Japon (70) Armée de Terre (10)

Chars de combat

Avant-Propos

Après trois mois de guerre de mouvement (août-novembre 1914), le front occidental se fige, la guerre fraiche et joyeuse se transforme en une guerre immonde où les hommes combattent aussi bien l’ennemi que la boue.

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Japon (68) Armée de Terre (8)

Artillerie

Avant-Propos

L’artillerie apparaît en Europe à la fin de la guerre de Cent Ans sous la forme des bombardes et des couleuvrines. L’apparition de ces «bouches à feu» provoque une révolution militaire. Le coût de telles armes favorisant les états aux détriments des grands féodaux. C’est la fin du Moyen-Age et le début de la Renaissance.

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Japon (7) Géopolitique (2)

Le Japon et l’Axe : une alliance imparfaite

Dans les années vingt et les années trente, des régimes autoritaires plus ou moins fascisants se mettent en place en Europe. La montée des partis «fascistes» et autres mouvements autoritaires ne concernent pas uniquement les vaincus du premier conflit mondial comme l’Allemagne ou les pays issus de l’éclatement de la Double-Monarchie austro-hongroise. L’Italie, puissance victorieuse est d’ailleurs la première à ouvrir le bal dès 1922.

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Japon (6) Géopolitique (1)

GEOPOLITIQUE DU JAPON

Avant-Propos

En septembre 1948, quand le second conflit mondial éclate en Europe, le Japon est la puissance majeure en Asie du Nord-Est et même en Asie en général.

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Japon (5) Histoire (4)

La marche à la guerre

Rien n’aurait pu empêcher la guerre d’éclater en 1945 et pourtant elle ne va éclater qu’en mars 1950 à l’initiative du Japon. Comment expliquer un tel décalage ?

Charles Linbergh

Charles Linbergh

Longtemps, ce décalage à été mis sur une volonté d’apaisement du président républicain Linbergh élu en novembre 1944 contre un Roosevelt très affaibli par la maladie (il allait mourir en avril 1945) et entré en fonction en janvier 1945 mais les historiens ont relativisé ce impact.

En réalité, ce décalage s’explique encore et toujours par des querelles de pouvoir, le caractère sinueux de l’empereur Hiro-Hito ainsi que l’absence d’une stratégie claire.

Hirohito

Hiro Hito

Si l’option Nord contre l’URSS est rapidement écartée et l’option Sud privilégiée, cela n’empêche pas les élites japonaises se déchirer entre extrémistes et pragmatiques (que les premiers traitent de tièdes), entre partisans d’une guerre courte (avec la fameuse bataille décisive) et ceux voulant privilégier une guerre longue.

Comme souvent dans ce système polycratique, le plan de conquête japonais va être imparfait, privilégiant l’opportunité sur une stratégie clairement définie. Bien sur, le plan est souvent la première victime de la guerre (Clausewitz) mais les japonais vont se lancer dans ce conflit avec un mépris à peine dissimulé pour les occidentaux vus comme faibles et inaptes au combat.

La guerre aurait éclaté en 1941/42, la situation aurait été sûrement plus avantageuse pour Tokyo car à l’époque les forces occidentales présentes en Asie du Sud-Est étaient peu nombreuses, mal entrainées, peu enthousiastes et mal équipées.

Au printemps 1950, la situation est nettement moins favorable aux japonais. La France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne mais également les Pays-Bas ont sérieusement renforcé leurs forces militaires dans la région qu’il s’agisse de leurs forces terrestres, aériennes navales.

Cela ne veut cependant pas dire que les japonais n’ont aucune chance. En effet, les occidentaux vont également commettre un pêcher d’orgueil vis à vis de leur adversaire vu comme inapte à la guerre moderne avec un matériel inférieur. Le réveil sera rude……. .

Une partie des archives japonaises ayant disparu dans les bombardements aériens américains, il est difficile de reconstituer exactement le processus de mise au point du plan d’invasion des colonies européennes d’Extrême-Orient. Les procès d’après guerre ont certes apporté quelques éléments mais il faut prendre avec précautions les déclarations d’hommes cherchant à se justifier et à éviter la peine de mort.

Ce qui est certains c’est que l’objectif premier des opérations est de s’emparer des ressources dont manque le Japon pour mener une guerre longue qu’il s’agisse du pétrole des Indes Néerlandaises, du caoutchouc de Malaisie, du charbon et du riz d’Indochine, de métaux précieux……. .

L’espoir des dirigeants japonais est de mener cette guerre suffisamment rapidement pour rendre inexpugnable leur sphère de coprospérité et obliger les alliés à une paix de compromis.

Cette stratégie n’est pas insensée mais elle se heurte à plusieurs problèmes notamment l’absence d’une politique claire vis à vis des populations indigènes et surtout l’absence de stratégie d’exploitation et de protection des ressources.

Aussi incroyables que cela puisse paraître, les japonais ne se sont jamais préoccupés de la protection de leurs lignes de communication. Pour eux l’escorte et la lutte anti-sous-marine étaient des missions indignes. Rien ne comptait plus que le combat, la bataille décisive.

Le résultat n’allait pas tarder à se faire sentir. Non seulement les opérations allaient se révéler bien plus coûteuses que prévues mais en plus les ressources si chèrement acquises ne pourront alimenter une industrie métropolitaine vite dépassée en termes quantitatifs et qualitatifs par une industrie américaine dont les japonais ont sous-estimé la puissance (à de rares exceptions près).

