombre d’une monarchie finissante, monarchie qui malgré les efforts de Michel 1er avait été durablement discréditée par l’action du Conducator et par son alliance longue et pérenne avec l’Allemagne.

L’opposition politique et l’opposition militaire aux communistes roumains s’organise mais elle est trop divisée et surtout trop faible pour changer les choses surtout que non seulement cette opposition n’est pas soutenue par les occidentaux et que le parti communiste roumain peut compter sur la présence de 120000 soldats soviétiques et d’une armée roumaine qui ne reconnaît plus le roi comme son commandant en chef mais se déclare «au service du proletariat et de la paysannerie roumaine».

Au printemps 1957 les étudiants manifestent à Bucarest et dans les grandes villes du pays, espérant un geste du roi même si tous ne sont pas royalistes militants. Les communistes menacent d’un véritable bain de sang et pour éviter cela le roi décide d’abdiquer le 25 mars 1957. Le lendemain 26 mars la monarchie roumaine disparaît après près d’un siècle d’existence.

A l’issue de la seconde guerre mondiale, la Roumanie perd définitivement la Dobroudja du Sud, la Bucovine du Nord, la Bessarabie mais récupère la Transylvanie du Nord.

Le 15 septembre 1957, la Roumanie signe le Traité de Paris. Si elle récupère la Transylvanie du Nord au dépend de la Hongrie, elle perd définitivement la Bessarabie et la Bucovine du Nord (qui vont former la république socialiste et soviétique de Moldavie) et la Dobroudja du Sud qui reste sous domination bulgare.

Elle doit également payer 300 millions de dollars de dommages de guerre à l’URSS, dommages qu’elle payera en numéraire mais aussi en nature (pétrole et céréales notamment).

Mitteleuropa Balkans (62) Bulgarie (26)

Chars et Véhicules

Chars de combat

L-3/33

L’Italie termine la guerre sans avoir pu mettre en œuvre des chars à la fois en raison d’une industrie insuffisante, de l’impossiblité pour les alliés de livrer des blindés à leurs alliés transalpins et d’un front inadapté.

Dans l’immédiat après guerre le scepticisme est grand et l’absence d’une industrie puissante limite les ambitions italiennes qui préfère construire des chars légers voir même des chars très légers, des chenillettes comme le Carro Veloce CV-33 (char rapide modèle 1933) qui sont clairement issues de chenillettes britanniques Carden-Lloyd Mk VI, des véhicules blindés très légers à l’armement aussi symbolique que la protection.

Ce char léger très léger de 2.7 tonnes va être utilisé par l’Italie et exporté ce qui permettait la rentrée de devises dans les caisses. Il fût ainsi vendu à l’Autriche, au Brésil, à la Chine, à la Hongrie, à l’Espagne nationaliste, au Nicaragua, à l’Irak et donc à la Bulgarie. 2000 à 2500 exemplaires de la série L-3 ont été produits.

Ce char va ainsi participerr à la guerre civile autrichienne (12 au 16 février 1934), la deuxième guerre sino-japonaise, la deuxième guerre italo-abyssinienne, la guerre d’Espagne, la guerre entre la Slovaquie et la Hongrie (23 mars-4 avril 1939), l’expédition d’Albanie et de manière résiduelle le second conflit mondial.

L-3f, version lance-flammes du L-3

Au sein de l’armée italienne outre la version standard, une version lance-flammes (Lancia flamme) baptisée L-3f.

Dans cette version, la mitrailleuse était remplacée par un projecteur lance-flammes, le liquide inflammable étant placé dans une remorque à deux roues (500 litres) puis dans des versions tardives dans un réservoir au dessus du compartiment moteur. La portée du lance-flammes étant de 80 à 100m. Cette version était plus lourde de 500kg (3.2 tonnes).

Au début des années quarante le L-3/33 nouvelle désignation du CV-33 est progressivement retiré du service. Certains véhicules sont utilisés comme tracteurs d’artillerie alors que des véhicules envoyés outre-mer sont utilisés comme véhicules de patrouille et de sécurité, notamment pour protéger des sites sensibles.

Des véhicules vont bravement combattre lors des opérations BAYARD (Africa Septentrionale Italiana ASI) et GIDEON (Africa Orientale Italiana AOI) avec une efficacité proche de zéro.

Quelques exemplaires qui ont échappé aux fournaises du conflit font aujourd’hui le bonheur des musées du monde entier.

La Bulgarie achète quatorze CV-33 en 1935 à une époque où Sofia n’est pas autorisée à commander du matériel militaire de ce type. Ces véhicules sont identiques aux italiens à l’exception de l’armement, la mitrailleuse de 6.5mm Fiat étant remplacée par une mitrailleuse Schwarzlose M07/12 de 8mm.

Ces véhicules vont servir essentiellement pour l’entrainement et non au combat où ils n’auraient pas pu faire grand chose. En septembre 1948 il restait six véhicules disponibles, véhicules utilisés pendant la guerre pour le maintien de l’ordre à Sofia. En avril 1954 il ne restait plus que deux véhicules qui sont ferraillés à la fin des années cinquante.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger biplace

Poids : 2.7 tonnes mais jusqu’à 3.1 tonnes au combat

Dimensions : longueur 3.16m largeur 1.42m hauteur 1.28m

Protection : blindage frontal de 14mm latéral et arrière de 9mm, toit de 14mm et plancher de 6mm, la mitrailleuse est protégée par un mantelet de 14mm

Motorisation : un moteur FIAT-SPA CV3 de 43ch

Performances : vitesse maximale sur route 42 km/h en tout terrain 14km/h distance franchissable 130km sur route (100km en tout terrain)

Armement : une mitrailleuse de 8mm Schwarzlose M07/12 pouvant pointer en site de -12° à +15° et en azimut sur 12° alimentée à 3200 cartouches

L-3/35

Le L-3/35 ex-Carro Veloce CV-35 est comme sa nom l’indique une évolution du modèle précédent enfin évolution c’est vite dit car les performances n’étaient guère meilleures que son ainée tant elle souffrait des mêmes maix à savoir un moteur asmathique, des problèmes techniques récurrents, un blindage insuffisant et un armement qui l’était tout autant.

Ce char ultra-léger va participer à la mise sur pied de l’arme blindée italienne en servant de véhicule de base aux différentes unités qui annoncent la naissance des Divisione Corrazate, des divisions cuirassées.

Le CV-35 devenu donc le L-3/35 est retiré du service au début des années quarante, des chars moyens mieux adaptés le remplaçant au sein des divisione corazzate.

Des blindés sont cependant toujours en service en ASI et en AOI pour la police coloniale et la défense des aérodromes et autres installations stratégiques.

Lors du déclenchement de l’opération Bayard en juillet 1949, les parachutistes français et britanniques sautent pour s’emparer des aérodromes italiens et ainsi s’emparer du contrôle de l’espace aérien.

Au cours de ces raids, les L-3/33 et L-3/35 déployés vont tenter de défendre les aérodromes mais subiront des pertes terribles sous les coups des parachutistes alliés, les britanniques utilisant les PIAT alors que les français usaient et abusaient de fusils antichars, de grenades à fusil voir de cocktails Molotov.

Et quand ce n’était pas les troupes au sol c’était l’aviation qui s’en donnait à cœur joie, les canons de 20mm des Dewoitine D-520 français déployés en Tunisie pouvant facilement venir à bout du faible blindage des «chars» italiens.

Une poignée de chenilettes ont survécu au naufrage (essentiellement parce que très vite le haut commandement italien avait renoncé à les envoyer au casse-pipe) et vont être utilisées par le nouveaux propriétaires comme tracteur d’avions, comme remorqueur de charges lourdes….. .

