Mitteleuropa Balkans (132) Yougoslavie (20)

L’armée de terre yougoslave durant le second conflit mondial

Anticipation, préparation et mobilisation

La guerre de Pologne terminée, l’armée yougoslave à pu évaluer dans un contexte réel, dans un contexte de «stress opérationnel» ses atouts et ses manques. Inutile de préciser que les seconds l’emporte sur les premiers.

Un effort important doit être mené pour améliorer les capacités de l’armée yougoslave. Il ne s’agit pas uniquement d’acheter de nouvelles armes mais d’améliorer les capacités tactiques et stratégiques. Il s’agit également d’améliorer la représentativité des autres nationales dans les hautes sphères de l’armée.

Ce dernier effort mal considéré par les serbes donnera quelques résultats et c’est ainsi qu’en juillet 1949 au moment du déclenchement de l’opération MARITSA, sur les 175 généraux on comptera 124 serbes, 32 croates et 19 slovènes.

Cette modernisation ne peut se faire sans aide extérieure. Vu le contexte la logique aurait voulu que l’Allemagne soit la puissance tutélaire pour améliorer l’entrainement et l’équipement de la Jugoslovenska Vosjka.

Seulement voilà Berlin doit ménager son allié italien (que Berlin méprise pourtant et en qui il n’à guère confiance) et surtout la guerre civile allemande rend délicat tout investissement majeur.

Le Hotchkiss H-39

La France va en profiter et le 14 septembre 1945 un accord de coopération et d’assistance militaire est signé entre la République Française et le Royaume de Yougoslavie. Outre la fourniture d’armes modernes (fournitures symbolisées par les Hotchkiss H-39 et les Lioré et Olivier Léo 451) la France dépêche en Yougoslavie la MMFY (Mission Militaire Française en Yougoslavie) dirigée par le général Gamelin.

Ce dernier va transmettre les dernières conceptions tactiques d’une armée française en plein renouveau ce qui est ironique car en poste comme chef d’état-major des armées, il n’à pas fait preuve du même zèle moderniste que son successeur, le général Villeneuve.

Cette mission militaire va former et informer, va également servir d’officine de renseignement. Son travail ne sera pas toujours apprécié, plusieurs attentats étant déjoués par la police yougoslave.

Elle quitte le pays à l’été 1948 alors que les tensions deviennent telles en Europe que le conflit n’est qu’une question de semaine. Il y à aussi la réaffectation d’officiers à des postes plus opérationnels.

Pierre II, le général Mongomery et Winston Churchill

Le 30 août 1948 le roi de Yougoslavie Pierre II ordonne la mobilisation générale. Il s’agit d’éviter une attaque surprise alors que des mouvements de troupes italiens laissent craindre une attaque du Regio Esercito.

Elle se passe bien. Le plan de mobilisation de 1930 révisé à plusieurs reprises (la dernière fois en 1947 sous l’impulsion de la MMFY) se déroule avec fort peu d’incidents y compris dans des zones jugées problématiques comme la Slovénie et surtout la Croatie. Les déserteurs et les insoumis sont peu nombreux. Clairement la politique libérale de Pierre II a porté ses fruits en donnant envie aux croates et aux slovènes d’eux-aussi mourir pour Belgrade ce qui n’était bien entendu pas si évident auparavant.

Pierre II est officiellement commandant en chef de l’Armée yougoslave. Son oncle Paul l’ancien régent est inspecteur général, commandant en chef officieux de l’armée ce qui va poser problème avec le titulaire du poste, le général Dusan Simovic car les deux ne sont pas d’accord sur la stratégie à suivre.

A l’issue de la mobilisation (considérée comme achevée le 5 octobre 1948) l’armée de terre yougoslave aligne vingt-huit divisions d’infanterie, deux divisions d’infanterie de montagne, trois divisions de cavalerie, une brigade mécanisée ainsi que des unités de forteresse, de garde-frontières, d’artillerie (lourde et antiaérienne) et du génie.

Les frontières yougoslaves sont couvertes par des positions fortifiées. Loin d’être une Ligne Maginot Slave, ces positions sont des fortifications de campagne comparables sans la standardisation à celles aménagées par le CEZF en France durant la Pax Armada.

On trouve des blockhaus armés de canons et de mitrailleuses, des blockhaus permettant d’abriter des pièces d’artillerie, des abris pour l’infanterie, des tranchées, des champs de mines et des barbelés.

Il s’agit de freiner l’ennemi et d’éviter les percées ennemies. Des officiers yougoslaves seront informés sur les premières leçons de la Campagne de France sur l’importance de la profondeur, sur le concept du hérisson mais ces leçons ne seront que très partiellement appliquées en raison du manque de temps et surtout du manque d’unités motomécaniques pour éviter que les troupes yougoslaves ne s’enferrent dans une défensive stérile.

Sur le plan stratégique la Yougoslavie tente de convaincre Athènes, Paris et Londres de déployer des troupes mais c’est un échec.

Les grecs ne veulent pas sacrifier la défense du territoire national contre une aventure militaire dans le Vardar, les français et les britanniques sans le dire ouvertement doute de la capacité des troupes yougoslaves à tenir suffisamment longtemps pour permettre l’envoi d’un corps expéditionnaire.

Ordre de Bataille de l’armée yougoslave (juillet 1949)

1er Groupe d’Armées : couverture de la frontière italo-yougoslave et la frontière yougoslavo-allemande (ex-autrichienne)

Il comprend une 1ère Armée avec trois divisions d’infanterie (1ère, 7ème et 10ème DI), des unités d’artillerie lourde, une unité de reconnaissance aérienne détachée par l’armée de l’air, des unités de soutien.

La 2ème Armée dispose de trois divisions d’infanterie (17ème, 24ème et 30ème DI), de l’artillerie lourde, une unité de reconnaissance aérienne et des unités de soutien.

Deux Grandes Unités dépendent de l’état-major du groupe d’armées à savoir la 1ère division de cavalerie et la 1ère division d’infanterie de montagne.

2ème Groupe d’Armées : Il couvre la frontière avec la Hongrie ainsi que les accès à la capitale Belgrade.

Il comprend la 4ème Armée (27ème, 40ème et 42ème DI, de l’artillerie lourde, une unité de reconnaissance aérienne et des unités de soutien) ainsi que la 7ème Armée (32ème, 36ème et 38ème DI, de l’artillerie lourde, une unité de reconnaissance aérienne et des unités de soutien) mais aussi des unités de réserve générale à savoir la 3ème division de cavalerie et la 2ème division d’infanterie de montagne.

3ème Groupe d’Armées : Il couvre l’Albanie en cas d’attaque venue du petit royaume annexé par l’Italie en 1939.

Ce groupe d’armées comprend la 3ème Armée (13ème, 15ème et 25ème DI, unités d’artillerie lourde, de reconnaissance aérienne et de soutien) et la 8ème Armée (ex-3ème Armée territoriale) avec trois divisions d’infanterie (5ème, 20ème et 46ème DI) et les unités d’appui et de soutien habituelles.

La Réserve Générale comprend des unités d’appui, de soutien ainsi que la 22ème DI.

La 5ème Armée indépendante couvre les frontières avec la Roumanie et la Bulgarie. Elle comprend quatre divisions d’infanterie (8ème, 9ème, 34ème et 50ème) ainsi que la 2ème division de cavalerie.

La 6ème Armée indépendante déployée à cheval sur la Serbie et la Bosnie-Herzegovine est une réserve opérationnelle immédiate pour soutenir principalement les 1er et 2ème GA. Elle comprend trois divisions d’infanterie (3ème, 14ème et 49ème DI) ainsi que trois régiments de cavalerie indépendants (49ème, 75ème et 94ème).

La Réserve Stratégique comprend les 4ème et 6ème DI mais aussi la 1ère brigade mécanisée.

Ordre de bataille des armées ennemies

Le Panzer IV à été engagé en Yougoslavie

L’Allemagne déploie trois divisions blindées (1.PzD, 5.PzD et 12. PzD), la 1ère division de montagne (1. Gerbirgsjager Division), la 3ème division de chasseurs parachutistes (3. Fallschirmjäger Division) et sept divisions d’infanterie (3ème, 9ème, 14ème,25ème, 31ème,35ème DI, 5. Leichte Division).

Soldats italiens en Yougoslavie

L’Italie déploie la 2ème Armée avec le 5ème Corps d’Armée (3ème division alpine «Iulia» et 5ème DI «Cosseria»), le 7ème Corps d’Armée (14ème DI «Isonzo» et 17ème DI «Pavia») plus des unités de réserve générale avec la 47ème DI «Bari» et la 48ème DI «Taro».

La Hongrie engage sa 3ème Armée avec le 1er Corps d’Armée (16ème DI, 21ème DI, 25ème DI), le 2ème Corps d’Armée (17ème, 22ème et 26ème DI) et le 3ème Corps d’Armée (18ème, 24ème et 27ème DI).

L’armée yougoslave au combat

Dès le début de la campagne de Yougoslavie le haut-commandement choisit une défense élastique en s’appuyant sur les fortifications de campagne, les coupures humides et différents points hauts. Cette défense élastique aurait mérité de s’appuyer sur de puissantes unités motomécaniques pour contre-attaquer, pour user les pointes ennemies mais la Yougoslavie n’avait pas les moyens de ses ambitions.

Pour compenser le manque d’unités motomécaniques, le haut-commandement yougoslave mobilise ses unités de tcheniks, des unités de guérilla censées en cas d’occupation étrangère de provoquer le désordre et la discorde chez l’ennemi. Durant l’opération MARITSA, ils vont se laisser dépasser par l’ennemi pour attaquer la logistique et les militaires isolés. Ces attaques à l’impact militaire limité vont provoquer le retour de la peur du franc-tireur chez les soldats allemands pour le plus grand malheur des populations civiles, victimes collatérales du conflit.

L’Opération Maritsa est déclenchée le 7 juillet 1949 quand les allemands déclenchent le feu de Wotan avec des frappes aériennes et des tirs massifs de l’artillerie. Des parachutistes sont largués sur l’arrière du front mais leur impact est limité en raison de mauvaises conditions météo et d’un comité d’accueil parfois musclé. Cela fait regretter à certains officiers que le projet de larguer la division sur Zagreb ait été abandonné.

A la grande satisfaction du haut-commandement yougoslave (à majorité serbe rappelons-le) les troupes croates et slovènes ne se débandent pas toutes au premier choc. Il y à bien entendu des mouvements de panique, quelques mutineries et quelques cas de fraternisation mais ils sont limités.

Les italiens attaquent quelques heures plus tard. Pas (encore) de grandes manœuvres mais des bombardements aériens, des frappes d’artillerie et des reconnaissances armées que les yougoslaves contrent avec férocité et brutalité.

Les hongrois attaquent sans ardeur le lendemain 8 juillet 1949. Ils s’attendent à être accueillis en libérateurs par la minorité hongroise de Voïvodine mais ce n’est pas le cas. Après trois jours de flottement les hongrois se ressaisissent.

Très vite les troupes yougoslaves doivent se replier sur la Bosnie, ses montagnes, ses fleuves et ses forêts.

Les grandes villes tombent les unes après les autres. Lubjana est prise par les allemands dès le 10, les yougoslaves après avoir disputé les accès immédiats à la ville mais avoir renoncé à un combat urbain très aléatoire et surtout dévoreur d’hommes et de munitions ce que l’armée yougoslave possède en quantité limité.

Zagreb est prise le 14 juillet 1949. Dès le lendemain les oustachis d’Ante Pavelic proclame l’indépendance du pays. La majorité des unités croates mettent bas les armes, d’autres sont désarmées mais d’autres cachent leur origine pour continuer le combat.

La capitale yougoslave Belgrade tombe le 17 juillet. Les hongrois qui rentrent les premiers constatent un spectacle désolation en raison des violents bombardements aériens allemands, bombardements de terreur et non à vocation militaire.

Les troupes yougoslaves continuent de se battre avec férocité et acharnement mais elles sont au bord de l’épuisement et de la rupture.

Marchant la nuit et combattant le jour, elles ne peuvent imposer leur rythme à des troupes allemands plus fringantes encore que la très, la trop légère logistique allemande associée aux destructions va provoquer un ralentissement du tempo opérationnel évitant aux yougoslaves un effondrement plus rapide.

Le 9 août 1949 les hongrois et les bulgares font leur jonction. Les troupes de Sofia n’ont pas participé aux opérations de combat mais vont rapidement occuper les terres bulgarophones, une occupation très dure que fera regretter parait-il aux habitants le joug serbe voir pour les plus anciens le joug ottoman.

De leur côté les allemands se sont arrêtés dans le sud de la Serbie laissant aux italiens le Monténégro que Rome considère comme faisant partie de sa chasse gardée.

A l’automne 1949 les dernières troupes yougoslaves encore en état de se battre se replient sur la Grèce.

Si certaines encore disciplinées vont combattre, nombre d’entre-elles n’ont plus d’unité militaire que le nom et vont rapidement être évacués vers la Crète puis vers l’Egypte pour entamer le long et lent processus de reconstruction d’une armée yougoslave digne de ce nom.

Renaissance et libération

Le gouvernement yougoslave réfugié à Jerusalem puis au Caire se préoccupe très vite à la fois de reconstituer une armée crédible et de convaincre les alliés de reprendre la lutte dans les Balkans d’en faire sinon le front principal du moins un front important dans la stratégie générale des alliés.

Ils vont échouer sur les deux plans. Non seulement les alliés n’ont pas l’intention de déployer des forces importantes mais juste les forces nécessaires à tenir le front mais la reconstitution de l’armée va se heurter à un manque de moyens, des querelles de personnes, des querelles politiques et idéologiques.

Certains officiers yougoslaves écœurés vont préférer démissionner pour intégrer la Légion Etrangère ou opérer au profit des SR alliés au soutien des maquisards royalistes et des partisans communistes.

Le front grec avant le déclenchement de l’opération ANVIL. En voyant la carte on se dit qu’Athènes va être vite reprise. En réalité il faudra près de deux mois de violents combats pour y parvenir avec des dégâts considérables pour ce phare de la civilisation occidentale.

La Campagne de Grèce qui fait suite à la Campagne de Yougoslavie. Elle s’achève à l’orée du printemps 1950, les historiens fixant traditionnellement sa date au 17 mars et la bataille du golfe de Zanthe où cuirassés et porte-avions des deux camps s’étripent joyeusement.

Les Balkans avant le début de la contre-offensive alliée

Si les alliés contrôlent le Dodécanèse (capturé lors de l’opération CATAPULT), la Crète et la Péloponnèse, l’Axe domine la Grèce continentale, la Céphalonie et les Cyclades. Le front se fige, les deux belligérants épuisés sont incapables de prendre le dessus. Des attaques locales sont menées tout comme des raids commandos pour maintenir la pression mais pas d’offensive avec un grand O.

Il faudra attendre l’automne 1952 pour que les alliés se décident à repasser à l’offensive. C’est l’opération Anvil déclenchée le 21 septembre 1952 mais les yougoslaves ne sont pas encore engagés faute d’unités suffisamment équipées et suffisamment entrainées.

On trouve la 8th Army (UK) avec deux corps d’armées, un corps d’armée britannique (deux DI et unr DB) et un corps d’armée sud-africain (deux DI), la 10th Army (UK) avec un corps d’armée sud-africain (une DI et une DB) et deux corps d’armée britanniques (deux DI chacun) et l’Armée Grecque de Liberation (AGL) qui dispose de trois corps d’armée à deux divisions (deux CA à deux DI et un CA avec une DB et une DI).

Après de violents combats, la capitale Athènes est reprise le 17 décembre 1952. La ville est dévastée y compris l’Acropole. Symboliquement c’est le bataillon sacré _une unité para-commando_ qui hisse sur l’Acropole le drapeau grec qu’un evzone avait retiré au nez et à la barbe des allemands.

Le territoire grec est entièrement libéré ou presque en février 1953. Des unités alliées effectuent des incursions en Albanie et en Macédoine mais elles sont trop faibles pour se maintenir.

Le basculement italien du printemps 1953 favorise l’avancée alliée, l’Albanie étant occupée quasiment sans combats.

Le 19 mai 1953, les alliés lancent l’opération Sledgehammer avec enfin l’engagement de troupes yougoslaves. La 1ère Armée Yougoslave dispose de deux corps d’armées à deux DI, le 1er CA avec les 8ème et les 13ème DI ainsi que le 2ème CA avec les 5ème et 27ème DI + la 1ère division blindée yougoslave rééquipée par les américains avec Greyhound, Chaffee et Sherman. Les numéros des divisions ont été choisis pour célébrer la mémoire des divisions qui s’étaient illustrées durant l’opération MARITSA.

Les débuts sont médiocres non par manque de volonté mais par une volonté de trop bien faire, l’agressivité des troupes yougoslaves générant des pertes assez lourdes. Il faudra un peu de temps pour corriger le tir.

Outre la 1ère Armée Yougoslave, d’autres unités vont participer à cette Campagne des Balkans. On trouve notamment une compagnie commando, la 7ème compagnie du 10ème commando interallié qui intègre également des commandos britanniques, français, polonais, grecs et même sud-africains.

Cette compagnie va opérer dans des raids contre l’arrière du front, vont mener des opérations homo contre certains chefs collabos ou d’anciens résistants retournés par les allemands et les italiens.

Ils vont être les premiers soldats yougoslaves à reprendre officiellement la lutte et pénétrer sur le territoire yougoslave.

Un bataillon parachutiste est formé en juin 1953 mais il n’est engagé que comme infanterie traditionnelle et non comme unité aéroportée.

A l’été 1953 le front suit une ligne qui passe au nord de Durres (le port reste sous le feu de l’artillerie allemande), traverse le centre de la Macédoine et longe la frontière bulgaro-grecque.

Le 9 novembre 1953 alors que l’automne est exceptionnellement clément les alliés relancent les opérations avec l’opération Sword.

Les yougoslaves sont en pointe de l’offensive aux côtés des grecs, les britanniques et les sud-africains étant en retrait pour éviter de s’aliéner les populations locales pas vraiment enclines à échanger une domination étrangère contre une autre.

Cette opération voit la libération de la totalité du territoire albanais, du Monténégro et du sud de la Serbie.

Sarajevo tombe le 23 novembre, Split le 25, Nis le 7 décembre 1953. En revanche un coup de main mal planifié et mal exécuté en direction de Belgrade échoue le 17 décembre 1953.

A l’orée de 1954, le front passe au sud de Belgrade (50 à 75km selon les endroits), traverse le nord de la Bosnie et atteint le sud de Zadar. Cette dernière ville est prise dès le 5 janvier 1954, le port saisi quasiment intact permet un ravitaillement plus rapide des troupes alliées.

Le 17 janvier 1954 les alliés lancent une audacieuse opération, l’opération Welcome/Bienvenue qui voit la brigade parachutiste canadienne être larguée près de Belgrade pour favoriser l’action des maquisards royalistes qui dominent dans cette région alors qu’en Bosnie et dans le sud de la Serbie les communistes sont davantage maitres du jeu.

Parachutiste canadien

Les paras canucks s’emparent des cibles stratégiques en liaison avec les combattants de l’ombre et d’autres unités commandos alliées (bataillon sacré, 10ème commando interallié, corps franc des Balkans).

Les allemands qui savent leur position intenable se content de mener des combats retardateurs pour replier le maximum d’hommes et de matériel en vue d’une contre-offensive qui n’aura jamais lieu. La capitale de la Yougoslavie tombe le 20 janvier 1954.

Tout le territoire yougoslave est libéré à la fin du mois de février et le 4 mars 1954 les dernières troupes ennemies capitulent. Si les allemands sont bien traités, leurs supplétifs qu’ils soient monténégrins, slovènes, croates ou serbes sont souvent massacrés dans des conditions atroces.

L’armée yougoslave va passer l’été à tenter de ramener l’ordre et la sécurité sur le territoire national non sans mal en raison de problèmes avec certains irréguliers qui avaient clairement pris goût à la clandestinité et à l’illégalité. De véritables opérations militaires doivent être menées non sans regrettables dérapages.

Quand le second conflit mondial se termine l’armée royale yougoslave qui a intégré de nouvelles recrues au fur et à mesure de son avancée sur le territoire du royaume de Pierre II aligne six divisions d’infanterie (quatre divisions d’infanterie vue plus haut et deux divisions d’infanterie légère, les 4ème et 7ème DLI), une division blindée, des unités commandos, de l’artillerie et du génie.

C’est une armée expérimentée, habile mais déjà travaillé par les dissensions entre royalistes et communistes, divisions qui remplacent souvent les divisions nationales de l’avant-guerre mais ceci est une autre histoire.

Mitteleuropa Balkans (127) Yougoslavie (15)

Bristol Blenheim

A l’origine du Bristol Blenheim, bombardier léger standard de la RAF en septembre 1939 figure une demande de Lord Rothermere, magnat de la presse britannique et grand passionné d’aviation et un projet lancé à titre privé par la Bristol Aeronautic Company, le Bristol type 135.

Cet appareil était un avion civil de transport de passagers dévellopé par la firme Bristol, un élégant monoplan à aile basse cantilever pouvant transporter six à huit passagers.

Suite à l’achat par Lord Beaverbrook d’un DC-1, Lord Rothermere déclara à la firme Bristol qu’il pourrait acheter un type 135 si l’appareil était capable de relier les principales villes européennes ce que l’appareil était incapable de faire en l’état actuel.

Le projet fût donc remanié et le type 135 devint le type 142 dont le projet fût présenté le 27 avril 1934. C’était un appareil propulsé par des Bristol Mercury VI de 640ch pouvant atteindre 400 km/h et si la voilure du type 135 était conservé, le fuselage était différent.

Le prototype du Bristol type 142 effectua son premier vol le 12 avril 1935. Equipé d’hélices tripales Hamilton Standard à pas variable il atteint la vitesse de 495 km/h soit 48 km/h de plus que le dernier chasseur commandé par la RAF, le Gloster Gladiator.

Surpris et inquiet par ce résultat, l’Air Ministry demanda à lord Rothermere d’étudier son appareil ce que le magnat accepta, le Bristol type 142 ne fût jamais utilisé à titre civil mais utilisé pour des tests puis pour différentes missions de transport logistique jusqu’à sa réforme en juin 1942. Oublié dans un hangar, il fût retrouvé par hasard en 1980, restauré et maintenu en état de vol.

Parallèlement au type 142, la firme étudia le projet du type 143, un type 142 avec les moteurs prévus pour le type 135 mais ce projet qui intéressa un temps le Coastal Command et la Finlande ne firent pas le poids face au Bristol type 142M, une version militarisée plus connue sous le nom de Blenheim.

Le projet type 142M fût proposé aux services compétents le 9 juillet 1935, donnant un bombardier biplace transportant 450kg de bombes sur 1600km. En août, l’appel à projet B.29/35 fût lancé et une commande 150 exemplaires passée sans commande préalable de prototypes.

Le premier appareil de série effectue son premier vol le 25 juin 1936 et dès le moins de décembre une commande de 434 bimoteurs est passée. La production était rapide puisqu’en 1937 vingt-cinq appareils sortaient pas jour. 5500 Blenheim en différentes versions sont produits pour la RAF et pour l’export. L’appareil entre en service en mars 1937.

Suite au Mk I et à sa version de chasse lourde Mk IF, on trouve le Mk IV (premier vol le 24 septembre 1937, mise en service en mars 1939) qui lui aussi disposait d’une version de chasse lourde (Mk IVF) et d’entrainement/liaison/remorquage de cibles (Mk IVT).

Les Blenheim Mk II et Mk III n’ont été que des projets, le premier disposant d’ailes et de réservoirs agrandis, le second étant propulsé par un moteur en ligne Hispano-Suiza suite semble-t-il à un intérêt de la Suisse mais comme la Confédération Helvétique n’à pas donné suite, ce projet n’à pas vu le jour.

Le Blenheim Mk V est une version issue du Mk IV avec des moteurs plus puissants et un armement défensif plus important. Les Mk V vont remplacer les Mk I mais la production qui devait se poursuivre sous la forme d’un Mk VI avec des moteurs Bristol Hercules est finalement abandonné, la RAF préfèrant produire en masse le Bristol Beaumont, un bombardier moyen issu du Bristol Beaufort.

A noter que le Bristol type 149 Bolingbroke dérivé du Mk I n’à été produit que pour le Canada, la RAF un temps intéressée par l’appareil préféra au final poursuivre la production du Mk I. Sorti par la porte, le Bolingbroke revint par la fenêtre puisqu’il fût à l’origine du Mk IV.

Un projet de quadrimoteur baptisé Bristol type 150 ne dépassa pas le stade de la planche à dessin.

Le Blenheim à connu un grand succès à l’export puisqu’il à été exporté en Afrique du Sud, en Australie, au Canada (sous la forme du Bolingbroke), en Yougoslavie, en Finlande (construction sous licence), en Grèce (appareils ex-britanniques utilisés en attendant la livraison de Léo 451), Nouvelle-Zélande, Portugal, Roumanie, Suède et Turquie.

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, le Bristol Blenheim est déployé en Egypte (trois squadrons équipés de Mk V), un wing de trois squadrons est déployé en Inde avec des Blenheim Mk IV. Un squadron de reconnaissance déployé en Extrême-Orient dispose de Blenheim Mk V qui ont remplacés des Mosquito prématurément usés par le chaud et lourd climat tropical.

Ce sont donc sept squadrons qui sont encore équipés de Blenheim au sein de la RAF, les appareils exportés étant encore largement en service dans leur mission initiale de bombardier.

La Yougoslavie à reçut initialement 61 Blenheim Mk I utilisés pour le bombardement (50) et la reconnaissance (11). Ultérieurement des appareils retirés du service puis reconditionnés par les britanniques ont rejoint le pays des slaves du Sud portant le total à 84 appareils dont 24 pour l’aéronavale yougoslave.

Douze Blenheim Mk I équipèrent le squadron n°11, les autres appareils étant utilisés pour l’entrainement et la formation de nouveaux pilotes en attendant de remplacer les appareils détruits.

Quand les forces de l’Axe déclenchent l’opération MARITSA, l’aéronavale aligne encore seize Blenheim en état de vol, quatre ayant été perdus et quatre étaient en grande revision dans une usine en Slovenie, usine qui allait être détruite dans les premières heures du conflit.

Ces appareils modifiés pour servir de bombardiers-torpilleurs devaient en théorie attaquer la flotte italienne et/ou couvrir les unités d’attaque de la marine yougoslave.

Ils réaliseront bien quelques attaques à la bombe et à la torpille mais la majorité des missions concernera des missions d’apppui-feu et d’interdiction, missions pour lesquelles les pilotes ne sont pas vraiment formés ce qui explique probablement les résultats médiocres.

A la fin de la campagne de Yougoslavie il ne restait plus que deux appareils en mauvais état, appareils incendiés par leur équipages avant que ces derniers ne franchissent la frontière séparant la Grèce de la Yougoslavie.

Caractéristiques Techniques du Bristol Blenheim Mk I

Type : bombardier léger bimoteur triplace

Masse : à vode 3674kg en charge 5662kg

Dimensions : envergure 17.17m longueur 12.12m hauteur 3.05m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bristol Mercury VIII dévellopant 840ch chacun

Performances : vitesse maximale 450 km/h rayon d’action 1800km plafond opérationnel 8475m

Armement : une mitrailleuse fixe de 7.7mm à l’avant et une autre en tourelle dorsale 454kg de bombes

Savoia-Marchetti SM-79

Un point commun pour de nombreux moteurs italiens dans les années trente : un manque de puissance et de fiabilité.

Résultat les constructeurs aéronautiques transalpins furent contraints de choisir une configuration trimoteur pour obtenir une puissance suffisante. Cela avait de nombreux inconvénients notamment un poids supplémentaire et surtout l’impossibilité d’installer un armement frontal.

A l’origine de cet appareil figure comme souvent à cette époque un avion civil. En octobre 1934 pour célébrer le centenaire de la fondation de Melbourne, le lord-maire proposa un prix pour l’avion capable de faire le trajet Londres-Melbourne le plus rapidement possible.

Les italiens qui voyaient dans l’aviation un formidable outil de propagande décidèrent de dévelloper un appareil destiné à ce record mais il partit trop tard dans la compétition.

Ayant montré de bonnes performances, il attira l’intention des militaires italiens qui décidèrent de transformer ce trimoteur racé et élégant en bombardier. La production en série fût lancée en 1936 et se poursuivit jusqu’en septembre 1948 permettant la sortie de 1800 exemplaires, une partie étant vendu à l’export.

Conçu initialement comme bombardier terrestre, le SM-79 à connu son baptême du feu durant la guerre d’Espagne, 19 appareils étant perdus sur les 99 engagés.

Il fût ensuite engagé dans la campagne d’Albanie moins comme bombardier que comme avion de transport dans un pont aérien au dessus de l’Adriatique.

L’appareil qui fût également dévellopé en version bombardement-torpilleur, version dans laquelle il s’illustra durant le second conflit mondial dans les unités d’aerosiluranti.

Outre l’Italie l’appareil à été utilisé par le Brésil (deux exemplaires), la Yougoslavie, l’Allemagne (appareils ex-yougoslaves), l’Espagne (80 appareils ayant été utilisés par l’Aviazione Legionaria et cédés à l’Espagne nationaliste une fois le conflit terminé) et la Roumanie (104 exemplaires en différentes versions).

L’appareil participe à tout le conflit jusqu’au printemps 1953 même si à l’époque le nombre d’appareils en service était fort réduit en raison du manque de pièces détachées.

L’aviation co-belligérante conserve des Sparviero comme appareil de transport et de liaison mais après plusieurs tirs fratricides les appareils sont cloués au sol.

En septembre 1954, il reste une douzaine d’appareils disponible. Certains ont été préservés jusqu’à nos jours, un en vol en Italie et quatre dans des musées (un en France, deux aux Etats-Unis et un en Grande-Bretagne).

La Yougoslavie à reçu 40 appareils de la par de l’Italie et ce en dépit de relations compliquées entre les deux pays. L’aéronavale à utilisé douze appareils (jamais plus de huit en même temps) au sein du squadron n°10 laissant le reliquat à l’armée de l’air.

