20-Ordre de bataille et programme de guerre (3)

Contre-torpilleurs

Si il y à bien un domaine où la France peut être fière de sa flotte, c’est bien celui-ci. Ces contre-torpilleurs sont sans équivalent dans le monde en terme de puissance propulsive, de puissance de feu. Ils ne sont pas exempts de défauts même si les défauts les plus criants ont pour ainsi dire été tous corrigés enttre 1939 et 1948.

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948, la marine nationale dispose de 35 contre-torpilleurs répartis entre les six Aigle, les cinq Vauquelin (perte du Maillé-Brézé en 1940), les 6 Le Fantasque, les 2 Mogador et leurs demi-frères, les 4 contre-torpilleurs de classe Hoche, les 6 puissants contre-torpilleurs de classe Bayard et les 6 contre-torpilleurs de classe Bruix.

Six autres contre-torpilleurs sont en construction quand éclate le conflit, les six navires de classe Guépratte ( Guépratte Ronar’ch Maillé Brézé D’Estaing Vautreuil et Aumale) quasiment identiques aux Bayard et aux Bruix ce qui fait dire à certains que la classe Bayard compte dix-huit navires.

Théoriquement, les Guépratte devaient remplacer les Aigle qui avaient été pourtant modernisés notamment avec le remplacement des canons de 138mm par des 130mm DP. Le déclenchement du conflit fait qu’ils vont remplacer les navires perdus.

Au large de la Norvège, les contre-torpilleurs Vautour et Kersaint sont coulés par l’aviation allemande ce qui va entrainer une réorganisation des divisions de contre-torpilleurs dont l’existence même est remise en cause.

La construction des Guépratte est accélérée mais aucun autre contre-torpilleur va être commandé, la marine nationale préférant réorganiser ses catégories de navires. En fusionnant les catégories «contre-torpilleurs» et «torpilleurs d’escadre», la marine invente l’escorteur d’escadre qui va être le futur maitre-étalon de la force de combat de la marine nationale.

Le programme de guerre de janvier 1949 voit la commande de huit escorteurs d’escadre de classe Surcouf baptisés Surcouf Kersaint Bouvet Dupetit-Thouars D’Estrées Du Chayla Duperré et Forbin, des navires de 3500 tonnes à pleine charge, filant à 33 noeuds, mesurant 132.50m de long avec un armement composé de six canons de 130mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrière), seize canons antiaériens de 37mm en huit affûts doubles, huit canons de 25mm en affûts simples ou doubles, douze tubes lance-torpilles de 550mm en quatre plate-formes triples latérales et deux grenadeurs de sillage pour la lutte ASM.

La construction des huit escorteurs d’escadre est repartie entre les ACF (Surcouf), les ACH (Kersaint Bouvet Dupetit-Thouars), les FCM du Havre (D’Estrées), les ACSM du Trait (Du Chayla), l’Arsenal de Brest (Duperré) et l’Arsenal de Lorient (Forbin)

Torpilleurs d’escadre

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, la marine nationale dispose de 39 torpilleurs d’escadre plus quatre encore en construction aux Etats Unis.

Ces torpilleurs d’escadre répartis entre la classe Le Hardi (8), la classe Intrepide (23) et la classe Empire (8+4 en construction) sont chargés pour leur majorité de protéger les treize cuirassés et les cinq porte-avions soit un besoin minimal 36 navires.

Trois sont déployés à Dunkerque comme navires d’attaque au sein de l’ELN, les quatre navires en construction aux Etats Unis devaient normalement être affectés au Levant (2) et en Indochine (2).

Durant la campagne de Norvège, la marine nationale perd les torpilleurs Le Téméraire et L’Arquebuse. Elle décide donc que les quatre torpilleurs en construction aux Etats Unis seront déployés en Europe.

Elle s’interroge sur la nécessité de construire de nouveaux TE de classe Empire pour compenser les pertes inévitables.

Comme les TE et les CT ont été fusionnés en une seule classe d’EE, aucun TE ainsi nommé ne va être commandé mais il manque un navire léger bon à tout faire pouvant escorter des convois, combattre les navires légers ennemis, faire de la présence.

Torpilleurs légers

En septembre 1948, la marine nationale dispose de 28 torpilleurs légers de classe Le Fier/Colonie répartis en sept divisions de quatre navires, six divisions étant déployés en Europe et la septième en Indochine.

Ces navires vont se montrer efficaces et vont donner du fil à retordre aux allemands, italiens et même aux japonais.

Le programme de guerre de janvier 1949 décide de commander de nouveaux Navires Légers de Combat (NLC) capable de mener des missions de combat et d’escorte. Prévoyant de lourdes pertes, elle commande seize NLC qui seront ultérieurement reclassés Escorteurs Rapides.
Ces navires qui reprennent les noms des Bourrasque et des Adroit sont d’élégants navires de 1300 tonnes, filant à 30 noeuds avec un armement théorique composé d’une tourelle double de 100mm à l’avant, une DCA légère composée de canons de 37mm et un armement ASM composé de deux grenadeurs de sillage et d’un projecteur de fusées ASM installé à l’avant.

Cette première version ne satisfait pas la marine qui le juge sous-armée. Une nouvelle version voit donc le jour, les quatre premiers navires sont modifiés in-extremis selon les nouvelles caractéristiques

Cette deuxième version du NLC est ainsi armée de deux tourelles doubles de 100mm (une avant et une arrière), une DCA légère composée de huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, quatre tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes doubles latérales, deux grenadeurs de sillage et un projecteur de fusées ASM.

Les seize NLC commandés aux Arsenaux et aux chantiers privés sont jugés aptes à la lutte ASM mais leur capacité antiaérienne pourrait être améliorée. La marine décide de lancer des études pour un ER-AA pour compléter les ER (ex-NLC), aucune commande n’est cependant encore passée, le projet étant encore dans les limbes.

Avisos, escorteurs et patrouilleurs

Si il y à bien un domaine où la marine nationale ne manque pas de moyens, c’est bien dans cette catégorie. Outre les aviso-coloniaux aux capacités limités dans ce domaine, elle peut aligner les treize aviso-dragueurs de classe Elan, les vingt-quatre aviso-dragueurs coloniaux de classe Gazelle et les trente deux corvettes classe La Malouine soit 69 navires d’escorte plus quels patrouilleurs.

En dépit de ce nombre important, la marine souhaite commander de nouveaux navires anti-sous-marins pour anticiper les pertes que l’on craint lourdes sous les coups de l’aviation et des sous-marins allemands, italiens voir japonais.

Le programme de guerre voit ainsi la commande de douze patrouilleurs ASM. Ces patrouilleurs sont d’une simplicité biblique.

Une coque simple, des superstructures réduites au maximum, la généralisation de la soudure, une propulsion par machine alternative à triple expansion ou diesel et un armement basique et pas moins efficace avec un canon de 100mm à l’avant (le 75mm était jugé trop faible), quelques pièces de DCA légère, des mitrailleuses et surtout des grenades ASM en grand nombre.

Ces petits patrouilleurs doivent essentiellement escorter des convois côtiers ou des convois méditerranéens, déchargeant ainsi les escorteurs océaniques de leur protection. Ils doivent aussi pouvoir protéger une escadre au mouillage.

Sous-marins

Entre le 5 septembre et le 27 octobre 1948 _durée de la campagne de la Norvège même si il y eut encore quelques combats sporadiques jusqu’au 1er novembre_, la Royale va perdre sept sous-marins appartenant à l’ELN et à la 5ème Escadre sous les coups des sous-marins ennemis, de l’aviation et de navires de surface.

Certes la sous-marinade française peut se consoler en se disant qu’elle à coulé le 9 septembre 1948 le croiseur lourd Blücher (quatre torpilles cadeau du Casabianca), endommagé le Oldenburg le 27 septembre (Rolland Morillot deux torpilles) et coulé plusieurs navires marchands mais avec sept sous-marins perdus en sept semaines, la force sous-marine française s’inquiète.

Quand le conflit éclate, quatre submersibles sont en construction mais même en accélérant la construction, la Royale craint d’être sur la corde raide. D’où la commande de vingt-quatre sous-marins de type Phenix jugés plus maniables et plus aisés à construire que les Rolland Morillot.

Publicités

20-Ordre de bataille et programme de guerre (2)

Bilan : la marine nationale en septembre 1948

NdA : le tonnage est celui à pleine charge ou approchant

Cuirassés :  13 navires en service, 2 en construction et 1 dont la mise sur cale n’à pas encore eut lieu

-Cuirassés classe Bretagne : Bretagne Provence Lorraine 75000 tonnes

-Croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg 62320 tonnes

-Cuirassés classe Richelieu Richelieu Jean  Bart Clemenceau 126177 tonnes

-Cuirassé Gascogne 40657 tonnes

-Cuirassés classe Alsace Alsace Normandie Flandre Bourgogne 168 400 tonnes

Les treize cuirassés en service représentent un tonnage cumulé de 472 464 tonnes

-Les trois cuirassés de classe Languedoc (Languedoc Moselle sur cale plus un troisième non nommé dont la mise sur cale n’à pas encore eut lieu quand éclate le second conflit mondial) doivent déplacer théoriquement 48000 tonnes.

Porte-Avions : Cinq navires en service, aucun sur cale mais des projets dans les cartons

-Porte-avions d’escadre classe Joffre Joffre et Painlevé 48400 tonnes

-Porte-avions lourd Commandant Teste 26200 tonnes

-Porte-avions léger classe Alienor d’Aquitaine Alienor d’Aquitaine et Henriette de France 17000 tonnes

Les cinq porte-avions en service répresentent un tonnage de 91600 tonnes

Croiseurs lourds : neuf croiseurs lourds en service plus un en construction

-Croiseur lourd classe Duquesne : le Tourville 12200 tonnes

-Croiseurs lourds classe Suffren Suffren Colbert Foch Dupleix 51120 tonnes

-Croiseur lourd Algérie 14341 tonnes

-Croiseurs lourds classe Saint Louis Saint Louis Henri IV Charlemagne 56280 tonnes

-Le quatrième Saint Louis baptisé Charles Martel est légèrement différent ce qui pourrait entrainer une augmentation de son déplacement à pleine charge.

Les neuf croiseurs lourds en service répresentent un déplacement total de 133941 tonnes

Croiseurs légers : dix sept croiseurs légers en service et trois en construction

-Croiseurs légers classe Duguay-Trouin Duguay-Trouin et Primauguet 17520 tonnes

-Croiseur-école Jeanne d’Arc 7893 tonnes

-Croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin 6530 tonnes

-Croiseurs légers classe La Galissonnière La Galissonnière, Jean de Vienne,La Marseillaise, Montcalm,La Gloire et Georges Leygues 46320 tonnes

-Croiseurs légers classe De Grasse De Grasse Chateaurenault Guichen Gambetta Condé Latouche-Treville 48000 tonnes

-Croiseur léger antiaérien Waldeck-Rousseau 7500 tonnes

-En construction : les trois croiseurs légers Dupuy de Lôme

Les dix-sept croiseurs légers représentent un déplacement de 133763 tonnes

Contre-torpilleurs :  35 navires en service et 6 en construction

-Classe Aigle : Aigle Gerfaut Vautour Albatros soit 10640 tonnes

-Classe Milan : Milan Epervier soit 5320 tonnes

-Classe Vauquelin : Vauquelin Tartu Chevalier-Paul Kersaint Cassard soit 13170 tonnes

-Classe Le Fantasque : Le Fantasque L’Audacieux Le Malin Le Terrible Le Triomphant L’Indomptable soit 17040 tonnes

-Classe Mogador : Mogador et Volta soit 8036 tonnes

-Classe Hoche : Hoche Desaix Kléber Marceau soit 16072 tonnes

-Classe Bayard :  Bayard Du Guesclin Turenne Bugeaud Du Chayla et Dupetit-Thouars soit 24804 tonnes

-Classe Bruix :  Bruix D’Assas La Tour d’Auvergne Magon Dunois et La Hire soit 24804 tonnes

-Les six unités de classe Guépratte ( Guépratte Ronar’ch Maillé Brézé D’Estaing Vautreuil et Aumale) qui devaient théoriquement remplacer les Aigle sont sur cale quand débute le second conflit mondial. Ils représenteront un 25344 tonnes.

Les trente-cinq contre-torpilleurs en service en septembre 1948 répresentent un tonnage de 119886 tonnes

Torpilleurs d’escadre :  39 en service et 4 en construction

-Classe Le Hardi :  Le Hardi, Le Fleuret, L’Epée, Le Mameluk, Le Casque, Le Lansquenet, Le Corsaire et Le Flibustier soit huit navires représentant 14376 tonnes

-Classe Intrépide : L’Intrepide,Le Téméraire,L’Aventurier,L’Opiniâtre,L’Inconstant,L’Eveillé,l’Alerte
La Rapière, L’Hallebarde,Le Bouclier, Le Cimeterre, Le Durandal, La Dague, L’Arquebuse, Le Sabre, Le Voltigeur, Le Claymore, Le Bombardier, Le Mousquet, Le Goumier, Le Hussard, Le Spahi et Le Tirailleur soit vingt-trois navires répresentant 41469 tonnes

-Classe Empire : Les huit navires en service en septembre 1948 (Le Berthier, Le Murat, Le Ney, Le Lannes, Le Davout et L’Augereau) représentent 14424 tonnes

Les torpilleurs d’escadre en service sont au nombre de trente-neuf navires en septembre 1948 pour un tonnage global de 70269 tonnes

Quatre autres sont en construction aux Etats-Unis (Bernadotte Kellerman Bessières Jourdan) pour un tonnage global de 7212 tonnes

Sous-marins : 82 sous-marins en service et 4 en construction

-Sous-marins classe Redoutable (type 1500 tonnes) douze encore en service :  Casabianca Sfax Centaure, L’Espoir, Agosta, Bévéziers, Ouessant, Sidi Ferruch, Le Glorieux, Le Heros, Le Conquerant, Le Tonnant représentant donc 18000 tonnes

-Sous-marins classe Rolland Morillot/La Praya (1800 tonnes) Rolland Morillot,La Praya,La Martinique,La Guadeloupe,La Réunion, Ile de France, Ile de Ré, Ile d’Yeu, Kerguelen, Crozet, Belle-Ile, Ile d’Oleron, Ile de Brehat, Ile d’Aix, Saint Marcouf; Ile de Molène; Aber Wrach; Ile de Batz; Ile de Porquerolles, Ile d’If, Mayotte,Nouvelle Calédonie,Tromelin Wallis et Futuna,Clipperton,St Pierre et Miquelon soit 26 submersibles représentant 46800 tonnes

-Sous-marins de 600 tonnes : six encore en service  : Venus Iris Pallas Minerve  Junon et Cerès réprésentant un tonnage de 3600 tonnes

-Sous-marins classe Aurore (800 tonnes) : Aurore, Créole, Antigone,La Bayadère, L’Astrée,La Favorite, La Gorgone,L’Africaine, l’Hermione,La Clorinde,L’Andromède, L’Andromaque, L’Amirde,L’Artemis,La Cornélie soit un total de quinze navires et 12000 tonnes

-Sous-marins classe Phenix (925 tonnes) : Phenix, Ventôse,Frimaire,Prairial, Vendémiaire, Nivôse,floréal,Messidor,Fructidor,Brumaire,Pluviose,Germinal et Thermidor soit treize navires représentant un tonnage de 12025 tonnes

-Sous-marins mouilleur de mines classe Saphir : Saphir Turquoise Nautilus Rubis soit quatre navires représentant 2676 tonnes

-Sous-marins mouilleur de mines classe Emeraude : Emeraude Agate Corail L’Escarboucle soit quatre navires représentant 3448 tonnes

-Sous-marins d’essais et d’expérimentation, les Roquebert et Laubeuf représentant un tonnage de 3400 tonnes

Les sous-marin en service sont au nombre de quatre-vingt deux pour un déplacement global de 101949 tonnes

-Quatre sous-marins sont en construction, quatre Rolland Morillot modifiés, des navires baptisés Jean Autric Jean Corre Rene Audry et Trinite Schillemans représentant un tonnage de 7600 tonnes

Avisos et canonnières

-Quelques avisos et canonnières anciennes sont encore en service en septembre 1948, généralement pour des missions secondaires (combat ou soutien) en l’occurence trois unités de classe Aisne (Marne Somme Yser) soit 1698 tonnes, cinq de classe Agile (L’Audacieuse La Dédaigneuse La Lurone L’Etourdi La Tapageuse) soit 1750 tonnes, deux de classe Diligente (La Diligente L’Engageante) soit 700 tonnes et onze avisos de classe Amiens (Amiens Arras Calais Coucy Ypres Lassigny Tahure Epinal Vauquois,Les Eparges et Nancy) représentant 9350 tonnes soit un total de vingt et navire et un déplacement de 13498 tonnes

-Dix avisos-coloniaux de classe Bougainville (Bougainville, Dumont d’Urville, Savorgnan de Brazza, D’Entrecasteaux, Rigault de Genouilly, Amiral Charner, D’Iberville, La Grandière, Beautemps-Beaupré, Lapérouse) représentant un tonnage global de 26000 tonnes.