A la version de base va bientôt s’ajouter une version améliorée, le L-3/38 qui disposait d’une suspension à barre de torsion et d’une mitrailleuse de 13.2mm en remplacement des deux mitrailleuses de 8mm. Cette version fût d’abord vendue au Brésil avant d’inspirer l’Italie qui modernisa des L-3/35 en L-3/38.

Outre le Brésil, le L-3/35 va être exporté en Autriche, en Bulgarie, en Chine, en Hongrie et en Espagne, en Afghanistan, en Albanie, en Bolivie, en Irak et au Vénézuela, l’armement variant selon les acheteurs.

Ce char va ainsi participer à la guerre civile autrichienne, à la deuxième guerre sino-japonaise, à la deuxième guerre italo-abyssinienne, à la guerre d’Espagne, à la guerre slovaquo-hongroise, à l’expédition d’Albanie et donc comme nous l’avons vu au second conflit mondial.

Outre la version de base, le L-3/35 donna naissance à une variante antichar (controcarro) où les mitrailleuses étaient remplacées par un fusil antichar Solothurn de 20mm, un chasseur de chars armé d’un canon de 47mm, à une variante lance-flammes (lancia fiamme) semblable à celle du L-3/33, à une variante commandement et contrôle, un poseur de ponts et un char de dépannage.

Parmi les projets n’ayant pas dépassé le stade du projet on trouve un char aéroporté modifié pour être emporté par un Savoia-Marchetti SM-82 et un char armé d’un canon de 20mm en tourelle. A noter que les variantes n’ont été produites qu’en très faible quantitée.

Les quelques L-3/35 acquis par les bulgares (nombre exact inconnu) vont être employées essentiellement pour l’entrainement et durant le conflit pour le maintien de l’ordre. Aucun véhicule de ce type n’à survécu au second conflit mondial.

Caracteristiques Techniques

Type : char léger biplace

Poids : 3.2 tonnes

Dimensions : longueur 3.17m largeur 1.4m hauteur 1.3m

Motorisation : un moteur FIAT-SPA CV3 de 43ch

Performances : vitesse maximale 42 km/h sur route distance franchissable 125km

Blindage : 6-14mm

Armement : deux mitrailleuses de 8mm Schwarlose M07/12

Vickers 6-Ton Tank Mark E

Après le succès des chenillettes Carden-Lloyd, Vickers-Armstrong décida de produire un char plus gros, un char d’un design neuf et non dérivé de véhicules existants.

Le raisonement était le suivant : après avoir acquis des chars légers très légers nul doute que les pays voudraient des chars plus lourd. Ce char appelé Vickers 6-Ton Tank Mark E allait être ainsi à l’origine du T-26 soviétique mais aussi du 7TP polonais.

Conçu pour l’export il devait donc être simple, fiable et capable de s’adapter aux besoins de clients pas toujours riches. Après un type A avec deux tourelles armées d’une mitrailleuse, le type B disposait d’une tourelle avec un canon et une mitrailleuse dans une tourelle biplace.

Le premier client fût l’URSS qui acheta 15 type A et acheta la licence du type B pour dévelloper le T-26. La Pologne à acheté 38 exemplaires (16 type A et 22 type B) en 1932, le Siam trente, la Chine vingt, le Portugal deux exemplaires, la Grèce, quatre, la Bulgarie huit, la Bolivie trois.

Ces chars étant utilisés dans la guerre du Chaco alors que les chars chinois et siamois sont engagés respectivement contre et avec les japonais. La Finlande va aussi acheter ce char à raison de trente-deux exemplaires qui vont participer pour une partie seulement à la guerre d’Hiver.

La Bulgarie à donc acquis huit chars à une époque (septembre 1936) où non seulement la Bulgarie n’est pas officiellement autorisée à posséder des chars de combat mais en plus des chars venant d’un pays qui se considérait comme le garant des traités de paix qui avaient mis fin au premier conflit mondial tout en sémant les graines d’un autre.

Ces huit blindés n’étaient armés que d’une mitrailleuse et ne furent donc utilisés que pour l’entrainement et non pour le combat.

En 1954 il ne restait que deux chars qui sont stockés dans une caserne oubliés de tous jusqu’en 1991 quand ils sont retrouvés lors de la démolition de la dite caserne. Si pour l’un il était trop tard pour l’autre on pouvait encore le restaurer et c’est ce qui à été fait, le blindé en question faisant le bonheur des visiteurs du musée d’Histoire de Sofia.

Caracteristiques Techniques

Poids : 7.3 tonnes

Dimensions : longueur 4.57m largeur 2.41m hauteur 2.16m

Propulsion : un moteur à essence Armstrong-Siddeley Puma de 90ch

Performances : vitesse maximale 35km/h sur route 24km/h en tout terrain distance franchissable 165km sur route et 91km en tout terrain

Protection : 6 à 15mm (frontal, latéral et arrière 15mm toit et plancher 6mm, toit de la tourelle 10mm)

Armement : une mitrailleuse de 7.92mm disposant de 4000 cartouches

Equipage : trois hommes (chef de char, tireur et conducteur)

Panzerkampfwagen 35 (t) (Skoda LT vz.35)

L’annexion de l’Autriche et le démantèlement de la Tchécoslovaquie permis à l’Allemagne de mettre la main sur du matériel qui permis de combler les pénuries d’une armée qui ne devait entrer en guerre qu’en 1943.

Si l’apport de l’Autriche se limita aux armes légères, collectives et à l’artillerie, l’apport de la Tchécoslovaquie fût nettement plus important puisque l’armée tchécoslovaque disposait de chars légers qui n’avaient rien à envier aux Panzer II voir aux Panzer III allemands.

Deux modèles de chars légers équipèrent la Panzerwaffe, une décision destinée à permettre d’attendre de manière plus sereine la sortie massive des Panzer III et IV.

Le premier est le Skoda LT vz.35. Ce char léger bientôt connu sous le nom de Panzerkampfwagen 35 (t) fût produit à 432 exemplaires mais seulement 244 furent saisis par les allemands, 52 étant récupérés par la Slovaquie indépendante, le reste étant exporté en Bulgarie (10) et en Roumanie (126).

Ce char de 9 tonnes était un char médiocre. Son blindage riveté était son défaut principal car quand il était touché, il projetait à l’intérieur ces rivets, tuant ou blessant l’équipage.

Le dévellopement de ce char léger commença en 1934 quand l’armée tchécoslovaque demanda un nouveau char léger dit de cavalerie pour succéder au LT vz.34 déjà en service. La firme CKD implantée à Prague perdit face au projet de la firme Skoda.

La première commande de 160 exemplaires est passée le 30 octobre 1935, les livraisons commençant en décembre 1936 suivit de commandes supplémentaires, la production étant partagée entre Skoda et CKD suite à un accord de production.

La production fût laborieuse, les problèmes de mise au point nombreux, nécessitant de fréquents retours en usine.

En dépit de ces problèmes, l’étranger se montrant intéressé par ce char léger qui fût commandé par la Roumanie (126 exemplaires) et la Bulgarie qui récupéra dix exemplaires initialement commandés par l’Afghanistan. L’URSS évalua ce char mais ne donna pas suite. Ultérieurement la Bulgarie récupéra d’autres chars allemands portant son parc à trente-six véhicules.

L’Allemagne récupéra ce char léger et avec sa version améliorée, le Skoda LT vz.38/Panzerkampfwagen 38 (t) l’utilisa au sein de quatre divisions blindées (4ème, 6ème, 7ème et 8ème Panzerdivisionen).

Ces chars furent retirés du service avec la mise en service du Panther qui avait finit de rééquiper ces quatre divisions quand éclate le second conflit mondial.

