Dominions (69) Australie (13)

Avions et hydravions de la marine australienne

Supermarine Seafire

Supermarine Seafire 19.jpg

Supermarine Seafire au dessus d’un porte-avions type Illustrious

En septembre 1939, la flotte de chasse de la Fleet Air Arm (FAA) n’à pas vraiment fière allure avec deux modèles dépassés (Blackburn Roc et Gloster Sea Gladiator) et un modèle aux performances décevantes (Fairey Fulmar).

Lire la suite

Etats Unis (79) Aéronavale (6)

Les avions de l’Aéronavale américaine (2) : bombardiers en piqué

Avant-propos

La Grande-Bretagne, pays ayant créé le porte-avions et qui faillit perdre cette précieuse compétence au milieu des années soixante-dix mis au point le premier avion spécialement conçu pour être embarqué, le Sopwith Cuckoo et ce en dépit d’une envergure que nous qualifierons pudiquement d’imposante.

Sopwith Cuckoo 4.jpg

Sopwith Cuckoo

Lire la suite

Grande Bretagne (61) Fleet Air Arm (1)

FLEET AIR ARM

Avant-Propos

Comme l’homme rêvait de voir au delà de la colline, le marin à toujours voulu voir au delà de l’horizon. Il y avait bien les vigies dans leur nid de pie mais cela avait une portée limitée à l’œil humain même aidé d’instruments optiques.

Il fallut attendre le 19ème siècle pour que l’apparition des plus légers que l’air (ballons, aérostats) puisse permettre d’envisager de voir bien plus loin.

Sur le papier c’était parfait mais en pratique c’était une autre histoire, les conditions météorologiques rendaient l’utilisation des plus légers que l’air fort aléatoire.

L’apparition de l’avion permet d’envisager l’utilisation des plus lourds que l’air pour éclairer la flotte. Là encore se posait la question de leur mise en œuvre, délicate ce qui permis à l’hydravion de prendre une longueur d’avance.

Pour l’avion, on étudia des plate-formes montées à l’avant de navires voir de tourelles de cuirassés. Outre le fait que cela gênait les manœuvres d’artillerie, cela ne résolvait pas la question de la récupération.

L’hydravion ayant l’avantage de pouvoir décoller depuis l’eau prit donc une longueur d’avance sur l’avion, longueur accentuée par la mise au point de la catapulte (à poudre et à air comprimé) qui permettait l’envoi par un croiseur ou un cuirassé d’un hydravion de reconnaissance et d’observation permettant de réperer les escadres ennemies et déclenchées sur elles le feu de Wotan.

La récupération elle ne sera jamais résolue par une solution efficace. Les tapis d’amerrissage se révéleront être une fausse bonne idée et le quasi-arrêt du bâtiment pour permettre le grutage une solution efficace en temps de paix dangereuse en temps de guerre.

Durant le premier conflit mondial, la Royal Navy dispose de sa propre aviation le Royal Naval Air Service (RNAS) qui dispose d’avions et d’hydravions. Créée le 1er juillet 1914, il n’est d’abord que la branche maritime du Royal Flying Corps (RFC) et il faut attendre le 1er août 1915 pour qu’il passe sous l’autorité de la Marine de Sa Majesté.

Durant le premier conflit mondial, la Royal Navy utilise avions et hydravions pour des patrouilles en mer du Nord, traquant les sous-marins, nouvelle arme mortelle pour la marine de guerre et la marine marchande.

Le 1er avril 1918, le RNAS et le RFC fusionnent pour donner naissance à la Royal Air Force (RAF), la première force aérienne indépendante au monde. Cette fusion fait perdre à la Royal Navy son aéronavale et stoppe son dévellopement.

La création officielle de la Fleet Air Arm of the Royal Air Force le 1er avril 1924 ne résout rien. L’équipement dépend de l’Air Ministry (ministère de l’Air) et les maigres budgets disponibles sont orientés en priorités vers les unités de chasse, de bombardement et de reconnaissance, l’aviation navale étant le parent pauvre.

La Royal Navy cherche à récupérer son aéronavale mais il faut attendre le 30 juillet 1937 pour qu’un accord soit signé entre la RAF. Un compromis est trouvé : la RAF va conserver l’aviation basée à terre regroupée au sein d’un Coastal Command alors que la RN va pouvoir récupérer son aéronavale.

C’est chose faite le 24 mai 1939, la Fleet Air Arm of th Royal Air Force devient l’Air Branch of the Royal Navy même si dans la pratique le terme FAA reste utilisé à tel point qu’en juin 1947, le terme Fleet Air Arm (FAA) redevient officiel pour désigner l’aéronavale britannique.

Sur le plan de l’équipement c’est le jour et la nuit, les avions et les hydravions dépassés encore en service en septembre 1939 sont remplacés par des appareils modernes, britanniques et américains, l’industrie aéronautique britannique ayant déjà fort à faire pour équiper la RAF notamment en bombardiers stratégiques.

En matière d’organisation, il y à aussi de profonds changements.

