Mitteleuropa Balkans (112) Roumanie (42)

Avions de transport et de liaison

Junkers Ju-52/3m

Junkers Ju-52/3m

Le trimoteur Junkers Ju-52 fût conçu au début des années trente comme un appareil commercial, une évolution du Junkers W33. C’est dans cette configuration qu’il fût produit jusqu’en 1935 avant que des versions militaires ne prennent le relais.

Si sa carrière de bombardier fût fort courte en raison de performance médiocres dans ce domaine, sa carrière de transporteur militaire fût fort longue puisqu’il était encore en service en septembre 1948.

Sa célébrité fût également accentué par le transport de VIP, “Tante Ju” ayant été l’appareil personnel d’Hitler jusqu’à sa mort ainsi que celui du leader nationaliste chinois Tchang Kai Chek.

Au sein de la Luftwaffe, il équipait deux escadres de transport en compagnie du Junkers Ju-90 plus moderne, appareil qui aurait du le remplacer mais en raison de goulots d’étranglement dans la production, Tante Ju alias Iron Annie étaient encore en service quand l’opération Weserübung est déclenchée, les Ju-52 étant en première ligne pour les opérations aéroportées lancées contre le Danemark et la Norvège.

L’appareil connu un grand succès à l’export, étant vendu au Portugal, en Espagne, en Suisse, en Argentine, en Autriche, en Bolivie, en Bulgarie, en Colombie, en Equateur, en Grèce, en Norvège, au Perou, en Roumanie et en Suède.

La Roumanie va acquérir un certain nombre d’appareils de ce type qui à défaut de transporter des parachutistes (ce n’est que sous le régime communiste qu’une unité parachutiste allait voir le jour et ce en dépit de plusieurs projets) vont assurer le transport de personnel entre la Roumanie et les aérodromes avancés. Ils vont également du transport de fret, remorquant parfois des planeurs chargés de matériel, d’armes et de munitions. Il y eut également une utilisation comme appareil de transport VIP pour le roi et le conducator mais aussi comme appareil sanitaire.

Caractéristiques Techniques du Junkers Ju-52/3m

Type : avion de transport et de bombardement trimoteur

Masse : à vide 5970kg maximale au décollage 9210kg

Dimensions : longueur 18.90m envergure 29.25m hauteur 6.10m

Motorisation : trois moteurs BMW Hornet de 525ch chacun

Performances : vitesse maximale 271 km/h à 900m vitesse de croisière 222 km/h Distance franchissable 950km Plafond opérationnel 5200m

Armement : deux mitrailleuses MG-15 de 7.92mm (dorsale et ventrale) et 500kg de bombes en configuration bombardier

Equipage : deux pilotes et jusqu’à 17 passagers ou 12 parachutistes équipés.

Savoia Marchetti SM.83

Cet appareil est un trimoteur à ailes basses qui effectua son premier vol le 19 novembre 1937 avant d’être mis en service en 1938.

Vingt-trois exemplaires de cet appareil issu du bombardier trimoteur SM-79 sont sortis des chaines de montage, équipant les compagnies LATI et Sabena.

Les avions italiens sont réquisitionnés par la Regia Aeronautica à l’automne 1948 et sont tous détruits, seize exemplaires succombant à la DCA, à la chasse ennemie voir à de malheureux accidents.

Le reliquat à été utilisé par la SABENA (quatre exemplaires, détruits au sol en mai 1949) et par la Roumanie qui perdit ses avions lors de différents bombardements soviétiques durant le second conflit mondial (un à Odessa, à un à Constansa et le dernier à Bucarest).

Aucun SM-83 n’à donc survécu au conflit. Une épave récupérée en Roumanie à bien été rachetée par un italien passionné d’aviation mais par une malchance incroyable, l’épave à brûlé dans l’incendie du hangar la stockant avant le retour en Italie (il s’agissait de l’avion détruit à Constanza).

Caracteristiques Techniques

Type : avion de transport trimoteur

Masse à vide 6800kg en charge 10300kg

Dimensions : longueur 16.2m envergure 21.2m hauteur 4.1m

Motorisation : trois moteurs radiaux Alfa-Romeo 126 RC 349 de 750ch

Performances : vitesse maximale 444km/h à 4000m vitesse de croisière 400km/h à 5000m rayon d’action 1500km autonomie 4h plafond opérationnel 8400m

Equipage : trois ou quatre hommes et dix passagers

Potez 651

Potez 650

Le Potez 650 est un avion de transport militaire de conception et de fabrication française. Dérivé du Potez 62 il à été spécifiquement conçu pour larguer des parachutistes ce qui est à ma connaissance le premier appareil conçu pour le faire.

Le Potez 62 était un bimoteur monoplan à aile haute de construction mixte bois/métal avec un train d’aterrissage retractable. Les passagers pouvaient profiter de l’insonorisation et du chauffage.

L’appareil à cependant été rapidement dépassé par d’autres appareils français comme le Bloch MB.220 et le Dewoitine D.338.

Le Potez 650 se distingue du Potez 62 par des moteurs en ligne Hispano-Suiza en lieu et place des moteurs radiaux Gnome-Rhône 14K, une cabine pouvant accueillir 14 parachutistes et leur équipement ou 10 blessés avec une large porte pour pouvoir embarquer du fret.

Comme le concept parachutiste était peu en vogue durant les années trente seulement quinze appareils ont été fabriqués. Il faudra attendre le milieu des années quarante pour que cette nouvelle race de guerrier soit prise au sérieux par la France.

Entre temps fin 1936 l’appareil est sélectionné par l’aviation militaire roumaine. Comme le Gnome-Rhône était déjà produit sous licence par IAR elle demande à ce que l’appareil soit modifié. C’est l’acte de naissance du Potez 651 qui va être produit à six exemplaires toujours en service en septembre 1948 mais en octobre 1953 il ne restait que deux appareils qui sont rapidement ferraillés car trop usés pour être d’une quelconque utilité.

Caractéristiques Techniques (Potez 650)

Type : avion de transport militaire bimoteur

Masse à vide 4632kg en charge 7500kg

Dimensions : longueur 17.32m envergure 22.45m hauteur 3.9m

Motorisation : un moteur Hispano-Suiza 12Xgrs à gauche et un moteur Hispano-Suiza 12Xhrs à droite, deux moteurs dévellopant 720ch

Performances :vitesse maximale 300km/h à 2000m vitesse de croisière 250km/h à 2000m distance franchissable 1200km

Equipage : deux pilotes, quatorze parachutistes équipés ou vingt soldats ou dix blessés

Messerschmitt Bf108 Taifun

Le Messerschmitt Bf 108 Taifun est un petit avion de sport et de tourisme quadriplace qui trouva dans la liaison la possibilité de participer à des opérations militaires. Mis au point par Willy Messerschmitt, il effectua son premier vol en 1934 avant d’être mis en service en 1935, l’appareil étant utilisé aussi bien par des opérateurs civils que par des opérateurs militaires.

885 appareils ont été produits et le design fût repris après guerre par la France sous la forme du Nord 1000 Pinguin mais ceci est une autre histoire.

Le Taifun à été au final utilisé par la compagnie brésilienne Varig, par la Bulgarie, par la Chine, la Croatie, la Tchécoslovaquie (après guerre), la France (appareils capturés à la fin de la guerre), l’Allemagne, la Hongrie, l’Italie, le Japon, le Manchukuo, la Norvège (après guerre), la Pologne (après guerre), l’Espagne, la Suisse, l’URSS, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Yougoslavie et donc la Roumanie qui reçut durant la Pax Armada neuf appareils destinés aux liaisons et au transport de personnalités. Aucun appareil n’à survécu au second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques

Type : avion léger quadriplace monomoteur de transport et de liaison

Masse à vide 806kg en charge 1350kg

Dimensions : longueur 8.29m envergure 10.5m hauteur 2.3m

Motorisation : un moteur Argus As10C de 233ch entrainant une hélice bipale à pas variable

Performances : vitesse maximale 305km/h vitesse de croisière 260km/h distance franchissable 1000km à 250km/h plafond opérationnel 6200m (avec trois passagers et 50kg de passagers)

Equipage : un ou deux pilotes avec deux ou trois passagers

Avions d’entrainement

Bücker Bu-131 Jungmann

Bucker Bu131 Jungmann

Le Bücker Bü131 Jungmann est un avion d’entrainement de base apparu en 1932 alors que l’Allemagne effectuait un réarmement encore clandestin. C’est un appareil d’écolage classique, un petit biplan biplace à train fixe. A partir de 1936, une version améliorée (Bü131B) est produite, cette version se distinguant par un moteur plus puissant (105ch contre 80ch).

Cet appareil fût exporté en Roumanie et en Bulgarie (respectivement 40 et 15 exemplaires), en Yougoslavie, aux Pays-Bas, en Afrique du Sud et produit sous licence en Suisse, en Espagne, en Hongrie, en Tchécoslovaquie (avant les annexions en 1938/39) et au Japon.

La Roumanie disposait donc de quarante exemplaires qui vont former durant tout le conflit des pilotes et des navigateurs pour une force aérienne qui avait besoin en permanence de sang frais.

En théorie un appareil d’entrainement opère loin du front et donc est à l’abri des coups mais dans la guerre moderne plus personne n’est à l’abri.

C’est ainsi que quinze appareils ont été détruits (usix abattu par la chasse, cinq détruits lors d’un bombardement allié et quatre autres à l’aterrissage). Les appareils restants ont été brièvement réutilisés par l’armée de l’air roumaine d’obédience communiste.

Caractéristiques Techniques du Bücker Bü-131B

Type : biplan biplace d’entrainement

Masse : à vide 380kg en charge 670kg

Dimensions : longueur 6.62m envergure 7.40m hauteur 2.35m

Motorisation : un moteur quatre cylindres Hirt HM-504 dévellopant 105ch

Performances : vitesse maximale 183 km/h Vitesse de croisière 170 km/h Distance franchissable 628km Plafond opérationnel 4050m

Armement : aucun

Gotha Go-145

Gotha Go145 sous les couleurs espagnoles (camp national)

Le Gotha Go-145 est un avion d’entrainement biplan biplace créée par la firme Gotha qui renait de ses cendres en octobre 1933 après avoir été démantelé ou du moins mise en sommeil à la fin du premier conflit mondial. L’appareil prend l’air pour la première fois en février 1934 et rentre en service l’année suivante au sein de la Luftwafe.

Plusieurs compagnies allemandes fabriquèrent l’appareil ,l’avion étant également produit sous licence en Espagne et en Turquie. Rien que pour la production allemande, 2000 appareils ont été construits en plusieurs versions, le Go145B disposant d’un cockpit fermé, le Go145C destiné à l’entrainement au tir disposant d’une MG-15 de 7.92mm.

L’appareil à été utilisé par l’Autriche avant l’Anschluss, la Roumanie et la Slovaquie en plus des pays où il à été construit sous licence.

Caractéristiques Techniques du Gotha Go-145A

Masse : à vide 800kg en charge 1380kg

Dimensions : longueur 8.7m envergure 9m hauteur 2.9m

Motorisation : un moteur en ligne Argus As10 de 240ch entrainant une hélice bipale à pas fixe

Performances : vitesse maximale 212 km/h vitesse de croisière 180km/h Distance franchissable 630km plafond opérationnel 3700m

Armement : aucun

Focke-Wulf Fw-44 Stieglitz

Focke-Wulf Fw-44 Stieglitz

Le Focke-Wulf Fw-44 est un biplan biplace d’entrainement dont le prototype effectue son premier vol en 1932, l’appareil de série ayant subit un certain de modifications. Le Fw-44B se distingue par un moteur plus puissant, le Fw-44C principale version de série et le Fw-44J, une version destinée à être produite sous licence à l’étranger.

L’appareil à été exporté en Argentine, en Autriche (1927-38), en Bolivie, au Brésil, en Bulgarie, en Chine, au Chili, en Colombie,en Finlande, en Hongrie, en Pologne, en Roumanie, en Slovaquie, en Espagne, en Suède, en Suisse et en Turquie.

Caractéristiques Techniques du Focke-Wulf Fw-44

Type : biplan biplace d’entrainement

Masse : à vide 565kg en charge 770kg maximale au décollage 785kg

Dimensions : longueur 7.30m envergure 9.0m hauteur 2.80m

Motorisation : un moteur radial Siemens de 160ch

Performances : vitesse maximale 185 km/h distance franchissable 550km plafond opérationnel 3900m

Focke-Wulf Fw-56 Stosser

Focke-Wulf Fw-56 Stosser

Le Focke-Wulf Fw-56 Stösser est un avion d’entrainement avancé, un monoplan à aile haute destiné non pas à l’entrainement au pilotage mais à la chasse. Il est d’ailleurs conçu comme un chasseur de défense locale. Le premier prototype décolle pour la première foi en novembre 1933 suivit d’un second et d’un troisième en février 1934.

Après s’être imposé face à l’Arado Ar76 et le Heinkel He 74, le Focke-Wulf Fw-56 est produit à plus de 1000 exemplaires, certains étant exportés en Autriche, en Hongrie, en Bolivie, en Bulgarie, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Roumanie et en Espagne. L’appareil était toujours en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques du Focke-Wulf Fw-56A-1

Masse : à vide 755kg en charge 985kg

Dimensions : longueur 7.6m envergure 10.5m hauteur 2.6m

Motorisation : un moteur radial Argus As 10C de 236ch

Performances : vitesse maximale : 278 km/h vitesse de croisière 255 km/h Distance franchissable 385km Plafond opérationnel 6200m

Armement : deux mitrailleuses de 7.92mm MG-17

Focke-Wulf Fw-58 Weihe

Le Focke-Wulf Fw-58 Weihe était un bimoteur utilisé comme avion d’entrainement multirôle (pilotes, mitrailleurs et opérateurs radios) mais aussi comme avion de transport, avion de liaison et avion sanitaire.

Le premier vol à lieu en 1935 et la mise en service en 1937. Il à été produit à 1350 exemplaires utilisés quasiment exclusivement par les allemands. Il à néanmoins été exporté en Autriche, au Brésil, en Argentine, en Tchécoslovaquie, en Croatie (durant la seconde guerre mondiale), la Finlande, les Pays-Bas, la Norvège (après guerre), la Pologne (après guerre), la Roumanie, la Slovaquie, l’Espagne, la Turquie et l’URSS.

Caracteristiques Techniques

Type : bimoteur monoplan d’instruction et de transport

Masse à vide 2000kg en charge 2930kg

Dimensions : longueur 14.1m envergure 21m hauteur 4.2m

Motorisation : deux moteurs radiaux Argus As 10C de 240ch entrainant deux hélices bipales de 2.5m de diamètre à pas variable

Performances : vitesse maximale 254km/h vitesse de croisière 238km/h distance franchissable 690km plafond opérationnel 5400m

Armement : deux mitrailleuses de 7.92mm MG-15

Equipage : quatre hommes

Polikarpov Po-2

Le Polikarpov Po-2 (appelé également U-2 en raison de son rôle initial d’avion d’entrainement uchebnyy en russe, le nom Po-2 à été adopté en 1944, deux ans après la mort de Vladimir Polikarpov) était un avion d’usage général mis au point à la fin des années vingt et utilisés pendant près de vingt-cinq avant, pendant et même après le second conflit mondial !

Outre l’entrainement, il fût utilisé également pour l’attaque au sol, la reconnaissance, la guerre psychologique, les liaisons, l’évacuation sanitaire……. . Entre 1928 et 1959, ont été produit plus de 30000 Po-2.

A l’origine de cette sucess story russe figure la volonté de remplacer le U-1, la copie de l’Avro 504 britannique. Le vol inaugural à lieu le 7 janvier 1928, les essais menés au cours de l’année avant de lancer la production en série en 1929.

La production cesse dès 1956 en URSS mais se poursuit jusqu’en 1959 en Pologne et en en Tchécoslovaquie, les deux pays achetant la licence dès 1955 pour relancer la production aéronautique le plus rapidement possible.

A la version de base désignée U-2 s’ajoute les U-2A U-2AO et U-2AP pour les travaux agricoles (futurs Po-2A, Po-2AO et Po-2AP), les appareils expérimentaux U-2G, U-2PL et U-2KL, des versions d’attaque au sol U-2LSh et U-2LNB, des versions hydravion U-2M et U-2P, une version ambulance U-2S, une version liaison U-2ShS, des versions de transports civils U-2SP et U-2SPL, la version d’entrainement U-2UT, la version utilitaire U-2VS, une version d’observation nocturne d’artillerie U-2NAK, des versions améliorées U-3 et U-4.

Outre l’URSS, l’appareil à été utilisé par l’Albanie, la Bulgarie, la Chine, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Finlande, l’Allemagne (appareils capturés), la Hongrie, la Mongolie, la Roumanie (appareils capturés), la Turquie et la Yougoslavie.

Caractéristiques Techniques

Type : biplan biplace d’usage général

Masse à vide 770kg en charge 1030kg maximale au décollage 1350kg charge utile 260kg

Dimensions : longueur 8.17m envergure 11.40m hauteur 3.10m

Motorisation : un moteur radial Shvetsov M-11D de 125ch

Performances : vitesse maximale 152km/h vitesse de croisière 110km/h distance franchissable 630km plafond opérationnel 3000m

Armement (U-2VS/LNB) une mitrailleuse de 7.62mm ShKAS et six bombes de 50kg

Les autres avions d’entrainement

-Le Miles M.2 Hawk Trainer est un biplace de tourisme et de course développé à partir du Miles Hawk Major et ayant donné naissance au Miles Magister. Il à été produit à 27 exemplaires utilisés par la RAF mais également par la Roumanie. Ces appareils ne sont cependant plus en service en septembre 1948 au moins de la RAF.

-Le Miles M.7A Nighthawk qui effectue son premier vol le 18 décembre 1935 est un avion d’entrainement quadriplace développé à partir du Miles Falcon Six. Il n’est produit qu’à quatre exemplaires pour la RAF utilisés au final pour les liaisons et le transport de VIP auxquels il faut ajouter deux appareils vendus à la Roumanie.

-Le Klemm Kl35 est un biplace d’aérotourisme de conception et de fabrication allemande acquis pour l’entrainement à la voltige par les FARR.

-Le Nardi FN.305 est un biplace de conception et de fabrication italienne destiné à la liaison et à l’entrainement à la chasse. La Roumanie à acquis 31 exemplaires mais le projet de le produire en grand nombre sous licence n’à finalement pas vu le jour.

-En septembre 1939 cinquante sept RWD-8 polonais se réfugient en Roumanie pour échapper à la destruction. Quelques appareils sont remis en état et réutilisés par les roumains mais aucun n’à survécu au second conflit mondial. La Roumanie à aussi récupéré huit RWD-17 et là encore aucun appareil n’à survécu.

-Des avions de tourisme RWD-13 échappant à l’enfer de la guerre de la Pologne se sont aussi réfugiés en Roumanie et quelques exemplaires ont repris du service au sein des FARR notamment comme ambulances volantes, ambulances pilotées par des femmes pilotes au sein de l’Escadrille Blance (Escadrila Alba).

-Les FARR utilisent également comme avion d’entrainement le SET-7 initialement utilisé comme avion de reconnaissance (premier vol en 1931) mais vite dépassé par les progrès de la technique aéronautique. Il est donc rélégué à l’entrainement durant la Pax Armada.

-En revanche le SET-3 est un vrai avion d’entrainement produit à trente exemplaires et donc quelques appareils sont encore là en septembre 1948 même si leur utilisation est plus que restreinte.

FIN

Mitteleuropa Balkans (108) Roumanie (38)

Focke-Wulf Fw-190

Focke-Wulf Fw-190D

A l’origine du Fw-190 figure une demande du Reichsluftministerium (RLM) à différents constructeurs pour la mise au point d’un nouveau chasseur. Le Bf/Me-109 était un excellent appareil mais à l’époque l’aviation évoluait tellement vite qu’il fallait avoir deux ou trois coups d’avance.

L’un des constructeurs sollicité était la firme Focke-Wulf et son ingénieur en chef Kurt Tank qui proposa plusieurs projets tous proposés avec des moteurs en ligne ce qui suscita….aucun intérêt des services officiels.

Quand l’ingénieur proposa un projet propulsé par un moteur radial, le projet intéressa bien davantage le RLM.

En effet, les moteurs en ligne étaient très demandés et le choix d’un moteur refroidit par air permettait une production rapide des appareils sans problèmes (ou presque) pour la fourniture des moteurs.

L’appareil dessiné autour d’un moteur BMW était fin et élégant, un vrai pur-sang taillé pour la vitesse. Son train large le rendait moins soumis aux accidents à l’aterrissage qui causèrent la perte d’un grand nombre de Me-109.

Le premier prototype effectue son premier vol le 1er juin 1939 suivit par un second le 31 octobre suivant, les deux derniers prototypes ne volèrent jamais, les cellules étant utilisées pour des tests et des essais statiques.

Les appareils de pré-série ne sont commandés qu’en novembre 1940, vingt-huit appareils sont livrés en janvier 1941. Les premiers appareils de série entre en service (Fw-190A) en janvier 1942.

Cette première variante va équiper deux Geschwader avec différentes sous-variantes baptisées A-1 à A-5. Les différences sont minimes.

A la variante -A succède la variante -B apparaît mais produit en petit nombre équipant une escadre. La variante -C n’est finalement pas produite _les différences entre le B et le C sont minimes_, cédant aussitôt la place à la variante -D au moteur plus puissant, à la protection et l’armement renforcé.

Les premiers Focke-Wulf Fw-190 entrent en service en juin 1943, les D-1 à D-3 équipant deux escadres de chasse. Les sous-variantes D-4 à D-6 sont une version chasse-bombardement (Jagdbomber) qui équipent deux escadres de chasse-bombardement (Schlachtgeschwader).

Aux côtés du Focke-Wulf Fw-195 _version embarquée du Fw-190_ est produite une nouvelle variante, le Fw-190E, une version équipée deux escadres de chasse et une escadre de chasse-bombardement.

La variante -F ne dépasse pas le stade du prototype à la différence de la variante -G dite «long-nez» avec un capot allongé pour accueillir un moteur plus puissant. La production lancée en septembre 1947 à permis le rééquipement d’une des deux escadres équipées jusque là de Fw-190A, le rééquipement de l’autre étant suspendue quand le conflit éclate.

Une variante embarquée du Fw-190G baptisée Fw-195V (Verbesert améliorée) est en développement mais les prototypes n’ont pas encore volé en septembre 1948.

Le Focke-Wulf Fw-190 est exporté en Hongrie, en Espagne, en Roumanie, en Turquie et en Yougoslavie dans une tentative vaine pour rallier Belgrade à l’Axe.

En septembre 1948 les forces aériennes royales roumaines possèdent deux groupes équipées de Focke-Wulf Fw-190D soit cinquante-quatre appareils en ligne plus vingt-sept Fw-190D stockés pour recomplément.

Cet appareil est très apprécié des pilotes roumains et il semble qu’un projet de production sous licence à été étudié puis abandonné au profit de l’IAR-80 et de ses différents dérivés.

Ces appareils sont comme les Me-109 employés d’abord pour la défense aérienne du territoire roumain puis en soutien des troupes roumaines engagées dans l’opération BARBAROSSA, les Fw-190 assurant la couverture aérienne des troupes au sol, l’interception des rares avions soviétiques prenant l’air mais aussi l’appui-feu en menant des missions de chasse-bombardement à l’aide de bombes, de roquettes mais aussi de passe canon et de passe mitrailleuse.

Ultérieurement une troisième unité à été transformée sur Focke-Wulf Fw-190E en remplacement de ses antiques P.24.

Ces trois unités vont voler sur l’avion créé par Kurt Tank jusqu’à la fin du conflit, troquant leurs modèles d’origines par des Focke-Wulf Fw-190G plus modernes. Ces appareils vont combattre les soviétiques jusqu’au bout mais ne feront pas le coup de feu contre les allemands, les soviétiques immobilisant au sol l’aviation roumaine dès le lendemain de la signature de l’armistice entre les deux pays.

A l’époque il restait quarante-deux Focke-Wulf Fw-190 opérationnel répartis entre 4 Fw-190D, 12 Fw-190E et 26 Fw-190G. Ces appareils sont stockés sous contrôle soviétique jusqu’à la remise en place d’une armée de l’air roumaine.

Une unité de chasse est recréée avec des Focke-Wulf Fw-190G encore en état mais après plusieurs accidents matériels et hélas mortels les appareils sont interdits de vol puis remplacés par des chasseurs soviétiques. Un Fw-190 de chaque modèle à été conservé pour être exposés dans un musée. C’est toujours le cas en 2020.

Caractéristiques Techniques du Focke-Wulf Fw-190

Masse : à vide 3200kg en charge 44417kg maximale au décollage 4900kg

Dimensions : longueur 9.00m envergure 10.51m hauteur 3.95m

Motorisation : un moteur radial BMW 801 D-2 de 1700ch

Performances : vitesse maximale 656 km/h à 5920m distance franchisable 800km Plafond opérationnel 11410m

Armement : deux mitrailleuses MG-131 de 13mm avec 475 coups chacune et quatre canons de 20mm MG-151 avec un total de 780 coups. 500 à 1000kg de bombes, de roquettes….. .

Hawker Hurricane

Hawker Hurricane Mk IV préservé en vol aujourd’hui

Au milieu des années trente, l’ère du chasseur biplan s’achevait, l’ère du monoplan s’ouvrait. Oh certes il y eut des monoplans de chasse durant le premier conflit mondial comme le Morane-Saulnier L ou le Fokker E.III, des monoplans à aile haute mais ils étaient largement marginaux par rapport aux biplans.