Tout comme les Blenheim ces appareils étaient censés mener des missions de bombardement-torpillage mais aussi et surtout de patrouille maritime, une mission pour laquelle l’appareil n’était pas vraiment adapté.

La campagne des Sparviero de la marine yougoslave sera courte. Dès le premier jour six appareils sont détruits au sol et quatre sont livrés aux allemands par leurs pilotes croates (ces appareils vont être utilisés un temps par la Luftwaffe avant de rallier l’armée de l’air de l’Etat Indépendant de Croatie) ne laissant que deux avions qui vont mener quelques missions avant d’être détruits par la chasse ennemie.

Les quatre appareils servant sous les cocardes croates vont opérer comme bombardiers, avions de reconnaissance et même avions de transport. Aucun SM-79 n’à survécu au conflit.

Caractéristiques Techniques (SM-79 Sparviero)

Type : Avion trimoteur multiplace de bombardement et de torpillage

Masse à vide : 7700kg Masse en charge : 10050kg

Longueur : 16.2m Envergure : 20.2m Hauteur : 4.1m

Motorisation : trois moteurs radiaux Alfa-Romeo 128-RC18 de 860ch chacun

Performances : vitesse maximale 460 km/h Distance franchissable : 2600km Plafond opérationnel : 7500m

Armement : un canon de 20mm Mauser MG151 à l’avant, une mitrailleuse de 12.7mm Breda-SAFAT dans le poste dorsal et deux mitrailleuses de 7.7mm dans des postes latéraux (armes optionelles). 1200kg de charge militaire en soute ou deux torpilles de 450mm sous le fuselage en extérieur.

Equipage : six hommes (pilotes, co-pilotes, mécanicien-canonnier, opérateur radio, bombardier et mitrailleur arrière)

Dornier Do-17

A l’origine du “crayon volant” figure un appel d’offres lancé en 1932 pour un courrier postal destiné à la Lufthansa et un avion cargo pour la Deutschebahn. La firme Dornier dont l’usine était installée à Friedrichshafen sur les rives du lac de Constance remporte le contrat de développement.

Le projet lancé en août 1932 puis accéléré par l’arrivée des nazis au pouvoir. La construction des prototypes ne commencent que le 20 mai 1934 et le 23 novembre, le Do-17V1 décolle pour la première fois.

Ce prototype est muni d’une dérive unique à la différence des deux autres, la configuration à double dérive se révélant plus stable et est donc sélectionnée. Au total neuf prototypes furent produits.

L’appareil est mis en service début 1937 avec le Do-17E suivit d’une variante pour la reconnaissance tactique baptisée Do-17F mais cette variante est produite en petit nombre, la Luftwaffe préférant utiliser le Focke-Wulf Fw-189 et des variantes de la famille Ju-88/Ju-188 pour ce type de mission.

La variante Do-17L n’est pas produite en série à la différence de la variante Do-17M qui abandonnait les moteurs radiaux pour des moteurs en ligne. Une autre variante de reconnaissance baptisée Do-17P est envisagée mais non produite.

Quand commence la guerre de Pologne, cinq escadres sont équipées des différentes variantes du Do-17, trois équipées de Do-17E et deux équipées de Do-17M.

A l’origine il était prévu la production du Dornier Do-17Z mais les allemands préférèrent passer au Do-217, un appareil étroitement issu du Do-17.

Résultat en septembre 1948, les Do-17 ne sont plus en service sous les couleurs allemandes. Des appareils sont utilisés pour les liaisons, l’entrainement, le remorquage des cibles et les expérimentations.

Il est encore en service en Yougoslavie, en Espagne, en Bulgarie, en Finlande, en Hongrie et en Roumanie.

La Yougoslavie à reçut un total de soixante-neuf Dornier Do-17K dont une poignée va armer le squadron n°20, une unité initialement créée comme unité de patrouille maritime mais qui allait être utilisée également pour le bombardement-torpillage, le bombardement et l’attaque avec là encore des résultats mitigés.

Aux huit appareils en ligne vont s’ajouter huit autres utilisés pour la formation, l’entrainement et les liaisons. Sur ces seize appareis livrés à l’aéronavale entre septembre 1943 et mars 1944 seulement douze étaient encore opérationnels en juillet 1949, plusieurs ayant été perdus à l’entrainement ou dans des circonstances incertaines (sabotage au sol, interception non déclarée par des chasseurs italiens ou allemands).

Les appareils opérationnels le 7 juillet 1949 vont être pour certains surpris par les bombardements préliminaires de l’ennemi mais quatre appareils sont engagés à basse altitude contre une colonne motorisée italienne.

L’attaque est un succès mais deux appareils sont abattus et un troiisème gravement endommagé ne volera plus.

Après quinze jours de combat il ne restait plus que quatre appareils qui vont voler désormais essentiellement de nuit pour tenter d’échapper à la chasse et à la DCA ennemie. Cela n’empêchera pas leur destruction avant la fin de la campagne de Yougoslavie.

Caractéristiques Techniques du Dornier Do-17

Type : bombardier moyen bimoteur quadriplace

Masse : à vide 5210kg à vide équipé 5963kg maximale au décollage 8837kg

Dimensions : longueur 15.8m envergure 18m hauteur 4.56m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bramo 323P 9 cylindres dévellopant 986ch et entrainant des hélices tripales.

Performances : vitesse maximale 350 km/h au niveau de la mer vitesse de croisière 300km/h Distance franchissable 600km avec 1540 litres de carburant et 1000kg de bombes Plafond opérationnel 8200m

Armement : six mitrailleuses MG-15 de 7.92mm, 1000kg de bombes en soute, la charge pouvant être emportée à l’extérieur

Lioré et Olivier Léo 456

L’acte de naissance de cet élégant bombardier bimoteur qui ne laissait personne indifférent («Les jeunes pilotes le redoutait et le détestait en même temps alors que les pilotes expérimentés comme moi l’aimait d’amour» in Pilotes français au combat : récit d’une épopée héroïque) date de novembre 1934 quand le Ministère de l’Air lance un programme destiné à corriger les défauts (sic) du concept BCR à savoir le programme B5 (Bombardier à cinq hommes d’équipage).

Un an plus tard l’équipage est réduit à quatre hommes. La firme Lioré et Olivier qui n’en était pas à son premier bombardier proposa le Lioré et Olivier Léo 45 qui effectua son vol inaugural le 16 janvier 1937 cinq semaines avant sa nationalisation et son intégration à la SNACSE.

Après vingt exemplaires produits et des problèmes permanents de moteur, l’Armée de l’Air décide de passer au Léo 451 qui reprend les essais officiels le 21 octobre 1938.

Parallèlement les commandes s’envolent, commandes qui voient l’apparition de plusieurs variantes se distinguant notamment au niveau de la motorisation.

C’est ainsi qu’en septembre 1939 749 appareils ont été commandés répartis entre 722 Lioré et Olivier Léo 451, cinq Lioré et Olivier Léo 457 de bombardement à haute altitude, dix Lioré et Olivier Léo 458 à moteurs américains et douze Léo 451 destinés à la Grèce.

En septembre 1948 ce sont 24 groupes répartis en huit escadres qui volent sur cet appareil soit 648 appareils en ligne. 1700 appareils ont été commandés au total ce qui représente un effort très important d’une industrie aéronautique enfin passée du stade semi-industriel au stade de la production de masse. Certes nous n’étions pas chez Ford mais cela ne ressemblait plus à l’industrie aéronautique de papa ou de grand papa.

Au sein de l’Armée de l’Air, le Léo 451 équipait douze des vingt-quatre groupes de bombardement sachant que d’autres Léo 451 équipaient des unités de l’Aviation Navale aux côtés du Léo 456 spécialement conçu pour l’aviation de la Royale.

On trouve également trois groupes volant sur Lioré et Olivier Léo 453, une variante propulsée par des moteurs Pratt & Whitney R-1830 Twin Wasp, trois groupes volant sur Lioré et Olivier Léo 454 (moteurs Bristol Hercules II), un groupe indépendant volant sur une variante de bombardement à haute altitude baptisée Lioré et Olivier Léo 457 et enfin trois groupes de Lioré et Olivier Léo 458 (moteurs Wright Cyclone)

Au total, l’armée de l’air à reçu 1033 Lioré et Olivier Léo 451/453/454/457/458 auxquels s’ajoute 174 appareils pour la marine et 132 pour l’export (24 exemplaires pour la Grèce et pour la Yougoslavie, 36 pour la Roumanie et 48 pour la Belgique) ce qui porte le total des appareils produits avant guerre à 1339.

1700 appareils ayant été commandé, le solde de 361 appareils ayant été annulé suite à un addendum au contrat. Il est cependant prévu des commandes supplémentaires à l’entrée en guerre, commandes dont le nombre n’est pas fixé puisque l’armée de l’air ignore les pertes de ces unités de bombardement moyen.

Cela pousse la firme Lioré et Olivier de travailler sur des versions améliorées de son bombardier qui fait l’unanimité au sein des unités l’équipant.

Elle privilégie le Léo 458 et dévellope le Léo 458bis propulsé par des moteurs radiaux Bristol Hercules XVII de 1750ch et le Léo 458ter propulsé par des moteurs radiaux Wright Cyclone R-2600-29 de 1750ch. Quatre prototypes sont commandés à l’automne 1947 et livrés au printemps 1948.

Sur le plan de l’organisation on trouve en Métropole cinq escadres volant sur «Leo» (12ème, 23ème, 31ème et 38ème EBM toutes équipés de «451», le groupe indépendant volant sur Léo 457 et la 11ème EBM volant sur Léo 458) auxquelles il faut ajouter une Escadre déployée en Tunisie (la 46ème EBM volant sur Léo 458), une Escadre déployée en Indochine à Than-Son-Nhut près de Saigon (48ème EBM Lioré et Olivier 453) et une Escadre déployée au Levant, la 19ème EBM volant sur Léo 454.

La Yougoslavie avait donc acquis vingt-quatre exemplaires pour son armée de l’air (en attendant des Léo 458) avant de recevoir des Lioré et Olivier Léo 456 pour armer le squadron n°16 soit huit appareils en ligne et quatre en réserve.

Ces appareils vont être engagés au dessus de l’Adriatique mais aussi au dessus du territoire yougoslave comme bombardier classique. Deux Léo 456 de l’aéronavale yougoslave vont survivre à la campagne de Yougoslavie et vont rallier l’Egypte où ils vont être utilisés pour l’entrainement jusqu’en septembre 1952 quand ils sont interdits de vol et ferraillés.

Caractéristiques Techniques du Lioré et Olivier Léo 451

Type : bombardier bimoteur quadriplace (B4)

Poids : à vide 7530kg maximal 11400kg

Dimensions : Envergure 22.52m Longueur 17.20m Hauteur 5.24m

Motorisation : deux moteurs Gnôme-Rhône 14N-38/39 développant 1030ch à 4800m entrainant une hélice tripale Ratier de 3.20m

Performances : vitesse maximale 495 km/h à 4800m vitesse de croisière 360 km/h Autonomie maximale 2900km (2300km avec 500kg de bombes) Plafond pratique : 9000m

Armement : (Léo français) un canon de 20mm Hispano-Suiza HS-404 avec 120 coups à l’arrière (couplé ensuite avec un jumelage de mitrailleuses de 7.5mm), une mitrailleuse MAC 34 de 7.5mm fixe dans le nez avec 300 coups et une autre dans une cuve retractable avec 100 coups. 1400 kg de bombes dont 1000kg en soute.

(Léo yougoslaves) un canon de 20mm Oerlikon FF couplé avec deux mitrailleuses de 7.92mm, une mitrailleuse du même type fixe dans le nez ainsi qu’une mitrailleuse dans une cuve retractable en soute. 1400Kg de bombes dont 1000kg en soute.

Bristol Beaumont

A l’origine du Beaumont, le Bristol Beaufort

Le Bristol Beaumont est un bombardier bimoteur issu du Beaufort. Ce dernier était ce qu’on pourrait appeler un «honnête appareil» sans défauts majeurs mais sans qualités qui pourrait en faire une légende aéronautique. L’appareil étant amené à être rapidement déclassé, la firme Bristol travailla rapidement sur un nouvel avion.

A l’époque du développement du Beaufort, Bristol travaillait déjà sur le Beaufighter mais cela ne l’empêcha pas de détacher une partie du bureau d’études pour étudier un nouveau bombardier bimoteur capable de remplacer le Beaufort mais aussi le Wellington.

L’appel d’offres est lancé en septembre 1944. Bristol, Fairey et Armstrong-Whitworth proposèrent des projets mais seul Bristol proposa deux prototypes.

Le fuselage du Beaufort était repris dans sa forme générale mais l’avant était affiné et la dérive simple était devenue double.

Les ailes furent allongées et des moteurs Bristol Hercules XIX installés donnant à l’appareil un punch redoutable. A cela s’ajoutait des modifications de détail et une meilleur ergonomie pour rendre le vol et les opérations de guerre moins fatigantes pour l’équipage.

Sur le plan de l’armement, celui était sacrément renforcé avec une tourelle dorsale double, deux mitrailleuses dans le nez, une mitrailleuse automatique couvrant le secteur inférieur et quatre mitrailleuses dans les ailes soit un total de neuf mitrailleuses de 7.7mm, total qui pouvait passer à quinze avec le remplacement du nez vitré par un nez plein à l’instar du B-25 Mitchell.

Baptisé Beaumont, le nouvel appareil fût conçu aussi bien comme bombardier-torpilleur que comme bombardier médian, cette dernière mission prennant d’ailleurs le pas sur la première, laissant au Beaufighter le redoutable privilège de lancer la torpille.

Le premier prototype effectue son premier vol le 18 août 1946. Sa mise au point est rapide puisque les premiers appareils de série sont livrés à l’automne 1947.

Le Beaumont Mk I désigne les avions-torpilleurs du Coastal Command, le Mk II les futurs bombardiers médians que pourrait commander le Bomber Command. Quand au Mk III cette désignation va être réservée aux appareils exportés.

La Yougoslavie s’intéresse à l’appareil dès avant guerre en vue de remplacer ses Blenheim mais naturellement rien ne se passe avant l’opération MARITSA. Pour armer l’escadron n°2 de bombardement «Vengeance» (2. eskadrilla bombaski napad «Osveta») le gouvernement yougoslave en exil choisit le Bristol Beaumont.

L’unité est formée en Egypte, volant sur douze Beaumont Mk III, la variante export du Beaumont, une variante logiquement désignée Bristol Beaumont B. MkIIIY. Cette unité opérationnelle en juin 1950 va rapidement rallier la Crète pour mener des missions offensives en mer Egée, attaquant à la bombe, à la torpille et à la roquette les navires de l’Axe qu’il s’agisse de patrouilleurs, d’escorteurs ou de caboteurs tentant de ravitailler les Cyclades aux mains de l’Axe.

Les pertes sont lourdes pour l’unité qui utilise ses bimoteurs de manière très agressive ce qui les expose à la DCA et à la chasse ennemie. Resultat le nombre d’appareils utilisé au total par l’unité à été de vingt-huit soit plus du double de la dotation initiale !

L’unité va rallier ensuite le Peloponnèse puis Corfou, terminant la guerre au Monténégro, ses bombardiers attaquant tout ce qui flottait en Dalmatie.

Les Bristol Beaumont yougoslaves étaient toujours en service en 1958, l’unité jouant un rôle décisif dans la victoire des communistes contre les troupes royales. Les appareils ont été retirés du service en 1964.

Caractéristiques Techniques du Bristol Beaumont Mk I

Type : bombardier-torpilleur bimoteur quadriplace

Masse : à vide 6350kg en charge 9890kg

Dimensions : longueur 14.76m envergure 18.23m hauteur 4.45m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bristol Hercules XIX de 1750ch chacun entrainant des hélices quadripales

Performances : vitesse maximale 490 km/h à 1981m vitesse de croisière 450 km/h à 1981m distance franchissable 2900km plafond opérationnel 7150m

Armement : neuf mitrailleuses de 7.7mm Browning avec quatre dans les ailes, deux dans la tourelle dorsale, deux dans le nez et une mitrailleuse pour la défense du secteur inférieur.

Le nombre peut passer à treize en configuration “nez plein” avec huit mitrailleuses dans le nez, deux en tourelle dorsale, quatre dans les ailes et une mitrailleuse pour la défense du secteur inférieur soit un total de quinze armes. Une torpille de 900kg ou 1500kg de bombes.

Equipage : Quatre hommes

Consolidated PB4Y-2 Privateer

Après avoir commandé des B-17 pour des missions de patrouille maritime, l’US Navy satisfaite du concept envisagea de passer commander de Flying Fortress supplémentaires.

C’est alors qu’apparu le Consolidated model 32 Giant, un bombardier de facture plus moderne que le Boeing model 299. La Consolidated Aircraft Corporation proposa le futur B-24 à l’US Navy qui accepta de le commander mais également proposa une version adaptée à la patrouille maritime.

Semblable au model 32, il se distinguait par des moteurs sans turbocompresseurs (car opérant à basse altitude) et plus visible par une dérive unique à la place de la dérive double. La structure est renforcée pour supporter les contraintes du vol à basse altitude. Certains modifications seront ultérieurement intégréés aux versions tardives du model 32/B-24.

Le prototype du Privateer (corsaire) commandé en juin 1942, baptisé XPB4Y-2 effectue son premier vol le 18 juin 1943. Les essais se déroulent correctement jusqu’au crash du prototype qui survient le 12 mars 1944.

L’enquête ayant montré qu’il s’agissait d’une conjonction d’une erreur de pilotage et de mauvaises conditions météos, le programme se poursuit, un deuxième prototype décollant pour la première fois le 8 août 1944.

Six appareils de pré-série sont livrés en octobre 1944 pour accélérer les essais, les expérimentations et la mise au point de tactiques d’emploi.

Une première commande de 120 Privateer est passée en novembre 1944, les appareils étant livrés entre février et décembre 1945, permettant d’équiper six squadrons, tous stationnés dans le Pacifique.

Une seconde commande de 120 Privateer est passée en mars 1945 et honorée entre mai 1945 et mars 1946, ces avions équipant quatre squadrons (deux dans l’Atlantique et deux dans le Pacifique), les 40 appareils restant étant stockés pour servir de volant de fonctionnement.

Une nouvelle commande est passée en septembre 1948 pour équiper les squadrons encore équipés de Giant mais également pour de nouvelles unités. 240 P4BY-3 aux moteurs plus puissants, à l’armement renforcé et disposant d’un radar de veille surface sont livrés entre janvier 1949 et juin 1950, portant alors la production à 480 Privateer.

240 nouveaux appareils sont commandés en septembre 1950 et livrés entre janvier 1951 et septembre 1952, date à laquelle la production s’arrête après la sortie du 720ème exemplaire. Les appareils sont retirés du service par l’US Navy en 1960.

Les Garde-Côtes récupérèrent des Privateer dans l’immédiat après guerre pour servir à la recherche et au sauvetage en mer et ce jusqu’en 1970 quand les derniers appareils cessent de voler.

Dès la fin de la guerre des appareils sont revendus à des opérateurs civils américains pour participer à la lutte contre les incendies de forêt, le dernier appareil cessant de voler en 2005.

La Yougoslavie pour équiper son escadron n°3 de patrouille maritime «Patrie» (3. Eskadrilla Pormoska Patrola «Zemjla») choisit le puissant quadrimoteur américain essentiellement pour des raisons politiques (ne pas être trop dépendant des britanniques et des français).

L’unité vole sur douze appareils qui vont déployés d’abord à Alexandrie pour couvrir le bassin oriental de la Méditerranée puis en Crète pour couvrir la mer Ionienne et la mer Egée. Ces appareils vont mener surtout des missions de surveillance, les misssions d’attaque étant rares.

Déployés au Peloponnèse en janvier 1953, les quadrimoteurs yougoslaves vont rallier la Yougoslavie en avril 1954 quelques jours afin la fin des combats en Europe. Jusqu’au printemps 1955 ils vont mener des missions de répérage et de cartographie, des épaves et des champs de mines.

Les appareils vont rester en service dans l’aéronavale yougoslave jusqu’en 1965 quand ils sont retirés du service et ferraillés.

Caractéristiques Techniques du Consolidated PB4Y-2 Privateer

Type : avion de patrouille maritime quadrimoteur multiplace

Masse : à vide 12467kg maximale au décollage 29500kg

Dimensions : envergure 33.53m longueur 22.73m hauteur 9.17m

Motorisation : quatre moteurs radiaux à refroidissement par air Pratt & Whitney R-1830-94 de 1350ch chacun

Performances : vitesse maximale 382 km/h vitesse de croisière 224 km/h distance franchissable 4540km plafond opérationnel 6400m

Armement : 12 mitrailleuses de 12.7mm en six tourelles doubles et 5800kg de bombes, mines, torpilles ou charges de profondeur.

Equipage : onze hommes (eux pilotes, un navigateur, un bombardier, cinq mitrailleurs et deux opérateurs radios)

Rogozarski SIM-XI

Le Rogorzarski SIM-XI est un avion d’entrainement monoplace de conception et de fabrication yougoslave. De prime abord un avion d’entrainement monoplace peut sembler être un non-sens sauf que cet appareil était destiné à l’entrainement à l’acrobatie. A une époque où le combat tournoyant était la seule façon de vaincre un ennemi en combat aérien, apprendre aux jeunes pilotes l’acrobatie avait tout son sens.

Ce monoplace monoplan à aile parasol effectue son premier vol et est mis en service en 1938. L’appareil est utilisé par l’armée de l’air yougoslave et par la marine. Produit jusqu’en 1942, il en à été fabriqué seize exemplaires au total.

Si l’armée de l’air n’en utilisait que quatre, la marine en possédait douze au sein de son squadron d’entrainement. Ces appareils non armés n’étaient d’aucun utilisé lors de l’opération MARITSA et le haut commandement yougoslave préféra les évacuer vers le sud avec de jeunes pilotes, une façon comme une autre de préserve un potentiel avenir.

Quand la Campagne de Yougoslavie se termine quatre appareils ont été abattus, deux capturés par les italiens (mais dans un tel état que les avions ont été envoyés immédiatement à la casse), deux par les croates (qui les utiliseront pour la proapgande) et huit préservés en Grèce.

Démontés et mis en caisse ils sont transférés en Egypte. Quatre d’entre-eux sont remis en service pour former une patrouille acrobatique destinée à des opérations de propagande. Les appareils vont ainsi voler avec des pilotes détachés d’unités combattantes, une sorte de sas entre deux tours opérationnels. Les appareils ont été hélas envoyés à la casse à la fin du conflit sans qu’une quelconque préservation n’ait été envisagée.

Caracteristiques Techniques

Type : avion d’entrainement monoplace

Masse à vide 540kg en charge 680kg

Dimensions : longueur 7.16m envergure 9.40m hauteur 2.70m

Motorisation : un moteur radial Siemens-Halske de 150ch entrainant une hélice bipale

Performances : vitesse maximale 191km/h vitesse de croisière 168km/h distance franchissable 825km plafond opérationnel 5500m

Défenses côtières

Longtemps négligées les défenses côtières yougoslaves sont modernisées durant la Pax Armada mais comme souvent les ambitions sont aussi grandes que les réalisations ont été minimes.

Au projet d’une côte 100% fortifiée totalement illusoire les yougoslaves ont préféré protéger certains secteurs clés de la côte notamment les ports de Split et de Kotor.

Il s’agit d’empêcher le blocus des côtes et permettre à ces ports de servir de point de fixation pour prolonger la résistance générale du pays contre une invasion étrangère.

Le port de Split est couvert par quatre batteries disposant chacune de deux tourelles doubles de 120mm installés sur des supports en béton qui abritaient les équipages en repos, les locaux-vie, les soutes à munitions, les postes de commandement.

Le choix de la tourelle permettait aux canons de tirer à 360° ce qui s’avera précieux lors de l’opération MARITSA puisque ses tourelles ouvriront le feu à plusieurs reprises sur les troupes italiennes qui devront employer de l’artillerie lourde mais aussi de l’infanterie pour donner l’assaut aux batteries et définitivement les neutraliser.

Ces batteries pouvant être vulnérables à un assaut direct, des blockhaus d’infanterie furent aménagés, blockhaus disposant de canons antichars et de mitrailleuses.

Une fois la campagne de Yougoslavie terminée les italiens s’installèrent à Split et remirent en service les batteries côtières yougoslaves avec leurs propres pièces d’artillerie, les pièces yougoslaves ayant été détruites et/ou sabotées.

Elles seront de peu d’utilité, les alliés ne menant aucun blocus des ports dalmates avec des unités de surface justifiant de puissantes défenses côtières et si la menace d’un débarquement amphibie en Dalmatie aurait pu justifier la construction de puissantes batteries côtières, le temps comme les moyens ont de toute façon manqué.

La baie de Kotor est défendue pat quatre batteries disposant de deux tourelles doubles de 120mm installés sur des supports en béton qui abritaient les équipages en repos, les locaux-vie, les soutes à munitions, les postes de commandement.

Ces tourelles étaient protégés par des batteries d’artillerie légère disposant de quatre canons de 100mm et de blockhaus d’infanterie avec mitrailleuses et canons antichars.

Ces batteries formaient un quadrilatère protégeant la baie de Kotor. Entre septembre 1948 et juillet 1949 des fortifications de campagne vont être aménagées pour tenter de créer une véritable forteresse.

Lourdement endommagées par les combats ses batteries sont partiellement réarmées par les italiens mais leur utilisation à été assez limitée et quand les alliés remonteront la péninsule balkanique les allemands qui avaient remplacé les italiens n’utilisèrent que temporairement ses batteries et davantage comme abcès de fixation que comme barrage contre une flotte ennemie.

Quelques ouvrages seront reconstruits après guerre mais leur utilité deviendra très vite douteuse avec la surpuissance aérienne, les missiles et naturellement la bombe atomique.

Infanterie de marine

Ce n’est que durant la Pax Armada que la marine royale yougoslave se dota d’une véritable unité d’infanterie de marine. Jusqu’ici les fusiliers marins yougoslaves étaient davantage des matelots armés de fusils que de véritables combattants.

Le 1er mars 1945 le 1er bataillon d’infanterie navale reçoit son drapeau des mains du roi Pierre II. Cette unité stationnée à Split est destinée à protéger le grand port dalmate voir à terme à mener des opérations offensives sous la forme de coups de main contre le dispositif ennemi.

Ce 1. Bataljon mornaričko pješaštvo était organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies d’infanterie et une compagnie d’armes lourdes (mitrailleuses et mortiers).

Ce premier bataillon aurait du être suivi d’un deuxième pour à terme créer une véritable brigade mais le temps et les moyens manquèrent pour réaliser un tel projet qui de plus n’était pas forcément bien vu par l’armée de terre qui estimait que la marine devrait plutôt renforcer ses moyens navals et aériens.

Ce bataillon bien que majoritairement composé de croates se montra loyal au gouvernement de Pierre II, combattant les italiens, se repliant dans l’ordre et la discipline jusqu’à son évacuation sur l’île de Corfou.

Unité militairement expérimentée elle est évacuée en Egypte pour être reconstituée en unité d’infanterie légère pour des opérations commandos. A nouveau opérationnelle au printemps 1950, l’unité va opérer depuis le Péloponnèse en direction de l’Attique et de l’Eubée. Il participe également au raid sur Thessalonique qui annonce l’opération SLEDGEHAMMER.

Elle va ensuite combattre dans l’Adriatique, menant des raids et des opérations coup de poing parfois en liaison avec les différents mouvements de résistance.

Devant le rôle illustre de cette unité, Pierre II lui accorde le nom symbolique de Bataillon Naval de la Garde même si en pratique l’unité reste stationnée à Split. Après le basculement dans le camp communiste, l’unité jugée peu sure est dissoute mais dès 1962 une nouvelle unité d’infanterie de marine sera reconstituée par le nouveau pouvoir.

Mitteleuropa Balkans (126) Yougoslavie (14)

Avions

Rogorzarski IK-3

Tout en achetant des chasseurs étrangers (dont certains furent produits sous licence comme le Hawker Hurricane) la Yougoslavie chercha à mettre au point des modèles nationaux pour réduire sa dépendance aux grands marchands d’armes.

Cette volonté est presque aussi ancienne que la naissance du pays et va donc aboutir à cet élégant monoplan qui effectue son premier vol à la fin du mois de mai 1938. Mis en service dans l’armée de l’air yougoslave au printemps 1940 il intéresse très tot la marine qui est bien décidée à disposer de ses propres unités de chasse pour protéger les côtes, ses bases et les principaux ports du pays.

L’aéronavale yougoslave va ainsi recevoir douze Rogorzarski IK-3 pour équiper son squadron n°2 qui déployé dans le nord du pays devait couvrir les ports de la côte dalmate facilement accessible pour les bombardiers italiens.

En juillet 1949 il y avait toujours douze appareils en service au sein de l’unité mais quatre appareils neufs avaient livrés pour remplacer des appareils perdus suite à des accidents à l’entrainement.

Dès le début de l’opération MARITSA, l’aviation de l’Axe tente de frapper les aérodromes yougoslaves pour anéantir l’aviation ennemie au sol. Quatre IK-3 sont perdus au sol mais les autres parviennent plus ou moins facilement à décoller pour prendre à partie les bombardiers italiens et allemands.

Appareil aux performances comparables à celui d’un Me-109E voir F pour les versions les plus évoluées, l’Rogozarski IK-3 fit ce qu’il peut pour tenter d’enrayer la machine de guerre ennemie.

Après une semaine de durs de combat, le squadron n°2 avait été virtuellement éliminé même si certains pilotes se retrouveront soit au sein de l’armée de l’air croate ou au sein de l’armée de l’air royale en exil.

Si l’armée de l’air royale en exil ne put évacuer d’appareils, l’armée de l’air de l’Etat indépendant de Croatie récupéra deux appareils plus huit autres stockés.

