Pologne et Pays Neutres (88) Suède (23)

Infanterie de Marine

Pour compléter l’artillerie côtière, la marine suédoise décide de lever un régiment de fusiliers marins pour mener des missions défensives. Le 1. Marinen Gevär Regemente est officiellement créé le 17 septembre 1945.

Gros régiment (quatre bataillons à quatre compagnies mais seulement deux bataillons sont actifs en temps de paix), il doit sécuriser les côtes en liaison avec les batteries côtières et avec l’armée de terre.

Très vite le régiment expérimente des tactiques plus offensives sous la forme de coups de mains qui annoncent les opérations commandos du second conflit mondial.

Durant le conflit le régiment va mener de nombreux exercices, occupant des ilôts, information qui fuitait rapidement en Allemagne et en URSS, une façon comme une autre de montrer la détermination de Stockholm.

A la fin du conflit le régiment est dissous mais en 1965 des compagnies indépendantes sont recrées, compagnies qui annoncent la mutation de la Kustartilleret au début des années 2000.

L’unité amphibie de la marine suédoise

Durant le conflit le régiment était organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, quatre bataillons à quatre compagnies _trois de fusiliers et une d’armes lourdes_ et une compagnie de mortiers lourds.

L’équipement et l’armement était identique à celui de l’Armen, l’uniforme était en général celui de l’armée de terre mais parfois certains fusiliers effectuaient un panachage d’effets terrestres et marine donnant un assemblage qui fait aujourd’hui les délices des amateurs d’uniformologie.

Batteries côtières

Si aujourd’hui les défenses côtières sont plus l’exception que la norme il fût une époque où il était impensable pour un pays de ne pas protéger ses côtes par des forts et des fortins munis de puissantes pièces d’artillerie. Ces installations étaient relayées par des abris, des mines, des barbelés…….. .

La Suède ne fait pas exception avec des régiments d’artillerie tenant des forts, des unités statiques dependant de l’armée de terre pour éviter de s’empêtrer dans une défense statique et stérile. La création du régiment de fusiliers redonnant à la marine suédoise une certaine mobilité, une certaine autonomie.

Durant la Pax Armada la défense côtière est modernisée avec notamment la Per Albin Line et d’autres fortifications. A cette époque on change d’optique : aux pièces lourdes, puissantes et de courte portée on préfère des pièces plus légères tirant plus vite et plus loin.

Des forts existants sont modernisés mais la majorité des sites restent en l’état, perdant leur efficacité, servant souvent davantage d’abris d’état-major et d’abris de troupes que de forts de défense.

Parmi ces forts existants on trouve la Ligne Boden construite entre 1901 et 1916 avec 102 pièces servies par 1868 hommes, bouches à feu réparties entre six forts et huit batteries.

Cette ligne disposait notamment de trois canons de 240mm aménagée en 1942, ces pièces étant protégées par des blockhaus armés de mitrailleuses et de canons antichars.

-Le Fort Oscar II construit à Gothenburg (Goteborg) en 1907 protège l’accès au port avec des pièces de 203mm, pièces modernisées durant la Pax Armada mais clairement obsolètes. Elles sont d’ailleurs ferraillées dès la fin du second conflit.

La forteresse de Fårösund construite en 1886 et celle de Karlsborg datant de 1858 considérées comme obsolètes sont déclassées dans les années trente tout comme celle d’Enholmen construite en 1858 ou celle de Vaberget bâtie en 1902. Ces sites restent cependant sous contrôle militaire et vont servir d’abris, de prison ou de dépôts.

La Per Albin Line comprend 500km de fortifications légères pour protéger les côtes sud contre une invasion étrangère, Stockholm pensant plutôt à l’Allemagne et à l’URSS qu’à ses voisins norvégiens et finlandais. Elle va de l’Halland à la Blekinge en passant par la Skane.

En première ligne on trouve des bunkers en concrète sur le rivage avec des mitrailleuses et des canons légers.

En deuxième ligne on trouve de l’infanterie dans des abris (K24 et 48, le nombre désignant le nombre de soldats protégés) situés à 300m en arrière, abris accompagnés d’obstacles (mines, barbelés).

Quand le second conflit mondial se termine l’artillerie côtière comprend 1063 éléments fortifiés (abris exclus) avec des bunkers armés de mitrailleuses et de canons légers mais aussi et surtout des tourelles d’artillerie.

Si jadis on aimait en Suède le gros et le lourd à cette époque on préfère des pièces médianes tirant à un rythme soutenu pour compenser des calibres inférieurs.

7.5cm tornpjäs m/47

Si après guerre des canons de 120mm ont été mis en service, pour la période qui nous intéresse il n’y avait que des canons de 75mm (7.5cm tornpjäs m/47) et de 105mm (10.5cm tornautomatjäs m/50), le premier modèle étant disponible à raison de trente tourelles regroupées en dix groupes de trois alors que pour le seconc c’était douze tourelles en trois groupes de quatre.

Durant le second conflit de nouvelles batteries sont aménagées ou plutôt des positions sont aménagées pour accueillir dans de bonnes conditions des canons de l’armée en cas de débarquement.

FIN

Comme vous pouvez le constater la Suède comme Capri c’est fini. En revanche pour commencer à lire sur la Pologne il faudra patienter un peu

Pologne et Pays Neutres (86) Suède (21)

Torpilleurs et navires légers

Le torpilleur Spica futur Romulus

-En avril 1940 la Suède achète à l’Italie deux torpilleurs de classe Spica à la marine italienne, les Spica et Astore qui sont rebaptisés respectivement Romulus et Remus.

Ces navires qui avaient déjà cinq ans de service au sein de la Regia Marina sont modernisés en 1946/47 ce qui expliquent qu’ils ont été simplement désarmés en septembre 1958 (Romulus) et mars 1959 (Remus). Ils sont utilisés comme cibles de tir avant d’être envoyés à la casse.

Ces deux navires déplaçaient 808 tonnes (1040 tonnes à pleine charge), mesuraient 83.5m de long pour 8.1m de large et 2.55m de tirant d’eau.

Avec 19000ch de puissance propulsive (deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières, le tout entrainant deux hélices), ils pouvaient atteindre la vitesse maximale de 34 nœuds et franchir 700 miles nautiques à 30 nœuds et 1750 miles nautiques à 15 nœuds.

L’armement d’origine se composait de trois canons de 100mm en affûts simples sous masque (un à l’avant deux à l’arrière), onze canons de 20mm, deux mitrailleuses de 13.2mm, quatre tubes lance-torpilles de 450mm (deux plate-formes doubles), 20 mines et des grenades ASM.

En Suède l’armement à été modifié avec trois canons de 105mm en affûts simples sous masque (un avant deux arrières), huit canons de 25mm, quatre tubes lance-torpilles de 450mm (deux plate-formes doubles), 20 mines et des grenades ASM. L’équipage se composait de 116 officiers et marins.

Le HMS Munin

La Classe Mode composée de quatre torpilleurs ou destroyers légers (Mode Magne Munin Mjölner) mis en service respectivement en 1942, en 1942, 1943 et 1942. Modernisés après guerre entre 1955 et 1957 ils sont transformés en frégates pour continuer leur carrière jusqu’à leur désarmement survenu respectivement en 1982, 1983, 1978 et 1979. Ils sont tous ferraillés.

Ces navires déplaçaient 1135 tonnes (1320 tonnes en pleine charge), mesurant 78m de long pour 8.10m de large et 2.70m de tirant d’eau. Disposant de deux turbines De Laval et de deux chaudières, développant 16000ch et entrainant deux hélices, ils pouvaient filer à 31 nœuds et franchir 1200 miles nautiques à 20 nœuds.

Pour compléter les navires de classe Molde, la Suède décide de commander six navires de classe Ariete, une évolution des Spica. Comme les chantiers Ansaldo ont des capacités limitées, Stockholm décide de commander deux navires à construire en Ligurie suivis de quatre à produire à l’Arsenal de Karlskrona.

L’Ariete

Ces navires baptisés Komet Meteor Orkab Vind Virgo et Sirius sont mis en service respectivement en mars 1944, juin 1945, septembre 1945, mai 1946, septembre 1947 et juin 1948. Ils forment la 1ère flottille de torpilleurs.

Ces navires malgré leur conception méditerranéenne se montrent plutôt à leurs aises dans les eaux de la mer Baltique.

Endommagé par un échouage, le Komet est désarmé dès septembre 1953 et non réarmé en raison d’avaries trop importantes pour justifier une réparation à un coût décent.

Le navire est cannibalisé au profit de ces cinq sister-ship qui après une modernisation entre 1956 et 1958 vont être désarmés en mars 1964 (Meteor), en octobre 1965 (Orkab), en mars 1966 (Vind) et enfin en juin 1967 (Virgo Sirius). Ils sont tous démolis dans les années soixante-dix.

Ces navires déplaçaient 757 tonnes (1118 tonnes à pleine charge), mesuraient 83.5m de long pour 8.62m de large et un tirant d’eau de 3.15m.

Les 22000ch générés par deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières le tout entrainant deux hélices leur permettait d’atteindre la respectable vitesse de 31.5 nœuds et de franchir 2000 miles nautiques à 15 nœuds.

L’armement se composait de deux canons de 105mm en affûts simples sous masque, de quatre canons de 40mm en affûts simples et de six canons de 25mm en affûts doubles, de deux plate-formes triples lance-torpilles de 450mm, de grenades ASM et de 20 mines, le tout armé par 108 officiers et marins.

Vedettes lance-torpilles

Dans une mer aussi étroite et archipélagique que la Baltique la vedette lance-torpilles est une arme idéale surtout pour une marine défensive comme l’était la Svenska Marinen.

-Les premières torpedobat sont deux vedettes d’origine anglaise, les MTB-3 et 4 mises en service en 1925 et désarmées en août 1940. Elles sont ensuite utilisées comme auxiliaires portuaires, rôle de l’ombre qui s’achève par leur désarmement et leur démolition en 1952.

Du temps de leur carrière de vedette lance-torpilles, elles déplaçaient 12.5 tonnes, mesuraient 16.2m de long pour 3.40m de large et un tirant d’eau de 1.10m. Filant à 40 nœuds, elles étaient armées par sept hommes qui mettaient notamment en œuvre une mitrailleuse et les deux torpilles de 450mm embarquées.

-Les vedettes suivantes ont été baptisées T-3 et T-4. Mises en service en 1941 elles sont toujours là en septembre 1948 et même en 1954 quand le second conflit mondial se termine. Elles sont désarmées respectivement en 1964 et 1966.

Ces navires déplaçaient 20 tonnes pour une longueur de 18.3m, une largeur de 4.70m et un tirant d’eau de 1.50m. Avec leurs 2300 ch, les deux moteurs essence qui entrainaient chacun une hélice permettaient à ces navires de filer à 40 nœuds. L’armement se composait de deux mitrailleuses, de deux torpilles de 450mm, le tout manœuvré par huit hommes.

-A l’automne 1940 la Suède rachète à l’Italie quatre vedettes les MAS-513 514 515 et 516. Ces vedettes ne vont pas connaître une nouvelle carrière active mais vont servir aux ingénieurs suédois à mettre au point un nouveau modèle de torpedobat.

Précisons tout de même que ces vedettes italiennes déplaçaient 21.5 tonnes, mesuraient 17m de long pour 4.4m de large et un tirant d’eau de 1.30m, filaient à 44 nœuds (puissance propulsive de 2000ch assurée par deux moteurs diesels) avec un armement composée d’une mitrailleuse de 13.2mm, de deux torpilles de 450mm et de six grenades ASM, le tout mis en œuvre par dix hommes.

-Le travail mené sur les vedettes italiennes aboutit à la production de deux classes de vedettes lance-torpilles.

La première était composée de vedettes immatriculées T-15 à T-18 , des vedettes de 22.5t, mesurant 18.7m de long pour 4.60m de large et un tirant d’eau de 1.50m.

Propulsées par deux moteurs à essence développant 2300ch et entrainant deux hélices, elles pouvaient filer à 45 nœuds et étaient armées d’un canon de 20mm et de deux torpilles de 450mm, l’équipage se composant de 11 hommes.

La seconde était plus nombreuse car composée de vedettes immatriculées T-21 à T-31, des vedettes déplaçant 27 tonnes, mesurant 20m de long pour 5m de large et 1.50m de tirant d’eau, une puissance propulsive de 3000ch (deux moteurs essence, deux hélices) leur permettant d’atteindre la vitesse maximale de 49 nœuds. L’armement était plus puissant avec un canon de 20mm, deux torpilles de 533mm mais l’équipage était toujours composé de onze hommes.

Durant le conflit ces vedettes n’auront pas l’occasion de combattre mais toutes ne sortiront pas indemnes du conflit, la T-15 étant perdue le 14 mars 1949 dans une collision avec un caboteur, la T-21 étant victime d’un incendie le 8 septembre 1952 alors que les T-29 et T-30 furent coulées dans leur collision mutuelle au large de Stockholm le 8 janvier 1954. Les autres vedettes ont été retirées du service actif au milieu des années soixante.

