Mitteleuropa Balkans (87) Roumanie (17)

ARMEE DE TERRE ROUMAINE

Histoire

Les origines

Soldat roumain en tenue ancienne

L’histoire roumaine est ancienne, les roumains s’estimant être les descendants des Daces qui donnèrent du fil à retordre aux romains qui eurent besoin de deux guerres pour s’emparer de cette province riche en bois et en or. A l’usage elle fût abandonnée car trop difficile à défendre alors que l’armée romaine devait faire face à des peuples barbares de plus en plus remuants que ce soit sur le Rhin, sur le Danube ou même au Moyen-Orient.

Au Moyen-Age les roumains s’illustrèrent surtout dans leur guerre contre les ottomans sans oublier des conflits contre les mongols et contre les hongrois. Les différentes principautés alternèrent entre alliance et opposition avec la Sublime Porte.

Les armées des principautés comprenaient des archers (arcasig), des cavaliers (călărași, des chevaux légers ou rosiori), de l’infanterie (dorobanti), des mousquetaires ou puscasi, de l’artillerie (tunari) mais aussi différentes unités irrégulières très présentes dans cette région (arnaoutes razesi).

L’armée de terre roumaine voit le jour en 1859 lors de la naissance des Principautés-Unies de Roumanie, onze ans après une première tentative infructueuse lancée en 1848 au moment du «Printemps des Peuples».

Elle dispose d’un état-major général et de trois commandements territoriaux (Moldavie, Valachie et Oltenie).

Cette armée comprend à l’origine sept régiments d’infanterie à deux bataillons à quatre compagnies chacun. En 1860 le premier bataillon de fusiliers voit le jour en attendant la création de bataillons d’infanterie de montagne qui comme dans nombre de pays vont être rapidement les meilleures de l’armée roumaine.

La cavalerie n’est pas oubliée avec deux régiments de cavalerie à quatre escadrons de lanciers auxquels vont s’ajouter un escadron de stockage.

L’artillerie peut être considérée comme le parent pauvre de l’armée roumaine avec seulement six batteries (quatre en Moldavie et deux en Valachie).

Cette armée est dirigée par le Domnitor Alexandre-Jean Cruza et ce jusqu’à son abdictation survenu en 1866.

Onze ans plus tard les Principautés-Unies de Roumanie vont participer aux côtés des russes à une nouvelle guerre russo-ottomane que les roumains vont appeler guerre d’indépendance puisqu’à l’issue de ce conflit la Roumanie devient indépendante, indépendance qui se double d’un changement de statut en 1881. Exit le statut de principauté et bonjour le statut de royaume.

Durant cette guerre qui dure du 24 avril 1877 au 10 mars 1878 les roumains vont jouer un rôle non négligeable. Huit jours plus tôt la Roumanie avait signé avec la Russie le traité de Bucarest pour autoriser le passage des troupes russes sur son territoire pour combattre la Sublime Porte pourtant puissance suzeraine des Principautés-Unies de Roumanie.

Dans un premier temps la Roumanie joue un rôle passif en mobilisant 120000 soldats dans le sud pour empêcher les ottomans de traverser son territoire.

Son intervention effective ne commence que le 24 juillet 1877 à la demande de la Russie qui avait déjà subit de lourdes pertes. 66000 soldats roumains accompagnés par 190 canons vont combattre les ottomans aux côtés de 280000 russes et de 50000 bulgares.

L’armée de terre roumaine participe au siège de Plevna (20 juillet au 10 décembre 1877). Cette victoire est cependant une victoire à la Pyrrhus, les pertes sont telles (5000 morts, 15000 blessés, 40000 prisonniers soit la moitié des effectifs engagés) que la Russie ne peut pas s’engager dans une conquête de Constantinople, la capitale de l’empire ottoman.

Cette bataille montre définitivement la supériorité de fusil à répétition sur le fusil à un coup et ça toutes les armées l’ont compris et entendu.

Après l’occupation de Plevna, les roumains retournent combattre sur le Danube, participant aux batailles de Vidin et de Smardan. Ils ont également participé aux batailles de Grivitsa et de Rahova.

