Le Conflit (29) Norvège (29)

De violents combats qui ne font guère de doutes

Narvik

Fortifications allemandes

Le grand port du nord-norvégien était naturellement bien protégé par de solides défenses côtières, une noix dure à casser en quelque sorte.

On trouvait par exemple la Batterie du Nord qui disposait de deux canons de 127mm et de deux canons de 150mm, des canons provenant d’unités endommagées dont le rapatriement en Allemagne pour réparations était devenu beaucoup trop aléatoire. Les navires étaient désarmés puis coulés comme blockships, les canons récupérés et installés à terre avec leurs canonniers.

La Batterie du Sud était plus puissante avec des pièces plus lourdes en l’occurrence quatre canons de 203mm montés sur des plate-formes mobiles protégées par de solides protection en béton tout comme les postes de commandement, les postes d’observation, les casernement et les soutes à munitions.

Les allemands auraient voulu construire des défenses bien plus solides mais les projets de batteries de 240, de 305, de 406 voir de 510mm (!) n’ont pas aboutit faute de temps, en raison de changements de priorités sans compter l’action de la résistance norvégienne.

Des batteries auxiliaires ont été construites pour protéger les approches de la ville en cas de débarquement au sud et au nord pour une prise en tenaille et un encerclement de la ville, une tactique dont usaient et abusaient les allemands.

Ces batteries portaient des numéros, pairs au nord et impairs au sud. Les installations sont plus sommaires que pour les batteries nord et sud.

Pour comparer avec un modèle français on peut dire que les Nördliche et Südliche Batterie sont des ouvrages CORF et que les batteries auxiliaires de défense côtière (Hilfsbatterie der Küstenverteidigung) sont des ouvrages CEZF.

Des batteries auxiliaires sont également installées dans les Lofotens pour couvrir les approches de Narvik.

Curieusement aucune unité d’infanterie n’y est installée, les allemands estimant non sans raison que la prise de cette presqu’île permettrait certes aux alliés de prendre pied en Norvège mais cela ne sera pas d’un grand recours pour une manœuvre d’ampleur.

De toute façon comme les allemands n’avaient pas des moyens illimités il fallait bien faire des choix et si le sort des combats se montrait favorable on pourrait toujours récupérer

Les batteries auxiliaires dans les Lofoten comprennent quatre canons de 105mm et deux de 127mm sur des emplacements découverts, les seuls zones protégées étant les casernements, les soutes à munitions et les postes de commandement.

Au nord de Narvik, deux batteries (I et III) assurent la défense des approches de la ville par voie terrestre, chaque batterie disposant de deux canons de 152mm soviétiques avec des stocks munitions importants, les allemands ayant choisit de produire des munitions en Allemagne pour des canons robustes et fiables.

Au sud de Narvik, trois batteries assurent la défense des approches de la ville par voie terrestre, la batterie II située à proximité du littoral comprend deux canons de 152mm, la batterie IV comprend deux canons de 105mm et deux canons de 75mm français, la batterie VI comprenant elle deux canons de 105mm. Le tout est accompagné d’abris pour l’infanterie, de postes de commandement et de diverses installations souterraines.

A ces batteries s’ajoutent les moyens d’artillerie du 21ème CA notamment un régiment d’artillerie lourde qui comprend des pièces de 150mm pouvant aussi bien tirer contre terre qu’en direction des flots. Néanmoins dès le début de l’opération BOREALIS les allemands choisissent de préserver cette artillerie pour frapper les troupes dès leur mise à terre.

Unités allemandes déployées

La Kriegsmarine est aussi présente à Narvik mais ces moyens sont bien plus faible que ceux de l’armée de l’air :

Zerstörer Z.9 Wolfgang Zenker

-Destroyers Z.9 Wolfgang Zenker et Z.14 Friedrich Ihn

-Torpilleur T.53

-Raum-Boot (R-Boot) R-50/52/54/56/58/60 formant la 10. R-Flottille

-Dragueurs de mines (M-Boot) M-84 M-97 et M-101

-MarineInfanterieSchift (MIS) MIS-1 et 3

-Un transport armé

18. Marine Aufklärung Staffel avec seize Heinkel He-117

Blohm & Voss Bv138

24. Marine Aufklärung Staffel avec douze Blohm & Voss Bv-138M

La Luftwaffe bien que sérieusement affaiblie regroupe des moyens importants en Norvège avec pas moins de trois Corps Aériens ou FliegerKorps.

Le nord du pays est ainsi couvert par le XI. FliegerKorps qui comprend les moyens suivants :

Focke-Wulf Fw-190G

-Jagdgeschwader 11 : 1er groupe volant sur Focke-Wulf Fw-190G, 2ème groupe volant sur Focke-Wulf Fw-190G, 3ème groupe volant sur Focke-Wulf Fw-190F, 4ème groupe volant sur Messerschmit Me-410 Hornisse

Messerschmitt Me-410 Hornisse (Frelon)

-Kampfgeschwader 11 : 1er groupe volant sur Heinkel He-119, 2ème groupe volant sur Dornier Do-217 et 3ème groupe volant sur Junkers Ju-288

Focke-Wulf Fw-189

-Aufklärunggeschwader 11 : 1er groupe volant sur Focke-Wulf Fw-189 2ème groupe volant sur Focke-Wulf Fw-189 et 3ème groupe volant sur Fieseler Fi-156 Storch.

-Transport Gruppen Norge : Junkers Ju-52/3m et Junkers Ju-90

Panzer IV Ausf G

La défense de Narvik est la mission prioritaire du 21. ArmeeKorps (21. AK) qui comprend deux divisions d’infanterie (214. InfanterieDivision et 7. Gebirgsdivision), le 212 PanzerBataillon équipé de de Panzer IV Ausf G à canon de 75mm, le 712 StugBataillon équipé de Stug III Ausf F à canon de 75mm long mais aussi un régiment d’artillerie lourde disposant de 36 pièces de 150mm et un régiment du génie.

Le 21ème Corps d’Armée peut également compter sur les moyens disponibles au niveau de l’armée même si dans un premier temps l’état-major allemand va répugner à engager notamment le Kampfgruppe Tielmans voir dépouiller le 20ème Corps d’Armée qui doit empêcher une offensive soviétique voir un nouveau débarquement allié.

Unités alliées déployées

Le débarquement à Narvik est confié aux américains ce qui aurait provoqué une déception côté français qui aurait aimé combattre à nouveau pour ce port, théâtre d’un nouveau moment de gloire pour les hommes à la tarte.

Qui dit débarquement dit donc moyens navals et ces moyens sont importants mais sans être énormes montrant clairement que la prise de Narvik correspond davantage à la couverture de la manœuvre générale qu’à un Schwerpunkt pour reprendre une expression allemande.

Ces moyens sont les suivants :

USS New Mexico (BB-40)

-Cuirassés USS New Mexico (BB-40) et HMS Saint Andrew

-Porte-avions USS Cowpens (CV-31) avec à son bord le Carrier Air Group Thirty-One (CAG-31) composé de deux flottilles de chasse volant sur Grumman F8F Bearcat, d’une flottille de bombardement en piqué volant sur Curtiss SB2C Helldiver et d’une flottille de bombardement-torpillage volant sur Grumman TBF/TBM Avenger.

-Croiseur lourd USS Minneapolis (CA-36)

USS Flint (CL-64)

-Croiseurs légers USS Pasadena (CL-101) USS Flint (CL-64) HMNLS Jacob van Heermskerck Leopold 1er HMS Newcastle et Birmingham

-Destroyers HMS Jupiter Express USS Gridley (DD-380) USS Maury (DD-401) HMNoS Otto Sverdrup et HMNoS Thor Heyrerdhal

-Torpilleurs HMNLS Hermelyn Bulhond Jackhal

-Sous-marin HNoMS Ula (ex-HMS Ursula) et Sirène

-Le transport de la force d’assaut est assuré par des cargos rapides mais aussi et surtout par la formidable batelerie construite depuis 1950 avec les célèbres LST qui conçus pour transporter des chars vont jouer un rôle bien plus important que prévu.

