Etats-Unis (13) US Navy (9)

ARTILLERIE ET SYSTEMES D’ARMES

Artillerie lourde (203 à 406mm)

16 Inch (406mm) Mark 1 5 et 8

Canons de 406mm Mark 2 & 3 3

Canon  de 406mm Mark 2 

Ce canon de 406mm est la pièce la plus lourde et la plus ancienne de l’arsenal américain. Mis au point pour les Colorado, il équipe donc trois cuirassés, les Colorado Maryland et West Virginia à raison de huit canons en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières). Ce canon est toujours en service en septembre 1948. Des évolutions ont fait évoluer ce canon en Mark 5 puis en Mark 8.

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20-Ordre de bataille et Programme de guerre (3)

B-Programme de guerre du 15 janvier 1949

Avant propos

Le 5 septembre 1948, ce que le monde craignait depuis la fin de la guerre de Pologne se produit : la guerre déchire à nouveau le continent. Deux petits royaumes nordiques, la Norvège et le Danemark sont attaqués par l’Allemagne au mépris de la neutralité de Copenhague et d’Oslo.

De violents bombardements frappent Copenhague, Oslo, Bergen et d’autres villes suivis de raids aéroportés et de débarquements amphibies qui prennent les alliés aux dépourvus en dépit de signaux d’alerte convergents que Paris comme Londres n’ont pas su ou pas voulu voir.

Ce déclenchement de l’opération Weserübung entraine de violents affrontements sur mer, dans les airs, à terre et sous les océans entre l’Allemagne d’un côté et les alliés franco-anglo-polono-norvégiens qui se terminent par l’occupation de la Norvège par l’Allemagne.

Deux mois de violents combats qui ont provoqué des pertes qu’il faut combler. Il faut également envisager l’avenir, anticiper l’après conflit et le visage de la marine dans quinze ou vingt-ans.

D’où le vote d’un programme de guerre le 15 janvier 1949 par la Chambre des Députés destiné à combler les pertes présentes, à si possible anticiper les pertes et besoins futurs et ce qui est encore plus difficile, mettre sur pied les bases d’une marine puissante une fois ce conflit terminé car tout le monde pressent en cet automne 1948 que les allemands ne s’arrêteront pas là……….. .

De longues discussions

Dès le 12 octobre 1948, le commandant en chef de la marine nationale, l’amiral Ollive réclame le vote par le parlement d’un programme de guerre destiné à combler les premières pertes du conflit et ne pas se retrouver au pied du mur.

Les discussions sont paradoxalement assez longues. En dépit de la situation internationale tendue, les parlementaires rechignent à voter de nouveaux crédits pour les constructions navales. Un jeune député PSF, Michel Debré lance cette algarade célèbre «Messieurs auriez vous oublié que c’est la guerre et qu’il n’est pas  temps de mégoter sur les investissements ?».

La situation se débloque à la fin de l’année. Le projet est voté en première lecture le 14 décembre 1948 suivit d’un deuxième vote au Sénat le 19 décembre 1948. Après un amendement accroissant les commandes, le programme de guerre est définitivement voté le 27 décembre 1948 et sanctionné par le pouvoir exécutif le 15 janvier 1949 bien que dans la pratique, des premières commandes ont été passées.

Des navires, toujours plus de navires

Cuirassés et croiseurs de bataille

Le 17 septembre 1948, le porte-avions Painlevé lance un raid dévastateur sur Oslo en compagnie du porte-avions britannique Malta. L’aérodrome de la capitale norvégienne occupée par les allemands est particulièrement visé et la Luftwafe subit de lourdes pertes notamment en avions de transport.

Un raid de représailles est lancé dans l’après midi, coulant un destroyer britannique, le torpilleur d’escadre Le Téméraire  et endommageant le cuirassé Lorraine.

Le surlendemain, alors que le porte-avions français s’apprête à lancer un nouveau raid contre Trondheim au nord de la Norvège, d’inquiétantes gerbes éclatent alors que règne un brouillard à couper au couteau.

Cela signale l’arrivée du cuirassé Hindenburg et du croiseur lourd Tegetthoff bien décidés à chatier la Royale.

Le cuirassé Lorraine va alors se sacrifier en compagnie des torpilleurs d’escadre L’Intrepide et Arquebuse pour couvrir la retraite du Painlevé qui quand il sera en mesure de lancer ses avions contre les navires allemands, constatera qu’ils ont disparu tout comme le Lorraine et l’Arquebuse alors que l’Intrepide légèrement endommagé récupère les survivants au risque d’être torpillé ou victime de la Luftwafe.

La perte du Lorraine suivit quelques jours plus tard par les lourds dommages subis par le cuirassé Normandie pousse la marine à reconsidérer la construction des trois cuirassés type CR3 (Cuirassé Rapide de 3ème génération).

En septembre 1948, seuls les deux premiers baptisés Languedoc et Moselle avaient été mis sur cale respectivement à l’Arsenal de Brest et aux ACL de Saint-Nazaire mais les travaux avaient été menés sans empressement et même suspendus au moment de l’entrée en guerre de la France.

Ces travaux vont reprendre début octobre 1948, financés par le programme de guerre, les deux cuirassés de 47500 tonnes, 28 nœuds avec un armement principal composé de neuf canons de 406mm en trois tourelles triples étant mis en service en 1951 remplaçant numériquement le Lorraine et le Clemenceau coulé en Méditerranée.

-Le Languedoc est mis sur cale à l’Arsenal de Brest (forme n°11) le 14 mai 1948 lancé le 23 mars 1950 et mis en service au printemps 1951.

-Le Moselle est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët le 15 août 1948 lancé le 4 septembre 1950 et mis en service en octobre 1951

Le troisième CR3 qui aurait du être mis sur cale après le lancement du Languedoc (survenu en mars 1950) ne le sera jamais, la marine connaissant des problèmes d’effectifs et ne voulant pas construire des navires qu’elle ne pourrait mettre en œuvre sereinement.
Caractéristiques Techniques de la classe Languedoc

Déplacement : standard 47500 tonnes pleine charge 51000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 272m largeur 37.50m tirant d’eau 11.50m

Propulsion :  4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural développant 170000ch et entrainant quatre hélices

Performances :  vitesse maximale : 29.5 noeuds distance franchissable : 8400 miles nautiques à 15 noeuds 2900 miles nautiques à 28 noeuds.

Protection : ceinture principale 390mm bulkhead avant 355mm bulkhead au dessus du pont blindé intermédiaire 235mm

pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 190mm pont blindé supérieur au dessus des machines 170mm pont blindé intermédiaire 50/70mm (100mm au dessus des hélices et 150mm au dessus des lignes d’arbre)

Bloc passerelle : face avant et latérales 360mm arrière 280mm toit 170mm tube de communication 160mm

Tourelles triples de 406mm : face avant 430mm faces latérales 300mm toit 170 à 195mm face arrière 270mm (T.I) et 260mm (T.II) barbettes au dessus du PBS 405mm barbettes en dessous du PBS 80mm

Tourelles de l’artillerie secondaire : face avant 130mm côtés et toit 70mm face arrière 60mm barbette 100mm

Électronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir pour l’artillerie principale, deux radars pour la conduite de l’artillerie secondaire
Armement : neuf canons de 406mm Mark IV répartis en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), 24 canons de 130mm en douze tourelles doubles installées latéralement, 28 canons de 37mm groupés en quatre affûts quadruples ACAQ modèle 1941  et six  affûts doubles ACAD modèle 1935   et 12 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles
Aviation : une catapulte et un hangar sous la poupe avec deux à quatre hydravions Dewoitine HD-731

Equipage : 1780 officiers et marins

Porte-avions

Quand éclate le second conflit mondial, la marine nationale dispose de cinq porte-avions dont quatre sont déployés en Europe. Le porte-avions montre son  utilité durant la campagne norvégienne mais le programme de guerre ne prévoit dans sa première version aucune commande.

Tout juste prévoit-il que la marine nationale ne peut disposer de moins de trois porte-avions pour en avoir un toujours opérationnel, un en entretien courant ou entrainement de son groupe aérien et un troisième immobilisé pour un grand carénage ou une modernisation. Ce n’est qu’en mai 1952 que les trois porte-avions type PA23 ou classe Clemenceau (Clemenceau Foch Joffre) sont commandés, des navires qui seront mis en service après la fin du conflit.

Caractéristiques Techniques de la classe Clemenceau

Déplacement : standard 32500 tonnes pleine charge 41000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 275m longueur du pont d’envol 270m largeur à la flottaison 30m largeur du pont d’envol 47m tirant d’eau à pleine charge 9.80m

Propulsion : 4 turbines à vapeur Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par 8 chaudières Penhoët dévellopant 170000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale en service courant 32 noeuds distance franchissable 16000 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : ceinture de 130mm pont d’envol 75mm pont du hangar 50mm

Armement : huit canons de 130mm en quatre tourelles doubles, quarante-huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 ou ADAC/ADAQ et trente-six canons de 25mm en affûts simples et doubles
Installations aéronautiques : pont d’envol de 270m de long sur 47m de large équipé de deux catapultes hydrauliques axiales à l’avant

Hangar de 204m de long sur 24m de large et 5.40m de haut relié au pont d’envol par trois ascenseurs  (deux axiaux de 14.7 sur 13.5m et un latéral du 18.3 sur 10.4m) onze brins d’arrêts et une grue de 15 tonnes derrière l’ilôt

Groupe aérien : 90 appareils (chasseurs MB-159M, bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-420,Latécoère Laté 299-5, SNCAO CAO-610 en attendant des avions plus modernes)

Equipage : 2500 à 3000 hommes

La raison finit cependant par l’emporter et la version définitive du programme de guerre voit la commande de deux porte-avions légers, version agrandie des Alienor d’Aquitaine, des porte-avions baptisés Guillaume le Conquérant et Henri Plantagenêt.

Il faut dire que les «ponts plats» payent leur part de pertes avec la destruction du Joffre en Méditerranée et de l’Alienor d’Aquitaine en Indochine par les japonais.

Caractéristiques des porte-avions classe Guillaume Le Conquérant

Déplacement : standard 16000 tonnes pleine charge 19000 tonnes

Dimensions : longueur 215.30m largeur (flottaison) 24.50m tirant d’eau (en charge) 8.25m

Propulsion : turbines à engrenages Parson alimentées par quatre chaudières type Amirauté dévellopant une puissance totale de 43000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 25 noeuds distance franchissable 12000 miles nautiques à 14 noeuds

Armement : 32 canons de 37mm Schneider modèle 1941 en seize affûts doubles et 16 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940 en huit affûts doubles.

Installations aéronautiques et Groupe aérien :

-Une catapulte à l’avant

-Deux ascenseurs axiaux

-Hangar de 138mx15.84×5.33m

-Dix brins d’arrêt.
Groupe aérien : encore non arrêté à l’époque mais devrait tourner entre 30 et 40 appareils

Equipage : encore inconnu à l’époque

Croiseurs lourds

En septembre 1948, la marine nationale dispose de neufs croiseurs lourds plus un dixième _le Charles Martel_ en construction à Lorient. Tous sont déployés en Europe à l’exception du Tourville déployé en Indochine comme navire-amiral des FNEO.

Jugeant ce type de croiseur inadapté aux missions à venir, la marine nationale décide de ne commander aucun croiseur lourd ou croiseur de 1ère classe.

Croiseurs légers

Quand le second conflit mondial éclate, la marine nationale dispose de dix sept-croiseurs légers plus  trois autres en construction (un en achèvement à flot et deux sur cale) soit un potentiel de vingt-croiseurs légers.

Il ne faut cependant pas s’arrêter sur un bilan strictement comptable. La flotte est en effet hétérogène avec les vénérables Duguay Trouin et Primauguet, le croiseur-école Jeanne d’Arc juste capable de traquer les raiders allemands, les modernes La Galissonnière et De Grasse (six de chaque côté) et l’étonnant Waldeck-Rousseau, un croiseur léger antiaérien.

Les tranches 1946 et 1948 avaient financé la construction de trois croiseurs légers baptisés  Dupuy de Lôme Sully et Louvois destinés à remplacer le Lamotte-Picquet (désarmé prématurément en 1946), le Duguay-Trouin et Le Primauguet.

La campagne de Norvège à prélevé sa part de la «note du boucher» comme dise les anglo-saxons puisque le Gloire est coulé au large d’Oslo par une attaque combinée de la Luftwafe et des sous-marins qui ne laisse aucun chance au croiseur léger. Le Waldeck-Rousseau est sévèrement endommagé et nécessitera de longues réparations avant de redevenir opérationnel.

