Le Conflit (30) Norvège (30)

Namsos

Fortifications allemandes

Le port de Namsos est lui aussi protégé par des fortifications de défense côtière, des défenses moins puissantes qu’ailleurs mais qui ne sont pas négligeables.

Canon de 150mm de l’Atlantikwall

Au nord on trouve deux batteries disposant pour la première de deux canons de 150mm et la seconde de quatre canons de 105mm, des pièces installées sur des plate-formes rotatives protégées par du béton. A cela s’ajoute des postes d’observation, des postes de commandement, des abris pour la troupe et les munitions. A cela s’ajoute une batterie lance-torpilles de 533mm à quatre tubes.

Au sud on trouve également deux batteries disposant d’un total de six canons de 155mm et deux canons de 170mm datant du premier conflit mondial.

Comme pour les batteries du Nord, ces canons sont installés sous béton tout comme les soutes à munitions, les postes de commandement, les postes d’observation, les casernements pour la troupe.

La construction d’une batterie lance-torpilles lancée en août 1953 n’à pas été achevée en octobre quand les alliés déclenchent l’opération BOREALIS.

La défense rapprochée de ces batteries est assurée par des blockhaus d’infanterie armés de mitrailleuses et de canons antichars de 47mm de prise (ici des canons de 47mm venant de Belgique), blockhaus reliés entre-eux par des tranchées semi-couvertes. On trouve également des fosses avec des mortiers de 81mm.

Côté terre ferme, des blockhaus ont été coulés pour assurer la protection des approches au cas où l’ennemi débarquerait loin de Namsos pour attaquer la ville par la terre ferme. Le haut commandement allemand est cependant lucide : ce n’est pas cette demi-douzaine de blockhaus qui va empêcher la prise de la ville. Ces blockhaus sont armés de mitrailleuses et de canons antichars.

Unités allemandes déployées

Comme à Narvik des moyens navals, aériens et terrestres sont déployés pour défendre Namsos. Ils ne sont pas négligeables mais ne sont pas extraordinaires non plus.

Sur le plan naval et aéronaval, on trouve les moyens suivants :

-Destroyer Z.66

-Escorteur (Neue Geleitboote) G.36

S-Boote en mer

-12. Schnellbootflottille : S.102/104/106/108/110/112/114/116

-Navire amphibie MIS-4

-Un transport armé

Junkers Ju-288

16. KFK-Kampfgruppe qui dispose de trente-six bombardiers-torpilleurs Junkers Ju-288

Sur le plan aérien la Luftwaffe déploie le XII. Fliegerkorps qui comprend les unités suivantes :

Schéma du Messerschmitt Me-109K (« Karl »)

-Jagdgeschwader 12 : 1er groupe volant sur Messerschmitt Me-109K, 2ème groupe volant sur Messerschmitt Me-109H, 3ème groupe volant sur Messerschmitt Me-109H et 4ème groupe volant sur Messerschmit Me-410 Hornisse

-Kampfgeschwader 12 : 1er groupe volant sur Heinkel He-119, 2ème groupe volant sur Junkers Ju-288 et 3ème groupe volant lui aussi sur Ju-288.

Focke-Wulf Fw-189

-Aufklärunggeschwader 12 : 1er groupe volant sur Focke-Wulf Fw-189 2ème groupe volant sur Focke-Wulf Fw-189 et 3ème groupe volant sur Fieseler Fi-156 Storch.

La défense de Namsos sur le plan terrestre est du ressort du 73. ArmeeKorps (73.AK) qui comprend les unités suivantes :

-Deux divisions d’infanterie : 208ème division d’infanterie et 2ème division de chasseurs

Panzer IV Ausf G

-Un bataillon de chars, le 219ème bataillon de chars (Panzer IV)

Sturmgeschütz III

-Un bataillon de canons d’assaut le 719ème bataillon de canons d’assaut (Stug III)

-un régiment antichar

-un régiment antiaérien

-un bataillon du génie.

A cela peut s’ajouter les éléments dépendant de la 21ème armée à savoir un régiment d’artillerie lourde (canons de 150mm et de 210mm), un régiment de Nebelwerfer (lance-roquettes multiples), le 217ème bataillon de Panzers (Panzer IV Ausf H), le 717ème bataillon de canons d’assaut (Stug IV), un régiment antichar (canons de 75mm), un régiment antiaérien (canons de 88mm) et un bataillon du génie mais ces moyens doivent aussi soutenir les deux autres corps d’armée.

Unités alliées déployées

Pour transporter, escorter et appuyer les troupes engagées à Namsos, la Royale et ses alliés effectuent un effort important en déployant les moyens suivants :

-Cuirassé Moselle (navire-amiral)

Schéma originel du cuirassé Gascogne qui restera unique

-Cuirassé Gascogne

-Porte-avions Anne de Bretagne

-Croiseur lourd HMS Albermale

Le HMS Belfast

-Croiseurs légers Waldeck Rousseau (détaché de la force de réserve) Montcalm Sully Lamotte-Picquet HMS Belfast et HMNoS Bergen

Le contre-torpilleur Milan

-Escorteurs d’escadre (ex-contre torpilleurs) Milan Le Triomphant Ronar ‘ch D’Estaing Vautour Cassard

-Escorteurs rapides Le Foudroyant L’Ouragan Le Sirocco La Palme La Tempête

-Escorteurs rapides (ex-torpilleurs d’escadre) Durandal Dague

-Escorteurs rapides (ex-Torpilleurs légers) classe Kabyle L’Algérien Le Sénégalais L’Arabe Le Marocain

-Avisos-dragueurs L’Impétueuse La Boudeuse La Trompeuse La Sérieuse

-Corvettes ASM La Malouine La Versaillaise La Nimoise L’Agenaise

-Patrouilleurs Coléoptère Sauterelle Araignée Scorpion

Le USS Casa Grande (LSD-13) est le navire tête de liste d’une classe de LSD. Le Foudre et l’Harmattan sont similaires

Le transport des troupes mises à terre est assurée par les deux LSD de la Marine Nationale, le Foudre et l’Harmattan, huit Bâtiments de Débarquement de Chars (BDC/LST), huit Bâtiments de Débarquement Médian (BDM/LSM) et douze Bâtiments de Débarquement d’Infanterie (BDI/LSL).

A cela s’ajoute deux transports d’assaut canadiens, les HMCS Canadian Star et Newfoundland

Deux sous-marins sont chargées de protéger la force d’assaut contre leurs congénères allemands à savoir les vétérans Casabianca et Ile de Ré.

Le soutien logistique est assuré par le pétrolier-ravitailleur Dordogne et le ravitailleur rapide Lot.

La marine canadienne assure également la guerre des mines en mobilisant plusieurs dragueurs de mine en l’occurence les HMCS Winnipeg Boniface Middlesex Rocklife.

L’appui aérien est assuré à la fois par l’Armée de l’Air et par l’Aviation Navale.

Consolidated B-32 Dominator

On trouve tout d’abord la 56ème Escadre de Bombardement ex-Escadre de Bombardement du Nord, escadre regroupant trois groupes, les deux premiers (I/56 et II/56) volant sur Consolidated modèle 33F Géant II alors que le troisième (III/56) volant sur Amiot Berry.

La 31ème Escadre de Bombardement Moyen (31ème EBM) est également de la partie avec trois groupes homogènes volant sur Lioré et Olivier Léo 458ter.

Ces bombardiers bi et quadrimoteurs ont été engagés au début pour affaiblir les défenses allemandes à la différence des unités d’assaut et de bombardement en piqué qui vont opérer pour appuyer les troupes au sol en l’occurence le GBA II/35 volant sur Bréguet Br697 et le GBA II/40 volant sur Loire-Nieuport LN-435 (ultime évolution du LN-430).

On trouve également des unités de chasse, une escadre (en attendant une deuxième début novembre) avec des monomoteurs et des bimoteurs. Si les bimoteurs sont déployés dès le début, les monomoteurs vont être essentiellement déployés dès que les aérodromes norvégiens furent sécurisés.

L’escadre en question est la 8ème Escadre de Chasse qui comprend quatre groupes, trois groupes de monomoteurs (GC I/8 GC II/8 GC III/8) et un groupe de bimoteurs (GC IV/8). C’est donc ce dernier volant sur Farman F.275 Frelon qui opère en premier en attendant l’engagement des trois autres qui volaient sur Bloch MB-157ter, ultime évolution du MB-157 et dernier chasseur à moteur à piston de la firme de Marcel Bloch.

Bloch MB-157

Ultérieurement une nouvelle escadre va appuyer la 8ème EC en l’occurrence la 1ère EC, escadre de tous les combats depuis septembre 1948. Cette escadre comprend un groupe de Farman F.275 Frelon et trois groupes d’Arsenal VG-52 Phenix, ultime évolution d’une famille née avec le VG-33.

chasseur biplace bimoteur Hanriot NC-600

Deux groupes de chasse de nuit vont d’abord protéger la Grande-Bretagne contre les (rares) incursions allemandes, les GC I/23 et II/23, deux groupes volant sur Hanriot NC-600ter, évolution du NC-600 avec un radar et quatre canons de 30mm.

La reconnaissance n’est pas oubliée avec le GR II/36 disposant de Bloch MB-176ter.

De son côté l’Aviation Navale déploie un groupe aérien embarqué, la 12ème Flottille d’Aviation Navale (12ème FAN) embarquée sur le porte-avions Anne de Bretagne avec deux escadrilles de chasse (18C et 22C) disposant de Dewoitine D-795ter, une escadrille de bombardement en piqué (9B) volant sur Loire-Nieuport LN-425 et une escadrille de bombardement-torpillage (25T) volant sur Latécoère Laté 299-5ter.

Bréguet Br790

On trouve également deux escadrilles directement impliquées dans la protection du groupe occasionnel Namsos à savoir l’escadrille 1T (Latécoère Laté 299-7) et l’escadrille 3R avec des Bréguer Br790.

En ce qui concerne les troupes au sol, la principale unité engagée est la 27ème Division d’Infanterie Alpine (27ème DIAlp) une véritable unité d’élite qui va opérer aux côtés de la 2. Norske Lysbrigader (2ème brigade légère norvégienne), du Corps Franc du Nord (CFN), d’un groupement blindé fournit par la 1ère Division Blindée (ex-1ère Division Cuirassée), d’éléments d’artillerie (dont un groupe norvégien) et du génie. Pour l’exploitation la 1ère Division Légère d’Infanterie (1ère DLI) sera mise à terre.

A l’assaut ! (épisode 2)

Comme ailleurs c’est l’aviation française qui ouvre le bal en visant d’abord les aérodromes pour empêcher la Luftwaffe de perturber l’opération.

C’est un succès ce qui explique que l’aviation allemande à nettement moins perturbé les opérations de débarquement qu’ailleurs et quand les avions à la Balkenkreuze sont intervenus le comité d’accueil était musclé et sur le pied de guerre.

Es-ce à dire que l’aviation à épargné les batteries côtières ? Non bien sur mais c’est l’aviation embarqué qui à précédé le tir de barrage des cuirassés et des croiseurs qui ont sérieusement malmené les défenses côtières non sans que ces dernières ne rendent les coups.

Le calvaire des artilleurs de marine (dépendant de la Kriegsmarine) et des artilleurs côtiers (dépendant de la Heer) n’est pas finit car les hommes encore opérationnels sont assaillis par les hommes du Corps Franc du Nord (CFN) habitué à harceler depuis sa création batteries côtières, stations radars et aérodromes.

Cette tactique que les français ont proposé de généraliser à l’ensemble de l’opération explique en grande partie pourquoi à Namsos le débarquement à été rapidement considéré comme une réussite et que le haut-commandement allemand à estimé au bout de seulement quelques heures que rejeter les français à la mer était du domaine de l’impossible.

Pour le symbole c’est la 2ème brigade légère norvégienne qui est mise à terre la première ce qui fût très apprécié de la part du gouvernement en exil mais aussi des populations ravies de voir des hommes portant certes le battle dress britannique mais avec un petit drapeau norvégien cousu sur la manche droite.

Les combats sont assez violents, les soldats norvégiens plient mais ne rompent pas en partie parce qu’ils sont galvanisés par l’appui-feu des navires et des avions français mais surtout par la mise à terre en deuxième vague des «hommes à la tarte» de la 27ème DIAlp.

La ville et le port de Namsos sont sécurisés dès le lendemain 12 octobre 1953, plusieurs contre-attaque sont brisées par la tenacité des troupes franco-norvégiennes bien appuyées par l’artillerie qu’elle soit navale ou terrestre puisqe les appuis (artillerie et chars de combat de la 1ère Division Blindée) ont été mis à terre très vite à tel point que le commandement à sollicité d’enclencher très vite l’exploitation vers le nord ou le sud.

Le haut-commandement américain à refusé demandant d’attendre la mise à terre des voltigeurs de la 1ère DLI chargée de l’exploitation.

Selon certains historiens si le haut-commandement avait accepté la demande française la Campagne de Norvège (1953/54) se serait achevée bien plus tôt et avec elle la guerre mais bien entendu on ne refait pas l’histoire à moins de se livrer au jeu dangereux et immature de l’uchronie.

Les navires allemands présents à Namsos subissent de très lourdes pertes. Le destroyer Z.66 qui appareille dès que le radar alerte sur le survol d’avions français tente de répérer la flotte d’invasion alliée.

Après des échanges incertains qui endommagent plusieurs LST et provoquant la mort de soldats et de marins embarqués, le destroyer est surpris par l’aviation, deux Laté 299-5ter disposant d’une torpille pour attaquer des navires ayant quitté Namsos ou un fjord avoisinant attaquent le Zerstörer qui encaissent deux torpilles même si un appareil est abattu et son équipage tué.

Le G.36 est attaqué par des Loire-Nieuport LN-425 qui le voyant tenter d’appareiller se détourne des cibles initiales. Certes les bombes explosives ne sont pas les meilleures pour attaquer des navires mais elles provoquent de sérieux dégâts et un début de panique parmi l’équipage peu expérimenté ce qui provoque le naufrage du navire à quai, l’épave étant relevée dès le mois de mars, remorquée en haute mer puis sabordée.

Sur les huit vedettes lance-torpilles basées à Namsos (S-102/104/106/108/110/112/114/116), deux sont saisies après l’opération par les norvégiens, les S-102 et S-116 devenues les O-1 et O-4. Les autres ont été coulées par l’aviation (S-104 et S-106) et par des navires de surface (S-108 S-110 S-112 S-114).

Le transport amphibie MarineInfanterieSchift 4 (MIS-4) était immobilisé par une avarie depuis quinze jours. Ne pouvant appareiller, il est remorqué pour être sabordé et géner l’accès au port de Namsos mais le transport armé qui assurait le remorquage est touché par l’aviation et incendié, entrainant le naufrage du MIS-4, naufrage qui ne gêne aucunement la navigation.

De leur côté les alliés ont également laissé des plumes dans cette opération avec des navires endommagés et deux navires coulés.

Le Triomphant à la mer

Deux bâtiments de la Royale sont victimes des batteries côtières, le premier est le contre-torpilleur Le Triomphant qui est sévèrement endommagé par deux obus de 150mm et deux obus de 105mm.

En dépit des efforts des marins, le navire finit par sombrer dans la soirée après une lente et longue agonie.

C’est plus rapide pour le patrouilleur Scorpion coulé par un obus de 127mm qui ne lui laisse aucune chance, l’obus mettant le feu au navire qui sombre après un sinistre terrifiant.

Le Winnipeg est coulé par un chasseur-bombardier allemand qui plaçant une bombe de 250kg ne lui laisse aucune chance, bombe le coupant en deux. Maigre consolation, le chasseur et son pilote n’y survivent pas.

Les autres navires ne sont qu’endommagés que ce soit le Waldeck-Rousseau par une batterie côtière (un obus de 105mm), le Vautour (une bombe de 250kg lancé par un avion en maraude), le Cassard (un obus de 155mm).

