Le Conflit (8) Norvège (8)

Des combats violents qui ne préjugent rien de bon pour la suite

Sur mer on se bat !

Quand le conflit éclate en Norvège les surfaciers rêvent d’une nouvelle bataille du Jutland, d’un affrontement décisif. Divulgachage : elle n’aura pas lieu. Il y aura des affrontements mais très localisés, très limités loin d’une redite de l’affrontement titanesque des 31 mai et 1er juin 1916.

On assistera essentiellement à des duels entre croiseurs et destroyers avec parfois l’engagement d’un porte-avions et de cuirassés.

Le 5 septembre 1948 la marine allemande tente un coup de main amphibie sur la capitale danoise dans l’espoir de surprendre le roi et le gouvernement.

Le Skjold

Ce raid échoue sous les tirs précis des cuirassés garde-côtes Skjold et Iver Hvitfeldt qui endommagent légèrement les deux croiseurs engagés. Dans la journée du 5, à plusieurs reprises des échanges de tir ont lieu mais sans réels dommages.

L’engagement de cuirassés aurait pu être possible pour neutraliser ces cuirassés garde-côtes mais les allemands préfèrent envoyer leur aviation le lendemain. Puisque la marine à échoué, peut être que l’aviation fera mieux….. .

Le Skjold est châtié le premier. Visé par des Dornier Do-217 il encaisse par moins de six bombes de 500kg qui le transforme en une annexe de l’enfer. Il chavire et sombre dans le port de Copenhague, l’épave étant relevée après guerre et démolie.

Son sister-ship est endommagé alors qu’il avait décidé de rallier la Suède pour y être interné. Le 11 septembre 1951 il appareille clandestinement de Suède dans l’espoir de rallier la Grande-Bretagne mais surpris par un sous-marin allemand, il est torpillé et envoyé par le fond.

En 2022 cette idée paraît complètement folle mais comme le disait un survivant «C’était tellement dingue de vouloir appareiller en pleine nuit d’un port suédois, de franchir des détroits minés que les allemands ne pouvaient imaginer que nous tenterions le coup ! Foutus sous-marins toujours là pour gâcher la fête !».

Le 7 septembre 1948 le dragueur de mines ex-torpilleur Narhvalen est surpris par des S-Boot. Il encaisse une torpille qui le casse en deux, le navire coulant rapidement, les quelques survivants déclarant après guerre que les vedettes ont mitraillé les naufragés.

Le croiseur danois Niels Juel

Le croiseur léger Niels Juel endommagé le 6 septembre 1948 par une bombe de 250kg met cap sur la Grande-Bretagne. Lent et sans escorte ses chances de survie étaient nulles ou presque. Et pourtant le 7 septembre 1948 à l’aube il arrive à Rosyth acclamé par tous les navires britanniques et français présents au port.

Non seulement les marins au poste de bande lancent un triple hourrah mais en plus toutes les cloches des navires et les canons de salut ont retentit provoquant un début de frayeur chez les habitants qui pensaient que les allemands avaient débarqué !

La raison de cet accueil ? Durant son transit le croiseur à surpris en surface le U-44 qui à été éperonné par le navire danois qui en retire un surnom tout trouvé : Iron Niels (le Niels de fer). Ce sera cependant la fin de sa carrière puisqu’il deviendra à Rosyth le navire-amiral statique du Danish Naval Group (DNG), lieu de travail mais aussi de cérémonies.

La veille le 6 septembre 1948 le croiseur-éclaireur Tordenskjold est victime d’une mine…..danoise ayant rompu ses amarres.

Une brèche de 30m est ouverte au milieu du navire et très rapidement l’avant se détache au niveau du bloc-passerelle du croiseur emportant dans les flots de la Baltique une partie de l’équipage. L’arrière reste à flot de longues minutes permettant aux marins d’évacuer et de rallier la terre.

Dérivant vers les côtes suédoises, elle est prise en charge par un remorqueur suédois qui le ramène à Goteborg. La coque est inspectée, les corps au nombre de 44 sont identifiés et inhumés en Suède. Elle est ensuite remorquée au large et détruite par l’artillerie côtière suédoise.

Le même jour les torpilleurs Storen et Sohunden sont sabordés dans le port de Copenhague dans l’espoir de l’embouteiller. Cette opération n’à pas le succès escompté, les navires relevés par les allemands seront envoyés à la feraille sans autre forme de procès. Leurs sister-ship Springeren et Havoinen survivent, se réfugient en Grande-Bretagne mais pour eux la guerre est déjà terminée.

Les marines alliées et allemandes vont également s’affronter en mer du Nord mais au grand désappointement des surfaciers il n’y aura pas de revanche de la bataille du Jutland mais des affrontements confus et aléatoires comme si la Kriegsmarine, la Royal Navy et la Royale craignaient une bataille trop violente qui aurait provoqué des pertes telles qu’elles seraient impossibles à combler.

Au risque d’être basique, d’être simple perdre un navire ce n’est pas simplement un tas de métal ce sont aussi des hommes blessés, tués, traumatisés. Une chose qui est plus difficile à remplacer.