-Treize avisos-dragueurs classe Elan (Elan Commandant Bory Commandant Delage Commandant Duboc Commandant Rivière L’Impétueuse La Curieuse La Batailleuse La Boudeuse La Gracieuse La Moqueuse La Capricieuse Le Commandant Dominé) qui représentent un déplacement de 11635 tonnes

-Vingt-quatre aviso-dragueurs coloniaux classe Chamois (Chamois Chevreuil Gazelle Laotien Surprise _ex-Bambara_ Matelot Leblanc Rageot de la Touche Amiral Sénès Enseigne Ballande La Joyeuse La Trompeuse et La Furieuse Ambitieuse, Malicieuse, Sérieuse, Enseigne Bisson, Généreuse, Précieuse,Victorieuse, Amiral Duperré, Heureuse, Rieuse Alfred de Courcy et Amiral Gourdon) qui représentent un déplacement de 15528  tonnes.

-Chalutiers ASM : quatre de classe La Cancalaise ( La Cancalaise La Lorientaise L’Havraise La Nantaise ) répresentant un déplacement total de 2950 tonnes et la classe L’Ajacienne ( L’Ajacienne La Sétoise  La Toulonnaise La Bônoise) représentant un déplacement de 3600 tonnes

-Chalutiers armés (réquisitionnés en septembre 1939 mais ultérieurement achetés par la marine nationale) : L’Heureux Jutland L’Atlantique Patrie Notre Dame de France représentant un tonnage total de 6222 tonnes

Dans cette catégorie, nous trouvons donc 81 navires représentant un tonnage de 79433 tonnes

Canonnières, corvettes et vedettes lance-torpilles

-Canonnières fluviales : deux unités de classe My-Tho (My-Tho et Tourane) représentant 220 tonnes, la Francis Garnier qui déplace 690 tonnes, quatre unités de classe Ill (Ill Thur Emne Reuss) répresentant un déplacement de 3400 tonnes alors que celle de classe Son Hong (Song Hong Bassac Tonle Sap Song Do) plus petites ne représentent que 3200 tonnes. Le total atteint 7510 tonnes

-Corvettes : trente deux unités classe La Malouine ( La Malouine La Bastiaise La Dieppoise La Paimpolaise La Remoise La Dunkerquoise La Versaillaise L’Antillaise La Nimoise La Calaisienne La Calvaise La Troyenne La Rennaise La Rochellaise La Agenaise La Paloise La Parisienne La Rouennaise La Messine, La Nancéenne, La Strasbourgeoise La Lilloise La Caennaise La Clermontoise La Lyonnaise L’Algéroise L’Oranaise L’Aixoise La Sablaise La Quimperoise La Servannaise et La Cherbourgeoise.) représentant un tonnage total de 37120 tonnes.

-Chasseurs de sous-marins : 31 navires de différents types répresentant 4130 tonnes

-Vedettes lance-torpilles : Deux vedettes de 28 tonnes _utilisées pour le secours en mer_ , dix navires type 40K soit un tonnage total de 300 tonnes, huit vedettes type 23 tW représentant un déplacement total de 184 tonnes, dix-huit vedettes MTB représentant un déplacement de 882 tonnes et douze vedettes MTB améliorées représentant un déplacement de 600 tonnes soit un total de 50 navires et de 2022 tonnes.

-Dragueurs de mines : Douze navires de classe Ouistreham sont commanfés aux Etats-Unis mais seulement quatre (Ouistreham Avranches Pornic Saint-Brieuc) sont en service pour un déplacement total de 3480 tonnes. Huit autres sont à différents stades de fabrication (Frejus Menton Port-Vendres Sartène Arcachon Quimperlé Zuydcotte Porticcio)

Les navires en service dans cette catégorie sont au nombre de 122 pour un déplacement total de  54262 tonnes

Navires de soutien

-Pétroliers : Vingt-trois pétroliers sont en service en septembre 1948 répartis entre cinq pétroliers caboteurs (L’Aube de 2830 tonnes et les quatre de classe Nièvre _Nièvre Ardèche Lèze Blavet représentant un tonnage global de 10000 tonnes soit un total de 12830 tonnes ), Six pétroliers (Le Loing de 10138 tonnes, les quatre de classe Mékong _Mékong Niger Var Elorn_ représentant un tonnage global de 60600 tonnes et le Sèvre _ex-Nivôse_ de 16500 tonnes), six Pétroliers Ravitailleurs d’Escadre de classe La Seine (La Seine La Saône Le Liamone La Medjerda,Le Rhône La Garonne) représentant un tonnage global de 127200 tonnes et enfin six Ravitailleurs Rapides de classe L’Adour (L’Adour Le Lot La Charente La Mayene La Baïse Le Tarn) qui représentent un tonnage total de 72750 tonnes.

Les vingt-trois pétroliers de la Marine Nationale représentent un tonnage global 300018 tonnes

-Ravitailleur de sous-marins Jules Verne qui déplace 6340 tonnes

-Est en construction un deuxième ravitailleur de sous-marins L’Atlantide qui doit déplacer à terme 8150 tonnes

-Ravitailleurs d’hydravions classe Sans Souci (Sans Souci Sans Peur Sans Pareil Sans Reproche) oit un tonnage global de 8400 tonnes

-Cargos rapides classe Oranie (Mers-El-Kebir, Oran, Sidi-Bel-Abbès, Tlemcen Mostaganem  plus le Chelif en armement à flot le 5 septembre 1948) soit un tonnage de 105000 porté ensuite à 126000 tonnes.

-Mouilleur de filets Gladiateur 2293 tonnes

-Goelettes écoles Etoile et Belle-Poule soit 450 tonnes

-Cotre Mutin de 57 tonnes

-Transport littoral Golo 2239 tonnes

-Aviso-hydrographe Amiral Mouchez 719 tonnes

-Bâtiment-cible L’Impassible 2410 tonnes

-Hydrographes Astrolabe et Octant de 920 tonnes  La Perouse, La Chimère de 700 tonnes

-Navire-école et navire hydrographe Président Théodore Tissier de 1307 tonnes

-Hydrographes classe Goeland  (Goéland Pélican Cormoran Mouette Ibis Bengali) de 840 tonnes chacun soit un déplacement total de 5040 tonnes

La catégorie des navires de soutien regroupe au total de 51 navires pour un déplacement total de 436593 sans compter les navires en construction ou en achèvement en l’occurence un ravitailleur de sous-marin et un cargo rapide (29150 tonnes)

En septembre 1948, la marine nationale dispose de 454 navires de combat et de soutien représentant un tonnage de 1694160 tonnes.

11-Torpilleurs d’escadre (1)

11°) TORPILLEURS D’ESCADRE

En guise d’introduction………..

La loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 provoque en France la naissance d’une presse moderne et agressive, s’arrogeant de parler et de débattre de tout y compris des questions navales et militaires, dans un contexte où l’on surveille avec intérêt et inquiétude la «ligne bleue des Vosges» dans l’espoir d’une hypothétique revanche.

Amiral Théophile Aube (1826-1890) chef de file de la "Jeune Ecole"

Amiral Théophile Aube (1826-1890) chef de file de la « Jeune Ecole »

Un mouvement de pensée apparaît alors. Appelé «Jeune Ecole» (en référence aux Jeunes Turcs réformateurs ?), il est incarné par l’amiral Aube et son gendre, le journaliste Gabriel Charmes qui vouent aux gémonies le cuirassé et vénèrent le navire léger rapide appelé torpilleur qu’il soit de surface ou submersible (le futur sous-marin).

Ce mouvement va pousser les ministres de la marine successifs à ralentir la construction des cuirassés au profit de torpilleurs bien souvent incapables de naviguer et de combattre en haute mer, ce sont les fameux «numérotés» qui n’allaient pas tarder à encombrer les ports français.

Torpilleur de défense mobile n°86

Torpilleur de défense mobile n°86

Cette école dont les dernières traces d’influence s’estompent au début du 20ème siècle à certes permis à la France de s’équiper de sous-marins et de torpilleurs mais ces derniers étaient bien plus petits que leurs congénères étrangers.

Résultat quand la Royale rentre en guerre en août 1914, elle ne dispose d’aucun torpilleur digne de ce nom capable d’escorter en haute mer un corps de bataille qui retrouvait des couleurs avec les Courbet et les Bretagne.

L'Aventurier ex-Mendoza

L’Aventurier ex-Mendoza construit à l’origine pour la marine argentine

Faisant feu de tout bois, elle doit donc réquisitionner des torpilleurs en construction pour l’Argentine, des torpilleurs de 1100 tonnes mais également des navires d’une taille semblable destinés à la Grèce.

Le torpilleur L'Arabe construit au Japon

Le torpilleur L’Arabe construit au Japon

Les chantiers et arsenaux français s’étant tournés vers la production de munitions et de matériels au profit de l’armée de terre, la Royale doit même faire construire douze torpilleurs de 800 tonnes au Japon pour compenser la pénurie de navires de ce type.

Si le premier conflit mondial est vierge de toute construction, la réflexion théorique et technique progresse à grand pas, la France se ralliant aux canons étrangers, les torpilleurs britanniques de classe V&W de 1200 tonnes constituant l’exemple à suivre.

En attendant la construction de navires neufs, la marine française récupère des torpilleurs ayant appartenu aux marines allemandes et austro-hongroises en l’occurence neuf torpilleurs ayant appartenu à la Kaiserliche Marine dont le S113 (rebaptisé Amiral Sénès) dont le déplacement (2400 tonnes) et l’armement (quatre canons de 150mm et quatre tubes lance-torpilles de 500mm en deux affûts doubles) annonce les contre-torpilleurs et huit autres plus petits d’environ 1150 tonnes  avec un armement composé de trois canons de 105mm (un avait trois canons de 88mm) et de six tubes lance-torpilles de 500mm qui annonce les torpilleurs d’escadre.

Le torpilleur Matelot Leblanc ex-Dukla de la marine austro-hongroise

Le torpilleur Matelot Leblanc ex-Dukla de la marine austro-hongroise

Un torpilleur autrichien, le Dukla rebaptisé Matelot Leblanc (deux canons de 100mm, six canons de 66mm, quatre tubes lance-torpilles de 450mm en deux affûts axiaux puis deux canons de 100mm et six canons de 65mm) est également acquis.

Le torpilleur Bourrasque dans sa configuration d'origine

Le torpilleur Bourrasque dans sa configuration d’origine

Les tests des navires étrangers et les études menés par le STCN aboutissent à la constitution d’une imposante flotte de torpilleurs de 1455/1500 tonnes, vingt-six navires que l’on repartit généralement en deux classes : les douze Bourrasque (Bourrasque Orage Ouragan Cyclone Mistral Trombe Simoun Tempête Siroco Typhon Tramontane Tornade) et les quatorze L’Adroit (L’Adroit L’Alcyon Le Mars Le Fortuné La Palme La Railleuse Brestois Boulonnais Basque Bordelais  Forbin Frondeur Fougueux Foudroyant).

Le torpilleur d'escadre L'Adroit durant ses essais

Le torpilleur d’escadre L’Adroit durant ses essais

Ces navires ne sont pas une totale réussite. Rapides mais fragiles et peu endurants, leur armement peut être difficile à mettre en oeuvre par mer formée sans parler du fait qu’ils ne disposent pas au moment ou éclate la guerre de Pologne d’une DCA correcte et d’une capacité ASM suffisante pour mener avec efficacité des missions d’escorte.

L’apparition du cuirassé de poche Deutschland obligea la France à relancer la construction de cuirassés. Il était impératif pour la Royale de s’équiper d’un navire de ligne rapide, cette volonté débouchant sur la construction des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg.

Le torpilleur Le Hardi, une silhouette en rupture avec ses devanciers Bourrasque et L'Adroit

Le torpilleur Le Hardi, une silhouette en rupture avec ses devanciers Bourrasque et L’Adroit

Ces deux unités modernes devaient être protégées des attaques des torpilleurs ennemis et le STCN lança en 1932 l’étude d’un nouveau modèle de torpilleur d’escadre en tirant les leçons des problèmes rencontrés par les torpilleurs de classe Bourrasque et L’Adroit notamment leur stabilité à la mer, leur faible rayon d’action. Les Le Hardi intègrent également de nouvelles techniques de construction comme la soudure à leur construction, les superstructures sont en alliage léger

Tout cela aboutit à un torpilleur de 1772 tonnes Washington (1797 tonnes métriques) à la silhouette élégante avec un long gaillard d’avant, des superstructures réduites et deux cheminées, le projet étant validé le 10 août 1934.

L’armement principal se compose de six canons de 130mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrières) ce qui permet de limiter la hauteur du navire, un atout précieux dans le combat de nuit à une époque où le radar n’existe pas encore.

Si l’armement antisurface est bon (six canons de 130mm et sept tubes lance-torpilles), la DCA légère est insuffisante tout comme l’armement ASM alors que la mission principale de ces navires est l’escorte.

Néanmoins et en dépit de ses défauts (commun aux navires français de l’époque), les Le Hardi apportent un grand nombre d’améliorations. Leur construction est mieux adaptée à une économie de guerre, ils peuvent tenir une vitesse très élevée (34-35 noeuds), une stabilité plus importante, une coque plus résistante, des passerelles plus confortables, une nouvelle conduite de tir et un champ de battage améliorée pour les tubes lance-torpilles…………. .

Le premier navire baptisé Le Hardi est financé à la tranche 1932. Il est suivit par deux navires à la tranche 1935 (Fleuret et Epée), trois navires à la tranche 1936 (Mameluk Casque Lansquenet), deux navires à la tranche 1937 (Le Corsaire et Flibustier).

Cette classe de huit navires est suivit par la classe Intrépide qui ne se distingue extérieurement des Le Hardi que par des points de détail mais quand on s’approche de plus près, ces navires se distinguent par une artillerie principale à double-usage.

Pas moins de vingt-trois torpilleurs de classe Intrépide vont ainsi être construits, leur financement étant entre la tranche 1938 (trois navires), la tranche 1938bis (un) au décret-loi du 1er avril 1940 (trois), à la tranche 1941 (quatre), à la tranche 1942 (trois), à la tranche 1943 (trois) et à la tranche 1944 (six).
Ces navires baptisés L’Intrepide Le Téméraire L’Opiniâtre L’Aventurier L’Eveillé L’Alerte L’Inconstant Durandal Dague Bouclier Cimeterre Rapière Hallebarde Arquebuse Mousquet Bombardier Sabre Claymore Hussard Spahi Tirailleur Voltigeur et Goumier sont mis en service en 1941 (quatre), en 1942 (deux), en 1943 (quatre), en 1944 (deux), en 1945 (deux), en 1946 (cinq) et en 1947 (quatre) complètent les torpilleurs de 1500 tonnes puis les remplacent peu à peu.

A ces vingt trois torpilleurs succèdent douze navires de classe Empire, navires financés aux tranches 1945, 1946 et 1948, les quatre navires de la dernière tranche étant construits dans un chantier américain en l’occurence les chantiers Ingalls de Pascagoula dans le Mississippi.

Ces quatre navires entreront cependant en service après le début de la guerre en Europe et qu’un temps, l’US Navy envisagea de les racheter. Seuls un armement non conforme préserva ces navires d’une carrière américaine au lieu d’une carrière française.

Ces navires se distinguent par une construction encore simplifiée par rapport aux Intrépide et surtout par un rouf continu qui facilite la circulation d’un bord à l’autre du navire en cas notamment de mauvais temps.

Ces douze navires baptisés de noms de maréchaux napoléoniens (Ney Lannes Murat Berthier Augereau Davout Soult Massena Bernadotte Kellerman Bessière et Jourdan) sont mis en service en 1946 (un) en 1947 (deux), en 1948 (cinq) et en 1950 (quatre) soit bien après le début du conflit.

6-Cuirassés et croiseurs de bataille (3)

B-Cuirassés classe Bretagne

Les premiers superdreadnought français

Quand les quatre Courbet sont mis en service, les britanniques et les allemands sont déjà passés au superdreadnought, des cuirassés dôtés d’un armement bien plus puissant. Bien que la France soit alliée de la Grande Bretagne, elle ne peut laisser passer une telle innovation.

Elle est cependant handicapée par l’absence de formes de grande taille pour la construction et les carénages. Elle n’à donc d’autres choix que de reprendre la coque des Courbet en y installant un armement plus puissant.

Aux douze canons de 305mm, on préfère pour les nouveaux cuirassés dix canons de 340mm en cinq tourelles doubles avec deux superposées à l’avant, deux superposées à l’arrière et une centrale qui à l’avantage d’avoir un champ de tir plus important que les tourelles latérales des Courbet.

La protection avait été améliorée avec des cloisons longitundinales, des citernes anti-roulis avaient été installées et la conduite de tir améliorée par l’installation d’un PDT (Poste Directeur de Tir) dans les tourelles 2 et 4  pour servir de poste de commande de secours pour le navire. Quand à l’armement secondaire, c’est le même avec des canons de 138mm modèle 1910 en casemates.

Financés dans le cadre du programme naval de 1912, ces trois navires sont baptisés du nom de provinces françaises : Bretagne Provence Lorraine.

Ces navires sont à plusieurs reprises modernisées  mais ce n’est rien par rapport à la reconstruction entamée à l’extrême fin des années trente et au début des années quarante pour les transformer en escorteurs de porte-avions et en navires d’appui-feu qui prolongea leur carrière pour en faire de véritables vétérans avec deux guerres mondiales à leur actif.

