Le Conflit (2) Norvège (2)

TOME 13 VOLUME 1 : FEU SUR LA NORVEGE !

En guise d’avant-propos une explication méthodologique

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce plan Z

Pourquoi commencer un conflit en 1948 ? Avec le recul je me dis que c’était un poil trop tardif mais si j’ai choisit cette date c’est parce que j’ai toujours été fasciné par le fameux Plan Z, le plan d’expansion de la Kriegsmarine, un plan gigantesque voir irréaliste, un plan qui devait s’achever en 1948.

Georg Elser. L’auteur de l’attentat qui à coûté la vie à Hitler bouleversant l’histoire comme jamais

Pour «affaiblir» l’Allemagne je fais tuer Hitler en novembre 1939 (un attentat qui historiquement à échoué) puis je met en place un triumvirat Himmler/Borman/Goering en sachant que cela ne peut durer.

Après la mort de l’ancien Kaiser rappelé comme marionnette en 1941 c’est son fils le Kronprinz qui est renversé en 1943 ce qui entraine une guerre civile jusqu’en 1945, guerre civile qui aboutit à la mort de Borman et de Goering, laissant le duo Himmler/Heydrich qui relance le réarmement de l’Allemagne qui à continué depuis 1939 mais à été perturbé par des rivalités, des rancœurs et par une organisation anarchique, organisation anarchique qu’à tenté de simplifier Albert Speer mais avec des résultats décevants par rapports aux efforts du ReichKommissar.

La guerre n’est qu’une question de temps. Reste à savoir quand peut-elle éclater ? J’ai décidé de maintenir 1948 et l’automne comme un début en miroir du second conflit mondial «officiel».

Il fallait décider l’endroit où la deuxième conflagration mondiale allait débuter. Je pouvais exclure la Méditerranée puisqu’il faudrait imaginer une Italie prennant l’initiative des hostilités. Le front occidental ? Cela me paraissait peu subtil, frapper du fort au fort.

En revanche choisir une solution périphérique me semblait plus intéressante. Comme les Balkans ne me semblait pas utile pour une stratégie allemande globale du moins pas immédiatement il restait la Scandinavie et plus précisément la Norvège pour obtenir une fenêtre sur le large et surtout rendre inexpugnable la Baltique aux marines françaises et britanniques, en faire un sanctuaire allemande même si la RKKF, la marine soviétique était nettement plus forte qu’historiquement.

Pour ce qui est du sort de la Campagne de Norvège (1948) (NdA c’est le nom officiel inscrit notamment sur les drapeaux des régiments et des divisions engagées) il me semblait peu ou pas crédible que les alliés triomphent à la fois pour des raisons logistiques mais aussi parce que si l’Allemagne peut engager des moyens très importants la France et la Grande-Bretagne ne peuvent se permettre au moins politiquement de dégarnir le front occidental, le lieu de la potentielle/possible/probable bataille décisive.

Il était donc écrit que la Norvège allait succomber mais après de rudes combats. Restait à savoir si comme historiquement le pays des fjords allait rester à l’écart des grandes offensives où si il allait jouer un rôle important.

Après avoir un peu hésité j’ai choisit de réaliser une opération stratégique, une opération baptisée BOREALIS exécutée en octobre 1953 à une époque où le sort final de la guerre ne fait guère de doutes au moins en Europe.

Cela ne veut pas dire qu’entre-temps les alliés se sont tournés les pouces en mer du Nord. Bien au contraire ils ont maintenu les allemands sous pression avec des bombardements aériens et navals, une campagne sous-marine et des raids commandos avec le soutien d’une résistance bien structurée. Cela à non seulement usé le dispositif allemand mais surtout à obligé Berlin à maintenir des forces très importantes qui vont faire défaut ailleurs.

Voilà le cadre général dans lequel les opérations du Théâtre de Scandinavie vont se dérouler.

Pologne et Pays Neutres (96) Pologne (8)

Histoire de l’armée de terre polonaise

NdA : Bien que l’armée de terre polonaise à existé avant 1918 j’ai décidé de façon totalement arbitraire de commencer son histoire avec celle de l’Armée Bleue créée en France pendant le premier conflit mondial.

Des origines au cataclysme de l’automne 1939

Blekitna Armia

Prise d’armes de l’Armée Bleues

L’Armée Bleue créée en France sous l’impulsion du général Haller est aussi appelée Armée polonaise en France (Armia Polska rwe Francji) ou encore Armée Haller du nom de son commandant. Sa création est tardive puisqu’elle ne remonte qu’au 4 juin 1917.