Le porte-avions Painlevé

Le 17 septembre 1948 les porte-avions HMS Malta et Painlevé lancent une opération majeure sur la capitale norvégienne visant notamment l’aérodrome d’Oslo-Fornebru où de nombreux appareils de transport sont détruits, la piste en dur est très endommagée et si des appareils sont abattus par la DCA et la chasse l’opération est véritable succès.

Schéma de la classe Malta

Dans l’après midi la Lufwaffe réagit lançant un raid de répresaille qui coûte aux alliés le destroyer HMS Encounter et le torpilleur d’escadre Le Temeraire.

Le cuirassé Lorraine est endommagé par deux bombes de 250kg mais le vétéran (trente-deux ans de carrière) à le cuir tanné par les années même si son allure n’à plus rien à voir avec l’origine.

Le 19 septembre 1948 la petite escadre française composée du porte-avions Painlevé, des torpilleurs d’escadre Intrepide Cimeterre Arquebuse et du cuirrassé Lorraine naviguent au large de Trondheim, préparant une opération contre la ville où les allemands sont solidement retranchés.

Alors que le porte-avions préparait l’opération d’énormes gerbes d’eau signale l’arrivée de grosses unités. Encore aujourd’hui on ignore comment l’arrivée du cuirassé Hidenburg et du croiseur lourd Tegetthoff à pu passer inaperçue.

Ce n’est de toute façon pas le moment pour se poser une telle question cette fois c’est la survie d’une escadre qui est en jeu car naturellement l’aviation voir les sous-marins allemands ne vont pas tarder à faire leur apparition.

Le porte-avions se replie vers le sud pour lancer ses avions de combat et pour gagner du temps le cuirassé Lorraine va s’il on peut dire se sacrifier pour protéger le porte-avions, justifiant pleinement son rôle d’escorteur.

Il n’est pas seul car si le Cimeterre couvre le porte-avions, les deux autres torpilleurs vont tenter de soutenir le cuirassé.

Le combat est confus, le temps se dégradant rapidement avec des grains et un brouillard qui donne des allures crépusculaires au combat qui va hélas être fatal au sister-ship des Bretagne et Provence.

Le cuirassé allemand va encaisser trois obus de 340mm et huit obus de 130mm qui vont le mettre hors service pour quelques temps mais sa vengeance va être terrible puisqu’il va placer trois obus de 406mm dans le cuirassé français qui va également encaisser trois obus de 203mm du Tegetthoff et des obus de moindre calibre.

Après une demi-heure de combat le cuirassé français commence à s’incliner. Les deux navires allemands conscients de la présence d’un porte-avions, craignant une attaque aérienne préfèrent se replier en profitant d’un grain.

Quand les avions du Painlevé apparaissent enfin ils ne trouvent plus que l’Intrepide légèrement endommagé après avoir coulé au canon et à la torpille le Z.5 Paul Jacobi, son sister-ship Arquebuse ayant été coulé par le Tegetthoff. Les survivants sont récupérés par le torpilleur puis transportés en Grande-Bretagne en attendant une nouvelle affectation.

De leur côté les navires allemands vont rallier Trondheim pour penser leurs plaies en attendant une remise en état en Allemagne. L’Hidenburg est clairement hors de combat car si la coque et l’appareil propulsif sont en état, l’armement à subit de sérieuses avaries, les tourelles II et IV sont à remplacer, une bonne partie de l’artillerie secondaire doit également être changée.

De son côté le Tegetthoff à été moins soumis au feu du cuirassé et n’à encaissé qu’un obus de 340mm mais une floppée d’obus de 130mm et une torpille de l’Arquebuse, victoire posthume de notre torpilleur d’escadre qui comme on disait jadis «à bien mérité de la patrie».

Si le croiseur lourd continuera le combat durant la Campagne de Norvège mais subira des travaux importants à Kiel entre novembre 1948 et mars 1949, le cuirassé lui restera mouillé à Trondheim jusqu’au 7 novembre 1948 quand il peut enfin rallier l’Allemagne pour des travaux de remise en état de modernisation qui vont durer jusqu’en juillet 1949.

Le 23 septembre 1948 un nouvel affrontement naval oppose dans le sud du pays la Royale et la Kriegsmarine.

Le cuirassé Normandie est sérieusement endommagé par les obus de 406mm du Von der Tann, le sister-ship de l’Alsace encaissant cinq obus de 406mm et quatre obus de 203mm de l’Amiral Reuter.

Si le croiseur lourd n’est que légèrement endommagé le cuirassé est sérieusement endommagé après avoir encaissé six obus de 380mm et vingt-quatre obus de 130mm. Ramené en Allemagne, il est réparé et remis en service en juin……1950.

Le porte-avions Painlevé est lui aussi endommagé par un obus de 203mm mais les deux navires français parviennent à se replier sur la Grande-Bretagne.

