Mitteleuropa Balkans (194) Grèce (38)

Artillerie antichar

Canon antichar de 47mm Puteaux modèle 1937

En septembre 1939 l’armée grecque souffre d’un manque dramatique en terme d’armes antichars et si neuf ans plus tard toutes les lacunes n’ont pas été comblées la situation s’est nettement améliorée avec l’acquisition de canons de 47mm français.

La France envisage sa défense contre blindés (DCB) dès le premier conflit mondial même si les allemands ne vont pas utiliser beaucoup le char de combat. Elle va beaucoup hésiter entre le canon et la mitrailleuse. Finalement elle finit par adopter un canon de 25mm.

Entre-temps la construction de la Ligne Maginot à entrainer la mise en place de protections antichars sous la forme de vieux canons de marine de 47mm, des modèle 1902. Cela donna l’idée à l’armée de terre de se doter d’un canon antichar de même calibre.

Modernisé, le canon de 47mm modèle 1902 devenait le modèle 1934 pour les ouvrages de la ligne Maginot et le modèle 1935 pour les véhicules.

Cela donne l’idée à l’armée française d’équiper l’infanterie avec un canon antichar de 47mm destiné à compléter les canons de 25mm Hotchkiss.

Deux candidats proposent leurs produits, APX (l’Etablissement étatique du Puteaux) et Schneider du Creusot, le premier étant choisit en raison de performances nettement supérieures avec 89mm de blindage percé à 400m pour l’APX contre seulement 70mm pour son concurrent.

L’infanterie s’en détourne et c’est finalement sous le haut-patronage de l’artillerie que le programme se poursuit. Le 14 décembre 1936, le canon APX de 47mm est adopté sous le nom de «matériel de 47 modèle 1937».

En terme de portée, le canon de 47mm peut détruire à 1000m les chars allemands les plus lourds, les Panzer III et IV et jusqu’à 1600m, les performances sont excellentes. Sa grande cadence de tir (15 à 20 coups/minute) permettant à un canon de stopper net une attaque de blindés si le canon est bien employé et que le terrain s’y prête.

Ce canon était remorqué par des véhicules à roues ou des semi-chenillés quelque soit le type de divisions. En septembre 1939, 339 exemplaires ont été livrés aux armées, nombre porté ultérieurement à 1094 exemplaires.

La production du modèle 1937 s’arrête au chiffre 1646, le modèle 1939 prenant le relais selon un rythme plus lent _temps de paix armée oblige_ et pour un rôle différent comme nous allons le voir dans la partie suivante.

Au modèle 1937 succède deux modèles, le modèle 1939 en attendant le modèle 1941. Le modèle 1939 se distingue par la présence d’un affût triflêche permettant de pointer sur 360° ce qui est un avantage évident pour la lutte antichar. Il dispose également d’un frein de bouche et de roues à pneumatiques increvables Baudou. La production commence en juillet 1940, les premiers exemplaires étant livrés à la mi-août. La commande initiale de 1000 exemplaires est réduite à 500 puis à 240 exemplaires qui sont stockés en attendant la mobilisation.

Voilà pourquoi la production s’arrête en mai 1941 mais reprend en 1944 avec le modèle 1941, un canon semblable au modèle 1939 avec néanmoins un tube plus long (54 calibres contre 50) pour augmenter la vitesse initiale et donc la force de pénétration.

La Grèce va commander 120 pièces en septembre 1943, pièces livrées entre juin 1944 et juillet 1946, ces canons équipant les compagnies antichar et antiaériennes généralement avec 6 pièces par compagnie.

D’autres canons vont être commandés pour reconstituer l’AGL qui cette fois renforce sérieusement les moyens antichars de son infanterie. C’est ainsi que les trois DLI possèdent une compagnie antichar à 12 pièces plus un peloton au sein de la Compagnie Régimentaire d’Engins (CRE) (quatre pièces) soit 24 pièces pour la division.

La DI et la DB possèdent un bataillon antichar et antiaérien avec deux compagnies de trois pelotons de quatre pièces soit un total de 24 pièces par bataillon plus 12 pièces au niveau des régiments d’infanterie soit 36 canons antichars.

Les régiments antichars de corps d’armée disposaient de trois groupes à trois batteries de quatre pièces soit 36 canons antichars lourds.

Durant le conflit ce canon resta efficace contre les chars moyens italiens et allemands n’ayant du mal que contre les chars lourds. Ces canons antichars sont restés en service jusqu’en 1965 quand ils sont définitivement retirés du service

Le canon de 47mm modèle 1941 pèse 1375kg en batterie, dispose d’un tube de 2.538m (54 calibres), tirant un obus de 1.726kg à une distance maximale théorique de 6500m et pratique de 1600m. Le champ de tir en azimut est de 360° et en site de -13° à +16.80°.

QF 17 Pounder Gun

Comme souvent à l’époque, les bureaux d’études opéraient tels des joueurs d’échec avec toujours un ou deux coups d’avance. En clair on mettait au point une arme, un véhicule, un avion et on préparait déjà son remplaçant. C’est certain qu’à l’époque on n’avait pas peur d’une perte de compétences chez les ingénieurs qui avaient toujours de quoi s’occuper……. .

Le développement de ce canon commence à l’automne 1942 pour anticiper sur l’arrivée côté allemand de chars mieux protégés que les Panzer III et IV qui eux pouvaient être traités par le canon de 57mm. Comme souvent ce canon va également devenir un canon de char sous le nom de canon de 77mm HV (High Velocity).

Ce calibre de 17 livres (76.2mm) à été choisit de préférence au 20 livres (84mm) ou au 25 livres (87.6mm) visiblement pour des question de poids. Après un développement plus long que prévu, les premiers prototypes sont disponibles début 1944.

Adopté officiellement en septembre 1945, ce canon va équiper côté britannique des régiments antichars indépendants en attendant les régiments antichars des DI et des DB pardon des Infantry Division et des Armoured Division en complément du canon de 6 livres.

Outre les obus adaptés à la lutte antichar (perforant et explosif-perforant) d’autres obus ont été dévellopés : explosifs, éclairants, incendiaires et à shrapnels.

Dans la reconstitution de son armée, la Grèce décide de mettre sur pied trois régiments antichars _un par corps d’armée_ , chaque régiment disposant de trois groupes de tir à trois batteries de quatre pièces soit un total de 36 canons.

L’Armée Grecque de Libération (AGL) disposait de 108 canons en ligne plus 12 canons pour des tests et l’entrainement. Ces pièces vont être utilisées comme canon antichar et comme pièce d’artillerie de campagne improvisée. Ces canons sont restés en service dans l’armée de terre grecque jusqu’en 1975.

L’Ordnance QF 17 Pounder était un canon de 17 livres (76.2mm) tirant via son canon de 46 calibres (3.562m) un obus de 7.650kg capable de percer 130mm de blindage à 915m raison de dix coups par minute. L’affût permet au canon de pointer en azimut sur 60° et en site de -6° à +16.5°.

