Pologne et Pays Neutres (45) Irlande (6)

FORCES ARMEES IRLANDAISES

Armée de Terre

Une histoire militaire de l’Irlande (1) : aux temps jadis

Comme vous le savez tous parfaitement chers lecteurs l’Irlande n’à pas été colonisée par les romains. Les historiens ont longtemps pensé qu’il n’y avait eu aucun projet de conquête et de simples relations commerciales.

La découverte près de Dublin des ruines d’un comptoir/fort/camp _rayez la mention inutile_ à remis en cause ce présuposé sans que la question soit définitivement tranchée.

En l’absence d’un pouvoir central fort l’île est soumise à des raids de pillage et de piraterie menés d’abord par les scots venus de l’île de Bretagne puis par les vikings.

Ces derniers s’installent dans la région de Dublin vers 840 et commencent un processus de colonisation. En 1014 les vikings et leurs alliés irlandais sont battus par Brian Boru à la bataille de Clontarf ce qui marque le début de la fin de la menace viking en Irlande.

En 1099 Magnus Barefoot roi de Norvège mène une campagne avec ses alliés irlandais contre des bandes armées de la verte erin. C’est une victoire à la Pyrrhus car sur le chemin du retour il tombe au nord de l’Irlande dans une embuscade qui lui est fatale.

Une siècle après leur arrivée en Angleterre les normands se tournent vers l’Irlande. Ils débarquent autour de Dublin initialement pour soutenir le roi du Leinster Dernot MacMurough contre ses rivaux.

Les normands s’assimilent peu à peu à la culture irlandaise au point qu’on parle d’Hiberno-Normands ou d’Irlando-Normands comme on parlait d’Anglo-Normands. Les Normands apportent le système féodal, les relations entre barons normands et lords irlandais sont changeantes avec des escarmouches régulières.

En 1542 tout change pour les irlandais. Un Royaume d’Irlande est mis en place, les Tudors tentant de passer du contrôle nominal de l’île à un contrôle plein et effectif. D’où la mise en place d’une Armée Royale Irlandaise qui va durer jusqu’en 1801 quand elle est supprimée suite à la mise en place de l’Acte d’Union en 1800.

Prendre le contrôle de la verte Erin est plus facile à dire qu’à faire. Ce n’est qu’au tout début du 17ème siècle (1607) que les anglais peuvent estimer contrôler effectivement l’île non sans devoir s’employer à réprimer quelques révoltes ici et là.

En 1640 Charles 1er en conflit avec le parlement souhaite mettre sur pied une nouvelle armée irlandaise pour lutter contre les révoltés écossais. Cette armée est majoritairement composée de catholiques et ne va pas tarder à se soulever contre l’Angleterre. Nombre de ses soldats vont rejoindre la Confédération Catholique Irlandaise.

En 1642 des renforts venus d’Angleterre arrivent sous le nom d’Armée Anglaise pour l’Irlande. Elle doit soutenir les royalistes irlandais. Dans le camp d’en face les écossais envoient une armée covenantaire. Pour simplifier encore la situation les protestants d’Ulster lèvent leur propre armée l’Armée de Laggan.

Cette armée commandée par Wellion Stuart se compose de 1000 fantassins et d’un détachement monté. Elle protège les possessions protestantes, escorte des convois, défend les protestants contre les catholiques et monte des raids de représaille. Elle remporte plusieurs batailles comme à Glennaquin le 16 juin 1942, à Clones le 13 juin 1643 mais perd à Benburb le 5 juin 1646 en dépit d’une légère supériorité numérique. Elle échoue également lors du Siège de Derry en 1649.

Elle bascule ensuite du côté parlementaire mais de manière désorganisée ce qui fait qu’elle cesse virtuellement d’exister fin 1649.

les irlandais ne se contentent pas de combatte sur le sol, ils cherchent également à porter la guerre sur le territoire ennemi. C’est ainsi que les 7 et 8 juillet 1644 2000 irlandais débarquent en Ecosse pour soutenir les royalistes contre les covenantaires.

Ce corps expéditionnaire remporte six batailles majeures : Tippermuir le 1er septembre 1644, Aberdeen le 13 septembre 1644 (la ville est mise à sac, une centaine de civils massacrée en bonus), Inverlochy (1645), Auldearn (9 mai 1645), Alford (2 juillet 1645) et Kilsyth (15 août 1645).

New Model Army

De 1649 à 1653 Cromwell et sa New Model Army mène une sanglante reconquête de l’Irlande contre laquelle les irlandais qu’ils soient issus de la confédération ou de l’ancienne armée royale irlandaise sont impuissants. Les restes de la Royal Irish Army vont ainsi suivre Charles II en exil pendant que les parlementaires maintiennent des troupes importantes sur l’île.

Une histoire militaire de l’Irlande (2) : aux temps modernes

Quand Charles II est restauré en 1660 il dissous rapidement la New Model Army en Angleterre mais conserve les unités anciennement du Commonwealth sur l’île d’Irlande avec 5000 fantassins et 2500 cavaliers. Très vite cette armée est progressivement épurée de cadres cromwelliens jugés peu surs.

En 1662 une nouvelle unité est créée par lord Ormonde. C’est la naissance du Royal Irish Regiment of Foot Guards que l’on pourrait traduire en «Régiment royal irlandais de gardes à pied» (NdA c’est tout de suite moins sexy).

