Allemagne (66) Armée de terre (23)

Fortifications

Westwall (Ligne Siegfried)

Carte du Westwall appelée Ligne Siegfried par les alliés

Carte du Westwall appelée Ligne Siegfried par les alliés

L’un des objectifs majeurs des vainqueurs du premier conflit mondial était d’empêcher l’Allemagne de provoquer un nouveau conflit.

Outre la limitation des effectifs et de l’équipement, une partie du territoire allemand en l’occurrence la Rhénanie, la fameuse “rive gauche du Rhin” était démilitarisé, mesure interdisant le stationnement temporaire et permanent de troupes allemandes et bien entendu l’interdiction de toute fortification.

En mars 1936, l’Allemagne fait pénétrer 3000 hommes légèrement armés en Rhénanie en violation du traité de Versailles sans réaction des français et des anglais au grand soulagement des généraux allemands.

Une fois la Rhénanie remilitarisé, se pose la question de sa défense contre une attaque franco-britannique.

Des projets sont lancés dès 1934 et des travaux sont même entamés mais ces premières tentatives ne sont pas menées à bien.

De nouveaux travaux sont menés officiellement à partir de 1938 (en réalité deux ans plus tôt) mais ces premières constructions sont vulnérables à l’artillerie ennemie.

Ce n’est qu’en 1937 qu’un programme plus cohérent est lancé, le Pionier-Program qui dessine une ligne continue de blockhaus, de fossés antichars, de réseaux barbelés de la frontière suisse jusqu’au Luxembourg. En 1938, la frontière belge et la frontière néerlandaise sont également couvertes.

A l’automne 1938, le “Limes-Program” succède au “Pionier-Program” pour obtenir un dispositif de protection cohérent.

Ce dispositif est considéré comme achevé en septembre 1939 après l’exécution des programmes « Aachen-Saar » et « Bruggen-Kleve« . Elle couvre la frontière allemande de Kleve sur la frontière germano-néerlandaise à Weil am Rhein sur la frontière entre la Confédération Helvétique et l’Allemagne.

Il se compose de 18000 ouvrages, de dents de dragons antichars. Pour accélérer les travaux, des modèles standardisés (Regelbau) sont dessinés qu’il s’agisse des blockhaus ou des obstacles antichars. Il existe cependant des différences entre les différentes du programme ayant présidé à la naissance du « Mur de l’Ouest ».

Les premiers ouvrages construits dans le cadre du Pioneering Program étaient des petites constructions avec une épaisseur de 50cm, les parois étant percées de trois embrasures orientées en direction de l’ennemi, les ouvrages les plus exposés ayant également des cloches d’observation et de tir.

Bunker type 10

Bunker type 10

Dans le cadre du Limes Programm, des ouvrages plus puissants sont construits. L’épaisseur des parois passe à 1.5m. 3471 Bunkers Type 10 sont construits sur les 630km. L’armement permet une couverture tous azimut.

Les ouvrages du Aachen-Saar Program sont similaires à ceux du précédents mais l’épaisseur des murs passe à 3.5m et les embrasures sont installées sur les côtés et non sur la face avant de l’ouvrage même si comme souvent dans la fortification il y à des exceptions. Ce programme planifie aussi la protection des villes de Sarrebruck et d’Aix-la-Chapelle, ville qui à l’origine étaient à l’ouest du tracé retenu.

A ces lignes de fortification s’ajoute des positions antiaériens, une zone occidentale de défense aérienne ou dans la langue de Goethe Luftverteidigungszone West (LVZ West). Elle se compose de positions antiaériennes fixes et de nids de mitrailleuse pour protéger les batteries contre un assaut terrestre.

Le programme « Bruggen-Kleve » voit la ligne Siegfried ou Westwall être prolongée vers le nord, le long de la frontière germano-néerlandaise. Les ouvrages sont similaires à celles du programme précédent.

La protection contre les chars est assurée par des obstacles appelés « dents de dragon » mais également par des hérissons, un assemblage de morceaux de métal dont la paternité doit être attribuée aux tchèques. Des inondations défensives sont également construites.

