Mitteleuropa Balkans (134) Yougoslavie (22)

Organisation générale et organisation des grandes unités

NdA : ne seront abordées ici que les structures des grandes unités de l’armée royale yougoslave

Division d’Infanterie

Temps de paix

En temps de paix la division d’infanterie yougoslavie dispose de trois régiments d’infanterie et deux régiments d’artillerie qui forment une brigade. A cela s’ajoute des unités de cavalerie, d’appui et de soutien.

Temps de guerre

Quand éclate l’opération MARITSA, la divison d’infanterie yougoslave type comprends 26 à 27000 hommes avec 11200 chevaux et animaux de trait. Elle est organisée de la façon suivante :

-Un quartier général

-Un quartier général divisionnaire d’infanterie chapeautant trois ou quatre régiments d’infanterie

-Un quartier général divisionnaire d’artillerie avec deux régiments d’artillerie

-Un bataillon de cavalerie avec deux escadrons montés, un escadron cycliste, un peloton d’autos blindées (pour certaines) et un peloton de mitrailleuses

-Un bataillon de pionniers à trois compagnies

Canon de 37mm modèle 1937

-Une compagnie antichar avec douze canons antichars de 37 ou de 47mm

-Une compagnie de mitrailleuses

-Une compagnie de mitrailleuses antiaériennes

-Une compagnie de transmissions

-Unités logistiques

1ère Armée Yougoslave

Quand les yougoslaves parviennent à reconstituer une armée, le cœur est composé de quatre divisions d’infanterie organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Des unités logistiques

Char léger M-24 Chaffee

-Un bataillon de reconnaissance disposant d’autos blindées M-8 Greyhound et de chars légers M-24 Chaffee

-Trois régiments d’infanterie portée

-Un régiment d’artillerie équipé de M-7 Priest

-Un bataillon du génie

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

Division Légère d’Infanterie

Ces deux divisions d’infanterie sont créées dans la foulée de la reconquête de la Yougoslavie avec des partisans et des maquisards, des jeunes recrues trop jeunes en 1949 le tout encadré par des officiers, des sous-officiers détachés de divisions existantes.

Ces deux divisions sont tout juste opérationnelles quand se termine le conflit et après plusieurs tentatives de réforme elles sont finalement dissoutes en 1957. Elles sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Des unités logistiques

-Une compagnie de reconnaissance équipée d’autos blindées

-Deux régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

-Une compagnie du génie

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

Division d’Infanterie de Montagne

-Un état-major

-Des unités logistiques

-Une compagnie d’éclaireurs skieurs

-Trois régiments d’infanterie de montagne

-Un régiment d’artillerie de montagne

-Un bataillon du génie

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

Division de Cavalerie

Temps de paix

En temps de paix les deux divisions de cavalerie existantes disposent de deux état-majors de brigade de cavalerie et de quatre régiments montés.

Temps de guerre

En temps de guerre les trois divisions de cavalerie disposent de 6 à 7000 hommes. Elles sont organisées de la façon suivante :

-Un bataillon divisionnaire de cavalerie disposant de deux escadrons montés, un escadron de mitrailleuses, un escadron du génie et une compagnie cycliste

-Une brigade de cavalerie à deux ou trois régiments de cavalerie

-Un bataillon d’artillerie à quatre batteries dont une batterie antichar motorisée

-Deux bataillons d’infanterie cycliste à trois compagnies de fusiliers et une compagnie de mitrailleuse

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie de pontonniers

-Un peloton de défense chimique

Division de la Garde

-Deux régiments de cavalerie

-Un régiment d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

Brigade mécanisée

-Un état-major

-Une compagnie de reconnaissance motorisée

char léger modèle 1935 M.39 dit Hotchkis H-39

-Deux bataillons de chars légers Hotchkiss H-39

-Deux régiments à trois bataillons d’infanterie portée (camions d’origine américaine)

-Un régiment d’artillerie motorisée

-Un bataillon du génie

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

Division Blindée

Si la création de nouvelles divisions d’infanterie ne posait pas trop de problèmes, la création d’une division blindée ne paraissait pas si évident que cela, les alliés doutant de la capacité du gouvernement yougoslave en exil à créer ce type d’unité.

Finalement le personnel issu de la brigade mécanisée, d’anciens fusiliers cyclistes, d’anciens cavaliers qui durent faire le deuil de «la plus belle conquête de l’homme» et de jeunes fantassins avides de nouveauté et de modernité permis la création de la 1ère Division Blindée Yougoslave, une division entièrement équipée par les américains suite à un partage entre alliés, les français s’occupant essentiellement des divisions d’infanterie et les britanniques de l’artillerie et du génie (même si in fine la séparation n’était pas aussi étanche pour de basses raisons pratiques notamment la disponibilité du matériel)

Cette division blindée qui va dépendre directement de l’état-major de la 1ère Armée yougoslave était organisée de la façon suivante :

-Un état-major divisionnaire

-Une compagnie d’état-major

-Un groupement de soutien logistique

-Un bataillon de reconnaissance équipé d’autos blindées M-8 Greyhound et de M-24 Chaffee

M-10 Tank Destroyer

-Un bataillon de chasseurs de chars M-10 Tank Destroyer

M-4 Sherman à canon de 76mm

-Deux régiments de chars équipés de M-4 Sherman à canon de 76mm

Des passionnés d’histoire reconstituant des combats à bord d’un semi-chenillé M-3

-Deux régiments d’infanterie portée disposant de half-track M-3 et de canons d’assaut Somua Sau-40

Canon d’assaut Somua Sau40

-Un régiment d’artillerie automotrice équipée de M-7 Priest

-Un compagnie antiaérienne

-Un bataillon du génie

-Une compagnie de transmissions

Autres unités (1) : niveau régimentaire

Régiment d’Infanterie

Chaque régiment d’infanterie yougoslave dispose en juillet 1949 de trois ou quatre bataillons d’infanterie et une compagnie de mitrailleuses régimentaire. Cette compagnie devient pour certains régiments une compagnie régimentaire d’engins avec mitrailleuses et mortiers mais cela concerne quelques régiments, le temps et les moyens manquant pour réorganiser tous les RI.

Les régiments d’infanterie «nouvelle formule» créé à partir de 1950 sont organisés de la façon suivante :

-Un état-major régimentaire

-Trois bataillons disposant d’une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de combat et une compagnie d’appui (mitrailleuses et mortiers)

Régiment d’infanterie portée

Ce régiment est créé au sein de la brigade mécanisée, la seule unité motomécanique de l’armée yougoslave en juillet 1949. Deux régiments d’infanterie sont destinés à accompagner les chars Hotchkiss H-39 de la brigade, d’occuper le terrain, de neutraliser les positions fortifiées….. .

En temps de paix ces deux régiments dispose de deux bataillons plus un bataillon cadre destiné à la formation, bataillon qui en temps de guerre doit devenir un bataillon opérationnel.

Le régiment d’infanterie portée dispose d’un état-major régimentaire, d’une compagnie d’état-major, de trois bataillons d’infanterie portée et d’une compagnie antichar.

Quand la Yougoslavie peut mettre sur pied une division blindée en Egypte, les hommes des régiments portés qui n’ont pas démérité durant la Campagne de Yougoslavie vont participer à la renaissance de ce type d’unité avec des moyens supérieurs fournis notamment par les américains qui vont livrer des Halftrack M-3 qui va devenir le cheval de bataille de ces deux nouveaux régiments portés.

Tirant les leçons de leur propre expérience et de l’expérience des alliés, les yougoslaves ont fait évoluer l’organisation de l’unité :

-Un état-major régimentaire

-Trois bataillons disposant d’une compagnie de commandement et de soutien, de trois compagnies de combat et d’une compagnie d’appui

-Un bataillon de canons d’assaut Somua Sau-40 (des véhicules de seconde main, entièrement révisés et cédés à la Yougoslavie)

Régiment de Cavalerie

Chaque régiment de cavalerie dispose de quatre escadrons montés, d’un escadron de mitrailleuses et d’un escadron du génie.

Ce type d’unité n’est pas reconstitué dans la nouvelle armée yougoslave faute de moyens et en dépit du fait que le théâtre d’opérations des Balkans se prétait bien à l’utilisation d’unités montées.

Régiment de chars

Les deux régiments de chars de la 1ère division blindée sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major régimentaire

M-8 Greyhound

-Un escadron d’éclairage et d’appui disposant d’un peloton de commandement et de soutien, de deux pelotons d’autos blindées M-8 Greyhound et d’un peloton de chasseurs de chars M-10.

-Trois escadrons disposant d’un peloton de commandement et de transmissions, de quatre pelotons de cinq chars Sherman et un peloton d’autos blindées M-8 Greyhound.

Régiment d’Artillerie

Le régiment d’artillerie divisionnaire type dispose de quatre bataillons d’artillerie, un bataillon d’obusiers légers de 100mm, un bataillon de canons de montagne (65 ou 75mm) et deux bataillons d’artillerie de campagne (canons de 75 ou de 80mm).

Le régiment d’artillerie de montagne ne dispose que de trois bataillons d’artillerie, un bataillon d’obusier léger de 100mm et deux bataillons d’artillerie de montagne équipés de canons de 65 ou de 75mm.

Les six régiments d’artillerie antiaérienne existant en juillet 1949 sont organisés en trois bataillons de douze pièces soit un total de 216 canons médians.

Les nouveaux régiments d’artillerie organisés après 1950 sont tous organisés sur le même modèle, seu l’équipement variant avec soit des pièces automotrices ou des pièces tractées. Le régiment comprend un état-major, une batterie de commandement et de soutien, deux groupes à trois batteries de quatre pièces soit 24 canons ou obusiers et une batterie de reconnaissance et de conduite de tir avec notamment un peloton de huit M-3 Scout Car.

M-3 Scout Car

Autres unités (2) : niveau bataillon

Bataillon d’infanterie cycliste

Au sein des deux divisions de cavalerie existantes en temps de paix on trouvait un total de six bataillons d’infanterie cyclistes. A la mobilisation ce nombre tombe à deux par divisions pour permettre la mise sur pied d’une troisième division de cavalerie.

Chaque bataillon de ce type se compose de trois compagnies de fusiliers cyclistes et une compagnie de mitrailleuses.

Ces unités ne sont pas reconstituées en 1949/50 mais nombre de fusiliers cyclistes vont se retrouver au sein de la division blindée au sein des régiments d’infanterie portée.

Bataillon parachutiste yougoslave

Ce bataillon est le bataillon des occasions manquées. Mis sur pied à l’automne 1951 il est à plusieurs reprises mis en alerte pour des sauts tactiques ou des raids commandos (au grand dam de la 7ème compagnie qui y voit une intolérable intrusion dans son domaine réservé) mais ne connaitra jamais de saut opérationnel.

A son grand dam il sera engagé comme unité d’infanterie légère, certes en avant du front pour des raids pour s’emparer d’une position stratégique mais jamais après un largage par avion.

Dissous après guerre, il sera reconstitué à l’époque communiste qui ira jusqu’à créer une véritable brigade aéroportée mais ceci est une autre histoire qui sort de ce cadre.

Le bataillon comprenait une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de fusiliers parachutistes et une compagnie d’armes lourdes (mortiers, mitrailleuses et canons antichars d’infanterie utilisés comme canons d’appui et non pour leur rôle premier).

Bataillon de cavalerie

Pour éclairer, couvrir et flanquer, chaque division d’infanterie dispose d’un bataillon de cavalerie. Il est organisé de la façon suivante :

-Deux escadrons montés à quatre pelotons montés ou trois pelotons montés plus un peloton cycliste et un peloton de mitrailleuses

-Un escadron cycliste à trois pelotons cyclistes et un peloton de mitrailleuses

-Un peloton de mitrailleuses lourdes

-Un peloton d’autos blindées

Bataillon divisionnaire de cavalerie

Ce bataillon dépendait directement de l’état-major divisionnaire des divisions de cavalerie existants à l’époque de l’opération MARITSA. Ils étaient organisés de la façon suivante :

-Deux escadrons montés à trois pelotons plus un peloton de mitrailleuses

-Un escadron de mitrailleuses

-Un escadron du génie

-Une compagnie cycliste

Bataillon de chars légers

En juillet 1949 la brigade mécanisée disposait de deux bataillons de chars légers équipés d’Hotchkiss H-39.

La Yougoslavie en avait reçut 90 exemplaires de quoi équiper deux bataillons selon le modèle français mais à l’usage Belgrade va préférer réduire le nombre de chars en ligne pour faire durer son parc, l’idée de récupérer les R-35 ayant été écartée.

Le bataillon de char léger était organisé en un peloton de commandement et de soutien, trois pelotons de huit chars et un peloton de transmissions.

Cela donnait donc quarante-huit chars légers en ligne et le reste en volant de réserve, volant mobilisé au moment de l’opération MARITSA pour créer des compagnies de marche.

Renault R-35

L’armée yougoslave disposait également d’un bataillon de chars qui avait remplacé ses Renault FT antédéluviens par des Renault R-35, les Renault FT encore en état formant des compagnies indépendantes.

Bataillon de reconnaissance

Cette unité voit le jour au sein des divisions d’infanterie et de la division blindée reconstituées en Egypte par les alliés avec essentiellement un équipement américain. Il est organisé de la façon suivante :

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Une compagnie de chars légers M-24 Chaffee

-Deux compagnies d’autos blindées M-8 Greyhound

Bataillon de pionniers

Ce bataillon est l’équivalent avant guerre des bataillons du génie des autres armées. Il comprend trois compagnies qu sont initialement identiques mais avec le temps on note une certaine spécialisation avec par exemple une compagnie de déminage, une compagnie de pionniers d’assaut et une compagnie d’aménagement.

Bataillon du génie

Ce bataillon est organisé de la façon suivante :

-Un état-major

-Une compagnie de pontonniers

-Une compagnie de pionniers d’assaut

-Une compagnie d’aménagement du terrain

Autres unités (3) : niveau compagnie

Compagnie d’infanterie type 1941

-Un état-major de compagnie, quatre pelotons d’infanterie et une compagnie de ravitaillement.

-L’état-major de compagnie comprend un capitaine, un sergent chef (armés de pistolets), deux estafettes disposant de fusils, deux clairons eux aussi armés de fusils, deux infirmiers de combat armés de pistolets, quatre aides médicales et un soldat s’occupant du chef du capitaine.

-Chaque peloton dirigé par un lieutenant (armé d’un pistolet) dispose d’une escouade de fusiliers dirigée par un caporal avec dix fusiliers et un grenadier. Ils sont tous armés d’un fusil, le dernier disposant d’un système permettant de lancer des grenades VB.

Aux côtés de l’escouade de fusiliers on trouve trois escouades de mitrailleuses légères dirigée chacune par un sergent armé d’un fusil, un caporal tireur disposant d’un fusil mitrailleur et d’un pistolet comme arme d’autodéfense, un pourvoyeur armé d’un pistolet, un transporteur de munitions armés d’un fusil, un caporal armé d’un fusil, cinq fusiliers et un grenadier.

-Le train de compagnie dirigée par un sergent armé d’un pistolet comprend un jeune sergent armé d’un pistolet, cinq soldats servant de Batmen, deux cuisiniers, un clerc, douze palfreniers et seize chevaux tractant une remorque

Au total la compagnie d’infanterie comprend cinq officiers, 214 sous-officiers et soldats, 34 pistolets, 160 fusils, 12 fusils mitrailleurs, douze lance-grenades et dix-sept chevaux.

Compagnie d’infanterie type 1950

Au sein de l’armée yougoslave reconstituée, la compagnie d’infanterie est organisée de la façon suivante :

-Un état-major de compagnie

-Quatre sections de combat avec un groupe d’état-major, quatre groupes de douze hommes organisé autour d’un ou deux fusils mitrailleurs et un groupe de mortiers avec deux mortiers de 60mm

-Une section d’appui avec un groupe de quatre mitrailleuses ou fusils mitrailleurs, un groupe de deux mortiers de 60mm et un groupe antichar avec des lance-roquettes

Compagnie de reconnaissance

Equipée d’autos blindées elle était organisée en un peloton de commandement et de soutien et trois pelotons de quatre autos blindées.

Compagnie de chars/Compagnie de marche

Renault FT

En septembre 1939 les chars en service dans l’armée yougoslave sont au nombre de 110, 54 Renault R-35 et 56 Renault FT, les premiers pouvant encore faire illusion contrairement aux seconds.

