24-Armée de l’air (28)

K-Les avions de l’armée de l’air (8) : entrainement

Préambule

Quand le second conflit mondial commence en septembre 1948, le CFE dispose de plusieurs types d’appareils d’entrainement, des monomoteurs pour la formation initiale et l’entrainement à la chasse et des bimoteurs pour la formation au pilotage des bimoteurs de chasse, des bombardiers et des avions de transport.

L’Ecole de l’Air installée à Salon de Provence depuis 1937 assure la formation initiale des pilotes quelque soit leur spécialité mais la perspective d’une formation massive de pilotes implique une forme de décentralisation et en 1944, décision est prise de créer des groupement régionaux d’entrainement (GRE), six en métropole et trois en Afrique du Nord.

A Salon de Provence, le Groupement d’Entrainement Initial (GEI) assure donc la formation de tous les pilotes qui à l’issue de leur primo formation choisisse un cursus, c’est là qu’entre en jeu les GEC et GEM.

Le GEC c’est le Groupement d’Entrainement à la Chasse qui assure comme son nom l’indique la formation à la chasse des jeunes pilotes. Il dispose de plusieurs bases dont Salon de Provence, Etampes, Lyon-Bron et Meknès

Le GEM c’est le Groupe d’Entrainement sur Multimoteurs qui assure la formation des pilotes de chasseurs bimoteurs (qui passent également par le GEC), de bombardiers, d’avions de reconnaissance et de transport.

En août 1948 alors que le conflit semble iminent, décision est prise de décentraliser encore davantage la formation et les GEC/GEM rallient la base aérienne de Meknès au Maroc pour bénéficier de conditions d’entrainement encore plus favorables qu’en Provence. La base marocaine se révélant vite saturée, des terrains annexes sont aménagés pour la désengorger

En septembre 1939, l’armée de l’air disposait d’un grand nombre d’appareils d’entrainement (876 selon certaines sources, plus selon d’autres), certains anciens mais d’autres plus récents. Comme dans les autres domaines, la flotte d’avions d’entrainement va connaître une vraie modernisation pour suivre la modernisation des avions de combat.

 

Morane-Saulnier MS-317

Morane-Saulnier MS-317

-On trouve ainsi des biplans Hanriot H.43 et leurs dérivés. Le premier resta à l’état d’unique prototype mais il donna naissance à 128 appareils type Hanriot H-431 (50), H-432 (2), H-433 (26) et H-436 (50).

Utilisé également pour les missions de liaison, il était encore en service à soixante-quinze exemplaires qui vont être remplacés progressivement par des appareils d’entrainement commandés aux Etats Unis. Les derniers appareils sont retirés du service à l’été 1941.

-On trouve également des monoplans type Morane-Saulnier MS.315. Ils sont extrapolés du MS.300. Effectuant son premier en octobre 1932, il est donc le principal avion d’entrainement de l’armée de l’air en septembre 1939 avec 350 appareils en service. Ils sont retirés du service courant 1942.

-Un autre appareil d’entrainement en service en septembre 1939 est le Caudron C.270 Luciole dont 82 exemplaires ont été construits pour l’aviation civile et ont été réquisitionnés pour la liaison, l’entrainement et le remorquage de cibles jusqu’en janvier 1940 quand ils sont rendus à leurs propriétaires.

Romano R-82

Romano R-82

-Un autre appareil majeur des unités d’entrainement est le Romano R.82 qui est issu d’un biplace d’acrobatie. Construit à 177 exemplaires, ils furent retirés du service en 1942 quand les avions d’entrainement français et américains devinrent suffisamment nombreux pour les remplacer.

-Le Salmson Cri-Cri est un petit biplan initialement conçu pour l’Aviation Populaire. Produit à 329 exemplaires, il fût utilisé également par l’armée de l’air pour l’entrainement initial à raison de 120 exemplaires. Il ne fût retiré du service qu’en 1944.

-Le Hanriot H.232 (aussi connu sous le nom de SNCAC NC-232.2) est un bimoteur d’entrainement qui effectua son premier vol en décembre 1939. Soixante appareils commandés furent livrés à l’armée de l’air dont trois pour la Finlande livrés en pleine guerre contre l’URSS. Les 57 appareils sont toujours en service en septembre 1948 et vont être complétés par des Dewoitine D-720.

-Le Caudron C.690M est un monoplace d’entrainement à la chasse dérivé du C-720 qui resta à l’état de prototype. Quinze appareils furent commandés et livrés au printemps 1939, étant utilisés jusqu’en janvier 1942 quand ils sont retirés du service.

North American NA-57/BT-9

North-American NA-57

North-American NA-57

Face à l’expansion à venir de la flotte de combat, l’armée de l’air avait besoin de nombreux avions d’entrainement modernes. L’industrie française ayant déjà du mal à fournir suffisamment des chasseurs, des bombardiers et des avions de reconnaissance, les avions d’entrainement vous pensez……. .

La France se tourna vers les Etats-Unis pour commander de nombreux avions d’entrainement comme le North American NA-57 qui effectua son premier vol en avril 1936.

230 exemplaires sont commandés et sont livrés jusqu’en juin 1940 pour équiper l’Ecole de l’Air à Salon de Provence à raison de 75 appareils plus à partir de 1944, les GRE en l’occurence les trois d’Afrique du Nord à raison de 45 appareils chacun.

Les 20 derniers appareils de la commande de l’armée de l’air sont finalement confiés aux bons soins de la marine qui en commanda de son propre chef vingt-six autres dont certains furent ultérieurement navalisés.

Caractéristiques Techniques du North-American BT-9

Type : biplace d’entrainement monomoteur

Poids : en charge 2030kg

Dimensions : Envergure 12.8m Longueur 8.5m Hauteur 4.1m

Motorisation : un moteur radial Wright R-975-33 de 410ch

Performances : vitesse maximale 273 km/h vitesse de croisière 235 km/h Distance franchissable 1411 km Plafond opérationnel : 6020m

Armement : deux mitrailleuses Darne de 7.5mm avec 350 cartouches chacune pour l’entrainement au tir.

North-American NA-64 «Yale»/BT-14

North-American NA-64

North-American NA-64

Cet appareil est la version améliorée du précédent est commandé à 200 exemplaires en octobre 1939 qui sont tous livrés en mars 1941.

Cet appareil qui se distingue de son prédecesseur par un train retractable va d’abord équiper le GEM à Salon de Provence à raison de 20 exemplaires plus les six GRE créés en métropole en 1944 (mais qui existaient de facto) qui disposaient chacun de 30 exemplaires.

Caractéristiques Techniques du North-American BT-14

Type : biplace d’entrainement monomoteur

Poids : en charge 2030kg

Dimensions : Envergure 12.8m Longueur 8.5m Hauteur 4.1m

Motorisation : un moteur radial Wright R-975-E3 de 420ch

Performances : vitesse maximale 275 km/h vitesse de croisière 237 km/h Distance franchissable 1411 km Plafond opérationnel : 6020m

Armement : deux mitrailleuses Darne de 7.5mm avec 350 cartouches chacune pour l’entrainement au tir.

 North American NA-76/T-6 Texan

North-American NA-76

North-American NA-76

Plus connu sous sa désignation américaine, le North American T-6 Texan, cet appareil est le troisième avion d’entrainement américain commandé avec pas moins de 450 appareils.