Pourquoi une date aussi tardive ? Tout simplement pour ne pas froisser les russes et Nicolas II. Ce dernier ayant été renversé la France s’estime plus libre d’agir en faveur de la cause polonaise.

Cette arme c’est d’abord une brigade et un régiment (le 1er régiment de chasseurs) puis à partir de janvier 1918 deux divisions formées de polonais de France, d’américains d’origine polonaise et des rescapés des légions polonaises ayant combattu aux côtés des austro-hongrois ainsi que ceux d’un 2ème CA polonais sous commandement……russe.

Les deux divisions polonaises vont participer aux derniers combats du premier conflit mondial puis après avoir intégré l’armée de la République de Pologne à la guerre soviéto-polonaise de 1919 à 1921 et la guerre polono-ukrainienne de 1918/1919.

A son apogée l’armée bleue représente environ 68500 hommes. La mise en place à été longue comme nous l’avons vu avec d’abord 20000 hommes entrainés au Canada mais payés par la France, cette situation étant vue par les Etats-Unis comme une menace pour leur neutralité.

Après l’entrée en guerre des Etats-Unis, 24000 américains d’origine polonais vont rallier l’armée du général Haller tout comme 25000 polonais enrôlés de force dans les Empires Centraux.

Cette armée va être organisée en un 1er Corps polonais (1ère et 2ème divisions de fusiliers, 1er régiment d’artillerie lourde), un 2ème Corps polonais (4ème et 5ème divisions de fusiliers, 2ème régiment d’artillerie lourde), un 3ème Corps polonais (3ème et 6ème divisions de fusiliers 3ème régiment d’artillerie lourde) plus des unités indépendantes (7ème division de fusiliers, 1er régiment de chars et Division d’entrainement)

Légion des Bayonnais

Photo de votre serviteur (c’est pas si courant ^^) d’une plaque commémorant le souvenir des volontaires polonais venus de Bayonne

Sous ce vocable figure une petite unité de polonais se portant volontaire pour combattre sous le drapeau français et par leur action convaincre les alliés de faire renaitre une véritable Pologne libre et indépendante.

Pour des raisons politiques il est impossible de créer une unité de recrutement polonais au sein de l’armée française, Saint-Pétersbourg ne pouvant l’accepter.

Voilà pourquoi les volontaires polonais sont dispersés entre les 2ème et 3ème Régiments de Marche de la Légion Etrangère, des unités qui vont se couvrir de gloire avant de former le non moins mythique Régiment de Marche de la Légion Etrangère (RMLE), l’une des unités les plus décorées de l’armée française. Les survivants de cette unité finiront la guerre au sein de l’Armée Bleue.

Les légions polonaises durant le premier conflit mondial

Le déclenchement du premier conflit mondial suscite un immense espoir chez les polonais qui espèrent aboutir au retour d’une Pologne indépendante. Pour cela ils sont prêts à combattre dans les différentes armées pour obtenir une récompense politique.

C’est l’Autriche-Hongrie qui met sur pied une première légion polonaise au sein de la Landwehr (armée territoriale) les 4 et 5 septembre 1914. Elle intègre les 4000 volontaires rassemblés à Kielce par un certain Jozef Pilsduski.

Parallèlement une organisation clandestine est mise sur pied en Pologne sous domination russe, la Polska Organizacja Wojskowa (POW) en française organisation clandestine de lutte. On trouve également la Légion des Bayonnais (voir ci-dessus) et la Légion de Pulawy en Russie.

Ces unités ne rassemblent qu’une infime partie des polonais mobilisés dans les différentes armées engagées dans le conflit.

A l’automne 1914 la légion polonaise de l’armée hongroise compte deux régiments soit environ 5000 hommes. Ils s’illustrent dans les Carpathes, à la bataille de Krywoploty (17/18 novembre 1914), à Lowczowek (22 au 25 décembre 1914), à Rafaylowa (23/24 janvier 1915).

En mars 1915 les austro-hongrois échouent en Galice, les légions polonaises sont en partie disloquée. Dans l’ensemble les unités polonaises sont motivées mais se montrent parfois indisciplinées.

Après la retraite russe la Pologne est occupée par les Empires Centraux, la légion polonaise comprennant trois brigades de 5000 hommes chacune.

En juin 1916 les trois brigades forment un corps unique de 25000 hommes. Lors de la bataille de Kostiuchnowka en Volhynie, 5000 légionnaies au prix de lourdes pertes (40%) stoppent 13000 russes permettant à l’armée de la Double-Monarchie de s’échapper.