Si pour le cuirassé la guerre est terminée (il sera ramené en France en septembre 1952 transformé en ponton et utilisé jusqu’en 1975 quand il est démoli) le porte-avions sera rapidement réparé et pourra à nouveau participer aux combats de la Campagne de Norvège (1948).

HMS Glasgow, l’un des dix croiseurs de classe Town

Le 25 septembre 1948 le croiseur léger HMS Glasgow pilonne les troupes allemandes dans la région de Trondheim, ses canons de 6 pouces tirant 120 coups avant de rompre le combat. Au cours du repli il tombe dans une embuscade tendue par des S-Boote allemandes. Encaissant trois torpilles, il se casse en deux ne laissant que fort peu de survivants.

KMS Z.20 Karl Gaster

Toujours le 25 septembre 1948 le Zerstörer Z.20 Karl Gaster en patrouille «recherche et destruction» est surpris par deux destroyers de classe Tribal, les HMS Tartar et Bedouin émergeant du brouillard.

HMS Tartar

Deux torpilles frappent le destroyer allemand qui est ensuite martyrisé par les obus de 120mm des destroyers de Sa Majesté, le navire coulant rapidement en ne laissant que fort peu de survivants.

Le lendemain c’est le KMS Z.25 qui est coulé au large de Narvik par le contre-torpilleur Du Chayla alors que ce dernier assurait l’appui-feu des troupes alliées dans la région.

Le «French Superdestroyer» véritable petit croiseur (huit canons de 130mm en quatre tourelles doubles) tire le premier désemparant le destroyer allemand par une salve complète (huit obus de 130mm).

Le Z.25 parvient à placer deux obus de 150mm sur le contre-torpilleur qui est endommagé mais peut achever son adversaire avec deux torpilles.

Le contre-torpilleur Du Chayla parvient à rallier Rosyth pour réparations, reprenant le combat en Norvège quelques jours plus tard.

Le 30 septembre 1948 le croiseur léger HMS Birmingham est endommagé par une torpille lancée par une S-Boote.

Il arrache une partie de la proue ce qui lui impose un retour en Grande-Bretagne pour une remise en état complète qui va l’immobiliser jusqu’en juin 1949 en raison de dégâts provoqués par un bombardement allemand sur Rosyth ce qui impose des travaux initialement non prévus.

Le même jour le HMS Belfast est légèrement endommagé par une batterie côtière allemande, des canons de 150mm installés du côté de Trondheim sur d’anciennes installations de la marine norvégienne, les prémices des fortifications qui vont protéger la Norvège d’une invasion alliée.

Deux obus de 150mm touchent le navire, le premier met hors service la tourelle I de 152mm et le second touche le navire au niveau de la cheminée avant. Le navire doit se replier pour des réparations rapides avant de reprendre le combat.

Le 5 octobre 1948 dans un échange confus le croiseur léger HMS Edinburgh est légèrement endommagé par un obus de 127mm visiblement tiré par un Zerstörer. Le navire peut cependant continuer la lutte. A noter que le destroyer allemand n’à jamais pu être identifié avec certitude.

Le 7 octobre 1948 le cuirassé HMS Centurion est endommagé par une mine larguée la veille par des avions allemands. Il est sérieusement endommagé tandis que son escorteur le HMS Firedrake à été coulé par une autre mine.

Il est pris en remorque par un pétrolier ce qui ne manque pas de sel. Une alerte aérienne oblige le pétrolier à abandonner l’infortuné navire qui privé de propulsion est un véritable corps mort.

L’aviation allemande se jette sur cette cible très appétissante. Le cuirassé se défend comme un beau diable mais ne pouvant pas manœuvrer son sort est scellé en dépit de l’intervention d’autres navires et de l’aviation alliée. Le cuirassé est touché par quatre bombes et deux torpilles qui sont six projectiles de trop.

Trois jours plus tard une autre mine touche le destroyer HMS Matabele qui coupe en deux sombre en quelques minutes pour la partie avant, plus lentement pour la partie arrière permettant à nombre de marins d’échapper à une mort certaine.

Sous la mer on se bat !

Si les sous-marins norvégiens et danois ne vont pas être engagés car trop anciens ou trop faibles militairement parlant, d’autres «torpilleurs submersibles» vont transformer la mer du Nord en zone de combat tridimensionnelle puisqu’on se battait dans les airs, sur mer mais aussi sous la mer.

Des sous-marins allemands sont engagés pour éclairer et couvrir les différents groupes occasionnels envoyés à l’assaut des ports norvégiens.

De leur côté les alliés vont également engager des sous-marins comme sonnette pour repérer et attaquer la flotte allemande en attendant de surprendre la flotte allemande. D’autres missions ne vont pas tarder à émerger comme la récupération de pilotes abattus ou l’évacuation d’hommes isolés.

La marine danoise va souffrir de l’action des U-Boot perdant plusieurs navires sous les coups de torpilles qui connaissaient pourtant de sérieux problèmes de fiabilité.

Le destroyer Lollandest coulé le 7 septembre 1948 par le U-82 alors qu’il accompagnait le croiseur-éclaireur Herluf Trolle. Deux torpilles sont suffisantes pour l’envoyer ad patres et lui permettre de rejoindre Neptune.

