Le Conflit (34) Norvège (34)

L’exploitation

Festung Telemark, Kristiansand et Oslo : des fortifications mais pour quoi faire ?

Carte globale du dispositif allemand au moment de l’opération BOREALIS

Avant de parler de l’exploitation proprement dite en Norvège et au Danemark, exploitation qui allait se révéler bien plus ardue que prévue, un mot rapide sur les fortifications qui n’ont pas été directement attaquées par les alliés.

Le premier gros dispositif est appelé par les allemands Festung Telemark. Derrière ce nom pompeux («forteresse du Telemark») se cache en réalité davantage des fortifications de campagne avec certes des tunnels mais qui pour leur majorité se rapprochent davantage de mines de charbon bien étayées que de tunnels comparable à notre Ligne Maginot.

Ce dispositif à été imaginé par le lieutenant-colonel Kurt Wellmans. Estimant que la défense des côtes comme illusoire ou à défaut comme limitée dans le temps, il voulait aménager là une base d’où partirait une guérilla qui pourrait forcer les alliés soit à abandonner la Norvège ou alors à alléger la pression sur la Vaterland.

Ce projet suscite le scepticisme du haut-commandement allemand en Norvège mais il ne fait rien pour s’y opposer estimant qu’une zone défensive en plus c’est toujours ça de pris.

En réalité le Festung Telemark ne jouera qu’un rôle assez limité dans la stratégie générale allemande de défense de la Norvège. Les alliés renseignés sur cette drôle de forteresse vont cerner le Telemark, en réaliser le blocus mais sans forcément chercher à y pénétrer.

Néanmoins cette «forteresse des bois» comme certains l’ont appelé par la suite va bloquer des troupes alliées et surtout va permettre à d’autres unités allemandes de se replier en bon ordre ce qui explique en partie la durée de la résistance allemande en Norvège, résistance qui va durer quatre mois (certains ajoutent que les alliés bien conscients que la fin de la guerre approchait n’ont pas être pas faits l’effort nécessaire pour l’emporter rapidement mais c’est une querelle entre historiens).

Cette zone à été définitivement nettoyée de toute présence ennemie au début de l’année 1954 alors que les troupes allemandes en Norvège vivaient leurs dernières heures.

La zone à été dépolluée dans l’immédiat après guerre mais à longtemps été interdite aux civils en raison de tunnels effondrés, de crevasses et autres trous d’obus.

En revanche la zone à été un terrain d’entrainement pour l’armée norvégienne qui envisageait en cas d’invasion soviétique de mener une guerre de guérilla en profitant d’un terrain assez favorable (en revanche pour ce qui est du climat c’est autre chose).

Aujourd’hui des civils peuvent s’y rendre mais avec un encadrement de spécialistes. C’est aujourd’hui un lieu apprécié pour ce qu’on appelle le tourisme mémoriel, certaines positions ayant été reconstituées par des passionnés (tout comme certains blockhaus de défense côtière, blockhaus qui pour certains ont été réutilisés par l’armée norvégienne).

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Comme nous l’avons vu plus haut, la question de débarquer à Kristiansand à été longuement débattue entre alliés, certains ayant milité pour y débarquer et sacrifier un débarquement au Danemark, le terrain plat comme le creux d’une main étant jugé comme totalement inapproprié.

Finalement essentiellement pour des raisons politiques on préféra orienter les moyens prévus potentiellement pour Kristiansand en direction du Jutland.

Etait-ce la seule explication ? Peut-il faut-il y voir la présence de solides fortifications orientées en direction de la mer mais aussi en direction de la terre pour couvrir le port et ainsi offrir une portée de sortie aux troupes allemandes voir un moyen de ravitailler une forteresse qui aurait choisit de tenir jusqu’au bout.

Il faut dire en effet que les fortifications protégeant la grande ville du sud-norvégien sont conséquentes par leur épaisseur et par leur variété.

On trouve d’abord des batteries côtières pour protéger le port d’un raid voir d’un blocus ennemi (même si cette tactique était déjà dépassée à l’époque).

Canons de 203mm SK/C-34 identiques à ceux utilisés par les batteries côtières allemandes en Norvège

Deux batteries principales armées chacune de deux canons de 203mm sont chargées de maintenir à une distance raisonnable une flotte ennemie. Leur action est relayée par un total de huit canons de 150mm, le tout couvert par une DCA légère.

Côté terre ferme on trouve une ligne fortifiée comparable à notre Ligne Doumer avec des blockhaus de campagne reliés entre-eux par des tranchées semi-couvertes. A quelques kilomètres de la ville on trouve également des lignes d’obstacle destinés à servir davantage de sonnette que de ligne de résistance ferme.

Ces fortifications vont expliquer en partie les difficultés alliées à avancer dans le sud du pays, fortifications tenues par des troupes de bonne qualité qui vont s’accrocher le plus longtemps possible au terrain, n’hésitant pas à contre-attaquer pour maintenir la pression sur les alliés.

Si les batteries côtières écrasées sous les bombes et les obus de marine sont vites neutralisées, en revanche les fortifications terrestres vont tenir jusqu’à la fin du mois de janvier, Kristiansand ne tombant que le 31 janvier 1954, étant l’avant-dernière ville à tomber avant que la capitale Oslo ne suive quinze jours plus tard le 15 février 1954, les troupes allemandes capitulant le 21.

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La capitale norvégienne tapie au fond d’un fjord ne fait pas l’objet d’une opération directe des alliés dans le cadre de BOREALIS en raison d’un site très difficile d’accès mais surtout en raison de fortifications assez robustes.

Ces fortifications sont réparties sur plusieurs lignes, une première ligne pour protéger les accès immédiats à l’ancienne Christiana et une autre pour protéger la ville en elle même. Certains sites stratégiques comme l’aérodrome de Oslo-Fornebu dispose également de blockhaus dans l’espoir de le contrôler le plus longtemps possible.

Les fortifications côtières sont armées de deux canons de 280mm, de quatre canons de 150mm et de quatre canons de 120mm, une puissance de feu dissuasive mais une puissance qui ne servira guère car elles seront neutralisées par des commandos alliés dans le cadre de l’opération VIKING conçue comme une diversion de l’action principale mais il est douteux que les allemands soient tombés dans le piège, eux qui avaient également renoncé à attaquer frontalement la capitale norvégienne en septembre 1948.

les fortifications urbaines sont naturellement plus légères et comparables à celles défendant Christiansand en l’occurence une série de blockhaus reliés entre-eux par des tranchées semi-couvertes.

Derrière une première ligne on trouvait comme de coutume des abris pour troupes, des postes de commandement, des postes d’observation….. .

Ultime ligne de défense des blockhaus seront aménagés en plein cœur de Oslo, blockhaus servant d’abord d’abris antiaériens avant de servir de blockhaus de combat mais aussi pour certains hommes compromis de lieux où ils se donnèrent la mort pour échapper à une justice plus ou moins expéditive.

Exploiter oui bien mais c’est plus facile à dire qu’à faire

C’est une lapalissade mais bien entendu la géographie commande toute opération militaire. La Norvège est l’exemple caricatural tant l’assaut frontal semble être la seule tactique.

Au 15 octobre 1953 les allemands savent lucidement que les alliés ne peuvent plus être rejetés à la mer et que le sort des troupes allemandes en Norvège est scellé. La question ce n’est pas de savoir si les allemands vont être chassés de Norvège et du Danemark mais quand.

Avant de parler des combats d’exploitation il me semble important de préciser au 15 octobre la situation des troupes alliées et allemandes ainsi que leur état opérationnel.

Commençons par les allemands qui ont souffert des combats mais conservent une bonne capacité de combat ce qui est l’évidence même car si les troupes allemandes avaient été saignées à blanc les alliés auraient probablement reconquis la Norvège avant la fin de l’année.

Commençons par la 20ème Armée de Montagne dont le quartier général est implanté à Tromso. La réserve stratégique plus connue sous le nom de Kampfgruppe Tielmans à été malmené par une série de contre-attaque pour maintenir la pression sur les alliés et éviter la crainte d’une offensive commune des alliés, des finlandais et des soviétiques contre les allemands.

Marder III Ausf F

C’est ainsi que la brigade de chasseurs-skieurs à conservé 60% de ses effectifs soit 2100 hommes, le 711ème bataillon de canons d’assaut et le 201ème bataillon de chasseurs de chars ont regroupés les hommes et les moyens au sein d’un 20. Schwere Kampfgruppe avec 24 Stug III Ausf F et 28 Marder III Ausf F soit tout de même cinquante-deux véhicules de combat.