Prévoyant des pertes sévères dans cette catégorie de croiseurs, la marine parvint à arracher aux députés la commande de neuf croiseurs légers type Dupuy de Lôme même si les retours d’expérience de la guerre se chargeront de modifier éventuellement l’armement et les capacités de ces navires.

17-Aviation navale (26)

Escadrille 6B

L’escadrille B-4 devait être armée à l’automne 1939 au cours de la guerre de Pologne mais le conflit s’achevant plus rapidement que prévu, cette escadrille est mise en sommeil en février 1940 tout en étant administrativement intégrée à la 2ème flottille d’aviation navale basée à Fréjus-Saint Raphaël à partir du 15 septembre 1940.

C’est toujours en unité fantôme que l’escadrille B-4 devient l’escadrille 6B le 1er octobre 1940 mais pour peu de temps puisque quelques jours après sont livrés les premiers Bloch MB-175T.

Douze de ces bimoteurs de reconnaissance et d’attaque maritime sont ainsi livrés à l’unité qui après un entrainement intensif est déclarée pleinement opérationnelle sur le nouvel avion à la fin du mois de décembre 1940.

Ces appareils sont chargés de la surveillance de la Méditerranée et en cas de conflit contre l’Italie de s’attaquer à la navigation italienne dans le Golfe de Gênes à l’aide de bombes, de torpilles et nouveauté de roquettes air-sol particulièrement efficaces contre les navires marchands.

Le 31 août 1948, l’unité dispose toujours de douze bimoteurs MB-175T même si sur ces douze appareils, quatre sont des appareils de remplacement, deux ayant été perdus au cours d’exercice et deux ayant été réformés suite à des problèmes récurrents de moteurs et une usure prononcée de certaines pièces vitales.

A partir du 1er septembre 1948, l’unité maintien en vol au dessus de la Méditerranée une patrouille de deux MB-175T, chacun armés de deux bombes de 250kg pour une mission de reconnaissance armée. Ce dispositif est maintenu jusqu’au 12 septembre 1948 quand il est supprimé, l’Italie ne bougeant pas.

Escadrille 7B

Le 12 mai 1941 est créée sur la base de Lann-Bihoué près de Lorient, l’escadrille 7B, une escadrille de bombardiers-torpilleurs équipée d’abord de seize Lioré et Olivier Léo 451 identiques à ceux mis en oeuvre par l’armée de l’air.

Ces bombardiers bimoteurs bien qu’efficace ne sont pas totalement adaptés aux opérations navales mais cette situation est temporaire et progressivement, ces appareils au cours de grande visite sont mis au standard Léo 456 qui lui répond parfaitement aux désideratas de la marine.

En décembre 1942, le remplacement est totalement achevés mais si douze appareils sont bien des appareils d’origine, quatre sont des appareils produits neufs comme des Léo 456 remplaçant des appareils perdus avant de pouvoir être transformés ou trop endommagés pour qu’il soit jugé profitable de les réparer.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 date à laquelle l’escadrille est mise en alerte pour faire face à toute éventualité.

Le 5 septembre 1948, à l’annonce des bombardements allemands sur le Danemark et la Norvège, elle reçoit l’ordre de faire mouvement vers le Nord de la France et l’aérodrome de Lille-Lesquin, première étape vers soit un déploiement avancé en Belgique ou en Grande Bretagne.

Escadrille 8B

En septembre 1939, l’escadrille B-1 est basée sur l’Etang de Berre avec pour équipement quatorze hydravions de bombardement Lioré et Olivier H257bis. A la mobilisation, elle rallie Port Lyautey pour mener en Méditerranée comme dans l’Atlantique des patrouilles anti-sous-marines.

Après la fin de la guerre de Pologne, l’unité reste déployée à Port-Lyautey et intègre le 15 septembre 1940 la 6ème flottille d’hydravions qui regroupe tous les hydravions basés au Maroc. Un mois plus tard, l’escadrille B-1 devient l’escadrille 8B avec toujours ces vénérables biplans comme équipement.

En mars/avril 1941, les dix appareils encore en état de vol sont remplacés par douze hydravions bimoteurs Bloch MB-481 nettement plus moderne.

Depuis sa base marocaine, la 8B va effectuer des patrouilles de surveillance dans l’Atlantique mais également parfois en Méditerranée, s’entrainant également avec les navires de passage dans les eaux marocaines (nombreux car Casablanca était une escale quasi-obligée des navires ralliant la Méditerranée depuis les ports de la Manche et de l’Atlantique).

Ces appareils (dix appareils du lot d’origine, deux de remplacement) sont encore en service le 31 août 1948 et vont maintenir une présence permanente au dessus des convois entre Brest et Casablanca, se relayant avec des unités du CAAN à partir du 5 septembre 1948 tout en surveillant la possible irruption sur les côtes marocaines de raiders ou de navires allemands pour une démonstration semblable à celle du Goeben en 1914 en Algérie, cette crainte avait d’ailleurs été indirectement à l’origine de la perte du Pluton.

Escadrille 9B

Cette escadrille de bombardement en piqué est une escadrille embarquée sur le porte-avions Painlevé et donc appartenant à la 7ème flottille d’aviation navale qui est créée en même temps que le 9B à savoir le 1er juin 1943.

Cette flottille est équipée de neuf bombardiers en piqué monoplaces Loire-Nieuport LN-401 destinés à attaquer aussi bien les batteries côtières que les navires de guerre, ce mode d’attaque étant jugé plus efficace que le bombardement horizontal contre une cible mobile et de taille souvent réduite.

L’escadrille effectue ses premiers mouvements aviation à bord du Painlevé du 1er juin au 8 juillet 1944 au cours de la deuxième campagne d’essais du porte-avions, l’escadrille 9B perdant un appareil qui se crashe sur le pont d’envol (pilote tué).

C’est donc à seulement huit appareils que l’escadrille participe à la traversée longue durée du porte-avions qui quitte Brest le 15 juillet direction les Antilles et rentre à Brest le 18 août.

Reconstituée à neuf appareils, l’unité s’entraine depuis la terre lors de l’immobilisation du porte-avions pour les démontages et les modifications après la TLD (20 août au 12 septembre) avant de reprendre les opérations embarquées dès la disponibilité de la plate-forme mise en service le 18 août 1944, presque seize mois après le Joffre.
A chaque sortie du porte-avions, l’escadrille 9B menait les mêmes opérations que les autres escadrilles embarquées de la marine nationale : formation pratique de jeunes pilotes, validation de l’expérience et des acquis des pilotes confirmés, entrainement aux missions de guerre, exercices avec l’armée de l’air et d’autres unités de la Flotte de l’Atlantique.

Du 22 juillet 1946 au 14 mars 1947, le Painlevé subit son premier grand carénage. Cela laisse la 7ème flottille d’aviation navale sans plate-forme mais cela permet à l’escadrille 9B de changer de monture.

En effet, le Loire-Nieuport LN-420 remplace le LN-401 (sept appareils encore en état de vol à l’époque). Bien qu’il y ait un air de famille entre les deux appareils, le LN-420 est un nouvel appareil, un biplace remplaçant un monoplace, l’expérience des exercices ayant montré l’utilité d’un mitrailleur arrière pour protéger l’avion de la chasse ennemie lors de la phase délicate du piqué vers sa cible.

La navalisation de l’unité _privée de porte-avions depuis huit mois_ à lieu lors de la remise en condition du porte-avions au large de Dakar du 11 avril au 27 mai avec la participation de l’armée de l’air.

Du 2 au 21 novembre 1947, le Painlevé participe à un exercice avec les cuirassés Normandie et Lorraine, le porte-avions léger Alienor d’Aquitaine accompagnés par huit torpilleurs d’escadre et le PRE La Seine. L’escadrille 9B se frotte en particulier aux novices de l’escadrille 11B embarquée sur le porte-avions léger.

Après un entrainement du 1er au 5 septembre, en mer d’Iroise, l’escadrille 9B et les autres escadrilles embarquées sur le Painlevé se préparent à mener des missions de guerre suite à l’attaque allemande en Norvège et au Danemark.

A quai, le porte-avions est ravitaillé en carburant, vivres, pièces détachées et munitions de guerre (pour recompléter les stocks) pendant que les avions sont révisés à bord, certains jugés trop usés sont remplacés par des appareils neufs venus de Lanvéoc-Poulmic où _sage précaution_, quelques appareils des modèles embarqués sur le Painlevé avaient été stockés. L’escadrille 9B change ainsi trois de ces neufs bombardiers en piqué.

Escadrille 10B

Cette escadrille est activée le 13 juillet 1941 au sein de la toute nouvelle 4ème flottille d’aviation navale (4ème FAN) qui regroupe les avions terrestres destinés à appuyer depuis la base de Sidi-Ahmed, les unités de la 6ème Escadre Légère.

La 10B est ainsi équipée de douze rutilants bimoteurs Bloch MB-175T de reconnaissance armés, capables de patrouiller de longues heures au dessus des flots mais également capable de déclencher le feu de Wotan sous la forme de raids de bombardement, de torpillage et d’attaque à l’aide de roquettes air-sol.

Trois appareils ont été perdus durant l’utilisation de cet appareil mais fort heureusement sans perte en vies humaines.

Le 31 août 1948, l’unité est mise en alerte et voit ses effectifs complétés par le rappel de réservistes et d’anciens de l’unité qui se portent volontaire. L’escadrille 10B reçoit pour mission de surveiller le Golfe de Syrte et pour plus d’efficacité, un détachement avancé est établit à Gabès pour multiplier les patrouilles dans cette région.

6-Cuirassés et croiseurs de bataille (4)

La Lorraine

Le cuirassé Lorraine en 1939

Le Lorraine est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire à St Nazaire le 1er août 1912, lancé le 30 septembre 1913 et admis au service actif le 27 juillet 1916.Affecté à la Méditerranée, il participe au blocus de la flotte austro-hongroise depuis Corfou et aux démonstrations de force qui poussent la Grèce à entrer en guerre aux côtés des alliés en dépit de sympathies évidentes pour les Empires Centraux.

Comme ses sister-ship, le Lorraine est refondu à plusieurs reprises : 1921/1922, 1926 et 1927 et surtout de 1934 à 1936.

Comme ses sister-ship, les superstructures sont modifiées, la conduite de tir modernisée, la protection du casemate et du réduit central est grandement renforcé, les canons de 340mm d’origine sont remplacés par des pièces neuves et l’armement antiaérien considérablement renforcé.

En effet, 8 canons de 100 mm modèle 1930 en quatre affûts doubles modèle 1931 sont embarqués (ils seront débarqués en 1939 pour équiper le Richelieu qui connait de nombreuses difficultés avec ses canons polyvalents de 152mm) remplaçant une partie des canons de 138mm en casemate, étant accompagnés par 12 mitrailleuses de 13.2mm.

Les tubes lance-torpilles submersibles sont supprimés et le cuirassé Lorraine perd également sa tourelle centrale de 340mm au profit d’un hangar pour quatre hydravions ainsi que d’une grue et d’une catapulte.

Le 15 avril 1940, Le Lorraine quitte Toulon pour un entrainement commun avec les torpilleurs d’escadre de la 1ère DT, entrainement qui l’occupe du 15 avril au 8 mai, les quatre navires faisant ensuite escale à Nice du 9 au 14 mai avant de rentrer à Toulon le lendemain 15 mai 1940.

Comme son sister-ship Provence, le cuirassé Lorraine effectuant d’incessantes patrouilles en Méditerranée et des entrainement au profit des nouveaux marins et des réservistes.

Du 23 juin au 14 juillet 1940, le cuirassé est indisponible pour permettre à l’équipage de prendre ses perms. Il sort ensuite pour essais du 15 au 17 juillet puis pour remise en condition du 19  au 30 juillet 1940.

Du 22 février au 8 mars 1941, les cuirassés Lorraine et Provence (5ème DL) participent à un exercice commun avec les torpilleurs de la 1ère Flottille de Torpilleurs (1ère DT _La Tempête et Le Mars_; les 3ème et 7ème DT au complet) et du 21 avril au 24 mai, le Lorraine seul s’entraine avec les torpilleurs d’escadre Simoun et Le Fortuné (3ème DTE) avant de rentrer le lendemain 25 mai 1941.

