Benelux (66) Belgique (27)

Avions de l’Aéronautique Militaire

Chasse et Chasse-Bombardement

Avant-propos

En mai 1949, la flotte de chasse l’Aéronautique Militaire Belge est entre deux âges avec des avions modernes (Supermarine Spitfire Mk V, Bréguet Br700C2) et des avions déclassés (Morane-Saulnier MS-410, Hawker Hurricane Mk IV, Renard R-36M). Et encore les Gloster Gladiatorr et les Fiat CR-42 Falco avaient été retirés du service en Europe tout comme le Brewster Buffalo qui lui opérait au Congo.

Le haut commandement militaire belge était conscient de cette situation et avait obtenu la commande d’Arsenal VG-39 auprès de la France mais aucun appareil n’avait été livré avant le 10 mai 1949.

Les pilotes vont donc faire de leur mieux, compensant par leur courage et leur agressivité les défauts de leurs montures. Les pertes sont lourdes (il ne restait plus que vingt-quatre chasseurs à la capitulation belge) mais l’expérience accumulée irremplaçable.

Les belges parviennent à reconstituer quatre squadrons de chasse dont un spécifiquement désigné pour la chasse-bombardement, des unités équipées d’avions français, des Arsenal VG-39bis, des Arsenal VG-40 pour la chasse-bombardement et des Farman Frelon pour la chasse lourde.

A la fin du conflit, l’Arsenal VG-40 est le seul chasseur monomoteur en service aux côtés du Farman Frelon.

Le premier va rapidement céder la place au North American P-51 Mustang alors que le Farman Frelon va rester en service jusqu’à la fin des années cinquante.

Gloster Gladiator

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Gloster Gladiator

A l’origine du Gloster SS.37 (le nom Gladiator est un nom officiel et non celui du constructeur) figure un appel d’offres (F.7/30) de 1930 demanda un chasseur biplan capable de filer à 400 km/h et armé de quatre mitrailleuses. La propulsion devait être assuré par un Rolls-Royce Goshawk mais ce moteur se révéla défectueux et fût remplacé par un Bristol Mercury.

Le prototype du Gladiator effectua son premier vol le 12 septembre 1934 et après trois mois d’évaluation (avril-juillet 1935), l’appareil est commandé en série par la RAF puis par la Fleet Air Arm sans parler de pays étrangers (Chine, Finlande, Norvège, Belgique, Grèce,Egypte, Irak, Irlande,Lettonie,Lituanie, Afrique du Sud, Portugal et Suède, seuls les deux premiers l’employant au combat). Au final 747 appareils furent produits, 483 pour la RAF, 98 pour la FAA et 216 pour l’exportation.

En ce qui concerne son pays d’origine, huit squadrons de chasse en sont encore équipé en septembre 1939 dont quatre appartenant à la Royal Air Auxiliary Force. En septembre 1948, aucun Gladiator ne vole encore dans les unités de première ligne, quelques appareils étant utilisés pour les entraînements et pour les amateurs de voltige.

En ce qui concerne la Belgique, vingt-deux Gloster Gladiator Mk I sont commandés en 1937, appareils qui en septembre 1939 équipent le 1er groupe du 2ème régiment aéronautique qui va un temps voler sur Gladiator et sur Hurricane avant de passer sur Supermarine Spitfire.

Le Gloster Gladiator est retiré des unités de première ligne de l’Aéronautique Militaire Belge en juin 1943 à une époque où il était totalement obsolète. Il restait à l’époque seize appareils en service.

Ces appareils sont stockés au cas où et en septembre 1948, dix appareils en état de vol sont ressortis et utilisés pour quelques patrouilles de défense locale avant que des appareils plus modernes prennent le relais.

Le 10 mai 1949, il restait six appareils alignés comme à la parade sur la base de Florennes. Ils sont détruits par l’aviation allemande, leurs épaves étant évacués par les allemands qui s’empressent de remettre en état les aérodromes belges pour améliorer leur permanence sur le champ de bataille.

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Gloster Gladiator

Caractéristiques Techniques du Gloster Gladiator

Type : chasseur biplan monoplace

Masse : à vide 1155kg en charge 2205kg

Dimensions : longueur 8,38m envergure 9,85m hauteur 3,17m

Motorisation : un moteur radial Bristol Mercury VIIIA ou AS 9 cylindres développant 850ch

Performances : vitesse maximale 414 km/h plafond opérationnel 11570m distance franchissable 714km

Armement : quatre mitrailleuses de 7.7mm (deux Vickers et deux Lewis puis quatre Browning)

Fiat CR-42 Falco

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Dans les premiers mois de la guerre d’Espagne, le Fiat CR-32 est le meilleur chasseur du camp nationaliste. Bon appareil solide et maniable avec aux commandes des pilotes bien entraînés il est un adversaire redoutable pour l’aviation républicaine équipée de Polikarpov I-15.

Les premiers retours d’expérience du conflit espagnol confortent les pilotes italiens dans l’utilité d’un biplan très maniable capable de s’imposer y compris à des monoplans pourtant plus modernes.

Le 23 mai 1938, le premier prototype du faucon effectue son premier vol. C’est un vrai anachronisme car à l’époque le Me-109, le MS-406 et le Hurricane ont été mis en service, que le Spitfire est sur le point de l’être. Mieux même, des monoplans de chasse (Fiat G-50 et Macchi C-200) sont en développement en Italie.

Pourquoi alors le produire ? Tout simplement pour des questions politiques et industrielles, la production du faucon donnant du travail aux ouvriers de la FIAT et aux sous-traitants.

Il entre en service en mai 1939 et un an plus tard, 183 exemplaires sont en service dans les stormo de chasse de la Regia Aeronautica.

Ayant triomphé du Caproni Ca-165, le Fiat CR-42 est une évolution du CR-32 avec un moteur plus puissant et diverses améliorations aérodynamiques.