Pour la Narvik Task Force le transport des unités terrestres est assuré par deux cargos rapides en l’occurrence les USS Alcona (AK-126) et USS Beaverhead (AK-130) et surtout huit LST (deux canadiens), douze LCI (quatre canadiens), huit LCT (deux canadiens) et douze LCM.

La protection de la force d’assaut est assurée à la fois par les destroyers que nous avons vu plus haut mais aussi et surtout par des escorteurs, des Destroyer Escort (DE) de Classe Island, les USS Aghiyuk (DE-5) USS Adugak (DE-4) USS Adak (DE-1) et USS Alameda Island (DE-9) mais aussi le HMNoS Draug (type Hunt IV)

Le ravitaillement en carburant des navires est assuré par le RFA Blue Ranger, un pétrolier britannique comme on peut le deviner.

L’aviation n’est pas oubliée avec des unités américaines mais aussi norvégiennes, ces dernières étant visiblement là plus pour des raisons politiques que pour des raisons militaires même si les pilotes norvégiens étaient loin d’être des manchots.

Au dessus de Narvik, les alliés vont engager le jour J les unités de chasse, de bombardement et de reconnaissance suivantes :

Curtiss P-40 en vol

370th Fighter Group volant sur Curtiss P-40M Warhawk

474th Fighter Group volant sur Republic P-47J Thunderbolt

Martin B-26 Marauder

93th Combat Bombardement Group volant sur Martin B-26D Marauder

389th Combat Bombardement Group volant sur North American B-25 Mitchell

N°455 Squadron (Norge), un squadron de chasse volant sur Hawker Fury II

N°458 Squadron (Norge) un squadron de reconnaissance volant sur De Havilland Mosquito

En ce qui concerne les troupes terrestres, le groupe occasionnel de Narvik dispose des principales unités suivantes :

-1ère brigade légère norvégienne (1. Norske Lysbrigader)

Insigne de la 3ème division d’infanterie américaine

-3ème division d’infanterie américaine (3rd US Infantry Division)

-Un groupement blindé fournit par la 6th US Armoured Division

-Des unités d’artillerie et du génie notamment un groupement de marche norvégien avec des canons-obusiers de 25 livres et des canons de 17 livres.

Assaut !

Dès le 1er octobre 1953 les alliés ont intensifié leurs frappes aériennes sur la Norvège bien conscients que la noix allait être particulièrement dure à casser. Le dispositif naval se met progressivement en place avec des bombardements navals qui commencent de manière sporadique dès le 9 octobre moins pour écraser que pour neutraliser les liaisons et ainsi faciliter le travail des troupes mises à terre le 11 octobre date prévue pour l’opération BOREALIS.

La veille les allemands sont mis en alerte dans toute la Norvège mais on se demande si cela sera suffisant pour faire face aux troupes alliées.

A l’aube sur les coups de 05.45 l’aviation donne le LA. Venus de Grande-Bretagne, les B-25 Mitchell et les B-26 Marauder vont tenter d’écraser les batteries côtières et le port de Narvik sous un tapis de bombe, le carpet bombing.

Sans surprise, cette attaque aérienne n’est pas un succès important. Il y à certes une perturbation, un dérangement profond des liaisons et des communications, quelques unités secouées par ce qu’on appelait jadis le shock shell (choc de l’obus) mais les espoirs américains d’écraser la résistance allemande sous les bombes est comme à chaque fois ou presque déçue.

Pour ne rien arranger la chasse allemande est intervenue, abattant plusieurs bombardiers malgré la présence d’une escorte de chasse en dépit des réticences américaines.

A 06.55 précise c’est le début du bombardement naval, bombardement guidé par l’aviation notamment les Hawker Fury II norvégiens dont les pilotes étaient formés au guidage des tirs de l’artillerie navale.

Ecole à feu pour le New Mexico

Si le bombardement aérien avait simplement secoué les batteries côtières en revanche le bombardement naval neutralise nombre de pièces que ce soit à cause des canons de 356mm du New Mexico, des canons de 406mm du Saint Andrew ou encore des canons de 203mm du Minneapolis.

En revanche les destroyers conservent leur puissance de feu intacte pour appuyer les troupes dès leur mise à terre. Ils ne sont pas les seuls dans ce cas car l’aviation embarquée du USS Cowpens (CVL-31) est elle aussi conservée en retrait.

Cette mise à terre à lieu sur les coups de 07.30 alors que les allemands ont été passablement secoués par un bombardement naval précis.

Couvert par le tir de barrage des destroyers et par l’action des avions embarqués, les norvégiens de la 1ère brigade légère sont engagés en premier, un geste certes très politique mais qui avait aussi un sens militaire, le haut-commandement allié comptant sur sa motivation et son agressivité pour l’emporter rapidement sur des troupes allemandes que l’on pense démoralisées.

Ils sont ensuite suivis par les chars de la 6th Armoured Division et les fantassins de la 3ème division d’infanterie américaine dont c’est le baptême du feu, les projets de l’envoyer ailleurs pour l’aguerrir n’ayant pas aboutit.

Es-ce à dire que le débarquement allié va se transformer en promenade de santé ?

Hélas non pour les troupes américano-norvégiennes qui à leur grande surprise et à leur grand désarroi vont se heurter à une solide résistance allemande marquée notamment par l’engagement des chars et des canons d’assaut conservés en réserve à l’abri des bombardements.

Hélas les allemands après un court moment d’espoir ne vont pas pouvoir rejeter les alliés à la mer en raison de l’engagement plus rapide que prévu de la 6th Airborne, une division aéroportée britannique qui une fois n’est pas coutume n’est pas parachutée mais transportée par des croiseurs en l’occurrence le Minneapolis détaché pour l’occasion en compagnie des HMS Southampton et Newcastle.

Effectuant trois aller et retour entre la Grande-Bretagne et la Norvège, ces trois croiseurs vont débarquer ces combattants d’élite, agressifs et motivés qui vont faire basculer le sort des armes en faveur des alliés dès le soir du 12 octobre 1953.

Le port de Narvik est sécurisé le lendemain 13 octobre et la ville aux mains des alliés le 14 octobre au matin.

En ce qui concerne les allemands, les pertes ont été lourdes mais nombre d’entre-eux ont choisit de ne pas combattre jusqu’à la mort ce qui leur à sauvé la vie.

Nombre d’entre-eux sont faits prisonniers et sont d’abord regroupés à Narvik avant de rallier rapidement des bateaux prisons, le gouvernement norvégien refusant officiellement pour des raisons de sécurité la présence des anciens occupants sur leur sol.

La prise de Narvik ne signifie naturellement pas pour les troupes américano-norvégiennes la fin de la guerre puisqu’il va rester l’étape de l’exploitation depuis la tête de pont la plus septentrionale. En effet un certain nombre d’unités allemandes ont choisit de se replier en dehors de la ville pour bloquer la phase d’exploitation depuis la tête de pont la plus septentrionale.

Les combats ont provoqué de lourdes pertes au sein des troupes au sol, au sein du XI. Fliegerkorps mais aussi au sein des moyens navals stationnés à Narvik.

Le destroyer Z.9 appareille dès les premiers bombardements aériens pour échapper à la destruction et dans l’espoir de surprendre la flotte alliée. Il est surpris par les destroyers HMS Express et Jupiter qui vont l’exécuter à coup d’obus de 120mm et de deux torpilles.

