Pologne et Pays Neutres (70) Suède (5)

Gustav III Adolf

Gustav III (Stockholm 24 janvier 1746 Stockholm 29 mars 1792) est roi de Suède du 12 février 1771 au 29 mars 1792. Marié à Sophia Magdalena de Danemark en 1766, il aura deux fils, Gustav et Carl-Gustav.

Fils d’Adolphe-Frederic de Hesse et de Louise Ulrika (une sœur de Fredéric II le Grand), il est également le cousin de la Grande Catherine, tsarine de toutes les Russie.

Arrivé au pouvoir en 1771 il mène un coup d’état monarchiste dès août 1772 pour rétablir l’absolutisme disparu avec la mort de Charles XII. C’est la fin de l’Age de la Liberté, période où le pouvoir parlementaire n’à cessé de croitre au détriment du pouvoir monarchiques.

Despote éclairé, apprécié du peuple mais détesté par la noblesse car s’attaquant à ses privilèges, il mène une politique de mécénat pour faire briller de milles feux la Suède et surtout sa personne. Il tente également de renouer avec l’impérialisme suédois mais là les succès sont nettement plus timides.

Admirateur de Voltaire, Gustav III légalise la présence catholique et juive en Suède. Il libéralise la société et l’économie, réduisant par exemple les cas soumis à la torture et à la peine capitale. Il y à même une loi sur la liberté de la presse en 1766 mais cette loi est vidée de sa substance par des amendements en 1774 et 1792.

Opposé à la révolution française, il propose même son aide militaire à Louis XVI. Grièvement blessé dans le dos lors d’un bal masqué, il succombe à ses blessures quelques jours plus tard. Son fils Gustave IV lui succède mais mineur il est soumis à la régence jusqu’en 1796.

En 1809 Gustave IV est à son tour renversé par un coup d’état militaire après avoir tenté de rétablir l’absolutisme. Par la suite la monarchie suédoise ne cessera de perdre du pouvoir au point aujourd’hui de n’avoir que des pouvoirs symboliques.

En 1777 il est le premier état à reconnaître l’indépendance des Etats-Unis après que des soldats suédois aient servit aussi bien aux côtés des insurgents que des français. En 1784 il acquiert l’île de Saint-Barthélemy (que Louis XVI échange contre un droit d’entrepôt à Göteborg), île qui redeviendra française en 1877. Il y eut également un projet de colonie en Australie au sud-ouest de l’île-continent mais le projet du être abandonné à cause de la guerre contre la Russie (1788-1790).

Axel de Fersen

Hans Axel von Fersen (Stockholm 4 septembre 1755 Stockholm 20 juin 1810) est un comte suédois rendu célèbre par son statut de favori auprès de la reine de France Marie-Antoinette.

Il est le fils du feld-maréchal Fredrik Axel de Fersen et de la comtesse Hedwige-Catherine de la Gardie.

En 1774 il achève son Grand Tour d’Europe destiné à parfaire son éducation comme le fond tous les jeunes gens bien nés. Il impressionne la cour de France par son éducation et son physique avantageux.

Le 30 janvier 1774 il rencontre Marie-Antoinette alors dauphine. Il revient à la Cour de France en août 1778 où Marie-Antoinette devenue reine de France lui fait bon accueil ce qui suscite un certain nombre de ragots et de rumeurs.

Axel de Fersen reçoit l’autorisation de rejoindre le corps expéditionnaire français engagé dans la guerre d’indépendance américaine. Il est l’aide de camp de Rochambeau, se liant d’amitié avec le duc de Lauzun et le marquis de Ségur. Il s’illustre à la bataille de Yorktown, ayant obtenu en octobre 1782 la place de colonel en second du régiment Royal-Deux-Ponts.

Il rentre de campagne en juin 1783 et reçoit la propriété du régiment Royal-Suédois. En septembre il quitte Versailles et rejoint le roi de Suède Gustave III qui se rend incognito en Italie. Il multiplie les conquêtes féminines et continue une correspondance soutenue avec la reine de France.

En 1784 il est à Versailles, rentrant en Suède en juillet mais revenant en mars 1785 pour prendre possession de son régiment en garnison à Landrecies près de Valenciennes. Il participe à la guerre russo-suédoise en 1787-1788.