Le Bretagne

Le cuirassé Bretagne à Toulon en août 1939

Le cuirassé Bretagne à Toulon en août 1939

-Le cuirassé Bretagne est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 1er juillet 1912, lancé le 21 avril 1913 et admis au service actif en septembre 1915.
Affecté à l’Armée Navale en Méditerranée, il participe au blocus de la flotte austro-hongroise depuis la base de Corfou, occupée par les français sans l’autorisation du gouvernement grec le 8 janvier 1916. les cuirassés austro-hongrois restant dans leurs ports, le Bretagne se contente de patrouilles en Adriatique et de trajets vers Salonique ou les ports français de Brest et de Toulon.

Le 1er septembre 1916, le Bretagne participe avec 22 autres navires à une démonstration de force devant Le Pirée pour impressionner le roi de Grèce considéré comme pro-allemand. Comme cela ne suffit pas, le 1er décembre, le Bretagne et ses sister-ship couvrent le débarquement de 2500 hommes qui s’emparent de la capitale à l’issue de combats de rue ayant fait 60 morts et 150 blessés.
Il subit une première refonte en 1921 pour augmenter la portée de ses canons avant d’être modernisé plus en profondeur entre 1927 et 1930 où une partie des chaudières à charbon sont remplacées par des chaudières à mazout.

La refonte majeure à cependant lieu entre 1932 et 1935, les superstructures sont modifiées, la conduite de tir modernisée, la protection du casemate et du réduit central est grandement renforcé, les canons de 340mm d’origine sont remplacés par des pièces neuves et l’armement antiaérien considérablement renforcé, 8 canons de 75mm remplaçant une partie des canons de 138mm en casemate , 12 mitrailleuses de 13.2mm antiaériennes sont également embarquées tandis que les tubes lance-torpilles submersibles sont supprimés.
A l’origine, il était prévu de désarmer le cuirassé en 1942 mais le choix fait à la fin des années trente de doter la marine nationale d’une puissante force aéronavale (cinq porte-avions en service en septembre 1948) entraine leur maintien en service comme escorteur de porte-avions.
En effet, on craint à l’époque qu’un porte-avions puisse être surpris par des croiseurs ou des cuirassés ennemis sans pouvoir se défendre efficacement car même si les Joffre dispose de canons de 130mm et peut éventuellement lancer des bombardiers en piqué et des bombardiers-torpilleurs, il est bien difficile pour eux de faire le poids face à des cuirassés, des croiseurs de bataille voir même des croiseurs lourds.
D’où l’idée d’escorteurs de porte-avions. Comme on ne peut pas immobiliser un cuirassé moderne ni même construire un navire dédié qui serait aussi coûteux qu’un cuirassé, on décide d’utiliser les Bretagne après une véritable reconstruction inspirée par celle réalisée par les italiens pour leurs Caio Duilio et Andrea Doria.

Le Bretagne est le premier à y passer à l’Arsenal de Brest. Il est désarmé le 9 septembre 1940 et échoué le lendemain dans le bassin n°2 qui était en cours d’agrandissement pour passer de 178 à 190m, les travaux du cuirassé et du bassin étant menés en parallèle.
La coque est allongée de 10m et élargie de 2m avec l’installation d’un bulge anti-torpilles pour améliorer sa protection contre les «anguilles» et sa stabilité. Les superstructures sont totalement refondues, le bloc-passerelle étant reconstruit sur le modèle du croiseur lourd Algérie.
L’appareil propulsif est totalement changé avec quatre groupes de turbines Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par six chaudières Sural développant 75000ch et entrainant quatre hélices.
Le poids économisé par le nouvel appareil propulsif permet de renforcer la protection notamment au niveau des ponts blindés et de la ceinture principale qui passe de 270 à 320mm.

Au niveau de l’armement, un temps on envisagea pour des raisons de standardisation de les équiper de canons de 330mm mais on préféra au final conserver les canons de 340mm en l’occurence huit d’entre-eux répartis en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières).

Dans le domaine de l’armement secondaire, le changement est radical puisque tous les canons de 138mm encore en place sont débarqués et remplacés par douze canons de 130mm modèle 1932 en six tourelles doubles modèle 1936 (trois à tribord et trois bâbord).

La DCA installée lors de la dernière refonte elle aussi disparaît au profit de canons d’un nouveau modèle bien plus efficace en l’occurence douze canons de 37mm modèle 1941 en six affûts doubles ACAD et seize canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940 en huit affûts doubles, tous ces canons étant installés au milieu du navire à l’emplacement libéré par la tourelle centrale de 340mm.
Les Bretagne reçoivent à la poupe une catapulte pneumatique pour deux hydravions de reconnaissance Dewoitine HD-731, un hydravion étant abrité démonté dans un hangar en toile et le second restant à poste sur la catapulte.
Le cuirassé est remis à flot le 14 octobre 1942 et amarré dans la rade-abri. Il est armé pour essais le 27 octobre 1942 et effectue des essais au point fixe du 28 au 30 octobre 1942.  Il reprend la mer le 8 novembre 1942 pour une longue campagne d’essais à la mer jusqu’au 2 décembre 1942, le cuirassé ne rentrant que pour quelques heures à Brest pour se ravitailler en carburant, en vivres et effectuer quelques menus réparations.

Les essais se déroulement sans gros problèmes. Le 10 novembre, lors d’essais de vitesse, le cuirassé atteint la vitesse de 29.5 noeuds soit plus de huit de noeuds de plus par rapport à la vitesse maximale avant refonte.

Le cuirassé appareille le 10 décembre 1942 pour Rufisque afin d’entrainer ses canonniers sur un polygone permettant le tir de tous ses canons à leur portée maximale. Il arrive à Dakar le 17 décembre 1942 et entame son stage le lendemain 18 décembre.

Tous les canons ouvrent le feu contre la terre et en mer, le cuirassé Bretagne tirant un total de 96 obus de 340mm, 240 coups de 130mm et plusieurs centaines d’obus de 37 et de 25mm contre des cibles tractés par des avions de l’armée de l’air et de la marine basés en AOF.

Le stage se termine le 25 janvier 1943 et le cuirassé regagne Brest où il arrive le 2 février 1943 pour les travaux terminaux avant sa remise en service. Il est échoué dans la forme n°2 du port de commerce du 4 au 27 février 1943.

Après quelques essais à la mer du 28 février au 2 mars, le cuirassé quitte Brest le lendemain 3 mars 1943 pour Mers-El-Kebir où il arrive le 9 mars 1943 après une escale à Bayonne le 5 mars et à Casablanca le 7 mars.

Le cuirassé Bretagne est remis en service le 10 mars 1943, affecté à la 4ème escadre de la Flotte de la Méditerranée avec Mers-El-Kebir comme port d’attache.

Le but ultime du cuirassé Bretagne est de protéger le futur porte-avions qui n’est pas encore sur cale à l’époque. Le Bretagne est donc utilisé comme un cuirassé classique. Il ressort le 20 mars pour des manoeuvres avec d’autres unités de la 4ème escadre pour un exercice de défense des lignes de communication jusqu’au 4 avril quand il regagne la base de Mers-El-Kebir encore en travaux.

Le 8 avril 1943, le cuirassé quitte Mers-El-Kébir pour Alger où il fait escale du 9 au 17 avril pour la signature de la charte de parrainage entre le cuirassé et la ville de Nantes dont la délégation était menée par le maire Auguste Pageot.

Le cuirassé avec à son bord la délégation quitte Alger le 18 avril pour Toulon où le cuirassé arrive le 19 avril, débarquant sa délégation qui rentre à Nantes en train. Le cuirassé rentre à Mers-El-Kébir le 25 avril après une escale à Ajaccio du 20 au 24 avril 1943.

Le 20 avril 1943, le porte-avions Joffre est mis en service et un temps il fût envisagé de réaffecter le cuirassé à Toulon pour protéger le premier vrai porte-avions français mais au final le Bretagne resta basé à Mers-El-Kébir.

Le 4 mai 1943, le cuirassé quitte l’Algérie pour une tournée en AOF afin de montrer le pavillon dans le cadre d’une grande campagne de propagande impériale.

Il fait escale à Casablanca du 8 au 12 mai, à Port-Etienne du 14 au 18 mai, à Dakar du 20 au 27 mai, à Conakry du 31 mai au 6 juin, Abidjan du 9 au 15 juin, Lomé du 17 au 20 juin, Libreville du 22 au 25 juin, Port-Gentil du 27 au 30 juin et Pointe Noire du 1er au 4 juillet 1943. A chaque escale, le navire est ouvert au public, des cocktails et des réceptions au profit des expatriés et des élites indigènes qui émergent ont lieu.

L’équipage et notamment les officiers ne mènent pourtant pas la dolce vita : la compagnie de débarquement manoeuvre à plusieurs reprises avec les troupes locales et les officiers du bord assurent des cours aux officiers de réserve présents sur place.

Sur le chemin du retour, le cuirassé fait escale à Douala du 7 au 12 juillet 1943 et arrive à Dakar le 14 juillet 1943. Victime d’un bris d’hélice, le cuirassé est mis au bassin à Dakar. On envisage de rentrer à Mers-El-Kebir sur trois pattes mais par chance, on retrouve à Brest une hélice adaptée à la ligne d’arbre latérale tribord.

Elle est envoyée par avion à Dakar et mise en place. Moins profilée que les hélices installées après la reconstruction, elle va dégrader légèrement les performances du navire qui est remis à flot le 27 juillet 1943. Il rentre à Mers-El-Kebir le 4 août 1943. Le cuirassé Bretagne est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 5 au 26 août, sortant pour essais du 27 au 30 août et pour remise en condition du 1er au 16 septembre 1943.

Il ressort en mer du 25 septembre au 4 octobre pour entrainement avant une escale à Tunis du 5 au 9 octobre. Il rentre à Mers-El-Kebir le 12 octobre avant de ressortir le 17 octobre direction Dakar pour une école à feu à Rufisque qui commence le 25 octobre et s’achève le 17 novembre. Il rentre à Mers-El-Kebir le 22 novembre et ne ressort plus de l’année jusqu’à la fin de l’année 1943.

Le cuirassé Bretagne ressort du 8 au 25 janvier pour entrainement, rentrant à Mers-El-Kebir le 28 janvier 1944. Il ressort le 5 février 1944 pour Dakar afin de s’entrainer au polygone de Rufisque du 12 février au 4 mars 1944 avant de rentrer à Mers-El-Kebir le 12 mars 1944.

Il subit ensuite un petit carénage à l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 27 mars au 17 juillet, remplaçant notamment l’hélice installée un an plutôt à Dakar. Après des essais à la mer du 20 au 23 juillet,  le cuirassé effectue sa mise en condition du 25 juillet au 12 août, les trois navires faisant escale à Alger du 13 au 17 août puis à Tunis du 19 au 23 août avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 26 août 1944.

Le cuirassé ressort du 5 au 15 septembre et du 20 septembre au 3 octobre pour des manoeuvres avec ses torpilleurs d’escorte L’Eveillé et L’Alerte dans le bassin occidental de la Méditerranée.

Le cuirassé sort à nouveau pour entrainement à partir du 10 octobre, effectuant avec ses torpilleurs d’escorte une école à feux du 10 au 19 octobre puis après une escale à Tanger du 20 au 23 octobre, les trois navires effectuent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 24 octobre au 3 novembre, rentrant à Mers-El-Kébir le 4 novembre 1944.

Le Bretagne est à nouveau à la mer pour entrainement à partir du 12 novembre pour une école à feux du 12 au 20 novembre, fait escale à Bizerte du 21 au 25 novembre avant un entrainement au combat antisurface du 26 novembre au 4 décembre, le cuirassé et ses torpilleurs d’escadre faisant escale à Alger du 5 au 10 décembre, rentrant à Mers-El-Kébir le 20 décembre après un entrainement à la défense aérienne à la mer du 11 au 19 décembre.

Après deux courtes sorties en début d’année (4-9 janvier et 13-17 janvier), le cuirassé gagne l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage, avancé en raisons de nombreux problèmes sur ses turbines.

Les travaux au bassin se déroulent du 20 janvier au 9 novembre 1945 avant une période de travaux complémentaires à quai jusqu’au 21 novembre quand il est armé pour essais, réalisant ses essais à la mer du 22 au 26 novembre, se ravitaillant à Bizerte le 28 novembre avant de rallier Toulon le 1er décembre pour retrouver ses deux torpilleurs d’escorte.

Le 3 décembre 1945, il quitte Toulon pour Saint-Nazaire où il arrive le 8 décembre. Il assiste le 15 décembre au lancement du porte-avions Commandant Teste qu’il devra escorter une fois ce dernier achevé et mis en service.

Le lendemain du lancement soit le 16 décembre, il appareille pour Brest où il fait escale du 17 au 21 décembre, à Cherbourg du 23 au 27 décembre, au Havre du 28 décembre au 2 janvier, à Dunkerque du 4 au 8 janvier, Douvres du 10 au 15 janvier 1946, Ile de Wight du 18 au 21 janvier, Brest du 23 au 27 janvier, Le Verdon du 30 janvier au 2 février, Casablanca du 4 au 8 février avant de rentrer à Mers-El-Kebir le 12 février 1946.

Le cuirassé Bretagne sort pour entrainement à partir du 21 février, effectuant une école à feux du 21 février au 2 mars puis après une escale à *Alger du 3 au 8 mars un entrainement au combat antisurface du 9 au 16 mars. Après une escale à Tunis du 17 au 23 mars, le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escorte effectuent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 24 mars au 4 avril 1946. Après un ravitaillement à Mers-El-Kébir  le 5 avril, les trois navires effectuent un exercice de synthèse du 6 au 20 avril, rentrant à Mers-El-Kébir le lendemain 21 avril 1946.

Le cuirassé et ses torpilleurs d’escorte subissent une période d’entretien à flot du 22 avril au 7 mai, les trois navires sortant pour essais du 8 au 10 mai et pour remise en condition du 12 au 27 mai, rentrant le lendemain 28 mai à Mers-El-Kébir.

Le Bretagne et ses deux torpilleurs d’escadre sortent pour une école à feux du 5 au 12 juin puis pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 14 au 24 juin, rentrant le lendemain 25 juin à Mers-El-Kébir.

Le Bretagne et les torpilleurs d’escadre L’Eveillé et l’Alerte sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage du 26 juin au 11 juillet, sortant pour essais du 12 au 15 juillet et pour remise en condition du 17 juillet au 2 août, le cuirassé et les deux torpilleurs font escale à Casablanca du 5 au 10 août, à Alger du 13 au 17 août avant de rentrer à Mers-El-Kébir le lendemain 18 août 1946.

Il reprend la mer du 25 août au 9 septembre puis du 13 au 20 septembre avant de rentrer à Mers-El-Kebir le 23 septembre 1946. Il termine l’année par une Ecole à feu à Rufisque, quittant l’Algérie le 27 septembre, arrivant à Dakar le 4 octobre et s’entrainant au tir du 6 au 24 octobre avant de rentrer à son port d’attache le 1er novembre.

Le Bretagne sort à nouveau pour une école à feux du 12 au 22 novembre avant de s’entrainer du 24 novembre au 4 décembre au combat antisurface.  Après une escale à La Valette du 5 au 9 décembre, le cuirassé et les deux torpilleurs effectuent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 10 au 18 décembre avant de rentrer à Mers-El-Kébir le lendemain 19 décembre 1946.

Après quelques sorties dans les atterrages immédiats de son port d’attache du 5 au 17 janvier et du 20 au 27 janvier, le cuirassé quitte Mers-El-Kebir le 2 février pour Saint-Nazaire où il arrive le 9 février 1947.

Il va participer aux essais du porte-avions Commandant Teste, son futur protégé. Le Commandant Teste est armé pour essais le 14 février 1947. Après les essais constructeurs menés du 15 au 22 février, le porte-avions est solennellement remis à la marine nationale le lendemain 23 février 1947.

Le porte-avions rejoint Brest le 24 février mais devant la saturation de l’Arsenal, le Commandant Teste gagne Cherbourg le 26 février en compagnie du cuirassé Bretagne et des torpilleurs d’escadre du cuirassé.

Alors que le porte-avions est au bassin (26 février au 19 mars), le cuirassé Bretagne sort avec ses torpilleurs d’escadre  pour une école à feux du 27 février au 7 mars, faisant escale au Havre du 8 au 12 mars avant un entrainement à  la défense aérienne à la mer du 12 au 18 mars, rentrant le lendemain 19 mars 1947 à Cherbourg.

Le cuirassé Bretagne et ses torpilleurs d’escorte accompagnent le porte-avions pour ses essais officiels qui ont lieu du 21 mars au 4 avril et du 10 au 30 avril, le cuirassé, le porte-avions et les deux torpilleurs d’escadre effectuant une escale à Dunkerque du 1er au 5 mai et à Anvers du 6 au 10 mai, rentrant à Cherbourg le 12 mai 1947.

Alors que le porte-avions est à nouveau au bassin (13 au 27 mai), le cuirassé Bretagne et ses torpilleurs d’escorte effectuent une école à feux du 15 au 20 mai avant de rentrer à Cherbourg le 21 mai.

Le Bretagne, l’Eveillé et l’Alerte participent aux essais finaux du porte-avions du 28 mai au 8 juin avant une période d’indisponibilité pour quelques menus travaux et permissions de l’équipage du 9 au 30 juin, en compagnie du cuirassé et des deux torpilleurs d’escadre.