Le Z.14 à moins de chance. Sérieusement endommagé par le bombardement naval, il est finalement sabordé par son équipage pour ne pas tomber aux mains des alliés. Son épave sera relevée après guerre et démantelée.

Le torpilleur T.53 qui est parvenu à appareiller pour tenter de répérer la flotte alliée et attaquer des cibles à sa portée échoue dans sa mission. Après plusieurs engagements confus, il tente de se replier vers la côte. Il n’aura pas le temps d’atteindre un fjord puisqu’il est coulé par deux torpilles de 550mm lancées par le sous-marin français Sirène.

Les R-Boote R.50 R.52 R.54 R.56 R.58 R.60 sont tous coulés ou détruits. Le R.50 et le R.52 sont détruits par les bombardements aériens préliminaires de l’opération BOREALIS, le R.54 sérieusement endommagé par le bombardement naval est sabordé par son équipage, le R.56 est victime de l’aviation en haute-mer alors qu’elle tentait de fuir Narvik.

Le R.58 est détruit le 13 octobre 1953. Ayant échappé à la vigilance alliée, le petit navire avait tenté de se faufiler à travers le dispositif allié en profitant du mauvais temps qui la secouait comme une vulgaire barcasse. Une lame plus forte qu’une autre le jette à la côte. Enfin le R.60 est détruit par l’aviation le 14 octobre 1953 dans un fjord où tapi le navire espérait s’échapper dès que l’occasion se présenterait.

Le dragueur de mines M-84 est coulé à quai par l’aviation alliée, une bombe provoquant le naufrage du M-Boot. Le M-97 est capturé par les britanniques mais au cours de son remorquage vers la Grande-Bretagne il sombre sans que l’on sache si cela est accidentel ou intentionel. Le M -107 pris à l’abordage par les norvégiens sombre sous les coups d’une terrible tempête qui s’abat quelques jours après le débarquement.

Le MIS-1 se réfugie à Lofoten où il est sabordé alors que le MIS-3 est coulé le 12 octobre 1953 par des roquettes lancées par les Hawker Fury II norvégiens alors qu’il tentait de quitter son abri au sud de Narvik dans l’espoir de rejoindre une zone encore tenue par les allemands. Quant au transport armé il à été coulé par l’aviation.

HMS Jupiter

Des navires alliés sont également coulés et endommagés à Narvik. Le HMS Jupiter est victime de la Batterie du Nord.

Cette dernière loin d’avoir êté neutralisée par l’aviation et par le bombardement naval est toujours opérationnel pour le plus grand malheur du destroyer britannique qui après un bref duel coule après avoir encaissé deux obus de 127mm et quatre obus de 150mm. Le navire chavire et coule quelques minutes.

La Batterie du Nord n’aura pas l’occasion de savourer cette victoire puisqu’elle est durement chatiée par l’aviation embarquée américaine, des Helldiver plaçant plusieurs bombes perforantes et plusieurs bombes explosives pour faire taire définitivement cette batterie.

Le USS Maury (DD-401) à plus de chance car il n’est qu’endommagé, encaissant un obus de 127mm qui lui impose un passage auprès d’un navire-atelier pour des réparations sommaires, le destroyer américain étant de retour au combat dès le 13 octobre 1953.

Autre perte alliée, le USS Aghiyuk (DE-5) un destroyer d’escorte surpris par un chasseur-bombardier Focke-Wulf Fw-190 qui place une bombe de 500kg. Cet unique projectile casse le navire en deux qui coule en quelques minutes.

Le HMNoS Draug est lui victime du sous-marin U-217 venu de Bergen. Le sous-marin allemand qui sera coulé par un hydravion américain en maraude lance trois torpilles, une se perd en Mer du Nord, la deuxième touche le destroyer norvégien et la troisième frappe un LST canadien qui sombre avec ses chars. On perd également d’autres navires amphibies de différentes tailles notamment un LCI canadien et deux LCM eux aussi armés par des canadiens.

En ce qui concerne le contrôle de l’espace aérien sans surprises les alliés parviennent à s’en emparer même si la Luftwaffe parvient à donner encore quelques coups de griffe. Très vite l’action des avions portant la Baldenkreuze intègrent le niveau de la nuisance plus que de la menace.

Elle sera néanmoins fatale au HMNLS Jacob van Heermskerck qui coule après avoir encaissé deux bombes de 250kg, coulant en quelques minutes après avoir été cassé en deux.

Le Conflit (22) Norvège (22)

L’Opération BOREALIS et la libération de la Scandinavie (octobre 1953-février 1954)

Situation générale en octobre 1953

Quand les alliés débarquent en Norvège et au Danemark la guerre est entrée dans sa sixième année et ne semble pas devoir se terminer rapidement en dépit du fait que l’Axe _réduit à l’Allemagne et au Japon_ est clairement aux abois.

En effet sur le front russe les soviétiques sont en passe de libérer la totalité de leur territoire exception faite de la Poche de Courlande qui va tenir jusqu’à la fin du conflit.

La Finlande est sur le point de changer de camp se dont les allemands se doutent mais ils ne peuvent rien faire pour éviter cela.

Sur le front occidental le Rhin à été franchit le 7 février 1953 aussi bien en Alsace qu’aux Pays-Bas et malgré une violente résistance, les allemands doivent désormais combattre pour défendre le Vaterland.

Les combats vont être violents car les Landser, les WestKampfer sont motivés à l’idée d’empêcher la conquête de leur pays par la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et secondairement les belges et les néerlandais.

En Italie le front avance lentement, doucement en raison de problèmes logistiques, d’un terrain difficile et d’une priorité plus faible encore que le front balkanique. Les unités du Commonwealth sur le front italien se baptiseront eux même The Forgotten (les oubliés).

Quel plan d’invasion ?

C’est à l’été 1952 que les gouvernements alliés ont pris la décision de prendre pied en Scandinavie et aussitôt une cellule opérationnelle est chargée de mettre au point un plan précis.

Comme souvent la géographie va dicter les plans et on ne peut pas dire que la Norvège comme le Danemark soient des terrains très favorables à une offensive grande style.

A part des assauts frontaux il n’y à guère d’alternatives ce qui explique probablement pourquoi l’opération BOREALIS à longtemps fait l’objet de débats sur son utilité, certains généraux préférant mettre le paquet sur le front occidental et à se contenter de démonstrations aériennes et navales pour fixer le maximum de troupes allemandes en Norvège et au Danemark.

Plus encore qu’ailleurs la prise des ports est indispensable. La question est lesquels ?

Un assaut frontal sur Oslo est rapidement exclu car il faudrait développer des moyens importants pour forcer les détroits danois et comme initialement il n’était pas prévu de débarquer au Danemark, la libération directe de la capitale norvégienne est exclue.

Elle fera néanmoins l’objet d’une opération commando d’ampleur, l’opération VIKING, une diversion de l’opération BOREALIS.

Si l’abandon d’un assaut direct sur l’ancienne Christiana fait plutôt consensus (trop sanglant et trop aléatoire) en revanche certains vont dépenser des litres d’encre et des kilos de papier pour convaincre de débarquer à Kristiansand plutôt qu’au Jutland. Militairement c’est parfaitement recevable mais politiquement pour ménager le Danemark c’est nettement plus problématique.

Au final on décide de débarquer à Narvik, à Namsos, à Bergen, à Trondheim et au Jutland. Les ports et les villes contrôlés il sera temps de détruire les unités ennemies par le choc et la manœuvre.

Les plans sont validés en février 1953. Ce délai s’explique à la fois par des réflexions, par des hésitations, des modifications mais aussi une tentative de certains d’annuler l’opération BOREALIS pour concentrer des forces supplémentaires sur le front occidental voir sur les fronts italiens et balkaniques.

