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Marine

Une histoire navale du Portugal : entre grandes découvertes et batailles navales

Quand l’histoire navale portugaise commence-t-elle ? On peut citer l’année 1180 quand à lieu une bataille de la Reconquista en 1180 au large du Cap Espichel une escadre lusitanienne commandée par le chevalier Fuas Roupinho défait une escadre musulmane.

Ce chevalier lance en 1181 et 1182 deux raids pour s’emparer de Ceuta, décédant au cours de la deuxième tentative. Il faudra attendre 1414/15 pour que la ville tombe aux mains des portugais (avant de passer sous souveraineté espagnole).

Si la majorité des batailles de la Reconquista sont terrestres, la marine portugaise joue un rôle capitale en sécurisant les côtes et en ravitaillant les troupes. Elle participe à la prise des villes d’Alcacer do Sal, de Silves et de Faro. Elle combat également la Castille lors d’incursions menées par cette dernière dans les terres portugaises.

Par la suite elle va naturellement être engagée dans la croisade menée par les portugais contre l’Afrique du Nord avant que les monarques lusitaniens ne préfèrent les grandes découvertes moins risquées _tout est relatif_ et plus lucratives _tout est relatif_ (bis).

Le 12 décembre 1317 le roi Denis organise la marine portugaise en faisant de Manuel Pessanha, un génois (Emmanuel Pessagno de son vrai nom) le premier amiral du royaume. Cette date est considérée aujourd’hui comme la date de création officielle de la marine portugaise qui à célébré son 700ème anniversaire le 12 décembre 2017.

En 1321 la marine portugaise attaque des ports musulmans d’Afrique du Nord. Entre 1336 et 1341, les portugais posent les jalons de l’expansion en direction notamment des Canaries (qui seront finalement conquises et colonisées par l’Espagne).

Durant la guerre de succession portugaise de 1383 à 1385, la marine portugaise combat son homologue castillane. Une campagne navale portugaise est menée en Galice pour s’emparer de villes côtières mais aussi détruire la base du Ferrol d’où sont partis les navires castillans assiégeant Lisbonne.

La marine portugaise va ensuite participer aux explorations et à la constitution de l’empire colonial portugais en direction de l’Afrique, de l’Amérique et de l’Asie.

Henri le Navigateur

Le patron de cette exploration c’est naturellement Henri le Navigateur (1394-1460), un infant qui en dépit de son surnom n’à jamais navigué !

En 1419 les portugais découvrent l’île de Madère puis en 1427 découvrent les Açores. En 1434 Gil Eanes dépasse le cap Bojador. Le cap Blanc est atteint en 1441, le banc d’Arguin en 1443, le fleuve Sénégal et le Cap-Vert en 1444. Henri le Navigateur accède ainsi à l’or et aux esclaves sans passer par l’intermédiaire des marchands arabes. En 1462 la future Sierra Leone est atteinte.

Après la mort de Dom Henrique l’exploration se poursuit avec la découverte du cap de Bonne Espérance en 1488 que son découvreur Bartolomeu Dias avait baptisé «Cap des Tempêtes». Dix ans plus tard Vasco de Gama arrive aux Indes à Calicut (1498) et en 1500 Pedro Alvares Cabral découvre le Brésil qui va devenir le joyau du premier empire colonial portugais.

Entre 1519 et 1521 un navigateur portugais Fernand de Magellan est le premier à tenter une circumnavigation (tour du monde). Je dis bien tenter puisqu’il est mort aux Philippines dans une querelle entre roitelets locaux.

La mise en place de l’empire colonial n’est ni une sinécure ni une partie de plaisir notamment dans l’Océan Indien où les ottomans s’opposent aux portugais directement ou via des royaumes clients.

En 1509 la bataille de Diu voit une escadre portugaise commandée par Francisco de Almeida remporte une victoire contre les ottomans et les musulmans d’Inde asseyant définitivement l’emprise lusitanienne dans la région.

Les navigateurs portugais se rendent également en Chine (1517), à Formose et au Japon où ils sont les premiers européens à s’y rendre. Ils découvrent ce qui se révélera ultérieurement (mais on le sait pas encore) l’Australie (1522). Les portugais détruisent une escadre ottomane à l’entrée de la mer Rouge en 1542 et la même année se rendent jusqu’en Californie. Dès 1520 des navigateurs portugais se rendent dans ce qui deviendra la Nouvelle Angleterre. En 1588 ils explorent la baie d’Hudson.

Entre-temps en 1520 le roi Manuel 1er organise la flotte portugaise en trois flottes permanentes : une flotte côtière pour les patrouilles le long du littoral, une flotte des îles basées aux Açores pour protéger les îles lusitaniennes et la flotte des détroits qui opérait dans la zone du détroit de Gibraltar pour sécuriser les lignes de communications en direction de la Méditerranée et de l’Afrique du Nord.

Si les deux premières flottes possédaient majoritairement des navires à voile, la flotte des détroits était essentiellement composée de navires à rames (galères et fustes). Cette organisation va rester en place jusqu’au début du 19ème siècle. Aux côtés de ces flottes, des groupes occasionnels ont également été mis sur pied.

En 1535 le gallion Botafogo armé de 366 canons et d’un belier participe à l’expédition de Tunis en 1535. En 1567 une escadre portugaise expulse les français installés en baie de Guanabara (Brésil).

En 1580 Philippe II devient Philippe 1er de Portugal. Le Portugal reste en théorie un royaume indépendant mais en réalité la patrie de Camoes est unie à celle de Cervantes. La marine portugaise reste opérationnelle mais les portugais ont eu la désagréable sensation que la défense de leurs possessions coloniales à été sacrifiée au profit de la défense de l’empire espagnol. Cela jouera clairement dans la révolte de 1640.

C’est ainsi qu’en 1588 l’Invincible Armada est composée en partie de navires portugais avec leur fleuron, le navire-amiral Sao Martinho , un escadron de neuf galions renforcé d’un galion venant de Toscane et de deux zabras ainsi qu’un escadron de quatre galères soit un total de seize navires et de plus de 5800 marins.

Cette Union Iberique à aussi un impact sur l’empire colonial portugais qui est attaqué par les anglais, les français et les néerlandais, trois ennemis de l’Espagne. La marine portugaise à aussi mené des missions de luttre contre la piraterie en Méditerranée et dans l’Océan Indien.

En 1618 le premier régiment d’infanterie de marine est créé. C’est le Terço da Armada da Coroa de Portugal qui est l’une des plus anciennes unités de ce type. Ce «Régiment de la Marine de la Couronne du Portugal» n’est pas né de rien puisque dès 1585 des unités d’infanterie et d’artillerie sont mises sur pied.

En 1625 une flotte portugaise dirigée par Rui Freire de Andrade expulse les anglo-néerlandais du détroit d’Ormuz ce qui permet aux portugais de reprendre le contrôle du golfe Persique. La même année la ville de Salvador de Bahia tombée aux mains des néerlandais en 1624 est reprise par une force luso-espagnole de 52 navires et 12000 marins dont l’infanterie de marine portugaise.

Le 1er décembre 1640 le Portugal se révolte et doit se battre contre les espagnols pour que l’indépendance passe de l’idée à la réalité. La marine portugaise est du côté des révoltés.

Elle parvient à défendre les colonies portugaises et même à reconquérir certains territoires tombés aux mains des néerlandais.

Elle participe quelques années plus tard à la Guerre de Succession d’Espagne (1700-1714) aux côtés des anglais. Un escadron de huit navires de ligne est ainsi envoyé au large de Gibraltar en 1705 alors que le rocher est assiégé par une armée franco-espagnole.

Cet escadron participe notamment à la bataille de Cabrita Point (21 mars 1705 35 navires anglo-luso-néerlandais contre 18 navires franco-espagnols. Pertes inconnues mais les franco-espagnols perdent cinq navires _2 détruits et 3 capturés_ ).

En 1716 à la demande du pape, le Portugal accepte de soutenir Venise dans sa défense contre l’avancée ottomane. Le 19 juillet 1717 une flotte luso-malto-vénitienne dirigée par l’amira-comte de Rio Grande défait la marine ottomane au large du cap Matapan.

De 1762 à 1777, les forces navales portugaises sont également engagées dans la défense du Brésil lors de différents conflits et autres querelles frontalières avec l’Espagne.

A la fin du 18ème siècle, le secrétaire d’Etat à la marine D. Martinho de Melo e Castro réorganise totalement la marine portugaise avec la création d’une académie royale d’enseignes (Academia Real dos Guardas-Marinhas) en 1792. La même année les trois régiments navals (deux d’infanterie et un d’artillerie) sont réorganisés et fusionnés au sein d’une Brigada Real de Marinha (Brigade Royale de Marine) qui dispose de plus de 5000 hommes.

La marine portugaise participe aux guerres de la Révolution et de l’Empire. Une escadre de cinq navires de ligne, deux frégates, deux brigantines et un navire-hôpital est envoyé en Grande-Bretagne pour patrouiller dans La Manche et empêcher la France de se montrer trop remuante.

A la fin du siècle la marine portugaise possède 13 navires de ligne, 16 frégates, trois corvettes, 17 bricks et huit navires de soutien. A cela s’ajoute les moyens déployés en permanence aux Indes à savoir un navire de ligne et six frégates.

En 1798 la marine portugaise est engagée aux côtés des anglais contre la France, des navires lusitaniens opérant au large de l’Egypte et lors du Siège de Malte.

En 1807 le général Junot envahit le royaume de Portugal. Suivant un vieux plan le prince-régent Jean (futur Jean VI) décide d’évacuer la famille royale, la couronne et les élites en direction du Brésil pour se mettre à l’abri de ceux que ses ennemis ont baptisé «l’ogre corse».

Le 29 novembre 1807 la famille royale, le gouvernement et 15000 fonctionnaires et militaires (avec leurs familles) quittent le Portugal direction le Brésil. La flotte concernée comprend huit navires de ligne, cinq frégates et cinq navires plus petits. Elle arrive à Bahia le 22 décembre 1807 et enfin à Rio de Janeiro le 8 mars 1808.

En janvier 1809 le Portugal envahit la Guyane Française, une véritable opération amphibie menée par une flottille portugaise, 550 fantassins de marine lusitaniens, 700 fusiliers brésiliens et une frégate britannique.

La marine portugaise combat également en Asie (campagne antipiraterie depuis la colonie de Macau entre novembre 1809 et février 1810).

Après le retour de la paix suite à la fin des guerres napoléoniennes la marine portugaise est engagée dans une guerre civile opposant libéraux et conservateurs, les premiers défendant les droits de Marie II les seconds ceux de Michel 1er, oncle et mari (sic) de la précédente que l’histoire à retenu sous le nom de Michel 1er l’Usurpateur. C’est aussi à cette époque que le Brésil s’émancipe et se sépare du Portugal, devenant un empire.

C’est ainsi que la marine brésilienne est composée essentiellement d’hommes et de navires issus de la marine portugaise et qui avaient choisit de suivre le futur Pierre 1er.

Cela explique peut être pourquoi bien plus tard la marine auriverde aura elle aussi une prompention à la mutinerie et au coup d’état.

L’indépendance du Brésil ne se fait pas sans heurts, une guerre est nécessaire. Si l’essentiel des engagements est terrestre il y à quelques batailles navales opposants navires portugais et brésiliens donc quasiment des combats fratricides.

En 1825 quand le Portugal reconnaît officiellement l’indépendance de son ancien colonie sud-américaine, l’Académie Royale d’Aspirants se divisee en deux, une pour le Brésil et une pour le Portugal.

La guerre civile portugaise (1828-1834) est essentiellement un conflit terrestre mais il y à tout de même des batailles navales en partie en raison du fait qu’initialement seules les Açores restent fidèles à la reine légitime ce qui impose une reconquête du Portugal continental. Autre problème la marine reste fidèle à l’usurpateur (sic) ce qui impose aux libéraux la lourde tâche de construire une nouvelle marine.

En 1829 la marine migueliste tente de reprendre le contrôle de l’île de Terceira dans l’archipel des Açores mais elle est battue lors de la Bataille de Praia de Vitoria. Celle-ci à lieu le 11 août 1829 quand les miguelistes tentent de s’emparer de la capitale de l’île de Terceira. Après une défense énergique des libéraux, la flotte migueliste est repoussée. Désormais les libéraux disposaient d’une solide base de départ pour reconquérir le Portugal continental.

Enfin presque puisque les miguelistes vont maintenir le blocus de l’île jusqu’en 1831. Une flotte française est envoyée au Portugal pour bloquer Lisbonne et chatouiller les arrières de la flotte migueliste. Elle mouille à l’embouchure du Tage le 11 juillet 1831 avec une nette supériorité puisqu’aux six navires de ligne, trois frégates, trois corvettes et quatre bricks, les forces fidèles à Michel 1er ne disposent que d’un navire de ligne, de quatre frégates et de deux corvettes qui plus est en sous-effectifs.

En juillet 1832 Pierre est parvenu à rassembler une flotte de 60 navires sous le commandement de George Rose Sartorius qui débarque 7500 hommes à Mindelo. La petite armée rallie Porto où elle est bientôt assiégée par l’armée migueliste. Le siège allait durer un an avec plusieurs tentatives libérales pour biser le siège mais sans succès.

Le 20 juin 1833 une partie de cette armée quitte Porto à bord des navires commandés par un autre anglais Charles Napier (qui à succédé à Sartorius) direction l’Algarve pour prendre les forces miguelistes à revers. Sur le chemin du retour, la flotte libérale affronte la flotte migueliste.

C’est la Bataille du Cap St Vincent qui à lieu le 5 juillet 1833. Les libéraux alignent trois frégates, une corvette, un brick et plusieurs navires auxiliaires contre trois vaisseaux de lignes, une frégate, trois corvettes, un chebec et deux bricks.

Les deux flottes se sont mutuellement repérés dès le 3 juillet mais nous sommes à l’époque de la voile et les manœuvres sont dépendantes des éléments. Cela aurait pu aller plus vite avec la présence de navires à vapeur mais ces derniers fuient le camp libéral le 4 juillet. Il faudra donc combattre à l’ancienne.

La bataille se termine par une victoire des libéraux (30 morts et 60 blessés) sur les miguelistes qui ont perdus six navires capturés, 200 à 300 hommes tués ou blessés.

Les libéraux prennent l’initiative et montent à l’abordage, la décision se fera à l’ancienne au corps à corps, les libéraux capturant trois vaisseaux de ligne, une frégate et une corvette dont les équipages se rallient. Un sixième navire va ensuite faire défection et rejoindre le camp libéral. Le reste de la flotte migueliste se replie sur Lisbonne. Pierre fait de Napier le vicomte du cap Saint-Vincent. Peu après la flotte fût décimée par le cholera.

En raison de l’instabilité de la monarchie portugaise la marine du royaume est largement délaissée durant le reste du siècle. D’une marine océanique la marine portugaise devient une marine tout juste capable de patrouiller dans les eaux littorales. Autant dire que pour protéger ou étendre les colonies on repassera…… .

Dans les années 1830 les premiers bâtiments à vapeur entrent en service mais on produit encore des navires de ligne à voile (le Vasco de Gama armé de 80 canons est mis en service en 1841) et des frégates à voile (la dernière de ce type, la Dom Fernando II e Gloria est construite aux Indes en 1845).

A la fin des années 1850 la marine portugaise remplace ses dernières unités à voile par des unités à vapeur (ou mixtes), des corvettes à propulsion mixte opérant en haute-mer et des canonnières pour la défense des côtes et des colonies.

En 1880 la marine lusitanienne comprend une corvette blindée, six corvettes, treize canonnières, trois navires-école et quatre navires de soutien. Cette marine est cependant trop faible pour faire autre chose que de la figuration ce qui explique qu’en 1890 Lisbonne doit céder devant l’ultimatum britannique qui enterre le rêve d’un empire colonial allant de l’Atlantique à l’Océan Indien, rêve qui avait été amorcé grâce à une série d’expéditions qui faisait que l’Afrique était de moins en moins une terra incognita.

La marine portugaise veille également à maintenir une garde vigilante en Europe en construisant de solides défenses côtières pour protéger les principales villes du pays à savoir Lisbonne et Porto. En 1876 la marine royale portugaise met en service le monitor Vasco da Gama, son premier navire blindé pensé pour être utilisé comme batterie flottante en liaison avec des batteries côtières, des torpilleurs et même des sous-marins.

Le croiseur Alfonso de Albuquerque

Justement le premier torpilleur est mis en service en 1882 suivit deux ans plus tard d’une corvette, l’Alfonso de Albuquerque, le premier croiseur sans protection (c’est-à-dire sans blindage). En 1889 un prototype de sous-marin, le Fontes du nom de son inventeur est presenté mais n’aboutit pas.

Tout comme la marine française plus tard si son homologue lusitanienne s’interesse au sous-marin c’est dans une stratégie du faible au fort, un moyen de contrebalancer une infériorité quantitative et qualitative.

En 1896 le ministre de la marine Jacinto Candida da Silva fait voter un programme naval d’urgence, une conséquence de l’ultimatum britannique de 1890 qui avait conduit nombre de portugais à participer à la souscription nationale ouverte pour offrir à la marine un croiseur. Le programme en question prévoir la construction de quatre croiseurs protégés qui doivent remplacer les corvettes à propulsion mixtes comme navires majeurs de la marine portugaise.

En 1901 le vénérable monitor Vasco da Gama est reconstruit sous la forme d’un croiseur cuirassé et en 1907 un premier sous-marin est commandé.

Faute de guerres majeures, la marine portugaise ne participe qu’à des opérations de police coloniale, des opérations de «pacification» où un navire bien armé transporte dans des territoires mal connus des troupes pour maintenir la souveraineté portugaise. Des canonnières fluviales sont construites pour opérer aux côtés d’unités d’infanterie.

La principale opération de ce type est la campagne de pacification de la région de Barué dans le centre du Mozambique, territoire traversé par la rivière Pungwe. C’est une véritable opération combinée qui voit l’engagement des croiseurs Sao Gabriel et Sao Rafael mais aussi des canonnières Chainmite et Liberal qui vont appuyer les canonnières fluviales de la flottilles du Zambezi, cette dernière étant renforcée par des navires marchands réquisitionnés, navires qui assurent le transport d’unités d’infanterie et d’artillerie appartenant à l’Armée de Terre mais aussi des unités d’infanterie de marine ainsi que des unités composées comme on disait à l’époque «d’indigènes».

Au début du vingtième siècle la Ligue Navale Portugaise un organisme d’influence et de propagande lance une série d’études pour réformer et rééquiper la marine portugaise qui dispose durant les dernières années de la Monarchie de six croiseurs, quatre torpilleurs, une canonnière-torpilleur, treize canonnières plus des navires de soutien. Un sous-marin est également en construction.

Le 10 octobre 1910 la monarchie des Bragance est renversée, la république proclamée. Celle-ci à de grands projets pour la marine avec pas moins de trois cuirassés type dreadnought, troi croiseurs, douze destroyers et six sous-marins.

Hélas pour les marines lusitaniens le projet déposé au parlement en 1912 se heurte à un problème majeur : le manque d’argent. Peu à peu l’instabilité politique provoque une nouvelle période de crise pour la marine portugaise qui semble ne jamais pouvoir sortir de la décrépitude qui est la sienne depuis trop d’années. A la fin des années 1920 la marine portugaise n’existe que sur le papier tant l’état matériel des navires est préoccupant.

La marine portugaise est donc clairement dans l’incapacité de défendre efficacement les colonies portugaises contre les attaques menées par les allemands sur le continent africain. En août 1914 le poste de Mazuia (Mozambique portugais) est attaqué, la garnison massacrée. Le sergent Eduardo Rodrigues da Costa de la marine portugais est le premier mort lusitanien du conflit.

D’autres attaques sont menées dans le sud de l’Angola depuis le Sud-Ouest Africain allemand. Le gouvernement portugais décide d’envoyer des renforts, un bataillon expéditionnaire commandé par le Lieutenant-Commander Afonso Cerqueira est envoyé en Angola en novembre 1914.

Avant même la déclaration de guerre de l’Allemagne au Portugal (mars 1916), des combats opposent les deux pays sur le continent africain.

Le 23 février 1916 trente-huit navires allemands sont saisis dans le port de Lisbonne suivis d’autres dans les ports de Porto, de Setubal, de Horta et de Ponta Delgada aux Açores, de Funchal (Madère), de Sao Vicente (Cap Vert), de Luanda (Angola), de Beira et de Lourenço Marques (Mozambique) et de Mormugao (Indes portugaises). Au total de sont soixante-douze navires allemands et austro-hongrois qui sont saisis. Le 9 mars 1916 l’Allemange déclare la guerre au Portugal suivie par son allié austro-hongrois deux jours plus tard.

Quand le premier conflit mondial éclate, la marine portugaise dispose de cinq croiseurs, d’un aviso, d’un destroyer, d’un sous-marin, de douze canonnières, de sept canonnières fluviales, de quatre torpilleurs, de deux navires-écoles et de sept autres navires armés.

Durant le conflit les marins lusitaniens ont reçu deux destroyers, trois sous-marins et trois canonnières auxquels il fallait ajouter les navires réquisitionnés (paquebots, cargos, chalutiers, remorqueurs) pour permettre à la marine portugaise de dispose de trois croiseurs auxiliaires, d’un navire-hôpital, de quatre navires de transports et de vingt chalutiers armés utilisés comme patrouilleurs et dragueurs de mines. Toujours durant le conflit une aéronavale est créée avec des hydravions.

Au Mozambique on trouvait le croiseur Adamastor et la canonnière Chaimite auxquels il faut ajouter des canonnières fluviales et d’autres petits navires de la Flottille du Zambezi.

En mai 1916 le croiseur et la canonnière bombardent les positions ennemis dans l’embouchure de la Rovuma et débarquent des troupes pour s’emparer des fortifications allemandes de l’île de Namaca.

En revanche le débarquement sur la rive nord est repoussé par des troupes allemandes bien retranchées, les mitrailleuses teutonnes provoquant de lourdes pertes chez les portugais. Il faudra attendre trois mois de plus pour que la zone soit occupée par les lusitaniens.

Au printemps 1918 le croiseur Sao Gabriel assure la défense du Cap pendant quatre jours et s’illustre en engageant un U-Boot.

Outre Lisbonne la marine portugaise surveillait attentivement le port cap-verdien de Sao Vincente qui était l’interface des cables télégraphiques sous-marins connectant l’Amérique, l’Europe et l’Afrique. C’était aussi une station de charbonnage vitale.

Dès 1914 la marine portugaise à envoyé une force d’infanterie de marine ainsi que les canonnières Beira et Ibo. Ultérieurement la canonnière Bengo ainsi que barrages anti-sous-marins et des batteries côtières. A plusieurs reprises des attaques de sous-marins allemands sont repoussés.

Les ports de Leixões, Horta, Ponta Delgada, Funchal ainsi que la côte de l’Algarve sont également surveillés et défendus surtout après que Ponta Delgada et Funchal aient été bombardés par les U-Boat.

Le 14 octobre 1918 le chalutier armé Augusto de Castilho commandé par le lieutenant Carvalho Araujo surprend le croiseur sous-marin U-139 qui attaquait le paquebot San Miguel.

Ce dernier naviguait entre Funchal et Ponta Delgada avec 209 passagers à bord, le chalutier armé (un canon de 65mm et un canon de 47mm) assurant l’escorte. En dépit d’une infériorité manifeste (le U-139 disposait de torpilles et de deux canons de 150mm) le navire portugais couvrit la fuite du paquebot, coulant après un combat inégal (le capitaine et nombre de marins ont été tués).

La marine portugaise fût également chargée de transporter des troupes en France (56000 hommes), en Angola (15000) et au Mozambique (17000) sans oublier les personnels envoyés sur de plus petits territoires. Cela ne se fit pas sans pertes pour la marine marchande lusitanienne qui perdit 115 navires sous les coups des sous-marins allemands.

