Dominions (82) Australie (26)

La RAAF dans le second conflit mondial (2) Asie-Pacifique

Naturellement l’armée de l’air australienne va engagement la majeure partie de ses moyens sur le théâtre d’opérations Asie-Pacifique. Des combats très durs vont opposer les pilotes aussies aux pilotes de l’armée et de la marine japonaise.

Au début du conflit, les pilotes australiens sont moins entraînes et moins expérimentés que leurs homologues japonais qui ont pour beaucoup connu le souffre du combat au dessus de la Chine.

Les pertes sont lourdes en raison de l’erreur commise par les pilotes australiens de se lancer dans un combat tournoyant contre les maniables chasseurs japonais. Il faudra plusieurs semaines pour que les survivants de ces premiers combats préfèrent la tactique du hit & run (frapper et fuir).

Les bombardiers australiens vont être utilisés à la fois pour appuyer les troupes au sol mais aussi pour des frappes stratégiques, la RAAF essayant dans la mesure du possible de coordonner ses bombardements avec les manœuvres des flottes alliées.

Douglas C-47 Skytrain (USAAF) 15

Des Douglas C-47 Skytrain de la RAAF ont largué sur le sud de la Corée des éléments de la 25ème DP

Les unités de la RAAF ont aussi mené des missions de reconnaissance stratégique, de patrouille maritime et de transport, des squadrons de C-47 de la Royal Australian Air Force (RAAF) participant à l’opération PHENIX en larguant notamment des parachutistes français de la 25ème DP.

Comme nous l’avons vu plus haut, la RAAF à son apogée disposait de huit wings tactiques. A l’exception du 3 (déployé dans les Balkans) et du 5 (qui regroupait les squadrons conservés au pays), les six autres ont été engagés au combat sur le théâtre d’opérations Asie-Pacifique parfois simultanément soit sous commandement américain ou sous commandement britannique.

Le 1st Australian Tactical Wing (1st ATW) est déployé en Malaisie dans la partie britannique de l’île de Bornéo (auj. Sultanat de Brunei) pour couvrir le gofle de Thaïlande et surtout défendre Kuching, un mouillage forrain très utilisé par les navires alliés.

Hawker Hurricane Mk IID 2

Hawker Hurricane

Il se composait de deux squadrons de chasse (un squadron de vingt P-40 et un squadron de vingt Hawker Hurricane), un squadron de bombardement équipé de vingt Douglas DB-7, un squadron de reconnaissance équipé de seize Lockheed F-7 (variante de reconnaissance du P-38) et un squadron de patrouille maritime équipé de vingt Bristol Beaufort. Cela nous donne un total de quatre-vingt seize appareils en ligne.

Cette escadre va soutenir les troupes australiennes qui y sont déployées mais va aussi tenter de disputer le contrôle de l’espace aérien aux avions japonais.

Les jeunes pilotes australiens font ce qu’ils peuvent, leurs avions ne sont pas forcément inférieurs aux avions ennemis mais le déficit d’entrainement et d’expérience fait que très vite l’île de Borneo n’est plus vraiment un théâtre d’opérations actif pour l’aviation japonaise.

Les pertes en chasseurs sont lourdes et ne sont que très partiellement compensées et de toute façon même si des avions neufs parvenaient à Kuching les pilotes manquent entre les morts et les blessés.

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Douglas A-20 Havoc (Douglas DB-7 pour son constructeur)

Les Douglas DB-7 souffrent terriblement sous les coups de la chasse japonaise, enterrant définitivement l’idée qu’un bombardier peut se défendre seul face à la chasse. Ils parviennent à ralentir la progression ennemi, à incendier des navires mais ce ne sont que des piqûres d’épingle.

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Lockheed F-7

Les Lockheed F-7 subirent eux moins de pertes en raison d’une vitesse et d’un plafond plus élevé que la moyenne des chasseurs japonais. Ils purent apporter foultitude de renseignements pas toujours bien exploités mais de toute façon même si vous parvenez à récolter la bonne info au bon moment à quoi cela sert-il si vous n’avez pas l’unité terrestre, navale ou aérienne à opposer à l’ennemi ?

Les Bristol Beaufort traquèrent les unités de surface japonaises mais aussi les sous-marins nippons plus intéressés par les navires de guerre que par les navires de commerce. Attaquant à la torpille, à la charge de profondeur et à la roquette ils jouèrent un rôle non négligeable dans le freinage et le jalonnement de l’avancée nippone.

