Mitteleuropa Balkans (128) Yougoslavie (16)

ARMEE ROYALE YOUGOSLAVE

Une histoire militaire de la Yougoslavie

L’armée yougoslave avant la Yougoslavie : miscellanées

Dans cette partie je vais brièvement parler de l’art de la guerre slave et du rôle des unités slaves dans la défense de l’empire austro-hongrois, croates, slovènes et serbes de Croatie jouant un rôle important dans la défense de la Frontière Militaire, une marche destinée à contrer non seulement les invasions ottomanes planifiées mais surtout les raids de pillage menés par les tristement célèbres bachi-bouzouks.

Représentation graphique es unités de la Frontière Militaire

En revanche en ce qui concerne la Serbie le rôle joué par l’armée serbe dans le premier conflit mondial mérite des catégories à part.

Les Slaves sont apparus dans l’histoire au 6ème siècle venant des steppes russes. Il s’agissait essentiellement nomades combattant donc à cheval même si très vite les unités d’infanterie se développèrent par exemple sous l’empire bulgare, la noblesse bulgare ne jurant que par et pour la cavalerie, laissant les slaves combattre au sein des unités d’infanterie.

Avec la montée en puissance des habsbourgs et la menace ottomane, les slaves ont servit de soldats pour les deux camps et surtout pour la maison d’Autriche qui pour faire face aux ottomans transforma l’actuel sud de la Croatie en marche militaire.

Les pandurs étaient une unité de cavalerie légère qui comme les dragons pouvaient aussi combattre à pied

Le 5 décembre 1868 est créée la garde nationale royale de croatie (Kraljevsko hrvatsko domobranstvo), une entitée militaire de l’armée royale hongroise. Cela faisait suite au compromis hungaro-croate de 1868 qui faisait suite au compromis de 1867.

Cet accord prévoyait que les croates et les serbes de Croatie réalisent leur service militaire en Croatie, que l’entrainement se fasse dans la langue croate, que des académies soient mises sur pied et que les unités puissent prendre des noms croates.

Cette force militaire est d’abord composée de huit escadrons stationnées dans cinq villes différentes.

C’est ainsi que la ville de Varazdin accueille les 29ème, 30ème et 79ème escadrons, Zagreb le 80ème, Virovitica le 81ème, Vukovar le 82ème et enfin Vinkovici les 31ème et 32ème.

Suite à une réforme, les moyens sont réorganisés en huit bataillons stationnés à Sisak (83ème bataillon), Bjelovar (84ème), Gospic (87ème), Ogulin (88ème),Svarca (89ème), Glina (90ème), Nova Gradiska (91ème) et Mitrovica (92ème).

Une nouvelle réforme regroupe les moyens en cinq régiments stationéns à Zagreb (25ème), à Karlovac (26ème), Sisak (27ème), Osijek (28ème) et Varazdin (10ème), les quatre premiers régiments étant des unités d’infanterie, le dernier un régiment de cavalerie.

Ces unités vont participer à la première guerre mondiale sur le front serbe, la garde nationale disparaissant en même que l’Autriche-Hongrie.

Au sud de la future Yougoslavie on trouve l’armée royale monténégrine. Avant d’être royale cette armée défendait la principauté du Monténégro qui devint royaume en 1910 pour seulement dix ans.

Cette armée est réorganisée en 1880. Chaque commune doit former un bataillon de réserve ce qui représente quatre bataillons. Dès l’année suivante des exercices réguliers sont conduits.

Qui dit armée dit cadres et en 1882 quatorze monténégrins sont envoyés à l’étranger (notamment en Italie et en Russie) pour être formés au métier d’officier, dix d’entre-eux obtenant leur diplôme. Ils ouvrirent des cours à Podgorica, Niksic et Cetinje pour transmettre leur vécu.

En septembre 1885 une école de sous-officiers d’infanterie est ouverte à Podgorica. L’année suivante c’est une école d’officiers d’artillerie qui ouvre à Cetinje (c’est également la première école d’officiers du Monténégro).

En 1910 un texte est adopté pour officialiser les lois et l’organisation de l’armée monténégrine qui s’organise entre des unités d’infanterie, d’artillerie, de reconnaissance, du génie, des unités sanitaires, dees ouvriers militaires, une justice militaire, une gendarmerie et des unités logistiques.

Trois ans plus tard en 1913 la gendarmerie monténégrine devient une unité de police spéciale.

Depuis 1912 le territoire du royaume du Monténégro est divisé e quatre zones divisionnaires : Cetinje, Podgorica, Niksic et Kolasic. Suite aux deux guerres balkaniques on ajoute les zones divisionnaires de Plevlja et de Pec.

A cette époque l’armée monténégrine comprend onze zones de brigade, cinquante-deux districts et 322 zones bataillonnaires.

Chaque division d’infanterie regroupe deux ou trois brigades avec également trois batteries d’artillerie. Cela représente une force militaire de 55000 hommes.

Après avoir participé aux deux guerres balkaniques aux côtés de la Serbie, l’armée monténégrine mobilise 50000 hommes alors que début la première guerre mondiale.

Ces moyens sont répartis entre la Division de Plevjla qui comprennait dix bataillons soit environ 6000 hommes, le Détachement d’Herzegovine composé de quinze bataillons et d’environ 15000 soldats, le Détachement de Lovcen qui disposait de 18 bataillons et d’environ 8000 hommes alors que le Détachement de la Vieille Serbie disposait de treize bataillons et d’environ 6000 hommes.

Mal équipée cette armée fit ce qu’elle pu face à l’offensive austro-hongroise lancée en 1916 et qui submergea rapidement le petit royaume qui ne le savait pas encore mais allait disparaître après moins de dix ans d’expérience.

Feldwebel (sergent) de l’infanterie bosniaque

Au sein de l’empire austro-hongrois on trouvait des unités d’infanterie bosniaques. Appelées Bosniaken, ces soldats étaient recrutés en dehors des régions autrichiennes et hongroises avec une part significative de personnel de confession musulmane (un tiers environ).

Formant des régiments ils portaient leurs propres uniformes, une coiffure distinctive (le fez) et disposaient de leur propre séquence numérale.

En 1914 ils formaient quatre régiments d’infanterie numérotés un à quatre et un bataillon de fusilier de campagne (Feldjägerbataillon).

Suite au Congrès de Berlin, l’Autriche-Hongrie avait reçu l’administration de deux provinces ottomanes, le Vilayet de Bosnie et le Sandjak de Novi-Pazar. L’occupation militaire généra des combats jusqu’en octobre 1878, les austro-hongrois perdant plus de 4000 soldats (946 morts et 3980 blessés).

Pour assurer le maintien de l’ordre les austro-hongrois lèvent une force militaire local baptisée pandurs mais c’est un échec cuisant, nombre d’entre-eux se transformant en brigands qui augmentent l’insécurité qu’ils étaient censés combattre.

En novembre 1881 le gouvernement austro-hongrois passe une loi militaire ou Wehrgesetz obligeant les bosniens à servir dans l’armée impériale.

Cela entraine un certain nombre de révoltes entre décembre 1881 et janvier 1882, révoltes durement réprimées. Il faudra l’intervention du Mufti de Sarajevo pour ramener le calme.

Les premières unités d’infanterie sont levées en 1882 dans les quatre principaux districts de recrutement (Sarajevo, Banja Luka, Tuzla et Mostar). Du format companie ils passent au statut de bataillon (huit en 1889). En 1892 trois autres bataillons sont mis sur pied.

En 1894 l’administration militaire met sur pied l’association du régiment d’infanterie de Bosnie-Herzégovine pour préparer son intégration à l’armée impériale. Cette décision est juridiquement validée mais ne sera pleinement appliquée qu’en 1897. En 1903 le Feldjägerbataillon est mis sur pied.

A l’orée du premier conflit mondial, les quatre régiments d’infanterie bosniaques regroupent 10156 hommes plus 21327 réservistes. Le Feldjägerbataillon comprend 434 jägers (chasseurs) et 1208 réservistes. Sur plan religieux c’est ainsi équilibré avec un tiers de musulmans, un tiers de serbes orthodoxes et un tiers catholiques romains avec respectivement 31, 39 et 25, le reliquat soit 5% étant constitué de catholiques grecs (uniates), de juifs et de protestants.

Durant le premier conflit mondial les effectifs connurent une très grande expansionavec pas moins de 36 bataillons de 1200 hommes chacun soit un effectif théorique de 43200 soldats.

Une telle expansion ne peut se faire sans «tricher» sur l’origine des recrues et on pu voir des hongrois, des polonais, destchèques et des ukrainiens rejoindre les unités bosniennes pendant que des bosniens rejoignaient des unités de recrutement germanophone ou magyarophone. Cela diminua l’efficacité d’unités qui restèrent fidèles à la Double-Monarchie et ce jusqu’à la fin du conflit.

En 1916 la conquête de l’Albanie ouvrit à Vienne un autre vivier potentiel de recrutement et c’est ainsi que 5000 albanais furent recrutés au sein d’unités dont l’encadrement était fourni par des officiers bosniens de confession musulmane.

Plusieurs furent décorés voir anoblis pour acte de bravoure au combat, certains connaissant une deuxième carrière militaire au sein des forces armées de l’Etat indépendant de Croatie ou au sein d’unités recrutées par la Waffen S.S.

En ce qui concerne les uniformes ces régiments ont un certain nombre de particularités comme le fez comme couvre-chef. En théorie les officiers portaient la casquette plate ou le shako mais dans la pratique c’était beaucoup plus compliqué. La vareuse était de même couleur que celles de l’infanterie de ligne allemande, les boutons étaient en bronze. L’uniforme des officiers était bleu clair avec un col rouge et des boutons jaune.

Le Feldjägerbataillon avait un uniforme différent. Les officiers et les cadets portaient le même uniforme que le bataillon de chasseurs tyroliens (Tyrolean Jägerbataillon) alors que les soldats du rang portaient un uniforme gris avec des pattes de col vertes et un fez de couleur rouge-brun.

Le corps de gendarmerie (zandamerijski) portait le couvre-chef des Jägers mais avec des plumes noires.

En 1908 l’uniforme bleu gris clair est introduit pour le combat et le service quotidien, réléguant la tenue décrite plus haut (bleu clair) pour les parades et les périodes de repos. Deux ans plus tard un fez de même couleur est adopté même si le fez rouge-brun était retenu pour la tenue de parade et la tenue de repos.

Durant les combats sur le front de l’est, l’uniforme adopté en 1908 se révéla trop visible et en urgence un uniforme d’une teinte proche de l’armée impériale allemande fût adopté même si comme souvent en temps tous les uniformes ne purent être changés.

En ce qui concerne l’armement, les unités bosniennes furent équipées durant toute leur carrière du fusil Mannlicher M1890.

Mitteleuropa Balkans (101) Roumanie (31)

Véhicules

Chars

Renault FT

Surnommé le «char de la victoire», le Renault FT (et non FT-17 comme on l’écrit parfois) peut être considéré comme un char canonique car il fixe l’organisation générale d’un char moderne avec le moteur à l’arrière, la tourelle au centre et le pilote à l’avant, les chars s’éloignant de ce concept étant peu nombreux.

Produit en masse (4516 exemplaires), il va équiper l’armée française et ses alliés, participant aux offensives finales de l’été 1918 aboutissant à l’armistice de Rethondes.

Dans l’immédiat après guerre un certain nombre d’exemplaires sont cédés à des pays étrangers ce qui permet à nombre d’entre-eux de faire connaissance avec le char et développer des unités motomécaniques en fonction bien entendu de leurs ambitions et de leurs moyens.

En 1919 l’Armata Regala Romana reçoit 76 Renault FT ce qui permet la création d’un premier régiment blindé. Ce char va être peu à peu remplacé par des chars de conception et de fabrication tchécoslovaque.

En septembre 1941 il est officiellement retiré du service et les véhicules survivants sont stockés et entretenus pour participer éventuellement au maintien de l’ordre.

Sept ans plus tard quand le second conflit mondial éclate il ne restait plus que vingt-quatre exemplaires en état de marche, les autres ayant été ferraillés ou cannibalisés pour fournir des pièces détachées.

Ils reprennent du service sur l’aéroport de Bucarest pour protéger le site d’un éventuel assaut parachutiste soviétique qui ne sera jamais mené. Quelques véhicules sont transférés à la Gendarmerie pour participer au maintien de l’ordre en zone rurale.

Quand le second conflit mondial se termine il ne reste plus que six chars de ce type qui sont rassemblés puis utilisés comme cible pour les exercices de tir des unités de l’Armée Rouge déployés en Roumanie.

Si un Renault FT est bien exposé au musée de la Guerre à Bucarest c’est qu’il s’agit d’un char acquis aux Etats-Unis, transféré en Roumanie, restauré et exposé.