Patrouilleurs

-En 1942 après cinquante et un an de service, la cannonière Svenskund est désarmée puis démolie, sa préservation en réserve ne se justifiant pas en raison de son âge et de son usure. C’était un navire de 280 tonnes, mesurant 38.5m de long pour 7.90m de large et un tirant d’eau de 3m, une vitesse maximale de 12.5 nœuds et un armement composé de deux canons de 57mm auxquelles pouvaient s’ajouter des mines quand la canonnière se transformait en mouilleur de mines occasionnel.

-En 1931 et 1932 la marine suédoise met en service deux patrouilleurs de Classe Asköfjard, des unités baptisées Asköfjard et Baggensfjärd. Ces navires vont servir dans la Svenska Marinen jusqu’en 1958 et 1959 quand ils sont désarmés puis démolis.

Ces navires déplaçaient 25 tonnes, mesuraient 19.3m de long pour 3.80m de large et un tirant d’eau de 1.50m. Leur moteur diesel de 92ch leur permettait d’atteindre la formidable vitesse de……11.5 nœuds, l’armement se limitant à un canon de 37mm, l’équipage à sept hommes.

-Si la classe Asköfjard se composait de deux unités, la Classe Edofjärd se composait elle de trois unités mises en service en 1933 (Kanholmsfjörd Lidöfjard Edöfjard), des unités qui vont servir jusqu’à leur désarmement survenu en 1959.

Ces navires déplaçaient 28 tonnes, mesuraient 21.2m de long pour 3.80m de large et un tirant d’eau de 1.50m, un diesel de 92ch entrainant une hélice leur permettant d’atteindre la vitesse de 11.5 nœuds. L’armement était identique aux précédents tout comme le nombre de membres d’équipage.

-Dans cette catégorie nous trouvons également cinq patrouilleurs type SVK-1 logiquement baptisés SVK-1 à SVK-5, ces cinq navires étant mis en service en 1944. Ils vont servir au sein de la Svenska Marinen jusqu’en 1959 quand ils sont transférés aux Douanes suédoises.

Ces navires déplaçaient 19 tonnes, mesuraient 16.5m de long pour 3.70m de large et 1.20m de tirant d’eau. Leur unique diesel de 100ch entrainant une hélice leur permettant d’atteindre la vitesse maximale de 10.5 nœuds. Leur armement se composait d’un canon de 20mm et de deux mitrailleuses, l’équipage était de 12 hommes.

-Les six patrouilleurs Type V51 appartenaient eux à la Kustartilleriet, l’artillerie côtière. Ils sont mis en service en 1944 (V-51 V-55) et en 1945 (V-52/V-53/V-54/V-56) pour une carrière qui s’acheva dans les années soixante-dix.

Déplaçant 120 tonnes (145 tonnes à pleine charge), ils mesuraient 32m de long pour 5.30m de large et un tirant d’eau de 2.20m. Propulsés par une machine verticale à triple expansion alimentée en vapeur par une chaudière (puissance maximale de 400ch), ils pouvaient atteindre la vitesse maximale de 11 nœuds. Le rôle des douze membres d’équipage était notamment de mettre en œuvre l’armement en l’occurrence un canon de 20mm et une mitrailleuse de 8mm.

-Le patrouilleur TV-116 mis en service en 1935 déplaçait 36 tonnes, mesurait 24.4m de long pour 4.20m mais j’ignore tout du reste de ses capacités.

Navires de soutien

Durant la Pax Armada la Svenska Marinen renforce sa flotte de soutien même si ses besoins sont sans commune mesure avec ceux des grandes marines qui ont elles besoin d’un important train d’escadre.

Elle remplace notamment des navires antédiluviens par des unités modernes dont elles reprennent le nom comme pour transmettre le flambeau.

Parmi les navires concernés on trouve un navire-hôpital le Verdande mis en service en 1943 et qui succède à un navire de 1880 utilisé jusqu’en 1920 et qui après son désarmement avait passé des années à attendre qu’on décide de son sort.

Même chose pour le bâtiment-dépôt Skagul qui succède à un navire utilisé dans ce rôle de 1923 à 1940, pour le bâtiment-base Skuld mis en service en 1940 et le bâtiment-base de sous-marins Skäggald mis en service en 1941.

Détail moderne pour l’époque ces différents navires partagent la même coque et la même propulsion ce qui explique que certains écrits regroupent tous ces navires dans une unique classe.

Cela explique aussi leurs dimensions semblables avec un déplacement standard de 6000 tonnes, une longueur de 108m pour 17m de large et un tirant d’eau de 5m. La propulsion est classique avec des turbines à engrenages alimentées en vapeur par des chaudières, la vitesse variant de 15 à 20 nœuds. Si le Verdande navire-hôpital oblige n’est pas armé, les autres disposent d’un armement composé de deux canons de 105mm, de canons de 25 et de 40mm et de mitrailleuses.

Ces navires vont aussi partager le privilège d’avoir une longue carrière puisque le Verdande n’est désarmé qu’en 1980, le Skagul en 1982, le Skuld en 1983 et le Skäggald en 1985. Si le navire-hôpital n’à pas été remplacé, les trois autres ont été remplacés par deux bâtiments de soutien polyvalent mais cela sort du cadre de l’histoire qui nous intéresse.

Navires de guerre des mines

-En 1940 et 1941 sont mis en service deux transports/mouilleur de mines baptisés Fällaren et Minören, des navires de 170 tonnes à pleine charge, mesurant 31.8m de long pour 6.20m de large et un tirant d’eau de 2.20m. Avec deux diesels de 120ch et une hélice, ces navires qui n’étaient pas armés pouvaient filer à 9 nœuds.

HMS Alvsnablen

-Deux ans plus tard en mai 1943 la marine suédoise met en service l’Alvsnablen, un mouilleur de mines hauturier. Son origine est singulière car il s’agissait d’une coque d’un cargo rachetée sur cale par la marine suédoise après la faillite de l’armateur qui l’avait commandé. Ce navire va servir de mouilleur de mines, de navire de transport et de bâtiment de soutien jusqu’à son désarmement en 1975.

Il déplaçait 4250 tonnes, mesurait 102m de long pour 13.6m de large et un tirant d’eau de 4.90m.

Propulsé par un moteur diesel de 3000ch entrainant une hélice, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 14 nœuds et franchir 12400 miles nautiques à 13 nœuds. Il était solidement armé avec quatre canons de 152mm, huit canons de 40mm en deux affûts doubles, six canons de 25mm et jusqu’à 380 mines.

-Satisfaite de ce navire, la marine suédoise en commande deux quasiment identiques, des navires baptisés Alvsborg et Visgborg mis en service respectivement en septembre 1945 et mai 1947, des navires qui vont servir sous le pavillon bleu et or jusqu’en 1977 et 1979 respectivement.

-La Kustartilleriet disposait aussi de mouilleurs de mines côtiers, des Angkranpramen, le n°3 déplaçait 190 tonnes pour une vitesse de 6.5 nœuds, les n°5,6,7 et 8 eux déplaçaient 120 tonnes pour une vitesse maximale de 7.5 nœuds alors que le n°9 lui déplaçait 120 tonnes pour une vitesse de 9.1 nœuds.

Le Mul.10 mis en service en 1939 déplaçait lui 166 tonnes, mesurait 27.4m de long pour 5.64m de large et 2.30m de tirant d’eau, une vitesse maximale de 9.5 nœuds et un armement défensif d’une puissance redoutable soit quatre mitrailleuses de 8mm.

-Les dragueurs de mines Sökaren Sveparen et Sprangaren mis en service en 1918 ont été transformés en 1930 en remorqueur (Sökaren) et en tender pour les deux autres.

Ces trois navires qui vont être retirés du service durant le second conflit mondial car trop usés déplaçaient 227 tonnes (266 tonnes à pleine charge), mesuraient 27.8m de long pour 6.80m de large et 3m, filaient à 10 nœuds avec un armement composé d’un canon de 57mm, d’un système de déminage et parfois de mines, l’équipage se composant de 17 hommes.

-Les dragueurs de mines littoraux (MSC Minesweeper Coastal) M-1 et M-2 ont été mis en service en 1938 et vont servir dans la marine suédoise jusqu’au milieu des années soixante avant de servir de bâtiment-école à quai avant d’être démoli au milieu des années quatre-vingt.

Ces navires déplaçaient 61 tonnes (62 pour le M-2), mesuraient 30m de long (29.8 pour le M-2) pour 4.30m de large (3.95m pour le M-2) et un tirant d’eau de 1m (1.03m pour le M-2).

Ces deux navires pouvaient atteindre une vitesse respectable pour des navires de ce type à savoir respectivement 16.5 et 18 nœuds, la différence s’expliquant par 30ch de différence en terme de puissance propulsive. L’armement était en revanche identique avec une mitrailleuse de 13.2mm, des charges de profondeur et un système de déminage, le tout mis en œuvre par onze hommes.

-La marine suédoise met en œuvre une flotte appréciable de dragueurs de moines côtiers avec le Type M-3 et le Type M-15.

Le premier type est composé de douze navires immatriculés (M-3 à M-14), des navires mis en service en 1940 (M-3/5/7/9/11) et 1941 (M-6/8/10/12/14) et qui vont servir dans la marine suédoise jusqu’au début des années soixante sauf le M-3 perdu sur une mine suédoise et le M-14 victime d’un incident et qui coula à son poste.

Cette version simplifiée du M-1 déplaçait 50 tonnes, mesurait 25m de long pour 5.10m de large et un tirant d’eau de 1.40m, deux moteurs diesels développant 400ch entrainant deux hélices lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 13 nœuds. Ils étaient armés d’un canon de 20mm et d’un système de dragage de mines. A noter que pendant la guerre ils ont reçu deux mitrailleuses pour renforcer (sic) leur armement défensif.

Le second type est composé lui aussi de douze navires immatriculés (M-15 à M-26), des navires inspirés des précédents, des navires mis en service en 1941 sauf le M-19 en 1942. Deux navires sont perdus durant la guerre, le M-15 qui s’échoue sur une roche non cartographiée près de Goteborg et le M-27 qui coula dans une tempête biblique le 30 mars 1952. Les autres ont été désarmés au milieu des années soixante.

Ces navires déplaçaient 70 tonnes, mesuraient 27.7m de long pour 5m de large et un tirant d’eau de 1.50m. Propulsés par deux moteurs diesels de 205ch entrainant deux hélices, ils pouvaient atteindre la vitesse maximale de 13 nœuds, son armement étant identique aux précédents.

HMS Bremön

-Pour le dragage de mines océanique, la marine suédoise s’appuie sur les quatorze unités de la Classe Arholma.

Ces unités ont été mises en service en 1939 (Arholma Landsort), en 1940 (Bremön Holmön Koster Vinga) et en 1941 (Sandon Ulvön Bredskan Grönokar Ramskär örskär Kullen Ven). Modifiés et modernisés à la fin des années cinquante, ils ont été désarmés à la fin des années soixante et démolis.

A noter que ces dragueurs de mines servaient également de patrouilleur et d’escorteur côtier pour relayer des unités plus importantes et plus spécialisées

Ces navires déplaçaient 365 tonnes (442 tonnes à pleine charge), mesuraient 56.7m de long pour 7.60m de large et 2.10m de tirant d’eau, une propulsion composée deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières développant 3200ch et entrainant deux hélices permettant une vitesse maximale de 17 nœuds.

Ils étaient armés de deux canons de 105mm, de quatre canons de 25mm et deux canons de 40mm, deux mortiers, des mines et des systèmes de dragage des mines. L’équipage se composait de 37 hommes.

Pologne et Pays Neutres (84) Suède (19)

Navires de surface

Cuirassés garde-côtes

A l’instar des autres pays scandinaves, la marine suédoise à disposé de cuirassés mais des cuirassés d’un type particulier le cuirassé de défense côtière, un navire bien protégé bien armé mais lent et aux capacités hauturières qui à mon avis aurait rendu périlleuse toute traversée d’une autre mer que la Baltique (et encore……..).

HMS Svea

La première classe est la Classe Svea que je cite uniquement pour mémoire car pour l’époque qui nous intéresse les trois navires baptisés Svea Göta et Thüle ne sont plus en service ayant été désarmés en 1923 puis démolis dans les années suivante.

HMS Niord

Même chose pour les trois unités de la Classe Oden (Oden Niord Thor) désarmées respectivement en 1937, 1922 (après échouage) et 1937.

Le cas du HMS Dristigheten est différent. Mis en service le 5 septembre 1901, il est transformé en ravitailleur d’hydravions en 1927 avec un hangar et un pont d’envol pour trois hydravions. Il est transformé en bâtiment-cible en 1947 et finalement démoli en 1961.

Maquette du HMS Äran

Les quatre unités de la Classe Äran sont elles toujours en service quand le second conflit mondial éclate. Ces navires sont mis en service en 1902 (Äran Wasa), en 1903 (Tapperheten) et en 1904 (Manlegheten).

Si le Wasa est désarmé dès mars 1940, les trois autres sont modernisés durant la Pax Armada pour compléter des cuirassés garde-côtes plus modernes.

