Etats-Unis (13) US Navy (9)

ARTILLERIE ET SYSTEMES D’ARMES

Artillerie lourde (203 à 406mm)

16 Inch (406mm) Mark 1 5 et 8

Canons de 406mm Mark 2 & 3 3

Canon  de 406mm Mark 2 

Ce canon de 406mm est la pièce la plus lourde et la plus ancienne de l’arsenal américain. Mis au point pour les Colorado, il équipe donc trois cuirassés, les Colorado Maryland et West Virginia à raison de huit canons en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières). Ce canon est toujours en service en septembre 1948. Des évolutions ont fait évoluer ce canon en Mark 5 puis en Mark 8.

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15-Pétroliers et ravitailleurs rapides (4)

D-Pétroliers classe Mékong

Une vraie politique d’approvisionnement nécessite de vrais pétroliers

Comme nous l’avons mentionné plus haut, la marine nationale adopte clairement la chauffe au mazout après le premier conflit mondial mais faute de zones de production nationales, elles doit importer son mazout et son gazole des Etats Unis, du Mexique, du Vénezuela mais également de la Mer Noire et même d’Iran.

Pour cela il faut des pétroliers mais jusqu’en 1926, aucune politique clairement définie ne régit le ravitaillement en combustible, effectué un peu au petit bonheur la chance. Cela change à partir de cette année 1926 quand est fixée la norme de neuf mois de stock de temps de guerre, les marchés étant passés chaque semestre après accord du Quai d’Orsay et de l’Office des Combustibles Liquides.

Côte pratique, la marine obtient la commande de quatre pétroliers de 8000 tonnes. Si les deux premiers financés à la tranche 1926 et baptisés Mékong et Niger sont construits en France, ceux de la tranche 1929 sont financés par l’Allemagne au titre des prestations en nature du plan Dawes. Ils sont baptisés Var et Elorn.

Le Mékong

Le Mékong

Le Mékong

-Le Mékong est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët le 7 octobre 1927 lancé le 31 août 1928 et admis au service actif le 12 juillet 1929.

Affecté en Méditerranée, il charge principalement en mer Noire (Constanza Batoum) mais se rend occasionnellement en Amérique et notamment au Texas. Il assure aussi le ravitaillement des navires de la 1ère Escadre engagés lors de nombreuses manoeuvres.

Il subit un grand carénage à Cherbourg de mars à septembre 1938 puis à La Pallice du 15 novembre 1939 au 15 février 1940. Il quitte le port charentais le 16 février, charge du mazout au Verdon le 17 puis rallie Bizerte le 24 février 1940.
Le 15 mars 1940, le Mékong ravitaille à la mer le contre-torpilleur Milan, c’est une première pour la marine nationale.

Avec la réorganisation de septembre 1940, il devient l’un des deux pétroliers de la 6ème Escadre Légère en compagnie du vénérable Dordogne (1913). Il continue à assurer des transports pétroliers mais va de plus en plus souvent ravitailler les navires de la 6ème EL d’abord à flot puis de plus en plus souvent en couple à la mer et en route.

Il accompagne ainsi la 3ème DCT (Guépard Verdun Valmy) pour un entrainement de division au large de Dakar.

Il les ravitaille à flot sur rade à Mers-El-Kébir le 21 octobre puis à Casablanca le 24 octobre, les quatre navires ralliant Dakar le 28 octobre 1940.

Le Mékong ravitaille à nouveau les contre-torpilleurs les 6 et 18 novembre. Les quatre navires quittent Dakar le 19 novembre, font escale à Casablanca le 23 novembre avant de rentrer à Bizerte le 28 novembre 1940.

Au printemps 1942, le pétrolier Mékong est équipé d’un système primitif de ravitaillement à la mer qui n’est pas encore au point mais permet au Mékong de ravitailler à la mer le croiseur léger La Galissonnière engagé dans un entrainement en solitaire du 11 au 28 septembre 1942.

Le Mékong devait subir un grand carénage au printemps 1943 mais le 12 novembre 1942, le Mékong est victime d’une sérieuse avarie, si sérieuse que son désarmement prévu pour 1946 (une note du 7 mars 1939 prévoit la commande en 1946 d’un transport pétrolier de 8600 tonnes pour le remplacement) est un temps envisagé avant finalement d’avancer le grand carénage.

Du 15 novembre 1942 au 5 janvier 1943, le Mékong est échoué au bassin n°2 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage qui outre une remise en état complète, voit l’installation d’un véritable système de ravitaillement à la mer performant.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 21 janvier 1943, sortant pour essais les 22 et 23 janvier puis pour remise en condition du 25 janvier au 3 février 1943. Dès le lendemain 4 février 1943, il appareille pour un transport pétrolier entre Haïfa et Bizerte.

Le Mékong participe à partir du 30 juin 1945 à un exercice de combat antisurface où il simule un croiseur auxiliaire ennemi. Repéré par un hydravion basé à terre, il est pourchassé par les croiseurs légers La Galissonnière et La Marseillaise qui finissent par le «couler» le 4 juillet 1945 au large de Bizerte où les trois navires rentrent en fin de journée.

Du 2 juillet au 11 août 1946, il est échoué au bassin n°2 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un nouveau grand carénage. Il subit une remise en état complète pour lui permettre de tenir pendant encore cinq ans quand il doit être remplacé par un nouveau pétrolier.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 27 août, sortant pour ses essais réglementaires les 28 et 29 août puis pour remise en condition du 31 août au 12 septembre, date à laquelle il rentre à Bizerte pour préparer une série d’exercices.

Le 24 septembre 1946, le Mékong appareille en compagnie du croiseur léger Emile Bertin, des torpilleurs légers de la 3ème DT ( L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien), des contre-torpilleurs de la 11ème DCT (Mogador Volta Hoche) et du transport Golo.