Artillerie antiaérienne

20mm Flakabwehrkanone 30 et 38 (20mm Flak 30 et 38)

Dès l’apparition de l’avion des contre-mesures furent prises par les troupes au sol. Tant que les «plus lourds que l’air» se contentaient d’observer on veilla surtout à améliorer au maximum le camouflage et la dissimulation mais quand l’avion devint bombardier, quand le chasseur délaissant les combats aériens mitraillaient les troupes au sol il fallait trouver une riposte.

On utilisa d’abord des mitrailleuses d’infanterie montées sur des affûts improvisés puis des canons médians à tir rapide (la France utilisa par exemple son fameux «75») avant que l’arsenal antiaérien ne s’étoffe.

Comme les performances des mitrailleuses d’infanterie devenaient incompatibles avec celles des avions on dévellopa d’abord des mitrailleuses lourdes puis des canons légers à tir rapide d’un calibre allant de 20 à 50mm.

L’Allemagne sélectionna le 20, le 37 et le 50mm même si ce dernier ne connu qu’un dévellopement limité.

Suite à l’interdiction par le traité de Versailles du dévellopement d’armes modernes, les firmes allemandes achetèrent des entreprises dans des pays neutres pour continuer à dévelloper des armes pour être prêtes le jour venu.

Les canons de DCA n’échappèrent pas à la règle et c’est ainsi que le 2cm Flak 30 à pour origine le Flak 28 mis au point à la fin du premier conflit mondial qui vendu à la Suisse devint le Solothurn ST-5 qui acquis par la marine allemande devint le 20mm C/30, ce canon étant ensuite décliné en version terrestre sous la désignation de 2cm Flak 30.

Ce canon disposait d’un cadence de tir de 120 coups par minute on décide de mettre au point un modèle amélioré le 2cm Flak 38 qui allait être décliné en version anvale sous la désignation de 2cm C/30. Il se distinguait par un poids plus faible (420 contre 450kg) mais une cadence de tir doublée avec 220 coups par minute.

Une version allégée destinée aux troupes de montagne et aux parachutistes baptisée Gebirgsflak 38 (2cm GebFlak 38) est également mise au point par Mauser, les performances étant identiques mais le poids nettement plus faible avec seulement 276kg. Les premières pièces sont produites en 1942.

Ces canons de 20mm sont utilisés en affûts simples, en affûts doubles et en affûts quadruples pour améliorer les performances en concentrant davantage de munitions dans un plus petit périmètre.

Ces affûts étaient montés sur des camions et des semi-chenillés, des prototypes de canons antiaériens chenillés étant mis au point en installant un affût quadruple sur un chassis de Panzer III. Les trains blindés étaient également équipés de ces canons.

Ce canon va être utilisé par l’Allemagne, la Lituanie (150 exemplaires), la Finlande (163 exemplaires), la Grèce (108 exemplaires _56 Flak 30 et 52 Flak 38_), la Roumanie (300 exemplaires), le Danemark et la Suède.

Ces canon vont être utilisés par les grecs, le premier au sein de l’infanterie et le second au sein de la cavalerie durant la guerre contre les italiens mais aussi durant la Campagne de Grèce contre les allemands et les bulgares. Comme souvent ces canons légers antiaériens furent également utilisés en tir sol-sol, une telle arme étant redoutable contre le personnel à découvert et les véhicules légers. Dans l’AGL il à été remplacé par des canons de 25mm Hotchkiss.

Le 2cm Flakabwehrkanone 30 était un canon antiaérien léger de 20mm de conception et de fabrication allemande pesant 364kg (470kg en configuration route) et tirant des projectiles de 136g (20x138mmB) via un canon de 65 calibres (1.3m) à une distance maximale de 4800m en tir sol-sol et de 2134m en tir antiaérien à raison de 120 à 240 coups par minute. L’équipe de pièce de sept hommes peut pointer le canon en azimut sur 360° et en site de -20° à +90°. L’alimentation se fait par des chargeurs de douze à vingt obus.

Le 2cm Flakabwehrkanone 38 était un canon antiaérien léger de 20mm de conception et de fabrication allemande pesant 450kg (kg en configuration route) et tirant des projectiles de 136g (20x138mmB) via un canon de 65 calibres (1.3m) à une distance maximale de 4800m en tir sol-sol et de 2200m en tir antiaérien à raison de 120 à 240 coups par minute. L’équipe de pièce de sept hommes peut pointer le canon en azimut sur 360° et en site de -20° à +90°. L’alimentation se fait par des chargeurs de vingt projectiles.

37mm Flugzeugabwehrkanone 36 (3.7cm Flak 36)

Les premières pièces d’artillerie antiaériennes légères allemandes étaient des canons de 20mm, un calibre modeste mais utilisé par d’autres pays. Néanmoins, les allemands estimèrent ce calibre trop faible pour être efficace, imposant un calibre léger plus important.

Comme la France, les allemands sélectionnèrent le calibre 37mm et dévellopèrent plusieurs modèles.

Le premier est le 3.7cm Flak 18, un canon de 57 calibres qui lui offre une portée maximale de 4800m. Ce modèle est produit en faible quantité, la production étant stoppée dès 1936.

Au Flak 18 succède le 3.7cm Flak 36, un canon semblable au précédent mais la cadence de tir augmentée. Dès 1937, un modèle amélioré baptisé Flak 37 lui succède, ces deux variantes étant les canons de 37mm les plus produits.

Le 3.7cm Flak 43 est le dernier modèle de canon de ce calibre, un canon à la cadence de tir améliorée.

Quelque soit le modèle, ces canons étaient utilisés en affûts simples, affûts doubles et en affûts quadruples, certains étant montés sur des semi-chenillés ou des camions.

L’armée grecque à acquis 54 canons du type Flak 36, des canons utilisés aussi bien pour le tir antiaérien que pour le tir sol-sol. Certains canons de ce type ont été utilisés pour la lutte antichar même si l’arme n’était pas forcément adaptée. Cette arme à été remplacée au sein de l’AGL par un canon de même calibre mais de conception française, le canon de 37mm Schneider modèle 1941.

Le canon de 37mm Flak 36 était un canon de conception et de fabrication allemande pesant 1544kg en position de tir (mais 2414kg en configuration transport) qui grâce à un tube de 57 calibres (longueur du tube 2.11m) tirait un projectile de 0.625kg (37×263) à une distance maximale de 4800m en tir antiaérien et de 6585m en tir sol-sol à raison de 160 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des clips de 6 projectiles. L’équipe de pièce de sept hommes pouvait pointer le canon en site de -8° à 85° et en azimut sur 360°.

Canon de 25mm Hotchkiss modèle 1940

Canon de 25mm antiaérien

Quand la Grèce décida de reconstituer une armée moderne baptisée Armée Grecque de Libération (AGL), elle veilla à éliminer les carences d’avant guerre et notamment le manque d’armes antiaériennes au sein de ses unités de mêlée.

Elle sélectionna deux armes françaises, le canon de 25mm Hotchkiss et le canon de 37mm Schneider.

A l’origine du canon de 25mm CA modèle 1940 un long processus comme ce fût souvent le cas pour les armes françaises depuis 1918.

Durant le premier conflit mondial, l’armée française avait utilisé comme armes antiaériennes, la mitrailleuse et l’universel canon de 75mm qui était décidément une arme pleine de ressources.