L’Äran est désarmé en 1957 machines hors service et surtout changement de priorités. Il devient ponton-école à Karlskrona jusqu’en 1977 quand il est envoyé à la démolition. Le Manlegheten lui s’échoue le 21 mars 1950. Irrécupérable, il est démantelé sur place après récupération de tout ce qui est récupérable. Le Tapperheten lui est désarmé en mars 1957 vendu à la démolition en 1959 et démoli.

Les unités de classe Äran étaient des navires déplaçant 3650 tonnes, mesurant 89.7m de long (87.5m entre perpendiculaires) pour 15m de large et 5m de tirant d’eau, des machines verticales à triple expansion alimentées par huit chaudières développant 6500ch ce qui leur permettait d’atteindre la vitesse maximale de 17 nœuds et franchir 3000 miles nautiques à 12 nœuds.

La protection est plutôt solide avec une ceinture de 175mm, des tourelles blindées à 140/190mm, des barbettes à 190mm, des tourelles secondaires à 60/125mm, des barbettes secondaires à 100mm, un bloc-passerelle à 200mm et les ponts à 48mm.

L’armement comprend deux canons de 210mm en tourelles simples, six canons de 152mm en tourelles simples, dix canons de 57mm et deux tubes lance-torpilles. L’équipage se composant de 285 officiers et marins.

Le Pansarskepp (navire blindé) HMS Oscar II à été mis en service le 3 avril 1907. En 1918 il participe à l’opération menée par la Suède sur les îles Aland. Il est ensuite mis en réserve jusqu’en 1929 avant de reprendre du service. Il est modernisé entre 1939 et 1941 pour continuer à porter fièrement le pavillon bleu et or.

Après avoir traversé le second conflit mondial sans une égratinure, l’Oscar II est désarmé en 1957 devenant alors ponton-école jusqu’en 1972 quand il est envoyé à la ferraille.

C’était un navire de 4584 tonnes, mesurant 95.6m de long sur 15.4m de large et 5.49m de tirant d’eau, des machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par dix chaudières Yarrow développant 9400ch lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 18 nœuds, la distance franchissable étant de 3550 miles nautiques à 11 nœuds.

Il était protégé par une ceinture blindée de 100 à 150mm, des barbettes de 175mm, des tourelles de 60 à 125mm, des ponts blindés à 22mm, un bloc-passerelle avant protégé par 157mm et un bloc-passerelle arrière protégé par 100mm.

L’armement se composait de deux canons de 210mm en tourelles simples, quatre canons de 152mm en deux tourelles doubles, dix canons de 57mm, trois canons de 37mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm. Son équipage était composé de 326 hommes (355 hommes en navire-amiral).

Ecole à feux pour le HMS Sverige

La Classe Sverige est composée de trois unités mises en service en 1917 (Sverige), en 1921 (Drottning Victoria) et en 1922 (Gustav V). Ces navires subissent une modernisation au milieu des années quarante pour leur permettre de tenir leur rang. A noter que le Gustav V à été reconstruit en 1929/30 et modernisé en 1937, le Drottning Victoria étant lui reconstruit en 1935.

Si le Sverige est désarmé dès le 30 janvier 1953 en raison de machines à bout de potentiel (il est démoli en 1958), le Drottning Victoria est désarmé en septembre 1957 (démoli deux ans plus tard en 1959) alors que le Gustav V désarmé en septembre 1959 est démoli entre octobre 1962 et février 1963.

Les unités de classe Sverige déplaçaient 7755 tonnes, mesuraient 121.6m (120m pour le Sverige) pour 18.6m de large et un tirant d’eau de 6.2m. Propulsés par des turbines à engrenages alimentées en vapeur par des chaudières, ils pouvaient atteindre la vitesse maximale de 23.5 nœuds (22.5 pour le Sverige).

Ils étaient protégés par une ceinture blindée de 200mm, des ponts blindés de 45mm, des tourelles protégés par 200mm, un bloc-passerelle protégé par 175mm.

L’armement se composait de quatre canons de 283mm (deux tourelles doubles), huit canons de 152mm (une tourelle double et six affûts simples), six canons de 75mm en affûts simples, deux canons de 57mm, deux mitrailleuses et deux tubes lance-torpilles de 450mm. L’équipage se composait de 427 officiers et marins (443 en navire-amiral).

Croiseurs

-Le plus ancien croiseur en service en septembre 1948 au sein de la marine suédoise est le HMS Fylgia, un vénérable navire mis en service en 1907. Plus petit croiseur cuirassé du monde, il est transformé en navire-école après 1918. Il est modernisé en 1939/40 pour à la fois rester un navire-école efficace mais aussi pour pouvoir servir éventuellement de croiseur opérationnel en dépit d’un relatif déclassement.

Désarmé en novembre 1953 en raison de machines usées et de faiblesses structurelles préoccupantes. Mouillé dans la base de Karlskrona, le vénérable croiseur coule en mai 1957 au cours d’une tempête. Relevé l’ex-croiseur est envoyé à la casse.

C’était un navire de 4980 tonnes, mesurant 117m de long 14.8m de large et 6.3m de tirant d’eau, propulsé par des machines verticales à triple expansion alimentés en vapeur par des chaudières lui permettant d’atteindre une vitesse maximale de 22 nœuds et de franchir 8000 miles nautiques à 10 nœuds.

Protégé par une ceinture de 100mm, le croiseur avait des tourelles possédant 50 à 125mm de blindage, les ponts étant épais de 22 à 35mm, le bloc-passerelle étant protégé par 100mm de blindage.

Son équipage de 322 hommes mettait notamment en œuvre l’armement composé de huit canons de 152mm, 14 canons de 57mm (dix casemates), deux canons de 37mm, deux tubes lance-torpilles de 450mm et 100 mines. Cet armement évolue et à la fin de sa carrière il était armé de huit canons de 152mm, quatre canons de 57mm, quatre canons de 40mm, deux canons de 25mm, un canon de 20mm, deux tubes lance-torpilles de 533mm et deux grenadeurs.

-Le HMS Clas Fleming était un croiseur mouilleur de mines mis en service dans la marine suédoise en février 1914. C’est le premier navire suédois à utiliser des turbines à engrenages en lieu et place des machines verticale à triple expansion. Il est reconstruit en 1939/40 avec notamment l’insertion d’un module de coque de 6m.

Au début du second conflit mondial il mouille des champs de mines défensifs puis sert de transport de troupes pour renforcer les garnisons des îles que Stockholm était bien décidé à défendre contre toute invasion étrangère. Mis en réserve en juin 1954, il est désarmé en septembre en 1959 puis démoli en 1961.

C’était un petit croiseur de 1575 tonnes, mesurant 80.2m de long sur 10.4m de large pour 4.3m de tirant d’eau, une puissance propulsive de 6500ch lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 20 nœuds. Il était protégé par 16 à 25mm pour les ponts et 75mm pour le bloc-passerelle. Il était armé de quatre canons de 120mm et de 190 mines. L’équipage se composait de 161 officiers et marins.

-Le HMS Gotland mis en service le 14 décembre 1934 est un croiseur porte-hydravions embarquant six appareils Fairey Osprey. Entre septembre 1946 et juin 1948 il est immobilisé pour une refonte et une transformation substantielle de ses capacités devenant un croiseur léger antiaérien.

Il opère comme croiseur de 1948 à 1953 avant d’être modifié comme navire de direction de chasse pour cette mission qu’il va assurer jusqu’en 1957.

Navire-école de 1957 à 1962, il est désarmé après un incendie en septembre 1962. Il est démoli en 1964.

Le HMS Gotland était un navire de 4600 tonnes (5500 tonnes à pleine charge), mesurant 134.8m de long pour 15.4m de large et 4.5m de tirant d’eau, des turbines à engrenages, des chaudières et deux hélices lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 27.5 nœuds. Il était armé de six canons de 152mm (deux tourelles doubles et deux simples), quatre canons de 75mm, quatre canons de 25mm, huit canons de 40mm, six tubes lance-torpilles de 533mm et des mines. Son équipage était composé de 467 officiers et marins (plus 60 pour les hydravions).

Le Tre Kronor

-Les deux croiseurs les plus modernes de la marine suédoise sont les deux unités de classe Tre Kronor, le HMS Tre Kronor est mis en service en septembre 1945 et son sister-ship le Göta Lejon mis en service en juin 1947. Ces deux navires sont mis en service pour servir de leader de flottille pour les destroyers. Ces croiseurs sont réalisés sur plan italiens (CRDA).

Ces navires vont mener des patrouilles de neutralité pour sécuriser les eaux territoriales suédoises et montrer la détermination de Stockholm.

Le Tre Kronor est désarmé en 1964 et démoli trois ans plus tard alors que le Göta Lejon désarmé en 1968 est remis en état, vendu au Chili en 1971 où il va servir jusqu’en 1986 sous le nom d’Almirante Lattore.

Les croiseurs de classe Tre Kronor déplaçaient 7519 tonnes (9348 tonnes à pleine charge), mesuraient 182m de long (174m entre perpendiculaires) pour 16.45m de large et un tirant d’eau de 5.94m.

Disposant de turbines à engrenages et de quatre chaudières, ils pouvaient grâce à une puissance propulsive de 100000ch atteindre une vitesse maximale de 33 nœuds et franchir 4350 miles nautiques à 14 nœuds.

Protégés par une ceinture de 70mm, des ponts blindés à 30mm, des tourelles protégées par 50 à 127mm de blindage, un bloc-passerelle protégé par 20 à 25mm.

L’armement de ces croiseurs se composait de sept canons de 152mm (une tourelle triple et deux tourelles doubles), vingt canons de 40mm Bofors, sept canons de 25mm, six tubes lance-torpilles de 533mm et 160 mines. L’équipage se composait de 618 officiers et marins.

Pologne et Pays Neutres (82) Suède (17)

La marine suédoise au combat

Si aujourd’hui la Suède est une pacifique démocratie cela n’à pas toujours été le cas. A de nombreuses reprises le pays à combattu pour le contrôle de la Baltique et du nord de l’Allemagne.

La marine suédoise à connu le combat à de nombreuses reprises. Je vais donc parler ici des différentes batailles dans un ordre chronologique. Pour ne pas surcharger le texte je ne vais parler du conflit concerné renvoyant pour cela à la chronologie générale.

16ème siècle

En juin 1535 à lieu une première Bataille de Bornholm entre une coalition regroupant la Suède, le Danemark, la Prusse et le Holstein face à Lübeck et la ligue hanséatique, la coalition regroupant vingt navires dont onze suédois face à vingt-six navires hanséatiques. La coalition l’emporte.

Le 16 juin 1535 à lieu la «Bataille de la Petite Ceinture» opposant dix navires de la ligue hanséatique face à vingt navires suédois danois et prussiens. Ces derniers l’emporte avec peu de pertes, les hanséates ayant un navire brûlé et neuf capturés.

Le 30 mai 1563 à lieu la deuxième Bataille de Bornholm entre dix-neuf navires suédois et dix navires dano-norvégiens. C’est une victoire suédoise avec des pertes négligeables de leur côté et plus lourdes dans le camp opposé (3 navires capturés et 800 marins prisonniers).

Le 11 septembre 1563 à lieu la Bataille de Öland, une bataille opposant dix-huit navires suédois contre trente-quatre navires dano-norvégiens et lubeckois. Le résultat est incertain.

La première bataille de Öland à lieu les 30 et 31 mai 1564 entre trente-cinq navires suédois contre vingt-six navires danois et dix lubeckois. Ces derniers l’emporte avec du coté des vainqueurs un navire de Lübeck est coulé avec plus de 300 morts, les suédois perdant un navire avec 901 tués.

Le 21 mai 1565 la Suède affronte au large de Rügen une flotte combinant les forces du Danemark et de la ville hanséatique de Lübeck, les premiers engageant 48 navires 1638 canons et 8000 marins, les second neuf navires (six danois et trois de Lübeck). Les pertes suédois sont inconnues mais en face ont sait quatre navires sont brûlés et cinq capturés.

Le 7 juillet 1565 au large de Bornholm 49 navires suédois affrontent 36 navires danois et de la ville de Lübeck. Cela se termine par une victoire suédoise, la flotte de Stockholm perdant trois navires (362 morts et 523 blessés) contre trois navires perdus mais 4000 pertes.

Le 26 juillet 1566 à lieu au large d’Öland un affrontement entre soixante navires suédois et une flotte combinant vingt-cinq navires danois et onze de la ville hanséatique de Lübeck. C’est une victoire suédoise mais à la Pyrhus avec de très lourdes pertes, les dano-lubeckois perdant 15 navires (douze danois et trois de Lübeck).

17ème siècle

La Bataille d’Oliwa (près de Gdansk) à lieu le 28 novembre 1627 entre dix navires du condominium polono-lituanien et six navires suédois.

La flotte du condominium l’emporte avec de faibles pertes (47 pertes) alors que les suédois perdent deux navires (une galère détruite et une autre capturée) avec 304 pertes.

