24-Armée de l’air (36)

P-Ordre de bataille de l’armée de l’air en septembre 1948

Préambule

Comme les autres forces armées, l’armée de l’air commence dès la mi-août 1948 ses préparatifs de mobilisation en rappelant des réservistes spécialisés, en préparant les lettres de rappel en vérifiant les stocks et les dépôts, en préparant les commandes de guerre…… .

Sur les bases du temps de paix, les escadrilles, les groupes et les escadres se préparent au combat, certains ralliant des terrains de dispersion pour pouvoir appuyer facilement les armées.

Les escadrilles régionales de chasse mettent en place à partir du 29 août, une patrouille simple (trois avions) en permanence en vol pour contrer d’eventuels raids de bombardiers allemands. De nuit, ce sont les trois escadres de chasse de nuit déployées en métropole qui prennent le relais.

Cette permanence est cependant suspendue le 3 septembre mais pour peu de temps car les hostilités éclatent dès le 5 septembre 1948 par l’invasion du Danemark et de la Norvège par les allemands.

L’armée de l’air craignant une attaque simultanée à l’ouest multiplie ses missions de reconnaissance au dessus de l’Allemagne ce qui occasionne les premières pertes chez les aviateurs qu’ils soient de la reconnaissance, de la chasse et même du bombardement, plusieurs ports d’Allemagne du Nord étant bombardés pour gêner l’envoi en Norvège de renforts allemands alors que le corps expéditionnaire de Weserubung était sérieusement accroché par le CEFAN.

Sur le plan de l’organisation, les GAO sont placés sous l’autorité des corps d’armée dont ils portent le numéro (à l’exception des corps d’armée gardés en réserve) et les différentes armées vont disposer d’un groupement d’aviation (GRAVIA).

Les autres groupes de chasse, de bombardement, de reconnaissance et de transport forment une sorte de Réserve Générale utilisable pour renforcer les différents groupement d’aviation ou pour mener des opérations stratégiques comme le bombardement des industries de la Rhur ou le minage du Rhin.

Quand aux écoles, ils accélèrent la formation des jeunes pilotes affectueusement surnomés les «Marie-Louise» et «militarisent» des pilotes civils pour dans un premier temps assurer le convoyage des avions entre les dépôts et les bases aériennes opérationnelles en attendant de remplacer les pilotes expérimentés disparus au combat.

La Défense Antiaérienne du Territoire (DAT) est également renforcée avec un nombre plus important de pièces braquées vers le ciel en attendant d’hypothétiques bombardiers allemands, menace qui se concrétise au dessus de Paris dès le 12 septembre quand des Dornier Do317 attaquent les industries d’armement de la banlieue parisienne non sans y laisser des plumes sous les coups des ERC et des GC encore déployés autour de Paris ainsi que de la DCA notamment les canons les plus lourds.

Dornier Do317, descendant du Do17 et du Do217

Dornier Do317, descendant du Do17 et du Do217

Ordre de bataille (1) : organisation de l’armée de l’air à l’été 1948

Dans cette partie, je vais mettre en pratique l’organisation théorique expliquée au début de ce chapitre avec l’état-major général de l’armée de l’air, les zones aériennes militaires…….. .

Cette organisation thérorique va ensuite cédé la place à une organisation mieux adaptée aux besoins du terrain, l’organisation du temps de paix se mettant en retrait.

-Etat-major général de l’Armée de l’Air implanté dans le 15ème arrondissement de Paris. Il s’installe ensuite sur la base aérienne de Villacoublay en banlieue parisienne dans des blockaus protégés.

-Commandement Administratif de l’Armée de l’Air qui à sous son autorité les état-majors des Zones Aériennes Militaires (ZAM) elles mêmes subdivisées en districts qui correspondent aux régions militaires.