Caractéristiques Techniques du Renault FT

Poids total : (char-mitrailleur) 6.5 tonnes (char-canon de 37mm) 6.7 tonnes

Dimensions : longueur 4m (5.10m avec la queue passe tranchée) largeur 1.74m hauteur 2.14m

Motorisation : un moteur Renault 4 cylindres développant 35 ch à 1300 tours minutes. Boite à quatre vitesse + une marche arrière. Réservoir de 96 litres d’essence

Vitesse maximale 7.8 km/h, environ 2 km/h en terrain varié Pente 45° Autonomie : 8 heures

Blindage : tourelle blindée à 22 et 16mm, parois verticales 16mm parois obliques 8mm plancher 6mm

Armement : (char-mitrailleur) une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8mm avec 4800 coups en 50 bandes articulées de 96 cartouches ou un canon de 37mm semi-automatique modèle 1916 avec 237 obus. Certains Renault FT mitrailleurs ont été réarmés avec une mitrailleuse Darne de 7.5mm.

Equipage : 2 hommes (mécanicien pilote et chef de char tireur).

AH-IV

Strigsvan M/1937, version utilisée par la Suède de l’AH-IV

Le AH-IV est une chenillette tchécoslovaque mise au point dans les années trente et qui connu un certain succès à l’export puisqu’il fût exporté en Romanie, en Suède et en Iran.

A l’origine de ce véhicule figure la volonté de la Českomoravská Kolben-Daněk (CKD) de mettre au point un véhicule mieux conçu que le Tancik vz.33 avec notamment un mitrailleur en tourelle alors qu’il était installé en caisse sur le vz.33.

Le premier client est l’armée iranienne qui passe commande dès 1935 de cinquante exemplaires plus un prototype. Les premiers exemplaires arrivent en août 1936 et la commande est honorée en mai 1937 même si l’armement ne fût installée qu’en novembre 1937. Très satisfaits les iraniens souhaitèrent commander entre 100 et 300 exemplaires supplémentaires mais la guerre de Pologne plus le veto allemand empêcha la commande de se concrétiser.

La Roumanie elle passe commande de trente-six exemplaires baptisés AH-IV-R (AH-IV-Roumanie) via un contrat le 14 août 1936. Les premiers véhicules sont livrés en octobre 1937 à temps pour les manœuvres automnales où ils donnent satisfaction. Ce sera moins le cas pour les exemplaires suivants ce qui explique qu’ils ne seront officiellement acceptés qu’en août 1938. Le projet de le produire sous licence ne dépassa pas le stade de l’unique prototype.

Aux commandes iraniennes s’ajoutèrent également une commande suédoise de quarante-huit chenillettes désignées Stridsvagn m/37 et qui vont être livrées en 1938 après une évaluation concluante en 1937.

Au sein de l’armée royale roumaine les AH-IV désignés R-1 furent déployés au sein des unités de cavalerie, les cinq divisions de cavalerie se partageant les trente-six chenillettes sous la forme de douze pelotons de trois véhicules.

Si les 1ère, 3ème et 5ème divisions de cavalerie disposaient chacune de trois pelotons, les 2ème et 4ème possédaient un unique peloton pour la première et deux pour la seconde.

Ces véhicules ont été vité déclassés et vont être retirés des unités de première ligne à l’automne 1945. Après une méticuleuse inspection sur les vingt-huit véhicules encore disponibles seuls vingt ont été préservés pour être réutilisés en cas de besoin.

Utilisés pour l’entrainement et la formation les R-1 ont pour certains repris du service pour la sécurisation des arrières.

Au moins un exemplaire à été modifié pour recevoir un canon antichar sovietique de 45mm en superstructure mais on ignore son utilisation comme son sort final. Les quelques exemplaires ayant survécu à la guerre ont été rapidement envoyés à la casse à la fin des années cinquante.

Caractéristiques Techniques

Poids : 3.9 tonnes

Dimensions : longueur 3.2m largeur 1.73m hauteur 1.67m

Motorisation : un moteur 6 cylindre Praga RHP de 55ch

Performances : vitesse maximale 45 km/h Distance franchissable 170km

Blindage : 6 à 12mm

Armement : deux mitrailleuses de 7.92mm

Equipage : deux hommes

Skoda LT vz.35 (S-II)

Skoda LT vz.35

Le Skoda LT vz.35 (S-II) est un char léger de conception et de fabrication tchécoslovaque. Avec son compère le Panzer 38(t), le futur Panzer 35(t) allait compléter les Panzer III et IV produits en nombre insuffisant pour équiper les Panzerdivsionen. A leur apogée, quatre divisions blindées (4. PzD, 6. PzD, 7. PzD, 8. PzD) furent équipées de chars tchèques.

Ce char de 9 tonnes était un char médiocre. Son blindage riveté était son défaut principal car quand il était touché, il projetait à l’intérieur ces rivets, tuant ou blessant l’équipage.

Le dévellopement de ce char léger commença en 1934 quand l’armée tchécoslovaque demanda un nouveau char léger dit de cavalerie pour succéder au LT vz.34 déjà en service. La firme CKD implantée à Prague perdit face au projet de la firme Skoda.

La première commande de 160 exemplaires est passée le 30 octobre 1935, les livraisons commençant en décembre 1936 suivit de commandes supplémentaires, la production étant partagée entre Skoda et CKD suite à un accord de production.

La production fût laborieuse, les problèmes de mise au point nombreux, nécessitant de fréquents retours en usine.

En dépit de ces problèmes, l’étranger se montrant intéressé par ce char léger qui fût commandé par la Roumanie (126 exemplaires) et la Bulgarie qui récupéra dix exemplaires initialement commandés par l’Afghanistan. L’URSS évalua ce char mais ne donna pas suite. La Slovaquie indépendante récupéra 52 exemplaires auprès des allemands à qui ils devaient leur indépendance.

Ces chars furent retirés du service avec la mise en service du Panther qui avait finit de rééquiper ces quatre divisions quand éclate le second conflit mondial.

La quasi-totalité des Panzer 35 (t) est feraillée mais certains sont conservés en réserve au cas où utiliser pour l’instruction.

Une demi-douzaine de chassis sont récupérés pour servir de prototypes pour un chasseur de char, le Marder III qui combine le chassis du Pz 35(t) avec à la place de la tourelle une superstructure protégeant un canon antichar de 75mm.

L’Armata Regala Romana mis en service 126 exemplaires et voulu acquérir 382 exemplaires mais cette commande fût annulée en raison du démantèlement de la Tchécoslovaquie en mars 1939 et surtout la prise de contrôle allemande des industries militaires tchèques.

Les 126 exemplaires vont être essentiellement utilisés par la 1. diviziune blindată, une division blindée l’unité division motomécanique de l’armée royale roumaine avant le début du second conflit mondial.

Ces chars étaient déclassés pour ne pas dire obsolètes en septembre 1948 mais la Roumanie n’à pas vraiment le choix et doit conserver ses R-2 _désignation roumaine de ce char_ et ses Renault R-35 en service en attendant la livraison de Panzer III et de Panzer IV.

Ces chars sont mêmes engagés en juin 1950 en URSS. Certes à l’époque ils n’étaient plus utilisés que dans la reconnaissance et non le combat mais c’était signe que l’équipement de l’armée roumaine n’était pas à la hauteur pour des combats de haut intensité.

Si il pouvait combattre les chars légers amphibies de reconnaissance de la RKKA il devait fuir le combat contre des chars BT et T-34 dont certains équipaient des unités de reconnaissance de l’Armée Rouge.

Les pertes sont lourdes lors des phases estivales de l’opération BARBAROSSA et bien entendu lors de la contre-offensive ennemie.

Fin 1950 il restait 64 chars disponibles qui sont maintenus au sein de la division blindée pour la reconnaissance avec deux pelotons de huit véhicules soit seize blindés, seize autres formant quatre pelotons de quatre véhicules pour renforcer les divisions de cavalerie.

Le reste soit 32 véhicules est d’abord conservé en réserve puis 24 d’entre-eux sont transformés en chasseurs de chars sous le nom de TACAM R-2, un véhicule combinant le châssis renforcé du char tchèque avec une superstructure abritant un canon de 76.2mm soviétique.

Ces vingt-quatre chars vont former trois compagnies indépendantes de huit véhicules détachées en fonction des besoins aux divisions d’infanterie combattant les soviétiques puis les allemands après le basculement roumain de septembre 1953.

A l’époque il restait douze exemplaires qui vont former un régiment indépendant composé de TACAM R-2 et de SU-76 mais ceci est une autre histoire.

A la fin du conflit il restait quatre R-2 en version char léger qui sont tous envoyés à la ferraille car d’aucune utilité pour la nouvelle armée roumaine bien équipée en chars d’origine soviétique.

Caractéristiques Techniques du Skoda L.T vzor 35

Poids : 10.5 tonnes

Dimensions : longueur 4.45m largeur 2.14m hauteur 2.20m

Motorisation : moteur essence Skoda T11 de 120ch

Performances : vitesse maximale sur route 35 km/h Autonomie sur route 190km (115km en tout terrain)

Blindage : maximale 25mm

Armement : tourelle biplace abritant un canon de 37mm Skoda de 40 calibres pouvant pointer en azimut sur 360° et en site de -10° à +25° avec 72 obus en réserve. Il est associé à une mitrailleuse de 7.92mm qui partage avec la mitrailleuse de caisse le stock global de 1800 cartouches

Equipage : 4 hommes (pilote, opérateur radio-mitrailleur, pourvoyeur et chef de char/tireur)

Renault R-35

Défilé de R-35 roumains

Au début des années trente le char léger français standard est encore le vénérable Renault FT alias le «char de la victoire» autant dire une antiquité militaire. De plus sur le plan quantitatif la flotte souffrait d’une usure et d’un vieillissement important qui rendait peu probable la mobilisation de la totalité du parc en cas de guerre.

Un programme pour un char léger de 6 tonnes à deux hommes, 40mm de blindage et armement mixte (canon et mitrailleuses) est officiellement lancé le 2 août 1933. A ce programme répondent Renault, Batignolles-Châtillon, Hotchkiss, FCM (Forges et Chantiers de la Méditerranée), APX et Delaunay-Belville.

Le concours lancé le 2 août 1933 est modifié le 22 mai 1934 aboutissant à la construction de prototypes par tous les constructeurs sauf Delaunay-Belville.

La firme de Billancourt propose un char biplace de 11 tonnes armé d’un canon de 37mm SA modèle 1918 (le même que le FT) et une mitrailleuse. Le prototype va être testé à partir d’août 1934 et adopté le 25 juin 1936 sous le nom de char léger modèle 1935R tout comme ses concurrents FCM et Hotchkiss, les futurs FCM-36 et Hotchkiss H-35.

Quand éclate la guerre de Pologne, pas moins de dix-sept bataillons de chars de combat sont équipés de Renault R-35 soit un total de 765 chars, le total étant porté à 900 chars au printemps 1940, à l’apogée de la puissance des forces armées françaises avant que la démobilisation ne soit enclenchée pour soulager une économie en souffrance. A cela s’ajoute des véhicules en réserve et d’autres véhicules déployés dans l’Empire.

Un certain nombre de chars ont également été exportés essentiellement pour des raisons diplomatiques, cinquante envoyés en Pologne en juillet 1939, quarante envoyés en août-septembre 1939 en Roumanie et cent en Turquie en février et en mars 1940. Un deuxième lot aurait du être envoyé à la Pologne mais il va équiper le voir le 68ème BCC.

La production cesse à la fin du mois d’avril quand le R-40 prend le relais. Au total 1460 chars sont sortis des chaines de montage.

Après la démobilisation, quatorze bataillons de chars de combat restent stationnés en métropole avec ce Renault R-35 soit un total de 630 chars en service.

A ces chars s’ajoute ceux déployés dans l’Empire au sein des 62ème et 66ème BCC stationnés au Maroc et au sein du 64ème BCC stationné en Algérie soit un total de 135 chars auxquels s’ajoutent les deux BCC du Levant, portant le total à 225 chars.

Cela nous donne un total de 855 chars plus les 190 chars exportés et 120 utilisés pour l’expérimentation, les tests, l’instruction soit un total en ligne en France de 975, le reliquat soit 295 étant stockés.

Ces stocks vont servir à rééquiper la section de chars de Madagascar (huit blindés en ligne plus six en réserve soit un total de quatorze véhicules) ainsi que les deux compagnies de chars d’Indochine soit un total de trente chars en ligne plus quinze en réserve soit un total de quarante-cinq blindés sortis des stocks.

Cela nous laisse donc un total dans les stocks de 236 Renault R-35. Ce nombre va en réalité augmenter car un certain nombre de bataillons vont remplacer ces blindés par des chars plus modernes, ne laissant que trois BCC équipés de Renault R-35 soit un total en ligne de 135 chars, laissant un stock confortable de 631 exemplaires.