Le 16 mai 1644 à lieu au large du Jutland un affrontement entre une flotte dano-norvégienne (9 navires) et une flotte suédoise (26 navires). Les dano-norvégiens l’emporte avec 11 pertes de leur côté et 500 tués et blessés côté suédois.

Le 1er juillet 1644 à lieu la Bataille de Colberger Heide entre 40 navires danois et 34 navires suédois, un affrontement qui se termine sur des résultats incertains mais les dano-norvégiens remportent une victoire stratégique avec tout de même des pertes plus lourdes que leurs adversaires (207 contre 101).

La Bataille de Fehmarn à lieu le 13 octobre 1644, une bataille opposant une flotte suédo-néerlandaise (16 navires suédois et 21 navires néerlandais) et une flotte danoise (17 navires). C’est une victoire décisive des premiers. Un navire néerlandais est perdu avec 159 tués contre 10 navires capturés deux échoués 100 tués et 1000 prisonniers de guerre.

Herluf Trolle

Le 14 août 1654 à lieu au large de l’île d’Oland un affrontement entre 28 navires suédois et une flotte de trente-neuf navires venant du Danemark et de la ville hanséatique de Lübeck, cette flotte étant commandée par Herluf Trolle. Comme souvent c’est un affrontement aux résultats incertains avec des pertes légères côté suédois, plus importantes chez l’ennemi qui perd trois navires (capturés) et donc 600 marins faits prisonniers.

Le Bataille de Nöteborg à lieu en juillet 1656. C’est une victoire suédoise contre les russes même si on à peu de détails sur cet affrontement.

Les 12 et 13 septembre 1657 à lieu la Bataille de Mon, un affrontement aux résultats indécis entre les suédois et les danois, les premiers engageant 25 navires de ligne, huit navires marchands armés deux brulots et quatre petits navires soit 1231 pièces et 6000 marins (40 pertes) alors que les seconds engagent vingt et un navires de ligne, sept navires marchands soit 956 pièces et 4640 marins (150 morts).

Le 29 octobre 1658 à lieu la Bataille de l’Oresund entre 45 navires des Provinces-Unies face à 43 navires suédois. C’est une victoire néerlandaise mais une victoire à la Pyrhus car les amiraux Witte de With et Pieter Floriszoon font partie des 1400 pertes dont souffre la marine Oranje qui perd un navire. En face les suédois ont 1200 pertes, un navire détruit et quatre capturés.

Le 23 juillet 1659, la marine suédoise affronte la flotte combinée dano-néerlandaise c’est la Bataille d’Ebelfort. Stockholm engage huit frégates face à deux frégates danoises et trois frégates néerlandaises accompagnées de plus petits navires.

C’est une victoire suédoise, la Svenska Marinen ayant des pertes négligeables alors qu’en face une frégate explose, quate sont capturées avec en bonus 1000 prisonniers.

Une nouvelle Bataille de Bornholm à lieu les 25 et 26 mai 1676. Les dano-hollandais (25 navires de ligne, 10 frégates) l’emporte sur les suédois (30 navires de ligne, 21 petits navires, 8 navires marchands armés) du moins sur le plan stratégique car sur le plan tactique c’est plus incertain.

Le 31 mai et le 1er juin 1677 à lieu la Bataille de Fehmarn entre les dano-norvégiens et les suédois, ce sont les premiers qui l’emporte avec treize navires engagés (aucun coulé) contre douze (huit navires coulés 1500 pertes).

Le 1er juin 1676 à lieu la Bataille de Öland qui est une victoire décisive des dano-hollandais (42 navires dont 25 de ligne) contre les suédois (57 navires dont 27 navires de ligne), les premiers perdant un navire et 100 marins contre cinq navires coulés, six capturés et 1400 marins.

Niels Juel

Les 1er et 2 juillet 1677 à lieu la Bataille de la Baie de Koge, une victoire décisive des dano-norvégiens de Niels Juel contre les suédois. Les trente-quatre navires dano-norvégiens ont affronté 45/47 navires suédois. Les premiers perdent 375 marins, les suédois vingt navires et 3000 hommes pour ce qui est considéré comme le plus grand succès de l’histoire navale danoise.

18ème siècle

Le 7 août 1704 à lieu la Bataille de Orford Ness entre les anglais (huit navires de lignes et une frégate engagées, 100 pertes) et les suédois, le navire de ligne scandinave étant capturés avec 53 tués et blessés alors qu’il protégeait un convoi.

Le 20 août 1705 à lieu la Bataille de Hogland, une île du golfe de Finlande. Le navire de ligne suédois Reval est engagé par sept galères russes. C’est une victoire suédoise dans ce qui constitue le premier engagement en mer Baltique des galères russes, la marine russe étant encore dans l’enfance (créée en 1692).

Le 24 septembre 1710 c’est la Bataille de la baie de Koge entre les marines suédoises et danoises qui se disputent le contrôle de la mer Baltique.

La Suède engage dans cette bataille trente navires (dont 21 de ligne) alors que les danois engagent eux 47 bâtiments dont 27 de ligne ce qui signifie que la supériorité danoise n’est pas si évidente que cela.

La preuve c’est que cela se termine par un match nul. Deux navires suédois s’échouent ce qui génère quelques pertes, des pertes plus faibles que celles des danois qui perdent un navire qui explose et cinq navires marchands capturés.

Le 11 avril 1712 c’est la Bataille de Fladstrand entre sept navires suédois et cinq navires danois mais se termine sans vainqueur clair.

Le 31 juillet 1712 cinq navires danois tombent sur douze navires de guerre et onze transports suédois en baie de Greifswald mais cet affrontement se termine sans vainqueur clair.

Le 17 août 1712 les danois défont au sud de Rügen une escadre suédoise, Copenhague engageant 18 navires Stockholm 11 navires plus onze transports.

Le 22 juillet 1713 à lieu une nouvelle Bataille d’Hogland toujours entre la marine suédoise (trois navires de ligne engagés) et la marine russe (onze gros navires et deux bricks) et à nouveau la Svenska Marinen l’emporte sur la marine impériale construit par la seule volonté de Pierre le Grand.

Le 7 août 1714 c’est la Bataille de Gangut. Au large de la péninsule d’Hanko, les 98 galères russes (seulement 23 engagées) défond neuf navires suédois qui sont tous coulés ou perdus avec 941 pertes côté russe et 466 côté suédois.

Le 24 avril 1715 à lieu la Bataille de Fehmarn, une nouvelle victoire danoise sur les suédois, Stockholm engageant quatre navires de ligne et deux frégates contre huit navires de ligne et quatre frégates. Sur le plan des pertes, les suédois ont 353 tués et blessés plus 1626 prisonniers avec un navire sabordé et cinq capturés alors que les danois ont 65 tués et 224 blessés.

Le 8 août 1715 c’est la Bataille de Rügen qui oppose vingt navires de ligne et deux frégates suédois à 21 navires de ligne et 4 frégates danois. Cela se termine par un match nul avec néanmoins une victoire danois sur le plan stratégique. Les pertes sont d’ailleurs équilibrées avec 145 morts et 333 blessés côté suédois, 127 tués et 485 blessés côté danois.

Peter Tordenskjold

Le 8 juillet 1716 à lieu la Bataille de Dynekilen, une bataille se terminant par la victoire des dano-norvégiens de Peter Tordenskjold sur les suédois.

Pour cette bataille Stockholm dispose de 1284 hommes, 13 navires de guerre et 14 navires marchands sans compter des forteresses qui peuvent appuyer de leurs pièces les navires. De leur côté les dano-norvégiens engagent 931 hommes, sept navires et des forteresses. La défaite suédoise oblige Charles XII à abandonner l’invasion de la Norvège.

Les 2 mai 1717 et 27 septembre 1719 ont lieu les deux Batailles de Göta Alv. A chaque fois ce sont des victoires suédoises sur les danois. La première bataille voit l’engagement de six frégates portant le pavillon bleu et or face à trente navires danois, la deuxième bataille voyant d’abord l’engagement de trois galères danoises contre vingt navires danois puis des défenses côtières suédoises contre onze navires danois.

Les 13 et 14 mai 1717 à lieu la Bataille de Gothenburg, une nouvelle victoire suédoise (six frégates et petits navires engagées) face aux danois qui ont engagé deux navires de ligne, deux prams, neuf galères et une floppée de petits navires. Les suédois ont neuf morts contre 52 morts et 119 blessés côté danois auxquels il faut ajouter trois navires perdus (NdA capturés ?) et trois navires coulés.

Le 4 juin 1719 à lieu la Bataille de l’île d’Ösel, une bataille qui se termine par une victoire russe sur les suédois.

Si les suédois engagent un navire de ligne, une frégate et une brigantine, les russes mobilisent six navires de ligne et un petit navire d’un type non identifié. Trois navires suédois sont capturés avec 451 pertes alors que les russes ont 18 pertes.

La Bataille de Grengam à lieu le 7 août 1720 au large des îles alands entre les flottes suédoises et russes. Si tactiquement la victoire est russe en revanche stratégiquement parlant elle est suédoise.

Si la Suède engage un navire de ligne, quatre frégates, trois galères et six petits navires, les russes engagent eux 61 galères et 29 navires d’un type non-identifié. Les pertes sont en revanche équilibrées avec 103 morts, 407 prisonniers et 4 frégates capturées côté suédois, 82 morts et 203 à 236 blessés côté russe.

Le 10 septembre 1759 à lieu la Bataille du Frisches Haff, une bataille opposant une escadre suédoise (4 galères, 4 semi-galères, 2 galiots 3 sloops et 13 canonnières) à une escadre prussienne (4 galères 4 galiots 4 canonnières). Cela se termine par une victoire suédoise qui perd une canonnière (44 pertes) alors qu’en face l’escadre prussienne est anéantie ce qui entraine de facto la disparition de la marine prussienne !

Le 17 juillet 1788 c’est la Bataille de Hogland entre la Suède et la Russie. La marine suédoise engage 15 navires de ligne, 5 frégates 6 frégates légères soit 1400 canons alors que les russes engagent eux 17 navires de ligne, 2 frégates 5 frégates légères et 1200 canons. Les suédois ont 1000 pertes un navire de ligne capturé alors que les russes ont 580 tués 720 blessés 470 prisonniers un navire de ligne capturé et quatre hors de combat.

Le 26 juillet 1789 à lieu une nouvelle Bataille de Öland, une bataille aux résultats indécis entre les suédois (qui engagent 21 navires de ligne 9 frégates et 4 frégates légères) et les russes (qui engagent 21 navires de ligne et 10 frégates). Si les suédois ont 23 pertes, les russes ont 219 pertes.

La Première Bataille de Svenskund à lieu le 24 août 1790. C’est une victoire russe contre les suédois, les russes mobilisant 24 grands navires, trois bombardiers, 47 galères, 30 sloops à canon, trois cuters et des auxiliaires alors que les suédois ont engagé douze frégates archipélagiques, cinq galères, vingt sloops à canon, quatre bombardes et des auxiliaires.

Si les russes perdent une galère, un sloop à canon avec 383 tués 628 blessés et 22 prisonniers les suédois perdent cinq frégates deux galères dix sloops à canon et 1500 pertes. Trente auxiliaires doivent être incendiés pour ne pas tomber aux mains des russes.

Les 3 et 4 mai 1790 c’est la Bataille de Krondstat entre une escadre suédoise (22 navires de ligne, 8 frégates, 4 frégates légères) et une escadre russe (17 navires de ligne 12 frégates) qui se termine par un résultat indécis mais avec une victoire stratégique des russes. Les pertes sont équivalentes avec 84 morts et 281 blessés côté suédois, 89 tués et 218 blessés côté russe.

Le 13 mai 1790 c’est la Bataille de Reval (auj. Tallin) qui se termine par une victoire russe, ces derniers engageant neuf navires de ligne et cinq frégates (35 pertes) contre une flotte suédoise (22 navires de ligne et 4 frégates) (132 pertes 250 prisonniers, un navire de ligne détruit et un capturé)

La Bataille de Fredrikshann à lieu le 15 mai 1790 opposant la marine suédoise (106 navires de la flotte archipélagique) face à la marine russe (une frégate et 72 petits navires). C’est une victoire suédoise qui perd un navire avec 60 pertes alors qu’en face 26 navires sont perdus pour 270 pertes.

La Bataille de la Baie de Vyborg à lieu le 4 juillet 1790. C’est une victoire tactique russe mais une victoire stratégique suédoise.

Les russes mobilisent vingt-neuf navires de ligne, soixante-douze galères et onze frégates avant que soixante-douze galères et huit frégates archipélagiques n’arrivent en renfort. Dans le camp opposé sont engagés 21 navires de ligne, 13 frégates et 366 petits navires.

Les russes ne perdent aucun navire avec 281 pertes (d’autres sources donnent six navires de ligne hors de combat et 1000 pertes), les suédois perdent cinq navires de ligne, six galères, quatorze canonnières et 30 transports, deux navires de ligne étant perdus ultérieurement.

D’autres sources donnent sept navires de ligne perdus, trois frégates, deux cent cinquante petits navires, 7000 morts et 4988 prisonniers.

