Dominions (70) Australie (14)

Australian Marines

Historique

Les troupes de marines sont quasiment aussi vieilles que les marines en elles mêmes, servant à bord d’unités de combat lors des abordages, d’unités de protection des officiers contre des marins pas toujours dociles mais aussi d’unités de raids pour les missions outre-mer.

Lire la suite

24-Armée de l’air (35)

O-Forces combattantes : l’infanterie de l’air les fusiliers de l’air et le génie de l’air

Préambule

Outre les avions, l’armée de l’air dispose de troupes combattant au sol dans des phases offensives et défensives.

Fantassins de l'air sur les Champs Elysées pour le défié du 14 juillet 1937

Fantassins de l’air sur les Champs Elysées pour le défié du 14 juillet 1937

Les deux Groupes d’Infanterie de l’Air sont les premiers parachutistes français et sont chargés de raids, de descentes comme on disait du temps de la marine à voile. Des plans sont dressés pour saisir des objectifs stratégiques en soutien des forces cuirassées et mécaniques.

Les fusiliers de l’air créé en mars 1944 sont intégrés aux groupes de chasse, de bombardement, de reconnaissance, d’observation et de transport à raison d’une section. Montés sur des véhicules légers tout-terrains, ils sont armés de fusils, de pistolets mitrailleurs, de fusils-mitrailleurs et de mortiers pour assurer la défense des terrains contre un raid ennemi mené aussi bien par des parachutistes que par des unités motorisées.

Quand au génie de l’air, une section est intégrée dans chaque groupe de chasse, de bombardement, de reconnaissance, d’observation et de transport pour assurer l’aménagement des terrains et surtout les réparations après un raid pour permettre à la plate-forme de redevenir opérationnelle le plus vite possible.

L’Infanterie de l’Air

Le 602ème GIA à Montelimar en 1939

Le 602ème GIA à Montelimar en 1939

En 1931, les soviétiques sont les pionniers de l’utilisation militaire des parachutistes et quatre ans plus tard, le 12 septembre 1935, la France créé le Centre d’Instruction Parachutiste implanté sur la base aérienne d’Avignon-Pujaut placé sous le commandement du capitaine Greille qui revenait d’un stage parachutiste et moniteur en URSS.

Il faut cependant attendre le 1er avril 1937 pour que soient créés officiellement les Troupes Aéroportées ou TAP et six mois plus tard, le 1er octobre 1937, deux groupes d’infanterie de l’air, le 601ème et le 602ème GIA, le premier étant stationné à Reims et le second à Baraki à 15km d’Alger.

Chaque G.I.A comprend un état-major, une escadrille de transport de troupes avec des avions destinés à la mise en oeuvre des fantassins de l’air et une compagnie d’infanterie de l’air (207 hommes) organisée en un groupe de commandement, une section d’engins (un groupe de mitrailleuses et un groupe de canons de 37mm) et trois sections de voltigeurs.

En février 1939, le 601ème GIA fait mouvement sur Baraki pour retrouver son homologue et former un Groupement d’Infanterie de l’Air, le CIP de Pujaut était dissous en mai 1939.

Quand la guerre de Pologne éclate, le GIA n°601 rallie Avignon-Pujaut et le GIA n°602 Montelimar et se tiennent prêt à sauter sur un objectif comme Walcheren aux Pays Bas dans le cadre de la manoeuvre Dyle-Breda mais cette manoeuvre n’ayant pas été exécuté, les fantassins de l’air sont restés l’arme au pied.

Suite à la démobilisation de l’été 1940, les deux Groupes d’Infanterie de l’Air retrouvent leurs bases d’origine et sont réorganisés au printemps 1942.

Tout en conservant leurs avions de transport, ils reçoivent une deuxième compagnie d’infanterie de l’air, les deux compagnies étant réorganisées avec un groupe de commandement, une section d’engins avec mitrailleuses et mortiers et trois sections de voltigeurs qui reçoivent des fusils antichars MAS modèle 1940AC (des Mauser T-Gewehr transformés) puis des Boys britanniques.

Mauser T-Gewehr ultérieurement remis en service sous le nom de MAS 1940AC (AntiChar)

Mauser T-Gewehr ultérieurement remis en service sous le nom de MAS 1940AC (AntiChar)

Jusqu’au déclenchement du second conflit mondial, les deux G.I.A participent à toutes les manoeuvres de l’armée pour peaufiner leur modus operandi tactique à savoir le parachutage non pas de tout le GIA sur un objectif mais de petits groupes de combat derrière les lignes ennemies pour mener des raids sur des objectifs stratégiques et mener des actions de sabotage.

A la mobilisation d’août 1948, le G.I.A n°601 rallie la base aéronavale de Calais-Marck soutenus par des Douglas Transporteur de la 1ère ETM pour un saut éventuel sur les bouches de l’Escaut ou l’embouchure du Rhin dans le cadre de la manoeuvre Dyle-Breda.

Quand au G.I.A n°602, il rallie la base aérienne de Tunis pour mener une opération aéroportée contre la Libye italienne à moins que l’île de Lampedusa puisse être l’occasion d’un raid de ce qu’on appelle par encore les commandos.

Contrairement à 1939, le Centre d’Instruction Parachutiste (C.I.P) d’Avignon-Pujaut reste ouvert pour former de nouveaux parachutistes, l’armée de l’air ayant obtenu de pouvoir former deux nouveaux G.I.A d’un nouveau type.

Le 603ème G.I.A dont la base définitive doit être Reims (pour pouvoir opérer en Rhénanie) est organisé en une section de commandement, une compagnie d’engins (section de mitrailleuses de 7.5mm, section de mortiers de 81mm et section antichar équipée de canons de 25mm) et deux compagnies de combat.

Le 604ème GIA dont la base définitive doit être Calvi en Corse pour pouvoir opérer contre des objectifs italiens est organisé comme le 603ème G.I.A.

Ces deux Groupes d’Infanterie de l’Air ne seront néanmoins pas opérationnels avant la fin de l’année 1948.

Les fusiliers de l’air

Pour assurer la protection terrestres des échelons roulants et plus généralement des aérodromes, décision est prise en juin 1944 de créer au nouveau du groupe, une section de protection de fusiliers de l’air (SPFA) simplifiée en section de fusiliers de l’air (SFA).

Cette section de 24 hommes transportée dans trois véhicules légers tout terrain Laffly disposent de fusils MAS 36, de pistolets mitrailleurs MAT-42, de deux fusils mitrailleurs MAC modèle 1924-29 ou SE MA 38 et de deux mortiers de 60mm.

Pistolet mitrailleur MAT 42

Pistolet mitrailleur MAT modèle 1942 dit MAT-42

Cette section assure la protection du périmètre ou des gardes fixes en liaison avec des unités de l’armée de terre et la gendarmerie.