Du moins officiellement car en toute discrétion, un bataillon à été livré à l’armée portugaise (45 chars + 21 en réserve) et un autre à l’armée espagnole (45 chars +21 en réserve) soit un total corrigé de 599 chars disponibles plus les 120 cités soit 719 chars.

Ces chars vont participer au second conflit mondial durant la phase initiale de la mobilisation en attendant la disponibilité de chars plus modernes comme le FCM-42 et l’AMX-44 même si durant le conflit certains BCC remplaceront leurs chars légers par des canons d’assaut peut être plus modernes et surtout mieux adaptés ce qui avait également l’avantage de réserver la production des chars aux divisions blindées [NdA en 1952 les DLM et les Divisions Cuirassées ont été rebaptisées et uniformisées]).

En décembre 1937 la Roumanie décide de commander 200 exemplaires du Renault R-35 (baptisés Tancuri R-35) qui doivent être produits sous licence mais devant la difficulté du projet on décide de commander 41 exemplaires directement à la France, ces chars étant tous livrés en septembre 1939.

Aucun R-35 ne sera construit en Roumanie, Bucarest récupérant 34 chars ayant appartenu à l’armée polonaise portant son parc à 75 exemplaires, le reste du projet étant annulé, Bucarest préférant acquérir des chars plus modernes venant notamment d’Allemagne mais ceci est une autre histoire.

En septembre 1948 le Renault R-35 est encore en service. Sur les 75 exemplaires disponibles en 1940 il n’en restait plus que 54 en état de combattre. Ils ont été réarmés avec un canon de 45mm d’origine soviétique et rebaptisés Vanatorul de Care R-35.

Vanatorul de Care R-35

Les douze premiers véhicules ont été armés avec des canons récupérés dans une zone disputée de la frontière roumano-soviétique avant que d’autres canons soient récupérés sur certains chars soviétiques capturés ou dans les convois immobilisés par l’aviation et abandonnés par des unités de la RKKA cherchant à se replier vers l’est.

Trente-six exemplaires ont été ainsi modifiés avec une nuque de tourelle allongée pour absorber le recul supplémentaire. Ces véhicules pouvaient tirer leur épingle du jeu contre les chars BT ou les chars plus anciens mais évidemment face aux T-34 et aux KV ils ne pouvaient rien faire.

Ils vont rester en service jusqu’à la fin du second conflit mondial. En avril 1954 il restait huit exemplaires qui sont tous envoyés à la casse sauf deux, un exposé à Bucarest un deuxième exposé au musée des blindés à Saumur en France.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1935R

Poids total : 11 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.02m Largeur totale 1.85m Hauteur totale 2.13m (1.37m sans tourelle)

Motorisation : un moteur Renault 447 4 cylindres développant 85ch à 2200 tours/minute alimenté par 166 litres

Vitesse maximale : 20 km/h Pente : 75% Autonomie : 130km

Blindage : 40mm maximum

Armement : (configuration initiale) un canon de 37mm SA modèle 1918 puis SA38 alimenté à 100 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 2400 cartouches (configuration modernisée) un canon de 47mm SA35 alimenté à 90 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 2400 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un chef de char, le premier en caisse et le second en tourelle

Tancuri T-38

Skoda LT Vzor.38

Le Skoda L.T Vzor 38 est une version améliorée du vz.35 avec un blindage en partie boulonné, blindage renforcé passant à 50mm à l’avant. La dotation en munitions est augmentée passant à 90 coups de 37mm et à 2550 cartouches pour les mitrailleuses.

Le développement commence en 1937 suite à l’échec relatif du LT vz 35 qui était largement perfectible. CKD l’un des producteurs partit du futur Pz35 (t) et améliora la suspension avec un système Christie.

Avant même une commande nationale, cette version améliorée du LT vz35 fut exportée en Iran (50), au Pérou et en Suisse (24). Les chars commandés par la Lituanie non livrés en raison de l’annexion soviétique furent récupérés par la Slovaquie. La Grande-Bretagne évalua un exemplaire mais ne donna pas suite à une potentielle production sous licence.

Le 1er juillet 1938, l’armée tchécoslovaque passa commande de 150 exemplaires mais aucun appareil n’entra en service avant l’occupation allemande (mars 1939), la production continua ensuite pour l’Allemagne qui manqua de chars pour armer ses Panzerdivisionen.

A l’apogée de leur carrière allemande, les Panzerkampfwagen 38 (t) équipèrent quatre divisions blindées en compagnie des Panzerkampfwagen 35 (t) en l’occurence les 4. PzD, 6. PzD, 7. PzD et 8. PzD.

La carrière du Panzer 38 (t) était à terme limitée, sa tourelle ne pouvant emporter un canon plus puissant, capable de détruire les nouveaux chars ennemis. Les chars retirés du service à l’arrivée du Panther furent pour beaucoup revendus à des pays alliés comme la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie.

Le chassis du Panzer 38 (t) servit de base à un prototype de chasseur de chars, le Marder III qui installait sur un chassis de 38 (t) ou de 35 (t) un canon antichar de 75mm. Des prototypes de char de reconnaissance, de canon antiaérien automoteur furent également construits tout comme des ravitailleurs d’artillerie.

A l’export, le char tchèque est construit sous licence en Suède sous la désignation de Stridsvagn m/41 SII après que les quatre-vingt dix chars commandés à la Tchécoslovaquie eurent été récupérés par les allemands.

En compagnie du 35 (t), le Panzer 38 (t) participe à la guerre de Pologne. Il aurait du être remplacé rapidement mais en raison de la guerre civile et de problèmes industriels, il est encore en service en 1946, date à laquelle commence son retrait au profit du Panzerkampfwagen V. Les derniers chars sont retirés du service au printemps 1948.

Les chars retirés du service sont pour certains utilisés pour l’instruction, préservés pour le maintien de l’ordre ou cédés aux alliés. Les véhicules hors d’usage sont feraillés mais les tourelles sont préservés des affres de la destruction et installées aux frontières pour renforcer le Westwall et le Neue Ostwall.

La Roumanie va ainsi récupérer 50 exemplaires en septembre 1945 pour compléter ses R-2 mais ces chars étaient clairement dépassés pour ne pas dire pire. Bucarest apprit que c’était une mesure interimaire en attendant la livraison de Panzer III et de Panzer IV ce qui sera effectivement le cas.

Néanmoins en septembre 1948 le Tancuri T-38 était encore en service au sein de l’Armée Royale Roumaine comme char léger de reconnaissance. Après quelques semaines de combat sur le front russe, ce char est retiré des unités de première ligne pour sécuriser les arrières participant aux sinistres opérations de nettoyage menées par l’armée roumaine contre les partisans, les communistes et les juifs.

Ce n’était pas toujours des promenades de santé avec parfois de sérieuses contre-attaque menées par des partisans qui étaient souvent des soldats soviétiques égarés derrière les lignes ennemies et qui avaient préféré «provoquer la discorde chez l’ennemi» plutôt que d’essayer de rallier le gros des forces.

Si longtemps la propagande à été prise pour argent comptant, aujourd’hui les historiens relativisent beaucoup l’impact des partisans dans la guerre sur le front russe.

A la fin du conflit il ne restait qu’une poignée de chars de ce type en service, chars souvent en très mauvais état. Résultat ils sont rapidement envoyés à la casse sans autre forme de procès.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen 38 (t)

Poids : 9.5 tonnes

Dimensions : longueur 4.90m largeur 2.06m hauteur 2.37m

Motorisation : Moteur PRAGA EPA de 125ch

Blindage : 15 à 25mm

Performances : vitesse maximale 42 km/h sur route 15 km/h en tout-terrain Autonomie 230km sur route et 165 km en tout terrain

Armement : tourelle biplace avec un canon de 37.2mm Skoda A7 alimenté à 90 coups et associé à une mitrailleuse de 7.92mm qui partage le stock de 2550 coups avec la mitrailleuse de caisse.

Equipage : chef de char, chargeur, conducteur, mitrailleur/opérateur radio

Panzer III

Panzer III à canon de 50mm

Durant la période 1919-1939 l’armée allemande décide de développer une force blindée la Panzerwaffe, une force qui allait marquer les années de victoire comme les années de défaite du IIIème Reich.

Créer une force motomécanique ne s’improvise pas. Cela demande de la volonté, du temps et des moyens. Les allemands vont procéder par étape en mettant d’abord au point des chars légers destinés à former pilotes, tireurs et chefs de chars. Ce sont les Panzer I et II qui n’étaient pas censés être engagés au combat. On connait la suite.

Les premiers chars allemands modernes devaient être le Panzer III destiné à lutter contre les chars ennemis (avec son canon de 37mm au lieu du canon de 50mm initialement prévu) et le Panzer IV destiné à l’appui de l’infanterie.

Après un appel d’offres, c’est Daimler-Benz qui est choisit. Les premières versions (Ausf A à E) sont produites en petite quantité et ne donnant pas satisfaction, les Panzer III Ausf A à D sont retirés du service dès 1940.

La version Ausf F est la première version du Panzerkampfwagen III à être produite en grande série avec 560 unités produites jusqu’en mai 1941 quand une version Ausf G la remplace sur les scènes de montage.

Cette version est construite en petite quantité (220 à 250 exemplaires selon les sources) avant de céder la place à la version Ausf H, la première version à être équipée d’un canon de 5cm, d’abord en version courte (42 calibres soit un tube de 2.10m) puis en version long (60 calibres soit un tube de 3m).

560 Ausf F sont construits suivis de 250 Ausf G et de 950 Ausf H soit un total de 1760 Panzer III produits jusqu’en septembre 1947 quand la production est interrompue au profit de véhicules plus performants notamment le Panther appelé à remplacer à la fois le Panzer III mais également le Panzer IV.

Sur le plan de l’équipement des Panzerdivisionen, le Panzer III équipe encore totalement deux divisions blindées et partiellement deux autres en compagnie du Panzer IV (les quatre restantes étant entièrement équipées de Panzer IV à canon de 75mm long sans oublier quatre équipées de Panzer V Panther).

Au total ce sont près de 950 Panzer III Ausf G et H à être encore en service quand éclate le second conflit mondial. Son poids limité et son canon de 50mm jugé suffisant vont permettre son déploiement en Norvège pour l’opération Weserübung.

Comme pour les autres blindés allemands, le chassis du Panzer III s’est prêté à un certain nombre de conversions sans parler de la reconvertion de chars retirés du service actif.

Citons pêle-mêle une version de dépannage, de commandement, d’observation d’artillerie, char lance-flamme, poseur de travées, déminage. Ce chassis à aussi servit au développement du Sturmgeschütz III à canon de 75mm. En mélangeant des éléments du chassis du Panzer III et du IV, on obtint le chassis du canon automoteur Hummel.

La Roumanie récupère en mars 1942 32 Panzer III Ausf F à canon de 37mm puis très vite 72 Panzer III Ausf H à canon de 50mm, les premiers servant essentiellement à l’entrainement et à la sécurité intérieure alors que les H équipaient les unités de première ligne.

En compagnie de Panzer IV, les Panzer III roumains (connus sous le nom de R-3) vont combattre dans les plaines et les steppes russes, remportant quelques succès contre des unités blindées soviétiques imposante mais dont le niveau technico-tactique n’était pas à la hauteur de certaines unités ennemies.

Toujours présents lors de l’opération FRIEDRICH ils subissent de telles pertes qu’ils sont retirés des unités de première ligne, le Panzer IV (en attendant une livraison de Panther qui n’eut jamais lieu en raison du basculement roumain dans le camp soviétique) devenant l’unique de char de combat roumain de première ligne.

Débur 1952 il restait 12 Panzer III Ausf F et 22 Panzer III Ausf H. Ces chars sont d’abord stockés, on étudie leur transformation en chasseur de chars ou en canon d’assaut mais aucun projet ne voit le jour.

Au moment de l’opération PIOTRE VELIKY, les chars encore en état forment un groupement de marche, le Groupement Codreanu (un homonyme du leader de la Garde de Fer) pour tenter de sauver ce qui peut l’être c’est-à-dire pas grand chose.

Quand le second conflit mondial se termine il ne reste plus que quatre Ausf F et dix Ausf H, souvent en mauvais état. Voilà pourquoi ces véhicules sont rapidement envoyés à la casse.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen III

Poids : 22.3 tonnes Longueur total : 6.41m longueur de la coque : 5.41m largeur : 2.95m hauteur : 2.50m

Moteur : Maybach HL 120 TRM 12 cylindres 300ch

Blindage : maximal 50mm

Performances : vitesse maximale sur route 40 km/h (19 km/h en tout-terrain) Autonomie 175km sur route 97km en tout-terrain

Armement : un canon de 50mm en tourelle triplace avec 99 projectiles pouvant pointer de -10° à +20° et sur 360° en azimut, canon associé à une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm (2250 cartouches) et une mitrailleuse de caisse (1250 cartouches)

Equipage : cinq hommes (Pilote, radio-mitrailleur, chef de char, chargeur et tireur)

Panzer IV

Quand le char de combat est inventé, sa mission unique est de percer le front et de déblayer le terrain au profit de l’infanterie qui ne pouvait seule vaincre la triade “mitrailleuse + barbelés + tranchées”.

