Mitteleuropa Balkans (218) Slovaquie (12)

Artillerie

Artillerie de campagne

8cm LEHKÝ KANON VZOR.17

Le canon léger de 8cm modèle 1917 _traduction littérale de sa désignation tchècoslovaque_ n’est autre que l’ancien 8cm Feldkanone M.17, un canon de 76.5cm construit par la firme Skoda pour l’armée austro-hongroise. Naturellement après l’effondrement de la Double-Monarchie, cette pièce à été réutilisée par les états lui ayant succédé mais aussi d’anciens ennemis comme la Roumanie.

La Tchécoslovaquie arma son artillerie divisionnaire avec ce canon avant de procéder à sa modernisation. Comme naturellement une modernisation ne pouvait être une alternative crédible à une pièce neuve, ce canon à été progressivement remplacé par des canons plus modernes comme le Lehky Kanon vzor.30 mais en 1938 267 pièces étaient encore en service.

Quand la Tchécoslovaquie disparaît en mars 1939 les allemands saisissent des pièces dans leur protectorat de Bohème-Moravie mais n’en font pas grand chose.

En revanche la Slovaquie va l’utiliser dans les premières années de l’existence de la Slovenska Armada avant de la remplacer par des canons plus modernes. Si les soviétiques ont capturé une poignée de ces vénérables pièces d’artillerie il semble qu’il s’agissait de pièces utilisées pour la formation et non de canons opérationnels. Ce qui est certain c’est que tous ces canons survivants ont rapidement rejoint la ferraille.

Le 8cm Lehky Kanon vzor.17 était un canon de conception et de fabrication austro-hongroise pesant 2245kg en configuration transport et 1335kg en batterie. Disposant d’un tube de 30 calibres (longueur 2.29m) il pouvait tirer un obus explosif de 6.64kg (76.5x233R) à une distance maximale de 10500m à raison de huit coups par minute. L’équipe de pièce composée de dix hommes protégée par un bouclier de 4.2mm pouvait pointer en site de -8° à +45° et en azimut sur 8°.

8cm LEHKÝ KANON VZOR.30

Pour remplacer le 8cm Lehky Kanon vzor.17 la firme Skoda proposa d’abord le 8cm Lehky Kanon vzor.28 mais si ce canon fût exporté il ne fût pas utilisé à grande échelle par la Tchécoslovaquie qui préféra un autre modèle le canon léger de 8cm modèle 1930.

Les différences entre les deux modèles sont techniquement assez faibles. La principale différence c’est l’impossibilité pour le canon de pouvoir au moins théoriquement viser des cibles, le vz.28 ayant été conçu comme pièce de campagne, pièce de montagne et canon antiaérien.

Au total 204 pièces ont été produites à partir de 1933 pour l’armée tchécoslovaque. Ces canons utilisés au niveau de la division pouvaient soit être remorqués par six chevaux ou par un camion vz.29.

En mars 1939 les allemands vont saisir l’immense majorité des pièces de ce type pour équiper notamment l’artillerie des premières unités militaires de la S.S. Ultérieurement les slovaques vont récupérer des canons de ce type pour équiper les régiments d’artillerie des deux divisions d’infanterie et de la future division blindée. Cela donnait soixante-douze pièces en ligne plus quelques pièces en réserve.

Ce canon fût engagé en Pologne et surtout sur le front de l’est avec les troupes slovaques engagées dans l’opération BARBAROSSA. Quelques pièces furent capturées par les soviétiques mais elles n’ont pas été réutilisées.

Le 8cm Lehky Kanon vzor.30 était un canon de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 2977kg en configuration transport (2086 en version motorisée) et 1816kg en batterie. Disposant d’un tube de 40 calibres (longueur 3.060m) il pouvait tirer un obus explosif de 8kg (76.5x233R) à une distance maximale de 13500m à raison de dix coups par minute. L’équipe de pièce composée de dix hommes protégée par un bouclier de 4.2mm pouvait pointer en site de -8° à +80° et en azimut sur 8°.

10cm LEHKÁ HOUFNICE VZOR.14/19

A l’origine du 10cm LEHKÁ HOUFNICE VZOR.14/19 figure l’obusier léger de 100mm modèle 1914 une arme conçue par la firme Skoda pour l’armée austro-hongroise.

Outre l’Autriche-Hongrie, cet obusier va être utilisé par l’Autriche, l’Albanie, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne (après l’Anschluss et le démembrement de la Tchécoslovaquie), la Grèce, la Hongrie, la Pologne, la Yougoslavie et donc l’Italie au titre notamment des dommages de guerre.

Cet obusier à été d’abord conçu avec un tube en bronze mais les derniers exemplaires produits disposaient d’un tube en acier.

Initialement cette pièce était hippomobile, six chevaux étant nécessaires pour remorquer l’obusier jusqu’à sa position de tir. Si nécessaire, cet obusier pouvait être divisé en trois fardeaux pour le transport en terrain difficile.

Après le premier conflit mondial certains obusiers furent munis de pneumatiques pour être remorqués par des camions, les sièges montés sur l’affût qui avaient leur raison d’être lors du remorquage hippomobile mais qui étaient inutiles pour le remorquage automobile.

L’obusier de 100mm modèle 1914/19 est une version très améliorée du précédent. 600 exemplaires ont été produits pour l’armée tchécoslovaque plus d’autres exemplaires pour l’exportation (Grèce, Pologne et Yougoslavie), obusier utilisé au niveau divisionnaire au sein du régiment d’artillerie des divisions d’infanterie.

La Slovaquie à récupéré quelques obusiers de ce type qui ont fait le coup de feu en Pologne et sur le front de l’est. Peu de pièces ont survécu au second conflit mondial.

Le 10cm LEHKÁ HOUFNICE VZOR.14/19 était un obusier léger de conception et de fabrication tchécoslovaque remorqué par un attelage de six chevaux pesant 1548kg en position de tir (mais 2937kg en configuration transport), disposant d’un tube de 2.4m (24 calibres) lui permettant de tirer un obus de type séparé (100x132mm) pesant 16kg à une distance maximale de 9800m à raison de six coups par minute. L’équipe de pièce composée de dix hommes protégée par un bouclier de 4.7mm pouvait pointer l’obusier en site de -8° à +50° et en azimut sur 6°.

10cm LEHKÁ HOUFNICE VZOR.30

Le 10cm houfnice vz.30 est un obusier léger de campagne, une variante modifiée de l’houfnice vz.28, il à été mis au point pour remplacer des pièces héritées de l’empire austro-hongrois ce qu’il ne fit que partiellement. A notez qu’il va partager le même affût que le 8cm LK vz.30.

Cette pièce va être utilisée par les allemands (158 exemplaires essentiellement par la S.S), par les slovaques (30 exemplaires) et surtout par la Roumanie qui commanda 720 pièces, 248 auprès de la Tchécoslovaquie et 472 exemplaires auprès des allemands durant la Pax Armada.

A noter que la production de pièces détachées en Roumanie ont permis à l’Armata Regala Romana de faire durer son parc jusqu’à la fin de la guerre.

Les trente obusiers de l’armée slovaque ont été utilisés essentiellement sur le front russe au sein du corps expéditionnaire slovaque pour appuyer les troupes slovaques en phase de défensive comme en phase offensive. Plusieurs exemplaires ont été capturés par les soviétiques et quand les slovaques rentrent au pays il ne reste qu’une poignée de pièces en service (quatre ou dix selon les sources).

Le 10cm Lehka Houfnice vzor.30 était un obusier de conception et de fabrication tchécoslovaque hippo (six chevaux) ou automobile (camion médiant) pesant 1798kg en ordre de tir (3077kg en configuration transport), disposant d’un tube de 25 calibres (longueur du tube 2.5m) lui permettant le tir d’un obus (100x132R) de 16kg à une distance maximale de 10600m à raison de six coups par minute. L’équipe de pièce de dix hommes protégée par un bouclier de 4.2mm pouvait pointer la pièce en site de -8° à +80° et en azimut sur 7.5°.

10.5cm Leichte Feldhaubitze 18

10.5cm Leiche FeldHaubitze 18

Suite à la défaite de 1918 l’Allemagne doit sérieusement réduire la voilure en terme militaire, le traité de Versailles signé sept mois après l’Armistice de Rethondes réduit l’armée de terre à 100000 hommes avec peu d’armes lourdes.

Faisant contre mauvais fortune bon cœur, les allemands étudient avec soin le premier conflit mondial en tirant de nombreuses conclusions comme le fait que le 77mm est jugé comme état un calibre trop faible.

Le 105mm est choisit comme calibre de base pour l’artillerie de campagne (ce qui n’empêchera pas le canon de 77mm d’être encore présent en septembre 1939).

A l’époque la Reichswehr possédait 84 10.5cm Leichte Feldhaubitze 16, un obusier de campagne correct mais qui devait être remplacé par une pièce plus moderne. C’est l’acte de naissance du 10.5cm Leichte Feldhaubitze qui est mis en service à partir de 1935.

La Slovaquie va recevoir cet obusier léger pour équiper son artillerie divisionnaire. Cet obusier va servir dans la Slovenska Armada jusqu’à la fin du conflit. Quelques pièces auraient été utilisées par la nouvelle armée tchécoslovaque mais probablement pour peu de temps.

Le 10.5cm Leichte Feldhaubitze 18 était un obusier léger de campagne de 105mm de conception et de fabrication allemand. Pesant 1985kg en batterie (3490kg en configuration transport), il disposait d »un tube de 28 calibres (2.94m) permettant le titre d’un obus de type séparé (jusqu’à six charges 105x155mmR) de 14.81kg à une distance maximale de 10675m à raison de six à huit coups par minute. L’équipe de pièce permet à l’obusier de pointer en site de -5° à +42° et en azimut sur 56°.

10.5cm HRUBÝ KANON VZOR.35

Le canon lourd de 10.5cm modèle 1935 était probablement la meilleure pièce d’artillerie tchécoslovaque qui aurait probablement rendu de grands service à l’armée du gouvernement de Prague si la guerre avait du éclater contre l’Allemagne. Produit à 106 exemplaires pour l’armée tchécoslovaque, il à également été exporté en Bulgarie et en Yougoslavie.

Voilà pourquoi les allemands après s’être emparé d’une majorité des pièces tchécoslovaques (les sources les plus fiables donnent 76 pièces pour les allemands et 24 pour les slovaques, le sort des six pièces restantes étant incertain) vont s’emparer de quelques pièces yougoslaves, pièces essentiellement utilisées pour la défense côtière.

Les slovaques vont les utiliser au sein des régiments d’artillerie lourde, la Slovenska Armada disposant de deux régiments à trente-six pièces pièces soit soixante-douze canons lourds en ligne.

Les 24 10.5cm Hruby Kanon vzor.35 vont équiper le premier régiment et vont combattre essentiellement en Russie où nombre de pièces seront perdues lors des contre-attaques soviétiques.

A la fin du conflit les slovaques ne possédaient que quatre pièces toutes en mauvais état et qui ont été vite envoyées à la ferraille par les nouvelles autorités tchécoslovaques.

Le 10.5cm Hruby Kanon vzor.35 était un canon lourd de campagne de 105mm de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 4200kg en batterie (mais 4600kg en configuration transport, le remorquage se faisant au sein de l’armée tchécoslovaque par un camion Tatra vz.29) disposant d’un tube de 42 calibres (longueur 4.4m) lui permettant de tirer un obus de 18kg à une distance maximale de 18100m à raison de 8 coups par minute.

L’équipe de pièce composée de neuf hommes protégé par un bouclier de 4.7mm peut pointer le canon en site de -6° à +42° et en azimut sur 50° de part et d’autre de l’axe.

Autre canons de campagne

Les divisions d’infanterie de l’armée tchécoslovaque en exil dépendant de la France, il était logique que l’équipement soit 100% français.

C’est ainsi que l’artillerie divisionnaire disposait de canons de 75mm TAZ modèle 1939, d’obusiers d’obusiers de 105C modèle 1935B et de canons de 155mm modèle 1946S.

Mitteleuropa Balkans (209) Slovaquie (3)

La première république tchécoslovaque (1918-1939)

A la fin du 19ème siècle des contacts sont noués entre tchèques et slovaques sur la possibilité de créer un état Tchéco-Slovaque. Tomas Masaryk premier président de la république tchécoslovaque était slovaque et partisan d’une union avec les tchèques.

Tomas Masaryk

Une union tchécoslovaque voit le jour en 1898 pour effectuer un travail de lobbying au sein de l’Autriche-Hongrie mais les tentatives pour créer un troisième pôle slave au sein de l’Autriche-Hongrie est torpillée aussi bien par les allemands que par les hongrois.

Quand le premier conflit mondial éclate les tchèques comme les slovaques présents en Autriche-Hongrie accepte sans trop broncher la mobilisation. Cette attitude qui peut étonner s’explique probablement par l’espoir qu’un tel comportement sera récompensé après guerre surtout en cas de victoire de la part des empires centraux.

Ce n’est qu’avec la dégradation causée par le conflit que les différentes nationalités de la Double-Monarchie vont aggraver les fissures d’un colosse aux pieds d’argile avant de provoquer son effondrement. De nombreux tchèques et slovaques vont déserter et vont former différentes Légions tchécoslovaques qui vont combattre aussi bien à l’ouest que sur le front russe. 1.4 million de soldats tchèques, slovaques et ruthènes furent mobilisés dans l’armée austro-hongroise avec au final 150000 morts.

En 1916 à Paris est créé le Conseil National Tchécoslovaque, un conseil animé par Tomas Masaryk, Edouard Benes et Milan Stefanik.

Le 31 mai 1918 les tchèques et les slovaques ont signé l’Accord de Pittsburgh. Il prévoit la constitution d’un Etat Tchéco-Slovaque avec une Slovaquie disposant de sa propre Assemblée ce qui aurait donné naissance à un état confédéral.

De juin à décembre 1918 le conseil est reconnu par la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le Japon comme le représentant officiel du prochain Etat tchécoslovaque. Le 14 octobre 1918 le conseil devient un gouvernement provisoire avec Masaryk comme président Benes comme ministre des affaires étrangères et Stefanik ministre de la guerre.

Le 18 octobre 1918 alors qu’il est aux Etats-Unis, Tomas Masaryk proclame l’indépendance de la Tchécoslovaquie. Il réclame l’intégration de tout le Royaume de Bohème ce que refuse les députés allemands de Bohème accompagnés par d’autres députés germanophones qui tentent d’imposer un état germano-autrichien indépendant.

L’indépendance de la Tchécoslovaquie est officiellement proclamée dans le hall Smetana de la mairie de Prague qui après avoir été la capitale du royaume de Bohème devient celle du nouvel état Tchéco-Slovaque qui ne va pas tarder à devenir Tchécoslovaque au grand dam des slovaques. Ces derniers rejoignent officiellement le nouvel état le 30 octobre 1918 lors d’une réunion dans la ville de Martin.

Béla Kun

Ultérieurement des troupes tchécoslovaques vont participer à la guerre civile russe puis interviennent contre la Hongrie des conseils de Béla Kun.

Deux traités de paix vont concerner la Tchécoslovaquie, le Traité de Saint Germain en Laye signé le 10 septembre 1919 et le Traité de Trianon signé le 4 juin 1920.

Le premier voir la Cisleithanie partie autrichienne de l’Autriche-Hongrie est disloquée et remplacée par sept états successeurs. Il est entré officiellement en vigueur le 16 juillet 1920. Les autrichiens étant considérés comme un peuple vaincu n’obtiennent pas le droit de disposer d’eux-mêmes et le texte est écrit en français, anglais, italien et russe mais pas en allemand ce qui est un signe ! Les autrichiens en colère mettent le feu à l’ambassade de France à Vienne le 23 mai 1919.

Ce texte reconnaît l’existence d’un Etat commun aux tchèques et aux slovaques. Les allemands des Sudètes et ceux d’Autriche se voient refuser l’intégration à la République de Weimar et la République allemande d’Autriche devient la République d’Autriche et se voit refuser la possibilité de réaliser l’Anschluss (article 88).

Le second voit la Hongrie être réduite à la portion congrue. Pour Budapest c’est le jour et la nuit puisqu’on passe en 1914 à une situation où 21% des sujets de la Transleithanie être non-magyars à une situation où 3.3 millions de hongrois sont sous souveraineté étrangère.

Le traité est un traumatisme majeur pour la Hongrie, représentant une histoire qui ne passe toujours pas. Même Aristide Briand et Lloyd George reconnaissent un traité injuste appuyé sur des documents mensongers.

La Slovaquie et la Ruthénie Subcarpathique rejoignent la Bohème et la Moravie pour former la Tchécoslovaquie qui comprend des tchèques, des slovaques, des ruthènes, des allemands et des hongrois.

La première république tchécoslovaque va très vite se heurter à sa composition multiethnique sans oublier des litiges frontaliers avec la Pologne mais ces derniers vont être vite réglés entre deux nouveaux états qui n’ont pas intérêt à s’affronter du moins pas dans l’immédiat.

Alors que toute l’Europe centrale et orientale succombe aux sirènes autoritaires, la Tchécoslovaquie reste une démocratie parlementaire.

Le 18 novembre 1918 Tomas Masaryk devient le premier président de la Tchécoslovaquie. La constitution tchécoslovaque est adoptée le 29 février 1920, texte qui s’inspire des lois constitutionnelles de la Troisième République.

Ce texte comprend en préambule une Loi Préliminaire de dix articles (Article I à X) qui s’occupe de la période transitoire. Le texte proprement dit appelé officiellement Charte Constitutionnelle de la République Tchécoslovaque comprend les principaux éléments suivants :

-Le Titre premier concerne les dispositions générales avec cinq articles qui traitent des dispositions générales et des principaux symboles de l’Etat.

-Le Titre 2 (articles 6 à 54) s’occupe du pouvoir législatif. Ce dernier est assuré par l’Assemblée Nationale qui comporte une Chambre des Députés et un Sénat.

La chambre des députés comprend 300 députés élus au suffrage universel à la proportionnelle pour six ans alors que le Sénat est composé de 150 membres élus de la même façon mais pour huit ans.

-Le Titre 3 (Article 55 à 93) concerne le pouvoir exécutif. Le président de la république est élu par l’Assemblée Nationale. Il doit être citoyen tchécoslovaque, éligible à la Chambre des députés et âgé d’au moins 35 ans.

Pour que l’élection soit valide les députés et les sénateurs présents doivent représenter la majorité absolue (soit 226) et l’élection se fait à la majorité des 3/5. Après deux tours si il n’y à pas de vainqueurs, les candidats en tête sont départagés au plus grand nombre de suffrage lors d’un nouveau scrutin. Si l’égalité persiste, on laisse le sort décider.

Le président est élu pour sept ans avec deux mandats consécutifs. Il doit ensuite attendre un délai de sept ans avant un éventuel nouveau mandat.

Il nommé et révoque le président du gouvernement et les ministres. Ces pouvoirs sont plus étendus que ceux de son homologue français.

-Le Titre IV concerne le pouvoir judiciaire (Article 94 à 105)

-Le Titre V (article 106 à 127) concerne les droits, les libertés et les devoirs des citoyens avec l’égalité (art.106), la liberté de la personne et de la propriété (art. 107 à 111), la liberté de domicile (Art. 112), la liberté de la presse, le droit de réunion et d’association (art.113 et 114), le droit de pétition (Art.115), le secret de la correspondance (Art.116), la liberté d’enseignement, de conscience et d’opinion (Art.117 à 125), le mariage et la famille (Art.126) et les devoirs militaires (Art.127).

-Le Titre VI concerne la protection des minorités nationales, religieuses et raciales (Articles 128 à 134).

La République Tchécoslovaque refuse d’accéder à la volonté des hongrois et des allemands de retrouver respectivement la Hongrie et l’Allemagne.

Les débuts du nouvel état sont difficiles avec une République slovaque des conseils soutenus par leurs homologues hongrois mais cette république est éphémère (16 juin au 7 juillet 1919), la république ne résistant à la défaite de la Hongrie de Béla Kun face aux troupes roumaines.

Les premières élections législatives ont lieu le 18 avril 1920. Le choix de la proportionnelle si elle est louable pour permettre à tous les courants politiques d’être représentés fragilise le pouvoir exécutif qui doit faire face à une forte instabilité gouvernementale.

Certaines années pas moins de neuf partis étaient nécessaires pour soutenir le gouvernement. Il faut dire qu’à la division politique et idéologique s’ajoute la division ethnique, chaque nationale ayant pour ainsi dire son parti social-démocrate, son parti agrarien, son parti libéral……. .

En 1921 la République Tchécoslovaque comprend 13 613 172 habitants répartis entre 51% de tchèques, 23.4% d’allemands (Allemands des Sudètes et des Carpathes), 14% de slovaques, 5.5% de hongrois, 3.4% de ruthènes, 1.3% de juifs germanophones et 1.4% de divers (essentiellement des polonais, des roumains et des roms).

Dans un premier temps ce sont les sociaux-démocrates qui dominent avant d’être progressivement évincés par les agrariens.

La présidence de la République est plus stable. Non concerné par la règle des deux mandats consécutifs, Tomas Masaryk élu en 1920 est réelu en 1927 puis en 1934. Il se retire en 1935 à l’âge de 87 ans, remplacé par Edouard Benes.