Avec une très faible charge alaire, l’appareil se révèle extrêmement manoeuvrant et peut espérer damner le pion à des monoplans plus modernes et mieux armés.

Produit jusqu’en 1944 à 940 exemplaires, le Fiat CR-42 à donné naissance à une variante chasse de nuit (Fiat CR-42N), une variante d’attaque au sol (Fiat CR-42AS),une variante biplace pour l’entrainement (CR-42B Biposto), une variante à armement renforcé (Fiat CR-42ter deux mitrailleuses de 12.7mm de plus), un hydravion de chasse (ICR-42) et une version lutte anti-partisans (CR-42LW).

Comme son devancier l’appareil à été exporté en Espagne, en Hongrie (52 exemplaires), en Suède (72 exemplaires) et en Belgique (40 exemplaires), étant toujours en service en septembre 1948 mais uniquement en AOI (Afrique Orientale Italiana).

Il participe à l’opération GIDEON, l’attaque alliée de l’Africa Orientale Italiana (AOI) moins comme chasseur que comme avion d’attaque au sol et avion de harcèlement pour attaquer de nuit des unités alliées isolées ou des cibles éloignées du front où les défenses étaient plus faibles (surtout sur un front très secondaire où les moyens étaient limités).

En métropole des appareils vont être utilisés pour la lutte anti-partisans et pour le harcèlement, un rôle où leur faible vitesse et leur maniabilité étaient de précieux atouts.

A la fin du conflit un certain nombre d’appareils existaient encore. La majorité à été feraillée mais certains ont été préservés dans des musées ou sur des mémoriaux. Un appareil à été préservé en Suède, un autre en Belgique, deux en Grande-Bretagne, deux en France et en aux Etats-Unis.

La Belgique à donc acquis quarante appareils livrés à la fin des années trente et principal chasseur belge quand éclate la guerre de Pologne. Ils se montrent cependant incapables d’intercepter les bombardiers et les avions de reconnaissance allemands qui survolent le pays.

De plus suite à des défauts de fabrication, un certain nombre d’appareils vont s’écraser ce qui accroît la méfiance des pilotes. Il n’y à ainsi plus que 30 appareils en décembre 1940 et 21 en décembre 1941.

La décision est alors prise de le remplacer mais comme souvent en Belgique cela va prendre du temps et il sera au final retiré du service à l’arrivée du Morane-Saulnier MS-410 et du Renard R-36M.

En mai 1949, il n’existe plus que douze appareils stockés. Une partie est incendiée, les allemands récupérant les autres qu’ils vont céder à la Hongrie qui va les cannibaliser pour ses propres appareils. Un appareil va échapper aux fourches caudines allemandes et va réapparaître dans les années soixante, volant jusqu’en 1985 quand à la mort de son propriétaire ses descendants en font cadeau au musée de l’Armée de Bruxelles qui le restaure et l’expose. C’est toujours le cas en 2020.

Fiat CR 42 Falco 8

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur biplan monoplace

Masse à vide 1782kg en charge 2295kg

Dimensions : longueur 8.25m envergure (aile basse 6.50m aile haute 9.70m) hauteur 3.58m

Motorisation : un moteur radial Fiat A.74 RC38 de 840ch

Performances : vitesse maximale 441km/h vitesse de croisière 399km/h distance franchissable 780km plafond opérationnel 10210m

Armement : (premières séries) mitrailleuses Breda-SAFAT de 7.7mm (séries tardives) deux mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT avec 400 coups et deux mitrailleuses de 12.7mm sous les ailes inférieures, 200kg de bombes

Brewster Buffalo

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Le Brewster F2A Buffalo est un monoplan de chasse mis au point au milieu des années trente suite à une demande de la marine américaine lancée en 1935 qui souhaitait disposer d’un chasseur aussi moderne que ceux équipant l’USAAC.

Plusieurs constructeurs proposent leurs produits qu’il s’agisse de la firme Seversky qui propose une version navalisée de son P-35 (l’ancètre du P-47), Curtiss propose une version navalisée du P-36 (connu en France sous le nom de H75 Hawk), Brewster proposant son XF2A-1 et Grumman son XF4F-1.

Le prototype du Buffalo décolle pour la première fois le 2 décembre 1937. C’est un monoplan à aile basse avec un fuselage en forme de tonneau nécessaire pour son gros moteur radial.

L’US Navy craint cependant que Brewster ne puisse fournir les appareils demandés et par précaution demande à Grumman une version monoplan de son XF4F-1 qui allait donner naissance au F4F Wildcat.

L’US Naval Aviation va commander cinquante-quatre F2A-1 mais quarante-trois d’entre-eux sont livrés à une Finlande en guerre contre l’URSS.

Ils sont remplacés par le même nombre de F2A-2 (qui aurait pu être utilisé par la Grande-Bretagne mais Londres ne donna pas suite à sa lettre d’intention pour 120 appareils). A cela s’ajoutera soixante-quatre appareils type F2A-3 commandés mais seulement quarante-huit livrés en raison de la faillite du constructeur. L’appareil est retiré du service en 1945.

La Belgique commande en décembre 1939 peu avant la fin de la guerre de Pologne quarante B-339B, une version terrestre ou dénavalisée du F2A-2 qui se distinguait des appareils américains par un moteur moins puissant, une dérive agrandie, la suppression de la crosse d’appontage et du conteneur disposant d’un canot pneumatique.

Suite à la fin de la guerre dite de Pologne, cette commande est suspend mais le gouvernement belge décide de la confirmer, les quarante appareils étant livrés entre juin 1940 et février 1941.

Les pilotes belges sont peu emballés par cet appareil qu’ils jugent lent et pataud ce qui n’est pas vraiment bon signe pour un chasseur. Aussi la carrière du Buffalo en métropole est courte puisqu’en septembre 1944 les appareils sont envoyés au Congo pour équiper le SAFP.

