Etats Unis (125) Armée de terre (15)

Uniformes et Equipement individuel

Avant-propos

Uniforme bleu

Uniforme d’officier d’un régiment de volontaires de Pennsylvanie durant la guerre de Sécession

Si les Etats-Unis ont conservé une partie des traditions militaires de leur ancienne puissance coloniale, au niveau des uniformes, ils ont vite adopté au 19ème siècle une tenue bleue d’où le nom de Tuniques Bleues ou de Blues donnés aux soldats de l’US Army.

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24-Armée de l’air (2)

A-Organisation de l’armée de l’air en septembre 1948

Avant-Propos

Le schéma dans lequel l’armée de l’air s’ébat en septembre 1948 est issu d’un décret du 14 mars 1944 prit par le ministre de l’Air, Olivier de Pommeyroles sur un projet validé par le général d’armée aérienne Mondory.

Ce dernier nommé en remplacement du général Vuillemin tragiquement décédé dans un accident d’avion le 21 mars 1943 à Colomb-Béchar s’inspire de l’organisation de la Royal Air Force avec des commandements spécialisés, commandements chargés de la conduite opérationnelle en liaison avec les armées qui bénéficient d’un soutien direct composé généralement de deux ou trois groupes de chasse, de deux groupes d’assaut ou de bombardement sans oublier les Groupes Aériens d’Observation qui eux sont rattachés aux Corps d’Armée.

Après des problèmes rencontrées durant les premières semaines du conflit, le général Mondory et le général Wismer _successeur du général Ganelon ayant démissioné pour des raisons de santé_ se mettront d’accord pour que l’armée de l’air garde le contrôle sur toutes ces unités (sauf les GAO) en utilisant le principe du taxi.

Dès qu’une armée est déployée, l’armée de l’air informe l’état-major de cette armée des unités disponibles pour assurer une couverture de chasse, des missions d’appui-sol, de lutte antichar voir de ravitaillement. C’est ensuite l’armée qui indique les cibles potentielles et ses besoins, une sorte de donant-donant qui donnera des résultats remarquables une fois au point.

On assistera ainsi à une véritable coopération interarmes entre deux armées «adultes», l’armée de terre cessant de considérer l’armée de l’air comme étant toujours l’Aéronautique Militaire.

Si le plus souvent, l’armée de l’air appuyait la manoeuvre de l’armée de terre, il arriva parfois que la manoeuvre de cette dernière soit dictée par les besoins de l’armée de l’air notamment la prise de terrains d’aviation ou la neutralisation de batteries antiaériennes.

Si les différents commandements sont chargés du commandement et de la préparation au combat, il existe une deuxième chaine de commandement, une chaine administrative partant de l’état-major de l’armée installé à Paris reposant sur les Zones Aériennes Militaires (ZAM) au nombre de six en métropole regroupant un certain nombre de provinces.

Dirigées par des généraux de corps d’armée aérien, les ZAM sont subdivisées en district qui correspondent aux provinces, districts dirigés par un adjoint air au gouverneur militaire de la région militaire en question.

Les ZAM s’occupent de la gestion administrative des personnels (recrutement et recensement, affectation), de l’entretien des bases aériennes et de la gestion des stocks logistiques qui vont des cartouches pour mitrailleuses aux avions.

 Etat-major Général de l’Air (EMGAA)

Cet état-major est implanté à Paris dans le 15ème arrondissement de Paris. Installé dans des bâtiments de facture moderne datant du début des années trente, l’EMGAA assure la commandement de toutes les unités de l’armée de l’air notamment en métropole, les moyens de transmissions de l’époque rendant compliqué un contrôle strict et précis des forces déployées au fin fond de l’AOF, de l’AEF ou de l’Indochine.

Organisé comme un état-major classique avec les différents bureaux (bureau un : personnel bureau deux : renseignement bureau trois : opérations bureau quatre : logistique bureau cinq : planification et bureau six : transmissions), il à sous ses ordres un commandement opérationnel des forces aériennes (COFA) et un commandement administratif de l’armée de l’air (COADAA) chargé de toute la planification à long terme, la gestion logistique et administrative des choses.

Du COFA dépendent les différents commandements opérationnels et du COADAA, la chaine de commandement ZAM-district.

Zones Aériennes Militaires (Z.A.M)

Carte des Zones Aériennes Militaires (ZAM)

Carte des Zones Aériennes Militaires (ZAM)

Ces circonscriptions militaires sont donc chargées de la gestion administrative des forces aériennes, le recrutement ou le recensement (pour les appelés) des personnels, la gestion de leurs carrières, la gestion des bases aériennes (construction, entretien) et de la logistique (achats, paiements de fournisseurs, gestion des stocks).

En métropole, on trouve six Zones Aériennes Militaires recouvrant tout le territoire métropolitain et la Corse, les Z.A.M sont donc un regroupement des provinces et des régions militaires :

-La 1ère Zone Aérienne Militaire (1ère Z.A.M) correspond à la 1ère région militaire (province d’Ile de France), à la 2ème région militaire (province de Flandre-Picardie) et à la 3ème régions militaire (province de Normandie).

-La 2ème Zone Aérienne Militaire (2ème Z.A.M) correspond à la 12ème région militaire (province de Bourgogne), à la 15ème région militaire (province de Champagne), de la 16ème région militaire (province d’Alsace) et de la 17ème région militaire (province de Lorraine).

-La 3ème Zone Aérienne Militaire (3ème Z.A.M) correspond à la 4ème région militaire (province de Bretagne), à la 5ème région militaire (province du Poitou) et à la 14ème région militaire (province du Val de Loire)

-La 4ème Zone Aérienne Militaire (4ème Z.A.M) correspond à la 6ème région militaire (province d’Aquitaine) et à la 7ème région militaire (province d’Occitanie)

-La 5ème Zone Aérienne Militaire (5ème Z.A.M) correspond à la 8ème région militaire (province du Languedoc) et à la 13ème région militaire (province d’Auvergne)

-La 6ème Zone Aérienne Militaire (6ème Z.A.M) correspond à la 9ème région militaire (province de Provence) à la 10ème région militaire (Province Alpine) et à la 11ème région militaire (province du Val de Rhône).

Les Z.A.M disposent d’un organe de commandement installé dans une des villes chef-lieu de province et divisés en districts qui correspondent aux provinces englobées dans les Z.AM.

Ensuite l’unité élémentaire est la base aérienne gérée par un officier supérieur de rang subalterne chargé de conserver sa base opérationnelle en disposant de pouvoir étendus en matière de défense, d’entretien, de construction notamment en temps de guerre où il peut réquisitionner hommes et matériels.

On trouve également des Zones Aériennes Militaires (Z.A.M) dans l’Empire avec trois en Afrique du Nord (une au Maroc, une en Algérie et une troisième en Tunisie), une au Levant, une aux Antilles, une pour l’AOF, une pour l’AEF et l’Océan Indien, trois pour l’Indochine (une pour le Tonkin et le Laos, une autre pour l’Annam et la Cochinchine et une troisième pour le Cambodge) et une pour le Pacifique.

Ces Z.A.M sont divisées en districts qui correspondent ici aux bases aériennes sauf dans l’Océan Indien (un district à Djibouti, un district à Madagascar et un district pour l’AEF stricto sensu) et en Indochine, la Z.A.M Tonkin/Laos disposant d’un district du Tonkin et un district du Laos, la Z.A.M Annam/Cochinchine disposant d’un district d’Annam et d’un district de Cochinchine alors que la Z.A.M Pacifique était divisée en un district de Nouvelle Calédonie et un district de Polynésie.

22-Armée de terre : armement et matériel (100) ordre de bataille (34)

Indochine

Carte de l'Union Indochinoise

Carte de l’Union Indochinoise

Préambule : notre seule colonie d’Asie

C’est la France de Napoléon III qui entame la conquête de l’Indochine française avec tout d’abord la Cochinchine en 1862, le Cambodge en 1863, l’Annam et le Tonkin en 1884 avant d’être regroupé dans une Union indochinoise en 1887.

Si l’Algérie à marqué les consciences par son statut de colonie de peuplement, l’Indochine avait une place particulière dans l’Empire français. Colonie la plus peuplée avec 25 millions d’habitants, elle fascinait les métropolitains attirés par l’Asie et les mystères.

Longtemps, la défense à été négligée ou n’était pas une priorité pour la France qui avait déjà fort à faire avec la Métropole et l’Afrique du Nord.

Néanmoins alors que la décennie 1940 commence, la France décide de renforcer sérieusement la défense de son unique colonie d’Asie.

Paris ne se fait pas d’illusions : si le Japon veut l’indochine et ses richesses (riz, charbon, minerai d’acier, caoutchouc) elle l’aura néanmoins elle peut rendre cette digestion indigeste.

De plus, les troupes japonaises engagées dans le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine ne seront pas engagées en Chine, aux Phillipines, en Malaisie et dans les Indes Néerlandaises.

Si le renforcement de la marine est spectaculaire (nouvelle base navale, arrivée d’un croiseur lourd, d’un croiseur léger et même d’un porte-avions) et que l’armée de l’air y déploie des chasseurs modernes (Dewoitine D-520), l’armée de terre n’est pas en reste.

Les Forces Françaises en Indochine (1) : situation en septembre 1939

Au niveau de l’infanterie, en septembre 1939, l’organisation est comparable à celle du Levant avec des divisions territoriales et des régiments indépendants.

Au Tonkin, la Division du même nom dispose de trois brigades, les 1ère, 2ème et 3ème brigades

On trouve également une Division baptisée «Division de Cochinchine-Cambodge» et une Division baptisée «Division d’Annam-Laos».

On trouve également des unités indépendantes avec pas moins de douze régiments d’infanterie indépendants :

-9ème régiment d’infanterie coloniale (9ème RIC)

-11ème régiment d’infanterie coloniale (11ème RIC)

-10ème régiment mixte d’infanterie coloniale (10ème RMIC)

-19ème régiment mixte d’infanterie coloniale (19ème RMIC)

-1er régiment de tirailleurs tonkinois (1er RTTon)

-2ème régiment de tirailleurs tonkinois (2ème RTTon)

-3ème régiment de tirailleurs tonkinois (3ème RTTon)

-4ème régiment de tirailleurs tonkinois (4ème RTTon)

-1er régiment de tirailleurs annamites (1er RTAn)

-1er régiment de tirailleurs cambodgiens (1er RTC)

-5ème régiment étranger d’infanterie (5ème REI)

-4ème régiment de tirailleurs montagnards (4ème RTMon)

-En Chine, on trouve le 16ème régiment d’infanterie coloniale ainsi que les 103ème 104ème et 108ème bataillons de marche d’infanterie coloniale.