Sur le plan de la politique extérieure c’est la période de la Petite Entente, une série de traités d’alliance avec la Yougoslavie et la Roumanie pour s’opposer à une Hongrie qui n’à pas digéré le traité de Trianon, probablement le plus dur de tous les traités de paix.

Malgré sa dénomination française Les français n’en sont pas les initiateurs puisque son origine remonte au 14 août 1920 quand la Tchécoslovaquie, la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes _Yougoslavie à partir de 1929_ signent un accord d’assistance pour se prémunir de la menace hongroise, Budapest n’ayant jamais accepté le traité du Trianon.

Cette alliance est renforcée par des accords bilatéraux entre la Roumanie et la Tchécoslovaquie (23 avril 1921), entre la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (7 juin 1921) et entre le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes et la Tchécoslovaquie (31 août 1921).

La Petite Entente entend garantir, par la force si besoin, les traités de paix. Cette alliance est cependant imparfaite et incomplète puisque ne prenant pas en compte les autres menaces que ce soit l’URSS (vis à vis de la Roumanie), l’Italie (vis à vis de la Yougoslavie) ou encore l’Allemagne et la Pologne (vis à vis de la Tchécoslovaquie).

Suite aux accords de Locarno, la France signe des alliances militaires avec Prague (16 octobre 1925), avec Bucarest (10 juin 1926) et Belgrade (novembre 1926).

On verra que les traités d’assistance c’est comme les promesses cela n’engage que ceux qui y croient.

Mitteleuropa Balkans (188) Grèce (32)

Fusils

Fusil Mannlicher modèle 1888

Le Mannlicher modèle 1888est un fusil à répétition développé pour l’armée austro-hongroise. Il à donc été utilisé par l’armée de la Double-monarchie, les pays lui ayant succédé et l’Italie qui récupéra une grande quantité d’armes soit au cours du conflit soit au titre des réparations de guerre.

La production à dépassé le million d’exemplaires, les fusils ayant été également utilisé par l’Equateur, la Bulgarie, la Chine, le Chili, l’Ethiopie, la Grèce (fusils bulgares capturés), la Perse, les Philippines, la Roumanie, la Russie, la Thaïlande, l’Espagne et même la Grande-Bretagne.

Côté italien ces fusils ont servit jusqu’au début des années quarante au sein notamment d’unités de seconde ligne, des unités de milice voir dans certaines régions de l’empire colonial italien ce qui explique que des fusils de ce type ont été capturés par les britanniques.

La Grèce à donc récupéré des fusils anciennement bulgares qu’il s’agisse de fusils capturés lors de la deuxième guerre Balkanique ou durant la première guerre mondiale ou encore de fusils issus des surplus d’après guerre.

Il semble que cette arme n’à pas connu une grande carrière après guerre puisque l’armée grecque à choisit le Mannlicher-Schönauer comme fusil standard. Les armes ont été stockées puisque les nombreuses photos prises lors de la mobilisation de 1948 montre des unités équipées de ce fusil. Des armes ont également été capturées par les italiens et les allemands, armes réutilisés par leurs supplétifs grecs.

Le Mannlicher modèle 1888 était un fusil de conception et de fabrication austro-hongroise pesant 4.41kg mesurent 1280mm de long dont 765mm pour le canon, tirant la cartouche 8x52mmR à une distance maximale de 900m à raison de cinq à dix coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par un clip de cinq cartouches placé à l’intérieur du corps du fusil.

Mannlicher modèle 1895

Ce fusil austro-hongrois à été mis en service à la fin du XIXème siècle. Exporté dans les Balkans, il va être également utilisé par l’Italie soit via des armes capturées sur le terrible front de l’Isonzo ou cédées au titre des réparations de guerre.

Après le premier conflit mondial il à été utilisé par les pays ayant succédé à la Double-Monarchie mais également la Bulgarie voir des pays extra-européens. La production totale est estimée à 3.7 millions d’exemplaires, un chiffre plus que respectable.

Outre la version standard, une version courte à été mise sur pied pour les chasseurs et autres unités d’élite ayant besoin d’une arme moins encombrante. On trouve également un fusil destiné aux tireurs de précision.

Après guerre, certains fusils furent transformés pour tirer une cartouche plus puissante en l’occurence le 8x56mm. Les armes transformées ont été essentiellement utilisées par l’Autriche et la Bulgarie

Pour résumer ce fusil à été utilisé par l’Autriche-Hongrie, l’Italie, l’Albanie, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, la Finlande, l’Ethiopie (ex-armes italiennes), l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, la Turquie, la Pologne, le Portugal, la Chine, l’Espagne (républicains durant la guerre d’Espagne),la Roumanie, la Russie, la Yougoslavie, la Somalie (ex-fusils italiens).

La Grèce va récupérer cette arme non pas directement mais via la Yougoslavie qui après avoir réutilisé cette arme comme tous les pays ayant succédé à la Double-Monarchie à rechambrer ses armes avec sa nouvelle cartouche standard à savoir la célèbre 7.92x57mm. Ces fusils étaient toujours en service en septembre 1948 et certains capturés par les allemands vont être rétrocédés à leurs unités supplétives. Une façon de boucler la boucle en quelque sorte.

Ce fusil parvient jusqu’au Péloponnèse et en Crète mais ne va pas être utilisé par la nouvelle armée grecque qui comme son homologue yougoslave va être rééquipée avec des fusils français, essentiellement le MAS-36 même si quelques unités ont eu le privilège d’aller au combat avec le remarquable MAS-40.

Le Mannlicher modèle 1895 était un fusil de conception et de fabrication austro-hongroise pesant 3.78kg mesurant 1272mm de long dont 765mm pour le canon et tirant initialement la cartouche 8x50mmR Mannlicher. A l’aide de clips de cinq cartouches insérés à l’intérieur du corps de l’armé, ce fusil pouvait toucher une cible à 2000m (800m en pratique) avec une cadence de tir de 20 à 25 coups par minute.

Mannlicher-Carcano modèle 1891

Le Mannlicher-Carcano modèle 1891 est une création du lieutenant-colonel Carcano de l’Arsenal de Turin qui s’inspira du système Mauser et pour être plus précis du Mauser modèle 1889 utilisé par l’armée belge.

C’était une arme fiable, son seul point faible étant sa cartouche de 6.5mm qui bien que stable et précise manquait de puissance d’arrêt. Les italiens en étaient conscients mais il faudra du temps pour commencer le passage à la cartouche de 7.35mm, une cartouche à l’utilisation au final très limitée.

C’est avec ce fusil que la jeune armée italienne va participer à différentes interventions coloniales mais aussi au premier conflit mondial, à la guerre italo-abyssinienne, à la guerre d’Espagne, à l’expédition d’Albanie et bien entendu au second conflit mondial.

Au modèle standard se sont ajoutés une version carabine (Moschetto Mannlicher-Carcano modelo 1938), version plus courte avec un levier d’armement coudé, une petite hausse et une baïonnette repliable sous le canon.

Comme toutes les carabines, le recul est plus violent car l’arme est plus courte. La deuxième version est une version courte à crosse repliable mise au point pour les parachutistes mais sa production à été très limitée.

Ce fusil était toujours en service en septembre 1948 bien que depuis 1943 la décision avait été prise de remplacer le 6.5 par le 7.35mm plus puissant.

Ce fusil va donc participer à son second conflit mondial, étant toujours en service en avril 1954 moins dans l’armée co-belligérante (rééquipée par les anglo-saxons) que dans l’armée du régime pro-allemand largement rééquipée avec des armes saisies lors de l’opération Asche, les armes italiennes les plus modernes étant utilisées par les allemands qui n’avaient qu’une confiance limitée dans les troupes italiennes.

Cette arme à été utilisée également par l’Albanie, la Yougoslavie, la Libye, l’Ethiopie, la Grèce, généralement des armes capturées sur le champ de bataille ou dans l’immédiat après guerre notamment lors de la liquidation dans des circonstances douteuses des surplus militaires.

Le Mannlicher-Carcano modèle 1891 était un fusil de conception et de fabrication italienne pesant 3.9kg à vide mesurant 1290mm de long (780mm pour le canon). Tirant la cartouche 6.5x52mm, il pouvait toucher une cible à 800m avec une cadence de tir de quinze coups par minute sachant que l’alimentation se fait par des magasins de six cartouches.

Mannlicher-Schönauer modèle 1903/14 et suivants

En septembre 1948 le fusil standard de l’armée grecque est le Mannlicher-schönauer modèle 1903/27, un fusil de conception austro-hongroise que la Grèce à continué à produire après guerre dans des modèles améliorés, les derniers n’ayant guère de liens avec le fusil d’origine.

Ce fusil qui à également été utilisé par l’Autriche-Hongrie et les seigneurs de guerre chinois à participé aux guerres balkaniques, à la première guerre mondiale, à la guerre gréco-turque et au second conflit mondial. Le nombre d’exemplaires produit varie selon les sources entre 350 et 520000 exemplaires.

Apparu en 1900, le Mannlicher-Schönauer à été proposé à l’armée austro-hongroise, à l’export mais aussi pour le tir sportif. Seule la Grèce se montra intéressée par la version militaire, demandant une version standard pour l’infanterie et une version raccourcie (une carabine donc) pour la cavalerie, l’artillerie et les transporteurs de munitions.

Comme de coutume, l’arme était soigneusement produite avec des matériaux de grande qualité avec peu de tolérance.

L’arme était certes chère mais robuste et durait. En dépit de ses qualités seule l’armée grecque l’adopta, les autres clients un temps intéressés ou approchés préférant au final le Mannlicher modèle 1895.

Comme sa désignation l’indique c’est en 1903 que la Grèce à signé le contrat d’acquisition de ce fusil. Pour l’armée hellène c’est un bon en avant puisque le nouveau fusil remplace des fusils Gras à un coup à poudre noire alors que la poudre sans fumée est apparue dans les années 1880 (le Lebel modèle 1886 utilise une cartouche sans fumée).

On peut se demander pourquoi le Lebel n’à pas été sélectionné. Peut être parce que c’est la firme Steyr qui produisait les fusils Gras destinée à l’armée grecque.

La première commande comprennait 130000 exemplaires (Steyr Y1903) qui auraient été tous livrés en 1906/07. C’est donc avec ce fusil que la Grèce allait l’emporter durant les deux guerres balkaniques.

Satisfaite l’armée grecque passe commande de 50000 exemplaires supplémentaires en 1914, la désignation de ces nouveaux fusils étant Steyr Y1903/14, les changements étant mineurs par rapport au modèle originel. Cette commande ne fût que partiellement honorée car suite à l’entrée en guerre de l’Autriche-Hongrie, la firme Steyr stoppa ses exportations.

Suite à la désastreuse campagne d’Asie mineure, l’armée grecque chercha par tous les moyens possibles à se procurer des Mannlicher-Schönauer, la moitié des fusils ayant été capturés par les turcs.

A partir de 1927, la Grèce reçu 105000 Mannlicher-Schönauer produits par la firme Breda (Y1903/14/27) à moins que la firme italienne ait servit de société écran pour permettre à la firme autrichienne de pouvoir exporter. Un dernier contrat fût signé en 1930 pour 25000 carabines Y1903/14/30, armes vendues directement par Steyr.

En dépit de ses qualités, le fusil était clairement dépassé et la Grèce chercha à produire un fusil plus moderne. Plusieurs projets furent lancés mais aucun n’allait aboutir. De guerre lasse, le gouvernement grec décida de produire à Volos de nouveaux Mannlicher-Schönauer.

Le Mannlicher-Schönauer modèle 1903/44 était un fusil entièrement revisité, tentant de conserver la base du fusil mais en ajoutant un certain nombre de modifications pour tenir compte du progrès dans le domaine des armes à feu.

Il fût un temps question de changer de cartouche mais les projets de modèle 1903/44 avec la cartouche française 7.5x54mm ou allemande 7.92x57mm n’aboutirent pas et l’ultime fusil à répétition de l’armée grecque allait conserver une cartouche fiable mais à la puissance d’arrêt un peu faible.

En septembre 1948 l’armée grecque possédait environ 340000 fusils Mannlicher-Schönauer (une partie des archives ayant disparu on ignore le chiffre exact tout comme la répartition entre les différents modèles) et c’est avec ce fusil que le soldat grec allait combattre les allemands, les italiens et les bulgares.

Si l’Armée Grecque de Libération (AGL) à été rééquipée avec des MAS-36 (et quelques MAS-40) cela signifie par la fin de carrière pour le Mannlicher-Schönauer qui à été utilisé par les différents groupes de résistance mais aussi par les forces de sécurité de Soriotis.

Le Mannlicher-Schönauer modèle 1903/14 était un fusil à répétition de conception et de fabrication austro-hongroise pesant 3.77kg (3.58kg pour la version carabine), mesurant 1226mm (1025mm pour la version carabine) dont 725mm pour le canon (525mm pour la carabine) tirant la cartouche 6.5x54mm Mannlicher-Schönauer à une distance maximale effective de 600m (théorique 2000m), à raison de 15 coups par minute sachant que l’alimentation se faisant par des chargeurs rotatifs de 5 coups.

Fusils anciens réutilisés en petit nombre

Outre les fusils que nous avons vu et ceux que nous allons voir l’armée grecque possédait d’autres modèles de fusils utilisés en petit nombre. Leur utilisation durant le premier conflit mondial est attestée mais est plus incertaine pour les conflits suivants. Cette liste est donc à prendre avec des pincettes.

Le fusil Lebel modèle 1886 modifié 1893

-Parmi les fusils utilisés on trouve par exemple le Lebel modèle 1886/93, notre célèbre «Canne à pêche» que l’armée grecque à reçu à raison de 16000 exemplaires. Cette arme déjà déclassée en 1914 est toujours là moins pour ces performances comme fusil que pour sa capacité à tirer les grenades VB.

En septembre 1948 la compagnie d’infanterie grecque standard disposait d’un état-major de compagnie (commandant de compagnie et sergent de compagnie armés d’un pistolet, sept hommes armés d’un fusil modèle 1903/14) et quatre pelotons de fusiliers disposant d’un état-major avec un lieutenant commandant, un sergent comme adjoint _tous deux armés d’un pistolet_ et trois hommes armés d’un fusil modèle 1903/14 et surtout de trois groupes de fusiliers.

Chaque groupe est commandé par un sergent assisté par un caporal _tous les deux armés d’un fusil modèle 1903/14_ et dispose d’un demi-groupe organisé autour d’un fusil mitrailleur (un tireur armé d’un pistolet, un pourvoyeur armé d’un pistolet, deux transporteurs de munitions armés d’une carabine) et d’un demi-groupe de fusiliers composé d’un caporal armé d’un fusil, de quatre soldats armés d’un fusil et d’un grenadier disposant d’un fusil modèle 1886/93 avec huit grenades à fusil.

Ironie de l’histoire le Lebel depuis longtemps retiré du service par son pays d’origine à encore été utilisé au combat par la Grèce.

Le Lebel modèle 1886/93 était un fusil de conception et de fabrication française mesurant 1300mm de long (dont 800mm pour le canon), pesant 4.41kg chargé. Tirant la cartouche 8x50mmR, le fusil pouvait atteindre en théorie une cible à 1800m même si en pratique cela dépassait rarement 400m, la cadence de tir étant de 12 coups par minute, l’alimentation se faisant par un chargeur tubulaire de huit coups.

fusil modèle 1907 modifié 1915

-Parmi les autres fusils utilisés par l’armée grecque citons le Berthier modèle 1892, le Berthier modèle 1892/16 mais aussi le Berthier modèle 1907 et modèle 1907/15. Certaines sources citent également la présence de Mauser modèle 1930 de fabrication belge.

Manufacture d’Armes de St-Etienne modèle 1936 (MAS-36)

MAS 36

La France sort victorieuse du premier conflit mondial avec un gigantesque stock d’armes en calibre 8mm. En ces temps de paix, de pacifisme et de crise économique, rien ne presse pour changer d’arme et de calibre en dépit des défauts de la munition Lebel.

Outre sa surpuissance, la forme de sa cartouche la rend inadaptée à son utilisation par des armes automatiques comme l’avait démontré le calamiteux Chauchat (même si tous les défauts de cette arme ne venaient pas de la munition, sa conception et sa fabrication la rendant très sensible à la boue et à la poussière, la preuve le Chauchat adapté au calibre .30.06 des américains était encore plus mauvais).

L’étude d’une nouvelle cartouche est lancée, la cartouche 7.5×58 avec comme première arme utilisatrice, le fusil-mitrailleur modèle 1924. Suite à plusieurs incidents de tir, la cartouche est modifiée et raccourcie devenant la 7.5x54mm modèle 1929C, le fusil-mitrailleur devenant le modèle 1924 modifié 1929 ou plus familièrement «24 29».

Après un long processus de mise au point le 17 mars 1936 le fusil de la Manufacture d’Armes de Saint Etienne soit adopté sous le nom de fusil de 7.5mm modèle 1936 plus connu sous le nom de MAS-36.

Les débuts de la fabrication sont très lents et en septembre 1939, seulement 63000 exemplaires ont été livrés aux unités de combat, chiffre qui passe à 430000 à la fin du mois de juin 1940. La production se poursuit pour rééquiper la majeure partie des unités de combat avec son lot de variantes.

On trouve ainsi le MAS 36/39, une version courte, l’équivalent d’un mousqueton destiné à équiper la cavalerie et l’artillerie ou encore le MAS 36 CR à crosse repliable destiné à l’infanterie de l’air.

La production du MAS 36 continua jusqu’en juin 1948 et atteignant le chiffre plus que respectable de 4.5 millions de fusils produits dont une grande partie est stockée pour la mobilisation des unités de réserve.

Quand éclate le second conflit mondial, le MAS-36 est naturellement encore en service, le MAS-40 et le MAS-44 étant réservés en priorité aux chasseurs et aux dragons portés des DC et des DLM même si certaines des meilleures divisions d’infanterie l’ont également reçu notamment la 1ère DIM et la 1ère DINA.

L’armée grecque choisit pour rééquiper son armée le fusil français après avoir évalué le Garand et le Lee-Enfield. L’arme produite dans le Forez va devenir le fusil standard de l’Armée Grecque de Libération (AGL), seules quelques unités d’élite recevant ultérieurement le MAS-40 plus moderne.

C’est donc avec cette arme que la Grèce va libérer son territoire, combattre jusque dans le nord de la Yougoslavie avant de participer à la guerre civile grecque. Il à été remplacé par un fusil belge, le FN FAL (Fusil Automatique Léger), le MAS-40 faisant la soudure, la France cédant à vil prix un grand nombre de fusils à son allié grec.

Le MAS-36était un fusil de conception et de fabrication française pesant 3.720kg à vide et 3.850kg chargé, mesurant 1020mm (1290mm avec baïonnette), disposant d’un canon de 575mm. D’un calibre de 7.5mm, il pouvait atteindre une cible à un portée pratique utile de 400m à raison de 10 à 15 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des magasins internes de cinq cartouches.

Manufacture d’Armes de St-Etienne modèle 1940 (MAS-40)

Le fusil MAS-36 était une arme moderne, fiable et facile à produire mais c’était encore une arme à répétition manuelle, en somme un lointain descendant du Lebel.

Or plusieurs pays étaient déjà passés au fusil semi-automatique et la France de regretter de ne pas avoir su (ou pu ?) poursuivre dans la voie du fusil automatique, voie défrichée par les FA modèle 1917 et modèle 1918.

Après avoir mis au point le MAS-36, la Manufacture d’Armes de Saint Etienne reçoit l’ordre de mettre au point un fusil semi-automatique appelé à devenir le MAS modèle 1940.

Ce fusil moderne dont les caractéristiques n’ont rien à envier au Garand américain ou au Tokarev soviétique est mis en expérimentation à partir du printemps 1940 au sein de la 1ère Division d’Infanterie Motorisée l’une des meilleures divisions d’active de l’armée (QG : Lille avec le 1er RI à Cambrai, le 43ème RI à Lille et le 110ème RI à Dunkerque).

Les essais intensifs menés au cours de nombreux exercices et de nombreuses manoeuvres montre que l’arme est prometeuse même si certains problèmes se font jour, certains mécanismes sont fragiles et l’arme s’échauffe vite.

Les défauts sont vite corrigés et la production est lancée en décembre 1940, la priorité étant d’équiper les dragons portés des Divisions Légères Mécaniques (D.L.M) et les chasseurs portés des Divisions Cuirassés (Dcr _le r étant destiné à les différencier des Divisions de Cavalerie et n’à jamais désigné le mot réserve_), le combat mécanisé justifiant pleinement un fusil-semi-automatique pouvant délivrer rapidement une grande puissance de feu à savoir 25 coups/minute soit de quoi faire baisser la tête à l’ennemi.

Le MAS-40 est développé avec trois type de chargeurs, un chargeur de cinq cartouches, un chargeur de dix cartouches et un chargeur de vingt-cinq cartouches, identiques à celui du FM modèle 1924/29.

Le chargeur de dix cartouches est choisit, celui de cinq étant jugé trop petit et celui de vingt-cinq est jugé trop gros, donnant une arme trop lourde et trop encombrante.

