Mitteleuropa Balkans (85) Roumanie (15)

Infanterie de Marine

Histoire

C’est entre 1886 et 1888 que l’infanterie de marine roumaine rentre dans l’histoire. Oh non pas suite à un fait d’armes glorieux mais simplement parce qu’on mentionne à cette époque la présence de fusiliers faisant pleinement partie de l’équipage du croiseur protégé NMS Elisabeta.

La présence de fantassins au sein des équipages de navires est vieille comme le monde. A l’époque antique c’est souvent la présence d’hoplites et de légionnaires à bord des trirèmes qui faisait la différence après l’abordage.

Au Moyen-Age cela permettait de réaliser des «descentes» (que l’on peut considérer comme l’ancètre de nos raids commandos) et à l’époque moderne cela permettait aussi de protéger les officiers contre des marins qui étaient souvent recrutés de force et pas toujours dans des milieux sociaux où la loi était une valeur cardinale si vous voyez ce que je veux dire.

Le 24 janvier 1917 la marine royale roumaine créé un bataillon de débarquement pour assurer la défense des côtes et surtout les bouches du Danube qui resteront sous contrôle des roumains jusqu’au bout. Ultérieurement un Corps des Marines est créé regroupant le bataillon sus-nommé et un groupe de compagnies de marche (NdA formées de matelots non indispensables à bord des navires comme pour les compagnies de débarquement ?).

Le 11 mars 1920 les forces navales roumaines sont réorganisées avec la création d’unités de défense fluviale et de défense côtière. L’infanterie de marine roumaine à clairement là un rôle défensif.

Ces fantassins sont pour ainsi dire des gardiens de côte en liaison avec des postes d’observation et des batteries côtières (canons de 102mm, 120 et de 152mm).

Le 1er avril 1940 le décret royal n°635 réorganise à nouveau la marine roumaine notamment dans le domaine de la défense côtière qui est le rôle primordial de la marine royale roumaine en attendant un potentiel développement hauturier.

Un commandement de la défense côtière comprend un régiment de génie maritime chargé d’aménager les défenses côtières, de mouiller des mines télécommandées et d’autres pièges comme des filets anti-sous-marins et anti-plongeurs, une division d’artillerie côtière qui regroupe les batteries côtières (la côte roumaine est divisée en trois secteurs avec une brigade regroupant les pièces du secteur) et un bataillon d’infanterie de marine composé initialement de 48 officiers, 55 sous-officiers et 2250 soldats.

La mission de ce bataillon aux effectifs importants était à la fois la défense des côtes, la sécurité des ports mais aussi des navires, des détachements opérant sur les navires de la marine roumaine.

En septembre 1945 le bataillon devient un régiment qui lui même est transformé en brigade en juin 1947 avec un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois bataillons d’infanterie, un bataillon d’artillerie légère, une compagnie antichar, une compagnie antiaérienne, une compagnie du génie et un peloton d’autos blindées.

Quand le premier conflit mondial éclate, la brigade se retrouve à protéger des secteurs sensibles du littoral roumain ce qui est un gaspillage de moyens car l’entrainement et le caractère élitiste de l’unité en fond une unité désignée pour le coup de main, pour le harcèlement, bref pour ce qu’on n’appelle pas encore le raid commando ou les opérations spéciales.

L’opération BARBAROSSA est l’occasion pour la brigade de montrer ses capacités, occupant dès le 21 juin 1950 à l’aube la rive orientale du Danube sous la forme de têtes de ponts pour permettre un déploiement plus serein des troupes germano-roumaines.
Les fusiliers marins roumains opéraient depuis des canots pneumatiques ou des radeaux, neutralisaient les sonnettes et les observateurs ennemis, dégageaient les éventuels pièges et autres mines avant de baliser la zone pour permettre à l’infanterie de renforcer la tête de pont.

Il n’y avait pas de règle établie mais quand les relations étaient bonnes avec l’armée de terre, les Diables Noirs dès que la tête de pont était consolidée s’infiltraient loin dans la profondeur du dispositif ennemi pour renseignement et sabotage, certains Dracul Negru capturés étaient sommairement passés par les armes par les détachements de sécurité du NKVD chargés de sécuriser les arrières.

L’usage de l’infanterie de marine roumaine était donc particulièrement moderne et novateur et ne dépareille pas en 2020, le 307ème régiment de fusiliers de marine créé en 1970 reprenant les traditions de la brigade.

Cette mission effectuée, la brigade va multiplier les coups de main. Dès que le front se stabilisait, les Diables Noirs débarquaient à l’arrière du front pour déstabiliser le dispositif soviétique. Très vite les fusiliers marins soviétiques vont apprendre à respecter leurs homologues roumains.

Après avoir opéré sur les rives de la mer Noire et en Crimée, la brigade s’installe à Yalta, une base étant implantée pour permettre à l’unité d’opérer à son aise. Elle bénéficie de certains privilèges qui provoque rancoeurs et jalousie au sein de la marine mais aussi au sein de l’armée de terre.

Depuis cette base, la brigade va mener des raids en direction des côtes sous contrôle soviétique notamment dans le cadre de l’opération FRIEDRICH. Après la contre-attaque soviétique, les diables noirs roumains vont opérer comme pompiers et comme anges-gardiens, freinant les attaques soviétiques et récupérant des soldats isolés.

Repliée sur la Crimée, elle combat dans le cadre de l’opération PIOTR VELIKYI (volet GANGUT), se montrant toujours aussi redoutable au point qu’on racontait que certains Frontoviki hésitait à attaquer les secteurs tenus par les fusiliers marins roumains un peu comme les croisés de la 4ème croisade se gardèrent d’attaquer les secteurs venus par la garde varègue.

Elle subit des pertes importantes mais profite du manque d’allant des soviétiques pour se replier sur Sébastopol et évacuer jusqu’en Roumanie.

Profitant du chaos ambiant qui annonce le coup d’état communiste, la brigade se replie dans le nord de la Roumanie pour se reconstituer, reconstitution difficile suite au coup d’état du 25 septembre 1953.

la brigade choisit de lier son sort aux allemands et va combattre jusqu’à la capitulation allemande, terminant en Hongrie. Des prisonniers roumains sont envoyés en Roumanie où certains sont sommairement exécutés mais beaucoup parviennent à rallier la France, certains s’engageant dans la Légion Etrangère où il vont combattre dans la première guerre du Vietnam notamment.