Chaque district à ensuite sous son autorité les bases aériennes dont le chef est chargé de son entretien, du maintien de sa qualité de base opérationnelle et de l’organisation de sa défense avec notamment un droit de réquisition étendu en temps de guerre.

1ère Zone Aérienne Militaire (1ère Z.A.M)

-La 1ère ZAM dispose du 1er district qui correspond à la 1ère RM, du 2ème district qui correspondant à la 2ème RM et du 3ème district qui correspond à la 3ème RM.

-Bases aériennes du 1er district aérien militaire

Base aérienne 104 de Dugny qui est en réalité l’aéroport du Bourget, le grand aéroport français de l’époque

Base aérienne 107 de Villacoublay

Base aérienne 110 d’Etampes

-Base aérienne 116 de St-Cyr l’Ecole

-Base aérienne 117 de Paris-Issy

-Base aérienne 118 d’Orly

-Base aérienne 119 de Nanterre

-Base aérienne de Coulommiers-Voisin qui en 1944 reçoit le numéro 126

-Base Aérienne du Buc qui en 1944 reçoit le numéro 129

-Base Aérienne de Meaux-Esbly qui en 1944 reçoit le numéro 135

-Base Aérienne de Melun-Villaroche qui en 1944 reçoit le numéro 137

-Base aérienne de Persan-Beaumont qui en 1944 reçoit le numéro 139

-Base aérienne de La Ferté-Gaucher qui en 1944 reçoit le numéro 140

-Base aérienne de Nangis qui en 1944 reçoit le numéro 141

-Base aérienne de Roye-Amy qui en 1944 reçoit le numéro 158

-Bases aériennes du 2ème district aérien militaire

-Base Aérienne de Cambrai qui en 1944 reçoit le numéro 142

-Base aérienne de Saint Omer-Wizerne qui en 1944 reçoit le numéro 143

-Base aérienne de Chantilly-les Aigles qui en 1944 reçoit le numéro 145

-Base aérienne de Beauvais en 1944 reçoit le numéro 188

-Base Aérienne de Laon-Chambry qui en 1944 reçoit le numéro 148

-Base aérienne de Soisson-Saconin qui en 1944 reçoit le numéro 149

-Base aérienne 152 de Compiègne-Royallieu

-Base aérienne de Montdidier qui reçoit en 1944 le numéro 158

-Plate-forme opérationnelle de Couvron désactivée en septembre 1940, réactivée en juillet 1948 avec le numéro 178 et le nom de base aérienne de Laon-Couvron

-Plate-forme opérationnelle de Norrent-Fontes qui est pérénnisé après la démobilisation, devenant la base aérienne 144

-Plate-forme opérationnelle du Plessis-Belleville qui est pérénnisée après la démobilisation recevant le numéro 174

-Plate-forme opérationnelle de Betz-Bouyancy qui est pérénnisée après la démobilisation recevant en 1945 le numéro 175

-Plate-forme opérationnelle de Clastres-Saint-Simon. Aérodrome civil avant guerre, militarisée entre septembre 1939 et juin 1940, démilitarisée en septembre 1940 et remis sous le contrôle de l’armée de l’air au mois d’août 1948 avec le numéro 176.

-Plate-forme opérationnelle de Dunkerque activée sous le nom de base aérienne 197 en juillet 1948

-Plate-forme opérationnelle de Denain désactivée en août 1940 et réactivée en juillet 1948 qui devient la base aérienne 198

-Plate-forme opérationnelle de Valenciennes désactivée en août 1940 et réactivée en août 1948 qui devient la base aérienne 199

-Plate-forme opérationnelle de Le Quesnoy désactivée en août 1940 et réactivée en août 1948 qui devient la base aérienne 200

-Plate-forme opérationnelle de Villiers-les-Guise désactivée en septembre 1940, réactivée en juillet 1948, devenant en septembre 1948 la base aérienne 230.

-Plate-forme opérationnelle de La Feré-Courbes désactivée en septembre 1940 réactivée en juillet 1948, devenant en septembre 1948 la base aérienne 231.

