Le Conflit (8) Norvège (8)

Des combats violents qui ne préjugent rien de bon pour la suite

Sur mer on se bat !

Quand le conflit éclate en Norvège les surfaciers rêvent d’une nouvelle bataille du Jutland, d’un affrontement décisif. Divulgachage : elle n’aura pas lieu. Il y aura des affrontements mais très localisés, très limités loin d’une redite de l’affrontement titanesque des 31 mai et 1er juin 1916.

On assistera essentiellement à des duels entre croiseurs et destroyers avec parfois l’engagement d’un porte-avions et de cuirassés.

Le 5 septembre 1948 la marine allemande tente un coup de main amphibie sur la capitale danoise dans l’espoir de surprendre le roi et le gouvernement.

Le Skjold

Ce raid échoue sous les tirs précis des cuirassés garde-côtes Skjold et Iver Hvitfeldt qui endommagent légèrement les deux croiseurs engagés. Dans la journée du 5, à plusieurs reprises des échanges de tir ont lieu mais sans réels dommages.

L’engagement de cuirassés aurait pu être possible pour neutraliser ces cuirassés garde-côtes mais les allemands préfèrent envoyer leur aviation le lendemain. Puisque la marine à échoué, peut être que l’aviation fera mieux….. .

Le Skjold est châtié le premier. Visé par des Dornier Do-217 il encaisse par moins de six bombes de 500kg qui le transforme en une annexe de l’enfer. Il chavire et sombre dans le port de Copenhague, l’épave étant relevée après guerre et démolie.

Son sister-ship est endommagé alors qu’il avait décidé de rallier la Suède pour y être interné. Le 11 septembre 1951 il appareille clandestinement de Suède dans l’espoir de rallier la Grande-Bretagne mais surpris par un sous-marin allemand, il est torpillé et envoyé par le fond.

En 2022 cette idée paraît complètement folle mais comme le disait un survivant «C’était tellement dingue de vouloir appareiller en pleine nuit d’un port suédois, de franchir des détroits minés que les allemands ne pouvaient imaginer que nous tenterions le coup ! Foutus sous-marins toujours là pour gâcher la fête !».

Le 7 septembre 1948 le dragueur de mines ex-torpilleur Narhvalen est surpris par des S-Boot. Il encaisse une torpille qui le casse en deux, le navire coulant rapidement, les quelques survivants déclarant après guerre que les vedettes ont mitraillé les naufragés.

Le croiseur danois Niels Juel

Le croiseur léger Niels Juel endommagé le 6 septembre 1948 par une bombe de 250kg met cap sur la Grande-Bretagne. Lent et sans escorte ses chances de survie étaient nulles ou presque. Et pourtant le 7 septembre 1948 à l’aube il arrive à Rosyth acclamé par tous les navires britanniques et français présents au port.

Non seulement les marins au poste de bande lancent un triple hourrah mais en plus toutes les cloches des navires et les canons de salut ont retentit provoquant un début de frayeur chez les habitants qui pensaient que les allemands avaient débarqué !

La raison de cet accueil ? Durant son transit le croiseur à surpris en surface le U-44 qui à été éperonné par le navire danois qui en retire un surnom tout trouvé : Iron Niels (le Niels de fer). Ce sera cependant la fin de sa carrière puisqu’il deviendra à Rosyth le navire-amiral statique du Danish Naval Group (DNG), lieu de travail mais aussi de cérémonies.

La veille le 6 septembre 1948 le croiseur-éclaireur Tordenskjold est victime d’une mine…..danoise ayant rompu ses amarres.

Une brèche de 30m est ouverte au milieu du navire et très rapidement l’avant se détache au niveau du bloc-passerelle du croiseur emportant dans les flots de la Baltique une partie de l’équipage. L’arrière reste à flot de longues minutes permettant aux marins d’évacuer et de rallier la terre.

Dérivant vers les côtes suédoises, elle est prise en charge par un remorqueur suédois qui le ramène à Goteborg. La coque est inspectée, les corps au nombre de 44 sont identifiés et inhumés en Suède. Elle est ensuite remorquée au large et détruite par l’artillerie côtière suédoise.

Le même jour les torpilleurs Storen et Sohunden sont sabordés dans le port de Copenhague dans l’espoir de l’embouteiller. Cette opération n’à pas le succès escompté, les navires relevés par les allemands seront envoyés à la feraille sans autre forme de procès. Leurs sister-ship Springeren et Havoinen survivent, se réfugient en Grande-Bretagne mais pour eux la guerre est déjà terminée.

Les marines alliées et allemandes vont également s’affronter en mer du Nord mais au grand désappointement des surfaciers il n’y aura pas de revanche de la bataille du Jutland mais des affrontements confus et aléatoires comme si la Kriegsmarine, la Royal Navy et la Royale craignaient une bataille trop violente qui aurait provoqué des pertes telles qu’elles seraient impossibles à combler.

Au risque d’être basique, d’être simple perdre un navire ce n’est pas simplement un tas de métal ce sont aussi des hommes blessés, tués, traumatisés. Une chose qui est plus difficile à remplacer.

Le porte-avions Painlevé

Le 17 septembre 1948 les porte-avions HMS Malta et Painlevé lancent une opération majeure sur la capitale norvégienne visant notamment l’aérodrome d’Oslo-Fornebru où de nombreux appareils de transport sont détruits, la piste en dur est très endommagée et si des appareils sont abattus par la DCA et la chasse l’opération est véritable succès.

Schéma de la classe Malta

Dans l’après midi la Lufwaffe réagit lançant un raid de répresaille qui coûte aux alliés le destroyer HMS Encounter et le torpilleur d’escadre Le Temeraire.

Le cuirassé Lorraine est endommagé par deux bombes de 250kg mais le vétéran (trente-deux ans de carrière) à le cuir tanné par les années même si son allure n’à plus rien à voir avec l’origine.

Le 19 septembre 1948 la petite escadre française composée du porte-avions Painlevé, des torpilleurs d’escadre Intrepide Cimeterre Arquebuse et du cuirrassé Lorraine naviguent au large de Trondheim, préparant une opération contre la ville où les allemands sont solidement retranchés.

Alors que le porte-avions préparait l’opération d’énormes gerbes d’eau signale l’arrivée de grosses unités. Encore aujourd’hui on ignore comment l’arrivée du cuirassé Hidenburg et du croiseur lourd Tegetthoff à pu passer inaperçue.

Ce n’est de toute façon pas le moment pour se poser une telle question cette fois c’est la survie d’une escadre qui est en jeu car naturellement l’aviation voir les sous-marins allemands ne vont pas tarder à faire leur apparition.

Le porte-avions se replie vers le sud pour lancer ses avions de combat et pour gagner du temps le cuirassé Lorraine va s’il on peut dire se sacrifier pour protéger le porte-avions, justifiant pleinement son rôle d’escorteur.

Il n’est pas seul car si le Cimeterre couvre le porte-avions, les deux autres torpilleurs vont tenter de soutenir le cuirassé.

Le combat est confus, le temps se dégradant rapidement avec des grains et un brouillard qui donne des allures crépusculaires au combat qui va hélas être fatal au sister-ship des Bretagne et Provence.

Le cuirassé allemand va encaisser trois obus de 340mm et huit obus de 130mm qui vont le mettre hors service pour quelques temps mais sa vengeance va être terrible puisqu’il va placer trois obus de 406mm dans le cuirassé français qui va également encaisser trois obus de 203mm du Tegetthoff et des obus de moindre calibre.

Après une demi-heure de combat le cuirassé français commence à s’incliner. Les deux navires allemands conscients de la présence d’un porte-avions, craignant une attaque aérienne préfèrent se replier en profitant d’un grain.

Quand les avions du Painlevé apparaissent enfin ils ne trouvent plus que l’Intrepide légèrement endommagé après avoir coulé au canon et à la torpille le Z.5 Paul Jacobi, son sister-ship Arquebuse ayant été coulé par le Tegetthoff. Les survivants sont récupérés par le torpilleur puis transportés en Grande-Bretagne en attendant une nouvelle affectation.

De leur côté les navires allemands vont rallier Trondheim pour penser leurs plaies en attendant une remise en état en Allemagne. L’Hidenburg est clairement hors de combat car si la coque et l’appareil propulsif sont en état, l’armement à subit de sérieuses avaries, les tourelles II et IV sont à remplacer, une bonne partie de l’artillerie secondaire doit également être changée.

De son côté le Tegetthoff à été moins soumis au feu du cuirassé et n’à encaissé qu’un obus de 340mm mais une floppée d’obus de 130mm et une torpille de l’Arquebuse, victoire posthume de notre torpilleur d’escadre qui comme on disait jadis «à bien mérité de la patrie».

Si le croiseur lourd continuera le combat durant la Campagne de Norvège mais subira des travaux importants à Kiel entre novembre 1948 et mars 1949, le cuirassé lui restera mouillé à Trondheim jusqu’au 7 novembre 1948 quand il peut enfin rallier l’Allemagne pour des travaux de remise en état de modernisation qui vont durer jusqu’en juillet 1949.

Le 23 septembre 1948 un nouvel affrontement naval oppose dans le sud du pays la Royale et la Kriegsmarine.

Le cuirassé Normandie est sérieusement endommagé par les obus de 406mm du Von der Tann, le sister-ship de l’Alsace encaissant cinq obus de 406mm et quatre obus de 203mm de l’Amiral Reuter.

Si le croiseur lourd n’est que légèrement endommagé le cuirassé est sérieusement endommagé après avoir encaissé six obus de 380mm et vingt-quatre obus de 130mm. Ramené en Allemagne, il est réparé et remis en service en juin……1950.

Le porte-avions Painlevé est lui aussi endommagé par un obus de 203mm mais les deux navires français parviennent à se replier sur la Grande-Bretagne.

Si pour le cuirassé la guerre est terminée (il sera ramené en France en septembre 1952 transformé en ponton et utilisé jusqu’en 1975 quand il est démoli) le porte-avions sera rapidement réparé et pourra à nouveau participer aux combats de la Campagne de Norvège (1948).

HMS Glasgow, l’un des dix croiseurs de classe Town

Le 25 septembre 1948 le croiseur léger HMS Glasgow pilonne les troupes allemandes dans la région de Trondheim, ses canons de 6 pouces tirant 120 coups avant de rompre le combat. Au cours du repli il tombe dans une embuscade tendue par des S-Boote allemandes. Encaissant trois torpilles, il se casse en deux ne laissant que fort peu de survivants.

KMS Z.20 Karl Gaster

Toujours le 25 septembre 1948 le Zerstörer Z.20 Karl Gaster en patrouille «recherche et destruction» est surpris par deux destroyers de classe Tribal, les HMS Tartar et Bedouin émergeant du brouillard.

HMS Tartar

Deux torpilles frappent le destroyer allemand qui est ensuite martyrisé par les obus de 120mm des destroyers de Sa Majesté, le navire coulant rapidement en ne laissant que fort peu de survivants.

Le lendemain c’est le KMS Z.25 qui est coulé au large de Narvik par le contre-torpilleur Du Chayla alors que ce dernier assurait l’appui-feu des troupes alliées dans la région.

Le «French Superdestroyer» véritable petit croiseur (huit canons de 130mm en quatre tourelles doubles) tire le premier désemparant le destroyer allemand par une salve complète (huit obus de 130mm).

Le Z.25 parvient à placer deux obus de 150mm sur le contre-torpilleur qui est endommagé mais peut achever son adversaire avec deux torpilles.

Le contre-torpilleur Du Chayla parvient à rallier Rosyth pour réparations, reprenant le combat en Norvège quelques jours plus tard.

Le 30 septembre 1948 le croiseur léger HMS Birmingham est endommagé par une torpille lancée par une S-Boote.

Il arrache une partie de la proue ce qui lui impose un retour en Grande-Bretagne pour une remise en état complète qui va l’immobiliser jusqu’en juin 1949 en raison de dégâts provoqués par un bombardement allemand sur Rosyth ce qui impose des travaux initialement non prévus.

Le même jour le HMS Belfast est légèrement endommagé par une batterie côtière allemande, des canons de 150mm installés du côté de Trondheim sur d’anciennes installations de la marine norvégienne, les prémices des fortifications qui vont protéger la Norvège d’une invasion alliée.

Deux obus de 150mm touchent le navire, le premier met hors service la tourelle I de 152mm et le second touche le navire au niveau de la cheminée avant. Le navire doit se replier pour des réparations rapides avant de reprendre le combat.

