Mitteleuropa Balkans (175) Grèce (19)

Destroyers et torpilleurs

Classe Niki

Le Niki

Ces quatre torpilleurs sont des navires de conception et de fabrication allemande, construits par les chantiers navals Vulcan AG sis à Stettin.

Ils ont été commandés en 1905 pour reconstruire la flotte suite à la guerre gréco-ottomane de 1897 qui se termina par une humiliation nationale même si en mer Egée comme on dit la Vasilikon Naftikon à fait le boulot.

Le Niki est mis en service en 1905, le Doxa en 1906, le Velos et l’Aspis en 1907. Ces navires sont saisis par les français, utilisés sous pavillon tricolore en 1917 avant d’être rendu aux grecs en 1918 du moins pour trois d’entre-eux, le Doxa étant torpillé par le sous-marin allemand SMS UB-47 dans le détroit de Messine le 27 juin 1917 (29 tués).

Les trois autres terminent le conflit et sont naturellement conservés par la marine royale grecque qui modernise le Niki et l’Aspis, le Velos lui étant désarmé en 1926 puis démoli.

Ces deux survivants sont modernisés mais en septembre 1939 ils sont totalement obsolètes de véritables antiquités flottantes. Ils sont désarmés en 1943 et 1944.

Ils sont maintenus en réserve mais en septembre 1948 quand on étudie leur réarmement pour servir de patrouilleur et d’escorteur, leur état rend la remise en service impossible.

Ils sont remorqués et mis en place comme leurres pour protéger de véritables navires. Ils vont jouer parfaitement leur rôle puisqu’ils sont coulés par l’aviation de l’Axe. Les épaves sont relevées pendant la guerre et démolies.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 285 tonnes pleine charge 360 tonnes

Dimensions : longueur 67m largeur 6.1m tirant d’eau 2m

Propulsion : type non connu 6800ch et deux hélices

Performances : vitesse maximale 30 nœuds distance franchissable 1250 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : deux canons de 76mm (12 livres), quatre canons de 57mm, deux tubes lance-torpilles de 457mm

Equipage : 58 officiers et marins

Classe Aetos

L’Aetos

Au début des années 1910 une course aux armements opposent les principales puissances sud-américaines notamment le Brésil et l’Argentine.

Comme Rio de Janeiro et Buenos Aires ne possèdent pas de puissants chantiers navals, ils ont besoin de passer des commandes en Europe et aux Etats-Unis.

Les commandes les plus connues concernent les cuirassés avec les Minas Gerais et Sao Paulo brésiliens (mais aussi le Rio de Janeiro qui racheté par la Turquie sera utilisé par les britanniques sous le nom d’Agincourt), les Rivadivia et Moreno argentins ainsi que les cuirassés chiliens Almirante Lattore (ex-Valparaiso) et Almirante Cochrane (le futur porte-avions Eagle).

Qui dit cuirassés dit escorteurs et pour protéger ses nouveaux cuirassés, la marine argentine passe commande aux chantiers navals Cammell Laird de quatre destroyers de classe San Luis, des navires baptisés San Luis Santa Fe Santiago del Estero et Tucuman.

Ces navires mis sur cale en 1909 lancés respectivement en février, mars, avril et juillet 1911. Alors qu’ils étaient en achèvement à flot ils sont rachetés par la Grèce en octobre 1912 et mis en service au début de la première guerre balkanique.

Naturellement ils sont abandonnés leurs noms d’origine pour ceux d’Aetos (Aigle) (ex-San Luis), Ierax (Faucon) (ex-Santa Fe), Panthir (Panthère) (ex-Santiago del Estero) et de Leon (Lion) (ex-Tucuma).

L’Aetos, le Ierax et le Leon sont saisis par la France après les violents combats survenus à Athènes en décembre 1916.

Ils sont armés avec des équipages français et utilisés comme escorteurs. Quand la Grèce sous l’impulsion de Venizelos entrent en guerre aux côtés de l’Entente ils sont restitués même si il faudra attendre les derniers mois du conflit pour voir les grecs les reprendrent pleinement en main.

Ces navires sont modernisés dans les années vingt et les années trente. La chauffe au charbon est abandonnée au profit de la chauffe au mazout (ce qui entraine la réduction du nombre de cheminées de cinq à deux), le déplacement d’un canon de 102mm, le remplacement des quatre tubes lance-torpilles simples par deux plate-formes triples de 533mm, l’embarquement de deux canons antiaériens de 2 livres, la modification de deux d’entre-eux (Aetos et Panthir) pour la mise en place de champs de mines, les deux destroyers pouvant embarquer jusqu’à 40 mines.

Cela porte leur déplacement à 1067 tonnes standard et 1321 tonnes à pleine charge mais leur vitesse augmente passant à 34 nœuds.

Ces navires obsolètes en septembre 1939 sont désarmés en 1942 (Aetos), en 1943 (Ierax), en 1944 (Panthir) et en 1946 (Leon). Si les deux premiers sont démolis, les deux autres sont réarmés en septembre 1948 sous la forme d’escorteurs avec de nouveaux noms en l’occurence Evzone pour le Panthir et Hadjuk pour l’ex-Leon puisque leur nom d’origine à été repris pour des destroyers plus modernes.

Ils protègent la navigation commerciale de septembre 1948 à mai 1949 puis protègent des convois une fois les hostilités ouvertes avec l’Italie.

Ils ne survivent pas à la campagne de Grèce, l’ex-Panthir étant victime de l’explosion de ses grenades ASM le 4 janvier 1950 et l’ex-Leon est coulé par des vedettes lance-torpilles italiennes le 16 mars 1950 à la veille de la bataille du golfe de Zanthe.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : (origine) standard 1000 tonnes pleine charge 1194 tonnes (après refonte) standard 1067 tonnes pleine charge 1321 tonnes

Dimensions : longueurs hors tout 89.3m longueur entre perpendiculaires 86.9m largeur 8.4m tirant d’eau 2.6m

Propulsion : deux turbines Parsons alimentées en vapeur par cinq chaudières Parsons développant 22000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 32 nœuds (34 nœuds après refonte)

Armement : (origine) quatre canons de 102mm en affûts simples sous masque, un canon de 76.2mm antiaérien, quatre tubes lance-torpilles de 533mm simples (après refonte) quatre canons de 102mm, deux canons de deux livres antiaériens, deux affûts triples lance-torpilles de 533mm, grenades ASM ou mines (escorteurs) un canon de 102mm, quatre canons antiaériens de 37mm, deux canons de 20mm, quatre mitrailleuses et 64grenades ASM

Equipage : 90 officiers et marins

Classe Thyella

Le Nafkratoussa

En 1905 la marine royale grecque commande quatre torpilleurs à la firme Yarrow, des navires baptisés Lonchi Nafkratoussa Sfendroni et Thyella, des navires mis en service respectivement en 1907, en 1906, en 1907 et en 1907.

Ces navires participent aux guerres balkaniques puis au premier conflit mondial. Saisis par les français à l’automne 1916 les quatre navires sont utilisés par la France en 1917/1918 avant d’être rendus aux grecs qui vont les utiliser pour des missions de patrouille et d’escorte toujours en mer Egée.