En 1791 il participe à la fuite de Varennes qui comme chacun sait échoue. Il échoue à convaincre Vienne d’agir plus fermement. Fersen quitte alors Vienne pour Bruxelles.

En février 1792 il tente de convaincre le couple royal de fuir vers la Normandie mais Louis XVI refuse tout nouveau projet de fuite. Il inspire le manifeste de Brunswick qui va exacerber les tensions et les passions.

Après l’exécution de Louis XVI il espère encore sauver la reine mais comme nous le savons c’est un échec. Il rentre en Suède mais Gustave III à été assassiné et comme tous ses favoris Fersen est en disgrâce entre 1792 et 1796. Il retrouve son office et sa dignité avec l’avènement de Gustave IV Adolphe.

En 1801 il est nommé riksmarskalk (Grand maréchal du royaume), ministre et chancelier d’Uppsala mais perd la faveur royale car opposé à l’entrée en guerre de la Suède contre la Prusse.

En 1809 Gustave IV est chassé par un coup d’état militaire. Fersen ne prend pas partie. Le 20 juin 1810 il est pris à partie dans une émeute populaire et lynché. Des troupes sont présentes mais n’interviennent pas probablement par ordre du roi Charles XIII qui voyait le moyen de se débarasser d’un chef du parti gustavien.

Charles XIV Jean

Jean Baptiste Bernadotte (1763-1844),Maréchal d’Empire,Prince de Ponte-Corvo, Roi de Suède sous le nom de Charles XIV Jean de 1818 à 1844

Charles XIV Jean (Pau 26 janvier 1763 Stockholm 8 mars 1844) est le premier roi de Suède de la dynastie Bernadotte, dynastie qui règne encore aujourd’hui en Suède. Bernadotte un nom qui fleure bon la France et pour cause puisque Carl XIV Johan s’appelait dans une ancienne vie Jean-Baptiste Bernadotte, un militaire français qui termina maréchal d’Empire.

Karl XIV Johan à été roi de Suède du 5 février 1818 au 8 mars 1844 (couronné le 11 mai 1818 à Stockholm), roi de Norvège (Karl III Johan) du 5 février 1818 au 8 mars 1844 (couronné le 7 septembre 1818 à la cathédrale Nidaros de Trondheim), vice roi de Norvège du 9 au 17 novembre 1814 et du 10 juin au 16 juillet 1816, prince héritier de Suède et de Norvège du 4 novembre 1814 au 5 février 1818, prince héritier de Suède du 5 novembre 1810 au 4 novembre 1814.

Marié à Désirée Clary (un temps convoitée par Napoléon Bonaparte ce qui selon certains historiens explique les relations orageuses entre les deux hommes qui partageaient un lien familial puisque Julie Clary, sœur de Désirée à épouser Joseph Bonaparte, frère ainé de qui vous savez), il eut un fils Oscar qui lui succéda sur le trône de Suède sous le nom d’Oscar 1er.

Cadet d’une famille de la bourgeoisie de robe du Béarn, il était le fils d’Henri et de Jeanne Bernadotte née de Saint-Jean. Il avait un frère ainé Jean et une sœur Marie.

Sans être misérable la famille était souvent gênée par des problèmes financiers, problèmes aggravés par la mort du père alors que Jean-Baptiste n’avait que 17 ans.

Alors que rien ne le destinait à la carrière militaire il s’engage le 3 septembre 1780 dans le régiment Royal-La Marine, étant affecté clin d’oeil du destin en Corse pendant deux ans avant de suivre les pérégrinations de son régiment : Besançon, Grenoble, Vienne, Marseille et en Charente-Maritime.

Il est caporal puis sergent et ne tarde pas être chargé du recrutement et de la formation des nouvelles recrues. Il participe le 7 juin 1788 à la journée des tuiles considérée comme la répétition générale des éléments de 1789. Il est ensuite en 1789 à Avignon et à Marseille. Le 7 février 1790 il devient adjudant sous-officier mais roturier ne peut espérer aller plus haut.