Le 14 janvier 1917 le Conseil d’Etat du royaume de Pologne sous protectorat des Empires Centraux ordonne la création d’une armée polonaise qui rassemble péniblement 1500 volontaires.

La chute de Nicolas II pousse les polonais à changer de position. A la même époque l’Armée Bleue est créée.

Le 9 juillet 1917 c’est la Crise du Serment. Les polonais et Pilsduski en tête refusent de préter serment de fidélité à Guillaume II. Sur les 9000 hommes, 5200 refusent de préter serment au Kaiser.

Sur les 8000 venus de Galicie austro-hongroise, 3000 refusent, 5000 restant au sein du corps auxiliaire polonais (Polnisches Hilfskorps). Pilsdduski est arrêté le 22 juillet 1917, les légionnaires réfractaires sont internés ou dispersés sur d’autres fronts.

Les légionnaires polonaises continuent de combattre en 1917/1918, certains parviennent à rallier Mourmansk pour gagner la France, d’autres rejoignant les Blancs pour combattre les Rouges.

La guerre polono-soviétique (1919-1921)

Infanterie polonaise en 1920

Ce conflit commence en février 1919 par une série d’escarmouches de faible ampleur. Les polonais lancent une offensive majeure en mars 1919, franchissant le Niémen, s’emparant de Pinsk et de Lida. Les bolcheviks capturent un temps Grodno et Vilnius mais sont repoussés par une contre-offensive polonaise. Les polonais reprennent Vilnius le 19 avril et continuent leur avancée, les polonais dominant jusqu’au début de l’année 1920, les bolcheviks étant davantage préoccupés par les Blancs.

En janvier 1920 l’Armée Rouge (RKKA) mobilise 700000 hommes près de la Berezina et de la Biélorussie, les effectifs passant rapidement à quasiment 800000 hommes (402000 hommes sur le front ouest, 355000 sur front sud-ouest et en Galicie soit 757000 hommes). De leur côté les polonais sont 100000 en 1918, 500000 en 1920 et 737000 hommes au 20 août 1920.

Les effectifs sont équivalents mais les polonais sont moins bien équipés, l’organisation logistique est assez mauvaise mais le renseignement militaire polonais est très bon, étant capable de lire par dessus l’épaule des commandants soviétiques ce qui relativise le «Miracle sur la Vistule».

Jusqu’en avril 1920, les polonais avancent lentement et surement vers l’est. La ville de Daugavpils est prise puis remise aux lettons.

Le 24 avril 1920 les polonais lancent une offensive de grande ampleur, l’opération KIEV. La capitale ukrainienne et accessoirement berceau de la nation russe tombe le 7 mai 1920.

La 3ème Armée polonaise doit cependant se replier car plus au nord la 1ère Armée doit battre en retraite après avoir été battue par la 15ème Armée soviétique. A la fin du mois le front se stabilise sur la rivière Arsuta.

Le 24 mai les polono-ukrainiens affrontent la Konarmia, le front est percé le 5 juin, la retraite générale étant ordonnée le 10 juin, Kiev étant évacuée trois jours plus tard.

Les polonais retraitent en bon ordre, le front polonais s’étendant sur 320km mais ce front est défendu par 120000 hommes et 460 canons sans réserve stratégique. En face le front nord-ouest du général Toukhatchevski engage 108000 hommes, 11000 cavaliers, 2913 mitrailleuses et 722 canons.

Les soviétiques attaquent le 4 juillet 1920 sur l’axe Smolensk-Brest-Litovsk, franchissant l’Arsuta et la Berezina, engageant le 3ème corps de cavalerie, les 3ème, 4ème et 15ème armée plus le groupe Mozyrska.

Après trois jours de combat la supériorité soviétique fait la différence, le commandement polonais ordonnant la retraite générale le 7 juillet. Vilnius tombe le 14 juillet suivit par Brodno et Zamosc. Grodno est prise le 19 juillet, Brest-Litovsk le 1er août.

Après un arrêt sur le Boug pendant une semaine, la Narew est franchie le 2 août, les forces soviétiques se trouvant alors à 90km de Varsovie. De son côté le front sud-ouest assiège Lwow, cinq armées s’approchant de Varsovie.

Les chefs bolcheviks exhultent persuadés qu’après Varsovie, la route de Berlin sera ouverte, que les proletaires allemands se révolteront entrainant la révolution mondiale tant espérée ! En réalité les chefs soviétiques se querellent ce qui va avoir de sévères conséquences sur la suite des événements.