L »Eveillé et l’Alerte sont indisponibles du 9 au 30 juin 1947, en compagnie du cuirassé Bretagne et du  porte-avions Commandant Teste, les quatre navires sortant pour essais du 1er au 4 juillet et pour entrainement du 6 au 21 juillet 1947.

Le cuirassé Bretagne sort pour entrainement en compagnie des torpilleurs d’escadre L’Eveillé et l’Alerte du 25 juillet au 12 août en attendant d’appareiller pour la traversée de longue durée du porte-avions, alors au bassin.

Le Bretagne et ses deux torpilleurs d’escadre sortent pour les essais du porte-avions du 19 au 22 août avant de se préparer à une traversée de longue durée en mer du Nord.

Le Bretagne appareille en compagnie du porte-avions Commandant Teste et des torpilleurs d’escadre du cuirassé le 27 août, faisant escale au Havre du 29 août au 2 septembre, à Dunkerque du 3 au 8 septembre, à Anvers du 9 au 12 septembre, à Oslo du 15 au 18 septembre, à Aberdeen du 20 au 25 septembre, à Douvres du 27 au 30 septembre avant de rallier Brest le 2 octobre pour charger carburant et munitions.

Le cuirassé Bretagne et le porte-avions Commandant Teste quittent Brest le 5 octobre 1947 en compagnie de quatre torpilleurs L’Eveillé L’Alerte ainsi que des Spahi et Hussard qui étaient chargés de la protection du porte-avions.

Après une escale au Verdon du 6 au 10 octobre, le porte-avions, le cuirassé Bretagne et les quatre  torpilleurs relâchent à Casablanca du 13 au 16 octobre, franchissent le détroit de Gibraltar le 18 octobre et gagnent Mers-El-Kebir où ils arrivent le 22 octobre dans la matinée.

Le 23 octobre 1947, le porte-avions Commandant Teste est admis au service actif, affecté au Groupement de Ligne de la 4ème Escadre avec Mers-El-Kebir pour port d’attache.

Le 8 novembre 1947, le cuirassé appareille en compagnie du porte-avions avec quatre torpilleurs d’escorte (L’Eveillé L’Alerte Spahi Hussard) et le pétrolier-ravitailleur La Medjerda afin d’entrainer le groupe aérien du porte-avions.

Arrivé dans la capitale de l’AOF le 15 novembre, le cuirassé et le porte-avions accompagnés par leurs torpilleurs d’escorte s’entrainent au large de Dakar du 16 au 30 novembre, faisant escale à Dakar même du 1er au 5 décembre avant de mettre cap sur l’Algérie, les sept navires faisant escale à Casablanca du 9 au 12 décembre avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 16 décembre 1947 au matin puis de rester au port jusqu’à la fin de l’année.

Le cuirassé et le porte-avions ressortent pour la première fois le 7 janvier 1948 pour entrainement de son groupe aérien, entrainement qui le voit opérer au large de l’Algérie jusqu’au 17 janvier puis après un ravitaillement à la mer avec le pétrolier Tarn, le porte-avions opère au large de Bizerte, s’entrainant du 18 janvier au 2 février avant une escale à Malte du 4 au 11 février suivie d’un retour à Mers-El-Kebir le 13 dans la soirée.

Le cuirassé Bretagne sort à nouveau en compagnie du porte-avions Commandant Teste pour entrainement du groupe aérien du 20 au 27 février, le cuirassé et le porte-avions faisant escale à Tunis du 28 février au 2 mars avant un nouvel entrainement commun du 3 au 18 mars, les deux navires faisant escale à Alger du 19 au 24 mars avant de rentrer à Mers-El-Kébir le lendemain 25 mars 1948.

Alors que le porte-avions est en travaux à Bizerte (8 avril au 2 mai), le cuirassé Bretagne sort pour une école à feux au large de l’Oranie du 7 au 17 avril, faisant escale à Tunis du 18 au 24 avril avant de rallier Mers-El-Kébir le lendemain 25 avril 1948.

Le 2 mai 1948, le cuirassé Bretagne quitte Mers-El-Kébir pour rallier Bizerte le 3 mai, participant aux essais du Commandant Teste du 4 au 9 mai avant un long cycle d’entrainement en compagnie du croiseur de bataille Strasbourg et de la 11ème DCT du 15 mai au 20 juin 1948.

La force navale rentre à Bizerte le 21 juin et si les contre-torpilleurs restent en Tunisie puisque Bizerte est leur port d’attache, le croiseur de bataille, le cuirassé et les quatre torpilleurs plus le Tarn rentrent à Mers-El-Kebir le 28 juin 1948.

Le cuirassé Bretagne ressort du 7 au 20 juillet pour s’entrainer au tir au large de l’Algérie avant d’effectuer une nouvelle sortie d’entrainement en compagnie du porte-avions Commandant Teste du 25 juillet au 8 août, les deux navires faisant escale à La Valette du 9 au 13 août avant de rallier Mers-El-Kébir le 15 août. Le cuirassé passe au régime de guerre le 20 août et sort à nouveau pour entrainement en compagnie du porte-avions Commandant Teste du 21 au 29 août, étant à quai à Mers-El-Kébir quand éclate le second conflit mondial.

A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège et le Danemark le 5 septembre, le Bretagne appareille en compagnie du Commandant Teste pour contrer une éventuelle action italienne contre l’Afrique du Nord.

Le Provence

Le cuirassé Provence

Le cuirassé Provence

-Le Provence est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 1er mai 1912, lancé le 20 avril 1913 et admis au service actif en juin 1915. Comme ses deux autres sister-ship, il est affecté à la Méditerranée où il assure le blocus de la flotte austro-hongroise et des démonstrations de force au large de la Grèce. En juin 1919, des mutineries ont lieu à son bord alors qu’il est à Toulon.

En 1919-1920, le navire subit une première remise à niveau avec en particulier l’augmentation de la portée des canons qui passe de 18-20000 mètres à 25000 mètres avant de troquer une partie des chaudières à charbon par des chaudières à mazout.
La vraie remise à niveau à cependant lieu à l’Arsenal de Brest de 1932 à 1935 avec un renforcement de la protection, la modernisation de la conduite de tir, le retubage des canons de 340mm, l’installation d’une DCA (8 canons de 75mm et 12 mitrailleuses de 13.2mm) en remplacement d’une partie des canons de 138mm tandis que les tubes lance-torpilles submersibles sont débarqués.

A l’origine, il était prévu de désarmer le cuirassé Provence en 1945 mais au printemps 1940, il est décidé de le reconstruire pour servir d’escorteur au profit du futur porte-avions Joffre, reconstruction prévue à partir de l’automne 1942 à Brest après la fin des travaux sur son sister-ship Bretagne.

Du 15 février au 6 mars 1940, le cuirassé Provence manoeuvre en compagnie de la 1ère DT (La Tempête La Palme et Le Mars) avant de rentrer le lendemain à Toulon.

Le Provence subit ensuite une période de travaux à flot du 7 mars au 30 avril 1940, sortant pour essais du 1er au 3 mai puis pour remise en condition du 5 au 12 mai. Il enchaine ensuite les sorties d’entrainement au profit de nouveaux marins et d’officiers de réserve sans parler du fait que la simple présence d’un cuirassé en mer est un puissant outil dissuasif.

Pour permettre à l’équipage de prendre ses perms d’été, le cuirassé est indisponible du 15 juillet au 5 août 1940, sortant pour essais du 6 au 9 puis pour remise en condition du 11 au 23 août 1940, le cuirassé Provence reprenant ensuite ses missions de présence et d’entrainement.

Du 1er au 17 novembre, le cuirassé manoeuvre avec la 1ère DT. Le cuirassé et les trois torpilleurs font escale à Nice du 18 au  21 novembre, à Bastia du 22 au 26 novembre avant de rentrer à Toulon le 28 novembre 1940.

Le cuirassé Provence subit une période d’entretien à flot (turbines, chaudières et artillerie) du 30 novembre au 12 décembre, sortant pour essais et remis en condition du 13 au 23 décembre, rentrant à Toulon le lendemain 24 décembre 1940.

Du 26 décembre 1940 au 2 janvier 1941, le cuirassé Provence effectue sa première sortie avec ses nouveaux anges gardiens, les torpilleurs d’escadre Mameluk et Casque (classe Le Hardi) avec lesquels ils fait escale à La Ciotat du 3 au 7 janvier, les trois navires rentrant le lendemain 8 janvier 1941 à Toulon.

Le 15 janvier, le Provence quitte Toulon en compagnie des torpilleurs Mameluk et Casque pour un premier véritable entrainement. Après une école à feux du 15 au 22 janvier, les trois navires font escale à Oran du 23 au 27 janvier avant d’effectuer un entrainement de défense aérienne à la mer du 28 janvier au 4 février, les trois navires faisant escale à Ajaccio du 5 au 10 février, effectuant alors un entrainement au combat antisurface du 11 au 18 février, date à laquelle les trois navires rentrent à Toulon.

Du 22 février au 8 mars 1941, les cuirassés Provence et Lorraine (5ème Division de Ligne), accompagnés de leurs escorteurs Mameluk Casque Intrépide et Téméraire participent à un exercice commun avec les torpilleurs de la 1ère Flottille de Torpilleurs (1ère DT _La Tempête et Le Mars_; les 3ème et 7ème DT au complet).

Le Provence sort à nouveau pour entrainement en compagnie de ses torpilleurs d’escorte Mameluk et Casque du 21 mars au 1er mai avec notamment un entrainement ASM du 23 avril au 1er mai contre le sous marin Venus, le cuirassé, les deux torpilleurs d’escadre et le sous-marin rentrant le lendemain 2  mai 1941 à Toulon.

Le Provence et ses deux torpilleurs d’escorte sont à nouveau à la mer pour entrainement à partir du 10 mai et jusqu’au 1er juin, date  à laquelle les trois navires rentrent à Toulon.

Le Provence est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 2 au 23 juin, sortant pour essais du 24 au 27 juin puis pour remise en condition du 28 juin au 12 juillet 1941, à chaque fois en compagnie de ses torpilleurs Mameluk et Casque, les trois navires participant à la revue navale du 14 juillet 1941 exécuté en rade des Vignettes.

Le Provence sort à nouveau pour entrainement en compagnie de ses torpilleurs d’escorte du 20 juillet au 5 août 1941,  les trois navires rentrant à Toulon le lendemain 6 août 1941.

Le 8 août 1941, le cuirassé Provence sort pour entrainement en compagnie de la 3ème DTE (Simoun Le Fortuné), entrainement qui l’occupe jusqu’au 25 septembre, les deux cuirassés et les deux torpilleurs faisant escale à Nice du 26 au 30 septembre avant de rentrer à Toulon le 1er octobre 1941.

Le Provence sort à nouveau pour entrainement avec ses torpilleurs d’escadre du 8 octobre au 4 novembre, le tiro rentrant  à Toulon le lendemain 5 novembre 1941.

Le 8 novembre 1941, La 5ème DL (cuirassés Provence et Lorraine) quitte Toulon pour un entrainement avec la 1ère flottille de torpilleurs, entrainement composé d’écoles à feux, de lancements de torpilles, d’entrainement à la défense aérienne à la mer, de combat antisurface. Les huit torpilleurs et les deux cuirassés rentrent à Toulon le 24 novembre.

Le Provence sort avec les torpilleurs Mameluk et Casque pour le dernier entrainement de l’année qui occupe le trio jusqu’au 25 décembre, le cuirassé et ses escorteurs étant de retour à Toulon le lendemain pour les fêtes de fin d’année.

Le 7 janvier 1942, le Provence quitte Toulon en compagnie du Lorraine, les deux cuirassés de la 5ème DL étant accompagnés de leurs quatre torpilleurs d’escorte, les  Mameluk Casque Intrepide et Téméraire pour un entrainement qui les occupe jusqu’au 8 février (moins une escale à Nice du 27 au 31 janvier), les six navires rentrant à Toulon le 16 février après une escale à Bastia du 9 au 15 février.

Le Provence sort à nouveau en compagnie des TE Mameluk et Casque pour entrainement du 25 février au 17 mars (moins une escale à Nice du 6 au 10 mars), les trois navires rentrant à Toulon le lendemain 18 mars 1942.

Le Provence est indisponible suite à une avarie du 21 mars au 12 avril 1942, sortant pour essais du 13 au 16 avril puis pour remise en condition du 18 avril au 4 mai, le cuirassé et les deux torpilleurs faisant escale à Menton du 5 au 8 mai et à Calvi du 9 au 14 mai, rentrant le lendemain 15 mai 1942 à Toulon.
Le Provence, le Mameluk et le Casque quittent Toulon pour entrainement le 22 mai manoeuvrant ensemble du 22 mai au 12 juin, date de leur retour à Toulon.

Le Provence, le Mameluk et le Casque sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage du 13 juin au 4 juillet, sortant pour essais du 5 au 8 juillet puis pour remise en condition du 9 au 25 juillet, les trois navires faisant escale à Marseille du 26 au 30 juillet avant de rentrer le lendemain 31 juillet 1942 à Toulon.

Le cuirassé Provence et ses deux torpilleurs d’escadre quittent Toulon pour une école à feux du 8 au 15 août, faisant escale à Marseille du 16 au 20 août avant un entrainement au combat antisurface du 21 août au 2 septembre, les trois navires rentrant le lendemain à Toulon.

Le 12 septembre 1942, la 5ème DL est dissoute, le cuirassé Provence devant rallier Brest pour être reconstruit et transformé en escorteur de porte-avions. Le vénérable cuirassé quitte Toulon le 13 septembre en compagnie de ses deux torpilleurs d’escorte, les trois navires faisant escale à Casablanca du 17 au 20 septembre avant de rallier Brest le 24 septembre 1942.

Les travaux de reconstruction commencent à flot, le ponton-grue de l’Arsenal débarquant les munitions avant de débarquer les cinq tourelles de 340mm, les canons de 138mm et de 75mm, les mitrailleuses de 13.2mm.

Le 14 octobre 1942, le cuirassé Bretagne reconstruit est remis à flot, cédant la place au Provence qui est échoué le lendemain dans le bassin n°2 du Pontaniou pour deux ans de travaux soit du 15 octobre 1942 au 20 octobre 1944.

Métamorphosé, le cuirassé  est armé pour essais le 25 octobre et effectue ses essais à la mer du 27 octobre au 15 décembre 1944 avant d’appareiller le 17 décembre 1944 pour Rufisque où il effectue une école à feu du 22 décembre 1944 au 12 janvier 1945. Il rentre à Brest le 17 janvier 1945.

Le 20 janvier 1945, le cuirassé Provence est remis en service et affecté à la 2ème Escadre de  la Flotte de la Méditerranée avec pour port base Toulon.

Il quitte Brest le 21 janvier et arrive à Toulon le 28 janvier 1945. Il va suivre à partir de cet instant le porte-avions Joffre comme son ombre, intégré comme lui au Groupement de Ligne de la 2ème Escadre.

Le 2 février 1945, le cuirassé largue les amarres et quitte Toulon pour Marseille où il arrive le 4 février. Lors de cette escale du 4 au 12 février, le cuirassé signe sa charte de parrainage avec la ville de Marseille, une délégation sortant en mer sur le cuirassé du 13 au 17 février, délégation débarquée à Marseille le 18 février avant que le cuirassé Provence ne rentre à Toulon le lendemain 19 février.

Le cuirassé sort à nouveau pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 22 au 27 février, rentrant à Toulon le lendemain 28 février 1945.

Il effectue une croisière en Afrique du Nord, appareillant de Toulon le 7 mars en compagnie du porte-avions Joffre, de quatre torpilleurs et du PRE La Liamone, faisant escale à Oran du 12 au 16 mars, à Alger du 18 au 22 mars, Tunis du 25 au 28 mars avant de mener un exercice de bombardement contre la base de Bizerte les 29 et 30 mars. Il est de retour à Toulon le 5 mars 1945.

Le Provence et le Joffre sortent du 12 au 20 mars pour un entrainement de défense aérienne à la mer avant de se ravitailler auprès du PRE Le Liamone le 21 mars et d’enchainer par un exercice de combat antisurface du 22 au 30 mars, faisant escale à Tunis du 31 mars au 4 avril avant de rentrer à Toulon le 6 avril 1945.

Après une période d’entretien à flot du 7 au 21 avril (catapulte et artillerie notamment), le cuirassé ressort en compagnie du porte-avions pour essais du 22 au 30 avril avant reprise de l’entrainement (de base et tactique) du 1er au 14 mai, le cuirassé le porte-avions et les quatre torpilleurs d’escadre étant ravitaillés par le ravitailleur rapide Adour. Ils rentrent à Toulon le 17 mai 1945.

Le cuirassé Provence ressort du 17 au 22 mai 1945 pour un exercice de défense aérienne à la mer en faveur du cuirassé Richelieu qui subit les attaques des bombardiers-torpilleurs Latécoère Laté 299 et des bombardiers en piqué  du porte-avions Joffre, appuyés par les bombardiers bimoteurs Lioré et Olivier Léo 451 basés en Corse à Calvi-Sainte Catherine.