Le génie de l’air

Pour faciliter les travaux d’infrastructure et réparer facilement et rapidement les dégâts des bombardements ennemis, chaque groupe de chasse, de bombardement et de reconnaissance dispose d’une section de génie de l’air d’une trentaine d’hommes équipés de véhicules légers et d’outils mécaniques pour remettre sommairement en état une piste et permettre aux opérations aériens de se poursuivre le plus normalement possible.

23-Armée de terre Ligne Maginot (35)

Secteur Fortifié de Savoie

Avant-propos

Le SFS s’etend de la frontière suisse au col des Rochilles, englobant les trois vallées savoyardes du Beaufortin, de la Tarentaise et de la Maurienne.

La défense de la Tarentaise et du Beaufortin à pour but de couvrir les directions de Bourg-Saint-Maurice et d’Albertville au débouché du col du Petit-Saint Bernard encadré par les cols muletiers de la Seigne et du Mont.

Dans un premier temps, la CORF ne s’intéresse pas à cette position et jusqu’en 1930, sa défense repose sur de vieux ouvrages de la génération précédente. En 1937, un barrage rapide est établit à Versoyen et de deux petits ouvrrages à Chatelard et à Cave-à-canon.

La défense de la Maurienne à pour but de couvrir la ville de Modane devant laquelle à été établit la position de résistance, s’appuyant au massif de la Vanoise et laissant la haute vallée de la Maurienne au delà de la zone des avant-postes.

Jusqu’en 1930, la défense de la Maurienne repose sur un barrage échelonné en profondeur pour tenir compte des différentes voies de communication de l’époque.

L’essentiel de la défense se consacre autour de Modane avec un barrage de vallée en avant de la ville (ouvrages de Saint-Antoine et Saint-Gobain) et l’interdiction des cols du Sud (Vallée-Etroite, La Roue et Fréjus) débouchant vers la vallée par l’implantation de deux ouvrages d’artillerie et d’un ouvrage d’infanterie.

Au centre du dispositif et implanté sur le vieux fort du même nom, l’ouvrage du Sapey assure l’interdiction lointaine dans les deux directions. La position se termine aux Rochilles (un ouvrage d’infanterie) où elle se raccorde au Secteur fortifié du Dauphiné.

En 1930, l’armée des Alpes entreprend d’établir sur la frontière une série d’Avant-Postes (AP) qui couvrent notamment les espaces de la Maurienne délaissées par le CORF.

En 1939-40, la création d’un barrage fortifié sur la 2ème position est l’oeuvre originale du génie du Secteur Fortifié de Savoie, un barrage fortifié est établi dans toutes les vallées.

Au niveau organisationnel, le SFS est subdivisé en six sous-secteurs, le sous-secteur du Beaufortin , le sous-secteur de Tarentaise, le sous-secteur du Palet-Vannoise, le sous-secteur de la Haute Maurienne, le sous-secteur de Moyenne Maurienne et le sous-secteur de Basse Maurienne

Ce Secteur Fortifié dispose à la mobilisation de septembre 1939, deux demi-brigades alpines de forteresse, la 16ème DBAF qui dispose des 70 et 80ème BAF ainsi que du 6ème BCM alors que la 30ème DBAF aligne les 71ème 81 èmeet 91ème BAF. Ces unités se répartissent de la façon suivante :

-Sous-secteur du Beaufortin : 80ème BAF et troisième bataillon du 215ème RI

-Sous-secteur de Tarentaise : premier bataillon du 215ème RI, 6ème BCM et 3ème CEO du 70ème BAF

-Sous-secteur du Palet-Vannoise : 1ère et 2ème compagnie du 70ème BAF

-Sous-secteur de la Haute Maurienne : 1er bataillon du 281ème RI et un détachement fournit par le 71ème BAF

-Sous-secteur de Moyenne Maurienne : deuxième bataillon du 281ème RI, le 71ème et le 81ème BAF plus des éléments du 343ème RI.

-Sous-secteur de Basse Maurienne : 1er bataillon du 343ème RI et le 91ème BAF

Suite à la démobilisation, seule la 30ème DBAF est maintenue avec les 70 et 71ème BAF qui vont se repartir la garde des différents secteurs, les trois premiers pour le 70ème et les trois autres pour le 71ème.

Sous-secteur du Beaufortin

-L’ouvrage des Séloges est un avant-poste à sept blocs actifs et une entrée destinée à tenir les débouchés du col de la Seigne. Les blocs 1 et 2 sont des casemates pour un fusil-mitrailleur, le bloc 3 est un observatoire muni d’une cloche obs/AP, les bloc 4 et 6 sont des casemates pour une mitrailleuse, le bloc 5 est une issue de secours, le bloc 7 est une casemate pour deux fusils-mitrailleurs alors que le bloc 8 ne dispose que d’un fusil-mitrailleur. On trouve également des baraquements au lieu dit des Chapieux.

Sous-secteur de Tarentaise

A la différence du précédent, ce sous-secteur dispose d’installations fortifiées nettement plus nombreuses et nettement plus diversifiées. On trouve donc les constructions suivantes :

-Un abri d’avant poste et un barrage antichar de la côte 1909

-Le Fort de la Redoute-Ruinée construit entre 1891 et 1894 est renforcé en 1932 avec un abri de bombardement et un créneau au saillant ouest du fort disposant d’une mitrailleuse sous-casemate et de deux mortiers de 81mm à l’air libre. De petits abris FM sous roc sont égalemnt réalisés.

Cloche GFM en position

Cloche GFM en position

-Un avant-poste disposant d’une casemate de mitrailleuse (deux créneaux simples pour une mitrailleuse de 7.5mm) associé à une cloche GFM et un emplacement pour mortier de 60mm à l’air libre.

-Deux abris d’avant-poste

 Position de barrage de Bourg Saint Maurice

Cette position fortifiée dispose d’un barrage de route armé d’un créneau JM/AC 47 pour battre la vallée, un créneau FM/AC 25 (fusil mitrailleur et canon de 25mm) et deux FM défendant un fossé antichar qui est un fossé sec à profil trapézoïdal longé par un mur de 650m.

On trouve également deux ouvrages d’infanterie à un bloc actif qui est pour le premier est une casemate d’infanterie flanquant vers le sud alors que le second est une casemate d’infanterie flanquant vers le nord, les deux étant armés d’un créneau JM/AC 47, deux créneaux JM, une cloche GFM et un créneau projecteur.

Enfin on trouve un ouvrage d’action frontale à Villaroger armé d’un bloc FM et de deux casemates mitrailleuses frontales, un central téléphonique, des tourelles démontables en lisière de la forêt de Malgovert ainsi que la batterie du Leuchelet qui doit recevoir des mitrailleuses et des canons des troupes de campagne.

