Mitteleuropa Balkans (52) Bulgarie (16)

L’armée bulgare dans l’entre-deux-guerre

Le traité de Neuilly-sur-Seine signé le 27 novembre 1919 comprend de sérieuses clauses militaires qui vont limiter la puissance de l’armée bulgare dont les effectifs sont limités à 20000 hommes en incluant les forces intérieures et les gardes frontières.

Les unités plus grande que la division sont interdites mais les trois inspectorats qui doivent mettre en place en temps de guerre autant d’état-major d’armées sont maintenus sous la désignation passe-partout de «Garnison de 1ère classe», garnisons installées à Sofia, Varna et Plovdiv. Naturellement l’armée de terre du tsar Boris III ne peut posséder ni chars ni artillerie lourde.

En 1928 la commission de contrôle alliée quitte le pays ce qui permet à la Bulgarie de prendre de plus en plus de libertés avec ces limitations. C’est ainsi qu’une quatrième garnison de 1ère classe voit le jour en 1928 à Pleven. De nouveaux plans de mobilisation sont mis au point, plans qui selon les époques prévoyaient la mise sur pied de quatre à cinq armées avec jusqu’à 30 divisions.

Après 1934 l’armée bulgare à pu déjà augmenter ses effectifs avec quatre armées (en réalité des corps d’armée) et huit divisions d’infanterie ce qui représente une force de combat de 40 régiments d’infanterie, de 19 régiments d’artillerie et de 10 régiments de cavalerie. Les effectifs atteignent déjà 103000 hommes.

Comme tous les vaincus elle va tenter de contourner ces interdictions mais il faudra attendre la signature de l’accord de Salonique le 31 juillet 1938 avec ses voisins pour que les limitations militaires du traité de paix soient définitivement abandonnées et que le réarmement déjà entame de facto le soit de jure.

En ce qui concerne l’équipement il est modernisé même si les moyens manqueront pour renouveler totalement l’équipement de l’armée bulgare.

Chenillette L-3

Cette dernière va s’équiper de chars et de véhicules blindés d’abord italiens (CV-33) et britanniques (Vickers type E) puis essentiellement tchèques et allemands.

Vickers type E

Ces moyens vont former deux brigades blindées mais le projet de les transformer en véritables divisions blindées ne verra jamais le jour faute de moyens (la Bulgarie ne possède qu’une faible industrie et dépend de manufacturiers étrangers pour s’équiper).

A partir de 1945 la Bulgarie investit massivement dans son outil militaire. Enfin tout est relatif et si une petite industrie militaire voit le jour elle ne peut couvrir tous les besoins de l’armée de Boris III qui dépend encore des importations notamment allemandes.

Ces derniers sont réticents à livrer le matériel demandé non seulement parce qu’ils doivent privilégier l’équipement de leur armée mais aussi et peut être surtout parce qu’on se méfie des bulgares.

Panzer IV Ausf G

Les demandes en matériel ne seront jamais satisfaites mais certaines étaient tellement extravagantes (500 Panzer IV et 300 Stug III par exemple) qu’on est en droit de se demander si il ne s’agissait pas de demander plus pour obtenir ce qu’on voulait vraiment. Le débat reste ouvert…… .

L’infanterie renouvèle son armement qui est dans l’ensemble assez moderne même si il reste ici ou là quelques armes utilisées par leurs ainés durant le premier conflit mondial.

Si on compare aux pays voisins la Bulgarska Armiya n’à pas à rougir de son équipement et les manœuvres estivales exécutées en 1946, 1947 et 1948 ont révélé certes des lacunes mais également un niveau acceptable voir bon dans certains domaines, une armée de format réduite ayant permis de créer de bons officiers et d’excellents sous-officiers. Certes en cas de guerre de masse cela peut aboutir à une armée à deux vitesses…… .

A l’été 1948 alors que les tensions ne cessent de croitrent en Europe, le gouvernement bulgare décide en toute discretion de rappeler des réservistes et de préparer les centres de mobilisation et ainsi gagner quelques jours.

Signe qui ne trompent pas les troupes reçoivent l’ordre dès le mois d’août de gagner les blockhaus et autres abris de Ligne Kubrat et de tenir fermement leurs positions pour protéger la mobilisation générale, mobilisation qui va tarder à venir comme nous allons voir dans la partie suivante.

L’armée de terre bulgare dans le second conflit mondial

Mobilisation et montée en puissance

Le 5 septembre 1948 l’Allemagne par son invasion du Danemark et de la Norvège propulse le monde dans une nouvelle guerre mondiale. La Bulgarie liée au pacte tripartite se déclare prête à toute évantualité.

La mobilisation générale n’est pas pour autant décidée mais on décide de maintenir sous les drapeaux les conscrits qui devaient être libérés d’ici fin 1948 et de rappeler de nouveaux réservistes sans compter que des volontaires se présentent spontanément et sont souvent incorporés aux unités notamment celles qui sont en déficit de personnel.

Ce n’est qu’en janvier 1949 que la mobilisation générale est ordonnée par un décret royal du 14 janvier 1949. Des dizaines de milliers de réservistes, les conscrits du contingent annuel affluent vers les casernes et les centres de mobilisation mis en place à l’automne 1948.

En janvier 1948 soit encore en temps de paix, l’armée bulgare possédait huit divisions d’infanterie, deux brigades blindées, une brigade de cavalerie, une brigade de gardes-frontières, un service aéronautique et différentes unités d’appui (artillerie, génie) et de soutien.

La mobilisation générale permet d’augmenter les effectifs des unités existantes et surtout d’en créer des nouvelles. Résultat quand la mobilisation est terminée le 2 février 1949, l’armée bulgare affiche le visage suivant :

Soldats bulgares au repos. Date et lieu inconnus

-Douze divisions d’infanterie

-Une division de cavalerie

-Deux brigades blindées

-Une brigade du génie

-Une brigade d’artillerie

-Les troupes aériennes royales

Les douze divisions d’infanterie vont être déployées au sein de quatre armées, la 1ère armée défend la Bulgarie contre une potentielle action roumaine en Dobroudja du Sud, les 2ème et 3ème armées font face à la Yougoslavie et la 4ème Armée fait face à la Grèce.

L’unique division de cavalerie (une deuxième doit être mis sur pied ultérieurement) est maintenue en réserve stratégique en compagnie des deux brigades blindées, de la brigade du génie et de la brigade d’artillerie.

C’est avec ces capacités que la Bulgarie va entrer en guerre même si Sofia ne participera pas directement à l’opération MARITSA.

D’autres divisions vont être créées et c’est ainsi qu’au moment du déclenchement de l’opération BARBAROSSA, l’armée bulgare aligne seize divisions d’infanterie, deux divisions de cavalerie partiellement motorisées («pétrole-picotin»), deux brigades blindées, une brigade du génie, une brigade de gardes-frontières et trois brigades d’artillerie.

De nouvelles unités seront ultérieurement créées et à son apogée la Bulgarska Armiya atteindra le chiffre respectable de vingt deux divisions d’infanterie, deux brigades de chasseurs, deux divisions de cavalerie, deux brigades blindées, une brigade du génie, deux brigades de gardes-frontières et trois brigades d’artillerie.

Au combat !

L’armée bulgare est sur le pied de guerre au printemps 1949. Elle pourrait participer à l’opération MARITSA (l’invasion de la Yougoslavie et de la Grèce) mais s’abstient se contentant d’ouvrir son territoire aux allemands.

Selon certains historiens et amateurs de wargames si la Bulgarie était intervenue même avec des moyens limités, la Yougoslavie se serait effondrée en quelques jours et les alliés décidés à tenir en Grèce auraient vite été culbutés par les troupes germano-bulgaro-italiennes.

Une fois la Yougoslavie vaincue, la Bulgarie entre en Macédoine et en Thrace occidentale, des zones considérées comme bulgares et peuplées essentiellement d’ailleurs de bulgarophones. Cela n’empêchera pas la population d’être victimes d’exactions de la part de la soldatesque ce qui entrainera des révoltes vite écrasées.

Pour occuper cette région, la Bulgarie y déploie la 4ème Armée composée de trois divisions d’infanterie (5ème, 6ème et 11ème DI), la 1ère division de cavalerie, la 11ème brigade blindée et une brigade d’artillerie.

Dans un premier temps cette armée doit surtout lutter contre des unités de guerilla, plus ou moins bien entrainées, plus ou moins bien disciplinées. Des campagnes de «pacification» sont régulièrement menées avec son lot d’exactions et de massacres qui alimentent les guerillas rapidement encadrées par les services de renseignement alliés.

Après le retrait des troupes bulgares du dispositif BARBAROSSA suite à l’opération URANUS (contre-offensive de l’été 1951 pour repousser les allemands du Caucase), la 4ème Armée reçoit des renforts, une façon pour les bulgares de se faire pardonner par les allemands.

Le dispositif est réorganisé avec la création d’une 5ème Armée. Si la 4ème Armée reste déployée essentiellement en Macédoine, la 5ème Armée est surtout destinée à défendre la Grèce continentale aux côtés d’unités italiennes et allemandes.

La 4ème Armée dispose désormais de quatre divisions d’infanterie (2ème DI, 4ème DI, 6ème et 11ème DI), la 1ère division de cavalerie et la 1ère brigade de chasseurs plus destinée aux opérations anti-guerilla.

La 5ème Armée dispose de quatre divisions d’infanterie (1ère, 3ème, 5ème et 8ème DI), la 2ème division de cavalerie, la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs.

Ces huit divisions d’infanterie vont affronter les alliés à partir de l’automne 1952. C’est à cette époque les alliés décident d’avancer dans les Balkans pour déstabiliser le dispositif global de l’Axe.

Informés de mouvements importants côté allié ce qui laisse présager une opération d’ampleur (sans que l’on sache si il s’agit d’une offensive ou d’une simple diversion) les bulgares demandent des renforts en hommes et en matériel de la part des allemands mais ces derniers ne sont pas pressés d’aider un allié en qui ils n’ont plus du tout confiance. Les renforcements seront minimaux et ne permettront probablement pas de repousser l’attaque alliée.

L’opération ANVIL est déclenchée le 21 septembre 1952. A partir du 14 septembre, l’aviation et l’artillerie alliées entament une intense préparation, frappant des cibles stratégiques et les positions ennemies pour faciliter des troupes engagées.

Les marines alliées effectuent également des bombardements sur la côte ouest de la Grèce et en Albanie pour attirer des forces dans ces régions et faciliter l’avancée depuis le Péloponnèse. Même situation en mer Egée avec des raids commandos dans le nord de la Grèce (attaque du port de Thessalonique le 15 septembre 1952) mais leur impact à été assez limité.

Comme le dira plus tard un officier allemand «C’était trop brouillon, trop étiré pour être vraiment crédible. Avec moins d’opérations on aurait pu y croire mais là le scepticisme était général même si dans les hautes sphères certains croyaient dur comme fer à un débarquement dans la région de Thessalonique en liaison avec les turcs»

Les alliés vont engager dix-sept divisions dans cette offensive avec la 8th Army (UK) (8ème Armée britannique) composée d’un corps armée britannique (deux DI et une DB) et un corps d’armée sud-africain (deux DI), la 10th Army (UK) composée d’un corps d’armée sud-africain (une DI et une DB) et deux corps d’armées britanniques (deux DI chacun) et l’Armée Grecque de Libération (trois corps d’armée à deux divisions, deux corps à deux DI et un corps d’armée à une DB et une DI).

Il était prévu l’engagement de divisions yougoslaves mais leur montée en puissance est plus longue que prévue en raison de problèmes d’équipements et d’encadrement entre des officiers majoritairement serbes et un corps de troupes composé essentiellement de monténégrins, de bosniens et de croates, ces derniers étant vus comme des traîtres en puissance et sont donc tenus en piètre estime.

En face le dispositif germano-italo-bulgare est moins puissant, leurs troupes sont moins entraînées mais l’équipement est assez bon et surtout le terrain habilement utilisé est un atout précieux dans leurs mains.

Les consignes du Heeresgruppe E (Groupe d’Armées E) qui chapeaute toutes les troupes de l’Axe dans les Balkans : user au maximum les troupes alliées, les faire douter, les allemands sachant que les moyens engagés si ils sont impressionnant sur le papier sont finalement limités en raison des besoins et des priorités sur les autres fronts.

Les combats sont durs et impitoyables. Les germano-italiens sont en première ligne pour empêcher la sortie des alliés du Péloponnèse. Les bulgares sont d’abord tenus en réserve officiellement parce qu’on craint un débarquement allié dans la région de Thessalonique mais il n’est pas impossible que Berlin ait pu craindre un manque de mordant des troupes de Sofia.

Ce n’est qu’alors qu’Athènes est menacé et que l’hypothèse d’un débarquement allié dans le nord de la Grèce soit devenu une chimère (aucune force navale présente en mer Egée, activité aérienne importante mais pas gigantesque non plus) que les troupes bulgares sont engagées.

Elles montrent un mordant et une vigueur qui surprend leurs alliés comme leurs ennemis. Les britanniques qui sont les premiers à entrer en contact doivent engager toute leur puissance de feu pour repousser de vigoureuses et tenaces attaques bulgares.

Es-ce à dire que les bulgares peuvent renverser la situation stratégique dans la région ? Hélas pour eux non. C’est ainsi qu’après de violents combats, Athènes détruit à 80% est libérée le 17 décembre 1952.

Symboliquement c’est le bataillon sacré, un bataillon para-commando grec qui entre le premier dans la ville, hissant sur l’Acropole le drapeau grec récupéré in extremis lors de la chute de la ville en 1950.

La quasi-totalité du territoire grec est libérée en février 1953 après de violents combats. Le territoire hellène est ravagé, une famine biblique frappe les habitants. L’impact est d’autant plus violent que les corps ont été affaiblis par les privations. A la famine s’ajoute différentes épidémies.

Les alliés vont procéder à des distributions de nourriture mais cela ne fera que compenser les privations. Il faudra attendre 1956/57 pour que la situation s’améliore durablement.

Les troupes bulgares ont subit de lourdes pertes. C’est ainsi que sur les quatre divisions d’infanterie de la 5ème Armée, deux ont été détruites et deux très affaiblies.

La 1ère et la 5ème DI sont ainsi retirées du front et remplacées par les 16ème et 22ème DI mais ces unités sont de création récente et manque non seulement d’expérience mais aussi de cohésion puisque leur recrutement mélange «bulgares de souche» et «bulgares de branche» issus de Macédoine et tous ne sont pas des adeptes passionnés de la Grande Bulgarie. Les 3ème et 8ème DI ont subi des pertes mais au final elles sont encore capables de tenir le front.

La 2ème division de cavalerie, une unité «pétrole-picotin» à été saignée à blanc en menant des raids sur les arrières de l’ennemi et en se sacrifiant pour permettre le repli des unités d’infanterie moins mobile. Résultat elle est retirée du front et en dépit de plusieurs projets ne sera jamais reconstruite et peut être considérée comme dissoute de facto et non de jure.

En revanche la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs ont fait plus que tenir le coup. Combattant souvent ensemble ils ont pu associer habilement le choc et la manœuvre, posant des problèmes tactiques aux alliés.

Le manque de moyens empêche de profiter pleinement du basculement italien dans le camp allié en avril 1953.