La guerre allait pourtant durer quatre ans et demi et causer des souffrances abominables. Si la guerre en Europe allait être violente mais sans barbarie excessive (à l’exception du front russe), la guerre en Asie-Pacifique allait être sans merci de part et d’autre.

Outre un profond mépris des deux civilisations, il faut y ajouter un mépris côté japonais pour les prisonniers (qui subiront vexations, tortures et massacres), une haine des occidentaux contre des japonais tous vus comme des guerriers fanatiques et irréductibles, un racisme partagé sans oublier un climat abominable qui fait ressortir le pire qui est en chaque homme.

Le plan de guerre japonais est arrêté dans ces grandes lignes au printemps 1948. A cette époque, les tensions se font de plus en plus fortes en Europe entre l’Allemagne d’un côté, la France et la Grande-Bretagne de l’autre. L’entrée en guerre n’est néanmoins pas prévue avant le printemps 1949.

Bien qu’alliés, Tokyo et Berlin n’échangent aucune information d’ordre stratégique, n’ébauchent aucun plan commun pour mener une guerre mondiale. Chaque pays va mener sa propre guerre dans son coin, se gardant de prévenir son «allié» de ses futures opérations même si cela provoque des problèmes dans leur zone d’opérations.

Quand l’Allemagne attaque la Norvège le 5 septembre 1948, Tokyo l’apprend par son chargé d’affaires à Berlin qui l’à lui même appris en lisant les journaux. Tokyo comprend définitivement que Berlin se moque de prévenir son allié et va décider de faire cavalier seul.

Il y aura bien une coopération mais elle se limitera par exemple au ravitaillement des corsaires allemands dans le Pacifique ou au transfert de quelques technologies militaires de l’Allemagne par le Japon sans oublier des métaux précieux mais nous sommes là bien loin du degré de coopération entre les alliés après l’entrée en guerre des Etats-Unis.

Finalement, le Japon n’entrera pas en guerre au printemps 1949 mais un an plus tard en mars 1950 pour une raison encore mal connue aujourd’hui. Volonté de tester les Etats-Unis ? Volonté d’achever le maximum de navires, de produire le maximum d’avions et de chars avant une entrée en guerre incertaine ?

Le plan est simple dans sa forme globale mais assez complexe dans sa réalisation puisqu’il prévoit des opérations simultanées à plusieurs milliers kilomètres de distance. C’est ainsi que tout en frappant la Pacific Fleet à Pearl Harbor, le Japon prévoit de lancer son opération contre les Philippines tout en menant des frappes limitées contre Guam et Wake.

Quelques jours après ce raid, le Japon prévoit d’envahir par voie terrestre l’Indochine et de réaliser plusieurs débarquements en Indochine et en Malaisie en attendant les Indes Néerlandaises et leur précieux pétrole.

Ces opérations réalisées, les japonais prévoient de s’emparer de la Birmanie pour menacer l’Inde britannique et définitivement isoler la Chine nationaliste de Tchang-Kaï-Chek.

Ils prévoient également de s’emparer de la Nouvelle-Guinée, des Salomons et de la Nouvelle-Calédonie pour couper le duo Australie-Nouvelle Zélande des Etats-Unis et rendre la reconquête encore plus longue et difficile.

Le conflit montrera que le Japon à eu les yeux plus gros que le ventre. Méprisant les contingences logistiques, méprisant l’ennemi, vouant un culte à la bataille décisive, le Japon se révélera incapable de relever le gant de la guerre longue, de la guerre patiente et méticuleuse.

Pire encore, alors que la guerre est perdue, que l’ineluctable ne peut être repoussé, le Japon s’enfoncera peu à peu dans une stratégie toujours plus suicidaire, une version nippone du «Plus un pas en arrière» où les soldats du Mikado se feront tués sur place ou se livreront à des charges suicidaires contre les chars et les mitrailleuses américaines, les trop fameuses charges «Banzaï».

Pire encore, ils se lanceront dans des attaques suicides, espérant pousser les américains et leurs alliés à renoncer à la guerre au profit d’une paix de compromis mais comme on le verra durant le conflit, cette politique ne fera que renforcer le stéréotype du japonais fanatique qu’il s’agit d’exterminer. En clair, les kamikazes n’auront fait que ralentir l’inéluctable à savoir la défaite japonaise.

Quand à la marche à la guerre, elle sera d’une logique mathématique. Après plusieurs années d’hésitation, le gouvernement américain décide de renforcer son aide à la Chine et d’imposer un embargo à des produits stratégiques comme l’essence d’aviation que le Japon n’arrive pas à produire chez lui en quantité industrielle.

Cet embargo est vu comme un véritable acte de guerre. Cela renforce le camp des faucons au détriment des colombes même si le camp de ces derniers n’à rien contre une guerre contre les Etats-Unis jugée par tous comme vitale pour la sécurité présente et à venir du Japon. Simplement entre faucons et colombes, on trouve une divergence en matière de calendrier.

Cet embargo décidé à l’automne 1949 ne tarde pas à produire ses effets sur l’économie japonaise qui doit commencer à puiser dans des réserves stratégiques patiemment accumulées mais qui devaient être utilisées pour le conflit.