Le 5 octobre 1948 dans un échange confus le croiseur léger HMS Edinburgh est légèrement endommagé par un obus de 127mm visiblement tiré par un Zerstörer. Le navire peut cependant continuer la lutte. A noter que le destroyer allemand n’à jamais pu être identifié avec certitude.

Le 7 octobre 1948 le cuirassé HMS Centurion est endommagé par une mine larguée la veille par des avions allemands. Il est sérieusement endommagé tandis que son escorteur le HMS Firedrake à été coulé par une autre mine.

Il est pris en remorque par un pétrolier ce qui ne manque pas de sel. Une alerte aérienne oblige le pétrolier à abandonner l’infortuné navire qui privé de propulsion est un véritable corps mort.

L’aviation allemande se jette sur cette cible très appétissante. Le cuirassé se défend comme un beau diable mais ne pouvant pas manœuvrer son sort est scellé en dépit de l’intervention d’autres navires et de l’aviation alliée. Le cuirassé est touché par quatre bombes et deux torpilles qui sont six projectiles de trop.

Trois jours plus tard une autre mine touche le destroyer HMS Matabele qui coupe en deux sombre en quelques minutes pour la partie avant, plus lentement pour la partie arrière permettant à nombre de marins d’échapper à une mort certaine.

Sous la mer on se bat !

Si les sous-marins norvégiens et danois ne vont pas être engagés car trop anciens ou trop faibles militairement parlant, d’autres «torpilleurs submersibles» vont transformer la mer du Nord en zone de combat tridimensionnelle puisqu’on se battait dans les airs, sur mer mais aussi sous la mer.

Des sous-marins allemands sont engagés pour éclairer et couvrir les différents groupes occasionnels envoyés à l’assaut des ports norvégiens.

De leur côté les alliés vont également engager des sous-marins comme sonnette pour repérer et attaquer la flotte allemande en attendant de surprendre la flotte allemande. D’autres missions ne vont pas tarder à émerger comme la récupération de pilotes abattus ou l’évacuation d’hommes isolés.

La marine danoise va souffrir de l’action des U-Boot perdant plusieurs navires sous les coups de torpilles qui connaissaient pourtant de sérieux problèmes de fiabilité.

Le destroyer Lollandest coulé le 7 septembre 1948 par le U-82 alors qu’il accompagnait le croiseur-éclaireur Herluf Trolle. Deux torpilles sont suffisantes pour l’envoyer ad patres et lui permettre de rejoindre Neptune.

Six marins vont survivre à ce naufrage et rejoindre la Grande-Bretagne dans des conditions dantesques, devenant des héros nationaux au pays, étant décorés par le roi Frédéric IX de l’ordre du mérite et de l’ordre du Danebrog. Ils vont entrer dans l’histoire comme étant « Les Six (de seks) »

C’est le quartier maitre Jens Jensen, les matelots Hans Nielsen et Poul Hansen, le second maitre Jesper Sorensen, le lieutenant Morten Larsen et le quartier maitre Jens Andersen.

Ils se réengageront dans la marine danoise reconstituée puis dans les commandos. Comme le dira le quartier maitre Jen Jensen «Après ce que nous avions vécu nous étions comme accro à l’adrénaline et nous voulions que cela cogne, que cela tabasse, s’ennuyer sur un navire au poste de propreté ou à faire le planton non merci.»

Quatre survivent au conflit (ils sont enterrés côte à côte dans le même cimetière, une promesse faite au cours d’une mission), deux d’entre-eux (Jens Jensen et Jesper Sorensen) engagés aux côtés de la Résistance seront capturés par les allemands, torturés et exécutés. Leurs cendres reposent dans deux urnes scellées aux côtés de leurs quatre camarades.

Les marines alliées et allemandes doivent aussi admettre que les sous-mariniers ont peut être raison quand ils disent fiers comme artabans qu’il n’existe que deux type de navires : les sous-marins et leurs cibles.

Le Casabianca, un sous-marin de 1500 tonnes type Pascal

Le 6 septembre 1948 le sous-marin Casabianca coule le croiseur lourd Blücher littéralement exécuté par quatre torpilles de 550mm qui ne le lui laisse aucune chance. Le 9 septembre 1948 le «1500 tonnes» pourtant en fin de carrière coule le destroyer Z.7 Hermann Schoemann avec deux torpilles.

Il est cependant sérieusement endommagé et doit rallier la France où malgré son état et son âge il va être réparé pour être engagé à nouveau au combat plus pour des raisons politiques que des raisons vraiment militaires.

Il s’en sort cependant mieux que les sept submersibles français perdus durant la Campagne de Norvège (1948). Successivement sont coulés L’Espoir le 10 septembre 1948 par le U-106, Le Centaure le 13 septembre 1948 victime d’une mine dans le détroit du Skagerrak, l’Ile de France victime d’un hydravion Blohm & Voss Bv-138 (21 septembre 1948) au large de Bergen, l’Ile d’Yeu disparu dans des circonstances inconnues entre le 23 et le 30 septembre 1948 (comme l’épave n’à jamais été retrouvée impossible d’en savoir plus).

Le sous-marin Nouvelle Calédonie n’aura jamais l’occasion de visiter le territoire éponyme puisque le 2 octobre 1948 il est surpris en surface par un Arado Ar198 en patrouille ASM au large de Kristiansand, une charge de profondeur l’envoyant par le fond.

Ces cinq premiers sous-marins qui appartenaient à la 5ème Escadre sont accompagnés dans leur trépas par deux des trois (!) sous-marins de l’Escadre Légère du Nord en l’occurrence le Fructidor victime de charges de profondeur d’un patrouilleur allemand en baie d’Heligoland le 3 octobre 1948, son sister-ship Brumaire disparaissant sous les coups d’un hydravion allemand au large des côtes danoises.

Le contre-torpilleur Bugeaud s’en sort bien car le 17 septembre 1948 il est sérieusement endommagé par une torpille du U-106 qui arrache sa proue sur 4m.

Fort heureusement le temps est clément et le navire peut rallier à petite vitesse sérieusement escorté un port britannique pour des réparations d’urgence avant une remise en état complète à Brest, remise en état qui va l’éloigner des champs de bataille jusqu’en février 1949, cette remise en état étant l’occasion d’une modernisation et d’un renforcement de certaines capacités militaires comme la DCA.

Le 21 septembre 1948 le destroyer Z.29 est torpillé par le sous-marin britannique HMS Talisman au large de Trondheim, deux torpilles envoyant le Zerstörer par le fond.

Le 30 septembre 1948 le porte-avions HMS Malta échappe de peu à la correctionnelle en encaissant une torpille du U-81 qui parvient à échapper aux destroyers qui le grenade copieusement alors qu’il opérait au large de Bodo.

Il est mis hors service mais parvient à rallier Scapa Flow pour des réparations provisoires avant de rallier Rosyth pour une remise en état complète qui va l’éloigner des opérations jusqu’à la fin de l’année.

Le HMS Jaguar

Le 2 octobre 1948 le destroyer HMS Jaguar est torpillé par un sous-marin allemand alors qu’il couvrait un convoi de renforts au profit du CEFAN. Deux torpilles du U-109 vont l’envoyer par le fond.

Le 7 octobre 1948 le croiseur léger HMS Nigeria est sérieusement endommagé par une torpille d’un U-Boot, toujours ce satané U-109. Il parvient miraculeusement à rallier la Grande-Bretagne pour remise en état et modernisation, le navire ne retournant au combat qu’en septembre 1949.

Le HMS Nigeria

Le 28 octobre 1948 c’est le croiseur léger HMS Minotaur qui est endommagé par une anguille lancée cette fois par le U-180, les dégâts sont limités car il ne va passer «que» deux mois en réparations, étant à nouveau disponible le 12 décembre 1948.

Ces sous-marins s’en sorte mieux que d’autres qui sont victimes d’escorteurs, d’hydravions ou de sous-marins.

Outre les sous-marins engagés dès le début dans l’opération Weserübung, d’autres submersibles vont être engagés ultérieurement en l’occurrence les U-30 U-32 (Type VIIA), U-55 U-73 U-83 (type VIIB) U-81 (type VIIC) U-107 (type IXB) U-127 U-160 U-179 (type IXC) soit dix submersibles supplémentaires.

Sur les vingt-trois sous-marins allemands engagés dans le campagne de Norvège, huit sont coulés, deux sont victimes de mines (U-30 le 4 octobre 1948 U-55 le 21 octobre 1948) de l’aviation (U-100 le 17 octobre 1948 U-127 le 8 octobre 1948 U-180 le 2 novembre 1948 par un Short Sunderland), par des navires de surface (U-44 abordage par le Niels Juel le 6 septembre 1948 U-107 le 19 septembre 1948 et U-130 le 27 septembre 1948)

Les sous-marins britanniques sont engagés aux côtés de leurs homologues français. Quatre d’entre-eux sont coulés, le premier c’est le HMS Tarpon qui en patrouille à l’orée du Skagerrak est surpris le 10 septembre 1948 par un sous-marin allemand qui place trois torpilles ne laissant aucune chance au submersible britannique.

Le HMS Spearfish est coulé le 13 septembre 1948 quand après avoir détruit un pétrolier et le paquebot Postdam au large de Bergen. Alors qu’il venait de faire surface pour se replier plus rapidement il est surpris par un Blohm & Voss Bv138 qui place deux charges de profondeur qui sont fatales au sous-marin de type S.

Le HMS Swordfish est détruit le 21 septembre 1948 quand en patrouille en surface il fait détonner une mine magnétique mouillée pour protéger les accès au port de Bergen. Comme souvent sur un sous-marin il n’y à aucun survivant.

Le HMS Umpire est détruit le 30 septembre 1948 par les charges de profondeur d’un escorteur allemand alors qu’il venait de détruire un cargo.

20-Ordre de bataille et programme de guerre (4)

Contre-torpilleurs

Si il y à bien un domaine où la France peut être fière de sa flotte, c’est bien celui-ci. Ces contre-torpilleurs sont sans équivalent dans le monde en terme de puissance propulsive, de puissance de feu. Ils ne sont pas exempts de défauts même si les défauts les plus criants ont pour ainsi dire été tous corrigés enttre 1939 et 1948.

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948, la marine nationale dispose de 35 contre-torpilleurs répartis entre les six Aigle, les cinq Vauquelin (perte du Maillé-Brézé en 1940), les 6 Le Fantasque, les 2 Mogador et leurs demi-frères, les 4 contre-torpilleurs de classe Hoche, les 6 puissants contre-torpilleurs de classe Bayard et les 6 contre-torpilleurs de classe Bruix.

Six autres contre-torpilleurs sont en construction quand éclate le conflit, les six navires de classe Guépratte ( Guépratte Ronar’ch Maillé Brézé D’Estaing Vautreuil et Aumale) quasiment identiques aux Bayard et aux Bruix ce qui fait dire à certains que la classe Bayard compte dix-huit navires.

Théoriquement, les Guépratte devaient remplacer les Aigle qui avaient été pourtant modernisés notamment avec le remplacement des canons de 138mm par des 130mm DP. Le déclenchement du conflit fait qu’ils vont remplacer les navires perdus.

Au large de la Norvège, les contre-torpilleurs Vautour et Kersaint sont coulés par l’aviation allemande ce qui va entrainer une réorganisation des divisions de contre-torpilleurs dont l’existence même est remise en cause.

La construction des Guépratte est accélérée mais aucun autre contre-torpilleur va être commandé, la marine nationale préférant réorganiser ses catégories de navires. En fusionnant les catégories «contre-torpilleurs» et «torpilleurs d’escadre», la marine invente l’escorteur d’escadre qui va être le futur maitre-étalon de la force de combat de la marine nationale.

Le programme de guerre de janvier 1949 voit la commande de huit escorteurs d’escadre de classe Surcouf baptisés Surcouf Kersaint Bouvet Dupetit-Thouars D’Estrées Du Chayla Duperré et Forbin, des navires de 3500 tonnes à pleine charge, filant à 33 noeuds, mesurant 132.50m de long avec un armement composé de six canons de 130mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrière), seize canons antiaériens de 37mm en huit affûts doubles, huit canons de 25mm en affûts simples ou doubles, douze tubes lance-torpilles de 550mm en quatre plate-formes triples latérales et deux grenadeurs de sillage pour la lutte ASM.

La construction des huit escorteurs d’escadre est repartie entre les ACF (Surcouf), les ACH (Kersaint Bouvet Dupetit-Thouars), les FCM du Havre (D’Estrées), les ACSM du Trait (Du Chayla), l’Arsenal de Brest (Duperré) et l’Arsenal de Lorient (Forbin)

Torpilleurs d’escadre

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, la marine nationale dispose de 39 torpilleurs d’escadre plus quatre encore en construction aux Etats Unis.