Le destroyer Douro après la seconde guerre mondiale avec une marque de coque permanente

En dépit de la fin du premier conflit mondial, le Portugal continue de construire des navires neufs avec notamment les destroyers de classe Douro et les canonnières de classe Beira. Le pays à également reçu six torpilleurs austro-hongrois type F mais seulement quatre ont été mis en service aux côtés de deux sloops britanniques de classe Arabis qui sont mis en service comme croiseurs.

Durant la période 1919-1939 la marine portugaise entame à Alfeite sur la rive sud de l’estuaire du Tage la construction d’une base navale moderne pour remplacer l’Arsenal de Lisbonne et différentes installations dispersées dans la région. La base aéronavale de Lisbonne installée à Bon Sucesso est transférée à Montijo.

La base d’Alfeite commence à être utilisée en 1924 mais il faudra attendre 1936 pour que l’Ecole Navale y soit transférée et un an de plus pour que l’Arsenal d’Alfeite soit prêt à construire ses premiers navires. Les travaux vont se poursuivre jusqu’en 1955.

Croiseur Adamastor

Pour faire face à la piraterie endémique en mer de Chine les portugais renforcent les moyens navals déployés à Macau, les croiseurs Republica et Adamastor sont envoyés sur place pour renforcer les moyens navals déjà présents en l’occurrence les canonnières Macau et Patria. Une base aéronavale est même mise sur pied à Taipa avec des Fairey III. Le déclenchement de la deuxième guerre sino-japonaise en 1937 entraine un nouveau renforcement des moyens navals et aériens avec des hydravions Hawker Osprey.

La marine portugaise est aussi engagée dans des opérations de police notamment à Madère où le 4 avril 1931 la garnison se rebelle contre le gouvernement de la dictature nationale. Cette révolte faisait partie d’un mouvement national mais ailleurs les rébellions ont été étouffés dans l’oeuf.

En dépit d’une situation matérielle déplorable, la marine portugaise à pu mobiliser une flottile ad hoc pour reprendre le contrôle de l’île. Cette flottille est composée du ravitailleur d’hydravions Cubango, de deux croiseurs auxiliaires, de deux transports, de quatre chalutiers mais aussi du croiseur Vasco da Gama, d’un destroyer et de trois canonnières. Quatre hydravions CAMS 37 sont également de la partie.

La petite escadre quitte Lisbonne le 24 avril et l’opération est lancée le 26. Les rebelles capitulent le 2 mai. Cette réussite va pousser le gouvernement à enfin investir dans une marine digne de ce nom alors que le Portugal doit défendre non seulement des îles et des colonies outre-mer.

Le but est de créer une marine basée sur des destroyers en Europe et des avisos dans les colonies, le tout soutenu par une force de frappe composée de deux croiseurs, un transport d’hydravions, des sous-marins, des navires de soutien et une aéronavale. Comme souvent à peine la moitié du programme sera réalisé.

De 1933 à 1939 vingt-deux nouveaux navires sont acquis comme des destroyers de classe Vouga (ou Douro selon les sources), des sous-marins de classe Delfim (Delfim Espadarte Golfinho), des avisos de classe Afonso de Albuquerque, Golçalo Velho et Pedro Nunes.

La construction des croiseurs fût abandonnée et le transport d’hydravions fût bien mis sur cale mais la construction stoppée au profit d’autres projets jugés plus importants.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Marinha de Guerra dispose de six destroyers, sept avisos, trois sous-marins, trois torpilleurs, cinq canonnières, deux canonnières fluviales, trois patrouilleurs, deux dragueurs de mines, deux navires hydrographiques, deux navires de soutien et deux navires d’entrainement. L’aéronavale dispose d’une quarantaine d’appareils stationnés à Lisbonne, Aveiro et Macau, les hydravions pouvant opérer depuis les avisos de classe Alfonso de Albuquerque.

Durant ce court conflit la marine portugaise mène des patrouilles de neutralité, ses navires ainsi que les navires marchands lusitaniens portant des marques de neutralité pour éviter les attaques ce qui ne sera pas toujours le cas.

Les défenses côtières sont renforcées, des troupes supplémentaires envoyées aux Açores et à Madère notamment pour renforcer les défenses et éviter que ces territoires soient capturés par les alliés comme par l’Axe.

Le conflit terminé la marine portugaise soit relancer un programme de construction navale pour remplacer les navires les plus anciens et augmenter ses capacités. Salazar ne se montre pas d’un enthousiasme débordant en raison d’une grande méfiance que le dictateur portugais affiche vis à vis des militaires. Des navires seront bien construits mais ce ne sera pas le grand programme naval caressé par certains marins lusitaniens qui révèrent de cuirassés et de porte-avions (sic).

En septembre 1948 la marine lusitanienne affiche le visage suivant :

-Un croiseur léger navire-amiral le Vasco da Gama mis en service en septembre 1945. Inspiré des Arethusa britanniques sa construction à été aussi lente que pénible en raison du manque d’expérience des chantiers portugais qui pourtant bénéficièrent de l’aide de la firme Vickers qui dépêcha sur place des ingénieurs et des ouvriers expérimentés. Il semble que par fierté les lusitaniens avaient parfois du mal à accepter les solutions proposées par les britanniques.

C’était un élégant navire aux superstructures resserées avec une cheminée unique, un armement composé de six canons de 152mm en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière), huit canons de 102mm en quatre affûts doubles, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples, une DCA légère.

-Ce croiseur est accompagné d’une flotte de destroyers plutôt moderne. On trouve cinq destroyers classe Douro (Dao Douro Lima Vouga Tejo) et quatre destroyers classe Guadiana (Guadiana Tamega Fulminante Belem) dérivés des précédents.

-Six torpilleurs légers qui reprennent les noms de torpilleurs cédés au titre des dommages de guerre par l’Autriche-Hongrie (Zezere Ave Cavado Sado Liz Mondego)

-Trois sous-marins classe Delfim (Delfim Espadante Golfinho)

avisos Republica

-Avisos classe Gonçalvo Velho (Gonçalvo Velho Gonçalves Zarco) classe Pedro Nunes (Pedro Nunes Joao de Lisboa) et classe Afonso de Albuquerque (Afonso de Albuquerque et Bartolomeu Dias)

Patrouilleurs légers Maio Porto Santo Sao Nicolau Brava Fogo Boavista

-Patrouilleurs coloniaux : Alvor Aljezur Albafeira (Guinée), Jupiter Venus Maite (Mozambique) Mercurio Saturno Urano (Angola)

-Patrouilleurs des pêches Azevia Bicuda Corvina Dourada Espadilha Fataça Faro Lagos

-Patrouilleurs garde-côtes Torres et Garcia

-Navire d’entrainement torpille Lince

-Cannonières classe Beira (Ibo Mondovi)

-Cannonières fluviales : Zaire Damao Diu Macau

-Navire hydrographique Carlvalho Araujo

-Mouilleur de mines Vulcano

-Mouilleur de filets Phyllisia

-Dragueurs de mines Sao Jorge Pico Graciosa Corvo Sao Roque Ribeira Grande Lagoa et Rosario

Dès le début du second conflit mondial la marine portugaise montre les dents en menant des patrouilles de neutralité pour protéger les eaux territoriales portugaises. Les navires étrangers étaient monitorés comme dirait maintenant par les destroyers, les patrouilleurs mais aussi les hydravions de l’aéronavale.

De nouvelles batteries côtières sont construites dont l’action est relayée par des filets et des champs de mines. Quelques navires et sous-marins alliés et allemands ont été victimes des mines et des batteries côtières. Quelques navires portugais sont également coulés soit par accident ou au cours d’incidents qui dégénèrent pas pour des raisons politiques.

A la fin du conflit la marine portugaise à encore fière allure même si les navires intensivement utilisés sont usés.

Certains navires sont rapidement désarmés mais très vite des navires neufs en partie financés par les américains vont arriver, ces derniers cédant également des navires de seconde main pour faire la soudure. Ce sera la même chose pour l’aéronavale.

Pologne et Pays Neutres (35) Portugal (15)

Armée de l’Air

Histoire

En 1885 l’armée portugaise achète des aérostats pour l’observation et les réglages des tirs de l’artillerie. Comme souvent c’est l’arme du génie qui est à l’origine de cette acquisition, l’Ecole de Tancos pouvant être considéré comme le berceau de l’aérien militaire lusitanien. Néanmoins il faudra attendre 1911 pour que soit créée une Companhia de Aerosteiros (Compagnie d’Aérostiers), compagnie qui recevra ultérieurement des avions.

En décembre 1909 un Aero-Club de Portugal (AeCP) est créé pour favoriser le développement de l’aviation au Portugal. Des appareils sont acquis par l’armée en 1912 mais problème ils sont cloués au sol faute de pilotes !

Un premier pilote militaire est breveté en France en l’occurrence Miguel Freitas Homen issu du Commissariat de la Marine.

En mai 1914 l’Esccola Militar de Aeronautica voit le jour. Les instructeurs sont formés aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France. L’Ecole de l’air portugaise s’installe à Vila Nova de Rainha à 60km au nord de Lisbonne.

Le site est idéal : plat, à proximité d’une gare de triage et une pièce d’eau permettant l’emploi d’hydravions. Les bâtiments sont inaugurés en octobre 1916.

En mars 1916 le Portugal est entré en guerre aux côtés des alliés. Si quelques combats ont lieu en Afrique, Lisbonne va surtout porter son effort sur le front occidental avec l’envoi d’un corps expéditionnaire portugais.

Il était prévu que le CEP soit appuyé par des unités aériennes lusitaniennes mais pour une raison obscure Londres refuse de prêter des appareils à son allié lusitanien. Les pilotes portugais s’engagent dans l’Aéronautique Militaire française pour combattre.

La France va prendre le relais dans la mise sur pied d’une véritable aviation militaire portugaise qui va notamment profiter comme bien d’autres des immenses surplus post-premier conflit mondial.

Le 29 juin 1918 le Servicio Aeronautico Militar qui comme son nom l’indique dépend de l’armée de terre est officiellement créé avec des unités déployées en métropole mais aussi dans les îles et dans les colonies.

Il faut dire que l’immensité du territoire à couvrir impose de telles servitudes aux portugais que l’emploi d’avions et d’hydravions s’impose pour démultiplier l’efficacité de moyens limités.

Toujours en 1918 le Portugal inaugure à Ribatejo près de Lisbonne le Parque de Material Aeronautico (Dépôt de l’Aéronautique Militaire), une sorte de société d’Etat contrôlée par les militaires, société chargée de stocker, réparer et d’entretenir les avions.

Très vite elle va également produire des appareils sous licence. Dix ans après sa création en 1928 elle devient l’Oficinas Gerais de Material Aeronautico (Office Général des Matériels Aéronautiques).

Bréguet 14

Peu à peu l’aviation militaire portugaise se structure avec un Groupe d’Escadrilles d’Aviation d’Angola (Grupo de Esquadrilhas de Aviaçao de Angola) ou encore un Groupe d’Escadrilles d’Aviation «République» (Grupo de Esquadrilhas de Aviaçao «Republica»), ces deux groupes utilisant des Caudron G.3, des Breguet 14 et des SPAD S.VII donc pas vraiment des appareils de première jeunesse.

En 1920 l’Ecole militaire d’aéronautique quitte Vila Nova da Rainha pour Granja do Marques sur la grande base aérienne de Sintra récemment créée.

Des appareils sont acquis en petite serie essentiellement vis à vis de la France et de la Grande-Bretagne.

En septembre 1924 l’aviation devient une arme de l’armée de terre c’est-à-dire qu’elle acquiert le même statut que l’infanterie, la cavalerie, l’artillerie ou encore le génie. A cette occasion le Servicio Aeronautico Militar devient l’Arma de Aeronautica.

Cette Arme de l’Aéronautique est dirigée par un général s’appuyant sur un état-major. Un poste d’inspecteur est créé, poste capital pour permettre aux aviateurs portugais d’influencer la classe politique et leurs hiérarchie pour améliorer l’équipement, l’installation et l’entrainement. L’aviation militaire portugaise sera d’ailleurs la grande gagnante du coup d’état du général Gomes da Costa en mai 1926.

En ce qui concerne l’organisation tactique des unités elle est classique, l’escadrille (Esquadrilha) comprend généralement sept avions. Elle est dirigée par un capitaine (Capitao en V.O), plusieurs escadrilles forment un groupe dirigé par un colonel (Coronel) parfois par un major.

SPAD S.VII

De nouvelles unités sont créées dans les années suivantes comme l’Esquadrilha Mista de Aviaço e Deposito qui récupère les vieux SPAD S.VII du Grupo de Esquadrilhas de Aviaçao «Republica».

Ce dernier devient l’Esquadrilha n°1 de Caça (Escadrille n°1 de chasse) rattachée au Grupo Independente de Aviaçao de Protecçao de Combate (Groupe indépendant d’aviation de protection et de combat).

En 1925 est créé le Grupo de Aviaçao de Informaçao à Amadora spécialisé comme son nom l’indique (Groupe d’Aviation de reconnaissance) dans des missions de reconnaissance. Un an plus tard en 1926 est mis sur pied le Grupo Independente de Aviaçao de Bombardeamento (Groupe indépendant d’aviation de bombardement). En 1928, le Portugal brevète la première femme pilote militaire, Maria de Lourdes Sa Teixeira.

Comme nombre d’armées de l’air de l’époque, l’armée de l’air portugaise réalise plusieurs raids longue distance, raids qui satisfont l’orgueil national portugais mais qui peine à masquer une réalité : le dénuement de l’Arma de Aeronautica.

Dans les années trente l’Arma de Aeronautica devient semi-indépendante un peu comme quand l’USAAC devint l’USAAF. De nouvelles bases sont créées en métropole, dans les îles et les colonies. La défense antiaérienne du territoire est également de son ressort.

L’Esquadrilha de Caça passe à quinze pilotes et douze appareils et si l’Esquadrilha de Bombardeamento ne dispose que de cinq appareils mais les équipages sont doublés.

Une commission d’achat sillone l’Europe pour renouveler l’équipement des unités aériennes militaires portugaises. Des Hawker Fury et des PZL P.11 doivent être acquis mais finalement sous la pression des britanniques le Portugal va acquérir des Fury et trente Gloster Gladiator livrés en 1938 et 1939.

Gloster Gladiator

A la même époque la base aérienne de Sintra qui abrite l’Ecole de l’Air voit arriver l’Esquadrilha Independente de Avioes de Assalto (Escadrille indépendante d’avions d’assaut) équipée de dix Breda Ba.65 acquis auprès de l’Italie après que la mission militaire portugaise ait pu voir ces appareils en action en Espagne.

Breda Ba-65

En 1940 l’aérodrome d’Ota situé à 50km au nord de Lisbonne est inauguré. Il va acquérir la «force de frappe» portugaise avec le N°1 grupo de Bombardeamento de Dia (1er groupe de bombardement de jour) avec pour équipement des Junkers Ju-52/3m puis des Junkers Ju-86 plus modernes (même si naturellement tout est relatif).

Junkers Ju-86

Les «Tante Ju» ne quittent pourtant pas le service actif puisqu’ils sont transférés au Grupo de Bombardeamento de Noite (Groupe de bombardement de nuit).

Toujours à Oita est stationné l’Esquadrilha de Caça N°1 qui vole sur quinze des trente Gloster Gladiator, les quinze autres étant utilisés par le Grupo Independente de Aviaçao de Protecçao de Combate qui regroupe un fatras d’appareils dépassés sans réelle valeur militaire.

Durant la guerre de Pologne, l’Arma de Aeronautica veille à faire respecter la neutralité lusitanienne même si les menaçes sont plutôt du genre évanescent.

De ce court conflit est tiré une leçon capitale : les aviateurs portugais ont urgement besoin d’appareils plus modernes.

Plus facile à dire qu’à faire car même si la Pax Armada est là, les grands pays sont réticents à détourner leur production aéronautique en direction d’un pays neutre au positionement incertain en cas de conflit.

C’est ainsi que l’acqusition de Supermarine Spitfire fût retardée. Le pays de Camoes s’intéresse au cracheur de feu dès le printemps 1939 mais à l’époque Londres est en manque de chasseurs modernes et refuse d’honorer la demande pour une quinzaine d’appareils. C’est finalement à l’automne 1940 que le gouvernement britannique acceptera de livrer des Spitfire.

Durant la Pax Armada l’Arma de Aeronautica connait une vrai modernisation. Si quelques Gloster Gladiator et Hawker Fury sont encore en service en septembre 1948 mais sont totalement dépassés, la majorité des chasseurs portugais sont modernes avec des Supermarine Spitfire, des Hawker Hurricane avec quelques Bristol Beaufighter en attendant des Lockheed P-38 Lighthing qui seront livrés durant le conflit de manière détournées (caisses livrées en toute discretion mais aussi appareils faussement en difficulté ou en panne de carburant).

Dans le domaine du bombardement les quelques Hawker Hind, Ju-52 et Ju-86 sont relevés par des Bristol Blenheim et des Vickers Wellington plus modernes.

En revanche dans le domaine de la reconnaissance et de l’observation le Grupo de Reconhecimento e Informaçao ne dispose que d’une flotte obsolète ou au minimum déclassée avec des Potez 25, Breda Ba.65, des Avro Anson, des Lockheed Hudson et des Westland Lysander.

Durant le second conflit mondial l’Arma de Aeronautica n’à guère à s’employer car le pays reste neutre.

Tout juste notons des décollages sur alerte pour intercepter des avions ennemis ou supposés tels qui avaient violé l’espace aérien portugais. Ces appareils sont parfois raccompagnés ou interceptés avec soit un crash si l’avion se défend ou un atterrissage si l’appareil accepte de suivre les avions lusitaniens.

Comme nous l’avons vu plus haut certains atterrissages ont été faits sur commande permettant aux alliés de livrer des appareils sans que cela ne remette en cause la neutralité portugaise.

A la fin du conflit et notamment après l’installation d’une base aérienne aux Açores les livraisons se feront de manière plus visible. Il faut dire qu’à l’époque les allemands ne sont plus en mesure de protester contre la livraison d’armes par les alliés.

Quand le second conflit mondial se termine l’Arma de Aeronautica dispose d’un parc relativement moderne pour l’époque avec des chasseurs Hurricane et Spitfire, des bombardiers Blenheim et Wellington, des avions de reconnaissance Anson, Hudson et Lysander.

A la fin des années cinquante des appareils plus modernes sont livrés par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne notamment. Cela permettra aux toutes nouvelles Força Aera Portuguesa d’attendre sereinement le passage rapide à la réaction, les pilotes de la FAP étant considérés comme parmi les meilleurs d’Europe.

Organisation en septembre 1948

-Un état-major

-Commandement Général

Ce Comando Geral gère la logistique, l’entretien et la défense des terrains avec les comandos aéreos independentes (Commandos Aériens Indépendants) qui contrairement à leur nom ne sont aucunement des unités d’élite mais des unités d’infanterie doublées de sapeurs et d’artilleurs (antiaériens).

C’est sous son autorité qu’est également placé l’Esquadrilha de Treino e Transporte (Escadrille d’entrainement et de transport) avec des avions d’entrainement et de transport.

-Grupo Independente de Aviaçao de Proteçao de Combate

Ce groupe indépendante d’aviation de protection et de combat est une sorte de réserve stratégique destiné à la fois à alimenter les unités de première ligne et défendre la capitale portugaise qui durant le second conflit mondial est protégé par un véritable camp retranché.

Hawker Hurricane Mk II

Longtemps mal équipé ce groupe indépendant reçoit enfin des appareils plus modernes avec une escadrille de Supermarine Spitfire, une escadrille d’Hawker Hurricane, une escadrille de Bristol Blenheim et une escadrille de Potez 25.

-Grupo Independente de Aviaçao de Bombardeamento

Ce groupe indépendant de bombardement regroupe la majeure partie des bombardiers portugais avec d’abord des Junkers Ju-52/3m remplacés ensuite par des Junkers Ju-86. Ces derniers appareils sont ensuite transférés au Grupo de Bombardeamento de Noite (où ils vont cohabiter avec les Tante Ju encore en vol) remplacés par des Vickers Wellington et des Bristol Blenheim.

-Grupo de Bombardeamento de Noite

Ce groupe de bombardement de nuit regroupe des Junkers Ju-52 (souvent utilisés pour l’entrainement car très usés) et des Junkers Ju-86 plus modernes mais passablement déclassés.

-Grupo de Caça do Norte

Comme son nom l’indique ce groupe de chasse couvre le nord du pays et en particulier la région de Porto. Il dispose d’un escadrille de Supermarine Spitfire, de deux escadrilles d’Hurricane et d’une escadrille de Bristol Beaufighter

-Grupo de Caça do Sul

Bristol Beaufighter

Pendant méridionnal du précédent, il assure la protection de l’Algarve du cap Saint Vincent, le véritable Finisterre de l’Europe. Il dispose d »une escadrille de Supermarine Spitfire, d’une escadrille de Hawker Hurricane et d’une escadrille de Bristol Beaufighter.

-Esquadrilha Expedicionario de Caça n°1

Cette première escadrille expéditionnaire de chasse assure la défense des Açores. Elle dispose d’abord de Gloster Gladiator qui sont ensuite remplacés par des Hawker Hurricane.

-Esquadrilha Expedicionario de Caça n°2

Curtiss H-75

La deuxième escadrille expéditionnaire de chasse assure avec des Curtiss P-36 Hawk issus des stocks américains la défense du Cap Vert

-Esquadrilha Expedicionario de Caça n°3

La troisième escadrille expéditionnaire de chasse assure avec des Hawker Hurricane la défense de l’Angola

-Grupo de Reconhecimento e Informaçao

Ce groupe de reconnaissance et de renseignement regroupe les moyens dédiés à la reconnaissance, l’observation et à la coopération. Elle dispsose notamment de l’Esquadrilha Independente de Avioes de Assalto volant sur Ba-65. Les autres escadrilles de l’unités disposent d’Avro Anson, de Lockheed Hudson, de Westland Lysander et même de vénérables Potez 25.

Pologne et Pays Neutres (31) Portugal (11)

Une histoire militaire du Portugal (5) : le Portugal dans le premier conflit mondial

Infanterie portugaise début du 20ème siècle.

Quand la première guerre mondiale éclate le Portugal décide de rester neutre. Cela ne va pas durer et outre les combats en Afrique que nous verrons ultérieurement les soldats lusitaniens vont combattre sur le front occidental.

Le 9 mars 1916 après plusieurs mois de tensions et de vexations mutuelles, l’Allemagne déclare la guerre au Portugal. Le 15 juillet 1916 les britanniques demandent une participation militaire effective.

Soldats du Corpo Expedicionario Portugues (CEP) armés d’une mitrailleuse Lewis

Une semaine plus tard le 22 juillet 1916 est créé le Corpo Expedicionario Portugues (CEP) fort de 55 à 60000 hommes selon les sources, le CEP devant être logiquement placé sous commandement britannique et plus précisément sous celui de la 1ère Armée britannique.

Parallèlement les portugais décident de soutenir la France en créant un corps d’artillerie lourde sur voie ferrée, le Corpo de Artilharia Pesada Independente (CAPI). Ce corps doit comprendre neuf batteries regroupés en trois groupes.

Initialement les portugais n’avaient prévu qu’une division d’infanterie renforcée mais finalement les divisions seront levées sur le modèle britannique. Le CEP va donc devenir un corps d’armée à deux divisions plus des unités d’appui et de soutien. Cela offre plus de souplesse dans l’organisation et l’utilisation.

Mortier Stokes de 75mm

La 1ère Division d’Infanterie du Corpo Expedicionario Portugues (CEP) est organisé de la façon suivante :

-1ère brigade (21ème, 22ème, 28ème et 34ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-2ème brigade (7ème, 23ème, 24ème et 25ème BI plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-3ème brigade (9ème, 12ème, 14ème et 15ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-Unités divisionnaires : trois bataillons de mitrailleuses lourdes, trois bataillons d’artillerie, trois batteries de mortiers de 152mm, une batterie de mortiers de 236mm, trois compagnies de sapeur-mineurs, une compagnie télégraphiste et un bataillon motorisé.

