Italie (59) Regio Esercito (9)

Mais pardi que deviennent Alpini et Bersaglieri ?

Comme je me suis focalisé sur les troupes alpines et les «chasseurs à pieds» comme fil rouge de l’évolution du Regio Esercito Italiano il est temps de montrer leur évolution après le premier conflit mondial.

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Tenue des Alpini

A l’origine les Alpini devaient servir sur place à la fois comme troupes territoriales (dans le sens de tenir le terrain) mais également de troupes d’intervention (défense active et même offensive).

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24-Armée de l’air (14)

D-Les avions de l’armée de l’air (2) : les chasseurs bimoteurs

Avant-propos

L’écrasante majorité des premiers aéroplanes militaires étaient des monomoteurs mais quelques uns arboraient fièrement deux voir quatre moteurs, les multimoteurs étant généralement des avions de reconnaissance et des bombardiers car à cette époque il semblait inconcevable d’utiliser un bimoteur encore moins un quadrimoteur comme chasseur, les pilotes de chasse chevauchant les monomoteurs étant considérés comme les chevaliers des temps modernes.

L’évolution de l’aviation en décida autrement. Les progrès techniques phénoménaux réalisé par les engins plus lourds que l’air rendit possible l’utilisation de bombardiers pour vaincre l’ennemi. De véritable escadres de bombardiers devaient pilonner les villes et pousser l’ennemi à la capitulation.

Parmi les théoriciens du bombardement sur les villes ennemies figurait un général italien, Giulio Douhet qui publia en 1921 Il Dominio dell’aria (la maitrise de l’air) qui vante les mérites du bombardement stratégique, vu comme l’arme absolue sans que personne ne puisse s’y opposer.

Cette école fit des émules en Grande Bretagne, aux Etats Unis et dans une moindre mesure en France et en Allemagne, les deux principaux rivaux européens hésitant beaucoup avant de se lancer dans la constitution d’une force de bombardement stratégique.

Face à ces escadres de bombardiers volant toujours plus haut et toujours plus vite, la DCA et la chasse semblaient démunis. Les monomoteurs majoritairement biplans étaient souvent trop lents en vitesse horizontale et en vitesse ascensionnelle pour intercepter les bombardiers avant l’attaque.

Émerge ainsi l’idée d’un chasseur bimoteur. Les avantages de cette solution étaient que deux moteurs augmentaient la puissance propulsive et donc la vitesse (à condition d’éviter toute surcharge pondérale c’est entendu), l’autonomie et l’armement, la destruction d’un bombardier nécessitant plus que l’armement standard des chasseurs de l’époque (deux à quatre mitrailleuses de faible calibre).

Fokker G1

Fokker G1

Les principaux pays vont ainsi s’équiper de chasseurs bimoteurs appelés aux Pays Bas Jachtkruiser (Fokker G-1 un temps évalué par la France) ou en Allemagne Zersöster, le Messerschmitt Me110 en état le principal représentant alors que de l’autre côté du channel, le Westland Whirlwind, le Bristol Beaufigther et plus tard les De Havilland Mosquito et Hornet offrirent à la RAF une floppée de chasseurs bimoteurs.

La France n’est pas en reste dévellopant le Potez 630 comme multiplace de chasse destiné à la fois à la chasse de nuit mais également l’escorte et le commandement des unités de chasse.

En septembre 1939, le Potez 630 et son dérivé 631 équipent les cinq uniques escadrilles de chasseurs multimoteurs, quatre pour la chasse de nuit et une pour la chasse de jour.

Ces unités sont les véritables parents pauvres de l’armée de l’air avec pour ne rien arranger, une monture loin d’être parfaite.

Comme le vilain petit canard, les unités de chasse multimoteurs et la chasse de nuit connaissent une véritable métamorphose avec en septembre 1948 pas moins de quarante-huit escadrilles répartis au sein des seize escadres de chasse plus quatre escadres de chasse de nuit à trois groupes de trois escadrilles de 9 appareils soit un total de 324 appareils, deux escadres étant stationnées dans le nord-est, une troisième dans le sud-est et une quatrième en Afrique du Nord.
Sur le plan de l’équipement, le Potez 630 et ses différents dérivés ont cédés la place à des avions nettement plus performants comme le Hanriot NC-600 pour la chasse de nuit, le Bréguet Br700C2 _rejeton de la prolifique famille Bréguet Br690_ et le Lockheed H-322 plus connu sous sa désignation américaine : le P-38 Ligthning pour la chasse de jour sans parler d’appareils prometteurs encore au statut de prototype quand le second conflit mondial éclate.

En septembre 1948, l’armée de l’air dispose d’un total de quatre-vingt quatre escadrilles déployée en métropole et en Afrique du Nord plus trois escadrilles de chasse de nuit en Indochine avec trente-six Hanriot NC-600 soit un total de 87 escadrilles et 783 appareils. En comptant les appareils de réserve, 1174 appareils de chasse multiplace ont été produits repartis entre 526 Hanriot NC-600, 216 P-38 et 432 Bréguet Br700C2

Ces unités de chasse multiplace vont donc être équipées de trois appareils : le Hanriot NC-600, le Lockeed H-322 et le Bréguet Br700C2. Le premier va monopoliser les escadrilles de chasse de nuit (ECN) alors que les deux autres se partageront les unités de chasse multiplaces de jour.

Potez 631

Potez 631 en vol

Potez 631 en vol

En octobre 1934, l’armée de l’air lança un appel d’offre pour un «multiplace léger de défense» chargé de mission de chasse de nuit et d’escorte en configuration biplace et de commandement de la chasse en configuration triplace.

Cet appareil qui devait compléter les chasseurs du programme C1 (Bloch MB150 puis de ses dérivé et Morane Saulnier MS406) devaient filer à 450 km/h à 4000m, altitude qui devait être atteinte en moins de quinze minutes, une autonomie de 4 heures avec une vitesse de croisière de 320 km/h.

Plusieurs constructeurs proposèrent leurs projets que ce soit Hanriot avec son H-220 qui allait devenir le NC-600 après les nationalisations, le Loire-Nieuport LN-20, le Romano 110 et le Bréguet 690.

Le prototype du Potez 630 effectua son premier vol le 25 avril 1936. Equipé de moteurs Hispano, ce premier prototype fût suivit par un deuxième prototype désigné Potez 631 avec des moteurs Gnôme et Rhône qui effectua son premier vol le 15 mars 1937 avant d’être confié au Centre d’Essais du Matériel Aérien (CEMA) en novembre.

Monoplans à aile cantiveler, au fuselage de forme ovale et à la dérive double, ces deux avions se distinguaient par leur motorisation et par la prise d’air du carburateur situé au dessus pour le 630 et en dessous pour le 631.

Après dix prototypes destinés à définir les différents version du bimoteur, 80 Potez 630 triplaces de chasse ou C3 furent commandés, sortant d’usine à partir du mois de février et pris en compte par l’Armée de l’Air entre mai et août 1938.

Utilisés comme chasseurs de nuit et comme appareils de commandement de la chasse, les Potez 630 n’auront qu’une carrière éphémère en raison de problèmes de moteurs récurents. Retirés des unités de première ligne en octobre, ils ne furent plus utilisés que comme avions d’entrainement.

Le Potez 631 eut plus de chance, équipant une flottille de l’aéronavale et cinq escadrilles de chasse de l’armée de l’air (quatre de chasse de nuit et une de chasse de jour). Plus de 200 exemplaires de ce chasseur vont être produits, certains se retrouvant en Corse et à Djibouti.

L’arrivée du Bréguet Br700C2 à partir d’août 1941 scella le glas du Potez 631 qui voyait ses heures comptées. Relégué uniquement à l’entrainement à partir de janvier 1942, il est officiellement retiré du service en septembre 1942 et la majorité des appareils usés par un service intensif sont feraillées.

Caractéristiques Techniques du Potez 631

Type : bimoteur triplace de chasse (C3)

Poids : à vide 2450kg maximale : 4500kg

Dimensions : Envergure : 16.00m Longueur : 11.07m Hauteur : 3.62m

Motorisation : deux moteurs Gnome-Rhône 14 M6/7 à 14 cylindres en étoile refroidis par air et développant 700cv entrainant une hélice Gnome Rhône

Performances : Vitesse maximale : 443 km/h à 4500m Distance franchissable maximale : 1220km Plafond pratique : 9000m

Armement : deux canons de 20mm Hispano Suiza HS 9 ou HS 404 de 20mm sous le fuselage tirant en chasse, une mitrailleuse MAC 34 de 7.5mm en poste arrière et certains deux affûts doubles de 7.5mm (un sous chaque aile).

Hanriot NC-600

L'élégant Hanriot NC-600

L’élégant Hanriot NC-600

Dans le cadre du programme d’octobre 1934 réclamant un multiplace de défense, la firme Hanriot présenta au Salon de l’Aviation en 1936 un bimoteur baptisé H-220. Modifié avant même son premier vol (empennage bi-dérive) et devenu le H-220-1, il effectua son premier vol le 2 septembre 1937 mais fût détruit en février 1938.