Le 19 janvier 1878, l’empire ottoman demande l’armistice et le 13 janvier 1878 l’indépendance des principautés-unies de Roumanie est reconnue par la Sublime Porte.

Les pertes de l’armée roumaine à l’issue du conflit vont être très lourdes avec près de 20000 pertes (4302 tués et disparus, 3316 blessés et 19904 soldats ayant succombé à la maladie qui tue plus que les combats en eux-mêmes, situation qui changera avec le premier conflit mondial).

Cette arme s’organise progressivement et comme en France est créée une gendarmerie destinée à tenir et à défendre les zones rurales. Elle est créée en 1893 et réorganisée en 1908 après son échec dans la jacquerie de 1907.

En 1900 l’armée de terre roumaine comprend quatre commandement de corps d’armée, neuf divisions d’infanterie qui disposent chacune d’une bataillon d’infanterie de montagne.

Artillerie roumaine durant le premier conflit mondial. Une batterie de 75mm traverse une ville roumaine (probablement Bucarest).

Sa substance offensive comprend trente-quatre régiments d’infanterie à trois bataillons chacun, onze régiments d’artillerie équipés de batteries de canons de 75mm et d’obusiers de 120mm, une batterie d’artillerie de montagne, deux régiments d’artillerie de forteresse et deux régiments du génie.

Pendant plus de trente ans l’armée roumaine reste l’armée au pied. Si elle n’est pas engagée dans la première guerre balkanique, elle participe à la deuxième guerre balkanique même si aucune perte au combat ne sera enregistrée. Son seul engagement obligera la Bulgarie à demander la paix à ses anciens alliés.

Benelux (53) Belgique (14)

L’Armée Belge et le premier conflit mondial

Belgique 1ère GM 43

Militaires belges en août 1914

En 1912, l’armée belge à entamé un processus de réorganisation, de rééquipement et de modernisation, un processus qui doit s’achever en 1926 avec un total de 350000 hommes (150000 actifs, 130000 dans les garnisons de forteresse et 70000 réservistes et auxiliaires). Ce processus est donc dans l’enfance quand le 4 août 1914, l’armée du Kaiser viole la neutralité belge pour attaquer la France par sa frontière du nord-est.

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Benelux (52) Belgique (13)

ARMEE DE TERRE

Historique

Les prémices : quelques éléments sur des unités militaires belges passées

Garde Civique 3

La garde civique

L’Armée belge apparaît bien entendu au moment de la Révolution Belge sous la forme d’une Garde Civique mais l’histoire militaire à commencer bien avant notamment sous la Révolution Française.

Au moment où la France est secouée par une révolution bourgeoise puis radicale, le futur territoire de la Belgique est secoué par des révolutions, la révolution du Brabant et la révolution liégeoise.

Ces révolutions échouent ce qui entraîne l’exil de nombreux belges vers la France. C’est dans ce vivier que va puiser la Grande Nation pour créer des unités de volontaires. Comme dans tous les conflits de ce genre, ces unités doivent donner le blanc seing à une armée étrangère et ainsi faire «passer la pilule» de l’invasion si je peux m’exprimer ainsi.

On trouve ainsi une Légion Belge ou Légion Belgique créée en 1792 avec deux bataillons, le 1er opérant en Champagne et le 2ème participe au Siège de Lille.

Cet événement à lieu du 25 septembre au 8 octobre, la garnison étant composée de troupes françaises et de volontaires belges. Les troupes autrichiennes échouent cependant à isoler la ville fortifiée par Vauban ce qui permet un ravitaillement permanent. A l’annonce de la défaite prussienne à Valmy, les troupes autrichiennes doivent lever le siège.

On trouve également la Légion des Belges et des Liégeois composée d’hommes issus de la principauté épiscopale de Liège. Avec ses six bataillons, c’est la plus importante des trois légions de volontaires belges, la Légion Liégoise disposant elle de deux bataillons.

D’autres légions ont existé de manière très éphémère qu’il s’agisse de la Légion ds Sans Culottes belges et liégeois (Bruxelles) ou encore la Légion des Sans Culottes de Liège mais ses groupements avaient davantage propension à parler haut et à se livrer à toutes sortes d’exactions que d’accepter la discipline militaire.