L’Etat-Major central est installé à RNAS Yeovilton et à autorité sur des commandements régionaux qui sont chargés de la préparation opérationnelle et du commandement au combat :

-Home Command : unités embarquées de la FAA chargées d’appuyer les navires de la Home Fleet. Il à également autorité sur les unités d’entrainement, de test et de soutien

-Mediterranean Command : unités embarquées de la FAA appuyant les navires de la Mediterranean Fleet

-Indian Command : ce commandement regroupe les unités embarquées déployées dans l’Océan Indien. Ce commandement n’est créée qu’au printemps 1948 par anticipation au déploiement de plusieurs porte-avions dans la région en plus du Glory

-Far East Command : commandement de l’aviation embarquée de la British Eastern Fleet qui dispose de deux porte-avions stationnés à Singapour

-West Indies Command : commandement créé à l’été 1948 en vu du déploiement d’un
ou plusieurs porte-avions dans cette région stratégique

-South Atlantic Command : commandement créée au printemps 1948 pour rendre plus
facile l’emploi du porte-avions léger Colossus

Ces commandements ont également autorité sur les groupements d’hydraviation équipés essentiellement de Supermarine Walrus, l’hydravion d’observation standard de la Royal Navy mais une fois embarqués, ils sont détachés et placés sous le commandement du commandant du cuirassé ou du croiseur via un officier aviation.

En théorie chaque porte-avions dispose d’un Groupe Aérien ou Carrier Air Group. Sur le papier ce duo était indissociable mais dans la pratique, les groupes aériens embarquaient sur les porte-avions disponibles.

Sur le plan des dénominations, les Carrier Air Group déployés dans la Home Fleet portent des numéros impairs, les autres (Méditerranée, Atlantique, Moyen-Orient et Extrême-Orient) des numéros pairs.

Les squadrons sont totalement rebaptisés en 1942 avec un véritable big-bang. Les squadrons d’hydravions portent les numéros 700, les squadrons embarqués les numéros 800, les numéros pairs pour la chasse et la reconnaissance, les numéros impairs pour le bombardement et le torpillage. Les squadrons 900 concernent les squadrons d’entrainement et de servitude.

En ce qui concerne l’équipement, c’est le jour et la nuit entre septembre 1939 et septembre 1948.

Il s’agit à la fois d’un processus naturel _remplacer le matériel obsolète par du matériel techniquement à jour_ mais également d’une véritable prise de conscience même si il y eut toujours des frictions entre aviateurs de la RAF et aviateurs de la FAA, les premiers estimant que les seconds avaient les yeux plus gros que le ventre.

Dans le domaine de la chasse, les avions en service en septembre 1939 sont obsolètes par leur ancienneté mais également par une conception déficiente (le chasseur biplace).

Le chasseur biplace Blackburn Roc

Le chasseur biplace Blackburn Roc

Les Blackburn Roc et Gloster Sea Gladiator sont remplacés par des Grumman Martlet (plus connu sous le nom de Wildcat) en attendant la disponibilité des Supermarine Seafire qui effectueront une carrière bien plus longue que les Hawker Sea Hurricane. Quelques chasseurs biplaces Fairey Fulmar seront également construits mais ils n’auront qu’une carrière brève et épisodique.

Supermarine Seafire à bord du HMS Formidable

Supermarine Seafire à bord du HMS Formidable

En septembre 1939, la FAA dispose de Blackburn Skua, des bombardiers en piqué dont fût développé le chasseur Blackburn Roc. Ces appareils aux médiocres performances ne donnèrent pas une fameuse publicité à cette méthode d’attaque au point que les dive bomber furent en sursis.

Pourtant en septembre 1948, des Douglas Dauntless sont en service en attendant la production envisagée sous licence du Loire-Nieuport LN-420.

L’explication de ce petit miracle est à recherché sur l’intense coopération franco-britannique dans le domaine aéronaval qui à convaincu la FAA de faire une place au bombardier en piqué dans sa stratégie.

Fairey Swordfish en vol

Fairey Swordfish en vol

Pour ce qui est du torpillage, plusieurs appareils sont en service avec tout d’abord des biplans Fairey Swordfish et Albacore ainsi que le monoplan Fairey Barracuda. En septembre 1948, le Barracuda est l’appareil dominant mais quelques Albacore sont toujours en service alors que les Swordfish ont rejoint les unités d’entrainement et de servitude.

En mettant en service le SNCAO CAO-600, l’Aéronavale fait sensation puisqu’elle est la première force aéronavale à mettre en oeuvre un bimoteur depuis un porte-avions. D’abord sceptique la FAA prend conscience du potentiel d’un bimoteur de reconnaissance, de coopération et de torpillage.

Une fois n’est pas coutume le programme est mené avec célérité et les premiers Blackburn Buccaneer sont mis en service en 1946.

Quand le second conflit mondial éclate, plusieurs projets sont en cours de mise au point :

Hawker Sea Fury au catapultage

Hawker Sea Fury au catapultage

-Un chasseur/chasseur-bombardier, le Hawker Sea Fury, version embarquée du
Fury II

-Un avion d’attaque polyvalent (bombardement en piqué/torpillage) Blackburn Firebrand

De Havilland Sea Hornet en vol

De Havilland Sea Hornet en vol

-Un chasseur bimoteur monoplace, le De Havilland Sea Hornet, version navalisée du
Hornet.

Avec ces trois projets la FAA pouvait voir l’avenir avec sérénité ce qui ne l’empêcha pas de couvrir ses arrières en commandant de nouveaux exemplaires d’appareils en service ou d’appareils ayant fait leurs preuves comme le Loire-Nieuport LN-420.