Dans le cadre de l’appel d’offres F.7/30, Sydney Camm, chef du bureau d’études d’Hawker proposa le Hawker P.V.3, un appareil issu du Hawker Fury qui fût rejeté par l’Air Ministry.

Suite à cet échec, Sydney Camm travailla sur un monoplan aux ailes cantiveler et train fixe mais il n’attira pas l’intérêt du ministère de l’Air.

La firme Hawker ne se découragea pas et continua à travailler sur un nouvel appareil avec une revision complète du désign, un moteur Rolls Royce Merlin (alors connu comme le PV-12) et un train d’aterrissage retractable. En septembre 1934, trois mois après le refus de poursuivre le design précédent, le ministre de l’Air accepta de financer la construction d’un prototype.

En novembre 1934 fût lancée l’appel d’offre F.5/34 qui demandait un intercepteur monoplan armé de huit mitrailleuses dans les ailes. En janvier 1935 une maquette en bois est terminée et après quelques modifications mineures, la production du prototype est approuvée, l’appel d’offres devient le F.36/34 suite à une modification de l’armement.

Le prototype est assemblé en octobre 1935 et effectue son premier vol le 6 novembre 1935, les tests officiels commençant en mars 1936. Ils se révèlèrent très satisfaisants et sur proposition du constructeur, l’appareil fût officiellement baptisé Hurricane le 26 juin 1936. Une faiblesse structurelle fût cependant détectée et ne fût modifiée qu’à partir du 61ème exemplaire de série.

La production en série du Hurricane est décidée en juin 1936, le premier appareil de série effectuant son premier vol le 12 octobre 1937, les livraisons suivant rapidement puisque dix-sept squadrons sont équipés en septembre 1939.

Le nombre passe rapidement à vingt-deux par rééquipement des unités équipées de biplans (Gladiator et Gauntlet) mais à terme le Hurricane va être surclassé par le Spitfire plus moderne mais surtout au potentiel de dévellopement plus prometteur et intéressant.

Le Hurricane peut cependant toujours rendre des services outre-mer. Il équipe ainsi encore des unités déployées en Extrême-Orient et au Moyen-Orient soit six squadron équipées de Hurricane Mk II.

Il équipe également des unités de chasse-bombardement intégrées non au Fighter Command mais au Bomber Command.

Si pour les missions de chasse, le Hurricane est surclassé par les Me-109 et les Fw-190, en matière de chasse-bombardement, il est toujours largement capable même si à terme il doit être remplacé complètement par le Typhoon et le Tempest.

Quatre squadrons sont encore équipés de Hurricane Mk III, appareils déployés en Inde et au Soudan.

Dix squadrons sont encore équipés de “Hurri” en septembre 1948. La production ayant été stoppée en septembre 1945 après la satisfaction des commandes export.

Le Hawker Hurricane à ainsi équipé l’Australie, la Belgique, le Canada, l’Egypte, la Finlande (durant la guerre d’Hiver), la Grèce, l’Inde britannique, l’Iran, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Portugal, la Roumanie, l’Afrique du Sud, la Turquie et la Yougoslavie.

Il va aussi équiper un temps la Fleet Air Arm (FAA) dans une version embarquée (Sea Hurricane), un appareil en service de juillet 1940 à avril 1944.

La Roumanie va recevoir des Hawker Hurricane à une époque où elle plus pro-alliée que pro-allemande. Une première commande de 50 Hawker Hurricane Mk I est passée en 1939 et pour accélérer le tempo douze appareils sont prélevés sur les stocks de la RAF pour permettre l’entrainement des futurs pilotes.

Ultérieurement 24 Hawker Hurricane Mk II sont livrés aux FARR dans l’espoir visiblement de ramener la Roumanie dans le camp occidental mais sans succès.

Au total ce sont donc 86 Hurricane qui ont été livrés aux forces aériennes roumaines. En septembre 1948 deux groupes sont encore équipés de cet appareil clairement déclassé. De plus pour ne rien arranger on manque de stocks de pièces détachées et l’entretien pourrait être meilleur.

Quand la Roumanie engage ses forces dans l’opération BARBAROSSA, les FARR conservent leurs Hurricane pour défendre les villes contre les bombardements alliés et soviétiques éventuels et non pour engager des opérations contre la chasse ennemie.

Début 1952 il ne reste plus que 29 appareils de disponibles tous usés et en mauvais état. Les unités vont être alors transformées sur IAR-83 pour combattre les soviétiquess jusqu’au basculement de septembre 1953. Aucun Hurricane roumaine n’à survécu au second conflit mondial.

Le Hawker Hurricane à également équipé le squadron 53 de l’aéronavale roumaine avec huit appareils ayant appartenus aux FARR, ces chasseurs étant remplacés par des Focke-Wulf Fw-190 plus modernes.

Caractéristiques Techniques du Hawker Hurricane Mk IIC

Type : chasseur et chasseur-bombardier monoplan monomoteur

Masse à vide 2605kg en charge 3480kg maximale au décollage 3950kg

Dimensions : longueur 9.84m envergure 12.19m hauteur 4m

Motorisation : un moteur en ligne Rolls-Royce Merlin XX de 1185ch à 6400m

Performances : vitesse maximale 547km/h à 6400m distance franchissable 965km plafond opérationnel 10970m

Armement : huit mitrailleuses de 7.7mm Browning dans les ailes deux bombes de 500kg ou quatre de 250kg ou des roquettes.

IAR-80

Le IAR-80 est un chasseur monomoteur monoplan mis au point par la Roumanie pour augmenter son autonomie en matière d’équipement militaire. De cet appareil va émerger un bombardier en piqué baptisé IAR-81 produit pour remplacer d’abord le Ju-87 et un autre chasseur plus moderne le IAR-83.

Le projet est lancé à la fin de 1937 mais sans empressement puisque le vol inaugural du prototype à lieu en avril 1939 et les essais menés prometteurs. Opposé au Heinkel He-112 le futur IAR-80 se révéla bien meilleur et le chasseur allemand n’allait jamais équiper les forces aériennes royales roumaines.

100 IAR-80 sont commandés en décembre 1939 suivis de 100 autres en août 1940 et enfin par une dernière commande de 150 appareils en septembre 1941. Cela nous donne un total de 350 appareils qui vont être livrés entre septembre 1941 et septembre 1945.

Tous ces appareils ne vont pas être mis en ligne puisqu’à l’apogée de la carrière de l’IAR-80 seulement trois groupes volaient sur cet appareil soit 81 appareils en ligne laissant un stock important peut être même trop important.

On peut cependant imaginer que Bucarest travaillait sur le temps long et voulait conserver une vraie marge de manœuvre en cas de guerre. Ce stock allait rapidement diminuer entre les prélèvements pour des tests mais aussi l’utilisation d’IAR-80 pour mettre au point le bombardier en piqué IAR-81 et le chasseur IAR-83.

Sur les 350 appareils produits on trouve 200 IAR-80 et 100 IAR-80A qui se distinguaient par un moteur plus puissant et un armement amélioré.

Ces appareils vont opérer dans le ciel roumain pour défendre les villes, l’industrie et les champs pétrolifères de Ploesti. Quand éclate l’opération BARBAROSSA, les appareils sont engagés au dessus de la mer Noire pour couvrir les convois en direction d’Odessa et de la Crimée mais aussi au dessus des plaines d’Ukraine pour couvrir les troupes au sol contre une aviation soviétique qui apprenait très vite. Il y eut également quelques missions de chasse-bombardement avec des bombes légères et des roquettes.

L’IAR-80 est resté en service jusqu’à la fin du conflit en dépit du fait que l’appareil était clairement dépassé. Quand l’aviation militaire roumaine cesse de combattre le 5 octobre 1953 il restait soixante-douze appareils de disponible.

Ces appareils sont stockés puis ferraillés à la fin des années cinquante. Un appareil à été preservé en Roumanie et une épave repêchée en 2010 dans le Danube est en cours de restauration dans l’espoir de la remettre en état de vol pour 2023.

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur monomoteur monoplan monoplace

Masse : à vide 2500kg maximale au décollage 3530kg

Dimensions : longueur 8.97m envergure 11m hauteur 3.6m

Motorisation : un moteur radial IAR K16 de 1350ch entrainant une hélice tripale à pas fixe

Performances : vitesse maximale 550km/h à 3500m distance franchissable 795km (carburant interne) 1200km (avec réservoirs supplémentaires) plafond opérationnel 10000m

Armement : deux canons de 20mm MG-151 et deux mitrailleuses FN-Browning de 7.92mm dans les ailes, une bombe de 250kg sous le fuselage ou deux de 125kg ou quatre de 50kg sous les ailes

IAR-83

Tout en développant l’IAR-80 le bureau d’étude de la principale firme aéronautique roumaine travailla sur un modèle de bombardier en piqué. Baptisé IAR-81, cet appareil allait être produit pour remplacer les Junkers Ju-87 livrés par les allemands mais aussi les antédiluviens Potez 25 de reconnaissance.

L’amélioration des performances poussa les ingénieurs roumains à en dévelloper un nouveau chasseur pour succéder à l’IAR-80 qui sera forcément dépassé un jour.

Le vol inaugural de l’IAR-81 à lieu le 4 septembre 1941 suivit du vol d’un deuxième prototype le 22 février 1942. Le projet IAR-83 est lancé officiellement en avril 1942, les FARR commandant deux prototypes en septembre 1942.

Le premier prototype de l’IAR-83 effectue son vol inaugural le 17 septembre 1943. Par rapport à l’IAR-80, l’IAR-83 Soim (Faucon) est plus gros plus puissant et plus rapide. Extérieurement en revanche il est semblable avec néanmoins un moteur de conception allemande produit sous licence en Roumanie.

Alors que l’IAR-80 était surtout conçu comme chasseur de supériorité aérienne l’IAR-83 à été vu comme un chasseur polyvalent pouvant opérer comme intercepteur, comme chasseur de supériorité aérienne et comme chasseur-bombardier.

Si les vols des deux premiers prototypes se sont bien passés (le deuxième prototype légèrement différent à décollé pour la première fois le 4 mars 1944) les essais sont plus poussifs et plus laborieux au point que les FARR ont envisagé l’abandonné pure et simple du projet.

Finalement les problèmes sont peu à peu réglés et la production est lancé en mars 1946 aboutissant en septembre 1948 à l’équipement de deux groupes de vingt-sept appareils soit cinquante-quatre appareils plus un certain nombre d’appareils pour rééquiper de nouvelles unités après les premiers engagements.

Au final ce sont cinq groupes de vingt-sept appareils qui vont voler sur ce chasseur, le Faucon remplaçant l’Avia B.534 et le Hawker Hurricane ce qui avait l’avantage de réduire la charge logistique des FARR.

Au combat l’appareil se révèle efficace, ses performances étant semblables à celles du Focke-Wulf Fw-190D ce qui n’est pas un hasard puisque le moteur est semblable (mais point identique) à celui de l’appareil créé par Kurt Tank.

Au final ce sont 270 appareils qui ont été produits soit de quoi équiper cinq groupes et d’offrir un taux de remplacement de 100%. Les pertes sont cependant très lourdes et au 5 octobre 1953 quand l’armistice clou au sol les FARR il ne reste plus que 72 appareils en plus ou moins bon état.

Les avions sont stockés sous contrôle soviétique. Un inventaire mené en février entraine la réforme de 26 appareils qui sont cannibalisés puis envoyés à la ferraille. Il reste donc 46 appareils dont une partie est prélevée par les soviétiques pour différents tests.

Au 1er janvier il restait 16 appareils qui vont être réutilisés par la nouvelle armée de l’air roumaine pour entrainement et permettre d’attendre sereinement l’arrivée de chasseurs de conception et de fabrication soviétique.

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur monomoteur monoplan monoplace

Masse : à vide 2750kg maximale au décollage 3795kg

Dimensions : longueur 9.15m envergure 11.95m hauteur 3.8m

Motorisation : un moteur radial IAR K19 de 1985ch (2150ch avec booster) entrainer une hélice quadripale à pas variable

Performances : vitesse maximale 675km/h à 5500m distance franchissable 895km (carburant interne) 1350km (avec réservoirs supplémentaires) plafond opérationnel 11000m

Armement : deux mitrailleuses de 7.92mm MG-81 dans le capot avec 500 cartouches par jour, deux canons de 20mm MG-151 et deux mitrailleuses de 13mm MG-131 dans les ailes avec respectivement 120 et 250 cartouches. Une bombe de 500kg sous le fuselage et deux bombes de 125kg sous les ailes ou des roquettes

Mitteleuropa Balkans (104) Roumanie (24)

Autoblindat model 1941

L’Autoblindat model 1941 est fortement inspirée de la célèbre Panhard AMD-178

L’Autoblindat model 1941 est une tentative partiellement réussie de produire une auto blindée si ce n’est 100% roumaine du moins offrant à Bucarest une relative autonomie qui doit éviter une trop grande dépendance à l’Allemagne mais aussi montrer à Berlin souvent injustement sceptique que ses alliés balkaniques investissaient dans le domaine militaire.

Le projet émerge en 1941 et bien que la désignation laisse supposer une adoption en 1941 naturellement celle-ci est bien plus tardive. Ce n’est en effet qu’en septembre 1947 que les premiers véhicules sont enfin mis en service après une interminable mise au point liée en partie à l’inexpérience des ouvriers et des ingénieurs responsables.

La production de ce véhicule inspiré (mais point copié) de la célèbre «Pan Pan» française est très lente et en septembre 1948 seulement vingt-quatre exemplaires sont en service mais à peine la moitié est opérationnelle !

Après un temps d’hésitation, l’armée roumaine décide de commander un lot de quarante-huit véhicules d’un modèle amélioré baptisé model 1949. Ces véhicules vont être livrés à un train de sénateur entre septembre 1949 et juin 1953 soit quarante-cinq mois pour livrer 48 véhicules !

Au combat ce véhicule se révéla pourtant bon sans être excellent. En somme un honnête véhicule sans qualités extraordinaires mais sans défauts qui rendaient ses utilisateurs circonspects.

Sur les soixante-douze véhicules livrés à l’armée royale roumaine, cinquante-deux ont été détruits au combat ne laissant que vingt-deux véhicules quand la Roumanie change de camp après le désastre provoqué par l’opération PIOTR VELIKYI.

Ces véhicules sont stockés pour des raisons politiques, Moscou tenant à montrer les limites de son indépendance au nouveau gouvernement roumain d’obédience communiste ce qui ne chagrine pas encore les principaux intéressés.

Maintenus en réserve jusqu’en 1975, ces véhicules sont envoyés à la casse sauf deux exemplaires conservés à l’entrée d’une caserne de Brasov pour l’un et dans un musée de Constansa pour le second.

Caractéristiques Techniques de l’Autoblindat model 1941

Poids en ordre de combat : 8.5 tonnes

Dimensions : longueur 4.84m largeur hors tout 2.20m hauteur sans tourelle 1.75m (2.45m avec tourelle)

Motorisation : moteur essence dévellopant 105ch à 2200 tours/min

Performances : vitesse maximale sur route 70 km/h moyenne 45 km/h Autonomie : 300km sur route avec 140 litres d’essence

Blindage : 20mm maximum

Armement : tourelle biplace disposant d’un canon de 37mm tchèque et d’une mitrailleuse de 7.92mm

Equipage : quatre hommes (chef de voiture et tireur en tourelle, conducteur avant et inverseur en caisse)

BA-10

La Broneavtomobil 10 est une auto blindée soviétique mise au point en 1938 et produite jusqu’en 1945. Au final se sont 5600 véhicules qui sont sortis des chaines de montage en trois versions, la version de base BA-10, une version améliorée baptisée BA-10M (avec notamment de nouvelles radios) et la BA-10ZhD destinée à rouler sur les voies de chemin de fer.

La BA-10 est une descendante de la BA-6 avec un dessin de caisse différent, une plus grande puissance moteur ce qui permet une augmentation des performances du véhicules. Pour permettre aux autos blindées BA-10 d’opérer en tout terrain, les deux roues arrières peuvent recevoir des chenilles pour améliorer leurs performances en tout terrain.

La BA-10 connait son baptême du feu en Mandchourie contre les japonais lors de la bataille de Khalkin-Gol en 1939. Elle est également engagée dans la guerre d’Hiver même durant le second conflit mondial.

Progressivement remplacée par la BA-11, la BA-10 cesse globalement d’opérer en première ligne à l’été 1953. Elle est reléguée aux troupes du ministère de l’intérieur (NKVD) pour des missions de sécurité sur les arrières.

Au combat un certain nombre de véhicules à été capturée par les finlandais, les allemands, les hongrois et les roumains. Ces véhicules ont été généralement retournés contre leur ancien propriétaire après avoir plus ou moins de modifications.

Les roumains qui pour une fois ne manquent pas d’autos blindées vont d’abord les utiliser à l’arrière du front pour escorter des convois et protéger les dépôts logistiques contre les premières actions des partisans, actions qui seront plus du domaine de la nuisance que de la véritable menace sur la structure du front.

Vingt-cinq véhicules ont été capturés durant les premières semaines de BARBAROSSA mais seulement seize ont pu être remises en état et remises en service. Elles vont être utilisées jusqu’en décembre 1952 quand la dernière des seize à été perdue suite à sa destruction par une mine posée par des partisans ukrainiens alors qu’elle protégeait l’arrivée d’un convoi à Odessa.

Caractéristiques Techniques

Type : auto blindée

Poids : 5.14 tonnes

Dimensions : longueur 4.65m largeur 2m hauteur 2.20m

Motorisation : moteur essence GAZ-MM de 50ch

Performances : vitesse maximale 53km/h distance franchissable 300km

Blindage : 6 à 15mm

Armement : un canon de 45mm 20-K avec 49 coups et deux mitrailleuses de 7.62mm DT avec 2079 coups

Equipage : 4 hommes

BA-64

Au sein de l’armée rouge les chars sont très employés pour les missions de reconnaissance plus que dans certaines armées, la RKKA engageant aussi bien des chars conçus pour cette mission (T-60 et T-70 par exemple) que des chars dont ce n’était normalement pas le rôle premier (T-34).

En dépit de cette situation l’Armée Rouge décide en 1950 de développer une auto blindée pour des missions d’éclairage en liaison avec les chars. C’est l’acte de naissance de la Bronirovaniy Avtomobil 64 (BA-64) qui s’inspire clairement de la Sdkfz 221 en utilisant pour basse le châssis de deux véhicules comparables à la Jeep américaine à savoir la GAZ-64 ou de la GAZ-67.

Deux prototypes sont livrés au printemps 1951. Après quelques modifications mineures, la production est lancée. Elle est très rapide, les composants de base sont largement disponibles, le design conçu pour faciliter la production de masse.

Voilà pourquoi entre l’été 1951 et l’automne 1956, 9000 véhicules sont sortis, véhicules utilisés jusqu’au milieu des années soixante-dix quand elle est définitivement remplacée par les BRDM-1 et 2, des autos blindées amphibies.

Rapides, à l’aise sur tout type de terrain mais peu armées, ces autos blindées étaient destinés à l’éclairage, évitant les points de résistance, découvrant les faiblesses du dispositif ennemi pour faciliter l’avancée des chars et de l’infanterie et limiter l’impact de la «friction» chère à ce bon vieux Claus (Nda le penseur militaire prussien pas votre serviteur) .

Outre la reconnaissance et l’observation, la BA-64 était parfois chargée d’escorter des convois logistiques qui pouvaient tomber sur des éléments ennemis isolés. Elle pouvait également être utilisée pour la liaison en transportant sur le front des officiers.

Les 3780 premiers exemplaires sont produits sur le châssis du GAZ-64 avant que la production des BA-64 passe à un nouveau châssis le GAZ-67B qui possédait des essieux plus large. Cela entraine un changement de désignation, les nouveaux véhicules étant désignés BA-64B, certains véhicules remplaçant la mitrailleuse de 7.62mm par un fusil antichar automatique de 14.5mm.

Cette arme ne donnant pas franchement satisfaction, les BA-64M qui sont les derniers véhicules produits recevaient une mitrailleuse de 12.7mm et une mitrailleuse de 7.62mm dans une tourelle fermée.

Sur les 9000 exemplaires produits on trouve donc 3780 BA-64, 1250 BA-64B et 3970 BA-64M. Des projets de variantes (transport de troupes, appui-feu à canon de 37 ou de 45mm, version ferroviaire, semi-chenillé) ne dépassèrent pas le stade du projet.

Après guerre des BA-64 de différents modèles furent cédés à l’Albanie, la Bulgarie, la Chine communiste, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Roumanie et la Yougoslavie.

Jusqu’ici on pensait que les roumains n’avaient employé la BA-64 qu’après guerre mais en 1995 la découverte de photos et de documents dans les archives du ministère de la Défense à Bucarest à modifié notre perception en montrant clairement que trente-deux BA-64 ont été utilisés par l’armée royale roumaine.

Ces véhicules ont engagés sur le front où elles ont été toutes détruites voir pour certaines recapturées par les soviétiques qui généralement se contentaient de les cannibaliser pour récupérer des pièces.

Caractéristiques Techniques

Type : auto blindée

Poids : 2.4 tonnes

Dimensions : longueur 3.66m largeur 1.74m hauteur 1.9m

Motorisation : un moteur GAZ-MM de 50ch

Performances : vitesse maximale 80km/h distance franchissable 500km

Blindage : inconnu

Armement : une mitrailleuse de 7.62mm DT (1070 coups)

Equipage : 2 ou 3 hommes

Autres véhicules

Dans cette partie je vais parler rapidement des autres véhicules employés par l’Armata Regala Romana. Il s’agit essentiellement de véhicules de soutien et de ravitaillement.

MALAXA Tip UE

Renault UE avec des marques allemandes.

-L’armée royale roumaine à ainsi utilisé 126 Malaxa Tip UE, une chenillette de ravitaillement plus connue sous son nom français de Renault UE. Ces véhicules ont été produits sous licence en Roumanie.

D’abord utilisé comme tracteur d’artillerie pour une autre création française, le canon antichar de 47mm Schneider mais aussi comme ravitailleur au profit de l’infanterie. La Roumanie essaya d’en commander d’autres durant la Pax Armada voir de relancer la production sous licence mais ces deux projets ne se concrétisèrent pas.

Durant le conflit il semble que quelques chenillettes de ce type capturées par les allemands dans le nord de la France mais aussi en Belgique ont été rétrocédées aux roumains. Le chiffre de ces livraisons tardives est cependant très incertain, les sources donnant entre 12 et 72 véhicules !

Durant le second conflit mondial ces véhicules outre les rôles cités plus haut vont être utilisés pour évacuer des blessés mais aussi servir de canon antichar automoteur en installant dans le compartiment logistique un canon de 47mm ou de 50mm. Ces aménagements étant des bricolages de terrain elles n’ont fait l’objet d’aucune mise en service officielle.

A la fin du conflit il restait une trentaine de ces véhicules en service. Une partie à été réutilisée par les soviétiques à l’arrière du front comme engin de remorquage pour des véhicules légers endommagés ou comme tracteur d’aérodrome. Tous ces véhicules ont été rapidement ferraillés.

Caractéristiques Techniques

Type : chenillette de ravitaillement et de remorquage

Poids à vide 2640kg (3300kg en ordre de combat) remorque d’un poids total de 776kg qui pèse 1276kg à pleine charge

Dimensions : longueur 2.80m largeur 1.74m hauteur 1.25m. La remorque mesure 2.59m de long sur 1.62m de large pour 0.77m de haut.

Motorisation : un moteur essence Renault de 40ch à 2800 tours par minute

Performances : vitesse maximale 30km/h distance franchissable 100km Autonomie 5h

Blindage : 6 à 9mm

Armement : théoriquement aucun

Equipage : 2 hommes

FORD RUSESC DE CAPTURA

Tracteur d’artillerie Komsomolets capturé et réutilisé par les finlandais

Sous ce nom nous trouvons un tracteur léger d’artillerie de conception et de fabrication soviétique le Komsomolets. Les roumains ont capturé un grand nombre de ces véhicules solides et robustes mais pas toujours en très bon état.

Voilà pourquoi sur le total des véhicules capturés seulement une quarantaine (certaines sources disent 40 d’autres 46) à été remise en service pour remorquer des canons et des charges lourdes. Quelques véhicules ont survécu au conflit mais ont été rapidement envoyés à la ferraille.

Caractéristiques Techniques

Type : tracteur d’artillerie léger

Poids en ordre de combat 3460kg

Dimensions : longueur 6.22m largeur 2.35m hauteur 2.74m

Motorisation : un moteur essence

Performances : vitesse maximale 48km/h sur route et 12 km/h en tout-terrain distance franchissable 200km sur route 150km en tout terrain

Protection : 7 à 16mm

Armement : une mitrailleuse de 7.62mm DT

Equipage : deux hommes plus l’équipe de pièce du canon remorqué

Tracteur T-1

Le Tracteur T-1 (appelé également DT-1 pour Directia Tehnica 1) est un tracteur d’artillerie conçu pour tracter le canon de 75mm Resista. 1000 exemplaires furent commandés en décembre 1952 mais après la production de cinq prototypes et de vingt-cinq exemplaires l’armée roumaine ordonne l’arrêt du projet en juin 1953 pour privilégier la sortie du chasseur de char Maresal avec le succès que l’on sait.

Les trente exemplaires sont réceptionnés par l’Armée Royale Roumaine et employés pour remorquer des pièces d’artillerie mais aussi des remorques pour le ravitaillement de l’avant. Des exemplaires sont capturés par les soviétiques et au moment du grand basculement l’armée roumaine n’aligne plus que huit exemplaires qui sont stockés et ferraillés une fois le conflit terminé.

