22-Armée de terre : armement et matériel (16)

Canon de 240L modèle 1884 Saint Chamond

Canon de 240L modèle 1884 Saint Chamond

Canon de 240L modèle 1884 Saint Chamond

Le canon de 240mm long modèle 1884 est à l’origine une pièce destinée à la défense des côtes ce qui explique outre son calibre, un encombrement et un poids qui rend improbable son utilisation à terre contre des cibles terrestres.

Seulement voilà, l’artillerie allemande dispose de pièces tirant fort et loin contre l’arrière du front, les places fortes, les plots logistiques nécessitant une riposte qui passe par l’utilisation de pièces de côte une fois la crainte d’un action de la Hochseeflot sur les côtes françaises évanouie.

Le canon de 240mm fait partie de ses matériels sortis de leurs forteresses pour servir sur le front européen, la pièce recevant un affût conçu à cet fin, un total de dix-huit pièces étant utilisées à partir de juin 1915, deux canons faisant même une courte apparition aux Dardanelles.

Cette solution de fortune s’étant révélée efficace, soixante autres canons sont sortis de leur forteresse pour servir au front sur un affût nettement plus élaboré et surtout plus mobile, deux fardeaux pesant au total 45 tonnes permettant d’offrir au canon une certaine mobilité. Sur ces soixante, cinquante et un seront utilisés par la France, six par les américains et trois resteront en réserve à Mailly.

Ce canon va longuement s’illustrer durant le premier conflit mondial et va poursuivre sa carrière après guerre mais quand éclate la guerre de Pologne, il n’en reste plus que dix pièces au sein des régiments d’artillerie de position en l’occurence deux au 151ème et quatre aux 153ème et 159ème RAP. Ils sont toujours en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques du canon de 240L modèle 1884

Calibre : 240mm Poids du tube : 14000kg Poids total : 25000kg pour la version à échantignolles et 31000kg pour la version à tracteurs Poids de l’obus (acier modèle 1916) : 140kg  Longueur du tube : 6.70m (7m pour la modèle 1917) Pointage en ste : 0° à +38° Pointage en azimut : 10° Portée maximale : 17300m Cadence de tir : inconnue  

Mortier de 280C modèle 1914 Schneider

Mortier de 280C modèle 1914

Mortier de 280C modèle 1914

A la fin du 19ème siècle, la pièce de siège standard de l’artillerie française est le mortier de 270mm modèle 1885 type De Bange. Ce mortier est supérieur à tout ce dont dispose l’Allemagne qui n’adoptera un mortier de 305mm qu’en 1898.

La guerre russo-japonaise montre que les fortifications sont en passe de l’emporter sur l’artillerie ce qui nécessite une réaction rapide. La défaite russe provoque dans l’armée tsariste un véritable électrochoc et une volonté de modernisation des moyens notamment de l’artillerie.

L’artillerie russe réclame ainsi un nouveau canon apte à la défense des côtes et à la guerre de siège ce qui entraine le dévellopement par la firme Schneider d’un mortier TR (Tir Rapide) de 280mm.

Dès le mois de janvier 1913, l’armée française s’intéresse à ce puissant mortier qui est commandé le 8 novembre 1913 à dix-huit exemplaires qui doivent être livrés entre novembre 1915 et décembre 1916, sans se presser donc……………. .

Quand la guerre éclate en août 1914, l’usinage des pièces russes est bien avancée mais celle des mortiers français est à peine entamée.

La guerre accélérant les choses, la production est mutualisée, les sept premiers mortiers quelque soit leur origine devant être confiés à la France, les suivants à la Russie avant que la production des mortiers français ne permettent à la Russie de récupérer son du.

Suite à l’échec des offensives de Champagne et d’Artois, l’artillerie française à pour l’artillerie lourde les yeux de Chimène et multiplie les commandes. Il est ainsi prévu pas moins de 112 mortiers de 280mm pour l’artillerie française, à l’Armistice 97 pièces étant aux armées, 72 en ligne, 25 en parc et le reste à la disposition du ministère des Armées.