L’appui de l’infanterie semblait être la seule mission du char de combat, un affrontement entre chars si il était du domaine du possible, paraissait peu probable.

Aussi quand l’Allemagne planifia la montée en puissance de sa Panzerwafe, elle identifa deux types de chars : un char armé d’un canon capable de combattre les autres chars et un char destiné à les appuyer à l’aide d’un canon plus puissant tirant des obus explosifs, canon qui pouvait aussi mener une mission d’appui de l’infanterie.

Le développement du futur Panzerkampfwagen IV (Sonderkraftahtzeug 161) commence avant même l’arrivée des nazis au pouvoir ce qui implique des appellations de camouflage comme Mittleren Traktor puis Bataillonführerswagen avant de devenir de véritables chars de combat.

Le prototype apparait en 1935. MAN et Krupp s’affrontent et c’est finalement le fabricant d’Essen qui l’emporte et qui reçoit commande en 1936 des premiers exemplaires de série.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Panzerwafe dispose de 437 Panzer IV (35 Ausf A 42 Ausf B 140 Ausf C et 220 Ausf D) qui sont mélés aux Panzer III pour assurer leur appui.

Durant la période de Pax Armada (1939-1948), cette période qui sépare la guerre de Pologne du second conflit mondial, le rôle et la place du Panzer IV évolue.

Le Panzer III ne pouvant recevoir plus qu’un canon de 50mm, il sera à terme déclassé par l’augmentation des blindages ce qui n’est pas le cas des Panzer IV dont les dimensions généreuses du chassis permettent d’envisager l’installation d’un armement sous tourelle plus puissant.

L’apparition en France du Renault G-1 à canon de 75mm sous tourelle pousse l’Allemagne à lancer l’étude d’un nouveau char moyen à canon de 75mm long sous tourelle. Le dévellopement prennant du temps, il faut parer au plus pressé.

Outre le réarmement des Panzer III avec un canon de 50mm lui rendant un vrai pouvoir antichar, la direction des troupes blindées décide de produire une version du Panzerkampfwagen IV à canon de 75mm long soit un canon de 48 calibres au lieu des 24 pour les précédents.

Après l’Ausf E encore équipé d’un canon court et fabriqué à 240 exemplaires, la production passe au Ausf F, la première des quatre versions armés du canon de 75mm de 43 calibres.

La version F est produite à 250 exemplaires est suivit par 300 Ausf G dôtés d’un moteur plus puissant, d’une suspension améliorée et de jupes blindées (Schürtzen) pour protéger le train d roulement des coups de l’ennemi. Les Ausf H et J ne se différencient que par des détails infimes, difficilement décelables à l’oeil nu.

Le Panzer IV va devenir en attendant l’arrivée du Panther le char majeur des Panzerdivisionen, remplaçant peu à peu les Panzer III. Résultat quand le second conflit mondial éclate, le Panzer IV équipe quatre divisions blindées au complet et deux divisions partiellement avec le Panzer III soit six divisions et plus un millier de chars en service.

Théoriquement la production du Panzer IV devait cesser pour laisser la place au Panther plus moderne mais des problèmes industriels et un grand nombre de maladies de jeunesse vont pousser les autorités allemandes à maintenir ouverte les chaines de production du Panzerkampfwagen IV.

Cette décision répond aussi au besoin de satisfaire les besoins de la S.S qui prend la décision de mettre sur pied deux divisions blindées en septembre 1947 (elles sont donc loin d’être opérationnelles un an plus tard) ainsi que de l’export au profit des alliés de l’Allemagne.

C’est ainsi que la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie, la Finlande et l’Italie reçoivent des Panzer IV à canon court et long. Des pays neutres comme l’Espagne et la Turquie reçoivent également des Panzer IV mais en plus faible nombre que les alliés de Berlin.

Comme le Panzer III, des variantes ont été mises au point à partir du châssis du Sonderkraftahtzeug 161. On trouve un véhicule de dépannage, une version de commandement du char standard, des chars lance-flamme, des poseurs de traverse, un char du génie et plus original, un char porte-grue destiné à embarquer et à élever les munitions destinées aux obusiers automoteurs Karl de 600mm.

La Roumanie va recevoir de nombreux Panzer IV en l’occurrence d’abord seize Panzer IV Ausf D pour entrainement puis 148 Panzer IV à canon long en l’occurrence 64 Ausf F et 84 Ausf H. Ces blindés vont principalement armer la 1ère division blindée mais aussi la 2ème brigade blindée.

Cette brigade à été créée en mars 1952 pour former à terme une division mais les moyens ont manqué pour aboutir à cet objectif. Cette brigade allait intégrer le Groupement Mobile Vanescu en compagnie de la 1ère division blindée et de la 8ème division de cavalerie.

Ce groupement était déployé en Ukraine, servant de Réserve Stratégique pour soutenir les divisions d’infanterie qui tenaient le front.

Ce groupement va contre-attaquer à plusieurs reprises pour tenter de reprendre Odessa mais sans succès. Les débris de ce groupement vont retraiter en direction de la Roumanie, restant mine de rien opérationnel là où d’autres unités se liquéfient.

De temps à autre le groupement essentiellement équipé de Panzer IV menait des brusques et brutales contre-attaques pour maintenir les soviétiques à distance imitant sans le savoir les allemands.

Quand la Roumanie bascule dans le camp soviétique il restait huit Panzer IV ausf D, vingt-huit Panzer IV Ausf F et trente-neuf Ausf H soit un total de soixante-six chars sur les cent soixante-quatre livrés par les allemands.

Ces chars sont remis en état et vont combattre les allemands aux côtés des soviétiques, opérant en Hongrie et en Tchécoslovaquie. Ce sera leur dernière campagne car dès la fin du conflit les chars survivants seront retirés du service et remplacés par des T-34/85 de seconde main en attendant des chars neufs plus modernes.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen IV Ausf H

Poids en ordre de combat : 24 tonnes

Longueur hors tout : 7.02m Longueur de la caisse : 5.89m Largeur : 2.88m (3.13m avec les jupes) Hauteur : 2.68m

Motorisation : un moteur essence Maybach HL120TRM 12 cylindres développant 300ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h sur route 16 km/h en tout terrain autonomie 210km sur route 130km en tout-terrain

Blindage maximale : 80mm

Armement : un canon de 75mm long (48 calibres) en tourelle triplace (-8° à +20° 360°) alimenté à 87 obus. La tourelle dispose d’une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm qui partage avec la mitrailleuse de caisse, le stock de 3150 cartouches.

Equipage : cinq hommes

Chars soviétiques capturés et réutilisés

Si je regroupe ici tous les chars soviétiques capturés réutilisés par les roumains c’est que tout simplement la réutilisation est incertaine en raison d’un manque de source qu’il s’agisse d’archives ou de photos. Il s’agit souvent de témoignages de survivants mais les témoins sont humains à la mémoire forcement faillible.

L’armée roumaine à ainsi capturé huit T-26 dans une caserne au nord d’Odessa mais ces chars ne sont en réalité des chars réformés en attente de démolition. Il semble que l’armée roumaine à fait déplacer les véhicules sur un champ de tir pour s’entrainer tout en libérant des locaux pour les troupes d’occupation.

Les roumains ont également capturé une poignée de T-37A dont l’utilisation reste nébuleuse à la différence des autres pays de l’Axe. Selon certains l’Armata Regala Romana n’en à rien fait mais pour d’autres elle les auraient utilisés comme tracteur d’artillerie et véhicule de sécurité pour protéger les autorités à Odessa. Aucune de ces deux théories ne s’appui sur un texte indiscutable et les rares photos sont de très mauvaise qualité.

-En revanche les dix T-38 capturés ont été immédiatement ferraillés après quelques tests en raison de problèmes techniques importants.

-Le T-60 à été capturé en assez grand nombre, un nombre suffisant pour justifier la transformation des véhicules capturés en chasseurs de chars avec un canon de 76.2mm en superstructure en remplacement de la tourelle (NdA voir partie suivante pour plus de détails).

-Les huit T-50 capturés n’ont visiblement pas été réutilisés opérationnellement parlant mais uniquement à des fins de tests et pour des opérations de propagande.

-Les douze T-70 capturés ont surtout été utilisés en Transnistrie pour des opérations de sécurité intérieure contre des partisans de plus en plus remuants et de plus en plus dangereux.

-Les seize BT-7 capturés ont d’abord été stockés en attendant qu’une décision ne soit prise. Après inspection seulement huit peuvent être réparés, les autres étant cannibalisés pour fournir de précieuses pièces détachées. Les huit véhicules en question servent d’abord à la sécurité intérieure à Bucarest puis à l’été 1953 vont intégrer le Groupement Codreanu, un regroupement baroque d’unités pour tenter de stopper la RKKA lancée dans une folle chevauchée. Aucun véhicule n’à survécu au conflit.

-Contrairement à ce qui à été écrit les roumains n’ont jamais capturé de BT-9, le dernier rejeton de la famille des Bystrokhodny Tank.

Mitteleuropa Balkans (87) Roumanie (17)

ARMEE DE TERRE ROUMAINE

Histoire

Les origines

Soldat roumain en tenue ancienne

L’histoire roumaine est ancienne, les roumains s’estimant être les descendants des Daces qui donnèrent du fil à retordre aux romains qui eurent besoin de deux guerres pour s’emparer de cette province riche en bois et en or. A l’usage elle fût abandonnée car trop difficile à défendre alors que l’armée romaine devait faire face à des peuples barbares de plus en plus remuants que ce soit sur le Rhin, sur le Danube ou même au Moyen-Orient.

Au Moyen-Age les roumains s’illustrèrent surtout dans leur guerre contre les ottomans sans oublier des conflits contre les mongols et contre les hongrois. Les différentes principautés alternèrent entre alliance et opposition avec la Sublime Porte.

Les armées des principautés comprenaient des archers (arcasig), des cavaliers (călărași, des chevaux légers ou rosiori), de l’infanterie (dorobanti), des mousquetaires ou puscasi, de l’artillerie (tunari) mais aussi différentes unités irrégulières très présentes dans cette région (arnaoutes razesi).

L’armée de terre roumaine voit le jour en 1859 lors de la naissance des Principautés-Unies de Roumanie, onze ans après une première tentative infructueuse lancée en 1848 au moment du «Printemps des Peuples».

Elle dispose d’un état-major général et de trois commandements territoriaux (Moldavie, Valachie et Oltenie).

Cette armée comprend à l’origine sept régiments d’infanterie à deux bataillons à quatre compagnies chacun. En 1860 le premier bataillon de fusiliers voit le jour en attendant la création de bataillons d’infanterie de montagne qui comme dans nombre de pays vont être rapidement les meilleures de l’armée roumaine.

La cavalerie n’est pas oubliée avec deux régiments de cavalerie à quatre escadrons de lanciers auxquels vont s’ajouter un escadron de stockage.

L’artillerie peut être considérée comme le parent pauvre de l’armée roumaine avec seulement six batteries (quatre en Moldavie et deux en Valachie).

Cette armée est dirigée par le Domnitor Alexandre-Jean Cruza et ce jusqu’à son abdictation survenu en 1866.

Onze ans plus tard les Principautés-Unies de Roumanie vont participer aux côtés des russes à une nouvelle guerre russo-ottomane que les roumains vont appeler guerre d’indépendance puisqu’à l’issue de ce conflit la Roumanie devient indépendante, indépendance qui se double d’un changement de statut en 1881. Exit le statut de principauté et bonjour le statut de royaume.

Durant cette guerre qui dure du 24 avril 1877 au 10 mars 1878 les roumains vont jouer un rôle non négligeable. Huit jours plus tôt la Roumanie avait signé avec la Russie le traité de Bucarest pour autoriser le passage des troupes russes sur son territoire pour combattre la Sublime Porte pourtant puissance suzeraine des Principautés-Unies de Roumanie.

Dans un premier temps la Roumanie joue un rôle passif en mobilisant 120000 soldats dans le sud pour empêcher les ottomans de traverser son territoire.

Son intervention effective ne commence que le 24 juillet 1877 à la demande de la Russie qui avait déjà subit de lourdes pertes. 66000 soldats roumains accompagnés par 190 canons vont combattre les ottomans aux côtés de 280000 russes et de 50000 bulgares.