Les Douglas C-47 furent utilisés pour apporter des hommes et du ravitaillement. Ils effectuèrent quelques largages y compris de nuit où ils étaient moins vulnérables à la chasse ennemie.

L’île de Bornéo passe sous contrôle japonais en septembre 1950 après cinq mois de lutte féroce. Des soldats alliés vont maintenir une insécurité permanente sur l’île, une guérilla entretenue par des ravitaillements par voie aérienne et sous-marin sans compter l’aide précieuse des commandos américains, britanniques et australiens.

Le 1st ATW lui se replie dès août 1950 quand il devient évident que maintenir une force aérienne sur l’île ne sert plus à rien. Les pilotes sont évacués par voie maritime et aérienne tout comme les mécaniciens.

Rapatriés en Australie, ils sont d’abord mis au repos (certains ont combattu non stop depuis l’attaque japonaise sans être relevés) avant de recevoir des avions neufs. Le travail ne manque pas car il faut prendre en main les nouveaux appareils et entraîner des jeunes pilotes.

L’escadre va assurer la défense du nord-est du pays, repoussant des raids de l’aviation japonaise, raids décousus et incohérents. Bref nous étions loin d’une stratégie concertée de bombardements massifs contre l’Australie du Nord. A l’été 1951, la 1st ATW est engagée dans la campagne des Salomons, opérant aux côtés des unités de l’USAAF (la célèbre Cactus Air Force) pour obtenir la supériorité aérienne dans l’archipel.

Hawker Tempest Mk V 2

Hawker Tempest

A cette occasion de nouveaux avions sont engagés. Les Curtiss P-40 sont remplacés par des North American P-51 Mustang, les Hawker Hurricane par des chasseur-bombardiers Hawker Tempest, les Douglas DB-7 par des North American B-25. Les Lockheed F-7 et les C-47 restent en service mais les Bristol Beaufort ont été remplacés par des Blackburn Bucaneer Mk VII.

Le contexte opérationnel à clairement changé. Les unités australiennes sont composées de pilotes expérimentés (certains ont combattu en Afrique du Nord et dans les Balkans) qui encadrent efficacement de jeunes pilotes bien entraînés et brûlant d’en découdre.

Comme le dira un vétéran des Balkans et de la Malaisie «Les jeunes étaient plus énergiques que nous, ils n’avaient peur de rien et même si parfois on devait les freiner, leur enthousiasme nous obligeait à garder cette agressivité indispensable en combat aérien».

Tout en luttant contre l’aviation japonaise pour obtenir le contrôle de l’espace aérien, la 1st ATW mène également des frappes d’interdiction terrestres mais aussi maritimes pour priver les garnisons japonaises de tout ravitaillement.

Ces opérations étaient généralement menées par les B-25 guidés par les Beaufort puis par les Privateer. Parfois les Tempest étaient utilisés avec des roquettes mortellement efficaces contre les navires légers ennemis surtout quand ils étaient surchargés de munitions et de carburant.

Les Lockheed F-7 continuaient de mener leurs missions de reconnaissance qu’elles soient tactiques ou stratégiques. Ils emportaient parfois des fusées éclairantes ou des roquettes fumigènes pour marquer les cibles au profit des bombardiers. Il y eut des projets de variantes armées mais aucun ne déboucha sur la production en série.

Les Douglas C-47 étaient toujours utilisés pour le transport. A l’aller ils amenaient à Henderson Field (le major Henderson avait été tué au combat aux Philippines) des hommes, du matériel et au retour embarquaient des permissionnaires, des blessés et le courrier. Ils effectuaient parfois des largages au profit des commandos qui nomadisaient dans la jungle des Salomons.

La campagne des Salomons terminée (officiellement septembre 1951), la 1st ATW reste sur place, recomplète ses unités et ses forces avant de participer à la deuxième campagne de Nouvelle-Guinée (juillet 1952-janvier 1953) puis à la reconquête des Philippines.

En janvier 1954, l’unité est rapatriée en Australie pour repos et ré-entrainement en attendant un éventuel engagement au dessus du Japon mais l’unité était toujours en Nouvelle Galles du Sud quand le Japon capitule. L’escadre est dissoute en mars 1955 mais finalement reconstituée en septembre 1957 et toujours opérationnelle aujourd’hui, regroupant toutes les unités de chasse de la RAAF.