Cette unité est active de 1662 à 1698 au sein de l’armée anglaise et de 1698 à 1791 au sein de l’armée française puisqu’ayant suivit Jacques II dans son exil après la Glorieuse Révolution. En 1697 après l’échec de plusieurs tentatives pour débarquer à nouveau en Irlande, l’armée jacobite est dissoute mais le régiment est immédiatement reconstitué sous le nom de Regiment de Dorrington au sein de l’armée du royaume de France qui comprend de nombreuses unités étrangères.

A sa création le régiment comprend douze compagnies et 1200 hommes mais en 1690 on compte 26 compagnies et 2080 hommes. Ce régiment participe à la guerre de Neuf Ans (conflit plus connu en France sous le nom de guerre de la Ligue d’Augsbourg 1688-1697), à la guerre de Succession d’Autriche, au soulèvement jacobite de 1745 et à la guerre de Sept Ans (1756-1763).

Le régiment irlandais qui dépend d’une Brigade irlandaise (voir ci-après) devient ensuite le Régiment Roth puis le Régiment Walsh avant d’être dissous comme tous les régiments étrangers en 1791.

La Briogaid Eireannach pardon la Brigade Irlandaise voir le jour en mai 1690. Elle se compose de cinq régiments jacobites (Régiment de Lord, de Mountcashel, de Butler, de Feilding, d‘O’Brien et de Dillon) détachés au sein de l’armée royale en échange de l’envoi d’un corps expéditionnaire français de 5000 hommes (commandé par le marquis de Lauzun) en Irlande dans l’espoir de faire de l’île un bastion jacobite et ainsi distraire des moyens ennemis ailleurs que sur le continent.

La brigade irlandaise va participer à la guerre de la ligue d’Augsbourg, aux guerres de succession d’Espagne et d’Autriche, à la révolte jacobite de 1745.

Ultérieurement la brigade est réduite à quatre régiments (Mountcashel, O’Brien, Dorrington et Dillon). Après le traité de Limerick de 1691, 12000 jacobites intègrent l’armée française créant une armée en exil à Jacques II, armée distincte du régiment irlandais et de la brigade irlandaise (NdA vous avez dit compliqué ?).

La brigade irlandaise est dissoute le 21 juillet 1791. Trois régiments deviennent le 87ème RI (Dillon), le 88ème RI (Berwick ex-O’Brien) et 92ème RI (Dillon). Certains rallient l’armée des émigrés.

De 1794 à 1798 non sans une certaine ironie les britanniques mettent sur pied une Catholic Irish Brigade. Elle est levée à partir d’anciens membres de la brigade irlandaise opposée à la Révolution, mise sur pied favorisée par la politique de détente menée vis à vis des catholiques par William Pitt le Jeune. Elle combat outre-mer à Haïti et St Domingue puis tient garnison en Nouvelle-Ecosse. Au maximum elle à compté 4500 hommes.

Régiments étrangers de la Grande Armée. Au milieu en vert, un officier et un homme du rang de la Légion irlandaise

De l’autre côté du Channel Napoléon met sur pied une Légion Irlandaise. Créée le 31 août 1803 c’est à l’origine un bataillon d’infanterie légère destiné à une invasion de l’Irlande. L’unité devient par la suite un régiment à quatre bataillons. En août 1811 elle est officiellement devenue le 3ème régiment étranger (irlandais) mais en pratique on continuait de parler de Légion Irlandaise.

Après l’abandon du projet d’invasion des îles britanniques suite à la défaite de Trafalgar (21 octobre 1805), l’unité irlandaise participe à l’expédition de Walcheren en 1809, à la guerre péninsulaire en Ibérie (1807-1814) mais aussi à la campagne d’Allemagne en 1813. L’unité qui fût la seule unité étrangère à recevoir un aigle est dissoute le 28 septembre 1815 au moment de la Restauration.

Revenons un peu en arrière. En 1672 l’armée royale irlandaise est réorganisée en six nouveaux régiments d’infanterie du moins en théorie car en réalité et à part le régiment royal irlandais de garde à pied les autres régiments ne sont que des unités cadres existant seulement sur le papier.

C’est une armée essentiellement protestante, les catholiques servant à l’étranger. Les cadres expérimentés ont quitté le service actif et l’argent est souvent détourné.

En 1685 Jacques II frère catholique de Charles II accède au trône ignorant qu’il n’allait régner effectivement que trois ans. A cette époque la Royal Irish Army comprend les unités suivantes :

-Le Royal Irish Regiment of Foot Guards

-Le Earl of Granard Regiment

-Le Viscount of Mountjoy’s Regiment

-Le Sir Thomas Newcomen’s Régiment

-Le Thomas Fairfax’s Regiment

-Le Justin McCarthy’s régiment

-Le Théodore Russel’s Régiment

-A ces sept régiments d’infanterie vont s’ajouter trois régiments de cavalerie (Ormonde’s, tyrconnell et Ossory’s).

Cette armée à une vocation de défense territoriale. Néanmoins deux compagnies de garde à pied participent à la 3ème guerre anglo-hollandaise de 1672 à 1674.

Sous Jacques II les catholiques sont à nouveau autorisé à intégrer l’armée d’Irlande. Des officiers protestants sont remplacés par des catholiques. En 1686 deux tiers des hommes du rang et 40% des officiers sont catholiques.

Au moment de la Glorieuse Révolution des unités catholiques irlandaises sont envoyées en Angleterre mais elles sont désarmées quand Guillaume III débarque pour prendre le pouvoir au nom de son épouse Marie II Stuart.

Sur les régiments cités plus haut seul le régiment de Grannard est préservé car protestant mais il prend le nom de 18ème régiment à pied (18th Foot Regiment)

En Irlande les protestants ont créé l’Armée du Nord mais elle est vite battue par les forces loyales à Jacques II qui connaissent une brusque augmentation de leurs effectifs avec 45 régiments à pied à douze compagnies de ligne et une compagnie de grenadiers, huit régiments de dragons, sept régiments de cavalerie et un régiment de garde du corps montés (Cavalry Life Guard).