Durant l’entre-deux-guerre, la défense antiaérienne n’était guère une priorité et les régiments antiaériens utilisaient le canon de 75mm alors que ces performances contre les avions rapides pouvaient laisser à désirer.

Des canons antiaériens légers existaient pourtant comme le 25mm de la maison Hotchkiss mais l’armée de terre préféra dans un premier temps le canon de 37mm de la firme Schneider.

Ce dernier nécessitant une mise au point plus longue que prévue, l’armée de terre décida de commander le canon de la firme Hotchkiss qui produisait déjà une arme de même calibre mais pour la lutte antichar, une arme utilisant un projectile différent.

Adopté sous le nom de canon CA (Contre Avions) modèle 1940, il allait être utilisé massivement par l’armée de terre qui fût l’une des premières servies bien qu’elle soit la troisième à avoir choisit après l’armée de l’air pour la défense de ses terrains et la marine pour renforcer sa défense aérienne à la mer, le canon de 25mm remplaçant les mitrailleuses de 8 et de 13.2mm.

Il équipait en septembre 1939 des batteries autonomes de douze canons de 25mm, batteries distribuées en priorité aux DLM.

Suite à la «révolution villeneuvienne», la défense antiaérienne des unités de campagne va être nettement plus musclée avec pour les divisions d’infanterie, les divisions cuirassées et les divisions légères mécaniques un bataillon antiaérien avec un état-major, une batterie hors-rang et quatre batteries antiaériennes.

Si les DLM et les DCr sont équipés de bataillons entièrement mécanisés, les DI qu’elles soient motorisés ou du type Nord-Est sont équipés d’une batterie motorisée et de trois batteries équipées de pièces tractées, à traction motorisée ou hippomobile puis entièrement motorisée.

Les DLI, les DIA et les DM disposent d’une simple compagnie antiaérienne avec un état-major, une section hors-rang et deux batteries de six canons de 25mm.

Les DLM et les DCr sont également équipés d’escadrons antiaériens portés destinés à protéger les chars de l’aviation ennemie, des canons antiaériens de 25mm (ou de 37mm voir ci-après) montés soit sur des véhicules à roues tout terrain Laffly W15 ou sur des chassis chenillés identiques aux VBCP (Véhicules Blindés de Chasseurs Portés) soit le Lorraine 39L ou le Renault DAJ-1/VBCP-40.

Pour faciliter les livraisons, des commandes réduites mais régulières sont passées ce qui permettait au constructeur de mieux organiser la production. 2816 pièces ont été livrées au moment de la mobilisation générale de l’automne 1948.

La production ne cessa pas pour autant car il fallait constituer des parcs de réserve _longtemps négligés pour équiper en priorité les unités en ligne_ et prévoir pour la mobilisation de quoi équiper les divisions d’infanterie de mobilisation, division devant recevoir dans un premier temps une compagnie antiaérienne en attendant mieux mais ceci est une autre histoire.

Les cinq divisions d’infanterie et l’unique division blindée de l’AGL disposaient d’un bataillon antichar et antiaérien avec deux compagnies antichars et deux compagnies antiaériennes qui disposaient de trois pelotons à quatre pièces soit un total de vingt-quatre canons sachant que c’était un peloton de 37mm pour deux de 25mm.

On trouve au total douze compagnies antiaériennes et trente-six pelotons de quatre pièces soit un total de 144 pièces répartis entre 48 canons de 37mm et 96 canons de 25mm. A cela s’ajoute pour les trois DLI une compagnie de douze canons de 37mm soit 36 pièces.

L’armée grecque va donc recevoir un total de 108 canons de 25mm, 96 pour les unités en ligne et 12 pour l’entrainement et les essais. Ces pièces étaient remorquées par des camions 4×4 mais certains servants les utilisaient comme pièces autoportées en les installant dans la partie cargo du tracteur pour ainsi gagner en mobilité.

Avec le temps la menace aérienne ennemie devint résiduelle et les canons de 25mm furent davantages utilisées comme arme sol-sol. Même chose durant la guerre civile grecque où les partisans communistes n’avaient pas d’aviation mais ont représenté un adversaire redoutable pour les troupes régulières grecques.

Les canons de 25mm ont été utilisés par l’armée grecque jusqu’en 1966 quand ils ont été remplacés par des canons de 20mm Oerlikon.

Le canon CA (Contre Avions) modèle 1940 était un canon de conception et de fabrication française pesant 850kg en position de tir. Avec son tube de 60 calibres (longueur du tube 1.50m) il tirait un projectile de 0.290kg à une distance maximale théorique de 7500m (3000m en pratique) à raison de 350 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par boitiers-chargeurs de quinze coups.

Canon de 37mm Schneider modèle 1941

Canon de 37mm Schneider modèle 1941

Comme nous l’avons vu plus haut, le canon de 25mm proposé par la firme Hotchkiss avait été rejeté par l’armée de terre au profit d’un canon de 37mm proposé par la firme Schneider. Comme nombre de projets d’avant la guerre de Pologne, le développement prit énormément de retard et n’était pas encore en service en septembre 1939.

En dépit des difficultés, le dévellopement du canon fût mené à bien, canon officiellement adopté en mars 1941 sous le nom de canon CA modèle 1941.

Comme pour son petit frère Hotchkiss, le canon de la firme Schneider fût sélectionné par l’armée de l’air pour la défense de ses terrains et par la marine nationale qui lassée d’attendre l’ACAD modèle 1935 décida de presser les choses en adoptant un canon complémentaire qui avait l’avantage d’être disponible rapidement et pouvant être embarqué sur les navires en affûts simples, doubles ou quadruples.

Au sein de l’armée de terre, ce canon équipait les bataillons antiaériens à raison d’une batterie de douze canons en six affûts doubles montés sur camions tout-terrain soit un total de trente-quatre batterie de douze canons soit un total de 408 canons montés en 204 affûts doubles.

Ces canons vont également équiper les Groupes Antiaériens de Campagne (GAAC). Mis sur pied à la mobilisation, ils sont chargés de protéger les arrières des armées.

Huit GAAC sont mis sur pied avec un état-major, une batterie hors rang et quatre batteries de tir dont deux équipées chacune de douze canons de 37mm remorqués par des véhicules tout-terrain Laffly, des essais de transport et de tir porté ayant eut lieu avec succès au moment de la mobilisation.

Au final donc, on trouve 600 canons en ligne, d’autres étant produits pour équiper les unités de mobilisation et pour pouvoir avoir une réserve mobilisable en cas de besoin.

La Grèce sélectionna ce canon de préférence au Bofors pour équiper les unités antiaériennes de ces unités de mêlée.

Au sein de la nouvelle armée grecque on trouvait au total douze compagnies antiaériennes et trente-six pelotons de quatre pièces soit un total de 144 pièces répartis entre 48 canons de 37mm et 96 canons de 25mm. A cela s’ajoute pour les trois DLI une compagnie de douze canons de 37mm soit 36 pièces.

L’AGL va donc recevoir 84 canons de 37mm pour son équipement opérationnel plus 16 pièces pour l’entrainement des nouveaux canonniers.