Organisation

L’organisation adoptée en 1947 n’évolue qu’à la marge durant le second conflit mondial. Elle est donc la suivante :

-Un état-major

-Une compagnie de commandement et de soutien

Elle est chargée de fournir soutien militaire et logistique à l’état-major. Elle dispose de véhicules pour un poste de commandement mobile, founit ravitaillement et soutien sanitaire, assure la maintenance des véhicules et dispose d’un peloton de protection rapprochée.

-Trois bataillons d’infanterie

Chaque bataillon d’infanterie de la brigade est organisé en une compagnie de commadement et de soutien (commandement du bataillon, soutien logistique et sanitaire), quatre compagnies de combat et une compagnie d’armes lourdes.

Chaque compagnie de combat dispose d’une section de commandement, de quatre sections de combat à trois groupes de combat plus un groupe de mortiers et d’une section de mitrailleuses lourdes.

La compagnie d’armes lourdes dispose d’une section d’éclaireurs, d’une section de mitrailleuses, d’une section de mortiers de 81mm et d’une section de canons antichars légers.

-Un bataillon d’artillerie légère

Caanon de 75mm Resita

Le bataillon d’artillerie légère est organisé en un état-major, une batterie de commandement et de soutien, trois groupes de trois batteries de quatre canons de 75mm Resita et une batterie de conduite de tir.

Une compagnie antichar

Canon de 25mm Hotchkiss

La compagnie antichar est organisée en une section de commandement et de soutien, trois sections de quatre canons antichars (25mm Hotchkiss puis 47mm Böhler) et une section de fusils antichars (fusils PTRD-41 de prise puis Panzerfaust et Panzerschrek)

Une compagnie antiaérienne

2cm Flak 38

La compagnie antiaérienne est organisée en une section de commandement et de soutien, une sections de canons antiaériens de 37mm et deux sections de canons antiaériens de 20mm

Une compagnie du génie

Cette compagnie est organisée en un état-major, une section de déminage, une section de minage et une section d’aide à l’aménagement du terrain

Un peloton d’autos blindées

Ce peloton qui aurait du être porté au niveau de la compagnie dispose de huit autos blindées.

Equipement

En ce qui concerne l’uniforme, le fusilier marin roumain porte un uniforme bleu marine avec un maillot de corps rayé semblable à celui des fusiliers marins soviétiques quand il sert à bord des navires de la marine royale roumaine mais quand il opère à terre il porte le même uniforme que celui de l’armée de terre avec tout de même les ancres de marine sur l’uniforme.

Ca c’est dans la théorie puisqu’en pratique il y avait de nombreuses libertés notamment en première ligne ce qui fait aujourd’hui les délices des amateurs d’uniformologie.

En revanche en ce qui concerne l’armement il est identique à celui de l’armée de terre. Notons tout de même une proportion plus forte en matière d’armes automatiques qu’elles soient individuelles ou collectives.

Fusil mitrailleur ZB vz.26 utilisé par les troupes tchèques. Les troupes de marine roumaine qui disposaient d’un modèle similaire possédaient souvent deux armes de ce type dans chaque groupe de combat. Autant dire une puissance de feu dissuasive.

Si normalement le groupe de combat roumain disposait d’un fusil mitrailleur, les fusiliers marins disposaient parfois de deux armes de ce type notamment pour les raids derrière les lignes ennemies.

Et si le fusil était présent pour la parade et la garde à bord des navires, au combat il était souvent remplacé par le pistolet mitrailleur qu’il soit roumain, allemand ou soviétique.

Défenses côtières

Schéma général et Organisation opérationnelle

Si aujourd’hui la défense côtière est réservée à un certain nombre de pays à la géographie particulière ce ne fût pas toujours le cas. Pendant des siècles tous les pays garnissaient leurs côtes de tours, de fortins pour se protéger des menaces venues de la mer.

La Roumanie ne fait pas exception. Non seulement elle à l’est un pays hostile possédant une puissante marime en expansion mais en plus elle ne posséde pas une marine lui permettant de négliger la protection de son littoral et de ses ports.

Après des années d’essais, de tâtonnements, l’année 1940 est considéré comme l’année de la renaissance pour la défense côtière roumaine. En effet le décret royal n°635 du 1er avril 1940 entraine une réorganisation de la marine roumaine et la création d’un commandement de la défense côtière.

Ce commandement qui dépend directement du commandant de la marine roumaine comprend un régiment de génie maritime chargé de l’aménagement des défenses côtières, du mouillage et de l’utilisation de mines télécommandées et autres pièges (filets anti-plongeurs et filets anti-sous-marins), un bataillon d’infanterie de marine et une division d’artillerie côtière.

Cette dernière comprend trois brigades, chaque brigade correspondant à un secteur du littoral roumain avec un certain nombre de batteries d’artillerie, des postes d’observation, des postes de commandement mais aussi des abris pour l’infanterie qu’elle soit de marine ou de l’armée de terre (même si les relations interarmées ont toujours été compliquées).

Ce secteur est dirigé par officier supérieur qui dirige la défense en liaison avec les navires de surface, les sous-marins et l’aéronavale. Il dispose pour cela d’un petit état-major qui relaie son action en direction de ses subalternes qui dirigent des districts correspondant le plus souvent à une batterie d’artillerie lourde et à des batteries légères. C’est là un schéma général il y à parfois des exceptions pour s’adapter à la réalité du terrain.

On trouve un secteur couvrant les bouches du Danube, un secteur central et un secteur méridional couvrant le port de Constanza.

Obusier américain de 240mm M-1. Encore aujourd’hui on ignore l’origine exact des pièces de 240mm de la défense côtière roumaine.

Le secteur des bouches du Danube comprend deux batteries lourdes disposant de deux canons de 240mm chacun, de quatre batteries médianes disposant chacune de quatre canons de 152mm et de huit batteries légères disposant de canons de 102 et de 76.2mm.

La construction de ces batteries à été difficile en raison d’un terrain ingrat ce qui fit que l’ingénieur responsable comparant cette construction aux douze travaux d’Hercules.

A ces seize batteries de tir s’ajoute huit postes d’observation optiques, quatre postes de commandement et huit abris bétonnés pour l’infanterie. Ces installations sont armées de mitrailleuses pour leur défense rapprochée.

Le secteur central qui couvre la côte des bouches du Danube à la ville de Marmaia comprend deux batteries lourdes disposant chacun de deux canons de 240mm, six batteries médianes disposant chacune de quatre canons de 120mm et huit batteries légères disposant de quatre canons de 102mm.

A ces seize batteries vont s’ajouter quatre postes d’observation optiques, quatre postes de commandement et huit abris bétonnés pour l’infanterie. Ces installations sont armées de mitrailleuses pour leur défense rapprochée.