L’offensive prévue pour septembre 1950 doit être avancée pour mars 1950. Le 21 mars 1950, les premières bombes tombent sur Pearl Harbor marquant le début du second conflit mondial dans cette partie du monde.

Le début d’un conflit de quatre ans et demi, un conflit d’une violence et d’une virulence inouie qui s’acheva par deux bombes atomiques qui vétrifièrent Hiroshima et Nagasaki, faisant entrer le monde dans l’ère atomique. Un conflit dont le Japon allait sortir métamorphosé pour le meilleur et pour le pire.

Le Japon dans la guerre

Théoriquement, l’opération sur Pearl Harbor était prévue pour le dimanche 19 mars mais suite à un contre-temps, l’opération ne sera déclenchée que le mardi 21 mars avec des conséquences dramatiques pour le Japon. Si le cuirassé Washington est coulé, les dégâts se révèlent in fine limités, la majorité des navires étant rapidement remis en état.

Plus grave encore pour la marine japonaise, les installations de Pearl Harbor sont quasiment intactes notamment les réservoirs de carburant, les bassins et les ateliers du Pearl Harbor Navy Yard.

Les aérodromes (de la marine et de l’Armée) sont sévèrement endommagés, les pertes en avions sont lourdes mais les pertes humaines nettement plus faibles. De toute façon les avions vont être rapidement remplacés par une industrie qui ne tarda pas à surclasser son homologue nippone.

De plus une partie de la flotte américaine manque d’intercepter la force expéditionnaire japonaise qui parvient à se replier sans dégâts majeurs, les américains pourtant en supériorité renoncent à la poursuite de crainte de tomber dans une embuscade dévastatrice.

En dépit de ces résultats mitigés, le Japon connait une série de succès s’emparant de Hong-Kong après une longue résistance (20 mars-6 juin). Les prisonniers alliés sont massacrés par l’armée japonaise ce qui ne fera que renforcer la détermination des alliés qui comprennent à cet instant que cela ne sert à rien de se rendre.

Comme le dira un soldat britannique dans une lettre «Je suis déjà mort, cela ne sert à rien d’espérer s’en sortir. Ma seule crainte c’est de ne pas emmener en enfer suffisamment de jaunes avec moi».

Deux jours après le raid sur Pearl Harbor, l’Indochine est attaquée par le Japon, une attaque terrestre qui voit les postes frontaliers balayés en quelques jours mais ils n’étaient pas faits pour cela.

La ligne Doumer censée protéger la conurbation Hanoï-Haïphong tient deux semaines avant de céder, la percée étant facilitée par une série de débarquements tactiques derrière chaque ligne de résistance française qui cèdent les unes après les autres non sans de durs combats et hélas, trois fois hélas des exactions multiples, des deux côtés.

Les 3 et 4 avril 1950, les forces navales alliées sont défaites dans le Golfe de Thaïlande. Cette victoire est une véritable victoire à la Pyrrhus mais elle libère le Japon de la menace navale alliées contre leur progression présente en Indochine et à venir en Malaisie.

Entre temps, le 24 mars 1950, les Philippines sont envahies marquant le début de la première campagne des Philippines qui s’achève en octobre quand la quasi-totalité de l’archipel est sous contrôle japonais.

Quelques îles vont rester aux mains des américains, facilitant la reprise ultérieure de l’archipel qui ne sera jamais vraiment contrôlé par les japonais.

A chaque fois le même scénario se répète. Les japonais l’emportent mais au prix de pertes effroyablement élevées. De plus, ils perdent dès le début la «bataille de l’opinion» en se livrant à des massacres et des exactions qui leur alliene le peu de sympathie qu’ils pouvaient susciter.

Comme le dira un intellectuel vietnamien «l’occupation japonaise m’à permis de comprendre combien le joug français était doux et amical».

En juin 1950, les japonais débarquent en Malaisie. En dépit de moyens militaires limités (même si tout est relatif), Tokyo peut se permettre de lancer trois campagnes simultanées.

Ces campagnes avancent à un rythme inégal en raison de troupes d’inégale valeur, d’un manque de moyens logistiques et d’une résistance ennemie plus ou moins acharnée. Elles ont le mérite de paralyser les alliés.

En effet les britanniques, les américains, les français et les néerlandais se savent pas où donner de la tête. Chaque pays défend ses intérêts, les querelles de pouvoir et de personnes parasitent un plan de résistance commun. Les japonais avancent donc aussi bien grâce à leur puissance militaire qu’à cause de la «faiblesse» de leurs adversaires.

La fin 1950 voit l’Indochine succomber. Certes le Laos reste hors de portée de la soldatesque japonaise mais isolé, le royaume ne peut guère espérer autre chose qu’attendre une potentielle libération.

Une base est implantée à la frontière thaïlandaise, la base Epervier entrée dans l’histoire sous le nom de Dien-Bien-Phu. Cette base va servir de point d’appui pour des opérations de guérilla, constituant une nuisance mais seulement une nuisance. Son intérêt majeur est d’empêcher les japonais de déployer des moyens militaires ailleurs où ils auraient été plus utiles stratégiquement parlant.

Un mois plus tard, en janvier 1951 c’est autour de la Malaisie de passer sous la férule nippone après une campagne de sept mois où les alliés (britanniques, indiens, australiens et néo-zélandais, malais et chinois) ont vendu chèrement leur peau mais toujours avec le sentiment de ne faire que ralentir l’inéluctable.