Six marins vont survivre à ce naufrage et rejoindre la Grande-Bretagne dans des conditions dantesques, devenant des héros nationaux au pays, étant décorés par le roi Frédéric IX de l’ordre du mérite et de l’ordre du Danebrog. Ils vont entrer dans l’histoire comme étant « Les Six (de seks) »

C’est le quartier maitre Jens Jensen, les matelots Hans Nielsen et Poul Hansen, le second maitre Jesper Sorensen, le lieutenant Morten Larsen et le quartier maitre Jens Andersen.

Ils se réengageront dans la marine danoise reconstituée puis dans les commandos. Comme le dira le quartier maitre Jen Jensen «Après ce que nous avions vécu nous étions comme accro à l’adrénaline et nous voulions que cela cogne, que cela tabasse, s’ennuyer sur un navire au poste de propreté ou à faire le planton non merci.»

Quatre survivent au conflit (ils sont enterrés côte à côte dans le même cimetière, une promesse faite au cours d’une mission), deux d’entre-eux (Jens Jensen et Jesper Sorensen) engagés aux côtés de la Résistance seront capturés par les allemands, torturés et exécutés. Leurs cendres reposent dans deux urnes scellées aux côtés de leurs quatre camarades.

Les marines alliées et allemandes doivent aussi admettre que les sous-mariniers ont peut être raison quand ils disent fiers comme artabans qu’il n’existe que deux type de navires : les sous-marins et leurs cibles.

Le Casabianca, un sous-marin de 1500 tonnes type Pascal

Le 6 septembre 1948 le sous-marin Casabianca coule le croiseur lourd Blücher littéralement exécuté par quatre torpilles de 550mm qui ne le lui laisse aucune chance. Le 9 septembre 1948 le «1500 tonnes» pourtant en fin de carrière coule le destroyer Z.7 Hermann Schoemann avec deux torpilles.

Il est cependant sérieusement endommagé et doit rallier la France où malgré son état et son âge il va être réparé pour être engagé à nouveau au combat plus pour des raisons politiques que des raisons vraiment militaires.

Il s’en sort cependant mieux que les sept submersibles français perdus durant la Campagne de Norvège (1948). Successivement sont coulés L’Espoir le 10 septembre 1948 par le U-106, Le Centaure le 13 septembre 1948 victime d’une mine dans le détroit du Skagerrak, l’Ile de France victime d’un hydravion Blohm & Voss Bv-138 (21 septembre 1948) au large de Bergen, l’Ile d’Yeu disparu dans des circonstances inconnues entre le 23 et le 30 septembre 1948 (comme l’épave n’à jamais été retrouvée impossible d’en savoir plus).

Le sous-marin Nouvelle Calédonie n’aura jamais l’occasion de visiter le territoire éponyme puisque le 2 octobre 1948 il est surpris en surface par un Arado Ar198 en patrouille ASM au large de Kristiansand, une charge de profondeur l’envoyant par le fond.

Ces cinq premiers sous-marins qui appartenaient à la 5ème Escadre sont accompagnés dans leur trépas par deux des trois (!) sous-marins de l’Escadre Légère du Nord en l’occurrence le Fructidor victime de charges de profondeur d’un patrouilleur allemand en baie d’Heligoland le 3 octobre 1948, son sister-ship Brumaire disparaissant sous les coups d’un hydravion allemand au large des côtes danoises.

Le contre-torpilleur Bugeaud s’en sort bien car le 17 septembre 1948 il est sérieusement endommagé par une torpille du U-106 qui arrache sa proue sur 4m.

Fort heureusement le temps est clément et le navire peut rallier à petite vitesse sérieusement escorté un port britannique pour des réparations d’urgence avant une remise en état complète à Brest, remise en état qui va l’éloigner des champs de bataille jusqu’en février 1949, cette remise en état étant l’occasion d’une modernisation et d’un renforcement de certaines capacités militaires comme la DCA.

Le 21 septembre 1948 le destroyer Z.29 est torpillé par le sous-marin britannique HMS Talisman au large de Trondheim, deux torpilles envoyant le Zerstörer par le fond.

Le 30 septembre 1948 le porte-avions HMS Malta échappe de peu à la correctionnelle en encaissant une torpille du U-81 qui parvient à échapper aux destroyers qui le grenade copieusement alors qu’il opérait au large de Bodo.

Il est mis hors service mais parvient à rallier Scapa Flow pour des réparations provisoires avant de rallier Rosyth pour une remise en état complète qui va l’éloigner des opérations jusqu’à la fin de l’année.

Le HMS Jaguar

Le 2 octobre 1948 le destroyer HMS Jaguar est torpillé par un sous-marin allemand alors qu’il couvrait un convoi de renforts au profit du CEFAN. Deux torpilles du U-109 vont l’envoyer par le fond.