Si la propagande allemande à fait du Westwall le pendant oriental de notre Muraille de France, la réalité est différente. La ligne Siegfried est nettement moins solide et son rôle est différent.

Alors que la Ligne Maginot doit empêcher l’ennemi de percer notre frontière nord-est, la ligne Siegfried n’est vu que comme une ligne provisoire.

Un signe ne trompe pas, à la différence de la ligne Maginot, la ligne Siegfried ne dispose de troupes affectées en permanence. Point d’infanterie de forteresse au sein de la Heer, les ouvrages devant être occupées par des divisions d’infanterie classiques ce qui impose un certain délai.

La guerre de Pologne s’achevant rapidement sans attaque à l’ouest, le Westwall censé être provisoire devient une fortification semi-permanente.

La création d’unités de forteresse est semble-t-il étudié sérieusement par les généraux allemands mais au final on préfère affecter des compagnies d’infanterie des divisions déployées dans la région, une compagnie par régiment se spécialisant dans le combat sous béton. Autant dire des amateurs face à l’infanterie de forteresse française.

Sur le plan technique, les ouvrages sont comparables à des P.O français ou à des blockhaus type CEZF avec des créneaux de tir, des cloches d’observation, des cloches à mitrailleuses, des cloches à mortier et même des lance-flammes.

Il n’existe pas d’ouvrages d’artillerie capable de prendre à partie l’ennemi avant qu’il n’arrive à portée de tir.

Durant la Pax Armada, quelques travaux sont menés, des ouvrages supplémentaires sont construits avec un armement antichar (canon de 50mm) associé à des mitrailleuses. Des emplacements pour de l’artillerie sont également construits mais en dépit de ces efforts le Westwall semble bien incapable de s’opposer à une offensive franco-britannique décidée.

Ostwall et Neue Ostwall

Cloches blindées du Ostwall

Cloches blindées du Ostwall

Si l’Allemagne à interdiction absolue de fortifier sa frontière occidentale, elle à l’autorisation de protéger sa nouvelle frontière orientale en établissant une ligne d’ouvrage fortifié la protégeant d’une hypothétique attaque de la Pologne qui renait après plus d’un siècle de disparition.

Les études sont lancées en 1927, les travaux commençant en 1932 et s’achevant en 1938. Cette ligne couvre l’espace compris entre l’Oder et la Warthe, un espace de 150km d’où le nom de Festungfront Oder-Warthe-Bogen qui lui est aussi attribué.

A la différence du Westwall, le Ostwall est une ligne fortifiée comparable à la Ligne Maginot avec une centaine d’ouvrages s’appuyant sur le relief, les rivières et les marécages. Ces ouvrages disposent de coupoles blindées abritant de l’artillerie, des casemates pour de l’artillerie antichar, des mitrailleuses et des lance-flammes fixes. Les ouvrages sont reliés entre-eux par des tunnels où circulent un chemin de fer permettant de transporter rapidement hommes, munitions et matériels.

Il est prolongé au nord par le Pommernwall ou mur de Poméranie construit entre 1930 et 1935. La construction est plus légère que le Ostwall et se rapproche du Westwall même si les ouvrages sont équipés de créneaux mitrailleuses, de casemates antichars, de mortiers, d’observatoires pour l’artillerie, d’abris pour l’infanterie.

La conquête de la Pologne et le partage du pays avec l’URSS rend « obsolète » le Ostwall. Le pacte germano-soviétique rendant hypothétique un conflit entre Berlin et Moscou (du moins à court terme), la nouvelle frontière n’est pas couverte pas une fortification.

La dénonciation de ce pacte en mars 1945 change la donne. Un Neue Ostwall (nouveau mur de l’est) est réalisé le long de la nouvelle frontière entre l’Allemagne et l’URSS.

La Prusse Orientale étant protégée par d’anciennes forteresses, priorité est donnée à la défense du gouvernement général dont la frontière est protégé par des barbelés, des champs de mines et des ouvrages comparables non pas à ceux du Ostwall mais plutôt à ceux du Westwall.

Il s’agit là bien davantage d’une ligne de contrôle que d’une fortification imprenable. L’objectif est d’éviter une attaque surprise de l’armée rouge que d ’empêcher une invasion du gouvernement général.