Ces canons vont accompagner les troupes de mêlée d’abord comme pièces tractées puis souvent comme pièces autoportées, des servants ingénieux montant leur pièce sur le camion porteur pour gagner en mobilité.

A la fin du conflit ces canons furent davantage utilisés pour le tir terrestre que pour le tir antiaérien, les cibles ennemies se faisant rares. Ce canon à été remplacé dès la fin des années cinquante par des canons de 40mm Bofors.

Le canon CA modèle 1941 était un canon antiaérien de 37mm de conception et de fabrication française pesant 1340kg en position de tir. Disposant d’un tube de 60 calibres (2.22m), il tirait un projectile de 0.7kg à une distance maximale de 6800m (3000m en pratique) à raison de 150 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des lame-chargeurs de 25 cartouches. Le canon peut pointer en site de -10° à +90° et en azimut sur 360°.

Canon de 80mm modèle 1929

Ce canon de 80mm de la firme Bofors à pour origine un canon de 75mm mis au point dans l’immédiat après guerre pour tirer les leçons du premier conflit mondial.

Celui qui aurait du être la der des ders avait montré que l’aviation nécessitait une riposte apropriée qui passait par des armes légères (mitrailleuses en attendant mieux) et des canons médians.

Après une première génération où on adaptait tant bien mal des canons de campagne à ce nouveau rôle vint le temps des premiers canons antiaériens médians conçus dès l’origine pour ce rôle.

Le traité de Versailles interdisant à l’Allemagne de produire des armes ce qu’on pourrait appeler par anachronisme le Complexe Militaro-Industriel (CMI) allemand ne tarde pas à trouver la parade en exilant bureaux d’études et usine dans des pays neutres comme les Pays-Bas, la Suède ou la Suisse. Des projets en développement en novembre 1918 sont poursuivis et d’autres lancés.

Le canon de 75mm fût ainsi dévellopé sous influence allemande avant que les teutons ne préfèrent un calibre plus élevé, calibre déjà utilisé notamment par la marine à savoir le 88mm. Cela n’empêcha pas Bofors de lancer la production et de le promouvoir activement à l’export.

Ce canon va d’abord être mis en service dans l’armée suédoise en compagnie d’un canon de 80mm bientôt suivis de la Finlande qui à acquis huit exemplaires dont l’utilisation durant la guerre d’Hiver est incertaine.

D’autres pays vont acquérir ce canon à savoir la Perse (six batteries de quatre canons de 75mm et quatre batteries de quatre canons de 80mm), la Grèce (des canons de 80mm pour assurer la défense antiaérienne de la ligne Metaxas), les Indes Néerlandaises et la Hongrie qui va recevoir 167 canons de 80mm qui vont être utilisés en Yougoslavie et en URSS comme canon antiaérien et canon antichar (77mm de blindage percé à 500m incidence 30°).

La Grèce va donc le déployer sur la Ligne Metaxas, une ligne fortifiée de 155km protégeant la frontière gréco-bulgare. Ces canons furent utilisés aussi bien comme canon antiaérien que comme canon antichar voir canon sol-sol. Aucune pièce n’à survécu à la Campagne de Grèce.

Le canon de 80mm modèle 1929 était un canon de conception et de fabrication suédoise pesant 3300kg en position de tir (et 4200kg en configuration transport) disposant d’un tube de 50 calibres (4m) lui permettant le titre d’un obus de 8kg (80x275mm) à un distance maximale de 14500m en tir sol-sol et de 9700m en tir antiaérien à raison de 15 à 25 coups par minute. L’affût du type cruciforme permet aux neufs servants de pointer le canon en azimut sur 360° et en site de -3° à +85°.

8.8cm Flugzeugabwehrkanone 18 (Flak 18)

8.8cm Flak 18 sur affût Flak 36

Le traité de Versailles imposait de sévères limitations militaires à l’Allemagne reconnue comme la seule coupable de la guerre qui fit près de 10 millions de morts.

Elle ne pouvait ainsi dévelloper de nouvelles armes lourdes notamment en matière d’artillerie, contrainte que la République de Weimar contourna très rapidement en installant des bureaux d’études à l’étranger.

Des ingénieurs de chez Krupp s’installèrent en Suède où ils bénéficièrent de l’aide de la célèbre firme Bofors. Ils travaillèrent d’abord sur un canon antiaérien de 75mm mais la Reichswher ne fût guère satisfaite du résultat.

Le projet repris et devint un canon de 88mm, le futur 8.8cm Flugabwehrkanone 18.

Ce canon fût une vraie réussite et commença à entrer en service en 1933 au moment où les nazis arrivaient au pouvoir.

Toujours en service en septembre 1939, ce canon fût peu à peu remplacé par des modèles plus modernes, les Flak 36 et 37 qui se distinguaient par leur tube démontable en trois éléments pour faciliter la maintenance et la présence sur le second nommé d’un calculateur.

Les Flak 18, 36 et 37 furent utilisés en campagne par la Heer et la S.S, en emplacements statiques par la Luftwafe et la Kriegsmarine.

Outre la guerre de Pologne, il participa à la guerre d’Espagne où on découvrit à cette occasion son efficacité dans la lutte antichar.

La Grèce à acquis trente-neuf exemplaires de ce canon dont 24 pour l’armée de terre, pièces déployées au niveau du corps d’armée en six batteries de quatre pièces. Elles assuraient donc la protection des postes de commandement et de l’arrière du dispositif.

Toujours en service en septembre 1948, ces canons vont participer à la guerre italo-grecque ainsi qu’à la campagne de Grèce. Comme leurs devanciers allemands en Espagne, à plusieurs reprises ces canons vont aussi être utilisés pour la lutte antichar.

Quelques pièces ont survécu à la Campagne de Grèce mais n’ont pas été réutilisées par la suite faute de munitions compatibles. Elles ont été remplacées par des canons britanniques QF 3.7 Inch Gun.

Le 8.8cm Flak 18 était un canon antiaérien lourd de conception et de fabrication allemande pesant 5150kg en batteries (mais 7000kg en configuration transport).

Disposant d’un tube de 56 calivres (longueur du tube 4.93m), il tirait un projectile de 9.24kg à une distance maximale de 14680m en tir sol-sol et de 9900m en tir antiaérien à raison de 15 coups par minute. L’équipe de pièce qui se composait de 8 hommes pouvait pointer en site de -3° à +85° et en azimut sur 360°.

QF 3.7 Inch Gun

En 1914, l’avion est un appareil chetif fait de bois et de toile aux performances incertaines. Quatre ans plus tard, l’avion est toujours en bois et en toile mais l’enfant chétif à laissé la place à un vigoureux adolescent avec lequel il faut compter.

Si tous les pays n’ont pas créé une armée de l’air indépendante comme la Grande-Bretagne, le facteur aérien doit être pris en compte par les troupes au sol qui doivent se protéger.

Quand le premier conflit mondial se termine, le principal canon antiaérien britannique est le 3 Inch 20 cwt, un bon canon mais qui aurait du être remplacé par un canon de 3.6 pouces. Bien qu’officiellement accepté, ce canon n’entra jamais en production et à fortiori en service.

