Japon (54) Aéronavale (8)

Les avions de l’aéronavale japonaise (7) : transport, entrainement et servitude

Avant-propos

Comme vous le savez les premiers avions étaient de fragiles engins, des constructions improbables de bois et de toile. Leur fragilité était proverbiale (combien de pionniers de l’aviation ont péri !) et leurs capacités, leurs performances tellement limitées qui mis à part le pilote, ces engins plus lourds que l’air étaient bien incapables d’emporter autre chose.

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Japon (41) Navires légers (2)

Escorteurs classe Mikura

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L’escorteur Mikura

Les huit escorteurs de classe Mikura sont les derniers escorteurs construits par la marine japonaise avant le conflit. Huit unités sont mises en service en 1943/44 complétant les Etorofu et les Shimushu. Cette troisième classe de Kaibokan avait des caractéristiques techniques semblables aux précédents.

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22-Armée de terre : armement et matériel (104) ordre de bataille (38)

R-Stratégie générale et plans d’action

Préambule

Mise à part le plan Dyle-Breda imaginé par le général Gamelin, il n’y à pas de véritable stratégie militaire qu’elle soit offensive et défensive. On semble guidé par les événements, réagissant plutôt qu’agissant.

Il y à là à la fois un manque de volonté de prendre l’ennemi à la gorge mais également certaines limites propres aux démocraties. Si l’Allemagne nazie ou l’Italie fasciste peuvent se permettre de violer la neutralité d’un pays pour satisfaire leurs intérêts vitaux, la France et la Grande Bretagne ne peuvent se permettre un tel impair au droit international, impair qui donnerait alors le beau rôle à Rome et surtout à Berlin.

Le général Villeneuve appuyé par le gouvernement conservateur veut rémédier à cela. Ils veulent pouvoir anticiper les actions potentielles de l’ennemi et pour cela décide de tracer des plans militaires d’action tout en améliorant la diplomatie et la propagande.

La renaissance de la Petite Entente

A l’origine la Petite Entente est une alliance militaire passée entre la Tchécoslovaquie, la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes _Yougoslavie à partir de 1929_ signée le 14 août 1920 pour se prémunir de la menace hongroise.

Cette alliance est renforcée par des accords bilatéraux entre la Roumanie et la Tchécoslovaquie (23 avril 1921), entre la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (7 juin 1921) et entre le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes et la Tchécoslovaquie (31 août 1921). La Petite Entente entend garantir, par la force si besoin, les traités de paix et notamment celui de Trianon (4 juin 1920).

Cette alliance est cependant imparfaite et incomplète puisque ne prenant pas en compte les autres menaces que ce soit l’URSS (vis à vis de la Roumanie), l’Italie (vis à vis de la Yougoslavie) ou encore l’Allemagne et la Pologne (vis à vis de la Tchécoslovaquie).

Suite aux accords de Locarno, la France signe des alliances militaires avec Prague (16 octobre 1925), avec Bucarest (10 juin 1926) et Belgrade (novembre 1926).

Cependant cette alliance ne va être d’aucun secours alors que la guerre menace chaque jour un peu plus à la fois en raison des hésitations et de la prudence française mais également en raison des divergences entre signataires et de l’évolution intérieure de ces pays.

Effondrée, ridiculisée, la Petite Entente renait sous une nouvelle forme avec la Yougoslavie et la Grèce avec qui Paris signe des traités d’amitié et de coopération, respectivement le 14 septembre 1945 et le 8 octobre 1946. Des tentatives vis à vis de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie se heurtent à une telle inertie qu’elle équivaut à une fin de non recevoir.

Cette relance est donc limitée mais s’accompagne d’une coopération politique et militaire avec notamment la livraison de matériel militaire moderne ainsi que l’envoi comme dans les années vingt de missions militaires, le général Gamelin dirigeant celle en Yougoslavie et le général Georges celle envoyée en Grèce.

A l’ouest rien de nouveau

Une reprise du plan Dyle-Breda

A l’ouest rien de nouveau en effet car le général Villeneuve privilégie les plaines belges comme théâtre d’opérations principal, une attaque sur le Rhin et un passage en force de la ligne Siegfried lui semblant bien trop hasardeux pour en faire le Schwerpunkt d’une offensive alliée.

La Ligne Maginot sert donc de bouclier et l’aile marchante se trouve entre la mer du Nord et les Ardennes.

En cas d’offensive allemande, les troupes du Groupe d’Armée n°1 à l’exception de la 2ème armée doit pénétrer en Belgique pendant que les Corps d’Armée de réserve et/ou l’Armée Polonaise en France sont mis en alerte prêt à gagner la frontière pour renforcer l’aile marchante ou repousser une percée allemande.

Si les alliés prennent l’offensive, le scénario est le même sauf que les Corps de Réserve gagnent le sud de la Belgique laissant 100 à 150km avec la ligne de front pour soit soutenir les unités engagées ou empêcher d’être débordés par les allemands.

L’objectif est d’atteindre le Rhin, de contrôler ces ponts et ensuite plusieurs options s’ouvrent aux alliés :

-Une option Nord menant à Hambourg, Brême et les ports de la Baltique et pour tendre la main aux danois. Cette option est défendue par les anglais qui voit là un moyen d’isoler la Kriegsmarine en Baltique et tordre définitivement le cou à une menace amphibie sur les côtes anglaises.

Cette hypothèse ne rencontre chez les français que le scepticisme. Les plus virulents y voit qu’une volonté des britanniques que de défendre leurs intérêts et leur sécurité et les plus polis comme le généralissime Villeneuve y voit un intérêt militaire limité à la possibilité d’envoyer renforts et hommes par ces ports (si ils n’ont pas été sabotés et minés par les allemands) et l’armée danoise aurait bien «du mal à s’insérer dans la manoeuvre générale en raison de sa faiblesse numérique et de sa non participation à un conflit depuis 1866».

-L’option Centre est nettement plus intéressante. En effet, il vise à neutraliser la Rhur, l’un des poumons économiques allemands avec la Silésie. Si sa prise ne mettra pas fin à la guerre, elle aurait le mérite de priver l’Allemagne d’une part non négligeable de sa production de charbon et d’acier.

Le Rhin franchit, les forces alliées devraient exercer un mouvement tournant pour encercler cette zone en coopération avec le Groupe d’Armée n°2 qui pourrait lancer une offensive frontale contre le Westwall ou ligne Siegfried ou contourner cette «muraille de l’ouest» par le Sud, ces deux pinces pouvant faire de sacrés dégâts.

-L’Option Sud est fortement liée à la précédente sauf que cette fois l’attaque serait dirigé en direction de la Bavière et de l’Autriche puis de la défunte Tchécoslovaquie, éventuellement en liaison avec l’URSS.

Tout ceci reste bien entendu de grandes théories et comme tous les plans militaires soumis à de nombreux aléas dont le moindre étant la réaction de l’ennemi qui réagit rarement comme on le voudrait dans les simulations. La sagesse militaire disant d’ailleurs que la première victime de la guerre c’est le plan.
Scandinavie et Balkans : deux fronts périphériques

Comme nous l’avons vu, la France avait songé à intervenir en soutien de la Finlande agressée par l’armée Rouge. Cela ne s’est pas fait, la seule assistance étant l’envoi d’armes et de conseillers militaires.

Cela n’empêche pas la France et la Grande Bretagne de surveiller cette région et d’échaffauder des plans d’intervention avec toutes les difficultés que cela comporte : neutralité des pays concernés, absence de frontière terrestre commune obligeant à tout transporter par mer dont le contrôle est disputée par une marine puissante……. .

Si une intervention préventive est impensable pour les raisons expliquées plus haut (une violation de neutralité faisant les affaires de l’Allemagne), une intervention après agression allemande est possible voir même souhaitable.

Débarquer en Finlande ? Peu utile et délicat en raison d’un climat hostile et surtout que ce geste pourrait être mal interprété par Moscou sans parler du fait qu’il faudrait l’accord des finlandais.

Débarquer en Suède ne serait possible qu’en Scanie et nécessiterait une maitrise de la Baltique et une maitrise de l’espace aérien ce qui serait difficile et générait de lourdes pertes.

Il reste donc le Danemark ou la Norvège. Leur contrôle par les allemands serait une catastrophe pour les alliés, permettant aux allemands d’y stationner avions, sous-marins et navires de surface, donnant à l’Allemagne une marge de manoeuvre appréciable.

Entre 1940 et 1948, Paris et Londres essayeront de convaincre Oslo de sortir de sa stricte neutralité et de rejoindre une alliance formelle. Le gouvernement norvégien refusera avec énergie, estimant qu’une telle position provoquerait le courroux allemand.

Il ne reste plus qu’une intervention a posteriori des troupes alliées sous la forme d’un Corps Expéditionnaire composé de troupes anglaises, françaises et polonaises (une brigade de montagne levée en Ecosse) soutenu par les flottes alliées et des forces aériennes basées en Grande Bretagne, essentiellement des unités de la Royal Air Force et quelques unités composées de pilotes polonais et tchèques.

Ce corps expéditionnaire doit soutenir la petite armée norvégienne (8 à 20000 hommes selon les sources) et stabiliser la situation le temps que d’autres unités alliées ne débarquent pour chasser les allemands de Norvège.

Quand au Danemark, le général Villeneuve ne se fait pas d’illusions sur sa capacité de résistance face à une attaque allemande décidée «Au pire, ils laisseront passer les troupes allemandes et au mieux meneront quelques combats pour l’honneur. J’aurais aimé que l’esprit des redoutables vikings animent les soldats danois» (Général Villeneuve Mémoires d’un simple soldat Grasset 1957).

Une intervention en direction du Danemark est écartée, tout juste pourrait-on imaginer un raid aéronaval contre les forces allemandes pour géner leur progression vers la Norvège ou l’action décidée des sous-marins contre les convois venant des ports allemands de la mer du Nord, des piqures d’épingle à l’efficacité limitée.

Dans le cas où l’intervention alliée serait un succès, les troupes déployées en Norvège progresseraient vers le Danemark pour fixer l’ennemi et divertir des forces faisant face aux forces alliées sur le Rhin, dans les plaines belges et aux Pays Bas.

Pour cette intervention en Norvège, la France prévoit d’engager la 1ère Division Légère d’Infanterie, la Brigade de Haute Montagne, des unités de la Légion Etrangère, deux compagnies de chars autonomes, de l’artillerie et des unités de soutien cette force devant servir à «mettre le pied dans la porte», à contrôler les principaux ports pour permettre l’arrivée de renforts plus lourds.

En ce qui concerne les Balkans, la situation est différente et ce pour plusieurs raisons :

-L’Italie est une puissance militaire nettement moins impressionante que l’Allemagne

-Les alliés bénéficient de bases plus proches qu’il s’agisse de l’Egypte et de la Palestine mandataire pour la Grande Bretagne, de la Syrie et du Liban pour la France.

-Des accords militaires ont été signé avec la Grèce et la Yougoslavie, des plans communs signés dans un but défensif ou offensif.

Néanmoins, il est admis que l’intervention alliée est plus probable suite à une attaque allemande ou suite à une demande grecque ou yougoslave d’un soutien militaire pour contrer la Bulgarie à la neutralité bienveillante vis à vis de l’Allemagne et à la Roumanie largement inféodée à Berlin sans oublier la Hongrie du régent Horty.

Néanmoins une option stratégique Balkans est étudiée par l’état-major allié dans le cadre d’une action concertée contre l’Italie.

Une stratégie prévoyant une attaque par l’Albanie suivit d’une remontée par le Monténégro et la Dalmatie en liaison avec l’armée yougoslave direction l’Istrie ce qui permettrait de pénétrer en Italie par le Nord.