La Deuxième Bataille de Svenskund à lieu les 9 et 10 juillet 1790 entre les suédois et les russes, les premiers remportant une victoire décisive sur les russes. Les suédois mobilisent 275 navires de tout type contre 200 à 274 navires russes. Les suédois ont perdu six navires (coulés ou endommagés) et 600 à 700 marins alors que les russes ont perdu cinquante à quatre-vingt navires perdus avec 1000 tués blessés et prisonniers.

19ème siècle

Jusqu’en 1830 et l’expédition d’Alger, la Méditerranée est infestée par la piraterie, la piraterie barbaresque. Tous les pays envoient régulièrement des navires et des escadres pour tenter d’éradiquer cette nuisance.

Les suédois vont ainsi attaquer le 16 mai 1802 le port de Tripoli aux côtés des jeunes Etats-Unis, deux frégates suédoises et une frégate américaine étant engagées contre sept corsaires (l’un d’eux s’échoue). Les suédois s’empressent de faire la paix laissant les américains seuls.

Le 28 avril 1808 à lieu la Bataille de Furuholm entre la Suède et le royaume dano-norvégien. La marine de Stockholm aligne cinq sloops alors que les dano-norvégiens alignent six sloops et onze yawls. C’est une victoire suédoise avec quatre morts et six à sept blessés grave alors qu’en face c’est quatorze pertes et selon les sources zéro ou trois navires coulés.

Du 30 juin au 2 juillet 1808 à lieu la Bataille de Remito Kramp, une bataille oppose les suédois aux russes. Les premiers engagent quatre galères quinze sloops à canon puis ultérieurement quatre autres sloops et quatre galères (un sloop à canon coulé deux endommagés) alors que les seconds mobilisent quatre sloops à canon, trois yawls puis ultérieurement cinq sloops (deux yawls endommagés). Cette bataille se termine par une victoire tactique suédoise mais c’est un échec stratégique.

Les 2 et 3 août 1808 à lieu la Bataille de Sandorstorm, une victoire de la flotte russe sur les suédois, les premiers engageant 12 sloops à canon et 38 yawls les seconds vingt-deux sloops. Les russes ont onze navires endommagés et 131 pertes contre 321 pertes et 35 navires endommagés.

Le 30 août 1808 à lieu la Bataille de Grönvikssund entre la marine suédoise qui l’emporte face à la marine russe, les premiers engageant trois sloops (deux coulés 225 pertes) les seconds vingt sloops et quatre yawls (neuf navires coulés 114 pertes).

Le 18 septembre 1808 à lieu la Bataille du Détroit de Palva opposant une flotte russe de 70 à 80 sloops contre une flotte suédoise de 31 sloops. Les premiers l’emporte avec 200 pertes et trois sloops capturés contre 84 pertes et un sloop coulé.

Pologne et Pays Neutres (81) Suède (16)

Marine (Marinen/Svenska Marinen)

Histoire de la marine suédoise : généralités

La marine suédoise (Svenska Marinen/Marinen) est officiellement créée le 7 juin 1522 quand Gustave 1er Vasa le nouveau roi de Suède achète des navires à la ville hanséatique de Lübeck, la marine suédoise portant alors le nom de Kungliga flottan. Tout comme la marine britannique, la marine suédoise fait précéder ses navires d’une marque, le HMS qui signifie en suédois Hennes Majestäts Skepp (HMS).

Cela ne signifie pas bien sur que l’histoire navale militaire suédoise n’à commencé qu’au 16ème siècle. Elle commence dès le 9ème siècle avec les levées ou leidang des levées d’hommes libres pour mener des raids en Europe occidentale. Ce système va durer jusqu’au 14ème siècle quand devenu obsolète il est remplacé par une taxe finançant la défense du royaume.

En 1427, des navires suédois sous l’autorité de l’Union de Kalmar combattent des navires de la Ligue Hanséatique lors de la Bataille d’Öresund.

En 1756 est créée la Skargardsflottan ou flotte archipélagique. Appelée aussi marine de l’armée ou Armens Flotta elle est chargée de la protection des côtes et du transport des troupes en cas de combat notamment en Finlande. Elle dispose de galères, de prams, de canonnières et de frégates archipélagiques. Elle peut être considérée comme l’ancètre de l’artillerie côtière.

Elle va participer à la guerre de Sept Ans, à la guerre russo-suédoise de 1788 à 1790, à la guerre de Finlande de 1808/09 et à la guerre suédo-norvégienne en 1814.

En 1790 elle compte 285 navires (320 officiers, 675 sous-officiers et 6000 marins auxquels il faut ajouter les troupes transportées soit environ 17000 hommes). En 1823, elle fusione avec la flotte de haute mer, elle est brièvement recréée sous une autre forme de 1866 à 1873 avant de définitivement disparaître.

En 1878 est créé une administration du matériel naval destinée à gérer les commandes de matériel pour la marine suédoise.

En 1884 l’Etat-Major de la marine est créé sous le nom d’Etat-Major de la Flotte (Flottas Stab) devenant Etat-Major Naval le 31 décembre 1907. Il s’appuie sur des districts navals qui remplacent les bases navales comme entité de base de la marine suédoise.

Le 1er janvier 1902 est créée l’unité spéciale d’artillerie côtière ou Kustartilleriet devenue en 2000 l’unité amphibie ou en version originale Svenska amfibiekaren. Cette unité opère aux côtés de la flotte ou Flottan.

Cette unité est issue de la fusion entre l’artillerie archipélagique (créée en 1866), le Régiment de Marine et des unités d’artillerie.

L’artillerie côtière est organisée en plusieurs régiments avec le KA-1 Vaxholm Coastal Artillery Regiment (1902-2000), le KA-2 Karlskrona Coastal Artillery Regiment (1902-2000), le KA-3 Gotland Coastal Artillery Regiment (1937-2000), le KA-4 Alvsbörg Coastal Artillery Regiment (1942-2000) et le KA-5 Härmösand Coastal Artillery Regiment.

Ces régiments étaient organisés en quatre compagnies avec une compagnie fixe, une compagnie antiaérienne fixe, une compagnie mobile et une compagnie de mines, de transmissions et de navires de service.

De nombreuses batteries côtières vont être construites à la fin des années trente et durant la Pax Armada avant de dissuader un débarquement qu’il soit soviétique ou allemand (NdA voir plus bas)

En 1902 un corps médical naval est créé.

Le premier sous-marin suédois à été préservé

En 1904 la marine suédoise met en service son premier sous-marin ou plutôt son premier torpilleur submersible baptisé Hajen. En 1918 la première division de sous-marins est créée (1. Undervattensbatsdivisionen) et en 1934 la force sous-marine est organisée en un département sous-marin (Ubatsavdelningen) avec trois puis à terme cinq divisions (Ubatsdivisionen) numérotées 1, 2, 3, 7 et 12.

Entre-temps la Suède à adapté son outil militaire avec l’Acte de Défense de 1925 qui réduit fortement les moyens militaires suédois, la marine voyant sa flotte réduite par le non remplacement des navires anciens tandis que l’artillerie côtière perd un régiment tandis que trois forteresses sont transformées en dépôt. Cette situation va perdurer jusqu’à l’Acte de Défense de 1936 où la Suède entame le réarmement.

En 1936 le commandement de la marine est mis sur pied (en suédois Chifen of marinen).

A partir de 1937 les défenses côtières suédoises sont sérieusement renforcées. Sous le nom générique de Skane/Per Albin Line, elle comprend 500km de fortifications légères pour protéger les côtes sud contre une invasion étrangère, Stockholm pensant plutôt à l’Allemagne et à l’URSS qu’à ses voisins norvégiens et finlandais. Elle va de l’Halland à la Blekinge en passant par la Skane.

En première ligne on trouve des bunkers en concrète sur le rivage avec des mitrailleuses et des canons légers. En deuxième ligne on trouve de l’infanterie dans des abris (K24 et 48, le nombre désignant le nombre de soldats protégés) situés à 300m en arrière, abris accompagnés d’obstacles (mines, barbelés).

Quand le second conflit mondial se termine l’artillerie côtière comprend 1063 éléments fortifiés (abris exclus) avec des bunkers armés de mitrailleuses et de canons légers mais aussi et surtout des tourelles d’artillerie.

Si jadis on aimait en Suède le gros et le lourd à cette époque on préfère des pièces médianes tirant à un rythme soutenu pour compenser des calibres inférieurs.

7.5cm tornpjäs m/47

Si après guerre des canons de 120mm ont été mis en service, pour la période qui nous intéresse il n’y avait que des canons de 75mm (7.5cm tornpjäs m/47) et de 105mm (10.5cm tornautomatjäs m/50), le premier modèle étant disponible à raison de trente tourelles regroupées en dix groupes de trois alors que pour le second c’était douze tourelles en trois groupes de quatre.

10.5cm tornautomatjäs m/50

Pologne et Pays Neutres (78) Suède (13)

Armée de l’Air

Blason de la Svenska Flygvapnet

Historique

Après avoir évalué le plus léger que l’air la Suède s’intéresse à l’aviation militaire au début de la décennie 1910. Un premier vol militaire à lieu à Stockholm en 1912. Parallèlement la marine s’y intéresse également en ouvrant une Ecole de pilotage à Vaxholm.

A noter qu’au sein de l’armée de terre, c’est l’arme des Transmissions qui pilote l’acclimatation de l’avion en Suède.

Dès 1913 les aviateurs suédois s’installent à Malmen près de Linköping.

Le 1er juillet 1926 l’armée de l’air suédoise est créée par fusion de l’Aviation de l’Armée de Terre et de celle de la marine.

Longtemps la Svenska Flygvapnet à été sous-équipée, sous-entrainée et sans but réel. Il faudra attendre l’Acte de Défense du 11 juin 1936 pour qu’enfin les aviateurs suédois se voient fixer un but et des missions. En 1937 la firme Saab est mise sur pied pour permettre à la Suède de produire ses propres avions et trouver une certaine autonomie.

Au moment de la guerre de Pologne l’armée de l’air suédoise dispose de moyens limités d’autant plus limités si on les comparent avec l’étendue du territoire suédois (1572km du nord au sud et 499km d’est à l’ouest).

En septembre 1939 le Junkers Ju-86 est le principal bombardier de l’armée de l’air suédoise

On trouve 40 bombardiers moyens (majoritairement des Junkers Ju-86), 30 bombardiers légers (majoritairement des Hawker Hart), 50 chasseurs (majoritairement des Gloster Gladiator), 50 avions de reconnaissance (majoritairement des Fokker C.V) et dix avions torpilleurs. Autant dire que si le personnel était de qualité et bien entrainé, l’équipement était obsolète ou du moins périmé.

Gloster Gladiator

Tout en restant neutre durant ce conflit la Suède va participer à la Guerre d’Hiver entre la Finlande et l’URSS sous la forme d’un corps de volontaire, des unités terrestres mais aussi le 19ème régiment, une unité composée de douze chasseurs Gloster Gladiator, de huit bombardiers Hawker Hart, de trois avions de transport et donc de 250 hommes.

Hawker Hart

L’unité connue sous le nom de 5ème régiment d’aviation par les finlandais est opérationnel en janvier 1940. Il va combattre jusqu’à la fin du conflit et va acquérir une expérience précieuse pour la modernisation de la Svenska Flygvapnet durant la Pax Armada.

De nombreuses unités vont être créées, des avions acquis à l’étranger et produits au pays grâce aux efforts de la firme Saab.

En septembre 1948 la Svenska Flygvapnet aligne huit divisions de chasse, quatre divisions de bombardement et d’attaque, quatre divisions de reconnaissance, une division de coopération navale et de torpillage et une division d’entrainement et de transport soit un total de dix-huit divisions et quasiment 700 appareils de tous type soit une force de combat plus que respectable.

Durant le conflit le nombre d’unités augmente pour sécuriser toujours davantage le pays contre les potentielles incursions venant de l’Axe et des alliés. Des incidents opposent la chasse suédoise à des avions de reconnaissance et des bombardiers. Des appareils abattus et des pilotes tués et capturés.

Les pilotes capturés sont internés dans des camps que certains vont comparer à des camps de vacances où il est plus facile de ne pas s’évader que le contraire ! Les pilotes alliés restaient souvent en Suède même si certains furent évadés par des sous-marins qui s’étaient glissés en mer Baltique pour une évacuation rapide.

Les pilotes allemands étaient confiés à la Croix Rouge mais regagnaient souvent l’Allemagne pour reprendre le combat. En ce qui concerne les autres nationalités il n’y eut aucune politique cohérente c’était un peu au cas par cas.

Des suédois qu’ils soient déjà pilotes ou non vont quitter la Suède neutraliste pour s’engager selon leurs convictions politiques et idéologiques.

280 suédois se sont engagés dans la Waffen S.S au sein de la Division Nordland (certains ont obtenu non sans mal leur transfert dans la Luftwaffe) tandis que 742 suédois ont choisit le camp opposé et la Légion Etrangère, certains opérant comme fantassins tandis que d’autres étant transférés à l’Armée de l’Air et servant comme pilote.