Ces appareils sont livrés entre septembre 1940 et mars 1943. Ils vont équiper le GEC _le Groupement d’Entrainement à la Chasse_ avec 165 appareils répartis entre Salon de Provence (30 appareils), Etampes (45 appareils), Lyon-Bron (45 appareils) et Meknès (45 appareils) ainsi que les huit GRE à raison de 30 appareils chacun soit un total 360 appareils en ligne sur 450 commandés. Les 45 autres ne sont pourtant pas inactifs, étant utilisés pour les liaisons (30 appareils) et le remorquage de cibles (15 appareils peint en jaune et rouge vif)

La France à ainsi commandé 880 appareils d’entrainement aux Etats Unis, appareils livrés en l’espace de trois ans et demi ce qui représente une sacré performance.

Caracteristiques Techniques du North American NA-76

Masse : à vide 1886kg en charge 2548kg

Dimensions : longueur 8.84m envergure 12.81m hauteur 3.57m

Motorisation : un moteur radial Pratt & Whitney R-1340-AN-1 Wasp de 600ch

Performances : vitesse maximale 335 km/h vitesse de croisière 233 km/h distance franchissable 1175km plafons opérationnel 7400m

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm Darne avec 500 cartouches chacune

Morane-Saulnier MS-435

Morane-Saulnier MS-435

Morane-Saulnier MS-435

Bien qu’ayant commandé 880 avions d’entrainement, l’armée de l’air n’avait pas satisfait ses besoins qu’elle avait fixée à 1200 appareils d’entrainement. L’industrie française va donc fournir des appareils notamment la firme Morane-Saulnier qui après avoir produit de nombreux MS-406 n’avait pas réussit à vendre le MS-450. Elle devint un important fournisseur d’avions d’entrainement.

Le 6 décembre 1939, le Morane-Saulnier MS-435 effectue depuis Tarbes son premier vol. Ce monoplan biplace est un dérivé du MS-406 alors le principal chasseur de l’armée de l’air avec treize GC équipés et plus d’un millier d’appareils produits.

L’armée de l’air passa commande de soixante appareils début 1940 mais en raison de la priorité donnée à la production de chasseurs, les MS-435 ne furent livrés qu’à partir de janvier 1941, la commande étant honorée en décembre.

Une deuxième commande passée en juin 1940 pour soixante appareils est honorée entre janvier et septembre 1942.

Ces 120 appareils équipèrent les trois GRE d’Afrique Nord à raison de 20 appareils chacun, les soixante autres appareils étant utilisés soit pour les liaisons (20 appareils) ou au sein des deux GRE de la métropole.

Caractéristiques Techniques du Morane-Saulnier MS-435

Type : biplace d’entrainement monomoteur

Poids : 1657kg à vide et 2150kg en charge

Dimensions : Envergure 10.71m Longueur 8.90m Hauteur 3.19m

Motorisation : un Gnôme-Rhône 9Kdrs de 550ch

Performances : vitesse maximale 395 km/h à 1700m Plafond 6500m

Morane-Saulnier MS-472 et MS-476

Morane-Saulnier MS-472

Morane-Saulnier MS-472

Si le MS-435 était dérivé d’un appareil existant, le Morane-Saulnier MS-472 était un appareil d’entrainement qui ne devait rien à personne.

Effectuant son premier vol le 7 septembre 1941, il intéressa d’emblée l’armée de l’air qui passa commande de 120 MS-472 et de 80 MS-476, une variante d’entrainement à la chasse et à l’attaque au sol. A cela s’ajoute les commandes de la marine pour non seulement le MS-472 (32 appareils) mais également le MS-474, une version navalisée du Morane-Saulnier MS-472.

Les appareils de l’armée de l’air furent livrés entre janvier 1942 et août 1943. Le GEC reçut 60 appareils type MS-472 répartis à égalité entre ses quatre bases (quinze appareils chacun) et 40 MS-476 basés à Lyon Bron et à Meknès (20 appareils chacun).

Si les soixante derniers exemplaires du MS-472 furent stockés, les 40 autres MS-476 équipèrent le GEM pour former les pilotes et navigateurs de bombardier avant de passer pleinement sur multimoteurs.

Caractéristiques Techniques du Morane-Saulnier MS-472

Type : biplace d’entrainement

Poids : à vide 1690kg en charge 2378kg

Dimensions : Envergure 10.65m Longueur 8.60m Hauteur 8.60m

Motorisation : un moteur Gnôme Rhône 14M-05 de 570ch

Performances : vitesse maximale 468 km/h Autonomie 1530km Montée à 5000m en 10 minutes et 32s

Armement : deux mitrailleuses MAC 34 de 7.5mm dans les ailes alimentées à 350 cartouches chacune pour le MS-472. Rateliers à bombes (maximum 4 bombes de 50kg) sous les ailes pour l’entrainement à l’attaque au sol.

Les appareils d’entrainement multimoteurs

Le Groupement d’Entrainement sur Multimoteur (GEM) disposait d’un bien plus petit nombre d’appareils en dépit du fait des besoins en formation de pilotes, navigateurs et mitrailleurs de bombardiers et d’avions de reconnaissance.
Outre les 57 Hanriot NC-232, l’armée de l’air disposait également de 36 Dewoitine D-720 et de 42 Bloch MB-131 soit un total de 135 appareils, un nombre jugé suffisant en dépit du fait que les besoins en pilotes, navigateurs et mitrailleurs de multimoteurs étaient aussi importants que pour les monomoteurs.

24-Armée de l’air (24)

Bréguet 270

Bréguet 270

Bréguet 270

Le Bréguet 270 est issu d’un programme officiel pour un avion d’observation biplace (A2) lancé par l’Aéronautique Militaire en 1928. Le prototype baptisé Bréguet 27 effectua son premier vol le 23 février 1929.

En plus du prototype, neuf appareils de préserie sont réalisés dont trois à moteurs Renault donnant naissance au Bréguet 271 qui ne fût pas construit en série.

Dans le programme de 1928, le Potez 39 opposé au au Bréguet 27 et c’est ce dernier qui fût choisit et produit sous le nom de Bréguet 270, 140 exemplaires étant produits plus trois à l’exportation pour le Vénézuela.

Son allure était pour le moins originale puisqu’il s’agissait d’un sesquiplan (deux ailes superposées mais de formes différentes), le fuselage était court avec une courte poutre de queue reliant le fuselage à la dérive.

Cet appareil comme beaucoup d’appareils de l’époque était dépassé quand il est mis en service et aurait du être remplacé bien avant septembre 1939 quand éclate la guerre de Pologne. A cette époque, il existait encore une centaine d’appareils en service et 19 dans les dépôts.

Commandé à 140 exemplaires, cet appareil se révéla vite dépassé ce qui ne l’empêcha pas d’être encore en service au sein de douze GAO quand éclata la guerre de Pologne. Dès le 6 octobre, ils sont retirés des opérations de guerre tout comme les Potez 390. Ils sont retirés du service à l’automne 1940 et feraillés, leur stockage ne se justifiant pas.

Caractéristiques Techniques du Bréguet 270

Type : biplace d’observation

Poids : à vide 1676kg maximal 2900kg

Dimensions : Envergure 17.01m pour l’aile supérieure 7.58m pour l’aile inférieure Longueur 9.76m Hauteur 3.58m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12-Hb 12 cylindres en V refroidit par liquide dévellopant 500ch au décollage

Performances : vitesse maximale 227 km/h à 3000m Autonomie maximale 1000km Plafond pratique 7750m

Armement : une mitrailleuse Vickers de 7.7mm dans le fuselage à droite tirant en chasse, deux mitrailleuses Lewis de 7.7mm en jumelage dans la tourelle de défense arrière. Un lance-bombes en soute permettant l’emport de 120 kg de charge maximal.
Potez 25

Potez 25TOE (Théâtre des Opérations Extérieures)

Potez 25TOE (Théâtre des Opérations Extérieures)

Au Salon de l’Aéronautique en 1924, la firme Potez présenta un sesquiplan biplace d’observation (A2) dérivé du Potez 24 avec un train fixe, de construction mixte (bois et métal) aux ailes entoilés et motorisé par un Lorraine 12Eb.