En ce qui concerne les chars et la cavalerie, on ne trouve en Indochine en septembre 1939 que des unités éparses avec un escadron d’automitrailleuses à Hanoï et un peloton stationné à Saïgon, peloton qui deviendra escadron ultérieurement.

On trouve également des détachements de chars équipés de Renault FT (une compagnie à Hanoï, une à Saïgon, un détachement motorisé en Cochinchine plus en Chine deux sections déployés à Tien-Tsin et une compagnie à Shanghaï.

Dans le domaine de l’artillerie, on trouve les 4ème et 5ème régiments d’artillerie coloniaux (4ème et 5ème RAC) ainsi qu’un groupe d’artillerie mixte colonial stationné en Chine.

Les Forces Françaises en Indochine (2) : situation en septembre 1948

A partir de 1942, les Forces Françaises en Indochine commencent leur montée en puissance pour transformer l’Union Indochinoise en porc-épic indigeste pour les forces nippones.

-Au niveau de l’infanterie, on trouve six Divisions Légères d’Infanterie (D.L.I) et douze régiments d’indépendants.

Les sept Divisions Légères d’Infanterie sont créées à partir des Divisions territoriales en musclant les différentes brigades. Il s’agit de rendre ces unités plus souples pour pouvoir opérer seules en profitant d’un terrain souvent favorable à la défense.

Au delà d’une meilleure efficacité militaire, il y à également la propagande puisqu’en alignant des divisions au lieu de brigades, on donne à penser à l’adversaire que les forces qu’il à en face de lui sont nettement plus musclées qu’auparavant ce qui n’est que partiellement vrai.

C’est ainsi que la 1er brigade d’infanterie de la Division du Tonkin donne naissance à la 6ème D.L.I, que la 2ème brigade donne naissance à la 7ème D.L.I et que la 3ème brigade donne naissance à la 8ème D.L.I, ces trois divisions étant déployés dans le Tonkin pour couvrir notamment la conurbation Hanoï-Haïphong.

La 9ème D.L.I est issue de la Division Cochinchine-Cambodge est chargée de la défense du Cambodge, la 10ème DLI est issue de la même division mais est déployée en Cochinchine avec pour mission principale la défense de Saïgon.

La brigade d’Annam-Laos donne naissance aux 12ème et 13ème DLI chargées respectivement de la défense de l’Annam et du Laos.

Ces sept divisions sont organisées comme les autres D.L.I mais disposent elles de régiments d’infanterie légère (R.I.L), une appélation administrative peu glamour et rapidement remplacée dans les faits (mais non officialisée avant guerre) par le terme de voltigeurs ce qui nous donne des RV ou RVI pour régiments de voltigeurs d’Indochine.

Ces régiments sont organisés comme n’importe quel RI avec notamment trois bataillons de combat mais à la différence de la Métropole ou de l’Afrique, le troisième bataillon n’est ici activé qu’en temps de guerre avec de nouvelles recrues et des réservistes.

La 6ème D.L.I dispose du 1er et du 4ème R.I.L, la 7ème DL.I du 2ème et du 5ème R.I.L, la 8ème D.L.I du 3ème et du 6ème R.I.L, la 9ème D.L.I du 7ème et du 10ème R.I.L, la 10ème D.L.I du 8ème et du 11ème R.I.L, la 12ème D.L.I du 9ème et du 12ème R.I.L et enfin la 13ème D.L.I du 13ème et du 14ème R.I.L.

-Les régiments indépendants existant en 1939 le sont toujours en 1948. Dispersés sur tout le territoire de l’Union Indochinoise, ils assurent la défense locale et la tenue de postes destinés à mailler le territoire.

En dépit de réserves de certains officiers et responsables, les régiments sont déployés dans leurs régions de recrutement, les partisans de cette solution estimant non sans raison d’un régiment déployé dans sa région natale sera plus motivé au combat.

-Le 9ème Régiment d’Infanterie Coloniale est déployé à Saïgon. Sa mission est de défendre la ville contre une menace extérieure et intérieure.

-Le 11ème Régiment d’Infanterie Coloniale est déployé à Tourane

-Le 10ème Régiment Mixte d’Infanterie Coloniale est stationné à Haïphong

-Le 19ème Régiment Mixte d’Infanterie Coloniale est stationné à Hanoï. Sa mission est de défendre la ville contre une menace extérieure et intérieure.

-Le 5ème Régiment Etranger d’Infanterie est stationné à Hué

-Les 1er, 2ème, 3ème et 4ème régiments de tirailleurs tonkinois sont déployés dans le Tonkin, s’appuyant notamment sur les postes de la Ligne Doumer.
-Le 1er régiment de tirailleurs annamites est déployé à Hué

-Le 1er régiment de tirailleurs cambodgiens est déployé à Phnom Penh

-Le 4ème bataillon de tirailleurs montagnards est transformé en régiment à deux bataillons en 1944 sous le nom de 4ème régiment de tirailleurs montagnards. Il est stationné à Vientane au Laos

-En Chine, on trouve le 16ème régiment d’infanterie coloniale chargé d’assurer la protection de la légation, les bataillons de marche ayant été dissous pour renforcer d’autres unités. Ce régiment est stationné à Shanghaï.

En ce qui concerne les chars et la cavalerie, on ne trouve toujours en Indochine que des unités éparses avec un escadron d’automitrailleuses à Hanoï et un peloton stationné à Saïgon, peloton qui deviendra escadron ultérieurement.

Le 1er septembre 1945, le Groupement Mécanisé Colonial est créé à Hanoï. Ce groupement mécanisé colonial va être organisé selon un schéma qui va s’inspirer de celle de la 1ère D.L.C avec un état-major, un régiment de découverte, un régiment de combat, un régiment de dragons portés coloniaux, un régiment d’artillerie motorisée, des unités antichars et antiaériennes ainsi que des services.

Pour bien montrer la spécificité de cette unité, les régiments de cavalerie sont baptisés RCI pour Régiment de Cavalerie Indochinoise (R.C.I).

-Un état-major de division

-Le 1er RCI équipé de Panhard AMD-178 et de fusiliers motocyclistes

Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

-Le 2ème RCI équipé de Somua S-35 avec pas moins de quatre escadrons à cinq pelotons de six véhicules soit un total de 120 chars

-Le 1er régiment de dragons portés coloniaux (1er RDPC) avec trois bataillons dont un de mobilisation

-Le 79ème régiment d’artillerie tout-terrain tractée équipé de canons de 75mm TAZ modèle 1939 et d’obusiers de 105C modèle 1935B, tous remorqués.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon antichar de 47mm modèle 1937

-Une batterie antichar divisionnaire équipé de canons de 47mm modèle 1937 remorqués par tracteurs

-Une batterie antiaérienne divisionnaire équipé de canons de 25mm modèle 1939 remorqués par camions

-Un bataillon du génie à trois compagnies

-Une compagnie radio

-Un escadron de réparations divisionnaire

-Une compagnie de transport automobile

-Un groupe sanitaire divisionnaire
A la déclaration de guerre de septembre 1948, le GMC est rebaptisé 2ème Division Légère de Cavalerie.

Sa mission est de mener d’inlassables combats retardateurs contre les japonais moins bien équipées en matériel blindé. Il s’agit de profiter au maximum du terrain, de manoeuvrer, d’user l’infanterie nippone, de l’obliger à avancer prudement de peur d’être tournée et d’être isolée en petits groupes qui certes se batteront avec fanatisme jusqu’à la mort mais ne présenteront guère plus une menace militaire.

Les compagnies de chars déployées en Indochine sont rééquipés de Renault R-35 en 1947 pour ainsi renforcer le GMC. A noter que les Renault FT déployés en Chine restent en service.

En ce qui concerne l’artillerie, nous trouvons toujours les 4ème et 5ème Régiments d’Artillerie Coloniale alors que le groupe d’artillerie mixte coloniale à été dissous en 1944 et son personnel envoyé au sein des 4ème et 5ème RAC pour les renforcer et en conséquence faciliter la mise sur pied des nouveaux RAC par un jeu de vases communiquants.

Le 4ème RAC intègre la 6ème Division Légère d’Infanterie et le 5ème RAC intègre la 7ème Division Légère d’Infanterie.

Cinq nouveaux régiments d’artillerie coloniaux sont créés pour équiper les nouvelles DLI :

-Le 6ème régiment d’artillerie coloniale intégré à la 8ème Division Légère d’Infanterie

-Le 7ème régiment d’artillerie coloniale intégré à la 9ème Division Légère d’Infanterie

– Le 8ème régiment d’artillerie coloniale intégré à la 10ème Division Légère d’Infanterie

-Le 9ème régiment d’artillerie coloniale intégré à la 11ème Division Légère d’Infanterie

-Le 10ème régiment d’artillerie coloniale intégré à la 12ème Division Légère d’Infanterie

-Le 11ème régiment d’artillerie coloniale intégré à la 13ème Division Légère d’Infanterie

En ce qui concerne le génie, chaque DLI dispose d’un bataillon du génie, le 58ème bataillon du génie pour la 6ème DLI, le 59ème BG pour la 7ème DLI, le 60ème BG pour la 8ème DLI, le 61ème BG pour la 9ème DLI, le 62ème BG pour la 10ème DLI, 64ème pour la 12ème DLI et le 65ème pour la 13ème DLI.

21-Armée de terre (2)

L’armée villeneuvienne : «plus rien ne sera comme avant»

Le nouveau chef d’état-major général appelé à devenir en temps de guerre Generalissime des forces alliées se met aussitôt au travail en parfaite intelligence avec le général Ganelon, CEMAT, un partisan de ses thèses, thèses partagées par un certain nombre d’officiers comme le général Prioux, le général Billotte ou le colonel De Gaulle.

