Italie (83) Regia Aeronautica (5)

Les avions de la Regia Aeronautica (2) : les bombardiers

Avant-propos

Les premiers avions étaient de fragiles petites machines. Assemblage incertain de bois et de toile, les premiers avions militaire ne pouvaient faire outre chose que de la reconnaissance et de l’observation.

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24-Armée de l’air (46)

 

Bombardement Lourd

Consolidated modèle 32F Géant

Consolidated modèle 32F Géant

-La 15ème Escadre de Bombardement Lourd (15ème EBL) dispose de trois groupes tous équipés de Consolidated modèle 32F, le 1er groupe étant stationné à Caen-Carpiquet (BA 245), le 2ème étant installé à Avord (BA 127) et le 3ème l’étant à Compiègne (BA 152).

-La 17ème Escadre de Bombardement Lourd (17ème EBL) dispose de trois groupes tous équipés de Bloch MB-162 tous stationnés à Lyon-Bron (BA 105). A la mobilisation, le 1er groupe reste à Lyon mais le 2ème groupe rallie la BA 170 de Valence et le 3ème groupe la base aérienne 165 implantée à Orange.

-La 27ème Escadre de Bombardement Lourd (27ème EBL) stationnée à Tunis (BA 204) dispose de trois groupes, le 1er groupe est équipé de Bréguet Br482, le 2ème groupe équipé de CAO-700 et le 3ème groupe équipé de CAO-710 et d’Amiot 415. A la mobilisation, le 2ème groupe rejoint Sfax (BA 209) pour déconcentrer les forces et réduire leur vulnérabilité.

Groupes Indépendants d’Appui Rapproché (GIAR)

-Le 1er groupe indépendant d’appui rapproché (1er GIAR) est stationné à Meaux-Esbly (BA 135)

-Le 2ème groupe indépendant d’appui rapproché (2ème GIAR) est stationné au Buc (BA 129)

-Le 3ème groupe indépendant d’appui rapproché (3ème GIAR) est stationné à Dijon ((BA 102)

-Le 4ème groupe indépendant d’appui rapproché (4ème GIAR) est stationné à Saint-Dizier (BA 192)

Reconnaissance

-39ème Escadre de Reconnaissance Tactique (39ème ERT). Si le GR I/39 est stationné à Chambarand (BA 195), les trois autres groupes sont stationnés au sud de la Loire, le GR II/39 étant installé à Istres (BA 125), le GR III/39 à Perpignan (BA 163) et  le GR IV/39 à Pau (BA 136).

La 55ème Escadre de Reconnaissance Tactique (55ème ERT) dispose de quatre groupes stationnés dans l’Ouest de la France, devenant gagner des terrains de guerre dans l’Est de la France ou en région parisienne.

En attendant, le GR I/55 est stationné à Chateauroux (BA 103), le GR II/55 à Tours (BA 109), le GR III/55 à Montoir de Bretagne (BA 161) et le GR IV/55 à Rouen-Boos sur la base aérienne 146.

-14ème Escadre de Reconnaissance Stratégique (14ème ERS) stationné sur la base aérienne de 112 de Reims avec ses quatre groupes. A la mobilisation, cette unité se déconcentre pour réduire sa vulnérabilité, deux groupes (GR II/14 et GR IV/14) rallient la base aérienne de Chaumont-Sémoutiers (BA 156).

36ème Escadre de Reconnaissance Stratégique (36ème ERS) stationnée sur la base aérienne d’Orange avec ses quatre groupes. A la mobilisation, elle se disperse, le GR II/36 ralliant Le Luc (BA 186) et le GR IV/36 s’installant sur la base aérienne BA 169 Solenzara en Corse, les deux groupes restant à Orange jusqu’en octobre quand le GR III/36 s’installe à Romans dans l’Isère.

Quatre groupes indépendants de reconnaissance (GIR) chargés d’éclairer les CAC et les CC. A la mobilisation, ces groupes sont regroupés administrativement parlant au sein de la 22ème escadre de reconnaissance qui renait après avoir été dissoute lors de la réorganisation des unités de reconnaissance.

Le 1er groupe indépendant de reconnaissance devenu le 9 septembre 1948, le GR I/22 est déployé sur la base aérienne de Paris-Issy (BA 117)

Le 2ème groupe indépendant de reconnaissance devenu le 9 septembre 1948 le GR II/22 est déployé sur la base aérienne de Roye-Amy (BA 158)

Le 3ème groupe indépendant de reconnaissance devenu le 9 septembre 1948 le GR III/22 est déployé sur la base aérienne de Montdidier (BA 158)

Le 4ème groupe indépendant de reconnaissance devenu le 9 septembre 1948 le GR IV/22 est déployé sur la base aérienne de Luxeuil (BA 149).

Huit Groupes Aériens d’Observation. Ces GAO sont destinés à éclairer les Corps d’Armée de réserve stationnés sur un arc de cercle allant de la Normandie à la Bourgogne. Tant que les corps d’armée ne sont pas engagés, ils restent sous le contrôle du CSA.