La 2ème Division d’Infanterie du Corpo Expedicionario Portugues (CEP) est organisé de la façon suivante :

-4ème brigade (3ème, 8ème, 20ème et 29ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-5ème brigade (4ème, 10ème, 13ème et 17ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-6ème brigade (1er, 2ème, 5ème et 11ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-Unités divisionnaires : trois bataillons de mitrailleuses lourdes, trois bataillons d’artillerie, trois batteries de mortiers de 152mm, une batterie de mortiers de 236mm, trois compagnies de sapeur-mineurrs, une compagnie télégraphiste et un bataillon motorisé.

Corpo de Artilharia Pesada Independente (CAPI)

Moins connu que le corps expéditionnaire portugais on trouve le Corpo de Artilharia Pesada Independente (CAPI) destiné à appuyer les unités françaises. Le CAPI comprend un état-major, trois groupes mixtes de la taille d’un bataillon et une batterie dépôt. Chaque groupe comprend trois batteries, une équipée de canons de 320mm et les deux autres de canons de 190 et de 240mm. Si le premier modèle est français, les deux autres sont d’origine britannique.

Canons de 320mm sur voie ferrée

A son apogée le CAPI comprends 70 officiers et 1569 hommes mais au printemps 1918 il est tombé à 38 officiers et 553 hommes en raison de la réorganisation des forces portugaises, les deux derniers groupes devant intégrer le CEP, le premier groupe restant sous commandement français.

Le CAPI à été dissous le 30 novembre 1918 mais les soldats portugais ne sont rentrés qu’en avril 1919 après avoir participé au nettoyage du territoire français ravagé par les combats.

Après un entrainement au Portugal, les soldats lusitaniens rallient Brest par voie maritime. Le 6 novembre le CEP prend le contrôle d’un secteur de 18km organisé en trois lignes successives. Le secteur est divisé en quatre secteurs (niveau brigade), chaque secteur disposant de deux bataillons en ligne, un bataillon en soutien direct et un autre en réserve. Chaque division du CEP contrôle deux secteurs de niveau brigade, la troisième brigade de la division étant placée en réserve.

Soldats portugais en position. Ils portent la tenue standard de l’infanterie britannique.

Les soldats lusitaniens connaissent leur baptême du feu dès le 4 juin 1917 dans le secteur de Neuve-Chapelle. L’attaque allemande est repoussée par le 35ème bataillon d’infanterie arrivé seulement deux jours plus tôt. Dans la nuit du 12 juin, une attaque plus intense est repoussée par les 2ème, 3ème et 7ème bataillons.

Le 14 août 1917 le secteur tenu par les portugais subit une violente préparation d’artillerie. Elle est immédiatement suvit par l’infiltration des Stosstrupen, ces unités d’élite véritables précurseurs des commandos. L’assaut mené contre Neuve-Chapelle et Fauquissart est repoussé, des allemands sont faits prisonniers.

Un membre des Stosstrupen

Le 14 septembre 1917 les portugais lancent une contre-attaque locale qui aboutit à la capture de soldats allemands qui sont de précieuses sources pour les SR alliés. Signe qui ne trompe pas, l’ordre du jour de la 1ère Armée cite les faits d’armes des soldats lusitaniens.

Avant que les portugais ne prennent en charge seuls un secteur celui prévu est réduit de 18 à 12km , un secteur divisé en quatre secteurs (Fauquissart, Chapigny, Neuve-Chapelle et la Ferme du Bois).

A l’hiver 1917-1918, le moral des troupes lusitaniennes chute faute notamment de relève et aussi parce que certains se demandent clairement ce qu’ils font là.

Le 2 mars 1918 les allemands attaquent. Le 4ème bataillon d’infanterie recule puis contre-attaque avec l’aide des 12ème et 17ème bataillons. Cette attaque se termine par 146 pertes côté portugais contre 200 pour les allemands.

Les portugais lancent des attaques locales le 9 mars, le 18 mars et le 3 avril 1918. Le lendemain 4 avril 1918, le 7ème bataillon se mutine ce qui pousse les alliés à relever les unités portugaises pour leur permettre de se régénérer.

Le 6 avril 1918 la 1ère division est relevée par la 55th (West Lancashire) Division qui doit étendre son secteur tout comme la 2ème division portugaise. Cette dernière doit être relevée le 9 avril 1918 par deux divisions britanniques mais le matin même les allemands lancent l’opération Georgette. C’est la Bataille de la Lys (7-29 avril 1918).

Pour cette bataille les alliés alignent 118300 à 119040 hommes accompagnés de 118 canons et 60 avions alors que les allemands alignent 86000 à 109300 hommes.

La 6ème Armée Allemande lance huit divisions (35ème DI, 42ème DI, 1ère division bavaroise de réserve, 8ème division bavaroise de réserve qui constituent la 1ère vague, la 2ème vague se composait des 8ème et 117ème DI, 81ème division de réserve et 10ème division de remplacement) de qui frappent le secteur de la 2ème Division Portugaise qui doit se replier en combattant. Cela entraine le repli des unités à gauche et à droite. L’avancée de 15km de long sur 8km de large est bloquée par des divisions britanniques de réserve.

La 4ème brigade est sur le front au nord, la 6ème au centre et la 5ème brigade au sud. A cela s’ajoute la 3ème brigade (1ère division portugaise) qui est en réserve. Les 80 canons portugais doivent faire face à 1700 pièces allemandes.

La 4ème brigade portugaise (8ème et 20ème bataillons d’infanterie au front, 29ème bataillon en soutien et 3ème en réserve) est attaquée par la 42ème division. Les deux bataillons au front résistent mais vers 8h le flanc gauche est menacé d’être enveloppé en profitant de la brèche provoquée par l’effondrement de la 119ème brigade (40ème DI britannique). Les portugais sont obligés de se replier.

La 6ème brigade portugaise est elle assaillie par la 35ème DI allemande. La 8ème division division bavaroise submerge le 17ème bataillon (5ème brigade) en ligne et le 11ème bataillon (6ème brigade) qui était en soutien.

Le 10ème bataillon d’infanterie (5ème brigade) et le 4ème bataillon d’infanterie en soutien parviennent à bloquer et ralentir la progression de la 1ère division bavaroise de réserve. Elle atteint le QG de la 5ème brigade dont le chef le colonel Manuel Martins est tué en combattant.

A 10.30 les batteries d’artillerie sont à leur tour au contact de l’infanterie ennemie. Elles résistent jusqu’à 11.00 avant d’être mises hors de combat. La 2ème division portugaise cesse d’exister comme unité constituée ce qui n’empêche pas certains de s’illustrer.

Anibal Milhais couvre la retraite de ses camarades avec l’aide d’une mitrailleuse légère Lewis ce qui lui vaut le surnom de Soldado Milhoes (Le soldat plus fort qu’un million de soldats). Des renforts britanniques évitent que le repli ne se transforme en débâcle.

La principale brèche fût bloquée par le déploiement de deux divisons britanniques (la 50th [Northumbrian] Division et la 51st [Highland] Division).

Au final le corps expéditionnaire portugais à eu 400 tués et 6500 prisonniers soit un tiers des effectifs en ligne. Les restes du CEP sont regroupés à l’arrière, étant utilisé pour des missions de sécurité et de pionniers. Si pour la 2ème division la guerre est terminée, la 1ère division est de retour sur le front le 16 juin 1918.

En septembre 1918 le CEP est totalement réorganisé avec pour objectif de former trois brigades à neuf bataillons chacune. Fin octobre quatre bataillons sont opérationnels aux côtés d’unités d’artillerie, du génie et de mitrailleuses lourdes. Ces unités vont participer à l’Offensive des Cents Jours (8 août au 11 novembre 1918).

Le jour de l’entrée en vigueur de l’armistice (11 novembre 1918), la 4ème compagnie du 4ème bataillon (ex-23ème bataillon de la 1ère DI) attaque les allemands sur la rivière Scheldt.

La guerre se termine pour l’armée portugaise en Europe avec 2160 tués, 5224 blessés et 6678 prisonniers soit 14000 pertes sur 60000 hommes engagés.

Les soldats portugais ont ainsi combattu en Afrique. D’octobre 1914 à juillet 1915 les allemands présents dans l’actuelle Namibie occupent le sud de l’Angola portugais.

2000 soldats allemands affrontent 12000 soldats portugais avec un bilan de 16 tués et 30 blessés côté allemand, de 810 tués, 638 blessés et 268 prisonniers et disparus côté lusitanien.

La bataille majeure de cette campagne à lieu à Naulila le 18 décembre 1914 et se termine par une victoire allemande. Les portugais ont 69 tués, 76 blessés et 37 prisonniers (3009 hommes, neuf canons et six mitrailleuses engagées) alors que les allemands qui ont engagé 640 hommes, 6 canons et deux mitrailleuses ont 12 tués et 25 blessés.

Si la colonie portugaise est entièrement libérée en juillet, on note des escarmouches jusqu’en septembre 1915.

En novembre 1917 les allemands attaquent au Mozambique avec le 25 novembre la Bataille de Ngomano qui se termine par une victoire allemande.

L’armée portugaise termine le premier conflit mondial avec 7222 militaires tués ainsi que 13 civils dans les colonies mais pour ce dernier chiffre cela ne concerne que les morts liés directement au combat. 82000 civils portugais sont morts des conséquences du conflit. Cela porte le nombre de tués à 89235 soit 1.5% de la population. A cela s’ajoute 13751 militaires blessés.

Une histoire militaire du Portugal (6) : D’une guerre à l’autre

Le 28 mai 1926 l’armée portugaise renverse la première république. Dès le mois de juillet le nouveau régime se préoccupe de réorganiser l’armée en tirant les leçons du premier conflit mondial.

Le concept inspiré du système de milice suisse est abandonné au profit d’un système mixte pour améliorer la réactivité des forces.

Des unités territoriales doivent mailler le territoire avec des unités issues de l’infanterie, de l’artillerie, de la cavalerie du génie……. .

Ces unités formées essentiellement en temps de paix d’officiers et de sous-officiers de carrière doivent servir à l’entrainement du contingent appelé chaque année et en temps de guerre participer à la mobilisation générale.

Batalhoes de Cacadores

Des unités «d’intervention rapide» doivent permettre au gouvernement d’intervenir rapidement en cas de menace aux frontières. On trouve ainsi dix bataillons renforcés appelés Batalhoes de Cacadores (bataillons de chasseurs) et deux brigades de cavalerie.

Les divisions ne doivent être créées qu’en temps de guerre, les divisions territoriales sont supprimées au profit de quatre régions militaires et du gouvernorat militaire de Lisbonne.

En juillet 1936 la guerre d’Espagne éclate. Le Portugal soutien le camp nationaliste via notamment l’envoi de volontaires les Viriates qui vont combattre au sein des unités franquistes et non sous la forme d’unités constituées comme les allemands ou les italiens.

Parmi ces hommes on trouve un certain nombre d’officiers et de sous-officiers de l’armée portugaise (ndA j’ignore si ils étaient détachés ou en congé).

Une nouvelle réorganisation à lieu en 1937. Elle garde l’essentiel de la réforme précédente. Le nombre de régiments d’infanterie passe de 22 à 16. Des unités blindées avec des chars et des autos blindées sont mises sur pied.

La Légion Portugaise une milice politique est intégrée à l’armée. L’Aéronautique Militaire reçoit un commandement central ce qui la rend très autonome voir quasiment indépendante.

Une histoire m ilitaire du Portugal (7) : le Portugal dans le second conflit mondial

Durant le second conflit mondial le Portugal est officiellement resté neutre, une neutralité flexible et évolutive qui arrangeait tout le monde même si cela engendrait des situations baroques comme le déploiement d’avions de patrouille maritime alliés aux Açores pour traquer sous-marins et forceurs de blocus qui ont longtemps utilisé des ports lusitaniens pour un ravitaillement et un entretien sommaire.

Les forces coloniales indépendantes en temps de paix sont placées dès septembre 1948 sous l’autorité de l’armée. Des renforts sont envoyés en Angola et au Mozambique moins en raison d’une menace extérieure que pour éviter une agitation des populations colonisées.

Les moyens sont également renforcés aux Açores. Pas moins de 35000 hommes doivent assurer la défense d’un archipel qui en cas d’invasion du territoire métropolitain aurait du accueillir le gouvernement portugais.

La mobilisation générale de septembre 1948 permet la levée de nombreuses divisions pour défendre le Portugal et ses territoires d’outre-mer.

Une division est déployée pour défendre Porto et le nord du pays, une autre division est déployée pour défendre l’Algarve, une troisième division pour défendre l’Alentejo. Un corps d’armées de trois divisions est chargée de défendre le Campo entrincheirado de Lisboa (Camp retranché de Lisbonne) soit six divisions.

Renault R-35.

A cela s’ajoute six bataillons de chasseurs, deux brigades de cavalerie, des unités d’artillerie et du génie. On trouve également un groupement blindé mécanisé avec notamment deux bataillons de Renault R-35 alors que les autos blindées sont essentiellement déployées au sein des Divisions d’Infanterie et des brigades de cavalerie, une version portugaise de nos «divisions pétrole-picotin».

Aux Açores les 35000 hommes sont regroupés au sein d’une division et d’unités rattachées. En Angola on trouve 5000 hommes (essentiellement des indigènes), 2500 hommes au Mozambique, 1000 au Cap Vert et 1500 en Guinée portugaise.

Les frontières sont renforcées par des blockhaus de campagne entourées de tranchées avec barbelés et champs de mines pour protéger le pays d’une attaque surprise.

Es-ce à dire qu’aucun soldat portugais n’à combattu durant le second conflit mondial ? Non certains lusitaniens vont connaître l’odeur de la poudre durant la deuxième conflagration mondiale.

Soldat espagnol (ou portugais ?) de la Division Azul

Hors de l’armée portugaise stricto sensu on trouve des soldats parlant la langue de Camoes au sein de la Legion Etrangère (portugais exilés de longue date) et au sein de la Division Azul, ces derniers étant souvent des portugais partis durant la Pax Armada travailler en Allemagne et qui pour des raisons diverses ont rejoint une division de volontaires espagnols pour combattre sur le front de l’est mais cela n’à représenté que fort peu d’hommes.

En ce qui concerne l’armée portugaise, elle connait le feu contre l’Afrique du Sud et contre le Japon ce qui était plutôt inattendu. Passons rapidement sur les combats en Afrique qui ne sont que des incidents de frontière provoqués par les opérations de pacification menées par les troupes coloniales portugaises déployées dans la colonie, incidents qui dégénèrent pas en guerre ouverte tout simplement parce que personne n’y à intérêt.

Les combats sont plus violents contre le Japon. Si la petite garnison de Macau résiste pour la forme et dépose vite les armes (les hommes seront internés jusqu’à la fin de la guerre et rapatriés au Portugal à l’automne 1954 non sans que certains aient succombé à la faim, aux mauvais traitements, aux maladies voir à des bombardements alliés) celle défendait Timor résiste plus longtemps pour comme le dira un soldat «pour l’honneur des armes de notre pays». Ils seront eux aussi internés mais certains s’évaderont pour combattre aux côtés des alliés.

En septembre 1954 l’armée portugaise n’à pas vraiment combattu. Très vite l’armée est démobilisée puis réorganisée avec une armée territoriale maillant le territoire à la fois pour des raisons militaires et des raisons politiques.

Une armée dite d’intervention est mise sur pied pour défendre le pays et plus généralement l’Europe en cas d’invasion de l’Europe par les forces soviétiques. Des divisions d’infanterie, une division blindée et différentes unités légères sont ainsi mises sur pied mais c’est une autre histoire.

Pologne et Pays Neutres (25) Portugal (5)

Les Grands du Portugal

Comme pour la fiche synthétique (sic) précédente sur l’Espagne je vais aborder dans cette partie les grands noms de l’histoire portugaise qu’il s’agisse de rois, d’hommes politiques, de militaires ou d’explorateurs.

Alphonse Ier

Alphonse 1er (en portugais Afonso Henriques «Alphonse fils d’Henri) surnommé le Conquérant, le Fondateur ou encore le Grand est le premier roi de Portugal de 1139 à sa mort.

Né le 25 juillet 1109 (NdA date attribuée par tradition sans certitude aucune) à Guimaraes ou à Viseu, il est le fils d’Henri de Bourgogne et de Thérèse de Leon, étant compte de Portugal de 1112 à 1139 avant de se proclamer roi suite à la bataille d’Ourique. Il est père de sept ans né de son union avec Mathilde de Savoie dont Sanche 1er qui lui succède sur le trône lusitanien.

C’est par les armes qui doit s’imposer à la tête du comté en raison des convoitises de la Castille et du Léon. Le futur Alphonse 1er doit également faire face à une noblesse remuante et à l’hostilité de sa mère dont l’amant était le chef du parti opposé au futur roi de Portugal. Ce n’est qu’en 1143 soit quatre ans après la proclamation sur le champ de bataille que l’indépendance du nouveau royaume est reconnu par Alphonse VII de Castille.

Alphonse 1er de Portugal s’empare de Santarem et de Lisbonne. Il mène une politique de colonisation en faisant occuper les marches frontalières par des ordres de chevaleries comme celui des Hospitaliers et des Templiers. En 1179 par la bulle Manifestis Probatum, le Portugal devient un royaume vassal de l’Eglise en échange du paiement d’un tribu.

Il meurt à Coimbra le 6 décembre 1185 et est enterré au monastère de Sainte-Croix.

Pierre 1er

Vision romantique de Pierre 1er et d’Ines de Castro

Pedro o Justiceiro (Pierre 1er le Justicier) (Coimbra 8 avril 1320 Estremoz 18 janvier 1367) est le huitième roi de Portugal de 1357 à 1367.

Fils d’Alphonse IV de Portugal (1291-1357) et de Beatrice de Castille (1293-1359), il est marié à Constance de Castille mais noue une relation adultère avec Inès de Castro, dame de compagnie de la règne. Cette liaison à laquelle le roi met fin de façon brutale en tuant Ines va provoquer de sérieux remous au Portugal, Pierre se révoltant en 1355.

En 1357 après son couronnement, Pierre révèle un mariage secret avec Ines et sa volonté de la considérer comme la reine du Portugal. Deux assassins d’Ines capturés sont exécutés de façon très brutale. La légende raconte que le corps d’Ines à été exhumé, habillé et installé sur le trône pour permettre à la noblesse de lui rentre hommage.

Pierre 1er se révèle bon administrateur, courageux dans la défense du pays. Il participe à l’invasion de la Castille avec l’Aragon. Sur le plan du caractère il se montre faible et valétudinaire, une conséquence des trop nombreux mariages consanguins entre le Portugal et la Castille ce qui allait aboutir dès 1380 à l’extinction de la dynastie régnante et de l’avénement de la maison d’Aviz.

Il épouse Blanche, fille de l’infant Pierre-Alphonse mais ce mariage est annulé pour infirmité dès 1332 et sans avoir été consommé. Il épouse en août 1340 Constance de Castille dont il aura au moins trois enfants (Louis né et mort en 1340, Marie et Ferdinand). De son union avec Ines sont nés trois enfants (Beatrice, Jean et Denis). Il à également eu un fils appelé Jean de sa liaison avec Therese Lourenço, un fils qui deviendra roi du Portugal.

Ines de Castro

Tableau représentant le Couronnement d’Ines de Castro, un couronnement post-mortem. Cet événement n’aurait en réalité jamais eu lieu

Ines de Castro (Limia, Galice v.1325 Coimbra 7 janvier 1355) est une noble galicienne, entrée dans la légende comme la maitresse de Pierre 1er et qui fût déclarée reine de Portugal après sa mort. C’est un épisode certes secondaire de l’histoire du Portugal mais important par son impact sur la légende, les arts et la littérature.

En 1339 elle arrive au Portugal comme dame de compagnie de Constance de Castille qui doit épouser Pierre, prince hériter de la couronne de Portugal. Le mariage est célébré à la cathédrale de Lisbonne le 24 août 1339.

Pierre tombe rapidement amoureux de la dame de compagnie de son épouse au point de négliger son épouse légitime. Cette histoire est rapidement rendue publique et provoque le scandale. Le roi désapprouve moins à cause de la personnalité d’Ines que parce que cela créé un parti castillan à la cour royale portugaise.

Le roi Alphonse IV prend la décision d’exiler Ines en 1344. En octobre 1345, la princesse Constance meurt en donnant naissance au futur Ferdinand 1er. Pierre en profite pour faire revenir Ines, vivant en concubinage avec la dame de compagnie de feu son épouse. Pour ne rien arranger des enfants naturels sont nés : Alphonse (né en 1346 mais qui meurt peu après sa naissance), Béatrice (1347), Jean (1349), et Denis (1354).

Alphonse IV craint que son petit-fils ne soit écarté de la succession voir assassiné. Si Ferdinand est un garçon chetif, les enfants d’Ines et Pierre sont vigoureux et pleins de santé. A cela s’ajoute des troubles en Castille.

Alphonse IV prend la décision de faire assassiner Ines. Trois nobles Pêro Coelho, Álvaro Gonçalves et Diogo Lopes Pacheco sont envoyés au monastère de Santa Clara à Coimbra pour la tuer ce qui est chose faite le 7 janvier 1355 en profitant du fait que Pierre soit parti à la chasse. Ce dernier se révolte contre son père, le pays connaissant une courte guerre civile.

Pierre devient roi en 1357 et trois ans plus tard il annonce qu’il à épousé secrètement Ines ce qui légitime ses enfants nés de sa liaison avec elle. Selon la légende, il fait déterrer le corps d’Ines, l’habille des vêtements royaux et oblige la noblesse à lui prêter hommage. Deux des assassins sont capturés et mis à mort, le troisième Diogo Fernao Pacheco ayant reçu le pardon du roi sur son lit de mort.

Henri le Navigateur

Henrique o Navegador (Porto 4 mars 1394 Sagres 13 novembre 1460) est un prince du Portugal, considéré comme le symbole des grandes découvertes puisqu’il pilota depuis la terre ferme l’exploration par le royaume lusitanien des côtes de l’Afrique. Il ne s’est jamais marié et n’eut aucune descendance.

C’est le troisième fils survivant de Jean 1er, premier roi de la dynastie d’Aviz et de Philippa de Lancastre, fille de Jean de Gand et sœur d’Henri IV d’Angleterre.

En 1415 il participe à la prise de Ceuta pour tenter de mettre fin aux raids de la piraterie maure contre le sud du Portugal. A son retour au Portugal il est fait duc de Viseu et seigneur de Covilhã.

En 1416 il commence à repeupler le village de Terçanabal sur la péninsule de Sagres en Algarve. Il y fit construire un arsenal, un observatoire, une école pour l’étude de la géographie et de la navigation. En 1419 il est nommé gouverneur de l’Algarve.

Il participe à la découverte de Madère puis le 25 mai 1420 il devient gouverneur de l’Ordre du Christ, le successeur portugais de l’ordre du Temple dont le siège est à Tomar. Avec le temps il devient de plus en plus dévot. Les différents revenus sont investis dans les découvertes. Les motifs des explorations sont politiques, économiques et religieux.

Un de ses navigateurs découvre les Açores en 1427 et en 1434 Gil Eanes dépasse le cap Bojador. Il aurait mis au point la caravelle très pratique pour les futures explorations. Le cap Blanc est atteint en 1441, le banc d’Arguin en 1443, le fleuve Sénégal et le Cap-Vert en 1444. Henri le Navigateur accède ainsi à l’or et aux esclaves sans passer par l’intermédiaire des marchands arabes. En 1462 la future Sierra Leone est atteinte.

En 1437 Henri organise une attaque sur Tanger qui tourne au désastre. Son frère Ferdinand capturé allait mourir en captivité en 1448. Se découvrant piètre militaire, il préfère se concentrer sur les explorations. Mort en 1460 il à clairement ouvert la voie aux explorations de Bartolomeu Dias, Vasco de Gama et Christophe Colomb.

