Pologne et Pays Neutres (56) Suisse (6)

FORCES ARMEES SUISSES

Une histoire militaire de la Suisse

Avant-propos

Dans cette partie je vais parler non pas de l’armée suisse stricto sensu mais des unités militaires de recrutement helvétique en service dans les armées étrangères notamment en France qui depuis 1515 avait le monopole du recrutement des mercenaires suisses particulièrement réputés pour leur qualité, leur énergie et leur agressivité (dans le bon comme dans le mauvais sens du terme).

Au service de la France

Du 15ème au 19ème siècle une armée populaire, une armée nationale n’allait pas de soit à la fois parce que le sentiment national était naissant, que la noblesse rechignait à armer le «peuple» et qu’il était plus facile de faire appel à des mercenaires, des professionnels de la guerre avec toutes les limites que cela comporte.

Parmi les mercenaires les plus recherchés figuraient les suisses réputés pour des fantassins robustes voir agressifs au point que certains gentilhommes se plaignaient du comportement de ces montagnards avant, pendant et après la bataille.

La France par la paix perpétuelle reçoit le monopole du recrutement des suisses (avec une exception le pape) qui vont former un important contingent de soldats de métier fidèles et dévoués jusqu’au sacrifice suprême comme aux Tuileries le 10 août 1792.

Tous les régimes politiques français à l’exception de la Révolution vont disposer au sein de leurs armées d’unités suisses. C’est sous la Monarchie de Juillet que l’existence de ces unités prend fin mais pour mieux renaitre au sein d’un corps appelé à devenir légendaire : la Légion Etrangère.

Les premières unités suisses permanentes au sein de l’armée française remontent à la fin du 15ème siècle. Ce sont les Bandes Suisses qui vont constituer parmi les premières unités militaires françaises permanentes après les francs-archers et avant les Bandes Françaises (1480-1567).

De 1477 à 1553 des levées annuelles sont réalisées pour des campagnes précises et licenciées à la fin de la dite campagne. Vous direz mais où est la permanence ? Elle est peut être à trouver dans la volonté royale de s’appuyer sur des unités permanentes plus que sur les unités stricto sensu.

La première levée à lieu en 1477 avec 6000 hommes qui participent au siège de Dôle puis à la campagne de Picardie contre le duc de Bourgogne Charles le Téméraire dont la puissance inquiétait de plus en plus les cantons suisses.

En 1479 les francs-archers sont licenciés et au printemps 1480 on procède à une levée de 5900 hommes. Les archives ont gardé la trace de l’origine de ces hommes. Les cantons de Zurich et de Berne fournissent chacun 1000 hommes, le canton de Lucerne 800, les cantons d’Uri, de Schwytz, d’Unterwald, de Zoug et de Glaris fournissent ensemble 2000 hommes, les cantons de Fribourg et de Soleure fournissent 1000 hommes et Berne 150. A ces fantassins s’ajoutent 400 cavaliers.

Outre leur force militaire, les suisses forment les hommes de pied français à la tactique d’infanterie mais aussi à la coopération avec la cavalerie et l’artillerie. Au bout d’un an les suisses sont congédiés.

En 1484 ce sont pas moins de 8000 suisses qui sont appelés pour la Guerre de Bretagne (1487-1491) étant congédiés seulement en 1490. Un autre contingent de 8000 hommes participe à la Bataille de St Aubin du Cormier considérée par les nationalistes bretons comme la fin de l’indépendance du duché de Bretagne qui étaient de puissants seigneurs («Les ducs de Bretagne n’étaient pas de petits compagnons»). Ce dernier contingent est licencié en 1488.

En 1491 et 1492 deux contingents de respectivement 8 et 4000 hommes sont levés mais sont congédiés en fin d’année.

Deux ans plus tard en 1494, 8000 suisses participent à l’Expédition d’Italie se distinguant notamment à la Bataille de Fournoue (6 juillet 1495).

En 1495 10000 valaisans et grisons sont envoyés en renfort en Italie. Ils sont congédiés en fin d’année sauf une compagnie conservée pour la garde du roi de France (c’est l’origine de l’unité des Cent-Suisses).

En 1496 4000 suisses 1000 valaisans et 1000 grisons sont envoyés à Naples. Ils sont licenciés à la fin du mois d’octobre.

En 1499 12000 suisses participent à la deuxième guerre d’Italie (1499-1500). En 1500 ce sont pas moins de 20000 suisses qui sont envoyés en Italie. En 1502 4000 suisses combattent en Italie et en 1507 ce sont 10000 montagnards qui franchissent le col du Petit St-Bernard pour participer au siège de Gênes.

En 1509 8000 suisses passent en Italie par le col du Saint-Gothard pour participer à la guerre contre Venise et à la bataille d’Agnadel.

En 1521 4000 suisses servent au sein de l’armée d’Italie (ils sont licenciés l’année suivante). La même année 6000 autres suisses sont engagés en Picardie (ils sont également licenciés en 1522).