A l’époque il restait vingt-quatre appareils en état de vol. L’escadrille de chasse va disposer de douze appareils laissant donc douze en réserve. Cet appareil encore en service en septembre 1948 et même en juin 1949 avec huit appareils en ligne et six en réserve.

Le Buffalo n’aura même pas l’occasion de combattre puis-qu’avant l’engagement dans l’opération GIDEON, des Hawker Hurricane vont les remplacer. Les appareils encore en état sont utilisés jusqu’à la fin du conflit pour des missions de surêté coloniale puis ferraillés à la fin du conflit.

Brewster F2A-3 Buffalo

Caractéristiques Techniques du Brewster F2A Buffalo

Type : chasseur monoplace monoplan embarqué

Masse à vide 2146kg maximale 2867kg

Dimensions : longueur 8.02m envergure 10.67m hauteur 3.66m

Motorisation : un moteur radial 9 cylindres en étoile Wrighr R-1820 développant 1200ch

Performances : vitesse maximale 517 km/h plafond opérationnel 9144m distance franchissable : nc

Armement : quatre mitrailleuses Browning M-2 de 12.7mm (deux dans le fuselage et deux dans les ailes), deux bombes de 46kg.

Morane-Saulnier MS-410

MS-406

Le Morane-Saulnier MS-406 

A l’origine du MS-410 figure le Morane-Saulnier MS-406, un chasseur monoplan monomoteur qui comme souvent était un appareil moderne à son apparition mais qui fût très vite déclassé par les progrès de la technologie aéronautique.

En juillet 1934, l’armée de l’air adresse dans le cadre du programme C1 un appel d’offres pour un nouveau chasseur monoplace.

L’appareil devait atteindre la vitesse de 400km/h avec pour armement un canon et deux mitrailleuses ou deux canons ou encore quatre mitrailleuses pour remplacer les Dewoitine D-371, Dewoitine D-500 et Loire 46.

Le programme est amendé à deux reprises, n’étant définitivement gelé qu’en novembre 1935, les services officiels demandant cette fois un chasseur pouvant aller à 450 km/h, une autonomie et un plafond opérationnel accrus.

De nombreux constructeurs présentent leurs projets que ce soit Dewoitine avec son D-510, Loire Aviation (issu des ACL de Saint-Nazaire) avec son Loire 250, Nieuport avec son Nieuport 161, Romano avec son Romano 130, les Avions Marcel Bloch avec son MB-150 et Morane-Saulnier avec son MS-405. Seuls les deux derniers seront produits en série.

Le premier prototype du MS-405 effectue son premier vol le 8 août 1935 et après des essais satisfaisants est acheté par l’Etat en novembre 1936, s’illustrant au salon aéronautique de Bruxelles en juin 1937 ce qui suscita l’intérêt de la Chine, de la Suisse et de la Turquie.

Après deux prototypes et quinze appareils de pré-série, la production passe aux appareils de série qui ont été rebaptisés MS-406, ces appareils étant produits à Puteaux, à Tarbes et à Bouguenais près de Nantes.

Au 3 septembre 1939, 600 exemplaires ont été produits, le nombre passant à 1000 exemplaires en juin 1940 et enfin 1100 exemplaires quand la production est arrêtée en septembre 1940.

Cet appareil connu comme le «meilleur chasseur du monde» est rapidement dépassé par les progrès fulgurants de l’aviation et l’armée de l’air prend rapidement la décision de le remplacer par des appareils plus modernes.

A son apogée, treize groupes de chasse volent sur cet appareil qui sera progressivement remplacé par des Dewoitine D-520 (sept), par des Arsenal VG-33 (quatre), par des Arsenal VG-39 (un groupe) et par des Curtiss H-75 (un groupe).

Le remplacement des MS-406 est achevé en janvier 1943 mais tous ne sont pas feraillés. En effet, 500 appareils sont transformés en MS-410.

Par rapport au MS-406, le «nouvel appareil» reçoit une alimentation en bandes réchauffés pour éviter les pannes liées au givre, le remplacement du collimateur, l’installation d’un radiateur fixe, l’installation de pipes d’échappement à effets propulsifs, l’installation d’une hélice Ratier ce qui augmenta la vitesse de 40 km/h.

Ces appareils vont équiper les douze Escadrilles Régionales de Chasse (ERC) déployées en métropole avec 144 exemplaires sur les 500 transformés. 200 furent conservés comme volant de fonctionnement et les 156 restants furent revendus à des pays étrangers comme la Suisse, la Belgique et la Turquie. Les MS-410 furent retirés du service par la France à l’automne 1946.

Pour remplacer ses Fiat CR-42, la Belgique informe la France en mars 1942 qu’elle est intéressée par des MS-410. La France cède à vil prix trente-deux exemplaires pour équiper deux groupes de seize appareils, un groupe au sein du 1er régiment de l’Aéronautique Militaire et un deuxième au sein du 2ème régiment.

Au 10 mai 1949, vingt-huit appareils sont disponibles et opérationnels plus quatre en maintenance profonde ce qui les rends indisponibles pendant plusieurs jours le temps qu’on achève les travaux ou qu’on remonte les différents éléments.

Les attaques aériennes de la Luftwaffe détruisent neuf appareils au sol et endommagent gravement trois appareils que les belges préfèrent cannibaliser plutôt que de les remettre en état ce qui donne une idée de l’état des appareils.

Au soir de ce premier jour de la campagne de Belgique, il reste dix-huit appareils de disponible, appareils qui vont faire ce qu’ils peuvent pour contester le ciel aux appareils allemands, contestation qui va durer cinq jours jusqu’au 15 mai.

A partir de cette date, les allemands ont la maîtrise du ciel belge ce qui ne veut pas dire que les alliés ont renoncé mais clairement à J+5 les allemands n’ont pas vraiment à s’employer pour maintenir leur ombrelle aérienne protectrice.