Le plus célèbre d’entre-eux est Wilhem Livnsson de père allemand et de mère suédoise. Il déserta de la Svenska Flygvapnet pour rejoindre la Légion Etrangère. D’abord simple fantassin il demande son transfert dans l’Armée de l’Air ce qui est rapidement accepté. Il remportera vingt-sept victoires entre mars 1949 et octobre 1953 date de sa mort au combat.

A la fin du second conflit mondial la Svenska Flygvapnet alignait douze divisions de chasse, six divisions de bombardement, deux divisions d’attaque, deux divisions de reconnaissance à longue distance, quatre divisions de reconnaissance tactique, une division de coopération navale, une division de torpillage, une division de transport et de liaison, une division d’entrainement soit un total de 30 divisions et un nombre d’avions dépassant le millier !

C’est naturellement l’apogée de la puissance aérienne suédoise qui va sensiblement décroitre suite au retour de la paix. Sans la guerre froide cela aurait été encore plus important mais finalement après la démobilisation l’armée de l’air suédoise va disposer de six divisions de chasse, quatre de bombardement, trois de reconnaissance, deux d’aviation navale, une de transport et une d’entrainement soit dix-sept divisions et environ 600 appareils modernes qu’ils soient suédois ou étrangers.

Pologne et Pays Neutres (76) Suède (11)

Artillerie

Artillerie de campagne

-Le 7.5cm KANON m/02-33 est un canon conçu par la firme Krupp mais produit sous licence par la firme Bofors. On peut donc le considérer comme une pièce d’artillerie de campagne germano-suédoise.

Comme sa désignation l’identique les 108 exemplaires utilisés par l’Armen étaient une version modernisée en 1933 d’un modèle mis en service en 1902. Toujours en service en septembre 1948 bien que passablement déclassé, ce canon à été retiré du service en 1955 et remplacé par des canons plus modernes.

Le 7.5cm KANON m/02-33 pesait 1400kg en configuration transport disposait d’un tube de 30 calibres (longueur du tube 4.44m) pour tirer un obus explosif de 6.6kg à une distance maximale de 10000m à raison de 15 coups par minute. L’équipe de pièce de sept hommes protégée par un bouclier de 4.75mm d’épaisseur pouvait pointer la pièce en site de -3° à +43° et en azimut sur 50°

Le 7.5cm KANON m/40 est un canon de campagne de conception et de fabrication suédoise qui remplaça partiellement le modèle 1902/33.

Je dis bien partiellement car seulement 64 canons ont été produits. Ce canon à été utilisé par l’armée suédoise jusqu’en 1959 quand les derniers ont quitté le service actif mais pas le service actif car deux canons servant de canon de salut au palais royal de Stockholm.

Le 7.5cm KANON m/40 est un canon de campagne léger pesant 1435kg en position tir, tirant un obus de 6.6kg (75x278R) via un tube de 37.5 calibres (longueur 2.812m) à une distance maximale de 10700m à raison de quinze coups par minute, l’équipe de pièce de sept hommes protégée par un bouclier de 4.75mm pointant le canon en site de -5° à +43° et en azimut sur 50°.

Artillerie de montagne

-Canon de montagne de 75mm Bofors modèle 1934

-Le 10.5cm BERGHAUBITS m/10-24 est comme son nom l’indique un obusier de montagne lourd chargé de compléter le canon précédent. Enfin il faut le dire vite car il n’à été produit qu’à quatre exemplaires mis en service en 1926. Toujours en service en septembre 1948 ces pièces ont été retirées du service et envoyées à la ferraille sauf une pièce conservée dans un musée.

Le 10.5cm BERGHAUBITS m/10-24 est un obusier de montagne de conception et de fabrication suédoise pesant 1100kg en position de tir, disposant d’un tube de 12 calibres (1.680m), tirant un obus de 14.6kg à une distance maximale de 8000m à raison de six coups par minute. L’équipe de pièce de sept hommes peut pointer l’obusier en site de -5° à +43° et en azimut sur 5.5°.

Artillerie lourde

Le 10.5cm HAUBITS m/10 est un obusier de conception et de fabrication suédoise issu de la célèbre firme Bofors. Mis en service dans l’Armen en 1911, il à été produit à 160 exemplaires qui étaient tous en service en septembre 1948. Après une longue carrière ces obusiers ont été remplacés par des pièces plus modernes au début des années soixante.

Le 10.5cm HAUBITS m/10 pèse 1100kg en position de tir, disposait d’un tube de 14 calibres (longueur du tube 1.470m) qui lui permettait le tir d’un obus de 14.6kg (105×98) à une distance maximale de 5800m. L’équipe de pièce composée de huit hommes pouvait pointer la pièce jusqu’à +43° et en azimut sur 5.5°.

10.5cm cannon modell 1927 mis en œuvre par des artilleurs allemands

-10.5cm cannon modell 1927 : Ce canon à surtout connu un succès à l’export (Pays-Bas et Hongrie où il à été produit sous licence) à été utilisé à seulement quatre exemplaires d’abord par l’artillerie côtière puis par l’artillerie de campagne. Toujours en service en service en septembre 1948 mais retirés du service pendant la guerre car trop usés.

-10.5cm Kanon m/34

Quatre exemplaires sont acquis par l’artillerie côtière et cinquante-six par l’armée de terre soit soixante pièces pour l’armée suédoise sous la désignation de 10.5cm Fältkanon m/34.

Huit autres canons d’une version améliorée ont été acquis en 1942 et ultérieurement les pièces d’artillerie côtière furent cédée à l’armée suédoise soit un total de soixante-huit canons (les pièces ayant appartenu à la marine suédoise étant connus sous la désignation de 10.5 cm Fältkanon m/34M).

Ce canon à aussi été exporté en Suisse (production sous licence), en Finlande et en Thaïlande.

10.5cm Haubits m/39 : désignation suédoise du 10.5cm Leichte Feldhaubitze 18 acquis à 142 exemplaires.

-10.5cm Haubits m/40 : obusier de 105mm exporté également en Finlande, en Estonie, en Suisse, aux Pays-Bas et en Thaïlande. L’artillerie suédoise à utilisé plus de 400 pièces en cinq versions différentes.

-Le 10.5cm KANON m/34 est un canon de 105mm de corps d’armée. Produit à cinquante-six exemplaires, il devait assurer l’appui des divisions d’infanterie en leur offrant une couverture, un appui-feu à longue distance sans oublier la traditionnelle mission de contrebatterie.

Ce canon de conception et de fabrication suédoise pesait 3750kg en position de tir disposant d’un tube de 39.9 calibres (longueur : 4.189m) permettant le tir d’un obus explosif de 15.5kg (105×764) à une distance maximale de 18100m à raison de six coups par minute.

L’équipe de pièce de huit hommes protégée par un bouclier de 4.5mm pouvait pointer le canon en site de -5° à +42° et en azimut sur 60°. Le canon était remorqué par un camion.

Bofors 12cm m/14 : nombre inconnu utilisé par l’Armen jusqu’à une date tardive

-Le 15cm HAUBITS m/06 est un obusier moyen germano-suédois issu d’une coopération entre Krupp et Bofors. Il à été produit à cinquante-six exemplaires et mis en service à partir de 1906. Ils sont retirés du service à la fin des années cinquante car trop usés.

Pesant 2150kg en position de tir, il dispose d’un tube de 11 calibres (longueur du tube 1.650m) permettant le tir d’un obus de 41kg à une distance maximale de 6700m à raison de quatre coups par minute. L’équipe de pièce de neuf hommes pouvait pointer le canon en site de -5° à +43° et en azimut sur 2.5°.

-Le 15cm HAUBITS m/39 est un obusier de corps d’armée de conception et de fabrication suédoise, un produit de la célèbre firme Bofors. Mis en service en 1941, il à été produit à 113 exemplaires avant qu’une complément de production ne porte le parc à 147 exemplaires. Comme son prédecesseur, il était remorqué par un camion le plus souvent Volvo L TL 1931 Tractor. Il à été remplacé par des pièces plus modernes au milieu des années soixante.

Le 15cm HAUBITS m/39 pesait 2150kg en position de tir (mais 5720kg en configuration transport), disposant d’un tube de 23 calibres (3.450m) permettant le tir d’un obus explosif de 41.5kg à une distance maximale de 14600m à raison de six coups par minute. L’équipe de pièce de neuf hommes peut pointer le tube en site de -5° à +65° et en azimut sur 45°.

-Le 21cm HAUBITS m/17 est un obusier lourd de conception et de fabrication allemande datant de 1918 dont la Suède possédait 12 exemplaires. Cet obusier obsolète est retiré du service à la fin du second conflit mondial sans avoir pu faire parler de sa puissance.

Le 21cm HAUBITS m/17 pesait 7530kg en position de tir (et transport en deux fardeaux) disposant d’un tube de 14.5 calibres (2.67m) pour permettre le tir d’un obus explosif de 120.75kg (210×231) à une distance maximale de 10200m à raison de deux coups par minute.

L’équipe de pièce pouvait pointer le tube en site de -6° à +70° et en azimut sur 4°.

-Huit 21cm Kanone 39

Artillerie antiaérienne

-20mm Maskinkanon M.40S

Appelé aussi PANSARVÄRNSLUFTVÄRNSKANON m/40 (Nda A vos souhaits) est un canon automatique de 20mm utilisable comme canon antichar malgré son faible calibre et comme canon antiaérien. Il à repris certains éléments des canons Bofors de 25 et de 40mm. Ce canon à aussi été utilisé à bord de véhicules blindés. 2700 exemplaires ont été utilisés uniquement par l’armée suédoise.

Le PANSARVÄRNSLUFTVÄRNSKANON m/40 est un canon automatique de conception et de fabrication suédoise pesant 310kg en configuration transport et 65kg en position de tir. Il disposait d’un canon de 70 calibres (1.32m de long) permettant le tir d’un obus de 20mm de 0.145kg (20x145mm) à une distance maximale de 5000m en tir sol-sol et de 2000m en tir antiaérien sachant que la pénétration est de 25mm à 500m à 90°. Alimenté par des chargeurs de 25 coups, il pouvait tirer 360 coups à la minute.

L’équipe de pièce se compose de quatre hommes (chef de pièce, tireur et deux pourvoyeurs) qui pouvaient pointer le canon en site de -5° à +85° et en azimut sur 360°

-2cm Flak 30 et Flak 38

-Canon de 40mm Bofors

LUFTVÄRNSKANON m/29 et LUFTVÄRNSKANON m/30 : désignations officielles du Canon de 75mm Bofors modèle 1929, une arme largement exportée en Argentine, en Chine, en Finlande, en Grèce, en Hongrie, en Perse aux Pays-Bas et en Thaïlande.

-LUFTVÄRNSKANON m/37 : version modifiée et modernisée du précédent.

Artillerie antichar

-Canon antichar de 37mm Bofors

Pologne et Pays Neutres (74) Suède (9)

Ordre de bataille simplifié de l’armée de terre

Reconstitution d’un uniforme suédois modèle 1939

-Etat-major général de l’armée de terre

-Conseil Militaire Supérieur

Organe consultatif qui se met en disponibilité en temps de guerre

Zones Militaires

Suite à une réforme de septembre 1941, les zones militaires et les districts militaires sont fusionnés, le territoire suédois étant divisé en sept zones militaires chargées en temps de paix de gérer la formation des conscrits, le soutien et prépare la mobilisation des unités qui sont ensuite placées sous le commandement des corps d’armée.

Les zones militaires assurent la défense locale, la défense territoriale au travers de régiments spécifiques et en prennant sous son aile les unités de la Home Guard.

Les sept zones militaires ont leur état-major stationné à Kristianstad (zone militaire n°1), à Ostersünd (zone militaire n°2), à Skövde (zone militaire n°3), à Stockholm (zone militaire n°4), à Karlstadt (zone militaire n°5), à Böden (zone militaire n°6) et à Visby (zone militaire n°7).

Chaque zone militaire dispose de deux régiments d’infanterie, d’un bataillon de cavalerie, d’un régiment d’artillerie, de deux compagnies du génie et d’unités de la Home Guard.

Corps d’Armée

En septembre 1948 l’armée suédoise commence à mettre sur pied quatre corps d’armée qui vont engerber chacun deux divisions d’infanterie soit huit divisions d’infanterie. Aux deux unités d’infanterie vont s’ajouter des unités d’appui et de soutien selon le schéma suivant :

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major (soutien, ravitaillement et protection)

-Un groupement de soutien logistique

-Un régiment d’artillerie lourde

-Un régiment du génie

-Un bataillon mobile (cavalerie et autos blindées)

-Un régiment de transmissions

Groupement mobile

Ce groupement mobile regroupe sous son commandement quatre brigades, des unités qui mélangent unités montées et unités motomécaniques, une version suédoise de nos divisions «pétrole-picotin».

Il semble qu’il s’agissait d’une situation provisoire en attendant la transformation en division motomécaniques mais cette transformation ne se fera qu’à la fin du conflit soit faute de temps ou de moyens ou de volonté.