En mars 15222 16000 suisses participent à la sixième guerre d’Italie et notamment à la Bataille de la Bicoque (licenciés en 1522) (NdA j’ignore si les contingents cités juste au dessus en faisait partie)

En 1524 ce sont pas moins de 13000 suisses et de 10000 grisons qui sont engagés en Italie. Ils sont licenciés en 1525.

En 1527 10000 suisses servent au sein de l’armée française au sein de trois corps d’armée, ces hommes n’étant licenciés qu’en 1536.

En 1536 ce sont onze bandes soit 6000 hommes qui opèrent en Picardie contre les armées espagnoles. De 1537 à 1539 on trouve 8000 suisses.

L’année suivante en 1538 la France lève 14000 suisses suivis en 1542 de 14000 autres sachant que 8000 d’entre-eux sont envoyés dans le Roussillon et 6000 en Picardie.

En 1543 7000 suisses sont envoyés en Picardie (congédiés en 1545) et la même année 7000 grisons vont combattre jusqu’en 1545 toujours en Picardie. Toujours en 1543 6000 suisses combattent à la Bataille de Cerisoles aux côtés de 5000 grisons. En 1545 22000 hommes sont levés (une levée de 6000 hommes et une autre de 16000).

En 1553 10000 hommes sont levés et licenciés la même année. A noter qu’à partir de 1549 les troupes suisses vont modifier leur organisation et prendre la forme d’un régiment portant le nom de leur colonel commandant et souvent pour ne pas dire toujours propriétaire.

En 1672 est créé le Régiment d’Erlach qui après plusieurs changements de nom devient en 1782 le Régiment d’Ernest. Le 1er janvier 1791 les régiments reçoivent un numéro et le régiment d’Ernest devient le 63ème régiment d’infanterie de ligne. Il est licencié le 20 août 1792.

Toujours en 1672 est créé le Régiment de Stuppa qui devient en 1782 après plusieurs changements de nom le Régiment de Salis-Samade. Devenu le 64ème régiment d’infanterie de ligne le 1er janvier 1791, il est licencié le 20 août 1792 suite à la chute de la monarchie.

A noter que 32 grenadiers et 82 invalides du régiment étaient présents à la Bastille un certain 14 juillet 1789.

Le Régiment de Salis est créé le 17 février 1672. Le 26 décembre 1768 il devient le Régiment de Sonnenberg. Rebaptisé 65ème régiment d’infanterie de ligne le 1er janvier 1791, il est licencié le 20 août 1792 après une histoire riche en événements.

En effet ce régiment à participé à la guerre de Hollande (1672-1679), à celle des Pays-Bas (1683-1684), à la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1689-1697) et à la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714).

Le Régiment de Castellas est créé le 17 février 1672 sous le nom de Régiment de Pfiffer. Il prend le nom de régiment de Castellas le 14 mars 1756. Rebaptisé 66ème régiment d’infanterie de ligne le 1er janvier 1791 avant d’être licencié le 20 août 1792.

Ce régiment participe à la guerre de Hollande, à la guerre de la Ligue d’Augsbourg ainsi qu’aux guerres de succession d’Espagne et d’Autriche ainsi qu’à la guerre de Sept Ans. A la dissolution les hommes souhaitant rester au service de la France sont versés à la Légion de Luckner.

Le Régiment de Châteauvieux est créé le 28 janvier 1677 sous le nom de Régiment de Stuppa le Jeune adoptant le premier nom cité en 1783. Rebaptisé le 1er janvier 1791 76ème régiment d’infanterie de ligne. Cette unité participe notamment à la guerre de Succession d’Espagne.

Le Régiment de Courten est créé le 6 février 1690. Il est rebaptisé 86ème régiment d’infanterie de ligne le 1er janvier 1791 avant d’être licencié le 20 août 1792.

Le Régiment de Diesbach est créé le 1er janvier 1690 sous le nom de Régiment de Sanlis, adoptant le premier nom cité le 4 janvier 1721. Rebaptisé 85ème régiment d’infanterie de ligne le 1er janvier 1791 il est licencié le 20 août 1792.

Durant sa carrière il participe à la guerre de la Ligue d’Augsbourg, aux guerres de Succession d’Espagne et d’Autriche ainsi que la guerre de Sept Ans.

Le Régiment de Hallwyl est créé sous le nom de Régiment de Karrer en 1719. Rebaptisé le 21 août 1752, il est licencié le 1er juin 1763 intégrant le Régiment de Béarn. Il à combattu en Lousiane et sur les îles à sucre.

Le Régiment de Meuron est un régiment particulier. Il est en effet créé le 28 mai 1781 au service des Provinces-Unies mais le recrutement est piloté par la France. En 1795 il passe au service de la Grande-Bretagne. Il était composé de deux bataillons à cinq compagnies chacune.

Envoyé aux Indes il y est commandé par un certain Arthur Wellesley futur duc de Wellington. Il est envoyé en 1807 au Canada participant à la guerre de 1812. Le régiment est licencié le 11 mars 1816, certains soldats restant au Canada tandis que d’autres rentrent en Grande-Bretagne.