Quittant Bizerte le 24 septembre 1946, les navires de combat vont s’entrainer dans un triangle Malte-Tunisie-Libye jusqu’au 2 octobre pour entrainement au combat antisurface de jour comme de nuit, se ravitaillant en mer auprès du pétrolier Mekong.

Ils font escale à La Valette du 3 au 6 octobre pour se ravitailler en munitions et en vivres auprès du Golo qui les soutes vides regagna Bizerte pour un nouveau chargement. Le croiseur léger, les torpilleurs légers et les contre-torpilleurs reprennent la mer le lendemain pour un exercice de défense aérienne à la mer du 7 au 12 octobre au large de la Tunisie.

L’Emile Bertin fait ensuite escale à Patras du 13 au 16 octobre pendant que les torpilleurs légers et les contre-torpilleurs sont à Zanthe.

Le 17 octobre, l’escadre française se réunit à la mer pour se ravitailler en carburant auprès du Mékong avant de gagner Le Pirée où ils font escale du 21 au 25 octobre avant un exercice avec la marine grecque jusqu’au 30 octobre quand les navires français sont à Thessalonique jusqu’au 5 novembre.

La compagnie de débarquement de l’Emile Bertin et des détachements des différents navires rendent hommage à l’Armée d’Orient en déposant une gerbe devant le monument aux morts.

Il reprend la mer pour une escale à Istanbul du 6 au 10 novembre puis à Iskenderun du 13 au 17 novembre et à Beyrouth du 20 au 24 novembre. Après un exercice avec la DNL, la petite escadre fait escale à Haïfa en Palestine mandataire du 30 novembre au 3 décembre avant de rentrer à Bizerte le 7 décembre 1946.

Le 12 avril 1948, le Mékong ravitaille successivement, l’Emile Bertin et les contre-torpilleurs Vauquelin Tartu Chevalier Paul Mogador Volta et Hocha, permettant à cette puissante escadre  de durer à la mer.

Du 15 mai au 20 juin 1948 ont lieu en Méditerranée, d’importantes manoeuvres aéronavales auxquelles participent le porte-avions Commandant Teste, le cuirassé Bretagne, le croiseur de bataille Strasbourg, les torpilleurs d’escadre L’Eveillé L’Alerte (protecteurs du Bretagne), Lansquenet Fleuret (protecteurs du Strasbourg) Hussard et Spahi (protecteurs du Commandant Teste) et la 11ème DCT (Mogador Volta Hoche).

Le Mékong aidé du Tarn vont assurer le ravitaillement de cette flotte, des Ravitaillements A la Mer (RAM) tous les 3-4 jours, les deux pétroliers effectuant d’incessants aller et retours entre l’escadre et Bizerte.

La force navale rentre à Bizerte le 21 juin et si les contre-torpilleurs restent en Tunisie puisque Bizerte est leur port d’attache, le porte-avions, le cuirassé, le croiseur de bataille, les six torpilleurs d’escadre plus le Tarn rentrent à Mers-El-Kebir le 28 juin 1948.

Le 5 septembre 1948, le Mékong était à Gabès pour ravitailler le dépôt pétrolier de Tunisie avec du mazout venu d’Haïfa. Il reçoit l’ordre de rester dans cette baie à l’abri des raids aériens (le dépôt est puissamment défendu par la DCA avec douze canons de 90mm modèle 1939 et une multitude de pièces légères de 25 et 37mm sans oublier un camouflage soigné, seuls étant visibles depuis les airs les quatres postes de déchargement avec leurs navires).

Le Niger

Le Niger

Le Niger

-Le Niger est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & de Bacalan Réunis de Bordeaux le 31 décembre 1927 lancé le 14 mars 1930 et admis au service actif le 4 octobre 1930.

Affecté en métropole, le Niger effectue des rotations en direction des Antilles mais également de la mer Noire pour des transports pétroliers, servant également de ravitailleur lors des manoeuvres de la 1ère Escadre. Il est en grand carénage à Brest du 3 janvier au 6 avril 1936. Il est affecté en métropole jusqu’à l’été 1938 quand il est envoyé en Indochine pour relever le Loing redéployé aux Antilles.

Affecté au sein des FNEO, il est basé à Saïgon, assurant le ravitaillement en rade et à couple des navires affectés aux Forces Navales Françaises en Extrême Orient mais surtout des transports pétroliers, chargeant du pétrole venant des puits des Indes Néerlandaises et raffinés sur place pour permettre à l’Indochine d’avoir six à neuf mois de réserve en cas de rupture des lignes d’approvisionnement.

Du 25 avril au 5 juin 1940, il est échoué au bassin de l’Arsenal d’Indochine pour un grand carénage qui permet au navire d’être totalement remis en état. Il sort pour essais les 20 et 21 juin puis pour remise en condition du 23 juin au 6 juillet 1940.

La mise en place d’une base avancée à Haïphong oblige le Niger à effectuer plusieurs rotations entre Saïgon et Haïphong pour remplir les réservoirs de mazout et de gazole implantés dans la partie militaire du port tonkinois.

Du 6 juin au 2 août 1943, il est à nouveau échoué au bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon pour un nouveau grand carénage pour une remise en état complète. Il reçoit à cette occasion un système de ravitaillement à la mer, permettant le ravitaillement à couple en route.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 20 août, effectuant ses essais à la mer les 21 et 22 août puis sa remise en condition du 24 août au 4 septembre 1943, reprenant son rôle opérationnel de ravitailleur et de transport pétrolier.

Le 5 septembre 1944, le Niger quitte définitivement Saïgon pour rallier Cam-Ranh le lendemain, la nouvelle base des forces françaises en Extrême Orient, une base bien mieux outillée que ne l’est la capitale de la Cochinchine.