Caractéristiques Techniques

Type : tracteur d’artillerie

Poids : 7 tonnes charge utile 4 tonnes masse remorquable 6 tonnes

Dimensions : nc

Motorisation : moteur de 75ch à 1800 tours par minute

Performances : 32km/h

Blindage : aucun

Armement : aucun

Equipage : 2 hommes

Miscellanées

Comme la majorité des armées du second conflit mondial, l’armée roumaine n’était que très partiellement motorisée et n’alignait que fort peu de camions. Il s’agissait essentiellement de camions Ford produits en Allemagne, de camions Renault, Latil et Berliet importés de France et de camions tchécoslovaques Praga. Il y eut quelques tests de semi-chenillés mais son usage au sein de l’armée roumaine fût très limité.

Mitteleuropa Balkans (103) Roumanie (33)

Autos blindées

Avant-Propos

Un mot caractérise le parc d’autos blindées de l’armée royale roumaine durant le second conflit mondial : disparatre. De nombreux micro-parcs, des véhicules pas toujours adaptés et quelques modèles efficaces mais hélas disponibles en trop faible nombre. Comme dans d’autres domaines de nombreux véhicules soviétiques capturés vont être réutilisés ce qui aggravera encore les problèmes logistiques.

TNSPE

Ce véhicule blindé de conception et de fabrication roumaine n’est pas à proprement parlé une auto blindée de reconnaissance mais plutôt un véhicule de maintien de l’ordre pouvant éventuellement mener des missions militaires à condition que l’opposition ne soit pas trop importante.

Utilisant un châssis de camion Praga TN, ce véhicule est armé d’une mitrailleuse de 7.92mm et d’un canon à eau très utile pour le maintien de l’ordre moins pour les opérations militaires. De quatre à sept exemplaires auraient été fabriqués et utilisés pour le maintien de l’ordre à Bucarest, leur sort final est inconnu mais ce qui est sur c’est qu’aucun véhicule n’à survécu au second conflit mondial.

Austin-Putilov

L’Austin-Putilov est une vieille auto blindée de conception et de fabrication britannique produite durant le premier conflit mondial, première guerre où des engins automobiles ont été employés même si très vite sur le front occidental la mise en place d’un double réseau de 700km de tranchées de la Suisse à la mer du Nord empêcha leur utilisation.

Ce fût différent sur le front de l’est où la géographie permettait l’utilisation de véhicules automobiles, véhicules également utilisés dans la guerre civile russe et dans les différents conflits qui suivent la fin de la der des ders.

La Russie à commandé des autos blindées Austin avant d’en produire quelques exemplaires au pays, des véhicules devenus des Austin-Putilov ou Austin-Kegresse quand elles étaient transformées en véhicules semi-chenillés.

Au début du premier conflit mondial la Russie des Romanov décida de mettre sur pied des unités d’autos blindées mais faute de capacités industrielles suffisantes elle se tourne vers la Grande-Bretagne pour produire les autos blindées nécessaires. C’est Austin qui remporta le contrat au détriment de Armstrong Whitworth, Renault et Sheffield-Simplex.

Une première commande de quarante-huit véhicules est passée suivit par soixante exemplaires en mars 1915 et soixante autres le 25 août 1916. Une ultime version baptisée Austin modèle 1918 est commandée mais aucun véhicule n’est livré en raison des événements de Russie.

Entre-temps en 1916 décision est prise de produire une auto blindée en Russie. Soixante châssis sont commandés à Austin qui devaient recevoir une caisse blindée chez Putilovski à Saint-Pétersbourg. Les véhicules blindés devaient être produits à partir de juillet 1917 mais la Révolution de février fracasse tout. Les premiers véhicules sont finalement produits en mars 1918 mais seulement trente-trois exemplaires sont produits auxquels il faut ajouter douze autos blindées semi-chenillées. La production s’arrrête en mars 1920 suite au manque de pièces et de matériaux.

Sur le plan opérationnel les autos blindées furent utilsiées au sein de «pelotons de mitrailleuses automobiles», les premières unités (numérotées de 5 à 12) disposant de trois voitures, quatre voitures d’état-major, un camion, un camion-atelier, un camion citerne et quatre motos, les effectifs étant de quatre officiers avec quarante-cinq ou quarante-six hommes.

Les autres pelotons (13 à 24, 26 à 28 et 30 à 36) disposaient de seulement deux véhicules type Austin mais disposaient également d’une auto blindée Garford-Putilov armée d’un canon, une voiture d’état-major, un camion et une moto. Les pelotons numérotés 5 à 12 disposaient d’une autre Garford-Putilov. Au combat ces pelotons étaient rattachés à des divisions et des régiments.

A la mi-1916 ces pelotons furent regroupés en douze bataillons d’autos blindées rattachés à différentes armées. Chacun de ces bataillons étant formés de deux à cinq pelotons qui sont rebaptisés en sections gardant leur ancien numéro.

En 1921 la RKKA disposait de seize Austin de première série, quinze de deuxième série, soixante-dix huit de troisième série ainsi que les autos blindées produites chez Putilov. Les «britanniques» sont retirées du service en 1931, les Putilov en 1933.

Ces autos blindées furent également utilisées par les britanniques (seize autos blindées initialement prévues pour la Russie), le Japon, la Pologne (vingt autos blindées capturées), la Finlande (deux capturées), l’Estone (deux capturées), la Lettonie (un exemplaire), la Mongolie (quatre exemplaires), l’Allemagne (quatre véhicules utilisés par un corps franc), l’Autriche, la Bulgarie et donc la Roumanie.

L’armée roumaine disposait en septembre 1939 de quatre exemplaires d’abord utilisées au sein de la cavalerie pour des missions de reconnaissance. En septembre 1943 elles sont transférées à la gendarmerie pour des missions de sécurité intérieure et assurent toujours cette mission en septembre 1948.

Assurant des missions d’escorte entre l’arrière et le front ces véhicules sont appréciés pour leur fiabilité même si le manque de pièces détachées est de plus en plus difficilement compensée par le travail des mécaniciens. En mars 1952 il n’en reste plus que deux exemplaires, exemplaires qui sont détruits lors d’un bombardement aérien sur Bucarest (opération Rache bombardement de la Luftwaffe le 18 octobre 1953) et ferraillées après guerre.

Caracteristiques Techniques

Poids : 5.3 tonnes

Dimensions : longueur 4.9m largeur 2.03m hauteur 2.84m

Motorisation : un moteur Austin de 50ch

Performances : vitesse maximale 56km/h distance franchissable 201km

Protection : 3 à 6mm

Armement : deux mitrailleuses (Maxim ou Hotchkiss)

Equipage : 4 ou 5 hommes

Autos blindées Peugeot

En septembre 1948 l’armée roumaine possède deux vénérables autos blindées de marque Peugeot, des autos blindées développées dans l’urgence des premières semaines du premier conflit mondial.

Si les autos blindées ultérieures pouvaient disposer d’un canon et d’une mitrailleuse, l’auto blindée Peugeot fût déclinée en deux versions, une version armée avec une mitrailleuse (une Hotchkiss de 8mm modèle 1914) et une version appelée autocannon disposant d’un canon de 37mm Hotchkiss datant de…..1887.

120 exemplaires conçus par l’installation d’une caisse blindée sur un châssis de Peugeot type 153 sont d’abord produits suivis de 150 exemplaires sur le chassis type 146 puis sur le type 148 portant la production à 270 exemplaires.

Inutiles en première ligne, ces autos blindées furent utilisées par la France pour patrouiller sur l’arrière du front. En 1918 il n’en restait plus que 28 exemplaires au sein de l’armée française. 18 véhicules furent cédés à la Pologne et participèrent à la guerre russo-polonaise de 1920, servant dans l’armée polonaise jusqu’au début des années trente avant de terminer leur carrière dans la police et de faire ainsi le coup de feu contre les allemands en septembre 1939.

Quatre exemplaires furent également livrés à la Yougoslavie et bien qu’obsolètes ces véhicules étaient toujours en service en 1949 quand l’Allemagne déclenche l’opération MARITSA, l’invasion de la Yougoslavie et de la Grèce pour sécuriser le flanc sud de la future opération BARBAROSSA, les quatre véhicules étant détruits au combat (un par mine, un par un canon antichar italien, un par accident et le quatrième par un tir d’artillerie).

La Roumanie disposait en septembre 1939 de deux véhicules utilisées par l’armée roumaine mais en septembre 1942 elles sont retirées du service et stockées. Elles sont finalement remises en état avec un nouveau moteur et un nouvel armement (deux mitrailleuses tchèques de 7.92mm) pour assurer la protection des déplacements du Conducator, le maréchal Antonescu. Ces deux véhicules ont disparu dans la tourmente du second conflit mondial et leur sort final est inconnu.

Caracteristiques Techniques

Poids : 5 tonnes

Dimensions : longueur 4.8m largeur 1.8m hauteur 2.8m

Motorisation : un moteur essence de 40ch à 2500 tours par minute, suspension 4×2

Performances : vitesse maximale 40km/h sur route distance franchissable 140km

Armement : une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8mm (version mitrailleuse) ou un canon de 37mm Hotchkiss M1887 (version autocanon)

Equipage : 3 ou 4 hommes

OA vz.27

L’Obrněný automobil vzor 27 est une auto blindée de conception et de fabrication tchécoslovaque utilisée d’abord par les forces armées de Prague (1929) mais aussi par l’Allemagne, la Slovaquie et la Roumanie. Quinze exemplaires plus un prototype ont été produits et son utilisateur principal fût au final la Roumanie comme nous le verrons ultérieurement.

Cette auto blindée est un pur véhicule militaire avec un chassis conçu pour les opérations militaires. Elle se distingue par deux postes de conduite pour permettre de se replier rapidement en cas de contact avec l’ennemi.

Cette auto blindée se révela robuste et facile à entretenir mais son poids et son coût étaient des défauts importants. Six véhicules équipèrent le régiment blindé tchèque tandis que les neuf autres étaient utilisés par la cavalerie.

Au milieu des années trente, trois véhicules supplémentaires furent envoyés au 1er régiment blindé portant le nombre à neuf alors que les 2ème et 3ème régiments disposaient de trois véhicules chacun.

Ces véhicules furent employés dans des opérations de maintien de l’ordre contre le parti pro-nazi des Sudètes qui voulaient rattacher leur région à l’Allemagne.

Après les désastreux accords de Munich, un peloton fût envoyé en Slovaquie et en Ruthenie pour contrer les attaques frontalières menées par les hongrois et les polonais. L’un d’eux se réfugia en Roumanie et les véhicules furent récupérés par l’armée roumaine qui reçut ultérieurement les neuf véhicules capturés par les allemands et ce en dépit des demandes slovaques qui au moment de leur indépendance avaient récupéré trois véhicules.

Les douze autos blindées roumaines furent utilisées par la cavalerie au sein de divisions mixtes, l’équivalent sur les bords du Danube de nos divisions «pétrole-picotin».

Appréciées par leurs nouveaux utilisateurs qui les avaient répartis en deux compagnies de six véhicules (une au sein de la 1ère division de cavalerie et l’autre au sein de la 3ème), elles sont modernisées durant la Pax Armada pour compenser la production trop lente d’une auto blindée de conception roumaine. Son moteur est changé, l’armement est modifié (un canon de 20mm et une mitrailleuse de 7.92mm en tourelle, une fusil mitrailleur de 7.92mm en caisse) et différentes autres modifications de détail sont menées.

En dépit des travaux ce véhicule était clairement dépassé quand débute le second conflit mondial mais cela n’empêchera pas cette auto blindée de faire le coup de feu, d’éclairer, de flanquer, de freiner les troupes soviétiques lors des combats de l’été 1950.

Deux véhicules sont détruits par des canons antichars de 45mm réduisant le parc à dix puis très vite à six puisque quatre autres véhicules sont détruits dans des combats de plus en plus violents (deux par mine, un par un tir de barrage soviétique et le quatrième par une auto blindée soviétique).

Les six véhicules sont alors retirés du front et utilisés pour des missions de sécurité à Odessa et dans sa région. Ils patrouillaient, assuraient des escortes et appuyaient les forces de sécurité.

En septembre 1953 quand les VDV (parachutistes soviétiques) sautent sur la grande ville du sud de l’Ukraine, il ne restait plus que deux véhicules opérationnels, véhicules détruits au cours des violents combats entre troupes roumaines et soviétiques.

Caracteristiques Techniques

Poids : 6.6 tonnes

Dimensions : longueur 5.35m largeur 1.95m hauteur 2.66m

Motorisation : un moteur essence Skoda de 60ch transmission 4×2

Performances : vitesse maximale 35km/h distance franchissable 250km sur route

Blindage : 3 à 5.5mm

Armement : deux mitrailleuses de 7.92mm Schwarzlose MG vz.07/24 en tourelle et un fusil mitrailleur ZB vz.26 en caisse

Equipage : cinq hommes

OA vz.30

L’Obrněný automobil vzor 30 est une autre auto blindée de conception et de fabrication tchècoslovaque utilisée par l’armée roumaine. Elle à également été employée par l’Allemagne, la Slovaquie et la Hongrie.

51 exemplaires ont été produits, 24 étant saisis par les allemands lors de l’occupation de la Bohème-Moravie en mars 1939, 16 par la Slovaquie quand celle-ci déclaré son indépendance, 9 par la Roumanie (véhicules tchèques internés pour échapper à l’occupation hongroise de l’Ukraine subcarpathique) et 2 exemplaires par la Hongrie.

Cette auto blindée est composée d’un chassis de camion Tatra 6×4 sur lequel on à installé une caisse blindée avec un armement composé d’une mitrailleuse de caisse et d’une autre en tourelle.

L’armée tchécoslovaque passe commande de 51 exemplaires en mars 1933 pour des livraisons en décembre mais Tatra prend énormément de retard et les six premiers exemplaires ne sont livrés mars 1934 suivis par seize en février et le reliquat en juillet 1934.

Cette auto blindée connait de sérieux problèmes techniques notamment au niveau du moteur ce qui empêchait l’équipage de profiter pleinement des capacités d’un chassis à roues indépendantes offrant des performances tout terrain remarquable. Le blindage était très faible et les fusils mitrailleurs ne pouvaient tirer longtemps sans s’échauffer.

Ces autos blindées étaient regroupés en pelotons de trois véhicules intégrées aux compagnies de reconnaissance des quatre Divisions Mobiles de l’armée tchèque, le reliquat formant des pelotons déployés dans les zones frontalières et qui durent donc s’employer contre les menées séparatistes du parti des Sudètes qui par les accords de Munich obtint le rattachement de la région à l’Allemagne.

Après ces accords deux compagnies furent envoyées en Slovaquie et en Ruthenie pour défendre le territoire contres les apétits polonais et hongrois.

Ces unités couvrent l’évacuation par l’infanterie tchécoslovaque du sud de la Slovaquie rattaché à la Hongrie.

Au printemps 1939 dix véhicules sont revendus à la Gendarmerie et deux compagnies qui combattent contre les hongrois en Ukraine subcarpathique doivent donc se réfugier en Slovaquie et en Roumanie ce qui explique l’utilisation de cette auto blindée par ces pays.

Les allemands ont réutilisé ces engins comme engins de propagande radio et de police, la Hongrie n’à rien fait de ces deux véhicules alors que la Slovaquie et la Roumanie ont utilisé ce véhicule de manière plus opérationnelle, les véhicules roumains servant à des opérations de maintien de l’ordre sur le territoire national et ne seront employés au combat qu’au printemps 1953 à un moment où l’Armée Royale Roumaine faisait feu de tout bois. Il restait alors quatre véhicules qui sont tous détruits.

Caracteristiques Techniques

Poids : 2.78 tonnes

Dimensions : longueur 4.02m largeur 1.52m hauteur 2.02m

Motorisation : un moteur Tatra de 32ch

Performances : vitesse maximale 60km/h distance franchissable 300km

Blindage : 3 à 6mm

Armement : deux fusils mitrailleurs ZB vz.26 de 7.92mm

Equipage : 3 hommes

Leichter Panzerspähwagen Sdkfz 222

Les premières automitrailleuses allemandes étaient des véhicules lourds et encombrants dont la puissance n’était pas toujours efficiente. Il fallait donc imaginer des autos blindées plus légères, plus compactes.

Au début des années trente apparait la Leichter Panzerspähwagen Sdkfz 221, un véhicule 4×4 entièrement neuf et non dévellopé à partir d’un chassis civil. Cette automitrailleuse n’est armée que d’une mitrailleuse de 7.92mm en tourelle biplace.

Rapidement une version améliorée baptisées Sdkfz 222 est mise au point, cette version se distinguant par un armement nettement plus puissant avec un canon de 20mm et une mitrailleuse de 7.92mm.

Ces véhicules de reconnaissance furent déclinés en une version de commandement (Sdkfz 233), une version radio (Sdkfz 260 et 261) et une version de transport de troupes (Sdkfz 247) avec une simple mitrailleuse sous bouclier, l’habitacle pouvant abriter cinq hommes.

La version Sdkfz 222 est exportée en Chine (douze exemplaires sont vendus à la fin des années trente. Certains exemplaires reçurent des armes plus puissantes comme un canon antichar de 47mm sous bouclier en remplacement de la tourelle) mais aussi en Bulgarie et en Roumanie qui vont récupèrer des véhicules neufs mais aussi d’anciens véhicules allemands reconditionnés.

L’Armata Regala Romana reçoit un premier lot de 46 exemplaires en 1945. Ces véhicules étaient prêts dès 1943 mais la guerre civile allemande avait incité Bucarest à retarder la livraison pour éviter d’être dans le mauvais camp.

A ces quarante-six exemplaires neufs vont s’ajouter en septembre 1947 cinquante-quatre exemplaires de seconde main reconditionnés avec un armement plus puissant en l’occurence un canon tchèque de 37mm en lieu et place du canon de 20mm d’origine.

Cela porte la flotte roumaine à 100 exemplaires mais ce n’est pas finit puisque la Roumanie va encore recevoir soixante-douze exemplaires d’une version améliorée baptisée Sdkfz 222B.

A ces cent soixante-douze exemplaires vont s’ajouter trente-six exemplaires d’une version de commandement équipée de deux mitrailleuses de 7.92mm en lieu et place de l’armement original, une superstructure prenant la place de la tourelle pour offrir de la place nécessaire aux lourds équipements radios.

Cette version baptisée Sdkfz 223 n’est pas vraiment appréciée par les roumains qui vont transformer une partie du parc en Sdkfz 222 avec une tourelle armée d’un canon de 20mm ou d’une mitrailleuse de 13.2mm associée à une mitrailleuse de 7.92mm. Les chiffres sont incertains mais il semble que seize des trente-six véhicules ont été ainsi transformés pour mener une guerre plus active.

Ces véhicules vont être utilisés par la cavalerie mais aussi par la division blindée. Elles vont mener les missions classiques de la cavalerie légère à savoir l’éclairage, le flanquement et le harcèlement.

A plusieurs reprises ces autos blindées allemandes vont être engagées pour contrer une percée soviétique ou pour rassurer des unités d’infanterie qui pouvaient être rapidement sujettes à des crises de panique quand les Frontoviki donnaient l’assaut aux cris de Houraaaaaaaaaaaaaaah.

Les pertes sont évidemment très lourdes et en septembre 1953 quand la Roumanie bascule il ne restait que cinquante-quatre véhicules tout type confondu, véhicules qui furent réutilisés contre les allemands et les hongrois, leur présence provoquant parfois surprises et quiproquos dans les rangs germano-magyars.

Une fois le conflit terminé les véhicules encore en état sont soit utilisés pour l’entrainement ou au sein des unités de police pour mâter une agitation communiste de plus en plus remuante. Les derniers Leichte Panzerspähwagen sont retirées du service en octobre 1959 et en 2020 deux d’entre-elles peuvent être admirées au musée de la guerre de Bucarest.

Caractéristiques Techniques du Leichter Panzerspähwagen Sdkfz 222

Type : automitrailleuse légère

Poids : 4.8 tonnes en ordre de combat

Dimensions : longueur hors tout 4.80m largeur : 1.95m hauteur (grille pare-grenades incluse) : 2m

Motorisation : in moteur essence Horch/Auto-Union de 81ch

Performances : vitesse maximale sur route 80 km/h vitesse maximale en tout-terrain 40 km/h Rayon d’action sur route 300km

Rayon d’action tout-terrain : 180 km

Armement : un canon de 20mm et une mitrailleuse MG-34 de 7.92mm

Equipage : trois hommes

Autoblinda AB-40/41/43

Ces autos blindées 4×4 sont les armoured car les plus nombreuses en service dans l’armée de terre italienne en septembre 1948.

Produites jusqu’à la fin du conflit à environ 1050 exemplaires, elles vont combattre en Italie, en Afrique du Nord, en Afrique orientale, dans les Balkans et sur le front russe. Trois modèles vont être mis au point pour équiper les unités de reconnaissance du Regio Esercito Italiano.

Le premier modèle est l’AB-40 disposant de deux mitrailleuses de 8mm Breda modèle 1938 alors que les deux suivants baptisés AB-41 et 43 sont armés d’un canon de 20mm et de deux mitrailleuses de 8mm.

A l’origine de ces autos blindées figure une demande du ministère de la guerre italien en date de 1937 pour une auto blindée capable à la fois d’éclairer les futures divisions cuirassées mais également de mener des missions de police coloniale. Deux prototypes sont commandés, un dans chaque version.

L’AB-40 va entrer en service au printemps 1941. Par rapport au prototype, l’AB-40 dispose d’une caisse avant redessinée, d’un blindage de plancher plus épais, d’une ventilation améliorée, de pneumatiques de meilleure qualité.

L’AB-40 est produite de 1941 à 1944 à raison de 425 exemplaires. Elle est suivie par l’AB-41 produite entre 1945 et 1948 à 340 exemplaires, l’AB-43 étant produite à 295 exemplaires de 1948 à 1953.

A noter que certaines AB-40 ont été modifiées en AB-41 avec le même armement mais il s’agissait le plus souvent du prélèvement de la tourelle sur des AB-41 dont le chassis était hors service plutôt qu’une véritable modernisation.

Le chassis de ces autos blindées fût utilisé pour le véhicule blindé léger SPA-Viberti AS-42 ainsi que pour un projet d’auto blindée AB-44 disposant d’un canon de 47mm qui ne dépassa pas le stade du projet pour des raisons obscures.

Généralement les autos blindées italiennes formaient des compagnies ou des groupes de reconnaissance disposant de trois ou quatre pelotons disposant chacun de 3 ou 4 véhicules soit en théorie 9 à 16 véhicules généralement renforcées par des motocyclistes mais cela représentait peu de chose par rapport aux autres pays.

Les trois divisions de cavalerie et les trois divisions cuirassées disposaient de moyens plus importants avec un bataillon d’éclairage disposant de trois compagnies à quatre pelotons de quatre autos blindées soit sur le papier 48 autos blindées sans compter les véhicules du commandement de compagnie et du commandant de bataillon soit 52 autos blindées sur le papier.

Présentes sur tous les théâtres d’opération dans lesquels fût engagée l’Italie, ces autos blindées ne déméritèrent pas. Elle effectua aussi bien des missions d’éclairage que de police coloniale, traquant également les partisans dans les Balkans et sur le front russe.

Si elles pouvaient tenir tête à certaines autos blindées, elles étaient plus en difficulté face à la puissance automitrailleuse Panhard modèle 1940P même si plus véloces et plus petites, elles pouvaient parfois jouer sur ses qualités face à la puissante AMP.

Cette auto blindée à également été utilisée par l’Allemagne et par la Hongrie qui récupéra auprès de Berlin des autoblinda saisies par les allemands lors du basculement italien d’avril 1953. L’ENR à également utilisé ces véhicules au combat moins pour de l’éclairage que traquer les partisans.

La Roumanie à également utilisé six véhicules livrés par Himmler au Conducator pour renforcer sa protection alors que sa politique était de plus en plus critiquée. Elles n’ont jamais été engagées au combat, se contentant de patrouiller dans les rues de Bucarest ou assurant l’escorte de convois transportant le maréchal Antonescu et son gouvernement lors de tournées d’inspection dans le pays, tournées de plus en plus rares tant le dictateur roumain avait conscience de son impopularité.

Sur les six véhicules livrés au printemps 1953 après la défection italienne, quatre furent détruits en quelques semaines.

Une première est détruite le 17 mai 1953 à Cluj-Napoca quand la caserne que venait de visiter le Conducator est attaquée par des chasseurs bombardiers britanniques Hawker Tempest suivit d’une seconde le 23 mai 1953 par des commandos britanniques en mission de sabotage (certains ont parlé d’une tentative d’assassinat du dictateur roumain mais aucun document n’est encore venu étayer cette thèse, les documents de cette période étant classifiés jusqu’en 2054).

Le troisième est victime d’un accident avec un camion allemand et la quatrième est détruite par un autre bombardement aérien allié mais sur Bucarest cette fois. Les deux derniers véhicules sont saisis par le nouveau gouvernement communiste qui décident de ne pas les réutiliser et va les envoyer à la ferraille peu après la fin de la guerre.