Le 2nd Australian Tactical Wing (2nd ATW) est envoyé en Guinée, la future Papouasie Nouvelle-Guinée étant à l’époque un mandat (aka colonie) australien.

Curtiss Kittyhawk SAAF

Curtiss P-40 de l’armée de l’air sud-africaine

Il comprend deux squadrons de chasse équipés pour l’un de vingt Curtiss P-40 et pour l’autre de vingt North American P-51, un squadron de chasse lourde/chasse-bombardement disposant de vingt Bristol Beaufighter, deux squadrons de bombardement équipés chacun de seize Vickers Wellington, un squadron de reconnaissance équipé de seize Lockheed F-7 et un squadron de patrouille maritime de douze Short Sunderland.

On compte au total soixante chasseurs, trente deux bombardiers, seize avions de reconnaissance et seize avions de patrouille maritime soit un total de 120 appareils qui vont avoir la lourde tache de défendre Port Moresby et la Guinée australienne.

En dépit du scepticisme des cadres de la RAAF, cette escadre va faire plus que se défendre contre les japonais qui il est vrai commencent à marquer le pas. Leur logistique est faible, les pertes non négligeables, la résistance alliée bien plus forte que prévue.

Les pertes sont cependant sensibles mais les pilotes australiens tiendront leur promesse : que jamais le Hino Maru ne flotte sur Port Moresby.

Une féroce bataille aérienne va opposer les forces aériennes alliées aux forces japonaises pendant que les bombardiers australiens vont frapper les positions japonaises mais aussi l’arrière du front pour désorganiser une logistique qui ne brillait déjà pas par son efficacité.

Les autres unités font également leur part du boulot, les F-7 surveillent les positions japonaises ainsi que les mouvement de la flotte. L’analyse et le traitement des données s’améliorera durant tout le conflit et si on ne parviendra pas encore à ordonner des frappes en temps réel, le temps de décision va se réduire de façon significative.

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Short Sunderland survolant un convoi

Les Short Sunderland assuraient également des missions de reconnaissance mais essentiellement en mer pour surveiller les mouvements navals japonais. Ils effectuaient des missions stratégiques pour alimenter les SR alliés mais pouvaient aussi être envoyés en missions tactiques, informant en temps quasi-réel les navires, les sous-marins et d’autres avions alliés pour frapper tout navire japonais en mouvement, au mouillage ou dans son port base.

A l’issue de cette campagne éreintante, l’escadre est réorganisée. Des jeunes pilotes relèvent et/ou remplacent les plus anciens, de nouveaux avions remplacent les avions en service qu’il s’agit d’exemplaires neufs des modèles identiques ou de nouveaux avions.

North American B-25 Mitchell WWII 2

North American B-25 Mitchell en vol

C’est ainsi que les deux squadrons de chasse volent désormais sur P-51 et si les Bristol Beaufighter sont toujours en service, les Vickers Wellington de bombardement sont remplacés par des B-25 Mitchell. Les F-7 sont toujours en service mais les Short Sunderland sont remplacés par des Martin PBM Mariner. Un deuxième squadron de patrouille maritime à été créé avec douze Privateer.

Consolidated PB4Y-2 Privateer 9

L’Escadre continue à défendre les positions alliées en Nouvelle-Guinée puis participe à la deuxième campagne de Nouvelle-Guinée entre juillet 1952 et mars 1953. Elle est ensuite engagée dans la deuxième campagne des Philippines avant de terminer en Chine continentale où elle se trouve au moment de la capitulation japonaise. Rapatriée en Australie, elle est dissoute en décembre 1954 et non reconstituée.

Le 4th Australian Tactical Wing est créé à l’été 1949. initialement il s’agissait de renforcer la défense de l’île-continent mais finalement Canberra propose à La Haye (ou plutôt le gouvernement en exil à Londres) de renforcer la défense des Indes Néerlandaises en envoyant une Escadre Tactique.

Un débat interne au gouvernement néerlandais oppose les «nationalistes» (qui veulent une défense de la colonie uniquement par des moyens nationaux) et les «coopérants» partisans de l’aide alliée.

Les seconds l’emporte et en janvier 1950, la 4ème Escadre Tactique Australienne arrive dans les Indes Néerlandaises pour défendre notamment Java et Sumatra.