Le 7 octobre 1948 le croiseur léger HMS Nigeria est sérieusement endommagé par une torpille d’un U-Boot, toujours ce satané U-109. Il parvient miraculeusement à rallier la Grande-Bretagne pour remise en état et modernisation, le navire ne retournant au combat qu’en septembre 1949.

Le HMS Nigeria

Le 28 octobre 1948 c’est le croiseur léger HMS Minotaur qui est endommagé par une anguille lancée cette fois par le U-180, les dégâts sont limités car il ne va passer «que» deux mois en réparations, étant à nouveau disponible le 12 décembre 1948.

Ces sous-marins s’en sorte mieux que d’autres qui sont victimes d’escorteurs, d’hydravions ou de sous-marins.

Outre les sous-marins engagés dès le début dans l’opération Weserübung, d’autres submersibles vont être engagés ultérieurement en l’occurrence les U-30 U-32 (Type VIIA), U-55 U-73 U-83 (type VIIB) U-81 (type VIIC) U-107 (type IXB) U-127 U-160 U-179 (type IXC) soit dix submersibles supplémentaires.

Sur les vingt-trois sous-marins allemands engagés dans le campagne de Norvège, huit sont coulés, deux sont victimes de mines (U-30 le 4 octobre 1948 U-55 le 21 octobre 1948) de l’aviation (U-100 le 17 octobre 1948 U-127 le 8 octobre 1948 U-180 le 2 novembre 1948 par un Short Sunderland), par des navires de surface (U-44 abordage par le Niels Juel le 6 septembre 1948 U-107 le 19 septembre 1948 et U-130 le 27 septembre 1948)

Les sous-marins britanniques sont engagés aux côtés de leurs homologues français. Quatre d’entre-eux sont coulés, le premier c’est le HMS Tarpon qui en patrouille à l’orée du Skagerrak est surpris le 10 septembre 1948 par un sous-marin allemand qui place trois torpilles ne laissant aucune chance au submersible britannique.

Le HMS Spearfish est coulé le 13 septembre 1948 quand après avoir détruit un pétrolier et le paquebot Postdam au large de Bergen. Alors qu’il venait de faire surface pour se replier plus rapidement il est surpris par un Blohm & Voss Bv138 qui place deux charges de profondeur qui sont fatales au sous-marin de type S.

Le HMS Swordfish est détruit le 21 septembre 1948 quand en patrouille en surface il fait détonner une mine magnétique mouillée pour protéger les accès au port de Bergen. Comme souvent sur un sous-marin il n’y à aucun survivant.

Le HMS Umpire est détruit le 30 septembre 1948 par les charges de profondeur d’un escorteur allemand alors qu’il venait de détruire un cargo.

10-Contre-torpilleurs (41)

Le Bugeaud

Le général Bugeaud

Le général Bugeaud

-Le Bugeaud est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient (cale n°2) le 24 février 1943 et lancé le 12 septembre 1944.

Remorqué au quai d’armement, le quatrième Bayard connait un armement à flot compliqué, la prise d’armement pour les essais préliminaires étant retardé par un incendie dont l’origine accidentelle à été sérieusement mise en doute. Encore aujourd’hui, le mystère plane sur l’incendie du 4 mai 1945.

Armé pour essais le 4 juin 1945, le Bugeaud effectue ses essais préliminaires du 4 au 12 juin, passant au bassin du 13 juin au 3 juillet avant d’effectuer sa première campagne d’essais officiels du 4 au 31 juillet.

Après un deuxième passage au bassin du 1er au 14 août, le Bugeaud effectue sa deuxième campagne d’essais officiels du 17 août au 8 septembre, enchainant par les essais d’artillerie du 10 au 25 septembre.

Le contre-torpilleur quitte Lorient le 27 septembre pour Brest où il arrive le 28 septembre, effectuant ses essais de recette de ses tubes lance-torpilles et de ses grenadeurs du 30 septembre au 7 octobre. Il quitte Brest le 8 octobre, ralliant le lendemain Lorient pour préparer sa traversée de longue durée.

Il passe ainsi au bassin du 9 au 16 octobre puis après des essais de pure forme les 17 et 18 octobre, quitte Lorient le 21 octobre 1945 pour sa traversée de longue durée. Il fait escale à Cadix du 24 au 27 octobre, à Lisbonne du 30 octobre au 2 novembre, à Casablanca du 4 au 7 novembre, à Alger du 10 au 14 novembre, à Gibraltar du 16 au 18 novembre avant de rentrer à Brest le 21 novembre 1945.

Le contre-torpilleur Bugeaud est admis au service actif le 21 novembre 1945, étant placé hors rang au sein de la 3ème Escadre Légère.

Le nouveau contre-torpilleur brestois remplace le contre-torpilleur Panthère (classe Jaguar) désarmé en juin 1945. En attendant la mise en service de ses sister-ship Dupetit-Thouars et Du Chayla, le Bugeaud est placé hors rang au sein du groupement des contre-torpilleurs de la 3ème Escadre Légère.