Aux côtés de ces légions on trouva également des régiments et des bataillons qu’ils soient de recrutement local ou recrutés par la France. C’est un véritable écheveau difficile à démêler puisque certaines unités ont changé de nom, d’autres ont été transférées et d’autres n’ont probablement existé que sur le papier. Je m’excuse donc par avance si il y à des erreurs.

On trouve ainsi les 1er et 3ème bataillons liégois, les 2ème et 3ème régiments des belges, le régiment de Namur, le régiment de Tournai, le régiment de Bruges, le régiment d’Anvers, les 15ème et 23ème bataillons de chasseurs belges, les 1er et 2ème bataillons de chasseurs de Gand , le 1er bataillon du Hainaut et enfin le bataillon Leuckens.

En ce qui concerne les troupes mises sur pied par les français (qui espéraient y lever 40000 hommes mais n’ont pu en recruter que le quart), on trouve pour l’infanterie quatre bataillons de chasseurs (17ème,18ème,23ème et 24ème), deux régiments de chasseurs à cheval (17ème et 18ème) ainsi qu’une partie du 20ème régiment de dragons alors que l’artillerie dispose d’un régiment belge, le 9ème régiment d’artillerie à pied.

En janvier 1794, les cinq bataillons de chasseurs sont versés dans cinq bataillons de tireurs dont une partie du recrutement est composé de bataves mais aussi de déserteurs des armées autrichiennes, allemandes et prussiennes.

Ces bataillons furent amalgamés en demi-brigades avec les 1er, 14ème,15ème,18ème et 30ème demi-brigades d’infanterie légère ainsi que les 25ème et 112ème demi-brigades d’infanterie de ligne.

En ce qui concerne la cavalerie, on trouvait des unités de «volontaires» qui furent ensuite versées dans des unités régulières de l’armée française probablement à des fins de discipline. Ils formèrent si l’on peut dire la force vive des régiments.

Les Dragons Belges ou de Bruxelles qui voient le jour le 15 octobre 1792 sont versés au 20ème régiment de dragons en compagnie du 1er régiment de chasseurs à cheval belge. On trouve également les Dragons du Hainaut et de Jemmapes qui vont eux aussi intégrer le 5 juillet 1793.

Le 2ème régiment de chasseurs à cheval belge créé fin 1792 début 1793 intègre le 17ème régiment de chasseurs à cheval le 4 septembre 1793. Les chevaux légers de Flandre occidentale ou de Gand sont eux licenciés le 6 avril 1794, un représentant en mission les décrivant comme «un ramassis de coquins inaptes à faire la guerre». Enfin les hussards belges vont intégrer le 10ème régiment de hussards (dit de Jemmapes).

En ce qui concerne l’artillerie, les français espérèrent pouvoir créer trois bataillons à cinq compagnies d’artillerie (une d’élite, trois de canonniers et une d’ouvriers) mais le manque de moyens tant humains que matériels ont fait que nombre d’unités étaient des unités de papier.

Les artilleurs belges ont cependant servit honorablement et le 9ème régiment d’artillerie à pied existant de 1794 à 1795 était composé en grande partie d’artilleurs belges.

Les belges ont participé à toutes les guerres de la Révolution et de l’Empire qu’ils se trouvassent côté français que côté allié, la Légion Belge participant sous les ordres du duc de Wellington à la bataille de Waterloo.

De 1703 à 1820, à existé une unité de l’armée espagnole appelée Gardes Wallons ou Guardia Valona dans la langue de Cervantes.

Les Gardes Wallons étaient recrutés dans le sud des Pays-Bas espagnols et notamment dans la très catholique Wallonie. Ces soldats étaient souvent utilisés pour le maintien de l’ordre car ils n’avaient aucun lien avec la population autochtone.

Initialement, les régiments wallons de l’armée espagnols n’avaient de wallons que le nom puisqu’ils intégraient également des flamands et des brabançons. Les effectifs étaient d’environ 4000 hommes.

Le 17 octobre 1702, le roi Philippe V d’Espagne _petit-fils de Louis XIV_ décide de lever un régiment wallon pour sa nouvelle garde royale, ce régiment opérant avec un régiment de Gardes Espagnols (l’équivalent des Gardes Françaises), les deux unités partageant le même uniforme à savoir du bleu foncé, du rouge et de l’argent. Ce rapprochement avec la Maison du Roi n’est pas fortuit puisque un détachement de Gardes Françaises servit d’instructeur.