Si les Hotchkiss H-39 vont former le cœur de la brigade mécanisée, les Renault FT et les Renault R-35 vont être dispatchés entre différentes unités.

Au moment de l’opération MARITSA, on compte deux compagnies de quinze vénérables Renault FT soit 30 chars en service mais aussi trois compagnies de 15 Renault R-35 soit quarante-cinq chars en ligne, les cinq derniers étant en réserve. Si les compagnies de Renault FT sont indépendantes, celles équipées de R-35 forment un bataillon indépendant de char.

Les Hotchkiss H-39 en parc vont également former des compagnies indépendantes en l’occurence sept compagnies de six.

Ces différentes compagnies vont être engagés dans des opérations quasi-suicidaires de freinage des unités allemandes ou en appui de l’infanterie. Le personnel survivant ayant passé cette terrible ordalie va offrir un précieux vivier de personnel compétent pour créer la 1ère division blindée yougoslave.

Compagnie antichar

Avant l’opération MARITSA, les compagnies antichars yougoslaves sont organisées de la même façon avec douze canons antichars de 37 ou de 47mm, canons remorqués soit par des chevaux dans les unités hippomobiles ou par des camions pour les quelques unités motorisées.

Canon antichar QF 6 Pounder (57mm)

Dans les unités reconstituées, la compagnie antichar yougoslave est mieux structurée avec trois pelotons de quatre canons antichars (des canons de 57mm britanniques) et un peloton de casseurs de chars armés de Bazooka.

Compagnie antiaérienne/Compagnie de mitrailleuses antiaériennes

En juillet 1949 la compagnie antiaérienne yougoslave est organisée selon le même modèle que la compagnie antichar avec douze pièces soit des mitrailleuses lourdes de 13.2mm ou des canons antiaériens légers de 20mm.

Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

Dans les unités reconstituées la compagnie antiaérienne yougoslave dispose de deux pelotons de six Bofors de 40mm et deux pelotons de huit Oerlikon de 20mm soit une puissance de feu nettement supérieure à celle de ces devancières.

Compagnie du génie

Elle était organisée en une section de commandement et de transmissions, une section de minage, une section de déminage et une section d’aménagement du terrain.

7ème compagnie de commandos

En dépit des difficultés dans la (re)mise sur pied de l’armée yougoslave les alliés acceptèrent très vite la proposition de mettre sur pied une compagnie commando.

Cette 7ème compagnie commando est ainsi créée le 7 janvier 1950 et va intégrer le 10ème commando interallié qui comme son nom l’indique était multinational.

Il comprenait en effet deux compagnies britanniques (1ère et 3ème), une compagnie française (la 2ème dite Compagnie de la Garde), une compagnie polonaise (4ème), une compagnie grecque (5ème) et une compagnie sud-africaine (6ème).

Cette compagnie yougoslave était composée de soldats ayant notamment servit avant guerre dans les troupes de montagne ou dans la Division de la Garde. Ils étaient donc considérés comme appartenant aux meilleures unités de l’armée yougoslave. Cette compagnie était organisée de la façon suivante :

-Un état-major

-Une section de commandement et de transmissions

-Deux sections d’action directe

-Une section de tireurs de précision

-Une section de mitrailleuses

Cette compagnie va opérer dans des raids contre l’arrière du front en Grèce et en Yougoslavie, vont mener des opérations homo contre certains chefs collabos ou d’anciens résistants retournés par les allemands et les italiens.

Ils vont être les premiers soldats yougoslaves à reprendre officiellement la lutte et pénétrer sur le territoire yougoslave.

Le conflit terminé, cette 7ème compagnie quitte le giron interallié pour intégrer pleinement l’armée yougoslave. En 1956 cette compagnie devient bataillon va devenir le dernier rempart d’une monarchie aux abois. Pas étonnant qu’en 1958 à leur arrivée au pouvoir les communistes vont dissoudre ce bataillon avant de créer rapidement leurs propres unités de forces spéciales.

Mitteleuropa Balkans (131) Yougoslavie (19)

Création et évolution de la Jugoslovenska vojska

La future Jugoslovenska vojska voit le jour le 1er novembre 1918 quand le Conseil National des Croates, Slovènes et Serbes met sur pied un Département de la Défense Nationale pour pouvoir chapeauter les unités austro-hongroises présentes sur son territoire.

Un mois plus tard l’Etat des Slovènes, Croates et Serbes s’unit avec le Royaume de Serbie ce qui donne naissance au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes.

Quatre jours plus tard, le 5 décembre 1918, le 25ème régiment d’infanterie de la Garde Nationale Croate ainsi que des éléments de la 53ème DI opposés à l’unification des Slaves du Sud dans un même état manifestent dans les rues de Zagreb.

La police charge et règle le problème de façon musclée puisqu’on compte 15 morts et 17 blessés. Les unités concernées sont aussitôt démobilisées puis dissoutes.

A la fin de l’année 1918, une mission militaire serbe dirigée par Milan Pribicevic, Dusan Simovic et Milisav Antonijevic arrive à Zagreb pour former l’armée du nouveau royaume.

Le 1er janvier 1919 134 officiers supérieurs de l’armée austro-hongroise sont mis à la retraite ou relevés de leurs postes. En 1919/20 des combats opposent l’armée yougoslave et des corps françs autrichiens à propos de la Carinthie, region disputée entre la future Yougoslavie et la république d’Autriche.

En 1921 l’armée yougoslave comprend une division de cavalerie à quatre régiments montés et seize divisions d’infanterie à trois régiments d’infanterie et un régiment d’artillerie plus des unités d’appui et de soutien.

Les seize divisions d’infanterie sont regroupées en quatre zones militaires qui en temps de guerre doivent former autant d’armées : Novi Sad (1ère Armée), Sarajevo (2ème Armée), Skopje (3ème Armée) et Zagreb (4ème Armée). Fin 1921 une 2ème division de cavalerie est créée avec les quatre régiments montés qui dépendaient de chaque armée.

En ce qui concerne l’artillerie outre les régiments divisionnaires on trouve un régiment de canons et un régiment d’obusiers pour chaque armée.

Comme l’immense majorité des pays, c’est une armée de conscription, le service militaire étant nécessaire pour non seulement maintenir les effectifs du temps de paix (140000 hommes) et pour aboutir aux effectifs du temps de guerre (qui vont varier durant la période qui nous intéresse).

En ce qui concerne l’équipement il est naturellement disparate avec deux arméees disposant d’uniformes austro-hongrois et deux armées habillées à la française. L’armement est lui aussi varié avec des armes héritées de l’ancienne armée serbe et des armes venues de feu la Double-Monarchie.

Dans les années vingt l’armée yougoslave est impliquée dans plusieurs opérations comme les tentatives de retour de Charles IV de Hongrie ou encore des querelles de frontière avec l’Albanie et la Bulgarie.

Les premières années sont difficiles. La discipline est très stricte mais si une armée ne peut se passer de discipline cela ne fait pas tout. Les manques sont nombreux : budgets insuffisants, infrastructures défaillantes, manque de personnel compétent, manque de fournitures et d’armes…. .

En 1922 l’artillerie est réorganisée. Les obusiers présents au niveau des différentes armées vont rallier le niveau divisionnaire, huit des seize divisions d’infanterie disposant d’une brigade d’artillerie avec le régiment d’artillerie divisionnaire présent depuis 1921 et un régiment d’obusiers.

Les effectifs du temps de paix sont réduits passant de 140 à 10000 hommes avec le transfert des Gardes Frontières sous l’autorité du ministère des Finances alors que la Gendarmerie passe sous l’autorité du ministère de l’Intérieur.

Une partie de l’armée yougoslave est très engagée politiquement notamment des officiers serbes qui forment la Main Blanche, un groupe occulte qui va notamment tout faire pour bloquer la «yougoslavisation de l’armée». Cela explique que jusqu’à une date récente les hautes-sphères de l’armée royale yougoslave étaient quasi-exclusivement serbes.

En 1923 le service militaire universel est mis en place. Les hommes yougoslaves sont soumis à des obligations militaires de 21 à 50 ans étant affectés après leur service dans l’armée d’active lors de rappels réguliers de 21 à 40 ans puis de 40 à 50 ans dans la Réserve.

Des compagnies frontalières sont mises sur pied pour éviter les attaques surprises, compagnies qui couvrent la frontière albanaise, la frontière grecque et la frontière bulgare.

Toujours en 1923 le dernier général non serbe se retire. Le nombre de généraux passe de 26 à plus de 100.

En 1924 les seize divisions d’infanterie disposent désormais d’une brigade d’artillerie avec les deux régiments selon le modèle décrit plus haut.

En 1925 une Division de la Garde est mis sur pied avec deux régiments de cavalerie, un régiment d’infanterie et un régiment d’artillerie.

En 1926 une 5ème Armée est mise sur pied. Cette création se fait à effectifs constants avec deux divisions de la 1ère Armée (Novi Sad) et de la 4ème Armée (Zagreb).

Treize compagnies frontalières supplémentaires sont mises sur pied pour couvrir les frontières italiennes et hongroises.

Du 29 septembre au 2 octobre 1926 les premières grandes manœuvres sont organisées mais signe important on doit mobiliser des réservistes pour atteindre le chiffre de 10000 hommes.

En revanche on peut douter de la pertinence du scenario choisit à savoir des exercices s’inspirant des tactiques et des règlements de l’armée britannique avant la deuxième guerre des Boers, un conflit ayant eu lieu de 1899 à 1902.

Des militaires yougoslaves et différentes armes automatiques

En 1928 l’armée yougoslave met sur pied quatre régiments d’infanterie supplémentaires pour faire face à la montée en puissance de l’armée italienne. Ils doivent servir de noyau à quatre nouvelles divisions d’infanterie.

En 1929 Alexandre 1er met en place une dictature royale qui entraine une purge dans l’armée avec 32 généraux démis de leurs fonctions.

De nombreuses armes (fusils, mitrailleuses et canons notamment) sont livrés et la même année trois exercices inter-divisionnaires sont organisés avec des résultats mitigés.

En 1930 l’immense majorité des généraux de l’armée yougoslave sont serbes. Les généraux croates et slovènes occupent des postes secondaires. Cette politique ne va changer que dans les années quarante au moment de la Pax Armada. Cela explique les réticences des jeunes croates et des jeunes slovènes à s’engager dans l’armée puisque les perspectives de postes prestigieux sont limitées pour ne pas dire inexistantes.

En dépit d’achats réguliers d’armes les manques sont nombreux (mitrailleuses légères et lourdes, transport motorisé, transmissions, ponts mobiles, chars) et les manœuvres sont organisées comme si le premier conflit mondial n’avait pas eu lieu puisque la cavalerie charge toujours comme du temps de Napoléon ou encore l’infanterie attaque en masse à la façon de l’infanterie française à l’été 1914.

Les attachés militaires britanniques en poste à Belgrade ne sont pas tendre avec les officiers yougoslaves vus comme ultra-conservateurs, d’un esprit étroit, borné, refusant tout changement.

La crise de 1929 gêle l’entrainement des unités et quand il y à entrainement il se limite à des parades, à une formation de tir peu adaptée au combat et à quelques manœuvres en terrain libre.

En 1931 chaque bataillon d’infanterie reçoit une compagnie de mitrailleuses. Les divisions Svaska (Zagreb) et Dravska (Lubjana) convertissent un de leurs trois régiments d’infanterie en régiment d’infanterie de montagne. C’était une première étape vers la création de véritables unités de ce type.

C’est l’année suivante en 1933 que deux brigades de montagne indépendantes sont mises sur pied avec deux batteries de 75mm.

Dès cette époque on envisage une guerilla en cas d’invasion du territoire national et pour cela on prépare des unités Chetnik. Toujours en 1932, trois régiments d’artillerie antiaérienne sont mis sur pied.

Au début de 1933 Belgrade craint un conflit avec l’Italie et la Hongrie, deux pays avec lesquels la Yougoslavie partage de solides contentieux frontaliers.

L’état-major se montre cependant confiant dans les capacités d’une infanterie robuste et d’une artillerie bine équipée. Il manque cependant de nombreuses armes pour faire la différence dans un conflit moderne.

C’est aussi à cette époque que commence la période des «classes creuses», les appelés pour le service militaire sont moins nombreux qu’auparavant car nombre de jeunes hommes sont morts durant les guerres balkaniques et le début du premier conflit mondial avant d’avoir pu avoir des enfants.

Des choix sont donc faits avec des dissolutions d’unités ou la réaffectation d’effectifs dans d’autres armes. Si on dissous des unités d’infanterie on créé néanmoins trois régiments antiaériens indépendants. Il faut noter néanmoins que l’armée yougoslave connait un déficit en terme d’officiers (3500 postes vacants) et de sous-officiers (7500 postes vacants).

En 1934 on note une volonté de réduire la taille des DI pour créer un échelon intermédiaire entre la division et l’armée à savoir l’échelon du corps d’armée mais cette réforme est ralentie puis quasiment bloquée par les plus conservateurs. A noter également la création d’un bataillon de guerre chimique avec pour objectif que chaque armée dispose d’une compagnie.

Des manœuvres militaires au niveau de l’armée sont prévues pour 1935 et on commence à étudié la possibilité de développer au sein de l’armée yougoslave des unités motomécaniques. Le rapport demande cependant d’y aller avec prudence en raison d’une géographie contrainte et d’infrastructures pas toujours adaptées.

Toujours en 1935 on estime qu’il faudrait un mois à l’armée yougoslave pour mobiliser 800 à 900000 hommes. Le processus de mobilisation prévoit le dédoublement de huit des seize divisions d’infanterie du temps de paix mais aussi le dédoublement de l’unique division alpine.

On prévoit également la formation d’une troisième division de cavalerie qui représenterait vingt-quatre divisions d’environ 25000 hommes, une Division de la Garde, deux Divisions Alpines et trois Divisions de Cavalerie. La même année six régiments d’infanterie sont dissous mais les moyens sont répartis pour permettre le renforcement des régiments existants.

Des armes modernes continuent d’arriver notamment de Tchécoslovaquie mais les lacunes restent nombreuses notamment en ce qui concerne les radios et quand ces derniers sont présentes il y à impossibilité de communiquer par exemple entre l’artillerie et l’aviation ou entre l’infanterie et l’artillerie !

Les fameuses manœuvres de 1935 sont davantage des démonstrations que l’on ferait pour des autorités que de véritables exercices militaires. De plus les généraux ont peu de liberté de manœuvre ce qui nuit au but recherché à savoir amélioré les compétences des officiers d’état-major.

Renault FT en version canon avec un canon de 37mm SA modèle 1916

En 1936 un premier bataillon de chars est créé, un bataillon à trois compagnies de trois pelotons de cinq chars équipé de vénérables Renault FT.

En septembre 1937 des manœuvres sont organisées en Slovenie avec l’équivalent de quatre divisions.

Les attachés militaires invités en observateurs peuvent observer les nombreuses lacunes de l’armée yougoslave : incompétence de nombreux officiers, formation et entrainement insuffisant à tous les échelons, manque d’armes modernes….. . Le seul point positif est que les réservistes croates et slovènes ont répondu présents.

Toujours en 1937 des fortifications sont construites à la frontière italienne pour contrer une attaque surprise de l’armée italienne. Point de Ligne Maginot mais plutôt comme souvent en Europe des blockhaus et autres bunkers tactiques destinés à empêcher que l’on franchisse trop facilement la frontière. Clairement il s’agit de gagner du temps et non de stopper l’ennemi.

En 1938 la situation géopolitique de la Yougoslavie se dégrade avec l’union ou plutôt l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, l’affaiblissement de la Tchécoslovaquie avec les Accords de Munich. Il y à désormais une frontière commune avec l’Allemagne ce qui change bien des choses sur le plan militaire.

Toujours en 1938 un Commandement de la Défense Côtière est créé mais c’est une simple réorganisation administrative puisque cela se fait à effectifs et moyens constants. La même année les livraisons de fusils et de mitrailleuses de la part de la dynamique industrie militaire tchécoslovaque permet de combler les dernières lacunes et les premiers ouvrages fortifiés sont érigés à la frontière avec l’Allemagne.

Une chose ne change pas cependant : la surreprésentation des serbes parmi les hauts-gradés de l’armée. Sur 165 généraux on trouve seulement deux croates et deux slovènes ce qui laisse 161 postes aux serbes.

Un effort significatif sera mené durant la Pax Armada et sans totalement rééquilibrer les choses il corrigera nombre de situations abérrantes comme l’absence totale de généraux croates ou slovènes à la tête d’unité composées de soldats venus de ces régions.