Il résume sa pensée dans un texte appelé Doctrine offensive de l’armée de terre publiée le 21 septembre 1940. Le titre en lui même est révélateur de la primauté de l’offensive sur la défensive mais il ne faudrait pas croire au retour d’une école de pensée qui fit tant de mal à l’armée française qui chargea baïonette au canon les mitrailleuses allemandes dans les plaines de Belgique pour le prix que l’on sait.

En effet le général Villeneuve est plus nuancé dans ses écrits que ne le laisse supposer le titre. La mécanisation et la motorisation d’un grand nombre d’unités doit permettre à l’armée de terre de choisir son champ de bataille, de porter le fer dans les plaines belges ou sur le Rhin.

En cas d’offensive ennemie, les unités mécaniques qu’ils s’agissent des DLM ou des DCr doivent user les pointes ennemies, le canaliser ou simplement le repousser en gagnant le temps nécessaire pour permettre aux DI et aux DIM moins mobiles de se replier ou de gagner une véritable ligne de défense.

Si l’offensive est de notre initiative, les Corps d’Armée Cuirassés (C.A.C) composés de Divisions Cuirassés de Réserve (Divisions Cuirassées à partir de 1943) forment la pointe de diamant du dispositif. Ils doivent rechercher la percée puis désarticuler le dispositif ennemi.

Cette façon de faire (qui peut voir également les DLM dans le rôle des DC) rappelle l’art opératif théorisé en URSS mais surtout la façon de faire de l’armée française au cours des offensives victorieuses du printemps 1918.

Après avoir vainement cherché la percée et la bataille décisive qui déciderait du sort de la guerre (une idée qui ne cesse d’hanter l’art militaire germanique et la pensée militaire allemande), la France change de tactique, préférant une série d’offensives locales sur tout le front.

Résultat : l’ennemi perd l’initiative d’envoyer ses réserves à un point ou un autre du front pour empêcher une percée qui tôt ou tard se produira puisque l’offensive ennemi tombera forcement sur un point faible mal couvert.

Une fois la percée obtenue, il faut l’exploiter, tâche jadis dévolue à la cavalerie à cheval et tache que peut assurer la DC dans la foulée de la percée à moins qu’elle ne préfère laisser ce travail à une DLM.

Cependant les DC et les DLM ne peuvent tout faire. C’est là qu’interviennent les DI et les DIM ou Divisions d’Infanterie Motorisées. Alors que les DI sont quasi exclusivement hippomobiles, les DIM sont partiellement motorisées, pouvant théoriquement se déplacer plus rapidement.

Pour le bouillant général Villeneuve, cela est bien insuffisant. Quand il succède au «Vieux» (surnom qu’il donnait en privé au général Gamelin), son objectif est de parvenir à une armée 100% motorisée, pouvant facilement suivre les DCr et les DLM.

Très rapidement, il doit réduire ses prétentions tant la motorisation totale des vingt-huit divisions d’infanterie nécessiterait un effort hors de portée du budget de l’armée et de l’industrie française sauf peut être en temps de guerre où on est moins regardant sur les dépenses.

Il préfère fixer des objectifs moins ambitieux en demandant que les sept D.I.M soient entièrement motorisées pour 1946, objectif qui ne sera accompli qu’en 1947 tandis qu’une DI de type Nord-Est sera motorisée ce qui donnera huit divisions motorisées en septembre 1948. Paradoxalement, il est même en retrait par rapport aux plans d’avant guerre qui prévoyait dix divisions d’infanterie motorisées, plan dont la réalisation était prévu pour le printemps 1950…….. .

Ce retrait est en fait un compromis pour obtenir des régiments d’infanterie disposant de véhicules organiques, des Laffly S 20 TL-12 (version modifiée du S 20 TL pour pouvoir transporter un chauffeur et les onze hommes du groupe de combat)  les rendants totalement autonomes des moyens du train.

Le régiment d’artillerie est totalement motorisé tous comme les unités du génie, les différentes compagnies indépendantes de la division intégrant un bataillon du génie.

Les autres armes sont également modernisées, l’artillerie reçoit des pièces modernes, motorise une partie de ses régiments et de ses unités (notamment ses batteries divisionnaires antichars), reçoit ses premiers vrais canons automoteurs, le génie s’adapte au combat mécanisé et la logistique est totalement réorganisée pour pouvoir suivre le rythme effrené des opérations modernes.

Sur le plan matériel, de nouveaux véhicules apparaissent, des véhicules de combat, d’appui et de soutien adaptés à la doctrine villeneuvienne de l’offensive comme valeur cardinale pour ne jamais rester sous le contrôle de l’ennemi.

L’infanterie qui reste malgré tout la reine des bataille s’adapte au combat mécanisé, les arrmes automatiques se multiplient, sa puissance de feu augmente et même sa tenue s’adapte même si le look extérieur ressemble encore furieusement aux glorieux anciens du premier conflit mondial.

Ce choix de l’offensif à un impact sur la ligne Maginot qui reste un pivot de la stratégie française en couvrant la frontière, en obligeant l’Allemagne à passer par la Suisse ou par la Belgique, Paris poussant la Belgique de Leopold III et les Pays Bas de la reine Wilhelmine à moderniser ses forces armées pour opposer une résistance crédible à l’Allemagne le temps que les forces franco-anglaises interviennent massivement dans les plaines belgo-néerlandaises.

Cette modernisation de l’armée de terre va s’accompagner parallèlement d’une profonde modernisation matérielle et doctrinale de l’armée de l’air dont la  mission première au delà de la défense du territoire est d’appuyer les CAC et les Corps de Cavalerie en leur offrant des capteurs de reconnaissance, une couverture aérienne et un appui rapproché pour favoriser la percée. (plus de détails dans la partie consacrée à l’armée de l’air).

Evolution générale des structures

En dépit de la fin de la guerre de Pologne et alors que l’armée de terre est toujours sur le pied de guerre, la modernisation se poursuit, l’arme la plus concernée étant la cavalerie et l’arme des chars d’infanterie, ces deux armes fusionnant au sein d’une Arme Blindée-Cavalerie (ABC) officiellement créée le 1er janvier 1943, ne faisant qu’enteriner une situation établie de facto depuis 1941 et le choix résolu d’une armée blindée-mécanisée.

Pour contrer les Panzerdivisionen (dix en septembre 1939, douze en juillet 1948), le général Villeneuve décide de dévelloper les D.L.M et les DCr devenues DC en juin 1943.

En septembre 1939, l’armée de terre disposait de deux divisions légères mécaniques ou DLM, la 1ère DLM basée à Reims et la 2ème DLM basée à Melun dans la région parisienne.

La 3ème DLM est mise sur pied en février 1940 par mécanisation de la 1ère Division de Cavalerie basée à Orléans, la 4ème DLM est mise sur pied en septembre 1940 par mécanisation de la 2ème Division de Cavalerie basée à Luneville alors que la 5ème DLM est mise sur pied en juin1941 par mécanisation de la 3ème Division de Cavalerie basée à Paris.

Une 6ème DLM est mise sur pied en mars 1943 à Orange selon une nouvelle organisation avec notamment un deuxième régiment de dragons portés pour augmenter les unités d’infanterie de ces unités, les autres DLM ralliant ultérieurement ce modèle.

Deux autres DLM sont mises sur pied en septembre 1947, la 7ème DLM basée à Valenciennes et la 8ème DLM basée à Epinal mais elles ne sont pas totalement opérationnelles en septembre 1948, le matériel est présent (sauf quelques lacunes en terme de défense antichar et de défense antiaérienne) mais l’entrainement n’à pas été aussi poussé que les «vieilles unités».

En temps normal, ces divisions restent basés dans leurs garnisons du temps de paix même si deux fois par an, elles vont manoeuvrer avec les unités avec lesquelles ils forment des Corps de Cavalerie rattachés directement aux Groupes d’Armées.

Selon le dispositif prévu depuis septembre 1945, les huit Divisions Légères Mécaniques vont former trois corps de cavalerie. Si la 6ème DLM est la seule division de ce type affectée à demeure au sein du GA-3, les autres forment des Corps de Cavalerie répartis de la façon suivante :

-1er Corps de Cavalerie (1er C.C) : 1ère et 5ème DLM affecté au Groupe d’Armées n°1

-2ème Corps de Cavalerie (2ème C.C) : 3ème et 7ème DLM affecté au Groupe d’Armées n°1

-3ème Corps de Cavalerie (3ème C.C) : 2ème, 4ème et 8ème DLM affecté au Groupe d’Armées n°2

Cohabitant avec les DLM, on trouve également les Divisions Cuirassées un temps dites de réserve avant de devenir en mars 1943, les Divisions Cuirassées. Ce changement sémantique étant tout sauf innocent.

Conçues à l’origine comme des unités de contre-attaque, les DCr devaient colmater une brèche pour permettre aux unités d’infanterie de rétablir un front continu. Désormais les DC sont en pointe pour percer, désarticuler le dispositif ennemi, frapper l’ennemi au coeur en bénéficiant de l’appui des DLM et des DIM.

Après les succès allemands en Pologne, le général Gamelin avait décidé la mise sur pied de deux brigades cuirassées, les 1ère et 2ème brigades cuirassées. Ces deux brigades deviennent divisions à l’hiver 1940.

Ces 1ère et 2ème Divisions Cuirassé de réserve sont suivis d’une troisième créée au printemps 1940 et d’une quatrième levée à partir de septembre 1940. Ces deux divisions sont d’une organisation semblable aux D.L.M avec pour principale différence de disposer de chars lourds B1bis et B1ter en attendant des chars plus adaptés.

Ces quatre divisions forment une unique et puissant Corps d’Armée Cuirassé (C.A.C) placé sous le commandement direct du CEMAT, un outil stratégique, un vrai bélier même si d’aucun s’interroge sur la difficulté à manoeuvrer quatre divisions aussi lourdes puisque représentant une masse de 732 chars lourds et légers.

En septembre 1947, deux nouvelles DC sont créées, les 5ème et 6ème Divisions Cuirassées ce qui entraine la division du CAC en deux. Le 1ère CAC va aligner  les 1ère, 3ème et 5ème DC alors que le 2ème CAC dispose des 2ème, 4ème et 6ème DC.