Du 5 juin au 8 août 1946, il est échoué dans la forme n°1 de l’Arsenal de Cam-Ranh pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 21 août, sortant pour essais les 22 et 23 août puis pour remise en condition du 25 août au 4 septembre 1946.

Le 11 novembre 1946, le pétrolier ravitailleur d’escadre Le Rhône arrive à Cam-Ranh. L’arrivée de ce navire de classe La Seine entraine une nouvelle répartition des rôles, répartition assez théorique : le nouveau venu va se charger du ravitaillement à la mer des navires des FNEO alors que le Niger lui va être davantage un transport pétrolier.

Il va ainsi effectuer au printemps et à l’été 1948 cinq rotations entre Cam-Ranh et Balikpapan : la première du 21 mai au 12 juin, la seconde du 14 juin au 5 juillet, la troisième du 7 juillet au 1er août, la quatrième  du 3 au 25 août et la cinquième du 27 août au 14 septembre 1948.

14-Navires légers (9) avisos coloniaux classe Bougainville (8)

Le La Grandière

L'aviso-colonial La Grandière

L’aviso-colonial La Grandière

-Le La Grandière est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence de Port de Bouc sous le nom de Ville d’Ys le 23 février 1938 lancé le 20 juin 1939, rebaptisé La Grandière en mars  et admis au service actif le 20 juin 1940.

Il quitte Toulon le 27 juin 1940 pour rallier Beyrouth le 1er juillet suivant. Affecté à la DNL, il doublonne le D’Iberville même si cette situation est temporaire, le dernier nommé devant rallier à l’automne 1940 le Pacifique.

En dépit de la présence de formes de radoub à Beyrouth, c’est à Haïfa en Palestine mandataire que le La Grandière va se faire caréner.  Nous pouvons y voir un geste politique pour plaire à nos alliés britanniques.

Arrivé à destination le 5 septembre 1940, il est échoué au bassin du 6 septembre au 5 novembre 1940. Armé pour essais le 20 novembre, il sort pour essais du 21 au 23 puis pour remise en condition du 25 novembre au 10 décembre 1940, date de son retour à Beyrouth.

Il reprend alors ses missions de patrouille en Méditerranée avec des incursions en mer Adriatique mais également en mer Noire. Comme ses sister-ships, il montre le pavillon tricolore dans les ports étrangers et fait respecter les mandats attribués à la France sur le Liban et la Syrie.

Le 7 décembre 1942, le croiseur léger Lamotte-Picquet quitte Beyrouth sans être relevé, transférant le pavillon de navire-amiral de la DNL à l’aviso-colonial La Grandière.

Il effectue également des exercices avec les navires de passage dans la région comme du 12 au 19 février 1943 quand il manoeuvre avec les torpilleurs légers de la 1ère DT venus de Toulon.

Les cinq navires font escale à Haïfa du 20 au 23 février avant un entrainement à la défense aérienne à la mer commun du 24 février au 4 mars, les cinq navires rentrant à Beyrouth le 5 mars 1943 et la 1ère DT quitte le Levant trois jours plus tard.

Du 5 au 12 avril, l’aviso La Grandière manoeuvre avec les contre-torpilleurs Vauquelin Tartu et Chevalier Paul de la 7ème DCT venus de Bizerte. Les quatre navires font escale à Lattaquié du 13 au 18 avril avant que les contre-torpilleurs ne rentrent en Afrique du Nord.

Décidément fort demandé, le La Grandière manoeuvre avec les contre-torpilleurs Mogador Volta Hoche de la 11ème DCT et ce du 30 juin au 4 juillet avant une escale commune à Beyrouth du 5 au 8 juillet 1943.

Il subit un nouveau grand carénage à Haïfa, étant échoué au bassin du 14 janvier au 6 mars 1944, subissant remise en état et modernisation (suppression des installations d’hydraviation, modernisation de la DCA).
Armé pour essais le 16 mars, il sort pour essais les 16 et 17 mars puis pour remise en condition du 19 au 30 mars, date de son retour à Beyrouth.

Victime d’une avarie, le La Grandière est indisponible du 5 au 30 juin 1944, remplacé dans sa mission par les contre-torpilleurs Vauquelin et Tartu. Réparé, il sort pour essais les 1er et 2 juillet puis pour remise en condition du 3 au 10 juillet date à laquelle il peut reprendre ses missions.

Le 7 juillet 1945, le cuirassé Clemenceau accompagné des torpilleurs d’escadre Rapière et Hallebarde et du pétrolier-ravitailleur La Mayenne arrive à Beyrouth.

La petite escadre manoeuvre avec La Grandière avec un entrainement de défense aérienne à la mer du 9 au 15 juillet avant un ravitaillement à la mer.

Les soutes vides, La Mayenne cingle vers Haïfa en compagnie de La Grandière pour recompléter ses soutes.

Le 21 juillet 1945, les deux navires reprennent la mer pour ravitailler à la mer le cuirassé et ses deux torpilleurs avant un entrainement au combat antisurface du 22 au 31 juillet 1945, date à laquelle La Grandière rentre à Beyrouth.

Du 19 au 27 octobre 1945, l’aviso colonial La Grandière effectue un exercice commun avec les contre-torpilleurs Mogador Volta Hoche de la 11ème DCT, les quatre navires faisant escale à Lattaquié du 28 au 30 octobre avant un exercice de synthèse du 2 au 7 novembre, les trois contre-torpilleurs rentrant alors à Bizerte.

Le 17 janvier 1946, les contre-torpilleurs Le Triomphant et L’Indomptable arrivent à Beyrouth dans le cadre d’un entrainement de division. Après des exercices en duo du 19 janvier au 2 février, les deux contre-torpilleurs font escale avec l’aviso colonial à Lattaquié du 3 au 7 février.