Ces dix appareils formèrent le premier squadron de chasse croate, les IK-3 frappés du diamier rouge et blanc assurant la protection de la capitale Zagreb. L’unité à subit de lourdes pertes et en septembre 1951 les derniers Rogozarski IK-3 ont été remplacés par des Me-109F ayant appartenus à la Luftwaffe, des appareils reconditionnés avant transfert.

Initialement il était prévu que l’aéronavale yougoslave reçoive des IK-7, un appareil issu de l’IK-3 mais les appareils produits ont été seulement utilisés par l’armée de l’air.

Caracteristiques Techniques

Type : chasseur monomoteur monoplan monoplan

Masse à vide 2048kg en charge 2630kg

Dimensions : longueur 8m envergure 10.3m hauteur 3.25m

Motorisation :un Hispano-Suiza sous licence Avia puis Ikarus dévellopant selon les versions entre 980 et 1450ch entrainant une hélice tripale à pas variable

Performances : vitesse maximale 527 à 575km/h selon les variantes vitesse de croisière 400 à 450km selon les variantes distance franchissable environ 785km plafond opérationnel 9400m

Armement : (premiers modèles) un canon de 20mm Oerlikon et deux mitrailleuses de 7.92mm Browning-FN (derniers modèles) deux canons de 20mm Oerlikon FF avec 150 coups chacun, quatre mitrailleuses de 7.92mm Browning-FN avec 500 coups par arme

Hawker Hurricane

Certains Hawker Hurricane ont été préservés jusqu’à aujourd’hui en état de vol

Au milieu des années trente, l’ère du chasseur biplan s’achevait, l’ère du monoplan s’ouvrait. Oh certes il y eut des monoplans de chasse durant le premier conflit mondial comme le Morane-Saulnier L ou le Fokker E.III, des monoplans à aile haute mais ils étaient largement marginaux par rapport aux biplans.

Dans le cadre de l’appel d’offres F.7/30, Sydney Camm, chef du bureau d’études d’Hawker proposa le Hawker P.V.3, un appareil issu du Hawker Fury qui fût rejeté par l’Air Ministry.

Suite à cet échec, Sydney Camm travailla sur un monoplan aux ailes cantiveler et train fixe mais il n’attira pas l’intérêt du ministère de l’Air.

La firme Hawker ne se découragea pas et continua à travailler sur un nouvel appareil avec une revision complète du désign, un moteur Rolls Royce Merlin (alors connu comme le PV-12) et un train d’aterrissage retractable.

En septembre 1934, trois mois après le refus de poursuivre le design précédent, le ministre de l’Air accepta de financer la construction d’un prototype.

En novembre 1934 fût lancée l’appel d’offre F.5/34 qui demandait un intercepteur monoplan armé de huit mitrailleuses dans les ailes. En janvier 1935 une maquette en bois est terminée et après quelques modifications mineures, la production du prototype est approuvée, l’appel d’offres devient le F.36/34 suite à une modification de l’armement.

Le prototype est assemblé en octobre 1935 et effectue son premier vol le 6 novembre 1935, les tests officiels commençant en mars 1936. Ils se révèlèrent très satisfaisants et sur proposition du constructeur, l’appareil fût officiellement baptisé Hurricane le 26 juin 1936. Une faiblesse structurelle fût cependant détectée et ne fût modifiée qu’à partir du 61ème exemplaire de série.

La production en série du Hurricane est décidée en juin 1936, le premier appareil de série effectuant son premier vol le 12 octobre 1937, les livraisons suivant rapidement puisque dix-sept squadrons sont équipés en septembre 1939.

Le nombre passe rapidement à vingt-deux par rééquipement des unités équipées de biplans (Gladiator et Gauntlet) mais à terme le Hurricane va être surclassé par le Spitfire plus moderne mais surtout au potentiel de dévellopement plus prometteur et intéressant.

Le Hurricane peut cependant toujours rendre des services outre-mer. Il équipe ainsi encore des unités déployées en Extrême-Orient et au Moyen-Orient soit six squadron équipées de Hurricane Mk II.

Il équipe également des unités de chasse-bombardement intégrées non au Figther Command mais au Bomber Command.

Si pour les missions de chasse, le Hurricane est surclassé par les Me-109 et les Fw-190, en matière de chasse-bombardement, il est toujours largement capable même si à terme il doit être remplacé complètement par le Typhoon et le Tempest. Quatre squadrons sont encore équipés de Hurricane Mk III, appareils déployés en Inde et au Soudan.

Dix squadrons sont encore équipés de “Hurri” en septembre 1948. La production ayant été stoppée en septembre 1945 après la satisfaction des commandes export.

Le Hawker Hurricane à ainsi équipé l’Australie, la Belgique, le Canada, l’Egypte, la Finlande (durant la guerre d’Hiver), la Grèce, l’Inde britannique, l’Iran, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Portugal, la Roumanie, l’Afrique du Sud, la Turquie et la Yougoslavie.

Il va aussi équiper un temps la Fleet Air Arm (FAA) dans une version embarquée (Sea Hurricane), un appareil en service de juillet 1940 à avril 1944.

La Yougoslavie va être un gros utilisateur du Hurricane. Non seulement elle va acquérir des appareils directement auprès des britanniques mais va en plus obtenir la licence de fabrication ce qui lui permettra également de moderniser son industrie aéronautique.

Si l’armée de l’air va être l’utilisateur majeur, l’aéronavale yougoslave va recevoir vingt-quatre monoplaces, douze pour équiper le squadron n°14 et douze pour former un volant de fonctionnement.

En juillet 1949, l’aéronavale yougoslave dispose encore de seize Hurricane, huit ayant été perdus entre 1944 et 1948 lors d’accidents à l’entrainement, accidents qui pour certains furent considérés comme suspects.

Déployée pour protéger l’Arsenal de Tivat, l’unité n’eut d’abord qu’à repousser des avions de reconnaissance avant de devoir affronter des bombardiers italiens et parfois allemands. L’unité qui va conserver jusqu’au bout sa cohérence opérationnelle.

Avec deux appareils ils vont se replier sur Corfou où ils vont combattre jusqu’en décembre 1949 quand les deux appareils sont détruits par un bombardement allemand. Le personnel à pu évacuer en direction de la Crète et à pu reprendre la lutte.

Caractéristiques Techniques du Hawker Hurricane Mk IIC

Type : chasseur et chasseur-bombardier monoplan monomoteur

Masse à vide 2605kg en charge 3480kg maximale au décollage 3950kg

Dimensions : longueur 9.84m envergure 12.19m hauteur 4m

Motorisation : un moteur en ligne Rolls-Royce Merlin XX de 1185ch à 6400m

Performances : vitesse maximale 547km/h à 6400m distance franchissable 965km plafond opérationnel 10970m

Armement : huit mitrailleuses de 7.7mm Browning dans les ailes deux bombes de 500kg ou quatre de 250kg ou des roquettes.

Rogorzarski R-313

Durant la période 1919-1939 on s’inquiéta du dévellopement de l’aviation de bombardement. On se demandait si la chasse et la DCA pouvait repousser les puissantes escadres que Douhet et Mitchell appelaient de leurs vœux.

Pour défendre les villes, de nombreux pays décidèrent d’équiper leurs forces aériennes de bimoteurs de chasse lourde, un appareil pas toujours rapide, pas toujours maniable mais disposant d’une grande autonomie et d’un puissant armement.

L’appareil devait patrouiller plusieurs heures à proximité des cibles potentielles ou à longue distance comme une première ligne de défense.

La Yougoslavie qui n’était pas une puissance aérienne de premier plan tarda à suivre le mouvement faute de moyen. Cela se concrétisa avec le Rogorzarski R-313 qui fût développé comme un bimoteur polyvalent pouvant servir à la chasse, au bombardement léger et à la reconnaissance.

Le premier vol à lieu en 1940 et l’appareil est mis en service en 1943 dans l’armée de l’air, en 1945 dans l’aéronavale au sein du squadron n°1 pour couvrir le sud de la Dalmatie et notamment le port stratégique de Split.

Si le prototype avait volé avec des Daimer-Benz DB-601 les appareils de série vont recevoir des Rolls-Royce Merlin dont la licence fût acquise de haute lutte dans le cadre du contrat des Hurricane.

Comme les préparatifs italiens ne pouvaient pas passer inaperçus, un système de patrouille fût mis en place pour couvrir le port la journée. Voilà pourquoi les premiers bombardiers italiens envoyés sans escorte attaquer le port de Split furent étrillés par les bimoteurs yougoslaves qui eurent néanmoins très vite fort à faire avec des monomoteurs plus agiles.

En effet si le R-313 était rapide, endurant et bien armé, sa maniabilité quoique pas aussi mauvaise qu’on l’à parfois dite ne pouvait rivaliser avec celle d’un monomoteur. De plus si les pilotes yougoslaves étaient des novices au combat, les pilotes italiens et allemands étaient pour beaucoup des vétérans de la guerre aérienne.

Très vite l’unité fût incapable de défendre le port de Split. Suite à de lourdes pertes, le personnel reçoit l’ordre de rallier le Monténégro puis la Grèce par voie maritime. Hélas le caboteur utilisé fût coulé par l’aviation alliée provoquant la mort de la majorité des pilotes de l’unité.

Sur les vingt bimoteurs reçus par l’aéronavale yougoslave, trois ont été capturés par les allemands qui après inspection et évaluation les envoyèrent à la casse au grand dam de leurs alliés croates qui révèrent longtemps d’un appareil que la littérature populaire yougoslave de l’époque se plaisait à comparer au Mosquito britannique.

Caracteristiques Techniques

Type : bimoteur biplace de chasse lourde

Masse à vide 3075kg en charge 5120kg

Dimensions : longueur 11.50m envergure 13m hauteur 2.75m

Motorisation : deux moteurs en ligne Rolls-Royce Merlin de 1500ch chacun entrainant une hélice tripale à pas variable

Performances : vitesse maximale 525km/h au niveau de la mer distance franchissable 1100km plafond opérationnel 8000m

Armement : deux canons de 20mm Oerlikon FF et deux mitrailleuses FN-Browning de 7.92mm dans le nez, deux mitrailleuses FN-Browning de 7.92mm dans le poste arrière. Possibilité d’installer des réservoirs supplémentaires ou deux bombes de 100kg sous les ailes.

Arsenal VG-40 et VG-52

Arsenal VG-39. C’est de cet appareil qu’est issu le VG-40.

En quelques années, la technologie aéronautique à fait un bon de géant en passant de l’association bois/toile à l’utilisation d’acier et de différents alliages légers. Cette évolution permettait d’augmenter les performances mais avait l’inconvénient d’augmenter le niveau technique nécessaire pour les ouvriers et surtout des matériaux stratégiques dont la fourniture pourrait être perturbée par le conflit.

D’où l’idée de construire des avions en bois et de revenir ainsi aux origines de l’aviation où le bois et la toile étaient prépondérantes. Cela avait l’avantage du moins sur le papier de produire des avions performants surtout si les moteurs sont puissants même si en 1939 la puissance n’était pas le point fort des moteurs français.

Une société baptisée Arsenal de l’Aéronautique est créée pour dévelloper des avions de ce type, des avions qui sont désignés VG en référence aux noms des ingénieurs dirigeant cette nouvelle entreprise à savoir Michel Vernisse et Jean Galtier.

Après un Arsenal VG-20, le duo Vernisse/Galtier va mettre au point une lignée de remarquables chasseurs qui nait avec le VG-30 qui ne dépassa pas le stade du prototype alors que le VG-31 ne voit pas le jour et que le VG-32 apparu après le VG-33 ne dépassera pas non plus le stade du prototype.

Le premier appareil produit de série sera l’Arsenal VG-33 qui effectue son vol inaugural le 25 avril 1939. Cet appareil répondait à un programme de 1937 destiné à remplacer le Morane-Saulnier MS-406 qui à l’époque effectuait à peine ses premiers vols mais à l’époque, la conception des avions ressemblait à une partie d’échecs, il fallait jouer avec deux ou trois coups d’avance.

Le futur VG-33 n’est pas le seul appareil en course puisqu’on trouve également le Dewoitine D-520, le CAO-200 et le Morane-Saulnier MS-450 mais ces deux derniers ne dépasseront pas à l’état de prototype moins en raison de performances insuffisantes que dans la volonté de l’armée de l’air de rationnaliser sa flotte, rationalisation qui allait s’accroitre durant le conflit.

Plusieurs commandes sont passées mais elles sont souvent réduites. C’est ainsi que si initialement il était prévu 720 Arsenal VG-33, au final seulement 450 exemplaires furent livrés dont seulement 216 appareils en ligne pour équiper un total de huit groupes de chasse, deux escadres complètes les 1ère et 2ème EC et la 14ème EC avec deux groupes, son troisième groupe disposant d’Arsenal VG-36.

Comme nous l’avons vu, le VG-33 fût le premier appareil produit en série à la différence des autres projets. Cette situation concerne également le VG-34 (cellule de VG-33 avec un Hispano-Suiza 12Y-45) mais aussi le VG-35 qui avec un moteur Hispano-Suiza de 1100ch annonce le VG-36 dont le prototype effectue son vol inaugural le 25 mai 1940.

Trois groupes de chasse (un groupe de la 14ème Escadre et deux groupes de la 15ème Escadre) ainsi que six Escadrilles Régionales de Chasse (ERC) vont ainsi être équipés, l’Armée de l’Air ayant au total reçu 300 VG-36 (153 avions en ligne et le reste en réserve).

Cette version fût jugée suffisamment bonne pour être produite en série et équiper au final trois groupes de chasse, un au sein de la 14ème Escadre, le GC III/14 créé en juillet 1942 et deux groupes de la 15ème Escadre, les GC I/15 et II/15 créés en janvier et mars 1943.

Après le VG-36, d’autres projets furent étudiés mais n’ont pas débouché sur une production en série comme le VG-37 avec un moteur en ligne Hispano-Suiza de 1000ch et le VG-38 propulsé par un Hispano-Suiza 77 suralimenté par deux compresseurs Brown Boveri.

C’est finalement l’Arsenal VG-39 qui va être produit en série, un appareil dont la silhouette est plus fine pour certains plus élégante que ces devanciers, un choix qui est peut être esthétique («Un bel avion est un avion qui vole bien» disait Marcel Bloch) mais qui à été rendu nécessaire par l’installation d’un Hispano-Suiza 89ter de 1280ch.

A noter qu’il s’en ait fallu de peu pour que le VG-39 ne soit propulsé par un moteur en ligne américain Allison. Le vol inaugural du prototype à lieu le 30 mai 1940 mais la production ne sera lancée qu’en septembre 1941. Sept groupes de chasse vont ainsi voler sur ce splendide appareil qui dispute au Dewoitine D-551 et au Bloch MB-157 le titre de meilleur chasseur français en septembre 1948.

Quand le second conflit mondial éclate, 237 VG-39 sont en ligne, 240 en réserve et 15 utilisés pour entrainement, essais formations des mécaniciens soit un total de 492 appareils.

Au VG-39 succède logiquement l’Arsenal VG-40. C’est une évolution du VG-39 initialement baptisée VG-39bis qui se distinguait des premiers VG-39 par un moteur plus puissant (1650ch au lieu de 1250) et la possibilité de changer les ailes, des ailes avec un armement différent (un modèle avec six mitrailleuses de 7.5mm, un second avec huit mitrailleuses de ce calibre et le troisième modèle _le plus utilisé_ avec deux canons de 20mm et trois mitrailleuse de 7.5mm).

L’Armée de l’Air passe ainsi commande de 250 VG-40 en juin 1948 pour une guerre que l’on préssent iminente mais quand le conflit éclate en septembre 1948, moins d’une dizaine d’appareils à été produite, appareils utilisés pour mettre sur pied de nouvelles unités dont certaines étaient composées de pilotes tchèques, polonais voir venant de pays neutres comme l’Irlande, la Suisse et la Suède et engagés à la Légion Etrangère.

Au final ce sont 2400 Arsenal VG-40 qui ont été produits, l’appareil ayant été choisit pour devenir le chasseur standard de l’Armée de l’Air au grand dam de Bloch et de Dewoitine qui néanmoins parviendront à proposer leurs modèle une fois le conflit terminé.

Tout en produisant l’Arsenal VG-40, le bureau d’études de l’Arsenal de l’Aéronautique étudiait des améliorations avec des moteurs toujours plus puissants, des cellules toujours plus fines avec un armement orienté à la fois vers la chasse et la chasse-bombardement avec notamment l’utilisation de roquettes air-sol.

Tous ces projets n’aboutissent pas à une production en série. C’est ainsi que les VG-42 et VG-43 ne dépassent le stade de l’étude sur la planche à dessin (car n’apportant pas une plus-value importante par rapport au VG-40) mais les VG-44 et VG-45 atteignent le stade du prototype. Les tests réalisés vont permettre d’améliorer le VG-40 dans des modèles bis et ter avant que décision soit prise de produire un nouveau modèle en série.

Ce modèle sera baptisé Arsenal VG-52. Toujours propulsé par un moteur en ligne (un prototype à moteur radial n’à pas donné satisfaction alors que c’était la configuration initialement privilégiée) il effectue son premier vol le 17 janvier 1952.

L’appareil se comporte remarquablement. Son pilote, le sergent-chef Jean Matcheski (vingt-cinq victoires homologuées) raconta dans ses mémoires qu’il aurait aimé que le vol ne s’arrête jamais tant les sensations étaient délicieuses. Au sol aux ingénieurs il déclara simplement «Merci messieurs vous m’avez offert la plus belle émotion de ma vie de pilote».

La production en série est rapidement décidée. Comme de nombreux éléments sont communs avec le VG-40, la production des deux modèles se chevauchent ce qui explique qu’entre les livres le nombre d’Arsenal VG-52 Phenix (NdA le 1er juin 1952 le Ministère de l’Air à annoncé que les appareils recevrait une désignation pour «fortifier le moral des troupes») produits varie.

Selon les archives officielles du Ministère de la Production Aéronautique, 1250 Arsenal VG-52 Phenix ont été produits entre mai 1952 et juin 1955 quand la production cesse.

La Yougoslavie s’intéresse à l’Arsenal VG-40 avant même le début du second conflit mondial mais ne donne pas suite à une demande d’information effectuée le 14 juin 1948 par l’attaché de l’air de l’Ambassade de Yougoslavie à Paris qui avait assisté à une démonstration de l’appareil au mois de mars précédent.

Quand il est question de reconstituer une unité de chasse au sein de l’aéronavale yougoslave, le choix du VG-40 (en dépit des pressions britanniques cherchant à placer le Fury II) s’impose. Les pilotes rassemblés en Crète sont transférés en Tunisie en janvier 1950 où ils sont formés sur le nouvel appareil.

L’unité baptisée escadron de chasse n°1 «Liberté» (1. eskadrilla lovci «sloboda») va disposer de douze chasseurs qui vont rallier la Crète pour couvrir le port de la Sude contre les avions de reconnaissance et de bombardement ennemis.

L’unité va également mener des missions de chasse-bombardement avec bombes et roquettes contre la navigation ennemie.

En octobre 1952 l’unité est déployée sur la presqu’île du Peloponnèse, opérant davantage en Adriatique et en mer Ionienne.

En mai 1953 l’unité rallie l’île de Corfou avec ses Arsenal VG-52 Phenix tous justes livrés (un cadeau du gouvernement français au gouvernement yougoslave en exil) qui vont être essentiellement utilisés pour la chasse-bombardement contre les rares navires allemands et croates qui se risquaient en mer.

L’unité à subit des pertes assez sensible et au final l’aéronavale yougoslave à reçu trente Arsenal VG-40 et vingt Arsenal VG-52. Quand la guerre se termine en avril 1954, l’unité qui venait de rallier le Monténégro volant sur douze VG-52 mais avait conservé huit VG-40.

Les VG-40 et VG-52 yougoslaves étaient toujours en service en 1958 quand les communistes renversent le roi Pierre II. Si certains appareils vont rallier les communistes d’autres font défection pour rallier l’Italie ce qui explique qu’un VG-40 ait été préservé à Brindisi et qu’un VG-52 trone fièrement dans l’entrée du musée de la guerre d’Athènes.

Caractéristiques Techniques de l’Arsenal VG-39

Type : chasseur monomoteur monoplace

Poids : à vide 2100kg en charge 3000kg

Dimensions : envergure 10.80m longueur 8.60m hauteur 3.30m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 89ter douze cylindres en ligne dévellopant 1250ch et entrainant une hélice Chauvière tripale de 3.75m de diamètre

Performances : vitesse maximale 624 km/h à 7000m Autonomie maximale 1200km Plafond pratique 11200m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS 404 de 20mm tirant à travers le moteur avec soixante coups et quatre mitrailleuses de 7.5mm MAC modèle 1934 M 39 alimentée à 500 coups chacune

Mitteleuropa Balkans (125) Yougoslavie (13)

Aéronavale

Historique et organisation sommaire

La Marine royale yougoslave dispose d’une petite aviation navale pour explorer, éclairer appuyer.

Elle va longtemps rester le parent pauvre de la marine yougoslave et il faudra attendre la Pax Armada pour que la commande d’appareils modernes yougoslaves et étrangers lui permette non pas de contester sérieusement la maitrise de l’Adriatique mais du moins de provoquer des sueurs froides et des inquiétudes chez les amiraux et les aviateurs transalpins.

Dès le début des années vingt une Ecole d’Aviation Navale est créée à Denovici, école qui s’installe en 1928 à Divulje près de Split.

A la fin des années vingt on trouve environ 120 appareils, nombre qui décroit et tombe à moins de quatre-vingt appareils au moment de la guerre de Pologne. La flotte est pour ne rien arranger ancienne et même les appareils récents sont en passe d’être déclassés.

Au début de la Pax Armada, l’aéronavale yougoslave qui dispose d’un état-major à Kastel Luksic près de Split aligne les moyens suivants :

1er Commandement d’hydravions : 12ème groupe d’hydravions avec douze Ikarus IO

Dornier Do-22

2ème Commandement d’hydravions : 3ème Groupe d’hydravions avec le squadron n°5 disposant de cinq Rogozarski SIM-XIV-H et un Ikarus SM et le squadron n°25 qui disposait de six Dornier Do-22 et un Rogozarski PVT

4ème Groupe d’hydravions avec le squadron n°26 disposant de cinq Dornier Do-J, un Ikarus SM et Rogozarski PVT et le squadron n°15 avec deux SIM-XIV-H, six Ikarus IO et un SIM-XII-H.

-3ème Commandement d’hydravions : 1er Groupe d’hydravions avec le squadron n°1 disposant de cinq SIM-XIV-H, un Ikarus SM et le squadron n°11 disposant de trois SIM-XIV-H et un Heinkel He-8.

2ème Groupe d’hydravions avec le squadron n°20 disposant de six Dornier Do-22 et le squadron n°21 disposant de cinq Dornier Do-J, un Dornier D et deux Rogozarski PVT.

On trouve également un squadron d’entrainement avec un SIM-XIV-H, des Rogozarski PVT, deux Ikarus IO, un Rogozarski SIM-XI, un DH-60 et des Ikarus SM.

En septembre 1948 l’organisation est légèrement différente avec toujours trois commandements qui ont cette fois une base géographique (Nord, Centre et Sud) avec pour chaque commandement deux groupes qui disposent de squadrons de reconnaissance et d’observation, de chasse, de bombardement-torpillage. Cela nous donne le panorama suivant :

Commandement Nord (ex-1er Commandement) 5ème groupe disposant d’un squadron de chasse, (n°2) d’un squadron d’hydravions de reconnaissance (n°7), d’un squadron d’hydravions de bombardement-torpillage (n°8) et d’un squadron de patrouille maritime (n°10).

12ème groupe disposant d’un squadron d’hydravions de reconnaissance (n°3) et d’un squadron d’hydravions de bombardement-torpillage (n°4).

-Commandement Centre (ex-2ème Commandement) 3ème Groupe avec un squadron d’hydravions de reconnaissance (n°6), un squadron d’hydravions de bombardement-torpillage (n°9) et un squadron d’hydravions de patrouille maritime (n°12).

4ème Groupe avec un squadron de chasse (n°14), un squadron de bombardement-torpillage (n°13) et un squadron de patrouille maritime (squadron n°16).

-Commandement Sud (ex-3ème Commandement) 1er Groupe avec un squadron de chasse (n°1), un squadron de bombardement-torpillage (n°11) et un squadron de patrouille maritime (n°20)

2ème Groupe avec un squadron d’hydravions de patrouille maritime (n°21), un squadron d’hydravions de bombardement-torpillage (n°15) et un squadron d’hydravions de reconnaissance (n°26).

Le Squadron Ecole dépend du commandement de l’Aviation Navale et dispose d’une flotte hétéroclite avec souvent des appareils retirés des unités de première ligne. Il reçoit ultérieurement le n°5.

Dès le début du second conflit mondial, l’aéronavale yougoslave montre les dents pour éviter que les eaux de l’Adriatique ne deviennent un lac italien. Des patrouilles d’hydravions et d’avions génèrent un certain nombre d’incidents heureusement sans morts.

Au moment du déclenchement de l’opération MARITSA si les autorités yougoslaves doutent d’une partie de la marine composée de croates jugés peu surs en revanche l’aéronavale est considérée comme au dessus de tout soupçon ce qui n’empêchera pas in fine certains pilotes de rallier avec armes et bagages l’état indépendant de Croatie.

Les unités restées fidèles au gouvernement de Belgrade vont mener des missions de patrouille maritime et de reconnaissance, de bombardement et de torpillage, de lutte anti-sous-marine et de couverture aérienne des mouvements de la flotte qu’elle soit militaire ou marchande.

Les pertes sont lourdes mais les italiens comme les allemands doivent reconnaître que les pilotes yougoslaves font preuve d’un courage confinant à la témérité voir à la folie.

Des appareils et des pilotes peuvent rallier la Grèce d’abord continentale puis insulaire en Crète. Ils sont ensuite regroupés en Egypte où une aéronavale a minima va être reconstituée avec un squadron de chasse, un squadron de bombardement-torpillage et un squadron de patrouille maritime.

Arsenal VG-39. Le VG-40 en est une version améliorée

Le premier va être rééquipée avec des Arsenal VG-40, le second avec des Bristol Beaumont et le troisième avec des Consolidated Privateer.

Ces unités sont opérationnelles en juin 1950. Elles vont d’abord être déployées en Crète pour attaquer la navigation de l’Axe, mouiller des mines, couvrir les convois amis……. .

Une fois l’offensive relancée en Grèce, l’aéronavale yougoslave se redéploie dans le Péloponnèse puis à Corfou après le basculement italien (mai 1953). Les avions yougoslaves vont opérer en Adriatique, traquant la navigation allemande et croate, attaquant à la bombe et à la roquette mais aussi en posant des mines.

Les unités reconstituées en Egypte vont recevoir de nouveaux appareils. C’est ainsi que l’Arsenal VG-40 est remplacé par des Arsenal VG-52, une ultime déclinaison d’une prolifique et formidable famille de chasseur à moteur à piston qui aujourd’hui font le délice des amateurs de warbirds dans les meetings aériens.

Les Bristol Beaumont sont remplacés par des Beaumont d’un modèle amélioré et si le conflit s’était prolongé, les Privateer auraient été remplacés par des Neptune mais comme le conflit s’est terminé avant la mise en service des premiers P2V, les yougoslaves ont utilisés des Privateer d’un modèle amélioré.

En septembre 1953 un quatrième squadron est créé, un squadron d’hydravions volant sur Consolidated Catalina.

Ces quatre unités rentrent en Yougoslavie au printemps 1954. Elles vont participer à la reconstitution d’une marine digne de ce nom. Au moment du basculement dans le camp communiste en 1958 l’attitude de ces unités oscillera entre une lasse passivité et une collaboration immédiate mais ceci est une autre histoire.

Hydravions

Dornier Do-J

Le Dornier Do-J Whale était un hydravion monoplan à coque bimoteur de conception et de fabrication allemande. Egalement connu sous la désignation de Do-16, cet appareil à effectué son vol inaugural le 6 novembre 1922, étant mis en service en 1923. Il à été produit à 250 exemplaires.

Suite aux restrictions du traité de Versailles la production de l’appareil à d’abord commencé en Italie avant d’être rapatriée en Allemagne en 1931, la production cessant 1936. Outre l’Italie et l’Allemagne, l’appareil à été produit en Espagne, au Japon et aux Pays-Bas.

L’appareil à été exporté en Espagne, en Argentine, au Brésil, au Danemark, au Chili, aux Pays-Bas, en Italie, en Norvège, au Portugal, en Uruguay et en Yougoslavie, l’Allemagne utilisant également un temps l’appareil.

L’appareil à été engagé au combat par la Colombie dans la guerre contre le Perou en 1932/33. Il à été remplacé par le Dornier Do-18.

Les Dornier Do-J étaient encore en service en Yougoslavie en septembre 1939 au sein des squadrons n°21 et n°26 mais en septembre 1948 les appareils ont été retirés du service et démolis.

Caracteristiques Techniques

Type : hydravion de transport

Masse à vide 3630kg maximale au décollage 7000kg

Dimensions : longueur 17.25m envergure 22m hauteur 5.62m

Motorisation : deux moteurs en ligne Rolls-Royce Eagle IX de 355ch

Performances : vitesse maximale 185km/h vitesse de croisière 145km/h distance franchissable 800km plafond opérationnel 3500m

Armement : aucun

Equipage : 3 hommes, 8 à 10 passagers

Ikarus SM

L’Ikarus ŠM est un hydravion biplace biplan propulsé par un moteur Mercedes. Effectuant leur premier vol le 10 novembre 1924 il est mis en service en 1925. Au total ce sont quarante-deux exemplaires qui ont été produits.

L’appareil était toujours en service en septembre 1939 quand éclate la guerre de Pologne même si il était clairement obsolète. Il équipait partiellement les squadrons n°1, n°26 ainsi que le squadron d’entrainement.

L’appareil est progressivement remplacé à partir du milieu des années quarante. Quelques hydravions sont conservés pour l’entrainement mais aucun ne survit à l’invasion de la Yougoslavie par les troupes de l’Axe.