Grande Bretagne (28) Porte-Avions (3)

Porte-avions HMS Ark Royal

HMS Ark Royal en 1939

HMS Ark Royal en 1939

Enfin un porte-avions moderne et efficace pour la Royal Navy ?

En 1918, la fusion du Royal Naval Air Service (RNAS) et du Royal Flying Corps (RFC) pour donner naissance à la Royal Air Force (RAF) fût un rude coup pour l’aéronavale britannique. Avec des budgets faméliques et une domination des terriens, les pilotes de la marine britannique devaient se contenter d’avions dépassés.
La création de la Fleet Air Arm of Royal Air Force en 1924 n’apporta guère d’évolution. Non seulement les budgets étaient toujours aussi faméliques mais les projets de porte-avions n’aboutissaient pas.
En 1923, on prévoyait la construction d’un porte-avions neuf avec 300 avions mais ce plan n’est pas mené à bien tout comme la construction prévue à partir de 1930 de quatre porte-avions de 17000 tonnes.

En 1931, l’ingénieur W.A.D Forbes lance une série d’études pour la construction d’un porte-avions dérivé des Glorious avec un double hangar et un pont d’envol inférieur sur l’avant. Cette configuration doit permettre l’emport de 60 appareils et d’augmenter les capacités de carburant et de munitions.

En 1934, est dessiné le futur Ark Royal. L’idée d’un pont inférieur est abandonné au profit d’un pont d’envol unique. La conception s’inspire de celle des Lexington américain avec une coque et un pont blindé, conception qui allait influencer tous les porte-avions britanniques à venir notamment la classe Illustrious et la classe Implacable.

Le choix d’un pont blindé s’explique par l’engagement du porte-avions dans des mers refermés (Mer du Nord, Méditerranée) où l’esquive était difficile imposant de devoir encaisser au lieu d’éviter.

C’est l’architecture britannique à l’opposée de l’architecture américaine qui protégeait davantage le flotteur que le hangar sans pont blindé, situation qui évoluera avec les porte-avions de classe United States qui succèdent aux Essex.

Le nouveau porte-avions baptisé Ark Royal (arche royale) reçoit deux catapultes, trois ascenseurs et un armement orienté vers la défense antiaérienne avec huit tourelles doubles de 114mm plus des canons antiaériens légers.

Carrière opérationnelle

Le futur HMS Ark Royal paré au lancement

Le futur HMS Ark Royal paré au lancement

-Le HMS Ark Royal (91) est mis sur cale aux chantiers Carmmell Laird de Birkenhead le 16 septembre 1935 lancé le 13 avril 1937 et admis au service actif le 16 décembre 1938.

Quand la guerre de Pologne éclate le 3 septembre 1939, l’Ark Royal basé à Scapa Flow fût chargé de missions de chasse aux sous marins dans le but de protéger le trafic maritime des îles britanniques. La destruction du paquebot Athena par l’U-30 le 3 septembre, montra la réalité de la menace.

Trois «Hunter-Killer Group» furent ainsi mis sur pied autour des porte-avions Ark Royal, Hermes et Courageous. Les avions augmentaient le rayon d’action des opérations de recherche mais faisaient des porte-avions des cibles de choix pour les torpilles allemandes.
Le 14 septembre 1939, l’Ark Royal manque d’être torpillé par le U-39 alors que son groupe de chasse traquait le U-30. Suite à la destruction du Courageous trois jours plus tard, les porte-avions sont retirés de la chasse aux submersibles.

Après avoir participé à l’opération de sauvetage du sous-marin Spearfish (25 septembre) et d’avoir le lendemain abattu un hydravion Dornier Do-18, il se lance dans la chasse aux raiders allemands, quittant Scapa Flow pour Freetown. Il va opérer jusqu’à la fin du conflit en compagnie du croiseur de bataille Renown et de quatre destroyers au sein de la force K.

Après la destruction du Graf Spee, l’Ark Royal regagna la Grande Bretagne, escortant le croiseur lourd Exeter endommagé à l’arsenal de Devonport où il arriva en février 1940.

Le HMS Ark Royal subit un grand carénage à l’Arsenal de Devonport de septembre 1940 à octobre 1941. Il subit une remise en état complète, l’embarquement de radars et le renforcement de la DCA légère.

De nouveau opérationnel en janvier 1942, il va rester déployé au sein de la Home Fleet jusqu’en juillet 1945 quand décision est prise de le redéployè en Méditerranée avec Malte pour port d’attache (en dépit de la vulnérabilité de l’île à des bombardements italiens).

Il quitte Rosyth le 8 juillet, fait escale à Douvres du 11 au 14 juillet, à Devonport du 15 au 17 juillet, à Lisbonne du 20 au 23, à Gibraltar du 25 au 28, franchit les colonnes d’Hercules le lendemain pour rallier Malte le 2 août 1945.

Il relève le Glorious qui est désarmé le 14 septembre 1945 à Malte. Durant ces cinq semaines, le groupe aérien du Glorious s’entraine à bord de l’Ark Royal pour prendre ses marques et intégrer de nouvelles unités.

L’Ark Royal était toujours déployé en Méditerranée en septembre 1948. A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège, il appareille de La Valette en compagnie de son escorte, retrouvant au nord-est des croiseurs de la flotte de la Méditerranée.

Il reçoit pour mission d’assurer la défense aérienne de l’île en liaison avec la RAF et de se tenir prêt à d’éventuelles attaques comme la flotte italienne ainsi que sa marine marchande.