Caracteristiques Techniques

Type : auto blindée de reconnaissance

Poids : 7.52 tonnes

Dimensions : longueur 5.21m largeur 1.93m hauteur 2.48m

Motorisation : un moteur essence SPA l6 de 88ch

Performances : vitesse maximale 78 km/h distance franchissable 400km

Blindage : 18mm maximum

Armement : (AB-40) deux mitrailleuses de 8mm Breda modèle 1938 en tourelle (AB-41 et 43) un canon de 20mm Breda et une mitrailleuse Breda de 8mm en tourelle et une mitrailleuse de 8mm dans l’arrière de la caisse. Le canon de 20mm dispose de 456 coups alors que les mitrailleuses disposent de 1992 coups. Equipage : quatre hommes (chef de char, tireur, deux conducteurs)

Mitteleuropa Balkans (101) Roumanie (31)

Véhicules

Chars

Renault FT

Surnommé le «char de la victoire», le Renault FT (et non FT-17 comme on l’écrit parfois) peut être considéré comme un char canonique car il fixe l’organisation générale d’un char moderne avec le moteur à l’arrière, la tourelle au centre et le pilote à l’avant, les chars s’éloignant de ce concept étant peu nombreux.

Produit en masse (4516 exemplaires), il va équiper l’armée française et ses alliés, participant aux offensives finales de l’été 1918 aboutissant à l’armistice de Rethondes.

Dans l’immédiat après guerre un certain nombre d’exemplaires sont cédés à des pays étrangers ce qui permet à nombre d’entre-eux de faire connaissance avec le char et développer des unités motomécaniques en fonction bien entendu de leurs ambitions et de leurs moyens.

En 1919 l’Armata Regala Romana reçoit 76 Renault FT ce qui permet la création d’un premier régiment blindé. Ce char va être peu à peu remplacé par des chars de conception et de fabrication tchécoslovaque.

En septembre 1941 il est officiellement retiré du service et les véhicules survivants sont stockés et entretenus pour participer éventuellement au maintien de l’ordre.

Sept ans plus tard quand le second conflit mondial éclate il ne restait plus que vingt-quatre exemplaires en état de marche, les autres ayant été ferraillés ou cannibalisés pour fournir des pièces détachées.

Ils reprennent du service sur l’aéroport de Bucarest pour protéger le site d’un éventuel assaut parachutiste soviétique qui ne sera jamais mené. Quelques véhicules sont transférés à la Gendarmerie pour participer au maintien de l’ordre en zone rurale.

Quand le second conflit mondial se termine il ne reste plus que six chars de ce type qui sont rassemblés puis utilisés comme cible pour les exercices de tir des unités de l’Armée Rouge déployés en Roumanie.

Si un Renault FT est bien exposé au musée de la Guerre à Bucarest c’est qu’il s’agit d’un char acquis aux Etats-Unis, transféré en Roumanie, restauré et exposé.

Caractéristiques Techniques du Renault FT

Poids total : (char-mitrailleur) 6.5 tonnes (char-canon de 37mm) 6.7 tonnes

Dimensions : longueur 4m (5.10m avec la queue passe tranchée) largeur 1.74m hauteur 2.14m

Motorisation : un moteur Renault 4 cylindres développant 35 ch à 1300 tours minutes. Boite à quatre vitesse + une marche arrière. Réservoir de 96 litres d’essence

Vitesse maximale 7.8 km/h, environ 2 km/h en terrain varié Pente 45° Autonomie : 8 heures

Blindage : tourelle blindée à 22 et 16mm, parois verticales 16mm parois obliques 8mm plancher 6mm

Armement : (char-mitrailleur) une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8mm avec 4800 coups en 50 bandes articulées de 96 cartouches ou un canon de 37mm semi-automatique modèle 1916 avec 237 obus. Certains Renault FT mitrailleurs ont été réarmés avec une mitrailleuse Darne de 7.5mm.

Equipage : 2 hommes (mécanicien pilote et chef de char tireur).

AH-IV

Strigsvan M/1937, version utilisée par la Suède de l’AH-IV

Le AH-IV est une chenillette tchécoslovaque mise au point dans les années trente et qui connu un certain succès à l’export puisqu’il fût exporté en Romanie, en Suède et en Iran.

A l’origine de ce véhicule figure la volonté de la Českomoravská Kolben-Daněk (CKD) de mettre au point un véhicule mieux conçu que le Tancik vz.33 avec notamment un mitrailleur en tourelle alors qu’il était installé en caisse sur le vz.33.

Le premier client est l’armée iranienne qui passe commande dès 1935 de cinquante exemplaires plus un prototype. Les premiers exemplaires arrivent en août 1936 et la commande est honorée en mai 1937 même si l’armement ne fût installée qu’en novembre 1937. Très satisfaits les iraniens souhaitèrent commander entre 100 et 300 exemplaires supplémentaires mais la guerre de Pologne plus le veto allemand empêcha la commande de se concrétiser.

La Roumanie elle passe commande de trente-six exemplaires baptisés AH-IV-R (AH-IV-Roumanie) via un contrat le 14 août 1936. Les premiers véhicules sont livrés en octobre 1937 à temps pour les manœuvres automnales où ils donnent satisfaction. Ce sera moins le cas pour les exemplaires suivants ce qui explique qu’ils ne seront officiellement acceptés qu’en août 1938. Le projet de le produire sous licence ne dépassa pas le stade de l’unique prototype.

Aux commandes iraniennes s’ajoutèrent également une commande suédoise de quarante-huit chenillettes désignées Stridsvagn m/37 et qui vont être livrées en 1938 après une évaluation concluante en 1937.

Au sein de l’armée royale roumaine les AH-IV désignés R-1 furent déployés au sein des unités de cavalerie, les cinq divisions de cavalerie se partageant les trente-six chenillettes sous la forme de douze pelotons de trois véhicules.

Si les 1ère, 3ème et 5ème divisions de cavalerie disposaient chacune de trois pelotons, les 2ème et 4ème possédaient un unique peloton pour la première et deux pour la seconde.

Ces véhicules ont été vité déclassés et vont être retirés des unités de première ligne à l’automne 1945. Après une méticuleuse inspection sur les vingt-huit véhicules encore disponibles seuls vingt ont été préservés pour être réutilisés en cas de besoin.

Utilisés pour l’entrainement et la formation les R-1 ont pour certains repris du service pour la sécurisation des arrières.

Au moins un exemplaire à été modifié pour recevoir un canon antichar sovietique de 45mm en superstructure mais on ignore son utilisation comme son sort final. Les quelques exemplaires ayant survécu à la guerre ont été rapidement envoyés à la casse à la fin des années cinquante.

Caractéristiques Techniques

Poids : 3.9 tonnes

Dimensions : longueur 3.2m largeur 1.73m hauteur 1.67m

Motorisation : un moteur 6 cylindre Praga RHP de 55ch

Performances : vitesse maximale 45 km/h Distance franchissable 170km

Blindage : 6 à 12mm

Armement : deux mitrailleuses de 7.92mm

Equipage : deux hommes

Skoda LT vz.35 (S-II)

Skoda LT vz.35

Le Skoda LT vz.35 (S-II) est un char léger de conception et de fabrication tchécoslovaque. Avec son compère le Panzer 38(t), le futur Panzer 35(t) allait compléter les Panzer III et IV produits en nombre insuffisant pour équiper les Panzerdivsionen. A leur apogée, quatre divisions blindées (4. PzD, 6. PzD, 7. PzD, 8. PzD) furent équipées de chars tchèques.

Ce char de 9 tonnes était un char médiocre. Son blindage riveté était son défaut principal car quand il était touché, il projetait à l’intérieur ces rivets, tuant ou blessant l’équipage.

Le dévellopement de ce char léger commença en 1934 quand l’armée tchécoslovaque demanda un nouveau char léger dit de cavalerie pour succéder au LT vz.34 déjà en service. La firme CKD implantée à Prague perdit face au projet de la firme Skoda.

La première commande de 160 exemplaires est passée le 30 octobre 1935, les livraisons commençant en décembre 1936 suivit de commandes supplémentaires, la production étant partagée entre Skoda et CKD suite à un accord de production.

La production fût laborieuse, les problèmes de mise au point nombreux, nécessitant de fréquents retours en usine.

En dépit de ces problèmes, l’étranger se montrant intéressé par ce char léger qui fût commandé par la Roumanie (126 exemplaires) et la Bulgarie qui récupéra dix exemplaires initialement commandés par l’Afghanistan. L’URSS évalua ce char mais ne donna pas suite. La Slovaquie indépendante récupéra 52 exemplaires auprès des allemands à qui ils devaient leur indépendance.

Ces chars furent retirés du service avec la mise en service du Panther qui avait finit de rééquiper ces quatre divisions quand éclate le second conflit mondial.

La quasi-totalité des Panzer 35 (t) est feraillée mais certains sont conservés en réserve au cas où utiliser pour l’instruction.

Une demi-douzaine de chassis sont récupérés pour servir de prototypes pour un chasseur de char, le Marder III qui combine le chassis du Pz 35(t) avec à la place de la tourelle une superstructure protégeant un canon antichar de 75mm.

L’Armata Regala Romana mis en service 126 exemplaires et voulu acquérir 382 exemplaires mais cette commande fût annulée en raison du démantèlement de la Tchécoslovaquie en mars 1939 et surtout la prise de contrôle allemande des industries militaires tchèques.

Les 126 exemplaires vont être essentiellement utilisés par la 1. diviziune blindată, une division blindée l’unité division motomécanique de l’armée royale roumaine avant le début du second conflit mondial.

Ces chars étaient déclassés pour ne pas dire obsolètes en septembre 1948 mais la Roumanie n’à pas vraiment le choix et doit conserver ses R-2 _désignation roumaine de ce char_ et ses Renault R-35 en service en attendant la livraison de Panzer III et de Panzer IV.

Ces chars sont mêmes engagés en juin 1950 en URSS. Certes à l’époque ils n’étaient plus utilisés que dans la reconnaissance et non le combat mais c’était signe que l’équipement de l’armée roumaine n’était pas à la hauteur pour des combats de haut intensité.

Si il pouvait combattre les chars légers amphibies de reconnaissance de la RKKA il devait fuir le combat contre des chars BT et T-34 dont certains équipaient des unités de reconnaissance de l’Armée Rouge.

Les pertes sont lourdes lors des phases estivales de l’opération BARBAROSSA et bien entendu lors de la contre-offensive ennemie.

Fin 1950 il restait 64 chars disponibles qui sont maintenus au sein de la division blindée pour la reconnaissance avec deux pelotons de huit véhicules soit seize blindés, seize autres formant quatre pelotons de quatre véhicules pour renforcer les divisions de cavalerie.

Le reste soit 32 véhicules est d’abord conservé en réserve puis 24 d’entre-eux sont transformés en chasseurs de chars sous le nom de TACAM R-2, un véhicule combinant le châssis renforcé du char tchèque avec une superstructure abritant un canon de 76.2mm soviétique.

Ces vingt-quatre chars vont former trois compagnies indépendantes de huit véhicules détachées en fonction des besoins aux divisions d’infanterie combattant les soviétiques puis les allemands après le basculement roumain de septembre 1953.

A l’époque il restait douze exemplaires qui vont former un régiment indépendant composé de TACAM R-2 et de SU-76 mais ceci est une autre histoire.

A la fin du conflit il restait quatre R-2 en version char léger qui sont tous envoyés à la ferraille car d’aucune utilité pour la nouvelle armée roumaine bien équipée en chars d’origine soviétique.

Caractéristiques Techniques du Skoda L.T vzor 35

Poids : 10.5 tonnes

Dimensions : longueur 4.45m largeur 2.14m hauteur 2.20m

Motorisation : moteur essence Skoda T11 de 120ch

Performances : vitesse maximale sur route 35 km/h Autonomie sur route 190km (115km en tout terrain)

Blindage : maximale 25mm

Armement : tourelle biplace abritant un canon de 37mm Skoda de 40 calibres pouvant pointer en azimut sur 360° et en site de -10° à +25° avec 72 obus en réserve. Il est associé à une mitrailleuse de 7.92mm qui partage avec la mitrailleuse de caisse le stock global de 1800 cartouches

Equipage : 4 hommes (pilote, opérateur radio-mitrailleur, pourvoyeur et chef de char/tireur)

Renault R-35

Défilé de R-35 roumains

Au début des années trente le char léger français standard est encore le vénérable Renault FT alias le «char de la victoire» autant dire une antiquité militaire. De plus sur le plan quantitatif la flotte souffrait d’une usure et d’un vieillissement important qui rendait peu probable la mobilisation de la totalité du parc en cas de guerre.

Un programme pour un char léger de 6 tonnes à deux hommes, 40mm de blindage et armement mixte (canon et mitrailleuses) est officiellement lancé le 2 août 1933. A ce programme répondent Renault, Batignolles-Châtillon, Hotchkiss, FCM (Forges et Chantiers de la Méditerranée), APX et Delaunay-Belville.

Le concours lancé le 2 août 1933 est modifié le 22 mai 1934 aboutissant à la construction de prototypes par tous les constructeurs sauf Delaunay-Belville.

La firme de Billancourt propose un char biplace de 11 tonnes armé d’un canon de 37mm SA modèle 1918 (le même que le FT) et une mitrailleuse. Le prototype va être testé à partir d’août 1934 et adopté le 25 juin 1936 sous le nom de char léger modèle 1935R tout comme ses concurrents FCM et Hotchkiss, les futurs FCM-36 et Hotchkiss H-35.

Quand éclate la guerre de Pologne, pas moins de dix-sept bataillons de chars de combat sont équipés de Renault R-35 soit un total de 765 chars, le total étant porté à 900 chars au printemps 1940, à l’apogée de la puissance des forces armées françaises avant que la démobilisation ne soit enclenchée pour soulager une économie en souffrance. A cela s’ajoute des véhicules en réserve et d’autres véhicules déployés dans l’Empire.

Un certain nombre de chars ont également été exportés essentiellement pour des raisons diplomatiques, cinquante envoyés en Pologne en juillet 1939, quarante envoyés en août-septembre 1939 en Roumanie et cent en Turquie en février et en mars 1940. Un deuxième lot aurait du être envoyé à la Pologne mais il va équiper le voir le 68ème BCC.

La production cesse à la fin du mois d’avril quand le R-40 prend le relais. Au total 1460 chars sont sortis des chaines de montage.

Après la démobilisation, quatorze bataillons de chars de combat restent stationnés en métropole avec ce Renault R-35 soit un total de 630 chars en service.

A ces chars s’ajoute ceux déployés dans l’Empire au sein des 62ème et 66ème BCC stationnés au Maroc et au sein du 64ème BCC stationné en Algérie soit un total de 135 chars auxquels s’ajoutent les deux BCC du Levant, portant le total à 225 chars.

Cela nous donne un total de 855 chars plus les 190 chars exportés et 120 utilisés pour l’expérimentation, les tests, l’instruction soit un total en ligne en France de 975, le reliquat soit 295 étant stockés.

Ces stocks vont servir à rééquiper la section de chars de Madagascar (huit blindés en ligne plus six en réserve soit un total de quatorze véhicules) ainsi que les deux compagnies de chars d’Indochine soit un total de trente chars en ligne plus quinze en réserve soit un total de quarante-cinq blindés sortis des stocks.

Cela nous laisse donc un total dans les stocks de 236 Renault R-35. Ce nombre va en réalité augmenter car un certain nombre de bataillons vont remplacer ces blindés par des chars plus modernes, ne laissant que trois BCC équipés de Renault R-35 soit un total en ligne de 135 chars, laissant un stock confortable de 631 exemplaires.

Du moins officiellement car en toute discrétion, un bataillon à été livré à l’armée portugaise (45 chars + 21 en réserve) et un autre à l’armée espagnole (45 chars +21 en réserve) soit un total corrigé de 599 chars disponibles plus les 120 cités soit 719 chars.

Ces chars vont participer au second conflit mondial durant la phase initiale de la mobilisation en attendant la disponibilité de chars plus modernes comme le FCM-42 et l’AMX-44 même si durant le conflit certains BCC remplaceront leurs chars légers par des canons d’assaut peut être plus modernes et surtout mieux adaptés ce qui avait également l’avantage de réserver la production des chars aux divisions blindées [NdA en 1952 les DLM et les Divisions Cuirassées ont été rebaptisées et uniformisées]).

En décembre 1937 la Roumanie décide de commander 200 exemplaires du Renault R-35 (baptisés Tancuri R-35) qui doivent être produits sous licence mais devant la difficulté du projet on décide de commander 41 exemplaires directement à la France, ces chars étant tous livrés en septembre 1939.

Aucun R-35 ne sera construit en Roumanie, Bucarest récupérant 34 chars ayant appartenu à l’armée polonaise portant son parc à 75 exemplaires, le reste du projet étant annulé, Bucarest préférant acquérir des chars plus modernes venant notamment d’Allemagne mais ceci est une autre histoire.

En septembre 1948 le Renault R-35 est encore en service. Sur les 75 exemplaires disponibles en 1940 il n’en restait plus que 54 en état de combattre. Ils ont été réarmés avec un canon de 45mm d’origine soviétique et rebaptisés Vanatorul de Care R-35.

Vanatorul de Care R-35

Les douze premiers véhicules ont été armés avec des canons récupérés dans une zone disputée de la frontière roumano-soviétique avant que d’autres canons soient récupérés sur certains chars soviétiques capturés ou dans les convois immobilisés par l’aviation et abandonnés par des unités de la RKKA cherchant à se replier vers l’est.

Trente-six exemplaires ont été ainsi modifiés avec une nuque de tourelle allongée pour absorber le recul supplémentaire. Ces véhicules pouvaient tirer leur épingle du jeu contre les chars BT ou les chars plus anciens mais évidemment face aux T-34 et aux KV ils ne pouvaient rien faire.

Ils vont rester en service jusqu’à la fin du second conflit mondial. En avril 1954 il restait huit exemplaires qui sont tous envoyés à la casse sauf deux, un exposé à Bucarest un deuxième exposé au musée des blindés à Saumur en France.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1935R

Poids total : 11 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.02m Largeur totale 1.85m Hauteur totale 2.13m (1.37m sans tourelle)

Motorisation : un moteur Renault 447 4 cylindres développant 85ch à 2200 tours/minute alimenté par 166 litres

Vitesse maximale : 20 km/h Pente : 75% Autonomie : 130km

Blindage : 40mm maximum

Armement : (configuration initiale) un canon de 37mm SA modèle 1918 puis SA38 alimenté à 100 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 2400 cartouches (configuration modernisée) un canon de 47mm SA35 alimenté à 90 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 2400 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un chef de char, le premier en caisse et le second en tourelle

Tancuri T-38

Skoda LT Vzor.38

Le Skoda L.T Vzor 38 est une version améliorée du vz.35 avec un blindage en partie boulonné, blindage renforcé passant à 50mm à l’avant. La dotation en munitions est augmentée passant à 90 coups de 37mm et à 2550 cartouches pour les mitrailleuses.

Le développement commence en 1937 suite à l’échec relatif du LT vz 35 qui était largement perfectible. CKD l’un des producteurs partit du futur Pz35 (t) et améliora la suspension avec un système Christie.

Avant même une commande nationale, cette version améliorée du LT vz35 fut exportée en Iran (50), au Pérou et en Suisse (24). Les chars commandés par la Lituanie non livrés en raison de l’annexion soviétique furent récupérés par la Slovaquie. La Grande-Bretagne évalua un exemplaire mais ne donna pas suite à une potentielle production sous licence.

Le 1er juillet 1938, l’armée tchécoslovaque passa commande de 150 exemplaires mais aucun appareil n’entra en service avant l’occupation allemande (mars 1939), la production continua ensuite pour l’Allemagne qui manqua de chars pour armer ses Panzerdivisionen.

A l’apogée de leur carrière allemande, les Panzerkampfwagen 38 (t) équipèrent quatre divisions blindées en compagnie des Panzerkampfwagen 35 (t) en l’occurence les 4. PzD, 6. PzD, 7. PzD et 8. PzD.

La carrière du Panzer 38 (t) était à terme limitée, sa tourelle ne pouvant emporter un canon plus puissant, capable de détruire les nouveaux chars ennemis. Les chars retirés du service à l’arrivée du Panther furent pour beaucoup revendus à des pays alliés comme la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie.

Le chassis du Panzer 38 (t) servit de base à un prototype de chasseur de chars, le Marder III qui installait sur un chassis de 38 (t) ou de 35 (t) un canon antichar de 75mm. Des prototypes de char de reconnaissance, de canon antiaérien automoteur furent également construits tout comme des ravitailleurs d’artillerie.

A l’export, le char tchèque est construit sous licence en Suède sous la désignation de Stridsvagn m/41 SII après que les quatre-vingt dix chars commandés à la Tchécoslovaquie eurent été récupérés par les allemands.

En compagnie du 35 (t), le Panzer 38 (t) participe à la guerre de Pologne. Il aurait du être remplacé rapidement mais en raison de la guerre civile et de problèmes industriels, il est encore en service en 1946, date à laquelle commence son retrait au profit du Panzerkampfwagen V. Les derniers chars sont retirés du service au printemps 1948.

Les chars retirés du service sont pour certains utilisés pour l’instruction, préservés pour le maintien de l’ordre ou cédés aux alliés. Les véhicules hors d’usage sont feraillés mais les tourelles sont préservés des affres de la destruction et installées aux frontières pour renforcer le Westwall et le Neue Ostwall.

La Roumanie va ainsi récupérer 50 exemplaires en septembre 1945 pour compléter ses R-2 mais ces chars étaient clairement dépassés pour ne pas dire pire. Bucarest apprit que c’était une mesure interimaire en attendant la livraison de Panzer III et de Panzer IV ce qui sera effectivement le cas.

Néanmoins en septembre 1948 le Tancuri T-38 était encore en service au sein de l’Armée Royale Roumaine comme char léger de reconnaissance. Après quelques semaines de combat sur le front russe, ce char est retiré des unités de première ligne pour sécuriser les arrières participant aux sinistres opérations de nettoyage menées par l’armée roumaine contre les partisans, les communistes et les juifs.

Ce n’était pas toujours des promenades de santé avec parfois de sérieuses contre-attaque menées par des partisans qui étaient souvent des soldats soviétiques égarés derrière les lignes ennemies et qui avaient préféré «provoquer la discorde chez l’ennemi» plutôt que d’essayer de rallier le gros des forces.

Si longtemps la propagande à été prise pour argent comptant, aujourd’hui les historiens relativisent beaucoup l’impact des partisans dans la guerre sur le front russe.

A la fin du conflit il ne restait qu’une poignée de chars de ce type en service, chars souvent en très mauvais état. Résultat ils sont rapidement envoyés à la casse sans autre forme de procès.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen 38 (t)

Poids : 9.5 tonnes

Dimensions : longueur 4.90m largeur 2.06m hauteur 2.37m

Motorisation : Moteur PRAGA EPA de 125ch

Blindage : 15 à 25mm

Performances : vitesse maximale 42 km/h sur route 15 km/h en tout-terrain Autonomie 230km sur route et 165 km en tout terrain

Armement : tourelle biplace avec un canon de 37.2mm Skoda A7 alimenté à 90 coups et associé à une mitrailleuse de 7.92mm qui partage le stock de 2550 coups avec la mitrailleuse de caisse.

Equipage : chef de char, chargeur, conducteur, mitrailleur/opérateur radio

Panzer III

Panzer III à canon de 50mm

Durant la période 1919-1939 l’armée allemande décide de développer une force blindée la Panzerwaffe, une force qui allait marquer les années de victoire comme les années de défaite du IIIème Reich.

Créer une force motomécanique ne s’improvise pas. Cela demande de la volonté, du temps et des moyens. Les allemands vont procéder par étape en mettant d’abord au point des chars légers destinés à former pilotes, tireurs et chefs de chars. Ce sont les Panzer I et II qui n’étaient pas censés être engagés au combat. On connait la suite.

Les premiers chars allemands modernes devaient être le Panzer III destiné à lutter contre les chars ennemis (avec son canon de 37mm au lieu du canon de 50mm initialement prévu) et le Panzer IV destiné à l’appui de l’infanterie.

Après un appel d’offres, c’est Daimler-Benz qui est choisit. Les premières versions (Ausf A à E) sont produites en petite quantité et ne donnant pas satisfaction, les Panzer III Ausf A à D sont retirés du service dès 1940.

La version Ausf F est la première version du Panzerkampfwagen III à être produite en grande série avec 560 unités produites jusqu’en mai 1941 quand une version Ausf G la remplace sur les scènes de montage.

Cette version est construite en petite quantité (220 à 250 exemplaires selon les sources) avant de céder la place à la version Ausf H, la première version à être équipée d’un canon de 5cm, d’abord en version courte (42 calibres soit un tube de 2.10m) puis en version long (60 calibres soit un tube de 3m).

560 Ausf F sont construits suivis de 250 Ausf G et de 950 Ausf H soit un total de 1760 Panzer III produits jusqu’en septembre 1947 quand la production est interrompue au profit de véhicules plus performants notamment le Panther appelé à remplacer à la fois le Panzer III mais également le Panzer IV.

Sur le plan de l’équipement des Panzerdivisionen, le Panzer III équipe encore totalement deux divisions blindées et partiellement deux autres en compagnie du Panzer IV (les quatre restantes étant entièrement équipées de Panzer IV à canon de 75mm long sans oublier quatre équipées de Panzer V Panther).

Au total ce sont près de 950 Panzer III Ausf G et H à être encore en service quand éclate le second conflit mondial. Son poids limité et son canon de 50mm jugé suffisant vont permettre son déploiement en Norvège pour l’opération Weserübung.

Comme pour les autres blindés allemands, le chassis du Panzer III s’est prêté à un certain nombre de conversions sans parler de la reconvertion de chars retirés du service actif.

Citons pêle-mêle une version de dépannage, de commandement, d’observation d’artillerie, char lance-flamme, poseur de travées, déminage. Ce chassis à aussi servit au développement du Sturmgeschütz III à canon de 75mm. En mélangeant des éléments du chassis du Panzer III et du IV, on obtint le chassis du canon automoteur Hummel.