Le Conflit (22) Norvège (22)

L’Opération BOREALIS et la libération de la Scandinavie (octobre 1953-février 1954)

Situation générale en octobre 1953

Quand les alliés débarquent en Norvège et au Danemark la guerre est entrée dans sa sixième année et ne semble pas devoir se terminer rapidement en dépit du fait que l’Axe _réduit à l’Allemagne et au Japon_ est clairement aux abois.

En effet sur le front russe les soviétiques sont en passe de libérer la totalité de leur territoire exception faite de la Poche de Courlande qui va tenir jusqu’à la fin du conflit.

La Finlande est sur le point de changer de camp se dont les allemands se doutent mais ils ne peuvent rien faire pour éviter cela.

Sur le front occidental le Rhin à été franchit le 7 février 1953 aussi bien en Alsace qu’aux Pays-Bas et malgré une violente résistance, les allemands doivent désormais combattre pour défendre le Vaterland.

Les combats vont être violents car les Landser, les WestKampfer sont motivés à l’idée d’empêcher la conquête de leur pays par la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et secondairement les belges et les néerlandais.

En Italie le front avance lentement, doucement en raison de problèmes logistiques, d’un terrain difficile et d’une priorité plus faible encore que le front balkanique. Les unités du Commonwealth sur le front italien se baptiseront eux même The Forgotten (les oubliés).

Quel plan d’invasion ?

C’est à l’été 1952 que les gouvernements alliés ont pris la décision de prendre pied en Scandinavie et aussitôt une cellule opérationnelle est chargée de mettre au point un plan précis.

Comme souvent la géographie va dicter les plans et on ne peut pas dire que la Norvège comme le Danemark soient des terrains très favorables à une offensive grande style.

A part des assauts frontaux il n’y à guère d’alternatives ce qui explique probablement pourquoi l’opération BOREALIS à longtemps fait l’objet de débats sur son utilité, certains généraux préférant mettre le paquet sur le front occidental et à se contenter de démonstrations aériennes et navales pour fixer le maximum de troupes allemandes en Norvège et au Danemark.

Plus encore qu’ailleurs la prise des ports est indispensable. La question est lesquels ?

Un assaut frontal sur Oslo est rapidement exclu car il faudrait développer des moyens importants pour forcer les détroits danois et comme initialement il n’était pas prévu de débarquer au Danemark, la libération directe de la capitale norvégienne est exclue.

Elle fera néanmoins l’objet d’une opération commando d’ampleur, l’opération VIKING, une diversion de l’opération BOREALIS.

Si l’abandon d’un assaut direct sur l’ancienne Christiana fait plutôt consensus (trop sanglant et trop aléatoire) en revanche certains vont dépenser des litres d’encre et des kilos de papier pour convaincre de débarquer à Kristiansand plutôt qu’au Jutland. Militairement c’est parfaitement recevable mais politiquement pour ménager le Danemark c’est nettement plus problématique.

Au final on décide de débarquer à Narvik, à Namsos, à Bergen, à Trondheim et au Jutland. Les ports et les villes contrôlés il sera temps de détruire les unités ennemies par le choc et la manœuvre.

Les plans sont validés en février 1953. Ce délai s’explique à la fois par des réflexions, par des hésitations, des modifications mais aussi une tentative de certains d’annuler l’opération BOREALIS pour concentrer des forces supplémentaires sur le front occidental voir sur les fronts italiens et balkaniques.

Le plan est simple : prendre pied dans les ports, sécuriser leur prise et ensuite encercler des troupes allemandes qui pourraient être tentées de s’arcbouter sur la frontière suédoise sachant parfaitement que les alliés ne pourraient se risquer à violer la neutralité suédoise au risque de faire basculer Stockholm dans le camp allemand.

Ordre de Bataille allié

Unités navales engagées

En octobre 1953 la Kriegsmarine est clairement affaiblie et ne représente plus qu’une menace résiduelle en mer du Nord, les sous-marins exceptés qui représenteront jusqu’au bout une menace pour les navires civils et les navires militaires alliés.

La France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Norvège et le Danemark doivent cependant déployer d’importants moyens navals pour couvrir les têtes de pont et surtout pour neutraliser les imposantes fortifications qui protègent les ports norvégiens.

Voilà pourquoi des porte-avions, des cuirassés et des croiseurs vont être déployés aux côtés de destroyers et de torpilleurs pour escorter, appuyer et couvrir les navires amphibies engagées dans l’opération BOREALIS.

Les sous-marins vont être également utilisés pour empêcher l’intervention d’unités venues de la mer Baltique et pour contrer leurs congénères qui pourraient se glisser dans le dispositif allié et faire un mauvais sort aux LST et autres cargos et pétroliers.

L’amiral Bruce Fraser

Bien que les troupes alliées engagées soient essentiellement américaines le commandement du volet naval est assuré par l’amiral britannique Bruce Fraser qui était à deux mois de la limite d’âge !

L’organisation de la Naval Task Fleet Borealis (NTF-Borealis) est classique avec un groupement occasionnel ou Task Force pour chaque tête de pont avec pour chaque groupe des navires amphibies, des transports de troupes pour la deuxième vague, différents navires d’appui et de soutien. A cela s’ajoute des navires d’escorte et d’appui-feu.

Comme il faut toujours prévoir l’imprévisible l’amiral Fraser à décidé de conserver sous son contrôle direct une force de réserve pour faire à toute éventualité.

Comme les combats vont vite tourner à l’avantage des alliés les navires de la NTF-Borealis Reserve Ready Group vont être utilisés en soutien des différentes têtes de pont plus ou moins rapidement sécurisées.

Politique oblige, certaines Task Force sont placées sous commandement américain et français. Oslo et Copenhague ont sollicité un tellement traitement mais les alliés ont refusé estimant que les officiers de marine norvégiens comme danois manquaient d’expérience dans le domaine des opérations combinées.

Au final cela nous donne le dispositif naval suivant :

NTF-Borealis Reserve Ready Group (NTF-Borealis RRG) :

Le HMS Anson

-Cuirassé HMS Lion (navire-amiral de l’amiral Fraser) et Anson

-Porte-avions HMS Hermes et Painleve

le croiseur lourd Colbert

-Croiseur lourd Colbert

USS Denver (CL-58)

-Croiseurs légers USS Denver (CL-58) Waldeck-Rousseau HMS Southampton et HMS Argonaut

-Escorteurs d’escadre D’Estrées et Du Chayla

Huit destroyers (HMS Caprice Caesar USS Jarvis [DD-393] USS Rhino [DD-404] USS Stack [DD-406] HMNoS Balder HMCS Fraser Crusader) et deux escorteurs rapides (ex-torpilleurs d’escadre) les Sabre et Claymore

Narvik Task Force (sous commandement américain)

Le USS New Mexico (BB-40)

-Cuirassés USS New Mexico (BB-40) et HMS Saint Andrew

-Porte-avions USS Cowpens (CV-31)

-Croiseur lourd USS Minneapolis (CA-36)

-Croiseurs légers USS Pasadena (CL-101) USS Flint (CL-64) HMS Newcastle Birmingham Leopold 1er (Belgique)

HMS Jupiter

-Destroyers HMS Jupiter Express USS Gridley (DD-380) USS Maury (DD-401) HMNoS Otto Sverdrup HMNoS Thor Heyrerdhal HMNLS Jacob van Heermskerck

-Torpilleurs HMNLS Hermelyn Bulhond Jackhal

Namsos Task Force (sous commandement français)

-Cuirassé Moselle (navire-amiral)

Schéma originel du cuirassé Gascogne qui restera unique

-Cuirassé Gascogne

Porte-avions Anne de Bretagne

-Croiseur lourd HMS Albermale

-Croiseurs légers Montcalm Sully Lamotte-Picquet HMS Belfast HMNoS Bergen

Le Triomphant à la mer

-Escorteurs d’escadre (ex-contre torpilleurs) Milan Le Triomphant Ronar ‘ch D’Estaing Vautour Cassard

-Escorteurs rapides Le Foudroyant L’Ouragan Le Sirocco La Palme La Tempête

-Escorteurs rapides (ex-torpilleurs d’escadre) Durandal Dague

-Escorteurs rapides (ex-Torpilleurs légers) classe Kabyle L’Algérien Le Sénégalais L’Arabe Le Marocain

-Avisos-dragueurs L’Impétueuse La Boudeuse La Trompeuse La Sérieuse

-Corvettes ASM La Malouine La Versaillaise La Nimoise L’Agenaise

-Patrouilleurs Coléoptère Sauterelle Araignée Scorpion

Bergen Task Force (sous commandement britannique)

Le HMS Howe en 1943

-Cuirassés Howe et Temeraire (remplacé ultérieurement par le Vanguard)

-Porte-avions HMS Formidable et Pioneer

-Croiseur lourd HMS Blenheim

HMS Bermuda à l’appareillage

-Croiseurs légers HMS Diadem et Bermuda

-Destroyers HMS Javelin Vectis Cavendish Cambrian USS Reid (DD-369) USS Fanning (DD-385) HMCS Iroquois

Trondheim Task Force (sous commandement britannique)

-Cuirassés Thunderer et Conqueror

-Porte-avions HMS Terrible et HMCS Bonaventure

L’ORP Dragon à connu une première carrière sous le nom de HMS Black Prince

-Croiseurs légers ORP Dragon HMS Scylla Trinidad Swiftsure

-Destroyers HMS Carron Cavalier Jackal Juno Jersey Lightning USS Helm (DD-388) USS Ralph Talbot (DD-390)

Jutland Task Force (sous commandement américain)

-Cuirassés USS Arizona et HMS Iron Duke

-Porte-avions USS Block Island (CV-34)

Croiseur lourd USS Toledo (CA-78)

Le USS Brooklyn (CL-40)

-Croiseurs légers USS Brooklyn (CL-40) USS Raleigh (CL-113) Duquesne HMS Minotaur Defence

-Escorteur d’escadre (ex-Contre-torpilleur) Guepratte

-Destroyers USS Farragut (DD-348) USS Worden (DD-352) USS Aylwin (DD-355) USS Preston (DD-379) HDMS Zealand Bornholm HMCS Chippewa

Submarine Force

French Submarine Task Group

Le Casabianca

-Sous-marins Sirène Pascal Persée Casabianca Martinique Mayotte Ile de Re

British Submarine Task Group

Dans ce groupement occasionnel on trouve des sous-marins britanniques et d’anciens sous-marins britanniques passés sous pavillon norvégien.

-HNoMS Ula (ex-HMS Ursula)

Le HMS Narwhal, sous-marin identique au Grampus

-HMS Grampus (N56)

-HMS Triton

-HMS Vampire

-HMS Virtus

-HMS Visigoth

Support Force

France

Le PRE La Seine

-Pétroliers-ravitailleurs Dordogne La Seine Var

-Ravitailleur rapide Lot

-Ravitailleur d’hydravions Sans Souci

-Remorqueur de haute mer Mastodonte

-Navire-atelier Vulcain

Le Jules Verne

-Ravitailleur de sous-marin Jules Verne

Cargo rapide Mers-El-Kébir

Grande-Bretagne

-Pétroliers Cherryleaf Appleleaf Celerol Arndale Blue Ranger

-Ravitailleur RFA Bacchus

-Ravitailleur de sous-marins HMS Forth et HMS Medway

-Mouilleur de mines/Transport HMS Latonna

-Cargo rapide Fort Beauharnais

-Navire-hôpital RFA Maine (IV)

Le HMAS Albatross futur HMS Albatross

-Navire-atelier HMS Albatross

Le Conflit (17) Norvège (17)

Après la conquête de la Norvège et du Danemark les allemands vont transformer ces deux paisibles démocraties scandinaves en véritables forteresses en fortifiant les côtes, en aménagéant bases navales et bases aériennes, construisant dépôts et casernes non sans mal car les alliés bombardent les chantiers sans compter l’action de la Résistance qui sabote les chantiers ou vole plans et outillage sans parler des ouvriers norvégiens qui mènent une grève du zèle.

Tout comme la France et la Grande-Bretagne, l’Allemagne va mettre sur pied un programme de guerre mais cette mise en place va être plus tardive puisque le Programm für einen siegreichen Seekrieg (Programme pour une guerre navale victorieuse) est officialisé le 8 février 1949.

Il prévoit la construction de deux porte-avions, de six croiseurs légers, de douze Zerstörer type 48, de huit torpilleurs type 46, de douze sous-marins type XII, de douze sous-marins type XVII, de douze M-Boote, de douze Neue Geleitbotte, de trente-deux vedettes lance-torpilles, de douze R-Boote, de douze navires amphibies (Marine Infanterie Schiff MIS) et de deux pétroliers.

On note l’absence de cuirassés pour la simple et bonne raison que plusieurs unités sont encore en construction mais ni le Moltke ni le Goeben ne seront achevés. Cela n’aurait de toute façon pas changé grand chose si vous voulez mon avis.

Ce programme de guerre va être partiellement réalisé surtout qu’au bout d’un moment les allemands vont privilégier navires légers et surtout sous-marins au détriment des grandes unités de combat.

Schéma du projet original de Kleinen Flugzeugträger. Les Lutzen et Bautzen en sont dérivés

En dépit des avantages, les deux porte-avions prévus ne seront pas achevés faute de temps et de moyens. Evolution du des Lutzen et Bautzen, les Gneisenau et Blücher sont mis sur cale en septembre 1949 et mars 1950 à Kiel mais leur construction ne bénéficie pas d’une grande priorité.

Si le premier est lancé en juin 1951 il ne sera jamais achevé et sera coulé à Kiel par l’aviation alliée, le second n’aura même pas l’honneur d’un lancement même technique, les éléments sur cale étant démantelés en octobre 1951 six mois après l’abandon de la construction.

Après avoir hésité les allemands décident de construire non pas des croiseurs lourds mais des croiseurs légers. Six unités du type Berlin modifié sont ainsi prévues mais seulement trois seront achevées et mises en service, deux unités étant mises sur cale mais jamais lancées et une dernière annulée avant d’être mise sur cale.

Ces croiseurs sont baptisés du nom de villes allemandes en l’occurence les KMS Köningsberg Strasburg Lübeck Stettin Stuttgart et Breslau.

Le KMS Köningsberg mit en service en décembre 1951 opère d’abord en Baltique jusqu’en mars 1953 avant de rallier la mer du Nord. Il est torpillé par le sous-marin français Mayotte le 14 juillet 1953, trois torpilles symboliquement baptisées LIBERTE EGALITE et FRATERNITE avec leurs têtes peintes en bleu blanc et rouge envoyant le croiseur par le fond.

Le KMS Strasburg mis sur cale en septembre 1950 à Brême est détruit sur cale par des bombardiers français le 14 juin 1952 à trois jours du lancement. La légende veut que des pilotes de l’unité venaient d’Alsace et on pris tous les risques pour détruire sur cale le navire portant le nom de la capitale alsacienne.

Le KMS Lübeck est mis en service le 17 mars 1952. Confiné en mer Baltique, il affronte la marine et l’aviation soviétique jusqu’à sa destruction par des bombardiers-torpilleurs soviétiques le 8 août 1953, deux torpilles l’envoyant par le fond.

Le KMS Stettin est mis en service le 8 octobre 1952, ralliant la mer du Nord pour renforcer les défenses de la Norvège alors que la pression alliée ne cesse de s’accentuer. Il mène plusieurs raids contre des convois alliés et contre des sorties des escadres alliées. Endommagé à plusieurs reprises il succombe sous les coups de l’aviation embarquée britannique à la veille de BOREALIS le 10 octobre 1953.

Le KMS Stuttgart mis sur cale en août 1953 voit sa construction stoppée en janvier 1954 alors que les travaux avaient peu avancé. C’est mieux que le Breslau qui lui ne sera jamais mis sur cale.