Rentré à Toulon le 26 mai 1945, le cuirassé et le porte-avions ressortent du 5 au 25 juin pour entrainement des pilotes du porte-avions, les navires étant soutenus et ravitaillés par le PRE La Saone. Après une escale à Bastia du 26 au 30 juin, le porte-avions et le cuirassé effectuent un entrainement anti-sous-marin du 1er au 13 juillet 1945.

Cet exercice baptisé «Némo» voit les sous-marins Le Glorieux, Le Tonnant, La Réunion, Le Crozet L’Antigone  et L’Aurore tendent une série d’embuscades contre le porte-avions, le cuirassé, leurs quatre torpilleurs d’escorte et le PRE La Saône.

Cet exercice mené dans le Golfe du Lion voit les CAO-600 maintenir une veille permanente autour du porte-avions guidant les Latécoère Laté 299 utilisés comme appareils de lutte ASM tout comme les Dewoitine HD-731 du cuirassé qui à cours de carburant allaient ammérir à Saint Mandrier pour se ravitailler. L’escadre rentre à Toulon le 14 juillet 1945.

Le Provence et le Joffre sont en période de gardiennage du 15 juillet au 10 août pour entretien et repos de l’équipage. Ils sortent ensemble pour essais du 11 au 17 août avant de reprendre l’entrainement.

Le Joffre effectue un entrainement de base au profit des nouveaux pilotes du 18 au 28 août, protégé par le cuirassé Provence et quatre torpilleurs d’escadre. Les quatre navires sont ravitaillés par le PRE Le Liamone le 29 août avant de poursuivre l’entrainement.

Du 30 août au 9 septembre, le Joffre effectue un entrainement de combat, les pilotes confirmés mais également des pilotes novices effectuant des missions de défense aérienne, d’attaque à la torpille et contre  la terre notamment contre les batteries côtières défendant Toulon.

Après une escale à Tunis du 10 au 15 septembre, le cuirassé Provence reprend seul la mer pour servir de plastron au groupe aérien embarqué du Joffre et in fine les canonniers du Provence. L’exercice à lieu du 16 au 22 septembre avec plusieurs ravitaillement du PRE Le Liamone avant une nouvelle escale à Tunis du 23 au 27 septembre. Ils rentrent tous à Toulon le 29 septembre 1945.

Alors que le porte-avions Joffre est en entretien à flot (brins d’arrêts, grue de 12 tonnes, retubage des canons de 130mm) du 30 septembre au 12 octobre, le cuirassé Provence quitte Toulon pour une école à feu à Rufisque du 9 au 23 octobre. Ils sont de retour à Toulon le 5 novembre 1945.

Le 9 novembre 1945, le cuirassé Provence et le porte-avions Joffre sortent pour entrainement en Méditerranée orientale, accompagnés du pétrolier Elorn et de quatre torpilleurs d’escadre en l’occurence les Casque Mameluk L’Inconstant et le Lancier.

Après une escale à Bizerte du 12 au 16 novembre, la petite escadre manoeuvre dans le bassin oriental du 17 au 30 novembre avant une escale à Beyrouth, le port libanais accueillant un cuirassé, un porte-avions, un pétrolier et quatre torpilleurs.

Reprenant la mer le 1er décembre, le porte-avions lance des raids simulés contre Beyrouth, Tyr et Sidon protégés par le cuirassé qui repousse au cours de cet exercice la riposte des bombardiers de l’armée de l’air et l’exercice terminé le 12 décembre, l’escadre fait escale à Haïfa du 13 au 17 décembre, à Tunis du 19 au 22 décembre avant de rentrer à Toulon le 24 décembre 1945.

Il reprend la mer en compagnie du porte-avions Joffre pour entrainement de ses pilotes du 5 au 25 janvier 1946.  Le 17 février, le Richelieu embarque à Toulon l’amiral Ollive, nouveau grand amiral de la flotte (il à succédé à l’amiral Esteva en poste de 1942 à 1945 mais qui à démissionné pour raison de santé) et son état-major pour une inspection des capacités du porte-avions Joffre.

Le porte-avions manoeuvre accompagné par le cuirassé Provence et le cuirassé Richelieu du 18 au 23 février, l’amiral de la flotte passant à bord du porte-avions les 21 et 22 février avant de remonter à bord du cuirassé pour une conférence au sommet en Grande Bretagne.

Durant ces cinq jours, il à assisté à des exercices de défense aérienne à la mer, de lancement et d’appontage, de simulations de bombardements en piqué, de torpillage et de lutte ASM.

Le porte-avions rentre à Toulon le 25 février puis est indisponible en raison d’un problème de chaudière du 12 mars au 9 mai 1946.

Avant et pendant l’indisponibilité du porte-avions, le cuirassé Provence sort pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 1er au 8 mars, sert de plastron aux défenses côtières du secteur de Toulon du 11 au 18 mars avant une escale à Nice du 19 au 22 mars, à Bastia du 23 au 25 mars et à Marseille du 27 mars au 2 avril, rentrant à Toulon le 4 avril 1946. A noter qu’il est accompagné non pas de ses torpilleurs d’escadre habituels, les torpilleurs Mameluk et Casque mais des vénérables Basque et Forbin qui protègent habituellement l’Alsace.

Après une période de travaux à flots du 5 au 15 avril, le cuirassé sort pour essais du 16 au 19 avril avant un stage de remise en condition du 21 avril au 4 mai, stage suivit d’une escale à Ajaccio du 5 au 7 mai 1946.

Les travaux terminés, le cuirassé Provence accompagne le porte-avions Joffre qui effectue ses essais à la mer du 10 au 15 mai avant de reprendre l’entrainement de son groupe aérien. Il sort avec le cuirassé du 17 au 27 mai pour l’entrainement de base des jeunes pilotes et le rafraichissement des pilotes plus confirmés.

Après un ravitaillement à Toulon le 28 mai; le cuirassé, le porte-avions, les quatre torpilleurs d’escadre _dont les Mameluk et Casque_ et le ravitailleur Adour quitte le Var le 29 mai, font escale à Casablanca du 4 au 7 juin avant d’arriver à Dakar le 11 juin 1946.

Le Joffre protégé par le cuirassé et quatre torpilleurs d’escadre lancent ses avions à l’assaut du polygone de Rufisque du 13 au 30 juin, lançant bombes et roquettes avant de simuler des raids contre la base aérienne de Dakar-Bel Air le 1er juillet 1946.

Alors que le porte-avions fait relâche à Dakar, le cuirassé Provence et les torpilleurs effectuent une Ecole à feux du 2 au 15 juillet avant une escale à Dakar du 16 au 20 juillet 1946.

Le cuirassé Provence quitte Dakar le 21 juillet et «disparait» aux yeux du porte-avions et des torpilleurs d’escadre pour une opération d’interception du 22 au 27 juillet, interception réussie, le cuirassé étant coulé par les bombes des bombardiers en piqué et les torpilles des avions-torpilleurs avant une nouvelle escale à Dakar du 27 au 31 juillet 1946.

Le 1er août 1946, la petite escadre quitte Dakar fait escale à Casablanca du 5 au 10 août, à Mers-El-Kébir du 13 au 16 août avant de rentrer à Toulon le 19 août 1946.

Le cuirassé Provence est indisponible du 20 août au 5 septembre 1946, sortant pour essais du 6 au 9 septembre avant remise en condition du 10 au 30 septembre 1946.

Le porte-avions Joffre étant en petit carénage du 2 septembre au 12 décembre 1946, le cuirassé Provence est orphelin de porte-avions ce qui ne l’empêche pas d’être fort actif. Il sort pour un entrainement aviation du 2 au 9 octobre, défense aérienne à la mer du 11 au 18 octobre et entrainement au bombardement littoral du 20 au 31 octobre, rentrant à Toulon le lendemain 1er novembre.

Le cuirassé Provence sort pour entrainement au combat de nuit du 5 au 12  novembre, faisant escale à Alger du 13 au 17 novembre puis à Tunis du  19 au 25 novembre avant de rentrer à Toulon le 27 novembre 1946.

Le Provence sort à nouveau du 30 novembre au 4 décembre pour entrainement dans le Golfe du Lion avant de faire escale à Marseille du 5 au 9 décembre, rentrant à Toulon le lendemain 10 décembre 1946.

A noter que durant ces différents exercices, le Provence est accompagné par les torpilleurs d’escadre L’Inconstant et le Bouclier qui assurent en temps normal la protection du porte-avions Joffre.

Le 12 décembre 1946, le Joffre est de nouveau disponible après son petit carénage. Il sort pour essais en compagnie du Provence du 12 au 17 décembre avant de reprendre l’entrainement du flotteur et du groupe aérien et ce du 18 au 24 décembre puis du 29 décembre 1946 au 12 janvier 1947, les deux phases étant séparées par une escale à Marseille. Les quatre navires rentrent à Toulon le 17 janvier après une escale à Bastia du 13 au 16 janvier.

Le cuirassé Provence sort pour entrainement dans le Golfe du Lion du 25 au 30 janvier 1947 avant une escale à Marseille du 1er au 3 février, rentrant à Toulon le 4 février pour se préparer en vue d’un entrainement au large de Dakar mais des événements extérieurs vont bouleverser le programme.

Le 5 février 1947, des émeutes anti-françaises frappent la ville d’Iskenderun, l’ancienne Alexandretta du temps de la domination française faisant quatre morts parmi la communauté française. La marine nationale décide d’effectuer une démonstration de force pour faire pression sur la Turquie.

Le Provence appareille en compagnie du porte-avions Joffre, du cuirassé Richelieu, de cinq torpilleurs d’escadre (Mameluk Casque L’Inconstant Le Lancier Flibustier) et du pétrolier-ravitailleur La Saône le 7 février 1947, arrivant sur zone le 12 février. La force occasionnelle va rester sur zone jusqu’au 27 février, manoeuvrant jusqu’au 5 mars quand il rentre à Toulon le 8 mars 1947.

Si le porte-avions repart dès le 12 mars pour participer à un exercice franco-anglais du 16 au 24 mars, le cuirassé subit un grand carénage du 10 mars 1947 au 2 février 1948.

Il est au bassin du 10 mars au 8 décembre 1947 pour une remise en état complète du flotteur (changement des hélices, grattage et peinture de la coque, retubages des chaudières, inspection des turbines), des installations d’hydraviation (changement de la catapulte et de la grue), modernisation de l’électronique et remise en état de l’armement avec le retubage des canons de 340 et de 130mm alors que la DCA légère est modifiée avec l’embarquement de canons neufs à la place des pièces usées.

Remis à flot le 8 décembre 1947, le cuirassé est remorqué à quai pour des travaux complémentaires jusqu’au 5 janvier 1948. Après des essais au point fixe jusqu’au 9 janvier, il effectue ses essais dynamiques du 10 au 15 janvier puis sa remise en condition du 18 au 24 janvier et du 26 janvier au 2 février, date à laquelle, il est de nouveau déclaré disponible.

Le 5 février 1948, il appareille pour Rufisque afin d’entrainer ses canonniers. Il franchit le détroit de Gibraltar le 10 février, fait escale à Casablanca du 11 au 13 février avant de gagner Dakar où il arrive le 17 février 1948. L’Ecole à feu à lieu du 18 au 28 février, quittant Dakar le 1er mars pour rentrer à Toulon le 6 mars 1948.

Le 9 mars 1948, il appareille pour Malte en compagnie du porte-avions Joffre, du croiseur lourd Saint Louis et de quatre torpilleurs d’escadre pour participer à un exercice avec la marine britannique qui engage dans cet exercice le cuirassé Rodney, le porte-avions Indomitable, le croiseur léger Belfast et six destroyers.

La force S arrive à Malte le 13 mars 1948, mouillant dans le port de La Valette. L’exercice binational commence le 15 mars avec un exercice d’état-major à bord du cuirassé Provence suivit le lendemain 16 mars par un exercice ASM, un exercice de défense aérienne à la mer les 17 au 18 mars, un exercice d’assaut amphibie le 19 qui voit l’Indomitable défendre La Valette contre le Joffre avant la belle du lendemain 20 mars 1948. L’exercice se termine par un exercice de synthèse du 22 au 26 mars 1948, La force S rentrant à Toulon le 30 mars 1948.

Le cuirassé Provence est comme le porte-avions immobilisé pour entretien à flot du 1er au 10 avril, effectuant une petite sortie pour essais du 11 au 15 avril et rentrant à Toulon dans la soirée.

Du 17 au 30 avril 1948, le cuirassé Provence sort en compagnie du porte-avions Joffre pour entrainement de base et comme entrainement de spécialité qu’il s’agisse de la défense aérienne à la mer, de l’attaque à la bombe et à la torpille, la reconnaissance et l’observation…….. . Les deux navires (et leurs quatre torpilleurs d’escadre) font escale à Ajaccio du 1er au 6 mai, à Port-Vendres du 7 au 10 mai, Marseille du 11 au 18 mai avant de rentrer à Toulon le lendemain 19 mai.

Le cuirassé Provence (tout comme le Joffre ) est indisponible du 20 mai au 12 juin pour les permissions d’été de l’équipage, sortant pour essais du 13 au 16 juin et pour remise en condition du 18 juin au 2 juillet 1948.

Le cuirassé Provence sort pour entrainement du 10 au 17 juillet pendant que le porte-avions subit un nouveau petit carénage jusqu’au 27 juillet. Après une escale à Marseille du 18 au 22 juillet, le cuirassé reprend la mer pour entrainement du 23 au 26 juillet, rentrant à Toulon le 27 juillet.

Du 4 au 20 août 1948, le cuirassé Provence sort en compagnie du porte-avions Joffre et du cuirassé Alsace plus les six torpilleurs d’escadre qui assurent l’escorte des trois «gros» (Mameluk Casque Bouclier L’Inconstant Durandal Dague) et le pétrolier-ravitailleur La Saône pour un grand exercice aéronavale entre la Corse et le Continent, rentrant à Toulon le 22 août 1948.

Le cuirassé Provence sort à nouveau pour entrainement aviation du 25 au 30 août puis pour entrainement de défense aérienne à la mer du 1er au 4 septembre, étant de retour à Toulon le 5 septembre 1948. Il ne va pas tarder à reprendre la mer pour combattre et non pour s’entrainer.

4-Le programme naval de 1941 et ses suites : un effort sans nul précédent (3)

B-Le programme naval du 14 mai 1941 et les tranches de construction suivantes

En 1924, le ministre de la marine Georges Leygues avait échoué à faire accepter un véritable statut naval à des parlementaires réticents à laisser les coudées franches aux marins. En 1941, son successeur, Jules Belley est bien décidé à faire accepter à la Chambre des Députés, un programme naval s’étalant sur plusieurs années avec des tranches bien définies.

Après trois jours de négociations, compromis et promesses diverses, le programme naval présenté par l’amiral Darlan est voté à une écrasante majorité par les députés avec 455 voix pour et 152 contre. Ce programme prévoit ainsi cinq tranches de construction, les tranches 1941, 1942,1943,1944 et 1945.

La tranche 1941 prévoit ainsi la construction des unités suivantes :

-Un croiseur léger de classe De Grasse de 8000 tonnes. La marine nationale souhaite moins remplacer les Duguay-Trouin affectés aux théâtres d’opérations secondaire que renforcer sa capacité de combat contre la marine italienne voir la marine allemande.

La classe Atlanta à inspiré le projet CLAA français

-Un croiseur léger antiaérien (navire-amiral de l’Escadre Légère du Nord) de 7500 tonnes. Un temps, il fût envisagé la commande de quatre croiseurs antiaériens à la place des trois autres De Grasse mais au final, un seul CLAA fût commandé pour servir de navire de commandement à l’ELN chargée de verrouiller le Pas de Calais et de soutenir la Belgique et les Pays Bas.

Plan général d’un torpilleur type Le Hardi

-Quatre torpilleurs d’escadre de classe Intrepide (Le Hardi modifié) de 1732 tonnes chacun soit environ 6928 tonnes. Les Le Hardi sont mieux adaptés que les Bourrasque et les Adroit à l’escorte des nouveaux navires de ligne et les porte-avions mais leur DCA et leur rayon d’action laisse à désirer d’où les améliorations qui donnent naissance à la classe Intrepide.

-Deux torpilleurs légers de classe Le Fier de 1100 tonnes chacun soit environ 2200 tonnes. Ces deux navires sont destinés compléter les quatorze premiers navires déjà commandés et en cours de construction afin de permettre de mettre sur pied des divisions homogènes de quatre navires. Ces navires seront baptisés Le Béarnais et Le Catalan.

-Quatre corvettes de type Flower anglais soit un déplacement total de 3800 tonnes.

-Quatre remorqueurs médians de 750cv soit 1600 tonnes

Soit un total de 30028 tonnes

La tranche 1942 prévoit la construction des unités suivantes :

-Un croiseur léger de classe De Grasse de 8000 tonnes qui doit permettre à terme de former une division de trois croiseurs soit une formidable puissance de feu (27 canons de 152mm).

-Trois contre-torpilleurs de classe Bruix de 2900 tonnes chacun soit un total de 8700 tonnes. Si les quatre Marceau sont destinés numériquement à compléter les Mogador et les Volta et que les Bayard sont destinés à remplacer les Jaguar, ces trois navires doivent remplacer nombre pour nombre trois contre-torpilleurs de classe Guépard.