A l’orée de la guerre de Pologne la Yougoslavie doit normalement pouvoir mobiliser 1 457 760 soldats répartis en trente divisions d’infanterie, une division de la Garde et trois Divisions de Cavalerie.

Quand le conflit éclate la Yougoslavie déclare sa neutralité et mobilise une partie de ses troupes pour pouvoir faire face à un débordement du conflit voir une attaque surprise de l’Italie que Belgrade fixe plutôt depuis l’Albanie en direction du Monténégro plutôt que sur la frontière nord-ouest.

La fin du conflit permet à l’armée de terre yougoslave de revenir à son format du temps de paix. Il faut cependant tenir compte des leçons du conflit et essayer si possible de corriger les problèmes d’équipement.

Sur ce plan la situation est contrastée. Si l’armée yougoslave possède 4000 pièces d’artillerie seules 1700 peuvent être considérées comme modernes et nombre d’entre-elles (812) sont des canons antichars ce qui signifie que le parc de l’artillerie de campagne est sinon obsolète du moins en voie de déclassement.

On compte également 2300 mortiers de différents calibres (mortiers d’infanterie et d’artillerie _220 et 305mm par exemple_) et 940 canons antiaériens légers et médians.

En ce qui concerne les chars et les unités motomécaniques on trouve six bataillons d’infanterie cycliste au sein des divisions de cavalerie (trois par division en temps de paix, deux en temps de guerre), six régiments d’artillerie motorisés et des unités de chars, des Renault FT et des Renault R-35. On trouve également des chenillettes à la valeur militaire douteuse et des camions importés des EUA.

Renault R-35

Le plan de mobilisation actualisé en 1941 prévoit la mise sur pied de vingt-huit divisions d’infanterie, de trois divisions de cavalerie et de trente-cinq unités indépendantes qui doivent former le cœur de groupements occasionnels pour combattre sur la frontière. A la même époque sur les 167 généraux on compte 150 serbes, 8 croates et 9 slovènes. Un progrès mais la route est encore très longue.

Les divisions doivent être regroupées en armées puis en groupes d’armées. Toujours selon le plan de mobilisation de 1941 cela doit aboutir à la situation suivante :

-2ème Groupe d’Armées (Entre les Portes de Fer sur le Danube et la Drava) : 1ère et 2ème Armée

-1er Groupe d’Armées (Italie, Allemagne et Hongrie) : 4ème et 7ème Armées

-3ème Groupe d’Armées (Roumanie, Bulgarie, Albanie) : 3ème Armée, 3ème Armée territoriale, 5ème et 6ème Armée

On peut voir que les moyens sont concentrés dans le sud du pays et non au nord. Là aussi durant la Pax Armada la répartition va être mieux équilibrée.

Mitteleuropa Balkans (89) Roumanie (19)

L’Armée roumaine dans le second conflit mondial

Soldats roumains pendant la deuxième guerre mondiale.

A l’été 1948 les tensions sont telles en Europe qu’un nouveau conflit n’est pas probable mais quasiment certain. La seule incertitude c’est où et quand.

Aucun pays ne veut être pris au dépourvu et tout en le niant vis à vis des potentiels ennemis, tous les pays d’Europe commence à mobiliser au grand désespoir des pacifistes qui espèrent sauver le continent d’une nouvelle boucherie que tout le monde pressent comme bien plus violente que celle survenue à l’automne 1939.

La Roumanie commence à ainsi à préparer le processus de mobilisation à la mi-juillet mais il s’agit de mesures juridiques et techniques. Il faut attendre le 30 août 1948 pour que les premiers réservistes rejoignent leurs casernes en attendant l’ouverture des centres de mobilisation.

Le 10 septembre 1948 un incident de frontière survient entre gardes-frontières magyars et soldats roumains dans la région de Kolozsvar (Cluj-Napoca), ces derniers étant à la recherche de déserteurs.

Cet incident à lieu dans une zone mal délimitée entre la Hongrie et la Roumanie, Budapest accusant Bucarest d’avoir pénétré sur son territoire ce que le gouvernement de Michel 1er niera toujours.

Des combats opposent les deux armées, des échanges d’artillerie laissent même craindre un conflit majeur. Les allemands qui n’y ont aucun intérêt interviennent et sifflent la fin de la récré entre deux alliés dont elle à besoin. Les deux pays se promettent une coopération militaire totale mais ce sera un leurre, les deux pays se détestant tellement qu’il fallait éviter de faire cohabiter troupes roumaines et troupes hongroises.

Des incidents de frontière ont également lieu sur la frontière roumano-soviétique, une frontière incertaine avec des zones où un flou artistique permet nombre d’interprétations. Ces incidents sont essentiellement terrestres mais également aériens et fluviaux. Si un conflit ouvert n’oppose pas la Roumanie à l’URSS à cette époque c’est que aucun pays n’y à vraiment intérêt.

Lors de l’opération Maritsa (invasion de la Yougoslavie et de la Grèce), la Roumanie ne s’engage pas tout simplement parce qu’elle n’y à pas vraiment intérêt. Tout juste ouvre-t-elle son territoire pour permettre des transports logistiques et sanitaires au profit des troupes de l’Axe.

Il va donc falloir attendre le 21 juin 1950 et le déclenchement de l’opération BARBAROSSA pour qu’enfin l’Armata Regala Romana combattent dans ce second conflit mondial entamé depuis près de deux ans maintenant.

Les troupes roumaines sont placées sous l’autorité du Heeresgruppe Süd (Groupe d’Armées Sud) et ont pour objectif Odessa, la Crimée et Sébastopol pour ne citer que les cibles principales.

Le Conducator aligne environ 700000 hommes répartis en deux armées, sept corps d’armées, quatorze divisions d’infanterie, une division blindée, trois brigades d’infanterie de montagne, quatre brigades de cavalerie partiellement motorisées, deux brigades de forteresse sans compter des unités d’appui et de soutien.

Ces moyens sont répartis entre deux armées roumaines (3ème et 4ème), un corps d’armée indépendant (2ème CA) et la 11ème Armée allemande qui comprend dix divisions d’infanterie dont cinq roumaines, l’unique division blindée roumaine et une brigade de cavalerie.

Initialement ces moyens roumains dépendaient directement du commandement de le Heeresgruppe Süd mais très vite un Groupe d’Armées Roumain est créé avec des unités roumaines et plus surprenant des unités allemandes.

-3ème Armée Roumaine

-4ème Corps d’Armée : 6ème et 7ème DI

-Corps de Cavalerie : 5ème et 8ème brigades de cavalerie

-Corps de montagne : 1ère, 2ème et 4ème brigades de montagne

-4ème Armée Roumaine

-3ème Corps d’Armée : Division de la Garde, 15ème DI et 35ème DI

-5ème Corps d’Armée : 23ème DI

-11ème Corps d’Armée : deux brigades de forteresse

-2ème Corps d’Armée : 9ème, 10ème et 11ème DI, 7ème brigade de cavalerie

-11ème Armée allemande :

-11ème Corps d’Armée : deux divisions d’infanterie allemandes (76ème et 239ème), 1ère division blindée roumaine, 6ème brigade de cavalerie roumaine

-30ème Corps d’Armée : 198ème division d’infanterie allemande, 8ème, 13ème et 14ème DI

-54ème Corps d’Armée : 50ème et 170ème divisions d’infanterie allemandes, 5ème DI roumaine.

Les moyens sont sur le papier importants mais l’équipement ne suit pas forcément (les unités allemandes sont bien équipées, les unités roumaines moins en dépit d’efforts conséquents menés durant la Pax Armada) et surtout le théâtre d’opérations est gigantesque qui plus est mal irrigué en terme d’infrastructures de transport mais comme la logistique est une matière secondaire pour les allemands c’est considéré comme peu important. Le réveil sera rude……. .

Les roumains occupent le flanc sud du Groupe d’Armées Sud avec pour objectif la reconquête de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord puis la conquête d’Odessa et de la Crimée. Ensuite c’est plus flou mais il semble que les roumains espéraient se rendre dans le Caucase ce qui aurait probablement provoqué des frictions avec les allemands.

Carte de la Roumanie après le début de l’opération BARBAROSSA

Les combats sont âpres et violents mais mine de rien les roumains avancent vite. Ils sont très bien accueillis en Bucovine du Nord et en Bessarabie même si l’occupation militaire très dure va leur aliéner beaucoup de sympathies. Certains habitants de ces régions iront même jusqu’à regretter l’occupation soviétique ! Cela laisse songeur même si on ne peut pas exclure ici à la fois de la provocation et une sorte de dépit amoureux.

Les difficultés commencent après le franchissement du Dniestr et du Prut quand les roumains vont combattre dans des zones peuplées majoritairement d’ukrainiens. Certes les populations locales les accueillent plutôt bien (par haine du communisme stalinien uniquement) mais les combats sont rudes avec la RKKA qui bien que ressemblant à une bête blessée est toujours capable de donner de sérieux coups de griffe.

Il faut ainsi près de deux mois de combat pour que l’armée roumaine aidée d’unités allemandes ne parvienne à s’emparer d’Odessa. La ville est sérieusement détruite, le port très endommagé mais après quelques semaines d’efforts la grande ville du sud de l’Ukraine pourra servir de tête de pont logistique pour l’Armata Regala Romana.

La progression reprend ensuite et après une offensive rondement menée, la Crimée et Sébastopol parviennent à tomber aux mains de l’Axe mais là les destructions sont nettement plus importantes et jamais la principale base de la flotte de la mer Noire sera capable d’accueillir de nombreux navires que l’Axe ne possédait de toute façon pas. A part neutraliser une base la capture de Sébastopol n’avait pas grand intérêt pour les roumains et les allemands.

Début décembre 1950 l’hiver arrive sans crier gare alors que les roumains après le nettoyage de la Crimée traversaient la steppe en direction du Caucase sans que l’on sache encore aujourd’hui son objectif final.

Ce qui est certain en revanche c’est que la contre-offensive soviétique menée à la fin du mois frappe durement une armée roumaine affaiblie par les pertes liées aux combats mais aussi au froid et à la maladie.

On assiste ça et là à des débuts de panique que les officiers doivent parfois juguler revolver au poing (on à parlé d’officiers lynchés par leurs hommes mais il semble qu’il s’agisse plus de on-dits et de légendes urbaines que de faits avérés).

Néanmoins très vite les soldats roumains se reprennent motivés par la haine d’Ivan, par la solidarité de groupe, par la peur de décevoir le camarade souvent issu du même village au point que tout le monde se connait et qu’un acte de lâcheté serait vite connu et frapperait d’oprobre la famille.

Si les allemands sont rejettés loin de Moscou, au sud et au nord les contre-attaques soviétiques sont de coûteux échecs. Certes les roumains reculent mais l’objectif de reprendre la Crimée devient très vite une chimère, le front se trouvant à plus de 200km de la presqu’ile.

Le front se stabilise et les deux ennemis telles des bêtes blessées pansent leurs plaies et attendent le printemps pour reprendre l’initiative.

L’armée roumaine à subit de lourdes pertes tant sur le plan humain que sur le plan matériel. Elle va devoir mettre les bouchées doubles pour combler les pertes en hommes et en matériel, bénéficiant d’une aide importante des allemands même si Antonescu et son gouvernement estimeront toujours que cette à été très insuffisante. On développe également une industrie nationale mais les résultats seront décevants non pas pour les résultats proprement dits mais en rapport avec les investissements consentis.

Naturellement l’Armée Royale Roumaine va participer à l’opération FRIEDRICH, l’offensive stratégique allemande prévue pour le printemps 1951. Signe des temps celle-ci ne concerne pas tout le front mais une partie de celui-ci en l’occurence le sud avec pour objectif principal les précieux puits de pétrole du Caucase et secondairement la capture de Stalingrad et d’Astrakhan pour couper la Volga, véritable veine jugulaire de l’effort de guerre soviétique.

C’est ambitieux, très ambitieux, probablement trop mais les allemands et dans une moindre mesure leurs alliés sont persuadés de pouvoir l’emporter avant que les alliés ne soient capables de repasser à l’offensive à l’ouest.

L’effort principal doit être mené par les allemands avec leurs flancs protégés par leurs alliés, les roumains au sud, les hongrois et les italiens au nord.

Si les troupes allemandes sont bien équipées, leurs alliés souffrent de nombreuses lacunes que Berlin n’à pas la capacité voir la volonté de combler ce qui sera bien pratique quand les revers vont s’accumuler : c’est la faute des alliés et non la notre !

L’armée roumaine va engager deux armées, les 3ème et 4ème armées. La plupart des divisions sont expérimentées et relativement bien équipées avec toujours des lacunes en matière d’artillerie antiaérienne et antichar.

La 3ème Armée dispose en réserve opérationnelle de la 1ère division blindée (en réalité elle est placée sous l’autorité directe du commandant d’armée) et de quatre corps d’armée. Deux d’entre-eux sont composées d’unités d’infanterie et les deux autres sont mixtes.

Le 1er Corps d’Armée dispose des 7ème et 11ème DI, le 5ème Corps d’Armée des 5ème et 6ème DI, le 2ème Corps d’Armée dispose des 9ème et 14ème DI ainis que de la 7ème division de cavalerie alors que le 4ème Corps d’Armée dispose de la 1ère division de cavalerie et deux divisions d’infanterie, les 13ème et 15ème DI.

La 4ème Armée dispose de seulement deux corps d’armée, le 6ème CA à quatre divisions d’infanterie (1ère, 2ème, 18ème et 20ème) et le 7ème CA disposant de deux divisions de cavalerie (5ème et 8ème) et d’une unique division d’infanterie (4ème).

Si la 3ème Armée est déployée dans les steppes, la 4ème va se retrouver à devoir combattre à proximité des côtes ce qui la mettra à la merci des bombardements navals de la RKKF.

Etonnament en dépit du fait que le Caucase soit l’objectif majeur, aucune unité de montagne ne participe aux opérations initiales. Cela s’explique tout simplement parce que les meilleures unités roumaines ont été quasiment anéanties durant la contre-offensive soviétique, se faisant souvent tuer sur place pour préserver la retraite du reste de l’armée.

De nouvelles unités ont été mises sur pied mais cela prend du temps et il n’est prévu l’engagement des Vanatori de munte que quand cela sera nécessaire.

L’opération FRIEDRICH est déclenchée le 9 mars 1951. Bien que le second conflit mondial soit le conflit des unités motomécaniques, elle commence par une solide préparation d’artillerie doublée de frappes de l’aviation qu’elle soit allemande, hongroise, italienne ou roumaine.

Les combats sont immédiatement très violents. Les soviétiques reculent mais cela ne tourne jamais à la débandade comme cela avait pu être le cas dix mois plutôt.

Les soviétiques apprennent très vite, les officiers ont passé l’ordalie des premiers combats et sont désormais plus confiants dans leurs capacités.

A la mi-juin l’Axe à atteint les premiers contreforts du Caucase tandis que les unités de reconnaissance peuvent apercevoir la Volga, certaines s’approchant des faubourgs de Stalingrad, la grande ville industrielle de la région.

L’armée roumaine s’est réorganisée avec de nouvelles unités qui ont remplacé des unités éprouvées par de rudes combats. C’est ainsi qu’à cette époque l’armée roumaine aligne les unités suivantes :

3ème Armée : 1er Corps d’Armée (7ème et 17ème DI), 2ème Corps d’Armée (8ème DI, 14ème DI, 7ème division de cavalerie), 4ème Corps d’Armée (1ère division blindée, 1ère division de cavalerie, 15ème DI) et Corps de Montagne (1ère et 2ème division de montagne)

4ème Armée : 6ème Corps d’Armée (1ère, 18ème et 20ème DI) et 7ème Corps d’Armée (2ème et 4ème DI, 5ème division de cavalerie)

Réserve stratégique : 5ème, 6ème et 11ème DI (unités en reconstitution en Ukraine) 8ème division de cavalerie

Le 18 juin 1951 les alliés repassent enfin à l’offensive en déclenchant l’opération AVALANCHE, le franchissement en force de La Seine. Des moyens importants sont engagés avec préparation d’artillerie et frappes aériennes, écrans de fumées pour permettre à l’infanterie de franchir le fleuve sur des embarcations pneumatiques, des barges motorisées et quelques chalands de débarquement.

Les allemands ne sont pas surpris. Ils s’y attendaient mais en déclenchant l’opération FRIEDRICH ils avaient espéré pouvoir l’emporter avant de se retourner contre les alliés occidentaux.