Bartolomeu Dias

Bartolomeu Dias (v.1450-29 mai 1500) est un explorateur portugais, le premier navigateur européen à avoir dépassé la pointe sud de l’Afrique.

Fils de Dinis Dias il s’initie très jeune à la navigation, recevant également des cours de mathématiques et d’astronomie. En 1486 il est chargé par le roi Jean II de Portugal de poursuivre l’exploration des côtes africaines initiée par Diogo Cao. Officiellement il s’agissait de découvrir une route vers le mythique royaume du Prêtre Jean mais officieusement il s’agissait de trouver une route pour accéder aux épices et aux soieries alors que le passage par Constantinople était impossible depuis la prise de la ville par les turcs trente-trois ans plus tôt.

L’expédition quitte Lisbonne en août 1487, atteignant en décembre la côte de l’actuelle Namibie puis réussit à franchir le Cap des Tempêtes que le roi préféra rebaptiser Cap de Bonne Espérance. Il rentre à Lisbonne en décembre 1488. Il accompagne Vasco de Gama en 1497 puis se rend avec Pedro Alvares Cabral au Brésil que les deux hommes découvrent en 1500. Lors d’un nouveau voyage vers les indes il meurt au large du cap de Bonne Espérance.

Francisco de Almeida

Francisco de Almeida (Lisbonne v.1450 près du Cap 1er mars 1510) est un militaire et explorateur portugais. Vice-roi des Indes portugaises chargé de l’expansion du commerce lusitanien dans l’Océan Indien.

Il se distingue d’abord dans les guerres contre les Maures et participe à la conqûete de Grenade aux côtés des castillans en 1492.

En 1505 il est nommé vice-roi des Indes portugaises par Manuel 1er. Il quitte le Portugal le 25 mars 1505, combat en Afrique australe avant de rallier Cochin.

Il multiplie les raids contre les arabes pour affaiblir leur commerce. Le 3 février 1509 il défait une flotte musulmane composée de navires égyptiens, ottomans et du sultanat de Gujarat à Diu au nord de Calicut. Toujours en 1509 il est le premier portugais à accoster à Bombay.

Quand Afonso de Albuquerque arriva en Inde pour lui succéder, il refusa de reconnaître ses lettres de créance et le fit emprisonner. Au bout de trois mois, il renonça à sa charge lorsqu’arriva du Portugal une flotte importante, en novembre 1509. Par la suite, il embarqua pour le Portugal. Almeida fut tué sur le chemin du retour par des Khoïkhoïs, au cours d’une escale dans la baie du Cap (Afrique du Sud), le 1er mars 1510.

Afonso de Albuquerque

Afonso de Albuquerque (Alhandra 1453 Goa 16 décembre 1515) est un militaire, un navigateur, un explorateur et un nom politique portugais qui joua un rôle clé dans l’expansion portugaise en Orient.

Formé à la cour d’Alphonse V, il combat les turcs en soutien du roi Ferdinand II de Naples, combat la Castille en 1476 lors de la guerre de succession favorable à Isabelle la Catholique avant de terminer sa carrière aux Indes, arrivant courant 1503 à Cochin.

Il s’empare en 1506 des îles Socotra à l’entrée de la mer Rouge puis en 1507 Ormuz, bloquant ainsi les navigateurs arabes.

En 1508 il succède à Francisco de Almeida comme vice-roi des Indes non sans être passé par la case prison, son prédécesseur refusant de lui remettre sa charge !

Il faudra l’arrivée trois mois plus tard d’une flotte venue du Portugal pour qu’il rentre en fonction. Il s’empare de Goa en 1510 puis de Malacca en 1511.

En 1513 il échoue à s’emparer d’Aden mais participe à l’installation de la colonie portugaise de Macao. En 1515 il construit une forteresse à Ormuz.

Fait duc de Goa par Manuel 1er, il est le premier non-membre de la famille royale à recevoir ce titre et le premier duc d’outre-mer. Il meurt peu après.

Jean II

Joao II (Lisbonne 3 mars 1455 Alvor 25 octobre 1495) est le troisième roi de Portugal. Fils d’Alphonse V et d’Isabelle de Portugal, il succéda à son père après l’abdication de ce dernier mais en 1477 Alphonse V reprend le pouvoir jusqu’en 1481.

Marié à Eleonore de Viseu, il eut deux fils légitimes mais tous étaient mort au moment de son décès officiellement d’hydropisie mais la haine de la noblesse lusitanienne était telle qu’on ne peut exclure un empoisonnement.

Pourquoi une telle haine ? Tout simplement parce que celui qu’on surnommé «Le Prince parfait» refusait les intrigues et semblait vouloir se placer au dessus des partis. Le 22 août 1484 il poignarde lui même le duc de Viseu. Son pouvoir est désormais incontestable mais sa popularité vis à vis des grands est toujours aussi mauvaise.

Il poursuit la politique d’exploration initiée notamment par son grand oncle Henri le Navigateur. En 1484 Diogo Cao découvre l’embouchure du Congo et explore la côte de la Namibie. Bartolomeu Dias la même année croise le cap de Bonne-Espérance. En 1493 le Portugal commence la colonisation des îles de Sao Tomé et Principé.

A noter qu’une partie des archives à disparu durant le grand tremblement de terre de 1755 ce qui fait que l’ampleur exact des découvertes portugaises eest incertaine. Certains historiens pensent que les portugais connaissaient l’Amérique avant même Christophe Colomb.

Sans héritier légitime, Jean II choisit Manuel de Viseu, duc de Braga, son cousin germain, beau-frère et fils adoptif comme successeur.

Manuel 1er

Manuel 1er Le Grand (Alcochete 31 mai 1469 Lisbonne 13 décembre 1521) est roi de Portugal de 1495 à 1521.

Fils de Ferdinand de Portugal, duc de Viseu et de Beatrice de Portugal, il est petit-fils du roi Edouard 1er de Portugal et le neveu du roi Alphonse V de Portugal. Il devient héritier du trône en 1484 après la mort de son père et ses deux frères ainés. Il succède à son cousin germain Jean II en 1495.

Sa jeunesse est marquée par l’ambiance lourde qui règne à la cour portugaise entre Jean II et la noblesse lusitanienne.

Il poursuit la politique de Jean II dans le domaine des découvertes et des monopoles commerciaux, c’est d’ailleurs sous son règne que Vasco de Gama découvre la route des Indes (1498), que Pedro Alvares Cabral découvre le Brésil (1500), que Francisco de Almeida et Afonso de Albuquerque commencent la colonisation des Indes. Il fait construire de somptueux édifices (palais, églises et cathédrales) dans un style dit manuelien. Des relations sont établies avec la Chine et la Perse.

Sur le plan intérieur, Manuel est un roi absolu, ne réunissant les Cortes que trois fois en vingt-six ans. On est loin de la monarchie contractuelle ou de la monarchie parlementaire. Dans les colonies il mène une politique d »évangélisation mais sous la pression des rois catholiques il expulse les juifs en 1496 mais se montre très tolérant vis à vis des convertis qui sont victimes en 1506 de violentes émeutes dans un contexte d’épidémie de peste.

Il se marie à trois reprises avec des infantes espagnoles.

De son mariage avec Isabelle d’Aragon est né Michel de la Paix (1498-1500). La mort d’Isabelle met fin au rêve de Jean II de réunir sur la tête du monarque portugais les couronnes de la péninsule ibérique.

Il se remarie avec Marie d’Aragon, sœur de Jeanne la Folle. De cette union sont nés plusieurs enfants : Jean futur Jean III, Isabelle de Portugal (1503-1539) qui par son mariage avec Charles Quint permettra à son fils Philippe II de devenir Philippe 1er du Portugal, Beatrice de Portugal (1504-1538), Louis de Portugal (1506-1555), Ferdinand de Portugal (1507-1534), Alphonse (1509-1540), Henri 1er cardinal puis roi du Portugal, Edouard de Portugal (1515-1540).

De son mariage avec Eleonore de Habsrbourg sont nés deux enfants, Charles (1520-1521) et Marie (1521-1577).

Manuel 1er meurt de la peste le 13 décembre 1521 et est enterré au Monastère des Hiéronymites à Lisbonne.

Pedro Álvares Cabral

Pedro Alvares Cabral (Belmonte 1467 ou 1468 Santarem 1520 ou 1526) est un navigateur et explorateur portugais qui va jouer un rôle capital dans les grandes découvertes. Il est surtout connu pour avoir découvert le Brésil le 22 avril 1500.

Avant sa «célébrité» on sait peu de chose sur sa vie. Il est néanmoins issue de la noblesse portugais, son arrière-arrière-grand-père ayant été l’un des rares novles à resté loyal à Jean 1er lors de la crise portugaise de 1383 à 1385. C’est néanmoins une famille de la petite noblesse et non un grand du Portugal.

Il est envoyé à la cour d’Alphonse V en 1479 alors qu’il avait une douzaine d’années. Il est possible qu’avant 1500 il ait combattu en Afrique du Nord. Manuel 1er reçoit une rente annuelle et le titre de fidalgo (noble).

La flotte dont il prend le commandement se composait de 13 navires armés par 1500 hommes dont 700 étaient des soldats. Elle appareille le 9 mars 1500, arrivant le 22 au Cap Vert une colonie portugaise pour se ravitailler. La flotte franchit l’Equateur le 9 avril et met cap à l’ouest. Le 22, ils atteignent une terre inconnue bientôt connu sous le nom de Brasil du nom d’un bois exotique très apprécié en Europe.

La flotte reprend la mer le 2 ou le 3 mai, navigue le long de la côte est de l’Amérique du Sud puis vers le 5 mai vira de bord vers l’Afrique. Quatre bateaux sont perdus lors d’une tempête le 23 ou le 24 mai. Parmi les marins tués par cette tempête figure Bartolomeu Dias.

Les autres navires parviennent à rallier l’Afrique pour être réparés. La flotte arrive enfin à Calicut le 13 septembre 1500. En dépit de la volonté des portugais de commercer, des combats ont lieu avec son lot d’exactions et de représailles. La flotte de Cabral rallie ensuite Cochin à la veille de Noël. Elle met cap sur le Portugal le 16 janvier 1501 pour rentrer au Portugal non sans mal à l’été, Cabral rentrant au Portugal en juillet 1501.

Vasco de Gama

Vasco da Gama (Sines 1469 Cochin 24 décembre 1529) est un navigateur et explorateur portugais considéré comme le premier européen à être arrivé aux Indes par voie maritime et ce en contournant le cap de Bonne-Espérance en 1498.

Il est issu de la petite noblesse lusitanienne, sa mère étant d’origine anglaise. Il à eu cinq fils et une fille. Sa jeunesse est peu connu mais il semble qu’il aurait été initié aux mathématiques, à la navigation et à l’astronomie.

Vers 1480 il rejoint l’ordre de Santiago de l’Epée dont le grand maitre est le futur Jean II de Portugal. En 1492 il saisit des navires français en riposte des dommages commis par les français.

En 1497 il prend la tête d’une petite escadre de quatre navires pour rallier les Indes par la voie maritime. Il quitte le Tage le 8 juillet 1497, franchit l’Atlantique direction le Brésil pour se régénérer alors que la flotte est victime de la dysenterie et du scorbut. Il retraverse l’Atlantique par la suite, allant d’un comptoir à l’autre. Il double Cap des Tempêtes (futur Cap de Bonne Espérance) le 22 novembre 1497. Il arrivé à proximité de Calicut le 21 mai 1948 et débarque une semaine plus tard.

Les résultats sont mitigés mais Vasco de Gama est à son retour couvert d’honneurs par Manuel 1er.

Il réalise un deuxième voyage (1502-103) avec vingt navires chargés de marchandises qui intéressent davantage les indiens. Vasco de Gama y est nettement plus violent notamment contre un navire ramenant les pélerins musulmans de la Mecque.

A son retour il est disgracié par le roi et s’installe avec sa famille à Evora.

Il est nommé comte de Vidigueira en 1519 puis vice-roi des Indes en 1524, Jean III devant lutter contre la corruption. Il meurt peu après son arrivée. Il est enterré sur place mais en 1539 ses ossements seront ramenés au pays.

Ferdinand de Magellan

Fernao de Magalhaes (Porto v.1480 Ile de Mactan Philippines 27 avril 1521) est un navigateur et explorateur portugais. Marié à Beatriz Barbosa, deux enfants morts en bas age.

Au service de Charles Quint, il réalise la première circumnavigation (tour du monde) enfin presque puisque sur les 18 survivants sur les 241 participants on ne trouve pas le navigateur lusitanien tué aux Philippines par une flèche empoisonnée.

On dispose de peu d’infos sur sa jeunesse, son lieu de naissance est tout sauf certain, plusieurs villes revendiquant d’être la ville natale du navigateur. Il se rend aux Indes de 1505 à 1511 puis est blessé au combat au Maroc en 1513.

Se jugeant injustement méconnu il passe au service de Charles Quint pour tenter d’atteindre les îles Moluques par l’est, îles tenues par les portugais mais revendiqués par les espagnols suivant une interprétation du traité de Tordesillas.

L’expédition quitte Séville le 10 août 1519 avec cinq navires soit 480 tonneaux et 241 marins espagnols, portugais, italiens, grecs et même français.

En décembre il arrive en baie de Santa Lucia (Brésil), explore le Rio de la Plata en janvier 1520 puis la Patagonie au mois de mars. Le 1er avril 1520 il doit réprimer une mutinerie. Au mois de novembre, un navire déserte et rentre à Seville !

En novembre 1520 il découvre le détroit de Magellan et pénètre dans l’Océan Indien, ralliant les Mariannes au mois de mars et les Philippines au mois d’avril. Le 27 avril 1521 lors d’un combat avec les tribus locales, il est tué par une flèche empoisonnée. Les survivants rallient ensuite les Moluques en novembre 1521, franchissant le cap de Bonne Espérance en mai 1522 avant que La Victoria arrive à Sanlucar de Barrameda le 6 septembre 1522.

Le bilan est mitigé, désastreux sur le plan financier et très médiocre sur le plan scientifique et politique.

Le Camoens

Luiz Vaz de Camoes dit Le Camoens (v.1525 Lisbonne 10 juin 1580) est un poète portugais, un poète de tradition médiévale (redondilhas) et de tradition pastorale. Il s’inspire également de sonnets produits par la Renaissance italienne. Son œuvre majeure est Les Lusiades (1572). Son œuvre peut être comparée à celle de Virgile, de Dante et de Shakespeare.

Il mène une vie de bohème, ayant plusieurs liaisons, la légende lui attribuant une liaison avec l’infante Marie, la fille du roi Manuel 1er ce qui explique sa disgrace.

Il est emprisonné en 1552/53 puis se rend aux Indes, vivant à Goa puis à Macao après qu’il se soit moqué du vice-roi dans une satire. C’est là qu’il aurait composé les Lusiades. Il vit à Goa de 1560 à 1568 date à laquelle il rentre au Portugal. Il publie les lusiades en 1572. Il termine sa vie pensioné par le roi Sébastien 1er. Il est mort dans un grand dénuement.

Pologne et Pays Neutres (23) Portugal (3)

Chronologie militaire

-155-139 (a.C) : Guerre lusitanienne

-456 : Bataille de Bracara défaite des Suèves face aux Wisigoths

-868 : Braga est reprise par les forces chrétiennes

-1064 : reprise définitive de Coimbra (après une reprise éphémère en 871)

-1071 : Bataille de Pedroso. Le dernier titulaire du comté de Portucale est défait par Garcia II de Galice qui proclame comte (ou roi selon les sources) de Portugal.

-1139 : bataille d’Ourique

-1147 (15 mars) : Reprise de la ville de Santarem

-1147 (juillet-octobre) : siège de Lisbonne

-1184 : Echec du siège de Santarem par les Almohades de Yusuf 1er

Bataille de Las Navas de Tolosa

-1212 (16 juillet) : Bataille de Las Navas de Tolosa. Des troupes portugaises y participent

-1319 : suite à la dissolution de l’Ordre du Temple, le roi du Portugal reçoit l’autorisation de créer un nouvel ordre militaire, l’Ordre du Christ qui assure la défense des frontières et va jouer un rôle clé dans les grandes découvertes.

-1384 (6 avril) : Bataille des Atoleiros. Victoire des portugais sur les castillans

-1385 (juin) : Bataille de Trancoso. Victoire des portugais sur les castillans

-1385 (octobre) : Bataille de Valverde. Victoire définitive des portugais sur les castillans

-1385 (14 août) : Bataille d’Aljubarrota. Victoire des portugais appuyés par les anglais sur les castillans soutenus par les aragonais, les français et les italiens.

-1415 : les portugais s’emparent de la ville de Ceuta

-1437 : échec des portugais devant Tanger qui sera prise par les portugais en 1471. Les différentes places portugaises au Maroc seront abandonnées non sans débats ni critiques entre 1541 et 1550.

-1578 (4 août) Bataille de Ksar-El-Kébir

-1580 (25 août) : Bataille d’Alcantara marquant la défaite des partisans d’Antoine, prieur de Crato qui contestait à Philippe II sa prise de contrôle de la couronne de Portugal

-1585/1604 : guerre anglo-espagnole. Les portugais participent à la guerre côté espagnol car à l’époque les lusitaniens et les ibères sont unis sous la domination du roi d’Espagne (Union Iberique)

-1602-1663 : guerre hollando-portugaise pour le contrôle des colonies d’Asie du Sud-Est

-1644 : Victoire des portugais sur les espagnols à Montijo

-1665 (17 juin) : Bataille de Monte Claros

-1801 : Guerre des Oranges

-1807 (20 novembre) : Invasion du Portugal par les troupes françaises du général Junot.

-02 mai 1808 au 17 avril 1814 : Guerre péninsulaire

-1808 (17 août) : défaite française à Vimeiro

-1810 : défaite française à Biçaco

-1832 (8 juillet) : un corps expéditionnaire libéral venu des Açores fort de 7500 hommes et de 60 navires débarque près de Porto («Débarquement de Mindalo»)

-Juillet 1832 à juillet 1833 : les libéraux retranchés dans Porto sont assiégés par les forces du camp absolutiste.

-1912 et 1915 : des groupes armés monarchistes venus d’Espagne tentent de renverser la République et de rétablir la monarchie que ce soit en faveur de Manuel II ou des descendants de Michel 1er.

-1914 (24 août) : Raid allemand contre le poste frontalier de Maziua (Mozambique portugais)

-1916 (9 mars) : L’Allemagne déclare la guerre au Portugal, Lisbonne ne tardant pas à faire de même

-1916 (15 mars) : l’Autriche-Hongrie déclare la guerre au Portugal

Soldats portugais mettant en œuvre un mortier Stokes. Ils sont équipés à la britannique

-1916 (22 juillet) : Création du Corpo Expediconario Portugues

-1917 (7 janvier) : Création du Corpo de Artilharia Pesada Independente (corps d’artillerie lourde indépendant)

-1917 (2 février) : Les premiers soldats lusitaniens arrivent à Brest.

-1917 (4 avril) : Arrivée sur le front des premiers soldats portugais

-1917 (4 juin) : Baptême du feu pour les troupes portugaises

-1917 (7 octobre) : Le corps d’artillerie lourde portugais arrive sur le front

-1918 (9 avril) : bataille de la Lys (opération Georgette). Les portugais subissent de lourdes pertes.

Chronologie politique

Les rois de Portugal

Le titre officiel du roi de Portugal est le suivant : roi de Portugal et des Algarves, de chaque côté de la mer en Afrique, duc de Guinée et de la conquête, de la navigation et du commerce d’Éthiopie, d’Arabie, de Perse et d’Inde par la grâce de Dieu.

Comtes de Portugal

Le Portugal devient un royaume en 1139 alors qu’il était un comté auparavant. Plusieurs maisons vont se succéder.

De 868 à 1071 on trouve la Maison de Vimara Peres suivie ensuite de la Maison de Jimenez de 1071 à 1094 et enfin de la Maison de Bourgogne de 1095 à 1139. Alphonse Henriques, fils d’Henri de Bourgogne et de Thérèse de Léon qui était déjà duc se proclame après sa victoire à la bataille d’Ourique.

Maison de Bourgogne

Cette première dynastie royale est fondée par Henri de Bourgogne, comt de Portugal (1066-1112).

-Alphonse 1er le Conquérant (1139-1185)

-Sanche 1er le Colonisateur (1185-1211)

-Alphonse II le Gros (1211-1223)

-Sanche II le Preux (1223-1248)

-Alphonse III le Boulonnais (1248-1279, régent à la place de son frère de 1245 à 1248)

-Denis 1er le Cultivateur (1279-1325)

-Alphonse IV le Brave (1325-1357)

Pierre 1er

-Pierre 1er le Justicier ou le Cruel (1357-1367)

-Ferdinand 1er le Beau ou l’Inconstant (1367-1383)

-Régence d’Eleonore Teles de Menezes (1383-84) et Jean, grand maitre de l’Ordre d’Aviz (1383-1385)

-Beatrice 1er (1383-1384)

Maison d’Aviz (branche directe)

Jean 1er, fondateur de la maison d’Aviz

-Jean 1er le Prince de Bonne Mémoire (1385-1433)

-Edouard 1er l’Eloquent (1433-1438)

-Alphonse V l’Africain (1438-1481). Ayant six ans à son avènement il ne peut gouverner seul, la régence est assurée par Alienor d’Aragon (1438/39) puis par Pierre de Portugal, duc de Coimbra (1439-1448)

-Jean II le Prince parfait (1481-1495)

Maison d’Aviz (Branche de Beja)

Manuel 1er

-Manuel 1er le Fortuné (1495-1521) cousin germain de Jean II et petit fils d’Edouard 1er

-Jean III le Pieux (1521-1557)

-Sébastien 1er le Désiré (1557-1578). Petit-fils de Jean III n’à que trois ans à son avénement. Sa grand mère Catherine de Castille (1557-1562) assure la régence suivit de son oncle, le cardinal Henri de Portugal (1562-1568)

-Henri 1er le Chaste (1578-1580)

-Antoine 1er le Déterminé (1580). Petit-fils de Manuel 1er, son règne est plus symbolique que réel, Philippe II d’Espagne s’emparant de la couronne de Portugal.

Maison de Habsbourg

-Philippe 1er de Portugal (Philippe II d’Espagne) (1580-1598)

-Philippe II de Portugal (Philippe III d’Espagne) (1598-1621)

-Philippe III de Portugal (Philippe IV d’Espagne) (1621-1640)

Maison de Bragance

Jean IV le Restaurateur

Jean IV le Restaurateur (1640-1656) arrière-arrière-petite fils de Manuel 1er

-Alphonse VI le Victorieux (1656-1683) : Il n’à que treize ans à son avènement. Sa mère Louise Marine Françoise de Guzman assure la régence jusqu’en 1661. Instable mentalement il sera exilé aux Açores, son frère Pierre de Bragance assurant la régence de 1668 à 1683.

-Pierre II Le Pacifique (1683-1706)

-Jean V Le Magnanime (1706-1750)

-Joseph 1er le Reformateur (1750-1777)

-Marie 1ère La Pieuse (1777-1816). Instable mentalement (sa folie à été aggravée par une piété extrême et les conséquences de la Révolution Française), elle n’assure pas la réalité du pouvoir tenu d’abord par son oncle et mari (sic) Pierre III le Sacristain de 1777 à 1786 et par son fils Jean, prince de Brésil de 1791 à 1816.

-Jean VI le Clément (1816-1826)

-Pierre IV le Roi Soldat (1826) Empereur du Brésil il abdique rapidement ses droits à la couronne du Portugal au profit de sa fille Marie âgée de sept ans. La régence est assurée par Isabel Maria de Bragance (1826-1828) et par Michel de Bragance son oncle (1827-1828).