Le plan est simple : prendre pied dans les ports, sécuriser leur prise et ensuite encercler des troupes allemandes qui pourraient être tentées de s’arcbouter sur la frontière suédoise sachant parfaitement que les alliés ne pourraient se risquer à violer la neutralité suédoise au risque de faire basculer Stockholm dans le camp allemand.

Ordre de Bataille allié

Unités navales engagées

En octobre 1953 la Kriegsmarine est clairement affaiblie et ne représente plus qu’une menace résiduelle en mer du Nord, les sous-marins exceptés qui représenteront jusqu’au bout une menace pour les navires civils et les navires militaires alliés.

La France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Norvège et le Danemark doivent cependant déployer d’importants moyens navals pour couvrir les têtes de pont et surtout pour neutraliser les imposantes fortifications qui protègent les ports norvégiens.

Voilà pourquoi des porte-avions, des cuirassés et des croiseurs vont être déployés aux côtés de destroyers et de torpilleurs pour escorter, appuyer et couvrir les navires amphibies engagées dans l’opération BOREALIS.

Les sous-marins vont être également utilisés pour empêcher l’intervention d’unités venues de la mer Baltique et pour contrer leurs congénères qui pourraient se glisser dans le dispositif allié et faire un mauvais sort aux LST et autres cargos et pétroliers.

L’amiral Bruce Fraser

Bien que les troupes alliées engagées soient essentiellement américaines le commandement du volet naval est assuré par l’amiral britannique Bruce Fraser qui était à deux mois de la limite d’âge !

L’organisation de la Naval Task Fleet Borealis (NTF-Borealis) est classique avec un groupement occasionnel ou Task Force pour chaque tête de pont avec pour chaque groupe des navires amphibies, des transports de troupes pour la deuxième vague, différents navires d’appui et de soutien. A cela s’ajoute des navires d’escorte et d’appui-feu.

Comme il faut toujours prévoir l’imprévisible l’amiral Fraser à décidé de conserver sous son contrôle direct une force de réserve pour faire à toute éventualité.

Comme les combats vont vite tourner à l’avantage des alliés les navires de la NTF-Borealis Reserve Ready Group vont être utilisés en soutien des différentes têtes de pont plus ou moins rapidement sécurisées.

Politique oblige, certaines Task Force sont placées sous commandement américain et français. Oslo et Copenhague ont sollicité un tellement traitement mais les alliés ont refusé estimant que les officiers de marine norvégiens comme danois manquaient d’expérience dans le domaine des opérations combinées.

Au final cela nous donne le dispositif naval suivant :

NTF-Borealis Reserve Ready Group (NTF-Borealis RRG) :

Le HMS Anson

-Cuirassé HMS Lion (navire-amiral de l’amiral Fraser) et Anson

-Porte-avions HMS Hermes et Painleve

le croiseur lourd Colbert

-Croiseur lourd Colbert

USS Denver (CL-58)

-Croiseurs légers USS Denver (CL-58) Waldeck-Rousseau HMS Southampton et HMS Argonaut

-Escorteurs d’escadre D’Estrées et Du Chayla

Huit destroyers (HMS Caprice Caesar USS Jarvis [DD-393] USS Rhino [DD-404] USS Stack [DD-406] HMNoS Balder HMCS Fraser Crusader) et deux escorteurs rapides (ex-torpilleurs d’escadre) les Sabre et Claymore

Narvik Task Force (sous commandement américain)

Le USS New Mexico (BB-40)

-Cuirassés USS New Mexico (BB-40) et HMS Saint Andrew

-Porte-avions USS Cowpens (CV-31)

-Croiseur lourd USS Minneapolis (CA-36)

-Croiseurs légers USS Pasadena (CL-101) USS Flint (CL-64) HMS Newcastle Birmingham Leopold 1er (Belgique)

HMS Jupiter

-Destroyers HMS Jupiter Express USS Gridley (DD-380) USS Maury (DD-401) HMNoS Otto Sverdrup HMNoS Thor Heyrerdhal HMNLS Jacob van Heermskerck

-Torpilleurs HMNLS Hermelyn Bulhond Jackhal

Namsos Task Force (sous commandement français)

-Cuirassé Moselle (navire-amiral)

Schéma originel du cuirassé Gascogne qui restera unique

-Cuirassé Gascogne

Porte-avions Anne de Bretagne

-Croiseur lourd HMS Albermale

-Croiseurs légers Montcalm Sully Lamotte-Picquet HMS Belfast HMNoS Bergen

Le Triomphant à la mer

-Escorteurs d’escadre (ex-contre torpilleurs) Milan Le Triomphant Ronar ‘ch D’Estaing Vautour Cassard

-Escorteurs rapides Le Foudroyant L’Ouragan Le Sirocco La Palme La Tempête

-Escorteurs rapides (ex-torpilleurs d’escadre) Durandal Dague

-Escorteurs rapides (ex-Torpilleurs légers) classe Kabyle L’Algérien Le Sénégalais L’Arabe Le Marocain

-Avisos-dragueurs L’Impétueuse La Boudeuse La Trompeuse La Sérieuse

-Corvettes ASM La Malouine La Versaillaise La Nimoise L’Agenaise

-Patrouilleurs Coléoptère Sauterelle Araignée Scorpion

Bergen Task Force (sous commandement britannique)

Le HMS Howe en 1943

-Cuirassés Howe et Temeraire (remplacé ultérieurement par le Vanguard)

-Porte-avions HMS Formidable et Pioneer

-Croiseur lourd HMS Blenheim

HMS Bermuda à l’appareillage

-Croiseurs légers HMS Diadem et Bermuda

-Destroyers HMS Javelin Vectis Cavendish Cambrian USS Reid (DD-369) USS Fanning (DD-385) HMCS Iroquois

Trondheim Task Force (sous commandement britannique)

-Cuirassés Thunderer et Conqueror

-Porte-avions HMS Terrible et HMCS Bonaventure

L’ORP Dragon à connu une première carrière sous le nom de HMS Black Prince

-Croiseurs légers ORP Dragon HMS Scylla Trinidad Swiftsure

-Destroyers HMS Carron Cavalier Jackal Juno Jersey Lightning USS Helm (DD-388) USS Ralph Talbot (DD-390)

Jutland Task Force (sous commandement américain)

-Cuirassés USS Arizona et HMS Iron Duke

-Porte-avions USS Block Island (CV-34)

Croiseur lourd USS Toledo (CA-78)

Le USS Brooklyn (CL-40)

-Croiseurs légers USS Brooklyn (CL-40) USS Raleigh (CL-113) Duquesne HMS Minotaur Defence

-Escorteur d’escadre (ex-Contre-torpilleur) Guepratte

-Destroyers USS Farragut (DD-348) USS Worden (DD-352) USS Aylwin (DD-355) USS Preston (DD-379) HDMS Zealand Bornholm HMCS Chippewa

Submarine Force

French Submarine Task Group

Le Casabianca

-Sous-marins Sirène Pascal Persée Casabianca Martinique Mayotte Ile de Re

British Submarine Task Group

Dans ce groupement occasionnel on trouve des sous-marins britanniques et d’anciens sous-marins britanniques passés sous pavillon norvégien.