Un nouvel appareil baptisé H-220-2 puis NC-600 après les nationalisations (la firme Hanriot intégrant la Société Nationale de Construction Aéronautique du Centre ou SNCAC) effectua son premier vol le 15 mai 1940.

Un temps, il fût menacé par l’hétérodoxe SNCASE SE-100 mais au final sa production en série est décidé pour équiper les escadres de chasse de nuit. Un deuxième prototype modifié (cockpit différent) effectua son premier vol le 15 septembre 1940.

Testés intensivement les deux prototypes furent épaulés dans cette tache par quatre appareils de pré-série commandés en janvier et livrés en mars. Ses performances étaient remarquables notamment en terme de maniabilité, un duel simulé contre un Dewoitine D-520 du GC III/3 basé à Beauvais se terminant par la victoire du NC-600.

Après avoir un temps envisagé d’équiper certaines ECMJ (Escadrilles de Chasse Multiplaces de Jour) avec cet appareil, l’armée de l’air décide finalement de le réserver à la chasse de nuit soit un total de trente-six escadrilles et de 324 appareils de première ligne.

Une première commande de 72 appareils est passée en juin 1941 pour équiper huit escadrilles de chasse de nuit, les appareils étant livrés entre septembre 1941 et mars 1942 soit une cadence de douze appareils par mois.

La deuxième commande est passée dès le mois de janvier 1942 pour à nouveau 72 appareils qui sont livrés entre avril et octobre 1942, de quoi donc équiper huit nouvelles escadrilles de chasse de nuit.

La troisième commande est passée au mois de mars 1942 et pour augmenter les cadences, Hanriot ou plutôt la SNCAC décide de mettre sur pied une deuxième chaine de montage à Clermont Ferrand. Les 72 appareils commandés _tous fabriqués à Bourges_ sont livrés entre novembre 1942 et mars 1943 pour équiper huit escadrilles de chasse de nuit.

La quatrième commande passée en juin 1942 voit l’armée de l’air commander 72 appareils pour équiper huit escadrilles de chasse de nuit, les appareils _les premiers produits à Clermont Ferrand_ sont livrés entre septembre 1942 et mars 1943.

La cinquième commandée passée en septembre 1942 voit l’armée de l’air commander 36 appareils (et la marine 24 avions pour l’escadrille 3C précédemment équipée de Potez 631) pour équiper les quatre dernières escadrilles de chasse de nuit, les soixante appareils étant livrés par les chaines de montage de Bourges et de Clermont Ferrand entre avril et septembre 1943.

La sixième commande est destinée à créer une réserve d’attrition fixée à 50% soit 162 appareils. Les 40 appareils commandés sont construits uniquement à Clermont Ferrand (Bourges produisant d’autres appareils notamment le Br700C2) et livrés entre juin et novembre 1944.

La septième commande de 40 appareils est honorée entre décembre 1944 et mai 1945, la huitième commande de 40 appareils l’est entre juin et décembre 1946 et la neuvième commande de 42 appareils est livrée à l’armée de l’air entre janvier et juin 1947.

L’armée ayant décidé de déployer un GCC multimoteurs en Indochine, 36 Hanriot NC-600 supplémentaires sont commandés en mars 1947 et livrés entre juin et octobre 1947, 27 appareils sont prévus pour être mis en ligne et 9 en réserve en Indochine. Contrairement à leurs cousins de métropole, les NC-600 indochinois doivent opérer aussi bien de jour que de nuit.

Une ultime commande est passée en janvier 1948 pour 54 bimoteurs destinés à alimenter des stocks jugés toujours insuffisants par l’armée de l’air, ces appareils étant livrés entre février et août 1948.

L’armée de l’air à donc reçu un total de 526 Hanriot NC-600 mais en septembre 1948, il n’en reste plus que 512, 14 appareils ayant été perdus par accident ou réformés à cause d’une usure prononcée liée à une utilisation intensive mais qui parfois révélait une construction baclée que l’armée de l’air mis sur le compte d’ouvriers mal formés et les industriels sur la pression intense de l’Armée de l’Air pour disposer toujours plus vite des appareils commandés.

A noter qu’une version embarquée baptisée NC-650 fût mise au point pour la marine qui envisageait d’embarquer deux chasseurs de ce type à bord de ces porte-avions. De nombreux problèmes techniques et un changement de priorité scella le destin du NC-650 qui resta donc à l’état de prototype.

En ce qui concerne les unités de chasse de nuit, les quatre escadrilles de chasse de nuit existantes sont transformées en escadres de chasse de nuit. La ECN 1/13 devient la 24ème Escadre de Chasse (de Nuit) en janvier 1942, la ECN 2/13 devient la 25ème Escadre de Chasse (de Nuit) en septembre 1942, la ECN 3/13 devient la 26ème Escadre de Chasse (de Nuit) en mai 1943 et la ECN 4/14 devient la 27ème Escadre de Chasse (de Nuit) en janvier 1944.

Les 24ème et 25ème Escadre couvrent le Nord-Est, la 26ème Escadre couvre le Sud-Est et la 27ème Escadre l’Afrique du Nord.

Caractéristiques Techniques du Hanriot NC-600

Type : chasseur bimoteur biplace

Masse : 3995kg en charge

Dimensions : envergure 12.80m hauteur 3.40m longueur 8.80m

Motorisation : deux moteurs radiaux Gnôme & Rhône 14M00/05 14 cylindres en étoile de 990ch

Performances : vitesse maximale 564 km/h à 8000m Autonomie : 1100km Plafond : 8500m

Armement : deux canons de 20mm HS-404 et quatre mitrailleuses de 7.5mm dans le nez, deux mitrailleuses de 7.5mm dans le poste arrière et une mitrailleuse en poste ventral orienté vers l’arrière actionnée par le pilote

24-Armée de l’air (3)

Les commandements opérationnels

Les commandements opérationnels sont inspirés des Command de la Royal Air Force (R.A.F), l’armée de l’air britannique.

Ces commandements sont chargés de préparer opérationnellement parlant les différentes unités en l’occurence des escadres regroupant trois ou quatre groupes de quatre escadrilles soit un total de 108 ou 144 appareils par escadre.

Commandement de la Défense Aérienne du Territoire (CDAT)

Ce commandement regroupe les unités de chasse diurne et nocturne ainsi que la Défense Antiaérienne du Territoire (DAT), des batteries légères et lourdes;

Pour la chasse, le CDAT dispose de quatre unités différentes :

-Pour la couverture des unités de combat, l’escorte des bombardiers et la destruction des bombardiers ennemies, l’armée de l’air dispose en septembre 1948 de quarante-huit groupes de chasse à quatre escadrilles (trois monomoteurs et un de bimoteurs) répartis en seize escadres, concentrées essentiellement dans le Nord-Est et l’Est du territoire (onze escadres soit 1188 chasseurs), trois escadres couvrant le Sud-Est (324 appareils), une dans le Sud-Ouest (108 appareils) et une dernière pour couvrir l’Afrique du Nord (108 appareils).

Le bombardier hexamoteur Focke-Wulf Ta-400, une débauche de moyens pour des résultats médiocres

Le bombardier hexamoteur Focke-Wulf Ta-400, une débauche de moyens pour des résultats médiocres

Les quarante-huit groupes de chasse alignent un total de 1728 chasseurs. A cela s’ajoute un groupe d’interception équipé de vingt-sept Dewoitine D-555, un intercepteur-escorteur lourd pour contrer les bombardiers hexamoteurs allemands Focke-Wulf Ta-400.

-Ce commandement dispose également d’unités de chasse de nuit pour assurer la défense nocturne du territoire est assurée par quatre escadres de chasse nocturne à trois groupes de trois escadrilles de 9 appareils soit un total de 324 appareils, deux escadres étant stationnées dans le nord-est, une troisième dans le sud-est et une quatrième en Afrique du Nord.

-La défense locale est assurée par des Escadrilles Régionales de Chasse soit douze escadrilles régionales de chasse équipées de douze appareils soit un total de 144 appareils en métropole plus deux autres au Maroc et deux autres en Algérie soit un total de 192 avions.
-Enfin, dans les colonies et assimilés, nous trouvons des Groupes Régionaux/Coloniaux de Chasse (GRC ou GCC) voir d’escadrilles pour les territoires les plus modestes et où les menaces ennemies sont très limitées.

La Corse dispose d’un GRC (Groupe Régional de Chasse) à quatre escadrilles de neuf appareils soit 36 chasseurs monomoteurs répartis entre Solenzara avec deux escadrilles et Campo del Oro près d’Ajaccio avec deux autres escadrilles. Les mandats du Liban et de Syrie disposent d’un GCC à quatre escadrilles de neuf appareils soit 36 chasseurs.