Les ouvrages sont armés d’un ou deux créneaux de mitrailleuse, d’une coupole d’observation et pour certains soit d’un canon antichar de 50mm ou d’un mortier de 8cm.

Manquant de profondeur, cette position n’aurait pas opposé de grande résistance à une attaque décidée. Cette attaque ne se produisant pas lors du déclenchement de Weserubung, des travaux de renforcement sont menés au printemps 1949 pour lui donner de la profondeur et ainsi rendre la tache de l’ennemi plus complexe.

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Allemagne (61) Armée de terre (18)

Panzerkampfwagen 35 (t)

Skoda LT vz.35

Skoda LT vz.35

L’annexion de l’Autriche et le démantèlement de la Tchécoslovaquie permis à l’Allemagne de mettre la main sur du matériel qui permis de combler les pénuries d’une armée qui ne devait entrer en guerre qu’en 1943.

Si l’apport de l’Autriche se limita aux armes légères, collectives et à l’artillerie, l’apport de la Tchécoslovaquie fût nettement plus important puisque l’armée tchécoslovaque disposait de chars légers qui n’avaient rien à envier aux Panzer II voir aux Panzer III allemands.

Deux modèles de chars légers équipèrent la Panzerwafe, une décision destinée à attendre la sortie massive des Panzer III et IV.

Le premier est le Skoda LT vz.35. Ce char léger bientôt connu sous le nom de Panzerkampfwagen 35 (t) fût produit à 434 exemplaires mais seulement 244 furent saisis par les allemands, 52 étant récupérés par la Slovaquie indépendante, le reste étant exporté en Bulgarie et en Roumanie.

Ce char de 9 tonnes était un char médiocre. Son blindage riveté était son défaut principal car quand il était touché, il projetait à l’intérieur ces rivets, tuant ou blessant l’équipage.

Le développement de ce char léger commença en 1934 quand l’armée tchécoslovaque demanda un nouveau char léger dit de cavalerie pour succéder au LT vz.34 déjà en service. La firme CKD implantée à Prague perdit face au projet de la firme Skoda.

La première commande de 160 exemplaires est passée le 30 octobre 1935, les livraisons commençant en décembre 1936 suivit de commandes supplémentaires, la production étant partagée entre Skoda et CKD suite à un accord de production.

La production fût laborieuse, les problèmes de mise au point nombreux, nécessitant de fréquents retours en usine.

En dépit de ces problèmes, l’étranger se montrant intéressé par ce char léger qui fût commandé par la Roumanie (126 exemplaires) et la Bulgarie qui récupéra dix exemplaires initialement commandés par l’Afghanistan. L’URSS évalua ce char mais ne donna pas suite.

L’Allemagne récupéra ce char léger et avec sa version améliorée, le Skoda LT vz.38/Panzerkampfwagen 38 (t) l’utilisa au sein de quatre divisions blindées (4ème, 6ème, 7ème et 8ème Panzerdivisionen).

Ces chars furent retirés du service avec la mise en service du Panther qui avait finit de rééquiper ces quatre divisions quand éclate le second conflit mondial.

La quasi-totalité des Panzer 35 (t) est ferraillée mais certains sont conservés en réserve au cas ou utiliser pour l’instruction. Une demi-douzaine de chassis sont récupérés pour servir de prototypes pour un chasseur de char, le Marder III qui combine le chassis du Pz 35(t) avec à la place de la tourelle une superstructure protégeant un canon antichar de 75mm.