Seuls les canons de 3 pouces restèrent en service mais les unités de défense antiaériennes furent démantelées, la DCA étant absente de l’armée britannique jusqu’en 1922 quand elles renaissent, l’augmentation de la performance des avions rendant impensable l’absence d’unités de DCA dédiées.

Outre la recherche sur les canons, cette période voit la multiplication des projets, des démonstrateurs technologiques pour trouver les moyens d’employer au mieux les futurs canons antiaériens lourds.

En 1928, le portrait robot du futur canon antiaérien lourd est définit : 3.7 pouces pour le calibre (94mm), un obus de 25kg pouvant atteindre l’attitude de 8500m mais faute de financements, rien ne change jusqu’à la décennie suivante où les spécifications évoluent avec un obus de 13kg, une vitesse initiale de 910 m/s, un plafond de 11000m, la capacité d’être remorquée à la vitesse de 40 km/h avec un poids maximal de 8 tonnes et un délai de mise en oeuvre maximal de 15 minutes.

En 1934, Vickers-Armstrong se lança dans la réalisation de prototypes qui passèrent leurs tests d’acceptation en 1936 qui révèlèrent un poids plus important que demandé et une vélocité qui n’atteignait pas le chiffre demandé. En dépit de ces problèmes, la production fût lancé en 1937, le contexte international y étant certainement pour beaucoup.

La production commença doucement mais pris peu à peu sa vitesse de croisière, permettant d’équiper les douze divisions antiaériennes entre 1938 et 1945, les derniers 3 pouces quittant le service cette année là.

Le canon de 3.7 pouces installé sur un affût à quatre roues fût aussi employé sur des camions et sur des emplacements fixes. Comme ses homologues américains (M-1 de 90mm) français (canon de 90mm modèle 1939) et allemands (canon de 88mm), ce canon fût aussi employé comme pièce antichar.

Outre l’armée de terre, il fût utilisé par la Royal Navy pour la protection de ses bases navales. Il fût également exporté en Australie (produit sous licence), au Canada (produit sous licence), en Belgique, en Inde, en Irlande, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, en Yougoslavie et en Grèce.

La Grèce sélectionne ce canon pour équiper ces trois régiments antiaériens lourds (un par corps d’armée), chaque régiment étant organisé en un état-major, une batterie de conduite de tir et de soutien et trois groupes de tir disposant de trois batteries lourdes à quatre pièces chacune soit un total de trente-six pièces par régiment.

L’AGL va donc recevoir 108 canons de ce type pour les unités opérationnelles plus douze pièces pour l’entrainement, la formation et les essais divers et variés. Ces canons vont opérer au niveau du corps d’armée, assurant la protection d’un large périmètre.

Comme pour la DCA légère, la raréfaction de l’activité aérienne ennemie entraina la réutilisation de ces canons pour la lutte antichar voir pour l’appui-feu, quelques canons de ce type servant par exemple pour l’appui-feu en milieu urbain.

Ces canons participèrent également à la guerre civile grecque. Ils ont été retirés du service à la fin des années soixante, remplacés par des missiles sol-air mais ceci est une autre histoire.

L’Ordnance QF 3.7 Inch Gun était un canon antiaérien de conception et de fabrication britannique pesant 9317kg et disposant d’un tube de 50 calibres (longueur 4.7m) lui permettant de tirer un obus de 12.96kg à une distance maximale de 9754m en tir antiaérien et de 5600m en tir sol-sol à raison de 10 à 20 coups par minute, l’équipe de pièce pouvant pointer ce canon de 94mm en site de -5° à +80° et en azimut sur 360°

URSS (14) Histoire et Géopolitique (13)

GEOPOLITIQUE ET RELATIONS INTERNATIONALES

Avant-propos

Bien entendu dans la partie consacrée à l’histoire j’ai déjà abordé la question des relations extérieures mais il me semble intéressant d’en reparler ici en essayant d’être plus détaillé, plus précis. Je m’excuse pas avance si il y à des doublons……… .

Dès la naissance du régime soviétique, le contexte est particulièrement hostile avec de multiples révoltes internes et le soutien de pays étrangers pour des motifs tout à la fois politiques ou idéologiques.

Lire la suite

Japon (7) Géopolitique (2)

Le Japon et l’Axe : une alliance imparfaite

Dans les années vingt et les années trente, des régimes autoritaires plus ou moins fascisants se mettent en place en Europe. La montée des partis «fascistes» et autres mouvements autoritaires ne concernent pas uniquement les vaincus du premier conflit mondial comme l’Allemagne ou les pays issus de l’éclatement de la Double-Monarchie austro-hongroise. L’Italie, puissance victorieuse est d’ailleurs la première à ouvrir le bal dès 1922.

Lire la suite

Allemagne (58) Armée de terre (15)

Armement (7) : artillerie antiaérienne

Avant-Propos

L’apparition de l’avion eut naturellement pour conséquence l’apparition de moyens de protection, des moyens rudimentaires à la hauteur des performances des « plus lourds que l’air » à savoir des mitrailleuses et des canons de campagne simplement pointés vers le ciel avec un viseur rudimentaire.

Dans la période séparant le premier conflit mondial de la guerre de Pologne, la DCA évolua avec des canons spécifiquement conçus pour ce rôle qu’il s’agisse de pièces légères pour la basse altitude ou de pièces lourdes ayant un rôle plus stratégique, chargé de couvrir les sites stratégiques contre les bombardiers lourds ennemis.

Faisant des Panzerdivisionen la pointe de diamant de leur armée (au détriment parfois du reste de l’armée), les allemands veillèrent à équiper leurs unités d’une puissante DCA pour protéger les chars de l’aviation ennemie même si les divisions blindées devaient opérer avec un soutien constant de la chasse et des bombardiers en piqué de la Luftwafe.

Elle développa également des canons antiaériens lourds de 88mm, de 105mm et de 128mm. Si le premier était déployé sur le front et à l’arrière, les deux derniers modèles étaient destinés à défendre les villes et les industries.

2cm Flak 30/38

2cm Flak 38 en position terrestre

2cm Flak 38 en position terrestre

Pour les pièces de DCA légère, les allemands sélectionnèrent non pas un ni deux mais trois calibres à savoir 20,37 et 50mm même si dernier connu un développement limité.

A l’origine de ces deux canons de 20mm _le second étant une version améliorée du premier_ figure le Flak 28, un canon mis au point à la fin du premier conflit mondial. Mises hors la loi par le traité de Versailles, ces armes furent vendues à la Suisse.

Le Flak 30 à pour origine le Solothurn ST-5, un canon conçu pour la Kriegsmarine qui l’adopta sous le nom de 20mm C/30 avant que Rheinmetall ne produise une version adaptée pour l’armée de terre qui l’adopta sous le nom de 2cm Flak 30.

L’affût était composé de deux roues mais pour le tir, il reposait sur le sol sur une plate-forme qui permettait un tir plus précis car le tir était plus stable.