Le régiment antichar qui porte le numéro 20 à été réduit à deux groupes soit huit batteries de quatre pièces soit un total de trente-deux canons antichars de 75mm. Le régiment antiaérien qui porte lui aussi le numéro 20 à été réduit à un groupe soit six batteries et douze canons antiaériens de 88mm utilisables également pour la lutte antichar.

La compagnie du génie est toujours là, ses sapeurs se démenant pour gêner l’avance alliée par des sabotages et des piégeages divers et variés. Les sapeurs se démènent aussi pour aménager caches et abris pour des troupes qui doivent désormais combattre sous un ciel dominé par l’ennemi.

Ce groupement va se déployer pour empêcher les alliés de déboucher trop vite de Narvik et couvrir le repli du 20ème corps d’armée.

Ce 20ème corps d’armée couvrait la frontière avec la Finlande qui bascule au moment du débarquement allié. Les allemands s’en doutaient mais doivent tout de même se combattre et battre en retraite vers le sud. Heureusement pour les allemands Helsinki refuse de franchir la frontière.

Les deux divisions de montagne conservent une majeure partie de leurs moyens tout comme le 710ème bataillon de canons d’assaut (32 véhicules) mais à la différence du 211ème bataillon de Panzers réduit à une compagnie soit 12 véhicules. Le régiment d’artillerie lourde à perdu ses pièces mais ses artilleurs ont pour beaucoup pu échapper à la captivité pour remplumer des unités existantes. Le régiment du génie à été réduit à un bataillon ce qui est toujours mieux que rien.

Les unités d’artillerie lourde allemandes en Norvège disposaient de canons de 150mm sFH-18

Le 21ème Corps d’Armée qui avait pour principale mission de défendre Narvik à été saigné à blanc même si la note du boucher à été élevée pour les alliés. C’est ainsi que la 214ème division d’infanterie est rayer des registres, cessant d’exister comme entité constituée. La 7ème division de montagne à subit de lourdes pertes mais reste une unité opérationnelle.

Le 212ème bataillon de chars conserve une majeure partie de ses moyens avec 28 chars encore opérationnels. Le 712ème bataillon de canons d’assauts conserve 32 chars. Ils sont regroupés au sein du Kampfgruppe Ostiers du nom du commandant du 212ème bataillon de chars.

Le régiment d’artillerie lourde n’à pu évacuer ses pièces hors de Narvik mais les hommes ont survécu et ont pu servir d’autres pièces. Le régiment du génie est réduit à un bataillon renforcé.

Le 30ème corps d’armée à été relativement épargné par les combats et est donc moins touché que le 21.ArmeeKorps (21.AK).

La 210ème division d’infanterie à conservé 60% de ses capacités humaines et matérielles, 50% pour la 1ère division de chasseurs, 30% pour le 213ème bataillon de chars, 35% pour le 713ème bataillon de canons d’assaut, 35% du régiment d’artillerie lourde (qui conserve un groupe de canons de 150mm sur trois) et 40% pour le régiment du génie réduit à un bataillon renforcé.

Canon antichar de 75mm.

Au sein de la 21ème Armée on trouve d’abord une réserve d’Armée qui est réduite à un groupe de douze canons de 150mm, une compagnie de huit lance-roquettes multiples Nebelwerfer, un bataillon d’artillerie antichar (seize pièces de 75mm), un bataillon d’artillerie antiaérienne (douze canons de 88mm), une compagnie du génie et le Kampfgruppe Wielmans qui regroupe ce qui reste du 217ème bataillon de chars et du 717ème bataillon de canons d’assaut.

Le 72ème Corps d’Armée qui défend Bodo échappe aux plus durs combats mais qui à été engagé en soutien du 73ème CA défendant Namsos.

C’est ainsi que la 280ème division d’infanterie conserve 70% de ses moyens, la 245ème division d’infanterie 85%, le 218ème bataillon de chars 40%, le 718ème bataillon de canons d’assaut 45%, le régiment antichar un bataillon, le régiment antiaérien une batterie lourde (huit canons de 88mm) et une batterie légère (12 canons de 37mm) et le bataillon du génie 85% de ses capacités.

Le 74ème Corps d’Armée est saigné à blanc pour défendre Trondheim. C’est ainsi que la 264ème division d’infanterie n’à conservé que 35% de ses moyens alors que la 642ème division d’infanterie ne dispose plus que de 40% de ses moyens.

Le 220ème bataillon de chars aligne 30% de ses moyens, le 720ème bataillon de canons d’assaut aligne 40% de ses moyens, le régiment antichar 40%, le régiment antiaérien 40% alors que le bataillon du génie est réduit à une compagnie.

Canon de 105mm LeFH-18

Au sein de la 3ème Armée on trouve d’abord une réserve d’Armée réduit à un groupe mixte d’artillerie alignant des canons de 105 et 150mm (respectivement huit et six), une compagnie de six Nebelwerfer, le 214ème bataillon de chars réduit à 40% de ses capacités, le 714ème bataillon de canons d’assaut réduit à 45%, un régiment antichar réduit à un groupe (seize canons de 75mm), un régiment antiaérien réduit à un groupe (douze canons de 88mm) et un bataillon du génie réduit à une compagnie.

Le 33ème Corps d’Armée est relativement épargné par les combats initiaux de l’opération BOREALIS puisque la 69ème division d’infanterie est réduite à 75% de ses capacités, la 163ème division d’infanterie à 80%, le 214ème bataillon de Panzers à 55%, le 202ème bataillon de chasseurs de chars à 45%, le régiment d’artillerie lourde à 40%.

Le 70ème Corps d’Armée à été lui saigné à blanc par les combats pour défendre Bergen. La 181ème division d’infanterie est comme la 214ème division d’infanterie à rayer des registres alors que la 169ème division d’infanterie est réduite à 40% de ses capacités.

Le 215ème bataillon de Panzers est réduit à 25% de ses capacités, le 715ème bataillon de canons d’assaut est réduit à 15% de ses capacités et le régiment d’artillerie lourde à 25% de ses capacités.

Le 71ème Corps d’Armée est quasiment intact car couvrant les villes de Kristiansand et d’Oslo. C’est ainsi que les 269ème et 274ème divisions d’infanterie n’ont plus que 85 et 90% de leurs capacités, le 216ème bataillon de Panzers dispose encore de 80% de ses capacités, le 716ème bataillon de canons d’assaut à 75%, le régiment d’artillerie disposant de 100% de ses capacités.

Au Danemark, on trouve la 6. Armee qui aligne deux corps d’armée même si seul le 60ème Corps d’Armée est clairement engagé contre les alliés.

La 275ème division d’infanterie dispose encore de 70% de ses capacités alors que la 277ème ne dispose plus que de 60% de ses capacités humaines et matérielles.

canon d’assaut Stug III Ausf E à canon long de 75mm

De son côté le 717ème bataillon de canons d’assaut possède encore 65% de ses capacités soit dix points de plus que le régiment d’artillerie lourde réduit à 55%. Le régiment antichar et le régiment antiaérien n’ont plus que respectivement deux et un bataillon restant. Le bataillon du génie ne possède plus que 65% de ses capacités.

La 34. Panzerdivision encore loin d’être opérationnelle car créée au printemps 1953 reçoit en pleine bataille du personnel et du matériel qu’il faut intégrer. Elle est engagée mais subit que de faibles pertes ce qui rend les allemands optimistes pour la suite des opérations.

En revanche le 61ème Corps d’Armée est quasiment intact avec des divisions d’infanterie ayant subit peu de pertes directes, la 276ème DI ayant conservé 95% de ses capacités, la 278ème 90%.

Même situation pour le 718ème bataillon de canons d’assaut (95%), le régiment d’artillerie lourde (100%), le régiment antiaérien (90%), le régiment antichar (95%) et le bataillon du génie.

La garnison de la forteresse Copenhague est intact tout comme les petites garnisons des îles danoises, garnisons que les allemands décident d’évacuer non sans savoir transformés les dites îles en zone où règne la mort et la destruction. Les alliés qui espéraient y implanter sans trop d’efforts des points d’appui en seront pour leurs frais.

Côté allié la situation est meilleure, les pertes ont été importantes mais moins que prévu (il faut dire que les planificateurs avaient volontairement misé sur des hypothèses négatives) ce qui rend les alliés optimistes pour la suite.

Nombre d’officiers alliés pensent ainsi que d’ici la fin de l’année, la Norvège et le Danemark seront conquis. En réalité il faudra attendre deux mois de plus jusqu’en février 1954 ce qui fait dire à certains historiens que l’opération BOREALIS à été un gaspillage de temps et de ressources qui auraient été plus utiles ailleurs.

A Narvik les combats ont été violents. La 1ère brigade légère norvégienne à subit des pertes sensibles au point que très vite les alliés décident de lui réserver le rôle d’unité de garnison, un rôle certes important mais frustrant pour nombre de soldats norvégiens.