Le 19 mai 1953 est déclenchée l’opération SLEDGEHAMMER avec les 8ème et 10ème armées britanniques, la 1ère Armée Grecque (ex-Armée Grecque de Libération) et la 1ère Armée Yougoslave qui comprend deux corps d’armée à deux DI plus une division blindée sous commandement direct de l’armée.

Face à cette nouvelle offensive d’ampleur, les bulgares déploient toujours les 4ème et 5ème Armées.

La 5ème Armée aligne donc quatre divisions d’infanterie (3ème DI, 8ème DI, 16ème et 22ème DI), la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs.

La 4ème Armée aligne quatre divisions d’infanterie (2ème, 4ème, 6ème et 14ème DI), la 1ère division de cavalerie et la 1ère brigade de chasseurs.

Les bulgares alignent huit divisions d’infanterie, une division de cavalerie, une brigade blindée et deux brigades de chasseurs.

Si l’Albanie est occupée quasiment sans combats suite à la défection italienne (une partie se rend sans combattre, d’autres restent aux côtés des allemands) et parce que les allemands retraitent en bon ordre en pratiquant la politique de la terre brûlée, le reste du front est le théâtre de combats impitoyables où on ne se fait aucun cadeau.

A l’été 1953 le front suit grosso modo une ligne partant du nord de Durres (le port reste sous le feu de l’artillerie allemande qui pratique des tirs de harcèlement contre les navires venant y faire relâche), traverse le centre de la Macédoine avant de suivre à peu près la frontière bulgaro-grecque.

Les bulgares combattent avec énergie probablement parce qu’ils savent que leur pays est proche et qu’ils vont devoir défendre leur pays, leur patrie, leur terre. Cela motive n’importe quel corps de troupe comme les alliés s’en sont rendu compte quand sur le front occidental ils s’approchaient de la frontière allemande, du Vaterland.

Selon certains historiens l’engagement de moyens supplémentaires aurait permis de faciliter la progression vers le nord mais à cette époque les alliés vont donner la priorité au front occidental, au front scandinavie et même au front italien.

C’est ainsi qu’on laisse en ligne que la 8ème Armée Britannique avec deux corps sud-africains et un corps britannique, la 1ère Armée Grecque et la 1ère Armée Yougoslave, la 10ème Armée britannique (deux corps britanniques) ralliant le front italien en relève d’autres troupes qui vont être mises en repos en Afrique du Nord.

Cela nous laisse un total de quatre divisions sud-africaines, deux divisions britanniques, six divisions grecques et six divisions yougoslaves soit un total de dix-huit divisions même si toutes ne sont pas en ligne en raison d’un terrain défavorable et une logisitique qui connait parfois des ratés.

En face le Heeresgruppe E aligne six divisions allemandes réparties entre une 11ème et une 15ème Armée et deux armées bulgares, les 4ème et 5ème armées

Leur composition évolue avec une 4ème Armée composée des 2ème, 4ème et 14ème DI, de la 1ère division de cavalerie alors que la 5ème Armée est composée de la 8ème DI, de la 16ème et de la 22ème DI et de la 11ème brigade blindée soit six divisions d’infanterie, une division de cavalerie et d’une brigade de cavalerie.

Les deux brigades de chasseurs, des unités d’infanterie légère sont redéployées sur l’arrière du front pour des opérations anti-guerilla, la 1ère brigade de chasseurs opérant aux côtés des troupes de l’Etat croate indépendant alors que la 2ème brigade de chasseurs opère en Macédoine.

Les alliés repassent à l’offensive en novembre 1953 (opération SWORD) pour fixer le plus de troupes et éviter l’envoi de troupes sur un autre front alors qu’ils ont notamment pris pied en Scandinavie (opération BOREALIS).

L’avancée alliée est davantage ralentie par le mauvais temps et les contraintes logistiques que la résistance ennemie même si les bulgares se défendent avec acharnement pour empêcher leur invasion de leur pays notamment par les grecs.

Les alliés parviendront à prendre pied sur le territoire bulgare mais devant la poussée soviétique ils préféreront sanctuariser leur domination sur une Yougoslavie appelée à rester pro-occidentale et royaliste même si cela n’allait pas durer.

La situation militaire devient clairement critique début 1954. les troupes soviétiques envahissent le territoire bulgare le 9 janvier et huit jours plus tard le 17 janvier, un coup d’état crypto-communiste chasse Simeon II et son gouvernement au profit d’un gouvernement républicain qui déclare la guerre à l’Allemagne le 21 janvier 1954.

Les troupes bulgares se retournent contre leurs anciens alliés allemands ce qui provoque parfois des drames quand des soldats bulgares sont désarmés et froidement abattus par les allemands rapidement mis au courant de ce qu’on peut clairement qualifier de trahison.

Le nouveau gouvernement bulgare reprend la main sur son armée, l’épurant d’éléments jugés peu fiables. La nouvelle armée maintient la pression sur les allemands mais ses attaques manquent de mordant sans que l’on sache si cela est volontaire ou non.

Es-ce pour cela que les soviétiques refusent la proposition bulgare d’attaquer la Yougoslavie et de couper l’herbe sous le pied des alliés ? Cela est clairement un motif d’explication sans compter que ce grand paranoïaque de Josef Staline se méfiait de cet alliés de la dernière heure.

Parachutiste canadien détaché auprès de ses homologues britanniques en tenue standard

Les alliés peuvent lancer l’opération WELCOME en larguant la brigade parachutiste canadienne sur Belgrade pour favoriser l’action des maquisards royalistes qui reprennent la capitale et permettre le rétablissement du royaume de Yougoslavie même si à l’époque personne ne peut savoir ce que cela n’est que temporaire.

Les troupes bulgares se replient sur le pays et vont être désarmées sans ménagement par les troupes soviétiques qui occupent le pays et vont y rester jusqu’au début des années soixante le temps qu’une nouvelle armée bulgare ne soit mise en place, une armée sure politiquement, la Bulgarie devenant le plus fidèle allié de Moscou au sein du bloc des «Démocraties Populaires».

Ce n’est pas un hasard si nombre d’historiens comparent l’évolution de la Bulgarie et de la Thaïlande. Autre pays vaincu du second conflit mondial, la Thaïlande allait devenir le plus fidèle allié des occidentaux dans la région au point qu’on à pu parler un temps de quasi-servitude.

La Bulgarie va également participer à l’opération BARBAROSSA. Enfin participer c’est vite dit car le tsar Boris III est très réticent à engager des troupes sur le front russe.

Certes une partie de son armée veut en découdre avec les bolchéviques mais pour beaucoup de bulgares l’URSS communiste reste la Russie éternelle, la «Troisième Rome», protectrice des slaves et des orthodoxes.

L’armée bulgare va engager des moyens assez limités qui ne vont pas faire preuve d’un zèle extraordinaire au point qu’un colonel allemand dira désabusé «On aurait du laisser les bulgares combattre aux côtés des russes cela aurait été moins hypocrite» Sans commentaire…… .

C’est effectivement exagéré car quand les bulgares attaquaient ou étaient attaqués ils n’étaient pas moins bons que les hongrois, les roumains ou les italiens.

Les deux divisions (13ème et 15ème DI) bulgares vont combattre dans le sud de l’URSS, opérant sous commandement allemand en Crimée puis sur les côtes de la mer Noire, participant de manière secondaire à l’opération FRIEDRICH, en fixant des troupes soviétiques pour empêcher ces dernières de renforcer le front visé par l’offensive stratégique de l’Axe du printemps 1951.

Ces deux divisions vont combattre dans les premiers contreforts du Caucase avec certes un certain professionnalisme et une certaine discipline mais sans enthousiasme, nombre d’entre-eux se demandant ce qu’ils faisaient si loin de chez eux.

Soldat de la Waffen S.S. Certains soldats bulgares préféreront déserter plutôt que de rentrer en Bulgarie en dépit de l’ordre personnel de Boris III. Après un temps de méfiance, les allemands accepteront l’intégration de ces hommes qui n’avaient plus rien à perdre au sein de la S.S de combat. Ils feront preuve d’une telle férocité que dans certaines régions d’Ukraine, le mot bulgare va devenir synonyme de Diable. Sans commentaires.

Ces troupes doivent brutalement battre en retraite en direction de la Crimée au moment d’URANUS sur ordre personnel de Boris III avant d’être évacués par voie maritime en direction de la Bulgarie suscitant le courroux des allemands mais aussi de certains soldats qui plutôt que de rentrer en Bulgarie vont préférer déserter pour rejoindre la Waffen S.S voir des maquis anti-communistes souvent composés de nationalistes ukrainiens.

Comme nous l’avons vu pour se faire pardonner les bulgares décideront d’engager davantage de forces en Macédoine et sur le front grec ce qui permet aux allemands de transférer plusieurs divisions sur le front russe ce qui fait qu’au final les allemands vont être plutôt gagnants.

Mitteleuropa Balkans (50) Bulgarie (14)

Une histoire militaire de la Bulgarie (2) : aux temps modernes (1878-1954)

Les prémices

Drapeau des opalchentsi

L’armée bulgare renait officiellement le 22 juillet 1878 (10 juillet selon le calendrier julien) quand douze bataillons d’opalchentsi qui venaient de participer à la guerre de Libération (appelée également neuvième guerre russo-ottomane) forment une armée nationale plus de quatre siècles après la fin de l’indépendance bulgare.

2011 : des passionnés d’histoire militaire célèbre le 133ème anniversaire de l’indépendance bulgare. Ils portent la tenue des opalchentsi qui s’illustrèrent durant la guerre russo-ottomane de 1877/78.

Les opalchentsi sont des volontaires bulgares qui décident d’aider la Russie dans sa guerre contre l’empire ottoman mais aussi prendre leur revanche sur l’écrasement de la révolte 1876, écrasement d’une violence telle que cela avait suscité l’écœurement de l’opinion publique européenne.

Ils sont regroupés à Samara et vont jouer un rôle majeur dans deux des quatre batailles du col de Skipka (deuxième bataille du 21 au 26 août 1877 et quatrième bataille du 5 au 9 janvier 1878).

Fusil Chassepot modèle 1866

Armés de fusils Chassepot (probablement pour maintenir l’illusion que la Russie n’étaient pas derrière eux), ils formèrent trois brigades numérotées 1, 2 et 3, chaque brigade disposant deux bataillons (druzhina) de cinq compagnies chacune. A ces trois brigades vont s’ajouter six druzhina indépendants numérotés 7 à 12.

Selon la Constitution de Tarnovo, tout les hommes âgés de 21 à 40 ans sont éligibles au service militaire et plus généralement aux obligations militaires.

En 1883 l’armée bulgare connait une première réorganisation. Les douze bataillons d’infanterie cités plus haut sont regroupés au sein de quatre brigades stationnées à Sofia, Pleven, Muse et Shumen. A cela s’ajoute une brigade de cavalerie.

La jeune armée bulgare ne tarde pas à connaître le baptême du feu puisque dès 1885 un conflit l’oppose à la Serbie.

Ce conflit est d’abord favorable à Belgrade mais la contre-attaque bulgare bouscule les troupes serbes qui doivent se replier sur leurs bases de départ et même battre en retraite devant la poussée des troupes de Sofia. Seule la menace d’une intervention austro-hongroise côté serbe stoppa l’avancée bulgare.

A l’époque l’armée de terre bulgare aligne un peu moins de 30000 hommes organisés en huit régiments à trois bataillons regroupés dans les quatre brigades vues plus haut. Comme chaque régiment possède environ 700 hommes on compte 5600 fantassins, le reste des effectifs étant composée de cavaliers (neuf escadrons) et d’artilleurs qui arment douze batteries à huit canons sans compter les services nécessaires.

Pour ce conflit elle peut également compter sur la milice de Roumélie Orientale unie par union personnelle à la principauté de Bulgarie. Cette milice mobilise d’abord ses unités de première ligne (douze bataillons d’infanterie, deux escadrons de cavalerie et quatre canons) bientôt suivies par ses unités de deuxième ligne soit douze autres bataillons.

Ces bataillons vont opérer avec le deuxième échelon bulgare composé de huit bataillons, vingt bataillons de volontaires et trois bataillons macédoniens.

L’armée de terre bulgare dans les guerres balkaniques.

L’armée bulgare dans la première guerre balkanique

Tableau représentant les soldats bulgares au combat durant les guerres balkaniques

Le commandant nominal de l’armée bulgare est le tsar Ferdinand 1er mais le commandement effectif est assuré par son adjoint, le Lieutenant-General Mihail Savorov, son chef d’état-major était le Major-General Ivan Fichev avec comme chef d’état-major adjoint le colonel Stefan Nerezov.

L’armée bulgare déploie 366029 hommes soit la moitié des forces terrestres de la Ligue Balkanique qui va combattre l’empire ottoman pour chasser les forces de la Sublime Porte du continent européen.

En Thrace, les bulgares déploient trois armées plus une division de cavalerie. Des forces sont également placées sous l’autorité de la 2ème armée serbe sur le théâtre d’opérations occidental. On trouve également un détachement déployé dans les monts du Rhodope.

La 1ère Armée Bulgare dispose de la 1ère Division d’Infanterie «Sofia» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui (artillerie, génie), de la 3ème Division d’Infanterie «Balkan» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui (artillerie, génie) et de la 10ème Division d’Infanterie composée de deux brigades à deux régiments d’infanterie.

La 2ème Armée Bulgare disposait de la 8ème Division d’Infanterie «Tundzha» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, de la 9ème Division d’Infanterie «Pleven» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, du détachement Haskovo avec une brigade d’infanterie, un détachement d’artillerie et une brigade de cavalerie à deux régiments.

La 3ème Armée Bulgare disposait de la 4ème Division d’Infanterie «Preslav» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, de la 5ème Division d’Infanterie «Danube» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de la 6ème Division d’Infanterie «Bdin» avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui.

La seule Division de Cavalerie de l’armée bulgare opère sur le théatre d’opérations de la Thrace avec deux brigades, la 1ère disposant de deux régiments alors que la 2ème dispose de trois régiments.

Sur le Théâtre occidental, la Bulgarie déploie une division au sein de la 2ème Armée serbe, la 7ème Division d’Infanterie «Rila» composée de trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités de cavalerie, de génie et d’artillerie. Elle opère en compagnie d’une division serbe composée de quatre régiments d’infanterie, d’un régiment d’artillerie et d’un régiment de cavalerie.

Le Détachement du Rhodope se compose de l’unique 2ème divisions d’infanterie de Thrace avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien.

Naturellement l’ordre de bataille évolue durant le conflit. Après la première bataille de Catalca, les gouvernements bulgares et ottomans signent un armistice le 3 décembre 1912 et se mettent d’accord pour attendre une conférence de paix à Londres.

Les pourparlers ont lieu au palais de St James et n’avaient pas beaucoup avancé quand le 23 janvier 1913 les Jeunes Turcs dirigés par Enver Bey lancent un coup d’état et s’emparent du pouvoir à Constantinople. Le nouveau gouvernement est déterminé à s’emparer d’Andrinople à tout prix ce que ne pouvait accepter la Bulgarie. L’armistice est dénoncé le 29 janvier 1913 et les combats vont reprendre.

Ce sont les ottomans qui prennent l’initiative. Laissant de petites forces en Epire et en Albanie, les ottomans engagent toutes leurs forces en Thrace avec une offensive combinant attaques terrestres et attaques amphibies.