La quasi-totalité des Panzer 35 (t) est feraillée mais certains sont conservés en réserve au cas ou utiliser pour l’instruction. Une demi-douzaine de chassis sont récupérés pour servir de prototypes pour un chasseur de char, le Marder III qui combine le chassis du Pz 35(t) avec à la place de la tourelle une superstructure protégeant un canon antichar de 75mm.

Les LT vz.35 bulgares étaient encore en service en septembre 1948 bien que clairement dépassés mais comme l’armée de Sofia n’eut pas à combattre un ennemi décidé cela ne posait pas de problèmes majeurs.

Quelques exemplaires furent déployés dans le nord de la Grèce et furent engagés contre les grecs et leurs alliés. Au moins deux exemplaires ont été détruits par les grecs et un autre par les britanniques. D’autres véhicules furent détruits par les maquisards yougoslaves en Macédoine où ces chars légers assuraient des escortes de convois et des opérations de nettoyage.

En avril 1954 il restait quatre véhicules en état de marche dans une caserne près de Sofia. Ils ont tous été envoyés à la ferraille dans l’immédiat après guerre.

Caractéristiques Techniques du Skoda L.T vzor 35/Panzekampfwagen 35 (t)

Poids : 10.5 tonnes

Dimensions : longueur 4.45m largeur 2.14m hauteur 2.20m

Motorisation : moteur essence Skoda T11 de 120ch

Performances : vitesse maximale sur route 35 km/h Autonomie sur route 190km (115km en tout terrain)

Blindage : maximale 25mm

Armement : tourelle biplace abritant un canon de 37mm Skoda de 40 calibres pouvant pointer en azimut sur 360° et en site de -10° à +25° avec 72 obus en réserve. Il est associé à une mitrailleuse de 7.92mm qui partage avec la mitrailleuse de caisse le stock global de 1800 cartouches

Equipage : 4 hommes (pilote, opérateur radio-mitrailleur, pourvoyeur et chef de char/tireur)

Panzekampfwagen 38 (t) (Skoda L.T vzor 38)

Le Skoda L.T Vzor 38 est une version améliorée du précédent avec un blindage en partie boulonnée, blindage renforcé passant à 50mm à l’avant. La dotation en munitions est augmentée passant à 90 coups de 37mm et à 2550 cartouches pour les mitrailleuses.

Le développement commence en 1937 suite à l’échec relatif du LT vz 35 qui était largement perfectible. CKD l’un des producteurs partit du futur Pz35 (t) et améliora la suspension avec un système Christie.

Avant même une commande nationale, cette version améliorée du LT vz35 fut exportée en Iran (50), au Pérou et en Suisse (24). Les chars commandés par la Lituanie non livrés en raison de l’annexion soviétique furent récupérés par la Slovaquie. La Grande-Bretagne évalua un exemplaire mais ne donna pas suite à une potentielle production sous licence.

Le 1er juillet 1938, l’armée tchécoslovaque passa commande de 150 exemplaires mais aucun véhicule n’entra en service avant l’occupation allemande (mars 1939), la production continua ensuite pour l’Allemagne qui manquait de chars pour armer ses Panzerdivisionen.

A l’apogée de leur carrière allemande, les Panzerkampfwagen 38 (t) équipèrent quatre divisions blindées en compagnie des Panzerkampfwagen 35 (t) en l’occurence les 4. PzD, 6. PzD, 7. PzD et 8. PzD.

La carrière du Panzer 38 (t) était à terme limitée, sa tourelle ne pouvant emporter un canon plus puissant, capable de détruire les nouveaux chars ennemis. Les chars retirés du service à l’arrivée du Panther furent pour beaucoup revendus à des pays alliés comme la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie.

Le chassis du Panzer 38 (t) servit de base à un prototype de chasseur de chars, le Marder III qui installait sur un châssis de 38 (t) ou de 35 (t) un canon antichar de 75mm. Des prototypes de char de reconnaissance, de canon antiaérien automoteur furent également construits tout comme des ravitailleurs d’artillerie.

A l’export, le char tchèque est construit sous licence en Suède sous la désignation de Stridsvagn m/41 SII après que les quatre-vingt dix chars commandés à la Tchécoslovaquie eurent été récupérés par les allemands.

En compagnie du 35 (t), le Panzer 38 (t) participe à la guerre de Pologne. Il aurait du être remplacé rapidement mais en raison de la guerre civile et de problèmes industriels, il est encore en service en 1946, date à laquelle commence son retrait au profit du Panzerkampfwagen V Panther. Les derniers chars sont retirés du service au printemps 1948.

Les chars retirés du service sont pour certains utilisés pour l’instruction, préservés pour le maintien de l’ordre ou cédés aux alliés. Les véhicules hors d’usage sont feraillés mais les tourelles sont préservés des affres de la destruction et installées aux frontières pour renforcer le Westwall et le Neue Ostwall.

La Bulgarie va donc récupérer des chars ayant appartenus à l’Allemagne, des chars remis en état même si ils n’étaient pas de première jeunesse. C’était mieux que rien.

Trente-six chars de ce type furent ainsi livrés à la Bulgarie en attendant des chars plus modernes promis par les allemands. Ces chars étaient tous en service en septembre 1948, certains étant déployés en Macédoine et d’autres sur le front russe où à part la reconnaissance ils ne pouvaient pas faire grand chose d’autre.

Selon un rapport de septembre 1950 il ne restait plus que seize chars disponibles. Douze ont été détruits (huit en URSS et quatre en Macédoine) et huit réformés, leurs tourelles comme celles des chars allemands servant à armer des blockhaus de campagne à la frontière bulgare.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen 38 (t)

Poids : 9.5 tonnes

Dimensions : longueur 4.90m largeur 2.06m hauteur 2.37m

Motorisation : Moteur PRAGA EPA de 125ch

Blindage : 15 à 25mm

Performances : vitesse maximale 42 km/h sur route 15 km/h en tout-terrain Autonomie 230km sur route et 165 km en tout terrain

Armement : tourelle biplace avec un canon de 37.2mm Skoda A7 alimenté à 90 coups et associé à une mitrailleuse de 7.92mm qui partage le stock de 2550 coups avec la mitrailleuse de caisse.

Equipage : chef de char, chargeur, conducteur, mitrailleur/opérateur radio

Panzer I

Dire que l’Allemagne part de zéro pour constituer sa Panzerwaffe est un poil exagéré. Il y à eu des projets lancés à la fin du premier conflit mondial, projets qui furent améliorés en Suède et en URSS pour contourner les interdictions du traité de Versailles.

Plusieurs projets sont lancés et testés (Grosstraktor Leichttraktor) armés de canons de 75 et de 37mm mais cela n’aboutit pas à la production en série même après l’arrivée des nazis au pouvoir probablement pour des raisons techniques et industrielles.

En juillet 1933, la Heer passe commande de 150 Kleintraktor (petit tracteur), un véhicule chenillé réservé à l’entrainement car non armé.

En dépit de sa puissance industrielle, l’Allemagne ne pouvait produire rapidement un grand nombre de chars moyens ou lourds.

Il fallait donc limiter ses ambitions à des chars légers pour permettre une montée en puissance rapide des forces blindées allemandes.

L’appel d’offre demande un blindé de 4 à 7 tonnes et c’est Krupp qui l’emporte avec un dérivé direct du Kleintraktor avec pour armement deux mitrailleuses de 7.92mm MG-13 dans une tourelle installée à droite.

Ce char n’est pas une réussite avec une sous-motorisation, un blindage trop faible (13mm), trop fragile. Bref, un véhicule qui n’aurait jamais du combattre mais faute de mieux, les Panzerdivisionen durent s’en contenter.

Surclassé dans la guerre d’Espagne par le T-26 armé d’un canon de 45mm, les Panzer I participent à la guerre de Pologne, n’étant pas tous anéantis par la rapide désorganisation de l’armée polonaise qui possédaient des chars plus puissants notamment le 7TP, cousin du T-26.

