Etats-Unis (40) croiseurs légers (8)

USS Cleveland (CL-55) 1942

A ces douze premiers Cleveland dont je viens de décrire l’historique va s’ajouter douze autres navires commandés au printemps 1946 pour faire face à un conflit jugé de plus proche qu’il s’agisse d’une nouvelle guerre en Europe ou d’une extension de la guerre en Asie vers le Pacifique, le Japon et les Etats-Unis étant en concurrence pour le contrôle de cet immense océan.

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22-Armée de terre : armement et matériel (100) ordre de bataille (34)

Indochine

Carte de l'Union Indochinoise

Carte de l’Union Indochinoise

Préambule : notre seule colonie d’Asie

C’est la France de Napoléon III qui entame la conquête de l’Indochine française avec tout d’abord la Cochinchine en 1862, le Cambodge en 1863, l’Annam et le Tonkin en 1884 avant d’être regroupé dans une Union indochinoise en 1887.

Si l’Algérie à marqué les consciences par son statut de colonie de peuplement, l’Indochine avait une place particulière dans l’Empire français. Colonie la plus peuplée avec 25 millions d’habitants, elle fascinait les métropolitains attirés par l’Asie et les mystères.

Longtemps, la défense à été négligée ou n’était pas une priorité pour la France qui avait déjà fort à faire avec la Métropole et l’Afrique du Nord.

Néanmoins alors que la décennie 1940 commence, la France décide de renforcer sérieusement la défense de son unique colonie d’Asie.

Paris ne se fait pas d’illusions : si le Japon veut l’indochine et ses richesses (riz, charbon, minerai d’acier, caoutchouc) elle l’aura néanmoins elle peut rendre cette digestion indigeste.

De plus, les troupes japonaises engagées dans le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine ne seront pas engagées en Chine, aux Phillipines, en Malaisie et dans les Indes Néerlandaises.

Si le renforcement de la marine est spectaculaire (nouvelle base navale, arrivée d’un croiseur lourd, d’un croiseur léger et même d’un porte-avions) et que l’armée de l’air y déploie des chasseurs modernes (Dewoitine D-520), l’armée de terre n’est pas en reste.

Les Forces Françaises en Indochine (1) : situation en septembre 1939

Au niveau de l’infanterie, en septembre 1939, l’organisation est comparable à celle du Levant avec des divisions territoriales et des régiments indépendants.

Au Tonkin, la Division du même nom dispose de trois brigades, les 1ère, 2ème et 3ème brigades

On trouve également une Division baptisée «Division de Cochinchine-Cambodge» et une Division baptisée «Division d’Annam-Laos».

On trouve également des unités indépendantes avec pas moins de douze régiments d’infanterie indépendants :

-9ème régiment d’infanterie coloniale (9ème RIC)

-11ème régiment d’infanterie coloniale (11ème RIC)

-10ème régiment mixte d’infanterie coloniale (10ème RMIC)

-19ème régiment mixte d’infanterie coloniale (19ème RMIC)

-1er régiment de tirailleurs tonkinois (1er RTTon)

-2ème régiment de tirailleurs tonkinois (2ème RTTon)

-3ème régiment de tirailleurs tonkinois (3ème RTTon)

-4ème régiment de tirailleurs tonkinois (4ème RTTon)

-1er régiment de tirailleurs annamites (1er RTAn)

-1er régiment de tirailleurs cambodgiens (1er RTC)

-5ème régiment étranger d’infanterie (5ème REI)

-4ème régiment de tirailleurs montagnards (4ème RTMon)

-En Chine, on trouve le 16ème régiment d’infanterie coloniale ainsi que les 103ème 104ème et 108ème bataillons de marche d’infanterie coloniale.

En ce qui concerne les chars et la cavalerie, on ne trouve en Indochine en septembre 1939 que des unités éparses avec un escadron d’automitrailleuses à Hanoï et un peloton stationné à Saïgon, peloton qui deviendra escadron ultérieurement.

On trouve également des détachements de chars équipés de Renault FT (une compagnie à Hanoï, une à Saïgon, un détachement motorisé en Cochinchine plus en Chine deux sections déployés à Tien-Tsin et une compagnie à Shanghaï.

Dans le domaine de l’artillerie, on trouve les 4ème et 5ème régiments d’artillerie coloniaux (4ème et 5ème RAC) ainsi qu’un groupe d’artillerie mixte colonial stationné en Chine.

Les Forces Françaises en Indochine (2) : situation en septembre 1948

A partir de 1942, les Forces Françaises en Indochine commencent leur montée en puissance pour transformer l’Union Indochinoise en porc-épic indigeste pour les forces nippones.