Organisation Seré de Rivières

Comme dans l’Est, la Tarentaise à été fortifié par Seré de Rivières et les forts construits avant le premier conflit sont intégrés au dispositif.

On trouve ainsi le fort de Vulmix/Vulmis construit de 1890 à 1891 avec 6 canons de 120mm, 2 canons de 95mm sous casemate, deux tourelles de mitrailleuses et un projecteur photo-électrique.

En 1940, le fort est armé par le 164ème RAP qui y déploie quatre canons de 75mm modèle 1897 et deux canons de 95mm modèle 1888 puis six canons de 75mm et deux de 155mm en remplacement des canons de 95mm.

Le fort Le Truc construit de 1891 à 1894 disposait en 1940 de quatre canons de 105L modèle 1913 remplacés ultérieurement par des canons de 155mm modèle 1917.

Le blockhaus de La Platte construit de 1892 à 1894 dispose de deux canons de 155mm Saint Chamond.

La batterie d’artillerie bétonnée du Courbaton dispose de deux canons de 75mm modèle 1897

23-Armée de terre Ligne Maginot (34)

Secteur Défensif du Rhône

Le Secteur Défensif du Rhône est le plus long (180km), le plus accidenté (nous sommes le long de la frontière suisse) et le moins bien organisé de toute la ligne Maginot, la faute à l’absence de menaces crédibles.

Des travaux sont finalement réalisés à partir de 1939 lors de la mobilisation liée à la guerre de Pologne pour barrer les grands axes en provenance de Suisse entre le Mont Blanc et la Faucille afin de protéger le flanc nord de l’armée des Alpes en liaison avec le Secteur fortifié de Jura.

C’est en janvier 1937 que les premiers travaux sont envisagés selon les projets dessinés par la 14ème Région Militaire avec trois zones prioritaires :

-L’ouvrage de Crêt Mourex au nord-ouest du lac Léman (une tourelle de 75mm)

-Quatre ouvrages à une tourelles et trois casemates de 75mm entre le lac et le Mont Blanc

-Un ouvrage implanté dans l’Argentière avec une casemate de 75 dans la vallée de l’Arve Supérieure-Chamonix.

La menace d’une percée allemande par la Suisse étant faible et les crédits pas illimités, ce projet n’est pas réalisé, le général Mittelhauser préfère des bouchons plutôt qu’un véritable réseau tendu le long de la frontière.

On trouve deux positions en Haute-Savoie avec une position frontalière Saint Gingolph-La Chapelle d’Abondance, une position de résistance dite des Dranses avec six blockhaus et onze tourelles démontables.

Ce projet est réalisé sans empressement à l’aide de la Maim d’Oeuvre Militaire (MOM) avec des blockhaus modèle 1936 pour canon antichar ou mitrailleuse et des blockhaus Briançon ou «pilule» avec mitrailleuse ou FM.

Cloche GFM en position

Cloche GFM en position

Quelques blockhaus STG vont également être réalisés entre 1943 et 1945, une douzaine armés d’un créneau JM/AC 47, d’un créneau JM, d’une cloche GFM et d’un emplacement pour mortier de 60mm sous la forme d’une cuvette bétonnée.

Ce secteur est tenu par la 230ème demi-brigade alpine de forteresse (230ème DBAF) qui dispose de trois bataillons, le 179ème bataillon alpin de forteresse déployé dans le sous-secteur de la Faucille, le 189ème bataillon alpin de forteresse déployé dans le sous-secteur du Chablais et le 199ème bataillon de chasseurs de haute montagne déployé dans le sous-secteur de l’Avre Supérieure.

Suite à la démobilisation de l’été et l’automne 1940, la 230ème DBAF est dissoute et seul le 179ème BAF est maintenu en ligne pour tenir le secteur. Ce secteur est organisé et fortifié de la façon suivante :

Sous-secteur Faucille-Fort l’Ecluse

-Le Fort-L’Ecluse est destiné à barrer la route Lyon-Nantua-Genève et la voie ferrée Genève-Grenoble qui franchit le Rhône une centaine de mètres plus bas à la hauteur du fort par le viaduc de Longeray.

Il se compose d’un fort inférieur reconstruit de 1816 à 1828 (le fort précédent avait été démantelé en 1815) est un ouvrage d’interdiction qui jusqu’en 1939 était traversé par la RN 84. Après sa déviation via un tunnel, le fort à été modernisé avec la construction d’une casemate dite casemate du Tinnel avec deux canons de 47mm et deux FM. Un fort supérieur couvre le fort inférieur, il à été construit de 1834 à 1848.

De petits ouvrages de campagne sont réalisés à proximités pour recevoir des mitrailleuses, des mortiers et des canons antichars, faisant du Fort-L’Ecluse, un endroit difficile à dépasser.

Sous-secteur du Chablais

-Défense du Leman assurée par onze blockhaus/ouvrages fortifiés avec un emplacement pour arme antichar, cinq blockhaus pour arme antichar et cinq blockhaus pour FM

-La défense de la vallée venant du Pas de Morgins est assurée par un emplacement pour arme antichar, deux blockhaus modèle 1936 et un blockhaus FM.

-La défense de la rocade Thonon-les-bains-les Gets-vallée de l’Arve est assurée par cinq blockhaus ou emplacements antichars.

-La défense d’Annecy aménagée tardivement (printemps 1940) est assurée par quatre blockhaus modèle 1936 pour arme antichar et dix-sept Briançon armés d’un ou deux fusils-mitrailleurs (ligne Groisy-Chervonnex) alors que l’axe La Clusaz-Annecy l’est par un abri sous roc à un créneau pour un FM et un abri sous roc avec trois créneaux dont un pour canon de 25mm et un blockhaus type Briançon.

Sous-secteur de l’Arve

-La défense face à l’Italie est assurée par un blockhaus pour arme antichar, quatre blockhaus pour FM et un abri sous rocher, bientôt renforcés par six blockhaus STG tels que décrits plus hauts.

23-Armée de terre Ligne Maginot (17)

La ligne CEZF

Carte de la Ligne CEZF

Carte de la Ligne CEZF

Généralités

Comme nous venons de le voir, la réalisation des ouvrages de campagne s’est faite souvent sans coordination ce qui sera un frein considérablement à leur efficacité.

Fort heureusement, dès le début de la guerre de Pologne, les autorités militaires conscientes du problème vont reprendre les choses en main. Le 6 septembre 1939 est mise sur pied la Commission d’Etudes des Zones Fortifiées (CEZF).