L’avion répondait à une demande de l’Aéronautique militaire pour un biplace pouvant mener des missions d’observation et de bombardement léger. Le premier prototype décolla début 1925 suivit rapidement d’un deuxième prototype. Les essais satisfaisants permirent de lancer rapidement la production en série pour l’Aéronautique Militaire puis pour l’exportation.

C’est ainsi que 2450 appareils furent produits pour l’Aéronautique Militaire et l’Aéronavale et plus de 1500 pour l’export avec des licences de production accordées au Portugal, à la Yougoslavie et à la Roumanie.

Remplaçant les Bréguet 19, le Potez entré en service courant 1927 fût peu à peu supplanté par des avions plus «modernes» en l’occurence le Bréguet 270 et le Potez 390 et il fallut attendre l’arrivée des avions de la série ANF-Les Mureaux (110 à 119) pour que le petit biplan commence à quitter la scène pour les coulisses.

En septembre 1939, le Potez 25 est encore en service mais uniquement pour les liaisons et l’entrainement et si 177 appareils sont dénombrés à la fin du mois de juin 1940, six mois plus tard, début 1941, plus aucun appareil de ce type n’est en service en métropole. Quelques exemplaires sont encore déployés dans l’Empire (Potez 25 TOE) mais leur carrière n’est guère plus longue.

Caractéristiques Techniques du Potez 25

Type : Sesquiplan biplace d’observation et de bombardement léger (A2)

Poids : à vide 1530kg (1551kg pour la version TOE _Théâtre d’Opérations Extérieures_) maximal 2150kg (2238kg)

Dimensions : Envergure 14m (plan supérieur) Longueur 9.10m Hauteur 3.50m

Motorisation : Un Lorraine-Dietrich 12Eb 12 cylindres en ligne refroidit par eau et développant 450ch

Performances : vitesse maximale 207 km/h (202 km/h pour la version TOE) à 2000m Vitesse de croisière 170 km/h (180 km/h pour la version TOE) Autonomie maximale 760km (750km pour la version TOE) Plafond pratique 6700m (5800m pour la version TOE)

Armement : une mitrailleuse fixe Vickers de 7.7mm dans le fuselage tirant vers l’avant, un jumelage de mitrailleuses Darne de 7.5mm en tourellle arrière et une mitrailleuse de 7.7mm Lewis de 7.7mm turant vers le bas à travers une trappe dans le fuselage. Quatre bombes de 50kg sous les ailes et quatre sous le fuselage

Potez 390

Potez 390

Potez 390

A la fin des années vingt, l’Aéronautique Militaire songea à remplacer les Potez 25 et Bréguet 19 équipant alors les unités d’observation et pour cela lança deux programmes parallèles en 1928, un programme de biplace de reconnaissance en altitude (R2) et un programme d’avion d’observation (A2).
Pour ce dernier programme, elle demandait un avion propulsé par un Hispano-Suiza 12hB, et d’être capable de décoller sur moins de 120m.

La firme Potez proposa son Potez 39, un monoplan à aile haute tout en métal, pouvant emporter 2250kg de charge et de voler sur une distance de 750km à 7500m et de filer à 230 km/h à 5000m.

Ce petit monoplan effectua son premier vol en janvier 1930 et fût choisit en compagnie du Bréguet 27. Quand au programme R2, la firme de Meaulte échoua avec son Potez 37, l’ANF-Les Mureaux 110 ayant été choisit.

Si les deux premiers exemplaires de série furent baptisés Potez 39, le numéro trois et les suivants reçurent la dénomination de Potez 390. Les premiers appareils furent livrés début 1934 et les derniers exemplaires en mai 1935. Dès 1936, cet avion est remplacé par des appareils plus modernes.

Cela n’empêche pas cet appareil d’être encore en ligne quand éclate la guerre de Pologne, soixante exemplaires étant encore disponibles, une cinquantaine au sein de sept GAO et les autres stockés ou utilisés pour l’entrainement.

Dès la mi-octobre, ces appareils dépassés et très vulnérables furent retirés des unités de première ligne et stockés avant de succomber au printemps 1941 sous les coups des chalumeaux des ferailleurs.

Caractéristiques Techniques du Potez 390

Type : monoplan biplace d’observation

Poids : à vide 1492kg maximal 2250kg

Dimensions : Envergure 16.00m Longueur 10.00m Hauteur 3.40m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12 Hb développant 580ch

Performances : vitesse maximale 240 km/h Autonomie maximale 800km Plafond pratique 7000m

Armement : une mitrailleuse Darne de 7.5mm dans le capot moteur, un jumelage Lewis en tourelle arrière 120kg de bombes

Dewoitine D-720

Dewoitine D-720

Dewoitine D-720

En 1937 est lancé un programme pour un triplace de travail (T3) destiné à des missions de liaison, d’observation, de coopération avec l’armée et de bombardement léger. L’armée de l’air un temps interessée par le Potez 63-16 T3 préféra au final le Dewoitine D-720.

Ce dernier était issu du Dewoitine D-700 présenté en janvier 1938. Il s’agissait d’un monoplan à aile haute et à train fixe. Alors que l’appareil était encore en construction, il est redessiné avec une pointe avant vitrée, un train rétractable et de nouveaux moteurs, donnant naissance au Dewoitine D-720 qui effectua son premier vol le 10 juillet 1939 avant de subir des tests intensifs.

Cet appareil prometteur fut commandé en grand nombre pour équiper les GAO/GCRO à raison de douze appareils par unité mais fût également commandé pour la liaison et l’entrainement sur appareil multimoteur, sans oublier la marine qui commanda une version agrandie et en partie embarquée pour des missions de liaison et de transport léger.

L’armée de l’air va commander un total de 846 appareils répartis entre les GAO/GCRO (528), le Groupe d’Entrainement sur Multimoteurs (GEM) (36) et le volant de réserve (282).

Pour maintenir l’industrie sous pression, des commandes régulières vont être passées ce qui permettait à l’industriel de mieux planifier son activité et ses commandes vis à vis de ses fournisseurs.

Les deux premières commandes sont passée en décembre 1940 et février 1942 pour 72 appareils chacune, ces deux commandes étant honorées entre février 1941 et janvier 1942 et entre mars 1942 et février 1943.

La troisième commande passée en février 1943 pour 144 appareils est honorée entre mars 1943 et mai 1944

La quatrième commande passée en avril 1943 pour 144 appareils est honorée entre juin et décembre 1944.

La cinquième commande passée en janvier 1945 pour 144 appareils est honorée entre février et octobre 1945

La sixième commande passée en septembre 1945 pour 144 appareils est honorée entre janvier et octobre 1946

La septième commande passée en janvier 1947 pour 126 appareils est honorée entre février et novembre 1947.

Comme nous l’avons vu plus haut, la marine avait commandé le Dewoitine D-720M, une version agrandie et dont certains exemplaires étaient navalisés. Interessée, l’armée de l’air passa commande en janvier 1948 un total de 172 Dewoitine D-720bis destinés à des missions de transport léger dans les colonies, ces appareils étant livrés entre février et août 1948 pour équiper les GLT.