-HNoMS Ula (ex-HMS Ursula)

Le HMS Narwhal, sous-marin identique au Grampus

-HMS Grampus (N56)

-HMS Triton

-HMS Vampire

-HMS Virtus

-HMS Visigoth

Support Force

France

Le PRE La Seine

-Pétroliers-ravitailleurs Dordogne La Seine Var

-Ravitailleur rapide Lot

-Ravitailleur d’hydravions Sans Souci

-Remorqueur de haute mer Mastodonte

-Navire-atelier Vulcain

Le Jules Verne

-Ravitailleur de sous-marin Jules Verne

Cargo rapide Mers-El-Kébir

Grande-Bretagne

-Pétroliers Cherryleaf Appleleaf Celerol Arndale Blue Ranger

-Ravitailleur RFA Bacchus

-Ravitailleur de sous-marins HMS Forth et HMS Medway

-Mouilleur de mines/Transport HMS Latonna

-Cargo rapide Fort Beauharnais

-Navire-hôpital RFA Maine (IV)

Le HMAS Albatross futur HMS Albatross

-Navire-atelier HMS Albatross

Le Conflit (15) Norvège (15)

Naturellement de nombreux destroyers vont être commandés et construits, les Fleet Destroyer pouvant aussi bien escorter des grosses unités qu’attaquer les lignes de communication ennemies au canon et à la torpille.

Durant le second conflit mondial la Royal Navy va construire huit type Q, huit type R, huit type S, huit type T, huit type U, huit type V, huit type W, huit type Z, six type Ca (sur huit commandés et mis sur cale), huit type Ch, quatre type Co (deux abandonnés sur cale et deux annulés), huit type Cr et quatre Ce (quatre annulés et non baptisés). Certains navires dès leur mise en service ou peu après sont transférés à des marines étrangères moins par altruisme et générosité qu’en raison d’une pénurie de main d’œuvre.

Le HMS Queenborough

Un mot d’abord sur les huit type Q. En septembre 1948 quatre sont en achèvement à flot et quatre encore sur cale. Ces huit navires sont baptisés HMS Queenborough (mis en service le 25 septembre 1949), Quadrant (5 septembre 1949), Quail (27 octobre 1949), Quality (8 février 1950), Quentin (17 septembre 1950), Quiberon (8 janvier 1951), Quickmatch (12 mars 1951) et Quilliam (7 mai 1951).

Ces huit destroyers forment la 23th Destroyer Flottilla. Celle-ci est envoyée en Méditerranée pour opérer contre l’Italie essentiellement.

Cette flottille va vite être amputée de trois navires, le Queenborough ralliant l’Australie en février 1952, les Quadrant et Quilliam la marine canadienne, opérant dans l’Atlantique et en Mer du Nord.

Les cinq autres vont rester en Méditerranée jusqu’à la fin du conflit, certaines unités étant coulées dans la Mare Nostrum.

Les unités survivantes vont être transformées en frégates ASM pour contrer les sous-marins rapides qui pouvaient facilement distancer les escorteurs du second conflit mondial mais ceci est une autre histoire.

Les destroyers type Q 2ème série sont baptisés HMS Valhalla (mis en service en septembre 1951), Valkyrie (septembre 1951), Valorous (septembre 1951), Vanessa (décembre 1951), Vanity (mars 1952), Vanoc (mars 1952), Vanquish (juillet 1952) et Vectis (juillet 1952).

Formant la 24ème flottille de destroyers, elle est déployée en mer du Nord pour opérer aussi bien en escorte de convois (escorte directe ou groupes de couverture), en escorte de grandes unités ou en missions autonomes comme l’attaque des lignes de communication au canon et à la torpille.

Quatre destroyers de ce type sont perdus durant le conflit, le Valhalla est victime d’une mine magnétique au large de Narvik le 14 septembre 1952, le Valorous coule suite à une collision avec un transport de troupes le 8 juin 1953, le Vanessa est coulé par un chasseur-bombardier allemand le 12 juin 1953 alors que le Vectis est torpillé par le U-189 lors de l’opération BOREALIS le 11 octobre 1953.

Les survivants sont utilisés comme destroyers jusqu’à leur désarmement survenu en 1964 (Valkyrie), 1965 (Vanity Vanoc) et 1966 (Vanquisher) et leur démolition, le projet de les transformer en frégates ayant été abandonné pour des raisons techniques et budgétaires.

Le HMS Rotherham

Les huit destroyers type R sont mis en service en 1951 et 1952. Les HMS Rotherham et Racehorse sont mis en service en décembre 1951, les HMS Raider Rapid Redoubt en janvier 1952, les HMS Relentless Rocket Roebuck en février 1952.

Formant la 25th Destroyer Flottilla ils sont déployés en mer du Nord. Deux d’entre-eux sont perdus, le Rotherham victime de l’aviation allemande au large de Tromso le 14 octobre 1952 et le Roebuck victime d’une mine en baie d’Heligoland le 14 janvier 1954.

Les six autres connaissent des sorts différents, les Racehorse et Raider sont transformés en frégates ASM, les Rapid et Redoubt sont transférés au Pakistan après l’indépendance du pays issu de l’empire des Indes alors que les Relentless et Rocket sont transférées à l’Egypte.

HMS Saumarez

Les huit destroyers type S sont mis en service entre février et juillet 1952 soit un rythme plutôt soutenu. Le HMS Saumarez est mis en service en février, les HMS Savage Scorpion Scourge Serapis en mars, le HMS Shark en mai, le HMS Success en juin et le HMS Swift en juillet.

Formant la 26ème flottille de destroyers elle opère en Méditerranée basculant dans l’Océan Indien en juillet 1953, une flottille amputée de deux navires, le Savage victime de vedettes lance-torpilles italiennes en janvier 1953 et le Swift coulé par l’aviation allemande en mars 1953.

Les six autres vont participer aux opérations OVERLORD et ZIPPER avant de rester stationnés à Singapour jusqu’à leur désarmement à la fin des années soixante, les navires ayant été modernisés entre-temps.

Le Saumarez et le Scorpion sont revendus à la marine birmane, les Scourge Serapis Shark Success proposés à des pays étrangers (Thaïlande, Inde et Phillipines) sont finalement démolis à Singapour n’ayant donc jamais revu la métropole depuis leur construction.

Le HMS Teazer

Les huit destroyers type T sont mis en service entre septembre et décembre 1952, le HMS Teazer et le HMS Termagant sont mis en service en septembre, le HMS Tenancious et Troubridge en octobre, les HMS Terpsichore et Tumult en novembre et enfin les HMS Tuscan et Tyrian en décembre.

Formant la 27th Destroyer Flottilla, ils vont opérer en mer du Nord et en Arctique ne subissant aucune perte. Si le Teazer et le Tenancious sont désarmés en 1964 et 1965 toujours en destroyers, les six autres désarmés entre 1967 et 1970 étaient à l’époque des frégates anti-sous-marines.

Logiquement les huit destroyers type U forment la 28ème flottille de destroyers opérant en mer du Nord de leur admission au service actif à la fin du conflit. A noter que dès le neuvage deux unités sont transférées à la marine néerlandaise en exil.

Le HMS Grenville

Le HMS Grenville est mis en service en décembre 1951 tout comme le HMNLS Van Galen qui n’est autre que le futur ex-Ulster. Les HMS Ulysses et Undaunted sont mis en service en mars 1952 un mois après le HMNLS Isaac Swers qui aurait du être mis en service sous le nom de HMS Undine.

Le HMS Ursa est mis en service en juillet 1952, le HMS Urchin en septembre et le HMS Urania en octobre 1952.

Sept des huit destroyers de ce type survivent au conflit, le HMS Grenville étant coulé en juin 1952 lors d’un combat antisurface contre des Zerstörer allemands qui assuraient la couverture d’un convoi côtier, couverture non repérée par le destroyer qui avait été détaché avec son sister-ship HMS Ursa pour faire un mauvais sort au convoi. Si le Ursa n’est que légèrement endommagé, le Grenville est coulé après avoir encaissé une torpille et une volée d’obus de 127mm.

Les deux destroyers néerlandais sont cédés après guerre à la Koninklijke Marine. Les cinq destroyers encore en service au sein de la marine britannique auraient du être transformés en frégates mais sont finalement modernisés comme destroyers et désarmés entre 1969 et 1971.