Le Régiment de Vigier (qui prend ce nom en 1783) est créé le 5 décembre 1673 sous le nom de Régiment de Greder. En 1791 il devient le 69ème régiment d’infanterie de ligne avant d’être dissous le 26 août 1792.

Durant sa carrière il participe à la guerre de Hollande, à la guerre des Pays-Bas, à la guerre de la Ligue d’Augsbourg, à la guerre de Succession d’Espagne, à la guerre de Succession de Pologne (1733-38), à la guerre de Succession d’Autriche et à la guerre de Sept ans. Il participe également à l’Affaire de Nancy (1790), une mutinerie violement réprimée par le marquis de Bouillé ce qui allait conduire Louis XVI à prendre la décision de fuir à Varennes.

Le Régiment de Meinach est créé sous le nom de Régiment d’Eptingen en 1758. Rebaptisé en 1786, il devient le 1er janvier 1791 le 100ème régiment d’infanterie de ligne. Il est licencié le 20 août 1792.

Ce régiment à douze compagnies participe à la guerre de Sept Ans puis à la guerre d’indépendance de Corse (1768-69).

Le Régiment de Salis est créé le 1er juin 1734 sous le nom de Régiment de Travers. Rebaptisé en 1740, il devient le 1er janvier 1791 le 95ème régiment d’infanterie de ligne. Il est licencié le 20 aoû 1792.

Le Régiment de Steiner est créé le 1er mars 1752 sous le nom de régiment de Lochmann. Il adopte le premier nom cité le 24 novembre 1782. Le 1er janvier 1791 le régiment est rebaptisé 97ème régiment d’infanterie de ligne. Le régiment qui durant sa carrière à participé à la guerre de Sept Ans est licencié le 20 août 1792, 300 des 500 hommes du régiment restant en France et s’engagent dans la cavalerie.

La République Helvétique au titre de la convention du 19 décembre 1798 lève un contingent de 18000 hommes. Ce contingent doit se composer de six demi-brigades à trois bataillons. Néanmoins en janvier 1801 en raison d’effectifs insuffisant des fusions sont réalisées : la 1ère demi-brigade avec la 6ème, la 2ème avec la 4ème et la 3ème avec la 5ème demi-brigade.

Sous Napoléon 1er des régiments suisses servent au sein de la Grande Armée en l’occurrence quatre régiments suisses, un bataillon de Neuchâtel et un bataillon valaisan.

Le 1er Régiment Suisse est créé en 1805 et dissous en 1815. Ce régiment participe aux bataillons des troisième (1805), quatrième (1806-1807) et sixième coalitions (1812-1814).

En 1805/06 il est déployé en Italie pour combattre les anglais et leurs alliés napolitains. Il participe ensuite à la Campagne de Russie en 1812.

Le 2ème Régiment Suisse est actif de 1806 à 1814 et en 1815 au moment des Cent-Jours. Il est engagé dans la guerre péninsulaire (1807-1812), la campagne de Russie (1812) et la campagne de France en 1814.

Le 3ème Régiment Suisse est actif de 1806 à 1814, le régiment étant engagé dans la guerre péninsulaire jusqu’en 1812, dans la Campagne de Russie (1812) et dans la Campagne de France (1814), campagne ou Napoléon montre qu’il n’à pas perdu la main mais malgré son génie et l’enthousiasme des «Marie-Louise» le déséquilibre était trop important avec des ennemis bien décidé à détrôner celui que les anglais appelaient «L’Ogre Corse».

Le 4ème Régiment Suisse est créé le 15 octobre 1806 et dissous en 1814 au moment de la première restauration. Durant sa première vie il participe d’abord aux batailles d’Heilsberg (10 juin 1807 victoire tactique française) et de Friedland (14 juin 1807 victoire française).

Il est ensuite envoyé sur les côtes de Gironde pour défendre les côtes avant de participer aux combats menés par la France au Portugal. Portant un pantalon blanc et une veste rouge, ce régiment à combattu d’autres suisses engagés eux auprès de l’armée espagnole qui portaient eux un pantalon blanc et une veste bleue.

Le régiment reste au Portugal jusqu’en 1812 avant de participer à la Campagne de Russie puis aux campagnes d’Allemagne et de France (1813 et 1814 respectivement).

Il est réformé par les décrets des 11 et 15 avril 1815 et du 20 mai sous le nom de 2ème régiment étranger. Ces décrets organisaient huit régiments étrangers avec un 1er régiment étranger composé de piémontais et d’italiens, un 2ème régiment composé de suisses, un 3ème de polonais, un 4ème d’allemands, un 5ème de belges, un 6ème d’espagnols et de portugais, un 7ème d’irlandais et un 8ème d’italiens.

Appelé également Bataillon Stoffel, cette unité qui est quasiment anéantie à la Bataille de Wavre le 18 juin 1815 est définitivement licenciée en octobre 1815 après le retour des Bourbons sur le trône de France.