Le secteur méridional couvre le port de Constansa, le principal port de commerce roumain et surtout une base majeure pour la marine roumaine. C’est donc le secteur le plus puissant avec quatre batteries lourdes à deux canons de 240mm, huit batteries médianes disposant de canons de 152mm (deux) et de canons de 120mm (six) et douze batteries légères disposant de canons de 76.2mm

A ces vingt-quatre batteries vont s’ajouter six postes d’observation optiques, quatre postes de commandement et douze abris bétonnés pour l’infanterie, ces installations disposant de mitrailleuses pour se défendre contre un coup de main.

Dès la fin du mois d’août des travaux complémentaires sont menés avec le creusement de tranchées par des unités de travailleurs (ces unités étaient composées d’hommes jugés inaptes au service armé comme les roms, les juifs ou des politiques jugés dangereux), la mise en place de mines, de barbelés.

Les batteries deviennent ainsi de véritables ilôts de défense se couvrant mutuellement contre une menace venue de la mer mais aussi de la terre puisque les pièces sont souvent montées sur une plate-forme rotative permettant un pointage tout azimut.

En l’absence de réelle tentative amphibie de l’URSS les batteries vont surtout tirer pour l’entrainement sauf pour celles du secteur des bouches du Danube qui vont opérer contre les positions de l’Armée Rouge dans les premières heures de l’opération BARBAROSSA.

Par la suite durant le conflit une partie des batteries sera désarmée et les pièces déplacées pour défendre les approches d’Odessa et de Sébastopol. Ces pièces seront détruites durant l’opération PIOTRE VELIKYI en septembre 1953.

Même si le dispositif est affaiblit il reste une noix dure à casser. Es-ce à dire que les soviétiques vont connaître de sérieuses difficultés à les neutraliser. Pas vraiment car l’armée roumaine se désintégra on verra certaines batteries se rendre sans combattre, d’autres évacuer sans autorisation tandis que d’autres ouvraient le feu pour l’honneur.

Ce qui est certain en revanche c’est que les soviétiques vont dès la fin du conflit détruire ces fortifications récupérant canons, mitrailleuses, optiques, ne laissant que le béton.

Durant la période communiste certains blockhaus et certains fortins ont été détruits pendant que d’autres ont disparu sous la végétation pour mieux réapparaitre au début des années 2000 quand le gouvernement décide de jouer la carte du tourisme historique en reconstituant certains fortins pour les transformer en musée.

Principaux modèles d’armes et d’installations

L’artillerie côtière roumaine dispose de canons de 240mm, de 152, de 120, de 102 et de 76.2mm, des canons d’origine étrangère en dépit de tentatives pour produire des canons de conception roumaine.

Le canon de 240mm à une origine incertaine. Selon certains cette pièce serait d’origine roumaine mais pour d’autres il s’agit de pièces de conception allemandes produites en Roumanie. En dépit de recherches intensives, le mystère n’à toujours pas été levé en 2020.

Les canons de 120 et de 152mm sont des canons de la firme Bofors alors que les canons de 102mm sont d’origine italienne, le canon de 76.2mm étant un modèle d’origine russe que la Roumanie continuait de produire dans une variante améliorée.

La défense rapprochée des pièces lourdes était assurée par des canons de 20 et de 37mm à double usage mais aussi des mitrailleuses qu’elles soient lourdes (13.2mm Hotchkiss) ou médianes (7.92mm).

Il y eu des projets de blockhaus antichars disposant de canons de 47mm mais aucun ne fût construit tout comme de véritables blockhaus d’infanterie et non de simples abris avec mitrailleuses et mortiers. C’est visiblement des questions de coût qui ont provoqué l’abandon de ce projet qui aurait donné à la défense côtière roumaine un faux-air de Ligne Maginot.

Les postes de commandement, les postes d’observation et les abris possédaient une base technique commune avec bien entendu des différences pour s’adapter à leur mission.

C’est ainsi que les postes de commandement disposait d’un télémètre pour permettre de guider le tir des pièces les plus lourdes même si ce n’était pas son rôle premier. Ces postes de commandement disposait aussi d’installations de télécommunication plus étoffées, installations qui parait-il ont impressionné tant les allemands que les soviétiques.

Les postes d’observation disposaient d’une tour muni de plusieurs télémètres alors que les abris pour fantassins disposaient de tourelles d’observation et de moyens de défenses plus importants.

Scandinavie (45) Danemark (16)

Navires

Cuirassés garde-côtes

En guise d’avant propos

Le cuirassé garde-côtes est pour ainsi dire une spécificité scandinave puisqu’on retrouve peu de navires de ce type ailleurs qu’en Norvège, qu’au Danemark, qu’en Suède ou en Finlande, les seuls exemples que j’ai en tête étant ceux de la Thaïlande et des Pays-Bas encore que la Koniklijke Marine à basculé durant la Pax Armada vers le croiseur de bataille.

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Scandinavie (9) Norvège (9)

Navires

Cuirassés garde-côtes

En guise d’avant propos

Ilmarinen

Le cuirassé garde-côtes finlandais Illmarinen

Le cuirassé garde-côtes est pour ainsi dire une spécificité scandinave puisqu’on retrouve peu de navires de ce type ailleurs qu’en Norvège, qu’au Danemark, qu’en Suède ou en Finlande, les seuls exemples que j’ai en tête étant ceux de la thaïlande et des Pays-Bas encore que la Koniklijke Marine à basculé durant la Pax Armada vers le croiseur de bataille.

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Scandinavie (8) Norvège (8)

Organisation

Organisation en septembre 1948

-Un état-major implanté à Oslo

-Des groupements indépendants dans lesquels en théorie le commandement pioche pour former des groupes occasionnels adaptés à une mission précise mais dans la pratique c’est beaucoup moins évident.

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Benelux (24) Pays-Bas (24)

Défenses côtières et Korps Mariniers

Défenses côtières

Coastal Fortress Maasmond

Tourelle de la forteresse côtière de Maasmond

En septembre 1939, les défenses côtières néerlandaises sont comme partout en Europe antédiluviennes. Logique pour un pays qui investissait peu dans ses forces armées, logique pour un pays qui n’avait plus participé à un conflit militaire majeur depuis 1832.

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Benelux (15) Pays-Bas (15)

Artillerie, Mines et Torpilles

Artillerie

Artillerie lourde

-En septembre 1948, le plus gros calibre utilisé par la marine néerlandaise est le 280mm sous la forme d’un canon allemand.

En effet deux des trois croiseurs de bataille néerlandais ont récupéré les tourelles des Scharnhorst et Gneisenau qui au cours des années quarante troquent leurs trois tourelles triples de 11 pouces contre trois tourelles double de 380mm semblables à celles armant le Bismarck et le Tirpitz.