Quand les belges capitulent, il ne reste plus que quatre appareils de disponible. Disponible c’est un bien grand mot puisque les avions sont usés et totalement inaptes à la guerre moderne. Ils sont mis en réserve sur l’aérodrome de Caen-Carpiquet en attendant qu’on décide de leur sort.

Ce sont les allemands qui vont décider pour les belges. Le 17 octobre 1949, ils lancent l’opération HUBERTUS, l’ultime effort pour tenter de percer le front allié et renverser le cours du conflit. Il est néanmoins impossible de savoir si en cas de succès les allemands auraient renoncé à envahir l’URSS.

Ce qui est certain c’est que le bombardement aérien mené par la Luftwaffe entraine la destruction des quatre Morane-Saulnier MS-410 belges qui sont détruits par le bombardement de l’aérodrome, les carcasses étant envoyés à la feraille avec les poutrelles d’acier du hangar qui les abritaient.

En 2020, un Morane-Saulnier MS-410 va être exposé au Musée de l’Armée à Bruxelles mais il s’agit d’une épave d’un MS-410 français repêché dans l’estuaire de la Somme et patiemment restauré par des passionnés qui voulaient le faire revoler avant d’y renoncer devant le coup prohibitif.

Morane-Saulnier MS-406 plans trois vues

Caractéristiques Techniques du Morane-Saulnier MS-406

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 1895kg maximal 2540kg

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Y-31 12 cylindres développant 860ch au décollage entraînant une hélice Chauvière de 3m de diamètre

Performances : vitesse maximale 486 km/h à 5000m Autonomie maximale 1100km Plafond pratique 9400m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS-9 de 20mm tirant à travers l’axe de l’hélice avec soixante obus et deux mitrailleuses MAC-34 de 7.5mm dans chaque aile.

Hawker Hurricane Mk IV

Hawker Hurricane Mk IV RAF 5

Le Hawker Hurricane est le premier chasseur monoplan monomoteur de la RAF. Il est mis au point suite à l’appel d’offres F.6/34 qui demandait un chasseur monoplan armé de huit mitrailleuses.

La firme Hawker dessine un appareil construit selon la construction classique du bois entoilé avec des parties métalliques.

Cette façon de construire les appareils était amenée à vitre périmer l’appareil concerné à la différence du Spitfire construit dès l’origine tout en métal ce qui explique sa longue descendance.

Le prototype du Hurricane vole pour la première fois le 6 novembre 1935 même si il n’est officiellement baptisé Hurricane que le 26 juin 1936 au moment où la production en série est lancée.

le premier appareil de série effectuant son vol inaugural le 12 octobre 1937. Les livraisons sont assez rapides puisqu’en septembre 1939 on compte dix-sept squadrons du Fighter Command équipés, le nombre passant rapidement à vingt-deux.

L’acquisition de l’Hurricane pas la Belgique va être particulièrement chaotique. Dès 1938, Bruxelles est intéressée par le Supermarine Spitfire et le Hawker Hurricane, les deux chasseurs britanniques les plus modernes à l’époque.

Seulement à l’époque Londres privilégie son réarmement et est réticent à fournir des appareils modernes à un pays dont est pas certain de l’attitude en cas de conflit. Finalement un contrat est signé début 1939 pour la fourniture de vingt appareils prélevés sur les stocks de la RAF.

Quinze appareils ont déjà été livrés quand éclate la guerre de Pologne. Les cinq derniers sont un temps retenus par les britanniques pour leur propre armée de l’air avant d’être livrés aux belges qui vont ensuite le produire sous licence à Grosselies chez Fairey et à la SABCA.

Il était initialement prévu la sortie de quatre-vingt appareils mais au final seulement trente-deux appareils vont être produits pour l’Aéronautique Militaire Belge, appareils utilisés par deux groupes du 1er régiment.

Ces appareils du type Hurricane Mk IV étaient encore en service en septembre 1948 mais le 10 mai 1949 il n’en restait plus que vingt-quatre.

Huit appareils ont été perdus avec deux réformés en raison d’usure prononcée, deux perdus lors d’une collision en vol (les pilotes survivent, sautant en parachute) et quatre détruits dans un incendie suspect mais qui reste encore mystérieux aujourd’hui.

Les bombardements de la Luftwaffe prélèvent leur part avec douze avions détruits au sol, huit d’entre-eux ayant été détruits au sol et quatre dans un hangar où ils étaient en maintenance.

Quand la Belgique capitule, six appareils sont encore disponibles, réfugiés en Grande-Bretagne où hâtivement repeints aux couleurs britanniques ils participèrent à des missions de défense locale.

Les avions sont ensuite rapatriés à Caen-Carpiquet. Deux appareils vont être utilisés au sein de la Belgium Training Unit, les quatre autres étant cannibalisés. A la fin du conflit, les appareils sont tellement usés qu’ils sont feraillés ce qui explique que les trois Hurricane exposés en Belgique sont d’anciens avions de la RAF mis aux couleurs belges.

Le Hawker Hurricane va également combattre en Afrique sous les couleurs belges, remplaçant le Brewster Buffalo au sein de l’unique escadrille de chasse du Service Aéronautique de la Force Publique. Ces appareils sont toujours en service à la fin du second conflit mondial, jouant les prolongations jusqu’à leur remplacement peu avant l’indépendance du Congo belge par des North American P-51 Mustang.

Hawker Hurricane trois vues 2

Caractéristiques Techniques du Hawker Hurricane Mk IIC

Type : chasseur-bombardier monoplan monomoteur

Masse à vide 2605kg en charge 3480kg maximale au décollage 3950kg

Dimensions : longueur 9.84m envergure 12.19m hauteur 4m

Motorisation : un moteur en ligne Rolls-Royce Merlin XX de 1185ch à 6400m

Performances : vitesse maximale 547km/h à 6400m distance franchissable 965km plafond opérationnel 10970m

Armement : huit mitrailleuses de 7.7mm Browning dans les ailes deux bombes de 500kg ou quatre de 250kg ou des roquettes.