Enfin presque puisque sur les cendres de ce 2ème régiment étranger nait le Régiment de Hohenlohe, unité d’abord baptisée Légion Etrangère Royale puis Légion de Hohenlohe. En 1821 il devient régiment mais est dissous le 5 janvier 1831. Les traditions de l’unité sont reprises par la Légion Etrangère qui reprend un pas lent pour défiler (88 pas par minute contre 120).

Le 11 mai 1807 un décret du maréchal Louis-Alexandre Berthier créé le Bataillon de Neuchâtel, un bataillon d’infanterie de ligne destiné notamment à servir de garde pour celui qui était prince de Neuchâtel. Cette unité était composée de six compagnies de volontaires et une batterie d’artillerie soit 1050 hommes.

Il participe à la bataille de Wagram (1809) au cours de laquelle il assure la garde des ponts sur le Danube. En Espagne il s’illustre dans une guerre d’un genre nouveau à savoir la contre-guerilla ou petite guerre comme disait Clausewitz.

Décimé durant la Campagne de Russie, il est réduit à une compagnie qui participe aux campagnes d’Allemagne et de France. L’unité est dissoute le 1er juin 1814.

On trouve également un Bataillon Valaisan opérationnel de 1807 à 1814, le bataillon combattant en Espagne.

Outre les unités régulières que nous venons de voir la France à confié aux suisses la protection du souverain. Ce choix peut s’apparaitre de prime abord curieux mais comme l’à montré également l’épopée de la garde varègue du côté Byzance une garde étrangère avait l’avantage d’être imperméable aux clans, coteries et autres intrigues de cour.

Les Cent-Suisses forment une compagnie de 100 hommes tous armés à l’origine d’une hallebarde avant que l’équipement se complexifie avec l’ajout de piquiers et d’arquebusiers.

La compagnie est officiellement créée en 1495 mais il semble que par le passé les souverains français avaient pris l’habitude d’être protégés par des détachements suisses.

Ce corps de la Maison du Roi est supprimé le 12 mai 1792. Reconstitué au printemps 1814 il accompagne Louis XVIII à Gand et lors de la deuxième restauration continue à protéger le frère de Louis XVIII avant de protéger son successeur, son frère Charles X.

L’unité disparaît en juillet 1830 au moment de la Révolution qui renverse l’ancien duc d’Artois. Cette unité à inspiré la création d’unités semblables en Savoie, en Toscane, en Autriche (1581-1767), au Brandebourg et naturellement au Vatican avec la célèbre Garde suisse pontificale.

Le Comte d’Artois futur Charles X en uniforme des gardes suisses

Ce dernier avait disposé de 1773 au 25 juin 1791 d’une unité suisse la compagnie des suisses de Monsieur le Comte d’Artois.

Suite à la bataille de Marignan une paix perpétuelle est signée entre le royaume de France et les cantons suisses le 29 novembre 1516. Entre-temps le 7 novatrices 1515 le traité de Genève avait en théorie réservé le recrutement de mercenaires suisses à la France et à la papauté, ce traité restant en vigueur jusqu’en 1792.

En 1573 Charles IX met sur pied l’unité des gardes-suisses qui sont organisés en régiments à partir de 1616. Ils portent un uniforme rouge rehaussé de bleu.

Ce régiment des gardes-suisses va exister de 1616 à 1792 date de sa dissolution suite à la chute de la Monarchie.

Paradoxalement ce régiment n’appartient pas à la Maison Militaire du roi de France mais assure toutes les fonctions. Sur le champ de bataille forme une brigade avec les gardes-français.

Composé de douze compagnies de 200 hommes soit 2400 hommes, ce régiment porte un uniforme rouge avec des revers bleu foncé et des parements de broderie blanche. En 1763 une compagnie de grenadiers est créée, compagnie qui se distingue par son couvre-chef. Exit le tricorne et bonjour le bonnet en poil d’ours.

En 1760 pas moins de 12888 suisses servaient le roi de France au sein de douze régiments, le régiment des gardes-suisses comprennant 2324. En 1791 la Maison Militaire du roi de France est supprimée et seul est préservé le régiment des gardes-suisses.

Sous la Restauration deux des huit régiments d’infanterie de la Garde Royale sont composés de suisses. Ces régiments sont supprimés par la Monarchie de Juillet le 11 août 1830.

Durant sa longue et prestigieuse carrière, les gardes-suisses et leurs ancêtres immédiats ont participé à la neuvième guerre d’Italie (1542-1546 dont la bataille de Cerisoles), à la troisième guerre de religion (1568-1570), à la guerre franco-savoyarde (1600-1601), à la répression des rebellions huguenotes (comme la siège de Montpellier en 1622), la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714) et notamment les batailles de Ramillies et d’Audenarde, à la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748) notamment la bataille de Fontenoy.

Longtemps logés chez l’habitants (habitude qui n’à de cesse de provoquer critiques, excès et abus en tout genre) les gardes-suisses sont casernés à partir de 1754 à Rueil-Malmaison, Courbevoie et Saint-Denis.