A ces chiffres, il faut ajouter 25 mortiers de 280mm sur chenilles commandés le 2 mars 1918 mais livrés seulement en 1919.

Quand éclate la guerre de Pologne, ces mortiers de 280mm sont toujours en service au sein des RALT.

Le 184ème RALT de Valence dispose ainsi d’un 4ème groupe disposant de mortiers de 280mm qui donne naissance au 193ème RALT (ou RALPA) avec trois groupes de mortiers de 280mm à chenilles, régiment affecté à la Réserve Générale.

Ce régiment dissous à l’été 1940 est réactivé en septembre 1948 avec ses même mortiers.

Pour ce qui est des mortiers de 280mm TR, ils sont mis en œuvre par deux régiments, les 171ème et 172ème Régiments d’Artillerie Lourde à Grande Puissance (RALGP) , régiments mis sur pied à la mobilisation avec quatre groupes à deux batteries de quatre pièces soit un total de 32 mortiers en ligne.

Suite à la démobilisation, seul le 172ème RALGP  est maintenu en ligne. Sa structure du temps de paix post-guerre de Pologne est modifiée avec quatre groupes, deux équipés de 280TR et deux équipés de 220L17.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, le 172ème RALGP se détriple pour reformer les 171ème, 173ème et 174ème RALGP avec le même équipement qu’en 1939.

Caractéristiques Techniques du mortier de 280TR Schneider

Calibre : 279.4mm Poids du tube : 3940kg Poids total en batterie 16218kg Poids de l’obus (acier modèle 1914) : 205kg  Longueur du tube : 3.360m Pointage en site : +10° à +65° Pointage en azimut : 19° Portée maximale : 10950m Cadence de tir : deux coups en cinq minutes

Mortier de 370mm Filloux

Mortier de 370mm Filloux

Mortier de 370mm Filloux

Ce monstrueux mortier est une autre création du chef d’escadron Louis Filloux. A l’origine de cette pièce d’artillerie d’un calibre que nous qualifierons de «respectable» se trouve le besoin pour une nouvelle pièce de siège, besoin identifié dès 1909.

Paradoxalement, alors que les tensions internationales vont crescendo, les budgets militaires français sont réduits ce qui repousse le nouveau mortier de siège dont les crédits ne sont validés que le 13 juillet…….1914, quelques jours avant le début du conflit.

Les premiers essais n’ont été menés ainsi qu’en septembre 1913 mais les premiers tirs réels ne sont menés qu’à l’été 1914.

L’échec de la guerre de mouvement à l’été 1914 et la «glacification» du front à l’automne nécessite nettement plus d’artillerie lourde ce qui relance le projet de mortier dont dix exemplaires sont commandés le 8 novembre 1914, 8000 projectiles étant commandés le 16 décembre suivant.

Ce matériel étant imposant, il est improbable de le voir transporter en un seul tenant. Il faut ainsi trois fardeaux pour le déplacer : le tube, l’affût et la plate-forme, le tout installé dans une excavation pour encaisser le recul formidable.

Pour gagner du temps, certains mortiers sont construits à partir de canons de marine de 340mm modèle 1912, chaque tube permettant de produire deux mortiers de 370mm. Le premier mortier complet est livré par les FAMH le 8 juin 1915, six sont achevés en juillet et les trois derniers en août, une performance remarquable quand on connait la complexité de ce matériel.

Il connait son baptême du feu en septembre 1915 lors du début des offensives en Artois et en Champagne. Trois autres tubes seront ultérieurement construits portant le total des tubes produits à treize même si le nombre sera réduit à onze.

Au cours de la guerre de Pologne, quatre pièces sont mobilisés au sein du 165ème RAP. A la démobilisation, ces pièces sont feraillées, seuls deux sont préservés comme reliques d’un passé révolu.