A l’automne 1790 son régiment est envoyé sur l’île d’Oleron puis en avril 1791 sur l’île de Ré. Il est nommé lieutenant en mars 1792, commandant le dépôt du 36ème RI. Il va ensuite participer aux combats de la 1ère coalition, évitant la panique des volontaires enthousiastes mais peu expérimentés par son ardeur et son éloquence.

Il est promu capitaine en juillet 1793 et chef de bataillon le 8 février 1794. Il est chef de brigade le 4 avril 1794, recevant le commandement de la 74ème demi-brigade (NddA le terme demi-brigade remplace un temps celui de régiment suite à la décision de Carnot d’amalgamer soldats de métier et volontaires). Il s’illustre à la bataille de Fleurus le 26 juin 1794. Il est général de division le 22 octobre 1794. Que de chemin parcouru depuis février 1790 !

A la tête de sa division il se montre rigoureux et travailleur, réprimant le pillage pour éviter de s’aliéner les populations locales. Il veille aussi au bon ravitaillement des troupes sous son commandement ainsi qu’à un traitement correct des malades et des blessés.

Il continua à combattre au sein de l’Armée de Sambre-et-Meuse sous le commandement du général Jourdan, armée qui se heurta à une féroce résistance autrichienne. Bernadotte s’illustre par ses talents de tacticien.

En 1797 il rejoint le front italien pour soutenir un certain général Bonaparte engagé sur un front censé être secondaire par rapport au front allemand. Il connait à Milan un premier incident qui scelle une irréductible inimité avec le général Berthier, le chef d’état-major de Bonaparte.

En août 1797 il rentre à Paris pour ramener les drapeaux pris à l’ennemi en compagnie d’Augereau mais le motif exact de ce rappel n’est pas clair. Il reste à l’écart du coup d’état du 18 fructidor qui écarte les directeurs royalistes. En dépit de l’opposition de Bonaparte, Bernadotte rallie l’Italie et subit une humiliation publique de la part du futur empereur. Bien avant de devenir roi de Suède on ne peut pas dire que Bernadotte aurait été prêt à donner sa vie pour le futur empereur.

Après avoir été commandant en chef des troupes françaises en Italie, il fût nommé ambassadeur en Autriche le 11 janvier 1798, un choix qui fit scandale en Autriche. Une émeute éclata le 13 avril 1798 quand il fit hisser le drapeau tricolore. Il quitte Vienne deux jours plus tard. A son retour à Paris il refusa un poste d’ambassadeur en république batave.

Le 17 août 1798 il se marie avec Désirée Clary. En novembre 1798 il refuse le poste de commandant en chef de l’armée d’Italie car il estime les moyens attribués insuffisants. La guerre de la deuxième coalition débute en mars 1799 et les déconvenues se succèdent pour la France.

Rappelé à Paris, il se tient à l’écart du coup d’Etat du 30 prairial (18 juin 1799). Le 4 juillet Désirée donne naissance leur fils unique qui il ne le sait pas encore deviendra un jour roi de Suède.

En juillet 1799 il devient ministre de la Guerre et entama un profond travail de réforme et de refondation de l’armée. Jugé trop proche des jacobins, il est démissionné de son poste le 14 septembre 1799 alors que le Directoire agonisait.

En dépit des liens l’unissant à Bonaparte, Bernadotte fût tenu à l’écart du complot qui allait aboutir au coup d’état du 18 Brumaire. C’était mieux ainsi pour le futur premier consul car quand il fût informé, Bernadotte se montra particulièrement virulent à son égard.

En dépit de cela il retrouva des fonctions officielles, devenant commandant de l’armée de l’Ouest espérant s’y couvrir davantage de gloire qu’en Italie mais ce ne fût pas le cas. Il resta en fonction jusqu’en 1802 mais ses relations avec le premier consul restèrent toujours tendues.

Il fût un temps disgracié car suspecté de vouloir renverser Napoléon Bonaparte. Il fût nommé ambassadeur de France aux Etats-Unis mais ne partit jamais, proposant ses services suite à la reprise de la guerre. En mai 1804 les deux hommes par l’entremise de Désirée se rapprochèrent et sans qu’il y eut un amour fou, Bernadotte promis sa loyauté à Napoléon Bonaparte et accepta de coopérer avec lui.