Les mauvaises nouvelles s’enchainent puisque les Indes Néerlandaises sont occupées en février 1951 malgré l’héroïque résistance des troupes néerlandaises. Singapour boucle la boucle en avril 1951.

La mauvaise série s’interrompt en juin 1951 quand l’avance japono-thaïlandaise est stoppée dans le nord de la Birmanie. Le Japon atteint là son avancée maximale, l’Inde ne sera jamais menacée d’être envahie par les soldats du Mikado.

La guerre se déplace alors plus au sud. La Nouvelle-Guinée succombe dans sa quasi-totalité à l’offensive nippone même si Port Moresby ne verra jamais le drapeau japonais flotter.

De mars à septembre 1951, une terrible campagne oppose les japonais aux alliés dans les Salomons (essentiellement américains mais il y à également des contingents alliés australiens, néo-zélandais et mêmes français _essentiellement des troupes rescapées d’Indochine_), une campagne se déroule sur terre, sur mer mais également dans les airs.

Les combats navals, aériens et terrestres sont abominablement violents. Généralement, les japonais tiennent la nuit alors que de jour la supériorité aérienne américaine (via les porte-avions mais également avec l’aviation basée à terre) rend toute manœuvre de la marine nippone délicate.

A terre, la jungle rend toute manœuvre délicate, rend les combats confus. La manœuvre étant difficile, les combats sont souvent frontaux et extrêmement usant pour les combattants en première ligne.

A l’issue de cette campagne, les japonais stoppés dans leur avance tentent une ultime offensive stratégique en visant la Nouvelle-Calédonie. L’échec de l’opération en octobre 1951 sonne le glas des espoirs japonais de remporter la guerre. Désormais les troupes nippones ne ferons que reculer même si ils feront payer cher aux alliés la reconquête.

Les deux camps épuisés par un début de guerre éreintant marquent une vrai pause entre novembre 1951 et février 1952. Chaque camp regroupe ses forces et s’interroge sur la meilleure stratégie à tenir.

La situation est encore favorable pour le Japon qui contrôle une grande partie de la Birmanie, la Malaisie, les Indes Néerlandaises, Singapour, l’immense majorité de l’Indochine, les Philippines, une partie de la Nouvelle-Guinée.

Cependant la situation est amenée à vite s’inverser. Non seulement l’industrie américaine produit bien plus que l’industrie japonaise mais les sous-marins américains taillent des coupes sombres dans la marine marchande japonaise, l’empêchant d’exploiter les richesses conquisses.

De nombreux territoires restent insoumis ou insuffisamment sécurisés. Les japonais réagissent avec fureur et brutalité, multipliant les opérations de nettoyage, un euphémisme pour des massacres de masse.

USS Missouri août 1944

Le USS Missouri (BB-63) fût coulé au cours de la bataille de la mer de Corail

Les 4 et 5 février 1952 à lieu la bataille de la mer de Corail, une bataille engageant porte-avions et cuirassés. Cette bataille n’est pas marquée par une victoire nette côté allié ou côté japonais mais son impact est net puisqu’il permet aux américains de préparer leur future campagne de Nouvelle-Guinée.

Non seulement les japonais doivent faire face à cette offensive dans le Pacifique mais ils doivent également surveiller l’action des britanniques depuis le nord de la Birmanie ainsi que celle de la France qui dispose d’une base expéditionnaire dans le nord du Tonkin : Dien-Bien-Phu.

A l’été 1952, la Birmanie est libérée et le Laos définitivement dégagé d’une hypothétique menace nippone.

Les américains entament eux la campagne de Nouvelle-Guinée qui s’achèvent en janvier 1953 quand les derniers japonais sont neutralisés.

Deux mois plus tard, en mars 1953, les franco-britanniques lancent l’opération Overlord, une offensive menée depuis le Laos et la Birmanie en direction de la Thaïlande puis de la Cochinchine pour isoler les forces japonaises en Malaisie et dans les Indes Néerlandaises. Saïgon est reprise en juillet 1953, la frontière chinoise atteinte fin octobre 1953 avec plusieurs mois d’avance sur le planning.

Les deux pays ont cependant effectué un effort maximum puisqu’au même moment en Europe de durs combats ont lieu en Belgique et aux Pays-Bas alors que le Rhin n’est toujours pas franchit, préservant le Vaterland d’une offensive alliée. En Méditerranée, l’Italie à changé de camp mais les combats continuent dans la péninsule.

Entre-temps, les américains font parler la puissance de leur industrie en lançant non pas une mais deux offensives stratégiques parallèles. La première vise à la reconquête des Philippines, la seconde à s’emparer des archipels japonais dans le Pacifique. La première campagne s’achève en février 1954 alors que la seconde s’achève dès septembre.

L’opération Overlord à peine terminée lui succède l’opération Zipper, la reconquête de la Malaisie et des Indes Néerlandaises (novembre 1953-août 1954). Cette campagne de neuf mois est une campagne pleinement intégrée avec de multiples opérations amphibies, des bombardements aériens massifs et des opérations aéroportées limitées surtout comparée à l’opération Phenix.

Quand s’ouvre l’année 1954, la situation pour le Japon est critique. Elle devient même désespérée en février quand simultanément les américains prennent pied en Chine continentale, à Formose et à Iwo Jima.