L’armée de terre roumaine participe au siège de Plevna (20 juillet au 10 décembre 1877). Cette victoire est cependant une victoire à la Pyrrhus, les pertes sont telles (5000 morts, 15000 blessés, 40000 prisonniers soit la moitié des effectifs engagés) que la Russie ne peut pas s’engager dans une conquête de Constantinople, la capitale de l’empire ottoman.

Cette bataille montre définitivement la supériorité de fusil à répétition sur le fusil à un coup et ça toutes les armées l’ont compris et entendu.

Après l’occupation de Plevna, les roumains retournent combattre sur le Danube, participant aux batailles de Vidin et de Smardan. Ils ont également participé aux batailles de Grivitsa et de Rahova.

Le 19 janvier 1878, l’empire ottoman demande l’armistice et le 13 janvier 1878 l’indépendance des principautés-unies de Roumanie est reconnue par la Sublime Porte.

Les pertes de l’armée roumaine à l’issue du conflit vont être très lourdes avec près de 20000 pertes (4302 tués et disparus, 3316 blessés et 19904 soldats ayant succombé à la maladie qui tue plus que les combats en eux-mêmes, situation qui changera avec le premier conflit mondial).

Cette arme s’organise progressivement et comme en France est créée une gendarmerie destinée à tenir et à défendre les zones rurales. Elle est créée en 1893 et réorganisée en 1908 après son échec dans la jacquerie de 1907.

En 1900 l’armée de terre roumaine comprend quatre commandement de corps d’armée, neuf divisions d’infanterie qui disposent chacune d’une bataillon d’infanterie de montagne.

Artillerie roumaine durant le premier conflit mondial. Une batterie de 75mm traverse une ville roumaine (probablement Bucarest).

Sa substance offensive comprend trente-quatre régiments d’infanterie à trois bataillons chacun, onze régiments d’artillerie équipés de batteries de canons de 75mm et d’obusiers de 120mm, une batterie d’artillerie de montagne, deux régiments d’artillerie de forteresse et deux régiments du génie.

Pendant plus de trente ans l’armée roumaine reste l’armée au pied. Si elle n’est pas engagée dans la première guerre balkanique, elle participe à la deuxième guerre balkanique même si aucune perte au combat ne sera enregistrée. Son seul engagement obligera la Bulgarie à demander la paix à ses anciens alliés.

Mitteleuropa (13) Hongrie (13)

Une nouvelle armée hongroise

Les années qui suivent la fin de la première guerre mondiale sont particulières agitées pour les hongrois. Les régimes politiques se succèdent avant que finalement les monarchistes ne l’emporte.

Le 9 août 1919 l’amiral Horthy unifie sous sa férule différentes unités anti-communistes pour former une armée nationale de 80000 hommes (Magyar Nemzeti Hadsereg). Cette armée va combattre aux côtés des roumains contre le régime communiste de Béla Kun qui disposait de sa propre force militaire.

Lire la suite

Benelux (52) Belgique (13)

ARMEE DE TERRE

Historique

Les prémices : quelques éléments sur des unités militaires belges passées

Garde Civique 3

La garde civique

L’Armée belge apparaît bien entendu au moment de la Révolution Belge sous la forme d’une Garde Civique mais l’histoire militaire à commencer bien avant notamment sous la Révolution Française.

Au moment où la France est secouée par une révolution bourgeoise puis radicale, le futur territoire de la Belgique est secoué par des révolutions, la révolution du Brabant et la révolution liégeoise.

Ces révolutions échouent ce qui entraîne l’exil de nombreux belges vers la France. C’est dans ce vivier que va puiser la Grande Nation pour créer des unités de volontaires. Comme dans tous les conflits de ce genre, ces unités doivent donner le blanc seing à une armée étrangère et ainsi faire «passer la pilule» de l’invasion si je peux m’exprimer ainsi.

On trouve ainsi une Légion Belge ou Légion Belgique créée en 1792 avec deux bataillons, le 1er opérant en Champagne et le 2ème participe au Siège de Lille.

Cet événement à lieu du 25 septembre au 8 octobre, la garnison étant composée de troupes françaises et de volontaires belges. Les troupes autrichiennes échouent cependant à isoler la ville fortifiée par Vauban ce qui permet un ravitaillement permanent. A l’annonce de la défaite prussienne à Valmy, les troupes autrichiennes doivent lever le siège.

On trouve également la Légion des Belges et des Liégeois composée d’hommes issus de la principauté épiscopale de Liège. Avec ses six bataillons, c’est la plus importante des trois légions de volontaires belges, la Légion Liégoise disposant elle de deux bataillons.

D’autres légions ont existé de manière très éphémère qu’il s’agisse de la Légion ds Sans Culottes belges et liégeois (Bruxelles) ou encore la Légion des Sans Culottes de Liège mais ses groupements avaient davantage propension à parler haut et à se livrer à toutes sortes d’exactions que d’accepter la discipline militaire.

Aux côtés de ces légions on trouva également des régiments et des bataillons qu’ils soient de recrutement local ou recrutés par la France. C’est un véritable écheveau difficile à démêler puisque certaines unités ont changé de nom, d’autres ont été transférées et d’autres n’ont probablement existé que sur le papier. Je m’excuse donc par avance si il y à des erreurs.

On trouve ainsi les 1er et 3ème bataillons liégois, les 2ème et 3ème régiments des belges, le régiment de Namur, le régiment de Tournai, le régiment de Bruges, le régiment d’Anvers, les 15ème et 23ème bataillons de chasseurs belges, les 1er et 2ème bataillons de chasseurs de Gand , le 1er bataillon du Hainaut et enfin le bataillon Leuckens.

En ce qui concerne les troupes mises sur pied par les français (qui espéraient y lever 40000 hommes mais n’ont pu en recruter que le quart), on trouve pour l’infanterie quatre bataillons de chasseurs (17ème,18ème,23ème et 24ème), deux régiments de chasseurs à cheval (17ème et 18ème) ainsi qu’une partie du 20ème régiment de dragons alors que l’artillerie dispose d’un régiment belge, le 9ème régiment d’artillerie à pied.

En janvier 1794, les cinq bataillons de chasseurs sont versés dans cinq bataillons de tireurs dont une partie du recrutement est composé de bataves mais aussi de déserteurs des armées autrichiennes, allemandes et prussiennes.

Ces bataillons furent amalgamés en demi-brigades avec les 1er, 14ème,15ème,18ème et 30ème demi-brigades d’infanterie légère ainsi que les 25ème et 112ème demi-brigades d’infanterie de ligne.

En ce qui concerne la cavalerie, on trouvait des unités de «volontaires» qui furent ensuite versées dans des unités régulières de l’armée française probablement à des fins de discipline. Ils formèrent si l’on peut dire la force vive des régiments.

Les Dragons Belges ou de Bruxelles qui voient le jour le 15 octobre 1792 sont versés au 20ème régiment de dragons en compagnie du 1er régiment de chasseurs à cheval belge. On trouve également les Dragons du Hainaut et de Jemmapes qui vont eux aussi intégrer le 5 juillet 1793.

Le 2ème régiment de chasseurs à cheval belge créé fin 1792 début 1793 intègre le 17ème régiment de chasseurs à cheval le 4 septembre 1793. Les chevaux légers de Flandre occidentale ou de Gand sont eux licenciés le 6 avril 1794, un représentant en mission les décrivant comme «un ramassis de coquins inaptes à faire la guerre». Enfin les hussards belges vont intégrer le 10ème régiment de hussards (dit de Jemmapes).

En ce qui concerne l’artillerie, les français espérèrent pouvoir créer trois bataillons à cinq compagnies d’artillerie (une d’élite, trois de canonniers et une d’ouvriers) mais le manque de moyens tant humains que matériels ont fait que nombre d’unités étaient des unités de papier.

Les artilleurs belges ont cependant servit honorablement et le 9ème régiment d’artillerie à pied existant de 1794 à 1795 était composé en grande partie d’artilleurs belges.

Les belges ont participé à toutes les guerres de la Révolution et de l’Empire qu’ils se trouvassent côté français que côté allié, la Légion Belge participant sous les ordres du duc de Wellington à la bataille de Waterloo.

De 1703 à 1820, à existé une unité de l’armée espagnole appelée Gardes Wallons ou Guardia Valona dans la langue de Cervantes.

Les Gardes Wallons étaient recrutés dans le sud des Pays-Bas espagnols et notamment dans la très catholique Wallonie. Ces soldats étaient souvent utilisés pour le maintien de l’ordre car ils n’avaient aucun lien avec la population autochtone.

Initialement, les régiments wallons de l’armée espagnols n’avaient de wallons que le nom puisqu’ils intégraient également des flamands et des brabançons. Les effectifs étaient d’environ 4000 hommes.

Le 17 octobre 1702, le roi Philippe V d’Espagne _petit-fils de Louis XIV_ décide de lever un régiment wallon pour sa nouvelle garde royale, ce régiment opérant avec un régiment de Gardes Espagnols (l’équivalent des Gardes Françaises), les deux unités partageant le même uniforme à savoir du bleu foncé, du rouge et de l’argent. Ce rapprochement avec la Maison du Roi n’est pas fortuit puisque un détachement de Gardes Françaises servit d’instructeur.

La reconnaissance de l’indépendance des Provinces Unies (1648) puis la cession des Pays-Bas espagnols à l’Autriche en 1714 ne changea rien, des wallons continuèrent à servir dans l’armée espagnole aux côtés de contingents étrangers venant de Suisse, d’Irlande et d’Italie.

Le recrutement n’était cependant pas facile, les autorités autrichiennes ne faisant rien pour l’encourager. L’encadrement était certes espagnol mais nombre de ces espagnols avaient des ancêtres wallons.

Cette unité participa ainsi au siège de Gibraltar entre 1779 et 1783 et devant le manque de recrues venant de Wallonie, on hésita pas à y intégrer des irlandais et des allemands.

Jusqu’à l’annexion de la région par la France, la Wallonie réussit à fournir 400 à 500 recrues par an via un bureau de recrutement installé à Liège. En 1791 et 1792, les trois régiments de ligne wallons (Brabante, Flandres Bruselas) sont dissous et les hommes répartis dans d’autres régiments.

En 1808, Charles IV et Ferdinand VII sont renversés par Napoléon qui place son frère Joseph sur le trône. Les wallons continuent de servir sous un nouveau roi mais d’autres sont toujours au service des Bourbons d’Espagne, quatre bataillons bientôt réduits à deux faute de recrues en nombre suffisant.

En 1814, Ferdinand VII remonte sur le trône. Une garde royale est reconstituée avec une unité de gardes wallons plus espagnole que belge. Le 1er juin 1818, les Gardes Wallons deviennent le 2ème régiment d’infanterie de la garde royale. En 1824, la levée d’une nouvelle garde royale 100% espagnole met fin à l’existence des gardes wallons.

L’Armée Belge des origines à la première guerre mondiale

A l’origine de l’armée belge figure une formation paramilitaire, la Garde Civique/Burgerwatch créée dans la foulée de la révolution belge pour maintenir l’ordre alors que l’armée du Royaume-Uni des Pays-Bas s’était replié, laissant un vide préjudiciable pour le maintien de l’ordre.

Cette force créée en 1830 va perdurer même après la création de l’armée belge puisqu’elle ne sera supprimée qu’en 1920.

Tout comme la garde nationale de notre révolution française, la garde civique est un regroupement de milices d’autodéfenses levées par les possédants pour protéger la propriété privée contre les émeutes qui n’avaient pas toujours une origine politique, ces moments de trouble attirant toujours des personnes peu intéressés par la politique.

C’est grosso modo une force de gendarmerie qui est dissoute en 1920 après des performances décevantes durant le premier conflit mondial face à l’invasion allemande.

La force est organisée au niveau local dans tous les communes de plus de 30000 habitants, les gardes étant recrutés dans la population masculine âgée de 21 à 50 ans ayant déjà satisfait à leurs obligations militaires. Les réservistes étaient également exemptés.

La Garde Civique était divisée en trois classes, la première regroupant les plus jeunes (21 à 32 ans) devant subir dix périodes d’entrainement annuelles, la deuxième classe (33-50 ans) avait pour simple obligation d’informer les autorités de leur adresse, la troisième classe était composée des volontaires les plus anciens, volontaires qui assuraient des tâches de soutien.

En temps de paix, la Garde Civique dépendait du ministère de l’Intérieur, passant sous l’autorité du ministère de la Guerre en cas de conflit. Elle ne doit pas être confondue avec la Rijkswacht, la gendarmerie belge qui était une partie de l’armée.

La Garde Civique est essentiellement composée de fantassins mais on trouve également quelques unités montées et quelques unités d’artillerie.