Ils connaissent des sorts différents, le premier désarmé en 1926 est démoli en 1931, le second s’échoue sur l’île de Milos en mars 1921, le troisième désarmé en 1945 démoli en 1947 et le quatrième désarmé en 1946 démoli en 1948.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 350 tonnes

Dimensions : longueur 67.1m largeur 6.2m tirant d’eau 1.8m

Vitesse maximale : 30 nœuds

Armement : deux canons de 76mm, quatre canons de 57mm et deux tubes lance-torpilles de 457mm

Classe Kontouriotis

Le Freccia

Les quatre destroyers de Classe Kontouriotis sont de conception et de fabrication italienne en l’occurence des unités de type Freccia. Ils sont mis au point au moment où les Turbine sont mises en service et alors que les Navigatori sont en construction.

Selon les textes la classe Freccia se compose de huit navires (Dardo Freccia Saetta Strale Baleno Folgore Fulmine Lampo) ou alors de quatre quand certains auteurs regroupent les quatre derniers dans une classe Folgore.

Ces navires sont dérivés des Turbine mais sont plus longs (+2m), déplaçant plus de 2000 tonnes à pleine charge avec pour armement principal quatre canons de 120mm en deux affûts doubles, deux affûts identiques aux Navigatori. L’armement en torpilles est composé de deux plate-formes triples.

Cette classe adopte la cheminée unique, une cheminée massive derrière le bloc-passerelle ce qui libère les champs de tir pour l’artillerie, un détail capital pour la Défense Aérienne à la Mer (DAM).

Ces navires mis en service en 1931 (Freccia) et en 1932 (Dardo Saetta Strale Baleno Folgore Fulmine Lampo) se montrent très rapides aux essais mais instables avec un certain nombre de faiblesses structurelles ce qui impose des mesures pour rendre ces navires militairement utilisables.

Ces navires qui forment les 7ème ( Dardo Freccia Saetta et Strale) et 8ème escadrilles ( Baleno Folgore Fulmine Lampo) (5ème division de cuirassés Conte di Cavour Giulio Cesare) succombent tous au second conflit mondial

Trois sont victimes de l’aviation (Dardo Freccia Baleno), deux sont victimes de sous-marins (Saetta Folgore, le premier par un sous-marin britannique, le second par un sous-marin français) et trois lors d’affrontements avec les contre-torpilleurs français ou les destroyers britanniques (Strale Fulmine Lampo).

Les quatre destroyers commandés par la marine grecque en octobre 1929 aux chantiers navals Odiero sont dérivés des Freccia, la principale différence étant le remplacement des affûts doubles par des affûts simples. Ils forment la 1ère flottille.

Le Kontouriotis est mis en service en novembre 1932 tout comme l’Hydra alors que les Spetsai et Psara sont mis en service en 1933. Toujours en service en septembre 1948 ils connaissent des sorts différents, deux étant coulés et deux survivant.

Endommagé à plusieurs reprises durant le conflit Le Kontouriotis à moins de chance le 14 juin 1952 car il est victime d’une mine au large des Cyclades.

Le navire est endommagé mais on espère pouvoir le remorquer. Il est pris en remorque par un contre-torpilleur français mais suite à une alerte aérienne la remorque doit être larguée et quand la reprise peut être effectuée le navire à disparu même si heureusement l’équipage à pu évacuer sauf une soixantaine de tués et de disparus dont le destroyer est devenu la dernière demeure.

Son sister-ship Hydra s’illustre durant la Campagne de Grèce. Si le Bolzano survit aux torpilles du duo Hydra/Spetsai contrairement aux revendications héllènes, l’Emmanuelle Pessano est clairement coulé par l’Hydra et deux vedettes lance-torpilles, le croiseur léger encaissant cinq torpilles et une floppée d’obus de 120mm.

Il se réfugie en Crète puis en Egypte. Il opère dans le bassin orientale de la Méditerranée assurant des raids, des escortes de convois _il devient un habitué de la ligne Bizerte-Alexandrie-La Sude-Nauplie_ mais aussi des missions d’appui aux commandos.

Le 2 décembre 1953 alors qu’il participait à l’opération SWORD, il est surpris par Junkers Ju-188 qui profitant d’une troupée dans la couche nuageuse plaça deux bombes de 500kg malgré une DCA rageuse. Le navire est coulé en deux, coulant rapidement en ne laissant qu’une poignée de survivants.

Le Spetsai et Psara survivent au conflit sans grands dommages. Mis en réserve en 1956 après leur remplacement par des destroyers transférés par les américains, ils sont démolis au milieu des années soixante. A ma connaissance aucun projet de préservation n’à été sérieusement étudié.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1411 tonnes pleine charge 2080 tonnes

Dimensions : longueur 95.9m (92m entre perpendiculaires) largeur 9.5m tirant d’eau 3.65m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par trois chaudières dévellopant 44000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 30 nœuds en service courant (des pointes à 38/39 enregistrées aux essais) distance franchissable 5800 miles nautiques à 12 nœuds 680 miles nautiques à 32 nœuds

Armement : (origine) quatre canons de 120mm en quatre affûts simples, trois Pom-Pom simples, quatre mitrailleuses de 13.2mm, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples jusqu’à cinquante-quatre mines

(WWII) trois canons de 120mm en affûts simples sous masque, huit canons de 40mm Bofors en quatre affûts doubles (dont un en remplacement de la pièce III _supérieure arrière_ de 120mm), six canons de 20mm Oerlikon, deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm et deux grenadeurs de sillage avec un total de 48 grenades. La capacité de mouillage à été supprimée au profit des grenadeurs.

Equipage : 165 hommes dont 16 officiers

Classe Vasilefs Georgios

Le Vasilissa Olga

Les quatre destroyers de classe Vasilefs Georgios sont semblables au Type G britannique. Ce modèle de destroyers est issu des 1933 Naval Estimates (programme naval de 1933) qui comprend huit destroyers et un leader de flottille portant un cinquième canon avec des installations de commandement.

Ils sont similaires aux type F mais un appareil propulsif plus compact permet une légère réduction des dimensions.

Les canons de 4.7 pouces qui peuvent pointer à 40° en site positif sont plus efficaces pour la lutte contre-avions.

Le Glowworm marque l’introduction d’une plate-forme lance-torpilles quintuple mais ses sister-ships vont conserver les affûts quadruples. Ces destroyers sont mis en service en 1936.

Ce modèle à connu un vrai succès à l’exportation, sept navires formant la classe Buenos Aires (Buenos Aires, Corrientes, Entre Rios,Missiones, San Juan, San Luiz et Santa Cruz) ont été vendus à la marine argentine alors que quatre ont été construits en Grèce avec un armement d’origine allemande.

Ces navires sont baptisés Vasilefs Georgios Vasilissa Olga Vasilefs Konstantinos et Vasilissa Sofia, des navires mis en service respectivement en 1939, 1939, 1942 et 1944, ces quatre navires formant la 2ème flottille.

Ils se diférencient des destroyers britanniques par leur armement qui se compose notamment de quatre canons de 127mm allemands au lieu des 120mm britanniques.

Le Vasilefs Georgios participe à la Campagne de Grèce au cours de laquelle il coule le cacciatorpidiniere Alpino qu’il surprend au large de l’île de Céphalonie le 8 janvier 1950 alors que le destroyer italien bombardait l’île encore occupé par les alliés. Le destroyer grec lance six torpilles puis ouvre le feu.

L’Alpino qui n’à rien vu venir est touché par trois torpilles et par une volée d’obus de 127mm ne lui laissant aucune chance.

Il survit à la Campagne de Grèce étant endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement et une fois replié sur la Crète il continue ses missions d’escorte, d’attaque et d’appui aux opérations commandos.