La Roumanie récupère en mars 1942 32 Panzer III Ausf F à canon de 37mm puis très vite 72 Panzer III Ausf H à canon de 50mm, les premiers servant essentiellement à l’entrainement et à la sécurité intérieure alors que les H équipaient les unités de première ligne.

En compagnie de Panzer IV, les Panzer III roumains (connus sous le nom de R-3) vont combattre dans les plaines et les steppes russes, remportant quelques succès contre des unités blindées soviétiques imposante mais dont le niveau technico-tactique n’était pas à la hauteur de certaines unités ennemies.

Toujours présents lors de l’opération FRIEDRICH ils subissent de telles pertes qu’ils sont retirés des unités de première ligne, le Panzer IV (en attendant une livraison de Panther qui n’eut jamais lieu en raison du basculement roumain dans le camp soviétique) devenant l’unique de char de combat roumain de première ligne.

Débur 1952 il restait 12 Panzer III Ausf F et 22 Panzer III Ausf H. Ces chars sont d’abord stockés, on étudie leur transformation en chasseur de chars ou en canon d’assaut mais aucun projet ne voit le jour.

Au moment de l’opération PIOTRE VELIKY, les chars encore en état forment un groupement de marche, le Groupement Codreanu (un homonyme du leader de la Garde de Fer) pour tenter de sauver ce qui peut l’être c’est-à-dire pas grand chose.

Quand le second conflit mondial se termine il ne reste plus que quatre Ausf F et dix Ausf H, souvent en mauvais état. Voilà pourquoi ces véhicules sont rapidement envoyés à la casse.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen III

Poids : 22.3 tonnes Longueur total : 6.41m longueur de la coque : 5.41m largeur : 2.95m hauteur : 2.50m

Moteur : Maybach HL 120 TRM 12 cylindres 300ch

Blindage : maximal 50mm

Performances : vitesse maximale sur route 40 km/h (19 km/h en tout-terrain) Autonomie 175km sur route 97km en tout-terrain

Armement : un canon de 50mm en tourelle triplace avec 99 projectiles pouvant pointer de -10° à +20° et sur 360° en azimut, canon associé à une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm (2250 cartouches) et une mitrailleuse de caisse (1250 cartouches)

Equipage : cinq hommes (Pilote, radio-mitrailleur, chef de char, chargeur et tireur)

Panzer IV

Quand le char de combat est inventé, sa mission unique est de percer le front et de déblayer le terrain au profit de l’infanterie qui ne pouvait seule vaincre la triade “mitrailleuse + barbelés + tranchées”.

L’appui de l’infanterie semblait être la seule mission du char de combat, un affrontement entre chars si il était du domaine du possible, paraissait peu probable.

Aussi quand l’Allemagne planifia la montée en puissance de sa Panzerwafe, elle identifa deux types de chars : un char armé d’un canon capable de combattre les autres chars et un char destiné à les appuyer à l’aide d’un canon plus puissant tirant des obus explosifs, canon qui pouvait aussi mener une mission d’appui de l’infanterie.

Le développement du futur Panzerkampfwagen IV (Sonderkraftahtzeug 161) commence avant même l’arrivée des nazis au pouvoir ce qui implique des appellations de camouflage comme Mittleren Traktor puis Bataillonführerswagen avant de devenir de véritables chars de combat.

Le prototype apparait en 1935. MAN et Krupp s’affrontent et c’est finalement le fabricant d’Essen qui l’emporte et qui reçoit commande en 1936 des premiers exemplaires de série.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Panzerwafe dispose de 437 Panzer IV (35 Ausf A 42 Ausf B 140 Ausf C et 220 Ausf D) qui sont mélés aux Panzer III pour assurer leur appui.

Durant la période de Pax Armada (1939-1948), cette période qui sépare la guerre de Pologne du second conflit mondial, le rôle et la place du Panzer IV évolue.

Le Panzer III ne pouvant recevoir plus qu’un canon de 50mm, il sera à terme déclassé par l’augmentation des blindages ce qui n’est pas le cas des Panzer IV dont les dimensions généreuses du chassis permettent d’envisager l’installation d’un armement sous tourelle plus puissant.

L’apparition en France du Renault G-1 à canon de 75mm sous tourelle pousse l’Allemagne à lancer l’étude d’un nouveau char moyen à canon de 75mm long sous tourelle. Le dévellopement prennant du temps, il faut parer au plus pressé.

Outre le réarmement des Panzer III avec un canon de 50mm lui rendant un vrai pouvoir antichar, la direction des troupes blindées décide de produire une version du Panzerkampfwagen IV à canon de 75mm long soit un canon de 48 calibres au lieu des 24 pour les précédents.

Après l’Ausf E encore équipé d’un canon court et fabriqué à 240 exemplaires, la production passe au Ausf F, la première des quatre versions armés du canon de 75mm de 43 calibres.

La version F est produite à 250 exemplaires est suivit par 300 Ausf G dôtés d’un moteur plus puissant, d’une suspension améliorée et de jupes blindées (Schürtzen) pour protéger le train d roulement des coups de l’ennemi. Les Ausf H et J ne se différencient que par des détails infimes, difficilement décelables à l’oeil nu.

Le Panzer IV va devenir en attendant l’arrivée du Panther le char majeur des Panzerdivisionen, remplaçant peu à peu les Panzer III. Résultat quand le second conflit mondial éclate, le Panzer IV équipe quatre divisions blindées au complet et deux divisions partiellement avec le Panzer III soit six divisions et plus un millier de chars en service.

Théoriquement la production du Panzer IV devait cesser pour laisser la place au Panther plus moderne mais des problèmes industriels et un grand nombre de maladies de jeunesse vont pousser les autorités allemandes à maintenir ouverte les chaines de production du Panzerkampfwagen IV.

Cette décision répond aussi au besoin de satisfaire les besoins de la S.S qui prend la décision de mettre sur pied deux divisions blindées en septembre 1947 (elles sont donc loin d’être opérationnelles un an plus tard) ainsi que de l’export au profit des alliés de l’Allemagne.

C’est ainsi que la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie, la Finlande et l’Italie reçoivent des Panzer IV à canon court et long. Des pays neutres comme l’Espagne et la Turquie reçoivent également des Panzer IV mais en plus faible nombre que les alliés de Berlin.

Comme le Panzer III, des variantes ont été mises au point à partir du châssis du Sonderkraftahtzeug 161. On trouve un véhicule de dépannage, une version de commandement du char standard, des chars lance-flamme, des poseurs de traverse, un char du génie et plus original, un char porte-grue destiné à embarquer et à élever les munitions destinées aux obusiers automoteurs Karl de 600mm.

La Roumanie va recevoir de nombreux Panzer IV en l’occurrence d’abord seize Panzer IV Ausf D pour entrainement puis 148 Panzer IV à canon long en l’occurrence 64 Ausf F et 84 Ausf H. Ces blindés vont principalement armer la 1ère division blindée mais aussi la 2ème brigade blindée.

Cette brigade à été créée en mars 1952 pour former à terme une division mais les moyens ont manqué pour aboutir à cet objectif. Cette brigade allait intégrer le Groupement Mobile Vanescu en compagnie de la 1ère division blindée et de la 8ème division de cavalerie.

Ce groupement était déployé en Ukraine, servant de Réserve Stratégique pour soutenir les divisions d’infanterie qui tenaient le front.

Ce groupement va contre-attaquer à plusieurs reprises pour tenter de reprendre Odessa mais sans succès. Les débris de ce groupement vont retraiter en direction de la Roumanie, restant mine de rien opérationnel là où d’autres unités se liquéfient.

De temps à autre le groupement essentiellement équipé de Panzer IV menait des brusques et brutales contre-attaques pour maintenir les soviétiques à distance imitant sans le savoir les allemands.

Quand la Roumanie bascule dans le camp soviétique il restait huit Panzer IV ausf D, vingt-huit Panzer IV Ausf F et trente-neuf Ausf H soit un total de soixante-six chars sur les cent soixante-quatre livrés par les allemands.

Ces chars sont remis en état et vont combattre les allemands aux côtés des soviétiques, opérant en Hongrie et en Tchécoslovaquie. Ce sera leur dernière campagne car dès la fin du conflit les chars survivants seront retirés du service et remplacés par des T-34/85 de seconde main en attendant des chars neufs plus modernes.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen IV Ausf H

Poids en ordre de combat : 24 tonnes

Longueur hors tout : 7.02m Longueur de la caisse : 5.89m Largeur : 2.88m (3.13m avec les jupes) Hauteur : 2.68m

Motorisation : un moteur essence Maybach HL120TRM 12 cylindres développant 300ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h sur route 16 km/h en tout terrain autonomie 210km sur route 130km en tout-terrain

Blindage maximale : 80mm

Armement : un canon de 75mm long (48 calibres) en tourelle triplace (-8° à +20° 360°) alimenté à 87 obus. La tourelle dispose d’une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm qui partage avec la mitrailleuse de caisse, le stock de 3150 cartouches.

Equipage : cinq hommes

Chars soviétiques capturés et réutilisés

Si je regroupe ici tous les chars soviétiques capturés réutilisés par les roumains c’est que tout simplement la réutilisation est incertaine en raison d’un manque de source qu’il s’agisse d’archives ou de photos. Il s’agit souvent de témoignages de survivants mais les témoins sont humains à la mémoire forcement faillible.

L’armée roumaine à ainsi capturé huit T-26 dans une caserne au nord d’Odessa mais ces chars ne sont en réalité des chars réformés en attente de démolition. Il semble que l’armée roumaine à fait déplacer les véhicules sur un champ de tir pour s’entrainer tout en libérant des locaux pour les troupes d’occupation.

Les roumains ont également capturé une poignée de T-37A dont l’utilisation reste nébuleuse à la différence des autres pays de l’Axe. Selon certains l’Armata Regala Romana n’en à rien fait mais pour d’autres elle les auraient utilisés comme tracteur d’artillerie et véhicule de sécurité pour protéger les autorités à Odessa. Aucune de ces deux théories ne s’appui sur un texte indiscutable et les rares photos sont de très mauvaise qualité.

-En revanche les dix T-38 capturés ont été immédiatement ferraillés après quelques tests en raison de problèmes techniques importants.

-Le T-60 à été capturé en assez grand nombre, un nombre suffisant pour justifier la transformation des véhicules capturés en chasseurs de chars avec un canon de 76.2mm en superstructure en remplacement de la tourelle (NdA voir partie suivante pour plus de détails).

-Les huit T-50 capturés n’ont visiblement pas été réutilisés opérationnellement parlant mais uniquement à des fins de tests et pour des opérations de propagande.

-Les douze T-70 capturés ont surtout été utilisés en Transnistrie pour des opérations de sécurité intérieure contre des partisans de plus en plus remuants et de plus en plus dangereux.

-Les seize BT-7 capturés ont d’abord été stockés en attendant qu’une décision ne soit prise. Après inspection seulement huit peuvent être réparés, les autres étant cannibalisés pour fournir de précieuses pièces détachées. Les huit véhicules en question servent d’abord à la sécurité intérieure à Bucarest puis à l’été 1953 vont intégrer le Groupement Codreanu, un regroupement baroque d’unités pour tenter de stopper la RKKA lancée dans une folle chevauchée. Aucun véhicule n’à survécu au conflit.

-Contrairement à ce qui à été écrit les roumains n’ont jamais capturé de BT-9, le dernier rejeton de la famille des Bystrokhodny Tank.

Mitteleuropa Balkans (89) Roumanie (19)

L’Armée roumaine dans le second conflit mondial

Soldats roumains pendant la deuxième guerre mondiale.

A l’été 1948 les tensions sont telles en Europe qu’un nouveau conflit n’est pas probable mais quasiment certain. La seule incertitude c’est où et quand.

Aucun pays ne veut être pris au dépourvu et tout en le niant vis à vis des potentiels ennemis, tous les pays d’Europe commence à mobiliser au grand désespoir des pacifistes qui espèrent sauver le continent d’une nouvelle boucherie que tout le monde pressent comme bien plus violente que celle survenue à l’automne 1939.

La Roumanie commence à ainsi à préparer le processus de mobilisation à la mi-juillet mais il s’agit de mesures juridiques et techniques. Il faut attendre le 30 août 1948 pour que les premiers réservistes rejoignent leurs casernes en attendant l’ouverture des centres de mobilisation.

Le 10 septembre 1948 un incident de frontière survient entre gardes-frontières magyars et soldats roumains dans la région de Kolozsvar (Cluj-Napoca), ces derniers étant à la recherche de déserteurs.

Cet incident à lieu dans une zone mal délimitée entre la Hongrie et la Roumanie, Budapest accusant Bucarest d’avoir pénétré sur son territoire ce que le gouvernement de Michel 1er niera toujours.

Des combats opposent les deux armées, des échanges d’artillerie laissent même craindre un conflit majeur. Les allemands qui n’y ont aucun intérêt interviennent et sifflent la fin de la récré entre deux alliés dont elle à besoin. Les deux pays se promettent une coopération militaire totale mais ce sera un leurre, les deux pays se détestant tellement qu’il fallait éviter de faire cohabiter troupes roumaines et troupes hongroises.

Des incidents de frontière ont également lieu sur la frontière roumano-soviétique, une frontière incertaine avec des zones où un flou artistique permet nombre d’interprétations. Ces incidents sont essentiellement terrestres mais également aériens et fluviaux. Si un conflit ouvert n’oppose pas la Roumanie à l’URSS à cette époque c’est que aucun pays n’y à vraiment intérêt.

Lors de l’opération Maritsa (invasion de la Yougoslavie et de la Grèce), la Roumanie ne s’engage pas tout simplement parce qu’elle n’y à pas vraiment intérêt. Tout juste ouvre-t-elle son territoire pour permettre des transports logistiques et sanitaires au profit des troupes de l’Axe.

Il va donc falloir attendre le 21 juin 1950 et le déclenchement de l’opération BARBAROSSA pour qu’enfin l’Armata Regala Romana combattent dans ce second conflit mondial entamé depuis près de deux ans maintenant.

Les troupes roumaines sont placées sous l’autorité du Heeresgruppe Süd (Groupe d’Armées Sud) et ont pour objectif Odessa, la Crimée et Sébastopol pour ne citer que les cibles principales.

Le Conducator aligne environ 700000 hommes répartis en deux armées, sept corps d’armées, quatorze divisions d’infanterie, une division blindée, trois brigades d’infanterie de montagne, quatre brigades de cavalerie partiellement motorisées, deux brigades de forteresse sans compter des unités d’appui et de soutien.

Ces moyens sont répartis entre deux armées roumaines (3ème et 4ème), un corps d’armée indépendant (2ème CA) et la 11ème Armée allemande qui comprend dix divisions d’infanterie dont cinq roumaines, l’unique division blindée roumaine et une brigade de cavalerie.

Initialement ces moyens roumains dépendaient directement du commandement de le Heeresgruppe Süd mais très vite un Groupe d’Armées Roumain est créé avec des unités roumaines et plus surprenant des unités allemandes.

-3ème Armée Roumaine

-4ème Corps d’Armée : 6ème et 7ème DI

-Corps de Cavalerie : 5ème et 8ème brigades de cavalerie

-Corps de montagne : 1ère, 2ème et 4ème brigades de montagne

-4ème Armée Roumaine

-3ème Corps d’Armée : Division de la Garde, 15ème DI et 35ème DI

-5ème Corps d’Armée : 23ème DI

-11ème Corps d’Armée : deux brigades de forteresse

-2ème Corps d’Armée : 9ème, 10ème et 11ème DI, 7ème brigade de cavalerie

-11ème Armée allemande :

-11ème Corps d’Armée : deux divisions d’infanterie allemandes (76ème et 239ème), 1ère division blindée roumaine, 6ème brigade de cavalerie roumaine

-30ème Corps d’Armée : 198ème division d’infanterie allemande, 8ème, 13ème et 14ème DI

-54ème Corps d’Armée : 50ème et 170ème divisions d’infanterie allemandes, 5ème DI roumaine.

Les moyens sont sur le papier importants mais l’équipement ne suit pas forcément (les unités allemandes sont bien équipées, les unités roumaines moins en dépit d’efforts conséquents menés durant la Pax Armada) et surtout le théâtre d’opérations est gigantesque qui plus est mal irrigué en terme d’infrastructures de transport mais comme la logistique est une matière secondaire pour les allemands c’est considéré comme peu important. Le réveil sera rude……. .

Les roumains occupent le flanc sud du Groupe d’Armées Sud avec pour objectif la reconquête de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord puis la conquête d’Odessa et de la Crimée. Ensuite c’est plus flou mais il semble que les roumains espéraient se rendre dans le Caucase ce qui aurait probablement provoqué des frictions avec les allemands.

Carte de la Roumanie après le début de l’opération BARBAROSSA

Les combats sont âpres et violents mais mine de rien les roumains avancent vite. Ils sont très bien accueillis en Bucovine du Nord et en Bessarabie même si l’occupation militaire très dure va leur aliéner beaucoup de sympathies. Certains habitants de ces régions iront même jusqu’à regretter l’occupation soviétique ! Cela laisse songeur même si on ne peut pas exclure ici à la fois de la provocation et une sorte de dépit amoureux.

Les difficultés commencent après le franchissement du Dniestr et du Prut quand les roumains vont combattre dans des zones peuplées majoritairement d’ukrainiens. Certes les populations locales les accueillent plutôt bien (par haine du communisme stalinien uniquement) mais les combats sont rudes avec la RKKA qui bien que ressemblant à une bête blessée est toujours capable de donner de sérieux coups de griffe.

Il faut ainsi près de deux mois de combat pour que l’armée roumaine aidée d’unités allemandes ne parvienne à s’emparer d’Odessa. La ville est sérieusement détruite, le port très endommagé mais après quelques semaines d’efforts la grande ville du sud de l’Ukraine pourra servir de tête de pont logistique pour l’Armata Regala Romana.

La progression reprend ensuite et après une offensive rondement menée, la Crimée et Sébastopol parviennent à tomber aux mains de l’Axe mais là les destructions sont nettement plus importantes et jamais la principale base de la flotte de la mer Noire sera capable d’accueillir de nombreux navires que l’Axe ne possédait de toute façon pas. A part neutraliser une base la capture de Sébastopol n’avait pas grand intérêt pour les roumains et les allemands.

Début décembre 1950 l’hiver arrive sans crier gare alors que les roumains après le nettoyage de la Crimée traversaient la steppe en direction du Caucase sans que l’on sache encore aujourd’hui son objectif final.

Ce qui est certain en revanche c’est que la contre-offensive soviétique menée à la fin du mois frappe durement une armée roumaine affaiblie par les pertes liées aux combats mais aussi au froid et à la maladie.

On assiste ça et là à des débuts de panique que les officiers doivent parfois juguler revolver au poing (on à parlé d’officiers lynchés par leurs hommes mais il semble qu’il s’agisse plus de on-dits et de légendes urbaines que de faits avérés).

Néanmoins très vite les soldats roumains se reprennent motivés par la haine d’Ivan, par la solidarité de groupe, par la peur de décevoir le camarade souvent issu du même village au point que tout le monde se connait et qu’un acte de lâcheté serait vite connu et frapperait d’oprobre la famille.

Si les allemands sont rejettés loin de Moscou, au sud et au nord les contre-attaques soviétiques sont de coûteux échecs. Certes les roumains reculent mais l’objectif de reprendre la Crimée devient très vite une chimère, le front se trouvant à plus de 200km de la presqu’ile.

Le front se stabilise et les deux ennemis telles des bêtes blessées pansent leurs plaies et attendent le printemps pour reprendre l’initiative.

L’armée roumaine à subit de lourdes pertes tant sur le plan humain que sur le plan matériel. Elle va devoir mettre les bouchées doubles pour combler les pertes en hommes et en matériel, bénéficiant d’une aide importante des allemands même si Antonescu et son gouvernement estimeront toujours que cette à été très insuffisante. On développe également une industrie nationale mais les résultats seront décevants non pas pour les résultats proprement dits mais en rapport avec les investissements consentis.

Naturellement l’Armée Royale Roumaine va participer à l’opération FRIEDRICH, l’offensive stratégique allemande prévue pour le printemps 1951. Signe des temps celle-ci ne concerne pas tout le front mais une partie de celui-ci en l’occurence le sud avec pour objectif principal les précieux puits de pétrole du Caucase et secondairement la capture de Stalingrad et d’Astrakhan pour couper la Volga, véritable veine jugulaire de l’effort de guerre soviétique.

C’est ambitieux, très ambitieux, probablement trop mais les allemands et dans une moindre mesure leurs alliés sont persuadés de pouvoir l’emporter avant que les alliés ne soient capables de repasser à l’offensive à l’ouest.

L’effort principal doit être mené par les allemands avec leurs flancs protégés par leurs alliés, les roumains au sud, les hongrois et les italiens au nord.

Si les troupes allemandes sont bien équipées, leurs alliés souffrent de nombreuses lacunes que Berlin n’à pas la capacité voir la volonté de combler ce qui sera bien pratique quand les revers vont s’accumuler : c’est la faute des alliés et non la notre !

L’armée roumaine va engager deux armées, les 3ème et 4ème armées. La plupart des divisions sont expérimentées et relativement bien équipées avec toujours des lacunes en matière d’artillerie antiaérienne et antichar.

La 3ème Armée dispose en réserve opérationnelle de la 1ère division blindée (en réalité elle est placée sous l’autorité directe du commandant d’armée) et de quatre corps d’armée. Deux d’entre-eux sont composées d’unités d’infanterie et les deux autres sont mixtes.

Le 1er Corps d’Armée dispose des 7ème et 11ème DI, le 5ème Corps d’Armée des 5ème et 6ème DI, le 2ème Corps d’Armée dispose des 9ème et 14ème DI ainis que de la 7ème division de cavalerie alors que le 4ème Corps d’Armée dispose de la 1ère division de cavalerie et deux divisions d’infanterie, les 13ème et 15ème DI.

La 4ème Armée dispose de seulement deux corps d’armée, le 6ème CA à quatre divisions d’infanterie (1ère, 2ème, 18ème et 20ème) et le 7ème CA disposant de deux divisions de cavalerie (5ème et 8ème) et d’une unique division d’infanterie (4ème).

Si la 3ème Armée est déployée dans les steppes, la 4ème va se retrouver à devoir combattre à proximité des côtes ce qui la mettra à la merci des bombardements navals de la RKKF.

Etonnament en dépit du fait que le Caucase soit l’objectif majeur, aucune unité de montagne ne participe aux opérations initiales. Cela s’explique tout simplement parce que les meilleures unités roumaines ont été quasiment anéanties durant la contre-offensive soviétique, se faisant souvent tuer sur place pour préserver la retraite du reste de l’armée.

De nouvelles unités ont été mises sur pied mais cela prend du temps et il n’est prévu l’engagement des Vanatori de munte que quand cela sera nécessaire.

L’opération FRIEDRICH est déclenchée le 9 mars 1951. Bien que le second conflit mondial soit le conflit des unités motomécaniques, elle commence par une solide préparation d’artillerie doublée de frappes de l’aviation qu’elle soit allemande, hongroise, italienne ou roumaine.

Les combats sont immédiatement très violents. Les soviétiques reculent mais cela ne tourne jamais à la débandade comme cela avait pu être le cas dix mois plutôt.

Les soviétiques apprennent très vite, les officiers ont passé l’ordalie des premiers combats et sont désormais plus confiants dans leurs capacités.

A la mi-juin l’Axe à atteint les premiers contreforts du Caucase tandis que les unités de reconnaissance peuvent apercevoir la Volga, certaines s’approchant des faubourgs de Stalingrad, la grande ville industrielle de la région.

L’armée roumaine s’est réorganisée avec de nouvelles unités qui ont remplacé des unités éprouvées par de rudes combats. C’est ainsi qu’à cette époque l’armée roumaine aligne les unités suivantes :

3ème Armée : 1er Corps d’Armée (7ème et 17ème DI), 2ème Corps d’Armée (8ème DI, 14ème DI, 7ème division de cavalerie), 4ème Corps d’Armée (1ère division blindée, 1ère division de cavalerie, 15ème DI) et Corps de Montagne (1ère et 2ème division de montagne)

4ème Armée : 6ème Corps d’Armée (1ère, 18ème et 20ème DI) et 7ème Corps d’Armée (2ème et 4ème DI, 5ème division de cavalerie)

Réserve stratégique : 5ème, 6ème et 11ème DI (unités en reconstitution en Ukraine) 8ème division de cavalerie

Le 18 juin 1951 les alliés repassent enfin à l’offensive en déclenchant l’opération AVALANCHE, le franchissement en force de La Seine. Des moyens importants sont engagés avec préparation d’artillerie et frappes aériennes, écrans de fumées pour permettre à l’infanterie de franchir le fleuve sur des embarcations pneumatiques, des barges motorisées et quelques chalands de débarquement.

Les allemands ne sont pas surpris. Ils s’y attendaient mais en déclenchant l’opération FRIEDRICH ils avaient espéré pouvoir l’emporter avant de se retourner contre les alliés occidentaux.

Cela n’avait pas marché ni en 1914 ni 1918 dans un contexte plus favorable alors comment imaginez que cela pouvait marcher en 1951 ?

Les allemands décident de retirer un Panzerkorps et un Panzerkorps S.S et de les envoyer sur le front occidental. L’offensive de l’Axe est globalement stoppée. Il y à quelques attaques locales pour rectifier le front et obtenir une position plus intéressante mais cela s’arrête là.

A chaque fois qu’il ne combat pas le soldat creuse et s’enterre, espérant qu’Ivan attendra avant de contre- attaquer. Hélas pour les fils du dragon, l’Armée Rouge attaque dès le 4 juillet 1951. On sait aujourd’hui que les soviétiques tout en reculant avaient réussi à conserver une masse de manœuvre suffisante pour contre-attaquer avec des troupes fraiches.