Dominions (106) Nouvelle-Zélande (17)

La RNZAF en guerre (2) : Méditerranée

Le 3rd New Zealand Tactical Wing (3rd NZTW) est créé le 2 septembre 1949. Dès l’origine, il est prévu d’envoyer cette escadre en Europe à plusieurs milliers de kilomètres de la mère-patrie sans que l’on sache encore si il s’agissait de la Méditerranée, des Balkans ou de l’Europe occidentale qu’elle soit continentale ou insulaire.

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Dominions (81) Australie (25)

La RAAF des origines au second conflit mondial

La RAAF est donc la deuxième force aérienne indépendante au monde derrière la RAF (la Regia Aeronautica n’est donc que troisième). Elle dispose à sa création de 21 officiers, 128 sous-officiers et hommes de rangs et 153 avions majoritairement issus de l’Imperial Gift.

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Dominions (53) Afrique du Sud (18)

La Royal South African Air Force (RSAF) dans le second conflit mondial

Organisation au 1er septembre 1948

-Etat-major de l’armée de l’air (Royal South African Air Force General Staff) implanté sur la base de Swartkop près de Pretoria

-Commandement Tactique (Tactical Command) avec quatre squadrons actifs (deux de chasse, un de bombardement et un de reconnaissance)

-Commandement de l’Entrainement et du Soutien (Training & Support Command) avec deux squadrons d’entrainement, une unité de coordination de transport, une unité de transmissions, deux compagnies de travailleurs et deux compagnies de protection

-Commandement de la Défense Antiaérienne Territoriale (Territorial Air Defense Command) avec en sommeil huit batteries antiaériennes lourdes qui n’existent que sur le papier, ce commandement est donc une véritable coquille vide.

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Dominions (14) Canada (14)

Destroyers type A

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Le HMCS Saguenay (D-79)

Les derniers destroyers construits par la Royal Navy durant le premier conflit mondial étaient des navires d’environ 1200 tonnes armés de quatre canons de 102mm.

Ces navires pouvant être rapidement déclassés (et effectivement vont l’être assez rapidement), l’Amirauté lancé un appel à projet en novembre 1923 pour deux navires, ce que nous considérions aujourd’hui comme des démonstrateurs de technologies.

HMS Ambuscade

HMS Ambuscade

Ces navires baptisés HMS Amazon et Ambuscade sont mis en service respectivement en mai et avril 1927. Si le premier à été construit par Thornycroft, le second l’à été par Yarrow. Ces deux navires vont être à la base d’une série continue de destroyers, les Fleet Destroyer type A à I soit un total de 77 destroyers.

Je dis bien les deux navires puisque plutôt que de choisir le modèle Yarrow ou le modèle Thornycroft, la Royal Navy préfère prendre le meilleur des deux même si in fine les deux navires étaient assez semblables.

Des améliorations vont cependant être apportées avec des canons à tir rapide (Quick Fire c’est à dire tirant des projectiles encartouchés et non des projectiles où obus et gargousse sont séparées [Breech Loading]), un angle élevé pour la pièce n°2 (+60°), des plate-formes lance-torpilles quadruples plutôt que triples, un Asdic et des grenades ASM, une capacité de dragage de mines rapide, une propulsion améliorée, des diesels alternateurs pour fournir l’électricité lorsque les chaudières sont éteintes. Au final, l’affût à angle élévé n’est pas installé tout comme l’Asdic et les grenades ASM. Le projet pesait 200 tonnes de plus.

La vitesse annoncée de 35 nœuds ne fût jamais atteinte, les type A ne dépassant pas les 31 nœuds

Aux huit destroyers et au conducteur de flottille commandés par la Royal Navy et mis en service en 1930 vont s’ajouter deux destroyers commandés directement par la marine canadienne, ces deux navires étant les premiers navires neufs commandés par la Royal Canadian Navy (RCN). Par rapport aux type A britanniques, ces deux navires disposaient d’une coque renforcée pour naviguer dans les glaces.

-Le HMCS Saguenay (D-79) est mis sur cale aux chantiers navals Thornycroft le 27 septembre 1929 lancé le 7 février 1930 et mis en service le 22 mai 1931.

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HMCS Skeena (D-59)

-Le HMCS Skeena (D-59) est mis sur cale aux chantiers navals Thornycroft le 14 octobre 1929 lancé le 10 octobre 1930 et mis en service le 10 juin 1931.

Ils participent à la guerre de Pologne en patrouillant dans les Antilles occidentales en compagnie des cinq destroyers type C.

Ces deux navires sont toujours en service en septembre 1948. Après une première carrière dans l’Atlantique, les Saguenay et Skeena sont redéployés dans le Pacifique, laissant les Tribal sur la côte est.

Ils assurent d’abord la sécurité et la sûreté des côtes canadiennes du Pacifique de septembre 1948 à juin 1950. Le Japon ne montra aucune activité hostile contre les côtes canadiennes, Ottawa propose aux américains d’envoyer ces deux destroyers dans le Pacifique.

Jugeant ces navires dépassés, les américains proposent en échange de leur confier la sécurisation du canal de Panama. Les canadiens comprenant qu’ils n’auront pas gain de cause et acceptent.

Les deux destroyers canucks vont mener des patrouilles de sécurité mais aussi des exercices, servant de plastrons au profit des navires américains ralliant le Pacifique.

Usés par un service intensif, les deux destroyers sont désarmés respectivement les 17 avril et 4 mai 1955. Ils sont démolis à Halifax.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1224 tonnes

Dimensions : longueur 98m largeur 9.8m tirant d’eau 3.7m

Propulsion : turbines à engrenages alimentées en vapeur par des turbines Amirauté (Thornycroft pour l’Acheron, Yarrow pour l’Anthony et l’Arden) développant 34000ch et entraînant deux hélices.