Jacques II débarque en Irlande le 12 mars 1689, Schomberg le commandant de l’armée de Guillaume III le 13 août. Cette dernière qui regroupe près de 20000 hommes est rapidement handicapée par des problèmes logistiques et sanitaires. En juillet 1690 Guillaume III remporte une bataille décisive à La Boyne, met le siège devant le Limerick en septembre, la guerre s’achevant en octobre par le traité signé à Limerick.

Sous Guillaume III sans surprise le recritement des catholiques est en théorie interdit mais en pratique c’est plus compliqué.

En 1699 le Disbanding Act est voté limitant les effectifs déployés en Irlande à 12000 hommes. Les étrangers sont libérés, le recrutement en Irlande est très encadré et très limité.

Au XVIIIème siècle l’armée irlandaise est davantage une armée de papier qu’autre chose. En 1767 les effectifs autorisés par le parlement britannique passe à 15235 hommes auxquels s’ajoute en 1769 3235 hommes supplémentaires autorisés par le parlement irlandais.

Des unités irlandaises participent côté britannique à la Guerre de Sept Ans notamment les 44th et 48th Foot Regiment, combattant sur le continent américain et à Cuba. Ils rentrent ensuite à Cuba en 1763.

Des unités irlandaises participent également à la guerre d’indépendance américaine contre les insurgents. Selon certains historiens 16% des hommes de rang et 31% des officiers étaient irlandais.

Le manque de troupes pour défendre l’île contre une possible/probable/potentielle invasion française entraine la mise en place d’une milice, les Volontaires Irlandaises qui ne tarde pas à devenir un mouvement politique.

Comme nous l’avons vu plus haut l’armée royale irlandaise disparaît en 1801 suite à l’Acte d’Union mais des régiments irlandais sont créés au sein de l’armée britannique. Des régiments s’illustrent durant les guerres napoléoniennes qu’il s’agisse du 88th Foot (Connaugh Rangers) ou du 27th Foot (Inniskilling).

Scandinavie (74) Finlande (12)

ARMEE DE TERRE

Une histoire militaire de la Finlande

Les origines

Comme nous l’avons à propos de l’histoire générale, la langue finnoise n’à été mise à l’écrit qu’à partir du 16ème siècle. L’histoire antérieure est donc lacunaire et l’histoire militaire n’échappe pas à la règle.

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Scandinavie (51) Danemark (22)

ARMEE DE TERRE DANOISE

Une histoire

Avant-propos

L’histoire militaire danoise est très ancienne. Si aujourd’hui le petit royaume scandinave est un modèle de pacifisme et de neutralité, cela n’à pas toujours été le cas. Entre la fureur viking, les combats pour le contrôle de la Scanie (partie sud-ouest de la Suède), l’intervention malheureuse de Christian IV dans la guerre de Trente Ans, les guerres napoléoniennes ou encore la guerre pour les duchés, la richesse de l’histoire militaire danoise est indéniable.

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Benelux (52) Belgique (13)

ARMEE DE TERRE

Historique

Les prémices : quelques éléments sur des unités militaires belges passées

Garde Civique 3

La garde civique

L’Armée belge apparaît bien entendu au moment de la Révolution Belge sous la forme d’une Garde Civique mais l’histoire militaire à commencer bien avant notamment sous la Révolution Française.

Au moment où la France est secouée par une révolution bourgeoise puis radicale, le futur territoire de la Belgique est secoué par des révolutions, la révolution du Brabant et la révolution liégeoise.

Ces révolutions échouent ce qui entraîne l’exil de nombreux belges vers la France. C’est dans ce vivier que va puiser la Grande Nation pour créer des unités de volontaires. Comme dans tous les conflits de ce genre, ces unités doivent donner le blanc seing à une armée étrangère et ainsi faire «passer la pilule» de l’invasion si je peux m’exprimer ainsi.

On trouve ainsi une Légion Belge ou Légion Belgique créée en 1792 avec deux bataillons, le 1er opérant en Champagne et le 2ème participe au Siège de Lille.

Cet événement à lieu du 25 septembre au 8 octobre, la garnison étant composée de troupes françaises et de volontaires belges. Les troupes autrichiennes échouent cependant à isoler la ville fortifiée par Vauban ce qui permet un ravitaillement permanent. A l’annonce de la défaite prussienne à Valmy, les troupes autrichiennes doivent lever le siège.

On trouve également la Légion des Belges et des Liégeois composée d’hommes issus de la principauté épiscopale de Liège. Avec ses six bataillons, c’est la plus importante des trois légions de volontaires belges, la Légion Liégoise disposant elle de deux bataillons.

D’autres légions ont existé de manière très éphémère qu’il s’agisse de la Légion ds Sans Culottes belges et liégeois (Bruxelles) ou encore la Légion des Sans Culottes de Liège mais ses groupements avaient davantage propension à parler haut et à se livrer à toutes sortes d’exactions que d’accepter la discipline militaire.

Aux côtés de ces légions on trouva également des régiments et des bataillons qu’ils soient de recrutement local ou recrutés par la France. C’est un véritable écheveau difficile à démêler puisque certaines unités ont changé de nom, d’autres ont été transférées et d’autres n’ont probablement existé que sur le papier. Je m’excuse donc par avance si il y à des erreurs.