Parallèlement, d’autres troupes alliées pourraient débarquer dans la région de Bari et de Tarente pour remontrer la péninsule jusqu’à Rome et hâter la chute d »un régime qui serait durablement affaibli par la perte de la Sardaigne, de la Sicile et de l’Afrique Septentrionnale Italienne, l’actuelle Libye.

Contre l’Italie,une stratégie indirecte

Alliés durant le premier conflit mondial, la France et l’Italie ont oscillé durant l’entre-deux-guerre entre une franche amitié et une hostilité à peine voilée liée à une rivalité maritime (l’Italie ayant obtenu la parité avec la France au traité de Washington en 1922) et aux revendications mussoliniennes sur Nice, la Savoie, la Corse, la Tunisie et Djibouti considérées comme «terres irrédentes».

C’est le refus des français et des anglais de soutenir les prétentions italiennes sur l’Abyssinie qui poussa Rome à mettre bas les masques et se rapprocher clairement de Berlin (axe Rome-Berlin, pacte anti-Kommintern…….).

Durant la guerre de Pologne, l’Italie se déclare en état de non-belligérance, refusant de s’engager clairement aux côtés des troupes allemandes, proposant même sa médiation durant la crise qui mène à l’ouverture du conflit.

Entre 1940 et 1948, une véritable guerre froide règne entre l’Italie et la France, plusieurs incidents de frontière sur les Alpes et dans les colonies sont à deux doigts de déclencher un véritable conflit armé.

Les plan français sont régulièrement revus en fonction de la montée en puissance (relative) des forces italiennes qui sont en septembre 1948 nettement mieux préparées que neuf ans plus tôt.

-Sur les Alpes, la défensive prévaut. Les fortifications de la Ligne Maginot alpine protègent la France d’une attaque italienne surprise et un raid amphibie sur les côtes de Provence serait aisement contré par la 2ème Escadre stationnée à Toulon (cinq cuirassés, un porte-avions, des croiseurs lourds et légers), l’aviation basée dans le Sud-Est et en Corse……. .

L’action semble devoir se déplacer plus au sud en direction de la Sardaigne, de la Sicile et de l’ASI, véritables ventres mous de la défense italienne.

En cas d’attaque italienne sur les Alpes, il est prévu une riposte immédiate de l’aviation avec des raids sur l’industrie dans la région de Turin, sur le port de Gênes pour désorganiser gravement la logistique italienne.

Il est prévu également de mener le même type de raids sur la Sardaigne et la Sicile, des raids d’ampleur pour faire croire à un prochain débarquement allié alors que l’action principale est prévue contre l’ASI pour débarasser l’Afrique du Nord de la présence italienne et sécuriser le flanc sud des alliés pour rendre par exemple plus sure la traversée de convois entre le détroit de Gibraltar et le canal de Suez.

L’action principale sera menée par la France depuis la Tunisie voir l’Algérie, les anglais se contentant de fixer les forces italiennes à Benghazi.

Espagne, Portugal et Turquie : à surveiller

La péninsule ibérique est partagée entre neutralité et engagement aaux côtés des forces de l’Axe notament l’Espagne, Franco devant son arrivée en pouvoir au soutien massif de l’Italie et de l’Espagne et dans une moindre mesure le Portugal de Salazar.

L’hypothèse d’une attaque espagnole qui apparaît probable en 1939 devient de plus en plus improbable au fur et à mesure où les années passent, Franco devant assurer son pouvoir face à des maquis communistes et anarchistes remuants, relancer l’industrie et réparer les dégâts de la guerre civile.

De plus, une politique d’influence est menée vis à vis de la faction pro-alliée du gouvernement espagnol pour faire pencher du côté d’une neutralité bienveillante, la politique extérieure espagnole au grand dam de Ramon Serano Suner, le cunadissimo «le beaufrerissime», beau frère de Franco et accessoirement ministre des Affaires Etrangères, notoirement connu pour ses sympathies pro-allemandes.

Cette politique d’influence est mené en liaison avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis du moins jusqu’en 1944 quand le président Linbergh tourne le dos à l’Europe.

Outre l’action des diplomates français à Madrid et à Lisbonne, on trouve une aide économique en argent et en nature (huile, blé, charbon) sans parler d’une livraison très discrète de matériel militaire.

Résultat si en 1948, des troupes françaises sont déployées dans les Pyrénées c’est plus pour donner le change vis à vis des allemands ce que Franco dans son palais d’Orient à Madrid comprend très bien.

Vis à vis du Portugal, les relations sont polies sans chaleur ni hostilité. L’influence britannique et la faiblesse de l’armée portugaise rend illusoire une action hostile vis à vis de la France, de l’Angleterre et des colonies.

Des plans sont cependant dressés au cas où pour occuper le Maroc espagnol et les colonies portugaises ainsi que les Açores et Madère. Il est néanmoins acquis que ces plans ne seront déclenchés que si Lisbonne nous devient réellement hostile.

En ce qui concerne la Turquie, la cession à Ankara du Sandjak d’Alexandrette en 1939 à amadoué la Turquie peut pressée de répondre aux solicitations allemandes et surtout inquiète du renforcement de la flotte russe reste dans une neutralité prudente.

Orient lointain

En Extrême Orient, la menace japonaise est prégnante. La guerre sino-japonaise lancée en 1937 menace clairement l’Indochine.

De plus, les richesses du Sud-Est asiatique (pétrole des Indes Néerlandaises, caoutchouc de Malaisie, charbon et riz d’Indochine) sont clairement convoitées par le Japon qui sous couvert de «L’Asie aux asiatiques» et de «Sphère de coprospérité» rêve d’agrandir son empire colonial.

Cette menace devient prégnante à partir de 1943 quand une nouvelle offensive réduit encore un peu plus le territoire contrôlé par le Guomintang de Tchang-Kaï-Chek au point que l’on craint un accord entre la Chine et le Japon.

La France renforce clairement ses positions en Indochine avec des unités plus modernes, mieux entrainées et mieux équipées.

La stratégie est clairement défensive mais une défensive agressive s’appuyant sur un relief favorable à la défense. Les priorités sont de couvrir la conurbation Hanoï-Haïphong en s’appuyant sur la ligne Doumer, la frontière ne devant faire l’objet que de combats retardateurs.

Plus au sud, les villes de Hué et de Tourane doivent devenir des forts sur lesquels la machine de guerre nippone doit se briser, le commandement espérant pouvoir tenir une à deux semaines avant de devoir se replier plus au sud.

La base navale de Cam-Ranh avec ses puissantes fortifications doit servir d’abcès de fixation, un point d’ancrage sur lequel la défense doit s’organiser, un assaut japonais direct sur la base semblant peu probable.

Si ou plutôt quand la base est tombée, les forces encore en état de combattre doit lutter en retraitant jusqu’à Saïgon, la capitale de la Cochinchine disposant de fortifications de campagne permettant à la ville de tenir le plus longtemps possible.

Ensuite, quand cessera toute résistance organisée, le commandement français espère en liaison avec des sectes nationalistes voir le parti communiste indochinois organiser un guérilla dans le Delta du Mékong pour rendre la vie impossible aux japonais et les empêcher d’exploiter leur conquête.

Et pour finir…….Le Pacifique

Dans cette région, la France est présente sur le Caillou _La Nouvelle Calédonie_ et en Polynésie, deux territoires aux destins différents.

En effet, si l’archipel polynésien est hors de portée des japonais (qui ne s’y intéressèrent guère), tel n’est pas le cas de la Nouvelle Calédonie qui permettrait en cas de capture par les japonais de menacer les communications entre les Etats Unis et le bloc Australie-Nouvelle Zélande.

D’où le renforcer des installations portuaires et d’entretien, la construction d’une base aérienne/hydrobase/base aéronavale à Nouméa-Tantouta et le déploiement de forces plus modernes qu’elles soient terrestres, aériennes et navales.

Il est prévu que els américains y déploient une division, de l’artillerie et de l’aviation et que Nouméa devienne une base de ravitaillement et une base d’entretien avancé, les navires endommagés par les combat devant y être sommairement réparés avant de rallier Pearl Harbor ou la côte ouest pour une remise en état complète doublée d’une modernisation.

La stratégie est comme ailleurs défensive et dépendra de la capacité ou non des britanniques de tenir la Malaisie et Singapour, aux néerlandais de s’accrocher à leurs Indes et aux américains de rendre très indigeste la conquête des Philippines. Un renforcement des défenses des Salomon par l’Australie est fortement envisagée, une base aérienne devant être construite sur l’île de Guadalcanal.

14-Navires légers (31) canonnières fluviales (3)

Canonnières fluviales classe Song Hong

Pour remplacer les vieilles cannonières fluviales Balny Doudart de Lagrée Argus et Vigilante, décision est prise de faire construire à l’Arsenal d’Indochine de Saïgon, quatre canonnières financées à la tranche 1943 du programme naval dont une partie des équipements ont été envoyés de France.
Ces corvettes portent le nom de rivières d’Indochine : Song Hong (fleuve rouge), Bassac Tonle Sap et Song Do (fleuve noir).

-Les canonnières Song Hong et Bassac sont mises sur cale le 8 août 1942 lancées le 15 mars 1943 et mises en service le 5 septembre 1943

-Les canonnières Tonle Sap et Song Do mises sur cale le 4 juillet 1944 lancées le 12 février 1945 et mises en service le 20 août 1945.

Elles sont toujours en service en septembre 1948. Le Song Ho patrouille sur le Mékong, le Bassac patrouille à Hué sur la rivière des Parfums, le Tonle Sap patrouille sur le fleuve Rouge et le Song Do sur la rivière Saïgon.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 650 tonnes pleine charge 800 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 62.10m longueur entre perpendiculaires 59.15m largeur 10.20m tirant d’eau 2.20m

Propulsion : deux moteurs diesels de 2200ch chacun entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 17.5 noeuds distance franchissable : 1500 miles nautiques à 15 noeuds

Armement : deux canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples (un avant et un arrière), deux mortiers de 81mm Brandt, six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 et huit mitrailleuses de 7.5mm Darne

Equipage : 118 officiers et marins

14-Navires légers (29) canonnières fluviales (1)

I-Canonnières fluviales

Etre présents sur les fleuves

La présence de grands fleuves dans les colonies françaises poussa la marine à se dôter de navires adaptés appelés canonnières. En réalité une seule région vit la France s’en dôter avant guerre de Pologne : le sud-est asiatique pour appuyer l’action de la France en Indochine et en Chine en particulier à Shanghai où se trouvait une légation française. Un total de cinq classes de navires furent construites et mises en service entre 1909 et 1934.

Le programme naval de mai 1941 décida de construire de nouvelles canonnières à la fois pour renouveler les moyens des FNEO mais également pour renforcer nos positions sur le Rhin avec la création d’une nouvelle Flottille du Rhin nettement plus musclée que ces prédecesseurs.

La Doudart de Lagree

La canonnière Doudart de Lagree

La canonnière Doudart de Lagree

Officiellement désignée «chaloupe canonnière» , le Doudart de Lagree à été construite aux Ateliers et Chantiers de Bretagne à Nantes pour servir en Chine à Shanghaï. Elle à été mise en service en 1909 et désarmée en 1941 avant d’être cédée aux chinois.

Son sort final est inconnu. Elle est encore signalée sur le Yangtsé-Kiang en 1945 mais semble avoir disparu après cette date.

