20-Ordre de bataille et programme de guerre (4)

Contre-torpilleurs

Si il y à bien un domaine où la France peut être fière de sa flotte, c’est bien celui-ci. Ces contre-torpilleurs sont sans équivalent dans le monde en terme de puissance propulsive, de puissance de feu. Ils ne sont pas exempts de défauts même si les défauts les plus criants ont pour ainsi dire été tous corrigés enttre 1939 et 1948.

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948, la marine nationale dispose de 35 contre-torpilleurs répartis entre les six Aigle, les cinq Vauquelin (perte du Maillé-Brézé en 1940), les 6 Le Fantasque, les 2 Mogador et leurs demi-frères, les 4 contre-torpilleurs de classe Hoche, les 6 puissants contre-torpilleurs de classe Bayard et les 6 contre-torpilleurs de classe Bruix.

Six autres contre-torpilleurs sont en construction quand éclate le conflit, les six navires de classe Guépratte ( Guépratte Ronar’ch Maillé Brézé D’Estaing Vautreuil et Aumale) quasiment identiques aux Bayard et aux Bruix ce qui fait dire à certains que la classe Bayard compte dix-huit navires.

Théoriquement, les Guépratte devaient remplacer les Aigle qui avaient été pourtant modernisés notamment avec le remplacement des canons de 138mm par des 130mm DP. Le déclenchement du conflit fait qu’ils vont remplacer les navires perdus.

Au large de la Norvège, les contre-torpilleurs Vautour et Kersaint sont coulés par l’aviation allemande ce qui va entrainer une réorganisation des divisions de contre-torpilleurs dont l’existence même est remise en cause.

La construction des Guépratte est accélérée mais aucun autre contre-torpilleur va être commandé, la marine nationale préférant réorganiser ses catégories de navires. En fusionnant les catégories «contre-torpilleurs» et «torpilleurs d’escadre», la marine invente l’escorteur d’escadre qui va être le futur maitre-étalon de la force de combat de la marine nationale.

Le programme de guerre de janvier 1949 voit la commande de huit escorteurs d’escadre de classe Surcouf baptisés Surcouf Kersaint Bouvet Dupetit-Thouars D’Estrées Du Chayla Duperré et Forbin, des navires de 3500 tonnes à pleine charge, filant à 33 noeuds, mesurant 132.50m de long avec un armement composé de six canons de 130mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrière), seize canons antiaériens de 37mm en huit affûts doubles, huit canons de 25mm en affûts simples ou doubles, douze tubes lance-torpilles de 550mm en quatre plate-formes triples latérales et deux grenadeurs de sillage pour la lutte ASM.

La construction des huit escorteurs d’escadre est repartie entre les ACF (Surcouf), les ACH (Kersaint Bouvet Dupetit-Thouars), les FCM du Havre (D’Estrées), les ACSM du Trait (Du Chayla), l’Arsenal de Brest (Duperré) et l’Arsenal de Lorient (Forbin)

Torpilleurs d’escadre

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, la marine nationale dispose de 39 torpilleurs d’escadre plus quatre encore en construction aux Etats Unis.

Ces torpilleurs d’escadre répartis entre la classe Le Hardi (8), la classe Intrepide (23) et la classe Empire (8+4 en construction) sont chargés pour leur majorité de protéger les treize cuirassés et les cinq porte-avions soit un besoin minimal 36 navires.

Trois sont déployés à Dunkerque comme navires d’attaque au sein de l’ELN, les quatre navires en construction aux Etats Unis devaient normalement être affectés au Levant (2) et en Indochine (2).

Durant la campagne de Norvège, la marine nationale perd les torpilleurs Le Téméraire et L’Arquebuse. Elle décide donc que les quatre torpilleurs en construction aux Etats Unis seront déployés en Europe.

Elle s’interroge sur la nécessité de construire de nouveaux TE de classe Empire pour compenser les pertes inévitables.