Caractéristiques Techniques du mortier de 370mm Filloux

Calibre : 370mm Poids du tube : 9275kg Poids total en batterie 28600kg Poids de l’obus (acier modèle 1914) : 500kg  Longueur du tube : 2.590m Pointage en site : -6° à +65° Pointage en azimut : 8° Portée maximale : 8150m Cadence de tir : un coup toutes les deux minutes. 

22-Armée de terre : armement et matériel (15)

D-Artillerie lourde

Canons de 194GPF (Grande Puissance Filloux)

Canon de 194mm sur affût chenillé.

Canon de 194mm sur affût chenillé.

Dès que le front s’est stabilisé, l’obsession des deux camps est d’obtenir la percée au travers d’une bataille décisive qui réglera définitivement la question.

A plusieurs reprises en 1915 et 1917, les alliés au prix de lourdes pertes ont obtenu la percée mais ont été incapables de l’exploiter, la faute à une artillerie incapable de suivre l’infanterie dans un sol bouleversé par ses obus………. .

L’idée est donc de créer une artillerie capable de suivre l’infanterie dans un sol difficile et là seule la chenille peut être utilisée. Deux types de matériels vont être conçus : des matériels de grosse destruction ou GD et des pièces courtes sur affût chenillé.

La première pièce à être montée sur un affût chenillé est le 120L de Rimailho sur un affût unique mais cela ne va pas plus loin que le prototype tandis que l’installation d’un canon de 155GPF sur un affût chenillé type Caterpillar ne dépasse pas le prototype, la fabrication de 130 exemplaires étant annulée par l’Armistice.

C’est finalement son grand frère de 194mm qui va voir le jour, un canon qui dans sa version tractée (non produite en série à cause de l’Armistice) partage le même affût va être produit en série sous la forme de deux chassis chenillés, un avant-train transportant les munitions et produisant l’électricité nécessaire pour remorquer l’affût arrière qui porte le canon, les deux chassis pouvant être séparés lors de la mise en batterie.

Soixante-quinze matériels chenillés d’exploitation sont commandés en 1918 répartis entre 25 mortiers de 280mm et 50 canons de 194GPF. L’armistice aurait pu lui porter un coup fatal mais la production est trop avancée pour l’annuler et les soixante-quinze matériels seront livrés et utilisés durant toute l’entre-deux-guerre.

Avant la mobilisation d’août/septembre 1939, cet automoteur est mis en œuvre par le 184ème Régiment d’Artillerie Lourde à Tracteurs (RALT) de Valence au sein du troisième groupe.

A la mobilisation, le 184ème RALT donne naissance à trois régiments dont le 184ème RALT (ou Régiment d’Artillerie Lourde Portée Automotrice) qui met en œuvre ses canons avec trois groupes à deux batteries de quatre pièces soit vingt-quatre canons en ligne. Deux canons sont en service dans un RAP du sud-Est.

Ces canons seront toujours en service en septembre 1948, le 184ème RALT étant intégré à la Réserve Générale, ces automoteurs lents et peu mobiles ne devant plus servir d’artillerie d’exploitation mais d’artillerie de corps d’armée ou d’armée.

A l’origine, le 194GPF était donc une pièce tractée. Dix canons de ce type ont été produits en 1919 mais stockés sans que leur mise en service ait été envisagée.

Il semblait donc dit que le 194 GPF n’allait être qu’une pièce automotrice mais c’était sans compter l’obstination du général Villeneuve qui décida de relancer la production de cette pièce dans une version modernisée avec l’affût Touzard qui équipait déjà le 155 GPF modernisé.

C’était tout sauf une aberration car les deux canons partageaient le même affût, il n’y avait donc aucun travail supplémentaire à faire pour modifier l’affût et lui permettre de recevoir un canon tirant de respectables obus de 78 ou 84kg.