Elle comprend deux squadrons de chasse disposant pour l’un de vingt Hawker Hurricane et pour l’autre de vingt Curtiss P-40, un squadron de bombardement équipé de vingt bombardiers Bristol Blenheim, un squadron de reconnaissance équipé de seize De Havilland Mosquito, un squadron de patrouille maritime équipé de seize Consolidated Catalina et un squadron de transport équipé de vingt Douglas C-47 soit un total de 112 appareils.

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Bristol Blenheim en vol

La 4th ATW va prendre de plein fouet l’offensive japonaise qui frappe quasi-simultanément les Philippines, la Malaisie, Singapour et les Indes Néerlandaises.

Les pilotes australiens et leurs alliés anglo-néerlandais font ce qu’ils peuvent pour ralentir la furie japonaise. Les chasseurs disputent la maîtrise de l’espace aérien aux avions de l’armée de terre et de la marine avec des résultats contrastés.

Les Blenheim vont opérer dès le début ou peu s’en faut de nuit pour échapper à la chasse japonaise, remportant quelques victoires heureuses sur des navires japonais qu’ils soient de guerre ou de charge ou stoppant une offensive japonaise voir favorisant une contre-attaque.

Les Mosquito de reconnaissance étant eux armés ils vont être employés aussi bien pour la reconnaissance que pour la chasse-bombardement. Comme le dira un aussie pilote de Mosquito «les japonais étant partout, les missions de reconnaissance servaient pour ainsi dire à rien alors autant être envoyés en chasse-bombardement à basse altitude».

Catalina RAF Océan Indien

Consolidated Catalina

Les Consolidated Catalina opèrent au dessus des flots pour pister la flotte japonaise, informant les marines alliées pour que ces derniers tentent de couper les lignes de communication japonaises.

En raison de la supériorité de la marine japonaise dans le combat de surface notamment de nuit, les alliés ont rapidement privilégié le sous-marin pour frapper les navires de guerre et les navires de charge nippons avec des résultats contrastés notamment en raison de problèmes récurrents de torpilles.

Les Douglas C-47 étaient utilisé pour le transport, le ravitaillement, les largages ainsi que l’évacuation sanitaire. Ils opéraient souvent par mauvais temps voir de nuit pour échapper à la chasse japonaise.

L’escadre est virtuellement éliminée en février 1951. Les pilotes et les mécaniciens survivants sont évacués en direction de l’Australie pour repos et reconstitution des unités. Comme la priorité est donnée à la reconstitution du 1st ATW, la 4th ATW n’est à nouveau opérationnelle qu’à l’été 1952.

Les deux squadrons de chasse volent désormais sur Commonwealth CAC-15 (version produite sous licence du North American P-51 Mustang), le squadron de bombardement à remplacé ses Bristol Blenheim par des North American B-25 Mitchell, le squadron de reconnaissance vole toujours sur De Havilland Mosquito, le squadron de patrouille maritime vole sur Martin PBM Mariner et le squadron de transport vole toujours sur Douglas C-47.

Martin PBM Mariner 4

Martin PBM (Patrol Bomber Martin) Mariner

L’escadre participe à l’opération OVERLORD, l’offensive franco-britannique en Thaïlande et en Cochinchine. Cette offensive déclenchée en même temps que l’attaque américaine aux Philippines pour détourner les renforts japonais de l’ancienne colonie américaine mais surtout pour couper les troupes japonaises présentes en Insulinde de la métropole.

La 4th ATW opère au dessus de la Thaïlande puis de l’Indochine, terminant la guerre dans la région d’Haïphong, les avions de la 4ème Escadre participant à des combats dans le sud de la Chine en appui des troupes au sol. L’escadre rentre en Australie en février 1955 où elle est pérennisée d’abord comme escadre multirôle puis comme escadre spécialisée dans le bombardement et l’attaque au sol.

La 5th Australian Tactical Wing (5th ATW) créée officiellement en février 1951 regroupe les squadrons qui restent stationnés en Australie soit comme réserve stratégique ou comme unité de défense de l’île-continent.

Handley-Page Halifax B. Mk III 10

Handley-Page Halifax 

Elle comprend quatre squadrons de chasse (deux équipé de Hawker Hurricane et deux de Curtiss P-40 80 appareils), deux squadrons de bombardement stratégique équipés chacun de seize Handley-Page Halifax (32 appareils), un squadron de seize De Havilland Mosquito, un squadron de seize Blackburn Bucaneer un squadron de seize Consolidated Catalina et un squadron de seize Douglas C-47 soit un total de 176 appareils.