Du 8 au 13 février, la 10ème DCT affronte l’aviso colonial qui simule un croiseur auxiliaire avant que du 15 au 22 février, les deux contre-torpilleurs alternent entre protection et attaque du La Grandière. Les trois navires sont à Beyrouth du 23 au 27 février avant que les deux contre-torpilleurs ne prennent le chemin du retour.

Au printemps 1946, La Grandière manoeuvre avec les contre-torpilleurs Aigle Albatros Gerfaut de la 5ème DCT, les torpilleurs légers de la 1ère DT Le Fier L’Entreprenant L’Agile et Le Farouche ainsi que les sous-marins L’Atalante Vestale et Sultane de la 17ème DSM.

Du 17 au 27 mars 1946, La Grandière simule un raider ennemi cherchant à s’en prendre au trafic commercial et traqué par la 1ère DT et la 5ème DCT avant de prendre la tête de la 1ère DT pour contrer un raid artillerie de la 5ème DCT contre Beyrouth.

Du 29 mars au 5 avril, l’aviso La Grandière  protégé par la 1ère DT est attaqué par les sous-marins de la 17ème DSM, la 5ème DCT assurant la traque en solitaire des sous-marins qui tentent aussi de torpiller les cargos sortant et arrivant dans le port de Beyrouth. La petite escadre fait une escale à Beyrouth du 6 au 10 avril avant que la 5ème DCT et la 1ère DT ne rentrent à Toulon et la 17ème DSM à Bizerte.

La Grandière subit un nouveau grand carénage à Haïfa, étant échoué au bassin du 5 mars au 10 juin 1947. Armé pour essais le 22 juin, il sort pour essais du 23 au 25  puis pour remise en condition du 27 juin au 9 juillet date de son retour à Beyrouth.

Le 16 septembre 1947, les contre-torpilleurs Aigle Albatros Gerfaut (5ème DCT) accompagnés par les Bayard Du Guesclin Turenne (2ème DCT) et du PRE Liamone arrivent à Beyrouth. Du 28 septembre au 1er octobre, les deux divisions assurent un exercice d’attaque et de défense de convois, un convoi symbolisé par l’aviso colonial et le pétrolier-caboteur Ardèche.

Quand la Seconde Guerre Mondiale éclate le 5 septembre 1948, l’aviso est à la mer au large de la Palestine mandataire. Il rallie Beyrouth pour recompléter ses soutes avant de rallier la région du Dodécanèse, possession italienne qu’il devait surveiller.

8-Croiseurs lourds (6)

Le Dupleix

Le croiseur lourd Dupleix

Le croiseur lourd Dupleix

-Le Dupleix est mis sur cale à l’Arsenal de Brest en juillet 1928 lancé le 9 octobre 1930 et admis au service actif en 1932.

Comme une part non négligeable des navires de cette belle marine, le quatrième et dernier croiseur de classe Suffren est affecté en Méditerranée, endivisionné au sein de la 1ère DL qui va compter jusqu’à cinq unités en 1932 même si généralement quatre sont disponibles avec une en travaux.

Le 1er novembre 1934, cette division est scindée en deux avec une nouvelle 1ère DL formée par l’Algérie, le Colbert et le Dupleix alors que le Foch, le Tourville et le Duquesne forment une 3ème DL et que le Suffren est en travaux.

La mise en service des premiers croiseurs légers de 7600 tonnes (classe La Galissonnière) entraine une nouvelle organisation à partir de novembre 1937. Les Duquesne, Tourville et Suffrent forment la 2ème DC alors que l’Algérie, le Foch, le Colbert et le Dupleix forment la 1ère DC.

Au printemps 1940, on décidé de clarifier le système, attribuant les numéros impairs aux croiseurs lourds et les numéros pairs aux croiseurs légers.

Les Tourville et Duquesne forment ainsi la 5ème Division de Croiseurs (5ème DC) basée à Toulon en compagnie de la 1ère DC formée des Dupleix et Suffren alors que la 3ème DC formée du Colbert et du Foch est basée à Brest. L’Algérie restant lui hors rang puisqu’il sert de navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée.

La nouvelle 1ère division de croiseurs va depuis Toulon mener une intense activité opérationnelle avec exercices, missions de surveillance et présence diplomatique.

Alors que son compère est en petit carénage après son déploiement indochinois, le Dupleix lui partage son été en missions de surveillance et exercices.

Il quitte Toulon le 21 juin 1940 pour une mission de surveillance de la Sardaigne jusqu’au 12 juillet, le croiseur effectuant différentes repérages d’installations militaires italiennes _assez modestes dans cette grande île_ mais surtout les lieux d’un possible mouillage en cas de raids amphibies bien que cette mission soit jugée impossible voir trop risquée, le souvenir de l’échec cuisant des Dardanelles étant encore dans tous les esprits.

Rentré à Toulon le 13 juillet, il participe à une revue navale pour le 14 juillet 1940 avant de sortir pour des exercices de défense aérienne à la mer du 17 au 24 juillet et du 27 au 31 juillet, l’intermède entre ces deux exercices étant occupé par un mouillage aux Salins d’Hyères. Il est de retour à son port d’attache le 1er août 1940.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 15 août, le croiseur lourd reprend la mer pour une mission de surveillance en Méditerranée occidentale, le croiseur interrogeant plusieurs dizaines de cargos et autres navires marchands ce qui suscite un certain malaise dans le corps diplomatique étranger en France et pousse le Quai d’Orsay à demander à la marine un peu moins de zèle dans ce domaine.

Après cette mission de surveillance effectuée du 17 au 30 août _mission entrecoupée d’escales de ravitaillement à Ajaccio ou à Oran_, le croiseur effectue des exercices au large des côtes de Provence, exercices entrecoupés de mouillages aux Salins d’Hyères ou à Villefranche.