-Groupe Aérien d’Observation n°514 (GAO-514) stationné à Le Havre-Octeville (BA 147), unité équipée de huit Bloch MB-176, douze Dewoitine D-720 et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123

-Groupe Aérien d’Observation n°515 (GAO-515) stationné à Dugny/Le Bourget (BA 104), unité équipée de huit Bloch MB-175, douze Dewoitine D-720 et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123

-Groupe Aérien d’Observation n°516 (GAO-516) stationné à La Ferté-Gaucher (BA 140), unité équipée de huit Bloch MB-176, douze Dewoitine D-720 et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123

-Groupe Aérien d’Observation n°517 (GAO-517) stationné à Nangis (141), unité équipée de huit Bloch MB-176, douze Dewoitine D-720 et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123

-Groupe Aérien d’Observation n°531 (GAO-531) stationné à Chantilly-les-Aigles (BA 145), unité équipée de huit Bloch MB-176, douze Dewoitine D-720 et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123

-Groupe Aérien d’Observation n°532 (GAO-532) stationné à Plessis-Belleville (BA 174), unité équipée de huit Bloch MB-176, douze Dewoitine D-720 et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123

-Groupe Aérien d’Observation n°533 (GAO-533) stationné à Chamblay (BA 239), unité équipée de huit Bloch MB-176, douze Dewoitine D-720 et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123

-Groupe Aérien d’Observation n°534 (GAO-534) stationné à Mourmelon (BA 111), unité équipée de huit Bloch MB-176, douze Dewoitine D-720 et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123

Les GCRO d’Indochine deviennent en septembre 1948 les GAO n°535 et n°536. Le Groupe Colonial de Reconnaissance d’Observation de Corse stationné à Solenzara et disposant du même équipement que les GAO à savoir huit Bloch MB-176, douze Dewoitine D-720 et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123 devient le GAO-538.

24-Armée de l’air (27)

J-Les avions de l’armée de l’air (7) : transport

Préambule

A partir de 1940, l’armée de l’air commence à dévelloper une nouvelle branche de son arbre de mission à savoir le transport aérien ce qui entraina la création en janvier 1945 du CoTAM ou Commandement du Transport Aérien Militaire.

L’acquisition d’avions de transport était destiné principalement au soutien logistique, le ravitaillement d’une tête de pont ou d’un aérodrome avancé mais également le soutien des deux groupes d’infanterie de l’air (GIA), le 601ème basé à Reims et le 602ème basé d’abord à Baraki en Algérie puis à Orange.

Les premiers avions de transport étaient d’abord d’anciens bombardiers réformés comme l’Amiot 143 et quelques appareils spécifiquement conçus pour cette mission : le Farman 224 et le Potez 650.

En septembre 1944, deux escadres de transport militaires sont mises sur pied avec pour chacune deux groupes de trois escadrilles à neuf appareils soit 108 appareils de transport.

Si les Farman 224 et Potez 650 furent brièvement intégrées à ces deux escadres, rapidement furent mis en service des appareils modernes et conçus dès l’origine comme avions de transport : des quadrimoteurs Bloch MB-161 et 165 ainsi que des bimoteurs Douglas DC-3 de fabrication américaine.

Sur les douze escadrilles de transport militaires, quatre sont équipées de DC-3 (trente-six appareils), six sont équipées de Bloch MB-161 (trente-six appareils) et deux sont équipées de Bloch MB-165 (trente-six avions)

Outre ces deux escadres déployées en Métropole, il existait des détachements appelés Groupes Légers de Transport (GLT) créés progressivement à partir d’octobre 1944 déployés aussi bien en Afrique du Nord (trois), en AOF (un), en AEF (un) à Djibouti et à Madagascar (un), au Levant (deux), en Nouvelle Calédonie (un) en Indochine (trois) et aux Antilles (un) soit treize groupes de quinze appareils représentant un total de 195 avions.

Farman F.224

Farman F-224

Farman F-224

Cet avion de transport quadrimoteur est dérivé du bombardier quadrimoteur Farman F.222. Ayant effectué son premier vol le 2 janvier 1937, les six exemplaires produits furent refusés par Air France et récupérés par l’armée de l’air pour le soutien du 601ème Groupe d’Infanterie de l’Air (601ème GIA) basé à Reims.

Ces appareils pleinement intégré au G.I.A pouvaient transporter théoriquement 40 hommes même si dans la pratique on limitait le nombre à 32 pour faciliter les largages. Ces appareils assez performants restèrent en service jusqu’en juin 1945 quand les trois derniers avions encore en état de vol furent retirés du service, l’un d’eux étant préservé comme souvenir à Reims.

Caractéristiques Techniques du Farman F.224

Type : avion de transport quadrimoteur

Poids total 16270kg

Dimensions : Envergure 36.00m Longueur 23.35m Hauteur 5.19m

Motorisation : quatre Gnôme-Rhône 14N-1 de 950ch chacun entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 310 km/h Autonomie 1200km

Armement : aucun

Capacité : deux membres d’équipage, 40 passagers ou 32 parachutistes

Potez 650

Potez 650

Potez 650

Le Potez 650 principalement utilisé par le 602ème G.I.A est une version militarisé de l’avion de transport civil Potez 621. Il est donc produit à quinze exemplaires dont les quatre derniers exemplaires ne sont retirés du service qu’en septembre 1945.

Caractéristiques Techniques du Potez 650

Type : bimoteur de transport militaire

Poids à vide 4632kg maximal 7500kg

Dimensions : Envergure 22.45m Longueur 17.32m Hauteur 3.90m

Motorisation : deux moteurs en ligne Hispano-Suiza 12Xgrs1 à droite et 12Xhrs1 à gauche, tous les deux 720ch

Performances : vitesse maximale 300 km/h à 2000m Autonomie 1200km Plafond 5800m

 Bloch MB-161 et MB-165

Bloch MB-160

Bloch MB-160

Le Bloch MB-161 était directement issu du MB-160 et destiné aux lignes africaines d’Air France avec des moteurs plus puissants et une dérive double qui ressemblait à celle du Léo 451. Effectuant son premier vol le 15 décembre 1939, il fût d’abord commandé par Air France à neuf exemplaires livrés entre septembre 1941 et juin 1942, la mise au point s’étant révélée délicate.