Le 15 septembre 1952 il participe au raid sur Thessalonique en préparation/diversion de l’opération ANVIL.

Il est gravement endommagé par une batterie côtière non repérée et parvient cahin caha à se replier sur la Crète.

«C’était une horreur, le destroyer était par endroit ouvert comme une boite de conserve, des câbles pendaient, des tuyaux éventrés d’où s’échappaient de la vapeur résiduelle, partout du sang, des petits foyers, cette image est restée gravée dans ma mémoire».

Des réparations d’urgence sont menées mais uniquement pour maintenir le destroyer à flot. Une inspection montre qu’il faudrait deux ans pour remettre en état le destroyer ce que les grecs contestent. Comme seuls les britanniques ou les français peuvent réparer, les grecs n’ont pas le choix d’accepter la décision des alliés de ne pas remettre en état un navire qui est désarmé le 17 décembre 1952 et qui sera démoli après guerre.

Le Vasilissa Olga coule le sous-marin Agostino Barrbarigo en février 1950. Il n’à guère l’occasion d’en profiter car le 13 mars 1950 des chasseur-bombardiers Focke-Wulf Fw-190 l’envoient par le fond, deux bombes de 250kg entrainent l’explosion des munitions (torpilles, grenades ASM) embarquées ne laissant que fort peu de survivants.

Les Vasilefs Konstantinos et Vasilissa Sofia survivent au conflit même si ils sont endommagés à plusieurs reprises. Ils participent à la guerre civile grecque, étant désarmés respectivement en 1960 et 1962 et démoli respectivement en 1960 et 1970.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1371 tonnes pleine charge 1879 tonnes

Dimensions : longueur 97.5m largeur 9.7m tirant d’eau 2.7m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par trois chaudières Amirauté développant 34000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 nœuds distance franchissable 3760 miles nautiques à 20 nœuds

Electronique : durant le second conflit mondial les trois destroyers ayant survécu à la campagne de Grèce ont reçu un Asdic, un radar de veille air et un radar de veille navigation tous de conception et de fabrication britannique

Armement : (origine) Quatre canons de 127mm SK/C-38 en quatre affûts simples sous masque (deux avant et deux arrières), quatre canons de 37mm en affûts simples, deux affûts quadruples de 12.7mm, deux plateformes quadruples lance-torpilles de 533mm et deux grenadeurs

(WWII) Les trois destroyers ayant survécu à la campagne de Grèce ont vu leur armement être modifié avec des canons de 120mm britanniques en remplacement des canons de 127mm d’origine (la raison étant un manque de munitions adaptées), un canon antiaérien de 76.2mm en remplacement de la plateforme quadruple lance-torpilles arrière et huit canons de 20mm en remplacement des canons de 37mm et des mitrailleuses de 12.7mm.

A la fin du conflit la DCA se composait de deux affûts quadruples de 40mm (qui remplaçaient le canon de 76.2mm initialement embarqué ainsi que le canon III de 120mm) et de douze canons de 20mm en affûts simples

Equipage : 168 officiers et marins

Destroyers classe Aetos

Les destroyers de classe Aetos au nombre de six ont été construits en Grèce, trois à l’Arsenal de Salamis et trois à Thessalonique.

Baptisés Aetos Ierax Leon Panthir Keravnos et Nea Genea, ces navires sont de conception grecque et sont souvent présentés comme une synthèse entre les Freccia italiens et les type G britanniques.

Ce sont des navires élancés et élégants avec un long gaillard d’avant mais un bloc-passerelle ramassé avec une cheminée unique ce qui permet de dégager au maximum les champs de tir de l’artillerie principale.

En ce qui concerne l’armement, les grecs espéraient acheter des canons de 127mm allemands supplémentaires mais cela se révéla impossible et ils se sont rabattus sur les canons de 120mm britanniques.

A ces quatre canons de 120mm en affûts simples sous masque (deux avant et deux arrières) s’ajoute une DCA légère composée de canons de 37mm Schneider et de canons de 20mm Oerlikon, huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plateformes quadruples et deux grenadeurs avec trente-deux projectiles.

Ces six navires sont mis en service en 1943 (Aetos Ierax), en 1945 (Leon Keravnas) et en 1947 (Panthir Nea Genea). Ils forment la 3ème flottille.

L’Aetos participe le 7 février 1950 à la destruction du Muzzio Atendolo en compagnie de navires français et britanniques alors qu’il couvrait un débarquement tactique sur la côte occidentale grecque pour tenter de déborder le dispositif ennemi.

Le Leon lui coule le torpilleur Giuseppe Le Farina qui escortait un convoi entre Valona et l’île de Céphalonie. Une fois l’escorteur envoyé par le fond, les caboteurs ne tardent pas à suivre.

Deux sont coulés durant le second conflit mondial, l’Aetos victime d’un sous-marin italien le 7 février 1953 en Adriatique et le Nea Genea victime de chasseurs-bombardiers allemands le 8 octobre 1952 alors qu’il venait d’attaquer un convoi ravitaillant l’Eubée depuis le port d’Athènes.

Le Ierax gravement endommagé lors d’une collision avec un paquebot transformé en transport de troupes le 14 février 1954 finit par couler alors qu’il était en cours de remorquage vers Alexandrie.

Les Leon Panthir Keravnos survivent à la terrible ordalie que constitue du second conflit mondial. Ils sont modernisés par les britanniques entre 1955 et 1958 et désarmés respectivement en 1965, 1967 et 1970 avant d’être démolis.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1450 tonnes pleine charge 1950 tonnes

Dimensions : longueur 99m largeur 11m tirant d’eau 3m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par trois chaudières Amirauté développant 34000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 34.5 nœuds distance franchissable 3760 miles nautiques à 20 nœuds

Electronique : durant le second conflit mondial les destroyers ont reçu un Asdic, un radar de veille air et un radar de veille navigation tous de conception et de fabrication britannique

Armement : (origine) Quatre canons de 120mm en quatre affûts simples sous masque (deux avant et deux arrières), quatre canons de 37mm Schneider en affûts simples, huit canons de 20mm, deux plateformes quadruples lance-torpilles de 533mm et deux grenadeurs

(WWII) Trois canons de 120mm, deux affûts quadruples de 37mm Schneider et douze canons de 20mm Oerlikon, une plate-forme quadruple lance-torpilles de 533mm et deux grenadeurs avec quarante-huit grenades Equipage : 168 officiers et marins

Equipage : 177 officiers et marins

Mitteleuropa Balkans (172) Grèce (16)

De la Grande Catastrophe à la Guerre de Pologne : des tentatives de modernisation

La Grande Catastrophe est une catastrophe idéologique (fin de la Grande Idée comme objectif jugé atteignable), politique (fin de la monarchie), économique (besoin d’intégrer des centaines de milliers de grecs d’Asie Mineure qui ont tout perdu) et militaire, la marine grecque peinant à renouveler sa flotte.

Avant la guerre de Pologne on ne trouve que comme acquisition que six sous-marins français en 1927 et quatre destroyers italiens en 1929.