Caractéristiques Techniques

Type : hydravion de reconnaissance biplace

Masse à vide 730kg maximale au décollage 1010kg

Dimensions : longueur 9.75m envergure 14.5m (aile supérieure) 11.5m (aile inférieure) hauteur 3.89m

Motorisation : un moteur en ligne Mercedes D-II de 99ch entrainant une hélice bipale

Performances : vitesse maximale 120km/h distance franchissable 360km plafond opérationnel 3000m

Armement : une mitrailleuse de 7.7mm

Ikarus IO

L’Ikarus IO était un hydravion biplan triplace produit à trente-huit exemplaires pour la marine yougoslave. Il effectue son vol initial en septembre 1926 et est mis en service en 1927. Construit en bois, la coque abritait l’équipage avec pilote et observateur assis côte à côte plus une mitrailleur installé à l’avant.

Au début de la Pax Armada il équipait le douzième groupe ddu 1er commandement ainsi que le squadron n°15 et le squadron d’entrainement.

Ces appareils vont être progressivement remplacés par des Rogozarski SIM-XIV-H et SIM-XIVB-H.

Quatre appareils étaient encore disponibles au printemps 1941, le dernier vol ayant lieu en juin 1943 avant que le dernier appareil opérationnel soit interdit de vol puis envoyé à la casse.

Caractéristiques Techniques

Type : hydravion triplace de reconnaissance

Masse à vide 1520kg en charge 2450kg

Dimensions : longueur 10.4m envergure 15.2m hauteur 3.52m

Motorisation : un moteur en ligne Liberty L-12 de 400ch

Performances : vitesse maximale 170km/h vitesse de croisière 145km/h distance franchissable 600km plafond opérationnel 4500m

Armement : une mitrailleuse Darne de 7.7mm à l’avant, 250kg de charge militaire

Heinkel HE 8

Le Heinkel HE 8 était un hydravion de reconnaissance construit en Allemagne suite à une demande de la marine danoise qui avait remarque le succès du HE 5 utilisé par sa voisine suédoise. Cet appareil effectue son premier vol en 1927. Vingt-deux exemplaires sont produits par la marine danoise et un unique appareil à été produit en 1931 par la société Zmaj en Yougoslavie.

Cet unique appareil est toujours en service en septembre 1941 au sein du squadron n°11. Cet appareil est retiré du service et ferraillé en mars 1945.

Caracteristiques Techniques

Type : hydravion de reconnaissance triplace

Masse à vide 1675kg en charge 2650kg

Dimensions : longueur 11.65m envergure 16.8m hauteur 4.4m

Motorisation : un moteur radial Armstrong Siddeley Jaguar de 430ch entrainant une hélice bipale à pas fixe

Performances : vitesse maximale 212km/h distance franchissable 1290km plafond opérationnel 5600m

Armement : une mitrailleuse fixe de 7.92mm, une mitrailleuse mobile en poste arrière de 7.92mm, bombes légères de 0.5kg.

Rogožarski SIM-XIV-H

Le Rogozarski SIM-XIV-H et son évolution le SIM-XIVB-H est un hydravion bimoteur de reconnaissance, de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine de conception et de fabrication yougoslave.

En janvier 1937 l’aéronavale yougoslave lance un appel à projet pour mettre au point un hydravion bimoteur destiné à remplacer les Ikarus IO. La firme de Belgrade propose un bimoteur à aile basse biflotteur qui effectue son premier vol le 8 février 1938. Il est mis en service en 1939 et va constituer avec le Bréguet Br790Y le principal hydravion de l’aviation navale yougoslave.

En effet en juillet 1949 il équipait toutes versions confondues quatre squadrons. Les squadron n°6 et n°7 volant sur SIM-XIV-H alors que le SIM-XIVB-H équipait les squadron n°21 et n°26. Cette évolution à connu un dévellopement tortueux à tel point que certains le considère en réalité comme un appareil différent.

Au total dix-neuf Rogozarski SIM-XIV-H et trente-deux SIM-XIVB-H ont été produits soit un total de cinquante et un appareils.

Quand l’opération MARITSA est déclenchée, seize SIM-XIV-H et seize SIM-XIVB-H sont en service, deux SIM-XIV-H et douze SIM-XIVB-H sont en réserve prêts à réarmer les unités avec appareils neufs.

Hélas les opérations ne le permettront pas vraiment du moins pas officiellement. En effet il semble que certains hydravions de réserve ont été récupérés par les unités équipées sans avoir été officiellement sortis des réserves ce qui explique que parfois les textes se contredisent.

Ce qui est certain c’est que six SIM-XIV-H et douze SIM-XIVB-H ont été détruits durant les rudes combats de la Campagne de Yougoslavie. La plupart l’ont été au mouillage par l’aviation qu’elle soit italienne et allemande mais certains ont été abattus par la DCA (et hélas pas toujours par une défense contre-avions ennemie si vous voyez ce que je veux dire…..) ou en combat aérien.

Quatre SIM-XIV-H et dix SIM-XIVB-H parviennent à se réfugier en Grèce continentale puis en Crète, étant utilisée pour la surveillance côtière jusqu’à leur immobilisation faute de pièces détachées.

Les équipages seront pourtant transformés sur Privateer et il faudra attendre pour qu’à nouveau des hydravions ne volent sous cocardes yougoslaves. Les appareils stockés sont ferraillés à la fin du conflit.

Les autres appareils sont capturés par les italiens (deux SIM-XIV-H et six SIM-XIVB-H) et par les croates (six SIM-XIV-H et quatre SIM-XIVB-H). Si Rome ne les utilise que pour l’entrainement, les croates vont les réutiliser de manière opérationnelle, l’Italie en dépit de relations tendues avec Zagreb n’hésitant à cannibaliser ses appareils inaptes au vol pour permettre aux croates d’utiliser leurs appareils.

Ceux-ci vont opérer pour des opérations de surveillance côtière, cherchant notamment à répérer les petites embarcations utilisées par les partisans et les maquisards pour le transport et le ravitaillement. Ils vont subir des pertes sensibles et aucun appareil n’à survécu au second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques

Type : hydravion triplace bimoteur monoplan de reconnaissance et de patrouille maritime

Masse à vide 2230kg en charge 3350kg

Dimensions : longuuer 11.20m envergure 15.20m hauteur 4.48m

Motorisation : deux moteurs Argus As-10C de 240ch chacun

Performances : vitesse maximale 243km/h au niveau de la mer distance franchissable 840km plafond opérationnel 4340m

Armement : deux mitrailleuses de 7.92mm, 100kg de charge militaire (bombes légères, grenades ASM)

Bréguet Br790Y

Bréguet Br790

Devant les limites de son industrie aéronautique, la Yougoslavie choisit durant la Pax Armada de se tourner vers l’étranger pour compléter son équipement militaire. Certes elle l’avait fait auparavant mais à partir de la fin des années trente, Belgrade avait espéré pouvoir devenir autosuffisant en matière aéronautique, espoir vite déçu.

Après avoir sondé la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie et les Etats-Unis, l’aéronavale yougoslave va se tourner vers la France pour s’équiper d’un hydravion de reconnaissance et de patrouille maritime destiné à compléter ses Rogorzarski SIM-XIV-H et SIM-XIVB-H.

Plusieurs modèles sont étudiés et finalement c’est le Bréguet Br790 Nautilus qui est choisit ou plutôt une version dérivée baptisée Bréguet Br790Y (Y pour Yougoslavie).

Entre les deux modèles les différences sont cependant minimes mais en agissant ainsi Bréguet espérait obtenir d’autres commandes export en proposant des versions clés en main de son hydravion de patrouille maritime mais la guerre arriva et toute la production fût réservée à la France.

A l’origine de cet hydravion à coque monoplan à hélice propulsive figure un programme lancé par la marine française en 1937. Bréguet l’emporte avec cet appareil qui rappelle le Loire 130 même si cet appareil est destiné à opérer à «terre» et non sur les croiseurs et les cuirassés de la Royale.

Deux prototypes sont commandés en 1938 et le von inaugural du premier à lieu à l’été 1939 sur le lac de Biscarosse dans les Landes.

Le second prototype modifié (fuselage allongé de 30cm notamment) effectue son vol inaugural en février 1940 avant de participer aux essais officiels pendant que son ainé étant utilisé pour les essais constructeurs.

Si par le passé il y eut des frictions entre services officiels et constructeurs, désormais tout le monde tire dans le même sens.

L’Aviation Navale passe plusieurs commandes y compris une au moment où éclate le second conflit mondial et ce afin d’anticiper les premières pertes qui ne tarderont à survenir tant à cause des accidents qu’à cause de l’ennemi.

A cette époque le Nautilus équipe l’Escadrille 8R stationnée à Karouba en Tunisie, l’Escadrille 8E elle aussi déployée à Karouba,l’Escadrille 1R stationnée à Cherbourg-Querqueville, l’Escadrille 3R basée à Lanvéoc-Poulmic près de Brest, l’Escadrille 6R stationnée sur l’Etang de Berre et enfin l’Escadrille 23E stationnée à Aspretto près d’Ajaccio.

Au 5 septembre 1948, la marine nationale à reçu 132 appareils et 45 sont encore en commande. Un total de 66 appareils ont été mis en ligne et 14 perdus lors d’exercices. Cela laisse un stock de 52 appareils.

La Yougoslavie commande trente-deux Bréguet Br790Y, seize exemplaires pour équiper les squadron n°3 et n°12, douze pour servir de volant de fonctionnement et quatre modifiés pour servir d’appareil d’entrainement, de liaison et d’évacuation sanitaire. Ces appareils commandés en octobre 1945 sont livrés en septembre 1946 et juin 1947.

En juillet 1949 sur les trente-deux appareils commandés et livrés il n’en reste plus que trente, deux hydravions ayant été perdus lors d’une collision en vol survenu le 14 janvier 1948.

Le squadron n°3 déployé dans le nord de la Dalmatie mène des opérations de surveillance du Golfe d’Istrie, cherchant à détecter d’éventuels mouvements navals italiens annonciateurs d’une invasion.

Quand l’opération MARITSA est déclenchée, l’unité menait des patrouilles permanente ce qui laissait deux appareils en vol, deux appareils parés au décollage et quatre appareils au repos (entretien courant).

Un bombardement italien provoque la destruction de trois hydravions réduisant l’unité à cinq appareils qui jouant au jeu du chat et de la souris va opérer au profit de la marine yougoslave voir de l’armée de terre.

L’unité est réduite à un unique appareil qui parvient à la fin du mois d’août à se réfugier à Corfou avec la ferme intention de rallier les alliés. Hélas pour le pilote et ses deux membres d’équipage au moment du décollage l’appareil s’écrase et s’enflamme ne laissant aucun survivant.

Le squadron n°12 s’en sort mieux. Déployé plus au sud il n’encaisse pas le choc initial de l’Axe ce qui lui permet de disperser ses forces et d’éviter des pertes immédiatement trop lourdes. L’unité bénéficie en plus du stock d’appareils de réserve ce qui fait que l’unité va longtemps garder sa dotation réglementaire de huit appareils.

Quand la Campagne de Yougoslavie s’achève à l’automne 1949 pour faire place à la Campagne de Grèce proprement dite, les forces armées yougoslaves disposent encore de huit Bréguet Br790Y et de deux appareils à double commande.

Ces appareils sont repliés sur le Péloponnèse puis en Crète. Le sort s’acharne sur eux puisque plusieurs appareils sont détruits par accident (certains non sans raison soupconneront des sabotages) ou par un bombardement ennemi. Résultat seulement deux appareils parviendront en Egypte.

La logique aurait voulu que des Bréguet Br790 soient livrés pour reconstituer au moins un squadron d’hydravions mais pour une raison que l’on ignore ce ne sera pas le cas.

Les pilotes et navigants seront dispersés dans les unités reconstituées sur appareils terrestres.

Aucun Breguet Br790Y n’à survécut au conflit, les deux survivants de l’enfer yougoslave ayant été envoyés à la ferraille dans l’immédiat après guerre.

Caractéristiques Techniques du Bréguet Br790 Nautilus

Type : hydravion triplace de surveillance côtière

Poids : à vide 2700kg en charge 3600kg

Dimensions : Envergure 17.00m Longueur 13.00m Hauteur 4.00m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Xirs 12 cylindres de 720ch entrainant une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 310 km/h à 2100m distance franchissable 900km plafond opérationnel 6000m

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm Darne dans les ailes avec 800 cartouches chacune, une mitrailleuse Darne de 7.5mm en poste arrière avec 950 cartouches. Deux bombes de 75kg sous les ailes.

Consolidated Catalina

Après la victoire du Japon sur la Russie en 1905, la question ce n’était pas si il y aurait un conflit entre Tokyo et Washington mais quand. Les deux pays se préparèrent donc à une grande bataille de rencontre généralement localisée au large des Phillipines alors colonie américaine.

Ainsi naquit dans la tête des planificateurs de l’US Navy l’idée d’un hydravion à très long rayon d’action capable de surveiller de très larges portions de l’océan (ou de patrouiller au dessus d’un secteur donné pour de très longues heures) et d’attaquer les lignes de communication ennemies, les «dents» étant paralysés par l’anéantissement de la «queue».

C’est le concept du Patrol Bomber (PB), du patrouilleur-bombardier, un concept décliné également par l’aviation embarquée américaine (Scout-Bomber ou éclaireur-bombardier) mais aussi par la France, les Bloch MB-175T de reconnaissance maritime effectuant leurs missions avec deux bombes de 125 ou de 250kg (selon les besoins en autonomie) pour pouvoir si besoin est attaquer des cibles d’opportunité.

C’est en octobre 1933 que l’US Navy lance officiellement un appel d’offres pour un patrol bomber, appel d’offres auquel répondirent Consolidated Aircraft et Douglas Aircraft Corporation.

Ce nouvel appareil avait été lancé pour remplacer les Martin P3M et Consolidated P2Y qui à l’utilisation s’étaient révélés sous motorisés, sous-armés sans parler de leurs «jambes courtes».

Sur le papier, le projet de Douglas baptisé XP3D-1 est meilleur mais au niveau prix, c’est le XP3Y-1 de Consolidated qui l’emporte et est donc choisit. Cela n’empêche pas le futur Calina d’intégrer un certain nombre de perfections techniques notamment des flotteurs de stabilisation retractables.

Le XP3Y-1 effectua son premier vol le 28 mars 1935 et fût ensuite intensivement testé par l’US Navy qui sure de son fait commanda 60 PBY-1 le 29 juin 1935. Les premiers appareils de série furent livrés au squadron VP-11F en octobre 1936.

Le PBY-1 produit à 60 exemplaires occupe ainsi les chaines de montage de septembre 1936 à juin 1937, les 50 PBY-2 sont produits entre mai 1937 et février 1938, les 66 PBY-3 entre novembre 1936 et août 1938, les 32 PBY-4 entre mai 1938 et juin 1939 et les 120 PBY-5 de septembre 1940 à juillet 1943, cette dernière version étant la première version amphibie du Catalina capable à la fois de se poser sur une piste en dur et sur une hydrobase.

Une version améliorée baptisée PBY-6 est commandée à 250 exemplaires en septembre 1946 et livrée entre janvier 1947 et décembre 1948.

Quand l’Europe s’embrase trente ans après l’armistice de Rethondes, onze squadrons de l’US Navy sont équipés des différents modèles du Catalina. Si quelques PBY-2 sont encore en service, la majorité sont des PBY-5 et 6.

Quatre squadrons soit 80 appareils sont déployés dans l’Atlantique et les Caraïbes et sept dans le Pacifique soit un total de 140 appareils, 220 appareils étant en ligne, 20 PBY-2, 120 PBY-5 et 80 PBY-6, les autres versions ayant été feraillées ou étant utilisées pour les liaisons, le transport, la sevitude et l’entrainement.

Sans des problémes importants de mise au point, le Martin PBM Mariner aurait remplacé les Catalina avant septembre 1948.

Résultat, le Mariner ne remplaça que très (trop?) progressivement les Catalina, le Consolidated PBY-6 étant encore en service en septembre 1954 en petit nombre, la production ayant cessée en septembre 1953.

Outre l’US Navy, des pays étrangers ont mis en œuvre le Catalina pendant ou après guerre qu’il s’agisse de l’Argentine, de l’Australie, du Brésil, du Canada, de la Colombie, de Cuba, du Danemark, de la France (80 appareils), de l’Islande (Garde-Côtes), du Japon (après guerre), des Pays-Bas (aux Indes Néerlandaises), de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, du Paraguay, de l’Afrique du Sud, de la Suède, de la Yougoslavie, de l’URSS et de la Grande-Bretagne.

L’US Navy à retiré l’appareil du service en 1958, conservant pendant quelques années ses Mariner et ses Coronado, tournant au milieu des années soixante, la page des hydravions au profit des avions de patrouille maritime basés à terre après avoir essayé de mettre au point des hydravions de combat à réaction.

La Yougoslavie s’intéresse à l’hydravion américain dès avant guerre mais le temps et les moyens financiers manquent pour concrétiser une commande en bonne et due forme. Il faudra attendre septembre 1953 pour qu’un squadron d’hydravions soit reconstituée avec douze Consolidated PBY-6 Catalina.

Opérationnelle en décembre, cette unité se déploie à Corfou pour mener des missions de patrouille maritime, de torpillage et de bombardement en Adriatique même si les cibles se font de plus en plus rares au point qu’on verra certains hydravions être utilisés pour ravitailler des troupes isolées par parachutage, une mission qui n’avait pas vraiment été envisagée par les concepteurs du PBY.

A la fin du conflit l’unité possède neuf hydravions opérationnels, nombre remontant à douze avec la cession d’hydravions de seconde main. Le Catalina va rester en service ne Yougoslavie jusqu’en 1965 quand des avions de patrouille maritime les remplacent. Un appareil à été préservé à Split et est toujours visible en 2021.

Caractéristiques Techniques du Consolidated PBY-5A Catalina

Type : hydravion à coque bimoteur de patrouille maritime

Masse : à vide 9485kg maximale au décollage 16066kg

Dimensions : longueur 19.46m envergure 31.70m hauteur : 6.15m

Motorisation : deux moteurs radiaux Pratt & Whitney R-1830-92 Twin Wasp de 1200ch chacun

Performances : vitesse maximale 314 km/h vitesse de croisière 201 km/h distance franchissablekm plafond opérationnel : 4000m

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm latérales, deux autres dans la tourelle de nez et une mitrailleuse de 7.5mm dans le tunnel ventral. 1814 kg de charge militaire (torpilles, bombes, charges de profondeurs, mines).

Equipage : deux pilotes, trois mitrailleurs, un mécanicien , un radio et un navigateur soit 8 hommes

Rogorzarski PVT

Le Rogozarski PVT était un hydravion biplace monoplan parasol conçu comme hydravion d’entrainement mais qui in fine fût utilisé pour des missions de combat durant l’opération MARITSA.

Produit à 61 exemplaires, il effectue son premier vol en 1934 avant d’être mis en service deux ans plus tard en 1936.

Au début de la Pax Armada il équipait les squadrons n°25,n°26 ainsi que le squadron d’entrainement.

En juillet 1949 vingt-quatre appareils était encore en service au sein du squadron d’entrainement pour former les nouveaux pilotes d’hydravions de l’Aviation navale yougoslave.

Quand l’opération MARITSA est déclenchée, des appareils sont rapidement armés d’une mitrailleuse de 7.92mm pour lui permettre de se défendre durant des missions de reconnaissance et de liaison.

Face à la chasse qu’elle soit italienne ou allemande l’appareil va subir de lourdes pertes, ne laissant au nouvel état croate que huit appareils utilisés pour l’entrainement, l’observation et la lutte anti-guerilla alors que le gouvernement yougoslave en exil ne possédait plus que quatre appareils à Corfou, appareils qui évacués vers la Crète vont servir pour les liaisons et les servitudes. Aucun appareil n’à survécu au second conflit mondial.

Caracteristiques Techniques

Type : hydravion monoplan parasol biplace

Masse à vide 967kg en charge 1213kg

Dimensions : longueur 8.54m envergure 11.20m hauteur 2.81m

Motorisation : un moteur radial Gnome-Rhône 7K de 420ch

Performances : vitesse maximale 240km/h plafond opérationnel 7000m

Rogožarski SIM-XII-H

Le Rogožarski SIM-XII-H est un hydravion biplace d’entrainement de conception et de fabrication yougoslave. Il effectue son premier vol le 7 février 1938 avant d’être mis en service en 1939 au sein du squadron n°15 en l’occurence dix-huit appareils produits jusqu’en 1941. Neuf appareils étaient toujours en service dans l’Aéronavale en juillet 1949 mais aucun ne va survivre à l’opération MARITSA.

Neuf autres appareils ont été produits pour l’armée de l’air yougoslave, cinq étant détruits au cours des combats de l’été 1949, les quatre autres étant capturés par les allemands et cédés à leurs alliés croates qui vont les utiliser jusqu’à leur destruction au cours du conflit.

Caracteristiques Techniques

Type : hydravion biplace

Masse à vide 635kg en charge 920kg

Dimensions : longueur 7.50m envergure 11.00m hauteur 2.96m

Motorisation : un moteur en ligne Walter Major 6 de 190ch entrainant une hélice bipale

Performances : vitesse maximale 208km/h (212 au niveau de la mer), distance franchissable 840km

Dornier Do-22

Le Dornier Do-22 était un hydravion de conception et de fabrication allemande qui effectua son premier vol le 15 juillet 1938. En dépit de performances correctes il ne fût pas retenu par l’Allemagne et ne connu le succès qu’à l’export en Finlande (des appareils initialement prévus pour la Lettonie non livrés avant l’annexion du pays), en Yougoslavie et en Grèce. Une variante terrestre baptisé Do-22L ne dépassa pas le stade du prototype.

Douze appareils furent exportés en Yougoslavie, appareils équipant initialement les squadron n°20 et n°25 avant d’être regroupés au sein d’un squadron d’hydravions de bombardement-torpillage, le squadron n°8.

Huit appareils étaient en service plus deux en réserve, les deux derniers de la commande ayant été perdus lors de manœuvres militaires, le premier le 15 mars 1944 quand un appareil s’écrase au large de Split lors d’une simulation de bombardement-torpillage et le second le 4 octobre 1946 lors d’une simulation de bombardement en piqué.

L’unité était en alerte et n’est donc pas surprise quand l’Axe attaque le 7 juillet 1949 dans le cadre de l’opération MARITSA. En dépit cela deux hydravions sont détruits au mouillage par des chasseurs allemands menant des missions de chasse libre.

Deux autres sont détruits lors d’une attaque d’un convoi de ravitaillement allemand réduisant la flotte à six appareils qui vont opérer jusqu’à la fin de la campagne de Yougoslavie.

Deux appareils vont survivre et vont rallier la Crète puis l’Egypte. Ils sont un temps utilisé pour l’entrainement et les missions de servitude mais le manque de pièces détachées entraine leur interdiction de vol courant 1950. Les deux appareils sont envoyés à la ferraille avant la fin du conflit.

Caracteristiques Techniques

Type : hydravion triplace de reconnaissance monoplan

Masse à vide 2600kg en charge 4000kg

Dimensions : longueur 13.12m envergure 16.2m hauteur 4.85m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Ybrs de 860ch

Performances : vitesse maximale 350km/h à 3000m vitesse de croisière 310km/h distance franchissable 2300km plafond opérationnel 9000m

Armement : deux mitrailleuses de 7.92mm MG-15 en position ventrale et en position dorsale, une mitrailleuse MG-17 de 7.92mm dans le nez, une torpille de 800kg ou quatre bombes de 50kg

Equipage : pilote, mitrailleur et opérateur radio

Bloch MB-481

Bloch MB-481

Le Bloch MB-481 est un hydravion bimoteur monoplan de bombardement-torpillage de conception et de fabrication française. Il à pour origine un appel d’offres de la marine française qui réclamait un éclaireur de combat capable de mener des missions de reconnaissance, de bombardement et de torpillage.

Trois constructeurs français proposent leurs projets : Bloch avec son MB-480, Loire-Nieuport avec son LN-10 et Hanriot avec son NC-410.

Le prototype du MB-480 vole pour la premier fois en juin 1939 suivit du premier vol d’un second prototype en octobre. Un temps le programme est menacé, la marine se demandant si la mission d’éclaireur de combat ne serait pas mieux assurée par un avion terrestre et notamment par une version adaptée du Léo 451.

Finalement le programme se poursuit. Si la production du MB-480 resta limité à 2 prototypes (qui finirent leur carrière à l’EEA [Escadrille d’Entrainement de l’Atlantique] d’Hourtin), celle du MB-481 allait être bien plus importante. Il va en effet remplacer le Lioré et Olivier H257bis mais également équiper de nouvelles unités.

150 appareils sont ainsi commandés et livrés entre janvier 1941 et octobre 1946. Quand le second conflit mondial éclate, l’Aviation Navale dispose de neuf escadrilles volant sur cet appareil en l’occurrence l’escadrille 8B basée à Port-Lyautey au Maroc, l’escadrille 2B stationnée sur l’Etang de Berre tout comme sa consœur l’escadrille 4B, l’escadrille 12T stationnée à Arzew, l’escadrille 9T stationnée Djibouti, l’escadrille 13T basée à Diego Suarez, l’escadrille 19T stationnée en Martinique sur la base aéronavale de Fort de France-Schoelcher, l’escadrille 22T stationnée à Dakar et enfin l’escadrille 23T déployée à Cam-Ranh en Indochine.

Au 5 septembre 1948, 96 Bloch MB-481 sont en service. Sur les 150 appareils commandés et livés, 96 sont en ligne, 11 ont été perdus ce qui réduit 43 le nombre d’appareils sont stockés dont 16 outre-mer et 27 en métropole. De nouveaux appareils appartenant à une version améliorée, le MB-483 vont être produits dans le cadre des commandes de guerre.

La Yougoslavie s’intéresse à l’appareil en septembre 1943. Elle envisage même un temps une production sous licence avant de finalement réduite son ambition à des commandes directes.

Trente-six appareils sont commandés, seize pour équiper des unités opérationnelles (squadron n°4 et squadron n°9), seize appareils de réserve et quatre appareils désarmés à double commande pour entrainement, liaison et évacuation sanitaire. Les appareils officiellement commandés en juin 1944 sont livrés entre mars 1945 et juin 1946.

En juillet 1949 les unités disposaient de seize appareils mais sur les seize appareils de réserve livrés il n’en restait plus que quatorze, deux appareils ayant été perdus dans une collision en plein vol entrainant la mort des deux équipages. Les quatre appareils désarmés étaient toujours là.

Les deux unités vont opérer en Adriatique pour couvrir des convois évacuant hommes et matériels vers le sud. Ils vont aussi mener des missions de patrouille anti-sous-marine mais aussi des raids de torpillage, subissant des pertes sensibles pour ne pas dire lourdes.

A la fin de la campagne de Yougoslavie il restait dix appareils opérationnels qui vont rallier l’Egypte, étant utilisés pour sécuriser les côtes egyptiennes contre la présence de sous-marins ennemis.

Ils vont voler jusqu’en septembre 1951 dans une unité spéciale avant que le commandement de la marine royale yougoslave ne décide de réaffecter les équipages des hydravions à d’autres unités volant sur avions terrestres.

Il restait alors six appareils qui sont rachetés par la France pour servir pour l’entrainement, la liaison et l’évacuation sanitaire et ce jusqu’à la fin du second conflit mondial. Un appareil à été préservé après guerre au musée de l’air d’abord installé à Meudon puis au Bourget après la fermeture de l’aéroport.

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-481

Type : hydravion bimoteur multiplace de bombardement, d’éclairage et de torpillage

Poids : à vide 6800kg totale 10000kg

Dimensions : Envergure 23.50m Longueur 19.10m Hauteur 4.60m

Motorisation : deux moteurs radiaux Gnôme-Rhône 14N de 1200ch entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 350 km/h à 2000m Autonomie 1200km plafond 7100m

Armement : une mitrailleuse Darne de 7.5mm dans le nez avec 900 cartouches, une mitrailleuse Darne de 7.5mm en ventrale arrière avec 900 cartouches et un canon de 20mm Hispano-Suiza en tourelle dorsale avec 60 obus. 1340Kg de bombes ou deux torpilles de 400mm

Equipage : deux pilotes et trois mitrailleurs

Heinkel He-117

Le Heinkel He-117 est une version améliorée du He-115 ci-dessus

L’hydravion bimoteur de bombardement-torpillage Heinkel He-115 était un bon appareil, performant et agréable à piloter mais comme tout appareil, il vieillit et ses performances vont être rapidement inférieures aux nouveaux appareils qui arrivent notamment chez les pays ennemis.

Dès le printemps 1942, le bureau d’études de la Heinkel Flugzeugwerke travaille sur un nouvel appareil dérivé du He-115 mais plus performant, mieux armé et mieux protégé pour toujours les même missions à savoir le bombardement-torpillage (la reconnaissance maritime devant être assurée par le Blohm & Voss Bv138).

Sur le plan esthétique, les deux appareils sont semblables _monoplan aile basse, bi-flotteur_ mais le He-117 est immédiatement reconnaissable avec un avant sans décrochage.

Le poste avant accueille un navigateur-bombardier chargé de l’assaut à la bombe et à la torpille, defendant le secteur avant avec deux mitrailleuses MG-17 de 7.92mm.

Derrière lui se trouve le pilote et un observateur-mitrailleur, le premier défendant l’avion en actionnant la pédale qui commande une mitrailleuse MG-15 pour défendre le secteur inférieur alors que le second défend l’arrière avec une mitrailleuse MG-15. L’armement est emporté sous les ailes ou en soute.

Deux prototypes sont commandés en mars 1943 mais leur réalisation est perturbée par la guerre civile qui à défaut d’ensanglanter l’Allemagne perturbe les livraisons et la fourniture des équipements nécessaires à la production d’armes.

Finalement, le Heinkel He117 V1 effectue son premier vol le 8 janvier 1944 et le Heinkel He117V2 décolle pour la première fois le 14 mai 1944 mais ce dernier s’écrase dès le 20 mai, tuant son équipage.