En septembre 1948 huit Zerstörer étaient en construction et donc ne peuvent participer à la Campagne de Norvège (1948). Si certains sont en achèvement à flot (Z.53 Z.54 Z.55 Z.56) les autres sont encore sur cale (Z.57 Z.58 Z.59 Z.60).

Les quatre premiers sont mis en service respectivement en avril 1949, juillet 1949, septembre et octobre 1949.

Les quatre derniers encore sur cale vont être mis en service au printemps 1950 avec plusieurs semaines de retard.

Ces huit destroyers vont former deux nouvelles divisions, les 17. et 18. Z-Division, la première composée des Z.53/55/57 et 59 opérant en Baltique alors que la seconde composée des Z.54/56/58 et 60 opère en mer du Nord depuis la Norvège.

Comme leurs homologues alliés ils vont à la fois escorter de grandes unités remplaçant leurs confrères coulés mais aussi mener des missions d’escorte de convois et des raids contre des navires isolés d’un convoi en liaison avec les sous-marins, l’aviation et d’autres unités de surface.

Sur ces quatre destroyers déployés en Norvège aux côtés d’autres unités (voir ci-après) trois sont coulés, le Z.54 victime de destroyers britanniques le 14 janvier 1952 (deux torpilles, une vingtaine d’obus de 114 et de 120mm), le Z.56 qui saute sur une mine allemande le 8 décembre 1952 et enfin le Z.58 qui est victime de l’aviation embarquée française le 10 octobre 1953 lors de l’opération BOREALIS.

Le Z.60 lui va survivre au conflit. Saisi dans le port d’Oslo par les norvégiens il est cependant en très mauvais état. Après avoir étudié sa remise en service la marine royale norvégienne préfère l’envoyer à la ferraille.

Dans le cadre du programme de guerre, d’autres destroyers pardon d’autres Zerstörer sont commandés, des Zerstörer type 48 qui sont une évolution du type 42.

Douze unités baptisées Z.61 à Z.72 sont ainsi prévues et seront toutes achevées non sans mal en raison de difficultés d’approvisionnement, de querelles entre décideurs et accessoirement des bombardements aériens alliés sur les chantiers de construction. Voilà pourquoi le projet de construire seize nouveaux destroyers sera abandonné à l’automne 1952.

Le Z.61 et le Z.62 sont mis en service en mai 1950, les Z.63 et Z.64 en août 1950, les Z.65 et Z.66 en mars 1951, les Z.67 et Z.68 en août 1951, les Z.69 et Z.70 en mars 1952, les Z.71 et Z.72 en janvier 1953.

Ces douze Zerstörer forment trois nouvelles divisions, des divisions numérotées 19. Z-Division, 20. Z-Division et 21. Z-Division. Si la 21ème division (Z.61/Z.63/65/67) reste en mer Baltique, les autres type 48 sont envoyés en Norvège, la 19ème division étant composée des Z.62/Z.64/Z.66/Z.68 et la 20ème des Z.69/Z.70/Z.71/Z.72.

Sur les huit Zerstörer déployés en Norvège, six sont coulés et deux ayant survécu (Z.62 et Z.72). Les autres ont été victimes de l’aviation (Z.64, Z.66, Z.68, Z.70), de sous-marins (Z.69), des mines (Z.71).

Le Z.62 est capturé à Trondheim par les américains après BOREALIS. Il est évalué par l’US Navy avant d’être coulé comme cible à l’été 1955. Le Z.72 capturé à Bergen également par les américains était en très mauvais état (un marin américain dira que son maintien à flot tenait du miracle) et est remorqué en haute-mer et coulé comme cible en février 1954.

Aux côtés des destroyers on trouve également des torpilleurs. En septembre 1948 des torpilleurs type 46 sont en construction en attendant la commande de nouvelles unités dans le cadre du programme de guerre.

Huit torpilleurs sont à différents stades de construction quand le second conflit mondial éclate, Le T.45 et le T.46 sont en phase d’essais, les T.47 et T.48 sont en achèvement à flot, les T.49, T.50, les T.51 et T.52 sont encore sur cale.

Les T.45 et T.46 mis en service à la mi-octobre retrouvent les T.43 et T.44 (type 43) et forment la 10. Torpedobooteflottille, flottille qui va être engagée en mer du Nord au cours de la Campagne de Norvège notamment pour escorter des convois et assurer le contrôle de la bande littoral contre les unités légères alliées.

Les T.47 et T.48 sont mis en service en février 1949, les T.49 et T.50 lancés en mars 1949 et mis en service en octobre 1949 forment la 11. Torpedobooteflottille déployée en mer Baltique.

Les T.51 et T.52 sont mis en service en janvier 1950 et vont permettre l’activation de la 12. Torpedobooteflottille qui va être renforcée par les deux premiers type 46 du programme de guerre, les T.53 et T.54 mis en service en octobre 1950. Cette flottille va rallier également la mer du Nord pour combattre dans les eaux norvégiennes.

Les six derniers type 46 (T.55 T.56 T.57 T.58 T.59 T.60) mis en service respectivement en janvier 1951, mars 1951, juin 1951, août 1951, septembre 1951 et janvier 1952 forment une 13. Torpedobooteflottille qui va opérer en mer Baltique contre la marine soviétique.

Sur les huit torpilleurs engagés en mer du Nord, six sont perdus sous les coups des sous-marins alliés (T.43 T.44), des mines (T.45 T.46) et lors d’affrontements de surface (T.51 T.54), le T.52 est capturé par les danois à Aalborg (démoli sans être remis en service) et le T.53 capturé par les français coule lors de son remorquage en direction de la France en janvier 1954 suite visiblement à un sabotage (une enquête ne permettra pas de trouver le responsable).

Naturellement des sous-marins supplémentaires vont être commandés pour renforcer les moyens de l’U-Bootwaffe.

Schéma simplifié des Rolland Morillot. Les type XII sont semblables.

Quand la guerre éclate en septembre 1948 un certain nombre de U-Boot sont en construction dans les chantiers navals allemands. Deux types ont été choisis : le type XII comparable à nos Rolland Morillot et le type XVII comparable à nos Aurore/Phenix.

Sur les douze sous-marins type XII (U-193 à U-204) commandés en septembre 1942, les six premiers (U-193 à U-198) sont sur le point d’entamer leurs essais à la mer ou d’entrer en service. Les six autres sont encore en construction (U-199 à U-204) plus précisément en achèvement à flot leur mise en service ne pouvant avoir lieu avant le printemps ou l’été 1949.

-Sur les douze sous-marins type XVII commandés en janvier 1946 (U-205 à U-216), les six premiers sont sur le point d’entrer en service, les six autres sont encore en construction (trois sur cale et trois en achèvement à flot).

Ces sous-marins vont permettre l’activation de nouvelles flottilles de sous-marins à raison de six U-Boot par flottille. Comme avant guerre les flottilles en mer Baltique portent des numéros pair et celles déployées en mer du Nord des numéros impairs.

C’est ainsi que les U-193/U-194/U-195/U-196/U-197/U-198 mis en service respectivement en janvier (U-193 et U-195), février (U-194 et U-198) et mars 1949 (U-196 et U-197) sont regroupés au sein de la 29. U-Flottille stationnée à Heligoland pour opérer d’abord en mer du Nord puis dans l’Atlantique après un long et périlleux contournement des îles britanniques.

Les six autres unités (U-199/U-200/U-201/U-202/U-203/U-204) mis en service en septembre (U-199 et U-204), octobre (U-200 et U-201) et décembre 1949 (U-202 et U-203) vont former la 31. U-Flottille stationnée à Wesermunde pour opérer elle aussi en mer du Nord et secondairement dans l’Atlantique voir à l’entrée de la Manche notamment durant la Campagne de France alors que le barrage de mines est loin d’être en place et a fortiori étanche.

En ce qui concerne les douze sous-marins type XVII (U-205 et U-216), les six premiers mis en service en mars (U-205/U-207/U-209) et mai 1949 (U-206/U-208/U-210) vont former la 16. U-Flottille qui comme son nom l’indique va être déployée en mer Baltique pour faire face à la marine soviétique.

Les six autres étaient encore en construction. Le U-211 en achèvement à flot et mis en service en janvier 1950 suivit en février par le U-212 puis en mars par le U-213. Le U-214 est mis en service en juillet 1950 suivit en août par le U-215 et en septembre par le U-216. Ces trois derniers vont former la 3 3. U-Flottille déployée dès son activation en Norvège depuis la base sous-marine de Trondheim.

Dans le cadre du programme de guerre, douze type XII et douze type XVII supplémentaires sont commandés, des sous-marins baptisés U-217 à U-228 et U-229 à U-240 respectivement.

Ces sous-marins vont être mis sur cale à l’été 1949, la construction de sous-marins devenant peu à peu prioritaire pour la Kriegsmarine qui mettait en sourdine ses rêves de grandeur (abandon de la construction de cuirassés et de porte-avions, priorité moindre à la construction de croiseurs et de Zerstörer) au profit d’ambitions moindres.

En clair à la fin du conflit la marine allemande construisait des sous-marins et des unités légères de combat.

La construction des type XVII est effectuée avec plus de célérité et ces submersibles côtiers sont mis en service à l’automne 1950 et à l’hiver 1950/51 ne créant pas de nouvelles unités mais intégrant les U-Flottilles existantes.

Les type XII sont construits en parallèle mais leur mise en service à lieu au printemps 1951 là encore au sein d’unités existantes pour remplacer les U-Boot perdus par accident ou sous les coups de l’ennemi.

Les commandes vont ensuite se multiplier aboutissant au final à la construction de quatre-vingt douze type XII et de cent-vingt huit type XVII. D’autres sont surpris sur cale et ne seront jamais achevés, ces sous-marins étant immatriculés U-437 à U-499.

Quelques exemplaires seront capturés par les soviétiques, les français, les britanniques et les américains, certains remis en service moins comme sous-marins opérationnels que comme sous-marins d’essais mais ceci est une autre histoire.

Des navires légers et des navires de soutien vont également être construits. Les besoins allemands sont néanmoins différents des besoins alliés notamment dans les tâches d’escorte qui sont moins ardues que pour les alliés.

Voilà pourquoi le programme de guerre ne prévoir initialement que douze M-Boot (de grands dragueurs de mines également utilisables comme patrouilleurs et escorteurs), douze Neue Geleitbotte (ce qui se rapproche le plus des escorteurs utilisés par les alliés), de trente-deux S-Boote, de douze R-Boote, de douze Marine Infanterie Schift (MIS), de deux pétroliers mais aussi quatre ravitailleurs et deux navires-ateliers (ces deux dernières catégories concernaient des navires mis sur cale avant le début du conflit).

Le Geleitboote KMS F-9. Les Neue Geleitboote en sont dérivés

Les douze Neue Geleitboote bénéficient d’une grande priorité aussi haute que celle des sous-marins puisque les navires sont mis sur cale dès le mois de novembre 1948 pour les premières unités. Ce sont des navires d’une conception simple pour que la construction soit la plus rapide possible.

Voilà pourquoi ces douze unités que l’ont peut comparer aux River britanniques sont mis en service à l’automne 1949 pour les premières (G.25/G.26/G.28/G.29/G.31/G34) et au printemps 1950 pour les dernières (G.27/G.30/G.32/G.33/G.35/G.36).

Ces unités donnant toute satisfaction vingt-quatre nouvelles unités sont commandées mais pour différentes raisons seulement huit navires seront achevés avant la fin du conflit (G.37/G.38/G.39/G.42/G.43/G.47/G.49 et G.55), les autres étant soient annulées avant la construction pour des raisons industrielles (G.40/G.41/G.44/G.45/G.46/G.48) abandonnées après la commande des matériaux mais avant la mise sur cale (G.49/G.51/G.53/G.59) ou abandonnées après avoir été mises sur cale (G.50/G.52/G.54/G.56/G.57/G.58).

Les pertes vont être très lourdes. Sur les vingt navires construits et utilisés aussi bien en mer Baltique qu’en mer du Nord, seulement quatre vont survivre en l’occurrence les G.25 et G.26 capturés à Brème par les britanniques (ramenés au pays ces navires seront étudiés puis coulés comme cibles).

Le G.39 est capturé à Oslo par les norvégiens, remis en servir comme patrouilleur des pêches sous le nom de Frihet (liberté) jusqu’en 1975 quand il est coule dans une tempête. Le G.55 capturé en Pologne par les soviétiques est utilisé comme auxiliaire puis démoli en septembre 1958.

Les autres navires ont été victimes de l’aviation (G.27, G.28, G.35, G.36, G.47, G.49), de sous-marins (G.29, G.30), de mines (G.31, G.33) et de navires de surface (G.32, G.34, G.37, G.38, G.42 et G.43).

S-Boote en mer

Les trente-deux vedettes lance-torpilles (S.86 à S.117) sont toutes construites. D’autres unités sont ultérieurement commandées portant le total des vedettes lance-torpilles construites à cent-vingt quatre.

Sur ce total quatre-vingt seize ont été détruites ne laissant que vingt-quatre exemplaires qui sont pour beaucoup en trop mauvais état pour être réutilisées.

Les norvégiens ont capturé quatre vedettes réutilisées brièvement après guerre pour le déminage sous la désignation de O-1 à O-4 (O = Omtalt = vedette) avant d’être envoyés à la casse en 1960/61.

Les danois ont capturé quatre à Copenhague mais elles étaient dans un tel état de décrépitude qu’elles ont été immédiatement envoyées à la casse.

Les britanniques ont capturé cinq, les américains quatre et les français cinq mais toutes ont été envoyées à la casse là encore pour un état de décrépitude avancée.

R-Boote

En revanche le nombre de Raum-Boote construit sera plus faible. En effet aux douze navires immatriculés R.49 à R.60 et mis en service dès la fin 1949, il n’y aura que quarante-huit navires supplémentaires portant le total à soixante.

A la fin du conflit, les norvégiens ont capturé les R.50 et R.72 utilisés sous la désignation de O-5 et O-6 pour différentes travaux de remise en état des ports. Les danois ont capturé deux navires qui n’ont pas été réutilisés. D’autres navires ont été capturés dans les ports allemands et néerlandais par les alliés mais ils n’ont pas été non plus réutilisés.

Les douze M-Boot du programme de guerre (M-61 à M-72) sont mis en service à l’été 1950 et si quatre d’entre-eux vont rester en Baltique (M-61/62/64/65), les huit autres vont rallier la Mer du Nord et la Norvège (M-63/66/67/68/69/70/71/72). Ils seront suivis par trente-six autres exemplaires (M-73 à M-108) mis en service entre l’automne 1950 et le printemps 1953.

Sur les huit dragueurs de mines ayant rallié la mer du Nord, six sont perdus que ce soit sous les coups de l’aviation (M-63 M-70 et M-72) ou de mines (M-66 M-67 et M-71). Deux survivent (M-68 et M-69), navires remis en service respectivement dans la marine danoise et dans la marine norvégienne comme dragueur de mines jusqu’à leur désarmement survenu en 1967 et 1969 respectivement.

Des navires de soutien sont également prévus comme nous l’avons vu que ce soit quatre ravitailleurs type Siegfried, deux pétroliers type Dithmarschen, deux navires-ateliers et douze MarineInfanterieSchiff (MIS).

Au final seulement deux ravitailleurs seront achevés (Siegfried Thor) aux côtés d’un pétrolier type Dithmarschen (Ostmark), d’un navire-atelier (Loki) et de douze MarineInfanterieSchiff.

Si le Siegfried à été coulé par le sous-marin Casabianca en mer du Nord le 27 août 1951, le Thor à été capturé par les soviétiques à Dantzig. Sabordé en eau peu profondes il peut être relevé, réparé et remis en service au profit des sous-marins de la Flotte de la Baltique jusqu’à son désarmement dans les années soixante-dix.