Du 10 juin au 1er juillet 1941, il est indisponible (permissions d’été de l’équipage et travaux d’entretien), sortant pour essais du 2 au 5 juillet puis pour remise en condition du 7 au 21 juillet 1941, mouillant aux salins d’Hyères du 22 au 30 juillet, rentrant le lendemain à Toulon.

Il enchaine par un entrainement avec la 3ème DTE et le Provencece du 3 au 25 septembre, les deux cuirassés et les deux torpilleurs faisant escale à Nice du 26 au 30 septembre avant de rentrer à Toulon le 1er octobre 1941.

Après une école à feux du 8 au 12 octobre, le cuirassé Lorraine sort du 15 au 23 octobre en compagnie de ses nouveaux torpilleurs d’escorte, les Intrépide et Téméraire de classe Intrepide et c’est ainsi que paradoxalement, les deux torpilleurs d’escadre les plus modernes de la marine nationale escortaient le cuirassé le plus ancien.

Le cuirassé Lorraine subit une période d’entretien à flot du 24 octobre au 2 novembre, sortant ensuite pour essais du 3 au 5 novembre, rentrant le lendemain 6 novembre 1941 à Toulon.

Le 8 novembre 1941, la 5ème DL appareille pour un entrainement avec la 1ère FT, entrainement composé d’écoles à feux, de lancements de torpilles, d’entrainement à la défense aérienne à la mer, de combat antisurface. Les huit torpilleurs, les deux cuirassés et les quatre torpilleurs d’escorte _protégeant les cuirassés_ rentrant à Toulon le 24 novembre.

Le cuirassé Lorraine sort à nouveau pour école à feux du 1er au 10 décembre, faisant escale avec ses torpilleurs d’escorte à Menton du 11 au 15 décembre et à Villefranche du 16 au 20 décembre, rentrant à Toulon le lendemain 21 décembre 1941.

Le 7 janvier 1942, le Lorraine quitte Toulon en compagnie du Provence, les deux cuirassés de la 5ème DL étant accompagnés de leurs quatre torpilleurs d’escorte, les Mameluk Casque Intrepide et Téméraire pour une série d’exercices du 7 au 26 janvier, une escale à Nice du 27 au 31 janvier, de nouveaux exercices du 1er au 8 février, une escale à Bastia du 9 au 15 février avant un retour le lendemain à Toulon.

Le cuirassé Lorraine subit un pétit carénage du 17 février au 4 avril, étant échoué au bassin Vauban (n°7) cohabitant avec le Strasbourg jusqu’au 25 mars quand il est remis à flot pour des travaux complémentaires à quai. Il sort pour essais du 5 au 8 avril et pour remise en condition du 10 au 17 avril à chaque fois en compagnie de l’Intrépide et du Téméraire.

Du 22 avril au 27 mai 1942, le cuirassé Lorraine et ses deux torpilleurs d’escorte manoeuvrent en compagnie des torpilleurs La Palme et Le Mars, le cuirassé et les quatre torpilleurs d’escadre mouillant aux salins d’Hyères du 28 mai au 5 juin, rentrant dans la journée à Toulon.

Le cuirassé Lorraine est indisponible pour entretien et surtout permissions de l’équipage du 6 au 27 juin en compagnie de l’Intrépide, les deux navires sortant pour essais du 28 juin au 1er juillet puis pour remise en condition du 3 au 17 juillet, le Lorraine et l’Intrépide particant ensuite aux essais (19 au 22 juillet) et à la remise en condition (24 juillet au 8 août) du Téméraire.

Le cuirassé Lorraine sort à nouveau avec ses torpilleurs d’escorte du 15 au 23 août pour une école à feux puis du 27 août au 4 septembre pour un entrainement au combat antisurface et enfin du 12 au 20 septembre pour un entrainement à la défense aérienne à la mer.

Le 12 septembre 1942, la 5ème DL à été dissoute, le Provence partant à Brest pour être reconstruit et le Lorraine est désormais hors rang au sein du groupement de ligne de la 2ème escadre composé à l’époque des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg (1ère DL) et du cuirassé Richelieu (hors rang).

Le 1er octobre 1942, le cuirassé Lorraine quitte Toulon en compagnie de ses torpilleurs d’escadre pour un nouveau cycle d’entrainement qui l’occupe du 1er octobre au 23 novembre, ce cycle étant entrecoupé d’escales à Marseille (12 au 15 octobre), à Alger (25 au 30 octobre) et à Bastia du 10 au 15 novembre, les compagnies de débarquement des trois navires défilant pour le 11 novembre 1942.

Après une période d’entretien à flot du 25 novembre au 8 décembre 1942, le cuirassé sort pour essais du 9 au 12 décembre puis pour remise en condition en compagnie de ses deux torpilleurs d’escadre du 14 au 23 décembre, rentrant à Toulon le 24 décembre 1942.

Le Lorraine sort à nouveau pour entrainement du 7 janvier au 18 février, faisant escale avec ses torpilleurs d’escorte à Port-Vendres (16 au 21 janvier) et à Marseille (2 au 7 février), les trois navires rentrant à Toulon le 18 février 1943.

Le 25 février 1943, le cuirassé Lorraine quitte Toulon en compagnie du seul Téméraire, l’Intrépide victime d’une avarie étant indisponible. Le cuirassé et le torpilleur d’escadre effectuent une école à feux du 25 février au 3 mars, font escale à Ajaccio du 4 au 7 mars avant un entrainement au combat antisurface du 8 au 15 mars, date à laquelle les deux navires rentrent à Toulon.

Le cuirassé Lorraine participe ensuite avec le Téméraire aux essais (18 au 21 mars) et à la remise en condition (23 mars au 6 avril) de l’Intrépide, les trois navires mouillant aux salins d’Hyères du 7 au 15 avril avant de rentrer dans la journée à Toulon.

Le cuirassé Lorraine sort à nouveau pour une école à feux du 20 au 27 avril, faisant escale à Marseille du 28 avril au 1er mai avant de rentrer à Toulon le lendemain 2 mai 1943

Le 7 mai 1943, le cuirassé Lorraine appareille en compagnie de ses torpilleurs d’escorte et des trois navires de la 7ème DTE (torpilleurs Typhon et Tornade) pour un cycle d’entrainement du 7 mai au 2 juin, date à laquelle ils rentrent à Toulon.

Il enchaine pas un entrainement avec ses torpilleurs d’escorte (école à feux, combat antisurface, défense aérienne à la mer) du 10 juin au 10 juillet, les trois navires qui avaient déjà fait escale à Nice du 28 juin au 1er juillet font escale à Marseille du 11 au 15 juillet avant de rentrer à Toulon le lendemain.

Le Lorraine est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 17 juillet au 31 août 1943, sortant pour essais du 1er au 4 septembre et pour remise en condition du 6 au 20 septembre 1943, à chaque fois en compagnie de ses torpilleurs d’escorte.

Le 27 septembre 1943, le cuirassé Lorraine quitte Toulon en compagnie de ses deux torpilleurs d’escorte L’Intrépide et Le Téméraire pour un entrainement au large de Dakar. Les trois navires font escale à Casablanca du 1er au 4 octobre avant de rallier Dakar le 8 octobre. L’entrainement à lieu du 10 octobre au 15 novembre dont un entrainement au raid amphibie du 6 au 15 novembre, la compagnie de débarquement du cuirassé s’entrainant à la prise de batteries côtières sous la protection des deux torpilleurs d’escadre.

Le Lorraine et ses deux torpilleurs d’escadre quittent Dakar le 18 novembre, font escale à Casablanca du 22 au 25 novembre, à Gibraltar du 26 au 30 novembre avant de rallier Toulon le 3 décembre 1943.

Les trois navires terminent l’année par une période d’entretien à flot du 4 au 15 décembre, sortant pour essais du 16 au 19 décembre, rentrant à Toulon le lendemain 20 décembre et de rester au port jusqu’à la fin de l’année.

Le Lorraine commence l’année 1944 par une nouvelle sortie d’entrainement du 7 janvier au 7 février, le cuirassé et ses torpilleurs d’escorte après avoir fait escale à Bastia du 16 au 19 janvier font relâche à Bonifaccio du 8 au 12 février, à Port Vendres du 14 au 17 février avant de rallier Toulon le 18 février 1944. Le trio Lorraine-L’Intrépide-Le Téméraire sort à nouveau pour entrainement du 23 février au 11 mars (moins une escale à La Ciotat du 2 au 5 mars), rentrant à Toulon le 1endemain.

Le 15 mars 1944, l’Intrépide abandonne le cuirassé Lorraine pour prendre en charge la protection du porte-avions Painlevé, le cuirassé Lorraine ne conserve donc comme torpilleur d’escorte que le Téméraire.

Le cuirassé Lorraine et le Téméraire sortent pour entrainement du 20 mars au 25 avril 1944 moins une escale à Bastia du 12 au 17 avril. Ils sont ensuite à Tunis du 26 au 30 avril, à Alger du 2 au 7 mai, à Tanger du 9 au 12 mai, à Ajaccio du 14 au 17 mai avant de rentrer à Toulon le 18 mai 1944.

Le Lorraine et le Téméraire sortent à nouveau pour entrainement à partir du 25 mai et jusqu’au 1er juillet, le cuirassé et le torpilleur d’escadre faisant escale à Marseille du 10 au 14 juin.

Le cuirassé Lorraine et le torpilleur Téméraire sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage du 2 au 23 juillet, sortant pour essais du 24 au 27 juillet puis pour remise en condition du 29 juillet au 11 août, les deux navires faisant escale à Ajaccio du 12 au 16 août, à Alger du 17 au 21 août, à Tunis du 23 au 27 août, à La Valette du 28 août au 1er septembre, à Porto-Vecchio du 3 au 7 septembre, à Nice du 9 au 13 septembre avant de rentrer à Toulon le lendemain 14 septembre 1944.

Le Lorraine et son torpilleur d’escorte effectuent une école à feux du 20 au 27 septembre puis après un ravitaillement à Toulon le 28 septembre exécutent un entrainement au combat antisurface du 29 septembre au 3 octobre, rentrant le lendemain 4 octobre à Toulon.

Le 10 octobre 1944, le cuirassé Lorraine quitte Toulon en compagnie du Téméraire direction Brest pour y être reconstruit en escorteur de porte-avions. Les deux navires font escale à Casablanca pour se ravitailler le 14 octobre avant de rallier Brest le 17 octobre 1944.

Débarquant ses munitions et vidangeant ses soutes, le Lorraine perd son artillerie principale à l’aide du ponton-grue de 370 tonnes (payé par les réparations allemandes) avant d’être échoué au bassin n°2 de l’Arsenal de Brest du 21 octobre 1944 au 15 septembre 1946.

Il est armé pour essais le 20 septembre 1946, effectue ses essais et sa remise en condition du 21 septembre au 5 novembre 1946 avant de rentrer à Brest le 6 novembre 1946. Il repart dès le 8 novembre 1946 pour Dakar où il arrive le 10 novembre. Il effectue une école à feu du 12 au 27 novembre avant de rentrer à Brest le 3 décembre 1946.

Le 5 décembre 1946, le cuirassé Lorraine est remis en service au sein de la Flotte de l’Atlantique avec Brest pour port d’attache.

Le cuirassé sort pour entrainement en mer d’Iroise du 10 au 17 décembre avant une escale à Cherbourg du 18 au 21 décembre. Il passe les fêtes de fin d’année en Angleterre en faisant escale à Plymouth du 22 au 25 décembre et sur l’île de Wight du 26 décembre 1946 au 2 janvier 1947, rentrant à Brest le lendemain 3 janvier 1947.

Le cuirassé Lorraine sort pour la première fois de l’année 1947 du 7 au 15 janvier pour un entrainement de son détachement aviation suivit d’une escale à Lorient du 16 au 19 janvier.

Reprennant la mer, il se ravitaille au ravitailleur Lot le 20 janvier avant d’enchainer par un entrainement DAM du 21 janvier au 2 février avant de rentrer à Brest le lendemain 3 février 1947.

Alors que le Painlevé est en travaux à quai, le cuirassé Lorraine sort pour entrainement au combat de nuit du 7 au 15 février puis un entrainement au combat antisurface du 18 au 27 février, rentrant à Brest le 28 février 1947. Le cuirassé Lorraine sort pour entrainement dans le Golfe de Gascogne du 2 au 7 mars et du 9 au 12 mars, rentrant à Brest le 13 mars 1947.

Le porte-avions Painlevé est armé pour essais le 14 mars et sort en compagnie du cuirassé Lorraine du 15 au 22 mars, les deux navires et leurs quatre torpilleurs d’escadre faisant escale à Saint Nazaire du 23 au 27 mars avant de reprendre la mer pour entamer la remise en condition.