En clair si la guerre de Pologne s’était poursuivie la marine royale grecque aurait été bien en peine d’agir efficacement contre la Regia Marina, son adversaire principal pour ne pas dire exclusif, la marine turque malgré une remarquable modernisation ne semblant pas vouloir s’engager dans un conflit à part peut être une guerre limitée contre la Grèce pour le contrôle de quelques îles en mer Egée. En septembre 1939, la marine grecque affiche le visage suivant :

Le cuirassé Kilkis est l’ancien USS Mississippi (BB-23)

-Les cuirassés Kilkis et Lemnos ont été désarmés, le premier servant de batterie flottante et d’école de canonnage alors que le second à été transformé en ponton flottant.

La marine grecque souhaite le remplacer par un cuirassé moderne mais cela coûte cher et c’est surtout une denrée rare à une époque où les pays pouvant construire ce type de navire se préoccupent surtout de moderniser/accroitre leur flotte. Des projets seront étudiés mais ils vont mettre du temps à se concrétiser comme nous allons le voir ensuite.

Le croiseur cuirassé Georgios Averoff

Le croiseur cuirassé Georgios Averoff est toujours en service en septembre 1939 bien que clairement dépassé mais son statut de héros des guerres balkaniques le préserve d’un désarmement et pire d’une démolition.

En revanche le croiseur léger Elli, un croiseur initialement construit aux Etats-Unis pour la marine impériale chinoise (!) doit être remplacé par un croiseur plus moderne portant le même nom.

Des projets de construction de nouveaux croiseurs sont étudiés mais ils ne connaitront qu’une réalisation partielle avec un sister-ship de l’Elli baptisé Lemnos alors que les projets étaient nettement plus ambitieux voir irréalistes avec pas moins de huit croiseurs légers !

En ce qui concerne les destroyers, la force se compose de quatre destroyers italiens acquis en 1929 et quatre destroyers construits en Grande-Bretagne, destroyers dont la livraison allait être suspendue durant la guerre de Pologne.

Des unités anciennes héritées du premier conflit mondial sont encore en service mais elles doivent être remplacées par des unités plus modernes fabriquées en Grèce.

La force sous-marine est considérée comme relativement moderne même si les sous-marins français acquis à la fin des années vingt commencent à avoir l’âge de leurs artères. Là encore la construction d’unités modernes est étudiée mais très incertaine.

L’aéronavale grecque est considérée comme le parent pauvre de la marine royale grecque alors que les défenses côtières sont plutôt bonnes. On parle également de créer des unités d’infanterie de marine pour mener des raids sur les îles turques.

La guerre de Pologne se termine en décembre 1939. C’est le début d’une période de paix armée entrée dans l’histoire sous le nom de Pax Armada en référence à la Pax Romana.

Pour la marine grecque c’est le moment où jamais de devenir non pas une marine de premier plan en Méditerranée mais une marine capable de défendre seule les eaux nationales et servir d’allié utile aux occidentaux et donner quelques migraines supplémentaires aux amiraux italiens.

La marine grecque dans la Pax Armada : une modernisation en trompe l’œil ?

Pourquoi diable en trompe l’oeil ? Tout simplement parce que si de nouveaux navires sont acquis il n’est pas certain que la Vasilikón Naftikón en ait tiré la quintessence avec la formation du personnel compétent et l’établissement d’une stratégie adaptée.

La question majeure à la fin des années trente c’est la question du cuirassé. Quelques officiers pilotes militent en faveur d’un porte-avions mais ils sont ultra-minoritaires. Comme la majorité des officiers surfaciers, les officiers grecs ne jurent que par le cuirassé.

Ne pas oublier que la marine grecque avait commandé deux cuirassés modernes en 1914 et que leur non livraison avait causé un vrai traumatisme chez les officiers grecs.

Dans un premier temps les grecs envisagent d’acquérir un cuirassé de seconde main mais c’est une denrée rare et surtout face à la commande du Suleiman par les ottomans il fallait un cuirassé moderne.

L’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont sondés et ce sont les derniers qui acceptent ironie de l’histoire de livrer à la Grèce un cuirassé rapide inspiré des Alaska, c’est donc un cousin du Suleiman.

Baptisé Salamis, il est mis en service en juin 1946 devenant le navire-amiral de la Vasilikón Naftikón et devenant un atout majeur dans la politique étrangère grecque, les italiens devant tenir compte de la présence d’un puissant cuirassé ou plutôt d’un croiseur de bataille puisqu’il était armé de six canons de 356mm en trois tourelles doubles.

Le nouveau croiseur Elli et son sister-ship Lemnos sont mis en service respectivement en 1945 et 1947. Ils sont de conception grecque avec l’assistance technique des chantiers navals de La Ciotat.

Le HMS Grafto,n (type G)

Ils doivent opérer avec les destroyers acquis avant 1939 et avec six destroyers plus légers inspirés des Freccia et des type G et construits en Grèce, ces navires remplaçant les destroyers issus du premier conflit mondial.

En revanche le remplacement des sous-marins ne peut se réaliser et les grecs doivent se contenter de moderniser leurs submersibles.

Des vedettes lance-torpilles sont acquises auprès de l’Allemagne (ce qui irritera l’Italie) et l’aéronavale reçoit quelques avions et quelques hydravions.

Longtemps le combat naval était davantage un combat d’infanterie sur l’eau qu »autre chose. Toutes les marines disposaient d’unités d’infanterie pour l’abordage mais aussi pour la protection des officiers face à des marins pas toujours très disciplinés et très respectueux de l’autorité.

La marine grecque en septembre 1939 ne possédait pas d’unités d’infanterie de marine, les simples fusiliers étant intégrés aux compagnies de débarquement des navires soit peu de chose car un homme armé d’un fusil n’est pas forcément un fusilier.

En septembre 1945 un bataillon d’hoplites de la mer est créé soit en version originale Tagma thalasso opliti.

Un deuxième bataillon est mis sur pied mais il s’agit d’un bataillon-cadre activable en temps de guerre. Ce ne sera finalement pas le cas faute de temps et de moyens.

Ce bataillon est organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de fusiliers et une compagnie d’armes lourdes (mitrailleuses et mortiers).

Initialement ce bataillon doit assurer la défense de la base de Salamis mais très vite on envisage pour lui des missions plus offensives ce qui lui permettra d’entrer dans la légende.

La marine royale grecque dans le second conflit mondial

Situation globale de la Vasilikón Naftikón en septembre 1948

Le navire-amiral de la marine grecque est le cuirassé ou plutôt le croiseur de bataille Salamis, une évolution des Alaska américains et donc le cousin germain du Suleiman. Mis en service en juin 1946 il est pas totalement opérationnel en septembre 1948, la montée en puissance ayant été plus longue que prévue.

Avec ses six canons de 356mm en trois tourelles doubles et ses canons de 127mm, il représente une menace importante pour la marine italienne qui va chercher à la neutraliser dès que possible et ce avant même le début de la guerre ! Sans succès puisque le cuirassé était encore quand le second conflit mondial éclate.

Les croiseurs légers Elli et Lemnos doivent protéger les lignes de communication grecques et attaquer celles de l’ennemi avec les huit canons de 152mm en quatre tourelles doubles, les canons de 100mm français et des tubes lance-torpilles de 533mm.

Ils doivent opérer avec une flotte de destroyers qui s’est singulièrement étoffée. On trouve ainsi pas moins de quatorze destroyers modernes.

Le Freccia

On trouve les quatre destroyers de Classe Kontouriotis (type Freccia) italien, quatre destroyers type G britannique formant la classe Vasilef Georgios et six destroyers que l’ont peut considérer comme une synthèse des deux classes précédentes, ces navires formant la classe Aetos ( Aetos Ierax Leon Panthir Keravnos et Nea Genea).