Quand le premier conflit mondial éclate en août 1914, la Garde Civique dispose de trente-trois compagnies de chasseurs à pied, dix-sept batteries d’artillerie, quatre escadrons de chasseurs-à-cheval et trois compagnies de sapeurs-pompiers. La majorité des unités était stationnée à Bruxelles, à Anvers, à Ghent et à Liège.

Les Gardes notamment le premier échelon (40700 hommes) disposaient d’un uniforme bleu foncé ou vert.

La Burgerwacht/Garde Civique est entièrement mobilisée le 4 août 1914 suite à l’invasion allemande du territoire belge. Elle doit pas combattre en première ligne mais sécuriser les routes, défendre les ponts, les installations stratégiques, l’escorte des prisonniers et le maintien de l’ordre à l’arrière du front.

Ces hommes étaient vus comme des franc-tireurs par les autorités allemandes ce qui les privaient de toute protection en cas de capture. Suite aux multiples atrocités commises par les allemands, le roi Albert 1er ordonne la dissolution de la Garde, les gardes les plus jeunes intégrant l’armée. Cette dissolution de facto le sera de jure en 1920.

La Garde Civique ne pouvait pas décemment assurer la défense du pays. C’était une force de gendarmerie, de police armée, incapable de combattre en terrain ouvert. Une armée belge est donc mise en place dans la foulée, une armée s’appuyant sur la conscription et non le volontariat.

Belgique 127

« L’armée belge »

Attention néanmoins à ne pas faire de méprise. La conscription n’est pas universelle, à peine un quart du contingent est effectivement appelé chaque année _essentiellement pour des raisons financières_ et le remplacement était autorisé.

Cette armée est une armée exclusivement défensive. Aucun plan de manœuvre n’est ainsi dessiné, les forces d’actives s’installant dans des fortifications destinées à empêcher une invasion venue du Nord (Pays-Bas), de l’Est (Allemagne) voir même du Sud (France). Les réservistes doivent en cas de mobilisation rejoindre des dépôts puis renforcer l’armée d’active.

En théorie, l’armée du temps de paix devait aligner 20000 hommes mais ce chiffre n’était pour ainsi dire jamais atteint.

A l’été 1870 éclata la guerre franco-allemande. Pour éviter que le territoire belge serve de champ de bataille, le roi Léopold II en dépit de son ascendance allemande par son père et française par sa mère refusa de prendre partie et ordonna la mobilisation générale pour sanctuariser le territoire du royaume. Cette mobilisation montra un grand nombre de lacunes et de faiblesses qu’il convenait de promptement corriger.

Selon la loi du 16 août 1873, l’armée belge devait mettre en œuvre dix-neuf régiments d’infanterie répartis entre quatorze régiments d’infanterie de ligne (trois bataillons d’active, un bataillon inactif et une compagnie dans chaque dépôt régimentaire), trois régiments de Jäger (même organisation que les régiments de ligne), un régiment de grenadier (même organisation que les régiments de ligne), un régiment de carabiniers à quatre bataillons actifs, un bataillon inactif et une compagnie de dépôt sans oublier un corps disciplinaire et une école d’enfants de troupes.

La cavalerie devait disposer quatre régiments de lanciers, deux régiments de guide et deux régiments de chasseurs à cheval.

L’artillerie elle devait disposer de quatre régiments d’artillerie à dix batteries chacun, trois régiments d’artillerie de forteresse à seize batteries chacune, une compagnie de pontonniers, une compagnie d’artificiers et deux compagnies d’ouvriers d’artillerie. On trouve également des unités du génie et de soutien.

Depuis 1839 et le traité des XXIV articles, la Belgique était un état neutre, son statut de neutralité garantit par les grandes puissances notamment la Grande-Bretagne qui au titre du sacro saint équilibre des puissances sur le continent européen refusait qu’une puissance majeure n’occupe le port d’Anvers.

Anvers 5

La place d’Anvers passait pour la plus redoutable place fortifiée d’Europe. Ce plan ne peut que nous conforter dans cette image même si [SPOILERS] les allemands finiront par s’en emparer à l’automne 1914 [SPOILERS]

Jusqu’en 1904 c’était la France qui était principalement visée («Le problème des anglais c’est qu’ils ne savent pas que Napoléon est mort» [Paul Cambon]) mais après l’Entente Cordiale, Londres craignait surtout l’Allemagne, puissance militaire, commerciale et même navale.

Cela n’empêcha pas l’armée belge à participer à des conflits. Si le bataillon franco-belge de tirailleurs fût envoyé dans les Etats Pontificaux pour combattre contre les partisans du risorgimento (cette unité créée en 1860 devient en 1861 les zouaves pontificaux [«Faire combattre les défenseurs du Pape en tenue de mahométan c’est bien une idée de français» dirons certains haut-dignitaires pontifaux]) le Corps Expéditionnaire Belge allait combattre au Mexique pour défendre le trône de l’empereur Maximilen et de l’impératrice Charlotte.

Ces unités n’étaient pas des unités de l’armée régulière belge mais des volontaires qui s’engageaient à titre individuel.

C’était également le cas au Congo-Belge jusqu’en 1908, date de son annexion par la Belgique était une possession personnelle du roi Léopold II. Sa défense était assurée par des mercenaires recrutés par le roi des belges en Personnes.

Belgique 102

Défilé d’un élément de la Force Publique

En 1909, ce système est remplacé par la Force Publique, une force à mi-chemin entre une armée et une gendarmerie. Si des officiers étrangers restent un temps en place, très vite des officiers de l’armée régulière belge prennent le relais.

A la fin du 19ème siècle, l’armée belge dispose encore d’un mode de recrutement archaïque avec un système de conscription fonctionnant par tirage au sort avec possibilité de payer un remplacement.

Ceux qui sont choisis ont la chance si on peut dire de passer huit ans sous les drapeaux suivis de cinq ans dans la réserve.

Ce système à été abandonné dans toute l’Europe tant il était inefficace, injuste et surtout apatriotique.

La Belgique va le conserver jusqu’en 1909, Léopold II signant le décret rendant le service militaire plus universel peu avant sa mort.

En 1913, le service militaire belge deviendra vraiment universel, portant l’armée du temps de paix à 33000 hommes, la mobilisation générale devant porter les effectifs à 120500 hommes.

En 1904, un petit détachement belge arrive à Pékin pour protéger la légation de Belgique établie dans la capitale d’un empire chinois agonisant.

Les réformes de 1909 et 1913 permettent la constitution théorique de sept divisions dont une de cavalerie sans oublier de l’artillerie et des troupes de forteresse.

Belgique 1ère GM 11

Les célèbres affûts de mitrailleuse remorqués par des chiens, une particularité de l’armée belge

L’équipement est cependant obsolète et mal adapté qu’il s’agisse de l’uniforme ou des mitrailleuses tractées par des chiens…… . L’entrainement laisse à désirer tout comme la discipline.

Néanmoins le corps des officiers belge est connu pour son professionnalisme, les officiers belges étant formés à l’Académie Royale Militaire créée en 1834 avant de passer par une école d’application pour se spécialiser dans une arme en particulier (infanterie, cavalerie, artillerie,génie). En 1868, une Ecole de Guerre est créé pour préparer les officiers les plus prometteurs au travail d’état-major.

Comme de nombreux pays, le premier conflit mondial va surprendre l’armée belge en pleine expansion et pleine réorganisation.

Dominions (44) Afrique du Sud (9)

UNITED DEFENCE FORCE (UDF) (ARMEE DE TERRE)

Une histoire militaire de l’Afrique du Sud

Toute une série de conflits

Dans cette partie je vais tracer à très grands traits l’histoire militaire de l’Afrique du Sud qui commence avec l’arrivée des européens. Les contacts initiaux sont houleux et hostiles entre natifs et européens à savoir portugais et hollandais en attendant les anglais qui comme tous les pays ont compris le caractère stratégique du site implanté au pied de la montagne de la table.

Lire la suite

24-Armée de l’air (35)

O-Forces combattantes : l’infanterie de l’air les fusiliers de l’air et le génie de l’air

Préambule

Outre les avions, l’armée de l’air dispose de troupes combattant au sol dans des phases offensives et défensives.

Fantassins de l'air sur les Champs Elysées pour le défié du 14 juillet 1937

Fantassins de l’air sur les Champs Elysées pour le défié du 14 juillet 1937

Les deux Groupes d’Infanterie de l’Air sont les premiers parachutistes français et sont chargés de raids, de descentes comme on disait du temps de la marine à voile. Des plans sont dressés pour saisir des objectifs stratégiques en soutien des forces cuirassées et mécaniques.

Les fusiliers de l’air créé en mars 1944 sont intégrés aux groupes de chasse, de bombardement, de reconnaissance, d’observation et de transport à raison d’une section. Montés sur des véhicules légers tout-terrains, ils sont armés de fusils, de pistolets mitrailleurs, de fusils-mitrailleurs et de mortiers pour assurer la défense des terrains contre un raid ennemi mené aussi bien par des parachutistes que par des unités motorisées.

Quand au génie de l’air, une section est intégrée dans chaque groupe de chasse, de bombardement, de reconnaissance, d’observation et de transport pour assurer l’aménagement des terrains et surtout les réparations après un raid pour permettre à la plate-forme de redevenir opérationnelle le plus vite possible.

L’Infanterie de l’Air

Le 602ème GIA à Montelimar en 1939

Le 602ème GIA à Montelimar en 1939

En 1931, les soviétiques sont les pionniers de l’utilisation militaire des parachutistes et quatre ans plus tard, le 12 septembre 1935, la France créé le Centre d’Instruction Parachutiste implanté sur la base aérienne d’Avignon-Pujaut placé sous le commandement du capitaine Greille qui revenait d’un stage parachutiste et moniteur en URSS.

Il faut cependant attendre le 1er avril 1937 pour que soient créés officiellement les Troupes Aéroportées ou TAP et six mois plus tard, le 1er octobre 1937, deux groupes d’infanterie de l’air, le 601ème et le 602ème GIA, le premier étant stationné à Reims et le second à Baraki à 15km d’Alger.

Chaque G.I.A comprend un état-major, une escadrille de transport de troupes avec des avions destinés à la mise en oeuvre des fantassins de l’air et une compagnie d’infanterie de l’air (207 hommes) organisée en un groupe de commandement, une section d’engins (un groupe de mitrailleuses et un groupe de canons de 37mm) et trois sections de voltigeurs.

En février 1939, le 601ème GIA fait mouvement sur Baraki pour retrouver son homologue et former un Groupement d’Infanterie de l’Air, le CIP de Pujaut était dissous en mai 1939.

Quand la guerre de Pologne éclate, le GIA n°601 rallie Avignon-Pujaut et le GIA n°602 Montelimar et se tiennent prêt à sauter sur un objectif comme Walcheren aux Pays Bas dans le cadre de la manoeuvre Dyle-Breda mais cette manoeuvre n’ayant pas été exécuté, les fantassins de l’air sont restés l’arme au pied.

Suite à la démobilisation de l’été 1940, les deux Groupes d’Infanterie de l’Air retrouvent leurs bases d’origine et sont réorganisés au printemps 1942.

Tout en conservant leurs avions de transport, ils reçoivent une deuxième compagnie d’infanterie de l’air, les deux compagnies étant réorganisées avec un groupe de commandement, une section d’engins avec mitrailleuses et mortiers et trois sections de voltigeurs qui reçoivent des fusils antichars MAS modèle 1940AC (des Mauser T-Gewehr transformés) puis des Boys britanniques.

Mauser T-Gewehr ultérieurement remis en service sous le nom de MAS 1940AC (AntiChar)

Mauser T-Gewehr ultérieurement remis en service sous le nom de MAS 1940AC (AntiChar)

Jusqu’au déclenchement du second conflit mondial, les deux G.I.A participent à toutes les manoeuvres de l’armée pour peaufiner leur modus operandi tactique à savoir le parachutage non pas de tout le GIA sur un objectif mais de petits groupes de combat derrière les lignes ennemies pour mener des raids sur des objectifs stratégiques et mener des actions de sabotage.

A la mobilisation d’août 1948, le G.I.A n°601 rallie la base aéronavale de Calais-Marck soutenus par des Douglas Transporteur de la 1ère ETM pour un saut éventuel sur les bouches de l’Escaut ou l’embouchure du Rhin dans le cadre de la manoeuvre Dyle-Breda.

Quand au G.I.A n°602, il rallie la base aérienne de Tunis pour mener une opération aéroportée contre la Libye italienne à moins que l’île de Lampedusa puisse être l’occasion d’un raid de ce qu’on appelle par encore les commandos.

Contrairement à 1939, le Centre d’Instruction Parachutiste (C.I.P) d’Avignon-Pujaut reste ouvert pour former de nouveaux parachutistes, l’armée de l’air ayant obtenu de pouvoir former deux nouveaux G.I.A d’un nouveau type.