Le 28 mars 1947, le porte-avions Painlevé récupère son groupe aérien venu de Lanvéoc-Poulmic pour une remise en condition initialement prévue dans le Golfe de Gascogne mais le temps se dégradant, elle est relocalisée au large de Dakar. Le PRE La Seine rejoint la petite escadre pour la ravitailler et lui permettre de rejoindre Dakar le 5 avril 1947.

Après quelques jours de relache, l’escadre reprend la mer le 11 avril pour un premier exercice jusqu’au 30 avril, les avions embarqués s’entrainant au vol de base, au vol en formation avant de bombarder des cibles au polygone de Rufisque, des cibles préparées mais également d’anciens véhicules réformés qui étaient détruits pour la bonne cause.

Après une escale à Dakar du 1er au 5 mai, le porte-avions Painlevé sort seul pour un exercice de surveillance du 6 au 12 mai, utilisant ses CAO-600 pour retrouver le cuirassé Lorraine et déclencher contre lui le feu de Wotan sous la forme d’un raid de bombardiers en piqué et de bombardiers-torpilleurs.

La campagne d’entrainement s’achève par un exercice de défense aérienne à la mer du 14 au 27 mai, les chasseurs du porte-avions et la DCA devant repousser l’attaque d’avions de l’armée de l’air contre l’escadre qui fait une dernière fois escale à Dakar du 28 mai au 2 juin.

Reprennant la mer le lendemain 3 juin, le porte-avions, le cuirassé, le PRE et les quatre torpilleurs d’escadre rentrent à Brest le 9 juin 1947.

Après une période d’indisponibilité du 10 juin au 2 juillet, le cuirassé Lorraine sort pour essais du 4 au 7 juillet puis pour remise en condition du 9 au 24 juillet, faisant escale avec ses torpilleurs d’escorte à Cherbourg du 25 au 30 juillet et au Havre du 31 juillet au 5 août, rentrant le lendemain 6 août 1947 à Brest.

Du 11 au 22 août, le cuirassé Lorraine sort en compagnie du porte-avions Painlevé pour un entrainement dans le Golfe de Gascogne au profit d’élèves-officiers et d’officiers de réserve. Les deux navires font escale à Lorient du 23 au 27 août avant de rentrer à Brest le 28 août 1947.

Le cuirassé Lorraine sort pour entrainement de son détachement aviation du 2 au 12 septembre au profit de ses deux Dewoitine HD-731 embarqués avant de rentrer à Brest le 13 septembre. Il ressort du 14 au 30 septembre pour un entrainement de défense aérienne à la mer. Il rentre à Brest le lendemain 1er octobre.

Le 5 octobre 1947, le commandant du cuirassé Lorraine signe avec le maire de Nancy François Schmitt, la charte de parrainage du cuirassé par la capitale historique de la Lorraine.

Le cuirassé Lorraine sort en compagnie du porte-avions Painlevé du 7 au 17 octobre pour un exercice au combat antisurface avant une escale à Cherbourg du 18 au 21 octobre. Reprennant la mer, le cuirassé le porte-avions et les quatre torpilleurs d’escadre manoeuvrent en Manche du 22 au 29 octobre, rentrant à Brest le lendemain 30 octobre 1947.

Du 2 au 21 novembre 1947, il participe à un exercice avec le cuirassé Normandie, le porte-avions Painlevé, le porte-avions léger Alienor d’Aquitaine accompagnés par huit torpilleurs d’escadre (Sabre Claymore Arquebuse Cimeterre Intrepide Temeraire Goumier et Berthier) et le PRE La Seine.

L’exercice terminé, la petite escadre fait escale au Verdon du 22 au 25 novembre avant de gagner Rufisque pour un exercice à tir réel. Les navires arrivent à Dakar le 30 novembre et les exercices de tir ont lieu du 2 au 15 décembre avant une nouvelle escale à Dakar du 16 au 21 décembre.

Les cuirassés Lorraine et Normandie, les porte-avions Painlevé et Alienor d’Aquitaine, le PRE La Seine et les huit torpilleurs d’escadre quittent la capitale de l’AOF le 22 décembre, font escale à Casablanca du 25 au 27 décembre avant de rentrer à Brest le 1er janvier 1948.

Le cuirassé Lorraine et le porte-avions Painlevé sortent pour la première fois en 1948 du 7 au 20 janvier pour d’importantes manoeuvres dans le Golfe de Gascogne avec exercice de défense aérienne à la mer, lutte ASM, assaut maritime et terrestre. Comme à chaque exercice, le Lorraine sert alternativement de plastron ou d’escorteur. Après une escale à Saint Nazaire du 21 au 27 janvier, le cuirassé et le porte-avions rentrent à Brest le 28 janvier 1948.

Après une période d’entretien à flot commune du 1er au 21 février, le cuirassé Lorraine et le porte-avions Painlevé sortent pour essais du 24 au 28 février avant de sortir pour entrainement et remise en condition du 2 au 15 mars, faisant escale à Cherbourg du 16 au 19 mars avant un nouvel exercice de défense aérienne à la mer en Manche du 20 au 27 mars et une ultime escale au Havre du 28 mars au 3 avril. Ils rentrent à Brest le 5 avril 1948 à l’aube.

Le cuirassé Lorraine sort pour entrainement en mer d’Iroise en compagnie du Painlevé pour entrainer les jeunes pilotes et préparer la cinquième édition de l’exercice «Entente Cordiale» du 6 au 17 avril, les deux navires escortés par trois torpilleurs d’escadre rentrant à Brest le lendemain 18 avril 1948.

Le cuirassé Lorraine appareille de Brest le 25 avril 1948 en compagnie du Gascogne
et du
porte-avions Painlevé, de six torpilleurs d’escadre (Intrepide Temeraire Durandal Dague Arquebuse Cimeterre), les sous-marins Ile de Ré et Ile d’Yeux ainsi que le ravitailleur Lot , fait escale à Dunkerque le 28 avril où le rejoint le croiseur léger antiaérien Waldeck Rousseau, navire-amiral de l’Escadre Légère du Nord.

La force P ainsi assemblée rejoint Rosyth le 3 mai où elle retrouve le cuirassé Howe, le porte-avions Victorious, six destroyers, quatre sous-marins et deux pétroliers.

«Entente Cordiale 48 » commence le 5 mai avec un exercice de défense aérienne à la mer et se poursuit le lendemain par un exercice anti-sous-marin au cours duquel les deux sous-marins français entrent en collision, devant rentrer en urgence à Rosyth pour réparations, laissant les seuls sous-marins britanniques attaquer les navires des deux marines.

Le 7 mai, les navires français et anglais simulent des raids amphibies contre la base de Rosyth, le porte-avions Victorious lançant ses bombardiers en piqué Dauntless contre la base pendant que les deux cuirassés simulent des bombardements contre la terre avant de mettre à l’eau leurs compagnies de débarquement.

Le porte-avions Painlevé lui essaye de perturber les raids en protégeant la base britannique, utilisant ses chasseurs mais également ses bombardiers et ses éclaireurs comme chasseurs improvisés. Le lendemain, les rôles changent entre les deux porte-avions.

Le 9 mai, le Coastal et le Bomber Command mettent à rude épreuve les canonniers antiaériens français et anglais lors d’un nouvel exercice de défense aérienne à la mer où le Waldeck Rousseau montre l’utilité d’un croiseur léger dédié à la défense antiaérienne, confirmant les observations faites par les britanniques avec les Dido/Bellona.

Le 10 mai, l’exercice se termine par un affrontement entre l’escadre britannique défendant les côtes et l’escadre française tentant de forcer le passage en direction du sud.

Le 11 mai 1948, la princesse Elisabeth âgée de 22 ans visite le cuirassé Gascogne et le porte-avions Painlevé au nom de son père George VI retenu à Londres pour d’autres impératifs. L’héritière du trone d’Angleterre effectue son discours en français, langue qu’elle maitrise parfaitement. Elle est accompagnée de son mari, le Prince Philippe, Duc d’Edimburg.

L’escadre française reprend la mer pour rentrer à Brest moins le Waldeck Rousseau qui s’arrête à Dunkerque le 14 mai. Les autres navires rentrent à Brest le 16 mai 1948.

Le cuirassé Lorraine et le porte-avions Painlevé sont indisponibles pour entretien à flot du 17 mai au 2 juin, sortant pour essais du 3 au 7 juin avant de reprendre l’entrainement, sortant dans le golfe de Gascogne du 10 au 17 juin, du 20 au 27 juin, du 1er au 8 juillet et du 15 au 27 juillet 1948. Ils rentrent à Brest le 28 juillet 1948.

Le 3 août 1948, le cuirassé Lorraine, le porte-avions Painlevé, quatre torpilleurs d’escadre et le PRE La Seine quittent Brest pour l’Afrique avant d’effectuer une importante phase d’entrainement. Ils arrivent à Dakar le 7 août et s’entrainent au polygone de Rufisque du 9 au 23 août 1948. Après une escale à Dakar du 24 au 26 août, la petite escadre appareille de Dakar pour rentrer à Brest le 30 août 1948.

Le 31 août 1948, le cuirassé Lorraine est placé en régime de guerre avec le rappel des réservistes, sortant à nouveau pour entrainement du 1er au 4 septembre au large de Brest.

La Lorraine ressort en compagnie du Painlevé et de La Seine du 1er au 5 septembre pour entrainement, rentrant à Brest au moment de l’attaque de Norvège, se ravitaillant à quai pour reprendre la mer le plus rapidement possible. Ce groupe de combat doit rejoindre le Normandie à Rosyth.

La classe Bretagne avant sa reconstruction

Caracteristiques Techniques de la classe Bretagne

Déplacement :

(A la construction) : standard 23230 tonnes pleine charge : 25000 tonnes

(Après refonte) : 26500 tonnes pleine charge : 28250 tonnes

Dimensions :

(A la construction) : Longueur 166m largeur : 26.90m Tirant d’Eau : 9.8m

(Après refonte) : Longueur : 176.80m largeur : 28m Tirant d’Eau : 10.50m

Propulsion :

(A la construction) : 4 groupes de turbines à vapeur Parson alimentées par 24 chaudières dévellopant une puissance totale de 43000 ch et entrainant 4 hélices

(Après refonte) : 4 groupes de turbines Rateau-Bretagne alimentées par 16 chaudières à surchauffe dévellopant une puissance totale de 75000 ch et entrainant 4 hélices

Performances

(A la construction) : Vitesse maximale : 20 noeuds Distance Franchissable : 4700 miles nautiques à 20 noeuds

(Après refonte) : Vitesse maximale : 27 noeuds Distance Franchissable : 6000 miles nautiques à 18 noeuds

Protection :

(A la construction) : Ceinture 270mm Ponts : 40mm Casemates : 170mm Tourelles : 400mm Tour d’observation : 314mm

(Après refonte) : ceinture 320mm Ponts : 60mm Casemates : 170mm Tourelles : 400mm Tour d’observation : 325mm

Armement :

(A la construction) : 10 canons de 340mm de 45 calibres modèle 1912 en cinq tourelles doubles, (deux en chasse, deux en retraite et une centrale), 22 canons de 138mm modèle 1910 en casemates lateraux, 4 canons de 47mm et 4 tubes lance-torpilles de 450mm

(Après refonte) : 8 canons de 340mm de 45 calibres modèle 1912 en quatre tourelles doubles, 12 canons de 130mm modèle 1932 en six tourelles doubles double-usage modèle 1936, 12 canons de 37mm Schneider modèle 1941 en six affûts doubles et 16 canons de 25mm Hotchkiss en six affûts doubles.

Equipage : A la construction 1133 hommes Après reconstruction 1230 hommes

 

6-Cuirassés et croiseurs de bataille (3)

B-Cuirassés classe Bretagne

Les premiers superdreadnought français

Quand les quatre Courbet sont mis en service, les britanniques et les allemands sont déjà passés au superdreadnought, des cuirassés dôtés d’un armement bien plus puissant. Bien que la France soit alliée de la Grande Bretagne, elle ne peut laisser passer une telle innovation.

Elle est cependant handicapée par l’absence de formes de grande taille pour la construction et les carénages. Elle n’à donc d’autres choix que de reprendre la coque des Courbet en y installant un armement plus puissant.

Aux douze canons de 305mm, on préfère pour les nouveaux cuirassés dix canons de 340mm en cinq tourelles doubles avec deux superposées à l’avant, deux superposées à l’arrière et une centrale qui à l’avantage d’avoir un champ de tir plus important que les tourelles latérales des Courbet.