L’Ostmark est capturé par les français à Brème après parait-il coups bas et coups fourés avec des marins britanniques est remis en service dans la marine française sous le nom de Durance inspirant la future génération de pétroliers-ravitailleurs de la marine nationale. Il est désarmé en 1977 et coulé comme cible lors de manœuvres communes impliquant les Escadres de l’Atlantique et de la Méditerranée en juin 1980.

Le navire-atelier Loki capturé sabordé à Kiel par les britanniques est relevé et sommairement remis en état pour être totalement transformé en Grande-Bretagne en navire-atelier de nouvelle génération mais ce projet étonnant ne vit jamais le jour car le navire sombra dans les détroits danois lors de son remorquage.

Sur les douze MarineInfanterieSchiff (MIS) construits, huit ont été détruits (MIS-1/2/4/7/8/9/10/11), quatre capturés (deux par les américains _MIS-3 et 5_ deux par les britanniques _MIS-6 et 12_).

Le Conflit (10) Norvège (10)

Et sur terre ? Bah pardi oui !

Quoi qu’en dise les marins et les aviateurs il est évident que la décision ne peut se faire qu’à terre ce qui obère un peu plus les partisans d’une solution aérienne et navale pour empêcher les allemands d’envahir et d’occuper la Norvège.

Bien que des signaux avant-coureurs aient pu être remontés il était difficile pour les alliés de préparer très en amont un corps expéditionnaire car cela pouvait donner des armes à la propagande allemande et crédibiliser la fadaise d’une intervention de Berlin pour protéger la neutralité danoise et norvégienne.

Au grand dam du «Général Tornade» les alliés ne pouvaient être que dans la réaction en espérant débarquer rapidement et surtout avant que l’armée norvégienne ne s’effondre totalement.

Les allemands n’ont pas les pudeurs des alliés et peuvent débarquer quand et où ils veulent. Les navires de charge sont chargés dès le 2 septembre et les premiers appareillent dans la discrétion la plus totale dès le 3.

Les navires de guerre appareillent par petits groupes dans le silence radio le plus complet prenant des directions divergentes dans l’espoir de confondre les alliés. Ces derniers se perdent en conjoncture : opération contre les îles britanniques ? La Scandinavie ? Manœuvres à grande échelle ? Guerre de course dans l’Atlantique ?

Ce n’est que le 5 septembre 1948 que les premiers bombardements aériens allemands sur les villes danoises et norvégiennes font dire aux alliés que la grande bagarre à enfin commencé.

Comme nous l’avons vu à propos des combats aériens, la Luftwaffe à lancé de gros moyens sur la Norvège et le Danemark dans l’espoir de détruire au sol toute opposition aérienne car il est évident qu’un avion au sol est plus facile à détruire qu’un avion en vol.

A ces frappes aériennes vont bientôt s’ajouter le bombardement des cuirassés et des croiseurs pour tenter de neutraliser les batteries côtières norvégiennes, des installations longtemps obsolètes mais qui avaient été sérieusement modernisées et augmentées durant la Pax Armada.

Comme pour les frappes aériennes les frappes navales n’auront qu’un impact médiocre en raison d’un manque de renseignements et surtout d’un temps excécrable.

Le plan allemand est simple comme bonjour. Au Danemark la frontière et son Nye Dannevirke doit être forcé puis les éléments motorisés doivent foncer en direction des différentes villes danoises, un assaut direct sur Copenhague devant faire s’effondrer la résistance danoise surtout si le roi et le gouvernement sont capturés.

En Norvège c’est plus compliqué et plus délicat avec non seulement une géographie très contraignante mais surtout la menace navale franco-britannique. Des groupes occasionnels doivent débarquer dans différents ports, les sécuriser et faire «tâches d’huile» pour pouvoir à terme contrôler tout le pays.

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Panzer IV

L’invasion allemande du Danemark commence le même jour que la Norvège. Le plan est simple, basique. La 4ème division d’infanterie doit attaquer le Nye Dannevirke pour ouvrir le passage au Panzer Kampfgruppe Danmark qui doit foncer vers les différentes villes danoises. De son côté la 8ème division doit lancer un assaut frontal sur la capitale danoise.

A l’aube en ce cinquième jour de septembre, l’artillerie allemande matraque les fortifications frontalières pendant que l’aviation allemande se jette sur les aérodromes, les ponts et les grandes villes dans l’espoir de terroriser les populations civiles et de démoraliser les soldats, bref favoriser une avancée la plus rapide possible.

Comme nous allons le voir les combats vont durer bien plus longtemps que prévus, les allemands tablant sur quelques heures de résistance et non cinq jours ce qui constitue une véritable performance pour une armée qui n’avait pas connu le feu depuis 1864 !

Il semble que ce fait d’arme ait permis au gouvernement danois en exil d’obtenir la reconstitution d’une armée danoise et surtout son engagement dans de futures opérations qu’elles concernent directement ou non le territoire danois.

Soldats danois à l’exercice

Le premier obstacle sur la route des allemands est le Nye Dannevirke ainsi rebaptisé en référence au Dannevirke dont la chute en 1864 avait traumatisé le Danemark lors de la guerre des duchés.

Cette ligne fortifiée qui s’étend d’un bout à l’autre de la frontière dano-allemande (68km) est comparable à notre ligne CEZF ou à notre ligne Doumer à savoir une ligne de blockhaus de campagne disposant de mitrailleuses et de canons antichars.

Ils sont reliés entre-eux par des tranchées non couvertes, protégés par des dents de dragon, des mines et des barbelés.

En arrière on trouve des abris pour l’infanterie, des postes des commandement, une route pour amener des renforts et bien entendu des casernements pour la Force de Défense composée de quatre bataillons.

Avec cette ligne les danois espèrent tenir deux jours le temps de mobiliser le reste de l’armée et offrir la résistance la plus pugnace possible aux allemands.

Hélas pour les danois malgré un courage indéniable la ligne fortifiée danoise cède dès le 5 septembre au soir. Certes il faudra encore deux jours pour nettoyer des poches de résistance mais elles ne représentent tout au plus qu’une nuisance.

28cm K5. Une pièce de ce type à donné de la voix contre la Nye Dannevirke

Il faut dire qu’après une première attaque repoussée les allemands ont fait donner de l’artillerie lourde, des pièces sur voie ferrée de 280mm et même l’aviation. Avec un tel traitement une ligne fortifiée même bien construite résiste difficilement enfin le plus souvent.

La journée de résistance à néanmoins permis à une bonne partie de l’armée danoise de se replier, armée qui à de plus remporté une victoire en repoussant une tentative d’assaut direct sur Copenhague par des éléments de la Kriegsmarine et de la 8ème division d’infanterie. Ce n’est cependant que partie remise.

Les éléments résiduels de la Force de Défense parviennent à se replier tant bien que mal pour s’amalgamer avec les éléments de la Division du Jutland composée du 14ème bataillon antiaérien, du 2ème bataillon du génie, de quatre régiments d’infanterie (2ème, 3ème, 7ème RI et régiment des pionniers d’infanterie), un régiment de cavalerie (régiment des Dragons du Jutland) et un régiment d’artillerie (3ème régiment d’artillerie) sans compter un régiment de canons de 155mm et un régiment de canons de 105mm issus d’une réserve stratégique.

En dépit de leur courage et de leur motivation les soldats danois sont particulièrement démunis vis à vis notamment de l’aviation et des chars, leur utilisation conjointe empêchant les troupes danoises de fixer notamment les unités de la 4ème division d’infanterie.

Pour ne rien arranger la plaine du Jutland est un véritable «billard à char» pour le PanzerKampfGruppe Danmark.

Les soldats danois vont cependant parvenir à résister jusqu’au 7 septembre, permettant notamment au roi et au gouvernement danois de s’enfuir en Grande-Bretagne et d’alimenter la résistance qui se manifesta dès les premiers jours de l’occupation allemande d’abord de façon passive par une inertie complète aux ordres et aux demandes allemandes avant de passer en mode actif avec également des représailles de plus en plus sanglantes.

Des troupes parviennent à évacuer mais un certain nombre seront faits prisonniers. Rapidement libérés au nom de la «solidarité aryenne» ils choisiront des chemins souvent différents : rallier l’armée danoise en exil ou servir le gouvernement collaborateur danois, les plus motivés se retrouvant au sein du Freikorps Danmark, une unité d’infanterie qui allait s’illustrer positivement et négativement sur le front russe.

Le 8 septembre 1948 les troupes allemandes venues du Jutland et du Sjaelland font leur jonction à Randers occupant ainsi 90% du territoire danois.

Le 9 septembre 1948 à l’aube un groupement occasionnel (Kampfrgruppe) fournit par la 3. Fliegerdivision est largué dans la région d’Aalborg dans l’espoir de surprendre le gouvernement danois et le roi. Hélas pour les Fallschirmjäger et heureusement pour l’avenir de la résistance danoise, Frédéric IX et son gouvernement sont déjà en Grande-Bretagne.

Cette dernière attaque est le coup de grâce pour l’armée danoise qui après quatre jours d’une héroïque résistance capitule à 13.00. Elle à perdu 1500 hommes (tués) et 12500 faits prisonniers, d’autres ralliant la Grande-Bretagne pour créer une nouvelle armée danoise.

Le gros de l’opération WESERÜBUNG va donc concerner la Norvège ce qui au final quand on y réfléchit bien est tout de même logique.

Logiquement les allemands vont engager le gros de leurs moyens à l’extrême nord (Narvik) et à l’extrême sud (Bergen) histoire de prendre en tenaille le dispositif norvégien et allié. Plus facile à dire qu’à faire car la géographie ne facilite pas vraiment l’assaillant mais n’est pas un avantage décisif pour le défenseur. Cela explique pourquoi les alliés ont longtemps hésité à engager une offensive majeure en Scandinavie.

2cm Flak 38 en position terrestre lors de manœuvres en 1943

A Bergen c’est la Force A qui va ferrailler avec les norvégiens. Elle comprend deux divisions d’infanterie (163.ID et 181.ID), un bataillon de Panzer III de la 1. Panzerdivision, un bataillon de Panzer IV de la 5. Panzerdivision, une batterie antiaérienne de 20mm et une batterie de 37mm.

En dépit du fait que la «Deutsche MarMar» soit totalement mobilisée pour cette opération car le trafic était forcément interrompu par la guerre il était impossible d’envoyer tous les moyens en une seule vague.

Cela pourrait même être dangereux car avec des ports endommagés et/ou embouteillés, des ports pas toujours bien équipés cela offrait des cibles de choix à un bombardement aérien et à un bombardement naval.

La première vague de la Force A appelée aussi de manière officieuse Kampfgruppe Bergen (Kpfg. Bergen) comprend deux régiments d’infanterie (un de la 163ème et un autre de la 181ème), les deux batteries antiaériennes, une partie de l’artillerie et un détachement de Panzer III.

Panzer III à canon de 50mm

La deuxième vague comprend deux régiments d’infanterie (un de la 163ème DI et un autre de la 181ème DI), une partie de l’artillerie et le reste du bataillon de Panzer III.

Enfin la troisième vague comprend les deux derniers régiments d’infanterie, le reliquat de l’artillerie et le bataillon de Panzer IV.

Ca c’est sur le papier car l’aviation alliée et des sous-marins ont prélevé des navires de charge, le groupe de combat de Bergen perdant une partie des moyens alloués ce que normalement tout planificateur censé doit prévoir.

Les bombardements aériens ont lieu dès 04.45 suivis à partir de 06.45 par le bombardement naval destiné à neutraliser les batteries côtières qui défendent Bergen.

Me-109T

La force navale éployé au large de Bergen comprend notamment le porte-avions léger KMS Bautzen (32 appareils _18 Messerchmitt Me-109T 6 Junkers Ju-87C et huit Fieseler Fi169) qui va couvrir la mise à terre des troupes, les Ju-87C se chargeant de l’appui-feu alors que le Fi-169 assuraient la surveillance du secteur et des patrouilles anti-sous-marines.

Le cuirassé Bismarck

Il est accompagné par le cuirassé Bismarck, le croiseur lourd Admiral Reuter, le croiseur léger Dantzig et de six destroyers les Z.8 Bruno Heinemann et Z.9 Wolfang Zenker (escorte rapprochée du Bismarck) Z.12 Erich Giese et Z.19 Hermann Kühne (protection rapprochée des navires de transport d’assaut) Z.35 et Z.36 (escorte rapprochée du porte-avions Bautzen).

Le cuirassé Bismarck ouvre le feu avec ses canons de 380mm mais le gros du tir est assuré par les deux croiseurs, les allemands craignant d’être surpris par la flotte alliée dont ils savent l’approche non pas imminente mais proche.

Carte simplifiée de l’opération Weserubung

La défense du sud de la Norvège est assurée par les 1ère et 2ème divisions norvégiennes. Si la 2ème va rester opérationnelle jusqu’au bout, la 1ère perd une bonne partie de sa capacité de combat dès le premier jour en perdant son principal stock de munitions.

Les norvégiens vont cependant résister plusieurs jours en espérant voir arriver les alliés. C’est ainsi que les troupes norvégiennes retranchées dans le Telemark et qui bloquaient clairement l’avancée allemande vont résister jusqu’au 19 septembre 1948 même si il semble que les allemands n’ont pas fait tout ce qu’il fallait pour les neutraliser estimant non sans raison qu’ils représentaient davantage une nuisance qu’une menace.

De toute façon avec le contrôle d’Oslo et de Bergen les allemands ont fait plus que mettre le pied dans la porte et sécurisent le contrôle des détroits danois ce qui était l’un des objectifs de l’opération WESERÜBUNG.

De son côté la 2ème division va longtemps bloquer l’avance allemande vers le nord depuis Oslo. Ce n’est que le 15 septembre 1948 qu’une nouvelle offensive permettra aux allemands d’enfin neutraliser la division norvégienne, 2500 soldats parvenant à se faire interner en Suède, la majorité rejoignant la Grande-Bretagne pour reprendre la lutte au sein des unités norvégiennes reconstituées.

Je sais je sais tout le monde connait ce dessin mais je ne m’en lasse pas de le montrer encore et toujours

La 3ème division norvégienne déployée au nord de Bergen est l’une des mieux préparées de l’armée norvégienne, son commandant ayant pris l’initiative de mobiliser dès le 4 septembre 1948 ce qui lui valu les remontrances de ses supérieurs, remontrances vite oubliées quand la guerre débute.

La division va choisir de se replier sur le nord pour empêcher les allemands de sortir de Trondheim, une décision qui sera mal vécue à l’époque mais qui se révélera censée car les franco-polonais débarquant à Namsos la 3ème division norvégienne pourra lui tendre la main.

La Force B va débarquer à Kristiansand. Elle comprend une division d’infanterie la 169.ID, un bataillon de Panzer III fourni par la 1. PzD, une batterie de canons de 105mm fournit par l’équivalent allemand de la Réserve Générale, une batterie antichar disposant de canons de 50mm et une batterie antiaérienne disposant de canons de 20mm.

La première vague comprend un régiment d’infanterie et la batterie antichar, un régiment d’infanterie accompagné par les canons de 50mm antichars devant se retrancher dans la ville pour couvrir le débarquement du reste des unités. A noter que le troisième régiment d’infanterie est conservé en Allemagne comme une sorte de réserve stratégique.

Le croiseur léger KMS Karlsruhe

Les transports de la force B sont éclairés/escortés/appuyés par la Kriegsmarine en l’occurrence trois croiseurs légers Karlsruhe Köln Leipzig et des torpilleurs pour la protection ASM en l’occurrence deux torpilleurs type 35 (T.5 T.6) et type 39 (T.22 T.24).

Les croiseurs légers vont neutraliser les batteries côtières et couvrir le débarquement par un tir de barrage qui empêche les norvégiens si vraiment ils en avaient la capacité de rejeter les allemands à la mer.