On trouve ainsi les 1er et 3ème bataillons liégois, les 2ème et 3ème régiments des belges, le régiment de Namur, le régiment de Tournai, le régiment de Bruges, le régiment d’Anvers, les 15ème et 23ème bataillons de chasseurs belges, les 1er et 2ème bataillons de chasseurs de Gand , le 1er bataillon du Hainaut et enfin le bataillon Leuckens.

En ce qui concerne les troupes mises sur pied par les français (qui espéraient y lever 40000 hommes mais n’ont pu en recruter que le quart), on trouve pour l’infanterie quatre bataillons de chasseurs (17ème,18ème,23ème et 24ème), deux régiments de chasseurs à cheval (17ème et 18ème) ainsi qu’une partie du 20ème régiment de dragons alors que l’artillerie dispose d’un régiment belge, le 9ème régiment d’artillerie à pied.

En janvier 1794, les cinq bataillons de chasseurs sont versés dans cinq bataillons de tireurs dont une partie du recrutement est composé de bataves mais aussi de déserteurs des armées autrichiennes, allemandes et prussiennes.

Ces bataillons furent amalgamés en demi-brigades avec les 1er, 14ème,15ème,18ème et 30ème demi-brigades d’infanterie légère ainsi que les 25ème et 112ème demi-brigades d’infanterie de ligne.

En ce qui concerne la cavalerie, on trouvait des unités de «volontaires» qui furent ensuite versées dans des unités régulières de l’armée française probablement à des fins de discipline. Ils formèrent si l’on peut dire la force vive des régiments.

Les Dragons Belges ou de Bruxelles qui voient le jour le 15 octobre 1792 sont versés au 20ème régiment de dragons en compagnie du 1er régiment de chasseurs à cheval belge. On trouve également les Dragons du Hainaut et de Jemmapes qui vont eux aussi intégrer le 5 juillet 1793.

Le 2ème régiment de chasseurs à cheval belge créé fin 1792 début 1793 intègre le 17ème régiment de chasseurs à cheval le 4 septembre 1793. Les chevaux légers de Flandre occidentale ou de Gand sont eux licenciés le 6 avril 1794, un représentant en mission les décrivant comme «un ramassis de coquins inaptes à faire la guerre». Enfin les hussards belges vont intégrer le 10ème régiment de hussards (dit de Jemmapes).

En ce qui concerne l’artillerie, les français espérèrent pouvoir créer trois bataillons à cinq compagnies d’artillerie (une d’élite, trois de canonniers et une d’ouvriers) mais le manque de moyens tant humains que matériels ont fait que nombre d’unités étaient des unités de papier.

Les artilleurs belges ont cependant servit honorablement et le 9ème régiment d’artillerie à pied existant de 1794 à 1795 était composé en grande partie d’artilleurs belges.

Les belges ont participé à toutes les guerres de la Révolution et de l’Empire qu’ils se trouvassent côté français que côté allié, la Légion Belge participant sous les ordres du duc de Wellington à la bataille de Waterloo.

De 1703 à 1820, à existé une unité de l’armée espagnole appelée Gardes Wallons ou Guardia Valona dans la langue de Cervantes.

Les Gardes Wallons étaient recrutés dans le sud des Pays-Bas espagnols et notamment dans la très catholique Wallonie. Ces soldats étaient souvent utilisés pour le maintien de l’ordre car ils n’avaient aucun lien avec la population autochtone.

Initialement, les régiments wallons de l’armée espagnols n’avaient de wallons que le nom puisqu’ils intégraient également des flamands et des brabançons. Les effectifs étaient d’environ 4000 hommes.

Le 17 octobre 1702, le roi Philippe V d’Espagne _petit-fils de Louis XIV_ décide de lever un régiment wallon pour sa nouvelle garde royale, ce régiment opérant avec un régiment de Gardes Espagnols (l’équivalent des Gardes Françaises), les deux unités partageant le même uniforme à savoir du bleu foncé, du rouge et de l’argent. Ce rapprochement avec la Maison du Roi n’est pas fortuit puisque un détachement de Gardes Françaises servit d’instructeur.

La reconnaissance de l’indépendance des Provinces Unies (1648) puis la cession des Pays-Bas espagnols à l’Autriche en 1714 ne changea rien, des wallons continuèrent à servir dans l’armée espagnole aux côtés de contingents étrangers venant de Suisse, d’Irlande et d’Italie.

Le recrutement n’était cependant pas facile, les autorités autrichiennes ne faisant rien pour l’encourager. L’encadrement était certes espagnol mais nombre de ces espagnols avaient des ancêtres wallons.

Cette unité participa ainsi au siège de Gibraltar entre 1779 et 1783 et devant le manque de recrues venant de Wallonie, on hésita pas à y intégrer des irlandais et des allemands.

Jusqu’à l’annexion de la région par la France, la Wallonie réussit à fournir 400 à 500 recrues par an via un bureau de recrutement installé à Liège. En 1791 et 1792, les trois régiments de ligne wallons (Brabante, Flandres Bruselas) sont dissous et les hommes répartis dans d’autres régiments.

En 1808, Charles IV et Ferdinand VII sont renversés par Napoléon qui place son frère Joseph sur le trône. Les wallons continuent de servir sous un nouveau roi mais d’autres sont toujours au service des Bourbons d’Espagne, quatre bataillons bientôt réduits à deux faute de recrues en nombre suffisant.

En 1814, Ferdinand VII remonte sur le trône. Une garde royale est reconstituée avec une unité de gardes wallons plus espagnole que belge. Le 1er juin 1818, les Gardes Wallons deviennent le 2ème régiment d’infanterie de la garde royale. En 1824, la levée d’une nouvelle garde royale 100% espagnole met fin à l’existence des gardes wallons.