Le HMS Verulam

Les huit destroyers de type V sont mis en service en 1953 pour former la 29th DF. Les HMS Venus et Vigilant sont mis en service en mars 1953, les HMS Verulam et Valentine en avril 1953, les HMS Virago et Hardy en mai, le HMS Vixen en juillet et le HMS Volage en août.

Cette unité va opérer en Méditerranée et en Adriatique à une époque où l’Italie est sur le point de basculer. Elle va opérer jusqu’à l’été 1954 mais son envoi dans l’Océan Indien est annulé car le besoin ne se faisait pas ou plus sentir. La flottille va rester en Méditerranée jusqu’en 1962 avant de rallier la Métropole, les navires étant désarmés entre 1964 et 1966.

La situation des huit destroyers type W est similaire puisque sur les huit construits deux vont immédiatement passer sous pavillon étranger en l’occurrence le pavillon de la jeune (1947) marine sud-africaine. Néanmoins pour calmer les afrikaners les plus extrémistes la marine britannique doit accepter que ces deux destroyers soient détachés aux Antipodes.

Les deux destroyers en question sont feu les HMS Wessex et Whelp qui après quelques jours sous pavillon britannique deviennent en décembre 1952 les HMSAS Transvaal et Rhodesia.

Le HMS Wager

Les autres type W sont mis en service en septembre 1952 (HMS Kempenfelt Wager), en novembre 1952 (HMS Wakeful), en janvier 1953 (HMS Whirlwind), en février 1953 (HMS Wizard) et en mars 1953 (HMS Wrangler). Ces six destroyers forment la 29th Destroyer Flottilla.

Déployée en Méditerranée elle participe à différentes opérations jusqu’à la fin de la guerre en Europe, poussant jusqu’au mois de juin.

Elle bascule ensuite dans l’Océan Indien pour relever certaines unités engagées et participer au retour des forces alliées dans tous les territoires jadis occupés par les japonais. Ces destroyers sont succinctement modernisés puis désarmés au milieu des années soixante et démolis.

Les huit destroyer type Z vont former au sein de la Home Fleet la 30ème flottille de destroyers. Pour des raisons industrielles ces navires vont être mis en service dès 1950/51. Deux d’entre-eux vont rallier la marine norvégienne dès leur mise en service, les Zephyr et Zealous mis en service en septembre 1950 sous les noms respectifs de Gyller et Aeger le second étant d’ailleurs coulé durant le conflit.

Le HMS Zebra

Les HMS Myngs et Zambesi sont mis en service en mars 1951, le HMS Zebra en juin, le HMS Zenith en juillet, le HMS Zest en octobre et enfin le HMS Zodiac en novembre 1951.

Outre l’Aeger, le Myngs est coulé par des vedettes lance-torpilles allemandes le 14 août 1952 au large de Narvik alors qu’il venait de couvrir un nouveau raid commando contre une batterie côtière en construction.

Une torpille arrache sa proue et après l’échec d’une prise en remorque par son sister-ship Zodiac le commandant prend la décision de saborder le navire ce qui lui sera reproché au cours d’une enquête de commandement, enquête vite classée pour des raisons politiques.

La flottille reste en mer du Nord jusqu’à la fin du conflit en Europe, subit une période de travaux avant de passer trois mois en Méditerranée de juin à septembre 1954 puis dans l’Océan Indien et dans le Pacifique d’octobre 1954 à décembre 1956.

Rentrés en métropole les cinq destroyers sont transformés en frégates rapides (travaux menés de 1957 à 1959) ce qui permet de prolonger leur carrière jusqu’en 1969 date à laquelle ces frégates sont désarmées et démolies.

Les classes suivantes forment une nouvelle classe C divisé en sous-classes (Ca, Ch,Co, Cr et Ce), ces classes ne seront que partiellement construites en raison de besoins couverts et de la fin proche du conflit.

Sur les huit unités type Ca prévues seulement six sont achevées, les deux destroyers abandonnés sur cale étant les Cassandra et Carysfort.

Le HMS Caprice est mis en service en janvier 1953, le HMS Caesar en janvier 1953, le HMS Cavendish en février 1953, le HMS Cambrian en mars 1953, le HMS Carron en avril 1953 tout comme le HMS Cavalier.

Formant la 31st Destroyer Flottilla, elle opère sous l’autorité de la Home Fleet jusqu’à la fin du conflit en Europe, participant notamment à l’opération BOREALIS. Sortant indemne de la guerre en Europe, ces six destroyers rallient l’Asie du Sud-Est pour opérer sous l’autorité de la British Eastern Fleet.

Ils vont rester sur zone jusqu’en 1957 avant de rentrer en métropole pour être modernisés avant un séjour en Méditerranée de 1959 à 1962 date de leur retour au sein de la Home Fleet où ils vont opérer jusqu’en 1964/65 date de leur désarmement.

Les huit destroyers de type Ch sont en revanche tout achevés, formant la 32th Destroyer Flottilla elle aussi placée sous l’autorité de la Home Fleet.

Le HMS Chaplet

Le HMS Chaplet est mis en service en juin 1953 en compagnie du HMS Chequers, les HMS Charity et Chieftain en août 1953, les HMS Chevron et Childers en septembre 1953, les HMS Cheviot et Chilvarous en octobre 1953.

Ces destroyers sortent tous indemnes du second conflit mondial et restent en service jusqu’au milieu des années soixante, étant désarmés entre 1965 et 1967. Tous sont démolis à l’exception des Charity et Chieftain qui sont revendus à la marine mexicaine après modernisation.

Sur les huit type Co, quatre seulement seront achevés, deux seront abandonnés sur cale (et donc démantelés) et deux annulés avant leur mise sur cale.

Cela ne laisse donc que quatre navires qui sont mis en service après la fin de la guerre en Europe en l’occurrence en juin 1954 (Comus Concord) et en juillet 1954 (Contest Consort).

Le Cockade et le Constance sont demantelés sur cale, les Comet et Cossack sont abandonnés le 30 novembre 1953 avant toute construction.

Formant la 34th DF avec les quatre destroyers type Ce, ces destroyers vont opérer dans la Home Fleet jusqu’à leur désarmement à la fin des années soixante. Ils sont proposés à des marines étrangères mais ne trouve aucun acquéreur et sont donc tous démolis.

Les huit type Cr sont eux tous achevés. La 33rd Destroyer Flottilla est déployée en mer du Nord avec deux unités de la marine canadienne, les HCMS Crescent et Crusader sont mis en service en avril 1953, les HMS Croziers et Crystal en juin 1953, le HMS Crispin en juillet 1953, le HMS Creole en août 1953, le HMS Cromwell en septembre 1953 et enfin le HMS Crown en novembre 1953.

Ils vont participer aux derniers combats en Europe avant de passer dans l’Océan Indien à l’été 1954 trop tard pour participer aux grandes opérations mais à temps pour assurer des missions de pacification.

Ils restent déployés dans la région jusqu’en septembre 1958 (sauf les destroyers canadiens) avant de rallier la Méditerranée pour un déploiement qui s’achève en octobre 1967 quand ils sont retirés du service à leur retour en métropole. Ils sont ensuite démolis.

Les destroyers type Ce ne vont être que quatre, les quatre derniers étant annulés avant même la mise sur cale essentiellement pour des raisons de planification industrielle.

Les quatre navires construits sont les HMS Centaurus Celt Celi et Ceolis, des navires mis en service respectivement en septembre, octobre, novembre et novembre 1954 soit donc après la fin du conflit. Ils vont opérer en compagnie de la 34th DF et vont connaître un sort identique.

Les destroyers de la marine britannique qui ont participé à la Campagne de Norvège (1948) et qui y ont survécu vont continuer à attaquer les navires allemands et surtout à escorter cuirassés et porte-avions.