Le 14 mai il est nommé gouverneur du Hanovre et le 19 mai il est fait maréchal d’Empire en compagnie de dix-sept autres généraux. Le 2 décembre 1804 lors de la cérémonie du sacre, il porte le collier de l’Empereur.

Il participa à la campagne de 1805 et notamment à la bataille d’Austerlitz où il s’illustra même si certaines de ces décisions eurent un impact négatif sur le cour de la bataille. En juin 1806 il reçoit le titre de prince-duc de Pontecorvo.

Il participe en 1806 à la campagne de Prusse mais signe qui ne trompe il ne fit rien pour aider Davout avec lesquels les relations étaient aussi bonnes qu’avec Berthier c’est-à-dire exécrables. On raconte que Napoléon fût à deux doigts de trainer son beau-frère en cour martiale avant de se raviser pour des raisons d’équilibre familial. La situation s’apaisa néanmoins dans les jours suivants.

A cette occasion il fût en contact avec des troupes suédoises. Les prisonniers ayant été bien traités nul doute que cela joua plus tard et fit définitivement basculer le destin du béarnais.

En raison de problèmes dans la transmission des ordres, son 1er Corps d’Armée ne pût participer à la bataille d’Eylau. Blessé dans un affrontement à Spanden, il manquant la bataille de Friedland mais était suffisamment rétablit pour participer à la paix de Tilsit en juillet 1807.

Il fût ensuite nommé gouverneur des villes hanséatiques installant son quartier général à Hambourg pour faire respecter le blocus continent. Dans cette politique il fit preuve de réalisme, de pragmatisme et de souplesse ce qui ne pu qu’accroitre sa popularité dans la région.

En février 1808 il pénètre au Danemark avec une armée composée de soldats français, hollandais, danois et espagnols direction la Scanie, une province suédoise. Il s’agit de soutenir la Russie en guerre contre la Suède de Gustav IV Adolf. En août 1808 des soldats espagnols quittèrent sans ordre l’armée de Bernadotte pour rejoindre l’Espagne et lutter ccontre la France.

Si il ne participa pas à la guerre en Espagne, il fût engagé dans la campagne de 1809 avec sous ses ordres des unités étrangères ce qui ne l’enchantait guère. Il s’y illustra mais ne fût guère mis en valeur ce qui l’ulcéra. Renvoyé en France il repoussa un débarquement britannique à Walcheren et signe qui ne trompe pas il y avait été envoyé avec Fouché ce qui n’était pas forcément non plus une bonne chose tant le ministre de la police de Napoléon pouvait courir plusieurs lièvres à la fois.

Son destin bascula alors quand en mars 1809 le roi de Suède Gustaf IV Adolf (ou Gustave IV Adolphe) fût renversé par un coup d’état militaire suite à une guerre catastrophique contre la Russie. Son oncle Charles lui succéda mais il n’avait pas d’enfant. Il adopta le duc Christian Auguste de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg mais sa mort accidentelle relança la question de la succession alors que le pays se montrait davantage francophile.

Bernadotte fût approché mais il fallu du temps pour le convaincre, le maréchal d’Empire ne voulant pas aller contre la volonté de Napoléon.

Le 21 août 1809 le parlement élu Jean-Baptiste Bernadotte comme prétendant à la couronne de Suède. L’empereur des français accepta à contre-coeur l’élection le 23 septembre 1810.

Bernadotte se met en route le 30 septembre, se convertit au luthéranisme le 19 octobre et fit son entrée solennelle à Stockholm le 2 novembre. Le 5 novembre Charles XIII l’adopte officiellement et il devient Charles Jean. Début janvier 1811 Désirée et Oscar arrivent en Suède. Désirée ne resta guère en Suède et ne revint qu’en 1823 !

Affable et ouvert, il ne parla jamais le suédois ce qu’il regretta par la suite. Régent seulement un mois après son arrivée, il ne tarda pas à devoir choisir entre la France et sa nouvelle patrie. L’occupation de la Poméranie suédoise en janvier 1812 fût le prétexte idéal pour rompre définitivement avec Napoléon. Il négocia avec la Russie et en échange d’un renoncement à la Finlande, Alexandre 1er acceptait de soutenir les droits suédois sur la Norvège.