-Marie II l’Educatrice (1826-1828) (1834-1853)

-Michel 1er l’Usurpateur (1828-1834) (chef du camp réactionnaire renverse sa nièce et épouse ce qui provoque une guerre civile et l’intervention du père de Marie II).

-Ferdinand II le roi artiste (1837-1853). Règne en compagnie de son épouse Marie II (le mariage de Marie et de Michel à été annulé en 1834)

Maison de Bragance-Saxe-Cobourg et Gotha

-Régence de Ferdinand II de 1853 à 1855

-Pierre V l’Optimiste (1853-1861)

-Louis 1er le Populaire frère du précédent (1861-1889)

Charles 1er

-Charles 1er le Diplomate (1889-1908)

Manuel II, le dernier roi de Portugal

-Manuel II Le Patriote (1908-1910)

Présidents et chef de l’Etat portugais

Première République

-Teofilo Braga (1843-1924) président du gouvernement provisoire de la république portugaise du 5 octobre 1910 au 24 août 1911.

-Manuel de Arriaga (1840-1917) président du 24 août 1911 au 26 mai 1915

-Teofilo Braga à nouveau président du 29 mai au 5 octobre 1915

-Bernadino Machado (1851-1944) président du 5 octobre 1915 au 5 décembre 1917

-Suite à un coup d’état Sidonio Pais (1872-1918) prend le pouvoir. Il est président de la Junte révolutionnaire du 8 au 12 décembre 1917, premier ministre du 12 décembre 1917 au 9 mai 1918 et président du 28 avril au 14 décembre 1918,date de son assassinat.

-Joao do Canto e Castro (1862-1934) président du 16 décembre 1918 au 5 octobre 1919

-Antonio Jose de Almeida (1866-1929) président du 5 octobre 1919 au 5 octobre 1923.

-Manuel Teixeira Gomes (1860-1941) président du 5 octobre 1923 au 11 décembre 1925 date de sa démission

–Bernadino Machado à nouveau président du 11 décembre 1925 au 31 mai 1926

Ditadura Nacional (1926-1932)

-Amiral José Meendes Cabeçadas (1883-1965) président du 31 mai au 17 juin 1926

-Général Manuel Gomes da Costa 1er ministre du 17 juin au 9 juillet 1926, président du 29 juin au 9 juillet 1926

-Général Oscar Carmona (1869-1951) 9 juillet 1926 au 16 novembre 1926 (premier ministre) 16 novembre 1926 au 25 mars 1928 (président)

Estado Novo

-Oscar Carmona 15 avril 1928 au 18 avril 1951, date de son décès

-Salazar assure l’interim à la président du 18 avril au 21 juillet 1951.

-Francesco Caveiro Lopes (1894-1964) président du 21 juillet 1951 au 9 août 1958

Pologne et Pays Neutres (9) Espagne (9)

FORCES ARMEES ESPAGNOLES

Armée de terre

Histoire de l’armée espagnole de la Reconquista à la guerre d’Espagne

Contrairement aux autres tomes je ne vais pas détailler l’histoire militaire de l’Espagne même si c’est diablement tentant. Je vais me contenter de quelques dates, de quelques événements saillants. Je renvoie également le lecteur à ma chronologie militaire située plus haut.

Statue du « Gran Capitan »

L’armée de terre espagnole voit le jour au 15ème siècle et s’illustre au cours des Guerres d’Italie (1494-1559) avec notamment El Gran Capitan Gonzalve de Cordoue qui va initier le processus aboutissant aux célèbres tercios. Ces derniers comprennent des piquiers, des hallebardiers et des arquebusiers.

L’armée espagnole est également engagée dans la Guerre de Quatre-Vingt Ans (1568-1648), lutte contre les raids ottomans, soutien les ligueurs français dans les différentes guerres de religion et combat les anglais durant la guerre anglo-espagnole (1585-1604).

Les effectifs ne cessent d’augmenter. On passe d’environ 20000 hommes dans les années 1470 à 300000 hommes dans les années 1630 alors que l’Espagne est engagée dans la Guerre de Trente Ans.

Les effectifs sont composés d’espagnols mais aussi d’italiens et de flamands. De 1703 à 1820 on trouve au sein de la Garde Royale espagnole une unité de Gardes Wallons (Guardia Valona). A cela s’ajoutait des régiments de ligne recrutés dans ce qui n’était pas encore la Belgique.

Viggo Mortensen dans « Capitaine Alatriste »

Souvent mal payés ou pas payés du tout (cf Capitaine Alatriste) ils vivent sur le pays, n’hésitant pas à saccager des villes (17000 morts à Anvers en 1576) ou à livrer des places fortes à l’ennemi.

La guerre de Trente Ans marque la fin de la supériorité militaire espagnole. Le tercio jadis roi des champs de bataille est sérieusement malmené par les néerlandais et les suédois avant que sa réputation d’invincibilité soit définitivement balayée par le duc d’Enghien à la bataille de Rocroi en 1643. Il faut dire que l’ennemi à appris, à mis au point des structures plus flexibles et plus souples que le tercio.

L’acte officiel de création du tercio peut être fixé à l’ordonance de Gênes de 1536. Initialement ils se composent de dix compagnies de piquiers et de deux d’arquebusiers, les premiers devant assurant la protection rapprochée des porteurs d’armes à feu. Cela représente en théorie 3000 hommes par tercio.

Ces unités tirent leur force de leur discipline, d’un sens de l’honneur exacerbé et d’une fidélité au roi et à la foi catholique, des éléments particulièrement utiles quand ces hommes combattaient ceux que l’Eglise catholique considéraient comme des hérétiques.

Les tercios se dispersent entre l’Espagne, la Flandre, l’Italie et l’Afrique. En 1685 l’effectif des tercios est réduit à environ un millier d’hommes. Plusieurs refontes ont ensuite lieu jusqu’en 1704 quand le terme disparaît.

L’armée espagnole participe également aux opérations outre-mer.

Avec l’arrivée des Bourbons à Madrid l’armée espagnole est réorganisée sur le modèle français. Les vieilles unités sont transformées en régiments.

En 1764 une première école militaire est créée en Espagne, l’Ecole Royale d’Artillerie à Ségovie.

En 1768 le roi Charles III publie l’ordonnance royale pour l’organisation, la discipline, l’obéissance et le service dans ses armées, un texte dont les grandes lignes seront encore appliquées en 1978 !

A la fin du 18ème siècle la menace terrestre et faible pour ne pas dire inexistante, l’Espagne délaissant son armée de terre au profit de la marine. Les officiers devaient davantage leur poste au patronage qu’à leur compétence, la troupe était composée de paysans peu instruits, peu entrainés et peu motivés. Comme souvent dans les armées de l’époque, les meilleures unités sont composées de volontaires étrangers qui y sont ici essentiellement irlandais, italiens, suisses et wallons. Les unités d’artillerie et du génie sont d’un bon niveau.

Si aux plus bas échelons le niveau tactique est bon en revanche aux échelons les plus élevés de la hiérarchie les tactiques sont démodées et ne prennent pas en compte la révolution tactique amorcée par les unités de la France républicaine, les espagnols n’étant ni les premiers ni les derniers à subir les conséquence de la Furia francese.

L’Espagne affronte la France de 1793 à 1795 puis le Portugal aux côtés de la France en 1804 dans la Guerre des Oranges. L’Espagne va ensuite participer à la guerre péninsulaire aux côtés des britanniques avec à la fois des unités régulières mais aussi un guérilla endémique qui va épuiser l’armée française.

A la fin des guerres napoléoniennes tout est à reconstruire notamment les infrastructures qu’il s’agisse des casernes, des dépôts ou des manufactures d’armes. Pour ne rien arranger le contexte politique est particulèrement compliqué.

Non seulement les colonies sud-américaines secouent le joug colonial espagnol mais l’Espagne métropolitaine doit faire face à une querelle entre le très réactionnaire Ferdinand VII et les libéraux.

Echaudée par les dernières expériences, l’armée espagnole tourne le dos aux volontaires et aux mercenaires au profit du conscrit. Si cela peut éliminer le problème de la discipline et réduire la charge financière cela ne résout pas tous les problèmes.

Ces réformes se heurtent à l’instabilité du pays, aux pronunciamento et aux guerres carlistes. Les militaires espagnols sont davantage préoccupés par la politique que par la capacité de l’armée à faire face à un adversaire digne ce nom.

En 1920 alors que l’armée espagnole s’enlise au Maroc les effectifs sont d’environ 500000 hommes.

En juillet 1936 si une majeure partie de l’armée rejoint par affinité idéologique le camp nationaliste une partie reste fidèle au gouvernement légal. A ces professionnels de la guerre pas toujours bien vu par les autres républicains vont s’ajouter des unités plus politisées venant aussi bien du parti socialiste que du parti communiste ou des différents mouvements anarchistes. A cela va s’ajouter des unités étrangères comme les Brigades Internationales qui quittent le conflit à la fin de 1938.

Soldats républicains

Après une période flottement, l’armée républicaine est réorganisée sous la forme d’une Ejercito Popular de la Republica très influencée par les communistes qui à la différence des anarchistes préféraient gagner la guerre avant de faire la révolution. Les différentes milices politiques sont dissoutes le 16 octobre 1936 et intégrées à la nouvelle armée populaire. Tous les hommes âgés de 20 à 45 ans sont appelés sous les drapeaux.

Aux colonnes et autres milices on préfère la brigade mixte, les six premières (dont deux brigades internationales) sont créées le 18 octobre 1936. Elles se composent chacune de quatre bataillons, chaque bataillon disposant d’un nombre variable de compagnies sachant que les effectifs ne devaient pas dépasser 3000 hommes.

Ultérieurement l’armée républicaine se composa de régiments, de divisions, de corps d’armées et d’armée de campagne.

Sur le plan matériel la situation est très difficile jusqu’au printemps 1937. Si nombre de carences et de manques ont alors été résolues certaines unités vont manquer d’armes, de munitions et d’uniformes et ce jusqu’à la fin de la guerre.

L’armée républicaine est très influencée par les communistes espagnoles et les soviétiques ce qui provoque des tensions et des tiraillements avec les socialistes, les trotskistes et les anarchistes.

L’armée républicaine atteint son efficacité maximale à la bataille de l’Ebre (deuxième semestre 1938) mais c’est aussi au cours de cette bataille qu’elle est détruite et que le gouvernement républicain ne pourra la reconstituer faute de moyens et faute de temps.

Après la victoire franquiste les soldats républicains sont souvent fusillés ou emprisonnés dans des camps. D’autres parviennent à passer la frontière et à se réfugier en France. Nombre d’entre-eux vont s’engager dans la Légion Etrangère dans l’espoir d’une future guerre contre l’Espagne devenue franquiste mais comme on le sait jamais la France ne se lancera dans une expédition militaire au sud des Pyrénées.

En mai 1937, l’armée populaire était structuré en plusieurs armées, l’armée du Centre autour de Madrid, l’armée du Sud en Andalousie et en Extremadure, l’armée du Levant, l’armée de l’Est en Aragon, l’Armée du Nord dans le pays Basque isolé du reste de la zone républicaine.

A la fin de l’année on trouvait l’Armée du Centre, l’Armée d’Andalousie, l’Armée du Levant, l’Armée de l’Est et l’Armée de Manoeuvre.

En avril 1938 le territoire républicain est coupé en deux quand les franquistes atteignent la Méditerranée au sud de Valence. Deux groupes d’armées sont alors formés, le groupe d’armées de la région centrale et le groupe d’armées de la région orientale.

Le premier comprend l’Armée du Centre (six corps d’armée et quinze divisions), l’Armée d’Extremadure (deux corps d’armées et cinq divisions), l’Armée d’Andalousie (deux corps d’amées et cinq divisions) et l’Armée du Levant (sept corps d’armée et 17 divisions) soit un total de dix-sept corps d’armée et trente-sept divisions.

Le second comprend l’Armée de l’Est (trois corps d’armée et neuf divisions) et l’Armée de l’Ebre (quatre corps d’armée et quatorze divisions) soit un total de sept corps d’armée et de vingt-trois divisions.

Défilé à Paris le 14 juillet d’un détachement de la Légion espagnole

Durant la guerre d’Espagne l’armée se divise entre républicains et nationalistes. Les seconds bénéficiant de l’aide précieuse de l’Armée d’Afrique avec ses unités d’élite comme les regulares ou encore le Tercio la Légion Etrangère espagnole. L’apport de contingents allemands, italiens mais aussi irlandais et portugais à joué aussi un rôle important.

En juillet 1936 quand l’armée d’Afrique se révolte, l’armée se divise mais pas aussi nettement qu’on l’à écrit puisque en ce qui concerne les officiers on trouve 9294 côté nationaliste et 8929 côté républicain. On trouve 140604 soldats et sous-officiers côté nationaliste (dont 47127 hommes pour l’Armée d’Afrique) et 116051 côté républicain.

Si les hauts gradés restent majoritairement loyaux à la république, les officiers subalternes rallient majoritairement la rébellion ce qui va faire la différence sur le terrain. Durant le conflit le nombre d’officiers va augmenter côté nationaliste mais va chuter dans le camp d’en face.

Une fois qu’il devint évident que la guerre allait durer, les unités insurgées vont être réorganisées pour pouvoir durer. On trouve ainsi l’Armée du Nord sous le commandement du général Mola et l’Armée du Sud sous le commandement du général Queipo de Llano.

En avril 1937 les divisions organiques sont transformées en corps d’armée, la 5ème division organique devenant le corps d’armée d’Aragon, la 6ème le corps d’armée de Navarre, la 7ème le corps d’armée de Castille et la 8ème le corps d’armée de Galice. La zone de responsabilité de ces divisions sont reprises par des régions militaires recrées.

Défilé d’une unité des réquetes

A l’époque on trouve sous le pavillon national environ 300000 hommes contre 500000 côté républicain mais ce écart numérique est compensé par un meilleur niveau global des unités nationales (Armée d’Afrique, carlistes……). Outre les unités en ligne on trouve le commandement du général Orgaz une réserve composée de plus de 200 bataillons d’infanterie de 70 batteries d’artillerie. A la fin de 1938 les nationalistes alignent plus d’un million d’hommes.

Les différents divisions sont placées sous l’autorité de l’Armée du Sud (Queipo de Llano) en Andalousie, de l’Armée du Centre (Saliquet), de l’Armée du Nord (Davila) et de l’Armée du Levant (Orgaz).

Alors que la guerre touche à son terme, le camp nationaliste regroupe 1065941 hommes avec un total de 61 divisions (840000 hommes), 15323 cavaliers, 19013 artilleurs, 35000 hommes de l’Armée d’Afrique, 32000 italiens (Corpo Truppe Volontarie), 5000 allemands de la Legion Condor et 119594 auxiliaires.

A la fin du conflit on compte 850000 fantassins, 19000 artilleurs et un grand nombre d’unités de cavalerie, l’armée espagnole étant fort peu motorisée et fort peu mécanisée.

A l’été 1939 le général Franco décide de démobiliser, l’objectif étant de passer de 61 à 30 divisions pour permettre de libérer de la main d’oeuvre pour relancer une économique exsangue et sinistrée.

Le déclenchement de la guerre de Pologne entrainera une suspension de la démobilisation de crainte que la France ne profite pour envahir l’Espagne. Elle ne reprendra qu’au début de 1940 quand il devint évident que la Pax Armada allait durer.

L’armée d’Afrique (Ejercito de Africa) voit officiellement le jour en 1859 et va durant presque un siècle symboliser la présence espagnole en Afrique notamment au Maroc, le Sahara occidental, la Guinée Equatoriale ne représentant que des territoires très secondaires.

Cette armée d’Afrique peut puiser ses racines jusqu’au 16ème siècle quand l’Espagne dans la foulée de la Reconquista occupe des territoires en Afrique du Nord notamment les villes de Ceuta et de Melilla, de véritables avant-postes qu’il faut défendre. Cette défense est assurée par des unités faites de bric et de broc : marins, compagnies disciplinaires, infanterie de marine (le Tercio de Armada fondé en 1537 est la plus ancienne unité d’infanterie de marine du monde) et détachements d’unités métropolitaines.

Une querelle existe sur la date exacte de création. Certaines sources donnent 1859 mais d’autres disent 1893 avec la constitution du 1er régiment d’infanterie d’Afrique (Regimiento de Africa N°1).

Après la campagne de Melilla de 1909/1910 l’Espagne augmente sa zone d’influence sur le Maroc ce qui impose une sérieuse augmentation des effectifs. Comme souvent en pareilles circonstances, on recrute du personnel indigène sous la forme d’une police appelée Policia Indigena (Police Indigène).

En 1911 les espagnoles créés les Regulares, des unités d’infanterie et de cavalerie composées d’indigènes encadrées par des officiers espagnols.

Appelées officiellement Fuerzas Regulares Indigenas, ces unités sont crées quand l’Espagne à besoin de davantage de troupes pour pacifier sa zone d’influence au Maroc mais que l’envoi de conscrits métropolitains peut se révéler délicat voir explosif (cf la Semaine Sanglante en Catalogne en 1909).

Un premier bataillon indigène (batallon indigena) est créé et en 1914 on quatre groupes (Grupos d’une taille équivalente à un régiment). Des unités de cavalerie sont aussi mises sur pied.

Chaque groupe se composait d’un état-major, d’une compagnie de soutien, de deux tabors (bataillons) d’infanterie, d’un tabor (escadron) de cavalerie, d’une fanfare et d’un corps de trompettes rattaché à l’état-major.

En 1922 les groupes sont passés au nombre de cinq, groupes basés respectivement à Melilla, Tétouan, Ceuta, Alhucemas et Larache.

Unité de Regulares

Les regulares s’illustrèrent dans la guerre non-conventionnelle ce qui déplaisait souvent aux officiers espagnols (durant la guerre d’Espagne les Regulares s’infiltraient dans les lignes républicaines pour capturer des chars, exécutant l’équipage à l’arme blanche avant de ramener le char dans les lignes nationalistes). Parmi ces officiers promis à un brillant avenir, un certain Francisco Franco.

En 1923 un détachement de Regulares montra la garde au palais royal de Madrid. En 1934 les Regulares participent avec le Tercio à la répression du soulèvement des mineurs asturiens, une répression féroce.

Les Regulares jouèrent un rôle clé durant les premières phases de la guerre d’Espagne. Durant la guerre cinq autres groupes d’infanterie furent levés plus deux de cavalerie. Très à l’aise dans les campagnes espagnoles, ils le furent moins en milieu urbain. Jusqu’à la fin de la guerre ils furent surtout utilisés comme troupes de choc.

La guerre d’Espagne terminée les unités furent réduites à huit groupes d’infanterie et deux groupes de cavalerie sans compter un détachement d’honneur qui accompagnait le Caudillo.

On trouve également des unités moins connues comme les Tiradores de Ifni (Tirailleurs d’Ifni), une unité destinée à protéger le territoire d’Ifni, un territoire situé au sud du Maroc qui finira par intégrer le territoire chérifien en 1969.

Les tirailleurs d’Ifini sont créés en 1934 (décret du 9 juin 1934) sur le modèle des tirailleurs nord-africains de l’armée française. Les effectifs sont ceux d’un régiment avec 1235 hommes dont 31 officiers (dont 10 marocains), 38 sous-officiers et 1166 hommes du rang, l’unité étant organisée en trois tabors.

Durant la guerre d’Espagne six tabors sont envoyés en Espagne. Une bandera indépendante (Bandera de Ifni-Sahara) est aussi présente. Ces unités vont participé au défilé de la victoire à Madrid en 1939.

Les tirailleurs d’Ifni vont retourner dans leur région d’origine, servant jusqu’à la rétrocession du territoire au Maroc, l’unité étant alors dissoute, les cadres espagnoles retrouvant la métropole et les hommes de troupes marocains étant transférés dans la nouvelle armée royale marocaine.

On trouve également la Guardia Colonial de la Guinea Espanola (garde coloniale de la Guinée Espagnole), une unité militaire qui assurait la fonction de gendarmerie et de douane au sein de la Guinée Espagnole (Guinée Equatoriale), une unité créée en 1908 et qui à disparue en 1968 quand la Guinée espagnole est devenue indépendante.

Elle se compose à sa création de 430 hommes, des espagnols et des indigènes. Elle va mener des opérations de pacification notamment contre l’ethnie Fang dans le Rio Muni.

En 1926 le corps déploie des garnisons sur tout le territoire et en 1929 la Guinée Espagnole est considérée comme pacifiée.

Au moment de la guerre d’Espagne, le corps se rallie à la rébellion sauf quelques éléments qui vont être évacués vers Barcelone et réintégrer l’armée républicaine.

Le conflit terminé, la garde est réorganisée, ses effectifs augmentés passant à 750 hommes pour assurer des missions régulières de pacification.

Autre unité de l’armée d’Afrique la Légion Espagnole créée par un décret royal du roi Alphonse XIII en date du 28 janvier 1920, une unité modelée sur la Légion Etrangère à savoir un corps de volontaires plus facilement employable que les conscrits espagnols. Les premières recrues arrivent le 20 septembre 1920, une date célébrée chaque année que l’on peut comparer toutes proportions gardées au 30 avril pour la Légion (célébration de la mémoire de la bataille de Camerone).

Bien qu’il y eut la volonté de recruter de nombreux étrangers, l’idéologie très nationaliste de ce corps fit que les étrangers furent très peu nombreux (aujourd’hui les étrangers peuvent intégrer ce corps mais doivent avoir une résidence espagnole).

Créé sous le nom de Tercio de Extranjeros (Tercio des étrangers), il connait son baptême du feu dans la guerre du Rif. L’unité est ensuite rebaptisée en 1925 Tercio de Marueccos (Tercio des marocains), terme très vite abrégé en Tercio puis enfin La Legion en 1937.

A notez qu’il y eut un précédent dans l’histoire de l’armée espagnole puisqu’en 1835 le roi Louis-Philippe 1er offrit à Isabelle II les services de la Légion Etrangère pour combattre durant la première guerre carliste. 4000 hommes débarquent à Tarragone le 17 août 1835 et vont combattre jusqu’à sa dissolution le 8 décembre 1838. A cette époque il restait seulement 500 hommes ! Il y eu également une légion britannique (Legion Britanica) qui participa à ce conflit.

Clairement son créateur le Lieutenant-Colonel José Millan-Astray Terreros s’est inspiré de la Légion Etrangère pour créer ce corps de volontaire qui très vite à acquis une mentalité d’unité d’élite mais comme nous l’avons vu plus haut le recrutement fût très majoritairement hispanisant pour ne pas dire espagnol.

L’unité devint un creuset nationaliste, le choix des termes (Tercio, Banderas plutôt que bataillons) étant des plus explicites. En 1934 pour la première fois les légionnaires vont combattre en Espagne pour réprimer avec les regulares la révolte des mineurs asturiens.

A son apogée durant la guerre d’Espagne, la Légion comprennait 18 banderas plus une bandera de chars, un bandera de génie d’assaut et un groupe d’opérations spéciales.

La guerre d’Espagne terminée le nombre de tercio va être réduit à huit tous déployés au Maroc espagnol. Leur nombre passe à douze suite à la mobilisation de septembre 1948 mais retombe à huit à la fin du second conflit mondial puis à six en 1970 et quatre aujourd’hui, tous portant des noms de grands capitaines espagnols :

-1er Tercio «Gran Capitan Gonzalez Fernandez de Cordoue»

-2ème Tercio «Fernando Alvarez de Tolède, duc d’Albe»

-3ème Tercio «Don Juan de Austria»

-4ème Tercio «Alexandre Farnèse, duc de Parme»

Lors de la guerre du Rif, l’armée d’Afrique était composée de la Légion espagnole, des Regulares, des cazadores (infanterie légère métropolitaine), de l’artillerie, du génie et des unités de soutien soit environ 30000 hommes la plupart professionnels à comparer aux 100000 hommes du reste de l’armée espagnole majoritairement des conscrits.