L’AOF (Afrique Occidentale Française) dispose d’un GCC à quatre escadrilles de neuf appareils soit un total de 36 chasseurs. L’AEF (Afrique Equatoriale Française) dispose d’un GCC à trois escadrilles de neuf appareils soit un total de 27 chasseurs.

Madagascar dispose d’une escadrille indépendante de chasse basée à Antannarive équipée de douze appareils. La Martinique, la Guadeloupe et la Guyane disposent chacun d’une escadrille de douze appareils.

Pour l’AOF, l’AEF, Madagascar les Antilles, ces unités ont un rôle de souveraineté plus qu’autre chose et si les zones restent calmes, ces unités pourraient être redéployées dans des zones plus conflictuelles.

L’Indochine dispose à l’origine d’un groupe de chasse colonial (GCC) à quatre escadrilles de neuf appareils, dispersé entre Saïgon (deux), Hanoï (une) et Haïphong (une) soit 36 appareils, le nombre augmentera sensiblement entre 1945 et 1948 à tel point que quand le conflit éclatera en Europe, l’Indochine disposera de trois GCC, un couvrant la conurbation Hanoï-Haïphong, un second couvrant la région de Cam-Ranh et une troisième couvrant Saïgon. Un GCC de nuit est créé en septembre 1947 à Than-Son-Nut avec 27 appareils type Hanriot NC-600.

Quand la France entre en guerre, l’armée de l’air dispose de 2541 chasseurs dont une majorité stationnée en métropole sans oublier les apports tchèques et polonais que nous étudierons dans l’ordre de bataille de l’armée de l’air.

-La Défense Antiaérienne du Territoire (D.A.T) est organisée en Zones de Défense Antiaérienne dont le tracé est calqué sur celui des ZAM. Au niveau de chaque province, un district de défense antiaérienne regroupe les moyens avec des batteries fixes et mobiles.

Les batteries fixes sont déployées autour de Paris, autour des grands ports (Le Havre, Dunkerque, Nantes et Saint-Nazaire, Bordeaux, Marseille….) et pour protéger certaines installations industrielles sensibles. On trouve également plusieurs batteries mobiles avec pièces tractées.

Des projets de trains antiaériens envisagés n’ont finalement pas vus le jour même si les études ont été menées suffisamment loin pour qu’en quelques jours ou quelques semaines, des trains antiaériens puissent voir le jour.

Commandement des Forces Aériennes Tactiques (CFAT)

Ce commandement regroupe l’aviation d’assaut et les unités de bombardement léger et moyens pour assurer l’appui-feu des troupes au sol, l’appui-tactique par la destruction des arrières immédiats (plots logistiques, postes de commandement……) et le bombardement de l’industrie et des axes de communication (routes, ponts, voies ferrées). Pour cela ce commandement regroupe les moyens suivants :

Avion d'assaut Bréguet Br693

Avion d’assaut Bréguet Br693

-Cinq escadres de bombardement d’assaut soit quinze groupes et quarante-cinq escadrilles soit un total de 405 appareils type Bréguet 693/695/696, la majorité de ces groupes étant stationnés en Métropole, une escadre soit trois groupes étant stationnée en Tunisie et une escadre soit trois groupes en Indochine, laissant neuf groupes et vingt-sept escadrilles soit 243 appareils en métropole.

-Deux escadres de bombardement en piqué soit huit groupes et ving-quatre escadrilles soit un total de 216 appareils répartis à égalité entre les monomoteurs LN-430 (108 appareils) et bimoteurs Bréguet Br698 (108 appareils), toutes stationnées en Métropole jusqu’en juin 1948.

En juillet 1948, deux groupes sont retirés de Métropole soit six escadrilles et 54 appareils sont envoyés en Indochine, un groupe étant équipé de Bréguet 698 et un groupe étant équipé de Loire-Nieuport LN-430. La mobilisation devant normalement permettre de reconstituer ces groupes en métropole.

-Quatre groupes indépendants d’appui rapproché soit un total de 108 bimoteurs Potez 640, tous étant stationnés en Métropole.

-Sept escadres de bombardement léger soit vingt et un groupes et soixante-trois escadrilles soit un total de 567 appareils américains type Douglas DB-7/Martin 167/Martin 187. Trois escadres sont stationnées en métropole, une au Maroc, une en Algérie, une en Tunisie et une au Levant.

Bombardier moyen Amiot 351

Bombardier moyen Amiot 351

-Douze escadres de bombardement moyen soit trente-six groupes et cent-huit escadrilles soit un total de 972 bombardiers type Lioré et Olivier Léo 451 et Amiot 351 ainsi que tous leurs dérivés. Huit escadres sont déployées en Métropole, deux en Tunisie, une au Levant et une en Indochine.

On compte également un groupe indépendant de bombardement à haute altitude,une escadrille indépendante en Guyane (huit puis douze appareils), une en Martinique (douze appareils) et à Djibouti (un groupe de vingt-sept appareils).

Commandement du Bombardement Lourd (CBL)

Ce commandement est l’homologue du Bomber Command et regroupe les unités de bombardiers lourds chargés de frappes stratégiques contre l’Allemagne, l’Italie voir l’Espagne, le Portugal et le Japon (même si avant septembre 1948, aucun bombardier lourd n’était stationné sur un territoire mettant le Japon à portée).

Le CBL chargé du bombardement stratégique et du bombardement lourd dispose trois escadres de 81 appareils chacuns répartis en trois groupes à trois escadrilles de neuf appareils soit un total en ligne de 243 appareils de différents types, la première escadre étant basée dans le nord-est, la deuxième dans le sud-est et la troisième en Tunisie.

L’armée de l’air aligne en septembre 1948, un total de 2454 bombardiers d’assaut, en piqué, avions d’appui rapproché, bombardiers légers, moyens et lourds.

23-Armée de terre Ligne Maginot (18)

Les ouvrages de campagne et organisation en profondeur du front alpin

A la différence du front Nord-Est, la fortification de campagne du front alpin représente une grande unicité, probablement en raison de l’unité du commandement. Les types d’ouvrages sont donc peu nombreux.

Les ouvrages de campagne et organisation en profondeur du front alpin (1) : les avant postes

Dès juin 1930 alors que la construction des ouvrages puissants est loin d’avoir été terminée, l’armée des Alpes décide de construire en avant de ces ouvrages (dont la puissance n’à rien à envier à ceux du Nord-Est) une série d’avant-postes, certains se situant sur la frontière même.

Avant Poste (AP) du Col des Fourches dans le Secteur Fortifié des Alpes Maritimes (SFAM)

Avant Poste (AP) du Col des Fourches dans le Secteur Fortifié du Dauphiné (SF Dauphiné)

Si dans le Nord-Est, une partie du territoire n’est pas couvert par les ouvrages et donc théoriquement abandonnée à l’ennemi, on ne peut se le permettre dans les Alpes où reprendre le terrain perdu est extrêmement délicat.

Ces avant-postes sont de véritables ouvrages en modèle réduit avec deux entrées, un observatoire et des blocs de combat équipés de mitrailleuses et de fusils-mitrailleurs. Ces avant-postes sont généralement entourés d’organisations annexes comme des gaines de communication semi-enterrées, des abris en tôle métro et des emplacements pour tromblon VB et mortiers.

Ces avant-postes disposent d’équipement spécifiques qu’il s’agisse de portes blindées, de créneaux et de tremies spécialement adaptées à ces avant postes qui bénéficie aussi de cloches démontables type Saint Jacques.

A noter que de vieux ouvrages datant d’avant 1914 ont été réutilisés comme avant-postes qu’ils aient été modernisés ou non (la Redoute Ruinée, la Turra, les Acles, Viraysse).

Les ouvrages de campagne et organisation en profondeur du front alpin (2) : les abris alpins

Comme sur le front Nord-Est, la CORF à prévu la construction d’abris passifs et actifs, abris dont la réalisation à souvent été confiée à la Main d’Oeuvre Militaire (MOM). En plus de ces abris, d’autres ont été réalisés par les troupes alpines, des abris en tole métro recouverts de pierres sèches ou de béton, avec des entrées en béton ou en brique.

Les ouvrages de campagne et organisation en profondeur du front alpin (3) : les casemates complémentaires

Sous ce terme, je regroupe plusieurs types d’ouvrages construits après la mobilisation générale de septembre 1939.

-Sur la Ligne Principale de Résistance (LPR), on réalise de petits blocs appelés blocs Briançon qui se compose d’une entrée et d’un créneau pour fusil mitrailleur ou mitrailleuse dans le sous-secteur de Briançon et dans le SF Alpes Maritimes où ils sont appelés «blocs briançonnais»

-Dans le SF Savoie est organisée une une seconde position à l’aide de petits blockays construits dans les Vallées alors que dans le SFAM sont construits des casemates type STG allégés.