Caractéristiques Techniques du Dewoitine D-720

Type : bimoteur triplace à aile haute de reconnaissance

Poids en charge 3815kg

Dimensions : Envergure 14.90m Longueur 10.49m Hauteur 3.73m

Motorisation : deux Renault V-12 12 R 00/01 refroidis par air dévellopant 500ch chacun

Performances : vitesse maximale 360 km/h à 3600m Autonomie maximale 1530km Plafond 8400m

Armement : quatre mitrailleuses MAC de 7.5mm (deux en tourelle dorsale, une sous le fuselage tirant en chasse et une tirant vers le bas à travers le fuselage et 200 kg de bombes.
Caractéristiques Techniques du Dewoitine D-720bis

Type : bimoteur léger de transport, d’entrainement et de liaison

Poids : en charge 5200kg

Dimensions : Envergure 14.90m Longueur 13.70m Hauteur 3.73m

Motorisation : deux moteurs en ligne Renault V-12 R00/03 de 750ch entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 380 km/h autonomie 1530km autonomie 8400m

Capacité : six passagers ou 700kg de charge

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm avec 1000 cartouches dans le nez et une mitrailleuse de 7.5mm tirant vers le bas à l’arrière du fuselage avec 500 cartouches (manoeuvré par le pilote)

Points d’appui sous les ailes pour emporter deux bombes de 100kg ou des fusées éclairantes ou des conteneurs chargés de matériel

Equipage : pilote, copilote et mitrailleur-observateur à l’avant

Potez 540/542

Potez 540

Potez 540

En 1933, pour répondre aux théories séduisantes de Giulio Douhet, la France lança le programme BCR (Bombardement Combat Reconnaissance) pour se dôter d’un avion censé pouvoir mener de nombreuses missions différentes. En fait, on se rendra vite que les avions du programme BCR étaient bons à riens et mauvais en tout.

Dès 1932, Henri Potez avait été averti de ce programme qui demandait un avion pouvant emporter 500 à 1000kg de bombes à 350 km/h sur 500 à 700km et se lança dans le dévellopant d’un avion baptisé Potez 54 M4 qui effectua son premier vol le 14 novembre 1933, acheva ses essais le 5 mai 1934 et commença à être livré à l’armée de l’air dès le mois de novembre.

Cet avion bimoteur à ailes hautes fût ainsi choisit au détriment du Bloch MB-130, du SAB 80, du Bréguet Br460 et du Farman 420 et commandé à 43 exemplaires plus un prototype modifié baptisé 54.2. Au total 196 exemplaires furent produits répartis entre 146 Potez 540 et 50 Potez 452, les deux versions se différenciant par des moteurs différents.

Un Potez 541 à moteurs Gnôme-Rhône en étoile pour la Roumanie ne fût jamais réalisé mais le pays de Cioran prit en compte treize exemplaires du Potez 543 alors qu’un avion postal baptisé Potez 544 fût construit à un seul et unique exemplaire.

Comme nombre d’avions français de l’époque, le Potez 540/542 fût rapidement dépassé par les progrès de l’aviation et si il était encore en service en 1939 en métropole comme en outtre-mer (dans une version TOE où le refroidissement des moteurs était plus performant, 3 Potez 540 et vingt Potez 542), c’est faute de mieux.

Dès la mi-septembre, il fût retiré des unités de première ligne et utilisé uniquement pour l’instruction notamment pour permettre aux groupes équipés de biplans de se familiariser aux avions modernes type Potez 63.11.

45 exemplaires étaient encore disponibles au printemps 1940 en métropole, 25 en Algérie et 46 au Maroc plus quelques appareils en Indochine.

Si les avions en Indochine furent utilisés jusqu’au début 1942, les autres appareils furent retirés du service à l’automne 1940 voir au printemps 1941, une poignée servant pour l’écolage, le dernier exemplaire cessant de voler en mars 1944. Aucun appareil n’à survécu jusqu’à nos jours.

Caractéristiques Techniques du Potez 540

Type : multiplace de bombardement, de chasse et de reconnaissance

Poids : à vide 3785kg maximal 5980kg

Dimensions : Envergure 22.10m Longueur 16.20m Hauteur 3.88m

Motorisation : deux moteurs en ligne Hispano-Suiza 12 Xbrs refroidis par air dévellopant 690ch. Le Potez 540 dispose lui de Lorraine-Petrel refroidis par air dévellopant 720ch à 3500m.

Performances : vitesse maximale 300 km/h vitesse de croisière 240 km/h Autonomie maximale 1200km Plafond pratique 10000m

Armement : trois mitrailleuses de 7.5mm en tourelles (une avant, une dorsale et une ventrale) 10 bombes de 50kg en soute, quatre bombes de 225kg sous les moignons d’ailes inférieurs

24-Armée de l’air (18)

Bréguet Br698

Durant l’entre-deux-guerre, un débat théorique opposa les partisans du bombardement horizontal et du bombardement en piqué.

Si à terre le bombardement horizontal est efficace, il en va de moins en mer. Là il ne s’agit pas d’une cible fixe et de grandes dimensions mais une cible de taille réduite, mouvante et bien décidé à vendre chèrement sa peau avec une DCA de plus en plus importante et efficace.

Les américains qui sont les précurseurs dans le domaine du bombardement en piqué sont suivis dans ce domaine par les allemands et par les français du moins la marine nationale qui va développer plusieurs modèles de bombardiers en piqué, tous fabriqués par la firme Loire-Nieuport (LN-40, LN-410 et LN-420), la seule exception étant le Vought 156F.

Vought 156F sur le pont d'envol du Béarn

Vought 156F sur le pont d’envol du Béarn

L’armée de l’air avait privilégié dans un premier temps le bombardement horizontal qui était très efficace pour frapper des cibles étendues mais il avait l’inconvénient d’avoir une précision aléatoire et de rendre les avions très vulnérables à la DCA légère.

Après avoir expérimenté le semi-piqué, l’armée de l’air se rangea à l’avis de la marine que le bombardement en piqué pouvait être efficace par exemple pour neutraliser les batteries d’artillerie et fournir d’autres modus operandi pour garantir une surprise stratégique et tactique.

Le prototype du Bréguet Br698 est en fait le Bréguet Br690 remotorisé avec des moteurs Pratt & Whitney d’abord des SB4G comme sur le Br695 et c’est dans cette configuration qu’il effectua son premier vol le 15 octobre 1940.

Après six mois d’essais, l’armée de l’air décide de suspendre le programme en raison non pas de difficultés techniques mais en raison de la volonté de privilégier la montée en puissance des unités de bombardement d’assaut.

Cela permet à Bréguet de continuer à travailler sur son projet en installant notamment des moteurs plus puissants, des Pratt & Whitney R-1830-17 qui allaient également être choisis pour le Bréguet Br696.

Le Bréguet 698 n°1 effectue ainsi son premier vol le 1er septembre 1944 et après trois semaines d’essais, une commande de 108 appareils est passée en février 1945 et livrés entre juin 1945 et septembre 1946 soit environ huit appareils par mois.

Des commandes régulières sont passées pour constituer un volant de réserve de 75%, l’armée de l’air craignant de subir des pertes très lourdes, la Flak allemand ayant une réputation terrifiante liée à la guerre de Pologne et souvent enjolivée par une propagande habile.