Organisation des grandes unités

Infanterie suédoise durant le second conflit mondial

Division d’infanterie

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Un bataillon de sécurité

-Un groupement de soutien logistique (maintenance, ravitaillement, soutien sanitaire) qui remplacent le bataillon de service et le bataillon médical.

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie d’autos blindées

-Un bataillon de cavalerie

-Une compagnie antichar et antiaérienne

-Trois régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

-Un bataillon du génie

Brigades mobiles

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Un bataillon de service

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie d’autos blindées

-Deux bataillons de chars légers

-Deux régiments montés

-Un régiment d’artillerie (motorisée pour les 1ère et 3ème brigades, hippomobile pour les 2ème et 4ème)

-Une compagnie antichar et antiaérienne

Régiment d’infanterie

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major (soutien, ravitaillement et protection)

Mortier de 81mm Granatskare m/29, un Stokes-Brandt profondément modifié par Tampella

-Une compagnie de mortiers et de mitrailleuses

-Une compagnie antichar

-Trois bataillons d’infanterie à trois compagnies de fusiliers, une compagnie d’éclaireurs et une compagnie d’appui

Régiment monté

-Un escadron de commandement et de soutien

-Trois escadrons montés

-Un escadron d’appui avec un peloton de mitrailleuses, un peloton de mortiers et un peloton de canons antichars

Régiment d’artillerie

-Une batterie de commandement et de soutien

-Une batterie de conduite de tir

-Trois groupes à trois batteries de quatre pièces soit trente-six bouches à feu

Bataillon d’infanterie

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Trois compagnies de fusiliers

-Une compagnie d’éclairage

-Une compagnie d’appui (section de mortiers, section de mitrailleuses, section de canons automatiques)

Bataillon de cavalerie

-Un escadron de commandement et de soutien

-Trois escadrons montés à trois pelotons montés et un peloton de mitrailleuses

-Un escadron d’appui (un peloton de mortiers, un peloton de mitrailleuses et un peloton de canons antichars)

Bataillon de chars légers

Char léger Stridsvagn m/31

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Trois compagnies à trois pelotons de quatre chars et un peloton de quatre autos blindées soit dix-sept véhicules par compagnie, cinquante-trois au total répartit entre deux chars pour le commandant du bataillon et son adjoint, dix-sept véhicules par compagnie (douze chars légers, quatre autos blindées et un char léger pour le commandant de compagnie).

Bataillon du génie

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Une compagnie de pontonniers

-Une compagnie de déminage

-Une compagnie de travailleurs (construction et aménagement)

Bataillon de service

-Une compagnie de maintenance

-Une compagnie de ravitaillement

-Une compagnie sanitaire

Compagnie d’autos blindées

-Un peloton de commandement et de soutien

-Un peloton motocycliste

-Trois pelotons de quatre autos blindées

Compagnie antiaérienne et antichar

Canon de 37mm Bofors

-Une section de commandement et de ravitaillement

-Deux sections de quatre canons antichars

-Deux sections de quatre canons antiaériens

Pologne et Pays Neutres (73) Suède (8)

Aux temps modernes : des guerres napoléoniennes à nos jours

Soldat suédois en uniforme modèle 1806

Du 31 octobre 1805 au 6 janvier 1810 à lieu la guerre franco-suédoise. La Suède est soutenue par la Grande-Bretagne et la Prusse va affronter la France, l’Espagne et la Hollande.

Le 9 août 1805 la Suède à rejoint la troisième coalition suite à l’exécution du duc d’Enghien le 21 mars 1804 («pire qu’un crime une faute»). Elle autorise la Grande-Bretagne à utiliser la Poméranie suédoise comme base en échange de subsides. Le 31 octobre 1805 Stockholm déclare la guerre à la France.

En novembre 1805 une offensive combinée suédo-anglo-russe (12000 hommes) est lancée pour récupérer le Hanovre occupé par la France. Après la défaite austro-russe à Austerlitz, les suédois sont laissés seuls et doivent évacuer le pays en avril 1806 et se replient sur la Poméranie suédoise. Un accord franco-prussien est signé peu après.

A l’été 1806 une quatrième coalition est mise sur pied. La Suède peut occuper le Lauenburg mais devant l’offensive française, les soldats suédois doivent se replier sur la ville hanséatique de Lübeck pour évacuer mais les soldats français avancent trop vite. Suite à la bataille de Lübeck, 1000 suédois sur 1800 sont capturés. Ils sont très bien traités par le maréchal Bernadotte qui pose ici (mais il ne sait pas encore) les premiers jalons qui allait le conduire au trône de Suède.

La Poméranie suédoise est envahie début 1807, les français mettant le siège devant la ville de Stralsund. Après un premier cessez le feu le 18 avril 1807, la Suède reprend la lutte le 8 juillet 1807 après avoir refusé de rejoindre le système continental. Stralsund tombe aux mains des français le 20 août 1807. Les troupes suédoises comme c’est souvent la coutume à l’époque rentrent au pays avec armes munitions et bagages.

Après sa défaite dans la guerre russo-suédoise, la Suède signe le 6 janvier 1810 le traité de Paris. En échange du retour sous souveraineté suédoise de la Poméranie, Stockholm doit rejoindre le système continental.

Le 17 novembre 1810 la Suède doit déclarer la guerre à la Grande-Bretagne les marchandises sont saisies. Une guerre pour la forme (17 novembre 1810 au 18 juillet 1812) sans combats une Bloodless War (guerre sans sang). Les seuls tués sont les victimes des émeutes de Klagerup quand la troupe tire sur des opposants à la conscription le 15 juin 1811.

En 1812 la France occupe la Poméranie suédoise et l’île de Rügen, la Suède fait la paix avec la Grande-Bretagne dans le cadre du Traité d’Orebro (18 juillet 1812). Le même jour la Grande-Bretagne et la Russie signe une paix.

Du 14 mars 1808 au 10 décembre 1809, le royaume de Danemark-Norvège affronte la Suède. Le casus belli c’est l’alliance du royaume de Danemark-Norvège avec la France et l’alliance de la Suède avec la Grande-Bretagne. C’est une guerre que personne ne veut ce qui explique qu’elle se termine par une trêve. La paix est conclue par un retour au status quo ante bellum le 10 décembre 1809.

L’armée suédoise de l’époque c’est 23000 hommes dont 7000 hommes dans le sud de la Suède avec 14000 à la frontière norvégienne et 2000 dans le Norrland. Elle est bien équipée et bien entrainée.

On trouve plusieurs régiments comme le régiment de Hälsinge (1630-1709, 1709-1713 et depuis 1713). En 1816 ce régiment à huit compagnies reçoit le numéro 14 ou encore le régiment de Skaraborg (1624-1709 et 1709-1939). Devenu en 1816 le 9ème régiment d’infanterie, il est transformé en 1939 en régiment blindé qui va intégrer une brigade mobile (mobil brigad).

Le régiment de Kalmar (1626-1709 et 1709-1927) est un régiment d’infanterie à huit compagnies qui devient le 20ème RI en 1816 puis le 21ème RI en 1892. En 1927 il fusionne avec le régiment de Jönköping pour former le régiment de Jönköping-Kalmar.

Le Live Grenadier Regiment en suédois Livgrenadjärregementet est créé en 1928. En 1791, les régiments d’infanterie et de cavalerie d’Östergötland fusionnent pour donner naissance à un régiment de Life Grenadier. En 1816 le régiment est divisé en deux, les 1stet 2nd Life Grenadier Regiment. En 1928 les deux régiments sont fusionnés pour redonner naissance à un régiment unique qui reçoit également une autre désignation, le 4ème RI. Le Bohuslan Regiment est créé en 1720 et est devenu en 1816 le 17ème RI.

En face on trouve une armée dano-norvégienne de 36000 hommes mais seulement 5000 peuvent être employés contre la Suède. A cela s’ajoute une armée française composée de 12500 français, de 14000 espagnols, 6000 néerlandais et 12500 danois.

Ce conflit se termine par le Traité de Jönköping (10 décembre 1809) qui prévoit aucune cession de territoires, les navires britanniques sont maintenus à distance des côtés suédois, les rénégats et crriminels doivent être extradés.

En 1814 le Traité de Kiel cédera la Norvège à la Suède non sans que les norvégiens ne tentent par les armes d’échapper à l’union prévue avec la Suède.

L’armée suédoise au 20ème siècle.

Uniforme modèle 1910

L’armée suédoise à longtemps reposé sur le mercenariat et un volontariat plus moins corseté par des pressions sociales et fiscales. En 1901 la Suède va mettre sur pied un service militaire universel qui va perdurer bien au delà du second conflit mondial.

Les conscrits suivent un service militaire d’un an puis suivent jusqu’à un âge avancé (50 puis 45 ans) des périodes de rafraichissement toutes les 4 à 6. Ceux décidant de devenir réservistes subissent eux des rappels annuels plus ou moins longs en fonction du grade acquis.

Durant les deux conflits mondiaux, le service est temporairement porté à deux ans pour augmenter le nombre de soldats disponibles mais le projet de pérenniser cette extension n’à jamais pu aboutir en raison de nombreu oppositions politiques.

Si la Suède est restée neutre durant le premier conflit mondial elle s’est tout de même engagé dans les îles Aland en 1918.

Ces îles de la mer Baltique sont russes depuis 1809 intégrant le Grand Duché de Finlande. En 1856 suite à la guerre de Crimée, le Traité de Paris les démilitarise. En 1914 la Russie y installe une base de sous-marins utilisée également par les britanniques. Des fortifications sont construites mais leur puissance inquiètent Stockholm qui craignent qu’elles ne servent pour envahir la Suède.

En décembre 1917 la Finlande est indépendante. La population des îles Aland veut rejoindre la Suède ou du moins une intervention pour rétablir l’ordre en raison de la dissolution des troupes russes suite aux révolutions de février et d’octobre.

Ces îles étaient alors occupées par les Rouges, la Suède intervenant en février 1918 suivis par les allemands en mars. Le conflit est aussi relié à la guerre civile finlandaise entre Blancs et Rouges.

Le 10 février 1918 la guerre civile finlandaise arrive à Aland avec l’arrivée des Blancs finlandais. Peu de résistance russe. Le 13 février, le gouvernement suédois décide d’envoyer des troupes dans les îles Aland. Les blancs finlandais pensent que les suédois de leur côté mais ce n’est pas le cas. On assistance à une alternance de combats et de négociations. Les suédois contrôlent toutes les îles le 2 mars 1918.

Les allemands capturent les Rouges en raison de la crainte de voir la Suède rejoindre les alliés. Le 6 mars 1918, un accord germano-suédois est signé pour le partage des îles. Le 14 mars la majorité des troupes suédoises sont évacuées, les derniers soldats de Stockholm quittant la zone le 26 mai 1918 quand la guerre civile finlandaise s’achève.

Les allemands quittent les îles en septembre 1918. Trois ans plus tard en 1921, les îles sont cédées à la Finlande où elles forment une région autonome de la Finlande et sont démilitarisées.

Sur le plan des effectifs on trouve 2150 russes (dont 150 militants bolchéviques) contre 700 à 800 suédois, 900 allemands et 460 finlandais blancs.

L’Acte de Défense de 1925 voté le 26 mai 1925 entre en application le 1er janvier 1928. Cet acte entame une politique de désarmement qui ne changera qu’avec l’Acte de Défense de 1936.

Le nombre de divisions est baissé à quatre, dix-sept unités militaires sont dissoutes, le service militaire réduit à 140 jours, de nombreux conscrits sont transférés à l’Armée de Réserve.

L’Armen passe donc de six à quatre divisions, la cavalerie est réduite de cinquante à douze compagnies, l’infanterie de 364 à 122, les troisièmes bataillons des régiments d’infanterie sont dissous, les compagnies de service sont réduites de dix-huit à douze compagnies, le génie de trente-deux à vingt-deux, les compagnies de soutien sont réduites à trois, deux compagnies blindées étant mises sur pied.

A la différence de nombre d’armées l’armée suédoise à longtemps été uniquement organisée en temps de paix de régiments, des gros régiments avec plusieurs bataillons qu’ils soient d’active ou de réserve. Ces régiments étaient des régiments d’infanterie, de cavalerie, d’artillerie et du génie.

Uniformes suédois modèle 1944

Armée de masse, la Suède choisit au début des années quarante de réorganiser son armée de terre pour l’adapter à l’époque. Les leçons de la guerre de Pologne sont tirées notamment la nécessité d’améliorer la mobilité des unités.

Le gouvernement suédois choisit une armée à deux vitesses, une armée territoriale au travers des zones militaires pour défendre le pays de manière ferme et décidée et une armée mobile capable d’intervenir sur tout le territoire rapidement. Elle comprend quatre corps d’armée et quatre brigades mobiles mélant des unités de cavalerie et des unités motomécaniques (NdA comment dit-on «pétrole-picton» en suédois). Les unités d’artillerie et du génie sont modernisées et voient leurs capacités accrues.

Jusqu’en 1937 le roi était le chef de l’armée, un rôle plein et entier et non symbolique comme dans d’autres pays. Cette année la poste de chef de l’armée (Chefen för armén) est créé, le roi restant le chef mais un chef sans pouvoir, un chef symbolique.