Cela n’avait pas marché ni en 1914 ni 1918 dans un contexte plus favorable alors comment imaginez que cela pouvait marcher en 1951 ?

Les allemands décident de retirer un Panzerkorps et un Panzerkorps S.S et de les envoyer sur le front occidental. L’offensive de l’Axe est globalement stoppée. Il y à quelques attaques locales pour rectifier le front et obtenir une position plus intéressante mais cela s’arrête là.

A chaque fois qu’il ne combat pas le soldat creuse et s’enterre, espérant qu’Ivan attendra avant de contre- attaquer. Hélas pour les fils du dragon, l’Armée Rouge attaque dès le 4 juillet 1951. On sait aujourd’hui que les soviétiques tout en reculant avaient réussi à conserver une masse de manœuvre suffisante pour contre-attaquer avec des troupes fraiches.

Dès que l’opération FRIEDRICH est stoppée, l’armée roumaine tente de ramener sur le front des divisions supplémentaires pour tenir le choc au vas où les soviétiques attaqueraient plus tôt que prévu (certais officiers allemands étaient persuadés d’être tranquilles jusqu’au printemps 1952).

L’opération URANUS reprend le classique combo «percée/envellopement/encerclement» cher à la pensée militaire allemande. La RKKA frappe aux jointures entre la 3ème armée roumaine et les forces allemandes au sud, entre les forces allemandes et les troupes hongroises au nord.

Ce sont déjà des zones sensibles pour une armée alors une zone de liaison entre deux armées qui se méfient l’une de l’autre vous pensez…… .

T-34

L’impact est dévastateur. Les roumains redécouvrent la puissance de l’artillerie soviétique qui est en passe de surclasser qualitativement et quantitativement l’artillerie allemande, les tirs de Katiouchas, le ronronnement des T-34, les «Houraaaaaaaaaaaaah» de l’infanterie soviétique qui faisait passer un frisson dans l’échine de leurs ennemis.

Les premières lignes sont rapidement enfoncées, des percées locales sont obtenues permettant l’infiltration de renforts qui tentent de se répandre sur les arrières ennemis avec un succès mitigé essentiellement en raison d’une mauvaise coordination entre les différents éléments d’assaut et d’exploitation.

Très vite le haut-commandement roumain ordonne la retraite. Les divisions de cavalerie partiellement motorisées et l’unique division blindée sont chargées de freiner l’avancée soviétique afin de permettre le repli de l’infanterie.

Les combats vont durer deux fois jusqu’à la fin septembre. Le front à reculer de plusieurs centaines de kilomètres jusqu’aux confins orientaux de l’Ukraine. Il y à eu ça et là des encerclements locaux mais les soviétiques ont échoué à obtenir les encerclements géants, les chaudrons (kessels) où ils espéraient détruire le maximum de divisions allemandes, italiennes, hongroises et roumaines.

L’Armata Regala Romana à terriblement souffert de l’opération URANUS, plusieurs divisions ont été détruites, d’autres sérieusement affaiblies au point que certaines seront dissoutes pour remplumer d’autres. Quand une armée pratique cela c’est rarement bon signe.

Le front se stabilise au début du mois d’octobre. Si l’hiver 1951/52 va être plus clément que son prédécesseur, il va néanmoins gêler le front pendant plusieurs mois. Il y à cependant quelques attaques locales pour rectifier le front voir des retraites calculées pour réduire la taille du front.

Quand commence l’année 1952 les unités militaires roumaines déployée en URSS aligne encore de beaux restes même si le cœur n’y est plus, nombre de soldats roumains se demandent ce qu’ils font encore là. On assiste à une augmentation des désertions même si nous sommes encore loin de la saignée qui allait aboutir à l’automne 1953 à la désintégration de l’armée roumaine.

La 3ème Armée dispose encore du 1er Corps d’Armée (5ème et 7ème DI), du 2ème Corps d’Armée (8ème DI et 1ère division blindée), du 4ème Corps d’Armée (11ème et 15ème DI) et du Corps de Montagne (1ère et 2ème divisions de montagne).

La 4ème Armée dispose du 6ème Corps d’Armée (1ère, 6ème et 20ème DI) et du 7ème Corps d’Armée (4ème DI et 8ème division de cavalerie).

Cela nous donne un total de onze divisions d’infanterie, une division de cavalerie et une division blindée soit treize grandes unités contre vingt soit un tiers des unités détruites (certaines seront reconstituées en Roumanie sous un format allége compte tenu des circonstances).

Ces unités sont certes expérimentées mais au noyau de vétéran s’ajoutent des recrues peu expérimentées et souvent démotivées car malgré la propagande du régime les informations circulent, la correspondance des soldats bien que censurée étant truffée d’informations pour qui sait decrypter et interpréter.

Après un hivernage comme durant les conflits passés, les combats reprennent de plus belle au printemps 1952. Cette fois ce ne sont pas les soviétiques mais les allemands qui prennent l’initiative avec leur dernière offensive stratégique de la guerre, l’opération Citadelle/Zitadel.

Cette offensive à un but limité _pénurie de moyens oblige_ à savoir dégager la ville de Smolensk, une ville devenue un hub logistique de première importance pour les allemands. Cette ville est menacée par deux saillants sous contrôle soviétique, un au nord et un au sud.

Le plan est d’une simplicité biblique : attaquer les saillants, les percer puis rabattre le plus loin possible pour encercler un maximum de troupes et les détruire.

Les allemands espèrent ainsi dissuader les soviétiques d’attaquer pendant plusieurs mois le temps de se retourner contre les occidentaux, obtenir une paix blanche et régler une bonne fois pour toute la «question judeo-bolchevique».

C’était déjà un objectif chimérique en juin 1950 alors deux ans plus tard vous pensez….. . Les roumains ne sont pas directement associés à cette opération menée exclusivement par des moyens allemands mais Bucarest propose une offensive de diversion en Ukraine pour obliger Moscou à disperser ses forces qu’on estime au bord de la rupture.

Les allemands rejettent cette idée officiellement pour des raisons de coordination mais en réalité parce que Berlin doute des capacités des roumains à mener une opération majeure seule sans un soutien conséquent des allemands. Autant dire que le gouvernement roumain à eu du mal à digérer cette fin de non recevoir. Néanmoins si on prend du recul on peut douter de l’efficacité d’une attaque roumaine même menée avec tous les moyens disponibles.

Comme nous le savons l’opération CITADELLE aboutit à l’élimination du balcon nord mais au prix de lourdes pertes alors que le balcon sud est renforcé.

Cela va favoriser l’action ultérieure des soviétiques qui déclenchent l’opération ROUMANTSIEV le 1er juillet 1952. Les combats sont violents et les roumains qui n’avaient pas été concernés par les combats de CITADELLE doivent se replier pour ne pas être encerclés.

Quand l’année se termine les troupes soviétiques occupent les trois quarts de l’Estonie, des arpents de la Lituanie et de la Lettonie ainsi que l’ouest de l’Ukraine. Désormais l’initiative appartient aux soviétiques qui vont dicter le tempo des opérations, les allemands et leurs alliés ne faisant réagir et ralentir l’ineluctable.

Après plusieurs mois d’attaques locales et d’escarmouches, les soviétiques attaquent le 21 mai 1953 en Bielorussie dans le cadre de l’opération BAGRATION. L’Heeresgruppe Mitte (Groupe d’Armées Centre) est enfoncé, pulvérisé, éparpillé façon puzzle. C’est à grande peine que les allemands parviennent à se rétablir sur la Ligne Curzon à savoir la frontière polono-soviétique au 1er septembre 1939.

Les allemands se sont à peine remis de BAGRATION qu’ils doivent encaisser deux nouvelles offensives majeures de l’Armée Rouge qui ne cesse de progresser en appliquant enfin les recettes imaginées par les théoriciens de l’art opératif (Svietchine, Triantafilov, Toukatchevski…….) ce qui n’empêchera pas certains généraux allemands d’après guerre de continuer à dire que si les soviétiques ont gagné c’est uniquement par la force du nombre.

Le 12 juillet 1953 les soviétiques attaquent dans les pays baltes avec l’opération KOUTOZOV suivie par l’opération POTEMKINE qui lancée le 8 août 1953 avait pour objectif de libérer l’Ukraine. Les objectifs prévus ne sont pas atteints même si Kiev est libérée tandis que dans la région baltique une partie des forces allemandes est encerclée (poche de Courlande).

Les roumains sont sérieusement bousculés par POTEMKINE. Les pertes sont lourdes et le moral est de plus en plus bas. Une sorte de lente résignation commence à s’emparer des soldats roumains qui combattent tels des automates.

Les forces roumaines se concentrent sur le sud de l’Ukraine assurant notamment la défense de la Crimée mais aussi la région d’Odessa. Il y à également des troupes allemandes mais la méfiance règne entre les deux armées ce qui n’est pas vraiment gage d’une défense efficace.

La 3ème Armée assure la défense du sud de l’Ukraine avec deux corps d’armée, le 1er Corps d’Armée (1ère division légère d’infanterie, 5ème et 7ème DI) et le 4ème Corps d’Armée (8ème division légère d’infanterie, 11ème et 15ème DI).

La 4ème Armée assure la défense de la Crimée avec le Corps de Montagne (1ère division de montagne et 2ème division légère de montagne) et le 6ème Corps d’Armée (1ère et 20ème DI).

Le Groupement Mobile Vanescu regroupe la 1ère division de blindée, la 2ème brigade blindée (NdA Elle devait être créée comme division blindée mais les moyens ont manqué) et la 8ème division de Cavalerie.

Le Groupement Odessa qui assure la défense de la ville dispose des 4ème et 6ème DI, des unités en reconstitution ainsi que différentes unités de garde-frontières, des unités montées, des unités d’artillerie et du génie. Cet ensemble baroque dispose de capacités militaires limitées.

Ce n’était qu’une question de temps avant que l’armée roumaine ne soit confrontée à une offensive directe de la RKKA.

Le 11 septembre 1953 l’URSS déclenche l’opération PIOTR VELIKYI (opération Pierre le Grand), une offensive de grand style avec trois volets simultanés : POLTAVA (offensive blindée-mécanisée dans les plaines d’Ukraine), GANGUT (opération amphibie en Crimée) et PETERHOF (opération aéroportée sur Odessa).

Si le premier volet concerne les allemands qui évitent de se faire déborder en échangeant du terrain contre du temps, les roumains sont concernés directement par les deux derniers volets où ils disposent de moyens militaires importants.

Les combats sont violents et impitoyables. On relève que fort peu de prisonniers sont faits et des enquêtes menées après guerre ont montré de nombreux cas d’exactions vis à vis des prisonniers qu’ils soient roumains ou soviétiques.

Les roumains sont vite débordés aussi bien en Crimée et à Odessa. Le grand port du sud de l’Ukraine est le théâtre de violents combats. Face à une infanterie légère même surentrainée, la garnison est débordée au point que très vite le commandant du groupement Odessa décide de se replier à l’ouest de la ville et de tendre la main au groupement mobile Vanescu pour contre-attaquer.

A trois reprises les unités roumaines passent à l’attaque mais sont à chaque fois repoussés par de puissants tirs d’artillerie (terrestre et navale) et par l’aviation. A la troisième reprise les restes du groupement Vanescu sont sur le point de reprendre la ville mais le manque d’infanterie sauve les VDV de l’annihilation.

De toute façon les troupes roumaines sont dans un tel état que même une reprise de la ville n’aurait pas changé grand chose d’autant que la Crimée est perdue et que les allemands plus au nord après une défense héroïque doivent se replier à grande vitesse vers l’ouest.

C’est la défaite de trop. L’armée roumaine se liquefie, des unités se mutinent. On assiste même à des combats fratricides entre ceux voulant continuer la lutte et d’autres voulant se rendre aux soviétiques.

Le 25 septembre 1953 un coup d’état communiste chasse le Conducator du pouvoir. L’anarchie règne en Roumanie où on ne contrôle plus rien. A cette époque les soviétiques sont déjà rentrés en Roumanie et quand l’armistice est signé le 4 octobre, l’Armée Rouge occupe les trois quarts du pays.

Une partie de l’armée refuse d’abandonner l’allié allemand et va continuer à combattre jusqu’à la fin aux côtés de la Wehrmacht en Hongrie et en Tchécoslovaquie essentiellement. La majorité cependant rallie le pouvoir communiste mais il ne faudrait pas commettre l’erreur de croire que tous étaient des communistes enthousiastes.

D’ailleurs avant d’engager des unités roumaines à leurs côtés les soviétiques vont procéder à un sérieux écremage. Ce n’est que début 1954 que la nouvelle armée roumaine est engagée avec trois divisions d’infanterie et une division blindée. Les combats sont violents, l’armée roumaine réorganisée terminant la guerre en Tchécoslovaquie.

Elle ne s’y attarde et dès la fin 1954 elle est repliée en Roumanie, jouant un rôle politico-militaire de premier ordre pour provoquer l’abdication de Michel 1er et la mise en place d’une «démocratie populaire».

Il faut dire que l’armée roumaine avait été réduite à quatre divisions dont une blindée mais cette dernière, la division Tudor Vladimirescu était composée de communistes convaincus. C’était donc un atout majeur dans le jeu communiste qui pouvait s’appuyer sur les 120000 soldats soviétiques présents en Roumanie.

Le bilan humain est lourd encore que le chiffre est très incertain. Selon les estimations les plus fines 238000 soldats roumains ont été tués blessés ou ont été à jamais portés disparus.

Mitteleuropa Balkans (88) Roumanie (18)

L’Armée roumaine dans le premier conflit mondial

Soldats roumains portant une tenue d’inspiration française durant le premier conflit mondial.

En 1914 comme nous l’avons vu la Roumanie décide de rester neutre essentiellement pour des raisons de politique intérieure, une querelle opposant partisans de l’entrée en guerre aux côtés des Empires Centraux (c’est le cas du roi Carol 1er même si celui-ci à évolué sur la fin) et partisans d’une entrée en guerre aux côtés de l’Entente (cas du gouvernement).

En 1915 la Bulgarie courtisée par les deux camps (mais avec plus d’insistance par les Empires Centraux) entre en guerre. Ce n’était donc qu’une question de temps pour que Bucarest se joigne à un conflit passé du stade «frais et joyeux» au stade «immonde boucherie».

La Roumanie franchit le pas en 1916 et choisit d’entrer en guerre aux côtés de l’Entente en août 1916. Problème l’armée roumaine est totalement inapte à la guerre moderne. Son seul conflit véritable remonte à la guerre d’indépendance il y à plus de quarante ans (sa participation aux guerres balkaniques à été symbolique) et l’entrée en guerre va être précipitée.

A cela s’ajoute la crainte de combats fratricides contre les roumanophones de l’armée austro-hongroise. Ces derniers sont d’abord loyaux à la Double-Monarchie (peut être dans l’espoir d’avoir un meilleur sort une fois la guerre terminée) mais peu à peu la désillusion l’emporte. Les désertions vont se multiplier au fur et à mesure que la Roumanie s’approche de l’entrée en guerre.

150000 roumanophones vont mourir sous l’uniforme gris de l’armée austro-hongroise. De nombreux prisonniers reprendront la guerre au sein de légions de volontaires levées dans les camp de prisonniers italiens et russes.

Quand éclate le premier conflit mondial l’armée de terre roumaine dispose de cinq corps d’armée ce qui correspond à une force de combat de quinze divisions d’infanterie, sept brigades de cavalerie, vingt-cinq régiments d’artillerie et deux régiments du génie. A cela s’ajoute naturellement des unités de transmissions et de soutien logistique. A noter que l’échelon armée n’apparait qu’au moment de l’entrée en guerre de la Roumanie en août 1916.

Initialement l’armée roumaine mobilise 658088 hommes répartis en vingt-trois divisions ce qui est tout sauf négligeable. Les premiers combats se passent bien mais tout simplement parce qu’en face il n’y à rien ou presque. Dès que les Empires Centraux vont envoyer des troupes, l’armée roumaine va être sérieusement mise en difficulté.

Sur le plan tactique la guerre sans être une suite de combats echevelés n’est pas aussi figée que sur le front occidental. La manœuvre, le mouvement restent possibles probablement parce que le terrain est vaste et les effectifs ne permettent pas forcément de tenir solidement tout un front surtout pour les pauvres roumains qui doivent combattre sur deux fronts de 1600 km !

La cavalerie par exemple assure l’éclairage, le flanquement et le freinage de l’ennemi pour éviter que la retraite ne tourne à la déroute.