Seul problème, la cadence de tir _120 coups/minute_ était faible pour une arme de ce calibre. D’où le lancement du modèle Flak 38 qui affichait une cadence quasiment doublée avec 220 coups/minute avec un poids légèrement plus faible (420 au lieu de 450kg). Le Flak 38 est mis en service en 1939 et la Kriegsmarine l’adopte également sous le nom du C/38.

2cm Gebirgsflak, version allégée du 2cm Flak 38

2cm Gebirgsflak, version allégée du 2cm Flak 38

Une version allégée destinée aux troupes de montagne et aux parachutistes baptisée Gebirgsflak 38 (2cm GebFlak 38) est également mise au point par Mauser, les performances étant identiques mais le poids nettement plus faible avec seulement 276kg. Les premières pièces sont produites en 1942.

Ces canons de 20mm sont utilisés en affûts simples, en affûts doubles et en affûts quadruples pour améliorer les performances en concentrant davantage de munitions dans un plus petit périmètre.

Ces affûts étaient montés sur des camions et des semi-chenillés, des prototypes de canons antiaériens chenillés étant mis au point en installant un affût quadruple sur un chassis de Panzer III. Les trains blindés étaient également équipés de ces canons.

Outre l’Allemagne, la Finlande et la Lituanie ont reçu ces canons.

Caractéristiques Techniques du 2cm Flak 30

Poids : 450kg Longueur : 4.08m Longueur du tube : 1.3m (65 calibres) Largeur : 1.81m Hauteur : 1.6m Champ de tir vertical : -12° à +90° Champ de tir horizontal : 360° Cadence de tir maximale : 120 coups/minute en pratique (280 coups théorique) Portée effective : 2200m Alimentation : chargeurs de vingt-coups.

3.7cm Flak 18/36/37/43

3.7cm Flak 43 en version quadruple

3.7cm Flak 43 en version quadruple

Les premières pièces d’artillerie antiaériennes légères allemandes étaient des canons de 20mm, un calibre modeste mais utilisé par d’autres pays. Néanmoins, les allemands estimèrent ce calibre trop faible pour être efficace, imposant un calibre léger plus important.

Comme la France, les allemands sélectionnèrent le calibre 37mm et développèrent plusieurs modèles.

Le premier est le 3.7cm Flak 18, un canon de 57 calibres qui lui offre une portée maximale de 4800m. Ce modèle est produit en faible quantité, la production étant stoppée dès 1936.

Au Flak 18 succède le 3.7cm Flak 36, un canon semblable au précédent mais la cadence de tir augmentée. Dès 1937, un modèle amélioré baptisé Flak 37 lui succède, ces deux variantes étant les canons de 37mm les plus produits.

Le 3.7cm Flak 43 est le dernier modèle de canon de ce calibre, un canon à la cadence de tir améliorée.

Quelque soit le modèle, ces canons étaient utilisés en affûts simples, affûts doubles et en affûts quadruples, certains étant montés sur des semi-chenillés ou des camions.

Caractéristiques Techniques du 3.7cm Flak 43

Calibre : 37mm Poids : 2000kg en configuration transport Poids du projectile 623 à 659 grammes Longueur du tube : 2.109m (57 calibres) Champ de tir vertical : -7°30 à +90° Champ de tir horizontal 360° Cadence de tir : 150 coups en pratique (250 théorique) Portée maximale 6500m mais 4800m en pratique Alimentation : chargeurs de huit coups.

5cm Flak 41

5cm Flak 41

5cm Flak 41

Les canons antiaériens de 20 et de 37mm étaient parfaitement adaptés à la défense antiaérienne à basse altitude notamment pour protéger les Panzer des avions d’assaut. Les canons antiaériens lourds (88mm, 105mm, 128mm) étaient adaptés à la défense de sites fixes.

Il manquait néanmoins un calibre intermédiaire pour combler le fossé entre canons légers et canons lourds.

D’où le lancement d’une étude dès 1936 pour un canon antiaérien médian, le futur Flugabwehrkanone 41 ou Flak 41. Ce projet pas vraiment prioritaire ne débouche qu’en 1940 quand un contrat est signé pour le développement de l’arme, développement confié à la firme Rheinmettall-Borsig.

Cette arme ne se révéla pas une franche réussite et seulement 250 exemplaires furent produits et utilisés jusqu’au début du conflit quand un modèle amélioré, le 5cm Flak 48 entra en service, une arme nettement plus efficace. Les Flak 41 furent ensuite stockés et réemployés au profit des alliés de l’Axe.

Preuve de l’échec de cette arme, aucun affût multiple ou aucun projet d’automoteur antiaérien ne  vit le jour.

Caractéristiques Techniques du 5cm Flak 41

Calibre : 50mm Longueur de la pièce : 4.68m Poids en batterie 3100kg Poids du projectile 2.200kg Champ de tir vertical : -10° à +90° Pointage en direction : 360° Cadence de tir : 180 coups/minute Portée maximale 3050m Alimentation bande-chargeurs de cinq coups

8.8cm Flak 18

8.8cm Flak 18 sur affût Flak 36

8.8cm Flak 18 sur affût Flak 36

Le traité de Versailles imposait de sévères limitations militaires à l’Allemagne reconnue comme la seule coupable de la guerre qui fit près de 10 millions de morts.

Elle ne pouvait ainsi développer de nouvelles armes lourdes notamment en matière d’artillerie, contrainte que la République de Weimar contourna très rapidement en installant des bureaux d’études à l’étranger.

Des ingénieurs de chez Krupp s’installèrent en Suède où ils bénéficièrent de l’aide de la célèbre firme Bofors. Ils travaillèrent d’abord sur un canon antiaérien de 75mm mais la Reichswher ne fût guère satisfaite du résultat.

Le projet repris et devint un canon de 88mm, le futur 8.8cm Flugabwehrkanone 18.

Ce canon fût une vraie réussite et commença à entrer en service en 1933 au moment où les nazis arrivaient au pouvoir.

Toujours en service en septembre 1939, ce canon fût peu à peu remplacé par des modèles plus modernes, les Flak 36 et 37 qui se distinguaient par leur tube démontable en trois éléments pour faciliter la maintenance et la présence sur le second nommé d’un calculateur.
Les Flak 18, 36 et 37 furent utilisés en campagne par la Heer et la S.S, en emplacements statiques par la Luftwafe et la Kriegsmarine.

Outre la guerre de Pologne, il participa à la guerre d’Espagne où on découvrit à cette occasion son efficacité dans la lutte antichar.

Caractéristiques Techniques du 8.8cm Flak 18

Calibre : 8.8cm Poids en ordre de route 6861kg en batterie 5150kg projectile 9.24kg Longueur hors tout 7.62m longueur du tube : 4.93m largeur 2.305m hauteur 2.418m Champ de tir vertical -3° à +85° Champ de tir horizontal : 360° Portée : 8000m

8.8cm Flak 45

Comme nous l’avons vu à propos de la lutte antichar, l’utilisation du 88mm pour détruire des blindés ennemis est issue d’un événement de la guerre d’Espagne, une batterie antiaérienne de la Légion Condor surprise par des T-26 républicains mis ses tubes à la hausse 0° avec le résultat qu’on imagine.