L’armée de l’air déjà bien occupée avec le rééquipement et la création d’unités de combat ne passa commande qu’en février 1944. Destinés à la 1ère ETM, les trente-six Bloch MB-161 furent livrés entre septembre 1944 et juin 1945.

Le second était à l’origine une version grand raid du MB-160 mais au final, la désignation MB-162 prévue pour cet appareil qui effectua son premier vol au printemps 1940 fût attribuée à une déclinaison bombardier du MB-160 et comme la désignation MB-163 désignait une version reconnaissance maritime du MB-162 (deux prototypes) et que la désignation MB-164 était réservée à une version de transport VIP, c’est la désignation MB-165 que cet appareil reçu.

Deux prototypes furent commandés par l’armée de l’air en décembre 1942 et livrés en mai 1943 pour six mois d’essais intensifs. C’est donc en novembre 1943 que l’armée de l’air décide de passer commande de 36 Bloch MB-165 mais Bloch étant fort occupé avec d’autres appareils, ce n’est qu’en juillet 1944 que les premiers appareils de série sont livrés, la totalité de la commande étant honorée en septembre 1945.

Ultérieurement, vingt-quatre appareils type Bloch MB-165 furent commandés au printemps 1948 pour permettre de créer un parc de réserve.

Bloch MB-161

Bloch MB-161

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-161

Type : avion quadrimoteur de transport militaire

Poids : à vide 11800kg maximale 19000kg

Dimensions : Envergure 29.38m Longueur 24.13m Hauteur 4.80m

Motorisation : deux Gnôme-Rhône 14N-38 et deux Gnôme-Rhône 14N-39 de 1000ch

Performances : vitesse maximale 430 km/h

Equipage et passagers : deux pilotes et trente-trois passagers ou vingt-quatre parachutistes

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-165

Poids : à vide 12500kg maximale 19500kg

Dimensions : Envergure 29.38m Longueur 24.45m Hauteur 4.80m

Motorisation : quatre Gnôme-Rhône 14N-48 de 1100ch entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 430 km/h

Equipage et passagers : deux pilotes et trente-huit passagers ou vingt-sept parachutistes

Douglas DC-3 Transporteur

Douglas C-47 Skytrain

Douglas C-47 Skytrain plus connu en France sous le nom de C-47 Transporteur

En juin 1944, l’armée de l’air commande auprès de la compagnie Douglas de 101 Douglas DC-3 de quoi équiper les ETM et les GLT mais ne laissa pas d’appareils de réserve du moins officiellement car Air France se porta acquéreur de 44 appareils qui étaient destinés en cas de guerre à être si nécessaires utilisés par l’armée de l’air.

Ces 101 appareils équipèrent les différents GLT à raison à de cinq appareils par groupe et les deux ETM qui disposèrent chacun de dix-huit appareils soit deux escadrilles sur six. Tous ces appareils furent livrés entre janvier 1945 et mars 1948, appareils devenus les Douglas Transporteur au sein de l’armée de l’air.

Caractéristiques Techniques du Douglas DC-3

Type : bimoteur de transport militaire

Poids : à vide 7650kg maximal 11430kg

Dimensions : Envergure 29.00m Longueur 19.70m Hauteur 5.16m

Motorisation : deux moteurs radiaux Wright R-1820 Cyclone 9 cylindres de 1100ch chacun entrainant des hélices tripales.

Performances : vitesse maximale 370 km/h à 2590m vitesse de croisière 333 km/h Plafond opérationnel 7100m Autonomie : inconnue

Equipage : 2 hommes plus 21 à 32 passagers ou 16 parachutistes équipés

Dewoitine D-720bis

Dewoitine D-720

Dewoitine D-720

Outre les missions de transport classique, les GLT dans les colonies devaient assurer le ravitaillement des postes isolés notamment quand le risque d’embuscades de la part de brigands ou de tribus révoltées était trop grand pour y engager des moyens terrestres.

Il fallait donc un avion de petite taille, robuste et pouvant décoller et se poser sur de courtes distances.

L’armée de l’air ne chercha pas longtemps pour trouver l’appareil idoine puisqu’elle commanda en janvier 1948 172 Dewoitine D-720bis, version adaptée à ses besoins du D-720M, les appareils étant livrés entre février et août 1948 à raison de dix par GLT soit 130 appareils en ligne et 42 en réserve.

Caractéristiques Techniques du Dewoitine D-720bis

Type : bimoteur léger de transport, d’entrainement et de liaison

Poids : en charge 5200kg

Dimensions : Envergure 14.90m Longueur 13.70m Hauteur 3.73m

Motorisation : deux moteurs en ligne Renault V-12 R00/03 de 750ch entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 380 km/h autonomie 1530km autonomie 8400m
Capacité : six passagers ou 700kg de charge

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm avec 1000 cartouches dans le nez et une mitrailleuse de 7.5mm tirant vers le bas à l’arrière du fuselage avec 500 cartouches (manoeuvré par le pilote)

Points d’appui sous les ailes pour emporter deux bombes de 100kg

Equipage : pilote, copilote et mitrailleur-observateur à l’avant

24-Armée de l’air (21)

H-Les avions de l’armée de l’air (5) : les bombardiers lourds

Préambule

Après plusieurs années d’hésitation, l’armée de l’air décida de constituer une importante force de bombardiers stratégiques, un outil de représailles pour peser sur Berlin, Rome voir Madrid et Lisbonne.