Dirigée par le général Belhague qui avait en son temps dirigé la CORF, elle doit améliorer l’organisation en profondeur des fronts fortifiés en insistant notamment sur le Nord, mal couvert faute à un allié belge qui rendait semble-t-il illusoire la construction d’ouvrages CORF entre les Ardennes et la Mer du Nord.

Le programme complet de la ligne CEZF prévoit une fortification de 600km composée d’une ligne principale de résistance et d’un ligne d’arrêt avec un blockhaus tous les kilomètres ce qui nécessite la construction de 1200 ouvrages fortifiés qui sont complétés par un fossé antichar et par un réseau de barbelés large de six mètres.

Dix régions militaires sont concernées. Le planning initial prévoyait une première tranche en 1939-40, deux tranches en 1940 et une tranche 1941 mais la fin prématurée de la guerre de Pologne et des hivers 1939-40 et 1940-41 très rigoureux vont considérablement ralentir la construction de cette ligne dont l’utilité est remise en cause par les partisans de la mécanisation. Résultat, la ligne CEZF ne sera vraiment considérée comme achevée qu’en 1945.

A cette époque, elle s’étend globalement de Cassel à Pontarlier, couvrant les secteurs occupés durant la guerre de Pologne par la 1ère armée, la 9ème armée, la 2ème armée, la 4ème armée et la zone de responsabilité de la 7ème région (régions de Morteau et de Pontarlier).

Le 27 septembre 1939, les commandes de cuirassement sont passés avec 900 cloches type C (une cloche type B simplifiée), 1300 créneaux pour fusils-mitrailleurs, 2800 trémies pour créneau de mitrailleuse, 2800 trémies pour canon de 25mm, 1200 portes et 1200 grilles soit de quoi équiper 1000 casemates doubles, 200 simples dont 300 démunis de cloches.

En mars 1942 alors que la ligne CEZF est achevée à environ 40%, des commandes complémentaires de matériel sont passés notamment 300 cloches pour équiper tous les casemates STG de la ligne de cloche mais également 300 mortiers de 60mm installés dans des encuvements en béton, les servants protégés par un bouclier ce qui permet d’équiper un blockhaus sur quatre.

A noter que contrairement aux ouvrages puissants de la Ligne Maginot, aucune unité n’est spécifiquement créée pour armer cette ligne entretenue en temps de paix par des unités de génie de la Région Militaire ou par des unités de travailleurs. En cas de conflit, il est prévu qu’y soient déployés des unités de campagne.

«Néanmoins, il n’est pas impossible qu’en cas de conflit, un ou plusieurs régiments d’infanterie de forteresse de mobilisation puissent être déployés dans certains ouvrages de la ligne CEZF» (note du général Villeneuve du 14 septembre 1946).

Les travaux en détail

Les différents tronçons de la ligne CEZF (souvent appelée ligne Belhague même si cette dénomination ne fût jamais officielle) s’établissent ainsi du nord à l’est :

-Secteur de la 1ère armée : la position de Cassel (forêt de Clairemarais à Tederghem) aligne 18 kilomètres d’obstacles antichars et 20 casemates type STG alors que la position de Cambrai aligne 24 kilomètres d’obstacles antichars et 27 casemates type STG.

-Secteur du Détachement d’Armée des Ardennes (future 9ème armée) : la position Réthel- Mézières aligne 18 kilomètres d’obstales antichars et 20 casemates type STG.

-Secteur de la 2ème armée : le Front Nord dit «Est du Chesne» dispose d’Omont à Stonne  pour barrer la trouée du canal des Ardennes de 15 kilomètres d’obstacles antichars et de 17 casemates; le Front Centre dit «Dun-sur-Meuse» aligne de la forêt de Belval à Brandeville un total de 16 kilomètres d’obstacles antichars et de 18 casemates et enfin le Front Est «Etain-Spincourt» déploie de la côte de Romagne à Boismont un total de vingt kilomètres d’obstacles antichars couverts par vingt-deux casemates.

-Secteur de la 4ème armée : le front «Nord de Morhange» de la corne nord de la forêt de Remilly au bois de Guessling 13 kilomètres d’obstacles et 14 casemates pour renforcer une zone d’étangs partiellement aménagée en 1936-37 alors que le front «Ouest de la Sarre- Union» dispose de treize kilomètres d’obstacles antichars et quatorze casemates.

Au final dans la zone de responsabilité de la 4ème armée, la position CEZF disposera au final d’une ligne principale de résistance équipée de 80 casemates STG alors que 1500m en arrière, la ligne d’arrêt dispose de 84 casemates STG.

-Secteur de la 7ème région : le front de Morteau dispose de treize kilomètres d’obstacles antichars et de quatorze casemates alors que le front de Pontarlier dispose de seulement six kilomètres d’obstacles antichars et six casemates.

Blocs Billote et PAL (Position Avancée de Longwy)

Comme nous l’avons vu plus haut, suite à la dissolution de la CORF, les régions militaires ont réalisé des ouvrages de campagne.

Outre ces ouvrages construits en temps de paix, d’autres ouvrages vont être construits, le plus souvent directement sur la frontière pour couvrir la manoeuvre des troupes de campagne et leur offrir une base de repli en cas de besoin.

Un cas particulier concerne la Position Avancée de Longwy, une fortification de campagne destinée à protéger cette ville industrielle et permettre à l’industrie de produire le plus longtemps possible. Néanmoins pour chaque cas, les travaux sont menés par les troupes déployées dans la région.

Les travaux du Groupe d’Armées n°1 : les blocs Billotte

Le groupe d’armées n°1 déploie ses unités de la mer du Nord à Longuyon. C’est l’aile marchante du dispositif allié, censé pénétrer en Belgique et aux Pays Bas pour tendre la main aux belges et aux néerlandais dès que ceux-ci le demanderait.

Ce cas de figure ne s’est pas produit ce qui n’empêcha pas le général Billote _commandant du GA1_ de planifier et de réaliser sur la frontière une ligne d’ouvrages fortifiés passés à la postérité sous le nom de Blocs Billotte ou blocs GA1 ou encore blocs FCR (Fortification de Campagne Renforcée).

Les blocs Billotte sont de gros casemates simples (une chambre de tir) ou doubles (deux chambres de tir) avec dans chaque chambre de tir un créneau pour arme antchar et un créneau pour mitrailleuse en échelon refusé mais sans cloche ce qui se révéléra ultérieurement problématique.

Ces blocs ont été essentiellement construits le long de la frontière belge (SD Lille, SF Escaut et SF Maubeuge), le long de la Meuse et de la Chiers avec dix-septs blocs GA1, dans le SF de Montmédy comme deuxième ligne de défense pour couvrir la tête de pont et dans le SD Marville pour renforcer la défense des bords de la Chiers.