Performances : vitesse maximale 35 noeuds distance franchissable 4080 miles nautiques à 15 noeuds

Armement d’origine : quatre canons de 4.7 pouces (120mm) en quatre affûts simples sous masque (deux avant superposés A et B, deux arrière superposés X et Y), deux affûts antiaériens Pom-Pom et huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples

L’armement évolue entre 1939 et 1948 avec le débarquement de la pièce X de 120mm remplacée par un affût double de 40mm Bofors et le remplacement des affûts antiaériens Pom-Pom par quatre puis six canons de 20mm.

Durant le second conflit mondial, une plate-forme quadruple de 533mm est débarquée pour renforcer l’armement ASM avec deux grenadeurs de sillage et 24 grenades Mark VIII

Equipage : 138 officiers et marins

Destroyers type C

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HMCS Assiniboine

Après la construction des type A et des type B, la marine britannique procède logiquement à la construction des destroyers type C. Seulement voilà cette classe se comportera que cinq navires en raison de la crise de 1929.

Les type C partent des plans du type B, sont élargis pour recevoir un canon antiaérien de 3 pouces (76mm) et si aujourd’hui le sonar/ASDIC est indispensable pour les navires médians de combat que sont les corvettes, frégates et destroyers, à l’époque ce n’était pas le cas, l’Amirauté alternant entre l’équipement ASM et de dragage de mines.

Les type A ayant reçu l’équipement de dragage de mines et les type B l’équipement ASDIC/grenades ASM, les type C reçurent le même équipement auxiliaire que les type A, embarquant seulement six grenades ASM.

Ils sont également plus lourds et plus longs avec une puissance propulsive supérieure pour maintenir une vitesse élevée, la vitesse étant considérée comme un moyen de protection en se dérobant aux coups de l’ennemi.

Leur carrière dans la marine britannique est brève puisque en 1937/38 ils sont vendus à la marine canadienne.

-Le HMS Kempenfelt (D18) est mis sur cale aux chantiers navals J. Samuel White de Cowes le 18 octobre 1930 lancé le 29 octobre 1931 et mis en service le 30 mai 1932. Il est transféré à la marine canadienne en 1939 où il devient le HMCS Assiniboine.

-Le HMS Comet (H00) est mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 12 septembre 1930 lancé le 30 septembre 1931 et mis en service le 2 juin 1932. Transféré à la marine canadienne en 1938, il devient le HMCS Restigouche.

-Le HMS Crusader (H60) est mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 12 septembre 1930 lancé le 30 septembre 1931 et mis en service le 2 mai 1932. Il est transféré à la marine canadienne en 1938 et devient le HMCS Ottawa.

-Le HMS Cygnet (H83) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 1er décembre 1930 lancé 29 septembre 1931 et mis en service le 15 avril 1932. Cinq ans plus tard en 1937, il est transféré à la Royal Canadian Navy (RCN) où il devient le HMCS St. Laurent.

-Le HMS Crescent (H48) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 1er décembre 1930 lancé le 29 septembre 1931 et mis en service le 1er avril 1934. Trois ans plus tard, il est transféré à la marine canadienne où il devient le HMCS Fraser.

Les destroyers type C participent à la guerre de Pologne dans les Indes Occidentales, effectuant des patrouilles de protection de la navigation commerciale.

En 1944, ils sont transférés dans le Pacifique. Modernisés, ils perdent l’équipement de guerre des mines au profit d’un Asdic et de grenades ASM, la DCA est renforcée et l’embarquement de radars, le tout au détriment d’une plate-forme lance-torpilles.

Toujours en service en septembre 1948 ils restent d’abord sur la côte Pacifique pour protéger la navigation commerciale contre une éventuelle action japonaise de concert avec l’Allemagne.

Comme cette action n’eut jamais lieu (on signala des sous-marins japonais au large de Vancouver mais les attaques ne donnèrent rien). Voilà pourquoi dès le mois de novembre, les cinq destroyers type C sont relocalisés sur la côte est pour escorter les porte-avions mais aussi pour mener des escortes de convois.

Deux destroyers sont coulés durant ce qu’on à appelé la Bataille de l’Atlantique. Le premier à succomber est le HMCS Assiniboine qui en couverture d’un convoi reliant Halifax à Liverpool est torpillé au large des côtes irlandaises le 17 septembre 1949, deux torpilles ne lui laissant aucune chance.

Le second à périr est le HMCS Fraser qui est lui torpillé le 9 septembre 1950 alors qu’il couvrait un convoi entre Halifax et Casablanca.

Alors qu’il couvrait l’entrée d’un convoi dans le grand port marocain en patrouillant aidé par les hydravions de l’Aviation Navale (deux Potez-C.A.M.S 143), le destroyer canadien est foudroyé par une terrible explosion.

Le naufrage est rapide mais heureusement les secours arrivent rapidement permettant de sauver une bonne partie de l’équipage. Un temps on à pensé à une mine mais l’interception d’un message par l’unité de décryptage de la marine française confirme qu’il s’agissait d’un sous-marin allemand et d’une torpille.

Les trois navires survivants ne termineront pas le conflit en raison d’une usure très importante. Le HMCS Restigouche est désarmé le 21 septembre 1953, le HMCS Ottawa l’est le 11 janvier 1954 et le HMCS St. Laurent le 28 mars 1954. Ils sont démolis en 1955.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1397 tonnes pleine charge 1920 tonnes

Dimensions : longueur 100.3m largeur 10.1m tirant d’eau 3.8m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Amirauté développant 36000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 nœuds distance franchissable 5870 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : quatre canons de 120mm (4.7 pouces) en affûts simples sous masque (deux avant «A» inférieur avant et «B» supérieure avant; et deux arrière, «X» supérieur arrière et «Y» inférieur arrière), un canon de 3 pouces (76mm) antiaérien entre les deux cheminées remplacé en 1937/38 par deux Pom-Pom simples, huit mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts quadruples, deux plate-formes quadruples lance-torpilles de 533mm et six grenades ASM.