Dès que l’opération FRIEDRICH est stoppée, l’armée roumaine tente de ramener sur le front des divisions supplémentaires pour tenir le choc au vas où les soviétiques attaqueraient plus tôt que prévu (certais officiers allemands étaient persuadés d’être tranquilles jusqu’au printemps 1952).

L’opération URANUS reprend le classique combo «percée/envellopement/encerclement» cher à la pensée militaire allemande. La RKKA frappe aux jointures entre la 3ème armée roumaine et les forces allemandes au sud, entre les forces allemandes et les troupes hongroises au nord.

Ce sont déjà des zones sensibles pour une armée alors une zone de liaison entre deux armées qui se méfient l’une de l’autre vous pensez…… .

T-34

L’impact est dévastateur. Les roumains redécouvrent la puissance de l’artillerie soviétique qui est en passe de surclasser qualitativement et quantitativement l’artillerie allemande, les tirs de Katiouchas, le ronronnement des T-34, les «Houraaaaaaaaaaaaah» de l’infanterie soviétique qui faisait passer un frisson dans l’échine de leurs ennemis.

Les premières lignes sont rapidement enfoncées, des percées locales sont obtenues permettant l’infiltration de renforts qui tentent de se répandre sur les arrières ennemis avec un succès mitigé essentiellement en raison d’une mauvaise coordination entre les différents éléments d’assaut et d’exploitation.

Très vite le haut-commandement roumain ordonne la retraite. Les divisions de cavalerie partiellement motorisées et l’unique division blindée sont chargées de freiner l’avancée soviétique afin de permettre le repli de l’infanterie.

Les combats vont durer deux fois jusqu’à la fin septembre. Le front à reculer de plusieurs centaines de kilomètres jusqu’aux confins orientaux de l’Ukraine. Il y à eu ça et là des encerclements locaux mais les soviétiques ont échoué à obtenir les encerclements géants, les chaudrons (kessels) où ils espéraient détruire le maximum de divisions allemandes, italiennes, hongroises et roumaines.

L’Armata Regala Romana à terriblement souffert de l’opération URANUS, plusieurs divisions ont été détruites, d’autres sérieusement affaiblies au point que certaines seront dissoutes pour remplumer d’autres. Quand une armée pratique cela c’est rarement bon signe.

Le front se stabilise au début du mois d’octobre. Si l’hiver 1951/52 va être plus clément que son prédécesseur, il va néanmoins gêler le front pendant plusieurs mois. Il y à cependant quelques attaques locales pour rectifier le front voir des retraites calculées pour réduire la taille du front.

Quand commence l’année 1952 les unités militaires roumaines déployée en URSS aligne encore de beaux restes même si le cœur n’y est plus, nombre de soldats roumains se demandent ce qu’ils font encore là. On assiste à une augmentation des désertions même si nous sommes encore loin de la saignée qui allait aboutir à l’automne 1953 à la désintégration de l’armée roumaine.

La 3ème Armée dispose encore du 1er Corps d’Armée (5ème et 7ème DI), du 2ème Corps d’Armée (8ème DI et 1ère division blindée), du 4ème Corps d’Armée (11ème et 15ème DI) et du Corps de Montagne (1ère et 2ème divisions de montagne).

La 4ème Armée dispose du 6ème Corps d’Armée (1ère, 6ème et 20ème DI) et du 7ème Corps d’Armée (4ème DI et 8ème division de cavalerie).

Cela nous donne un total de onze divisions d’infanterie, une division de cavalerie et une division blindée soit treize grandes unités contre vingt soit un tiers des unités détruites (certaines seront reconstituées en Roumanie sous un format allége compte tenu des circonstances).

Ces unités sont certes expérimentées mais au noyau de vétéran s’ajoutent des recrues peu expérimentées et souvent démotivées car malgré la propagande du régime les informations circulent, la correspondance des soldats bien que censurée étant truffée d’informations pour qui sait decrypter et interpréter.

Après un hivernage comme durant les conflits passés, les combats reprennent de plus belle au printemps 1952. Cette fois ce ne sont pas les soviétiques mais les allemands qui prennent l’initiative avec leur dernière offensive stratégique de la guerre, l’opération Citadelle/Zitadel.

Cette offensive à un but limité _pénurie de moyens oblige_ à savoir dégager la ville de Smolensk, une ville devenue un hub logistique de première importance pour les allemands. Cette ville est menacée par deux saillants sous contrôle soviétique, un au nord et un au sud.

Le plan est d’une simplicité biblique : attaquer les saillants, les percer puis rabattre le plus loin possible pour encercler un maximum de troupes et les détruire.

Les allemands espèrent ainsi dissuader les soviétiques d’attaquer pendant plusieurs mois le temps de se retourner contre les occidentaux, obtenir une paix blanche et régler une bonne fois pour toute la «question judeo-bolchevique».

C’était déjà un objectif chimérique en juin 1950 alors deux ans plus tard vous pensez….. . Les roumains ne sont pas directement associés à cette opération menée exclusivement par des moyens allemands mais Bucarest propose une offensive de diversion en Ukraine pour obliger Moscou à disperser ses forces qu’on estime au bord de la rupture.

Les allemands rejettent cette idée officiellement pour des raisons de coordination mais en réalité parce que Berlin doute des capacités des roumains à mener une opération majeure seule sans un soutien conséquent des allemands. Autant dire que le gouvernement roumain à eu du mal à digérer cette fin de non recevoir. Néanmoins si on prend du recul on peut douter de l’efficacité d’une attaque roumaine même menée avec tous les moyens disponibles.

Comme nous le savons l’opération CITADELLE aboutit à l’élimination du balcon nord mais au prix de lourdes pertes alors que le balcon sud est renforcé.

Cela va favoriser l’action ultérieure des soviétiques qui déclenchent l’opération ROUMANTSIEV le 1er juillet 1952. Les combats sont violents et les roumains qui n’avaient pas été concernés par les combats de CITADELLE doivent se replier pour ne pas être encerclés.

Quand l’année se termine les troupes soviétiques occupent les trois quarts de l’Estonie, des arpents de la Lituanie et de la Lettonie ainsi que l’ouest de l’Ukraine. Désormais l’initiative appartient aux soviétiques qui vont dicter le tempo des opérations, les allemands et leurs alliés ne faisant réagir et ralentir l’ineluctable.

Après plusieurs mois d’attaques locales et d’escarmouches, les soviétiques attaquent le 21 mai 1953 en Bielorussie dans le cadre de l’opération BAGRATION. L’Heeresgruppe Mitte (Groupe d’Armées Centre) est enfoncé, pulvérisé, éparpillé façon puzzle. C’est à grande peine que les allemands parviennent à se rétablir sur la Ligne Curzon à savoir la frontière polono-soviétique au 1er septembre 1939.

Les allemands se sont à peine remis de BAGRATION qu’ils doivent encaisser deux nouvelles offensives majeures de l’Armée Rouge qui ne cesse de progresser en appliquant enfin les recettes imaginées par les théoriciens de l’art opératif (Svietchine, Triantafilov, Toukatchevski…….) ce qui n’empêchera pas certains généraux allemands d’après guerre de continuer à dire que si les soviétiques ont gagné c’est uniquement par la force du nombre.

Le 12 juillet 1953 les soviétiques attaquent dans les pays baltes avec l’opération KOUTOZOV suivie par l’opération POTEMKINE qui lancée le 8 août 1953 avait pour objectif de libérer l’Ukraine. Les objectifs prévus ne sont pas atteints même si Kiev est libérée tandis que dans la région baltique une partie des forces allemandes est encerclée (poche de Courlande).

Les roumains sont sérieusement bousculés par POTEMKINE. Les pertes sont lourdes et le moral est de plus en plus bas. Une sorte de lente résignation commence à s’emparer des soldats roumains qui combattent tels des automates.

Les forces roumaines se concentrent sur le sud de l’Ukraine assurant notamment la défense de la Crimée mais aussi la région d’Odessa. Il y à également des troupes allemandes mais la méfiance règne entre les deux armées ce qui n’est pas vraiment gage d’une défense efficace.

La 3ème Armée assure la défense du sud de l’Ukraine avec deux corps d’armée, le 1er Corps d’Armée (1ère division légère d’infanterie, 5ème et 7ème DI) et le 4ème Corps d’Armée (8ème division légère d’infanterie, 11ème et 15ème DI).

La 4ème Armée assure la défense de la Crimée avec le Corps de Montagne (1ère division de montagne et 2ème division légère de montagne) et le 6ème Corps d’Armée (1ère et 20ème DI).

Le Groupement Mobile Vanescu regroupe la 1ère division de blindée, la 2ème brigade blindée (NdA Elle devait être créée comme division blindée mais les moyens ont manqué) et la 8ème division de Cavalerie.

Le Groupement Odessa qui assure la défense de la ville dispose des 4ème et 6ème DI, des unités en reconstitution ainsi que différentes unités de garde-frontières, des unités montées, des unités d’artillerie et du génie. Cet ensemble baroque dispose de capacités militaires limitées.

Ce n’était qu’une question de temps avant que l’armée roumaine ne soit confrontée à une offensive directe de la RKKA.

Le 11 septembre 1953 l’URSS déclenche l’opération PIOTR VELIKYI (opération Pierre le Grand), une offensive de grand style avec trois volets simultanés : POLTAVA (offensive blindée-mécanisée dans les plaines d’Ukraine), GANGUT (opération amphibie en Crimée) et PETERHOF (opération aéroportée sur Odessa).

Si le premier volet concerne les allemands qui évitent de se faire déborder en échangeant du terrain contre du temps, les roumains sont concernés directement par les deux derniers volets où ils disposent de moyens militaires importants.

Les combats sont violents et impitoyables. On relève que fort peu de prisonniers sont faits et des enquêtes menées après guerre ont montré de nombreux cas d’exactions vis à vis des prisonniers qu’ils soient roumains ou soviétiques.

Les roumains sont vite débordés aussi bien en Crimée et à Odessa. Le grand port du sud de l’Ukraine est le théâtre de violents combats. Face à une infanterie légère même surentrainée, la garnison est débordée au point que très vite le commandant du groupement Odessa décide de se replier à l’ouest de la ville et de tendre la main au groupement mobile Vanescu pour contre-attaquer.

A trois reprises les unités roumaines passent à l’attaque mais sont à chaque fois repoussés par de puissants tirs d’artillerie (terrestre et navale) et par l’aviation. A la troisième reprise les restes du groupement Vanescu sont sur le point de reprendre la ville mais le manque d’infanterie sauve les VDV de l’annihilation.

De toute façon les troupes roumaines sont dans un tel état que même une reprise de la ville n’aurait pas changé grand chose d’autant que la Crimée est perdue et que les allemands plus au nord après une défense héroïque doivent se replier à grande vitesse vers l’ouest.

C’est la défaite de trop. L’armée roumaine se liquefie, des unités se mutinent. On assiste même à des combats fratricides entre ceux voulant continuer la lutte et d’autres voulant se rendre aux soviétiques.

Le 25 septembre 1953 un coup d’état communiste chasse le Conducator du pouvoir. L’anarchie règne en Roumanie où on ne contrôle plus rien. A cette époque les soviétiques sont déjà rentrés en Roumanie et quand l’armistice est signé le 4 octobre, l’Armée Rouge occupe les trois quarts du pays.

Une partie de l’armée refuse d’abandonner l’allié allemand et va continuer à combattre jusqu’à la fin aux côtés de la Wehrmacht en Hongrie et en Tchécoslovaquie essentiellement. La majorité cependant rallie le pouvoir communiste mais il ne faudrait pas commettre l’erreur de croire que tous étaient des communistes enthousiastes.

D’ailleurs avant d’engager des unités roumaines à leurs côtés les soviétiques vont procéder à un sérieux écremage. Ce n’est que début 1954 que la nouvelle armée roumaine est engagée avec trois divisions d’infanterie et une division blindée. Les combats sont violents, l’armée roumaine réorganisée terminant la guerre en Tchécoslovaquie.

Elle ne s’y attarde et dès la fin 1954 elle est repliée en Roumanie, jouant un rôle politico-militaire de premier ordre pour provoquer l’abdication de Michel 1er et la mise en place d’une «démocratie populaire».

Il faut dire que l’armée roumaine avait été réduite à quatre divisions dont une blindée mais cette dernière, la division Tudor Vladimirescu était composée de communistes convaincus. C’était donc un atout majeur dans le jeu communiste qui pouvait s’appuyer sur les 120000 soldats soviétiques présents en Roumanie.

Le bilan humain est lourd encore que le chiffre est très incertain. Selon les estimations les plus fines 238000 soldats roumains ont été tués blessés ou ont été à jamais portés disparus.

Mitteleuropa Balkans (85) Roumanie (15)

Infanterie de Marine

Histoire

C’est entre 1886 et 1888 que l’infanterie de marine roumaine rentre dans l’histoire. Oh non pas suite à un fait d’armes glorieux mais simplement parce qu’on mentionne à cette époque la présence de fusiliers faisant pleinement partie de l’équipage du croiseur protégé NMS Elisabeta.

La présence de fantassins au sein des équipages de navires est vieille comme le monde. A l’époque antique c’est souvent la présence d’hoplites et de légionnaires à bord des trirèmes qui faisait la différence après l’abordage.

Au Moyen-Age cela permettait de réaliser des «descentes» (que l’on peut considérer comme l’ancètre de nos raids commandos) et à l’époque moderne cela permettait aussi de protéger les officiers contre des marins qui étaient souvent recrutés de force et pas toujours dans des milieux sociaux où la loi était une valeur cardinale si vous voyez ce que je veux dire.

Le 24 janvier 1917 la marine royale roumaine créé un bataillon de débarquement pour assurer la défense des côtes et surtout les bouches du Danube qui resteront sous contrôle des roumains jusqu’au bout. Ultérieurement un Corps des Marines est créé regroupant le bataillon sus-nommé et un groupe de compagnies de marche (NdA formées de matelots non indispensables à bord des navires comme pour les compagnies de débarquement ?).

Le 11 mars 1920 les forces navales roumaines sont réorganisées avec la création d’unités de défense fluviale et de défense côtière. L’infanterie de marine roumaine à clairement là un rôle défensif.

Ces fantassins sont pour ainsi dire des gardiens de côte en liaison avec des postes d’observation et des batteries côtières (canons de 102mm, 120 et de 152mm).

Le 1er avril 1940 le décret royal n°635 réorganise à nouveau la marine roumaine notamment dans le domaine de la défense côtière qui est le rôle primordial de la marine royale roumaine en attendant un potentiel développement hauturier.

Un commandement de la défense côtière comprend un régiment de génie maritime chargé d’aménager les défenses côtières, de mouiller des mines télécommandées et d’autres pièges comme des filets anti-sous-marins et anti-plongeurs, une division d’artillerie côtière qui regroupe les batteries côtières (la côte roumaine est divisée en trois secteurs avec une brigade regroupant les pièces du secteur) et un bataillon d’infanterie de marine composé initialement de 48 officiers, 55 sous-officiers et 2250 soldats.

La mission de ce bataillon aux effectifs importants était à la fois la défense des côtes, la sécurité des ports mais aussi des navires, des détachements opérant sur les navires de la marine roumaine.

En septembre 1945 le bataillon devient un régiment qui lui même est transformé en brigade en juin 1947 avec un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois bataillons d’infanterie, un bataillon d’artillerie légère, une compagnie antichar, une compagnie antiaérienne, une compagnie du génie et un peloton d’autos blindées.

Quand le premier conflit mondial éclate, la brigade se retrouve à protéger des secteurs sensibles du littoral roumain ce qui est un gaspillage de moyens car l’entrainement et le caractère élitiste de l’unité en fond une unité désignée pour le coup de main, pour le harcèlement, bref pour ce qu’on n’appelle pas encore le raid commando ou les opérations spéciales.

L’opération BARBAROSSA est l’occasion pour la brigade de montrer ses capacités, occupant dès le 21 juin 1950 à l’aube la rive orientale du Danube sous la forme de têtes de ponts pour permettre un déploiement plus serein des troupes germano-roumaines.
Les fusiliers marins roumains opéraient depuis des canots pneumatiques ou des radeaux, neutralisaient les sonnettes et les observateurs ennemis, dégageaient les éventuels pièges et autres mines avant de baliser la zone pour permettre à l’infanterie de renforcer la tête de pont.

Il n’y avait pas de règle établie mais quand les relations étaient bonnes avec l’armée de terre, les Diables Noirs dès que la tête de pont était consolidée s’infiltraient loin dans la profondeur du dispositif ennemi pour renseignement et sabotage, certains Dracul Negru capturés étaient sommairement passés par les armes par les détachements de sécurité du NKVD chargés de sécuriser les arrières.

L’usage de l’infanterie de marine roumaine était donc particulièrement moderne et novateur et ne dépareille pas en 2020, le 307ème régiment de fusiliers de marine créé en 1970 reprenant les traditions de la brigade.

Cette mission effectuée, la brigade va multiplier les coups de main. Dès que le front se stabilisait, les Diables Noirs débarquaient à l’arrière du front pour déstabiliser le dispositif soviétique. Très vite les fusiliers marins soviétiques vont apprendre à respecter leurs homologues roumains.

Après avoir opéré sur les rives de la mer Noire et en Crimée, la brigade s’installe à Yalta, une base étant implantée pour permettre à l’unité d’opérer à son aise. Elle bénéficie de certains privilèges qui provoque rancoeurs et jalousie au sein de la marine mais aussi au sein de l’armée de terre.

Depuis cette base, la brigade va mener des raids en direction des côtes sous contrôle soviétique notamment dans le cadre de l’opération FRIEDRICH. Après la contre-attaque soviétique, les diables noirs roumains vont opérer comme pompiers et comme anges-gardiens, freinant les attaques soviétiques et récupérant des soldats isolés.

Repliée sur la Crimée, elle combat dans le cadre de l’opération PIOTR VELIKYI (volet GANGUT), se montrant toujours aussi redoutable au point qu’on racontait que certains Frontoviki hésitait à attaquer les secteurs tenus par les fusiliers marins roumains un peu comme les croisés de la 4ème croisade se gardèrent d’attaquer les secteurs venus par la garde varègue.

Elle subit des pertes importantes mais profite du manque d’allant des soviétiques pour se replier sur Sébastopol et évacuer jusqu’en Roumanie.

Profitant du chaos ambiant qui annonce le coup d’état communiste, la brigade se replie dans le nord de la Roumanie pour se reconstituer, reconstitution difficile suite au coup d’état du 25 septembre 1953.

la brigade choisit de lier son sort aux allemands et va combattre jusqu’à la capitulation allemande, terminant en Hongrie. Des prisonniers roumains sont envoyés en Roumanie où certains sont sommairement exécutés mais beaucoup parviennent à rallier la France, certains s’engageant dans la Légion Etrangère où il vont combattre dans la première guerre du Vietnam notamment.

Organisation

L’organisation adoptée en 1947 n’évolue qu’à la marge durant le second conflit mondial. Elle est donc la suivante :

-Un état-major

-Une compagnie de commandement et de soutien

Elle est chargée de fournir soutien militaire et logistique à l’état-major. Elle dispose de véhicules pour un poste de commandement mobile, founit ravitaillement et soutien sanitaire, assure la maintenance des véhicules et dispose d’un peloton de protection rapprochée.

-Trois bataillons d’infanterie

Chaque bataillon d’infanterie de la brigade est organisé en une compagnie de commadement et de soutien (commandement du bataillon, soutien logistique et sanitaire), quatre compagnies de combat et une compagnie d’armes lourdes.

Chaque compagnie de combat dispose d’une section de commandement, de quatre sections de combat à trois groupes de combat plus un groupe de mortiers et d’une section de mitrailleuses lourdes.

La compagnie d’armes lourdes dispose d’une section d’éclaireurs, d’une section de mitrailleuses, d’une section de mortiers de 81mm et d’une section de canons antichars légers.

-Un bataillon d’artillerie légère

Caanon de 75mm Resita

Le bataillon d’artillerie légère est organisé en un état-major, une batterie de commandement et de soutien, trois groupes de trois batteries de quatre canons de 75mm Resita et une batterie de conduite de tir.

Une compagnie antichar

Canon de 25mm Hotchkiss

La compagnie antichar est organisée en une section de commandement et de soutien, trois sections de quatre canons antichars (25mm Hotchkiss puis 47mm Böhler) et une section de fusils antichars (fusils PTRD-41 de prise puis Panzerfaust et Panzerschrek)

Une compagnie antiaérienne

2cm Flak 38

La compagnie antiaérienne est organisée en une section de commandement et de soutien, une sections de canons antiaériens de 37mm et deux sections de canons antiaériens de 20mm

Une compagnie du génie

Cette compagnie est organisée en un état-major, une section de déminage, une section de minage et une section d’aide à l’aménagement du terrain

Un peloton d’autos blindées

Ce peloton qui aurait du être porté au niveau de la compagnie dispose de huit autos blindées.

Equipement

En ce qui concerne l’uniforme, le fusilier marin roumain porte un uniforme bleu marine avec un maillot de corps rayé semblable à celui des fusiliers marins soviétiques quand il sert à bord des navires de la marine royale roumaine mais quand il opère à terre il porte le même uniforme que celui de l’armée de terre avec tout de même les ancres de marine sur l’uniforme.

Ca c’est dans la théorie puisqu’en pratique il y avait de nombreuses libertés notamment en première ligne ce qui fait aujourd’hui les délices des amateurs d’uniformologie.

En revanche en ce qui concerne l’armement il est identique à celui de l’armée de terre. Notons tout de même une proportion plus forte en matière d’armes automatiques qu’elles soient individuelles ou collectives.

Fusil mitrailleur ZB vz.26 utilisé par les troupes tchèques. Les troupes de marine roumaine qui disposaient d’un modèle similaire possédaient souvent deux armes de ce type dans chaque groupe de combat. Autant dire une puissance de feu dissuasive.

Si normalement le groupe de combat roumain disposait d’un fusil mitrailleur, les fusiliers marins disposaient parfois de deux armes de ce type notamment pour les raids derrière les lignes ennemies.

Et si le fusil était présent pour la parade et la garde à bord des navires, au combat il était souvent remplacé par le pistolet mitrailleur qu’il soit roumain, allemand ou soviétique.

Défenses côtières

Schéma général et Organisation opérationnelle

Si aujourd’hui la défense côtière est réservée à un certain nombre de pays à la géographie particulière ce ne fût pas toujours le cas. Pendant des siècles tous les pays garnissaient leurs côtes de tours, de fortins pour se protéger des menaces venues de la mer.

La Roumanie ne fait pas exception. Non seulement elle à l’est un pays hostile possédant une puissante marime en expansion mais en plus elle ne posséde pas une marine lui permettant de négliger la protection de son littoral et de ses ports.

Après des années d’essais, de tâtonnements, l’année 1940 est considéré comme l’année de la renaissance pour la défense côtière roumaine. En effet le décret royal n°635 du 1er avril 1940 entraine une réorganisation de la marine roumaine et la création d’un commandement de la défense côtière.

Ce commandement qui dépend directement du commandant de la marine roumaine comprend un régiment de génie maritime chargé de l’aménagement des défenses côtières, du mouillage et de l’utilisation de mines télécommandées et autres pièges (filets anti-plongeurs et filets anti-sous-marins), un bataillon d’infanterie de marine et une division d’artillerie côtière.

Cette dernière comprend trois brigades, chaque brigade correspondant à un secteur du littoral roumain avec un certain nombre de batteries d’artillerie, des postes d’observation, des postes de commandement mais aussi des abris pour l’infanterie qu’elle soit de marine ou de l’armée de terre (même si les relations interarmées ont toujours été compliquées).

Ce secteur est dirigé par officier supérieur qui dirige la défense en liaison avec les navires de surface, les sous-marins et l’aéronavale. Il dispose pour cela d’un petit état-major qui relaie son action en direction de ses subalternes qui dirigent des districts correspondant le plus souvent à une batterie d’artillerie lourde et à des batteries légères. C’est là un schéma général il y à parfois des exceptions pour s’adapter à la réalité du terrain.

On trouve un secteur couvrant les bouches du Danube, un secteur central et un secteur méridional couvrant le port de Constanza.

Obusier américain de 240mm M-1. Encore aujourd’hui on ignore l’origine exact des pièces de 240mm de la défense côtière roumaine.

Le secteur des bouches du Danube comprend deux batteries lourdes disposant de deux canons de 240mm chacun, de quatre batteries médianes disposant chacune de quatre canons de 152mm et de huit batteries légères disposant de canons de 102 et de 76.2mm.

La construction de ces batteries à été difficile en raison d’un terrain ingrat ce qui fit que l’ingénieur responsable comparant cette construction aux douze travaux d’Hercules.

A ces seize batteries de tir s’ajoute huit postes d’observation optiques, quatre postes de commandement et huit abris bétonnés pour l’infanterie. Ces installations sont armées de mitrailleuses pour leur défense rapprochée.

Le secteur central qui couvre la côte des bouches du Danube à la ville de Marmaia comprend deux batteries lourdes disposant chacun de deux canons de 240mm, six batteries médianes disposant chacune de quatre canons de 120mm et huit batteries légères disposant de quatre canons de 102mm.

A ces seize batteries vont s’ajouter quatre postes d’observation optiques, quatre postes de commandement et huit abris bétonnés pour l’infanterie. Ces installations sont armées de mitrailleuses pour leur défense rapprochée.