Le choix du général Billotte entre en contradiction avec la politique de petits blocs préconisés par le général Hutzinger commandant de la 2ème armée. Finalement, il est décidé de couvrir Sedan par de petits blocs et de construire des Blocs Billote en arrière de la ville, les premiers devant freiner l’ennemi et couvrir la Meuse alors que les seconds devant arrêter l’ennemi ayant franchit la Meuse.

Les travaux du Groupe d’Armées n°2 (1) : la Position Avancée de Longwy (PAL)

Bien que fortifiée au 17ème siècle par Vauban, Longwy ne fût pas intégrée au tracé de la ligne Maginot imaginée par la CORF, les études réalisées ayant montré qu’une meilleure position pouvait être trouvée derrière la ville.

Dès le début de la guerre de Pologne, la ville est évacuée de ses habitants, seuls restant sur place les ouvriers des usines et des troupes chargées de pénétrer au Luxembourg et en Belgique pour jalonner l’avancée allemande mais ces unités de cavalerie n’ont donc pas pour mission de défendre la ville.

A la mobilisation de septembre 1939, la ville de Longwy intégrée au Secteur Fortifié de Crusnes dépend de la 2ème armée mais peu avant la fin de la guerre de Pologne, le SF de Crusnes est rattaché à la 3ème armée (GA2) du général Condé, partisan d’une devance avancée à Longwy.

Ce n’est cependant qu’en mars 1940 que les travaux vont sérieusement commencer. La PAL se composera au final d’un fossé antichar continu battu par une vingtaine de casemates armés de mitrailleuses et de canons antichars de 25mm, casemates destinés à être occupés par des troupes de campagne ainsi que des casemates d’artillerie pour canons de 75mm modèle 1897.

 Les travaux du Groupe d’Armées n°2 (2) : la trouée de la Sarre

Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, la défense de la Sarre repose essentiellement sur des inondations battues par le feu mais il n’y à pas de véritable ligne de résistance. Pour renforcer une position assez faible, décision est prise de construire 31 casemates STG qui vont s’ajouter à quatre casemates pour canons de 75mm construits entre 1936 et 37. Non prioritaires, ces travaux ne seront achevés qu’en 1945.

Les travaux du Groupe d’Armées n°2 (3) : la Région Fortifiée de la Lauter

Les travaux réalisés dans cette région concernent essentiellement le renforcement du saillant que forme la ligne de casemates entre Schoenenbourg et le Rhin car une percée ennemie dans ce secteur menacerait d’encerclement tout la position de Bitche au Schoenenbourg. Ce renforcement se matérialise par une série de blockhaus STG.

Les travaux du Groupe d’Armées n°2 (4) : Les rives du Rhin on ne passe pas !

En dépit de la présence de solides défenses, l’hypothèse d’un franchissement allemand du Rhin pour envahir la France n’est pas à exclure totalement ce qui explique que dès le début de la guerre de Pologne, des travaux sont menés pour étoffer et étayer les défenses. Ces travaux sont les suivants :

Blockhaus Garchery

Blockhaus Garchery

-Achèvement des blocs Garchery

-Les villages présents dans les intervalles de la position sont organisés en point d’appui

-Des blockhaus sont construits sur la deuxième ligne pour tenir les débouchés de la forêt du Rhin

-Etablissement d’une bretelle sur la ligne Diebolsheim-Hilsenheim afin d’empêcher qu’un ennemi ayant percé dans le secteur de la 5ème armée n’enroule la position.

Il est également projeté une ligne de blockhaus STG sur la ligne des villages à deux ou trois kilomètres du canal mais aucun début d’éxecution n’est mené avant la démobilisation. L’idée n’est cependant pas abandonnée et entre juin 1947 et septembre 1948, ces blockhaus seront finalement construits.

22-Armée de terre : armement et matériel (1)

22)° Armée de terre : l’armement et le matériel

Préambule

Dans cette partie, je vais donner un peu plus de chair à ma description de l’armée de terre en abordant non plus les structures et les unités mais l’armement et l’équipement de nos soldats qui en 1948 n’à rien à envier à son adversaire allemand. Mieux même, il le surpasse dans certains domaines comme les Fritz ne tarderont pas à s’en rendre  compte.

Je vais d’abord aborder l’armement de la «reine des batailles», l’infanterie sur laquelle porte l’effort principal de la bataille. Comme le dira un lieutenant anonyme excédé par les prétentions des unités de l’Arme Blindée-Cavalerie «C’est bien beau les chars mais après pour occuper le terrain ils auront besoin de nous !».

Sur le plan de l’armement, l’une des évolutions majeures est un changement de calibre. Le 8mm apparu à la fin du 19ème siècle avec le fusil Lebel disparaît au profit du 7.5mm inspiré de la cartouche allemande de 7.92mm.

Du moins en métropole, dans l’Empire où le besoin d’une cartouche moderne se fait moins sentir, le 8mm est encore assez présent.

Ce changement de calibre s’explique par l’inadaptation de la cartouche à bourellet pour le tir automatique, le lamentable Chauchat étant encore dans toutes les mémoires……. .

Le nouveau fusil standard de l'armée de terre, le MAS 36

Le nouveau fusil standard de l’armée de terre, le MAS 36

Qui dit changement de calibre dit nouvelles armes. Le MAS 36 de 7.5mm devient le fusil standard de l’infanterie française, étant également décliné en une version à crosse repliable pour l’infanterie de l’air, une version courte (équivalent d’un mousqueton utile pour la cavalerie et l’artillerie), en version tireur de précision.

Le MAS modèle 1940 est un fusil semi-automatique qui n'à rien à envier au Garand américain

Le MAS modèle 1940 est un fusil semi-automatique qui n’à rien à envier au Garand américain

On trouve également un fusil semi-automatique, le MAS-40 avec un chargeur à dix coups et le MAS 44 avec un chargeur à vingt-cinq coups, l’ancêtre du fusil d’assaut.

Ces deux armes furent d’abord réservées aux dragons portés des DLM et chasseurs portés des DC avant d’équiper les meilleures divisions d’infanterie recevant ultérieurement le MAS 40 qui aurait totalement remplacé le MAS 36 sans le déclenchement de la guerre qui comme partout à bouleversé bien des plannings.

Pour ce qui est des armes de poings _pistolets et pistolets mitrailleurs_, le 8mm cède la place au 7.65mm mais il est rapidement concurrencé par un calibre jugé meilleur en l’occurence le 9mm qui équipe pistolets et pistolets mitrailleurs. On trouve également du 11.43mm pour les mitraillettes Thompson livrées par les Etats-Unis au printemps 1940.

Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914

Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914

Les armes automatiques lourdes type fusil-mitrailleur et mitrailleuses utilisent principalement le 7.5mm mais on trouve encore du 8mm pour les inusables Hotchkiss modèle 1914 présentes dans l’Empire et du 13.2mm utilisées pour l’armement de certains ouvrages de la ligne Maginot et certains véhicules, le 9mm pour la mitrailleuse MAC 37 n’ayant pas été produite, l’arme étant restée à l’état de prototype.

Pour ce qui est des armes plus lourdes, on trouve des canons antichars de 25 et de 47mm. Si le premier canon est de moins en moins apte à détruire les chars allemands, il fait plus que bonne figure face aux chars italiens et même japonais.

Il y à bien entendu le canon antichar de 75mm TAZ modèle 1939 mais ce dernier appartient à l’artillerie tout comme un canon antichar de 90mm _adaptation du canon antiaérien modèle 1939_ connait une production limitée.

On trouve également des armes singulières comme plusieurs modèles de fusils antichars, des PIAT ainsi qu’un lance-fusée Brandt de 50mm et une série de grenades antichars Brandt qui allaient déboucher sur une toute autre arme une fois le conflit déclenché.

Pour ce qui est des mortiers, les mortiers de 60mm sont toujours là mais le 81mm à cédé la place au moins en Métropole à une arme nettement plus redoutable de 120mm soit une puissance de feu supplémentaire pour l’infanterie française. Seule l’infanterie soviétique avec son mortier de 120mm modèle 1938 pour supporter la comparaison.

Après l’infanterie, nous nous intéresseront au cas de l’artillerie qui à connu entre 1940 et 1948 une modernisation spectaculaire.

Certes des pièces antiques sont encore présents (notamment dans les colonies et au sein des RAP/RAMF) mais l’artillerie de campagne aligne des pièces modernes de 75mm (le TAZ modèle 1939 plus ses cousins de l’artillerie légère et de montagne), de 105mm (obusiers modèle 1934S et modèle 1935B, canons de 105mm modèle 1936S et modèle 1941T) ou de 155mm (Schneider modèle 1946, GPF et GPFT). On trouve également des canons d’assaut et des canons automoteurs pour accompagner au plus près les chars.

Pour l’artillerie lourde, la situation est plus contrastée mais les canons de 194, 220 et 280mm restent malgré leur âge redoutable tout comme les pièces d’artillerie sur voie ferrée appelées à appuyer la Ligne Maginot en attendant de matraquer la ligne Siegfried.

Nous aborderons la question des uniformes. Si les chasseurs alpins et à pieds restent en bleu nuit, les autres unités adoptent au milieu des années trente le kaki moins voyant que le bleu horizon.

Quand à la silhouette du soldat, elle ressemble fortement à celle de son ainé de 14-18 jusqu’à l’arrivée du général Villeneuve à la tête de l’armée qui souhaite une armée jeune et sportive.

C’est ainsi que progressivement, l’équipement individuel du soldat va être allégé. Les dragons et les chasseurs portés sont ainsi en pointe dans ce domaine et par capillarité, les nouveaux équipements, de nouvelles «modes» vont irriguer l’armée de terre.

Une nouvelle tenue apparaît en 1947 mais est loin d’avoir remplacé la tenue modèle 1935. Cette nouvelle tenue garde le pantalon bouffant ou pantalon de golfe mais la veste est repensée et les bandes molletières sont remplacées par l’ensemble chaussures montantes (comparables à nos actuelles chaussures de randonnée) et guêtres en cuir. Un ceinturon d’un nouveau type et un sac mieux pensé complète le tout. Le béret remplace dans toutes les unités le calot comme coiffure standard.

En ce qui concerne les véhicules, l’évolution entre la guerre de Pologne et le début du second conflit mondial est spectaculaire.

Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, les chars et véhicules blindés français sont repartis grosso modo en deux catégories : les véhicules de cavalerie généralement rapides pour la percée et les missions traditionnelles de la cavalerie et les chars d’accompagnement de l’infanterie lents et bien protégés, censés accompagnés au plus près les fantassins.

Cette répartition simpliste va être bouleversée par la «révolution villeneuvienne» qui renoue avec les mannes du général Estienne en adoptant une attitude résolument offensive, symbolisée par une motorisation à outrance et par les fameux Corps d’Armée Cuirassés, placé sous les ordres directs du CEMAT et censé être les poings blindés pour percer le front et aboutir avec le soutien des Corps de Cavalerie et des groupes d’armées à la percée décisive tant cherchée et tant souhaitée durant le premier conflit mondial.

Un bon char est un savant compromis _compromis souvent imparfait_ entre vitesse, protection et armement. Le second paramètre était souvent mis en avant pour les chars d’infanterie alors que les automitrailleuses de combat de la cavalerie devaient être surtout rapides. On assiste à un rapprochement de ces trois facteurs dans les différentes catégories qu’il s’agisse des chars de bataille, des chars de combat et des chars légers ou chars d’accompagnement.

En septembre 1939, les chars/automitrailleuses de combat français sont globalement supérieurs à ceux alignés par l’Allemagne. En effet, les chars français étaient généralement plus rapides, mieux protégés et mieux armés.

Si le Renault R-35 était bien plus lent qu’un Panzer I ou II, il était nettement mieux protégé et nettement mieux armé (canon de 37mm face à deux mitrailleuses de 7.92mm ou un canon de 20mm et une mitrailleuse de 7.92mm).

L'Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

L’Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

Le Somua S-35 était aussi rapide, mieux protégé et mieux armé que le Panzer III. Seul le Panzer IV était mieux armé que les chars légers et médians français mais son canon de 75mm court était plus adapté à l’appui de l’infanterie et de plus il était disponible en faible nombre.

Le B1bis lui était insurpassable, son blindage le mettait l’abri de la plupart des canons allemands (à l’exception du 88mm) et son armement mixte (canon de 47 en tourelle et de 75mm en casemate) lui donnait une puissance de feu sans équivalent.

Tout n’était cependant pas rose dans le domaine des chars/automitrailleuses de combat. Plusieurs carences auraient pu avoir des conséquences dramatiques si les allemands avaient attaqué à l’ouest qu’il s’agisse de la configuration monoplace de la tourelle (chars légers biplaces ou chars moyens triplaces) ce qui obligeait le chef de char à être pointeur et tireur en même temps, d’un canon de 37mm SA18 dépassé (il équipait notamment le R-35 et le FCM-36) et de l’absence de radio qui empêchait les unités de chars à pouvoir manoeuvrer rapidement et exploiter la moindre opportunité.

Fort heureusement, les huit années de paix armée vont permettre de résoudre ces carences même si seule l’expérience du feu pouvait valider ou pas les modifications effectuées.

Sur le plan des modèles de véhicules, un grand nombre d’entre-eux en service en septembre 1939 sont encore en service en septembre 1948.