Du 20 septembre au 14 octobre 1940, il participe à la remise en condition de son sister-ship Suffren dont la disponibilité permet à la 1ère DC d’avoir une véritable existence. Les deux compères rentrés à Toulon le 22 octobre après une escale à Nice du 15 au 21 octobre participent ainsi à un exercice de défense aérienne à la mer du 27 octobre au 7 novembre puis à un exercice de combat antisurface du 12 au 24 novembre, rentrant à Toulon le 30 novembre après une escale à la Ciotat du 25 au 29 novembre 1940.

Le Dupleix sort encore deux fois pour entrainement de base soit du 2 au 12 décembre et du 19 au 27 décembre, rentrant à Toulon le 31 décembre après une escale à Marseille les 28 et 29 décembre.

Après une période d’entretien à flot du 1er au 15 janvier, le croiseur lourd sort pour essais du 16 au 22 janvier avant remise en condition du 25 janvier au 8 février, rentrant à Toulon le 12 février après une escale à Ajaccio du 9 au 11 février 1941.

Le Dupleix sort pour entrainement aviation du 15 au 21 février puis pour un entrainement au combat de nuit du 24 février au 2 mars, rentrant à Toulon le 9 mars après un mouillage aux salins d’Hyères du 3 au 8 mars.

Le Dupleix et le Suffren sortent de nouveau ensemble pour exercices du 12 mars au 14 avril, effectuant un exercice de défense aérienne à la mer, de bombardement littoral, de raids amphibies (avec leurs compagnies de débarquement), d’escorte de convois. Après une escale à Nice du 15 au 21 avril, les deux croiseurs rentrent à Toulon le 23 avril 1941.

Après une période d’indisponibilité du 24 avril au 15 mai, le Dupleix repart seul pour une mission de surveillance au large de la Sardaigne, mission qui le voit quitter Toulon entre le 18 mai et le 24 juin 1941, le croiseur passant au total 28 jours en mer, ne gagnant un port français que pour se ravitailler.

Il ressort de Toulon le 2 juillet pour aller mouiller aux Salins d’Hyères jusqu’au 12 juillet, rentrant à Toulon le lendemain 13 juillet pour participer le 14 juillet 1941 à la revue navale en rade des Vignettes.

Le Dupleix ressort seul du 21 juillet au 2 août pour exercices au large des Baléares puis du 12 au 21 août dans le Golfe de Gênes pour une mission de surveillance avant de ressortir à nouveau du 27 août au 8 septembre pour des exercices entre Corse et continent.

Victime d’une avarie mécanique, le croiseur lourd est indisponible du 12 au 24 septembre avant de reprendre la mer pour essais du 25 au 28 septembre suivit d’un stage de remise en condition du 30 septembre au 4 octobre 1941.

Le 9 octobre 1941, le Dupleix quitte Toulon en compagnie de l’Algérie, le plus moderne des croiseurs lourds français (en attendant les Saint Louis alors en construction) pour une mission de représentation en mer Noire.

Les deux navires font une brève escale à Bizerte pour se ravitailler les 12 et 13 octobre avant de traverser à bonne vitesse la Méditerranée orientale, faisant escale à Istanbul du 16 au 19 octobre avant de franchir le Bosphore le 20 octobre et de pénétrer en mer Noire.

Les deux navires font escale à Varna (Bulgarie) du 22 au 29 octobre, à Constanza du 31 octobre au 2 novembre, à Sébastopol du 4 au 9 novembre, à Novorossisk du 12 au 17 novembre, à Trabzon du 19 au 24 novembre, à Istanbul à nouveau du 28 novembre au 2 décembre avant de rentrer à Toulon le 7 décembre 1941 et de ne plus ressortir jusqu’à la fin de l’année.

Le Dupleix appareille pour la croisière d’hiver de la flotte le 12 janvier 1942, faisant escale à Palma de Majorque le 16 janvier 1942, Carthagène du 18 au 22 janvier, Gibraltar du 25 au 27 janvier, Cadix du 30 janvier au 3 février, Lisbonne du 6 au 9 février, Casablanca du 13 au 16 février, Ajaccio du 18 au 21 février avant de rentrer à Toulon avec une grande partie de la flotte le 23 février 1942 dans la matinée.

Le Suffren étant entré en grand carénage, le Dupleix se retrouve donc seul pour assurer les missions qui lui sont confiés notamment la surveillance des mouvements navals italiens. Le Dupleix effectue ainsi trois missions de surveillance, la première du 4 au 21 mars dans le Golfe de Gênes avec des escales de ravitaillement à Bastia, la seconde du 28 mars au 21 avril entre la Sardaigne, la Sicile et la péninsule italienne et la troisième entre la Sicile et la Tunisie du 30 avril au 12 mai 1942.

Après une période d’indisponibilité du 12 au 29 mai 1942, le croiseur lourd appareille pour une série d’exercices qui vont l’occuper une bonne partie de l’été qu’il s’agisse de défense aérienne à la mer (1er au 8 juin, 12 au 16 juillet), de protection de convois (10 au 19 juin et 18 au 24 juillet), de bombardement littoral (22 au 27 juin) et de raid amphibie avec sa compagnie de débarquement et des unités de l’armée de terre (30 juin au 4 juillet, 7 au 10 juillet). De retour à Toulon le 25 juillet 1942, il effectue deux petites sorties du 27 au 30 juillet et du 2 au 8 août est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 9 août au 5 septembre 1942.

Le Dupleix ressort pour essais du 7 au 12 septembre avant un stage de remise en condition du 13 au 27 septembre, suivit par une école à feu à Rufisque, le croiseur lourd quittant Toulon le 28 septembre, arrivant à Dakar le 5 octobre pour quinze jours d’entrainement au tir du 7 au 22 octobre 1942 avant de retrouver Toulon le 31 octobre 1942.