Le futur HMS Ark Royal à rejoint son élément

Le futur HMS Ark Royal à rejoint son élément

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 22000 tonnes pleine charge 27720 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 240m (ligne de flottaison) 220m largeur : 28.9m tirant d’eau 8.5m

Propulsion : 3 turbines à engrenages Parson alimentées par 6 chaudières Admiralty à trois tubes le tout dévellopant 102000ch et actionnant 3 hélices

Performances : vitesse maximale : 30 noeuds distance franchissable : 7600 miles nautiques à 20 noeuds 4600 à 4673 tonnes de carburant

Protection : ceinture 114mm pont blindé 64mm salle des machines et stocks de munitions 89mm

Armement : 16 canons de 114mm (4.5 inch) en huit tourelles doubles installés en quatre groupes de deux : deux à tribord et deux à babord, 32 canons de 2 livres en quatre affûts octuples et 32 mitrailleuses de 12.7mm en huit affûts quadruples.

La DCA est ultérieurement renforcée avec le remplacement des mitrailleuses de 12.7mm par douze canons de 20mm Oerlikon en affûts simples.

Installations aéronautiques : Un hangar de 139.5m de long sur 18.9m relié au pont d’envol par deux ascenseurs axiaux Une catapulte axiale et Six brins d’arrêt

Groupe aérien

En théorie un maximum de 72 appareils mais dans la pratique 50 à 60 appareils. Le groupe aérien embarqué en septembre 1948 était composé de chasseurs Supermarine Seafire, de bombardiers en piqué Douglas Dauntless, d’avions-torpilleurs Fairey Barracuda et d’un petit nombre de Blackburn Buccaneer, un bimoteur inspiré du CAO-600 français qui parfois cédaient la place à des Fairey Fulmar.

Equipage : 1600 officiers et marins
Porte-avions d’escadre classe Illustrious

Des porte-avions blindés
Jusqu’à la classe Malta qui marqua un relatif changement, les britanniques furent fidèles à un type particulier de porte-avions, le porte-avions blindé doté d’une architecture à l’anglaise.
Cette architecture voyait le hangar intégré pleinement à la structure du porte-avions et non comme une pièce rapportée. A ce fait était associé une solide protection.
Cette protection s’explique par les théâtres d’opérations où les porte-avions britanniques sont le plus susceptibles d’opérer à savoir la Méditerranée et la Mer du Nord, des mers resserées aux possibilités d’esquives peu nombreuses. Il faut donc encaisser à défaut d’esquiver.
Cette protection se révélera efficace mais se paiera au prix d’une construction longue et couteuse sans oublier un groupe aérien de taille réduite.
On peut aussi voir cette protection comme un investissement préventif montrant le déclassement de la Grande Bretagne. Là où les américains disposent de porte-avions en très grand nombre, les britanniques savent qu’ils ne pourront compter rapidement sur ces navires puisqu’il faut quatre à cinq ans pour construire un tel porte-avions.
Après l’Ark Royal, quatre porte-avions de ce type sont construits, des navires formant la classe Illustrious (Illustrious Formidable Victorious Indomitable), des navires qui seront suivis de la classe Implacable (Implacable Indefatigable) qui marqueront le début de la fin pour les porte-avions blindés avec une protection graduellement allégée pour faciliter constructions et réparations sans oublier d’augmenter le groupe aérien.
Paradoxalement au moment où les britanniques vont abandonner le pont blindé, les japonais avec leurs Taiho et les américains avec leurs United States vont s’y rallier même si la protection ne sera pas aussi épaisse que sur les Illustrious.
Carrière opérationnelle

Le HMS Illustrious à Devonport en 1940

Le HMS Illustrious à Devonport en 1940

-Le HMS Illustrious (87) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness (Cumbria) le 27 avril 1937 lancé le 5 avril 1939 et admis au service actif le 14 septembre 1940.
Affecté à la Home Fleet, il est basé à Rosyth avec de fréquents déploiements à Scapa Flow, un mouillage forain utilisé pour être mieux à même d’affronter la Kriegsmarine qui à par un clin d’oeil de l’histoire à resuscité la Hochseeflot.
Quand le conflit éclate le 5 septembre 1948, le porte-avions était immobilisé depuis mars pour carénage. Les travaux sont accélérés pour permettre au porte-avions d’être disponible le plus rapidement possible.

Lancement du HMS Formidable

Lancement du HMS Formidable

-Le HMS Formidable (67) est mis sur cale aux chantiers navals Harland & Wolf de Belfast (Ulster) le 17 juin 1937 lancé le 17 juin 1939 et admis au service actif le 21 juin 1941.
Comme son sister-ship Illustrious, il est affecté à la Home Fleet avec Rosyth et Scapa Flow pour bases.
Quand éclate le second conflit mondial, le Formidable est à la mer pour entrainer de jeunes pilotes et maintenir à niveau les pilotes confirmés. A l’annonce de l’attaque allemande, l’entrainement est annulé et le porte-avions reçoit l’ordre de prendre position en mer du nord avec son escorte.
Dès le 6 après ravitaillement à la mer, il lance les premières opérations de reconnaissance pour retrouver la flotte allemande.