Ces deux Corps d’Armées Cuirassés sont stationnés l’un au nord de Paris et le second à l’est de la capitale, donnant un axe potentiel à leur intervention, la Belgique pour le 1er CAC, le Rhin et l’Allemagne pour le 2ème CAC.

La 1ère DC est ainsi stationnée au camp de Suippes, la 2ème DC à Chalons sur Marne, la 3ème DC à Compiègne, la 4ème DC dite «Division de Fer» dans la région de Nancy, la 5ème DC à Amiens et la 6ème DC à Toul

Bien entendu, il ne s’agit que d’indications génériques, la totale mécanisation et la totale motorisation des Divisions Cuirassées leur permettant de se déplacer très rapidement d’un point à un autre.

Avec quatorze unités blindées-mécanisée (comme on dirait aujourd’hui), la force de manoeuvre de l’armée de terre est supérieure à celle de l’armée allemande qui ne dispose que de douze Panzerdivisionen et même des britanniques qui n’alignent que quatre Armoured Division et six Independant Armoured Brigade.

Les DC et les DLM ne sont pas les seules unités de la cavalerie puisqu’on trouve encore quelques unités montées dans l’Empire, les Bataillons de Chars de Combat (vingt-sept en Métropole et d’autres en AFN et au Levant) ainsi que les GRDI et les GRCA. Si les GRDI existent dès le temps de paix (au nombre de vingt-huit), les GRCA sont mis sur pied à la mobilisation pour la simple et bonne raison que les Corps d’Armée n’existent pas en temps de paix.

Un mot également sur le Groupement Mécanisé Colonial (GMC), une division mécanique spécifiquement conçue pour être déployée en Indochine. Basée au sud d’Hanoï, elle à pour mission de défendre le Tonkin.

Le terrain difficile du Vietnam devrait pousser le commandant du GMC à fractionner ses moyens pour appuyer plus efficacement les unités d’infanterie déployées en Indochine, une situation en contradiction avec le but du GMC qui est de faire masse. Peu après l’entrée en guerre de la France, le GMC est rebaptisé 2ème Division Légère de Cavalerie.

Comme nous l’avons vu plus haut, les Divisions d’Infanterie Motorisées font coller leur dénomination avec la réalité de leurs moyens. Les unités d’infanterie sont ainsi transportés par leurs propres véhicules organiques, les armes d’appui partiellement motorisée le sont totalement.

Huit divisions motorisées sont ainsi en ligne en septembre 1948, les sept existant en septembre 1939 auxquelles s’ajoutent la 11ème DI (Nancy) qui devient donc la 11ème DIM. Les autres divisions d’infanterie ne sont que partiellement motorisées, l’artillerie de campagne restant par exemple hippomobile.

Dans le cadre de la planification de la mobilisation, il est prévu de lever entre 40 et 50 Divisions d’Infanterie de série A et de série B, certaines devant être totalement motorisées mais la majorité devraient être du type Nord-Est faute d’un nombre suffisants de camionettes et de camions.

Pour ce qui est des structures infra-régimentaires, la situation n’évolue pas, la structure de base présente en septembre 1939 étant jugée encore bonne en septembre 1948 même si lucide le général Villeneuve précise que «Seul le feu révèle l’efficacité des structures, du matériel et des hommes. Un exercice aussi poussé soit-il ne pourra jamais autant révéler que le combat».

A noter qu’au sein des DI type Nord-Est, les canons antichars sont motorisés pour faciliter la manoeuvre des canons de 25 et de 47mm, la seule défense de l’infanterie contre les chars quand ceux-ci sont absents côté français.

19-Marine marchande (17)

D-Situation de la Marine Marchande française en 1948

Avant propos

Les tensions augmentant à partir de l’été 1948, la Direction du Transport Militaire envoie un message aux navires réquisitionnables dès le 12 août, leur demandant de rallier le plus rapidement possible un port français et surtout quitter un port où ils pourraient être vulnérables à une action ennemie (sous entendue italienne, allemande ou espagnole).

A partir du 27 août 1948, des navires sont réquisitionnés ou militarisés mais l’action allemande en Norvège et au Danemark surprend la marine marchande en plein période de «militarisation» ce qui explique le retard à envoyer le CEFAN en Norvège.

Affréteurs maritimes indochinois

Cet armateur dispose en août 1948 de la flotte suivante :

-Cargo Albert Sarrault (1921) 2156 TJB (ce navire appartient au gouvernement général de l’Indochine qui le place en gérance dans  cette compagnie)

-Cargo Gouverneur Général Alexandre Varenne (1922) 3508 TJB

-Cargo Gouverneur Général Constants (1945) 6500 TJB

-Cargo Gouverneur Général De Lanessan (1945) 6500 TJB

-Cargo Gouverneur Général Jules Brévier (1947) 6500 TJB

-Cargo Gouverneur Général Pasquier (1947) 6500 TJB

Ces navires ne sont pas concernés par l’ordre de réquisition pour ne pas provoquer les japonais dont les visées sur l’Indochine sont connues et reconnues.

Néanmoins à partir du mois d’août, les Affréteurs maritimes indochinois vont de plus en plus souvent travailler pour la marine et les forces françaises en Indochine, transportant notamment troupes et matériels entre la Cochinchine et le Tonkin.

Armement Louis Dreyfus

La filiale maritime du groupe Louis Dreyfus dispose en août 1948 des navires suivants :

-Cargo Charles LD (1933) 5267 TJB : Casablanca

-Cargo François LD (1938) 5800 TJB : Fort de France

-Cargo Jean LD (1935) 5795 TJB : Le Havre

-Cargo Léopold LD (1933) 5267 TJB : Rio de Janeiro. Une avarie le fait quitter le Brésil seulement le 28 août 1948 pour Dakar où il est immobilisé pour être transformé en transport de troupes.

-Cargo Louis LD (1936) 5795 TJB : Dunkerque

-Cargo Pierre LD (1936) 5795 TJB : Alger

-Cargo Alain LD (1946) 6500 TJB : Beyrouth

-Cargo Phillipe LD (1946) 6500 TJB : Marseille

-Cargo Maurice LD (1948) 6500 TJB : Marseille

-Cargo Henri LD (1948) 6500 TJB : Marseille

-Paquebot mixte Côte d’Albatre (1946) 18000 tonnes. En Méditerranée. Reçoit l’ordre de rallier Bizerte où il doit être transformé en croiseur auxiliaire

-Paquebot mixte Côte du Levant (1948) 18000 tonnes. Le 12 août est à Bordeaux. Devait repartir le 19 pour Fort de France mais il est réquisitionné le 17. Doit être transformé en transport de troupes.

Armement Maurel et Prom

En 1939, la flotte enrichie d’un ancien cargo américain racheté par le gouvernement français est assez ancienne. Aussi la mise en place à partir de 1942 de primes par la CNM est la bienvenue pour renouveler la flotte qui en 1948 se compose des navires suivants :

-Cargo Lisieux (ex-Munami EUA) (1919) 2594 TJB Dakar

-Cargo Montesquieu (1922) 3325 TJB Dakar

-Cargo type Commission  Voltaire (1947) 6500 TJB Le Verdon

-Cargo type Commission Diderot (1947) 6500 TJB La Pallice

Armement Schiaffino

Cet armement algérois dispose en septembre 1939 de la flotte suivante :

-Cargo Ange Schiaffino (1929) 3236 TJB Alger

-Cargo Catherine Schiaffino (1930) 1591 TJB Sète
-Cargo Charles Schiaffino (1930) 3664 TJB Alger

-Cargo Jacques Schiaffino (1930) 1757 TJB Marseille

-Cargo Jeanne Schiaffino (1922) 1032 TJB Casablanca

-Cargo Marcel Schiaffino (1929) 3482 TJB en mer entre Bone et Port Vendres

-Cargo Monique Schiaffino (1929) 3326 TJB Casablanca

-Cargo Nicole Schiaffino (1920) 4974 TJB Casablanca

-Cargo Rose Schiaffino (1920) 3349 TJB Marrakech

-Cargo citerne partielle Prosper Schiaffino (1930) 1634 TJB Tunis

-Cargo Schiaffino (1920) 3236 TJB Alexandrie

-Caboteur Ville de Tenès (1909) 320 TJB Alexandrie

-Caboteur Ville de Tipaza (1917) 331 TJB Alger

-Cargo type Commission Schiaffino frères (1945) 6500 TJB en mer entre Oran et Marseille

-Cargo type Commission Finistère (1945) 6500 TJB en mer entre Oran et Marseille

-Cargo type Commission Ville de Bougie (1946) 6500 TJB immobilisé pour une avarie à Sfax

-Cargo type Commission Louis-Charles Schiaffino (1946) 6500 TJB Oran

-Cargo type Commission Ville de Djidjelli (1945) 6500 TJB Oran

-Cargo type Commission Notre Dame d’Afrique (1947) 6500 TJB Toulon. Réquisitionné par la marine nationale pour transport de munitions et de matériels

-Paquebot-ferry Ville de Sidi-bel-Abbès (1947) Marseille

-Paquebot-ferry Ville d’Arzew (achèvement à flot à La Ciotat)

Armement Scotto Ambrosino et Pugliese

Cet armement sétois dispose en 1948 des navires suivants :

-Cargo Mascot (1922) 1225 TJB Sète

-Cargo Procida (1925) 1156 TJB Sète

-Cargo type Commission Marseillan (1946) 6500 TJB en mer entre Nice et Phillipeville

-Cargo type Commission Etang de Thau (1946) 6500 TJB Alger

Association Pétrolière

Cet armateur dispose à l’été 1948 des navires suivants :

-Pétrolier Bahram (1922) 7765 TJB charge du brut à Batoumi en URSS

-Pétrolier Cyrus (1922) 435 TJB charge du mazout à Haïfa pour alimenter les dépôts de Bizerte

-Pétrolier Firuz (1929) 7327 TJB  Le Verdon

-Pétrolier Kobad (1930) 7329 TJB Donges

-Pétrolier caboteur Le Verdon (1945) 1500 TJB Brest

-Pétrolier caboteur Donges (1946) 1500 TJB Lorient

-Pétrolier caboteur Arzew (1947) 1500 TJB Donges

Compagnie Charles Leborgne

Cette compagnie normande dispose en 1948 des navires suivants :