La protection avait été améliorée avec des cloisons longitundinales, des citernes anti-roulis avaient été installées et la conduite de tir améliorée par l’installation d’un PDT (Poste Directeur de Tir) dans les tourelles 2 et 4  pour servir de poste de commande de secours pour le navire. Quand à l’armement secondaire, c’est le même avec des canons de 138mm modèle 1910 en casemates.

Financés dans le cadre du programme naval de 1912, ces trois navires sont baptisés du nom de provinces françaises : Bretagne Provence Lorraine.

Ces navires sont à plusieurs reprises modernisées  mais ce n’est rien par rapport à la reconstruction entamée à l’extrême fin des années trente et au début des années quarante pour les transformer en escorteurs de porte-avions et en navires d’appui-feu qui prolongea leur carrière pour en faire de véritables vétérans avec deux guerres mondiales à leur actif.

Le Bretagne

Le cuirassé Bretagne à Toulon en août 1939

Le cuirassé Bretagne à Toulon en août 1939

-Le cuirassé Bretagne est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 1er juillet 1912, lancé le 21 avril 1913 et admis au service actif en septembre 1915.
Affecté à l’Armée Navale en Méditerranée, il participe au blocus de la flotte austro-hongroise depuis la base de Corfou, occupée par les français sans l’autorisation du gouvernement grec le 8 janvier 1916. les cuirassés austro-hongrois restant dans leurs ports, le Bretagne se contente de patrouilles en Adriatique et de trajets vers Salonique ou les ports français de Brest et de Toulon.

Le 1er septembre 1916, le Bretagne participe avec 22 autres navires à une démonstration de force devant Le Pirée pour impressionner le roi de Grèce considéré comme pro-allemand. Comme cela ne suffit pas, le 1er décembre, le Bretagne et ses sister-ship couvrent le débarquement de 2500 hommes qui s’emparent de la capitale à l’issue de combats de rue ayant fait 60 morts et 150 blessés.
Il subit une première refonte en 1921 pour augmenter la portée de ses canons avant d’être modernisé plus en profondeur entre 1927 et 1930 où une partie des chaudières à charbon sont remplacées par des chaudières à mazout.

La refonte majeure à cependant lieu entre 1932 et 1935, les superstructures sont modifiées, la conduite de tir modernisée, la protection du casemate et du réduit central est grandement renforcé, les canons de 340mm d’origine sont remplacés par des pièces neuves et l’armement antiaérien considérablement renforcé, 8 canons de 75mm remplaçant une partie des canons de 138mm en casemate , 12 mitrailleuses de 13.2mm antiaériennes sont également embarquées tandis que les tubes lance-torpilles submersibles sont supprimés.
A l’origine, il était prévu de désarmer le cuirassé en 1942 mais le choix fait à la fin des années trente de doter la marine nationale d’une puissante force aéronavale (cinq porte-avions en service en septembre 1948) entraine leur maintien en service comme escorteur de porte-avions.
En effet, on craint à l’époque qu’un porte-avions puisse être surpris par des croiseurs ou des cuirassés ennemis sans pouvoir se défendre efficacement car même si les Joffre dispose de canons de 130mm et peut éventuellement lancer des bombardiers en piqué et des bombardiers-torpilleurs, il est bien difficile pour eux de faire le poids face à des cuirassés, des croiseurs de bataille voir même des croiseurs lourds.
D’où l’idée d’escorteurs de porte-avions. Comme on ne peut pas immobiliser un cuirassé moderne ni même construire un navire dédié qui serait aussi coûteux qu’un cuirassé, on décide d’utiliser les Bretagne après une véritable reconstruction inspirée par celle réalisée par les italiens pour leurs Caio Duilio et Andrea Doria.

Le Bretagne est le premier à y passer à l’Arsenal de Brest. Il est désarmé le 9 septembre 1940 et échoué le lendemain dans le bassin n°2 qui était en cours d’agrandissement pour passer de 178 à 190m, les travaux du cuirassé et du bassin étant menés en parallèle.
La coque est allongée de 10m et élargie de 2m avec l’installation d’un bulge anti-torpilles pour améliorer sa protection contre les «anguilles» et sa stabilité. Les superstructures sont totalement refondues, le bloc-passerelle étant reconstruit sur le modèle du croiseur lourd Algérie.
L’appareil propulsif est totalement changé avec quatre groupes de turbines Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par six chaudières Sural développant 75000ch et entrainant quatre hélices.
Le poids économisé par le nouvel appareil propulsif permet de renforcer la protection notamment au niveau des ponts blindés et de la ceinture principale qui passe de 270 à 320mm.

Au niveau de l’armement, un temps on envisagea pour des raisons de standardisation de les équiper de canons de 330mm mais on préféra au final conserver les canons de 340mm en l’occurence huit d’entre-eux répartis en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières).

Dans le domaine de l’armement secondaire, le changement est radical puisque tous les canons de 138mm encore en place sont débarqués et remplacés par douze canons de 130mm modèle 1932 en six tourelles doubles modèle 1936 (trois à tribord et trois bâbord).

La DCA installée lors de la dernière refonte elle aussi disparaît au profit de canons d’un nouveau modèle bien plus efficace en l’occurence douze canons de 37mm modèle 1941 en six affûts doubles ACAD et seize canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940 en huit affûts doubles, tous ces canons étant installés au milieu du navire à l’emplacement libéré par la tourelle centrale de 340mm.
Les Bretagne reçoivent à la poupe une catapulte pneumatique pour deux hydravions de reconnaissance Dewoitine HD-731, un hydravion étant abrité démonté dans un hangar en toile et le second restant à poste sur la catapulte.
Le cuirassé est remis à flot le 14 octobre 1942 et amarré dans la rade-abri. Il est armé pour essais le 27 octobre 1942 et effectue des essais au point fixe du 28 au 30 octobre 1942.  Il reprend la mer le 8 novembre 1942 pour une longue campagne d’essais à la mer jusqu’au 2 décembre 1942, le cuirassé ne rentrant que pour quelques heures à Brest pour se ravitailler en carburant, en vivres et effectuer quelques menus réparations.

Les essais se déroulement sans gros problèmes. Le 10 novembre, lors d’essais de vitesse, le cuirassé atteint la vitesse de 29.5 noeuds soit plus de huit de noeuds de plus par rapport à la vitesse maximale avant refonte.

Le cuirassé appareille le 10 décembre 1942 pour Rufisque afin d’entrainer ses canonniers sur un polygone permettant le tir de tous ses canons à leur portée maximale. Il arrive à Dakar le 17 décembre 1942 et entame son stage le lendemain 18 décembre.

Tous les canons ouvrent le feu contre la terre et en mer, le cuirassé Bretagne tirant un total de 96 obus de 340mm, 240 coups de 130mm et plusieurs centaines d’obus de 37 et de 25mm contre des cibles tractés par des avions de l’armée de l’air et de la marine basés en AOF.

Le stage se termine le 25 janvier 1943 et le cuirassé regagne Brest où il arrive le 2 février 1943 pour les travaux terminaux avant sa remise en service. Il est échoué dans la forme n°2 du port de commerce du 4 au 27 février 1943.

Après quelques essais à la mer du 28 février au 2 mars, le cuirassé quitte Brest le lendemain 3 mars 1943 pour Mers-El-Kebir où il arrive le 9 mars 1943 après une escale à Bayonne le 5 mars et à Casablanca le 7 mars.

Le cuirassé Bretagne est remis en service le 10 mars 1943, affecté à la 4ème escadre de la Flotte de la Méditerranée avec Mers-El-Kebir comme port d’attache.

Le but ultime du cuirassé Bretagne est de protéger le futur porte-avions qui n’est pas encore sur cale à l’époque. Le Bretagne est donc utilisé comme un cuirassé classique. Il ressort le 20 mars pour des manoeuvres avec d’autres unités de la 4ème escadre pour un exercice de défense des lignes de communication jusqu’au 4 avril quand il regagne la base de Mers-El-Kebir encore en travaux.

Le 8 avril 1943, le cuirassé quitte Mers-El-Kébir pour Alger où il fait escale du 9 au 17 avril pour la signature de la charte de parrainage entre le cuirassé et la ville de Nantes dont la délégation était menée par le maire Auguste Pageot.

Le cuirassé avec à son bord la délégation quitte Alger le 18 avril pour Toulon où le cuirassé arrive le 19 avril, débarquant sa délégation qui rentre à Nantes en train. Le cuirassé rentre à Mers-El-Kébir le 25 avril après une escale à Ajaccio du 20 au 24 avril 1943.

Le 20 avril 1943, le porte-avions Joffre est mis en service et un temps il fût envisagé de réaffecter le cuirassé à Toulon pour protéger le premier vrai porte-avions français mais au final le Bretagne resta basé à Mers-El-Kébir.

Le 4 mai 1943, le cuirassé quitte l’Algérie pour une tournée en AOF afin de montrer le pavillon dans le cadre d’une grande campagne de propagande impériale.

Il fait escale à Casablanca du 8 au 12 mai, à Port-Etienne du 14 au 18 mai, à Dakar du 20 au 27 mai, à Conakry du 31 mai au 6 juin, Abidjan du 9 au 15 juin, Lomé du 17 au 20 juin, Libreville du 22 au 25 juin, Port-Gentil du 27 au 30 juin et Pointe Noire du 1er au 4 juillet 1943. A chaque escale, le navire est ouvert au public, des cocktails et des réceptions au profit des expatriés et des élites indigènes qui émergent ont lieu.

L’équipage et notamment les officiers ne mènent pourtant pas la dolce vita : la compagnie de débarquement manoeuvre à plusieurs reprises avec les troupes locales et les officiers du bord assurent des cours aux officiers de réserve présents sur place.

Sur le chemin du retour, le cuirassé fait escale à Douala du 7 au 12 juillet 1943 et arrive à Dakar le 14 juillet 1943. Victime d’un bris d’hélice, le cuirassé est mis au bassin à Dakar. On envisage de rentrer à Mers-El-Kebir sur trois pattes mais par chance, on retrouve à Brest une hélice adaptée à la ligne d’arbre latérale tribord.

Elle est envoyée par avion à Dakar et mise en place. Moins profilée que les hélices installées après la reconstruction, elle va dégrader légèrement les performances du navire qui est remis à flot le 27 juillet 1943. Il rentre à Mers-El-Kebir le 4 août 1943. Le cuirassé Bretagne est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 5 au 26 août, sortant pour essais du 27 au 30 août et pour remise en condition du 1er au 16 septembre 1943.

Il ressort en mer du 25 septembre au 4 octobre pour entrainement avant une escale à Tunis du 5 au 9 octobre. Il rentre à Mers-El-Kebir le 12 octobre avant de ressortir le 17 octobre direction Dakar pour une école à feu à Rufisque qui commence le 25 octobre et s’achève le 17 novembre. Il rentre à Mers-El-Kebir le 22 novembre et ne ressort plus de l’année jusqu’à la fin de l’année 1943.

Le cuirassé Bretagne ressort du 8 au 25 janvier pour entrainement, rentrant à Mers-El-Kebir le 28 janvier 1944. Il ressort le 5 février 1944 pour Dakar afin de s’entrainer au polygone de Rufisque du 12 février au 4 mars 1944 avant de rentrer à Mers-El-Kebir le 12 mars 1944.

Il subit ensuite un petit carénage à l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 27 mars au 17 juillet, remplaçant notamment l’hélice installée un an plutôt à Dakar. Après des essais à la mer du 20 au 23 juillet,  le cuirassé effectue sa mise en condition du 25 juillet au 12 août, les trois navires faisant escale à Alger du 13 au 17 août puis à Tunis du 19 au 23 août avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 26 août 1944.

Le cuirassé ressort du 5 au 15 septembre et du 20 septembre au 3 octobre pour des manoeuvres avec ses torpilleurs d’escorte L’Eveillé et L’Alerte dans le bassin occidental de la Méditerranée.

Le cuirassé sort à nouveau pour entrainement à partir du 10 octobre, effectuant avec ses torpilleurs d’escorte une école à feux du 10 au 19 octobre puis après une escale à Tanger du 20 au 23 octobre, les trois navires effectuent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 24 octobre au 3 novembre, rentrant à Mers-El-Kébir le 4 novembre 1944.