Le 30 novembre 1939 l’URSS envahit la Finlande. C’est le début de la Guerre d’Hiver. Face au Goliath soviétique, le David finlandais fait mieux que résister. Les finlandais ne sont pas seuls car des suédois sont à leurs côtés. L’armée suédoise ? Non un corps de volontaires de près de 10000 hommes qui allait intégrer également des danois et des norvégiens.

15000 suédois se présentent, 10000 sont sélectionnés mais seulement 8000 sont envoyés en Finlande pour combattre l’Armée Rouge. A cela se sont ajoutés des hommes qui ont rejoint individuellement le front.

A cela s’ajoute une aide humanitaire (nourriture, médicaments, vêtements) et des armes avec 135042 fusils,347 mitrailleuses, 450 fusils mitrailleurs,50 millions de cartouches, 144 canons, 100 canons antiaériens, 92 canons antichars,301846 obus de tous calibres, 300 mines marines et 500 charges de profondeur. On trouve également 17 chasseurs, 5 bombardiers légers, un DC-2 transformé en bombardier léger, trois avions de reconnaissance.

Les volontaires suédois s’illustrent lors de la Bataille de Salla (1939) et lors de la Bataille d’Honkaniemi (25 au 27 février 1940). Si la première est une victoire finlandaise, la seconde est une victoire soviétique.

Le Svenska Frivilligkaren à perdu trente-trois tués, dix disparus, cinquante blessés et cent-trente victimes d’angelures. A la fin du conflit ce corps comprennait 8260 suédois, 725 norvégiens et 600 danois.

Durant la Pax Armada des manœuvres en terrain libre sont organisées, des manœuvres massives à munitions réelles (ce qui génère un certain nombre d’accidents) qui permettent non seulement de régler différentes lacunes et surtout d’envoyer un message aux voisins de la Suède : si vous voulez conquérir notre pays cela vous coûtera très cher.

Quand la guerre devient évidente, la Suède prépare discrètement la mobilisation générale décrétée le 9 septembre 1948.

Outre la mobilisation générale des hommes en âge de combattre pour compléter et soutenir les unités d’active, une Home Guard est mise sur pied avec des hommes trop jeunes ou trop vieux pour combattre mais qui pouvaient soulager les unités de combat de missions secondaires.

Ce sont les prémices de la défense totale qui verra la Suède des années cinquante à quatre-vingt se transformer en un Etat-forteresse avec près d’un million de soldats potentiellement mobilisable, un pays transformé en forteresse géante, un pays bien décidé à faire payer le prix du sang à tout envahisseur.

Aujourd’hui la Home Guard tout en pouvant servir d’armée territoriale en complément d’une armée d’active aux effectifs plus réduits sert surtout pour l’intervention en cas de catastrophe naturelle ou en renfort de la police si celle-ci se retrouvait déborder.

Durant le conflit la Suède fait preuve d’une neutralité comme nous l’avons vu flexible avec un certain penchant pour l’Allemagne pour des raisons d’interdépendance économique.

Des trains sanitaires qui ont évacué des blessés allemands sous le contrôle de Croix Rouge ont en réalité transporté des armes, des munitions et même des renforts qui pour des raisons de discrétion portaient l’uniforme suédois ce qui est strictement prohibé par les conventions internationales.

Des incidents de frontière ont lieu entre la Suède et la Norvège après son occupation par les allemands. Il y eu la violation des eaux territoriales par des navires et des sous-marins officiellement non identifiés, des avions abattus, des pilotes internés.

Si l’armée suédoise n’à pour une raison évidente pas combattu durant le second conflit mondial des suédois ont pris les armes tant dans le camp de l’Axe que dans le camp allié, les premiers rejoignant la Waffen S.S et la division Nordland (théoriquement composée de scandinaves) alors que les seconds ont rejoint la Légion Etrangère, certains pilotes d’abord utilisés comme fantassins ce qui était un gaspillage de compétence se retrouvant dans l’Armée de l’Air.

A la fin du conflit l’armée suédoise s’est sérieusement modernisée en améliorant son équipement et son entrainement. De nouveaux programmes sont lancés en 1954/55 pour tirer la quintessence des leçons du second conflit mondial. La stratégie de défense totale est pérennisée pour faire face à la menace soviétique mais ceci est une autre histoire.

Pologne et Pays Neutres (71) Suède (6)

La Suède (1939-1954)

Entre neutralité et engagement

Un passionné d’histoire militaire portant l’uniforme suédois modèle 1939

Durant la Pax Armada la Suède conserve le cap de la neutralité encore que certains et certaines auraient souhaité une alliance soit avec les puissances occidentales ou avec l’Allemagne.

Les relations avec son voisin méridional sont ambiguës, les deux pays ayant mutuellement besoin de l’autre, la Suède devant exporter minerais et produits manufacturés, l’Allemagne ayant besoin notamment du minerai de fer suédois.

Avec les alliés c’est plus simple. Certes il y à des relations économiques non négligeables mais elles ne sont pas aussi importantes qu’avec les allemands. En clair Paris comme Londres n’à pas la même emprise sur Stockholm que Berlin.

Cela n’empêche pas la France et la Grande-Bretagne de mener une dynamique politique d’influence (on dirait aujourd’hui de lobbying) dans les domaines économiques, politiques et culturels. Ils ne cherchent cependant pas à rallier la Suède dont ils connaissent les profondes racines neutralistes ce qui est très apprécié dans les cercles gouvernementaux suédois.

Certes la révélation de projets d’invasion du nord de la Suède pour tendre la main aux finlandais pendant la guerre d’Hiver à pu irriter le gouvernement suédois mais cela n’est pas allié bien loin.

Officiellement aucun plan d’invasion de la Suède n’à pas été mis au point par les alliés. Dans les faits c’est moins clair. Dans les archives déclassifiées (certaines archives du second conflit mondial ont été classifiées pour 130 ans soit jusqu’en 2084 !) les historiens n’ont pas trouvé de plans aboutis.

Tout juste un faisceau de recherches, des demandes faites aux attachés militaires sur les capacités militaires suédoises, des recherches sur le réseau routier et ferroviaire suédois, sur les capacités des ports. Des ébauches ont été trouvés dans les archives britanniques mais rien dans les archives françaises ce qui ne signifie pas que le général Villeneuve n’à pas demandé l’étude d’un plan d’opérations contre la Suède ou pour aider cette dernière.

Cela s’explique par une géographie et un climat particulièrement contraignants, des gains stratégiques limités et qu’au final une Suède neutre est plus intéressante qu’une Suède engagée dans le conflit.

La Suède dans le second conflit mondial

Dès le 5 septembre 1948, suite à l’invasion du Danemark et de la Norvège la Suède rappelle son statut de puissance neutre. Elle ouvre ses frontières aux civils fuyant les combats puis va interner les soldats norvégiens qui ont brillamment résisté. L’accueil est chaleureux, les soldats norvégiens reçoivent des soins, des cadeaux et beaucoup de chaleur de la part de leurs frères suédois.

Suite aux protestations allemandes en raison d’appel à l’engagement suédois aux côtés de la Norvège («Ce que nous n’avons pas fait en 1939 nous le ferrons maintenant»), l’internement se fera de manière plus discrète.

On l’ignore à l’époque mais on sait aujourd’hui que les fameux trains sanitaires qui évacuèrent des blessés allemands en direction du territoire suédois avaient transporté à l’aller des armes, des munitions et des renforts.

Cette information révélée en 1980 suscitera ce commentaire du général Villeneuve peu avant sa mort «Si j’avais su cela à l’époque j’aurais fait bombarder Stockolm quitte à perdre mes étoiles».

Comme si l’histoire s’était montrée taquine, des soldats allemands vont connaître le même sort à la fin de la guerre. Le 21 février 1954 les dernières unités allemandes constituées occupant la Norvège capitulent mais certains préfèrent rallier la Suède où ils sont internés.

Les alliés «déconseillent» à Stockholm de laisser les soldats allemands rallier l’Allemagne pour continuer la lutte. La Suède qui sait que le sort de la guerre est désormais favorable aux alliés _en même temps il faudrait être aveugle ou fanatique pour ne pas le voir_ se gardant bien de laisser les quelques milliers de soldats allemands libres de leurs mouvements.

De toute façon il est peu probable qu’une les soldats en question voulaient vraiment continuer le combat et que deux leur apport aurait été de toute façon marginal.

Les soldats internés sont libérés dès le lendemain de la capitulation allemande. Si certains rentrent en Allemagne, d’autres vont faire souche en Suède où ils vont être longtemps victimes de vexations et de brimades diverses.

Si l’armée suédoise modernisée depuis 1936 est restée naturellement l’arme au pied cela ne veut pas dire qu’aucun suédois n’à connu le feu.

Waffen S.S aux combats. 280 suédois (chiffres incertains) se sont engagés au sein de la Division Nordland normalement composée de recrues scandinaves

280 suédois se sont engagés dans la Waffen S.S (NdA ce chiffre admis par la majorité des historiens est considéré comme sous-évalué par certains) au sein de la Division Nordland tandis que 742 suédois ont choisit le camp opposé et la Legion Etrangère, certains opérant comme fantassins tandis que d’autres étant transférés à l’Armée de l’Air et servant comme pilote.

Le plus célèbre d’entre-eux est Wilhem Livnsson de père allemand et de mère suédoise. Il déserta de la Svenska Flygvapnet pour rejoindre la Légion Etrangère. D’abord simple fantassin il demande son transfert dans l’Armée de l’Air ce qui est rapidement accepté. Il remportera vingt-sept victoires entre mars 1949 et octobre 1953 date de sa mort au combat.

La marine marchande suédoise est littéralement coupée en deux. Une partie des cargos, pétroliers et navires de charge bloquée dans les ports sous contrôle allié à été rapidement affretée ou vendue par leurs armateurs.

D’autres navires ont été réquisitionnés notamment par l’Allemagne. A cela s’ajoute le fait que les croiseurs auxiliaires et les forceurs de blocus allemands n’hésitaient pas à utiliser le pavillon suédois pour échapper à la traque.

Durant le conflit la Suède eut une neutralité flexible cherchant à contenter tout le monde en évitant de faire l’acte de trop qui pourrait faire penser aux alliés que la Suède avait choisit l’Allemagne et inversément.

L’armée suédoise met le pays en état de se défendre. La marine mouille des champs de mines et patrouille en mer Baltique avec des navires portant des marques de neutralité à savoir le nom SVERIGE en blanc sur la coque et des bandes bleues/jaunes/bleues sur les tourelles.

Il y eut cependant plusieurs incidents entre des navires et des sous-marins, entre des navires et des avions. Ces incidents n’étaient pas toujours fortuits certains étaient de véritables coups de pression de la par des allemands, des finlandais et des soviétiques, une façon subtile (ou pas) de rappeler à Stockholm que sa neutralité n’était pas forcément immuable.

Dans les airs la Svenska Flygvapnet mena des patrouilles de chasse de jour comme de nuit puis les remplaça par des décollages sur alerte, alerte donnée par des guetteurs au sol mais aussi par des radars officiellement de conception suédoise mais en réalité devant beaucoup tant aux allemands qu’aux alliés qui se livraient à une guerre d’influence auprès des services officiels suédois.

Des radars sont installés pour couvrir les grandes villes et les sites industriels sensibles évitant aux pilotes d’épuisantes et monotones patrouilles. Des batteries de DCA sont également implantées ce qui n’empêchera plusieurs bombardements plus ou moins accidentels menés tant par les allemands que par les soviétiques.

En ce qui concerne les alliés occidentaux il y eut quelques incidents mais visiblement pas d’opérations délibérées. Quelques pilotes anglais et français abattus furent internés en Suède sous le contrôle de la Croix Rouge.

Certains ont littéralement disparu durant leur internement et on sait aujourd’hui que certains ont rejoint l’extrême nord de la Norvège pour être évacués par un sous-marin en direction des îles britanniques.

En ce qui concerne les pilotes allemands il semble que ces derniers ont rejoint leur pays d’origine de façon plus directe que les pilotes alliés.

Quand le second conflit mondial se termine la Suède démobilise rapidement son armée mais l’arrivée de la guerre froide et du rideau de fer lui impose encore un grand nombre de servitudes militaires.

Elle doit maintenir une veille vigilante en mer Baltique avec une marine qui va peu à peu abandonner le canon au profit du missile, le gros navire au profit du petit dans une stratégie de guerilla mélant vedettes lance-torpilles puis lance-missiles, batteries côtières, infanterie spécialisée et surtout une puissante aviation.

De son côté l’armée de terre va adopter le principe de la défense totale sur le modèle suisse en tenant compte naturellement des spécificités suédoises.

Officiellement rien à changé, la Suède reste neutre et refuse tout engagement tant aux côtés des alliés que du bloc soviétique. En réalité on sait aujourd’hui que Stockholm était prêt à rapidement basculer aux côtés des alliés occidentaux en cas d’offensive soviétique prenant pour cible le territoire suédois.