La 3ème division d’infanterie américaine conserve encore 75% de ses effectifs alors que le groupement de marche fournit par la 6ème division blindée (Combat Command A pour être précis) possède encore 85% de ses capacités. La 6ème division aéroportée britannique qui n’à pas participé aux combats initiaux possède encore 95% de ses capacités.

A Namsos la 27ème Division d’Infanterie Alpine (27ème DIAlp) possède encore 70% de ses capacités humaines et matérielles alors que la 2ème brigade légère norvégienne possède 80% de ses hommes, de son artillerie et de ses véhicules.

Le Corps Franc du Nord à subit des pertes sensibles mais ce n’est pas pour cette raison que l’unité est retirée du front. Elle est tout simplement conçue pour le coup de force, le coup de main et non le combat sur la durée. Elle aura d’ailleurs l’occasion de combattre à nouveau dans les frimas norvégiens.

Le groupement blindé fournit par la 1ère Division Blindée possède encore 80% de ses moyens alors que la 1ère Division Légère d’Infanterie (1ère DLI) possède 100% de ses capacités car débarquée pour l’exploitation.

A Trondheim, la 4ème brigade légère norvégienne à subit le même sort que sa consœur mise à terre à Narvik. Elle est donc chargée de taches de garnison et de sécurisation, des tâches importantes mais peut être moins «brillantes» que des missions de combat.

La 26ème Division d’Infanterie américaine à subit des pertes sensibles mais conserve encore une bonne capacité de combat tout comme la 10ème division de montagne qui va montrer l’utilité d’une unité de ce type au sein de l’US Army.

Le 1er Bataillon de Marines canadien à subit des pertes importantes mais ce n’est pas la seule raison de son renvoi en Grande-Bretagne. Tout comme le CFN, le 1st Batallion-Royal Canadian Marines est une unité de choc, de coup de main.

Les unités débarquées pour l’exploitation n’ont pas subit de pertes importantes que ce soit la 51st Highland Division, le régiment blindé norvégien ou encore la 5th Independent Armoured Brigade.

A Bergen, la 3ème brigade légère norvégienne dispose encore de 85% de ses capacités, la 8ème division d’infanterie de 70% de ses capacités, les deux groupements de marche (Combat Command B et C) de la 6th Armoured Division possèdent encore 80% de leurs capacités.

Au Jutland la 1ère brigade mobile danoise possède encore 80% de ses capacités, la 31ème division d’infanterie américaine 85%, le groupement de marche de la 1ère DB de 90%, le 1er bataillon de Rangers de 80% (ce dernier va être maintenu en ligne pour des raids en liaison avec la manœuvre générale) et la 11ème Division Parachutiste de 100% de ses capacités puisque mise à terre pour l’exploitation et non pour l’assaut direct.

Le dispositif allié évolue. Si les groupements occasionnels sont maintenus pour les navires et les avions, les troupes terrestres sont placés sous le contrôle de deux corps d’armée, le 1er Corps d’Armée Allié regroupant les unités débarquées à Namsos et Narvik alors que le 2ème Corps d’Armée Allié regroupe les moyens débarqués à Trondheim et Bergen. Un 3ème Corps d’Armée Allié s’occupe du Danemark avec pour particularité le fait que les unités soient dispatchées entre un groupement Nord, un groupement Centre et un groupement Sud.

Le dispositif aérien et naval est lui aussi allégé permettant à certains navires de rallier un chantier pour remise en état. C’est aussi l’occasion de reposer les équipages et de ménager des ressources humaines qui sont sur la corde raide.

Pour la phase d’exploitation les navires suivants sont maintenus en ligne :

Le USS New Mexico (BB-40) à New York

-Cuirassés : USS New Mexico (BB-40) Moselle HMS Thunderer Lion

-Porte-avions Anne de Bretagne HMCS Bonaventure USS Block Island (CV-34)

le croiseur lourd Colbert

-Croiseurs lourds USS Minneapolis (CA-36) USS Toledo (CA-78) HMS Albermale Colbert

Le HMS Newcastle

-Croiseurs légers USS Flint (CL-64) USS Brooklyn (CL-40) HMS Newcastle Bellerophon Lamotte-Picquet HMNos Bergen ORP Dragon HMS Diadem Bermuda

-Destroyers : HMS Caprice Caesar Express USS Gridley Helm HMNoS Otto Sverdrup HMS Carron Cavalier Durandal Dague HDMS Zealand Bornholm HMCS Athabaskan

-Escorteurs d’escadre : Ronar’ch D’Estaing Guepratte D’Estrées Du Chayla

-Les besoins en transport existant encore, les alliés conservent les transports d’assaut américains et des navires amphibies pour transporter moins des unités supplémentaires que des véhicules et surtout les quantités incroyables de munitions, de carburant, de pièces détachées de vivres que nécessite la guerre moderne.

Les USS Alcona (AK-126) Beaverhead (AK-130) Amador (AK-127) Blount (AK-132) restent par exemple en ligne aux côtés de vingt LST qui multiplient les rotations entre la Grande-Bretagne et la Norvège, toujours sous escorte, les sous-marins allemands étant toujours là, plusieurs venus d’Allemagne sont d’ailleurs coulés par les escorteurs, l’aviation mais aussi leurs homologues.

Le transport est également assuré par des navires français comme le TCD Foudre (l’Harmattan va rallie l’Extrême-Orient pour le début de l’année 1954), quatre BDC, quatre BDM et quatre BDI.

Le transport est également assuré par des navires britanniques et canadiens, la Royal Navy et la Royal Canadian Navy maintenant dans le pool de transport huit LST pour la première et quatre pour la seconde aux côtés de quatre LCI et quatre LCT canadiens.

-Les pétroliers britanniques RFA Blue Ranger RFA Arndale et HMS Celerol continuent d’assurer le ravitaillement des navires à la mer ou d’alimenter les dépôts à terre aux côtés de pétroliers de type commercial mais aussi d’autres navires de soutien de type militaire à savoir le pétrolier-ravitailleur Dordogne et le ravitailleur rapide Lot.

-Les escorteurs sont toujours là en nombre notamment sept unités de classe Island, les USS Adugak (DE-4) USS Adak (DE-1) USS Alameda Island (DE-9) USS Biorka (DE-19) USS Besloro (DE-22), USS Anacopa (DE-31) et USS Begg Rock (DE-32), des escorteurs rapides de la Royale Le Foudroyant Le Sirocco L’Arabe Le Marocain (alors que les avisos-dragueurs et les corvettes ASM ont repris ou vont reprendre l’escorte des convois en direction de l’URSS) mais aussi les patrouilleurs Coléoptère Sauterelle Araignée.

On trouve également des frégates de classe River de la marine britannique en l’occurrence les HMS Ballendery et Inver.

Les navires qui ne sont plus en ligne sont soit en réparations ou alors ont été mis en réserve, se tenant prêt à intervenir même si la faiblesse de la Kriegsmarine rendait cette hypothèse de plus en plus improbable.

La phase II de la Campagne de Norvège (1953/54) peut enfin commencer. Le temps est au centre de toutes les préoccupations : aller le plus vite possible côté allié, ralentir les alliés le plus possible pour éviter que ces divisions ne basculent rapidement sur le front allemand pour porter le coup de grâce, l’estocade.

Après quelques contre-attaques allemandes décousues du 16 au 19 octobre 1953 dans des conditions météorologiques épouvantables, les alliés attaquent le 20 octobre 1953.

Les alliés sont optimistes persuadés que les combats ne s’éterniseront pas. Grossière erreur ! Les allemands galvanisés vont opposer une résistance désespérée.

Comme le dira un survivant «Nous savions que nous n’avions aucune chance de rallier l’Allemagne ou de recevoir des renforts, on savait qu’on allait y passer ce qui enlevait un poids négatif sur notre motivation».

Certains historiens ont pu voir également un manque de motivation de troupes alliées persuadées que la fin de la guerre était proche. Cela à peut être joué mais il serait injuste et infamant de dire que les troupes de l’opération BOREALIS n’ont pas combattu au maximum de leurs capacités.

Il faut dire que le front scandinave n’était pas prioritaire sur les fournitures en armes et en munitions par rapport au front occidental et même au front balkanique. En fait à part le front italien, tous les fronts passaient avant le front scandinave ce qui relance l’éternel débat de l’utilité de l’opération BOREALIS, un débat qui durera tant que débats dans l’histoire il y aura.

A cela s’ajoute également les conditions météo qui se dégradent régulièrement clouant par exemple l’aviation alliée au sol (durant la campagne de Norvège les alliés perdront plus d’appareils à cause du mauvais temps qu’à cause des allemands !) ce qui soulageait grandement les allemands qui ne pouvaient plus rien opposer dans le ciel norvégien et dans le ciel danois ou presque.