Ces torpilleurs d’escadre répartis entre la classe Le Hardi (8), la classe Intrepide (23) et la classe Empire (8+4 en construction) sont chargés pour leur majorité de protéger les treize cuirassés et les cinq porte-avions soit un besoin minimal 36 navires.

Trois sont déployés à Dunkerque comme navires d’attaque au sein de l’ELN, les quatre navires en construction aux Etats Unis devaient normalement être affectés au Levant (2) et en Indochine (2).

Durant la campagne de Norvège, la marine nationale perd les torpilleurs Le Téméraire et L’Arquebuse. Elle décide donc que les quatre torpilleurs en construction aux Etats Unis seront déployés en Europe.

Elle s’interroge sur la nécessité de construire de nouveaux TE de classe Empire pour compenser les pertes inévitables.

Comme les TE et les CT ont été fusionnés en une seule classe d’EE, aucun TE ainsi nommé ne va être commandé mais il manque un navire léger bon à tout faire pouvant escorter des convois, combattre les navires légers ennemis, faire de la présence.

Torpilleurs légers

En septembre 1948, la marine nationale dispose de 28 torpilleurs légers de classe Le Fier/Colonie répartis en sept divisions de quatre navires, six divisions étant déployés en Europe et la septième en Indochine.

Ces navires vont se montrer efficaces et vont donner du fil à retordre aux allemands, italiens et même aux japonais.

Le programme de guerre de janvier 1949 décide de commander de nouveaux Navires Légers de Combat (NLC) capable de mener des missions de combat et d’escorte. Prévoyant de lourdes pertes, elle commande seize NLC qui seront ultérieurement reclassés Escorteurs Rapides.
Ces navires qui reprennent les noms des Bourrasque et des Adroit sont d’élégants navires de 1300 tonnes, filant à 30 noeuds avec un armement théorique composé d’une tourelle double de 100mm à l’avant, une DCA légère composée de canons de 37mm et un armement ASM composé de deux grenadeurs de sillage et d’un projecteur de fusées ASM installé à l’avant.

Cette première version ne satisfait pas la marine qui le juge sous-armée. Une nouvelle version voit donc le jour, les quatre premiers navires sont modifiés in-extremis selon les nouvelles caractéristiques

Cette deuxième version du NLC est ainsi armée de deux tourelles doubles de 100mm (une avant et une arrière), une DCA légère composée de huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, quatre tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes doubles latérales, deux grenadeurs de sillage et un projecteur de fusées ASM.

Les seize NLC commandés aux Arsenaux et aux chantiers privés sont jugés aptes à la lutte ASM mais leur capacité antiaérienne pourrait être améliorée. La marine décide de lancer des études pour un ER-AA pour compléter les ER (ex-NLC), aucune commande n’est cependant encore passée, le projet étant encore dans les limbes.

Avisos, escorteurs et patrouilleurs

Si il y à bien un domaine où la marine nationale ne manque pas de moyens, c’est bien dans cette catégorie. Outre les aviso-coloniaux aux capacités limités dans ce domaine, elle peut aligner les treize aviso-dragueurs de classe Elan, les vingt-quatre aviso-dragueurs coloniaux de classe Gazelle et les trente deux corvettes classe La Malouine soit 69 navires d’escorte plus quels patrouilleurs.

En dépit de ce nombre important, la marine souhaite commander de nouveaux navires anti-sous-marins pour anticiper les pertes que l’on craint lourdes sous les coups de l’aviation et des sous-marins allemands, italiens voir japonais.

Le programme de guerre voit ainsi la commande de douze patrouilleurs ASM. Ces patrouilleurs sont d’une simplicité biblique.

Une coque simple, des superstructures réduites au maximum, la généralisation de la soudure, une propulsion par machine alternative à triple expansion ou diesel et un armement basique et pas moins efficace avec un canon de 100mm à l’avant (le 75mm était jugé trop faible), quelques pièces de DCA légère, des mitrailleuses et surtout des grenades ASM en grand nombre.

Ces petits patrouilleurs doivent essentiellement escorter des convois côtiers ou des convois méditerranéens, déchargeant ainsi les escorteurs océaniques de leur protection. Ils doivent aussi pouvoir protéger une escadre au mouillage.

Sous-marins

Entre le 5 septembre et le 27 octobre 1948 _durée de la campagne de la Norvège même si il y eut encore quelques combats sporadiques jusqu’au 1er novembre_, la Royale va perdre sept sous-marins appartenant à l’ELN et à la 5ème Escadre sous les coups des sous-marins ennemis, de l’aviation et de navires de surface.

Certes la sous-marinade française peut se consoler en se disant qu’elle à coulé le 9 septembre 1948 le croiseur lourd Blücher (quatre torpilles cadeau du Casabianca), endommagé le Oldenburg le 27 septembre (Rolland Morillot deux torpilles) et coulé plusieurs navires marchands mais avec sept sous-marins perdus en sept semaines, la force sous-marine française s’inquiète.

Quand le conflit éclate, quatre submersibles sont en construction mais même en accélérant la construction, la Royale craint d’être sur la corde raide. D’où la commande de vingt-quatre sous-marins de type Phenix jugés plus maniables et plus aisés à construire que les Rolland Morillot.

20-Ordre de Bataille et programme de guerre (1)

20°) ORDRE DE BATAILLE et PROGRAMME DE GUERRE

A-Ordre de bataille de la Marine Nationale le 1er septembre 1948

En guise d’introduction

En septembre 1948, la marine nationale est au sommet de sa puissance. La politique menée depuis près d’un quart de siècle avec constance par les politiques et les marins à permis à la Royale de n’avoir à rougir ni de son allié, ni de ses ennemis. La flotte est équilibrée et la majorité des carences constatées durant la Guerre de Pologne ont été corrigées.

L’organisation est celle adoptée en septembre 1940 avec deux flottes principales (Atlantique et Méditerranée) subidivisées en escadres puis en flottilles et en division plus des forces de souveraineté déployées sur toute la surface du globe.

La situation de l’Escadre Légère du Nord (ELN) est particulière, c’est une escadre indépendante mais pas une réelle force de souveraineté comparable aux FNEO ou aux FNAEF. Sa mission est davantage de porter le fer en mer du Nord que de défendre les côtes de la Manche.

Les régions maritimes sont toujours là et comme depuis septembre 1940, elles assurent des missions de soutien, gérant les bases et les arsenaux, les seuls navires sous leurs ordres étant ceux en refonte ou en réparations longues.

Comme il est peu probable que les escadres soient engagées en bloc, il est prévu la création de groupements occasionnels désignés par les lettres de l’Alphabet.

Sur le plan technique, la flotte est jeune avec peu de faiblesses évidentes, la DCA ayant été notablement renforcée tous comme l’électronique embarquée qu’il s’agisse de radars ou de sonars.

Voici donc maintenant l’ordre de bataille de la marine nationale le 1er septembre 1948, quatre jours avant le début de la deuxième conflagration mondiale.

Flotte de l’Atlantique (QG : Brest) navire-amiral : cuirassé Gascogne

1ère escadre

Groupement de Ligne : cuirassés Gascogne et Normandie; torpilleurs d’escadre  Durandal et Dague (chargés de la protection du cuirassé Gascogne) et les torpilleurs d’escadre Sabre et Claymore (chargés de la protection du cuirassé Normandie)

Groupement Aéronaval : porte-avions Painlevé et Henriette de France cuirassé Lorraine torpilleurs d’escadre L’Intrépide et Le Téméraire (protection du cuirassé Lorraine), Arquebuse Cimeterre (protection du Painlevé) Ney et Murat (protection du Henriette de France)

3ème Escadre Légère

Groupement des croiseurs de l’Atlantique : croiseurs lourds Foch et Colbert (3ème DC), croiseurs légers La Gloire Georges Leygues et Montcalm (4ème DC), croiseur-école Jeanne d’Arc (appelé à être déployé aux Antilles)

Groupement des contre-torpilleurs de l’Atlantique : Contre-torpilleurs Bugeaud Du Chayla Dupetit-Thouars (3ème DCT) Vautour Milan Epervier (6ème DCT)
Hors rang :  vedettes lance-torpilles des 1ère ELA (VTB-11 et 12) et 2ème ELA (VTB-16 18 20 et 22) basées à Lorient.

5ème Escadre

-Ravitailleur de sous-marins Jules Verne navire-amiral de l’Escadre

-Sous-marins Casabianca Sfax Centaure L’Espoir (2ème DSM)

-Sous-marins Rolland Morillot La Praya La Martinique et Ile de France (4ème DSM)

-Sous-marins Ile de Ré Ile d’Yeu Kerguelen et La Guadeloupe (6ème DSM)

-Sous-marins  Agosta Bévéziers Ouessant et Sidi Ferruch (8ème DSM)

1ère flottille de surveillance et d’escorte de l’Atlantique (1ère FSEA)

-Torpilleurs légers  L’Algérien Le Sénégalais L’Arabe Le Marocain (classe Kabyle) formant la 6ème DT basée à Lorient

-Aviso-dragueurs L’Impétueuse, La Capricieuse, La Batailleuse et La Boudeuse (3ème DEL) basée à Brest Aviso-dragueurs Enseigne Balande La Trompeuse L’Ambitieuse et La Sérieuse (7ème DEL) basée à Casablanca

-Chalutiers ASM L’Havraise et La Nantaise à Lorient, L’Algéroise L’Oranaise à Cherbourg

-Corvettes anti-sous-marines La Malouine La Dieppoise La Remoise La Versaillaise (1ère DEO) à Brest;  La Nimoise La Calvaise La Rennaise et L’Agenaise (3ème DEO) basé à Lorient; La Bastiaise La Paimpolaise La Dunkerquoise (2ème DEO) à Casablanca

-Patrouilleur ASM/navire-école L’Heureux (P-28) et Patrie (P-36)

-Chasseurs de sous-marins : CH-7 et 8 CH-53 et 54 à Brest, CH-11 et 12 à Lorient, CH-17 18 et 19 à Casablanca.

-Patrouilleur anti-sous-marin L’Incomprise  et  Jutland (P-37)

Les navires suivants sont détachés à Dakar :

-Aviso colonial Dumont d’Urville

-Patrouilleur (ex-torpilleur) La Bombarde

-Aviso-dragueurs coloniaux  La Précieuse L’Amiral Duperré La Rieuse et l’Amiral Gourdon  (10ème DEL)

-Corvettes La Lyonnaise L’Oranaise La Sablaise et La Servannaise (7ème DEL)

Groupement de soutien de la Flotte de l’Atlantique (GSFA)

-Pétrolier Le Var

-Pétrolier Ravitailleur d’Escadre La Seine

-Ravitailleurs Rapides Lot et La Charente

-Pétrolier-caboteur La Lèze

-Cargos rapides Mostaganem et Mers-El-Kébir

-Avisos Amiens et Arras utilisés comme auxiliaires
-Ravitailleur d’hydravions Sans Souci et Calais utilisé comme ravitailleur d’hydravions

-Aviso hydrographe Beautemps-Beaupré

-Navire école Notre Dame de France (P-95)

-Dragueurs de mines Avranches et Pornic

-Voiliers-école L’Etoile et La Belle Poule

-Remorqueur de haute mer Elephant et Mastodonte

-Remorqueurs Champion  L’Appliqué L’Attentif et L’Acharné  L’Actif  (ce dernier est basé à Lorient) (1000cv)

-Remorqueurs Narcisse et Lotus (750cv)

-Remorqueurs  Penfeld Plougastel Portzic et Provençal Morbihan (ce dernier est basé à Lorient) (600cv)

-Remorqueur de 600cv Lavandou basé à Casablanca

-Navire-hydrographe Cormoran

-Gabares Le Titan La Résistante La Prévoyante et la Victorieuse

Les navires suivants sont détachés à Dakar :

-Remorqueur de haute mer Buffle

-Remorqueurs de 600cv L’Efficient et Cap Vert

-Remorqueur de 750cv Romarin

-Gabare La Patiente

Flotte de la Méditerranée (QG : Toulon) navire-amiral : croiseur lourd Algérie

Le magnifique croiseur lourd Algérie

Le magnifique croiseur lourd Algérie, navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée

2ème Escadre (Toulon)

1er Groupement de Ligne de la Méditerranée (1er GLM) :

-Cuirassés Richelieu et Clemenceau (3ème DL) Alsace et Flandre (5ème DL)