Caractéristiques Techniques du Skoda L.T vzor 35/Panzekampfwagen 35 (t)

Poids : 10.5 tonnes

Dimensions : longueur 4.45m largeur 2.14m hauteur 2.20m

Motorisation : moteur essence Skoda T11 de 120ch

Performances : vitesse maximale sur route 35 km/h Autonomie sur route 190km (115km en tout terrain)

Blindage : maximale 25mm

Armement : tourelle biplace abritant un canon de 37mm Skoda de 40 calibres pouvant pointer en azimut sur 360° et en site de -10° à +25° avec 72 obus en réserve. Il est associé à une mitrailleuse de 7.92mm qui partage avec la mitrailleuse de caisse le stock global de 1800 cartouches

Equipage : 4 hommes (pilote, opérateur radio-mitrailleur, pourvoyeur et chef de char/tireur)

Panzekampfwagen 38 (t) (Skoda L.T vzor 38)

Panzer 38 (t) alias Skoda LT vz.38

Panzer 38 (t) alias Skoda LT vz.38

Le Skoda L.T Vzor 38 est une version améliorée du précédent avec un blindage en partie boulonnée, blindage renforcé passant à 50mm à l’avant. La dotation en munitions est augmentée passant à 90 coups de 37mm et à 2550 cartouches pour les mitrailleuses.

Le développement commence en 1937 suite à l’échec relatif du LT vz qui était largement perfectible. CKD l’un des producteurs partit du futur Pz35 (t) et améliora la suspension avec un système Christie.

Avant même une commande nationale, cette version améliorée du LT vz35 fut exportée en Iran (50), au Pérou et en Suisse (24). Les chars commandés par la Lituanie non livrés en raison de l’annexion soviétique furent récupérés par la Slovaquie. La Grande-Bretagne évalua un exemplaire mais ne donna pas suite à une potentielle production sous licence.

Le 1er juillet 1938, l’armée tchécoslovaque passa commande de 150 exemplaires mais aucun appareil n’entra en service avant l’occupation allemande (mars 1939), la production continua ensuite pour l’Allemagne qui manqua de chars pour armer ses Panzerdivisionen.

A l’apogée de leur carrière allemande, les Panzerkampfwagen 38 (t) équipèrent quatre divisions blindées en compagnie des Panzerkampfwagen 35 (t) en l’occurrence les 4. PzD, 6. PzD, 7. PzD et 8. PzD.

La carrière du Panzer 38 (t) était à terme limitée, sa tourelle ne pouvant emporter un canon plus puissant, capable de détruire les nouveaux chars ennemis.

Les chars retirés du service à l’arrivée du Panther furent pour beaucoup revendus à des pays alliés comme la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie.

Le châssis du Panzer 38 (t) servit de base à un prototype de chasseur de chars, le Marder III qui installait sur un chassis de 38 (t) ou de 35 (t) un canon antichar de 75mm. Des prototypes de char de reconnaissance, de canon antiaérien automoteur furent également construits tout comme des ravitailleurs d’artillerie.

A l’export, le char tchèque est construit sous licence en Suède sous la désignation de Stridsvagn m/41 SII après que les quatre-vingt dix chars commandés à la Tchécoslovaquie eurent été récupérés par les allemands.

En compagnie du 35 (t), le Panzer 38 (t) participe à la guerre de Pologne. Il aurait du être remplacé rapidement mais en raison de la guerre civile et de problèmes industriels, il est encore en service en 1946, date à laquelle commence son retrait au profit du Panzerkampfwagen V. Les derniers chars sont retirés du service au printemps 1948.

Les chars retirés du service sont pour certains utilisés pour l’instruction, préservés pour le maintien de l’ordre ou cédés aux alliés. Les véhicules hors d’usage sont ferraillés mais les tourelles sont préservés des affres de la destruction et installées aux frontières pour renforcer le Westwall et le Neue Ostwall.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen 38 (t)

Poids : 9.5 tonnes

Dimensions : longueur 4.90m largeur 2.06m hauteur 2.37m

Motorisation : Moteur PRAGA EPA de 125ch

Blindage : 15 à 25mm

Performances : vitesse maximale 42 km/h sur route 15 km/h en tout-terrain Autonomie 230km sur route et 165 km en tout terrain

Armement : tourelle biplace avec un canon de 37.2mm Skoda A7 alimenté à 90 coups et associé à une mitrailleuse de 7.92mm qui partage le stock de 2550 coups avec la mitrailleuse de caisse.