Le 18 octobre 1953 le USS New Mexico (BB-40) est surpris au large de Bergen par un bombardier-torpilleur allemand qui avait échappé aux radars comme à la chasse alliée. Le Ju-288 lance ses deux torpilles qui font mouche.

Le vénérable cuirassé à certes la peau dure mais toute résistance à ses limites. Gravement endommagé il doit être pris en remorque. Dans la soirée, une alerte sous-marine retentit entrainant la rupture de la remorque et l’évacuation des hommes présents à bord. Le U-324 en profite pour achever le BB-40 qui sombre en quelques minutes. Le submersible sera lui coulé le lendemain par un Catalina du Coastal Command.

Le lendemain c’est le croiseur HMS Bellerophon qui est endommagé par l’aviation dans le Skagerrak alors qu’il appuyait les combats pour Kristiansand. Un chasseur-bombardier Focke-Wulf Fw-190G place une bombe de 250kg avant de s’écraser sur la plage avant. Le croiseur léger est sérieusement endommagé mais peu rallier un port allié pour remise en état. Il ne sera de retour au combat qu’en février 1954 à une époque où la guerre est sur le point de s’achever.

Le croiseur léger Lamotte-Picquet aura moins de chance si l’on peut dire. Il est endommagé le 17 novembre 1953 par un bombardier allemand abattu alors qu’il lançait son attaque. Il est sérieusement endommagé au point qu’il ne sera pas réparé et promptement désarmé ce qui significatif.

D’autres navires seront plus ou moins endommagés par l’aviation allemande qui parvient à placer encore quelques coups de griffe, coups illusoires qui ne peuvent changer durablement la situation des troupes au sol.

En parlant de troupes au sol revenons sur les combats terrestres. Globalement les combats en Norvège peuvent être divisés en trois zones : le Nord, le Centre et le Sud du pays. Si les combats dans le nord se sont vite terminés en revanche les combats dans le centre et le sud du pays ont été plus longs à se décider en raison du mauvais temps, d’un relief chaotique et d’une résistance allemande acharnée.

C’est ainsi que la ville de Bodo tombe dès le 1er novembre 1953 mais les alliés ne parviennent pas à empêcher certains soldats allemands de s’échapper de la nasse. Après plusieurs jours de ratissage et de nettoyage, les alliés considèrent que le nord du pays est définitivement sécurisé le 10 novembre 1953.

Dans le centre du pays les combats depuis la tête de pont de Namsos sont rudes ce qui peut disqualifier l’argument avancé que si les alliés avaient avancé dès le 12 octobre les combats se seraient terminés bien plus tôt.

Les troupes essentiellement françaises vont remonter vers le nord dans l’espoir de couper la retraite des troupes allemandes déployées plus au nord mais là encore rien ne se passe comme prévu en raison du mauvais temps, de défauts de coordination et des inévitables hésitations du commandement.

Le 4 décembre 1953 les troupes alliées venues de Narvik et celles venues de Namsos effectuent leur jonction prenant au pied les troupes allemandes qui ne peuvent plus fuir. Si quelques isolés parviendront à passer en Suède la majorité sera faite prisonnière.

Reste désormais à contrôler le sud du pays. Partie de plaisir ? Hummm pas vraiment. Les allemands sont motivés à l’idée de bloquer le plus longtemps possible les troupes alliées.

Ils peuvent compter sur de nombreuses fortifications de campagne, sur de nombreux pièges, les sapeurs allemands ayant travaillé comme des romains pour transformer le sud du pays en zone mortelle pour les alliés.

Le schéma est simple et basique. Les troupes venues de Trondheim doivent empêcher les troupes allemandes de se replier en Suède (les alliés ont rappelé diplomatiquement mais fermement que Stockholm avait intérêt de désarmer promptement les troupes en question) et de bloquer toute sortie depuis Oslo où nombre de troupes allemandes plus ou moins opérationnelles s’étaient repliées.

Les troupes venues de Bergen doivent d’abord s’emparer de Kristiansand et nettoyer la région du Télémark avant de bloquer toute sortie d’Oslo en direction de l’ouest.

Les combats s’éternisent à la grande surprise des alliés persuadés de n’affronter que des troupes en déroute ou démotivées. Le haut commandement allié à même pensé que des unités fraiches étaient arrivées mais on sait aujourd’hui que ce n’est pas le cas.

Kristiansand finit par tomber après de très durs combats le 7 janvier 1954. La ville est littéralement ravagée et il faudra plus de cinq années pour la reconstruire complètement.

Dix jours plus tard le 18 janvier 1954 la région du Télémark est considéré comme sécurisée même si jusqu’à la fin de la guerre en Europe les militaires norvégiens et alliés auront interdiction de s’y déplacer seuls. Il y aura quelques incidents, des soldats blessés et tués sans que l’on sache vraiment si il s’agissait de soldats allemands en déshérence, de braconniers ou de résistants ayant pris goût à l’illégalité et à la clandestinité.

Restait donc Oslo. Les combats ont été très durs mais cette dureté cachait mal une situation impossible pour la garnison allemande qui capitula après dix jours de combat le 4 février 1954. Un signe qui ne trompait pas, les prisonniers allemandes reçurent les honneurs de la guerre, saluant leur bravoure et leur ténacité.

Ce n’était cependant pas la fin de la présence allemande en Norvège, quelques unités adossées à la frontière suédoise refusaient obstinément de se rendre. Les alliés durent employer les grands moyens avec plusieurs divisions, de l’artillerie et de l’aviation pour neutraliser les dernières unités allemandes constituées.

De l’autre côté de la frontière les suédois menaient des patrouilles dites de sécurisation pour empêcher les combats de déborder sur son territoire (ce sera en partie le cas, des obus et des bombes alliés tombant sur le territoire suédois heureusement sans faire de victimes ce qui explique que ces événements ont été pudiquement passés sous silence).

Le 21 février 1954 les dernières unités allemandes constituées capitulent. Des éléments isolés franchissent la frontière suédoise mais sont immédiatement désarmés et internés dans des camps de prisonniers avec la promesse d’être libérés dès la fin de la guerre ce qui sera le cas.

Les combats concernent naturellement le Danemark mais vont se terminer plus tôt et ce pour deux raisons principales : la pression des troupes alliées présentes dans le nord de l’Allemagne (21ème Groupe d’Armées britannique) et un relief moins favorable aux défenseurs.

Comme nous l’avons vu plus haut, les troupes alliées déployées au Danemark sont divisés en trois groupements occasionnels, un groupement Nord, un groupement Centre et un groupement Sud, le tout regroupé au sein d’un 3ème Corps d’Armée Allié même si ce corps d’armée n’aura que peu de poids dans la manœuvre d’ensemble.

M-4 Sherman avec un canon de 76mm M-1. C’est ce modèle qui équipait le régiment des Dragons du Jutland

On trouve un groupement Nord sous commandement danois comprenant la 1. Danske Brigade associé à un escadron de dragons, à un régiment d’infanterie américain, un régiment de paras français et un groupe d’artillerie danois.

Ce groupe nord va mettre cap sur Herning puis sur Alborg pour sécuriser tout le nord du Danemark. Il va réaliser également des coups de main vers les îles de Laeso et d’Anholt. Il y rencontre moins de résistance et peu ensuite renforcer les deux autres groupes qui se heurtent à davantage de résistance.

Un groupement Centre sous commandement américain comprend un régiment d’infanterie américain, un régiment de parachutistes français un escadron de dragons, quelques éléments de la 1ère division blindée française ainsi que le groupe d’artillerie norvégien. Il met cap sur Vejle et Arhus.

Un groupement Sud sous commandement américain comprend un régiment d’infanterie américain, le reliquat du régiment de dragons, un régiment de paras français et des éléments d’appui américains et danois (notamment le reste du régiment d’artillerie danois). Ses objectis sont Odense et Copenhague.

La ville d’Herning théâtre de durs combat tombe seulement le 1er novembre 1954. Les alliés ne perdent pas de temps et foncent vers Aalborg devenu comme de coutume un Festung (une forteresse).

Si parfois le terme est galvaudé, force est de reconnaître qu’ici les allemands ont soigné le comité d’accueil pour le groupement nord qui va connaître de durs combats, la ville ne tombant que le 27 novembre 1953. Le temps de nettoyer et de sécuriser et le groupement Nord peu réattribuer une partie de ses forces au groupement Centre qui en raison d’une géographie compliquée fait face à plus forte partie.

Velje tombe aux mains du groupement centre le 24 octobre 1953 suivit six jours plus tard de la ville de Kolding (30 octobre 1953). Hortens tombe le 3 novembre, Aarhus le 6.