Il sort pour la première fois du 22 au 29 novembre, effectuant une école à feux en mer d’Iroise avant de gagner la haute mer pour retrouver le Dupetit-Thouars qui achevait sa traversée de longue durée.

Les deux navires rentrent à Brest dans la journée du 30 novembre, jour de l’admission au service actif du Dupetit-Thouars ce qui permet la réactivation de la 3ème DCT dissoute le 15 août 1945.

La nouvelle 3ème DCT sort pour entrainement du 7 au 14 décembre, effectuant une escale à Saint-Malo du 15 au 18 décembre, enchainant par un entrainement de défense aérienne à la mer du 19 au 28 décembre, faisant une escale de ravitaillement à Brest le 29 décembre et Reprenant aussitôt la mer.

Le 30 décembre 1945, la 3ème DCT prend contact en milieu d’après midi à 75 miles au N-E de Brest avec le Du Chayla (qui est admis au service actif le 31 décembre) ce qui  permet à la  3ème DCT d’attendre son format définitif à trois navires.

Les trois contre-torpilleurs manœuvrent ensemble du 30 décembre 1945 au 12 janvier 1946 avant de rentrer à Brest le lendemain 13 janvier 1946.

Les trois contre-torpilleurs subissent une période d’entretien à flot du 14 au 31 janvier, sortant pour essais/remise en condition du 1er au 15 février, faisant escale à Saint-Nazaire du 16 au 19 février avant de rentrer à Brest le lendemain 20 février 1946.

Le 27 février, le Bugeaud et ses deux compagnons de la 3ème Division de Contre-Torpilleurs quittent Brest pour un nouvel entrainement de division. Cet entrainement outre l’entrainement courant doit préparer l’exercice franco-britannique «Entente Cordiale 1946».
Après une école à feux du 27 février au 6 mars, les trois contre-torpilleurs se ravitaillent à Lorient le 7 mars, enchainant par un entrainement au combat antisurface du 8 au 18 mars, un entrainement de défense aérienne à la mer du 20 au 27 mars, faisant escale à La Pallice du 28 mars au 2 avril, rentrant le lendemain 3 avril 1946 à Brest.

Le 8 avril 1946 arrive à Brest une escadre britannique destinée à l’exercice «Entente Cordiale 1946», escadre composée du cuirassé Howe, du croiseur lourd Kent, des croiseurs légers antiaériens  Dido et Bellona, de six destroyers et de trois sous-marins.

La Flotte de l’Atlantique engage elle le porte-avions Painlevé, le cuirassé Gascogne, le croiseur lourd Foch, la 6ème DCT (Vautour Milan Epervier), la 3ème DCT (Bugeaud Du Chayla Dupetit-Thouars) six torpilleurs (Intrépide Téméraire Durandal Dague Arquebuse et Cimeterre) d’escadre et quatre sous-marins (Rolland Morillot  Ile de France  Kerguelen  et La Guadeloupe).

L’exercice à lieu d’abord au large de Brest du 10 au 16 avril avant que les deux escadres appareillent pour Rufisque (moins les sous-marins qui restent à Brest) pour poursuivre l’entrainement

Le cuirassé Gascogne ouvre la marche suivit par le croiseur lourd Foch et son homologue britannique le Kent, le porte-avions Painlevé, le cuirassé Howe suivis par les six contre-torpilleurs, les six torpilleurs d’escadre, les croiseurs légers antiaériens et les six destroyers britanniques.

En mer, les deux forces se séparent pour former deux groupes occasionnels bi-nationaux. Le premier sous commandement français regroupe le cuirassé Gascogne, le porte-avions Painlevé, le croiseur lourd Kent, les trois contre-torpilleurs de la 3ème DCT quatre torpilleurs d’escadre et deux destroyers alors que le second sous commandement anglais regroupe le cuirassé Howe, le croiseur lourd Foch, les croiseurs légers antiaériens Dido et Bellona, les trois contre-torpilleurs de la 6ème DCT, quatre destroyers et deux torpilleurs d’escadre.

Ces deux forces vont manoeuvrer ensemble durant le transit jusqu’à Dakar où elles arrivent le 22 avril. Le groupe Gascogne est le premier à utiliser les installations du polygone de Rufisque du 23 avril au 14 mai avant de laisser la place au groupe Howe du 15 au 31 mai, le groupe Gascogne durant ce laps de temps manœuvrant entre Dakar et Port Etienne.

Les deux forces navales appareillent le 2 juin, font route ensemble jusqu’aux atterrages immédiats de Brest où les navires anglais quittent leurs homologues français et rentrent dans leurs ports respectifs, les navires français retrouvant la Rade-Abri le 7 juin 1946.

Le Bugeaud est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 8 au 29 juin, sortant pour essais du 30 juin au 3 juillet et pour remise en condition du 5 au 20 juillet à chaque fois en compagnie du Du Chayla.

Il participe aux essais (21 au 24 juillet) et remise en condition (26 juillet au 10 août) du Dupetit-Thouars. Les deux contre-torpilleurs vont mouiller en baie de Douarnenez où ils sont rejoint le 16 août par le Du Chayla qui venait de réaliser ses essais à la mer.