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23-Armée de terre Ligne Maginot (41)

Ordre de bataille de la ligne Maginot et des fortifications de Corse et de Tunisie

De septembre 1940 à l’été 1948, la Ligne Maginot ressemble à un géant assoupi, prêt à mordre et à griffer. Régulièrement et comme avant la guerre de Pologne, des exercices sont régulièrement menés (généralement une fois par mois voir une fois tous les quinze jours) pour améliorer le délai de réaction pour armer les ouvrages qui doivent couvrir la mobilisation générale d’une attaque surprise allemande.

Voilà pourquoi dès la mi-août 1948, le géant commence à s’étirer à s’éveiller. Les ouvrages retrouvent l’animation qu’était la leur durant la guerre de Pologne.

Nous sommes loin de la mobilisation générale mais dès le 22 août, le haut commandement estime possible de repousser une attaque surprise allemande entre les Ardennes et la frontière suisse sans parler d’une attaque italienne sur le front alpin.

Les tensions ne faisant que s’accroitre, de nouvelles classes de réservistes sont rappelés à partir du 27 août, des régiments d’infanterie et d’artillerie de forteresse sont réactivés pour pouvoir occuper les ouvrages.

Comme durant la guerre de pologne, les gardes frontaliers et les gardes mobiles frontaliers vont se livrer à des escarmouches en compagnie des corps francs des RIF, des escarmouches maintenues à un niveau suffisamment bas pour que les morts provoqués par des combats ne dégénèrent pas, pas maintenant en tout cas en un conflit ouvert.

Dès le 3 septembre 1948, les ouvrages de la ligne Maginot sont en ordre de bataille, près à repousser une attaque allemande et à couvrir les prémices de la mobilisation générale officiellement décrétée le 5 septembre 1948.

Comme de septembre 1939 à septembre 1940, des Secteurs Défensifs et les Secteurs Fortifiés deviennent des Division d’Infanterie de Forteresse (DIF) chargés d’une véritable mission de défense en soutien des Grandes Unités de combat.

Pour ce qui est des ouvrages de campagne, sans troupes attitrées, ils sont entretenus et gardés par des régiments de travailleurs qui par rapport à septembre 1939 sont devenus de quasi-régiments d’infanterie, aptes à mener des combats défensifs bien que la tenue de ses ouvrages est confiée aux troupes de campagne du secteur.

Secteur Fortifié des Flandres (SFF)

-221ème régiment de travailleurs à cinq compagnies de 200 hommes chargés de l’entretien et de la garde des ouvrages en attendant le déploiement des unités de campagne. Ce régiment ex-221ème régiment régional de travailleur à intégré les 9ème et 15ème compagnies de travailleurs espagnols ainsi que la 253ème compagnie française de travailleurs

-10ème et 11ème batteries du 161ème Régiment d’Artillerie de Position. La 10ème batterie reste équipée de canons de 75mm modèle 1897 alors que la 11ème à reçu des canons de 75mm TAZ modèle 1939.

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

-174ème bataillon de sapeurs mineurs

Secteur Fortifié de Lille

-16ème régiment de travailleurs

Secteur Fortifié de l’Escaut

-54ème régiment d’infanterie de forteresse

-17ème régiment de travailleurs

-1er groupe du 161ème RAP équipé de 16 canon de 75mm modèle 1897 en deux batteries et une batterie équipée de huit canons de 105L modèle 1913S, eux aussi montés sur un train de roulement moderne.

canon de 75mm modèle 1897 équipé de pneumatiques

canon de 75mm modèle 1897 équipé de pneumatiques

-1ère compagnie du 212ème bataillon de Sapeurs-Mineurs

101ème Division d’Infanterie de Forteresse

La 101ème DIF remplace le 12 septembre 1948 le Secteur Fortifié de Maubeuge, la mission de cette grande unité est de tenir le front telle une unité statique. Elle dispose des unités suivantes :

-84ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (84ème RIF)

-87ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (87ème RIF) réactivé le 1er septembre 1948 à partir du régiment précédent.

-1er bataillon de mitrailleurs devenu en septembre 1947, 1er régiment de mitrailleurs

-18ème régiment de travailleurs

-2ème groupe du 161ème RAP équipé de 16 canons de 75mm modèle 1897 (deux batteries) et 8 canons de 105mm modèle 1913S en une batterie. Les autres pièces restent stockées.

-226ème bataillon du génie de forteresse (1ère compagnie de sapeurs mineurs, 81ème et 82ème compagnies de transmission et le 21ème parc du génie).

102ème Division d’Infanterie de Forteresse (ex-Secteur Fortifié des Ardennes)

Comme pour la 101ème DIF, la 102ème DIF est chargée de tenir le terrain au profit des unités de campagne notamment les unités chargées de pénétrer en Belgique et au Luxembourg en cas d’agression allemande pour freiner voir stopper l’avance ennemie. Cette division dispose des unités suivantes :

-42ème demi-brigade de mitrailleurs coloniaux

-52ème demi-brigade de mitrailleurs coloniaux officiellement réactivée à la fin du mois d’août

-148ème régiment d’infanterie de forteresse

Canon de 155mm Saint Chamond modèle 1915

Canon de 155mm Saint Chamond modèle 1915

-160ème régiment d’artillerie de position : 2ème groupe avec les 4ème et 6ème batteries disposant de canons de 75mm modèle 1897 et 3ème groupe (7ème 8ème et 9ème batteries) équipées de canons de 155C Saint Chamond modèle 1915 et de canons de 155L modèle 1877.

-141ème bataillon de génie de forteresse avec une compagnie de sapeurs mineurs, les 81ème et 82ème compagnies de transmission et du 83ème détachement colombophile.

-227ème bataillon du génie de forteresse (1ère compagnie de sapeurs-mineurs, la 81ème compagnie de télégraphiste et la 82ème compagnie radio).

103ème division d’infanterie de forteresse (ex-Secteur Fortifié de Montmedy)

Cette division retrouve l’aspect qu’avait le SFM entre septembre 1939 et septembre 1940 avec les unités suivantes :

-132ème régiment d’infanterie de forteresse

-136ème régiment d’infanterie de forteresse

-147ème régiment d’infanterie de forteresse

-155ème régiment d’infanterie de forteresse

Maintenu en ligne après la démobilisation, le 169ème RAP est réorganisé en 1942 avec deux groupes, un premier groupe équipé d’une batterie de 155mm et deux batteries de 105mm et un deuxième groupe avec deux batteries d’ouvrages, une pour les forts de Verdun et un autre pour les casemates du SF Montmedy et une batterie de 105mm.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

 

A la mobilisation d’août 1948, une batterie de douze canons de 47mm modèle 1937 est intégrée au régiment pour renforcer la défense antichar du secteur.