Comme le MAS-36, des variantes sont mises au point comme le MAS-40CR pour l’infanterie de l’air, avec une crosse repliable, le MAS-40 LG équipé pour le tir de grenades à fusil et le MAS-40 TP pour le tir de précision avec une lunette permettant un grossissement X6.

Cette arme produite à 10000 exemplaires par mois est disponible à un nombre conséquent en septembre 1948 avec près d’un million d’exemplaires disponible au moment de la mobilisation, une grande partie stockée en réserve alors qu’un MAS-44 est déjà en production avec un imposant chargeur de 25 cartouches et un bipied.

Comme nous l’avons vu la Grèce à choisit le MAS-36 mais contrairement à la Yougoslavie elle ne cherchait pas forcément à recevoir le MAS-40. Quelques exemplaires ayant atterrit entre les mains grecs, le 1er bataillon d’evzones de l’AGL est chargée de l’expérimenter au combat sur le front du Péloponnèse.

Les rapports sont élogieux et le gouvernement grec solicite la France pour acquérir ce fusil en complément du MAS-36. Paris accepte de livrer ce fusil «qui entre les mains des dignes descendants des hoplites de Thermopyles et de Platées ne pourra que faire des merveilles».

Le nombre de MAS-40 livrés à l’armée grecque est incertaine mais n’à certainement pas dépassé les 10000 exemplaires. Il à été utilisé essentiellement par le bataillon sacré et par les evzones lors de leurs raids commandos et lors de leurs actions opératives. Quelques unités régulières ont pu l’utiliser mais ce n’est attesté ni par des photos ni par des archives.

Après guerre en revanche le MAS-40 est devenu une arme majeure de l’infanterie grecque, relevant le MAS-36 mais il s’agissait d’une mesure provisoire en attendant un fusil de conception nouvelle, le futur FN FAL.

Le Fusil semi-automatique modèle 1940 dit MAS-40 était un fusil de conception et de fabrication française pesant 3.940kg à vide mais 4.52kg chargé. Mesurant 1065mm de long dont 580mm pour le canon, il tirait la cartouche standard 7.5x54mm à une distance maximale de 1200m à raison de 20 à 25 coups par minute sachant que la capacité du magasin était de dix cartouches.

Mitteleuropa Balkans (141) Yougoslavie (29)

Artillerie lourde

150mm M.1914/16

15cm Schwere Feldhaubitzer M.14

Cet obusier de 150mm (149.1mm pour être précis) est une arme de conception et de fabrication austro-hongroise plus précisément tchécoslovaque puisque conçue et produit par la firme Skoda.

L’arme est ainsi initialement connue sous la désignation de 15cm Schwere Feldhaubitze M.14 (obusier de campagne lourd de 15cm modèle 1914) va donc participer à la première guerre mondiale sous les couleurs de la Double-Monarchie.

Outre l’armée austro-hongroise, cet obusier à été utilisé par la république d’Autriche, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne, la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie, la Yougoslavie et l’Italie qui récupéra un nombre appréciable d’obusiers au titre des dommages de guerre.

Ce canon est d’une facture classique avec deux sièges sur le bouclier pour deux servants, la possibilité d’être démonté en deux fardeaux pour faciliter le transport.

Après le modèle 1914, une variante améliorée baptisée modèle 1914/16 est mise au point, une variante guère différente de la variante d’origine.

Une fois le premier conflit mondial terminé certaines pièces furent transformées pour la traction automobile avec notamment l’installation de pneumatiques.

Les yougoslaves vont en récupérer pas moins de 230 exemplaires, un nombre appréciable de ces puissants canons qui vont être utilisés par les unités d’artillerie d’armée. Ces puissants obusiers sont clairement dépassés en juillet 1949 mais la Yougoslavie ne peut s’en passer en dépit du fait que des pièces lourdes plus modernes ont été acquises.

Durant la Campagne de Yougoslavie, les obusiers yougoslaves vont tenter de contrebattre l’artillerie allemande ou tenter de perturber les derniers préparatifs des offensives ennemies.

Avec un poids important et des tracteurs pas toujours disponible, il était évident qu’évacuer ce type de pièce relevait de la gageure pour l’armée yougoslave qui devait souvent se résoudre à saboter les pièces quand la sortie de batterie était impossible.

Quelques obusiers de ce type ont été récupérées par l’ennemi mais à part les italiens qui possédaient des obusiers de ce type, les autres n’en ont pas fait grand chose soit parce qu’ils possédaient des pièces plus modernes (allemands) ou parce qu’ils manquaient de personnel compétent (croates).

Le 15cm Schwere Feldhaubitze M.14 était un obusier de conception et de fabrication austro-hongroise (tchécoslovaque) de 149.1mm pesant 2930kg en batterie (et 5553kg en configuration transport) disposant d’un tube de 14 calibres (longueur 2.120m) lui permettant de tirer un projectile de type séparé de 40kg à une distance maximale de 8760m à raison de un ou deux coups par minute. L’équipe de pièce composée de 10 hommes et pouvant bénéficier de la protection d’un bouclier de 4.7mm peut pointer l’obusier de -5° à +70° en site et sur 6° en azimut.

150mm M.1928

Ce canon lourd d’un calibre réel de 149.1mm de conception et de fabrication tchécoslovaque à été conçu comme pièce d’artillerie lourde et comme pièce de défense côtière. La Yougoslavie à acquis vingt pièces, seize étant encore en service en juillet 1949.

Sur ce total, huit furent détruites au combat, deux sabotées et six capturées par les allemands qui les utilisèrent essentiellement pour l’entrainement et la formation de leurs nouveaux artilleurs. Aucune pièce n’à survécu au conflit.

Le canon de 150mm modèle 1928 était un canon de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 15000kg en batterie, disposant d’un tube de 49 calibres (7.272m) lui permettant le tir d’un puissant obus explosif de 56kg à une distance maximale de 23800m à raison d’un coup par minute. L’équipe de pièce était composée de dix hommes et pouvait pointer le canon en site de -4° à +45° et en azimut sur 360° grâce à une plate-forme rotative.

150mm M.1936

Sous l’empire austro-hongrois, la firme tchèque Skoda était déjà réputée pour la qualité de ses productions dans le domaine de l’artillerie.

Cette réputation se poursuivit sous la Tchécoslovaquie indépendante qui exportait des canons et des obusiers légers et lourds avec le même succès qu’auparavant.

Après avoir exploité l’expérience accumulée au cours du premier conflit mondial, Skoda commença à dévelloper des armes vraiment nouvelles dont le K1, un obusier de 149.1mm.

Cet obusier fût modifié et amélioré pour aboutir au K4 qui fût adopté par l’armée tchécoslovaque sous le nom de 15cm hruba houfnize vzor 37 (obusier lourd de 15cm modèle 1937).

Alors que la production commença à peine, les Sudètes furent annexées par les allemands privant Prague de ses fortifcations, la mettant à la merci d’une invasion allemande qui eut lieu au printemps suivant.

Connaissant la qualité des armes tchèques, les allemands firent tourner les usines d’armement à leur profit. Après avoir récupéré les K4 tchèques, ils continuèrent la production de ce modèle pour leur profit. Ces obusiers étaient naturellement toujours en service en septembre 1948.

La Yougoslavie va acquérir un premier lot de 48 pièces avant le démantèlement de la Tchécoslovaquie avant de commander de nouvelles pièces auprès des allemands qui vont être réticents à livrer des canons à un pays dont ils ne sont pas surs.

Finalement Belgrade va recevoir 248 pièces de ce type et obtenir suffisamment de documents pour produire des pièces afin de faire durer les canons.

Quand la Yougoslavie est attaquée, il reste 216 obusiers de ce type en service. Des pièces sont évacuées vers la Crète pour préserver l’avenir.

On estime que 132 obusiers tchèques ont été préservés en Yougoslavie pour combattre sans esprit de recul. Nombre de pièces ont été sabotées car on ne pouvait les replier suffisamment rapidement tandis que d’autres ont été détruites par l’artillerie ennemie ou par l’aviation.

Quelques canons parviennent à être évacuées sur la Grèce (où certaines seront cédés à l’armée grecque) et même sur l’Egypte ce qui explique le maintien en service de cet obusier.

Se pose la question des munitions. Le gouvernement yougoslave parvient à installer en Crète une pyrothechnie et une usine d’obus de 150mm pour 100 obusiers maintenus en service pour équiper les deux régiments d’artillerie lourde de la première armée, chaque régiment disposant deux groupes à trois batteries de quatre pièces soit 24 canons ou obusiers.

Cela signifie que 48 canons sont en ligne plus 52 en réserve. Il était prévu la création d’un troisième régiment mais le temps comme les hommes à manqué. Ces obusiers sont restés en service dans l’armée yougoslave jusqu’en 1965.

L’obusier 150mm M.1936 était une arme de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 5260kg en position de tir mais 5900kg en ordre de route, disposant d’un tube de 27 calibres (4.036m) lui permettant de tirer un obus de 42kg à une distance maximale de 15100m à raison de trois coups par minute. L’équipe de pièce composée de 11 hommes protégée par un bouclier de 4.7mm pouvait pointer l’obusier en site de -5° à +90° et en azimut sur 45° de part et d’autre de l’axe.

Canon de 155C modèle 1917S

Canon de 155C Schneider modèle 1917

A l’origine du Canon de 155mm court modèle 1917 Schneider figure un constat : le «75» aussi merveilleux soit-il ne peut pas tout faire.

Cela confina à l’irationnel et à ajouter à cela une ethique de l’offensive à outrance on comprend le manque d’artillerie lourde dont souffrait l’armée française en août 1914.

De nombreux projets sont lancés notamment un obusier de 155mm qui fût estimé comme trop lourd pour le tir antipersonnel contre des troupes en campagne et trop léger pour la guerre de siège.

L’échec de la guerre de mouvement de l’été 1914 et la stablisation du front à l’automne prouve l’inanité de ses conceptions. La guerre des tranchées outre une dépense absolument colossale de munitions nécessite des matériels nouveaux notamment des obusiers pour tirer à contre-pente.

Saint Chamond est le premier à dégainer avec son modèle de 155mm modèle 1915 commandé dès 1914 à 400 exemplaires mais Schneider ne va pas tarder à refaire son retard en présentant un nouvel obusier de 155mm commandé dès le mois de septembre 1915 à 112 exemplaires.

L’obusier de Schneider est une vrai réussite qu’il s’agisse du modèle 1915 ou du modèle 1917, le premier tirant avec des douilles, le second avec des gargousses. Pas moins de 1600 canons de ce modèle vont être produits ce qui explique qu’il est encore en service dans l’armée française quand éclate la guerre de Pologne. Il est même encore en service en septembre 1948 mais plus dans les unités d’artillerie divisionnaire où il à été remplacé par un dérivé modernisé, le 155C modèle 1946S.

Cet obusier fût également utilisé par de nombreux pays étrangers qu’ils aient été équipés durant le premier conflit mondial ou après. On trouve l’Argentine, la Belgique, la Finlande, la Grèce, l’Italie, la Pologne, les Phillipines, le Portugal, la Pologne, la Russie, l’Espagne, les Etats-Unis, la Roumanie et donc la Yougoslavie.

Belgrade à reçu cette arme au moment de la reconstitution de l’armée serbe en 1916 puis dans l’immédiat après guerre en profitant des surplus français. Au total ce sont trente-six pièces qui ont été livrées plus un certain nombre de tubes et de pièces détachées par des circuits pas toujours officiels.

Vingt-quatre canons ou plutôt obusiers étaient encore en service en juillet 1949 et vont donc participer à l’opération MARITSA en appuyant l’infanterie yougoslave ce qui était toujours apprécié par les premiers concernés (sauf bien sur en cas de tir trop court au point qu’on pouvait se demander si l’officier responsable sortait d’une école de tir ou d’une camisole de force à Charenton).

Quelques canons ont suivit la lente et méthodique retraite de l’armée yougoslave à travers les montagnes. Elle se fit dans des conditions difficiles mais un officier général qui avait connu comme jeune soldat la retraite de 1915/1916 la compara à une aimable garden party.

Quatre canons furent évacués en Crète mais furent laissés sur place, l’artillerie yougoslave devant être entièrement rééquipée par les britanniques avec notamment des canons-obusiers de 25 livres (voir plus haut).

Le canon de 155C modèle 1917S était un…..obusier de 155mm de conception et de fabrication française pesant 3750kg en position de tir, disposant d’un tube de 15 calibres (2.33m) tirant des projectiles de 40.6 ou 43kg à une distance maximale variant entre 9900m et 11900m à raison de 10 coups par tranche de cinq minutes. l »équipe de pièce pouvait pointer le canon en site de 0° à +42° et en azimut sur 6°.

220mm M.1928

L’obusier de 220mm modèle 1928 était une autre pièce d’artillerie de conception et de fabrication tchèque en service dans l’armée royale yougoslave.

Elle à été conçu après guerre et tentait de tirer les leçons de ce qui aurait du être la Der des Ders à savoir disposer d’une pièce d’artillerie lourde capable de détruire les fortifications mais étant plus facile à déplacer que les leviathans utilisés durant le premier conflit mondial.

C’est ainsi que cet obusier lourd partageait nombre d’équipements avec le canon de 150mm modèle 1928. Il y avait cependant des impondérables et l’installation de la pièce réclamait trois heures ce qui rendait son utilisation problématique en cas de guerre de mouvement même si nous sommes d’accord son utilisation répondait à d’autres critères que la percée et la manœuvre.

Utilisant un système hydropneumatique d’absorption du recul, l’obusier disposait d’un système de chargement manuel avec un obus de type séparé, le projectile chargé et d’explosif et un système de charge modulaire, neuf sacs permettant de faire varier la portée. Pour le transport, l’obusier était démonté en trois fardeaux, chaque fardeau étant remorqué par un tracteur de huit tonnes à une vitesse maximale de 30km/h.

L’armée yougoslave fût le premier client en signant un contrat en 1928 pour douze exemplaires. En octobre 1929 une délégation polonaise évolua cet obusier, évaluation positive puisque 27 exemplaires furent commandés en 1933, les livraisons étant réalisées en 1934/35.

Quatorze pièces sont capturées par les allemands lors de la guerre de Pologne et remis en service dans l’armée allemande, la production de munitions et de pièces détachées continuant pour leurs nouveaux utilisateurs.

La Yougoslavie va utiliser ses obusiers Skoda de 220mm contre les allemands et les italiens mais avec un impact limité sur les opérations en raison d’un tempo trop élevé. Nombre de pièces sont sabotées ou capturées par les allemands.

Un inventaire mené en mars 1950 révèle que quatre obusiers ont été capturés par les italiens et six par les allemands soit dix pièces, les deux dernières ayant disparu sans laisser de traces. Les italiens ont réutilisé leurs pièces comme obusiers de défense côtière, les allemands qui ont remis en service quatre des six obusiers les utilisant sur le front de l’est contre les fortifications soviétiques.

A la fin du conflit les italiens avaient perdu toutes leurs pièces alors que les allemands possédaient tout modèle confondu quatre obusiers qui ont été envoyés à la casse.

Les soviétiques ont capturé sept pièces polonaises puis utilisées contre la Finlande. Manquant de pièces détachées et de munitions, ces obusiers ont été vite retirés du service et probablement envoyés à la casse durant le conflit.

L’obusier de 220mm modèle 1928 était un obusier lourd de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 14700kg en position de tir mais 22700 tonnes en configuration de voyage, disposant d’un tube de 20 calibres (4.15m) permettant le tir d’un obus de type séparé de 128kg à une distance maximale de 14200m à raison de 1 coup par minute. L’équipe de pièce de 17 hommes pouvait pointer l’obusier en site de +4° à +75° et en azimut sur 360°.

Obusier de siège Skoda de 305mm modèle 1911

En 1911, l’armée austro-hongroise met en service un nouvel obusier de siège, une nouvelle création de la célèbre firme Skoda, le Skoda 30.5cm Mörser M.11.

Cette arme va participer au premier conflit mondial côté austro-hongrois mais aussi côté allemand, huit mortiers de 305mm servant à démolir les forteresses belges en compagnie de mortiers Krupp de 420mm.

Le premier conflit mondial terminé des armes ce de type vont être utilisées par la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Yougoslavie et l’Italie. 89 pièces sont sorties des usines tchèques.

Cette arme à été développée à partir de 1906 pour pouvoir détruire les nouvelles forteresses belges et italiennes. Le développement continue jusqu’en 1909 et les premières campagnes de tir ont lieu en Hongrie en 1910, le tout dans le plus grand secret.

Une première commande de 24 exemplaires est passée en 1911 par le ministère de la guerre. Cette pièce était démontable en trois fardeaux pour être déplacée. 50 minutes sont nécessaires pour le montage et la préparation au tir.

A partir de 1916 on trouve une deuxième variante, le modèle 1911/16 puis rapidement une troisième le modèle 1916.

C’est ainsi que le modèle 1911/16 disposait d’une plate-forme permettant un tir à 360° alors que le modèle 1916 avait en plus un tube plus long (12 calibres soit 3.660m) et donc une portée maximale augmentée (12300m).

A la fin du conflit, les 89 exemplaires furent répartis entre la Yougoslavie (quatre modèle 1911 et six modèle 1916), la Tchécoslovaquie (17 modèles 1916), la Hongrie (trois modèles 1911 et deux modèles 1916), l’Autriche (deux exemplaires non opérationnels) et l’Italie (vingt-trois modèle 1911, 16 modèle 1911/16 et 16 modèle 1916).

L’Allemagne à récupéré des pièces tchèques et remis en service un obusier autrichien. Ces obusiers participèrent au second conflit mondial aux côtés de pièces italiennes, hongroises et yougoslaves.

Les pièces italiennes devaient être engagées en Tunisie dans le cadre d’une offensive contre la ligne Mareth mais avant même l’envoi de ces puissants obusiers en ASI, la Libye italienne à été occupée par les alliés. D’autres tirèrent sur les ouvrages de la ligne Maginot Alpine et d’autres servirent à la défense côtière.

Les pièces hongroises n’ont pas été très actives. Conservées au pays, elles n’ont été employées qu’à des fins d’essais et de propagande jusqu’à l’invasion soviétique du pays où l’armée magyare fit feu de tout bois avec le succès que l’on sait.

Résultat à la fin du conflit il ne restait plus qu’un modèle 1911 et un modèle 1916, pièces rapidement envoyés à la ferraille par l’occupant soviétique qui n’avait que faire d’obusiers aussi anciens et aussi usés.

Les pièces yougoslaves n’eurent pas le temps d’être engagées et furent sabotées pour ne pas être utilisées par l’ennemi. Ce fût peine perdue car certains obusiers furent remis en service par les allemands.

L’obusier de siège de 305mm modèle 1911 pesait 20380kg et disposait d’un tube de 10 calibres (3.05m) lui permettant de lancer un obus de 287kg (384kg dans une version lourde) à une distance maximale de 11300m (9600m effectif) à raison de 10 coups par heure. L’équipe de pièce se compose de quinze ou de dix-sept hommes et peut pointer cette pièce de siège de +40° à +70° en site et sur 120° en azimut.

Mitteleuropa Balkans (140) Yougoslavie (28)

Artillerie

Artillerie de campagne

7.5cm M.1912

Le 7.5cm M.1912 était le canon de 75mm Schneider modèle 1912, un canon léger destiné à la cavalerie, une pièce livrée à la Serbie avant le premier conflit mondial, pièce également utilisée par la France et la Pologne.

La Yougoslavie à reçu au total 100 exemplaires de cette pièce pour équiper l’artillerie de sa puis de ses divisions de cavalerie. Une partie du parc fût modernisée ce qui explique que des canons de ce type ont fait le coup de feu contre les allemands et les italiens lors de l’opération MARITSA.

Aucun canon de ce type n’à été évacué vers la Grèce ou l’Egypte. Les allemands ont capturé douze pièces qu’ils ont rétrocédé à l’Etat indépendant de Croatie, les hongrois six et les italiens vingt, Budapest ne les réutilisant visiblement pas faute de munitions alors que les italliens les ont utilisé depuis des positions fixes. Aucun canon de ce type n’à survécu au second conflit mondial.

Le 7.5cm M.1912 était un canon de conception et de fabrication française pesant 960kg en batterie et 1550kg en configuration transportant, disposant d’un tube de 1.905m soit 25.4 calibres tirant un projectile explosif de 5.5kg (75x350R) à une distance maximale de 7500m à raison de 15 coups par minute. Protégé par un bouclier de 3.5mm d’épaisseur, l’équipe de pièce de sept hommes peut pointer le canon en site de -8° à +17° et en azimut sur 9°.

7.5cm Gebirgskanone M.15

Connu en version originale sous le nom de Skoda 7.5cm Gebirgskanone M.15, le canon de 75mm Skoda modèle 1915 est comme son nom l’indique un canon de montagne dont le caractère démontable entraina un fragilité préjudiciable lors des remorquages en terrain difficile.

Utilisé durant le premier conflit mondial par les austro-hongrois et par les allemands (ces derniers comme canon d’infanterie), il à été utilisé une fois le conflit terminé par l’Italie qui à reçu ces canons au titre des dommages de guerre.

Il à été naturellement utilisé par les pays ayant succédé à la Double-Monarchie à savoir l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne et la Yougoslavie mais aussi la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie.