C’est en 1944 que la décision est prise de reprendre la production de ce canon pour équiper à la mobilisation deux régiments d’artillerie lourde de grande puissance, les 175ème et 176ème RALGP qui doivent disposer chacun de 36 canons répartis en trois groupes de trois batteries de quatre pièces soit 72 canons en ligne et 34 canons stockés (les 10 produits en 1919 et les 24 de la nouvelle production).

Ces canons sont livrés entre janvier 1946 et mars 1947 et stockés sont donc mis en service en septembre 1948 avec deux régiments de mobilisation qui intègrent la réserve générale.

Ce canon va également équiper les 302ème RALPol et 304ème RALPol à raison de trois groupes chacun soit un total de soixante-douze pièces.

Caractéristiques du 194 GPF version automotrice

Calibre : 194mm Poids en batterie 29600kg Poids de l’obus : (modèle 1921) 78.83kg (modèle 1920) 84.88kg  Longueur de la pièce : 6.499m  Portée maximale : 20800m  Pointage en site : 0° à +40° Pointage en azimut : 360°  Cadence de tir : 1 coup /minute pour la version automotrice Equipe de pièce : inconnue
Caractéristiques Techniques du 194GPF

Calibre : 194mm Poids en batterie 16000kg Poids en transport 18500kg (transport en deux voitures,une pour l’affût de 10500kg et l’autre pour le canon de 8000kg)  Poids de l’obus (modèle 1916) 83.5kg (modèle 1946) 82kg  Longueur de la pièce : 6.499m  Portée maximale : 20800m  Pointage en site : 0° à +40° Pointage en azimut : 30° de chaque côté  Cadence de tir : 2 coups /minute pour la version automotrice Equipe de pièce : inconnue.

Mortier de 220TR Schneider

Après l’échec allemand sur la Marne et la conclusion infructueuse de la course à la mer, le front se stabilise sur 700km de la mer du Nord à la frontière suisse. Les premières tranchées assez sommaires deviennent ensuite de véritables complexes de mieux en mieux protégés contre l’artillerie qui ne cesse de se renforcer notamment côté français où le manque de pièces lourdes avait été un handicap certain.

Fin 1914, le calibre le plus important de l’artillerie du champ de bataille est le 155mm en l’occurence l’obusier de Rimailho, l’un des grands ingénieurs artilleurs français, l’égal d’un De Bange, d’un Filloux ou plus ancien d’un Baquet ou d’un Gribeauval. Ce canon devient incapable de détruire les abris renforcés construits par les allemands, nécessitant un calibre plus important.

La firme Schneider du Creusot propose un mortier TR (Tir Rapide) inspiré là encore d’une arme produit pour la Russie (qui reconstruit totalement son artillerie après l’humiliation de la guerre russo-japonaise) de calibre 228.6mm (9 pouces), une arme dite de siège parfaitement adaptée à la nouvelle forme de guerre qui peut être assimilée à un gigantesque siège linéaire.

L’artillerie française avait bien des pièces anciennes de 220mm, une pièce type De Bange mais ce matériel déployé à 190 exemplaires au maximum était ancien et lent. On s’orienta rapidement vers la mise au point d’une pièce nouvelle, le Schneider 220TR modèle 1916.

Le mortier est présenté courant 1915 et une première commande de quarante exemplaires est passée le 20 octobre 1915, les premiers exemplaires étant recettés en octobre 1916. Ces matériels sont connus sous le nom de modèle 1915 suivit d’une version améliorée, le modèle 1916 produit à 326 exemplaires, portant le total à 376 pièces même si seulement 272 étaient en ligne.

Durant l’entre-deux-guerre, seul le 196ème régiment d’artillerie lourde à tracteurs met en œuvre ce mortier avec quatre groupes à trois batteries de quatre pièces soit un total de 48 mortiers en ligne, les autres étant stockés.