Ce navire de 243 tonneaux propulsée par une machine à triple expansion de 800ch était armée d’un canon de 75mm modèle 1897 et de 4 canons de 37mm

La Balny

La canonnière fluviale Balny

La canonnière fluviale Balny

Comme son prédécesseur, le Balny est désignée «chaloupe canonnière» et destinée à la Chine et à la flottille du Yang Tsé Kiang.
Sa construction est perturbée par la guerre puisque lancée en juin 1914, elle est aussitôt désarmée pour que ses moteurs servent à armer des patrouilleurs sur le Rhin.
Elle est reconstruite en 1921 et admise au service actif en Chine en 1923 et y servit jusqu’en 1943 date à laquelle la France décide de se retirer de Chine. Laissé à l’abandon à Shanghai, elle est coulée par un bombardement japonais en 1945.

Déplacement :  183 tonneaux
Dimensions :  longueur 54.40m largeur 7m tirant d’eau 1.40m

Propulsion :  deux machines alternatives développant une puissance totale de 900ch et entrainant 2 hélices sous tunnel.

Performances :  vitesse maximale 14 noeuds

Armement :  Un canon de 75mm modèle 1897, 2 mitrailleuses de 13.2mm et 2 mortiers

Equipage :  4 officiers et 55 hommes

Canonnières fluviales classe Argus

Après la première guerre mondiale, soucieuse de renforcer son emprise sur le sud de l’Indochine, la marine française décida de construire deux nouvelles canonnières pour patrouiller sur le Mékong.
Ces navires baptisés Argus et Vigilante furent construites à l’Arsenal de Toulon mises sur cale en 1921 lancés en 1922 et transportés en Indochine en pontée sur un cargo où elles sont mises en service en 1923.

Elles vont y servir jusqu’en 1945 date à laquelle elles sont désarmées en raison de moteurs épuisés. Ils seront remplacés par des unités construites à l’arsenal d’Indochine à Saïgon.

Déplacement :  standard 218 tonnes pleine charge 260 tonnes

Dimensions :  longueur 54m largeur 6m tirant d’eau 0.90m

Propulsion :  deux moteurs diesels de 1000ch et entrainant deux hélices

Performances :  vitesse maximale 14 noeuds

Armement :  deux canons de 75mm deux canons de 37mm et deux mitrailleuses de 8mm

Equipage : 50 hommes

Canonnières fluviales classe My-Tho

La canonnière fluviale My-Tho

La canonnière fluviale My-Tho

Les canonnières My-Tho et Tourane étaient semblables aux précédentes mais de taille  plus modeste mais spécialement conçues pour appuyer des troupes dans des missions de contre-guerilla et de présence. Ces navires sont construites en 1933 et 1936 à l’arsenal d’Indochine et encore en service en 1948.
Déplacement :  standard 95 tonnes pleine charge 110 tonnes
Dimensions :  longueur 40m large 8m tirant d’eau 0.80m

Propulsion :  deux moteurs diesels de 800ch et entrainant deux hélices

Performances :  vitesse maximale 13 noeuds

Armement :  un canon de 75mm un canon de 47mm 2 mitrailleuses de 8mm et un mortier

Equipage : 36 hommes

Le Francis Garnier

La canonnière Francis Garnier

La canonnière Francis Garnier

Ce dernier navire construit aux Chantiers Navals de France de Caen (mis sur cale en 1926 et lancée le 7 décembre 1927) fût affecté dès sa mise en service en 1930 à la flottille du Yangtsé Kiang. Ce navire assura la défense des intérêts français en Chine jusqu’en 1943 date du retrait français du pays.
La canonnière encore en relatif bon état fût désormais basée à Saïgon pour des patrouilles sur le Mékong et était toujours en service en septembre 1948

Déplacement : standard 640 tonnes pleine charge 690 tonnes

Dimensions : longueur 50m largeur 8m tirant d’eau 1m

Propulsion :  deux moteurs diesels de 1500ch entrainant deux hélices

Performances :  vitesse maximale 15 noeuds

Armement : (origine) deux canons de 100mm un canon de 75mm deux canons de 37mm et 4 mitrailleuses de 8mm (septembre 1948) deux canons de 100mm, un canon de 75mm, quatre canons de 37mm modèle 1941 et quatre mitrailleuses de 8mm

Equipage :  59 hommes

9-Croiseurs légers (2)

A-Croiseurs légers classe Duguay-Trouin

Le croiseur léger Duguay Trouin en 1936

Le croiseur léger Duguay Trouin en 1936

Les Duguay Trouin ou la renaissance de la Marine Nationale

Comme nous l’avons vu plus haut, la construction des trois premiers convoyeurs d’escadrilles (peut être que les marins français prévoyaient que le Lamotte Picquet et ses deux sister-ship seraient utilisés comme navires de commandement pour les flottilles de torpilleurs) fût abandonnée en raison du déclenchement de la première guerre mondiale.

Néanmoins même en l’absence de la guerre, la construction aurait été probablement reportée car le 13 mars 1915, le directeur central des constructions navales écrivait au préfet maritime de Toulon lui demandant de surseoir aux travaux préparatoires ordonnés par les dépêches du 17 juillet et du 30 octobre 1914 puisqu’il avait été décidé de reprendre le projet à zéro.

Le Comité technique se réunit donc à nouveau le 21 juillet 1915 pour examiner les plans modifiés du Lamotte Picquet : déplacement porté de 4500 à 5026 tonnes, longueur portée à 143.80m, 14.25m de large (45cm de plus), tirant d’eau de 4.92m (+62cm), puissance propulsive portée à 44000ch sur deux lignes d’arbre qui donnait une vitesse de 29.5 noeuds et une autonomie de 3800 miles à 14 noeuds et de 700 à 29.5 noeuds. L’armement principal restait inchangé mais nouveauté 4 canons de 65mm antiaériens étaient installés.

Le projet est cependant repoussé car il ne satisfaisait pas les marins et de toute façon la saturation des arsenaux occupés par l’entretien de la flotte, la construction d’une poussière navale (escorteurs, patrouilleurs, dragueurs, cannonières…….) et la production de munitions et de matériels pour l’armée de terre repoussait la construction à la paix.

Le projet n’est pas abandonné et régulièrement amendé aboutissant à un avant projet approuvé par le Conseil Supérieur de la Marine en septembre 1919 qui donnait les caracteristiques suivantes :

-Déplacement : 5270 tonnes

-Longueur (hors tout) 146.30m (entre perpendiculaires) 145m largeur : 14.50m tirant d’eau 5.20m

-Puissance propulsive : 54000ch donnant une vitesse de 30 nœuds

-Armement : 8 canons de 138mm en quatre tourelles doubles dans l’axe, 4 canons de 75mm antiaériens et 12 tubes lance-torpilles de 550mm

Le 13 janvier 1920, le ministre de la Marine Georges Leygues dépose sur le bureau des Assemblées un projet de loi dit «Projet 171» qui prescrit l’arrêt définitif de la construction des cinq cuirassés de classe Normandie, la construction de six éclaireurs d’escadre et de douze torpilleurs éclaireurs. Ce projet n’est pas adopté car Georges Leygues perd son portefeuille de ministre.

Le projet subit de nombreuses modifications. Réuni le 1er avril 1920, le CSM envisage pour les croiseurs légers des navires de 7500 tonnes, filant à 34 noeuds, armés soit de 8 canons de 138mm jumelés ou bien de 7 canons de 155mm toutes dans l’axe plus 4 tubes lance-torpilles de 550mm et des canons AA (probablement le versatile «75»).

Après deux ans de tergiversations, la première tranche du Programme naval est définitivement votée par le Sénat le 18 mars 1922.

Entre temps, le projet définitif avait été adopté soit un navire de 8000 tonnes, long de 175m large de 17.20m avec un tirant d’eau de 5.60m, une puissance propulsive de 102000ch propulsant le navire à 34 nœuds avec un armement composé de 8 canons de 155mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières dans l’axe), 4 canons de 75mm antiaériens et 12 tubes lance-torpilles de 550mm.

Le Duguay-Trouin

Le Duguay-Trouin à la mer

Le Duguay-Trouin à la mer

-Le Duguay-Trouin est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 4 août 1923, lancé le 14 août 1924. Il est armé pour essais le 1er août 1925, armé définitif le 10 septembre 1926 et enfin admis au service actif le 15 février 1927.

Avec ses deux sister-ship, il forme la 3ème Division Légère de la 2ème Escadre. La division est affecté en Méditerranée (1ère escadre) d’août 1928 à 1933. Après plusieurs périodes de travaux, il rejoint le Lamotte-Picquet au sein d’une 2ème D.L de la 2ème Escadre. Cette division est dissoute le 1er juillet 1936 et le croiseur est affecté à la Division d’Instruction de la 1ère Escadre à Toulon.

Durant la guerre de Pologne, il est affecté à Lorient au sein de la 5ème escadre, formant une division hétéroclite avec le croiseurs mouilleur de mines Pluton qui connaitra un sort funeste à Casablanca le 13 septembre 1939.

Ce court conflit terminé, les trois croiseurs légers sont regroupés en Méditerranée au printemps 1940 pour former une toute nouvelle 6ème DC avec pour port d’attache Toulon bien qu’un temps on envisagea de les déployer à Bizerte.

Cette décision ne fait pas l’unanimité, certains officiers réclamant l’envoi de ces navires outre-mer en raison de leur vulnérabilité de la crainte de voir l’Allemagne reprendre brutalement la guerre.

Ce déploiement en Méditerranée n’est cependant que temporaire puisque dès la mise en service des trois premiers croiseurs de classe De Grasse (De Grasse Chateaurenault Guichen), les Duguay-Trouin retrouveront les colonies.

Le Duguay-Trouin sortait d’un grand carénage à Lorient, travaux effectués du 22 janvier au 15 mai 1940. Après des essais à la mer du 15 au 18 mai, il quitte Lorient le 20 mai pour arriver à Toulon le 27 mai 1940.

Il devient navire-amiral de la 6ème DC rejoint par le Lamotte-Picquet venu d’Indochine en août 1940, le Primauguet retrouvant Toulon en novembre 1940.

Le Duguay-Trouin reprend la mer pour exercices au large des côtes de Provence  du 7 au 20 juin, faisant escale à Port-Vendres du 21 au 28 juin avant de rentrer à Toulon le 30 juin. Il est au mouillage aux Salins d’Hyères du 1er au 12 juillet avant de rentrer à Toulon pour les célébrations du 14 juillet 1940.

Il ressort pour exercices du 25 au 30 juillet, du 4 au 9 août et du 13 au 20 août avant d’être indisponible pour une période d’entretien à flot et les permissions de l’équipage du 21 août au 5 septembre 1940.

Il ressort du 15 au 25 septembre 1940 pour un exercice combiné avec le Lamotte-Picquet revenu d’Indochine. Les deux croiseurs font escale à Calvi du 26 au 30 septembre et à Bastia du 1er au 8 octobre. Ils sont de retour à Toulon le 10 octobre.

Le 4 novembre 1940, le Primauguet venu de Casablanca arrive à Toulon pour retrouver la 6ème DC qui atteint donc son format définitif à trois croiseurs.

La division ressort au complet pour exercices du 12 au 24 novembre avant une escale à Ajaccio du 25 au 30 novembre, à Tunis du 2 au 7 décembre, à Oran du 9 au 14 décembre avant de rentrer à Toulon le 15 décembre 1940 dans la soirée.

L’ Amirauté décide de détacher à tour de rôle un «8000 tonnes» au Levant pour renforcer les moyens de la Division Navale du Levant (DNL). Le Primauguet est le premier à y être détaché à savoir de décembre 1940 à avril 1941

Le Duguay-Trouin sort pour la première fois en 1941 du 12 au 21 janvier pour un exercice combiné avec le Lamotte-Picquet, les deux croiseurs se poursuivant mutuellement avant de faire escale à Nice du 22 au 27 janvier, rentrant à Toulon le 28 janvier.