La guerre de Pologne terminée, son sort est scellé, il doit être rapidement retiré du service mais entre la décision prise en décembre 1939 et la sortie des Panzer III et IV d’usine, il y à un delai incompressible.

1445 Panzer I sont en service en septembre 1939. 72 sont perdus durant la guerre de Pologne certains sous les coups de l’ennemi mais beaucoup par attrition mécanique. 1200 sont en service au printemps 1940 avant que la déflation de la flotte ne s’accélère avec 800 chars encore en service en janvier 1941, les derniers Panzer I ne sont retirés du service qu’en mars 1942 !

Si il est déclassé comme char de combat ce qu’il n’aurait jamais du être à l’origine , le Panzer I peut rendre des services pour des missions secondaires comme des essais d’armement (comme véhicule porteur ou comme cible), l’instruction mais également la sécurité intérieure, 250 Panzer I étant cédés à la police pour le maintien de l’ordre.

Son châssis va également servir de base à des véhicules de soutien et ce en dépit de ses imperfections.

Si le poseur de pont, le véhicule de DCA et le véhicule du génie ne dépassèrent pas le stade du prototype, les versions ravitailleurs de munitions dépannage et lance-flammes furent construits en assez grand nombre avec quelques constructions neuves et une reconversion des chars les moins usés.

Si le chasseur de chars à canon de 47mm et un canon automoteur de 150mm ne ne furent que des véhicules d’études, la version de commandement fût produite en grand nombre. La tourelle fût remplacée par une superstructure avec une mitrailleuse de 7.92mm pour la défense rapprochée.

A l’export, il fût vendu en petit nombre à la Chine nationaliste, à l’Espagne et pour un nombre réduit à la Hongrie et à la Bulgarie.

Tout comme sa consoeur hongroise, l’armée bulgare va recevoir quelques Panzer I à la fois pour l’entrainement (même des pays possédant des armées de second rang n’engageraient pas ce «char» au combat) et comme gage de bonne volonté pour faire patienter l’arrivée de chars réellement aptes au combat.

Le nombre est incertain allant selon les sources d’un seul exemplaire à douze Panzer I. Ce qui est certain c’est que non seulement ils n’ont pas été engagés au combat mais qu’ils avaient tous disparus durant le conflit, visiblement ferraillé pour récupérer l’acier à blindage pour un usage jugé plus important.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen I Ausf B (Sonderkraftahtzeug 101)

Poids : 5.80 tonnes Longueur : 4.42m Largeur : 2.06m Hauteur : 1.72m

Blindage maximal : 13mm

Moteur : moteur essence Maybach NL 38TR 6 cylindres refroidi par eau dévellopant 100ch

Performances : vitesse maximale sur route 40 km/h Autonomie de 180km sur route et de 130km en tout-terrain

Armement : deux mitrailleuses de 7.92mm MG-13 en tourelle (2250 cartouches), la tourelle permettant aux mitrailleuses de pointer de -12° à +18° en site et sur 360° en azimut

Equipage : deux hommes

Caractéristiques Techniques du Panzer Befehlwagen I (Sonderkraftahtzeug 265) (Version de commandement du Panzer I)

Poids : 5.90 tonnes Longueur : 4.42m Largeur : 2.06m Hauteur : 1.99m

Blindage maximal : 13mm

Moteur : moteur essence Maybach NL 38TR 6 cylindres refroidi par eau dévellopant 100ch

Performances : vitesse maximale sur route 40 km/h Autonomie de 180km sur route et de 130km en tout-terrain

Armement : une mitrailleuse MG-13 ou MG-34 de 7.92mm avec 900 cartouches

Equipage : trois hommes (pilote, chef de char/servant de mitrailleuse opérateur radio)

Panzer IV

Quand le char de combat est inventé, sa mission unique est de percer le front et de déblayer le terrain au profit de l’infanterie qui ne pouvait seule vaincre la triade “mitrailleuse + barbelés + tranchées”.

L’appui de l’infanterie semblait être la seule mission du char de combat, un affrontement entre chars si il était du domaine du possible, paraissait peu probable.

Aussi quand l’Allemagne planifia la montée en puissance de sa Panzerwaffe, elle identifia deux types de chars : un char armé d’un canon capable de combattre les autres chars et un char destiné à les appuyer à l’aide d’un canon plus puissant tirant des obus explosifs, canon qui pouvait aussi mener une mission d’appui de l’infanterie.

Le développement du futur Panzerkampfwagen IV (Sonderkraftahtzeug 161) commence avant même l’arrivée des nazis au pouvoir ce qui implique des appelations de camouflage comme Mittleren Traktor (tracteur moyen) puis Bataillonführerswagen (véhicule du commandant de bataillon) avant de devenir de véritables chars de combat.

Le prototype apparait en 1935. MAN et Krupp s’affrontent et c’est finalement le fabricant d’Essen qui l’emporte et qui reçoit commande en 1936 des premiers exemplaires de série.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Panzerwafe dispose de 437 Panzer IV (35 Ausf A 42 Ausf B 140 Ausf C et 220 Ausf D) qui sont mélés aux Panzer III pour assurer leur appui.

Durant la période de Pax Armada (1939-1948), cette période qui sépare la guerre de Pologne du second conflit mondial, le rôle et la place du Panzer IV évolue.

Le Panzer III ne pouvant pas recevoir de pièce plus puissante qu’un canon de 50mm, il sera à terme déclassé par l’augmentation des blindages ce qui n’est pas le cas des Panzer IV dont les dimensions généreuses du châssis permettent d’envisager l’installation d’un armement sous tourelle plus puissant.

L’apparition en France du Renault G-1 à canon de 75mm sous tourelle pousse l’Allemagne à lancer l’étude d’un nouveau char moyen disposant du même armement. Le développement prenant du temps, il faut parer au plus pressé.

Outre le réarmement des Panzer III avec un canon de 50mm lui rendant un vrai pouvoir antichar, la direction des troupes blindées décide de produire une version du Panzerkampfwagen IV à canon de 75mm long soit un canon de 48 calibres au lieu des 24 pour les précédents.

Après l’Ausf E encore équipé d’un canon court et fabriqué à 240 exemplaires, la production passe au Ausf F, la première des quatre versions armées du canon de 75mm long avec une pièce de 43 calibres

La version F est produite à 250 exemplaires est suivit par 300 Ausf G dôtés d’un moteur plus puissant, d’une suspension améliorée et de juppes blindées (Schürzen) pour protéger le train d roulement des coups de l’ennemi. Les Ausf H et J ne se différencient que par des détails infimes, difficilement décelables à l’oeil nu. Ces Panzer IV à canon long disposent eux d’un canon de 48 calibres.

Le Panzer IV va devenir en attendant l’arrivée du Panther le char majeur des Panzerdivisionen, remplaçant peu à peu les Panzer III. Résultat quand le second conflit mondial éclate, le Panzer IV équipe entièrement quatre divisions blindées et deux divisions partiellement avec le Panzer III soit six divisions et plus d’un millier de chars en service.

Théoriquement la production du Panzer IV devait cesser pour laisser la place au Panther plus moderne mais des problèmes industriels et un grand nombre de maladies de jeunesse vont pousser les autorités allemandes à maintenir ouverte les chaines de production du Panzerkampfwagen IV.

Cette décision répond aussi au besoin de satisfaire les besoins de la S.S qui prend la décision de mettre sur pied deux divisions blindées en septembre 1947 (elles sont donc loin d’être opérationnelles un an plus tard) ainsi que de l’export au profit des alliés de l’Allemagne.

C’est ainsi que la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie, la Finlande et l’Italie reçoivent des Panzer IV à canon court et long. Des pays neutres comme l’Espagne et la Turquie reçoivent également des Panzer IV mais en plus faible nombre que les alliés de Berlin.