Le projet est retardé encore et la commande de série n’est passé qu’en mars 1945, les quarante-huit appareils de série commandés étant livrés entre septembre 1945 et juin 1946 pour équiper la 17. Marine Kampft Staffel stationnée à Dievenow (Poméranie), la 18. Marine Kampft Staffel stationnée à Sylt et la 20. Marine Kampft Staffel basée à Wilhelhmshaven. Si la première unité depend de l’OWG-Kustenflieggergruppe, les deux autres sont sous l’autorité du NWG-Kustenflieggergruppe.

Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948. Les appareils déployés en mer Baltique vont couvrir les côtes, les ports contre une possible attaque soviétique ou occidentale alors que ceux en mer du Nord vont réaliser des missions de mouillage de mines et vont couvrir les convois de l’opération Weserübung.

En dépit d’un tropisme occidental, la Yougoslavie décide de diversifier son équipement militaire en se tournant également vers l’Allemagne. Berlin n’à rien contre car cela permet de faire rentrer des devises et cela maintient le candide espoir que Belgrade en dépit de l’accord de coopération ne fasse la sourde oreille si jamais Paris et Londres lui demande son intervention dans un conflit général.

Cela explique l’accord donné à la société Heinkel pour livrer seize hydravions de bombardement-torpillage Heinkel He-117 à l’aéronavale yougoslave. Ces appareils sont livrés au printemps 1947, livraison qui suscita une protestation côté italien mais il est douteux que cela ait beaucoup chagriné Berlin.

Ces appareils vont participer à l’opération MARITSA. Ils ne vont pas vraiment briller en raison de lourdes pertes au sol suite à un défaut de camouflage. Sur les huit appareils en service, quatre sont détruits ou tellement endommagés qu’ils sont in fine inutilisable.

Les quatre derniers appareils vont tenter de stopper l’avancée italienne attaquant en mer mais aussi sur terre. Après deux missions menées le 9 juillet 1949 les quatre appareils détruits.

Sur les huit appareils de réserve, quatre sont capturés par les allemands et cédés à leurs alliés croates, deux sont capturés par les italiens et les deux derniers vont rallier la Grèce mais leur utilisation sera limitée en raison de crainte de tirs fratricides.

Les deux rescapés vont donc être envoyés à l’arrière pour des tests et pour des missions de servitude sur le canal de Suez avant d’être feraillés à une date incertaine mais avant septembre 1953 puisque une note sur les appareils autorisés à voler dans l’espace aérien égyptien signale leur présence en juin 1952 mais en septembre 1953 lors de la mise à jour les deux hydravions yougoslaves ont disparu.

Les quatre He-117 croates vont opérer en Adriatique jusqu’à leur destruction, un premier appareil étant perdu en décembre 1949 abattu par un chasseur italien suite à une méprise, le deuxième est victime de la DCA d’un sous-marin ennemi (nationalité incertaine) surpris en surface en mars 1950, le troisième est détruit sur son hydrobase de Split en septembre 1951 lors d’un bombardement français et le quatrième est détruit par un chasseur bimoteur français au dessus de l’Adriatique en mars 1952.

Les deux Heinkel He-117 capturés par les italiens ont été utilisés par la Regia Aeronautica pour la couverture de convois côtiers entre Ancone et Trieste.

Ils ont cessé de voler en octobre 1953 alors que leurs équipages avaient rejoint le gouvernement néo-fasciste avant d’être détruits dans un bombardement aérien de Trieste où ils étaient basés. Aucun He-117 n’à survécu au conflit.

Caractéristiques Techniques

Type : hydravion triplace bimoteur de bombardement-torpillage

Poids : à vide 5400kg en charge 10800kg

Dimensions : longueur 17.50m envergure 22.40m hauteur 6.60m

Motorisation : deux moteurs radiaux BMW-138 de 1300ch chacun

Performances : vitesse maximale 360 km/h rayon d’action de combat 2200km plafond opérationnel 6000m

Armement : deux mitrailleuses MG-17 de 7.92mm à l’avant, une mitrailleuse en poste arrière supérieur et une mitrailleuse en poste arrière inférieur, tous du modèle MG-15.

Deux canons de 20mm MG-151 et deux mitrailleuses MG-17 de 7.92mm dans les ailes. 1500 kg de bombes ou deux torpilles de 533kg ou deux mines marines de 800kg

Mitteleuropa Balkans (122) Yougoslavie (10)

Navires de surface

Conducteur de flottille Dubrovnik

Le conducteur de flottille (Flottilla Leader) Dubrovnik a été commandé par la marine yougoslave en vue de servir comme navire de commandement au profit de torpilleurs. Il devait être accompagné de deux autres navires identiques mais au final il restera unique.

Belgrade très influencée par la France aurait souhaité commander un navire de ce type auprès de chantiers français mais ce ne fût pas possible et le conducteur de flottille allait être construit en Grande-Bretagne chez les chantiers Yarrow.

Affichant des dimensions comparables à un contre-torpilleur français, le Dubrovnik reprenait une architecture inspirée des derniers conducteurs de flottille produit par les britanniques à la fin du premier conflit mondial.

En ce qui concerne l’armement il était initialement prévu cinq canons de 140mm mais en raison d’un excès de poids dans les hauts la batterie principale fût réduite à quatre pièces. Le poids économisé initialement prévu pour installer une catapulte pour hydravions servit finalement à munir le navire d’une solide DCA.

-Le Dubrovnik est mis sur cale aux chantiers navals Yarrow le 10 juin 1930 lancé le 11 octobre 1931 et mis en service en mai 1932.

Il effectue plusieurs croisières en Méditerranée et en mer Noire. C’est lui qui transporta à Marseille le roi Alexandre 1er lors de cette funeste visite officielle en France.

Modernisé en 1942/43, il est toujours en service en septembre 1948. Il effectue des patrouilles pour faire respecter la neutralité yougoslave non sans mal, plusieurs incidents manquant de dégénérer en guerre ouverte avec l’Italie.

Le 7 juillet 1949 est déclenchée l’opération MARITSA. Le Dubrovnik se trouvait en baie de Kotor. Il se ravitaille en carburant puis appareille dans l’après-midi pour rechercher et détruire tout navire italien ou allemand. Il n’en trouve aucun mais reçoit de rallier la Dalmatie pour appuyer les troupes yougoslaves culbutées par les italiens.

A plusieurs reprises il ouvre le feu avec ses canons de 140mm contre des cibles à terre détruisant par exemple dans la nuit du 8 au 9 juillet un dépôt de munitions et plusieurs citernes à carburant mouillées dans des criques discrètes.

Des tirs contre la terre ont également lieu et le conducteur de flottille revendique la destruction de quatre appareils italiens et deux appareils allemands, destructions non confirmées tant par Rome que par Berlin.

Le 13 juillet 1949 il est endommagé par un chasseur-bombardier allemand, une bombe de 250kg explosant sur l’affût n°3 de 140mm.

Les dégâts sont importants mais pas irréparables. Seulement voilà à Split l’équipage en grande partie croate se mutine et les ouvriers du chantier refusent de réparer.

Le navire va-t-il être saisi intact ? Non puisque quelques officiers et marins parviennent au nez et à la barbe des marins croates ralliés au nouveau régime oustachi parviennent à saborder le navire qui hélas pour eux ne coule qu’en eaux peu profondes.

Les italiens grands spécialistes dans le renflouement des navires parviennent à remettre le navire à flot.

Il est aussitôt réparé par les mêmes ouvriers qui avaient refusé de le remettre en état. Ils ont dû être fort contrits d’apprendre que le conducteur de flottille allait désormais s’appeler Premuda et servir dans la marine italienne.

Utilisé comme patrouilleur et escorteur, il couvre des convois qui appareillaient de Trieste ou de Venise direction Rijeka, Zadar, Split et Kotor, la voie maritime étant plus sure que la voie routière.

Suite au basculement italien dans le camp allié, le Premuda est saisi par les croates qui lui rend son nom d’origine.

Il sert sous son troisième pavillon en quelques années et ce jusqu’au 17 décembre 1953 quand il est surpris par des chasseurs-bombardiers alliés qui placent quatre bombes de 500kg qui transforment l’ancien conducteur de flottille en annexe de l’enfer. L’épave sombre au large de Zadar, l’épave ayant été retrouvée en 1975.

Caractéristiques Techniques

Type : conducteur de flottille

Déplacement : standard 1910 tonnes pleine charge 2439 tonnes

Dimensions : longueur 113.2m largeur 10.67m tirant d’eau 3.58 à 4.1m

Propulsion : deux turbines Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Yarrow développant 48000ch et entrainant deux hélices. Une turbine Curtiss de 700ch est utilisée pour la marche à la vitesse de croisière

Performances : vitesse maximale 37 nœuds (15 nœuds en croisière) distance franchissable 7000 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : quatre canons de 140mm en affûts simples sous masque (deux avant deux arrières), deux canons de 83.5mm PL vz.22 six canons de 40mm Skoda deux mitrailleuses de 15mm ZB-60 six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes axiales, 40 mines, deux lanceurs de charges de profondeur avec 10 grenades ASM

Equipage : 20 officiers et 220 marines

Torpilleurs classe Beograd

Comme nous l’avons vu plus haut la marine royale yougoslave (Kraljevska Jugoslavenska Ratna Mornarica) envisageait de s’équiper d’une force de surface composée de trois conducteurs de flottille associés à des torpilleurs.

La crise de 1929 empêcha l’acquisition de deux autres conducteurs de flottille et de torpilleurs légers mais la KRJM avait toujours besoin de navires de combat de 1ère classe. La décision est finalement prise de commander trois torpilleurs pour compléter l’unique conducteur de flottille.

Ces trois navires baptisés Beograd Zagreb Lubjana sont de conception française, le premier étant construit à Nantes aux ACL (Ateliers et Chantiers de la Loire), les deux derniers aux chantiers navals Brodosplit situés comme son nom l’indique à Split.

Ces navires étaient inspirés de nos torpilleurs d’escadre de première génération (classe Bourrasque et L’Adroit). Leur armement principal était cependant différent, la marine yougoslave choisissant le canon de 120mm Skoda plutôt que le 130mm des torpilleurs d’escadre français. Le reste de l’armement est classique avec de la DCA, six tubes lance-torpilles de 533mm et des mines.

-Le Beograd est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) sis à Nantes en 1936 lancé le 23 décembre 1937 et mis en service le 28 avril 1939.

-Le Zagreb est mis sur cale aux chantiers navals Brodosplit sis à Split en 1936 lancé le 30 mars 1938 et mis en service en avril 1939.

-Le Lubjana est mis sur cale aux chantiers navals Brodosplit sis à Split en 1936 lancé le 28 juin 1936 et mis en service en décembre 1939.

En mai 1939 le Beograd transporte une partie de l’or de la Banque de Yougoslavie en Grande-Bretagne et le 24 janvier 1940 le Lubjana s’échoue. Il coule en eaux peu profondes mais peu être renfloué et remis en état.

Ces trois navires sont naturellement toujours en service en septembre 1948 et a fortiori en juillet 1949 quand l’Axe déclenche l’opération MARITSA. Ces trois navires vont connaître un sort différent.

Le Beograd est légèrement endommagé à plusieurs reprises lors de l’opération MARITSA mais jamais sérieusement.

Il rallie la marine royale libre non sans que son commandant ait du étouffer dans l’oeuf une tentative de mutinerie et ce par la manière forte puisque quatre meneurs furent exécutés après un procès que certains qualifieront d’expéditif.

Réfugié à La Sude, il participe à la campagne de Grèce puis subit des travaux à Alexandrie pour reprendre ensuite la lutte. Il reçoit des radars, un Asdic, sa DCA est renforcée mais il perd un canon de 120mm réduisant sa batterie principale à seulement trois canons de 120mm, canons qui tirent des obus anglais faute d’avoir pu emporter les stocks d’origine.

Il opère en Méditerranée orientale comme patrouilleur et escorteur, assurant parfois le soutien des opérations commandos en ouvrant le feu pour appuyer et couvrir ces unités d’un nouveau genre.

Il à également mené des missions de mouillage de mines pour perturber le trafic maritime de l’Axe entre les différentes iles grecques que l’ennemi occupait et la Grèce continentale.

Survivant au second conflit mondial, le vétéran reste en service dans une marine yougoslave reconstituée mais usé il est désarmé en novembre 1956. Transformé en ponton-école à Kotor, il est finalement démoli en 1975 après avoir coulé suite à une tempête.

Son sister-ship Zagreb est endommagé par des vedettes lance-torpilles italiennes alors qu’il venait d’attaquer un convoi de ravitaillement transalpin.

Une torpille avait emporté l’avant du navire, les travaux s’annonçaient compliqués et aujourd’hui encore on se demande pourquoi le navire n’à pas été remorqué en Grèce pour y être réparé dans un contexte plus serein. Question de fierté nationale sans doute.

Mis au bassin à l’arsenal de Tivat, il est saisi en réparations par les italiens qui vont le remettre en état et en service sous le nom de Dalmatia en juin 1950. Il est utilisé comme patrouilleur et comme escorteur, sécurisant l’accès au canal d’Otrante. Sa carrière se termine brutalement le 9 septembre 1952 quand il est torpillé par le sous-marin britannique HMS Upholder (P37) qui envoie trois torpilles qui envoie le bateau rejoindre Neptune.

Le Lubjana était en grand carénage quand éclate l’opération MARITSA. En dépit des efforts des ouvriers, le navire ne peut reprendre la mer et est capturé par les italiens à Sibenik. Ces derniers vont le céder à l’Etat Indépendant de Croatie qui le remet en service sous le nom de Slavonija.

Après avoir servit de patrouilleur, d’escorteur et de navire d’appui-feu lors d’opérations de nettoyage, Il est coulé par une mine au large de Split le 8 février 1953. Le navire se casse en deux et coule rapidement ne laissant que fort peu de survivants.

Caractéristiques Techniques

Type : torpilleurs

Déplacement : standard 1210 tonnes pleine charge 1655 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 98m largeur 9.45m tirant d’eau 3.18m

Propulsion : deux groupes de turbines Curtiss ou Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Yarrow dévellopant 40000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 35 nœuds distance franchissable 1000 miles nautiques à 35 nœuds

Armement : quatre canons de 120mm Skoda en affût simples sous masque (deux avant deux arrières), quatre canons de 40mm Skoda en deux affûts doubles, deux mitrailleuses, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples, 30 mines

Equipage : 145 officiers et marins

Destroyers classe Split

Les quatre unités de classe Split sont une évolution des Beograd avec un armement plus puissant, un déplacement supérieur mais une vitesse inférieure (33 au lieu de 35 nœuds).

Ils sont de conception yougoslave mais avec les bonnes relations tissées avec les ACL il n’est pas impossible que le bureau d’étude du chantier ligérien ait aidé de manière officieuse le chantier naval Brodosplit qui avait construit les deux sister-ship du Beograd.

-Le Split est mis sur cale le 30 septembre 1939 lancé le 14 juin 1941 et mis en service le 8 septembre 1942.

-Le Podgoritsa est mis sur cale le 20 juin 1940 lancé le 4 janvier 1942 et mis en service le 12 juin 1943.

-L’Osijek est mis sur cale le 30 septembre 1941 lancé le 14 août 1943 et mis en service le 8 février 1945

-Le Sarajevo est mis sur cale le 17 mars 1942 lancé le 4 décembre 1943 et mis en service le 15 mai 1945.

Quand éclate l’opération MARITSA, le Split est déployé au large des côtes de l’Istrie dans l’espoir d’intercepter un convoi italien, des navires transalpins isolés.

Point de tout cela mais ses canons de 120mm Bofors (qui remplaçaient les Skoda que les allemands ne produisaient plus) vont être d’un précieux concours pour soutenir les troupes yougoslaves qui résistaient fermement aux troupes de la 2ème armée italienne.

Dans les jours qui suivent il joue au chat et à la souris avec les navires et les avions ennemis. Il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement. Sa chance tourne le 11 juillet quand il est surpris au large de Dubrovnik.

Alors qu’il se repliait vers les bouches de Kotor pour réparations et ravitaillement, il est surpris par huit bombardiers en piqué allemands.

Non pas des Ju-87 mais des Ju-88 qui en dépit d’une DCA furieuse ne lui laisse aucune chance. Deux bombes de 500kg transforment le navire en annexe de l’enfer. Il se casse en deux, coulant rapidement en ne laissant que fort peu de survivants.

Son sister-ship Podgoritsa venait d’achever un grand carénage quand l’Axe attaque. Il doit donc reprendre la lutte sans être forcément à 100% de ses capacités.

Le destroyer va assurer la protection des côtes, repoussant plusieurs attaques italiennes tout en appuyant les troupes au sol avec ses obus de 120mm voir sa DCA légère quand des troupes ennemies étaient surprises à découvert à proximité des côtes. Pas besoin d’être un génie pour imaginer l’impact d’un tel traitement.

Endommagé par une bombe allemande, il parvient à rallier La Sude puis Alexandrie où il est remis en état et réparé, la piece II détruite par la bombe étant remplacée par un canon de 120mm britannique.

Comme ce canon ne tirait pas les mêmes projectiles que les trois autres canons cela posait des problèmes logistiques.

Les dits problèmes logistiques ne furent résolus qu’au printemps 1950 quand trois autres canons de 120mm venus de Grande-Bretagne furent envoyés en Egypte pour réarmer ce destroyer, Londres n’ayant pas donné suite à une proposition française de remplacer les canons de 120mm par des canons de 130mm officiellement pour des raisons de poids mais cela semble plus un pretexte qu’autre chose.

Basé à Alexandrie, il rayonnait dans tout le bassin oriental de la Méditerranée, servant de patrouilleur, d’escorteur et de navire de raid. Il s’illustra le 17 mars 1952 en détruisant avec les destroyers britanniques HMS Icarus et HMS Intrepide un convoi allemand entre l’Attique (région d’Athènes) et les Cyclades occupées par les allemands. Quatre cargos, deux pétroliers et leur escorte furent détruits sans perte côté allié.

Cet événement lui valu d’être célébré par la propagande alliée comme yougoslave qui en faisait un symbole de la lutte pour la libération de la Yougoslavie.

Le reste du conflit son action est plus morne avec moins d’événements spectaculaires. Notons tout de même sa participation à plusieurs raids commandos, ses canons de 120mm ouvrant le feu pour dégager ou couvrir le repli de ces soldats d’un nouveau genre.

Endommagé à plusieurs reprises il est cependant toujours en service en avril 1954 quand le second conflit mondial se termine en Europe.

Modernisé, il reste en service mais en 1958 il est l’un des premiers navires à rallier les communistes qui finissent par renverser Pierre II qui n’à pu ou n’à su poursuivre la politique d’avant guerre pour préserver son trône.

Le destroyer est endommagé assez sérieusement par l’aviation encore fidèle au roi ce qui explique peut être pourquoi le Pogoritsa est désarmé en juin 1959 puis démoli.

L’Osijek se rallie aux nouvelles autorités croates lors de la mutinerie du 16 juillet 1949. Il devient navire-amiral de la Légion Navale Croate, menant des missions d’escorte et de patrouille. Il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement.

Sa chance tourne le 1er décembre 1953 quand il est sérieusement endommagé par l’aviation libre yougoslave. Il parvient miraculeusement à Kotor pour réparations mais devant l’avancée des troupes alliées, le destroyer qui avait été privé de tout armement est sortit du bassin pour bloquer l’accès à l’Arsenal de Tivat. L’épave est relevée au printemps 1955 et démantelée.

Le Sarajevo participe à la défense de la Yougoslavie, étant endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement. Replié sur la Grèce il participe à la défense du pays des hellènes ce qui lui vaudra les remerciements du gouvernement grec et plusieurs décorations.

Replié sur Alexandrie, il est immobilisé pour travaux jusqu’en mars 1950 quand il reprend la lutte, opérant depuis La Sude pour sécuriser des convois amenant des renforts en hommes et en matériel en direction du Péloponnèse alors occupé par les italiens. Il mène aussi des raids de recherche et de destruction ainsi que des missions de bombardement littoral.

Endommagé à plusieurs reprises il est coulé le 9 mai 1953. Ce jour là opérant au large de Corfou il fait détonner une mine allemande qui le coupe littéralement en deux. L’avant coule rapidement mais l’arrière dérive permettant à l’équipage d’évacuer avant qu’elle ne soit détruite par l’aviation alliée.

Caractéristiques Techniques

Type : destroyers

Déplacement : standard 2350 tonnes pleine charge 2900 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 112.50m largeur 11.25m tirant d’eau 4.20m

Propulsion : deux groupes de turbines Curtiss ou Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Yarrow dévellopant 55000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 35 nœuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 20 nœuds

Armement : quatre canons de 120mm Bofors en affûts simples sous masque, dix canons de 40mm Bofors en quatre affûts doubles, huit mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss en quatre affûts doubles (puis quatre canons de 20mm), six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples, deux grenadeurs de sillage avec vingt-quatre projectiles ou deux rails de mouillage avec 36 mines

Equipage : 157 officiers et marins

Vedettes lance-torpilles

Avant-propos

La marine royale yougoslave ne pouvait passer à côté des vedettes lance-torpilles tant sa géographie se prétait à son utilisation. Seize vedettes de ce type sont ainsi en service en juillet 1949, une flotte hétérogène avec des unités modernes et efficaces et d’autres qui l’était un peu moins.

On trouve deux vedettes type Uskok de conception et de fabrication britanniques, huit vedettes de classe Orjen de conception et de fabrication allemande et six de fabrication yougoslave qui pour faire simple sont une synthèse des deux modèles précédents.

Ces seize vedettes sont répartis en deux flottilles de huit, la première regroupant les huit vedettes allemandes, la deuxième les deux Uskok et les six vedettes lance-torpilles de classe Otok.

Sur les seize vedettes lance-torpilles en service en septembre 1948, neuf sont coulées tandis que sept parviennent à se réfugier tant bien que mal à Corfou.

Le gouvernement yougoslave en exil tente de trouver une solution pour leur permettre de se replier sur la Crète puis l’Egypte mais doit très vite se rendre à l’évidence que c’est mission impossible et en février 1950 peu avant l’évacuation de l’île par les troupes grecques, ordre est donné de sabordé ces vedettes dont les épaves ont été retrouvées en 1972.

Elles seront remplacées par des vedettes de conception et de fabrication britanniques livrées à la marine royale yougoslave libre en 1950, vedettes formant la classe Sloboda (Liberté).

Classe Uskok

Les deux vedettes de classe Uskok sont donc des vedettes de conception et de fabrication britannique, œuvres de la société Thornycroft qui s’appuya sur un modèle existant à savoir une vedette à moteur de 17m de long (17-metre-long Coastal Motor Boat [CMB]).

Les deux navires sont initialement baptisés TC-1 et TC-2 puis sont rebaptisées respectivement Uskok et Cetnik.

Bien que usées et anciennes elles sont toujours en service en juillet 1949. Basées à Split elles sont détruites par l’aviation italienne lors d’un bombardement aérien exécuté le 9 juillet 1949. Les épaves reposent toujours au fond du port.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 15 tonnes

Dimensions : longueur 16.77m largeur 3.35m tirant d’eau 1.3m

Propulsion : deux moteurs essence Thornycroft de 375ch chacun entrainant deux hélices. Un moteur auxiliaire pour la navigation de croisière

Vitesse maximale : 37 nœuds (40 nœuds atteint aux essais)

Armement : deux mitraileluses Lewis de 7.7mm, deux torpilles de 457mm en tubes et quatre charges de profondeur.

Equipage : cinq hommes

Classe Orjen

Le Velebit

Les huit vedettes lance-torpilles de classe Orjen sont des vedettes de conception et de fabrication allemandes puisqu’elles ont été construites aux chantiers navals Lürssen implantés à Vegesack.

Les huit navires sont toujours en service en juillet 1949 (Orjen Durmitor Suvobor Kajmakčalan Velebit Dinara Rudnik et Triglav).

Quatre d’entre-elles sont coulées durant l’opération MARITSA (Orjen par une vedette italienne, Suvobor par l’aviation, le Velebit par l’artillerie italienne tout comme la Triglav). Les quatre dernières se réfugient à Corfou où on tente de les extirper mais sans succès ce qui impose leur sabordage dans le port grec.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 61.7 tonnes

Dimensions : longueur 28m largeur 4.3m tirant d’eau 1.51m

Propulsion : trois moteurs essence développant une puissance totale de 3300ch et entrainant trois hélices

Vitesse maximale : 31 nœuds

Armement : un canon de 40mm et deux torpilles de 550mm

Equipage : 16 officiers et marins

Classe Otok

Pour compléter les dix vedettes lance-torpilles en service en septembre 1939, la marine yougoslave souhaitait initialement construire vingt-deux vedettes lance-torpilles pour porter sa force à trente-deux navires. Le manque de budget et d’autres priorités réduisirent la commande à seulement six navires.

Vedettes de conception yougoslaves, les unités de la classe Otok pouvaient être considérés comme une synthèse des deux premières en essayant de prendre le meilleur des deux.

Ces navires sont plus gros, plus puissants et mieux armées. Elles ont été baptisées du nom d’îles de Yougoslavie (plus précisément de Croatie) en l’occurence Krk, Korcula, Brac,Losinj,Vis et Pasman.

Mises en service en 1944 et 1945, ces navires vont tenter de perturber la navigation italienne dès le début de l’opération MARITSA.

Quelques coups heureux sont enregistrés mais hélas pour les yougoslaves cela ne sera que de simples piqures d’épingle qui ne vont pas changer le cours des choses.

Trois vedettes lance-torpilles sont coulées durant cette Campagne de Yougoslavie en l’occurence la Krk lors d’une collision avec un chalutier, le Brac par l’aviation allemande et le Pasman par un canon italien de 90mm chargé d’assurer la défense côtière.

Les autres vedettes parviennent à s’échapper vers le sud se réfugiant à Corfou où faute de pouvoir être évacuées elles doivent être sabordées peu avant l’évacuation de Corfou par les troupes grecques.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 70 tonnes

Dimensions : longueur 34.50m largeur 5.2m tirant d’eau 1.90m

Motorisation : trois moteurs essence dévellopant 4500ch et entrainant trois hélices

Vitesse maximale 35 nœuds

Armement : un canon de 40mm Bofors, deux canons de 20mm Breda, deux mitrailleuses de 7.92mm, deux torpilles de 550mm

Equipage : vingt-quatre officiers et marins

Vedettes lance-torpilles classe Sloboda

Des Fairmile D au port

Si les vedettes lance-torpilles ont été sabordées à Corfou car difficilement évacuables les équipages ont réussi à rallier la Crète puis l’Egypte. La présence de ces marins permet à la Yougoslavie d’obtenir des vedettes lance-torpilles de la part des britanniques.

Ces vedettes sont livrées en mars 1950 à Alexandrie démontées et réassemblées dans la base egyptienne. Ils sont mises en service en septembre 1950 et sont une évolution des Fairmile D avec des moteurs plus puissants notamment.

Six vedettes sont mises en service mais au total douze ont été livrées, les six autres étant conservées au sec en volant de fonctionnement.

Elles sont baptisées Sloboda (Liberté), Zemlja (Patrie), Bratstvo (Fraternité), Jednakost (Egalité), Kraljevski (Royauté) et Narod (Nation).

Après un entrainement intensif auprès d’unités britanniques, les vedettes lance-torpilles yougoslaves sont transférées en Crète pour opérer en mer Ionienne contre la navigation de l’Axe.

Outre ce type de mission d’attaque les vedettes yougoslaves étaient aussi utilisées pour infiltrer agents et commandos sur les îles occupées par l’Axe.

Sur les douze vedettes lance-torpilles livrées par les britanniques, quatre ont été détruites au combat, les huit autres survivants au conflit portant les six noms cités plus haut ainsi que deux nouveaux noms choisis au cours du conflit à savoir Mucenik (martyr) et Osveta (vengeance).

Ces huit vedettes lance-torpilles rentrent naturellement au pays et sont réutilisés par la marine royale yougoslave. La flotte est réduite rapidement à quatre exemplaires, les Sloboda Bratstvo Jednakost Narod qui étaient encore en service en 1958 quand la Yougoslavie devient communiste.

Ces navires étaient à l’époque en fin de carrière et conservent leurs noms jusqu’à leur désarmement survenu entre 1962 et 1964.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 104 tonnes pleine charge 120 tonnes

Dimensions : longueur 35m largeur 6.35m tirant d’eau 1.50m

Propulsion : quatre moteurs essence Packard 4M 2550 dévellopant 5750ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 31.5 nœuds distance franchissable 506 miles nautiques à 30 nœuds 2500 miles nautiques à 10 nœuds

Armement : deux canons de 40mm Bofors, quatre canons de 20mm Oerlikon (un affût double et deux affûts simples), quatre mitrailleuses de 7.7mm en affûts doubles, quatre torpilles de 533mm

Equipage : 21 officiers et marins

Mitteleuropa Balkans (119) Yougoslavie (7)

Résistance et collaboration

Quasi immédiatement une résistance militaire tout comme une collaboration se met en place sur le territoire de l’ancien royaume de Yougoslavie. Les mouvements de résistance sont d’abord le fait de soldats isolés et ne pouvant rejoindre la Grèce pour continuer la guerre, de recrues pas encore incorporées voir d’exemptés pour raisons médicales et qui se retrouvaient des envies de combat et de lutte.

Dans le camp d’en face c’est souvent des choix opportunistes. Combien de destins ont basculé dans un camp ou dans un autre pour une décision prise un soir, pour un refus quelconque, pour une volonté de vengeance et ou une volonté d’effacer des humiliations passées ?

Il serait cependant artificiel de tracer une frontière étanche entre résistants et collaborateurs, entre héros et salauds. Il y eut parfois sur le terrain des accords locaux aux mépris des hiérarchies, certains groupes royalistes signant une trêve avec les italiens pour permettre aux troupes de Mussolini de s’en prendre aux partisans.