En mars 1813 la Suède et le Royaume-Uni signent un traité d’alliance doublé d’une aide financière de la part de la Grande-Bretagne. Londres promet également le transport des troupes suédoises en Poméranie et une aide navale pour conquérir la Norvège en cas de résistance locale et/ou étrangère.

La Suède entre en guerre contre la France le 17 mars 1813. Désirée Clary tente de négocier un accord entre son mari et l’empereur mais en vain.

Durant les négociations il apporta son expertise sur les forces et les faiblesses de l’armée française. Il joua un rôle moteur dans la planification de la campagne à venir à savoir d’éviter d’affronter Napoléon pour se concentrer sur ses subordonnés. Il participa avec son armée à la Bataille de Leipzig du 16 au 19 octobre 1813. d’octobre 1813 à février 1814 l’armée suédoise ne combat pas Napoléon, se concentrant sur les danois pour les forcer à abandonner la Norvège.

En France Charles Jean fût approché pour devenir le nouveau souverain mais il fût très vite marginalisé. De plus l’ancien maréchal d’Empire répugnait à combattre ses anciens compagnons d’armes sur le territoire national. Il regagne la Suède à la fifn du mois de mai et arriva à Stockholm le 10 juin 1814.

Il doit s’employer à combattre la Norvège peut désireuse de s’associer à la Suède en dépit des propositions de Bernadotte pour une large autonomie. La guerre s’acheva rapidement par une victoire suédoise (26 juillet-14 août 1814). Le 4 novembre 1814, Charles XIII devient également Charles II de Norvège. En revanche le futur Charles XIV Jean était sceptique sur le loyalisme de la population norvégienne. Durant les Cent Jours la Suède resta à l’écart des opérations.

Le 5 février 1818 Charles XIII/II meurt. Le lendemain l’ancien Maréchal d’Empire devient roi sous le nom de Charles XIV Jean (Charles III en Norvège). Il est couronné roi de Suède le 11 mai et roi de Norvège le 7 septembre.

En 1823 le prince héritier Oscar se marie avec Joséphine de Leuchtenberg, fille d’Eugène de Beauharnais, fils adoptif de Napoléon Bonaparte. A cette occasion Désirée regagna enfin la Suède et y reste jusqu’à la fin de sa vie.

Les relations avec le premier monarque de la maison Bernadotte restèrent tendues avec des norvégiens rétifs. Charles XIV Jean veilla à conserver de bonnes relations avec la Russie, l’ancien Maréchal d’Empire ayant des relations amicales avec Alexandre 1er comme avec son successeur Nicolas 1er.

Très populaire en Suède les relations du monarque se tendent dans les années trente en raison d’un certain autoritarisme ce qui fait espérer à certain l’avènement prochain de son fils Oscar réputé plus libéral. Paradoxalement sa popularité augmenta en Norvège alors qu’elle déclinait en Suède !

Le conflit avec l’opposition libérale s’apaisa au cours de la session parlementaire de 1841 et en 1843 au moment de son jubilé d’argent les témoignages d’affection furent unanimes, le roi de Suède ayant retrouvé sa popularité d’avant.

En effet le pays avait développé son économie, la dette publique et extérieure avait diminué, l’agriculture était en croissance tout comme l’industrie, les impôts avaient été réduits.

Début janvier 1844 la santé du roi déclina. Frappé par un accident vasculaire cérébral le 5 mars, il sombra dans le coma avant de succomber le 8 mars 1844 à 15h30. Son fils Oscar lui succède sur le trône de Suède.

Gustav IV Adolf

Gustave IV Adolphe (Stockholm 1er novembre 1778 St Gallen, confédération helvétique 7 février 1837) est roi de Suède du 29 mars 1792 au 29 mars 1809.

Fils de Gustav III Adolf, il perdit lui aussi le pouvoir mais à la différence de son père fût exilé et non assassiné, la perte de la Finlande étant l’élément déclencheur du coup d’état militaire qui allait aboutir à son renversement puis à son exil.