Le Bretagne est à nouveau à la mer pour entrainement à partir du 12 novembre pour une école à feux du 12 au 20 novembre, fait escale à Bizerte du 21 au 25 novembre avant un entrainement au combat antisurface du 26 novembre au 4 décembre, le cuirassé et ses torpilleurs d’escadre faisant escale à Alger du 5 au 10 décembre, rentrant à Mers-El-Kébir le 20 décembre après un entrainement à la défense aérienne à la mer du 11 au 19 décembre.

Après deux courtes sorties en début d’année (4-9 janvier et 13-17 janvier), le cuirassé gagne l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage, avancé en raisons de nombreux problèmes sur ses turbines.

Les travaux au bassin se déroulent du 20 janvier au 9 novembre 1945 avant une période de travaux complémentaires à quai jusqu’au 21 novembre quand il est armé pour essais, réalisant ses essais à la mer du 22 au 26 novembre, se ravitaillant à Bizerte le 28 novembre avant de rallier Toulon le 1er décembre pour retrouver ses deux torpilleurs d’escorte.

Le 3 décembre 1945, il quitte Toulon pour Saint-Nazaire où il arrive le 8 décembre. Il assiste le 15 décembre au lancement du porte-avions Commandant Teste qu’il devra escorter une fois ce dernier achevé et mis en service.

Le lendemain du lancement soit le 16 décembre, il appareille pour Brest où il fait escale du 17 au 21 décembre, à Cherbourg du 23 au 27 décembre, au Havre du 28 décembre au 2 janvier, à Dunkerque du 4 au 8 janvier, Douvres du 10 au 15 janvier 1946, Ile de Wight du 18 au 21 janvier, Brest du 23 au 27 janvier, Le Verdon du 30 janvier au 2 février, Casablanca du 4 au 8 février avant de rentrer à Mers-El-Kebir le 12 février 1946.

Le cuirassé Bretagne sort pour entrainement à partir du 21 février, effectuant une école à feux du 21 février au 2 mars puis après une escale à *Alger du 3 au 8 mars un entrainement au combat antisurface du 9 au 16 mars. Après une escale à Tunis du 17 au 23 mars, le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escorte effectuent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 24 mars au 4 avril 1946. Après un ravitaillement à Mers-El-Kébir  le 5 avril, les trois navires effectuent un exercice de synthèse du 6 au 20 avril, rentrant à Mers-El-Kébir le lendemain 21 avril 1946.

Le cuirassé et ses torpilleurs d’escorte subissent une période d’entretien à flot du 22 avril au 7 mai, les trois navires sortant pour essais du 8 au 10 mai et pour remise en condition du 12 au 27 mai, rentrant le lendemain 28 mai à Mers-El-Kébir.

Le Bretagne et ses deux torpilleurs d’escadre sortent pour une école à feux du 5 au 12 juin puis pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 14 au 24 juin, rentrant le lendemain 25 juin à Mers-El-Kébir.

Le Bretagne et les torpilleurs d’escadre L’Eveillé et l’Alerte sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage du 26 juin au 11 juillet, sortant pour essais du 12 au 15 juillet et pour remise en condition du 17 juillet au 2 août, le cuirassé et les deux torpilleurs font escale à Casablanca du 5 au 10 août, à Alger du 13 au 17 août avant de rentrer à Mers-El-Kébir le lendemain 18 août 1946.

Il reprend la mer du 25 août au 9 septembre puis du 13 au 20 septembre avant de rentrer à Mers-El-Kebir le 23 septembre 1946. Il termine l’année par une Ecole à feu à Rufisque, quittant l’Algérie le 27 septembre, arrivant à Dakar le 4 octobre et s’entrainant au tir du 6 au 24 octobre avant de rentrer à son port d’attache le 1er novembre.

Le Bretagne sort à nouveau pour une école à feux du 12 au 22 novembre avant de s’entrainer du 24 novembre au 4 décembre au combat antisurface.  Après une escale à La Valette du 5 au 9 décembre, le cuirassé et les deux torpilleurs effectuent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 10 au 18 décembre avant de rentrer à Mers-El-Kébir le lendemain 19 décembre 1946.

Après quelques sorties dans les atterrages immédiats de son port d’attache du 5 au 17 janvier et du 20 au 27 janvier, le cuirassé quitte Mers-El-Kebir le 2 février pour Saint-Nazaire où il arrive le 9 février 1947.

Il va participer aux essais du porte-avions Commandant Teste, son futur protégé. Le Commandant Teste est armé pour essais le 14 février 1947. Après les essais constructeurs menés du 15 au 22 février, le porte-avions est solennellement remis à la marine nationale le lendemain 23 février 1947.

Le porte-avions rejoint Brest le 24 février mais devant la saturation de l’Arsenal, le Commandant Teste gagne Cherbourg le 26 février en compagnie du cuirassé Bretagne et des torpilleurs d’escadre du cuirassé.

Alors que le porte-avions est au bassin (26 février au 19 mars), le cuirassé Bretagne sort avec ses torpilleurs d’escadre  pour une école à feux du 27 février au 7 mars, faisant escale au Havre du 8 au 12 mars avant un entrainement à  la défense aérienne à la mer du 12 au 18 mars, rentrant le lendemain 19 mars 1947 à Cherbourg.

Le cuirassé Bretagne et ses torpilleurs d’escorte accompagnent le porte-avions pour ses essais officiels qui ont lieu du 21 mars au 4 avril et du 10 au 30 avril, le cuirassé, le porte-avions et les deux torpilleurs d’escadre effectuant une escale à Dunkerque du 1er au 5 mai et à Anvers du 6 au 10 mai, rentrant à Cherbourg le 12 mai 1947.

Alors que le porte-avions est à nouveau au bassin (13 au 27 mai), le cuirassé Bretagne et ses torpilleurs d’escorte effectuent une école à feux du 15 au 20 mai avant de rentrer à Cherbourg le 21 mai.

Le Bretagne, l’Eveillé et l’Alerte participent aux essais finaux du porte-avions du 28 mai au 8 juin avant une période d’indisponibilité pour quelques menus travaux et permissions de l’équipage du 9 au 30 juin, en compagnie du cuirassé et des deux torpilleurs d’escadre.

L »Eveillé et l’Alerte sont indisponibles du 9 au 30 juin 1947, en compagnie du cuirassé Bretagne et du  porte-avions Commandant Teste, les quatre navires sortant pour essais du 1er au 4 juillet et pour entrainement du 6 au 21 juillet 1947.

Le cuirassé Bretagne sort pour entrainement en compagnie des torpilleurs d’escadre L’Eveillé et l’Alerte du 25 juillet au 12 août en attendant d’appareiller pour la traversée de longue durée du porte-avions, alors au bassin.

Le Bretagne et ses deux torpilleurs d’escadre sortent pour les essais du porte-avions du 19 au 22 août avant de se préparer à une traversée de longue durée en mer du Nord.

Le Bretagne appareille en compagnie du porte-avions Commandant Teste et des torpilleurs d’escadre du cuirassé le 27 août, faisant escale au Havre du 29 août au 2 septembre, à Dunkerque du 3 au 8 septembre, à Anvers du 9 au 12 septembre, à Oslo du 15 au 18 septembre, à Aberdeen du 20 au 25 septembre, à Douvres du 27 au 30 septembre avant de rallier Brest le 2 octobre pour charger carburant et munitions.

Le cuirassé Bretagne et le porte-avions Commandant Teste quittent Brest le 5 octobre 1947 en compagnie de quatre torpilleurs L’Eveillé L’Alerte ainsi que des Spahi et Hussard qui étaient chargés de la protection du porte-avions.

Après une escale au Verdon du 6 au 10 octobre, le porte-avions, le cuirassé Bretagne et les quatre  torpilleurs relâchent à Casablanca du 13 au 16 octobre, franchissent le détroit de Gibraltar le 18 octobre et gagnent Mers-El-Kebir où ils arrivent le 22 octobre dans la matinée.

Le 23 octobre 1947, le porte-avions Commandant Teste est admis au service actif, affecté au Groupement de Ligne de la 4ème Escadre avec Mers-El-Kebir pour port d’attache.

Le 8 novembre 1947, le cuirassé appareille en compagnie du porte-avions avec quatre torpilleurs d’escorte (L’Eveillé L’Alerte Spahi Hussard) et le pétrolier-ravitailleur La Medjerda afin d’entrainer le groupe aérien du porte-avions.

Arrivé dans la capitale de l’AOF le 15 novembre, le cuirassé et le porte-avions accompagnés par leurs torpilleurs d’escorte s’entrainent au large de Dakar du 16 au 30 novembre, faisant escale à Dakar même du 1er au 5 décembre avant de mettre cap sur l’Algérie, les sept navires faisant escale à Casablanca du 9 au 12 décembre avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 16 décembre 1947 au matin puis de rester au port jusqu’à la fin de l’année.

Le cuirassé et le porte-avions ressortent pour la première fois le 7 janvier 1948 pour entrainement de son groupe aérien, entrainement qui le voit opérer au large de l’Algérie jusqu’au 17 janvier puis après un ravitaillement à la mer avec le pétrolier Tarn, le porte-avions opère au large de Bizerte, s’entrainant du 18 janvier au 2 février avant une escale à Malte du 4 au 11 février suivie d’un retour à Mers-El-Kebir le 13 dans la soirée.

Le cuirassé Bretagne sort à nouveau en compagnie du porte-avions Commandant Teste pour entrainement du groupe aérien du 20 au 27 février, le cuirassé et le porte-avions faisant escale à Tunis du 28 février au 2 mars avant un nouvel entrainement commun du 3 au 18 mars, les deux navires faisant escale à Alger du 19 au 24 mars avant de rentrer à Mers-El-Kébir le lendemain 25 mars 1948.

Alors que le porte-avions est en travaux à Bizerte (8 avril au 2 mai), le cuirassé Bretagne sort pour une école à feux au large de l’Oranie du 7 au 17 avril, faisant escale à Tunis du 18 au 24 avril avant de rallier Mers-El-Kébir le lendemain 25 avril 1948.

Le 2 mai 1948, le cuirassé Bretagne quitte Mers-El-Kébir pour rallier Bizerte le 3 mai, participant aux essais du Commandant Teste du 4 au 9 mai avant un long cycle d’entrainement en compagnie du croiseur de bataille Strasbourg et de la 11ème DCT du 15 mai au 20 juin 1948.

La force navale rentre à Bizerte le 21 juin et si les contre-torpilleurs restent en Tunisie puisque Bizerte est leur port d’attache, le croiseur de bataille, le cuirassé et les quatre torpilleurs plus le Tarn rentrent à Mers-El-Kebir le 28 juin 1948.

Le cuirassé Bretagne ressort du 7 au 20 juillet pour s’entrainer au tir au large de l’Algérie avant d’effectuer une nouvelle sortie d’entrainement en compagnie du porte-avions Commandant Teste du 25 juillet au 8 août, les deux navires faisant escale à La Valette du 9 au 13 août avant de rallier Mers-El-Kébir le 15 août. Le cuirassé passe au régime de guerre le 20 août et sort à nouveau pour entrainement en compagnie du porte-avions Commandant Teste du 21 au 29 août, étant à quai à Mers-El-Kébir quand éclate le second conflit mondial.

A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège et le Danemark le 5 septembre, le Bretagne appareille en compagnie du Commandant Teste pour contrer une éventuelle action italienne contre l’Afrique du Nord.

Le Provence

Le cuirassé Provence

Le cuirassé Provence

-Le Provence est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 1er mai 1912, lancé le 20 avril 1913 et admis au service actif en juin 1915. Comme ses deux autres sister-ship, il est affecté à la Méditerranée où il assure le blocus de la flotte austro-hongroise et des démonstrations de force au large de la Grèce. En juin 1919, des mutineries ont lieu à son bord alors qu’il est à Toulon.

En 1919-1920, le navire subit une première remise à niveau avec en particulier l’augmentation de la portée des canons qui passe de 18-20000 mètres à 25000 mètres avant de troquer une partie des chaudières à charbon par des chaudières à mazout.
La vraie remise à niveau à cependant lieu à l’Arsenal de Brest de 1932 à 1935 avec un renforcement de la protection, la modernisation de la conduite de tir, le retubage des canons de 340mm, l’installation d’une DCA (8 canons de 75mm et 12 mitrailleuses de 13.2mm) en remplacement d’une partie des canons de 138mm tandis que les tubes lance-torpilles submersibles sont débarqués.