Durant la période de l’Armistice, les bulgares réorganisent leur stratégie en Thrace. Au début du mois de décembre, ils réalisent que les arrières de la 2ème Armée à Adrianople mais aussi ceux des 1ère et 3ème Armées pouvaient être menacées par une offensive ottomane utilisant la péninsule de Gallipoli comme base de départ.

Pour contrer cette menace le haut commandement bulgare décida de transféré ses forces jadis déployées sur le front occidental dans une nouvelle 4ème Armée bulgare avec 93389 hommes sous le commandement du Major Général Stiliyan Kovachev.

Pendant ce temps à Adrianople, une nouvelle 11ème Division d’Infanterie est formée. Elle est accompagnée par deux divisions d’infanterie serbes ce qui permet aux bulgares de déployer d’autres forces sur la ligne Chataldzha.

Sur la ligne Chataldzha située en Thrace à 35km à l’oust d’Istanbul on trouve d’abord la 1ère Armée bulgare sous le commandement du Lieutenant-Général Vasil Kutinchev qui commandait également le dispositif combinant les 1ère et 3ème armées bulgares.

Cette armée dispose de la 1ère DI «Sofia» à deux brigades à deux régiments d’infanterie auxquels il faut ajouter des unités d’appui et de soutien, de la 3ème DI «Balkan» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, la 6ème DI «Bdin» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien et la 10ème DI qui comprend deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien.

La 3ème Armée bulgare commandée par le Lieutenant-General Radko Dimitriez comprend la 4ème DI «Preslav» avec trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, la 5ème DI «Danube» avec trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien et de la 9ème DI «Pleven» avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien.

La 4ème Armée bulgare déployée dans la péninsule de Gallipoli dispose de la 2ème DI de Thrace avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, de la 7ème DI «Rila» à trois brigades (une à trois régiments, une à un seul régiment et une brigade à deux régiments) plus des unités d’appui dont un régiment de cavalerie et un bataillon de pionniers et de la division de cavalerie avec deux brigades à trois régiments montés, une brigade d’infanterie à deux régiments et des unités d’appui et de soutien.

Toujours dans la péninsule de Gallipoli, on trouve sous le commandement du Major-General Genev le Macedonian-Adrianpolitian Volunteer Corps composée de trois brigades à quatre bataillons d’infanterie plus des unités d’artillerie.

Dans la région d’Andrinople : on trouve la 2ème Armée Bulgare qui dispose de la 8ème DI «Tundzha» à trois brigades à deux régiments plus des unités d’artillerie et du génie, de la 11ème DI à deux brigades à deux régiments d’infanterie, d’une brigade indépendante à deux régiments d’infanterie et d’un détachement d’artillerie indépendant. A cela s’ajoute également deux divisions serbes, la 1ère DI «Timok» et la 2ème DI «Danube».

La division d’infanterie type de l’armée bulgare se compose de trois brigades d’infanterie à deux régiments d’infanterie disposant chacun de quatre bataillons d’infanterie soit un total de vingt-quatre bataillons pour la division. A cela s’ajoutait deux régiments d’artillerie, un régiment de cavalerie et un bataillon du génie.

Pour des raisons tactiques, les 1ère et 2ème division cédèrent chacune une brigade pour permettre la formation d’une 10ème division qui ne disposait donc que de seize bataillons d’infanterie.

Cette armée bulgare va jouer un rôle majeur durant ce conflit en participant à plusieurs batailles contre les armées ottomanes.

L’armée bulgare au combat. Un autre tableau dans un style plus « naïf »

Le premier affrontement est constitué par la bataille de Kardzhali le 21 octobre 1912, une bataille opposant des effectifs comparables (8700 bulgares et 42 canons contre 9000 ottomans qui ne disposaient que de 9 canons). Les bulgares l’emporte et attache définitivement au pays la ville de Kardzhali et la partie orientales du massif des Rhodopes. Si les bulgares n’ont que 9 morts et 42 blessés, les ottomans ont 200 tués et blessés et abandonnent aux bulgares 19 prisonniers.

Trois jours après cet affrontement, 150000 soldats bulgares affrontent à la bataille de Kirk-Kilisse environ 100000 ottomans. Après une tentative ottomane de séparer les 1ère et 2ème armées ottomanes, la poussée bulgare oblige les troupes de la Sublime Porte à battre en retraite.

Les bulgares ont eu 887 tués et 4034 blessés sans oublier 824 portés disparus. De leur côté les ottomans ont subit des pertes deux fois plus importantes avec 1500 tués et blessés sans oublier 2 à 3000 prisonniers, 58 canons et 2 avions capturés par les bulgares.

Du 28 octobre au 2 novembre 1912 108000 bulgares (avec 116 mitrailleuses et 360 canons) affrontent 130000 ottomans (appuyés avec 300 canons) à la bataille de Lule-Burgas.

C’est la bataille la plus sanglante de la guerre, les ottomans devant se replier sur les monts Catalca où une puissante ligne fortifiée protège les approches de la capitale ottomane, Constantinople située à seulement 30km. Le bilan humain est terrible avec côté bulgare 2536 tués et 17000 blessés alors que du côté ottoman la note du boucher de nos «amis» anglais est encore plus élevée avec 22000 tués et blessés, 2800 prisonniers et 50 canons capturés.

Les 17 et 18 novembre 1912 à lieu la première bataille de Catalca. Cet affrontement indécis oppose 176430 bulgares contre 140571 ottomans.

Les bulgares subissent de très lourdes pertes ce qui leur impose d’arrêter toute progression ce qui permet aux ottomans de revendiquer la victoire (car même si ce n’est pas vrai en temps de guerre la communication et la propagande c’est presque aussi important que les manœuvres et les combats).

1506 soldats bulgares ont été tués auxquels il faut ajouter 9127 blessés et 1391 disparus soit un total de 12024 hommes hors de combat contre 5 à 10000 tués et blessés côté ottoman. Les pertes inférieures expliquent pourquoi les ottomans ont pu revendiquer la victoire même si cette victoire ne peut pas vraiment changer le cours de la guerre clairement dominé par la Ligue Balkanique.

Le 27 novembre 1912 à lieu la bataille de Merhamli entre bulgares et ottomans (effectifs exacts inconnus). Après une poursuite des bulgares, les ottomans doivent franchir la rivière Maritsa mais la majorité doit se rendre aux bulgares puisque sur les 10000 soldats ottomans engagés 9600 vont être faits prisonniers.

Le 26 janvier 1913 à lieu la bataille de Bulair. Environ 10000 bulgares affrontent quasiment 40000 ottomans (NdA chiffres incertains et contestés). Les ottomans tentent de dégager la forteresse d’Andrinople (aujourd’hui Edirne) assiégée par les bulgares depuis le début du conflit. L’attaque est rapidement contrée par les bulgares.

En ce qui concerne les pertes là aussi il y à contestation puisque l’unique source est bulgare et c’est ainsi que selon Sofia on trouve 114 tués et 416 blessés du côté bulgare et côté ottoman plus de 6000 morts et 10000 blessés.

Du 3 février au 3 avril à lieu la deuxième bataille de Catalca. C’est une bataille d’usure qui se termine de manière incertaine.

Du 9 au 11 février 1913 les bulgares affrontent les ottomans lors de la bataille de Sarkoy. Cet affrontement est la conséquence de la bataille de Bulair et comme la bataille de Bulair se termine par une victoire bulgare.

Là aussi les pertes sont très incertaines. Si du côté bulgare j’ignore les effectifs engagés et donc les pertes, côté ottoman on trouve près de 20000 hommes et 48 canons plus des navires (deux croiseurs et deux cuirassés) et au niveau des pertes on annonce 882 tués, 1842 blessés et 55 disparus.

Du 3 novembre 1912 au 26 mars 1913 la forteresse d’Andrinople à été assiégée par les bulgares rejoint ensuite par les serbes. Sa chute va pousser l’Empire ottoman à demander la paix car incapable de poursuivre la lutte. 106425 bulgares et 47275 serbes vont affronter entre 50 et 70000 ottomans.

C’était donc la fin d’un siège de cinq mois marqué par deux attaques nocturnes infructueuses. La prise de cette forteresse fait sensation car elle avait été fortfiée par les allemands et était jugée imprenable.

La première guerre balkanique se termine par la signature du traité de Londres le 30 mai 1913. Ce traité voit les grandes puissances européennes intervenir. Une Albanie indépendante voit le jour, les îles de la mer Egée sont cédées à la Grèce sauf celles de Imhos et de Tenedos qui commandent l’accès aux détroits turcs, la Crète appartient définitivement à la Grèce.

Tous les territoires européens de l’empire ottoman à l’ouest d’une ligne Enos-Midio sont cédés à la Ligue Balkanique qui doit en assurer le partage. C’est le début d’un processus qui allait conduire à la deuxième guerre Balkanique.

Mannlicher M1888

En ce qui concerne l’équipement de l’armée bulgare on trouve plusieurs modèles de pistolets et de revolvers comme le Frommer-Stop austro-hongrois, le Beholla et le Luger P-08, plusieurs modèles de fusil (Mauser modèle 1871/84, Peabody-Martini Henry, Mannlicher M1888 et M1895) mais aussi le fusil mitrailleur Madsen.

L’armée bulgare dans la deuxième guerre balkanique

Suite aux problèmes du partage des dépouilles entre les vainqueurs, la Bulgarie se retourne contre ses anciens alliés bientôt renforcés par l’empire ottoman. Le conflit sera bref se terminera par un désastre pour Sofia qui parviendra tout de même à conserver quelques territoires.

Durant la 1ère guerre Balkanique la Bulgarie avait mobilisé 599878 hommes sur une population masculine de 1914160. 33000 soldats sont morts sans compter les 50000 blessés ou malades (typhus et cholera).

En dépit de la mobilisation de nouveaux bulgares issus des territoires conquis en Thrace et en Macédoine, l’armée bulgare ne dispose que de 500491 hommes alors que les anciens bulgares pouvaient mobiliser 83% des effectifs présents durant la première guerre soit plus que la Bulgarie.

Les bulgares vont déployer cinq armées contre la Grèce et la Serbie, ne laissant qu’un maigre rideau contre les ottomans et rien sur la frontière avec la Roumanie.

On trouve onze divisions d’infanterie, une division de cavalerie, le corps des volontaires macédonio-adrianopolitain. A cela s’ajoute en réserve sous l’autorité directe du haut-commandement deux divisions d’infanterie et une brigade d’infanterie indépendante.

La force de combat globale était donc de 297 bataillons d’infanterie, 47 escadrons de cavalerie et 186 batteries d’artillerie. Sur le plan matériel la situation s’est améliorée mais comme nous le verrons dans le récit du conflit cela ne va pas suffire.

Le commandant en chef est toujours nominalement assuré par le tsar Ferdinand 1er mais au quotidien le commandement est assuré par le Lieutenant-General Mikhail Savov avec comme adjoint en titre le chef d’état-major général, le Major-General Ivan Fichev mais comme ce dernier est opposé à une nouvelle guerre, il est suppléé sans être débarqué par son adjoint, le colonel stefan Nerezov.

Cette situation ne dure pas car peu après le début du conflit, le Lieutenant-General Savov est viré mais reprendra du service en assurant le commandement combiné des 2ème, 4ème et 5ème armée.

Pour le remplacer dans ses fonctions, Ferdinand 1er le remplace par le général Dimitriez nettement plus russophile, son adjoint le général Racho Petrov assurant le commandement de la 3ème Armée.

Ordre de Bataille des troupes opérant contre l’armée serbe

Face aux troupes de Belgrade, Sofia déploie tout d’abord la 1ère Armée placée sous le commandement du Lieutenant-General Vasil Kutinchev.

Elle comprend la 5ème Division d’Infanterie «Danube» composée de deux brigades d’infanterie à deux régiments plus des unités d’appui et de soutien, la 9ème Division d’Infanterie «Pleven» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui de soutien et enfin d’une brigade d’infanterie indépendante à deux régiments également. Sous le commandement direct de l’armée on trouve escadrons de cavalerie pour l’éclairage.

La Troisième Armée commandée par le Lieutenant-General Radko Dimitriev comprend la 1ère DI «Sofia» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 13ème DI à trois régiments d’infanterie, une brigade d’infanterie à deux régiments, une division de cavalerie à deux brigades à deux régiments plus des unités d’appui et un régiment de cavalerie indépendant.

La Cinquième Armée commandée par le Major-General Stefan Toshev comprend la 4ème DI «Preslav» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 12ème DI à trois régiments d’infanterie, la Brigade Odrin à deux régiments d’infanterie, de l’artillerie d’armée et un régiment indépendant de cavalerie.

La Quatrième Armée commandée par le Major-General Stiliyan Kovachev comprend la 2ème DI thrace à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 7ème DI «Rila» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 8ème DI «Tundzha» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, deux brigades d’infanterie indépendante.

Elle dispose également du corps des volontaires macédonio-adrianopolitain composé de trois brigades à cinq bataillons d’infanterie plus des unités d’appui. Sous l’autorité directe de l’armée on trouve un régiment de cavalerie et un régiment d’Opalchenis.

Ordre de bataille des troupes engagées contre l’armée grecque

Face à l’armée grecque les bulgares déploient la Deuxième Armée commandée par le Lieutenant-General Nikola Ivanov. Elle comprend la 3ème DI «Balkan» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien mais aussi la 11ème DI à trois régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, trois brigades indépendantes d’infanterie ainsi que des unités dépendant directement de l’armée à savoir un régiment d’infanterie, un régiment de cavalerie, des escadrons indépendants de cavalerie, un bataillon de garde-frontières et une section d’obusiers.

Forces déployées en Thrace orientale (face aux turcs)

Face aux turcs les bulgares ne déploient qu’un écran pour jalonner et freiner autant que faire se peut une poussée ottomane. On trouve d’abord une brigade d’infanterie issue de la 10ème DI (d’où sa désignation de 2/10) avec deux régiments d’infanterie, deux escadrons de cavalerie et une section d’artillerie. A cela s’ajoute un régiment d’infanterie et deux régiments de cavalerie, tous les trois indépendants.

Réserve du Haut-Commandement

Le haut-commandement bulgare conserve sous son autorité directe en réserve stratégique la 6ème DI «Bdin» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus une unité d’artillerie et un bataillon de pionnier.

Ce conflit est donc la conséquence du premier où les anciens alliés de la Ligue Balkanique vont se déchirer des territoires.

C’est la Bulgarie qui prend l’initiative en attaquant la Serbie et la Grèce le 29 juin 1913. Belgrade et Athènes vont être ultérieurement aidés par le Monténégro le fidèle allié de la Serbie mais aussi pour la Roumanie et l’empire ottoman ce qui fait que l’armée bulgare va devoir combattre en même sur tous les fronts. C’était déjà quasiment impossible pour armée de premier ordre alors l’armée bulgare vous pensez…… .

Sur le plan militaire, les troupes serbes et grecques sont encore fraiches. En effet elles n’ont pas eu à s’employer alors que les troupes bulgares ont combattu durement ce qui à provoqué de nombreuses pertes.

La bataille de Bregalnica (rivière alimentant le Vardar) est la première du conflit. Deux armées bulgares affrontent deux armées serbes (renforcées par quelques éléments monténégrins).