En dépit de cette situation apocalyptique, le Japon ne semble pas décidé à capituler à tel point que la fin de la guerre est envisagé pour 1956 ou 1957 !

Iwo Jima succombe en mars après plusieurs semaines de combat, permettant aux forces américaines d’effectuer un saut de puce en direction d’Okinawa où marines et G.I débarquent en avril 1954, s’emparant de l’île en juin après deux mois de combat.

La conquête de ces îles permet aux bombardiers américains de frapper directement le Japon, rendant la poursuite de la guerre encore plus difficile, l’industrie et les villes étant matraquées jour et nuit.

Sur le continent, les combats sont tous aussi acharnés, ne s’achevant qu’à la mi-juin 1954, juste à temps pour permettre l’utilisation d’aérodromes chinois pour l’opération Phenix, la plus importante opération aéroportée de tous les temps destinée à s’emparer de la Corée au nez et à la barbe des soviétiques qui réalisent pourtant une offensive modèle en Mandchourie en suivant les principes de l’art opératif.

Initialement, il était prévu deux débarquements amphibies au Japon mais pour éviter des pertes très élevées, les américains décident d’utiliser une nouvelle arme, la bombe atomique larguée les 6 et 9 août 1954 sur Hiroshima et Nagasaki.

Sans provoquer la capitulation du Japon, ce double bombardement liés aux bombardements conventionnels américains ainsi qu’à la menace d’un débarquement soviétique au Japon pousse l’empereur à accepter l’inacceptable.

L’idée de capitulation est admise par un discours radiophonique le 21 août 1954. Une tentative de coup d’état échoue le 27 août et quatre jours plus tard, les premières troupes américaines débarquent au Japon, s’occupant en priorité des bases navales, des bases aériennes et des camps de prisonniers où les geôliers et les prisonniers ne tardent pas à échanger leurs places.

Quand à la cérémonie de capitulation, elle à lieu en baie de Tokyo le 4 septembre 1954 à bord du cuirassé USS Montana (BB-65) qui devient pour l’éternité le «Victory Battleship», le cuirassé de la victoire.

24-Armée de l’air (9)

Dewoitine D-520

Le Dewoitine D-520 est au printemps 1940 le chasseur le plus moderne de l'armée de l'air

Le Dewoitine D-520 est au printemps 1940 le chasseur le plus moderne de l’armée de l’air

En juin 1936, l’armée de l’air lança un nouveau programme de chasseur C1 (monoplace) inspiré par l’apparition outre-Manche des Spitfire et des Hurricane.

Ce programme demandait un chasseur monoplace pouvant atteindre 500 km/h à 4000m avec pour armement soit un canon et deux mitrailleuses ou deux canons.

Rapidement, la vitesse maximale fût portée à 520 km/h pour éviter qu’un appareil bon au moment de sa conception soit périmé au moment de sa mise en service.

Emile Dewoitine associé aux ingénieurs Robert Castello et Jacques Henrat proposa un appareil qui ne fût accepté dans le cadre du programme technique A23 que le 12 janvier 1937. Le Dewoitine D-520 fût confronté au Morane-Saulnier MS-450, le Loire-Nieuport 60 (futur CAO-200), le Caudron-Renault 780 et bientôt le Bloch MB-152/MB-155 et l’Arsenal VG-33.

Suite aux nationalisations du Front Populaire, les usines Dewoitine furent intégrées à la Société Nationale des Constructions Aéronautiques du Midi (SNCAM) en mars 1937. Deux prototypes furent commandés le 3 avril 1938, le premier prototype décollant pour la première fois à Toulouse-Francazal le 2 octobre 1938 suivit à la fin du mois de janvier par le prototype n°2 et par le prototype n°3 le 5 mai 1939.

Les débuts furent difficiles mais le destin fût favorable au D-520 car au moment où il termine ses essais au CEMA de Villacoublay, le VG-33 et le MS-450 n’ont pas encore volés, le MB 151/152 se révèle très décevant et le Caudron-Renault 780 à été tout simplement abandonné.

En mars 1939, une première commande de 200 appareils est passée suivit rapidement d’une deuxième commande pour 510 appareils supplémentaires portant le nombre d’appareils à livrer à 710.

D’autres commandes vont porter le nombre d’appareils produits à 1000, les derniers D-520 étant produits à l’automne 1942, les appareils en question étant des D-520 et des D-790 _sa variante embarquée_ destinée à la Marine.

Schéma du Dewoitine D-790, version navalisée du D-520

Schéma du Dewoitine D-790, version navalisée du D-520

Au printemps 1940, seul le GC I/3 _précédement équipé de MS-406_ était effectivement opérationnel sur ce nouvel appareil, les GC II/3 et GC II/7 étant en cours de transformation sur Dewoitine D-520.

Ultérieurement, cinq groupes de chasse équipés de MS-406 vont recevoir le D-520 portant le nombre de groupes équipés à huit :

-Le GC III/3 est transformé entre juin et septembre 1940

-Le GC III/6 est transformé entre octobre et décembre 1940

-Le GC II/6 est transformé entre janvier et mars 1941

-Le GC III/7 est transformé entre avril et juin 1941

-Le GC I/6 est transformé entre juillet et septembre 1941

-Un GC I/7 est recré en janvier 1942 avec le Dewoitine D-520 portant le nombre de groupes équipés à neuf.