Les obus à haute vitesse initiale d’une force de pénétration unique au monde ou peu s’en faut rendit ce rôle antichar aussi important que le rôle initial.

Dans leur volonté de perfection, les ingénieurs allemands tentèrent de créer l’arme parfaite, l’arme polyvalente, capable de mener aussi bien de la défense contre avions que de la lutte antichar.

Cette volonté se heurta aux limites techniques de l’époque. Le 8.8cm Panzerabwehrkanone théoriquement polyvalent mais d’une telle complexité que son utilisation réclamait des servants parfaitement entrainés.

A rebours des traditions militaires et industrielles allemandes, les ingénieurs de Krupp décidèrent de faire simple, une arme performante mais simple à utiliser, ne nécessitant pas des semaines d’entrainement pour l’utiliser correctement.

Plutôt que de dévelloper une arme polyvalente, ils mirent au point deux modèles, un modèle antichar (Panzerabwehrkanone 45) et un modèle antiaérien (Fliegerabwehrkanone 45) qui partageaient néanmoins un grand nombre de pièces.

Le 8.8cm Flak 45 fût produit en grand série à partir du printemps 1946, la priorité allant à la Flakartillerie de la Luftwafe, l’équivalent de notre DAT.

La Heer fût servie après ce qui généra rancœurs et jalousies au point qu’il y eut des détournements de matériel, des canons destinés à la Luftwafe se retrouvant dans la Heer ou la S.S.

Outre la version tractée, le 8.8cm Flak 45 fût monté sur des semi-chenillés, des camions,  installé sur des positions fixes mais également sur des wagons plats pour assurer la défense du Reich.
Caractéristiques Techniques du 8.8cm Flak 45

Calibre : 88mm Poids en ordre de route : 8790kg en batterie 7500kg Poids du projectile : 9.4kg Longueur hors tout : 8.50m longueur du canon 6.10m largeur 2.40m hauteur 2.30m Champ de tir horizontal : 360° Champ de tir vertical : -3° à +90° Portée maximale : 14700m

10.5cm Flak 38 et 39

Une fois la Norvège conquise, des canons antiaériens de 105mm furent déployés pour la défense côtière

Une fois la Norvège conquise, des canons antiaériens de 105mm furent déployés pour la défense côtière

En 1933 alors que le développement du canon de 88mm était encore en cours, les services officiels allemands demandèrent à Rheinmettal et Krupp de proposer un canon antiaérien plus lourd. Il s’agissait d’anticiper sur l’augmentation des performances des bombardiers ennemis qui nécessitait des canons tirant toujours plus loin, toujours plus haut et toujours plus rapidement.

C’est le projet Gerät 38 de Rheinmettal qui est choisit et adopté sous le nom de 10.5cm Flak 38 mais assez rapidement, un modèle amélioré, le Flak 39 le remplaça.

Ce canon se révéla décevant. Il était complexe à fabriquer et ses performances n’étaient guère meilleures que le 88mm.

Sa production fût donc assez limitée, se poursuivant à un train de sénateur pour équiper uniquement des emplacements fixes ou sur des wagons plats, son poids le rendant peu voir pas du tout utilisable sur le champ de bataille.

Caractéristiques Techniques du 10.5cm Flak 39

Calibre : 105mm Poids en ordre de route : 14600kg en batterie 10240kg Poids du projectile : 15.1kg Longueur hors tout : 10.31m longueur du canon 6.648m (5.531m pour le tube) largeur 2.45m hauteur 2.90m Champ de tir horizontal : 360° Champ de tir vertical : -3° à +85° Portée maximale : 12800m

12.8cm Flak 40

12.8cm Flak 40

12.8cm Flak 40

C’est en 1936 que l’idée d’un canon antiaérien de 128mm émerge. C’est encore la firme Rheinmettal qui est sélectionné pour développer ce canon connu à l’origine sous le nom de Gerät 40 qui une fois adopté deviens le 12.8cm Flak 40.

Ce canon performant était si lourd que l’idée d’une version mobile pour protéger l’armée en campagne fût abandonné après la production de six exemplaires. Tous les autres produits le furent uniquement pour une installation sur une plate-forme bétonnée ou sur un wagon plat de chemin de fer.

Un projet de version double baptisé Flakzwilling ne dépassa pas le stade du prototype tout comme des canons de 150 et de 210mm.

Caractéristiques Techniques du 12.8cm Flak 40

Calibre : 128mm Poids en ordre de route : 27000kg en batterie 17000kg (13000kg pour la version statique) Poids du projectile : 26kg Longueur hors tout : 15m longueur du canon 7.835m (6.478m pour le tube)  hauteur 3,965m Champ de tir horizontal : 360° Champ de tir vertical : -3° à +87° Portée maximale : 14800m

Allemagne (1) : introduction et histoire politique

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.2 L’ALLEMAGNE

AVANT-PROPOS

En juillet 2013, j’ai terminé la France et je me suis lancé quelques jours plus tard sur l’Allemagne, pensant le faire rapidement, ayant à la fois moins de sources que la France et surtout n’étant pas germanophone.

Hélas, cela ne s’est pas passé ainsi. Je suis passé de moments d’exaltations et des moments de doute, me demandant si je n’allais pas tout laisser tomber.

Aussi en septembre 2014 j’ai pris une décision radicale. J’ai abandonné l’idée de faire une œuvre très détaillée, méticuleuse pour une version plus synthétique.

A la réflexion, je me suis dit que détailler la carrière de tous les navires, de répéter cinq fois les mêmes exercices allait engendrer plus de lassitude que d’intérêt chez le lecteur.

L’Allemagne qui constitue le Tome 2 va être le premier pays que je vais écrire de cette façon, résumant de façon claire et concise ce que j’avais déjà écrit.

Faire une version austere ne dit version baclée. Je resterai le plus rigoureux possible et je glisserai ici ou là des explications sur mes choix.

Bonne lecture

UNE HISTOIRE POLITIQUE DE L’ALLEMAGNE (1871-1948)

-Première tentative d’unification en 1848 mais qui échoue pour deux raisons principales : refus du roi de Prusse de prendre la tête d’un mouvement hésitant entre monarchie et république + une divergence entre les partisans d’une grande Allemagne (avec l’Autriche) et d’une petite Allemagne sans l’empire des Habsbourg.

-Il faut attendre 1871 pour que l’unification allemande soit réalisée sous la férule des Hohenzollern, la dynastie au pouvoir en Prusse, le roi de Prusse Guillaume 1er devenant empereur d’Allemagne à l’issu du conflit avec la France qui provoqua la ralliement à la Confédération de l’Allemagne du Nord des monarchies du sud comme la Bavière. Le Deuxième Reich est né.

Guillaume II empereur d'Allemagne (1888-1918)

Guillaume II empereur d’Allemagne (1888-1918)

-Politique extérieure prudente sous l’influence de Bismarck mais cette politique ne plait pas du tout au nouvel empereur Guillaume II qui rêve d’une Weltpolitik (politique mondiale), une politique faite de conquêtes coloniales et de développement d’une puissante marine de guerre.

-Cette politique agressive lui alienne les dernières bonnes volontés britanniques.