De leur côté les polonais sont soutenus par une mission militaire française dirigée par le général Weygand (au sein de laquelle se trouve un capitaine De Gaulle appelé à un grand avenir) et par une mission militaire britannique dirigée par le général Adrian Carton de Wiart. La Hongrie envoie 30000 cavaliers et une importante aide matérielle en armes et en munitions.

La bataille décisive à lieu sur la Vistule mais comme je l’ai dit plus haut le fameux miracle n’est pas aussi miraculeux. 113000 polonais défont 114000 soviétiques dans la bataille de Varsovie (13 au 25 août 1920).

Au même moment les polonais l’emporte à Radzymin (13 au 16 août), bataille qui voit l’engagement de 17000 polonais contre 15000 bolcheviks.

Les polonais contre-attaquent le 14 août et deux jours plus tard le 16, Toukhatchevski ordonne la retraite vers le Boug, retraite qui ne tarde pas à tourner à la débacle.

Plus au sud les polonais défont la Konarmia lors de la Bataille de Brody (29 juillet au 2 août 1920) et le 17 c’est la bataille de Zadworze où une petite unité polonaise se sacrifie pour empêcher la prise de Lwow.

Le 29 août c’est la bataille de Zamosc et le 31 août la cavalerie de Boudienny doit lever le siège de Lwow pour tenter d’aider les troupes soviétiques retraitant depuis Varsovie.

Du 30 août au 2 septembre 1920, les polonais remportent la bataille de Komarow puis la bataille de la rivière Niemen (15 au 25 septembre 1920), bataille qui voit l’engagement de 96300 polonais contre 100000 soviétiques.

NdA ayant parlé de la guerre de Pologne plus haut j’effectue une très longue élipse dans l’histoire de l’armée de terre polonaise.

Mitteleuropa Balkans (167) Grèce (11)

La Grèce dans la première guerre mondiale

En bref

Chers lecteurs je confesse que j’ai du mal à aller vers l’essentiel et que je veux toujours en faire trop.

Voilà pourquoi je vais commencer par une partie qui synthétise les événements concernant la Grèce dans le première conflit mondial. Comme ça qui veulent aller à l’essentiel pourront lire cette partie et sauter les suivantes.

Quand la première guerre mondiale éclate, la Grèce choisit la voie de la neutralité. Elle est pourtant impliquée à son corps défendant les différents belligérants prenant leurs aises sur le territoire grec, l’Armée Navale qui attend la sortie de la marine austro-hongroise n’hésitant pas à mouiller sur des rades foraines grecques sans forcément que le gouvernement grec ait accepté.

Cela fragilise un peu plus une société grecque que l’on peut diviser entre Vieux et Nouveaux Grecs, les premiers issus des territoires acquis à l’indépendance ne considérant pas les seconds ayant intégré le royaume au 19ème et après les deux guerres balkaniques comme de vrais grecs ce qui comme je l’ai déjà dit met une claque au concept de la Grande Idée qui semble davantage destinée à satisfaire la soif de conquêtes, la soif de pouvoir et la soif de gloire d’une classe dirigeante dont la corruption n’est plus à prouver.

Constantin 1er

Ces fêlures deviennent des fractures au cours du conflit. Il faut dire que quand vous avez un roi (Constantin 1er), beau-frère de Guillaume II germanophile convaincu de la supériorité des Empires Centraux et un premier ministre Elefthérios Venizelos partisan de l’Entente forcément pour la gestion du pays dans une guerre mondiale.

Eleftherios Venizelos

A cela s’ajoute une querelle personnelle entre les deux hommes, le roi alors qu’il n’était que prince héritier considérant l’homme politique crétois comme le «mauvais génie» de son père et qui l’avait obligé à mettre cap sur Thessalonique plutôt que sur la Macédoine. Néanmoins je temporiserai en disant qu’en 1914 la rupture n’est pas encore consommée entre les deux hommes.

Le 3 octobre 1915 le premier ministre grec franchit le Rubicon en autorisant le débarquement à Thessalonique des troupes alliées évacuées des Dardanelles après l’échec de l’expédition du même nom. Constantin 1er le démet de ses fonctions marquant le début du Schisme National.

Le 16 septembre 1916 avec l’appui du général français Maurice Sarrail, Elefthérios Venizelos créé le Gouvernement de Défense Nationale marquant le début d’une guerre civile, le pays se trouvant divisé en trois avec au sud la partie contrôlée par le gouvernement, la Macédoine et l’Epire aux mains des venizelistes et au centre une partie neutre faisant tampon entre les deux régions car si les alliés ont intérêt à voir la Grèce les rejoindre ils n’ont aucun intérêt à favoriser une guerre civile.