Le Duguay-Trouin est en travaux à flot du 30 janvier au 15 février avant une sortie pour essais du 16 au 20 février avant une remise en condition du 21 février au 1er mars 1941. Il est au mouillage aux Salins d’Hyères du 2 au 12 mars 1941 avant de rentrer à Toulon le 13 mars 1941.

Le 6 avril 1941, le Duguay-Trouin quitte Toulon, fait une escale de ravitaillement à Bizerte le 10 avril et arrive à Beyrouth le 16 avril. Il relève le Primauguet au sein de la DNL, transmettant son rôle de navire-amiral de la 6ème DC au croiseur relevé.

Le Duguay-Trouin est déployé au sein de la DNL d’avril à août 1941, alternant entre exercices, missions de surveillance et escales dans les ports de la région notamment la Syrie, le Liban, la Palestine et l’Égypte. Il s’entraine du 13 au 30 mai avec le Jean de Vienne et La Marseillaise.

Le 17 août 1941, le Lamotte-Picquet arrive à Beyrouth et relève le Duguay-Trouin qui quitte le Liban le lendemain 18 août pour rentrer à Toulon le 25 août. Il est indisponible pour entretien jusqu’au 15 septembre quand il reprend la mer pour essais du 16 au 18 septembre avant de s’entrainer avec le Primauguet qui lui rétrocède le pavillon de navire-amiral de la la 6ème DC.

Les deux croiseurs sont à la mer du 21 septembre au 12 octobre, faisant escale à La Ciotat du 28 au 30 septembre et à Marseille du 13 au 16 octobre avant de rentrer à Toulon le 18 octobre 1941. Les deux croiseurs sont de nouveau à la mer pour exercice du 20 au 30 octobre avant une escale à Nice du 1er au 4 novembre, le Primauguet et le Duguay-Trouin rentrant à Toulon le 6 novembre 1941.

Le 25 novembre 1941, le Lamotte-Picquet après avoir été relevé par le Primauguet rentre à Toulon et retrouve la 6ème DC qu’il rejoint effectivement après une période d’entretien intermédiaire. Les deux croiseurs vont effectuer e nombreuses sorties pour exercices.

Les deux croiseurs sortent ainsi du 4 au 12 décembre pour un entrainement combiné qui se termine par une escale à Ajaccio où les deux navires sont présents du 13 au 17 décembre avant de rentrer à Toulon le 21 décembre après un exercice de défense aérienne à la mer pour entrainer l’aviation basée en Corse.

Le Duguay-Trouin est au bassin du 5 au 12 février 1942 (bassin n°1 du Missiessy) pour une période d’entretien allégée. Si les hélices sont inspectées puis changées et que la coque est grattée et repeinte, les principaux travaux concernent surtout l’armement.

En effet, plusieurs radars sont installés, l’armement en torpilles est allégé avec les seules douze torpilles en poste dans les tubes et la DCA est changée.
Les 4 canons de 75mm modèle 1922 sont remplacés par 4 canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples et les 6 affûts doubles de 13.2mm sont remplacés par 8 canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts simples (en attendant la disponibilité de l’affûts doubles). La catapulte est maintenue mais le Gourdou-Lesseure GL.832 est remplacé par un Loire 130.

Après des essais à la mer du 15 au 27 février 1942, le Duguay-Trouin sort pour entrainement avec son sister-ship Lamotte-Picquet du 28 février au 5 mars. Rentré à Toulon le lendemain 6 mars, le Duguay-Trouin ressort le 12 mars 1942 direction le Levant pour un nouveau déploiement au sein de la DNL.

Après une escale à Bizerte du 16 au 18 mars, le Duguay-Trouin arrive à Beyrouth le 22 mars 1942 où il relève le Primauguet qui gagne Bizerte pour subir la même modernisation que son successeur au Levant. Le même jour, le Lamotte-Picquet devient navire-amiral de la 6ème DC.

Le premier «8000 tonnes» va être déployé dans la région jusqu’au mois de juillet 1942 et comme durant son premier déploiement un an plutôt, le Duguay-Trouin va assurer des missions de surveillance, d’entrainement et de police coloniale. Les deux croiseurs légers La Galissonnière et La Marseillaise font escale à Lattaquié du 6 au 12 juillet, à Beyrouth du 13 au 17 juillet avant de manoeuvrer avec le Duguay Trouin, navire-amiral de la DNL du 18 au 27 juillet 1942

En effet le 15 avril, les druzes se révoltent à nouveau, presque vingt ans après la révolte de 1925 et comme la précédente, cette révolte est durement réprimée.

Le croiseur léger va assurer des missions de transport rapide, de contrôle des eaux pour intercepter de possibles ravitaillement en armes et également d’appui-feu, tirant contre la terre à plusieurs reprises jusqu’à la fin de la révolte début mai.

Le Duguay-Trouin est relevé par son sister-ship Lamotte-Picquet le 21 juillet 1942 et quitte Beyrouth le 25 après un entrainement avec son sister-ship pour l’habituer au théâtre d’opérations. Il fait escale à Bizerte du 28 juillet au 4 août avant de rentrer à Toulon le 10 août après une escale à Ajaccio du 7 au 9 août. Il est indisponible à Toulon pour entretien du 11 au 31 août 1942.

Il reprend la mer pour essais du 1er au 5 septembre avant remise en condition du 8 au 15 septembre 1942. Il est ensuite au mouillage aux Salins d’Hyères du 16 au 27 septembre, effectuant des sorties quotidiennes pour s’entrainer. Il est de retour à Toulon le 30 septembre 1942.

Alors qu’approche son redéploiement en Indochine,  le Duguay Trouin est mis au bassin du 10 octobre au 15 novembre 1942 pour une véritable remise en état.

La coque est grattée et repeinte, les hélices sont inspectées, des éléments des lignes d’arbre sont changées tout comme la catapulte pour hydravions. Les radars sont changés pour essayer de mettre fin aux interférences régulièrement signalées.

En ce qui concerne la DCA, les 8 canons de 37mm Schneider en affûts simples sont remplacés par quatre affûts doubles et renforcés par douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles.

Le Duguay-Trouin est en essais à la mer du 17 au 27 novembre avant un stage de remise en condition du 1er au 8 décembre 1942.

Le 17 décembre 1942, le croiseur léger De Grasse arrive à Toulon pour relever numériquement parlant le Duguay Trouin, les deux navires manœuvrant ensemble du 18 au 24 décembre, jour de l’admission au service actif du nouveau fleuron de la force de croiseurs de notre marine.

Le 8 janvier 1943, le croiseur léger Duguay Trouin quitte Toulon pour un long périple en direction de l’Indochine, l’Amirauté ayant choisit la voie du cap de Bonne Espérance et non du canal de Panama. Arrivé à Dakar le 19 janvier après une escale à Casablanca du 13 au 16 janvier, le croiseur effectue une école à feu à Rufisque du 20 au 31 janvier.

Reprenant la mer le surlendemain 2 février, le croiseur fait escale à Abidjan du 5 au 7 février, à Pointe-Noire du 10 au 15 février, à Simonstown du 18 au 22 février, à Diego-Suarez su 27 février au 1er mars, à  Singapour du 5 au 9 mars avant d’arriver à Saïgon son nouveau port d’attache le 16 mars 1943.

Il est indisponible du 17 mars au 24 avril, passant au bassin de l’Arsenal d’Indochine du 19 mars au 15 avril. Armé pour essais, il sort du 16 au 21 avril avant un stage de remise en condition dans le Golfe du Tonkin du 25 avril au 9 mai, rentrant à Saïgon le 13 mai après deux jours d’escale à Haïphong (10 au 12 mai).

Le 14 mai 1943, le croiseur léger Duguay-Trouin devient navire-amiral des FNEO.  

Outre sa fonction de navire-amiral (représentations publiques notamment), le croiseur va effectuer des missions de surveillance et d’appui-feu le long des côtes vietnamiennes.

Il quitte Saïgon le 20 mai pour une mission de surveillance le long des côtes du Tonkin, mouillant du 23 au 25 mai en baie de Cam Ranh même si officiellement la base navale est encore en travaux.

Reprenant la mer le 26 mai, le Duguay-Trouin entame sa mission de surveillance, allant et s’éloignant de la côte, utilisant son Loire 130 pour augmenter son rayon d’action. Le 2 juin 1943, l’hydravion est lancé pour une mission de surveillance à 75 miles au sud d’Haïphong.

L’hydravion capte alors un appel de détresse d’un poste isolé attaqué par une bande armée. Le croiseur accélère et se rapproche de la côte.

De 9.15 à 9.22, les huit canons de 155mm tirent 152 obus qui sauve le poste de l’annihilation. Le croiseur met à terre sa compagnie de débarquement (64 hommes) pour soutenir le poste attaqué. Le Duguay-Trouin reste déployé dans la région jusqu’au 15 juin le temps que le poste soit reconstruit et sa garnison renforcé.

Le croiseur léger poursuit sa mission de surveillance jusqu’au 27 juin, faisant escale à Haïphong du 28 juin au 4 juillet avant de rentrer à Saïgon le 7 juillet. Il est indisponible jusqu’au 15 juillet quand il ressort pour une nouvelle mission de surveillance cette fois au sud de Saïgon. Il est à la mer jusqu’au 4 août quand il rentre à Saïgon deux jours plus tard.

Le Duguay-Trouin ressort pour un exercice de combat de nuit du 21 au 28 août, mouillant la journée au pied du Cap Saint Jacques.

Il enchaine par un exercice de défense aérienne à la mer du 30 août au 5 septembre puis un exercice de bombardement littoral du 12 au 18 septembre.

Il est indisponible en raison d’une avarie du 19 septembre au 15 octobre avant une période d’essais du 16 au 22 octobre suivit d’un stage de remise en condition du 23 octobre au 7 novembre 1943.
Il ressort pour un exercice combiné avec d’autres navires des FNEO du 15 au 27 novembre avant une escale à Haïphong du 28 novembre au 2 décembre et à Tourane du 3 au 7 décembre avant de rentrer à Saïgon le 9 décembre 1943. Le Duguay-Trouin ressort encore deux fois pour exercices du 10 au 15 décembre et du 17 au 22 décembre.

Après une période d’indisponibilité du 23 décembre 1943 au 8 février 1944 (passage au bassin du 2 au 27 janvier), le Duguay-Trouin ressort pour essais du 9 au 12 février avant d’être en entrainement/remise en condition du 14 au 27 février.

Le 1er mars 1944, la ville de Saint Malo devient la ville marraine du croiseur léger, Réné Duguay-Trouin étant originaire de la cité corsaire.

Le 2 mars 1944, il quitte Saïgon pour Cam-Ranh où il mouille au milieu de la baie, participant lors du 7 au 12 mars à l’inauguration de la grande base navale qui manquait tant à la marine française en Indochine. Désormais, le croiseur léger va être basé à Cam Ranh et non plus à Saïgon.

Il quitte son nouveau port d’attache le 18 mars 1944 pour un nouvel exercice de combat de nuit jusqu’au 25 mars avant une escale à Haïphong du 28 mars au 2 avril. Il enchaine par une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 3 au 20 avril avant de rentrer à Cam-Ranh le 23 avril 1944.

Le Duguay-Trouin ressort pour une nouvelle mission de surveillance du Tonkin secoué par plusieurs attaques de bandes armées. Ces groupes non identifiés mènent la vie dure aux postes isolés mais sont encore trop faible pour s’attaquer aux villes.

A la mer du 27 avril au 15 mai, il tire presque 240 obus de 155mm et une centaine d’obus de 90mm contre la terre, dégageant plusieurs patrouilles et plusieurs postes assaillis. Il est de retour à Cam-Ranh le 18 mai 1944.