-Au niveau de l’infanterie, on trouve six Divisions Légères d’Infanterie (D.L.I) et douze régiments d’indépendants.

Les sept Divisions Légères d’Infanterie sont créées à partir des Divisions territoriales en musclant les différentes brigades. Il s’agit de rendre ces unités plus souples pour pouvoir opérer seules en profitant d’un terrain souvent favorable à la défense.

Au delà d’une meilleure efficacité militaire, il y à également la propagande puisqu’en alignant des divisions au lieu de brigades, on donne à penser à l’adversaire que les forces qu’il à en face de lui sont nettement plus musclées qu’auparavant ce qui n’est que partiellement vrai.

C’est ainsi que la 1er brigade d’infanterie de la Division du Tonkin donne naissance à la 6ème D.L.I, que la 2ème brigade donne naissance à la 7ème D.L.I et que la 3ème brigade donne naissance à la 8ème D.L.I, ces trois divisions étant déployés dans le Tonkin pour couvrir notamment la conurbation Hanoï-Haïphong.

La 9ème D.L.I est issue de la Division Cochinchine-Cambodge est chargée de la défense du Cambodge, la 10ème DLI est issue de la même division mais est déployée en Cochinchine avec pour mission principale la défense de Saïgon.

La brigade d’Annam-Laos donne naissance aux 12ème et 13ème DLI chargées respectivement de la défense de l’Annam et du Laos.

Ces sept divisions sont organisées comme les autres D.L.I mais disposent elles de régiments d’infanterie légère (R.I.L), une appélation administrative peu glamour et rapidement remplacée dans les faits (mais non officialisée avant guerre) par le terme de voltigeurs ce qui nous donne des RV ou RVI pour régiments de voltigeurs d’Indochine.

Ces régiments sont organisés comme n’importe quel RI avec notamment trois bataillons de combat mais à la différence de la Métropole ou de l’Afrique, le troisième bataillon n’est ici activé qu’en temps de guerre avec de nouvelles recrues et des réservistes.

La 6ème D.L.I dispose du 1er et du 4ème R.I.L, la 7ème DL.I du 2ème et du 5ème R.I.L, la 8ème D.L.I du 3ème et du 6ème R.I.L, la 9ème D.L.I du 7ème et du 10ème R.I.L, la 10ème D.L.I du 8ème et du 11ème R.I.L, la 12ème D.L.I du 9ème et du 12ème R.I.L et enfin la 13ème D.L.I du 13ème et du 14ème R.I.L.

-Les régiments indépendants existant en 1939 le sont toujours en 1948. Dispersés sur tout le territoire de l’Union Indochinoise, ils assurent la défense locale et la tenue de postes destinés à mailler le territoire.

En dépit de réserves de certains officiers et responsables, les régiments sont déployés dans leurs régions de recrutement, les partisans de cette solution estimant non sans raison d’un régiment déployé dans sa région natale sera plus motivé au combat.

-Le 9ème Régiment d’Infanterie Coloniale est déployé à Saïgon. Sa mission est de défendre la ville contre une menace extérieure et intérieure.

-Le 11ème Régiment d’Infanterie Coloniale est déployé à Tourane

-Le 10ème Régiment Mixte d’Infanterie Coloniale est stationné à Haïphong

-Le 19ème Régiment Mixte d’Infanterie Coloniale est stationné à Hanoï. Sa mission est de défendre la ville contre une menace extérieure et intérieure.

-Le 5ème Régiment Etranger d’Infanterie est stationné à Hué

-Les 1er, 2ème, 3ème et 4ème régiments de tirailleurs tonkinois sont déployés dans le Tonkin, s’appuyant notamment sur les postes de la Ligne Doumer.
-Le 1er régiment de tirailleurs annamites est déployé à Hué

-Le 1er régiment de tirailleurs cambodgiens est déployé à Phnom Penh

-Le 4ème bataillon de tirailleurs montagnards est transformé en régiment à deux bataillons en 1944 sous le nom de 4ème régiment de tirailleurs montagnards. Il est stationné à Vientane au Laos

-En Chine, on trouve le 16ème régiment d’infanterie coloniale chargé d’assurer la protection de la légation, les bataillons de marche ayant été dissous pour renforcer d’autres unités. Ce régiment est stationné à Shanghaï.

En ce qui concerne les chars et la cavalerie, on ne trouve toujours en Indochine que des unités éparses avec un escadron d’automitrailleuses à Hanoï et un peloton stationné à Saïgon, peloton qui deviendra escadron ultérieurement.