16 appareils sont commandés en mars 1947 et livrés en mai. 16 appareils sont commandés en juin 1947 et livrés en août 1947. 16 appareils commandés en janvier 1948 sont livrés en mars 1948, 16 appareils commandés en avril sont livrés en mai 1948 et enfin 16 appareils commandés en juin sont livrés en août 1948 soit 81 appareils.

Ils vont équiper les deux Escadres de Bombardement en Piqué (EBP), les 40ème et 42ème EBP à raison de deux groupes par escadre soit 54 appareils pour chacune d’entre-elles.

En juillet 1948, deux groupes sont retirés de Métropole soit six escadrilles et 54 appareils sont envoyés en Indochine, un groupe étant équipé de Bréguet 698 et un groupe étant équipé de Loire-Nieuport LN-430. Il s’agit en l’occurence GB I/40 équipé de Br698 et du GB III/42 équipé de LN-430.

Les deux escadres métropolitaines sont réorganisées, la 40ème EBP regroupant les LN-430 avec le GB I/40 (ex-GB III/40), le GB II/40 (ex GB IV/40) et le GB III/40 (ex-GB IV/42) alors que la 42ème EBP regroupe les Bréguet Br 698 avec le GB I/42, le GB II/42 et le GB III/42 (ex-GB I/40).

Quand aux deux groupes déployées en Indochine, ils forment une 43ème Escadre de Bombardement en Piqué avec le GB I/43 (ex-GB I/40) et le GB II/43 (ex-GB III/42).

En septembre 1948, la flotte de Bréguet Br698 s’établit à 183 appareils, six appareils ayant été réformés, trois suite à des accidents non-mortels, un suite à un crash dans le Massif Central (équipage tué) et deux suite à une usure trop importante résultant d’un vieillissement accéléré à cause de défauts de production.

Caractéristiques Techniques du Bréguet Br698

Type : bimoteur monoplan de bombardement en piqué biplace

Poids : à vide 3300kg maximal 5120kg

Dimensions : envergure 15.44m longueur 10.52m hauteur 3.19m

Motorisation : deux moteurs radiaux Pratt & Whitney R-1830-17 de 1200ch entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 505 km/h à 3250m Autonomie 1600km Plafond 10500m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS-404 de 20mm fixe tirant vers l’avant avec soixante coups et six mitrailleuses MAC 34 de 7.5mm (quatre tirant vers l »avant _1000 cartouches_, une de défense arrière sur affût _quatre chargeurs tambours de 100 cartouches_ et une mitrailleuse défendant le secteur inférieur arrière avec 500 cartouches) Douze bombes de 50kg et des fusées éclairantes.

Loire-Nieuport LN-430

Pionnière du bombardement en piqué, la marine avait mis en ligne le Loire-Nieuport LN-401, un bombardier en piqué monoplace aux faux-airs du Stuka.

Loire-Nieuport LN-401 à l'appontage sur le Béarn

Loire-Nieuport LN-401 à l’appontage sur le Béarn

A l’usage, la formule du bombardier en piqué monoplace n’avait guère convaincu ses utilisateurs qui avaient conclu au cours de nombreux exercices que la configuration biplace était la meilleure en permettant d’embarquer un mitrailleur en place arrière pour défendre l’appareil contre la chasse ennemie lors de la phase délicate du piqué.

D’où la décision en juin 1944 de développer un bombardier en piqué biplace. La firme Loire-Nieuport reçoit une commande de deux prototypes. Le calendrier serré pousse la firme à partir du LN-401 pour aboutir au LN-420. L’armée de l’air intéressée, passa également commande d’une variante terrestre, le LN-430.

Le premier prototype effectue son premier vol le 17 mars 1945 et le second le 4 avril 1945. Le développement se passe bien, sans réels problèmes Le 17 septembre 1945, la marine nationale passe commande de 94 appareils répartis entre les appareils en ligne (44), le stock (44) et des appareils destinés aux tests techniques et tactiques (6), les deux prototypes trop usés ayant été réformés.

Quand au LN-430, Le prototype effectue son premier vol le 5 octobre 1945 et l’armée de l’air passe commande de 164 appareils _108 appareils en ligne et 56 appareils de réserve_. Les premiers appareils sont livrés en mai 1946 et à raison de huit appareils par mois, la commande est honorée en janvier 1948.

Par rapport au LN-420, le LN-430 est identique, la seule exception étant l’absence des éléments de navalisation comme les ailes repliables, la crosse d’appontage et l’étanchéité du fuselage.

Sur le plan organisationnel, les LN-430 vont équiper deux Escadres de Bombardement en Piqué (EBP), les 40ème et 42ème et plus précisément, les GB III/40, GB IV/40, GB III/42 et GB IV/42.

Suite au départ du GB III/42 en Indochine (en compagnie du GB I/40), les deux EBP sont spécialisés et la 40ème EBP regroupe les LN-430 avec le GB I/40 (ex-GB III/40), le GB II/40 (ex GB IV/40) et le GB III/40 (ex-GB IV/42).

Caractéristiques Techniques du Loire-Nieuport LN-430

Type : bombardier en piqué monomoteur monoplan

Poids : à vide 2800kg à pleine charge 4750kg masse maximale au décollage 4850kg

Dimensions : envergure 12.75m longueur 10.55m hauteur 4.25m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Y-55 de 1300ch entrainant une hélice tripale
Performances : Vitesse maximale : 440 km/h distance franchissable : 1300km plafond opérationel 7780m

Armement : un canon de 20mm Hispano Suiza HS-406 alimentée à 75 coups dans le moyeu de l’hélice, quatre mitrailleuses de 7.5mm Darne dans les ailes alimentées à 700 coups chacune et une mitrailleuse de 7.5mm Darne en poste arrière alimentée à 750 coups. 1000kg de bombes répartis généralement avec une bombe de 500kg sous le fuselage et deux de 250kg sous les ailes (ou quatre de 125kg).

23-Armée de terre Ligne Maginot (12)

Une ligne Maginot particulière : la Ligne Maginot alpine

La fortification alpine reprend une grande partie des formes architecturales dévellopées pour sa grande soeur du Nord-Est mais le terrain, les conditions climatiques obligent à de naturelles adaptations.

Les organisations d’intervalles

Une seule casemate type CORF _l’annexe de Saint Antoine_ est réalisée tout simplement car ce type d’ouvrage ne se justifie pas. Le plus souvent les ouvrages de flanquement d’infanterie sont intégrés dans les ouvrages. On trouve également une casemate cuirassée appelée officiellement «petit ouvrage» à Saint Ours Bas qui dispose pas moins de trois cloches pour mitrailleuses et de deux cloches GFM.

Cloche pour Jumelage de mitrailleuses (JM)

Cloche pour Jumelage de mitrailleuses (JM)

Plus encore que dans le Nord-Est, la question des abris est crucial. La topographie de la frontière Sud-Est impose des abris-caverne. Ces abris se subdivisent entre des abris défensifs totalement passifs et les abris actifs ou ouvrages d’infanterie destinés à abriter des troupes, des abris équipés d’un organe actif.

La réalisation des observatoires est également prévue mais la préférence donnée aux observatoires de campagne fait que seuls trois observatoires seront réalisés en temps de paix dont deux dans le Secteur Fortifié des Alpes Maritimes (SFAM) sur les treize prévus dans les plans initiaux.

Les ouvrages

Qu’ils soient d’infanterie, mixtes ou d’artillerie, tous les ouvrages des Alpes sauf Saint-Ours Bas comportent une organisation souterraine et des organes de surface (blocs).