Les alliés mettent la Grèce sous blocus pour faire pression sur le gouvernement royaliste (le 1er décembre 1916 un débarquement à Athènes s’était mal terminé pour les alliés) qui le 11 juin 1917 reçoit un ultimatum. Constantin 1er abdique, laissant à son fils cadet Alexandre le trône mais le jeune roi n’à aucun pouvoir.

Un nouveau gouvernement dirigé par Venizelos déclare la guerre aux Empires Centraux le 2 juillet 1917. Une nouvelle armée grecque est créée permettant à Athènes de bénéficier des traités de paix en récupérant nombre de territoires.

Elefthérios Venizelos

Avant de rentrer dans les détails (NdA promis je serais pas trop long), il me semble important de présenter rapidement le premier ministre de Constantin 1er.

Elefthérios Venizelos est né le 23 août (NdA calendrier grégorien) 1864 à Mounies sur l’île de Crète. Il devint avocat en 1887 et comme souvent à l’époque il est aussi journaliste et homme politique.

Il joue un rôle clé dans l’insurrection crétoise de 1886/87, devenant en 1889 député de l’Assemblée Générale crétoise qui vote l’enosis (rattachement) de la Crète à la Grèce. Faute de soutien des grandes puissances et aussi en raison de la défaite de 1897 contre les ottomans, la Grèce ne peut obtenir qu’une Crète autonome dirigée par un haut commissaire, le prince Georges.

Venizelos est ministre de la Justice de la Crète de 1898 à 1901 mais s’oppose au prince Georges au point de prendre la tête d’insurrection en 1905, insurrection qui aboutit au départ du Prince Georges.

En 1909 à lieu le coup de Goudi. Solicité par les putschistes pour prendre leur tête, il accepte mais uniquement après la convocation d’élections qui aboutissent à une victoire triomphale de son parti en octobre 1910.

Si les relations avec Georges 1er sont normales, celles avec son fils et successeur Constantin 1er vont vite se tendre en raison de rancœurs personnelles. Si d’abord le roi et son premier ministre parviennent à les mettre de côté, peu à peu les relations vont se tendre jusqu’à aboutir à la rupture.

Il devient ainsi premier ministre, poste qu’il va occuper du 18 octobre 1910 au 10 mars 1915 puis du 23 août au 7 octobre 1915 date à laquelle il est congédié par le roi Constantin 1er suite à un acte qui fleure la rébellion : l’accès à la ville de Thessalonique pour les troupes alliées évacuées des Dardanelles.

Il prend la tête d’un gouvernement rebelle et obtient le soutien des alliés qui par un blocus maritime, des menaces de bombardement sur Athènes et différentes pressions obtiennent l’abdication du roi et de son fils ainé, laissant le prince Alexandre devenir Alexandre 1er. Ai-je besoin de dire que ce roi était comme les derniers mérovingiens un roi sans pouvoir ?

Alexandre 1er

Après avoir mis sur pied son Gouvernement de Défense Nationale, Venizelos redevient premier ministre de la Grèce le 27 juin 1917, poste qu’il va occuper jusqu’au 18 novembre 1920, date de sa défaite aux élections, Elefthérios Venizelos subissant le même sort que Clemenceau en étant congédié par une classe politique ou des électeurs souhaitant passer à autre chose.

Es-ce la fin de la carrière politique du «Clemenceau grec» (NdA j’ignore si les deux hommes se sont rencontrés mais c’est probable notamment à la conférence de paix de Paris) ? Oui et non avec des exils et des retours ce qui traduisit parfaitement le chaos de la Grèce post-premier conflit mondial.

Il est ainsi rappelé après la Grande Catastrophe, la déroute de l’armée grecque face aux troupes de celui qui n’est pas encore Attatürk mais ne peut enrayer le chaos d’une république introuvable. Il est ainsi premier ministre du 24 janvier au 19 février 1924, du 4 juillet 1928 au 26 mai 1932, du 3 juin au 3 novembre 1932 et enfin du 16 novembre 1932 au 6 mars 1933.

Accusé de tendances dictatoriales, soupçonné fortement d’avoir piloté deux coups d’état ayant avorté, il choisit l’exil en France, la restauration de la monarchie rendant caduque tout espoir de se maintenir au pouvoir. Il ne souffre guère de l’exil puisqu’arrivé à Paris en mars 1935 il y meurt un mois plus tard. Le corps est ramené directement en Crète pour éviter tout problème d’ordre public à Athènes.