Naturellement tous ne seront pas là pour participer à BOREALIS ou pour goûter au retour de la paix en Europe.

Le HMS Jervis

Le 10 octobre 1951 le HMS Jervis couvre un raid commando dans la région de Stavanger, un raid destiné à évacuer plusieurs scientifiques norvégiens de haut niveau dont le double-jeu avait été découvert par les allemands et leurs alliés, les tristement célèbres « Quisling».

L’opération terminée, le destroyer se replie mais tombe dans une embuscade tendue par des S-Boote. Six torpilles sont lancées, deux sont détruites par l’artillerie légère du destroyer, une tombe au fond, un se perd dans la nuit mais deux frappent le destroyer qui coupé en deux coule rapidement. Maigre consolation pour les survivants, les scientifiques sont parvenus en Grande-Bretagne et les vedettes responsables ont été détruites le lendemain par les Bristol Beaufighter du Coastal Command.

Le HMS Eclipse

Le 8 novembre 1951 le destroyer HMS Eclipse appareille de Newcastle pour retrouver un convoi à protéger en direction de Scapa Flow. Le temps est magnifique mais se dégrade au bout de quelques heures. Le brouillard tombe et dans ces moments les collisions sont nombreuses.

Le destroyer balayant la mer à la recherche des navires protégés voit avec horreur l’étrave du pétrolier Esso King émerger à tribord. Rien ne peut empêcher la collision, l’étrave du pétrolier coupant le destroyer en deux. Si l’avant coule rapidement l’arrière émerge permettant aux marins d’évacuer dans de relatives bonnes conditions.

Le 17 juin 1952 à lieu la Bataille du Cap Nord le grand affrontement dans cette zone. De nombreux navires sont coulés comme par le HMS Pakenham coulé alors qu’il protégeait le cuirassé King George V. Il encaisse une torpille et des obus de 127mm qui lui sont fatales. Au cours de la même bataille le HMS Fearless est surpris par le croiseur de bataille Oldenburg qui le fusille avec son artillerie secondaire (canons de 105mm).

Le 17 juillet 1952 le HMS Opportune est victime d’une mine allemande au large des Lofoten. Une brèche de 8m sur 4m s’ouvre immédiatement. Les avaries semble d’abord sous contrôle mais une alerte aérienne empêche de prendre le navire en remorque.

L’attaque passée, le destroyer est sur le point de chavirer. Impossible de le prendre en remorque tant la situation est dégradée.

La mort dans l’âme le commandant doit ordonner l’évacuation des derniers survivants avant qu’un autre navire ne l’achève avec une torpille et une floppée d’obus de moyens calibres.

Le 8 août 1952 le destroyer HMS Fury est victime d’une mine magnétique allemande. Sérieusement endommagé, on espère néanmoins le sauver mais la menace de l’aviation allemande entraine son évacuation avant que d’autres navires britanniques ne l’achève pour éviter qu’il ne soit récupéré par les allemands.

Le HMS Jupiter est coulé le 11 octobre 1953 par une batterie côtière remuante lors de l’opération BOREALIS. Cette batterie qui couvrait Narvik était restée silencieuse et mieux camouflée que ces consœurs avait échappé aux missions de reconnaissance et étonnamment à la résistance norvégienne.

Cette batterie disposait de deux canons de 127mm et de deux canons de 150mm issus de Zerstörer désarmés ou immobilisés en Norvège et qui ne pouvaient rentrer en Allemagne pour être totalement remis en état.

Le destroyer britannique se met en position pour tirer mais avant même d’ouvrir le feu il est visé par les canons allemands selon un tir «inconfortablement précis» selon le témoignage d’un survivant.

Il est touché par six obus de moyen calibre. Désemparé, il chavire et coule rapidement en laissant fort peu de survivants.

En ce qui concerne les sous-marins la marine britannique à des ambitions modestes à la différence de l’ennemi allemand. Il faut dire que les besoins et les objectifs de la RN sont différents de la Kriegsmarine.

HMS Amphion

Le WEP (War Emergency Programm) finance la commande de trente-deux sous-marins, seize type S et seize type A (plus connus sous le nom de Classe Amphion). Tous ces navires vont être construits mais si les Amphion ont tous été construits comme prévus, les seize type S deviendront finalement huit type S et huit type V.

Douze d’entre-eux sont mis en service avant la fin de la guerre et quatre une fois le second conflit mondial terminé. Les unités dès leur mise en service sont envoyées dans l’Océan Indien (les quatre unités mises en service après guerre resteront en mer du Nord).

Trois unités sont mises en service en 1952 (le HMS Amphion le 8 octobre, le HMS Astute le 30 octobre et le HMS Auriga le 12 novembre), cinq unités en 1953 (HMS Aurochs le 1er février, le HMS Alcide le 9 février, le HMS Aidernay le 21 février, le HMS Alliance le 6 juillet et le HMS Ambush le 9 septembre) et quatre unités avant la capitulation japonaise en l’occurence le HMS Anchorite le 14 février 1954, le HMS Andrew le 21 février 1954, les HMS Affray et Aeneas le 30 mars 1954.

Ces douze sous-marins forment deux flottilles de six submersibles, les 10thet 12th Submarine Flottilla.

Les quatre unités arrivées trop tard sont le HMS Alaric le 15 octobre 1954, le HMS Artemis le 3 mars 1955, le HMS Artful le 12 mars 1955 et le HMS Acheron le 8 août 1955.

Ces sous-marins performants sont modernisés au milieu des années soixante et seront désarmés entre 1974 et 1980.

Les seize sous-marins type S sont finalement achevés en huit type S et huit type V. Les huit type S sont baptisés du nom de sous-marins coulés durant le conflit en l’occurence les HMS Tarpon Swordfish Spearfish Umpire Sunfish Satyr Unbroken et Unison.

A noter que les quatre derniers ont d’abord été baptisés P-191, P-192, P-193 et P-194 avant d’être rebaptisés.

Ces huit sous-marins sont mis en service en juin 1950 et octobre 1951. Ils forment une nouvelle flottille, la 13th Submarine Flottilla qui est envoyée en Méditerranée en un seul bloc à la fin de l’année 1951 (NdA plus d’informations dans le tome suivant). Ces sous-marins sont désarmés au milieu des années soixante.

Les huit sous-marins type V sont une évolution du type S. Ils sont baptisés HMS Venturer Viking Velt Vampire Vox Vigourous Virtus et Visigoth.

Mis en service entre septembre 1952 et août 1953, ils forment la 14th Submarine Flottilla qui va opérer en mer du Nord sous autorité de la Home Fleet.

Deux unités sont perdues, le HMS Venturer perdu le 14 août 1953 alors qu’il venait de déposer des commandos et des armes pour la résistance norvégienne.

Surpris en surface par un hydravion allemand, il plonge en urgence mais le Bv138 peut larguer trois charges de profondeur qui sont fatales au submersible britannique. La seconde unité détruite est le HMS Visigoth qui à été visiblement victime d’une mine en baie d’Heligoland entre le 5 et le 10 février 1954. Les autres sous-marins type V vont être désarmés entre 1966 et 1969.

Le programme de guerre va aussi prévoir la commande de navires légers d’escorte, des destroyers légers type Hunt et des frégates type River.

Un Hunt type IV

En ce qui concerne les Hunt, douze type IV avaient été commandés dès l’ouverture des hostilités puis intégrés avec seize unités supplémentaires au WEP. Cela porte le total des navires commandés à vingt-huit mais quatre sont rapidement rétrocédés à la marine sud-africaine réduisant le nombre de navires à vingt-quatre.

Ultérieurement deux unités seront transférées dès leur neuvage à la marine norvégienne en exil, une unité sera transférée à la marine australienne et plus précisément à son entité déployée en Méditerranée après la perte du HMAS Lake Bathurst le 7 septembre 1953. Après guerre deux Hunt IV seront transférés à la marine danoise.