A l’origine, il était prévu de désarmer le cuirassé Provence en 1945 mais au printemps 1940, il est décidé de le reconstruire pour servir d’escorteur au profit du futur porte-avions Joffre, reconstruction prévue à partir de l’automne 1942 à Brest après la fin des travaux sur son sister-ship Bretagne.

Du 15 février au 6 mars 1940, le cuirassé Provence manoeuvre en compagnie de la 1ère DT (La Tempête La Palme et Le Mars) avant de rentrer le lendemain à Toulon.

Le Provence subit ensuite une période de travaux à flot du 7 mars au 30 avril 1940, sortant pour essais du 1er au 3 mai puis pour remise en condition du 5 au 12 mai. Il enchaine ensuite les sorties d’entrainement au profit de nouveaux marins et d’officiers de réserve sans parler du fait que la simple présence d’un cuirassé en mer est un puissant outil dissuasif.

Pour permettre à l’équipage de prendre ses perms d’été, le cuirassé est indisponible du 15 juillet au 5 août 1940, sortant pour essais du 6 au 9 puis pour remise en condition du 11 au 23 août 1940, le cuirassé Provence reprenant ensuite ses missions de présence et d’entrainement.

Du 1er au 17 novembre, le cuirassé manoeuvre avec la 1ère DT. Le cuirassé et les trois torpilleurs font escale à Nice du 18 au  21 novembre, à Bastia du 22 au 26 novembre avant de rentrer à Toulon le 28 novembre 1940.

Le cuirassé Provence subit une période d’entretien à flot (turbines, chaudières et artillerie) du 30 novembre au 12 décembre, sortant pour essais et remis en condition du 13 au 23 décembre, rentrant à Toulon le lendemain 24 décembre 1940.

Du 26 décembre 1940 au 2 janvier 1941, le cuirassé Provence effectue sa première sortie avec ses nouveaux anges gardiens, les torpilleurs d’escadre Mameluk et Casque (classe Le Hardi) avec lesquels ils fait escale à La Ciotat du 3 au 7 janvier, les trois navires rentrant le lendemain 8 janvier 1941 à Toulon.

Le 15 janvier, le Provence quitte Toulon en compagnie des torpilleurs Mameluk et Casque pour un premier véritable entrainement. Après une école à feux du 15 au 22 janvier, les trois navires font escale à Oran du 23 au 27 janvier avant d’effectuer un entrainement de défense aérienne à la mer du 28 janvier au 4 février, les trois navires faisant escale à Ajaccio du 5 au 10 février, effectuant alors un entrainement au combat antisurface du 11 au 18 février, date à laquelle les trois navires rentrent à Toulon.

Du 22 février au 8 mars 1941, les cuirassés Provence et Lorraine (5ème Division de Ligne), accompagnés de leurs escorteurs Mameluk Casque Intrépide et Téméraire participent à un exercice commun avec les torpilleurs de la 1ère Flottille de Torpilleurs (1ère DT _La Tempête et Le Mars_; les 3ème et 7ème DT au complet).

Le Provence sort à nouveau pour entrainement en compagnie de ses torpilleurs d’escorte Mameluk et Casque du 21 mars au 1er mai avec notamment un entrainement ASM du 23 avril au 1er mai contre le sous marin Venus, le cuirassé, les deux torpilleurs d’escadre et le sous-marin rentrant le lendemain 2  mai 1941 à Toulon.

Le Provence et ses deux torpilleurs d’escorte sont à nouveau à la mer pour entrainement à partir du 10 mai et jusqu’au 1er juin, date  à laquelle les trois navires rentrent à Toulon.

Le Provence est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 2 au 23 juin, sortant pour essais du 24 au 27 juin puis pour remise en condition du 28 juin au 12 juillet 1941, à chaque fois en compagnie de ses torpilleurs Mameluk et Casque, les trois navires participant à la revue navale du 14 juillet 1941 exécuté en rade des Vignettes.

Le Provence sort à nouveau pour entrainement en compagnie de ses torpilleurs d’escorte du 20 juillet au 5 août 1941,  les trois navires rentrant à Toulon le lendemain 6 août 1941.

Le 8 août 1941, le cuirassé Provence sort pour entrainement en compagnie de la 3ème DTE (Simoun Le Fortuné), entrainement qui l’occupe jusqu’au 25 septembre, les deux cuirassés et les deux torpilleurs faisant escale à Nice du 26 au 30 septembre avant de rentrer à Toulon le 1er octobre 1941.

Le Provence sort à nouveau pour entrainement avec ses torpilleurs d’escadre du 8 octobre au 4 novembre, le tiro rentrant  à Toulon le lendemain 5 novembre 1941.

Le 8 novembre 1941, La 5ème DL (cuirassés Provence et Lorraine) quitte Toulon pour un entrainement avec la 1ère flottille de torpilleurs, entrainement composé d’écoles à feux, de lancements de torpilles, d’entrainement à la défense aérienne à la mer, de combat antisurface. Les huit torpilleurs et les deux cuirassés rentrent à Toulon le 24 novembre.

Le Provence sort avec les torpilleurs Mameluk et Casque pour le dernier entrainement de l’année qui occupe le trio jusqu’au 25 décembre, le cuirassé et ses escorteurs étant de retour à Toulon le lendemain pour les fêtes de fin d’année.

Le 7 janvier 1942, le Provence quitte Toulon en compagnie du Lorraine, les deux cuirassés de la 5ème DL étant accompagnés de leurs quatre torpilleurs d’escorte, les  Mameluk Casque Intrepide et Téméraire pour un entrainement qui les occupe jusqu’au 8 février (moins une escale à Nice du 27 au 31 janvier), les six navires rentrant à Toulon le 16 février après une escale à Bastia du 9 au 15 février.

Le Provence sort à nouveau en compagnie des TE Mameluk et Casque pour entrainement du 25 février au 17 mars (moins une escale à Nice du 6 au 10 mars), les trois navires rentrant à Toulon le lendemain 18 mars 1942.

Le Provence est indisponible suite à une avarie du 21 mars au 12 avril 1942, sortant pour essais du 13 au 16 avril puis pour remise en condition du 18 avril au 4 mai, le cuirassé et les deux torpilleurs faisant escale à Menton du 5 au 8 mai et à Calvi du 9 au 14 mai, rentrant le lendemain 15 mai 1942 à Toulon.
Le Provence, le Mameluk et le Casque quittent Toulon pour entrainement le 22 mai manoeuvrant ensemble du 22 mai au 12 juin, date de leur retour à Toulon.

Le Provence, le Mameluk et le Casque sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage du 13 juin au 4 juillet, sortant pour essais du 5 au 8 juillet puis pour remise en condition du 9 au 25 juillet, les trois navires faisant escale à Marseille du 26 au 30 juillet avant de rentrer le lendemain 31 juillet 1942 à Toulon.

Le cuirassé Provence et ses deux torpilleurs d’escadre quittent Toulon pour une école à feux du 8 au 15 août, faisant escale à Marseille du 16 au 20 août avant un entrainement au combat antisurface du 21 août au 2 septembre, les trois navires rentrant le lendemain à Toulon.

Le 12 septembre 1942, la 5ème DL est dissoute, le cuirassé Provence devant rallier Brest pour être reconstruit et transformé en escorteur de porte-avions. Le vénérable cuirassé quitte Toulon le 13 septembre en compagnie de ses deux torpilleurs d’escorte, les trois navires faisant escale à Casablanca du 17 au 20 septembre avant de rallier Brest le 24 septembre 1942.

Les travaux de reconstruction commencent à flot, le ponton-grue de l’Arsenal débarquant les munitions avant de débarquer les cinq tourelles de 340mm, les canons de 138mm et de 75mm, les mitrailleuses de 13.2mm.

Le 14 octobre 1942, le cuirassé Bretagne reconstruit est remis à flot, cédant la place au Provence qui est échoué le lendemain dans le bassin n°2 du Pontaniou pour deux ans de travaux soit du 15 octobre 1942 au 20 octobre 1944.

Métamorphosé, le cuirassé  est armé pour essais le 25 octobre et effectue ses essais à la mer du 27 octobre au 15 décembre 1944 avant d’appareiller le 17 décembre 1944 pour Rufisque où il effectue une école à feu du 22 décembre 1944 au 12 janvier 1945. Il rentre à Brest le 17 janvier 1945.

Le 20 janvier 1945, le cuirassé Provence est remis en service et affecté à la 2ème Escadre de  la Flotte de la Méditerranée avec pour port base Toulon.

Il quitte Brest le 21 janvier et arrive à Toulon le 28 janvier 1945. Il va suivre à partir de cet instant le porte-avions Joffre comme son ombre, intégré comme lui au Groupement de Ligne de la 2ème Escadre.

Le 2 février 1945, le cuirassé largue les amarres et quitte Toulon pour Marseille où il arrive le 4 février. Lors de cette escale du 4 au 12 février, le cuirassé signe sa charte de parrainage avec la ville de Marseille, une délégation sortant en mer sur le cuirassé du 13 au 17 février, délégation débarquée à Marseille le 18 février avant que le cuirassé Provence ne rentre à Toulon le lendemain 19 février.

Le cuirassé sort à nouveau pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 22 au 27 février, rentrant à Toulon le lendemain 28 février 1945.

Il effectue une croisière en Afrique du Nord, appareillant de Toulon le 7 mars en compagnie du porte-avions Joffre, de quatre torpilleurs et du PRE La Liamone, faisant escale à Oran du 12 au 16 mars, à Alger du 18 au 22 mars, Tunis du 25 au 28 mars avant de mener un exercice de bombardement contre la base de Bizerte les 29 et 30 mars. Il est de retour à Toulon le 5 mars 1945.

Le Provence et le Joffre sortent du 12 au 20 mars pour un entrainement de défense aérienne à la mer avant de se ravitailler auprès du PRE Le Liamone le 21 mars et d’enchainer par un exercice de combat antisurface du 22 au 30 mars, faisant escale à Tunis du 31 mars au 4 avril avant de rentrer à Toulon le 6 avril 1945.

Après une période d’entretien à flot du 7 au 21 avril (catapulte et artillerie notamment), le cuirassé ressort en compagnie du porte-avions pour essais du 22 au 30 avril avant reprise de l’entrainement (de base et tactique) du 1er au 14 mai, le cuirassé le porte-avions et les quatre torpilleurs d’escadre étant ravitaillés par le ravitailleur rapide Adour. Ils rentrent à Toulon le 17 mai 1945.

Le cuirassé Provence ressort du 17 au 22 mai 1945 pour un exercice de défense aérienne à la mer en faveur du cuirassé Richelieu qui subit les attaques des bombardiers-torpilleurs Latécoère Laté 299 et des bombardiers en piqué  du porte-avions Joffre, appuyés par les bombardiers bimoteurs Lioré et Olivier Léo 451 basés en Corse à Calvi-Sainte Catherine.

Rentré à Toulon le 26 mai 1945, le cuirassé et le porte-avions ressortent du 5 au 25 juin pour entrainement des pilotes du porte-avions, les navires étant soutenus et ravitaillés par le PRE La Saone. Après une escale à Bastia du 26 au 30 juin, le porte-avions et le cuirassé effectuent un entrainement anti-sous-marin du 1er au 13 juillet 1945.

Cet exercice baptisé «Némo» voit les sous-marins Le Glorieux, Le Tonnant, La Réunion, Le Crozet L’Antigone  et L’Aurore tendent une série d’embuscades contre le porte-avions, le cuirassé, leurs quatre torpilleurs d’escorte et le PRE La Saône.

Cet exercice mené dans le Golfe du Lion voit les CAO-600 maintenir une veille permanente autour du porte-avions guidant les Latécoère Laté 299 utilisés comme appareils de lutte ASM tout comme les Dewoitine HD-731 du cuirassé qui à cours de carburant allaient ammérir à Saint Mandrier pour se ravitailler. L’escadre rentre à Toulon le 14 juillet 1945.

Le Provence et le Joffre sont en période de gardiennage du 15 juillet au 10 août pour entretien et repos de l’équipage. Ils sortent ensemble pour essais du 11 au 17 août avant de reprendre l’entrainement.

Le Joffre effectue un entrainement de base au profit des nouveaux pilotes du 18 au 28 août, protégé par le cuirassé Provence et quatre torpilleurs d’escadre. Les quatre navires sont ravitaillés par le PRE Le Liamone le 29 août avant de poursuivre l’entrainement.

Du 30 août au 9 septembre, le Joffre effectue un entrainement de combat, les pilotes confirmés mais également des pilotes novices effectuant des missions de défense aérienne, d’attaque à la torpille et contre  la terre notamment contre les batteries côtières défendant Toulon.