Comme les TE et les CT ont été fusionnés en une seule classe d’EE, aucun TE ainsi nommé ne va être commandé mais il manque un navire léger bon à tout faire pouvant escorter des convois, combattre les navires légers ennemis, faire de la présence.

Torpilleurs légers

En septembre 1948, la marine nationale dispose de 28 torpilleurs légers de classe Le Fier/Colonie répartis en sept divisions de quatre navires, six divisions étant déployés en Europe et la septième en Indochine.

Ces navires vont se montrer efficaces et vont donner du fil à retordre aux allemands, italiens et même aux japonais.

Le programme de guerre de janvier 1949 décide de commander de nouveaux Navires Légers de Combat (NLC) capable de mener des missions de combat et d’escorte. Prévoyant de lourdes pertes, elle commande seize NLC qui seront ultérieurement reclassés Escorteurs Rapides.
Ces navires qui reprennent les noms des Bourrasque et des Adroit sont d’élégants navires de 1300 tonnes, filant à 30 noeuds avec un armement théorique composé d’une tourelle double de 100mm à l’avant, une DCA légère composée de canons de 37mm et un armement ASM composé de deux grenadeurs de sillage et d’un projecteur de fusées ASM installé à l’avant.

Cette première version ne satisfait pas la marine qui le juge sous-armée. Une nouvelle version voit donc le jour, les quatre premiers navires sont modifiés in-extremis selon les nouvelles caractéristiques

Cette deuxième version du NLC est ainsi armée de deux tourelles doubles de 100mm (une avant et une arrière), une DCA légère composée de huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, quatre tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes doubles latérales, deux grenadeurs de sillage et un projecteur de fusées ASM.

Les seize NLC commandés aux Arsenaux et aux chantiers privés sont jugés aptes à la lutte ASM mais leur capacité antiaérienne pourrait être améliorée. La marine décide de lancer des études pour un ER-AA pour compléter les ER (ex-NLC), aucune commande n’est cependant encore passée, le projet étant encore dans les limbes.

Avisos, escorteurs et patrouilleurs

Si il y à bien un domaine où la marine nationale ne manque pas de moyens, c’est bien dans cette catégorie. Outre les aviso-coloniaux aux capacités limités dans ce domaine, elle peut aligner les treize aviso-dragueurs de classe Elan, les vingt-quatre aviso-dragueurs coloniaux de classe Gazelle et les trente deux corvettes classe La Malouine soit 69 navires d’escorte plus quels patrouilleurs.

En dépit de ce nombre important, la marine souhaite commander de nouveaux navires anti-sous-marins pour anticiper les pertes que l’on craint lourdes sous les coups de l’aviation et des sous-marins allemands, italiens voir japonais.

Le programme de guerre voit ainsi la commande de douze patrouilleurs ASM. Ces patrouilleurs sont d’une simplicité biblique.

Une coque simple, des superstructures réduites au maximum, la généralisation de la soudure, une propulsion par machine alternative à triple expansion ou diesel et un armement basique et pas moins efficace avec un canon de 100mm à l’avant (le 75mm était jugé trop faible), quelques pièces de DCA légère, des mitrailleuses et surtout des grenades ASM en grand nombre.

Ces petits patrouilleurs doivent essentiellement escorter des convois côtiers ou des convois méditerranéens, déchargeant ainsi les escorteurs océaniques de leur protection. Ils doivent aussi pouvoir protéger une escadre au mouillage.

Sous-marins

Entre le 5 septembre et le 27 octobre 1948 _durée de la campagne de la Norvège même si il y eut encore quelques combats sporadiques jusqu’au 1er novembre_, la Royale va perdre sept sous-marins appartenant à l’ELN et à la 5ème Escadre sous les coups des sous-marins ennemis, de l’aviation et de navires de surface.

Certes la sous-marinade française peut se consoler en se disant qu’elle à coulé le 9 septembre 1948 le croiseur lourd Blücher (quatre torpilles cadeau du Casabianca), endommagé le Oldenburg le 27 septembre (Rolland Morillot deux torpilles) et coulé plusieurs navires marchands mais avec sept sous-marins perdus en sept semaines, la force sous-marine française s’inquiète.