-Trois torpilleurs d’escadre de classe Intrépide mod. de 1732 tonnes chacun soit environ 5196 tonnes. Ces trois navires doivent commencer à remplacer les torpilleurs d’escadre les plus anciens sachant que la marine estime avoir besoin de trente-six torpilleurs d’escadre pour l’escorte des grandes unités de surface (trois porte-avions d’escadre et treize cuirassés) ce qui laisse encore vingt navires à construire.

-Six vedettes lance-torpilles commandées en Grande Bretagne aux chantiers Vosper soit environ 300 tonnes.

-Quatre canonnières fluviales de 700 tw destinés à la flottille du Rhin soit un total de 2800 tonnes

-Quatre remorqueurs de 750cv soit 1600 tonnes

Soit un total de 26196 tonnes

La tranche 1943 prévoit la construction des unités suivantes :

-Deux cuirassés de classe Alsace soit 90000 tonnes. A l’origine, ces deux cuirassés devaient remplacer le Lorraine et renforcer la ligne de bataille mais ce dernier à été refondus pour servir d’escorteurs de porte-avions, les cuirassés baptisés Flandre et Bourgogne vont renforcer la ligne de bataille de la Royale

Le HMS Colossus identique aux deux porte-avions légers français

-Deux porte-avions légers de classe Alienor d’Aquitaine commandés en Grande Bretagne soit 34000 tonnes. Ce projet privé de la firme Vickers à intéressé la marine nationale avant même la Royal Navy. Ces deux navires (non encore baptisés en mai 1941) doivent à la fois remplacer le Commandant Teste mais également renforcer les FNFEO.

-Un croiseur léger de classe De Grasse de 8000 tonnes. Ce sixième et dernier croiseur léger de classe De Grasse doit permettre avec les croiseurs financés aux tranches 1941 et 1942 de constituer une division de trois croiseurs.

-Trois contre-torpilleurs de classe Bruix  de 2900 tonnes soit un total de 8700 tonnes. Ces trois navires doivent remplacer les trois derniers contre-torpilleurs de classe Guépard et former une division de trois navires.

-Trois torpilleurs d’escadre de classe Intrépide mod. de 1732 tonnes chacun soit environ 5196 tonnes. Ces navires doivent remplacer trois autres torpilleurs de classe Bourrasque.

-Trois sous-marins de grande croisière type Rolland Morillot/La Praya soit 5400 tonnes baptisés Ile d’Oleron Ile de Brehat Ile d’Aix

-Deux pétroliers caboteurs de 2500 tonnes chacun baptisés Rance et Lèze

-Quatre canonnières fluviales de 600 tonnes destinés à l’Indochine et construites par l’Arsenal d’Indochine à Saïgon

-Quatre remorqueurs médians de 750cv soit 1600 tonnes

soit un total de 152396 tonnes

La tranche 1944 prévoit la construction des unités suivantes :

-Un porte-avions de 20000 tonnes. Il doit numériquement remplacer le vieux Béarn. Il semble acquis que son design sera différent des Joffre pour lesquels certains officiers émettent des réserves importantes. L’attaché naval français à Washington aurait pu ainsi acquérir les plans austere des Yorktown et des Essex. A l’heure du vote (mai 1941), le design n’est pas arrêté.

-Six torpilleurs d’escadre de classe Intrépide mod. de 1732 tonnes soit environ 10392 tonnes. Ces six navires doivent remplacer les six derniers Bourrasque.

-Quatre torpilleurs légers de type Le Fier mod. de 1250 tonnes  chacun soit environ 5000 tonnes. Ils doivent remplacer les Melpomène qui à la mise en service des Le Fier doivent être transformés en patrouilleurs stationnaires, perdant leur canon de 100mm arrière et leur affût lance-torpilles.

-Six corvettes de type Flower anglais soit un déplacement total de 5400 tonnes. Ces navires sont destinés à compléter les aviso-dragueurs pour l’escorte des convois.

-Six vedettes lance-torpilles commandées en Grande Bretagne aux chantiers Vosper soit environ 300 tonnes.

-Deux pétroliers rapides de type La Seine soit un tonnage global d’environ 50000 tonnes. Ils doivent compléter les quatre navires déjà prévus et doivent comme eux être gréés pour le ravitaillement en mer à couple et à flèche.

-Deux cargos rapides de type Oranie soit un tonnage global d’environ 16000 tonnes. Ces deux navires doivent assurer le ravitaillement au mouillage des navires français en munitions quand ils sont éloignés d’une base. Ceux basés en Méditerranée doivent aussi ravitailler les dépôts d’Afrique du Nord depuis la métropole. La possibilité d’actions amphibies devraient voir l’engagement de cargos de ce type.

-Deux pétroliers caboteurs de 2500 tonnes baptisés Ardèche et Blavet

-Quatre remorqueurs de 750cv soit 1600 tonnes

soit un total de 113992 tonnes

La tranche 1945 prévoit la construction des unités suivantes :

-Quatre torpilleurs d’escadre de classe Intrépide mod. de 1732 tonnes chacun soit un total de  6928 tonnes. Ces quatre navires vont remplacer nombre pour nombre les quatre premiers torpilleurs de classe L’Adroit.

-Quatre torpilleurs légers de type Le Fier mod.  de 1250 tonnes chacun soit environ 5000 tonnes. Ces navires doivent remplacer les Melpomène et épauler les Le Fier dans leur mission de combat de surface de jour comme de nuit.

-Six sous-marins type Rolland Morillot de 1800 tonnes chacun soit 10800 tonnes, sous-marins baptisés Mayotte Nouvelle Calédonie Tromelin Wallis et Futuna Clipperton et St Pierre et Miquelon

-Deux sous-marins spéciaux de 1600 tonnes chacun. Ces deux sous-marins doivent servir de navires expérimentaux à la fois sur le plan technique et sur le plan tactique. Ils vont être armés par le GASM

-Deux cargos rapides de type Oranie soit un tonnage global d’environ 16000 tonnes qui doivent mener des missions de ravitaillement et de transport.

-Deux remorqueurs de 750cv soit un total de 800 tonnes

soit un total de 39128 tonnes

C-Les tranches 1946 1947 et 1948 : toujours plus

En juillet 1944, peu après les élections législatives (toujours favorables au PSF), le ministre de la marine, Jules de Marensche présente un nouveau programme naval couvrant les tranches 1946/1947/1948/1949/1950, espérant un vote rapide.

Les députés refusent de voter un programme naval, estimant le précédent loin d’être achevé. On se retrouve ainsi dans la situation de 1924 quand la Chambre des Députés refusa de voter le statut naval, préférant des tranches annuelles.

Si le programme naval de 1941 était destiné à augmenter le tonnage de la flotte (plus que pour renouveler les navires les plus anciens), les tranches navales à venir sont destiné à remplacer les navires dépassés ou usés.

La tranche 1946 finance ainsi la construction des unités suivantes :

-Un croiseur lourd type Saint Louis modifié de 15000 tonnes. Il est commandé pour contrer la commande par l’Italie d’un nouveau croiseur lourd après les trois croiseurs commandés en riposte à la commande des Saint Louis

-Un croiseur léger type C6 de 8000 tonnes. Il doit remplacer numériquement le Lamotte-Picquet (désarmé en 1946). Son armement devrait être différent des De Grasse soit des canons de 130mm pour en faire un nouveau CLAA ou des canons de 152mm plus modernes que ceux des De Grasse.

-Quatre torpilleurs de classe Intrepide Mod.  de 1800 tonnes chacun soit un total de 7200 tonnes qui doivent remplacer quatre autres torpilleurs de classe L’Adroit.

-Quatre torpilleurs légers de classe Le Fier mod. de 1250 tonnes chacun soit un total de 5000 tonnes, navires qui doivent remplacer les quatre derniers Melpomène.

-Un ravitailleur de sous-marin de 8000 tonnes, l’Atlantide

-Quatre dragueurs de mines océaniques de 800 tonnes commandés aux Etats Unis soit un total de 3200 tonnes

soit un total de 46100 tonnes

La tranche 1947 finance la construction des unités suivantes :

-Un cuirassé de type Province amélioré (47000 tonnes), le futur Languedoc

-Six contre-torpilleurs de type Bruix destinés à augmenter le tonnage de la flotte de 2900 tonnes chacun soit un total de 17400 tonnes

-Quatre sous-marins océaniques de type Rolland Morillot modifiés soit un total de 7200 tonnes. Les modifications sont ou seront issus des essais menés par le GASM.

-Quatre dragueurs de mines océaniques de 800 tonnes commandés aux Etats Unis en raison de la saturation des chantiers français.

-Deux cargos rapides de type Oranie soit un tonnage global d’environ 16000 tonnes qui doivent mener des missions de ravitaillement et de transport.

Soit un total de 90800 tonnes

La tranche 1948 (qui se révéla in fine être la dernière du temps de paix) finance la construction des unités suivantes :

-Deux croiseurs légers type C6 de 8000 tonnes destinées à remplacer les deux unités survivantes de la classe Duguay-Trouin

-Quatre torpilleurs d’escadre type Intrépide Mod. de 1950 tonnes commandés aux Etats Unis en raison de la saturation des chantiers français.

-Quatre dragueurs de mines océaniques de 800 tonnes commandés aux Etats Unis en raison de la saturation des chantiers français.

Soit un total de 27000 tonnes

4-Le programme naval de 1941 et ses suites : un effort sans nul précédent (2)

-Avisos et aviso-dragueurs

*Avisos classe Aisne : trois encore en service en 1948 pour des taches auxiliaires : La Marne est en Indochine; La Somme pour des liaisons et des transports entre Toulon et Ajaccio et L’Yser pour des liaisons et des transports entre Cherbourg et Dunkerque.

*Canonnières classe Agile : L’Audacieuse en Nouvelle Calédonie, La Dédaigneuse et la Lurone en Indochine; L’Étourdi en Polynésie et la Tapageuse à Djibouti

*Canonnières classe Diligente : La Diligente sert de ravitailleur d’hydravions à Toulon et L’Engageante joue le même rôle à Bizerte.

 

Aviso Arras

*Avisos classe Amiens : L’Amiens et l’Arras basés à Brest servent à la mise au point de systèmes d’armes et de systèmes électroniques, le Calais sert de ravitailleur d’hydravions à Brest, le Coucy sert de transport à Mers-el-Kébir.

L’Ypres (ex-Dunkerque) à été envoyé à Diego Suarez pour des missions de transport et de soutien tout comme le Lassigny transformé en ravitailleur de sous marins et basé à Haïphong en Indochine .

Les Tahure et Epinal sont basés à Bizerte pour des missions de soutien. Le Vauquois est modifié pour devenir un mouilleur de mines et basé à Ajaccio pour miner les approches des bases italiennes. Il pourrait être appuyé par l’aviso Les Eparges destiné aux mêmes taches mais basés à Mers-El-Kébir. Enfin, le Nancy à été envoyé comme stationnaire en Indochine à Haiphong.

Ces différents navires sont cependant fin de vie et leur désarmement est prévu pour 1948 au plus tard afin de libérer notamment de la main d’œuvre pour armer des navires neufs même si les équipages ont été réduits pour la plupart.

 

Aviso-dragueur Commandant Bory

*Aviso-dragueurs classe Elan : Cette classe composée de treize navires est financée à la tranche 1934 (L’Elan), à la tranche 1936 (Commandant Bory, Commandant Delage, Commandant Duboc et Commandant Rivière) et à la tranche (L’Impétueuse La Curieuse La Batailleuse La Boudeuse La Gracieuse La Mouqueuse La Capricieuse et Le Commandant Dominé).

Ces avisos sont répartis en trois divisions de quatre et une division de deux baptisées Division d’Escorteurs Legers (DEL).

La 1ère DEL se compose de l’Elan, du Commandant Dominé et de La Capricieuse et basée à Toulon, la 2ème DEL basée à Mers el Kebir se compose du Commandant Bory, du Commandant Delage, du Commandant Duboc et du Commandant Rivière, la 3ème DEL basée à Brest se compose de L’Impétueuse, La Capricieuse, La Batailleuse et La Boudeuse tandis que la 4ème DEL basée à Ajaccio se compose des avisos La Gracieuse et La Moqueuse.

*Aviso-dragueur colonial classe Gazelle : Classe qui doit être composée à terme de 24 exemplaires et en juin 1940, cinq sont en service (Le Chamois Le Chevreuil La Gazelle L’Annamite et La Surprise), les autres sont à différents stades de construction.

 

Aviso-colonial Savorgnan de Brazza

*Avisos-coloniaux classe Bougainville :

Le Bougainville est stationné à Fort de France où il est placé sous la direction des FNFA ou Forces Navales Françaises aux Antilles.

Le Dumont d’Urville est stationné à Dakar où il est placé sous le commandement de l’Escadre de l’Atlantique.

Le Savorgnan de Brazza est stationné à Djibouti où il est placé sous le commandement des FNAEF ou Forces Navales de l’Afrique Equatoriale Française.

Le D’Entrecasteaux est stationné à Diego Suarez où il est placé sous le commandement des FNAEF ou Forces Navales de l’Afrique Equatoriale Française.

Le Rigaux de Genouilly est stationné à Nouméa sous le commandement des FNFP ou Forces Navales Françaises du Pacifique.

Le La Grandière est le navire-amiral de la Division Naval du Levant (DNL) et basé à Beyrouth.

L’Amiral Charner est stationné à Cam-Ranh où il est placé sous le commandement des FNFEO ou Forces Navales Françaises en Extrême Orient.

Le D’Iberville est stationné à Papeete où il est placé sous le commandement des FNFP ou Forces Navales Françaises du Pacifique.

Le Lapérouse doit être stationné en Guyane (il est encore en construction en juin 1940)

Le Beautemps Beaupré est le seul navire de sa classe à être basé en métropole en l’occurence à Brest puisqu’il sert de navire hydrographique.

-Patrouilleurs et corvettes : aucune corvette ni patrouilleurs ne sont en service en juin 1940, des corvettes de type Flower sont en construction en Grande Bretagne, Londres ayant livré des chalutiers ASM avec Asdic.

-Vedettes lance-torpilles : douze vedettes lance-torpilles sont en service au printemps 1940, deux construits directement pour la France (VTB-11 et 12) et d’autres récupérés après avoir été à l’origine construits pour la République espagnole (VTB-23 à 32). Huit autres sont en construction.

-Chasseurs de sous-marins : Quatre chasseurs de sous-marins (CH1 à CH4) sont en service en septembre 1939 quand éclate la guerre de Pologne. Ils sont bien vite rejoint par les douze navires du programme 1937 dont 9 sont en service le 1er juin 1940, trois autres étant sur le point de l’être. Les chasseurs du programme 1938bis sont encore en construction en juin 1940.

-Pétroliers et navires auxiliaires :

*Pétroliers

-Pétroliers Rhône, Garonne et Dordogne sont encore en service mais leur désarmement est prévu pour 1941. Le Rhône est basé à Brest, la Garonne à Lorient et le Dordogne à Bizerte.



Pétrolier L’Aube

-Pétroliers Aube Durance Nièvre (perdu en 1937) Rance : désarmement prévu pour 1945. En attendant, l’Aube est à Mers-El-Kebir en compagnie de la Durance, et la Rance est à Brest.

-Le Loing affecté aux Antilles est en juin 1940 en métropole pour carénage. Il doit y retourner début 1941.

-Le Mékong est basé à Bizerte

 

Le Niger

-Le Niger est basé en Indochine

-L’Elorn est basé à Toulon

-Le Var est basé à Brest

 

Le pétrolier Nivose sera rebaptisé Sèvre en 1942 lors de la mise sur cale du sous-marin du même nom

-La Sèvre (ex-Nivose) est basé à Toulon

Le ravitailleur rapide L’Adour

-Le ravitailleur d’escadre L’Adour est affecté à Toulon en vue de ravitailler le porte-avions qui y sera bientôt basé

-Le ravitailleur d’escadre Lot est affecté à Brest en vue de ravitailler le porte-avions qui y sera bientôt basé

-Le ravitailleur d’escadre Tarn est affecté à Mers-El-Kébir en vue de ravitailler le porte-avions qui y sera bientôt basé

-L’Odet est basé à Beyrouth

-Le Suroit est basé à Casablanca mais doit être ultérieurement redéployé à Dunkerque

(ces deux navires d’occasion doivent être remplacés par des pétroliers-caboteurs de 2500 tonnes, remplacement effectif en juin 1946 et en janvier 1948)

*Autres navires de soutien et auxiliaires

 

Le Jules Verne

-Ravitailleur de sous-marins Jules Verne basé à Brest

-Mouilleur de mines Castor basé à Toulon

-Mouilleur de mines Pollux basé à Bizerte

-Mouilleur de filets Gladiateur basé à Toulon

-Bâtiment cible télécommandé L’Impassible basé à Toulon et souvent utilisé au Levant

-Voiliers Mutin, Zelée, La Belle Poule et l’Etoile basés à Brest

-Navires hydrographiques Astrolabe et Octant basés à Saïgon, Gaston Rivier (Cherbourg), Estafette (Bizerte), Sentinelle (Casablanca), La Pérouse (Haïphong), Amiral Mouchez (Cherbourg), Chimère, Austral et Boréal (Toulon) et Président Théodore Tissier (Brest)

-Dépanneurs d’hydravion Pétrel

Navires en essais et en construction

-Cuirassés : Richelieu en essais à Brest, Jean Bart en armement à Saint Nazaire, Clemenceau en construction à Brest

-Porte-avions : Joffre et Painlevé en construction à Saint Nazaire, le premier à Penhoët et le second chez les ACL.