-Plate-forme opérationnelle d’Athiès désactivée en août 1940, réactivée en juillet 1948, devenant en septembre 1948 la base aérienne 232.

-Bases aériennes du 3ème district aérien militaire

-Base Aérienne de Rouen-Boos qui reçoit en 1944 le numéro 146

-Base Aérienne de Le Havre-Octeville qui reçoit en 1944 le numéro 147

-Base aérienne 245 de Caen-Carpiquet créée au printemps 1948 sur l’emprise de l’aérodrome civil qui continue son activité

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24-Armée de l’air (2)

A-Organisation de l’armée de l’air en septembre 1948

Avant-Propos

Le schéma dans lequel l’armée de l’air s’ébat en septembre 1948 est issu d’un décret du 14 mars 1944 prit par le ministre de l’Air, Olivier de Pommeyroles sur un projet validé par le général d’armée aérienne Mondory.

Ce dernier nommé en remplacement du général Vuillemin tragiquement décédé dans un accident d’avion le 21 mars 1943 à Colomb-Béchar s’inspire de l’organisation de la Royal Air Force avec des commandements spécialisés, commandements chargés de la conduite opérationnelle en liaison avec les armées qui bénéficient d’un soutien direct composé généralement de deux ou trois groupes de chasse, de deux groupes d’assaut ou de bombardement sans oublier les Groupes Aériens d’Observation qui eux sont rattachés aux Corps d’Armée.

Après des problèmes rencontrées durant les premières semaines du conflit, le général Mondory et le général Wismer _successeur du général Ganelon ayant démissioné pour des raisons de santé_ se mettront d’accord pour que l’armée de l’air garde le contrôle sur toutes ces unités (sauf les GAO) en utilisant le principe du taxi.

Dès qu’une armée est déployée, l’armée de l’air informe l’état-major de cette armée des unités disponibles pour assurer une couverture de chasse, des missions d’appui-sol, de lutte antichar voir de ravitaillement. C’est ensuite l’armée qui indique les cibles potentielles et ses besoins, une sorte de donant-donant qui donnera des résultats remarquables une fois au point.

On assistera ainsi à une véritable coopération interarmes entre deux armées «adultes», l’armée de terre cessant de considérer l’armée de l’air comme étant toujours l’Aéronautique Militaire.

Si le plus souvent, l’armée de l’air appuyait la manoeuvre de l’armée de terre, il arriva parfois que la manoeuvre de cette dernière soit dictée par les besoins de l’armée de l’air notamment la prise de terrains d’aviation ou la neutralisation de batteries antiaériennes.

Si les différents commandements sont chargés du commandement et de la préparation au combat, il existe une deuxième chaine de commandement, une chaine administrative partant de l’état-major de l’armée installé à Paris reposant sur les Zones Aériennes Militaires (ZAM) au nombre de six en métropole regroupant un certain nombre de provinces.

Dirigées par des généraux de corps d’armée aérien, les ZAM sont subdivisées en district qui correspondent aux provinces, districts dirigés par un adjoint air au gouverneur militaire de la région militaire en question.

Les ZAM s’occupent de la gestion administrative des personnels (recrutement et recensement, affectation), de l’entretien des bases aériennes et de la gestion des stocks logistiques qui vont des cartouches pour mitrailleuses aux avions.

 Etat-major Général de l’Air (EMGAA)

Cet état-major est implanté à Paris dans le 15ème arrondissement de Paris. Installé dans des bâtiments de facture moderne datant du début des années trente, l’EMGAA assure la commandement de toutes les unités de l’armée de l’air notamment en métropole, les moyens de transmissions de l’époque rendant compliqué un contrôle strict et précis des forces déployées au fin fond de l’AOF, de l’AEF ou de l’Indochine.