Sous pavillon canadien, l’armement évolue avec le remplacement des deux Pom-Pom et des huit mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts quadruples par quatre canons de 40mm Bofors (deux affûts doubles) et six canons de 20mm Oerlikon.

L’équipement de guerre des mines est débarqué remplacé par un Asdic et des grenades ASM mais au détriment d’un affût quadruple lance-torpilles de 533mm

Equipage : 145 officiers et marins

Destroyers classe Tribal

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Le HMCS Cayuga (218)

Depuis la première guerre mondiale les destroyers construits dans le monde étaient essentiellement des navires d’environ 1500 tonnes, filant à plus de 30 nœuds (et souvent plus proches de 40 nœuds) avec un armement composé de quatre ou cinq canons médians (entre 100 et 130mm) et un armement en torpilles généralement composé de six à huit tubes en plate-formes triples et/ou quadruples.

Il y avait certes la France avec ses contre-torpilleurs qui ressemblaient davantage à des croiseurs légers qu’à des destroyers et qui étaient l’exception qui confirmait la règle.

Néanmoins l’Amirauté britannique ne pouvait pas rester dans son splendide isolement et devait prendre en compte les projets de destroyers fortement armés développés en Allemagne (avec des canons de 150mm) et surtout au Japon où l’apparition des Fubuki consterna les marines du monde entier.

Avec ses six canons de 127mm en trois tourelles doubles et ses neuf tubes lance-torpilles de 610mm en trois affûts triples (avec recharge !) les nouveaux destroyers nippons surclassaient tous les autres navires disponibles.

L’Amirauté britannique bien que n’aimant pas les grands et gros destroyers décida de riposter en dessinant un nouveau modèle de destroyer où l’artillerie serait plus importante que la batterie lance-torpilles.

C’est l’acte de naissance des Tribal. Les sept premiers navires sont commandés le 10 mars 1936 suivis d’un deuxième groupe de neuf navires le 9 juin suivant, permettant la création de deux flottilles homogènes.

L’Australie et le Canada vont également commander chacun une flottille. Si les huit navires australiens vont être construits aux Antipodes, les Tribal canadiens vont être produits pour moitié en Grande-Bretagne et pour le reste au Canada.

Si tous les Tribal britanniques sont en service en septembre 1939, les Tribal des dominions n’étaient même pas sur cale et ne seront mis en service que durant la Pax Armada.

Les huits Tribal destinés à la Royal Canadian Navy (RCN) sont construits pour les quatre premiers en Grande-Bretagne et pour les quatre derniers au Canada. Ces navires portent tous des noms de tribus améridiens.

Formant la 1st Canadian Destroyer Flottilla, ils sont ainsi baptisés HMCS Iroquois (G07) HMCS Athabaskan (R79) HMCS Cayuga (R04) HMCS Haida (G63) HMCS Huron (G24) HMCS Chippewa (G89) HMCS Micmac (R10) et HMCS Nootka (R96).

-Le HMCS Iroquois (G07) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong le 5 septembre 1940 lancé le 14 novembre 1941 et mis en service le 25 septembre 1942.

-Le HMCS Athabaskan (R79) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong le 8 décembre 1940 lancé le 21 décembre 1941 et mis en service le 5 janvier 1943.

-Le HMCS Cayuga (R04) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong le 12 janvier 1941 lancé le 15 avril 1942 et mis en service le 3 septembre 1943.

-Le HMCS Haida (G63) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong le 5 avril 1942 lancé le 25 juillet 1943 et mis en service le 29 août 1944.

-Le HMCS Huron (G24) est mis sur cale aux chantiers navals d’Halifax le 30 novembre 1942 lancé le 17 mai 1944 et mis en service le 6 octobre 1945.

-Le HMCS Chippewa (G89) est mis sur cale aux chantiers navals d’Halifax le 17 mars 1943 lancé le 18 septembre 1944 et mis en service le 12 mars 1946.

-Le HMCS Micmac (R10) est mis sur cale aux chantiers navals d’Halifax le 9 septembre 1944 lancé le 14 juillet 1945 et mis en service le 21 septembre 1946.

 

-Le HMCS Nootka (R96) est mis sur cale aux chantiers navals d’Halifax le 19 septembre 1944 lancé le 7 août 1945 et mis en service le 17 octobre 1946.

Basés à Halifax, ils servent d’abord ensemble dans des missions de recherche et de destruction _la mission de base d’un destroyer_ mais avec la mise en service des porte-avions, l’escorte s’ajoute à la mission première sans compter toutes celles non encore anticipées car la sagesse militaire veut qu’une flotte conçue pour un conflit précis mène une guerre totalement différente.

Entre septembre 1948 et septembre 1954, la marine canadienne va perdre quatre Tribal. Le premier à succomber est l’Iroquois le 21 septembre 1951 dans ce qu’on à appelé la bataille de l’Atlantique.

Alors qu’il protégeait un convoi de transport de troupes amenant des renforts canadiens sur le front français, le premier Tribal de la marine canadienne est touché par deux torpilles lancées par un U-Boot.

La première explose à l’avant du navire le privant de sa proue jusqu’au puits à chaines et la seconde explose au niveau des hélices privant le navire de toute manœuvrabilité et de toute énergie pour espérer un sauvetage miraculeux.

Fort heureusement le temps n’est pas trop mauvais et l’évacuation se fait en bon ordre. Au final ce sont 132 officiers et marins qui sont sauvés ce qui laisse tout de même 58 morts. L’évacuation terminée, l’épave entre deux eaux est achevée par l’escorte du convoi.