La reconnaissance de l’indépendance des Provinces Unies (1648) puis la cession des Pays-Bas espagnols à l’Autriche en 1714 ne changea rien, des wallons continuèrent à servir dans l’armée espagnole aux côtés de contingents étrangers venant de Suisse, d’Irlande et d’Italie.

Le recrutement n’était cependant pas facile, les autorités autrichiennes ne faisant rien pour l’encourager. L’encadrement était certes espagnol mais nombre de ces espagnols avaient des ancêtres wallons.

Cette unité participa ainsi au siège de Gibraltar entre 1779 et 1783 et devant le manque de recrues venant de Wallonie, on hésita pas à y intégrer des irlandais et des allemands.

Jusqu’à l’annexion de la région par la France, la Wallonie réussit à fournir 400 à 500 recrues par an via un bureau de recrutement installé à Liège. En 1791 et 1792, les trois régiments de ligne wallons (Brabante, Flandres Bruselas) sont dissous et les hommes répartis dans d’autres régiments.

En 1808, Charles IV et Ferdinand VII sont renversés par Napoléon qui place son frère Joseph sur le trône. Les wallons continuent de servir sous un nouveau roi mais d’autres sont toujours au service des Bourbons d’Espagne, quatre bataillons bientôt réduits à deux faute de recrues en nombre suffisant.

En 1814, Ferdinand VII remonte sur le trône. Une garde royale est reconstituée avec une unité de gardes wallons plus espagnole que belge. Le 1er juin 1818, les Gardes Wallons deviennent le 2ème régiment d’infanterie de la garde royale. En 1824, la levée d’une nouvelle garde royale 100% espagnole met fin à l’existence des gardes wallons.

L’Armée Belge des origines à la première guerre mondiale

A l’origine de l’armée belge figure une formation paramilitaire, la Garde Civique/Burgerwatch créée dans la foulée de la révolution belge pour maintenir l’ordre alors que l’armée du Royaume-Uni des Pays-Bas s’était replié, laissant un vide préjudiciable pour le maintien de l’ordre.

Cette force créée en 1830 va perdurer même après la création de l’armée belge puisqu’elle ne sera supprimée qu’en 1920.

Tout comme la garde nationale de notre révolution française, la garde civique est un regroupement de milices d’autodéfenses levées par les possédants pour protéger la propriété privée contre les émeutes qui n’avaient pas toujours une origine politique, ces moments de trouble attirant toujours des personnes peu intéressés par la politique.

C’est grosso modo une force de gendarmerie qui est dissoute en 1920 après des performances décevantes durant le premier conflit mondial face à l’invasion allemande.

La force est organisée au niveau local dans tous les communes de plus de 30000 habitants, les gardes étant recrutés dans la population masculine âgée de 21 à 50 ans ayant déjà satisfait à leurs obligations militaires. Les réservistes étaient également exemptés.

La Garde Civique était divisée en trois classes, la première regroupant les plus jeunes (21 à 32 ans) devant subir dix périodes d’entrainement annuelles, la deuxième classe (33-50 ans) avait pour simple obligation d’informer les autorités de leur adresse, la troisième classe était composée des volontaires les plus anciens, volontaires qui assuraient des tâches de soutien.

En temps de paix, la Garde Civique dépendait du ministère de l’Intérieur, passant sous l’autorité du ministère de la Guerre en cas de conflit. Elle ne doit pas être confondue avec la Rijkswacht, la gendarmerie belge qui était une partie de l’armée.

La Garde Civique est essentiellement composée de fantassins mais on trouve également quelques unités montées et quelques unités d’artillerie.

Quand le premier conflit mondial éclate en août 1914, la Garde Civique dispose de trente-trois compagnies de chasseurs à pied, dix-sept batteries d’artillerie, quatre escadrons de chasseurs-à-cheval et trois compagnies de sapeurs-pompiers. La majorité des unités était stationnée à Bruxelles, à Anvers, à Ghent et à Liège.