-Croiseurs lourds : aucun des trois Saint Louis n’est encore sur cale en juin 1940. La mise sur cale du Saint Louis est prévue à Lorient après la mise à flot du De Grasse prévue pour juillet 1941. La deuxième unité devrait être mise sur cale au Havre et la troisième devait être mis sur cale soit à Dunkerque ou à La Ciotat.

-Croiseurs légers : De Grasse en construction à Lorient, le Chateaurenault en construction à La Seyne sur Mer, le Guichen à Bordeaux. La construction des trois autres croiseurs n’à pas encore été attribuée.

-Contre-torpilleurs : Aucun des quatre contre-torpilleurs de classe Hoche ne sont encore sur cale au mois de juin. La construction est prévue pour le Marceau et le Hoche aux ACB de Nantes et aux ACF de Dunkerque pour les Desaix et Kléber.

-Torpilleurs : Les douze Le Hardi sont tous mis sur cale en juin 1940, répartis entre ces trois chantiers :

-Aux Ateliers et Chantiers de la Loire à Nantes : Le Hardi et Mameluk

-Aux Forges et Chantiers de la Gironde à Bordeaux : L’Epée, Lansquenet L’Opiniâtre L’Aventurier

-Aux Forges et Chantiers de la Méditerranée à La Seyne sur Mer : Le Fleuret Le Casque Le Corsaire Le Flibustier L’Intrépide Le Téméraire

Le Le Hardi et Le Fleuret sont quasiment admis au service actif. Les Epée, Mameluk, Casque, Lansquenet, Le Corsaire, Flibustier et l’Intrepide ont été lancés et sont à différents stades d’achèvement à flot et d’essais. Seuls les Téméraire, Opiniâtre et L’Aventurier sont encore sur cale.

-Torpilleurs légers : La construction des Le Fier à été répartie de la façon suivante :

-Aux Ateliers et Chantiers de Bretagne : Le Fier L’Agile L’Alsacien Le Breton Le Saintongeais

-Aux Ateliers et Chantiers de la Loire : L’Entreprenant Le Farouche Le Corse Le Tunisien Le Normand Le Parisien Le Provençal

-Aux Forges et Chantiers de la Méditerranée à La Seyne sur Mer : Le Niçois Le Savoyard

Sur les quatorze de classe Le Fier, sept sont en juin 1940 à différents stades de construction. Les Le Fier, L’Agile et l’Entreprenant ont été lancés et sont en achèvement à flot. Les Le Farouche, L’Alsacien, Le Breton et Le Corse sont encore en construction. Les sept autres navires ne sont pas encore sur cale.

A terme, ils formeront la 1ère DT (Le Fier L’Agile L’Entreprenant Le Farouche) basée à Toulon, la 3ème DT (L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien) basée à Bizerte, la 5ème DT (Le Normand Le Parisien Le Provençal et Le Saintongeais) à Dunkerque et la 7ème DT (Le Niçois Le Savoyard Le Béarnais et Le Catalan) basée en Indochine.

-Sous-marins

-Sous-marins classe Rolland Morillot : onze sous-marins commandés, trois sur cale à l’Arsenal de Cherbourg (Rolland Morillot La Praya La Martinique)

-Sous-marins classe Aurore : quinze sous-marins commandés, L’Aurore est en service en juin 1940, les autres sont sur cale aux chantiers Normand au Havre (La Créole La Bayadère L’Artemis Hermione Gorgone), aux chantiers Worms du Trait (L’Andromaque La Favorite L’Africaine L’Armirde), aux chantiers Dubigeon de Nantes (L’Astrée L’Andromède Clorinde Cornélie) et aux chantiers Schneider de Chalons sur Saône (L’Antigone).

-Sous-marins classe Phenix : treize sous-marins commandés, aucun n’est encore sur cale en juin 1940 mais ils ont été mis en chantier (rassemblement de l’acier et des équipements). La construction à été répartie entre l’Arsenal de Toulon (Phenix), les chantiers Normand du Havre (Vendémiaire Brumaire Frimaire Nivôse), les chantiers Worms du Trait (Pluviose Ventose Germinal Floréal) et les chantiers Dubigeon de Nantes (Prairial Messidor Thermidor Fructidor)

-Sous-marins de classe Emeraude : quatre commandés, l’Emeraude est en construction à l’Arsenal de Toulon mais les trois autres (L’Agate Corail Escarboucle) ne sont pas encore sur cale.

-Avisos et aviso-dragueurs :

-Tous les aviso-dragueurs de classe Elan sont en service en juin 1940 et assurent d’intense missions d’escorte

-Aviso-dragueur colonial classe Gazelle : Classe qui doit être composée à terme de 24 exemplaires et en juin 1940, cinq sont en service (Le Chamois Le Chevreuil La Gazelle L’Annamite et La Surprise), les autres sont à différents stades de construction ou de réalisation.

Aux Ateliers et Chantiers de Provence de Port de Bouc, sont en construction les Matelot Leblanc Rageot de la Touche amiral Sénès et Enseigne Ballande. Ce chantier doit encore mettre sur cale les aviso-dragueurs La Joyeuse et La Trompeuse.

Les Forges et Chantiers de la Méditerranée de La Seyne-sur-Mer doivent construire les aviso-dragueurs La Furieuse et Amiral Gourdon.

A l’Arsenal de Lorient sont en construction les avisos L’Ambitieuse et La Malicieuse et doivent encore mettre sur cale les avisos La Sérieuse et Enseigne Bisson.

Aux Forges et Chantiers de la Gironde à Bordeaux est en construction l’aviso-dragueur La Généreuse et doivent encore être mis sur cale les La Précieuse et La Victorieuse ainsi que le La Pérouse

Les Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint Nazaire doivent construire quatre avisos baptisés Amiral Duperré L’Heureuse La Rieuse et Alfred de Courcy.

-Patrouilleurs et corvettes : aucun navire de ce type encore en construction en juin, certains sont en construction en Grande Bretagne

-Vedettes lance-torpilles : aucune en construction en juin 1940.

-Pétroliers et navires auxiliaires :

Aux chantiers Worms du Trait (Seine Maritime) sont en construction les ravitailleurs de classe Adour La Charente La Mayenne La Baïse

Aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque sont en construction les pétrolier-ravitailleurs La Seine, La Saône La Medjerda et Liamone.

Aux Ateliers et Chantiers de la Loire sont également en construction deux ravitailleurs d’hydravions baptisés Sans Souci et Sans Pareil. Ces navires seront utilisés durant le conflit comme navire-ateliers tout comme leurs sister-ship Sans Peur et Sans Crainte en construction aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët

Voyons maintenant la répartition par chantiers :

-Arsenal de Brest : cuirassé Clemenceau dans la forme 4

-Arsenal de Lorient : croiseur De Grasse dans la forme de Lanester et les avisos L’Ambitieuse (cale n°1) et La Malicieuse (cale n°3). Les ouvriers de l’Arsenal doivent encore mettre sur cale les avisos La Sérieuse et Enseigne Bisson, le premier sur la cale n°2 et le second normalement sur la cale n°1 après lancement de L’Ambitieuse.

-Arsenal de Cherbourg : sous-marins Rolland Morillot La Praya (cale n°1 bassin Napoléon III) et La Martinique (cale n°2 bassin Napoléon III). Deux autres doivent être mis sur cale d’ici la fin de 1940 à savoir La Guadeloupe et La Réunion (cale n°3 bassin Napoléon III)

-Arsenal de Toulon : sous-marin mouilleur de mines Emeraude (cale de 110m n°1). Le Phenix doit être mis sur cale à l’automne sur la cale n°2

-Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque : les pétrolier-ravitailleurs La Seine (cale n°1), La Saône (cale n°2) et La Medjerda (cale n°3) et Liamone (n°4)

Les chantiers dunkerquois doivent construire également les contre-torpilleurs Desaix et Kléber (respectivement cale n°2 et cale n°3, mise sur cale prévue fin 1941 après le lancement de La Saône et de La Medjerda).

-Chantiers Normand du Havre : sous-marins de classe Aurore La Créole La Bayadère (cale n°1) L’Artemis (cale n°2) Hermione Gorgone (cale n°3). Il assurera ultérieurement la construction des sous-marins de classe Phenix Vendémiaire Brumaire Frimaire Nivôse.

-Chantiers Worms du Trait : ravitailleurs de classe Adour La Charente (n°1) La Mayenne (n°2) La Baïse (n°8) plus les sous-marins La Favorite (n°5) L’Africaine (n°6) L’Andromaque (n°7) et L’Amirde (n°3)

-Ateliers et Chantiers de la Bretagne (ACB) à Nantes : torpilleurs légers Le Fier L’Agile (en achèvement à flot) L’Alsacien Le Breton (encore sur cale respectivement sur la cale 2 et 3) Le Saintongeais (pas encore mis sur cale).

Les ACB doivent également construire les contre-torpilleurs Marceau et Hoche, le premier devant être mis sur la cale n°1 à la fin 1940 alors que le second le sera sur la cale n°3, la cale n°2 devant être théoriquement utilisée pour la construction du Saintongeais.

-Anciens Chantiers Dubigeon à Nantes : sous-marins de classe Aurore L’Astrée (cale n°1) L’Andromède (cale n°2) Clorinde (cale n°3) Cornélie (cale n°4). Ils assureront ensuite la construction des sous-marins de classe Phenix Prairial Messidor Thermidor Fructidor quand les quatre sous-marins de classe Aurore seront lancés.

-Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Nantes : torpilleurs légers L’Entreprenant (achèvement à flot) Le Farouche Le Corse (sur cale respectivement sur la cale 1 et sur la cale 2) Le Tunisien Le Normand Le Parisien Le Provençal (pas encore mis sur cale, les deux premiers devant être normalement mis sur cale sur les cales n°3 et 4)

-Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint-Nazaire : Painlevé sur le point d’être mis sur cale (cale n°1) tout comme les ravitailleurs d’hydravions Sans Souci et Sans Pareil (cale n°2 et 3) doivent construire les avisos Amiral Duperré L’Heureuse La Rieuse et Alfred de Courcy (qui doivent occuper les deux cales de 180m).

-Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët : Jean Bart en achèvement à flot ,porte-avions Joffre (cale n°1 de 340m), ravitailleurs d’hydravions Sans Peur et Sans Crainte (cale n°2 et 3). Ils devraient également construire le premier ou deuxième cuirassé de type Alsace.

-Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux : torpilleurs d’escadre (classe Le Hardi) L’Epée, Lansquenet (en achèvement à flot) L’Opiniâtre L’Aventurier (encore sur cale respectivement sur les cales 1 et 2); aviso-dragueur La Généreuse (sur la cale n°3) les avisos La Pérouse Précieuse et La Victorieuse (au stade de la mise en chantier)

-Aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & de Bacalan réunis à Bordeaux : croiseur léger Guichen sur la cale n°1, les deux autres cales étant vides et les ouvriers non occupés par la construction du Guichen prêtent volontiers main forte aux FCG fort occupés, anticipant sur la future fusion de 1955 (après la guerre) qui donnera naissance aux Chantiers Navals de la Gironde (CNG).

-Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) à Port de Bouc : aviso-dragueurs Matelot Leblanc (cale n°1) Rageot de la Touche (cale n°3) amiral Sénès (cale n°4) et Enseigne Ballande (cale n°5)(en construction) La Joyeuse et La Trompeuse(au stade de la mise en construction). La cale n°2 pourrait accueillir la construction du quatrième croiseur de classe De Grasse baptisé Latouche-Treville.

-Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) de La Seyne sur Mer : torpilleurs d’escadre (classe Le Hardi) Le Fleuret (quasiment admis au service actif) Le Casque Le Corsaire Le Flibustier L’Intrépide (achèvement à flot) Le Téméraire (sur cale à la cale n°3).

Ils doivent ensuite construire les torpilleurs Le Niçois et Le Savoyard (classe Le Fier) et les aviso-dragueurs (classe Chamois) La Furieuse et Amiral Gourdon, une fois les Le Hardi livrés à la marine.

-Société Provençale de Construction Navale (SPCN) de La Ciotat : croiseur léger Chateaurenault (classe De Grasse) sur la cale n°1. Les SPCN pourraient construire le cinquième croiseur de classe De Grasse.

-Chantiers Schneider de Chalons sur Saône : sous-marins Antigone (classe Aurore sur cale, cale n°1), sous-marins L’Agate Corail Escarboucle (classe Emeraude pas encore sur cale mais qui occuperont les cales n°2, 3 et 4)

 

4-Le programme naval de 1941 et ses suites : un effort sans nul précédent

A-Une flotte en expansion

Avant-propos

Depuis le 18 mars 1922 et le vote au Sénat d’un programme naval prévoyant la construction de trois croiseurs légers, de six contre-torpilleurs et de douze torpilleurs, la France à investit de manière significative dans une puissante marine de guerre.

Faute d’une industrie suffisamment développée et d’une volonté politique parfois faiblissante, l’investissement à été erratique, alternant des années où les tranches de construction navale étaient généreuses (par exemple le budget 1926 finança la construction de 57850 tonnes) et d’autres où il n’y avait que quelques navires (budget 1928, deux sous-marins soit 2258 tonnes) voir pas de constructions du tout comme en 1933.

La fin des années trente voit néanmoins la France réinvestir massivement dans sa marine de guerre en raison d’une guerre chaque jour plus menaçante et de la nécessité de remplacer les navires construits juste après le premier conflit mondial.

La première réaction de la France à lieu lors du vote du budget 1935 avec le financement de trois avisos de classe Chamois, de deux torpilleurs d’escadre de classe Le Hardi et surtout du cuirassé de 35000 tonnes Richelieu soit 75510 tonnes.

Le budget 1936 (contingent du 31 décembre 1935 et tranche du 8 avril 1936) financent la construction de deux sous-marins de classe Minerve, de quatre avisos de classe Élan, de trois torpilleurs d’escadre de classe Le Hardi, du bâtiment-cible Impassible et de deux pétroliers de classe Adour soit 19910 tonnes.

C’est cependant à partir de 1937 que la France va multiplier le financement des constructions pour renforcer la flotte et commencer à renouveler les rangs d’une marine qui conçue à l’origine pour combattre les italiens en Méditerranée devait maintenant se frotter aux allemands, l’amiral Darlan estimant possible une «nouvelle bataille du Jutland».

Pour l’année 1937, le Parlement vote une tranche de 43211 tonnes (tranche du 31 décembre 1936 et contingent du 31 décembre 1937) avec le croiseur léger De Grasse, deux torpilleurs d’escadre de classe Le Hardi, quatre torpilleurs légers type Le Fier, quatre sous-marins classe Aurore, un sous-marin mouilleur de mines classe Émeraude, deux avisos coloniaux classe Bougainville, de six avisos de classe Elan, de quatre ravitailleurs d’hydravions de classe Sans Souci, d’un pétrolier de classe Adour et de douze chasseurs de sous-marins type CH1.

Pour l’année 1938, le Parlement vote le plus gros budget de construction navale avec 233818 tonnes répartis en cinq «tranches». La tranche de 1938 votée à la Chambre des Députés le 31 décembre 1937 voit le financement de la construction des porte-avions Joffre et Painlevé, du croiseur léger Guichen de classe De Grasse, trois torpilleurs de classe Intrépide (Le Hardi modifié), trois torpilleurs légers classe Le Fier et un sous-marin de classe Rolland Morillot.

La tranche 1938bis votée le 2 mai 1938 voit le financement de la construction des cuirassés Clemenceau et Gascogne, du croiseur léger Chateaurenault de classe De Grasse, de cinq torpilleurs  de classe Intrépide, de cinq torpilleurs légers Le Fier, de deux sous-marin de classe Rolland Morillot, de deux sous-marins de classe Aurore, de trois sous-marins mouilleurs de mines de classe Émeraude, d’un aviso colonial de classe Bougainville, de quatre avisos de classe Chamois, de six ravitailleurs d’hydravions de classe Goéland, de trois pétroliers de classe Adour et de quatre chasseurs de sous-marins.

Cette tranche est modifiée le 13 avril 1939 avec le remplacement de quatre des cinq torpilleurs de classe Intrépide par trois contre-torpilleurs de classe Marceau, l’ajout de trois chasseurs de sous-marins et l’annulation de l’aviso colonial.

Les décrets lois du 2 mai 1938 et du 31 décembre 1938 financent la construction de quatre pétroliers rapides classe La Seine, financés au titre du plan national de ravitaillement en combustibles.

Enfin la tranche 1938 bis complémentaire (ou 1938ter) finance la construction d’un contre-torpilleur de classe Marceau (destiné à compléter les Mogador et Volta en permettant la mise sur pied de deux divisions avec les trois navires d’avril 1939), de deux torpilleurs légers de classe Le Fier, de quatre sous-marins de classe Aurore, d’un aviso colonial Bougainville, de trois avisos de classe Chamois, de quatre corvettes classe La Malouine et de huit patrouilleurs de classe La Cancalaise.

L’année 1939 voit le vote par le parlement d’une tranche moins importante que celle de l’année passée qui était à dire vrai exceptionnelle avec 39114 tonnes.