Comme le Panzer III, des variantes ont été mises au point à partir du châssis du Sonderkraftahtzeug 161. On trouve un véhicule de dépannage, une version de commandement du char standard, des chars lance-flamme, des poseurs de traverse, un char du génie et plus original, un char porte-grue destiné à embarquer et à élever les munitions destinées aux obusiers automoteurs Karl de 600mm.

Le Panzer IV était ce que nous appellerions un honnête char. Il n’avait pas des qualités extraordinaires mais pas défauts rédhibitoires.

La Bulgarie s’intéresse dès septembre 1942 à ce char en vue d’équiper une voir deux brigades blindées. L’Allemagne accepte sur le papier mais il lui faut du temps pour produire un modèle de char qu’elle voudrait d’abord réserver à son armée.

Pour faire patienter Sofia, Berlin lui livre vingt Panzer IV Ausf A à canon court pour former les équipages des variantes opérationnelles qui sont quelques Ausf E (quarante-huit exemplaires) et surtout des Ausf F à canon long, la Bulgarie recevant soixante-douze exemplaires soit un total de 140 exemplaires qui vont combattre en Grèce et en Yougoslavie essentiellement.

A la fin du conflit la Bulgarie possédait encore quatre Ausf A, huit Ausf E et trente-six Ausf F soit un total de quarante-huit chars de la commande initiale auxquels il fallait ajouter trente-six Ausf M livrés pour compenser les pertes non sans aigreur et mauvaise volonté côté allemand qui se méfiait de plus en plus de cet allié jugé très peu fiable.

A la fin du conflit suite au désarmement de l’armée bulgare les Panzer IV sont stockés sous contrôle soviétique.

Certains prennent le chemin de l’URSS et alimenteront les collections du musée de Kubinka près de Moscou. Les autres vont finir par rejoindre la ferraille moins un exemplaire préservé sur un monument près de Plovdiv et un autre dans un musée à Sofia.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen IV Ausf H

Poids en ordre de combat : 24 tonnes Longueur hors tout : 7.02m Longueur de la caisse : 5.89m Largeur : 2.88m (3.13m avec les jupes) Hauteur : 2.68m

Motorisation : un moteur essence Maybach HL120TRM 12 cylindres dévellopant 300ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h sur route 16 km/h en tout terrain autonomie 210km sur route 130km en tout-terrain

Blindage maximale : 80mm

Armement : un canon de 75mm long (48 calibres) en tourelle triplace (-8° à +20° 360°) alimenté à 87 obus. La tourelle dispose d’une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm qui partage avec la mitrailleuse de caisse, le stock de 3150 cartouches.

Equipage : cinq hommes

Mitteleuropa Balkans (22) Hongrie (22)

Véhicules

Chars de combat

Avant-propos

Dans ce domaine, les hongrois vont utiliser à la fois des chars étrangers (livrés de bonne grâce ou capturés sur le champ de bataille) mais aussi des véhicules nationaux. Néanmoins à par les Panzer IV et les quelques Tigre livrés à la fin du conflit, les chars de combat livrés aux hongrois étaient inférieurs à leur adversaire notamment en terme d’armement.

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Mitteleuropa (13) Hongrie (13)

Une nouvelle armée hongroise

Les années qui suivent la fin de la première guerre mondiale sont particulières agitées pour les hongrois. Les régimes politiques se succèdent avant que finalement les monarchistes ne l’emporte.

Le 9 août 1919 l’amiral Horthy unifie sous sa férule différentes unités anti-communistes pour former une armée nationale de 80000 hommes (Magyar Nemzeti Hadsereg). Cette armée va combattre aux côtés des roumains contre le régime communiste de Béla Kun qui disposait de sa propre force militaire.

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Mitteleuropa Balkans (10) Hongrie (10)

La Hongrie dans le second conflit mondial

N’importe quel pays européen est conscient qu’en cette année 1948 la guerre n’est qu’une question de temps tant les tensions sont de plus en plus fortes en Europe. Certains comparent la situation à 1914 plus qu’à 1939.

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Scandinavie (89) Finlande (27)

Canons d’assaut

Sturmgeschütz III (Stug III)

StuG III Ausf E

canon d’assaut Stug III Ausf E à canon long de 75mm

Comme vous le savez, le char d’assaut, le tank à été inventé pour percer le front, franchir barbelés et tranchées, permettant à l’infanterie d’occuper le terrain même si le sol bouleversé par les obus, rempli de boue et d’eau n’était pas le plus facile pour les fantassins.

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Scandinavie (14) Norvège (14)

L’Armée de Terre norvégienne dans le second conflit mondial (1948-1954)

La campagne de Norvège

Depuis plus de soixante-dix ans une question taraude les historiens norvégiens. Le gouvernement était-il au courant d’une attaque allemande ? A-t-il prit les mesures adéquates ? Ce débat n’est toujours pas tranché mais ce qui fait consensus c’est qu’une anticipation n’aurait pas changé grand chose.

En réalité la seule chose qui aurait pu changer les choses cela aurait été de renoncer à la neutralité et d’accepter la proposition franco-britannique d’une alliance militaire pérenne, proposition faite durant la Pax Armada. Oslo refusa craignant de se retrouver dans un conflit qui ne concernerait pas ses intérêts vitaux.

La neutralité est donc pérennisée, l’armée de terre bénéficie d’une relative modernisation mais les lacunes sont nombreuses.

A l’été 1948 les tensions en Europe rappellent tristement l’été 1939 sauf que cette fois si guerre il y à elle durera plus que trois mois. Que ce soit chez les alliés ou les allemands, on est bien décidé à trancher le nœud gordien, à crever l’abcès en réglant une bonne fois pour toute les querelles.

A plusieurs reprises, certains officiers norvégiens demandent que la mobilisation générale soit déclarée mais le gouvernement refuse craignant de provoquer une réaction hostile.

Le 5 septembre 1948 à l’aube les premières bombes pleuvent sur la Norvège plus précisément sur Trondheim, Oslo, Stavanger, Kristiansand, Narvik et Bergen. Décollant d’Allemagne, les bombardiers bimoteurs et quadrimoteurs attaquent essentiellement les aérodromes, les voies de chemin de fer, les routes, les ponts et bien entendu les ports.

Ces attaques n’ont qu’un succès limité en raison du mauvais temps et parfois de renseignements erronés. C’est ainsi qu’une usine de jouets en bois près de Bergen sera bombardée car prise pour une caserne de l’armée norvégienne !

Le gouvernement se réunit en urgence mais tergiverse, hésitant sur la conduite à tenir. Personne ne croit à une erreur allemande ou une protection de Berlin contre une invasion franco-britannique mais on se divise sur la marche à suivre.

Certains veulent résister avec acharnement, d’autres estiment que cela ne sert à rien et qu’il vaut mieux renoncer à toute résistance durable face à un ennemi bien plus puissant.

Le roi Haakon VII lui n’à aucun doute. Passant-outre le contreseing ministériel, il ordonne aux forces armées norvégiennes de résister à l’envahisseur. Cet ordre n’à juridiquement aucune valeur, il s’agit d’un ordre oral mais cet ordre sera suivit par certaines unités.

Ce n’est qu’en milieu de matinée que le gouvernement décide de résister. Il ordonne la mobilisation générale ce qui doit permettre en théorie de doubler les effectifs du temps de paix (de 20000 à 40000 hommes).

Cette mobilisation est chaotique. Les plans ont certes été préparés de longue date mais dans un contexte de montée en puissance progressive, dans un contexte où une phase de négociation devait précédé la guerre.

Or les allemands attaquent sans préavis officiellement pour protéger Oslo d’une agression franco-britannique.