Le 27 mai 1944, il accueille au large de Cam-Ranh le croiseur lourd Duquesne. Après une période d’indisponibilité du 28 mai au 15 juin 1944 (avec un passage au bassin du 30 mai au 10 juin), le croiseur lourd devient navire-amiral des FNFEO en remplacement du Duguay Trouin.

Alors que le Duquesne est engagé dans des missions de transport rapide pour participer à la construction de la «Ligne Doumer», le Duguay-Trouin va assurer essentiellement des missions de surveillance du sud de l’Indochine.

Il ressort ainsi du 15 au 27 juin 1944 pour une mission de surveillance dans le Golfe du Siam avant une mission de surveillance des approches de Saïgon du 4 au 16 juillet.

Après une période d’indisponibilité pour entretien et permissions de l’équipage du 17 juillet au 8 août, le croiseur léger ressort pour essais du 9 au 12 août avant remise en condition du 15 au 27 août 1944.

Le Duguay-Trouin ressort pour une mission de représentation dans les ports de la région. Il quitte Cam-Ranh le 4 septembre, fait escale à Manille du 11 au 15 septembre, à Batavia du 27 au 30 septembre, à Singapour du 4 au 8 octobre et à Kuala Lumpur du 10 au 14 octobre avant de rentrer à Cam-Ranh le 27 octobre 1944.

Il ressort pour une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin, appareillant le 4 novembre et patrouillant dans le golfe du 7 au 15 novembre avant une escale à Haïphong jusqu’au 18 novembre quand il reprend la mer pour une deuxième patrouille de surveillance jusqu’au 30 novembre quand il fait escale à nouveau à Haïphong jusqu’au 3 décembre, début d’une troisième patrouille de surveillance jusqu’au 17 décembre au cours de laquelle, il tire contre la terre à plusieurs reprises. Il rentre à Cam-Ranh le 20 décembre et reste au port jusqu’à la fin de l’année.

Alors que le Duquesne est en petit carénage, le Duguay-Trouin redevient provisoirement le navire-amiral des FNEO. Il ressort du 7 au 20 janvier 1945 pour un exercice combiné avec l’aviso colonial Amiral Charner avant que les deux navires fassent escale ensemble à Saïgon jusqu’au 27 janvier quand ils rentrent à Cam-Ranh le 30 janvier 1945.

Le Duguay-Trouin ressort le 7 février pour transporter un bataillon d’infanterie coloniale entre Tourane et Haïphong. Il débarque le bataillon le 12 février et rentre à Cam-Ranh le 15 février.

Le Duguay-Trouin et le Duquesne manœuvrent ensuite ensemble du 19 au 27 février pour la remise en condition du croiseur lourd.

Le Duguay-Trouin ressort du 7 au 20 mars pour un entrainement combiné dans le Golfe du Tonkin avant de rentrer à Cam-Ranh le 25 mars 1945.

Le Duguay-Trouin quitte Cam-Ranh le 5 avril 1945 en compagnie du croiseur lourd Duquesne pour des manœuvres conjointes dans le Golfe du Tonkin avec l’armée de l’air et l’armée de terre. Ils arrivent à Haïphong le 10 avril, retrouvant sur place la Flottille Côtière du Nord (FCN).

Cette FCN mise en place en 1943 est composé de navires réquisitionnés, de quelques navires de construction locales chargées de la sécurité des ports et du delta. Son navire-amiral après avoir été un temps le vieil aviso Nancy (toujours en service mais qui sert de ponton) est depuis mars 1944 le patrouilleur ex-torpilleur léger La Cordelière.

L’exercice commence le 11 avril 1945 d’abord à terre sur carte pour à la fois entrainer les état-majors, régler les différentes fréquences radios. Les choses sérieuses commencent le 12 avril avec un exercice de défense aérienne à la mer où des avions de l’armée de l’air vont tenter d’attaquer et de couler les deux croiseurs et la «poussière navale» de la FCN.

Les 13 avril et 14 avril 1945, le croiseur lourd effectue une simulation de tir contre la terre dans le cadre d’un assaut amphibie contre le port d’Haïphong, ce raid amphibie étant mené par un groupement composite composé de Légionnaires, de troupes coloniales et de supplétifs vietnamiens.

Face à ce débarquement, la garnison d’Haïphong (4000 hommes) peut compter sur l’appui du Groupement Mécanisé Colonial (GMC), une sorte de division cuirassée renforcée qui bien que puissant montre des difficultés à opérer dans le Delta. Si les assaillants ne parviennent pas à s’emparer de la ville, ils font suffisamment de dégâts pour rendre le port inopérant.

Durant tout cet exercice le croiseur léger lui à assuré l’appui de la garnison en tirant notamment des obus fumigènes et des obus éclairants qui provoquent d’ailleurs quelques incendies vite maitrisés.

L’exercice se termine le 16 avril par des manœuvres combinées, un exercice de synthèse où toutes les épreuves précédemment exécutées sont réalisées simultanément. Les deux croiseurs quittent le Golfe du Tonkin le 19 avril 1945 pour rentrer à Cam-Ranh le 23 avril 1945.

Le Duguay-Trouin est en petit carénage du 25 avril au 12 juin 1945, subissant des essais à la mer du 13 au 16 juin avant remise en condition du 17 au 27 juin.

Le 6 juillet 1945, il retrouve à la mer le croiseur lourd Duquesne et les torpilleurs légers Niçois et Savoyard pour pour de nouveaux exercices jusqu’au 15 juillet 1945 quand les quatre navires remontent la rivière Saïgon pour mouiller à Saïgon jusqu’au 25 juillet avant de rentrer à Cam-Ranh le 27 juillet 1945.

Après une indisponibilité accidentelle du 28 juillet au 12 août, le Duguay-Trouin ressort pour essais du 13 au 17 août avant une remise en condition en compagnie de l’aviso colonial Amiral Charner et des torpilleurs légers Niçois et Savoyard du 18 au 29 août avant de rentrer à Cam-Ranh le 1er septembre 1945.

Il ressort pour un exercice de défense aérienne à la mer du 8 au 15 septembre, les avions de l’armée de l’air revendiquant avoir couler quatre fois le croiseur léger alors que ce dernier revendiqua la destruction de vingt-quatre avions.

Après une escale de ravitaillement à Cam-Ranh les 16 et 17 septembre, le croiseur léger ressort pour une mission de surveillance dans le Golfe de Thaïlande au cours de laquelle, le Loire 130 embarqué à été remplacé par un Dewoitine HD-731 plus moderne. La mission de surveillance commence le 20 septembre et s’achève le 2 octobre quand le croiseur léger met cap sur Cam-Ranh où il est de retour le 6 octobre 1945.

Il ressort du 7 au 18 octobre pour une mission de surveillance dans le golfe du Tonkin avant de rentrer à Cam Ranh le 21 octobre 1945.

Le croiseur léger Duguay-Trouin ressort le 25 octobre pour un exercice avec les autres navires des FNEO. L’exercice commence par un raid des quatre torpilleurs légers (les torpilleurs légers Catalan et Béarnais sont arrivés le 16 octobre) contre le croiseur lourd suivit par le même exercice contre le croiseur léger puis par l’attaque du croiseur léger par les quatre torpilleurs menés par le croiseur lourd avant que l’inverse ne soit réalisé. Après un exercice de défense aérienne à la mer, la force navale rentre à Cam-Ranh le 29 octobre 1945.

Le Duguay-Trouin ressort du 4 au 10 novembre 1945 pour une mission de surveillance au large des côtes de la Cochinchine avant une escale à Saïgon jusqu’au 15 novembre, la compagnie de débarquement du croiseur léger défilant dans les rues de la grande ville de Cochinchine. Il est de retour à Cam-Ranh le 18 novembre 1945.

Après une période d’entretien à flot à couple du navire-atelier Albert Caquot du 21 novembre au 12 décembre (travaux sur les auxiliaires et les chaudières, visite des hélices, renforcement de la DCA _portée à six affûts doubles de 37mm et huit affûts doubles de 25mm soit 12 canons Schneider de 37mm et 16 canons de 25mm Hotchkiss_, entretien de la catapulte), le croiseur léger ressort pour essais jusqu’au 15 décembre avant remise en condition jusqu’au 24 décembre 1945.

Le Duguay-Trouin effectue une nouvelle mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 7 au 21 janvier avant une escale à Tourane jusqu’au 23 janvier, rentrant le 25 janvier 1946 à Cam-Ranh.

Le Duguay-Trouin ressort avec le croiseur lourd Duquesne et les torpilleurs légers Nicois et Catalan pour un exercice combiné avec l’armée de l’air au large de Saïgon du 28 janvier au 9 février 1946 avant de rentrer à Cam-Ranh le 14 février 1946.

Il ressort pour un entrainement au combat de nuit du 1er au 9 mars, faisant ensuite escale à Tourane du 10 au 15 mars avant d’enchainer par une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 16 mars au 12 avril, se ravitaillant régulièrement à Haïphong.

Après une ultime escale dans le grand port du Tonkin du 13 au 21 avril, le croiseur léger rentre à Cam-Ranh le 23 avril 1946 à l’aube.

Après une école à feu au large de Cam Ranh du 7 au 10 mai 1946, le croiseur léger effectue une mission de transport rapide entre Saïgon et Tourane du 11 au 15 mai avant une mission de surveillance des mouvements de la marine japonaise depuis l’île d’Haïnan. Cette mission qui à lieu du 17 au 28 mai 1946 ne sera pas reconduite suite aux protestations de l’ambassade du Japon à Paris. Le croiseur léger est de retour à Cam-Ranh le 30 mai 1946.

Le 5 juin 1946, il quitte Cam-Ranh pour un exercice combiné avec le croiseur lourd Duquesne au large de Saïgon. Les deux navires effectuent des simulations de raids antinavires, de bombardements littoraux puis subissent les assauts répétés d’avions de l’armée de l’air basés à Tan-Son-Nuth.

Le 10 juin 1946 alors que les deux croiseurs allaient rentrer à Cam-Ranh, la ville d’Haïphong est secouée par de très violentes émeutes doublées d’une attaque de postes isolés qui ne laissent aucun doute sur le caractère prémédité de l’opération.

La garnison de 5000 hommes est dépassée par les événements et réclame des renforts. Le transport par la mer étant le plus rapide, on ordonne aux deux croiseurs de gagner en urgence Tourane pour embarquer des renforts.

C’est ainsi que le Duquesne embarque 500 légionnaires du 5ème REI alors que le Duguay Trouin embarque 300 hommes du 11ème RIC (Régiment d’Infanterie Coloniale) qu’ils débarquent à Haïphong le 12 juin 1946.

Ces 800 hommes vont former un groupe mobile occasionnel avec des chars Somua S-35 et des automitrailleuses Panhard du GMC. Leur apparition soulage la garnison en repoussant les bandes armées officiellement non identifiées et permettant à la garnison de rétablir l’ordre dans la ville.

Les croiseurs ont participé à cette reprise en main, le Duquesne tirant 58 obus de 203mm pour soulager plusieurs postes attaqués alors que le Duguay-Trouin tirait 120 obus de 155mm, obus explosifs et éclairants pour empêcher les infiltrations nocturnes.

Les deux croiseurs vont rester sur zone jusqu’au 5 août pour éviter que les braises ne se rallument avant de rentrer à Cam-Ranh le 10 août.

Après une période d’indisponibilité du 11 au 31 août 1946, le croiseur léger ressort pour essais du 1er au 5 septembre avant un entrainement combiné avec les torpilleurs légers avant d’enchainer par une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 6 au 21 septembre, étant donc bien loin du lieu d’échouage du croiseur lourd Duquesne.