-Cargo Augustin Le Borgne (1920) 1789 TJB Marseille

-Cargo Charles Le Borgne (1920) 1789 TJB Marseille

-Cargo Josephine Le Borgne (1918) 1309 TJB Marseille

-Cargo type Commission Le Alberte Le Borgne (II) (1944) 6500 TJB  En mer entre Oran et Marseille

-Cargo type Commission Ginette Le Borgne (II) (1945) 6500 TJB En mer entre Alger et Port La Nouvelle

-Cargo type Commission Marie-Louise Le Borgne (II) (1944) 6500 TJB Alger

-Cargo type Commission Marie-Thérèse Le Borgne (II) (1945) 6500 TJB Alger

-Paquebot mixte Etoile du Sahel (1945) 18000 tonnes En mer entre Marseille et Alger. Doit rallier après cette rotation Nord-Sud, La Seyne sur Mer où les chantiers du même nom doivent l’aménager en transport de troupes

-Paquebot mixte Etoile du Nord (1947) 18000 tonnes. A Beyrouth où il doit être aménagé pour transporter des troupes entre le Levant et la métropole ou entre le Levant et l’Océan Indien

Compagnie Nouvelle de Navigation Busck

Cette compagnie fondée en 1895 dispose en 1948 des navires suivants :

-Cargo Cheik (1920) 1058 TJB Le Havre

-Cargo Goumier (1920) 1058 TJB Newcastle

-Cargo Oasis (1937) 1327 TJB Brest

-Cargo Spahi (1920) 1058 TJB Nantes

-Cargo Tell (1937) 1327 TJB La Pallice

-Cargo type Commission Kabyle (1946) 6500 TJB Anvers

-Cargo type Commission Kroumir (1946) 6500 TJB La Corogne

Compagnie de navigation des Chargeurs Réunis

La Compagnie de navigation des Chargeurs Réunis est créée en 1872 au Havre dispose à l’été 1948 des navires suivants :

-Bananier Kakoulima (1933) 3723 TJB aux Antilles

-Bananier Katiola (1935) 3891 TJB Le Havre

-Bananier Kilissi (1933) 3723 TJB Dunkerque

-Bananier Kolente (1933) 3723 TJB Pointe à Pitre

-Bananier Kita (1936) 3894 TJB Fort de France. Doit rallier Dakar pour être transformé en croiseur auxiliaire

-Cargo Aïn El Turk (1925) 2477 TJB (appartient à l’Etat Français, placé en gérance dans cette compagnie) En mer entre Bergen et Dunkerque

-Cargo Bangkok (1919) 8040 TJB Dunkerque.

-Cargo Bougaroni (1919) 3050 TJB (appartient à l’Etat Français, placé en gérance dans cette compagnie) En mer au large de la Crète, doit rallier Marseille après avoir débarqué sa cargaison commerciale à Alger

-Cargo Casamance (1921) 5817 TJB Le Verdon

-Cargo Dahomey (1921) 5851 TJB Immobilisé par une avarie à Rio de Janeiro

-Cargo D’Entrecasteaux (1922) 7291 TJB Port-Etienne

-Cargo Forbin (1922) 7291 TJB En mer dans l’Atlantique

-Cargo Fort Archambault (1918) 5549 TJB Boston

-Cargo Fort Binger (1919) 5250 TJB Glasgow

-Cargo Fort de Douamont (1919) 5266 TJB En mer au large de Lisbonne en direction de Nantes

-Cargo Fort de Souville (1918) 5229 TJB La Pallice

-Cargo Fort de Troyon (1919) 5026 TJB Casablanca

-Cargo Fort de Vaux (1919) 5186 TJB Réquisitionné par la marine nationale depuis juin pour du transport de matériel entre Bizerte et Mers-El-Kébir

-Cargo Fort Lamy (1919) 5234 TJB Le Havre

-Cargo Fort Médine (1919) 5234 TJB Bordeaux

-Cargo Gravelines (1925) 2477 TJB La Pallice

-Cargo Lipari (1922) 9954 TJB En mer entre Le Havre et Plymouth

-Cargo Sainte Louise (ex allemand Trifels) (1922) 6198 TJB. Victime d’un incendie quand il quitte Ostende avec un chargement de minerai de fer pour Dunkerque. Coule le 14 août 1948 sans faire de victimes dans son équipage qui à eu le temps d’évacuer

-Paquebot Cap Padaran (1922) 8009 TJB Déployé en Indochine sur la ligne Haïphong et Saïgon

-Paquebot Cap Saint Jacques (1922) 8009 TJB (sister-ship du précédent) Déployé sur une ligne Marseille-Alexandrie-Singapour-Saïgon

-Paquebot Brazza (1923) 10387 TJB Déployé sur une ligne Bordeaux-Casablanca-Dakar-Buenos Aires

-Paquebot Cap Tourane (1923) 8009TJB Déployé sur la ligne Marseille-Beyrouth-Alexandrie-Diego Suarez-Saïgon. En cas de menace sur l’Indochine, doit servir de croiseur auxiliaire avec des canons stockés sur place.

-Paquebot Cap Varella (1921) 8009 TJB Déployé sur la ligne Marseille-Beyrouth-Alexandrie-Diego Suarez-Saïgon. En cas de menace sur l’Indochine, doit servir de croiseur auxiliaire avec des canons stockés sur place.

-Paquebot Désirade (1921) 9645 TJB Déployé sur une ligne Le Havre-Saint Nazaire-Le Verdon-Lisbonne-Casablanca-Dakar. Le 12 août 1948, Il est à Dakar après sa dernière rotation. Il est pris en charge par la DTM pour être transformé en croiseur auxiliaire

-Paquebot Formose (1921) 9975 TJB Déployé sur une ligne Le Havre-Saint Nazaire-Le Verdon-Lisbonne-Casablanca-Dakar. Le 12 août 1948, il est à Buenos Aires et reçoit l’ordre de rallier Brest pour être transformé en transport de troupes

-Paquebot Foucauld (1922) 11028 TJB Déployé sur une ligne Le Havre-Saint Nazaire-Le Verdon-Lisbonne-Casablanca-Dakar-Abidjan-Pointe Noire. Le 12 août 1948, il était à Abidjan, il reçoit l’ordre de rallier Brest pour être transformé en transport de troupes

-Paquebot Groix (1922) 9975 TJB Déployé sur une ligne Le Havre-Pointe à Pitre-Fort de France-Cayenne. Le 12 août 1948, il venait d’arriver à Cayenne. Ses passagers débarqués, il en rembarque d’autre pour une traversée direct direction Brest où il doit être transport en transport de troupes.

-Paquebot mixte Jamaïque(1922) 10123 TJB Le 12 août 1948, il était déployé en mer en Méditerranée, ayant appareillé de Marseille pour rallier Lattaquié en Syrie. Il arrive en Syrie pour débarquer ses passagers et les marchandises transportées. Il reçoit l’ordre de rallier Alger où il doit participer au transfert éventuel de troupes en Corse ou en métropole.

-Paquebot mixte Kerguelen (1922) 10123 TJB Affecté à la ligne Bordeaux-Vigo-Lisbonne-Buenos Aires, il est le 12 août dans le port argentin. Il reçoit de rallier Bordeaux pour être transformé en transport de troupes

-Cargo type Commission Linois (1945) 6500 TJB La Nouvelle Orléans

-Cargo type Commission Ango (1945) 6500 TJB Veracruz

-Cargo type Commission Dalny (1945) 6500 TJB Lisbonne

-Cargo type Commission Bougainville (1946) 6500 TJB Casablanca

-Cargo type Commission Dupleix (1947) 6500 TJB En mer en Méditerranée entre Marseille et Tunis

-Cargo type Commission Aden (1947) 6500 TJB En mer entre Casablanca et Port Vendres

-Paquebot mixte Ile de Houat (1946) 18000 tonnes En service sur une ligne Le Verdon-Vigo-Lisbonne-Casablanca-Dakar prolongée en 1948 jusqu’à Buenos-Aires

-Paquebot mixte Ile d’Auray (1948) 18000 tonnes En service sur une ligne Le Verdon-Rio de Janeiro-Buenos Aires-Dakar-Lisbonne-La Corogne mais pour fort peu de temps.

17-Aviation navale (33)

Escadrille 21T

Cette escadrille est créée le 21 juin 1947 sur la base de Lann-Bihoué prêt de Lorient en même temps que la 11ème flottille d’aviation navale (11ème FAN), le groupe aérien du porte-avions léger Henriette de France

La principale mission de ce porte-avions est l’appui des croiseurs et des contre-torpilleurs de la 3ème Escadre Légère, appui qui passe par la fourniture d’une capacité de reconnaissance lointaine et une ombrelle aérienne contre l’aviation ennemie voir un appui-feu avec notamment la 21T et ses six Latécoère Laté 299-5.

Du 25 juin au 12 août 1947, l’escadrille 21T participe avec le reste de la 11ème FAN à un entrainement aviation intensif entre Casablanca et Dakar avant de rentrer à Brest le 19 août.

Après la traversée de longue durée du 24 septembre au 29 novembre, la 21T sort à nouveau pour entrainement du du 25 au 30 décembre 1947 et du 4 au 12 janvier 1948.

Du 12 au 18 février 1948, elle participe à l’exercice «Centaure» avec les croiseurs de la 3ème Escadre Légère  puis enchaîne par deux entraînements organisés du 27 février au 12 mars 1948 et du 29 avril au 8 mai dans le Golfe de Gascogne avant de terminer par un entrainement au large de Dakar du 16 mai au 2 juin.

Le porte-avions Henriette de France subissant un petit carénage du 10 juin au 5 août, la 21T comme le reste de la 11ème FAN s’entraine depuis la terre avant de retrouver leur plate-forme opérationnelle à partir du 12 août pour remise en condition puis entrainement jusqu’au 4 septembre.

Suite à l’attaque allemande sur la Norvège et le Danemark, les alliés décident de riposter, voulant à tout prix éviter une Norvège sous la botte allemande.

L’Henriette de France reçoit pour mission de couvrir le convoi transformant le corps expéditionnaire franco-polonais à Rosyth pour rejoindre les troupes anglaises prévues pour cette riposte terrestre. L’escadrille 21T va assurer une mission de patrouille anti-sous-marine tout en se préparant à sa future mission d’assaut en Norvège.