Ce choix ne se fit pas sans mal, les plus pacifistes estimant que c’était un signe négatif vis à vis des autres capitales alors que les plus réalistes craignant les représailles sur les bassins miniers et industriels du Nord-Est.

Trois escadres de 81 appareils vont être mises sur pied, la première étant basée dans le nord-ouest, la seconde basée dans le sud-est et la troisième en Tunisie. Si la 15ème EBL est entièrement équipée de Consolidated modèle 32F Géant (francisation du «Giant»), les 17ème et 27ème EBL sont équipées de plusieurs modèles de bombardiers lourds français.

Durant les années précédent le second conflit mondial, l’armée de l’air chercha à rationnaliser son parc en limitant le nombre de modèles à l’exception du domaine des bombardiers lourds.

Cette exception s’explique par les limites atteintes à l’industrie aéronautique française qui si elle pouvait fabriquer en grande série des monoteurs de chasse et des bimoteurs de reconnaissance et de combat avait beaucoup plus de mal pour les bombardiers multimoteurs.

Pas moins de cinq modèles de bombardiers lourds furent mis en ligne en compagnie du quadrimoteur américain : le Bloch MB162, le Bréguet Br482, les CAO-700 et 710 ainsi que l’Amiot 415 qui à la différence des quatre précédents était un hexamoteur dont une poignée d’exemplaires seulement fût construite et mise en ligne avant le début du conflit plus pour répondre au Ta400 que pour répondre à un besoin précis de l’armée de l’air.

Farman F-222

Farman F-221

Farman F-221

En 1929, l’Aéronautique Militaire lance un programme de bombardier nocturne quadriplace (BN4) destiné à remplacer le Léo 20. Habituée des avions géants (elle avait construit à la fin du premier conflit mondial, le Farman Goliath, un bombardier lourd qui n’eut pas le temps d’être engagé mais participa aux premiers pays de l’aviation commerciale), la firme Farman mis au point le Farman F.211 qui après un premier vol le 19 octobre 1931 resta à l’état de prototype.

Farman n’avait cependant pas travaillé pour rien car dans le cadre du programme BN5 (bombardier nocturne cinq membres d’équipage), elle reçut commande deux prototypes le 31 janvier 1930.

Le premier baptisé Farman F.220 effectua son premier vol le 26 mai 1932 mais là encore, point de carrière de bombardier.

Transformé en avion postal, il servit au sein de la compagnie Air France jusqu’en juin 1936 quand il est mis à la retraite après avoir été piloté par des sommités comme Mermoz ou Guillaumet.

Le second prototype baptisé Farman F-221 effectua son premier vol durant l’été 1933, étant commandé le 24 décembre 1934 à quatorze exemplaires baptisés Farman F-221BN5 mais au final seulement dix exemplaires furent mis en service dans l’armée de l’air et leur carrière fût assez courte.

Ils furent rapidement suivis par trente-six appareils de type Farman F-222 en plusieurs versions, les F-222.1 et 222.2, le dernier appareil sortant des chaines de montage en mai 1938, équipant la 15ème Escadre basée à Avord avant qu’en juillet 1939, trois appareils ne gagnent le Sénégal avec Thies comme base pour mener des missions de reconnaissance maritime notamment pour traquer les corsaires allemands.

Aux F-222 succédèrent 25 F-223 qui furent livrés au printemps 1940 peu avant la fermeture des chaines de montage qui eurent le temps de produire des avions de transport en l’occurence six Farman F-224.

Le Farman F-223 resta en service au sein de la 15ème escadre de bombardement jusqu’à l’automne 1942.

Si il ne fût jamais employé pour des opérations de guerre, son apport à l’histoire aéronautique militaire nationale fût primordiable en formant nombre de pilotes, de navigateurs et de mitrailleurs qui donnèrent corps à deux des trois Escadres de Bombardement Lourd (EBL) équipées de différents modèles d’avions français (CAO-700 et 710, Bréguet Br482 Bloch MB-162).

Caractéristiques Techniques du Farman F-221

Type : Bombardier lourd nocturne quadrimoteur à cinq hommes d’équipage (BN5)

Poids : à vide 8775kg maximal 15200kg

Dimensions : Envergure 36.00m Longueur : 21.52m Hauteur 5.15m

Motorisation : Quatre moteurs Gnôme-Rhône 14Kbrs 14 cylindres refroidis par air

Performances : vitesse maximale : 280 km/h distance franchissable : nc Plafond opérationnel : nc

Armement : trois mitrailleuses de 7.5mm MAC 34 (une en tourelle dorsale, une en tourelle avant et une en cuve ventrale. 4200 kg de bombes en soute

Caractéristiques Techniques du Farman F-222

Type : Bombardier lourd nocturne quadrimoteur à cinq hommes d’équipage (BN5)

Poids : à vide 11000kg maximal 18700kg

Dimensions : Envergure 36.00m Longueur : 21.57m (22.57m pour le 222.2) Hauteur 5.15m

Motorisation : Quatre moteurs Gnôme-Rhône 14Kdrs 14 cylindres refroidis par air pour le 222.1, le 222.2 disposant de moteurs Gnôme-Rhône 14 Kirs de 950ch

Performances : vitesse maximale : 325km/h (360 km/h pour le 222.2) distance franchissable : nc Plafond opérationnel : nc

Armement : trois mitrailleuses de 7.5mm MAC 34 (une en tourelle dorsale, une en tourelle avant et une en cuve ventrale. 4200 kg de bombes en soute

Bloch MB-162

Bloch MB-162

Bloch MB-162

Le 12 janvier 1939, le quadrimoteur Bloch MB-135 effectua son premier vol. Cet appareil ne fût jamais construit en série en raison de la priorité donné à la fabrication des Amiot 351/354 et des LéO 451. Ce n’était que partie remise pour la firme de Courbevoie qui dévellopa un autre bombardier quadrimoteur.