Malgré une volonté partagée par le gouvernement comme par les opérationnels, le remplacement des six sous-marins en service en septembre 1939 (Katsonis Papanikolis Protefs Nirefs Triton Glafkos) ne peut se faire, le projet de les remplacer par des 800 tonnes français ou des type S britanniques ne dépassant pas l’étape de la demande d’information. Ils ont certes été modernisés entre 1942 et 1944 mais ils sont clairement obsolètes.

En revanche les seize vedettes lance-torpilles sont modernes, efficaces, leurs équipages étant considérés comme les meilleurs de la marine grecque.

Elles doivent attaquer la navigation ennemie et harceler les grosses unités pour réduire le différentiel entre une marine de première ordre comme la marine italienne et une marine de deuxième classe comme la marine grecque.

L’aéronavale grecque qui avait fusionné avec l’aviation de l’armée en 1929 renait en 1942 avec deux escadrilles d’hydravions de patrouille maritime et deux escadrilles d’hydravions-torpilleurs. Peu après une escadrille d’avions avec des chasseurs et des bombardiers voit également le jour.

Ces cinq escadrilles totalisent une cinquantaine d’appareils auxquels il faut ajouter quelques appareils anciens essentiellement utilisés pour l’entraînement, les liaisons et la servitude. Des projets de modernisation ambitieux ont comme souvent été envisagés mais pas concrétisés faute de temps et surtout de moyens financiers et humains.

On trouve également un bataillon d’infanterie de marine, le 1. Tagma Thalasso Opliti organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de fusiliers et une compagnie d’armes lourdes.

Combat !

Quand la seconde guerre mondiale éclate en septembre 1948 l’Italie est neutre mais Athènes est persuadée que cela ne va pas durer et que ce soit avec ou sans provocation extérieure, Rome allait un jour ou l’autre attaquer.

L’attitude très agressive des franco-britanniques va pousser l’Italie à entrer en guerre le 7 octobre 1948. Entre-temps la Grèce courtisée par Paris et Londres se montre nettement plus réceptive qu’en 1914 mais sans s’engager ouvertement. Néanmoins la simple présence d’une puissante marine neutre à un impact sur la stratégie générale des italiens.

Dès l’annonce des bombardements allemands sur la Scandinavie, la Grèce annonce aux différents bélligérants qu’elle fera respecter si besoin est par la force la neutralité de son espace aérien et de son espace maritime.

Des champs de mines sont mouillés, les batteries côtières mises en alerte, les sous-marins patrouillent tout comme les hydravions.

La flotte de surface _croiseurs et destroyers_ multiplient les raids agressifs pour montrer la détermination de la marine royale héllène. Des incidents opposent la marine grecque à la marine italienne mais comme officiellement les deux pays ne sont pas (encore) en guerre rien ne se produit.

Le 5 mai 1949 les italiens déclenchent l’opération CAESAR. Les grecs ne sont pas surpris tant les tensions ne cessaient de monter entre Athènes et Rome.

De plus des missions de reconnaissance, des rapports issus d’agents hellénophones en Epire ainsi que des messages radios transmis par les sous-marins en patrouille en Adriatique avaient fait remonter suffisamment d’information pour convaincre le gouvernement grec qu’une attaque italienne était imminente.

Dès le lancement de l’invasion italienne, la marine grecque adopte une posture agressive, ses sous-marins déployés en mer Ionienne et en mer Adriatique reçoivent l’ordre de torpiller tout navire italien sans sommation mais les vénérables (pour ne pas dire obsolètes) sous-marins héllènes jouent de malchance et ne remportent aucun succès.

Pire deux sont coulés, les Katsonis et Protefs étant victime pour le premier d’un hydravion itailien en maraude le 12 mai alors que le second qui devait rentrer de patrouille le 7 juin est présumé avoir été coulé par une mine (l’épave n’à jamais été retrouvée malgré plusieurs campagnes de recherche).

Les navires de surface vont être un peu plus en réussite même si à la fin de la campagne de Grèce certains marins grecs auront un sentiment amer, ayant l’impression d’encaisser les coups sans jamais pouvoir vraiment riposter. Seul réconfort, les franco-britanniques salueront le courage des marins hellènes face à la marine italienne et aux aviations de l’Axe.

Plusieurs navires italiens vont tout de même être envoyé chez Poseidon par les grecs que ce soit seuls ou avec le concours des marines alliées. C’est par exemple le cas du Gorizia qui disparaît au cours de la bataille du Golfe de Zanthe le 17 mars 1950, le croiseur léger Elli jouant un rôle non négligeable dans sa destruction aux côtés de ses homologues franco-britanniques mais aussi des différentes aviations embarquées.

En revanche le Bolzano attaqué par les destroyers grecs Hydra et Spetsai à survécu aux obus et aux torpilles grecques en dépit des revendications triomphales des navires héllènes. En ce qui concerne le croiseur Napoli c’est une querelle insouluble vieille de 71 ans qui oppose les britanniques et les grecs, les deux marines revendiquant sa destruction par les torpilles d’un sous-marin. Aucun pays ne veut lâcher question de fierté nationale.

En revanche pour le croiseur léger Muzzio Atendolo personne ne peut en retirer le mérite aux grecs même si l’Aetos était accompagné de navires britanniques et français le 7 février 1950 alors que cette unité de classe Navigatori couvrait un débarquement tactique sur la côte occidentale de la Grèce.

Le croiseur léger Emmanuele Pessamo est coulé durant la campagne de Grèce par deux vedettes lance-torpilles grecques accompagnées par le destroyer Hydra qui ironie de l’histoire et de conception et de fabrication italienne.

Un autre cacciatorpediniere est coulé par la marine grecque en l’occurrence l’Alpino victime du Vasilefs Giorgios, un destroyer de conception et de fabrication britannique avec néanmoins des canons de 127mm. Le destroyer grec en patrouille près de l’île de Céphalonie surprend le destroyer italien en bombardement littoral. Il lance ses torpilles puis ouvre le feu, désemparant le destroyer italien qui coule en seulement quelques minutes.

Autre victime de la marine grecque le vénérable torpilleur Giuseppe Le Farina qui stationné à Valona en Albanie est chargé d’escorter un convoi de deux caboteurs entre Valona et l’île de Céphalonie.

Surpris par le destroyer grec Leos, il est coulé par l’artillerie de ce dernier avant que les caboteurs ne soient littéralement exécuté par l’artillerie du destroyer grec.

L’escorteur Canopo est coulé en janvier 1950 par des vedettes lance-torpilles grecques alors que le sous-marin Agostino Barbarigo est victime des charges de profondeur du destroyer Vasilissa Olga alors qu’il tentait d’attaquer un transport de troupes évacuant les dernières troupes alliées encore présentes à Céphalonie.

Deux autres sous-marins seront coulés bien après la fin de la campagne de Grèce en l’occurence l’Argento en septembre 1952 et le Murena en juin 1951.

L’infanterie de marine grecque déployée à Patras reste d’abord en mode défensif puis en l’absence de débarquement amphibie italien, les hoplites de la mer vont montrer aux italiens de quel bois ils se chauffent.

Ils vont pratiquer ce qu’on appelait jadis les descentes à savoir débarquer dans une zone, tout détruire et rembarquer. Ils vont utiliser des caïques, des vedettes voir des pontons motorisés. Les italiens sont d’abord surpris avant de muscler leur dispositif et de rendre les raids grecs plus compliqués.