Le HMS Victorious

Le HMS Victorious

-Le HMS Victorious (38) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Wallsend (North Tyneside) le 4 mai 1937 lancé le 14 septembre 1939 et mis en service le 4 octobre 1941.
Affecté à la Home Fleet, le “victorieux” était immobilisé pour entretien à flot le 5 septembre 1948, entretien accéléré pour lui permettre de prendre la mer et de venir renforcer le Formidable.

Le HMS Indomitable

Le HMS Indomitable

-Le HMS Indomitable (92) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness (Cumbria) le 10 novembre 1937 lancé le 26 mars 1940 et mis en service le 12 janvier 1942.
A la différence de ces trois sister-ship, il est affecté en Méditerranée avec Alexandrie comme port d’attache. C’est le deuxième porte-avions affecté à demeure dans la Mare Nostrum avec le Glorious qui sera remplacé par l’Ark Royal avant qu’en mai 1947, le HMS Furious de classe Malta ne rejoignent l’Ark Royal et l’Indomitable.
Le 5 septembre 1948, le porte-avions était à quai à Alexandrie en compagnie du Furious (qui lui achevait un petit carénage). Il appareille pour se positionner au large de l’Egypte prêt à frapper la Libye au cas où l’Italie s’engagerait immédiatement dans le conflit.

HMS Illustrious schéma
Caractéristiques Techniques 

Déplacement : standard 23000 tonnes pleine charge 25000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 225.6m longueur à la flottaison 216.4m largeur 29.2m tirant d’eau 8.8m
Propulsion : trois groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par six chaudières Amirauté dévellopant 111000ch et entrainant trois hélices
Performances : vitesse maximale 30.5 noeuds distance franchissable 10700 miles nautiques à 10 noeuds
Protection : ceinture blindée 114mm pont d’envol 76mm Bulkheads 114mm Parois latérales du hangar 114mm Soutes à munitions 76 à 114mm. L’Indomitable à sa ceinture et les parois du hangar limitées à 68mm
Armement : seize canons de 114mm en huit tourelles doubles, installées par groupes de deux (babord avant et arrière, tribord avant et arrière) et six Pom-Pom de 40mm.
Installations aéronautiques/Groupe aérien
-Un hangar de 139.5m de long sur 18.9m de large relié au pont d’envol par deux ascenseurs axiaux 

-Une catapulte axiale

-Six brins d’arrêts

-Groupe aérien de 36 appareils en 1940 avec quinze Fairey Fulmar, dix-huit Fairey Swordfish et trois Blackburn Skua.

En septembre 1945, le nombre d’avions est porté à 44 avec seize Supermarine Seafire, seize Fairey Albacore ou Swordfish de torpillage et douze Douglas Dauntless de bombardement en piqué.

Trois ans plus tard, quand le conflit éclate, le groupe aérien se compose de Supermarine Seafire, de Fairey Barracuda de torpillage et de Douglas Dauntless en attendant soit des Curtiss Helldiver, des Blackburn Firebrand voir des LN.420 français.

Equipage : 1229 officiers et marins
Porte-avions blindés classe Implacable

A trop blindé mal emporté…..

L’Ark Royal avait intégré le concept du porte-avions très protégé à la marine britannique. Ce porte-avions unique peut être considéré comme le prototype des porte-avions de classe Illustrious, encore mieux protégés que leur ainé.
Ces porte-avions blindés démontrèrent durant le conflit leur résistance aux bombes et aux torpilles mais dès le temps de paix, les britanniques comprirent que leur obsessions de la protection avait eu pour conséquence de réduire drastiquement la taille du groupe aérien.
Sur le papier, trente-six appareils, ce nombre paraissait suffisant pour mener des opérations de reconnaissance, d’observation, de bombardement, de torpillage et de chasse. Dans la pratique de nombreux exercices contre la RAF et contre la marine française démontrèrent le contraire.
D’où la volonté de modifier rapidement les Implacable en construction. Les changements sur ces deux navires déjà sur cale ne pouvaient être que limités mais cette volonté d’augmenter le groupe aérien allait être pleinement appliqué sur les futurs Malta.
Sur les Implacable, la coque plus renflée permet l’emport d’un quatrième groupe propulsif augmentant sa vitesse, un plus dans les opérations aériennes. La protection est allégée permettant de porter le groupe aérien à sa mise en service à 48.
Carrière opérationnelle

Le HMS Implacable à la mer

Le HMS Implacable à la mer

-Le HMS Implacable (R86) est mis sur cale aux chantiers navalsFairfieldShipbuilding & Engineering Co sis à Govan le 21 mars 1939 lancé le 10 décembre 1942 et mis en service le 8 juin 1944.
Il est d’abord affecté à la Home Fleet avec pour base Portsmouth dans le sud de l’Angleterre. Cette affectation est provisoire car à terme, il doit être déployé avec son sister-ship Indefatigable en Extrême-Orient au sein de la British Eastern Fleet qui succède à la China Station en septembre 1947.
En janvier 1945, les deux porte-avions quittent l’Angleterre avec leurs destroyers d’escorte et deux pétroliers, direction Singapour.
Appareillant de Portsmouth le 12 janvier, ils font escale à Lisbonne du 17 au 19 janvier, franchissent le détroit de Gibraltar le 21, font escale à Malte du 24 au 26 janvier, à Alexandrie du 30 janvier au 2 février avant de franchir le canal de Suez les 3 et 4 février et de rallier Aden le 8 février 1945.
Ils traversent l’Océan Indien direction Triconmalee (Ceylan) où ils font escale du 13 au 17 février, histoire de réparer quelques avaries survenues sur l’Implacable. Ils reprennent ensuite la mer direction Singapour, arrivant à destination le 27 février après six semaines de mer.
Les deux porte-avions vont renforcer la future British Eastern Fleet en intégrant le 3rd Battle Squadron composé de trois cuirassés de classe Queen Elizabeth, cette force étant jugée suffisante pour dissuader le Japon de s’attaquer aux colonies britanniques en Extrême-Orient.
En septembre 1948, l’Implacable était immobilisé pour un grand carénage à l’Arsenal de Singapour et ne pouvait donc pas reprendre immédiatement la mer. Son groupe aérien à terre est cependant mis en alerte, prêt à défendre la colonie contre une attaque japonaise.