-Cuirassé Provence

-Porte-avions Joffre

-Torpilleurs d’escadre Corsaire et Flibustier (protection du cuirassé Richelieu) Rapière et Hallebarde (protection du cuirassé Clemenceau) Mousquet et Bombardier (protection du cuirassé Alsace)  Voltigeur et Goumier (protection du cuirassé Flandre) Mameluk Casque (protection du cuirassé Provence)  L’Inconstant et Lancier (protection du porte-avions Joffre)

Groupement de croiseurs de la 2ème Escadre

-Croiseur lourd Algérie

-Croiseurs lourds Suffren Dupleix (1ère DC) Saint Louis Charlemagne Henri IV (5ème DC)

-Croiseurs légers De Grasse Chateaurenault Guichen (6ème DC)

Groupement des contre-torpilleurs de la 2ème Escadre

-Contre-torpilleurs Bruix D’Assas La Tour d’Auvergne (1ère DCT)  Bayard Du Guesclin Turenne (2ème DCT)  Aigle Albatros Gerfaut (5ème DCT) Le Fantasque L’Audacieux Le Malin (9ème DCT)
Desaix Kléber et Marceau (12ème DCT)

1ère flottille légère de la Méditerranée (1ère FLM) :

-Vedettes lance-torpilles VTB  41 43 45 47 et 49 formant la 1ère ELM

-Vedettes lance-torpilles  VTB-23 24 25 26 27 28 formant la 4ème ELM

-Vedettes lance-torpilles VTB-56 57 58 59 60 61 formant la 6ème ELM

-Vedettes lance-torpilles  VTB-15, 17, 19 et 21 de la 3ème Escadrille Légère de la Méditerranée (3ème ELM) déployée à  Ajaccio

1ère flottille de sous-marin :

-3ème escadrille de sous-marins (3ème ESM)  1ère DSM : Le Glorieux Le Heros Le Conquerant Le Tonnant 3ème DSM La Réunion Crozet Ile d’Oleron Belle Ile et 5ème DSM  Ile de Brehat, Saint Marcouf Ile d’Aix Ile d’If

-5ème escadrille de sous-marins (5ème ESM) 13ème DSM : Aurore, Créole, Antigone et La Bayadère 15ème DSM : Venus Iris Pallas 19ème DSM : L’Astrée La Favorite La Gorgone et L’Africaine et 21ème DSM : Diamant et Perle

-1ère flottille de surveillance et d’escorte de la Méditerranée (1ère FSEM) :

-Torpilleurs légers Le Fier L’Agile L’Entreprenant Le Farouche (1ère DT)

-Torpilleurs légers  Annamite Hova Somali Touareg (4ème DT)

-Chalutiers ASM La Cancalaise et La Lorientaise

-Aviso-dragueurs Elan, Commandant Dominé et de La Capricieuse (1ère DEL)

-Aviso-dragueurs  La Gracieuse et La Moqueuse (4ème DEL) (en temps de guerre, doit être détachée à Ajaccio)

-Chasseurs de sous-marins CH-9 CH-10 CH-49 et CH-50 +  CH-43 et CH-44 (ces deux derniers déployés à Ajaccio)

-1er Groupement de Soutien de la Méditerranée (1er GSM) :

-Pétroliers ravitailleurs d’escadre La Saône et Le Liamone

-Pétroliers Elorn et Sèvre

-Ravitailleur Rapide L’Adour

-Aviso (devenu auxiliaire) Somme

-Mouilleur de mines Vauquois

-Mouilleur de mines Castor

-Mouilleur de filets Gladiateur

-Ravitailleurs d’hydravions (ex-canonnière) Diligente et Sans Peur

-Dragueurs de mines Ouistreham et Saint Brieuc

-Cargos rapides Sidi-Bel-Abbès et Tlemcen

-Remorqueurs Goliath Le Laborieux Cépet Haleur Efficient  Corse Faron et Mont Caume Tulipe Aconit Edelweis

-Bâtiment-cible L’Impassible

-Navires-hydrographes La Chimère Mouette Ibis

-Gabares  L’Endurante, La Persévérante,  La Prudente, La Persistante, L’Epuisante

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4ème Escadre (QG : Mers-El-Kébir) navire-amiral : cuirassé Jean Bart

2ème Groupement de Ligne de la Méditerranée (2ème GLM)

-Croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg (1ère DL)

-Cuirassé Jean Bart (hors-rang)

-Cuirassé Bourgogne (hors-rang)

-Cuirassé Bretagne (hors rang)

-Porte-avions Commandant Teste

-Torpilleurs d’escadre Le Hardi L’Epée (chargés de la protection du Dunkerque), Le Lansquenet et Le Fleuret (chargés de la protection du Strasbourg),  L’Eveillé et L’Alerte (chargés de la protection du Bretagne), Hussard et Spahi (chargés de la protection du Commandant Teste), L’Opiniâtre et L’Aventurier (chargés de la protection du Jean Bart) Lannes et Augereau (chargés de la protection du cuirassé Bourgogne)

Groupement léger de la 4ème Escadre

-Croiseurs légers Latouche-Treville  Condé et Gambetta (8ème DC)

-Contre-torpilleurs Magon  Dunois et  La Hire (4ème DCT) Le Terrible  Le Triomphant et  L’Indomptable (10ème DCT)

2ème flottille de sous-marins

-Sous-marin Minerve  Junon et Cerès (12ème DSM)

-Sous-marin L’Hermione  Clorinde et L’Andromède (14ème DSM)

-Sous-marin L’Andromaque  L’Amirde  L’Artemis et La Cornélie (18ème DSM)

-Sous-marins mouilleurs de mines Emeraude  Corail  Escarboucle et Agate (7ème DSM)

2ème flottille de surveillance et d’escorte de la Méditerranée (2ème FSEM) :

-Aviso-dragueurs Commandant Bory, du Commandant Delage, du Commandant Duboc et du Commandant Rivière (2ème DEL)

-Torpilleurs légers  Kabyle Tonkinois Sakalave Bambara (2ème DT)

-Chalutiers armés La Toulonnaise et La Sétoise

-Chasseurs de sous-marins CH-13 et CH-14

2ème Groupement de Soutien de la Méditerranée (2ème GSM)

-Ravitailleur rapide Tarn

-Ravitailleur rapide La Baïse

-Pétrolier-ravitailleur d’escadre La Medjerda

-Pétrolier-caboteur Aube

-Ravitailleur d’hydravions Sans Reproche

-Aviso mouilleur de mines Les Eparges

-Remorqueur de haute-mer L’Ours

-Remorqueur de 1000ch Cotentin

-Remorqueur de 600ch Esterel Palmier Tatihou

-Remorqueur de 750ch Amarante

-Gabares L’Ardente et La Performante

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6ème Escadre Légère (QG : Bizerte) navire-amiral : croiseur léger Emile Bertin

-Groupement des croiseurs : croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin, croiseurs légers La Galissonnière Jean de Vienne La Marseillaise (2ème DC)

-Groupement léger d’attaque : Contre-torpilleur Vauquelin  Chevalier Paul et Tartu (7ème DCT)  Mogador  Volta et Hoche (11ème DCT) Torpilleurs légers  L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien (3ème DT)

3ème flottille de sous-marins (3ème FSM)

-Sous-marins Phenix Ventôse Frimaire Prairial (9ème DSM)

-Sous-marins Aber Wrach Ile de Batz Tromelin (10ème DSM)

-Sous-marins Ile de Molêne Clipperton et Porquerolles (11ème DSM)

-Sous-marins Vendémiaire Nivôse Floréal Messidor (17ème DSM)

-Sous-marins mouilleurs de mines Turquoise Saphir Nautilus Rubis (20ème DSM)

3ème flottille de surveillance et d’escorte de la Méditerranée (3ème FSEM) :

-Aviso-dragueurs Chamois Gazelle Surprise et Rageot de La Touche (5ème DEL)

-Aviso-dragueurs La Joyeuse La Furieuse La Malicieuse et l’Enseigne Bisson (8ème DEL)

-Chalutiers armés L’Ajacienne et La Bônoise
-Chasseurs de sous-marins CH-15 CH-16 CH-51 et CH-52

-Vedettes lance-torpilles VTB 40 42 44 46 et 48 (2ème ELM)

-Vedettes lance-torpilles VTB 29 30 31 32 33 34  (5ème ELM)

3ème Groupement de Soutien de la Méditerranée (3ème GSM)

-Ravitailleur rapide La Mayenne

-Pétrolier Mékong

-Transport littoral Golo

-Navire hydrographe Pelican

-Cargo rapide Oran

-Ravitailleur d’hydravions L’Engageante et Sans Pareil

-Aviso (utilisés comme auxiliaires) Tahure et Epinal

-Remorqueur de haute-mer Rhinoceros et Belier

-Remorqueur de 1000ch Tebessa Fort Tenace

-Remorqueurs de 600ch Kairouan et Sousse

-Remorqueurs de 750ch Garance et Genièvre

-Gabares L’Antée  La Puissante La Servante et La Mordante

Escadre Légère du Nord (ELN) (QG : Dunkerque) croiseur léger antiaérien Waldeck-Rousseau

-Croiseur léger antiaérien Waldeck Rousseau

-Contre-torpilleurs Kersaint et Cassard (8ème DCT)

-Torpilleurs d’escadre Davout Soult Massena formant la Flottille des Torpilleurs du Nord (FTN)

-Torpilleurs légers Le Normand Le Parisien Le Provençal Le Saintongeais (5ème DT)

-Corvettes anti-sous-marines  L’Algeroise L’Aixoise La Quimperoise et La Cherbougeoise (8ème DEO)

-Sous-marins Fructidor Brumaire Pluviose (16ème DSM)

-Chasseurs de sous-marins CH-41 et CH-42

-Chasseurs de sous-marins CH-5 et CH-6 à Cherbourg

-1ère flottille légère du Nord (1ère ELN) avec la 1ère ELM (VTB 50 à 55) et la 2ème ELM (VTB 35 à 40)

-la canonnière L’Yser (classe Aisne) utilisée comme navire de sûreté

-Patrouilleur ASM L’Atlantique (P-33)

-le pétrolier-caboteur Blavet.

-Remorqueurs de haute mer Mamouth et Sanglier à Cherbourg

-Remorqueurs Lavande et Myosotis

-Remorqueurs côtiers Elan II Barfleur  Roule Crocus à Cherbourg

-Navire hydrographe Bengali

-Aviso-hydrographe Amiral Mouchez à Cherbourg

-Navire hydrographe Goeland à Cherbourg

-Gabares Girafe Fidèle Entrainante à Cherbourg

Division Navale du Levant (DNL) (QG : Beyrouth) navire-amiral : aviso colonial La Grandière

-Aviso La Grandière

-Chasseurs de sous-marins CH-20 et CH-21

-Pétrolier-caboteur L’Ardèche

-Gabare La Vaillante

Forces Navales en Afrique Equatoriale Française (FNAEF) QG : Diego-Suarez

Le croiseur léger Primauguet, navire-amiral des FNAEF

Le croiseur léger Primauguet, navire-amiral des FNAEF

-Croiseur léger Primauguet _navire-amiral des FNAEF_ Diego-Suarez

-Aviso colonial D’Entrecasteaux Diego-Suarez

-Corvettes anti-sous-marines La Rouennaise La Nancéenne La Lilloise et La Clermontoise (6ème DEO) Diego-Suarez

-Aviso colonial Savorgnan de Brazza Djibouti

-Canonnière La Tapageuse Djibouti

-Patrouilleur (ex-torpilleur) La Melpomène Djibouti

-Aviso-dragueurs coloniaux La Généreuse La Victorieuse L’Heureuse et  Alfred de Courcy (9ème DEL) Djibouti

-Remorqueur de 750ch Glaïeul Djibouti

-Transport du littoral (ex-aviso) Ypres (ex-Dunkerque) Diego-Suarez

-Pétrolier Ravitailleur d’Escadre La Garonne Diego-Suarez

Forces Navales en Extrême Orient (FNEO) QG : Cam-Ranh

Les navires suivants sont basés à Cam-Ranh :

Le croiseur lourd Tourville

Le croiseur lourd Tourville

-Flottille légère d’Indochine : Croiseur lourd Tourville _navire-amiral des FNEO_ hors rang associé au Croiseur léger Duguay Trouin, au porte-avions léger  Alienor d’Aquitaine et à ses escorteurs, les torpilleurs d’escadre Berthier et Tirailleur

-Flottille Légère d’Attaque et d’Escorte (FLAI): Torpilleurs légers Le Niçois Le Savoyard Le Béarnais et Le Catalan (7ème DT), Canonnières La Dedaigneuse et La Lurone et les aviso-dragueurs Chevreuil Annamite Matelot Leblanc et Amiral Sénès (6ème DEL)

-Groupement de soutien d’Indochine (GSI) : Pétrolier Niger, Pétrolier ravitailleur d’Escadre Rhône, Remorqueur de haute mer Taureau,  Remorqueur de 1000ch Le Valeureux, Remorqueurs de 750ch Jasmin Lys Pivoine, Remorqueur de 600ch Padaran, les remorqueurs de 300ch Nha Dé et Donnaï ainsi que la Gabare L’Entreprenante

Les navires suivants sont basés à Saïgon, ils forment une Flottille Côtière du Sud (FCS) mise en place officiellement courant septembre 1948 comme pendant de la FCN. La FCS dispose des navires suivants :

-Aviso colonial Amiral Charner

-Patrouilleur Branlebas

-Canonnière Marne

-Cannonières My Tho Tourane Francis Garnier et Song Do

-Chasseurs de sous-marins CH-45 et CH-46

Sont basés à Haïphong les navires suivants :

-Aviso Nancy stationnaire ne prenant plus la mer depuis juin 1947. Son désarmement à été repoussé par le début du conflit en Europe. En cas d’attaque, servirait de batterie flottante avec son canon de 138mm, son canon de 75mm, ses deux canons de 37mm et ses mitrailleuses.