Sur le plan numérique cela nous donne 184000 bulgares (116000 pour la 4ème armée 68000 pour la 5ème armée) répartis entre 100 bataillons d’infanterie, 6 régiments de cavalerie et 63 batteries d’artillerie qui affrontent 191000 serbo-monténégrins répartis entre 104 bataillons d’infanterie, 24 escadrons de cavalerie et 62 batteries d’artillerie. C’est la plus grande bataille de la guerre qui se termine par une défaite bulgare et de sérieuses pertes avec 20000 tués côté serbo-monténégrin et 30000 côté bulgare.

Du 2 au 4 juillet 1913, les grecs remportent la bataille de Kilkis-Lachanas. 75000 bulgares (57 bataillons d’infanterie et 10 escadrons de cavalerie) appuyés par 175 canons affrontent 117000 grecs (73 bataillons d’infanterie et 8 escadrons de cavalerie). Cette bataille fait suite à la bataille précédente

Les serbes tiennent le choc et les grecs parviennent de leur côté à contre-attaquer, infligeant aux bulgares une sérieuse défaite, la pire de ce conflit. Les bulgares ont 6971 tués et blessés plus 2500 prisonniers et 19 canons perdus alors que les grecs ont perdu 8828 tués et blessés.

La ville une fois prise est vidée de sa population bulgare. L’armée grecque divise alors ses forces, une partie met cap à l’est et la Thrace occidentale, le reste avance la vallée creusée par la rivière Struma, les grecs battant les bulgares à la bataille du lac Doiran (5/6 juillet 1913).

Cette bataille oppose deux brigades bulgares issus de la 2ème armée à deux divisions grecques (3ème et 10ème DI).

Conséquence de la bataille de Kilkis-Lachanas, cette bataille voit les bulgares qui avaient détruit les ponts sur le Styrmon et la ville de Serres être sérieusement malmenés ce qui entraîne une retraite vers le nord. Les grecs s’emparent de plusieurs villes et menacent la capitale bulgare. A cela s’ajoute un débarquement amphibie grec à Kavala.

Les pertes traduisent le déroulement des combats. La moitié des troupes bulgares est tuée, blessée ou capturée alors que les grecs n’ont que des pertes minimes avec 252 tués et 755 blessés.

Du 4 au 7 juillet à lieu la bataille de Knjazevac entre environ 50000 bulgares appuyés par 108 canons et 40000 serbes appuyés par 68 «bouches à feu».

C’est une victoire bulgare, les troupes de Sofia s’emparant de cette ville située à 250km au sud-est de Belgrade et 55km au nord-est de Nis. Si les pertes serbes sont inconnues, les bulgares perdent plus de 1000 hommes (280 tués et 820 blessés).

Du 6 au 8 juillet la 3ème armée bulgare affronte la 2ème armée serbe dans la bataille de Pirot. Les bulgares qui avaient lancé l’offensive doivent se replier pour aider leur 1ère armée sérieusement accrochée par les roumains.

Avec cette défaite qui s’ajoute à celle survenue lors de la bataille de Bregalnica, les bulgares peuvent dire adieu à la conquête du sud-ouest de la Serbie.

Le 8 juillet 1913 à lieu la bataille de Bedogradchik entre les bulgares et les serbes qui se termine par une victoire serbe.

Peu après les bulgares remportent la bataille de Demir Hisar les 9 et 10 juillet toujours contre les grecs.

Du 12 au 18 juillet la ville de Vidin défendue par 4200 bulgares est assiégée 8500 serbes. Une première attaque serbe échoue mais la paix est signée avant que d’autres attaques d’où qu’elles viennent soient menées à bien.

Les 18 et 19 juillet 1913 à lieu la bataille de Kalimanci. Deux armées bulgares affrontent une armée serbo-monténégrine. Les bulgares repoussent les serbes qui cherchaient à les expulser de Macédoine et retrouver les grecs plus en aval sur la rivière Struma. C’est une importante victoire défensive pour les bulgares qui empêchent toute invasion de la Bulgarie par la Serbie.

Cette bataille se termine par des pertes assez élevées avec 2400 tués et 4620 blessés côté bulgare, 2500 tués et 4850 blessés côté serbe, 107 tués et 570 blessés côté monténégrin.

Du 22 au 31 juillet à lieu la Bataille de Kresna qui est la dernière bataille majeure du conflit. Les bulgares avaient contre-attaqué les serbo-monténégrins le 19 juillet et tentent de faire pareil contre des grecs épuisés dont les lignes de communication sont sur le point de rompre.

Euletherios Venizelos

Pour ne rien arranger on se chamaille au sommet de l’état entre le premier ministre Venizelos partisan d’un armistice et le roi Constantin 1er qui voulait obtenir une grande victoire militaire.

Cette bataille manque de tourner à la catastrophe pour les grecs, les bulgares appuyant sur les flancs pour tenter de réitérer la célèbre bataille de Cannes (-216).

Les grecs demandent aux serbes de relancer l’attaque mais Belgrade refuse. A la même époque les roumains avancent vers Sofia. C’est ce qui va sauver les grecs d’un anhilation quasi-totale.

Les roumains ? Oui les roumains qui déclarent la guerre le 10 juillet 1913 suite à un désaccord frontalier avec Sofia. Quand les grecs acceptent la proposition bulgare d’un armistice les troupes roumaines sont à Vrazhebdria à onze kilomètres du centre de Sofia.

Les troupes de Bucarest vont envahir la Doubroudja du sud mais également franchir le Danube dans la région de Corabia.

Les ottomans vont également se joindre à la curée à partir du mois de juillet. Pas moins de 200 à 250000 turcs vont envahir la Thrace occidentale. Les bulgares en sous-effectifs évacuent Adrianople (Edirne) en catastrophe le 19 mais comme les turcs ne l’occupe pas, ils reviennent le lendemain pour l’abandonner définitivement cette fois le 21.

Le 23 juillet 1913 Edirne est occupée par les ottomans. C’est symboliquement très importante car cette ville capturée par Murad 1er dans les années 1360 avait été la première capitale européenne des ottomans, statut qu’elle conservera jusqu’à la prise de Constantinople en 1453.

L’invasion ottomane de la Bulgarie provoque la panique chez les paysans de la région qui se réfugient dans la montagne. Les troupes ottomanes n’ont pas eu à souffrir de pertes au combat mais ont perdu 4000 hommes des suites du choléra.

Les russes menacent alors Constantinople d’intervenir dans le Caucase et envoient la flotte de la mer Noire menacer la capitale ottomane. C’est alors la Grande-Bretagne soucieuse de ne pas trop laisser de place à Saint-Pétersbourg dans la région qui décide d’intervenir.

De toute façon les différents belligérants sont épuisés, éreintés par neuf mois d’un conflit qui annonce tristement les horreurs du premier conflit mondial.

La deuxième guerre Balkanique se termine par le Traité de Bucarest signé le 10 août 1913. Les ottomans demandent à participer mais les anciens alliés de la Ligue Balkanique refusent. Cette fois les Grandes Puissances vont intervenir pour éviter qu’une nouvelle paix insatisfaisante ne provoque une troisième guerre.

Mitteleuropa Balkans (45) Bulgarie (9)

La Bulgarie dans le second conflit mondial

Le 5 septembre 1948 éclate le second conflit mondial quand l’Allemagne déclenche l’opération WESERÜBUNG, l’invasion du Danemark et de la Norvège officiellement pour protéger Copenhague et Oslo d’une attaque franco-britannique (sic).

La Bulgarie liée à l’Allemagne par le pacte tripartite se contente de prendre note du conflit tout en informant Berlin qu’elle se tient prêt à toute éventualité. Berlin se contente de prendre bonne note de la décision bulgare.

Boris III, tsar de Bulgarie de 1918 à 1951

Si Boris III avait pu conserver la Bulgarie neutre durant la guerre de Pologne, le tsar au pouvoir depuis près de 30 ans maintenant est conscient que ce sera plus difficile pour ce conflit qui allait durer.

Pour l’opération MARITSA (invasion de la Yougoslavie), la Bulgarie n’intervient pas directement mais son territoire est ouvert aux troupes allemandes ce qui favorise l’avancée de la Wehrmacht même si selon certains historiens cette décision de non-intervention prise par Sofia à été une bénédiction pour Belgrade puisque cela à permis aux troupes yougoslaves de se replier sans panique direction la Macédoine et éviter une déroute militaire qui aurait également mis en danger la Grèce.

Les troupes bulgares vont entrer en Yougoslavie uniquement pour occuper la Macédoine puis le nord de la Grèce. Il y à quelques combats avec les alliés mais on ne peut pas dire que les troupes bulgares fassent des merveilles.

La Macédoine est occupée par les armées bulgares qui très vite font face à des mouvements de résistance qui avant d’être structurés étaient un mélange détonant de bandits de grand chemin, de soldats egarés et de jeunes garçons trop jeunes pour s’engager ou êtres appelés.

Surpris les bulgares réagissent avec férocité. Les crimes de guerre sont nombreux, les civils payant un lourd tribu à la soldatesque bulgare. Cela va permettre à Sofia de maintenir un certain ordre dans cette région qui doit être clairement annexée à la Bulgarie une fois le conflit terminé.

Ce projet ne verra jamais le jour car comme durant le premier conflit mondial la Bulgarie va se retrouver en avril 1954 dans le camp des vaincus.

Le 17 juin 1950 la campagne de Grèce s’achève après la bataille navale du Golfe de Zanthe. Si l’Axe occupe le nord de la Grèce, le Péloponnèse, la Crète et de nombreuses îles restent aux mains des alliés.

Les allemands auraient voulu achever cette campagne mais il n’y eut jamais assez de troupes pour réaliser une offensive décisive. La presqu’ile péloponnésienne va rester une épine dans le pied de l’Axe, servant de base de départ à des opérations navales et aériennes gênant considérablement l’Axe et favorisant l’action des maquisards royalistes et des partisans communistes.

Faute de troupes suffisantes les alliés mènent une guerre d’usure. Les bulgares déploient des troupes nombreuses en Macédoine et dans le nord de la Grèce pour tenir le front en liaison avec quelques troupes allemandes.

Des fortifications sont dressées pour user l’ennemi en cas d’offensive, des blockhaus sont construits par des prisonniers de guerre et des travailleurs forcés. Nul doute que les plus lucides des officiers bulgares savaient que cela ne saurait que ralentir les alliés en cas d’offensive majeure.

La situation se dégrade à partir de 1952. Les services secrets alliés parviennent enfin à coordonner leurs actions et leurs efforts pour encadrer et soutenir les maquisards et les partisans qui mènent des opérations de renseignement, d’exfiltration des pilotes abattus et d’attaque des lignes de communication ennemies.

Il s’agit de préparer les futures offensives «majeures» lancées dans les Balkans pour donner notamment des gages aux soviétiques et sans le dire éviter que Moscou ne prennent ses aises dans cette région.

Carte de la Grèce automne 1952. En rouge les territoires dominés par l’Axe et en bleu ceux dominés par les alliés. Les Cyclades seront rapidement évacuées par les allemands peu après le début de l’opération ANVIL alors que l’île de Céphalonie sera conservée le plus longtemps possible pour rester une menace constante sur le flanc des alliés qui ne la neutraliseront qu’au printemps 1953.

A l’automne 1952 les alliés lancent l’opération ANVIL (enclume) qui bousculent les troupes de l’Axe en Grèce, libérant Athènes en décembre 1952 et l’ensemble de la Grèce ou peu s’en faut en février 1953, laissant un pays dévasté où va régner une quasi-famine en partie compensée par le largage de vivres par les alliés.

Le 19 mai 1953 les alliés lancent l’opération SLEDGEHAMMER. Les bulgares encaissent le choc de deux armées britanniques, une armée grecque et une armée yougoslave.

Siméon II en 2017

Les soldats de Simeon II se montrent à la hauteur, réhabilitant la réputation martiale des troupes bulgares. Les alliés ne s’y trompent pas et engagent davantage de moyens qu’initialement prévu ce qui montre que les bulgares ont combattu bravement et n’ont cédé qu’une fois le point de rupture atteint.

A l’été 1953 le front suit le tracé d’une ligne reliant Durres, centre de la Macédoine et frontière bulgaro-grecque.

En novembre 1953 les alliés repassent à l’attaque (opération SWORD). Le front germano-bulgare est enfoncé et doivent reculer pour ne pas être débordés.

Les hongrois doivent même être engagés dans une zone considérée comme bulgare ce qui irrite profondément Sofia qui ne fait rien pour aider les troupes hongroises en dépit d’une situation militaire très difficile pour l’Axe qui recule sur tous les fronts.

La situation militaire devient clairement critique début 1954. les troupes soviétiques envahissent le territoire bulgare le 9 janvier et huit jours plus tard le 17 janvier, un coup d’état crypto-communiste chasse Simeon II et son gouvernement au profit d’un gouvernement républicain qui déclare la guerre à l’Allemagne le 21 janvier 1954.

Les troupes bulgares se retournent contre leurs anciens alliés allemands ce qui provoque parfois des drames quand des soldats bulgares sont désarmés et froidement abattus par les allemands rapidement mis au courant de ce qu’on peut clairement qualifier de trahison.

Le nouveau gouvernement bulgare reprend la main sur son armée, l’épurant d’éléments jugés peu fiables. La nouvelle armée maintient la pression sur les allemands mais ses attaques manquent de mordant.

Es-ce pour cela que les soviétiques refusent la proposition bulgare d’attaquer la Yougoslavie et de couper l’herbe sous le pied des alliés ? Cela est clairement un motif d’explication sans compter que ce grand paranoïaque de Josef Staline se méfiait de cet alliés de la dernière heure.

Parachutiste canadien lors d’un entrainement en Grande-Bretagne. Il porte pour cela la même tenue que les troupes aéroportées britanniques alors que la tenue des paras Canucks est plus proche de celle des Etats-Unis.

Les alliés peuvent lancer l’opération WELCOME en larguant la brigade parachutiste canadienne sur Belgrade pour favoriser l’action des maquisards royalistes qui reprennent la capitale et permettre le rétablissement du royaume de Yougoslavie même si à l’époque personne ne peut savoir ce que cela n’est que temporaire.

Les troupes bulgares se replient sur le pays et vont être désarmées sans ménagement par les troupes soviétiques qui occupent le pays et vont y rester jusqu’au début des années soixante le temps qu’une nouvelle armée bulgare ne soit mise en place, une armée sure politiquement, la Bulgarie devenant le plus fidèle allié de Moscou au sein du bloc des «Démocraties Populaires».

La Bulgarie va également participer à l’opération BARBAROSSA. Enfin participer c’est vite dit car le tsar Boris III est très réticent à engager des troupes sur le front russe. Certes une partie de son armée veut en découdre avec les bolchéviques mais pour beaucoup de bulgares l’URSS communiste reste la Russie éternelle, la «Troisième Rome», protectrice des slaves et des orthodoxes.

L’armée bulgare va engager des moyens très limités qui ne vont pas faire preuve d’un zèle extraordinaire au point qu’un colonel allemand dira désabusé «On aurait du laisser les bulgares combattre aux côtés des russes cela aurait été moins hypocrite» Sans commentaire…… .

Les bulgares vont combattre sur les rives de la mer Noire, opérant sous commandement allemand en Crimée puis sur les côtes de la mer Noire, participant de manière secondaire à l’opération FRIEDRICH, en fixant des troupes soviétiques pour empêcher ces dernières de renforcer le front visé par l’offensive stratégique de l’Axe du printemps 1951.