La marine nationale ayant renoncé à réparer le navire, le Duquesne cesse d’être un navire opérationnel et donc du navire-amiral des FNFEO le 16 septembre 1946 en attendant l’arrivée du Tourville.

En effet dès le 12 octobre 1946 _date du désarmement officiel du Duquesne_, décision est prise de transférer le Tourville en Indochine et de relocaliser le Primauguet à Diego-Suarez. Le croiseur lourd subit une remise en état, un petit carénage étoffé (ou un grand carénage allégé c’est selon) au bassin du 14 octobre au 10 décembre 1946.

Après des essais à la mer du 11 au 14 décembre 1946, le croiseur lourd quitte Diego-Suarez, passant le relais en haute mer au Primauguet le 17 décembre 1946. Il fait escale à Singapour du 21 au 23 décembre avant de mettre cap sur Cam-Ranh où il arrive le 29 décembre 1946.

Après un passage au bassin du 2 au 27 janvier, le croiseur lourd reprend la mer pour essais du 29 janvier au 3 février avant remise en condition en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin et du pétrolier-ravitailleur Rhône du 4 au 20 février 1947.

Le 21 février 1947, le croiseur lourd Tourville devient le navire-amiral des FNFEO en remplacement du Duguay-Trouin

Le 24 février, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande. La France bien décidée à ne pas se laisser se marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

C’est ainsi que le Tourville appareille de Cam-Ranh le 25 février en compagnie du Duguay-Trouin et du pétrolier-ravitailleur Rhône, étant rejoints en mer par l’aviso colonial Amiral Charner venu de Saïgon pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise. Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam-Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947.

Après un dernier entrainement combiné du 12 au 29 mars 1947, le croiseur léger débarque ses munitions puis est échoué au bassin le 4 avril pour un grand carénage. Il y reste jusqu’au 2 octobre 1947 quand il est remis à flot pour des travaux complémentaires jusqu’au 18 octobre.

Armé pour essais le 21 octobre 1947, le Duguay-Trouin est en essais du 22 octobre au 4 novembre avant un stage en remise en condition du 5 au 17 novembre.

Il sort pour une mission de surveillance du Golfe du Tonkin le 20 novembre, patrouillant du 23 novembre au 8 décembre avant une escale à Haïphong jusqu’au 12 décembre quand il reprend la mer pour une nouvelle mission de surveillance jusqu’au 22 décembre quand il met cap sur Cam-Ranh qu’il atteint le 24 décembre dans la soirée, restant au port jusqu’à la fin de l’année.

Le Duguay-Trouin ressort pour entrainement du 5 au 12 janvier avant de patrouiller au large du Delta du Mékong accueillant le 19 janvier 1948, le porte-avions léger Alienor d’Aquitaine qui arrive à Cam-Ranh après 40 jours de traversée depuis la métropole, comité d’accueil également composé du croiseur lourd Tourville.

Son arrivée renforce considérablement le pouvoir de nuisance des FNEO. Sa présence rend quasiment caduque une possible agression thaïlandaise sans pour autant éliminer l’hypothèse d’une intervention japonaise.

Le porte-avions passe au bassin du 21 janvier au 15 février et est en essais du 17 au 22 février. Ce n’est que le 24 février 1948 que le croiseur lourd peut opérer avec le porte-avions. L’Alienor d’Aquitaine et le Tourville vont ainsi s’entrainer en compagnie du Duguay-Trouin et du Rhône jusqu’au 6 mars 1948.

Le croiseur léger ne va pourtant pas opérer de manière régulière avec le porte-avions, effectuant plusieurs entrainements en solitaire du 12 au 18 mars et du 25 mars au 4 avril avant d’enchainer par une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 10 avril au 12 mai, se ravitaillant régulièrement à Haïphong. Durant ces patrouilles, il tire une centaine d’obus de 155mm et d’une dizaine d’obus de 90mm contre la terre.

Le pétrolier Niger

Le pétrolier Niger

De retour à Cam-Ranh le 17 mai 1948, il appareille le 21 mai en compagnie du pétrolier Niger pour gagner Balikpapan pour charger du mazout afin d’alimenter les dépôts de Cam-Ranh. Les deux navires font escale à Singapour le 27 mai avant d’arriver à Balikpapan le 3 juin.

Le mazout chargé, le pétrolier et le croiseur reprennent la mer le 5 juin 1948 pour rentrer à Cam-Ranh le 12 juin pour décharger sa cargaison.

Les deux navires reprennent la mer le 14 juin pour aller chercher un nouveau chargement. Arrivés à Balikpapan le 24 juin après la traditionnelle escale à Singapour, le pétrolier charge ses tonnes mazout puis repart avec le croiseur le 26 juin, arrivant à Cam-Ranh le 5 juillet 1948.

Le croiseur et le pétrolier vont encore effectuer trois autres rotations. La première du 7 juillet au 1er août, la seconde  du 3 au 25 août et la troisième du 27 août au 14 septembre 1948.

8-) Croiseurs lourds (2)

A-Croiseurs lourds Duquesne et Tourville

Le croiseur lourd Duquesne au mouillage avec un Gourdou-Lesseure sur catapulte

Le croiseur lourd Duquesne au mouillage avec un Gourdou-Lesseure sur catapulte

Avant-propos

La loi-programme du 18 avril 1922 avait marqué le début du renouvellement de notre marine nationale avec la construction de trois croiseurs légers, de six contre-torpilleurs, de douze torpilleurs d’escadre et de douze sous-marins.

En 1923, un contingent finance la construction de sous-marins de grande et moyenne patrouille mais la marine est bien plus ambitieuse. Elle souhaite de se doter d’un véritable statut naval pour sécuriser à long terme sa modernisation et son expansion.

Un premier projet est déposé le 8 mars 1923, prévoyant une marine de guerre de 694760 tonnes avec 177800 tonnes de navires de ligne, 60960 tonnes de navires porte-avions, 360000 tonnes de navires légers (croiseurs lourds et légers, contre-torpilleurs et torpilleurs) et 96000 tonnes.

A cette flotte imposante s’ajoute 28000 tonnes de sous-marins côtiers et 51000 tonnes de navires auxiliaires (un navire-atelier, deux mouilleurs de mines, deux ravitailleurs de sous-marins, trois transports d’aéronautique……..).

Ce projet est retoqué par le gouvernement et modifié, redéposé sur le bureau de la Chambre le 16 décembre 1924 mais ne sera pas non plus voté, la Chambre des Députés accordant à la marine la construction de deux croiseurs de 1ère classe, de six torpilleurs et de deux sous-marins.

Ces deux croiseurs de 1ère classe sont étudiés pour profiter des limites du traité de Washington à savoir 10000 tonnes et une artillerie principale d’un calibre maximal de 203mm.

Le design de ces deux navires est fortement inspiré des Duguay Trouin. Les futurs Duquesne et Tourville sont conçus pour favoriser la vitesse au détriment de la protection qui est pour ainsi dire inexistante comme beaucoup de ces thinclad battleships (cuirassés en papier d’étain) avec un armement composé de huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles.

Schéma de la classe Duquesne

Schéma de la classe Duquesne

Le Duquesne

Le Duquesne en 1937 avec les marques de neutralité imposées durant la guerre d'Espagne

Le Duquesne en 1937 avec les marques de neutralité imposées durant la guerre d’Espagne

-Le Duquesne est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 30 octobre 1924 lancé le 17 décembre 1925 et admis au service actif le 25 janvier 1929.

Le Duquesne forme la 1ère division légère au sein de la 1ère Escadre en Méditerranée en compagnie de son sister-ship Tourville puis à partir de mars 1930 avec le Suffren. Cette 1ère DL comportera jusqu’à cinq navires même si il était rare de voir les cinq navires disponibles ensemble.

D’octobre 1930 à juillet 1931, le Duquesne va servir de navire-école, faisant la jonction entre le croiseur cuirassé Edgar Quinet perdu sur les côtes algériennes et son remplaçant, le croiseur-école Jeanne d’Arc alors en construction à Saint-Nazaire. Ils transportent des élèves officiers avec le Tourville et le Suffren aux Antilles puis en Méditerranée orientale.

En octobre 1931, le Duquesne effectue une mission aux Etats Unis avec le Suffren avant d’être affecté définitivement en Méditerranée. Il est en travaux en 1933/34.

Le 1er novembre 1934, les «10000 tonnes» français sont réorganisés en deux divisions avec la 1ère DL composée de l’Algérie, du Colbert et du Dupleix et la 3ème DL composée du Foch, du Tourville, du Duquesne, le Suffren étant en réparations jusqu’à la fin de 1935.

La mise en service des croiseurs légers provoque la réorganisation des forces légères françaises avec en novembre 1937, la création de la 2ème DC avec les croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren, les croiseurs Algérie Foch Colbert et Dupleix formant la 1ère DC.

Au printemps 1940, on décidé de clarifier le système, attribuant les numéros impairs aux croiseurs lourds et les numéros pairs aux croiseurs légers.

Les Tourville et Duquesne forment ainsi la 5ème Division de Croiseurs (5ème DC) basée à Toulon en compagnie de la 1ère DC formée des Dupleix et Suffren alors que la 3ème DC formée du Colbert et du Foch est basée à Brest. L’Algérie restant lui hors rang puisqu’il sert de navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée.

Le Duquesne subit un grand carénage du 7 septembre 1940 au 27 juin 1941 au bassin n°8 (bassin Vauban) à Toulon. La coque est grattée et repeinte, les hélices changées, les lignes d’arbre réalésées, le bloc passerelle refondu, les chaudières sont retubées, les turbines visitées, les diesels-alternateurs sont changés.

Au niveau de l’armement, les tubes des canons de 203mm sont changés, les canons de 75mm sont remplacés par six canons de 90mm modèle 1926 en six affûts simples et la DCA d’origine (canons de 37mm modèle 1933 et mitrailleuses de 13.2mm) remplacée par douze canons de 37mm Schneider modèle 1940 en six affûts doubles et huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940 en quatre affûts doubles. Les tubes lance-torpilles sont maintenus tout comme l’hydraviation embarquée.

Remorqué à quai le lendemain 28 juin, il subit une période de travaux complémentaires jusqu’au 5 août, date de son armement pour essais. Il sort pour essais du 8 au 17 août avant un stage de remise en condition du 20 août au 4 septembre 1941.

Il quitte Toulon le 11 septembre 1941, se ravitaille à Mers-El-Kébir le 13 septembre, relâche à Casablanca du 15 au 18 septembre avant d’arriver à Dakar le 22 septembre. Il effectue une importante école à feux au polygone de Rufisque du 25 septembre au 17 octobre 1941.
Après une nouvelle escale à Dakar du 18 au 23 octobre, il subit un entrainement de défense aérienne à la mer du 24 octobre au 5 novembre avant une ultime escale à Dakar du 6 au 11 novembre, reprennant la mer le lendemain 12 novembre, faisant escale à Casablanca du 16 au 19 novembre avant de rentrer à Toulon le 23 novembre 1941.

Le Duquesne sort à nouveau pour entrainement du 1er au 7 décembre, faisant escale à Sète du 8 au 11 décembre avant de rentrer à Toulon le 13 décembre 1941 à l’aube. Il sort à nouveau pour un entrainement à la défense antiaérienne du 16 au 21 décembre puis pour un entrainement aviation du 23 au 27 décembre, restant au port jusqu’à la fin de l’année.

Alors que le Tourville est encore en grand carénage, le Duquesne sort pour un entrainement dans le Golfe du Lion du 4 au 12 janvier avant de faire escale à Marseille du 13 au 17 janvier puis d’enchainer par un entrainement d’aviation du 18 au 27 janvier, rentrant à Toulon le lendemain 28 janvier.