Les trois contre-torpilleurs sortent du 17 août au 3 septembre pour sa remise en condition. Les trois navires rentrent à Brest le  9 septembre 1946 après une escale à Saint-Nazaire du 4 au 8 septembre.

Le 15 septembre 1946, les 3ème et 6ème DCT appareillent en compagnie de la 4ème DC pour une importante phase d’exercice dans le Golfe de Gascogne.

Du 16 au 24 septembre, la 4ème DC affrontent les deux divisions de contre-torpilleurs dans une série de joutes nautiques avant que les trois divisions ne fassent escale à Lorient du 25 au 30 septembre.

La 4ème DC reprend la mer le 1er octobre pour un exercice d’attaque de convois contre les contre-torpilleurs simulant un convoi rapide entre Lorient et Biaritz où les navires font escale (au mouillage faute de place) du 9 au 15 octobre avant que les croiseurs les contre-torpilleurs reprennent la mer en trinômes.

La Gloire forme ainsi un groupe avec le Bugeaud et le Vautour, le Georges Leygues est avec le Du Chayla et l’Epervier alors que le Dupetit-Thouars et le Milan sont accompagnés du Montcalm.

Les trois groupes vont s’affronter dans des combats antisurface du 16 au 27 octobre, étant ravitaillé par le pétrolier Var venu de Brest recomplétant ses soutes au nouveau port pétrolier du Verdon à l’entrée de l’estuaire de la Garonne.

Après une escale à Royan du 28 octobre au 3 novembre, les croiseurs et les contre-torpilleurs subissent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 4 au 10 novembre avant une escale à Lorient du 11 au 15 novembre suivit d’un entrainement au combat de nuit du 16 au 21 novembre avant un retour à Brest le 22 novembre 1946.

Le Bugeaud accompagné du Du Chayla et du Dupetit-Thouars sortent pour un entrainement de division dans le Golfe de Gascogne. Quittant Brest le 30 novembre, la 3ème DCT sort pour une école à feux du 30 novembre au 9 décembre, se ravitaillant à Lorient le 10 décembre avant d’enchainer par un entrainement au combat antisurface du 11 au 16 décembre.

Après une escale à La Pallice du 17 au 21 décembre, les trois contre-torpilleurs effectuent un entrainement de défense aérienne à la mer du 22 au 27 décembre puis après un nouveau ravitaillement à Lorient le 28 décembre, un exercice de synthèse du 29 décembre 1946 au 8 janvier 1947, rentrant à Brest le lendemain 9 janvier.

Après une période d’entretien à flot commune du 10 au 31 janvier, le Bugeaud et ses deux compagnons de la 3ème DCT sortent pour essais et remise en condition du 1er au 14 février, rentrant à Brest le lendemain 15 février 1947.

La 3ème DCT va sortir pour entrainement de division, entrainement destiné à préparer notamment une nouvelle édition de l’exercice Entente Cordiale qui contrairement à l’édition 1946 devait avoir lieu dans les eaux britanniques.

Après une école à feux du 22 au 28 février 1947 en mer d’Iroise, les trois contre-torpilleurs de la 3ème DCT se ravitaillent auprès du Var avant d’enchainer par un entrainement au combat antisurface du 1er au 10 mars puis après un nouveau ravitaillement auprès du Var le 11 mars à un entrainement à la défense aérienne à la mer du 12 au 21 mars.

Après une escale à Royan du 22 au 26 mars, les trois contre-torpilleurs effectuent un exercice de synthèse du 27 mars au 4 avril, date à laquelle ils rentrent à Brest.

Victime d’une avarie mécanique, le Bugeaud est indisponible du 7 au 27 avril, sortant pour essais du 28 au 30 avril puis pour remise en condition en compagnie de ses condisciples de la 3ème DCT du 2 au 12 mai, date de leur retour à Brest.

Le 15 mai 1947, la rade de Brest se dépeuple brusquement. La 3ème DCT ouvre la voie au cuirassé Jean Bart, au croiseur lourd Foch, au cuirassé Normandie, le croiseur léger Gloire, aux torpilleurs d’escadre Opiniâtre Aventurier Sabre Claymore, les sous-marins Casabianca Rolland Morillot Guadeloupe et le PRE La Seine.

Cette escadre baptisée Force G met cap sur Greenock dans l’estuaire de la Clyde où elle arrive le 21 mai pour une escale qui s’achève le 24 mai quand elle reprend la mer, direction Scapa Flow où arrivée le 28 mai elle retrouve les navires anglais impliqués dans l’exercice à savoir les cuirassés King George V et Vanguard (classe Hood, des Lion améliorés), le porte-avions lourd Malta, les croiseurs légers Southampton et Gloucester et six destroyers.

Les deux escadres s’entrainent du 1er au 21 juin avec des attaques escadres contre escadres, des exercices de lutte ASM, de défense aérienne à la mer, de raids amphibies, de tir contre la terre…………. .