Sa trace est immense puisqu’il à participé à la structuration de la vie politique grecque en deux partis, un parti libéral et un parti conservateur, ce bipartisme explosant durant la seconde guerre mondiale avec l’émergence d’un parti centriste, d’un parti socialiste et d’un parti communiste.

Neutralité et engagement, Schisme National et Gouvernement de Défense Nationale

En 1914 la Grèce est un pays ruiné ou du moins très appauvri par les guerres balkaniques. De plus le pays est divisé politiquement avec une classe politique décrédibilisée et divisée.

L’année précédente en 1913, le roi Constantin 1er s’était rendu en Allemagne et en France dans l’espoir d’obtenir des crédits pour des travaux d’infrastructure mais sans succès, Berlin refusant de se mettre à dos son allié et partenaire ottoman alors que Paris à mal digéré les compliments vis à vis de l’armée allemande exprimés en public par le beau-frère du Kaiser.

Dès cette époque les objectifs de Constantin 1er et d’Eleftherios Venizelos commencent à diverger mais à l’époque nous sommes loin de toute rupture, les deux hommes travaillant pour asseoir la position de la Grèce dans une scène balkanique récemment bouleversée.

En dépit des pressions de son beau-frère (Constantin 1er à épousé la sœur de Guillaume II), en dépit de ses propres inclinaisons, le roi des héllènes décide de maintenir le pays neutre.

De son côté Venizelos est plus favorable à l’entente mais ne veut rentrer en guerre que si cela est profitable à la Grèce c’est-à-dire la réalisation de la Megali Idea (Grande Idée). De plus il soupçonne la famille royale d’être de connivence avec Guillaume II ce qui n’est pas le cas puisque l’empereur allemand avait menacé la Grèce d’être traitée comme une nation ennemie si jamais le pays choisissait la neutralité.

Les alliés tentent de convaincre les grecs de renoncer à des territoires récemment acquis pour attirer la Bulgarie de leur côté. Les négociations sont d’autant plus complexes que les alliés cherchent à attirer également l’Italie de leur côté. Impossible de satisfaire tout le monde.

Venizelos craint que déclarer la guerre à l’Empire ottoman n’entraine de terribles représailles aux populations hellénophones en Asie Mineure, l’exemple arménien en 1915 prouve que le crétois avait raison d’être prudent.

En Epire du Nord la situation est tendue, la majorité hellénophone qui y vit craignant de perdre un statut d’autonomie acquis en mai 1914 au sein d’un nouvel Etat albanais créé après les deux guerres balkaniques.

Athènes y envoie son armée le 27 octobre 1914 ce qui marque la fin de la République autonome de l’Epire mise en place le 17 mai 1914 dans le cadrre du protocole de Corfou.

Les alliés décident d’attendre la fin de la guerre pour régler la situation mais la Grèce fait comme si l’Epire du Nord avait fait son enosis avec la Grèce.

En mars 1916 l’union est proclamée officiellement. Si les alliés pouvaient fermer les yeux sur une union de facto en revanche de jure c’est impossible. Comme en plus les relations de l’Entente avec Athènes se sont dégradées, en septembre 1916 la France et l’Italie occupent la région.

En 1914 la Grèce soutien du bout des lèvres son alliée serbe pour ne surtout pas provoquer la Triplice.

Au moment du déclenchement de l’Expédition des Dardanelles en février 1915, Venizelos veut profiter de la situation pour attaquer l’empire ottoman. Constantin 1er et le chef d’état-major un certain Ioannis Metaxas veulent que la Grèce attaque seule pour s’emparer Constantinople.

Probablement parce qu’ils savaient parfaitement que jamais les alliés accepteraient une Grèce occupant Constantinople notamment les russes pour qui les détroits turcs constituent le dernier verrou pour accéder aux mers chaudes, obsession russe depuis Pierre le Grand.

L’échec allié (notamment l’attaque navale du 18 mars 1915) porte un coup très rude à Venizelos qui avait été remplacé huit jours plus tôt (10 mars 1915).

Le 13 juin 1915 les venizélistes remportent les élections législatives. Constantin 1er rappelle Venizelos qui redevient premier ministre le 23 août 1915. Constantin 1er refise de décreter la mobilisation générale après l’attaque de la Serbie par la Bulgarie.

Suite à la menace d’une démission de Venizelos et la risque d’une crise politique majeure, il ordonne une mobilisation générale mais à but défensif.

Le 3 octobre 1915, Venizelos ouvre la ville et le port de Thessalonique aux troupes alliées évacuées des Dardanelles officiellement pour aider la Serbie.

Constantin 1er qui déteste comme tout le monde être pris pour un imbécile le congédit. Cette fois la rupture est définitive entre le roi et le premier ministre.