Avec la dégradation de la situation le bataillon va opérer en défensive/offensive à savoir ralentir, freiner l’adversaire, permettre le repli des autres unités, éviter les paniques voir récupérer des soldats isolés et les ramener au bercail.

Les alliés comme les ennemis saluent leur bravoure, leur agressivité. Comme le dira un capitaine italien qui connu les Balkans et le front russe «Tout le monde nous parle des Houraaaaaaaaaaaaaaah des frontoviki, des frissons que vous ressentez en l’entendant, de la peur qui vous tenaille cela se voit que nous avez jamais entendu le Pros ta empros Oplitis ! (en avant hoplites !) qui annonçait l’assaut de ces diables de grecs».

Replié sur le Péloponnèse, le bataillon repousse plusieurs raids commandos menés par les italiens et par les allemands. En septembre 1951 le bataillon est transféré en Egypte pour être réorganisé et régénéré.

Aux côtés des vétérans de la Campagne de Grèce on trouve de jeunes marins certains venant de navires de surface qui veulent mener une forme de guerre différente.

A nouveau opérationnel en juin 1952, il va mener des opérations commandos aux côtés du bataillon sacré avec lequel se noue une sympathique et amicale rivalité. Il ne participe pas au raids sur Thessalonique mais prépare l’opération ANVIL par des raids de combat de renseignement.

Il va ensuite opérer davantage dans des raids sur la côte grecque, en Albanie et voir même en Dalmatie parfois seuls ou en lien avec des opérations terrestres voir en soutien de la résistance qu’elle soit grecque, albanaise ou yougoslave.

A la fin du conflit le bataillon va participer aux opérations de la guerre civile grecque. En 2021, le bataillon est devenu brigade avec de l’infanterie, de la cavalerie, de l’artillerie et du génie pour permettre des opérations de haute intensité mais ceci est une autre histoire.

Naturellement ces victoires ont provoqué un certain nombre de pertes parmi la flotte de surface grecque.

Le cuirassé Salamis, navire-amiral et orgueil de la marine héllène est endommagé à trois reprises mais jamais sérieusement. La première fois c’est par un bombardier italien le 17 septembre 1949, la deuxième fois par une torpille tirée par un sous-marin italien le 12 décembre 1949 et la troisième fois par des bombardiers allemands le 4 mars 1950. Sérieusement endommagé il est replié péniblement vers la Crète puis vers l’Egypte.

Réparé, il va être réutilisé mais loin de ses capacités, la marine grecque manquant de bras et les alliés ne manquant pas de cuirassés pour prendre le contrôle de la Méditerranée. Loin de participer à des batailles navales, le cuirassé grec va participer à des missions de bombardement au profit des troupes au sol qui apprécièrent le poids de ses obus de 356mm.

Il termine la guerre sans gros dommages mais est victime d’un sabotage le 17 janvier 1955 provoquant son échouage. Il est réparé, participe à la guerre civile grecque puis ce conflit terminé, il est utilisé comme navire-école de 1962 à 1970. Désarmé le 17 juin 1971, il est finalement démoli en 1975 après l’échec d’un projet de préservation.

Les vétérans Kilkis et Lemnos qui n’étaient plus opérationnels depuis des années sont coulés durant la campagne de Grèce, le premier torpillé par un sous-marin italien alors qu’il était remorqué en direction de la Crète pour continuer son rôle de batterie flottante alors que le second qui n’était plus qu’un simple ponton (il avait perdu son nom au profit du nouveau croiseur léger) dans le port de Thessalonique est coulé par des bombardiers allemands.

Le vénérable cuirassé Giorgios Averoff est endommagé par un bombardement allemand alors qu’il couvre avec ses puissants canons de 254mm et de 190mm l’évacuation du port de Thessalonique (la ville tombe le 30 novembre 1949). Il parvient à s’échapper à et se réfugier non sans mal à Alexandrie.

Réparé, il opère en Méditerranée mais surtout dans l’Océan Indien pour des escortes de convois ce qui frustre un peu son équipage. De retour en Méditerranée en septembre 1953, il va participer à l’appui des troupes au sol jusqu’à la fin du conflit. Rentré en Grèce il est désarmé en 1956 pour ainsi dire abandonné au Pirée jusqu’en 1980 quand on décide de le restaurer et de l’exposer comme musée à Phalère ce qui est chose faite en 1986.

En ce qui concerne les croiseurs légers Elli et Lemnos, le premier est coulé par un sous-marin italien le 21 octobre 1950 alors qu’il venait d’attaquer un convoi de l’Axe entre Le Pirée et les Cyclades. Deux torpilles envoient le croiseur par le fond qui coule en ne laissant que fort peu de survivants.

Son sister-ship Lemnos va survivre au conflit participant à des raids en Méditerranée, à l’appui d’opérations commandos en couvrant leur repli ou en lançant des obus éclairants.

Il est endommagé à plusieurs reprises mais à chaque fois réparé. Il est sérieusement endommagé durant la guerre civile grecque ce qui impose son désarmement en octobre 1957 puis sa démolition après son remplacement par un croiseur italien, le Gabriele d’Annunzio qui devient l’Elli.

En ce qui concerne les destroyers, la flotte subit des pertes non négligeables. L’Hydra qui s’était illustré durant la campagne de Grèce est coulé par l’aviation allemande durant l’opération SWORD le 2 décembre 1953, un bimoteur Junkers Ju-188 le surprend à l’aube, larguant deux bombes de 500kg. Le destroyer coupé en deux coule rapidement.

Son sister-ship Kontouriotis l’à précédé puisqu’il est victime d’une mine au large des Cyclades le 14 juin 1952. Le navire est endommagé mais on espère pouvoir le remorquer. Il est pris en remorque par un contre-torpilleur français mais suite à une alerte aérienne la remorque doit être larguée et quand la reprise peut être effectuée le navire à disparu même si heureusement l’équipage à pu évacuer.

Les destroyers Spetsai et Psara survivent au conflit sans grands dommages. Mis en réserve en 1956 après leur remplacement par des destroyers transférés par les américains, ils sont démolis au milieu des années soixante.

Le Vasilefs Georgios est gravement endommagé lors du raid sur Thessalonique le 15 septembre 1952 qui précéde l’opération ANVIL. Il est remorqué tant bien que mal jusqu’en Crète où une inspection plus poussée montre un état tel que la remise en état nécessiterait trop de temps et trop de ressources. Il est désarmé officiellement le 17 décembre 1952 et cannibalisé pour ses sister-ship.

Le destroyer Vasilissa Olga

Si le Vasilissa Olga est coulé par l’aviation allemande lors de la campagne de Grèce en mars 1950, les deux autres navires baptisés Vasilefs Konstantinos et Vasilissa Sofia survivent au conflit, le premier étant désarmé et démoli en 1960 alors que le second désarmé en 1962 est lui aussi démoli après l’échec d’un projet de préservation.

Sur les six destroyers de classe Aetos (Aetos Ierax Leon Panthir Keravnos et Nea Genea), deux sont coulés durant le second conflit mondial, l’Aetos victime d’un sous-marin italien le 7 février 1953 en Adriatique et le Nea Genea victime de chasseurs-bombardiers allemands le 8 octobre 1952 alors qu’il venait d’attaquer un convoi ravitaillant l’Eubée depuis le port d’Athènes.