Le groupement Sud s’empare d’Odense le 8 novembre 1953 seulement notamment en raison du harcèlement mené depuis l’Allemagne par les troupes arc-boutés sur la frontière germano-danoises. L’île de Lolland tombe le 10 novembre, l’île de Falsen le 13 et l’île de Mom le 15 novembre 1953.

Il ne reste plus que l’île de Sjaelland mais c’est un gros morceau car c’est sur cette île que se trouve la capitale Copenhague. C’est ainsi que la ville d’Elseneur ne tombe que le 2 décembre et la capitale le 27 décembre 1953 !

Le territoire est considéré comme entièrement libéré le 17 janvier 1954 quand les troupes alliées au Danemark font leur jonction à Flensburg avec le 21ème groupe d’armées qui à enfin réussit à vaincre les dernières troupes allemandes présentes dans la région.

Il à donc à fallu près de quatre mois aux alliés pour s’emparer du Danemark et de la Norvège ce qui à immédiatement relancé le débat sur l’utilité de l’opération BOREALIS.

Les troupes alliées restent naturellement tant que la guerre n’est pas terminée mais dès l’été surtout l’automne 1954 le dispositif va être allégé puis supprimé, Copenhague et Oslo acceptant certes d’intégrer une alliance permanente pour faire face à la menace soviétique mais refusant la présence de troupes alliées en dehors des exercices et des manœuvres.

Au printemps 1955 tous les soldats seront repartis dans leurs pays respectifs après avoir participé à la reconstitution d’armées bien plus puissantes qu’en septembre 1948, des armées mieux entrainées et mieux équipées qui savent en plus pouvoir compter sur l’aide de puissants alliés.

FIN DU VOLUME 1

Le Conflit (19) Norvège (19)

Sous l’océan pardon sous la mer !

Les sous-marins français, britanniques et norvégiens vont également continuer à opérer en mer du Nord affrontant navires de surface, avions et hydravions et bien entendu leurs homologues allemands.

Aux missions classiques de renseignement et de lutte antisurface les sous-marins alliés vont mener des missions qu’on avait pas anticipé avant guerre à savoir le ravitaillement des résistants norvégiens et la récupération des pilotes abattus.

Le 8 février 1950 le croiseur léger KMS Frankfurt am Main qui opérait depuis la Norvège depuis l’automne 1948 est surpris par un sous-marin français en maraude. Le Rolland Morillot avait répéré le croiseur léger depuis plusieurs heures et attendait le bon moment pour lancer son attaque.

Profitant d’une embardée favorable, le «1800 tonnes» lance une gerbe de quatre torpilles. Si une anguille manque sa cible les trois autres font mouche ne laissant aucune chance au croiseur léger allemand qui coule rapidement en ne laissant que fort peu de survivants.

Le sous-marin peut lui se replier sur sa base de Rosyth où il est triomphalement accueillit par les autres sous-mariniers.

Le cuirassé de poche Deutschland

Le 8 septembre 1950 le cuirassé de poche Deutschland est surpris en mer par l’aviation britannique alors qu’il s’entraînait en mer en compagnie de deux Zerstörer les KMS Z.27 et Z.28. Il se défend comme un beau diable mais est sérieusement endommagé. Il parvient à se réfugier à Bergen mais le port n’est pas outillé pour le réparer.

Il faut le ramener en Allemagne ce qui est plus facile à dire qu’à faire. Après plusieurs semaines de préparations, le cuirassé de poche est pris en remorque sous une solide escorte.

Cette escorte sera insuffisante pour le sauver d’une attaque menée par le sous-marin français Kerguelen qui l’envoie par le fond avec quatre torpilles. Le submersible échappe à une contre-attaque menée par un hydravion mais est quitte pour quelques semaines de réparations.

Le 27 septembre 1951 une nouvelle unité allemande d’importance est envoyée par le fond par un «torpilleur submersible» en l’occurrence le sous-marin français Mayotte qui avec trois torpilles coule le croiseur léger Karlsruhe.

Le croiseur léger KMS Bremen à participé aux ultimes opérations de la Campagne de Norvège et va y rester pour défendre le pays contre un possible retour en force des alliés. Le 1er octobre 1950 il est sérieusement endommagé par une mine qui lui arrache la proue.

Il se réfugie dans un fjord de la région de Bergen pour des réparations provisoires, la remise en état complète étant réalisée en Allemagne. De retour en Norvège au printemps 1951, il assure des escortes de convois littoraux, la défense côtière et la lutte contre les opérations commandos.

Le sous-marin HMS Talisman

Le 17 octobre 1952 alors qu’il escortait un convoi entre Bergen et Narvik il est frappé par deux torpilles d’un sous-marin (identifié plus tard comme le britannique Talisman), se casse en deux avant de sombrer.

Le croiseur léger KMS Dantzig opère en Norvège et y reste déployé pour défendre le pays, menant des raids antisurface et des escortes de convois. Il est coulé le 17 mars 1949 par une unique torpille lancée par un sous-marin britannique, le HMS Traveller .

Le HMS Formidable

Les navires alliés sont aussi naturellement victimes de sous-marins. Le HMS Formidable est endommagé le 14 septembre 1951 par une torpille du U-214 qui le touche à l’avant, arrachant une partie de la proue mais l’intervention rapide des équipes de lutte contre les avaries évite que les dégâts soient plus importants. Il en est quand même quitte pour six mois de réparations, de modernisation et de remise à niveau de l’équipage.

Le HMS Gibraltar aura moins de chance un mois plus tard. Ce dernier disponible le 5 octobre 1948 avait participé à la Campagne de Norvège au cours de laquelle il est endommagé. Réparé, il reprend ses opérations toujours en mer du Nord mais aussi dans l’Océan Glacial Arctique.

Le 27 octobre 1951 alors qu’il couvrait une sorte de la Home Fleet il est repéré par le croiseur sous-marin U-112 qui lance une gerbe de quatre torpilles. Trois d’entre-elles touchent le porte-avions, trois anguilles qui vont envoyer le porte-avions lourd par le fond en dépit des efforts désespérés de l’équipage pour sauver le navire. La quatrième endommage sérieusement le HMS Scylla.

Maigre consolation le U-Kreuzer responsable sera coulé le lendemain par un Short Sunderland du squadron 210.

Le 2 mai 1952 le HMS Formidable quitte Scapa Flow pour une mission de frappe contre le port de Bodo en liaison avec un raid commando. L’opération à lieu le lendemain et est un franc succès.

Le 4 mai alors qu’il se repliait un sous-marin est repéré. Avant que les avions de patrouille ASM n’attaquent le périscope le U-77 lance trois torpilles. Le porte-avions y échappe mais ce n’est pas le cas de son croiseur antiaérien, le HMS Naiad.

Une seule frappe le CLAA mais c’est suffisant pour provoquer lson naufrage, un naufrage lent ce qui limite les pertes alors que le sous-marin allemand est coulé en fin de journée après une longue traque.

Le HMS Edinburgh en juillet 1939

Le 8 mai 1953 le croiseur léger HMS Edinburgh est surpris au large de Tromso par un U-Boot. Le sous-marin allemand U-153 le traquait depuis quelques heures cherchant une position d’attaque idéale. Il lance quatre torpilles, deux se perdent mais deux frappent le croiseur à mort. Le navire va cependant couler relativement lentement permettant à nombre de marins d’échapper à la mort.

Plusieurs navires norvégiens ont été aussi victimes des U-Boot. Le premier est l’Odin victime d’un torpilleur submersible allemand alors qu’il opérait en escorte d’un convoi au large des Spitzberg. Une seule torpille lancée par le U-152 est suffisante en ce 8 octobre 1950 pour envoyer le torpilleur de classe Sleipner par le fond.

Le 19 mars 1952 c’est le croiseur léger Narvik qui succombe à des anguilles made in germany alors qu’il couvrait un raid commando contre un poste commando dans la région de Bodo. Il couvre le repli en tirant des obus éclairants, des obus fumigènes et explosifs ce qui en fait une cible rêvée pour un sous-marin.

Tardivement repéré le U-325 lance une gerbe de quatre torpilles. Deux se perdent mais deux autres font mouche ne laissant aucune chance au croiseur léger qui se casse en deux, l’avant coulant rapidement alors que l’arrière va dériver sur vingt miles en direction de la Grande-Bretagne ce qui évita aux rescapés une longue et pénible captivité.

Une enquête de commandement démontrera un certain nombre d’erreurs mais eut égard aux circonstances les sanctions seront très mesurées.

Enfin le 14 mars 1953 c’est le destroyer Roald Admunsen qui succombe à la torpille d’un sous-marin allemand alors qu’il venait de mener un raid de recherche et de destruction au large des Lofoten.