Contrairement aux ouvrages d’infanterie du Nord-Est qui doivent assurer une mission de flanquement, les ouvrages d’infanterie des Alpes doivent assurer plutôt le barrage des vallées et l’interdiction des cols.

Peu d’ouvrages de la ligne Maginot alpine ressemblent aux ouvrages du nord-est, le plus approchant, celui de Granges-Communes aurait été identique si le bloc d’entrée avait été réalisé.

Les blocs-casemates d’infanterie

Très peu d’ouvrages des Alpes comportent des blocs-casemates d’infanterie type Nord-Est avec chambre de tir à deux créneaux pour jumelage et un ou plusieurd cloches tout simplement parce que la mission des ouvrages fortifiés de la ligne Maginot alpine est de barrer des axes. On trouve plutôt ce type d’ouvrage :

-des blocs pour mitrailleuses à un, deux ou trois casemates agissant en flanquement ou en action frontale.

-des blos à action multidirectionnelle comportant des jumelages de mitrailleuses ou de FM, des jumelages d’armes mixtes (remplacés dans la pratique par des JM) et des FM (PO de seconde génération)

-des blocs-casemates cuirassées équipées de cloches JM (bloc 2 de Granges-Communes)

-des blocs composés d’une simple cloche GFM ou observatoire par éléments.
Les blocs d’artillerie

Dans les Alpes, le manque de place conjugué avec la superposition des axes de tir amène les concepteurs des dits ouvrages à concentrer sous un même bloc des armes de nature différente, donnant un aspect particulier aux ouvrages.

La notice du 31 août 1931 définit la configuration des casemates d’artillerie des Alpes qui doivent être de deux types : le casemate de flanquement et le casemate d’action fronale. Il se présente sous une forme compacte avec deux canons de 75mm (au lieu de trois dans le Nord-Est).

En pratique, peu de casemates pour 75 en pays de montagne seront réalisés, la CORF préférant plutôt «alpiniser» les casemates de flanquement du Nord-Est. Aucun casemate d’action frontale ne sera construit avec des canons-obusiers modèle 1929 et une poignée de casemates de ce type équipés de canons de 75mm modèle 1931 seront réalisés.

mortier de 81mm modèle 1932  jadis installé dans la Ligne Maginot

mortier de 81mm modèle 1932 jadis installé dans la Ligne Maginot

En raison du manque de place donc, la majorité ces casemates d’artillerie des Alpes vont regrouper dans un même bloc jusqu’à deux canons de 75mm et deux mortiers de 81mm, faisant donc cohabiter des armes à tir tendu et des armes à tir courbe.

Ces blocs multidirectionnels peuvent se ranger en deux catégories : les casemates de flanquement dont il existera au final un seul exemplaire, le bloc 2 de Roquebrune (SFAM) combinant un mortier de 75mm modèle 1931 et un de 81mm, aucun casemate ne combinant dans cette catégorie une arme à tir tendu et un matériel à tir courbe. Les casemates de flanquement type Nord-Est allégé seront eux plus nombreux.

Les casemates d’action frontale vont être paradoxalement les plus difficiles à mettre au point alors que logiquement, cela aurait du être le contraire. Les tourelles de 75mm étant réservés à des ouvrages précis et l’embrasure frontale étant exclue, il à fallut innover pour trouver une solution efficace.

Chronologiquement, on trouve successivement la casemate sous roc, le bloc de barrage, la casemate cuirassée et la casemate défilée.

Les premiers nommés sont souvent situés dans de vieux forts remaniés, des embrasures largement ouvertes pour laisser place à un canon de 75mm de campagne. Certains plus élaborés étaient armés d’un canon-obusier de 75mm modèle 1933.

Le bloc de barrage appelé aussi casemate bétonnée d’action frontale n’à été construit qu’à deux exemplaires à chaque fois dans le Secteur Fortifié des Alpes Maritimes. Le canon de 75mm est ainsi accompagné de mitrailleuses et de mortiers de 81mm.

Le bloc de barrage n’ayant pas donné satisfaction, il est remplacé par la casemate cuirassée pouvant recevoir soit un mortier de 75mm modèle 1931 ou un modèle 1933.

Ailleurs, le bloc de barrage est remplacé par la casemate défilée installée à contre-pente le dissimulant à la vue de l’ennemi avec le prix modique d’un petit nombre d’angles morts.

On à également trouvé trace d’un projet de casemate d’action frontale à deux obusiers de 75mm modèle 1933 et deux mortiers de 81mm pour l’ouvrage de Flaut sans réalisation concrète à la différence des blocs-casemates équipés uniquement de mortiers de 81mm.

Les autres blocs

-La Ligne Maginot alpine dispose de blocs mixtes qui comme leur nom l’indique regroupe de l’artillerie et des armes d’infanterie en raison d’un terrain exigu et parfois difficile à aménager. Le bloc 2 du Janus dispose par exemple de deux jumelages pour mitrailleuses et deux mortiers de 81mm.

-Si le Nord-Est permet la généralisation de la tourelle, ce n’est pas le cas dans les Alpes ce qui explique la rareté des blocs-tourelles installés uniquement sur des sites optimaux. On en trouve ainsi quatre (deux au Mont-Agel et deux au Monte Grosso soit un total de trois tourelles de 75mm et une tourelle de 135mm), deux autres devant être réalisés mais abandonnés pour des raisons budgétaires.

Tourelle de 135mm à éclipse

Tourelle de 135mm à éclipse

-Comme pour le cas des blocs-tourelles, les blocs casemates-tourelles sont peu nombreux sur le front des Alpes avec deux exemples, le Bloc 5 de Roche-la-Croix (une tourelle de 75mm modèle 1933 associé à un casemate de flanquement modèle 1931 combinant deux canons de 75mm modèle 1931 et deux mortiers de 81mm) et le Bloc 3 de l’Agaisen (une tourelle de 75mm modèle 1933 et un bloc de deux 81mm).

-C’est la note du 15 avril 1930 qui indique les types d’observatoires destinés à la fortification alpine, trois types d’observatoires doivent être construits :

-des observatoires cuirassés pour l’observation et le service des engins de feux sous tourelle ou sous casemate agissant frontalement. Ces observatoires sont équipés soit d’une cloche VDP, soit d’une cloche GFM ou des deux.

-des observatoires bétonnés pour le service des engins de feux agissant en flanquement, ces observatoires sont équipés de créneaux bétonnés installés le plus souvent dans les casemates d’artillerie.

-des cloches de guetteurs pour la surveillance des abords et le service des armes de défense rapprochée.

En fait peu d’ouvrages sont dotés d’observatoires spécifiques et, dans la plupart des cas, les cloches observatoires sont intégrés dans un bloc d’ouvrage.

Les ouvrages mixtes alpins (artillerie et infanterie)

Comme leurs homologues du Nord-Est, les ouvrages mixtes de la ligne Maginot alpine peuvent disposer de plusieurs types, plusieurs modèles d’entrée, une entrée en plain-pied (la plus courante), une entrée en puits ou encore une entrée en plan inclinée. Certains ouvrages ont deux entrées et d’autres une entrée mixte, ces dernières se distinguant dans les Alpes par la présence d’un pont levis et parfois d’un téléphérique.

A la différence des ouvrages du Nord-Est, les ouvrages alpins bénéfécient de la protection de la roche et les locaux soutterains sont généralement établis de plain-pied avec l’entrée, un plus évident pour le ravitaillement. Avec des galeries réduites, la distinction «zone avant/zone arrière» est nettement plus ténue.