A l’origine, ce canon était transporté en deux voitures, une voiture mortier (4380kg ou 4970kg) et une voiture affût (semblable au 155C) pesant 5195kg ou 5712kg soit un total de 9575 et 10682kg.

La mise en service de tracteurs lourds Latil permet de remorquer le mortier en un seul bloc ce qui réduit considérablement le délai de mise en batterie.

A la mobilisation de septembre 1939, le 196ème RALT participe avec différents CMA à la mise sur pied de nouveaux régiments équipé de ce mortier puissant tout à fait capable de faire bonne figure dans ce conflit :

-Le 190ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 1. Equipé de 4 groupes de 220C16, il est mis à la disposition de la Réserve Générale.

-Le 191ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 1. Equipé de 4 groupes de 220C16, il est mis à la disposition de la Réserve Générale.

-Le 192ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 314. Equipé de 4 groupes de 220C16, il est mis à la disposition de la Réserve Générale.

-Le 194ème Régiment d’Artillerie Lourde est mis sur pied par le CMA 15. Disposant de quatre groupes de 220C16, il est affecté à la Réserve Générale.
-Le 195ème Régiment d’Artillerie Lourde est mis sur pied par le CMA 15. Disposant de quatre groupes de 220C16, il est affecté à la Réserve Générale.

-196ème régiment d’artillerie lourde tractée (de guerre) : stationné à Bordeaux, il dispose de quatre groupes équipés de canons de 220C. Il est affecté à la Réserve Générale.

-Le 197ème Régiment d’Artillerie Lourde est mis sur pied par le CMA 318. Disposant de quatre groupes de 220C16, il est affecté à la Réserve Générale.

Soit un total de vingt-huit groupes à douze canons soit un total de 336 mortiers en ligne au sein du RALT auxquels s’ajoutent douze mortiers au 165ème RAP soit 348 mortiers en ligne

A l’issue de la démobilisation, trois régiments sont préservés, le 196ème RALT ainsi que deux régiments de mobilisation, les 190ème et 192ème RALT soit un total de douze groupes à trois batteries de quatre pièces soit 144 mortiers en ligne.

En août 1948, les quatre régiments dissous à l’été 1940 sont réactivés, rétablissant le nombre de mortiers en ligne soit 336 pièces, les régiments étant affectés à la Réserve Générale et mis à la disposition des armées voir des corps d’armée notamment pour une future offensive contre l’Allemagne prévue à l’été ou l’automne 1949.

Caractéristiques du mortier de 220TR Schneider

Calibre : 220mm Poids en batterie : 7455kg pour le modèle 1915 7792kg pour le modèle 1916 Poids de l’obus : (modèle 1915) 100.5kg Longueur de la pièce : 2.266m Portée maximale : 10800m Pointage en azimut : 6° Pointage en hauteur : +10° à +65° Cadence de tir : 2 coups en trois minutes Mise en batterie : 2 heures

Canon de 220L Schneider modèle 1917
Le 220L modèle 1917 est un matériel long destiné à l’action lointaine. Mis au point à la fin du premier conflit mondial, il n’à été produit qu’à fort peu d’exemplaires, 56 en l’occurence mis en œuvre au moment de la guerre de Pologne par les 173ème et 174ème RALGP, chaque régiment disposant de trois groupes à deux batteries de quatre pièces soit 36 canons en ligne auxquels s’ajoutent deux canons au 151ème RAP et deux autres au 166ème soit un total de 40 canons en ligne.