-Dans le SF Rhône sont construits des petits blockhaus le long de la frontière suisse pour verrouiller les différents axes de pénétration.

Ces petits blockhaus sont sont de deux type : blockhaus type Briançon pour mitrailleuse ou
FM et le blockhaus modèle 1936 à un créneau équipé soit d’un canon antichar de 25mm ou d’une mitrailleuse.

L’armement de ces différents casemates est fourni par les troupes de campagne qu’il s’agisse des canons de 25mm, des mitrailleuses ou des fusils mitrailleuses.

L’armement antichar est quasiment absent probablement en raison d’un terrain défavorable à l’engagement des chars. On note la présence de deux canons de 47mm au casemate du Tunnel près de Fort-l’écluse et de six casemates de la seconde position dans le SFAM.

 L’organisation en profondeur du front alpin

Le front alpin est organisé en trois lignes de défense successives :

-Les avant-postes sont constitués de vieux ouvrages ou d’organisation bétonnées réalisées à partir de 1930 par la Main d’Oeuvre Militaire (MOM)

-La Ligne Principale de Résistance (LPR) est matérialisée par la ligne d’ouvrages conçue
par la CORF, les travaux étant réalisés par des entreprises civiles et par la MOM.

-La Seconde position reposant sur des ouvrages anciens et/ou des casemates allégées, le plus souvent réalisées à partir de septembre 1939.

Les ouvrages sont couverts par des réseaux de barbelés mais ces réseaux sont plus étroits que dans le Nord-Est et ils se contentent de couvrir les ouvrages sans former un réseau continu.

En ce qui concerne les réseaux de rails antichars, ils sont peu nombreux en raison d’un terrain généralement peu propice à l’emploi de blindés. Il est néamoins prévu la réalisation de 25 barrages de route soit une longueur totale de 9km, barrages de route qui nécessite l’implantation sur les côtés de rails quand naturellement le terrain le permet.

Un seul fossé antichar à également été réalisé, au niveau de Bourg-Saint Maurice pour barrer la vallée de l’Isère à hauteur des PO de Châtelard et de la Cave-à-Canon.

En ce qui concerne le barrage des routes, on assiste à la mise en place d’un barrage rapide de type mobile couvert par un blockhaus de défense équipé d’un canon antichar et d’un ou plusieurs jumelages de mitrailleuses avec trois exemples de barrages réalisés et de véritables barrières antichars dont vingt-cinq exemplaires ont été réalisés.

Il faut également s’assurer que l’ennemi (sous-entendu italien) n’utilisera pas les tunnels ferroviaires des Alpes pour déboucher en France. En 1939, trois tunnels existent : le tunnel du Fréjus en Maurienne, la ligne Nice-Conni passant par le col de Tende dans la Roya et la ligne Nice-Vintimille sur le littoral.

Si la défense du tunnel du Fréjus est assuré par le fort du Replanton, la défense de la ligne Nice-Coni est prévue dès la construction avec l’aménagement de chambres de destruction dans les ouvrages d’art et de casemates de protection aux débouchés des tunnels construits à proximité de la frontière, soit dans le parement même du tunnel, soit sous une casemate de protection isolée voire les deux.

Durant la guerre de Pologne, la défense des lignes Nice-Coni et Nice-Ventimille est renforcée par la mise en place dans les tunnels de Berghe et de Cap-Martin d’un casemate de défense qui couvre une grille et une porte blindée percée de créneaux pour fusil.

Pour être totalement exaustif et complet, signalons également la présence d’un fossé sur l’ouvrage de la Roche-Lacroix, l’ouvrage Maginot reprennant le site d’une ancienne batterie et celui d’un mur d’escarpe à l’ouvrage du Rimplas, le premier ouvrage de la ligne Maginot dont les travaux ont commencé (et ce en 1928). Certains ouvrages vulnérables à des attaques depuis la route par «véhicules explosifs» sont entourés de grilles.

Quelques tourelles démontables sont également présentes sur le front alpin soit en remplacement d’ouvrages non réalisés soit pour battre des axes secondaires qui ne justifient pas la construction de casemates en béton.

Comme sur le Nord-Est, les arrières de la position doivent répondre à une double fonction : donner de la profondeur à l’ensemble et desservir les organisation existantes.

Pour deesservir les ouvrages, les ouvrages alpins disposent d’une série de routes stratégiques desservant notamment les grands cols. Le CORF va construire lui aussi de nombreuses routes pour desservir les ouvrages et ce dès la construction des ouvrages.

C’est ainsi que dans le SFAM, des routes récentes ont dû être doublées par des routes militaires car leur tracé les mettait aux vues adverses.

Parmi les réalisations spécifiques les plus importantes, citons la route stratégique du Monte-Grosso longue de 14km qui a dû être réalisée de toutes pièces, et celle du Restefond prolongée jusqu’au col de la Bonette. Toutes ces routes sont au gabarit militaire avec renforcement des lacets par des murs en pierre maçonnées, garages de croisement et parapets.

Chiuses, des casemates construites dans la roche

Chiuses, des casemates construites dans la roche

On trouve également une particularité, les chiuses, des batteries-cavernes creusées à même la roche pour barrer les vallées de la Tinée et de la Vésubie, les chiuses de Bauma-Négra et de Saint-Jean-de-la-Rivière. La modernisation de ces ouvrages n’est pas menée à son terme et restent en position secondaire pour couvrir les arrières.

Les casernements

Il existe trois types de casernements pour les hommes servant les ouvrages de la Ligne Maginot Alpine :

-Les casernements urbains : Les villes, les localités n’étant pas si éloignées que cela des
ouvrages, les hommes peuvent être abrités dans des casernes existantes comme à Bourg- Saint-Maurice; Modane; Briançon; Barcelonette et Sospel. Un casernement particulier à Jaussiers-La Condamine dessert les ouvrages de l’Ubaye.

-Les casernements alpins d’altitude : On trouve essentiellement des casernements le plus souvent en pierres sèches réalisés à la fin du 19ème siècle et réutilisés dans le cadre de la CORF. Des casernements spécifiques ont également été réalisés aux endroits où il y en avait pas : Charmaix près du Lavoir, Monte-Grosso et Col-de-Brouis.

-Les casernements légers : Comme dans le Nord-Est, il existe également des «camps légers» comprenant des chalets en bois construits à proximité des entrées. Parfois sont utilisés des bâtiments existants, des tentes ou même les baraquements des ouvriers.

23-Armée de terre Ligne Maginot (15)

D-Les travaux complémentaires (1936-1948)

Avant-propos

Le 1er janvier 1936, la Commission d’Organisation des Régions Fortifiées (CORF) est dissoute, laissant aux différentes régions militaires le soin de compléter ou d’organiser les défenses de leur zone de compétence.

Cela va poser des problèmes de coordination avec une différence parfois assez sensible entre les différentes régions. Néanmoins la mise en place ultérieure de la Commission d’étude des Zones Fortifiées (CEZF) va limiter les dégâts en rationnalisant les travaux sans que la CEZF dirigée par le général Belhague _ancien commandant de la CORF_ n’ait les pouvoirs de la créatrice de la Ligne Maginot.

L’organisation des fronts fortifiés puissants

Pour ce qui est des fronts construits par la CORF qu’ils s’agissent des Anciens ou des Nouveaux Fronts, la dissolution de cette dernière ne pose pas énormément de problèmes. Le gros du travail à été réalisé et les travaux menés à partir de 1936 sont plus destinés à affiner les différentes lignes de défense et à donner de la profondeur à la position.

Les moyens vont être cependant nettement plus réduits. Exit les entreprises spécialisées et les budgets «assez» confortables de la CORF au profit de budgets nettement plus réduits, la construction des ouvrages étant assurée par la MOM (Main d’Oeuvre Militaire).

Autre différence d’importance par rapport aux ouvrages de la CORF, les blockhaus, casemates et autres ouvrages construits ne doivent pas être occupés par des troupes spécialisés comme les Régiments d’Infanterie de Forteresse mais par des troupes de campagne.

Canon de 65mm modèle 1902 cédé par la marine pour améliorer la défense antichar de la Ligne Maginot

Canon de 65mm modèle 1902 cédé par la marine pour améliorer la défense antichar de la Ligne Maginot

En ce qui concerne l’armement, on note le recours à d’anciens canons de marine, le canon de 47mm modèle 1885 et son descendant le modèle 1902 ainsi que le canon de 65mm modèle 1885/91 et son descendant le modèle 1902, des pièces dont la Royale n’à plus l’usage mais qui peuvent faire office de canons antichars même si naturellement, ils n’ont pas été conçus pour cette mission. Si le 47mm pourra prendre place dans des blockhaus, l’encombrement de la pièce de 65mm imposera son installation dans des cuves bétonnées.