C’est ainsi qu’à la bataille de Robanesti, la cavalerie roumaine charge sabre au clair mais avec moins succès que les cavaliers de Ney à Eylau (NdA qui rappelons le est la plus grande charge de cavalerie de l’histoire avec 11000 hussards, chevaux-légers, lanciers et autres cuirassiers ce qui est déjà énorme ce qui n’empêche pas certains auteurs de parler de 70 à 80000 cavaliers) et les survivants devaient se sentir plus proches de la brigade légère à Baklhava.

La Roumanie aurait pu s’appuyer sur le terrains et les fortifications mais soit l’ennemi allait trop vite ou alors les fortifications étaient tournées vers le mauvais adversaire.

Le général Henri Bethelot

Très vite sur la défensive, l’armée roumaine ne va pas s’effondrer totalement grâce à la présence de troupes russes et surtout de la Mission Berthelot, une mission d’assistance militaire dirigée par le général français Henri Berthelot. On peut y ajouter l’action de la marine roumaine qui en défendait les fleuves et les côtes permettait à l’armée de terre de tenir fermement le terrain.

Après la stabilisation du front l’armée roumaine est totalement réorganisée, une véritable économie de guerre est mise sur pied pour reconstituer une armée digne de ce nom.

C’est ainsi qu’au début de 1917 l’armée de terre de Ferdinand 1er aligne deux armées et cinq corps d’armée ce qui représente quinze divisions d’infanterie disposant de deux brigades d’infanterie, une brigade d’artillerie, un bataillon de cavalerie et un bataillon de pionniers. Les DI numérotées un à dix disposent également d’un régiment d’infanterie de montagne.

A ces divisions s’ajoute deux divisions et deux brigades indépendantes de cavalerie sans oublier l’artillerie qui hors artillerie divisionnnaire dispose de deux régiments d’artillerie de montagne, quatre régiments d’artillerie lourde ainsi que des régiments d’artillerie antiaérienne.

Cela représente 700000 hommes répartis en 207 bataillons d’infanterie, soixante bataillons de marche (Nda infanterie ?), 110 escadrons de cavalerie et 245 batteries d’artillerie.

Les moyens déployés par les belligérants sur le front roumain sont colossaux avec neuf armées, quatre-vingt divisions (974 bataillons), dix-neuf divisions de cavalerie (550 escadrons) et 923 batteries d’artillerie soit des effectifs dépassant 1 million d’hommes.

En dépit de colossales efforts, Bucarest est fragilisé par la défection russe. L’armée roumaine est épuisée et le gouvernement de Ferdinand 1er replié à Iasi n’à d’autres choix que de choisir la voix de l’armistice puis du traité de paix.

A cette époque l’armée roumaine possédait quinze divisions d’infanterie. Les divisions n°11, n°12,n°13,n°14 et n°15 sont immédiatement démobilisées. Sur les divisions d’infanterie restantes, les empires centraux autorisent deux divisions déployées en Bessarabie (ainsi que les deux divisions de cavalerie) sont autorisées à rester à effectifs de guerre.

Les autres divisions d’infanterie doivent revenir à un format du temps de paix avec quatre régiments d’infanterie à trois bataillons, deux régiments de cavalerie à deux escadrons, deux régiments d’artillerie à sept batteries, un bataillon de pionniers et un socle logistique. L’armement en surplus est livré aux austro-hongrois.

Le conflit terminé le bilan est lourd pour l’armée de terre roumaine avec 535 700 militaires hors de combat (335706 tués, 120000 blessés et 80000 prisonniers).

D’une guerre à l’autre

Dans l’immédiat après guerre l’armée de terre roumaine va participer à plusieurs conflits notamment contre la Hongrie avec laquelle elle va partager un long et douloureux contentieux concernant notamment la Transylvanie.

Ce conflit qui éclate à la mi-avril 1919 après plusieurs mois de tension entre la Roumanie et la Hongrie voit l’engagement côté roumain de soixante quatre bataillons d’infanterie, de vingt-huit escadrons de cavalerie, de 160 canons, de 32 obusiers, d’un train blindé, de deux bataillons de pionniers et de deux escadrons d’aviation. Le conflit se termine le 3 août 1919 par l’occupation de Budapest par les roumains ce qui favorise l’arrivée au pouvoir du régent Horthy. La Roumanie va occuper la partie orientale de la Hongrie jusqu’au 28 mars 1920.

L’armée tente de se moderniser mais en ces temps de vache maigre difficile de faire beaucoup surtout pour un pays assez pauvre, disposant de peu de moyens industriels.

Tout juste notons l’acquisition de chars de combat pour équiper notamment une première division blindée, division qui cohabite avec cinq divisions de cavalerie. Certes le terrain roumain peu se montrer ouvert à l’utilisation de la cavalerie mais ce n’est pas vraiment un signe de modernité, le premier conflit mondial ayant montré les limites des unités montées dans la guerre moderne.

Renault FT alias le « petit machin » selon son créateur Louis Renault

Les premiers chars roumains seront 76 Renault FT qui sont livrés en 1919, le «Char de la victoire» formant un premier régiment blindé. Ces chars vont rester en service en 1941, les véhicules encore en état étant réutilisés pour l’entretien et le maintien de l’ordre.

Le AH-IV tchèque à été produit sous licence en Suède

Il faut ensuite attendre les années trente pour que de nouveaux chars soient livrés en l’occurrence trente-six chars légers AH-IV (R-1) qui sont maintenus en service jusqu’en 1945 avant d’être stockés pour être réutilisés en cas de besoin.

Skoda LT vz.35

Ils sont complétés par 126 chars légers Skoda LT vz.35 (S-II) connus sous la désignation de R-2 mais plus connus sous leur nom allemand (Panzer 35(t)), ces chars auraient pu être bien plus nombreux dans les armées roumaines mais la commande de 382 exemplaires est annulée suite au démantèlement de la Tchécoslovaquie.

Renault R-35

En décembre 1937 200 exemplaires du Renault R-35 sont commandés mais en septembre 1939 seulement 41 exemplaires ont été livrés par la France auxquels il faut ajouter 34 chars ayant appartenus à la Pologne. Cela porte le total à 75 exemplaires, la commande restante étant annulée, la Roumanie préférant acquérir des chars plus modernes venant notamment d’Allemagne mais ceci est une autre histoire.

Une loi du 28 avril 1932 précise l’organisation de l’armée roumaine composée de sept corps d’armée, vingt et une division d’infanterie, un corps de montagne représentant soixante-douze régiments d’infanterie auxquels il faut ajouter un corps d’autos blindées, un bataillon de la garde, deux bataillons de garde-frontières, quatre bataillons d’infanterie légère, vingt-deux compagnies divisionnnaires de mitrailleuses. A cela s’ajoute des unités de cavalerie, d’artillerie, du génie et de soutien.

En 1940 peu après la fin de la guerre de Pologne, la Roumanie possède un potentiel mobilisable de 1.1 millions d’hommes (1170000 exactement) soit 8.5% de la population du pays. Ce potentiel va se réduire un peu avec les annexions de territoires qui prive l’armée de recrues.

Sur le plan des unités l’infanterie dispose de dix-neuf divisions à trois régiments d’infanterie et deux régiments d’artillerie regroupés respectivement en une brigade d’infanterie et une brigade d’artillerie. A cela s’ajoute différentes éléments d’appui et de soutien (génie, transmissions, logistiques).

L’infanterie de montagne (Vânători de munte) apparue durant le premier conflit mondial comme entité indépendante aligne quatre divisions ce qui représente vingt-quatre bataillons, quatre groupes d’artillerie et huit batteries d’obusiers de montagne. On peut ajouter également un commandement de montagne à huit bataillons.

Comme dans de nombreux pays ces unités sont devenues très vite l’élite de l’armée roumaine et dont l’efficacité durant le second conflit mondial leur vaudra une dissolution au temps de la période d’occupation soviétique (1953-1960).

La cavalerie dispose de cinq divisions montées et d’une division blindée. Il y eut le projet de créer d’autres unités motocénaniques mais hélas pour les biffins roumains ces projets étaient encore dans l’enfance quand la seconde guerre mondiale éclate.

L’artillerie comprend des unités endivisionnés mais aussi des régiments indépendants au niveau des corps d’armée et des armées à savoir huit régiments d’artillerie lourde, deux régiments d’artillerie antichar et dix régiments antiaériens.

Durant la période de la Pax Armada l’armée de terre roumaine connait une certaine modernisation pour notamment faire face à des phénomènes similaires en Bulgarie et en Hongrie. Toutes les lacunes ne sont pas éliminées loin de là mais Bucarest peut espérer faire bonne figure en cas de conflit.

De nouvelles armes légères dont certaines roumaines sont mises en service, les pièces d’artillerie sont plus nombreuses et plus modernes (les pièces les plus anciennes sont souvent stockées pour être réutilisées en cas de besoin), de nouveaux blindés mis en service qu’il s’agisse de chars, de chasseurs de chars ou canons d’assaut.

En dépit de cet effort cela n’empêchera pas l’Armata Regala Romana de devoir réutiliser des véhicules de prise essentiellement des véhicules soviétiques mais aussi des véhicules occidentaux livrés au titre du Prêt-Bail.

Mitteleuropa Balkans (87) Roumanie (17)

ARMEE DE TERRE ROUMAINE

Histoire

Les origines

Soldat roumain en tenue ancienne

L’histoire roumaine est ancienne, les roumains s’estimant être les descendants des Daces qui donnèrent du fil à retordre aux romains qui eurent besoin de deux guerres pour s’emparer de cette province riche en bois et en or. A l’usage elle fût abandonnée car trop difficile à défendre alors que l’armée romaine devait faire face à des peuples barbares de plus en plus remuants que ce soit sur le Rhin, sur le Danube ou même au Moyen-Orient.

Au Moyen-Age les roumains s’illustrèrent surtout dans leur guerre contre les ottomans sans oublier des conflits contre les mongols et contre les hongrois. Les différentes principautés alternèrent entre alliance et opposition avec la Sublime Porte.

Les armées des principautés comprenaient des archers (arcasig), des cavaliers (călărași, des chevaux légers ou rosiori), de l’infanterie (dorobanti), des mousquetaires ou puscasi, de l’artillerie (tunari) mais aussi différentes unités irrégulières très présentes dans cette région (arnaoutes razesi).

L’armée de terre roumaine voit le jour en 1859 lors de la naissance des Principautés-Unies de Roumanie, onze ans après une première tentative infructueuse lancée en 1848 au moment du «Printemps des Peuples».

Elle dispose d’un état-major général et de trois commandements territoriaux (Moldavie, Valachie et Oltenie).

Cette armée comprend à l’origine sept régiments d’infanterie à deux bataillons à quatre compagnies chacun. En 1860 le premier bataillon de fusiliers voit le jour en attendant la création de bataillons d’infanterie de montagne qui comme dans nombre de pays vont être rapidement les meilleures de l’armée roumaine.

La cavalerie n’est pas oubliée avec deux régiments de cavalerie à quatre escadrons de lanciers auxquels vont s’ajouter un escadron de stockage.

L’artillerie peut être considérée comme le parent pauvre de l’armée roumaine avec seulement six batteries (quatre en Moldavie et deux en Valachie).

Cette armée est dirigée par le Domnitor Alexandre-Jean Cruza et ce jusqu’à son abdictation survenu en 1866.

Onze ans plus tard les Principautés-Unies de Roumanie vont participer aux côtés des russes à une nouvelle guerre russo-ottomane que les roumains vont appeler guerre d’indépendance puisqu’à l’issue de ce conflit la Roumanie devient indépendante, indépendance qui se double d’un changement de statut en 1881. Exit le statut de principauté et bonjour le statut de royaume.

Durant cette guerre qui dure du 24 avril 1877 au 10 mars 1878 les roumains vont jouer un rôle non négligeable. Huit jours plus tôt la Roumanie avait signé avec la Russie le traité de Bucarest pour autoriser le passage des troupes russes sur son territoire pour combattre la Sublime Porte pourtant puissance suzeraine des Principautés-Unies de Roumanie.

Dans un premier temps la Roumanie joue un rôle passif en mobilisant 120000 soldats dans le sud pour empêcher les ottomans de traverser son territoire.

Son intervention effective ne commence que le 24 juillet 1877 à la demande de la Russie qui avait déjà subit de lourdes pertes. 66000 soldats roumains accompagnés par 190 canons vont combattre les ottomans aux côtés de 280000 russes et de 50000 bulgares.

L’armée de terre roumaine participe au siège de Plevna (20 juillet au 10 décembre 1877). Cette victoire est cependant une victoire à la Pyrrhus, les pertes sont telles (5000 morts, 15000 blessés, 40000 prisonniers soit la moitié des effectifs engagés) que la Russie ne peut pas s’engager dans une conquête de Constantinople, la capitale de l’empire ottoman.

Cette bataille montre définitivement la supériorité de fusil à répétition sur le fusil à un coup et ça toutes les armées l’ont compris et entendu.

Après l’occupation de Plevna, les roumains retournent combattre sur le Danube, participant aux batailles de Vidin et de Smardan. Ils ont également participé aux batailles de Grivitsa et de Rahova.

Le 19 janvier 1878, l’empire ottoman demande l’armistice et le 13 janvier 1878 l’indépendance des principautés-unies de Roumanie est reconnue par la Sublime Porte.

Les pertes de l’armée roumaine à l’issue du conflit vont être très lourdes avec près de 20000 pertes (4302 tués et disparus, 3316 blessés et 19904 soldats ayant succombé à la maladie qui tue plus que les combats en eux-mêmes, situation qui changera avec le premier conflit mondial).

Cette arme s’organise progressivement et comme en France est créée une gendarmerie destinée à tenir et à défendre les zones rurales. Elle est créée en 1893 et réorganisée en 1908 après son échec dans la jacquerie de 1907.

En 1900 l’armée de terre roumaine comprend quatre commandement de corps d’armée, neuf divisions d’infanterie qui disposent chacune d’une bataillon d’infanterie de montagne.

Artillerie roumaine durant le premier conflit mondial. Une batterie de 75mm traverse une ville roumaine (probablement Bucarest).

Sa substance offensive comprend trente-quatre régiments d’infanterie à trois bataillons chacun, onze régiments d’artillerie équipés de batteries de canons de 75mm et d’obusiers de 120mm, une batterie d’artillerie de montagne, deux régiments d’artillerie de forteresse et deux régiments du génie.

Pendant plus de trente ans l’armée roumaine reste l’armée au pied. Si elle n’est pas engagée dans la première guerre balkanique, elle participe à la deuxième guerre balkanique même si aucune perte au combat ne sera enregistrée. Son seul engagement obligera la Bulgarie à demander la paix à ses anciens alliés.

Mitteleuropa Balkans (79) Roumanie (9)

La Roumanie dans le second conflit mondial

Carte de la Roumanie entre 1949 et 1953

Le 5 septembre 1948 l’Allemagne déclenche l’opération WESERÜBUNG en envahissant le Danemark et la Norvège. La Roumanie comprend qu’elle ne pourra rester neutre contrairement à septembre 1939.

Elle propose à l’Allemagne une attaque concertée contre la Yougoslavie et la Grèce mais Berlin refuse estimant cette attaque malvenue et hors de propos.

Cette proposition semble être venue du Conducator, le maréchal Antonescu alors que le roi nominalement chef de l’état roumain était nettement plus réservé.

Sur le plan militaire l’armée roumaine est mieux équipée et mieux entrainée qu’en septembre 1939 mais peut-elle être efficace dans un conflit moderne ? Seule la guerre peut le dire.

A l’été 1948 des tensions émergent à la frontière hungaro-roumaine. Un conflit semble imminent ce qui explique que dès le 30 août 1948 la Roumanie rappelle des réservistes et commencent à préparer la mobilisation générale sans pour autant l’ordonner visiblement pour ne pas jetter de l’huile sur le feu.

Sage précaution car le 10 septembre 1948 à lieu un incident de frontière hungaro-roumaine dans la région de Kolozsvar (aujourd’hui Cluj-Napoca).

Des patrouilles roumaines sont à la recherche de déserteurs. Des garde-frontières hongrois surprennent une patrouille en territoire magyar (ce que nieront toujours les roumains) et un échange de coup de feu oppose les deux camps, un soldat roumain et deux garde-frontières hongrois sont tués.

Il y à des combats mais on sent que Budapest comme Bucarest n’ont pas vraiment envie d’entrer en guerre.