Le décret loi du 24 juin 1939 autorise la construction d’un sous-marin de type Y4 classe Phénix, sous-marin qui reprend le nom d’un sous-marin de type Redoutable perdu par accident en Indochine.

Il est suivit le 11 novembre par un deuxième décret qui autorise la construction de 12 aviso-dragueurs de classe Chamois et de 18 corvettes de classe La Malouine et le 29 décembre 1939 par un troisième décret qui autorise la construction de 12 sous-marins de type Y3 (classe Vendémiaire) et d’un second sous-marin de type Y4 de classe Phénix.

Enfin, l’année 1940 voit le financement d’une autre importante tranche de construction navale (167513 tonnes) avec tout d’abord la décision prise le 19 février 1940 de commander aux Etats-Unis six patrouilleurs ASM de type L’Algéroise.

Elle anticipe sur le décret-loi du 1er avril 1940 qui autorise la construction des deux premiers cuirassés de classe Alsace, de trois croiseurs de classe Saint Louis, de six contre-torpilleurs de type Marceau (bientôt rebaptisés Bayard), de trois torpilleurs de classe Intrépide, de six sous-marins de classe Rolland Morillot et de cinq remorqueurs de type Buffle.

Néanmoins, en raison de nombreux goulets d’étranglement, les différentes tranches de construction prendront un retard assez conséquent en dépit de l’augmentation des capacité de construction des chantiers et des Arsenaux.

 Situation de la flotte au 1er juin 1940 : les navires

 Porte-avions

 

Le porte-avions Béarn dans sa configuration finale

-Porte-avions Béarn : basé à Brest, le premier porte-avions français est reclassé ravitailleur et transport d’hydravions. Son groupe aérien à été mis à terre en septembre 1939 et va servir d’encadrement aux groupes aériens des futurs porte-avions en construction (Joffre et Painlevé). Il va transporter des avions américains en France mais son désarmement est prévu pour 1943 au plus tard.

Le transport d’hydravions Commandant Teste en 1937

-Transport d’hydravions Commandant Teste : basé à Toulon, il sert de transport d’aviation, renforçant notamment les groupes aériens dans les colonies. Sa transformation en navire-atelier est sérieusement envisagée.

 Cuirassés

Le cuirassé Courbet en 1938

Courbet : Forme la 3ème Division de Ligne avec le Paris, division basée à Brest. Son désarmement est prévu à l’admission au service actif du Richelieu prévue pour janvier 1941

Paris : Forme la 3ème Division de Ligne avec le Courbet, division basée à Brest. Son désarmement est prévu pour fin 1941-début 1942 quand le Jean Bart sera admis au service actif.

Cette 3ème DL est plus une division d’instruction qu’une réelle unité combattante. Néanmoins avec l’apport de personnels supplémentaires, il suffirait de quelques jours pour que ces deux cuirassés soient réarmés à effectifs de guerre.

Océan (ex-Jean Bart) :  démilitarisé depuis 1937, sert de ponton-école à Toulon sans pouvoir reprendre la mer.

Le cuirassé Bretagne à Toulon le 02 août 1939

Bretagne : profondément refondu à Brest entre 1940 et 1943 suivant des modalités semblables à celle des cuirassés italiens de classe Caio Diuilio et Andrea Doria. Il va assurer l’escorte du porte-avions  basé à Mers-El-Kebir.

Provence : Doit entrer en refonte à Brest en 1942 pour des travaux dont l’achèvement est prévu pour 1945. Il sera ensuite basé à Toulon. Il va assurer la protection du porte-avions intégré à la Flotte de de la Méditerranée.

Lorraine : En service en juin 1940. Elle doit subir à Brest ou à Cherbourg une refonte similaire à celle de ses sister-ship entre 1942 et 1945. Il sera intégré à la Flotte de l’Atlantique.

Croiseur de bataille Dunkerque au mouillage

Dunkerque : 1ère division de ligne basée à Toulon

Strasbourg :  1ère division de ligne basée à Toulon

Croiseurs lourds

Croiseur lourd Tourville

Tourville : 5ème DC avec son sister-ship Duquesne basé à Toulon

Duquesne : 5ème DC avec son sister-ship Tourville basé à Toulon

Les deux croiseurs lourds les plus anciens seront déployés en outre-mer après l’admission au service actif des Saint Louis.

Le croiseur lourd Suffren en 1936

Suffren :  1ère DC en compagnie du Dupleix à Toulon

Colbert : 3ème DC en compagnie du Foch à Brest

Foch : 3ème DC en compagnie du Colbert à Brest

Dupleix : 1ère DC en compagnie du Suffren à Toulon

Le croiseur lourd Algérie

Algérie : hors rang navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée

 Croiseurs légers

Croiseur léger Lamotte-Picquet en 1932

-Lamotte-Picquet : Saïgon

-Duguay-Trouin : Lorient

-Primauguet : Dakar

-Jeanne d’Arc : Fort de France

Le croiseur léger Emile Bertin à Calais le 22 juillet 1938

Emile Bertin : Bizerte (navire-amiral de la 4ème escadre légère)

 La Galissonnière : 2ème DC basée à Bizerte

Jean de Vienne : 2ème DC basée à Bizerte

 La Marseillaise : 2ème DC basée à Bizerte

Croiseur léger La Gloire en 1937

Gloire : 4ème DC basée à Brest

Montcalm : 4ème DC basée à Brest

Georges Leygues : 4ème DC basée à Brest

Contre-torpilleurs

Le contre-torpilleur Jaguar

-Classe Jaguar : Jaguar Panthère Léopard Lynx Chacal Tigre

Le contre-torpilleur Guépard en 1930-31

-Classe Guépard : Guépard Bison Lion Vauban Valmy Verdun

Le contre-torpilleur Albatros

-Classe Aigle : Aigle Vautour Albatros Gerfaut Milan et Epervier

Le contre-torpilleur Maillé-Brézé

-Classe Vauquelin :  Vauquelin Tartu Chevalier Paul, Maillé-Brézé Kersaint et Cassard

Le contre-torpilleur Le Fantasque en 1937

-Classe Le Fantasque : Le Fantasque L’Audacieux Le Malin Le Terrible Le Triomphant L’Indomptable

Le contre-torpilleur Volta à la mer

-Classe Mogador/Marceau : Mogador Volta (en attendant Marceau, Desaix, Kléber et Hoche)

Au 1er juin 1940, les trente-deux contre-torpilleurs de la marine nationale sont répartis de la façon suivante :

-1ère DCT (Bizerte) Vauban Lion Aigle

-2ème DCT (Brest) Jaguar Chacal Léopard

-3ème DCT (Bizerte) Guépard Verdun Valmy

-4ème DCT (Toulon) Tigre Lynx Panthère

-5ème DCT (Toulon) Tartu Vauquelin Chevalier-Paul

6ème DCT (Toulon) Mogador Volta

-7ème DCT (Toulon) Vautour Albatros Gerfaut

-9ème DCT (Toulon) Maillé-Brézé Kersaint Cassard

-8ème DCT (Brest) Le Triomphant L’Indomptable Le Malin

-10ème DCT (Brest) Le Fantasque Le Terrible L’Audacieux

-11ème DCT (Bizerte) Bison Epervier Milan

Comme nous pouvons le voir, les contre-torpilleurs ne sont pas répartis en fonction de leur classe mais la décision à été prise que pour le 1er janvier 1942, chaque classe de contre-torpilleurs formera deux divisions de trois navires. Une nouvelle division sera créée avec trois contre-torpilleurs de classe Mogador/Morceau.

Le 8 juin 1940, le contre-torpilleur Maillé-Brézé est gravement endommagé par l’explosion d’une torpille alors qu’il est au mouillage en grande rade à Toulon. Le navire coule droit. Il est relevé en février 1941 et démantelé.

Torpilleurs d’escadre

Le torpilleur d’escadre Bourrasque

-Classe Bourrasque : douze navires financés à la tranche 1922 du programme naval : Simoun Siroco Tempête Bourrasque Orage Ouragan Cyclone Mistral Trombe Tramontane Typhon Tornade

Torpilleur d’escadre L’Adroit

-Classe L’Adroit : quatorze navires financés à la tranche 1924 (L’Adroit L’Alcyon Le Mars Le Fortuné La Palme La Railleuse) à la tranche 1925 (Brestois Boulonnais Basque Bordelais) et à la tranche 1926 (Forbin Frondeur Fougueux Foudroyant)

Le 23 février 1940, le torpilleur La Railleuse est victime lui aussi de l’explosion de ses torpilles, coulant droit à Casablanca alors qu’il était en escale. Il coule droit. L’épave sera relevée en 1944 et démantelée.

Ces vingt-cinq torpilleurs sont répartis de la façon suivante :

-Flotte de l’Atlantique : 1ère escadre 2ème flottille de torpilleurs 2ème DT Fougueux Frondeur L’Adroit 4ème DT Bourrasque Ouragan Orage 5ème DT Brestois Foudroyant Boulonnais 6ème DT Cyclone Siroco Mistral

-Flotte de la Méditerranée : 1ère flottille de torpilleurs 1ère DT La Palme Le Mars La Tempête 3ème DT Le Fortuné Simoun 7ème DT Tramontane Typhon Tornade

-Force de Raid (Bizerte Mers-El-Kebir) 3ème flottille de torpilleurs 8ème DT Bordelais Trombe L’Alcyon 9ème DT Forbin Basque.

-Aucun torpilleur de classe Le Hardi n’est encore en service le 1er juin 1940, le navire tête de série achevant à cette date ses ‘essais à la mer.

Torpilleurs légers

Torpilleur La Bayonnaise

-Classe Melpomène : (loi de finances du 31 mars 1931) La Melpomène La Flore La Pomone L’Iphigénie (loi de finances du 10 juillet 1931) La Bayonnaise La Cordelière L’Incomprise La Poursuivante (Loi des finances du 31 mars 1932) Bombarde Branlebas Bouclier Baliste.

Ces douze torpilleurs sont répartis en quatre divisions de torpilleurs : la 14ème DT formée par les Bouclier La Melpomène La Flore basée à Lorient, la 11ème DT formée par la La Cordelière L’Incomprise et le Branlebas basée à Cherbourg ou à Dunkerque, la 13ème DT formée par la Baliste La Bayonnaise et La Poursuivante basée à Toulon et la 12ème DT formée par les La Pomone la Bombarde et L’Iphigénie basée à Bizerte.

-Aucun torpilleur de classe Le Fier (1010 tonnes) n’est en service au 1er juin 1940, les trois premiers en construction à Nantes (Le Fier l’Agile L’Entreprenant) étant en achèvement à flot.

Sous-marins

Le croiseur sous-marin Surcouf

*Sous-marin de grande croisière Surcouf : désarmement prévu pour 1942 après que plusieurs projets  de transformation eurent échoués (sous-marin de transport, sous-marin porte-hydravions après débarquement de la tourelle double de 203mm)

Sous-marin Dauphin

*Sous-marin de classe Requin (1100 tonnes) Requin Souffleur Morse Naval Marsouin Dauphin Caïman Phoque Espadon. Les sous marins de classe Requin étaient intégrés au sein de la 5ème escadrille dépendant du préfet maritime de la 4ème région (Bizerte).

Ces neuf sous marins étaient regroupés entre la 9ème Division de Sous Marins (Caïman Morse Souffleur) la 10ème DSM (Phoque Dauphin Espadon) et la 11ème DSM (Marsouin Narval Requin). Ces sous-marins doivent être remplacés rapidement par les Rolland Morillot en cours de construction.

Sous-marin Casabianca

*Sous-marin de classe Redoutable (1500 tonnes) Redoutable, Vengeur, Pascal, Pasteur, Henri Poincaré, Poncelet, Archimède, Fresnel, Monge, Achille, Ajax, Actéon, Acheron, Argo, Persée, Protée, Phenix (perdu le 15 juin 1939), Espoir, Glorieux, Centaure, Héros, Conquérant, Tonnant, Agosta, Bévéziers, Ouessant, Sidi-Ferruch, Sfax et Casabianca.

L’Escadre de l’Atlantique dispose de seize sous-marins de 1500 tonnes avec la 2ème DSM (Casabianca Achille Sfax Pasteur), la 4ème DSM (Le Centaure Pascal Argo Henri Poincaré), la 6ème DSM (Persée Ajax Poncelet Archimède) et la 8ème DSM (Agosta Bévéziers Ouessant Sidi Ferruch). Ces quatre divisions sont basées à Brest.

L’Escadre de la Méditerranée dispose de deux escadrilles de sous marins, la 3ème et la 5ème escadrille regroupées au sein de la 1ère flotille, la 3ème ESM regroupant les sous marins de 1500 tonnes et la 5ème escadrille des sous marins de 600 tonnes.

La 3ème escadrille dispose ainsi de la 1ère DSM (Le Héros Le Glorieux Le Conquérant Le Tonnant), de la 3ème DSM (Protée Actéon Achéron Fresnel) et de la 5ème DSM (Espoir Pégase Monge)

Les sous-marins Redoutable et Vengeur sont basés à Cherbourg sous le commandement de Premar I, formant la 7ème DSM.

 

Sous-marin Argonaute

*Sous-marins de classe Sirène (600 tonnes) Ces douze navires sont financés à la tranche 1922 (Ondine perdu en 1928, Ariane, Sirène, Naïade, Circé, Calypso) et au contingent 1923 (Eurydice Danae Galatée Nymphe Thétis et Doris).

Ces sous marins sont tous basés en Méditerranée au sein de la Flotte de la Méditerranée

-A Toulon, nous trouvons la 13ème DSM (Division de Sous Marins) dépendant de la 5ème escadrille de sous marin et composé du Thetis, du Doris, du Circé et du Calypso.

-A Mers El Kebir, nous trouvons la 14ème DSM (Division de Sous Marins) dépendant de la 2ème escadrille de sous marin et composé de l’Eurydice, du Danaé, de l’Ariane et de la Diane d’une autre sous-classe.

-Les sous marins Sirène, Naïade et Galatée dépendent eux du préfet de la 3ème région maritime (Premar III) et formeraient avec l’Argonaute, la 19ème DSM en cas de conflit.

*Sous-marins classe Argonaute (630 tonnes). Ces seize navires sont financés au contingent 1926 (Argonaute Aréthuse Diane Méduse), au contingent 1927 (Amphitrite Antiope Amazone Atalante), au contingent 1928 (Orphée Oréade Orion Ondine) et au contingent 1928 (Le Psyché La Sibylle La Vestale et La Sultane).

Ces 16 sous marins sont répartis entre les forces de régions et les escadres :

-Le préfet de la 1ère Région Maritime basé à Cherbourg dispose sous ses ordres des sous marins Antiope, Amazone, Orphée et Sibylle qui formeraient en cas de guerre la 16ème DSM

-Le préfet de la 3ème région maritime basé à Toulon dispose sous ses ordres de l’Argonaute qui avec trois sous marins de classe Sirène ( Galatée Naïade Sirène) qui formeraient en cas de la guerre la 19ème DSM.

-Le préfet de la 4ème région maritime basé à Bizerte dispose sous ses ordres de l’Aréthuse, de l’Atalante, de la Vestale et de la Sultane qui formeraient en cas de guerre la 17ème DSM.

-A Mers El Kebir dispose de la 2ème escadrille de sous marins et au sein de la 2ème ESM, la 14ème DSM qui dispose du Diane accompagné par trois sous marine de type Sirène (Danaé Ariane Eurydice), la 18ème DSM est composé de quatre classe Argonaute (Psyché Méduse Oréade Amphitrite ) et la 12ème DSM dispose des deux derniers Argonaute, les Orion et Ondine complétés par deux sous marins de type Amirauté (Minerve et Junon)

*Sous-marins de classe Amirauté (type 630 tonnes) Les six sous-marins de cette classe sont financés au contingent 1930 (Minerve Junon Vénus Iris) et au contingent 1936 (Pallas Cérès) et sont basés en Méditerranée.

Les Venus, Iris, Pallas et Cerès forment la 15ème DSM basée à Toulon au sein de la 5ème escadrille tandis que les Minerve et Junon forment la 12ème DSM (avec les Orion et Ondine de type Argonaute) intégrés à la 2ème escadrille de sous marins, escadrille elle même rattachée à la Force de Raid et basée à Mers El Kebir.

Les sous-marins de 600 tonnes et approchant doivent être remplacer par les Aurore/Phenix. Au 1er juin 1940, seul l’Aurore est pour ainsi dire en service, les autres étant seulement en construction.

 

sous-marin mouilleur de mines Rubis

*Sous-marins mouilleurs de mines classe Saphir : Ces six submersibles construits à l’Arsenal de Toulon sont financés au contingent 1925 (Saphir Turquoise), au contingent 1926 (Nautilus), au contingent 1927 (Rubis), au contingent 1929 (Diamant) et au contingent 1930 (Perle).

Les sous marins Diamant et Perle dépendent du préfet de la 3ème région maritime (Premar III) et sont basés à Toulon où ils formeraient en cas de guerre la 21ème DSM. Les sous marins Turquoise, Rubis, Saphir et Nautilus sont basés à Bizerte où ils dépendent du préfet de la 4ème région maritime (Premar IV), formant en cas de conflit la 20ème DSM.

-Les Emeraude sont encore en construction en juin 1940.