La mise au point de ce ce canon à été longue en raison des incertitudes des services techniques qui hésitaient entre un canon démontable en multiples fardeaux ou un canon démontable en ensembles plus gros.

Voilà pourquoi ce canon dont l’étude à été lancé en 1911 n’à été mis en service qu’en avril 1915 soit un an de retard sur le planning initial. Après guerre une version améliorée baptisée modèle 1928 à été mise au point.

Ce canon était toujours en service dans l’armée yougoslave en juillet 1949, étant utilisé principalement par l’artillerie de montagne mais aussi par certaines unités de campagne. Ces canons furent appréciés pour leur discrétion et leur maniabilité ce qui à permis également leur évacuation vers l’Egypte où leur utilisation ne dépassa pas le stade de l’entrainement. Certaines pièces furent réutilisés par les croates ou par les résistants yougoslaves.

Le 7.5cm Gebirgskanone M.15 était un canon de conception et de fabrication austro-hongroise (tchèque) pesant 614kg en position de tir et tirant avec son tube de 15.4 calibres (longueur du tube 1.15m) un projectile de 6.35kg (75x129R) à une distance maximale de 8250m à raison 6 à 8 coups par minute. L’équipe de pièce de six hommes peut pointer le canon en site de -10° à +50° et en azimut sur 7°.

Canon de 75mm Skoda modèle 1928

Le canon de 75mm Skoda modèle 1928 est comme son nom l’indique un canon de conception et de fabrication tchécoslovaque. C’est un canon principalement destiné aux troupes de montagne mais également utilisable comme pièce d’artillerie de campagne légère.

Cette pièce à été utilisée par la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, l’Allemagne, l’Etat indépendant de Croatie, la Roumanie et la Colombie.

La Yougoslavie à reçut 250 pièces suite à une première commande suivit de 450 autres au milieu des années trente soit un total de 700 canons.

Ces pièces furent utilisées par l’artillerie de montagne et par l’artillerie de campagne. Occasionellement durant l’opération MARITSA certains canons furent utilisés pour la lutte antichar.

Quelques canons furent évacués vers la Crète puis vers l’Egypte, canons utilisés pour l’entrainement pour former de nouveaux artilleurs en attendant la livraison de nouveaux canons par les britanniques chargés du rééquipement des yougoslaves dans le domaine de l’artillerie et du génie.

Quelques pièces ont été récupérées par les italiens, les allemands et les croates, pièces souvent utilisées depuis des positions fixes au sein de bases d’appui-feu. Les maquisards et les partisans même si ils préféraient être légers et furtifs ont parfois utilisé ce canon. Quelques pièces ont été préservées après guerre comme canon de salut.

Le Canon de 75mm Skoda modèle 1928 était un canon de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 1816kg en batterie (2977kg en transport en configuration hippomobile, 2086kg en configuration automobile), disposant d’un tube de 40 calibres (3.060m) lui permettant de tirer un obus explosif de 8kg (75x174R) à une distance maximale de 13500m à raison de douze coups par minute. L’équipe de pièce de six hommes protégée par un bouclier de 4.2mm peut pointer en site de -8° à +80° et en azimut sur 8°.

8cm M.05/08

Le 8cm Feldkanone M.5 est un canon de campagne (Feldkanone) mis en service en 1907/08 au sein de l’armée austro-hongroise. Si son aspect extérieur est conventionnel, le tube n’est pas en acier mais en bronze.

Ce choix anachronique s’explique par le fait que l’Autriche-Hongrie peinait à fournir suffisamment d’acier de bonne qualité. La mise au point à été longue ce qui explique que bien que le canon soit de modèle 1905 il à en fait été mis en service en 1907/08. Peu après un modèle amélioré baptisé M.05/08 à été mis en service avec un tube en acier.

Outre l’Autriche-Hongrie, ce canon à été utilisé par l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, l’Italie et la Yougoslavie. Outre le premier et le second conflit mondial, le canon de 76.5mm à été utilisé par les italiens lors de la guerre italo-abyssinienne (1935/36).

Outre les rôles d’artillerie de campagne et d’artillerie de montagne ce canon à été utilisé pour la défense antiaérienne, le canon étant installé sur une plate-forme permettant au canon de pointer sur 360°. Les canons ainsi modifiés étaient baptisés 8 cm Luftfahrzeugabwehr-Kanone M 5/8 MP dans l’armée austro-hongroise et Cannone da 77/28 CA (contraereo) dans l’armée italienne.

L’armée royale yougoslave à reçu 270 exemplaires de cette arme, un canon déjà déclassé dans les années vingt.

Ce canon était encore en service en septembre 1948 à une époque où il était totalement obsolète et le canon ne fût pas d’une grande utilité face à l’offensive germano-italo-hongroise.

Le 8cm Feldkanone M.5 est un canon pesant 1816kg (2977kg en configuration transport) disposant d’un tube de 2.285m (30 calibres) permettant le tir d’un obus encartouché QF 76.5x283mm pesant 8.31kg à une distance maximale de 13500m à raison de 12 coups par minute. L’équipe de pièce qui sert ce canon se compose de sept hommes protégés par un bouclier de 3.5mm et peut pointer en site de -5° à +23° et en azimut sur 8°.

QF-25 Pounder (canon-obusier de 25 livres)

Dès la fin de la Campagne de Yougoslavie, le gouvernement yougoslave en exil s’empressa de soliciter les alliés pour permettre la remise sur pied d’une armée digne de ce nom. Plus facile à dire qu’à faire.

Non seulement les troupes yougoslaves étaient dispersées en Grèce mais en plus les alliés étaient divisés sur la question. Il fallut un peu de temps pour que tout le monde accorde ses violons.

Finalement la remise sur pied de quatre divisions d’infanterie et d’une division blindée est décidée, l’équipement devant être assurée par la France (infanterie), la Grande-Bretagne (artillerie et génie) et les Etats-Unis (blindés).

Chaque division d’infanterie yougoslave devant disposer d’un régiment d’artillerie à vingt-quatre pièces Londres accepta de fournir l’équipement nécessaire sous la forme du canon-obusier de 25 livres ou en version originale, le QF 25 Pounder.

Cette arme remarquable qui n’à rien à envier avec le canon de 75mm TAZ modèle 1939 est un canon-obusier puisque si il à été conçu comme obusier (canon court, angle d’élévation important) il fût davantage utilisé comme canon voir même comme canon antichar en attendant l’arrivée massive d’un canon de 17 livres spécifiquement dédié à la destruction des blindés ennemis (encore que ce canon pouvait également être utilisé en artillerie sol-sol).

Les premiers canons-obusiers de 25 livres mis en service en 1940 reprennaient l’affût du QF 18 Pounder Mk IV avec tout de même une différence majeure à savoir une plate-forme permettant de pivoter sur 360° ce qui facilitait le passage d’une cible à l’autre.

Au printemps 1942 le Mk II entre en production avec un nouvel affût qui ne devait rien au canon de 18 livres. En 1945 le Mk III remplace le Mk II sur les chaines de montage alors qu’en Australie le Mk IV ou Mk I Short était une version allégée et démontable en plusieurs fardeaux produite uniquement en Australie pour permettre son emploi en terrain difficile comme la jungle.

Outre l’Australie (qui disposait également de Mk I et II), le canon-obusier à été exporté au Canada (qui à ensuite décidé de le produire sous licence), en Afrique du Sud, en Irlande, au Portugal, en Norvège au Danemark et en Yougoslavie.

96 QF 25 Pounder Mk III sont livrés pour équiper les régiments d’artillerie plus 16 QF 25 Pounder Mk II de seconde main pour permettre l’entrainement des artilleurs yougoslaves.

Ces canons vont accompagner les troupes yougoslaves dans la reconquête des Balkans et la libération du royaume de Yougoslavie. Ils vont rester en service jusqu’au milieu des années soixante, étant remplacé par des obusiers D-30 de 122mm.

Le Ordnance QF 25 pounder était un canon de 25 livres (87.6mm) tirant via un tube de 31 calibres (2.715m) un obus de 11.340kg (qu’il soit explosif, fumigène, éclairant ou chimique) à une distance maximale de 12253m à raison de six à huit coups par minute. L’équipe de pièce se compose de six hommes (même si en cas d’urgence quatre personnes peuvent le mettre en œuvre) et peut grâce à l’affût pointer en azimut sur 360° (8° en n’utilisant que l’affût) et en site de -5° à +40°.

10cm Leichte Feldhaubitze M.14

L’obusier léger de 100mm modèle 1914 est une arme conçue par la firme Skoda pour l’armée austro-hongroise.

Outre l’Autriche-Hongrie, cet obusier va être utilisé par l’Autriche, l’Albanie, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne (après l’Anschluss et le démembrement de la Tchécoslovaquie), la Grèce, la Hongrie, la Pologne, la Yougoslavie et donc l’Italie au titre notamment des dommages de guerre.

Cet obusier à été d’abord conçu avec un tube en bronze mais les derniers exemplaires produits disposaient d’un tube en acier.

Initialement cette pièce était hippomobile, six chevaux étant nécessaires pour remorquer l’obusier jusqu’à sa position de tir. Si nécessaire, cet obusier pouvait être divisé en trois fardeaux pour le transport en terrain difficile.

Après le premier conflit mondial certains obusiers furent munis de pneumatiques pour être remorqués par des camions, les sièges montés sur l’affût qui avaient leur raison d’être lors du remorquage hippomobile mais qui étaient inutiles pour le remorquage automobile.

A noter que la Tchécoslovaquie à mis au point une version très améliorée, le modèle 1914/19 (10cm houfnice vz. 14/19) qui va être exportée en Pologne, en Grèce et en Yougoslavie.

L’armée royale yougoslave à utilisé cet obusier principalement au sein de son artillerie divisionnaire mais aussi au sein de son artillerie d’armée. Cet obusier bien qu’ancien était toujours bon pied bon œil et joua son rôle pour appuyer les fantassins yougoslaves ou repousser les troupes ennemies.

Aucun obusier n’à été évacué en direction de la Grèce ou de l’Egypte mais les allemands, les italiens et les croates ont récupéré des obusiers de ce type pour être réutilisés notamment au combat contre les partisans, les maquisards mais aussi contre les troupes régulières alliées.

Le 10cm Leichte Feldhaubitze était un obusier de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 1350kg en position de tir, disposant d’un tube de 1.93m (19 calibres) lui permettant de tirer un obus de type séparé (100x183mm) pesant 14kg à une distance maximale de 8400m à raison de six à huit coups par minute. L’équipe de pièce composée de six hommes pouvait pointer l’obusier en site de -8° à +50° et en azimut sur 6°.

Obusier de montagne de 100mm Skoda modèle 1916

L’obusier de montagne de 100mm Skoda modèle 1916 est une pièce d’artillerie mise au point pour l’armée austro-hongroise mais qui va connaître une très longue carrière dans de nombreux pays.

Outre son pays d’origine il à été utilisé par l’Autriche, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Pologne, la Roumanie, la Yougoslavie et la Turquie, cette dernière dans une variante en calibre 105mm.

Cet obusier fût utilisé par l’artillerie de campagne mais aussi par l’artillerie de montagne. Quelques pièces ont été évacuées vers la Grèce mais n’ont pas été réutilisées par l’armée yougoslave reconstituée faute de munitions adaptées. Les pièces stockées dans le Péloponnèse ont été ferraillées après guerre.

L’obusier de montagne de 100mm Skoda modèle 1916 était une pièce de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 1235kg en position de tir disposant d’un tube de 1.9m (19 calibres) permettant le tir d’un obus explosif de 14kg (100x132R) à une distance maximale de 8490m à raison de cinq coups par minute. L’équipe de pièce composée de 11 hommes était protégée par un bouclier de 4.2mm et pouvait pointer en site de -8° à +70° et en azimut sur 5°.

10cm M.1928

L’obusier de 100mm modèle 1928 était une arme de conception et de fabrication tchécoslovaque, une autre réalisation de la célèbre firme Skoda. Vingt exemplaires ont été commandés et livrés à la Yougoslavie.

L’objectif était de créer une arme combinant les qualités d’un obusier et d’un canon de montagne sur une seule arme. Au premier il empruntait une grande élévation en site et au second la légèreté et une capacité à être démontée en trois fardeaux. Si l’armée tchécoslovaque ne le commanda pas, elle prit livraison d’un grand nombre de son successeur, le modèle 1930.

Cet obusier va participer à l’opération MARITSA appuyant l’infanterie yougoslave en phase offensive comme en phase défensive. Quelques pièces se retrouvèrent en Grèce, étant mises en œuvre par leurs servants en soutien des troupes grecques. Malheureusement quand il fallu évacuer la Grèce continentale en direction du Péloponnèse on décida de saboter les pièces.

Quelques pièces (bis) ont été capturées par les allemands qui les ont remis en état avant de les céder à leurs alliés croates qui bénéficièrent de pièces neuves issus des stocks de l’armée tchécoslovaque et un temps utilisé par les allemands.

Le 10cm M.1928 était un obusier de campagne léger de conception et de fabrication tchécoslovaque de 100m pesant 1798kg en position de tir (3077kg en configuration transport) et disposant d’un tube de 25 calibres (longueur 2.5m) ce qui lui permet de tirer un projectile de type séparé de 16kg (100x132R) à une distance maximale de 10600m à raison de huit coups par minute. L’équipe de pièce de dix hommes protégée par un bouclier de 4.2mm peut pointer l’obusier en site de -8° à +80° et en azimut sur 8°.

10.5cm M.1913

Canon de 105mm modèle 1913S dans un musée finlandais

Le 10.5cm M.1913 est tout simplement le canon de 105L modèle 1913S, un produit de la maison Schneider qui devait beaucoup à un canon de 107mm de la firme Putilov où la maison Schneider avait beaucoup investit avant guerre.

Ce canon fût utilisé par la France mais aussi par ses alliés comme la Belgique et l’Italie. Après guerre la Pologne et la Yougoslavie ont récupéré des canons pour équiper leur armée.

C’est ainsi que l’armée royale yougoslave va récupérer 60 canons de ce type, des canons d’abord à traction hippomobile puis utilisés via une traction automobile. Ces canons étaient utilisés au niveau de l’armée, l’équivalent yougoslave de notre ALCA (Artillerie Lourde de Corps d’Armée).

Aucune pièce n’à pu être évacuée vers la Grèce mais les italiens ont récupéré douze pièces qu’ils vont réutiliser au profit de leurs troupes déployées dans les Balkans. Aucune des soixante pièces n’à survécu au second conflit mondial.

Le 10.5cm M.1913 était un canon lourd de conception et de fabrication française pesant 2350kg en position de tir mais 2750kg en configuration de tir. Avec son tube de 28.5 calibres (soit 2.987m) il pouvait tirer un obus explosif de 15.74kg à une distance maximale de 12000m à raison de 6 coups par minute. L’équipe de pièce composée de huit hommes pouvait derrière son bouclier de 4.5mm d’épaisseur pointer le canon en site de -5° à +37° et en azimut sur 6°.

10.5cm M.1936

Le 10.5cm M.1936 est la désignation yougoslave d’un autre canon tchèque, le 10.5cm hruby kanon vz.35 (canon de 105mm lourd modèle 1935). Sa carrière dans l’armée tchécoslovaque est courte mais elle va continuer au sein des armées allemandes, slovaques et yougoslaves.

Bien que désigné modèle 1936 il à été en réalité mis en service en 1937 dans l’armée royale yougoslave qui après avoir acquis 120 canons directement auprès de Prague se lança dans une production sans licence, la production chaotique et difficile s’achevant en septembre 1946 après la sortie de 160 pièces supplémentaires pour équiper essentiellement l’artillerie d’armée (équivalent en Yougoslavie de notre Artillerie Lourde de Corps d’Armée).

Ces canons furent surtout utilisés pour des missions de contrebatterie et pour gêner les derniers préparatifs des attaques et des offensives alliées.

En raison d’un poids important, son évacuation et sa sortie de batterie fût délicate pour ne pas dire impossible ce qui explique le grand nombre de pièces sabotées par leurs servants quand il fallait échapper à l’ennemi. Certains de ces canons furent volontairement (?) mal sabotés et réutilisés ultérieurement par les allemands essentiellement pour la défense côtière.

Une poignée de canons à pu être évacué par les yougoslaves en direction de la Crète où ils furent utilisés pour défendre le port de La Sude contre un éventuel débarquement amphibie ennemi. Son utilisation à cessé au printemps 1953 en raison de l’épuisement des stocks de munitions.

Le 10.5cm M.1936 était un canon lourd de campagne de 105mm de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 4200kg en batterie (mais 4600kg en configuration transport) disposant d’un tube de 42 calibres (longueur 4.4m) lui permettant de tirer un obus de 18kg à une distance maximale de 18100m à raison de 8 coups par minute. L’équipe de pièce composée de huit hommes protégé par un bouclier de 4.7mm peut pointer le canon en site de -6° à +42° et en azimut sur 50° de part et d’autre de l’axe.

Mitteleuropa Balkans (138) Yougoslavie (26)

Mitrailleuses

TEŠKI MITRALJEZ M12/26

Mitrailleuse Schwartzlose

La TEŠKI MITRALJEZ M12/26 est la désignation yougoslave d’une version modernisée rechambrée de la célèbre mitrailleuse austro-hongroise Schwartzlose, célèbre moins pour ses performances que pour son allure inimitable. Elle à été mise en service comme sa désignation l’indique en 1912 en calibre 8mm, le calibre austro-hongrois standard.

Outre l’Autriche-Hongrie et les Pays-Bas, cette mitrailleuse à été utilisée par les états ayant succédé à la Double-Monarchie, l’Albanie, la Bulgarie, la Chine, la Colombie, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, l’Empire Ottoman, la Pologne, la Roumanie, la Russie, la Suède et l’Espagne.

La Yougoslavie à récupéré un nombre inconnu d’exemplaires. Ce qui est certain en revanche c’est que 1000 exemplaires ont été modifiés dans le calibre yougoslave standard, le 7.92x57mm Mauser.

Arme obsolète en 1949 elle était néanmoins encore en service en raison du manque de mitrailleuses modernes pour la remplacer. Si quelques exemplaires ont accompagné les soldats yougoslaves dans leur exil en revanche aucune n’à été conservée une fois les unités reconstituées et réarmées par la France.

La TEŠKI MITRALJEZ M12/26 était une mitrailleuse moyenne pesant 42.7kg en ordre de combat (19.9kg pour l’arme, 19.8kg pour l’affût et 3kg pour l’eau de refroidissement) mesurant 1066mm avec un canon de 526mm qui permettait le tir de la cartouche Mauser à une distance maximale de 3500m (2000m en pratique) avec une cadence de tir de 520 coups par minute (200 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par des bandes de 250 cartouches.

Lewis Automatic Machine Gun

Des Marines américains utilisant la mitrailleuse Lewis, une arme reconnaissable entre toutes

A l’origine de cette mitrailleuse au look inimitable figure le colonel Isaac Newton Lewis de l’US Army qui échouant à faire adopter son arme dans son pays d’origine quitta les Etats-Unis en 1913 et s’installa en Belgique pour commercialiser une arme de son invention, une mitrailleuse à refroidissement par air fonctionnant par emprunt de gaz.

L’armée belge commanda un petit nombre de ces armes et la firme Birmingham Smalls Arms Company (BSA) finit par acquérir la licence en 1914, la production massive de l’arme mettant le colonel Lewis à l’abri du besoin (par le versement de généreuses royalties).

Le déclenchement du premier conflit mondial entraina une production importante notamment pour les forces armées britanniques qui adoptèrent la BSA Model 1914 sous le nom de Gun Lewis .303-cal. Outre la firme de Birmingham, l’entreprise Savage Arms la produisit aux Etats-Unis pour l’armée américaine.

D’abord utilisée comme mitrailleuse d’infanterie en remplacement de l’efficace mais lourde Vickers, elle fût ensuite utilisée comme mitrailleuse d’aviation.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Lewis à largement été remplacé par le Bren dans l’infanterie britannique et par la Vickers K pour l’aviation. Quelques mitrailleuses furent ressorties des stocks à la mobilisation liée à la guerre de Pologne mais retournèrent vite dans les magasins.

La Royal Air Force (RAF) l’utilisa comme arme de défense antiaérienne rapprochée pour protéger ses terrains des mitraillages à très basse altitude, un rôle semblable fût attribué aux Lewis utilisés par la Royal Navy.

En septembre 1948, la Lewis n’est plus en service au sein des forces armées britanniques mais elle l’est encore dans les forces armées des Dominions et dans d’autres pays qui l’ont acquis.

En effet l’arme à été utilisée par l’Australie, la Belgique, le Canada, le Chili, la République de Chine, la Colombie, la Tchécoslovaquie, l’Estonie, la Finlande, la Géorgie, l’Allemagne (quelques exemplaires capturés durant le premier conflit mondial), le Honduras, l’Irlande, l’Italie, le Japon (qui la copia sous le nom de Type 92), le Mexique, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve (qui fût un dominion jusqu’en 1937), les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Russie Imperial, la Yougoslavie et la Lettonie.

La Yougoslavie à visiblement acquis cette arme dans l’immédiat après guerre sans que l’on sache si il s’agit d’une acquisition officielle ou d’achats auprès d’entreprises chargés de liquider les immenses surplus du premier conflit mondial.