On assiste pourtant à des échanges d’artillerie de part et d’autre de la frontière. Cette situation ubuesque s’arrête suite à l’intervention allemande qui n’à pas vraiment envie d’une guerre entre deux de ses alliés.

Les deux pays se promettent une coopération militaire totale (sic) mais les relations roumano-hongroises resteront toujours mauvaises.

Pour éviter de nouveaux incidents une bande de démilitarisée de 500m de chaque côté est interdite à tout autre formation que les douaniers qui doivent empêcher la contrebande.

Cela atteindra un tel point que les armées des deux pays seront toujours maintenues à distance pour éviter des affrontements fratricides. Il y eu des affrontements entre permissionnaires sur l’arrière du front quand par mégarde un train magyar croisait un train roumain.

Si l’armée de terre roumaine va rester l’arme au pied jusqu’à l’opération BARBAROSSA en revanche la marine et l’armée de l’air vont être engagées pour contrer des incursions soviétiques qu’elles soient aériennes ou navales.

En effet la frontière roumano-soviétique à été le théâtre durant toute la Pax Armada d’incidents de frontière, certaines zones étant (volontairement ?) mal délimitées ou sujettes à interprétation.

Quand éclate le second conflit mondial, les soviétiques montrent les dents en multipliant les patrouilles à pied, les patrouilles motorisées et même les patrouilles fluviales, les deux flottilles du Danube s’affrontant à plusieurs reprises. Si cela ne dégénère pas en conflit majeur c’est qu’aucun n’y à vraiment intérêt du moins pour le moment.

Dans les airs la VVS effectue plusieurs missions de reconnaissance au dessus de la Roumanie entrainant des interceptions de la chasse roumaine. Plusieurs avions soviétiques sont abattus.

La Roumanie bien que partageant une frontière commune avec la Yougoslavie ne participe pas à l’opération MARITSA probablement parce qu’elle n’y avait aucun intérêt. Elle propose à l’Allemagne son territoire pour le soutien logistique mais l’utilisation semble avoir été limité à quelques livraisons de munitions et des évacuations sanitaires de blessés.

C’est donc durant l’opération BARBAROSSA que l’armée de terre roumaine va connaître son baptême du feu fournissant plusieurs armées au sein du Heeresgruppe Süd. Signe de confiance, des troupes allemandes sont placées sous commandement roumain, une chose unique dans l’histoire du second conflit mondial.

Les objectifs militaires de la Roumanie dans cette opération portant le nom d’un grand empereur allemand du Moyen-Age sont multiples. Ils sont politiques (apparaître comme le plus fidèle allié de l’Allemagne), diplomatiques (récupération des territoires perdus), idéologiques (extirper le «cancer communiste») et militaires (conquête de nouveaux territoires).

Soldats roumains sur le front de l’est

Bucarest se donne les moyens de ses ambitions en engageant près de 700000 homme (686 258 hommes pour être précis) répartis en quatorze divisions d’infanterie, une division blindée, trois brigades d’infanterie de montagne (seules unités que les allemands considèrent comme valables), quatre brigades de cavalerie, deux brigades de forteresse. On compte également 250 véhicules de combat et 2300 pièces d’artillerie.

C’est donc un effort considérable qui aurait du tempérer la peur hongroise de voir les roumains récupérer de force la Transylvanie du Nord.

La Roumanie reprend la Bessarabie et la Bucovine et impose une rude occupation au point que certains roumanophones auraient parait-il regretté la période soviétique pourtant pas adepte de «câlinothérapie» surtout vis à vis des non-russes.

Les troupes roumaines aidées par les allemands (qui servent de tampon avec les hongrois pour des raisons qu’on à évoqué plus haut) pénètrent en Ukraine, occupant Odessa et aidant les allemands à s’emparer de la Crimée en jouant un rôle crucial dans le siège de Sébastopol.

Les roumains vont également s’emparer de territoires n’ayant jamais fait partie de la Roumanie à savoir les territoires compris entre le Dniestr et le Bug méridional. Ce territoire va être administré par la Roumanie sous la forme d’un Directorat de Transnistrie du 19 août 1950 au 18 septembre 1953.

C’est une compensation à la perte de la Transylvanie du Nord même si le maréchal Antonescu estimait qu’après la victoire de l’Axe sur l’URSS, une nouvelle guerre roumano-hongroise était inévitable. Sur le plan de la propagande on prétendait qu’il s’agit du berceau du peuple dace, peuple considéré comme l’ancètre du peuple roumain.

Bien installés dans les plaines d’Ukraine et sur les bords de la mer noire, les troupes roumaines encaissent comme leurs alliés la contre-offensive soviétique au début du mois de décembre. Il y à un début de panique mais très vite la discipline revient et le front va finir par se stabiliser. Il faut dire que les soviétiques ont attaqué sur tout le front sans véritable plan de bataille.

Le côté brut de décoffrage du russe ressort ici, trait de caractère aggravé par le régime stalinien qui joue sur le concept de l’incantation et de la pensée magique.

Tout comme jadis les armées vont hiverner, le front restant calme jusqu’à la fin de l’hiver quand le dégel peut permettre la reprise des opérations.

Le 9 mars 1951 les allemands attaquent à nouveau. C’est l’opération FRIEDRICH. N’ayant plus les moyens d’une stratégie globale Berlin choisit d’axer son schwerpunkt dans le sud avec pour objectif les pétroles du Caucase (objectif principal), la Volga, Stalingrad et Astrakhan (objectifs secondaires).

L’axe de progression est composée de troupes allemandes exclusivement (c’est dire la confiance de Berlin vis à vis de ses alliés) avec les flancs gardés au nord par les italiens et les hongrois, au sud par les roumains.

Les combats sont violents d’autant que les roumains progressant à proximité des rives de la mer Noire sont soumis aux bombardements aériens des VVS et au bombardement naval de la RKKF.

Les soviétiques réagissent pied à pied mais à la mi-juin les forces de l’Axe ont atteint les prémonts du Caucase et menacent de franchir la Volga (même si les unités qui ont pu approcher la Volga sont plus des unités de reconnaissance que de combat, ne pouvant pas tenir contre une attaque soviétique décidée).

Le 18 juin 1951 les alliés déclenchent l’opération AVALANCHE, le franchissement de La Seine. Cette opération était attendue par les allemands qui espéraient la réussite de FRIEDRICH avant que les alliés ne relancent les opérations majeures sur un front quasiment gêlé depuis l’automne 1949.

En dépit des protestations du Heeresgruppe Süd, deux corps d’armée (un Panzerkorps et un Panzerkorps S.S) sont retirés du front de l’est pour rallier l’ouest. Cette décision fait encore polémique aujourd’hui.

Non seulement ces deux corps n’arriveront en France qu’au moment où le front s’est stabilisé (alors que l’envoi avait été présenté comme une urgence vitale) mais en plus pour certains historiens cela à empêché l’Axe de l’emporter en atteignant la Volga, Stalingrad, Astrakhan et même Bakou ce qui est semble-t-il un poil exagéré tant on fait peu de cas de la résistance soviétique acharnée, des réserves opérationnelles de l’armée rouge que l’on sait très importantes (et encore sous-estimées par les services de renseignement allemands) et des problèmes logistiques de l’Axe.

Les roumains s’installent sur la défensive et comme le fait souvent le soldat quand il ne combat ou ne s’entraine pas, il creuse, aménageant des positions.

On espère du côté des soldats roumains qu’Ivan attendra sagement le printemps suivant pour attaquer ce qui permettrait d’aménager de solides fortifications de campagne et surtout des abris pour le terrible hiver russe que les vétérans de l’Armata Regala Romana (Armée Royale Roumaine) ne connaissent que trop bien désormais.

Hélas trois fois hélas pour eux la RKKA contre-attaque dès le 4 juillet 1951. On sait aujourd’hui grâce à des documents déclassifiés que lors du lancement de l’opération FRIEDRICH, les soviétiques ont résisté pied à pied mais étaient parvenus à conserver une masse de manœuvre stratégique pour contre-attaquer au moment venu quand par exemple l’Axe serait incapable de progresser.

L’attaque alliée sur La Seine est un premier signal mais Moscou préfère attendre un peu. Bien lui en prend car quand l’opération URANUS est lancée le 4 juillet 1951 (en même temps que d’autres opérations sur l’ensemble du front ce qui était hors de portée d’une RKKA encore convalescente) ses effets se font immédiatement ressentir.

Comme nous l’avons vu l’Axe de progression est assuré par les allemands mais les flancs sont gardés par leurs alliés italiens et hongrois au nord, roumains au sud. Les soviétiques parfaitement renseignés (capture de prisonniers, reconnaissances aériennes, renseignement électronique……) attaquent aux jointures.

Cette zone est déjà sensible au sein d’une même armée alors entre deux armées alliées qui ont une confiance limitée l’une envers l’autre vous pensez…… .

Les soldats roumains redécouvrent les bombardements d’artillerie massifs, les tirs de Katiouchas, les ourah de l’infanterie soviétique qui subit des pertes abominables mais qui ne semble jamais pouvoir être stoppée.

Il y à ainsi des mouvements de panique que les officiers doivent stopper revolver au poing, des mouvements de sidération et de catatonie mais aussi des combats acharnés où munitions épuisées, Ivan et Dracul se battent au couteau et à la pelle de tranchée.

En dépit de prodiges tactiques que les allemands sont bien forcés d’admettre, les soldats roumains doivent battre en retraite pour éviter d’être encerclés. L’Axe recul pendant deux mois, le front se stabilisant à la mi-septembre suite à l’arrivée de renforts et à l’épuisement de la RKKA qui à encore beaucoup à apprendre.

Les deux belligérants sont clairement épuisés ce qui explique que durant l’hiver 1951/52 plus clément que le précédent il n’y à aucune opération majeure, tout juste quelques attaques locales pour rectifier le front, éliminer un saillant gênant par exemple. On évacuait parfois une position plus gênante qu’avantageuse après avoir pris soin de rien laisser d’exploitable à l’ennemi.

A l’époque le front russe concentre des moyens absolument considérables bien supérieurs à ce qu’on trouve sur le front occidental.

Le 12 mai 1952 les allemands lancent l’opération CITADELLE/ZITADEL, la dernière offensive stratégique allemande de la guerre. Il s’agit de dégager deux saillants menaçant la ville de Smolensk, une ville stratégique pour les allemands où on trouvait de nombreux dépôts et des infrastructures de transport.

Il est donc capital pour eux d’éliminer ses saillants pour rendre une future offensive russe pas forcément impossible mais du moins plus difficile. Informés du projet dans les grandes lignes, les roumains qui tenaient la partie ukrainienne du front proposent une offensive de diversion mais Berlin ne donne pas suite. Cela est très mal accepté par Bucarest qui ne cesse désormais de se poser des questions sur son alliance avec l’Allemagne (tout comme les hongrois, les bulgares et les finlandais).

Comme nous le savons l’opération CITADELLE est une réussite partielle puisque si le balcon nord est éliminé, le balcon sud à été renforcé, les soviétiques ayant si on peut dire sacrifié le balcon nord pour conserver le balcon sud qui allait être utilisé par l’opération ROUMANTSIEV lancée le 1er juillet 1952.

Cette offensive surprend les allemands qui ne pensaient pas les soviétiques capables d’attaquer si vite. Cette offensive oblige les roumains à reculer en pratiquant la politique de la terre brûlée pour ne rien laisser d’exploitable aux troupes soviétiques.

Cette retraite est marquée par des exactions épouvantables, les partisans soviétiques particulièrement actifs sur l’arrière du front étant le prétexte tout trouvé par les troupes roumaines pour massacrer toute personne suspectée d’être un partisan en puissance.

Fin 1952 quand l’hiver gèle les opérations, les troupes soviétiques ont conquis trois quarts de l’Estonie, des arpents de Lettonie et de Lituanie ainsi que l’ouest de l’Ukraine même si les mines et les complexes de l’industrie lourde ont été méthodiquement sabotés ce qui fait que la production ne pourra reprendre vraiment qu’après guerre.

En ce début 1953 l’Allemagne est sur la défensive sur tous les fronts, elle n’à plus les moyens de mener une offensive stratégique. Certains commencent même à murmurer que l’Allemagne pourrait perdre la guerre ce que dément la propagande du régime qui prétend que de futures «armes miracles» vont terroriser les ennemis de l’Allemagne et les pousser à demander la paix.

Le 21 mai 1953 les soviétiques attaquent à nouveau en Biélorussie (opération BAGRATION), une offensive d’une puissance terrifiante qui repousse les forces du Heeresgruppe Mitte (Groupe d’Armées Centre) sur la Ligne Curzon soit la frontière polono-soviétique de 1939. Seul l’épuisement de la RKKA et l’allongement exagéré de ses lignes de communication l’empêche d’aller plus loin avec efficacité et efficience.

Les allemands étaient encore groggy quand les soviétiques lancent successivement deux nouvelles offensives, l’opération KOUTOZOV le 12 juillet 1953 dans les pays baltes et l’opération POTEMKIME le 8 août 1953 en Ukraine. Ces opérations font dire à certains Landser, certains Ostkampfer que «Ce diable de Staline pond des avions et des chars par son cul».

Les roumains sont surtout concernés par l’opération POTEMKINE et sérieusement bousculés, Kiev étant libérée par les soviétiques. Les troupes de l’armée royale roumaine sont passablement démoralisés et seule la peur d’Ivan et la solidarité du groupe de combat explique probablement pourquoi l’Armata Regale Romana ne s’est pas effondrée dès le printemps 1953.

Des renforts sont bien envoyés de Roumanie mais que peuvent faire de jeunes soldats mal entrainés qui plus est parfaitement informés de la situation car malgré la censure et la propagande les informations parviennent à arriver jusqu’en Roumanie.

Le 11 septembre 1953 les soviétiques lancent l’opération PIOTR VELIKYI (Pierre le Grand, premier tsar de Russie de 1682 à 1725 [empereur à partir de 1721]), une opération à tiroir particulièrement complexe puisque cela combine trois opérations distinctes.

Le premier volet est baptisé POLTAVA et concerne une offensive blindée-mécanisée dans les plaines d’Ukraine, véritable billard à char.

Le deuxième volet est une opération baptisée GANGUT, une opération amphibie destinée à s’emparer de la Crimée. Ce débarquement amphibie se heurte essentiellement à des troupes allemandes mais on note la présence de la brigade d’infanterie de marine roumaine dont les capacités sont bien connues des soviétiques qui la considère comme la meilleure unité de l’armée roumaine.

Lors de GANGUT elle va mener des combats retardateurs pour gagner le maximum de temps et ainsi évacuer le plus possible d’hommes de la presqu’île et permettre à la Roumanie de continuer la guerre en conservant des soldats bien entrainés. On verra que des facteurs politiques rendront ce projet caduque mais ça les Dragons Noirs (Dracul Negru) ne pouvaient pas le savoir.

La brigade subit de lourdes pertes mais elle parvient à évacuer en raison de l’incapacité des soviétiques à atteindre rapidement Sébastopol. Ils évacuent en direction de Constansa puis sont envoyés dans le nord du pays pour reconstitution ce qui explique qu’ils rallieront les allemands et non les nouvelles autorités communistes.

Le troisième volet est une opération baptisée PETERHOF, une opération aéroportée, la plus audacieuse avant l’opération PHENIX. La cible c’est Odessa.

L’armée rouge engage deux divisions aéroportées de la garde, la 1ère Division Aéroportée de la Garde (1ère DAG) issue de la 1ère Armée Aéroportée de la Garde accompagnée de la 5ème Division Aéroportée de la Garde (5ème DAG) issue de la 2ème Armée Aéroportée de la Garde ainsi qu’une brigade indépendante, la 51ème brigade aéroportée qui manquant d’expérience sera finalement aérotransportée sur l’aéroport d’Odessa.

Face à ces moyens aéroportés importants (35000 hommes des VDV), la garnison d’Odessa comprend 27000 hommes mais tous sont loin d’être des combattants d’élite puisqu’Odessa est assez loin du front.

Les combats sont violents. Bien soutenus par la marine soviétique et sa flotte de la Mer Noire, les paras soviétiques prennent le contrôle de la ville, de l’aéroport, des sites stratégique et surtout du port ce qui permet le débarquement de chars, de chasseurs de chars et de canons d’assaut pour rendre inexpugnable la présence soviétique dans la grande ville du sud de l’Ukraine.

Très vite les troupes roumaines prennent la décision de se replier au nord de la ville pour rassembler leurs troupes mais les contre-attaques successives lancées sont immédiatement brisées par la puissance de feu soviétique qu’elle soit navale, aérienne ou terrestre (artillerie lourde, lance-roquettes multiples).