Suite à la démobilisation, les deux régiments d’artillerie lourde tractée équipés de cette pièce sont mis en sommeil et les canons confiés aux bons soins du 172ème RALGP avec deux groupes à trois batteries de quatre pièces soit vingt-quatre canons en ligne.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, les 173ème et 174ème RALGP sont réactivés avec trois groupes à deux batteries de quatre pièces soit  un total de 48 canons en ligne plus les canons mis en œuvre par les deux RAP.
Caractéristiques du mortier de 220L Schneider modèle 1917

Calibre : 220mm Poids en batterie : 25880kg (remorquage en deux colis) Poids de l’obus :  104.75kg Longueur du tube : 7.67m (34.9 calibres) Portée maximale : 22800m Pointage en azimut : 20° Pointage en hauteur : 0° à +37° Cadence de tir : 2 coups en trois minutes Mise en batterie : 6 heures

21-Armée de terre (70)

Régiments d’Artillerie Lourde à Grande Puissance (RALGP)

Comme leur nom l’indique, les RALGP regroupent les pièces les plus puissantes de l’artillerie française en dehors bien entendu de l’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée. En temps de paix, les pièces sont stockées.

Dès le déclenchement du processus de mobilisation générale, quatre régiments sont mis sur pied par deux centre mobilisateurs d’artillerie avec des pièces d’un calibre respectable : 220 et 280mm.

Le Régiment d’Artillerie Lourde à Grande Puissance est organisé en  un état-major, une batterie hors rang et trois groupes de deux batteries de quatre pièces, chaque groupe disposant d’un état-major, d’une colonne de ravitaillement et donc de deux batteries de tirs.

-Le 171ème Régiment d’Artillerie Lourde à Grande Puissance est mis sur pied par le CMA 25 de Bourges avec pour équipement, le canon de 280mm Schneider TR.

-Le 172ème Régiment d’Artillerie Lourde à Grande Puissance est mis sur pied par le CMA 25 de Bourges avec pour équipement, le canon de 280mm Schneider TR.

-Le 173ème Régiment d’Artillerie Lourde à Grande Puissance est mis sur pied par le CMA 15 de Nimes avec pour équipement, le canon de 220L 17 Schneider.

-Le 174ème Régiment d’Artillerie Lourde à Grande Puissance est mis sur pied par le CMA 15 de Nimes avec pour équipement, le canon de 220L 17 Schneider.

Ces quatre régiments sont affectés à la Réserve Générale. Lors du processus de démobilisation, seul le 172ème RALGP est maintenu en ligne. Sa structure du temps de paix post-guerre de Pologne est modifiée avec quatre groupes, deux équipés de 280TR et deux équipés de 220L17.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, le 172ème RALGP se détriple pour reformer les 171ème, 173ème et 174ème RALGP avec le même équipement qu’en 1939.

Deux autres régiments d’artillerie lourde à grande puissance sont mis sur pied en septembre 1948, le 175ème et le 176ème RALGP équipés de trois groupes à trois batteries de quatre 194GPF tractés, un véritable revenant.

Ce canon conçu comme pièce tractée et comme pièce chenilée (équipant le 184ème RALT) n’avait été mise en service que comme pièce chenilée en 1919 en raison de l’armistice. En 1944, le général Villeneuve décide de relancer sa fabrication pour pouvoir équiper deux RALGP en temps de guerre soit un total de 96 pièces produites (72 en ligne et 24 en réserve).

Régiments d’Artillerie Lourde Portée (RALP)

Dans l’artillerie française de 1939, on trouve également des Régiments d’Artillerie Lourde Portée (RALP). Ces régiments sont organisés en un état-major, une batterie hors-rang et trois groupes à trois batteries de quatre pièces.

-Le 351ème Régiment d’Artillerie Lourde Puissante est mis sur pied par le CMA 11 de Vannes avec pour équipement le canon de 105L13. Il est affecté à la réserve générale.

-Le 352ème Régiment d’Artillerie Lourde Puissante est mis sur pied en mai 1940 à partir de deux groupes (numérotés X et XI) du 143ème RALH avec pour équipement des 105 de montagne.

-Le 355ème Régiment d’Artillerie Lourde Puissante est un régiment d’active lui aussi équipé de canons de 105L13. Il est affecté à la Réserve Générale.

-Le 361ème Régiment d’Artillerie Lourde Coloniale Portée est mis sur pied par le CMA 26 de Châlons sur Marne. Il est équipé de trois groupes de 155C17. Il est affecté comme les autres régiments à la Réserve Générale.