Le Ierax gravement endommagé lors d’une collision avec un paquebot transformé en transport de troupes le 14 février 1954 finit par couler alors qu’il était en cours de remorquage vers Alexandrie.

Les Leon Panthir Keravnos survivent à la terrible ordalie que constitue du second conflit mondial. Ils sont modernisés par les britanniques entre 1955 et 1958 et désarmés respectivement en 1965, 1967 et 1970 avant d’être démolis.

En ce qui concerne les sous-marins nous avons vu que les Katsonis et Protefs ont été coulés durant la Campagne de Grèce. Les quatre autres ont survécu à cette ordalie et se sont réfugiés à Alexandrie où le gouvernement grec espérait une remise en état ou une vrai modernisation.

Suite à une inspection menée par une mission de sous-mariniers français et britanniques, les gouvernements proposent au gouvernement grec la cession de deux sous-marins modernes. Les grecs qui n’espéraient pas temps acceptent avec joie.

Les quatre sous-marins grecs sont utilisés pour l’entrainement au profit de nouveaux sous-mariniers mais aussi pour les opérateurs sonars même si très vite seul le Triton va rester en service, les autres étant désarmés (ils seront démolis après guerre).

Les deux sous-marins cédés sont deux sous-marins type Phenix, les Ventôse et Messidor qui sont rebaptisés Katsonis et Protefs en mémoire des sous-marins perdus durant la campagne de Grèce. Ils sont officiellement transférés en septembre 1951 et juillet 1952.

Ces deux sous-marins vont opérer essentiellement en mer Egée et en Adriatique. Si le Katsonis ex-Ventôse à survécu au conflit, son sister-ship, le Protefs ex-Messidor à été coulé par un escorteur italien le 4 janvier 1953 alors qu’il attaquait un convoi reliant Bari à Tarente.

Le Katsonis à été profondément modernisé à Toulon entre juin 1956 et mars 1957 dans le cadre du programme AMTATE (AMéliorations TActiques et TEchniques) puis utilisé aux côtés de sous-marins américains jusqu’à son désarmement en 1975. Il à été préservé comme musée à flot au Pirée.

Les seize vedettes lance-torpilles grecques vont être considérées à tort ou à raison par les alliés comme par l’ennemi comme les unités les plus efficaces de la marine grecque. Elles subissent des pertes sérieuses mais remportent comme nous l’avons vu plus haut de belles victoires.

A la fin de la Campagne de Grèce, il ne reste que neuf vedettes mais elles sont toutes passablement usées. En attendant la livraison de vedettes neuves par la Grande-Bretagne des équipages vont intégrer des flottilles britanniques et françaises pour relever des équipages de la Royale et de la Royal Navy.

Seize vedettes Fairmile D sont livrées entre juin et septembre 1951 permettant la recréation de deux flottilles de huit navires qui sont stationnées dans le Péloponnèse, une à Patras et la seconde à Epidaure.

Ces vedettes associées à des unités françaises et britanniques vont harceler la navigation germano-italienne notamment les convois nocturnes entre Le Pirée et les Cyclades et entre l’Epire et l’île de Céphalonie.

Les combats sont violents et les pertes lourdes puisque les grecs vont recevoir un total de trente-six vedettes lance-torpilles. Certaines furent modifiées en transport rapides de commandos ou en vedettes d’appui-feu avec un mortier ou mêle un canon de montagne en remplacement des torpilles.

Des caïques (bateaux de pêche traditionnels grecs) sont utilisés depuis la Crète comme patrouilleurs , dragueurs, comme embarcations de sauvetage en mer et comme embarcations d’infiltrations pour les agents de renseignement.

Pour le soutien logistique la marine grecque bénéficia du concours de quelques navires rescapés et surtout de sa flotte marchande qui rallia sauf rares exceptions le gouvernement en exil. Ce dernier pu ainsi facilement monayer sa capacité de fret contre le ravitaillement de ses unités de combat.

Il y eut des projets de transfert de navires légers d’escorte (Flower ou Hunt) à la marine grecque mais les propositions furent déclinées par le gouvernement d’Heraklion en raison du manque de personnel, la marine royale grecque étant très limitée en terme de ressources humaines en dépit de l’évasion de jeunes grecs de la partie occupée du pays et de la mobilisation de la diaspora héllène.

A la fin du conflit, la marine royale grecque dispose encore de beaux restes et peut être fière du travail accomplit. En attendant l’acquisition de navires neufs des navires de seconde main vont être transférés notamment par les américains.

Grande-Bretagne (14) Royal-Navy (6)

Destroyers

Une légende biblique affirme qu’un jour David tua le géant Goliath d’une pierre habilement lancée par une fronde, le faisant passer ad patres quand le projectile le toucha au front.

Cette légende n’eut guère à s’appliquer dans le domaine du combat naval où les gros n’avaient guère à redouter des petits, des sans-grades, un 74 canons pouvant largement vaincre un brick de 12 canons ou une frégate armée d’une vingtaine de pièces. Bien sur il y à des exceptions mais cela reste des exceptions qui confirment la règle.

Il faut attendre le dix-neuvième siècle pour voir le petit menacer le gros avec l’apparition de la torpille automobile, une invention d’un officier austro-hongrois nommé Lupis perfectionnée par une firme anglaise installée à Venise, l’entreprise Whitehead.

D’abord filoguidées puis autonomes, ces torpilles promettent de rendre inutiles les grandes escadres qui font la fierté des grandes marines.

C’est le cas notamment de la France et d’un courant de pensée novateur par certains aspects (sous-marins) ineptes par d’autres (absence de cuirassés, navire-belier, croiseur porte-torpilleurs) qui vit dans le torpilleur le moyen de vaincre les cuirassés britanniques et américains.

Les espoirs furent vites douchés, le torpilleur était bien mal à l’aise en haute mer et même dans les eaux littorales, c’était loin d’être l’arme miracle espérée.

La construction de plusieurs dizaines de torpilleurs en France et en Russie inquiétant grandement en Grande-Bretagne où renaquirent les invasions scares, ces bouffées délirantes qui frappaient l’opinion britannique dès qu’une nouvelle arme était mise en œuvre chez les froggies.

Il fallait une riposte et après plusieurs tatonements, on découvrit que la meilleure arme contre le torpilleur était un torpilleur plus gros, aussi rapide si ce n’est plus et bien armé.

C’est l’acte de naissance du Torpedo Boat Destroyer rapidement abrégé en destroyer, un navire filant plus de 25 nœuds, propulsé par des machines alternatives puis des turbines, armés de canons médians et de plusieurs tubes lance-torpilles.

Comme souvent, les premiers navires d’un nouveau navire sont des créatures chétives, quasi-souffreteuses mais le torpilleur est un vigoureux adolescent qui prend peu à peu du poids et des forces.

C’est ainsi qu’à la fin du premier conflit mondial, les derniers destroyers britanniques sont des navires dépassant 1300 tonnes avec un armement composé de quatre canons de 102mm et quatre tubes lance-torpilles de 533mm.

Ces destroyers de classe V & W vont inspirer les torpilleurs d’escadre de classe Bourrasque ainsi que les Flottilla Destroyer, la fameuse série des A à I, des série de destroyers armés de quatre ou cinq canons de 120mm et de huit tubes lance-torpilles de 533mm.

L’apparition des Fubuki japonais avec six canons de 127mm en trois tourelles doubles oblige la Royal Navy à riposter en trouvant une riposte.