D’autres unités vont être créés notamment une gendarmerie (Mehalas de la Mehalla’Jalifiana) qui vont intervenir en soutien des autres unités militaires.

A la fin de la guerre du Rif l’armée d’Afrique voit ses effectifs réduits. Aux unités déjà citées vont s’ajouter sept bataillons d’infanterie, six escadrons de cavalerie et six batteries d’artillerie venus de métropole. Ces unités n’étaient pas permanentes mais envoyées par rotation par les différents régiments métropolitains.

Le rôle de l’armée d’Afrique fût capital dans la guerre d’Espagne. Grâce à un pont aérien au dessus du détroit de Gibraltar 1500 hommes furent envoyés en Andalousie jouant un rôle clé dans le contrôle de Séville. D’autres hommes gagnèrent la péninsule par la mer, la marine républicaine affaiblie par l’arrestation et l’exécution de nombreux officiers. Sans l’armée d’Afrique les nationalistes auraient eu du mal à l’emporter.

Durant la Pax Armada les effectifs furent réduits mais politiquement elle fût importante. Des tirailleurs d’Ifni furent envoyés en garnison aux Canaries et une garde maure (Guardia Mora) servait d’unité de parade pour les grandes cérémonies.

En 1960 avec l’indépendance du Maroc les marocains de l’armée d’Afrique furent transférées à la nouvelle armée marocaine. Il ne restait que la Legion et les Regulares de nationalité espagnole ce qui entraina la dissolution de l’armée d’Afrique.

Quand la guerre d’Espagne se termine l’armée franquiste aligne plus d’un million d’hommes répartis en soixante divisions. Au début de 1940 les effectifs sont tombés à 250000 hommes avec une majorité de conscrits qui effectuent un service militaire de deux ans.

Le territoire métropolitain espagnol est divisé en huit régions militaires (Madrid, Barcelone, Seville, Valence, Saragosse, Burgos, Valladolid et La Corogne). En 1944 une neuvième région (Grenade) va s’ajouter et l’armée de l’air devient indépendante.

Après la mobilisation de septembre 1948 l’armée de terre aligne 750000 hommes. Le territoire métropolitain est défendu par huit corps d’armée disposant pour quatre d’entre-eux de trois divisions d’infanterie et pour les quatre autres de deux divisions soit un total de 20 divisions d’infanterie.

Il faut ajouter l’Armée d’Afrique (deux corps d’armée), un commandement général aux Canaries, un autre aux Baléares, une division de cavalerie et une réserve générale d’artillerie. Durant le conflit une réserve générale à trois DI est mise sur pied tout comme une division blindée, la division Brunete à l’équipement baroque. Des unités spécialisées sont également mises sur pied.

Le second conflit mondial terminé les effectifs sont réduits à 22000 officiers, 3000 sous-officiers et environ 300000 hommes du rang.

L’équipement qui n’à pu être vraiment renouvelé depuis la fin de la guerre d’Espagne est en grande partie obsolète. En clair si l’armée espagnole s’était engagée aux côtés des alliés ou de l’Axe, elle aurait davantage représenté un poids qu’un atout. Il faudra attendre 1960 pour que la situation évolue.

Mitteleuropa Balkans (94) Roumanie (24)

Armes de l’infanterie (4) : fusils mitrailleurs et mitrailleuses

Lekhy Zulomet vz.30

Fusil mitrailleur Vz.30

Le fusil mitrailleur standard de l’armée roumaine est le Lekhy Zulomet vz.30 connu au pays de Cioran sous la désignation de PUŞCA MITRALIERĂ ZB Mod. 1930. C’est une évolution du célèbre ZB vz.26 qui allait également donné naissance au Bren britannique.

Sa mise au point à commencé en 1921 quand le jeune état tchécoslovaque s’interrogea sur leur future mitrailleuse légère, testant des design internationaux avant de finalement choisir la voie nationale, le dévellopement de la future ZB vz.26 commençant en 1923. La production commence en 1926 et l’arme est mise en service dans l’armée tchécoslovaque en 1928.

C’était une arme fonctionnant par emprunt de gaz, refroidie par air avec sélecteur de tir. Son canon détachable permettant un changement en cas d’échauffement excessif. Le chargeur droit était monté sur le dessus comme sur nombre de fusils mitrailleurs de l’époque (Chatelleraut, Bren, Vickers-Berthier……). Arme destinée à opérer essentiellement sur bipied, elle pouvait être monté sur un trépied notamment pour le tir antiaérien même son efficacité était plus psychologique qu’autre chose.

Utilisée comme arme d’infanterie le ZB-26 fût également utilisé comme arme coaxiale sur nombre de véhicules tchécoslovaques.

45132 exemplaires furent livrées à l’armée tchècoslovaque soit un tiers environ de la production puisque plus de 120000 exemplaires sont sortis des chaines de montage pour répondre aux besoins de nombreux clients.

Qui dit nombreux clients (vingt-quatre pays européens, sud-américains et asiatiques) dit différents calibres même si un calibre populaire dominait largement en l’occurence le 7.92mm (7.92x57mm Mauser).

Le fabricant tchécoslovaque fit évoluer son arme avec plusieurs variantes comme le ZB vz.27 (variante du vz.26 proposée au Portugal et à la Grande-Bretagne), le ZB vz.30, les ZGB-30 et 33 (adaptations pour des essais en Grande-Bretagne qui allaient donner naissance au Bren), le ZB vz.52 (variante produite après guerre en Tchécoslovaquie) et le ZB-39 destiné à la Bulgarie.

Outre la Tchécoslovaquie, le ZB vz.26 et ses variantes fût utilisé par l’Allemagne (qui manquait d’armes légères automatiques), l’Afghanistan, la Bolivie, le Brésil (7mm),la Bulgarie, le Chili, la Chine, la Croatie, l’Equateur, l’Egypte, l’Ethiopie, l’Irak, l’Iran,le Japon (armes chinoises capturées), la Lituanie, l’URSS (armes initialement commandées par la Lettonie, utilisation incertaine), le Mandchoukouo, le Paraguay (armes boliviennes capturées durant la guerre du Chaco), la Roumanie, le Siam, la Slovaquie, l’Espagne, la Suède, la Turquie, la Grande-Bretagne et la Yougoslavie.

La Roumanie va acquérir 17131 exemplaires depuis la Tchécoslovaquie à partir de 1933 suivit par une production sous licence, 17500 exemplaires sortant des chaines de montage jusqu’en octobre 1946 quand la production cesse car les besoins ont été largement couverts.

Tout comme les autres armées la Roumanie à utilisé ce fusil mitrailleur comme arme d’appui de l’infanterie mais aussi comme arme montée sur les véhicules souvent comme arme antiaérienne.

Ce fusil mitrailleur utilisé par deux hommes resté en service jusqu’à la fin de la guerre même si les divisions combattant aux côtés des soviétiques leurs anciens alliés allemands avaient été rééquipés avec des fusils mitrailleurs Degtyarev DP-27. Les vz.30 stockés ont été finalement éliminés dans les années quatre-vingt dix suite à un scandale de trafic d’armes.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 7.92mm (7.92x57mm Mauser) Poids en ordre de combat 9.1kg Longueur hors tout 1161mm longueur du canon 672mm Portée maximale 1500m (800m en pratique) Cadence de tir maximale 500 coups par minute (120 coups en pratique) Alimentation : chargeurs de vingt coups

Fusil mitrailleur Degtyarev modèle 1927

Le fusil mitrailleur Degtyarev modèle 1927 est le fusil mitrailleur standard de la RKKA quand commence le second conflit mondial. Sa mise au point commence dans les années vingt pour remplacer les différentes armes héritées de la période tsariste.

Après cinq ans de mise au point (1921-1926), l’arme est adoptée en 1927 d’où sa désignation de Degtyareva Pekhotnyi modèle 1927 mais comme des essais complémentaires ont été réalisés l’arme n’est vraiment considérée comme au point qu’en 1928 ce qui explique que dans les publications occidentales, le fusil mitrailleur de Degtyarev est connu sous le nom de DP-28.

Composé de seulement soixante-cinq pièces, ce fusil mitrailleur fonctionne par emprunt de gaz et si les premiers modèles avaient un canon fixe muni d’ailettes pour refroidir, les modèles ultérieurs disposaient d’un canon démontable.

Cette modification étant le résultat du retour d’expérience de la guerre d’Espagne où l’arme à été évaluée en conditions réelles. L’alimentation se faisait par un chargeur circulaire de 47 coups installé sur le dessus ce qui permet de reconnaître l’arme d’un seul coup d’oeil.

L’arme est utilisée au niveau du groupe de combat avec une arme servie par deux hommes, le tireur disposant comme arme personnelle d’un pistolet voir parfois d’un pistolet mitrailleur alors que le pourvoyeur dispose généralement d’un pistolet mitrailleur mais parfois il embarque un fusil pour servir comme fusilier.

Cette arme est utilisée durant la guerre d’Espagne par les républicains (quelques armes sont retournées par les nationalistes), lors de la guerre d’Hiver par les soviétiques comme par les finlandais qui comme nous le savons retournent toutes les armes capturées contre leurs anciens propriétaires.

Le Degtyarev est aussi utilisée par l’armée chinoise dans le cadre de la guerre civile, dans la guerre sino-japonaise, durant le second conflit mondial et dans la guerre civile d’après guerre (1955-1958).

Certaines armes utilisées par les chinois se sont retrouvées au Vietnam, des Degtyarev DP-27 (ou 28) étant capturés par les français (première guerre du Vietnam 1960-1967) et même par les américains (deuxième guerre du Vietnam 1970-1977).

Comme l’arme était toujours en service en septembre 1948, des fusils mitrailleurs Degtyarev ont été capturés par les allemands, les hongrois et les roumains et réutilisés quand les munitions étaient en quantité suffisante. La Hongrie et la Roumanie l’ont produit après guerre une fois que leurs gouvernements avaient basculé dans l’orbite communiste.

Cette arme à naturellement évolué durant sa longue carrière (qui se poursuit d’ailleurs aujourd’hui en Asie et en Afrique).

On trouve d’abord le Degtyarev DPM, une version modernisée adoptée en 1945 avec un bipied plus robuste, un système de refroidissement amélioré, un système de démontage du canon plus simple.

Cette arme à donné naissance également à des variantes destinées à l’aviation, le DA (Degtyaryova Aviatsionny) utilisé en affûts simples ou doubles, ce modèle étant progressivement remplacé par la ShKAS à la cadence de tir supérieure. Les DT (Degtyaryova Tankoy) et DTM sont des armes destinées aux véhicules avec pour le DA des variantes simples et doubles mais aussi des variantes à trois et quatre tubes.

Au cours du conflit apparaît l’ultime version. Baptisée Degtyarev RP-46, elle se distingue par son nouveau système d’alimentation utilisant des bandes de 150 coups pour augmenter le volume de feu.

Qui dit volume de feu plus importante dit échauffement supplémentaire. Voilà pourquoi le canon est plus lourd pour permettre un tir soutenu sur la durée que ce soit en position défensive ou lors d’un assaut pour permettre aux frontoviki d’effectuer des bons tactiques.

Si les Degtyarev DP et DPM ont été vite retirés du service une fois le conflit terminé, la variante RP-46 va rester en service jusqu’au début des années soixante-dix quand il est remplacé par le RPK-57, une variante «lourde» de l’AK-57 qui peut utiliser à la fois des chargeurs de 25 cartouches mais aussi des bandes de 250 cartouches comme une mitrailleuse moyenne.

Au total 1.7 millions de fusils mitrailleurs Degtyarev ont été produits en URSS et à l’étranger (Hongrie et Chine notamment).

Outre les pays déjà cités, le fusil mitrailleur Degtyarev à été utilisé par l’Afghanistan, l’Albanie, l’Algérie, l’Angola, le Bénin, la Bulgarie, la République Centrafricaine, les Comores, le Congo-Brazzaville, Cuba, l’Egypte, la Guinée Equatoriale, l’Ethiopie, l’Irak, le Laos, la Libye, le Nigéria, la Pologne (unités polonaises de l’Armée Rouge puis nouvelle armée polonaise), les Seychelles, la Somalie, le Sri Lanka, le Soudan, la Syrie, la Tanzanie, le Togo, le Vietnam (groupes irréguliers), le Yemen et la Zambie.

La Roumanie à utilisé le Degtyarev DP-27 au cours de la campagne de Russie sous la forme d’armes de prise souvent dans le feu d’action.

Après le basculement de la Roumanie, l’arme est devenu le fusil mitrailleur standard de l’armée roumaine. Il sera remplacé par le RPK-57 version lourrde du fusil d’assaut AK-57. Quelques Degtyarev ont été conservés dans les réserves pour une éventuelle mobilisation mais n’ont jamais été réutilisés jusqu’à leur destruction dans les années quatre-vingt.

Caractéristiques Techniques du Degtyarev DP-27

Calibre : 7.62mm Cartouche : 7.62x54mmR Poids : 9.12kg à vide 11.5kg chargé Longueur (DP et DPM) 1270mm (RP-46) 1272mm Longueur du tube 604mm (605mm pour le RP-46) Fonctionnement : emprunt de gaz Portée maximale effective 800m Cadence de tir : 550 coups par minute Alimentation : chargeurs circulaires de 47 cartouches (DP), chargeur tambour de 60 coups (DT et DTM) bandes de cartouches (RP-46)

Mitrailleuse Maxim modèle 1910

On ne le sait pas forcément mais Hiram Maxim le créateur de la mitrailleuse avait eut une volonté humanitaire en créant une arme qui symbolise plus que tout autre l’arme de la tuerie de masse. En effet à l’époque la majorité des soldats mouraient de maladies et non des combats.

En remplaçant dix fusils par une mitrailleuse on espérait réduire le nombre d’hommes en ligne et donc le nombre de victimes potentielles des épidémies. Ai-je besoin de préciser que cette noble intention est vite tombée en désuétude…… .

En 1887, Hiram Maxim se rend en Russie pour promouvoir sa mitrailleuse. Les essais des douze armes vendues sont décévants non pas parce que l’arme est mauvaise mais le calibre choisit _4.2 lignes Berdan soit 10.67mm_ n’est pas adapté.

En 1893, six mitrailleuses supplémentaires sont expédiées mais cette fois en calibre de 3 lignes soit 7.62mm. Cette fois c’est une réussite mais il faut attendre 1899 pour que des armes soit commandées.

Dans un premier temps les armes sont fabriquées en Allemagne à Spandau, les russes se contentant de fabriquer des canons (de rechange ?) à Toula.

La mitrailleuse Maxim est officiellement adoptée en 1903 et l’année suivante la première Maxim est fabriquée en Russie. Cette Maxim modèle 1905 est employée dans la guerre russo-japonaise où elle fait merveille.

A la même époque la Russie achète des mitrailleuses Maxim/Vickers modèle 1906 puis la licence de fabrication. De cette mitrailleuse découle la Maxim modèle 1910 reconnaissable entre toutes avec son affût monté sur roues et un bouclier.

Par rapport à la modèle 1905, le réservoir d’eau est en acier cannelé. Un couvercle sur le canon permet d’y glisser de la neige pour le refroidir. Le dit canon doit être changé tous les 10000 coups.

Robuste et fiable, cette arme est utilisée durant le premier conflit mondial, la guerre civile russe, la guerre de Pologne, la guerre d’Hiver et même durant les premières opérations du premier conflit mondial.

En effet si sa production à cessé en 1943 au profit d’armes plus modernes, la production de ses remplaçantes n’à pas suffit pour remplacer totalement la modèle 1910. Si les finlandais se sont emparés de quelques armes lors de la guerre d’Hiver, les allemands aussi ont capturé des armes durant les premières semaines de l’opération BARBAROSSA.

Outre l’appui de l’infanterie, la Maxim M1910 était utilisée comme arme antiaérienne avec des affûts quadruples souvent montés sur camion, à bord des avions mais aussi à bord des navires de la marine soviétique.

En dépit de son âge avancé, la M1910 va combattre jusqu’à la fin du second conflit mondial et quelques semaines après la fin de ce terrible, de ce terrifiant conflit les dernières armes encore en service prennent une retraite bien méritée.

Outre les pays déjà cités, la M1910 à été utilisée par l’Autriche-Hongrie, la Bulgarie, la Chine, l’Estonie, la Hongrie, l’Iran, la Corée, la Lettonie, la Mongolie, la Pologne, la Roumanie, l’Espagne, la Syrie, la Turquie et l’Ukraine. Certains pays comme la Pologne ont rechambré l’arme dans un autre calibre.

La Roumanie à récupéré des armes de ce type à la fin du premier conflit mondial puis durant les opérations suivant ce conflit. Cette arme rechambrée au calibre 7.92mm fût utilisée aux côtés de la Schwarzlose jusqu’au début des années trente quand elle fût retirée du service actif et stockée en attendant une éventuelle réutilisation. Les armes encore en état furent réutilisées au moment de la mobilisation en attendant la disponibilité de mitrailleuses modernes comme les ZB-53. Peu d’armes de ce type ont survécu au second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 7.62mm (7.62x54mmR) Poids de la mitrailleuse seule et sans muntions 23.8kg Poids de la mitrailleuse et de l’affût mais sans munitions 69kg Longueur totale 1107mm Longueur du canon 721mm Cadence de tir : 550 coups par minute Alimentation : bandes souples de 250 cartouches

sMG-08

mitrailleuse MG-08

Appelée également Spandau (du nom du quartier de Berlin où l’arme était produite), cette mitrailleuse était la cousine germanique de la Vickers modèle 1912, ces deux armes devant beaucoup aux premières armes produites par Hiram Maxim.

L’efficacité des mitrailleuses allemandes contre les soldats français en pantalon garance et capote bleue aurait pu faire croire que cette nouvelle arme à été accueillie avec enthousiasme par les cadres de l’armée allemande. Ce ne fût pas le cas et les premières armes acquises par l’Allemagne furent payées par l’empereur Guillaume II en personne.

Après plusieurs modèles, le premier modèle standard fût la Schwere Maschinegewehr 08 ou sMG 08. Cette arme solidement construite montée sur trépied fût un véritable cauchemar pour les alliés, stoppant les offensives entre les no-man’s land. Cette arme dont fût extrapolée un fusil-mitrailleur resta en service après guerre, l’Allemagne comme on l’à vu ne pouvant développer officiellement de nouvelles armes.

La mise au point de la MG-15 et surtout de la MG-34 provoqua le retrait du service actif des sMG 08 qui étaient encore disponibles dans les dépôts en septembre 1939 et en septembre 1948 en compagnie d’armes polonaises, tchèques et autrichiennes, certaines mitrailleuses ressortant des stocks pour armer les unités de mobilisation faute de MG-34/42 et 45 en nombre suffisant.

Outre l’Allemagne et la Bulgarie, cette solide et robuste mitrailleuse fût utilisée par l’Autriche-Hongrie, le Brésil, la Belgique, la Géorgie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Chine, la Finlande, le Mandchoukhouo, l’Empire ottoman (puis la Turquie), la Roumanie, la Serbie, l’Espagne, la Norvège, la Pologne et la Lettonie.

Les roumains ont utilisé cette mitrailleuse à la fois en acquérant des armes avant 1914 (quand à Berlin on pouvait penser que la Roumanie resterait neutre voir basculerait dans le camp des Empires centraux) mais aussi sur le champ de bataille notamment à la fin de la guerre où la retraite des armées ennemies permettait parfois aux soldats roumains de récupérer des armes qui étaient soit envoyées à l’arrière ou réutilisées sur l’instant dans le feu de l’action.

Contrairement aux Schwartzlose il semble que ces mitrailleuses n’ont pas connu une grande carrière une fois le premier conflit mondial terminé. Quelques armes ont connu une brève utilisation durant le second conflit mondial mais cela restera secondaire.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 7.92mm (cartouche 7.92x54mm) Poids 62kg en ordre de combat (37.650kg pour l’affût-traineau) Longueur 1170mm Longueur du canon 710mm Portée maximale 3500m (2000m en pratique) Cadence de tir : 300 à 450 coups Alimentation : bandes souples de 250 cartouches

Ckm wz. 30

Parmi les mitrailleuses utilisées par les forces armées roumaines figure la Ckm wz.30 (ciężki karabin maszynowy wz. 30) en français mitrailleuse lourde modèle 1930), une copie «pirate» de la mitrailleuse américaine Browning M1917A1.

Par rapport à la base américaine sa copie polonaise disposait d’un calibre plus important, d’un tube plus long et de différents équipements de visée. A partir de 1931 elle devient la mitrailleuse standard de l’armée polonaise.

Cette mitrailleuse est issue d’un long processus pour permettre à l’armée polonaise de disposer d’une mitrailleuse standard et mettre fin au cauchemar logistique provoqué par la présence de nombreux modèles de mitrailleuses venant de France, de Russie, d’Autriche-Hongrie et même d’Allemagne.

Dans un premier temps on décida d’adapter la mitrailleuse française Hotchkiss modèle 1914 qui avait donné toute satisfaction dans la guerre polono-russe dans un calibre polonais en l’occurrence le 7.92mm qui remplaçait la cartouche de 8mm à bourrelet. Elle devient la mitrailleuse Ckm wz.25 Hotchkiss. 1250 exemplaires sont commandées en France en 1924 et 1925 mais le projet de la produire sous licence est abandonné suite à des performances décevantes.

Un nouveau concours est lancé en 1927. Quatre compagnies proposent leurs modèles : Colt avec son modèle 1928 (version export de la Browning M1917A1), la Schwarzlose-Janeček wz.25 (version produite en Tchécoslovaquie de la Schwarzlose M.7/12), une version calibre 7.92mm de la Vickers modèle 1912 et enfin une version améliorée de la Hotchkiss modèle 1925.

Tous les tests initiaux sont remportés par Browning et même chose en 1928. Le gouvernement polonais choisit d’acquérir la licence de production mais le prix demandé est très élevé (450000 $ soit l’équivalent aujourd’hui de 45 millions de dollars) et de plus Colt réclame une commande initiale dans ses usines de 3000 pièces qui ajoute un coût supplémentaire.

Il était clair que jamais Colt ou son représentant européen Vickers-Armstrong n’avait l’intention de laisser les polonais produire leur mitrailleuse dans leurs usines. Pour ne rien arranger les documents destinés à la production sous licence du fusil mitrailleur BAR avaient été tronqués et incorrects ce qui avait entrainé de sérieux retards. Réponse du berger à la bergère, le gouvernement polonaise décida de réaliser une copie pirate de la mitrailleuse Browning.

En mars 1931 les 200 premiers modèles sont envoyés dans les unités pour différents tests opérationnels. Ces tests sont positifs et la production peut être lancée à la fin de l’année.

Par rapport à la mitrailleuse d’origine la mitrailleuse polonaise disposait d’un calibre différent, d’équipements de visée différents, des poignées de transport agrandies, un canon plus long, un système de changement du canon plus simple, l’affût était différent et pouvait être adapté au tir antiaérien, un suppresseur de flamme avait également été installé.

Les polonais mirent au point trois types d’affûts, le premier le wz.30 d’un poids de 29.3kg était destiné à l’infanterie et qui allait donner naissance au wz.34 amélioré, le troisième étant le wz.36, un modèle allégé (17kg) et destiné à la cavalerie.

Différentes modifications furent réalisées suite aux leçons tirées par les premières utilisateurs. Il s’agissait le plus souvent de modifications pratiques destinées à faciliter l’usage de la mitrailleuse.

La version améliorée baptisée ckm wz.30a servit également de base à la ckm wz.30/39T, un modèle export destiné à la Turquie et d’un calibre différent (7.65x53mm).

Entre 1931 et 1939 la Fabrique de Fusils (Fabryka Karabinow) de Varsovie produisit 8401 mitrailleuses pour l’armée polonaise et prêt de 1700 pour l’export en Roumanie, en Bulgarie, en Estonie, en Yougoslavie et Argentine mais le plus souvent en petit nombre uniquement pour des tests qui ne débouchèrent que rarement sur des commandes fermes.