La Force C doit débarquer à Trondheim qui à terme va devenir la principale base navale allemande en Norvège. Elle comprend une division d’infanterie (196.ID), un régiment d’infanterie de montagne de la 3. Gebirgsdivision, un bataillon de chars équipés de Panzer III à canon de 50mm (fournit par la 5. PzD) et un bataillon parachutiste de la 3. Fliegerdivision qui finalement sera largué dans la banlieue d’Oslo dans l’espoir de capturer le roi et le gouvernement.

KMS Leberecht Maas (Z-1)

Le Kampfgruppe Trondheim est couvert et appuyé par des moyens navals importants avec le cuirassé Hidenburg, le porte-avions Graf Zeppelin (52 appareils _vingt-quatre Focke-Wulf Fw-195, douze Fieseler Fi-167 et seize Junkers Ju-87C_), le croiseur lourd Tegetthoff, le croiseur léger Hamburg et six destroyers en l’occurence les KMS Z.1 Leberecht Maas Z.2 Georg Thiel (escorte rapprochée du Graf Zeppelin), Z.5 Paul Jacobi Z.6 Theodor Riedel Z.7 Heinan Schoemann et Z.20 Karl Gaster (escorte rapprochée du cuirassé Hidenburg). A cela s’ajoute trois torpilleurs, les T.26 T.19 et T.21.

Après les bombardements de la Luftwaffe, les avions du Graf Zeppelin décollent, les Fw-195 vont assurer la couverture aérienne pendant que les Ju-87C assurent l’appui-feu, les Fi-167 assurant la surveillance de zone et des patrouilles ASM.

L’Hidenburg tire plusieurs salves d’obus de 16 pouces mais très vite cesse son tir pour conserver suffisamment d’obus en cas de rencontre de surface. Nul doute que les marins du Lorraine auraient préféré que le cuirassé type H lâche plus d’obus sur les côtes norvégiennes.

Le Tegetthoff tire plus longtemps tout comme le Hamburg ce qui est un paradoxe pour ce dernier puisque le KMS Hamburg était un croiseur léger antiaérien. Les destroyers protègent le porte-avions et le cuirassé mais peuvent se tenir prêts à mener d’autres missions.

La Force D doit débarquer à Bodo et dans les Lofoten. Elle comprend un régiment de la 5. Leichte Division et pour l’assaut sur Bodo un régiment de la 3. Gebirgsdivision et un détachement motorisé comparable à un GRDI.

KMS Z.33

Le débarquement sur Bodo est couvert par le porte-avions léger Lutzen (dix-huit Messerchmitt Me-109T, six Junkers Ju-87C et huit Fieseler Fi-169), les croiseurs légers KMS Frankfurt am Main et Magdeburg ainsi que les destroyers Z.33 et Z.34 qui protègent le porte-avions léger.

Insigne de la 2ème division de montagne

La Force E/Kampfgruppe Narvik comprend deux divisions d’infanterie (214.ID et 2. Gebirgsdivision), un bataillon de Panzer III à canon de 50mm fournit par la 1. Panzerdivision et une compagnie de Fallschirmjäger fournit par la 3. Fliegerdivision.

Là encore trois vagues doivent conduire les troupes jusqu’à Narvik, la première vague prévoyant trois régiments d’infanterie (deux de la 214ème et un de la 2ème division de montagne), une compagnie de chars et des unités d’artillerie de la 214.ID.

La deuxième comprend le troisième régiment de la 214ème division et des éléments d’appui et de soutien de la 214.ID et de la 2ème division de montagne.

La troisième vague comprend le deuxième régiment de la 2ème division de montagne, le reliquat du bataillon de chars et différents éléments d’appui et de soutien.

La compagnie de parachutiste doit être larguée dès que possible pour obtenir une surprise stratégique.

Ce groupe occasionnel comprend curieusement pas de porte-avions mais une solide protection de surface avec deux cuirassés (Von der Tann Derfflinger), deux croiseurs de bataille (Oldenburg Nassau), le croiseur lourd Blücher et les destroyers pardon les Zerstörer Z.25 et Z.26 (escorte du croiseur de bataille Oldenbourg), Z.31 et Z.32 (escorte du croiseur de bataille Nassau), Z.39 et Z.40 (escorte du Von der Tann) Z.41 et Z.42 (escorte du Derfflinger)

Dès que les premières bombes allemandes tombent sur les villes de Norvège, le général Villeneuve n’attendant pas l’ordre du politique (ce qui en d’autres temps aurait terrorisé le personnel politique de la Troisième République) ordonne aux troupes prévues de faire mouvement vers les ports d’embarquement.

Les troupes du CEFAN vont embarquer sur des navires réquisitionnés dès le 1er septembre 1948 tant la guerre semblait imminente. L’utilisation de navires de guerre à été envisagée mais la marine nationale à décliné estimant que cela ferait d’un bon navire de guerre un mauvais navire de transport et un très mauvais navire de guerre.

Les britanniques vont aussi réagir rapidement et en attendant l’engagement des troupes au sol, unités aériennes et navales vont se montrer agressives pour faire comprendre aux allemands qu’ils ne faudrait pas trop prendre leurs aises.

Les français et les polonais prennent la décision de débarquer à Namsos pendant que les britanniques décident de débarquer à Tromso.

Les premières troupes mises à terre sont logiquement des unités britanniques dès le 7 septembre 1948 suivies le surlendemain 9 septembre par les premières unités franco-polonaises.

Les combats sont immédiatement violents. Les norvégiens galvanisés par l’engagement de troupes alliées sont bien décidées à faire de la Norvège le tombeau de la soldatesque teutonne. Bien entendu cela va rester un vœux pieux car l’écart est trop grand sur les plans qualitatifs et quantitatifs.

Dans l’ensemble les débarquements se passent bien mais comme toujours il y à des exceptions ou du moins une en l’occurrence Bodo où les allemands sévèrement matraqués par les norvégiens et les alliés ne peuvent se maintenir.

Même à Narvik la situation va vite dégénérer moins en raison du manque de troupes que de la timidité et la décision du commandant allemand il est vrai mis sous pression par les alliés et par des ordres contradictoires.

Les allemands arrêtent les frais à Bodo dès le 10 septembre, les survivants évacuent et sont envoyés à Trondheim. Dès le lendemain les britanniques envoient une partie de leurs forces.

Le 20 septembre 1948 les alliés ou plutôt les britanniques (mais quelques unités françaises sont intégrés plus pour des raisons politiques que militaires) s’emparent de Narvik.

Le 5 octobre 1948 le port de Namsos tombe aux mains des allemands. La ville est dévastée, le port totalement bloqué par les destructions volontaires des alliés et le plus souvent par les destructions menés par les allemands.

Les alliés sont repliés sur le nord s’appuyant sur les ports de Bodo, de Tromso et de Narvik. Il est décidé de résister le plus longtemps possible pour augmenter la note du boucher et pour évacuer le plus de possible de norvégiens et de norvégiennes souhaitant continuer la lutte.

Le 11 octobre 1948 la Task Force Vimy débarque à Bodo entre deux alertes aériennes malgré l’effort considérable des unités de chasse alliées qu’elles soient basées à terre et embarquées.

La Task Force Vimy kesako ? C’est tout simplement l’élément précurseur de la 2ème division canadienne disposant de 2389 officiers, sous-officiers et soldats.

Canon-obusier de 25 livres

Elle se compose d’un état-major tactique, d’un régiment d’infanterie, d’éléments de reconnaissance (quelques autos blindées et une poignée de chars légers), un groupe d’artillerie (trois batteries de quatre canons-obusiers de 25 livres, une compagnie de canons antichars de 6 livres), une compagnie du génie et quelques éléments de soutien.

Cet apport de troupes fraiches aussi modeste soit-il (car l’envoi du reste de la division sera annulé) remonte le moral des troupes françaises, britanniques et polonaises. En face les allemands sont fatigués d’autant que l’envoi de nouvelles unités prend un temps anormalement long.

Halte là ! Halte là ! Les montagnards sont là !

Le 12 octobre 1948 des chasseurs alpins débarquent à Narvik. Le port n’était que légèrement défendu mais est choisit en dépit de son exposition à l’aviation. C’est le début de l’opération DYNAMO, l’opération d’évacuation du maximum de troupes norvégiennes. En même temps tous les éléments inutiles pour la poursuite de la résistance sont également évacués.

Les allemands qui ont repris leur avance se sont emparés de Bodo le 16 octobre et tentent de s’emparer dans la foulée de Narvik mais les chasseurs alpins résistent avec une férocité qui surprend les allemands s’attendant à tomber sur des soldats démoralisés.

Parmi ces «Diables Bleus» qui donnent du fil à retordre aux allemands figure le caporal Edouard Bellefeuille, caporal au 27ème BCA qui connait un baptême du feu humide car au moment de son débarquement à Namsos il tombe à l’eau suite à l’explosion d’une bombe à proximité.

«Je me suis dit que je détestai encore plus les allemands car ils avaient essayé de me noyer moi le montagnard avant que j’ai pu me battre. Le seul avantage de ce bain forcé c’est que cela m’avait privé de toute sensation de peur ce qui quand j’y réfléchis n’était pas forcément une bonne chose».

Combattant à Namsos puis à Narvik il s’illustre à plusieurs reprises dans des coups de main que n’aurait pas renié un Conan ou un Darnand. Il est blessé à deux reprises et finira par être évacué par un hydravion britannique direction la Grande-Bretagne le 16 octobre 1948. Il est ensuite évacué sanitaire vers la France puis retrouvera son unité après son retour en France.

Dans la nuit du 18 au 19 octobre 1948 Narvik est évacué par les dernières troupes alliées, le «port du fer» étant occupé par les allemands le lendemain (les troupes allemandes qui avaient débarqué le 5 septembre s’étaient retranchés en dehors de la ville ce qui explique que les chasseurs alpins ont pu reprendre le port pour l’opération d’évacuation).

Des blessés intransportables laissés sur place sous la protection de la Croix Rouge sont massacrés par la soldatesque allemande.

Ce n’est hélas ni le premier ni le dernier crime de guerre. Si certains pensait que ce conflit aurait pu être une guerre de gentleman ils ont nul doute été dégrisés.

Une enquête à été menée. Deux auteurs ont été retrouvés après guerre, jugés par un tribunal norvégien et pendus.

Les combats qui suivent sont du niveau du baroud d’honneur mais les soldats alliés sont toujours aussi agressifs toujours aussi énergiques. Ils se battent avec l’énergie du désespoir rallier Tromso qui tombe le 21 octobre 1948.

Es-ce à dire que tous ces soldats sont condamnés aux camps de prisonniers allemands ? Non car non seulement les combats majeurs continuent jusqu’au 27 octobre mais jusqu’au 1er novembre 1948 des soldats norvégiens, polonais, britanniques et français vont continuer à tendre des embuscades pour récupérer nourriture, armes et munitions.

A l’instar de nos forces spéciales actuelles elles se déplaçaient la nuit et combattaient le jour, bénéficiant de l’aide de populations civils qui parfois payaient le prix de leur courage.

Ces soldats expérimentés et motivés étaient une denrée précieuse. Voilà pourquoi les marines alliées vont prendre des risques pour les récupérer, des destroyers et surtout des sous-marins qui arrachaient aux griffes allemandes des soldats qui vont dans un premier temps transmettre leur expérience à leurs collègues avant de reprendre le combat au sein de leurs corps d’origine ou dans de nouvelles unités de combat.

Bilan

Clairement la Campagne de Norvège (1948) se termine par une défaite alliée, une défaite que certains n’hésitent pas à qualifier d’attendue. Certes les soldats alliés ont débarqué en Norvège avec la ferme intention de gagner mais les moyens engagés étaient bien inférieurs à ceux nécessaires pour expulser les allemands du pays d’Haakon VII.

Si on fait un peu d’uchronie on aurait pu imaginer que l’engagement de moyens alliés supplémentaires aurait pu conduire les allemands à déclencher prématurément l’offensive prévue à l’ouest avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer.

Croiseur léger La Gloire en 1937. Onze ans plus tard, il succombera au cours de la Campagne de Norvège

Les pertes en matériel sont sensibles, la marine française ayant par exemple perdu deux cuirassés (un coulé et un autre si endommagé que les français renoncent à le réparer préférant accélérer la construction du Languedoc et du Moselle), deux croiseurs (un coulé La Gloire et un autre très endommagé Le Waldeck-Rousseau et donc indisponible pour plusieurs mois), plusieurs unités médianes et sept sous-marins.

Si les avions perdus seront rapidement remplacés car les stocks sont conséquents, il faudra plus de temps pour les navires mais aussi pour les hommes qui doivent être entrainés et surtout amalgamés aux vétérans.

Sur le plan humain les pertes ont été lourdes car les combats ont été particulièrement violents. Ils ont surtout duré bien plus longtemps que prévu tant par les allemands (qui pensaient mener une promenade militaire en occupant les deux pays scandinaves avant l’arrivée des alliés) que par les alliés (qui ne pensaient pas tenir aussi longtemps).

Les chiffres exacts sont difficiles à donner car les archives en partie détruites se contredisent. Je vais donc donner pour chaque camp un ordre de grandeur.

Côté allemand les pertes totales tous services confondus sont estimés entre 5100 et 9600 hommes, la majorité des historiens s’accordant sur le chiffre de 7200 tués et blessés. A cela s’ajoute 250 prisonniers, essentiellement des aviateurs qui dès leur capture étaient rapidement exfiltrés vers la Grande-Bretagne. La Luftwaffe ne le sait pas encore mais cette perte aura des conséquences irréparables pour l’avenir des forces aériennes allemandes.

Côté norvégien les pertes sont de 2824 tués et blessés ainsi que 5000 prisonniers qui vont être pour beaucoup rapidement libérés, un geste que les allemands vont regretter car nombre de ces hommes vont s’empresser soit rallier la Grande-Bretagne ou d’intégrer la résistance.

Côté danois on compte 1500 tués et blessés et 12500 prisonniers même si ces prisonniers seront rapidement libérés.

Côté allié (France, Grande-Bretagne et Pologne) on compte 6800 tués et blessés et 2530 prisonniers (1200 britanniques, 980 français et 350 polonais).

C’est aussi ce qu’on appelle pas encore le RETEX (Retour d’Expérience), des leçons sont tirées des combats en Norvège et dans la mesure du possible sont exploitées.

Si au sein de l’armée britannique ce RETEX sera fait de manière empirique sans cadre clair, au sein de l’armée française alors que les anglo-saxons ont tendance à voir dans les latins de «sympathiques bordéliques» ce sera plus cadré.

Dès le 20 septembre 1948 le général Villeneuve fait passer une note demandant aux armées de terre, de mer et de l’air de faire remonter vers ses bureaux les leçons du conflit. Ces rapports seront triés, synthétisés et aboutiront à la mise à jour des doctrines d’emploi même si il y à toujours un gouffre entre la théorie et la pratique.

Que retenir de la Campagne de Norvège (1948) ? quelles leçons ont été tirées des combats navals, aériens, sous-marins et terrestres ?

-Dans le domaine du combat naval aucun révolution l’avantage se fait toujours en repérant, en analysant et en ouvrant le feu le premier. Les navires engagés disposaient pour beaucoup de radars mais leur utilisation à été décevante en raison notamment de la météo qui rendait le fonctionnement de l’électronique particulièrement aléatoire.

Les deux camps vont se lancer dans une course effrénée pour aboutir à des radars performants et surtout disponibles pour pouvoir équiper aussi bien un cuirassé qu’un contre-torpilleur, aussi bien un croiseur qu’un torpilleur.

L’analyse des rapports montrera que la dispersion des canons français n’était pas si élevée que crainte ou qu’analysée durant la Pax Armada. Des projets sont cependant lancés pour améliorer la précision des canons lourds. Cela aboutira à la fois à des systèmes techniques (retarder le tir d’un canon sur deux pour les tourelles doubles et quadruples) et par des tactiques de tir.