Quand le conflit éclate, quatre submersibles sont en construction mais même en accélérant la construction, la Royale craint d’être sur la corde raide. D’où la commande de vingt-quatre sous-marins de type Phenix jugés plus maniables et plus aisés à construire que les Rolland Morillot.

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13-Sous-marins (26) sous-marins classe Rolland Morillot (3)

Le Kerguelen

Carte de l'île de Kerguelen

Carte de l’île de Kerguelen

-Le Kerguelen est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 14 janvier 1941 lancé le 12 juillet  1943 et mis en service le 12 janvier 1945.

Le 12 janvier 1945, il est rejoint en grande rade l’aviso-dragueur La Batailleuse. Les deux navires quittent Cherbourg le lendemain  et arrivent à Brest le 14 janvier à l’aube. Il est aussitôt affecté à la 25ème DSM où il retrouve ses sister-ships Ile de Ré et Ile d’Yeu.

Du 20 au 27 avril 1945, le Kerguelen participe avec l’Ile de Re à l’entrainement ASM de la 3ème Division de Contre-Torpilleurs. La 25ème DSM devient 6ème DSM le 27 octobre 1945 à une époque où le sous-marin La Guadeloupe à permis à la division d’atteindre son format définitif.

Du 10 au 15 avril 1946, le sous-marin Kerguelen participe à l’exercice «Entente Cordiale 46» en compagnie de ses compères Rolland Morillot Ile de France et La Guadeloupe.

Du 28 octobre au 7 novembre 1947, les contre-torpilleurs Dupetit-Thouars et Du Chayla effectuent un entrainement anti-sous-marin avec comme plastron les sous-marins Kerguelen et La Guadeloupe

Du 10 mars au 20 mai 1948, le sous-marin Kerguelen est échoué dans le bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg pour son premier grand carénage.  Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 4 juin 1948. Ses essais réglementaires ont lieu du 5 au 7  et sa remise en condition du 9 au 23 juin 1948. Sa première patrouille post-carénage à lieu du 30 juin au 8 juillet 1948.

Quand les allemands lancent l’opération Weserübung le 5 septembre 1948, le Kerguelen venait d’appareiller pour un exercice dans le golfe de Gascogne. L’exercice est interrompu et le sous-marin rentre à Brest pour se ravitailler en carburant et en vivres pour effectuer sa première mission de guerre.

Le Crozet

Carte de l'île de Crozet

Carte de l’île de Crozet

-Le Crozet est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 20 octobre 1941 lancé le 12 janvier 1944 et mis en service le 4 juin 1945

Le Crozet et La Réunion admis au service actif le même jour permettent la réactivation de la 3ème DSM. Le 5 juin 1945, division appelée à être basée à Toulon, intégrant la 3ème escadrille et donc par voie de conséquence la 1ère flottille de sous-marins (1ère FSM).

Le 6 juin 1945, le mouilleur de filets Gladiateur arrive à Cherbourg pour escorter les deux sous-marins jusqu’à Toulon. La petite escadre quitte le port bas-normand le 7 juin, fait escale à Casablanca du 12 au 15 juin puis arrive à Toulon le 20 juin 1945 à l’aube.

Du 1er au 13 juillet 1945, le sous-marin Crozet participe à l’exercice «Némo» en compagnie des sous-marins La Réunion Le Glorieux Le Tonnant L’Antigone et L’Aurore.

Du 25 août au 7 septembre 1945, le Crozet participe à un entrainement commun au croiseur lourd Algérie et aux sous-marins Le Héros et L’Espoir.

Le 4 mars 1946, l’Ile d’Oleron arrive à Toulon, renforçant la 3ème DSM qui atteint donc quasiment son format définitif. Le Crozet et La Réunion participent ensuite à un entrainement ASM des contre-torpilleurs Desaix et Kléber du 14 au 22 mars 1946.

Le 13 février 1947, le sous-marin Belle-Ile arrive à Toulon ce qui permet à la 3ème DSM d’atteindre son format définitif.