Au total, la marine à cédé à l’armée de terre un total de 509 «vieux canons» répartis entre 321 canons de 47mm modèle 1885, 113 canons de 47mm modèle 1902, 45 canons de 65mm modèle 1885/91 et 30 canons de 65mm modèle 1902. Ces canons vont être répartis entre différentes régions militaires (Nda Il s’agit des régions militaires avant le redécoupage de 1941 qui fera coïncider les Régions Militaires et les Provinces) :

-La 2ème région militaire (Amiens) reçoit vingt canons de 47mm modèle 1885 et 5 canons de 65mm modèle 1902

-La 6ème région militaire (Metz) reçoit 68 canons de 47mm modèle 1885, 81 canons de 47mm modèle 1902 et 25 canons de 65mm modèle 1902

-La 20ème région militaire (Nancy) qui reçoit pas moins de 60 canons de 47mm modèle 1885, 30 canons de 47mm modèle 1902 et 45 canons de 65mm modèle 1888-91

-La 7ème région militaire (Besançon) reçoit 93 canons de 47mm modèle 1885 et 2 canons de 47mm modèle 1902

-La 14ème région militaire (Lyon) reçoit 26 canons de 47mm modèle 1885

-La 15ème région militaire (Marseille) reçoit 34 canons de 47mm modèle 1885

-La Tunisie reçoit 20 canons de 47mm modèle 1885.

Pour ce qui est des constructions, la décentralisation au niveau des régions militaires va naturellement provoquer une série de différences dans les constructions, chaque région militaire définissant ses instructions et ses priorités.

Entrée d'un Blockhaus modèle 1935 RFM (Région Fortifiée de Metz)

Entrée d’un Blockhaus modèle 1935 RFM (Région Fortifiée de Metz)

Le génie de la RF Metz (général Grenet) édite deux instructions pour la construction des «Blockhaus MOM», celle du 3 mai 1935 (blockhaus double pour mitrailleuses ou canon de 37mm, blockhaus double avec canon de 47mm de marine, observatoire avec un abri et le PC bétonné) et celle du 16 mars 1936 (blockhaus simple de flanquement, emplacements des tourelles démontables, casemate Pamart, les observatoires et l’abri PC).

-Le premier modèle de blockhaus «messin» est le blockhaus modèle 1935 type RFM (Région Fortifié de Metz) qui comporte un créneau frontal pour un canon de 47mm (angle de tir : 45°) et un ou deux créneaux pour mitrailleuses agissant en flanquement.

Il en à été construit un total de 72 exemplaires de ces blockhaus capable de résister à des
coups directs de 105mm.

-Lui succède un blockhaus modèle 1936 comportant en échelons refusés, deux créneaux pour 47mm antichar et pour mitrailleuses. Il à ainsi été produit à 73 exemplaires, certains pouvant résister à des obus de 155mm et d’autres à des obus de 105mm.

-Sauf quelques exceptions dans le SD de Marville, le modèle 1936 sera le dernier blockhaus à deux créneaux. Il est remplacé par le blockhaus modèle 1936 pour canon antichar ou pour mitrailleuses, blockhaus dont les plans sont établis par le STG.

Cela à évidement l’inconvénient de dissocier les blocs dont un sur deux se révéléra inefficace surtout si l’ennemi n’emploi pas de chars et même dans ce domaine, le choix initial du canon de 37mm TR 16 se révéléra malcommode et seule l’installation ultérieure de canons de 47mm plus modernes rendra ses ouvrages efficaces dans cette mission.

-Enfin on trouvera encore plus économique que le blockhaus décrit ci-dessus avec les boucliers AC25. Ces boucliers sont composés de trois pans épousant la forme du bouclier du canon de 25mm, on trouve l’embrasure pour la pièce et une ou deux embrasures pour FM.

-La Région Fortifiée de Metz étant chargée de la fortification du SD (Secteur Défensif) de Marville, elle va mettre au point deux autres types de blockhaus.

Le premier appelé blockhaus modèle 1937 type RFM à créneaux décrochés pour une mitrailleuse et un canon de 25mm agissant en flanquement et un blockhaus à action frontale pour deux mitrailleuses.

-Pour équiper le Secteur Fortifié de Faulquemont d’un minimum d’artillerie, la RF Metz met au point une casemate d’artillerie destinée à recevoir deux canons de 75mm modèle 1897 et protéger ainsi sous béton des pièces de campagne.

Les huit casemates d’artillerie construites sur ce modèle (deux dans le SD Marville, trois dans le SF Fauquelmont et deux dans le SF Boulay) dispose d’une tourelle démontable pour mitrailleuse et d’un sous-sol.

-Ce modèle de casemate d’artillerie va inspirer la Région Fortifiée de la Lauter qui fait construire deux casemates légères d’artillerie (une à Windstein et la seconde au Biensberg) recevant chacune deux canons de 75mm modèle 1897. Le SF de la Sarre va disposer de quatre casemates légères d’artillerie recevant chacun un canon de 75mm modèle 1897.

-Il ne faut pas oublier les organisations annexes. Celles réalisés par la RF Metz sont souvent destinées à remplacer des constructions CORF dont la réalisation à été reportée en 2ème cycle, report équivalant à une annulation avec la dissolution de la CORF.

-Les abris poste de commandement sont ainsi composées de tôles métro protégés par une façade rectiligne en béton armé à façace pseudo-bastionnée. En fonction de leur importance, ils disposent de six (PC régimentaires), quatre (PC de bataillon) ou deux (PC de compagnie) alvéoles.

-On trouve également des cuves pour canons de 47mm et de 65mm, positions qui servent avec leurs vieux mais efficaces canons des positions de verrous arrière. Les munitions sont stockées à proximité, des hangars en bois servant à abriter le personnel, abris remplacés en 1948 par des abris légers en tôle métro à l’efficacité limitée pour ne pas dire douteuse.

Tourelle démontable pour mitrailleuse Hotchkiss

Tourelle démontable pour mitrailleuse Hotchkiss

-On trouve également des emplacements pour tourelles démontables. On en trouve trois modèles, le modèle 1935 et le modèle 1937 équipés d’une mitrailleuse Hotchkiss de 8mm (remplacée ultérieurement par une mitrailleuse de 7.5mm) et le modèle 1942 équipée d’un canon de 25mm modèle 1937, 495 tourelles modèle 1937, 250 tourelles modèle 1937 et 300 modèle 1942 ont été produits, étant déployés dans le Nord-Est, dans les Alpes et en Tunisie.

-Plusieurs types d’observatoires ont été réalisés, le plus surprenant étant probablement le modèle voyant l’enterrement d’un char TSF dans une gaine de béton, couplés le plus souvent à un abri bétonné.

Le renforcement des fronts puissants ne pose pas de problèmes, il s’agit de compléter une construction linéaire et d’organiser l’arrière. La situation est différente au nord de Charleville-Mézières où pour des raisons politiques (ne pas mécontenter l’allié belge) aucune réalisation aussi puissante que les ouvrages du Nord-Est n’à été réalisée.

Il est alors prévu de construire des ouvrages fortifiés uniquement lors de l’entrée en guerre, des constructions tactiques destinés à accompagner l’entrée en Belgique des troupes françaises et leur offrir une position préparée en cas de repli.

La menace allemande rend cette conception obsolète surtout qu’à partir de 1936, la Belgique rétablit sa neutralité d’avant 1914 ce qui rend nécessaire la construction de blockhaus et de casemates dès le temps de paix.

L’absence d’autorité coordinatrice comparable à la CORF va provoquer non pas une saine stimulation dans les réalisations mais plutôt une organisation anarchique où la conception d’une région militaire allait en contradiction avec sa voisine. La reprise en main ultérieure par le STG puis par la CEZF limitera les plus gros défauts sans les éliminer vraiment totalement.

23-Armée de terre Ligne Maginot (14)

Les armes du béton : mitrailleuses, canons, fusils-mitrailleurs, mortiers et lance-bombes

Le béton c’est bien, avec du cuirassement c’est mieux mais sans armement, cela ne sert à rien, un obstacle non battu par les feux ne va ralentir l’ennemi que quelques minutes, quelques heures tout au plus.

La Ligne Maginot va donc recevoir un armement puissant même si la non réalisation des canons de 145mm (portée : 30km) va réduire la puissance de la Muraille de France.

Cette puissance ne devant surtout pas être amoindrie, il est décidé de l’équiper d’un armement spécifique pour éviter ce qui c’était passé en 1915 à savoir le désarmement des forts notamment de Verdun qui avait mis en difficulté l’armée française en 1916 lors de l’offensive de février.

L’armement peut être divisé en deux catégories : l’artillerie chargée de missions d’interdiction lointaine et l’infanterie chargée de missions de défense rapprochée, au contact direct avec l’ennemi.

 Les matériels d’artillerie (1) : les matériels de 75mm

En ce qui concerne ce calibre historique de l’artillerie française avec le fameux «75» de 1897, on trouve un total de huit modèles pour casemates et tourelles dont deux réservés aux fortifications du Nord Est.