Au service du pape : la garde suisse pontificale

Prestation de serment des nouveaux gardes suisses protégeant le pape

Avec leur uniforme coloré les gardes suisses pontificaux sont parmi les plus célèbres soldats du monde faisant le bonheur des touristes. C’est aussi l’une des plus anciens unité militaire permanente du monde puisqu’elle à vu le jour le 22 janvier 1506 sur l’ordre du pape Jules II qui maniait aussi bien le goupillon que l’épée.

Elle est actuellement composée de 135 hommes citoyens suisses de sexe masculin et de confession catholique. La taille minimale requise est de 174cm, le célibrat est exigé et l’âge est compris entre 19 et 30 ans.

Ils s’illustrent le 6 mai 1527 quand 147 de ces mercenaires de Dieu sont tués en protégeant la fuite du pape Clement VII en direction du château Saint-Ange (42 gardes-suisses assuraient sa protection rapprochée) alors que la ville éternelle avait prise et pillée par des lansquenets mutinés car non payés comme cela arrive souvent à l’époque. Dès 1528 le 6 mai devient le jour où les recrues prêtent serment.

Cette unité à cohabité avec la garde corse (1603-1662), la garde noble et la garde palatine (dissoutes dans les années soixante-dix).

Cette unité n’à plus combattu depuis 1870 et sa défaite contre les troupes italiennes qui cherchaient à achever l’unité du pays en s’emparant de Rome. A noter que depuis 1929 les citoyens suisses peuvent s’engager dans cette unité sans l’autorisation du Conseil Fédéral.

Au service de la perfide Albion et d’autres états

De 1799 à 1801 l’armée britannique disposait d’un régiment de recrutement helvétique le Régiment de Roverea. Une Légion suisse britannique à été levée pour la guerre de Crimée.

Des unités suisses ont également été utilisées par le Royaume de Naples avec pas moins de quatre régiments, le 1er étant composé de lucernois, d’uranais, d’unterwaldiens et d’appenzellois, le 2ème était composée de fribourgeois et de Soleurois, le 3ème de valaisans de grisons de schwytzois alors que le 4ème était composé de bernois.

Sous l’autorité des Provinces-Unies et du Royaume de Hollande on trouvait également des unités de recrutement helvétique à savoir l’unité des Gardes Suisses ou Ewitserse Gardes, le régiment d’infanterie Constant-Rebecque, le régiment d’infanterie Salisch et le régiment d’infanterie Stusler.

Le Royaume de Sardaigne dispose également d’unités suisses ce qui est logique pour le royaume de la Maison de Savoie. On trouve le régiment Du Pasquier, le régiment Grison de Thonatz, le régiment grison, le régiment Keller, le régiment de Glaris et d’Appenzell, le régiment grison (Peyer-Imhof), le Régiment de St Gall et le Régiment de Lucerne.

Benelux (27) Pays-Bas (27)

ARMEE DE TERRE NEERLANDAISE

Une brève histoire militaire des Pays-Bas

Aux temps jadis (ou presque)

De Zeven Provincien 2

Arquebusiers néerlandais au 16ème siècle

La Koninklijke Landmacht est officiellement créée le 9 janvier 1814 mais l’armée néerlandaise à des origines nettement plus anciennes puisqu’elle peut revendiquer avoir des racines remontant à 1572 quand la Staatse Leger ou l’Armée des Etats voit le jour dans le cadre de la Guerre des Quatre-Vingt Ans, la guerre d’indépendance des Provinces-Unies qui se termine en 1648 (1568-1648).

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22-Armée de terre : armement et matériel (22)

Canon de 37mm modèle 1934

Canon de 37mm modèle 1934

Canon de 37mm modèle 1934

Ce canon antichar à été mis au point pour la ligne Maginot ce qui explique peut être un calibre hétérodoxe pour la lutte antichar confiée au duo 25/47mm même si l’existence de canons de 37mm issus du premier conflit mondial (char FT et canon de tranchée TR 16) rend moins étrange la présence d’un canon de ce calibre sur la ligne Maginot, canon encore en service en septembre 1948 en dépit d’une incapacité à détruire les chars allemands les plus lourds.

Ce canon de 47 calibres tirait des obus de 0.9kg (boulets modèle 1936) à une distance maximale utile de 1000m où il peut perforer 30 à 40mm de blindage à raison de 20 coups par minute. Il peut pointer en hauteur de -15° à +10° et en direction sur 45° à droite et à gauche.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

Une arme remarquable

Nous venons de le voir, la France disposait depuis très longtemps d’une arme de 47mm, une arme mise au point par la marine qui avait besoin d’un canon à tir rapide pour contrer les torpilleurs. D’où la mise au point du canon de 47mm modèle 1885 qui modernisé et rendu semi-automatique devint le canon de 47mm modèle 1902.

Très rapidement, ce canon à été dépassé par la croissance rapide des torpilleurs et dès le premier conflit mondial, on peut considérer que cette pièce est dépassée pour le tir antisurface. La marine débarque donc ces pièces et les stocke à terre.

Ces canons peuvent cependant encore faire très bien l’affaire en combat terrestre. En effet, un canon tirant rapidement des obus à haute vitesse initiale est un atout évident pour contrer les blindés qui eux aussi prennent du poids notamment au niveau du blindage.