Le 1er septembre 1945, le Groupement Mécanisé Colonial est créé à Hanoï. Ce groupement mécanisé colonial va être organisé selon un schéma qui va s’inspirer de celle de la 1ère D.L.C avec un état-major, un régiment de découverte, un régiment de combat, un régiment de dragons portés coloniaux, un régiment d’artillerie motorisée, des unités antichars et antiaériennes ainsi que des services.

Pour bien montrer la spécificité de cette unité, les régiments de cavalerie sont baptisés RCI pour Régiment de Cavalerie Indochinoise (R.C.I).

-Un état-major de division

-Le 1er RCI équipé de Panhard AMD-178 et de fusiliers motocyclistes

Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

-Le 2ème RCI équipé de Somua S-35 avec pas moins de quatre escadrons à cinq pelotons de six véhicules soit un total de 120 chars

-Le 1er régiment de dragons portés coloniaux (1er RDPC) avec trois bataillons dont un de mobilisation

-Le 79ème régiment d’artillerie tout-terrain tractée équipé de canons de 75mm TAZ modèle 1939 et d’obusiers de 105C modèle 1935B, tous remorqués.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon antichar de 47mm modèle 1937

-Une batterie antichar divisionnaire équipé de canons de 47mm modèle 1937 remorqués par tracteurs

-Une batterie antiaérienne divisionnaire équipé de canons de 25mm modèle 1939 remorqués par camions

-Un bataillon du génie à trois compagnies

-Une compagnie radio

-Un escadron de réparations divisionnaire

-Une compagnie de transport automobile

-Un groupe sanitaire divisionnaire
A la déclaration de guerre de septembre 1948, le GMC est rebaptisé 2ème Division Légère de Cavalerie.

Sa mission est de mener d’inlassables combats retardateurs contre les japonais moins bien équipées en matériel blindé. Il s’agit de profiter au maximum du terrain, de manoeuvrer, d’user l’infanterie nippone, de l’obliger à avancer prudement de peur d’être tournée et d’être isolée en petits groupes qui certes se batteront avec fanatisme jusqu’à la mort mais ne présenteront guère plus une menace militaire.

Les compagnies de chars déployées en Indochine sont rééquipés de Renault R-35 en 1947 pour ainsi renforcer le GMC. A noter que les Renault FT déployés en Chine restent en service.

En ce qui concerne l’artillerie, nous trouvons toujours les 4ème et 5ème Régiments d’Artillerie Coloniale alors que le groupe d’artillerie mixte coloniale à été dissous en 1944 et son personnel envoyé au sein des 4ème et 5ème RAC pour les renforcer et en conséquence faciliter la mise sur pied des nouveaux RAC par un jeu de vases communiquants.

Le 4ème RAC intègre la 6ème Division Légère d’Infanterie et le 5ème RAC intègre la 7ème Division Légère d’Infanterie.

Cinq nouveaux régiments d’artillerie coloniaux sont créés pour équiper les nouvelles DLI :

-Le 6ème régiment d’artillerie coloniale intégré à la 8ème Division Légère d’Infanterie

-Le 7ème régiment d’artillerie coloniale intégré à la 9ème Division Légère d’Infanterie

– Le 8ème régiment d’artillerie coloniale intégré à la 10ème Division Légère d’Infanterie

-Le 9ème régiment d’artillerie coloniale intégré à la 11ème Division Légère d’Infanterie

-Le 10ème régiment d’artillerie coloniale intégré à la 12ème Division Légère d’Infanterie

-Le 11ème régiment d’artillerie coloniale intégré à la 13ème Division Légère d’Infanterie

En ce qui concerne le génie, chaque DLI dispose d’un bataillon du génie, le 58ème bataillon du génie pour la 6ème DLI, le 59ème BG pour la 7ème DLI, le 60ème BG pour la 8ème DLI, le 61ème BG pour la 9ème DLI, le 62ème BG pour la 10ème DLI, 64ème pour la 12ème DLI et le 65ème pour la 13ème DLI.

21-Armée de terre (13)

Régiments de la Légion Etrangère

Les régiments étrangers d’infanterie sont en septembre 1948 au nombre de six. En dépit d’un esprit de corps prononcé (Legio Patria Nostra), les REI ne sont pas tous indépendants, certains intégrant des divisions avec d’autres unités d’infanterie.

Le 1er et le 6ème REI forment une 4ème Division Légère d’Infanterie (4ème DLI) au Maroc, le 2ème et le 4ème REI sont les deux régiments d’infanterie de la 2ème Division Marocaine, le 3ème REI est un régiment indépendant dans le Sud marocain alors que le 5ème REI est déployé en Indochine. Un 7ème régiment étranger d’infanterie est activé pour la 1ère DLI en juin 1948 et un 8ème REI est créé en septembre 1948 pour donner à la 35ème DI un troisième RI.