Il effectue une mission de transport rapide entre Toulon et Oran du 4 au 9 novembre avant de manœuvrer avec des navires de la 4ème escadre du 10 au 23 novembre 1942.

Rentré à Toulon le 24 novembre 1942, il repart pour une mission de surveillance dans le Golfe de Gênes le 27 novembre et reste à la mer jusqu’au 12 décembre, rentrant à Toulon seulement le 17 décembre après quatre jours d’escale à Nice. Sa dernière sortie de l’année à lieu pour un exercice d’attaque de convois du 20 au 24 décembre 1942.

Le Dupleix commence l’année 1943 par une sortie d’entrainement du 2 au 7 janvier avant un entrainement aviation du 10 au 17 janvier.

Le 19 janvier 1943, le Suffren achève son grand carénage marqué notamment par une substantielle modernisation de sa DCA. Il subit une campagne d’essais à la mer du 20 au 31 janvier avant un stage de remise en condition avec son sister-ship Dupleix du 1er au 12 février.

Rentré à Toulon, le Dupleix vidange ses soutes et débarque ses munitions avant d’être échoué dans la bassin Vauban n°8 pour un grand carénage plus que nécessaire le 20 mars 1943. Remis à flot le 4 février 1944, le croiseur lourd subit des travaux à quai avant d’être armé pour essais le 12 février.

Les essais officiels ont lieu du 13 au 27 février avant une nouvelle phase de travaux jusqu’au 4 mars. Il est ensuite en stage de remise en condition du 5 au 17 mars 1944 en compagnie de son sister-ship Suffren.
Les deux croiseurs ressortant ensemble du 25 avril au 8 mai 1944, manœuvrant avec le groupement des contre-torpilleurs de la flotte de la Méditerranée, plus précisément les 2ème (Guépard Lion Bison) et 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut).

Les deux croiseurs commencent d’abord par simuler la présence d’un navire corsaire en Méditerranée, menaçant des convois entre l’Afrique du Nord et la métropole, convois protégés par les contre-torpilleurs avant que les deux croiseurs ne simulent des cargos rapides, cherchant à échapper à plusieurs groupes de ratissage formés par les contre-torpilleurs. Après une escale à Alger du 9 au 12 mai et à Ajaccio du 13 au 17 mai, les deux croiseurs rentrent à Toulon le 18 mai 1944.

Après une période d’indisponibilité du 19 mai au 26 juin 1944, le Dupleix reprend la mer pour une mission de surveillance des côtes d’Afrique du Nord, quittant Toulon le 28 juin pour rester en mer jusqu’au 5 août, faisant tout de même escale à Oran du 9 au 14 juillet et du 20 au 27 juillet puis la mission terminée, à Bone du 6 au 10 août et à Bizerte du 11 au 18 août avant de rentrer à Toulon le 23 août.

Le Dupleix reprend la mer pour exercices du 12 au 28 septembre 1944, un exercice à dominante antisurface (attaque et protection de convois) en compagnie des croiseurs lourds Algérie et Henri IV sans oublier l’intervention de l’aviation et de sous-marins, quatre de la 4ème Escadre et deux de la 6ème Escadre Légère.

Rentré à Toulon le 5 octobre après une escale à Alger, le croiseur est immobilisé jusqu’au 4 novembre en raison d’une avarie de propulsion. Après des essais à la mer du 5 au 9 novembre, le croiseur reprend l’entrainement par un stage intensif du 12 au 20 novembre, rentrant à Toulon le 21 novembre 1944.

Il effectue une mission de surveillance dans le détroit de Bonifaccio du 2 au 12 décembre avant de faire escale dans le magnifique port naturel de Bonifaccio du 13 au 18 décembre puis de rentrer à Toulon le 20 décembre 1944 et de rester au port jusqu’à la fin de l’année 1944.

Le 1er janvier 1945, le Dupleix quitte Toulon pour retrouver à Brest le cuirassé Jean Bart afin de mener une croisière dans le Golfe de Gascogne.

Les deux navires se retrouvent au large de Douarnenez le 5 janvier 1945 et vont faire escale à Quiberon le 9 janvier, à Saint-Nazaire du 12 au 14 janvier, à La Pallice du 16 au 18 janvier, au Verdon du 21 au 23 janvier et enfin à Biarritz du 25 au 28 janvier (le plus souvent le cuirassé et le croiseur lourd restent au mouillage, seuls les torpilleurs d’escadre accostant). La division rentre à Brest le 5 février, Le Dupleix repartant le lendemain pour Toulon où il arrive le 12 février 1945.

Le Dupleix ressort le 7 mars 1945 en compagnie du Suffren et du Saint Louis. Les trois croiseurs lourds vont effectuer une mission de  présence en Adriatique, un an après celle du Joffre qui avait tellement enthousiasmé les marins yougoslaves que ceux-ci songèrent à en commander un !

Les trois croiseurs lourds quittent donc Toulon à l’aube le 7 mars, font escale à Ajaccio le 8 pour quelques heures (débarquement de matériel pour la base d’ Aspretto), se ravitaillent à Bizerte le 9 mars puis gagne l’Adriatique faisant escale à Corfou du 11 au 13 mars avant de pénétrer dans l’Adriatique, faisant escale à Kotor du 14 au 21 mars, à Split du 22 au 27 mars et à Zadar du 28 au
31 mars 1945.

Les trois croiseurs lourds participent à un exercice avec la marine yougoslave, exercice suivit attentivement par des avions et des sous-marins officiellement non identifiés mais que tout le monde sait italiens.