-Le premier modèle est un canon-obusier modèle 1929 qui dont le tube est dérivé du canon de 75mm modèle 1897 avec un berceau auquel il est relié par un frein de tir et un récupérateur.

Au Nord-Est, ce matériel équipe cinq casemates de flanquement (quatre à trois pièces et une à deux pièces) alors que le Sud-Est dispose de douze pièces et que la Corse dispose de quatre pièces.

La portée maximale à +40° est de 12900m (11000m à +30°) avec une cadence de tir de douze coups à la minute en tir normal, de 24 en tir accéléré, des tests ayant permis une cadence de 36 coups à la minute en séries d’une dizaine de coups.

Portée maximale : 12100m Cadence de tir : douze coups à la minute Longueur du tube : 2.721m Pointage : en direction 45° de chaque côté et en site de -8° à +40° (limité à 30° pour certains casemates)

-Le second modèle est un obusier de 75mm modèle 1932. C’est un matériel à tir rapide et court recul destiné à armer certaines casemates de flanquement. Par rapport au précédent, le tube est raccourci de 30cm ce qui réduit la volée à 0.45m contre 1.50m. Vingt-trois matériels sont livrés entre mars 1933 et mai 1934. Les performances sont semblables à celle du matériel précédent.

Portée maximale : 11900m Cadence de tir : douze coups à la minute Longueur du tube : 2.421m Pointage : en direction 45° de chaque côté et en site de -9° à +40° (limité à 30° pour certains casemates)

-Le troisième modèle est un obusier de 75mm modèle 1932R. Il s’agit d’un matériel à tir rapide et court recul destiné à équiper initialement les coffres flanquants des ouvrages de la fortification permanente puis certains blocs de flanquement.

Il se compose d’un tube de 75mm modèle 1905 raccourci avec une culasse Nordenfeld. Comme les coffres de flanquement ont été abandonnés, seuls neufs matériels vont être livrés pour équiper les ouvrages de Billig, du Hackenberg et du Hochwald.

Il aurait du remplacer le mortier de 75mm modèle 1931 de portée insuffisante. Dans les autres ouvrages (Soetrich, Mont-des-Welches et Schoenenbourg), les casemates prévus ont été remplacés par des tourelles.

Portée maximale : 9200m Cadence de tir : douze coups à la minute Longueur du tube : 1.555m Pointage : en direction 45° de chaque côté et en site de -3° à +35°

-Le quatrième matériel est l’un des deux réservés aux fortifications Maginot implantés dans les Alpes. Il s’agit du canon-obusier modèle 1933 destiné à équiper certains casemates en terrain rocheux.

Considéré comme une excellente arme, il est destiné à équiper les casemates d’action frontale et ne présente aucune volée vulnérable à un coup ennemi. Pour ce qui est de ses caractéristiques techniques, elles sont identiques au modèle 1932 exception faite de sa portée qui est de 12000m.

-Le deuxième matériel spécifique aux ouvrages du Sud-Est est le mortier de 75mm modèle 1931. Construit par l’Atelier de Puteaux, il dispose d’un tube très court tourillonnant à la bouche et monté sur un affût poutre. Trente exemplaires de ce matériel destiné à battre les défilements aux abords des ouvrages. Un projet de mortier sous tourelle à été abandonné et remplacé _uniquement en Alsace-Lorraine_ par les tourelles de 75mm modèle 1932R.

Portée maximale : 5900m Cadence de tir : douze coups à la minute Longueur du tube : 1.371m Pointage : en direction 45° de chaque côté et en site de -5° à +35°

-Le canon-obusier de 75mm modèle 1933 sous tourelle est en fait un canon-obusier modèle 1929 raccourci de 30cm et utilisé en jumelage de deux tubes avec des caractéristiques techniques identiques. Au total vingt et un tourelles ont été installées, seize dans le Nord-Est et cinq dans le Sud-Est.

Portée : 11900m Cadence de tir : 26 coups par minute par tourelle Longueur du tube : 2,421m Pointage en direction : 360° en site -2° à +40°

-Le canon-obusier de 75mm modèle 1932R en tourelle est identique à son homologue en casemate. Vingt-quatre canons en douze tourelles ont été installés dans le Nord-Est

-Le canon-obusier de 75mm modèle 1905R est une version modifiée/modernisée de ces tourelles installées sur les forts de la génération précédente. Une seule tourelle à été installée, tourelle dont l’angle de tir est passé de +12°45′ à +30°.

Portée : 8200m Cadence de tir : 20 coups par minute par tourelle Longueur du tube : 1.555m Pointage en direction : 360° en site 0° à +30°

Pour ce qui est de munitions, on trouve des obus explosifs, des obus de rupture, des obus à balles ou encore des boites à mitraille. Généralement, la proportion est de 25% d’obus à balles, 70% d’obus explosifs, 3% d’obus de rupture et 2% de boites à mitrailles.

Les matériels d’artillerie (2) : matériels de 135 et de 81mm

Tourelle de 135mm à éclipse

Tourelle de 135mm à éclipse

-Le lance-bombes de 135mm modèle 1932 est une arme spécifiquement étudié pour la fortification pour être utilisé indifférement sous casemate ou sous tourelle. Il se compose d’un tube très court de 1.145m avec une culasse à coin, à déplacement horizontal, l’ouverture étant automatique et l’affût est à sélette.

Ce système ayant été long à mettre au point, il à été installé sur la Ligne Maginot à seulement quarante-trois exemplaires, neuf en casemates (7 dans le Nord-Est et 2 dans le Sud-Est) et trente-quatre en tourelles (32 dans le Nord-Est et 2 dans le Sud-Est).

Portée : 5600m Cadence ce tir : 6 coups/min (casemate) et 2 coups/min (tourelle) Longueur
du tube : 1.145m Pointage : en direction 360° en tourelle 45° en casemate 0 à +40° en site
pour les lance-bombes en casemate et +9° à +45° pour les lance-bombes en tourelle

-Comme les différentes pièces de 75mm, le mortier de 81mm modèle 1932 est dérivé d’une  arme existante en l’occurence le mortier Stokes-Brandt modèle 1927-31. Son tube est cependant lisse avec une portée limitée à 3600m.

Cette arme va être utilisée sous casemate à 86 exemplaires, seulement dix-huit pièces pour le Nord-Est et soixante-huit pour le Sud-Est et sous tourelle à 42 exemplaires en vingt et une tourelles confiées uniquement aux ouvrages du Nord-Est.

mortier de 81mm modèle 1932  jadis installé dans la Ligne Maginot

mortier de 81mm modèle 1932 jadis installé dans la Ligne Maginot

Portée : 3600m Cadence ce tir : 13 coups/minute (casemate) et 26 coups/minute (tourelle, treize par tube) Longueur du tube : 1.575m Pointage : en direction 360° en tourelle 45° en casemate en site 45° (site fixe)

Si les ouvrages du Nord-Est sont équipés de matériels neufs, les ouvrages du Sud-Est, dans les Alpes ont bénéficié de l’appui de matériels anciens issus des forts du 19ème siècle comme le canon de 95mm modèle 1888 sous casemate (portée : 7000m 45° en direction 40° en site) et le canon de 155mm modèle 1877 monté sous tourelle Mougin ou sous casemates.

Les matériels d’infanterie

Le flanquement par feux d’infanterie et la défense rapprochée des ouvrages dévolus aux armements d’infanterie vont, en raison de l’évolution des menaces, se scinder en deux : antipersonnel et antichar.

-En ce qui concerne l’armement antipersonnel, on trouve d’abord le fusil-mitrailleur de 7.5mm modèle 1924/29. Fabriqué par la Manufacture d’Armes de Chatelleraut (MAC), ce fusil-mitrailleur qui à succédé au calamiteux Chauchat va armer les cloches GFM, les caponnières de défense rapprochée, les portes blindées et les blockaus de défense intérieure monté sur créneaux (type A) ou sur rotules (type B) dans les cloches ou les créneaux sous bétons ou encore sur un collier pour les créneaux de porte.

Calibre : 7.5mm Longueur du canon : 50cm Portée pratique : 600m Cadence de tir : 500
coups par minute (200 dans la pratique) Alimentation : chargeurs droits de vingt coups

-La mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm est montée en jumelages, des jumelages dit Reibel du nom du général ayant fait adopter cet équipement (16 octobre 1930). Il équipe les cloches de mitrailleuses, les tourelles et les créneaux sous béton, les ouvrages puissants du Nord-Est disposant de 61 tourelles.