Le secteur méridional couvre le port de Constansa, le principal port de commerce roumain et surtout une base majeure pour la marine roumaine. C’est donc le secteur le plus puissant avec quatre batteries lourdes à deux canons de 240mm, huit batteries médianes disposant de canons de 152mm (deux) et de canons de 120mm (six) et douze batteries légères disposant de canons de 76.2mm

A ces vingt-quatre batteries vont s’ajouter six postes d’observation optiques, quatre postes de commandement et douze abris bétonnés pour l’infanterie, ces installations disposant de mitrailleuses pour se défendre contre un coup de main.

Dès la fin du mois d’août des travaux complémentaires sont menés avec le creusement de tranchées par des unités de travailleurs (ces unités étaient composées d’hommes jugés inaptes au service armé comme les roms, les juifs ou des politiques jugés dangereux), la mise en place de mines, de barbelés.

Les batteries deviennent ainsi de véritables ilôts de défense se couvrant mutuellement contre une menace venue de la mer mais aussi de la terre puisque les pièces sont souvent montées sur une plate-forme rotative permettant un pointage tout azimut.

En l’absence de réelle tentative amphibie de l’URSS les batteries vont surtout tirer pour l’entrainement sauf pour celles du secteur des bouches du Danube qui vont opérer contre les positions de l’Armée Rouge dans les premières heures de l’opération BARBAROSSA.

Par la suite durant le conflit une partie des batteries sera désarmée et les pièces déplacées pour défendre les approches d’Odessa et de Sébastopol. Ces pièces seront détruites durant l’opération PIOTRE VELIKYI en septembre 1953.

Même si le dispositif est affaiblit il reste une noix dure à casser. Es-ce à dire que les soviétiques vont connaître de sérieuses difficultés à les neutraliser. Pas vraiment car l’armée roumaine se désintégra on verra certaines batteries se rendre sans combattre, d’autres évacuer sans autorisation tandis que d’autres ouvraient le feu pour l’honneur.

Ce qui est certain en revanche c’est que les soviétiques vont dès la fin du conflit détruire ces fortifications récupérant canons, mitrailleuses, optiques, ne laissant que le béton.

Durant la période communiste certains blockhaus et certains fortins ont été détruits pendant que d’autres ont disparu sous la végétation pour mieux réapparaitre au début des années 2000 quand le gouvernement décide de jouer la carte du tourisme historique en reconstituant certains fortins pour les transformer en musée.

Principaux modèles d’armes et d’installations

L’artillerie côtière roumaine dispose de canons de 240mm, de 152, de 120, de 102 et de 76.2mm, des canons d’origine étrangère en dépit de tentatives pour produire des canons de conception roumaine.

Le canon de 240mm à une origine incertaine. Selon certains cette pièce serait d’origine roumaine mais pour d’autres il s’agit de pièces de conception allemandes produites en Roumanie. En dépit de recherches intensives, le mystère n’à toujours pas été levé en 2020.

Les canons de 120 et de 152mm sont des canons de la firme Bofors alors que les canons de 102mm sont d’origine italienne, le canon de 76.2mm étant un modèle d’origine russe que la Roumanie continuait de produire dans une variante améliorée.

La défense rapprochée des pièces lourdes était assurée par des canons de 20 et de 37mm à double usage mais aussi des mitrailleuses qu’elles soient lourdes (13.2mm Hotchkiss) ou médianes (7.92mm).

Il y eu des projets de blockhaus antichars disposant de canons de 47mm mais aucun ne fût construit tout comme de véritables blockhaus d’infanterie et non de simples abris avec mitrailleuses et mortiers. C’est visiblement des questions de coût qui ont provoqué l’abandon de ce projet qui aurait donné à la défense côtière roumaine un faux-air de Ligne Maginot.

Les postes de commandement, les postes d’observation et les abris possédaient une base technique commune avec bien entendu des différences pour s’adapter à leur mission.

C’est ainsi que les postes de commandement disposait d’un télémètre pour permettre de guider le tir des pièces les plus lourdes même si ce n’était pas son rôle premier. Ces postes de commandement disposait aussi d’installations de télécommunication plus étoffées, installations qui parait-il ont impressionné tant les allemands que les soviétiques.

Les postes d’observation disposaient d’une tour muni de plusieurs télémètres alors que les abris pour fantassins disposaient de tourelles d’observation et de moyens de défenses plus importants.

Mitteleuropa Balkans (84) Roumanie (14)

Navires de soutien

-Bâtiment-base de sous-marins NMS Constansa

Le bâtiment-base de sous-marins NMS Constansa à été commandé en même temps que le sous-marin Delfinul. Construit à Fiume, il est mis sur cale en septembre 1927 lancé le 3 novembre 1928 et mis en service en 1931.

Avec le Saar allemand c’est le plus ancien ravitailleur de sous-marins (Submarine Tender) construit dès l’origine pour ce rôle, les premiers navires de ce type étant le plus souvent des navires convertis qu’ils soient civils ou militaires.

Ce navire disposait de stocks de carburant, de pièces détachées et de munitions pour les sous-marins soutenus mais aussi des systèmes de secours sous-marin en cas de problème.
Le navire est toujours en service en septembre 1948, servant de base aux trois sous-marins roumains depuis Constansa et parfois depuis Odessa.

Le NMS Constansa est coulé par l’aviation soviétique lors du bombardement de…..Constansa le 17 juin 1953, trois bombes provoquant l’explosion des torpilles embarquées à bord. Le navire chavire dans le port et coule. L’épave est relevée après guerre et démolie.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1329 tonnes pleine charge 2300 tonnes

Dimensions : longueur 77.8m largeur 11.2m tirant d’eau 4m

Propulsion : deux moteurs diesels entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 13 nœuds distance franchissable 10000 miles nautiques

Armement : un canon de 105mm, huit canons de 37mm et quatre canons de 20mm

Capacités : deux grues de 50 tonnes, stock de torpilles et de pièces détachées, atelier de maintenance, logements supplémentaires pour un équipage de sous-marin

Equipage : 20 officiers et 152 marins

-Pétroliers NMS Ploesti et NMS Cluj-Napoca

Les pétroliers NMS Ploesti et NMS Cluj-Napoca sont deux pétroliers militaires construits pour la marine roumaine avant de réduire la dépendance de celle-ci aux pétroliers affrétés pour remplir les dépôts pétroliers roumains. Il semble que le ravitaillement à la mer à été étudié mais les archives sont muettes concernant d’éventuels essais à la mer avec les navires hauturiers de la marine royale roumaine.

-Le NMS Ploesti est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 juin 1942 lancé le 9 septembre 1943 et mis en service le 7 novembre 1944.

-Le NMS Cluj-Napoca est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 17 septembre 1943 lancé le 8 janvier 1945 et mis en service le 12 décembre 1945.

Ces deux pétroliers vont d’abord permettre la constitution de réserves de carburant pour la marine roumaine. Même si Bucarest disposait de réserves appréciables à Ploesti, elle n’hésitait pas à importer du pétrole brut et surtout des produits pétroliers venant d’URSS mai aussi du Moyen-Orient.

Au cours des manœuvres de la marine roumaine l’un des deux pétroliers assurait le ravitaillement sur rade des grosses unités.

En septembre 1948 ces deux navires sont toujours en service dans la marine royale roumaine, assurant le ravitaillement des navires roumains ainsi que la constitution de dépôts à Odessa et à Sébastopol après la prise de la ville par les germano-roumains.

A plusieurs reprises le Ploesti échappe aux attaques soviétiques qu’elles soient sous-marines, aériennes ou navales mais sa chance l’abandonne le 4 octobre 1952 quand il saute sur une mine mouillée à l’entrée du port de Sébastopol.

Une brèche de 5m de long sur 3m de large entraine son naufrage, suffisamment lent pour permettre aux 45 membres d’équipage d’évacuer même si huit d’entre-eux blessés succomberont ultérieurement à leurs blessures.

Le NMS Cluj-Napoca était à Odessa quand les soviétiques lancent l’opération PIOTR VELIKYI et plus précisément le volet aéroporté baptisé PETERHOF. Deux divisions aéroportées (et une brigade qui sera aérotransportée) sont larguées sur la ville, largages précédés et accompagnés de bombardements navals et aériens.

Le pétrolier roumain allait appareiller au moment où retentit une alerte aérienne. Il appareille en urgence dans l’espoir d’échapper au feu de Wotan mais répéré par un navire soviétique il est la cible de tirs d’artillerie de marine mais aussi de l’aviation qui délaisse un temps l’attaque du port pour inscrire ce navire sur ce tableau de chasse. Dans des circonstances incertaines le navire est touché, chavire, explose et coule en quelques secondes ne laissant aucun survivant.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 2800 tW pleine charge 5500 tonnes 2500 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 103.50m longueur entre perpendiculaires 97.70m largeur 13.40m tirant d’eau 4.80m

Propulsion : deux moteurs diesels Siemens 2 temps dévellopant 3500ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 15 noeuds distance franchissable 6300 miles nautiques à 12 noeuds

Capacités : six soutes totalisant 6500 mètres cubes et 3 cales représentant 350 mètres cubes. Un mat de charge de 2 tonnes à 5m

Armement : trois canons de 37mm, six canons de 20mm

Equipage : 9 officiers et 36 hommes

-Cargo NMS Danubia

Le cargo NMS Danubia à été commandé en même temps que les deux pétroliers ci-dessus. Il s’agissait de permettre de constituer une mini-base flottante de ravitaillement pour une escadre roumaine dans un port non équipé.

Si on se livre aux délices de l’anachronisme on aurait pu imaginer qu’avec un dock-flottant les roumains pouvait ainsi transformer un port lambda en base navale tactique et être moins dépendant de leur base de Constansa.

-Le NMS Danubia est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 mai 1945 lancé le 8 mars 1946 et mis en service le 22 septembre 1946.

Navire neuf en septembre 1948 il assure des missions de transport de matériel et de troupes en direction d’Odessa puis de Sebastopol. Il est endommagé à plusieurs reprises dont la dernière fois le 4 septembre 1953, une bombe le frappant à l’avant, l’incendie étant circonscrit de justesse.

La marine roumaine entreprend aussitôt des réparations mais celles-ci durent plus longtemps que prévu et quand l’opération PIOTR VELIKYI est déclenché le 11 septembre 1953, le cargo était toujours incapable de reprendre la mer.

Comme les réparations devaient encore prendre environ 15 jours et que la Crimée devenait indéfendable, les roumains décident de le saborder pour qu’il ne tombe pas aux mains des soviétiques.

Ce sera peine perdue puisque il sera relevé par les soviétiques, remis en état et utilisé comme cargo militaire jusqu’en 1975 date à laquelle il est désarmé et démoli.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 7000 tW pleine charge 20000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 136.50m longueur entre perpendiculaire 132m largeur 18m tirant d’eau à pleine charge 7.9m

Propulsion : deux groupes diesels Siemens dévellopant une puissance totale de 9700ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 18 noeuds (16 noeuds dans la pratique) distance franchissable 7000 miles nautiques à 8 noeuds 3500 miles nautiques à 15 noeuds

Armement : un canon de 120mm, six canons de 37mm, quatre canons de 20mm, nombre variable de mitrailleuses.

Capacités : quatre cales pouvant contenir un total de 11500 tonnes de charge. Manutention assurée par deux mats de charge

Equipage : 62 hommes

Navires fluviaux

Monitors

Le NMS Mihail Kogalniceanu

La défense du Danube à toujours représenté une importance vitale pour la marine roumaine qui disposa jusqu’en 1954 d’une flottille fluviale parmi les plus puissantes du monde avec notamment quatre monitors semblables baptisés Mihail Kogalniceanu, Alexandru Lahovari, Ion C. Bratianu et Lascar Catargianu.

Ces navires sont destinés à combattre un ennemi tentant de franchir le fleuve mais aussi assurer une mission d’appui-feu en cas d’offensive ou de mission défensive, la marine roumaine et sa flottille fluviale ayant joué un rôle majeur dans l’impossibilité pour les Empires Centraux de contrôler les bouches du Danube.

Durant la longue période séparant les deux conflits mondiaux il y eu des projets de construction de monitors modernes mais aucun ne dépassa pas le stade du projet et c’est donc avec les vétérans du premier conflit mondial que la flottille roumaine du Danube va partir au combat.

Elle va appuyer les prémices de l’opération BARBAROSSA contre l’URSS et lors que le front se révéla trop éloigné, la flottille retrouva sa mission première de sécurisation.

La menace principale étant la mine, elle du transformer une partie de ses moyens pour détruire les mines larguées par des avions occidentaux puis soviétiques et qui causèrent son lot de pertes.

Aux mines s’ajouta la menace des commandos, les britanniques des SBS lançant plusieurs attaques sur les ponts du Danube imposant certaines contre-mesures (filets, vedettes rapides).

Le Mihail Kogalniceanu qui avait été transformé en monitor hauturier assure la défense des Bouches du Danube. Les roumains étudient un moment la possibilité de l’envoyer en Crimée mais y renoncent de peur qu’une mer un peu forte n’entraine le navire par le fond.

Il va donc opérer dans la zone des bouches du Danube pour sécuriser une artère vitale pour l’effort de guerre roumain en particulier et de l’Axe en général. Il est coulé par l’aviation soviétique le 17 octobre 1953, deux bombes l’envoyant ad patres.

L’Alexandru Lahovari endommagé par une tempête est saisi par les soviétiques lors du basculement de la Roumanie en septembre 1953. Très usé, il est utilisé comme ponton d’allégement par les soviétiques avant d’être envoyé à la casse en 1957.

L’Ion C. Bratianu est coulé par l’aviation soviétique le 4 mars 1953 alors que le Lascar Catargianu est victime d’une mine larguée dans le Danube par des bombardiers britanniques le 19 décembre 1952.

A noter que durant le conflit les roumains vont construire un certain nombre de barges d’appui-feu, des embarcations non motorisées et qui devaient être poussées ou remorquées pour changer de position. Néanmoins habilement utilisées et bien camouflées ils représentèrent une vraie menace qui imposa aux soviétiques un patient travail de recherche et de destruction.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 680 tonnes pleine charge 750 tonnes

Dimensions : longueur 63.5m largeur 10.3m tirant d’eau 1.6m

Propulsion : deux turbines à engrenages deux chaudières Yarrow dévellopant 1800ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 13 nœuds distance franchissable 1500 miles nautiques
Protection : 70 à 75mm

Armement : trois canons de 120mm Bofors, un canon de 76mm, deux canons de 47mm, deux mitrailleuses, deux lanceurs de charges de profondeur

Equipage : 110 officiers et marins

Vedettes fluviales

Les quatre vedettes fluviales NMS Stihi, Dumitrescu, Lepri et Subolocotenet Ghiculea sont d’anciens navires français acquis après le premier conflit mondial.

En dépit d’un tonnage élevé pour des vedettes fluviales elles se révélèrent à leur aise sur le Danube ce qui explique qu’elles étaient encore en service en septembre 1948 même si sans le déclenchement du second conflit mondial elles auraient été remplacées par les patrouilleurs ci-après nettement mieux adaptés à la guerre fluviale.

Aucune de ces vedettes ne survivent au second conflit mondial, conflit qui les verront au final opérer sur le Danube mais aussi en mer Noire mais sans jamais s’éloigner trop du grand fleuve européen.

La NMS Stihi est coulée par l’aviation soviétique le 8 septembre 1950, la NMS Dumitrescu est victime d’une mine larguée soit par les soviétiques ou par les britanniques à moins qu’une mine roumaine ait rompu ses amarres. La NMS Lepri est victime d’un incident d’origine accidentelle le 5 mai 1952 alors que la NMS Subolocotenet Ghiculea à été sabordée à Constansa où elle subissait une révision générale avant une éventuelle remise en service (septembre 1953).

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 344 tonnes pleine charge 443 tonnes

Dimensions : longueur 62m largeur 7m tirant d’eau 2.9m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 15 nœuds distance franchissable 3000 miles nautiques à 10 nœuds

Armement : un canon de 100mm, un canon de 76.2mm, deux canons de 37mm, quatre canons de 20mm et un mortier de 81mm

Equipage : 50 officiers et marins.

Patrouilleurs fluviaux type BRP-1

En dépit de leur efficacité, les anciennes canonnières de classe Luronne n’étaient pas des navires fluviaux idéaux. Très vite elles ont été vues comme des navires de transition le temps que des navires conçus dès l’origine pour cette mission soient construits.

Comme souvent entre le projet et la réalisation il se passa un très grand laps du temps et ce n’est que peu avant le début du second conflit mondial que six Barca de patrulare fluviala ont pu être mis en service.

Il s’agissait de navires à très faible tirant d’eau pour s’engager quasiment partout avec un armement lui permettant à la fois d’assurer de «simples» missions de patrouille que de véritables missions de combat. Ces navires ne reçoivent pas de nom mais simplement les lettres BRP suivit d’un chiffre allant de un à six.

Ces navires n’ont guère le temps de goûter aux joies des patrouilles pacifiques puisque le second conflit mondial leur impose une grande vigilance. Cette vigilance est d’autant plus importante que les incidents de frontière sont nombreux. A plusieurs reprises avant le déclenchement de l’opération BARBAROSSA, les BRP sont obligés d’ouvrir le feu en soutien des garde-frontières.

Après avoir couvert le franchissement du fleuve, ces patrouilleurs vont assurer la protection de la navigation sur le plus grand fleuve européen, devant surtout lutter contre les mines voir contre des raids commandos menés notamment par les SBS britanniques.

Quatre d’entre-eux sont perdus durant le conflit, les BRP-1 et 2 coulés par l’aviation soviétique respectivement les 14 mars 1952 et 8 septembre 1953, le BRP-3 victime d’une collision avec une barge chargée de pétrole et le BRP-6 détruit par une mine. Les BRP-4 et 5 saisis par les soviétiques sont rendus en 1959 à la Roumanie pour les utiliser comme navires pour garde-frontières jusqu’à leur retrait au cours des années soixante-dix.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : 75 tonnes

Dimensions : longueur 27m largeur 5.20m tirant d’eau 1.80m

Propulsion : deux moteurs diesels de 1500ch entrainant une hélice

Performances : vitesse maximale 25 nœuds distance franchissable 4500 miles nautiques
Protection : léger blindage de la passerelle

Armement : un canon de 76.2mm à l’avant, deux canons de 37mm, deux canons de 20mm, un mortier de 81mm

Equipage : 32 officiers et marins.

Mitteleuropa Balkans (83) Roumanie (13)

Sous-marins

Le Delfinul

Comme nous l’avons vu dans la partie historique, la marine roumaine avait commandé un sous-marin dès 1914. Le déclenchement de la première guerre mondiale entraina la réquisition du sous-marin en construction à Chalons sur Saône chez la compagnie Schneider (NdA prononcer Schneidre).

Comme si l’histoire se mettait à begayer ce sous-marin est proposé par la France à la Roumanie une fois le premier conflit mondial terminé mais Bucarest décline cette proposition qui aurait vu la marine royale roumaine mettre en service un navire non seulement usé mais aussi tout simplement dépassé voir obsolète.

En 1924 la marine roumaine décide de commander un sous-marin neuf. Les chantiers navals Schneider espèrent remporter le contrat mais c’est finalement un chantier naval italien pourtant inexpérimenté dans ce domaine qui remporte le contrat pour une unité ainsi qu’un bâtiment de soutien.

Forcément il était prévisible que sauf miracle la construction allait rencontrer de nombreux problèmes. Mis sur cale aux chantiers navals de Fiume en 1927, il est lancé en 1930, complété en 1931 mais accepté uniquement en 1936 suite à de nombreux problèmes qui imposèrent de nombreux travaux correctifs.

Toujours en service en septembre 1948 le Delfinul sert d’abord d’instrument de dissuasion pour rendre la flotte soviétique de la mer Noire plus prudente avant de mener des missions plus offensives d’attaque de la navigation ennemie en mer Noire. Des missions de renseignement et des opérations spéciales ont également été menées.

Endommagé à plusieurs reprises, le Delfinul était en réparations quand le coup d’état communiste entraine la Roumanie dans un nouveau conflit avec l’URSS comme alliée et non comme ennemi.

Les nouveaux maitres du pays ordonnent l’arrêt des réparations officiellement pour des raisons techniques mais personne n’est dupe, tout le monde voyant derrière la main de Moscou. Une équipe de sous-mariniers soviétique inspecte le navire et estime que sa remise en état n’apporterait rien à la marine soviétique. Décision est alors prise de l’envoyer à la démolition, démolition effectuée entre septembre 1957 et février 1958.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : surface 650 tonnes plongée 900 tonnes

Dimensions : longueur 68m largeur 5.9m tirant d’eau 3.6m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer, deux moteurs électriques deux hélices

Performances : vitesse maximale 14 nœuds en surface 9 nœuds en plongée distance franchissable 2000 miles nautiques

Armement : un canon de 102mm, une mitrailleuse de 13.2mm puis un canon de 20mm, huit tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à l’avant et quatre à l’arrière)

Equipage : 55 hommes

Le Rechinul et le Marsuinul

Le Rechinul (S-1) et le Marsuinul (S-2)

Après la longue et difficile construction du Delfinul on comprend que la marine roumaine n’ait pas voulu confier au chantier naval de Fiume la construction de nouveaux submersibles.

Elle se tourne vers un bureau d’études néerlandais baptisé IvS (Ingenieurskantoor voor Scheepsbouw). En réalité derrière ce bureau d’études batave se cache la marine allemande qui espérait ainsi préserver son savoir-faire et l’accroitre en attendant le jour où le réarmement sera possible.

Grâce à ce bureau d’études la marine roumaine va pouvoir s’équiper de deux submersibles qui ne sont pas identiques mais partagent un certain nombre de points communs.

Plans du sous-marin Rechinul

Le premier nommé baptisé Rechinul (requin) est issu du Project 298, version améliorée du E-1, un submersible conçu pour l’Espagne mais finalement vendu à la Turquie en 1935.

La Roumanie achète les plans et en 1938 les chantiers navals de Galati entament la construction de leur premier sous-marin avec l’assistance technique des chantiers navals AG Weser de Brême. En dépit de cette aide, le navire n’est lancé qu’en mai 1941 et mis en service en septembre 1942.

Le Marsuinul

Le second baptisé Marsuinul (Marsouin) est extérieurement assez semblable au précédent mais ils se différencient par le fait que ce dernier est conçu comme sous-marin mouilleur de mines. Mis sur cale seulement en juin 1940 il est lancé en octobre 1942 et mis en service en mars 1945.

Ces deux sous-marins sont naturellement toujours en service en septembre 1948. Si le Marsuinul effectue des missions de mouillage de mines pour tenter de bloquer les flottes militaires et les flottes marchandes ennemies, en revanche le Rechinul sert d’abord d’arme de dissuasion avant de mener de véritables missions de guerre.

Ces deux sous-marins vont disparaître pendant la guerre. Le Marsouinul est victime d’une mine……roumaine au large de Constansa le 14 mai 1951 alors que le Rechinul à été coulé par un sous-marin soviétique alors qu’il tentait d’évacuer des commandos roumains engagés derrière les lignes soviétiques en octobre 1952.

Caracteristiques Techniques

Le Rechinul

Déplacement : surface 650 tonnes plongée 750 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 69.8m largeur 6.80m tirant d’eau : nc

Propulsion : deux moteurs diesels MAN deux moteurs électriques Brown Boveri deux hélices

Performances : vitesse maximale 16 nœuds en surface 9 nœuds en plongée distance franchissable 7000 miles nautiques en surface

Armement : un canon de 88mm, un canon de 20mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre tubes à l’avant et deux à l’arrière)

Equipage : 45 officiers et marins

Le Marsouinul

Déplacement : surface 620 tonnes plongée 860 tonnes

Dimensions : longueur 68.7m largeur 6.45m tirant d’eau : nc

Propulsion : deux moteurs diesels MAN deux moteurs électriques Brown-Boveri

Performances : vitesse maximale 16 nœuds en surface 9 nœuds en plongée distance franchissable 8000 miles nautiques en surface

Armement : un canon de 88mm, un canon de 37mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre avant et deux arrières) 20 mines

Equipage : 45 officiers et marins

Vedettes lance-torpilles

Le programme naval de 1937 prévoyait dix vedettes lance-torpilles mais en septembre 1948 en raison de problèmes tout autant financiers que techniques seulement huit vedettes lance-torpilles sont en service au sein de la 4ème flottille de torpilleurs.

S-Boote en mer

Ces vedettes ne portent pas de nom mais deux lettres B et T pour Barca Torpilei (bateau lance-torpilles) suivit d’un chiffre allant d’abord de un à huit puis jusqu’à vingt-quatre puisqu’au final la marine royale roumaine va mettre en œuvre vingt-quatre navires de ce type, ces navires étant considérés par les soviétiques comme la principale nuisance parmi toutes celles que pouvait représenter la marine de Bucarest.

Utilisées de manière agressives elles tendaient des embuscades contre les convois soviétiques ou contre les navires militaires isolées. Certaines furent utilisées de manière plus originale pour infiltrer des commandos de saboteurs derrière le front pour détruire une batterie d’artillerie, un dépôt de munitions ou un poste de commandement.

Les huit vedettes en service en septembre 1948 (BT-1 à 8) étaient semblables aux S-Boot mais de conception roumaine, des navires de 65 tonnes, mesurant 29m de long sur 4m de large, filant à 40 nœuds avec un armement composé d’un canon de 20mm, de deux mitrailleuses de 7.92mm et deux tubes lance-torpilles de 533mm.

Durant le conflit seize nouvelles vedettes sont mises en service (BT-9 à 24), des navires plus gros, plus rapides et surtout mieux armées pour s’opposer avec succès à leurs homologues soviétiques.