L’exercice qui se déroule du 1er au 12 avril voit les croiseurs simuler des bombardements contre la terre, des raids amphibies (mise à terre des compagnies de débarquement soit environ 200 hommes), de la défense aérienne à la mer, de protection et d’attaque de convois………… .

L’exercice terminé, la Division Navale Adriatique franchit le canal d’Otrante et met cap à l’est, direction la Grèce.

Elle fait escale à Patras du 14 au 20 avril, contourne la péninsule du Péloponnèse et arrive au Pirée le 23 avril et y restant jusqu’au 28 avril quand il appareille pour Thessalonique, le grand port du nord où la division fait escale du 29 avril au 4 mai. Pour ne pas mécontenter les turcs, la division fait escale à Istanbul du 5 au 9 mai, à Izmir du 10 au 12 mai et à Antalya du 13 au 16 mai.

La division navale Adriatique mène ensuite une mission de surveillance du Dodécanèse alors sous souveraineté italienne du 17 au 27 mai (ce qui suscite une protestation officielle de l’ambassade d’Italie à Paris), un exercice avec la Division Navale du Levant (DNL) du 28 mai au 4 juin avant une escale à Alexandrie du 4 au 7 juin, le roi d’Egypte Farouk 1er visitant les trois croiseurs français en escale, se montrant impressionné par la modernité du Saint Louis.

La division quitte l’ Egypte le 7 juin, fait escale à Bizerte du 9 au 11 juin avant de rentrer à Toulon le 13 juin 1945. Le Dupleix est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage jusqu’au 17 juillet 1945.

Le Dupleix reprend la mer seul le 20 juillet pour une semaine d’essais à la mer jusqu’au 27 juillet avant un stage de remise en condition du 30 juillet au 12 août 1945 avant de rentrer à Toulon le 17 août 1945 après un mouillage aux salins d’Hyères.

Le croiseur lourd Dupleix sort en compagnie du Suffren pour un exercice du 10 au 21 novembre, faisant escale à Port-Vendres du 22 au 27 novembre avant un exercice de défense aérienne à la mer du 28 novembre au 7 décembre, rentrant à Toulon le 8 décembre 1945. Les deux croiseurs lourds de la 1ère DC sortent à nouveau pour un entrainement combiné dans le Golfe du Lion du 13 au 27 décembre, rentrant à Toulon le 28 décembre 1945.

Après une période d’entretien à flot du 30 décembre 1945 au 12 janvier 1946, le Dupleix sort pour essais du 13 au 18 janvier avant un stage de remise en condition du 19 au 30 janvier 1946.

Le 2 février 1946, il appareille de Toulon pour se rendre au Levant en compagnie de son sister-ship Suffren, faisant escale à Ajaccio du 3 au 6 février, à Malte du 8 au 11 février, à Patras (Grèce) du 13 au 17 février, au Pirée du 19 au 25 février, à Antalya du 27 février au 1er mars, à Beyrouth du 3 au 7 mars, à Haïfa du 9 au 12 mars, à Alexandrie du 14 au 18 mars, à Bizerte du 21 au 25 mars avant de rentrer à Toulon le 28 mars

Le Dupleix et le Suffren sortent à nouveau pour entrainement du 24 juin au 2 juillet, entrainement suivi d’une escale à Ajaccio du 3 au 7 juillet. Les deux croiseurs effectuent ensuite un entrainement aviation du 8 au 13 juillet avant de relâcher à Bastia du 14 au 17 juillet puis à Nice du 18 au 21 juillet, rentrant à Toulon le 22 juillet 1946.

Le Dupleix quitte Toulon le 27 juillet 1946 avec 400 fantassins à bord pour un exercice de transport destiné à renforcer rapidement nos forces en Afrique du Nord. Il arrive le surlendemain à Tunis et débarque ses hommes qui vont manœuvrer jusqu’au 12 août avec les Forces Armées en Tunisie (FAT).

Pendant ce temps, le Dupleix effectue un entrainement de défense aérienne à la mer (30 juillet au 7 août) avant une escale à Tunis du 8 au 12 août, date à laquelle il rembarques les 400 fantassins pour les ramener en métropole ce qui est chose faite le 14 août quand le croiseur lourd rentre à Toulon.

Après une période d’indisponibilité (permissions de l’équipage et entretien courant) du 15 août au 2 septembre, le croiseur lourd sort pour essais du 3 au 7 septembre puis pour entrainement de base du 8 au 15 septembre.

Le Dupleix ressort pour un exercice de défense aérienne à la mer du 18 au 27 septembre 1946 avant une simulation de bombardement sur Toulon pour entrainer la défense côtière du secteur de Toulon du 30 septembre au 5 octobre 1946.

Après un long mouillage aux salins d’Hyères (6 au 12 octobre), le croiseur effectue une mission de surveillance dans le Golfe de Gênes du 17 au 25 octobre 1946 qui se termine par un mouillage en rade Villefranche du 26 au 31 octobre avant de rentrer à Toulon le 3 novembre 1946.

Le Dupleix ressort du 12 au 18 novembre pour une mission d’entrainement au large de la Corse à destination d’officiers de marine de réserve avant un nouvel exercice de défense aérienne à la mer du 20 au 27 novembre suivit d’un exercice d’attaque et de défense de convois du 30 novembre au 5 décembre 1946. Il termine l’année par un entrainement combiné avec l’armée de l’air du 15 au 24 décembre 1946 avant de passer les fêtes de fin d’année à quai à Toulon.

Il ressort pour la première fois le 12 janvier, quittant Toulon pour une mission de transport de troupes rapide en direction d’Oran où il arrive le 18 janvier. Il débarque 400 hommes avant de repartir pour Bizerte où il reste au mouillage du 23 au 30 janvier.  Il est de retour à Toulon le 5 février 1947 après une escale à Ajaccio du 1er au 4 février.