Le Bloch MB-162 était une version militarisée, une transformation en bombardier du MB-160, un avion de ligne qui avait également donné naissance à une version tropicalisée, le MB-161 qui allait équiper les unités de transport de l’armée de l’air tout comme sa version améliorée baptisée MB-165.

Il effectua son premier vol le 1er juin 1940 et des performances intéressantes poussèrent l’armée de l’air à commander huit prototypes, tous livrés entre juin 1941 et mars 1943 pour des essais intensifs qui débouchèrent sur la commande de 120 appareils pour équiper la 17ème Escadre de Bombardiers Lourds basée à Lyon-Bron (81 appareils en ligne répartis entre les GB I/17 II/17 et III/17, les autres étant stockés). Ces appareils furent tous livrés entre novembre 1943 et mai 1945.

A noter que deux prototypes d’une version de reconnaissance maritime baptisée Bloch MB-163 furent mis au point mais ne débouchèrent pas sur une commande de série, ces deux appareils étant transformés en appareils de transport et de liaison sous le nom de Bloch MB-164 et utilisés par les hautes autorités.

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-162

Type : bombardier quadrimoteur multiplaces

Poids : à vide 11850kg maximal 18980kg

Dimensions : Envergure 32.35m Longueur 21.76m Hauteur : 3.73m

Motorisation : Quatre moteurs Gnôme-Rhône 14N-48/49 14 cylindres en étoile refroidis par air dévellopant 1100ch au décollage

Performances : vitesse maximale 550 km/h à 5000m Autonomie maximale 1400km Plafond pratique 9000m

Armement : une mitrailleuse de 7.5mm dans le nez, un canon de 20mm en position dorsale et en position ventrale un canon de 20mm et une mitrailleuse de 7.5mm. 3600 kg de bombes en soute.

Bréguet Br482

Bréguet Br482

Bréguet Br482

En décembre 1936, l’armée de l’air lança le programme A21. Ce programme demandait un bombardier quadrimoteur avec pour motorisation, des Gnôme-Rhône. Dans les faits, en raison du retard du programme B4 de 1934 (qui donna naissance aux remarquables Amiot 351 et Lioré et Olivier Léo 451), ce programme fusionna avec son devancier.

Dans un premier temps, ce programme ne déboucha pas sur une production en série. En effet, l’armée de l’air cherchant à rationnaliser sa flotte et faciliter la production, elle préféra limiter le nombre de modèles à produire.

Cette politique eut raison du Bloch MB-135 qui ne dépassa pas le stade du prototype à la différence du Bréguet Br482.

Ce dernier était issu d’avions de raids, le Bréguet Br481 et le Bréguet Br482 qui ne dépassèrent pas le stade du projet. La désignation Br482 fût reprise pour un bombardier quadrimoteur à aile médiane propulsée par des Hispano-Suiza 12 Y-20/21 (50/51 sur les versions de série)

Deux prototypes furent commandés le 12 mai 1938 et livrés au printemps 1940, volèrent pour la première fois respectivement les 7 juillet et 23 août 1940 avant de subir des test intensifs qui justifièrent la commande de 40 appareils en décembre 1940, appareils livrés en raison de problèmes industriels seulement entre janvier et septembre 1942, équipant le 1er groupe de la 27ème EBL basée à Tunis (27 appareils en ligne seulement et 13 en volant de réserve).

Caractéristiques Techniques du Bréguet Br482

Type : bombardier quadrimoteur quadriplace

Poids : à vide 9456kg maximal 16000kg

Dimensions : Envergure 24.20m Longueur 18.75m Hauteur : 4.40m

Motorisation : quatre moteurs en ligne Hispano-Suiza 12Y-51 12 cylindres en ligne refroidis par liquide dévellopant 1100ch

Performances : vitesse maximale 525 km/h à 4000m Autonomie maximale 1600km Plafond pratique 12000m

Armement : une mitrailleuse MAC 34 de 7.5mm dans le nez, un canon de 20mm Hispano-Suiza en position dorsale et deux MAC 34 de 7.5mm en deux affûts ventraux séparés. 2500 kg de bombes en soute

L’armée de l’air s’adapte : appui-tactique et bombardement en piqué (6)

-Si les avions d’assaut, les bombardiers en piqué et les avions d’appui rapproché étaient destinés à opérer sur le front, les bombardiers moyens étaient destinés à opérer sur l’arrière du front, bombardant à une altitude moyenne de 6000m, usant de leur vitesse pour échapper à l’interception.

Deux appareils furent mis en service au sein de l’armée de l’air, le Lioré et Olivier LéO 451 et l’Amiot 351, chacun de ces deux appareils donnant naissance à toute une famille d’appareils.