L’Entente considère désormais le roi Constantin 1er comme un roi pro-allemand. Il est accusé d’avoir provoqué la chute de la Serbie en refusant d’entrer en guerre en 1914 ou 1915.

Les alliés ordonnent à Athènes de démobiliser son armée pendant que la loi martiale est proclamée à Thessalonique et qu’un blocus maritime partiel est mis en place pour faire plier le roi qui organise de nouvelles élections mais le scrutin est boycotté par les vénizélistes.

Le 1er janvier 1916 les alliés installent les serbes évacués à Corfou. Des troupes françaises arrivent le 12 janvier 1916. Les relations se tendent avec les alliés mais ces derniers ne veulent pas forcément rompre avec Constantin 1er.

Les alliés multiplient les pressions alors que le gouvernement grec cherche à mécontenter ni les alliés ni la Triplice mais es-ce encore possible alors que la guerre qui fait rage depuis bientôt deux ans ce qui à radicalisé les positions.

Les forces germano-bulgares occupent une partie de la Grèce. Constantin 1er refuse que ses troupes résistent ce qui ulcère nombre d’officiers qui se demandent à quoi cela à servit de lutter et de mourir trois ans plus tôt pour ne pas combattre.

A Athènes on assiste à des affrontements de rue entre monarchistes et venizélistes. Les alliés évacuent Venizélos sur la Crète pour le mettre à l’abri.

La marine marchande grecque subit un embargo le 29 mai, la famine menace sans compter une grave pénurie de charbon. On parle de projets d’enlèvements ou d’assassinats de Constantin 1er, projets imaginés par les services de renseignements français. Un incendie dans la forêt entourant le Palais de Tatoï est attribué aux français.

Le 29 mai 1916 Venizelos propose de créer un gouvernement provisoire. Il ménage encore le roi et la dynastie pour des raisons politiques et diplomatiques. Le président du conseil Aristide Briand refuse craignant de mécontement de Londres.

Le 2 août 1916 à lieu un coup d’Etat militaire à Thessalonique, coup d’état organisé avec l’aide du général Sarrail. La mise en place d’un comité de défense nationale très vite piloté par Venizélos marque le début du Schisme National.

Elefthérios Vénizélos débarque à Thessalonique en compagnie de l’amiral Pavlos Koundoririotis et du général Panagiotis Danglis. Le soutien des alliés reste tacite et officieux. Le blocus allié se renforce et une partie de la marine grecque est saisie.

Constantin 1er hésite entre opposition franche aux alliés et tentative timide de coopération. L’attitude des vénizélistes et de leur chef est aussi critiquée par les alliés.

Le 16 novembre 1916 les alliés exigent que les grecs livrent des armes mais le gouvernement royaliste refuse.

Le 23 novembre 1916, le vice-amiral Louis Dartige du Fournet, commandant des forces navales alliées en Méditerranée expulse les représentations diplomatiques des Empires Centraux. Un nouvel ultimatum est adressé le lendemain.

Les grecs refusent le 26 novembre et mettent Athènes en état de se défendre avec 20000 hommes, des soldats de l’armée régulière et des miliciens (epistratoi). En face les alliés pensent à un bluff.

Le 1er décembre 1916 1200 marins français, italiens et britanniques des compagnies de débarquement sont mis à terre mais les positions qui leur ont été assignées sont déjà occupées par les grecs. Après deux heures d’observation, les combats éclatent provoquant la mort de 194 marins du côté de l’Entente contre 82 pour les grecs.

Ce sont les Vêpres grecques. Après d’houleuses négociations, les alliés évacuent le lendemain. Les vénizélistes sont pourchassés, leurs habitations et leurs magazins sont saccagés, trente-cinq personnes étant tuées. L’amiral français est relevé de ses fonctions.

Le 2 décembre 1916 les alliés reconnaissent partiellement le gouvernement de Vénizelos qui déclare la guerre à l’Allemagne et la Bulgarie le 7 décembre. Déclaration symbolique car l’armée vénizéliste se limite à un bataillon de volontaires. De son côté le gouvernement grec émet un mandat d’arrêt contre Vénizélos qui subit l’anathème de l’archevêque-primat.

En 1917 le retrait russe oblige les alliés à chercher de nouvelles troupes et à part les grecs on ne trouve personne de disponible rapidement.

Le 10 juin 1917 le haut-commissaire Charles Jomart réclame l’abdication du roi et du diadoque trop germanophile au goût des alliés. Constantin 1er abdique au profit d’Alexandre 1er qui est un roi fainéant au sens qu’il n’à aucun pouvoir réel.