Ces troupes doivent brutalement battre en retraite en direction de la Crimée avant d’être évacués par voie maritime en direction de la Bulgarie suscitant le courroux des allemands.

Pour se faire pardonner les bulgares décident d’engager davantage de forces en Macédoine et sur le front grec ce qui permet aux allemands de transférer plusieurs divisions sur le front russe ce qui fait qu’au final les allemands vont être plutôt gagnants.

En ce qui concerne la question juive, la Bulgarie à des lois discriminatoires vis à vis de la communauté juive et va organiser l’envoi de certains d’entre-eux en Palestine mandataire.

Durant le second conflit mondial, la volonté allemande de déporter les juifs bulgares dans le Gouvernement Général se heurte à une fin de non recevoir de la part de Boris III.

Pour certains c’est ce refus qui à poussé le duo Himmler/Heydrich à éliminer le tsar bulgare dans un accident d’avion encore nimbé de mystère soixante-neuf ans plus tard.

La seconde guerre mondiale pour la Bulgarie c’est également une guerre navale et une guerre aérienne.

La petite marine bulgare qui à bénéficié de quelques modestes renforcement durant la Pax Armada n’à pas les moyens de contrer la flotte soviétique de la mer Noire.

Elle va donc choisir la stratégie du faible au fort en harcelant l’ennemi par des unités légères et en escortant des convois en tentant d’échapper aux mines, aux sous-marins et aux unités de surface soviétique mais si la RKKF fût bien en peine de maintenir une pression constante sur les ports bulgares et roumaines d’où partaient des convois ravitaillant notamment la Crimée.

A la fin du conflit nombre de navires ont été coulés et les unités restantes vont se saborder pour ne pas tomber aux mains des soviétiques.

L’armée de l’air bulgare va elle appuyer les troupes au sol et devoir défendre l’espace aérien du pays contre les bombardements alliés, les franco-britanniques visant notamment la gare de triage de Sofia, des ponts sur le Danube et différentes industries stratégiques. Manquant d’appareils modernes, les pilotes bulgares vont tenter de faire le maximum avec ce qu’ils avaient.

En septembre 1955 la monarchie est officiellement abolie et la république proclamée. Les communistes sont encore dans l’ombre mais vont peu à peu prendre le pouvoir éliminant peu à peu leurs alliés selon une tactique baptisée «tactique du salami».

Un traité de paix est signé en mai 1956. Il est plutôt modéré pour Sofia qui peut conserver la Dobroudja du Sud mais doit renoncer à ses réclamations sur la Grèce et la Yougoslavie.

Des indemnités doivent également être payés ce qui va permettre à la Grèce et à la Yougoslavie de se reconstruire même si Athènes comme Belgrade ont jugé le prix payé par Sofia très insuffisant par rapport aux dégâts. Ils ne parviendront pas non plus à obtenir l’extradiction d’officiers clairement impliqués dans des crimes de guerre.

Pour éviter de nouveaux problèmes, des échanges de population plus ou moins forcés sont organisés. C’est ainsi que 150000 bulgares de Thrace sont expulsés en direction de la Bulgarie.

Mitteleuropa Balkans (44) Bulgarie (8)

D’une guerre à l’autre

L’après guerre en Europe est marqué par l’instabilité politique et la crise économique consécutive au conflit (destruction par les conflits, reconversion des industries d’armement, arrivée sur le marché du travail de nombreux anciens combattants).

Quand en plus vous êtes comme la Bulgarie un pays vaincu soumis à de sérieuses restrictions politiques, économiques et militaires…… .

Carte du traité de Neuilly sur Seine. En rouge les territoires perdus par la Bulgarie

En mars 1920 le parti agrarien remporte les élections. Leur leader Alexander Stambolyski forme le premier gouvernement vraiment démocratique du pays.

Alexander Stambolyski

La situation qu’il doit gérer est donc compliquée avec un contexte politico-économique difficile entre la pauvreté du pays, les réparations à payer et la questions des macédoniens bulgarophones qui refusant de vivre sous l’autorité du royaume des Serbes, Croates et Slovènes ont préféré se réfugier en Bulgarie.

Les réformes menées par Stambolyski ne plaisent ni au roi ni aux grands propriétaires ni aux militaires. Si l’armée bulgare à du sérieusement réduire ses effectifs, elle conserve encore une forte influence et donc un potentiel pouvoir de nuisance.

Pour ne rien arranger le gouvernement bulgare doit faire à une organisation terroriste, la Vatreshna Makendonska Revolutsionna Organizatasiya (VMRO) soit en français l’organisation révolutionnaire intérieure macédonienne qui avait pour objectif de provoquer une nouvelle guerre et ainsi unir à la Bulgarie la Macédoine majoritairement peuplée de bulgarophones.

Cette politique va être brutalement stoppée par le coup d’Etat de juin (Devetoyunski Preverat) mené le 9 juin 1923 par l’Union Militaire dirigée par le général Ivan Valkov. Cette organisation avait été créée en 1919 pour permettre à l’armée bulgare de conserver son influence sur la politique alors que ces effectifs allaient être sérieusement réduits suite au traité de Neuilly sur Seine.

Aux élections de 1920, les agrariens et les communistes avaient remporté la majorité des sièges avec 160 sièges (110 pour les agrariens et 50 pour les communistes) sur 229 sièges à pourvoir.

La politique menée par Aleksandar Stamboliyski est donc appréciée par l’électorat. En 1922 un plébiscite va dans le même sens ce qui pousse le gouvernement à mener des opérations de police contre les leaders des partis d’opposition. Pour ces derniers le coup de force est la seule solution pour éviter leur disparition.

Du 1er au 17 mars 1923 une conférence se tient à Nis dans le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Cette conférence aboutit à la signature le 23 mars du traité de Nis qui permet la reconnaissance de la frontière bulgaro-yougoslave et engage le gouvernement agrarien à mettre fin aux activités de la VMRO.

C’est plus que les nationalistes bulgares peuvent supporter. Dans la nuit du 8 au 9 juin 1923, un coup d’état militaire est déclenché. Les garnisons de Sofia bloquent les routes, coupent les lignes de téléphone et occupent les points clés de la capitale comme les commissariats ou les gares.

Dès 5h du matin soit trois heures après le déclenchement du coup de force, un nouveau gouvernement dirigé par Aleksandar Tsankov est mis en place.

Aleksandar Tsankov

Le lendemain après une une réunion de 6h, le tsar Boris III avalise à posteriori le coup d’état même si deux de ses demandes (inclusion des agrariens dans le gouvernement et aucune répression) n’ont pas été acceptées par les putschistes.

Le 14 juin 1923, Stamboliyski est capturé et livré à la VMRO qui l’execute après de longues heures de torture. Détail macabre, avant de l’exécuter ils lui coupe la main droite qui avait signé le traité de Nis deux mois plus tôt. Une véritable Terreur Blanche s’abat sur le pays visant les agrariens et les communistes dont le leader Georg Dimitrov doit s’enfuir en URSS.

Les agrariens et les communistes tentent de résister mais ils sont divisés et mal organisés, le parti communiste bulgare bien que disposant d’une organisation militaire appliquait les consignes du Komintern du «classe contre classe».

Néanmoins la Troisième Internationale ordonne au BCP d’agir et une insurrection éclate le 14 septembre 1923, insurrection qui se termine le 29 par la victoire du camp gouvernemental qui avait mobilisé l’armée mais aussi des unités paramilitaires (shpritskomandi). Le bilan des combats est incertain, le chiffre le plus souvent admis étant de 841 morts. Cela ne met cependant pas fin à l’instabilité politique et sécuritaire bulgare.

Le 2 avril 1924 la cour suprême d’appel bulgare valide l’interdiction du parti communiste bulgare (Belgarska Komunistioska Partya) ce qui entraine la radicalisation de ce dernier qui choisit la lutte armée.

Le 10 mars 1925 la loi de surêté de l’Etat est renforcée et six jours plus tard Yako Dorosiev, chef de l’Organisation Militaire, le bras armé du BKP décide de lancer des opérations majeures, opérations qui selon certains auraient bénéficié du soutien des services secrets soviétiques même si aucun document n’à été retrouvé pour confirmer cette hypothèse.

Le 14 avril 1925 le tsar Boris III est victime d’une tentative d’assassinat à Arabakanah et le même jour le général Konstantin Georgiev est abattu.

Ce dernier n’est pas un personnage de premier plan mais son assassinat fait partie d’un plan destiné à décapiter le pouvoir bulgare en faisant tout simplement exploser l’église Saint Nedalya où doit se tenir la cérémonie.

La cathédrale de Saint Nedelya après l’attentat

L’attentat à bien lieu le 16 mars 1925 provoquant la mort de 150 personnes pendant 500 autres étaient grièvement blessées. Aucun membre du gouvernement et a fortiori le tsar ne sont touchés.

Le soir même la loi martiale est proclamée et une répression impitoyable engagée. On estime à 450 personnes le nombre de personnes sommairement exécutés durant les deux semaines qui suivent l’attentat. Un procès est organisé entre le 1er et le 11 mai 1925 aboutissant à plusieurs condamnations à mort dont certaines par contumace.

Du 19 au 29 octobre 1925, la Bulgarie et la Grèce sont à deux doigts d’entrer en guerre. C’est l’incident de Petrich.

L’incident est assez obscur avec deux versions de l’incident survenu le 18 octobre 1925. Selon une première version, un soldat héllene cherchant son chien pénètre en territoire bulgare et est abattu par des sentinelles bulgares.

Selon une deuxième version des soldats bulgares auraient franchit la frontière grecque, attaqué un poste à Belasitsa tuant un capitaine grec et une sentinelle.

Tout de suite la Bulgarie explique l’incident par un tragique quiproquo. Sofia propose une commission d’enquête mixte mais les grecs déclinent et exigent le départ des troupes bulgares présentes sur le territoire grec.

Athènes émet un ultimatum de 48h aux bulgares, exigeant la punition du responsable, des excuses officielles et deux millions de francs français pour les familles des victimes.

Le 22 octobre 1925 des troupes grecques occupent la ville bulgare de Petrich. La guerre bulgaro-grecque n’aura finalement pas lieu car la Société des Nations (SDN) décide d’intervenir et impose sa médiation.

Elle exige un cessez-le-feu, l’évacuation des troupes grecques du territoire bulgare et le paiement par la Grèce de 45000 livres à la Bulgarie.

Les deux pays acceptent et pour vérifier son application, des observateurs français, italiens et britanniques sont envoyés sur place, ces derniers interdisant aux bulgares de réoccuper immédiatement les territoires pour éviter un nouvel incident frontalier. L’incident à fait cinquante morts, essentiellement des civils bulgares.

En 1926 le tsar pousse Tsankov à démissioner. Un gouvernement plus modéré dirigé par Andrey Lyoychev arrive au pouvoir. Une amnistie est decrérée mais les communistes en sont exclus.

En 1931 les agrariens reviennent au pouvoir mais alors que la situation politique, la situation économique se dégrade, la Bulgarie étant comme le reste du monde frappé par la Grande Dépression.

Le 19 mai 1934 la Bulgarie est secouée par un nouveau coup d’état militaire mené par deux organisations (Zveno et l’Union Militaire) soutenus par l’armée bulgare mais comme nous le verrons sans l’assentiment du tsar.

Ce coup de force renverse le gouvernement du Bloc Populaire qui regroupait le parti démocratique, l’Union Nationale Agrarienne Bulgare, le Parti National Libéral et le Parti Démocratique Libérale.

C’est en novembre 1933 que l’Union Militaire décide au cours de son congrès de décider de renverser le pouvoir actuel. Dans un premier temps les comploteurs essayent de dissoudre la coalition en attirant vers eux certains partis mais c’est un échec.

En réalité au printemps 1934 la coalition commence à se disloquer toute seule comme une grande ce qui va faciliter la tache des putschistes qui passent à l’action le 19 mai, devançant de 24h un autre coup d’état fomenté par les partisans d’Aleksandar Tsankov.

Les partis opposés ne parviennent pas à s’entendre pour une riposte concertée. Le nouveau gouvernement abolit temporairement la constitution de Tarnovo, dissous l’assemblée nationale et interdit partis politiques, organisations révolutionnaires et syndicats. De grandes entreprises sont nationalisées.

Le 23 juillet 1934 le nouveau gouvernement établit des relations diplomatiques avec l’URSS et se rapproche de la France (mais sans que ce soit l’amour fou entre Paris et Sofia).

Et Boris III dans tout ça ? Il n’à pas approuvé ce coup d’état en raison de la présence de nombreux républicains au sein du Zveno. Voilà pourquoi en janvier 1935 le tsar pousse Georgiev à la démission. Il est remplacé par Pencha Zlatev, une créature à sa main. Jusqu’à sa mort en 1951 le tsar va avoir les pleins pouvoirs avec des gouvernements à sa main. En somme une sorte de dictature royale dont la dureté variera selon les époques.

A la fin des années trente, la Bulgarie se rapproche clairement de l’Axe tout en améliorant les relations avec ses voisins. Ce n’était pourtant pas gagné puisque le 9 février 1934 la Grèce, la Turquie, la Roumanie et la Yougoslavie avait signé le Pacte Balkanique.

Ce pacte appelé également Entente balkanique était destiné à maintenir le statu-quo et donc géler les acquis des traités de paix. Sans que cela soit clairement dit du moins au début, c’est un front contre une Bulgarie revancharde qui mis sur pied.

Signe qui ne trompe pas d’autres pays ont été conviés à la conférence aboutissant à ce pacte mais ont refusé de signé. Il s’agit de l’Italie, de l’Albanie, de la Bulgarie, de la Hongrie et de l’URSS soit des pays qui n’étaient pas satisfaits du nouveau découpage de l’Europe après la première conflagration mondiale. Ce pacte est reconnu par la SDN le 1er octobre 1934.

Cela ne cessa pourtant pas les intrigues régionales mais le 31 juillet 1938 les pays signataires du pacte signent avec la Bulgarie l’Accord de Salonique confirmant les clauses du traité de Neuilly-sur-Seine et de Lausanne (qui remplace le traité de Sévres signé initialement avec l’empire ottoman) mais en échange de zones démilitarisées sur ses frontières avec la Grèce et la Turquie, Sofia était autorisée à se réarmer. Selon certains historiens ce pacte et cet accord à évité une troisième guerre balkanique dans la foulée ou au moment de la guerre de Pologne.

En septembre 1939 la guerre de Pologne éclate. Sofia reste neutre n’ayant aucun intérêt à entrer en guerre aux côtés de l’Allemagne qui de toute façon n’à rien demandé à son allié balkanique.

La période de la Pax Armada est vu rétrospectivement comme un Age d’Or. Certes la Bulgarie reste un régime autoritaire, une dictature royale mais le niveau de vie s’améliore et un semblant de vie politique renaît avec la ré-autorisation de certains partis politiques.

Le 7 septembre 1940 suite au deuxième accord de Vienne, la Dobroudja du Sud est restituée par la Roumanie bien mal récompensée de son alliance avec l’Allemagne puisqu’elle à du également céder la Transylvanie du Nord à la Hongrie, la Bucovine du Nord et la Bessarabie à l’URSS.