Elles déplaçaient 105 tonnes, mesuraient 34m de long sur 5m de large, une vitesse maximale de 42 nœuds et un armement composé d’un canon de 37mm, de deux canons de 20mm, de deux mitrailleuses et de quatre torpilles de 533mm sur berceaux.

Sur les vingt-quatre vedettes lance-torpilles utilisées par la marine royale roumaine entre septembre 1948 et avril 1954, seize d’entre-elles ont été détruites, les huit survivantes furent détruites peu après la fin du conflit, leur usure prononcée rendant leur réutilisation problématique même pour des tâches secondaires.

Les BT-1, 4, 7, 8, 12, 16,21 et 24 ont été coulées par l’aviation, les BT-3 et 5 par des mines, les BT-19 et 20 par des batteries côtières et les BT-2, 6, 10 et 15 par leurs homologues soviétiques.

Mouilleurs de mines

NMS Amiral Murgescu

Le programme naval de 1937 prévoyait la construction pour la marine royale roumaine d’un croiseur léger baptisé Amiral Murgescu. Finalement ce navire allait être un hybride, un mouilleur de mines pouvant servir également de navire de transport et d’escorteur lourd. Il était prévu initialement quatre navires mais les trois sister-ship de l’Amiral Murgescu ne furent jamais construits.

-Le NMS Amiral Murgescu est mis sur cale le 1er août 1938 aux chantiers navals de Galati lancé le 14 juin 1939 et mis en service le 14 octobre 1941.

En temps de paix il effectue des mouillages de mines d’exercices mais aussi des missions de transport et des simulations de raids amphibies même si durant le second conflit mondial il ne mènera aucune mission de ce type.

Modernisé entre septembre 1946 et mars 1947 il était donc pleinement opérationnel en septembre 1948 quand éclate le second conflit mondial. La Roumanie reste neutre mais neutralité ne veut pas dire faiblesse et des champs de mines défensifs sont mouillés pour protéger les ports roumains et mêmes bulgares, Bucarest craignant une action décidée des soviétiques.

Après le déclenchement de l’opération BARBAROSSA, de nouveaux mouillages de mines sont réalisés. L’Amiral Murgescu ne mène que des mouillages défensifs en raison d’une vitesse trop faible pour s’échapper rapidement d’une zone contrôlée par l’ennemi.

Il va également mener des missions de transport de troupes entre Constansa et Odessa voir entre Odessa et la Crimée après la conquête de la presqu’île par les germano-roumains.

A Bucarest on se prend à rêver d’un condominium sur la Crimée ignorant que les allemands veulent en faire un pays des Goths (Gothland), une riviera pour les privilégiés du régime.

A plusieurs reprises le mouilleur de mines est endommagé mais jamais vraiment sérieusement, certains le mettant sur le compte d’une icône de la vierge que le commandant avait disposé dans sa cabine.

Le 25 septembre 1953 un coup d’état communiste provoque le basculement de la Roumanie dans le camp soviétique. L’Amiral Murgescu était à l’époque stationné à Constansa et s’apprêtait à appareiller pour une nouvelle mission d’escorte. Saisi par les soviétiques, il est interné à Sébastopol jusqu’à la fin de la guerre.

Il est rendu à la marine roumaine le 14 mars 1955. Rebaptisé NMS Dacia, il est transformé en ravitailleur polyvalent. Désarmé le 17 septembre 1974, il est vendu à la démolition et démantelé au début des années quatre-vingt.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 812 tonnes pleine charge 1068 tonnes

Dimensions : longueur 76.9m largeur 9.1m tirant d’eau 2.5m

Propulsion : deux moteurs diesels Krupp de 2100 ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 16 nœuds distance franchissable 3400 miles nautiques

Armement : deux canons de 105mm en affûts simples sous masques, deux puis huit canons de 37mm, quatre puis six canons de 20mm, deux affûts doubles de 13.2mm (débarqués en 1949), deux lanceurs de chargeurs de profondeur avec 65 charges, 135 mines

Battelerie : une vedette à moteur de 9t (un canon de 20mm, une mitrailleuse, six charges de profondeur)

Equipage : 135 officiers et marins

NMS Vlad Tepes et NMS Domnitor

Le Maréchal Pétain à la mer, peinture publicitaire

Les NMS Vlad Tepes et NMS Domnitor sont deux paquebots de 18000 tonnes comparables à notre Marechal Pétain construits non pas en Roumanie mais en Italie pour le Service Maritime Roumain afin de servir plusieurs lignes de transport de passagers en mer Noire et en Méditerranée.

Comme une partie des archives à disparu les lignes en question sont incertaines et font l’objet de spéculation. Si la plupart des auteurs s’accordent sur la desserte des ports bulgares, turcs et soviétiques certains estiment que ces paquebots auraient pu également desservir des ports de Méditerranée voir réaliser des croisières pour les plus fortunés.

Ces deux navires sont mis en service respectivement en septembre 1947 et mars 1948 et n’ont donc pas le temps de vraiment réaliser des traversées régulières et ainsi fidéliser une clientèle.

Résultat le Serviciul Maritim Român prend la décision en septembre 1948 de désarmer ces deux fleurons en attendant de savoir de quoi demain sera fait.

Le SMR est vite fixé. La marine royale roumaine réquisitionne ces deux paquebots et ordonne leur transformation en mouilleur de mines écartant d’autres projets (croiseur auxiliaire, navire-hôpital).

Conservant leurs noms d’origine, ils sont remis en service en mars et septembre 1949. Ils vont mener quelques missions de mouillage de mines mais vont surtout servir de transport de troupes ce qui fait dire à certains qu’on à perdu beaucoup de temps pour rien.

Contrairement à l’Amiral Murgescu, les deux paquebots transformés ne vont pas survivre à la guerre.

Le NMS Vlad Tepes est ainsi victime d’un sous-marin soviétique inconnu (NdA il à probablement été coulé avant d’avoir pu revendiquer sa victoire) le 14 aoûit 1950 (deux torpilles et non trois comme le pense des survivants probablement trompés par l’explosion de munitions ou des chaudières) alors que le NMS Domnitor est coulé le 8 août 1951 au large d’Odessa par l’aviation soviétique, quatre bombes étant fatales au navire qui s’incline et chavire, ne laissant que fort peu de survivants.

Caracteristiques Techniques

Déplacement en charge 18000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 181m largeur 23m tirant d’eau 9.40m

Propulsion : trois moteurs diesels deux temps Sulzer (produits sous licence en Roumanie) dévellopant 25000ch entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 21 nœuds distance franchissable 7500 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : un canon de 152mm, quatre canons de 105mm, huit canons de 37mm et douze canons de 20mm, 300 mines mouillables

Capacités : en configuration paquebot ils pouvaient transporter 673 passagers répartis en trois classes. En configuration transport ils pouvaient transporter 5000 soldats équipés

Equipage : 325 officiers et marins pour le navire de croisière, 20 officiers et 145 hommes comme bâtiment militaire.

Mitteleuropa Balkans (82) Roumanie (12)

Navires

Croiseur léger NMS Miheai Viteazul

Lors du programme naval de 1937 la Marine Royale Roumaine prévoyait d’acquérir un croiseur léger mais ce navire qui allait être baptisé NMS Amiral Mugescu fût finalement achevé en mouilleur de mines pouvant également être utilisé comme navire de commandement et navire d’escorte lourd.

Finalement en juin 1942 la Roumanie sollicite différents chantiers navals pour un projet de croiseur léger. Ce projet est à la base roumain mais comme les architectes navals de la patrie de Cioran manquent d’expérience dans ce domaine, Bucarest souhaite une assistance étrangère.

C’est l’Allemagne qui l’emporte et envoie aux chantiers navals de Constansa une équipe d’ingénieurs et d’ouvriers spécialisés avec tout un lot de plans pour compléter et améliorer le plan roumain qui allait donner naissance à un croiseur léger semblable aux futurs unités de classe Berlin de la Kriegsmarine.

Semblable mais pas identique, l’unique croiseur léger de l’histoire roumaine étant plus petit, plus léger et moins armé que ses homologues allemands (Berlin, Frankfurt am Main, Dresden, Magdebourg, Emden, Bremen).

Il déplace en effet 7500 tonnes, mesurant 174m de long pour 14m de large et un tirant d’eau de 4.80m, un système propulsif comprenant des turbines à engrenages et des chaudières à vapeur développant 85000ch lui permettant d’atteindre la vitesse de 30 nœuds.

Son armement est composé de quatre tourelles doubles de 150mm, de six canons de 105mm en affûts simples sous masque, d’une DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm et de six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes.

Le projet d’embarquer une catapulte et un hydravion à été abandonné en raison d’une surcharge dans les hauts et du refus de réduire la puissance de feu.

Baptisé Miheai Viteazul (Michel 1er le Brave), il est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 4 septembre 1943 lancé le 14 mai 1945 et mis en service le 10 octobre 1947.

Navire-amiral de la marine roumaine, il va assurer des escortes de convois mais aussi des missions plus offensive comme l’attaque de la navigation soviétique et le bombardement de cibles à terre.

Il est endommagé à plusieurs reprises par l’aviation mais aussi lors d’échanges de tir avec une batterie côtière soviétique. Il est coulé le 14 janvier 1953 par l’aviation soviétique alors qu’il couvrait un convoi de renforts en direction d’Odessa.

Des bombardiers bimoteurs passent à l’attaque et touchent le croiseur léger à trois reprises. Le croiseur léger s’incline sur tribord puis sombre en quelques minutes ne laissant que fort peu de survivants.

Un sister-ship baptisé Cetatea Alba est mis sur cale en septembre 1948 mais sa construction n’est pas prioritaire ce qui fait qu’il n’est lancé qu’en octobre 1951 à une époque où son utilité est non seulement discutable sur le plan tactique mais aussi sur le plan logistique avec des problèmes d’effectifs pour la marine royale roumaine.

On décide tout de même de l’achever mais le 9 septembre 1952 il est victime d’un bombardement aérien français mené contre le port de Constansa. Douze bimoteurs Amiot 371 Berry escortés par des Arsenal VG.40 attaquent au crépuscule.

Des problèmes de détection et de coordination retardent l’intervention de la chasse de nuit et de la DCA. Cette dernière n’ouvre le feu que quand les premières bombes tombent sur le port.

Le futur croiseur pourtant bien camouflé n’échappe pas aux bombes françaises, trois d’entre-elles frappant le navire qui coule droit. Son épave sera relevée après guerre et démolie.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 7500 tonnes pleine charge 9500 tonnes

Dimensions : longueur 174m largeur 14m tirant d’eau 4.80m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières produisant de la vapeur surchauffée. Ce système fractionné (de l’avant à l’arrière chaufferie avant, machine avant, chaufferie arrière machine arrière) permet une puissance maximale de 85000ch entrainant deux hélices à pas variable triplace de 3.95m de diamètre.

Performances : vitesse maximale 30 nœuds distance franchissable 4500 miles nautiques à 20 nœuds

Protection : ceinture 75mm pont principal 35mm tourelles 25mm bloc-passerelle 30mm

Armement : huit canons de 150mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières), six canons de 105mm en affûts simples sous masque (trois à milieu tribord et trois à milieu bâbord), huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, six canons de 20mm en affûts simples, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plateformes triples

Aviation : aucune

Equipage : 457 officiers et marins

Destroyers et torpilleurs

Destroyers classe Regele Ferdinand

Le Regele Ferdinand

La classe Regele Ferdinand (classe Roi Ferdinand 1er _roi de Roumanie de 1914 à 1927) est une classe de deux destroyers de conception et de fabrication italienne. Baptisés Regele Ferdinand (roi Ferdinand [1er]) et Regina Maria (reine Marie, épouse de Ferdinand 1er), ils vont être les plus puissants destroyers de la marine roumaine, les unités de classe Maresti nouvelle version étant moins puissants que leurs ainés.

Ils sont commandés dans le cadre d’un programme naval de 1927 et sont destinés à compléter les deux destroyers de classe Maresti, deux des quatre destroyers de classe Vifor (voir ci-après) commandés par la Roumanie en 1914 mais que l’Italie avait réquisitionné au moment de son entrée en guerre.

Les deux unités de classe Regele Ferdinand sont inspirés des conducteurs de flottille britanniques de classe Skakespeare. Ils s’en différencient par la disposition de leur système propulsif, par un armement d’origine suédois et par la conduite de tir d’origine allemande. Quatre unités étaient prévues mais seulement furent finalement construites.

Regele Ferdinand (1935)

-Le Regele Ferdinand est mis sur cale en juin 1927 aux chantiers navals Pattison de Naples lancé le 1er décembre 1928 et mis en service le 7 septembre 1930.

Le Regina Maria

-Le Regina Maria est mis sur cale en 1927 aux chantiers navals Pattison de Naples lancé le 2 mars 1929 et mis en service le 7 septembre 1930.

Le 27 mai 1931, le roi de Roumanie Carol II et son premier ministre Nicolae Iorga visitent le navire à Constanza. En 1937 ils participent à Spitehead à la revue navale célébrant le couronement de George VI.

Ces deux navires sont modernisés entre 1941 et 1943 pour le premier et 1944 et 1946 pour le second. Outre une remise en état complète, ils recevoient un sonar de conception allemand, une DCA améliorée ainsi que différentes modifications de détail.

Toujours en service en septembre 1948 ils vont d’abord assurer la défense des côtes avant de participer à des escortes de convois, la RKKF se montrant assez agressive avant même le début de l’opération BARBAROSSA. Celle-ci commencée, les deux destroyers vont assurer des missions d’escorte, de patrouille, de lutte anti-sous-marine et d’appui-feu au profit des troupes au sol.

Le NMS Regele Ferdinand est torpillé par un sous-marin soviétique le 7 septembre 1950 (deux torpilles) au large des côtes de Roumanie, le destroyer traquant un sous-marin repéré par un hydravion qui avait tenté sans succès de l’attaquer. En revanche le NMS Regina Maria survit au conflit.

Saisi par les soviétiques au moment du coup d’état communiste, il est interné à Sébastopol puis rendu à la Roumanie en mars 1955. Devenu navire-école sous le nom de Romania, il va jouer ce rôle jusqu’en 1965 quand son usure entraine son retrait du service et sa vente à la démolition.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 1422 tonnes pleine charge 1880 tonnes

Dimensions : longueur 101.9m largeur 9.6m tirant d’eau 3.51m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Thornycroft développant 52000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 37 nœuds distance franchissable avec 490 tonnes de mazour 3000 miles nautiques à 15 nœuds

Electronique : deux télémètres pour l’artillerie principal et un sonar S-Gerät.

Armement : cinq canons de 120mm Bofors en cinq affûts simples sous masque (deux à l’avant superposés, deux à l’arrière superposés, un derrière la cheminée arrière), un canon antiaérien Bofors de 76mm (remplacé ultérieurement par des canons de 20mm) entre les deux cheminées et un affût double de 40mm (remplacé par deux canons de 37mm et un affût double de 13.2mm), deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm. Ils peuvent emporter 50 mines ou 40 charges de profondeur

Equipage : 212 officiers et marins.

Destroyers classe Vifor

Le Marasesti

L’histoire de ces destroyers est particulièrement chaotique. Commandés en 1913 aux chantiers navals Pattison de Naples par et pour la marine roumaine ils vont être réquisitionnés par la Regia Marina, la marine royale italienne quand celle-ci rentre en guerre au printemps 1915. Achevés comme croiseurs-éclaireurs (esploratori), ils vont pour deux d’entre-eux connaitre une carrière sous pavillon roumain, les deux autres continuant à servir dans la marine italienne jusqu’à la fin des années trente quand ils sont transférés à la marine nationaliste espagnole.

Initialement baptisés Vifor Viscol Vârtej et Vijelie, ils devaient être armés de trois canons de 120mm, quatre canons de 75mm, cinq tubes lance-torpilles, une endurance de 10h à vitesse maximale ce qui entrainait une autonomie limitée mais comme ils devaient opérer en mer Noire cela n’était pas un immense problème. Ces quatre navires devaient être suivis de huit autres mais ce projet ne fût jamais mené à son terme.

Internés le 5 juin 1915, ils étaient achevés à 60% pour l’un, à 50% pour un autre, à 20% pour un troisième alors que le quatrième n’était pas encore sur cale.

Ils sont achevés et mis en service dans la marine italienne sous les noms d’Aquila,Falco, Nibbio et Sparviero respectivement le 8 février 1917, le 20 janvier 1920, le 15 mai 1918 et le 15 juillet 1917.

Les Sparviero et Nibbio sont vendus à la Roumanie le 1er juillet 1920 et rebaptisés respectivement Marasti et Marasesti.

Quand éclate la guerre de Pologne ces deux navires sont armés de cinq canons de 120mm quatre canons de 76mm, deux mitrailleuses, deux affûts doubles lance-torpilles de 457mm et une capacité de mouillage de mines avec cinquante armes de ce type. Jusqu’à la mise en service du croiseur léger se furent les navires de combat les plus puissants.

Ces navires sont modernisés a minima en 1940/41 avec un renforcement de la DCA au détriment de l’artillerie principale (réduite à quatre canons de 120mm et deux de 76mm), l’embarquement de deux lanceurs de charges de profondeur.

Ils sont cependant usés et dépassés et la marine roumaine choisit de les désarmer, le Marasti quittant le service actif en octobre 1944 et son sister-ship en mai 1945. Ils sont immédiatement démolis, l’acier récupéré alimentant l’industrie de guerre roumaine.

Un mot sur leurs sister-ship restés sous pavillon espagnol. Les Aquila et Falco sont cédés à la marine nationaliste en 1937 alors que le camp franquiste ne possédait plus qu’un destroyer, le Velasco.

Ces navires sont rebaptisés Melilla et Ceuta, deux villes du Maroc espagnol ce qui est tout sauf un choix innocent, les troupes de l’Armée d’Afrique (Tercio, Regulares, troupes marocaines) ayant permis au camp nationaliste de transformer un pronunciamento manqué en une guerre qu’ils finiront pas remporter. Ces deux navires vont servir dans la marine espagnole jusqu’au milieu des années soixante quand ils sont désarmés et démolis.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 1620 tonnes pleine charge 1790 tonnes

Dimensions : longueur 94.3m largeur 9.5m tirant d’eau 3.6m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières Thornycroft développant une puissance maximale de 40000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 34 nœuds distance franchissable 3000 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : trois canons de 152mm en affûts simples, quatre canons de 76mm, deux affûts doubles lance-torpilles de 457mm, 24 à 44 mines

Equipage : 146 officiers et marins.

Torpilleurs légers classe Marasesti

Pour moderniser leur marine les roumains décident de construire quatre torpilleurs de conception nationale avec l’aide discrète des italiens et des allemands.

Ces navires sont classés comme torpilleurs mais on peut les considérer comme des destroyers légers. La construction va se révéler très lente en raison du manque d’expérience des chantiers navals roumains.

Il s’agit d’élégants navires déplaçant 1100 tonnes avec un bloc-passerelle ramassé, deux cheminées inclinées et un armement composé de trois canons de 120mm en affûts simples (deux avant, un arrière), une DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm, trois plate-formes doubles lance-torpilles de 533mm et des grenades ASM.

-Le NMS Marasesti est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 septembre 1942 lancé le 8 octobre 1944 et mis en service le 17 septembre 1945.

-Le NMS Marasti est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 janvier 1943 lancé le 8 août 1944 et mis en service le 30 septembre 1945.

-Le NMS Viscol est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 mars 1945 lancé le 8 novembre 1946 et mis en service le 31 décembre 1947.

-Le NMS Vifor est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 30 avril 1945 lancé le 24 septembre 1946 et mis en service le 21 octobre 1947.

Ces quatre navires vont opérer à la fois comme escorteurs mais aussi comme navire d’attaque contre les convois soviétiques. Ils vont également de servir de canonnière pour appuyer les troupes au sol.

Deux d’entre-eux vont être perdus durant le conflit. Le premier est le Marasesti qui saute sur une mine soviétique mouillée au large d’Odessa le 8 octobre 1952, la mine déchirant le navire à la hauteur de la première cheminée, l’avant coulant immédiatement ne laissant quasiment aucune chance aux marins présents dans cette zone.

En revanche l’arrière commence à s’incliner sur babord puis se stabilise de longue minutes permettant aux marins d’évacuer et d’être récupérés par des navires venus d’Odessa, l’explosion ayant été vue et aperçue par toute la ville. Comme si le navire n’avait attendu que cela, peu après le départ du dernier marin, le navire sombre dans les profondeurs de la mer Noire.

Le second à succomber est le Viscol victime le 11 septembre 1953 de l’aviation soviétique lors de bombardements préliminaires à l’opération PIOTR VELIKYI et plus précisément le volet aéroporté baptisé PETERHOF.

Alors qu’il naviguait au large d’Odessa pour couvrir l’arrivée d’un convoi venu de Constansa, le destroyer est attaqué par des bombardiers bimoteurs soviétiques Peltyakov Pe-2. En dépit d’une DCA furieuse le torpilleur encaisse deux bombes qui provoque un naufrage rapide et des pertes humaines très élevées.

Les deux dernières unités vont survivre au conflit. Ralliant le nouveau pouvoir communiste après le coup d’état, ils vont combattre aux côtés des soviétiques même si à l’époque la mer Noire est redevenu un lac sous contrôle soviétique. Le Marasti est désarmé en 1959 et le Vifor en 1961, les deux navires étant ensuite rapidement démolis.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 1100 tonnes pleine charge 1540 tonnes

Dimensions : longueur 85m largeur 11m tirant d’eau 3.80m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières développant 37000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 34 nœuds distance franchissable 5500 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : trois canons de 120mm en affûts simples sous masque (deux à l’avant et un à l’arrière), huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, six canons de 20mm en affûts simples, trois plate-formes doubles lance-torpilles de 533mm et vingt grenades ASM

Equipage : 185 officiers et marins

Torpilleurs légers classe Noduca (type Ariete)

Ariete

A l’origine des Ariete figure une initiative des chantiers navals Ansaldo de Gênes pour un nouveau modèle de torpilleur destiné aussi bien à la Regia Marina qu’à l’export.

Outre l’Italie ce modèle allait être exporté en Espagne (quatre exemplaires), en Suède (deux exemplaires plus quatre produits sous licence), Roumanie (quatre exemplaires construits en Roumanie) et en Thaïlande (quatre exemplaires), un vrai best-seller qui permis à l’Italie d’engranger des devises partagées entre les chantiers Ansaldo et le gouvernement italien.

Côté marine royale italienne ce sont seize exemplaires qui sont commandés pour compléter les Orsa et les Spica, portant le nombre de torpediniere da scorta à cinquante exemplaires en septembre 1948. Huit autres Ariete seront construits après le début du conflit et leur cas sera étudié dans le cadre du programme de guerre.

Sur le plan technique, les Ariete sont une version agrandie des Spica qui les précédent immédiatement. Ils restent armés de deux canons de 100mm, possèdent une DCA légère non négligeable (dix pièces de 20mm), une important armement en torpilles parfois réduit au bénéfice de l’armement anti-sous-marine. Ils conservent une capacité de mouillage de mines dont on peut se poser la question sur l’utilité.

-Le NMS Noduca est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 14 mai 1942 lancé le 9 juillet 1943 et mis en service le 17 septembre 1944.

-Le NMS Sborul est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 12 août 1943 lancé le 8 octobre 1944 et mis en service le 21 novembre 1945.

-Le NMS Smeul est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 4 mai 1944 lancé le 9 juillet 1945 et mis en service le 1er septembre 1946.

-Le NMS Vartej est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 14 septembre 1945 lancé le 8 novembre 1946 et mis en service le 30 novembre 1947.

Ces navires vont opérer contre la navigation soviétique en compagnie des vedettes lance-torpilles mais aussi comme escorteurs et comme navires de surveillance côtière.

Le NMS Sborul est victime des éléments le 10 octobre 1952, une tempête d’une ampleur biblique l’envoyant par le fond entre Constansa et Odessa. Une poignée de survivants sera récupérée par un cargo roumain mais l’épave ne sera retrouvée qu’en 1975.

Le NMS Noduca est victime de vedettes lance-torpilles soviétiques au large de la Crimée le 7 mars 1953. Au crépuscule alors que le torpilleur roumain était l’affût d’un potentiel débarquement amphibie soviétique, il repère des échos sur son radar, six échos, six vedettes lance-torpilles qui passent immédiatement à l’attaque.

Les vedettes de la RKKF larguent leurs douze torpilles avant de décrocher. Le torpilleur roumain manœuvre avec l’énergie du désespoir, ouvrant le feu contre les vedettes (une détruite, une endommagée) et contre les torpilles (deux détruites).

Si deux anguilles se perdent pour des raisons techniques, deux autres frappent le torpilleur qui coulent en quelques minutes. Le sort des six autres torpilles est inconnu.

Le Smeul sévèrement endommagé par l’aviation ennemie lors de l’opération PIOTR VELIKY est saisi par les soviétiques lors de la prise d’Odessa qui l’envoient immédiatement à la casse alors que le Vartej refusant de suivre les nouvelles autorités roumaines se réfugiera en Turquie où son équipage sera interné et le navire remis en service dans la marine turque sous le nom d’Iskenderun, le navire étant désarmé en 1980 et démoli.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 757 tonnes pleine charge 1118 tonnes

Dimensions : longueur 83.5m largeur 8.62m tirant d’eau 3.15m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 22000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 31.5 nœuds distance franchissable nc

Armement : deux canons de 100mm en affûts simples dix canons de 20mm en affûts simples et doubles, six tubes lance-torpilles de 450mm en deux plate-formes triples, grenades ASM et vingt mines

Equipage : 115 officiers et marins