Le Dupleix aurait du être en grand carénage début mars mais le Suffren est sérieusement endommagé lors d’une collision avec le paquebot Sampiero Corso le 15 mars 1947 et doit être réparé dans le bassin prévu pour le grand carénage du quatrième et dernier croiseur de classe Suffren.

Fort heureusement, le Dupleix lors d’une inspection technique le 19 février 1947 est encore dans un bon état matériel même si l’Amirauté décide par précaution de le ménager pour éviter une immobilisation malvenue.

Le croiseur lourd ne sort ainsi que du 20 au 31 mars (exercice combiné) et du 10 au 19 avril (exercice de défense aérienne à la mer) avant une période d’entretien à flot en rade de Toulon du 23 avril au 15 mai, reprenant la mer pour essais du 18 au 27 mai puis pour un stage de remise en condition du 28 mai au 14 juin avant de passer plus d’un mois à quai à Toulon jusqu’au 17 juillet 1947, une partie de l’équipage étant en permissions même si officiellement le croiseur n’est pas en indisponibilité.

Il sort pour exercices entre les côtes provençales et la Corse du 18 au 27 juillet avant un mouillage à Villefranche du 28 juillet au 2 août avant un nouvel exercice au large de Bastia du 3 au 13 août puis une escale dans le port du nord de la Corse du 14 au 21 août avant de rentrer à Toulon le 23 août et d’être indisponible du 25 août au 12 septembre pour entretien à flot et permissions de l’équipage.
Il ressort pour une mission de transport entre Toulon et la Corse, quittant le Var le 20 septembre pour Bastia où il arrive le lendemain 21 septembre, débarquant des hommes du génie et du matériel pour moderniser et réaménager des fortifications défendant ce port.

Il repart le 24 septembre pour Ajaccio où il mouille en rade d’ Aspretto du 25 au 30 septembre avant de rentrer à Toulon le 1er octobre 1947 à l’aube.

Le 5 octobre 1947, la commune de Landrécies (Nord Pas de Calais) devient ville marraine du croiseur lourd, Landrécies étant la ville natale de Joseph François Dupleix.

Le 12 octobre 1947, le croiseur lourd quitte Toulon direction Dakar pour une école à feu au polygone de Rufisque. Arrivé dans la capitale sénégalaise le 22 octobre, il effectue son stage de tir du 24 octobre au 6 novembre 1947 avant de passer au bassin à Dakar du 7 au 21 novembre pour quelques travaux destinés à lui permettre de tenir jusqu’au grand carénage prévu au printemps 1948.

Il quitte le Sénégal le 23 novembre, fait escale à Port Etienne du 25 au 28 novembre, à Casablanca du 1er au 5 décembre, à Oran du 8 au 12 décembre avant de rentrer à Toulon le 13 décembre. Il sort encore au large du port varois du 18 au 22 décembre et du 26 au 30 décembre 1947.

Le Dupleix effectue deux sorties d’entrainement au mois de janvier 1948, la première entre la Provence et le cap Corse du 5 au 12 janvier et la seconde entre Toulon et Marseille du 15 au 19 janvier.

Le lendemain 20 janvier 1948, le Dupleix appareille en compagnie du Suffren pour effectuer ses essais à la mer et sa remise en condition. Les essais à la mer ont lieu du 20 au 31 janvier puis du 10 au 17 février après une période de démontage pendant laquelle le Dupleix prépare son grand carénage. Le stage de remise en condition à lieu du 21 février au 5 mars, date de la disponibilité du Suffren.

Le lendemain 6 mars 1948, le Dupleix vidange ses soutes et débarque ses munitions avant d’être échoué le 10 mars dans le bassin n°1 du Missiessy pour un grand carénage plus que nécessaire tant le navire était usé et courbaturé.

Il va ainsi être immobilisé jusqu’au 7 septembre 1948 soit après le début de la conflagration mondiale qui précipiteront les travaux à quai (deux semaines au lieu de trois soit du 8 au 22 septembre 1948), les essais à la mer (du 23 au 30 septembre) et la remise en condition (1er au 8 octobre), le Dupleix étant officiellement disponible le 9 octobre 1948.

Schéma du croiseur lourd Suffren

Schéma du croiseur lourd Suffren

Caractéristiques Techniques de la classe Suffren

Déplacement : standard 9938 tonnes pleine charge 12780 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 196m largeur 19.40m tirant d’eau 7.30m

Propulsion : trois turbines à engrenages Rateau alimentées en vapeur par neuf chaudières Guyot du Temple à chauffe mixte dévellopant 101000ch et entrainant trois hélices quadripales

Performances : vitesse maximale 32 noeuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : (Suffren et Colbert) ceinture de 50mm pont blindé de 25mm et un bourrage de 640 tonnes de charbon pour la protection contre les torpilles (Foch) bordé de 20mm, un renforcement à 54mm de cloisons longitudinales et un pont blindé de 18mm au dessus des machines et 20mm au dessus des soutes à munitions (Dupleix) détails inconnus

Armement d’origine : (Suffren) 8 canons de 203mm modèle 1924 en 4 tourelles doubles (deux en chasse deux en retraite), 8 canons de 75mm modèle 1922-24 en affûts simples, 8 canons de 37mm CAS modèle 1925 et 12 mitrailleuses de 13.2mm en trois affûts quadruples; deux affûts lance-torpilles triples de 550mm (Colbert et Foch) les canons de 75mm sont remplacés par huit canons de 90mm en affûts simples (Dupleix) Les huit canons de 90mm sont montés en quatre affûts doubles

Aviation :  (Suffren) une catapulte et deux hydravions (Colbert Foch Dupleix) deux catapultes et deux hydravions

Equipage : 605 officiers et marins