Equipage : chef de char, chargeur, conducteur, mitrailleur/opérateur radio

Allemagne (54) Armée de terre (11)

Armement (3) : Artillerie lourde

17cm Kanone 18  

17cm Kanone 18

17cm Kanone 18

La mise en œuvre de pièces d’artillerie lourde rencontrait plusieurs écueils dont le principal était le recul. Sans frein, la pièce bougeait ce qui nécessitait de la remettre en place entre chaque tir, réduisant la cadence (déjà réduite en raison du poids des obus qui étaient souvent en deux charges) et obligeant les servants à refaire leurs calculs.

Entre la première guerre mondiale et la guerre de Pologne, la firme Krupp développa un nouvel affût destiné à mettre en œuvre de façon efficace des pièces lourdes. Outre le frein classique, le recul était absorbé par un système de rail intégré au train de roulement. Une plate-forme de tir pivotante facilitait le pointage.

Cet affût allait être utilisé par deux armes, un canon de 17cm que nous allons voir maintenant et un mortier de 21cm que nous verrons ultérieurement.

La priorité ayant été donné au mortier de 21cm (entré en service en 1939), ce n’est qu’en 1942 que le 17cm Kanone 18 entre en service dans l’artillerie allemande. Il va équiper neuf des treize régiments d’artillerie lourde et va rapidement supplanter le mortier de 21cm en raison d’une portée supérieure.

La production se poursuit après le début du second conflit mondial, le 17cm Kanone 18 devant à terme remplacer le 21cm Mörser 18 dont le rapport coût/performance à été jugé décevant.

Caractéristiques Techniques du 17cm Kanone 18 (K18)

Calibre : 172.5mm Longueur de la pièce : 8.52m Poids en ordre de route 23275kg Poids en batterie 17520kg Poids de l’obus (HE) 68kg Champ de tir vertical 0° à +50° Champ de tir horizontal 16° sur l’affût mais 360° sur plate-forme Cadence de tir : nc Portée maximale 29600m

21cm Mörser 16

21cm Mörser 16

21cm Mörser 16

Bien que désigné comme mortier, cette pièce d’artillerie lourde est un obusier. Mis en service au sein de l’armée impériale en 1916, il est issu d’une arme plus ancienne, le 21cm Mörser 10, la différence la plus visible étant un tube plus long.

Utilisé jusqu’à la fin du conflit, ce “mortier” fût également vendu à la Suède qui en céda quatre à la Finlande lors de la Guerre d’Hiver (novembre 1939-février 1940) mais ces canons ne furent d’aucune utilité car il n’y avait pas de véhicules assez puissants pour remorquer les pièces ! On peut toutefois admettre que leur intervention n’aurait pas changé grand chose.

Côté allemand, le 21cm Mörser 16 resta en service jusqu’en 1940 quand il fût définitivement remplacé par le 21cm Mörser 18. Les canons retirés du service furent alors utilisés pour l’instruction, l’expérimentation de nouveaux projectiles et stockés au cas où même si l’usure des tubes et des affûts rendait peu rentable une remise en service qui ne saurait être que provisoire.

Caractéristiques Techniques du 21cm Mörser 16

Calibre : 210mm Longueur du tube : 2.67m (14.5 calibres) Poids : 6680kg Poids de l’obus : 113kg pour l’obus explosif 121kg pour l’obus perforant Champ de tir horizontal 4° Champ de tir vertical -6° à +70° Cadence de tir : 1 à 2 coups/minute Portée maximale 11100m

21cm Mörser 18

21cm Mörser 18

21cm Mörser 18

L’obusier de 21cm Mörser 16 était une arme tout à fait convenable mais il vieillissait et devait être remplacé par une arme plus moderne.  C’est la firme Krupp d’Essen qui étudia un nouveau mortier (Mörser) de 210mm. Le 21cm Mörser entre en production en septembre 1939 pour équiper quatre régiments d’artillerie lourde regroupés dans l’équivalent de notre Réserve Générale.

Ce canon était efficace mais ses performances se révélèrent décevantes notamment par comparaison avec le 17cm K18 qui rappelons-le utilisait le même affût.

Aussi sa production finit par s’interrompre au profit du K18 qui devait à terme le remplacer (après l’abandon du calibre de 210mm jugé selon les usages trop léger ou trop lourd) même si cela n’avait pas commencé quand le second conflit mondial éclata.