Lui succède sur le trône son oncle Charles XIII qui est sans héritier. Il choisit pour lui succéder un maréchal napoléonien Jean-Baptiste Bernadotte.

Agé de 14 ans à la mort de son père, Gustav IV est d’abord sous la régence de son oncle le futur Charles XIII.

Le 31 octobre 1797 il épouse Friederike Dorothea, petite-fille de Karl Friedrich margrave de Bade. De cette union sont nés cinq enfants (Gustav, Sofia Wilhelmina, Carl-Gustav, Amalia et Cecilia). Après son divorce, il eut plusieurs maitresse, l’une d’elle Maria Schlegel donnant naissance à un fils Adolf Gustafsson.

En raison de difficultés financières chroniques héritées de son père, le couronnement n’est organisé que le 3 avril 1800. En raison de l’opposition persistante au sein de la diète, Gustav IV Adolf ne va plus réunir la moindre diète jusqu’à son renversement.

En 1805 il rejoint la troisième coalition contre la France. La France occupe la Poméranie suédoise.

Le 21 février 1808 la Russie envahit la Finlande alors dirigée par la Suède tandis que le Danemark attaque la Suède pour forcer Stockholm à rejoindre le système continental destiné à ruiner l’Angleterre. Très vite la Finlande est perdue, perte consacrée par le traité de Hamina du 17 septembre 1809.

Entre-temps le roi est renversé par une conspiration militaire. Il abdique volontairement le 29 mars dans l’espoir de préserver les droits de son fils mais le Riksdag des Etats dominé par l’armée refuse de laisser le fils de Gustav IV sur le trône. Le 5 juin Charles est proclamé roi sous le nom de Charles XIII.

L’ex-roi de Suède est transporté en Allemagne. En 1812 il divorce de sa femme avec laquelle il ne s’était jamais entendu. Il vit ensuite en Suisse mais est enterré en Moravie. Sa dépouille est rapatriée en Suède en 1884.

Alfred Nobel

Alfred Bernhard Nobel (Stockholm 21 octobre 1833 San Remo 10 décembre 1896) est un chimiste, industriel et fabricant d’armes suédois.

Durant sa carrière il déposa plus de 350 brevets scientifiques dont celui de la dynamite qui fit sa renomée. Il fonde la société KemaNobel en 1871 qui rachète la société Bofors en 1894. Dans son testament il légue sa fortune pour créer le Prix Nobel.

Après avoir grandit en Russie, le jeune Alfred Nobel part étudier la chimie aux Etats-Unis pendant quatre ans. Rentré ne Suède, il se consacre à partir de 1862 à la mise au point d’explosifs plus stables. Il s’essaye également à la création littéraire avec un succès inversement proportionnel à sa carrière d’inventeur.

Il met au point un détonateur en 1865 et brevète la dynamite en 1867. Il réside à Paris à partir de 1875. Il achète plusieurs châteaux en France, châteaux utilisés pour des travaux de recherche mais fatigué par une campagne de presse hostile et par les lourdeurs administratives françaises il s’installe en Italie en 1891 ce qui n’améliore pas son image en France.

En 1888 la publication d’une nécrologie prématurée (« Le marchand de la mort est mort. Le Dr Alfred Nobel, qui fit fortune en trouvant le moyen de tuer plus de personnes plus rapidement que jamais auparavant, est mort hier . ») le pousse à laisser une meilleure image après sa mort.

Le 27 novembre 1895 un an avant sa mort, Alfred Nobel rédige son testament léguant la quasi-totalité de sa fortune à la création d’un fond destiné à doter des prix pour récompenser les progrès dans le domaine de la paix (ou de la diplomatie), de la littérature, de la chimie, de la physiologie ou de médecine et de la physique.

Célibataire et sans enfants, saint-simonien récompensant le mérite et condamnant l’héritage, Alfred Nobel se comporte en accord avec ses idées. Il à même envisagé lui le grand mélancolique de créer un établissement permettant aux personnes le souhaitant de mettrre fin à leurs jours dans de bonnes conditions.

Il meurt d’un accident vasculaire cérébral le 10 décembre 1896 à San Remo et est enterré au cimetière du Nord à Stockholm.