Les Gardes notamment le premier échelon (40700 hommes) disposaient d’un uniforme bleu foncé ou vert.

La Burgerwacht/Garde Civique est entièrement mobilisée le 4 août 1914 suite à l’invasion allemande du territoire belge. Elle doit pas combattre en première ligne mais sécuriser les routes, défendre les ponts, les installations stratégiques, l’escorte des prisonniers et le maintien de l’ordre à l’arrière du front.

Ces hommes étaient vus comme des franc-tireurs par les autorités allemandes ce qui les privaient de toute protection en cas de capture. Suite aux multiples atrocités commises par les allemands, le roi Albert 1er ordonne la dissolution de la Garde, les gardes les plus jeunes intégrant l’armée. Cette dissolution de facto le sera de jure en 1920.

La Garde Civique ne pouvait pas décemment assurer la défense du pays. C’était une force de gendarmerie, de police armée, incapable de combattre en terrain ouvert. Une armée belge est donc mise en place dans la foulée, une armée s’appuyant sur la conscription et non le volontariat.

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« L’armée belge »

Attention néanmoins à ne pas faire de méprise. La conscription n’est pas universelle, à peine un quart du contingent est effectivement appelé chaque année _essentiellement pour des raisons financières_ et le remplacement était autorisé.

Cette armée est une armée exclusivement défensive. Aucun plan de manœuvre n’est ainsi dessiné, les forces d’actives s’installant dans des fortifications destinées à empêcher une invasion venue du Nord (Pays-Bas), de l’Est (Allemagne) voir même du Sud (France). Les réservistes doivent en cas de mobilisation rejoindre des dépôts puis renforcer l’armée d’active.

En théorie, l’armée du temps de paix devait aligner 20000 hommes mais ce chiffre n’était pour ainsi dire jamais atteint.

A l’été 1870 éclata la guerre franco-allemande. Pour éviter que le territoire belge serve de champ de bataille, le roi Léopold II en dépit de son ascendance allemande par son père et française par sa mère refusa de prendre partie et ordonna la mobilisation générale pour sanctuariser le territoire du royaume. Cette mobilisation montra un grand nombre de lacunes et de faiblesses qu’il convenait de promptement corriger.

Selon la loi du 16 août 1873, l’armée belge devait mettre en œuvre dix-neuf régiments d’infanterie répartis entre quatorze régiments d’infanterie de ligne (trois bataillons d’active, un bataillon inactif et une compagnie dans chaque dépôt régimentaire), trois régiments de Jäger (même organisation que les régiments de ligne), un régiment de grenadier (même organisation que les régiments de ligne), un régiment de carabiniers à quatre bataillons actifs, un bataillon inactif et une compagnie de dépôt sans oublier un corps disciplinaire et une école d’enfants de troupes.

La cavalerie devait disposer quatre régiments de lanciers, deux régiments de guide et deux régiments de chasseurs à cheval.

L’artillerie elle devait disposer de quatre régiments d’artillerie à dix batteries chacun, trois régiments d’artillerie de forteresse à seize batteries chacune, une compagnie de pontonniers, une compagnie d’artificiers et deux compagnies d’ouvriers d’artillerie. On trouve également des unités du génie et de soutien.

Depuis 1839 et le traité des XXIV articles, la Belgique était un état neutre, son statut de neutralité garantit par les grandes puissances notamment la Grande-Bretagne qui au titre du sacro saint équilibre des puissances sur le continent européen refusait qu’une puissance majeure n’occupe le port d’Anvers.

Anvers 5

La place d’Anvers passait pour la plus redoutable place fortifiée d’Europe. Ce plan ne peut que nous conforter dans cette image même si [SPOILERS] les allemands finiront par s’en emparer à l’automne 1914 [SPOILERS]

Jusqu’en 1904 c’était la France qui était principalement visée («Le problème des anglais c’est qu’ils ne savent pas que Napoléon est mort» [Paul Cambon]) mais après l’Entente Cordiale, Londres craignait surtout l’Allemagne, puissance militaire, commerciale et même navale.