Au cours du conflit, les Mörser 18 allaient être peu à peu relégués à la défense côtière ou le renforcement des places fortes à la manière de notre Artillerie Mobile de Forteresse, couvrant aussi bien le Westwall ou Ligne Siegfried voir le Neue Ostwall construit sur la nouvelle frontière germano-soviétique.

Caractéristiques Techniques du 21cm Mörser 18

Calibre : 210.9mm Longueur de la pièce : 6.51m Poids en ordre de route 22700kg en batterie 16700kg Poids de l’obus 121kg Champ de tir vertical : -0° à +50° Champ de tir horizontal : 16° sur l’affût 360° sur la plate-forme Portée maximale : 16700m

21cm Kanone 38 et 39

21cm Kanone 39

21cm Kanone 39

L’obusier de 210mm utilisant le même affût que le K18 s’était révélé  décevant ce qui n’empêcha pas l’Allemagne de continuer à développer des pièces de ce calibre.

Le premier baptisé Kanone 38 était étroitement dérivé du Mörser 18. Les différences étaient minimes et la production limitée à seize exemplaires quand la Heer préféra poursuivre la construction d’un canon d’origine tchèque. Ces canons étaient toujours en service en septembre 1948 mais dans un rôle d’artillerie de forteresse et d’artillerie côtière.

Ce canon à été exporté au Japon (quatre exemplaires) plus huit produits sous licence, ces pièces devant être utilisées pour neutraliser les puissantes forteresses américaines aux Philippines.

Caractéristiques Techniques du 21cm Kanone 38

Calibre : 210.9mm Poids : 25300kg Poids de l’obus : 121kg (projectile et gargousse séparées) Longueur du tube : 11.62m Champ de tir vertical : 0° à +50° Champ de tir horizontal : 17° sur l’affût, 360° sur la plate-forme Cadence de tir : un coup/minute Portée maximale : 33900m

Le 21cm Kanone 39 était à l’origine une pièce tchèque de la firme Skoda destinée à la Turquie et baptisée K52. Deux exemplaires seulement avaient été livrés quand la Tchécoslovaquie fût dépecée et absorbée par l’Allemagne.

Le contrat avec Ankara fût honorée (seize canons) et la production se poursuivit à cadence réduite pour l’Allemagne avec trente-deux pièces produites jusqu’en juin 1944 quand la production est suspendue.

Ces canons furent mis en oeuvre par des bataillons indépendants appelés en cas d’offensive à l’ouest à détruire les fortifications françaises voir à assurer des missions de défense côtière. Huit de ces canons furent cédés à la Suède pour servir à la défense côtière, réduisant le parc à vingt-quatre canons.

Caractéristiques Techniques du 21cm Kanone 39

Calibre : 210mm Poids : 39.800kg Poids de l’obus : 135kg Longueur du tube : 9.53m Champ de tir vertical : -4° à +45° Champ de tir horizontal : 360° Cadence de tir : 3 coups en deux minutes portée maximale 33000m

24cm Kanone 3 et 4

24cm Kanone 3

24cm Kanone 3

Ces deux modèles de canons de 240mm furent conçus respectivement par Rheinmetall et par Krupp.

Détail savoureux, le K3 conçu par Rheinmetall fût produit par Krupp suite à une erreur dans la planification. N’étant pas impressionnés par les performances du K3, les ingénieurs de la firme d’Essen produisirent leur propre canon qui en dépit d’un calibre identique ne partageait pas de pièces en commun !

Les premières pièces sortent d’usine en 1938 et quatre canons sont en service quand éclate la guerre de Pologne. Varsovie n’offrant guère de forteresses puissantes, les K3 restent déployés à l’ouest où ils auraient inévitablement participés à l’offensive à l’ouest en matraquant les fortifications néerlandaises, belges et surtout françaises.

Au final ce sont quatorze pièces type K3 et K4 (les sources divergent sur la répartition entre les deux modèles) qui vont être produites. Ils vont équiper un régiment d’artillerie avec quatre batteries de trois pièces, deux canons étant généralement conservés en réserve et utilisés soit pour l’instruction ou l’expérimentation de projectiles spéciaux (stabilisés ou super-lourds).