Après sept mois de travaux, le Tourville est remis à flot le 7 février. Après une phase de travaux à quai du 7 au 21 février, il sort pour essais en compagnie du Duquesne du 22 au 25 février avant remise en condition du 27 février au 4 mars 1942.

Il participe à des manoeuvres au sein de la Flotte de la Méditerranée du 7 au 21 mars 1942 entre les côtes provençales et le Cap Corse, les croiseurs lourds de la 5ème DC manœuvrant avec  leurs congénères de la 1ère DC effectuant des raids antisurfaces et des simulations de bombardement littoral. Il sont tous de retour à Toulon le 24 mars 1942.

Abraham Duquesne étant originaire de Dieppe, le croiseur lourd appareille de Toulon le 4 avril 1942, fait escale à Ajaccio du 5 au 7 avril pour réparer un problème de diesel-alternateur, à Casablanca du 10 au 14 avril, à Brest du 17 au 21 avril, à Cherbourg du 22 au 25 avril avant d’arriver à Dieppe le 28 avril 1942. Il reste dans sa ville marraine jusqu’au 15 mai (charte signée le 29 avril) avant d’appareiller pour Toulon, faisant escale au passage à Brest du 18 au 21 mai, à Casablanca du 24 au 27 mai avant d’arriver à son port d’attache le 30 mai 1942.

Après une période d’indisponibilité du 31 mai au 14 juin 1942, le croiseur lourd sort pour essais du 15 au 21 juin avant remise en condition au large du cap Corse du 22 juin au 4 juillet. Il rentre à Toulon le 7 juillet après une escale à Bastia les 5 et 6 juillet.

Le Duquesne et le Tourville sortent ensemble pour un exercice aviation du 12 au 17 juillet avant de mouiller aux salins d’Hyères jusqu’au 20 juillet quand ils reprennent la mer pour des manœuvres avec la flotte au large d’Ajaccio du 20 au 29 juillet avant une escale dans la ville natale de Napoléon Bonaparte jusqu’au 5 août quand le Duquesne et le Tourville reprend la mer pour un nouvel exercice avec la 1ère DC (Suffren et Dupleix), les quatre croiseurs lourds menant un exercice d’interception et d’interdiction maritime et ce du 7 au 18 août 1942 avant de rentrer à Toulon le 20 août 1942.

Le croiseur lourd ressort du 5 au 20 septembre 1942 pour un nouvel exercice entre Marseille et Toulon en compagnie du Suffren puis du 25 septembre au 15 octobre 1942 avec le Dupleix. Il mouille à Bastia du 17 au  24 octobre avant de rentrer à Toulon le 25 octobre 1942 dans la soirée.

Il mouille aux Salins d’Hyères du 2 au 11 novembre puis effectue un stage de mise en condition pour amariner le nouveau personnel embarqué du 12 au 22 novembre avant de rentrer à Toulon le 24 novembre. Il sort à nouveau pour entrainement avec écoles à feux du 1er au 8 décembre, du 1é au 19 décembre et du 22 au 27 décembre.

La première sortie de l’année 1943 à lieu du 12 au 26 janvier 1943, une série de manœuvres au large de Toulon, des manœuvres menées avec l’armée de l’air avec des exercices de défense aérienne à la mer, de lutte ASM, de défense des lignes de communication, d’escorte de convois et de bombardement littoral. Il aurait du ensuite faire escale à Marseille mais une avarie de chaudière l’oblige à rentrer à Toulon dès le 27 janvier 1943.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 24 février 1943, le Duquesne sort pour essais du 25 février au 2 mars avant de retrouver à Ajaccio son sister-ship Tourville pour une remise en condition du 4 au 15 mars.

Le lendemain 16 mars 1943, les deux croiseurs lourds quittent Ajaccio, se ravitaillent à Mers-El-Kébir le 18 mars, relâchent à Casablanca du 21 au 23 mars avant d’arriver à  Dakar le 28 mars 1943.

Ils réalisent une première école à feux du 30 mars au 9 avril avant une escale à Dakar du 10 au 13 avril, escale suivie d’une deuxième école à feux du 14 au 25 avril puis après ravitaillement, un exercice de défense aérienne à la mer du 27 avril au 2 mai. Ils rentrent à Toulon le 9 mai 1943.

Les deux croiseurs lourds ressortent du 12 au 20 mai pour un exercice au large du Cap Corse suivit d’une escale commune à Nice du 21 au 28 mai avant de rentrer à Toulon le 29 mai dans la soirée.

Le Duquesne ressort deux fois entre le 5 et le 17 juin puis du 21 au 28 juin 1943 avant de subir un petit carénage au bassin n°8 du 1er juillet au 15 août 1943 au cours duquel les premiers radars sont installés. Il est en essais du 17 au 21 août avant remise en condition du 25 août au 9 septembre 1943.

Le 12 septembre 1943, le croiseur Saint Louis arrive à Toulon. La mise en service de ce puissant croiseur (14000 tonnes, 33 noeuds et 9 canons de 203mm en trois tourelles triples) entraine le déclassement du Duquesne le jour même de l’admission au service actif du croiseur le 15 septembre 1943.

Le Duquesne ne reste pas inactif pour autant. Il sort pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 16 au 24 septembre avant une escale à Marseille du 25 au 28 septembre, rentrant à Toulon le 29 septembre.

Il sort à nouveau pour un entrainement au combat antisurface du 5 au 15 octobre suivit d’une escale à Nice du 16 au 19 octobre avant un entrainement aviation au profit des Dewoitine HD-731 du bord et ce du 20 au 31 octobre, rentrant à Toulon le 1er novembre 1943.

Le 5 novembre 1943, le Tourville est remis à flot après son petit carénage. Le Tourville et le Duquesne sortent pour essais du 6 au 10 novembre avant remise en condition du 12 au 22 novembre, les deux navires rentrant à Toulon le 27 novembre après une escale à La Ciotat du 23 au 26 novembre.

Le Duquesne sort pour un entrainement aviation du 2 au 9 décembre, retrouvant en mer son sister-ship le lendemain 10 décembre, le Tourville ravitaillant son sister-ship avant que les deux croiseurs effectuent un combat antisurface du 11 au 18 décembre. Ils rentrent à Toulon le 24 décembre après une escale à Nice du 19 au 23 décembre.

Le Duquesne sort pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 5 au 15 janvier avant de faire escale à Alger du 16 au 20 janvier. Il quitte l’Afrique du Nord le 21 janvier, relâche à Casablanca du 23 au 26 janvier avant d’arriver à Dakar le 30 janvier 1944.

Il effectue une école à feux du 2 au 18 février avant une période de relâche à Dakar du 19 au 22 février avant une nouvelle école à feux du 23 février au 4 mars, quittant l’AOF le 5 mars, relâchant à Casablanca le 9 mars avant de rentrer à Toulon le 13 mars.

Il subit un petit carénage au bassin n°8 du 20 mars au 12 avril 1944 pour préparer son redéploiement en Indochine où il va être basé pour renforcer les Forces Navales  en Extrême Orient (FNEO) avec le statut de navire-amiral.

Il quitte le Var le 15 avril 1944, fait escale à Bizerte du 17 au 19 avril, à Alexandrie du 22 au 25 avril, franchit le canal de Suez le 26 avril avant d’arriver à Djibouti le 30 avril où il reste immobilisé pour un problème de condensateur.

Le problème résolu, le croiseur lourd reprend la mer le 5 mai 1944, traverse l’Océan Indien en direction de Singapour où il arrive le 15 mai 1944 pour trois jours d’escale. Il repart le 19 mai pour Cam-Ranh où il arrive le 27 mai 1944.

Après une période d’indisponibilité du 28 mai au 15 juin (avec un passage au bassin du 30 mai au 10 juin), le croiseur lourd devient navire-amiral des FNEO en remplacement du Duguay Trouin arrivé en Indochine en mars 1943.

Sa mission est d’assurer la défense de l’Indochine en couvrant notamment les lignes de communication avec la Malaisie, les Phillipines et les Indes Néerlandaises. L’attitude hostile de la Thaïlande à notre encontre fait que le croiseur lourd à aussi un rôle dissuasif vis à vis de la petite marine thaïlandaise.

Le Duquesne appareille pour la première fois de la base de Cam-Ranh le 18 juin pour Haïphong dans le cadre d’une mission de transport rapide. Arrivé dans le grand port du nord le 21 juin, le croiseur lourd est impliqué bien malgré lui dans une attaque mené par plusieurs bandes rebelles non identifiées.

Le croiseur met à terre sa compagnie de débarquement (90 hommes) pour aider les troupes de la garnison à traquer les assaillants qui parviennent à s’évanouir dans le delta. Suite à cet incident, le gouverneur de l’Indochine à Hanoï décide de renforcer la défense du grand port du nord.

Les abords de la ville vont ainsi être bien davantage surveillés grâce à un système de postes de surveillance, de barbelés et de champs de mines.

Cette ligne de surveillance ne cessera d’être renforcée au point de ressembler de loin pour certains à une mini Ligne Maginot, recevant le nom officieux de Ligne Doumer de Paul Doumer qui avant d’être président de la République de 1931 à 1932 avait été gouverneur général de l’Indochine de 1896 à 1902.

Le Duquesne va participer à ce renforcement en déployant sa compagnie de débarquement pour sécuriser les travaux et assurer des transports de troupes et de matériels depuis Cam-Ranh.

De retour à Cam-Ranh le 2 juillet, le croiseur lourd va ainsi effectuer huit rotations pour transporter acier, bétons, fils barbelés, armes, munitions mais également travailleurs jusqu’à la fin du mois de septembre.

La première le voit appareiller de sa base le 5 juillet pour Haïphong où il arrive le 9 juillet, repartant dès le lendemain 10 juillet pour Cam-Ranh où il arrive le 14 juillet.

Elle est donc suivit de sept autres rotations du 17 au 26 juillet, du 28 juillet au 6 août, du 8 au 17 août, du 20 au 29 août, du 1er au 10 septembre, du 13 au 22 septembre et du 24 au 30 septembre 1944.

Le croiseur lourd ressort le 5 octobre 1944 pour des manoeuvres en solitaire au large de Cam-Ranh, effectuant un tir sur cible mais également un entrainement de ses canonniers antiaériens.

Il rentre au port le 12 octobre 1944 et va ressortir encore trois fois jusqu’à la fin de l’année : du 15 au 21 octobre, du 8 au 20 novembre et du 2 au 20 décembre, toujours pour des entrainements dont certains ont lieu dans le Golfe de Siam suscitant à chaque fois la fureur de Bangkok qui y parle de «provocations nuisant aux bonnes relations franco-thaïlandaise».

Après un petit carénage du 5 janvier au 15 février 1945, le croiseur lourd ressort pour essais du 16 au 19 février. Le Duquesne et le Duguay-Trouin manœuvrent ensemble du 19 au 27 février avant de rentrer au port dans la soirée.

Le 4 mars 1945, le croiseur appareille pour Hong Kong où il arrive le 8 mars pour une visite protocolaire du gouverneur de l’Indochine au gouverneur de la colonie britannique. Le croiseur lourd est ouvert à la visite jusqu’au 12 mars quand il repart avec le gouverneur à bord pour Manille où M. de Richert va rendre visite à Manuel Roxas, le président des Phillipines, récément indépendantes (bien que de nombreuses troupes américaines soient toujours stationnées).

Arrivé à destination le 16 mars, le croiseur repart dès le lendemain pour manœuvrer avec l’Asiatic Fleet et la petite marine phillipine (deux vieux flush-decker et des chalutiers transformés en patrouilleurs étant les unités les plus importantes) et ce jusqu’au 25 mars quand il rembarque le gouverneur pour le ramener à Saïgon le 30 mars puis de rentrer dans la foulée à Cam-Ranh.