L’Armée Belge des origines à la première guerre mondiale

A l’origine de l’armée belge figure une formation paramilitaire, la Garde Civique/Burgerwatch créée dans la foulée de la révolution belge pour maintenir l’ordre alors que l’armée du Royaume-Uni des Pays-Bas s’était replié, laissant un vide préjudiciable pour le maintien de l’ordre.

Cette force créée en 1830 va perdurer même après la création de l’armée belge puisqu’elle ne sera supprimée qu’en 1920.

Tout comme la garde nationale de notre révolution française, la garde civique est un regroupement de milices d’autodéfenses levées par les possédants pour protéger la propriété privée contre les émeutes qui n’avaient pas toujours une origine politique, ces moments de trouble attirant toujours des personnes peu intéressés par la politique.

C’est grosso modo une force de gendarmerie qui est dissoute en 1920 après des performances décevantes durant le premier conflit mondial face à l’invasion allemande.

La force est organisée au niveau local dans tous les communes de plus de 30000 habitants, les gardes étant recrutés dans la population masculine âgée de 21 à 50 ans ayant déjà satisfait à leurs obligations militaires. Les réservistes étaient également exemptés.

La Garde Civique était divisée en trois classes, la première regroupant les plus jeunes (21 à 32 ans) devant subir dix périodes d’entrainement annuelles, la deuxième classe (33-50 ans) avait pour simple obligation d’informer les autorités de leur adresse, la troisième classe était composée des volontaires les plus anciens, volontaires qui assuraient des tâches de soutien.

En temps de paix, la Garde Civique dépendait du ministère de l’Intérieur, passant sous l’autorité du ministère de la Guerre en cas de conflit. Elle ne doit pas être confondue avec la Rijkswacht, la gendarmerie belge qui était une partie de l’armée.

La Garde Civique est essentiellement composée de fantassins mais on trouve également quelques unités montées et quelques unités d’artillerie.

Quand le premier conflit mondial éclate en août 1914, la Garde Civique dispose de trente-trois compagnies de chasseurs à pied, dix-sept batteries d’artillerie, quatre escadrons de chasseurs-à-cheval et trois compagnies de sapeurs-pompiers. La majorité des unités était stationnée à Bruxelles, à Anvers, à Ghent et à Liège.

Les Gardes notamment le premier échelon (40700 hommes) disposaient d’un uniforme bleu foncé ou vert.

La Burgerwacht/Garde Civique est entièrement mobilisée le 4 août 1914 suite à l’invasion allemande du territoire belge. Elle doit pas combattre en première ligne mais sécuriser les routes, défendre les ponts, les installations stratégiques, l’escorte des prisonniers et le maintien de l’ordre à l’arrière du front.

Ces hommes étaient vus comme des franc-tireurs par les autorités allemandes ce qui les privaient de toute protection en cas de capture. Suite aux multiples atrocités commises par les allemands, le roi Albert 1er ordonne la dissolution de la Garde, les gardes les plus jeunes intégrant l’armée. Cette dissolution de facto le sera de jure en 1920.

La Garde Civique ne pouvait pas décemment assurer la défense du pays. C’était une force de gendarmerie, de police armée, incapable de combattre en terrain ouvert. Une armée belge est donc mise en place dans la foulée, une armée s’appuyant sur la conscription et non le volontariat.

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« L’armée belge »

Attention néanmoins à ne pas faire de méprise. La conscription n’est pas universelle, à peine un quart du contingent est effectivement appelé chaque année _essentiellement pour des raisons financières_ et le remplacement était autorisé.

Cette armée est une armée exclusivement défensive. Aucun plan de manœuvre n’est ainsi dessiné, les forces d’actives s’installant dans des fortifications destinées à empêcher une invasion venue du Nord (Pays-Bas), de l’Est (Allemagne) voir même du Sud (France). Les réservistes doivent en cas de mobilisation rejoindre des dépôts puis renforcer l’armée d’active.

En théorie, l’armée du temps de paix devait aligner 20000 hommes mais ce chiffre n’était pour ainsi dire jamais atteint.

A l’été 1870 éclata la guerre franco-allemande. Pour éviter que le territoire belge serve de champ de bataille, le roi Léopold II en dépit de son ascendance allemande par son père et française par sa mère refusa de prendre partie et ordonna la mobilisation générale pour sanctuariser le territoire du royaume. Cette mobilisation montra un grand nombre de lacunes et de faiblesses qu’il convenait de promptement corriger.

Selon la loi du 16 août 1873, l’armée belge devait mettre en œuvre dix-neuf régiments d’infanterie répartis entre quatorze régiments d’infanterie de ligne (trois bataillons d’active, un bataillon inactif et une compagnie dans chaque dépôt régimentaire), trois régiments de Jäger (même organisation que les régiments de ligne), un régiment de grenadier (même organisation que les régiments de ligne), un régiment de carabiniers à quatre bataillons actifs, un bataillon inactif et une compagnie de dépôt sans oublier un corps disciplinaire et une école d’enfants de troupes.

La cavalerie devait disposer quatre régiments de lanciers, deux régiments de guide et deux régiments de chasseurs à cheval.

L’artillerie elle devait disposer de quatre régiments d’artillerie à dix batteries chacun, trois régiments d’artillerie de forteresse à seize batteries chacune, une compagnie de pontonniers, une compagnie d’artificiers et deux compagnies d’ouvriers d’artillerie. On trouve également des unités du génie et de soutien.