Escadrille 22T

Pour renforcer les capacités de l’aéronavale depuis Dakar, décision est prise de créer une flottille mixte regroupant hydravions et avions.

L’escadrille 5R équipée de Loire 130 étant la seule unité basée en AOF, décision est prise de créer en  cette année 1947 plusieurs escadrilles dont une escadrille de douze hydravions torpilleurs Bloch MB-481

Cette unité créée officiellement le 12 septembre 1947 va assurer la protection du port de Dakar  contre un possible raid antisurface mais également contre les sous-marins opérant au large de la capitale de l’AOF.

Au 5 septembre 1948, l’unité qui dispose de douze hydravions (tous du lot d’origine) multiplie les patrouilles anti-sous-marines au large de Dakar pour protéger les convois partant de ce port et ralliant Casablanca, Le Verdon et Brest.

Escadrille 23T

En mars 1947 est créée  la 23ème escadrille de torpillage (23T) équipée de huit hydravions torpilleurs Bloch MB-481. Comme les autres unités de la 11ème flottille d’hydravions, cette escadrille est basée à Cam-Ranh.

Sa mission est d’appuyer les FNEO et compenser la probable infériorité des forces navales françaises contre les japonais en menant de nuit un raid surprise contre les forces japonaises.

En septembre 1948, le nombre d’avions à été porté à douze avec l’arrivée de douze appareils démontés. Si quatre d’entre-eux sont montés et utilisés par la 23T, les huit autres sont montés mais stockés à Than-Son-Nut comme réserve d’attrition.

Escadrille 24T

En avril 1947 est activée la 24ème escadrille de torpilleurs qui reçoit comme équipement douze bombardiers-torpilleurs Lioré et Olivier Léo 456.

Bien qu’intégrée à la 12ème flottille d’aviation navale, la 24T est basée à Haïphong avec une double mission : l’attaque à la torpille d’une force navale ennemie pénétrant dans le Golfe du Tonkin et l’appui des troupes au sol défendant le Tonkin et notamment la ligne Haïphong-Hanoï appelée Ligne Doumer.

En septembre 1948, l’unité est toujours basée dans le grand port du nord de l’Indochine et à l’annonce des raids allemands sur la Norvège et le Danemark, les douze bombardiers-torpilleurs sont dispersés pour éviter qu’un raid surprise japonais ne neutralise d’un coup l’unité.

8-) Croiseurs lourds (3)

Le Tourville

Le croiseur lourd Tourville

Le croiseur lourd Tourville

-Le Tourville est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 14 avril 1925 lancé le 24 août 1926 et admis au service actif le 12 mars 1929.

Le Tourville forme la 1ère division légère au sein de la 1ère Escadre en Méditerranée en compagnie de son sister-ship Duquesne puis à partir de mars 1930 avec le Suffren. Cette 1ère DL comportera jusqu’à cinq navires.

D’octobre 1930 à juillet 1931, le Tourville va servir de navire-école, faisant la jonction entre le croiseur cuirassé Edgar Quinet perdu sur les côtes algériennes et son remplaçant, le croiseur-école Jeanne d’Arc alors en construction à Saint-Nazaire. Ils transportent des élèves officiers avec le Duquesne et le Suffren aux Antilles puis en Méditerranée orientale.

En octobre 1931, le Duquesne effectue une mission aux Etats Unis avec le Suffren avant d’être affecté définitivement en Méditerranée. Il est en travaux en 1933/34.

Le 1er novembre 1934, les «10000 tonnes» français sont réorganisés en deux divisions avec la 1ère DL composée de l’Algérie, du Colbert et du Dupleix et la 3ème DL composée du Foch, du Tourville, du Duquesne, le Suffren étant en réparations jusqu’en 1936.

La mise en service des croiseurs légers provoque la réorganisation des forces légères françaises avec en novembre 1937, la création de la 2ème DC avec les croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren, les croiseurs Algérie formant la 1ère DC.

Au printemps 1940, on décidé de clarifier le système, attribuant les numéros impairs aux croiseurs lourds et les numéros pairs aux croiseurs légers.

Les Tourville et Duquesne forment ainsi la 5ème Division de Croiseurs (5ème DC) basée à Toulon en compagnie de la 1ère DC formée des Suffren et Colbert alors que la 3ème DC formée du Dupleix et du Foch est basée à Brest. L’Algérie restant lui hors rang.

Le Tourville opère avec le Duquesne au large de Toulon pour des exercices intensifs et ce jusqu’en septembre 1940 quand le Duquesne est mis au bassin pour un grand carénage. La 5ème DC est donc réduite à une unité.

Après un exercice avec la flotte de la Méditerranée du 17 au 30 septembre, le Tourville appareille pour Bizerte où il arrive le 4 octobre. Il va y rester basé jusqu’en janvier 1941 pour une mission de surveillance, le croiseur lourd trainant ses hélices aussi bien à l’orée de l’Adriatique qu’autour des îles du Dodécanèse voir même de la Libye italienne. Cette mission s’achève le 15 janvier avant un retour à Toulon le 20 janvier. Il est indisponible du 21 janvier au 5 février 1941.

Il reprend la mer le 8 février pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 17 février 1941 avant un mouillage aux salins d’Hyères jusqu’au 21 février avant un retour à Toulon le 23 février 1941.

Il ressort du 2 au 9 mars pour une mission de transport rapide en direction de la Corse, le croiseur lourd embarquant pour Bastia une compagnie de gendarmes mobiles suite à de violentes manifestations autonomistes sur l’île de Beauté. Le croiseur reste au mouillage, sa présence à l’entrée du port de Bastia dissuadant de nouvelles émeutes.

Après une période d’indisponibilité du 11 au 21 mars, le croiseur lourd reprend la mer pour de nouveaux exercices du 22 mars au 14 avril, exercices de lutte antisurface, de défense aérienne à la mer et de lutte ASM avec les sous-marins Redoutable et Vengeur (7ème DSM) avant une nouvelle mission de transport en direction de Bastia du 15 au 21 avril 1941. Il rentre à Toulon le 28 avril après une mouillage à Nice du 23 au 27 avril.

Il ressort à plusieurs reprises au mois de mai mais en ne s’éloignant guère de Toulon (2-5 mai, 10-17 mai et 23-28 mai) avant de mouiller aux salins d’Hyères du 29 mai au 5 juin.

Il reprend la mer pour entrainement du 6 au 15 juin, faisant escale à Sète du 16 au 21 juin avant un nouvel exercice de combat de nuit du 22 au 27 juin, rentrant à Toulon le lendemain 28 juin pour subir un grand carénage après la disponibilité de son sister-ship.

Le Tourville est ainsi échoué au bassin Vauban n°8 du 4 juillet 1941 au 7 février 1942 subissant les mêmes travaux que son sister-ship. La coque est grattée et repeinte, les hélices changées, les lignes d’arbre réalésées, le bloc passerelle refondu, les chaudières sont retubées, les turbines visitées, les diesels-alternateurs sont changés.

Au niveau de l’armement, les tubes des canons de 203mm sont changés, les canons de 75mm sont remplacés par six canons de 90mm modèle 1926 en six affûts simples et la DCA d’origine (canons de 37mm modèle 1933 et mitrailleuses de 13.2mm) remplacée par douze canons de 37mm Schneider modèle 1940 en six affûts doubles et huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940 en quatre affûts doubles. Les tubes lance-torpilles sont maintenus tout comme l’hydraviation embarquée.

Après une phase de travaux à quai du 7 au 21 février, il sort pour essais en compagnie du Duquesne du 22 au 25 février avant remise en condition du 27 février au 4 mars 1942.

Il participe à des manœuvres au sein de la Flotte de la Méditerranée du 7 au 21 mars 1942 entre les côtes provençales et le Cap Corse, les croiseurs lourds de la 5ème DC (Duquesne et Tourville) manœuvrant avec  leurs congénères de la 1ère DC effectuant des raids antisurfaces et des simulations de bombardement littoral. Il sont tous de retour à Toulon le 24 mars 1942.

Le Duquesne et le Tourville sortent ensemble pour un exercice aviation du 12 au 17 juillet avant de mouiller aux salins d’Hyères jusqu’au 20 juillet quand ils reprennent la mer pour des manœuvres au large d’Ajaccio du 20 au 29 juillet avant une escale dans la ville natale de Napoléon Bonaparte jusqu’au 5 août quand le Duquesne et le Tourville reprend la mer pour un nouvel exercice avec la 1ère DC (Suffren et Dupleix), les quatre croiseurs lourds menant un exercice d’interception et d’interdiction maritime et ce du 7 au 18 août 1942 avant de rentrer à Toulon le 20 août 1942.

Le Tourville est indisponible du 21 août au 20 septembre pour une avarie de chaudière. Il sort pour essais du 21 au 30 septembre avant remise en condition du 3 au 15 octobre suivie d’une escale à Ajaccio du 16 au 21 octobre 1942.

Rentré à Toulon le 22 octobre, il quitte son port d’attache le 25 octobre pour des manoeuvres au large de Dakar, faisant escale à Mers-El-Kébir du 27 au 30 octobre, à Casablanca du 2 au 5 novembre avant d’arriver à Dakar le 10 novembre 1942.

L’ Ecole à feu à lieu du 12 au 27 novembre avant une escale de relâche à Dakar du 28 novembre au 2 décembre. Le croiseur lourd effectue une seconde école à feu du 3 au 15 décembre suivit après un ravitaillement à Dakar le 16 décembre d’un exercice de défense aérienne à la mer du 17 au 26 décembre.

Il quitte Dakar le 27 décembre, fait escale à Casablanca du 31 décembre 1942 au 2 janvier 1943 avant de rentrer à Toulon le 5 janvier 1943. Il subit une période d’entretien à flot du 6 au 20 janvier, sortant pour essais du 21 au 25 janvier avant une remise en condition du 28 janvier au 13 février, rentrant à Toulon le lendemain 14 février 1943.

Il sort pour un entrainement aviation du 17 au 25 février puis pour un entrainement au bombardement littoral du 27 février au 2 mars avec des tirs simulés et/ou à charge réduite contre les défenses du secteur fortifié de Toulon.