Sa carrière à été courte puisqu’aucun projet de transformation en calibre 7.92mm n’à été étudié et encore moins mené à bien.

Pas impossible que quelques armes de ce type n’aient été réutilisés par la résistance yougoslave qu’elle soit royaliste ou communiste.

La Mitrailleuse légère Lewis pesait 13kg en ordre de combat, mesurant 1280mm de long (670mm pour le canon). D’un calibre de 7.7mm (.303) elle pouvait atteindre des cibles à une portée maximale de 3200m (800m en pratique) à raison de 500 à 600 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait soit par des chargeurs tambours de 47 ou 97 cartouches ou encore des chargeurs type Bren de 30 cartouches

Ckm wz. 30

Parmi les mitrailleuses utilisées par les forces armées yougoslaves figure la Ckm wz.30 (ciężki karabin maszynowy wz. 30 en français mitrailleuse lourde modèle 1930), une copie «pirate» de la mitrailleuse américaine Browning M1917A1.

Par rapport à la version américaine sa copie polonaise disposait d’un calibre plus important, d’un tube plus long et de différents équipements de visée. A partir de 1931 elle devient la mitrailleuse standard de l’armée polonaise.

Cette mitrailleuse est issue d’un long processus pour permettre à l’armée polonaise de disposer d’une mitrailleuse standard et mettre fin au cauchemar logistique provoqué par la présence de nombreux modèles de mitrailleuses venant de France, de Russie, d’Autriche-Hongrie et même d’Allemagne.

Dans un premier temps on décida d’adapter la mitrailleuse française Hotchkiss modèle 1914 qui avait donné toute satisfaction dans la guerre polono-russe dans un calibre polonais en l’occurence le 7.92mm qui remplaçait la cartouche de 8mm à bourrelet. Elle devient la mitrailleuse Ckm wz.25 Hotchkiss. 1250 exemplaires sont commandées en France en 1924 et 1925 mais le projet de la produire sous licence est abandonné suite à des performances décevantes.

Un nouveau concours est lancé en 1927. Quatre compagnies proposent leurs modèles : Colt avec son modèle 1928 (version export de la Browning M1917A1), la Schwarzlose-Janeček wz.25 (version produite en Tchécoslovaquie de la Schwarzlose M.7/12), une version calibre 7.92mm de la Vickers modèle 1912 et enfin une version améliorée de la Hotchkiss modèle 1925.

Tous les tests initiaux sont remportés par Browning et même chose en 1928. Le gouvernement polonais choisit d’acquérir la licence de production mais le prix demandé est très élevé (450000 $ soit l’équivalent aujourd’hui de 45 millions de dollars) et de plus Colt réclame une commande initiale dans ses usines de 3000 pièces qui ajoute un coût supplémentaire.

Il était clair que jamais Colt ou son représentant européen Vickers-Armstrong n’avait l’intention de laisser les polonais produire leur mitrailleuse dans leurs usines.

Pour ne rien arranger les documents destinés à la production sous licence du fusil mitrailleur BAR avaient été tronqués et incorrects ce qui avait entrainé de sérieux retards. Réponse du berger à la bergère, le gouvernement polonaise décida de réaliser une copie pirate de la mitrailleuse Browning.

En mars 1931 les 200 premiers modèles sont envoyés dans les unités pour différents tests opérationnels. Ces tests sont positifs et la production peut être lancée à la fin de l’année.

Par rapport à la mitrailleuse d’origine la mitrailleuse polonaise disposait d’un calibre différent, d’équipements de visée différents, des poignées de transport agrandies, un canon plus long, un système de changement du canon plus simple, l’affût était différent et pouvait être adapté au tir antiaérien, un suppresseur de flamme avait également été installé.

Les polonais mirent au point trois types d’affûts, le premier le wz.30 d’un poids de 29.3kg était destiné à l’infanterie et qui allait donner naissance au wz.34 amélioré, le troisième étant le wz.36, un modèle allégé (17kg) et destiné à la cavalerie.

Différentes modifications furent réalisées suite aux leçons tirées par les premières utilisateurs. Il s’agissait le plus souvent de modifications pratiques destinées à faciliter l’usage de la mitrailleuse.

La version améliorée baptisée ckm wz.30a servit également de base à la ckm wz.30/39T, un modèle export destiné à la Turquie et d’un calibre différent (7.65x53mm).

Entre 1931 et 1939 la Fabrique de Fusils (Fabryka Karabinow) de Varsovie produisit 8401 mitrailleuses pour l’armée polonaise et prêt de 1700 pour l’export en Roumanie, en Bulgarie, en Estonie, en Yougoslavie et Argentine mais le plus souvent en petit nombre uniquement pour des tests qui ne débouchèrent que rarement sur des commandes fermes.

Au final cette arme à été utilisée par l’Allemagne, la Roumanie, l’Espagne (républicains et nationalistes), la Turquie et la Yougoslavie.

Cette dernière va commander quelques pièces pour des tests mais ne passera pas la commande de masse espérée par les polonais. Le nombre est incertain mais les chiffres semble tourner autour de 200 pièces.

Les tests terminés, ces armes sont stockées et vont être ressorties en 1949 au moment de la mobilisation pour équiper les unités nouvellement créées. Elles vont donc participer à l’opération MARITSA où fort peu d’armes vont échapper à la destruction. A notre connaissance aucun exemplaire de cette arme à été réutilisé par les allemands ou par les italiens.

La ckm wz.30a était une mitrailleuse de conception et de fabrication polonaise pesant 65kg en ordre de combat (la mitrailleuse seule pèse 13kg), mesurant 1200mm de long dont 720mm pour le canon, tirant la cartouche yougoslave standard (7.92x57mm) à une distance maximale de 2000m (900m en pratique) à raison de 600 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des bandes de 330 cartouches.

TEŠKI MITRALJEZ M.1940

mitrailleuse ZB modèle 1937

Sous cette désignation proprement yougoslave se trouve la Zvrojovka Brno ZB-53, une mitrailleuse de conception et de fabrication tchécoslovaque.

Elle à été mise au point à la fin des années trente et mise en service en 1937 sous la désignation de TK vz.37 avant de connaître le succès à l’export puis d’être produite sous licence en Grande-Bretagne par la firme BESA.

Après le démantèlement de la Tchécoslovaquie, l’Allemagne en manque d’armes automatiques récupéra ces mitrailleuses devenues des MG 37(t) avant de poursuivre la production moins pour elle que pour ses alliés.

Cette arme à été mise au point pour remplacer les Schwarzlose héritées de l’empire austro-hongroise et se basa sur un modèle précédent, la vz.35. Fonctionnant par emprunt de gaz, alimentée par bandes et refroidie par air la ZB-53 va être utilisée par l’infanterie comme arme d’appui, par les unités de char comme arme coaxiale et sur les fortifications.

Comme toutes les armes tchécoslovaques, la ZB-53 à connu un succès à l’export en état exportée en Roumanie, en Yougoslavie, en Argentine, en Afghanistan, en Iran et en Chine. Après guerre d’autres pays comme Cuba, le Chili et le Venezuela ont récupéré des armes de ce type.

La Yougoslavie à reçu 1000 exemplaires avant le démantèlement de la Tchécoslovaquie puis 2500 exemplaires supplémentaires après l’occupation allemande non sans délais anormaux et multiples vexations.

Sur les 3500 mitrailleuses livrées, il en restait 3100 en service en juillet 1949 aussi bien au sein de l’infanterie que dans les différents blockhaus qui assuraient la protection des frontières du royaume de Pierre II.

Ces armes ont été employées par les yougoslaves durant la Campagne de Yougoslavie mais aussi par les allemands et les italiens soit directement sur le champ de bataille ou après. Cette arme à aussi équipé les différentes unités militaires croates. Bien entendu cette arme à également été utilisée par les partisans communistes et les maquisards royalistes.

La nouvelle armée yougoslave à conservé un temps cette mitrailleuse avant que des mitrailleuses françaises ne les remplace. A notre connaissance cette arme n’à pas poursuivit sa carrière une fois la guerre terminée.

La TEŠKI MITRALJEZ M.1940 était une mitrailleuse moyenne de conception et de fabrication yougoslave pesant 21kg à vide et 37kg en ordre de combat, mesurant 1096mm de long avec un canon de 733mm tirant la cartouche 7.92x57mm à une distance maximale de 4000m (2500m effectif) à raison de 700 à 800 coups par minute (500 à 600 coups en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par bandes de 100 à 200 coups.

Mitrailleuse MAC (Manufacture d’Armes de Chatelleraut) modèle 1936

La MAC-36

La mitrailleuse MAC modèle 1936 symbolise les travers dans la politique d’armement de la France jusqu’aux débuts de la Pax Armada. Les besoins étaient correctement identifiés mais une volonté de perfectionisme tatillone, une bureaucratie envahissante provoquait des retards.

C’est ainsi que cette mitrailleuse adoptée en 1936 n’à été mise en service qu’en septembre 1941 avec des livraisons qui commencèrent réellement début 1942, les premiers exemplaires étant surtout destinés à former les formateurs qui allaient aider les mitrailleurs à se former au sein même des unités.

Le processus à été très lent, beaucoup trop lent avec de nombreux candidats que ce soit des dérivés du fusil mitrailleur modèle 1924/29 ou encore la mitrailleuse Darne, une arme innovante mais qui avait un défaut majeur : elle était issue du privé.

Finalement donc, le choix des services officiels se porta sur la MAC modèle 1936, une arme extrêmement sophistiqué avec notamment de deux cadences de tir différentes, l’une pour le tir terrestre et une autre pour le tir antiaérien.

La mise au point d’un système d’alimentation fiable et performant retarde la mise en service de l’arme qui n’est officiellement prononcée qu’en septembre 1941, les premières armes étant livrées peu après pour permettre la relève de la Hotchkiss modèle 1914 dont la production avait même été relancée en 1938 !

Cette arme va équiper tous les régiments d’infanterie à raison d’une compagnie de quatre sections de quatre mitrailleuses par bataillon soit seize armes par bataillon et quarante-huit pour l’ensemble du régiment.

Une version simplifiée, la MAC modèle 1936 modifiée 1944 voit le jour en 1944 selon le principe qui à vu en Allemagne la MG-42 succéder à la MG-34, très efficace mais chère et compliquée à construire. Elle se distingue par l’absence du système à double cadence, un bipied renforcé, un trépied simplifié et différentes modifications de détail pour accélérer la production.

La Yougoslavie reçoit ses premiers modèles 1936 lors de la reconstitution des forces armées yougoslaves mais les livraisons seront très lentes au point que le gouvernement en exil au Caire étudiera la possibilité de commander des mitrailleuses Browning. Finalement la situation va rentrer dans l’ordre et évitera à l’infanterie yougoslave de se trouver avec deux calibres différents entre le fusil et la mitrailleuse.

Arme appréciée par les mitrailleurs yougoslaves, elle resta en service dans l’immédiat après guerre, quelques exemplaires étant rechambrés en calibre 7.92mm. Cette arme à été remplacée au début des années soixante par des armes soviétiques plus conformes à la nouvelle orientation idéologique du pouvoir yougoslave.

La MAC modèle 1936 était une mitrailleuse de conception et de fabrication française pesant 14.6kg et pouvant être installée sur un affût de 12km. Mesurant 1160mm de long, elle disposait d’un canon de 700mm lui permettant de tirer la cartouche 7.5x54mm à une distance maximale théorique de 2500m à raison de 550 ou 950 coups par minute (700 pour le modèle 1936/44) sachant que l’alimentation se faisait par des bandes à maillon détachable de 250 cartouches.

Hotchkiss modèle 1929

mitrailleuse de 13.2mm Hotchkiss en affût double

Cette mitrailleuse lourde à été mise au point dans les années vingt comme arme antiaérienne et antichar en s’inspirant des fusils antichars allemands Mauser, la Browning M2 américaine ayant la même filiation.

L’armée de terre française refusa cette arme pour l’infanterie en raison d’une cartouche trop lourde qui risquait de blesser les troupes en retombant au sol. Elle l’adopta néanmoins comme arme antichar sur la ligne Maginot notamment dans les casemates du Rhin mais également sur certains véhicules blindés légers notamment l’automitrailleuse AMR-35.

Cette arme va aussi être utilisée par la marine française comme mitrailleuse antiaérienne même si très vite elle à été remplacée par des canons de 25 et de 37mm.

En juin 1940, deux-cent mitrailleuses furent commandées par l’armée de terre pour servir d’armes antiaériennes de l’arrière pour permettre aux états-majors et aux «plots» logistiques de se protéger des avions ennemis qui pourraient être tentés de frapper dans la profondeur.

Ces armes livrées entre février et décembre 1941 furent suivies de trois centre-autres commandées en septembre 1944 et livrés entre juin 1945 et juillet 1946, toujours pour la même mission.

Cette arme va connaître également le succès à l’export. La société italienne Societa Italiana Ernesto Breda achète la licence pour la fabriquer au délà des Alpes sous la désignation de Breda Mod.31.

Elle fût utilisée essentiellement comme mitrailleuse antiaérienne à bord des navires de la Regia Marina mais aussi à bord des trains blindés. Des armes de ce type ont parfois armé des autos blindées et des véhicules légers.

En décembre 1935 la marine espagnole achète cette mitrailleuse et va l’utiliser depuis ses destroyers et ses croiseurs durant la guerre d’Espagne.

Ces armes ont été réutilisés par les nationalistes espagnols puis une fois le pouvoir de Franco affermit des armes supplémentaires et des munitions ont été fournies au régime franquiste pour acheter sa complicité et éviter qu’il ne rentre en guerre aux côtés des allemands.

Cette arme va également être utilisée par la Belgique, le Brésil, l’Allemagne (mitrailleuses capturées en 1949), la Grèce, le Japon, la Pologne, la Chine nationaliste, la Roumanie et donc la Yougoslavie même si le nombre exact d’armes livrées à Belgrade est incertain, les chiffres tournant entre 500 et 800 exemplaires. .

Ces armes furent essentiellement utilisées comme mitrailleuses antiaériennes mais aussi comme arme antichar contre les blindés légers. Quelques armes furent également installées dans des blockhaus aux frontières.

Peu de mitrailleuses ont survécu à la campagne de Yougoslave. Si les allemands ne se sont pas intéressés à cette arme en revanche les italiens pour des raisons évidentes ont récupéré des mitrailleuses de ce type pour leurs troupes occupant la Yougoslavie.

La Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1929 était une mitrailleuse lourde de conception et de fabrication française pensant 37.5kg à vide, disposant d’un canon de 1670mm lui permettant de tirer une cartouche de 13.2mm à une distance maximale de 2500m en tir horizontal et de 1600m en tir vertical à raison de 450 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs de 30 coups ou par des bandes de 150 cartouches.

TEŠKI MITRALJEZ M.1938

Sous cette désignation figure la mitrailleuse tchécoslovaque ZB-60, une évolution de la ZB-53 en calibre 15mm.

C’est donc clairement une mitrailleuse lourde plus qu’une mitrailleuse moyenne destinée à l’infanterie. A noter que la ZB-60 à été produite sous licence en Grande-Bretagne par la firme BESA, cette arme équipant surtout des véhicules blindés.

L’armée yougoslave à reçu 368 exemplaires avant le démantèlement de la Tchécoslovaquie. Elle echoua à acquérir d’autres armes auprès des allemands ou à la produire sous licence de manière pirate.

Ces armes ont été surtout installées dans des blockhaus ou sur des véhicules légers. Des armes de ce type ont accompagné les soldats yougoslaves dans leur exil, armes conservées car les britanniques produisaient les munitions nécessaires (15x104mm).

Ces armes furent surtout utilisées pour protéger les états-majors et les plots logistiques contre les attaques aériennes et terrestres. L’usure des armes à entrainé leur remplacement peu après la fin de la guerre par la Browning M-2 de 12.7mm, l’immortelle «Ma Deuce».

La TEŠKI MITRALJEZ M.1938 était une mitrailleuse lourde de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 258kg en ordre de combat (203 pour l’affût et 55kg pour l’arme), mesurant 2500mm de long avec un canon de 1400mm. Il tirait une cartouche de 15mm (15x104mm) à une distance maximale de 2500m (1000m en pratique) à raison de 430 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des bandes de 40 cartouches.

Mitteleuropa Balkans (136) Yougoslavie (24)

Fusils

Mannlicher modèle 1895

Ce fusil austro-hongrois à été mis en service à la fin du XIXème siècle. Exporté dans les Balkans, il va être également utilisé par l’Italie soit via des armes capturées sur le terrible front de l’Isonzo ou cédées au titre des réparations de guerre.

Après le premier conflit mondial il à été utilisé par les pays ayant succédé à la Double-Monarchie mais également la Bulgarie voir des pays extra-européens. La production totale est estimée à 3.7 millions d’exemplaires, un chiffre plus que respectable.

Outre la version standard, une version courte à été mise sur pied pour les chasseurs et autres unités d’élite ayant besoin d’une arme moins encombrante. On trouve également un fusil destiné aux tireurs de précision.

Après guerre, certains fusils furent transformés pour tirer une cartouche plus puissante en l’occurence le 8x56mm. Les armes transformées ont été essentiellement utilisées par l’Autriche et la Bulgarie

Pour résumer ce fusil à été utilisé par l’Autriche-Hongrie, l’Italie, l’Albanie, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, la Finlande, l’Ethiopie (ex-armes italiennes), l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, la Turquie, la Pologne, le Portugal, la Chine, l’Espagne (républicains durant la guerre d’Espagne),la Roumanie, la Russie, la Yougoslavie, la Somalie (ex-fusils italiens).

La Yougoslavie à donc récupéré des Mannlicher modèle 1895 pour armer ses unités d’infanterie à la création de son armée. Ils ont d’abord tiré la cartouche d’origine avant d’être modifié pour tirer la nouvelle cartouche standard de l’armée royale yougoslave à savoir le 7.92x57mm Mauser. Certains de ces fusils furent exportés en Grèce, capturés en 1949 par les allemands qui les rétrocédèrent à leurs unités supplétives. Une façon de boucler la boucle en quelque sorte.

Avec la mise en service des fusils ZB modèle 1924, les Mannlicher modèle 1895 même rechambrés quittèrent peu à peu le devant de la scène mais pas complètement le service, les fusils disposant encore d’un bon potentiel étant soigneusement stockés. Ils sont ressortis lors des manœuvres et surtout lors de la mobilisation générale de 1948.

En théorie ces fusils devaient être une situation transitoire en attendant la livraison de fusils plus modernes mais les retards ont fait que certaines unités de l’armée royale yougoslave ont combattu les italiens, les allemands ou les hongrois avec des fusils vieux de plus de cinquante ans.

Quelques fusils sont parvenus jusqu’en Egypte mais bien entendus ils ont été retirés du service et remplacés par des fusils plus modernes en l’occurence des MAS-36.

Le Mannlicher modèle 1895 était un fusil de conception et de fabrication austro-hongroise pesant 3.78kg mesurant 1272mm de long dont 765mm pour le canon et tirant initialement la cartouche 8x50mmR Mannlicher. A l’aide de clips de cinq cartouches insérés à l’intérieur du corps de l’armé, ce fusil pouvait toucher une cible à 2000m (800m en pratique) avec une cadence de tir de 20 à 25 coups par minute.

Mannlicher-Carcano modèle 1891

Le Mannlicher-Carcano modèle 1891 est une création du lieutenant-colonel Carcano de l’Arsenal de Turin qui s’inspira du système Mauser et pour être plus précis du Mauser modèle 1889 utilisé par l’armée belge.

C’était une arme fiable, son seul point faible étant sa cartouche de 6.5mm qui bien que stable et précise manquait de puissance d’arrêt. Les italiens en étaient conscients mais il faudra du temps pour commencer le passage à la cartouche de 7.35mm, une cartouche à l’utilisation très limitée.

C’est avec ce fusil que la jeune armée italienne va participer à différentes interventions coloniales mais aussi au premier conflit mondial, à la guerre italo-abyssinienne, à la guerre d’Espagne, à l’expédition d’Albanie et bien entendu au second conflit mondial.

Au modèle standard se sont ajoutés une version carabine (Moschetto Mannlicher-Carcano modelo 1938), version plus courte avec un levier d’armement coudé, une petite hausse et une baïonnette repliable sous le canon.

Comme toutes les carabines, le recul est plus violent car l’arme est plus courte. La deuxième version est une version courte à crosse repliable mise au point pour les parachutistes mais sa production à été très limitée.

Ce fusil était toujours en service en septembre 1948 bien que depuis 1943 la décision avait été prise de remplacer le 6.5 par le 7.35mm plus puissant.

Ce fusil va donc participer à son second conflit mondial, étant toujours en service en avril 1954 moins dans l’armée co-belligérante (rééquipée par les anglo-saxons) que dans l’armée du régime pro-allemand largement rééquipée avec des armes saisies lors de l’opération Asche, les armes italiennes les plus modernes étant utilisées par les allemands qui n’avaient qu’une confiance limitée dans les troupes italiennes.

Cette arme à été utilisée également par l’Albanie, la Yougoslavie, la Libye, l’Ethiopie, la Grèce, généralement des armes capturées sur le champ de bataille ou dans l’immédiat après guerre notamment lors de la liquidation dans des circonstances douteuses des surplus militaires.