Les allemands vont violement reprocher aux roumains de ne pas avoir su tenir la grande ville du sud de l’Ukraine ce à quoi le maréchal Antonescu répondra qu’avec les moyens demandés par l’Armée Royale Roumaine la ville n’aurait pu être prise par une infanterie légère certes bien entrainée mais une infanterie légère.

Cette nouvelle défaite militaire entraine l’implosion de l’armée roumaine qui cesse d’être une entité constituée. Certaines unités se rendent aux soviétiques d’autres résistent. Les ordres sont interprétés ou ignorés selon les intérêts et l’orientation politique du commandant. On assiste même à des affrontements fratricides au sein d’une même unité.

Le 25 septembre 1953 un coup d’état communiste à lieu à Bucarest. Le maréchal Antonescu et son gouvernement sont arrêtés et emprisonnés (ils seront jugés et exécutés après guerre en 1956), le roi Michel 1er assigné à résidence. L’ironie de l’histoire c’est que le lendemain un coup d’état royaliste devait être déclenché par le général Ion Andreanu avec la bénédiction du dernier roi de Roumanie.

L’armée roumaine ou du moins ce qu’il en reste rallie la RKKA pour combattre les allemands qui doivent se replier sur la Hongrie en compagnie d’unités roumaines qui restent fidèle à l’alliance germano-roumaine.

Quand l’Armistice est signé le 4 octobre 1953 les trois quarts de la Roumanie dont les précieux puits de pétrole de Ploesti sont occupés par les soviétiques et leurs alliés roumains.

L’armée roumaine purgée de ses éléments fascistes et royalistes va continuer à combattre jusqu’en avril 1954, terminant la guerre en Tchécoslovaquie aux côtés d’unités de l’Armée Rouge.

La seconde guerre mondiale de la Roumanie c’est aussi une guerre aérienne et une guerre navale.

Sur le plan aérien l’aviation roumaine assure l’appui-feu des troupes au sol mais doit aussi défendre l’espace aérien national contre les bombardements alliés notamment ceux visant les raffineries de Ploesti.

C’est à partir du printemps 1952 que les alliés ont enfin les moyens de leurs ambitions avec des appareils, des infrastructures et une stratégie concertée de bombardement sur les cibles stratégiques roumaines.

Consolidated B-24 Giant en vol. Cet appareil fût utilisé au dessus de la Roumanie par les Etats-Unis et la France

Ces missions voient des bombardiers lourds décoller de Crète ou du Dodécanèse, des bombardiers médians décollant du Péloponnèse, bombardiers escortés par des chasseurs (les américains mettront du temps à s’y résoudre ce qui fait dire aux historiens que nombre de pertes auraient pu être évitées).

Si les français et les américains attaquent de jour, les britanniques préfèrent attaquer de nuit en espérant diminuer le risque d’interception ce qui sera un temps le cas même si la mise en place d’unités de chasse de nuit par la Luftwaffe rendit les opérations périlleuses encore que les équipages du Bomber Command ayant connu les opérations au dessus de l’Allemagne trouvaient «distrayantes» les missions au dessus des Balkans (NdA nul doute qu’il faut y voir l’humour so british et le flegme typiquement britannique et non une description de la réalité des missions).

Ces missions visaient dans le cadre de l’opération Tidal Wave les raffineries de Ploesti tandis que dans le cadre de l’opération Stocker (de Bram Stocker) s’attachaient à paralyser l’économie et les mouvements de troupe en visant gares, ponts et routes.

Ces opérations ne rencontrèrent qu’un succès partiel, démentant les théories d’un Douhet ou d’un Mitchell qui prétendaient que l’aviation pourrait mettre fin à une guerre en raison des dommages causés. La réalité montrera que les économies de guerre sont bien plus résilients que ne l’imaginait l’italien et l’américain.

Longtemps les villes ne sont pas expressément visées contrairement à l’Allemagne où le Bomber Command et dans une moindre mesure le Commandement des Forces de Bombardement (CFB) (NdA grand commandement précurseur des Forces Aériennes Stratégiques (FAS) créé en avril 1950 par la fusion du Commandement des Forces Aériennes Tactiques et du Commandement du Bombardement Lourd) mènent clairement une stratégie anti-cités, une stratégie de terreur qui se révèlera globalement improductive.

Bucarest commence à être bombardée le 25 mars 1953. Jusqu’au basculement roumain, la capitale roumaine va être bombarder à trente reprises, provoquant de nombreux dégâts notamment sur le patrimoine historique de la ville. D’autres villes de Roumanie sont bombardées mais moins fréquement.

Le 8 et 18 octobre ainsi que les 4 et 12 novembre novembre 1953 dans le cadre de l’opération Rache (vengeance), la Luftwaffe bombarde la capitale roumaine mais il s’agit de piqures d’épingle et non de coups de massue.

La marine roumaine participe également au second conflit mondial en assurant des patrouilles anti-sous-marines, des escortes de convois mais aussi des missions d’appui-feu. Elle est plus puissante que son homologue bulgare mais ne peut se mesurer sérieusement à la flotte de la mer Noire qui dispose de croiseurs et de cuirassés.

Pavillon de la marine royale roumaine

La Marina Regala Romana (Marine Royale Roumaine) va mener une stratégie de guérilla navale, du faible au fort, harcelant les convois soviétiques, menant des missions derrière les lignes ennemies.

Son aéronavale mène des missions de surveillance, de lutte anti-sous-marine et d’assaut aéromaritime pendant que sa brigade d’infanterie de marine s’attire le respect de ses alliés allemands comme de ses ennemis soviétiques par son élitisme et sa hargne au combat.
Elle va subir de lourdes pertes et fort peu de navires sont encore en service au moment du basculement roumain dans le camp communiste. Le nouveau gouvernement communiste espère la cession de navires par la RKKF pour continuer la lutte mais Moscou refuse, estimant que la fin de la guerre est proche.

La marine roumaine va être au chômage technique, une partie des équipages formant des unités de fusiliers marins pour combattre en Hongrie où cette brigade de fusiliers marins qui n’à de commun avec la brigade d’avant guerre que le nom et non les capacités (Brigada Marinarilor) inexpérimentée dans le combat d’infanterie subit de lourdes pertes comme c’est généralement le cas quand on fait faire le boulot de fantassin à ceux pour lesquels le combat à pied est une langue étrangère.

Certains officiers roumains n’hésiteront pas à parler d’acte criminel par ce gaspillage de talent dans des combats inutiles ce qui leur vaudra généralement destitution et arrestation de la part de la police secrète du régime communiste dont le nom n’allait pas tarder à faire frémir toute la Roumanie, la Securitate.

Des vedettes rapides roumaines vont opérer sur le Danube pour appuyer les troupes au sol roumaines et soviétiques. Certaines étant coulées par des mines larguées par des avions hongrois et allemands.

Elle sera reconstituée à partir de 1957 sous la forme d’une marine littorale (Green Water Navy) avec frégates, sous-marins, vedettes lance-torpilles ainsi que quelques navires amphibies et de soutien, des navires d’abord soviétiques avant que les roumains ne prennent le relais en construisant leurs propres navires.

Sur le plan intérieur, la Roumanie prête son concours à l’extermination des juifs. 280 à 380000 juifs ont été tués en Roumanie, en Bessarabie, en Bucovine et en Transnistrie. 25000 Roms sont déportés en Transnistrie, 11000 succombent aux travaux forcés et aux mauvais traitements.

Cette participation est particulièrement barbare avec de nombreux pogroms comme celui de Iasi exécuté le 27 juin 1950 ou encore le massacre de milliers de juifs d’Odessa après l’explosion le 27 octobre 1951 du quartier général des forces armées roumaines du directorat de Transnistrie qui avait provoqué la mort de 108 militaires roumains et de 22 militaires allemands.

Sur le plan des pertes militaires les chiffres sont incertaines. Les évaluations les plus fines donnent 238000 soldats tués, blessés et disparus. Pas moins de 457000 civils roumains ont été tués suite aux privations, aux exactions de la soldatesque et aux bombardements aériens.

Dès la fin de l’année 1954 les troupes roumaines présentes en Hongrie et en Tchécoslovaquie sont rapatriées dans le pays où elles doivent s’employer contre une résistance naissante contre l’ordre communiste qui tel un parasite grandit à l’ombre d’une monarchie finissante, monarchie qui malgré les efforts de Michel 1er avait été durablement discréditée par l’action du Conducator et par son alliance longue et pérenne avec l’Allemagne.

L’opposition politique et l’opposition militaire aux communistes roumains s’organise mais elle est trop divisée et surtout trop faible pour changer les choses surtout que non seulement cette opposition n’est pas soutenue par les occidentaux et que le parti communiste roumain peut compter sur la présence de 120000 soldats soviétiques et d’une armée roumaine qui ne reconnaît plus le roi comme son commandant en chef mais se déclare «au service du proletariat et de la paysannerie roumaine».

Au printemps 1957 les étudiants manifestent à Bucarest et dans les grandes villes du pays, espérant un geste du roi même si tous ne sont pas royalistes militants. Les communistes menacent d’un véritable bain de sang et pour éviter cela le roi décide d’abdiquer le 25 mars 1957. Le lendemain 26 mars la monarchie roumaine disparaît après près d’un siècle d’existence.

A l’issue de la seconde guerre mondiale, la Roumanie perd définitivement la Dobroudja du Sud, la Bucovine du Nord, la Bessarabie mais récupère la Transylvanie du Nord.

Le 15 septembre 1957, la Roumanie signe le Traité de Paris. Si elle récupère la Transylvanie du Nord au dépend de la Hongrie, elle perd définitivement la Bessarabie et la Bucovine du Nord (qui vont former la république socialiste et soviétique de Moldavie) et la Dobroudja du Sud qui reste sous domination bulgare.

Elle doit également payer 300 millions de dollars de dommages de guerre à l’URSS, dommages qu’elle payera en numéraire mais aussi en nature (pétrole et céréales notamment).

Mitteleuropa Balkans (15) Hongrie (15)

Organisation

Organisation simplifiée de l’armée hongroise en septembre 1948

Généralités

Suite à la mobilisation entamée dès le 1er septembre 1948 mais officialisée le 10 après un incident de frontière avec la Roumanie dans la région de Cluj-Napoca, l’armée hongroise aligne les unités suivantes :

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Mitteleuropa Balkans (12) Hongrie (12)

La Kaiserliche-Köningliche Landwehr

Kaiserliche-Köningliche Landwehr

Pavillon de la Kaiserliche-Köningliche Landwehr

L’armée territoriale impériale et royale était l’armée propre à l’Autriche de la double-monarchie (Cisleithanie). Créée en 1869 et dissoute en 1918, elle était le pendant de l’armée royale territoriale hongroise que nous étudierons ensuite.

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22-Armée de terre : armement et matériel (59)

Coiffures

Les képis

Le képi est la coiffure militaire traditionnelle française apparue au milieu du 19ème siècle. Il succède au shako conservé uniquement par les cyrards (Saint-Cyr) et la Garde Républicaine.

Théoriquement, le képi n’est porté à la mobilisation que par les officiers et adjudants en tenue de jour et éventuellement par certains sous-officiers de réserve. Le règlement prévoit que les hommes de troupes le laissent à la caserne mais bien entendu, il y à souvent une différence entre la théorie et la pratique.

L’introduction de la tenue modèle 1943 entraine un recul très net de la place du képi. Si tous les corps de troupes ne reçoivent pas la tenue type 1943 stricto sensu, tous reçoivent le béret qui remplace le bonnet de police et le képi sauf pour la grande tenue notamment des officiers.

On trouve plusieurs modèles de képi, le modèle 1919 pour officiers et adjudants, le modèle 1920 pour les sous-officiers, le modèle 1926, le modèle 1933 pour les troupes coloniales et le modèle 1935, dernier modèle de képi avoir été mis en service dans l’armée française.

Le béret

Quand éclate la guerre de Pologne, seuls les chasseurs à pied, les chasseurs alpins, les troupes de forteresse et les chars de combat portent le béret.

Il s’agit soit de modèles officiels dument approuvés ou de bérets achetés dans le commerce, les officiers pouvant s’équiper à leurs frais sans parler que les besoins de la mobilisation entrainèrent des achats massifs dans le commerce.

En 1941, dans le but de moderniser la silhouette du soldat français, le général Villeneuve décide de remplacer le képi (sauf exceptions) et le bonnet de police (appelé aussi calot) par le béret.

Restait à choisir le modèle : la tarte des chasseurs alpins ou celui plus petit des chars de combat. Le deuxième type béret fût choisit avec un code couleur propre à chaque arme. A noter que les tirailleurs et les zouaves conservèrent la chéchia.

L’infanterie reçut un béret garance sauf les chasseurs à pied, les chasseurs alpins et l’infanterie de montagne qui conservèrent leur béret bleu, les troupes de forteresse conservèrent leur béret kaki tout comme les chars de combat leur béret noir qui devint la marque distinctive de tous les cavaliers y compris des spahis.

La Légion Etrangère reçut un béret vert aussi bien pour ses fantassins et ses cavaliers. Ce dernier mis du temps à convaincre des légionnaires attachés au képi blanc entouré d’une grande aura car désignant les vétérans des combats en Afrique.

Les artilleurs quelques soient leur arme reçurent un béret écarlate, les unités du génie un béret gris foncé, le train un béret amarante, les unités de santé un béret couleur sable et les unités assimilées à la logistique, un béret violet.

Ces béret faits en laine avait un diamètre de 26cm et disposaient sur le devant d’un attribut propre au corps, attribut déjà mentionné plus haut qu’il s’agisse de la grenade pour l’infanterie et la cavalerie, le corps de chasse pour les unités alpines………. .
Il pouvait recevoir un manchon blanc pour le combat en milieu froid et entre 1946 et 1948, on expérimenta des manchons camouflés sans succès. Quand le combattant portait le casque, il était porté sur l’épaule gauche à l’aide d’un passement qui le maintenait solidement attaché.

Bonnet de police

Le bonnet de police appelé également calot était la coiffure standard de la majorité des corps de troupes en 1939 quand il n’avaient ni béret ou chéchia. Plusieurs modèles cohabitaient, le modèle 1918 était le plus répandu mais il cohabitait avec des modèles fantaisie ou issu du commerce.

Bien qu’il ait été remplacé à partir de 1943 par le béret, le bonnet de police était encore présent en septembre 1948 essentiellement dans les unités de la mobilisation en attendant que suffisamment de bérets de couleur soit disponibles pour équiper tout le monde.

Comme pour le béret, quand le combattant portait le casque, il était porté sur l’épaule gauche à l’aide d’un passement qui le maintenait solidement attaché.

Chéchias

C’est la coiffure caractéristique des Troupes d’Afrique équipant les zouaves, les tirailleurs, l’artillerie et les chasseurs d’Afrique, les spahis. Les zouaves, les tirailleurs et les chasseurs d’Afrique conservèrent la chéchia, l’artillerie d’Afrique recevant le béret standard de l’artillerie et les spahis le béret noir de la cavalerie.

De couleur rouge (ou approchant), avec des bandes noires pour les chasseurs d’Afrique, il était recouvert d’un manchon kaki en campagne.

Casques

Casques standards

Casque modèle 1926 en teinte chocolat destiné aux Troupes d'Afrique

Casque modèle 1926 en teinte chocolat destiné aux Troupes d’Afrique

Entrée en guerre sans casque, l’armée française dote rapidement ses unités d’un casque en acier pour protéger ses soldats des balles ennemies ainsi que l’écroulement des abris soumis à l’impact de l’artillerie lourde ennemie.

Inventé par le général Louis Adrian (1859-1933) qui s’inspira de la bourguignote du Moyen-Age, le casque modèle 1915 couleur bleu horizon allait faire rentrer le poilu dans la légende. Il était réalisé en quatre parties : la bombe, le cimier, la visière et le couvre nuque. La mise en service de ce casque en septembre 1915 réduisit le taux de blessure à la tête de 72 à 22%.

L’intérieur est composé d’une doublure en feutre ou en drap usagé qui rend son port plus confortable, la doublure était fixé au casque par quatre pattes doublé d’aluminium. La jugulaire est en cuir très fin.

Outre le bleu horizon, des casques couleur kaki ou moutarde furent fabriqués pour équiper l’Armée d’Orient qui allait s’illustrer aux Dardanelles, à Galipoli et surtout dans les Balkans contre les bulgares et les allemands.