En 1941 la Bulgarie signe le Pacte Tripartite ce qui fait de Sofia un allié de l’Allemagne ce qui pourrait l’engager dans un conflit qui ne la concernerait pas directement.

A partir de 1943 la situation économique devient plus difficile et le tsar Boris III impose un nouveau tour du vis ce qui met fin à la période dite «libérale» de la dictature royale. Des partis sont interdits mais le projet d’un parti unique ne dépasse pas le stade du projet.

A partir de 1945 la Bulgarie investit massivement pour moderniser son outil de défense et ainsi faire face aussi bien à une attaque yougoslave, une attaque grecque voir une attaque roumaine.

L’armée de terre et l’armée de l’air bénéficient d’importants crédits mais la marine n’est pas oubliée même si la marine bulgare serait bien incapable d’affronter une marine soviétique disposant de cuirassés ou d’une marine ottomane disposant d’un cuirassé, un cuirassé anglo-américain (coque et propulsion américaine, armement britannique).

Les frontières sont fortifiés avec une série de blockhaus, de champs de mines, de barbelés et d’obstacles antichars. Ce n’est pas une ligne Maginot mais plutôt une ligne tactique destinée à empêcher une attaque surprise et protéger les mouvements du corps de bataille et in fine la mobilisation générale en cas de conflit majeur.

Mitteleuropa Balkans (42) Bulgarie (6)

Guerres Balkaniques : la Bulgarie dans la tourmente

Généralités et contexte global

Soldats bulgares durant les guerres Bakaniques

Du 8 octobre 1912 au 10 août 1913 les Balkans sont sécoués par deux conflits qui annoncent le premier conflit mondial.

Les causes de ce conflit sont multiples : incapacité de l’empire ottoman à se réformer suffisamment pour enrayer un déclin amorcé dès le 18ème siècle et ce malgré l’arrivée au pouvoir des Jeunes Turcs,la guerre italo-ottomane de 1911 et les révoltes en Albanie et au Kosovo montrent que Constantinople ne contrôle plus grand chose, les grandes puissances se querellent en raison d’intérêts divergents et l’opinion publique européenne est très sensible au sort des chrétiens que l’histoire à placé sous le joug ottoman.

En 1908 donc les Jeunes Turcs ont pris le pouvoir à Constantinople dans l’espoir de guérir «l’homme malade de l’Europe». Les troubles provoqués par ce coup d’état sont exploités par l’Autriche-Hongrie qui décide d’annexer la Bosnie-Herzégovine (qu’elle administrait depuis 1878) ce qui irrite la Serbie qui espérait intégrer ce territoire. Belgrade lorgne désormais sur le sandjak de Novi-Pazar et le Kosovo, territoire considéré comme le berceau de la nation serbe.

Euletherios Venizelos

Le 15 août 1909 un coup d’état militaire à lieu en Grèce. Mené par la Ligue Militaire elle permet l’émergence d’Eleutherios Venizelos qui va incarner pendant des années la vie politique grecque.

La même année on s’en souvient la Bulgarie à obtenu la reconnaissance de son indépendance par la Sublime Porte et en août 1910 le Monténégro devient à son tour un royaume.

Le contexte est donc mur pour une future guerre qui éclatera à l’automne 1912 et se poursuivra jusqu’à l’été suivant. Ce conflit annonce clairement le premier conflit mondial notamment son niveau de violence mais hélas pour les soldats de ce qui aurait du être la Der des Ders, les états-majors sont persuadés qu’avec un tel niveau de violence, la guerre ne peut être que brève. On connait la suite.

Avant le conflit on assiste à une préparation diplomatico-militaire entre les nations européennes mais cette alliance est biaisée par des intérêts clairement divergents entre les participants de la Ligue Balkanique.

C’est ainsi que si les bulgares, les serbes et les monténégrins mettent en place en commun leurs plans de guerre, ils n’invitent pas les grecs. Normalement les serbes et les monténégrins doivent attaquer dans le Sandjak, les bulgares et les serbes en Macédoine et en Thrace.

Face à ce déploiement de force important l’empire ottoman sera handicapé par l’incapacité de sa marine à couvrir le passage en Europe de troupes stationnées en Asie Mineure et dans la partie arabe de l’empire.

Trois états-majors sont ainsi mis sur pied pour gérer les fronts multiples à venir : le QG de Thrace installé à Constantinople pour faire face aux bulgares, le QG de l’Ouest à Salonique pour faire face aux grecs et enfin celui du Vardar à Skopje pour faire face à l’armée serbe.

La première guerre balkanique à lieu du 8 octobre 1912 au 30 mai 1913. Elle oppose les signataires de la Ligue Balkanique (Bulgarie, Serbie, Grèce et Monténégro) à l’Empire ottoman et se termine par une victoire éclatante des pays européens contre une Sublime Porte qui ne mérite plus que jamais son statut d’homme malade de l’Europe. Il faut dire que 350000 ottomans affrontent 600000 bulgares, 220000 serbes, 115000 grecs et 35000 monténégrins.

La deuxième guerre balkanique qui à lieu du 29 juin au 10 août 1913 oppose la Bulgarie à ses anciens alliés (mais aussi à l’empire ottoman) suite à des désaccords sur le partage des dépouilles ottomanes. Environ 500000 bulgares affrontent 348000 serbes, 330000 roumains, 255000 turcs, 148000 grecs et 12800 monténégrins.

Les bulgares prennent l’initiative des opérations mais les serbes et les grecs repoussent cette attaque.

Les serbes et les grecs attaquent à l’ouest et au sud, la Roumanie attaque au nord et l’empire ottoman en Thrace pour reconquérir Andrinople. Le traité de Bucarest permet à la Bulgarie de conserver la majeure partie des territoires conquis. Sofia doit néanmoins céder la Dobroudja du Sud à la Roumanie.

La première guerre Balkanique

Soldats bulgares chargeant les turcs

Le 8 octobre 1912 le Monténégro déclare la guerre à l’empire ottoman suivit une semaine plus tard par ses alliés.

Face à autant d’adversaires, les ottomans sont vite débordés. C’est ainsi que les bulgares arrivent dans la banlieue de Constantinople dans la région rurale de Catalca mais aussi dans l’isthme de la péninsule de Gallipoli. D’autres troupes de Sofia s’emparent de la Thrace occidentale et de la Macédoine orientale.

La Serbie attaque au sud-ouest dans les régions de Skopje et de Monastir puis oriente son effort vers l’ouest en direction de l’actuelle Albanie. Une autre armée capture le Kosovo et fait sa jonction avec le Monténégro pendant que les grecs attaquent en Thessalie.

Le 21 octobre 1912 8700 bulgares et 42 canons affrontent lors de la bataille de Kardzhali 9000 ottomans appuyés par neuf canons. Les bulgares l’emporte et attache définitivement au pays la ville de Kardzhali et la partie orientales du massif des Rhodopes.

Trois jours plus tard le 24 octobre 1912, environ 150000 bulgares affrontent à la bataille de Kirk-Kilisse (Thrace orientale) environ 100000 ottomans. Les troupes de Sofia l’emportent et impressionnent l’Europe, le ministre des affaires étrangères français Alexandre Millerand aurait souhaité 100000 soldats bulgares à la place de n’importe quel autre allié (NdA Cela à du faire plaisir à Saint-Pétersbourg et Londres).

Les 22 et 23 octobre à lieu la bataille de Sarantaporo entre cinq divisions grecques et deux divisions ottomanes. Cette bataille se termine par une victoire grecque qui permet à Athènes de capturer les villes de Servia et de Kozani.

Les 23 et 24 octobre 1912 à lieu la bataille de Kumanovo entre les serbes (132000) et les ottomans (65000). Les serbes défont les troupes de la Sublime Porte et l’armée ottomane doit se replier vers le sud.

Du 28 octobre au 2 novembre 1912 108000 bulgares (avec 116 mitrailleuses et 360 canons) affrontent 130000 ottomans (appuyés avec 300 canons) à la bataille de Lule-Burgas. C’est la bataille la plus sanglante de la guerre, les ottomans devant se replier sur les monts Catalca où une puissante ligne fortifiée protège les approches de la capitale ottomane, Constantinople située à seulement 30km.

Du 28 octobre 1912 au 23 avril 1913 la ville de Scutari (auj. Skoder) est assiégée par les monténégrins bientôt rejoints par leurs alliés serbes. 40 à 50000 hommes vont assiéger 20000 turcs et volontaires albanais. Ce siège se termine la rédition et non la prise de la place forte.

Les 1er et 2 novembre 1912, cinq divisions grecques affrontent la garnison de Thessalonique (bataille de Yenidze). En supériorité numérique, les grecs l’emportent et vont pouvoir s’emparer de la ville de Yenidze puis de Thessalonique (voir ci-après).

Du 3 au 5 novembre 1912 à lieu entre serbes et ottomans la bataille de Prilep. Les troupes serbes submergent les troupes ottomanes qui n’ont d’autre choix que de se replier. Les pertes serbes sont cependant très lourdes avec 2000 morts et blessés contre 1200 morts et blessés de l’autre côté.

Du 3 au 6 novembre 1912, une division grecque combat trois divisions ottomanes lors de la bataille de Sorovich. Les grecs prennent l’initiative des opérations mais ils sont repoussés par les ottomans. Cette défaite permet aux serbes de s’emparer de la ville de Monastir.

Du 6 au 12 novembre 1912 à lieu la bataille de Pente Pigadia. Deux bataillons d’evzones sont opposés à cinq bataillons ottomans. Les ottomans prennent l’initiative de l’attaque à Anagi mais sont stoppés par d’abondantes chutes de neige. La bataille se termine par une série d’escarmouches indécises.

Le 8 novembre 1912 les grecs devancent les bulgares et s’emparent de Thessalonique et de 26000 prisonniers ottomans. Quatre jours plus tard le 12 novembre, des troupes grecques font leur jonction avec les serbes puis bifurquent vers l’est pour rejoindre les bulgares. Une autre armée grecque attaque en Epire en direction de Ioammina.

Du 16 au 19 novembre 1912 à lieu la bataille de Monastir. Environ 100000 serbes affrontent 40000 ottomans. Après sa défaite à Kumanovo, les ottomans se replient et se regroupent autour de Bitola, objectif de la 1ère Armée serbe.

Cette dernière est durement accrochée par l’armée ottomane qui dispose d’une nette supériorité en artillerie ce qui compose son infériorité numérique.

Les serbes doivent attendre l’arrivée de leur propre artillerie pour contrebattre l’artillerie ottomane qui est neutralisée le 18. Bitola tombe le lendemain. Les serbes contrôlent alors tout le sud-ouest de la Macédoine dont la ville d’Ohrid.

Certains serbes auraient voulu poursuivre vers le sud et Thessalonique mais le commandant serbe, le général Pvanik refuse car il craint de provoquer l’Autriche-Hongrie qui n’avait pas vraiment envie d’une Serbie surpuissante ayant une fénètre sur la mer Egée et sur la mer Adriatique. De toute façon les grecs et les bulgares étaient déjà là et nul doute qu’Athènes comme Sofia n’auraient pas vraiment voulu d’un troisième crocodile dans le marigot.

Les 17 et 18 novembre 1912 à lieu la première bataille de Catalca. Cet affrontement indécis oppose 176430 bulgares contre 140571 ottomans. Les bulgares subissent de très lourdes pertes ce qui leur impose d’arrêter toute progression ce qui permet aux ottomans de revendiquer la victoire (car même si ce n’est pas vrai en temps de guerre la communication et la propagande c’est presque aussi important que les manœuvres et les combats).

Le 18 novembre 1912 la région d’Himora se révolte. Les grecs débarquent et leur avance est favorisée par une révolte des grecs et un accord avec les beys albanais de la région. Cette région va cependant être cédée à l’Albanie (protocole de Florence du 17 décembre 1913).

Le 21 novembre 1912 à lieu la bataille navale de Kaliakra entre quatre torpilleurs bulgares et le croiseur protégé Hamidiyé de la marine ottomane qui intervient pour protéger un convoi qui ralliait Constansa (Roumanie) à Constantinople.

Cette bataille qui à lieu à 32 miles (64km) de Varna voit le croiseur protégé ottoman être sérieusement endommagé et le blocus des côtes bulgares notablement allégé.

Le 27 novembre 1912 à lieu la bataille de Merhamli entre bulgares et ottomans (effectifs exacts inconnus). Après une poursuite des bulgares, les ottomans doivent franchir la rivière Maritsa mais la majorité doit se rendre aux bulgares.

Du 9 au 11 décembre 1912 à lieu la bataille de Driskos. 3800 grecs et volontaires italiens vont affronter entre 7 et 10000 ottomans selon les sources. Les ottomans l’emportent logiquement mais il s’agit d’une victoire tactique qui ne change pas grand chose au cours de la guerre.

La situation des turcs devient d’autant plus compliquée qu’à deux reprises la marine grecque remporte des victoires significatives dans les Détroits et empêche l’envoie de renforts en Europe.

La première bataille est la bataille d’Elli le 16 décembre 1912. Côté grec on trouve un croiseur cuirassé, trois cuirassés garde-côtes et quatre destroyers alors que côté ottoman on trouve quatre cuirassés (dont deux anciens), un croiseur protégé et quatre destroyers. C’est une victoire grecque majeure pour ne pas dire décisive, la Grèce capturant Imbros, Tenedos, Lemmos, Samos,Chios,Lesbos, Mount Athos, Thasos et Samothrace.

La deuxième bataille est la bataille de Lemmos le 18 janvier 1913. Les grecs mobilisent trois cuirassés, un croiseur cuirassé et sept destroyers pour affronter trois cuirassés, un croiseur et cinq destroyers ottomans. Les grecs ont un blessé (!) alors que les ottomans ont trois navires sérieusement endommagés (avec 41 tués et 104 blessés). C’est la deuxième et dernière tentative ottomane de briser le blocus grec des Dardanelles.

Entre-temps le 20 décembre 1912 les grecs ont capturé la ville de Korcé (actuellement en Albanie).

En janvier 1913 les jeunes turcs sont renversés par un coup d’état militaire. Es-ce à dire que le camp de la paix l’emporte à Constantinople ? Pas vraiment la guerre continue.

Le 26 janvier 1913 à lieu la bataille de Bulair. Environ 10000 bulgares affrontent quasiment 40000 ottomans (NdA chiffres incertains et contestés). Les ottomans tentent de dégager la forteresse d’Andrinople (aujourd’hui Edirne) assiégée par les bulgares depuis le début du conflit. L’attaque est rapidement contrée par les bulgares.

Du 3 février au 3 avril à lieu la deuxième bataille de Catalca. C’est une guerre d’usure qui se termine de manière incertaine.

Du 9 au 11 février 1913 les bulgares affrontent les ottomans lors de la bataille de Sarkoy. Cet affrontement est la conséquence de la bataille de Bulair et comme la bataille de Bulair se termine par une victoire bulgare.

Du 3 novembre 1912 au 26 mars 1913 la forteresse d’Andrinople à été assiégée par les bulgares rejoint ensuite par les serbes. Sa chute va pousser l’Empire ottoman à demander la paix car incapable de poursuivre la lutte. 106425 bulgares et 47275 serbes vont affronter entre 50 et 70000 ottomans.

C’était donc la fin d’un siège de cinq mois marqué par deux attaques nocturnes infructueuses. La prise de cette forteresse fait sensation car elle avait été fortfiée par les allemands et était jugée imprenable.