Etendard du mouvement Tchetniks avec les inscriptions Pour le roi et la patrie ; La liberté ou la mort.

Inversément on verra certains groupes communistes renoncer à soutenir les royalistes lors d’opérations contre les italiens, les allemands, les croates, les hongrois ou les bulgares.

Comme le dira un agent britannique conseillant les royalistes «Les Balkans c’était pire qu’un panier de crabes».

Le Monténégro est placé sous l’autorité des italiens sous la forme d’un Gouvernorat du Monténégro (Governatorato di Montenegro), une première étape vers une indépendance du Monténégro sous un protectorat italien mais ce projet sera sans arrêt repoussé en raison d’un soulèvement des monténégrins dès le printemps 1950.

Cela avait pourtant bien commencé avec la mise en place en novembre 1949 d’un gouvernement provisoire monténégrin. Ce dernier était composé par les Verts qui avaient échoué dans leur soulèvement en 1919 face aux Blancs. Ce gouvernement ne fût jamais reconnu par les monténégrins comme autre chose qu’une marionnette des italiens.

Rome ne faisait d’ailleurs pas vraiment confiance à ses alliés monténégrins pour maintenir l’ordre ce qui impliquait le maintien de moyens militaires et sécuritaires importants dans l’ancien royaume de Nicolas 1er.

Après le basculement italien dans le camp allié en avril 1953 les allemands occupent le Monténégro mais pour peu de temps car en novembre l’offensive alliée nom de code SWORD les obligent à se replier sur la Serbie.

Bien que l’idée d’indépendance ait été durablement déconsidérée par l’occupation germano-italienne, un gouvernement provisoire monténégrin est mis en place le 7 décembre 1953 à Cetinje mais ce gouvernement est rapidement désavoué par les alliés qui font comprendre aux rares monténégrins partisans de l’indépendance et non-compromis avec les italiens que l’avenir du pays était au sein d’une Yougoslavie unifiée, purgée des scories et des failles d’avant guerre.

Les autorités yougoslaves ne parviennent à s’installer sur place qu’en mars 1954 et comme les troupes alliées étaient plus préoccupées par leurs opérations que par le maintien de l’ordre l’insécurité à été longtemps endémique avec des bandits de grand chemin et surtout de multiples réglements de compte pas toujours motivés par des questions politiques.

En ce qui concerne la Serbie, elle est officiellement dirigée par un gouvernement dirigé par le général Nedic qui jusqu’à l’automne 1940 avait été ministre de la Guerre. En réalité le cœur du royaume de la Yougoslavie était dirigé par un gouverneur militaire qui commandait également les forces d’occupation déployées en Serbie.

La Macédoine était occupée comme nous l’avons vu par les bulgares. Cette occupation sera particulièrement rude ce qui fit déchanter nombre de bulgarophones qui se demandaient pourquoi avoir échangé une tyrannie contre une autre…… .

La libération

Dès son installation au Caire, le gouvernement yougoslave en exil espère une offensive des alliés pour reconquérir le royaume perdu. Très vite Pierre II et ses ministres comprennent que ce n’est pas la priorité des alliés qui concentrent leurs efforts sur le front occidental qui balafre à nouveau la France trente-cinq ans après l’échec de la course à la mer.

Plusieurs dizaines de milliers de militaires et de civils yougoslaves ont réussi à se replier sur la Grèce qui est frappée à son tour par les troupes germano-italiennes.

Pour éviter tout encombrement, les troupes yougoslaves qui ne constituent plus des unités constituées et les civils sont rapidement évacuées sur la Crète puis vers le Levant ou vers l’Egypte.

Quelques navires sont attaqués et coulés par des avions et des sous-marins italiens mais dans l’ensemble le gouvernement yougoslave est parvenu à préserver l’avenir en se donnant les moyens au moins humains de reconstituer une armée.

Plus facile à dire qu’à faire. En effet si les hommes sont là l’argent manque et même avec de l’argent, Belgrade va être dépendant des alliés pour recevoir les armes, les véhicules et les avions nécessaires à la reconstitution d’une armée qui doit faire autre chose que la figuration.

Il faudra du temps, de la patience et quelques pressions/menaces pour qu’une armée yougoslave digne de ce nom soit reconstituée.

Certains militaires écœurés par les querelles pichrocolines préférons soit se porter volontaires pour des opérations en soutien de la résistance ou alors s’engager dans la Légion Etrangère. Autant le dire tout de suite les autorités françaises ne faisaient rien ni pour décourager l’engagement des yougoslaves ni pour l’encourager.

Avant de parler de la reconquête et de la libération du territoire yougoslave rappelons le contexte balkanique.

Situation militaire à la fin de la campagne de Grèce

La Campagne de Grèce s’achève en mars 1950 sur une situation ambigüe. Après la bataille du Golfe de Zanthe survenu le 17 mars, le front se fige. Les alliés contrôlent les Dodécanèse (conquis lors de l’opération CATAPULT), conservent la Crète et le Péloponnèse alors que l’Axe contrôle le reste de la Grèce continentale, l’île de Céphalonie et les Cyclades.

Les deux belligérants sont comme des boxeurs K.O groggys. Ils sont incapables de prendre le dessus, l’Axe parce qu’il à d’autres projets (invasion de l’URSS) et les alliés parce qu’ils ont pour préoccupation essentielle le front occidental.

Le front balkanique se fige. Finies les grandes opérations et place aux attaques locales pour rectifier le front en vue de l’offensive avec un grand O.

Comme jadis durant le premier conflit mondial on assiste à des duels d’artillerie. Des commandos opèrent contre des objectifs stratégiques ou simplement pour semer la discorde chez l’ennemi.

La marine et l’aviation étaient aussi de la partie pour empêcher l’ennemi de dormir au sens propre comme au sens figuré. Si les grosses unités n’attendaient que la grande bataille pour se sauter à la gorge, les unités légères _croiseurs, destroyers, torpilleurs, sous-marins, vedettes lance-torpilles_ étaient de toutes les opérations.

C’était des bombardements navals, l’attaque de convois ennemis, la pose de mines, le soutien aux opérations commandos.

Si sur le plan aérien l’Axe va longtemps disputer le ciel balkanique sur le plan naval en revanche les alliés vont être rapidement plus à leur aises, la faute à une marine italienne qui fût peu à peu paralysée dans ses ports par le manque de carburant et une prudence dictée non pas par de la couardise mais par la certitude que le remplacement des navires perdus serait impossible.

La situation change en 1952. Les alliés sont parvenus à coordonner leur action de soutien aux différents groupes de résistants et surtout la situation sur les autres fronts les autorise à engager une série d’offensives dans les Balkans. Sans que cela soit dit officiellement il s’agit comme l’écrira dans ses mémoires le général Villeneuve de «serrer la main des soviétiques le plus à l’est possible du Rhin».

Naturellement les alliés n’ont pas attendu 1952 pour dresser les plans. Ceux-ci ont évolué avec le temps, certaines options très audacieuses (débarquement en Albanie et offensive en Grèce, double débarquement dans les Pouilles et en Dalmatie) étant abandonnées au profit d’options plus sures mais également plus attendues.

C’est donc une offensive plus classique depuis la presqu’ile du Péloponèse que les alliés reprennent le combat le 21 septembre 1952 c’est l’opération ANVIL (enclume) qui a pour objectif de libérer la Grèce mais de Yougoslavie il n’est point en question.

De troupes yougoslaves non plus d’ailleurs car l’armée yougoslave reconstituée n’est pas encore prête au grand dam des alliés qui n’en peuvent plus des querelles entre serbes et croates, entre slovènes et serbes.

Dès le 15 septembre des frappes aériennes et des bombardements navals sont menés ainsi que des raids commandos notamment contre le port de Thessalonique qui est sérieusement endommagé.

Les alliés engagent de gros moyens avec tout d’abord deux armées britanniques, la 8ème Armée disposant d’un corps d’armée britannique avec deux divisions d’infanterie et une division blindée et d’un corps sud-africain à deux divisions d’infanterie alors que la 10ème Armée dispose d’un corps d’armée sud-africain (une division d’infanterie et une division blindée) et de deux corps d’armées britanniques (deux divisions d’infanterie chacun).

L’Armée Grecque de Libération dispose de trois corps d’armée à deux divisions, deux corps d’armées à deux divisions d’infanterie et un corps d’armée disposant d’une division blindée et d’une division d’infanterie.

Les combats sont âpres et violents mais le 17 décembre 1952 non sans émotion, le drapeau grec flotte à nouveau sur l’Acropole. C’est une unité para-commando appelée le bataillon sacré qui s’empara de ce lieu mythique de la culture européen et qui leva le drapeau national. Symboliquement les drapeaux britanniques, sud-africains, français et américains sont hissés un cran en dessous.

Les combats se poursuivent jusqu’à la fin de l’année mais à une échelle moindre. C’est plus que de simples opérations de nettoyage mais pas des attaques massives. C’est ainsi que la quasi-totalité du territoire grecque est libéré en février 1953. Quelques unités alliées parviennent en Albanie et en Macédoine mais sont souvent incapables de s’y maintenir.

Il faut attendre le mois de mai pour qu’enfin les alliés relancent une offensive majeure. Le 19 mai 1953, le front balkanique se soulève à nouveau. C’est le jour J de l’opération SLEDGEHAMMER, jour J qui fait suite à plusieurs jours de préparation avec des bombardements aériens, une préparation d’artillerie rapide et sur certains secteurs par des bombardements navals. Des raids commandos sont menés pour renseigner, appuyer et éliminer.

Cette opération voit enfin l’engagement de troupes yougoslaves. Aux unités déjà présentes durant l’opération Anvil vont s’ajouter celles de la 1ère Armée Yougoslave qui comprend deux corps d’armée à deux divisions d’infanterie plus une division blindée placé sous le commandement directe de l’armée.

Celle-ci est mise en avant dans les opérations et dans la propagande alliée mais sur les terrains les résultats sont médiocres.

A l’été 1953 le front suit grosso modo une ligne Durres (le port est cependant toujours sous le feu de l’artillerie allemande) centre de la Macédoine et frontière bulgaro grecque.

Comme après l’opération ANVIL, les combats qui suivent l’opération SLEDGEHAMMER vont peu à peu décroitre en intensité car d’autres fronts deviennent ou redeviennent prioritaires. C’est ainsi que la 10ème Armée britannique quitte le front balkanique pour aller relever des unités sur le front italien.

Cela réduit donc le nombre d’unités alliées sur le front mais ce n’est pas un problème outre mesure en raison de l’affaiblissement du Heeresgruppe E et de problèmes logistique qui ne permet pas de mener des offensives grande style ce qui perturbe certains officiers venus du front occidental qui doivent vite s’adapter ou disparaitre.

Le 9 novembre 1953 phase 3 de l’offensive alliée sur le front balkanique. Comme à chaque fois on l’espère décisive. C’est l’opération SWORD, une offensive qui permet la libération des derniers arpents de l’Albanie, du Monténégro et du sud de la Serbie.

Si les bulgares combattent durement et sans esprit de recul, les allemands se contentent d’échanger un peu d’espace contre beaucoup de temps. Ils mènent un combat défensif habile, alternant replis et contre-attaque brutales pour déstabiliser l’ennemi et gagner le temps nécessaire à la destruction des infrastructures. Déjà que la région était notoirement connue pour être sous-équipée en matière de routes, de ponts et autres infrastructures de transport alors avec les destructions allemandes….. .

Les grandes villes de Serbie, de Bosnie et de Croatie tombent les unes après les autres. C’est ainsi que Sarajevo tombe le 23 novembre, Split le 25, Nis le 27 mais une tentative de coup de main sur Belgrade échoue le 17 décembre 1953.

Quand nait l’année 1954 le front suite une ligne qui passe au sud de Belgrade, traverse le nord de la Bosnie et arrive jusqu’à la ville de Zadar qui est prise le 5 janvier 1954.

Ce n’est qu’une question de temps avant que le front balkanique ne craque. Le 17 janvier 1954 c’est le coup de grâce avec l’opération WELCOME/BIENVENUE, le largage de la brigade parachutiste canadienne sur Belgrade pour faciliter l’avancée des alliés et de la résistance yougoslave.

Si en Bosnie et dans le sud de la Serbie, les partisans communistes sont dominants dans la région de Belgrade ce sont les maquisards royalistes qui sont en situation de quasi-monopole. Un soulèvement des maquisards associé à des sabotages urbains et le largage des paras canucks finissent par convaincre les allemands de se replier et d’abandonner sans combats la capitale yougoslave qui est libérée le 20 janvier 1954. L’ensemble du territoire yougoslave est libéré à la fin du mois de février, deux mois avant la fin du conflit.

Après des débuts laborieux, l’Armée Yougoslave s’est clairement ressaisie. Elle était placée en pointe mais bien appuyée par les britanniques, les sud-africains et les grecs. Des partisans et des maquisards vont également remplumer des unités régulière non sans problèmes de discipline et de comportement.

Les dernières troupes ennemies capitulent officiellement en Yougoslavie le 4 mars 1954. Si les allemands sont emprisonnés dans de relatives bonnes conditions, les collaborateurs slovènes, croates, bosniens et serbes subissent une vengeance à la hauteur de la haine qu’ils ont suscitée.

Il faudra plusieurs mois pour que le gouvernement royaliste ne parvienne à rétablir un semblant d’ordre et d’autorité.

Les communistes qui ont joué un rôle crucial refusent la main tendue de Pierre II pour participer à un gouvernement commun et reprenne le chemin des maquis, se préparant à une nouvelle guerre contre les royalistes, guerre qui aboutira en 1958 au renversement de la monarchie et à la mise sur pied d’un régime qu’on appellera bientôt «national-communiste».

Mitteleuropa Balkans (105) Roumanie (35)

ARMEE DE L’AIR ROUMAINE

Histoire

Prémices

Comme dans de nombreux pays, des pionniers mettent au point en Roumanie les premiers «plus lourds que l’air». Trois noms sont à retenir : Henri Coandă, Aurel Vlaicu et Traian Vuia. Ces trrois hommes vont créer successivement le Vuia I en 1905, le Vuia II en 1907, le Vlaicu I en 1910, le Vlaicu II en 1911, le Coandă en 1910 et le Vlaicu III en 1912.

A ces appareils s’ajoute même l’un des premiers avions à réaction (oui vous avez bien lu) le Coanda 1910 qui bien entendu n’aboutit à aucune utilisation militaire ou civile. On peut également noter que le Vlaicu III est le premier avion de construction métallique au monde.

Le 20 novembre 1909 l’Ecole de Pilotage de Chitila est créée avec l’aide d’instructeurs français. On trouve cinq hangars, des tribunes pour les spectateurs assistant aux démonstrations et des ateliers où étaient assemblés les avions Farman importés de France. Inaugurée le 9 juillet 1910, cette école forme plusieurs pilotes (six officiers entrainés mais deux macaronés comme on dirait en France) avant de mettre la clé sous la porte en 1912 en raison de problèmes financiers.

Parallèlement l’armée roumaine commence à s’initier à l’utilisation de l’aéroplane. Le 28 septembre 1910 lors d’un exercice militaire Aurel Vlaicu à bord d’un appareil de sa conception transporte un message entre Slatina et Piatra Olt.

Quelques missions sont menées durant la deuxième guerre Balkanique, des missions de reconnaissance pour éclairer l’avancée des troupes roumaines dont l’engagement allait pousser la Bulgarie à demander les conditions d’un armistice.

Quand la Roumanie entre en guerre, l’aéronautique militaire roumaine ne comprends que 28 appareils (10 biplans Bristol T.B.8, 7 monoplans Bristol Coanda, 4 biplans Farman HF.20 et 4 monoplans Bleriot XI). A cela s’ajoute deux monoplans Morane type F et les deux appareils mis au point par Vlaicu.

Comme partout les moyens aériens roumains explosent durant le conflit puisque Bucarest va acquérir 322 appareils venant de France et de Grande-Bretagne. On trouve ainsi des chasseurs monoplaces Nieuport 11 et 17, des chasseurs biplaces Morane-Saulnier LA et Nieuport 12, plusieurs modèles d’avions de reconnaissance (Caudron G.3, Henri Farman HF.20, Farman MF.11, Farman F.40 et F.46) mais aussi plusieurs modèles de bombardiers (Caudron G.4, Breguet-Michelin BLM et Voisin LA).

Le 16 septembre 1916 un Farman F.40 descend un avion allemand près de Slobozia. C’est la première victoire aérienne de l’histoire militaire roumaine. Quand le conflit se termine les pilotes roumains ont volé environ 11000 heures et effectué 750 missions de guerre. Cela ne put empêcher la défaite roumaine, l’armistice puis le traité de Bucarest.

D’une guerre à l’autre

L’importance de l’aviation n’à pas échappé au gouvernement roumain qui cherche à tirer les leçons du premier conflit mondial où le pays à connu la défaite et l’occupation.

C’est ainsi que voit le jour trois entreprises aéronautiques, la première créée en 1923 est la Societatea pentru Exploatări Tehnice (SET) (Société pour l’expérimentation technique) suivit en 1925 de l’Industria Aeronautică Română (IAR) (Industrie Aéronautique Roumaine) qui à partir de 1927 et jusqu’en 1953 va produire une série d’appareils de conception nationale mais aussi des appareils étrangers sous licence. On trouve également l’Întreprinderea de Construcții Aeronautice Românești (ICAR) (Entreprise de Conception Aéronautique Roumaine) créée en 1932.

Grâce à ces trois constructeurs aéronautiques, l’armée de l’air royale de Roumanie pouvait s’estimer relativement bien équipée quand se termine la guerre de Pologne. Malheureusement durant la Pax Armada les efforts menés n’aboutissent qu’à une modernisation partielle des forces aériennes roumaines qui perdent en capacité et en compétence.

Comme les autres armées de l’air, l’aviation militaire commence d’abord à grandir dans le giron de l’armée de terre. Elle ne prend son indépendance qu’en septembre 1941 quand elle prend le nom de Forţele Aeriene Regale ale României ou Forces Aériennes Royales Roumaines.

L’insigne fût d’abord une croix jaune (le monogramme du roi Michel) peinte sur le fuselage, sur et sous les ailes plus une dérive peinte aux couleurs roumaines bleu-jaune-rouge. Le moteur était souvent peint en jaune qui était la couleur d’une bande souvent peinte sur le fuselage.

Au milieu des années quarante le monogramme fût remplacé par une cocarde tricolore rouge-jaune-bleu (de l’extérieur vers l’intérieur) peinte sur le fuselage et les ailes plus une bande tricolore sur la dérive, bande qui disparaissait en temps de guerre pour des raisons de discrétion du moins en théorie.

Au sein des FARR l’unité de base était le Grup soit l’équivalent du Groupe dans l’Armée de l’Air mais du Squadron dans les armées de l’air anglo-saxonne. Ces Grup étaient divisés en Flotila (escadrilles).

Le nombre d’appareils variait selon les unités avec en théorie vingt-sept appareils pour la chasse, dix-huit pour le bombardement et douze pour la reconnaissance et la coopération.

Initialement ils étaient indépendants mais en septembre 1946 ces unités forment des Corpul (corps aériens), des corps spécialisés avec un corpul de chasse, un corpul de bombardement, un corpul de reconnaissance et de coopération, un corpul de transport et d’entrainement et un corpul de DCA.

Ces corps sont davantage comparables aux Command de la RAF ou aux Commandement de l’Armée de l’Air. Ils préparent et soutiennent les unités opérationnelles mais pour la partie opérationnelle ils dépendent des armées qu’ils appuient.

Seul exception la défense aérienne du territoire roumain pilotée par l’Armée de l’Air avec l’aide d’unités de DCA de l’Armée de Terre, cette dernière faisant preuve d’un zèle coopératif très modéré au point qu’on envisagera de regrouper toutes les unités antiaériennes lourdes sous commandement de l’armée de l’air mais ce projet ne dépassera pas le stade de l’intention.

En matière d’équipement les forces aériennes royales roumaines utilisent un vaste échantillonage d’appareils avec des avions allemands, italiens, britanniques, français et roumains. Certains sont modernes d’autres obsolètes. Surtout la multiplicité des modèles va rendre le soutien logistique compliqué.

L’aviation militaire roumaine dans le second conflit mondial

Comme les autres armées de l’air engagées dans le second conflit mondial, l’armée de l’air royale de Roumanie doit à la fois protéger le territoire national mais aussi assurer l’appui et la protection des troupes au sol. Pour cela elle dispose de 1152 appareils de première ligne soit bien plus qu’en septembre 1948, le nombre ayant doublé.

La mission de défense aérienne est d’autant plus critique qu’une cible de choix s’offre aux aviations ennemies : les champs pétrolifères de Ploesti que sécurisent allemands et roumains. Au début du conflit les franco-britanniques ont bien étudié une mission de sabotage voir un bombardement aérien mais ces projets n’ont pas aboutit et quand ils furent repris au moment de la campagne de Grèce, les défenses étaient telles qu’il fallait envisager l’engagement d’une véritable campagne de bombardement et non une opération unitaire.

A cela s’ajoute la protection des grandes villes, des industries et des grandes lignes de communication qu’elles soient routières ou ferroviaires.

Pour cela l’aviation roumaine déployait des unités de chasse équipées pour certaines de Messerschmitt Me-109, des batteries de DCA en complément de celles de l’armée de terre ainsi que des ballons de barrage et des projecteurs. Un soin particulier fût également apporté au camouflage qu’il soit diurne ou nocturne.

En ce qui concerne l’appui-protection des troupes au sol, l’aviation roumaine employait des avions d’attaque monomoteurs mais aussi des bombardiers bimoteurs italiens, britanniques, allemands mais aussi français. C’est ainsi que des SM-79B italiens (version bimoteur du SM-79 Sparviero) cohabitaient avec des Heinkel He-111 allemands mais aussi avec des Bristol Blenheim britanniques ou encore des Lioré et Olivier Léo 451 français.

Là encore pas de recettes miracles, pas d’innovations tactiques mais du classique du standard avec une influence allemande marquée entre la présence d’officiers de liaison (Flivo) au sein des unités terrestres pour améliorer la coordination et la coopération avec l’aviation (avec visiblement de moins bons résultats qu’au sein de la Luftwaffe), l’utilisation de la chasse comme élément de nuisance en lui laissant mener des missions de chasse libre (Freie Jagd) et l’emploi des bombardiers comme élément tactique plus que comme élément stratégique.

Jamais la Roumanie faute de moyens mais aussi de volonté ne mena des missions que l’on pourrait qualifier de stratégique contre l’URSS et même contre les alliés une fois ces derniers rendus dans le nord de la Grèce.

En matière d’équipement on assiste à une germanisation et une romanisation. Les appareils d’origine italienne, britannique ou française sont peu à peu retirés du service en raison du manque de pièces détachées et de leur usure.

C’est aussi la nécessité de faire des économies en matière de fonctionnement et de logistique. Un peu comme les hongrois les roumains auraient voulu un modèle de chasseur monoplace, un modèle de chasseur biplace, un modèle d’avion de reconnaissance et un modèle de bombardier mais ce projet bien pensé ne pu jamais être mis à bien en raison de livraisons trop faibles mais aussi de toxiques jeux de lobbying entre constructeurs aéronautiques allemands et roumains.

De septembre 1948 à juin 1950 le ciel roumain est plutôt tranquille. Les avions ennemis se font rares et la chasse roumaine n’à aucun mal à défendre le ciel national. Cela commence à se corser un peu après le déclenchement de l’opération BARBAROSSA quand quelques bombardiers soviétiques rescapés des pertes abominables des premiers jours parviennent à bombarder l’est de la Roumanie même si les dégâts sont plus symboliques qu’autre chose.

Par la suite les forces aériennes soviétiques n’ont pas les moyens de frapper le territoire roumain avec leurs bombardiers et encore moins avec leurs avions d’assaut Sturmovik. Des cibles roumaines sont bien visées mais elles sont situées en Crimée et à Odessa mais pas vraiment en Bessarabie et en Bucovine du Nord et encore moins sur le territoire roumain historique.

C’est à partir du printemps 1952 que les alliés ont enfin les moyens de leurs ambitions avec des appareils, des infrastructures et une stratégie concertée de bombardement sur les cibles stratégiques roumaines.

Il s’agit de préparer le terrain en vue d’une reprise de l’offensive sur le front Balkanique. Certes la Roumanie est loin mais les infrastructures routières, ferroviaires et industrielles roumaines sont vitales pour l’effort de guerre allemand et leur destruction pourrait non pas paralyser les mouvements de l’Axe mais rendre la situation logistique sur le front russe encore plus compliquée.

Ces missions voient des bombardiers lourds décoller de Crète ou du Dodécannèse, des bombardiers médians décollant du Péloponnèse, bombardiers escortés par des chasseurs (les américains mettront du temps à s’y résoudre ce qui fait dire aux historiens que nombre de pertes auraient pu être évitées) décollant d’îles aux mains des alliés et de la péninsule péloponnésienne.

Un temps l’escorte de chasse ne semble pas si efficace que cela avec de nombreuses interceptions et des pertes non négligeables. Les américains vont estimer que des bombardiers non escortés avançant en box peuvent se défendre seuls mais une analyse plus fine des rapports montrent que si interception il y à les pertes sont au final nettement moins lourdes que les américains.

Une étude menée après guerre par un think tank américain à montré qu’en moyenne pour un bombardier français ou britannique abattu, 1.7 bombardier américain (soit presque deux appareils) était envoyé au tapis.

A cela s’ajoute les appareils tellement endommagés qu’après un retour miraculeux au sol il n’y avait d’autres solutions que de l’envoyer à la casse. Le taux de perte des américains était donc bien plus élevé que celui des français et des britanniques.

Si les français et les américains attaquent de jour, les britanniques préfèrent attaquer de nuit en espérant diminuer le risque d’interception ce qui sera un temps le cas même si la mise en place d’unités de chasse de nuit par la Luftwaffe rendit les opérations périlleuses encore que les équipages du Bomber Command ayant connu les opérations au dessus de l’Allemagne trouvaient «distrayantes» les missions au dessus des Balkans (NdA nul doute qu’il faut y voir l’humour so british et le flegme typiquement britannique et non une description de la réalité des missions).

Ces missions visaient dans le cadre de l’opération Tidal Wave les raffineries de Ploesti tandis que dans le cadre de l’opération Stocker (de Bram Stocker) s’attachaient à paralyser l’économie et les mouvements de troupe en visant gares, ponts et routes.

Ces opérations ne rencontrèrent qu’un succès partiel, démentant les théories d’un Douhet ou d’un Mitchell qui prétendaient que l’aviation pourrait mettre fin à une guerre en raison des dommages causés. La réalité montrera que les économies de guerre sont bien plus résilientes que ne l’imaginait l’italien et l’américain.

Longtemps les villes ne sont pas expressément visées contrairement à l’Allemagne où le Bomber Command et dans une moindre mesure le Commandement des Forces de Bombardement (CFB) (NdA grand commandement français précurseur des Forces Aériennes Stratégiques (FAS) créé en avril 1950 par la fusion du Commandement des Forces Aériennes Tactiques et du Commandement du Bombardement Lourd) mènent clairement une stratégie anti-cités, une stratégie de terreur qui se révèlera globalement improductive.

Bucarest commence à être bombardée le 25 mars 1953. Jusqu’au basculement roumain, la capitale roumaine va être bombardéeà trente reprises, provoquant de nombreux dégâts notamment sur le patrimoine historique de la ville. D’autres villes de Roumanie sont bombardées mais moins fréquement et sont donc moins endommagées.

Le 8 et 18 octobre ainsi que les 4 et 12 novembre 1953 dans le cadre de l’opération Rache (vengeance), la Luftwaffe bombarde la capitale roumaine mais il s’agit de piqures d’épingle et non de coups de massue.

En effet ces opérations menées uniquement à des fins politiques pour rassurer des alliés inquiets ou hésitants n’engagent qu’une poignée d’appareils essentiellement des bombardiers bimoteurs Dornier Do-317 et des bombardiers quadrimoteurs Heinkel He-179.

Plusieurs appareils sont abattus par la chasse soviétique (l’aviation roumaine à été clouée au sol par l’occupant soviétique qui s’en méfie) et par la DCA roumaine.

Les pertes ne sont pas gigantesques mais à cette époque pour la Luftwaffe le moindre appareil perdu est une catastrophe surtout si c’est avec son pilote.

L’aviation roumaine va donc d’abord combattre les alliés occidentaux et l’URSS puis va se retourner contre les allemands.

Si dans les premiers jours qui suivent le coup d’état communiste, les avions roumains continuent de voler et se mettent à attaquer leurs anciens alliés allemands cela va très vite changer et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord certains pilotes refusent de suivre les nouvelles autorités et une partie d’entre-eux va décoller pour rallier le camp allemand où il seront souvent fraichement accueillis pour ne pas dire pire.

Ensuite les appareils sont pour beaucoup usés, dépassés et manquent de pièces détachées voir de munitions sans compter le carburant.

Enfin sur le plan politique l’URSS veut montrer au gouvernement communiste qui est vraiment le patron à Bucarest.

C’est donc le 5 octobre 1953 que la seconde guerre mondiale se termine pour l’aviation royale roumaine.

Certains pilotes vont continuer à se battre côté allemand mais aussi côté soviétique avec une escadrille de pilotes dont la fidélité à l’idéologie communiste n’à d’égale que les compétences en matière de pilotage.

Encore que si l’on croit le colonel Aranenko il faut relativiser le niveau. Officier de liaison soviétique au sein de l’unité volant sur Yakovlev Yak-9 il raconta dans ses mémoires publiées en 1974 deux ans après son passage à l’ouest («Au sein de l’escadrille roumaine sur les vingt pilotes, deux ou trois étaient très bons, la majorité correcte mais certains avaient du avoir leurs ailes uniquement parce qu’ils étaient membres du parti communiste»).

Cette escadrille qu’aucune marque extérieure ne distinguait des autres unités soviétiques (leur volonté de peindre la casserole d’hélice en bleu-jaune-rouge leur fût par exemple refusée) fût essentiellement employée pour la couverture et l’appui-feu des troupes roumaines engagées aux côtés de la RKKA, les unités soviétiques n’ayant aucune confiance dans ces pilotes dont on pouvait se méfier de la fidélité à la cause.