Si les Renault FT, D-2 et les B1bis ont tous été retirés du service (ou peu s’en faut pour le FT qui assurent quelques missions secondaires notamment la défense des aérodromes), on trouve encore des Renault R-35, des Hotchkiss H-39 (neufs ou H-35 modifiés), des Somua S-35, des FCM-36.

De nouveaux modèles sont également mis en service qu’il s’agisse de dérivés de véhicules existants comme le Renault R-40 dérivé du R-35, le FCM-42 issu du FCM-36 ou le Somua S-40 dérivé du S-35 ou de véhicules de conception nouvelle comme l’ARL-44 remplaçant des B1bis ou le Renault G1 qui va remplacer les Hotchkiss H-39 au sein des DC.

Le Somua S-45 en dépit d’une dénomination qui laisserai apparaître un lien de parenté avec le S-35 et le S-40 est un char différent, l’équivalent du G1 pour les DLM. Il est mis en service en février 1945 et en septembre 1948 équipe cinq des huit DLM.

On trouve également l’AMX-42 et l’AMX-44, derniers nés de la famille des chars légers qui allaient devoir se concentrer sur les missions de reconnaissance faute de pouvoir réellement peser dans un combat de char à char. A l’autre bout du spectre, on trouve une poignée de chars de forteresse FCM F1 qui remplacent les antédiluviens FCM-2C issus du premier conflit mondial.

Les chars (automitrailleuses de combat pour la cavalerie) ne sont pas les seuls véhicules en service, on trouve également des canons d’assaut type Somua SAu40 ou ARL V-39, des automitrailleuses de reconnaissance AMR-33 et 35, des automitrailleuses de reconnaissance à roues AMD-178 et AM modèle 1940 P.

Parallèlement, aux véhicules de combat, les DC et les DLM vont disposer de véhicules spécialisés qu’il s’agisse de dérivés de chars et de véhicules de combat ou d’engins spécialement conçus pour le soutien notamment logistique. Dans cette catégorie figurent également les transports destinés aux armes lourdes et aux fantassins, les dragons et les chasseurs portés notamment.

On trouve par exemple des chars de commandement, de tout type. Ils sont soient dépourvus de canon ou alors pourvu d’une radio si encombrante (technologie de l’époque) que la dotation en munitions est généralement réduite de 10%.

Les véhicules de dépannage sont généralement des chars de première série auxquels on à enlevé la tourelle pour le remplacer par une petite superstructure avec des moyens de levage et de remorquage.

Dans cette catégorie, nous trouvons également des véhicules de liaison, des véhicules chenillés comme les AMR-33 présentées plus haut ou des véhicules à roues comme la Panhard 178L (Liaison) qui sera ultérieurement complété par des Daimler Dingo livrés par la Grande-Bretagne.

Pour ce qui est du transport de troupes, on trouve des véhicules toutes roues motrices (hélas non blindés) et vrai nouveauté, des chenillés spécialement conçus pour le transport d’hommes en armes, les Lorraine 39L et les Renault DAJ-1.

Nous enchaineront ensuite par l’ordre de bataille de l’armée de terre en septembre 1948 avec en métropole, trois groupes d’armées, un détachement sur les Pyrénées, deux CAC, trois Corps de Cavalerie et une DLM indépendante. Quand aux troupes déployées dans l’Empire, elles sont nettement plus nombreuses, mieux entrainées et mieux armées.

Enfin, la dernière partie sera consacrée aux plans de défense et d’attaque mis au point par le généralissime Villeneuve qui reprend à son compte la manoeuvre Dyle-Breda imaginée par son prédécesseur tout en ayant mis au point des plans offensifs contre l’Allemagne avec une attaque par la Belgique, le Luxembourg, par le Rhin….. .

Une hypothèse suisse est envisagée tout comme des plans pour contre l’Italie par une attaque dans les Alpes voir par une opération amphibie en Sardaigne et en Sicile voir directement contre la Péninsule.

Les autres fronts ne sont pas oubliés. Face à l’Espagne, il est prévu une posture de défense ferme avec les bataillons de chasseurs pyrénéens chargés de tenir les cols appuyés par la 31ème DIAlp de Montpelier.
En cas d’agression espagnole, les troupes stationnées au Maroc ont pour mission d’occuper le Maroc espagnol. Sur le front Tunisien, il est prévu une défense ferme mais une conquête de l’ASI n’est pas exclue pour sécuriser le flanc sud du dispositif allié et servir de base opérationnelle pour une poussée dans les Balkans.

En Scandinavie et dans les Balkans, des interventions en soutien des gouvernements légitimes sont possibles et planifiées.

Quand à l’Asie du Sud-Est, c’est la défensive qui prévaut, une défense ferme pour rendre le plus indigeste possible une probable offensive japonaise en direction des colonies européennes du Sud-Est asiatique pour s’y emparer des ressources naturelles.

21-Armée de terre (43)

Les régiments de cavalerie

Les unités montées

En septembre 1939, il existe encore de nombreux régiments de cavalerie à cheval, des régiments de hussards, de dragons, de chasseurs à cheval, de chasseurs d’Afrique, de spahis. Ce n’est pas un cas propre à la France, l’armée allemande dispose encore d’une 1ère division de cavalerie et pas simplement de chevaux pour tracter les pièces d’artillerie.

Dès la mobilisation, nombre de ces régiments disparaissent pour mettre sur pied des GRDI et des GRCA. Les Divisions de Cavalerie où cohabitaient engins mécaniques et nobles destriers (les divisions «pétrole-picotin») vont progressivement être transformées en divisions légères mécaniques où les chars et les automitrailleuses remplacent les pur-sangs.

Au final, seules deux brigades de spahis vont rester déployées en métropole, se déplaçant à cheval mais combattant à pied tels les dragons de jadis. Dans l’Empire, les spahis sont présents en nombre tout comme des unités plus spécifiques comme en Orient.

Les régiments de cavalerie sont organisés de la façon suivante :

-Un état-major et un peloton de commandement (PC, transmissions,renseignement, éclaireurs motocyclistes et pionniers sapeurs)

-Un escadron hors rang (ravitaillement, approvisionnement, dépannage, sanitaire)

-Un escadron de mitrailleuses et d’engins (4 canons de 25mm, 8 mitrailleuses de 8mm puis de 7.5mm et 4 mortiers de 60mm)

-Deux groupes d’escadrons avec deux escadrons disposant chacun d’un état-major, d’un peloton de commandement de quatre pelotons de fusiliers

Les régiments des groupements de cavalerie ont une organisation légèrement différente avec un groupe d’escadrons à deux escadrons montés, un groupe d’escadrons à deux escadrons mixtes motorisés (automitrailleuses et side-cars) et un escadron de mitrailleuses et de canons antichars.