On verra donc certains réservistes être pris par les allemands alors qu’ils se rendaient dans leurs casernes. D’autres réservistes anticipent l’appel en ralliant les unités de combat auxquels ils sont rattachés ou pas….. . Comme le reconnaitra un colonel norvégien «Durant les trois premiers jours ce fût un beau bordel».

Peu à peu la situation va se stabiliser, l’armée norvégienne ragaillardie par l’arrivée prochaine des alliés français, britanniques et polonais résiste pied à pied, surprenant les allemands qui s’attendaient à une résistance de pure forme ou guère plus musclée que celle des danois qui ont capitulé après quatre jours de combat (9 septembre 1948).

Quelques heures seulement après les premiers bombardements, les premières troupes allemandes prennent bien en Norvège, débarquant à Kristiansand, à Oslo (raid aéroporté mais pas de débarquement naval en raison de défenses côtières nettement plus puissantes qu’en 1939/40), à Bergen, à Trondheim, à Bodo et à Narvik.

A chaque fois il s’agit de groupements tactiques interarmes avec un gros élément d’infanterie, des éléments blindés et /ou motorisés, de l’artillerie, du génie et des moyens de soutien.

Au total cela représente cinq divisions d’infanterie de ligne, deux divisions de montagne, un groupement blindé fournit par deux Panzerdivision, un groupement parachutiste, des moyens d’artillerie, du génie et du soutien.

Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40. Avec le FCM-42 il à été le char déployé par la France au Norvège. 

De leur côté les alliés vont engager des moyens relativement importantes quoique inférieurs aux moyens allemands.

Hotchkiss H-39

Le Hotchkiss H-39 à été déployé par la Pologne en Norvège

C’est ainsi que la France engage une division légère (d’infanterie) de marche, une Brigade de Haute-Montagne (rapidement rebaptisée Division Alpine de Scandinavie), deux compagnies indépendantes de chars, des éléments d’artillerie, du génie et de soutien. Les polonais sous commandement français engagent une brigade de montagne et une compagnie de chars auxquels s’ajoutent des autos blindées, de l’artillerie et du génie.

La Grande-Bretagne va elle engager deux divisions d’infanterie, une brigade blindée indépendante, un régiment antichar, des éléments de DCA légère du génie et de soutien.

Pour revenir à l’armée norvégienne celle-ci est est toujours organisée en six divisions même si ces moyens en faisait davantage des brigades.

La 1ère et la 2ème division chargées de la défense du sud du pays prennent de plein fouet la puissance militaire allemande. La 1ère division se liquéfie quasi-instantanément probablement parce que son principal dépôt à été rapidement détruit par les bombardements aériens et navals allemands. Manquant d’armes et de munitions, elle se contente de harceler l’ennemi sans pouvoir faire grand chose.

La 2ème division en revanche tient plus longtemps empêchant par exemple les allemands de quitter Oslo pour remonter vers le nord. Après dix jours d’une intense résistance (5-15 septembre 1948), la 2ème division ou du moins ce qu’il en reste va se faire interner en Suède, officiellement neutre mais jouant un jeu trouble avec les allemands.

On sait par exemple aujourd’hui que plusieurs «trains sanitaires» qui ont évacué des blessés allemands via la Suède ont transporté à l’aller des renforts, des armes et des munitions.

Il semble d’ailleurs que les services de renseignement britanniques étaient au courant et ont menacé Stockholm de révéler le pot aux roses si jamais les norvégiens internés étaient livrés aux allemands.

Les 2500 norvégiens internés vont pour leur majorité rallier la Grande-Bretagne et reprendre la lutte au sein des forces armées norvégiennes en exil. Si la majorité s’engagea dans des unités régulières, d’autres décidèrent de soutenir la résistance en intégrant par exemple les commandos ou les service de renseignement français et britanniques.

La 4ème division basée près de Namsos peut tendre la main aux troupes franco-polonaises et faciliter leur débarquement. La 4ème division va rester l’une des rares unités militaires avec la 6ème division combattant près de Bodo à rester opérationnelle jusqu’au bout.

La 5ème division en revanche échoue à préserver Trondheim de l’invasion allemande. Une série de contre-attaques mettant les allemands sous pression mais provoque également une véritable saignée dans les effectifs norvégiens.

Les alliés choisissent de débarquer à Namsos (français et polonais) pendant que les britanniques vont débarquer à Tromso inquiétant les soviétiques. Suite à l’échec allemand à Bodo, les britanniques vont y détourner une partie de leurs forces.

Ces débarquements vont se révéler délicats en l’absence de moyens amphibies spécifiques et surtout de le menace aérienne et sous-marine allemande. Les alliés se battent avec férocité mais les pertes en navires sont significatives.

Les troupes britanniques débarquées à Bodo remontent vers le nord pour prendre en tenaille Narvik avec les troupes britanniques débarquées à Tromso. Le port du fer suédois est pris le 20 septembre 1948 après quinze jours de durs de combats. Les alliés peuvent déclarer que la route du fer est coupée.

Les franco-polonais débarqués à Namsos décident de mettre cap au sud dans l’espoir de tendre la main vers les troupes norvégiens qui résistant dans le Télémark mais il faut pour cela détruire les troupes allemandes débarquées à Kristiansand et à Trondheim ce qui est plus facile à dire qu’à faire.

A cela s’ajoute l’avancée des troupes allemandes mises à terre à Bergen et dans les environs d’Oslo. Le 19 septembre 1948, les troupes norvégiennes coincées dans le Télémark capitulent rendant sans objet l’offensive franco-polonaise.

Le sud du pays solidement conquis, les allemands peuvent remonter vers le nord. Le premier objectif est le port de Namsos. Après de durs combats, le port est pris le 5 octobre.

Le 11 octobre 1948, la TF Vimy élément précurseur de la 2ème division canadienne débarque à Bodo, le dernier port sous contrôle allié puisque le 10 les britanniques ont évacué Tromso et que Narvik est devenu trop inhospitalier sous les coups de l’aviation allemande qui s’acharne sur les navires rentrant dans le grand port du nord.

France 4

Les « hommes à la tarte » qui disent « bleu cerise » et non (sauf pour le sang versé, la couleur du drapeau et les lèvres de la femme aimée) vont s’illustrer en Norvège. 

Néanmoins le 12 octobre, des chasseurs alpins sont mis à terre à Narvik pour permettre l’évacuation de troupes norvégiennes et de jeunes recrues en formation. Les navires sont des navires norvégiens qui vont évacuer les soldats et les recrues en direction de l’Ecosse où ils seront à la base de la future armée norvégienne libre.

Les marines et les aviations alliées jettent toutes leurs forces dans la bataille, consciente de l’impact psychologique énorme en cas d’évacuation réussie. Cette opération baptisée DYNAMO va durer quatre jours jusqu’au 18 octobre

Les hommes à la tarte repoussent une attaque allemande, tenant quatre jours jusqu’au 18 pour permettre l’évacuation d’un maximum de norvégiens et même de norvégiennes. Les chasseurs alpins seront évacués dans la nuit du 18 au 19 octobre sans résistance des allemands.

Ces derniers épuisés par de violents combats, conscients que la victoire est proche préfèrent sécuriser leurs positions plus au sud plutôt que d’empêcher une évacuation de quelques centaines de chasseurs alpins à moins que ce ne soit une sorte d’admiration secrète de la part de leurs cousins allemands des Gerbigjägers.

Les combats vont durer jusqu’au 27 octobre 1948 quand les troupes norvégiennes qui ne pouvaient évacuer capitulent. Les alliés laissent beaucoup de matériel mais assez peu de prisonniers en l’occurrence 1200 britanniques, 980 français et 350 polonais soit un total de 2530 prisonniers.