Du 7 au 17 mai 1947, les sous-marins Crozet et La Réunion participent à l’entrainement anti-sous-marin des contre-torpilleurs Bayard Du Guesclin et Turenne.

Après un exercice commun de la 3ème DSM avec les trois contre-torpilleurs de la 5ème DCT, Le Crozet et La Réunion vont subir un grand carénage. Les deux sous-marins sont hissés sur le slipway du Mourillon le 11 juin 1948.

Les travaux étaient censés durer jusqu’au 20 septembre mais devant l’imminence du conflit, ce grand carénage est accélérer.

Ce qui est sur c’est que Le Crozet est armé pour essais dès le 24 août, sortant pou essais le 25 août et effectuant une remise à condition à minima du 26 août au 3 septembre, étant déclaré disponible le……….5 septembre 1948 tout comme son sister-ship La Réunion.

Le Belle-Ile

Carte de Belle-Île

Carte de Belle-Île

-Le Belle-Ile est  mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 15 juillet 1943 lancé le 12 septembre 1945 et mis en service le 30 janvier 1947.

Le 1er février 1947, le sous-marin Belle-Ile quitte Cherbourg en compagnie du Gladiateur pour rallier Toulon, faisant escale à Casablanca du 7 au 10 février, ralliant Toulon le 13 février 1947, intégrant la 3ème DSM en compagnie de ses sister-ships La Réunion Crozet et Ile d’Oleron.

Du 7 au 17 avril 1947, les sous-marins Belle-Ile et Ile d’Oleron participent à l’entrainement anti-sous-marin des torpilleurs d’escadre Le Hardi et L’Epée, ces derniers qui assurent la protection du croiseur de bataille Dunkerque étaient privés de leur protégé alors en grand carénage.

Quand le second conflit mondial éclate en Scandinavie, le sous-marin Belle-Ile avait appareillé pour une patrouille en Méditerranée. Informé des bombardements allemands, il reçoit l’ordre de surveiller attentivement les mouvements des navires italiens stationnés à La Spezia.

L’Ile d’Oleron

Image satellitaire de l'Ile d'Oleron

Image satellitaire de l’Ile d’Oleron

-L’Ile d’Oleron est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 4 mars 1943 lancé le 4 février 1945 et mis en service le 25 février 1946

L’Ile d’Oleron quitte Cherbourg le 25 février 1946 en compagnie de l’aviso-dragueur Commandant Dominé pour rallier Toulon, se ravitaillant le 1er mars à Casablanca avant de rallier Toulon le 4 mars et de rejoindre ses sister-ships La Réunion et Crozet au sein de la 3ème DSM.

Du 20 mars au 21mai 1946, l’Ile d’Oleron accompagne La Réunion dans une croisière en URSS en compagnie du cuirassé Alsace, du croiseur lourd Saint Louis, des torpilleurs d’escadre Mameluk et Casque et le pétrolier ravitailleur Liamone.

Du 7 au 17 avril, il participe en compagnie du Belle-Ile à l’entrainement anti-sous-marin des torpilleurs d’escadre Le Hardi et L’Epée.

Le 5 septembre 1948, l’Ile d’Oleron était à la mer en Mer Tyrrhénienne. Averti des bombardements allemands, elle reçoit des consignes de vigilance, notamment de suivre les mouvements de la flotte italienne.

13-Sous-marins (24) sous-marins classe Rolland Morillot (1)

J-Sous-marins de 1ère classe type Rolland Morillot (Z2)

De nouveaux sous-marins pour la marine nationale

Schéma simplifié des Rolland Morillot

Schéma simplifié des Rolland Morillot

Durant le premier conflit mondial, les constructions navales dans notre pays ont été pour ainsi dire stoppées. Les besoins de l’armée de terre primant sur ceux de la marine, les Arsenaux avaient du produire des munitions et des fournitures pour les poilus plus que des navires.