Dominions (20) Canada (20)

ROYAL CANADIAN ARMY (RCA) ARMEE ROYALE CANADIENNE

Une histoire militaire du Canada

Quelques considérations préliminaires

Coloniser un territoire c’est une action qui n’est pas à la portée du premier venu. Il faut une dose de courage voir d’inconscience pour se lancer dans une telle épreuve. Même quand la décision est prise, il faut un temps d’adaptation.

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Dominions (3) Canada (3)

La Guerre de Sept Ans et la fin de la Nouvelle-France

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La guerre de Sept Ans devrait si on était strict s’appeler Guerre de Neuf Ans car quand la guerre éclate en Europe en 1756, les combats font rage dans le Nouveau Monde depuis mai 1754 mais à l’époque personne n’à l’impression de participer à un conflit mondial car l’Amérique c’est très, trop loin de Versailles, Londres, Berlin ou Vienne (pour citer les principaux protagonistes du conflit, l’alliance franco-autrichienne contre l’alliance anglo-prussienne).

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21-Armée de terre (37)

Les Bataillons de Chars de Combat (B.C.C.)

Le 23 août 1939 en vertu de décisions antérieures, les douze régiments de chars de combat sont dissous pour donner naissance à des bataillons de chars de combat. Les état-majors des régiments dissous forment autant de centres mobilisateurs auxquels s’ajoute un treizième créé ex-nihilo. Cette dissolution va ainsi permettre la formation de vingt-trois B.C.C d’active et seize Bataillons de Chars de Combat de réserve soit un total de trente-neuf bataillons selon le schéma suivant :

Le "char de la victoire" Renault FT en version canon de 37mm

Le « char de la victoire » Renault FT en version canon de 37mm. Nombre de B.C.C mobilisés en septembre 1939 le furent sur ce vénérable engin en attendant la disponibilité de chars modernes

-Le centre mobilisateur 501 de Tours issu du 501ème RCC met sur pied quatre bataillons,deux bataillons d’active les 1er et 2ème BCC équipés de Renault R-35 et deux bataillons de réserve, les 30ème et 31ème équipés de vénérables Renault FT.

-Le centre mobilisateur 502 d’Angoulême issu du 502ème RCC met sur pied deux bataillons d’active, le 4ème BCC équipé de FCM-36, le 5ème et le 6ème BCC équipés de R-35 ainsi qu’un bataillon de réserve, le 32ème BCC équipé de Renault FT.

-Le centre mobilisateur 503 de Versailles issu du 503ème RCC met sur pied deux bataillons d’active, le 3ème BCC équipé de R-35 et le 7ème BCC équipé de FCM-36

-Le centre mobilisateur 504 de Valence issu du 504ème RCC met sur pied deux bataillons d’active équipés de R-35 (10ème et 12ème bataillon) et deux bataillons de réserve équipés de chars FT (l1ème BCC et Bataillon Colonial de Chars de Combat).

-Le centre mobilisateur 505 de Vannes issu du 505ème RCC met sur pied deux bataillons d’active équipés de H-39, les 14ème et 27ème BCC ainsi que deux bataillons de réserve, le 13ème BCC équipé de H-35 et le 35ème BCC équipé de R-35.

-Le centre mobilisateur 506 de Besançon issu du 506ème RCC met sur pied deux bataillons d’active équipés de R-35 (16ème et 17ème BCC) ainsi que deux bataillons de réserve équipés de chars FT, les 18ème et 36ème BCC.

-Le centre mobilisateur 507 de Metz (puis de Vannes) issu du 507ème RCC met sur pied deux bataillons d’active, le 19ème BCC équipé de chars moyens D2 et le 20ème BCC équipé de R-35 ainsi que deux bataillons de réserve, les 21ème et 34ème BCC équipés de R-35.

-Le centre mobilisateur 508 de Lunéville puis Aradon issu du 508ème RCC met sur pied deux bataillons d’active, le 8ème BCC équipé de B1bis et le 24ème BCC équipé de R-35

-Le centre mobilisateur 509 installé à Maubeuge puis à Meucon et issu du 509ème RCC met sur pied deux bataillons d’active équipés de H-39 (25ème et 26ème BCC) ainsi que deux bataillons de réserve, le 38ème BCC équipé de H-35 et le 39ème BCC équipé de R-35.