La Yougoslavie à récupéré des armes de ce type dans le chaos de l’immédiat après guerre en prennant sous son autorité les stocks laissés par l’armée austro-hongroise qui avait capturé des fusils de ce type notamment lors de la déroute de Caporetto.

A la différence du Mannlicher modèle 1895, ce fusil n’à pas été utilisé durablement dans l’armée yougoslave notamment en raison d’une cartouche peu courante et surtout de l’impossibilité de les transformer en 7.92mm. Ces fusils furent soit mis en réserve ou utilisés pour la parade. Son utilisation durant le second conflit mondial par les yougoslaves à été anecdotique.

Le Mannlicher-Carcano modèle 1891 était un fusil de conception et de fabrication italienne pesant 3.9kg à vide mesurant 1290mm de long (780mm pour le canon). Tirant la cartouche 6.5x52mm, il pouvait toucher une cible à 800m avec une cadence de tir de quinze coups par minute sachant que l’alimentation se fait par des magasins de six cartouches.

Mosin-Nagant modèle 1891-30

Le Mosin-Nagant modèle 1891 (et son évolution le modèle 1891-30) était le fusil standard de l’armée russe en 1914 mais aussi de la RKKA en septembre 1939. En juin 1950 lors du déclenchement de l’opération BARBAROSSA il était loin d’avoir dit adieu aux armes.

Tirant les leçons de la guerre russo-ottomane de 1877/1878 la Russie lance en 1882 un programme de mise au point d’un nouveau fusil. Après un processus d’évaluation délicat, le gouvernement russe décide de combiner les éléments du projet du colonel Mosin et ceux du célèbre Léon Nagant donnant naissance au Mosin-Nagant.

La production est assurée par quatre sites, trois en Russie (Tula, Izhevsk,Sestrovyetsk) et le quatrième en France, la Manufacture d’Armes de Chatelleraut (500000 exemplaires).

Cette arme participe à la guerre russo-japonaise puis à la première guerre mondiale, des armes étant même produites aux Etats-Unis. Des armes ayant été capturées par les ennemis de la Russie, certains Mosin-Nagant vont être rechambrés pour tirer des munitions plus famillières à leurs nouveaux propriétaires.

Le fusil participe naturellement à la guerre civile russe et ce dans les deux camps. Il participe ensuite à la guerre de Pologne et enfin à la deuxième guerre mondiale, les nouveaux fusils étant en nombre trop faible pour permettre aux Mosin-Nagant de prendre leur retraite.

La production continuait toujours à cadence réduite quand le second conflit mondial éclate et augmente après juin 1950 pour fournir la quantité colossale d’armes nécessaires à la guerre moderne. On estime à 48 millions le nombre de fusil produits de 1891 à 1956.

Durant le second conflit mondial, le Mosin-Nagant dans ses différentes versions fût utilisé pour les unités régulières, par les partisans mais aussi par les tireurs d’élite. Les allemands ont capturé des armes de ce modèle mais les ont surtout cédés à leurs alliés ou à des unités de recrutement local.

Le second conflit mondial terminé, le Mosin-Nagant dans ses différents versions à été rapidement remplacé par des fusils plus modernes. Ce n’était pas pour autant la fin de sa carrière, le vénérable fusil étant utilisé dans de nombreux conflits en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie.

D’autres pays ont mis au point des variantes locales plus ou moins modifiées comme l’Estonie, la Finlande, la Tchécoslovaquie, la Chine, la Hongrie, la Roumanie et la Pologne.

Les autres utilisateurs sont l’Afghanistan, l’Angola (irréguliers), le Bangladesh (irréguliers), la Bulgarie, le Camdodge, Cuba, Egypte, Indonésie (irréguliers), Irak, Laos, Lettonie,Lituanie, Mongolie,Népal,Phillipines (armes américaines), Vénézuela, Albanie, Autriche-Hongrie, Autriche, Ethiopie, Italie (armes austro-hongroises reçues en dommages de guerre), Japon (armes russes capturées), Yougoslavie, l’Espagne (république) et la Turquie sans compter les différents groupes irréguliers alimentés par différents trafiquants.

La Yougoslavie à récupéré des Mosin-Nagant modèle 1891 via les stocks de l’armée austro-hongroise (armes capturées) ou dans l’immédiat après guerre quand des intermédiaires peu scrupuleux vendaient des armes au plus offrant. En ce qui concerne les Mosin-Nagant modèle 1891-30 on ignore comment ils sont arrivés dans les mains yougoslaves.

Rechambrée au calibre 7.92x57mm, cette arme cohabite un temps avec le Mannlicher modèle 1895 et avec le Puska M.1924. Tout comme le modèle 1895, le Mosin-Nagant à été ensuite stocké en réserve pour ressortir en cas de besoin. Néanmoins si la réutilisation de Mannlicher modèle 1895 durant l’opération MARITSA est attestée et documentée, celle des Mosin-Nagant est incertaine et sujette à caution.

Le Mosin-Nagant modèle 1891 était un fusil à répétition belgo-russe pesant 4.06kg mesurant 1302mm de long (dont 800mm pour le canon) tirant la cartouche 7.92x57mm à une distance maximale théorique de 1200m (900m en pratique) à raison de cinq à dix coups par minute sachant que l’alimentation en munitions se faisait soit par des magasins internes de cinq cartouches ou des lame-chargeurs de même capacité.

PUŠKA M.1924

Sous sa désignation yougoslave se cache le fusil FN (Fabrique Nationale d’Armes) modèle 1924, une évolution belge du Mauser Gewehr 98. Sembable au fusil tchèque vz.24, il fût décliné en plusieurs calibres, donnant naissance à une famille de fusils adaptés aux besoins de ses différents clients.

Exporté dans le monde entier il participa à la guerre du Chaco entre la Bolivie et le Paraguay (1932-1935), la deuxième guerre italo-abyssinienne, la guerre civile chinoise, la deuxième guerre sino-japonaise, la guerre de Pologne, la guerre entre l’Equateur et le Pérou et bien entendu le second conflit mondial.

L’armée royale yougoslave fût un utilisateur majeur de ce fusil puisqu’elle l’acheta directement à la Belgique avant de le produire sous licence à l’Arsenal de Kragujevac. Si les fusils achetés en Belgique étaient désignés modèle 1924 ceux produits en Yougoslavie étaient des M.24.

La production se poursuivit en Yougoslavie jusqu’en 1945 et bien que la Yougoslavie n’acheta aucun modèle 1930 un certain nombre d’améliorations ont été intégrées aux M.24 produits en très grand nombre pour équiper les unités d’active et préparer les stocks destinés aux soldats mobilisés en cas de combat.

Le chiffre total de la production est incertain mais il tourne autour de 210000 exemplaires. Le fusil standard de l’armée yougoslave va cohabité avec un fusil étroitement dérivé le Puskha M.1948.

Après la fin de la Campagne de Yougoslavie, ce fusil à accompagné les soldats yougoslaves évacués en Egypte pour permettre la reconstitution de l’armée royale. Ce fusil fût remplacé par le MAS-36 français (en attendant d(hypothétiques MAS-40 qui n’arrivèrent jamais).

Cependant certains tireurs de précision conservèrent leurs M.24. Sur le territoire yougoslave ce fusil fût utilisé aussi bien par les unités appuyant les allemands, les italiens et les hongrois que les maquisards et les partisans. Le second conflit mondial terminé, quelques fusils furent conservés pour la parade et la garde des monuments.

Le PUŠKA M.1924 était un fusil à répétition belgo-yougoslave pesant 4.2kg chargé, mesurant 1100mm de long (dont 590mm pour le canon), tirant la cartouche 7.92x57mm à une distance maximale de 2000m (500m en pratique) à raison de 15 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des clips de 5 cartouches.

PUŠKA M.1948

Le PUŠKA M.1948 est une évolution du précédent. Contrairement au M.1924 ce projet est 100% yougoslave. Il est lancé en 1941 et à pour objectif d’améliorer la précision et la cadence de tir du modèle 1924. La question de la production et de l’entretien sont également abordées.

Le nouveau fusil est prêt en septembre 1944 après un long processus. Les tests sont menés par la troupe jusqu’au printemps 1945 et se révèlent dans l’ensemble satisfaisants. La production est lancée fin 1945 et va se poursuivre jusqu’en 1949 s’achevant après la sortie de 49000 exemplaires.

Ces fusils vont participer à la campagne de Yougoslavie entre les mains des unités de l’armée royale yougoslave puis dans la guerre entre partisans et forces de répression des M.1948 servant au sein des unités de l’Etat indépendant de Croatie tout comme au sein des unités de maquisards et de partisans.

La carrière du fusil s’est poursuivie après guerre, la production reprennant même à l’Arsenal de Kragujevac, une mesure transitoire le temps qu’un fusil moderne marquant une nette rupture ne prenne le relais.

Ce sera chose faite en 1962 quand la Yougoslavie communiste obtient l’autorisation de produire sous licence l’AK-57. Au totla on estime le nombre de PUŠKA M.1948 produits à 78000 exemplaires.

Des fusils sont encore utilisés pour la parade et la garde symbolique de bâitiments officiels, d’autres ont rejoint les musées tandis que certains ont été transformés en arme de tir sportif.

Le PUŠKA M.1948 était un fusil à répétition de conception et de fabrication yougoslave pesant 4kg chargé, mesurant 1050mm de long (dont 570mm pour le canon), tirant la cartouche 7.92x57mm à une distance maximale de 2000m (6800m en pratique) à raison de 15 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des clips de 5 cartouches.

MAS-36

MAS 36

La France sort victorieuse du premier conflit mondial avec un gigantesque stock d’armes en calibre 8mm. En ces temps de paix, de pacifisme et de crise économique, rien ne presse pour changer d’arme et de calibre en dépit des défauts de la munition Lebel.

Outre sa surpuissance, la forme de sa cartouche la rend inadaptée à son utilisation par des armes automatiques comme l’avait démontré le calamiteux Chauchat.

L’étude d’une nouvelle cartouche est lancée, la cartouche 7.5×58 avec comme première arme utilisatrice, le fusil-mitrailleur modèle 1924. Suite à plusieurs incidents de tir, la cartouche est modifiée et raccourcie devenant le 7.5×54 modèle 1929C, le fusil-mitrailleur devenant le modèle 1924 modifié 1929.

Après un long processus de mise au point le 17 mars 1936 le fusil de la Manufacture d’Armes de Saint Etienne soit adopté sous le nom de fusil de 7.5mm modèle 1936 plus connu sous le nom de MAS 36.

Les débuts de la fabrication sont très lents et en septembre 1939, seulement 63000 exemplaires ont été livrés aux unités de combat, chiffre qui passe à 430000 à la fin du mois de juin 1940. La production se poursuit pour rééquiper la majeure partie des unités de combat avec son lot de variantes.

On trouve ainsi le MAS 36/39, une version courte, l’équivalent d’un mousqueton destiné à équiper la cavalerie et l’artillerie ou encore le MAS 36 CR à crosse repliable destiné à l’infanterie de l’air.

La production du MAS 36 continua jusqu’en juin 1948 et atteignant le chiffre plus que respectable de 4.5 millions de fusils produits dont une grande partie est stockée pour la mobilisation des unités de réserve.

Quand éclate le second conflit mondial, le MAS-36 est encore en service, le MAS-40 et le MAS-44 étant réservés en priorité aux chasseurs et aux dragons portés des DC et des DLM même si certaines des meilleurs divisions d’infanterie l’ont également reçu notamment la 1ère DIM et la 1ère DINA.

Quand la Yougoslavie remet sur pied son armée la question du fusil se pose. Comme la France s’est chargée de rééquiper l’infanterie yougoslave, Belgrade espère recevoir le MAS-40 mais c’est finalement le MAS-36 qui va rééquiper les fusiliers yougoslaves.

Espérant qu’il s’agit d’une première étape, le gouvernement yougoslave accepte mais jamais les MAS-40 n’équiperont l’infanterie yougoslave. Le MAS-36 va rester en service en Yougoslavie jusqu’à la fin des années cinquante et rapidement mis en réserve pour une potentielle réutilisation ultérieure.

Le MAS-36était un fusil de conception et de fabrication française pesant 3.720kg à vide et 3.850kg chargé, mesurant 1020mm (1290mm avec baïonnette), disposant d’un canon de 575mm. D’un calibre de 7.5mm, il pouvait atteindre une cible à un portée pratique utile de 400m à raison de 10 à 15 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des magasins internes de cinq cartouches.

Mitteleuropa Balkans (131) Yougoslavie (19)

Création et évolution de la Jugoslovenska vojska

La future Jugoslovenska vojska voit le jour le 1er novembre 1918 quand le Conseil National des Croates, Slovènes et Serbes met sur pied un Département de la Défense Nationale pour pouvoir chapeauter les unités austro-hongroises présentes sur son territoire.

Un mois plus tard l’Etat des Slovènes, Croates et Serbes s’unit avec le Royaume de Serbie ce qui donne naissance au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes.

Quatre jours plus tard, le 5 décembre 1918, le 25ème régiment d’infanterie de la Garde Nationale Croate ainsi que des éléments de la 53ème DI opposés à l’unification des Slaves du Sud dans un même état manifestent dans les rues de Zagreb.

La police charge et règle le problème de façon musclée puisqu’on compte 15 morts et 17 blessés. Les unités concernées sont aussitôt démobilisées puis dissoutes.

A la fin de l’année 1918, une mission militaire serbe dirigée par Milan Pribicevic, Dusan Simovic et Milisav Antonijevic arrive à Zagreb pour former l’armée du nouveau royaume.

Le 1er janvier 1919 134 officiers supérieurs de l’armée austro-hongroise sont mis à la retraite ou relevés de leurs postes. En 1919/20 des combats opposent l’armée yougoslave et des corps françs autrichiens à propos de la Carinthie, region disputée entre la future Yougoslavie et la république d’Autriche.

En 1921 l’armée yougoslave comprend une division de cavalerie à quatre régiments montés et seize divisions d’infanterie à trois régiments d’infanterie et un régiment d’artillerie plus des unités d’appui et de soutien.

Les seize divisions d’infanterie sont regroupées en quatre zones militaires qui en temps de guerre doivent former autant d’armées : Novi Sad (1ère Armée), Sarajevo (2ème Armée), Skopje (3ème Armée) et Zagreb (4ème Armée). Fin 1921 une 2ème division de cavalerie est créée avec les quatre régiments montés qui dépendaient de chaque armée.

En ce qui concerne l’artillerie outre les régiments divisionnaires on trouve un régiment de canons et un régiment d’obusiers pour chaque armée.

Comme l’immense majorité des pays, c’est une armée de conscription, le service militaire étant nécessaire pour non seulement maintenir les effectifs du temps de paix (140000 hommes) et pour aboutir aux effectifs du temps de guerre (qui vont varier durant la période qui nous intéresse).

En ce qui concerne l’équipement il est naturellement disparate avec deux arméees disposant d’uniformes austro-hongrois et deux armées habillées à la française. L’armement est lui aussi varié avec des armes héritées de l’ancienne armée serbe et des armes venues de feu la Double-Monarchie.

Dans les années vingt l’armée yougoslave est impliquée dans plusieurs opérations comme les tentatives de retour de Charles IV de Hongrie ou encore des querelles de frontière avec l’Albanie et la Bulgarie.

Les premières années sont difficiles. La discipline est très stricte mais si une armée ne peut se passer de discipline cela ne fait pas tout. Les manques sont nombreux : budgets insuffisants, infrastructures défaillantes, manque de personnel compétent, manque de fournitures et d’armes…. .

En 1922 l’artillerie est réorganisée. Les obusiers présents au niveau des différentes armées vont rallier le niveau divisionnaire, huit des seize divisions d’infanterie disposant d’une brigade d’artillerie avec le régiment d’artillerie divisionnaire présent depuis 1921 et un régiment d’obusiers.

Les effectifs du temps de paix sont réduits passant de 140 à 10000 hommes avec le transfert des Gardes Frontières sous l’autorité du ministère des Finances alors que la Gendarmerie passe sous l’autorité du ministère de l’Intérieur.

Une partie de l’armée yougoslave est très engagée politiquement notamment des officiers serbes qui forment la Main Blanche, un groupe occulte qui va notamment tout faire pour bloquer la «yougoslavisation de l’armée». Cela explique que jusqu’à une date récente les hautes-sphères de l’armée royale yougoslave étaient quasi-exclusivement serbes.

En 1923 le service militaire universel est mis en place. Les hommes yougoslaves sont soumis à des obligations militaires de 21 à 50 ans étant affectés après leur service dans l’armée d’active lors de rappels réguliers de 21 à 40 ans puis de 40 à 50 ans dans la Réserve.

Des compagnies frontalières sont mises sur pied pour éviter les attaques surprises, compagnies qui couvrent la frontière albanaise, la frontière grecque et la frontière bulgare.

Toujours en 1923 le dernier général non serbe se retire. Le nombre de généraux passe de 26 à plus de 100.

En 1924 les seize divisions d’infanterie disposent désormais d’une brigade d’artillerie avec les deux régiments selon le modèle décrit plus haut.

En 1925 une Division de la Garde est mis sur pied avec deux régiments de cavalerie, un régiment d’infanterie et un régiment d’artillerie.

En 1926 une 5ème Armée est mise sur pied. Cette création se fait à effectifs constants avec deux divisions de la 1ère Armée (Novi Sad) et de la 4ème Armée (Zagreb).

Treize compagnies frontalières supplémentaires sont mises sur pied pour couvrir les frontières italiennes et hongroises.

Du 29 septembre au 2 octobre 1926 les premières grandes manœuvres sont organisées mais signe important on doit mobiliser des réservistes pour atteindre le chiffre de 10000 hommes.

En revanche on peut douter de la pertinence du scenario choisit à savoir des exercices s’inspirant des tactiques et des règlements de l’armée britannique avant la deuxième guerre des Boers, un conflit ayant eu lieu de 1899 à 1902.

Des militaires yougoslaves et différentes armes automatiques

En 1928 l’armée yougoslave met sur pied quatre régiments d’infanterie supplémentaires pour faire face à la montée en puissance de l’armée italienne. Ils doivent servir de noyau à quatre nouvelles divisions d’infanterie.

En 1929 Alexandre 1er met en place une dictature royale qui entraine une purge dans l’armée avec 32 généraux démis de leurs fonctions.

De nombreuses armes (fusils, mitrailleuses et canons notamment) sont livrés et la même année trois exercices inter-divisionnaires sont organisés avec des résultats mitigés.

En 1930 l’immense majorité des généraux de l’armée yougoslave sont serbes. Les généraux croates et slovènes occupent des postes secondaires. Cette politique ne va changer que dans les années quarante au moment de la Pax Armada. Cela explique les réticences des jeunes croates et des jeunes slovènes à s’engager dans l’armée puisque les perspectives de postes prestigieux sont limitées pour ne pas dire inexistantes.

En dépit d’achats réguliers d’armes les manques sont nombreux (mitrailleuses légères et lourdes, transport motorisé, transmissions, ponts mobiles, chars) et les manœuvres sont organisées comme si le premier conflit mondial n’avait pas eu lieu puisque la cavalerie charge toujours comme du temps de Napoléon ou encore l’infanterie attaque en masse à la façon de l’infanterie française à l’été 1914.

Les attachés militaires britanniques en poste à Belgrade ne sont pas tendre avec les officiers yougoslaves vus comme ultra-conservateurs, d’un esprit étroit, borné, refusant tout changement.

La crise de 1929 gêle l’entrainement des unités et quand il y à entrainement il se limite à des parades, à une formation de tir peu adaptée au combat et à quelques manœuvres en terrain libre.

En 1931 chaque bataillon d’infanterie reçoit une compagnie de mitrailleuses. Les divisions Svaska (Zagreb) et Dravska (Lubjana) convertissent un de leurs trois régiments d’infanterie en régiment d’infanterie de montagne. C’était une première étape vers la création de véritables unités de ce type.

C’est l’année suivante en 1933 que deux brigades de montagne indépendantes sont mises sur pied avec deux batteries de 75mm.

Dès cette époque on envisage une guerilla en cas d’invasion du territoire national et pour cela on prépare des unités Chetnik. Toujours en 1932, trois régiments d’artillerie antiaérienne sont mis sur pied.

Au début de 1933 Belgrade craint un conflit avec l’Italie et la Hongrie, deux pays avec lesquels la Yougoslavie partage de solides contentieux frontaliers.

L’état-major se montre cependant confiant dans les capacités d’une infanterie robuste et d’une artillerie bine équipée. Il manque cependant de nombreuses armes pour faire la différence dans un conflit moderne.

C’est aussi à cette époque que commence la période des «classes creuses», les appelés pour le service militaire sont moins nombreux qu’auparavant car nombre de jeunes hommes sont morts durant les guerres balkaniques et le début du premier conflit mondial avant d’avoir pu avoir des enfants.

Des choix sont donc faits avec des dissolutions d’unités ou la réaffectation d’effectifs dans d’autres armes. Si on dissous des unités d’infanterie on créé néanmoins trois régiments antiaériens indépendants. Il faut noter néanmoins que l’armée yougoslave connait un déficit en terme d’officiers (3500 postes vacants) et de sous-officiers (7500 postes vacants).