Le HMS Indefatigable

Le HMS Indefatigable

-Le HMS Indefatigable (R10) est mis sur cale aux chantiers navals John Brown & Company sis à Clydebank le 3 novembre 1939 lancé le 8 décembre 1942 et mis en service le 14 septembre 1944.
Affecté à la Home Fleet en compagnie de l’Implacable, les deux porte-avions ne tardent pas à quitter la Métropole pour rallier l’Extrême-Orient et Singapour où ils arrivent en février 1945.
Ces deux navires sont chargés avec trois cuirassés de classe Queen Elizabeth de dissuader le Japon de s’attaquer aux colonies britanniques de la région à savoir la Malaisie, Singapour et l’Inde.
Cette force respectable au moins sur le papier peut aussi s’appuyer sur les trois croiseurs de bataille et le porte-avions léger de la Koninklijke Marine (marine néerlandaise), sur l’Asiatic Fleet américaine (qui dispose d’un porte-avions et de deux croiseurs lourds) et sur les FNEO ou Forces Navales en Extrême-Orient.
En septembre 1948, l’Indefatigable était en service et opérationnel. A l’annonce des bombardements allemands, il reçoit l’ordre d’appareiller de Singapour pour prendre position au nord-est de l’ile aux Lions, se tenant prêt à toute éventualité, des patrouilles de chasse composée de Supermarine Seafire étant catapultées tout comme deux Blackburn Buccaneer chargés de trouver une possible flotte japonaise.
Après une semaine intense, les japonais n’ayant pas bougé, le porte-avions reçoit l’ordre de rentrer à Singapour.
Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 26000 tonnes pleine charge 32630 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 233.6m longueur à la flottaison 222.5m largeur 29.2m tirant d’eau 8.9m

Motorisation : quatre groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par huit chaudières Amirauté développant 148000ch entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 32.5 noeuds distance franchissable 12000 miles nautiques à 10 noeuds

Protection : ceinture 114mm pont d’envol 76mm Bulkheads 51mm parois latérales du hangar 51mm soutes à munitions 76 à 114mm

Electronique : un radar d’altimétrie type 277, un radar de veille aérienne type 279, un radar de veille aérienne type 281, six radars de conduite de tir type 282 (artillerie légère) et quatre radars de conduite de tir type 285 (artillerie de 114mm)

Armement : huit tourelles doubles de 114mm en quatre groupes de deux (bâbord avant tribord avant tribord arrière bâbord arrière), un affût quadruple Pom-Pom et cinq affûts octuples et vingt-quatre canons de 20mm en douze affûts doubles.
Installation d’Aviation/Groupe aérien :
-Pont d’envol de 231.6m de long sur 27.4m de large équipé d’une catapulte hydraulique, de neufs brins d’arrêt et de trois barrières pour retenir un avion ayant manqué les brins.
-Deux ascenseurs axiaux, un ascenseur avant de 13.7m de long sur 10.1m et un ascenseur arrière de 13.7m sur 6.7m, le premier ne déservant que le hangar supérieur, le second les deux hangars.
-Hangar supérieur mesure 139.6m de long et le hangar inférieur de 63.4m de long, leur largeur est identique avec 18.9m et une hauteur de 4.3m.
-430000 litres de carburant
-Groupe aérien d’avant guerre composé de 48 appareils, des chasseurs Supermarine Seafire MkV (vingt-quatre), des avions torpilleurs Fairey Barracuda (huit), de quatre Blackburn Buccaneer et des bombardiers en piqué Douglas Dauntless (douze).

Equipage : 1800 officiers et marins

Grande-Bretagne (18) Royal Navy (10)

Fleet Air Arm (F.A.A)

Avant-Propos

Quand les frères Wright font décoller leur avion de Kitty Hawk le 17 décembre 1903, bien peu sont ceux qui imaginent que ce fragile engin allait bientôt révolutionner le cours de la guerre. Si son utilisation au dessus de la terre était délicate, que dire de son utilisation au dessus des océans où les éléments peuvent se révéler terrifiants.

Pourtant les différentes marines importantes du moment expérimentent l’utilisation de l’avion pour la reconnaissance en concurrence avec l’hydravion qui prend d’abord une longueur d’avance par sa capacité à amerrir et décoller depuis la surface de l’eau.

Le Royal Naval Air Service (R.N.A.S) voit le jour en septembre 1912. Il regroupe les avions et les hydravions mis en œuvre par la marine britannique pour une seule et unique mission à savoir la reconnaissance et l’observation au profit du corps de bataille, l’allongement de la portée de l’artillerie nécessitant des moyens déportés de réglage du tir.