-Patrouilleur La Cordelière. Cet ancien torpilleur de classe La Melpomène devient à son arrivée en Indochine navire-amiral de la Flottille Côtière du Nord (FCN) chargée de missions de souveraineté avec pour équipement six jonques armées, quatre patrouilleurs de construction locale et deux canonnières fluviales, la canonnière Bassac à Hué sur la rivière des Parfums et le Tonle Sap sur le fleuve Rouge

-Aviso Lassigny utilisé comme ravitailleur de sous-marins

-Sous-marins Germinal et Thermidor (23ème DSM)
Forces Navales Françaises du Pacifique (FNFP)

Forces de souveraineté, la FNFP déploie ses forces à Nouméa sur le Caillou et à Papeete sur l’île de Tahiti. Elle dispose en septembre 1948 des navires suivants :

Sont basés à Nouméa les navires suivants :

Aviso colonial Rigault de Genouilly, navire-amiral des FNFP

Aviso colonial Rigault de Genouilly, navire-amiral des FNFP

-Aviso colonial Rigault de Genouilly _navire-amiral des FNFP_

-Patrouilleur La Poursuivante

-Canonnière L’Audacieuse

-Chasseurs de sous-marins CH-47 et CH-48

Sont basés à Papeete les navires suivants :

-Aviso colonial D’Iberville

-Patrouilleur La Bayonnaise

-Canonnière L’Etourdi

Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) QG Fort de France

Aviso colonial Bougainville

Aviso colonial Bougainville

-Avisos coloniaux Bougainville et Lapérouse (ce dernier est détaché en permanence à Cayenne)

-Patrouilleur Baliste

-Pétrolier Le Loing

-Remorqueur de 600ch Lamentin

-Remorqueurs de 750ch Baobab et Bruyère

16-Navires auxiliaires (1)

16°) NAVIRES AUXILIAIRES

A-Ravitailleur de sous-marins Jules Verne

Le Jules Verne

Le Jules Verne

Le sous-marin, un navire fragile

Comme vous le savez, l’entre-deux-guerre voit la France investir massivement pour se doter d’une flotte sous-marine et doit donc veiller à son soutien logistique. Or le sous-marin est un navire fragile qui ne peut pas embarquer de pièces détachées ni d’installations d’entretien même sommaire. Un navire de surface spécialisé est nécessaire.

En attendant un éventuel navire spécialisé, la Royale va utiliser des navires dont ce n’était pas la mission première comme le transport-hôpital Tourville lancé en 1884 sous le nom de Gironde mais rebaptisé Tourville en 1909, servant à l’école de canonnage jusqu’en 1914 avant de participer au premier conflit mondial comme navire-atelier. Rebaptisé Rhin en 1924, il est désarmé en 1933, coulé par une tempête en 1944 avant que l’épave renflouée ne soit démolie en 1946.

Le vieux cuirassé Marceau de 1887 va être également utilisé comme bâtiment-base de sous-marins à Brindisi au profit des sous-marins de l’Adriatique. D’autres navires vont être utilisés de manière plus occasionnelle, le navire-atelier Foudre, l’aviso Vitry le François et le pétrolier Durance.

Après avoir donc utilisé des navires dont ce n’était pas la mission première, la France décide de construire un navire connu à l’origine sous le nom de R1 et qui reçoit le nom de Jules Verne et qui est financé à la tranche 1926.

Carrière opérationnelle du Jules Verne

-Le Jules Verne est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient dans la Forme de Lanester le 3 juin 1929 mis à flot le 3 février 1931 et admis au service actif le 26 septembre 1932.

Affecté à la 2ème Escadre à Brest, il devient navire-amiral de la 2ème flottille de sous-marins le 10 juillet 1935,  passant en Méditerranée durant la guerre de Pologne en compagnie de la 2ème FSM et basé à Oran avec les sous-marins en question.

Il est redéployé à Brest au printemps 1940, quittant Oran le 15 mars 1940 pour rallier Brest le 20 mars afin de subir un grand carénage.

Du 23 mars au 9 mai 1940, il est échoué au bassin n°8 au Laninon pour subir un grand carénage qui se limite à une remise en état complète. Après des travaux complémentaires, il est armé pour essais  le 23 mai, sortant pour essais les 24 et 25 puis pour remise en condition du 27 mai au 3 juin 1940.

Basé à Brest, il sort très régulièrement pour soutenir les sous-marins, montant des bases avancées au mouillage dans le golfe de Gascogne ou en Manche voir jusqu’en Afrique.

La réorganisation de septembre 1940 ne change rien pour le Jules Verne qui reste navire-amiral des sous-marins de la flotte de l’Atlantique désormais regroupés au sein de la 5ème Escadre qui succède à la 4ème ESM.

Du 9 mars au 30 avril 1943, il est échoué au bassin n°8 du Laninon pour un grand carénage qui double une remise en état complète d’une modernisation de ses capacités (radars, DCA plus moderne).

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 15 mai 1943, sortant pour essais les 16 et 17 mai puis pour remise en condition du 19 au 27 mai 1943.

Le 25 septembre 1944, le Jules Verne quitte Brest en compagnie des sous-marins Casabianca Achille Persée de la 2ème DSM pour entrainement au large de Dakar. Le 5 octobre, à la hauteur du Cap Bojador, il font leur jonction avec le ravitailleur rapide L’Adour et les contre-torpilleurs Desaix Marceau Kléber de la 12ème DCT venus de Toulon, les huit navires ralliant Dakar le 9 octobre 1944.

Du 13 octobre au 5 novembre, les sous-marins de la 2ème DSM s’entrainent intensivement au large de la capitale de l’AOF notamment à des entrainements à la protection de convois, le convoi étant symbolisé par le Jules Verne qui est attaqué à la torpille et au canon de 100mm. Du 5 au 12 novembre 1944, le Jules Verne effectue l’entretien courant de ses trois protégés.

Du 12 novembre au 18 novembre, le Jules Verne reste à quai à Dakar avant de participer à l’exercice de synthèse du 20 novembre au 1er décembre. Le Jules Verne et la 2ème DSM quittent Dakar le 2 décembre pour rallier Brest le 9 décembre 1944 à l’aube.

Le 5 janvier 1945, le ravitailleur Jules Verne quitte Brest en compagnie du PRE La Seine, des sous-marins Agosta et Béveziers et des contre-torpilleurs Vautour Milan Epervier de la 6ème DCT.

Les deux sous-marins et le Jules Verne mouillent dans l’estuaire de la Loire puis les sous-marins appareillent pour intercepter La Seine escortés par la 6ème DCT (6 au 11 janvier), les sous-marins échouant à intercepter le convoi qui arrivent à Casablanca le 13 janvier 1945.

Les deux sous-marins effectuent un entrainement en duo du 18 au 25 janvier, se ravitaillant à Casablanca le 26 janvier avant de rallier les autres navires engagés dans cet exercice pour une escale commune à Bordeaux du 1er au 7 février, tous les navires rentrant à Brest le lendemain 8 février 1945.

Du 16 mars au 5 mai 1946, le Jules Verne est échoué dans le bassin n°8 du Laninon pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 21 mai 1946, sortant pour essais les 22 et 23 mai puis pour remise en condition du 25 mai au 3 juin 1948.

Le 25 août 1948, le Jules Verne quitte Brest en compagnie de la 8ème DSM pour rallier Dakar afin d’être prêt en cas d’éclatement du conflit.

Les quatre submersibles arrivent à Dakar en compagnie du Jules Verne le 2 septembre 1948, le ravitailleur débarquant du matériel pour renforcer la base sous-marine de Dakar avant de revenir à Brest en solitaire le 9 septembre 1948, se préparant à de nouvelles missions de soutien.

L’unique ravitailleur de sous-marin de la marine nationale _en attendant l’achèvement de l’Atlantide_ va quitter Brest escorté par deux corvettes pour rallier Rosyth où il doit appuyer les sous-marins français engagés dans la terrible campagne de Norvège.

Caractéristiques Techniques du Jules Verne

Déplacement : standard 4347 tW pleine charge 6340 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 122m (entre perpendiculaires) 115.06m largeur 17.20m tirant d’eau 6.75m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer dévellopant 7000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 16 noeuds distance franchissable 12000 miles nautiques à 15 noeuds 18500 miles nautiques à 11 noeuds

Armement : (origine) 4 canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples, 4 canons de 37mm modèle 1925 et 9 mitrailleuses de 8mm

(1948) 4 canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples, 8 canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles modèle 1943

Installations spécifiques :  Le Jules Verne devait pouvoir soutenir quatre sous-marins de 600 tonnes mouillés à couple. Il peut embarquer 350 tonnes de gazole, 85 tonnes d’huile, 10 tonnes d’eau de boisson, 25 tonnes d’eau distillée, 8 tonnes d’acide sulfurique, 1500 tonnes de pétrole et 10 tonnes d’alcool.

Il embarque également 220 obus de 100mm, 1200 coups de 37mm, 70 torpilles ou 56 torpilles et 50 mines, 30 jours de vivres pour neuf sous-marins, des consommables pour trois mois  et 10000 litres de vin

Six ateliers : optique, torpilles, mécanique, forge, charpentage et électricité

Capacité hôtellière : 14 premiers maitres et maitres, 35 seconds-maitres et 160 QMM soit 209 personnes. Equipage : 12 officiers, 54 officiers mariniers et 238 QMM soit 304 hommes

13-Sous-marins (40) sous-marins classe Phenix (4)

Le Pluviose

-Le Pluviose est  mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine Maritime (ACSM) du Trait le 5 septembre 1942 lancé le 12 décembre 1944 et mis en service le 12 septembre 1946.

Il rallie Dunkerque le lendemain et intègre la 16ème DSM dont il est l’un des trois éléments, les deux autres étant le Fructidor et le Brumaire.

Du 7 au 20 janvier 1948, les sous-marins Pluviose et Fructidor participent à l’entrainement du porte-avions Painlevé et de son escorteur, le cuirassé Lorraine.

La 16ème DSM quitte à nouveau Dunkerque le 8 avril pour un entrainement en mer du Nord en compagnie de la 8ème DCT.

Après un affrontement entre navires de surface et sous-marins du 8 au 17 avril, les trois sous-marins et les deux contre-torpilleurs font escale à Newcastle du 18 au 21 avril.

Reprenant la mer, les deux contre-torpilleurs escortent les sous-marins jusqu’à Dunkerque où les submersibles arrivent le 23 avril 1948.

Quand éclate la deuxième guerre mondiale le 5 septembre 1948, le sous-marin Pluviose est à la mer au large des Pays Bas. A l’annonce des bombardements allemands sur le Danemark, il reçoit l’ordre de patrouiller au large du Jutland.

Le Brumaire

-Le  Brumaire est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand le 7 septembre 1942 lancé le 21 juin 1944 et mis en service le 5 mai 1946.

Il rallie Dunkerque le lendemain et sa mise en service permet la réactivation de la 16ème DSM qui atteint son format définitif avec la mise en service du Pluviose.

Du 3 au 13 septembre 1947, le sous-marin Brumaire participe à un entrainement ASM au profit du contre-torpilleur Cassard de la 8ème DCT.