Depuis 1839 et le traité des XXIV articles, la Belgique était un état neutre, son statut de neutralité garantit par les grandes puissances notamment la Grande-Bretagne qui au titre du sacro saint équilibre des puissances sur le continent européen refusait qu’une puissance majeure n’occupe le port d’Anvers.

Anvers 5

La place d’Anvers passait pour la plus redoutable place fortifiée d’Europe. Ce plan ne peut que nous conforter dans cette image même si [SPOILERS] les allemands finiront par s’en emparer à l’automne 1914 [SPOILERS]

Jusqu’en 1904 c’était la France qui était principalement visée («Le problème des anglais c’est qu’ils ne savent pas que Napoléon est mort» [Paul Cambon]) mais après l’Entente Cordiale, Londres craignait surtout l’Allemagne, puissance militaire, commerciale et même navale.

Cela n’empêcha pas l’armée belge à participer à des conflits. Si le bataillon franco-belge de tirailleurs fût envoyé dans les Etats Pontificaux pour combattre contre les partisans du risorgimento (cette unité créée en 1860 devient en 1861 les zouaves pontificaux [«Faire combattre les défenseurs du Pape en tenue de mahométan c’est bien une idée de français» dirons certains haut-dignitaires pontifaux]) le Corps Expéditionnaire Belge allait combattre au Mexique pour défendre le trône de l’empereur Maximilen et de l’impératrice Charlotte.

Ces unités n’étaient pas des unités de l’armée régulière belge mais des volontaires qui s’engageaient à titre individuel.

C’était également le cas au Congo-Belge jusqu’en 1908, date de son annexion par la Belgique était une possession personnelle du roi Léopold II. Sa défense était assurée par des mercenaires recrutés par le roi des belges en Personnes.

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Défilé d’un élément de la Force Publique

En 1909, ce système est remplacé par la Force Publique, une force à mi-chemin entre une armée et une gendarmerie. Si des officiers étrangers restent un temps en place, très vite des officiers de l’armée régulière belge prennent le relais.

A la fin du 19ème siècle, l’armée belge dispose encore d’un mode de recrutement archaïque avec un système de conscription fonctionnant par tirage au sort avec possibilité de payer un remplacement.

Ceux qui sont choisis ont la chance si on peut dire de passer huit ans sous les drapeaux suivis de cinq ans dans la réserve.

Ce système à été abandonné dans toute l’Europe tant il était inefficace, injuste et surtout apatriotique.

La Belgique va le conserver jusqu’en 1909, Léopold II signant le décret rendant le service militaire plus universel peu avant sa mort.

En 1913, le service militaire belge deviendra vraiment universel, portant l’armée du temps de paix à 33000 hommes, la mobilisation générale devant porter les effectifs à 120500 hommes.

En 1904, un petit détachement belge arrive à Pékin pour protéger la légation de Belgique établie dans la capitale d’un empire chinois agonisant.

Les réformes de 1909 et 1913 permettent la constitution théorique de sept divisions dont une de cavalerie sans oublier de l’artillerie et des troupes de forteresse.

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Les célèbres affûts de mitrailleuse remorqués par des chiens, une particularité de l’armée belge

L’équipement est cependant obsolète et mal adapté qu’il s’agisse de l’uniforme ou des mitrailleuses tractées par des chiens…… . L’entrainement laisse à désirer tout comme la discipline.

Néanmoins le corps des officiers belge est connu pour son professionnalisme, les officiers belges étant formés à l’Académie Royale Militaire créée en 1834 avant de passer par une école d’application pour se spécialiser dans une arme en particulier (infanterie, cavalerie, artillerie,génie). En 1868, une Ecole de Guerre est créé pour préparer les officiers les plus prometteurs au travail d’état-major.

Comme de nombreux pays, le premier conflit mondial va surprendre l’armée belge en pleine expansion et pleine réorganisation.

Dominions (71) Australie (15)

ROYAL AUSTRALIAN ARMY (ARMEE DE TERRE)

Une histoire militaire de l’Australie

Australie 8

Les origines

L’armée de terre australienne voit le jour le 1er mars 1901 lors de la création du Department of Defense, deux mois après la création du Commonwealth of Australia, le deuxième dominion après le Canada (six ans avant la Nouvelle-Zélande et neuf ans avant l’Afrique du Sud).

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URSS (67) Armée de Terre (15)

Fusils

Mosin-Nagant M-1891 et dérivés

Fusil Mosin-Nagant 13

En 1877/78, les russes et les ottomans s’affrontent au cours d’un nouveau conflit. Durant ce conflit, les troupes russes encore armés de vieux fusils Berdan souffrent terriblement des troupes ottomanes qui étaient elles armées de fusils à répétition Winchester.

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URSS (54) Armée de Terre (2)

Une histoire militaire de la Russie

Les origines

Même si le sujet concerne la RKKA (Rabochny Kres’ynaskaya Krasnaya Armiya), l’Armée Rouge des Ouvriers et des Paysans impossible si on veut être rigoureux de passer sous silence l’histoire militaire de la Russie.

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Italie (53) Regio Esercito (3)

95 ans d’histoire ! De l’unité italienne au renversement de la monarchie, une histoire du Regio Esercito

Avant-propos

L’armée royale italienne (Regio Esercito Italiano) voit le jour le 4 mai 1861 peu après la proclamation du royaume d’Italie.

Regio Esercito uniforme modèle 1861 8.jpg

Soldat italien portant l’uniforme modèle 1861

Cette armée dominée par les piémontais ne tarde pas à être engagée au combat d’abord dans des opérations de lutte contre le banditisme dans feu le royaume des Deux Siciles puis dans ce qu’on appelle la troisième guerre d’indépendance, une guerre au goût très amer.