Ces unités étaient toujours équipés de cet appareil en septembre 1948 bien que leur conversion sur D-551 était prévue mais perturbée par le déclenchement du second conflit mondial. A noter cependant que des améliorations a minima ont été apportés à l’appareil avec un nouveau capot d’hélice, des radiateurs assurant un meilleur refroidissement……. .

A ces 243 appareils stationnés en métropole s’ajoute également des unités déployées dans l’Empire et des appareils mis en oeuvre par l’Aviation Navale.

Le Groupe Régional de Chasse de Corse (GRC appelé également GC I/13) disposant de 36 Dewoitine D-520 répartis en quatre escadrilles (deux à Solenzara et deux à Campo del Oro) reçoit ses appareils entre décembre 1941 et janvier 1942.

Le GC I/12 déployé à Than-Son-Nhut près de Saïgon reçoit ses appareils au printemps 1944 en remplacement de ses Curtiss H-75.

Ses 36 appareils sont rejoints par 72 autres appareils opérationnels pour équiper les GC II/12 stationné à Hanoï et le GC III/12 stationné à Tourane soit un total de 108 appareils pour l’Indochine sans compter un nombre équivalent comme volant de fonctionnement, l’éloignement et le climat ayant convaincu le commandement de prévoir une réserve d’attrition très importante.

Quand à l’Aéronavale, elle disposait de soixante appareils répartis en cinq escadrilles de douze appareils plus soixante-douze appareils de réserve.

Cela nous donne donc au total 387 appareils en service dans l’armée de l’air plus 60 en service dans la marine auxquels il faut ajouter les trente-deux D-790, sa version embarquée soit un total de 479 appareils en ligne plus 180 appareils de réserve immédiate, portant le total à 759, laissant 241 stockés sous cocon (ce qui signifie qu’il faudrait une à deux semaines pour les rendre opérationnels) soit un total général et définitif de 1000 appareils.

Caractéristiques Techniques du Dewoitine D-520

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 2123kg en charge 2677kg

Dimensions : envergure 10.20m longueur 8.60m hauteur 2.56m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Y45 12 cylindres en ligne dévellopant 935ch au décollage entrainant une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 529 km/h à 4000m autonomie maximale 998km plafond pratique 11000m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS 404 de 20mm alimenté à soixante obus tirant dans l’axe de l’hélice et deux mitrailleuses de 7.5mm MAC34 dans chaque aile avec 675 coups chacune

Morane-Saulnier MS-406

Morane-Saulnier MS-406

Morane-Saulnier MS-406

Chasseur le plus important numériquement parlant en septembre 1939, le Morane-Saulnier MS-406 est issu du programme C1 envoyé aux avionneurs en juillet 1934.

Il demandait un chasseur allant à 400 km/h avec un armement composé d’un canon et deux mitrailleuses ou de deux canons voir encore de quatre mitrailleuses pour remplacer les Dewoitine D-371, Dewoitine D-500 et Loire 46.

Le Dewoitine D-500 et ci-dessous le Loire 46 furent deux des avions remplacés par le Morane-Saulnier MS-406

Le Dewoitine D-500 et ci-dessous le Loire 46 furent deux des avions remplacés par le Morane-Saulnier MS-406

Loire 46

Le projet fût amendé par deux fois au cours de l’année 1934 avant d’être définitivement gelé en novembre 1935, le programme réclamant cette fois un chasseur allant à 450 km/h, l’autonomie accrue tout comme le plafond fixé à 11500m.

De nombreux projets sont présentés comme le Dewoitine D-513, le Loire 250, le Nieuport 161, le Romano 130, le Bloch MB-150 et le Morane-Saulnier MS-405 mais seuls les deux derniers seront réalisés et surtout produits en série.

Le premier prototype du MS-405 effectue son premier vol le 8 août 1935 et après des essais satisfaisants est acheté par l’Etat en novembre 1936, s’illustrant au salon aéronautique de Bruxelles en juin 1937 ce qui suscita l’intérêt de la Chine, de la Suisse et de la Turquie.

Aux deux prototypes et aux quinze appareils de pré-série (fabriqués entre février et juin 1938) succédèrent des appareils de série connus sous le nom de MS-406, le MS-405 n°4 servant de prototype de cette version. Ces appareils étant produits par trois usines, principalement Puteaux, Tarbes et Bouguenais après la nationalisation.

La première commande est passée en avril 1937, 50 MS-405 étant commandés puis transformés ultérieurement en MS-406. Les commandes succedèrent ensuite tant était lamentable l’état de la chasse française.

Quand la guerre de Pologne éclate, 600 exemplaires ont été produits, chiffre qui passe à 1000 exemplaires en juin 1940 et enfin 1100 exemplaires quand la production est arrêtée en septembre 1940.

Cet appareil connu comme le «meilleur chasseur du monde» est rapidement dépassé par les progrès fulgurants de l’aviation et l’armée de l’air prend rapidement la décision de le remplacer par des appareils plus modernes.