Il n’est cependant officiellement créé que le 1er juillet 1914 comme élément naval du Royal Flying Corps (R.F.C), le RNAS ne passant sous la coupe de la Royal Navy que le 1er août 1915.

Les deux entités censées coopérer connurent un certain nombre de rivalités en raison d’une répartition incertaine des missions, le RNAS se sentant autoriser à opérer sur les côtes ennemies voir même à mener les premiers bombardements stratégiques !

Cette querelle fût tranchée de manière radicale le 1er avril 1918 par la fusion du RFC et du RNAS en une “Force Aérienne Royale”, la Royal Air Force (RAF), première armée de l’air autonome du monde, cinq avant la Regia Aeronautica et quinze ans avant l’Armée de l’Air.

Noyée aux milieux des terriens, les aviateurs marins doivent faire avec des budgets faméliques et un intérêt secondaire pour l’aviation embarquée. La Fleet Air Arm of the Royal Air Force voyant le jour le 1er avril 1924.

Treize ans plus tard, le 30 juillet 1937, un accord stipule que d’ici deux ans, la Royal Navy reprendra le contrôle de son aviation embarquée (l’aviation basée à terre reste sous l’autorité du Coastal Command de la RAF) ce qui est chose faite le 24 mai 1939.

Officiellement, la Fleet Air Arm of the Royal Air Force devient l’Air Branch of the Royal Navy mais dans la pratique et même dans certains documents de travail, le terme F.A.A était toujours employé.

A cette époque, l’aviation embarquée britannique fait pale figure avec des avions dépassés qui n’auront heureusement pour les pilotes pas le temps de se mesurer vraiment à la Luftwafe.
Neuf ans plus tard, en septembre 1948, la situation à radicalement changé au grand soulagement des aviateurs navals britanniques qui allaient pouvoir affronter le KFK et la Luftwafe avec confiance et sérénité.

Situation en septembre 1939 et évolution ultérieure

-Quand éclate la guerre de Pologne, la FAA aligne vingt-squadrons et 340 avions, 230 étant embarqués et le reste étant catapultés depuis les croiseurs et les cuirassés.

Blackburn Skua en vol

Blackburn Skua en vol

-La majorité des avions sont dépassés notamment dans le domaine de la chasse qu’il s’agisse du Gloster Sea Gladiator, des chasseurs-bombardiers Blackburn Roc, des chasseurs Blackburn Skua.

Fairey Swordfish

Fairey Swordfish

-Seul le Fairey Swordfish, un biplan polyvalent (reconnaissance, observation et torpillage) ne dépareille pas par rapport aux forces embarquées du monde, la France étant d’ailleurs guère mieux lotie avec un porte-avions lent le Bearn et des avions qui sont plus des antiquités volantes qu’autre chose.

-La Fleet Air Arm (le terme Air Branch of Royal Navy est abandonné en 1947 devant la popularité du terme FAA) est totalement réorganisée pour anticiper sur la montée en puissance notamment de son aviation embarquée.

-Un état-major central installé à RNAS Yeovilton à autorité sur des commandements régionaux, un Home Command pour les unités déployés en Métropole, un commandement en Méditerranée, un commandement dans l’Océan Indien, un commandement en Extrême-Orient, un commandement aux Antilles et un commandement dans l’Atlantique Sud.

-Chaque porte-avions dispose théoriquement de son groupe aérien propre mais rapidement, les disponibilités des plate-formes et des Air Group fit que les groupes aériens embarquaient sur les porte-avions disponibles.

Supermarine Walrus hissé à bord du HMS Warspite

Supermarine Walrus hissé à bord du HMS Warspite

-Les commandements locaux ont autorité également sur les groupements d’hydravions. Ces groupements sont équipés de Supermarine Walrus de reconnaissance, d’observation, de réglage de tir, de sauvetage. Des prototypes d’hydravions de chasse sont réalisés mais sans qu’une production en série ne soit envisagée.

-Ils disposent également d’unités d’entrainement et de servitude

-Sur le plan de l’équipement c’est le jour et la nuit

Grumman F4F3 Wildcat

Grumman F4F3 Wildcat

-Les Blackburn Roc et Skua sont remplacés par des Grumman Martlet en attendant la disponibilité des Supermarine Seafire et des Hawker Sea Hurricane même si ces derniers ne feront qu’une brève apparition sur les ponts plats de Sa Majesté.

-Les Fairey Swordfish sont complétés mais pas totalement remplacés par des Fairey Albacore et des Fairey Barracuda

Fairey Barracuda, ugly but very effective (moche mais très efficace)

Fairey Barracuda, ugly but very effective (moche mais très efficace)

-Des bombardiers en piqué Douglas Dauntless sont mis en oeuvre tout comme une poignée Grumman Avenger

Douglas Dauntless à l'appontage

Douglas Dauntless à l’appontage

-Un bimoteur polyvalent inspiré de l’avion français CAO-600 est mis au point. Le Blackburn Buccaneer est mis en service en 1946 et sert comme son cousin français d’avion de reconnaissance, d’éclairage avec secondairement des missions de torpillage.

-Quand le conflit éclate, des projets sont en cours de mise au point comme le chasseur monomoteur Hawker Sea Fury, le chasseur bimoteur monoplace De Havilland Sea Hornet et le Blackburn Firebrand, un avion monoplace d’attaque capable de mener des missions de torpillage et de bombardement en piqué.