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Etats Unis (126) Armée de terre (16)

Divisions de cavalerie

Avant-propos

En septembre 1939, la Regular Army dispose sur le papier de trois divisions de cavalerie.

Je dis bien sur le papier car dans les faits, seule la 1st Cavalry est pleinement opérationnelle avec ses effectifs et ses moyens quasiment au complet, les deux autres étant des unités «fantômes» (2nd et 3rd Cavalry).

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22-Armée de terre : armement et matériel (64)

Harnachement de la cavalerie

En métropole

Le harnachement de la cavalerie métropolitaine équipe les montures des régiments non motorisés de cuirassiers, dragons, chasseurs à cheval et hussards, ainsi que les escadrons à cheval des GRDI et des GRCA.

-On trouve une selle modèle 1874 modifié, une garniture de tête modèle 1874, un mors de bride modèle 1908. On trouve des couverture de cheval pour protéger le noble destrier de la selle, on trouve également des sacoches installées de part et d’autre de la selle.

-En septembre 1939, il existe trois modèles de monosacs en service. Tous sont munis de bretelles qui permettent au cavalier de le porter comme un havresac d’infanterie pour le combat à pied. En tenue de campagne à cheval, il est fixé sur la courroie de panneau amovible à l’arrière de la selle, à la place qu’occupait la poche à fer.

On trouve un modèle 1925 en toile cachou renforcé de cuir fauve, un modèle 1930 confectionné en deux épaisseurs de toile entrecollées le rendant le plus profond que son prédécesseur, un modèle 1916 transformé en modèle 1930 et un monosac modèle 1930/34.

-Les colliers à cartouches servent à transporter un supplément de munitions et se bouclent normalement sur l’encolure du cheval. Ils peuvent être portés en bandoulière par le cavalier pour le combat à pied.

On trouve un modèle 1916 qui dispose de 18 alvéoles en toile écrue pour contenir deux chargeurs de trois coups pour mousqueton Berthier, un modèle 1918 adapté aux chargeurs de cinq coups de mousqueton ce qui réduit le nombre d’alvéoles à neuf qui peuvent contenir les chargeurs du MAS 36 et un modèle 1929 adapté au FM modèle 1924/29 qui peut contenir quinze cartouches de 7.5mm modèle 29C dans six grandes pochettes en cuir.

-En ce qui concerne l’armement, pour le protéger on trouve un étui pour mousqueton, un étui pour fusil MAS 36, une botte pour fusil mitrailleur modèle 1924 et un fourreau en cuir pour le sabre modèle 1822 devenu l’arme blanche standard de la cavalerie le 14 août 1937.

-Pour les soins de la monture, on trouve des éperons à la chevalière avec bride et sous-pieds modèle 1900, une musette-mangeoire, le surfaix pour fixer la couverture sur le cheval en absence de celle, une musette de pansage et une sacoche de maréchal-ferrant pour les soins.

 

En campagne, le cavalier métropolitain embarque le paquetage suivant :

-Autour de l’encolure : longe et collier à cartouches

-Sur le devant des sacoches : toile de tente roulée

-Sur la sacoche droite : un outil fixé par les courroies de sacoches prises dans les passants de l’étui et un seau en toile pour deux hommes

-Sur la sacoche gauche : pelle-pioche fixées par les courroies de sacoche, la courroie inférieure passant dans l’oeil de l’outil placé pointe en bas. On peut également y trouver la lanterne pliante

-Dans la sacoche gauche, on trouve deux kilogrammes d’avoine dans une musette-mangeoire, le surfaix, le bouchon et l’éponge

-Le monosac gauche : gamelle, repas froid, cuiller, fourchette, un jour de vivres de réserve et deux rations de chocolat, bonnet de police et étui-musette modèle 1861

-Le monosac droit : brosse, serviette et effets de toilette, sac à distribution vide, corde à fourrage et trousse garnie

-A l’anneau de selle : (côté opposé au sabre si le sabre est porté à l’anneau) : cisaille renforcée suspendue par son boucleteau

-Sur le troussequin (partie arrière de la selle) : le manteau roulé à la longueur de 1,10m afin d’affleurer les monosacs. En hiver, le couvre-pieds est placé sous le manteau.

-Le sabre est porté à gauche comme dans la cavalerie d’Afrique mais certains corps de cavalerie continuent de porter le sabre à droite.

-Les sous-officiers, les trompettes et les autres cavaliers portant déjà quelque chose dans le dos portent le mousqueton dans l’étui modèle 1913 suspendu à l’anneau gauche de la selle. Le tireur FM peut emporter son arme dans une botte spécifique installée à gauche ou à droite.

-Dans le but d’allègement, une partie des effets du cavalier est placée dans le «colis individuel» transporté sur la voiture.

Ce colis prend place dans un étui-musette modèle 1861 et embarque un mouchoir, une cravate, une chemise, un caleçon, une serviette, une paire de chaussettes, une paire de chaussures de réserve, une étrille et une brosse à cheval.

Les sous-officiers emportent en plus les ciseaux de pansage. Les détenteurs du bourgeron et du pantalon de treillis fixent ces deux effets à l’extérieur de l’étui-musette.

-Pour le combat à pied, les cavaliers emportent le monosac à sac gauche sur le dos tout comme le collier à cartouches qui est réglementairement porté à la ceinture, par-dessus les cartouchières, la courroie fixant le collier à la salle étant en bandoulière sur l’épaule droite. En pratique, il est porté en sautoir.