Au final cette arme à été utilisée par l’Allemagne, la Roumanie, l’Espagne (républicains et nationalistes) et la Turquie.

La Roumanie à récupéré ses armes en 1939 suite à l’internement de soldats polonais fuyant l’attaque soviétique. Ces mitrailleuses ont un temps cohabité avec la ZB-53 tchèque mais très vite ont été relégué aux unités de seconde ligne voir à l’entrainement. Très peu ont survécu au second conflit.

Caracteristiques Techniques

Calibre :7.92mm (7.92x57mm) Poids en ordre de combat 65kg Poids mitrailleuse seule 13.6kg Longueur 1200mm Longueur du canon 720mm Portée maximale 2000m (pratique 900m) Cadence de tir 600 coups par minute Alimentation : ceintures de 330 cartouches

ZB-53

La Zvrojovka Brno ZB-53 était une mitrailleuse de conception et de fabrication tchécoslovaque mise au point à la fin des années trente et mise en service en 1937 sous la désignation de TK vz.37 avant de connaître le succès à l’export puis d’être produire sous licence en Grande-Bretagne par la firme BESA.

Après le démantèlement de la Tchécoslovaquie, l’Allemagne en manque d’armes automatiques récupéra ces mitrailleuses devenues des MG 37(t) avant de poursuivre la production moins pour elle que pour ses alliés.

Cette arme à été mise au point pour remplacer les Schwarzlose héritées de l’empire austro-hongroise et se basa sur un modèle précédent, la vz.35. Fonctionnant par emprunt de gaz, alimentée par bandes et refroidie par air la ZB-53 va être utilisée par l’infanterie comme arme d’appui, par les unités de char comme arme coaxiale et sur les fortifications.

Comme toutes les armes tchécoslovaques, la ZB-53 à connu un succès à l’export en état exportée en Roumanie, en Yougoslavie, en Argentine, en Afghanistan, en Iran et en Chine. Après guerre d’autres pays comme Cuba, le Chili et le Venezuela ont récupéré des armes de ce type.

La Roumanie s’intéresse très tôt à l’arme mais peine à obtenir les livraisons en raison de la mainmise des allemands sur les usines tchécoslovaques. Finalement en septembre 1943 une première commande de 5500 exemplaires est passée.

Cette commande est honorée en mars 1945. Entre-temps une nouvelle commande de 7500 mitrailleuses d’un modèle amélioré est passée en septembre 1944, les armes étant livrées entre juin 1945 et juin 1947. Une troisième commande est envisagée mais finalement n’aboutit pas avant le début du conflit.

En septembre 1948 l’armée roumaine dispose de 12850 pièces de ce type, 150 d’entre-elles ayant été réformées en raison de l’usure ou de problèmes techniques divers concernant aussi bien leur fabrication que leur utilisation.

Ces mitrailleuses furent utilisées par l’infanterie comme arme d’appui sur bipied et trépied, comme arme coaxiale sur certains chars (ces mitrailleuses ne sont pas intégrées dans le nombre cité plus haut) et sur les positions fortifiées. Certaines mitrailleuses furent installées sur des bâtiments officiels pour une DCA rapprochée dont on peu doûter de l’efficacité.

Une dernière commande de 4500 armes est passée en juin 1949 mais seulement 3000 armes vont être livrées avant le basculement roumain de septembre 1953. Cela très important s’explique par des problèmes de fabrication dans l’usine ZB mais aussi par le régulier détournement d’armes par les allemands en dépit des protestations roumaines.

Au total la Roumanie à utilisé 16000 exemplaires de cette mitrailleuse solide et efficace. Les unités roumaines combattant aux côtés des soviétiques utilisèrent davantage des mitrailleuses soviétiques comme la vénérable Maxim modèle 1910 ou encore la SG-43.

Des ZB-53 ont été conservés en réserve en cas de besoin mais un calibre incompatible rendait son utilisation problématique. Il semble que quelques armes ont été transformées en 7.62mm mais ce n’est pas certain. En 1985 les dernières armées encore en stock sont détruites sauf quelques pièces neutralisées et envoyées dans différents musées.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 7.92mm (7.92x57mm Mauser) Poids à vide 21kg pour la mitrailleuse Poids total en ordre de combat 37kg Longueur 1096mm Longueur du canon 733mm Portée maximale 4000m (2500m effectif) Cadence de tir 700 à 800 coups (500 à 600 coups en pratique) Alimentation : bandes de 100 ou 200 coups

SG-43 Goryunov

La mitrailleuse Maxim modèle 1910 était une arme efficace, solide, incrévable mais elle n’est pas éternelle. Son remplacement devient nécessaire et le processus est lancé au cours des années trente.

La Stankovyy pulemet sistemi Goryunova (mitrailleuse moyenne conçue par Goryunov) est mise en service au milieu des années quarante. Cette arme va reprendre l’affût à roues et à bouclier de la Maxim mais l’arme est naturellement différente et plus moderne.

Elle à été conçue pour pouvoir être produite en grand nombre. Son canon lourd est facile à changer et peut tenir pendant des tirs prolongés. Le tube est chromé ce qui à deux avantages : limiter l’usure et réduire les besoins en entretien. La SG-43 se distingue aussi par le choix du mode refroidissement, l’air remplaçant l’eau.

Outre l’affût à roues, la SG-43 peut utiliser un trépied de conception plus classique et encore plus stable que l’affût à roues. Au cours du conflit une version améliorée du trépied permettra à la mitrailleuse d’être utilisée comme arme antiaérienne.

L’arme est testée intensivement en 1943 avec d’abord des tests officiels puis des essais en corps de troupes dans différents régiments avec douze armes de pré-série. Les essais sont concluants et l’arme est adoptée en novembre 1943.

La production commence presque aussitôt mais suite à un changement de priorité, toutes les Maxim modèle 1910 n’ont pas été remplacées en juin 1950 quand l’Allemagne et ses alliés attaquent. Globalement néanmoins les unités de première ligne ont perdu leurs vieilles Maxim pour de rutilantes SG-43.

Au cours du conflit une version modernisée est mise en production et donc en service. Baptisée SGM, elle se distingue par un canon plus lourd, plus simple à fabriqué et à changer, un mode d’alimentation permettant d’engager des bandes souples de 500 cartouches contre 200 pour la SG-43. La SGM va être aussi dévellopée en une version spécialisée adaptée à l’usage à bord des véhicules blindés et des chars, version baptisée SGMT (T = Tankovy).

Durant le second conflit mondial l’arme à été utilisée par l’URSS, par l’Allemagne, la Finlande, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie. La deuxième guerre mondiale terminée, l’arme est massivement livrée aux pays du bloc communiste comme la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, l’Albanie en attendant la Yougoslavie.

Si la production cesse en URSS en 1961, elle va se poursuivre jusqu’à la fin des années soixante en Tchécoslovaquie et en Pologne, la Chine produisant l’arme sous licence jusqu’à la fin des années soixante-dix.

Le chiffre exact des SG-43/SGM produit est inconnu mais l’ordre est admis de plusieurs centaines de milliers d’armes. La carrière de la SG-43 s’achève en Russie à la fin des années soixante quand elle est remplacée par une nouvelle mitrailleuse, la PK plus proche de la mitrailleuse polyvalente allemande de la seconde guerre mondiale qu’une mitrailleuse moyenne «classique».

Cette arme à aussi été utilisée par d’autres états pas forcément communistes au sens strict. Ces pays ont soit utilisé cette arme lors des combats de la décolonisation ou ont reçu cette arme dans l’espoir qu’ils adhèrent à l’idéologie en vogue à Moscou.

On trouve ainsi dans cette catégorie l’Afghanistan, le Burundi, la république centrafricaine, Cuba, Chypre, le Congo-Brazzaville et le Congo-Kinshasa (armes chinoises), l’Egypte, l’Indonésie, l’Irak, la Libye, le Mali, la Mongolie, la Somalie, la Syrie, la Tanzanie, le Yemen et le Zimbawe.

La Roumanie à donc utilisé cette arme à la fois en capturant des armes sur le front russe et immédiatement retournées contre leurs anciens propriétaires mais aussi après le basculement de septembre 1953 quand les soviétiques décident d’engager des unités roumaines rééquipées à la russe à leurs côtés pour des raisons logistique. Sa carrière va s’achever au début des années soixante-dix quand elle est remplacée par la mitrailleuse PK.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 7.62mm (7.62x54mmR) Poids de la mitrailleuse vide : 13.5kg Poids de la mitrailleuse et de son affût sans munition 36.6kg Longueur 1120mm Longueur du canon 719mm Cadence de tir : 500 à 650 coups par minute Portée maximale 1100m (effective) 1500m (maximale) Fonctionnement : emprunt de gaz Alimentation : bandes souples de 200 cartouches

Hotchkiss modèle 1929

Cette mitrailleuse lourde à été mise au point dans les années vingt comme arme antiaérienne et antichar en s’inspirant des fusils antichars allemands Mauser, la Browning M2 américaine ayant la même filiation.

L’armée de terre française refusa cette arme pour l’infanterie en raison d’une cartouche trop lourde qui risquait de blesser les troupes en retombant au sol. Elle l’adopta néanmoins comme arme antichar sur la ligne Maginot notamment dans les casemates du Rhin mais également sur certains véhicules blindés légers notamment l’AMR-35.

Cette arme va aussi être utilisée par la marine française comme mitrailleuse antiaérienne même si très vite elle à été remplacée par des canons de 25 et de 37mm.

En juin 1940, deux-cent mitrailleuses furent commandées par l’armée de terre pour servir d’armes antiaériennes de l’arrière pour permettre aux état-majors et aux «plots» logistiques de se protéger des avions ennemis qui pourraient être tentés de frapper dans la profondeur.

Ces armes livrées entre février et décembre 1941 furent suivies de trois centre-autres commandées en septembre 1944 et livrés entre juin 1945 et juillet 1946, toujours pour la même mission.

Cette arme va connaître également le succès à l’export. La société italienne Societa Italiana Ernesto Breda achète la licence pour la fabriquer au délà des Alpes sous la désignation de Breda Mod.31.

Elle fût utilisée essentiellement comme mitrailleuse antiaérienne à bord des navires de la Regia Marina mais aussi à bord des trains blindés. Des armes de ce type ont parfois armé des autos blindées et des véhicules légers.

En décembre 1935 la marine espagnole achète cette mitrailleuse et va l’utiliser depuis ses destroyers et ses croiseurs durant la guerre d’Espagne. Ces armes ont été réutilisés par les nationalistes espagnols puis une fois le pouvoir de Franco affermit des armes supplémentaires et des munitions ont été fournies au régime franquiste pour acheter sa complicité et éviter qu’il ne rentre en guerre aux côtés des allemands.

Cette arme va également être utilisée par la Belgique, le Brésil, l’Allemagne (mitrailleuses capturées en 1949), la Grèce, le Japon, la Pologne, la Chine nationaliste, la Yougoslavie et donc la Roumanie.

Cette dernière reçoit 200 mitrailleuses avant la guerre de Pologne puis 450 nouvelles armes durant la Pax Armada. Ces 650 armes vont être essentiellement utilisées pour la défense contre-avions à basse altitude mais aussi comme mitrailleuse lourde, sa cartouche de 13.2mm étant très efficace contre l’infanterie à découvert voir les blindés légers.

En avril 1954 quand le conflit se termine il reste officiellement 77 exemplaires en service dans l’armée roumaine mais la majorité de ces exemplaires sont en très mauvais état et rapidement envoyées à la ferraille.

Caractéristiques techniques

Calibre : 13.2mm Longueur du canon 1.67m Poids (non chargé) 37.5kg Portée : 2500m en tir horizontal 1600m en tir vertical Cadence de tir 450 coups/minute Alimentation : chargeurs de 30 coups pour le modèle 1929, alimentation par bandes de 150 coups pour les mitrailleuses sur véhicule blindé

Mitteleuropa Balkans (64) Bulgarie (28)

Autos blindées

Leichter Panzerspähwagen Sdkfz 222

Les premières automitrailleuses allemandes étaient des véhicules lourds et encombrants dont la puissance n’était pas toujours efficiente. Il fallait donc imaginer des autos blindées plus légères, plus compactes.

Au début des années trente apparait la Leichter Panzerspähwagen Sdkfz 221, un véhicule 4×4 entièrement neuf et non développé à partir d’un châssis civil. Cette automitrailleuse n’est armée que d’une mitrailleuse de 7.92mm en tourelle biplace.

Rapidement une version améliorée baptisées Sdkfz 222 est mise au point, cette version se distinguant par un armement nettement plus puissant avec un canon de 20mm et une mitrailleuse de 7.92mm.

Ces véhicules de reconnaissance furent déclinés en une version de commandement (Sdkfz 233), une version radio (Sdkfz 260 et 261) et une version de transport de troupes (Sdkfz 247) avec une simple mitrailleuse sous bouclier, l’habitacle pouvant abriter cinq hommes.

La version Sdkfz 222 est exportée en Chine (douze exemplaires sont vendus à la fin des années trente. Certains exemplaires reçurent des armes plus puissantes comme un canon antichar de 47mm sous bouclier en remplacement de la tourelle) mais aussi en Bulgarie qui récupère des véhicules neufs mais aussi d’anciens véhicules allemands reconditionnés.

Au total l’armée de Sofia à reçu 120 véhicules, des véhicules fiables très appréciés de leurs équipages. Il n’en restait plus que vingt-quatre à la fin du conflit. En mauvais état elles sont toutes envoyées à la casse.

Caractéristiques Techniques du Leichter Panzerspähwagen Sdkfz 222

Type : automitrailleuse légère

Poids : 4.8 tonnes en ordre de combat

Dimensions : longueur hors tout 4.80m largeur : 1.95m hauteur (grille pare-grenades incluse) : 2m

Motorisation : in moteur essence Horch/Auto-Union de 81ch

Performances : vitesse maximale sur route 80 km/h vitesse maximale en tout-terrain 40 km/h Rayon d’action sur route 300km Rayon d’action tout-terrain : 180 km

Armement : un canon de 20mm et une mitrailleuse MG-34 de 7.92mm

Equipage : trois hommes

Schwere Panzerspähwagen Sdkfz 231 (6 rad)

Automitrailleuse Sdkfz 231 (6 rad)

Les autos blindées reprenaient souvent un châssis d’origine civile ce qui avait ses avantages mais aussi ses inconvénients.

C’est ainsi que l’auto blindée lourde (Schwere Panzerspähwagen) Sdkfz 231 qui combinait un châssis de camion (Daimler-Benz puis Bussing-NAG et Magirus) avec une caisse blindée surmontée d’une tourelle armée d’abord d’une unique mitrailleuse puis d’un canon de 20mm et d’une mitrailleuse de 7.92mm.

Les premiers véhicules de série furent livrés en 1932 et pas moins de 1000 véhicules furent produits jusqu’en 1935 quand les chaines de montage furent fermées, la production des Sdkfz 231 étant stoppée au profit de la construction de véhicules plus modernes.

A l’origine, ce véhicule devait être un 6×6 tout-terrain mais pour des raisons de coût, il fût finalement produit en configuration 6×4, une configuration adapté à la route mais fort peu aux terrains bouleversés.

Si les Sdkfz 231 armés d’une simple mitrailleuse furent rapidement reversées à l’instruction ou à la police, celles armées d’un canon de 20mm et d’une mitrailleuse de 7.92mm étaient toujours en service au sein des divisions d’infanterie et du groupe de reconnaissance divisionnaire.

La Bulgarie à récupéré durant le conflit seize Schwere Panzerspähwagen Sdkfz 231 armés d’un canon de 20mm pour améliorer les capacités d’éclairage de ses unités même si le caractère défensif des combats menés par les bulgares rendait le besoin de tels véhicule moins prégnant que dans les armées alliées qui pour s’éviter de longs et coûteux combats d’usure devaient connaître le dispositif ennemi pour en trouver les faiblesses et les exploiter le plus rapidement possible.

Aucune de ces autos blindées n’à survécu au second conflit mondial, la dernière étant détruite en janvier 1954 à Sofia lors du coup d’état qui provoqua le changement de camp de la Bulgarie.

Caractéristiques Techniques

Type : automitrailleuse de reconnaissance 6×4

Poids : en ordre de bataille 5.7 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 5.57m largeur 1.82m hauteur 2.25m

Motorisation : un moteur essence de 80ch

Performances : vitesse maximale sur route 65 km/h rayon d’action sur route 250km rayon d’action tout terrain 200km

Blindage : nc

Armement : un canon de 20mm KwK30 ou 38 assoxié à une mitrailleuse de 7.92mm de MG-34, une deuxième mitrailleuse de ce même modèle est disponible pour servir d’arme antiaérienne

Equipage : quatre hommes

Autres autos blindées

-L’armée bulgare à utilisé également une auto blindée de conception et de fabrication autrichienne, la PHÄNOMEN GRANIT 30, une auto blindée 4X4 produite à 62 exemplaires pour l’armée bulgare.

Ces véhicules vont d’abord opérer comme véhicule de reconnaissance puis après la livraison des autos blindées allemandes reléguées à l’instruction. Elles vont reprendre du service pour certaines d’entre-elles durant le conflit pour la lutte anti-partisans. Elles disparaissent toutes durant la guerre.

-Comme toutes les armées ayant du mal à obtenir l’équipement nécessaire les bulgares vont réutiliser des véhicules de prise. En raison du manque de preuves il n’est pas aisé d’avoir une vision exhaustive du sujet. Il semble que quelques Daimler Dingo et quelques AM modèle 1940P ont été un temps réutilisées par les bulgares moins contre leurs anciens propriétaires que contre les partisans et autres maquisards yougoslaves pour éviter de funestes tirs fratricides.

Camions et autres véhicules

Fiat 626

Fiat 626 réutilisés par des allemands. La date sur le cliché est erronée

-Bien entendu l’armée bulgare n’était pas une armée 100% motorisée mais une armée très dépendante de la «plus noble conquête de l’homme».

Cela ne l’empêchait pas de disposer d’une petite capacité de transport motorisée pour notamment remorquer les pièces d’artillerie lourdes.

Parmi les véhicules utilisés figure le Fiat 626. C’est le camion médian standard de l’armée italienne. Mis au point en 1938, il à été produit pendant quinze ans à un nombre particulièrement important puisque ce sont 12500 véhicules qui ont été produits faisant du modelo 626 le camion italien le plus produit.

Ce camion à été utilisé pour le transport logistique, la maintenance, le transport de troupes, le remorquage de pièces d’artillerie. Il va opérer sur tous les fronts sur lesquels sera engagé l’armée italienne (Afrique, Balkans, péninsule italique, front russe).

Premier camion FIAT à cabine avancée, il à remplacé les Fiat 621 et 633 de conception et de fabrication plus ancienne. Les 12500 Fiat 626 peuvent être répartis entre plusieurs variantes, le Fiat 626N (N = Nafta/Diesel) plus destiné au marché civil, le Fiat 626NL (NL = Nafta Long/Diesel Long) et enfin le Fiat 626NLM (NLM = Nafta Lungo Militare/Diesel long militaire).

Outre l’Italie ce camion va être utilisé par la France, l’Allemagne, la Bulgarie et la Hongrie. La production stoppée en février 1954 après la sortie de 12500 exemplaires va reprendre uniquement pour le marché civil en mars 1956, 1600 exemplaires sortant de l’usine FIAT jusqu’à la fin définitive de la production en mars 1960.

La Bulgarie va utiliser 150 Fiat 626N, 50 Fiat 626NL, 50 Fiat 626NLM mais aussi 100 Fiat 626NM, un camion blindée utilisée surtout pour le transport de troupes notamment pour ce qui concerne la Bulgarie pour les troupes menant les sinistres opérations de nettoyage dans les Balkans.

A la fin du conflit il restait un certain nombre de véhicules qui furent réutilisés par les soviétiques puis par la nouvelle armée bulgare avant que des camions soviétiques voir des camions isssus du Prêt-Bail ne les remplacent.

Caracteristiques Techniques

Poids : 3 tonnes environ

Dimensions : longueur 6.21m largeur 2.18m hauteur 2.675m

Suspension : 4×2 puis 4×4

Motorisation : diesel Fiat de 65ch à 2200 tours/minute

Performances : vitesse maximale 65 km/h autonomie 340km

Equipage : cabine pour un conducteur et un ou deux passagers, le compartiment arrière peut embarquer 21 passagers au maximum

Ursus A

Parmi les autres camions utilisés par l’armée bulgare figure des camions d’origine polonaise, les Ursus A. Encore que polonais c’est un bien grand mot puisqu’il s’agit de véhicules italiens, des SPA 25C Polonia construits sous licence.

Tout comme en 1924 quand le gouvernement polonais ordonne d’importantes commandes de camions de deux modèles, le Berliet CBA de 3 tonnes et le SPA 25C Polonia de 1.5 tonnes.

La firme Ursus était chargée de la production des 1050 camions en trois lots composés chacun de 200 Berliets et de 150 SPA. Le premier lot devait être importé de France et de l’Italie, le second de camions assemblés en Pologne avec des éléments venus des constructeurs alors que le troisième lot devait être entièrement produit en Pologne.

Je n’ai je crois même pas besoin de préciser que ce plan ambitieux ne va pas être réalisé. Une usine est bien installée à Czechowice près de Varsovie mais les retards s’accumulent.

Devant ces retards l’armée bulgare décide de commander 400 camions Berliet en France pour laisser Ursus se concentrer sur la production des camions italiens. Le 11 juillet 1928 un premier lot de cinquante-deux Ursus A sort d’usine. Pour faire simple il s’agit de SPA 25C Polonia adaptés aux routes et aux conditions météo polonaises. Ultérieurement d’autres modifications plus importantes eurent lieu.

La production se poursuivit jusqu’en 1931 quand le Polski Fiat 621 le remplaça sur les chaines de montage. 884 véhicules furent produits dont 509 pour le marché civil. Nous sommes donc loin des 450 véhicules uniquement destinés à l’armée polonaise.

L’armée bulgare à acquis ces véhicules par l’intermédiaire des allemands après l’occupation de la Pologne par Berlin. Tout le matériel récupérable fût ainsi soigneusement regroupé et inventorié et parmi ces camions figuraient quelques Ursus A que les allemands cédèrent bien volontiers à leur allié bulgare qui les utilisa jusqu’à la fin du conflit. Le nombre exact de véhicules est inconnu.

Krupp-Protze L2H42

Ce camion 6×4 de conception et de fabrication allemande à été produit à 120 exemplaires pour l’armée bulgare à partir de 1935. Fiable et robuste, ce véhicule pesait 2600kg en ordre de combat, mesurait 5.10m de long pour une largeur de 1.93m et une hauteur de 1.96m.

Motorisé par un moteur Krupp M304 à essence, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 70km/h sur route et franchir entre 360 et 450km. Son équipage était composé de deux hommes.

Opel Blitz 3.6-36

L’Opel Blitz 3.6-36 était un autre camion de conception et de fabrication allemande utilisé par l’armée bulgare. Pesant 5800kg en ordre de combat c’était un véhicule 4×2 (deux roues motrices) mesurant 6.10m de long sur 2.26m de large pour une haute de 2.56m. Propulsé par un moteur essence Opel il pouvait atteindre la vitesse maximale de 85km/h sur route et de 35km/h en tout terrain. Il pouvait parcourir 234km en terrain difficile et 328km sur route. Son équipage était composé de deux hommes.

P4-100 PC30 & PC30A

L’armée bulgare à également utilisé le 25M P4-100, un tracteur d’artillerie de conception et de fabrication italienne. Ce véhicule œuvre de la firme Pavesi était un 4×4 capable de remorquer les canons et les obusiers lourds.

Il à été mis en service dans l’armée bulgare dans les années trente en compagnie de dérivés plus modernes, les PC-30 et PC-30A reçus respectivement à 100 et 50 exemplaires par Sofia, véhicules reçus en 1935 pour le premier modèle et en 1938 pour le second. Ils étaient fort peu différents du P4-100.