-Pour les canons médians la cadence de tir doit être augmentée tandis que pour les canons légers leur nombre doit être augmenté pour tendre un véritable mur de feu.

De nouveaux modèles de canons vont être mis au point. Une standardisation facilitant la logistique est décidée, le 114mm pour la Royal Navy et le 130mm pour la France, La Royale continua sur la route choisit en 1940 à savoir de faire du canon de 130mm le canon standard des navires médians de combat et de l’artillerie secondaire des cuirassés. C’est toujours le cas aujourd’hui en 2022.

Canons de 130mm modèle 1956

C’est ainsi que la Marine Nationale demanda la mise au point d’un nouveau canon automatique à très haute cadence de tir (CATHAC, le futur canon de 130mm modèle 1956) mais ce projet n’allait aboutir qu’après guerre à la fois en raison de problèmes techniques mais aussi parce que l’évolution du conflit imposait la production des modèles existants plutôt que la mise au point d’un nouveau canon qu’il fallait forcément roder sans oublier l’immobilisation du navire pour le remplacer de ou des tourelles.

-Dans le domaine des torpilles, des mines et des charges de profondeur les résultats sont aussi mitigés que contrastés.

Les torpilles ont plutôt donné satisfaction au grand dam des allemands. En revanche les mines et les charges de profondeur ont déçu, la France prenant la décision d’abandonner certains modèles de mines et les modèles plus légers de ses charges de profondeur. On commence également à travailler sur les futurs lance-roquettes ASM qui allaient bientôt faire des ravages au sein de la soumarinade teutonne.

-Dans le domaine aérien il devient évident qu’une escadre ne peut se maintenir longtemps sous la menace de l’aviation ennemie à moins d’accepter des pertes abominablement lourdes. Il est d’ailleurs peu probable que les français et les britanniques puissent accepter de telles pertes. En clair un porte-avions ou une base aérienne à terre à proximité de la zone d’opération est INDISPENSABLE.

Cela entrainera une évolution dans la planification des opérations, la capture d’un aérodrome ou d’un terrain rapidement aménageable pour déployer des unités de chasse devint un élément majeur de la rédaction d’un plan avant même la capture d’un port pour amener renforts et logistique aux troupes mises à terre.

Schéma du Dewoitine D-790, version navalisée du D-520

Sur le plan des combats aériens les chasseurs alliés ont fait jeu égal avec les chasseurs allemands même si clairement le D-790 est en fin de vie et que les pilotes des escadrilles du Painlevé sont impatients d’utiliser soit le D-795 voir de passer carrément au Bloch MB-159 qui pour le moment n’équipe que le Commandant Teste en Méditerranée.

Pour les bombardements la précision laisse clairement à désirer décevant ceux qui inspirés par Douhet et Mitchell espéraient faire du bombardier l’arme miracle capable de tout régler par sa seule présence.

Dans le domaine des munitions il est évident que les bombes explosives de moins de 100kg n’ont pas d’utilité. En revanche pour le domaine des bombes spéciales le poids n’est pas une norme décisive que ce soit pour les bombes éclairantes, les bombes à sous-munitions ou encore les bombes incendiaires. Les roquettes ont montré leur efficacité en tir air-sol mais en revanche en tir air-air c’est clairement une mauvaise idée.

Le sous-marin Casabianca

-Dans le domaine sous-marin les torpilleurs submersibles ont montré une très bonne efficacité, plusieurs unités majeures ayant été coulées notamment le croiseur lourd Blücher victime du Casabianca.

Si pour la lutte anti-surface et anti-sous-marine le sous-marin se montre efficace en revanche pour la reconnaissance et le renseignement les performance sont assez décevantes. De nouveaux usages sont également apparus que ce soit la récupération des pilotes abattus ou l’évacuation de ceux cherchant à éviter la captivité.

-A terre les leçons renouvellent les bases du combat à savoir la manœuvre, le choc et le feu. Il n’y à aucune révolution dans le domaine du combat terrestre.

Les armes se sont dans l’ensemble bien comportées mais les combats en Norvège ont montré qu’un fusil à longue portée n’à pas forcément une grande utilité et qu’une arme tirant vite à courte portée est plus utile.

Certains commencent à imaginer une arme intermédiaire entre le fusil et le pistolet mitrailleur mais il faudra beaucoup de temps pour aboutir en raison de difficultés techniques et surtout de nombreuses résistances, le fusil d’assaut bousculant trop de choses pour être forcément bien vu immédiatement.

MAS-40

Il y à certes côté français le fusil automatique MAS-40 et son dérivé MAS-44 (qui ne combat pas en Norvège) mais rien d’équivalent côté britannique ce qui est tout de même significatif (ou pas).

Tout comme durant le premier conflit mondial le RETEX confirme la nécessité de concentrer dès les plus bas échelons la plus grande puissance de feu possible.

Néanmoins même si ces leçons sont tirées quand va débuter la Campagne de France elles ne seront faute de temps qu’encore très partiellement appliquées.

La Campagne de Norvège (1948) confronte les alliés aux Nebelwerfer, les lance-roquettes multiples, une arme absente de l’arsenal allié. Très vite un affût est capturé, évacué, étudié et copié.

C’est aussi cette campagne qui va faire aboutir le concept de lance-roquettes portatif qui va donner à l’infanterie une arme redoutable contre le char même si comme on le verra le bazooka sera davantage utilisé contre les blockhaus et les nids de mitrailleuse que contre les chars.

Le Conflit (8) Norvège (8)

Des combats violents qui ne préjugent rien de bon pour la suite

Sur mer on se bat !

Quand le conflit éclate en Norvège les surfaciers rêvent d’une nouvelle bataille du Jutland, d’un affrontement décisif. Divulgachage : elle n’aura pas lieu. Il y aura des affrontements mais très localisés, très limités loin d’une redite de l’affrontement titanesque des 31 mai et 1er juin 1916.

On assistera essentiellement à des duels entre croiseurs et destroyers avec parfois l’engagement d’un porte-avions et de cuirassés.

Le 5 septembre 1948 la marine allemande tente un coup de main amphibie sur la capitale danoise dans l’espoir de surprendre le roi et le gouvernement.

Le Skjold

Ce raid échoue sous les tirs précis des cuirassés garde-côtes Skjold et Iver Hvitfeldt qui endommagent légèrement les deux croiseurs engagés. Dans la journée du 5, à plusieurs reprises des échanges de tir ont lieu mais sans réels dommages.

L’engagement de cuirassés aurait pu être possible pour neutraliser ces cuirassés garde-côtes mais les allemands préfèrent envoyer leur aviation le lendemain. Puisque la marine à échoué, peut être que l’aviation fera mieux….. .

Le Skjold est châtié le premier. Visé par des Dornier Do-217 il encaisse par moins de six bombes de 500kg qui le transforme en une annexe de l’enfer. Il chavire et sombre dans le port de Copenhague, l’épave étant relevée après guerre et démolie.

Son sister-ship est endommagé alors qu’il avait décidé de rallier la Suède pour y être interné. Le 11 septembre 1951 il appareille clandestinement de Suède dans l’espoir de rallier la Grande-Bretagne mais surpris par un sous-marin allemand, il est torpillé et envoyé par le fond.

En 2022 cette idée paraît complètement folle mais comme le disait un survivant «C’était tellement dingue de vouloir appareiller en pleine nuit d’un port suédois, de franchir des détroits minés que les allemands ne pouvaient imaginer que nous tenterions le coup ! Foutus sous-marins toujours là pour gâcher la fête !».

Le 7 septembre 1948 le dragueur de mines ex-torpilleur Narhvalen est surpris par des S-Boot. Il encaisse une torpille qui le casse en deux, le navire coulant rapidement, les quelques survivants déclarant après guerre que les vedettes ont mitraillé les naufragés.

Le croiseur danois Niels Juel

Le croiseur léger Niels Juel endommagé le 6 septembre 1948 par une bombe de 250kg met cap sur la Grande-Bretagne. Lent et sans escorte ses chances de survie étaient nulles ou presque. Et pourtant le 7 septembre 1948 à l’aube il arrive à Rosyth acclamé par tous les navires britanniques et français présents au port.

Non seulement les marins au poste de bande lancent un triple hourrah mais en plus toutes les cloches des navires et les canons de salut ont retentit provoquant un début de frayeur chez les habitants qui pensaient que les allemands avaient débarqué !

La raison de cet accueil ? Durant son transit le croiseur à surpris en surface le U-44 qui à été éperonné par le navire danois qui en retire un surnom tout trouvé : Iron Niels (le Niels de fer). Ce sera cependant la fin de sa carrière puisqu’il deviendra à Rosyth le navire-amiral statique du Danish Naval Group (DNG), lieu de travail mais aussi de cérémonies.

La veille le 6 septembre 1948 le croiseur-éclaireur Tordenskjold est victime d’une mine…..danoise ayant rompu ses amarres.

Une brèche de 30m est ouverte au milieu du navire et très rapidement l’avant se détache au niveau du bloc-passerelle du croiseur emportant dans les flots de la Baltique une partie de l’équipage. L’arrière reste à flot de longues minutes permettant aux marins d’évacuer et de rallier la terre.

Dérivant vers les côtes suédoises, elle est prise en charge par un remorqueur suédois qui le ramène à Goteborg. La coque est inspectée, les corps au nombre de 44 sont identifiés et inhumés en Suède. Elle est ensuite remorquée au large et détruite par l’artillerie côtière suédoise.

Le même jour les torpilleurs Storen et Sohunden sont sabordés dans le port de Copenhague dans l’espoir de l’embouteiller. Cette opération n’à pas le succès escompté, les navires relevés par les allemands seront envoyés à la feraille sans autre forme de procès. Leurs sister-ship Springeren et Havoinen survivent, se réfugient en Grande-Bretagne mais pour eux la guerre est déjà terminée.

Les marines alliées et allemandes vont également s’affronter en mer du Nord mais au grand désappointement des surfaciers il n’y aura pas de revanche de la bataille du Jutland mais des affrontements confus et aléatoires comme si la Kriegsmarine, la Royal Navy et la Royale craignaient une bataille trop violente qui aurait provoqué des pertes telles qu’elles seraient impossibles à combler.

Au risque d’être basique, d’être simple perdre un navire ce n’est pas simplement un tas de métal ce sont aussi des hommes blessés, tués, traumatisés. Une chose qui est plus difficile à remplacer.

Le porte-avions Painlevé

Le 17 septembre 1948 les porte-avions HMS Malta et Painlevé lancent une opération majeure sur la capitale norvégienne visant notamment l’aérodrome d’Oslo-Fornebru où de nombreux appareils de transport sont détruits, la piste en dur est très endommagée et si des appareils sont abattus par la DCA et la chasse l’opération est véritable succès.

Schéma de la classe Malta

Dans l’après midi la Lufwaffe réagit lançant un raid de répresaille qui coûte aux alliés le destroyer HMS Encounter et le torpilleur d’escadre Le Temeraire.

Le cuirassé Lorraine est endommagé par deux bombes de 250kg mais le vétéran (trente-deux ans de carrière) à le cuir tanné par les années même si son allure n’à plus rien à voir avec l’origine.

Le 19 septembre 1948 la petite escadre française composée du porte-avions Painlevé, des torpilleurs d’escadre Intrepide Cimeterre Arquebuse et du cuirrassé Lorraine naviguent au large de Trondheim, préparant une opération contre la ville où les allemands sont solidement retranchés.

Alors que le porte-avions préparait l’opération d’énormes gerbes d’eau signale l’arrivée de grosses unités. Encore aujourd’hui on ignore comment l’arrivée du cuirassé Hidenburg et du croiseur lourd Tegetthoff à pu passer inaperçue.

Ce n’est de toute façon pas le moment pour se poser une telle question cette fois c’est la survie d’une escadre qui est en jeu car naturellement l’aviation voir les sous-marins allemands ne vont pas tarder à faire leur apparition.

Le porte-avions se replie vers le sud pour lancer ses avions de combat et pour gagner du temps le cuirassé Lorraine va s’il on peut dire se sacrifier pour protéger le porte-avions, justifiant pleinement son rôle d’escorteur.

Il n’est pas seul car si le Cimeterre couvre le porte-avions, les deux autres torpilleurs vont tenter de soutenir le cuirassé.

Le combat est confus, le temps se dégradant rapidement avec des grains et un brouillard qui donne des allures crépusculaires au combat qui va hélas être fatal au sister-ship des Bretagne et Provence.

Le cuirassé allemand va encaisser trois obus de 340mm et huit obus de 130mm qui vont le mettre hors service pour quelques temps mais sa vengeance va être terrible puisqu’il va placer trois obus de 406mm dans le cuirassé français qui va également encaisser trois obus de 203mm du Tegetthoff et des obus de moindre calibre.

Après une demi-heure de combat le cuirassé français commence à s’incliner. Les deux navires allemands conscients de la présence d’un porte-avions, craignant une attaque aérienne préfèrent se replier en profitant d’un grain.

Quand les avions du Painlevé apparaissent enfin ils ne trouvent plus que l’Intrepide légèrement endommagé après avoir coulé au canon et à la torpille le Z.5 Paul Jacobi, son sister-ship Arquebuse ayant été coulé par le Tegetthoff. Les survivants sont récupérés par le torpilleur puis transportés en Grande-Bretagne en attendant une nouvelle affectation.

De leur côté les navires allemands vont rallier Trondheim pour penser leurs plaies en attendant une remise en état en Allemagne. L’Hidenburg est clairement hors de combat car si la coque et l’appareil propulsif sont en état, l’armement à subit de sérieuses avaries, les tourelles II et IV sont à remplacer, une bonne partie de l’artillerie secondaire doit également être changée.

De son côté le Tegetthoff à été moins soumis au feu du cuirassé et n’à encaissé qu’un obus de 340mm mais une floppée d’obus de 130mm et une torpille de l’Arquebuse, victoire posthume de notre torpilleur d’escadre qui comme on disait jadis «à bien mérité de la patrie».

Si le croiseur lourd continuera le combat durant la Campagne de Norvège mais subira des travaux importants à Kiel entre novembre 1948 et mars 1949, le cuirassé lui restera mouillé à Trondheim jusqu’au 7 novembre 1948 quand il peut enfin rallier l’Allemagne pour des travaux de remise en état de modernisation qui vont durer jusqu’en juillet 1949.

Le 23 septembre 1948 un nouvel affrontement naval oppose dans le sud du pays la Royale et la Kriegsmarine.

Le cuirassé Normandie est sérieusement endommagé par les obus de 406mm du Von der Tann, le sister-ship de l’Alsace encaissant cinq obus de 406mm et quatre obus de 203mm de l’Amiral Reuter.

Si le croiseur lourd n’est que légèrement endommagé le cuirassé est sérieusement endommagé après avoir encaissé six obus de 380mm et vingt-quatre obus de 130mm. Ramené en Allemagne, il est réparé et remis en service en juin……1950.

Le porte-avions Painlevé est lui aussi endommagé par un obus de 203mm mais les deux navires français parviennent à se replier sur la Grande-Bretagne.

Si pour le cuirassé la guerre est terminée (il sera ramené en France en septembre 1952 transformé en ponton et utilisé jusqu’en 1975 quand il est démoli) le porte-avions sera rapidement réparé et pourra à nouveau participer aux combats de la Campagne de Norvège (1948).

HMS Glasgow, l’un des dix croiseurs de classe Town

Le 25 septembre 1948 le croiseur léger HMS Glasgow pilonne les troupes allemandes dans la région de Trondheim, ses canons de 6 pouces tirant 120 coups avant de rompre le combat. Au cours du repli il tombe dans une embuscade tendue par des S-Boote allemandes. Encaissant trois torpilles, il se casse en deux ne laissant que fort peu de survivants.