Le 3 mars au matin, il mouille en baie d’Ajaccio y retrouvant le lendemain son sister-ship le Duquesne pour une remise en condition du croiseur sus-nommé et ce du 4 au 15 mars 1943.

Le lendemain 16 mars 1943, les deux croiseurs lourds quittent Ajaccio, se ravitaillent à Mers-El-Kébir le 18 mars, relâchent à Casablanca du 21 au 23 mars avant d’arriver à  Dakar le 28 mars 1943.

Ils réalisent une première école à feux du 30 mars au 9 avril avant une escale à Dakar du 10 au 13 avril, escale suivie d’une deuxième école à feux du 14 au 25 avril puis après ravitaillement, un exercice de défense aérienne à la mer du 27 avril au 2 mai. Ils rentrent à Toulon le 9 mai 1943

Les deux croiseurs lourds ressortent du 12 au 20 mai pour un exercice au large du Cap Corse suivit d’une escale commune à Nice du 21 au 28 mai avant de rentrer à Toulon le 29 mai dans la soirée.

Il ressort au mois de juin à quatre reprises, la première fois du 5 au 8 juin la seconde du 12 au 16 juin, la troisième du 19 au 22 juin et la quatrième du 25 au 30 juin avant une période d’indisponibilité du 1er au 15 juillet (permissions d’été de l’équipage).

Il reprend la mer le 22 juillet pour un transport rapide (une compagnie de gendarmes mobiles) entre Toulon et Bastia où il arrive le 24 juillet. Il s’amarre au mouillage à l’entrée du port et y débarque les gendarmes à l’aide de pontons motorisés.

Une fois les «mobileux» à terre, le croiseur rentre à Toulon où il arrive le 25 juillet à l’aube. Il regagne Bastia le 8 août pour rembarquer les gendarmes débarqués le 24 juillet et les ramener à Toulon le 10 août 1943. Il ressort encore pour exercices du 15 au 21 août et du 24 au 30 août 1943.

Il subit un petit carénage du 2 septembre au 5 novembre 1943 au bassin n°8 récemment libéré par son sister-ship le Duquesne. Le 5 novembre 1943, il est remis à flot après son petit carénage. Le Tourville et le Duquesne sortent pour essais du 6 au 10 novembre avant remise en condition du 12 au 22 novembre, les deux navires rentrant à Toulon le 27 novembre après une escale à La Ciotat du 23 au 26 novembre.

Après une sortie d’entrainement du 4 au 8 décembre au large de Toulon, le Tourville retrouve le Duquesne le 10 décembre 1943, le Tourville ravitaillant son sister-ship avant que les deux croiseurs effectuent un combat antisurface du 11 au 18 décembre. Ils rentrent à Toulon le 24 décembre après une escale à Nice du 19 au 23 décembre.

Le 2 janvier 1944 est signée la charte de parrainage du croiseur lourd entre la marine nationale et la ville de Barfleur en Normandie en hommage à la victoire d’Anne Hilarion de Cotentin, Comte de Tourville le 29 mai 1692.

C’est ainsi que le 3 janvier 1944, le croiseur lourd quitte Toulon, fait escale à Casablanca du 7 au 9 janvier, à Brest du 12 au 14 avant d’arriver à Barfleur le 16 janvier. Le croiseur lourd reste au mouillage jusqu’au 23 janvier pour ce qui restera son unique escale dans sa ville marraine.
Reprenant la mer le 24 janvier 1944, il fait escale à Brest du 26 au 30 janvier, à Lisbonne du 31 janvier au 2 février, à Mers-El-Kébir du 5 au 8 février avant de rentrer à Toulon le 10 février 1944.

Le Tourville sort à nouveau du 15 au 21 février pour un entrainement de base suivit d’une escale à Sète du 22 au 25 février avant un entrainement de défense aérienne à la mer du 26 au 2 mars 1944 avant de rentrer à Toulon le 3 mars 1944.

En septembre 1943 et en avril 1944, les croiseurs lourds Saint Louis et Henri IV sont admis au service actif au sein de la Flotte de la Méditerranée. La 5ème DC est dissoute le 12 avril 1944 mais reconstituée dès le lendemain avec les deux croiseurs lourds flambants neufs.

Si le Duquesne va être affecté en Indochine, le Tourville lui va renforcer le dispositif français dans l’Océan Indien. Le Tourville quitte Toulon le 10 mars pour Bizerte où il arrive le 12 mars. Il subit un petit carénage à l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 17 mars au 2 mai 1944 avant des essais du 4 au 7 mai 1944.

Il appareille de Bizerte le 12 mai 1944, fait escale à Alexandrie du 15 au 18 mai, franchit le canal de Suez les 19 et 20 mai et arrive à Djibouti le 24 mai 1944. Il en repart le 27 mai pour Diego-Suarez où il arrive le 3 juin 1944.

Le 27 mai 1944, le Tourville devient navire-amiral des Forces Navales en Afrique Equatoriale Françaises (FNAEF) en remplacement du Lamotte-Picquet.  

Indisponible du 8 au 25 juin 1944, le croiseur lourd reprend l’entrainement du 27 juin au 15 juillet 1944 en compagnie des forces de souveraineté présentes à Madagascar ou à La Réunion.

Rentré à Diego-Suarez le 17 juillet 1944, le croiseur lourd effectue des transports rapides entre la Grande Ile et La Réunion du 20 au 28 juillet, du 5 au 15 août et du 20 au 31 août avant de nouveaux exercices au large de Diego-Suarez du 5 au 15 septembre et du 20 septembre au 2 octobre 1944.

Le 8 octobre 1944, il appareille de Diego-Suarez, retrouvant au large de Djibouti le 11 le croiseur léger Lamotte-Picquet. Les deux croiseurs manœuvrent ensemble du 12 au 19 octobre avant de faire escale à Aden du 20 au 23 octobre et à Mascate du 25 au 28 octobre avant de se séparer : le Lamotte-Picquet rentre à Djibouti son port d’attache le 1er novembre alors que le Tourville rentre à Diego-Suarez le 4 novembre1944.

Le Tourville reprend la mer le 18 novembre pour une mission de patrouille dans le canal du Mozambique jusqu’au 25 novembre. Cette longue patrouille voit le croiseur surveiller les ilots désertiques revendiqués (discrètement mais revendiqués tout de même) par le Portugal colonisateur du Mozambique. Le maintien de la catapulte permet le lancement du Dewoitine HD-731 qui va participer à des missions de reconnaissance et d’assaut à l’aide de bombes légères.

Dewoitine HD-731

Dewoitine HD-731

Le croiseur lourd rentre à Diego-Suarez le 27 novembre. Il sort à nouveau pour exercices du 2 au 12 décembre et du 15 au 26 décembre 1944. Il est ensuite en entretien à flot du 27 décembre 1944 au 10 janvier 1945, sortant pour essais du 11 au 13 janvier.

Le 14 janvier 1945, le croiseur lourd appareille pour une nouvelle patrouille, cette fois en direction du Golfe d’Aden. Il arrive à Djibouti pour se ravitailler en carburant le 20 janvier, reprennant la mer le 22 janvier pour de longues patrouilles agrémentées d’exercices de défense aérienne, de navigation de combat et de tirs d’artillerie. Le croiseur lourd est de retour à Diego-Suarez le 4 mars 1945.

Il subit un petit carénage du 12 mars au 18 juin 1945. On envisage un temps de débarquer les installations d’hydraviation mais on préfère conserver la possibilité de lancer un Dewoitine HD-731. Il est en essais du 21 au 27 juin avant remise en condition du 30 juin au 16 juillet, rentrant à Diego Suarez le 18 juillet 1945.

Il sort à nouveau pour entrainement à partir du 20 juillet. Du 20 au 31 juillet, il s’entraine au combat antisurface avec plusieurs écoles à feux avant une escale à Port-des-Galets du 1er au 4 août.

Il reprend la mer le lendemain 5 août pour rentrer à Diego Suarez mais subit un entrainement de défense aérienne à la mer jusqu’au 13 août avant de revenir à quai le surlendemain, 15 août 1945.

Après une période d’indisponibilité du 15 août au 3 septembre 1945, le Tourville sort pour essais du 4 au 10 septembre avant d’effectuer une série de patrouilles dans le détroit du Mozambique, ravitaillé par le pétrolier Dauphiné de la SFTP, patrouilles qui se déroulent du 15 au 22 septembre, du 25 au 30 septembre, du 5 au 17 octobre et du 20 au 30 octobre, rentrant à Diego-Suarez le 4 novembre 1945.

Le Tourville sort pour entrainement du 12 au 25 novembre, faisant escale à Mombassa du 26 au 30 novembre avant de rentrer à Diego Suarez le 4 décembre 1945.

Il ressort encore deux fois en 1945, un transport en direction de Port-des-Galets (munitions pour l’artillerie chargée de la défense côtière notamment) du 9 au 16 décembre et un entrainement de défense aérienne à la mer au profit des pilotes de l’armée de l’air stationnés à Madagacar du 17 au 23 décembre 1945.

Après une période d’entretien à flot du 2 au 20 janvier 1946, le croiseur lourd effectue des essais jusqu’au 23 janvier avant un stage de remise en condition du 25 au 30 janvier 1946. Il effectue ensuite deux missions de transport de troupes : une compagnie de la Légion Etrangère entre Diego-Suarez et Mayotte du 2 au 8 février puis une compagnie de fusiliers marins entre Mayotte et Port-des-Galets du 9 au 15 février. Il rentre à Diego-Suarez le 18 février 1946.

Le cuirassé Clemenceau appareille de Toulon le 14 mars 1946 pour l’Océan Indien, accompagné par deux torpilleurs d’escadre et le croiseur lourd Colbert, le cuirassé fait escale à Bizerte le 19 mars, à Alexandrie le 22 mars, franchit le canal de Suez les 23 et 24 mars et arrive à Djibouti le 29 mars, mouillant à l’extérieur du port en raison de son tirant d’eau important.

Il y retrouve le croiseur lourd Tourville et l’aviso colonial Savorgnan de Brazza mais point le Lamotte-Picquet qui est victime d’une très grave avarie de propulsion le 12 janvier 1946 (deux chaudières ont explosé faisant huit morts, les turbines ont été soumises à des surpression et les lignes d’arbre désaxées font vibrer le navire), si grave qu’il est désarmé le 2 février 1946.