-211ème bataillon de sapeurs mineurs avec la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio

Secteur Fortifié de Crusnes

Ce secteur fortifié qui ne devient pas une division retrouve en septembre 1948 l’aspect qu’il avait connu durant la guerre de Pologne. Il aligne donc les unités suivantes :

-128ème régiment d’infanterie de forteresse réactivé dès le 21 août 1948

-139ème régiment d’infanterie de forteresse réactivé le 30 août 1948

-149ème régiment d’infanterie de forteresse

-46ème régiment d’artillerie mobile de forteresse (46ème RAMF) disposant de deux groupes de 75mm appuyant respectivement les 128ème et 139ème RIF et d’un groupe de 155C appuyant le 149ème RIF.

-152ème régiment d’artillerie de position disposant de deux batteries de 155C et deux batteries de 155mm modèle 1877

-142ème bataillon du génie de forteresse (deux compagnies de génie, 81ème compagnie télégraphiste, 82ème compagnie radio et 83ème détachement colombophile)

Secteur Fortifié de Thionville

Le Secteur Fortifié de Thionville dispose à la suite de la mobilisation d’août-septembre 1948 des unités suivantes :

-167ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (167ème RIF)

-168ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (168ème RIF)

-169ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (169ème RIF) mobilisé à partir du 168ème RIF comme en septembre 1939.

-151ème Régiment d’Artillerie de Position (151ème RAP) à cinq groupes répartis en deux groupes de 155L, deux pièces de 240, deux pièces de 220L, des batteries d’ouvrages et l’artillerie d’anciens forts allemands.

-70ème Régiment d’Artillerie Mobile de Forteresse (70ème RAMF) avec deux groupes de 75mm (ayant appartenu de septembre 1940 à août 1948 au 151ème RAP) et un groupe de 155C

-203ème bataillon du génie de forteresse qui dispose de deux compagnies de génie (1ère et 2ème), la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio.

18-Bases et arsenaux (3)

C-Base navale de Brest

Plan général de la rade de Brest

Plan général de la rade de Brest

Avant propos

Les bases navales en particulier et les ports en général ne sont pas installés n’importe où mais généralement dans des lieux accessibles et aisément défendables. Dans ce cas, le site de Brest est remarquable.

C’est comme si la nature avait tout fait que pour l’homme y implante une base ou un port important avec un vaste plan d’eau protégé des vents, un fleuve côtier pénétrant assez loin dans les terres ce qui facilite les communications avec son hinterland et surtout un accès très facile à défendre car le Goulet est non seulement étroit mais en plus, un haut fond oblige l’assaillant à serrer au nord ou au sud ce qui facilite l’action des batteries côtières.

Les premiers travaux commencent au milieu du 17ème siècle sous l’impulsion de Richelieu dont l’oeuvre pour la marine est souvent éclipsée par celle de Colbert et ne cesseront jamais jusqu’au 20ème siècle.

La Rade-Abri

C’est le cœur de la base navale de Brest, un cœur opérationnel et de soutien avec des installations d’entretien importantes.

Elle commence à voir le jour au 19ème avec la construction d’une jetée Sud de 1500m entre 1889 et 1896 suivit d’une jetée Ouest de 200m entre 1895 et 1900m. Entre 1900 et 1905, la jetée Sud est allongée sur 750m portant sa longueur à 2050m.

A cette époque, la Rade Abri est protégée par trois jetées : Ouest, Sud et Est avec trois accès mais cette situation change au début des années trente avec la fermeture de la passe Ouest, ne laissant plus que deux accès : la Passe de l’Est entre le Château et la Jetée Est et la Passe du Sud entre la Jetée Est et la Jetée Sud.

Le long de sa jetée on trouve le groupe-école Armorique jusqu’en 1943 et c’est là que s’amarre les cuirassés de la 1ère Escadre ainsi que les deux porte-avions. Un projet d’épis perpendiculaires pour faciliter l’amarrage des grandes unités n’à pas le temps de voir le jour avant le début du second conflit mondial.

Cette vaste étendue d’eau artificielle intègre plusieurs zones géographiques comme le Quai des Flottilles où s’amarrent les contre-torpilleurs et les croiseurs, le Bassin des Torpilleurs qui comme son nom l’indique abrite les torpilleurs d’escadre (et les corvettes) et qui intègre également le Quai d’Armement.

Ce Quai d’Armement fait partie intégrante de la zone technique du Laninon, une zone importante pour les travaux notamment des plus grandes unités de la Royale.

Elle dispose en 1939 de deux bassins de radoub, les formes n°8 et n°9 creusées entre 1910 et 1916 et mesurant 250m de long sur 36m de large.

Ces deux formes pouvaient accueillir un Dunkerque ou un Richelieu mais pas une unité de classe Alsace ce qui nécessite la construction d’une nouvelle forme. En 1938, sont lancés les travaux pour deux formes, une forme n°10 installée à l’est du bassin n°8 et une forme n°11 installée à l’ouest du bassin n°9.
La forme n°10 destinée à la construction de grandes unités est la priorité de la marine et cette forme est inaugurée en mars 1942 alors qu’elle affichait 275m de long, 58m de large et un tirant d’eau de 13m, largement suffisant pour accueillir un cuirassé de classe Alsace. Prolongée à 300m, elle devait atteindre 360m de long mais la guerre interrompit les travaux.

La forme n°11 est inaugurée en janvier 1945 et aligne des dimensions différentes avec 320m de long (360m initialement prévus), 48m de large à l’entrée (58m à la fin du bassin) et un tirant d’eau de 13m.

A l’est de la zone du Laninon, La Pointe était une zone jusque là déserte mais à la fin des années trente, décision est prise de la transformer en zone technique.

Deux cales sont construites, des cales capables de construire et de caréner des unités légères, la cale Penfeld n°1 de 220m de long et la cale Penfeld n°2 de 175m de long, ces deux cales remplaçant à partir de 1947 la Cale du Point du Jour.

Cette zone technique de la pointe dispose également d’un atelier dédié au travail du métal, des magasins de stockage et une zone dédiée à l’artillerie navale.

Le Château

Cet emplacement est situé sur la rive gauche de la Penfeld. C’est le lieu de mouillage des remorqueurs, gabares et autres navires auxiliaires.

La Penfeld

La Penfeld est un fleuve côtier de 16km sur lequel s’est développé la ville et le port de Brest et jusqu’en 1865, elle était ouverte aux navires de commerce. A partir de cette date, c’est un site réservé à la Marine.