Du 4 au 6 mars 1913, 41000 grecs (quatre divisions, une brigade et un régiment de cavalerie, 105 canons) affrontent 35000 turcs (quatre divisions et des irréguliers appuyés par 162 canons) lors de la bataille de Bizani. C’est une victoire grecque qui permet la prise de la ville de Ioammina. Cette prise va jouer un rôle clé dans la fin de la première guerre balkanique.

Du côté des serbo-monténégrins, les monténégrins assiègent puis capturent la firme de Skohdra (auj. Skhoder sur le lac du même nom).

La première guerre balkanique se termine par la signature du traité de Londres le 30 mai 1913. Ce traité voit les grandes puissances européennes intervenir. Une Albanie indépendante voit le jour, les îles de la mer Egée sont cédées à la Grèce sauf celles de Imhos et de Tenedos qui commandent l’accès aux détroits turcs, la Crète appartient définitivement à la Grèce.

Tous les territoires européens de l’empire ottoman à l’ouest d’une ligne Enos-Midio sont cédés à la Ligue Balkanique qui doit en assurer le partage. C’est le début d’un processus qui allait conduire à la deuxième guerre Balkanique.

La deuxième guerre Balkanique

En effet comme nous l’avons déjà vu, le partage des dépouilles de l’empire ottoman fait l’objet de querelles entre les différents membres de la ligue Balkanique. C’était quasiment écrit qu’une nouvelle guerre allait poindre le bout de son nez car le chevauchement des revendications ne pouvaient que susciter du mécontement même avec un partage équilibré.

Il faut dire que les relations bulgaro-grecques et bulgaro-serbes vont très vite se tendre ce qui augurait rien de bon. La Bulgarie et la Grèce se disputent Thessalonique et sa région alors que la Serbie et la Bulgarie se disputent le Vardar macédonien, région qui correspond à l’actuelle République de Macédoine du Nord. Pour ne rien arranger les différentes armées restent sur le pied de guerre.

Le 1er juin 1913 est signé un traité entre la Grèce et la Serbie. Les deux pays disposent d’une frontière commune et signent un pacte d’assistance militaire mutuelle.

Le tsar Nicolas II tente d’éviter un nouveau conflit dans une région que la Russie estime importante dans l’espoir d’atteindre les mers chaudes, une obsession de la diplomatie russe depuis le 17ème siècle et l’arrivée au pouvoir de Pierre le Grand.

La Bulgarie attaque le 29 juin 1913 la Serbie et la Grèce. Le Monténégro, l’Empire ottoman mais aussi la Roumanie vont intervenir ultérieurement.

Sur le plan militaire, les troupes serbes et grecques sont encore fraiches. En effet elles n’ont pas eu à s’employer alors que les troupes bulgares ont combattu durement ce qui provoque de nombreuses pertes.

Dans la nuit du 29 au 30 juin 1930, les bulgares attaquent l’armée serbe sur la rivière Bregalnica, un affluent majeur du Vardar mais aussi l’armée grecque à Nigrita. Les serbes tiennent bon et sont bientôt rejoints par les monténégrins. L’armée grecque l’emporte également dans ses propres affrontements contre les bulgares.

La bataille de Bregalnica est la première du conflit. Deux armées bulgares affrontent deux armées serbes (renforcées par quelques éléments monténégrins).

Sur le plan numérique cela nous donne 184000 bulgares (116000 pour la 4ème armée 68000 pour la 5ème armée) répartis entre 100 bataillons d’infanterie, 6 régiments de cavalerie et 63 batteries d’artillerie qui affrontent 191000 serbo-monténégrins répartis entre 104 bataillons d’infanterie, 24 escadrons de cavalerie et 62 batteries d’artillerie. C’est la plus grande bataille de la guerre qui se termine par une défaite bulgare et de sérieuses pertes avec plus de 20000 morts et blessés côté bulgare et 16620 pertes dont 3000 tués côté serbo-monténégrin.

Du 2 au 4 juillet 1913, les grecs remportent la bataille de Kilkis-Lachanas. 75000 bulgares (57 bataillons d’infanterie et 10 escadrons de cavalerie) appuyés par 175 canons affrontent 117000 grecs (73 bataillons d’infanterie et 8 escadrons de cavalerie). Cette bataille fait suite à la bataille précédente

Les serbes tiennent le choc et les grecs parviennent de leur côté à contre-attaquer, infligeant aux bulgares une sérieuse défaite, la pire de ce conflit.

La ville une fois prise est vidée de sa population bulgare. L’armée grecque divise alors ses forces, une partie met cap à l’est et la Thrace occidentale, le reste avance la vallée creusée par la rivière struma, les grecs battant les bulgares à la bataille du lac Doiran (5/6 juillet 1913)

Cette bataille oppose deux brigades bulgares à deux divisions grecques. Conséquence de la bataille de Kilkis-Lachanas, cette bataille voit les bulgares qui avaient détruit les ponts sur le Styrmon et la ville de Serres être sérieusement malmenés ce qui entraine une retraite vers le nord. Les grecs s’emparent de plusieurs villes et menacent la capitale bulgare. A cela s’ajoute un débarquement amphibie grec à Kavala.

Du 4 au 7 juillet à lieu la bataille de Knjazevac entre environ 50000 bulgares appuyés par 108 canons et 40000 serbes appuyés par 68 «bouches à feu». C’est une victoire bulgare, les troupes de Sofia s’emparant de cette ville située à 250km au sud-est de Belgrade et 55km au nord-est de Nis.

Du 6 au 8 juillet la 3ème armée bulgare affronte la 2ème armée serbe dans la bataille de Pirot. Les bulgares qui avaient lancé l’offensive doivent se replier pour aider leur 1ère armée sérieusement accrochée par les roumains.

Avec cette défaite qui s’ajoute à celle survenue lors de la bataille de Bregalnica, les bulgares peuvent dire adieu à la conquête du sud-ouest de la Serbie.

Le 8 juillet 1913 à lieu la bataille de Bedogradchik entre les bulgares et les serbes qui se termine par une victoire serbe.

Peu après les bulgares remportent la bataille de Demir Hisar les 9 et 10 juillet toujours contre les grecs.

Du 12 au 18 juillet la ville de Vidin défendue par 4200 bulgares est assiégée 8500 serbes. Une première attaque serbe échoue mais la paix est signée avant que d’autres attaques d’où qu’elles viennent soient menées à bien.

Les 18 et 19 juillet 1913 à lieu la bataille de Kalimanci. Deux armées bulgares affrontent une armée serbo-monténégrine. Les bulgares repoussent les serbes qui cherchaient à les expulser de Macédoine et retrouver les grecs plus en aval sur la rivière Struma. C’est une importante victoire défensive pour les bulgares qui empêchent toute invasion de la Bulgarie par la Serbie.

Du 22 au 31 juillet à lieu la Bataille de Kresna qui est la dernière bataille majeure du conflit. Les bulgares avaient contre-attaqué les serbo-monténégrins le 19 juillet et tentent de faire pareil contre des grecs épuisés dont les lignes de communication sont sur le point de rompre. Pour ne rien arranger on se chamaille au sommet de l’état entre le premier ministre Venizelos partisan d’un armistice et le roi Constantin 1er qui voulait obtenir une grande victoire militaire.

Cette bataille manque de tourner à la catastrophe pour les grecs, les bulgares appuyant sur les flancs pour tenter de réitérer la célèbre bataille de Cannes (-216).

Les grecs demandent aux serbes de relancer l’attaque mais Belgrade refuse. A la même époque les roumains avancent vers Sofia. C’est ce qui va sauver les grecs d’un anhilation quasi-totale.

Les roumains ? Oui les roumains qui déclarent la guerre le 10 juillet 1913 suite à un désaccord frontalier avec Sofia. Quand les grecs acceptent la proposition bulgare d’un armistice les troupes roumaines sont à Vrazhebdria à onze km du centre de Sofia.

Les troupes de Bucarest vont envahir la Doubroudja du sud mais également franchir le Danube dans la région de Corabia.

Les ottomans vont également se joindre à la curée à partir du mois de juillet. Pas moins de 200 à 250000 turcs vont envahir la Thrace occidentale. Les bulgares en sous-effectifs évacuent Adrianople (Edirne) en catastrophe le 19 mais comme les turcs ne l’occupe pas, ils reviennent le lendemain pour l’abandonner définitivement cette fois le 21.

Le 23 juillet 1913 Edirne est occupée par les ottomans. C’est symboliquement très importante car cette ville capturée par Murad 1er dans les années 1360 avait été la première capitale européenne des ottomans, statut qu’elle conservera jusqu’à la prise de Constantinople en 1453.

L’invasion ottomane de la Bulgarie provoque la panique chez les paysans de la région qui se réfugient dans la montagne. Les troupes ottomanes n’ont pas eu à souffrir de pertes au combat mais ont perdu 4000 hommes des suites du choléra.

Les russes menacent alors Constantinople d’intervenir dans le Caucase et envoient la flotte de la mer Noire menacer la capitale ottomane. C’est alors la Grande-Bretagne soucieuse de ne pas trop laisser de place à Saint-Pétersbourg dans la région qui décide d’intervenir.

De toute façon les différents belligérants sont épuisés, éreintés par neuf mois d’un conflit qui annonce tristement les horreurs du premier conflit mondial.

La deuxième guerre Balkanique se termine par le Traité de Bucarest signé le 10 août 1913. Les ottomans demandent à participer mais les anciens alliés de la Ligue Balkanique refusent. Cette fois les Grandes Puissances vont intervenir pour éviter qu’une nouvelle paix insatisfaisante ne provoque une troisième guerre.

Le traité divise la Macédoine et met en place un état indépendant d’Albanie. La Serbie récupère le nord-est de la Macédoine et récupère la partie orientale du Sandjak de Novi-Pazar, le Monténégro récupérant la partie occidentale et sécurise ainsi ses frontières avec la Serbie.

La Grèce double sa superficie en récupérant l’Epire du Sud, le sud de la Macédoine avec Kavala, les îles de la mer Egée à l’exception du Dodécanèse et des deux îles défendant l’accès aux détroits. La Crète annexée en 1908 est considérée comme appartenant pleinement à la Grèce.

La Roumanie annexe la Dobroudja du Sud et la Bulgarie en dépit d’une défaite militaire cuisante récupère des territoire notamment une partie de la Macédoine dont la ville de Strummitza. Cela représente un gain de 25000km² et de 129490 habitants.

Un traité séparé est signé entre l’empire ottomane et la Bulgarie à Constantinople le 29 septembre 1913. Cela se double d’une alliance avec la Turquie. Ce traité voit la Bulgarie céder les villes d’Edirne, de Kirklarele et Didymoteicho avec leur territoire environnant mais l’empire ottoman cède le port d’Alexandropoulis et 70 miles nautiques de côte à Sofia.

Ce traité prévoit l’échange de territoires sous les 10 jours, la démobilisation des armées sous trois semaines, la libération mutuelle des prisonniers de guerre et le rétablissement des relations politico-économiques.

La Bulgarie maintient sa volonté de conquérir la Macédoine ce qui pourrait aboutir à une nouvelle guerre contre la Grèce et la Serbie.

Un traité est signé à Athènes le 14 novembre 1913 entre les turcs et les grecs. La situation reste tendue, une guerre manquant d’éclater au printemps 1914 entre Athènes et Constantinople. Un autre traité est signé dans la capitale ottomane entre la Serbie et l’Empire ottoman. Aucun accord n’est signé entre le Monténégro et l’Empire ottoman.

Les conséquences humaines sont très rudes avec 2.5 millions de turcs quittant l’Europe direction l’Asie mineure. Selon une estimation effectuée dans les années soixante, les deux guerres balkaniques ont provoqué la mort de 122000 personnes au combat, 20000 morts des suites de leurs bleussres et 82000 morts des suites des maladies provoquées par le conflit.

Mitteleuropa Balkans (40) Bulgarie (4)

La Bulgarie moderne

Généralités

Suite au traité de Berlin qui corrige le traité de San Stefano, la Bulgarie devient une principauté en théorie autonome sous l’autorité de la Sublime Porte mais dans la pratique indépendante.

Alexandre de Battenberg, premier knyaz (prince) de Bulgarie

En 1879, Alexandre de Battenberg, un prince allemand est élu prince de Bulgarie. Il va rester à ce poste jusqu’à son abdication en 1886 suite à un coup de force militaire d’officiers bulgares pro-russes.

Un an auparavant en 1885 il avait prit le contrôle de la Roumélie orientale, possession ottomane sous le régime de l’union personnelle (NdA pour ménager les susceptibilités ?).

Ferdinand 1er de Bulgarie, knyaz puis tsar de Bulgarie de 1908 à 1918

Après l’abdication du premier prince de Bulgarie, une assemblée bulgare élit Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha comme prince de Bulgarie (1887). En 1908 la Bulgarie proclame son indépendance et le prince Ferdinand devient le tsar Ferdinand 1er de Bulgarie.

En 1912/13 ont lieu deux guerres balkaniques. La première oppose les bulgares et leurs alliés grecs, serbes et monténégrins face à l’Empire ottoman. La coalition balkanique l’emporte mais les vainqueurs se disputent sur la répartition des territoires conquis. La seconde oppose la Bulgarie face aux serbes et aux grecs ce qui entraine la perte de la majeure partie des territoires conquis.

Quand éclate la première guerre mondiale la Bulgarie reste d’abord en dehors du conflit et ne va s’engager aux côtés des Empires centraux qu’en 1915. Les troupes bulgares vont combattre les serbes sur le front serbe et les alliés sur le front de Salonique.

La situation reste longtemps figée mais à l’automne 1918 les alliés percent enfin le front qui s’écroule comme un château de carte. Le 3 octobre 1918 Ferdinand 1er abdique en faveur de son fils qui devient Boris III. Le traité de Neuilly sur Seine signé le 27 novembre 1919 se charge de punir la Bulgarie pour son alliance avec les empires centraux.

Boris III tsar de Bulgarie de 1918 à 1951

La période 1919/1939 sera assez difficile pour la Bulgarie entre crise économique et crispations politiques.

Si la guerre de Pologne voit le pays rester neutre, le second conflit mondial verra la Bulgarie s’engager du côté allemand aboutissant non seulement à une défaite mais aussi à un basculement dans l’orbite communiste.

La mise en place d’un nouvel état : la constitution de Tarnovo et l’indépendance

De 1878 à 1908 la Bulgarie est une principauté (Knyazhostvo Balgariya) dirigée par un prince élu en l’occurrence Alexandre de Battenberg de 1879 à 1886 puis le prince Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha de 1887 à 1908 quand suite à l’indépendance de la Bulgarie (de jure car elle l’était déjà de de facto) il devient le tsar Ferdinand 1er de Bulgarie, la Bulgarie devenant un royaume.

En théorie la principauté de Bulgarie est autonome sous l’autorité du sultan ottoman mais dans la pratique le prince de Bulgarie opère comme un souverain indépendant.

La capitale est pendant une très courte période Plovdiv avant que Sofia ne lui succède. A noter qu’une administration russe provisoire gère le pays au quotidien jusqu’en juin 1879. L’assemblée bulgare constituante s’installe à Tarnovo en 1879 d’où le nom de la constitution que nous allons découvrir plus tard.