Les unités de chasse restent au pays pour défendre le pays, pour entraîner les jeunes pilotes à la chasse et pour les vétérans une période au pays leur permet de transmettre leur expérience et de souffler entre deux tour of duty.

Les deux squadrons de bombardement équipés de Halifax eux ne restent pas l’arme au pied en Australie. Ils mènent une campagne de bombardement stratégique en liaison avec les unités britanniques et américaines.

Ces opérations ne se font pas sans mal, les pertes causées aussi bien par l’ennemi que par le climat prélevant leur lot d’appareils. Comme l’acquisition d’Handley-Page Halifax était impossible, les australiens vont acquérir des B-24 Giant en remplacement.

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Consolidated B-24 Giant

Le squadron équipé de Mosquito surveille d’abord les positions japonaises en Nouvelle-Guinée, dans les Salomons et ailleurs dans l’Insulinde. Quand le front va reculer, l’unité va rester sur l’île-continent et servir d’unité réservoir pour les unités en première ligne. C’est la même chose pour l’unité de Catalina et pour l »unité de Buccaneer, l’unité de C-47 assurant des missions de transport et de ravitaillement à travers l’Australie mais aussi en direction du «front».

Supermarine Spitfire Mk V 14

Supermarine Spitfire Mk V

 

Les Hawker Hurricane sont remplacés par des Supermarine Spitfire, les P-40 en revanche restent en service.

Le 5th ATW est préservé une fois le conflit terminé. Stationné en Australie, l’escadre est d’abord multirôle avant de devenir une escadre spécialisée dans la reconnaissance avec des avions de reconnaissance tactique (généralement une variante du chasseur en service) et des avions de reconnaissance stratégique (des bombardiers convertis) en attendant les avions de guerre électronique et les drones.

North American P-51D Mustang 322

North American P-51D Mustang

Le 6th Australian Tactical Wing (6th ATW) est opérationnel en mars 1952. Il comprend deux squadrons de vingt North American P-51 Mustang, un squadron de vingt Bristol Beaufighter de chasse-bombardement et de chasse lourde, deux squadrons de bombardement équipés de de vingt North American B-25 Mitchell, un squadron de reconnaissance équipé de vingt De Havilland Mosquito, un squadron de patrouille maritime équipé de douze Short Sunderland et un squadron de transport équipé de vingt Douglas C-47 soit un total de 152 appareils.

L’escadre est engagée en Nouvelle-Guinée à partir de juillet 1952, y opérant jusqu’à la fin de la campagne en janvier 1953.

Les opérations sont classiques avec l’acquisition de la supériorité aérienne par des bombardements massifs sur les aérodromes japonais (opérations doublées par des bombardements navals et par des raids commandos pour détruire plus facilement et sans dommages collatéraux les avions camouflés) mais aussi des raids de chasse libre, le Beaufighter surnommé «la mort sifflotante» par les japonais y excellant.

Bristol Beaufighter Mark IIF RCAF

Bristol Beaufighter Mk IIF

Une fois la supériorité aérienne acquise, les alliés vont pouvoir mobiliser un maximum moyen pour appuyer les troupes au sol. Les B-25 mènent des raids sur les arrières tandis que les Beaufighter et les Mustang opéraient comme chasseur-bombardier sur le front avec des bombes légères, des conteneurs à napalm et des roquettes.

Les Mosquito mènent des missions de reconnaissance armée, opérant avec des bombes ce qui permettait d’attaquer des cibles d’opportunité. Les Short Sunderland pistaient les mouvements de la flotte japonaise tandis que les C-47 eux menaient des missions de transport entre l’arrière et le front.

La deuxième campagne de Nouvelle-Guinée terminée (janvier 1953), le 6th ATW est ensuite engagé dans la deuxième campagne des Philippines sous commandement américain avec des unités rééquipés d’appareils neufs. Il assure la couverture et l’appui-feu des troupes au sol, des missions de reconnaissance, de transport et d’évacuation sanitaire.

Elle termine le conflit par les opérations BOXER (Chine et Formose) et PHENIX (Corée), ses avions se trouvant dans la péninsule coréenne quand le Japon capitule. L’escadre rentre en Australie en janvier 1955 où elle est dissoute et non reconstituée depuis.