Ces rives abrite des ateliers, l’hôpital militaire et surtout pas moins de cinq formes de radoub qui comme leurs homologues du Laninon connaissent d’importantes modifications.

Le bassin n°1 dit Bassin Tourville est le seul bassin situé sur la rive gauche de la Penfeld. Il à été inauguré en 1683 modifié en 1745 puis en 1864. Long de 115m et large de 25m, il est modernisé en 1937 mais il est impossible de l’agrandir et le bassin 1 n’est  plus utilisé que pour les navires légers comme les torpilleurs, les torpilleurs légers, les corvettes et les sous-marins.

La construction du bassin n°12 à l’emplacement de la Cale du Point du Jour doit entrainer son déclassement effectif en pleine guerre en 1950. Le conflit terminé, il est abandonné jusqu’en 1960 quand il est transformé en musée avec l’installation au sec du sous-marin Casabianca encore aujourd’hui préservé comme musée.

Au lieu dit du Pontaniou se trouve les bassins n°2 et n°3. Ils ont pour origine quatre formes construites au 18ème siècle, les formes 1 et 2 étant construites entre 1752 et 1756, la forme n°3 entre 1755 et 1757 et la forme n°4 entre 1803 et 1820.

Devenues inadaptées aux navires modernes, elles sont fusionnées entre 1899 et 1902 et deviennent deux bassins, le bassin n°2 (regroupant les formes 1 et 4) et le bassin n°3 (regroupant les formes 2 et 3) longs de 178m et larges de 28m.

Ces deux bassins sont allongés à 190m et élargis à 30m, des travaux menés sans interrompre l’utilisation des bassins ce qui est une véritable gageure surtout que le terrain n’était pas facile.

Au delà du pont transbordeur (installé à l’origine à Bizerte), on trouve la zone dite du Salou avec trois bassins et la cale du Point au Jour.

A l’origine se trouvait une montagne de 25m de schiste qui fût arasée pour pouvoir construire le bassin n°6. Ce bassin construit entre 1822 et 1827 est un bassin à gravité, se remplissant en fonction des marées. Son utilisation est arrêtée à partir de 1940 pour permettre l’extension du bassin n°7.

Le bassin n°7 situé au nord du bassin n°6 est creusé en 1864-65. Mesurant à l’origine 118m de long sur 26m de large, il est étendu à 130m ce qui lui permet de caréner tous les navires jusqu’au contre-torpilleur.

Le bassin n°4 est creusé entre 1856 et 1865, la durée des travaux s’expliquant par la dureté du sol (du schiste). Ce bassin de 200m de long sur 35m de large sert aux carénages et aux constructions, ce bassin construisant partiellement les cuirassés Dunkerque Richelieu et Clemenceau. Il va ensuite être utilisé pour les carénages de toutes les unités jusqu’aux croiseurs lourds.

En face de ces trois (puis deux bassins) nous trouvons la Cale du Point du Jour qui à construit un grand nombre de navires dont tous les croiseurs lourds français (sauf le Tourville et les Saint Louis construits à Lorient).

Cette cale est désaffectée en 1947 quand sont inaugurées les cales installées à La Pointe. Un temps, on envisage d’y installer un atelier de préfabrication mais finalement, on décide de lancer les travaux pour une forme de radoub de 150m de long sur 25m de large, une forme qui porte le n°12 mais en septembre 1948, les travaux sont loin d’être achevés. Ce n’est qu’en septembre 1950 que ce bassin couvert (tirant d’air 30m) est inauguré.

L’Ile Longue

L'Ile Longue (date inconnue)

L’Ile Longue (date inconnue)

Cette presqu’ile (uniquement à marée basse, le cordon sablonneux n’étant franchissable qu’à marée basse) à été fortifiée dès le 17ème siècle par Vauban pour renforcer la protection de la base de Brest.

Ces fortifications sont peu à peu abandonnées au 19ème siècle. Ainsi durant la première guerre mondiale, un camp de prisonnier allemand est installé de 1914 à 1919. Après guerre, cette zone de la rade de Brest est abandonnée.

En 1943, le groupe-école Armorique y est mouillé pour libérer de la place dans une rade-abri et en 1945, on envisage d’y établir une véritable base-sous-marine pour y regrouper les sous-marins alors dispersés entre la rade-abri et la Penfeld.

L’isthme reliant l’Ile Longue à  la presqu’ile de Crozon est rendu insubmersible par des digues de béton et d’acier. Une route permet de relier la base de Lanvéoc-Poulmic à l’Ile-Longue.

Un mouillage protégé est dessiné par deux digues empierrées qui permet au groupe-école Armorique d’être mieux protégé lors des tempêtes tout comme les sous-marins qui entre deux exercices prennent l’habitude d’y mouiller.

La guerre approchant, les travaux ambitieux initialement prévus _bassins à flot pour le stationnement des sous-marins pouvant servir de formes de radoub protégés par des blockhaus, ouvrages de défense_ sont reportés sine die.
Une version austère de la base est construite avec des ateliers, des dépôts de carburant et de munitions (obus, torpilles, mines), des logements pour l’équipage et une batterie de défense antiaérienne avec huit canons de 25mm Hotchkiss.

Ce n’est que bien après guerre que le projet initial ira jusqu’à son terme mais ceci est une autre histoire qui sort de ce cadre.

Le Dépôt Naval de l’Atlantique (DNA) (cimetière marin de Landevennec)

En septembre 1941 est officiellement créé le Dépôt Naval de l’Atlantique (DNA) destiné à prendre en main et à gérer les navires désarmés en attendant qu’une décision soit prise : remise en service après modernisation ou modifications, démolition ou utilisation comme cibles.

Ce DNA à un lieu : Landevennec, une commune située sur une boucle de l’Aulne où depuis le milieu du 19ème siècle sont rassemblés les navires désarmés de la marine nationale.

Les années quarante voient un grand nombre de navires désarmés à tel point qu’à plusieurs reprises, il fallut faire de la place pour les nouveaux.

A partir du 15 mai 1943, le DNA dispose d’une base et quelle base puisqu’il s’agit rien de moins que l’ancien porte-avions Béarn qui servait de ponton. Il abritait des ateliers et des logements pour les ouvriers du DNA chargés de veiller au bon état des navires désarmés en évitant qu’une voie d’eau n’entraine le naufrage du navire.

Successivement, les navires suivants sont confiés aux bons soins du DNA :

-Le pétrolier Rhône remorqué à Landevennec le 7 octobre 1941 et toujours présent le 5 septembre 1948.