-Le premier nommé est issu du programme B5 de novembre 1934 destiné à pallier les défauts du concept BCR. Fin 1935, l’équipage fût réduit à 4 hommes devenant logiquement B4. La firme Lioré et Olivier proposa le Lioré et Olivier LéO 45 qui effectua son premier vol le 16 janvier 1937 cinq semaines avant sa nationalisation et son intégration à la SNACSE.

Une première commande de 20 exemplaires fût passée en novembre 1937 mais devant des problèmes récurents de moteurs, un changement de motorisation fût décidé ce qui donna naissance au Léo 451 qui reprit les essais officiels de son devancier le 21 octobre 1938. Parallèlement, les commandes de série passèrent à 120 exemplaires.

L’élégant Léo 451

En septembre 1939, pas moins de 749 appareils ont été commandés répartis entre 722 Lioré et Olivier Léo 451, cinq Lioré et Olivier Léo 457 de bombardement à haute altitude, dix Lioré et Olivier Léo 458 à moteurs américains et douze Léo 451 destinés à la Grèce.

L’importance de cet appareil est visible dans sa production industrielles répartie entre trois sites : Marignane près de Marseille, Bouguenais près de Nantes et même une chaine souterraine à Cravant près d’Auxerre.

Il va être également visible dans le nombre d’appareils mis en ligne en septembre 1948 avec pas moins de 24 groupes répartis en huit escadres soit un total de 648 appareils en ligne.

En septembre 1939 donc, 734 appareils avaient été commandés répartis entre 722 Léo 451, 5 Léo 457 et dix Léo 458 à moteurs américains. Cette répartition va être modifiée ultérieurement et au final les 1700 appareils commandés vont être repartis sous la forme suivante, sachant que certaines escadres mixaient les différentes versions du «Léo»

Le Lioré et Olivier Léo 451 va équiper au final quatorze groupes de bombardement soit un total en ligne 378 appareils. En comptant les appareils du volant de réserve établit pour cet appareil à 75% on arrive au chiffre de 662 Lioré et Olivier Léo 451 hors commandes export en Grèce (vingt-quatre), en Yougoslavie (vingt-quatre), en Roumanie (trente-six) et en Belgique (quarante-huit).

Les 378 Léo 451 et les 96 Léo 456 de la marine destinés aux unités de première ligne sont livrés au rythme de douze appareils par mois entre septembre 1939 et novembre 1943.

Quand aux appareils de réserve, ils sont livrés régulièrement par des commandes additionnelles entre juin 1945 et septembre 1947.

Les appareils exports sont livrés en fonction des désidératas des clients, certains peinant à payer leurs commandes et d’autres à trouver le personnel nécessaire pour armer ces avions.

Le Lioré et Olivier Léo 453 propulsé par des moteurs américains Pratt & Whitney R-1830 Twin Wasp va équiper au final trois groupes de bombardement soit 81 appareils ce qui porte le nombre d’appareils produits en comptant les appareils de réserve à 142 exemplaires. Ces appareils sont livrés décembre 1943 et juin 1945 parallèlement aux 88 Lioré et Olivier Léo 456 de la troisième commande de la marine.

Le Lioré et Olivier Léo 454 propulsé par des moteurs britanniques Bristol Hercules II va équiper lui aussi trois groupes et sera lui aussi produit à 142 exemplaires. Ces appareils sont livrés entre septembre 1945 et novembre 1946 pour les appareils de première ligne, les appareils de réserve étant livrés au compte-goutte entre mars et septembre 1947.

Le Lioré et Olivier Léo 456 est la variante destinée à la marine nationale. Un total de 174 appareils sont commandés par la marine, les douze premiers étant des Léo 451. Ils sont livrés parallèlement à ceux de l’armée de l’air entre novembre 1940 et août 1941, mars et juin 1942, novembre 1943 et juillet 1945.

Le Lioré et Olivier Léo 457 est une version particulière de la famille «451» puisqu’il s’agit d’un bombardier à haute altitude qui va équiper un unique groupe. Cette variante n’est produite qu’à 40 exemplaires livrés entre septembre 1947 et mars 1948.

Le Lioré et Olivier Léo 458 propulsé par des moteurs américains Wright Cyclone de 1600ch vont équiper trois groupes de bombardement soit 81 appareils ce qui porte le nombre d’appareils produits en comptant les appareils de réserve à 142 exemplaires. Ces appareils sont livrés entre décembre 1946 et mars 1948.

Au total, l’armée de l’air à reçu 1128 Lioré et Olivier Léo 451 auxquels s’ajoute 174 appareils pour la marine et 132 pour l’export ce qui porte le total des appareils produits avant guerre à 1434.

1700 appareils ayant été commandé, le solde de 266 appareils ayant été annulé suite à un addendum au contrat. Il est cependant prévu des commandes supplémentaires à l’entrée en guerre, commandes dont le nombre n’est pas fixé puisque l’armée de l’air ignore les pertes de ces unités de bombardement moyen.

Cela pousse la firme Lioré et Olivier de travailler sur des versions améliorées de son bombardier qui fait l’unanimité au sein des unités l’équipant.

Elle privilégie le Léo 458 et dévellope le Léo 458bis propulsé par des moteurs radiaux Bristol Hercules XVII de 1750ch et le Léo 458ter propulsé par des moteurs radiaux Wright Cyclone R-2600-29 de 1750ch. Quatre prototypes sont commandés à l’automne 1947 et livrés au printemps 1948.