Si durant le premier conflit mondial, les allemands pouvaient détruire des chars lourds britanniques avec des fusils antichars de 13mm (Mauser Gewher T) cela devient de moins en moins évident avec les années.

Au début des années trente, on lance bien le programme du canon antichar de 25mm mais il devient rapidement évident que ce canon va être vite dépassé par la course au blindage, une arme d’un plus gros calibre s’impose.

A cette même époque, le canon de 47mm modèle 1902 passe entre les griffes de l’établissement de Puteaux (APX) pour une nouvelle modernisation destinée à offrir une arme antichar à la ligne Maginot et aux véhicules blindés, donnant naissance respectivement au modèle 1934 et au modèle 1935.

Un appel d’offres est lancé pour une arme antichar d’infanterie ce qui suppose une arme suffisamment puissante pour être militairement crédible face aux blindés ennemis mais également une arme suffisamment légère pour permettre d’être trainée à bras pour l’entrée et la sortie de batterie.

Deux constructeurs proposent leurs prototypes dès 1933, APX et Schneider du Creusot. Cette dernière dispose de certaines particularités intéressantes mais des qualités balistiques nettement inférieures (70mm de blindage à 400m contre 89mm pour l’APX) fait que c’est l’arme de Puteaux qui est sélectionnée, les essais commençant à Bouges le 19 février 1934.

A l’origine arme d’infanterie, ce canon de 47mm devient une arme relevant de l’artillerie, l’infanterie préférant se concentrer sur le 25mm en dépit du fait qu’on sait que ce canon sera rapidement dépassé. Le 14 décembre 1936, le canon APX de 47mm est adopté sous le nom de «matériel de 47 modèle 1937»

Extraordinaire est le mot pour caractériser ce canon entouré d’un secret quasiment aussi absolu que l’était le 75mm modèle 1897, canon indirectement à l’origine de l’affaire Dreyfus. Le canon de 47mm ne déboucha pas heureusement sur une affaire de cette ampleur.
En terme de portée, le canon de 47mm peut détruire à 1000m les chars allemands les plus lourds, les Panzer III et IV et jusqu’à 1600m, les performances sont excellentes. Sa grande cadence de tir (15 à 20 coups/minute) permettant à un canon de stopper net une attaque de blindés si le canon est bien employé et que le terrain s’y prête.

Si les premiers tests ont été menés avec des obus modèle 1902, en service le modèle 1937 va utiliser des projectiles conçus pour lui, l’obus utilisé (modèle 1936) étant un obus perforant à coiffe de magnésium qui à deux utilités : aider à corriger le tir et enflammer des bidons d’essence. Des obus explosifs modèle 1932 existent mais sont peu distribués tandis que des essais d’obus à mitraille ne sont pas poursuivis jusqu’à la production en série.

Les nombreux exercices menés avant guerre ayant montré une vulnérabilité de la pièce à l’infanterie, un obus explosif légèrement perforant est mis en service en 1946 ce qui rend la pièce apte à neutraliser une infanterie mordante et permet également de détruire des véhicules non blindés sans avoir recours aux munitions perforantes. Des munitions fumigènes et éclairantes sont également mises au point mais apparemment fort peu distribuées.

Ce canon est conçu pour être remorqué par tracteur (véhicule à six roues Laffly W15T et semi-chenillés Somua MCJ) et par des chevaux, un mode de transport peu adapté à la lutte antichar ce qui explique qu’à partir de 1944, toutes les unités antichars sont motorisées.

Les unités équipées

Les premières commandes de série sont passées au quatrième trimestre 1937, la première série de commandes totalisant 1214 pièces. Portée à 1646 pièces, elle doit permettre la mise sur pied de 137 batteries de douze pièces (1644 canons) pour dans un premier temps équiper 51 batteries de douze pièces pour les divisions d’active et celles mises sur pied à la mobilisation.

La fabrication est organisée en un véritable puzzle, les bouches à feu à Bourges, les freins récupérateurs les roues et les lunettes sont produites par Puteaux (APX), les affûts étant sous-traités entre plusieurs fabricants, l’assemblage étant réalisé à Puteaux.

Les premiers canons de série sont livrés le 12 janvier 1939 par l’APX puis transférés au Parc Régional de Réparations et d’Entretien (PRRE) de Bourges chargé de la livraison aux unités.

A l’époque, le rythme de livraisons prévu est de trente pièces par moi en février et doit passer à trente-cinq en mars et quarante pour juin, ce pic ne devant pas être dépassé puisque le modèle 1939 doit alors prendre le relais.

Quand éclate la guerre de Pologne, 339 canons ont été livrés aux armées. L’effort se poursuit jusqu’à la fin de l’année mais est notablement ralentit après la fin du conflit officielle le 15 décembre 1939.

Cela n’empêche pas l’industrie de livrer 755 pièces de plus portant le total à 1094 canons en ligne soit potentiellement un total de 91 batteries divisionnaires antichars.