-Le premier conflit mondial (1914-1918) est fatal à la monarchie des Hohenzollern. Le 9 novembre 1918, Guillaume II abdique et la république dite de Weimar est proclamée.

-Première véritable expérience démocratique en Allemagne, la République de Weimar se heurte à des difficultés considérables : poids des partis extrémistes, refus de la défaite avec la légende du «coup de poignard dans le dos» (Dolchlosslegend), intransigeance des alliés sur les réparations et difficultés économiques.

-Après des années noires entre 1919 et 1924, la République de Weimar connait une brève période de répit avec la fin des réparations et le soutien américain. La crise de 1929 provoque une interminable agonie qui se termine en janvier 1933 et la nomination d’Adolf Hitler comme Chancelier.

-La mort du président Hindenburg le 2 janvier 1934 marque la fin officielle de la république de Weimar au profit du IIIème Reich.

-Ce dernier se lance dans une politique extérieure agressive avec la dénonciation des différentes clauses du traité de Versailles. Outre le réarmement, le régime nazi réoccupe la Rhénanie, réalise l’Anschluss puis annexe les Sudètes, une région peuplée d’allemands mais qui n’avaient jamais appartenu à l’Allemagne.

-Après avoir satellisé la Bohème-Moravie et la Slovaquie, l’Allemagne se tourne vers la Pologne pour relier la Prusse Orientale au reste du territoire allemand en annexant Dantzig et priver la Pologne d’un accès à la mer Baltique.

-Cette fois Paris et Londres ne peuvent plus reculer et suite à l’invasion de la Pologne, les gouvernements britanniques et français déclarent à la guerre à la Pologne le 3 septembre 1939.

-Hélas pour la malheureuse Pologne, les gouvernements occidentaux n’engagent aucune offensive d’envergure jusqu’à la fin du conflit le 2 octobre 1939.

-On s’attend à une offensive à l’ouest mais octobre passe sans mouvement majeur côté allemand alors que des millions de soldats français et britanniques s’enfoncent dans la léthargie de la drôle de guerre.

-Ils en sont brutalement sortis par l’attentat le 9 novembre 1939 qui coûte la vie à Adolf Hitler et à quatorze autres personnes.

Note explicative : dans l’histoire telle que nous la connaissons, cet attentat commis par Georg Elser à bien eut lieu mais Hitler était parti bien avant l’explosion de la bombe. Dans mon uchronie, la bombe explose et tue le dictateur allemand.

Dans mon uchronie, il est exécuté en janvier 1940 après un procès sommaire alors que OTL (Official Time Line/L’Histoire officielle) il est exécuté à la fin du conflit quand il devint évident que la Troisième Reich est condamné.

-Un triumvirat de circonstance se forme avec Himmler, Goering et Borman. Ils se détestent cordialement et leur alliance est purement de circonstance.

-Ils prennent alors la décision de rappeler le vieil empereur Guillaume II de son exil néerlandais pour servir de caution présentable aux alliés. D’autant plus présentable que son aversion pour le nazisme est réelle.

-Le 15 décembre 1939, il annonce la suspension du conflit et propose la réunion d’une conférence internationale sur le sort de la Pologne. Les négociations préliminaires engagées à Coblence du 27 au 30 décembre 1939 sont un échec. En conséquence, Paris et Londres reconnaissent le gouvernement polonais en exil installé à Nantes.

-L’affrontement entre les trois triumvirs («c’est deux de trop » comme dira plus tard un haut responsable des renseignements britanniques) était à terme inévitable mais sans cesse repoussé  soit par la présence du Régent Guillaume II ou celle de son fils, le Kronprinz qui lui succède le 5 juin 1941.

-La position du nouveau Régent est nettement plus fragile. Il est bien plus influençable que son père et bien plus aisément manipulable.

-Le 8 mars 1943, la S.S lance un coup d’Etat pour évincer le Régent de son poste. Celui qui avait songé à devenir Guillaume III et établir un régime autoritaire et réactionnaire _bien différent du régime au pouvoir en Allemagne depuis 1933_ est arrêté puis enfermé à la prison de Plotenzsee.

-Une exécution faisant mauvais genre, le Kronprinz est exilé au Canada où il mourra en 1951 des suites d’une crise cardiaque.

-Le triumvirat est officiellement maintenu mais la situation ne peut qu’à terme dégénérer surtout que le 24 avril, Himmler se proclame Führer et que Heydrich prend le poste de Chancelier. Borman et Goering restent respectivement chef du parti et ministre-président de Prusse (en plus du commandement en chef de la Luftwaffe) mais ce n’est qu’une question de temps avant que n’éclate un affrontement ouvert.

-Le 3 septembre 1943, une tentative d’enlèvement de Borman à Munich par des hommes de la S.S déclenche une guerre civile qui va ensanglanter l’Allemagne jusqu’en mai 1945.

-Ensanglantée est un bien grand mot car les combats seront rares. Il s’agit plus d’une querelle de pouvoirs que de combats généralisés. Il y eut des combats certes, l’économie à été perturbée mais dans l’ensemble la majorité des citoyens allemands sont peu touchés et peu concernés par cette querelle.

-C’est fin 1944 que le conflit devient vraiment sanglant avec la destruction de Bonn et la mort de Goering (4 décembre 1944), laissant Borman seul face au duo Himmler/Heydrich.

-Cherchant des soutiens à l’étranger, Borman comment une erreur majeure qui provoque le ralliement de ses partisans les moins convaincus. Munich est prise le 9 mars 1945 sans combats et Martin Borman est capturé le 17 avril 1945. Jugé, il est fusillé le 7 mai 1945.

-Himmler et Heydrich ont désormais tous les pouvoirs. Ils préparent l’Allemagne et son peuple à un seul et unique objectif : la guerre.

-Remise en ordre à l’intérieur, expansion extérieure par l’économie et la propagande, réarmement qui atteint un niveau qui n’avait même pas été atteint en 1939.

-8-9 août 1947, réunion à bord du cuirassé Ludendorff pour décider des futures opérations militaires. A l’issue de cette réunion, les allemands prennent la décision d’envahir la Norvège et le Danemark.

-S’en suivra une opération contre la Corse et Malte pour couper la Méditerranée puis une éventuelle opération dans les Balkans pour sécuriser le flanc sud d’une future opération contre l’URSS jugée inévitable.

-Les préparatifs rentrent dans leur phase active au printemps 1948. Les alliés voient les préparatifs difficilement camouflables mais ils ne peuvent rien faire, une attaque préventive ne pouvant être efficace.

-Le 5 septembre 1948, les allemands lancent l’opération Weserübung. La Seconde Guerre Mondiale commence.

NdA : ici il s’agit d’une pure invention de ma part même si j’ai essayé de rester réaliste. Comme trois triumvirs c’est forcément deux de trop, il faisait choisir un vainqueur

Goering c’était impossible. Il aurait bloqué une véritable aéronavale avec des porte-avions et des groupes aériens sous contrôle de la Kriegsmarine. Borman aurait pu être un choix mais comment expliquer l’expansion de la branche militaire de la S.S en l’absence de Himmler et de Heydrich. Le choix de ce duo coulait de source.