Amiot 351

-A l’origine de l’Amiot 351 et ses dérivés, figure l’Amiot 340 n°01 qui effectue son premier vol le 6 décembre 1937 qui participe à une opération de propagande en enmenant le général Vuillemin à Berlin en août 1938. Renvoyé en usine, il est sérieusement modifié devenant le prototype de l’Amiot 351 qui entame ses essais en janvier 1939.

Cet appareil est suffisamment prometteur pour pousser l’armée de l’air à passer des commandes massives et son concepteur à imaginer plusieurs variantes :

-Amiot 352 : moteurs Hispano-Suiza 12 Y-50/51 (non construit)

-Amiot 353 : moteurs Rolls-Royce Merlin III (non construit)

-Amiot 354 : moteurs Gnôme-Rhône 14-N48/49 et dérive unique (produit en série)

-Amiot 356 : moteurs Rolls-Royce Merlin X et dérive unique (produit en série)

-Amiot 357 : variante de bombardement à haute altitude (produit en série)

-Amiot 370 : avion de record qui comme le Dewoitine D-550 allait donner naissance à une nouvelle variante de cette prolifique famille destinée à préparer l’avenir mais qui ne verra pas le jour avant le début du conflit.

Un total de 644 appareils vont être produits dont 375 appareils en ligne répartis en quatre groupes équipés d’Amiot 351, quatre groupes équipés d’Amiot 354, trois groupes d’Amiot 356, un groupe d’Amiot 357 répartis en quatre escadre.

L’Amiot 351 va également équiper ultérieurement une escadrille indépendante en Guyane, une autre en Martinique et un groupe à Djibouti.

Le système de fabrication à été complexe puisqu’il s’agissait d’un véritable puzzle puisque le fuselage était réalisé à Colombes, les ailes à Cherbourg, la dérivé à Boulogne-Billancourt, l’assemblage s’effectuant au Bourget. Résultat, les premiers mois, la cadence à été extrêmement faible d’autant que souvent les appareils n’étaient pas encore bon de guerre.

Au printemps 1940, seulement quatre groupes sont en cours d’équipement, bien loin du planning initial. La cadence des livraisons ayant finit par se stabiliser à huit appareils par mois, les appareils de série destinés aux quatre escadres de bombardement moyen (324 appareils) étant tous livrés en septembre 1943.

Une commande supplémentaire de cinquante et un Amiot 351 est passée en janvier 1944 pour équiper une escadrille indépendante en Guyane, une autre en Martinique et un groupe à Djibouti, ces appareils étant livrés entre mars et octobre 1944.

Des commandes additionnelles sont passées pour constituer un parc de réserve équivalant à 75% des appareils en ligne soit un total de 262 appareils qui sont commandés à intervalles réguliers entre janvier 1945 et janvier 1948, les appareils commandés étant livrés entre mars 1945 et juillet 1948.

Amiot 370

Le 25 juillet 1937, l’Amiot 370 effectue son premier vol depuis l’aérodrome du Bourget. Cet avion de record était à l’origine destiné à la course Paris-New York qui fût au final annulée mais qui réalisa plusieurs records notamment la traversée entre Paris et Le Cap.

Les performances de cet appareil incitèrent Amiot et l’armée de l’air à dévelloper trois versions militarisée, le bombardier rapide Amiot 370, l’avion de reconnaissance Amiot 371 et l’avion de liaison rapide Amiot 372.

Six appareils furent produits _deux de chaque variante_, sortant des chaines entre septembre 1945 et mars 1946.

Ne voulant pas perturber sa montée en puissance, l’armée de l’air décide de repousser l’acquisition immédiate de cet appareil, les premiers appareils de série étant commandés en septembre 1948 à une époque où avait été décidé le dévellopement d’une variante quadrimoteur baptisée Amiot 374.

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-Après plusieurs années d’hésitation, l’armée de l’air décida de constituer une importante force de bombardiers stratégiques, un outil de représailles pour peser sur Berlin, Rome voir Madrid et Lisbonne. Ce choix ne se fit pas sans mal, les plus pacifistes estimant que c’était un signe négatif vis à vis des autres capitales alors que les plus réalistes craignant les représailles sur les bassins miniers et industriels du Nord-Est. 

Trois escadres de 81 appareils vont être mises sur pied, la première étant basée dans le nord-ouest, la seconde basée dans le sud-est et la troisième en Tunisie. Si la 1ère EBL est entièrement équipée de Consolidated modèle 32F Géant (francisation du «Giant»), les 2ème et 3ème EBL sont équipées de plusieurs modèles de bombardiers lourds français.

Durant les années précédent le second conflit mondial, l’armée de l’air chercha à rationaliser son parc en limitant le nombre de modèles à l’exception du domaine des bombardiers lourds.

Cette exception s’explique par les limites atteintes à l’industrie aéronautique française qui si elle pouvait fabriquer en grande série des monomoteurs de chasse et des bimoteurs de reconnaissance et de combat avait beaucoup plus de mal pour les bombardiers multimoteurs.

Pas moins de cinq modèles de bombardiers lourds furent mis en ligne en compagnie du quadrimoteur américain : le Bloch MB162, le Bréguet 482, les CAO700 et 710 ainsi que l’Amiot 415 qui à la différence des quatre précédents était un hexamoteur dont une poignée d’exemplaires seulement fût construite et mise en ligne avant le début du conflit plus pour répondre au Ta400 que pour répondre à un besoin précis de l’armée de l’air.