En 1934 on note une volonté de réduire la taille des DI pour créer un échelon intermédiaire entre la division et l’armée à savoir l’échelon du corps d’armée mais cette réforme est ralentie puis quasiment bloquée par les plus conservateurs. A noter également la création d’un bataillon de guerre chimique avec pour objectif que chaque armée dispose d’une compagnie.

Des manœuvres militaires au niveau de l’armée sont prévues pour 1935 et on commence à étudié la possibilité de développer au sein de l’armée yougoslave des unités motomécaniques. Le rapport demande cependant d’y aller avec prudence en raison d’une géographie contrainte et d’infrastructures pas toujours adaptées.

Toujours en 1935 on estime qu’il faudrait un mois à l’armée yougoslave pour mobiliser 800 à 900000 hommes. Le processus de mobilisation prévoit le dédoublement de huit des seize divisions d’infanterie du temps de paix mais aussi le dédoublement de l’unique division alpine.

On prévoit également la formation d’une troisième division de cavalerie qui représenterait vingt-quatre divisions d’environ 25000 hommes, une Division de la Garde, deux Divisions Alpines et trois Divisions de Cavalerie. La même année six régiments d’infanterie sont dissous mais les moyens sont répartis pour permettre le renforcement des régiments existants.

Des armes modernes continuent d’arriver notamment de Tchécoslovaquie mais les lacunes restent nombreuses notamment en ce qui concerne les radios et quand ces derniers sont présentes il y à impossibilité de communiquer par exemple entre l’artillerie et l’aviation ou entre l’infanterie et l’artillerie !

Les fameuses manœuvres de 1935 sont davantage des démonstrations que l’on ferait pour des autorités que de véritables exercices militaires. De plus les généraux ont peu de liberté de manœuvre ce qui nuit au but recherché à savoir amélioré les compétences des officiers d’état-major.

Renault FT en version canon avec un canon de 37mm SA modèle 1916

En 1936 un premier bataillon de chars est créé, un bataillon à trois compagnies de trois pelotons de cinq chars équipé de vénérables Renault FT.

En septembre 1937 des manœuvres sont organisées en Slovenie avec l’équivalent de quatre divisions.

Les attachés militaires invités en observateurs peuvent observer les nombreuses lacunes de l’armée yougoslave : incompétence de nombreux officiers, formation et entrainement insuffisant à tous les échelons, manque d’armes modernes….. . Le seul point positif est que les réservistes croates et slovènes ont répondu présents.

Toujours en 1937 des fortifications sont construites à la frontière italienne pour contrer une attaque surprise de l’armée italienne. Point de Ligne Maginot mais plutôt comme souvent en Europe des blockhaus et autres bunkers tactiques destinés à empêcher que l’on franchisse trop facilement la frontière. Clairement il s’agit de gagner du temps et non de stopper l’ennemi.

En 1938 la situation géopolitique de la Yougoslavie se dégrade avec l’union ou plutôt l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, l’affaiblissement de la Tchécoslovaquie avec les Accords de Munich. Il y à désormais une frontière commune avec l’Allemagne ce qui change bien des choses sur le plan militaire.

Toujours en 1938 un Commandement de la Défense Côtière est créé mais c’est une simple réorganisation administrative puisque cela se fait à effectifs et moyens constants. La même année les livraisons de fusils et de mitrailleuses de la part de la dynamique industrie militaire tchécoslovaque permet de combler les dernières lacunes et les premiers ouvrages fortifiés sont érigés à la frontière avec l’Allemagne.

Une chose ne change pas cependant : la surreprésentation des serbes parmi les hauts-gradés de l’armée. Sur 165 généraux on trouve seulement deux croates et deux slovènes ce qui laisse 161 postes aux serbes.

Un effort significatif sera mené durant la Pax Armada et sans totalement rééquilibrer les choses il corrigera nombre de situations abérrantes comme l’absence totale de généraux croates ou slovènes à la tête d’unité composées de soldats venus de ces régions.

A l’orée de la guerre de Pologne la Yougoslavie doit normalement pouvoir mobiliser 1 457 760 soldats répartis en trente divisions d’infanterie, une division de la Garde et trois Divisions de Cavalerie.

Quand le conflit éclate la Yougoslavie déclare sa neutralité et mobilise une partie de ses troupes pour pouvoir faire face à un débordement du conflit voir une attaque surprise de l’Italie que Belgrade fixe plutôt depuis l’Albanie en direction du Monténégro plutôt que sur la frontière nord-ouest.

La fin du conflit permet à l’armée de terre yougoslave de revenir à son format du temps de paix. Il faut cependant tenir compte des leçons du conflit et essayer si possible de corriger les problèmes d’équipement.

Sur ce plan la situation est contrastée. Si l’armée yougoslave possède 4000 pièces d’artillerie seules 1700 peuvent être considérées comme modernes et nombre d’entre-elles (812) sont des canons antichars ce qui signifie que le parc de l’artillerie de campagne est sinon obsolète du moins en voie de déclassement.

On compte également 2300 mortiers de différents calibres (mortiers d’infanterie et d’artillerie _220 et 305mm par exemple_) et 940 canons antiaériens légers et médians.

En ce qui concerne les chars et les unités motomécaniques on trouve six bataillons d’infanterie cycliste au sein des divisions de cavalerie (trois par division en temps de paix, deux en temps de guerre), six régiments d’artillerie motorisés et des unités de chars, des Renault FT et des Renault R-35. On trouve également des chenillettes à la valeur militaire douteuse et des camions importés des EUA.

Renault R-35

Le plan de mobilisation actualisé en 1941 prévoit la mise sur pied de vingt-huit divisions d’infanterie, de trois divisions de cavalerie et de trente-cinq unités indépendantes qui doivent former le cœur de groupements occasionnels pour combattre sur la frontière. A la même époque sur les 167 généraux on compte 150 serbes, 8 croates et 9 slovènes. Un progrès mais la route est encore très longue.

Les divisions doivent être regroupées en armées puis en groupes d’armées. Toujours selon le plan de mobilisation de 1941 cela doit aboutir à la situation suivante :

-2ème Groupe d’Armées (Entre les Portes de Fer sur le Danube et la Drava) : 1ère et 2ème Armée

-1er Groupe d’Armées (Italie, Allemagne et Hongrie) : 4ème et 7ème Armées

-3ème Groupe d’Armées (Roumanie, Bulgarie, Albanie) : 3ème Armée, 3ème Armée territoriale, 5ème et 6ème Armée

On peut voir que les moyens sont concentrés dans le sud du pays et non au nord. Là aussi durant la Pax Armada la répartition va être mieux équilibrée.

Mitteleuropa Balkans (130) Yougoslavie (18)

Une histoire des forces armées en Serbie (2) : guerres balkaniques et première guerre mondiale.

Généralités

Le Royaume de Serbie va participer aux deux guerres balkaniques. Ces deux conflits véritables répétition de la première guerre mondiale sont les deux faces d’une même pièce avec d’abord des nations balkaniques unies pour chasser l’empire ottoman d’Europe puis des alliés d’hier devenus des ennemis d’aujourd’hui.

Un traité d’alliance serbo-bulgare est signé en mars 1912, Belgrade et Sofia voulant se partager le Vardar macédonien. En mai la Serbie signe un traité similaire avec la Grèce et en octobre c’est autour du Monténégro de signer un traité d’alliance militaire avec la Serbie.

Durant ces deux guerres la Serbie va conquérir le Kosovo _considéré comme le berceau de la nation serbe_, la Macédoine, le Sandjak de Novi Pazar. Le traité de Londres signé après la première guerre permet à la Serbie de s’emparer du Kosovo et du nord-ouest de la Macédoine.

Après la deuxième guerre qui voit la Bulgarie attaquer ses anciens alliés serbes et grecs, le traité de Bucarest permet à la Serbie de récupérer tout le Vardar macédonien. Elle aurait souhaité pouvoir disposer d’une fenêtre maritime sur l’Adriatique mais les grandes puissances préfèrent créer un royaume d’Albanie. La Serbie gagne 81% de superficie et 1.6 millions d’habitants (passant de 2.9 à 4.5 millions).

Comme nous l’avons à propos de la Bulgarie, la Serbie est aux premières loges durant le premier conflit mondial. Attaquée par les Empires Centraux, elle fait mieux que se défendre mais finit par craquer.

Commence alors une terrible Anabase en plein hiver dans les montagnes albanaises.. 400000 militaires et civils entament un véritable périple direction les ports albanais où des navires italiens parviennent à les évacuer en direction de Corfou. Seuls 120000 soldats (sur 135000) et 60000 civils (sur 280000) parviennent sur l’île grecque. Cela n’est pas finit car 11000 soldats et civils finiront par succomber des conséquences de cette odyssée.

Ordre de bataille de l’armée royale serbe au moment de la 1ère guerre Balkanique.

1ère Armée

Le prince Alexandre de Serbie futur Alexandre 1er de Yougoslavie en tenue militaire serbe

Sous le commandement du prince héritier Alexandre (futur Alexandre 1er de Yougoslave), elle comprend les unités suivantes :

-Artillerie d’Armée : 1ère batterie d’obusiers, 6ème batterie de mortiers, 1ère, 2ème et 3ème batteries lourdes de 120mm

-Division de Cavalerie : 1er,2ème, 3ème et 4ème régiments de cavalerie + artillerie divisionnaire

-Division de 1ère ligne «Morava» : 1ère, 2ème, 3ème et 16ème RI, un régiment d’artillerie, une batterie d’artillerie de montagne et un régiment de cavalerie.

-Division de 1ère ligne «Drina» : 4ème, 5ème, 6ème, 17ème RI, un régiment d’artillerie et un régiment de cavalerie

-Division de 1ère ligne «Danube» : 7ème, 8ème, 9ème et 18ème RI, un régiment d’artillerie et un régiment de cavalerie

-Division de 2ème ligne «Danube» : 7ème RI (2ème ligne), 8ème RI (2ème ligne), 9ème RI (2ème ligne), 4ème régiment d’infanterie surnuméraire, trois batteries d’artillerie, cavalerie divisionnaire

-Division de 2ème ligne «Timok» : 13ème RI, 14ème RI, 15ème RI (tous régiments de 2ème ligne), trois batteries d’artillerie, cavalerie divisionnaire

2ème Armée

-Artillerie d’Armée : 1er régiment d’artillerie de montagne (moins une batterie détachée auprès de la division «Morava») et 2ème batterie d’obusiers

-Division de 1ère ligne «Timok» : 13ème, 14ème, 15ème et 20ème RI, un régiment d’artillerie et un régiment de cavalerie

-7ème DI «Rila» (Bulgarie) : 3 brigades

3ème Armée

Canon de 120mm Schneider-Canet modèle 1897 préservé en Serbie

-Artillerie d’Armée : 2ème bataillon d’artillerie de montagne, 3ème bataillon d’artillerie de montagne, 3ème batterie d’obusiers, 4ème batterie d’artillerie, 4ème batterie lourde (120mm)

-Cavalerie d’armée : deux escadrons d’armée

-Division de 1ère ligne «Sumadija» : 10ème, 11ème, 12ème et 19ème RI, un régiment d’artillerie, cavalerie divisionnaire

-Division de 2ème ligne «Morava» : 1er RI (2ème classe), 2ème RI (2ème classe), 3ème RI (2ème classe), trois batteries d’artillerie, cavalerie divisionnaire

-Brigade 1ère ligne «Morava» 1er et 2ème régiments surnuméraires 9ème batterie d’artillerie détachée du régiment d’artillerie de la division «Morava», Cavalerie divisionnaire

-Détachements de Chetnik : Medveda, Kursumlija, Lukovo et Kolasin

Armée d’Ibar

-Division de 2ème ligne «Sumadija» : 10ème, 11ème, 12ème RI (2ème classe), artillerie divisionnaire, cavalerie divisionnaire

-5ème régiment d’infanterie surnuméraire

-1er bataillon d’artillerie de montagne (2ème ligne)

-5ème batterie d’obusiers

-5ème batterie lourde

Brigade Javor

-3ème régiment d’infanterie surnuméraire, 4ème régiment d’infanterie (2ème classe), 3ème batterie (détaché de l’artillerie divisionnaire de la Division «Drina»), 4ème batterie d’artillerie de montagne (2ème classe), 1ère batterie d’artillerie de position Uzujcse, 6ème batterie lourde (120mm) et un escadron de cavalerie

Les batailles de l’armée serbe

Pour ce conflit les serbes ont mobilisé 230000 hommes. 5000 soldats serbes sont morts, 18000 sont blessés tandis que 6698 sont morts de maladie.

Du 3 au 5 novembre 1912 à lieu entre serbes et ottomans la bataille de Prilep. Les troupes serbes submergent les troupes ottomanes qui n’ont d’autre choix que de se replier. Les pertes serbes sont cependant très lourdes avec 2000 morts et blessés contre 1200 morts et blessés de l’autre côté.

Du 16 au 19 novembre 1912 à lieu la bataille de Monastir. Environ 100000 serbes affrontent 40000 ottomans. Après sa défaite à Kumanovo, les ottomans se replient et se regroupent autour de Bitola, objectif de la 1ère Armée serbe.

Cette dernière est durement accrochée par l’armée ottomane qui dispose d’une nette supériorité en artillerie ce qui compose son infériorité numérique.

Les serbes doivent attendre l’arrivée de leur propre artillerie pour contrebattre l’artillerie ottomane qui est neutralisée le 18. Bitola tombe le lendemain. Les serbes contrôlent alors tout le sud-ouest de la Macédoine dont la ville d’Ohrid.

Certains serbes auraient voulu poursuivre vers le sud et Thessalonique mais le commandant serbe, le général Pvanik refuse car il craint de provoquer l’Autriche-Hongrie qui n’avait pas vraiment envie d’une Serbie surpuissante ayant une fénètre sur la mer Egée et sur la mer Adriatique.

De toute façon les grecs et les bulgares étaient déjà là et nul doute qu’Athènes comme Sofia n’auraient pas vraiment voulu d’un troisième crocodile dans le marigot.

Du 3 novembre 1912 au 26 mars 1913 la forteresse d’Andrinople à été assiégée par les bulgares rejoint ensuite par les serbes. Sa chute va pousser l’Empire ottoman à demander la paix car incapable de poursuivre la lutte. 106425 bulgares et 47275 serbes vont affronter entre 50 et 70000 ottomans.

C’était donc la fin d’un siège de cinq mois marqué par deux attaques nocturnes infructueuses. La prise de cette forteresse fait sensation car elle avait été fortfiée par les allemands et était jugée imprenable.

Du côté des serbo-monténégrins, les monténégrins assiègent puis capturent la firme de Skohdra (auj. Skhoder sur le lac du même nom).

Comme nous le savons le partage des dépouilles ottomanes à dégénéré entrainant un nouveau conflit entre la Bulgarie et ses anciens alliés rejoints par des ottomans revanchards.

Le 1er juin 1913 est signé un traité entre la Grèce et la Serbie. Les deux pays disposent d’une frontière commune et signent un pacte d’assistance militaire mutuelle.

La Bulgarie attaque le 29 juin 1913 la Serbie et la Grèce. Le Monténégro, l’Empire ottoman mais aussi la Roumanie vont intervenir ultérieurement.

Sur le plan militaire, les troupes serbes et grecques sont encore fraiches. En effet elles n’ont pas eu à s’employer alors que les troupes bulgares ont combattu durement ce qui provoque de nombreuses pertes.

Belgrade mobilise 348000 hommes, perdant au fnal 9000 tués au combat, 5000 des suites de maladie et 36000 blessés.

Dans la nuit du 29 au 30 juin 1930, les bulgares attaquent l’armée serbe sur la rivière Bregalnica, un affluent majeur du Vardar mais aussi l’armée grecque à Nigrita. Les serbes tiennent bon et sont bientôt rejoints par les monténégrins. L’armée grecque l’emporte également dans ses propres affrontements contre les bulgares.

La bataille de Bregalnica est la première du conflit. Deux armées bulgares affrontent deux armées serbes (renforcées par quelques éléments monténégrins).

Sur le plan numérique cela nous donne 184000 bulgares (116000 pour la 4ème armée 68000 pour la 5ème armée) répartis entre 100 bataillons d’infanterie, 6 régiments de cavalerie et 63 batteries d’artillerie qui affrontent 191000 serbo-monténégrins répartis entre 104 bataillons d’infanterie, 24 escadrons de cavalerie et 62 batteries d’artillerie.

C’est la plus grande bataille de la guerre qui se termine par une défaite bulgare et de sérieuses pertes avec plus de 20000 morts et blessés côté bulgare et 16620 pertes dont 3000 tués côté serbo-monténégrin.

Du 4 au 7 juillet à lieu la bataille de Knjazevac entre environ 50000 bulgares appuyés par 108 canons et 40000 serbes appuyés par 68 «bouches à feu». C’est une victoire bulgare, les troupes de Sofia s’emparant de cette ville située à 250km au sud-est de Belgrade et 55km au nord-est de Nis.

Du 6 au 8 juillet la 3ème armée bulgare affronte la 2ème armée serbe dans la bataille de Pirot. Les bulgares qui avaient lancé l’offensive doivent se replier pour aider leur 1ère armée sérieusement accrochée par les roumains.

Avec cette défaite qui s’ajoute à celle survenue lors de la bataille de Bregalnica, les bulgares peuvent dire adieu à la conquête du sud-ouest de la Serbie.

Le 8 juillet 1913 à lieu la bataille de Bedogradchik entre les bulgares et les serbes qui se termine par une victoire serbe.

Du 12 au 18 juillet la ville de Vidin défendue par 4200 bulgares est assiégée 8500 serbes. Une première attaque serbe échoue mais la paix est signée avant que d’autres attaques d’où qu’elles viennent soient menées à bien.

Les 18 et 19 juillet 1913 à lieu la bataille de Kalimanci. Deux armées bulgares affrontent une armée serbo-monténégrine. Les bulgares repoussent les serbes qui cherchaient à les expulser de Macédoine et retrouver les grecs plus en aval sur la rivière Struma. C’est une importante victoire défensive pour les bulgares qui empêchent toute invasion de la Bulgarie par la Serbie.

Du 22 au 31 juillet à lieu la Bataille de Kresna qui est la dernière bataille majeure du conflit. Les bulgares avaient contre-attaqué les serbo-monténégrins le 19 juillet et tentent de faire pareil contre des grecs épuisés dont les lignes de communication sont sur le point de rompre. Pour ne rien arranger on se chamaille au sommet de l’état entre le premier ministre Venizelos partisan d’un armistice et le roi Constantin 1er qui voulait obtenir une grande victoire militaire.

Cette bataille manque de tourner à la catastrophe pour les grecs, les bulgares appuyant sur les flancs pour tenter de réitérer la célèbre bataille de Cannes (-216).

Les grecs demandent aux serbes de relancer l’attaque mais Belgrade refuse. A la même époque les roumains avancent vers Sofia. C’est ce qui va sauver les grecs d’un anhilation quasi-totale et aboutiront in fine au retour de la paix.

Ordre de bataille de l’armée royale serbe en 1914

Quand éclate le premier conflit mondial, la Serbie mobilise plusieurs armées pour faire face aux futures attaques des Empires Centraux et notamment de l’Autriche-Hongrie.

NdA dans cet ordre de bataille je n’ai que les régiments d’infanterie au sein des divisions. J’ignore si les divisions comprennent également des unités de cavalerie et d’artillerie mais cela semble probable.

1ère Armée

-Artillerie d’Armée

-Division de Cavalerie : 1er,2ème, 3ème et 4ème régiments de cavalerie

-Division de 1ère ligne «Timok» : 13ème, 14ème, 15ème et 20ème RI (1ère classe)

-Division de 2ème ligne «Timok» : 13ème, 14ème, 15ème RI (2ème classe)

-Division de 2ème ligne «Morava» : 1er, 2ème et 3ème RI (2ème classe)

-Détachement Branicevo (issu de la division de 2ème ligne «Dunav») avec des éléments des 7ème, 8ème, et 9ème RI (2ème classe) ainsi que du 9ème RI (1ère classe) sans oublier les 8ème et 9ème RI (3ème classe).

2ème Armée

-Artillerie d’Armée

-Division de 1er rang «Morava» : 1ère, 2ème, 3ème et 18ème RI (1er rang)

-Division Combinée de 1er rang : 1er, 2ème, 5ème et 6ème RI surnuméraires

-Division de 1er rang «Sumadija» : 10ème, 11ème, 12ème et 19ème RI

-Division de 1er rang «Dunav» : 7ème, 8ème et 18ème RI + 4ème RI surnuméraire

3ème Armée

-Artillerie d’Armée

-Division de 1er rang «Drina» 5ème, 6ème et 17ème RI (1er rang) 3ème RI surnuméraire (1)

-Division de 2ème ligne «Drim» 5ème et 6ème RI (2ème classe), 6ème RI (3ème classe), 1er bataillon du 5ème RI (3ème rang)

-Détachement Obrenovac : 7ème RI (3ème rang), deux bataillons du 5ème RI (3ème rang)

Détachement de Tchetnik Jadar

Groupe d’Armée Uzice

-Artillerie d’Armée

-Division de 2ème rang «Sumadija» 10ème, 11ème et 12ème RI (2ème rang), 4ème RI (1er rang)

-Brigade Uzice : 4ème RI (2ème rang), 4ème RI (3ème rang)

-Différents détachements : Détachement Lim, Détachement Chetnik Zlatigor, Détachement Tchetnik Gornjak

Les batailles de l’armée serbe durant le premier conflit mondial

La terrible anabase de l’armée serbe dans les montagnes albanaises

Epique tel pourrait être le mot pour définir les combats de l’armée serbe durant le premier conflit mondial. Après une brillante résistance l’épuisement provoque un effondrement du dispositif militaire serbe.