Le Tourville  reprend la mer avec le Clemenceau, le Colbert, l’aviso colonial et les deux torpilleurs d’escadre et fait escale à Aden du 2 au 4 avril avant de reprendre la mer direction Diego-Suarez où la petite force navale arrive le 7 avril 1946, la traversée étant l’occasion de manœuvrer pour entrainer les équipages.

Les deux torpilleurs se séparent alors du groupe et gagne La Réunion, faisant escale à Port-des-Galets du 9 au 11 avril puis à l’Ile Maurice du 14 au 17 avril, retrouvant en mer le cuirassé et les deux croiseurs lourd le 18 avril.

Un temps, il fût envisagé de rentrer à Toulon par le Cap de Bonne Espérance et le détroit de Gibraltar mais au final, il est décidé de rapatrier la coque de l’ex-croiseur léger Lamotte-Picquet en métropole.

Le Tourville fait brièvement escale le 25 avril pour ravitailler, laissant la force navale venue de métropole passer 24h de plus soit jusqu’au 26 avril. Ils franchissent le canal de Suez le 3 mai avec le Colbert remorquant la coque du Lamotte-Picquet, font escale à Bizerte le 8 mai puis rentre à Toulon le 13 mai 1946. Le Tourville lui était rentré à Diego-Suarez le 2 mai 1946.

Le désarmement du Lamotte-Picquet entraine une réorganisation du dispositif français dans l’Océan Indien. On envisage un temps de déployer une division de contre-torpilleurs avant de finalement choisir de déployer à Djibouti le croiseur léger Primauguet. La décision est prise le 17 mai 1946.

Le Primauguet subit un petit carénage à Fort de France du 24 mai au 12 juillet 1946 puis après essais réglementaires du 13 au 25 juillet, il appareille le 28 juillet de la Martinique, fait escale à Dakar du 7 au 9 août, Douala au Cameroun du 12 au 15 août, Simonstown du 22 au 24 août, Diego-Suarez du 27 au 29 août avant de gagner Djibouti le 4 septembre 1946.

Le 10 septembre 1946 cependant, le croiseur lourd Duquesne s’échoue au Cap Saint-Jacques en Indochine. A l’issue de longs et coûteux travaux de renflouage, le Duquesne est récupéré mais jugé irrécupérable et désarmé le 4 octobre puis condamné le 9 octobre 1946.

Dès le 12 octobre 1946, décision est prise de transférer le Tourville en Indochine et de relocaliser le Primauguet à Diego-Suarez. Le croiseur lourd subit une remise en état, un petit carénage étoffé (ou un grand carénage allégé c’est selon) au bassin du 14 octobre au 10 décembre 1946. Il reçoit par exemple une nouvelle catapulte en fait celle du Lamotte-Picquet qui avait été remise en état peu avant sa grave avarie.

Après des essais à la mer du 11 au 14 décembre 1946, le croiseur lourd quitte Diego-Suarez, passant le relais en haute mer au Primauguet le 17 décembre 1946. Il fait escale à Singapour du 21 au 23 décembre avant de mettre cap sur Cam-Ranh où il arrive le 29 décembre 1946.

Après un passage au bassin du 2 au 27 janvier, le croiseur lourd reprend la mer pour essais du 29 janvier au 3 février avant remise en condition en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin et du pétrolier-ravitailleur Rhône (arrivé en Indochine le 11 novembre 1946) du 4 au 20 février 1947.

Le 24 février, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande au Cambodge. La France bien décidée à ne pas se laisser se marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

C’est ainsi que le Tourville appareille de Cam-Ranh le 25 février en compagnie du Duguay-Trouin et du pétrolier-ravitailleur Rhône, étant rejoints en mer par l’aviso colonial Amiral Charner venu de Saïgon pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise. Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947.

Le croiseur lourd ressort dès le 12 mars en compagnie des torpilleurs légers de la 7ème DT pour un exercice de protection et de défense des lignes de communication jusqu’au 4 avril quand le croiseur lourd fait escale à Saïgon et ce jusqu’au 10 avril quand il appareille pour une mission de transport entre Cam-Ranh et Haïphong pour renforcer la ligne fortifiée protégeant le grand port du nord, ligne de protection qui s’étend maintenant jusqu’à Hanoï.
Il ne faudrait cependant pas y voir une redite de la Ligne Maginot, il s’agit plus d’une ligne tactique avec quelques blockhaus, des postes de tir, des champs de mines, des barbelés sur laquelle pourront s’appuyer les troupes défendant le Tonkin. Le Tourville rentre à Cam-Ranh le 22 avril 1947.

Le lendemain 11 avril 1947, le croiseur lourd Tourville assiste à l’arrive à Haïphong des sous-marins Germinal et Thermidor (classe Phenix type Y4) en compagnie du ravitailleur Lassigny.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 10 mai 1947, le croiseur sort pour s’entrainer seul dans le Golfe d’Haïphong.

Outre un exercice de défense aérienne à la mer, le croiseur va entrainer les défenses côtières d’ Haïphong composées à cette époque de deux batteries lourdes (huit canons de 194mm récupérés sur les croiseurs cuirassés) et deux batteries médianes (huit canons de 105mm) en servant de cible mobile. L’exercice s’achève le 22 mai et après une escale à Haïphong jusqu’au 27 mai, le croiseur lourd rentre à Cam-Ranh le 1er juin 1947.

Il effectue ensuite quatre missions de transport entre Cam-Ranh et Haïphong, la première rotation ayant lieu du 8 au 18 juin, la seconde du 23 juin au 3 juillet, la troisième du 12 au 22 juillet et la quatrième du 30 juillet au 9 août avant une période d’entretien à flot jusqu’au 17 septembre 1947.

Après une période d’essais du 20 au 23 septembre, le Tourville reprend l’entrainement en compagnie de l’aviso colonial Amiral Charner.

Les deux navires vont s’entrainer à la lutte antiaérienne, l’attaque antisurface, la protection des convois, les raids amphibies et le bombardement côtier du 27 septembre au 4 octobre avant une escale à Haïphong du 5 au 12 octobre où les compagnies de débarquement des deux navires sont mises à terre pour réprimer de violentes émeutes entre viets et chinois. Le Tourville rentre à Cam Ranh le 17 octobre 1947.

Il effectue un nouveau transport rapide mais cette fois en direction de Komong Sam (Cambodge) où un mouillage sommaire est mis en place. Il quitte Cam-Ranh le 20 octobre et arrive à destination le 23 octobre, débarquant des ouvriers et du matériel de construction et de signalisation.

Il effectue ensuite une patrouille de surveillance, suivant à distance plusieurs unités de la marine thaïlandaise, relayé par des avions et des hydravions français. Il est soutenu par le Rhône qui le ravitaille à plusieurs reprises. Il est de retour à Cam-Ranh le 15 novembre. Il sort à nouveau du 20 novembre au 2 décembre, du 9 au 16 décembre et du 20 au 27 décembre, restant à quai jusqu’à la fin de l’année.

Le Tourville effectue deux sorties d’entrainement au large de Cam-Ranh du 5 au 10 janvier et du 12 au 17 janvier 1948.

Le 19 janvier 1948, le porte-avions léger Alienor d’Aquitaine arrive à Cam Ranh après 40 jours de traversée depuis la métropole. Son arrivée renforce considérablement le pouvoir de nuisance des FNEO. Sa présence rend quasiment caduque une possible agression thaïlandaise sans pour autant éliminer l’hypothèse d’une intervention japonaise.

Le Tourville reprend donc la mer pour accueillir le porte-avions. Ce dernier passe au bassin du 21 janvier au 15 février et est en essais du 17 au 22 février. Ce n’est que le 24 février 1948 que le croiseur lourd peut opérer avec le porte-avions. L’ Alienor d’Aquitaine et le Tourville vont ainsi s’entrainer en compagnie du Duguay-Trouin et du Rhône jusqu’au 6 mars 1948.

Le porte-avions Alienor d’Aquitaine ressort du 21 avril au 15 mai pour entrainement de son groupe aérien, plusieurs jonques de trafiquants d’opium saisies par les Douanes sont rassemblées au large de Cam Ranh et servent de cibles aux chasseurs-bombardiers Dewoitine D-795 alors que les LN-420 et les Latécoère Laté 299 eux sont engagés à terre contre des blockaus désaffectés et ce pilote de commenter «C’est bien la première fois que l’aviation joue un rôle dans les travaux publics». Le croiseur lourd Tourville l’accompagne dans cette mission, assurant sa protection rapprochée.

Le croiseur lourd subit un petit carénage du 2 juin au 20 août 1948 et après des essais à la mer du 21 au 24 août, il effectue son stage de remise en condition du 25 août au 5 septembre 1948, date de sa disponibilité.

CA Duquesne schéma

Caracteristiques Techniques de la classe Duquesne

Déplacement : standard 10000 tonnes Washington pleine charge 12200 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 191.20m largeur maximum 19m tirant d’eau 6.3m

Propulsion : quatre turbines à engrenages Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par neuf chaudières Guyot du Temple dévellopant 120000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 33 noeuds distance franchissable 4500 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : cloisonement très serré.

Electronique : un détecteur électromagnétique de navigation, un détecteur électromagnétique de veille combinée air-surface, un détecteur électromagnétique pour la conduite de tir de l’artillerie principale

Armement :

(avant refonte) 8 canons de 203mm en quatre tourelles doubles axiales (deux avant et deux arrières), 8 canons de 75mm en affûts simples, 8 canons de 37mm modèle 1925, 12 mitrailleuses de 13.2mm et deux plate-formes triples lance-torpilles de 550mm modèle 1925T.

(après refonte) 8 canons de 203mm en quatre tourelles doubles axiales, six canons de 90mm en affûts simples, douze canons de 37mm Schneider en six affûts doubles et huit canons de 25mm Hochkiss en quatre affûts doubles plus deux plate-formes triples lance-torpilles.

Aviation : une catapulte installée entre la cheminée n°2 et le mat arrière (remplacé lors du dernier petit carénage) et deux hydravions, des Gourdou Lesseure 810 puis des Loire 130 et enfin des Dewoitine HD-731.

Equipage : 605 officiers et marins à l’origine, 620 après le grand carénage du début des années quarante.