L’armée norvégienne qui alignait 20000 hommes au 5 septembre 1948 et 45000 à son apogée en mobilisant toutes les troupes entraînées y compris des unités de police à laissé 5000 prisonniers (qui pour beaucoup seront immédiatement libérés) et 1800 morts, les autres troupes étant évacuées sur la Grande-Bretagne en compagnie de près de 9500 recrues et hommes en âge de porter les armes.

Des escarmouches ont lieu jusqu’au 1er novembre 1948 avec de petits groupes de soldats canadiens, français, britanniques et norvégiens qui attaquaient les troupes allemandes isolées pour se procurer du ravitaillement et tenter de gagner la côte pour une évacuation, des destroyers et des sous-marins jouant au chat et à la souris avec les navires et les avions allemands pour récupérer ces soldats entraînés et expérimentés.

La Renaissance de l’armée norvégienne

Suite à un décompte effectué le 15 janvier 1950 ce sont près de 40000 norvégiens en âge de porter les armes qui ont réussi à gagner la Grande-Bretagne. C’est un atout de poids dans le jeu du gouvernement en exil qui peut imaginer remettre sur pied une armée et une aviation afin de participer à la libération du pays à plus ou moins brève échéance.

Le gouvernement norvégiens est cependant conscient que l’équipement de cette armée dépend uniquement de la Grande-Bretagne.

Le projet initial prévoyait deux divisions d’infanterie légère et une division blindée mais au final la nouvelle armée norvégienne allait être organisée de la façon suivante :

-Un état-major

-Quatre brigades d’infanterie motorisées

-Deux régiments d’artillerie

-Un régiment blindé indépendant

-Deux groupes commandos

L’équipement va être essentiellement assuré par les britanniques. Ces quatre brigades appelées brigades légères norvégiennes (Norske Lysbrigader) sont progressivement mises sur pied, la 1ère étant opérationnelle en juin 1949, la 2ème en janvier 1950, la 3ème en mars 1950 et la 4ème en septembre 1950.

Ces unités vont d’abord servir d’unités de garnison notamment en Islande (après accord du gouvernement danois) et aux Spitzberg. Une brigade sera même envoyée au Canada pour protéger Terre Neuve.

M-24 Chaffee 16

M-24 Chaffee

Ces brigades étaient organisés en un état-major, un groupement de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance (autos blindées et chars légers M-24 Chaffee), trois bataillons d’infanterie, un bataillon d’artillerie, un bataillon du génie et des éléments de soutien soit environ 4500 hommes chacune.

QF 25 Pounder 6

Canon-obusier de 25 livre. L’une des meilleures pièces d’artillerie de campagne du second conflit mondial en compagnie du canon de 75mm TAZ modèle 1939.  

Les deux régiments d’artillerie norvégiens sont équipés pour l’un de canon-obusiers de 25 livres et pour l’autre de canons antichars de 17 livres utilisables également comme pièces de campagne. Ils sont organisés en un état-major, une batterie de commandement et de soutien et trois groupes de trois batteries de quatre pièces.

M-4A3 Sherman 21

M-4 Sherman armé d’un canon de 76mm nettement plus efficace contre les chars allemands. 

Le régiment blindé indépendant était organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, trois escadrons de chars M-4 Sherman et un escadron d’autos blindées M-8 Greyhound.

M-8 Greyhound 19

M-8 Greyhound

Les deux groupes commandos vont opérer aux côtés des britanniques et des français pour maintenir la pression sur les allemands.

Pendant longtemps les alliés ne voulaient pas débarquer en Norvège et au Danemark. La mauvaise expérience de l’automne 1948 et la crainte de disperser des moyens pas forcément extensibles rendait les alliés prudents.

Finalement au printemps 1952 décision est prise de confier à des troupes essentiellement américaines de débarquer en Norvège et au Danemark pour sécuriser les flancs de la poussée principale qui doit avoir lieu sur le continent.

Cette opération sous commandement américain va voir l’engagement de sept divisions américaines (six divisions d’infanterie et une division blindée), d’une division française, d’une division britannique et des quatre brigades légères norvégiennes.

Cinq têtes de pont sont prévues, une au Jutland au Danemark et quatre en Norvège (Narvik, Namsos, Bergen et Trondheim). A chaque fois une brigade légère norvégienne accompagnait les unités alliées prévues pour l’assaut.

Les américains vont engager cinq divisions d’infanterie (3ème, 8ème, 10ème, 26ème et 31ème, la 10ème étant une division de montagne), une division blindée (la 6ème) et deux bataillons de Rangers (1er et 6ème).

Les français vont déployer une division mais pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la 27ème Division d’Infanterie Alpine (27ème DIAlp) aux côtés de commandos et d’éléments blindés. Les britanniques vont engager une division aéroportée, la 6th Airborne.

A Narvik, la 1ère brigade légère norvégienne (1. Norske Lysbrigader) doit débarquer en compagnie de la 3ème division d’infanterie américaine et d’un groupement blindé fournit par la 6ème division blindée américaine.

A Namsos, la 2ème brigade légère norvégienne (2. Norske Lysbrigader) doit débarquer en compagnie de la 27ème DIAlp française.

A Bergen, la 3ème brigade légère norvégienne (3. Norske Lysbrigader) doit débarquer en compagnie du gros de la 6ème division blindée américaine et de la 8ème division d’infanterie.

A Trondheim, la 4ème brigade légère norvégienne (4. Norske Lysbrigader) doit débarquer en compagnie de la 26ème division d’infanterie et de la 10ème division de montagne.

Les deux régiments d’artillerie indépendants vont fournir des groupes occasionnels en renforts des brigades légères. Même chose pour le régiment blindé indépendant.

Au Jutland, la 1ère brigade danoise formée (1. Dansk Brigade) va débarquer en compagnie de la 31ème division d’infanterie américaine.

La 6ème division aéroportée britannique est conservée en réserve pour être mise en œuvre soit depuis l’avion comme elle en à l’habitude ou depuis des navires.

Le jour J de l’opération BOREALIS est prévu pour le 11 octobre 1953. Les préliminaires commencent dès le mois de septembre avec une intense campagne de renseignement par voie aérienne navale et électronique.

La résistance norvégienne abreuve les SR alliés de renseignement sur les batteries côtières, les aérodromes, les axes de communication, les mouvements de troupes, les noms des chefs.

Des actions de sabotage menées par la Résistance Norvégienne en liaison avec le SOE et le BCRA mais aussi des commandos alliés préparent le terrain.

L’aviation mènent également des bombardements sur les cibles militaires importantes, les navires alliés traquant la navigation allemande bombardant régulièrement les batteries côtières et des positions clés de la défense allemande.

L’état-major allemand se doute qu’une opération majeure se prépare mais se perd en conjectures pour savoir si il est prévu un débarquement amphibie, une opération aéroportée ou même une diversion.

Malheureusement pour les troupes allemandes, le haut-commandement ne croit pas passé l’été à un débarquement amphibie en dépit du fait que l’automne 1953 est exceptionnellement clément ce qui aurait du leur mettre la puce à l’oreille.

L’appui des troupes est assurée par une puissante flotte anglo-américano-franco-norvégienne mais aussi par des escadres aériennes décollant depuis les îles britanniques sans oublier les porte-avions.

Sans qu’il y ait de division stricte et étanche, les porte-avions furent davantage chargés de l’appui-feu des troupes débarquées pendant que les avions basés à terre menaient surtout des opérations d’interdiction.

A partir du 1er octobre, les bombardements s’intensifient et à partir du 9, les croiseurs et les cuirassés alliés pilonnent les batteries côtières.

Il y à quelques dégâts collatéraux mais fort peu au final grâce à l’action de la résistance norvégienne qui prévenue des zones frappées mettaient le plus possible d’habitants à l’abri, jouant au jeu du chat et de la souris avec les forces de sécurité allemandes et leurs supplétifs norvégiens.