Les deux groupes font escale ensemble à Aberdeen du 23 au 27 juin puis à Newcastle du 29 juin au 1er juillet, Douvres du 4 au 7 juillet, Cherbourg du 10 au 13 juillet et Brest du 17 au 22 juillet 1947, date à laquelle les navires anglais rentrent au pays.

Alors que le Du Chayla et le Dupetit-Thouars sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage, le Bugeaud qui doit prochainement subir un grand carénage sort seul du 30 juillet au 5 août pour une école à feux, allant ensuite mouiller en baie de Douarnenez.

Le 10 août 1947, le Bugeaud y est rejoint par le Du Chayla et le Dupetit-Thouars qui venaient de réaliser leurs essais à la mer, les trois contre-torpilleurs de la 3ème DCT sortent pour remise en condition du 11 au 31 août, date de leur retour à Brest au quai des flottilles.

Le 4 septembre 1947, le Bugeaud transmet le pavillon de navire-amiral de la 3ème DCT au Dupetit-Thouars avant de vidanger ses soutes et de débarquer ses munitions puis d’être échoué dans le bassin n°2 de l’Arsenal de Brest le 5 septembre 1947. Il y subit une remise en état complète et une modernisation de son électronique.

Remis à flot le 9 décembre 1947, il cède alors la place au Du Chayla avant de subir une période de travaux complémentaires jusqu’au 17 décembre quand il est armé pour essais, sortant du 18 au 21 décembre avant de retrouver le lendemain 22 décembre le Dupetit-Thouars mouillé en baie de Douarnenez, les deux contre-torpilleurs sortant pour remise en condition du Bugeaud du 23 décembre au 8 janvier, date à laquelle les deux navires rentrent à Brest et que le Bugeaud redevient navire-amiral de la 3ème DCT.

Le Bugeaud et le Dupetit-Thouars sortent pour un entrainement courant du 15 au 23 janvier, faisant escale à La Rochelle du 24 au 27 janvier avant d’effectuer un entrainement de défense aérienne à la mer du 28 janvier au 5 février, les deux contre-torpilleurs faisant escale à Nantes du 6 au 11 février 1948, Reprenant ensuite la mer pour une école à feux contre la coque de l’ancien cuirassé Voltaire du 12 au 22 février, se ravitaillant à Lorient le 23 février avant un entrainement au combat antisurface du 24 février au 3 mars, date à laquelle ils rentrent à Brest.

Du 10 au 15 mars, le Bugeaud effectue un entrainement au profit d’officiers de marine de réserve avant de mouiller en baie de Douarnenez. Le 21 mars, il y rejoint par le Du Chayla qui venait de réaliser ses essais post-carénage, les deux contre-torpilleurs étant à la mer du 21 mars au 5 avril 1948, faisant escale à Cherbourg du 6 au 11 avril, au Havre du 12 au 16 avril, à Boulogne du 17 au 21 avril, à Dunkerque du 22 au 27 avril, à Plymouth du 28 avril au 2 mai avant de rentrer à Brest le lendemain 3 mai 1948.
Le Bugeaud et le Du Chayla sortent pour un entrainement de division allégé du 10 mai au 9 juin, alternant dans un ensemble dynamique écoles à feux, entrainement au lancement de torpilles et au grenadage, entrainement à la défense aérienne à la mer et le dernier jour, entrainement au raid amphibie contre les défenses côtières protégeant l’accès au goulet.  Les deux contre-torpilleurs font escale à Saint-Nazaire du 10 au 15 juin avant de rentrer à Brest le lendemain 16 juin 1948.

Le 21 juin 1948, le Dupetit-Thouars quitte le bassin n°2 de l’Arsenal de Brest à l’issue de son premier grand carénage. Il sort pour essais du 22 au 25 juin, retrouvant ensuite au large d’Ouessant ses deux compères pour un stage de remise en condition réalisé du 26 juin au 12 juillet, date à laquelle les trois contre-torpilleurs rentrent à Brest.

Le Bugeaud est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 13 au 28 juillet, sortant pour essais du 29 au 31 juillet puis pour remise en condition du 2 au 12 août en compagnie du Dupetit-Thouars.

Le Bugeaud participe ensuite avec le Dupetit-Thouars aux essais (13 au 16 août) et à la remise en condition (18 au 30 août) du Du Chayla, les trois navires rentrant à Brest le lendemain 31 août 1948.

La 3ème DCT passe alors aux effectifs de guerre et se tient prête à mener les opérations de guerre ordonnée par l’amiral commandement la Flotte de l’Atlantique.

C’est ainsi que le 3 septembre 1948, les trois contre-torpilleurs reçoivent l’ordre de rallier Casablanca pour prendre en charge un convoi transportant en Bretagne une division d’infanterie stationnée au Maroc.

Arrivés sur place le 4 septembre, les trois contre-torpilleurs apprennent alors que l’envoi de cette unité en métropole est annulée et qu’ils doivent rentrer en métropole, le Bugeaud et ses deux compères de la 3ème DCT rentrant à Brest le lendemain 5 septembre 1948.