-Le chalutier armé La Sablaise remorqué à Landevennec le 12 août 1942 et toujours présent le 5 septembre 1948.

-Le torpilleur d’escadre Orage remorqué à Landevennec en septembre 1942 (date exacte inconnue) et est toujours présent le 5 septembre 1948.

-Le chalutier armé La Quimperoise est présent à Landevennec du 2 avril 1943 au 21 septembre 1945.

-Le torpilleur d’escadre Mistral est remorqué à Landevennec le 15 avril 1943 y est toujours présent le 5 septembre 1948.

-Le torpilleur d’escadre Siroco est présent à Landevennec du 21 avril 1943 au 12 avril 1946

-Le torpilleur d’escadre Cyclone est remorqué à Landevennec le 27 juin 1943 et y est toujours présent le 5 septembre 1948

-Le sous-marin Pascal est remorqué à Landevennec le 15 octobre 1943 et y est toujours présent le 5 septembre 1948

-Le sous-marin Henri Poincaré est remorqué à Landevennec le 31 janvier 1944 et y est toujours présent le 5 septembre 1948

-Le torpilleur d’escadre Brestois est présent à Landevennec du 18 avril 1944 au 17 juin 1947

-Le sous-marin Poncelet est présent à Landevennec du 21 juillet 1944 au 5 septembre 1946

-Le contre-torpilleur Chacal est remorqué à Landevennec le 7 septembre 1944 et y est toujours quatre ans plus tard

-Le contre-torpilleur Jaguar est remorqué au Dépôt Naval de l’Atlantique le 15 septembre 1944 et coulé comme cible le 14 mars 1946

-Le contre-torpilleur Léopard est remorqué au DNA de Landevennec le 5 octobre 1944 et y est toujours présent le 5 septembre 1948

-Le sous-marin Archimède est présente à Landevennec du 15 septembre 1944 au 18 mars 1947

-Le torpilleur d’escadre L’Adroit est présent à Landevennec du 8 janvier 1945 au 14 mars 1946, date à laquelle il est coulé comme cible en même temps que le Jaguar.

-Le torpilleur d’escadre Le Boulonnais est remorqué à Landevennec à partir du 10 janvier 1945 et y est toujours le 5 septembre 1948.

-Le contre-torpilleur Panthère est remorqué à Landevennec le 13 juin 1945 et y est toujours le 5 septembre 1948.

-Le sous-marin Achille est remorqué à Landevennec le 15 juin 1945 et y est toujours le 5 septembre 1948

-Le contre-torpilleur Lynx est remorqué à Landevennec le 27 août 1945 et y est toujours le 5 septembre 1948

-Le sous-marin Argo est remorqué à Landevennec le 5 septembre 1945 et y est toujours trois ans plus tard

-Le contre-torpilleur Bison est présent à Landevennec à partir du 8 novembre 1945 et y est toujours le 5 septembre 1948

-Le contre-torpilleur Guépard est présent à Landevennec à partir du 30 novembre 1945 et y était toujours le 5 septembre 1948

-Le torpilleur d’escadre Le Fougueux est présent à Landevennec du 7 décembre 1945 au 12 septembre 1946

-Le contre-torpilleur Lion est présent à Landevennec à partir du 10 décembre 1945 et y est toujours le 5 septembre 1948

-Le torpilleur d’escadre Le Foudroyant est présent à Landevennec du 18 décembre 1945 au 14 juin 1947

-Le sous-marin Ajax est présent à Landevennec du 4 janvier 1946 au 5 septembre 1948 quand il est réarmé comme sous-marin école

-Le sous-marin Persée est présent à Landevennec du 8 juillet 1946 au 15 septembre 1947

-Le sous-marin Pasteur est présent à Landevennec du 12 octobre 1946 au 14 décembre 1947

-Le torpilleur d’escadre Le Frondeur est présent à Landevennec à partir du 22 décembre 1946.

Quand le conflit éclate, le DNA de Landevennec est loin d’être vide puisqu’il regroupe dans ce mouillage, serrés au chausse pied pas moins de huit contre-torpilleurs (Léopard Chacal Tigre Lynx Panthère Guépard Bison Lion), de cinq torpilleurs d’escadre (Cyclone Mistral Orage Boulonnais Frondeur), de cinq sous-marins (Pascal Henri Poincaré Achille Ajax Argo), de l’ancien chalutier armé La Sablaise et de l’ancien pétrolier Le Rhône.

Les fortifications

En vert, les principales positions fortifiées et en rouge, la base aéronavale du Lanvéoc-Poulmic et avec l'étoile, le DNA

En vert, les principales positions fortifiées et en rouge, la base aéronavale du Lanvéoc-Poulmic et avec l’étoile, le DNA

Comme nombre de bases de la marine nationale, les défenses de la place de Brest sont en 1939 dans un état lamentable, la faute à un sous-investissement et à dire vrai l’absence d’une menace réelle sur la principale base de la Flotte de l’Atlantique.

Quand éclate la guerre de Pologne, les fortifications de la place de Brest sont les suivantes :

-Aux Capucins, on trouve 3 canons de 240mm qui équipent également la batterie de Toulbroch qui dispose en sus de quatre canons de 105mm modèle 1893

-La batterie des Rospects dispose de quatre canons de 164mm modèle 1893 modifié 96 ainsi que deux canons de 75mm.

-Au Kerbonn et au lieu-dit La Chèvre sont implantés quatre canons de 164mm modèle 1893 modifié 1896.

-Au Minou, on trouve quatre canons de 105mm modèle 1893 alors qu’au Mengorn, se trouvent trois canons de 100mm et deux canons de 75mm.

-Au Portzic sont installés trois canons de 105mm, deux canons de 75mm pour la défense des passes et de quatre canons de 47mm modèle 1885.

-A la Pointe des Espagnols sont installés trois canons de 105mm modèle 1897 et quatre canons de 47mm modèle 1885

-A la Pointe de Cornouaille (entre les Capucins et les Espagnols) sont implantés trois canons de 105mm modèle 1897

-Aux lieu-dit Robert et Deliée sont installés respectivement quatre et deux canons de 75mm.

-Enfin sur l’île d’Ouessant, sont implantés quatre canons de 75mm, deux à Ouessant-Stiff et deux à Ouessant-Creach.

Néanmoins, au début de la décennie 1940, décision est prise de reconstruire les défenses de Brest en priorité côté mer et si le temps et les moyens suivent côté terre pour en faire une forteresse inexpugnable au cas où les choses tourneraient très mal.

Plutôt que de poser une emplâtre sur une jambe de bois, on préfère repartir de zéro en aménageant de toutes nouvelles positions à la pointe des Espagnols et au Portzic dont la prise couperait la rade de Brest de la mer.