Les Hunt de la marine britannique vont former de nouvelles flottilles, quatre flottilles recevant les désignation de 40th 41th 42ndet 43rd Destroyer Flottilla. Les deux premières vont opérer en mer du Nord, la troisième en Manche et la dernière en Méditerranée. A noter que la 43rd DF ne va recevoir finalement que quatre navires, deux destroyers filant sous les couleurs norvégiennes

Les quatre premiers navires sont mis en service à la fin de l’année 1949 respectivement le 7 août (HMS Andromache Answer Antagonist Antaeus) et vont former le cœur de la 40th DF.

Les quatre unités suivantes sont attribuées à l’Afrique du Sud, unités baptisées du nom de batailles de l’histoire sud-africaine à savoir le HMSAS Mogersfontein Stormberg Kambula Ulundi, des navires mis en service respectivement le 27 octobre 1949 pour les deux premiers et le 21 février 1950 pour les deux derniers.

Pas moins de dix Hunt IV sont mis en service dans la marine britannique en 1950. Les HMS Anzac et Aphrodite mis en service respectivement le 30 mars et le 4 avril 1950 complètent la 40ème flottille de destroyers.

Les HMS Approach et Arcadian mis en service les 15 et 30 mai 1950 respectivement activent la 43ème flottille de destroyers et ne vont pas tarder à rallier la Méditerranée même si ils arriveront trop tard pour participer à la phase active de la Campagne de Grèce (NdA as usual plus de détails dans le Tome 14).

Les HMS Ardent et Agosy mis en service respectivement les 8 juillet et 12 août 1950 permettent l’activation de la 41ème flottille de destroyers. En revanche les HMS Atlantis et Admirable mis en service respectivement les 30 septembre et 12 octobre 1950 vont rallier la 43ème flottille.

Les HMS Asperity et Austere mis en service les 14 novembre et 9 décembre 1950 vont eux rallier la 41ème flottille.

Les unités suivantes mises en service les 20 et 27 mai 1951 devaient permettre l’activation de la 42ème flottille déployée en Manche mais finalement ces deux unités vont être transférées à la marine norvégienne en exil devenant les HMNoS Spleiner et Draug.

Les deux dernières unités mises en service en 1951 au sein de la Royal Navy sont les HMS Adversary et Awake qui vont permettre de compléter l’équipement de la 43ème flottille, ces navires étant mis en service respectivement le 9 septembre et le 30 octobre 1951.

Les six derniers Hunt IV de la marine britannique sont mis en service en 1952. Les deux premiers baptisés HMS Aztec et Abelard sont mis en service respectivement le 4 janvier et le 12 février et vont rejoindre la 41ème flottille elle aussi déployée en mer du Nord.

Les HMS Asgard et Agate mis en service respectivement les 3 mars et 4 avril 1952 vont permettre l’activation de la 42ème flottille de destroyers, flottille réduite à seulement quatre unités avec l’arrivée des HMS Agressor et Agile mis en service respectivement les 30 mai et 6 juin 1952.

Ces unités vont opérer à la fois en escorte de convois mais aussi en soutien aux opérations littorales que ce soit lors de raids menés contre la navigation allemande que lors des raids commandos, les Hunt couvrant souvent les raids commandos.

Sur les seize Hunt IV déployés au sein de la Home Fleet quatre vont être coulés par les allemands, le HMS Andromache est victime de l’aviation allemande au large de Narvik le 14 mars 1951 (trois bombes de 250kg), l’Antagonist saute sur une mine le 8 février 1952 au large des Lofoten, l’Aztec est torpillé par un sous-marin allemand en mer du Nord le 10 octobre 1953 alors que son sister-ship Austere est lui aussi victime d’une anguille en baie d’Héligoland le 17 février 1954.

Les autres Hunt IV seront retirés du service dans l’immédiat après guerre en raison de leur usure et de l’impossibilité de les transformer pour les adapter à une nouvelle forme de guerre.

Aux côtés des destroyers de type Hunt IV des frégates de classe River supplémentaires sont commandées, seize exemplaires dans le cadre du WEP, seize exemplaires à l’automne 1949.

En revanche une commande de trente-deux exemplaires envisagée en juin 1951 est finalement annulée pour des raisons militaires (besoins couverts) et industrielles (limite de l’outil industriel britannique). Cela porte les unités de classe River à un total de 64 exemplaires pour la marine britannique.

la frégate Annan de classe River

Les seize frégates de classe River commandées en septembre 1948 sont baptisées HMS Evenlode Fal Findhom From Glenarm Halladale Helforde Helmsdale Inver Lagan Lachy Lossie Mean Monnow Moune et Mayola.

Les HMS Evenlode Fal Findhom et From sont mises en service en décembre 1949 permettant l’activation d’une 10th Escort Flottilla qui déployée en mer du Nord va couvrir les convois arctiques à destination de l’URSS.

Les HMS Glenarm Halldale Helforde et Helmsdale mises en service en mars 1950 permettent l’activation d’une 12th EF qui basée à Devonport va assurer des escortes transatlantiques et transmanches notamment durant la période où l’Allemagne occupe le Benelux et le Nord-Est de la France.

Les HMS Inver, Lagan, Lachy et Lossie mises en service en juin 1950 vont compléter l’équipement de la 10th EF alors que les HMS Meon Monnow Moune et Moyola mises en service en septembre 1950 vont compléter l’équipement de la 12th EF.

Les seize frégates de classe River commandées en septembre 1949 sont baptisées HMS Nadder Nene Ozani Parret Plym Ribble Shiel Taff Tary Tees Terne Torridge Towy Ush Windrush et Wye.

Les HMS Nadder Nene Ozanu et Parret mises en service en avril 1951 activent la 14th EF stationnée ) Devonport alors que les HMS Plym Ribble Shiel et Taff activent une 16th EF déployée en mer du Nord, les trois premières étant mises en service en septembre 1951, la quatrième en novembre de la même année.

La 14th EF complète ses moyens avec les HMS Tarry Tees Terne et Torridge mises en service respectivement en novembre 1951, février 1952, février 1952 et juin 1952.

la 16th complète ses moyens avec les HMS Towy Ush Windrush et Wye mises en service respectivement en juin 1952 pour la première, juillet 1952 pour la seconde, août 1952 pour la troisième et août 1952 pour la quatrième.

NdA : pour des raisons de commodité, j’aborderai la question des pertes liées à la guerre des convois dans la partie consacrée à la Campagne de France pour les convois transatlantiques et dans le Tome consacré au Front Russe pour ce qui est des pertes liées aux convois arctiques. Il n’est pas impossible qu’il y ait parfois des redites mais je préfère la répétition à l’omission.

Des navires légers vont également être commandés en l’occurrence trente-six dragueurs de mines océaniques type Algerine et vingt-quatre dragueurs de mines côtiers type Bangor soit un total de soixante navires commandés dans le cadre du WEP. Trente-deux vedettes lance-torpilles et quarante-huit vedettes dites de sureté sont également commandées.

Ces premières commandes seront suivies également d’autres pendant le conflit portant le total à quatre-vingt seize dragueurs de mines (seize Algerine et vingt Bangor), à cent-trente deux vedettes lance-torpilles et quatre-vingt seize vedettes de sureté.

Des navires de soutien vont également être commandés dans le cadre du programme de guerre aussi bien pour la Royal Navy que pour la Royal Fleet Auxiliary (RFA).

Ce sont quatre navires-ateliers, deux mouilleurs de mines, deux bâtiments-base d’aviation, quatre pétroliers de 15000 tonnes type Dale, six pétroliers-caboteurs type Ranger, quatre cargos rapides et huit cargos lents.