L’armée accompagné de la cour et des civils entame une véritable anabase à travers les montagnes albanaises, une retraite épique en plein hiver qui provoqua des dizaines de milliers de morts civils et militaires. Même après l’évacuation depuis les ports albanais en direction de Corfou entraina des morts supplémentaires, certains soldats et certains civils ne supportant pas les conséquences du froid, du manque de nourriture, du stress….. .

Du 28 juillet 1914 au 15 décembre 1915 à lieu la Campagne de Serbie. L’armée serbe mobilise 420597 hommes auxquels vont s’ajouter 50000 monténégrins. Ces effectifs vont tomber à 250/270000 et 48300 respectivement.

L’armée serbe n’est pas en très grande forme. Elle ne s’est pas encore remise des pertes durant les deux guerres balkaniques et manque d’armes modernes.

Le 29 juillet au lendemain de la déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie, Belgrade est bombardée par l’artillerie austro-hongroises. Il faudra attendre le 12 août pour que la rivière Drina soit franchie par les soldats de la Double-Monarchie.

L’Autriche-Hongrie avait prévu le déploiement de trois armées contre la Serbie (2ème, 5ème et 6ème) pour des effectifs globaux dépassant plus de 500000 hommes mais l’entrée en guerre plus rapide de la Russie avait contraint Vienne à redéployé à l’est la 2ème Armée, faisant retomber les effectifs à 285000 hommes. Comme ce redéploiement prenait des temps des éléments de la 2ème Armée on pu être engagés sur le front serbe.

La 5ème Armée austro-hongroise attaque la Serbie depuis la Bosnie avec le soutien d’éléments de la 2ème Armée venue de Syrmia. La 6ème Armée était déployée dans le sud de la Bosnie mais ne pouvait pas attaquer immédiatement.

Le commandant des troupes austro-hongroises, le général Potiorek veut aller vite mais commet deux erreurs principales : ne pas engager tous ces moyens et attaquer non pas par les plaines du Nord mais à l’ouest dans une région montagneuse nettement plus difficile.

Cela aurait pu néanmoins marcher puisque d’abord les serbes pensent à une attaque de diversion mais quand le maréchal Putnik comprend qu’il s’agissait de l’attaque avec un grand D il engage les 2ème et 3ème Armée qui après quatre jours de violents combats oblige les troupes austro-hongroises à se battre en retraite. Ces premiers combats ont valu à l’Autriche-Hongrie 23000 pertes (tués, blessés et prisonniers) et à la Serbie 16500 pertes.

Sous la pression des alliés, l’armée serbe va engager sa première armée dans une offensive limitée au delà de la Sava c’est à dire dans la région austro-hongroise de Syrmie. Il s’agit surtout de ralentir l’envoi sur le front russe de la 2ème armée.

Ce fût un échec avec 6000 pertes côtés serbes contre des pertes ennemies estimées à seulement 2000 hommes.

Le 7 septembre 1914 les austro-hongrois repassent à l’attaque depuis l’ouest en franchissant la Drina avec les 5ème et 6ème armées. C’est la 5ème attaque qui lança une première offensive mais elle est repoussée par la 2ème armée serbe provoquant 4000 pertes. En revanche cela se passa mieux pour la 6ème armée plus puissante qui parvint à prendre par surprise la 3ème armée serbe.

Des unités de la 2ème armée serbe ayant renforcé la 3ème, la 5ème armée austro-hongroise repassa à l’offensive dans l’espoir d’obtenir une tête de pont. Cette attaque obligea la 1ère Armée à stopper son offensive en Autriche-Hongrie pour engager une féroce contre-attaque contre la 6ème armée avec là encore des résultats mitigés des deux côtés. On enregistre de lourdes pertes des deux côtés.

Le front se stabilise mais les serbes manquent de tout et surtout d’artillerie lourde. Une offensive serbo-monténégrine est lancée en Bosnie pour soulager la pression sur le front principal mais cela est un échec.

Face à une armée serbe affaiblie, les austro-hongrois repassent à l’attaque le 5 novembre 1914, l’armée serbe se repliant en bon ordre, offrant une solide résistance sur les rives de la rivière Kolubara mais le manque de munitions d’artillerie poussa à une retraite qui obligea les serbes à abandonner la capitale Belgrade où les troupes de la Double-Monarchie entrent le 2 décembre 1914.

Les austro-hongrois sentant les serbes sur le point de craquer décident de déplacer la 5ème armée dans la région de Belgrade pour frapper le flanc droit serbe mais ce choix avait l’inconvénient de laisser la 6ème armée seule pendant quelques jours.

Les serbes ne laissent pas passer leur chance et lancent toutes leurs forces le 3 décembre contre la 6ème Armée. La 5ème armée austro-hongroise arrive trop, les 2ème et 3ème armées serbes submergeant la 6ème armée. Les austro-hongrois n’ont d’autre choix que se replier au delà des rivières. Belgrade est reprises le 15 décembre 1914 ce qui marque la fin de la première phase de la campagne de Serbie.

Cette première phase se termine par un retour à la situation d’avant conflit mais les pertes sont énormes, bien plus importantes que dans les conflits précédents avec près de 170000 pertes côté serbe alors que les austro-hongrois ont perdu environ 215000 hommes.

Il va falloir attendre près d’un an pour que l’offensive reprenne. Cette fois ce sont les austro-hongrois, les allemands et les bulgares qui passent à l’offensive. C’est le 7 octobre 1915 que les troupes germano-austro-hongroises franchissent les rivières Drina et Sava. Deux jours plus tard après d’intenses combats de rue la capitale serbe est prise.

Le 14 octobre 1915 les bulgares attaquent à leur tour, la 1ère Armée bulgare bat la 2ème armée serbe à la Bataille de Morava tandis que la 2ème armée bulgare l’emporte sur les serbes à la Bataille d’Ovche Pole.

Si les serbes n’avaient eu qu’à affronter les germano-austro-hongrois ils auraient pu s’en sortir mais avec les bulgares cela devenait impossible. Les troupes serbes tentèrent d’abord de rejoindre les troupes alliées présentes en Grèce mais cela ne pu se faire et les serbes n’eurent d’autre chois que d’entamer une terrible retraite, une terrible anabase en direction de l’Albanie.

Cette retraite se fit dans des conditions dantesques avec de nombreux civils, un temps épouvantable et l’attaque de bandes armées albanaises qui se vengeaient de massacrés menés durant les guerres Balkaniques.

Seuls 155000 serbes (beaucoup de militaires mais aussi des civils) ont réussi à atteindre les ports albanais. Avec l’aide des navires alliés ils ont pu être évacués vers Corfou et d’autres îles grecques où ils purent reprendre des forces avant d’être réengagés sur le front macédonien. Certains rescapés décédèrent des mois après la fin de l’évacuation le 10 février 1916, le maréchal Putnik succombant à l’épuisement 15 mois plus tard en France.

Cette campagne de Serbie se termine par de lourdes pertes avec 67000 pertes du côté des Empires Centraux contre 94000 tués et blessés côté serbe auxquels il faut ajouter 174000 prisonniers (dont 70000 blessés).

Une fois évacués les soldats serbes vont être réentrainés et rééquipés pour occuper le front de Macédoine.

Après l’offensive bulgare de l’été 1916, les alliés lancent une contre-attaque le 12 septembre 1916. C’est la Bataille de Kaymakchalan (12 au 30 septembre 1916) menée essentiellement par les serbes.

Cela se termine par une victoire tactique des serbes mais les pertes sont lourdes des deux côtés. Les bulgares et les allemands qui ont perdu 60000 hommes évacuent Bitola. Le front à clairement reculé de 40km.

Après un hiver 1916/17 calme, les opérations vont reprendre au printemps 1917. l’Armée alliée d’Orient voit ses effectifs portés à 24 divisions avec six divisions françaises, six divisions serbes, sept divisions britanniques, une division italienne, trois divisions grecques et deux brigades russes.

Tout comme sur le Chemin des Dames, l’offensive alliée lancée au printemps est un échec et après de lourdes pertes pour des gains minimes, le haut-commandement allié décide d’arrêter les frais le 21 mai 1917.

A l’automne 1918, les alliés alignent une Armée d’Orient composée de cinq divisions d’infanterie françaises, une division d’infanterie italienne et deux divisions grecques, deux Corps d’Armée serbes regroupant huit divisions d’infanterie dont deux françaises plus une division de cavalerie, Un groupe de divisions avec une division coloniale (française), une division grecque et une division britannique, une Armée britannique de Salonique avec deux corps d’armées regroupant trois divisions britanniques et deux divisions grecques et enfin l’Armée Grecque composée de deux corps d’armée soit un total de six divisions d’infanterie dont une à l’entrainement.

De leur côté les Empires Centraux alignent sur le front de Salonique la 11ème armée allemande (deux corps d’armées, sept divisions majoritairement bulgares), la 1ère armée bulgare (trois divisions d’infanterie et une brigade d’infanterie), la 2ème armée bulgare (trois divisions d’infanterie) et la 4ème armée bulgare qui dispose d’une division d’infanterie et d’une division de cavalerie.

La France veut lancer une offensive majeure mais il faut un accord politique avant de passer à l’action. Cela prend du temps et ce n’est qu’à l’automne 1918 que tout va se débloquer.

A cette époque les effectifs sont équilibrés (291 bataillons côté alliés contre 310 de l’autre côté) mais le conflit à clairement choisit le camp de l’Entente surtout depuis l’échec des offensives allemandes du printemps.

Du 15 au 18 septembre 1918 à lieu la bataille de Dobro Pole. Elle oppose deux divisions bulgares à trois divisions françaises, deux corps d’armées serbes et trois divisions grecques. C’est le début de l’offensive du Vardar qui allait aboutir à la rupture du front. La Bulgarie va capituler le 29 septembre 1918.

Disposant de 420000 hommes au début de la guerre, la Serbie tombe à tout juste 100000 hommes à la fin du premier conflit mondial. Selon des chiffres publiés en 1924 la Serbie à perdu au total 365164 soldats soit 26% du personnel mobilisé, plus du double des autres belligérants. On trouvait également 114000 gueules cassées et 500000 orphelins.

Mitteleuropa Balkans (113) Yougoslavie (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

T.11 MITTELEUROPA ET BALKANS

VOLUME 4 : YOUGOSLAVIE

AVANT-PROPOS

Le 22 mai 2020 j’ai commencé le tome 11 de ma gigantesque que dis-je de ma monumentale, de ma vertigineuse uchronie qui après dix tomes (T1 France T2 Allemagne T3 Grande-Bretagne T4 Etats-Unis T5 Japon T6 Italie T7 URSS T8 Dominions T9 Benelux T10 Scandinavie) comprend 8395 pages !

Le 30 octobre 2020 j’ai terminé la Roumanie (Tome 11 vol.3) ce qui portant le total de pages écrites à 9080 pages

Ce Tome 11 est le dernier des tomes concernant des nations belligérantes puisque le Tome 12 sera consacré aux nations neutres.

Ce Tome 11 disposera de six volumes, le premier consacré à la Hongrie, le deuxième consacré à la Bulgarie, le troisième consacré à la Roumanie, le quatrième à la Yougoslavie, le cinquième à la Grèce et enfin le sixième à l’Etat indépendant de Slovaquie apparu au printemps 1939 suite au démantèlement de ce qui restait de la Tchécoslovaquie. Comme pour le tome 10 il y aura des nations alliées et des nations ayant appartenu à l’Axe.

L’organisation sera différente selon les volumes. Si le volume 1 ne possédait pas de partie marine, si le volume 6 consacré à la Slovaquie n’en possèdera pas non plus (et pour cause !), les volumes 2 à 5 consacré respectivement à la Bulgarie, à la Roumanie, à la Yougoslavie et la Grèce posséderont une partie consacrée à la marine qui fera suite à la partie traditionnelle consacrée à l’histoire générale.

La troisième partie sera consacrée à l’armée de terre avec d’abord une partie sur l’histoire militaire du pays, une partie sur l’organisation générales et des plus ou moins grandes unités et enfin une partie sur l’armement et les véhicules. Je terminerai par une partie consacrée à l’armée de l’air, son histoire, son organisation et son équipement.

Après cette partie consacrée au plan général revenons un peu sur l’histoire avec un grand H. J’ai eu du mal à définir l’étendue géographique qui est nettement moins évidente que celles des deux derniers tomes (Scandinavie, Benelux). J’ai finalement choisit «Mitteleuropa et Balkans» soit en français «Europe du milieu et Balkans».

Tout comme le terme Scandinavie il est peut être inapproprié pour les puristes mais je pense que c’est pas mal (j’avais un temps pensé à «Europe danubienne et balkanique» mais cela ne me satisfaisait pas totalement).

Mis à part peut être la Grèce ces pays ont un point commun celle d’avoir été gravement impactés par la première guerre mondiale et les traités qui y ont mis fin.

Nous avons d’abord les pays vaincus comme la Hongrie et la Bulgarie qui ont souffert de traités particulièrement musclés notamment le pays des magyars qui passa du statut de puissance majeure au sein d’une double-monarchie austro-hongroise au statut d’une puissance de second ordre enclavée en Europe centrale. La Bulgarie avait du également rendre des comptes aux alliés occidentaux pour s’être alliée aux empires centraux.

La Yougoslavie était elle un des états issus de l’éclatement de l’empire austro-hongrois en compagnie de la Tchécoslovaquie et partiellement de la Pologne. De cet état tchécoslovaque naquit au printemps 1939 un état slovaque souverain, une souveraineté biaisée par le fait que Bratislava devait tout à l’Allemagne.

La Roumanie et la Grèce en revanche avaient appartenu au camp des vainqueurs même si leur participation à la première guerre mondiale à été plutôt limitée, Bucarest livrant une prestation catastrophique et ne devant son salut qu’à une preste assistance alliée (et surtout française) alors qu’Athènes fût engagée contrainte et forcée dans le conflit, sa participation étant parasitée par un conflit entre un premier ministre pro-allié (Venizelos) et un roi pro-allemand (Constantin 1er).

Dans l’immédiat après guerre cette région est traversée par de vigoureuses secousses entre Blancs et Rouges, entre pro-allemands et pro-alliés. C’est aussi le théâtre d’une lutte d’influence où la France tente de nouer un réseau d’alliance pour contre une réémergence de la menace allemande et pour tendre un cordon sanitaire contre la Russie bolchevique. Pas étonnant que ces différents pays aient connu pour la plupart des régimes autoritaires souvent réactionnaires parfois fascisants.

C’est l’acte de naissance de la Petite Entente. Les français n’en sont pourtant pas à l’origine puisque son origine remonte au 14 août 1920 quand la Tchécoslovaquie, la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes _Yougoslavie à partir de 1929_ signent un accord d’assistance pour se prémunir de la menace hongroise, Budapest n’ayant jamais accepté le traité du Trianon le 4 mai 1920.

Cette alliance est renforcée par des accords bilatéraux entre la Roumanie et la Tchécoslovaquie (23 avril 1921), entre la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (7 juin 1921) et entre le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes et la Tchécoslovaquie (31 août 1921). La Petite Entente entend garantir, par la force si besoin, les traités de paix.

Cette alliance est cependant imparfaite et incomplète puisque ne prenant pas en compte les autres menaces que ce soit l’URSS (vis à vis de la Roumanie), l’Italie (vis à vis de la Yougoslavie) ou encore l’Allemagne et la Pologne (vis à vis de la Tchécoslovaquie).

Suite aux accords de Locarno, la France signe des alliances militaires avec Prague (16 octobre 1925), avec Bucarest (10 juin 1926) et Belgrade (novembre 1926).

Suite aux renoncements français de la fin des années trente, ces pays vont davantage se tourner vers l’Allemagne.

Nul doute que si la guerre de Pologne était devenu un conflit mondial nul doute que cette région aurait durablement échappé aux alliés. Son arrêt brutal en décembre 1939 permet à Paris et à Londres de remettre l’ouvrage sur le métier.

Plus facile à dire qu’à faire puisque si la réputation dégringole par l’ascenseur, elle remonte par l’escalier. Il faudra du temps, de la patience, du doigté et un soupçon de chance pour rendre la région moins hostile aux alliés.

C’est ainsi que des accords formels de coopération et d’assistance militaires sont signés avec la Yougoslavie et la Grèce, le premier étant signé à Belgrade le 14 septembre 1945 et le second à Athènes le 8 octobre 1946. Des tentatives vis à vis de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie se heurtent à une telle inertie qu’elle équivaut à une fin de non recevoir.

Cette relance est donc limitée mais s’accompagne d’une coopération politique et militaire avec notamment la livraison de matériel militaire moderne ainsi que l’envoi comme dans les années vingt de missions militaires, le général Gamelin dirigeant celle en Yougoslavie et le général Georges celle envoyée en Grèce. L’envoi de généraux ayant été aux manettes de l’armée française est très apprécié par les gouvernements concernés qui y voient une profonde marque de respect.

Quand la guerre s’annonce inévitable à très court terme la région concernée par ce tome se partage entre pays pro-alliés mais sans excès (Yougoslavie, Grèce), des pays clairement pro-allemands (Hongrie, Slovaquie, Roumanie) et une Bulgarie qui accepte de se faire courtiser par les deux camps tout en veillant à ne pas se mettre à dos la Russie qui bien que communiste est toujours considérée par nombre de bulgares comma la Troisième Rome, protectrice des slaves.

Quand la seconde guerre mondiale éclate le 5 septembre 1948 ces différents pays mobilisent mais ne s’engagent pas directement dans le conflit. Question de temps dirions nous…… .

***

Ce volume 4 concerne donc la Yougoslavie (initialement Royaume des Serbes Croates et Slovènes), l’un de ces pays nés de la fin de la première guerre mondiale qui avait entrainé l’implosion de la Double-Monarchie austro-hongroise.

C’était la réalisation d’un rêve de voir tous les Slaves du Sud (Yougo-Slaves) être réunis dans un même état. Seulement voilà cet état à été construit autour d’un royaume existant, le royaume de Serbie qui après une première guerre mondiale où elle souffrit mille morts était bien décidé à réaliser à son profit cette union.

Alexandre 1er de Yougoslavie

Les tiraillements vont commencer immédiatement. En 1929 le nouvel Etat prend officiellement le titre de Royaume de Yougoslavie sous l’autorité d’Alexandre 1er qui allait être assassiné cinq ans plus tard à Marseille en compagnie du ministre français des affaires étrangères Louis Barthou.

Quand éclate la guerre de Pologne la Yougoslavie sous l’autorité de Pierre II fils d’Alexandre 1er est au bord du gouffre.

On craint même un effondrement du pays et une nouvelle implosion comme vingt ans plus tôt avec l’Autriche-Hongrie. Nul doute qu’une invasion étrangère qu’elle soit italienne, allemande ou d’un des pays voisins aurait provoqué la fin du jeune royaume.

Le retour d’une paix fragile en Europe est vue comme un signe du destin. Ce qu’on pourrait appeler des hommes de bonne volonté tentent de réformer le royaume en évitant les écueils nationalistes non sans quelques prometteurs résultats.

Sur le plan de la politique étrangère comme nous l’avons vu la Yougoslavie se rallie non sans hésitations au camp allié mais sans excès et craignant toujours une agression italienne ou allemande.

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948 la Yougoslavie décide de mobiliser pour faire face à tout éventualité. A cette époque Belgrade craint surtout une invasion italienne couplée avec un soulevement croate.

C’est pour cela que malgré leur volonté hégémonique les serbes sont obligés de ménager les croates de peur que Mussolini n’en profite pour s’emparer de la Dalmatie que Rome convoite depuis des années.

En juillet 1949 les allemands qui souhaitent sécuriser le flanc sud de l’opération BARBAROSSA et accessoirement sortir les italiens du guépier grec lancent l’opération MARITSA, une offensive destinée à neutraliser la Yougoslavie et la Grèce.

En dépit de craintes d’une trahison générale les slovènes comme les croates se battent bien dans l’ensemble. Il y à certes des désertions, des unités qui se rendent sans combattre mais la situation n’est pas aussi désastreuse que le gouvernement yougoslave avait pu le craindre.

Voilà pourquoi si la Yougoslavie à été occupée l’armée de Pierre II n’à pas démérité et va pouvoir préparer la revanche non sans difficultés.

En dépit des suppliques du gouvernement yougoslave en exil le front balkanique à toujours été considéré comme secondaire, les offensives sont tardivement lancées avec des moyens limitées qui remportent des résultats assez probants.

La Yougoslavie est libérée mais à quel prix ! Le pays est ruiné et si les monarchistes ont damné le pion aux communistes ils ne savent pas encore que ce n’est que partie remise.