Un temps, on envisage de réutiliser les tourelles de 305mm des Courbet après leur désarmement mais on préfère des travaux moins coûteux et plus raisonnables avec un fort de forme parallélépipédique.

Chaque fort dispose de quatre canons de 152mm modèle 1931 ayant appartenus au cuirassé Richelieu montés sur affût circulaire et sous masque, un à chaque angle pour battre par le feu sur 360°. Leur action peut être complétée par les deux affûts doubles de 90mm dont la mission première est le tir contre avions mais qui peut aussi assurer le tir contre terre et le tir contre but flottant.

La défense contre terre et contre une éventuelle attaque d’infanterie ennemie (on imagine plus se battre contre une compagnie de débarquement de la Kriegsmarine que contre la Werhmacht) est assurée par six affûts combinant un canon de 47mm modèle 1934 et deux mitrailleuses de 7.5mm.

La défense contre-avions n’est pas oubliée avec en plus des quatre canons de 90mm et un total de six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40.

Chaque fort, celui du Portzic comme celui de la pointe des Espagnols est armé par une compagnie d’ouvrages semblables à celles armant les ouvrages de la ligne Maginot.

Pour protéger l’Anse du Poulmic et plus généralement le sud de la rade de Brest, deux positions sont implantées, l’une à la Pointe de l’Armorique et l’autre à la pointe de Lanvéoc.

Les ouvrages sont identiques pour protéger la base-aéronavale de Lanvéoc-Poulmic qui en 1948 avant la mobilisation et la déconcentration accueille pas moins de 162 appareils sur plusieurs dizaines d’hectares pour l’une des plus grandes implantations militaires de France.

On trouve une tourelle double de 130mm modèle 1936 _identique à celle des Intrépide, des Joffre et des cuirassés_ , quatre canons de 75mm modèle 1897 sous masque et sur plate-forme rotative aux quatre coins du fort et quatre affûts jumelant un canon de 47mm et une mitrailleuse de 7.5mm. La défense antiaérienne est assurée par six canons de 25mm en affûts simples.

Les autres défenses de la base doivent être mises en place à la mobilisation, des ouvrages de campagne avec tranchées, champs de mines et barbelés.

La défense antiaérienne de la rade de Brest est assurée par la 3ème Batterie Anti-Aérienne de Marine (3ème BAAM) qui dispose d’un total de vingt-huit canons de 75mm contre-avions répartis par groupe de quatre à Quelern, Lanvéoc-Poulmic, Trinité, Coat y Ogen,Kerguividic, Toralan et Corbeau.

Quand à la défense terrestre, elle est assurée par un bataillon de fusiliers marins, le 1er BFMA (Bataillons de Fusiliers-Marins de l’Atlantique) qui reçoit en juin 1948 le renfort d’une compagnie de chars légers Renault R-35.

A Ouessant, les canons de 75mm restent en position, positions réaménagées avec une amélioration du champ de tir.

Navires basés à Brest au 5 septembre 1948

A la veille du second conflit mondial, les navires suivants sont stationnés à Brest :

Rade-abri

-Cuirassés Lorraine, Gascogne et Normandie sont amarrés sur coffre le long de la Jetée Sud.

-Porte-avions Painlevé et Henriette de France  sont amarrés sur coffre le long de la Jetée Sud.

-Pétrolier Le Var amarré sur coffre le long de la Jetée Sud

-Pétrolier Ravitailleur d’Escadre La Seine amarré sur coffre le long de la Jetée Sud

-Cargo rapide Mostaganem amarré sur coffre le long de la Jetée Sud

Quai des flottilles

-Croiseurs lourds Foch et Colbert

-Croiseurs légers Georges Leygues La Gloire et Montcalm

-Croiseur-école Jeanne d’Arc

-Contre-torpilleurs Bugeaud Du Chayla Dupetit-Thouars (3ème DCT)

-Contre-torpilleurs Vautour Milan Epervier (6ème DCT)

-Ravitailleur rapide Lot

-Ravitailleur rapide La Charente

Bassin des torpilleurs

-Torpilleurs d’escadre L’Intrépide et Le Téméraire chargés de la protection du cuirassé Lorraine

-Torpilleurs d’escadre Durandal et Dague chargés de la protection du cuirassé Gascogne

-Torpilleurs d’escadre Sabre et Claymore chargés de la protection du cuirassé Normandie

-Torpilleurs d’escadre Arquebuse et Cimeterre chargés de la protection du porte-avions Painlevé

-Torpilleurs d’escadre Ney et Murat chargés de la protection du porte-avions léger Henriette de France

-Corvettes anti-sous-marines La Malouine La Dieppoise La Remoise  et La Versaillaise (1ère DEO)

-Corvettes anti-sous-marines La Calaisienne La Troyenne La Rochelaise et La Paloise (4ème DEO)

Jetée Est

-Ravitailleur de sous-marins Jules Verne

-Sous-marins Casabianca Sfax Centaure L’Espoir (2ème DSM)

-Sous-marins Rolland Morillot La Praya La Martinique et Ile de France (4ème DSM)

-Sous-marins Ile de Ré Ile d’Yeu Kerguelen et La Guadeloupe (6ème DSM)

-Sous-marins  Agosta Bévéziers Ouessant et Sidi Ferruch (8ème DSM)

Le château

-Avisos Amiens et Arras utilisés comme auxiliaires

-Aviso hydrographe Beautemps-Beaupré

-Aviso-dragueurs  L’Impétueuse, La Capricieuse, La Batailleuse et La Boudeuse (3ème DEL)

-Patrouilleur ASM/navire-école L’Heureux (P-28)

-Patrouilleur ASM Patrie (P-36)

-Navire école Notre Dame de France (P-95)

-Chasseurs de sous-marins CH-7 et CH-8

-Chasseurs de sous-marins CH-53 et CH-54

-Dragueurs de mines Avranches et Pornic

-Voiliers-école L’Etoile et La Belle Poule

La Penfeld

-Pétrolier-caboteur La Lèze

-Aviso Calais utilisé comme ravitailleur d’hydravions

-Ravitailleur d’hydravions Sans Souci

-Cargo rapide Mers-El-Kébir

-Remorqueur de haute mer Elephant

-Remorqueurs Champion  L’Appliqué L’Attentif et L’Acharné (1000cv)

-Remorqueurs  Penfeld Plougastel Portzic et Provençal (600cv)

-Remorqueurs Narcisse et Lotus (750cv)
-Gabares Le Titan La Résistante La Prévoyante et la Victorieuse