Des stocks importants explique qu’à la mobilisation de septembre 1939, une grande quantité de casques modèle 1915 furent sortis de leurs stocks, peints d’une couche de peinture kaki et distribués aux mobilisés.

Un nouveau modèle est testé en 1923. Il se compose de deux sous-ensembles : un ensemble bombe/visière/couvre nuque en acier au manganèse et un cimier en aluminium, le reste restant inchangé, la jugulaire était néanmoins confectionnée en cuir havane.

Peint en bleu clair, il reçoit une couleur kaki quand cette dernière couleur devient celle standard de l’armée de terre (1935) et était encore en service en septembre 1939 bien qu’il n’ait jamais reçu de dénomination officielle.

Il ouvre la voie au modèle au modèle 1926, identique au modèle que nous venons de voir avec néanmoins un nouveau modèle de fixation, une forte jugulaire en cuir fauve amovible (bouton double en laiton ou système à vis) et une coiffe en mouton glacé noir avec un épais bandeau de feutre.

Bien qu’adopté en 1926, il n’est officiellement distribué qu’à la fin de 1935 peint en kaki. C’était le casque standard, repris par la tenue modèle 1943 bien qu’amélioré en permanence jusqu’en 1948, les derniers casques sortis avant guerre étaient assez différents des premiers sortis au point qu’on envisagea une nouvelle dénomination.

Un couvre casque de couleur blanche ou kaki existaient tout comme une version en filet pour permettre de fixer un camouflage naturel. Des couvre-casques camouflés existaient en petit nombre en septembre 1948. A noter que certaines unités d’Afrique utilisaient la chèche comme couvre casque.

Casques spéciaux

Casque pour troupes motorisées

L’apparition des chars de combat entraina de nouvelles servitudes pour les fournisseurs de casques qui devaient fournir des casques adaptés au service dans les engins blindés notamment les chars légers Renault FT.

Le temps de guerre impose des solutions d’urgence et le premier casque destiné aux troupes motorisées est une adaptation du casque Adrian modèle 1915, un casque Adrian dont en atelier on à remplacé la visière par un bandeau de cuir. Utilisé durant le premier conflit mondial, il est officialisé en 1919, devenant donc le modèle 1919.

A ce casque bleu clair succède un autre casque bleu clair, une adaptation du casque expérimental apparu en 1923. Enfin, on trouve une adaptation du modèle 1926 qui allait devenir le casque standard.

Casque modèle 1935 destiné aux troupes motorisées

Casque modèle 1935 destiné aux troupes motorisées

Le premier casque conçu spécifiquement pour les troupes motorisées est le casque pour troupes motorisées modèle 1935. la bombe est toujours emboutie en une seule pièce, un épais bandeau frontal en cuir rembourré, une coiffe munie de bavolets et fermant par une boucle à ardillon, les motocyclistes y ajoutant un disque amortisseur, le bandeau et la coiffe étant normalement en cuir couleur havane.

Deux versions dérivées sont sorties ensuite, le casque modèle 1935/37 et le casque modèle 1935/40, ce dernier recevant des anneaux pour couvre casque pour permettre une utilisation plus générale du casque.

Ce casque est utilisé par les équipages de blindés, les motocyclistes puis les dragons et les chasseurs portés. Il va également être utilisé par les servants des canons antichars.
Autres casques spéciaux

Casque modèle 1936 destiné aux servants de DCA

Casque modèle 1936 destiné aux servants de DCA

On trouve également un casque adapté pour les opérateurs radios de blindés en l’occurence une adaptation du casque de motocycliste de gendarmerie et le casque modèle 1936 destiné au personnel de DCA, une adaptation du casque modèle 1935.

Attributs de casque

Les attributs de casque sont définis pour leur immense majorité au moment de la mise au point du casque modèle 1915. Le 12 janvier 1937, des modèles plus petits reprenant le même graphisme mais sur une plaque circulaire en tôle de 50mm de diamètre. Il va remplacer peu à peu les modèles d’origine.

La grenade à flammes frappée des lettres R.F est l’attribut de l’infanterie (à l’exception des chasseurs), de la cavalerie (sauf spahis), le train, la Légion Etrangère, secrétaires d’état-major, section de commis et ouvriers militaires d’administrations, interprètes militaires, trésorerie aux armées, poste aux armées et service géographique.

Le cor de chasse frappé des lettres R.F est l’attribut des chasseurs à pied, des chasseurs alpins et de l’infanterie légère d’Afrique. Le croissant _toujours frappé des lettres R.F_ est l’attribut des zouaves, des tirailleurs nord-africains, des spahis et des compagnies sahariennes.

L’infanterie coloniale disposait à l’origine de la grenade à flammes montée sur un ancre mais en 1929, un insigne commun à toute la coloniale voit le jour en l’occurence l’ancre de marine. L’artillerie reçoit elle comme attribut deux canons croisés frappés de la grenade à flammes.

Le génie, les sapeurs forestiers, le service militaire des chemins de fer, les sections de chemin de fer de campagne et le service de télégraphie militaire reçoivent comme attribut une cuirasse frappée des lettres R et F surmontée d’un casque antique.

Les chars de combat ont pour attribut deux canons croisés frappés d’un heaume médiévale, les lettres R et F se trouvant entre les deux angles latéraux formés par les deux canons. A partir de 1937, les unités d’automitrailleuses portent comme attribut le visage de Minerve surmontant les lettres R et F.

Le service de santé et les sections d’infirmiers militaires ont pour insigne la caducée entourée de feuilles de lauriers avec les lettes R et F.

Le corps des officiers de l’Intendance Militaire portent comme attribut un faisceau de licteur frappé de deux haches et encadré par une couronne de laurier.

A partir de 1937 (mais en réalité seulement au milieu des années quarante), de nouveaux insignes voient le jour comme celui de la justice militaire (faisceau et drapeaux) , le corps des vétérinaires militaires (faisceaux, drapeaux et palmes), le corps des officiers d’administration (grenades et palmes), le service des poudres (faisceau de flammes et foudres) et l’Ecole Militaire Spéciale de Saint Cyr qui dispose de la grenade et d’une banderole «ECOLE SPECIALE MILITAIRE».

22-Armée de terre : armement et matériel (58)

Artilleurs, génie et services

-Les officiers artilleurs portent sur leur uniforme de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches bleu foncé et un numéro en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent un calot puis le béret de l’artillerie ou un casque modèle 1926 (sauf les unités antichars disposant du casque modèle 1935 ou du casque modèle 1936 pour les artilleurs antiaériens).

-Les officiers artilleurs des divisions de cavalerie portent sur leur uniforme de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches bleu foncé, un numéro et une étoile en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent un calot puis le béret de l’artillerie ou un casque modèle 1926 (sauf les unités antichars disposant du casque modèle 1935 ou du casque modèle 1936 pour les artilleurs antiaériens).

-Les officiers du génie portent sur leur uniforme de campagne un écusson couleur velours noir avec deux soutaches écarlates et un numéro en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent un calot puis le béret du génie ou un casque modèle 1926.

-Les officiers du train portent sur leur uniforme de campagne un écusson de couleur vert avec deux soutaches garance et un numéro en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent un calot puis le béret du train ou un casque modèle 1926.

-Les officiers médecins portent sur leur uniforme de campagne un écusson couleur velours cramoisi sans soutache avec un numéro en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent un calot ou un casque avec sur le bras, un brassard blanc à croix de Genève.

-Les officiers pharmaciens portent des un écusson de couleur velours vert avec un attribut et des galons or, un calot ou un casque et un brassard blanc à croix de Genève.
-Les officiers de l’administration du service de santé portent un écusson de couleur velours cramoisi avec un attribut et des galons or, un calot ou un casque et un brassard blanc à croix de Genève.

-Les officiers vétérinaires portent un écusson de couleur velours grenat avec un attribut et des galons argent, un calot ou un casque.

-Les officiers de l’Intendance portent un écusson de couleur velours bleu avec un attribut et des galons en or, un calot ou un casque.

-Les officiers de l’Administration portent un écusson kaki avec un attribut et des galons en or, un calot ou casque.

-Les officiers de Justice Militaire portent un écusson couleur velours noir sans soutaches avec un attribut en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent un calot ou un casque.

Marques distinctives des troupes françaises en tenue de campagne

Infanterie

-Les fantassins de ligne portent sur leur tenue de campagne un écusson de couleur kaki avec deux soutaches et des chiffres en bleu, l’attribut du casque étant une grenade marquée RF.

-Les fantassins de forteresse (Nord-Est) portent sur leur tenue de campagne un écusson de couleur kaki avec deux soutaches et des chiffres en bleu,l’attribut du casque étant une grenade marquée RF. Ils portent également un béret brun avec pour insigne une casemate «On ne passe pas».

-Les fantassins de forteresse (Alpes) portent sur leur tenue de campagne un écusson de couleur kaki avec trois soutaches et des chiffres en bleu,l’attribut du casque étant une grenade marquée RF. Ils portent également un béret bleu avec pour insigne une casemate «On ne passe pas».

-L’Infanterie de Montagne porte sur sa tenue de campagne un écusson kaki avec deux soutaches et le numéro en bleu, une grenade marqué RF orne le casque, la coiffure standard étant le béret bleu avec une grenade garance.

-Les chasseurs alpins portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu avec deux soutaches couleur jonquille tout comme le numéro et le cor de chasse. Le casque (fort peu porté) est frappé d’un cor de chasse marqué RF, la coiffure standard étant la «tarte», le large béret alpin bleu frappé d’un cor de chasse jonquille.

-Les chasseurs à pied portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu avec deux soutaches couleur jonquille tout comme le numéro et le cor de chasse.

Le casque est frappé d’un cor de chasse marqué RF, la coiffure standard étant la «tarte», le large béret alpin bleu frappé d’un cor de chasse jonquille. Ils portent sur leur capote kaki un écusson kaki avec deux chevron, un cor et des chiffres en vert.

-Les fantassins coloniaux (Européens _Colonies et Chine_) portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches écarlates, sans numéro mais avec une ancre rouge verticale. Le casque est frappé d’une ancre verticale, ancre que l’on retrouve également sur les boutons.

 

-Les fantassins coloniaux (Indigènes _Colonies et Chine_) portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki sans soutache mais avec une ancre couleur jonquille. Leur casque est frappé d’une ancre verticale que l’on retrouve également sur les boutons. Ils portent la chéchia kaki sauf pour les coloniaux indigènes déployés en Indochine.

-Les fantassins coloniaux (Européens _France Levant et Afrique du Nord_) portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches garances avec sous le numéro en garance, une ancre rouge. Leur casque est frappé d’une ancre verticale que l’on retrouve également sur les boutons.

-Les fantassins coloniaux (Indigènes _France Levant et Afrique du Nord_) portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki sans soutache mais avec une ancre couleur jonquille. Leur casque est frappé d’une ancre verticale que l’on retrouve également sur les boutons. Ils portent la chéchia kaki comme coiffure de base.

-Les zouaves portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches garances, le numéro étant de même couleur. Leur casque est frappé d’un croissant et des lettres RF avec comme coiffure de base une chéchia kaki.

-Les tirailleurs algériens et tunisiens portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches bleu clair, le numéro étant de même couleur. Leur casque est frappé d’un croissant et des lettres RF avec comme coiffure de base une chéchia kaki.

-Les tirailleurs marocains portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches et d’un n° bleu clair avec une étoile sous le numéro. Ils portent une chèche kaki et leur casque est frappé d’un croissant et des lettres RF.

-L’infanterie légère d’Afrique porte sur sa tenue de campagne un écusson kaki frappé de soutaches violettes, la même couleur étant utilisée pour le numéro. Le casque est frappé d’un cor de chasse (que l’on retrouve parfois sur l’écusson, cette variante étant tolérée) avec les lettres RF.

-La Légion Etrangère porte sur sa tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches et de chiffres vert. Le casque est frappée d’une grenade marquée RF et les boutons sont marqués «Légion étrangère».

-Les chars de combat portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches et de chiffres gris clair. Le casque est frappé d’un casque et de canons croisés. Le béret noir est frappé d’un heaume et de canons croisés.

-Les Ouvriers de chars portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki sans soutaches avec des chiffres gris clair. Le casque est frappé d’un casque et de canons croisés. Le béret noir est frappé d’un heaume et de canons croisés.

-Les hommes des régiments régionaux portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki avec une soutache blanche avec des chiffres bleus. L’attribut de casque représente un casque et des canons croisés.
Cavalerie

-Les cuirassiers portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches et des chiffres garance. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.

-Les cuirassiers motorisés portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches garance et une soutache violette. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.

-Les dragons portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches et un numéro et le tout en blanc. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.

-Les dragons portés portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches, une étoile et un numéro, le tout de couleur blanche. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.

-Les chasseurs à cheval portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches vertes et un numéro de même couleur. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.

-Les hussards portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches et le numéro en bleu clair. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.

-Les hommes servant dans les groupes d’automitrailleuses portent sur leur tenue de campagne deux soutaches et un numéro de couleur violet. Le casque est frappé d’une tête de Minerve et de rayons divergents.

-Les chasseurs d’Afrique portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches jonquilles et un numéro de même couleur. Ils portent une chéchia kaki ou un casque de même couleur frappé de la grenade et des lettres RF.

-Les spahis algériens et tunisiens portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches jonquilles et un numéro de même couleur. Ils portent une chéchia kaki ou un casque de même couleur frappé d’un croissant et des lettres RF.

-Les spahis marocains portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches jonquilles et un numéro de même couleur avec une étoile sous le numéro. Ils portent une chèche kaki avec bande blanche au pourtour inférieur avec filet coloré distinguant les escadrons. Le casque est frappé du croissant et des lettres RF.

-Les cavaliers du Régiment Etranger de Cavalerie portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches vertes, un numéro et une grenade de même couleur. Les boutons sont marqués «Légion étrangère» et le casque est frappé d’une grenade marquée RF..

-Les Groupes de Reconnaissance portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec trois soutaches blanches et un numéro de même couleur. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.
Artillerie et Services

-Les artilleurs portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches bleus et un numéro de même couleur. Le casque est frappé par un insigne représentant des canons croisés et une grenade marquée RF.

-Les artilleurs des divisions de cavalerie portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches bleus et un numéro qui surmonte une étoile de même couleur. Le casque est frappé par un insigne représentant des canons croisés et une grenade marquée RF.

-Les ouvriers d’artillerie portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate avec des chiffres jaunes. Le casque est frappé par un insigne représentant des canons croisés et une grenade marquée RF.

-Les artilleurs coloniaux (Européens _colonies et Chine_) portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches et une ancre de couleur bleue. Le casque est frappé avec une ancre verticale, ancre présente sur les boutons.

-Les artilleurs coloniaux (Européens _France et Afrique du Nord_) portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches et une ancre de couleur bleue. Le casque est frappé avec une ancre verticale, ancre présente sur les boutons.

-Les artilleurs coloniaux (Indigènes _colonies et Chine) portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate une ancre de couleur jonquille. Ils portent une chéchia kaki et le casque est frappé avec une ancre verticale.

-Les artilleurs coloniaux (Indigènes _France et Afrique du Nord_) portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate une ancre de couleur jonquille. Ils portent une chéchia kaki et le casque est frappé avec une ancre verticale.

-Les artilleurs de montagne portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches et un numéro, le tout de couleur bleu. Ils portent un béret bleu frappé d’une grenade écarlate, le casque lui étant frappé d’un insigne représentant des canons croisés et une grenade marquée RF.

-Les hommes du génie portent sur leur tenue de campagne un écusson noir frappé de deux soutaches et d’un numéro de couleur écarlate qui surmonte un cor de chasse rouge. Le casque est frappé d’un insigne représentant une cuirasse et un casque antique.

-Les sapeurs forestiers portent sur leur tenue de campagne un écusson noir frappé de deux soutaches et d’un numéro de couleur écarlate. Le casque est frappé d’un insigne représentant une cuirasse et un casque antique.

-Les hommes du train et les secrétaires d’état-major portent sur leur tenue de campagne un écusson vert frappé de chiffres garance avec sur le casque la grenade et les lettres RF.

-Les commis et ouvriers d’administration militaire portent sur leur tenue de campagne un écusson gris clair frappé de chiffres garance avec sur le casque la grenade et les lettres RF.

-Les infirmiers militaires portent sur leur tenue de campagne un écusson garance frappé de chiffres bleu clair avec sur le casque une caducée.