 -Le 12 janvier 1939, le quadrimoteur Bloch MB-135 effectua son premier vol. Cet appareil ne fût jamais construit en série en raison de la priorité donné à la fabrication des Amiot 351/354 et des LéO 451. Ce n’était que partie remise pour la firme de Courbevoie qui développa un autre bombardier quadrimoteur.

Bloch MB-162

Le Bloch MB-162 était une version militarisée, une transformation en bombardier du MB-160, un avion de ligne qui avait également donné naissance à une version tropicalisée, le MB-161.

Il effectua son premier vol le 1er juin 1940 et des performances intéressantes poussèrent l’armée de l’air à commander huit prototypes, tous livrés entre juin 1941 et mars 1943 pour des essais intensifs qui débouchèrent sur la commande de 120 appareils pour équiper la 2ème Escadre de Bombardiers Lourds basée à Lyon-Bron (81 appareils en ligne). Ces appareils furent tous livrés entre novembre 1943 et mai 1945.

A noter que deux prototypes d’une version de reconnaissance maritime baptisée Bloch MB-163 fût mis au point mais ne débouchèrent pas sur une commande de série, ces deux appareils étant transformés en appareils de transport et de liaison sous le nom de Bloch MB-164 et utilisés par les hautes autorités. 

Bréguet Br482

-Le Bréguet 482 répondait au même programme que le Bloch MB-135 mais à la différence du MB-135, ce appareil fût finalement construit.

Deux prototypes furent commandés le 12 mai 1938 et livrés au printemps 1940, volèrent pour la première fois respectivement les 7 juillet et 23 août 1940 avant de subir des test intensifs qui justifièrent la commande de 40 appareils en décembre 1940, appareils livrés en raison de problèmes industriels seulement entre janvier et septembre 1942, équipant 1e 1er groupe de la 3ème EBL basée à Tunis (27 appareils en ligne seulement).

-Le CAO-700 était issu d’un hydravion biplace, le Loire-Nieuport LN-10 dont il reprennait le fuselage avec une nouvelle aile et quatre moteurs identiques à ceux du LéO451.

Le premier prototype effectua son premier vol le 4 septembre 1940 suivit d’un second aux performances améliorées le 2 janvier 1941. 40 appareils furent commandés en juin 1941 et livrés entre octobre 1941 et juin 1942, équipant le 2ème groupe de la 3ème EBL basée à Tunis avec 27 appareils en ligne.

Trois appareils furent dérivés de ce quadrimoteur robuste et endurant. La première fût une version de reconnaissance maritime destinée à l’aéronavale, version baptisée CAO-700M et la seconde version était un appareil de transport baptisé CAO-720 dont deux exemplaires furent construits, l’un pour le président de la République et le second pour le chef d’état-major des armées.

La troisième version était un autre bombardier, une variante améliorée du CAO-700. Baptisé CAO-710, ce bombardier quadrimoteur effectua son premier vol en août 1942 et fût commandé à trente exemplaires, tous livrés entre octobre 1942 et février 1943, équipant le 3ème groupe de la 3ème EBL en compagnie de l’escadrille spéciale équipée d’Amiot 415 hexamoteurs.

-Au printemps 1943, le 2ème bureau entra en possession d’informations inquiétantes concernant le dévellopement en Allemagne d’une série de bombardiers lourds à très long rayon d’action pouvant parait-il atteindre les Etats-Unis au départ Hambourg.

L’armée de l’air hésita à développer un appareil semblable car elle craignait de n’avoir ni les moyens de l’acheter en série et de le mettre en œuvre car la mise sur pied d’une force de bombardiers stratégiques quadrimoteurs absorbait déjà une grande partie de son énergie.

Finalement, elle accepta l’idée de produire un bombardier expérimental en petit nombre (de quoi équiper une escadrille soit dix appareils) ne serais-ce que pour disposer d’un appareil équivalent au Focke-Wulf Ta-400, le bombardier hexamoteur dont le dévellopement avait été préféré à celui du Messerchmitt Me264 et du Junkers Ju-390.

Bien que connu sous le nom d’Amiot 415, cet appareil longiligne propulsé par six moteurs était le produit de tous les constructeurs qui se partagèrent la fabrication du fuselage, des ailes, des moteurs, des systèmes de missions. C’est la firme Amiot qui en assura l’assemblage dans une usine en Afrique du Nord près de Casablanca à l’abri des bombardiers allemands et italiens.

Le premier appareil dépourvu d’armement et de son système de mission effectua son premier vol le 6 décembre 1944. Les performances se montrèrent excellente, poussa l’armée de l’air à accélérer le calendrier en modifiant le deuxième prototype avec son armement.

Les performances chutèrent et de nombreux problèmes se révélèrent provoquant l’écrasement du second prototype lors de son premier vol le 7 juin 1945.

Le programme passa à deux doigts de l’abandon mais il est au final maintenu, de nombreuses modifications résolvant la majorité des problèmes rencontrés. Neuf appareils sont commandés en série en septembre 1945 et livrés entre juin 1946 et mai 1947.

Convair XB-36 en compagnie du Boeing B-29

Cet impressionnant hexamoteur était propulsé par six SNM Diamant IV de 3500ch entrainant des hélices propulsives lui donnant un faux air de B-36 alors en dévellopement aux Etats-Unis. Il était armé de douze canons de 20mm Hispano-Suiza et 28000kg de bombes. De la Tunisie, cet appareil pouvait facilement atteindre l’Allemagne.