La démobilisation réduit bien entendu le nombre de pièces en ligne. Contrairement à ce qui était prévu, toutes les DI d’active y compris les divisions d’infanterie alpine reçoivent une batterie divisionnaire antichar à douze canons, des batteries qui vont progressivement être toutes motorisées y compris dans les DI non motorisées.

La démobilisation terminée, nous trouvons en ligne dix-sept divisions d’infanterie (type Nord-Est et motorisées), quatre divisions d’infanterie coloniale, quatre divisions d’infanterie nord-africaine et trois divisions d’infanterie alpine soit vingt-huit divisions et vingt huit BDAC soit un total de 336 canons en ligne en métropole.

Ce canon va aussi équiper dans l’Empire les DIA, les DLI et les DM, leur donnant un punch remarquable face à un ennemi ne disposant que de chars légers et moyens assez médiocre.

Chacune de ses divisions dispose en effet d’une compagnie antichar disposant de six canons de 25mm et de huit canons de 47mm .

Cela nous donne au total quatre vingt pièces en ligne portant le total à 416 mais ce nombre augmente rapidement avec la constitution d’un total de treize DLI qui disposant chacune de huit canons de 47mm porte le total à 520 canons en ligne, le reste étant stocké pour équiper les unités de mobilisation.

La production du modèle 1937 s’arrête au chiffre 1646, le modèle 1939 prenant le relais selon un rythme plus lent _temps de paix armée oblige_ et pour un rôle différent comme nous allons le voir dans la partie suivante.

Caractéristiques Techniques du matériel de 47mm modèle 1937

Calibre : 47mm Poids totale en batterie : entre 1050kg et 1150kg (en fonction du type de roues et du constructeur de l’affût) Longueur totale en ordre de route : 4.10m Longueur du canon : 50 calibres soit 2.350m Hauteur 1.1m Largeur hors tout 1.92m Champ de tir : 68° en direction -13° à +16,80° Portée maximale : théorique 6500m pratique 1000m encore de bons résultats à 1600m Cadence de tir : nc Equipe de pièce : un chef de pièce, un brigadier, un maitre-pointeur et trois servants

Canon de 47mm modèle 1939 et modèle 1941

Canon de 47mm modèle 1939

Canon de 47mm modèle 1939

Comme nous l’avons vu plus haut, le modèle 1937 est une excellente arme. Cela n’empêche pas l’armée de terre d’envisager dès 1938 une version améliorée alors que le modèle 1937 est tout juste en production et que les livraisons aux unités n’ont pas commencé.

L’idée à la base de cette amélioration est la volonté de pouvoir passer rapidement d’une cible à l’autre, les pièces antichars étant fondamentalement inférieures en nombre aux chars assaillants.

Si les canons tractés sont fixes ou peu mobiles, les chars peuvent venir de face mais aussi sur les côtés voir en cas de débordement de la position par l’arrière.

On étudie donc la possibilité d’avoir un canon tirant à 360°, avantage qui compense largement l’inconvénient de l’augmentation de poids (environ 300 kilos de plus).

Cette idée n’est pas neuve, le vénérable canon de 75mm modèle 1897 avait reçu pour certains d’entre eux au moins une plate forme Arbel permettant de pointer le canon à 360°, un principe similaire va être choisit pour le nouveau canon antichar.

La technologie choisit est un affût composé de trois flèches disposées à 120° et munies de flèches d’ancrages. En configuration route, deux flèches sont réunies et attachées au véhicule tracteur, la troisième est relevée et arrimée à l’affût, la volée du canon étant orientée vers le véhicule tracteur.

En batterie, l’affût tri-flèche est rigidifiée et repose sur le sol, les roues se relevant de part et d’autre du bouclier qui est droit et pas muni de la partie inférieure du modèle 1937.
Il dispose également d’un frein de bouche et de nouvelles roues à pneumatiques increvables Baudou ce qui permet de le remorquer à une vitesse plus importante, un plus évident en cas de guerre de mouvement et que contrairement au modèle 1937, le futur modèle 1939 doit être un canon uniquement remorqué par tracteurs.

Les premiers essais ont lieu à l’automne 1938, d’abord des essais de roulage puis des séances de tir et ce du 15 septembre au 12 octobre 1938. Ces essais se révèlent prometteurs et peuvent espérer une mise en production rapide, production qui sera lancée quand toutes les commandes du modèle 1937 seront honorées.

Adopté en 1939, le «47 APX» devient officiellement le matériel de 47 modèle 1939 et commandé le 6 janvier 1940 à près de 1000 exemplaires en dépit du fait que la démobilisation est prévue pour l’été ce qui réduira considérablement les besoins en matériel antichar.

La production du modèle 1939 ne commence que début juillet 1940 et les premières pièces sortent à la mi-août. La commande initiale de 1000 pièces est réduite à 500 puis finalement à 240 pièces qui sont stockées, devant servir à la mobilisation pour former des BDAC.