Cela n’empêcha pas l’armée belge à participer à des conflits. Si le bataillon franco-belge de tirailleurs fût envoyé dans les Etats Pontificaux pour combattre contre les partisans du risorgimento (cette unité créée en 1860 devient en 1861 les zouaves pontificaux [«Faire combattre les défenseurs du Pape en tenue de mahométan c’est bien une idée de français» dirons certains haut-dignitaires pontifaux]) le Corps Expéditionnaire Belge allait combattre au Mexique pour défendre le trône de l’empereur Maximilen et de l’impératrice Charlotte.

Ces unités n’étaient pas des unités de l’armée régulière belge mais des volontaires qui s’engageaient à titre individuel.

C’était également le cas au Congo-Belge jusqu’en 1908, date de son annexion par la Belgique était une possession personnelle du roi Léopold II. Sa défense était assurée par des mercenaires recrutés par le roi des belges en Personnes.

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Défilé d’un élément de la Force Publique

En 1909, ce système est remplacé par la Force Publique, une force à mi-chemin entre une armée et une gendarmerie. Si des officiers étrangers restent un temps en place, très vite des officiers de l’armée régulière belge prennent le relais.

A la fin du 19ème siècle, l’armée belge dispose encore d’un mode de recrutement archaïque avec un système de conscription fonctionnant par tirage au sort avec possibilité de payer un remplacement.

Ceux qui sont choisis ont la chance si on peut dire de passer huit ans sous les drapeaux suivis de cinq ans dans la réserve.

Ce système à été abandonné dans toute l’Europe tant il était inefficace, injuste et surtout apatriotique.

La Belgique va le conserver jusqu’en 1909, Léopold II signant le décret rendant le service militaire plus universel peu avant sa mort.

En 1913, le service militaire belge deviendra vraiment universel, portant l’armée du temps de paix à 33000 hommes, la mobilisation générale devant porter les effectifs à 120500 hommes.

En 1904, un petit détachement belge arrive à Pékin pour protéger la légation de Belgique établie dans la capitale d’un empire chinois agonisant.

Les réformes de 1909 et 1913 permettent la constitution théorique de sept divisions dont une de cavalerie sans oublier de l’artillerie et des troupes de forteresse.

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Les célèbres affûts de mitrailleuse remorqués par des chiens, une particularité de l’armée belge

L’équipement est cependant obsolète et mal adapté qu’il s’agisse de l’uniforme ou des mitrailleuses tractées par des chiens…… . L’entrainement laisse à désirer tout comme la discipline.

Néanmoins le corps des officiers belge est connu pour son professionnalisme, les officiers belges étant formés à l’Académie Royale Militaire créée en 1834 avant de passer par une école d’application pour se spécialiser dans une arme en particulier (infanterie, cavalerie, artillerie,génie). En 1868, une Ecole de Guerre est créé pour préparer les officiers les plus prometteurs au travail d’état-major.

Comme de nombreux pays, le premier conflit mondial va surprendre l’armée belge en pleine expansion et pleine réorganisation.

Benelux (44) Belgique (5)

La Belgique d’une guerre mondiale à l’autre (1914-1948)

La Belgique et la première guerre mondiale (1914-1918)

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Le général Schlieffen auteur du plan qui porte son nom

Depuis 1839, la neutralité belge est garantie par les grandes puissances via le traité dit des XXIV articles. Seulement ce traité s’oppose au plan allemand, le plan Schlieffen qui prévoit un vaste mouvement tournant via les plaines belges pour contourner le dispositif français concentré dans l’est du pays, l’itinéraire traditionnel des invasions et surtout le plus court chemin pour récupérer l’Alsace et la Lorraine pour laquelle la France se prépare depuis sa défaite de 1870.

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Italie (53) Regio Esercito (3)

95 ans d’histoire ! De l’unité italienne au renversement de la monarchie, une histoire du Regio Esercito

Avant-propos

L’armée royale italienne (Regio Esercito Italiano) voit le jour le 4 mai 1861 peu après la proclamation du royaume d’Italie.

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Soldat italien portant l’uniforme modèle 1861

Cette armée dominée par les piémontais ne tarde pas à être engagée au combat d’abord dans des opérations de lutte contre le banditisme dans feu le royaume des Deux Siciles puis dans ce qu’on appelle la troisième guerre d’indépendance, une guerre au goût très amer.

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