Une torpille lancée par le U-211 touche le navire à l’avant, arrachant sa proue, le transformant en amas de métal balloté par une mer déchainée. Il est pris en remorque par le contre-torpilleur français Milan mais finit par couler heureusement après que l’immense majorité des marins ait pu rallier le navire français.

Des destroyers britanniques sont également victimes des «torpilleurs submersibles» allemands qui comme les navires de surface avaient pris leurs aises dans les fjord norvégiens notamment à Trondheim où une imposante base bétonnée avait été construite, base encore utilisée aujourd’hui par la marine norvégienne !

Comme le dise souvent les norvégiens, «le seul bon côté de l’occupation allemande c’est que cela nous à permis de disposer après guerre d’infrastructures dont nous aurions jamais osé rêvé avant septembre 1948».

HMS Exmouth

Le 4 juillet 1949 le HMS Exmouth (type E) est victime d’un sous-marin allemand en mer du Nord, encaissant deux torpilles lancées par le U-41. Cassé en deux, il coule en quelques minutes ne laissant que fort peu de survivants.

La fin du HMS Bedouin

Le HMS Bedouin est torpillé par le U-53 le 7 janvier 1951 alors qu’il couvrait une sortie de la Home Fleet pour couvrir un convoi en direction de l’URSS et dans l’espoir d’attirer les grandes unités de surface allemande pour trancher une bonne fois pour toute le nœud gordien.

Divulgachâge comme disent nos cousins de la Belle Province : cela ne s’est pas produit. Pire la Home Fleet tombe sur une meute de douze submersibles allemands.

Le Bedouin est victime d’une torpille qui lui arrache la proue. Il est pris en remorque mais le temps se dégradant, les avaries s’aggravent aboutissant au naufrage du navire. Fort heureusement la majorité des marins ont pu évacuer à temps.

Le 12 novembre 1951 le HMS Janus est torpillé par le U-161 alors qu’il couvrait un convoi à destination de l’URSS. Deux torpilles frappent le «destructeur» qui coule rapidement en ne laissant que fort peu de survivants.

Le 8 décembre 1951 le HMS Punjabi est lui aussi victime d’un sous-marin allemand alors qu’il venait de bombarder la côte norvégienne pour couvrir un raid commando mené par une unité mixte franco-norvégienne.

Après le tir d’une trentaine d’obus de 120mm, le destroyer se replie mais au cours d’une abattée il tombe dans le champ de tir du U-177 qui lance trois torpilles ne laissant aucune chance au destroyer type Tribal. Le sous-marin qui venait d’appareiller pour une croisière dans l’Atlantique commence donc de la meilleure façon la dite croisière qui lui sera in fine fatale.

Le 4 février 1952 le destroyer HMS Onslow disparaît dans le bruit et la fureur après avoir été torpillé par le sous-marin allemand U-262 qui n’à guère le temps de profiter de son succès car il est coulé quelques heures plus tard par un Fairey Swordfish venu du porte-avions léger HMS Triumph. Cette identité n’à été révélé que suite à une enquête dans l’immédiat après guerre.

Le HMS Porcupine est lui aussi torpillé par un U-Boot le 8 juillet 1953 alors qu’il couvrait un convoi de cargos vides entre Mourmansk et le Loch Ewe. Une torpille du U-332 est suffisante pour le couper en deux et provoquer son naufrage.

Le destroyer HMS Vectis est coulé par un U-Boot lors de l’opération BOREALIS le 11 octobre 1953, deux torpilles lancée par le U-324 l’envoyant par le fond. La veille 10 octobre 1953 c’est le HMS Aztec qui à été victime du U-123, un vétéran de toutes les opérations.

Le 17 février 1954 le HMS Austere est victime d’un sous-marin qui place une torpille suffisante pour l’envoyer par le fond. Le coupable est le U-322 qui est coulé le lendemain par un hydravion français.

Opérations commandos et résistance intérieure

Aux opérations navales, sous-marines et aériennes vont s’ajouter des coups de main, des opérations commandos.

C’est le retour de la «petite guerre» chère à Clausewitz, le retour de la descente, méthode courante du temps de la voile en attendant que les escadres alignées ne renvoient ce mode d’attaque aux oubliettes de la guerre en attendant un retour durant la conquête coloniale.

Ces opérations étaient des attaques sur des cibles stratégiques ou dont le bombardement par l’aviation aurait engendré trop de dégâts aux populations civiles, des opérations de renseignement ou des opérations d’extraction de pilotes abattus ou de personnes qui doivent être mises à l’abri.

Si aujourd’hui les commandos et autres forces spéciales utilisent beaucoup l’hélicoptère, à l’époque l’infiltration ne pouvait se faire que par voie maritime (surtout par sous-marin mais la vedette rapide était fort appréciée par les commandos) ou par parachutage voir par planeur.

L’utilisation de l’hydravion à été envisagée mais très vite la résistance norvégienne à douché les espoirs des alliés, fort peu de lacs se prêtant à ce qu’on pourrait appeler par anachronisme un «posé d’assaut». Quand à se pose dans un fjord n’en parlons même pas………. .

L’appui était assuré par l’aviation mais aussi par les navires de surface. Si les unités engagées étaient surtout des croiseurs ainsi que des destroyers pardon des contre-torpilleurs on verra parfois des cuirassés prêter leur concours. Inutile de dire que pour permettre le repli d’une unité commando une simple salve de 380mm ou de 406mm pouvait faire un effet maous costaud.

Les unités de commandos engagées étaient britanniques, françaises et américaines mais aussi norvégiennes.

Ils s’appuyaient sur la résistance norvégienne moins pour des coups de main que pour obtenir des renseignements, franchir la frontière suédoise, obtenir un abri, de faux papiers…… .

La Résistance Norvégienne était considéré comme l’une des mieux organisés d’Europe. Ses renseignements étaient de premier ordre, de grande qualité. Elle garda son efficacité jusqu’à la fin de la guerre en dépit d’une féroce répression menée par les allemands et par leurs collaborateurs norvégiens, les sinistres «Quisling».

Dans un premier temps les raids commandos avaient pour objectif d’empêcher les allemands d’occuper sereinement la Norvège et accessoirement d’évacuer certains isolés, des soldats alliés blessés et soignés par la population voir des prisonniers alliés encore détenus dans des camps provisoires.

Des opérations sont ensuite menées contre des batteries côtières, des postes de commandement, des bases aériennes, opérations souvent couplées avec des démonstrations navales et des frappes aériennes.

Ces opérations agaçaient profondément les allemands (qui pourtant menaient des opérations semblables notamment avec leurs brandbourgeois) qui n’hésitaient pas à exécuter sommairement des commandos capturés.

Pour être honnêtes des commandos allemands ont aussi été exécutés par les alliés officiellement suite à des tentatives d’évasion.

A cela s’ajoute côté allemand des représailles vis à vis des civils accusés d’aider les commandos alliés. Il faut y voir la peur panique de la soldatesque allemande vis à vis du «franc-tireur» qui généra des crimes de guerre dans toute l’Europe (encore parfois il s’agissait d’un prétexte pour assouvir de véritables pulsions criminelles).

Commandos et parachutistes britanniques

En ce qui concerne les unités, les britanniques vont engager les Royal Marines Scout. Ces hommes dépendaient des Naval Brigades-Royal Marines Light Infantry plus précisément du bataillon d’appui qui comprenait une compagnie d’éclairage (Scouting Company).

Ces hommes participent à la Campagne de Norvège et celle-ci terminée se pose la question de leur avenir.

Décision est prise le 4 décembre 1948 de créer un bataillon de raid, un Raider Bataillon qui devient dès le 17 janvier 1949 un Royal Marines Scout Batallion l’ancètre direct du SBS (Special Boat Squadron qui sera créé après guerre) qui va opérer durant toute la guerre en Norvège, au Danemark et même en Allemagne.

Ils menaient des missions de renseignement, des coups de mains et des opérations de sabotage visant navires, infrastructures portuaires, aérodromes, batteries côtières…….. .

Ils vont participer à l’opération BOREALIS en prennant pied à Namsos pour neutraliser les batteries côtières et les postes de commandement.

Côté français on trouve les fusiliers marins commandos créés le 4 janvier 1949 non sans débats et discussions.

Un 1er bataillon est créé avec une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de raid et une compagnie d’appui (mortiers, mitrailleuses lourdes, tireurs de précision).

Ce premier bataillon est suivit d’un deuxième qui va être utilisé sur le front français une fois celui-ci stabilisé sur La Seine.

Le 1er bataillon stationné en Grande-Bretagne du côté de Sunderland va opérer aux côtés des britanniques et des norvégiens.