Si le manteau est emporté, il doit être fixé en arrière du chapelet, posé sur la partie supérieure des bretelles.

Les cavaliers de l’escouade FM qui portent les havresac porte-munitions ne peuvent emporter le monosac et en transfèrent donc le contenu dans un étui-musette porté en sautoir.

Les spahis

L’harnachement des spahis comprend un arçon muni de sa garniture et de divers accessoires. La couverture de cheval est remplacée par un tapis de selle en feutre. L’arçon en bois recouvert de peau parcheminée repose sur le tapis et est fixé au cheval à l’aide d’une sangle particulière munie d’une passe dans laquelle s’engage le surfaix lui aussi spécifique. Un poitrail évite le recul de l’arço. Ce dernier est ensuite muni d’une chemise qui le recouvre entièrement. Il existe en trois tailles d’arçon.

L’avant de l’arçon se nomme karbous et la palette gueddah. La poche à fers est spécifique aux spahis, une poche se trouvant à droite et une poche à gauche. Le poitrail est en cuir quadrillé rouge et au niveau du karbous est fixée la courroie à boucle du porte-sabre et à l’arrière de la gueddah se trouve trois dés pour dixer le paquetage.

Le tapis de feutre se compose de deux épaisseurs de feutre, deux blanches et quatre bleues. Sur le dessus sont cousus des renforts en filali rouge ou en chèvre façon filali. Les feuilles de feutre sont réunies par une seule couture centrale. Une lanière permet de fixer le tapis au karbous.

Les étriers sont en acier doux et leur semelle est percée de onze trous dont deux carrés, le dessus et le dessous de la semelle sont vernis en noir ainsi que l’intérieur des bords relevés. Les étrivières possèdent dix trous au lieu de huit pour la cavalerie métropolitaine ainsi qu’un passant en cuir cousu vers la boucle.

La besace se compose de deux poches en toile à voile cachou réunies par une pièce centrale percée d’une fente permettant de l’enfiler sur la gueddah. Chaque poche ferme par deux sanglons en cuir.

L’arrière et les côtés des poches sont renforcés de cuir, la poche de droite recèle un étui en cuir pour pétard de mélinite.

En campagne, les spahis embarquent le paquetage suivant :

-Autour de l’encolure : longe et collier à cartouches

-Sur la selle, arrimés au karbous, on trouve à gauche le sabre dans sa gaine, le bidon et le quart et à droite, la musette en cuir contenant la chaine d’attache, l’entrave, le piquet de cavalerie et un mors de bridon. Usuellement, le mousqueton est porté au côté droit du karbous, la crosse vers l’avant alors que réglementairement, le mousqueton est porté dans le dos.

-Sur le siège, en période froide, se place le couvre-pieds maintenu par le surfaix

-Dans les besaces, on trouve à droite trois kg d’avoine dans la musette-mangeoire, une serviette, les effets de toilette, la trousse garnie, une brosse (un jeu complet pour trois hommes), un bouchon, l’éponge et la corde à fourrage alors qu’à gauche, on trouve contenus dans deux étuis-musette modèle 1861, la gamelle avec repas froid, la cuillère, la fourchette, un jour de vivres de réserve, deux rations de chocolat, la chéchia, une chèche (pour les cavaliers français uniquement) et le pétard (les détonateurs sont aux mains des sous-officiers).

-Sur les besaces, on trouve à droite un outil et le seau en toile et à gauche la pelle-pioche et le cas échéant la lanterne pliante.

-Dans les poches à fer, on trouve une demi-ferrure, des clous, des crampons et une clef à crampons

-Derrière la gueddah, le manteau et la toile de tente renfermant les piquets roulés en deux ballots séparés, le manteau en dessous et la toile de tente au dessus. Eventuellement, la cisaille renforcée pour les cavaliers qui en sont porteurs.

L’équipement des spahis est différent de la cavalerie métropolitaine car inspiré de celui utilisé par les troupes sahariennes notamment le baudrier porte-cartouches et le ceinturon porte-cartouches. A noter que parfois, les spahis mêlent des attributs propres à leur arme et des équipements standards.

Pour le combat à pied, les spahis prennent sur eux les deux étuis-musette contenant les vivres, les munitions et les effets de la besace gauche. Ces étuis sont placés en sautoir l’un à droite et l’autre à gauche. Le bidon se porte sur la hanche gauche. Les hommes munis du sac à chargeurs n’emportent qu’un étui-musette contenant les vivres. Les colliers à cartouches font l’objet des mêmes mesures que dans la cavalerie métropolitaine.

Harnachement et paquetage des officiers montés (toutes armes)

La selle utilisée est une selle modèle 1884 différente du modèle 1874 et de finition plus soignée que celle destinée à la troupe.

En campagne, les officiers de cavalerie doivent emporter le paquetage suivant :

-Sur le cheval, on trouve une selle complète, une bride avec licol et longe de corde, une couverture de cheval, une longe poitrail, un étui porte-avoine, une musette mangeoire, un surfaix, un sabre dans un fourreau avec gaine, un sac de campagne, un bonnet police, un manteau roulé comme celui de la troupe qui peut être protégé facultativement dans un étui en toile kaki ou en drap de la couleur du manteau, cartouches du revolver ou du pistolet, repas froid, vivre de réserve et éventuellement, chaussures de repos, linge de rechange et trousse de toilette.

-Sur le cheval de main, on trouve une selle complète, un bridon, un licol et une longe, une couverture de cheval, une musette mangeoire, un surfaix, deux demi-ferrures, clous et crampons, un seau en toile, une toile de tente et éventuellement, chaussures de repos, linge de rechange et trousse de toile.