Les troupes allemandes sont mises en état d’alerte à partir du 10 octobre à 22h00 et sont fins prêtes à accueillir les alliés.

En dépit de cette mise en alerte, les débarquements se passent bien. Cela s’explique par les sabotages menés par la résistance norvégienne et par les actions de diversion menées par les commandos alliés, une grande opération commando alliée nom de code VIKING contre des cibles stratégiques à Oslo détournant l’attention des allemands et facilitant la phase délicate du débarquement.

Cela se passe très bien à Bergen et au Jutland, bien à Namsos mais à Trondheim et à Narvik les débarquements manquent de tourner à la catastrophe. Il faudra l’engagement précoce de la 6th Airborne transportée par des croiseurs de la Home Fleet pour provoquer l’effondrement de la défense allemande. Les troupes à terre, les croiseurs britanniques vont pilonner les positions allemandes.

Dès le 14 octobre 1953 la situation à clairement tourné en faveur des alliés. Les combats sont cependant longs et usant moins à cause de la résistance allemande que des problèmes logistiques ainsi qu’un mauvais temps ce qui fait dire à un général de division américain qu’à trois jours près on aurait tué plus d’hommes par la tempête que par les balles allemandes.

Les troupes norvégiennes sont débarquées dès la première vague. C’est souvent les premiers soldats alliés que voient les civils norvégiens. On imagine sans peine leur émotion quand ils voyaient des soldats en battle dress et casque plat avec le drapeau norvégien cousu sur la manche droite de leur vareuse.

Sans que cela ait été dit, les alliés étaient sceptiques sur les capacités des brigades légères norvégiennes à combattre un ennemi retranché mais le scepticisme s’est vite envolé.

Le 21 février 1954 la Norvège est entièrement libérée par la capitulation à la frontière suédoise des dernières troupes allemandes en état de se battre, certains soldats se faisant interner en Suède pour échapper à la captivité.

49000 soldats allemands sont faits prisonniers. Ils sont internés dans des camps provisoires mais très vite des transports sont aménagés en bateaux prisons amarrés à proximité des côtes, le gouvernement norvégien refusant officiellement pour des raisons de sécurité d’accueillir les prisonniers. Les navires en question ne tardent d’ailleurs pas à rallier les ports allemands quand ceux-ci sont sécurisés et déminés.

Les quatre brigades multirôles norvégiennes sont déployés à Narvik, à Oslo, à Bergen et à Trondheim pour maintenir l’ordre en liaison avec les troupes alliées.

L’armée norvégienne va être entièrement réorganisée courant 1955 avec trois divisions territoriales (La 1ère pour le Sud, la 2ème au Centre et la 3ème au Nord), des divisions multirôles engerbant des brigades également multirôles.

Disposant de puissants moyens blindés-mécanisés, l’armée norvégienne pouvait compter sur une Home Guard pour mener une défense totale du pays en anticipant une phase de clandestinité avec réseaux de renseignement, caches d’armes et de matériel.

Organisation

Organisation simplifiée en septembre 1948

En septembre 1948, l’armée de terre norvégienne est organisé en six divisions territoriales numérotées 1 à 6. Les deux premières divisions occupent le sud du pays pour couvrir notamment la capitale, la 3ème division doit défendre Trondheim et Bergen, la 4ème division doit défendre Namsos, la 5ème division doit défendre Narvik et la 6ème division doit défendre Bodo.

Avant la mobilisation les différentes divisions sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Un groupement de soutien logistique

-Un régiment d’infanterie à trois compagnies (à la place des quatre bataillons en 1939/40) avec un deuxième régiment en sommeil

-Un régiment de cavalerie avec un escadron monté et trois escadrons en sommeil

-Un bataillon d’artillerie avec une batterie d’active et trois autres de réserve

-Une compagnie de sapeurs-mineurs

-Une compagnie télégraphique

-Une compagnie sanitaire

Après la mobilisation, les divisions norvégiennes doivent normalement être organisées de la façon suivante. Je dis bien normalement car la mobilisation ayant eu lieu en pleine invasion allemande, il y eut parfois des différences entre les divisions.

-Un état-major

-Un groupement logistique

-Deux régiments d’infanterie à quatre compagnies (trois compagnies de fusiliers à quatre sections et une compagnie d’armes lourdes _mitrailleuses et mortiers_)

-Un régiment de cavalerie à trois escadrons montés

-Un régiment d’artillerie à quatre batteries de quatre canons et une batterie antichar à huit pièces.

-Une compagnie de sapeurs-mineurs

-Une compagnie télégraphique

-Une compagnie sanitaire

Organisation de la Nouvelle Armée Royale Norvégienne

Initialement l’armée norvégienne devait être organisée en deux divisions légères d’infanterie et une division blindée mais très vite le gouvernement norvégien à du revoir ses prétentions à la baisse. C’est ainsi que l’armée norvégienne en exil va être organisée de la façon suivante :

-Un état-major

-Quatre brigades d’infanterie motorisées

-Deux régiments d’artillerie indépendants

-Un régiment blindé indépendant

-Deux groupes commandos

M-7 Priest 65

obusier automoteur de 105mm M-7 Priest

Chaque Norske Lysbrigader était organisée en un état-major, un groupement de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance (une compagnie de commandement et de soutien, deux compagnies d’autos blindées et une compagnie de chars légers), une compagnie antichar et antiaérienne trois bataillons d’infanterie (une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies d’infanterie et une compagnie d’armes lourdes), un bataillon d’artillerie (une batterie de commandement et de soutien, trois batteries de six canons automoteurs M-7 Priest et une batterie de reconnaissance équipées de M-8 Greyhound) et un bataillon du génie (une compagnie de sapeurs-mineurs, une compagnie de pionniers, une compagnie de pontonniers, une compagnie sanitaire).

Les deux régiments d’artillerie indépendants (un régiment équipé de canons-obusiers de 25 livres et un régiment équipé de canons de 17 livres) étaient organisé de la même façon avec un état-major, une batterie de commandement et de soutien, trois groupes de trois batteries de quatre pièces soit trente-six canons par régiment.

Ordnance QF 17 Pounder 3

Canon de 17 livres

Le régiment blindé indépendant est organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, trois escadrons de M-4 Sherman et un escadron d’autos blindées M-8 Greyhound.

Benelux (61) Belgique (22)

Chars

En guise d’avant-propos ces quelques lignes

Apparu au printemps 1916, le char de combat ou le tank semble pouvoir permettre aux alliés d’aboutir à l’objectif recherché depuis 1915 : la percée du front allemand puis son exploitation et la fin de cette boucherie innommable.

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Benelux (55) Belgique (16)

Organisation

Division d’Infanterie

En septembre 1939, les divisions d’infanterie belges sont organisées ou doivent être organisées ainsi après mobilisation :

-Des éléments de commandement et de soutien

-Trois régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

-Un bataillon du génie

-Un escadron cycliste

T-13

Char léger T-13

-Une unité de chasseurs de chars équipés de douze T-13 (sauf 5ème, 6ème et 12ème)

-Un bataillon de transmissions

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Benelux (31) Pays-Bas (31)

Armement &Véhicules

Armes individuelles de l’infanterie

Pistolets et Revolvers

L’armée néerlandaise utilise plusieurs modèles d’armes de poing, des armes souvent anciennes comme une bonne partie de l’armement néerlandais à la fin des années trente.

MAS modèle 1873 4

Chamelot-Devigne modèle 1873

-On trouve ainsi le revolver français Chamelot-Devigne modèle 1873, un revolver de calibre 11mm, le calibre du fusil Gras. Le revolver mesure 242mm avec un canon de 114mm, pesant à vide 1.195kg. Il dispose d’un barillet de six cartouches permettant un tir pratique jusqu’à 25m.

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