Le deuxième à périr au combat est l’Athabaskan qui est perdu le 13 mars 1952 lors de la phase initiale de l’opération ACOLADE, le débarquement allié sur les îles de Lampedusa et Pantelleria (une division française, une division canadienne et une division néo-zélandaise).

Les combats sont violents mais le poids des alliés est trop lourd pour une machine de guerre italienne dont les faiblesses importantes en septembre 1948 sont devenues criantes trois ans et demi plus tard.

Savoia Marchetti SM79 Sparviero Aerosiluranti1

Savoia Marchetti SM-79 Sparviero

Cela n’empêche pas la Regia Aeronautica et ses unités d’avions torpilleurs (aerosiluranti) de porter quelques coups de griffe dévastateur. En ce 13 mars entre chien et loup, douze Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero attaquent sans couverture de chasse. En dépit de la présence de radars et de patrouilles de chasse, d’une DCA infernale, les avions-torpilleurs italiens parviennent pour huit d’entre-eux à lancer leur torpille.

Sur les huit anguilles larguées, deux se perdent, une est détruite à la mitrailleuse par un chasseur français, une autre explose juste devant un LST (secoué mais pas plus), deux touchent un transport de munitions qui explosent dans une gigantesque boule de feu et deux touchent le destroyer canadien qui se coupe en deux, coulant rapidement ne laissant que 82 survivants sur 190 membres d’équipage soit un lourd bilan de 108 morts.

Le troisième infortuné est le HMS Haida qui succombe six mois après l’Athabaskan. Le 15 juillet 1952 les alliés déclenchent l’opération HUSKY, le débarquement amphibie en Sicile, la plus grande île de la Méditerranée.

Les combats sont acharnés, violents et apres, les italo-allemands utilisant toutes les ressources du terrain pour faire perdre du temps aux troupes alliées et surtout leur faire payer chaque mètre par un flot de sang.

Dans les airs, les aviations alliées embarquées et basées en Tunisie mais aussi à Lampedusa et Pantelleria acquièrent rapidement le contrôle de l’espace aérien tandis que sur mer la Regia Marina est trop faible pour intervenir contre la flotte d’invasion ou pour perturber durablement les approvisionnements ennemis.

Le 27 septembre 1952, le Haida saute sur une mine au large de Messine alors qu’il couvrait un raid commando dans le secteur. Le navire perd toute sa partie arrière mais parvient miraculeusement à s’échouer sur la côte. Autre miracle le secteur est tenu par des troupes alliés ! Sur les 190 membres d’équipage, 160 sont sauvés soit des pertes relativement minimes.

Le dernier Tribal de la RCN à succombé est le Chippewa victime de l’aviation allemande lors de l’opération BOREALIS, le débarquement allié en Norvège (11 octobre 1953).

Le 15 octobre alors qu’il regagnait la haute-mer après avoir bombardé les positions allemandes dans la région de Bergen, le destroyer canadien voit surgir des nuages un bimoteur Junkers Ju-388 (dernière évolution du Ju-88) qui en dépit d’une furieuse DCA parvient à placer deux bombes de 250kg sur le destroyer.

Le bombardier allemand est expédié dans les flots par des chasseurs britanniques Hawker Fury II mais le destroyer est clairement condamné.

La première bombe à touché le bloc-passerelle, privant le navire de commandement et faisant détonner les munitions des tourelles doubles avant. La deuxième à explosé dans la cheminée n°2 privant le navire d’énergie.

L’ordre d’abandonner le navire est donné immédiatement. Le naufrage est rapide, ne laissant que 61 survivants sur 190, survivants rapidement récupérés par les navires présents sur zone.

Quatre Tribal survivent donc au conflit. Le Huron est désarmé en octobre 1957, le MicMac en juin 1958, les Nootka et Cayuga respectivement en mars et décembre 1959. Ils sont tous démolis.

Caractéristiques Techniques des destroyers de classe Tribal

Déplacement : standard 1870 tonnes pleine charge 1975 tonnes

Dimensions : longueur 115.10m largeur 11.13m tirant d’eau 2.74m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Amirauté développant 44000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 noeuds distance franchissable 5700 miles nautiques à 15 noeuds

Electronique : Asdic, des radars embarqués durant la Pax Armada (un radar de veille air, un radar de veille combinée, un radar de conduite de tir pour l’artillerie principale).

Armement d’origine : huit canons de 120mm en quatre pseudo-tourelles doubles installées par groupes de deux _un à l’avant et un à l’arrière_, un affût quadruple Pom-Pom de 2 livres (40mm), deux affûts quadruples de 12.7mm Vickers, une plate-forme quadruple lance-torpilles de 533mm, un grenadeur axial et deux projecteurs pour des grenades ASM

Durant le conflit, les Tribal canadien ont vu leur armement modifié avec le remplacement de la DCA d’origine par deux affûts doubles de 40mm Bofors et huit canons de 20mm Oerlikon

Equipage : 190 officiers et marins (219 comme navire de commandement)

URSS (42) Aéronavale (1)

AERONAVALE

Avant-propos

Pendant plusieurs siècles la guerre sur mer se limita à l’horizon. Au delà de l’œil humain impossible de savoir si l’ennemi s’y trouvait. L’apparition des ballons et autres aérostats laissa imaginer aux marins qu’ils pouvaient échapper à cette maudite ligne d’horizon.

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Italie (86) Regia Aeronautica (8)

Les avions de la Regia Aeronautica (5) : entrainement et transport

Caproni Ca-100

Caproni Ca.100 4.jpg

Avant l’apparition du Breda Ba-25, le Caproni Ca-100 est l’appareil d’entrainement de base standard de la Regia Aeronautica. Le premier prototype effectue son vol inaugural en 1928 et l’armée de l’air italienne va recevoir 675 exemplaires de ce biplan biplace inspiré du De Havilland DH-60 Moth.

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