Ces canons sont toujours en service en septembre 1948. Ils sont déployés à l’ouest pour couvrir le Westwall plus connu côté allié sous le nom de Ligne Siegfried.

Caractéristiques Techniques du 24cm Kanone 3

Calibre : 238mm Poids en ordre de route (six chargements) 84636kg Poids en batterie 54000kg Poids de l’obus 152.3kg Longueur de la pièce : 13.10m Champ de tir horizontal 6° sur l’affût 360° sur la plate-forme de tir Cadence de tir : un coup toutes les cinq minutes Portée maxumale 37500m

24cm Haubitze 39 (24cm Houfnice vz39)

Le 24cm Haubitze 39 est lui aussi une arme d’origine tchèque conçue à l’origine pour la Turquie qui n’en reçut que deux exemplaires, annulant la livraison de six autres canons.

La production de cet obusier au fonctionnement semblable à son petit frère de 210mm continua pour l’Allemagne et équipa un régiment de la “Réserve Générale” allemande avec une mission de contre-batterie mais surtout de destruction des points fortifiés ennemis.

Il équipa ce régiment en compagnie de pièces plus anciennes, des 24cm Kanone M.16 qui furent remplacés par des Haubitze 39/40, une version améliorée du précédent.

Au total ce sont douze Haubitze 39 et huit Haubitze 39/40 qui furent produits soit un total de vingt pièces.

Caractéristiques Techniques du 24cm Haubitze 39

Calibre : 240mm Poids : 27000kg Poids du projectile 166kg Longueur totale : 6.765m Champ de tir vertical : -4° à +70° Champ de tir horizontal : 360° Cadence de tir : 1 coups toutes les deux minutes Portée maximale : 18000m

24cm Kanone M.16

24cm Skoda M16

24cm Skoda M16

L’histoire de ce canon résume à lui tout seul l’évolution de l’Europe Centrale entre le premier conflit mondial et la guerre de Pologne.

En 1916, l’armée austro-hongroise passe commande à la firme Skoda d’un nouveau mortier de siège d’une portée supérieure au canon de 420mm qu’elle utilisait sur le front italien.

Neuf canons furent commandés mais seulement deux furent achevés et mis en service avant l’armistice qui provoqua la disparition de la Double-Monarchie.
Quatre autres canons étaient encore en fabrication et l’armée tchécoslovaque prit la décision de les acheter, Skoda ayant prit l’initiative des les achever.

Ces canons furent rachetés par les allemands après les accords de Munich, devenant des 24cm Kanone (t), équipant un régiment d’artillerie lourde en compagnie d’autres canons tchèques de même calibre.

Ces canons restèrent en service jusqu’en septembre 1941 quand ils furent remplacés par des Haubitze 39/40 plus modernes.

Caractéristiques Techniques du 24cm Kanone 16

Calibre : 240mm Poids total : 86000kg Poids du projectile : 198kg Longueur du tube : 9.6m (40 calibres) Champ de tir vertical : -10° à +41.30° Champ de tir horizontal : 360° Cadence de tir : un coup par minute Portée maximale 26300m

35.5cm Haubitze M.1

35.5cm Haubitze M.1

35.5cm Haubitze M.1

En 1935, l’armée allemande demanda à Rheinmetall de développer un nouvel obusier de siège d’une puissance plus importante que le 24cm K3. La firme de Dusseldörf dessina un puissant obusier de 355mm reprenant les technologies de la pièce de 240mm.

Huit obusiers seulement furent construits pour équiper un unique régiment qui aurait été engagé contre la Ligne Maginot en cas d’attaque frontale à l’ouest.

Ces obusiers sont encore en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques du 35.5cm Haubitze M.1

Calibre : 355mm Poids : 75000kg pouds du projectile : 575kg  Longueur du tube : 8.05m  Champ de tir  vertical : +45° à +75° Champ de tir horizontal 6° sur l’affût 360° sur la plate-forme Cadence de tir : un coup toutes les quatre minutes Portée maximale : 20850m