La production est ainsi stoppée en mai 1941 et n’aurait du reprendre qu’au moment de la mobilisation mais la réorganisation à partir de 1944 des DC et des DLM entraine la création d’escadrons antichars portés qui vont permettre à ce canon d’être à nouveau produit sous un modèle amélioré baptisé modèle 1941 (tube plus long de 54 calibres).

Chaque brigade cuirassée (DC) et chaque brigade légère mécanique (DLM) dispose d’un escadron antichar porté avec douze canons de 47 montés soit sur des Laffly W 15, des Lorraine 39L et des Renault 40R (VBCP) soit un total de 28 escadrons portés et de 336 canons produits sans leur affût.

Le canon de 25mm devenant rapidement dépassé en Europe, on décide de le remplacer au sein des DI et des DIM les canons de 25mm par des canons de 47mm modèle 1941 en dépit d’un poids plus élevè rendant délicat sa mise en œuvre par l’infanterie.

Les 240 pièces stockées ressortent de la naphtaline pour rééquiper les huit D.I.M, les neuf DI type Nord-Est, les quatre D.I.C et les quatre D.I.N.A, les vingt-cinq divisions d’infanterie vont se partager les pièces existantes tandis que la production est relancée.

Chaque division possède une batterie divisionnaire antichar à douze canons de 47mm tandis que les trois régiments d’infanterie de ligne dispose également de douze canons alors que les BCP/BCA disposent de deux canons de 47mm par bataillon puis six à la Compagnie d’Engins de la Demi-Brigade.

Les DIC et les DINA disposent également de canons de 47mm selon le même principe que les DI motorisés et DI type Nord-Est soit pour ces huit divisions un total de 384 pièces.

Le total avant mobilisation est de 960 canons en ligne plus 240 pièces en stock, la production s’accélérant à la mobilisation pour équiper les divisions de mobilisation même si nombre seront mises sur pied avec des canons de 25mm en attendant mieux.

A la mobilisation, six RAAC sont mis sur pied, chaque régiment disposant de 24 canons soit un total de 144 canons modèle 1941.

Caractéristiques Techniques du matériel de 47mm modèle 1939

Calibre : 47mm Poids total en batterie : environ 1300kg (1375kg pour le modèle 1941) Longueur totale en ordre de route : 4.29m Longueur du canon : 50 calibres soit 2.350m (54 calibres pour le modèle 1941 soit 2.538m) Hauteur 1.1m Largeur hors tout 1.92m Champ de tir : 360° en direction -13° à +16,80° Portée maximale : théorique 6500m pratique 1000m encore de bons résultats à 1600m Cadence de tir : nc Equipe de pièce : un chef de pièce, un brigadier, un maitre-pointeur et trois servants

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Ce canon Tout Azimut (TAZ) à été développé pour remplacer le vénérable modèle 1897 dans le domaine de l’artillerie de campagne mais également dans le domaine de l’artillerie antichar. La priorité allant à l’artillerie de campagne, l’équipement d’unités antichars à canons de 75mm étant reportée sine die.

Finalement ce n’est qu’à la mobilisation que sont mis sur pied des Régiments Autonomes Antichars (RAAC) numérotés 401 à 406, régiments organisés de la façon suivante :

-Un Etat-major avec un poste de commandement, les transmissions, le renseignement et des éclaireurs motocyclistes.

-Une batterie hors-rang (ravitaillement, approvisionnement, dépannage, sanitaire)

-Trois groupes à quatre batteries organisés en un état-major, une colonne de ravitaillement et quatre batteries, deux batteries équipées de canons de 47mm modèle 1939 et deux batteries équipées de canons de 75mm TAZ modèle 1939.

Ces six régiments disposent donc au total de 144 canons de 75mm TAZ modèle 1939, d’autres exemplaires étant produits et stockés pour créer une volant de fonctionnement.

Caractéristiques Techniques du canon de 75mm TAZ modèle 1939

Calibre : 75mm Longueur du canon 2.995m Poids  en batterie 2000kg Poids de l’obus : 7.250kg Cadence de tir : 20 coups/minute Portée : 12500m Pointage en site : -11° à +25° Pointage en azimut sur 15° Vitesse initiale de l’obus : 700 m/s Equipe de pièce : sept hommes

Projets et prototypes

La production de pièces antichars modernes n’empêchait pas les services compétents d’envisager le futur en lançant une politique de prototypes destinée à occuper les bureaux d’études sans forcément aboutir à une production en série.

On trouve ainsi un projet de canon de 47mm à très haute vitesse initiale (980 m/s), un peu l’équivalent du canon à charge creuse mise au point par les allemands et qui aura son équivalent français au printemps 1948 sans aboutissement industriel.

On trouve également une version antichar du canon Schneider modèle 1939 de 90mm dont le prototype apparaît au printemps 1945. Douze exemplaires sont commandés en septembre 1945 et livrés entre mars et juin 1946 pour former une batterie expérimentale.

Sa mise en production est lancée en juin 1948 en vue à terme de compléter les RAAC avec une éventuelle batterie indépendante de six canons, canons capables de détruire tous les chars allemands y compris les Tigre.