La 16ème DSM quitte à nouveau Dunkerque le 8 avril pour un entrainement en mer du Nord en compagnie de la 8ème DCT.

Après un affrontement entre navires de surface et sous-marins du 8 au 17 avril, les trois sous-marins et les deux contre-torpilleurs font escale à Newcastle du 18 au 21 avril.

Reprenant la mer, les deux contre-torpilleurs escortent les sous-marins jusqu’à Dunkerque où les submersibles arrivent le 23 avril 1948.

Le 5 septembre 1948, le Brumaire est à quai entre deux patrouilles. Ne devrant reprendre la mer que le 12 septembre, il accélère néanmoins sa remise en condition et peut appareiller dès le 7 septembre 1948 au matin.

Le Germinal

-Le Germinal est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine-Maritime (ACSM) du Trait le 20 septembre 1942 lancé le 12 janvier 1945 et mis en service le 4 juillet 1946.

Le Germinal est provisoirement rattaché à la 5ème Escadre, ralliant Brest le 5 juillet 1946 en compagnie du ravitailleur Lassigny. Ils sont rejoints le 16 février 1947 par le Thermidor ce qui permet l’activation de la 23ème DSM.

Le 19 février 1947, la 23ème DSM et le Lassigny quittent Brest pour rallier Haïphong en Indochine, leur nouveau port d’attache. Ils font escale à Fort de France du 26 au 28 février, à Kingston le 3 mars, franchissent le canal de Panama les 7 et 8 mars avant de basculer dans le Pacifique.

Ils font ensuite escale à Pearl Harbor du 17 au 21 mars, à Wake le 26 mars, à Guam le 29 mars, à Cavite en baie de Manille 5 avril avant de rallier Haïphong le 11 avril après presque deux mois de mer.

Ils passent au bassin à Cam-Ranh du 13 avril au 2 mai 1947 pour inspection et travaux rendus nécessaires par une si longue traversée. Ils sortent pour essais le 3 mai puis effectuent une brève remise en condition du 5 au 12 mai date de leur retour à Haïphong.

Du 25 octobre au 2 novembre 1947, les deux sous-marins de la 23ème DSM effectuent un entrainement commun avec les torpilleurs légers Le Savoyard Le Niçois Le Béarnais et Le Catalan de la 7ème DT. Un entrainement similaire à lieu du 8 au 13 février 1948.

Quand la guerre éclate à nouveau en Europe en septembre 1948, la 23ème DSM en est informée et reçoit des consignes de vigilance, le Japon pouvant profiter de l’occasion pour attaquer l’Indochine mais l’Extrême-Orient reste calme.
Le Thermidor

-Le Thermidor est  mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 12 janvier 1943 lancé le 1er décembre 1945 et mis en service le 15 février 1947 à Cherbourg.

Il rallie Brest le lendemain 15 février 1947 et le 19 février, appareille en compagnie du Germinal et du Lassigny pour l’Indochine et plus particulièrement Haïphong où il arrive le 11 avril 1947.

Le Thermidor et le Germinal passent au bassin à Cam-Ranh du 13 avril au 2 mai 1947 pour inspection et travaux rendus nécessaires par une si longue traversée. Ils sortent pour essais le 3 mai puis effectuent une brève remise en condition du 5 au 12 mai date de leur retour à Haïphong.

Du 25 octobre au 2 novembre 1947, les deux sous-marins de la 23ème DSM effectuent un entrainement commun avec les torpilleurs légers Le Savoyard Le Niçois Le Béarnais et Le Catalan de la 7ème DT. Un entrainement similaire à lieu du 8 au 13 février 1948.

Quand la guerre éclate à nouveau en Europe en septembre 1948, la 23ème DSM en est informée et reçoit des consignes de vigilance, le Japon pouvant profiter de l’occasion pour attaquer l’Indochine mais l’Extrême-Orient reste calme.

Caractéristiques Techniques de la classe Phenix

Déplacement : surface 925 tonnes plongée 1202 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 74.9m largeur 6.5m tirant d’eau 4m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer ou Schneider de 1500ch et deux moteurs électriques de 635ch entrainant deux lignes d’arbre

Performances : vitesse maximale en surface 16.5 noeuds en plongée 9 noeuds Rayon d’action en surface 3300 miles nautiques à 10 noeuds en plongée 70 miles nautiques à 5 noeuds Immersion maximale 100m

Armement : un canon de 100mm modèle 1934, un affût double de 25mm pour la défense antiaérienne et dix tubes lance-torpilles de 550mm (quatre tubes à l’étrave, deux à l’arrière et deux tourelles mobiles derrière le kiosque)

Equipage : 46 hommes (4 officiers, 9 officiers mariniers et 33 quartiers maitres et matelots).

13-Sous-marins (30) sous-marins classe Rolland Morillot (7)

Le Wallis et Futuna

Carte de Wallis et Futuna

Carte de Wallis et Futuna

-Le Wallis & Futuna est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 4 juin 1946 lancé le 23 décembre 1947 et mis en service le 17 août 1948.

Il quitte Cherbourg le 18 août 1948 et rallie seul Brest où il est affecté à la 22ème DSM de la 5ème Escadre. Il appareille pour sa première patrouille le 25 août et était toujours à la mer onze jours plus tard alors que le second conflit mondial venait d’éclater.

Le St Pierre et Miquelon

Carte de Saint Pierre et Miquelon

Carte de Saint Pierre et Miquelon

-Le  Saint Pierre et Miquelon est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 3 novembre 1945 lancé le 18 octobre 1947 et mis en service le 12 juillet 1948

Le même jour à Cherbourg, le Mayotte est mis en service ce qui permet l’activation de la 22ème DSM. A l’origine cette division devait rallier l’Indochine et renforcer les FNEO mais devant les tensions régnant en Europe, il est décidé d’affecter cette division à la 5ème Escadre. Ils vont rallier Brest sans escorte le 13 juillet 1948.

Il s’entraîne en mer d’Iroise puis appareille le 31 août pour une patrouille en mer du Nord, relevant le  Mayotte pour une patrouille du temps de paix qui bascule dans la guerre dès le 5 septembre 1948.

Le Clipperton

Clipperton

Clipperton

-Le Clipperton est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 4 octobre 1945 lancé le 12 octobre 1947 et mis en service le 21 août 1948.

Il rallie Bizerte en solitaire, faisant escale à Casablanca le 26 août avant d’arriver à Bizerte le 3 septembre 1948, se préparant aussitôt à une première patrouille qui sera de guerre.

Caractéristiques Techniques de la classe Rolland Morillot

Déplacement : surface 1810 tW en plongée 2417 tW

Dimensions : longueur 102.50m largeur 8.32m Tirant d’eau 4.8m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer de 6000ch et deux moteurs électriques deux hélices

Performances : vitesse maximale 22 noeuds en surface 9.5 noeuds en plongée Rayon d’action 4000 miles nautiques à 12 noeuds Immersion : 80m

Armement : un canon de 100mm modèle 1934 avec 200 obus, deux mitrailleuses de 13.2mm en affût double puis un affût double de 25mm, 10 tubes lance-torpilles de 550mm (4 tubes à l’étrave et deux plate-formes orientables triples), nombre qui passe à 13 tubes à partir de La Martinique avec une tourelle triple supplémentaire.

Equipage : 70 officiers et marins

13-Sous-marins (29) sous-marins classe Rolland Morillot (6)

Le Mayotte

Mayotte

Mayotte

-Le Mayotte est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine Maritime (ACSM) au Trait le 5 septembre 1946 lancé le 12 décembre 1947 et mis en service le 12 juillet 1948.

Le même jour à Cherbourg, le Saint Pierre et Miquelon est mis en service ce qui permet l’activation de la 22ème DSM.

A l’origine cette division devait rallier l’Indochine et renforcer les FNEO mais devant les tensions régnant en Europe, il est décidé d’affecter cette division à la 5ème Escadre.

Ils vont rallier Brest sans escorte le 13 juillet 1948. Au 5 septembre 1948, le Mayotte venait de rentrer à Brest après sa patrouille après avoir été relevé en mer du Nord par le Saint Pierre et Miquelon. Il prépare aussitôt sa première patrouille de guerre.

Le Nouvelle Calédonie

Carte de la Nouvelle-Calédonie

Carte de la Nouvelle-Calédonie

-Le Nouvelle Calédonie  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine Maritime (ACSM) du Trait le 22 mars 1946 lancé le 8 octobre 1947 et mis en service le 4 août 1948. Il est affecté à la 22ème DSM.

Le 15 août 1948, il appareille pour sa première patrouille qui doit l’occuper jusqu’au 5 septembre 1948, patrouille qui l’envoie en mer du Nord. A l’annonce du bombardement allemand sur Oslo, il reçoit l’ordre de rallier Dunkerque pour se ravitailler en carburant, vivres et munitions pour faire sa patrouille de guerre.

Le Tromelin

Tromelin

Tromelin

-Le Tromelin est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine-Maritime (ACSM) au Trait le 8 février 1945 lancé le 21 janvier 1947 et mis en service le 12 décembre 1947.

Il quitte Cherbourg le 13 décembre en compagnie du mouilleur de mines Pollux pour rallier Bizerte, faisant escale à Casablanca du 15 au 18 décembre avant d’arriver à Bizerte le 27 décembre 1947.

Affecté à la 10ème DSM, il participe avec le sous-marin Aber Wrach à un entrainement commun avec les croiseurs légers La Galissonnière Jean de Vienne et La Marseillaise de la 2ème DC et l’armée de l’air.

Le 5 septembre 1948, le Tromelin était à quai. A l’annonce des bombardements allemands en Scandinavie, il reçoit l’ordre de mise en alerte, prêt à appareiller en cas de besoin.

13-Sous-marins (26) sous-marins classe Rolland Morillot (3)

Le Kerguelen

Carte de l'île de Kerguelen

Carte de l’île de Kerguelen

-Le Kerguelen est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 14 janvier 1941 lancé le 12 juillet  1943 et mis en service le 12 janvier 1945.

Le 12 janvier 1945, il est rejoint en grande rade l’aviso-dragueur La Batailleuse. Les deux navires quittent Cherbourg le lendemain  et arrivent à Brest le 14 janvier à l’aube. Il est aussitôt affecté à la 25ème DSM où il retrouve ses sister-ships Ile de Ré et Ile d’Yeu.

Du 20 au 27 avril 1945, le Kerguelen participe avec l’Ile de Re à l’entrainement ASM de la 3ème Division de Contre-Torpilleurs. La 25ème DSM devient 6ème DSM le 27 octobre 1945 à une époque où le sous-marin La Guadeloupe à permis à la division d’atteindre son format définitif.

Du 10 au 15 avril 1946, le sous-marin Kerguelen participe à l’exercice «Entente Cordiale 46» en compagnie de ses compères Rolland Morillot Ile de France et La Guadeloupe.

Du 28 octobre au 7 novembre 1947, les contre-torpilleurs Dupetit-Thouars et Du Chayla effectuent un entrainement anti-sous-marin avec comme plastron les sous-marins Kerguelen et La Guadeloupe

Du 10 mars au 20 mai 1948, le sous-marin Kerguelen est échoué dans le bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg pour son premier grand carénage.  Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 4 juin 1948. Ses essais réglementaires ont lieu du 5 au 7  et sa remise en condition du 9 au 23 juin 1948. Sa première patrouille post-carénage à lieu du 30 juin au 8 juillet 1948.

Quand les allemands lancent l’opération Weserübung le 5 septembre 1948, le Kerguelen venait d’appareiller pour un exercice dans le golfe de Gascogne. L’exercice est interrompu et le sous-marin rentre à Brest pour se ravitailler en carburant et en vivres pour effectuer sa première mission de guerre.

Le Crozet

Carte de l'île de Crozet

Carte de l’île de Crozet

-Le Crozet est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 20 octobre 1941 lancé le 12 janvier 1944 et mis en service le 4 juin 1945

Le Crozet et La Réunion admis au service actif le même jour permettent la réactivation de la 3ème DSM. Le 5 juin 1945, division appelée à être basée à Toulon, intégrant la 3ème escadrille et donc par voie de conséquence la 1ère flottille de sous-marins (1ère FSM).

Le 6 juin 1945, le mouilleur de filets Gladiateur arrive à Cherbourg pour escorter les deux sous-marins jusqu’à Toulon. La petite escadre quitte le port bas-normand le 7 juin, fait escale à Casablanca du 12 au 15 juin puis arrive à Toulon le 20 juin 1945 à l’aube.