A son apogée, le Morane-Saulnier MS-406 équipait treize groupes de chasse :

-Le GC III/3 ultérieurement transformé sur le Dewoitine D-520

-Le GC II/2 ultérieurement transformé sur Arsenal VG-33

-Le GC III/2 ultérieurement transformé sur Arsenal VG-33

-Le GC III/1 ultérieurement transformé sur Arsenal VG-33

-Le GC I/2 est ultérieurement transformé sur Arsenal VG-33

-Le GC II/6 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC III/7 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC III/6 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC II/7 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC I/6 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC II/3 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC I/10 déployé en AFN est ultérieurement transformé sur Arsenal VG-39

-Le GC I/7 (ultérieurement baptisé GC I/11) et déployé au Levant remplace ses MS-406 par des Curtiss H-75. (Un GC I/7 est ultérieurement recréé sur D-520 pour permettre à la 7ème EC d’avoir trois groupes homogènes).

Le remplacement des MS-406 est achevé en janvier 1943 mais tous ne sont pas feraillés. En effet, 500 appareils sont transformés en MS-410.

Par rapport au MS-406, le «nouvel appareil» reçoit une alimentation en bandes rechauffés pour éviter les pannes liées au givre, le remplacement du collimateur, l’installation d’un radiateur fixe, l’installation de pipes d’échappement à effets propulsifs, l’installation d’une hélice Ratier ce qui augmenta la vitesse de 40 km/h.

Ces appareils vont équiper les douze Escadrilles Régionales de Chasse (ERC) déployées en métropole avec 144 exemplaires sur les 500 transformés. 200 furent conservés comme volant de fonctionnement et les 156 restants furent revendus à des pays étrangers comme la Suisse et la Turquie. Les MS-410 furent retirés du service à l’automne 1946.

Caractéristiques Techniques du Morane-Saulnier MS-406

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 1895kg maximal 2540kg

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Y-31 12 cylindres dévellopant 860ch au décollage entrainant une hélice Chauvière de 3m de diamètre

Performances : vitesse maximale 486 km/h à 5000m Autonomie maximale 1100km Plafond pratique 9400m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS-9 de 20mm tirant à travers l’axe de l’hélice avec soixante obus et deux mitrailleuses MAC-34 de 7.5mm dans chaque aile

24-Armée de l’air (3)

Les commandements opérationnels

Les commandements opérationnels sont inspirés des Command de la Royal Air Force (R.A.F), l’armée de l’air britannique.

Ces commandements sont chargés de préparer opérationnellement parlant les différentes unités en l’occurence des escadres regroupant trois ou quatre groupes de quatre escadrilles soit un total de 108 ou 144 appareils par escadre.

Commandement de la Défense Aérienne du Territoire (CDAT)

Ce commandement regroupe les unités de chasse diurne et nocturne ainsi que la Défense Antiaérienne du Territoire (DAT), des batteries légères et lourdes;

Pour la chasse, le CDAT dispose de quatre unités différentes :

-Pour la couverture des unités de combat, l’escorte des bombardiers et la destruction des bombardiers ennemies, l’armée de l’air dispose en septembre 1948 de quarante-huit groupes de chasse à quatre escadrilles (trois monomoteurs et un de bimoteurs) répartis en seize escadres, concentrées essentiellement dans le Nord-Est et l’Est du territoire (onze escadres soit 1188 chasseurs), trois escadres couvrant le Sud-Est (324 appareils), une dans le Sud-Ouest (108 appareils) et une dernière pour couvrir l’Afrique du Nord (108 appareils).

Le bombardier hexamoteur Focke-Wulf Ta-400, une débauche de moyens pour des résultats médiocres

Le bombardier hexamoteur Focke-Wulf Ta-400, une débauche de moyens pour des résultats médiocres

Les quarante-huit groupes de chasse alignent un total de 1728 chasseurs. A cela s’ajoute un groupe d’interception équipé de vingt-sept Dewoitine D-555, un intercepteur-escorteur lourd pour contrer les bombardiers hexamoteurs allemands Focke-Wulf Ta-400.

-Ce commandement dispose également d’unités de chasse de nuit pour assurer la défense nocturne du territoire est assurée par quatre escadres de chasse nocturne à trois groupes de trois escadrilles de 9 appareils soit un total de 324 appareils, deux escadres étant stationnées dans le nord-est, une troisième dans le sud-est et une quatrième en Afrique du Nord.

-La défense locale est assurée par des Escadrilles Régionales de Chasse soit douze escadrilles régionales de chasse équipées de douze appareils soit un total de 144 appareils en métropole plus deux autres au Maroc et deux autres en Algérie soit un total de 192 avions.
-Enfin, dans les colonies et assimilés, nous trouvons des Groupes Régionaux/Coloniaux de Chasse (GRC ou GCC) voir d’escadrilles pour les territoires les plus modestes et où les menaces ennemies sont très limitées.

La Corse dispose d’un GRC (Groupe Régional de Chasse) à quatre escadrilles de neuf appareils soit 36 chasseurs monomoteurs répartis entre Solenzara avec deux escadrilles et Campo del Oro près d’Ajaccio avec deux autres escadrilles. Les mandats du Liban et de Syrie disposent d’un GCC à quatre escadrilles de neuf appareils soit 36 chasseurs.

L’AOF (Afrique Occidentale Française) dispose d’un GCC à quatre escadrilles de neuf appareils soit un total de 36 chasseurs. L’AEF (Afrique Equatoriale Française) dispose d’un GCC à trois escadrilles de neuf appareils soit un total de 27 chasseurs.

Madagascar dispose d’une escadrille indépendante de chasse basée à Antannarive équipée de douze appareils. La Martinique, la Guadeloupe et la Guyane disposent chacun d’une escadrille de douze appareils.