Durant l’opération BOREALIS, le bataillon va opérer à Trondheim ouvrant le passage à la 4ème brigade légère norvégienne (4. Norske Lysbrigader) qui doit débarquer en compagnie de la 26ème division d’infanterie et de la 10ème division de montagne, deux divisions américaines.

Après guerre les quatre bataillons de fusiliers marins commandos (le 3ème bataillon opérait en Méditerranée puis en Indochine, le 4ème bataillon en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique) sont réorganisés sous la forme de Commandos portant les noms de fusiliers marins commandos tombés au champ d’honneur durant le conflit.

Les américains sont également de la partie avec les 1er et 6ème bataillon de Rangers des spécialistes de la petite guerre, du coup de main et du raid.

Ils menaient certes des opérations de reconnaissance mais surtout se montraient à l’aise dans les opérations «coup de poing» un raid sur des aérodromes, sur des batteries côtières ou un poste de commandement.

Pour l’opération BOREALIS, le 1er bataillon est engagé au Jutland alors que le 6ème va participer à l’opération VIKING, un raid de diversion contre Oslo aux côtés du 2ème bataillon de fusiliers commandos venu de France et d’un commando norvégien.

Aux côtés des unités militaires on trouve des unités clandestines, le Special Operations Executive (SOE) britannique et le Bureau Central de Renseignement et d’Action (BCRA) français, des unités de renseignement et de coups fourrés. Ils vont encadrer la résistance norvégienne, fournir des faux papiers et des armes, évacuer des personnes sensibles…… .

Le Conflit (16) Norvège (16)

Les Etats-Unis déjà très engagés dans le Pacifique vont néanmoins déployer des moyens limités en Mer du Nord et en Méditerranée. On trouve des cuirassés, des porte-avions, des croiseurs et des destroyers. Les unités sont généralement anciennes ce qui fait dire aux britanniques et en français que c’était plus politique et diplomatique que réellement militaire.

Le USS Pennsylvania (BB-38)

Trois cuirassés vont opérer en Mer du Nord, des trois «vieux cuirassés», les USS Pennsylvania (BB-38), Arizona (BB-39) et New Mexico (BB-40).

Deux d’entre-eux vont par exemple participer à l’opération BOREALIS, le New Mexico succombant une semaine plus tard le 18 octobre 1953 à une attaquée menée par l’aviation allemande.

Le BB-40 est sérieusement endommagé par deux torpilles, pris en remorque par le USS Wichita (BB-45) mais une alerte sous-marine entraine la rupture de la remorque. Un U-Boot le U-324 achève le cuirassé d’une torpille provoquant la mort de 245 marins. 175 ont été blessés dont 38 décéderont des suites de leurs blessures.

Le BB-39 lui survit au conflit, étant désarmé dans l’immédiat après guerre tout comme le BB-38. Si le premier est démoli, le second à été préservé comme musée à flot à Philadelphie.

En ce qui concerne les porte-avions ces derniers vont d’abord être engagés dans des escortes de convois à travers de l’Atlantique. Ce n’est qu’ultérieurement qu’ils vont opérer en mer du Nord notamment pour l’opération BOREALIS en ce qui concerne les USS Cowpens (CV-31) et Block Island (CV-34). Le USS Breton (CV-36) lui manque le débarquement allié en Norvège.

Des croiseurs lourds et des croiseurs légers sont également engagés dans l’Atlantique et en Mer du Nord.

Le USS Portland (CA-33)

Le USS Portland (CA-33) est déployé dans l’Atlantique de septembre 1948 à mars 1950 pour mener des patrouilles de Neutralité. Une fois Washington entré officiellement en guerre, le croiseur lourd va escorter plusieurs convois transatlantiques avant de rallier la mer du Nord pour différentes opérations. Il ne participe cependant ni à la Bataille du Cap du Nord ni à l’opération BOREALIS, la première parce qu’il était immobilisé pour réparations et la seconde parce qu’il avait quitté la zone pour rallier le Pacifique.

Le USS Minneapolis (CA-36) opère dans l’Atlantique puis en mer du Nord, participant à l’opération BOREALIS couvrant la mise à terre des troupes mais aussi leur appui-feu ainsi que la protection de la zone contre l’intervention de l’aviation allemande qui bien que très affaiblie pouvait infliger de solides coups de griffe. Il va rester déployé en Europe jusqu’à la fin du conflit et arrivera trop tard pour opérer dans le Pacifique.

Début 1953 un croiseur moderne de type Baltimore arrive en mer du Nord en l’occurrence le USS Toledo (CA-78) qui va ainsi participer à des escortes de convois et à l’opération BOREALIS.

Le croiseur léger USS Brooklyn (CL-40) déployé sur la côte est mène d’abord des patrouilles de neutralité puis des escortes de convois pour contrer les raiders allemands.

En septembre 1952, il rallie Scapa Flow pour escorter les convois à destination de l’URSS mais aussi se préparer à des opérations plus offensives. Il va ainsi participer à l’opération BOREALIS et rester en Europe jusqu’à la fin du conflit, ne participant donc pas aux combats dans le Pacifique.

Son sister-ship le USS Philadelphia (CL-41) opère lui aussi sur la côte est d’abord en menant des patrouilles de neutralité puis en escortant des convois à destination de la Grande-Bretagne et du continent, Brest, Saint-Nazaire et le Verdon devenant des escales courantes pour le croiseur américain.

A partir de mars 1952 il rallie la mer du Nord et va ainsi participer à la Bataille du Cap Nord même si il n’y joue qu’un rôle secondaire. Il manque également les premiers combats de l’opération BOREALIS en raison d’une avarie. Ses canons de 6 pouces se montrent cependant d’un précieux secours pour appuyer les troupes au sol en Norvège mais aussi au Danemark.

En juillet 1954 il rallie les Etats-Unis en vue de travaux pour un engagement dans le Pacifique mais le conflit se termine avant que le redéploiement ait pu être effectif. Il sera d’ailleurs désarmé en 1955 mais connaitra une seconde carrière sous pavillon brésilien mais ceci est une autre histoire.

Le USS Pasadena (CL-101) était un croiseur léger antiaérien de classe Atlanta qui passa toute la guerre dans l’Atlantique et en mer du Nord.

Après des patrouilles de neutralité et des escortes de convois, le croiseur léger à canon de 127mm est envoyé en mer du Nord pour protéger des convois, appuyer des raids commandos et à terme aider à reconquérir la Norvège. Il rentre aux Etats-Unis en participant au volet européen de l’opération MAGIC CARPET.

Le USS Denver (CL-58)

Le USS Denver (CL-58), un croiseur léger de classe Cleveland va opérer dans l’Atlantique et en mer du Nord de septembre 1950 à décembre 1953. Si il manque la bataille du cap Nord, il participe à l’opération BOREALIS.

Son sister-ship le USS Flint (CL-64) effectue des patrouilles de neutralité et des escortes de convois avant de basculer en mer du Nord. Entre-temps il à été endommagé par une torpille d’un U-Boot en mer d’Iroise le 2 septembre 1952 ce qui va imposer un mois de réparations à Brest du 5 septembre au 18 octobre 1952.

Une fois à nouveau opérationnel le croiseur léger rallie la mer du Nord pour des patrouilles, des escortes de convois à destination de l’URSS, l’appui aux opérations commandos et bien entendu l’opération BOREALIS au cours de laquelle il assure la protection des transports et l’appui-feu au profit des troupes au sol. La guerre en Europe, il rentre aux Etats-Unis pour un carénage (juin 1954 à mars 1955).

Le USS Raleigh (CL-113) participe de septembre 1948 à mars 1950 aux Neutrality Patrol pour empêcher le conflit européen de déborder dans le Nouveau Monde. Une fois les Etats-Unis en guerre, le croiseur léger va mener des missions d’escorte à travers de l’Atlantique mais aussi des patrouilles contre les raiders et autres forceurs de blocus.

En mars 1952 il rallie Scapa Flow et les United States Naval Forces in Europe (USNAFE) (future 4ème flotte), participant le 17 juin 1952 à la Bataille du Cap Nord au cours de laquelle il est sérieusement endommagé puisque les réparations vont l’éloigner du champ de bataille jusqu’en mars 1953.

Il participe à l’opération BOREALIS au cours de laquelle il est légèrement endommagé par une batterie côtière mais les dégâts ne nécessite pas un passage prolongé par la case chantier.

Il est déployé en Baltique d’avril 1954 à mars 1955 avant de rentrer aux Etats-Unis pour entretien puis retours à une activité habituelle du temps de paix (il sera en grand carénage/refonte entre avril 1955 et février 1956, il est désarmé le 17 septembre 1968 et démoli).