Le Duquesne quitte Cam-Ranh le 5 avril en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin pour des manœuvres conjointes dans le Golfe du Tonkin avec l’armée de l’air et l’armée de terre. Ils arrivent à Haïphong le 10 avril, retrouvant sur place la Flottille Côtière du Nord (FCN).

Cette FCN mise en place en 1943 est composé de navires réquisitionnés, de quelques navires de construction locales chargées de la sécurité des ports et du delta. Son navire-amiral après avoir été un temps le vieil aviso Nancy (toujours en service mais qui sert de ponton) est depuis mars 1944 le patrouilleur ex-torpilleur léger La Cordelière.

L’exercice commence le 11 avril d’abord à terre sur carte pour à la fois entrainer les état-majors, régler les différentes fréquences radios. Les choses sérieuses commencent le 12 avril avec un exercice de défense aérienne à la mer où des avions de l’armée de l’air vont tenter d’attaquer et de couler les deux croiseurs et la «poussière navale» de la FCN.

Les 13 avril et 14 avril 1945, le croiseur lourd effectue une simulation de tir contre la terre dans le cadre d’un assaut amphibie contre le port d’Haïphong, ce raid amphibie étant mené par un groupement composé composé de Légionnaires, de troupes coloniales et de supplétifs vietnamiens.

Face à ce débarquement, la garnison d’ Haïphong (4000 hommes) peut compter sur l’appui du Groupement Mécanisé Colonial (GMC), une sorte de division cuirassée renforcée qui bien que puissant montre des difficultés à opérer dans le Delta. Si les assaillants ne parviennent pas à s’emparer de la ville, ils font suffisamment de dégâts pour rendre le port inopérant.

Durant tout cet exercice le croiseur léger lui à assuré l’appui de la garnison en tirant notamment des obus fumigènes et des obus éclairants qui provoquent d’ailleurs quelques incendies vite maitrisés.
L’exercice se termine le 16 avril par des manœuvres combinées, un exercice de synthèse où toutes les épreuves précédemment exécutées sont réalisées simultanément. Les deux croiseurs quittent le Golfe du Tonkin le 19 avril 1945 pour rentrer à Cam-Ranh le 23 avril 1945.

Le Duquesne est indisponible jusqu’au 17 mai 1945, sortant pour essais du 18 au 23 mai avant remise en condition au large de Cam-Ranh du 24 au 31 mai 1945.

Le 6 juin 1945, le croiseur lourd appareille pour Haïphong, effectuant un transport rapide en l’occurrence un bataillon de tirailleurs indochinois destiné à renforcer la protection du grand port du nord suite à des mouvements de troupes japonais à la frontière entre la Chine et l’Indochine.

Le bataillon est mis à terre le 12 juin pour renforcer la garnison qui atteint maintenant 5000 hommes, un solide morceau pour tout assaillant. Les autorités français ne font cependant pas d’illusions : si le Japon veut réellement l’Indochine, il l’aura.

Le croiseur rentre directement à Cam-Ranh le 18 juin 1945 où il retrouve de nouveaux venus en l’occurrence deux torpilleurs légers de la 7ème DT, les Niçois et Savoyard qui seront rejoint au début du mois d’octobre par les torpilleurs Béarnais et Catalan alors encore en mise en condition.

Avec l’arrivée prévue d’un porte-avions léger, les FNEO atteignent l’apogée de leur puissance avec un croiseur lourd, un croiseur léger et quatre torpilleurs légers sans oublier la poussière navale et que le déploiement permanent de sous-marins est sérieusement envisagé.

Le croiseur lourd sort ainsi le 25 juin avec les deux torpilleurs légers pour un entrainement au large de Cam-Ranh afin d’habituer les deux torpilleurs à leur nouveau milieu géographique. Les trois navires sont en exercices jusqu’au 5 juillet puis rejoints par le Duguay-Trouin le 6 juillet pour de nouveaux exercices jusqu’au 15 juillet 1945 quand les quatre navires remontent la rivière Saïgon pour mouiller à Saïgon jusqu’au 25 juillet avant de rentrer à Cam-Ranh le 27 juillet 1945.

Après une période d’indisponibilité du 28 juillet au 9 août 1945, le croiseur lourd ressort le 12 août pour une mission de transport rapide en direction de Tourane, débarquant une compagnie d’infanterie légère pour réprimer d’importantes émeutes dans la grande ville du centre du Vietnam le 15 août 1945 avant de patrouiller au large de la ville, menaçant les quartiers insurgés du tir de ses canons jusqu’au 25 août, rentrant à Cam-Ranh le 28 août 1945 dans la soirée.

Il ressort à nouveau le 5 septembre 1945 pour une mission de présence en Asie du Sud Est, le Duquesne étant chargé de montrer le pavillon et de renforcer les liens avec les pays ou les colonies de la région.

Il effectue une première escale à Hong Kong du 10 au 15 septembre suivit d’une escale à Manille du 19 au 22 septembre, à Zamboanga du 25 au 29 septembre, Singapour du 3 au 8 octobre, Batavia du 10 au 15 octobre, franchit le détroit de La Sonde avant de faire escale à Padang du 18 au 21 octobre, Port Blair dans les îles Andaman du 24 au 27 octobre, Kuala Lumpur du 30 octobre au 3 octobre, Singapour à nouveau du 5 au 8 octobre avant de rentrer à Cam-Ranh le 12 octobre 1945.

Le 16 octobre 1945, le croiseur lourd ressort en compagnie des torpilleurs légers Savoyard et Niçois pour accueillir au large de Saïgon les torpilleurs légers Béarnais et Catalan qui vont permettre à la 7ème DT d’avoir les coudées franches. Le croiseur lourd ravitaille les deux torpilleurs pour leur permettre de gagner sans problème Cam-Ranh le 18 octobre dans la soirée.

Le croiseur lourd Duquesne ressort le 25 octobre pour un exercice avec les autres navires des FNEO. L’exercice commence par un raid des quatre torpilleurs contre le croiseur lourd suivit par le même exercice contre le croiseur léger puis par l’attaque du croiseur léger par les quatre torpilleurs menés par le croiseur lourd avant que l’inverse ne soit réalisé.

Après un exercice de défense aérienne à la mer, la force navale rentre à Cam-Ranh le 29 octobre 1945. Le croiseur lourd ressort encore du 2 au 12 novembre et du 5 au 17 décembre pour des transports rapides entre Cam-Ranh et Haïphong.

Après un petit carénage du 4 au 27 janvier, le croiseur lourd ressort avec le croiseur léger Duguay-Trouin et les torpilleurs légers Nicois et Catalan pour un exercice combiné avec l’armée de l’air au large de Saïgon du 28 janvier au 12 février 1946

Rentré à Cam-Ranh le 14 février 1946, le croiseur lourd reprend la mer le 20 février pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 25 février avant un long mouillage à Saïgon du 26 février au 5 mars 1946. Il rentre à Cam-Ranh le lendemain, 6 mars 1946.

Après une indisponibilité accidentelle pour des problèmes mécaniques du 12 mars au 4 avril, le croiseur lourd reprend la mer pour essais du 5 au 12 avril puis pour remise en condition du 13 au 21 avril. Il effectue ensuite un transport rapide entre Saïgon et Haïphong du 25 avril au 3 mai 1946 puis un autre entre Cam-Ranh et Haïphong du 7 au 18 mai 1946, rentrant à son port d’attache le 19 mai au soir.

Le 5 juin 1946, il quitte Cam-Ranh pour un exercice combiné avec le croiseur léger Duguay-Trouin  au large de Saïgon. Les deux navires effectuent des simulations de raids antinavires, de bombardements littoraux puis subissent les assauts répétés d’avionsde l’armée de l’air.

Le 10 juin 1946 alors que les deux croiseurs allaient rentrer à Cam-Ranh, la ville d’ Haïphong est secouée par de très violentes émeutes doublées d’une attaque de postes isolés qui ne laissent aucun doute sur le caractère prémédité de l’opération.

La garnison de 5000 hommes est dépassée par les événements et réclame des renforts. Le transport par la mer étant le plus rapide, on ordonne aux deux croiseurs de gagner en urgence Tourane pour embarquer des renforts.

C’est ainsi que le Duquesne embarque 500 légionnaires du 5ème REI alors que le Duguay Trouin embarque 300 hommes du 11 ème RIC (Régiment d’Infanterie Coloniale) qu’ils débarquent à Haïphong le 12 juin 1946.

Ces 800 hommes vont former un groupe mobile occasionnel avec des chars Somua S-35 et des automitrailleuses Panhard du GMC. Leur apparition soulage la garnison en repoussant les bandes armées officiellement non identifiées et permettant à la garnison de rétablir l’ordre dans la ville.

Les croiseurs ont participé à cette reprise en main, le Duquesne tirant 58 obus de 203mm pour soulager plusieurs postes attaqués alors que le Duguay-Trouin tirait 120 obus de 155mm, obus explosifs et éclairants pour empêcher les infiltrations nocturnes.

Les deux croiseurs vont rester sur zone jusqu’au 5 août pour éviter que les braises ne se rallument avant de rentrer à Cam-Ranh le 10 août. Le Duquesne est indisponible du 12 août au 4 septembre 1946.

Il ressort le 5 septembre 1946 pour essais mais le 10 septembre 1946 en pleine nuit, il est victime d’une panne totale de propulsion provoquant son échouage à proximité du Cap Saint Jacques.

Le Cap Saint Jacques

Le Cap Saint Jacques

Fort heureusement, il n’y à eu aucun mort, seulement des blessés dont certains assez sérieux qui sont évacués grâce à un va et vien organisé avec la terre.

A l’aube, alors que le temps est encore clément, on tente de déséchouer le navire. Les tentatives effectuées par le croiseur échouent tout comme celle tentées par un cargo qui passait par là, le cargo Langlard (Compagnie de Navigation Côtière de l’Annam).

On décide alors d’alléger au maximum le navire et de faire appel à des moyens spécifiques. Par chance, un remorqueur de haute mer britannique était présent à Saïgon. Le Nemesis accepte aussitôt de participer aux travaux.

Le pétrolier Mékong va pomper tout le carburant présent dans les soutes, les obus sont déchargés sur le cargo Langard mais cela ne suffit pas.

Pour ne rien arranger, la météo se dégrage et les lames aggravent les avaries. Un vent violent oblige même les navires de sauvetage à se replier à l’abri du Cap Saint-Jacques, l’équipage étant évacué sauf le commandant et quinze hommes qui refusent d’abandonner «leur» navire.

Les secours reprennent le 12 septembre 1946. Les tourelles avant de 203mm sont débarquées tout comme toute la DCA légère (du moins celle accessible) et la catapulte. Le navire ainsi allégé se redresse presque naturellement n’affichant plus qu’une gite de 7° sur tribord.

Le Némésis passe une remorque mais celle-ci casse à la différence de celle du pétrolier Mékong qui parvient à ramener l’infortuné croiseur à Cam-Ranh où il arrive le 18 septembre 1946.

Mis au bassin, le croiseur dévoile des lignes d’arbres et des hélices tordues, une coque très endommagée.

Jugeant les dégâts trop importants pour un navire de son âge, la marine décide de désarmer le navire, désarmement officiel le 4 octobre 1946. Il est condamné le 9 octobre 1946.

Privé de son armement, l’ex-Duquesne va servir de brise-lames pour protéger l’Albert Caquot, brise-lames qui sera équipé à partir de 1948 de canons antiaériens pour renforcer la protection de la baie.