Le 7th Australian Tactical Wing (7th ATW) est opérationnel en mars 1952. Elle mène des frappes opératives en Insulinde pour empêcher les japonais de transférer des troupes de Malaisie, des Indes Néerlandaises ou de Singapour en direction de la Nouvelle-Guinée.

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Hawker Typhoon

Pour cela l’escadre dispose de moyens importants avec deux squadrons de vingt Supermarine Spitfire (40 appareils), de deux squadrons de chasse-bombardement équipés d’une flotte mixte Hawker Typhoon et Tempest (40 appareils), deux squadrons de bombardement équipés de North American B-25 (40 appareils), d’un squadron de douze Consolidated B-24 Giant, d’un squadron de seize De Havilland Mosquito, un squadron d’assaut aéromaritime avec seize Blackburn Bucaneer et d’un squadron de vingt Douglas C-47 soit un total de 184 appareils.

L’escadre est ensuite engagée aux Philippines avec les mêmes appareils. En revanche quand le conflit se termine, les Spitfire ont été remplacés pour un squadron par des Fury II et pour l’autre par des Hornet (un bimoteur de chasse lourde monoplace descendant du Mosquito), les Tempest et les Typhoon sont toujours en service (leur remplacement par des Fury II était prévu si le conflit s’était prolongé), les B-25 et les B-24 sont toujours en service tout comme les Mosquito et les C-47.

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De Havilland Hornet. 

Ce conflit se termine pour la 7ème Escadre par une active participation et une participation active à l’opération BOXER contre la Chine continentale et l’île de Formose ainsi qu’à l’opération PHENIX, les C-47 transportant les parachutistes (avant d’évacuer les blessés et de transporter du matériel, les chasseurs assurant la couverture aérienne (l’intervention aérienne japonaise à été très limitée), les chasseur-bombardiers et les bombardiers assurant l’appui-feu.

Le 7th ATW rentre au pays en décembre 1954 où il est dissous. Il est brièvement reconstituée comme unité de réserve de 1958 à 1962 puis comme unité d’hélicoptères de 1965 à 1970 avant d’être définitivement dissous, les hélicoptères de la RAAF formant l’Australian Helicopter Command (AHC).

Le 8th Australian Tactical Wing (8th ATW) est la dernière escadre créée par l’armée de l’air australienne qui atteint clairement ses limites en termes d’effectifs au point que la création même de cette huitième escadre à été fortement débattue dans les rangs de la RAAF.

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Bell P-39 Airacobra

 

L’escadre est finalement opérationnelle en décembre 1952 avec deux squadrons de chasse équipés de seize Supermarine Spitfire (trente-deux appareils), un squadron de chasseurs-bombardiers Bell P-39 Airacobra (seize appareils), un squadron de chasseurs-bombardiers Hawker Typhoon (seize appareils), deux squadrons de seize bombardiers North American B-25 (trente-deux appareils), un squadron de seize De Havilland Mosquito et enfin un squadron de seize C-47.

Ces 128 appareils sont engagés dans les opérations OVERLORD et ZIPPER. La première opération à lieu à partir de mars 1953 avec pour objectifs principaux la Thaïlande et la Cochinchine (la reconquête du Tonkin et de l’Annam n’était pas clairement mentionnée mais était dans la logique des choses) alors que la seconde à lieu entre novembre 1953 et août 1954, une série de huit opérations majeures pour libérer de l’emprise japonaise les colonies européennes de Malaisie, de Singapour et des Indes Néerlandaises.

Quand le Japon capitule, l’escadre dispose de moyens différents puisque les Spitfire ont été remplacés par des Fury II. En revanche les B-25 sont toujours opérationnels tout comme les Mosquito et les C-47.

L’escadre reste après guerre en Malaisie, le 8th ATW participe à la défense de la fédération malaisienne y compris après l’indépendance. En 1975 cependant l’Australie décide de réduire la voilure ce qui entraîne la dissolution de la 8ème Escadre, un squadron de chasse étant maintenu jusqu’en 1994.

La dissolution de la 8ème Escadre n’entraîne qu’une brève disparition puisqu’en 1980 les unités de transport qui étaient jusqu’ici hors rang sont regroupés au sein du 8th ATW. C’est toujours le cas aujourd’hui.

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