Du 1er au 13 juillet 1945, le sous-marin Crozet participe à l’exercice «Némo» en compagnie des sous-marins La Réunion Le Glorieux Le Tonnant L’Antigone et L’Aurore.

Du 25 août au 7 septembre 1945, le Crozet participe à un entrainement commun au croiseur lourd Algérie et aux sous-marins Le Héros et L’Espoir.

Le 4 mars 1946, l’Ile d’Oleron arrive à Toulon, renforçant la 3ème DSM qui atteint donc quasiment son format définitif. Le Crozet et La Réunion participent ensuite à un entrainement ASM des contre-torpilleurs Desaix et Kléber du 14 au 22 mars 1946.

Le 13 février 1947, le sous-marin Belle-Ile arrive à Toulon ce qui permet à la 3ème DSM d’atteindre son format définitif.

Du 7 au 17 mai 1947, les sous-marins Crozet et La Réunion participent à l’entrainement anti-sous-marin des contre-torpilleurs Bayard Du Guesclin et Turenne.

Après un exercice commun de la 3ème DSM avec les trois contre-torpilleurs de la 5ème DCT, Le Crozet et La Réunion vont subir un grand carénage. Les deux sous-marins sont hissés sur le slipway du Mourillon le 11 juin 1948.

Les travaux étaient censés durer jusqu’au 20 septembre mais devant l’imminence du conflit, ce grand carénage est accélérer.

Ce qui est sur c’est que Le Crozet est armé pour essais dès le 24 août, sortant pou essais le 25 août et effectuant une remise à condition à minima du 26 août au 3 septembre, étant déclaré disponible le……….5 septembre 1948 tout comme son sister-ship La Réunion.

Le Belle-Ile

Carte de Belle-Île

Carte de Belle-Île

-Le Belle-Ile est  mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 15 juillet 1943 lancé le 12 septembre 1945 et mis en service le 30 janvier 1947.

Le 1er février 1947, le sous-marin Belle-Ile quitte Cherbourg en compagnie du Gladiateur pour rallier Toulon, faisant escale à Casablanca du 7 au 10 février, ralliant Toulon le 13 février 1947, intégrant la 3ème DSM en compagnie de ses sister-ships La Réunion Crozet et Ile d’Oleron.

Du 7 au 17 avril 1947, les sous-marins Belle-Ile et Ile d’Oleron participent à l’entrainement anti-sous-marin des torpilleurs d’escadre Le Hardi et L’Epée, ces derniers qui assurent la protection du croiseur de bataille Dunkerque étaient privés de leur protégé alors en grand carénage.

Quand le second conflit mondial éclate en Scandinavie, le sous-marin Belle-Ile avait appareillé pour une patrouille en Méditerranée. Informé des bombardements allemands, il reçoit l’ordre de surveiller attentivement les mouvements des navires italiens stationnés à La Spezia.

L’Ile d’Oleron

Image satellitaire de l'Ile d'Oleron

Image satellitaire de l’Ile d’Oleron

-L’Ile d’Oleron est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 4 mars 1943 lancé le 4 février 1945 et mis en service le 25 février 1946

L’Ile d’Oleron quitte Cherbourg le 25 février 1946 en compagnie de l’aviso-dragueur Commandant Dominé pour rallier Toulon, se ravitaillant le 1er mars à Casablanca avant de rallier Toulon le 4 mars et de rejoindre ses sister-ships La Réunion et Crozet au sein de la 3ème DSM.

Du 20 mars au 21mai 1946, l’Ile d’Oleron accompagne La Réunion dans une croisière en URSS en compagnie du cuirassé Alsace, du croiseur lourd Saint Louis, des torpilleurs d’escadre Mameluk et Casque et le pétrolier ravitailleur Liamone.

Du 7 au 17 avril, il participe en compagnie du Belle-Ile à l’entrainement anti-sous-marin des torpilleurs d’escadre Le Hardi et L’Epée.

Le 5 septembre 1948, l’Ile d’Oleron était à la mer en Mer Tyrrhénienne. Averti des bombardements allemands, elle reçoit des consignes de vigilance, notamment de suivre les mouvements de la flotte italienne.

13-Sous-marins (25) sous-marins classe Rolland Morillot (2)

La Réunion

Carte de l'île de la Réunion

Carte de l’île de la Réunion

-La Réunion est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 16 novembre 1940 lancé le 24 septembre 1943 et mis en service le 4 juin 1945 en même temps que son sister-ship Crozet.

La mise en service de ces deux navires permet la réactivation de la 3ème DSM, division appelée à être basée à Toulon, intégrant la 3ème escadrille et donc par voie de conséquence la 1ère flottille de sous-marins (1ère FSM).

Le 6 juin 1945, le mouilleur de filets Gladiateur arrive à Cherbourg pour escorter les deux sous-marins jusqu’à Toulon. La petite escadre quitte le port bas-normand le 7 juin, fait escale à Casablanca du 12 au 15 juin puis arrive à Toulon le 20 juin 1945 à l’aube.

Du 1er au 13 juillet 1945, La Réunion participe à l’exercice «Némo» en compagnie des sous-marins Le Glorieux Le Tonnant Crozet Antigone et Aurore.

Le 25 février 1946, L’Ile d’Oleron est mis en service même si il ne retrouvera ses compères de la 3ème DSM que le 4 mars, date de son arrivée à Toulon.

Du 20 mars au 21 mai 1946, La Réunion accompagné de l’Ile Oleron participe à la croisière en URSS, accompagnant le cuirassé Alsace, le croiseur lourd Saint Louis, le pétrolier-ravitailleur Liamone et les torpilleurs d’escadre Mameluk et Casque.

Le 30 janvier 1947, le Belle-Ile est mis en service et quand il arrive à Toulon le 13 février suivant, il  permet à la 3ème DSM d’atteindre son format définitif à quatre sous-marins.

Du 7 au 17 mai 1947, les sous-marins La Réunion et Crozet participent à un entrainement ASM en servant de plastron pour les contre-torpilleurs Bayard Du Guesclin et Turenne de la 2ème DCT.

Du 16 au 24 mars 1948, La Réunion sert de plastron aux torpilleurs d’escadre Mousquet et Bombardier pour entrainer ces deux navires de classe Intrépide à la lutte ASM alors que leur protégé, le cuirassé Alsace subissait un petit carénage à Bizerte.

Les trois navires mouillent aux salins d’Hyères du 25 mars au 2 avril avant de rentrer à Toulon le lendemain.

Après un exercice commun de la 3ème DSM avec les trois contre-torpilleurs de la 5ème DCT, La Réunion et Le Crozet vont subir un grand carénage. Les deux sous-marins sont hissés sur le slipway du Mourillon le 11 juin 1948.

Les travaux étaient censés durer jusqu’au 20 septembre mais devant l’imminence du conflit, ce grand carénage est accéléré.

Ce qui est sur c’est que La Réunion est armé pour essais dès le 24 août, sortant pou essais le 25 août et effectuant une remise à condition à minima du 26 août au 3 septembre, étant déclaré disponible le……….5 septembre 1948 tout comme son sister-ship Crozet.

L’Ile de France

Carte de l'Ile de France

Carte de l’Ile de France

-L’Ile de France  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Nantes en même temps que l’Ile de Ré le 25 septembre 1941 et lancés le 12 janvier 1943

Les deux sous-marins quittent Nantes le 14 mars 1944 accompagnés par l’aviso-hydrographe Beautemps-Beaupré pour rallier Cherbourg le lendemain 15 mars 1944. Ils sont mis au bassin du 16 mars au 4 avril 1944 pour parfaire leur mise au point.

L’Ile de France et l’Ile de Ré sont mis en service le 12 août 1944. Le lendemain 13 août, ils quittent Cherbourg en compagnie du Beautemps-Beaupré, les trois navires ralliant Brest dans la soirée.

Les deux jumeaux se séparent alors. Si le sous-marin Ile de France est affecté à la 24ème DSM, l’Ile de Ré lui rejoint la 25ème DSM. Le 9 août 1945, la 24ème DSM devient 4ème DSM.

Du 10 au 15 avril 1946, il participe au large des côtes françaises à l’exercice «Entente Cordiale 46» en compagnie des sous-marins Rolland Morillot Kerguelen et La Guadeloupe.

Du 12 janvier au 21 mars 1948, le sous-marin Ile de France est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Cherbourg pour grand carénage. Armé pour essais le 3 avril, il effectue ses essais réglementaires les 4 et 5 avril puis sa remise en condition du 7 au 21 avril 1948.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, L’Ile de France était en plein exercice en Manche. Il rallie aussitôt Dunkerque où il se ravitaille en carburant, vivres et torpilles pour pouvoir faire face à toutes les éventualités.

L’Ile de Ré

vue aérienne de l'Ile de Ré

vue aérienne de l’Ile de Ré

-L’Ile de Ré  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Nantes en même temps que l’Ile de France le 25 septembre 1941 et lancés le 12 janvier 1943

Les deux sous-marins quittent Nantes le 14 mars 1944 accompagnés par l’aviso-hydrographe Beautemps-Beaupré pour rallier Cherbourg le lendemain. Ils sont mis au bassin du 16 mars au 4 avril 1944 pour parfaire leur mise au point.

L’Ile de Ré et L’Ile de France sont mis en service le 12 août 1944. Le lendemain 13 août, ils quittent Cherbourg en compagnie du Beautemps-Beaupré, les trois navires ralliant Brest dans la soirée.

Les deux jumeaux se séparent alors. Si le sous-marin Ile de France est affecté à la 24ème DSM, l’Ile de Ré lui rejoint la 25ème DSM.

Du 29 septembre au 7 octobre 1945  l’Ile de Ré participe avec son compère Ile d’Yeu à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Guépard et Lion. Le 27 octobre 1945, la 25ème DSM est renumérotée 6ème DSM.

Du  2 octobre au 12 décembre 1947, le sous-marin Ile de Ré est échoué dans le bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg pour son premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 26 décembre 1947, exécutant ses essais réglementaires du 27 au 29  puis sa remise en condition du 2 au 16 janvier 1948.

Du 5 au 10 mai 1948, L’Ile de Ré participe avec l’Ile d’Yeux à l’exercice franco-britannique «Entente Cordiale 48».

Quand les allemands bombardent la Norvège et le Danemark le 5 septembre 1948, l’Ile de Ré avait appareillé le 1er septembre pour un patrouille dans l’Atlantique Sud à la recherche des raiders allemands qu’il devait pister et détruire uniquement en cas de guerre.

Il reçoit alors de rallier Fort de France pour charger carburant, munitions (il avait réalisé des tirs d’entrainement durant le transit) et vivres et de se tenir prêt.

L’Ile d’Yeux

Vue aérienne de l'Ile d'Yeux

Vue aérienne de l’Ile d’Yeux

-L’Ile d’Yeu est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Nantes le 20 octobre 1941 lancé le 2 février 1943 et mis en service le 12 septembre 1944.

Le 13 septembre 1944, l’aviso-dragueur La Capricieuse arrive de Brest pour escorter le nouveau sous-marin à Brest. Ils quittent Cherbourg le 14 septembre à l’aube et arrivent en début de soirée.

L’arrivée de l’Ile d’Yeux permet l’activation de la 25ème DSM composée de l’Ile de Ré et de l’Ile d’Yeux, attendant la mise en service des sous-marins Kerguelen et La Guadeloupe.

Du 20 au 27 avril 1945, l’Ile de Ré accompagné du Kerguelen participent à l’entrainement des contre-torpilleurs Panthère Lynx et Tigre de la 3ème DCT. Il participe ensuite avec l’Ile de Ré à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Guépard et Lion.

Le 27 octobre 1945, la 25ème DSM qui à atteint son format définitif à quatre sous-marins est renumérotée 6ème DSM. Elle reste rattachée à la 5ème Escadre.

Du 13 décembre 1947 au 20 février 1948, le sous-marin Ile d’Yeux est échoué au bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg pour son premier grand carénage limité à une remise en état complète et quelques travaux de mise à niveau des transmissions et de l’électronique.

Après une période de travaux complémentaires à quai, l’Ile d’Yeux est armé pour essais le 4 mars 1948, effectuant ses essais réglementaires du 5 au 7  puis sa remise en condition du 9 au 23 mars 1948.

Du 5 au 10 mai 1948, les sous-marins Ile de Ré et Ile d’Yeux participent à l’exercice «Entente Cordiale 48» au large des îles britanniques.

Le 5 septembre 1948, quand les allemands bombardent la Norvège et le Danemark, l’Ile d’Yeux à appareillé deux jours plutôt pour une patrouille au large des ports allemands. Il reçoit l’ordre de pister la flotte allemande et de couler tout navire portant pavillon allemand, qu’il soit civil ou militaire.