-Le centre mobilisateur 510 installé à Nancy puis à Coëtquidan et issu du 510ème RCC met sur pied le 15ème BCC équipé de B1bis et qui intègre la 2ème Dcr et le 22ème BCC équipé de Renault R-35.

-Le centre mobilisateur 511 installé à Verdun puis à Bourges et issu du 511ème RCC met sur pied, trois bataillons d’active, le 9ème BCC équipé de R-35, le 37ème BCC équipé de B1 et le 51ème BCC équipé de FCM 2C.

-Le centre mobilisateur 512 de Chalons sur Marne issu du 512ème RCC met sur pied un bataillon d’active, le 28ème BCC équipé de B1bis et un bataillon de réserve, le 23ème BCC équipé de Renault R-35.

-Le centre mobilisateur 513 de Rouen met sur pied deux bataillons de réserve équipés de Renault FT, les 29ème et 33ème BCC.

Entre la mobilisation et la fin de la guerre de Pologne, l’équipement des BCC évolue notamment ceux équipés de Renault FT qui auraient eu bien du mal à se mesurer aux chars allemands. Ces BCC forment des groupements mis à la disposition des différentes armées.

-La 1ère armée dispose de deux groupements de bataillons de chars, le groupement de bataillons de chars 515 composé du 13ème BCC équipé de 45 chars légers H-35 et du 35ème BCC équipé de 45 chars légers R35 et le groupement de bataillons de chars 519 qui dispose du 38ème BCC équipé de 45 chars légers H-35 et de 45 chars légers R35.

-La 2ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 503 qui dispose de trois bataillons, le 3ème BCC équipé de R35 ainsi que les 4ème et 7ème BCC équipés de FCM36.

-La 3ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 511 composé des 5ème et 12ème BCC équipés de Renault R35, le groupement de bataillons de chars 513 composé du 29ème BCC équipé de Renault FT puis de Renault R40 et du 51ème BCC puis 51ème BCF équipé de chars de forteresse FCM 2C puis FCM F1, le groupement de bataillons de chars 520 composé du 23ème BCC équipé de R35 et du 30ème BCC équipé de Renault FT puis de Renault R40 et le groupement de bataillons de chars 532 composé de l’unique 43ème BCC équipé de Renault R-35.

-La 4ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 502 composé des 20ème et 24ème bataillons de chars de combat équipé de Renault R35 et du groupement de bataillons de chars 504 composé des 10ème et 11ème BCC,le premier équipé de Renault R35 et le second de Renault FT puis des derniers R35 produits avant que le R40 ne le remplace sur les chaines de montage.

-La 5ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 501 composé des 1er et 2ème BCC équipé de Renault R35 ainsi que du 31ème BCC initialement équipé de Renault FT puis rééquipé début 1940 avec des R35. La 5ème armée dispose également du groupement de bataillons de chars 508 composé des 21ème et 34ème BCC équipé de Renault R35. Le groupement de bataillons de chars 517 est composé de l’unique 19ème BCC équipé de chars moyens D2 qui va à terme intégré la 4ème division cuirassée.

-La 7ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 510 composé des 9ème et 22ème bataillon de chars de combat équipé de Renault R35.

-La 8ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 506 composé des 16ème et 36ème BCC, le premier équipé de R35 et le second de Renault FT puis de R40 ainsi que du groupement de bataillons de chars 516 composé des 17ème et 18ème BCC équipé respectivement de Renault R35 et de Renault FT puis des Renault R40.

-Le 9ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 518 composé des 6ème et 32ème BCC équipés de Renault R35 ainsi que du 33ème BCC équipé de Renault FT puis de R40.

En Afrique du Nord, la situation n’évolue qu’au niveau du matériel, les 62ème et 66ème BCC stationnés au Maroc et le 64ème BCC stationné en Algérie troquent leurs Renault FT contre des Renault R35, les 61ème, 65ème et 67ème BCC stationnés en Tunisie conservent leurs chars D1 jusqu’à une date assez tardive avant de recevoir des AMX-42 plus légers mais plus modernes. Au Levant, les 63ème et 68ème BCC conservent ses Renault R-35.