Les régiments de spahis sont organisés en quatre escadrons montés et un escadron de mitrailleuses et d’engins

On trouve en septembre 1939, les régiments montés suivants :

régiments endivisionnés

-1er régiment de hussards d’Orléans rattaché à la 1ère brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans

-4ème régiment de hussards de Senlis rattaché à la 5ème brigade de cavalerie de la 3ème DC de Paris

-1er régiment de chasseurs (à cheval) d’Alençon rattaché à la 2ème brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans

-8ème régiment de chasseurs (à cheval) d’Orléans rattaché à la 1ère brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans
-12ème régiment de chasseurs (à cheval) de Saint-Mihiel rattaché à la 6ème brigade de cavalerie de la 3ème DC

-18ème régiment de chasseurs (à cheval) de Sarreguemines rattaché à la 3ème brigade de cavalerie de la 2ème DC de Luneville

-6ème régiment de dragons de Vincennes rattaché à la 5ème brigade de cavalerie de la 3ème DC de Paris

-8ème régiment de dragons de Luneville rattaché à la 4ème brigade de cavalerie de 2ème DC de Luneville

-19ème régiment de dragons de Lyon rattaché à la 2ème brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans

-20ème régiment de dragons de Limoges rattaché à la 1ère Division de Cavalerie

-30ème régiment de dragons rattaché à la 2ème Division de Cavalerie

-31ème régiment de dragons de Luneville rattaché à la 4ème brigade de cavalerie de la 2ème DC de Luneville

-5ème régiment de cuirassiers d’Haguenau rattaché à la 3ème brigade de cavalerie de la 2ème DC de Luneville

-11ème régiment de cuirassiers de Saint Germain-en-Laye rattaché à la 6ème brigade de cavalerie de la 3ème DC de Paris

Régiments appelés à former des GRDI/GRCA

-2ème régiment de hussards de Tarbes : 2ème groupement de cavalerie de Marseille

-3ème régiment de hussards de Strasbourg : 1er groupement de cavalerie de Metz

-9ème régiment de dragons d’Epernay : 1er groupement de cavalerie de Metz

-10ème régiment de dragons de Orange : 2ème groupement de cavalerie de Marseille

-7ème régiment de chasseurs à cheval d’Evreux : 3ème groupement de cavalerie d’Amiens

-11ème régiment de chasseurs (à cheval) de Vesoul : 1er groupement de cavalerie de Metz

-9ème régiment de cuirassiers de Lyon : 2ème groupement de cavalerie de Marseille

Régiments de spahis et unités indigènes

En métropole, sont stationnées deux brigades de spahis :

-La 1ère brigade de spahis de Compiègne dispose du 4ème régiment de spahis marocains stationné à Senlis et le 6ème régiment de spahis algériens stationné à Compiègne

-2ème brigade de spahis d’Orange dispose du 7ème régiment de spahis algériens d’Orange et du 9ème régiment de spahis algériens de Vienne

En Afrique du Nord, sont présents des régiments de spahis intégrés à des brigades de cavalerie d’Afrique :

-Le 1er régiment de spahis algériens forme la 1ère brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 5ème RCA (régiment de chasseurs d’Afrique)

-Le 2ème régiment de spahis algériens forme la 2ème brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 2ème RCA

-Le 3ème régiment de spahis algériens forme la 3ème brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 3ème RCA et de cinq compagnies montées sahariennes.

-Le 4ème régiment de spahis tunisiens forme la 4ème brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 4ème RCA et du 1er REC.

-D’autres régiments de spahis sont non enbrigadés comme les 2ème et 3ème régiments de spahis marocains stationnés au Maroc en compagnie du 8ème régiment de spahis algériens mais également du 1er RCA, du 2ème REC et de la compagnie montée saharienne.

-Au Levant, on trouve le 1er régiment de spahis marocains et le 3ème groupe d’escadrons du 4ème régiment de spahis tunisiens. On trouve également dix sept escadrons de ligne Alaouites, Druzes et Tcherkesses.

Evolution entre septembre 1940 et septembre 1948

Durant les huit années, la situation des unités montées évolue de manière radicale, nombre de régiments sont transformés en unités mécaniques mais il existe encore des unités montées qu’il s’agisse des unités de spahis stationnées en métropole ou en Afrique du Nord même si en AFN, des unités montées sont transformées en unités mécaniques.

Les régiments de cavalerie des groupements de cavalerie sont dissous à la mobilisation pour former les GRDI et les GRCA. Ils ne sont pas reconstitués après la démobilisation de l’été et de l’automne 1940.

Les trois divisions de cavalerie sont transformées en divisions légères mécaniques :

-La 1ère DC devient la 3ème Division Légère Mécanique avec le 1er régiment de hussards comme régiment de découverte, les 1er et 8ème régiments de chasseurs à cheval comme régiments de combat, le 19ème régiment de dragons est dissous mais reconstitué ultérieurement comme régiment de dragons portés.

-La 2ème DC devient la 4ème Division Légère Mécanique avec le 5ème régiment de cuirassiers comme régiment de découverte, le 8ème régiment de dragons et le 18ème régiment de chasseurs à cheval comme régiments de combat, le 31ème régiment de dragons étant dissous.

-La 3ème DC devient la 5ème Division Légère Mécanique avec le 11ème régiment de cuirassiers comme régiment de découverte, le 6ème régiment de dragons et le 4ème régiment de hussards comme régiments de combat, le 12ème régiment de chasseurs à cheval étant dissous.

-La 4ème Brigade de Cavalerie d’Afrique devient la 1ère Division Légère de Cavalerie, le 4ème régiment de spahis tunisiens devenant un régiment de découverte, le 1er régiment étranger de cavalerie est transformé en régiment de combat, le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique devenant un régiment de chasseurs portés.

-Les 2ème, 3ème et 5ème régiments de chasseurs d’Afrique sont entièrement motorisés, devenant l’équivalent des régiments de découverte de la DLM.

-Le 1er régiment de chasseurs d’Afrique reste partiellement motorisé

-Les régiments de spahis déployés en métropole, en Afrique du Nord et au Levant restent des unités montées. A noter que le 3ème groupe d’escadrons du 4ème régiment de spahis tunisien stationné au Levant devient le 5ème régiment de spahis tunisiens.

-La compagnie montée saharienne devient une compagnie portée avec des véhicules Laffly pour transporter les fantassins et des Gendron-Somua AM-39 comme automitrailleuses/véhicules de combat

-Le 2ème régiment étranger de cavalerie devient un régiment motorisé de type découverte pour appuyer le 3ème REI déployé dans le Sud-marocain.

Les régiments mécaniques

Cf les chapitres sur les D.L.M et les D.C