-Sur le plan de la stratégie, les porte-avions britanniques doivent éclairer, soutenir et appuyer le corps de bataille pour obtenir la maitrise de la mer du Nord, faciliter le passage des convois par la Méditerranée en direction de l’Extrême-Orient.

Dans cette dernière région, les deux porte-avions déployés en permanence doivent assurer la protection des liaisons entre les colonies britanniques et la Métropole mais également entre les colonies britanniques, les dominions et les colonies des autres nations européennes (Indochine, Indes Néerlandaises, Phillipines)

Bases navales

La situation des bases navales de la Royal Navy évolue peu en raison d’un réseau dense et ancien de points d’appui. Avec Singapour, elle dispose une base en Extrême-Orient dont ne disposait pas la France avant la construction de la base de Cam-Ranh.

Le seul bémol c’est la Méditerranée. Malte est une base bien équipée mais bien trop proche de la Sicile pour être vraiment sure au point que les amiraux britanniques juge peu probable de pouvoir déployer des cuirassés et des porte-avions, une réflexion que les amiraux français partagent à propos de Bizerte.

Alexandrie est à l’abri de l’aviation allemande et italienne (les moyens déployés en ASI sont modestes en dépit d’un renforcement entre 1943 et 1948) mais cette base est mal équipée. Enfin Gibraltar est trop excentrée pour servir efficacement de base à la Mediterranean Fleet.

La construction d’une nouvelle base est décidée en 1942. Après avoir envisagé le Levant et Chypre, la Royal Navy choisit d’aménager une base à l’ouest d’Alexandrie, sur un site vierge de toute construction.

La base est inaugurée officiellement le 21 octobre 1947 _jour de la bataille de Trafalgar_ mais dès 1945, des navires britanniques y font régulièrement escale et y sont entretenus avec une forme de 300m, une forme de 250m, deux de 150m et un slipway de 120m, associé à de nombreux moyens de levage et de manutention, des dépôts de pièces détachés, des fonderies, des ateliers de réparation d’armes, des ateliers électricité, des ateliers de radiocommunication.

En Métropole, les bases sont modernisées, les bassins agrandis pour suivre la croissance des navires, les dépôts sont augmentés, les moyens de manutention modernisés.

Ailleurs un dépôt logistique est aménagé à Kuching, les bases de Triconmalee et d’Aden sont modernisées tout comme celle des Bermudes, de Simonstown et de Freetown.
Organisation

-En septembre 1944, la Royal Navy est totalement réorganisée pour mettre le plus efficacement possible les navires qui arrivent des chantiers navals britanniques.

-La Home Fleet reste la force majeure de la marine britannique, regroupant toutes les forces déployées en Métropole.

Elle est organisée en plusieurs escadres, une escadre de bataille avec cuirassés et porte-avions, une escadre légère avec les croiseurs.

Les destroyers et les sous-marins sont des flottilles indépendantes. Un Destroyer Commander chapeaute les différentes flottilles même si de plus en plus ses navires sont dispersés en fonction des missions, le regroupement en flottilles devenant plus l’exception que la règle.

Quand aux sous-marins, un Submarine Commander chapeaute les différentes flottilles de sous-marins.

Les vedettes et autres navires légers forment des Coastal Group (un par base par exemple le Faslane Coastal Group regroupe tous les navires légers _vedettes, dragueurs, escorteurs_ stationnés dans l’estuaire de la Clyde)

Les navires de soutien sont placés sous le commandement de la RFA ou directement sous le patronage du commandant de la flotte dont ils dépendent.

-La Mediterranean Fleet dispose de moyens importants répartis entre Malte et Alexandrie, la majorité des forces étant déployées en Egypte.

L’escadre de bataille (cuirassés et porte-avions) est majoritairement déployée à Alexandrie en compagnie d’une partie des destroyers et des sous-marins, les premiers dépendant du Destroyer Commander Egypt et les seconds du Submarine Commander Egypt. Les croiseurs dépendent du Mediterranean Light Squadron-Egypt (MLS-E).

Les moyens déployés à Malte sont placés sous l’autorité d’un Mediterranean Light Squadron-Malta (MLS-M) qui regroupe tous les navires stationnés sur l’île-forteresse.

-La China Station devient en septembre 1947 la British Eastern Fleet . En raison de l’étendue de la zone couverte (de l’Inde à Hong-Kong en passant par la Malaisie et Singapour), l’organisation est ici géographique.

Le China Squadron regroupe les forces déployées à Hong-Kong à savoir des destroyers, quelques sous-marins, des croiseurs et des vedettes lance-torpilles.

Le Malayan Straits Squadron regroupe les forces déployées en Malaisie sur la base d’Alor Setar à l’entrée nord du détroit de Malacca.

Les cuirassés et les porte-avions sont déployés à Singapour au sein de la British Eastern Fleet (BEF)-3rd Battle Squadron (BEF-BS)

-Une India Station regroupe les navires stationnés en Inde, à Triconmalee et à Aden.
-L’America & West Indies Station couvre les Caraïbes, la West Africa Station couvre une partie de l’Atlantique. Un temps elle remplace les North et South Atlantic Command mais face à des problèmes chroniques de communication, le North Atlantic Command ressuscite sous la forme d’un Gibraltar Command (septembre 1947)