Après une escale à Tunis du 10 au 15 septembre, le cuirassé Provence reprend seul la mer pour servir de plastron au groupe aérien embarqué du Joffre et in fine les canonniers du Provence. L’exercice à lieu du 16 au 22 septembre avec plusieurs ravitaillement du PRE Le Liamone avant une nouvelle escale à Tunis du 23 au 27 septembre. Ils rentrent tous à Toulon le 29 septembre 1945.

Alors que le porte-avions Joffre est en entretien à flot (brins d’arrêts, grue de 12 tonnes, retubage des canons de 130mm) du 30 septembre au 12 octobre, le cuirassé Provence quitte Toulon pour une école à feu à Rufisque du 9 au 23 octobre. Ils sont de retour à Toulon le 5 novembre 1945.

Le 9 novembre 1945, le cuirassé Provence et le porte-avions Joffre sortent pour entrainement en Méditerranée orientale, accompagnés du pétrolier Elorn et de quatre torpilleurs d’escadre en l’occurence les Casque Mameluk L’Inconstant et le Lancier.

Après une escale à Bizerte du 12 au 16 novembre, la petite escadre manoeuvre dans le bassin oriental du 17 au 30 novembre avant une escale à Beyrouth, le port libanais accueillant un cuirassé, un porte-avions, un pétrolier et quatre torpilleurs.

Reprenant la mer le 1er décembre, le porte-avions lance des raids simulés contre Beyrouth, Tyr et Sidon protégés par le cuirassé qui repousse au cours de cet exercice la riposte des bombardiers de l’armée de l’air et l’exercice terminé le 12 décembre, l’escadre fait escale à Haïfa du 13 au 17 décembre, à Tunis du 19 au 22 décembre avant de rentrer à Toulon le 24 décembre 1945.

Il reprend la mer en compagnie du porte-avions Joffre pour entrainement de ses pilotes du 5 au 25 janvier 1946.  Le 17 février, le Richelieu embarque à Toulon l’amiral Ollive, nouveau grand amiral de la flotte (il à succédé à l’amiral Esteva en poste de 1942 à 1945 mais qui à démissionné pour raison de santé) et son état-major pour une inspection des capacités du porte-avions Joffre.

Le porte-avions manoeuvre accompagné par le cuirassé Provence et le cuirassé Richelieu du 18 au 23 février, l’amiral de la flotte passant à bord du porte-avions les 21 et 22 février avant de remonter à bord du cuirassé pour une conférence au sommet en Grande Bretagne.

Durant ces cinq jours, il à assisté à des exercices de défense aérienne à la mer, de lancement et d’appontage, de simulations de bombardements en piqué, de torpillage et de lutte ASM.

Le porte-avions rentre à Toulon le 25 février puis est indisponible en raison d’un problème de chaudière du 12 mars au 9 mai 1946.

Avant et pendant l’indisponibilité du porte-avions, le cuirassé Provence sort pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 1er au 8 mars, sert de plastron aux défenses côtières du secteur de Toulon du 11 au 18 mars avant une escale à Nice du 19 au 22 mars, à Bastia du 23 au 25 mars et à Marseille du 27 mars au 2 avril, rentrant à Toulon le 4 avril 1946. A noter qu’il est accompagné non pas de ses torpilleurs d’escadre habituels, les torpilleurs Mameluk et Casque mais des vénérables Basque et Forbin qui protègent habituellement l’Alsace.

Après une période de travaux à flots du 5 au 15 avril, le cuirassé sort pour essais du 16 au 19 avril avant un stage de remise en condition du 21 avril au 4 mai, stage suivit d’une escale à Ajaccio du 5 au 7 mai 1946.

Les travaux terminés, le cuirassé Provence accompagne le porte-avions Joffre qui effectue ses essais à la mer du 10 au 15 mai avant de reprendre l’entrainement de son groupe aérien. Il sort avec le cuirassé du 17 au 27 mai pour l’entrainement de base des jeunes pilotes et le rafraichissement des pilotes plus confirmés.

Après un ravitaillement à Toulon le 28 mai; le cuirassé, le porte-avions, les quatre torpilleurs d’escadre _dont les Mameluk et Casque_ et le ravitailleur Adour quitte le Var le 29 mai, font escale à Casablanca du 4 au 7 juin avant d’arriver à Dakar le 11 juin 1946.

Le Joffre protégé par le cuirassé et quatre torpilleurs d’escadre lancent ses avions à l’assaut du polygone de Rufisque du 13 au 30 juin, lançant bombes et roquettes avant de simuler des raids contre la base aérienne de Dakar-Bel Air le 1er juillet 1946.

Alors que le porte-avions fait relâche à Dakar, le cuirassé Provence et les torpilleurs effectuent une Ecole à feux du 2 au 15 juillet avant une escale à Dakar du 16 au 20 juillet 1946.

Le cuirassé Provence quitte Dakar le 21 juillet et «disparait» aux yeux du porte-avions et des torpilleurs d’escadre pour une opération d’interception du 22 au 27 juillet, interception réussie, le cuirassé étant coulé par les bombes des bombardiers en piqué et les torpilles des avions-torpilleurs avant une nouvelle escale à Dakar du 27 au 31 juillet 1946.

Le 1er août 1946, la petite escadre quitte Dakar fait escale à Casablanca du 5 au 10 août, à Mers-El-Kébir du 13 au 16 août avant de rentrer à Toulon le 19 août 1946.

Le cuirassé Provence est indisponible du 20 août au 5 septembre 1946, sortant pour essais du 6 au 9 septembre avant remise en condition du 10 au 30 septembre 1946.

Le porte-avions Joffre étant en petit carénage du 2 septembre au 12 décembre 1946, le cuirassé Provence est orphelin de porte-avions ce qui ne l’empêche pas d’être fort actif. Il sort pour un entrainement aviation du 2 au 9 octobre, défense aérienne à la mer du 11 au 18 octobre et entrainement au bombardement littoral du 20 au 31 octobre, rentrant à Toulon le lendemain 1er novembre.

Le cuirassé Provence sort pour entrainement au combat de nuit du 5 au 12  novembre, faisant escale à Alger du 13 au 17 novembre puis à Tunis du  19 au 25 novembre avant de rentrer à Toulon le 27 novembre 1946.

Le Provence sort à nouveau du 30 novembre au 4 décembre pour entrainement dans le Golfe du Lion avant de faire escale à Marseille du 5 au 9 décembre, rentrant à Toulon le lendemain 10 décembre 1946.

A noter que durant ces différents exercices, le Provence est accompagné par les torpilleurs d’escadre L’Inconstant et le Bouclier qui assurent en temps normal la protection du porte-avions Joffre.

Le 12 décembre 1946, le Joffre est de nouveau disponible après son petit carénage. Il sort pour essais en compagnie du Provence du 12 au 17 décembre avant de reprendre l’entrainement du flotteur et du groupe aérien et ce du 18 au 24 décembre puis du 29 décembre 1946 au 12 janvier 1947, les deux phases étant séparées par une escale à Marseille. Les quatre navires rentrent à Toulon le 17 janvier après une escale à Bastia du 13 au 16 janvier.

Le cuirassé Provence sort pour entrainement dans le Golfe du Lion du 25 au 30 janvier 1947 avant une escale à Marseille du 1er au 3 février, rentrant à Toulon le 4 février pour se préparer en vue d’un entrainement au large de Dakar mais des événements extérieurs vont bouleverser le programme.

Le 5 février 1947, des émeutes anti-françaises frappent la ville d’Iskenderun, l’ancienne Alexandretta du temps de la domination française faisant quatre morts parmi la communauté française. La marine nationale décide d’effectuer une démonstration de force pour faire pression sur la Turquie.

Le Provence appareille en compagnie du porte-avions Joffre, du cuirassé Richelieu, de cinq torpilleurs d’escadre (Mameluk Casque L’Inconstant Le Lancier Flibustier) et du pétrolier-ravitailleur La Saône le 7 février 1947, arrivant sur zone le 12 février. La force occasionnelle va rester sur zone jusqu’au 27 février, manoeuvrant jusqu’au 5 mars quand il rentre à Toulon le 8 mars 1947.

Si le porte-avions repart dès le 12 mars pour participer à un exercice franco-anglais du 16 au 24 mars, le cuirassé subit un grand carénage du 10 mars 1947 au 2 février 1948.

Il est au bassin du 10 mars au 8 décembre 1947 pour une remise en état complète du flotteur (changement des hélices, grattage et peinture de la coque, retubages des chaudières, inspection des turbines), des installations d’hydraviation (changement de la catapulte et de la grue), modernisation de l’électronique et remise en état de l’armement avec le retubage des canons de 340 et de 130mm alors que la DCA légère est modifiée avec l’embarquement de canons neufs à la place des pièces usées.

Remis à flot le 8 décembre 1947, le cuirassé est remorqué à quai pour des travaux complémentaires jusqu’au 5 janvier 1948. Après des essais au point fixe jusqu’au 9 janvier, il effectue ses essais dynamiques du 10 au 15 janvier puis sa remise en condition du 18 au 24 janvier et du 26 janvier au 2 février, date à laquelle, il est de nouveau déclaré disponible.

Le 5 février 1948, il appareille pour Rufisque afin d’entrainer ses canonniers. Il franchit le détroit de Gibraltar le 10 février, fait escale à Casablanca du 11 au 13 février avant de gagner Dakar où il arrive le 17 février 1948. L’Ecole à feu à lieu du 18 au 28 février, quittant Dakar le 1er mars pour rentrer à Toulon le 6 mars 1948.

Le 9 mars 1948, il appareille pour Malte en compagnie du porte-avions Joffre, du croiseur lourd Saint Louis et de quatre torpilleurs d’escadre pour participer à un exercice avec la marine britannique qui engage dans cet exercice le cuirassé Rodney, le porte-avions Indomitable, le croiseur léger Belfast et six destroyers.

La force S arrive à Malte le 13 mars 1948, mouillant dans le port de La Valette. L’exercice binational commence le 15 mars avec un exercice d’état-major à bord du cuirassé Provence suivit le lendemain 16 mars par un exercice ASM, un exercice de défense aérienne à la mer les 17 au 18 mars, un exercice d’assaut amphibie le 19 qui voit l’Indomitable défendre La Valette contre le Joffre avant la belle du lendemain 20 mars 1948. L’exercice se termine par un exercice de synthèse du 22 au 26 mars 1948, La force S rentrant à Toulon le 30 mars 1948.

Le cuirassé Provence est comme le porte-avions immobilisé pour entretien à flot du 1er au 10 avril, effectuant une petite sortie pour essais du 11 au 15 avril et rentrant à Toulon dans la soirée.

Du 17 au 30 avril 1948, le cuirassé Provence sort en compagnie du porte-avions Joffre pour entrainement de base et comme entrainement de spécialité qu’il s’agisse de la défense aérienne à la mer, de l’attaque à la bombe et à la torpille, la reconnaissance et l’observation…….. . Les deux navires (et leurs quatre torpilleurs d’escadre) font escale à Ajaccio du 1er au 6 mai, à Port-Vendres du 7 au 10 mai, Marseille du 11 au 18 mai avant de rentrer à Toulon le lendemain 19 mai.

Le cuirassé Provence (tout comme le Joffre ) est indisponible du 20 mai au 12 juin pour les permissions d’été de l’équipage, sortant pour essais du 13 au 16 juin et pour remise en condition du 18 juin au 2 juillet 1948.

Le cuirassé Provence sort pour entrainement du 10 au 17 juillet pendant que le porte-avions subit un nouveau petit carénage jusqu’au 27 juillet. Après une escale à Marseille du 18 au 22 juillet, le cuirassé reprend la mer pour entrainement du 23 au 26 juillet, rentrant à Toulon le 27 juillet.

Du 4 au 20 août 1948, le cuirassé Provence sort en compagnie du porte-avions Joffre et du cuirassé Alsace plus les six torpilleurs d’escadre qui assurent l’escorte des trois «gros» (Mameluk Casque Bouclier L’Inconstant Durandal Dague) et le pétrolier-ravitailleur La Saône pour un grand exercice aéronavale entre la Corse et le Continent, rentrant à Toulon le 22 août 1948.

Le cuirassé Provence sort à nouveau pour entrainement aviation du 25 au 30 août puis pour entrainement de défense aérienne à la mer du 1er au 4 septembre, étant de retour à Toulon le 5 septembre 1948. Il ne va pas tarder à reprendre la mer pour combattre et non pour s’entrainer.