Si les ouvrages alpins disposent comme en Lorraine et en Alsace d’usines de production électriques, les soutes à munitions sont de dimensions plus réduites et surtout il n’existe pas de soute à munitions centrales (magasin M1).

Plus encore que dans le Nord-Est, la nécessaire concentration des organes s’impose en raison d’un sol souvent difficile à creuser et le faible dévellopement des ouvrages qui fait cohabiter oeuvre vives et blocs de combat.

Caractéristiques des ouvrages de Corse et de Tunisie

Les casemates d’Infanterie de Corse

Pour ce qui est des casemates de première génération (1932-33), il s’agit de casemates type CORF allégés à un ou deux étages. Ces casemates sont équipés de jumelages de mitrailleuses, de fusils-mitrailleurs sous créneau, d’une cloche GFM (et quelques fois d’une cloche mitrailleuse) mais sans armement antichar.

Pour les casemates de seconde génération (1939-40), il s’agit d’un compromis entre la casemate CORF et le blockaus double STG dont il reprend la forme générale. Chaque chambre de tir dispose de deux créneaux équipés de jumelages de mitrailleuses et d’un canon de 47mm antichar. Ces casemates sont à niveau unique. Les deux casemates reçoivent seulement fin 1940 une cloche GFM type B.

Pour ce qui est des blockaus, il s’agit de simples blocs carrés armés d’une mitrailleuse Hotchkiss 8mm puis Darne de 7.5mm pour assurer le flanquement des casemates doubles de Saint Florent et de Bastia.

Les casemates d’artillerie de Corse

Trois casemates d’artillerie ont été réalisés, un double à Santa Manza et deux simples, le premier à L’Arena et le second à Saint Cyprien. Deux des quatre canons-obusiers de 75mm modèle 1929 sont issus du bloc de flanquement nord non construit au Barbonnet. Ils ne disposent pas de cloche mais d’un créneau d’observation par direction.

Les abris de Corse

Des abris sont construits à Pertusato par la Main d’Oeuvre Militaire en 1932-33 sur le modèle d’abris cavernes simplifiés comportant deux entrées, deux galeries parallèles protégées par six mètres de roc. Chacun des trois abris peuvent abriter soixante-dix hommes.

Particularités des organisations fortifiées de Tunisie

La Ligne Mareth est organisée en points d’appuis avec un total de quarante-neuf PA, vingt-huit sur la LPR (Ligne Principale de Résistance) et vingt-un sur la ligne d’arrêt. . La physionomie varie en fonction de l’emplacement des points d’appui : plaine ou montagne.

L’essentiel des constructions bétonnées ont été construites entre 1936 et 1939 et se décomposent en plusieurs types :

-La casemate d’infanterie ressemble fortement à une casemate STG (Service Technique du Génie qui à repris le flambeau de la CORF le 1er janvier 1936) allégée à deux créneaux de mitrailleuses en échelon refusé. L’épaisseur des murs le met à l »abri d’un coup isolé de 105 mm.

-Le poste commandement (PC) se présente sous deux formes soit comme PC de surface comme dans l’Oued Gouabasia ou comme PC-caverne type A10.

-La casemate/PC ressemble aux casemates du Rhin, combinant comme son nom l’indique un poste de commandement et une casemate de mitrailleuses, l’épaisseur de ses murs étant similaire à celle des murs des casemates d’infanterie.

-La casemate ou plate-forme pour 47M est une plate-forme bétonnée ressemblant aux cuves aménagées dans le Nord-Est pour un canon de 65mm dôtée d’un toit en tôle et accolée à un abri pour le personnel.

-La casemate à canon de 75mm est conçue pour abriter un canon de 75mm de marine. Elle se présente sous la forme d’un bloc carré ressemblant au blockaus modèle 1936 pour canon antichar. Dix casemates de ce type ont été construits.

14-Navires légers (41)

L-Vedettes lance-torpilles

«Les françaises»

La marine nationale s’est tardivement mise à la vedette lance-torpilles. Ce n’est qu’après la guerre qu’elle va disposer de ces premières vedettes lance-torpilles, des navires numérotés VTA-1 et VTB-2 à 7 mises en service au milieu des années vingt. Techniquement ratées, elles vont finalement servir d’auxiliaires par exemple pour le secours en mer.

Cela ne dissuade pas les services techniques d’équiper la marine nationale de vedettes lance-torpilles mais on décide de prendre le temps de construire une série expérimentale, trois navires de 19m baptisés VTB-8 VTB-9 et VTB-10.

Elles sont commandés aux chantiers Silbur de Meulan même si la troisième est sous-traitée aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Saint Nazaire. La construction est lente en raison de problèmes industriels et les trois vedettes ne sont opérationnelles qu’en 1935.

La VTB-10 est prématurement désarmé en raison de problèmes de coque et la VTB-9 est perdue par une rupture de coque le 7 août 1939. La VTB-8 elle sera désarmée dès 1940, la marine préférant mettre sur le paquet sur de nouvelles vedettes tirant les leçons des essais laborieux de leurs trois prédecesseurs.

Caractéristiques Techniques des vedettes VTB 8 9 et 10

Déplacement théorique : 22 tonnes (25.5 tonnes à pleine charge)

Dimensions : longueur hors tout 19.60m (19.50 pour la VTB-10) longueur totale de la coque : 19.20m longueur entre perpendiculaires 18.76m largeur hors tout 4.20m largeur à la flottaison 4.19m (4.06m pour la VTB-10) tirant d’eau : 1.08m

Propulsion : deux moteurs Lorraine de 1100ch chacun entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 48 noeuds (54 noeuds atteint aux essais) rayon d’action : 180 miles à 48 noeuds

Armement : deux torpilles de 450mm modèle 1919 lancées soit par un système latéral à griffes (VTB-8), par l’arrière (VTB-9) ou par des tubes hydropneumatiques (VTB-10)

Equipage : 5 à 7 hommes

Vedettes lance-torpilles de 23 tW

Deux vedettes sont commandées par une lettre ministérielle du 13 août 1937 en complément de la tranche 1937. Numérotées VTB-11 et 12, leur construction est attribuée aux ACL de Saint Nazaire.

La VTB-11 lancée en septembre 1939 est mise en service au printemps 1940 alors que la VTB-12 est lancée en octobre 1939 et mise en service au printemps 1940.

Ces deux vedettes vont former une 1ère Escadrille Légère de l’Atlantique (1ère ELA) basée à Lorient mais donnant peu satisfaction, elles sont désarmées en mars et mai 1945. Stockées à terre, elles seront réarmées en septembre 1948 pour le secours en mer.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 28 tW

Dimensions : longueur hors tout 19.85m largeur 4.90m tirant d’eau 1.23m

Propulsion : deux moteurs Lorraine 24 cylindres en V refroidissement par eau + 2 moteurs auxiliaires 4 cylindres de 50ch soit une puissance totale de 2320ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 45 noeuds rayon d’action 296 miles nautiques à 45 noeuds

Armement : deux porte-torpilles de 400mm modèle 1926, deux mitrailleuses Darne de 7.5mm et un grenadeur avec six grenades de 35kg

Equipage : 7 hommes

Vedettes lance-torpilles type 40K

En 1937, la République espagnole en proie aux affres d’une guerre civile largement internationalisée (à tel point qu’on parle de Guerre d’Espagne plutôt que de guerre civile espagnole) passe commande de douze vedettes lance-torpilles type 40K (40 Knots/40 noeuds). Si une est construite en Grande Bretagne, les onze autres sont construites en France :
Les chantiers navals de Meulan reçoivent la construction des vedettes K1 à K4, Jouët à Sartrouville doit construire les K5 et 6 et enfin les chantiers Romano d’Antibes doit construire les vedettes K8 à K12, la K7 devant être donc construite en Grande Bretagne.