Le 21 juin 1917 Venizelos débarque au Pirée, le gouvernement loyaliste démissionne. Le 26 juin 1917, le gouvernement de Thessalonique s’installe à Athènes et devient le gouvernement grec légitime.

Vénizelos devient un quasi-dictacteur en mettant en place une politique autoritaire pour préparer le pays à entrer en guerre. Les alliés se retirent des bases occupées (comme le Pirée et Salamine), rendent les navires saisis et évacuent l’Epire qui est réoccupée par les grecs.

En août 1917 le gouvernement grec reçoit un prêt de 30 millions de francs-or pour lever une armée de douze divisions. L’équipement tarde à arriver ce qui provoque des tensions entre grecs et alliés.

Un nouveau prêt de 750 millions de francs-or est accordé en échange de la mise à disposition de 300000 hommes au profit du général Guillaumat qui à remplacé le général Sarrail. La mobilisation générale est ordonnée le 22 janvier 1918.

Les troupes héllènes sont vus d’abord avec suspicion et il faudra du temps pour que la confiance règne entre alliés et grecs. Les grecs remportent la bataille de Skra-di-Legen du 29 au 31 mai 1918 suivit d’une victoire greco-britannique lors de la troisième bataille de Dorian les 18 et 19 septembre 1918.

Le 29 septembre 1918 la Bulgarie signe l’armistice de Thessalonique avant d’être suivis par les autres pays que ce soit l’empire ottoman le 30 octobre, l’Autriche-Hongrie le 3 novembre et l’Allemagne le 11 novembre 1918.

Le conflit terminé la Grèce espère obtenir de fructueuses récompenses. Venizelos publie un mémoire où il montre qu’il est prêt à abandonner beaucoup pour obtenir l’Asie mineure. Une commission des affaires grecques dirigée par Jules Cambon est créée au sein de la Conférence de paix de Paris.

La Grèce obtient la Thrace orientale et l’Ionie au traité de Sèvres mais ces territoires seront perdus au cours de la Grande Catastrophe.

En 1923 la Grèce allait néanmoins récupérer la Thrace occidentale auprès de la Bulgarie qui perd ainsi un accès direct à la mer Ionienne. A noter que la Grande Catastrophe permet à l’Italie de ne pas appliquer un accord de 1919 qui prévoyait la rétrocession du Dodécanèse sauf Rhodes à la Grèce. L’Epire du Nord est rétrocédée à l’Albanie en 1923.

Benelux (73) Luxembourg (3)

Le Grand-Duché indépendant du Luxembourg

Grands-Ducs et……Grandes-Duchesses

Avant de parler des événements politiques et diplomatiques de l’histoire du grand-duché je vais présenter brièvement les différents grands-ducs et grande-duchesses qui sont succédés sur le trône luxembourgeois.

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Benelux (54) Belgique (15)

1918-1948, trente ans d’évolution

Après une telle expérience, les leçons du conflit ont-elles été tirées ? Pas vraiment mais la Belgique n’est pas isolée.

L’utilisation des chars et de l’aviation qui redonne ses lettres de noblesse à la guerre de mouvement n’à visiblement pas marqué les autorités belges qui pensent la guerre défensive pré-1914 encore possible.

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Benelux (53) Belgique (14)

L’Armée Belge et le premier conflit mondial

Belgique 1ère GM 43

Militaires belges en août 1914

En 1912, l’armée belge à entamé un processus de réorganisation, de rééquipement et de modernisation, un processus qui doit s’achever en 1926 avec un total de 350000 hommes (150000 actifs, 130000 dans les garnisons de forteresse et 70000 réservistes et auxiliaires). Ce processus est donc dans l’enfance quand le 4 août 1914, l’armée du Kaiser viole la neutralité belge pour attaquer la France par sa frontière du nord-est.

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Benelux (44) Belgique (5)

La Belgique d’une guerre mondiale à l’autre (1914-1948)

La Belgique et la première guerre mondiale (1914-1918)

Alfred von Schlieffen 2

Le général Schlieffen auteur du plan qui porte son nom

Depuis 1839, la neutralité belge est garantie par les grandes puissances via le traité dit des XXIV articles. Seulement ce traité s’oppose au plan allemand, le plan Schlieffen qui prévoit un vaste mouvement tournant via les plaines belges pour contourner le dispositif français concentré dans l’est du pays, l’itinéraire traditionnel des invasions et surtout le plus court chemin pour récupérer l’Alsace et la Lorraine pour laquelle la France se prépare depuis sa défaite de 1870.

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