Cela eut au moins le mérite de préserver même symboliquement une aviation militaire roumaine qui après avoir été royale allait devenir populaire (sic) en recevant dès la fin des années cinquante des avions de seconde main en attendant des appareils neufs notamment les premiers chasseurs à réaction.

Les années soixante verront également la reconstitution d’une industrie aéronautique roumaine avec l’unique entreprise IAR qui allait produire quelques modèles nationaux mais surtout allait construire des avions et des hélicoptères étrangers sous licence mais ceci est une autre histoire qui sort du cadre de ce récit.

Mitteleuropa Balkans (68) Bulgarie (32)

Bombardiers

Bloch MB-200

En 1928 est lancé un programme destiné à remplacer les bimoteurs biplans LeO 20 dans les unités de bombardement de l’Aéronautique Militaire. Amendé en 1930 puis en 1932, ce programme aboutit le 26 juin 1933 par le vol du prototype du Bloch MB-200, l’appareil sélectionné par l’Armée de l’Air.

Monoplan à ailes hautes, bimoteur à train fixe, le Bloch MB-200 peut emmener 1200kg de bombes sur 1000km avec une vitesse de pointe de 280 km/h.

La première commande est passée en décembre 1933 pour trente appareils dont vingt-six produits par Potez, mieux outillé que les usines Bloch, le premier appareil de série effectuant son premier vol en septembre 1934.

Entre décembre 1934 et juin 1935, plusieurs commandes supplémentaires sont passées et dont la fabrication est assurée par Hanriot, Loire, Bréguet et Potez tandis qu’une licence de construction est attribuée à la Tchécoslovaquie (Aéro et Avia).

En mai 1935, les 38 premiers Bloch MB-200 sont mis en service au sein de la 12ème escadre de bombardement (GB I/12 et II/12) basée à Reims ainsi qu’au sein du GB II/22 de Chartres.

Fin 1936, le nombre d’appareils livrés est de 179 sur 197 dont 120 au sein des unités de bombardement (regroupées dans un 1er Corps Aérien Lourd) et 24 au sein des huit escadres de chasse comme avion de commandement.

Au final ce sont 208 appareils qui vont être produits en France (quatre par Bloch, dix-neuf par Bréguet et par Loire, quarante-cinq par Hanriot, dix par la SNCASO et cent-onze par Potez).

En septembre 1939, 92 Bloch MB-200 étaient encore en service alors que le Plan V prévoyait leur remplacement à cette date. Après quelques missions de largage de tracts durant la guerre de Pologne, les bombardiers furent très rapidement retirés des unités de première ligne pour éviter un massacre inutile contre la chasse allemande.

A cette date, sept groupes de bombardement sont encore équipés de ce vénérable appareils, quatre en métropole (GB I/31, GB II/31, GB I/32, GB II/32), un au Levant (GB I/39), un en Tunisie (GB I/25) sans parler des GB I/38 et GB II/38 équipés partiellement de cet appareil, cette flotte étant complétée par l’Amiot 143.

Peu à peu ces vénérables appareils vont être retirés du service et les unités remplacés par des appareils plus modernes en l’occurence des Lioré et Olivier Léo 451, des Douglas DB-7, des Glenn-Martin 167F et 187F ainsi que des Amiot 354.

A noter que deux dérivés furent envisagés, les MB-201 (deux Hispano-Suiza 12Ybrs de 690cv) et 202 (quatre moteurs GR 7Kdrs de 350cv [sic]) mais qui ne connurent pas la production en série.

La majorité des Bloch MB-200 sont feraillés après leur retrait du service actif, une poignée servant d’avions de test et de remorqueurs de cible, le dernier appareil quittant le service en septembre 1944.

Au milieu des années trente la Tchécoslovaquie sélectionna le MB-200 pour moderniser (sic) son armée de l’air mais entre le choix et les livraisons l’appareil était devenu obsolète.

L’état-major tchécoslovaque en était conscient mais il n’avait pas d’autres choix et c’est ainsi que 124 appareils furent produits, les MB-200 tchécoslovaques étant quasiment identiques à ceux des français, la seule différence étant l’armement et différents équipements internes.

Outre la France et la Tchécoslovaquie, l’appareil à aussi été utilisé par l’Espagne (trente-deux appareils tous détruits durant la guerre d’Espagne) et la Bulgarie qui récupéra douze appareils tchèques initialement pour l’entrainement mais qui à la mobilisation furent remis en ligne au sein de la Réserve Stratégique.

Ces appareils ne vont mener aucune mission de combat (probablement au grand soulagement de leurs équipages) et vont être rapidement remplacés par des appareils plus modernes en l’occurrence des Junkers Ju-88 supplémentaires. Aucun MB-200 bulgare n’à survécu au conflit tous ayant été soit détruits au sol par des bombardements ou envoyés à la ferraille.

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-200

Type : bombardier bimoteur monoplan quadriplace (B4)

Poids : à vide 4474kg maximal 7280kg

Dimensions : Envergure 22.45m Longueur 16m Hauteur 3.90m

Motorisation : deux Gnôme-Rhône 14 Kirs 14 cylindres en étoile refroidis par air et dévellopant 870ch.

Performances : vitesse maximale 285 km/h à 4300m Autonomie maximale 1000km Plafond pratique 7000m

Armement : trois mitrailleuses MAC 1934 de 7.5mm (une en tourelle frontale, une en tourelle frontale et une sur affût ventral) et une charge militaire allant de 900 à 1200kg.

Caproni Ca-313

Caproni Ca-313 de l’armée de l’air suédoise

Le Caproni Ca-313 est une évolution du Caproni Ca-310. Effectuant son premier vol le 22 décembre 1939, l’appareil est essentiellement à l’origine un Ca-310 simplifié avec de nouveaux moteurs. Au final il sera plus proche du Ca-311 avec néanmoins des moteurs en ligne.

Comme ces moteurs avaient une surface frontale inférieure à celle des Piaggio, la trainée aérodynamique était plus faible ce qui permettait une vitesse supérieure avec pourtant une puissance propulsive inférieure.

L’appareil fût commandé par l’Italie et connu un grand succès à l’export même si les commandes françaises et britanniques un temps envisagées ne se concretisèrent pas avec la fin rapide de la guerre de Pologne.

L’appareil fût néanmoins vendu en Suède (64 exemplaires), en Belgique (32 exemplaires), en Norvège (16 exemplaires curieusement désignés Ca-312), en Yougoslavie (douze exemplaires), en Hongrie (seize exemplaires), en Bulgarie (seize exemplaires) soit un total de 156 exemplaires exportés sur une production globale de 350 exemplaires, le reliquat allant à l’Italie puis partiellement au cours du conflit à l’Allemagne pour des tâches secondaires (entrainement, liaison, remorquage de cibles).

Au combat l’appareil fût utilisé pour la reconnaissance et le bombardement léger. Il se montra efficace même si en présence d’une chasse mordante et décidé, le Ca-313 n’était pas forcément à son aise.

Toujours en service au moment du grand basculement de mars 1953, l’appareil est utilisé par l’ANR comme bombardier léger, avion de reconnaissance. Quelques missions de bombardement en piqué sont menées après le crash d’un appareil (rupture de l’aile gauche), ce type de mission fût strictement interdit.

Du côté de l’aviation co-bélligérante, les Ca-313 furent utilisés loin du front pour des missions de liaison, de remorquage de cibles et d’évacuation sanitaire.

Une douzaine d’appareils à survécu au conflit. Beaucoup ont été feraillés mais certains ont rejoint des musées (un en Italie, un en France, un en Grande-Bretagne et un aux Etats-Unis). L’appareil à été retiré du service en Suède en 1960 alors que dans les autres pays ils ont disparu dans l’ouragan de feu et de fer qu’à été le second conflit mondial.

La Bulgarie à donc acquis seize Caproni Ca-313 qui vont équiper le yato de bombardement du 3. Orlyak. Ces appareils vont être utilisés pour le bombardement léger, l’appui rapproché et la reconnaissance.

Dépassé en septembre 1948 il était encore en service faute de mieux, des tentatives d’évolution menées par l’industrie bulgare n’ayant pas débouché. La flotte subissant de lourdes pertes, les quatre Ca-313 sont retirés du service en mars 1950 et l’unité dissoute. Elle sera reconstituée avec des Junkers Ju-88 livrés par l’Allemagne, des appareils certes de seconde main mais Sofia ne pouvait (et surtout ne devait) pas trop faire la fine bouche. Aucun Ca-313 n’à survécu au second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques

Type : bimoteur triplace de reconnaissance et de bombardement léger

Masse à vide 4072kg en charge 5672kg

Dimensions : longueur 11.80m envergure 16.65m hauteur 3.70m

Motorisation : deux Isotta Fraschini Delta R.C 35 I-DS de 730ch

Performances : vitesse maximale 430 km/h rayon d’action 1700km plafond opérationnel 8500m

Armement : trois mitrailleuses de 7.7mm Breda-SAFAT 400kg de bombes

Avia B-71

L’Avia B-71 est la version produite sous licence du Tupolev SB

L’Avia B-71 est un bombardier bimoteur monoplan, la version produite sous licence d’un bombardier soviétique, le Tupolev SB (Skorostnoi Bombardirovschik bombardier rapide), un bombardier triplace qui effectua son premier vol le 7 octobre 1934 et mis en service en 1936.

Le Tupolev SB est un bimoteur à aile haute propulsé par deux moteurs en ligne Klimov aux faux airs du Glen Martin 167F bien connu par notre armée de l’air. Produit en très grand nombre (2980 exemplaires) en URSS et aurait du être produit sous licence en Tchécoslovaquie.

L’appareil est engagé au combat dans la guerre d’Espagne, dans la deuxième guerre sino-japonaise sous les couleurs chinoises, en Mongolie lors des incidents de frontière entre l’URSS et le Japon, durant la guerre de Pologne, durant la guerre d’Hiver contre la Finlande.

Toujours en service en juin 1950, il était totalement obsolète ce qui explique les lourdes pertes subies par cet appareil relégué au printemps 1951 à l’entrainement voir à quelques missions de bombardement de nuit jusqu’à ce que la Nachtjagd, la chasse de nuit soit pleinement opérationnelle côté allemand.

Il quitte définitivement le service actif en 1954, la majorité des appareils survivants étant ferraillées mais quelques uns ont été préservés dans des musées ou sur des mémoriaux.

A l’origine de ce rapide bimoteur figure un appel à projet lancé par le ministère de l’Air soviétique (UVVS) pour un bombardier rapide. Le dévellopement commence en janvier 1934 au sein de l’OKB dirigé par Andrei Tupolev et plus précisément par l’équipe dirigée par Arkhangelski.

Deux version sont envisagées, la première propulsée par des moteurs radiaux Wright Cyclone (ANT-40RT) et la seconde propulsée par des moteurs en ligne Hispano-Suiza 12Y (ANT-40 IS). Le premier prototype décolle pour la première fois le 7 octobre 1934, le second effectue son vol inaugural le 30 décembre 1934, les performances du second étant supérieures à celles du premier mais tout n’était pas réglé pour autant.

Si le premier appareil de série sort des chaines de montage fin 1935 ce n’est qu’en 1936 que la production de masse est véritablement lancée dans l’usine d’Etat n°22 implantée à Moscou et dans l’usine n°125 à Irkutsk.

En une année, 400 appareils sont livrés aux VVS mais une partie est détournée vers l’Espagne pour renforcer l’aviation républicaine (et aussi tester l’appareil au combat).

En 1937 la Tchécoslovaquie commande des appareils et acquiert la licence de fabrication en échange de l’achat par l’URSS de la licence de production du canon de montagne Skoda modèle 1936 de 75mm.

Baptisée Avia B-71, cette version «tchéquisée» disposait de moteurs Hispano-Suiza produits par Avia, une mitrailleuse de 7.92mm Zb-30 en remplacement des deux mitrailleuses dans le nez, des Zb-30 remplaçant également les autres mitrailleuses embarquées.

Malheureusement pour la Československé letectvo si soixante appareils furent livrés par l’URSS, aucun Avia B-71 ne fût produit en raison de la crise des Sudètes et surtout du démantèlement de ce qui restait de la Tchécoslovaquie au printemps 1939.

Ces appareils ne vont pas être perdus. Saisis par les allemands qui n’en ont pas vraiment besoin ils vont les rétrocéder à la Bulgarie qui va ainsi mettre en ligne trente-deux appareils en fait plutôt vingt-huit avec seize au sein du yato de bombardement du 4. Orlyak et enfin douze au sein au sein d’un yato de la Réserve Stratégique.

Ces appareils vont opérer au dessus de l’URSS et surtout au dessus de la Grèce, certains attaquant Athènes et le Péloponnèse. La flotte va subir de lourdes pertes puisque seulement quatre appareils vont survivre au conflit, trois étant envoyés à la ferraille et le dernier préservé.

Caracteristiques Techniques (Tupolev SB-2M103)

Type : bombardier bimoteur médian triplace

Masse à vide 4768kg en charge 6308kg maximale au décollage 6308kg

Dimensions : longueur 12.57m envergure 20.33m hauteur 3.60m

Motorisation : deux moteurs en ligne Klimov M-106 de 960ch

Performances : vitesse maximale 450km/h à 4100m distance franchissable 2300km plafond opérationnel 9300m

Armement : quatre mitrailleuses de 7.92mm Zb-30 (deux dans le nez, une en tourelle dorsale et une en position ventrale) six bombes de 100kg ou six de 50kg en soute avec deux bombes de 250kg sous les ailes.

Junkers Ju-88

Junkers Ju-88 en vol

Quand les nazis arrivent au pouvoir, le réarmement est lancé à grande échelle. En ce qui concerne la future Luftwaffe, il faut partir de zéro. Un appel d’offres est lancé pour un bombardier moyen, la firme Junkers travaillant sur deux modèles, le Ju-85 à double-dérive et le Ju-88 avec dérive unique.

Les spécifications demandées par le RLM réclamaient un bombardier triplace rapide non-armé avec jusqu’à une tonne de bombes. Cinq prototypes donnant naissance au Ju-88 furent produits, le premier prototype effectuant son premier vol le 21 décembre 1936.

Au total neuf prototypes furent produits, certains modifiés pour servir de bombardier en piqué qui démontrèrent la polyvalence du modèle de base qui devait à terme être décliné en chasseur lourd (Ju-88C) et en bombardier en piqué (Ju-88B) mais ces versions ne furent pas produites.

Au Junkers Ju-88A succéda le Ju-88D une version améliorée avec un armement défensif renforcé, les Ju-88E étant des appareils destinés à l’export (Espagne, Finlande, Hongrie, Roumanie et Bulgarie) et le Ju-88F un projet de bombardier-torpilleur qui ne vit pas le jour mais qui servit de base de travail pour une version dédiée du Ju-188.

Le Ju-88G est une version de reconnaissance tactique qui équipa une escadre en attendant la disponibilité d’une version adaptée du Ju-188.

Si une poignée de Ju-88 est en service en septembre 1939 avec un rôle négligeable durant la guerre de Pologne, neuf ans plus tard, quatre escadres de bombardement sont équipés de Ju-88, une avec des Ju-88A et les trois autres avec des Ju-88D.

Quand le conflit éclate, une nouvelle version baptisée Ju-88H doit entrer en production pour remplacer les Ju-88A puis à terme équiper de nouvelles escadres.

Par rapport à ces prédécesseurs, l’appareil dispose de moteurs plus puissants, de nouveaux équipements radios et d’un armement défensif renforcé avec deux mitrailleuses de 7.92mm dans le poste vitré, mitrailleuses qui peuvent être remplacés par un canon de 20mm.

Les appareils en service eux vont mener des raids contre le Danemark et la Norvège, visant les ports, les aérodromes, les voies de communication pour faciliter les opérations aéroportées en attendant les débarquements amphibies.

En dépit de la présence des Ju-188, des Ju-288 et des Ju-388, le Ju-88 va rester en service jusqu’à la fin du conflit même si au printemps 1954 son rôle est secondaire pour ne pas dire négligeable.

La Bulgarie va donc utiliser le Junkers Ju-88 pour équiper ses yatos de bombardement. Elle commande en mars 1943 quarante Junkers Ju-88D destinés à équiper un yato du 1. Orlyak (seize appareils) et deux yatos de douze appareils de la Réserve Stratégique.

Ces appareils livrés entre septembre 1943 et juin 1944 sont suivis d’un nombre équivalents pour servir de volant de fonctionnement au grand dam du yato volant sur Bloch MB-200 et sur un yato de reconnaissance maritime volant sur Dornier Do-11D.

Ces unités vont recevoir des Junkers Ju-88H durant le second conflit mondial, la première unité recevant douze appareils en mars 1949 et la seconde recevant douze autres appareils en octobre de la même année.

Au final la Bulgarie à reçut quatre-vingt Junkers Ju-88D et quarante-huit Ju-88H soit un total 128 exemplaires.

Ces appareils vont être utilisés comme «bombardiers stratégiques» mais aussi comme avion de reconnaissance et d’assaut aéromaritime notamment en mer Noire où les appareils bulgares tentèrent en vain de faire basculer le contrôle de la mer Noire du côté de l’Axe. Il n’y eut au plus qu’une domination locale mais jamais le contrôle soviétique de la mer Noire fût mis en danger.

A la fin du conflit il restait douze Ju-88D et huit Ju-88H. Ces appareils ont été stockés puis réutilisés un temps pour réentrainer de nouveaux aviateurs bulgares en attendant l’arrivée d’avions plus adaptés que ce soit sur le plan technique et idéologique. Tous ces bimoteurs ont été envoyés à la ferraille sauf deux Ju-88D et un Ju-88H qui ont été exposé pour le premier Ju-88D en Bulgarie alors que le deuxième Ju-88D et l’unique Ju-88H ont été exposés respectivement en Pologne et en Suède.

Caractéristiques Techniques du Junkers Ju-88D

Type : bombardier rapide bimoteur multiplace

Masse à vide 9600kg en charge 14000kg

Dimensions : longueur 14.36m envergure 20.08m hauteur 5.07m

Motorisation : deux moteurs en ligne Junkers Jumo 211J de 1420ch chacun

Performances : vitesse maximale 510 km/h à 5300m en configuration lisse réduite à 433 km/h avec des bombes sous les ailes Distance franchissable 2430km Plafond opérationnel 9000m

Armement : une mitrailleuse de 7.92mm MG-81J à l’avant avec 1000 coups, une autre mitrailleuse avec 1000 coups en position ventrale arrière, une mitrailleuse MG-81J en position ventrale avant avec 1000 coups et deux mitrailleuses de 7.92mm MG-81Z à l’arrière avec 1000 coups.1400kg de bombes dans deux soutes à bombes internes ou 3000kg à l’extérieur

Equipage : quatre hommes (pilote, bombardier-mitrailleur, opérateur radio-mitrailleur arrière et navigateur-mitrailleur ventral)

Dornier Do-17

Dornier Do-17 finlandais

A l’origine du “crayon volant” figure un appel d’offres lancé en 1932 pour un courrier postal destiné à la Lufthansa et un avion cargo pour la Deutschebahn. La firme Dornier dont l’usine était installée à Friedrichshafen sur les rives du lac de Constance emporte le morceau.

Le projet lancé en août 1932 puis accéléré par l’arrivée des nazis au pouvoir. La construction des prototypes ne commencent que le 20 mai 1934 et le 23 novembre, le Do-17V1 décolle pour la première fois.

Ce prototype est muni d’une dérive unique à la différence des deux autres, la configuration à double dérive se révélant plus stable et est donc sélectionnée. Au total neuf prototypes furent produits.

L’appareil est mis en service début 1937 avec le Do-17E suivit d’une variante pour la reconnaissance tactique baptisée Do-17F mais cette variante est produite en petit nombre, la Luftwaffe préférant utiliser le Focke-Wulf Fw-189 et des variantes de la famille Ju-88/Ju-188 pour la reconnaissance.

La variante Do-17L n’est pas produite en série à la différence de la variante Do-17M qui abandonnait les moteurs radiaux pour des moteurs en ligne. Une autre variante de reconnaissance baptisée Do-17P est envisagée mais non produite.

Quand commence la guerre de Pologne, cinq escadres sont équipées des différentes variantes du Do-17, trois équipées de Do-17E et deux équipées de Do-17M.

A l’origine il était prévu la production du Dornier Do-17Z mais les allemands préférèrent passer au Do-217, un appareil étroitement issu du Do-17.

Résultat en septembre 1948, les Do-17 ne sont plus en service sous les couleurs allemandes. Des appareils sont utilisés pour les liaisons, l’entrainement, le remorquage des cibles et les expérimentations.

Il est encore en service en Yougoslavie, en Espagne, en Bulgarie, en Finlande, en Hongrie et en Roumanie.

La Bulgarie va commander trente-six Dornier Do-17E en septembre 1941 pour initialement équiper deux yatos de bombardement mais au final seule une unité de seize appareils intégrée au 2. Orlyak allait être mise sur pied ce qui laissait vingt appareils en réserve. Réserve ne veut pas dire stockage certains appareils étant utilisés pour des essais techniques et tactiques, des missions de liaison voir de transport de personnalités.

L’unité en question va utiliser le Do-17 jusqu’à la fin du conflit en dépit du fait qu’il à très vite été déclassé obligeant les pilotes bulgares à préférer la nuit au jour pour éviter les pertes.

Quand le conflit se termine il ne reste que quatre appareils en service, appareils tellement usés qu’ils sont immédiatement ferraillés.

Caractéristiques Techniques du Dornier Do-17

Type : bombardier moyen bimoteur quadriplace

Masse : à vide 5210kg à vide équipé 5963kg maximale au décollage 8837kg
Dimensions : longueur 15.8m envergure 18m hauteur 4.56m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bramo 323P 9 cylindres dévellopant 986ch et entrainant des hélices tripales.

Performances : vitesse maximale 350 km/h au niveau de la mer vitesse de croisière 300km/h Distance franchissable 600km avec 1540 litres de carburant et 1000kg de bombes Plafond opérationnel 8200m

Armement : six mitrailleuses MG-15 de 7.92mm, 1000kg de bombes en soute, la charge pouvant être emportée à l’extérieur

PZL P.43

Le PZL P.43 est un bombardier léger et avion de reconnaissance monoplan monomoteur développé au milieu des années trente. C’est une version export du PZL.23 Karas qui allait donc être utilisé notamment par la Bulgarie sous la désignation de Chaika (mouette).

Le vol initial à lieu en février 1937. Cinquante-quatre exemplaires ont été produits entre 1937 et 1939, cinquante pour la Bulgarie et quatre pour la Pologne (ce qui n’était pas initialement prévu).

La mise au point du P.43 s’explique par les mêmes raisons que pour le PZL P.24 à savoir l’impossibilité d’exporter des appareils propulsés par des Bristol Pegasus. En place du groupe motopropulseur britannique les polonais installèrent un Gnome-Rhône 14K. L’appareil fût d’abord proposé à la Roumanie qui préféra des appareils de conception nationale et fût exporté en Bulgarie.

Le PZL P.43 est un monomoteur monoplan à aile basse et train fixe. Son équipage se compose de trois hommes (pilote, bombardier et un observateur-mitrailleur), les deux premiers protégées par une verrière mais le mitrailleur est à l’air libre.

En mars 1938 la Bulgarie va commander quarante-deux exemplaires qui suivent douze exemplaires produits en 1938. Sur les quarante-deux exemplaires commandés par Sofia seulement trente-six seront achevés avant la chute de la Pologne. Ultérieurement quatorze appareils capturés par les allemands sont cédés à la Bulgarie qui va disposer de cinquante appareils.

Ces appareils sont d’abord utilisés pour le bombardement mais très vite ils sont relégués à des missions de reconnaissance, équipant un yato de reconnaissance soit seize appareils. Ces avions étaient encore en service en septembre 1948 bien que totalement dépassés. Ils vont être remplacés durant le conflit par des Focke-Wulf Fw-189 de réserve. Aucun P.43 ne survit au conflit.

Caracteristiques Techniques

Type : monomoteur monoplan triplace de bombardement léger et de reconnaissance

Masse à vide 2200kg en charge 3100 à 3300kg maximale au décollage 3525kg

Dimensions : longueur 9.95m envergure 13.95m hauteur 3.3m

Motorisation : un moteur radial Gnome-Rhône 14N-01 de 970ch entrainant une hélice à trois pales et pas variable Gnome-Rhône.

Performances : vitesse maximale 365km/h distance franchissable 1400km plafond opérationnel 8500m

Armement : deux mitrailleuses de 7.92mm dans le fuselage sur les côtés et une mitrailleuse de même calibre en poste arrière. Charge supérieure à 700kg de bombes sous les ailes.

Mitteleuropa Balkans (52) Bulgarie (16)

L’armée bulgare dans l’entre-deux-guerre

Le traité de Neuilly-sur-Seine signé le 27 novembre 1919 comprend de sérieuses clauses militaires qui vont limiter la puissance de l’armée bulgare dont les effectifs sont limités à 20000 hommes en incluant les forces intérieures et les gardes frontières.

Les unités plus grande que la division sont interdites mais les trois inspectorats qui doivent mettre en place en temps de guerre autant d’état-major d’armées sont maintenus sous la désignation passe-partout de «Garnison de 1ère classe», garnisons installées à Sofia, Varna et Plovdiv. Naturellement l’armée de terre du tsar Boris III ne peut posséder ni chars ni artillerie lourde.

En 1928 la commission de contrôle alliée quitte le pays ce qui permet à la Bulgarie de prendre de plus en plus de libertés avec ces limitations. C’est ainsi qu’une quatrième garnison de 1ère classe voit le jour en 1928 à Pleven. De nouveaux plans de mobilisation sont mis au point, plans qui selon les époques prévoyaient la mise sur pied de quatre à cinq armées avec jusqu’à 30 divisions.

Après 1934 l’armée bulgare à pu déjà augmenter ses effectifs avec quatre armées (en réalité des corps d’armée) et huit divisions d’infanterie ce qui représente une force de combat de 40 régiments d’infanterie, de 19 régiments d’artillerie et de 10 régiments de cavalerie. Les effectifs atteignent déjà 103000 hommes.

Comme tous les vaincus elle va tenter de contourner ces interdictions mais il faudra attendre la signature de l’accord de Salonique le 31 juillet 1938 avec ses voisins pour que les limitations militaires du traité de paix soient définitivement abandonnées et que le réarmement déjà entame de facto le soit de jure.

En ce qui concerne l’équipement il est modernisé même si les moyens manqueront pour renouveler totalement l’équipement de l’armée bulgare.

Chenillette L-3

Cette dernière va s’équiper de chars et de véhicules blindés d’abord italiens (CV-33) et britanniques (Vickers type E) puis essentiellement tchèques et allemands.

Vickers type E

Ces moyens vont former deux brigades blindées mais le projet de les transformer en véritables divisions blindées ne verra jamais le jour faute de moyens (la Bulgarie ne possède qu’une faible industrie et dépend de manufacturiers étrangers pour s’équiper).

A partir de 1945 la Bulgarie investit massivement dans son outil militaire. Enfin tout est relatif et si une petite industrie militaire voit le jour elle ne peut couvrir tous les besoins de l’armée de Boris III qui dépend encore des importations notamment allemandes.

Ces derniers sont réticents à livrer le matériel demandé non seulement parce qu’ils doivent privilégier l’équipement de leur armée mais aussi et peut être surtout parce qu’on se méfie des bulgares.

Panzer IV Ausf G

Les demandes en matériel ne seront jamais satisfaites mais certaines étaient tellement extravagantes (500 Panzer IV et 300 Stug III par exemple) qu’on est en droit de se demander si il ne s’agissait pas de demander plus pour obtenir ce qu’on voulait vraiment. Le débat reste ouvert…… .

L’infanterie renouvèle son armement qui est dans l’ensemble assez moderne même si il reste ici ou là quelques armes utilisées par leurs ainés durant le premier conflit mondial.

Si on compare aux pays voisins la Bulgarska Armiya n’à pas à rougir de son équipement et les manœuvres estivales exécutées en 1946, 1947 et 1948 ont révélé certes des lacunes mais également un niveau acceptable voir bon dans certains domaines, une armée de format réduite ayant permis de créer de bons officiers et d’excellents sous-officiers. Certes en cas de guerre de masse cela peut aboutir à une armée à deux vitesses…… .

A l’été 1948 alors que les tensions ne cessent de croitrent en Europe, le gouvernement bulgare décide en toute discretion de rappeler des réservistes et de préparer les centres de mobilisation et ainsi gagner quelques jours.

Signe qui ne trompent pas les troupes reçoivent l’ordre dès le mois d’août de gagner les blockhaus et autres abris de Ligne Kubrat et de tenir fermement leurs positions pour protéger la mobilisation générale, mobilisation qui va tarder à venir comme nous allons voir dans la partie suivante.

L’armée de terre bulgare dans le second conflit mondial

Mobilisation et montée en puissance

Le 5 septembre 1948 l’Allemagne par son invasion du Danemark et de la Norvège propulse le monde dans une nouvelle guerre mondiale. La Bulgarie liée au pacte tripartite se déclare prête à toute évantualité.

La mobilisation générale n’est pas pour autant décidée mais on décide de maintenir sous les drapeaux les conscrits qui devaient être libérés d’ici fin 1948 et de rappeler de nouveaux réservistes sans compter que des volontaires se présentent spontanément et sont souvent incorporés aux unités notamment celles qui sont en déficit de personnel.

Ce n’est qu’en janvier 1949 que la mobilisation générale est ordonnée par un décret royal du 14 janvier 1949. Des dizaines de milliers de réservistes, les conscrits du contingent annuel affluent vers les casernes et les centres de mobilisation mis en place à l’automne 1948.

En janvier 1948 soit encore en temps de paix, l’armée bulgare possédait huit divisions d’infanterie, deux brigades blindées, une brigade de cavalerie, une brigade de gardes-frontières, un service aéronautique et différentes unités d’appui (artillerie, génie) et de soutien.