L’évolution du conflit lui étant défavorable, la République Espagnole est rapidement dans l’impossibilité de prendre en charge ces navires dont la construction à été plus longue que prévue.

Les nouvelles autorités espagnoles réclament la livraison de ces vedettes qui intéressent fortement notre marine. Finalement, un accord est trouvé entre Paris et Madrid, la France rachetant à l’Espagne des vedettes qu’elle n’à jamais payé !

Dix vedettes vont simplement être mis en service au sein de notre marine. La K6 abandonnée dans le port de Marseille est en trop mauvais état pour justifier une remise en état et une utilisation opérationnelle alors que la K7 est récupérée par les anglais comme auxiliaire. Ces dix navires récupérés héritent des numéros VTB 40 à 49.

Ces vedettes mises en service au printemps 1940 vont former deux escadrilles de vedettes lance-torpilles baptisés Escadrilles Légères de la Méditerranée (ELM) et basée pour la première à Toulon (avec les vedettes 41 43 45 47 et 49) et la seconde à Bizerte (avec les vedettes 40 42 44 46 et 48).

Ces navires sont toujours en service en septembre 1948 et ne vont pas tarder à faire parler la poudre vis à vis des navires italiens.

Caractéristiques Techniques des vedettes type 40K

Déplacement : à vide 22.6 tonnes en charge 30 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 20.40m longueur à la flottaison 19.34m largeur maximale 4.55m largeur à la flottaison 4.10m tirant d’eau 1.12m

Motorisation : quatre moteurs Lorraine Pétrel 12 cylindres de 600ch et deux moteurs auxiliaires Lyncoming de 8 cylindres et 100ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 40 noeuds (10 noeuds avec seule utilisation des auxiliaires)

Armement : deux griffes latérales type Loire pour deux torpilles de 400mm, un grenadeur avec six grenades ASM, un canon de 25mm Hotchkiss et deux mitrailleuses de 7.5mm en affût double

Equipage : inconnu

Vedettes lance-torpilles de 23 tW

Poursuivant leur volonté de disposer d’une puissante flotte de vedettes lance-torpilles, notre marine nationale reçoit l’autorisation de construire huit nouvelles vedettes porte-torpilles, navires financés à la tranche 1938 bis.

Huit vedettes de 23 tW numérotés VTB-15 à 22 sont commandés aux chantiers de Meulan (VTB-15 et 16), aux chantiers Jouett de Sartrouville (VTB-17 et 18) et aux ACL de Saint-Nazaire (VTB-19 à VTB-22)

Ces huit vedettes misent en service en septembre 1941 vont former deux escadrilles de vedettes lance-torpilles.
La 3ème ELM basée à Ajaccio regroupe les vedettes porte-torpilles VTB-15, 17, 19 et 21 alors que la 2ème ELA basée à Lorient regroupe lees vedettes porte-torpilles VTB-16, VTB-18, VTB-20 et VTB-22.

Ces navires sont toujours en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 23 tW

Dimensions : longueur 19.80m largeur 5m tirant d’eau : inc

Propulsion : deux moteurs Lorraine développant 2320ch; deux moteurs auxiliaires de 100ch et deux hélices

Performances : vitesse maximale 45 noeuds rayon d’action 200 miles nautiques à 10 noeuds

Armement : deux mitrailleuses de 13.2mm, deux porte-torpilles de 450mm et un grenadeur. Au cours du conflit, le grenadeur sera débarqué et les mitrailleuses de 13.2mm remplacés par un canon de 25mm, deux mitrailleuses de 7.5mm Darne sont également embarquées.

«Les Motor Torpedo Boats» : du british pour la marine nationale

Pour faire face aux MAS italiennes et aux S-Boot allemandes, la marine nationale souhaite disposer de nombreuses vedettes lance-torpilles.

Outre les vedettes commandées en France, la marine nationale décide de commander des vedettes lance-torpilles en Grande Bretagne en l’occurence dix-huit navires de 21,34m développés par Vosper, des navires numérotés VTB-23 à 40.

Ces navires sont mises en service au printemps 1940 (VTB-23 24 25 26 27 et 28), à l’automne 1940 (VTB-29 30 31 32 33 et 34) et au printemps 1941 (VTB-35 36 37 38 39 et 40) vont former trois escadrilles.

Les vedettes VTB-23 à 28 sont déployées à Toulon au sein de la 4ème Escadrille Légère de la Méditerranée (ELM), formant la 1ère flottille légère en compagnie de la 1ère ELM et de la 3ème ELM elle déployée à Ajaccio.

Les vedettes VTB-29 à 34 sont déployées à Bizerte au sein de la 5ème Escadrille Légère de la Méditerranée, formant la 3ème flottille en compagnie de la 2ème ELM.

Les vedettes VTB-35 à VTB-40 sont déployées à Cherbourg au sein de la 3ème ELA, formant la 2ème flottille légère en compagnie des 1ère ELA et 2ème ELA basées à Lorient.

Caractéristiques Techniques des BPB de 21,34m

Déplacement : standard 36 tonnes pleine charge 49 tonnes

Dimensions : longueur 21,34m largeur 5,94m tirant d’eau 1,68m

Propulsion : trois moteurs à essence développant 4000ch entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 40 noeuds rayon d’action 250 miles nautiques à 40 noeuds

Armement : deux torpilles de 400mm modèle 1926, quatre mitrailleuses de 13.2mm en deux affûts doubles et quatre mitrailleuses de 7.5mm en affûts simples

Equipage : 12 officiers et marins

Satisfaits de leurs modèles anglais, les marins français obtiennent dans le cadre du programme naval la commande de douze nouvelles vedettes construites par Vosper, l’un des spécialistes britanniques de la Motor Torpedo Boat.

Ces douze vedettes sont financées aux tranches 1942 et 1944 et sont des versions améliorées de celles commandées en 1939. elles reçoivent les numéros VTB-50 à 61.

Ces douze vedettes lance-torpilles sont ainsi mises en service en mars 1942 (VTB-50 VTB-51 VTB-52), en juin 1942 (VTB-53 VTB-54 et VTB-55) , en septembre 1942 (VTB-56 VTB-57 et VTB-58) et en décembre 1942 (VTB-59 VTB-60 VTB-61), formant deux nouvelles escadrilles légères.

Les vedettes VTB-50 à 55 forment ainsi une 1ère ELMan (Escadrille Légère de la Manche) qui forme une 1ère FLN (Flottille Légère du Nord) en compagnie de la 2ème ELMan (ex-3ème ELA), les deux escadrilles étant basées à Dunkerque.

Les vedettes VTB-56 à 61 forment une 6ème ELM qui intègre la 1ère FLM avec Toulon comme port d’attache.

Ces douze navires sont encore en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques des Vosper de 23m

Déplacement : standard 39 tonnes pleine charge 50 tonnes

Dimensions : longueur 23m largeur 6,04m tirant d’eau 1,70m

Propulsion : trois moteurs à essence développant 4200ch entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 41 noeuds rayon d’action 250 miles nautiques à 41 noeuds

Armement : deux torpilles de 400mm modèle 1926, un canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939/40, deux mitrailleuses de 13.2mm en un affût double et deux mitrailleuses de 7.5mm en affûts simples sous masque.

Equipage : 12 officiers et marins