Calibre : 7.5mm Longueur du canon : 60cm Portée pratique : 1200m (600m en tir rasant) Cadence de tir : 500 coups par minute Alimentation : chargeurs camenbert de 150 coups

L’action de ces armes à tir tendu est complétée par diverses armes spécialement étudiées pour couvrir les défilements ou les angles morts : les goulottes et les mortiers.

goulotte lance-grenades pour la défense des fossés diamants

goulotte lance-grenades pour la défense des fossés diamants

-La goulotte lance-grenades est destinée à assurer la défense des fossés diamants qui couvrent l’arrière des ouvrages. Les premiers ouvrages sont équipés d’un créneau de pied pour fusil-mitrailleur mais rapidement, une solution moins couteuse est adoptée à savoir un tube d’un mètres de long incliné à 45° qui permet d’envoyer dans le fossé une grenade F1 à bouchon allumeur modèle 1916B

-Il était prévu également un mortier de 60mm modèle 1931 installé dans une cloche lance grenades mais en 1940, ce système est loin d’être au point et seuls les ouvrages CEZF seront équipés de cette arme destinée à battre les angles morts aux abords du bloc.

 Calibre : 60mm Portée : 200 à 1700m Cadence de tir : 15 coups/minute Alimentation : une noria permet de livrer au mortier 25 coups à la minute Angle de tir : +55° à +90° Poids du projectile : 1.1kg

-A la différence du précédent, le mortier de 50mm modèle 1935 à lui équiper les «vieux ouvrages» de la ligne Maginot. Il à ainsi été produit à 1600 exemplaires dont seulement quatorze installés hors cloche, neuf pour la défense des fossés (Nord-Est) et cinq en flanquement de position (Sud-Est).

Calibre : 50mm Longueur du tube : 45cm Poids du matériel : 11kg Portée maximale : 695m
(+20° site fixe) Cadence de tir : 10 à 15 coups par minute

A l’origine, il n’était pas prévu d’armement antichar mais dès 1931, l’évolution des menaces implique l’installation d’obstacles et d’armes spécifiquement conçues pour contrer les blindés.

Cette mise en place ne se fit pas sans mal car la seul façon d’équiper les blocs d’infanterie d’armes antichar était de se priver d’un jumelage de mitrailleuses ce qui réduisait sensiblement la puissance de feu des blocs.

On à donc adopté une position pragmatique avec une alternance selon les besoins entre un canon et des mitrailleuses. Monté sur rails fixés au toit , le canon pouvait tirer depuis l’un des deux créneaux après effacement du jumelage de mitrailleuses.

Deux canons vont être utilisés dans cette position. Le premier est le canon antichar de 47mm modèle 1934. Ce canon de 50 calibres tirait des obus de 1.67kg ou de 2kg (boulets de marine modèle 1902…..) à une distance maximale utile de 1000m où il peut perforer 56mm de blindage (les premiers Panzer III avaient 15mm de blindage) à raison de vingt coups par minute. Il peut pointer en hauteur de -15° à +10° et en direction sur 45° à droite et à gauche.

Le second est le canon antichar de 37mm modèle 1934. Ce canon de 47 calibres tirait des obus de 0.9kg (boulets modèle 1936) à une distance maximale utile de 1000m où il peut perforer 30 à 40mm de blindage à raison de 20 coups par minute. Il peut pointer en hauteur de -15° à +10° et en direction sur 45° à droite et à gauche.

Les canons antichars de 47 et de 37mm sont destinés à équiper des chambres de tir pour le tir en flanquement mais ne répond pas à la problématique de défense antichar depuis les organes dépourvus de chambre de tir et pour le tir frontal.

On décide d’équiper la Ligne Maginot de canons antichars de 25mm Hotchkiss modèle 1934 en modifiants certains cuirassements pour qu’ils puissent recevoir une version adaptée à la forteresse de ce canon de 25mm déjà adopté par les unités de campagne.

En ce qui concerne les cloches, outre la modification des cloches JM (Jumelage de Mitrailleuses), on trouve des cloches spécifiques appelés cloches AM (Arme Mixte).

En ce qui concerne les tourelles, certaines tourelles d’avant 1914 seron modifiées tout comme d’autres tourelles de mitrailleuses. D’autres seront conçus spéciacelement combinant canon de 25mm et mortiers de 50mm.

Le canon de 25mm modèle 1934 était un canon ayant un tube allant de 1.00m (tourelles et cloches avec mitrailleuses) à 1.50m (tourelle AM) en passant par 1.18m pour les cloches AM. Il tire des projectiles de 0.320kg à une distance maximale allant de 500 (cloche) à 800m (tourelle AM).

Au total, les ouvrages de la ligne Maginot (non comptés ceux de la CEZF) vont disposer de douze tourelles à armes mixtes (toutes dans le Nord-Est) et sept tourelles à une arme mixte + mortier de 50mm, elles aussi toutes présentes dans le Nord-Est.

Enfin signalons la présence de mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1930 dans les ouvrages des Basse-Vosges ou du Rhin dont on peut douter de l’efficacité antichar sauf contre des véhicules légers.

 

mitrailleuse de 13.2mm Hotchkiss modèle 1930

mitrailleuse de 13.2mm Hotchkiss modèle 1930

23-Armée de terre Ligne Maginot (12)

Une ligne Maginot particulière : la Ligne Maginot alpine

La fortification alpine reprend une grande partie des formes architecturales dévellopées pour sa grande soeur du Nord-Est mais le terrain, les conditions climatiques obligent à de naturelles adaptations.

Les organisations d’intervalles

Une seule casemate type CORF _l’annexe de Saint Antoine_ est réalisée tout simplement car ce type d’ouvrage ne se justifie pas. Le plus souvent les ouvrages de flanquement d’infanterie sont intégrés dans les ouvrages. On trouve également une casemate cuirassée appelée officiellement «petit ouvrage» à Saint Ours Bas qui dispose pas moins de trois cloches pour mitrailleuses et de deux cloches GFM.

Cloche pour Jumelage de mitrailleuses (JM)

Cloche pour Jumelage de mitrailleuses (JM)

Plus encore que dans le Nord-Est, la question des abris est crucial. La topographie de la frontière Sud-Est impose des abris-caverne. Ces abris se subdivisent entre des abris défensifs totalement passifs et les abris actifs ou ouvrages d’infanterie destinés à abriter des troupes, des abris équipés d’un organe actif.

La réalisation des observatoires est également prévue mais la préférence donnée aux observatoires de campagne fait que seuls trois observatoires seront réalisés en temps de paix dont deux dans le Secteur Fortifié des Alpes Maritimes (SFAM) sur les treize prévus dans les plans initiaux.

Les ouvrages

Qu’ils soient d’infanterie, mixtes ou d’artillerie, tous les ouvrages des Alpes sauf Saint-Ours Bas comportent une organisation souterraine et des organes de surface (blocs).

Contrairement aux ouvrages d’infanterie du Nord-Est qui doivent assurer une mission de flanquement, les ouvrages d’infanterie des Alpes doivent assurer plutôt le barrage des vallées et l’interdiction des cols.

Peu d’ouvrages de la ligne Maginot alpine ressemblent aux ouvrages du nord-est, le plus approchant, celui de Granges-Communes aurait été identique si le bloc d’entrée avait été réalisé.

Les blocs-casemates d’infanterie

Très peu d’ouvrages des Alpes comportent des blocs-casemates d’infanterie type Nord-Est avec chambre de tir à deux créneaux pour jumelage et un ou plusieurd cloches tout simplement parce que la mission des ouvrages fortifiés de la ligne Maginot alpine est de barrer des axes. On trouve plutôt ce type d’ouvrage :

-des blocs pour mitrailleuses à un, deux ou trois casemates agissant en flanquement ou en action frontale.

-des blos à action multidirectionnelle comportant des jumelages de mitrailleuses ou de FM, des jumelages d’armes mixtes (remplacés dans la pratique par des JM) et des FM (PO de seconde génération)

-des blocs-casemates cuirassées équipées de cloches JM (bloc 2 de Granges-Communes)

-des blocs composés d’une simple cloche GFM ou observatoire par éléments.
Les blocs d’artillerie

Dans les Alpes, le manque de place conjugué avec la superposition des axes de tir amène les concepteurs des dits ouvrages à concentrer sous un même bloc des armes de nature différente, donnant un aspect particulier aux ouvrages.

La notice du 31 août 1931 définit la configuration des casemates d’artillerie des Alpes qui doivent être de deux types : le casemate de flanquement et le casemate d’action fronale. Il se présente sous une forme compacte avec deux canons de 75mm (au lieu de trois dans le Nord-Est).

En pratique, peu de casemates pour 75 en pays de montagne seront réalisés, la CORF préférant plutôt «alpiniser» les casemates de flanquement du Nord-Est. Aucun casemate d’action frontale ne sera construit avec des canons-obusiers modèle 1929 et une poignée de casemates de ce type équipés de canons de 75mm modèle 1931 seront réalisés.

mortier de 81mm modèle 1932  jadis installé dans la Ligne Maginot

mortier de 81mm modèle 1932 jadis installé dans la Ligne Maginot

En raison du manque de place donc, la majorité ces casemates d’artillerie des Alpes vont regrouper dans un même bloc jusqu’à deux canons de 75mm et deux mortiers de 81mm, faisant donc cohabiter des armes à tir tendu et des armes à tir courbe.