Le 603ème G.I.A dont la base définitive doit être Reims (pour pouvoir opérer en Rhénanie) est organisé en une section de commandement, une compagnie d’engins (section de mitrailleuses de 7.5mm, section de mortiers de 81mm et section antichar équipée de canons de 25mm) et deux compagnies de combat.

Le 604ème GIA dont la base définitive doit être Calvi en Corse pour pouvoir opérer contre des objectifs italiens est organisé comme le 603ème G.I.A.

Ces deux Groupes d’Infanterie de l’Air ne seront néanmoins pas opérationnels avant la fin de l’année 1948.

Les fusiliers de l’air

Pour assurer la protection terrestres des échelons roulants et plus généralement des aérodromes, décision est prise en juin 1944 de créer au nouveau du groupe, une section de protection de fusiliers de l’air (SPFA) simplifiée en section de fusiliers de l’air (SFA).

Cette section de 24 hommes transportée dans trois véhicules légers tout terrain Laffly disposent de fusils MAS 36, de pistolets mitrailleurs MAT-42, de deux fusils mitrailleurs MAC modèle 1924-29 ou SE MA 38 et de deux mortiers de 60mm.

Pistolet mitrailleur MAT 42

Pistolet mitrailleur MAT modèle 1942 dit MAT-42

Cette section assure la protection du périmètre ou des gardes fixes en liaison avec des unités de l’armée de terre et la gendarmerie.

Le génie de l’air

Pour faciliter les travaux d’infrastructure et réparer facilement et rapidement les dégâts des bombardements ennemis, chaque groupe de chasse, de bombardement et de reconnaissance dispose d’une section de génie de l’air d’une trentaine d’hommes équipés de véhicules légers et d’outils mécaniques pour remettre sommairement en état une piste et permettre aux opérations aériens de se poursuivre le plus normalement possible.

22-Armée de terre : armement et matériel (91) ordre de bataille (25)

Dispositif d’Armées du Sud-Ouest

Préambule

A la mobilisation de septembre 1939, un Détachement d’Armées des Pyrenées est mis sur pied sous la direction du général Moynard pour couvrir la frontière franco-espagnole. Allié d’Hitler et de Mussolini, on craint de la part de Franco l’ouverture d’un troisième front dans le sud du pays ce qui serait une vrai catastrophe.
Dès le mois d’août, l’alerte est déclenchée dans les 16ème, 17ème et 18ème régions militaires, la surveillance de la frontière étant à la charge de la gendarmerie (brigades départementales et des éléments de la garde républicaine) en attendant le déploiement d’unités de combat comme le 52ème bataillon de mitrailleurs indochinois dans les Pyrénées-Orientales et le 42ème bataillon de mitrailleurs malgaches dans le Pays Basque.

Le Détachement d’Armées des Pyrénées (DAP) est officiellement mis sur pied le 26 août 1939 sous le commandement du général Moynard qui dispose pour cela de dix bataillons de chasseurs pyrénéens, de huit bataillons d’infanterie, deux compagnies régionales du train et trois compagnies d’autocars sans oublier la mobilisation des 16ème et 17ème bataillons de douaniers.

Ces unités doivent mener la couverture de la frontière avec en réserve, deux divisions d’infanterie, la 31ème DIAlp et la 67ème DI, quatre groupes de 75mm et cinq groupes de 155mm.

A la mobilisation générale, le DAP doit recevoir encore le renfort de trois divisions, les 32ème, 35ème et 36ème DI, les deux bataillons de mitrailleurs devenant des demi-brigades. La détente des relations franco-espagnoles permet à toutes ces unités de rallier la frontière nord-est et les Alpes, le Détachement d’Armées des Pyrénées est dissous le 24 octobre 1939.

Jusqu’au printemps 1944, peu de troupes sont stationnés dans les Pyrénées mise à part la 36ème DI au Pays Basque et la 31ème DIAlp de Montpelier.

A partir de mars 1944, l’agitation communiste, anarchiste et socialiste reprend en Espagne, donnant du fil à retordre au régime franquiste qui pensait avec une répression féroce avoir maté les ferments qui permettrait un retour de l’ancien régime républicain.

Des maquis voient le jour notamment dans le Val d’Aran et dans le nord de Catalogne, à proximité immédiate de la frontière française. Comme souvent dans ce genre de situation, les irréguliers frappent en Espagne et leur forfait accomplit se replie en France à l’abri des foudres franquistes, bénéficiant de la complicité de nombreux immigrés espagnols installés dans le Sud-Ouest.

Excédé, Franco menace de s’octroyer un droit de poursuite en France, en clair d’ignorer la frontière française et de laisser la Guardia Civil voir l’armée traquer les guerilleros jusqu’en France.

Pour éviter une situation de ce type, six bataillons de chasseurs pyrénéens sont réactivés répartis en trois demi-brigades de chasseurs pyrénéens, une DBCPyr pour le secteur de l’Adour, une pour le secteur de Geronne et un autre pour le secteur Roussillon (qui remplace le secteur «Aude» de l’ancien Détachement d’Armées des Pyrénées).

La 1ère DBCPyr regroupe les 1er et 2ème BCPyr, la 2ème DBCPyr regroupe les 3ème et 4ème BCPyr et la 3ème DBCPyr regroupe les 5ème et 6ème BCPyr, la première étant affecté au secteur Adour, la troisième au secteur de Geronne et la troisième pour le secteur Roussillon, le tout sous l’autorité du général commandant le Détachement d’Armées du Sud-Ouest.

Outre la 31ème Division d’Infanterie Alpine (31ème DIAlp), la 2ème Division Tchècoslovaque est déployée dans le pays Basque après sa formation au printemps 1945.

A la mobilisation, le nombre de bataillons de chasseurs pyrénéens est porté à neuf plus un bataillon d’instruction (pouvant être utilisé comme bataillon de combat en cas de besoin), trois bataillons de mitrailleurs sont également déployés sur la frontière pour tenir les cols sans oublier des unités d’artillerie, du génie, du train, des transmissions et de l’intendance.

Organisation du Détachement d’Armées du Sud-Ouest

-Etat-major installé à Pau

-Les gouverneurs militaires des 6ème, 7ème et 8ème régions militaires sont chargés de gérer les infrastructures, de l’entrainement des recrues et de tout ce qui concerne la logistique.

-Chacun des trois secteurs (Adour, Geronne et Roussillon) correspond à un Corps d’Armée qui recevront un numéro en cas d’engagement contre l’Espagne. Le Secteur Adour deviendra le 40ème CA, le Secteur Geronne le 41ème CA et le Secteur Roussillon le 42ème CA.

-Secteur Opérationnel de l’Adour

-Etat-major à Bayonne

-2ème Division d’Infanterie Tchècoslovaque à trois régiments d’infanterie (4ème, 5ème et 6ème RIT), deux régiments d’artillerie (3ème régiment d’artillerie tchèque et 4ème régiment d’artillerie tchèque, le premier étant l’équivalent d’un RAD et le second l’équivalent d’un RALD), la 2ème Batterie Divisionnaire Antichar tchèque, le 2ème Bataillon de défense antiaérienne tchèque, du 96ème bataillon du génie et diverses unités de soutien.

-1ère Demi-Brigade de Chasseurs Pyrénéens (1ère DBCPyr) avec les 1er, 2ème et 7ème BCPyr

Ces BCPyr nouvelle génération dispose d’un état-major, d’une section de commandement, d’une compagnie hors-rang, de trois compagnies de fusiliers voltigeurs, d’une compagnie d’accompagnement (canons de 25mm, mitrailleuses et mortiers) et nouveauté d’une section d’éclaireurs skieurs.

-7ème régiment de mitrailleurs organisé en un état-major, une compagnie de commandement et trois bataillons de mitrailleurs.

Les deux premiers sont organisés en un état-major, une section de commandement, une compagnie hors-rang, trois compagnies de mitrailleurs et une compagnie d’engins et de fusiliers voltigeurs alors que le troisième bataillon est organisé en un état-major, une section de commandement, une compagnie hors-rang, trois compagnies de mitrailleur, une compagnie d’engins (9 canons de 25mm et 6 mortiers de 81mm) et une compagnie de fusiliers voltigeurs à quatre section.

-Le 36ème régiment d’artillerie légère d’Issoire est transféré dans les Pyrénées, déployant un groupe de 75mm dans chaque secteur.

-Le génie déploie un bataillon de génie de montagne, le 1er dans ce secteur.

-On trouve également des unités de transmission, d’intendance et du train.

-La cavalerie ne déploie pas d’unités dans ce secteur montagnard.

-Secteur Opérationnel de Geronne

-Etat-major à Tarbes

-2ème DBCPyr regroupe les 3ème, 4ème et 8ème BCPyr

-11ème régiment de mitrailleurs

-2ème groupe du 36ème régiment d’artillerie légère

-2ème bataillon de génie de montagne

-On trouve également des unités de transmission, d’intendance et du train.

-La cavalerie ne déploie pas d’unités dans ce secteur montagnard.

-Secteur Opérationnel du Roussillon

-Etat-major à Perpignan

-31ème Division d’Infanterie Alpine stationnée à Montpelier qui est en temps pourrait se déployer à Perpignan et dans sa région.

-3ème DBCPyr regroupant les 5ème, 6ème et 9ème BCPyr

-Le 10ème BCPyr stationné à Perpignan est une unité d’instruction pouvant servir d’unité de combat

-14ème régiment de mitrailleurs

-3ème groupe du 36ème régiment d’artillerie légère

-3ème bataillon de génie de montagne

-On trouve également des unités de transmission, d’intendance et du train.

-La cavalerie ne déploie pas d’unités dans ce secteur montagnard.

22-Armée de terre : armement et matériel (86) ordre de bataille (20)

Groupe d’Armées n°3

Préambule

Quand la guerre de Pologne éclate et que la France mobilise, il n’existe que deux groupes d’armées, le n°1 couvrant la frontière de la mer du Nord à Longuyon en intégrant le massif des Ardennes et le n°2 allant de Longuyon au Jura.

Le 20 octobre 1939, un nouveau groupe d’armée est créé avec les 6ème et 8ème armée. Baptisé GA n°3, il couvre l’extrémité sud de la frontière allemande et la frontière suisse jusqu’au lac Léman.

Ce Groupe d’Armée à une existence brève puisqu’il est dissous à l’été 1940 dans le cadre de la démobilisation.

En mars 1942, après plusieurs mois de réflexions et de consultation, le général Villeneuve rend public (auprès du ministre de la Guerre et de ses subalternes cela va sans dire) sa réorganisation des structures de la «France en guerre».

Le GA n°1 et GA n°2 retrouvant peu ou prou leur constitution antérieure au 20 octobre 1939 mais cela ne signifie pas la disparition du Groupe d’Armées n°3.

Au contraire, c’est même plutôt une promotion puisque désormais le Groupe d’Armées n°3 couvre une zone d’étendant du sud du Jura à Bonifaccio, intégrant tout le massif alpin et la défense de la Corse.

Pour cela, le général commandant le GA n°3 à son autorité sur la 5ème armée dite Armée des Alpes avec trois corps d’armées à trois divisions plus des unités dispersées en Corse.

Armée des Alpes

La 5ème armée à pour unique mission de défendre le massif alpin contre une potentielle agression italienne. Elle dispose pour cela d’unités de forteresse mais également de trois Corps d’Armée à trois divisions.

A la différence des autres Corps d’Armée, les 13ème, 29ème et 30ème CA n’assurent pas la défense d’un Secteur Fortifié précis. Autre différence, la 5ème armée ne dispose pas d’un groupement de bataillons de chars de combat.

Il y à bien trace du GBC n°505 dans les papiers administratifs mais ce groupement n’à qu’une existence administrative, une unité fantôme qui ne deviendra réalité que si des B.C.C sont affectés à l’Armée des Alpes. En attendant c’est la 6ème DLM qui donne à l’Armée des Alpes une capacité char.

-Outre les trois corps d’armée, la 5ème armée dispose d’unités qui lui sont directement rattachées :

-Quatre régiments de pionniers : 405ème, 415ème, 425ème et 435ème régiments de  pionniers.

-8ème Groupement Antiaérien de Campagne (8ème GAAC) disposant d’un état- major,  d’une batterie hors rang et de quatre batteries, deux batteries équipées de canons de  75mm et deux batteries équipées de canons de 37mm Schneider, canons remorqués par des  véhicules tout-terrains Laffly.

-Dans le domaine du soutien, on trouve des unités dépendant de l’artillerie (parc de  réparations d’artillerie n°5, parc de réparation des équipages et des ferrures n°5, le parc de  réparation automobile n°5, le parc d’essence et ingrédients d’armée n°5 et le parc de  munitions d’armée n°5).