Pesant 4600kg, ils transportaient le conducteur et l’équipe de pièce. Mesurant 4.10m de long pour une largeur de 2.05m et une hauteur de 1.45m, il était propulsé par un moteur essence Fiat lui permettant d’atteindre la vitesse sur route de 22km/h et de franchir toujours sur route 190km.

SPA TL.37

L’armée bulgare à utilisé un autre camion léger italien (ou plutôt un tracteur d’artillerie) le SPA (Sociéta Piemontese Automobili) TL.37, une filiale de la firme FIAT.

A l’origine de ce véhicule figure un concours lancé par le Regio Esercito Italiano (armée royale italienne) pour un tracteur léger d’artillerie. Cette compétition opposa SPA à Breda Meccanica Bresciana.

Ce véhicule fût une vraie réussite étant utilisée par l’Italie, l’Allemagne, la Hongrie et donc la Bulgarie. Au total 200 exemplaires ont été produits mais j’ignore le nombre de véhicules livrés à l’armée bulgare. Ces véhicules ont été brièvement utilisés après guerre avant de faire le bonheur des ferrailleurs.

Le TL-37 servit de base à un projet de canon automouvant le Cannone da 75/27 et surtout de base à un camion à usage général, le Fiat-SPA AS.37 ainsi qu’à deux autos blindées, les Fiat-SPA S37 et Fiat-SPA AS43.

Le SPA TL.37 était un véhicule 4×4 de 3560kg mesurant 4.13m de long pour 1.83m de large et 2.18m de haut. Disposant d’un équipage de quatre hommes, il disposait d’un moteur de 52ch lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 38km/h pendant que sa distance franchissable était de 170km.

Scandinavie (88) Finlande (26)

Bystrokhodny Tank (BT)

Les premiers chars étaient lourds et patauds. Ce n’était pas un problème puisqu’ils devaient franchir un no-man’s land bouleversé par les obus et accompagner l’infanterie qui faute de véhicules adaptés les accompagnaient à pied.

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Scandinavie (83) Finlande (21)

Artillerie antichar

En novembre 1939 la Finlande ne possède pas de canons antichars lourds et utilise en cas de besoin son artillerie de campagne qu’il s’agisse de canons alors en sa possession, de canons capturés sur les soviétiques ou de canons livrés notamment par la France.

Durant la Pax Armada la volonté de posséder une véritable artillerie antichar est là mais ici encore les budgets font défaut et les besoins sont tels qu’il faut faire des choix. L’acquisition de canons antichars lourds que l’on pourrait estimer prioritaire n’est pas estimé comme urgente.

Il faut attendre le début du second conflit mondial pour qu’enfin la situation se débloque, l’Allemagne soucieuse de son allié finlandais livrant des canons antichars de 75 et même de 88mm en vue d’une guerre future avec l’URSS.

Helsinki va ainsi recevoir vingt-quatre 7.5cm PanzerabwehrKanone 43 (7.5cm Pak 43) et seize 8.8 PanzerabwehrKanone 45 (8.8cm Pak 45), ces canons formant respectivement six et quatre batteries antichars indépendantes.

7.5 cm Pak 40 2

Le premier canon cité, le 7.5cm Pak 43 à été mis au point à partir de l’été 1941 selon une règle immuable à l’époque dans le dévellopement des projets militaires : toujours avoir deux coups d’avance.

A peine le 5cm Pak 38 en service qu’un projet de canon antichar de 75mm est lancé. Les allemands utilisaient plutôt le 77 voir le 88mm mais il semble que le 75mm à été choisit pour si besoin utiliser les obus français sur le champ de bataille.

Pour gagne du temps la firme Rheinmettall-Borsig prit son canon antichar de 50mm comme base de travail. L’affût d’origine est redessiné et renforcé, le canon est muni d’un double frein de bouche pour améliorer sa stabilité.

Ce canon est officiellement adopté en mars 1943 et comme souvent à l’époque il va également servir de canon de char, armant le Panzerkampfwagen V Panther, un char moyen dont les qualités n’avaient rien à envier à notre rutilant Renault G-1R.

Ce canon est toujours en service en septembre 1948 et le sera même en avril 1954 quand l’Allemagne capitule. Il à bien entendu été modifié, modernisé, recevant de nouveaux projectiles plus performants.

La Finlande va utiliser ce canon comme pièce antichar et comme pièce d’artillerie de campagne, recevant au total une centaine de canons de ce type qui vont être conservés un temps après guerre avant d’être remplacés comme arme antichar par des armements plus modernes notamment des missiles filoguidés.

Le 7.5cm PanzerabwehrKanone 43 était un canon antichar de 75mm pesant 1500kg (1425kg en batterie) qui tire un obus explosif de 6.8kg ou un obus perforant de 4.1kg via un tube de 32 calibre (2.461m) à une distance maximale de 7680m pour l’obus explosif alors que l’obus perforant perce 98mm de blindage à 2000. l’affût permet au canon de pointer en azimut sur 45° et en hauteur de -5° à 22°.

8.8cm Pak 45

Canon antichar de 88mm Pak 45

Pour compléter le canon de 75mm, les finlandais reçoivent dans un premier temps seize 8.8cm PanzerabwehrKanone 45 (8.8cm Pak 45). Ce canon fût mis au point au cours des années quarante suite à la semi-réussite des Pak 36 et Pak 37 qui eux même avaient pour origine la découverte durant la guerre d’Espagne de la puissance d’un canon antiaérien utilisé en antichar.

Au cours de ce conflit une batterie antiaérienne de la Légion Condor fût surprise par des T-26 républicains. Les canons furent pointés à hausse 0° et ouvrirent le feu en tir tendu avec des résultats dévastateurs.

Il y eut aussi le Pak 43, une tentative de canon polyvalent antiaérien et antichar mais il ne fût produite qu’en petite quantité tant elle était complexe à produire et à utiliser.

-A rebours des traditions militaires et industrielles allemandes, les ingénieurs de Krupp décidèrent de faire simple, une arme performante mais simple à utiliser, ne nécessitant pas des semaines d’entrainement pour l’utiliser correctement.

Plutôt que de développer une arme polyvalente, ils mirent au point deux modèles, un modèle antichar (Panzerabwehrkanone 45) et un modèle antiaérien (Fliegerabwehrkanone 45) qui partageaient néanmoins un grand nombre de pièces. Ce canon allait également armer le char lourd Panzerkampfwagen VI Tiger en attendant de futurs chasseurs de chars.

Au total les finlandais vont recevoir quarante-huit canons de ce type, canons utilisés comme pièces tractées, les quelques projets de chasseurs de chars en réutilisant des châssis de chars soviétiques ne débouchèrent pas sur des modifications en série. Disposant encore de douze pièces en avril 1954 la Finlande doit s’en séparer suite à l’armistice signé avec Moscou et tous ces canons sont envoyés à la ferraille.

Le 8.8cm PanzerabwehrKanone 45 était un canon antichar lourd de 88mm pesant 4750kg («seulement» 3650kg en batterie) tirant des obus explosifs de 9.4kg ou perforants (7.3kg ou 10.16kg) via un tube de 58 calibre (5.125m) à une distance maximale de 15150m pour l’obus explosif, l’obus perforant perçant 184mm de blindage à 2000m. L’équipe de pièce pouvait pointer le canon en azimut sur 360° et en hauteur de -8° à +40°.

-Il y eu un projet de canon de 75mm antichar automatique mais les essais menés durant le conflit ne débouchèrent pas sur une production en série en raison de problèmes insolubles de fiabilité (rupture de nombreuses pièces, échauffement rapide en cas de tir……) et le programme fût abandonné. Les soviétiques testèrent ce prototype baptisé 75 KANUUNA 53 mais le rétrocédèrent rapidement aux finlandais ce qui est significatif.

Artillerie antiaérienne

2cm Flakabwehrkanone 30 et 38 (2cm Flak 30 et 38)

2 cm Flak 38 2

 

Dès l’apparition de l’avion des contre-mesures furent prises par les troupes au sol. Tant que les «plus lourds que l’air» se contentaient d’observer on veilla surtout à améliorer au maximum le camouflage et la dissimulation mais quand l’avion devint bombardier, quand le chasseur délaissant les combats aériens mitraillaient les troupes au sol il fallait trouver une riposte.

On utilisa d’abord des mitrailleuses d’infanterie montées sur des affûts improvisés puis des canons médians à tir rapide (la France utilisa par exemple son fameux «75») avant que l’arsenal antiaérien ne s’étoffe.

Comme les performances des mitrailleuses d’infanterie devenaient incompatibles avec celles des avions on développa d’abord des mitrailleuses lourdes puis des canons légers à tir rapide d’un calibre allant de 20 à 50mm.

L’Allemagne sélectionna le 20, le 37 et le 50mm même si ce dernier ne connu qu’un développement limité.

Suite à l’interdiction par le traité de Versailles du développement d’armes modernes, les firmes allemandes achetèrent des entreprises dans des pays neutres pour continuer à développer des armes pour être prêtes le jour venu.

Les canons de DCA n’échappèrent pas à la règle et c’est ainsi que le 2cm Flak 30 à pour origine le Flak 28 mis au point à la fin du premier conflit mondial qui vendu à la Suisse devint le Solothurn ST-5 qui acquis par la marine allemande devint le 20mm C/30, ce canon étant ensuite décliné en version terrestre sous la désignation de 2cm Flak 30.

Ce canon disposait d’un cadence de tir de 120 coups par minute on décide de mettre au point un modèle amélioré le 2cm Flak 38 qui allait être décliné en version navale sous la désignation de 2cm C/38. Il se distinguait par un poids plus faible (420 contre 450kg) mais une cadence de tir doublée avec 220 coups par minute.

Une version allégée destinée aux troupes de montagne et aux parachutistes baptisée Gebirgsflak 38 (2cm GebFlak 38) est également mise au point par Mauser, les performances étant identiques mais le poids nettement plus faible avec seulement 276kg. Les premières pièces sont produites en 1942.

Ces canons de 20mm sont utilisés en affûts simples, en affûts doubles et en affûts quadruples pour améliorer les performances en concentrant davantage de munitions dans un plus petit périmètre.

Ces affûts étaient montés sur des camions et des semi-chenillés, des prototypes de canons antiaériens chenillés étant mis au point en installant un affût quadruple sur un chassis de Panzer III. Les trains blindés étaient également équipés de ces canons.

Outre l’Allemagne, la Finlande et la Lituanie ont reçu ces canons. La Finlande va utiliser 150 canons de ce type pour défendre des positions fixes mais aussi ses troupes de mêlée en les installant sur des camions pour obtenir un automoteur léger improvisé et compléter les L-62 Anti II Tank 41.

Ces canons furent également utilisés pour le tir sol-sol avec des effets dévastateurs sur les troupes surprises à découvert. Ces canons furent retirés des unités de première ligne en 1959 mais seulement en 1966 pour la réserve. En Finlande il était désigné 20 ILMATORJUNTAKANUUNA ltK/30.

Le 2cm Flakabwehrkanone 30 était un canon antiaérien léger de 20mm pesant 364kg (470kg en configuration route) et tirant des projectiles de 136g (20x138mmB) via un canon de 65 calibres (1.3m) à une distance maximale de 4800m en tir sol-sol et de 2234m en tir antiaérien à raison de 120 à 240 coups par minute. L’équipe de pièce de quatre hommes peut pointer le canon en azimut sur 360° et en site de -12° à +90°. L’alimentation se fait par des chargeurs de douze à vingt obus.

Canon de 20mm Breda modèle 1935

Canon de 20mm Breda 12

Aux côtés des canons de 20mm allemands les finlandais ont également utilisé des Cannone-Mitragliera da 20/65 modello 35 [Breda] ce qui donne en français «canon-mitrailleur de 20mm et 65 calibres modèle 1935 Breda».

Ce canon de 20mm est le principal canon antiaérien léger de l’armée italienne. Il connu également le succès à l’export puisqu’il fût vendu à la Finlande, à la Chine, à l’Equateur, à la Slovaquie et à la Républicaine Dominicaine. D’autres pays l’ont utilisé à savoir l’Allemagne, l’Australie et la Grande-Bretagne mais il s’agissait d’armes capturées sur le champ de bataille et retournées contre leur ancien propriétaire.

Le canon de 20mm Breda à donc participé à de nombreux conflits à partir des années trente en Europe, en Afrique, en Asie et même en Amérique du Sud (conflit entre l’Equateur et le Pérou entre le 5 juillet 1941 et le 31 juillet 1942).

Ce canon à été utilisé à terre, à bord de véhicules (notamment le char léger Fiat L-6/40 et l’auto blindée AB-41) mais aussi sur des navires de la Regia Marina, le couple 20/37mm fourni par la firme Breda assurant la défense rapprochée des navires de la marine italienne.

Monté sur un affût à deux roues, il pouvait en théorie être remorqué par un véhicule automobile mais comme des faiblesses structurelles limitait la vitesse à 20 km/h on préférait l’embarquer sur le camion pour aller plus vite.

La Finlande à acquis un premier lot de 88 canons lors de la guerre d’Hiver même si toutes les pièces commandées n’ont pas été livrées avant le traité de Moscou de mars 1940. D’autres commandes ont ensuite été passées ce qui fait que la Finlande à pu recevoir 240 de ces canons utilisés aussi bien pour défendre les villes que pour couvrir le champ de bataille. Il y était désigné 20 ILMATORJUNTAKANUUNA ltK/35.

Toujours en service à la fin du conflit il fût remplacé quelques années plus tard par un canon de 23mm de conception et de fabrication soviétique.

Le Canon de 20mm Breda modèle 1935 était un canon antiaérien léger de 20mm (projectile : 20x138mmR) pesant 330kg et tirant via un canon de 65 calibres (1.87m) un projectile de 320g (HE) et 337g (perforant) à une distance maximale de 2200m en tir contre-avions et 5500m en tir contre-terre à raison de 240 coups par minute, l’alimentation se faisant par des plaquettes de douze obus.

L’affût permet au canon de pointer en azimut sur 360° et en site de -10° à +80°. L’équipe de pièces était de trois à six hommes mais en Finlande il était de quatre hommes.

20 ItK 40 VKT

 

Cet affût bitube de 20mm à été mis au point par Aimo Lathi à partir du canon antichar de 20mm que nous avons cu plus haut. Arme efficace elle n’à été produite qu’à 280 exemplaires ce qui est certes important à l’échelle finlandaise mais insuffisant à l’échelle d’un conflit engageant des moyens militaires absolument colossaux. Ce canon à d’ailleurs été maintenus en service jusqu’en 1965 dans les unités de première ligne et jusqu’en 1988 dans la réserve.

Le prototype est apparu juste avant le déclenchement de la guerre d’Hiver mais des modifications de dernière minute repoussèrent son adoption à 1940. L’arme fût d’abord utilisée par l’armée de l’air finlandaise pour protéger ses terrains puis en petit nombre par l’armée de terre qui compléta ainsi son duo Rheinmetall/Breda.

Le 20 ItK 40 VKT était un canon antiaérien léger de 20mm pesant 652kg en position de tir (mais 778kg en configuration de transport) disposant d’un canon de 1.3m (65 calibres) tirant un projectile Solothurn 20x138B de 135g à une distance maximale de 2200m (1200m en pratique) à raison de 250 à 700 coups par minute via des chargeurs de vingt coups. L’affût pouvait pointer en site de -10° à +90° et en azimut sur 360°

Canon de 37mm M1939 (61-K)

Canon de 37mm modèle 1939 2

Ce canon de 37mm à été développé à partir du canon de 25mm Bofors acquis en petit nombre par l’URSS et qui déboucha un temps sur un canon de 45mm mais ce dernier fût jugé trop gros par la RKKA pour faire un bon canon automatique et elle demanda le développement d’un canon de 37mm. C’est chose en faite en janvier 1938, les premiers essais étant lancés en octobre 1938 et l’armée adoptée l’année suivante.

Ce canon opéra au sein de l’armée de terre, de l’armée de l’air et de la marine soviétique en affûts simples, doubles puis quadruples créant de véritables murs de feu contre l’aviation ennemie. Il y eut des projets de canon automoteurs antiaériens mais rien ne vit le jour avant la fin du second conflit mondial. De 1940 à 1956 39500 canons sont sortis des chaines de montage. Il à été utilisé jusqu’au milieu des année soixante, étant progressivement remplacés par des canons de 57mm S-60 nettement plus performants.

La Finlande l’à acquis par la prise d’armes au cours de la guerre d’Hiver. A chaque fois les canons étaient capturés avec un stock appréciable de munitions à croire que les soviétiques voulaient que ces armes tombent aux mains de leurs ennemis.

D’autres canons furent capturés durant la guerre de Continuation. Le conflit terminé ce canon resta un temps en service mais il fût rapidement remplacé par des canons de 40mm Bofors qui complétèrent ceux acquis durant la guerre d’Hiver et le second conflit mondial.

Le canon de 37mm M1939 (61-K) était un canon de 37mm pesant 2100kg tirant un obus de 1,5kg (37x250mmR) via un tube de 2.7m (72 calibres) à une distance maximale de 4000m en tir antiaérien et de 5000m en tir antisurface à raison de 160 à 170 coups par minute. Le canon peut pointer en azimut sur 360° et en site de -5° à +85° par l’équipe de pièce composée de huit hommes.

Canon de 40mm Bofors

Canon de 40mm Bofors

Canon de 40mm Bofors

Attention légende ! Le canon de 40mm Bofors est probablement le seul canon avec le canon de 75mm modèle 1897 à avoir acquis une aura quasi-mythique. Il subit de dire «Bofors» pour que l’on sache à quel canon ont fait référence et ce sans parler de calibre. Même chose pour notre canon de campagne français, le simple fait de dire «le 75» et on sait à quoi on fait référence.

A l’origine de ce canon figure une demande de la marine suédoise pour remplacer ses canons de 2 livres acquis en 1922. Le contrat de développement est lancé fin 1928 et tout va très vite puisque le prototype apparaît en novembre 1931.

Il va être intensivement testé jusqu’en octobre 1933 bien que l’acceptation officielle du modèle remonte à 1932 ce qui explique le nom du canon à savoir 40mm akan M/32 plus connu sous le nom de Bofors 40mm L/60,le chiffre 60 correspondant à longueur du tube en calibre soit une longueur de 2.4m.

Ironie de l’histoire, la marine suédoise préféra se concentrer sur une artillerie antiaérienne de plus petit calibre dans la tranche 13/25mm, Bofors plaçant un canon de 25mm en 1932. Elle n’acquis qu’ultérieurement ce canon de 40mm d’abord dans une version réservée aux sous-marins avec un canon de 42 calibres (longueur du tube : 1.680m).

Bofors se consola en remportant un succès appréciable à l’export avec deux voisins pour premiers clients. Si la Koninklijke Marine la marine royale néerlandaise fût le premier client étranger pour la version navale, la version terrestre eut pour client inaugural l’armée belge.

D’autres commandes ne tardèrent pas à affluer que ce soit de Pologne, de Norvège, de Finlande, de France, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, plusieurs pays le produisant sous licence comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie mais aussi le Canada.

Outre les pays déjà cités ce canon à été utilisé par l’Allemagne (exemplaires capturés en Pologne en 1939, des exemplaires commandés directement à la Suède), la Chine (ce qui permis au Japon de le fabriquer sous licence), le Brésil, le Paraguay, l’Argentine, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, l’Afrique du Sud.

La Finlande à acquis ce canon pour la guerre d’Hiver puis pour la guerre de Continuation le désignant 40 ILMATORJUNTAKANUUNA ltK/35-39B. Il était utilisé depuis un affût à quatre roues mais aussi depuis un châssis chenillé avec le L-62 Anti II Tank 41, un canon automoteur antiaérien d’origine suédoise. 550 Bofors de 40mm ont été acquis par l’armée de terre finlandaise.

Ce canon qui fût également utilisé avec des effets dévastateurs contre les troupes au sol et les véhicules blindés légers fût conservé après guerre en compagnie de canons neufs acquis auprès de la Suède. Il est resté en service dans l’armée finlandaise jusqu’en 1975 quand il fût remplacé par un canon de 35mm Oerlikon.

Le canon de 40mm Bofors était un canon antiaérien léger de 40mm (40x311R) pesant 1981kg (dont 522kg pour l’affût) en ordre de tir (2400kg en configuration transport) disposant d’un canon de 60 calibres (longueur du tube 2.4m) tirant des obus de 0.9kg (40x113mmR) à une distance maximale de 6790m en tir sol-sol et de 4300m en tir antiaérien à raison de 90 à 120 coups par minute, l’alimentation se faisant par des clips de quatre projectiles.

Le canon peut pointer en site de -5° à +90° à raison de 55° par seconde et en azimut sur 360° à raison de 50° par seconde. L’équipe de pièce était composée de quatre à huit hommes.

Canon antiaérien de 75mm modèle 1937 (7.5 cm kanon PL vz. 37)

75 mm anti-aircraft gun Škoda R-3 M1937 2

Ce canon antiaérien est une tchèque créé par la firme Skoda. Après le démantèlement de la Tchécoslovaquie (1938/39), les canons disponibles ont été récupérés par l’Allemagne qui fit poursuivre la production au profit de ses alliés finlandais et italiens.

L’Italie récupéra selon les sources entre 150 et 200 pièces, la Finlande moins d’une centaine de pièces. Si Helsinki conserva ses pièces jusqu’à la fin du conflit, les pièces cédées à l’Italie et encore disponibles furent récupérées au profit des troupes allemandes déployées dans la péninsule.

Quelques pièces sont parvenus jusqu’à nos jours, faisant le bonheur des musées militaires d’Europe et d’Amérique.

Sous les couleurs finlandaises, le canon anciennement tchèque va servir de pièce d’artillerie antiaérienne territoriale mais aussi comme canon antichar lourd quand certaines se trouvaient à proximité du front que l’alarme antichar était donnée. Vingt exemplaires ont été acquis par Helsinki armant cinq batteries à quatre canons.

Ce canon antiaérien à été retiré du service faute de munitions adaptées en 1958 et son remplacement par des canons de 85mm soviétiques plus performants.

Le 7.5cm kanon PL vz.37 était un canon antiaérien lourd de 75mm pesant 2800kg et tirant via un tube de 48.7 calibres (3.65m) un projectile type 75x656mmR de 6.5kg à une distance maximale de 9200m en tir antiaérien et de 4 à 6000m en tir sol-sol à raison de 10 à 15 coups par minute. L’affût permettait de pointer le canon en azimut sur 360° et en site de 0° à +85°.

Canon antiaérien de 76.2mm Vickers modèle 1931

Vickers 7.5 cm AA gun

Canon de 75mm Vickers mis en oeuvre par des soldats néerlandais. Mis à part le calibre les canons finlandais étaient identiques

En 1931 la firme Vickers développa un canon antiaérien d’un calibre inhabituel pour les britanniques à savoir 75mm, un calibre assez courant en revanche sur le continent européen. En 1936 la Roumanie acheta une licence pour la production de 100 canons, la production se poursuivant jusqu’en 1950 avec la sortie de 450 exemplaires.

Ces pièces de ce type furent également acquis par le Danemark (qui le produisit sous licence), les Pays-Bas, la Belgique, la Lituanie, la Turquie,le Portugal, la Suisse et la Chine.
La Finlande à acquis des exemplaires pour réduire le déficit de la balance des paiements avec les britanniques en 1936 mais ces canons furent chambrés pour permettre l’utilisation d’obus de 76.2mm. Les allemands et les soviétiques utilisèrent également des canons de ce type après en avoir capturé un certain nombre dans toute l’Europe.

Le canon de 75mm Vickers est un canon de 43 calibres (longueur du tube 3.225m) pesant 2825kg, tirant des obus (75x495mm) de 6.5kg à une distance maximale pratique de 5000m à raison de 12 coups par minute. Le champ de tir grâce à un support cruciforme est de 360° en azimut et de 0° à +90° en site.