KMS Z.20 Karl Gaster

Toujours le 25 septembre 1948 le Zerstörer Z.20 Karl Gaster en patrouille «recherche et destruction» est surpris par deux destroyers de classe Tribal, les HMS Tartar et Bedouin émergeant du brouillard.

HMS Tartar

Deux torpilles frappent le destroyer allemand qui est ensuite martyrisé par les obus de 120mm des destroyers de Sa Majesté, le navire coulant rapidement en ne laissant que fort peu de survivants.

Le lendemain c’est le KMS Z.25 qui est coulé au large de Narvik par le contre-torpilleur Du Chayla alors que ce dernier assurait l’appui-feu des troupes alliées dans la région.

Le «French Superdestroyer» véritable petit croiseur (huit canons de 130mm en quatre tourelles doubles) tire le premier désemparant le destroyer allemand par une salve complète (huit obus de 130mm).

Le Z.25 parvient à placer deux obus de 150mm sur le contre-torpilleur qui est endommagé mais peut achever son adversaire avec deux torpilles.

Le contre-torpilleur Du Chayla parvient à rallier Rosyth pour réparations, reprenant le combat en Norvège quelques jours plus tard.

Le 30 septembre 1948 le croiseur léger HMS Birmingham est endommagé par une torpille lancée par une S-Boote.

Il arrache une partie de la proue ce qui lui impose un retour en Grande-Bretagne pour une remise en état complète qui va l’immobiliser jusqu’en juin 1949 en raison de dégâts provoqués par un bombardement allemand sur Rosyth ce qui impose des travaux initialement non prévus.

Le même jour le HMS Belfast est légèrement endommagé par une batterie côtière allemande, des canons de 150mm installés du côté de Trondheim sur d’anciennes installations de la marine norvégienne, les prémices des fortifications qui vont protéger la Norvège d’une invasion alliée.

Deux obus de 150mm touchent le navire, le premier met hors service la tourelle I de 152mm et le second touche le navire au niveau de la cheminée avant. Le navire doit se replier pour des réparations rapides avant de reprendre le combat.

Le 5 octobre 1948 dans un échange confus le croiseur léger HMS Edinburgh est légèrement endommagé par un obus de 127mm visiblement tiré par un Zerstörer. Le navire peut cependant continuer la lutte. A noter que le destroyer allemand n’à jamais pu être identifié avec certitude.

Le 7 octobre 1948 le cuirassé HMS Centurion est endommagé par une mine larguée la veille par des avions allemands. Il est sérieusement endommagé tandis que son escorteur le HMS Firedrake à été coulé par une autre mine.

Il est pris en remorque par un pétrolier ce qui ne manque pas de sel. Une alerte aérienne oblige le pétrolier à abandonner l’infortuné navire qui privé de propulsion est un véritable corps mort.

L’aviation allemande se jette sur cette cible très appétissante. Le cuirassé se défend comme un beau diable mais ne pouvant pas manœuvrer son sort est scellé en dépit de l’intervention d’autres navires et de l’aviation alliée. Le cuirassé est touché par quatre bombes et deux torpilles qui sont six projectiles de trop.

Trois jours plus tard une autre mine touche le destroyer HMS Matabele qui coupe en deux sombre en quelques minutes pour la partie avant, plus lentement pour la partie arrière permettant à nombre de marins d’échapper à une mort certaine.

Sous la mer on se bat !

Si les sous-marins norvégiens et danois ne vont pas être engagés car trop anciens ou trop faibles militairement parlant, d’autres «torpilleurs submersibles» vont transformer la mer du Nord en zone de combat tridimensionnelle puisqu’on se battait dans les airs, sur mer mais aussi sous la mer.

Des sous-marins allemands sont engagés pour éclairer et couvrir les différents groupes occasionnels envoyés à l’assaut des ports norvégiens.

De leur côté les alliés vont également engager des sous-marins comme sonnette pour repérer et attaquer la flotte allemande en attendant de surprendre la flotte allemande. D’autres missions ne vont pas tarder à émerger comme la récupération de pilotes abattus ou l’évacuation d’hommes isolés.

La marine danoise va souffrir de l’action des U-Boot perdant plusieurs navires sous les coups de torpilles qui connaissaient pourtant de sérieux problèmes de fiabilité.

Le destroyer Lollandest coulé le 7 septembre 1948 par le U-82 alors qu’il accompagnait le croiseur-éclaireur Herluf Trolle. Deux torpilles sont suffisantes pour l’envoyer ad patres et lui permettre de rejoindre Neptune.

Six marins vont survivre à ce naufrage et rejoindre la Grande-Bretagne dans des conditions dantesques, devenant des héros nationaux au pays, étant décorés par le roi Frédéric IX de l’ordre du mérite et de l’ordre du Danebrog. Ils vont entrer dans l’histoire comme étant « Les Six (de seks) »

C’est le quartier maitre Jens Jensen, les matelots Hans Nielsen et Poul Hansen, le second maitre Jesper Sorensen, le lieutenant Morten Larsen et le quartier maitre Jens Andersen.

Ils se réengageront dans la marine danoise reconstituée puis dans les commandos. Comme le dira le quartier maitre Jen Jensen «Après ce que nous avions vécu nous étions comme accro à l’adrénaline et nous voulions que cela cogne, que cela tabasse, s’ennuyer sur un navire au poste de propreté ou à faire le planton non merci.»

Quatre survivent au conflit (ils sont enterrés côte à côte dans le même cimetière, une promesse faite au cours d’une mission), deux d’entre-eux (Jens Jensen et Jesper Sorensen) engagés aux côtés de la Résistance seront capturés par les allemands, torturés et exécutés. Leurs cendres reposent dans deux urnes scellées aux côtés de leurs quatre camarades.

Les marines alliées et allemandes doivent aussi admettre que les sous-mariniers ont peut être raison quand ils disent fiers comme artabans qu’il n’existe que deux type de navires : les sous-marins et leurs cibles.

Le Casabianca, un sous-marin de 1500 tonnes type Pascal

Le 6 septembre 1948 le sous-marin Casabianca coule le croiseur lourd Blücher littéralement exécuté par quatre torpilles de 550mm qui ne le lui laisse aucune chance. Le 9 septembre 1948 le «1500 tonnes» pourtant en fin de carrière coule le destroyer Z.7 Hermann Schoemann avec deux torpilles.

Il est cependant sérieusement endommagé et doit rallier la France où malgré son état et son âge il va être réparé pour être engagé à nouveau au combat plus pour des raisons politiques que des raisons vraiment militaires.

Il s’en sort cependant mieux que les sept submersibles français perdus durant la Campagne de Norvège (1948). Successivement sont coulés L’Espoir le 10 septembre 1948 par le U-106, Le Centaure le 13 septembre 1948 victime d’une mine dans le détroit du Skagerrak, l’Ile de France victime d’un hydravion Blohm & Voss Bv-138 (21 septembre 1948) au large de Bergen, l’Ile d’Yeu disparu dans des circonstances inconnues entre le 23 et le 30 septembre 1948 (comme l’épave n’à jamais été retrouvée impossible d’en savoir plus).

Le sous-marin Nouvelle Calédonie n’aura jamais l’occasion de visiter le territoire éponyme puisque le 2 octobre 1948 il est surpris en surface par un Arado Ar198 en patrouille ASM au large de Kristiansand, une charge de profondeur l’envoyant par le fond.

Ces cinq premiers sous-marins qui appartenaient à la 5ème Escadre sont accompagnés dans leur trépas par deux des trois (!) sous-marins de l’Escadre Légère du Nord en l’occurrence le Fructidor victime de charges de profondeur d’un patrouilleur allemand en baie d’Heligoland le 3 octobre 1948, son sister-ship Brumaire disparaissant sous les coups d’un hydravion allemand au large des côtes danoises.

Le contre-torpilleur Bugeaud s’en sort bien car le 17 septembre 1948 il est sérieusement endommagé par une torpille du U-106 qui arrache sa proue sur 4m.

Fort heureusement le temps est clément et le navire peut rallier à petite vitesse sérieusement escorté un port britannique pour des réparations d’urgence avant une remise en état complète à Brest, remise en état qui va l’éloigner des champs de bataille jusqu’en février 1949, cette remise en état étant l’occasion d’une modernisation et d’un renforcement de certaines capacités militaires comme la DCA.

Le 21 septembre 1948 le destroyer Z.29 est torpillé par le sous-marin britannique HMS Talisman au large de Trondheim, deux torpilles envoyant le Zerstörer par le fond.

Le 30 septembre 1948 le porte-avions HMS Malta échappe de peu à la correctionnelle en encaissant une torpille du U-81 qui parvient à échapper aux destroyers qui le grenade copieusement alors qu’il opérait au large de Bodo.

Il est mis hors service mais parvient à rallier Scapa Flow pour des réparations provisoires avant de rallier Rosyth pour une remise en état complète qui va l’éloigner des opérations jusqu’à la fin de l’année.

Le HMS Jaguar

Le 2 octobre 1948 le destroyer HMS Jaguar est torpillé par un sous-marin allemand alors qu’il couvrait un convoi de renforts au profit du CEFAN. Deux torpilles du U-109 vont l’envoyer par le fond.

Le 7 octobre 1948 le croiseur léger HMS Nigeria est sérieusement endommagé par une torpille d’un U-Boot, toujours ce satané U-109. Il parvient miraculeusement à rallier la Grande-Bretagne pour remise en état et modernisation, le navire ne retournant au combat qu’en septembre 1949.

Le HMS Nigeria

Le 28 octobre 1948 c’est le croiseur léger HMS Minotaur qui est endommagé par une anguille lancée cette fois par le U-180, les dégâts sont limités car il ne va passer «que» deux mois en réparations, étant à nouveau disponible le 12 décembre 1948.

Ces sous-marins s’en sorte mieux que d’autres qui sont victimes d’escorteurs, d’hydravions ou de sous-marins.

Outre les sous-marins engagés dès le début dans l’opération Weserübung, d’autres submersibles vont être engagés ultérieurement en l’occurrence les U-30 U-32 (Type VIIA), U-55 U-73 U-83 (type VIIB) U-81 (type VIIC) U-107 (type IXB) U-127 U-160 U-179 (type IXC) soit dix submersibles supplémentaires.

Sur les vingt-trois sous-marins allemands engagés dans le campagne de Norvège, huit sont coulés, deux sont victimes de mines (U-30 le 4 octobre 1948 U-55 le 21 octobre 1948) de l’aviation (U-100 le 17 octobre 1948 U-127 le 8 octobre 1948 U-180 le 2 novembre 1948 par un Short Sunderland), par des navires de surface (U-44 abordage par le Niels Juel le 6 septembre 1948 U-107 le 19 septembre 1948 et U-130 le 27 septembre 1948)

Les sous-marins britanniques sont engagés aux côtés de leurs homologues français. Quatre d’entre-eux sont coulés, le premier c’est le HMS Tarpon qui en patrouille à l’orée du Skagerrak est surpris le 10 septembre 1948 par un sous-marin allemand qui place trois torpilles ne laissant aucune chance au submersible britannique.

Le HMS Spearfish est coulé le 13 septembre 1948 quand après avoir détruit un pétrolier et le paquebot Postdam au large de Bergen. Alors qu’il venait de faire surface pour se replier plus rapidement il est surpris par un Blohm & Voss Bv138 qui place deux charges de profondeur qui sont fatales au sous-marin de type S.

Le HMS Swordfish est détruit le 21 septembre 1948 quand en patrouille en surface il fait détonner une mine magnétique mouillée pour protéger les accès au port de Bergen. Comme souvent sur un sous-marin il n’y à aucun survivant.

Le HMS Umpire est détruit le 30 septembre 1948 par les charges de profondeur d’un escorteur allemand alors qu’il venait de détruire un cargo.

Le Conflit (6) Norvège (6)

France

Marine Nationale

La Royale est la première à réagir à l’offensive allemande. Elle va envoyer des moyens conséquents pour transporter, appuyer et protéger le CEFAN.

Elle va engager son Aviation Navale mais aussi ses sous-marins pour répérer et freiner les moyens navals ennemis.

Les moyens sont placés sous commandement britannique mais forment une entité autonome, la 7ème Escadre placée sous l’autorité du contre-amiral Beaulieu.

Elle comprend des cuirassés, des porte-avions, des croiseurs, des contre-torpilleurs mais aussi des sous-marins et des navires de soutien et de transport.

Les premiers navires appareillent le 5 septembre 1948 dans la matinée, d’autres vont suivre dans les jours suivants. Au final la 7ème Escadre dite également Escadre du Nord et de l’Arctique va comprendre les moyens suivants :

Le porte-avions Painlevé

-Porte-avions Painlevé et Henriette de France, le premier devrant couvrir et appuyer les navires de combat, le second couvrir les transports amenant les troupes du CEFAN en Norvège, transports protégés par la 3ème Division d’Escorte Légère (3ème DEL) (L’Impétueuse La Capricieuse La Batailleuse La Boudeuse) et la 1ère Division d’Escorte Océanique (1ère DEO) (La Malouine La Dieppoise La Rémoise La Versaillaise).

-Cuirassés Lorraine (protection rapprochée du Painlevé) et Normandie

Le croiseur lourd Foch en 1931

-Croiseur lourd Foch

Le croiseur léger Montcalm en 1940

-Croiseurs légers La Gloire Montcalm Georges Leygues

-Croiseur léger antiaérien Waldeck Rousseau

Le Vautour à la mer durant la guerre de Pologne

-Contre-torpilleurs Kersaint Cassard (8ème DCT) Vautour Milan Epervier (6ème DCT)

-Torpilleurs d’escadre Intrepide et Temeraire (protection du Lorraine), Cimeterre et Arquebuse (protection du Painlevé), Sabre et Claymore (protection du Normandie), Murat et Ney (protection de l’Henriette de France)

-De nombreux «torpilleurs submersibles» vont être engagés en mer du Nord. Certains sont déjà sur zone quand la guerre éclate et reçoive l’ordre de «mener une guerre sous-marine sans restriction contre tout navire ennemi».

Le sous-marin Casabianca équipé du canon de 100mm modèle 1925

Le sous-marin L’Espoir est à Chatham après une patrouille en mer du Nord. Il se ravitaille et repart en mer dès le lendemain 6 septembre direction les côtes norvégiennes. Il doit être rejoint par Le Centaure qui appareille de Brest le 6 à l’aube en compagnie du Casabianca, les deux sous-marins arrivant sur zone quatre jours plus tard.

Le Sfax est lui en mer du Nord passant en quelques heures d’une patrouille du temps de paix à une patrouille du temps de guerre. Le Rolland Morillot est le 5 septembre à Rosyth pour se ravitailler et initialement rentrer à Brest mais le déclenchement du conflit entraine son retour en mer du Nord.

Le premier sous-marin de 1800 tonnes doit être rejoint par des sister-ship Martinique et Ile de France alors en Manche. L’Ile d’Yeu est lui en Mer du Nord en compagnie du Saint Pierre et Miquelon.

Le Kerguelen rentre à Brest le 6 septembre 1948 après une longue période d’exercices et d’essais. Il ne va reprendre la mer que le 13 après un entretien express et un ravitaillement tout aussi rapide, son arrivée sur zone étant prévue entre le 16 et le 18 septembre.

Le sous-marin Nouvelle-Calédonie est bien loin du Cailloux puisqu’il est stationné à Dunkerque en attendant de recevoir les ordres.

Le Mayotte est placé en état d’alerte à Brest.

Le sous-marin Pluviose est en mer attendant d’être rejoint par le Brumaire à quai à Dunkerque (il appareille le 7 septembre 1948).

Le PRE La Seine

-Le Pétrolier-ravitailleur La Seine accompagne le porte-avions Painlevé

-Le Pétrolier Var quitte Brest le 8 septembre 1948 pour transporter du carburant en direction de Rosyth où les navires français font régulièrement relâche.