Certes, il y eut bien des avisos, des patrouilleurs et des canonnières de construit mais des navires ne réquerant pas autant de technicité qu’un sous-marin ce qui explique que la reprise de la construction des submersibles après le premier conflit mondial à été laborieuses, un délai de quatre à six ans séparant la mise sur cale de l’admission au service actif.

Constatant ce délai, l’amirauté anticipa dès le début des années trente le remplacement des 1500 tonnes alors que tous _loin s’en faut_ n’étaient pas encore en service. Un projet «R» avait même été étudié dès 1927 nous donnant un sous-marin de 1400 tonnes mais aucune des quatre variantes ne fût au final construite.

Au final ce n’est que le 29 avril 1936 que les plans d’un nouveau sous-marin de grande patrouille sont arrêtés, le projet retenu baptisé «Z2» est l’œuvre de l’ingénieur général Paoli qui à succédé à l’ingénieur général Roquebert qui avait dessiné les sous-marins type Requin et Redoutable/Pascal.

Ces nouveaux sous-marins déplacent 1800 tonnes, cette prise de poids s’expliquant par un grand nombre d’améliorations : diesels plus puissants et donc en partie plus lourds, armement plus puissant (canon de 100mm d’un nouveau modèle avec possibilité d’y embarquer un canon de 130mm, calibre des torpilles unique soit 550mm avec une augmentation du nombre des torpilles de réserve), une autonomie plus importante, un appareillage d’écoute et des optiques plus performantes……… . Plus important, les Z2 adoptaient la soudure pour la coque épaisse ce qui renforçait leur résistance au grenadage.

Un premier sous-marin baptisé Rolland Morillot est financé à la tranche 1934. Il suivit d’un deuxième au contingent 1937 (La Praya), un troisième à la tranche 1938 (La Martinique) et un quatrième à la tranche 1938bis (La Guadeloupe La Réunion), ces cinq sous-marins devant être construits par l’Arsenal de Cherbourg.

A noter que sur le plan purement technique, à partir du Rolland Morillot n°3 (La Martinique), ces submersibles disposaient de treize tubes lance-torpilles au lieu de dix.

Le renouvellement s’accélère avec le décret-loi du 1er avril 1940 qui finance la construction de six nouveaux submersibles baptisés Ile de France Ile de Ré Ile d’Yeu Kerguelen Crozet Belle-Ile dont la construction est confiée pour les trois premiers aux ACL de Nantes et à l’Arsenal de Cherbourg pour les trois suivants.

L’impulsion est encore accéléré par le programme naval de 1941 qui finance un total de quinze submersibles de type Rolland Morillot en trois tranches inégales.

La tranche 1943 autorise et finance trois sous-marins baptisés  ( Ile d’Oleron Ile de Brehat Ile d’Aix) dont la construction est répartie entre l’Arsenal de Cherbourg (les deux premiers) et l’Arsenal de Brest pour le troisième.

La  tranche 1944 finance six autres submersibles (Saint Marcouf; Ile de Molène; Aber Wrach; Ile de Batz; Ile de Porquerolles et Ile d’If), une tranche normande puise la construction est repartie entre les chantiers A. Normand du Havre (Saint Marcouf Aber Wrach Ile de Porquerolles) et les chantiers Worms (ACSM) (Molène Ile de Batz Ile d’If).

La tranche 1945 finance six nouveaux «1800 tonnes» (Mayotte Nouvelle Calédonie Tromelin Wallis et Futuna Clipperton et St Pierre et Miquelon), une autre tranche normande sauf que cette fois la construction est répartie entre les chantiers Worms du Trait (Mayotte Nouvelle Calédonie Tromelin) et l’Arsenal de Cherbourg (Wallis & Futuna Clipperton St Pierre & Miquelon)

27 submersibles de type Rolland Morillot sont donc commandés auxquels s’ajoutent un total de quatre sous-marins d’un type approchant mais dont les différences sont suffisament grandes pour justifier l’existence d’une classe autonome (canon de 130mm, diesels et batteries plus puissants).