Ces blocs multidirectionnels peuvent se ranger en deux catégories : les casemates de flanquement dont il existera au final un seul exemplaire, le bloc 2 de Roquebrune (SFAM) combinant un mortier de 75mm modèle 1931 et un de 81mm, aucun casemate ne combinant dans cette catégorie une arme à tir tendu et un matériel à tir courbe. Les casemates de flanquement type Nord-Est allégé seront eux plus nombreux.

Les casemates d’action frontale vont être paradoxalement les plus difficiles à mettre au point alors que logiquement, cela aurait du être le contraire. Les tourelles de 75mm étant réservés à des ouvrages précis et l’embrasure frontale étant exclue, il à fallut innover pour trouver une solution efficace.

Chronologiquement, on trouve successivement la casemate sous roc, le bloc de barrage, la casemate cuirassée et la casemate défilée.

Les premiers nommés sont souvent situés dans de vieux forts remaniés, des embrasures largement ouvertes pour laisser place à un canon de 75mm de campagne. Certains plus élaborés étaient armés d’un canon-obusier de 75mm modèle 1933.

Le bloc de barrage appelé aussi casemate bétonnée d’action frontale n’à été construit qu’à deux exemplaires à chaque fois dans le Secteur Fortifié des Alpes Maritimes. Le canon de 75mm est ainsi accompagné de mitrailleuses et de mortiers de 81mm.

Le bloc de barrage n’ayant pas donné satisfaction, il est remplacé par la casemate cuirassée pouvant recevoir soit un mortier de 75mm modèle 1931 ou un modèle 1933.

Ailleurs, le bloc de barrage est remplacé par la casemate défilée installée à contre-pente le dissimulant à la vue de l’ennemi avec le prix modique d’un petit nombre d’angles morts.

On à également trouvé trace d’un projet de casemate d’action frontale à deux obusiers de 75mm modèle 1933 et deux mortiers de 81mm pour l’ouvrage de Flaut sans réalisation concrète à la différence des blocs-casemates équipés uniquement de mortiers de 81mm.

Les autres blocs

-La Ligne Maginot alpine dispose de blocs mixtes qui comme leur nom l’indique regroupe de l’artillerie et des armes d’infanterie en raison d’un terrain exigu et parfois difficile à aménager. Le bloc 2 du Janus dispose par exemple de deux jumelages pour mitrailleuses et deux mortiers de 81mm.

-Si le Nord-Est permet la généralisation de la tourelle, ce n’est pas le cas dans les Alpes ce qui explique la rareté des blocs-tourelles installés uniquement sur des sites optimaux. On en trouve ainsi quatre (deux au Mont-Agel et deux au Monte Grosso soit un total de trois tourelles de 75mm et une tourelle de 135mm), deux autres devant être réalisés mais abandonnés pour des raisons budgétaires.

Tourelle de 135mm à éclipse

Tourelle de 135mm à éclipse

-Comme pour le cas des blocs-tourelles, les blocs casemates-tourelles sont peu nombreux sur le front des Alpes avec deux exemples, le Bloc 5 de Roche-la-Croix (une tourelle de 75mm modèle 1933 associé à un casemate de flanquement modèle 1931 combinant deux canons de 75mm modèle 1931 et deux mortiers de 81mm) et le Bloc 3 de l’Agaisen (une tourelle de 75mm modèle 1933 et un bloc de deux 81mm).

-C’est la note du 15 avril 1930 qui indique les types d’observatoires destinés à la fortification alpine, trois types d’observatoires doivent être construits :

-des observatoires cuirassés pour l’observation et le service des engins de feux sous tourelle ou sous casemate agissant frontalement. Ces observatoires sont équipés soit d’une cloche VDP, soit d’une cloche GFM ou des deux.

-des observatoires bétonnés pour le service des engins de feux agissant en flanquement, ces observatoires sont équipés de créneaux bétonnés installés le plus souvent dans les casemates d’artillerie.

-des cloches de guetteurs pour la surveillance des abords et le service des armes de défense rapprochée.

En fait peu d’ouvrages sont dotés d’observatoires spécifiques et, dans la plupart des cas, les cloches observatoires sont intégrés dans un bloc d’ouvrage.

Les ouvrages mixtes alpins (artillerie et infanterie)

Comme leurs homologues du Nord-Est, les ouvrages mixtes de la ligne Maginot alpine peuvent disposer de plusieurs types, plusieurs modèles d’entrée, une entrée en plain-pied (la plus courante), une entrée en puits ou encore une entrée en plan inclinée. Certains ouvrages ont deux entrées et d’autres une entrée mixte, ces dernières se distinguant dans les Alpes par la présence d’un pont levis et parfois d’un téléphérique.

A la différence des ouvrages du Nord-Est, les ouvrages alpins bénéfécient de la protection de la roche et les locaux soutterains sont généralement établis de plain-pied avec l’entrée, un plus évident pour le ravitaillement. Avec des galeries réduites, la distinction «zone avant/zone arrière» est nettement plus ténue.

Si les ouvrages alpins disposent comme en Lorraine et en Alsace d’usines de production électriques, les soutes à munitions sont de dimensions plus réduites et surtout il n’existe pas de soute à munitions centrales (magasin M1).

Plus encore que dans le Nord-Est, la nécessaire concentration des organes s’impose en raison d’un sol souvent difficile à creuser et le faible dévellopement des ouvrages qui fait cohabiter oeuvre vives et blocs de combat.

Caractéristiques des ouvrages de Corse et de Tunisie

Les casemates d’Infanterie de Corse

Pour ce qui est des casemates de première génération (1932-33), il s’agit de casemates type CORF allégés à un ou deux étages. Ces casemates sont équipés de jumelages de mitrailleuses, de fusils-mitrailleurs sous créneau, d’une cloche GFM (et quelques fois d’une cloche mitrailleuse) mais sans armement antichar.

Pour les casemates de seconde génération (1939-40), il s’agit d’un compromis entre la casemate CORF et le blockaus double STG dont il reprend la forme générale. Chaque chambre de tir dispose de deux créneaux équipés de jumelages de mitrailleuses et d’un canon de 47mm antichar. Ces casemates sont à niveau unique. Les deux casemates reçoivent seulement fin 1940 une cloche GFM type B.

Pour ce qui est des blockaus, il s’agit de simples blocs carrés armés d’une mitrailleuse Hotchkiss 8mm puis Darne de 7.5mm pour assurer le flanquement des casemates doubles de Saint Florent et de Bastia.

Les casemates d’artillerie de Corse

Trois casemates d’artillerie ont été réalisés, un double à Santa Manza et deux simples, le premier à L’Arena et le second à Saint Cyprien. Deux des quatre canons-obusiers de 75mm modèle 1929 sont issus du bloc de flanquement nord non construit au Barbonnet. Ils ne disposent pas de cloche mais d’un créneau d’observation par direction.

Les abris de Corse

Des abris sont construits à Pertusato par la Main d’Oeuvre Militaire en 1932-33 sur le modèle d’abris cavernes simplifiés comportant deux entrées, deux galeries parallèles protégées par six mètres de roc. Chacun des trois abris peuvent abriter soixante-dix hommes.

Particularités des organisations fortifiées de Tunisie

La Ligne Mareth est organisée en points d’appuis avec un total de quarante-neuf PA, vingt-huit sur la LPR (Ligne Principale de Résistance) et vingt-un sur la ligne d’arrêt. . La physionomie varie en fonction de l’emplacement des points d’appui : plaine ou montagne.

L’essentiel des constructions bétonnées ont été construites entre 1936 et 1939 et se décomposent en plusieurs types :

-La casemate d’infanterie ressemble fortement à une casemate STG (Service Technique du Génie qui à repris le flambeau de la CORF le 1er janvier 1936) allégée à deux créneaux de mitrailleuses en échelon refusé. L’épaisseur des murs le met à l »abri d’un coup isolé de 105 mm.

-Le poste commandement (PC) se présente sous deux formes soit comme PC de surface comme dans l’Oued Gouabasia ou comme PC-caverne type A10.

-La casemate/PC ressemble aux casemates du Rhin, combinant comme son nom l’indique un poste de commandement et une casemate de mitrailleuses, l’épaisseur de ses murs étant similaire à celle des murs des casemates d’infanterie.

-La casemate ou plate-forme pour 47M est une plate-forme bétonnée ressemblant aux cuves aménagées dans le Nord-Est pour un canon de 65mm dôtée d’un toit en tôle et accolée à un abri pour le personnel.

-La casemate à canon de 75mm est conçue pour abriter un canon de 75mm de marine. Elle se présente sous la forme d’un bloc carré ressemblant au blockaus modèle 1936 pour canon antichar. Dix casemates de ce type ont été construits.