-Le 363ème Régiment d’Artillerie Lourde Coloniale Portée est un régiment d’active. Il est équipé de deux groupes de 155C17. Il est affecté comme les autres régiments à la Réserve Générale.

-Le 364ème Régiment d’Artillerie Lourde Coloniale Portée est mis sur pied par le CMA 16 de Castres. Il est équipé de trois groupes de 155C17. Il est affecté comme les autres régiments à la Réserve Générale.

A l’issue de la démobilisation, seuls les deux régiments d’active sont maintenus en ligne, le 355ème RALP de Nantes et le 363ème de Draguignan. Leur équipement évolue entre 1940 et 1948, les 105L13 du 355ème RALP sont remplacés par des 105L41 de Tarbes tandis que les 155C17 du 363ème RALP sont remplacés par des 155GPFT.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, les 355ème et 363ème participent à la réactivation des régiments mobilisés en 1939 à l’exception du 352ème RALP qui n’est pas reconstitué dans sa base levantine.

-Le 351ème Régiment d’Artillerie Lourde Puissante est remis sur pied avec trois groupes de 105mm équipés de 105L36 Schneider.

-Le 361ème Régiment d’Artillerie Lourde Coloniale Porté est remis sur pied avec trois groupes, deux groupes de 105 équipés de 105L41 de l’Etablissement de Tarbes et un groupe équipé de 155GPFT.

-Le 364ème Régiment d’Artillerie Lourde Coloniale Porté est réactivé avec trois groupes de 155mm équipés de GPFT.

Courant octobre, prévoyant une guerre longue, le généralissime Villeneuve ordonne la mise sur pied de deux nouveaux RALP, le 356ème équipé de deux groupes de 105L41 et un groupe de 155 GPFT et le 357ème équipé de trois groupes de 105L41.

21-Armée de terre (54)

Régiments non endivisionnés

– 6ème régiment d’artillerie nord-africain de Lyon

– 10ème régiment d’artillerie coloniale tractée tout-terrain de Rueil

– 11ème régiment d’artillerie lourde coloniale hippomobile de Lorient

-détachement autonome d’artillerie coloniale de Corse de Bastia fourni par le 2ème RAC

Réserve générale

Comme leur nom l’indique, ces régiments sont placés en réserve pour renforcer les unités en cas de besoin. Rapidement des régiments sont rattachés aux corps d’armée.

-2ème régiment d’artillerie de montagne de Grenoble

-17ème régiment d’artillerie légère de Sedan

-34ème régiment d’artillerie légère de Rouen

-36ème régiment d’artillerie légère d’Issoire

-43ème régiment d’artillerie légère de Caen

-103ème régiment d’artillerie lourde tractée de Rouen ultérieurement affecté au 6ème Corps d’Armée

-107ème  régiment d’artillerie lourde tractée de Belfort ultérieurement affecté au 7ème Corps d’Armée

-108ème  régiment d’artillerie lourde tractée de Dijon ultérieurement affecté au 8ème Corps d’Armée
-180ème régiment d’artillerie lourde tractée

-181ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 341 de Fontainebleau

-182ème  régiment d’artillerie lourde tractée de Commercy

-183ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 341 de Fontainebleau

-184ème  régiment d’artillerie lourde tractée de Valence

-185ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 313 de Clermont-Ferrand

-186ème régiment d’artillerie lourde tractée

-187ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 8 de Dijon

-188ème  régiment d’artillerie lourde tractée de Belfort

-189ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 7

-190ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 1 de Douai

-191ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 1 de Douai

-192ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 314 de Valence

-193ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 314 de Valence

-194ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 15 de Nîmes

-195ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 15 de Nîmes

-196ème  régiment d’artillerie lourde tractée de Bordeaux

-197ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 318

-171ème régiment d’artillerie lourde à grande puissance mis sur pied par le CMA 25 de Bourges