Carte du traité de San Stefano puis du traité de Berlin. La Bulgarie de 1908 regroupe l’ancienne principauté de Bulgarie et la Roumélie orientale qui depuis 1885 étaient unies par un lien personnel ce qui ménageait nombre de susceptibilités

Le traité de San Stefano avait été très généreux avec la Bulgarie puisqu’elle regroupait quasiment tous les bulgarophones de la région et débordait donc largement des frontières bulgares actuelles.

Très vite le traité de Berlin signé à la suite d’une conférence tenue le 13 juillet 1878 réduit la taille du nouvel état à la portion congrue. Il le divise également en deux en rendant à l’empire ottoman la Roumélie orientale.

Le 28 avril 1879 (16 avril 1879 calendrier julien) la constitution de Tarnovo est promulguée. Ce texte inspiré de la charte belge de 1831 est considérée comme avancée pour l’époque.

Elle met en place la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire), la responsabilité ministérielle, l’immunité des députés et rend la propriété privée inviolable.

L’Eglise orthodoxe bulgare est faite religion d’Etat même si les autres croyances sont reconnues ou du moins les croyants ne sont pas juridiquement discriminés.

La constitution est suspendue de 1881 à 1883 offrant au prince des pouvoirs illimités. Le texte est amendé en 1893, 1908 et 1911. Elle va rester en vigueur jusqu’en 1956 quand elle est remplacée par une constitution communiste. Elle à été suspendue également en 1934 suite à un coup d’état.

La constitution de Tarnovo fait de la Bulgarie une monarchie constitutionnelle héréditaire. Le prince doit être en théorie de confession orthodoxe mais pour le premier prince Alexandre de Battenberg un luthérien une exception législative serait faite.

Le prince peut initier un projet législatif, coordonne l’activité du premier ministre et de son cabinet, les actes du prince doivent être contresignés par le ministre compétent et la loi n’entre en vigueur qu’après la signature du prince.

Le texte constitutionnel bulgare impose l’égalité de tous devant la loi, refuse toute promotion des titres aristrocratiques. La censure est en théorie prohibée mais cet article sera suspendu à plusieurs reprises. Tous les citoyens sont soumis à l’impôt à l’exception du prince. La liberté d’association et la liberté d’action politique sont garanties.

Le 18 septembre 1885 la Roumélie orientale est unie à la principauté de Bulgarie sous la forme d’une union personnelle, le prince de Bulgarie Alexandre de Battenberg devenant gouverneur général de la province de Roumélie orientale.

Cette unification n’est pas sortie de nulle part. Dès la signature du traité de Berlin la Russie à considéré comme cette division entre la Bulgarie et la Roumélie orientale était artificielle et n’avait aucun sens.

William Gladstone

En 1880 William Gladstone devient premier ministre de Grande-Bretagne. En 1876 il s’était montré très enthousiaste pour la cause bulgare et le Comité Central Secret Revolutionnaire Bulgare espère voir sa cause avancer avec l’appui britannique.

Seulement voilà si dans l’opposition Gladstone pouvait se permettre d’être enthousiaste pour la cause bulgare (surtout si le premier ministre en poste était son grand rival Disraeli) au pouvoir il devait tenir compte de la diplomatie britannique qui voulait éviter une position trop forte de la Russie dans les Balkans.

Toujours le sacro-saint équilibre et éviter que la marine russe puisse franchir à sa guise les détroits turcs et menacer les communications britanniques notamment la liaison vitale entre le détroit de Gibraltar et le canal de Suez.

Au printemps 1885 une campagne de presse prépare l’opinion à l’union. A la mi septembre, la milice rumélienne est mobilisée pour des manœuvres automnales. Le plan d’unification doit être annoncé le 27 septembre 1885 (calendrier gregorien 15 septembre pour le calendrier julien) mais le 14 septembre une émeute éclate à Panagyuristhe (91km à l’est de Sofia).

Si la police ottomane réprime l’émeute et reprend le contrôle de la ville, d’autres émeutes éclatent un peu partout.

Le 18 septembre 1885 (6 septembre calendrier julien) la milice rumélienne et des groupes armés unionistes entrent à Plovdiv et prennent le contrôle de la résidence du gouverneur. Garril Krastervich lui même unioniste ne résiste pas.

Un gouvernent provisoire est mis en place et la mobilisation générale est décidée pour contrer une éventuelle offensive ottomane.

Le 20 septembre 1885 le gouvernement provisoire envoie un télégramme au prince de Bulgarie qui accepte l’unification en se rendant en personne à Plovdiv le lendemain.

Les grandes puissances finissent par accepter le fait accompli y compris par l’empire ottoman qui était pieds et poings liés puisque Constantinople ne pouvait envoyer des troupes en Roumélie orientale que sur demande du gouverneur de la province. Naturellement Garril Krastervich s’abstient de le demander.

Le 5 avril 1886 l’Empire ottoman et la Bulgarie signe l’accord de Tophane qui reconnaît le prince de Bulgarie comme gouverneur-général de la province de Roumélie orientale. C’est donc une union personnelle.

Cette union augmente la superficie de la Bulgarie de 63752 à 95223 km² (+33%) et la population de 2 007 919 habitants en 1880 à 4 215 000 habitants en 1908 soit un doublement.

La Grèce et la Serbie veulent des compensations territoriales pour accepter cette union. Si Athènes renonce rapidement à la guerre en l’absence de frontière commune avec Sofia, Belgrade va aller jusqu’au conflit armé. C’est la guerre serbo-bulgare.

Ce conflit dure du 14 au 28 novembre 1885 (2 au 16 novembre calendrier julien). A l’époque au moins sur le plan juridique, la Bulgarie est vassale de l’empire ottoman mais Constantinople n’intervient pas dans cette guerre.

C’est la Serbie qui prend l’initiative de la guerre mais cela tourne très vite à la catastrophe. L’Autriche-Hongrie comme nous le verront interviendra pour stopper l’avancée bulgare en Serbie.

Des négociations aboutiront au traité de Bucarest signé le 3 mars 1886, traité qui ne verra aucun changement de frontière.

Suite à l’union de la Bulgarie avec la Roumélie orientale, la Serbie craint que la Macédoine peuplée en grande partie de bulgarophones ne soit le prochain objectif de Sofia qui retournerait aux frontières du traité de San Stefano.

Milan 1er

De plus Milan 1er (1868-1889) le roi de Serbie était sous pression de l’opposition pro-russe dont les leaders étaient réfugiés en Bulgarie après l’échec d’une rébellion armée.

La Serbie propose une action militaire conjointe avec la Grèce mais Athènes qui ne possède pas de frontière commune avec la Bulgarie refuse. La Serbie persuadée d’être soutenue par l’Autriche-Hongrie décide de s’engager seule.

La Serbie déclare la guerre à la Bulgarie le 14 novembre 1885. Comme les bulgares craignent une intervention ottomane, ils ont mobilisé leurs troupes à la frontière bulgaro-ottomane laissant la frontière avec la Serbie assez dégarnie.

Les serbes sont donc persuadés de l’emporter rapidement. Le prétexte est un incident de frontière,un poste de douane sur la frontière Timok occupé par les serbes alors qu’il était côté bulgare. Les troupes bulgares chassent les serbes et Belgrade décide de contre-attaquer.

Du 17 au 19 novembre 1885 les bulgares l’emportent à Slivtsina puis dégagent Vidin assiégée par les serbes. Le 27 novembre 1885, les bulgares envahissent la Serbie et s’emparent de la ville de Pirot.

C’est à ce moment là que l’Autriche-Hongrie menace d’intervenir contre la Bulgarie. Naturellement Sofia n’est pas en mesure de résister à la Double-Monarchie et accepte de négocier avec la Serbie ce qui aboutit au traité de Bucarest qui ne voit aucun changement de frontière. Ce qui est certain c’est que les relations bulgaro-serbes sont durablement dégradées.

Le premier premier ministre bulgare est un libéral Stéfan Stambolov. Les débuts avec Alexandre de Battenberg plus conservateur sont délicats. Ce dernier réaliste sait s’adapter à la vie politique de son nouveau pays et soutient son premier ministre libéral.

Le 9 août 1886 à lieu un coup d’état pro-russe. Saint-Pétersbourg n’est pas satisfait par la politique menée par le prince bulgare qui était le neveu d’Alexandre II (assassiné en 1881) et le cousin de son successeur Alexandre III.

La Russie n’à pas non plus apprécié l’unification de 1885 et va même jusqu’à retirer les conseillers militaires qui organisaient la jeune armée bulgare alors que la guerre menaçait avec la Serbie.

Les russes sont clairement irrités par l’unification. Les bulgares pro-russes accusent Alexandre de Battenberg d’être responsable de la détérioration des relations bulgaro-russes.

A l’aube du 9 août, Alexandre est arrêté dans son palais de Sofia. On la force à signer un décret d’abdication. Il est expulsé en Russie.

Un gouvernement provisoire dirigé par Kliment de Tarnovo est mis en place. Le coup d’état n’est pas suivit et un contre coup d’état est organisé à Plovdiv. Les putschistes sont très vite isolés et le 17 août 1886 Alexandre est de retour en Bulgarie.

Il finit cependant par abdiquer le 7 septembre 1886 pour améliorer les relations entre Sofia et Saint-Pétersbourg.

Le 7 juillet 1887 Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha est élu prince de Bulgarie. Les relations bulgaro-russes restent glaciales puisque le nouveau prince est le neveu de François-Joseph et officier de l’armée austro-hongroise. Le futur tsar Ferdinand 1er fait donc figure de «candidat autrichien».

En mai 1894 Stambolov démissione. Il est assassiné en juillet 1895. La politique intérieure bulgare prend un tournant clairement conservateur. Les relations avec la Russie sont peu à peu restaurées.

D’août à novembre 1903 à lieu la révolte d’Illinden-Preobrazhénie en Macédoine et en Thrace, une révolte qui menace de dégénérer en guerre entre Sofia et Constantinople. Inutile de préciser que la répression ottomane à été terrible.

Le 5 octobre 1908 Ferdinand prince de Bulgarie déclare l’indépendance de la Bulgarie qui devient un royaume. Lui même troque le titre de knyaz (prince) pour celui de tsar, la Bulgarie passant du statut de principauté à celui de royaume.

Symboliquement la déclaration est fait en la Sainte Eglise des Quarante Martyrs de Tarnovo, l’ancienne capitale bulgare.

Si cette déclaration à eu lieu à l’automne 1908 c’est pour profiter de l’instabilité de l’empire ottoman secoué depuis juillet par la révolution Jeune Turque qui impose le retour du parlement et le rétablissement de la constitution de 1876.

Les grandes puissances approuvent cette indépendance (internationalement reconnue au printemps 1909) qui se faisait que confirmer juridiquement une situation existante de facto.

L’Autriche-Hongrie en profite pour annexer la Bosnie (elle l’administrait depuis 1878) et la Grèce la Crète (annexion reconnue seulement en 1913).

Le nouveau royaume de Bulgarie va former avec ses voisins orthodoxes une Ligue Balkanique. Le 13 mars 1912 la Serbie et la Bulgarie signent une alliance initialement tournée contre l’Autriche-Hongrie avec tout de même un article secret pour se prémunir d’une éventuelle attaque ottomane.

Parallèlement une alliance est signée entre la Serbie et le Monténégro et une autre alliance unit la Bulgarie et la Grèce (mai 1912). Les alliés promettent de se partager la Macédoine et la Thrace mais les lignes sont vagues ce qui allait poser ultérieurement bien des problèmes.

Le 8 octobre 1912 la ligue Balkanique entre en guerre contre la Sublime Porte. C’est la première guerre Balkanique qui se termine le 30 mai 1913 par une nette défaite ottomane.

Seulement voilà les vainqueurs se disputent les dépouilles notamment la Macédoine revendiquée aussi bien par la Bulgarie (la population est majoritairement bulgarophone), par la Grèce (au nom de l’histoire avec la dynastie des Argéades dont le répresentant le plus illustre est Alexandre le Grand) et la Serbie (Belgrade considérant que la Macédoine fait partie de sa sphère d’influence).

Les territoires conquis par les différents pays (dans une nuance plus foncée que celle du territoire de départ)

Les alliés d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui. Une deuxième guerre Balkanique à lieu du 29 juin au 10 août entre la Bulgarie d’un côté et une alliance improbable de la Serbie, de la Roumanie, de la Grèce, du Monténégro et de l’empire ottoman.

Cela se termine par un désastre pour la Bulgarie ce qui va grandement influer son attitude durant le premier conflit mondial (NdA plus de détails sur ces deux guerres anonciatrices de la boucherie de la première guerre mondiale dans la partie idoine).

Limites territoriales suite au traité de Bucarest de 1913

Mitteleuropa Balkans (37) Bulgarie (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.11 MITTELEUROPA ET BALKANS
VOLUME 2 : BULGARIE

Évolution territoriale de la Bulgarie de 1918 à 1950. En vert foncé hachuré, la Dobroudja, rétrocédée par la Roumanie en 1940 ; en vert clair hachuré, le Chalcidique et le Thessalonique annexés en 1949/50 ; en vert clair, les territoires annexés au cours de la Seconde Guerre mondiale.

 

 

AVANT-PROPOS

 

Le 22 mai 2020 j’ai commencé le tome 11 de ma gigantesque que dis-je de ma monumentale, de ma vertigineuse uchronie qui après dix tomes (T1 France T2 Allemagne T3 Grande-Bretagne T4 Etats-Unis T5 Japon T6 Italie T7 URSS T8 Dominions T9 Benelux T10 Scandinavie) comprend 8395 pages !

Le 1er juillet 2020 j’ai terminé la Hongrie (Tome 11 vol.1) ce qui porte le total des pages écrites à 8601 pages.

Ce Tome 11 est le dernier des tomes concernant des nations belligérantes puisque le Tome 12 sera consacré aux nations neutres.

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Mitteleuropa Balkans (14) Hongrie (14)

L’armée de terre hongroise dans le second conflit mondial

Organisation générale et préparation

Quand l’Allemagne déclenche l’opération WESERUBUNG, les hongrois se tiennent prêt à toute éventualité mais Berlin ne sollicitent pas leur aide.

Dès le 1er septembre 1948 l’armée magyare avait commencé à mobiliser ses forces notamment en raison de mouvements de troupes côté roumain qui faisaient craindre une offensive pour récupérer la Transylvanie du Nord.

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Mitteleuropa Balkans (10) Hongrie (10)

La Hongrie dans le second conflit mondial

N’importe quel pays européen est conscient qu’en cette année 1948 la guerre n’est qu’une question de temps tant les tensions sont de plus en plus fortes en Europe. Certains comparent la situation à 1914 plus qu’à 1939.

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Mitteleuropa Balkans (1) Hongrie (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.11 MITTELEUROPA ET BALKANS
VOLUME 1 : HONGRIE

Hongrie 2

 

AVANT-PROPOS

En ce 22 mai 2020 je commence le tome 11 de ma gigantesque que dis-je de ma monumentale uchronie puis-qu’après dix tomes (T1 France T2 Allemagne T3 Grande-Bretagne T4 Etats-Unis T5 Japon T6 Italie T7 URSS T8 Dominions T9 Benelux T10 Scandinavie) j’en suis rendu à 8395 pages soit une moyenne de 839 pages par tome, ce chiffre s’expliquant par un tome 1 très trop gros.

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