Il doit à terme être rejoint par le ravitailleur rapide Lot tout comme le Jules Verne qui venait de mettre en place un détachement de sous-marins à Dakar. Même chose pour le cargo rapide Mers-El-Kébir voir également pour le Mostaganem.

-Le transport de la partie française du corps expéditionnaire est assurée par des paquebots, des paquebots mixtes et des cargos :

-Paquebot mixte Côte du Levant

-Paquebot Groix

-Cargos Jean LD Louis LD Fort Medine Garguanta Lillois Château Yquem Caudebec

-Bannanier Katiola Kilissi Fort Richepanse

-Pétrolier-caboteur Le Verdon et Arzew

-En ce qui concerne l’aviation navale, un commandement opérationnel de l’aviation navale en Norvège est mis sur pied le 8 septembre 1948 pour prendre sous son commandement des détachements d’unités qui rallient la côte orientale de la Grande-Bretagne pour opérer en mer du Nord pour des missions de reconnaissance, de couverture et de combat.

Bréguet Br790

On trouve un détachement de six Bréguet Br790 issu de l’escadrille 3R stationné en temps normal à Lanvéoc-Poulmic, un détachement de quatre Potez-CAMS 143 issu de l’escadrille 1E stationnée elle aussi à Lanvéoc-Poulmic, un détachement de six CAO-700M de l’escadrille 7E stationné à Lann-Bihoué, un détachement de six Bloch MB-175T de l’escadrille 11E elle aussi stationnée à Lann-Bihoué alors que l’escadrille 3B rallie au complet la Grande-Bretagne avec ses douze Lioré et Olivier Léo 456.

L’Aviation Navale c’est aussi les groupes aériens des porte-avions Painlevé et Henriette de France :

Le premier nommé qui portait le nom de 7ème flottille d’aviation navale comprenait un total de quarante appareils de combat auxquels il faut ajouter quatre appareils d’entrainement NAA-57 (utilisés pour les liaisons) et deux Bloch MB-221 pour le transport.

Schéma du Dewoitine D-790, version navalisée du D-520

Les appareils de combat sont les neuf avions de reconnaissance SNCAO CAO-610 de l’escadrille 15R, les seize chasseurs Dewoitine D-790 des escadrilles 7C et 9C, les neuf bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-420 de l’escadrille 9B et enfin les six avions-torpilleurs Latécoère Laté 299-5 de l’escadrille 11T.

Le second est la 11ème flottille d’aviation navale comprenait les douze Dewoitine D-795 des escadrilles 19C et 21C, les six Latécoère Laté 299-5 de l’escadrille 21T et les quatre Loire-Nieuport LN-420 de l’escadrille 13B.

Armée de l’Air

Initialement l’armée de l’air à prévu l’engagement d’unités sur le sol norvégien mais va très vite y renoncer pour des questions logistiques et de crainte d’affaiblir son dispositif sur le territoire métropolitain.

Cela ne veut pas dire que les aviateurs français vont rester l’arme au pied. Ils vont faire leur part en montrant les dents sur le front occidental pour faire comprendre aux allemands qu’on y monte fermement la garde.

Ils vont mener des missions de reconnaissance pour alimenter les état-major en informations et surtout mener des opérations de bombardement sur les ports allemands pour bloquer l’envoi en Norvège de renforts et surtout d’armes, de munitions et de carburant.

B-24 Giant plus connu en France sous le nom de Consolidated modèle 32F Géant.

La principale unité engagée est la 15ème Escadre de Bombardement Lourd (15ème EBL) composée de trois groupes (1er groupe à Caen-Carpiquet, 2ème groupe à Avord et 3ème à Compiègne-Royallieu) de Consolidated modèle 32F Géant plus connu sous sa désignation américaine de B-24 Giant.

Celle-ci va frapper les ports allemands mais aussi les infrastructures de transport et les industries stratégiques.

Ces lourds bombardiers vont d’abord opérer de France puis de Grande-Bretagne en visant pour quelques opérations contre la Norvège et le Danemark.

Des escadres de bombardement moyen de réserve vont également être engagées :

Lioré et Olivier Léo 451 en vol

-La 31ème Escadre de Bombardement Moyen équipée de Lioré et Olivier Léo 451 est stationnée à Coulommiers-Voisin

-La 38ème Escadre de Bombardement Moyen équipée de Lioré et Olivier Léo 451 est stationnée à Laon-Chambry sur la base aérienne 148.

Amiot 356

-La 47ème Escadre de Bombardement Moyen équipée d’Amiot 356 (deux groupes) et d’Amiot 357 (un groupe) est stationnée à Troyes-Barberey sur la BA 152.

Armée de Terre

La partie française du Corps Expéditionnaire Franco-Anglais en Norvège (CEFAN) comprend deux grandes unités et des éléments mécanisés, d’artillerie et du génie.

-La première est la Division Légère d’Infanterie de Marche (DLIM) composée essentiellement de la 1ère DLI et d’éléments de la 11ème DLI (qui ne sera d’ailleurs jamais reconstituée).

Ce choix d’une division de marche s’explique par le fait que les deux divisions créées officiellement le 1er juin 1948 sont loin d’être opérationnelles alors que la 1ère DLI était orientée Scandinavie et la 11ème orientée vers les Balkans. La DLIM est organisée de la façon suivante :

-Un état-major divisionnaire

-Un Groupe d’exploitation divisionnaire (intendance)

-Un Groupe sanitaire divisionnaire

-Une Compagnie automobile de transport

-Une compagnie automobile de quartier général

-Deux régiments d’infanterie, le 14ème régiment de zouaves issu de la 1ère DLI et le 7ème

régiment étranger d’infanterie issu de la 11ème DLI

-8ème régiment d’artillerie légère issu de la 1ère DLI (avec des éléments venant du 9ème

RALg de la 11ème DLI)

-701ème compagnie antichar (1ère DLI)

-711ème compagnie antiaérienne (11ème DLI)

-53ème bataillon du génie (1ère DLI)

officier du 7ème BCA. Le 7ème Bataillon de Chasseurs Alpins (7ème BCA) à été engagé en Norvège au sein de la BHM.

-La seconde est la Brigade de Haute Montagne (BHM) future Division Alpine de Scandinavie, brigade puis division composée de deux demi-brigades, la 2ème DBCA (2ème Demi-Brigade de Chasseurs Alpins) composée des 9ème, 16ème et 20ème Bataillons de Chasseurs Alpins et la 5ème DBCA (5ème Demi-Brigade de Chasseurs Alpins) composée des 7ème, 13ème et 27ème Bataillons de Chasseurs Alpins.

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

-Deux compagnies de chars sont envoyés en Scandinavie, la 3500ème Compagnie Indépendante de Chars de Combat et la 3501ème CICC. La première ancienne 1ère compagnie du 7ème BCC va combattre sur des FCM-42 alors que la seconde ancienne 3ème compagnie du 43ème BCC va combattre sur des Renault R-40.

Canon de 155mm GPF

-De l’artillerie est également envoyée tout comme du génie. On trouve par exemple deux groupes d’artillerie lourde issus du 125ème RALT, un groupe de canons de 105mm long modèle 1941T et un groupe de canons de 155mm GPF-T. Sur le plan du génie un régiment de marche est créé dans l’urgence avec des éléments issus de nombreuses unités.

La France va envisager l’envoi de nouvelles unités mais préféra finalement envoyer des renforts sous la forme de rappelés, de recrues ou de volontaires issues d’unités déployées en France, une solution un poil batarde mais le général Villeneuve pas si impulsif que ça craignait que l’envoi de trop d’unités en Norvège aurait pu pousser Berlin à attaquer plus rapidement à l’ouest.

Pologne

brigade de chasseurs de Podhale

-Brigade des chasseurs de Podhale

Le Hotchkiss H-39

-Une compagnie de chars équipée de Hotchkiss H-39 issu de la 20ème Division Blindée

20-Ordre de bataille et programme de guerre (4)

Contre-torpilleurs

Si il y à bien un domaine où la France peut être fière de sa flotte, c’est bien celui-ci. Ces contre-torpilleurs sont sans équivalent dans le monde en terme de puissance propulsive, de puissance de feu. Ils ne sont pas exempts de défauts même si les défauts les plus criants ont pour ainsi dire été tous corrigés enttre 1939 et 1948.

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948, la marine nationale dispose de 35 contre-torpilleurs répartis entre les six Aigle, les cinq Vauquelin (perte du Maillé-Brézé en 1940), les 6 Le Fantasque, les 2 Mogador et leurs demi-frères, les 4 contre-torpilleurs de classe Hoche, les 6 puissants contre-torpilleurs de classe Bayard et les 6 contre-torpilleurs de classe Bruix.

Six autres contre-torpilleurs sont en construction quand éclate le conflit, les six navires de classe Guépratte ( Guépratte Ronar’ch Maillé Brézé D’Estaing Vautreuil et Aumale) quasiment identiques aux Bayard et aux Bruix ce qui fait dire à certains que la classe Bayard compte dix-huit navires.

Théoriquement, les Guépratte devaient remplacer les Aigle qui avaient été pourtant modernisés notamment avec le remplacement des canons de 138mm par des 130mm DP. Le déclenchement du conflit fait qu’ils vont remplacer les navires perdus.

Au large de la Norvège, les contre-torpilleurs Vautour et Kersaint sont coulés par l’aviation allemande ce qui va entrainer une réorganisation des divisions de contre-torpilleurs dont l’existence même est remise en cause.

La construction des Guépratte est accélérée mais aucun autre contre-torpilleur va être commandé, la marine nationale préférant réorganiser ses catégories de navires. En fusionnant les catégories «contre-torpilleurs» et «torpilleurs d’escadre», la marine invente l’escorteur d’escadre qui va être le futur maitre-étalon de la force de combat de la marine nationale.

Le programme de guerre de janvier 1949 voit la commande de huit escorteurs d’escadre de classe Surcouf baptisés Surcouf Kersaint Bouvet Dupetit-Thouars D’Estrées Du Chayla Duperré et Forbin, des navires de 3500 tonnes à pleine charge, filant à 33 noeuds, mesurant 132.50m de long avec un armement composé de six canons de 130mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrière), seize canons antiaériens de 37mm en huit affûts doubles, huit canons de 25mm en affûts simples ou doubles, douze tubes lance-torpilles de 550mm en quatre plate-formes triples latérales et deux grenadeurs de sillage pour la lutte ASM.

La construction des huit escorteurs d’escadre est repartie entre les ACF (Surcouf), les ACH (Kersaint Bouvet Dupetit-Thouars), les FCM du Havre (D’Estrées), les ACSM du Trait (Du Chayla), l’Arsenal de Brest (Duperré) et l’Arsenal de Lorient (Forbin)

Torpilleurs d’escadre

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, la marine nationale dispose de 39 torpilleurs d’escadre plus quatre encore en construction aux Etats Unis.

Ces torpilleurs d’escadre répartis entre la classe Le Hardi (8), la classe Intrepide (23) et la classe Empire (8+4 en construction) sont chargés pour leur majorité de protéger les treize cuirassés et les cinq porte-avions soit un besoin minimal 36 navires.

Trois sont déployés à Dunkerque comme navires d’attaque au sein de l’ELN, les quatre navires en construction aux Etats Unis devaient normalement être affectés au Levant (2) et en Indochine (2).

Durant la campagne de Norvège, la marine nationale perd les torpilleurs Le Téméraire et L’Arquebuse. Elle décide donc que les quatre torpilleurs en construction aux Etats Unis seront déployés en Europe.

Elle s’interroge sur la nécessité de construire de nouveaux TE de classe Empire pour compenser les pertes inévitables.

Comme les TE et les CT ont été fusionnés en une seule classe d’EE, aucun TE ainsi nommé ne va être commandé mais il manque un navire léger bon à tout faire pouvant escorter des convois, combattre les navires légers ennemis, faire de la présence.

Torpilleurs légers

En septembre 1948, la marine nationale dispose de 28 torpilleurs légers de classe Le Fier/Colonie répartis en sept divisions de quatre navires, six divisions étant déployés en Europe et la septième en Indochine.

Ces navires vont se montrer efficaces et vont donner du fil à retordre aux allemands, italiens et même aux japonais.

Le programme de guerre de janvier 1949 décide de commander de nouveaux Navires Légers de Combat (NLC) capable de mener des missions de combat et d’escorte. Prévoyant de lourdes pertes, elle commande seize NLC qui seront ultérieurement reclassés Escorteurs Rapides.
Ces navires qui reprennent les noms des Bourrasque et des Adroit sont d’élégants navires de 1300 tonnes, filant à 30 noeuds avec un armement théorique composé d’une tourelle double de 100mm à l’avant, une DCA légère composée de canons de 37mm et un armement ASM composé de deux grenadeurs de sillage et d’un projecteur de fusées ASM installé à l’avant.

Cette première version ne satisfait pas la marine qui le juge sous-armée. Une nouvelle version voit donc le jour, les quatre premiers navires sont modifiés in-extremis selon les nouvelles caractéristiques

Cette deuxième version du NLC est ainsi armée de deux tourelles doubles de 100mm (une avant et une arrière), une DCA légère composée de huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, quatre tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes doubles latérales, deux grenadeurs de sillage et un projecteur de fusées ASM.

Les seize NLC commandés aux Arsenaux et aux chantiers privés sont jugés aptes à la lutte ASM mais leur capacité antiaérienne pourrait être améliorée. La marine décide de lancer des études pour un ER-AA pour compléter les ER (ex-NLC), aucune commande n’est cependant encore passée, le projet étant encore dans les limbes.

Avisos, escorteurs et patrouilleurs

Si il y à bien un domaine où la marine nationale ne manque pas de moyens, c’est bien dans cette catégorie. Outre les aviso-coloniaux aux capacités limités dans ce domaine, elle peut aligner les treize aviso-dragueurs de classe Elan, les vingt-quatre aviso-dragueurs coloniaux de classe Gazelle et les trente deux corvettes classe La Malouine soit 69 navires d’escorte plus quels patrouilleurs.

En dépit de ce nombre important, la marine souhaite commander de nouveaux navires anti-sous-marins pour anticiper les pertes que l’on craint lourdes sous les coups de l’aviation et des sous-marins allemands, italiens voir japonais.

Le programme de guerre voit ainsi la commande de douze patrouilleurs ASM. Ces patrouilleurs sont d’une simplicité biblique.

Une coque simple, des superstructures réduites au maximum, la généralisation de la soudure, une propulsion par machine alternative à triple expansion ou diesel et un armement basique et pas moins efficace avec un canon de 100mm à l’avant (le 75mm était jugé trop faible), quelques pièces de DCA légère, des mitrailleuses et surtout des grenades ASM en grand nombre.

Ces petits patrouilleurs doivent essentiellement escorter des convois côtiers ou des convois méditerranéens, déchargeant ainsi les escorteurs océaniques de leur protection. Ils doivent aussi pouvoir protéger une escadre au mouillage.

Sous-marins

Entre le 5 septembre et le 27 octobre 1948 _durée de la campagne de la Norvège même si il y eut encore quelques combats sporadiques jusqu’au 1er novembre_, la Royale va perdre sept sous-marins appartenant à l’ELN et à la 5ème Escadre sous les coups des sous-marins ennemis, de l’aviation et de navires de surface.

Certes la sous-marinade française peut se consoler en se disant qu’elle à coulé le 9 septembre 1948 le croiseur lourd Blücher (quatre torpilles cadeau du Casabianca), endommagé le Oldenburg le 27 septembre (Rolland Morillot deux torpilles) et coulé plusieurs navires marchands mais avec sept sous-marins perdus en sept semaines, la force sous-marine française s’inquiète.

Quand le conflit éclate, quatre submersibles sont en construction mais même en accélérant la construction, la Royale craint d’être sur la corde raide. D’où la commande de vingt-quatre sous-marins de type Phenix jugés plus maniables et plus aisés à construire que les Rolland Morillot.