La mobilisation générale permet d’augmenter les effectifs des unités existantes et surtout d’en créer des nouvelles. Résultat quand la mobilisation est terminée le 2 février 1949, l’armée bulgare affiche le visage suivant :

Soldats bulgares au repos. Date et lieu inconnus

-Douze divisions d’infanterie

-Une division de cavalerie

-Deux brigades blindées

-Une brigade du génie

-Une brigade d’artillerie

-Les troupes aériennes royales

Les douze divisions d’infanterie vont être déployées au sein de quatre armées, la 1ère armée défend la Bulgarie contre une potentielle action roumaine en Dobroudja du Sud, les 2ème et 3ème armées font face à la Yougoslavie et la 4ème Armée fait face à la Grèce.

L’unique division de cavalerie (une deuxième doit être mis sur pied ultérieurement) est maintenue en réserve stratégique en compagnie des deux brigades blindées, de la brigade du génie et de la brigade d’artillerie.

C’est avec ces capacités que la Bulgarie va entrer en guerre même si Sofia ne participera pas directement à l’opération MARITSA.

D’autres divisions vont être créées et c’est ainsi qu’au moment du déclenchement de l’opération BARBAROSSA, l’armée bulgare aligne seize divisions d’infanterie, deux divisions de cavalerie partiellement motorisées («pétrole-picotin»), deux brigades blindées, une brigade du génie, une brigade de gardes-frontières et trois brigades d’artillerie.

De nouvelles unités seront ultérieurement créées et à son apogée la Bulgarska Armiya atteindra le chiffre respectable de vingt deux divisions d’infanterie, deux brigades de chasseurs, deux divisions de cavalerie, deux brigades blindées, une brigade du génie, deux brigades de gardes-frontières et trois brigades d’artillerie.

Au combat !

L’armée bulgare est sur le pied de guerre au printemps 1949. Elle pourrait participer à l’opération MARITSA (l’invasion de la Yougoslavie et de la Grèce) mais s’abstient se contentant d’ouvrir son territoire aux allemands.

Selon certains historiens et amateurs de wargames si la Bulgarie était intervenue même avec des moyens limités, la Yougoslavie se serait effondrée en quelques jours et les alliés décidés à tenir en Grèce auraient vite été culbutés par les troupes germano-bulgaro-italiennes.

Une fois la Yougoslavie vaincue, la Bulgarie entre en Macédoine et en Thrace occidentale, des zones considérées comme bulgares et peuplées essentiellement d’ailleurs de bulgarophones. Cela n’empêchera pas la population d’être victimes d’exactions de la part de la soldatesque ce qui entrainera des révoltes vite écrasées.

Pour occuper cette région, la Bulgarie y déploie la 4ème Armée composée de trois divisions d’infanterie (5ème, 6ème et 11ème DI), la 1ère division de cavalerie, la 11ème brigade blindée et une brigade d’artillerie.

Dans un premier temps cette armée doit surtout lutter contre des unités de guerilla, plus ou moins bien entrainées, plus ou moins bien disciplinées. Des campagnes de «pacification» sont régulièrement menées avec son lot d’exactions et de massacres qui alimentent les guerillas rapidement encadrées par les services de renseignement alliés.

Après le retrait des troupes bulgares du dispositif BARBAROSSA suite à l’opération URANUS (contre-offensive de l’été 1951 pour repousser les allemands du Caucase), la 4ème Armée reçoit des renforts, une façon pour les bulgares de se faire pardonner par les allemands.

Le dispositif est réorganisé avec la création d’une 5ème Armée. Si la 4ème Armée reste déployée essentiellement en Macédoine, la 5ème Armée est surtout destinée à défendre la Grèce continentale aux côtés d’unités italiennes et allemandes.

La 4ème Armée dispose désormais de quatre divisions d’infanterie (2ème DI, 4ème DI, 6ème et 11ème DI), la 1ère division de cavalerie et la 1ère brigade de chasseurs plus destinée aux opérations anti-guerilla.

La 5ème Armée dispose de quatre divisions d’infanterie (1ère, 3ème, 5ème et 8ème DI), la 2ème division de cavalerie, la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs.

Ces huit divisions d’infanterie vont affronter les alliés à partir de l’automne 1952. C’est à cette époque les alliés décident d’avancer dans les Balkans pour déstabiliser le dispositif global de l’Axe.

Informés de mouvements importants côté allié ce qui laisse présager une opération d’ampleur (sans que l’on sache si il s’agit d’une offensive ou d’une simple diversion) les bulgares demandent des renforts en hommes et en matériel de la part des allemands mais ces derniers ne sont pas pressés d’aider un allié en qui ils n’ont plus du tout confiance. Les renforcements seront minimaux et ne permettront probablement pas de repousser l’attaque alliée.

L’opération ANVIL est déclenchée le 21 septembre 1952. A partir du 14 septembre, l’aviation et l’artillerie alliées entament une intense préparation, frappant des cibles stratégiques et les positions ennemies pour faciliter des troupes engagées.

Les marines alliées effectuent également des bombardements sur la côte ouest de la Grèce et en Albanie pour attirer des forces dans ces régions et faciliter l’avancée depuis le Péloponnèse. Même situation en mer Egée avec des raids commandos dans le nord de la Grèce (attaque du port de Thessalonique le 15 septembre 1952) mais leur impact à été assez limité.

Comme le dira plus tard un officier allemand «C’était trop brouillon, trop étiré pour être vraiment crédible. Avec moins d’opérations on aurait pu y croire mais là le scepticisme était général même si dans les hautes sphères certains croyaient dur comme fer à un débarquement dans la région de Thessalonique en liaison avec les turcs»

Les alliés vont engager dix-sept divisions dans cette offensive avec la 8th Army (UK) (8ème Armée britannique) composée d’un corps armée britannique (deux DI et une DB) et un corps d’armée sud-africain (deux DI), la 10th Army (UK) composée d’un corps d’armée sud-africain (une DI et une DB) et deux corps d’armées britanniques (deux DI chacun) et l’Armée Grecque de Libération (trois corps d’armée à deux divisions, deux corps à deux DI et un corps d’armée à une DB et une DI).

Il était prévu l’engagement de divisions yougoslaves mais leur montée en puissance est plus longue que prévue en raison de problèmes d’équipements et d’encadrement entre des officiers majoritairement serbes et un corps de troupes composé essentiellement de monténégrins, de bosniens et de croates, ces derniers étant vus comme des traîtres en puissance et sont donc tenus en piètre estime.

En face le dispositif germano-italo-bulgare est moins puissant, leurs troupes sont moins entraînées mais l’équipement est assez bon et surtout le terrain habilement utilisé est un atout précieux dans leurs mains.

Les consignes du Heeresgruppe E (Groupe d’Armées E) qui chapeaute toutes les troupes de l’Axe dans les Balkans : user au maximum les troupes alliées, les faire douter, les allemands sachant que les moyens engagés si ils sont impressionnant sur le papier sont finalement limités en raison des besoins et des priorités sur les autres fronts.

Les combats sont durs et impitoyables. Les germano-italiens sont en première ligne pour empêcher la sortie des alliés du Péloponnèse. Les bulgares sont d’abord tenus en réserve officiellement parce qu’on craint un débarquement allié dans la région de Thessalonique mais il n’est pas impossible que Berlin ait pu craindre un manque de mordant des troupes de Sofia.

Ce n’est qu’alors qu’Athènes est menacé et que l’hypothèse d’un débarquement allié dans le nord de la Grèce soit devenu une chimère (aucune force navale présente en mer Egée, activité aérienne importante mais pas gigantesque non plus) que les troupes bulgares sont engagées.

Elles montrent un mordant et une vigueur qui surprend leurs alliés comme leurs ennemis. Les britanniques qui sont les premiers à entrer en contact doivent engager toute leur puissance de feu pour repousser de vigoureuses et tenaces attaques bulgares.

Es-ce à dire que les bulgares peuvent renverser la situation stratégique dans la région ? Hélas pour eux non. C’est ainsi qu’après de violents combats, Athènes détruit à 80% est libérée le 17 décembre 1952.

Symboliquement c’est le bataillon sacré, un bataillon para-commando grec qui entre le premier dans la ville, hissant sur l’Acropole le drapeau grec récupéré in extremis lors de la chute de la ville en 1950.

La quasi-totalité du territoire grec est libérée en février 1953 après de violents combats. Le territoire hellène est ravagé, une famine biblique frappe les habitants. L’impact est d’autant plus violent que les corps ont été affaiblis par les privations. A la famine s’ajoute différentes épidémies.

Les alliés vont procéder à des distributions de nourriture mais cela ne fera que compenser les privations. Il faudra attendre 1956/57 pour que la situation s’améliore durablement.

Les troupes bulgares ont subit de lourdes pertes. C’est ainsi que sur les quatre divisions d’infanterie de la 5ème Armée, deux ont été détruites et deux très affaiblies.

La 1ère et la 5ème DI sont ainsi retirées du front et remplacées par les 16ème et 22ème DI mais ces unités sont de création récente et manque non seulement d’expérience mais aussi de cohésion puisque leur recrutement mélange «bulgares de souche» et «bulgares de branche» issus de Macédoine et tous ne sont pas des adeptes passionnés de la Grande Bulgarie. Les 3ème et 8ème DI ont subi des pertes mais au final elles sont encore capables de tenir le front.

La 2ème division de cavalerie, une unité «pétrole-picotin» à été saignée à blanc en menant des raids sur les arrières de l’ennemi et en se sacrifiant pour permettre le repli des unités d’infanterie moins mobile. Résultat elle est retirée du front et en dépit de plusieurs projets ne sera jamais reconstruite et peut être considérée comme dissoute de facto et non de jure.

En revanche la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs ont fait plus que tenir le coup. Combattant souvent ensemble ils ont pu associer habilement le choc et la manœuvre, posant des problèmes tactiques aux alliés.

Le manque de moyens empêche de profiter pleinement du basculement italien dans le camp allié en avril 1953.

Le 19 mai 1953 est déclenchée l’opération SLEDGEHAMMER avec les 8ème et 10ème armées britanniques, la 1ère Armée Grecque (ex-Armée Grecque de Libération) et la 1ère Armée Yougoslave qui comprend deux corps d’armée à deux DI plus une division blindée sous commandement direct de l’armée.

Face à cette nouvelle offensive d’ampleur, les bulgares déploient toujours les 4ème et 5ème Armées.

La 5ème Armée aligne donc quatre divisions d’infanterie (3ème DI, 8ème DI, 16ème et 22ème DI), la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs.

La 4ème Armée aligne quatre divisions d’infanterie (2ème, 4ème, 6ème et 14ème DI), la 1ère division de cavalerie et la 1ère brigade de chasseurs.

Les bulgares alignent huit divisions d’infanterie, une division de cavalerie, une brigade blindée et deux brigades de chasseurs.

Si l’Albanie est occupée quasiment sans combats suite à la défection italienne (une partie se rend sans combattre, d’autres restent aux côtés des allemands) et parce que les allemands retraitent en bon ordre en pratiquant la politique de la terre brûlée, le reste du front est le théâtre de combats impitoyables où on ne se fait aucun cadeau.

A l’été 1953 le front suit grosso modo une ligne partant du nord de Durres (le port reste sous le feu de l’artillerie allemande qui pratique des tirs de harcèlement contre les navires venant y faire relâche), traverse le centre de la Macédoine avant de suivre à peu près la frontière bulgaro-grecque.

Les bulgares combattent avec énergie probablement parce qu’ils savent que leur pays est proche et qu’ils vont devoir défendre leur pays, leur patrie, leur terre. Cela motive n’importe quel corps de troupe comme les alliés s’en sont rendu compte quand sur le front occidental ils s’approchaient de la frontière allemande, du Vaterland.

Selon certains historiens l’engagement de moyens supplémentaires aurait permis de faciliter la progression vers le nord mais à cette époque les alliés vont donner la priorité au front occidental, au front scandinavie et même au front italien.

C’est ainsi qu’on laisse en ligne que la 8ème Armée Britannique avec deux corps sud-africains et un corps britannique, la 1ère Armée Grecque et la 1ère Armée Yougoslave, la 10ème Armée britannique (deux corps britanniques) ralliant le front italien en relève d’autres troupes qui vont être mises en repos en Afrique du Nord.

Cela nous laisse un total de quatre divisions sud-africaines, deux divisions britanniques, six divisions grecques et six divisions yougoslaves soit un total de dix-huit divisions même si toutes ne sont pas en ligne en raison d’un terrain défavorable et une logisitique qui connait parfois des ratés.

En face le Heeresgruppe E aligne six divisions allemandes réparties entre une 11ème et une 15ème Armée et deux armées bulgares, les 4ème et 5ème armées

Leur composition évolue avec une 4ème Armée composée des 2ème, 4ème et 14ème DI, de la 1ère division de cavalerie alors que la 5ème Armée est composée de la 8ème DI, de la 16ème et de la 22ème DI et de la 11ème brigade blindée soit six divisions d’infanterie, une division de cavalerie et d’une brigade de cavalerie.

Les deux brigades de chasseurs, des unités d’infanterie légère sont redéployées sur l’arrière du front pour des opérations anti-guerilla, la 1ère brigade de chasseurs opérant aux côtés des troupes de l’Etat croate indépendant alors que la 2ème brigade de chasseurs opère en Macédoine.

Les alliés repassent à l’offensive en novembre 1953 (opération SWORD) pour fixer le plus de troupes et éviter l’envoi de troupes sur un autre front alors qu’ils ont notamment pris pied en Scandinavie (opération BOREALIS).

L’avancée alliée est davantage ralentie par le mauvais temps et les contraintes logistiques que la résistance ennemie même si les bulgares se défendent avec acharnement pour empêcher leur invasion de leur pays notamment par les grecs.

Les alliés parviendront à prendre pied sur le territoire bulgare mais devant la poussée soviétique ils préféreront sanctuariser leur domination sur une Yougoslavie appelée à rester pro-occidentale et royaliste même si cela n’allait pas durer.

La situation militaire devient clairement critique début 1954. les troupes soviétiques envahissent le territoire bulgare le 9 janvier et huit jours plus tard le 17 janvier, un coup d’état crypto-communiste chasse Simeon II et son gouvernement au profit d’un gouvernement républicain qui déclare la guerre à l’Allemagne le 21 janvier 1954.

Les troupes bulgares se retournent contre leurs anciens alliés allemands ce qui provoque parfois des drames quand des soldats bulgares sont désarmés et froidement abattus par les allemands rapidement mis au courant de ce qu’on peut clairement qualifier de trahison.

Le nouveau gouvernement bulgare reprend la main sur son armée, l’épurant d’éléments jugés peu fiables. La nouvelle armée maintient la pression sur les allemands mais ses attaques manquent de mordant sans que l’on sache si cela est volontaire ou non.

Es-ce pour cela que les soviétiques refusent la proposition bulgare d’attaquer la Yougoslavie et de couper l’herbe sous le pied des alliés ? Cela est clairement un motif d’explication sans compter que ce grand paranoïaque de Josef Staline se méfiait de cet alliés de la dernière heure.

Parachutiste canadien détaché auprès de ses homologues britanniques en tenue standard

Les alliés peuvent lancer l’opération WELCOME en larguant la brigade parachutiste canadienne sur Belgrade pour favoriser l’action des maquisards royalistes qui reprennent la capitale et permettre le rétablissement du royaume de Yougoslavie même si à l’époque personne ne peut savoir ce que cela n’est que temporaire.

Les troupes bulgares se replient sur le pays et vont être désarmées sans ménagement par les troupes soviétiques qui occupent le pays et vont y rester jusqu’au début des années soixante le temps qu’une nouvelle armée bulgare ne soit mise en place, une armée sure politiquement, la Bulgarie devenant le plus fidèle allié de Moscou au sein du bloc des «Démocraties Populaires».

Ce n’est pas un hasard si nombre d’historiens comparent l’évolution de la Bulgarie et de la Thaïlande. Autre pays vaincu du second conflit mondial, la Thaïlande allait devenir le plus fidèle allié des occidentaux dans la région au point qu’on à pu parler un temps de quasi-servitude.

La Bulgarie va également participer à l’opération BARBAROSSA. Enfin participer c’est vite dit car le tsar Boris III est très réticent à engager des troupes sur le front russe.

Certes une partie de son armée veut en découdre avec les bolchéviques mais pour beaucoup de bulgares l’URSS communiste reste la Russie éternelle, la «Troisième Rome», protectrice des slaves et des orthodoxes.

L’armée bulgare va engager des moyens assez limités qui ne vont pas faire preuve d’un zèle extraordinaire au point qu’un colonel allemand dira désabusé «On aurait du laisser les bulgares combattre aux côtés des russes cela aurait été moins hypocrite» Sans commentaire…… .

C’est effectivement exagéré car quand les bulgares attaquaient ou étaient attaqués ils n’étaient pas moins bons que les hongrois, les roumains ou les italiens.

Les deux divisions (13ème et 15ème DI) bulgares vont combattre dans le sud de l’URSS, opérant sous commandement allemand en Crimée puis sur les côtes de la mer Noire, participant de manière secondaire à l’opération FRIEDRICH, en fixant des troupes soviétiques pour empêcher ces dernières de renforcer le front visé par l’offensive stratégique de l’Axe du printemps 1951.

Ces deux divisions vont combattre dans les premiers contreforts du Caucase avec certes un certain professionnalisme et une certaine discipline mais sans enthousiasme, nombre d’entre-eux se demandant ce qu’ils faisaient si loin de chez eux.

Soldat de la Waffen S.S. Certains soldats bulgares préféreront déserter plutôt que de rentrer en Bulgarie en dépit de l’ordre personnel de Boris III. Après un temps de méfiance, les allemands accepteront l’intégration de ces hommes qui n’avaient plus rien à perdre au sein de la S.S de combat. Ils feront preuve d’une telle férocité que dans certaines régions d’Ukraine, le mot bulgare va devenir synonyme de Diable. Sans commentaires.

Ces troupes doivent brutalement battre en retraite en direction de la Crimée au moment d’URANUS sur ordre personnel de Boris III avant d’être évacués par voie maritime en direction de la Bulgarie suscitant le courroux des allemands mais aussi de certains soldats qui plutôt que de rentrer en Bulgarie vont préférer déserter pour rejoindre la Waffen S.S voir des maquis anti-communistes souvent composés de nationalistes ukrainiens.

Comme nous l’avons vu pour se faire pardonner les bulgares décideront d’engager davantage de forces en Macédoine et sur le front grec ce qui permet aux allemands de transférer plusieurs divisions sur le front russe ce qui fait qu’au final les allemands vont être plutôt gagnants.

Mitteleuropa Balkans (45) Bulgarie (9)

La Bulgarie dans le second conflit mondial

Le 5 septembre 1948 éclate le second conflit mondial quand l’Allemagne déclenche l’opération WESERÜBUNG, l’invasion du Danemark et de la Norvège officiellement pour protéger Copenhague et Oslo d’une attaque franco-britannique (sic).

La Bulgarie liée à l’Allemagne par le pacte tripartite se contente de prendre note du conflit tout en informant Berlin qu’elle se tient prêt à toute éventualité. Berlin se contente de prendre bonne note de la décision bulgare.

Boris III, tsar de Bulgarie de 1918 à 1951

Si Boris III avait pu conserver la Bulgarie neutre durant la guerre de Pologne, le tsar au pouvoir depuis près de 30 ans maintenant est conscient que ce sera plus difficile pour ce conflit qui allait durer.

Pour l’opération MARITSA (invasion de la Yougoslavie), la Bulgarie n’intervient pas directement mais son territoire est ouvert aux troupes allemandes ce qui favorise l’avancée de la Wehrmacht même si selon certains historiens cette décision de non-intervention prise par Sofia à été une bénédiction pour Belgrade puisque cela à permis aux troupes yougoslaves de se replier sans panique direction la Macédoine et éviter une déroute militaire qui aurait également mis en danger la Grèce.

Les troupes bulgares vont entrer en Yougoslavie uniquement pour occuper la Macédoine puis le nord de la Grèce. Il y à quelques combats avec les alliés mais on ne peut pas dire que les troupes bulgares fassent des merveilles.

La Macédoine est occupée par les armées bulgares qui très vite font face à des mouvements de résistance qui avant d’être structurés étaient un mélange détonant de bandits de grand chemin, de soldats egarés et de jeunes garçons trop jeunes pour s’engager ou êtres appelés.

Surpris les bulgares réagissent avec férocité. Les crimes de guerre sont nombreux, les civils payant un lourd tribu à la soldatesque bulgare. Cela va permettre à Sofia de maintenir un certain ordre dans cette région qui doit être clairement annexée à la Bulgarie une fois le conflit terminé.

Ce projet ne verra jamais le jour car comme durant le premier conflit mondial la Bulgarie va se retrouver en avril 1954 dans le camp des vaincus.

Le 17 juin 1950 la campagne de Grèce s’achève après la bataille navale du Golfe de Zanthe. Si l’Axe occupe le nord de la Grèce, le Péloponnèse, la Crète et de nombreuses îles restent aux mains des alliés.

Les allemands auraient voulu achever cette campagne mais il n’y eut jamais assez de troupes pour réaliser une offensive décisive. La presqu’ile péloponnésienne va rester une épine dans le pied de l’Axe, servant de base de départ à des opérations navales et aériennes gênant considérablement l’Axe et favorisant l’action des maquisards royalistes et des partisans communistes.

Faute de troupes suffisantes les alliés mènent une guerre d’usure. Les bulgares déploient des troupes nombreuses en Macédoine et dans le nord de la Grèce pour tenir le front en liaison avec quelques troupes allemandes.

Des fortifications sont dressées pour user l’ennemi en cas d’offensive, des blockhaus sont construits par des prisonniers de guerre et des travailleurs forcés. Nul doute que les plus lucides des officiers bulgares savaient que cela ne saurait que ralentir les alliés en cas d’offensive majeure.

La situation se dégrade à partir de 1952. Les services secrets alliés parviennent enfin à coordonner leurs actions et leurs efforts pour encadrer et soutenir les maquisards et les partisans qui mènent des opérations de renseignement, d’exfiltration des pilotes abattus et d’attaque des lignes de communication ennemies.

Il s’agit de préparer les futures offensives «majeures» lancées dans les Balkans pour donner notamment des gages aux soviétiques et sans le dire éviter que Moscou ne prennent ses aises dans cette région.

Carte de la Grèce automne 1952. En rouge les territoires dominés par l’Axe et en bleu ceux dominés par les alliés. Les Cyclades seront rapidement évacuées par les allemands peu après le début de l’opération ANVIL alors que l’île de Céphalonie sera conservée le plus longtemps possible pour rester une menace constante sur le flanc des alliés qui ne la neutraliseront qu’au printemps 1953.

A l’automne 1952 les alliés lancent l’opération ANVIL (enclume) qui bousculent les troupes de l’Axe en Grèce, libérant Athènes en décembre 1952 et l’ensemble de la Grèce ou peu s’en faut en février 1953, laissant un pays dévasté où va régner une quasi-famine en partie compensée par le largage de vivres par les alliés.

Le 19 mai 1953 les alliés lancent l’opération SLEDGEHAMMER. Les bulgares encaissent le choc de deux armées britanniques, une armée grecque et une armée yougoslave.

Siméon II en 2017

Les soldats de Simeon II se montrent à la hauteur, réhabilitant la réputation martiale des troupes bulgares. Les alliés ne s’y trompent pas et engagent davantage de moyens qu’initialement prévu ce qui montre que les bulgares ont combattu bravement et n’ont cédé qu’une fois le point de rupture atteint.

A l’été 1953 le front suit le tracé d’une ligne reliant Durres, centre de la Macédoine et frontière bulgaro-grecque.

En novembre 1953 les alliés repassent à l’attaque (opération SWORD). Le front germano-bulgare est enfoncé et doivent reculer pour ne pas être débordés.

Les hongrois doivent même être engagés dans une zone considérée comme bulgare ce qui irrite profondément Sofia qui ne fait rien pour aider les troupes hongroises en dépit d’une situation militaire très difficile pour l’Axe qui recule sur tous les fronts.

La situation militaire devient clairement critique début 1954. les troupes soviétiques envahissent le territoire bulgare le 9 janvier et huit jours plus tard le 17 janvier, un coup d’état crypto-communiste chasse Simeon II et son gouvernement au profit d’un gouvernement républicain qui déclare la guerre à l’Allemagne le 21 janvier 1954.

Les troupes bulgares se retournent contre leurs anciens alliés allemands ce qui provoque parfois des drames quand des soldats bulgares sont désarmés et froidement abattus par les allemands rapidement mis au courant de ce qu’on peut clairement qualifier de trahison.

Le nouveau gouvernement bulgare reprend la main sur son armée, l’épurant d’éléments jugés peu fiables. La nouvelle armée maintient la pression sur les allemands mais ses attaques manquent de mordant.

Es-ce pour cela que les soviétiques refusent la proposition bulgare d’attaquer la Yougoslavie et de couper l’herbe sous le pied des alliés ? Cela est clairement un motif d’explication sans compter que ce grand paranoïaque de Josef Staline se méfiait de cet alliés de la dernière heure.

Parachutiste canadien lors d’un entrainement en Grande-Bretagne. Il porte pour cela la même tenue que les troupes aéroportées britanniques alors que la tenue des paras Canucks est plus proche de celle des Etats-Unis.

Les alliés peuvent lancer l’opération WELCOME en larguant la brigade parachutiste canadienne sur Belgrade pour favoriser l’action des maquisards royalistes qui reprennent la capitale et permettre le rétablissement du royaume de Yougoslavie même si à l’époque personne ne peut savoir ce que cela n’est que temporaire.

Les troupes bulgares se replient sur le pays et vont être désarmées sans ménagement par les troupes soviétiques qui occupent le pays et vont y rester jusqu’au début des années soixante le temps qu’une nouvelle armée bulgare ne soit mise en place, une armée sure politiquement, la Bulgarie devenant le plus fidèle allié de Moscou au sein du bloc des «Démocraties Populaires».

La Bulgarie va également participer à l’opération BARBAROSSA. Enfin participer c’est vite dit car le tsar Boris III est très réticent à engager des troupes sur le front russe. Certes une partie de son armée veut en découdre avec les bolchéviques mais pour beaucoup de bulgares l’URSS communiste reste la Russie éternelle, la «Troisième Rome», protectrice des slaves et des orthodoxes.

L’armée bulgare va engager des moyens très limités qui ne vont pas faire preuve d’un zèle extraordinaire au point qu’un colonel allemand dira désabusé «On aurait du laisser les bulgares combattre aux côtés des russes cela aurait été moins hypocrite» Sans commentaire…… .

Les bulgares vont combattre sur les rives de la mer Noire, opérant sous commandement allemand en Crimée puis sur les côtes de la mer Noire, participant de manière secondaire à l’opération FRIEDRICH, en fixant des troupes soviétiques pour empêcher ces dernières de renforcer le front visé par l’offensive stratégique de l’Axe du printemps 1951.

Ces troupes doivent brutalement battre en retraite en direction de la Crimée avant d’être évacués par voie maritime en direction de la Bulgarie suscitant le courroux des allemands.

Pour se faire pardonner les bulgares décident d’engager davantage de forces en Macédoine et sur le front grec ce qui permet aux allemands de transférer plusieurs divisions sur le front russe ce qui fait qu’au final les allemands vont être plutôt gagnants.

En ce qui concerne la question juive, la Bulgarie à des lois discriminatoires vis à vis de la communauté juive et va organiser l’envoi de certains d’entre-eux en Palestine mandataire.

Durant le second conflit mondial, la volonté allemande de déporter les juifs bulgares dans le Gouvernement Général se heurte à une fin de non recevoir de la part de Boris III.

Pour certains c’est ce refus qui à poussé le duo Himmler/Heydrich à éliminer le tsar bulgare dans un accident d’avion encore nimbé de mystère soixante-neuf ans plus tard.

La seconde guerre mondiale pour la Bulgarie c’est également une guerre navale et une guerre aérienne.

La petite marine bulgare qui à bénéficié de quelques modestes renforcement durant la Pax Armada n’à pas les moyens de contrer la flotte soviétique de la mer Noire.

Elle va donc choisir la stratégie du faible au fort en harcelant l’ennemi par des unités légères et en escortant des convois en tentant d’échapper aux mines, aux sous-marins et aux unités de surface soviétique mais si la RKKF fût bien en peine de maintenir une pression constante sur les ports bulgares et roumaines d’où partaient des convois ravitaillant notamment la Crimée.

A la fin du conflit nombre de navires ont été coulés et les unités restantes vont se saborder pour ne pas tomber aux mains des soviétiques.

L’armée de l’air bulgare va elle appuyer les troupes au sol et devoir défendre l’espace aérien du pays contre les bombardements alliés, les franco-britanniques visant notamment la gare de triage de Sofia, des ponts sur le Danube et différentes industries stratégiques. Manquant d’appareils modernes, les pilotes bulgares vont tenter de faire le maximum avec ce qu’ils avaient.

En septembre 1955 la monarchie est officiellement abolie et la république proclamée. Les communistes sont encore dans l’ombre mais vont peu à peu prendre le pouvoir éliminant peu à peu leurs alliés selon une tactique baptisée «tactique du salami».

Un traité de paix est signé en mai 1956. Il est plutôt modéré pour Sofia qui peut conserver la Dobroudja du Sud mais doit renoncer à ses réclamations sur la Grèce et la Yougoslavie.

Des indemnités doivent également être payés ce qui va permettre à la Grèce et à la Yougoslavie de se reconstruire même si Athènes comme Belgrade ont jugé le prix payé par Sofia très insuffisant par rapport aux dégâts. Ils ne parviendront pas non plus à obtenir l’extradiction d’officiers clairement impliqués dans des crimes de guerre.

Pour éviter de nouveaux problèmes, des échanges de population plus ou moins forcés sont organisés. C’est ainsi que 150000 bulgares de Thrace sont expulsés en direction de la Bulgarie.