-172ème régiment d’artillerie lourde à grande puissance mis sur pied par le CMA 25 de Bourges

-173ème régiment d’artillerie lourde à grande puissance mis sur pied par le CMA 15 de Nimes

-174ème régiment d’artillerie lourde à grande puissance mis sur pied par le CMA 15 de Nîmes

-105ème régiment d’artillerie lourde hippomobile de Bourges ultérieurement affecté au 3ème Corps d’Armée

-106ème régiment d’artillerie lourde hippomobile du Mans ultérieurement affecté au 4ème Corps d’Armée

-109ème régiment d’artillerie lourde hippomobile de Châteaudun ultérieurement affecté au 21ème Corps d’Armée
-112ème régiment d’artillerie lourde hippomobile de Limoges affecté ultérieurement au 12ème Corps d’Armée

-113ème régiment d’artillerie lourde hippomobile de Nîmes affecté ultérieurement au 15ème Corps d’Armée

-115ème régiment d’artillerie lourde hippomobile de Castres affecté ultérieurement au 16ème Corps d’Armée

-117ème régiment d’artillerie lourde hippomobile de Toulouse affecté ultérieurement au 17ème Corps d’Armée

-305ème régiment d’artillerie tractée tout terrain de Besançon ultérieurement intégrée à la 1ère DCr

-309ème régiment d’artillerie tractée tout terrain de Strasbourg ultérieurement intégrée à la 2ème Dcr

-351ème régiment d’artillerie lourde portée mis sur pied par le CMA 11 de Vannes

-352ème régiment d’artillerie lourde portée mis sur pied à partir des Xème et XIème groupes du 149ème RALH et déployé au Levant.

-355ème régiment d’artillerie lourde portée de Nantes

-361ème régiment d’artillerie lourde coloniale portée mis sur pied par le CMA 26 de Chalons sur Marne

-363ème  régiment d’artillerie lourde portée de Draguignan

-364ème régiment d’artillerie lourde coloniale portée mis sur pied par le CMA 26 de Chalons sur Marne

-165ème régiment d’artillerie de position est mis sur pied par le CMA 46 de Metz

-301ème régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 302 de La Fère

-302ème régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 302 de La Fère

-303ème régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 4 du Mans

-304ème régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 303 du Vernon

-306ème  régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 341 de Fontainebleau

-307ème  régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 11 de Vannes

-308ème  régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 29 d’Angoulême

-310ème régiment d’artillerie coloniale portée mis sur pied par le CMA 321

-311ème  régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 24  de Rennes

-313ème  régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 5 d’Orléans

-314ème  régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 5 d’Orléans

-315ème régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 7

-316ème régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 16 de Castres

-317ème régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 17 de Toulouse

-318ème régiment d’artillerie de position mis sur pied par le CMA 11 de Vannes

-320ème régiment d’artillerie coloniale de position mis sur pied par le CMA 321

-370ème régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée : régiment de service sans aucun canon

-371ème  régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée mis sur pied par le CMA 209 de Chalons sur Marne

-372ème régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée de Chalons sur Marne

-373ème régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée de Saint Eulien

-374ème régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée mis sur par le CMA 209 de Chalons sur Marne

Régiments antiaériens

-401ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (401ème RADCA) intégré à la 31ème brigade de défense contre-avions.

-402ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (402ème RADCA) intégré à la 32ème brigade de défense contre-avions

-403ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (403ème RADCA) intégré à la 32ème brigade de défense contre-avions

-404ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (404me RADCA) intégré à la 31ème brigade de défense contre-avions.

-405ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (405ème RADCA) intégré à la 32ème brigade de défense contre-avions

-406ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (406ème RADCA) intégré à la 31ème brigade de défense contre-avions.

-407ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (407ème RADCA)

-408ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (408ème RADCA)

-409ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (409ème RADCA)