Le Rolland Morillot

Rolland Morillot mort à bord du sous-marin Monge en 1915

Rolland Morillot mort à bord du sous-marin Monge en 1915

-Le Rolland Morillot est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 1er décembre 1937 lancé le 15 septembre 1940 et mis en service le 17 février 1942.

Le 18 février 1942, l’aviso-dragueur La Capricieuse arrive à Cherbourg. Il va assurer l’escorte en surface du nouveau sous-marin en direction de Brest son port d’attache. Les deux navires quittent Cherbourg le 19 février au matin et arrivent à Brest dans la soirée.

Le Rolland Morillot est placé hors rang au sein de la 5ème Escadre et ce jusqu’au 14 mai 1943 quand l’admission au service actif de son sister-ship La Praya permet l’activation de la 24ème Division de Sous-Marins.

Cette division est renforcée par l’admission au service actif de La Martinique le 5 octobre 1943 et atteint son format définitif le 12 août 1944 quand l’Ile de France est à son tour admis au service actif.

Du 12 février au 15 mai 1945, le Rolland Morillot est échoué dans le bassin n°1 de l’Arsenal de Cherbourg pour son premier grand carénage.

Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 25 mai, réalisant ses essais réglementaires du 26 au 29, le mauvais temps ayant perturbé le programme prévu pour se dérouler sur deux jours.

Il réalise sa remise en condition en Manche du 1er au 15 juin avant de rallier Brest, le premier «1800 tonnes» effectuant sa première patrouille post-carénage du 22 juin au 10 juillet.

Du 7 au 15 août 1945, le Rolland Morillot participe avec ses compères La Praya et La Martinique à  un exercice ASM au large de Dakar en compagnie du porte-avions Painlevé.

Du 16 au 23 novembre 1945, il sert de plastron pour l’entrainement ASM des torpilleurs d’escadre L’Intrepide et Le Téméraire, les trois navires faisant escale à Lorient du 24 au 27 novembre avant de rallier Brest le lendemain.

Le 9 août 1945, la 24ème DSM est renumérotée 4ème DSM.

L’année suivante du 10 au 15 avril 1946, il participe à l’exercice «Entente Cordiale 46» en compagnie de son compère Ile de France mais également des sous-marins Kerguelen et La Guadeloupe de la 6ème DSM, récidivant l’année suivante pour «Entente Cordiale 47» en compagnie cette fois de son sister-ship La Guadeloupe et du Casabianca.

Du  22 mars au 1er juillet 1948, le Rolland Morillot est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Cherbourg pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 12 juillet 1948, réalisant ses essais réglementaires du 13 au 15  puis sa remise en condition du 17 au 31 juillet.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, le Rolland Morillot achèvait une patrouille en mer du Nord. Il rallie alors Rosyth en Grande Bretagne où il va recompléter ses soutes en carburant, vivres et munitions auprès d’un cargo français qui supplé le Jules Verne alors à Dakar.

La Praya

-La Praya  est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 2 novembre 1938 lancé le 5 octobre 1941 et mis en service le 14 mai 1943.

Le 15 mai 1943, l’aviso-dragueur La Boudeuse venu de Brest arrive à Cherbourg pour escorter le sous-marin La Praya jusqu’à Brest où les deux navires arrivent le lendemain à l’aube, le mauvais temps ayant retardé la traversée.

Son admission au service actif permet l’activation de la 24ème Division de Sous-Marins (24ème DSM), division rattachée à la 5ème Escadre (Flotte de l’Atlantique). Cette division est renforcée par l’admission au service actif de La Martinique le 5 octobre 1943 et atteint son format définitif le 12 août 1944 quand l’Ile de France est à son tour admis au service actif.

Du 16 au 28 avril 1945, le sous-marin La Praya participe à l’entrainement anti-sous-marin du contre-torpilleur Bison. Il participe ensuite du 7 au 15 août à un entrainement ASM au large de Dakar en compagnie du porte-avions Painlevé et de ses compères Rolland Morillot et La Martinique.