Les REI sont organisés comme des RI type Nord-Est mais comme les régiments de tirailleurs, ils sont allégés pour tenir compte du terrain dans l’Empire (exception faire des 7ème et 8ème REI).

-La Compagnie de Commandement dispose d’un PC, de moyens de transmissions, de renseignement, des éclaireurs motocyclistes et des sapeurs pionniers

-Trois bataillons d’infanterie

-Un Etat-major et une section de commandement

-Une Compagnie d’accompagnement avec une section de commandement, trois sections de     quatre mitrailleuses équipées de MAC-36 de 7.5mm ou de Hotchkiss modèle 1914 et une     section d’engins avec deux canons de 25mm et deux mortiers de 81mm.

-Trois compagnies de fusiliers-voltigeurs avec une section de commandement avec un     mortier de 60mm et quatre sections de combat

-La Compagnie Régimentaire d’Engins (CRE) dispose de deux mortiers de 81mm ainsi que de 9 canons de 25mm en trois sections de trois canons.

-La Compagnie Hors-Rang est chargé du ravitaillement, de l’approvisionement, du dépannage et du soutien sanitaire

Régiments de zouave

En septembre 1939, les zouaves disposent des régiments suivants :

-Le 1er régiment de zouaves est stationné à Casablanca puis intègre la 82ème Division d’Infanterie d’Afrique. Il survit à la démobilisation.

-Le 2ème régiment de zouaves est déployé au sein de la 2ème brigade d’infanterie algérienne (Division d’Oran) puis est dissous à la mobilisation et ses effectifs utilisés pour d’autres unités.

-Le 3ème régiment de zouaves est déployé au sein de la 3ème brigade d’infanterie algérienne de la Division de Constantine puis au sein de la 86ème DIA qui est envoyée au Levant. Le régiment est dissous en même temps que la division à laquelle il est rattaché.

-Le 4ème régiment de zouaves est déployé au sein de la Division de Tunis puis au sein de la 84ème DIA en compagnie du 8ème RTT. Ce régiment est maintenu après la démobilisation.

-Le 8ème régiment de zouaves est intégré à la 12ème D.I.M et est le seul régiment de zouaves apaprtenant au type Nord-Est motorisé.

-Le 9ème régiment de zouaves appartient d’abord à la 1ère brigade d’infanterie algérienne de la Division d’Alger puis à la 86ème DIA qui est envoyée au Levant. . Le régiment est dissous en même temps que la division à laquelle il est rattaché.

-Le 11ème régiment de zouaves appartient à la 2ème Division d’Infanterie Nord-Africaine

-Le 12ème régiment de zouaves appartient à la 3ème Division d’Infanterie Nord-Africaine où il remplace temporairement le 28ème RTT affecté à la 5ème DINA. Il est dissous à la démobilisation quand le 28ème RTT reprend sa place.

-Le 13ème régiment de zouaves appartient à la 4ème Division d’Infanterie Nord-Africaine et reste après la démobilisation.

-Le 21ème régiment de zouaves intégré à la 3ème Division Marocaine est dissous en même que la division mais est réactivé en même que la 3ème DM dont il est l’un des deux régiments d’infanterie, l’autre étant le 2ème RTM.

-Le 22ème régiment de zouaves intégré à la 182ème DIA en compagnie du 1er REI et de deux bataillons sénégalais de marche. Après le transfert du 1er REI à la 4ème DLI, le 22ème zouave est rejoint par le 23ème régiment de zouaves.

-Le 23ème régiment de zouaves intégré à la 183ème DIA échappe à la dissolution de cette division en étant transférée à la 182ème DIA.

-Le 29ème régiment de zouaves intégré à la 181ème DIA est dissous en même temps que la division à laquelle il est rattaché.

Les régiments de zouaves sont organisés pour la majorité d’entre-eux comme des RI type Nord-Est, l’exception étant le 8ème zouaves qui étant intégré à la 12ème DIM est naturellement organisé comme un RI motorisé type Nord-Est.

On trouve également les 14ème et 15ème zouaves de la 1ère DLI (créés en juin 1948) ainsi que le 16ème régiment de zouaves de la 11ème DLI encore dans les limbes à l’époque.

A la mobilisation de septembre 1948, les 3ème et 9ème régiments de zouaves sont réactivés au sein de la 86ème DIA nouvelle formule.