13-Sous-marins (24) sous-marins classe Rolland Morillot (1)

J-Sous-marins de 1ère classe type Rolland Morillot (Z2)

De nouveaux sous-marins pour la marine nationale

Schéma simplifié des Rolland Morillot

Schéma simplifié des Rolland Morillot

Durant le premier conflit mondial, les constructions navales dans notre pays ont été pour ainsi dire stoppées. Les besoins de l’armée de terre primant sur ceux de la marine, les Arsenaux avaient du produire des munitions et des fournitures pour les poilus plus que des navires.

Certes, il y eut bien des avisos, des patrouilleurs et des canonnières de construit mais des navires ne réquerant pas autant de technicité qu’un sous-marin ce qui explique que la reprise de la construction des submersibles après le premier conflit mondial à été laborieuses, un délai de quatre à six ans séparant la mise sur cale de l’admission au service actif.

Constatant ce délai, l’amirauté anticipa dès le début des années trente le remplacement des 1500 tonnes alors que tous _loin s’en faut_ n’étaient pas encore en service. Un projet «R» avait même été étudié dès 1927 nous donnant un sous-marin de 1400 tonnes mais aucune des quatre variantes ne fût au final construite.

Au final ce n’est que le 29 avril 1936 que les plans d’un nouveau sous-marin de grande patrouille sont arrêtés, le projet retenu baptisé «Z2» est l’œuvre de l’ingénieur général Paoli qui à succédé à l’ingénieur général Roquebert qui avait dessiné les sous-marins type Requin et Redoutable/Pascal.

Ces nouveaux sous-marins déplacent 1800 tonnes, cette prise de poids s’expliquant par un grand nombre d’améliorations : diesels plus puissants et donc en partie plus lourds, armement plus puissant (canon de 100mm d’un nouveau modèle avec possibilité d’y embarquer un canon de 130mm, calibre des torpilles unique soit 550mm avec une augmentation du nombre des torpilles de réserve), une autonomie plus importante, un appareillage d’écoute et des optiques plus performantes……… . Plus important, les Z2 adoptaient la soudure pour la coque épaisse ce qui renforçait leur résistance au grenadage.

Un premier sous-marin baptisé Rolland Morillot est financé à la tranche 1934. Il suivit d’un deuxième au contingent 1937 (La Praya), un troisième à la tranche 1938 (La Martinique) et un quatrième à la tranche 1938bis (La Guadeloupe La Réunion), ces cinq sous-marins devant être construits par l’Arsenal de Cherbourg.

A noter que sur le plan purement technique, à partir du Rolland Morillot n°3 (La Martinique), ces submersibles disposaient de treize tubes lance-torpilles au lieu de dix.

Le renouvellement s’accélère avec le décret-loi du 1er avril 1940 qui finance la construction de six nouveaux submersibles baptisés Ile de France Ile de Ré Ile d’Yeu Kerguelen Crozet Belle-Ile dont la construction est confiée pour les trois premiers aux ACL de Nantes et à l’Arsenal de Cherbourg pour les trois suivants.

L’impulsion est encore accéléré par le programme naval de 1941 qui finance un total de quinze submersibles de type Rolland Morillot en trois tranches inégales.

La tranche 1943 autorise et finance trois sous-marins baptisés  ( Ile d’Oleron Ile de Brehat Ile d’Aix) dont la construction est répartie entre l’Arsenal de Cherbourg (les deux premiers) et l’Arsenal de Brest pour le troisième.

La  tranche 1944 finance six autres submersibles (Saint Marcouf; Ile de Molène; Aber Wrach; Ile de Batz; Ile de Porquerolles et Ile d’If), une tranche normande puise la construction est repartie entre les chantiers A. Normand du Havre (Saint Marcouf Aber Wrach Ile de Porquerolles) et les chantiers Worms (ACSM) (Molène Ile de Batz Ile d’If).

La tranche 1945 finance six nouveaux «1800 tonnes» (Mayotte Nouvelle Calédonie Tromelin Wallis et Futuna Clipperton et St Pierre et Miquelon), une autre tranche normande sauf que cette fois la construction est répartie entre les chantiers Worms du Trait (Mayotte Nouvelle Calédonie Tromelin) et l’Arsenal de Cherbourg (Wallis & Futuna Clipperton St Pierre & Miquelon)

27 submersibles de type Rolland Morillot sont donc commandés auxquels s’ajoutent un total de quatre sous-marins d’un type approchant mais dont les différences sont suffisament grandes pour justifier l’existence d’une classe autonome (canon de 130mm, diesels et batteries plus puissants).

Le Rolland Morillot

Rolland Morillot mort à bord du sous-marin Monge en 1915

Rolland Morillot mort à bord du sous-marin Monge en 1915

-Le Rolland Morillot est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 1er décembre 1937 lancé le 15 septembre 1940 et mis en service le 17 février 1942.

Le 18 février 1942, l’aviso-dragueur La Capricieuse arrive à Cherbourg. Il va assurer l’escorte en surface du nouveau sous-marin en direction de Brest son port d’attache. Les deux navires quittent Cherbourg le 19 février au matin et arrivent à Brest dans la soirée.

Le Rolland Morillot est placé hors rang au sein de la 5ème Escadre et ce jusqu’au 14 mai 1943 quand l’admission au service actif de son sister-ship La Praya permet l’activation de la 24ème Division de Sous-Marins.

Cette division est renforcée par l’admission au service actif de La Martinique le 5 octobre 1943 et atteint son format définitif le 12 août 1944 quand l’Ile de France est à son tour admis au service actif.

Du 12 février au 15 mai 1945, le Rolland Morillot est échoué dans le bassin n°1 de l’Arsenal de Cherbourg pour son premier grand carénage.

Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 25 mai, réalisant ses essais réglementaires du 26 au 29, le mauvais temps ayant perturbé le programme prévu pour se dérouler sur deux jours.

Il réalise sa remise en condition en Manche du 1er au 15 juin avant de rallier Brest, le premier «1800 tonnes» effectuant sa première patrouille post-carénage du 22 juin au 10 juillet.

Du 7 au 15 août 1945, le Rolland Morillot participe avec ses compères La Praya et La Martinique à  un exercice ASM au large de Dakar en compagnie du porte-avions Painlevé.

Du 16 au 23 novembre 1945, il sert de plastron pour l’entrainement ASM des torpilleurs d’escadre L’Intrepide et Le Téméraire, les trois navires faisant escale à Lorient du 24 au 27 novembre avant de rallier Brest le lendemain.

Le 9 août 1945, la 24ème DSM est renumérotée 4ème DSM.

L’année suivante du 10 au 15 avril 1946, il participe à l’exercice «Entente Cordiale 46» en compagnie de son compère Ile de France mais également des sous-marins Kerguelen et La Guadeloupe de la 6ème DSM, récidivant l’année suivante pour «Entente Cordiale 47» en compagnie cette fois de son sister-ship La Guadeloupe et du Casabianca.

Du  22 mars au 1er juillet 1948, le Rolland Morillot est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Cherbourg pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 12 juillet 1948, réalisant ses essais réglementaires du 13 au 15  puis sa remise en condition du 17 au 31 juillet.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, le Rolland Morillot achèvait une patrouille en mer du Nord. Il rallie alors Rosyth en Grande Bretagne où il va recompléter ses soutes en carburant, vivres et munitions auprès d’un cargo français qui supplé le Jules Verne alors à Dakar.

La Praya

-La Praya  est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 2 novembre 1938 lancé le 5 octobre 1941 et mis en service le 14 mai 1943.

Le 15 mai 1943, l’aviso-dragueur La Boudeuse venu de Brest arrive à Cherbourg pour escorter le sous-marin La Praya jusqu’à Brest où les deux navires arrivent le lendemain à l’aube, le mauvais temps ayant retardé la traversée.

Son admission au service actif permet l’activation de la 24ème Division de Sous-Marins (24ème DSM), division rattachée à la 5ème Escadre (Flotte de l’Atlantique). Cette division est renforcée par l’admission au service actif de La Martinique le 5 octobre 1943 et atteint son format définitif le 12 août 1944 quand l’Ile de France est à son tour admis au service actif.

Du 16 au 28 avril 1945, le sous-marin La Praya participe à l’entrainement anti-sous-marin du contre-torpilleur Bison. Il participe ensuite du 7 au 15 août à un entrainement ASM au large de Dakar en compagnie du porte-avions Painlevé et de ses compères Rolland Morillot et La Martinique.

Du 7 juin au 18 septembre 1946, La Praya est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Cherbourg pour son premier grand carénage.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 1er octobre, sortant pour essais du 2 au 4  puis pour remise en condition du 6 au 20 octobre 1946. Rentré à Brest le 21, il sort pour sa première patrouille post-carénage du 28 octobre au 13 novembre 1946.

Du 16 au 23 février 1947, il sert de plastron pour l’entrainement anti-sous-marin des torpilleurs d’escadre Cimeterre et Arquebuse. Ces derniers qui assurent l’escorte du porte-avions Painlevé étaient orphelins de protégé, le sister-ship du Joffre étant immobilisé pour grand carénage.

Quand le second conflit mondial éclate, le sous-marin La Praya était à quai à Brest pour préparer un déploiement aux Antilles. Ce déploiement est suspendu à l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège et le Danemark.

La Martinique

Carte de la Martinique

Carte de la Martinique

-La Martinique est mise sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 15 juin 1939 lancé le 12 janvier 1942 et mis en service le 5 octobre 1943.

A son admission au service actif, il est affecté à la 24ème DSM basée à Brest. Il quitte Cherbourg le 6 octobre 1943 en compagnie de l’aviso-hydrographe Beautemps Beaupré avec lequel il rallie Brest le lendemain.

Du 7 au 15 août 1945, La Martinique participe à un exercice ASM au large de Dakar en compagnie du porte-avions Painlevé et de ses sister-ships et compères Rolland Morillot et La Praya. Alors que La Martinique est en manoeuvre à Dakar, la 24ème DSM est renumérotée 4ème DSM.

Du 19 septembre au 27 décembre 1946, le sous-marin La Martinique est échoué dans le bassin n°1 pour son premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 15 janvier 1947, sortant ensuite pour essais du 16 au 18 puis pour remise en condition du 20 janvier au 3 février 1947. Rentré à Brest le 4 février, il effectue sa première patrouille post-carénage du 11 février au 1er mars 1947.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, La Martinique était en Manche pour relever en mer du Nord son compère Rolland Morillot. Il reçoit l’ordre de rallier Dunkerque pour embarquer un complément de carburant et de vivres avant de rallier Rosyth.

La Guadeloupe

Carte de la Guadeloupe

Carte de la Guadeloupe

-La Guadeloupe est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 7 novembre 1940 lancé le 12 septembre 1943 et mis en service le 1er mai 1945.

Le 2 mai 1945, l’aviso-dragueur L’Impétueuse arrive à Cherbourg pour escorter à Brest le sous-marin récemment mis en service. Les deux navires arrivent à Brest en fin de soirée.

Le sous-marin La Guadeloupe est affecté à la 25ème DSM, division activée en septembre 1944 quand l’Ile de Ré est rejointe par Ile d’Yeu, les deux sous-marins «nantais» étant rejoints en janvier 1945 par le sous-marin Kerguelen qui lui avait été construit à Cherbourg. Cette division est renumérotée 6ème DSM le 27 octobre 1945.

Du 10 au 15 avril 1946, La Guadeloupe participe à «Entente Cordiale 46» en compagnie de ses sister-ships Rolland Morillot Ile de France et Kerguelen, récidivant l’année suivante pour l’édition 47 à laquelle participent également les sous-marins Rolland Morillot et Casabianca (1er au 21 juin)

Entre-temps, le sous-marin La Guadeloupe à participé à l’entrainement ASM du torpilleur d’escadre Voltigeur du 10 au 17 février 1947 avant de faire de même avec les contre-torpilleurs Dupetit-Thouars et Du Chayla de la 3ème DCT avec cette fois le concours de son compère Kerguelen et ce du 28 octobre au 7 novembre 1947.

Du 21 mai au 31 août 1948, La Guadeloupe subit son premier grand carénage, étant échoué au bassin n°2 de  l’Arsenal de Cherbourg, subissant une remise en état complète.

Le déclenchement du second conflit mondial le surprend à quai en travaux complémentaires. Les travaux sont accélérés mais ce n’est qu’à la fin du mois que le sous-marin pourra entamer ses missions en mer du Nord.