En dépit de leur réticence pour les grands destroyers, la marine britannique construit la classe Tribal, seize navires de 1850 tonnes armés de huit canons de 120mm en quatre tourelles doubles et quatre tubes lance-torpilles.

Véritable réponse aux Fubuki japonais, ces grands destroyers ne connurent pas de descendance, la Royal Navy revenant ultérieurement à des navires d’une taille plus raisonable.

En septembre 1939, quand éclate la guerre de Pologne, les destroyers suivants sont en service :

-Quelques destroyers anciens type V & W mais ces navires vont rapidement être envoyés en réserve, utilisés comme navires d’entrainement ou simplement démolis. Ils sont remplacés au sein des flottilles par des Hunt.

HMS Ambuscade

HMS Ambuscade

-Les destroyers HMS Ambuscade et HMS Amazone sont les prototypes des futures Flottilla Destroyer, des etalons techniques pour permettre aux chantiers britanniques de se mettre à la page. Ils sont utilisés à partir du printemps 1940 comme navires-école et stationnaires.

HMS Acasta (H-09)

HMS Acasta (H-09)

-Neuf destroyers type A (Codrington _chef de flottille_ Acasta Achates Active Antelope Anthony Ardent Arrow Acheron). Deux ont été construits pour la marine canadienne (Saguenay Skeena)

Le HMS Keith (H-06) était le flottilla leader des type B

Le HMS Keith (H-06) était le flottilla leader des type B

-Neuf destroyers type B (Keith _chef de flottille_ Basilisk Beagle Blanche Boadicea Boreas Brazen Brilliant Bulldog)

HMS Daring (H-16)

HMS Daring (H-16)

-Si les cinq type C ont été transférés dès avant guerre à la marine canadienne, les neuf type D sont toujours en service dans la Royal Navy en septembre 1939 (Duncan _chef de flottille_ Dainty Daring Decoy Defender Deligh Diamond Diana Duchess)

HMS Electra (H-27)

HMS Electra (H-27)

-Neuf destroyers type E (Exmouth _chef de flottille_ Echo Eclipse Electra Encounter Escapade Escort Esk Express)

HMS Faulknor (H-62)

HMS Faulknor (H-62)

-Neuf destroyers type F (Faulknor _chef de flottille_ Fame Fearless Firedrake Foresight Forester Fortune Foxhound Fury)

HMS Grenville (H-03)

HMS Grenville (H-03)

-Neuf destroyers type G (Grenville _chef de flottille_ Gallant Garland Gipsy Glowworm Grafton Grenade Greyhound Griffin). Ce modèle à été exporté en Argentine avec les sept destroyers de classe Buenos Aires et en Grèce avec quatre navires armés de canons allemands de 127mm.

HMS Hardy (H-87)

HMS Hardy (H-87)

-Neuf destroyers type H (Hardy _chef de flottille_ Hasty Havock Hereward Hero Hostik Hotspur Hunter Hyperion ). Six navires formant la classe Havant ont été exportés au Brésil.

HMS Icarus (I-03)

HMS Icarus (I-03)

-Neuf destroyers type I (Icarus Ilex Imogen Imperial Impulsive Inglefield Intrepid Isis Ivanhoe). La Turquie à reçu quatre destroyers de ce type et en à construit quatre autres sous licence.

HMS Cossack (L-03)

HMS Cossack (L-03)

-Seize destroyers classe Tribal (Afridi Ashanti Bedouin Cossack Eskimo Gurkha Maori Mashona Matabele Mohawk Nubian Punjabi Sikh Somali Tartar Zulu). La marine canadienne en à utilisé huit, la marine australienne huit également .

HMS Jackal (F-22)

HMS Jackal (F-22)

-Sept destroyers type J (Jervis Jackal Juno Janus Javelin Jersey Jupiter), le huitième baptisé Jaguar entrant en service au cours de la guerre de Pologne

HMS Kelly (F-01)

HMS Kelly (F-01)

-Un destroyer type K, le Kelly, les autres étant à différents stades d’achèvement

En intégrant tous les classe K, nous arrivons au chiffre de 104 destroyers en service ou en service proche quand éclate la guerre de Pologne.

Durant ce court conflit, trois destroyers sont coulés, deux par mines (Blanche Gipsy) et un par une collision avec un cuirassé en l’occurrence le HMS Duchess avec le HMS Barham.

Avant même le début de la guerre, de nouvelles classes de destroyers étaient en construction pour augmenter la flotte et prévenir les premières pertes. Seulement la fin prématurée du conflit dès le mois de décembre bouleversa bien des plans.

C’est ainsi que les huit destroyers de classe N tout en appartenant officiellement à la Royal Navy furent cédés à la marine australienne pour six d’entre-eux, les deux derniers renforçant la marine polonaise libre.

Les destroyers de classe L et M sont les derniers destroyers construits durant la Pax Armada et destinés à renforcer la flotte britannique de destroyers.

La classe L composée de huit navires est caractérisée par un armement différent pour une partie de la classe. A l’époque, un féroce débat oppose les partisans d’un armement anti-surface lourd et ceux partisans d’un armement dual ayant de bonnes capacités antiaériennes.

Voilà pourquoi quatre type L (Lance Larne Lively Legion) disposaient de huit canons de 102mm en quatre tourelles doubles alors que les quatre derniers (Laforey Lightning Lookout Loyal) disposaient de six canons de 120mm en trois tourelles doubles. Ces navires sont mis en service en 1942.

HMS Muskeeter (G-86)

HMS Muskeeter (G-86)

La classe M (Milne Mahratta Muskeeter Myrmidon Matchless Meteor Marne Martin) mise en service entre 1942 et 1944 étaient armé de trois tourelles doubles de 120mm à double usage.

A partir de 1944, commence le renouvellement de la flotte des destroyers, le remplacement des classes mises en service au début des années trente.

Les neuf destroyers type A sont remplacés par les huit type O (Onslow Offa Onslaught Oribi Obdurate Obedient Opportune Orwell).

Ils reprennent la coque de la classe M en la renforçant, une propulsion plus moderne avec un armement composé de trois tourelles doubles de 120mm après qu’un armement composé de canons de 102 et de 114mm eut été envisagé.

Les type O sont mis en service en 1945/46, permettant le désarmement des type A qui sont mis en réserve, près à être réarmés au cas où…. .

Les huit destroyers de classe P (Pakenham Paladin Panther Partridge Pathfinder Penn Petard Porcupine) sont des copies quasi-conformes des type O, les différences sont minimes. Ils sont destinés à remplacer les type B (huit survivants, un coulé durant la guerre de Pologne).

Mis sur cale en 1944, ils sont mis en service fin 1946 et surtout en 1947. Cela permet le désarmement en 1947 des classe B qui sont mis en réserve en compagnie des type A.

La classe P est la dernière classe entrée entièrement en service avant le début du conflit. Le remplacement des type D devait être assuré par la classe Q, huit navires sont commandés au printemps 1947 et mis sur cale à l’automne 1947.

Quand le second conflit mondial éclate, quatre sont lancés et en achèvement à flot, quatre autres encore sur cale.

Le conflit déclenché, huit nouveaux destroyers type Q sont commandés, le nombre est doublé dans le cadre du programme de guerre. Les huit premiers sont armés de canons de 120mm, les suivants sont armés en raison d’une pénurie de canons de 4.7 pouces de canons de 114mm en affûts doubles, des canons duals. Pour les différencier, ces huit destroyers de type Q sont redésignés type R.