Organisé comme un état-major classique avec les différents bureaux (bureau un : personnel bureau deux : renseignement bureau trois : opérations bureau quatre : logistique bureau cinq : planification et bureau six : transmissions), il à sous ses ordres un commandement opérationnel des forces aériennes (COFA) et un commandement administratif de l’armée de l’air (COADAA) chargé de toute la planification à long terme, la gestion logistique et administrative des choses.

Du COFA dépendent les différents commandements opérationnels et du COADAA, la chaine de commandement ZAM-district.

Zones Aériennes Militaires (Z.A.M)

Carte des Zones Aériennes Militaires (ZAM)

Carte des Zones Aériennes Militaires (ZAM)

Ces circonscriptions militaires sont donc chargées de la gestion administrative des forces aériennes, le recrutement ou le recensement (pour les appelés) des personnels, la gestion de leurs carrières, la gestion des bases aériennes (construction, entretien) et de la logistique (achats, paiements de fournisseurs, gestion des stocks).

En métropole, on trouve six Zones Aériennes Militaires recouvrant tout le territoire métropolitain et la Corse, les Z.A.M sont donc un regroupement des provinces et des régions militaires :

-La 1ère Zone Aérienne Militaire (1ère Z.A.M) correspond à la 1ère région militaire (province d’Ile de France), à la 2ème région militaire (province de Flandre-Picardie) et à la 3ème régions militaire (province de Normandie).

-La 2ème Zone Aérienne Militaire (2ème Z.A.M) correspond à la 12ème région militaire (province de Bourgogne), à la 15ème région militaire (province de Champagne), de la 16ème région militaire (province d’Alsace) et de la 17ème région militaire (province de Lorraine).

-La 3ème Zone Aérienne Militaire (3ème Z.A.M) correspond à la 4ème région militaire (province de Bretagne), à la 5ème région militaire (province du Poitou) et à la 14ème région militaire (province du Val de Loire)

-La 4ème Zone Aérienne Militaire (4ème Z.A.M) correspond à la 6ème région militaire (province d’Aquitaine) et à la 7ème région militaire (province d’Occitanie)

-La 5ème Zone Aérienne Militaire (5ème Z.A.M) correspond à la 8ème région militaire (province du Languedoc) et à la 13ème région militaire (province d’Auvergne)

-La 6ème Zone Aérienne Militaire (6ème Z.A.M) correspond à la 9ème région militaire (province de Provence) à la 10ème région militaire (Province Alpine) et à la 11ème région militaire (province du Val de Rhône).

Les Z.A.M disposent d’un organe de commandement installé dans une des villes chef-lieu de province et divisés en districts qui correspondent aux provinces englobées dans les Z.AM.

Ensuite l’unité élémentaire est la base aérienne gérée par un officier supérieur de rang subalterne chargé de conserver sa base opérationnelle en disposant de pouvoir étendus en matière de défense, d’entretien, de construction notamment en temps de guerre où il peut réquisitionner hommes et matériels.

On trouve également des Zones Aériennes Militaires (Z.A.M) dans l’Empire avec trois en Afrique du Nord (une au Maroc, une en Algérie et une troisième en Tunisie), une au Levant, une aux Antilles, une pour l’AOF, une pour l’AEF et l’Océan Indien, trois pour l’Indochine (une pour le Tonkin et le Laos, une autre pour l’Annam et la Cochinchine et une troisième pour le Cambodge) et une pour le Pacifique.

Ces Z.A.M sont divisées en districts qui correspondent ici aux bases aériennes sauf dans l’Océan Indien (un district à Djibouti, un district à Madagascar et un district pour l’AEF stricto sensu) et en Indochine, la Z.A.M Tonkin/Laos disposant d’un district du Tonkin et un district du Laos, la Z.A.M Annam/Cochinchine disposant d’un district d’Annam et d’un district de Cochinchine alors que la Z.A.M Pacifique était divisée en un district de Nouvelle Calédonie et un district de Polynésie.