-Le génie aligne diverses unités de sapeurs mineurs et de sapeurs routiers, une compagnie  d’électro-mécaniciens et un parc de génie d’armée.

-En ce qui concerne les transmissions, on trouve le 805me bataillon de sapeurs  télégraphistes d’armée, le 825ème parc de transmissions d’armée et diverses unités associées.

-Le train soutien la deuxième armée avec sept compagnies hippomobiles et six compagnies  automobiles dont deux sanitaires ainsi qu’une compagnie citerne.

-L’intendance, le service de santé, le service vétérinaire, le service des remontes dispose  également d’unités intervenant en soutien de la 6ème Armée.

-La gendarmerie déploie pour maintenir l’ordre sur l’arrière et gérer les prisonniers un  commandement de la gendarmerie et forces prévôtales de la 5ème armée.

-L’armée de l’air déploie plusieurs unités de chasse, de reconnaissance et d’appui tactique en soutien de la 5ème armée.

Le Groupement d’Aviation de l’Armée des Alpes (GRAVIA-AA ou GRAVIA-VA) dispose pour assurer sa mission d’une escadre de chasse, de trois groupes de bombardement légers et d’un groupe de reconnaissance.

Bréguet Br700C2, l'un des chasseurs biplaces de l'armée de l'air

Bréguet Br700C2, l’un des chasseurs biplaces de l’armée de l’air

-La 16ème escadre de chasse stationnée à Loyettes dispose de trois groupes de chasse équipés d’Arsenal VG-39 et de Bréguet Br700C2.

-La 33ème escadre de bombardement léger à Saint Etienne de Geoirs dispose de trois groupes de bombardement léger équipés de Douglas DB-7D.

-Le GR I/39 assure les missions de reconnaissance depuis la base aérienne Chambarand avec 36 Bloch MB-176.
Le Groupement d’Aviation de l’Armée des Alpes dispose au total de 225 avions répartis entre 108 chasseurs (81 monomoteurs et 27 bimoteurs), 81 bombardiers légers et 36 avions de reconnaissance.

Il peut bénéficier du soutien des trois Groupes Aériens d’Observation (GAO), le GAO-513 stationné à St Etienne de Saint Geoirs avec huit Bloch MB-175 de reconnaissance armée, de douze Dewoitine D-720 de coopération et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123 d’observation et de réglage de tir.

Le GAO-529 stationné à Chambarand dispose de huit Bloch MB-176 de reconnaissance armée, de douze Dewoitine D-720 de coopération et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123 d’observation et de réglage de tir tout comme le GAO-530 stationné à Sisteron qui dispose de huit Bloch MB-176 de reconnaissance armée, de douze Dewoitine D-720 de coopération et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123 d’observation et de réglage de tir.

-13ème Corps d’Armée

-Outre les trois divisions sous ses ordres, le 13ème CA mis sur pied par la 13ème région militaire dispose d’unités qui lui appartiennent en propre :

-613ème régiment de pionniers

-13ème Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée (13ème GRCA) disposant de  chars légers AMX-42 et d’automitrailleuses puissantes AM modèle 1940P.

-117ème Régiment d’Artillerie Lourde Hippomobile (117ème RALH) qui dispose de deux  groupes de 105L modèle 1936S et deux groupes de 155L modèle 1945S.

– Des unités du génie, des transmission, de soutien

-L’armée de l’air détache pour emploi auprès du 13ème CA le Groupe Aérien d’Observation  n°513 équipé de Bloch MB-175, de Dewoitine D-720 et d’ANF-Les Mureaux ANF-123.

-La 10ème DI est une division d’active dont l’état-major est en temps de paix installé à Paris. Elle dispose de trois régiments d’infanterie de ligne (5ème, 24ème et 46ème RI), de deux régiments d’artillerie (32ème RAD et 232ème RALD), de la 610ème Batterie Divisionnaire Antichar, du 610ème Bataillon de défense aérienne, du 23ème bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 15ème Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (15ème GRDI) équipé de chars légers Hotchkiss H-39 et d’automitrailleuses puissantes AM modèle 1940P.

-La 20ème Division d’Infanterie est une division de mobilisation de série A disposant de trois régiments d’infanterie de ligne (2ème, 47ème et 115ème RI), de deux régiments d’artillerie (7ème RAD et 207ème RALD), de la 620ème Batterie Divisionnaire Antichar, du 620ème Bataillon de défense aérienne, du 92ème bataillon du génie et de quelques unités de soutien.

Elle bénéficie du soutien du 31ème Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (31ème GRDI) qui dispose de chars légers AMX-42 et d’automitrailleuses de découverte en attendant la disponibilité d’automitrailleuses puissantes.

-La 23ème Division d’Infanterie est une division d’active dont l’état-major est installé en temps de paix à Tours qui dispose de trois régiments d’infanterie de ligne (32ème, 107ème et 126ème RI), de deux régiments d’artillerie (41ème RAD et 241ème RALD), de la 623ème Batterie Divisionnaire Antichar, du 623ème Bataillon de défense aérienne, du 30ème bataillon du génie et de quelques unités de soutien.

Elle bénéficie du soutien du 18ème Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (18ème GRDI) qui dispose de chars légers Hotchkiss H-39 et d’automitrailleuses puissantes AM modèle 1940P.

22-Armée de terre : armement et matériel (82) ordre de bataille (16)

-26ème Corps d’Armée

Le 26ème Corps d’Armée est mis sur pied par la 9ème région militaire (Marseille) et doit assurer la défense du Secteur Fortifié du Bas-Rhin.

-Comme les autres corps d’armée, le 26ème CA dispose d’unités qui lui sont directement rattachés :

-626ème régiment de pionniers

-26ème Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée (26ème GRCA) équipé de chars légers AMX-42 et d’automitrailleuses puissantes AM modèle 1940P.

-182ème Régiment d’Artillerie Lourde à Tracteurs (182ème RALT) avec quatre groupes de  155mm équipés de GPF-T.

-Des unités du génie, de l’intendance, des transmissions et du train

-L’armée de l’air détache pour emploi auprès du 26ème CA le Groupe Aérien d’Observation n°526 équipé de Bloch MB-175, de Dewoitine D-720 et d’ANF-Les Mureaux ANF-123.

-La 52ème Division d’Infanterie est une division de mobilisation de série B qui dispose de deux régiments d’infanterie de ligne (291ème et 348ème RI), de la 5ème demi-brigade de chasseurs à pied (42ème, 46ème et 50ème BCP); de deux régiments d’artillerie (17ème RAD et 217ème RALD), de la 652ème Batterie Divisionnaire Antichar, du 652ème Bataillon de défense antiaérienne, du 82ème bataillon du génie et de diverses unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 10ème Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (10ème GRDI), un groupement créé en mars 1948 avec des chars légers Hotchkiss H-39 et des automitrailleuses puissantes AM modèle 1940P prélevés dans les stocks de mobilisation.

-La 6ème Division d’Infanterie est une division de mobilisation de série A, disposant de trois régiments d’infanterie de ligne (36ème, 74ème et 119ème RI), de deux régiments d’artillerie (43ème et 243ème RALD), de la 606ème Batterie Divisionnaire Antichar, du 606ème Bataillon de défense antiaérienne, du 83ème bataillon du génie et de diverses unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 13ème Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (13ème GRDI) équipé de chars légers Hotchkiss H-39 et des automitrailleuses de découverte en attendant la disponibilité d’automitrailleuses puissantes.

6ème Armée

La 6ème Armée occupe la frontière avec l’Allemagne et la Suisse entre Colmar et Montbéliard soit les Secteurs Fortifiés de Colmar, de Mulhouse et d’Altkirch ce qui permet de confier à chaque corps d’armée la défense d’un Secteur Fortifié.

La mission de cette armée est de couvrir la partie méridionale de la frontière allemande mais également une partie de la frontière suisse pour permettre d’intervenir en soutien de l’armée hélvétique en cas d’agression allemande.

-Comme les autres armées, elle dispose d’unités qui lui sont directement rattachées :

-Quatre régiments de pionniers : 406ème, 416ème, 426ème et 436ème régiments de pionniers.

char léger modèle 1935 M.39 dit Hotchkis H-39

char léger modèle 1935 M.39 dit Hotchkis H-39

-Un groupement de bataillons de chars, le groupement de bataillons de chars 506  avec le     6ème BCC (45 Renault R-40), le 20ème BCC (45 Renault R-40), le 31ème BCC (45 AMX-44) et le 40ème BCC (45 AMX-44), ces deux derniers bataillons étant des bataillons de     mobilisation.

Ces chars n’étant pas disponibles en septembre 1948, ces deux bataillons ne disposent que d’une partie de leur dotation composée respectivement de 16 et de 20 Hotchkiss H-39

On trouve le 6ème Groupement Antiaérien de Campagne (6ème GAAC) disposant d’un état-    major, d’une batterie hors rang et de quatre batteries, deux batteries équipées de canons de     75mm et deux batteries équipées de canons de 37mm Schneider, canons remorqués par des     véhicules tout-terrains Laffly.

-Dans le domaine du soutien, on trouve des unités dépendant de l’artillerie (parc de     réparations d’artillerie n°6, parc de réparation des équipages et des ferrures n°6, le parc de     réparation automobile n°6, le parc d’essence et ingrédients d’armée n°6 et le parc de     munitions d’armée n°6).

-Le génie aligne diverses unités de sapeurs mineurs et de sapeurs routiers, une compagnie     d’électro-mécaniciens et un parc de génie d’armée.

-En ce qui concerne les transmissions, on trouve le 806me bataillon de sapeurs     télégraphistes d’armée, le 820ème parc de transmissions d’armée et diverses unités associées.

-Le train soutien la sixième armée avec sept compagnies hippomobiles et six compagnies     automobiles dont deux sanitaires ainsi qu’une compagnie citerne.

-L’intendance, le service de santé, le service vétérinaire, le service des remontes dispose     également d’unités intervenant en soutien de la 6ème Armée.

-La gendarmerie déploie pour maintenir l’ordre sur l’arrière et gérer les prisonniers un commandement de la gendarmerie et forces prévôtales de la 6ème armée.

En soutien de la 6ème armée, l’armée de l’air déploie un groupement d’aviation (GRAVIA-VIA) et des Groupes Aériens d’Observation (GAO) chargés d’éclairer la marche des Corps d’Armée.

Le Groupement d’Aviation de la 6ème Armée (GRAVIA-VIA) dispose des moyens suivants :

-La 14ème escadre de chasse est déployée sur la base aérienne de Luxeuil dispose de deux groupes de chasse équipés d’Arsenal VG-33 et Bréguet Br700C2 et d’un groupe équipé d’Arsenal VG-36 et de Bréguet Br700C2 soit un total de 54 VG-33, 27 VG636 et 27 Bréguet Br700C2.

bombardier moyen Glenn-Martin 167F

bombardier moyen Glenn-Martin 167F

-L’appui-feu est assuré par deux groupes de bombardement léger, le GB III/32 équipé de Douglas DB-7 et le GB I/62 équipé de Glenn-Martin 167 et 187F stationnés sur la base aérienne d’Epinal et deux groupes de bombardement moyens, les GB I/11 et GB III/11 équipés de Lioré et Olivier Léo 458, groupes stationnés sur la base aérienne de Martigny.

-La reconnaissance est assurée depuis la base aérienne de Neufchâtel par le GR II/33 équipé de trente-six Bloch MB-175.

Le GRAVIA VI-A dispose de 108 chasseurs, de 108 bombardiers légers et moyens et de 36 avions de reconnaissance soit un total de 252 avions.

A ces avions directement sous le commandement de l’armée peuvent s’ajouter les avions des trois corps d’armée, de leurs trois Groupes Aériens d’Observation (GAO).

Le GAO-509 stationné sur la base aérienne de Luxeuil dispose de huit Bloch MB-175 de reconnaissance armée, de douze Dewoitine D-720 de coopération et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123 d’observation et de réglage de tir.

Le GAO-512 stationné sur la base aérienne d’Epinal dispose de huit Bloch MB-176 de reconnaissance armée, de douze Dewoitine D-720 de coopération et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123 d’observation et de réglage de tir.

Le GAO-528 stationné sur la base aérienne de Belfort dispose de huit Bloch MB-176 de reconnaissance armée, de douze Dewoitine D-720 de coopération et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123 d’observation et de réglage de tir.

Cela porte le nombre d’avions disponibles à 357 répartis entre 108 chasseurs ( 54 VG-33, 27 VG636 et 27 Bréguet Br700C2), 54 bombardiers légers (27 Douglas DB-7D, 18 Glenn-Martin 167F et 9 Glenn-Martin 187F), 54 bombardiers moyens Lioré et Olivier Léo 458, 44 avions de reconnaissance Bloch MB-175, 16 Bloch MB-176, 36 Dewoitine D-720 et 45 ANF-Les Mureaux ANF-123.