Pour l’AOF, l’AEF, Madagascar les Antilles, ces unités ont un rôle de souveraineté plus qu’autre chose et si les zones restent calmes, ces unités pourraient être redéployées dans des zones plus conflictuelles.

L’Indochine dispose à l’origine d’un groupe de chasse colonial (GCC) à quatre escadrilles de neuf appareils, dispersé entre Saïgon (deux), Hanoï (une) et Haïphong (une) soit 36 appareils, le nombre augmentera sensiblement entre 1945 et 1948 à tel point que quand le conflit éclatera en Europe, l’Indochine disposera de trois GCC, un couvrant la conurbation Hanoï-Haïphong, un second couvrant la région de Cam-Ranh et une troisième couvrant Saïgon. Un GCC de nuit est créé en septembre 1947 à Than-Son-Nut avec 27 appareils type Hanriot NC-600.

Quand la France entre en guerre, l’armée de l’air dispose de 2541 chasseurs dont une majorité stationnée en métropole sans oublier les apports tchèques et polonais que nous étudierons dans l’ordre de bataille de l’armée de l’air.

-La Défense Antiaérienne du Territoire (D.A.T) est organisée en Zones de Défense Antiaérienne dont le tracé est calqué sur celui des ZAM. Au niveau de chaque province, un district de défense antiaérienne regroupe les moyens avec des batteries fixes et mobiles.

Les batteries fixes sont déployées autour de Paris, autour des grands ports (Le Havre, Dunkerque, Nantes et Saint-Nazaire, Bordeaux, Marseille….) et pour protéger certaines installations industrielles sensibles. On trouve également plusieurs batteries mobiles avec pièces tractées.

Des projets de trains antiaériens envisagés n’ont finalement pas vus le jour même si les études ont été menées suffisamment loin pour qu’en quelques jours ou quelques semaines, des trains antiaériens puissent voir le jour.

Commandement des Forces Aériennes Tactiques (CFAT)

Ce commandement regroupe l’aviation d’assaut et les unités de bombardement léger et moyens pour assurer l’appui-feu des troupes au sol, l’appui-tactique par la destruction des arrières immédiats (plots logistiques, postes de commandement……) et le bombardement de l’industrie et des axes de communication (routes, ponts, voies ferrées). Pour cela ce commandement regroupe les moyens suivants :

Avion d'assaut Bréguet Br693

Avion d’assaut Bréguet Br693

-Cinq escadres de bombardement d’assaut soit quinze groupes et quarante-cinq escadrilles soit un total de 405 appareils type Bréguet 693/695/696, la majorité de ces groupes étant stationnés en Métropole, une escadre soit trois groupes étant stationnée en Tunisie et une escadre soit trois groupes en Indochine, laissant neuf groupes et vingt-sept escadrilles soit 243 appareils en métropole.

-Deux escadres de bombardement en piqué soit huit groupes et ving-quatre escadrilles soit un total de 216 appareils répartis à égalité entre les monomoteurs LN-430 (108 appareils) et bimoteurs Bréguet Br698 (108 appareils), toutes stationnées en Métropole jusqu’en juin 1948.

En juillet 1948, deux groupes sont retirés de Métropole soit six escadrilles et 54 appareils sont envoyés en Indochine, un groupe étant équipé de Bréguet 698 et un groupe étant équipé de Loire-Nieuport LN-430. La mobilisation devant normalement permettre de reconstituer ces groupes en métropole.

-Quatre groupes indépendants d’appui rapproché soit un total de 108 bimoteurs Potez 640, tous étant stationnés en Métropole.

-Sept escadres de bombardement léger soit vingt et un groupes et soixante-trois escadrilles soit un total de 567 appareils américains type Douglas DB-7/Martin 167/Martin 187. Trois escadres sont stationnées en métropole, une au Maroc, une en Algérie, une en Tunisie et une au Levant.

Bombardier moyen Amiot 351

Bombardier moyen Amiot 351

-Douze escadres de bombardement moyen soit trente-six groupes et cent-huit escadrilles soit un total de 972 bombardiers type Lioré et Olivier Léo 451 et Amiot 351 ainsi que tous leurs dérivés. Huit escadres sont déployées en Métropole, deux en Tunisie, une au Levant et une en Indochine.

On compte également un groupe indépendant de bombardement à haute altitude,une escadrille indépendante en Guyane (huit puis douze appareils), une en Martinique (douze appareils) et à Djibouti (un groupe de vingt-sept appareils).

Commandement du Bombardement Lourd (CBL)

Ce commandement est l’homologue du Bomber Command et regroupe les unités de bombardiers lourds chargés de frappes stratégiques contre l’Allemagne, l’Italie voir l’Espagne, le Portugal et le Japon (même si avant septembre 1948, aucun bombardier lourd n’était stationné sur un territoire mettant le Japon à portée).

Le CBL chargé du bombardement stratégique et du bombardement lourd dispose trois escadres de 81 appareils chacuns répartis en trois groupes à trois escadrilles de neuf appareils soit un total en ligne de 243 appareils de différents types, la première escadre étant basée dans le nord-est, la deuxième dans le sud-est et la troisième en Tunisie.

L’armée de l’air aligne en septembre 1948, un total de 2454 bombardiers d’assaut, en piqué, avions d’appui rapproché, bombardiers légers, moyens et lourds.