Du 7 juin au 18 septembre 1946, La Praya est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Cherbourg pour son premier grand carénage.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 1er octobre, sortant pour essais du 2 au 4  puis pour remise en condition du 6 au 20 octobre 1946. Rentré à Brest le 21, il sort pour sa première patrouille post-carénage du 28 octobre au 13 novembre 1946.

Du 16 au 23 février 1947, il sert de plastron pour l’entrainement anti-sous-marin des torpilleurs d’escadre Cimeterre et Arquebuse. Ces derniers qui assurent l’escorte du porte-avions Painlevé étaient orphelins de protégé, le sister-ship du Joffre étant immobilisé pour grand carénage.

Quand le second conflit mondial éclate, le sous-marin La Praya était à quai à Brest pour préparer un déploiement aux Antilles. Ce déploiement est suspendu à l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège et le Danemark.

La Martinique

Carte de la Martinique

Carte de la Martinique

-La Martinique est mise sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 15 juin 1939 lancé le 12 janvier 1942 et mis en service le 5 octobre 1943.

A son admission au service actif, il est affecté à la 24ème DSM basée à Brest. Il quitte Cherbourg le 6 octobre 1943 en compagnie de l’aviso-hydrographe Beautemps Beaupré avec lequel il rallie Brest le lendemain.

Du 7 au 15 août 1945, La Martinique participe à un exercice ASM au large de Dakar en compagnie du porte-avions Painlevé et de ses sister-ships et compères Rolland Morillot et La Praya. Alors que La Martinique est en manoeuvre à Dakar, la 24ème DSM est renumérotée 4ème DSM.

Du 19 septembre au 27 décembre 1946, le sous-marin La Martinique est échoué dans le bassin n°1 pour son premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 15 janvier 1947, sortant ensuite pour essais du 16 au 18 puis pour remise en condition du 20 janvier au 3 février 1947. Rentré à Brest le 4 février, il effectue sa première patrouille post-carénage du 11 février au 1er mars 1947.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, La Martinique était en Manche pour relever en mer du Nord son compère Rolland Morillot. Il reçoit l’ordre de rallier Dunkerque pour embarquer un complément de carburant et de vivres avant de rallier Rosyth.

La Guadeloupe

Carte de la Guadeloupe

Carte de la Guadeloupe

-La Guadeloupe est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 7 novembre 1940 lancé le 12 septembre 1943 et mis en service le 1er mai 1945.

Le 2 mai 1945, l’aviso-dragueur L’Impétueuse arrive à Cherbourg pour escorter à Brest le sous-marin récemment mis en service. Les deux navires arrivent à Brest en fin de soirée.

Le sous-marin La Guadeloupe est affecté à la 25ème DSM, division activée en septembre 1944 quand l’Ile de Ré est rejointe par Ile d’Yeu, les deux sous-marins «nantais» étant rejoints en janvier 1945 par le sous-marin Kerguelen qui lui avait été construit à Cherbourg. Cette division est renumérotée 6ème DSM le 27 octobre 1945.

Du 10 au 15 avril 1946, La Guadeloupe participe à «Entente Cordiale 46» en compagnie de ses sister-ships Rolland Morillot Ile de France et Kerguelen, récidivant l’année suivante pour l’édition 47 à laquelle participent également les sous-marins Rolland Morillot et Casabianca (1er au 21 juin)

Entre-temps, le sous-marin La Guadeloupe à participé à l’entrainement ASM du torpilleur d’escadre Voltigeur du 10 au 17 février 1947 avant de faire de même avec les contre-torpilleurs Dupetit-Thouars et Du Chayla de la 3ème DCT avec cette fois le concours de son compère Kerguelen et ce du 28 octobre au 7 novembre 1947.

Du 21 mai au 31 août 1948, La Guadeloupe subit son premier grand carénage, étant échoué au bassin n°2 de  l’Arsenal de Cherbourg, subissant une remise en état complète.

Le déclenchement du second conflit mondial le surprend à quai en travaux complémentaires. Les travaux sont accélérés mais ce n’est qu’à la fin du mois que le sous-marin pourra entamer ses missions en mer du Nord.