Des destroyers américains sont également engagés comme le USS Farragut (DD-348) qui participe à l’opération BOREALIS tout comme le USS Worden (DD-352) qui connaissait bien les eaux norvégiennes pour avoir couvert plusieurs raids commandos qu’ils aient été menés par les Rangers, les Royal Marines Scout ou encore les fusiliers-marins commandos.

En revanche le USS Dale (DD-353) ne participe pas à BOREALIS, indisponible en raison d’une avarie de chaudière.

Même chose pour le USS Monaghan (DD-354) mais la raison est nettement plus dramatique puisqu’il est coulé le 4 septembre 1953. Alors qu’il venait de mener un raid antisurface au large des Lofoten il est tombé dans une embuscade de S-Boot. Sérieusement endommagé par deux torpilles mais encore miraculeusement à flot, il finit par couler après avoir été pris en remorque par un destroyer britannique.

Le USS Aylwin (DD-355) participe à des escortes de convois, à des opérations commandos et à l’opération BOREALIS.

USS Reid (DD-369)

Le USS Reid (DD-369) est redéployé en Europe en septembre 1953. Il participe à l’opération BOREALIS, une participation qui lui est fatale puisqu’il est coulé le 11 octobre 1953 en heurtant une mine magnétique au large de Bergen. Coupé en deux il coule rapidement ne laissant que fort peu de survivants.

Le USS Cassin (DD-372) est déployé dans l’Atlantique puis en mer du Nord mais manque l’opération BOREALIS après avoir été endommagé par une mine.

Le USS Preston (DD-379) arrive en mer du Nord en septembre 1952. Il participe à des patrouilles, des escortes de convois et le soutien à des raids commandos. Il participe à l’opération BOREALIS puis aux opérations qui suivent il est sérieusement endommagé par une mine le 27 février 1954. Les dégâts, l’usure et l’ancienneté du navire entraine son désarmement prématuré puis sa démolition.

Le USS Fanning (DD-385) effectue de nombreuses missions de patrouille et d’escorte avant de participer à l’opération BOREALIS couvrant les transports puis appuyant les troupes au sol en faisant taire les positions allemandes qui donnaient du fil à retordre aux fantassins alliés. Même chose pour le USS Gridley (DD-380).

Le USS Maury (DD-401) est d’abord déployé dans l’Atlantique pour des patrouilles de neutralité en attendant des escortes de convois. Le destroyer rallie ensuite la Mer du Nord pour des patrouilles, d’autres missions d’escorte en attendant l’opération BOREALIS au cours de laquelle il est légèrement endommagé par une batterie côtière récalcitrante.

Le USS Helm (DD-388) est déployé comme les autres unités de la classe Bagley dans l’Atlantique pour des patrouilles et des missions d’escorte. Il participe lui aussi à l’opération BOREALIS en couvrant notamment le déminage des approches de Trondheim.

Le USS Ralph Talbot (DD-390) est déployé dans l’Atlantique de septembre 1948 à septembre 1951 avant de rallier la Mer du Nord pour différentes opérations. Endommagé lors d’un affrontement avec des S-Boot le 4 mars 1953 le destroyer est réparé et remis en service pour participer à l’opération BOREALIS.

Si le USS Henley (DD-391) n’est déployé que dans l’Atlantique, son sister-ship le USS Patterson (DD-392) est engagé dans l’Atlantique et en mer du Nord mais manque l’opération BOREALIS.

Le USS Jarvis (DD-393) et le USS Rhino (DD-404) participent eux à l’opération BOREALIS en escortant les transports, en appuyant les troupes au sol…… .

Le USS Stack (DD-406) est déployé dans l’Atlantique puis en Méditerranée jusqu’en janvier 1953. Il rallie ensuite la mer du Nord pour participer à différentes opérations dont la plus célèbre est l’opération BOREALIS. En revanche le USS Sterett (DD-407) si il est bien déployé en mer du Nord ne participe pas à BOREALIS mais est engagé dans les combats suivent la phase de stabilisation.

Le USS Wilson (DD-408)

Le USS Wilson (DD-408) est déployé en Méditerranée de mars 1952 à septembre 1953 avant de subir un grand carénage puis de rallier la mer du Nord où le destroyer va opérer de janvier à septembre 1954. Il est désarmé à son retour aux Etats-Unis, désarmé puis ultérieurement démoli.

Le USS Kendrick (DD-453) opère dans l’Atlantique puis dans les Caraïbes à partir de mars 1952 pour sécuriser cette zone vitale. Il rallie la mer du Nord en décembre 1953 et va y opérer jusqu’à la fin du conflit.

Après la défaite les gouvernements danois et norvégiens décident de continuer la lutte depuis la Grande-Bretagne. Des marines en exil sont créées avec les navires ayant survécu à la Campagne de Norvège aux côtés de navires cédés par les alliés pour renforcer ou renouveler les moyens existants.

Commençons d’abord par la Norvège qui créé une Norwegian Task Force [Royal Navy] ce qui montre que la marine norvégienne en exil est une marie semi-autonome totalement dépendante de la Grande-Bretagne.

Le navire-amiral est le croiseur léger de classe Oslo, le Bergen qui va participer à des patrouilles, des raids de surface, l’appui aux opérations commandos en attendant l’opération BOREALIS.

Le 4 décembre 1953 il est cité à l’ordre du jour de la 27ème DIAlp (27ème Division Alpine) pour l’efficacité de son tir d’appui qui est parvenu à briser une contre-attaque allemande visant les hommes à la tarte.

Son sister-ship le Narvik aura moins de chance car il à été torpillé par le U-325 le 19 mars 1952. La situation est identique pour le Trondheim qui saute sur une mine au large de Tromso le 4 septembre 1953.

Pour relayer l’action des puis du croiseur léger la marine norvégienne libre possédait des destroyers comme les quatre unités survivantes de la classe Sleipner.

L’Aeger survit six mois à la Campagne de Norvège car il est coulé par un Junkers Ju-188 le 4 mars 1949 alors qu’il escortait la Home Fleet lors d’une sortie.

L’Odin est lui torpillé par un sous-marin allemand le 8 octobre 1950 alors qu’il escortait un convoi à destination de l’URSS, le responsable étant le U-152. Le Balder est coulé par une batterie côtière le 11 octobre 1953 lors de l’opération BOREALIS. Seul le Tor survit au conflit, étant désarmé et démoli en 1959.

En ce qui concerne les unités de classe Fridjof Nansen, deux d’entre-elles sont coulées et deux survivent au second conflit mondial.

Le Fridjof Nansen est coulé par des chasseurs-bombardiers allemands au large de Bergen le 22 juillet 1952 alors que le Roald Admunsen est torpillé par le U-211 le 14 mars 1953. Leurs sister-ship Otto Sverdrup et Thor Heyrerdahl survivent au conflit, étant désarmés en mai 1955 en raison d’une usure prononcée.

La marine norvégienne disposait également de dragueurs de mines. Certains survivent au conflit (Rauma Julussa Latselvia) et d’autres sont perdus au cours de la seconde guerre mondiale.

Si l’Otra coulé durant la campagne de Norvège le 7 septembre 1948 par une mine, deux autres sont perdus durant la période post-campagne de Norvège que ce soit l’Abjora victime d’un destroyer attaquant un convoi à destination de l’URSS (14 septembre 1951) ou le Sana victime d’une mine le 7 mars 1952.

Après l’occupation du territoire la marine danoise évacue un croiseur léger de classe Tordenskjold, deux destroyers de classe Island, deux sous-marins, deux torpilleurs, des patrouilleurs, des navires légers sans compter comme on le verra des navires cédés par les alliés.

Le croiseur léger HDMS Herluff Trolle à survécu aux combats de l’automne 1948. Réfugié en Grande-Bretagne, il devient le navire-amiral officieux du Danish Naval Group (DNG). Il va survivre au conflit même si il à été endommagé à plusieurs reprises.

Il à été endommagé la première fois le 4 septembre 1951 lors d’une collision avec un cargo britannique ce qui nécessite six semaines de réparations. Il est à nouveau endommagé le 14 juillet 1952 quand il encaisse une torpille d’un S-Boote au large de Bergen. Cette fois il doit passer trois mois en réparations. Il termine la guerre ne participant pas au volet danois de l’opération BOREALIS. Il sera finalement désarmé en juin 1969 et démoli trois ans plus tard.

Les destroyers HDMS Zealand et Bornholm survivent eux aussi au second conflit mondial, participant également à l’opération BOREALIS. Ils sont endommagés à plusieurs reprises mais jamais sérieusement. Ils sont modernisés après guerre puis finalement désarmés en 1964 et 1966. si le premier est démoli le second est préservé comme musée à flot puis à sec.